07.04.2017 Views

LMGmag#3

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Le Carnaval n’a pas eu raison

de ce magazine. Paillettes, moustaches,

loups et bas résille ont été remisés pour

préparer cette parution qui en est déjà

à son 3 ème numéro. Expos photos,

projections, festivals, les mois à venir

vont être bien remplis. À commencer

par ce bourgeonnant mois d’avril 2017

notamment placé sous le signe de la

Grena’, la très guadeloupénne mobylette,

et des fans de télénovelas.

Un portrait, des coups de cœur,

un joli mot compliqué, un nouveau jeu…

N’en dévoilons pas plus, bonne lecture

et merci de votre soutien !

mag

lamaisongarage

2ème trimestre 2017


“JE NOUS SOMMES VUS”

EN COMPÉTITION

À VUES D’AFRIQUE MONTRÉAL

du 14/04 au 23/04

“ Nous irons voir

Pelé sans payer ”

sera en projection à la

5ème édition du festival

de la Lucarne

du 11 au 14 mai 2017 à Paris.

+ d’infos ici

“Je nous sommes vus” et ses

portraits de fans de telenovelas

partent au Canada pour le

33 ème festival international

de cinéma “Vues d’Afrique”.

Le dernier documentaire de

Gilles Elie-Dit-Cosaque sera

projeté en compétition

le 14 et 19 avril.

échos imprévus

[ JUSQU’AU 30 AVRIL 2017] Le Mémorial ACTe en Guadeloupe

consacre une semaine au travail de

Gilles Elie-Dit-Cosaque du 15 au 22

avril prochain. Au programme : des

projections de “La liste des courses”

et d’“Outre-mer Outre tombe”, des

ateliers et le vidéo-mix “FDF/RMX”

une performance audio-visuelle

réalisée en live.

Toujours au Mémorial Acte, derniers

jours pour profiter de l’exposition

d’art contemporain caribéen « Echos

imprévus ». 27 artistes de tout l’arc

antillais y participent. Des extraits de

la série Lambeaux y sont présentés.

pour plus d’infos

cliquez sur

les mots soulignés

Si vous voulez lire ou relire

le LMG Mag #1 et #2

suivez le lapin blanc

DVD et VOD sur www.lamaisongarage.fr

[ paiement en ligne possible via paypal ]

SOLUTION DU JEU

DU LMG Mag #2

Le mot caché était : “dix-sept”.

La gagnante de ce deuxième jeu

est Véronique à Saint-Cloud. Elle a gagné

un T-shirt “Zétwal”.

Rendez-vous en dernière page pour un

nouveau jeu.


La guadeloupe

est trop petite

pour

ma Grena’

g


ena

MOIS DE LA PHOTO DU GRAND PARIS

DU 23 MARS AU 30 AVRIL

À pantin, dans le cadre du

mois de la photo du grand paris

exposition ma grena’ et moi

Manifestation incontournable de la photographie

à Paris depuis plus de 30 ans, cette

année le Mois de la photo dépasse les frontières

de la capitale et devient le Mois de

la Photo du Grand Paris. 99 expositions sur

30 communes. À Pantin, 6 expos dont «Ma

grena’ et moi» .

La grena’ est le surnom que les

Guadeloupéens ont donné à la mythique

mobylette de Motobécane. La

toute première usine de la marque était

à Pantin. “Ma grena’ et moi” est une

série de portraits de guadeloupéens qui

utilisent cette mobylette. C’est un travail

photographique (exposition / livre)

et un film documentaire qui se répondent,

une porte ouverte vers tout un pan

de la société guadeloupéenne.

Née au début des années 50 et

importée aux Antilles dans les années

60, la grena’ arrive à un moment charnière

: le passage d’une période de restriction

à une période pré-industrielle.

Ça roule, c’est robuste, fiable, simple

d’utilisation et surtout, ça brille ! Les

Antillais se ruent dessus. Et tout particulièrement

ceux de Grande Terre où

la grena’ s’adapte extrêmement bien au

contexte géographique et économique :

peu de relief, un tissu d’usines et d’exploitations

agricoles.

Défiant les lois de l’équilibre, on

charrie tout ce qui peut tenir entre la

fourche et le porte-bagages. Un sac de

ciment, deux bouteilles de gaz, trois

balles de fourrage, un veau, un ami,

une amie, une épouse, trois enfants…

C’est un inventaire à la Prévert, monté

sur deux roues. Un poème mécanique

au cadre monocoque, au moteur qui

pétarade, hoquette parfois, mais jamais

ne s’arrête.

La grena’ est un trait d’union tout

en courbe, la transition entre le bourricot

et la voiture. Mieux qu’un bourricot,

un étalon, celui de la condition de

son propriétaire.

Aujourd’hui, sacrifiée sur l’autel

des normes européennes, la grena’ n’est

plus ; plongeant tout un peuple de migrants-à-deux-roues

dans le désespoir.

Cependant, les derniers irréductibles,

des seniors et quelques jeunes qui l’ont

reçue en héritage, continuent à la chevaucher

fièrement pour un dernier

voyage. Celui qui mène la grena’ au

musée d’un imaginaire créole.

le 8/04 après midi Séance dédicace

du livre et projection du film

Le Garage

5, rue Gabrielle Josserand. Pantin

Du Jeudi au Dimanche de 14h/19h

M 7 Aubervilliers - Pantin Quatre-Chemins


Chasse à la grena’

Autour du quartier où l’expo est

présentée, 10 tirages extraits de

la série sont affichés chez

des commerçants.

Soyez les premiers à les trouver

et gagnez un tirage photo.

+ d’infos ici.

“ Au delà de l’objet

lui-même quelque chose

unit ces personnes.

C’est cela qui

est donné à voir

ou plutôt

donné à ressentir. ”

le livre et livre/DVD sont disponibles sur www.lamaisongarage.fr pour un tirage envoyer un mail

Parallèlement à l’exposition photo, est présentée une installation de l’Atelier W un collectif d’artistes basé à Pantin. C’est une nouvelle

proposition d’un travail entamé en 2014 en collaboration avec le Pôle mémoire et patrimoine de la ville de Pantin, à partir des moules

récoltée à la fermeture en 1988 de l’usine pantinoise Motobécane. Cet ensemble de milliers de matrices en bois destinée aux tirages des

pièces des moteurs de la marque, à la fois singulier et étrangement muet, a constitué un objet de travail collectif pour les artistes. Une

manière de s’interroger sur les liens entre pratiques artistiques et la conservation du patrimoine.

“Qu’est-ce qui fait archive et qu’est ce qui fait œuvre ?

La vision de leur travail répond à la question, non ?

EXPO MA GRENA’ ET MOI JUSQU’AU 30 AVRIL à pantin, dans le cadre du mois de la photo du grand paris

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PETITE COLLECTION

DE MOTS USAGÉS

Je vois les mots en couleurs depuis toujours. Les spécialistes

appellent cela la synesthésie « graphème-couleur ». Je ne m’en aperçois parfois

même plus quand je lis un livre ou un journal. Mes voyelles se colorent

immédiatement, sans réfléchir. Certains mots sont très beaux, voire lumineux

; Biscuit est bleu et orange, Ispahan est rose et bleu (magique !), Canopée

est rose, blanc, bleu et vert sombre et clair. D’autres sont franchement

laids ; Vigoureux, noir, orange et bleu. Turgescent, rien que l’écrire est une

souffrance, tant il y a du vert caca d’oie ! Les voyelles ont toujours été très

claires, les consonnes, elles, sont de l’aquarelle qui coulent dans des tons gris

ou taupe, rarement y surgissent une couleur précise.

Deux synesthètes ne voient pas, ne ressentent pas les mêmes associations.

Voir les mots en couleur ou en relief, les prononcer et les associer à un

goût, associer de la musique à une odeur, ou à une couleur… Là encore,

Une collection de mots, bizarres, cabossés,

élégants, idiots, intelligents,

dissonants, chantants, mystérieux ou

communs, bref aussi disparates que les

personnes qui nous les confient et se

confient à travers eux...

Cette collection s’ouvre avec :

#1

synesthésie

par laura chatenay-rivauday

synesthésie

+ détails sur ce

podcast d’Arte Radio

Voyelles d’Arthur Rimbaud

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,

Je dirai quelque jour vos naissances latentes :

A, noir corset velu des mouches éclatantes

Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d’ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,

Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;

I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles

Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,

Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides

Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,

Silences traversés des Mondes et des Anges :

- O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

synesthésie. Je vous voir venir à 10 kilomètres ; non je ne suis pas folle. Ce

phénomène, rare certes, n’est ni un trouble, ni un désordre mais une particularité

de fonctionnement. Ce ne sont pas non plus des hallucinations.

Les synesthésies seraient dues à une hyperactivité neuronale (ça fait un peu

freak quand même, je concède). Il s’agirait selon, la psychologue Jeanne

Siaud-Facchin d’« un excès de substance blanche dans le cerveau qui permet

la connexion entre les différentes zones du cortex et le transfert d’informations

». Cette compétence sensorielle « extraordinaire » serait ignorée

par beaucoup qui la possèdent (les statistiques oscillent entre 1 et 4% de

la population) tant elle leur paraît normale. Il semblerait que l’hérédité y

soit aussi pour quelque chose. L’un de mes parents a dû me la transmettre,

même si, chez lui, elle s’exprime différemment. Mais je ne connais personne

dans mon entourage familial proche qui soit synesthète. Enfin, cela dit, ce

n’est pas le genre de discussions que l’on a autour du poulet (noir, marron

et vert) rôti du dimanche (bleu, rose, blanc, sympathique).

Je ne me suis jamais posée la question de savoir pourquoi c’était ainsi,

pourquoi je percevais les textes ainsi. Les synesthésies seraient une porte

ouverte vers une plus grande créativité. Nabokov, Hockney, Messiaen, Kandinsky

ou encore Rimsky-Korsakov font partie des synesthètes célèbres. La

première fois que j’en ai parlé à ma mère, gamine, elle a tout de suite fait

référence au poème d’Arthur Rimbaud, Voyelles. La légende voudrait qu’il

ait été aussi synesthète. Mais les experts ne sont pas tous d’accord. J’aime

beaucoup ce poète mais malheureusement, je ne peux pas le lire son texte. Il

est en totale contradiction avec mes propres perceptions des mots. De manière

générale, mon A est rose, mon I turquoise, mon U orange. Comment

peut-il parler d’un A noir ?


8

Un ballet

d’alexandrins liés

de boulons et de

câbles, et montés

sur vérins, prend vie

dans l’un des

espaces parisiens

dédiés à l’art brut.

GILBERT PEYRE

ÉLECTROMÉCANOPOÉTE

Jusqu’au 26 avril à la Halle Saint-Pierre,

Paris (18ème).

Gilbert Peyre, artiste inclassable,

bricoleur, sculpteur, metteur en scène,

inventeur et autres rimes en eur, a

construit ces 40 dernières années des

machines mêlant fête foraine, arts

plastiques et musique. Le tout avec

des objets de récup’, pied de nez à la

société de consommation. Les âmes

de ses créatures surréalistes et iconoclastes

prennent vie par une grâce électrique,

mécanique, pneumatique teintée

d’un peu d’informatique. Pêle mêle, un

poulet mi-empaillé, mi-mécanisé, crie

“ Yes ! Yes ” en se baladant tranquillement

autour d’un pivot. Un haltérophile,

plus vrai que nature avec poils au torse

et slip panthère, soulève une grande

barre lestée de poids… Une scène de

ménage ou les portes claquent, les assiettes

volent, et les bébés braillent.

Rires et yeux qui pétillent. Immanquable.

Amour Colère et Folie

Dire qu’Haïti a engendré et engendre des artistes bourrés de talent, c’est enfoncer une immense porte ouverte.

Marie Vieux-Chauvet n’échappe pas à la règle. Son ouvrage Amour, Colère, et Folie, union de trois de ses

récits, est une véritable bombe. Une bombe nécessaire, une lecture indispensable qui a été, lors de sa publication,

interdite, dissimulée, diffusée en secret. Marie Vieux-Chauvet raconte trois parcours, de femme, d’homme, de

familles, sous la dictature de François Duvalier, appelé “ Papa Doc ” dans les années 60 en Haïti. Une critique de

la terreur mais aussi des élites haïtiennes qui lui a valu, à elle et sa famille, des menaces, puis l’exil à New-York.

Jamais le terme “ Tonton Macoute ”, jamais le nom du président-tortionnaire qui a plongé Haïti dans des années

sanglantes ne sont prononcés. Mais ils sont partout, dans chaque ligne, dans chaque respiration de cet ouvrage.

Ce livre, majeur, est une broderie fine où chaque mot est une fulgurance. Et l’on sent que l’on a entre ses

mains tout un pan de l’histoire d’un pays, l’impression de lire des histoires vraies, de ressentir des émotions brûlantes.

Comment vivre face à l’injustice, la terreur, la violence gratuite ? L’auteure décédée en 1973 à New-York,

cloue nos mains aux pages, lecteurs emportés par une langue magnifique. Ne pas en dévoiler trop sur les intrigues

pour ne pas gâcher le plaisir de cette lecture. Un moment de grâce… d’amour, de colère. Un flirt dangereux avec

la folie.

Amour, Colère et Folie, Marie Vieux-Chauvet. Éditions Zulma, postface de Dany Laferrière

Le Roi cochon, 1992-2000, automate électromécanique © G. Peyre, photo D. Damoison


La conque c’est la vie, une spirale ces sons aussi doux que retentissants.

vitale à l’image de cette autre spirale

vitale qu’est la chaîne d’ADN. atelier d’un quartier populaire de Fort-

Jean Pierre Léandre, dans sa maison-

Par cette note s’ouvre la rencontre de-France, au milieu de coquillages

avec Jean Pierre Léandre, facteur

de conques marines. Le ton travaille et prépare les conques. Tout

tous plus beaux les uns que les autres,

est donné… La conque est un mollusque

dont le coquillage est uti-

l’écouter prendre le vent, taper à sa porte

d’abord repérer son chant. Il faut alors

lisé comme instrument de musique à d’entrée, puis créer l’embouchure… La

Facteur de Conques

vent. L’extrémité la plus fine coupée,

on souffle dedans comme dans un cor

ou un trombone. Chaque coquillage,

dont la forme et la taille varient, a

son propre chant, une vibration qui

peut faire monter les larmes aux yeux.

Souvenirs d’une tradition ancienne,

héritée des premiers peuples amérindiens

des Antilles, instants solennels,

de fête, de pêche, de labourage,

annonce d’une naissance, d’un mariage,

d’un enterrement… la vie des

mornes de l’île est toute entière dans

robe du coquillage ainsi devenu instrument

est tout aussi soignée que son son.

La conque est nettoyée, lustrée et parfois

retaillée. La touche finale, Jean-Pierre, à

l’instar des grands facteurs d’instruments

ou du monde de la haute couture,

appose sa signature « JPL ». Chaque

pièce est unique et garantie à vie.

Jean-Pierre Léandre participe, depuis de

longues années, au Laboratoire d’archivage

de l’oralité en Martinique et au

groupe Watabwi, un ensemble de souffleurs

de conques qui vient tout juste

de sortir un album. Entre tradition et

modernité, cérémonies solennelles et

échanges avec des jazzmen du monde

entier, Jean-Pierre Léandre et Watabwi,

font chanter les coquillages, nous invitent

à des voyages sonores, dont les

étapes passent par tradition, transmission

et émotion et se concluent

avec une citation d’Édouard Glissant :

“ Rien n’est vrai,

tout est vivant ”

“J’ai dans la malle quelques poèmes inédits,

comme le sont d’ailleurs tous mes poèmes,

traitant de l’enfer et des diables.

De quoi me faire trouer de balles sans pitié.”


9

Florent lazare, Flopi l’homme singe etc… a presque autant de noms que de talent. Il est l’auteur pour

La Maison Garage d’un des films de la série “ Un air de Césaire” et des animations de “Nous irons

voir Pelé sans payer”. Il dessine de très jolies couilles et autres foufounes dans Cosette, participe à, ou

créé des programmes pour Arte et France 4, met des costumes à poils ou à plumes et accessoirement

est (les happy few reconnaitront) le lauréat du prix du public du Kung Ku Festival 2016.

portra it

florent


Des

poings

lazare

à la

ligne

On va dire que j’œuvre dans, au moins,

deux secteurs d’activités : l’art et la boxe…

La boxe est venue d’abord. J’ai toujours

aimé ça. Les films de Bruce Lee et tout

ça. J’ai commencé à 14 ans dans mon club

de quartier. Française, anglaise, américaine,

dans différentes catégories, au final, j’ai été

7 fois champion de France.

L’art, lui, est venu un tout petit peu

plus tard vers 17 ans. J’étais beaucoup angoissé

sur ce que j’allais faire, alors rendezvous

au Centre d’Information et d’Orientation

du lycée. Là, je passe un test sur un ordinateur…

Je me souviens de l’imprimante qui

crachait son papier perforé en accordéon. Le

résultat tombe… je dois faire artiste. Ah ! Je

viens pas du tout de ce milieu. Jusque là, je

n’étais que le gars de la classe qui dessinait

bien les mecs musclés avec de grosses bites

et des nanas à poils (ça, ça n’a pas changé).

J’allais pas aux expos, je lisais Spirou et

Fluide Glacial… Bon, ben je serai artiste…

Après le bac, je suis allé à la fac d’arts plastiques

de Saint-Charles (Paris I - Panthéon

Sorbonne). C’était un cloaque. Je me suis

chié dessus. Il y avait pas d’avenir là. Alors

j’ai fait tous les concours d’écoles d’art publiques

d’île de France et je me suis fait rétamer

partout sauf pour une prépa publique

à 1h40 de chez moi… Laisse tomber ! là

bas, je suis tombé amoureux de tous les arts

d’un coup ! Pour la 1 ère fois de ma vie, j’ai

travaillé comme un chien.

C’était une période très intense, il y avait

en même temps les championnats junior de

boxe. Putain, j’ai pas vu une meuf de toute

l’année. Le matin, dès 5 heures, je bossais

pour l’école. Le soir, c’était entraînement. À

l’époque, ma seule idée c’était qu’il fallait

que je m’en sorte… que j’ai la Mercedes.

Et avec l’art, ça, c’était jouable. À la fin de

l’année, j’ai eu tous mes concours et je suis

devenu champion de France junior. Après, je

suis rentré aux Arts Déco. J’ai adoré, ça m’a

transformé ! J’ai pu toucher à tout ! Je frolais

l’idée de l’art total… C’était d’ailleurs

un des sujet de mon projet de fin d’année.

Aujourd’hui je fais aussi bien de la BD, de

l’illustration, de la peinture, de l’animation,

de la photo que de la musique… En fait ça

ne fait pas si longtemps que j’assume l’horizontalité

de la pluridisciplinarité. Je me

passionne pour la préhistoire. À l’époque,

l’homme était et se devait d’être pluridisciplinaire.

Il ceuillait, chassait, faisait du

feu, peignait des grottes etc. C’est le capitalisme

qui a emmené, au XIX ème siècle, la

spécialisation… mais bon, faut pas m’allumer

là-dessus… ça va finir en exégèse de

Mélenchon ;-)

Mon projet de fin d’année, jouait

avec cette idée d’art total. « Stéphane

Fourier ou la grosse saloperie », une expo

performance qui se tenait dans deux salles.

La première, c’était l’art autour de ce personnage,

avec peinture, philosophie, installation,

performance. Il y avait un videur qui

invitait les gens à se mettre à 4 pattes pour

passer dans l’autre salle par un genre de

conduit, comme un côlon. Là, c’était les déclinaisons

marketing autour du personnage

qui était devenu une marque. Il y avait des

protège-slip Stéphane Fourier par exemple.

À la fin, le personnage était assassiné par

son double marketing. Et on vendait les

journaux qui racontait l’événement. Ouais,

c’était une sorte de critique de la société

de consommation. Pour moi, c’est un crime

de considérer que l’art est un produit. Walt

Disney par exemple est un criminel ! Un

artiste se doit d’être politique.

dans ce projet, il y avait plus ou

moins les prémisses de Pffuit Pffuit Pffuit

(une série déglingo de 32 épisodes mélangeant

tournage et animation qui raconte les

aventures écolos d’un héron partagé entre

son corps et sa tête, diffusée sur France 4).

Mis à part les personnages à grosse bite,

on y retrouve des trucs qui m’habitent, une

critique non frontale de la société. Je me

souviens d’un slogan d’une manif écologiste

« Nous ne défendons pas la nature,

nous sommes la nature qui se défend !»

Mon slogan à moi c’est «Dans la vie, le plus

important, c’est la vie elle-même »… y’a

ces idées dans Pffuit Pffuit Pffuit.

Pour demain ? J’ai un cahier épais

comme ça (8cm entre deux doigts) plein de

pulsion d’écriture, de dessins, peintures,

de théâtre, de musique. Trop peut être ? Je

m’embourbe un peu. Alors faire des boulots

de commande, illustrations ou animations

ça m’aère un peu. Et je continue la boxe, je

donne des cours. Je pratique encore, cela

reste un énorme plaisir, encore plus qu’au

début car je pensais trop aux médailles et

aux titres. Paradoxalement aujourd’hui que

je suis plus dans le beau geste, je crois que

je suis plus.

Je ne sais pas si il y a un lien entre

mon art et la boxe… en fait je hais les

films sur la boxe. Peut être qu’il y a une

part d’amertume. Malgré les succès, je n’ai

pas eu la carrière que j’aurai voulu avoir.

La boxe c’est un sport qui n’accepte aucun

compromis. École d’art et tout ça, au final

c’est la boxe qui en a pâti. Et puis, les représentations

de la boxe dans les films, ou

autres, sont en bien en deça de la réalité.

Monter sur un ring, c’est une expérience tellement

violente. Les films traitant de la boxe

sont bien une preuve ou un symbole de la

fragilité d’une œuvre d’art, voire de sa petitesse.

On est loin de la réalité, la boxe c’est

la réalité,comme la nature… L’art propose

juste une illustration de la réalité. Quantité

de travail nécessaire ? Plaisir… ? À la réflexion,

voilà les lien que je ferais entre mes

deux activités. Et puis une petite touche de

lucidité aussi…


Aubergine & Patate #3

le jeu des 7 erreurs

Trouvez les 7 erreurs qui se sont glissées dans la reproduction de cette photo extraite de la série “Ma grena’ et moi”.

La première personne qui enverra par mail la bonne réponse recevra le livre “Ma grena et moi”.

À BIENTÔT POUR LMG Mag’#4

LMG Mag’ revient en juin prochain.

En attendant, bonnes expositions,

lectures, balades, soleil

sur le visage, vent dans les cheveux…

Si vous souhaitez vous

inscrire à la newsletter ou inviter

vos amis à le faire, cliquez ici.

Et puis bien sûr, il y a Facebook

avec l’actualité, quasi au jour le

jour, de La Maison Garage.

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