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magazine PEEL #13

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<strong>#13</strong> ÉTÉ 17


50 Cours Jean-Baptiste Langlet<br />

51100 Reims<br />

03 26 35 87 91<br />

contact@dpstyle.fr<br />

dpstyle.fr


: de l’air, du soleil, de l’eau<br />

Ne pas déranger. L’équipe de <strong>PEEL</strong> est (vous pouvez l’imaginer comme telle) à la plage,<br />

installée sur de confortables transats, à l’ombre des parasols, sirotant un smoothie à<br />

l’abricot et à la banane en écoutant au loin les vagues s’échouant sur le sable chauffé<br />

à blanc… ou presque. Et elle a chaud ! Ok… Pour accompagner vos moments de farniente<br />

de l’été, ce numéro 13 de <strong>PEEL</strong> vous fera découvrir les œuvres de l’artiste newyorkaise<br />

Olek, en mailles crochetées, investissant les rues, les bâtiments et les objets<br />

du quotidien ; il vous parlera également de l’exposition de l’artiste Jean Bigot, artiste<br />

plasticien et vidéaste qui crée des collections d’objets comme autant d’histoires de personnages<br />

imaginaires : Peut-être vous rappelez-vous de l’exposition collective « Hosties<br />

noires » présentée à l’ancien collège des jésuites en 2006 où Jean Bigot avait, tel un<br />

ethnologue, recréé l’histoire du tirailleur Sénégalais Mahmadou Diop, en cabinet des<br />

curiosités de sa vie romanesque. Vous pourrez aussi découvrir le Camac, cet espace de<br />

création contemporaine qui accueille en résidence une trentaine d’artistes internationaux<br />

chaque année. Vos oreilles ne seront pas oubliées, car vous pourrez y lire quelques<br />

lignes sur V comme Vaillant, le nouveau groupe d’Olivier Vaillant, figure incontournable<br />

de la scène musicale rémoise qui avec ce projet pop rétro-futuriste nous parle<br />

des aléas de l’amour, de la fête et de la séduction en nous entrainant dans la folie des<br />

boites de nuit et des bars enfumés d’antan. Vous y découvrirez également la musique de<br />

Grand Blanc, que les rémois ont pu découvrir dans un Live, resté dans les mémoires, à<br />

la Cartonnerie en mars 2016 et au festival du Cabaret vert de cette même année, qui<br />

vous fera franchir le Bosphore. Et puisque été rime avec festivals, ce numéro de <strong>PEEL</strong><br />

vous emmènera dans les coulisses des flâneries musicales de Reims et du Cabaret vert.<br />

En quelques dessins, vous pourrez enfin découvrir la playlist musicale du mois, pour<br />

vous accompagner au bord de la piscine, sous un arc en ciel. Cette perspective ne serait<br />

pas complète sans la découverte du travail du photographe rémois Romu Ducros.<br />

En dégustant un sandwich agrémenté de cornichons, nous vous invitons à éplucher ce<br />

nouveau <strong>PEEL</strong>. Bonne lecture, bonnes vacances…<br />

Le <strong>magazine</strong> Peel est édité<br />

par Belleripe SARL.<br />

Tous droits réservés.<br />

Toute reproduction, même<br />

partielle est interdite, sans<br />

autorisation.<br />

Le <strong>magazine</strong> Peel décline<br />

toute responsabilité pour<br />

les documents remis.<br />

Les textes, illustrations<br />

et photographies publiés<br />

engagent la seule<br />

responsabilité de leurs<br />

auteurs et leur présence<br />

dans le <strong>magazine</strong> implique<br />

leur libre publication.<br />

Le <strong>magazine</strong> Peel est disponible<br />

gratuitement dans 150 points<br />

de dépôt à Reims.<br />

Magazine à parution<br />

bimestrielle.<br />

EN COUVERTURE<br />

© Olek<br />

ÉDITEUR / Dir. de publication<br />

Benoît Pelletier<br />

rédacteur en chef<br />

arts / musique / édito<br />

Alexis Jama-Bieri<br />

directeur créatif<br />

Benoît Pelletier<br />

RÉALISATION GRAPHIQUE<br />

www.belleripe.fr<br />

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Retrouvez la liste de tous les points de dépôt<br />

sur <strong>magazine</strong>peel.com<br />

07 / p comme police<br />

08 / grand peel board<br />

10 / peel good<br />

12 / torb<br />

14 / 5 raisons d'aimer…<br />

contributeurs<br />

16 / Olek<br />

Un sacré crochet<br />

26 / camac<br />

le concret de l'art<br />

32 / DANS LES COULISSES<br />

DES FLÂNERIES<br />

ALEXIS<br />

JAMA-BIERI<br />

dirigeant culturel<br />

Reims<br />

BENOÎT<br />

PELLETIER<br />

directeur créatif<br />

photographe<br />

Reims<br />

JULES<br />

FÉVRIER<br />

journaliste<br />

& photographe<br />

REIMS<br />

34 / cabaret vert<br />

un cabart en vert et pour tous<br />

36 / VOYAGES EN TERRES<br />

LOINTAINES<br />

38 / les cornichons<br />

où plutôt lescornichons.fr<br />

Une boutique dans l'air du temps<br />

AGATHE CEBE<br />

rédactrice &<br />

journaliste freelance<br />

REIMS<br />

Jérôme<br />

Descamps<br />

réalisateur<br />

& montreur de films<br />

Reims<br />

JEAN<br />

DELESTRADE<br />

souplesse &<br />

décontraction<br />

Reims<br />

44 / grand blanc<br />

46 / les Incollables<br />

sont de retour<br />

au pays du Soleil Levant<br />

Anne-sophie<br />

velly<br />

DA de Maison Vide<br />

art contemporain,<br />

musiques & confettis<br />

Reims<br />

JASMIN<br />

HOURLIER<br />

Voyageuse compulsive<br />

Reims<br />

Pauline<br />

saintive<br />

Rédactrice<br />

& animatrice<br />

Reims<br />

48 / on ne choisit pas son<br />

légume au hasard<br />

Hélène Virion<br />

chercheur en Arts<br />

& photographe<br />

REIMS<br />

JUSTINE PHILIPPE<br />

journaliste<br />

REIMS<br />

Axel Coeuret<br />

reporter photographe<br />

REIMS<br />

CYRILLE<br />

PLANSON<br />

redac-chef<br />

La Scène<br />

Le Piccolo<br />

Théâtre(s) mag<br />

Nantes


La playlist ÉCRILlUSTRÉE<br />

d'anne-sophie velly<br />

www.mixcloud.com/salsifi-velly/<br />

FUN FUN Funeral<br />

Carnage<br />

Il fait chaud en ce moment. J’ai acheté une petite piscine<br />

gonflable pour y tremper une partie de mes jambes et<br />

j’écoute « carnage » en boucle en bossant. " Carnage "<br />

c’est un des jolis morceaux de Fun Fun funeral alias<br />

Clément Sbaffe. Sur l'EP " Chin up " sorti sur AB records,<br />

excellent label lyonnais. Il est doux et grave, ça parle<br />

d’amour et de déception tout en étant lumineux et léger.<br />

La voix haut-perchée de Clément et le style freak-folk du<br />

morceau transforment ma pataugeoire d’eau calcaire en<br />

bord de mer un peu sauvage. Une apaisante mélancolie<br />

solaire me plonge toute entière dans le joli carnage la<br />

tête la première. Plouf.<br />

Alice Lewis<br />

Amour Asymétrique<br />

2 albums plus tard, la Lewis-planète a bougé, elle donne<br />

naissance à « Amour asymétrique » EP planant, sur son<br />

propre label. Réalisé en collaboration avec Alexandre<br />

Chatelard, dont vous retrouverez la voix sur le morceau<br />

et des arrangements signés Fred Pallem. C’est en français,<br />

maintenant, qu’elle nous parle d’amour asymétrique à s’y<br />

méprendre. On s’imagine aisément Alice chanter ce morceau<br />

en apesanteur, une pop céleste qui nous embarque,<br />

la flûte au bec et les violons dans l’oreille.<br />

Satellite Jockey<br />

She Came From Nowhere<br />

Dream pop et références 60’s « she came from nowhere »<br />

de Satellite Jockey. OH JOIE ! Mon amour des Beach Boys,<br />

des zombies et des Beatles est comblé. Ce morceau c’est<br />

manger des figues directement sur l'arbre, c’est danser<br />

pieds nus autour d’un feu en été sur une plage, c’es sourire<br />

sans savoir pourquoi. C’est ça la " Dream pop psyché "<br />

de Satellite Jockey (sur AB records eux aussi, on aime)<br />

c’est joyeux et inattendu, ce sont des références bien<br />

ancrées dans notre mémoire collective et ça nous fait<br />

dodeliner de la tête sans même nous en rendre compte.<br />

C’est frais, sans date de péremption. C’est bon aujourd'hui<br />

et ce sera délicieux demain.<br />

Isabelle Antena<br />

Noelle à HawaiI<br />

Morceau sorti en 1988, il pourrait être sorti il y a 15 jours<br />

sur un label français indé pop, comme la Souterraine<br />

par exemple. Noelle à Hawaii, c’est la voix simple, juste<br />

et fragile d’Isabelle Antena, c’est une boite à rythmes<br />

et un clavier. C’est simple comme « noël sous le soleil,<br />

les saveurs de kiwis, les senteurs des canis ou les<br />

romances cannelles » Une île, du sable mouillé, une légère<br />

brise et une forte odeur de monoï dans l'air…<br />

Morgan Delt<br />

Some sunsick day<br />

La nostalgie laisse souvent la place au spleen. Le morceau<br />

« Some sunsick day » du californien Morgan Delt est tout<br />

le contraire. C’est une nostalgie heureuse, « une nostalgie<br />

qui avance ». On pourrait tout à fait imaginer Morgan Delt<br />

partager l’affiche du Monterey Pop Festival, " Summer<br />

of love 1967 " aux cotés des Byrds, des Mama’s and<br />

the Papa’s et Ravi Shankar. Liberté, psyché, LSD, je finis<br />

ma couronne de fleurs en repassant le morceau sur ma<br />

platine…<br />

Raphaël d’Hervez<br />

rêves<br />

Un vibraphone, du violon, un djeraba, une guitare,<br />

des claps, un clavier et c’est parti, Raphael, accompagné<br />

du solaire Antonin Pierre alias Tonus, et de la douce<br />

Jordane Saunal, font de ce morceau un petit bijoux pop.<br />

Tout doucement ils partagent avec nous la chaleur des<br />

premiers rayons du soleil de printemps se reflétant dans<br />

l’eau salée d’une crique à Pornic. Entre rêve et réalité,<br />

Raphael survit à l’été. C’est " marche ou rêve ". Mais il me<br />

semble qu’il a choisi de faire les deux.<br />

Catastrophe<br />

Party in my pussy<br />

Catastrophe, c’est un projet inclassable entre perf,<br />

musique, écriture. C’est sorti sur le label Tricatel (label de<br />

Bertrand Burgala). J’ai rencontré Arthur, par hasard, qui<br />

fait partie du projet, je lui ai demandé si Catastrophe était<br />

un collectif, parce qu’ils sont assez nombreux dans « le<br />

groupe », il m’a répondu « Non, nous sommes une constellation<br />

» Hum, ok, donc, c’était inattendu comme réponse<br />

mais tout à fait sérieux. « Catastrophe » est une sorte<br />

d’OVNI et il y a un morceau que j’aime particulièrement<br />

au milieu de cette drôle de galaxie : « Party in my pussyv».<br />

La voix, les choeurs, le texte et le clip... « There’s a party<br />

in my pussy something great is going on » pourrait être<br />

l’accompagnement sonore de " L’Origine du Monde " de<br />

Gustave Courbet ou l’hymne de la communauté du vagin<br />

cosmique. Quoi qu’il en soit, ça laisse songeur, comme<br />

une nuit d’été.<br />

Fishbach<br />

Maison Vide ou Palais<br />

Fischbach qui a fait son 1 er concert à Maison Vide a écrit<br />

et composé ce morceau qui reflète totalement l’esprit<br />

du lieu, chanté avec cette voix si particulière qu’on reconnaitrait<br />

entre mille. Réinventer, déconstruire pour mieux<br />

réinventer, en gardant en mémoire les traces du passé :<br />

un principe propre à l’art de remettre sans arrêt en question<br />

le quotidien et ce qui nous entoure.<br />

« Redémarrer chaque saison, habiter d’un nouveau nom<br />

qui ne reste jamais, qui casse tout quand c’est prêt, maison<br />

vide ou Palais à vous de décider ».<br />

Ricky Hollywood<br />

Salut, je ne te reconnais pas<br />

Ricky Hollywood alias Stéphane Bellity, Compositeur,<br />

batteur-chanteur , est un personnage touchant, faussement<br />

maladroit et réellement exigeant. Le morceau<br />

« Salut, je ne te reconnais pas » offre un bel aperçu de la<br />

jolie couleur de l’album « allant du rose fluo au vert pastel.<br />

Humour à la française et classe Hollywoodienne.<br />

Toute ressemblance avec la réalité serait purement<br />

fortuite » Salut !


8 évènements à ne pas rater<br />

en juillet - août<br />

QUOI « No wheels,<br />

no glory ». Event et expo<br />

Florian Schneider.<br />

Quand Tout l’été<br />

à partir du 06 juillet<br />

à 18h.<br />

QUOI Concert piquenique<br />

des Flaneries.<br />

Quand Le samedi 22<br />

juillet à 21h.<br />

Où Au parc de Champagne.<br />

: Le concert mythique<br />

du mois du juillet à<br />

Reims.<br />

www.flaneriesreims.com<br />

QUOI Le Cryptoportique<br />

habillé par Gérard<br />

Batalla.<br />

Quand Du 22 juin<br />

jusqu'au 30 juillet.<br />

Où Au cryptoportique.<br />

: Avec « Rèmes »,<br />

Gérard Batalla souhaite<br />

ranimer le Cryptoportique,<br />

ancien forum<br />

romain, et inviter les<br />

visiteurs à marcher sur<br />

les traces des anciens<br />

rèmes.<br />

reims.fr<br />

gerard-batalla.com<br />

QUOI La fontaine<br />

cryptoponique by<br />

FIKUS.<br />

Quand Courant<br />

juillet.<br />

Où Place du Forum.<br />

: Végétaliseurs d'espace<br />

urbains, FIKUS<br />

souhaite mettre à disposition<br />

des habitants<br />

de Reims un véritable<br />

havre de verdure en<br />

hommage à la flore<br />

régionale.<br />

facebook.com/fikustaville<br />

QUOI David Hockney.<br />

Quand Du 21 juin<br />

jusqu'au 23 octobre.<br />

Où Au Centre Georges<br />

Pompidou à Paris.<br />

: Au programme :<br />

retrouvez plus de 160<br />

œuvres de l'artiste,<br />

de peintures, de photos,<br />

de vidéos mais aussi<br />

de dessins sur Iphone<br />

et Ipad, concept original<br />

qui avait déjà fait l'objet<br />

d'une exposition à la<br />

Fondation Pierre Bergé<br />

Yves Saint-Laurent fin<br />

2010.<br />

www.centrepompidou.fr<br />

© dr © dr<br />

© dr<br />

© dr<br />

Où Mojito Skateshop.<br />

: Sortie de sa 1 ère<br />

board édition limitée<br />

30 ex pour le Mojito<br />

Skateshop.<br />

www.behance.net/florianschneidertypo<br />

www.mojito-skateshop.com<br />

QUOI Exposition<br />

" Clartés complices "<br />

de Bénédicte Dussère<br />

et Emmanuel Gatti.<br />

Quand Jusqu’au 28<br />

juillet.<br />

Où Galerie La Réserve,<br />

20 rue du Barbatre<br />

à Reims<br />

: La mise en regard des<br />

oeuvres de Bénédicte<br />

Dussère et d’Emmanuel<br />

Gatti nous propose<br />

un voyage fait de deux<br />

parcours singuliers vers<br />

la lumière.<br />

benedictedussere.com<br />

gatti.carbonmade.com<br />

QUOI Cinéma en<br />

plein air.<br />

Quand À partir<br />

du 11 juillet.<br />

Où Dans différents<br />

quartiers de Reims.<br />

: Plusieurs séances<br />

de cinéma en plein air<br />

sont proposées durant<br />

l'été, par l'association<br />

La Pellicule Ensorcelée.<br />

www.lapelliculeensorcelee.org<br />

www.reims.fr<br />

QUOI Jazz au Boulingrin.<br />

Quand Du 1 er juillet<br />

au 26 août.<br />

Où Quartier du<br />

Boulingrin.<br />

: La Ville de Reims<br />

organisatrice de l’événement<br />

a confié à Jazzus<br />

Productions l’organisation<br />

de 7 concerts. Des<br />

rendez-vous à ne pas<br />

manquer !<br />

www.jazzus.fr<br />

© Dr<br />

© dr<br />

© olivier hoffschir


P comme<br />

Police<br />

Je raccroche à l’instant le téléphone.<br />

Je discutais avec Olivier<br />

Vaillant, musicien et compositeur<br />

à l’origine du groupe<br />

V comme Vaillant. Mais pourquoi<br />

P comme Police alors ?<br />

« J’ai ça en tête depuis longtemps,<br />

des textes en français.<br />

Ça fait d’ailleurs pas mal de<br />

temps que j’ai commencé à<br />

écrire les chansons que nous présentons<br />

aujourd’hui sur scène. »<br />

Depuis 2003, Olivier pose ses<br />

textes un peu partout. Des mots<br />

sur des pages.<br />

Des feuilles oubliées aux quatre<br />

coins de chez lui. Parfois il<br />

les enregistre. Quelque chose<br />

d’épars qui dessinait au fil des<br />

années ce qu’allait devenir V<br />

comme Vaillant, peut-être. « À un<br />

moment, j’ai eu l’envie de regrouper<br />

tout ça. Cet univers qui sent<br />

à la fois la graisse de cambouis<br />

et le romantisme. »<br />

Avec Coco (chant), Hamed<br />

(batterie) et Eddy (guitare), ça<br />

prend forme. « J’écris la musique,<br />

mais chacun prend sa place. J’ai<br />

décidé de travailler avec ces<br />

gens parce qu’ils sont créatifs.<br />

Les textes et la musique donnent<br />

un espace. Après, chacun invente<br />

sa place. » Ils se connaissent<br />

tous depuis un bon moment.<br />

« Avec Coco, en mai 2009, au<br />

cours d’une soirée d’hommage<br />

à Bashung, ça a fonctionné tout<br />

de suite. Coco, son personnage,<br />

colle bien à ce qu’on veut faire<br />

avec ce groupe : elle apporte une<br />

présence, une dimension de performance.<br />

» Le groupe travaille<br />

d’ailleurs à développer encore<br />

plus la mise en scène en live.<br />

Olivier Vaillant monte des projets<br />

depuis longtemps, mais il y a<br />

quelque chose de nouveau dans<br />

celui-ci, « je n’ai plus envie de<br />

faire de compromis, je dois avoir<br />

la tête dure. » Donc, il a choisi<br />

trois autres musiciens aux égos<br />

forts « parce que je crois que<br />

c’est comme ça que les belles<br />

choses naissent ». Pour ce qui est<br />

de la suite, « J’ai plus l’âge des<br />

tournées sans fin, j’ai envie que<br />

ce projet joue dans des beaux<br />

lieux, avec une histoire,<br />

un contexte. La Maison des<br />

Ventes en est l’exemple parfait. »<br />

V comme Vaillant avance.<br />

Quelque part entre Jacno, Jad<br />

Wio, Plastic Bertrand, Bowie<br />

et Police. J. Delestrade<br />

Maison des Ventes Chativesle<br />

La Maison des Ventes ouvre<br />

ses portes pour le concert de<br />

V comme Vaillant le 8 juillet<br />

cinéma). Ils accueillent aussi<br />

régulièrement du théâtre, des<br />

concerts ou des expositions.<br />

(sur réservation). Étonnant « Cela correspond aussi à notre<br />

non ? Oui et non. Oui, si on se<br />

réfère aux préjugés que véhiculent<br />

ces salles : réservées<br />

à une élite pour des ventes<br />

d’art ennuyeuses. Non, si on<br />

connait Pauline et Alban Gillet<br />

qui sont installés depuis avril<br />

2012. « Nous voulons changer<br />

cette image : dans une salle des<br />

ventes, il y a des choses pour<br />

tout le monde, du néophyte au<br />

collectionneur, et surtout pour<br />

tous les budgets. » Ainsi depuis<br />

leur arrivée, la salle est devenue<br />

un lieu ouvert. Ils organisent<br />

régulièrement des ventes originales<br />

(vinyles ou affiches de<br />

envie de jouer un rôle à notre<br />

échelle dans une certaine démocratisation<br />

culturelle. »<br />

Pauline et Alban sont également<br />

très impliqués au quotidien<br />

dans différents projets : ils<br />

organisent ainsi régulièrement<br />

des ventes dont les bénéfices<br />

sont reversés à des associations.<br />

Poussez les grandes et belles<br />

portes de la Maison des Ventes :<br />

vous y rencontrerez des gens,<br />

vous y écouterez des choses<br />

formidables et peut-être lancerez<br />

vous une enchère, comme<br />

ça, simplement.<br />

v c o m m e v a i l l a n t<br />

l e 8 j u i l l e t à l a m a i s o n d e s v e n t e s c h a t i v e s l e<br />

3 1 r u e d e c h a t i v e s l e , 5 1 1 0 0 r e i m s<br />

w w w . c h a t i v e s l e . f r<br />

w w w . f a c e b o o k . c o m / v c o m m e v a i l l a n t m u s i c<br />

© pin up addict


sos amitié<br />

par<br />

agathe cebe<br />

TEASING ! Pour la rentrée, du 18 au<br />

24 septembre, un festival se prépare.<br />

Elektrikiki, fier de sa naissance l’année<br />

dernière, revient, et comme il a bien<br />

grandi, il change de nom : Ami-Ami<br />

s’annonce déjà comme la fraîcheur<br />

incontournable de l’été indien rémois.<br />

Une programmation fameuse, des lieux<br />

insolites, des performances artistiques<br />

et visuelles inédites, Anne-Sophie Velly,<br />

directrice artistique, soigne les détails.<br />

On vous en reparle plus longuement<br />

dans le prochain Peel, mais d’ici là,<br />

guettez la billetterie : les places sont<br />

limitées et précieuses, car les rendezvous<br />

seront intimistes ! Si vous n’avez<br />

pas d’amis et que vous n’aimez pas les<br />

Curly, vous savez ce qu’il vous reste à<br />

faire…<br />

@amiamifestival sur Facebook<br />

5 QUESTIONS,<br />

EN PASSANT<br />

- JÉRÔME ANDRIEUX -<br />

RESPONSABLE bar<br />

À la Cartonnerie<br />

Qu'est-ce qui rend ton boulot unique ?<br />

Le privilège de rencontrer des artistes que j’apprécie<br />

musicalement et de finir la soirée en leurs compagnies.<br />

Tu es plutôt Brian Flanagan dans " Cocktail " ou<br />

la Pieuvre dans " Roger Rabbit " ?<br />

Je ne suis pas très « Cocktail » et qui est donc ce Roger<br />

Lapin !?<br />

Tu es du genre barman psy ou barman speed ?<br />

Plutôt Psycho Speed.<br />

Lors des rush à la Carto, combien de clients sers-tu<br />

par minute ?<br />

Un seul client, mais pour une commande de 6 pintes,<br />

4 demis, 3 coupes de champagne, 4 verres de vin<br />

et 2 soft…<br />

Dans une autre vie… être barman en un autre temps :<br />

ce serait quand ? Etre barman dans un autre lieu :<br />

ce serait où ?<br />

En 1977. Dans une magnifique maison d’hôtes perdu<br />

au fin fond de la Provence.<br />

Foin des bocks<br />

et de la limonade…<br />

Un été à Reims, le programme circule,<br />

le programme est chargé. Et parmi<br />

tout ce qui est organisé, le Canal attire<br />

l’attention. Du 23 juin au 17 septembre,<br />

au parc de la Roseraie, la Guinguette<br />

se charge d’accueillir les familles<br />

et groupes d’amis pour des moments<br />

estivaux bucoliques et légers. Organisée<br />

par l’association Inner Corner, la Guinguette<br />

propose une ambiance populaire<br />

et bon-enfant, dès le vendredi soir,<br />

et tout le week-end, avec des scènes<br />

musicales, des animations culturelles,<br />

une aire récréative, des terrains de<br />

sports collectifs, pétanque et volley,<br />

un coin restauration et buvette. Le vivreensemble<br />

est porté aux nues par cette<br />

initiative rémoise sympa et inédite.<br />

@innercorner sur Facebook<br />

facebook.com/LaGuinguetteReims<br />

Auréole du succès<br />

Anthonin Ternant, électron virevoltant<br />

déjà bien connu au sein des Betwitched<br />

Hands ou de Black Bones, investit la<br />

scène en solo, en ange : en ange solo.<br />

Avec sa guitare acoustique et sa signature<br />

folk, le projet Angel détonne encore en<br />

beauté. Si « Give Wings to Angel » sonne<br />

comme un générique de dessin animé<br />

90s, d’autres morceaux comme « Angels<br />

turned auround » nous embarquent dans<br />

une ambiance de feu de camp adolescent<br />

de la quatrième dimension. Parfois, les<br />

chœurs, comme des Anthonin démultipliés,<br />

se répondent, mystiques, puis les<br />

guitares saturées surprennent. Angel,<br />

c’est un tribute to l’enfance glorieuse<br />

de la génération des 80s, aux influences<br />

à la fois naïves, rassurantes, et psychédéliques.<br />

Comme à son habitude, Anthonin<br />

a soigné l’artistique, la mise en scène.<br />

Le projet n’est pas que musical. Et pour<br />

l’apprécier dans son entier, il faut le voir<br />

sur scène. Il sera le 8 juillet au festival des<br />

Musiques d’Ici et d’Ailleurs, à Châlons-en-<br />

Champagne, et le lendemain, le 9 juillet,<br />

au festival En Othe, à Auxon. Et sinon,<br />

pour d’autres dates, regardez le ciel<br />

et suivez l’étoile du Berger.<br />

@musiquedelange sur Facebook


Rouge Crypto<br />

Le groupe Rouge Congo donne deux<br />

rendez-vous cet été : le 12 août au festival<br />

Rock les Bains, à Plombières-les-bains,<br />

et avant cela, le 7 juillet prochain sur<br />

la scène du Cryptoportique à Reims.<br />

Concentrés sur la préparation de leur<br />

album, les quatre gars de Rouge Congo<br />

sélectionnent leurs apparitions, et c’est<br />

toujours sympa de voir des belles incarnations<br />

de scène rémoise sur une scène<br />

rémoise. Et l’idée de les voir en plein<br />

air est d’autant plus séduisante que ce<br />

groupe, à l’énergie solaire, se revendique<br />

d’une nostalgie de vacances, au gré d’une<br />

« pop carte postale » rafraîchissante.<br />

Rouge Congo au Crypto<br />

7 juillet 19h<br />

Mémoires d’outre-tombe<br />

Exquises esquisses<br />

Le Studio Pastel accueille, pour les deux<br />

mois de l’été, l’artiste marseillaise<br />

Margaux Fédensieu et son exposition<br />

« Fragments de corps ». Du 30 juin au<br />

30 août seront exposés des formats<br />

peints, des broderies sur papier et<br />

des sérigraphies imprimées par Rectal<br />

Versal, célébrant le corps. Parties d’un<br />

tout, tout d’une partie, les œuvres de<br />

Margaux Fédensieu confrontent, dans<br />

une observation attentive, l’individu et le<br />

couple. Les formes sont suggérées, et les<br />

références historiques et contemporaines<br />

se conjuguent pour un regard neuf sur ce<br />

corps, tout à la fois familier et étranger,<br />

ami et rival.<br />

Studio Pastel, 6 rue de l’Ecu<br />

à Reims – 03 26 09 52 54<br />

9<br />

Le projet atypique et sonore de Marie Guérin a<br />

trouvé étape à Reims, du 12 au 19 juin 2017, pour<br />

une résidence à Césaré. Dans le studio Paranthoën,<br />

l’artiste a construit et conceptualisé son projet<br />

autour de voix vieilles de cent ans : « Même morts<br />

nous chantons ».<br />

Ancré dans notre technologie moderne, ce projet<br />

artistique se plonge dans le passé, entre souvenir<br />

et hommage. Un linguiste allemand avait eu, durant<br />

la guerre 14-18, le projet ambitieux d’enregistrer et<br />

de collecter des voix d’hommes dans des camps<br />

allemands. Trouvés sur des disques SHELLAC, les<br />

sons compilés constituent une véritable chronique<br />

d’un temps ectoplasmique, dont il ne nous reste que<br />

trop peu de traces. Or, ces enregistrements rendent<br />

compte de voix, de chants, de musique orchestrale<br />

et d’ambiance de vie : un journal de bord, encore<br />

vivant, figé dans la résine.<br />

Marie Guérin, « habilleuse sonore », s’est intéressée<br />

à ces enregistrements et a commencé un travail de<br />

collecte minutieuse pour mettre en forme sa pièce<br />

radiophonique. L’œuvre en elle-même, plus que de<br />

la chronique historique, se présente comme une<br />

communication extra-temporelle : rencontre avec<br />

le passé, échange avec les fantômes de soldats, en<br />

langue allemande, française et bretonne.<br />

Les ondes radiophoniques font ressurgir les ambiances<br />

occultes des camps, les espoirs des soldats<br />

enfermés, la dissonance ordonnée des orchestres<br />

imposés. C’est un poltergeist provoqué, cherché,<br />

invoqué, une réponse à l’oubli, un hommage<br />

humble et pudique. Désireuse de se « réapproprier<br />

cette histoire », Marie Guérin assimile sa démarche<br />

créatrice à un spiritisme, témoin d’histoire centenaire<br />

et document précieux.<br />

La pièce sera diffusé le 1 er octobre 2017 à Berlin,<br />

dans le cadre du festival « Kontakte », et plus tard,<br />

sur France Culture. Nous ne manquerons pas de<br />

vous avertir de l’évolution de ce projet fascinant,<br />

qui a pris quelques pierres à Reims, à Césaré, pour<br />

se construire.<br />

lachansonperdue.fr


FRAMBOISE, CROQUANTE<br />

par arnaud lallement<br />

Derrière une attaque<br />

franche, acidulée<br />

et craquante, cette<br />

baie au grain velouté<br />

révèle une vraie complexité.<br />

Une explosion<br />

en bouche.<br />

FRAMBOISE, CROQUANTE © matthieu cellard<br />

Recette pour 4 personnes<br />

Temps de préparation : 1h15<br />

Temps de cuisson : 2h05<br />

Crémeux framboise<br />

200 g d’oeufs | 125 g de beurre | 90 g de sucre | 75 g de pulpe<br />

de framboise | 0,8 feuille de gélatine<br />

Chauffer au bain-marie à 85°C la pulpe de framboise avec les œufs et<br />

le sucre jusqu’à épaississement. Ajouter la gélatine. Refroidir à 40°C.<br />

Ajouter le beurre. Mixer. Garder au frais. Mettre en poche avec une<br />

douille cannelée n°10.<br />

Nappage framboise<br />

125 cl de jus de framboise | 62 g de sucre | 10 g de pectine NH nappage<br />

Chauffer le tout pendant 10 min. Refroidir.<br />

Bille framboise<br />

25 cl de jus de framboise | 38 g de sucre | 2 g + 1 à 2 g de pectine NH<br />

ou 1,5 feuilles de gélatine<br />

Chauffer le tout pendant 10 min. Refroidir. couler en flexipan demi<br />

sphère de 3 cm de diamètre à 3/4. Assembler pour obtenir une sphère.<br />

Tremper à l’aide d’un pic dans le nappage.<br />

Pâte à cornet<br />

500 g de beurre | 500 g de farine | 500 g de sucre glace | 500 g de blanc<br />

d’œuf<br />

Mélanger les éléments au beurre pommade, réserver au frigo. Étaler<br />

l’appareil à l’aide d’un pochoir forme fer à cheval 2 cm large et 14 cm<br />

extérieur et des ronds de 5cm de diamètre, en cuire au four à 170°C<br />

pendant 6 min.<br />

Mousse yaourt<br />

75 g de crème montée | 20 + 85 g de yaourt | 1/3 de citron en zeste<br />

30 g de trimoline | 15 g de glucose atomisé | 0,8 feuille de gélatine<br />

Chauffer 20 g de yaourt avec le glucose et la trimoline. Ajouter la gélatine<br />

et le zeste de citron. Ajouter 85 g de yaourt puis incorporer la crème<br />

montée. Couler en cadre flexiplat de 40 cm par 60 cm. Tailler des cubes<br />

de 2 cm. Zester de citron.<br />

Sorbet framboise<br />

500 g de purée de framboise | 50 g d’eau | 25 g de sucre | 3 g de stabilisateur<br />

Faire un sirop avec le stabilisateur. Verser sur la purée de framboise.<br />

Refroidir en bol paco. Congeler.<br />

Jus de framboise<br />

250 g de brisures de framboises ou framboises | 25 g de sucre<br />

Cuire le tout au bain-marie filmé pendant 1 heure. Égoutter.<br />

Compote framboise<br />

400 g de brisures de framboises | 40 g de sucre | 10 g de pectine<br />

Chauffer le tout 10 min. Refroidir. Mettre en poche pour garnir les framboises<br />

roses.<br />

Dressage<br />

Dans une assiette ronde poser une tuile courbée et la ronde au centre.<br />

Garnir avec six framboises, trois cubes de fromage blanc et trois billes.<br />

Ajouter un cordon de crémeux framboise. Recouvrir avec l’autre tuile<br />

saupoudrée de sucre glace. Terminer avec cinq flammes de crémeux<br />

et cinq demi framboises coupées, trois pétales de pensée. Disposer sur<br />

la tuile ronde une quenelle de sorbet et une pensée. Servir le jus en<br />

saucière.


Le Brasillé<br />

de Didier Alexandre<br />

à Saint-Aubin-sur-mer<br />

| calvados|<br />

Dimanche matin, marché de Saint-Aubin-sur<br />

Mer. Juste avant la marée, il fait un petit gris,<br />

pas méchant, celui dont on sait qu’il « va se<br />

lever », la mer impose son rythme, ici rien<br />

n’est jamais figé, le pays du mouvement.<br />

Quelques étals habituels mais aussi un maraîcher<br />

avec de délicieuses petites tomates mal<br />

foutues mais si juteuses et avec un goût…,<br />

un spécialiste des fruits rouges (Fraiseraie<br />

Hardy à Bellengreville) et Alexandre Didier<br />

qui propose un assemblage improbable de<br />

pâtisseries et de poulets rôtis à la broche.<br />

« Je suis un peu gourmand » confesse-t-il.<br />

Oui, c’est bien là un étal de gourmand :<br />

des pains au levain, croissants et pains<br />

au chocolat, des plaques rectangulaires<br />

de délicieuses tartes feuilletées aux fruits<br />

(Ah ! la pomme / framboise / frangipane !),<br />

rien d’apprêté, juste « le goût du goût ».<br />

Au bout de l’étal, entre les chouquettes (top,<br />

le caramel craquant) et la faluche (on en<br />

reparlera un jour), il y a des brasillés. Il doit<br />

y avoir une chimie singulière entre l’œil, les<br />

papilles et le doré du brasillé.<br />

Un petit quelque chose d’irrésistible qui vous<br />

dit « mange-moi ». Le brasillé est long, il est<br />

cranté au-dessus pour laisser respirer la pâte<br />

à la cuisson et chaque cran se transforme en<br />

lanière croustillantes, ah mes aïeux…<br />

« Ça vient de Clinchamps-sur-Orne, j’ai appris<br />

à les faire pendant mon apprentissage en<br />

pâtisserie. C’est purement normand. ».<br />

Bon, la recette est simple, farine, beurre frais,<br />

sucre, levure et un peu de sel, la base de<br />

la pâtisserie. On brasse, on laisse reposer 1<br />

heure, 1h30, puis on retravaille comme une<br />

pâte feuilletée, deux tours double et ça donne<br />

une pâte brisée-feuilletée. On forme les<br />

brasillés, petits coups de lame pour scarifier<br />

le pâton, 1h30 de pousse et hop au four.<br />

Dans les choses simples, peut-être ressenton<br />

encore plus fortement le tour de main,<br />

la main gourmande, le boulanger qui salive<br />

et qui veut partager avec les clients du<br />

dimanche matin. « On est une petite structure,<br />

on est bien comme ça, on fait quelques<br />

produits mais on les fait bien ».<br />

Je sais, cet article est cruel, maintenant vous<br />

rêvez de brasillé. Un de ces prochains longs<br />

week-end, pourquoi pas la côte de Nacre<br />

pour déguster le « kouign-amann d’ici » (sans<br />

le beurre salé) ? J. Descamps<br />

Traiteur Didier Alexandre<br />

sur les marchés autour de Saint-Aubin-sur-mer<br />

Poterie Lefebvre<br />

à Barfleur<br />

| mAnche|<br />

Le goût des aliments passe aussi<br />

par leur mise en valeur. Pas seulement<br />

pour épater les copains mais<br />

pour soi, parce que la tasse du<br />

matin ou le saladier de la salade<br />

de tomates sont des petites fêtes<br />

qui célèbrent le jour nouveau.<br />

Loin de la grande distribution,<br />

la vaisselle glanée sur les routes<br />

porte l’empreinte des voyages, elle<br />

exhale des odeurs de garrigue ou<br />

d’embruns.<br />

Ingrid est potière à Barfleur dans le<br />

Cotentin, sur la route du Vast. De<br />

Normandie, elle arbore le blond viking,<br />

les joues roses, le visage rond<br />

et le sourire lumineux. Ses mains<br />

transforment très vite la motte de<br />

terre à grès de La borne (Berry) en<br />

grand plat rond. Nous discutons<br />

dans son atelier où l’accumulation<br />

des pièces tournées, des outils de<br />

précision et de l’odeur de la terre<br />

forment un antre chaleureux.<br />

« J’adore l’idée qu’on peut aller<br />

chez le potier comme on va chez<br />

le boucher, j’aime le côté artisan »<br />

Ingrid tourne et décore à la main<br />

de la vaisselle d’usage, elle excelle<br />

dans les bleus, les rouges, les bruns<br />

et réussi aussi les céladons, ce vert<br />

laiteux merveilleux venu de Chine.<br />

« Ce que j’aime le plus c’est la<br />

transformation de la matière brute<br />

en objet en quelques minutes. Je<br />

cherche le côté solide, puissant,<br />

j’aime donner aux gens des objets<br />

rassurants pour qu’ils les utilisent<br />

quotidiennement »<br />

Chaque objet contient<br />

la trace des mains qui<br />

pétrissent, forment,<br />

enduisent, peignent,<br />

décorent mais aussi de<br />

l’œil qui jauge l’épaisseur<br />

d’un bol ou d’une assiette,<br />

qui surveille la cuisson. Les<br />

poissons, oiseaux et motifs<br />

graphiques qui ornent<br />

chaque pièce en font une<br />

œuvre d’art qui ravit l’œil à<br />

chaque utilisation.<br />

Même si on a pas toujours le temps<br />

de regarder le mug du<br />

matin pour se raconter<br />

une fois encore l’histoire<br />

du poisson bleu ou du<br />

moineau coloré, on est<br />

rassuré de savoir qu’il<br />

est là prêt à évoquer les<br />

vacances passées ou tel<br />

souvenir de voyage. J. D.<br />

La recette simple<br />

de janell<br />

Les cookies de Janell<br />

115 grammes de beurre non salé, ramolli | 125 grammes de cassonade<br />

ou de vergeoise | 2 œufs | 1/2 cuillère à café d'extrait de vanille | 95<br />

grammes de farine | 1/2 cuillère à café de bicarbonate de soude | 1/2<br />

cuillère à café de cannelle moulue | 1/4 cuillère à café de sel de table |<br />

120 grammes d'avoine | 120 grammes de raisins secs | 65 grammes de<br />

noix concassées et autres graines que vous aimez<br />

Dans un grand bol, malaxer ensemble le beurre, la<br />

cassonade, les œufs et la vanille jusqu'à consistance<br />

lisse. Dans un bol séparé, mélanger la farine, le bicarbonate<br />

de soude, la cannelle et le sel ensemble puis<br />

ajouter au mélange beurre / sucre. Incorporer l'avoine,<br />

les raisins secs et les noix. Placez la pâte 1/2 heure au<br />

réfrigérateur. Chauffez le four à 175 degrés. Disposez<br />

des boules de pâte espacées de 8/10 centimètres sur<br />

une plaque à pâtisserie recouverte de papier cuisson.<br />

Cuisez 10 à 12 minutes (le temps de cuisson varie<br />

selon votre four). C’est cuit quand les bords sont<br />

dorés. Sortez la plaque et laissez-les gâteaux refroidir<br />

pendant cinq minutes avant de les arranger sur une<br />

clayette. Je vois à vos yeux brillants qu’aucun conseil<br />

ne sera écouté, alors manger encore chaud, c’est<br />

lourd à digérer mais que c’est bon…


techno robotique<br />

Torb est un duo parisien.<br />

En 2009, Julien rêvait de<br />

devenir l’assistant de Philippe<br />

Zdar. Quant à Fabien, il était<br />

là pour vérifier le matériel.<br />

Les deux hommes ayant participé<br />

à l’installation du Motorbass<br />

Recording Studios, Zdar leur a<br />

offert une pièce à l’étage.<br />

« On se considère comme la<br />

branche hardcore de Motorbass<br />

» nous a révélé Julien juste<br />

avant leur concert au Cabaret<br />

Vert, où ils nous livrent un son<br />

primitif, aux saccades parfois<br />

incontrôlées. Une musique<br />

planante, lancinante, souvent<br />

insistante, qui s’insinue dans<br />

la tête et le corps de celui qui<br />

l’écoute.<br />

Fabien as les cheveux courts, Julien les<br />

cheveux longs. Julien aime Francesco<br />

Farfa et Fabien la techno de Détroit : sur<br />

quels points communs<br />

se fonde votre complicité<br />

musicale ?<br />

Julien : Sur le kick,<br />

la basse, les synthés et les ambiances !<br />

A 20 ans, on allait dans les raves.<br />

Aujourd’hui, on recrache, on dégueule<br />

ce qu’on a écouté depuis tout ce temps.<br />

Fabien : Au départ, on écoutait de la<br />

techno sans rentrer dans les détails<br />

de dire « moi à la base, c’est ça et toi,<br />

c’est ça que t’aimes », parce qu’on avait<br />

forcément chacun notre chemin.<br />

J : Il est difficile de trouver un partenaire<br />

avec qui faire de la musique. Il y<br />

en a toujours un qui porte la couverture<br />

à lui alors que nous, nous sommes sur<br />

la même longueur d’onde.<br />

torb<br />

F : Et puis sur scène, on est Torb. On est<br />

un tout.<br />

Qu’est-ce qui vous donne l’envie de<br />

créer ?<br />

J : Un son particulier, sorti d’une<br />

machine fabriquée par Fabien. Ça nous<br />

inspire et nous donne un morceau,<br />

constitué d’une rythmique, d’une bassline<br />

et d’un gimmick.<br />

4ever young est plus mélodieux que vos<br />

autres titres. Comment expliquez-vous<br />

ce changement de ton ?<br />

J : Cette berceuse a été écrite un soir, en<br />

hommage au fils de Zdar : James, né il y<br />

a 6 ans. C’est un morceau fait à la main.<br />

Que recherchez-vous en faisant de la<br />

musique ?<br />

F : L’émotion.<br />

J : On cherche la vérité. Sur scène, avec<br />

nos machines faites à la main et qui ne<br />

réagissent pas pareil selon la température,<br />

ou le fait qu’on joue en intérieur<br />

ou en extérieur, on est sans filet. On<br />

voulait sortir de ce schéma du mec qui<br />

arrive avec son ordinateur, appuie sur<br />

un bouton, va boire sa bière, et revient<br />

dans une heure. Nos live, brouillons,<br />

miment les épreuves de la vie. Notre<br />

rêve serait d’être au milieu du public<br />

et d’entendre la même source sonore<br />

que lui.<br />

Quelles machines aviez-vous au Cabaret<br />

Vert, le samedi 27 août ?<br />

J : Notre set up habituel : Ulitimiti Uno,<br />

Ulitimiti due, Veedo, Magnificiensa<br />

luminata… Ce sont des machines<br />

auxquelles on a donné des noms. Des<br />

petits mots doux.<br />

Pourquoi des noms italiens ?<br />

J : ça, c’est mon influence !<br />

J’aime les années 90 et<br />

toute la scène italienne. Sur<br />

Night Session, les titres en<br />

italien rappellent le nom de<br />

nos machines, sauf Elvira :<br />

c’est le nom d’une amie<br />

suédoise qui met sa voix sur<br />

ce titre. Elle était chez moi<br />

un soir et elle a commencé<br />

à dire une phrase : « Lost<br />

everything, even lost my<br />

dignity ». Je l’ai enregistrée,<br />

j’ai fait écouter à Fabien et on a fait un<br />

morceau avec ça. On voulait lui rendre<br />

hommage en donnant son nom au<br />

morceau.<br />

Est-ce que cela annonce plus de<br />

morceaux chantés dans vos prochains<br />

albums ?<br />

J : Nous ne sommes pas très bavards de<br />

nature. On s’exprime par la musique.<br />

On aime le son, le grain.<br />

Vous entraînez-vous avant d’entrer en<br />

scène ?<br />

J : Non. On branche les machines,<br />

on regarde les niveaux, les balances.<br />

On vérifie que tous les sons sortent :<br />

le kick, la basse, la snare...<br />

Et pour vous, qu’est-ce qu’un live réussi ?<br />

J : Quand tu es devant 10 000 personnes<br />

(on n’en a pour l’instant eu que 5 000 ou<br />

6 000 à Astropolis, l’année dernière) et<br />

que même le dernier rang danse.<br />

f a c e b o o k . c o m / w e l o v e t o r b /<br />

_© DR


2<br />

texte<br />

Justine Philippe


un livre, 5 raisons de l’aimer<br />

5 raisons<br />

d'aimer…<br />

14 Juillet<br />

d'ÉRIC VUILLARD<br />

éditions ACTES SUD<br />

Par cyrille planson<br />

Parce que c’est plus qu’un roman<br />

historique. Vous avez détesté l’histoire<br />

à l’école ? Vous trouvez les<br />

récits historiques lénifiants ? Plongez<br />

dans les destins croisés de ces petites<br />

gens qui ont « fait » le 14 Juillet et<br />

dont Éric Vuillard a parfois retrouvé<br />

la trace dans les archives. Hommes<br />

et femmes de peine, artisans ou<br />

habitants des faubourgs, ils se sont<br />

trouvés là, parfois par hasard.<br />

Ils ont joué un rôle, à leur dimension,<br />

celui de la « petite histoire » qui fait<br />

la « grande ». L’espace d’un instant,<br />

fugace, Éric Vuillard leur redonne vie<br />

avec un vrai talent littéraire.<br />

Parce que c’est formidablement<br />

bien écrit. Des phrases courtes, une<br />

vraie densité dans l’écriture. Un ton<br />

alerte non dénué d’un humour parfois<br />

grinçant. Éric Vuillard aime ses personnages<br />

et leurs « vies minuscules ».<br />

Son roman aux allures de polar vous<br />

cueille, un peu à l’improviste. Difficile<br />

de lâcher prise ensuite, tant le rythme<br />

est haletant et aux antipodes du style<br />

souvent ampoulé du commun des<br />

romans historiques.<br />

Parce que c’est un livre édité par<br />

Actes Sud. Pas à pas, l’éditeur arlésien<br />

a su se constituer un très beau<br />

catalogue, et être conforté dans ses<br />

choix, voici deux ans, par deux Prix<br />

Goncourt (Kamel Daoud pour le<br />

premier Roman, Mathias Énard pour<br />

« le » Prix Goncourt) et un Nobel de<br />

littérature (Svetlana Alexievitch).<br />

Actes Sud, est désormais un empire,<br />

indépendant et exigeant, fondée<br />

par Françoise Nyssen, devenue voici<br />

quelques semaines la ministre de<br />

la Culture et de la Communication<br />

d’Emmanuel Macron.


Parce que, finalement, on ne connaît<br />

rien du 14 Juillet. Vous pensiez tout<br />

savoir du 14 Juillet ? En fait, non. Éric<br />

Vuillard vous révèle la réalité de cette<br />

journée, l’enchaînement inattendu<br />

des événements, la part de hasard<br />

propre à ces grandes journées qui, à<br />

tout moment, peuvent basculer d’un<br />

côté ou de l’autre. Derrière l’image<br />

d’Épinal, celles de l’élan patriotique<br />

que rien ne peut arrêter, se cachent<br />

les instants de doute, ces moments<br />

indécis pendant lesquels tout aurait<br />

pu s’arrêter.<br />

Ville de Reims - Direction de la communication<br />

Exposition<br />

La force de Coriolis<br />

Manuela Marques<br />

Parce que c’est mieux qu’un roman<br />

d’été. Court (200 pages), incisif, passionnant,<br />

14 Juillet, c’est une plongée<br />

dans la « petite Histoire de France ».<br />

Des visages prennent vie sous la<br />

plume d‘Éric Vuillard. Pas de mots<br />

inutiles, pas de pages noircies pour<br />

« tirer à la ligne ». Éric Vuillard va à<br />

l’essentiel. Et convenons en, côté scénario,<br />

cette journée du 14 juillet qui<br />

a bouleversé l’histoire de la France,<br />

voire du Monde, n’a rien à envier au<br />

dernier Marc Lévy ou Maxime Chattam.<br />

Alors, ne bronzez pas idiot !<br />

Le cellier<br />

13 mai > 31 juillet 2017<br />

Entrée gratuite


captain crochet


6<br />

captain crochet<br />

Olek<br />

Un sacré crochet<br />

Quand on évoque les termes de crochet et de<br />

tricot, on pense tout de suite à la boxe ou à<br />

l’écharpe de grand-mère tricotée dans une laine<br />

épaisse qui gratte, ou bien aux réalisations d’art<br />

modeste faites par de vieilles filles en mal d’amour,<br />

espérant, en usant du fil de Pénélope, voir apparaitre<br />

leur Ulysse, après tant d’années d’attente, un<br />

jour, peut-être.... Pourtant, à un tout autre niveau,<br />

le tricot, crocheté, se transforme avec Olek en<br />

réelles œuvres art.<br />

Agata Oleksiak de son vrai nom, est une artiste textile de renommée<br />

internationale installée à Brooklyn à New-York qui<br />

pratique le crochet à très grande échelle. Née en 1978 dans<br />

une région industrielle de Pologne, Olek a obtenu en 2000 un<br />

baccalauréat en études culturelles à l’Université de Poznan.<br />

Son diplôme d’art en poche, elle déménage pour s’installer aux<br />

États-Unis.<br />

Olek est considérée comme une des figures de proue du Yarn<br />

Bombing (mouvement né en 2005 lorsque Magda Sayeg a eu<br />

l'idée de recouvrir de tricot la poignée de la porte de sa boutique<br />

de laine à Houston, aux États-Unis. La pratique s'est ensuite<br />

largement diffusée en Europe de l'Est et en Angleterre).<br />

Bien qu’elle ne se reconnaisse pas comme acteur de ce mouve-


captain crochet<br />

ment, Olek recouvre de crochets démesurés de Phentex (une<br />

fibre synthétique inventée dans les années 60 par le français<br />

André Girard) d’aspect laineux et colorés les murs des villes,<br />

les monuments, les sculptures et même les gens, partout dans le<br />

monde, rendant alors l'univers quotidien urbain onirique. Son<br />

art atypique qui s’insère entre le graff et les travaux d’aiguille a<br />

pour finalité d’attirer l’attention, de manière poétique et provoquante,<br />

sur des paysages ou des objets du quotidien que l’on ne<br />

regarde plus, par habitude ou par lassitude. Pour Olek la vie et<br />

l'art sont inséparables. Elle se positionne alors sur d’importants<br />

sujets de société et confère à ses œuvres, entre la sculpture et la<br />

performance, une portée politique particulièrement forte. Elle<br />

a ainsi crocheté avec des réfugiées, performé avec des Indiennes<br />

lors de la Journée internationale de la femme, enfilé une nouvelle<br />

combinaison au « Charging Bull » de Wall Street, recouvert<br />

de crochets un obélisque de forme phallique à Santiago du<br />

Chili pour plaider la cause des homosexuels et fait savoir, avant<br />

les élections américaines, qu’elle verrait bien Hillary Clinton<br />

à la présidence, avec un panneau de cinq mètres sur quatorze<br />

recouvert de crochets de couleur rose au cœur du New Jersey.<br />

Olek peut par exemple recouvrir entièrement au crochet des<br />

objets et des lieux hétéroclites tels que des pièces d’habitation<br />

intérieures, des extérieurs de maisons, un train, un tank, une<br />

pelleteuse ou un vélo.<br />

Si Olek a choisi la rue pour exercer son art, c’était au départ<br />

pour s’opposer aux systèmes d’expositions plus classiques. Ses<br />

impertinentes réalisations, qu’elle nomme « actions-guérillas<br />

» sont installées sans permission préalable et il est fréquent<br />

qu’elles soient détruites par les autorités des villes qu’elle investit.<br />

Sa position a aujourd’hui évolué, puisqu’on a pu voir son travail<br />

exposé à la Tony’s gallery de Londres, à la Jonathan Levine<br />

Gallery à New-York, au Smithsonian American Art Museum à<br />

Washington dans le cadre de l’exposition « 40 Under 40 : Craft<br />

Futures », à Miami Art Basel, au Heinz Nixdorf Museums Forum<br />

à Paderborn et à la Villa Rot à Burgrieden en Allemagne,<br />

ainsi qu’au musée Boijmans Van Beuningen à Rotterdam aux<br />

Pays-Bas.<br />

Olek collabore régulièrement avec de grandes entreprises pour<br />

soutenir des organisations à but non lucratif. Ainsi, elle s’est associée<br />

à Kiel’s en réalisant une œuvre en crochets intitulée « Mr.<br />

Bone » afin de recueillir des fonds pour les enfants en difficulté<br />

et à la Maison Lancaster à Londres où elle a réalisé une installation<br />

en présence de la famille royale afin de recueillir des fonds<br />

pour la préservation des éléphants d’Asie.<br />

Régulièrement, elle intervient dans des institutions pour donner<br />

des conférences, notamment à l’université de Syracuse et


8<br />

captain crochet


captain crochet


0<br />

captain crochet


captain crochet<br />

au collège de Long Island à New-York. Toujours en matière de<br />

médiation, Olek a notamment animé des ateliers de crochetage<br />

à destination des détenus de la prison municipale à Katowice,<br />

en Pologne, avec qui elle a réalisé une grande fresque murale<br />

au crochet de vingt mètres de long, dans le cadre des actions de<br />

proximité de l’établissement pénitentiaire. Son travail est présenté<br />

dans de nombreuses publications telles que The New York<br />

Times, Wall Street Journal, New York Magazine, TIME Magazine,<br />

Vogue Italia, Newsweek, Vibe Magazine, Artinfo. OLEK<br />

a par ailleurs bénéficié du soutien financier à la création artistique<br />

du Lower Manhattan Cultural Council. Interview.<br />

Pourquoi as-tu choisi le crochet comme médium ?<br />

J'ai intégré le crochet, que je pratiquais déjà auparavant, dans<br />

mon travail en prenant un cours de sculpture à New York. Mon<br />

professeur m'avait alors encouragé à utiliser des matériaux<br />

non traditionnels, y compris le fil, la corde et la ficelle, pour<br />

fabriquer une sculpture et pour les relier de toutes les façons<br />

possibles. Après avoir expérimenté toute la nuit, j'ai finalement<br />

tenté de réaliser ma sculpture en crochets. Et ça a marché ! Depuis,<br />

je travaille avec ce médium si particulier.<br />

Peux-tu nous raconter la petite histoire de tes œuvres ?<br />

Chaque pièce, où qu’elle ait été réalisée dans le monde, a une<br />

histoire différente. L'année dernière par exemple, on m'a commandé<br />

une pièce spécifique au musée Verket à Avesta, en Suède.<br />

J'ai été à l'origine inspirée pour recréer une maison suédoise<br />

traditionnelle à l’intérieur du musée. En cherchant une équipe<br />

pour le projet, j'ai décidé d'embaucher un groupe de réfugiées<br />

de Syrie et d'Ukraine. Après quelques jours à faire du crochet,<br />

à coudre, à écouter des livres audio et de la musique de divers<br />

pays, nous avons cassé la glace et une conversation a débuté.<br />

Cette conversation m’a changée pour toujours. Les femmes ont<br />

commencé à parler des horreurs dans leurs pays d'origine et de<br />

la façon dont elles avaient tout perdu avec la guerre. Certaines<br />

m'ont montré des photos de leurs villes natales avant et après<br />

les bombardements ou des attentats à la bombe. Ces histoires<br />

m'ont incitée à faire exploser l'installation au sein du musée, et à<br />

créer un court métrage intitulé « In The Blink Of An Eye ». Il ne<br />

faut jamais sous-estimer ce qu'un endroit et l’écoute des autres<br />

peuvent t’apporter en tant qu'artiste.<br />

Quelle est ta philosophie ?<br />

Ma philosophie est résumée dans une performance qui a eu<br />

lieu à la BWA Galleria à Sanok en Pologne le 9 mars 2009.<br />

J'ai intitulé cette pièce “ Working Woman in White : A Portrait ”.<br />

Je produisais du crochet pour en faire une sculpture pour mon<br />

corps, dans laquelle mon corps est devenu le ready-made. La<br />

« couverture » a complètement redéfini mon mouvement et<br />

mon identité : sexuelle, personnelle et culturelle. Ensuite, j'ai<br />

pris l’extrémité du fil et, en l'arrachant, j'ai commencé à recrocheter.<br />

Quand le « nouveau » costume d'armure fut prêt, j'étais<br />

exposée comme un objet. Ensuite, j'ai posé cette sculpture portée<br />

à la main sur mon corps et pris l’extrémité du fil pour défaire<br />

la «couverture» à nouveau, et encore, et encore, et encore… J'ai<br />

crocheté et recrocheté sur mon corps, même quand j'ai senti<br />

que je ne pouvais plus continuer, jusqu'à ce que j'ai atteint<br />

un point où je savais que je pourrais continuer indéfiniment.<br />

L'œuvre d'art est alors détruite au fur et à mesure qu'elle est<br />

créée, et est créée à partir de sa propre destruction.<br />

Pourquoi as-tu choisi de t’installer à New York ?<br />

En 2000, ma professeure d'anglais, Kelly, m'a tenu le propos suivant<br />

: « La Pologne n'est pas prête pour toi. Tu dois te déplacer<br />

à New York. » Elle avait raison car en Pologne tout le monde<br />

était à cette époque catholique de naissance, blanc, et ne parlait<br />

seulement que le polonais. J’étais comme une étrangère à mon<br />

propre peuple à cause de mes croyances, de mes vêtements et de<br />

ma philosophie originale. Je me suis alors échappée des limites<br />

strictes de ma terre natale. Ce n'est que lorsque j'ai déménagé à<br />

New York que j'ai découvert ma patrie spirituelle et que j'ai eu<br />

la liberté de m'exprimer pleinement.<br />

Quelle est la signification particulière des couleurs que tu utilises<br />

dans tes œuvres ?<br />

Chaque pièce est différente. À titre d’exemple alors que j’étais en<br />

train de discuter des couleurs à utiliser pour mon œuvre intitulée<br />

« The Pink House ». et que je pouvais vraiment aller dans<br />

n'importe quelle direction souhaitée, j'ai choisi d'utiliser le rose,<br />

car le rose est une couleur qui ne représente aucun pays.<br />

Lorsque tu produis tes œuvres, réalises-tu le travail de crochet<br />

toi-même ou te fais-tu aider par des assistants ?<br />

Je travaille presque toujours avec des assistants et une équipe,<br />

car mes pièces prennent beaucoup de temps à faire à la main.<br />

Partout où je vais, et peu importe le pays ou la ville, il y a toujours<br />

beaucoup de bénévoles qui veulent donner de leur temps<br />

à mes projets publics. C'est une chose de demander aux gens<br />

qui ont une vie confortable de donner de leur temps, mais je<br />

préfère engager une équipe chaque fois que c’est possible. Il


2<br />

captain crochet


captain crochet<br />

est très important pour moi de permettre aux femmes qui travaillent<br />

avec moi d’accéder à l’autonomie en les payant équitablement<br />

pour leur travail. Ce fut notamment le cas lorsque j'ai<br />

travaillé en Inde et avec des réfugiés en Suède.<br />

Quel est ton projet le plus étonnant, ta pièce la plus impressionnante<br />

?<br />

Ma meilleure pièce est toujours ma prochaine pièce ! Cependant,<br />

l'expérience que j'ai eue en travaillant avec les femmes<br />

réfugiées en Suède cette année à Avesta et la création de « In The<br />

Blink Of An Eye » est quelque chose dont je me sens très fière.<br />

Pour les lecteurs de Peel qui te découvrent peut-être à la lecture<br />

de cette interview, peux-tu parler de ton actualité récente ?<br />

Cette année, j’ai eu le plaisir de participer à un événement organisé<br />

par Morgan Spurlock dans le cadre du Festival du film de<br />

Sundance, dans lequel j’ai performé à partir d’un film classique<br />

de 16 mm intitulé " Style Wars ", produit par Henry Chalfant<br />

et Tony Silver. Par ailleurs, le musée d'Akron m’a commandé<br />

une performance dans le cadre de son exposition « 10 Years of<br />

High Fructose ». J’y présenterai également une vidéo intitulée<br />

« Working Life », que j'ai créée en collaboration avec Michelle<br />

P. Dotson.<br />

Par quels mots pourrais-tu clôturer cette interview ?<br />

On dit que le ciel est la limite, mais je vise les étoiles, plus loin<br />

dans notre galaxie. J'ai un long chemin à faire. J'ai bouclé la<br />

route bosselée. Je suis prête pour mon prochain lancement de<br />

fusée.<br />

w w w . o l e k n y c . c o m<br />

texte<br />

Alexis Jama-Bieri<br />

photographies<br />

(droits réservés)<br />

Olek


4


la vie d'un lieu de résidence


6<br />

la vie d'un lieu de résidence<br />

CAMAC<br />

le concret<br />

de l’art<br />

Marnay-sur-Seine, 6h du matin. Par la porte-fenêtre<br />

entrouverte en ce début de printemps, les<br />

oiseaux commencent à chanter. Concert polyphonique<br />

qui ne souffre aucun retard, chaque matin,<br />

les oiseaux saluent le jour. Ici, la Seine se prend<br />

encore pour une petite rivière, les saules pleurent<br />

dans l’eau, les grenouilles coassent, les berges<br />

sont parsemées d’ancolies et de jacinthes sauvages.<br />

Dans la maison commune de la résidence, les résidentes<br />

se succèdent pour préparer leur petit-déjeuner.<br />

La cuisine devient ce lieu prisé où les récits<br />

de vie se croisent et où les projets s’échafaudent<br />

entre la cafetière, les œufs aux plats et le plateau<br />

de fromages disposés sans ordre sur la table<br />

en formica noir juste en-dessous de la fenêtre<br />

ouverte sur le jardin. Voici, Maria et Soyoung, deux<br />

coréennes vivant au Canada, Elizabeth, américaine<br />

citoyenne du monde, vivant de temps à autres à<br />

Bali ou Singapour, Kristina, norvégienne venue<br />

pour danser avec Hannah et deux sœurs jumelles<br />

de Brooklyn Hillary et Briana, Svletana russe venant<br />

de Moscou, Hellen, australienne venant de la<br />

côte ouest et Janell, américaine de San Francisco.<br />

Vous êtes à CAMAC une résidence d’artistes située<br />

aux confins de l’Aube.<br />

Résidence : Fait de demeurer habituellement dans un lieu ; p.<br />

Méton., ce lieu, demeure habituelle et fixe. Synon. Habitation,<br />

séjour. Avoir fixer sa résidence quelque part ; changer de résidence<br />

; être en résidence à.<br />

Panoramique latéral de gauche à droite vu du jardin clos avec<br />

pelouses et arbres fruitiers en fleurs : Grande grille blanche en<br />

fer forgé servant d’entrée aux piétons, les deux premiers bâtiments,<br />

ancien prieuré du XVII ème siècle, tourelle et pans de<br />

bois, rosiers et sculpture fine en métal, une coursive menant<br />

à la grande maison commune, architecture fonctionnelle des<br />

années 1950, porche d’entrée des voitures. Sur l’autre face de la<br />

maison, un balcon/terrasse sur la Seine relie tous les bâtiments.<br />

C’est Franck Ténot, célèbre responsable de presse et amoureux<br />

fou de Jazz qui est à l’origine de cette idée et de la Fondation qui<br />

porte son nom. C’est Jean-Yves Coffre qui en est le directeur<br />

depuis 2000. Lui et sa petite équipe anime ce lieu de paix et de<br />

travail, ouvert aussi aux badauds du dimanche.<br />

Du mois d’avril au mois de décembre, dix ateliers et autant de<br />

chambres sont mis à la disposition d’artistes internationaux<br />

pour qu’ils puissent travailler en paix. Ici, nous sommes au plus<br />

juste de l’accompagnement du travail de l’artiste, du temps et de<br />

l’espace. D’un à deux mois sont offerts aux artistes des formes<br />

les plus diverses : peinture, sculpture, dessin, photographie,<br />

chorégraphie, vidéo… Ici, on teste, on s’éprouve, on se perd, on<br />

se trouve, on trépigne, on avance, on rêve, on se surprend.


la vie d'un lieu de résidence<br />

Commençons la visite.<br />

Juste à l’entrée, dans le premier bâtiment, une grande fenêtre à<br />

petits carreaux, c’est le studio de Soyoung qui dessine et peint.<br />

Elle réalise elle-même certains de ses pigments en faisant des<br />

décoctions de betteraves ou d’herbes qu’elle concentre fortement<br />

pour produire des encres fines aux couleurs rares. Les<br />

motifs sont animaliers ou végétaux, Soyoung privilégie pour<br />

l’instant les petits formats.<br />

Derrière, se trouve la grande galerie, le faîte de la toiture est<br />

troué d’une verrière. C’est le lieu des expositions, des installations<br />

c’est le creuset de tous les essais.<br />

Un escalier nous emmène vers l’atelier de Maria. Trois peintures<br />

sont au mur dont un portrait d’une femme assise à sa<br />

fenêtre (tiens les petits carreaux du prieuré !). À côté des trois<br />

peintures, cinq feuilles A4 accrochées, des nuanciers pour avoir<br />

toujours en tête les différentes références (Winson & Newton +<br />

Lefranc + Winton oil colour). Penchée sur le sol blanc, Maria<br />

termine la construction d’un large cadre entoilé, elle a en tête<br />

un tryptique…<br />

Revenu dans le jardin, on pousse une large baie vitrée pour<br />

retrouver Svletana, psychologue et peintre. Elle est venue ici<br />

pour creuser le thème de la transformation. Elle travaille prudemment<br />

sur trois toiles, l’une propose une vision symétrique<br />

et allégorique de l’intérieur et de l’extérieur, l’homme comme<br />

un océan avec des fonds marins habités et comme une constellation<br />

sombre ou rouge flamboyant. Le plus frappant est sans<br />

doute cet homme en suspend entre montagne et colline, va-til<br />

réussir son saut ? Surmonter les obstacles est une des questions<br />

de Svletana. Amusée, elle ouvre sa « porte magique », une<br />

ouverture qui donne directement sur la Seine et l’ancien lavoir<br />

de Marnay.<br />

Au second étage du prieuré, sous les toits, le studio 4 est occupé<br />

par le groupe de danseuses. Ce matin c’est repos. L’espace est<br />

entièrement blanc, poutres et plancher. Ce qui frappe c’est la<br />

lumière, elle traverse de part en part.<br />

Sur le côté, une porte mène au studio 5 qu’Hellen occupe. Là<br />

aussi, le blanc et la lumière. Les fenêtres sont ouvertes la nature<br />

entre à l’intérieur. Au mur deux grands dessins sur papier<br />

blanc, deux femmes dont ne subsistent que les contours, bleu<br />

outremer. Après des études de danse à l’université de l’Australie<br />

de l’ouest (là où a étudié l’acteur Hugh Jackman, oui Wolveriiiine<br />

!!!), Hellen vient de se lancer dans le dessin d’après photo.<br />

Elle est venue pour danser, elle explore le dessin associé à la<br />

peinture. Hellen se prend en photos : en pied, elle remonte une<br />

partie d’une robe, assise au milieu de chaises avec un énorme<br />

manteau en fausse fourrure, allongée au sol, courbée ou les bras<br />

levés…<br />

Elle ouvre une photo plein cadre sur son ordinateur, elle colle<br />

une feuille de papier calque sur l’écran et c’est parti pour un<br />

détourage et une coloration de certaine partie, toujours en bleu<br />

outremer (acrylique de chez Sennelier). L’effet est saisissant,<br />

ces silhouettes bleues sont autant d’instantanés de la vie d’une<br />

femme, elles sont énergiques et parfois mélancoliques. Hellen<br />

vient aussi de projeter ses photos sur le grand mur blanc, les<br />

deux grands dessins sont les premiers pas vers une série.<br />

Pour le bleu outremer, il n’est pas la peine de chercher beaucoup,<br />

entre les cheveux sombres et le rire fringant, Hellen arbore des<br />

yeux améthyste incandescents.<br />

Tout CAMAC est là dans cette jeune fille de vingt ans déboulant<br />

d’Australie de l’Ouest en France à Marnay-sur-Seine pour<br />

explorer de nouveaux territoires.<br />

Si on descend l’escalier de la tourelle, au rez-de-chaussée, on<br />

entre dans l’atelier d’Elizabeth. La pièce est ouverte sur la Seine,<br />

Norah Jones susurre ses chansons, les oiseaux de la Seine lui répondent.<br />

Devant la fenêtre, une table avec deux vases de fleurs<br />

des champs. Elizabeth se promène et s’émerveille. Elle cueille<br />

des orties blanches, des boutons d’or, du lilas. Elle cueille aussi<br />

des images avec sa petite tablette et elle s’amuse à retrouver les<br />

fleurs et les animaux notamment ces deux adorables singes<br />

amoureux ou ce lézard s’approchant d’une araignée pour l’avaler.<br />

Trois côtés de la pièce sont occupés par de larges feuille de<br />

papier, scotchées sur les murs. Selon son humeur, elle travaille<br />

sur l’un ou l’autre. Elle dessine d’abord (crayons Rembrandt)<br />

puis aquarelle. Ici ce sont des grappes de glycines, là un papillon,<br />

là un escargot qui part dans la fraîcheur de l’herbe ou un<br />

oiseau qui attend sur sa branche pendant que des fleurs s’épanouissent.<br />

Elizabeth recompose la nature, elle mêle des fleurs et<br />

des faunes de pays différents, reste, pour elle, la permanence de<br />

la beauté de la terre. Au fond de la pièce, un bureau et des livres<br />

dont Oriental birds, chines brush paintings de Zheng Zhonghua<br />

(Ed. Cypri Press), somptueux ouvrage consacré à la peinture<br />

chinoise et à l’art de peindre les oiseaux. Il y a bien d’autres<br />

livres, très scientifiques ceux-là, mais elle s’en sert uniquement<br />

pour régler la hauteur de son tabouret de travail.


8<br />

la vie d'un lieu de résidence


la vie d'un lieu de résidence<br />

Contournons le prieuré pour monter le grand escalier de<br />

pierres. Sur la terrasse, d’un côté le jardin, de l’autre la Seine. Au<br />

fond, la grande bibliothèque avec piano quart de queue. Laetitia,<br />

responsable des ateliers, du mécénat et des partenariats,<br />

accroche avec Mélanie 250 gravures « pointe sèche » faites par<br />

différents collèges et écoles de la région sous la direction de l’artiste<br />

allemande Nina Ansari. C’est l’autre mission de CAMAC,<br />

amener le public à l’art contemporain, favoriser la rencontre<br />

entre les artistes et les gens d’aujourd’hui. Pendant deux mois,<br />

à raisons de dix heures de travail par classes, Nina Ansari s’est<br />

déplacée avec l’équipe de CAMAC sur les routes entre Romilly-sur-Seine,<br />

Troyes, Nogent-sur-Seine et plusieurs villages. Les<br />

250 gravures flottent dans l’air : Die Libelle, Ich bin froh, Der<br />

Jaguar, Ich bin durst, Der Uhu… que des titres en allemand car<br />

en plus d’être un projet de découverte de l’art de la gravure, tous<br />

les ateliers ont été mené en allemand pour inciter les enfants<br />

à apprendre cette langue mal-aimée. L’art pour rassembler les<br />

peuples…<br />

Derrière la bibliothèque, une cuisine donnant sur la Seine. Inutilisée,<br />

elle est devenue le repère de Janell. Cette belle américaine<br />

volcanique écrit. Elle créé des poèmes, des « flash-plays »<br />

(pièces très courtes et percutantes) et un journal à l’écriture<br />

régulière et dessinée. CAMAC lui a ouvert d’autres portes, elle<br />

s’amuse à dessiner des portraits dont les cheveux sont des éléments<br />

de la nature collés sur la feuille : brindilles, écorces séchées,<br />

feuilles mortes… Elle a en projet une sculpture sur les<br />

émois de l’intime, pour cela elle a demandé à toutes ses camarades<br />

de collecter leurs propres cheveux qu’elle mettra en scène<br />

au mois de juin.<br />

Après Jean-Yves Coffre, Janell est la seconde âme de la maison,<br />

c’est elle la gouvernante jusqu’au 16 juin, ce qui lui permet une<br />

prise en charge totale de ses frais. Dans la maison des années<br />

50, elle cuisine le repas du soir du lundi au vendredi pour que<br />

les résidents se rassemblent et échangent dans la grande salle à<br />

manger / salon / salle de télévision / salle de projections. Le midi<br />

et le week-end, les résidents se partagent les tâches et parfois<br />

préparent des spécialités, le Bortsch de Svlétana est devenu un<br />

must.<br />

Derrière le mur recouvert de deux immenses tableaux mettant<br />

en scène les célèbres gravures d’Alice au pays des merveilles<br />

de John Tenniel, il est une grand chambre pourpre, c’est là que<br />

CAMAC m’a permis d’écrire la première version du traitement<br />

d’un long-métrage.<br />

CAMAC, est un espace précieux et concret. Une aide<br />

indispensable pour les artistes, un lieu de découvertes<br />

de soi et des autres, un lieu où les artistes et les habitants<br />

peuvent se coudoyer, un lieu sans pression, sans<br />

l’obsession du résultat, un lieu de vie et de créations.<br />

p o u r v i s i t e r , s e r e n s e i g n e r<br />

o u d é p o s e r s a c a n d i d a t u r e<br />

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0 3 2 5 3 9 2 0 6 1 – w w w . c a m a c . o r g<br />

la terre vue de la terre<br />

Une sélection d’œuvres du FRAC / Champagne-Ardenne et Lorraine.<br />

Jusqu’au 7 juillet du lundi au vendredi de 10h à 17h, le week-end sur rendez-vous.<br />

Pour déposer sa candidature en France ou au bout du monde :<br />

www.transartists.org/map et www.resartis.org/fr<br />

Marnay-sur-Seine :<br />

Avant ou après le pique-nique sur les berges de Seine (tables près du pont et au<br />

Rabouillot), ne manquez pas le Jardin botanique qui propose un parcours des<br />

premiers végétaux connus sur la terre au jardin conservatoire en passant par la<br />

roseraie et les plantes médicinales.<br />

www.jardin-botanique.org<br />

Nogent-sur-Seine :<br />

Au choix<br />

- Musée Camille Claudel : dans un beau bâtiment tout nouvellement ouvert, au<br />

rez-de-chaussée, voyage dans la sculpture du XIX ème siècle français, au premier<br />

étage, des premiers pas à la dernière sculpture, le parcours de Camille Claudel,<br />

cette femme possédée par la représentation humaine et les élans du corps et<br />

de l’esprit. Un must : la salle des Valses au premier étage, pour que les sens vous<br />

tournent.<br />

- Visite de la centrale nucléaire.<br />

Villenauxe-la-Grande :<br />

Église Saint Pierre et Saint Paul: Vitraux de David Tremlett, réalisés par l’atelier<br />

Simon Marcq à Reims. Coup de foudre assuré.<br />

texte & photographies<br />

Jérôme Descamps


0<br />

LAURÉAT DU CONCOURS INTERNATIONAL<br />

GALLERY OF STYLE / SHU UEMURA 2017<br />

CRÉATION / CONCEPTION WWW.BELLERIPE.FR<br />

51 rue de Talleyrand - 51100 Reims 03 26 47 49 85<br />

Suivez-nous sur et


ackstage<br />

Dans<br />

les coulisses<br />

des Flâneries<br />

Axel Coeuret est depuis 2011 le photographe<br />

officiel des Flâneries. Il nous propose ici une<br />

sélection d’images qui donnent à voir l’envers<br />

du décor du festival. Il expose ses images des<br />

Flâneries à la pâtisserie l’Opéra jusqu’a la fin<br />

du festival et une série plus personnelle, « de la<br />

Ligne à l’Homme », au Palais du Tau, jusque<br />

fin août.<br />

a x e l c o e u r e t . c o m<br />

f l a n e r i e s r e i m s . c o m


ackstage<br />

2<br />

PHOTOGRAPHIES<br />

Axel Coeuret


un festival toujours vert<br />

_© M Tchak<br />

_© Kmeron<br />

_© Thierry Michel


un festival toujours vert<br />

_© F. Husson<br />

Franz Ferdinand, Cypress Hill, Korn, Justice,<br />

Catherine Ringer, Jain… La liste de la nouvelle<br />

programmation du Cabaret Vert est, cette année<br />

encore, très longue. Et si les organisateurs affichent<br />

une programmation alléchante, ils font aussi le<br />

pari d’un festival éco-responsable, une démarche<br />

citoyenne qui comme chaque année, occupera une<br />

place de premier plan au Square Bayard.<br />

Si les Ardennes, bout de terre vallonné et verdoyant, sont toujours<br />

à l'affût de touristes en recherche de grand air, elles attirent<br />

aussi chaque année, à la même période, des mélomanes<br />

en quête de fête et de découvertes à l’occasion du Cabaret Vert.<br />

En effet, si depuis son lancement en 2005, le célèbre festival<br />

trace sa route avec une programmation aussi éclectique que séduisante,<br />

il le fait en revendiquant une attitude eco-responsable.<br />

Et c'est du concret. Pas question de se contenter<br />

de recycler simplement les gobelets ou de ramasser<br />

quelques déchets. Ici on joue le jeu à fond<br />

pour faire du Cabaret Vert le festival le plus vert<br />

de sa génération.<br />

Tout commence par le transport. Qu’il s’agisse du<br />

vélo, du covoiturage ou encore du train, le festival<br />

encourage les spectateurs à devenir des usagers<br />

des transports doux, comme il aime à les appeler.<br />

Une fois sur place, à peine aurez-vous fait vos<br />

premiers pas sur la pelouse que les poubelles aux<br />

trois couleurs pointeront déjà le bout du nez, et<br />

gare à celui qui se trompe de bac. Commencez alors votre balade,<br />

dirigez-vous vers la première scène et vous ne manquerez<br />

pas d’apercevoir des bénévoles équipés de pinces à déchets, à<br />

l’affût du moindre mégot ou du moindre sachet plastique. Coté<br />

restauration, qu'il s'agisse d’une cacasse à cul nu, d’un croquemaroilles<br />

ou encore d’un pâté-croûte, ici, tout est servi dans de<br />

la vaisselle compostable. Si vous vient l’envie de faire un passage<br />

au toilettes, soyez assuré qu’il s’agira de toilettes sèches. La lutte<br />

pour le respect de l’environnement fait defnitivement partie de<br />

l'ADN du Cabaret Vert.<br />

Cabaret<br />

Vert<br />

un cabart en vert et pour tous<br />

Comment un festival qui en 2016 a accueilli 94 000 visiteurs<br />

en seulement quatre jours réussit-il le pari de l’écologie ? La<br />

réponse se trouve sûrement dans l’ombre des scènes du festival,<br />

où les bénévoles s’activent jour et nuit pour rendre les lieux<br />

toujours plus verts. Quand une équipe s’affaire à diminuer les<br />

pertes d’eau, une autre est mobilisée pour valoriser les déchets<br />

au centre de tri. Et quand certains circulent en véhicules électriques,<br />

d’autres incitent le public à faire le tri de son assiette à<br />

la cantine.<br />

Au-delà d’être écolo, le Cabaret Vert est aussi un projet économiquement<br />

responsable qui a aussi à cœur de mettre en lumière ses<br />

locaux. En favorisant le circuit court il contribue au maintien de<br />

l’emploi dans le département, et les artisans locaux ne sont pas<br />

en reste. Et puisqu’il est toujours possible de mieux faire en matière<br />

d'éco-responsabilité, de circuit-court, et de dynamisation<br />

du tissu économique local, le festival compte cette année mettre<br />

en place des wokshops animés par des producteurs locaux à destination<br />

des festivaliers et organisera au camping Square de la<br />

Vielle Meuse un atelier de cuisine animé par le maître artisan<br />

Michel Collin, l’occasion d’en savoir un peu plus sur les pépites<br />

culinaires de la région.<br />

d u j e u d i 2 4 a u d i m a n c h e 2 7 a o û t<br />

à c h a r l e v i l l e - m é z i è r e s<br />

w w w . c a b a r e t v e r t . c o m<br />

4<br />

texte<br />

Pauline Saintive


histoire(s) contemporaine(s)<br />

Voyages<br />

en terres<br />

lointaines<br />

L’Hôtel du Vergeur présente jusqu’au 3 septembre<br />

2017 Voyages en terres lointaines, une exposition<br />

de Béatrice Meunier-Déry et Jean Bigot, deux<br />

artistes plasticiens qui nous invitent à traverser<br />

les frontières.<br />

Le spectre de l’exploratrice Alice Gambier plane sur notre région.<br />

Son nom hérité d’une riche famille d'industriels de Charleville<br />

est associé à celui de l’artiste plasticien Jean Bigot. Depuis<br />

2014 il collecte et exhume ses souvenirs de voyage. Sur ses<br />

traces, il nous offre une mythologie de l’intime et de l’ailleurs.<br />

À l’occasion de l’exposition Voyages en terres lointaines Jean<br />

Bigot s’associe pour la deuxième fois à l’artiste Béatrice Meunier-Déry<br />

pour dévoiler l’histoire croisée d’Alice Gambier,<br />

Mary Miller et Hugues Krafft dans leurs périples de Reims à<br />

l’autre bout du monde. Par cette nouvelle exposition aux allures<br />

de cabinet de curiosité, ils dévoilent de nouvelles archives entre<br />

document et matière à fiction. Ils nous invitent à croire à des<br />

terres inconnues. Tentons d’en savoir plus dans un dialogue à<br />

trois voix.<br />

L’histoire de ses trois explorateurs traverse des contrées sauvages<br />

et méconnues. Vers quelles destinations inédites allez<br />

vous nous emmener ?<br />

J. B. Mary Miller est une anglaise qui habite aux Indes et a<br />

beaucoup voyagé, elle s'intéresse au statut de la femme dans les<br />

pays qu'elle visite, ainsi qu'aux costumes et aux tissus dans leurs<br />

aspects usuels et culturels (Béatrice est une grande spécialiste<br />

de Mary Miller).<br />

Alice Gambier après avoir rendu visite à son ami Arthur Rimbaud<br />

à Harar en 1884, elle, parcourt certaines régions inexplorées<br />

de l'Afrique tropicale, également en Amazonie, en Océanie…<br />

Les trois personnages séjournent quelques temps au Turkestan<br />

en 1898, sur l'invitation d'Hugues Krafft, grand connaisseur de<br />

l'Orient et de l'extrême Orient.<br />

Il y aura donc un ensemble de pièces d'origines très diverses,<br />

sans oublier le Tibet où Alice et Mary rencontreront en 1903 les<br />

célèbres guerrières Aÿnat.


6<br />

histoire(s) contemporaine(s)<br />

_© Béatrice Meunier-Déry & Jean Bigot


histoire(s) contemporaine(s)<br />

_© Béatrice Meunier-Déry & Jean Bigot<br />

Les reliques et objets présentés semblent être attachés à une<br />

histoire mystique. Pourriez-vous nous dévoiler certains de leurs<br />

secrets ?<br />

J. B. Les pièces ethnographiques que nous apprécions en occident<br />

depuis fort longtemps pour leurs qualités esthétiques ont<br />

pour fonction première la magie, le rite, l'intercession avec les<br />

esprits...<br />

Alice a toujours été fascinée par les rites funéraires, Mary par le<br />

chamanisme notamment.<br />

Les secrets sont ici contenus dans les objets, et c'est à chacun<br />

de trouver ses propres réponses par l'observation, l'écoute et le<br />

ressenti…<br />

B. M. Les objets du Tibet sont chamaniques et ont un sens dans<br />

la société des Aÿnat. Les façons qu'ont les chamanes de traiter<br />

les maux de leurs congénères m'interpellent et me fascinent<br />

depuis longtemps ! De la même manière les parures ne sont pas<br />

seulement décoratives mais des objets de protection…<br />

Dans vos photographies, il me semble avoir reconnu les ancêtres<br />

de quelques personnalités rémoises? Dites-nous en plus…<br />

J. B. Krafft et Gambier n'ont pas eu de descendance… Si certaines<br />

caractéristiques physiques des personnes photographiées<br />

vous font penser à des personnalités d'aujourd'hui, ce n'est pas<br />

étonnant…Regardez attentivement une photo du XIX ème siècle,<br />

et vous constaterez que mis à part le décor, les vêtements ou<br />

la coiffure, le visage est semblable à celui de beaucoup de nos<br />

contemporains.<br />

Votre approche de la création est singulière car elle lie à une dimension<br />

ethnographique une certaine forme de chimère. Quelle<br />

importance donnez-vous à cette seconde dimension dans vos<br />

œuvres ?<br />

B. M. La chimère nous permet de questionner notre propre<br />

société, de mettre en vis à vis des fonctionnements, des absurdités,<br />

des violences qui forcément nous obligent à la réflexion.<br />

Les peurs et problèmes actuels inhérents aux migrations de<br />

populations pour toutes les raisons politiques, économiques,<br />

écologiques que l'on sait, le métissage et le recul du droit des<br />

femmes dans presque tous les pays du monde par exemple sont<br />

présents dans nos histoires inventées.<br />

J. B. La fiction permet de questionner la mémoire personnelle<br />

et le fait historique.<br />

Le va et vient constant entre réalité et fiction interroge aussi<br />

sur notre monde contemporain et son rapport au passé et aux<br />

grandes problématiques intemporelles comme l'altérité, la place<br />

des minorités, la domination économique et culturelle…<br />

e x p o s i t i o n d u 6 j u i l l e t<br />

a u 3 s e p t e m b r e 2 0 1 7<br />

o u v e r t d e 1 4 h à 1 8 h s a u f l e l u n d i<br />

3 6 p l a c e d u f o r u m 5 1 1 0 0 r e i m s<br />

w w w . m u s e e l e v e r g e u r . c o m<br />

texte<br />

Hélène Virion


8<br />

EXPOSITION<br />

REGARD SUR...<br />

Denise<br />

ESTEBAN<br />

24 juin 18 septembre 2017<br />

8 rue Chanzy - 51100 REIMS - 03 26 35 36 00<br />

www.reims.fr<br />

Denise Esteban (1925-1986)<br />

Le Môle au couchant - Île d’Yeu, 1974<br />

Collection Corinne et Bernard SIMON, Île d’Yeu<br />

© Tous droits réservés / Photo C. Devleeschauwer<br />

Ville de Reims - Direction de la communication


créateurs d'objets d'ici


0<br />

créateurs d'objets d'ici<br />

les cornichons,<br />

où plutôt lescornichons.fr<br />

Une boutique dans l'air du temps<br />

C'est l'histoire de Damien et Mathilde, une histoire<br />

pas comme les autres, une histoire de voyages,<br />

d'expatriation mais surtout de passion.<br />

Passion pour des objets, des créateurs, un savoirfaire.<br />

Et puis un jour, eux aussi ils ont sauté le pas<br />

et ils sont sortis du bocal...<br />

J'ai rencontré Damien et Mathilde au Clos, autour d'une coupe<br />

de champagne et je sais déjà ce que vous allez dire : “ so cliché ”.<br />

Mais aprés tout, à Reims aussi on a bien le droit d'avoir un moment<br />

hygge.<br />

Cette rencontre, je m'en souviens comme si c'était hier. Ils<br />

m'avaient contacté en tant que membre de Sacrées Blogueuses<br />

afin de faire connaître leur site qui à l'époque s'appelait Byun<br />

Select-Store. Après l'avoir survolé, c'est leur section “ à propos ”<br />

qui m'a tout de suite interpellée : des expatriés qui eux aussi<br />

avaient décidé de donner une chance à leur ville d'origine. Bref,<br />

il fallait que je les voie.<br />

Nos verres à la main, éclairés à la bougie, on a parlé sans interruption,<br />

on s'est racontés nos histoires de français à l'étranger,<br />

notre retour, nos projets et notre envie commune d'avancer et<br />

de dynamiser Reims différement. Parce que partir longtemps<br />

ce n'est pas abandonner son pays, sa ville, non, c'est sortir de sa<br />

zone de comfort, se décourvrir, aller à la rencontre des autres<br />

pour ensuite, pourquoi pas, mieux revenir.<br />

Un couple globe-trotteur<br />

Lui c'est Damien, 29 ans, diplômé d'une école de commerce, elle<br />

c'est Mathilde, 28 ans, aussi diplômée d'une école de commerce.<br />

Tout deux fadas de voyage, ils ont à leur jeune âge, un parcours<br />

international plutôt impressionant : Premier départ pour Damien<br />

en 2006 en Allemange pour une période de 6 mois. Quant<br />

à Mathilde, il a eu lieu à Madrid en 2008. Le deuxième a eu lieu<br />

en 2009 à Washington ou lui a travaillé à la Bibliothèque du<br />

Congrés Américain alors qu'elle, a participé à un échange avec<br />

l'American University. En 2011, Damien est parti en solo 6 mois<br />

en Chine pour son master. Et puis retour en France, à Paris,<br />

pour y travailler 3 ans.<br />

Et finalement, c'est en 2014 qu'ils décident de partir à nouveau<br />

et de poser leur valise pendant un an et demi en Chine, à Canton.<br />

Partage et ouverture sur le monde<br />

Quand ils vivaient là-bas, ils cherchaient des idées cadeaux originales<br />

pour les fêtes de Noël et lors d’une ballade à Canton, ils


créateurs d'objets d'ici<br />

ont craqué sur Tian Tian Xiang Shang, une statuette<br />

représentant un petit garçon rêveur. Ils ont craqué<br />

pour l'histoire et l’univers de cette figurine créé par<br />

l’artiste hongkongais Danny Yung. Suite à cette belle<br />

découverte, ils ont eu l’idée de créer Byun.fr en y<br />

rassemblant tous leurs coups de cœur dénichés dans<br />

différents pays, et qui sont peu ou pas encore présents<br />

en France.<br />

Retour aux sources<br />

Après avoir un peu parcouru le monde, ils ont décidé de rentrer<br />

à Reims pour lancer leur site car rémois d'origines, cela leur<br />

tenait à coeur de créer un projet depuis leur ville. Leur retour<br />

s'est fait en douceur, avec un regard<br />

neuf, celui de ceux qui sont partis.<br />

Ils ont donc pris le temps de redécouvrir<br />

Reims qu'ils avaient quitté<br />

en 2007. Ils m'ont confié avoir<br />

été emballés par le renouveau de<br />

certains quartiers, comme le Boulingrin,<br />

la Place du Forum, la rue<br />

du Tambour, par les nouveaux<br />

concepts et magasins ou encore les<br />

évènements culturels qui donnent<br />

un souffle de frâicheur à notre<br />

jolie ville. Ils se sont rapidement<br />

impliqués pour Reims et avec leur<br />

figurine Tian Tian, ils vont embarquer<br />

dans un joli projet : l'opération<br />

« Tian Tian Xiang Shang par Byun »<br />

qui fédére les talents d’artistes au<br />

profit des enfants. Ils ont également<br />

soutenu l'association humanitaire<br />

“ La Vue pour Tous ” qui<br />

permet aux plus nécessiteux<br />

de disposer de montures et verres adaptés.<br />

Ainsi, Damien et Mathilde ont fait appel à différents<br />

artistes rémois qui se sont mobilisés et qui ont chacun<br />

personnalisé un Tian Tian selon leurs univers et<br />

imaginaire.<br />

Un pari sur Reims<br />

Au départ, ils éprouvaient toujours une certaine nostalgie par<br />

rapport à leur vie à l'étranger et puis, au fil des jours et des rencontres,<br />

ils ont fini par retrouver leurs marques à Reims.<br />

Si bien qu 'en 2017, ils décident de donner un nouveau<br />

tournant à leur site en changeant de nom et en le nommant<br />

“ Les Cornichons ”, un joli clin d'oeil à Reims puique ce nom n'a<br />

pas été choisi au hasard. En effet, c'est ainsi, lors de la Révolution<br />

Française, qu'on appelait les Rémois qui siégiaient sous la<br />

corniche à l'Assemblée.<br />

Bref, ce retour réussi leur a même donné des ailes, eux qui se<br />

croyaient incapables de créer quoi que ce soit, se sont lancés<br />

dans la réalisation 100 % made in france de six verres mettant<br />

en avant six lieux emblématiques de la Cité des Sacres. Cette<br />

belle collection qu'ils ont imaginée à Reims a conquis un grand<br />

nombre de rémois dont plusieurs boutiques qui sont fières de<br />

vendre un produit rémois, original et qualitatif.<br />

Alors évidemment, face à un tel succès, il aurait été dommage<br />

de s'arrêter en si bon chemin et Damien et Mathile, devenus<br />

des créateurs à part entière, ont eu<br />

une nouvelle envie, celle de confectionner<br />

un sac en coton pour toutes<br />

les Champenoises et amoureuses de<br />

la Champagne. Ce n'est pas simplement<br />

un sac pratique ou un énième<br />

Tote bag a ajouter à votre collection :<br />

c’est un sac léger, solide et utilisable<br />

à l'infini. De quoi faire son marché<br />

aux Halles du Boulingrin en adoptant<br />

un look urbain complètement<br />

champenois. D'ailleurs, il a été<br />

imprimé avec soin en champagneardenne<br />

et dans un atelier respectant<br />

les règles sociales, éthiques et<br />

environnementales. Pour Damien<br />

et Mathilde, ce n'est pas un hasard,<br />

c'est un choix, un engagement non<br />

négociable. Et c'est tout à leur honneur<br />

parce que créer du local n'est<br />

pas la voie la plus simple mais certainement<br />

la plus humble.<br />

En tout cas, c'est certain, leurs créations rémoises, issues d'une<br />

démarche volontaire et sincère, est une bien belle façon de<br />

prouver leur attachement à cette ville si longtemps quittée mais<br />

jamais oubliée.<br />

Entre vous et moi, il m'a été difficile de ne pas employer le mot<br />

“ génial ” pour parler d'eux. Mais si on l'emploie à tord et à travers,<br />

il en perd en authenticité et Damien et Mathilde, ils le sont<br />

vraiment, authentiques. Tout comme Les Cornichons qui, vous<br />

l'aurez compris, n'est pas seuleument une boutique 2.0 mais un<br />

espace de découvertes et de créations avec une valeur phare :<br />

le respect. Et bien, sans aucun doute, Reims a sacrément de la<br />

chance.<br />

l e s - c o r n i c h o n s . f r<br />

texte<br />

Jasmin Hourlier<br />

portraits<br />

Benoît Pelletier


2<br />

créateurs d'objets d'ici


electrorockpop<br />

grand<br />

blanc<br />

Le son de Grand Blanc, quatuor<br />

composé de Benoît, Luc,<br />

Vincent, et de Camille, intrigue :<br />

est-ce de l’électro, du rock, de<br />

la pop ? Depuis la sortie, en<br />

2014, de leur 1 er EP, Grand Blanc<br />

alterne les morceaux sombres,<br />

à connotations tragiques et les<br />

titres lumineux, plus festifs. Il y<br />

a toujours, dans leurs chansons,<br />

une ambigüité, une menace qui<br />

plane. Impossible d’oublier<br />

la bouille particulière de ces<br />

deux chanteurs une fois que<br />

l’on s’est retrouvé face à eux.<br />

Ils ont le même charisme, la<br />

même fougue. Vu au Cabaret<br />

Vert 2016. Interview<br />

Vous commencez votre live avec Degré<br />

zéro : pourquoi ?<br />

Benoit (chant-guitare) : On aime avoir<br />

un morceau de présentation, intime en<br />

termes de structure et de texte. Il monte<br />

crescendo pour finir sur quelque chose<br />

de violent.<br />

Camille (chant-synthé) : Débuter avec<br />

ce titre est impressionnant : je commence<br />

quasi a cappella, je touche les<br />

boutons de mon synthé, je lève la tête<br />

et là, je vois, selon les circonstances,<br />

une vraie marée humaine !<br />

Qu’est-ce qui détermine qui chantera<br />

sur les textes qu’écrit Benoît ?<br />

B : Ça dépend ! Le fait de le donner<br />

à 2 voix change le sens du message.<br />

C’est donc le texte qui nous dit qui va<br />

chanter.<br />

C : Il y a des chansons pour lesquelles<br />

on a fait plusieurs versions : L’amour<br />

fou, mais aussi Bosphore. On a mis du<br />

temps à décider qui allait la chanter et<br />

finalement, c’est moi. !<br />

Benoit, tu as fait une distinction entre<br />

faire de la chanson et faire des chansons…<br />

B : Faire de la chanson, ça se caractérise<br />

par quelques trucs distincts que<br />

l’on n’aime pas trop : le primat du texte<br />

sur la musique par exemple, dans la<br />

manière de le produire et de l’écouter.<br />

Ceux qui nous écoutent doivent aller<br />

chercher les paroles dans la musique.<br />

Une chanson, ce n’est pas un texte<br />

chanté. C’est un acte inscrit dans une<br />

temporalité : quand quelqu’un se lève,<br />

chante quelque chose et le porte physiquement.<br />

C’est un art vivant.<br />

Est-ce que la voix a chez vous un rôle<br />

similaire à un instrument ?<br />

C : Oui ! La voix, c’est un peu comme<br />

sur un synthé : tu as plein de preset différents.<br />

Tu peux chanter grave comme<br />

Ben, ou aigu comme moi. Il y a le flow,<br />

le rythme… Pour moi, les voyelles sont<br />

super importantes et j’aime aussi étirer<br />

les syllabes. Ben, lui, a un flow rapide,<br />

plus accentué.<br />

B : Pour les Abonnés absents, je me<br />

demandais si le narrateur de la chanson<br />

devait être un homme ou une femme.<br />

Finalement, j’ai fait un mélange de nos<br />

voix pour un résultat androgyne.<br />

La voix de Benoît accentue le côté<br />

dramatique de certaines chansons<br />

(Samedi la nuit, Montparnasse), la voix<br />

de Camille (Surprise party, Degré zéro),<br />

elle, apporte de la fraicheur.<br />

C : je préfère avoir une interprétation<br />

plus détachée, plus froide. Avec pleins<br />

d’effets. Je m’amuse bien avec ça ! Ben a<br />

beaucoup plus de hargne dans sa façon<br />

de chanter. C’est plus théâtral.<br />

Quand as-tu commencé à écrire des<br />

textes pour Grand Blanc ?<br />

B : Il y a 3 ans, quand le groupe est<br />

né. Mais sinon, j’ai commencé à écrire<br />

quand j’avais 15 ans. J’ai dû lire Les<br />

Fleurs du Mal, et trouvé que c’était cool.<br />

Aimerais-tu écrire pour d’autres<br />

artistes ?<br />

B : Oui, pour la personne que je rencontrerai<br />

et qui me donnera envie d’écrire !<br />

Vous avez été inspiré par Metz, votre<br />

ville d’origine. Pensez-vous que vos<br />

tournées musicales, qui vous donnent<br />

l’opportunité de voyager, vont vous<br />

donner de nouvelles inspirations ?<br />

B : Carrément ! Notre prochain album<br />

fait moins référence à Metz. Et on<br />

ne s’était pas rendu compte, mais la<br />

tournée induit une vie particulière,<br />

vraiment chouette. On nous demande<br />

souvent pourquoi on parle de la ville :<br />

on vit à Paris depuis longtemps maintenant.<br />

Et Paris, c’est beaucoup d’affiches<br />

dans le métro, de gens qui passent…<br />

Autant de choses qu’il faut arriver à<br />

mettre en forme pour les vivre sereinement.<br />

C’est notre nouveau défi !<br />

g r a n d b l a n c . b a n d c a m p . c o m<br />

texte<br />

Justine Philippe<br />

_© Philippe Mazzoni


4


DESTINATIONJAPON<br />

Vie et traditions<br />

Culture & coloriages<br />

Édition Spéciale<br />

DESTINATIONJAPON<br />

Bon appétit !<br />

Culture & coloriages<br />

Édition Spéciale<br />

DESTINATIONJAPON<br />

Découvre le pays<br />

Culture & coloriages<br />

Édition Spéciale<br />

parcours d'éditeur<br />

Culture & coloriages<br />

édition spéciale<br />

Destination Japon<br />

Bon appétit !<br />

Destination Japon<br />

Vive les fêtes !<br />

acances<br />

ant.<br />

Collectionne les carnets de coloriage au fil des vacances<br />

et découvre les secrets du pays du soleil-Levant.<br />

Matsuri t’attend au restaurant !<br />

offert par<br />

offert par<br />

Dépôt légal : octobre 2016<br />

Illustrations coloriages : Kabuki ;<br />

mascottes : Hugo Yoshikawa ; illustrations Culture : fotolia.com & coloriages<br />

Imprimé en France<br />

édition spéciale<br />

Culture & coloriages<br />

édition spéciale


6<br />

parcours d'éditeur<br />

Les Incollables<br />

sont de retour<br />

au pays du Soleil Levant<br />

Le Petit Quotidien, les Frigoblocs, Marmiton, les<br />

Incollables, les calendriers chevalets… La maison<br />

d’édition Play Bac est sur tous les fronts avec ses<br />

produits ludiques et innovants, même au restaurant<br />

! En partenariat avec la chaîne de restauration<br />

japonaise Matsuri, la société retourne cet été à<br />

la conquête du Japon avec un Incollable spécialement<br />

consacré au pays du Soleil Levant. Retour<br />

sur cette société qui a fait du ludo-pédagogique<br />

sa marque de fabrique.<br />

L’histoire commence en 1985. À bord d’un train Paris-LeTouquet,<br />

trois amis d’enfance ont eu l’idée de créer un jeu pour<br />

réviser le baccalauréat de manière divertissante et ludique. Une<br />

fois le produit réalisé, ils décidèrent de créer leur propre maison<br />

d’édition pour l’éditer, ainsi est née l’entreprise Play Bac. 32 ans<br />

plus tard et toujours dirigée par les trois copains fondateurs, la<br />

société est devenue la maison d’édition de référence en matière<br />

de produits pédagogiques. Et si son nom ne vous dit peut-être<br />

rien, celui des Incollables vous parlera peut-être plus. En effet,<br />

ces petits éventails de questions-réponses nés en 1989 sont devenus<br />

la signature de Play Bac, son premier grand succès.<br />

Il faudra attendre 1995 pour voir apparaître son deuxième coup<br />

de génie avec le lancement de Play Bac Presse qui invente Mon<br />

Quotidien, le seul journal d’actualité pour les 10-14 ans. « L’objectif<br />

de ces produits est vraiment de transformer des messages<br />

compliqués et de les adapter pour qu’ils parlent aux enfants explique<br />

Marina Duprez, directrice adjointe de la maison d’édition<br />

Play Bac. Nous travaillons toujours à donner envie aux jeunes<br />

d’apprendre et d’être curieux du monde qui les entoure ».<br />

Face au succès grandissant de ses créations, la société s’est<br />

également lancée il y a dix ans dans la production d’éditions<br />

spéciales, un axe lui permettant de réaliser la communication<br />

d’autres sociétés et ce à partir des concepts innovants de Play<br />

Bac. Qu’il s’agisse de la Croix-Rouge, de Danone, de la Société<br />

Générale, de Buffalo Grill, de Quick ou encore de La Poste, voici<br />

autant d'entreprises qui ont fait confiance à la maison d’édition.<br />

Mais attention, Play Bac s’attache tout particulièrement à<br />

ne pas tomber dans une offre commerciale pure et dure. « Par<br />

exemple, quand nous travaillons avec une marque de voiture,<br />

nous n’allons pas lui proposer un Incollable entièrement conçu<br />

autour de son enseigne et de ses produits, nous restons toujours<br />

dans une démarche de culture générale, tout est créé avec intelligence<br />

». Et parmi les partenariats qui font la fierté de la maison,<br />

notons Matsuri, la chaîne de restauration rapide japonaise bien<br />

connue des français.<br />

En quelques années, cette dernière a su démocratiser la cuisine<br />

asiatique en l’invitant sur nos tables de manière ludique.<br />

Un comptoir tournant, un chef qui cuisine sous les yeux des<br />

clients, des prix reconnaissables à la couleur des assiettes, autant<br />

dire que chez Matsuri, l’aspect ludique, même s’il s’inscrit<br />

toujours dans une certaine élégance, a toujours été présent.<br />

C’est en s’appuyant sur cette dynamique que la maison Play Bac<br />

a décidé de nouer un nouveau partenariat en 2016. « Les responsables<br />

de Matsuri nous ont expliqué qu’ils étaient vraiment<br />

dans une démarche de qualité mais qu’ils n’avaient pas de menu<br />

élaboré pour les enfants souligne Marina Duprez. C’est à partir<br />

de là que nous avons commencé à réfléchir à une offre spéciale<br />

qui couvrirait l’ensemble des vacances scolaires. » Chose promise,<br />

chose due, la maison d’édition a réalisé l’année dernière un<br />

Incollable sur-mesure pour Matsuri, un coup de maître assuré<br />

pour les yeux et les papilles des petits gourmets de moins de<br />

douze ans. Que signifie le mot Japon ? De quoi est faite la peau<br />

noire qui entoure les makis ? Sous quel arbre en fleurs les japonnais<br />

pique-niquent-ils lors de la fête appelée Hanami ? Voici les<br />

questions sur lesquelles les enfants ont pu se pencher l'année<br />

dernière entre deux makis. Et bonne nouvelle pour eux, Play<br />

Bac renouvelle l'opération cet été avec le même produit, l'occasion<br />

de retrouver Nigiri et Maki, les deux personnages phares<br />

crées par l'illustrateur franco-japonais Hugo Yoshikawa. Les<br />

petites vacances de la prochaine année scolaire ne seront pas<br />

en reste puisqu'elles verront également le retour de Destination<br />

Japon, une seconde opération qui consiste à proposer aux<br />

enfants un petit livret de coloriages et de jeux pédagogiques.<br />

Préparez les crayons !<br />

r e s t a u r a n t m a t s u r i<br />

9 r u e d e c h a t i v e s l e , 5 1 1 0 0 r e i m s<br />

w w w . m a t s u r i . f r 0 3 2 6 8 6 1 0 1 0<br />

w w w . p l a y b a c . f r<br />

texte<br />

Pauline Saintive


photographie<br />

On ne choisit pas<br />

son légume<br />

au hasard<br />

Vous pensiez innocemment<br />

faire votre marché, déambuler<br />

à la cool entre les étales des<br />

maraîchers ou du poissonnier<br />

et vous voilà enfermé dans une<br />

boîte noire à brandir votre botte<br />

de radis ou votre merlan encore<br />

luisant sous l’œil bienveillant du<br />

photographe Romuald Ducros.<br />

« Duo des Halles » est un projet photographique<br />

au long cours qu’il mène au<br />

marché du Boulingrin avant d’installer<br />

son studio habilement bricolé par<br />

Simon Sanahujas à Jean Jaurès et à<br />

Wilson. Une source de lumière unique,<br />

un réflecteur, une même pose de trois<br />

quart le produit du marché acheté<br />

quelques minutes plus tôt à hauteur<br />

de poitrine, Romuald Ducros révèle<br />

dans ses clichés une étrange complicité<br />

entre les gens et ce qu’ils destinent à la<br />

casserole.<br />

« On peut s’amuser à voir des affinités<br />

quasi physiques entre les produits et le<br />

consommateur, un peu comme entre un<br />

chien et son maître. On ne choisit pas<br />

son légume par hasard, en voyant le<br />

contenu du panier on en sait déjà plus<br />

sur les gens », s’amuse-t-il. La preuve<br />

par l’image du « On est ce qu’on mange »<br />

d’Hippocrate, en quelque sorte.<br />

Une belle sobriété dans ses photos,<br />

une grande bienveillance aussi avec<br />

la pointe d’humour qu’il faut pour<br />

convaincre le chaland d’entrer dans<br />

la boîte noire. Romuald Ducros<br />

recherche le partage avec ses modèles<br />

qu’il souhaite « aussi naturels que les<br />

produits qu’ils ont dans les mains ».<br />

Déjà connu et reconnu pour son travail<br />

de vidéaste au sein de sa société<br />

« laproductionrémoise », Romuald<br />

Ducros accomplit là son premier grand<br />

projet photographique personnel.<br />

Ancien athlète de haut niveau<br />

(un saut de 7,98 m), MC et jouteur<br />

au sein du Mitch Impro qu’il a repris<br />

après le départ du fondateur, colporteur<br />

d’encyclopédies juridiques, salarié de<br />

la Caisse d’Epargne, il s’est improvisé<br />

plusieurs vies avant de se consacrer<br />

professionnellement à l’image mobile<br />

et fixe.<br />

Une passion qui le tient depuis son<br />

enfance avec un père amoureux de la<br />

photo et ami de Jeanloup Sieff. « Je me<br />

souviens des heures dans la chambre<br />

noire de mon père quand il n'était pas<br />

là, des <strong>magazine</strong>s photo, de mon premier<br />

Minolta. L’atavisme a fait que cela m’a<br />

rattrapé, sans doute », lâche-t-il.<br />

Une partie de « Duo des Halles » devrait<br />

être visible en septembre aux Halles du<br />

Boulingrin avant la présentation finale<br />

prévue au printemps 2018.<br />

w w w . l a p r o d u c t i o n r e m o i s e . f r<br />

_ Romuald Ducros<br />

texte<br />

Jules Février<br />

photographies<br />

Romuald Ducros


8<br />

photographie


UN CONNU<br />

YVES LEBOEUF<br />

NOM<br />

Yves Leboeuf.<br />

PROFESSION<br />

Brasseur (des sens).<br />

ÂGE<br />

31 ans.<br />

PLUS BEAU SOUVENIR<br />

Aller au Stade de Reims en famille,<br />

il a 20 ans.<br />

un rêve<br />

Faire une dégustation sur le toit<br />

de la cathédrale.<br />

une passion<br />

La musique jamaïcaine des années<br />

50/60.<br />

photographie<br />

Sylvère Hieule


0<br />

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