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Guide 2017

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Best of & Guide 2017 | n˚ 201

www.gemengen.lu

Wolfgang Schroeder

Directeur général de Sales-Lentz

SCHIFFLANGE

La plus appliquée du Sud

SALES-LENTZ

Vers un nouveau modèle de mobilité

PWC

Quelle valeur pour demain?


DANS UN MONDE QUI CHANGE

PARTIR SEREIN, C’EST PARTIR

AVEC UNE BONNE ASSISTANCE

* Offre soumise à conditions. Sous réserve d’acceptation du dossier. BGL BNP PARIBAS S.A. (50, avenue J.F. Kennedy, L-2951 Luxembourg, R.C.S. Luxembourg : B 6481) Communication Marketing Janvier 2017

DÉCOUVREZ TOUS LES AVANTAGES*

DES CARTES MASTERCARD

bgl.lu

La banque

d’un monde

qui change


Sales-Lentz Pages 108 à 110

LETZEBUERGER GEMENGEN

Publication éditée par Euro-Editions S.A.

www.gemengen.lu

Société éditrice

Euro-Editions S.A.

24, rue Michel Rodange • L-4660 Differdange

Régie publicitaire

Julien Malherbe

marketing@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 30

Administration

Lucia Ori

Tél. 58 45 46-29 • Fax 58 49 19

admin@euroeditions.lu

Raouf Hatira • Tél. 58 45 46 23

secretariat@euroeditions.lu

Conception et réalisation graphique

Sophie Glibert

sophie@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46-25

Rédaction

Martina Cappuccio

martina@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 26

Julien Brun

julien@euroeditions.lu • Tél. 58 45 46 26

Sophie Marenne, Christophe Chohin,

Madeline Chalon

Photographie

Marie De Decker, Rodolphe Lebois,

Eric Devillet, Vincent Remy, Julien Duckers

Impression

Imprimerie Centrale

© Euro-Editions

Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Tous manuscrits, photos et

documents envoyés à la rédaction ne peuvent être exploités qu’avec l’accord de leurs auteurs.

Publiés ou non, ils ne seront pas restitués. Les reportages signés n’engagent que leurs auteurs.

Les prix figurant dans cette revue sont indicatifs et peuvent être sujets à des variations dont

l’éditeur ne pourrait nullement être tenu pour responsable.

PREFACE

L’enfant orphelin du développement durable

Par Gilles Hempel, directeur de l’Agence Immobilière Sociale

Le développement durable est à la mode et ce n’est pas le Guide LG 2017 qui me contredira.

Le terme est tellement en vogue qu’il est devenu formule magique pour qui veut vendre sa

vision de demain. Et on se prend à imaginer un environnement sain, aux richesses préservées

et une économie florissante qui garantirait la cohésion sociale.

Les idées avancées dans le contexte du développement durable sont souvent axées sur des

innovations écologiques et économiques. On oublie que le volet social, et notamment la

protection des plus démunis est le troisième pilier du concept. Tapis dans l’ombre des débats,

le pauvre est devenu l’enfant orphelin du développement durable.

Bien qu’on puisse célébrer la diversité et les réussites des projets novateurs en la matière, il

est opportun de jeter un œil critique sur l’utilisation inflationniste du concept comme symbole

(et parfois comme faux témoin) de responsabilité politique et entrepreneuriale. Il n’est pas

toujours évident de discerner la qualité «durable» de ces mesures.

Prenons l’exemple des isolations thermiques des immeubles, une mesure dans l’esprit du

développement durable. Sous le prétexte d’économiser de l’énergie (et par ce moyen de

l’argent), ces rénovations soutiennent avant tout le secteur de la construction. Mais qu’en

est-il vraiment du retour sur l’investissement si on considère que les périodes d’amortissement

peuvent dépasser la durée de vie des matériaux isolants? Sans parler des masses de déchets,

qui à leur tour ne sont pas faciles à recycler.

Et comment tient-on compte de la situation des plus démunis, souvent locataires dans des

immeubles plus anciens? Ce sont eux qui paient la «mesure durable» par un loyer augmenté,

qui dépasse souvent les économies relatives aux frais de chauffage. Ils paient la facture de

leur santé puisque les bâtiments isolés après coup connaissent souvent des problèmes de

moisissure. En juin dernier à Londres, les habitants d’un immeuble à loyer modéré ont même

payé cette isolation bon marché et inflammable de leurs vies.

Il convient alors de rester vigilant quant à la rhétorique obscurantiste qui sous couvert

d’un développement durable, appuie les mesures qui servent d’abord à gagner de l’argent

aujourd’hui et encore plus demain.

Le développement durable proprement dit n’est pas une fin en soi, il est de l’intérêt de l’humanité.

La Terre n’a pas besoin de l’Homme et elle nous survivra. L‘environnement est notre bassin

vital, les membranes fœtales de notre gent de demain. Sa protection, son exploitation et la

répartition de ses richesses sont à organiser dans l’intérêt de tous les êtres humains.

Célébrons les projets qui produisent leurs fruits et allons de l’avant avec un véritable esprit de

développement durable, et ne permettons pas que son abus rhétorique conduise à l’abandon

de son enfant orphelin.


Source photo : CLE

Nicolas Hardy 16 Guy Spanier 80 Philippe Zimmer 62

SOMMAIRE

ICT

9 Gilbert Reyland – SecuriTec

Les clés du succès

16 Nicolas Hardy – CK

Un service, plusieurs solutions

58 Günter Krings – Viessman

L’innovation comme moteur

d’une démarche écologique

62 Philippe Zimmer – CLE

CLE conscient de son rôle à jouer

Finance

30 Pierre Mangers – EY

Les métamorphoses de Rifkin

34 Eugénie Guillaume, Patrick Wies et Inès Baer –

KPMG

Quand économies circulaire et sociale

se rencontrent

Pacte Climat

76 Christine Schweich – Mondercange

Villa Rustica

80 Guy Spanier – Schifflange

La plus appliquée du Sud

84 Pétange

Les voies d’un développement durable

92 Marc Hamel – Boevange-sur-Attert

Infrastructure

38 Roland Fox – Ponts et Chaussées

Portrait d’une Administration

Un mariage responsable

106 Henri Kox – Remich

Comme un geste du terroir

Bâtiment & construction

44 Vincent Callebaut

Rêver le futur urbain

Coverstory

108 Wolfgang Schroeder – Sales-Lentz

Vers un nouveau modèle de mobilité


Léa Linster 176 Danièle Fonck 180 Carlos Pereira Marques 198

Mobilité verte

112 Clément Wampach – thyssenkrupp

Pour une mobilité de qualité

114 Georges Carbon – Carbon

L’alliance de la passion et de la tradition

Portrait diplomatique

190 Thomas Antoine,

Ambassadeur de Belgique

In varietate concordia

194 Jean Asselborn,

Ministre des Affaires étrangères

Développement durable

128 Valérie Arnold et de Philippe Pierre – PwC

Quelle valeur pour demain?

Des souvenirs qui façonnent

198 Carlos Pereira Marques,

Ambassadeur du Portugal

«O país do desassossego»

Women of Luxembourg

176 Léa Linster

Une femme de goûts

180 Danièle Fonck

Rigueur, force et passion

Guide des communes

202 Carte du Luxembourg

214 Carte Pacte climat

216 Fiches communales

Responsabilité sociale des entreprises

Nouvelle éthique pour une économie durable ?

Pages 128-129


Entrepreneuriat & management

La garantie

d’une stabilité financière

Les P.M.E. actives dans le milieu de la construction, du génie civil et du parachèvement

rencontrent parfois certaines difficultés quant à la gestion de leur trésorerie en raison

des sommes qu’elles doivent engager tout au long d’un chantier. La Mutualité des

P.M.E. peut alors jouer un rôle important en ayant un impact positif sur la gestion

financière quotidienne de ces entreprises. Explications avec Patrick Dahm, administrateur

délégué, et Blanche Tacchini, attachée de direction et responsable garanties.


Une entreprise

peut avoir recours aux

fonds nécessaires pour

lancer un chantier sans

pour autant contracter de

dettes supplémentaires


Parlez-nous des différents rôles de la

Mutualité des P.M.E.

Nous accompagnons les projets de nos

clients selon quatre phases d’intervention.

Au cours d’une première phase de conseil,

nous tentons de comprendre les projets de

nos clients et les aidons à établir un bilan prévisionnel

et un business plan valide de façon

à faire aboutir leur projet de façon optimale.

Dans un deuxième temps, nous nous positionnons

en tant qu’inter-médiateur entre

le client et les autres acteurs qui joueront un

rôle dans la mise en place du financement

d’un projet comme les banques, la SNCI, le

ministère de l’Economie, etc.

Troisièmement, nous assumons notre fonction

principale en tant que facilitateur pour

la mise en place de financements.

Concrètement, nous assumons l’entièreté ou

une partie des risques financiers en cautionnant

des crédits auprès des banques et en

émettant des garanties auprès de différents

acteurs économiques ou organismes.

Enfin, au cours d’une quatrième phase,

nous accompagnons les clients en faisant le

suivi des décisions qui ont été prises en les

conseillant dans la gestion de leur entreprise.

Pouvez-vous nous donner des précisions

quant au volet «garantie» de vos

activités?

Nous offrons un panel très large de garanties,

et ce, principalement dans le domaine

de la construction et du parachèvement.

Notre garantie de dispense de retenue est la

plus fréquemment demandée; à elle seule,

elle représente actuellement 90 millions d’euros

garantis par nos soins. En effet, les maîtres

d’ouvrage rent presque systématiquement

10% sur la facture qui leur est adressée, surtout

dans le cadre de grands chantiers publics.

Cette garantie permet au maître d’ouvrage de

payer la totalité de la facture émise. La garantie

nous est alors retournée après la réception

définitive des travaux, une fois que toutes les

réserves ont été levées.

Le nombre de garanties de restitution

d’acompte que nous émettons à l’heure

actuelle est également significatif. Celle-ci

assure aux maîtres d’ouvrage un remboursement

complet de l’acompte payé en cas

de non-respect du contrat par l’entreprise

engagée et permet à nos clients d’éviter

de contracter de nouvelles lignes de crédit

importantes pour pouvoir assumer certaines

dépenses avant que le chantier ne débute.

6

LG - Best of & Guide 2017


Enfin, la garantie de bonne fin et de bonne

exécution est la troisième garantie la plus

demandée auprès de notre organisme.

Le montant total engagé par la Mutualité,

toutes garanties confondues, est d’environ

150 millions d’euros, ce qui représente trois

quarts des encours totaux de la Mutualité

des P.M.E.

Qui peut accéder à ces garanties?

La Mutualité est une société coopérative

de caution mutuelle ce qui implique que

nos clients soient aussi nos associés. Pour

pouvoir prétendre à ce titre, il faut impérativement

être une entreprise luxembourgeoise

qui a acquis des parts à la Mutualité.

Dès le moment où un dossier est validé par

nos soins, l’entreprise peut bénéficier de

garanties et de cautionnements de crédits.

A chaque nouvelle demande de garantie

effectuée par nos clients, une nouvelle analyse

de dossier est lancée. Le processus peut

être très rapide, nous assurons un délai de

réponse de 48 heures en cas d’urgence. Dès

le moment où un dossier a été admis par

nos instances, nous définissons une ligne de

garantie et de cautionnement ensemble avec

le client, à l’intérieur de laquelle les garanties

sont émises sans grandes formalités.

Chaque client peut contracter plusieurs

garanties simultanées, portant sur un même

chantier ou sur plusieurs d’entre eux, même

s’ils sont réalisés au même moment.

Quels sont les avantages des garanties

que vous offrez?

Notre atout principal est de pouvoir émettre

ces garanties très rapidement. Par ailleurs, les

banques imputent les émissions de garanties

sur les lignes de crédits en cours, ce qui diminue

les possibilités d’une entreprise à avoir

recours à ces mêmes lignes de crédit pour

faire évoluer leur affaire. Nous collaborons

souvent avec les banques de manière à ce

que la Mutualité reprenne à sa charge le

volet «garantie» et que les lignes de crédits

mises en place par la banque soient réservées

au financement de l’activité du client.

Patrick Dahm et Blanche Tacchini

Les garanties que nous émettons ont toujours

un impact sur la gestion de la trésorerie

d’une entreprise; avec la dispense

de retenue, nous assurons aux clients de

percevoir le cas échéant 10% de leur chiffre

d’affaires. Grâce aux rentrées d’argent liées

aux garanties de restitution d’acompte, les

entreprises peuvent avoir recours aux fonds

nécessaires pour lancer un chantier sans pour

autant contracter de dettes supplémentaires.

En plus de la sécurité financière, nos garanties

permettent aux clients d’instaurer une

relation de confiance avec les maîtres d’ouvrage

qui sera sans aucun doute bénéfique à

l’évolution de leur société.

Mutualité des P.M.E.

Société coopérative de caution mutuelle

58, rue Glesener

L-1630 Luxembourg

Tél.: 48 91 61 1

Fax: 48 71 21

info@mpme.lu

www.mpme.lu

LG - Best of & Guide 2017 7


Entrepreneuriat & management

Best of LG 195 - Février 2017

Le souffle entrepreneurial

Claude Wagner a bâti un groupe exceptionnel au Luxembourg dont les nombreuses

enseignes en matériaux, bricolage et sport font partie du paysage grand-ducal.

Le 12 décembre dernier, il s’est vu désigné Entrepreneur de l’Année 2016, un prix

décerné par EY. Mince et vif, le quinquagénaire a encore des airs de jeune homme.

Mais ne vous y trompez pas: les conseils qu’il donne trahissent sa très longue expérience

du marché luxembourgeois. Rencontre.


Le premier défi,

c’est d’avoir le courage de

se jeter dans l’eau froide


De poucet à géant

«Qu’est ce qui m’a distingué des autres candidats?».

Claude Wagner répète la question,

un fin sourire lui traversant le visage. Il ne

réfléchit pas longtemps. «Le jury a souligné

que j’ai bâti mon aventure entrepreneuriale

en partant de zéro, construisant le groupe

de toute pièce. Je crois que c’est ça qui les a

séduit». Et de fait, qui aurait pu soupçonner

qu’un jeune banquier puisse, en une quinzaine

d’années seulement, être à la tête de

presque 850 salariés?

Au début de sa carrière, Claude Wagner suffoque

dans son costume d’employé trop étroit.

Frustré de ne pas pouvoir mettre en pratique

ses idées, il quitte le confortable univers

bancaire. Peu après, il reprend sa première

société: Bati Chimie. Un changement de nom

et une refonte plus tard, Bati C devient une

entreprise diversifiée, spécialisée en matériaux

de construction, aménagement et décoration.

L’entrepreneur est convaincu que ce choix d’un

angle plus généraliste leur a évité de disparaître:

«Cela nous a empêché d’être absorbés par une

plus grande structure. Le client ne souhaite plus

s’adresser à différents interlocuteurs pour ses

travaux. Il ne veut avoir de contact qu’avec une

entreprise unique qui le conseille de A à Z et le

suive sur tous les aspects de son projet. C’est

l’objectif de Bati C».

En 2001, Hoffman rejoint le groupe CWA.

Originellement le plus important négoce en

bois de la Grande Région, la société conserve

cette place prépondérante mais se décline

par la suite en un hall décoration et un

espace bricolage. Claude Wagner explique:

«Nous avons remodelé et même développé

Hoffmann en ouvrant une seconde enseigne.

Avec ces activités, les implantations sont à la

fois spécialisées dans le négoce de gros pour

les professionnels et également tournées vers

les particuliers bricoleurs».

En deux décennies, Claude Wagner et son

groupe reprennent une dizaine d’entreprises,

généralement du secteur du bricolage et des

matériaux de construction, telles que Batiself.

Mais un autre domaine fait de l’œil au serial

entrepreneur. «Depuis toujours, je suis passionné

par le sport. Cela m’a amené, à ouvrir

un Intersport en 2002 à Bertange». Chemin

faisant, un deuxième site de l’enseigne est

ouvert à Mersch en 2007, suivi par la reprise

de l’immense Citabel Sports de Leudelange,

une année plus tard. Les magasins S-Cape

et Surf’In viennent étoffer l’offre sportive

peu après.

Bien que ses choix puissent sembler disparates

à première vue, son appétit entrepreneurial

est soutenu par une idée globale, un fil

conducteur. Le groupe présente en effet

8

LG - Best of & Guide 2017


des sociétés aux activités complémentaires,

situées sur deux grandes branches du commerce:

le bâtiment et le sport.

Persévérer, s’entourer, s’adapter

Après avoir souligné les spécificités de son

groupe, Claude Wagner insiste sur les qualités

des autres participants à la compétition organisée

par EY: «Comme l’a dit le président

du jury, Nicolas Buck, toutes les entreprises

présentes auraient mérité le prix d’Entrepreneur

de l’Année. Le panel était superbe et

j’ai apprécié rencontrer ces personnes passionnées.

Nous travaillons dans des domaines

différents mais nous sommes animés par

la même volonté, la même persévérance».

Cette persévérance est d’ailleurs son premier

conseil aux hommes et femmes qui

souhaitent se lancer. «Le premier défi, c’est

d’avoir le courage de se jeter dans l’eau froide.

Et elle est glacée, surtout au commencement,

je vous le garantis (rires). Les premières

années sont difficiles». Il s’anime à l’évocation

de ses débuts: «On se retrouve face à

beaucoup d’obstacles à franchir; et même

si l’on trébuche sur l’un deux, il faut garder

son objectif en ligne de mire et continuer.

Les résultats, surtout financiers, ne sont pas

toujours présents rapidement. Mais tôt ou

tard, si l’engagement se maintient, ils seront

à la clé. Il précise cependant: «Il faut être

réaliste: les échecs existent. Il faut accepter

les contrecoups et recommencer».

Sa deuxième recommandation est de bien

s’entourer. Selon lui, les partenaires, fournisseurs,

investisseurs et collaborateurs doivent

absolument être écoutés. «Les banques

qui accordent des moyens de financement

offrent aussi des conseils. Elles forcent les

entrepreneurs à se structurer, ne fut-ce

qu’administrativement. En créant une compagnie,

il y a tant à considérer: l’autorisation

de commerce, l’enregistrement du nom de

la société, le siège social, la comptabilité,

la téléphonie,… Cela peut sembler insurmontable

mais des fiduciaires, des avocats

ou des institutions offrent leurs services

pour aider les jeunes pousses». Et dans le

Claude Wagner

voisinage de l’entrepreneur, les individus

les plus importants sont les collègues. «Ils

font la force d’une société», affirme Claude

Wagner. Il se souvient de la préparation de

son dossier avec EY et d’une question sur

le superpouvoir qu’il souhaiterait posséder

s’il était un superhéros. «Tout de suite, j’ai

pensé au clonage. Ah, si j’étais capable de

cloner mes meilleurs collaborateurs!», s’exclame-t-il.

Mais avoir des employés motivés

n’est pas suffisant. Encore faut-il leur déléguer

des tâches efficacement: «Je donne

des responsabilités et des libertés à mes

collaborateurs. Je leur fixe des objectifs et,

ensuite, je les laisse faire. Ainsi, ils peuvent

développer leurs propres idées et nous adaptons

notre stratégie ensemble, par après.

Cette inter-connectivite nous permet de bien

gérer le quotidien de l’entreprise».

Dernier avertissement de Claude Wagner,

et peut-être le plus important: savoir

s’adapter. Il explique que dans un milieu

aussi petit que celui du Grand-Duché, la

concurrence est rude. «Et bien trop souvent

sous-estimée. Quand vous arrivez sur un

LG - Best of & Guide 2017 9


Entrepreneuriat & management

Best of LG 195 - Février 2017


Prenez note des critiques

et essayez de vous adapter

au plus vite


marché, les confrères réagissent, ils vont

essayer de vous doubler en adaptant leurs

produits, leurs services, leurs offres ou

leurs prix. A vous de l’anticiper, d’essayer

de rester en phase avec votre marché».

Nouvelles technologies, tendances de la

mode ou besoins de la clientèle; Claude

Wagner conseille aux jeunes entrepreneurs

d’être toujours sur le qui-vive. «Prenez note

des critiques et essayez de vous adapter au

plus vite», conseille-t-il.

Enthousiasme envers l’avenir

Claude Wagner puise dynamisme et assurance

dans son épanouissement personnel

et dans sa passion pour le sport. «Je suis

satisfait, dans ma vie privée comme dans

ma vie professionnelle, et crois que l’un tient

l’autre. Le samedi, je me promène souvent

avec mes enfants dans les divers magasins

du groupe, pour discuter avec les collaborateurs

et les clients. Par ailleurs, je cours

très régulièrement dans la nature, dans la

magnifique forêt du «Bambësch» ou sur les

plaines. Je crois que cela m’apporte l’énergie

et l’équilibre dont j’ai besoin».

Ce grand sportif est loin d’être à bout de souffle

entrepreneurial. Outre la refonte de tous

les sites internet du groupe, il a prévu d’ouvrir

deux nouveaux magasins liés à l’univers

sportif en 2017: un Intersport à Junglinster et

un Citabel à Dudelange. De plus, l’enseigne

Bati C de Bertrange verra se développer son

département Home & Style. Quant à Bâtiself,

c’est l’implantation d’Ingeldorf qui subira une

refonte complète. Il ajoute: «Au long de cette

année, nous poursuivrons également notre

cheminement avec Poliform Varenna, respectivement

en mobilier et cuisine».

«Puis, nous peaufinerons notre projet pour

la finale de l’Entrepreneur de l’Année qui

aura lieu à Monaco en juin», conclut-il,

avec un sourire plus timide. «Bien entendu,

il nous faut rester modestes: l’échelle du

Luxembourg est petite. Je participerai à la

finale avant tout comme spectateur. Je suis

heureux de prendre part à cette aventure

pour voir que les grands de ce monde

imaginent. C’est une belle opportunité

d’apprendre des meilleurs entrepreneurs

internationaux, d’essayer de comprendre

leur façon de travailler et de rapporter l’une

ou l’autre idée dans mes bagages». SoM

10

LG - Best of & Guide 2017


ICT

Les clés du succès

Experte en système d’alarme d’intrusion et d’incendie, vidéosurveillance HD, vidéoparlophonie

et coffres-forts, SecuriTec œuvre depuis sept ans, à la sécurité de ses clients,

tant professionnels que privés. L’entreprise de sécurité dont la croissance va crescendo

ne manque pas d’ambition; son directeur Gilbert Reyland revient sur les défis futurs.


C’est toujours

en observant les évolutions

et les besoins de la

société luxembourgeoise

que SecuriTec répond au

sentiment d’insécurité


Parlez-nous de votre relation client…

C’est toujours en observant les évolutions

et les besoins de la société luxembourgeoise

que SecuriTec répond au sentiment d’insécurité

via ses produits. Avant la pose d’une

alarme, une relation de confiance doit être

instaurée avec nos clients. Ils doivent se fier

à notre professionnalisme, à nos expertises et

aux équipements que nous proposons. D’où

notre service clientèle et notre approche

du terrain. Nous écoutons leurs préoccupations

et essayons d’y apporter les solutions

adéquates. Nous réalisons une analyse de

risques pour chaque client, car les besoins

peuvent être très différents et vont d’une

alarme standard à un système de très haute

sécurité.

LG a entendu dire que SecuriTec se

lançait à l’international?

Nos équipes ont l’habitude d’évoluer hors de

nos frontières puisque nous travaillons partout

dans la Grande Région depuis le début

de SecuriTec. En janvier de cette année,

j’ai néanmoins ouvert une société sœur à

1.600 km de Luxembourg, en Espagne.

Située à Jávea, à une heure de Valence, son

but est de servir les propriétaires de maisons et

d’appartements de vacance sur la Costa Blanca.

60% de ses propriétaires proviennent d’Europe

du Nord et parlent donc anglais, français ou

allemand. Nos produits et notre savoir-faire

répondent parfaitement à ce marché.

Le Luxembourg n’est pourtant pas en

reste…

Bien au contraire puisque nous continuons

d’investir à mesure que nous grandissons.

Nous allons par exemple construire un nouveau

bâtiment à Bissen dans la zone industrielle

«Klengbousbierg» qui deviendra notre

nouveau quartier général, d’ici la fin de

l’année 2018. Tout en gardant notre encrage

au Sud (à Livange), nous pourrons mieux

couvrir le territoire national puisque Bissen

est le centre géographique du pays.

Quels sont vos produits phares?

Nous disposons d’une large gamme de

choix, et ce pour toutes les bourses. Nos

alarmes intègrent la technologie KNX, ce système

permet de piloter sa maison à distance.

Le système d’alarme d’intrusion est composé

de détecteur de mouvements, d’incendie,

de choc et de contact magnétique, de bris

12

LG - Best of & Guide 2017


Gilbert Reyland

de verre acoustique mais aussi de caméras

IP, de sirène extérieure avec flash LED. Les

technologies modernes ont démocratisé des

pratiques jusque-là réservées à l’élite. Ainsi,

des notifications d’alerte vous sont envoyées

via mail, SMS ou par message vocal. Vous

gérez votre système par l’application et

l’interface web et bénéficiez bien sûr d’une

vérification visuelle avec la vidéo en directe.

Nous proposons de la vidéoparlophonie IP

pour iPhone, iPad, smartphones Android,

tablettes tactiles Android et PC Windows.

Plus de 2.000 modèles de coffres-forts sur

mesure adaptés à vos besoins, répondent

aux différents critères anti-feu/intrusion,

avec des systèmes de fermetures du type

lecteur d’empreintes, fermeture électronique

avec code et/ou clés.

Pour ce qui est des professionnels, les

lecteurs biométriques pour l’ouverture des

portes, les murs d’écrans de surveillance, les

barrières levantes, les bornes escamotables,

la gestion horaire sont aussi disponibles.

Nous proposons également des boîtiers

certifiés par la Banque Centrale Européenne

qui vérifient tous les points de contrôle d’un

billet de banque, et ce, à partir de 120 euros.

Du nouveau pour l’ouverture intelligente

des portes?

Nous sommes revendeur officiel des systèmes

de contrôle d’accès en ligne Nedap. Evolutif

et adaptable, ils contrôlent l’accès des portes

d’un bâtiment du plus petit au plus grand. Ce

système de gestion en ligne complète parfaitement

notre gamme de cylindres intelligents,

laquelle est très prisée dans le pays.

Nos cylindres et clés numériques de marque

iLOQ, sans batterie, sans câble et programmables

via l’énergie cinétique sont des

produits brevetés, uniques au monde, qui

connaissent un réel succès autant chez les

professionnels que chez les particuliers. Ils

équipent déjà de nombreuses résidences

privées, institutions, écoles et communes

dans le pays.

SecuriTec

19, rue Geespelt

L-3378 Livange

Tél.: 26 300 221

Fax: 26 300 224

www.securitec.lu

SecuriTec Solutions S.L.

E-03730 Jávea

Tél.: (+34) 615 383 919

www.securitec-solutions.es

LG - Best of & Guide 2017 13


ICT

Stratégie hybride pour le cloud

Lors d’un événement organisé chez Namur à Hamm le 21 juin dernier, Fujitsu et Netapp

ont présenté les nouvelles générations de storage ou comment aider les clients à résoudre

leur stratégie cloud. Interview de Yacine Benaouda, Infrastructure Architect chez Fujitsu.

Yacine Benaouda; Marc Payal et Didier Annet

— Fujitsu

Sven Schoenaerts; Laurence James; Martin Warren

— NetApp

Glenn Fitzgerald

— Fujitsu

Qu’est-ce que le «data centre nouvelle

génération» ?

L’utilisation du cloud et la virtualisation sont

devenus une normalité dans le monde IT.

Le data centre évolue vers une approche dite

«software-defined» qui permet de se libérer

des contraintes hardware. De nouvelles solutions

dites «hyper-convergées» permettent la

transition vers ce nouveau modèle.

De nombreuses solutions hyperconvergées

ont fait leur apparition sur

le marché ces dernières années, quelle

est la stratégie de Fujitsu et NetApp

dans ce domaine?

Les solutions IT doivent s’adapter aux

besoins business et non l’inverse. Au-delà

du fait de posséder de nombreux atouts,

les solutions hyper convergentes actuelles

permettent uniquement de faire évoluer

son environnement IT de manière linéaire.

Les composants ne peuvent pas être installés

indépendamment, ce qui peut conduire à des

dépenses inutiles.

Ces systèmes répondent aux besoins de nos

clients en permettant une évolution granulaire

de l’infrastructure: les parties puissance

de calcul et stockage peuvent évoluer indépendamment.

Il ne sera donc pas nécessaire

d’ajouter du stockage si le besoin se porte

seulement sur le domaine des serveurs.

A l’ère du data centre nouvelle génération,

le business a besoin de garanties fortes de

la part du monde IT. NetApp HCI offre une

qualité de service QoS avec une performance

garantie. En utilisant la QoS avec un seuil

de performance garanti, un besoin accru de

performance pour une application ne générera

pas le bon fonctionnement des autres.

Pour Fujitsu et NetApp, les spécificités de

chaque client demeurent au cœur de la

stratégie produit.

La vision de NetApp sur la partie hyperconvergée

répond à cette problématique

tout en gardant les grands avantages de

ce type de solution: diminution de l’espace

utilisé, simplicité de management.

NetApp introduit le premier système

hyper convergé de seconde génération, avec

performance garantie, intégration cloud et scalabilité

flexible.

Fujitsu Technology Solutions (Luxembourg) SA

Parc d’Activités Capellen

89C rue Pafebruch • L-8308 Capellen

Tél.: 26 099 -1

Visit our solutions website: http://www.

fujitsu-solutions.lu

14

LG - Best of & Guide 2017


Zoom sur l’event


ICT

Un service, plusieurs solutions

Une perte de sauvegarde, un virus informatique, un vol d’ordinateur et un nombre

incalculable de données peuvent être perdues à jamais. Pour éviter ces cas de figure, le

Groupe Charles Kieffer (CK) propose des services de supports utilisés par ses propres

employés. Très réactifs, ses professionnels sont régulièrement formés et vous proposent

une large gamme de services IT assurant l’optimisation et la sécurité de vos installations.

Explications avec Nicolas Hardy, Solutions & Scan Sales Consultant.

En quoi consistent les audits que vous

proposez?

Le but de ce service est d’informer le client

de sa situation et de le conseiller afin de

l’optimiser. Notre objectif est de réaliser un

état des lieux de ses infrastructures. Souvent

le matériel est déjà présent et l’audit permet

de l’améliorer en changeant l’une ou l’autre

pièce sans forcément pousser le client à

acheter de nouvelles machines.

En parallèle, nous pouvons également proposer

un audit de toutes leurs machines comme

les copieurs ou les serveurs. Globalement,

nous identifions donc les installations existantes

et les besoins du client en matière de

sauvegarde, d’antivirus, de mises à jour et de

tout autre produit proposé parmi la gamme

de services de CK.

Comment optimiser les infrastructures

existantes de vos clients?

Nous partons des besoins de nos clients pour

améliorer leurs infrastructures. Quand un

client ne souhaite pas changer de machine,

nous proposons d’abord d’en changer le

disque dur, par exemple. Dans la plupart

des cas, cela s’avère être suffisant et aucun

changement ne se produit pour l’utilisateur,

ce qui signifie qu’il ne devra pas s’adapter

à un nouveau matériel et qu’aucune perte

de temps n’aura été occasionnée dans l’entreprise.

Cet exemple de solution est très rentable,

puisqu’il est peu coûteux et que cette intervention

permettra de rallonger la durée

de vie du matériel. De plus, l’ordinateur

démarrera plus vite et ses mises à jour seront

également plus rapides.

Comment aider les entreprises à se

diriger vers la virtualisation?

En virtualisant un ordinateur, il est possible,

au moindre problème, de récupérer

la machine telle qu’elle l’était à sa dernière

sauvegarde, sans changer les habitudes de

l’utilisateur ni occasionner de perte de données,

et ce, en à peine une heure ou deux.

Cette solution répond notamment à des

besoins de rapidité, de retour à la normale et

de sécurité. Nous pouvons procéder à l’installation

et à la configuration de ce service

pour tous nos clients et tout est transparent

pour l’utilisateur.

La virtualisation ne s’adapte cependant pas

encore à tous puisque cela nécessite des

machines, un serveur suffisamment puissant

pour pouvoir tout virtualiser, un temps d’installation

beaucoup plus long, et donc un coût

de départ assez élevé. Si le client possède

des postes fixes sur lesquels il ne doit rien

conserver, il n’est pas indispensable d’avoir

recours à la virtualisation. Nous proposons

alors de stocker ses données dans le serveur

que nous sauvegardons à l’aide de stockage

NAS. Celui-ci est moins cher pour le client,

il possède une grande capacité de stockage

et permet de restaurer les informations très

rapidement afin que le temps de coupure soit

le plus court possible.

Le cloud n’est en effet pas adapté à tout

le monde. Nous conseillons au client de

d’abord passer par une phase d’audit afin

de déterminer s’ils ont vraiment besoin de

ce service. Chez CK nous ne vendons pas de

cloud, nous mettons en place des solutions

de sauvegarde qui appartiennent au client

pour qu’il sache exactement où se trouvent

ses informations. De cette façon, il est indépendant

de CK ou de tout autre organisme,

notamment pour l’installation de solutions

logicielles. De plus, ce service est deux fois

moins cher.

16

LG - Best of & Guide 2017


Nicolas Hardy, Solutions & Scan Sales Consultant

Comment renforcer la sécurité des installations

de vos clients?

Il y a trois grands volets dans la sécurité. Tout

d’abord, à partir de l’audit réalisé, nous nous

assurons de la présence d’un pare-feu, et nous

pouvons procéder à ses mises à jour ou à son

changement dans certains cas. Les grandes

entreprises utilisent en général deux technologies

de pare-feu différentes afin d’analyser

deux fois les flux entrant et sortant.

Ensuite, nous vérifions que l’entreprise est

équipée d’un antivirus. Chez CK nous travaillons

avec ESET qui procède à l’analyse du

comportement des programmes et bloque

ceux qu’il considère comme étant suspects.

Cela permet de réagir même si le virus n’est

pas encore connu.

Enfin, nous incitons nos clients à réaliser le

plus régulièrement possible leurs mises à jour,

même si cela prend du temps, et à se doter

d’une version actuelle de Windows.

Prévoyez-vous un service de maintenance?

Nous proposons deux types de maintenance

combinables: la préventive et la curative. Dans

le premier cas, nous prévoyons une journée

par mois, ou moins selon les besoins du client,

où un de nos techniciens contrôle le matériel

informatique d’une entreprise pendant environ

quatre heures. Ainsi, il vérifie si toutes

les mises à jour ont été faites au niveau des

licences d’antivirus, de Windows ou autres.

Il est à l’écoute des utilisateurs du matériel. A

la fin de la visite, le technicien dresse un état

des lieux de la situation et propose, si cela est

nécessaire, des améliorations au client.

La maintenance curative correspond à un certain

nombre d’heures de maintenance auquel

un client a droit pendant un an et pour lequel

il a la priorité. Nous nous engageons donc à

respecter des délais très courts d’intervention

à partir du moment où une demande nous a

été faite par un client en maintenance curative.

Nous incitons

nos clients à réaliser

le plus régulièrement

possible leurs mises à

jour



Groupe Charles Kieffer

2, rue Léon Laval

L-3372 Leudelange

Tél.: +352 26 380 1

Fax: +352 26 380 380

sales@ck-online.lu

www.ck-online.lu

LG - Best of & Guide 2017 17


ICT

Best of LG 198 - Mai 2017

Protéger les données

à caractère personnel,

une priorité à échelle européenne

Le parlement européen a publié une réglementation, applicable dès le 28 avril 2018 aux

Etats membres, qui impose à toute organisation traitant des données à caractère personnel

de nommer un Délégué à la Protection des Données (DPD ou Data Protection Officer).

Experte dans le domaine de la sécurité informatique, itrust consulting aide ses clients à protéger

leurs informations contre toute divulgation, manipulation ou indisponibilité. Carlo Harpes,

fondateur et directeur, revient avec nous sur les implications de cette réglementation.


À la vue des écarts

que nous observons, le

28 avril 2018, jour de mise

en conformité légalement

requise, c’est demain


Quel est le rôle d’un DPD?

La réglementation européenne oblige les entreprises

à créer ce poste au sein de leur équipe ou

bien à l’externaliser. Celui-ci a deux missions

essentielles; d’un côté il se positionne en tant

qu’avocat des clients pour défendre leurs intérêts

et leurs données, de l’autre il a un droit

de regard sur le traitement de celles-ci et peut

alerter la direction en cas de mauvaise gestion.

Comme un fou du roi, le délégué peut tout

voir et montrer les défaillances aux dirigeants,

sans que ceux-ci ne soient obligés de l’écouter.

Il reste donc impartial et peut toujours prendre

le parti des clients. Pour résoudre le problème

de la protection des données il faudrait toutefois

définir une gouvernance qui inclut une

délégation de responsabilités et une gestion

adéquate assurant que toutes les exigences de

cette régulation soient respectées.

Que devraient donc mettre en place les

organisations en complément de la création

de ce poste?

Les organisations devraient également nommer

un Responsable, ou délégué, de la Sécurité de

l’Information (RSI). Ce poste a des attributions

similaires à celui du CIO ou du CFO; le

RSI garantit qu’au sein de son entreprise, les

exigences quant à la protection des données

soient correctement implémentées et les risques

compris.

Le RSI collabore avec le DPD qui pourra lui

apporter des précisions sur le cadre légal et la

jurisprudence; il assiste aussi les responsables

informatiques pour parer les risques de cybersécurité

et les responsables métier qui sont eux

en contact avec les clients et connaissent leurs

attentes. Mais surtout, il définit et orchestre un

système de gestion de la sécurité qui assure

que chaque personne de l’organisation, dans

son domaine d’activité, respecte les exigences

de protection et réduit les risques dès que c’est

économiquement justifiable. Il assiste également

les chefs de projet pour implémenter les

principes de protection par défaut et de protection

dès la conception, en tant que membre

responsable du projet.

Qu’est-ce que le cadre légal européen

a changé dans la pratique?

La loi luxembourgeoise de 2002 misait sur

des démarches administratives lourdes et des

18

LG - Best of & Guide 2017


contrôles de la CNPD en cas de réclamations

ou de pannes visibles, mais aussi longtemps

que ce régulateur n’intervenait pas, les organismes

ne se mobilisaient pas si elles disposaient

d’une autorisation de traitement. Avec

la nouvelle réglementation, l’organisation

doit démontrer en cas de procès qu’elle a

respecté la loi et mis en œuvre une gestion

formelle des risques, non seulement pour

limiter des conséquences indésirables pour

elle, mais aussi dans l’intérêt des droits de ses

clients. Avec la publication de la réglementation

européenne 2016/679 et ses pénalités

qui visent surtout les entreprises privées, on

ne peut plus nier l’importance économique

de la protection des données. Cependant,

certains aspects pratiques de cette réglementation

dépendent encore de précisions qui

devraient être apportées au niveau national,

et celles-ci n’ont pas encore été établies au

Luxembourg.

Quelle aide peut apporter itrust consulting

aux organismes?

Nous aidons les entreprises à documenter

leurs conformités. En fonction

de la situation de chaque organisme,

nous proposons une formation à

la gestion de la sécurité et à la protection

des données, un système de

gestion documenté et éprouvé auprès de

multiples clients issus des secteurs public

et privé ainsi qu’une analyse d’écart et

une appréciation des risques encourus

par l’organisation et les clients endommagés

en cas d’incident. Nous continuons

ensuite à prioritiser, planifier, et

budgétiser les mesures de sécurité qui

s’imposent. Grâce à nos outils et notre

expérience, nous pouvons les implémenter

plus efficacement que le personnel

interne qui se voit confronté pour la

première fois à cet ensemble d’exigences.

Nos méthodes sont surtout éprouvées

auprès d’entités ayant des ressources

limitées et en interne où nous gérons la

pseudonymisation des identifiants des

élèves participant aux épreuves standardisées

au Luxembourg, et ceci, bien

sûr, sans pouvoir accéder aux résultats

sensibles de ces épreuves.

Finalement, nous pouvons mettre à disposition

du personnel qualifié externe

sur un poste de DPO, d’auditeur interne,

ou même de RSI. Nous pouvons gérer

Carlo Harpes

ces fonctions entièrement ou assister les

personnes déjà nommées avec les compétences

de toute notre équipe. Cette

formule, appelée Security as a Service,

définit à l’avance la quantité de travail,

les méthodes, responsabilités, objectifs

et prestations, tout en permettant de

recourir en cas de besoin ou de dégâts à

la disponibilité de toute l’équipe d’itrust

consulting.

Notre atout principal est une analyse de

risque efficace. Nous avons aussi récemment

fait évoluer notre outil web d’analyse

de risques, appelé TRICK Service, en

y ajoutant les fonctions nécessaires à la

protection des données. L’outil supporte

à la fois des niveaux de conformité ou de

risque que des notions financières.

Au niveau de la cybersécurité, nous soulignons

également l’utilité de la réalisation

de tests réguliers, surtout dans le

domaine de l’ingénierie sociale. Nous

préconisons par exemple de réaliser plusieurs

fois par an des campagnes de

sensibilisation auprès du personnel ou de

réaliser des tests réguliers pour le maintenir

en alerte.

LG - Best of & Guide 2017 19


ICT

Best of LG 196 - Mars 2017

Un enjeu stratégique

L’internationalisation financière menacerait-elle l’ICT luxembourgeois? Pas exactement.

Mais les évolutions futures de ce secteur doivent se faire de façon réfléchie et avec prudence:

voilà le message de Jean-François Terminaux, vice-président de Finance & Technology

Luxembourg; Yves Reding, président de Cloud Community Europe - Luxembourg et

Gérard Hoffmann, président de FEDIL-ICT. Les trois associations portées par ces experts

représentent plus de 85% de la substance en ICT à Luxembourg. Rencontre.

Un bouleversement sans précédent

Un vent de protestation paniquée soufflerait-il

sur la Place depuis que le ministre

des Finances, Pierre Gramegna, a déposé

le projet de loi 7024? «Non, pas de protestation

mais de dialogue. Nous souhaitons

réconcilier différentes positions, trouver un

chemin équilibré entre elles», affirme Gérard

Hoffmann. Le point de départ de cette agitation

policée est ledit projet, qui, en touchant

à l’article 41 de la loi de 1993 relative au

secteur financier, bouleverse l’équilibre des

milieux ICT et financiers. En effet, cette

modification introduit deux exceptions supplémentaires

à la pratique du secret professionnel.

Elle implique que, d’une part, des

données puissent circuler au sein même d’un

groupe suite à la simple notification du client

auquel elles ont trait pour autant que ces

informations soient maintenues à l’intérieur

de ce groupe, et ce, même rétroactivement;

et d’autre part, qu’une externalisation

des données hors du groupe soit possible

moyennant dans ce cas un accord en amont

du client protégé par le secret professionnel.

«L’internationalisation est une dynamique

de marché irréversible», déclare le président

de FEDIL-ICT. «Nous supportons donc la

modernisation de l’encadrement financier

du pays, et nous sommes heureux qu’un

débat sur cette question essentielle émerge.

Cependant, nous souhaitons une réforme

plus réfléchie». Jusqu’à présent, le principe

du secret professionnel n’était soumis qu’à

peu d’exceptions. «Avec ce texte, nous

risquons de passer d’un contexte financier

national plutôt fermé et extrêmement régulé,

à une forte ouverture à l’avantage des

acteurs étrangers. Ce serait un changement

radical, d’un extrême à l’autre, sans véritable

réflexion pour dynamiser la démarche

existante».

Un large impact

Pour les PSF de support, les conséquences

seraient désastreuses, explique Jean-François

Terminaux: «Les professionnels qui servent

le secteur financier sont soumis à un cadre

strict. Cet amendement a comme inconvénient

que les contraintes sur nos sociétés

seraient nettement plus élevées que celles

touchant nos clients. Quel décalage entre

des fournisseurs de services étranglés et des

clients qui bénéficient d’une belle souplesse

et peuvent facilement faire appel à leurs

entités internes à l’étranger! Nos propres

règles ne nous permettraient plus de faire le

poids», s’indigne-t-il.

Mais bien au-delà des PSF, c’est le domaine de

l’ICT et l’économie luxembourgeoise entière

qui seraient touchés par ce projet de loi.

«En business, plus rien ne se fait sans l’ICT»

explique Yves Reding, «avec comme effets

pervers, l’augmentation des problèmes en

cybersécurité. La protection des données est

donc une priorité d’avenir. En Europe, grâce au

mouvement GDPR, General Data Protection

Regulation, c’est l’utilisateur final qui est maître

de ses informations dans un environnement

unique de protection. C’est cela que nous

souhaitons: que le contrôle de la chaîne de

l’information soit maintenu sous l’égide de

l’utilisateur final». Mais le président de Cloud

Community Europe - Luxembourg précise que

l’Europe ne pèse pas lourd sur ce marché digital

mondial. Or, le Grand-Duché a une réputation

d’excellence, comme coffre-fort de données

numériques. Cette crédibilité s’est construite

grâce à l’univers financier luxembourgeois:

«Les banques ont placé la barre haut avec leurs

exigences en confidentialité, disponibilité et

intégrité». Aujourd’hui, les banques s’ouvrent

et multiplient les interactions: «Cela ne peut

pas se faire dans le désordre» martèle-t-il. En

reformulant ses normes, le Grand-Duché doit

veiller à ne pas trahir ses valeurs. «Notre expertise

est encore jeune et dépend du domaine

bancaire. L’ICT n’est pas un métier en soi mais

un domaine au service des clients. Si ceux-ci

quittent le pays, ils emporteront avec eux leurs

centres informatiques… Alors, nous n’aurons

plus les ressources nécessaires pour développer

les compétences d’avenir liées aux FinTech, au

Big Data ou à la cybersécurité».

20

LG - Best of & Guide 2017


Jean-François Terminaux, Gérard Hoffmann et Yves Reding


ICT

Best of LG 196 - Mars 2017

Une société

qui se démunit de son IT

n’est pas une société

d’avenir



Pour Yves Reding, le constat est clair: si nous

avons une masse critique en ICT, c’est grâce à

la finance. Or, en banque, il importe peu aux

multinationales que leurs activités soient localisées

en Pologne, en Inde ou au Luxembourg…

Un cadre mal réfléchi serait donc néfaste vu la

petite taille du marché grand-ducal. «Les métiers

de demain sont dépendants de l’existence de

ce savoir-faire au Luxembourg, qui lui-même

dépend de la présence des clients. L’enjeu pour

le Luxembourg va donc bien au-delà du simple

projet de loi; c’est un enjeu stratégique pour

le futur du pays». Le défi à l’avenir sera donc

de se moderniser, sans perdre la substance du

Luxembourg: la compétence digitale.

Jean-François Terminaux ajoute: «La Place

sera touchée de façon générale. Nous avons

la chance de disposer d’un savoir-faire: nous

ne devons pas le jeter aux oubliettes. Une

société qui se démunit de son IT n’est pas

une société d’avenir».

Des propositions d’équilibristes

Ensuite vient la question de la rétroactivité.

«Nous critiquons la violation de la notion de

permanence du secret professionnel dans ce

texte. Nous insistons: une externalisation par

simple notification ne devrait être possible

que dans une relation future. Les données

historiques d’un client ne devraient pas être

externalisées, même au sein d’un groupe,

sans son accord spécifique», commente-t-il.

Leur proposition est que cette exception au

principe du secret professionnel ne concerne

que des données futures, acquises en plein

conscience du client… Une solution qui

respecte le caractère permanent du secret

mais le concilie avec une sous-traitance

intragroupe «Ainsi, une société pourra s’affranchir

et travailler au sein de son groupe

en notifiant ses clients et uniquement pour

l’avenir».

«Nous suggérons d’emboiter ces petits

puzzles de texte au projet de loi. Ce sont des

propositions équilibrées d’évolution, pas des

propositions de blocage», commente Jean-

François Terminaux.

«Le diable est dans les détails», argue Gérard

Hoffmann en exposant les propositions que

lui et ses confrères ont élaborées.

Ensemble, ils prônent d’abord le maintien

d’un “level playing field” dans le respect du

secret professionnel plutôt que son abandon

pour les prestataires étrangers, soit un

cadre équivalent pour les acteurs luxembourgeois

et d’ailleurs. «Permettre l’outsourcing

sans lever le secret professionnel, voilà ce

que nous proposons, en inscrivant que le

secret professionnel «est respecté» - et non

«n’existe pas» - lors d’externalisation», dit-il.

Grâce à cette petite reformulation, les dirigeants

agréés à Luxembourg gardent le contrôle sur la

chaîne de traitement des données.

Yves Reding prend le relais pour conclure:

«Nous ne sommes pas dans une logique

de protectionnisme mais de différentiation

durable dans un monde globalisé hautement

compétitif. Nous avons une vue très claire

des enjeux à moyen et à long terme de cette

globalisation et de la digitalisation exponentielle

en cours, car nous en sommes tous les

jours acteurs».

«L’ICT est un écosystème difficile à appréhender,

nous avons accompagné sa mutation

depuis 30 ans et nous sommes naturellement

bien placés pour en prévoir l’évolution

future: il faut nous faire confiance, écouter

nos recommandations à long terme, pour la

prospérité de la Place».

SoM

22

LG - Best of & Guide 2017


Finance

Best of LG 195 - Février 2017

L’extraordinaire du quotidien bancaire

Psychologue clinicien de formation, Thierry Schuman embarque dans l’aventure BGL BNP

Paribas par un poste aux Ressources Humaines. Il voyage à travers différents départements le

long de sa carrière, notamment le Retail et le Private Banking, et, entre Luxembourg, Bruxelles,

Amsterdam, Dublin et Paris, il gravit les échelons de l’entreprise. Membre du Comité de

direction de la banque de 2005 à 2014, il rejoint le Comité exécutif de la fonction RH de

BNP Paribas à Paris en janvier 2015. De retour au Luxembourg fin 2016, il reprend, au sein

du Comité de direction de l’entreprise grand-ducale bientôt centenaire, la responsabilité du

métier BDEL (Banque de Détail et des Entreprises à Luxembourg). Il décrit l’omniprésence de

cette activité auprès de tous, et surtout il imagine la banque du futur dont les services seront

toujours plus personnalisés grâce aux technologies.

La banque, au jour le jour

«Le Retail Banking, c’est réaliser les rêves

de nos clients», définit-il très personnellement.

Le rôle de la Banque de Détail

est, selon lui, de répondre à trois types

de besoin.

«Les premiers sont les rêves: nous sommes

présents si vous rêvez d’une maison, d’une

voiture, d’une belle retraite à préparer dès

maintenant, ou encore d’un financement

pour votre entreprise. Nous vous aidons à

naviguer à travers la complexité du monde

financier, en vous servant de guide».

«Ensuite, nous garantissons la confiance.

Vous souhaitez certainement que vos avoirs,

votre épargne ou vos assurances soient en

sûreté. Personne ne veut se retrouver dans

la précarité au moindre coup du sort. Nous

veillons donc à fournir de la sécurité à notre

clientèle».

«Troisièmement, nous offrons de la commodité.

Nous sommes présents pour apporter

les renseignements désirés quand et

où vous le voulez, en toute facilité. Vous

prenez le train et désirez consulter vos

paiements? C’est possible car nous nous

promenons avec vous, dans vos smartphones

et tablettes».

Fier de ces missions ancrées dans le quotidien

de tous, Thierry Schuman précise que

ce ne sont pas moins de 800 personnes qui

travaillent avec lui. Cette masse critique de

collègues permet à BDEL de répondre à la

variété des besoins qui lui sont adressés. Il

ajoute qu’en parallèle la Banque de Détail

travaille étroitement avec d’autres entités

du Groupe au Luxembourg. L’activité bancaire

en tant que telle se voit complétée

par de l’assurance avec Cardif Lux Vie;

du leasing de biens d’équipement, du

financement simple à la location avec

services avec BNP Paribas Lease Group

Luxembourg; du leasing automobile avec

Arval; ou encore de l’immobilier avec BNP

Paribas Real Estate Luxembourg. «Ainsi»,

commente-t-il, «BGL BNP Paribas offre

sans doute la gamme la plus étendue

de services pour un groupe bancaire au

Grand-Duché».

Fervente supportrice du secteur public

Et la clientèle est vaste: on y retrouve non

seulement les particuliers de tous âges et

les entreprises de toutes tailles, mais aussi

le secteur public.

L’Etat, les ministères, les institutions

européennes, les ONG et les établissements

conventionnés paraétatiques comme

les hôpitaux, les crèches ou encore les

maisons relais… A son image, la

gamme des besoins du secteur public

est protéiforme. «Le cas de figure le

plus simple est celui d’une commune

qui sollicite un crédit», explique

Thierry Schuman. Mais bien d’autres

situations sont plus compliquées et

demandent des services à haute valeur ajouté.

Il cite notamment le cas du cofinancement,

solution courante dans l’optique d’un

projet trop important pour une unique

banque.

Mais selon le responsable BDEL, la banque

a bien d’autres rôles à jouer à l’égard du

secteur public.

24

LG - Best of & Guide 2017


D’abord, elle veille au financement des

entreprises qui s’installent ou se développent

au Grand-Duché. «Quelle commune n’est

pas satisfaite de voir une société prospérer,

embaucher et investir sur son territoire?»,

s’exclame-t-il.

En sus, Thierry Schuman se penche sur ce

qu’il nomme «une mission d’(in)formation».

Il martèle: «Notre contribution à la formation

des agents du secteur public est sous-estimée.

Pourtant, nous sommes disponibles

et prêts à conseiller les acteurs publics.

Après tout, aiguiller, c’est notre métier.

Nous organisons des conférences, des cours

et des rencontres à destination de tous bien

entendu: des délégués communaux aux

fonctionnaires ministériels, sans privilégier

l’une ou l’autre couleur politique. Les élus

doivent souvent prendre des décisions de

financement lourdes pour lesquelles ils ne

sont pas forcément qualifiés. Ils peuvent

profiter de notre expertise et de nos savoirs

en actualité financière». Convaincu de

l’importance de cette activité, il appelle le

secteur public à consulter la banque: «Nous

offrons un regard qui n’est pas anodin».

Un dernier appui pour les communes: la

présence de terrain. BGL BNP Paribas dispose

d’une quarantaine d’agences à travers

le pays qui participent à la vie des localités.

«Avec la digitalisation, la fréquentation en

agence a diminué. Mais la qualité des services

qui y sont prestés s’en trouve solidement

améliorée».

Un futur très personnalisé

Lorsqu’il évoque l’avenir du secteur, Thierry

Schuman se concentre sur l’impact de la digitalisation.

«L’ère du numérique implique des

bouleversements. La disponibilité des informations

devient maximale car le client doit

pouvoir librement effectuer des opérations

quand il le souhaite». Mais cet aspect est loin

d’en être la seule conséquence.

«Quand vous commandez un livre sur

Amazon, vous êtes informés immédiatement

que les personnes qui ont acquis cet ouvrage

ont aussi acheté telle ou telle autre œuvre.

Cette personnalisation de l’expérience

touchera bientôt l’univers bancaire. L’offre

Thierry Schuman

devra évoluer», annonce le responsable.

Dans le futur, une personne qui investira

dans un produit sera avisé des autres choix

des investisseurs qui lui ressemblent. Elle se

verra orientée en direct vers les meilleures

solutions en fonction de son âge, de sa

situation ou de son revenu et au regard

de ce que d’autres favorisent. Thierry

Schuman en est persuadé: l’analyse des

données va profondément métamorphoser

nos relations bancaires car l’offre s’adaptera

à notre profil personnel. «Ce micromarketing

personnalisé s’adaptera en

temps réel à votre profil, votre revenu,

votre mode de vie, votre logement,…

La récolte de données n’est pas encore

utilisée au maximum de son potentiel, mais

cela ne saurait tarder». Il est convaincu

que le métier de banquier évoluera dans

cette direction. «Cette personnalisation

très individuelle de l’offre n’est finalement

qu’une étape de plus dans l’objectif de

bien connaître un client pour lui proposer

une solution adaptée. Cette technologie

nous permettra d’être encore un meilleur

partenaire au quotidien pour notre

clientèle», conclut-il.

LG - Best of & Guide 2017 25


Finance

Best of LG 199 - Juin 2017

L’accompagnement d’un projet de vie

A l’écoute des besoins de ses clients, la Banque Raiffeisen adapte constamment ses

offres à leur évolution. A travers un réseau de 41 agences bancaires, elle confirme son

statut d’acteur principal de la Place en matière de financement immobilier. Yves Biewer,

directeur et membre du comité de direction de la banque, revient avec nous sur les offres

de crédit immobilier et d’épargne-logement qu’elle propose.

Banque Raiffeisen est une banque coopérative,

que cela implique-t-il?

En tant que banque coopérative, il est primordial

pour nous de rester proche de nos

clients et de nos membres et ceci notamment

à travers notre réseau d’agences.

Nous avons investi des sommes importantes

dans la modernisation de notre infrastructure

et nous offrons aujourd’hui à nos

clients un service de qualité, que ce soit

pour leurs transactions courantes ou pour le

conseil, à travers un réseau de 41 agences

bancaires.

Nous avons par ailleurs décidé d’implanter

de nouvelles agences dans les régions qui

voient le nombre de leurs habitants augmenter

ou qui comptent un nombre particulièrement

élevé d’emplois. L’ouverture, en 2016, de

notre agence au Kirchberg se situe dans ce

contexte. Parallèlement nous avons remplacé

notre plateforme d’online banking permettant,

avec le nouvel R-Net, d’améliorer considérablement

l’expérience utilisateur: une même

interface graphique sur le mobile, la tablette

et l’ordinateur, la mise à jour en temps réel des

soldes et l’exécution immédiate des virements

contribuent à la qualité du service que nous

offrons à nos clients. Nous laissons donc le

choix à nos clients qui, selon leurs préférences,

peuvent effectuer leurs opérations bancaires

par le biais de leur banque en ligne, dans les

guichets ou les deux.

Parmi vos différents domaines d’activité,

quelle place occupent les crédits et

prêts immobiliers?

Raiffeisen a été et est toujours un des principaux

acteurs de la Place en matière de financement

immobilier. Les crédits immobiliers font

partie des produits phares que nous offrons à

notre clientèle. Comme le besoin de logements

est depuis de nombreuses années en croissance

constante au Grand-Duché, la demande de

prêts immobiliers continue à augmenter en

parallèle. Les perspectives de l’évolution démographique

au Luxembourg laissent entrevoir

que cette demande ne ralentira pas dans un

avenir proche. La plupart des clients qui sollicitent

des prêts immobiliers sont des clients

qui débutent leur carrière professionnelle et

qui sont à la recherche d’un logement; ils

investissent en achetant un bien immobilier

qui leur permet de diversifier leur patrimoine

tout en profitant des taux d’intérêts historiquement

bas.

Parlez-nous de «R-Logement».

R-Logement est une formule de prêt immobilier

classique destinée au financement de

l’acquisition d’un bien immobilier ou au

financement de la construction ou encore de

la rénovation d’un tel bien. Le financement

peut porter sur des biens situés au Grand-

Duché ou à l’étranger. Les durées appliquées

se situent en moyenne entre 20 et 25 ans et

les prêts sont assortis soit d’un taux variable,

d’un taux fixe ou d’une combinaison des

deux selon la situation et les besoins individuels

des clients.

En règle générale, l’octroi d’un prêt

R-Logement s’accompagne d’une inscription

hypothécaire en faveur de la banque faite sur

l’objet financé. Un apport de fonds propres

de la part du client est généralement exigé.

Les conseillers Raiffeisen sont particulièrement

expérimentés et accompagnent la

clientèle de manière professionnelle.

Quels outils mettez-vous à disposition

des clients pour les informer des crédits

et prêts immobiliers qui pourraient être

à leur portée?

Le contact humain reste pour Raiffeisen

un atout majeur dans la relation avec sa

clientèle. L’expérience montre que la plupart

de nos clients qui sont à la recherche

d’un prêt immobilier privilégient le conseil

en face-à-face lors d’un rendez-vous avec

nos conseillers. Solliciter un prêt immobilier

n’est pas une opération courante pour un

client; il s’agit en l’occurrence pour beaucoup

de clients d’un des investissements les

plus importants de leur vie. C’est pourquoi

l’échange personnalisé avec un conseiller

est recherché.

26

LG - Best of & Guide 2017



Le contact humain

reste pour Raiffeisen un

atout majeur dans la relation

avec sa clientèle


Yves Biewer

L’entrevue peut se faire soit dans un de nos

41 points de vente à travers le pays soit

lors d’un rendez-vous au domicile du client

ou sur son lieu de travail. Le client peut

profiter de la technologie du «interactive

advisory desk», actuellement proposé dans

quatorze points de vente Raiffeisen, technologie

à l’aide de laquelle le client peut

combiner le conseil actif d’un gestionnaire

spécialisé et la simulation interactive de son

prêt immobilier de manière individualisée sur

écran tactile. Nos gestionnaires conseillent les

clients grâce à des simulateurs déployés sur

tablette à domicile. Les prospects et les clients

qui souhaitent rechercher des informations

préalables peuvent également trouver des

conseils utiles et se servir d’un outil de simulation

intuitif et facilement compréhensible

sur notre site internet.

Quels sont les avantages d’un contrat

épargne-logement?

Le contrat épargne-logement permet au

client de placer ses fonds sans risque. Le

titulaire d’un tel contrat peut déduire ses versements

d’épargne de son revenu imposable

en tant que dépenses spéciales; à noter que

les plafonds de déductibilité fiscale ont été

revus à la hausse par l’Administration des

Contributions dans le cadre de la réforme fiscale

de 2017. Comme le client a la possibilité

d’effectuer des versements à tout moment,

il bénéficie d’une flexibilité intéressante. Le

contrat d’épargne-logement donne droit à

un prêt logement assorti d’un taux d’intérêt

avantageux et fixe.

Source photo: Raiffeisen

Si le client a fait valoir les versements

d’épargne-logement fiscalement, le contrat

est lié à une période d’engagement de dix

ans qui déterminera les possibilités d’affectation

de l’avoir d’épargne. Que le délai

d’engagement soit écoulé ou non, le prêt

d’épargne-logement devra obligatoirement

être utilisé pour réaliser des projets dans le

domaine de l’habitat.

Si le contrat est attribué pendant la période

d’engagement, l’avoir d’épargne devra être

affecté à un investissement immobilier sur

le territoire national ou à l’étranger pour la

construction ou l’achat d’une résidence, sa

transformation ou sa rénovation, l’achat d’un

terrain pour la construction d’une résidence

ou le remboursement des prêts contractés

pour les investissements effectués. La résidence

doit être habitée par l’épargnant et

constituer le domicile habituel ou le lieu de

résidence principale.

A l’issue de la période d’engagement, le

client peut disposer librement de son avoir

d’épargne-logement. Depuis le 1 er janvier

2017, le fait de ne pas utiliser le capital

d’épargne-logement accumulé pour

les besoins personnels d’habitation a pour

conséquence que des futures déductions

fiscales sur des futurs contrats d’épargnelogement

ne seront pas possibles.

LG - Best of & Guide 2017 27


Finance

Best of LG 196 - Mars 2017

Le modèle circulaire à votre portée

L’économie circulaire, cette tendance d’aujourd’hui devient le mode de production et de

consommation de demain: voilà ce qu’affirment Frank Wiseler et Marko Koerner, Senior

Advisor et Senior Manager en Management Consulting, au sein de KPMG Luxembourg.

Ils nous font part de leurs conseils pour ne pas rater son départ dans cette course de

longue haleine vers un business model plus durable. Interview.

Selon la Commission européenne, l’économie

circulaire est synonyme de «zéro

déchet». Comment traduisez-vous cela?

MK: L’économie circulaire est une nouvelle

façon de penser. Actuellement, le modèle entrepreneurial

est basé sur le principe d’extraire,

fabriquer, utiliser puis jeter; de façon linéaire. A

l’avenir, les sociétés s’encreront dans une logique

d’utiliser, réparer, rénover et recycler; formant

ainsi une boucle. Les matériaux seront consommés

dans toute leur potentialité et les déchets

seront ainsi considérablement réduits.

FW: Une entreprise qui souhaite évoluer vers

un tel modèle doit s’interroger sur son fonctionnement

complet. En effet, l’économie circulaire

se construit sur quatre piliers principaux.

Quels sont ces quatre piliers et comment

agir sur ceux-ci?

FW: Ces sujets sont la chaîne d’approvisionnement,

la production, les services et

la logistique. Une réflexion sur tous ces

domaines est indispensable pour construire

un business model circulaire.

Le premier concerne la notion de “supply

chain” et la révolutionne totalement.

Jusqu’ici la chaîne d’approvisionnement a

été largement optimisée pour la rendre plus

efficace et moins couteuse. Désormais, l’objectif

est de veiller à ce qu’aucun matériau

ne soit gaspillé, pour la simple raison que

les ressources se raréfient! En pratique et

avant toute chose, le partenaire doit être

vu, non plus comme un simple fournisseur,

mais comme un collaborateur au sein d’un

écosystème. Autre notion d’importance: les

matériaux utilisés doivent être recyclables car

il faut pouvoir les réintégrer par après. Notez

bien que cela implique une transparence

dans la composition des biens.

MK: Le deuxième pilier de l’économie circulaire

touche à la production de la marchandise.

Lors de l’étape précédente, l’entreprise a

choisi des matériaux adéquats; elle va maintenant

les assembler dans une logique circulaire.

L’attention est à porter dès sa conception

sur le design, et particulièrement en pensant

à la fin de vie de l’objet: son processus de

démontage, de réparation ou de remise à

neuf. L’impact devient ainsi financièrement

positif et profitable pour l’environnement.

Soulignons que le design circulaire facilite

également la fabrication et la réparation du

produit pour autant que l’énergie utilisée dans

ce processus provienne de sources propres

et renouvelables et le gaspillage pendant la

production soit éliminé autant que possible.

FW: La transformation suivante consiste à

s’efforcer de placer le consommateur au

centre de son business et donc de la logique

de vente. L’entreprise perd sa vocation de

vente pour devenir loueur. Dans un modèle

circulaire, il n’y a en réalité plus d’acheteur:

les clients sont des utilisateurs. Pour une

compagnie, les avantages sont multiples.

Elle garde le contrôle de ses produits et les

récupère pour les réparer ou les recycler lorsqu’ils

sont obsolètes. Elle crée une relation de

long terme avec ses clients. Cette interaction

suivie lui garantit par ailleurs une rentrée

d’argent constante, à la place de recevoir un

paiement unique. Le consommateur quant

à lui bénéficie d’un coût d’investissement

moins élevé que s’il en était propriétaire.

MK: Le quatrième et dernier pilier de ce

nouveau paradigme économique recouvre

les trois précédents: c’est la logistique, et

plus particulièrement la notion de “reverse

logistics”. Ainsi, il faut finalement prévoir

le retour des produits en fin de vie vers leur

producteur qui pourra les faire revivre. C’est

un total bouleversement de notre société car

il faut concevoir des systèmes de retour pour

chaque produit. Il n’existe malheureusement

pas de solution idéale. Pour le moment,

chaque entreprise est amenée à imaginer

un schéma logistique efficace en fonction de

ses produits, de son fonctionnement et de

son écosystème.

Comment se lancer sur cette voie?

FW: Atteindre un business model circulaire

n’est pas si différent des transformations

entrepreneuriales du passé. La première

étape est l’analyse. Vous devez réfléchir

à votre fonctionnement linéaire actuel et

vous interroger: que faites-vous aujourd’hui?

De quel potentiel de changement disposez-vous?

Quel en seraient les bénéfices?

28

LG - Best of & Guide 2017


MK: La clé dans cette réflexion est d’identifier

vos risques linéaires, c’est-à-dire les

inconvénients liés à votre modèle économique

actuel. Considérer ces menaces vous

permet en réalité d’estimer vos opportunités

circulaires: être plus efficace, réduire

vos coûts, être plus durable,…

FW: Une fois ce diagnostic posé, vous

pouvez alors dresser une stratégie pour

développer votre propre modèle circulaire.

Mon conseil pour ce faire est de s’inspirer

de la biomimétique. Le principe est simple:

la nature a plus de 3.8 milliards d’années

d’expérience en création de systèmes circulaires

qui fonctionnent. Pourquoi ne pas

l’imiter? Les exemples récents sont multiples.

Observez la nature et elle vous en

apprendra beaucoup!

MK: Une fois votre stratégie conçue, il

faut la mettre en œuvre, puis suivre son

exécution jour après jour pour l’optimiser

au besoin. Puisque l’économie circulaire

révolutionne la façon de penser l’entreprise,

il est inconcevable de l’imposer en

mode «top – down». Faites donc attention

à la participation de vos employés: ils

doivent en comprendre les enjeux aussi

bien que vous.

Que conseillez-vous à vos partenaires?

FW: Si vous refusez de penser à la transformation

circulaire, il est probable que vous ne

surviviez pas sur le marché car vos concurrents,

eux, s’y seront attelés plus tôt. Il ne faut pas

se voiler la face: cette tendance d’aujourd’hui

devient, avec les jeunes générations, le mode

de consommation de demain. Au plus tôt une

industrie y réfléchit, meilleure sera sa position

dans le futur: c’est cela que nous essayons de

préparer avec nos partenaires. Nous imaginons

ensemble ce qu’ils pourraient instaurer dans

leur structure. Ce changement ne s’effectue

pas du jour au lendemain, c’est un voyage qui

débute par beaucoup de sensibilisation.

MK: A cet égard, nous organisons quatre

événements au cours de 2017 sous le nom

de Creating Sustainable Business Models.

Chacun concernera l’un des piliers de l’économie

circulaire: la chaîne d’approvisionnement,

la production, les services au consommateur

et la logistique. Lors de chaque

conférence, vous retrouverez plusieurs présentations

d’experts ainsi qu’un business

case lié au sujet abordé. Le premier, Circular

Supply Chain, aura lieu le 28 février. Nous

accueillons toute personne intéressée, du

monde entrepreneurial ou du secteur public.


Marko Koerner et Frank Wiseler

La nature a plus

de 3.8 milliards d’années

d’expérience en création

de systèmes circulaires


LG - Best of & Guide 2017 29


Finance

Best of LG 196 - Mars 2017

Les métamorphoses de Rifkin

Pierre Mangers, associé intervenant dans le conseil auprès des PME et leader du

secteur public chez EY, nous fait partager son regard sur l’étude stratégique pour le

Luxembourg, menée par Jeremy Rifkin.

Cela fait maintenant un an que le

Luxembourg identifie les opportunités,

les défis ainsi que les aspects

opérationnels d’une transition vers

une économie plus durable et plus

interconnectée. Selon vous, quel est

l’intérêt d’une telle étude stratégique

pour le Luxembourg? Et pour l’Europe?

En vue de pérenniser sa croissance économique,

le Luxembourg a un intérêt stratégique

à diversifier son tissu économique

au-delà et au sein du secteur financier,

de rechercher une certaine indépendance

énergétique et l’excellence de son système

éducatif. Petit pays en termes d’habitants et

de superficie, et donc aux ressources naturelles

plus limitées que dans d’autres pays,

le Luxembourg se doit d’être créatif pour

trouver et monétiser de nouvelles niches (par

exemple le «space mining»), et savoir utiliser

des technologies transversales (par exemple

le «High Performance Computing»). L’étude

Rifkin est un déclencheur destiné à mobiliser

le pays pour construire un nouveau futur.

L’économie européenne stagne, nous

devons dès lors nous interroger sur les raisons

de cette stagnation et a fortiori, sur la

capacité de notre modèle économique actuel

à retrouver le chemin de la croissance.

Notre modèle économique dépend de la

continuité des investissements. Depuis 2010,

année de la crise de la dette souveraine,

la banque centrale a tenté de relancer son

économie via une politique monétaire d’un

taux avoisinant zéro. Cette politique de

l’argent abondant et bon marché a empêché

les banques non efficientes de se retirer

du marché.

De surcroît, les fondations sur lesquelles

repose ce modèle de croissance sont écologiquement

insuffisantes et nous devons

repenser nos modes d’approvisionnement

sur base d’une économie de proximité afin

d’éviter le transport des produits non-indispensables.

L’évolution du coût marginal vers

zéro*, c’est à dire le coût pour produire une

unité supplémentaire, permet de repenser

le fonctionnement de notre économie où

l’usage, la durabilité et la coopération primeraient

sur la propriété, le consumérisme

et la concurrence.

Ce serait un changement profond de

paradigme, voire d’un système économique

qui est en place depuis la fin de

la Seconde Guerre mondiale…

S’il est vrai que l’émergence de l’économie

du partage repose en grande partie sur les

technologies de l’information, des systèmes

analogues ont néanmoins existé dans l’histoire

de l’humanité. Il suffit de remonter

à deux ou trois générations pour saisir les

habitus de nos grands-parents durant les

pénuries de guerre. Chacun y entretenait son

propre potager, commerçait ses récoltes avec

son voisin et cela dans une culture de l’entreaide,

de la débrouille et de la réparation.

C’est le consumérisme des années 60 aux

Etats-Unis et 70 en Europe qui aura éduqué

les masses à la culture du remplacement.

De nos jours, plus personne ne fait réparer

un appareil électroménager défectueux

puisque le coût du remplacement est le plus

souvent moindre.

Si à en croire le dicton «la nécessité est la

mère de l’invention», alors l’éducation est

résolument celle de l’innovation; l’économie

du partage comme l’économie circulaire

nécessitent une éducation responsable des

masses.

De même qu’une démocratie nécessite

des électeurs éclairés, une économie

responsable présuppose des consommateurs

responsables… Y-a-t-il d’autres

prérequis pour sa réussite?

Il est primordial que dans un petit pays

comme le nôtre, la vision proposée soit

inclusive et compréhensible par l’ensemble

de la population. Il faudra mettre en place un

processus de gouvernance politique pour

arbitrer les choix d’investissement du pays

permettant de relever nos principaux défis

sociétaux: le financement durable des pensions

de retraite, la gestion de la mobilité, l’accès

au logement urbain à des prix abordables

et l’amélioration de l’employabilité grâce à

une éducation plus adaptée aux compétences

requises par l’économie digitale.

Soucieuse de son avenir, la jeunesse exprime,

non sans raisons, ses attentes, ses rêves et ses

ambitions. Ce sont les jeunes d’aujourd’hui qui

30

*En référence à l’essai de Jeremy Rifkin, «La nouvelle société du coût marginal zéro», Babel, 2016, 544 p.


mèneront les batailles intellectuelles de l’économie

digitale. Il est donc naturel de les inclure

dès maintenant dans le plan de communication

de l’étude. Il faut néanmoins veiller à ce

que la faculté collective puisse appliquer le

plan qui s’étale sur 33 années (2017-2050).

Pour l’heure, force est de constater que les disparités

de notre système scolaire sont encore

trop importantes et que nos élèves restent

en dessous de la moyenne des 72 pays de

l’OCDE dans l’étude PISA. La compréhension

des mathématiques sont pourtant la condition

sine qua non à toute programmation. Comment

peut-on former les programmateurs informatiques

de demain sans qu’ils aient au préalable

de solides bases en mathématiques? Le facteur

clé de l’étude Rifkin se mesure par l’amélioration

d’au moins 30 points dans le classement

de l’étude PISA, notamment en mathématiques

et sciences naturelles. Singapour (avec

50 points de plus que la Finlande dans l’étude

PISA) démontre des efforts des professeurs

et des élèves dans le perfectionnement des

compétences mathématiques.

Jeremy Rifkin est un économiste prospectiviste

qui considère que la troisième

révolution industrielle est un

projet à réaliser, d’autres la considèrent

comme un fait déjà en cours

qu’il s’agit d’amplifier… et vous?

Personnellement, je considère Jeremy Rifkin

plutôt comme un sociologue dont le sujet

d’étude est l’économie mais moins l’économétrie.

En tant qu’ingénieur chimiste et économiste,

je constate une décarbonisation énergétique,

donc une réduction progressive de la teneur

en carbone des combustibles depuis 250

ans, passant du charbon, au pétrole, au

gaz naturel et finalement à l’hydrogène. Le

développement des technologies de l’information,

de l’internet et de la communication

de la fin du 20 e siècle représente l’avènement

d’une troisième révolution industrielle car la

productivité économique a mesurablement

fait un saut.


Pierre Mangers

L’étude Rifkin

est un déclencheur destiné à

mobiliser le pays pour construire

un nouveau futur


31


Finance

Best of LG 196 - Mars 2017

Or, la convergence des technologies seules

de l’information et de la télécommunication

mobile ne représenterait à mon avis qu’une

évolution naturelle mais combinées aux

plateformes du partage de l’internet du

21 e siècle et de la voiture autonome (à horizon

2040), la nouvelle source de consommation de

contenus numériques, il n’est pas exclu qu’un

nouveau saut de productivité économique

puisse se créer et nos petits-enfants parleront

d’une quatrième révolution, mesurable ex-post.

Les deux premières révolutions industrielles

ont été accompagnées par

une augmentation du travail (dans

les usines puis dans le secteur des

services). Nombre d’observateurs prédisent

le contraire avec des pertes

d’emplois liées à la digitalisation…

Il existe actuellement des études académiques

à Oxford et des réflexions au niveau

européen et certains considèrent le revenu

universel comme un moyen d’y palier. Je ne

pense pas que l’argent puisse se substituer

à la valeur que procure un emploi et à sa

faculté de trouver sa place dans la société.

De nouveaux métiers vont émerger et

d’autre disparaîtront. Seront visés en premier

lieu, les emplois dont les tâches sont répétitives

et à valeur ajoutée limitée. Mon propre

métier de consultant pourrait être menacé

par l’intelligence artificielle. Néanmoins, il

ne serait pas impossible que l’intelligence

artificielle poussée à son paroxysme algorithmique

puisse conseiller à l’homme - dans

un souci d’optimisation - de se passer de

l’humanité. Dans une autre mesure, les

maisons de soins japonaises sont déjà équipées

de robots qui endossent une partie du

travail des infirmières. Il s’agit là d’un choix

de société qui relève de décisions politiques,

c’est pourquoi nous aurons besoin d’un

modèle de gouvernance politique afin de

gérer les risques et les opportunités de l’intelligence

artificielle.

Nous savons que la digitalisation des

services publics peut en améliorer les

processus de fonctionnement (administration,

justice, santé,…). Néanmoins,

comment assurer au citoyen que ses

données personnelles ne deviennent

pas des produits financiers aux mains

des géants américains du net?

Nous sommes conscients que si la digitalisation

permet à moyen terme une amélioration

significative de la productivité et de nouvelles

pistes de développement de services à

valeur ajoutée, elle pose aussi la question de

la sécurité et de la protection des informations

privées et confidentielles.


L’économie du partage

comme l’économie circulaire

nécessitent une éducation

responsable des masses


Les données permettent à une entreprise de

mieux connaître son propre fonctionnement

et d’améliorer ses services pour ses clients. Une

entreprise en logistique a tout intérêt à savoir

où se trouvent ses marchandises et à utiliser les

données d’achats d’un client pour lui proposer

d’autres produits ou services qu’il serait susceptible

d’apprécier par exemple. La digitalisation

améliore donc la productivité et la qualité

des services mais en créant des données qui

peuvent relever de la vie privée. D’où l’importance

de mettre en place des cadres législatifs

comme la directive européenne sur la protection

des données privées (GDPR) prévue pour

le 25 mai 2018 et la Commission Nationale

pour la Protection des Données à Luxembourg

est en charge de veiller à la mise en œuvre.

Il faudra également sensibiliser le grand

public car si mettre à disposition ses données

privées relève d’une liberté individuelle, c’est

aussi une responsabilité personnelle.

Les deux premières révolutions

industrielles ont fait émerger des

«Villes tentaculaires»* indifférentes

ou presque aux questions écologiques.

La troisième révolution industrielle,

de par sa digitalisation, permettrait

au contraire l’émergence de villes

dites «intelligentes»…

Une ville intelligente se définit en fonction

de sa population, de son administration,

des flux de marchandises et de sa récolte

des données. EY vient de réaliser une

étude sur 149 villes dans laquelle nous

analysons les flux de circulation, de marchandises

et nous nous intéressons à son

agriculture, sa logistique, ses restaurants

et écoles. Une des problématiques de

l’étude était de savoir comment éviter le

passage des camions en centre-ville et

l’une des pistes a été la consommation de

denrées alimentaires cultivées au sein de

la ville même.

Amsterdam met par exemple ses données de

circulation à disposition des entreprises, pour

que chacune puisse créer sa propre application.

Les Pays-Bas sont donc en avance dans

le domaine des villes intelligentes et il faut

peut-être y voir leur culture du risque, d’une

ouverture sur la mer, à la concurrence et aux

grands marchés.

Le Grand-Duché a réalisé deux transformations

majeures avec succès: le passage d’une

économie basée sur l’agriculture à une économie

basée sur l’industrie lourde, le passage

de la sidérurgie au secteur financier et une

diversification continue vers les technologies

de l’information et de la communication,

voire d’autres secteurs.

Le pays a un bel avenir devant lui s’il

continue à attirer les capitaux pour de

nouvelles industries tout en veillant à

préserver les conditions utiles à maintenir

la compétitivité des entreprises déjà présentes

sur notre sol.

32

LG - Best of & Guide 2017


Finance

Quand économies circulaire

et sociale se rencontrent

Du 20 au 22 juin dernier, le Circular Economy Hotspot 2017, initiative sponsorisée par

KPMG Luxembourg et BGL BNP Paribas, s’est tenu au Luxembourg. Cet événement a

permis de présenter les progrès réalisés au cours des deux dernières années en matière

d’économie circulaire. Patrick Wies, Partner Advisory en charge du secteur public et

industriel chez KPMG, Eugénie Guillaume et Inès Baer, toutes deux consultantes au sein

des Sustainability Services chez KPMG, reviennent avec nous sur le programme de ces

trois journées et sur l’importance de ce concept.

En quoi consistait le Luxembourg Circular

Economy Hotspot 2017?

PW: Faisant suite à un événement similaire

organisé aux Pays-Bas l’année dernière, le

Luxembourg Circular Economy Hotspot 2017

était une initiative du ministère de l’Economie et

de Luxinnovation. Cet événement de trois jours

accueillait des intervenants prestigieux et des

invités internationaux, venant même de Corée

du Sud et de Taïwan. Chaque journée était thématisée

et portait sur des visites de sociétés ou

des présentations de bonnes pratiques autour du

concept d’économie circulaire. Une des journées

était par ailleurs consacrée au financement de

ces initiatives.

Chez KPMG nous travaillons depuis presque

trois ans sur des projets dans ce domaine. Nous

notons que la maturité des propositions et

l’intérêt qui est y est porté sont de plus en plus

importants, notamment grâce à l’étude menée

par Jérémy Rifkin sur la Troisième Révolution

industrielle qui a provoqué un intérêt très important

de la part du gouvernement et du privé.

IB: L’événement a été une excellente opportunité

d’échanger avec d’autres pays et de créer

de nouveaux contacts et des partenariats. Les

pays représentés à cet événement ont particulièrement

été étonnés par cette collaboration

étroite entre les secteurs public et privé au

Luxembourg. Cela est rendu possible grâce à la

petite taille du pays, mais encore plus du fait que

le gouvernement agisse en tant que facilitateur

pour les entreprises.

PW: Le secteur de la construction était également

mis en valeur, notamment grâce à l’intervention

de William McDonough, architecte américain à

l’origine de la notion «cradle-to-cradle», sur les

projets du Fonds Kirchberg auxquels il apporte

son expertise. Pour construire un bâtiment

respectant les principes d’économie circulaire, il

faut recourir à une approche plus collaborative

et se baser sur les besoins de la communauté.

Un «passeport de matériel» est également exigé

avant la construction; toutes les composantes du

bâtiment et des matériaux utilisés doivent être

connues afin de mieux pouvoir appréhender la

totalité de la vie d’une construction et de ses

composants. Certaines sociétés au Luxembourg

sont déjà à la pointe de la technologie dans

ce domaine.

Quelles sont les synergies entre économie

circulaire et économie sociale?

PW: Chez KPMG nous connaissons l’importance

de travailler dans des écosystèmes et de nouer

des partenariats. Dans une approche circulaire,

il est important de s’entourer de partenaires

qui peuvent compléter notre propre domaine

d’expertise lorsque l’on pense à toute la vie

d’un produit.

EG: C’est justement dans la collaboration et le

partage d’idées que les économies sociale et

solidaire se rejoignent. La finalité de ces deux

concepts n’est pas exactement la même mais

le mode de fonctionnement est identique: on

se base sur le local, sur les réseaux qui existent

et sur les logiques d’alliance, de partenariat et

de coopération.

L’économie circulaire est un concept qui commence

seulement à se faire connaître grâce à

l’intérêt grandissant des pouvoirs publics alors

que l’économie sociale est déjà fortement ancrée

dans les territoires; nous pouvons donc bénéficier

de ce réseau déjà attentif à des concepts tels que

le développement durable et la circularité.

Par ailleurs, l’économie circulaire peut également

créer un tremplin permettant aux personnes éloignées

de l’emploi ou en situation de handicap de

se réinsérer professionnellement. Les secteurs de

la construction durable et du réemploi et de la

réparation sont des exemples caractéristiques de

création d’emplois porteurs de sens puisque cela

permet à des personnes plus éloignées de l’économie

traditionnelle de se réinsérer dans la société.

34

LG - Best of & Guide 2017


Quels bénéfices peuvent tirer les entreprises

de l’application des principes de

l’économie circulaire?

PW: Aujourd’hui il est important de motiver

les différents acteurs en leur montrant qu’en

appliquant les principes de l’économie circulaire,

ils n’amélioreront pas seulement leur image

de marque mais cela pourrait également leur

être bénéfique d’un point de vue économique.

Au niveau fiscal, le gouvernement devrait se

tourner vers un système de taxation qui se

focalise davantage sur les ressources matérielles

utilisées que sur le capital humain exploité afin

de favoriser la mise en place de l’économie

circulaire dans les entreprises.

EG: KPMG a par ailleurs mis au point la «True

Value methodology» qui permet de mesurer

les impacts économique, écologique et sociétal

à l’échelle d’une entreprise ou d’un projet. En

monétisant chacun de ces impacts, il est possible

de les comparer et de les additionner pour

obtenir la vraie valeur d’une stratégie mise en

place. Le but de la démarche est de pousser une

entreprise à se poser les bonnes questions: quel

indicateur a été utilisé et comment s’améliorer

par la suite? Où veut-on créer de la valeur dans

l’entreprise? Quelles sont les opportunités qui

restent à saisir et comment les valoriser?

Quelles ont été les conclusions tirées à

la suite de cet événement?

IB: L’événement a montré que nous avions

déjà de bonnes pratiques à présenter

au Luxembourg. Un véritable écosystème

s’est déjà créé et nous avons une bonne

stratégie par rapport aux objectifs que

nous aimerions atteindre. Il faut à présent

que davantage d’entreprises osent passer

d’un modèle linéaire à un modèle circulaire

et que le secteur public et les institutions

créent un cadre favorable à ces initiatives

en terme de systèmes fiscaux, de législation,

de financement,…

PW: Notre plus gros challenge est à présent

de convaincre les clients sur le marché

d’adopter des produits innovants et

durables ainsi que de nouveaux modèles

d’affaires. Les premières entreprises

adhèrent à cette proposition, mais nous

devons encore toucher l’ensemble des

acteurs économiques quel que soient leur

taille et leur secteur d’activité, notamment

dans le monde des PME. Nous devons

leur montrer qu’elles ont également un

rôle à jouer et qu’elles peuvent créer de

la valeur pour elles-mêmes, mais aussi

pour la société.

Eugénie Guillaume, Patrick Wies et Inès Baer


Chez KPMG nous

connaissons l’importance

de travailler dans des

écosystèmes et de nouer

des partenariats


KPMG

39, Avenue John F. Kennedy

L-1855 Luxembourg

Tél.: 22 51 51 1

Fax: 22 51 71

info@kpmg.lu

LG - Best of & Guide 2017 35


Logistique

Best of LG 200 - Juillet 2017

Le Luxembourg,

porte d’entrée de l’Europe

Le ministre de l’Economie, Étienne Schneider, revient sur l’immense chantier du pôle

multimodal de Bettembourg-Dudelange, qui touche à sa fin après trois ans de travaux.

Il en avait donné le premier coup de pelle le 14 décembre 2014, en compagnie du

ministre du Développement durable et des Infrastructures, François Bausch, et du

directeur général des CFL, Marc Wengler.


Nous voulons faire

du pays un des centres

logistiques majeurs en

Europe


Pourquoi la décision a-t-elle été prise

de développer un pôle multimodal au

sud du Luxembourg?

Même si le Luxembourg n’a pas d’accès

direct à la mer, les terminaux intermodaux

entre le rail et la route permettent de faire

du pays un port avancé des principaux ports

maritimes européens. De plus, le réseau de

connexions de trains combinés développé

par les CFL permet non seulement d’offrir

des solutions de transport multimodal tenant

compte du développement durable, mais

aussi de connecter davantage le Luxembourg

aux grands centres économiques de toute

l’Europe. L’ambition du gouvernement n’est

pas seulement de faire du Luxembourg une

plateforme de transit en matière de fret, mais

également un véritable hub logistique où les

principaux acteurs du secteur offrent des services

à forte valeur ajoutée autour des biens

acheminés via le Grand-Duché.

La position géographique du Luxembourg

a-t-elle pesé dans cette décision?

Le Luxembourg est un petit pays enclavé

dans les marchés de la consommation les

plus importants d’Europe, entre l’Allemagne,

la France, la Belgique et les Pays-Bas. Mais il

est également proche des principaux centres

de production tout en étant favorablement

situé sur les axes autoroutiers et ferroviaires

les plus importants, dans le sens Nord-

Sud et Est-Ouest. Le pays a fait d’une

approche multimodale sa priorité pour offrir

des solutions logistiques qui combinent tous

les modes de transport par le biais d’une

infrastructure aérienne, routière, ferroviaire

et fluviale très bien développée. Relié par des

connexions ferroviaires fiables et régulières

aux principaux ports de la mer du Nord, de

la mer Baltique et de la mer Méditerranée, le

Luxembourg fait office de porte d’entrée à la

fois pour les marchandises en partance et à

destination de l’Europe.

Quelles sont les perspectives de croissance

du fret grâce au site de Bettembourg-

Dudelange?

La construction de la nouvelle plateforme

multimodale à Bettembourg-Dudelange,

comme d’ailleurs l’intégralité du site Eurohub

Sud, permet d’augmenter davantage l’attractivité

du Luxembourg en tant que plateforme

logistique au centre de l’Europe. Ces

infrastructures permettent un traitement

fiable et efficace des marchandises destinées

à l’exportation ainsi qu’à l’importation

de produits nécessaires pour la production

industrielle.

36

LG - Best of & Guide 2017


Étienne Schneider

Le choix des différentes entreprises de

développer leurs activités au Luxembourg

confirme que notre environnement économique

stable et compétitif reste un atout

majeur pour les sociétés internationales souhaitant

s’établir en dehors de leur pays

d’origine. Ce choix nous conforte dans notre

stratégie d’investir dans des infrastructures

logistiques et de promouvoir le développement

des activités d’un secteur à haute

valeur ajoutée au Luxembourg.

Ce projet participe-t-il à la diversification

économique du pays?

Dès 2005, le gouvernement a fait de la logistique,

tout comme des secteurs des technologies

de l’information et de la communication

ou des écotechnologies, un des piliers de

sa politique de diversification économique. A

l’instar du développement du site Eurohub

Sud, le Luxembourg s’est donné comme

objectif de faire du pays un des centres

logistiques majeurs en Europe en tant que

«Gateway to Europe», porte de l’Europe, et

comme centre de distribution européen. En

raison de sa position géographique optimale

en Europe, le Grand-Duché a le potentiel de

devenir une plaque tournante intelligente

pour le transport et la logistique en Europe.

Quel est le poids du fret dans l’économie

du pays?

Aujourd’hui le Luxembourg est une base

opérationnelle pour de nombreux acteurs de

la logistique d’envergure mondiale tels que le

Luxembourgeois Cargolux ou encore le Suisse

Panalpina ou l’Allemand Kühne+Nagel, pour

n’en citer que quelques-uns. Ceux-ci ont

déjà opté pour le Luxembourg comme base

opérationnelle pour leurs activités logistiques

à forte valeur ajoutée. Le pays compte actuellement

près de 700 entreprises actives dans le

domaine de la logistique, qui emploient plus

de 13.000 personnes. En général, le secteur

des activités logistiques est particulièrement

dynamique au Luxembourg. Depuis l’année

2013, environ 150.000 m2 de surface logistique

ont été bâties ou sont en train d’être

construites, représentant un investissement

de plus de 163 millions d’euros de la part des

entreprises concernées. Ce chiffre est à considérer

hors investissement en infrastructure de

ce nouveau terminal multimodal. CC

LG - Best of & Guide 2017 37


Infrastructure

Best of LG 199 - Juin 2017

Portrait d’une Administration

À 52 ans, Roland Fox vient de prendre la direction des Ponts & Chaussées, succédant à

René Biwer parti en retraite. Une occasion de revenir sur la carrière du nouveau directeur

et de tirer le portrait d’une administration presque aussi vieille que le Luxembourg.


Le jeune directeur

n’oublie rien de son

passé de chef de projet

mais ne compte pas

se mêler de tout pour

autant


Itinéraires du passé

À l’horizon de son indépendance, le

Luxembourg de 1839 ne compte que 200 km

de voies carrossables, pour la plupart dans

un état désastreux et même les quelques

rares chaussées existantes deviennent vite

infranchissables à la moindre averse. Le

6 avril 1843, quatre ans donc après son

indépendance, le Luxembourg vote la loi

qui donne naissance à l’Administration des

Travaux publics qui devient par là même,

une structure unique en Europe. La petitesse

du pays due au troisième démembrement de

son territoire et ses caisses vides obligent le

Luxembourg à regrouper sous un même toit,

les branches des Ponts & Chaussées, des

Bâtiments publics, des Travaux hydrauliques,

du Service des mines, etc.

En 1860, de grandes artères forment un

réseau en toile d’araignée qui se raccorde

aux gares de chemin de fer. Adhérant à

l’union douanière allemande «Zollverein»

en 1842, le Luxembourg doit aussi assurer

la jonction avec l’Allemagne pour le bien de

son activité sidérurgique.

Au 20 e siècle, l’avènement de l’automobile

nécessite une qualité des voiries, un soubassement

des chaussées, un pavage des

traversées de village et un asphaltage des

routes les plus fréquentées. Une évolution

interrompue sous l’occupation nazie, puis

le temps de la reconstruction sur les ruines

de la libération. L’Administration des Ponts

& Chaussées est née en 1945 et remonter

son histoire, c’est se promener à travers

l’histoire du pays.

Itinéraire d’une volonté

Roland Fox suit des études d’ingénieur en

génie civil à Aix La Chapelle, où il se spécialise

dans les ouvrages d’art et les infrastructures.

Soucieux de ne pas uniquement étudier les

formules mathématiques, il se passionne aussi

par l’urbanisme qui influence directement

la qualité de vie des citoyens. «Si un projet

d’ingénierie interagit avec les forces de la

nature, celui d’un projet urbanistique interagit

avec les individus», nous dit Roland Fox.

Il finit ses études en 1992 et recherche un

emploi qui ferait cette synthèse de qualités

intellectuelles et sociales; après quelques mois

d’amertume dans le privé, il le trouve son

bonheur aux Ponts & Chaussées. Il est en

charge de chantiers emblématiques comme

le Viaduc de Neudorf, la réhabilitation du

Pont de Wormeldange ou encore le viaduc de

Schengen. À l’époque, la liaison avec la Sarre

s’achève et celle de la route du Nord s’ouvre

38

LG - Best of & Guide 2017


Roland Fox

et il s’occupe du tunnel Grouft. Au fil de ses

chantiers, il passe des forces gravitationnelles,

à la géologie en passant par l’hydraulique

avec l’éclectisme des ingénieurs civils de sa

génération: «nous étions des généralistes».

Des ouvrages d’art à la voirie, il grimpe naturellement

les échelons de l’Administration et

devient en 2006, le chef de la Division de la

voirie de Diekirch. Encore en plein chantier

du tunnel du Grouft, il devient responsable

de 350 personnes et de 1.250 km de routes

et les semaines du jeune quartenaire ne font

jamais 40 heures.

Le jeune directeur n’oublie rien de son passé

de chef de projet mais ne compte pas se

mêler de tout pour autant. Muni de son

énergie et de son éclectisme, Roland Fox

souhaite veiller sur les différents projets

tout en orientant ses équipes. Il sait toute

l’importance du passé et la responsabilité qui

est désormais la sienne, et stimulé, par ses

collaborateurs, il compte bien accompagner

l’Administration vers l’avenir.

Missions

L’Administration des Ponts & Chaussées

est chargée des travaux de génie civil pour

compte de l’Etat. Cela comporte la construction,

l’entretien et la modernisation du réseau

de voirie et la gestion du trafic. S’y ajoute la

sécurité dans les tunnels, l’entretien de l’éclairage.

Elle surveille et entretient les aménagements

hydroélectriques de la Haute Sûre et de

la Basse Sûre, les barrages et écluses du chenal

navigable, ainsi que les berges de la Moselle

canalisée et le port de Mertert.

Elle assure aussi la construction et l’entretien

des infrastructures de l’aéroport de

Luxembourg. Elle est chargée de la conception

et de la réalisation de travaux pour le

compte des communes si elles ne disposent

pas d’un service technique. Analyses et essais

de matériaux de construction, des travaux de

géologie appliquée, des opérations topographiques

et photogrammétries, dans le cadre

de travaux de génie civil font également

partie de ses missions.

Enfin, elle gère la construction et l’entretien

de la signalisation routière, le fauchage et

l’élagage autour des routes, et depuis peu,

l’entretien et la gestion des radars automatiques.

JuB

LG - Best of & Guide 2017 39


Infrastructure

Les monstres d’Acier

Il aura fallu trois ans pour que le Pont Adolphe retrouve une nouvelle jeunesse et ce

chantier méticuleux n’aurait pas pu se faire sans en assurer d’abord la circulation;

l’enjambement de la Vallée de la Pétrusse étant en effet, une artère essentielle de

la capitale. Le pont adjacent vient d’être démantelé. C’est ATS Cranes qui est à la

manœuvre, et «il n’y a eu aucun souci», précise son directeur Cary Arendt. Reportage!


Cinq mois et demi

ont été nécessaires au

montage du pont provisoire

au pont Adolphe

et il en a fallu trois pour

son démantèlement


Presque normal

Cinq mois et demi ont été nécessaires au

montage du pont provisoire et il en a fallu

trois pour son démantèlement. Au vu du

nombre de passages quotidiens d’automobiles,

de bus et de camions, il fallait un pont

robuste pouvant supporter toutes sortes

de charges. Les tourelles et demi-poutres

assurent la structure et le platelage permet le

passage des véhicules. Tel un Mikado géant,

son montage et démontage nécessitent le

même rituel inversé: «rien de bien compliqué»,

nous assure le directeur d’ATS Cranes,

Cary Arendt.

Pas moins d’une douzaine d’hommes et

de trois grues ont été afférées au chantier

dont l’une, télescopique, qui fait 350 tonnes

épousait toute la largeur du pont. Le chauffeur

est seul à la manœuvre, de temps à

autre il fait doucement reculer le monstre

d’acier. Il est tout au bord d’un précipice qui

le sépare du vide. À 32 mètres de la Pétrusse,

il s’assure constamment que le poids de la

grue est bien réparti et au bout du câble, les

éléments du pont qui font 20 tonnes.

Le dirigeant avoue néanmoins que c’est un

travail qui sort de l’ordinaire, ATS Cranes

est pourtant afféré régulièrement à de tels

chantiers.

Un savoir faire

ATS Cranes s’est créée une lourde réputation

en Europe dans le secteur du levage et plus

précisément pour les chantiers dans lesquels

il faut porter lourd et où les manœuvres

complexes requièrent une dextérité et un

savoir-faire. En partenariat avec le groupe

Steil implanté à Trêves, l’entreprise dispose

d’une capacité de 90 grues qui peuvent aller

jusqu’à 1.000 tonnes.

«Nous disposons au Luxembourg d’un parc

qui compte un total de 50 véhicules composé

de remorques, de voitures, de nacelles et de

15 grues». Parmi elles, figure aussi la plus

grande immatriculée au Luxembourg qui

fait 500 tonnes. «Nous travaillons aussi en

partenariat avec l’Allemagne et même si les

entreprises sont bien différentes, cela nous

permet de disposer de 90 grues qui peuvent

aller jusqu’à 1.000 tonnes. Il n’existe qu’une

petite minorité d’entreprises au monde qui

possède ces capacités».

Ces tonnages sont surtout importants dans

le montage des éoliennes. Ce n’est pas pour

rien si ATS Cranes a construit 80% du parc

éolien luxembourgeois. La forte demande

dans le secteur oblige à renouveler très

vite le parc et cela implique bien évidement

d’énormes investissements.

40

LG - Best of & Guide 2017


Cary Arendt

LG - Best of & Guide 2017 41


Infrastructure

Pour idée, il ne faut pas moins d’une

trentaine de camions pour déplacer une

grue de 1.000 tonnes. Il suffit d’imaginer

la logistique et le nombre d’acteurs que

cela implique.

Acteur privilégié de l’Etat

Il semblerait que dès qu’un chantier emblématique

requiert une activité de levage, les

autorités font appel à ATS Cranes et c’est

peut-être de par leur forte réputation en la

matière. Qu’il s’agisse du viaduc de Mersch

pour lequel ATS Cranes a fait le tracement de

la route et escorté le convoi avec ses voitures

pilotes ou encore le pont de Junglister et la

remise en place de la Gëlle Fra, «les autorités

savent que nous sommes compétents et

c’est la raison pour laquelle ils nous confient

leurs chantiers emblématiques», nous confie

le dirigeant. Il n’a pas fallu longtemps à

cette réputation pour traverser les frontières

du pays puisque les équipes d’ATS Cranes

œuvrent partout en Europe.

L’escorte

Spécialiste du levage, les activités d’ATS

Cranes s’étendent également aux convois

exceptionnels, aux opérations de dépannages

de camions, à la location de chariots élévateurs

à fourche et de chantiers jusqu’aux solutions

logistiques complètes dans le domaine

de la logistique lourde qui est utile dans le

déménagement de sociétés par exemple.

L’offre de service de voitures pilotes qui

escortent les convois exceptionnels venus de

l’étranger, est une activité qui s’est rapidement

imposée.

A travers les nombreux chantiers menés

à dans le pays, ATS Cranes a développé

une méthodologie efficace, engendré une

connaissance poussée du réseau routier mais

également tissé un réseau très important

dans nos relations avec les autorités compétentes

qui délivrent les autorisations. «Nous

proposons ainsi aux transports exceptionnels

venus de l’étranger, de nous occuper pleinement

du trajet, et ce, de l’étude de l’itinéraire

jusqu’à l’escorte en passant par les demandes

d’autorisations».

ATS Cranes S.A.

28 Robert Schuman Strooss

L-5751 Frisange

Tél.: 23 60 44 1

42

LG - Best of & Guide 2017


Bâtiment & construction

Best of LG 197 - Avril 2017

Vincent Callebaut

Notre-Dame de Paris — Projet Paris 2050

Rêver le futur urbain

La transition énergétique implique de penser l’avenir dans une perspective post-carbone, postnucléaire

et post-insecticide. Vincent Callebaut fait partie de cette nouvelle génération

d’architectes qui allient les villes et la nature et rendent l’utopie de cités intelligentes réalisable.


Comme un Voyage

extraordinaire dans les

romans de Jules Vernes,

l’architecture de Vincent

Callebaut unit les structures,

les matériaux et les

formes à la fonction


Visite du Paris 2050

À quoi ressemblerait la Ville Lumière si les

contraintes du dérèglement climatique étaient

enfin transformées en opportunités? Comme

une anticipation sur l’avenir, imaginez-vous

vous promenant dans le Jardin des Tuileries

qui serait bordé de grandes éoliennes axiales

alimentant l’éclairage public. Vous auriez vue

sur des montagnes végétalisées construites

au-dessus des immeubles haussmanniens de la

Rue de Rivoli. Les gargouilles de Notre-Dame

côtoieraient ainsi des architectures nouvelles qui en

introduisant la nature au cœur de la ville, permettraient

de climatiser les îlots urbains de chaleur. Les

ponts de la capitale ne seraient plus uniquement

des lieux de passages inertes mais seraient capable

d’utiliser l’eau de la Seine pour produire de l’électricité

et accueilleraient des lieux de vie, des jardins

suspendus et des bureaux. Depuis les chaises

qui bordent le bassin du Jardin de Luxembourg

dans le quartier latin, vous pourriez voir la Tour

Montparnasse transformée en un jardin vertical

nourricier et y monter par des passerelles végétalisées

dont les déchets solides et liquides seraient

valorisés via la bio-méthanisation.

Les étudiants seraient logés dans des ruches

alvéolaires préfabriquées en usine, les tours

du 13 e

arrondissement deviendraient des

maraîchers géants, le quartier des Olympiades

produirait 280% d’énergie positive et le Parc

Montsouris en face de la Cité Universitaire

serait doté de tours anti-smog.

Remettre en question l’architecture du baron

Haussmann qui façonne Paris depuis deux

siècles est un projet audacieux. Les coups de

44


Ferme verticale Dragonfly à New York

Villes flottantes Lilypad au large de Monaco

crayon de Callebaut visent à sortir la capitale

riaux énergivores comme l’acier et le béton

œufs, poisson et viande. L’énergie nécessaire à

française de son modèle actuel qui l’oblige à

mais par du bois et du bambou qui peuvent au

la structure proviendrait de panneaux solaires

importer ses richesses naturelles et à exporter

contraire stocker du CO 2 . «Après avoir construit

et de trois grandes éoliennes. Les employés

ses déchets. Si la vision est futuriste, elle est

les villes sur la nature, il s’agit dorénavant de

vivraient au sein de la structure qui compte-

néanmoins réaliste puisque des pays émer-

penser à rapatrier la nature au cœur des villes»,

rait aussi des appartements, des crèches, des

geants ont déjà entrepris cette «révolution éco-

déclare Vincent Callebaut. C’est pourquoi il

bureaux, des cinémas et des restaurants.

logique» (Taiwan, Abu-Dhabi, Singapour, …).

pense les quartiers comme des forêts, les bâti-

Reste aux pays occidentaux, qui sont à l’origine

ments comme des arbres et que son inspiration

Autre projet de laboratoire: les villes flottantes

du dérèglement climatique, d’emboîter le pas.

est biomorphique, bionique et biomimétique.

«Lilypads» qui pourraient accueillir les réfugiés

climatiques à l’horizon 2050. Une société

Les villes intelligentes

Comme un Voyage extraordinaire dans les

romans de Jules Vernes, l’architecture de

nomade vivant dans une structure flexible

et robuste inspirée des feuilles de nénuphars

Vincent Callebaut unit les structures, les

géantes d’Amazonie.

Les mégalopoles européennes reposent sur

matériaux et les formes à la fonction.

un modèle hérité de l’ère industrielle où les

Enfin, l’architecte visionnaire signe une tour à

«Villes tentaculaires»* ont couché leur béton

sur la nature. Passer de villes grises aux villes

Projets et réalisations

géométrie spiralée qui prend forme actuellement

à Taiwan. La Tour «Tao Zhu Yin Yuan»

vertes, d’un système d’importation à celui

à Taipei est une révolution morphologique de

de production, c’est abandonner l’économie

Partant du constat que la Terre compte-

20 étages décalés (chacun de 4,5°), soit un

linéaire (extraire, fabriquer, consommer et

ra quelques 9 milliards d’individus

angle de 90° entre le premier et le dernier.

jeter) pour adopter une économie circulaire.

en 2050, dont 75% qui vivront en ville,

Ce qui offre une cascade de jardins suspen-

Vincent Callebaut a travaillé sur un pro-

dus à ciel ouvert et une personnalisation de

Les villes du Vieux Continent, historiquement

jet de ferme verticale. «Dragonfly» est

chaque appartement tournés plein Sud en

couchées, prendraient de la hauteur pour

un modèle agricole au cœur même des

journée et plein Nord en soirée. Le dernier

devenir des cités verticales et végétales. Les

bâtiments les plus anciens, inertes, connectés

aux réseaux, coexisteraient et seraient alimentés

par de grands immeubles qui produiraient

plus d’énergie qu’ils n’en consomment. Leur

construction ne sera plus assurée via des maté-

villes qui pourrait assurer leur autosuffisance

alimentaire. Une grande serre bioclimatique

centrale, inspirée des ailes de libellules pour

leur grande plasticité, renfermerait des champs

verticaux cultivables. Une véritable ferme

prendrait place à la base et donnerait laitage,

étage est un grand jardin réservé aux habitants

qui est recouvert d’une pergola photovoltaïque.

Au sein d’une forêt urbaine de 23.000 arbres,

arbustes et plantes, la tour à Taipei absorbera

130 tonnes de CO 2 par an dans l’atmosphère.

Une promesse pour l’avenir.

JuB

Source photos: Vincent Callebaut Architectures

*Recueil de poésie d’Émile Verhaeren, «Les Villes tentaculaires», publié en 1895

45


Bâtiment & construction

Best of LG 197 - Avril 2017

Une voie tracée vers le BIM

Pour déployer le Building Information Modeling (BIM) au Luxembourg, le Centre de

Ressources des Technologies et de l’Innovation pour le Bâtiment (CRTI-B), qui regroupe

tous les acteurs de la construction, a formé plusieurs groupes de travail qui ont pour

mission de mettre à disposition les outils de base nécessaires à l’implémentation du BIM.

David Determe, Administrateur-Délégué de Betic Ingénieurs-Conseils et coordinateur

BIM pour le groupe de travail de l’OAI, revient sur les enjeux du BIM pour le milieu de

la construction et sur les premiers travaux conduits.

Quelle est la place du BIM dans l’essor

de la digitalisation pour le secteur de

la construction?

Le BIM est un processus collaboratif qui utilise

notamment une maquette numérique 3D.

Son utilisation change totalement l’approche

de la conception d’un bâtiment. On ne se

contente plus de dessiner des traits sur un

plan mais l’on place des éléments (objets)

sur celui-ci pour faciliter la conception, la

construction et l’exploitation des bâtiments.

Ces éléments intègrent des données comme

les dimensions des murs, leur superficie ou

encore leur coût. Maintenant que ces objets

possèdent des données précises, des tâches

auparavant redoutables comme le recalcul

d’un projet suite à une évolution sont maintenant

effectuées plus précisément. Autant dire

que toutes ces informations techniques implémentées

dans la maquette numérique sont

une véritable plus-value pour le concepteur,

le constructeur, les ouvriers et l’exploitant

du bâtiment. Les possibilités offertes par le

BIM vont même bien au-delà: consommation

énergétique, vieillissement des matériaux,…

toutes ces informations permettent véritablement

d’optimiser la durabilité des bâtiments.

Utopie, idée en devenir ou réalité

concrète, où se situe le BIM aujourd’hui?

Avec l’étude stratégique Rifkin, le bâtiment

connaîtra une révolution majeure articulée

notamment autour de la thématique

«bâtiment durable». L’environnement international

montre aujourd’hui que la voie

est ouverte pour déployer le BIM et qu’il

apportera une solution concrète aux enjeux

de développement durable dans le milieu de

la construction, et ce, grâce à une technologie

de pointe.

La question n’est pas aujourd’hui de se

demander si le BIM doit devenir le processus

de référence pour la construction de bâtiment

mais bien quand il le deviendra.

Grâce au BIM, les chantiers de construction

généreront moins de déchets et d’autres

avantages non négligeables en découleront:

la maîtrise des coûts et des délais de

construction, la qualité de construction…

Pour en arriver là, il est évident que le BIM

doit être adopté comme le standard en

conception et en gestion des bâtiments.

C’est pourquoi la mise en place d’une stratégie

nationale BIM figure au rang des

mesures stratégiques de la troisième révolution

industrielle.

46

LG - Best of & Guide 2017


Groupe de travail BIM OAI. De g. à d. : Eric Hansen, Best Ingénieurs-Conseils – Pierre Hurt, directeur OAI, Robert Jeworowski, Schroeder & Associés Ingénieurs-Conseils

- Joss Dell, m3 Architectes - Daniel Zignale, Argest S.A. – David Determe, Betic Ingénieurs-Conseils – Gilles Pignon, BIM Consult

Pourquoi créer un Guide d’accompagnement

pour l’adoption du BIM dans

les projets de construction?

Le BIM découle du mode de construction, de

passation des marchés, des habitudes d’un

pays, et son intérêt s’est très vite fait ressentir.

Ainsi, pour ne pas rester en marge des avancées

techniques dans le domaine de la construction,

il est immédiatement apparu indispensable de

créer un modèle qui corresponde aux spécificités

du marché luxembourgeois, même si celuici

s’inspire de pratiques étrangères. Les missions

de l’OAI consistant notamment à organiser

une veille pour ses membres afin de les inspirer

et de leur indiquer le chemin à suivre, il avait

forcément toute légitimité.

Le groupe de travail BIM-OAI au sein du CRTI-B

s’est donc attaché à élaborer un premier

document, qui définit les lignes directrices afin

d’accompagner les acteurs de la profession

dans ce processus collaboratif. La première

version du Guide est aujourd’hui quasiment

finalisée et sera mise à disposition des professionnels

du secteur très prochainement.

Quel est le contenu de ce Guide?

Le Guide d’accompagnement reprend à

travers trois parties distinctes, les éléments

essentiels pour permettre aux acteurs de

la profession de conduire un projet en

BIM de façon optimale: les fondamentaux

pour une bonne compréhension du BIM,

les outils nécessaires à son déploiement et

enfin les pratiques collaboratives à adopter

pour optimiser l’usage de la maquette

numérique au cours de toutes les phases

du projet.

Il définit ainsi une méthodologie pour les

acteurs de la profession qui souhaitent développer

une démarche BIM, notamment via

des projets pilotes, mais aussi une base de

référence pour les différents groupes de

travail du CRTI-B, qui le feront évoluer au

fil des retours d’expériences et des avancées

concernant le BIM.

Il faut comprendre que chaque projet a son

propre protocole créé par le BIM Manager

en collaboration avec l’équipe projet, qui

définit les besoins réels. Ainsi, chaque intervenant

sait quelle information donner et

sous quel format. Le BIM Manager regroupe

ensuite les maquettes reçues par chacun des

intervenants, identifie les conflits et, le cas

échéant, les fait rectifier par le créateur de la

maquette pour que le projet puisse débuter.

Bien entendu des formations sont proposées

pour appréhender ce nouveau mode de

conception.

Et pour l’avenir?

Pour faire évoluer le Guide, des experts

accompagneront la mise en œuvre du BIM

au sein de trois projets pilotes retenus par

l’OAI suite à un appel à candidature. Les

trois équipes ont d’ores et déjà été sélectionnées

pour travailler sur des projets d’envergures

différentes et aux fonctions diverses

afin d’obtenir un maximum de retours d’expériences.

En juin, l’OAI organisera une

journée dédiée à ses membres au cours de

laquelle un premier retour sur ces projets

sera effectué.

Le Guide, dont l’initiative est soutenue par

le gouvernement, vise à accompagner les

membres dans cette transition vers le BIM,

qui s’impose comme la solution d’avenir

dans le secteur de la construction.

OAI - Forum Da Vinci

6, boulevard Grande-Duchesse Charlotte

L-1330 Luxembourg

Tél.: +352 42 24 06 • Fax: +352 42 24 07

oai@oai.lu • www.oai.lu

LG - Best of & Guide 2017 47


Bâtiment & construction

Best of LG 199 - Juin 2017

Le BIM,

un concept mis en pratique

Avec une quinzaine de projets pilotes en cours, le Building Information Modeling (BIM)

sort de son cocon théorique et se lance dans la pratique. Invitant tous les bureaux d’études

à suivre le mouvement, Eric Hansen, associé-gérant chez B.E.S.T. Ingénieurs-Conseils et

responsable du développement du BIM au sein de l’entreprise, revient avec nous sur cette

nouvelle technologie et sa rapide évolution au Luxembourg au cours des derniers mois.

Pourriez-vous revenir brièvement sur la

définition du BIM?

Le BIM est une nouvelle manière de travailler,

plus collaborative, rassemblant tous les intervenants

lors d’une nouvelle construction. Cet

outil est utilisé dès la conception d’un projet

et jusqu’à la fin de la vie du bâtiment.

Au moment de la conception, son avantage premier

est d’assurer que tout le monde travaille sur

la même géométrie. De plus, il permet de superposer

les maquettes des différents intervenants

et de trouver la majorité des erreurs avant même

d’entamer la phase de construction. En améliorant

la phase de conception d’un bâtiment, nous

gagnons du temps car nous rencontrons moins de

problèmes sur le chantier.

Plus tard, toutes les informations insérées

dans la maquette pourront être intégrées

dans le suivi des exploitants pour la gestion

de leur patrimoine. La difficulté est de définir

les objectifs que l’on veut atteindre dès la

phase de conception, l’idée étant de limiter

les informations aux besoins des utilisateurs

et d’éviter les données inutiles.

L’OAI et le CRTI-B créent un guide

d’accompagnement pour l’utilisation

du BIM. Quel en est le contenu?

Ce guide est un point de départ pour tous

les intervenants d’un projet de construction.

Aux côtés de celui-ci, le CRTI-B travaille

également sur des fiches GID (Graphisme,

Information, Documentation), qui aident à

définir les besoins minimums au niveau des

informations à insérer dans une maquette. En

fonction de la taille du projet, il sera toujours

possible d’aller encore plus loin que ce qui a

été défini au départ dans le guide.

A l’heure actuelle, nous sommes en train

d’en finaliser la première version au sein du

groupe de travail BIM du CRTI-B et cette

action se terminera normalement en juillet.

Nous attendrons ensuite un retour des projets

pilotes pour l’améliorer. L’objectif du groupe

de travail est maintenant de passer de la

théorie à la pratique grâce aux projets pilotes

mais également en aidant les intervenants

à faciliter leurs échanges avec les différents

acteurs d’un projet de construction et en

leur indiquant quelle information donner à

quelle personne, sous quel format et à quel

moment.

Concrètement, des projets ont-ils déjà

été réalisés avec le BIM?

Actuellement, nous sommes en train de réaliser

un projet de bâtiment public avec cette

technologie. Pour créer le plan d’exécution

du BIM, nous avions déjà eu recours à une

version initiale du guide et au terme de

l’étude d’avant-projet, nous avons constaté

qu’aussi bien l’architecte que les bureaux

d’études sont allés plus loin dans la conception

et que le projet est beaucoup plus

abouti, et ce, plus tôt que ce que l’on avait

l’habitude de faire avant le BIM. Pour ce

projet, nous avons aussi réalisé les détections

de collisions en superposant toutes les

maquettes.

Nos cinq projets pilotes et les trois de l’OAI

n’en sont encore qu’à la phase de conception,

mais notre première construction réalisée

avec le BIM devrait débuter en 2018.

Quel est le rôle du BIM Manager dans

le processus de conception?

Son rôle principal est d’aider le concepteur et

tous les intervenants dans la problématique

de l’échange des fichiers. En effet, chaque

intervenant utilise son propre logiciel qui

possède lui-même ses propres caractéristiques.

Si l’on veut échanger, il faut que

le BIM Manager puisse trouver un terrain

d’entente entre eux via le fichier IFC et

mette en place une coordination technique

des maquettes.

48

LG - Best of & Guide 2017



Dans deux ans,

un grand nombre de

projets sera réalisé à

l’aide du BIM


La fonction de BIM Manager ne pourra généralement

pas être assumée par une seule personne.

En effet, celle-ci rassemble des compétences

techniques de deux domaines distincts;

tout d’abord, il faut assumer la partie informatique

pour régler tous les problèmes liés à

l’échange des fichiers. D’un autre côté, un BIM

Manager doit avoir une connaissance technique

du chantier et posséder un profil de project-manager

dans la construction. Nous pensons donc

qu’un informaticien et un architecte devront

s’allier pour assumer cette fonction.

Quelles améliorations dans le futur?

Le principal problème à l’heure actuelle est

que les maquettes sont encore modélisées

sans standardisation. Nous n’en sommes

qu’au début de l’utilisation du BIM et tous

les intervenants doivent encore se familiariser

avec cet outil et avec la manière de modéliser

une maquette dans ce cadre. Etant donné

que les maquettes sont le point de départ de

tout processus BIM, des maquettes de bonne

qualité sont indispensables avant de pouvoir

aller plus loin.

Dans le futur, des formations doivent être

mises en place afin de guider les utilisateurs

vers une plus grande qualité et une meilleure

implémentation des différents contenus

techniques. Par la suite, à un autre niveau, il

faudra parfaire l’utilisation informatique des

logiciels. Le guide donnera des pistes par

rapport aux notions indispensables à l’exploitation

du BIM et des points de repères

quant au chemin à suivre afin de hausser

progressivement le niveau de stratégie BIM

au sein des bureaux.

Pensez-vous que l’utilisation du BIM

va prochainement se généraliser au

Luxembourg?

Nous estimons en effet que dans deux ans,

un grand nombre de projets sera réalisé à

Eric Hansen

l’aide de cette technologie. Le mouvement

est à présent mondial et le Luxembourg

entend bien prendre le train en marche.

Nous encourageons tous les intervenants du

secteur de la construction à suivre les formations

que l’OAI et le CRTI-B mettront en

place dans ce cadre. Les plus petits bureaux

auront sans doute plus de difficultés à se

familiariser avec le concept car ils devront

acquérir beaucoup de compétences assez

vite et cela demande du temps et un certain

budget, mais l’OAI tente de mettre un

maximum d’outils au service de la formation

pour faciliter cette transition et la rendre

accessible à tous.

MC

LG - Best of & Guide 2017 49


Bâtiment & construction

Francine Closener a présenté

la stratégie nationale de rénovation

énergétique des bâtiments

La stratégie nationale de rénovation énergétique des bâtiments a été présentée par la

secrétaire d’État à l’Économie, Francine Closener, lors d’une conférence de presse en présence

de Gilbert Théato, directeur de myenergy, ainsi que de Michel Reckinger, président de

la Fédération des artisans, et de Tom Oberweis, président de la Chambre des Métiers.

Depuis le

début de l’année 2017

uniquement des maisons

de catégorie AAA sont

autorisées



Le parc immobilier luxembourgeois se compose

de près de 208.000 bâtiments, dont

plus de 60% datent d’avant 1990. Ces bâtiments

sont la cible principale de la stratégie

de rénovation, ce qui permettra d’améliorer

l’efficience énergétique du parc immobilier

luxembourgeois et de réaliser des économies

d’énergie afin de remplir les objectifs européens

en la matière.

La stratégie nationale de rénovation énergétique

des bâtiments s’attache à favoriser

et promouvoir la réalisation de rénovations

énergétiques. Elle a été élaborée conjointement

par le ministère de l’Economie et myenergy,

et selon une approche participative.

Les représentants du secteur du bâtiment

ont ainsi participé aux groupes de travail qui

se sont attachés à identifier tout d’abord les

barrières à la rénovation énergétique avant

d’élaborer les lignes directrices de la stratégie

tout comme les 33 mesures qui contribuent à

mettre en œuvre la stratégie.

La secrétaire d’État à l’Economie, Francine

Closener, a déclaré: «Le potentiel pour améliorer

l’efficience énergétique des bâtiments,

mais également la qualité de vie au sein

des logements par une rénovation énergétique

est important. Le Luxembourg est déjà

bien positionné concernant la construction

de nouveaux bâtiments, puisque depuis le

début de l’année 2017, uniquement des

maisons de catégorie AAA sont autorisées.

Désormais, il s’agit d’intensifier nos

efforts quant aux bâtiments existants. Les

33 mesures envisagées dans la stratégie de

rénovation, qui comptent également des

aides financières plus avantageuses, vont

inciter les propriétaires à se lancer et faciliteront

leurs démarches.»

L’élaboration de la stratégie de rénovation

et sa mise en œuvre qui est désormais

lancée constituent des éléments clés dans la

stratégie de troisième révolution industrielle

élaborée en collaboration avec l’économiste

Jeremy Rifkin. Le suivi de la stratégie et

sa mise en pratique seront confiés à un

groupe de travail rattaché à la plateforme

Conseil national pour la construction durable

(CNPD), prévue dans le schéma de gouvernance

de l’étude stratégique «Rifkin».

Communiqué par le ministère de l’Economie

50

LG - Best of & Guide 2017


Francine Closener


Nico Biever

Mariage de raison

Sanichaufer et ElectroSecurity ont annoncé leur rapprochement en début d’année et quoi

de plus naturel que l’union de deux identités complémentaires? Il faut néanmoins faire

des concessions dans un couple et les deux entreprises familiales ont souhaité renoncer

à leurs patronymes respectifs, pourtant célèbres sur la scène luxembourgeoise. Nico

Biever, Alain Wildanger et Gilles Reinert, associés et réunis sous le nom de Genista,

entendent bien faire perdurer leur réputation.

Une synergie de compétences

Lorsque les trois dirigeants ont annoncé la

fusion de Sanichaufer et d’ElectroSecurity, ils

ont senti une certaine euphorie parmi leurs

270 employés. Un enthousiasme naturel

car les troupes savent ce que représente le

rapprochement du spécialiste des sanitaires,

de la climatisation, du chauffage et celui de

l’électricité, des systèmes de sécurité, du

réseau IP et de la téléphonie. Avec la domotique

qu’ils avaient déjà en commun, Genista

peut ainsi couvrir huit métiers du bâtiment et

devenir un acteur de poids pour les particuliers,

les entreprises et les communes.

Les trois associés se connaissent depuis longtemps

mais c’est au détour d’un chantier

en commun, celui de la Arendt House au

Kirchberg, qu’ils se sont rendus à l’évidence

de leurs affinités. D’abord avec une même

vision du métier et des valeurs communes,

mais aussi avec un chiffre d’affaires global

de 35 millions d’euros, Genista connait déjà

une pérennité assurée.

52

LG - Best of & Guide 2017


Genèses d’une renommée

Nico Biever était le directeur de Sanichaufer; Alain

Wildanger, son associé junior. L’entreprise a été

créée en 1959 par son père, Jean Biever, alors

maître-ferblantier à Dudelange. En 1966, l’aïeul

s’associe à un partenaire chauffagiste et depuis,

la société n’a eu de cesse de se développer

pour se construire une solide réputation dans le

métier et auprès de ses milliers de clients privés

fidèles. L’usine Luxlait, la Cité judiciaire, l’Hôpital

Kirchberg ou le Rehanzenter Luxembourg sont

quelques-unes de ses plus belles réalisations.

Gilles Reinert était quant à lui, le directeur

d’ElectroSecurity née en 1992 d’un ancien

département d’Electro-Auto. Cette société

familiale remonte à 1925 et avait créé un

atelier spécialisé en systèmes de sécurité qui

s’est par la suite détaché du tronc principal

pour devenir une entité à part entière en 1992.

ElectroSecurity s’est construit une vaste clientèle,

dont de nombreuses banques, de grands

acteurs comme POST Luxembourg mais aussi

de nombreuses communes et ministères.

Les deux marques, connues de tous à travers le

pays, avaient donc tout pour s’attirer. Les trois

hommes sont désormais directeurs associés

dans une responsabilité partagée en tripartie.

Promise à la prospérité

Le logo se veut moderne et résolument

tourné vers l’avenir. Le «g» rouge, couronné

d’un petit rond qui rappelle le contrôle du

bout des doigts, prend la forme d’un robot.

En tendant un peu la parabole, on imagine

qu’il accompagnera le client dans son expertise

technologique.

Il faut dire que les métiers que couvrent

Genista évoluent au gré des nouvelles technologies.

Les systèmes câblés (coaxial et fibre

optique) et les systèmes de sécurité comme

la détection intrusion et incendie, la surveillance

vidéo, les contrôles d’accès en sont des

exemples évidents. Cependant les domaines

du chauffage et de la ventilation évoluent

eux aussi, au gré des nouvelles technologies

et notamment avec les chaudières qui réclament

un haut savoir-faire.

C’est pourquoi les techniciens sont évalués

chaque année et «après avoir décelé les

forces et faiblesses de chacun, nous établissons

un plan de formation», nous assure

Alain Wildanger. Les techniciens sont aussi

formés aux nouveaux produits, et ce, en

interne comme à l’international.


Les communes du

pays ont trouvé un partenaire

privilégié pour les

accompagner et les aider

à la réussite de leur Pacte

Climat


Gilles Reinert

LG - Best of & Guide 2017 53


Alain Wildanger


Cette union de

complémentarités a tout

pour séduire


Proche de ses clients

Genista recherche constamment des solutions

intelligentes aux multiples besoins de

ses 15.000 clients. Elle souhaite aussi proposer

plusieurs produits qui répondent tant

aux préférences qu’aux différents budgets.

«Plus qu’un fournisseur, nous sommes des

partenaires et c’est pourquoi nous souhaitons

instaurer une relation client sur le long

terme», assure Gilles Reinert.

Avec la robustesse d’une grande entreprise, la

flexibilité d’une PME et la personnalité d’une

affaire familiale, Genista s’adapte à tous les

types de terrains: des maisons unifamiliales

aux villas, des gymnases aux immeubles de

bureaux, des écoles aux hôtels de villes. Genista

équipe des lieux de haute sécurité comme

de grandes banques, des ministères, le Palais

Grand-Ducal et affiche parmi ses chantiers

emblématiques l’Arendt House, Ceratizit et le

projet «am Duerf» de Dudelange qui compte

110 logements et de nombreux commerces.

Active sur tous le territoire luxembourgeois,

les ingénieurs accompagnent déjà de nombreuses

communes vers un développement

durable. Outre ses produits qui permettent

une réduction des consommations et donc

du CO 2 , Genista fait aussi de la gestion

centralisée et son service de maintenance est

disponible 24h/24 et 7j/7. Les communes du

pays ont trouvé un partenaire privilégié pour

les accompagner et les aider à la réussite de

leur Pacte Climat.

Presqu’un nouveau départ

Les équipes, réparties pour l’heure sur leurs

sites historiques à Dudelange et à Munsbach,

vont se réunir à l’horizon de 2019. Genista

se prépare en effet à emménager sur un site

commun à Fentange. À partir de ce quartier

général, composé d’un entrepôt de 1.000 m 2

et de 2.500 m 2 de bureaux, «nous pourrons

alors déployer toutes nos forces», promet

Nico Biever.

Quitter les conforts de deux marques dominantes

sur le marché pour en créer une nouvelle

est un risque. Mais en réunissant leurs

forces et en se reposant sur leurs longues

expériences, cette union de complémentarités

a tout pour séduire. Un interlocuteur

unique pouvant répondre à huit domaines

d’expertises, avec un haut niveau d’excellence

a forcément un bel avenir devant lui.

54

LG - Best of & Guide 2017


Bâtiment & construction

Une fenêtre de conforts

Spécialiste dans la fabrication et la pose de fenêtres, châssis et volets en PVC et aluminium,

Wako est une entreprise professionnelle rayonnante. Avec ses 85 années au compteur, la

compagnie est loin d’être un ancêtre puisqu’elle s’adapte constamment à l’ère du temps.

Daniel Feyder, attaché de direction, revient sur les innovations qui sont au service du

développement durable et adaptées à toutes les bourses.


Un service complet

alliant à la fois la sécurité,

le respect des normes

énergétiques, un service

de pose de qualité et une

véritable réactivité


Que propose Wako pour renforcer

l’isolation thermique et réduire les

consommations énergétiques?

La première des choses à prendre en compte,

c’est l’étanchéité et l’isolation thermique des

fenêtres ainsi que des portes d’entrée et de

garage. Nos fenêtres et portes répondent

aux meilleures normes en vigueur. En PVC

par exemple, même le profilé qu’on utilise en

standard peut être utilisé pour des maisons à

basse consommation d’énergie et passives.

L’habitation idéale garde la chaleur en hiver

et reste fraîche en été; Wako offre une large

gamme de protections solaires qui va des

stores extérieurs à lamelles ou écrans motorisés

aux stores intérieurs.

Le conseil est-il primordial pour la

satisfaction du client?

Nous opérons autant sur les nouvelles constructions

que sur les rénovations. Dans le premier

cas, c’est l’architecte qui définit les installations

à réaliser. Dans le cas d’une rénovation, il s’agit

d’établir au préalable un état des lieux et d’étudier

les possibilités en fonction des différents

budgets. Bien souvent, notre travail se combine

avec une rénovation plus importante qui comporte

le remplacement d’une chaudière ou des

travaux de façade par exemple. Dans ce cas,

le client est avisé par un conseiller énergétique

que nous consultons aussi.

Nous sommes des artisans certifiés en maisons

passives et notre service technique

est dès lors instruit en la matière. Si un

particulier est intéressé, l’un de nos quatre

technico-commerciaux se rend sur place et le

conseille de façon adaptée à ses besoins. Sur

le terrain, en voyant le bâtiment à équiper,

nous pouvons orienter la personne vers tel

ou tel produit, la guider en matière de sécurité

ou d’harmonie de sa façade.

La qualité reste-t-elle la meilleure des

publicités?

Notre but est tout simplement que le client

ne remarque pas que nous soyons passés

par son domicile… excepté qu’il possède de

nouvelles fenêtres et portes évidemment!

Travailler dans des lieux habités est tout un

art que nous pratiquons depuis longtemps:

nous savons protéger les biens de nos clients,

et réaliser un travail sur-mesure, de la façon

la plus propre possible.

L’un de nos grands atouts face à la concurrence,

c’est la fabrication de nos produits à

Luxembourg. Nous travaillons d’ailleurs avec

la marque Schüco, que nous produisons dans

nos ateliers et qui est une référence pour les

fenêtres en aluminium et en PVC.

56

LG - Best of & Guide 2017


Le «Made in Luxembourg» est-il un

gage de qualité et peut-être même de

sécurité pour vos clients?

Fabriquer à Luxembourg est un atout non

seulement en termes de RSE mais aussi pour

la qualité, la rapidité de production et la

réactivité en cas de problème. Notre service

après-vente est optimal car la plupart des

autres entreprises ne produisent pas ellesmêmes

et ont forcément des problèmes

pour en assurer le suivi. Chez Wako, nous

sommes très réactifs en cas de problème:

nous essayons d’intervenir dans la journée en

cas d’urgence et dans un délai d’une semaine

dans les autres cas. Et cela est possible parce

que nous avons toutes les pièces en stock

et que nous pouvons fabriquer à la minute.

D’autant plus que nous sommes compétitifs

sur le marché puisque les promoteurs

multiplient leurs commandes chez nous.

Notre rapport qualité-prix est le meilleur

du marché!

Nous offrons donc à nos clients un service

complet alliant à la fois la sécurité, le respect

des normes énergétiques, un service de pose

de qualité et une véritable réactivité par

rapport aux besoins des consommateurs et

aux exigences du marché.

Wako

2, Zone d’Activité et

Commerciale Haneboesch II

L-4563 Differdange/ Niederkorn

Tél.: 58 80 65

Fax: 58 35 33

www.wako.lu

LG - Best of & Guide 2017 57


Bâtiment & construction

L’innovation comme moteur

d’une démarche écologique

La société Viessmann peut orienter ses clients vers une combinaison de matériel adéquate

répondant à leurs besoins de consommation d’énergie et de confort, tout en respectant

l’environnement. A l’ère de la digitalisation, Günter Krings, directeur de l’agence au

Luxembourg, nous présente ses nouveautés exploitant presque exclusivement des

énergies renouvelables dans un souci écologique et proposant une connexion des objets

producteurs et consommateurs d’énergie pour une meilleure gestion globale de celle-ci.

Quelle place tient l’innovation dans les

activités de Viessmann?

Elle a une place très importante. Nous avons

d’ailleurs inauguré il y a quelques semaines,

en présence d’Angela Merkel, chancelière

allemande, le nouveau centre de recherche

et de développement de Viessmann, baptisé

le «Technikum», dans lequel la société

a investi 50 millions d’euros. Par ailleurs,

nous remarquons que les Luxembourgeois

ne s’intéressent pas qu’au prix de la marchandise,

ils sont prêts à investir dans des

produits de qualité. Sans être spectaculaire,

la demande individuelle au niveau des installations

high-tech est tout de même assez

importante sur le marché luxembourgeois,

d’où l’importance pour nous d’être pionniers

dans ce domaine.

Qui sont vos clients?

Nos clients acheteurs sont les installateurs,

mais nous nous adressons aussi aux

clients utilisateurs. Nos ingénieurs de vente

contactent également le secteur de l’industrie,

les bureaux d’études et les administrations.

Notre gamme de produits est adaptée

à tous: nous vendons aussi bien de petites

chaudières pour les maisons individuelles que

des producteurs de chaleur et d’électricité

pour les zones industrielles entières.

Viessmann est une société familiale qui a

fêté ses 100 ans en 2017. Si nous sommes

proches de la direction, nous le sommes

aussi des clients qui sont souvent de petites

entreprises artisanales luxembourgeoises.

Nos produits sont directement vendus à l’installateur,

sans intermédiaire, et nous pouvons

répondre parfaitement et rapidement à

toutes leurs questions concernant le matériel

puisque nous le fabriquons nous-mêmes.

Qu’est-ce qu’une pile à combustible et

quels sont ses avantages?

Nous sommes les premiers sur le marché à

proposer une pile à combustible fabriquée

en série et prête à l’emploi pour les maisons

individuelles. Son prix est rendu abordable

grâce aux subsides à hauteur de 10.000

euros accordés par l’Union européenne dans

le cadre du projet PACE, soit environ la moitié

du coût initial de la marchandise.

Chez Viessmann, nous utilisons des piles à

combustible au gaz naturel que l’on peut

se procurer sur le réseau public. La pile est

équipée d’un petit réacteur qui transforme le

gaz naturel en hydrogène qui servira ensuite,

en se combinant à de l’oxygène, à produire

de l’énergie électrique et de la chaleur.

L’électricité produite peut être utilisée dans

le bâtiment équipé ou bien être réinjectée

dans le réseau.

L’avantage de cette installation est surtout

écologique puisque la chaleur et l’électricité

produites sont récupérées dans le bâtiment

et il n’y a presque aucune perte d’énergie

dans ce processus. La pile à combustible

possède une puissance de 750 W d’électricité

et de 1 KW de chauffage. Si cette production

de chaleur n’est pas suffisante, une

chaudière à gaz à condensation intégrée à la

pile à combustible se met en route.

Qu’est-ce qu’un gestionnaire d’énergie

intégré?

La pile à combustible produit de l’énergie

au sein du bâtiment équipé, au moment

où cela est nécessaire et selon les quantités

attendues, elle gère donc sa propre production.

Le gestionnaire d’énergie, quant à lui,

permet de communiquer avec tous les objets

connectés de la maison. Ainsi, relié à des

58

LG - Best of & Guide 2017



La société a

investi 50 millions d’euros

dans son nouveau centre

de recherche et de développement

baptisé le

«Technikum»


consommateurs et producteurs du bâtiment,

il assure la production d’énergie nécessaire à

la consommation globale.

D’ailleurs, tous nos générateurs de chaleur

peuvent être connectés grâce au Vitoconnect,

un petit boîtier qui communique via wifi avec

internet. Grâce à celui-ci le client final pourra

gérer et contrôler son installation partout où

il se trouve par le biais d’un smartphone.

L’application ViCare va aussi lui donner certains

conseils pour économiser de l’énergie.

Le client peut également décider s’il souhaite

que son installateur reçoive une alerte pour

pouvoir gérer certains paramètres à distance

et être averti automatiquement si une intervention

est nécessaire. L’installateur sera

alors immédiatement informé du problème et

pourra mieux planifier son intervention et la

gestion des pièces détachées.

Cette technologie est-elle adaptée aux

nouvelles constructions?

Pour les constructions passives au

Luxembourg, le produit le plus souvent choisi

est la pompe à chaleur éventuellement combinée

avec un système solaire thermique ou

photovoltaïque; la pile à combustible paraît

encore trop chère au consommateur. Pour les

rénovations en basse énergie, c’est la chaudière

à gaz à condensation qui est privilégiée

ou des systèmes hybrides. Nous pouvons

donc proposer une solution adaptée à tout

type de besoin. A l’avenir, nous pensons

que le client privilégiera une combinaison de

plusieurs sources d’énergies renouvelables

dans des réseaux électriques intelligents pour

produire et consommer l’énergie de manière

équilibrée, écologique et intelligente.

Quel est l’avantage de votre marque?

Notre gamme de produits est très large

et provient principalement de nos propres

usines. Par rapport à d’autres fabricants

qui ne proposent qu’une seule technologie,

Günter Krings

nos conseils sont donc neutres et tiennent

compte des avantages de toutes les sources

d’énergie pour aiguiller les clients vers la

solution qui est la plus adaptée à ses besoins

et nous offrons un service «luxembourgeois»

de haute qualité à nos partenaires

installateurs.

Viessmann Luxembourg

35, rue J.F. Kennedy

L-7327 Steinsel

Tél.: 26 33 62 01

Fax: 26 33 62 31

info@viessmann.lu

www.viessmann.lu

LG - Best of & Guide 2017 59


Bâtiment & construction

Central Park, un complexe

immobilier d’exception

À New York, Central Park est un réservoir d’oxygène et un havre de sérénité au milieu d’une

ville dynamique. À Luxembourg, c’est la même chose. Présentation d’un projet ambitieux

porté par Roland Dernoeden (Wenkelhiel S.A.), conçu par Christian Bauer (Christian Bauer

& Associés Architectes S.A.) et qui sera réalisé par Roland Kuhn (Kuhn Construction S.A.).


Central Park sera

bientôt un des lieux de

vie les plus recherchés

du quartier de la gare


Central Park est un complexe immobilier qui

sortira bientôt de terre dans le quartier de la

gare à Luxembourg. Il est composé de deux

immeubles: l’un pour des bureaux, situés en

prise avec le public, directement sur la rue de

Hollerich, l’autre pour des logements, situés

en retrait, dans un îlot de verdure. Central

Park: le nom du complexe résume à lui seul

les raisons de venir y travailler ou y vivre.

Acteur de la mutation

Park, ensuite

La volonté du maître d’ouvrage était clairement

d’inscrire le projet dans une démarche

environnementale. Les propriétaires d’appartements

de Central Park vivront dans

un véritable écrin de verdure. Il y aura des

balcons pour chaque habitation et les appartements

du dernier étage seront entourés

de grandes terrasses faisant la part belle à

la nature.

Central, d’abord

Le quartier de la gare est en pleine mutation.

Architecturale, sociétale et culturelle. Des

immeubles haut de gamme commencent à y

fleurir et les grands noms de la place financière

y accroissent leur visibilité. Une nouvelle

population et une nouvelle culture s’approprient

petit à petit le quartier. C’est exactement

dans ce contexte que veut s’inscrire

Central Park. Les deux bâtiments seront à un

jet de pierre des principaux moyens de transport:

situé près de la gare, à quelques minutes

des autoroutes vers les pays voisins, même

le tram passera tout près. Les services et les

commerces de gros et de proximité seront à

quelques pas. Central, disions-nous…

Noblesse des matériaux,

écologie et flexibilité

Selon la volonté du maître d’ouvrage, la

conception architecturale du complexe est de

haut standing. Son architecture s’inspire des

bâtiments construits dans le quartier dans les

années 30, selon des standards exceptionnels

pour l’époque. Christian Bauer explique : «Le

quartier de la gare est en train d’évoluer et

Central Park va participer à relever le niveau

architectural de cette partie de la rue de

Hollerich. Il contribuera aussi à calmer l’esthétique

de l’endroit: pas de zigzags, pas de

formes agressives, mais des angles arrondis,

un dialogue avec l’existant, ce qui va renforcer

l’idée de quartier».

60

LG - Best of & Guide 2017


Les matériaux utilisés seront nobles et respectueux

de l’environnement: le haut standing

passe aussi par là.

Ajoutons à cela la modularité. Aujourd’hui,

l’heure est aux open spaces pour les surfaces

de bureau. Ce n’était pas le cas il y a 20 ans.

Comment travaillera-t-on dans 20 ou 30

ans? Nul ne le sait. Pour que les immeubles

demeurent attractifs dans la durée, il fallait

les concevoir avec la plus grande flexibilité,

c’est-à-dire permettre aux surfaces d’être

divisées ou au contraire reliées entre elles,

en fonction des exigences de l’activité. Deux

parkings trouveront leur place au sous-sol de

chacun des immeubles.

Cela signifie aussi anticiper les diverses tendances

du marché en ce qui concerne la

taille des appartements: dans Central Park,

les appartements auront une surface de 35

à 130 m 2 , et il sera extrêmement facile au

propriétaire d’un appartement d’en acquérir

un autre et de les relier, de la manière, à

nouveau, la plus flexible. Cela est également

valable, bien sûr, pour les bureaux. «Nous

ne connaissons pas le futur, donc, ne l’handicapons

pas trop», conclut Christian Bauer.

Et tout cela, rappelons-le, à un jet de pierre

des commerces, des services et des animations.

Central Park sera bientôt un des lieux de

vie les plus recherchés du quartier de la gare.

Wenkelhiel

123-125, rue Adolphe Fischer

L-1521 Luxembourg

CBA

107, rue de Hollerich

L-1741 Luxembourg

Kuhn

Z.A. John L Mac Adam

L - 1113 Luxembourg

LG - Best of & Guide 2017 61


Bâtiment & construction

CLE conscient de son rôle à jouer

À sa définition originelle, le développement durable «répond aux besoins des générations

du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs».

Les deux concepts inhérents à cette notion sont «le besoin» et «la limitation des techniques».

CLE tente justement d’aller au-delà de ces limites.

Pour une économie responsable

L’économie circulaire bouleverse la conception, la

production et la mise en œuvre des produits, et

c’est l’ensemble des savoir-faire existants qui s’en

trouvent métamorphosés. Les bâtiments tiennent

une place d’importance dans le processus de la

troisième révolution industrielle, d’abord parce

qu’ils constituent un levier majeur d’économie

d’énergie, mais aussi parce qu’ils jouent désormais

un rôle actif dans l’écosystème urbain.

Les bâtiments s’inscrivent eux-aussi dans l’économie

circulaire en ce sens qu’ils contiennent des

ressources réutilisables quelques décennies plus

tard. Au moment de leur déconstruction, dans un

pays pauvre en ressources naturelles, comme au

Luxembourg, il sera important de valoriser tous les

matériaux. Les bases de données technologiques

des matériaux tiendront leur traçabilité.

L’avenir sera en bois

Se positionnant sur la troisième révolution

industrielle, le Luxembourg accorde une importance

cruciale à l’économie circulaire. À cet

égard, l’utilisation de produits d’origine végétale

peut être une solution alternative est même

essentielle tant pour l’environnement que pour

l’économie.

Le bois est un matériau plus que jamais d’actualité

dans les réflexions sur le développement

durable et l’économie circulaire, notre positionnement

positif envers cette évolution logique

dans la construction, nous anime à développer

notre secteur bois.

Si le 19 e était le siècle de l’acier, le 20 e celui

du béton, le 21 e sera celui de la construction

en bois.

La construction des maisons durables devient un

sujet primordial. Un nouveau système constructif

plus durable et plus rapide à mettre en œuvre.

En effet, il s’agit non seulement de réduire

les impacts environnementaux générés par les

matériaux utilisés, mais également de mettre en

œuvre de nouvelles méthodes, comme l’industrialisation

des éléments préfabriqués.

CLE est une Entreprise de Construction Générale

Luxembourgeoise intégrée dans le groupe CFE

et à ce titre, elle participe à l’évolution d’un développement

qui répond aux besoins du présent

sans compromettre la capacité des générations

futures de répondre aux leurs.

Pour nos réalisations on utilise les produits CLT

«Cross Laminated Timber», fabriqués en interne

dans notre Groupe. Le CLT est constitué à 99%

de bois et à 1% de colles sans formaldéhydes,

cette ressource a zéro déchets en fabrication et

au montage, grâce à l’optimisation industrielle

le produit fini a un taux de chute de matière

premières très faible, les chutes sont totalement

valorisées.

Le bois est le matériau écologique par excellence;

il apporte une isolation et une résistance

optimale et permet de réduire la durée de

construction. Il est aussi le seul matériau de

construction à être à la fois écologique, de par

sa gestion durable et son recyclage, mais aussi

renouvelable.

62

LG - Best of & Guide 2017


Logement

Best of LG 197 - Avril 2017

La gestion locative sociale –

outil efficace pour l’occupation

de logements inhabités

En date du 9 mars 2017, Marc Hansen, ministre du Logement, a présenté le concept de

la gestion locative sociale ainsi que ses avantages. Outre le fait que les propriétaires

mettant à disposition leur logement à un organisme conventionné, profitent d’un

avantage fiscal, la gestion locative sociale constitue un instrument efficace dans la lutte

contre l’exclusion sociale par le logement et un levier de mixité sociale. Suite à cette

présentation, une convention de collaboration a été signée avec le syndicat intercommunal

De Réidener Kanton.

Les avantages

Les avantages de cet instrument

sont multiples:

Au niveau économique

- pour le locataire: accès à un logement

abordable

- pour le propriétaire: loyer garanti et

contrôle et entretien régulier du

logement

- pour la communauté: activation de

logements supplémentaires et

augmentation de la disponibilité de

logements abordables

Au niveau fiscal

- pour le propriétaire: exonération

de 50% sur les revenus locatifs

Au niveau social

- pour le locataire: accompagnement social

- pour le propriétaire: accompagnement

des locataires

- pour la communauté: augmentation

de la mixité sociale


50% des revenus locatifs perçus par le propriétaire

sont exonérés d’impôts


La gestion locative sociale

Partenaires

Soucieux de lutter contre l’exclusion sociale En 2016, le ministère du Logement a subventionné

361 logements pour un mon-

par le logement, l’État a mis en place en 2009

le concept de la gestion locative sociale. Ainsi, tant de 461.000 euros. Actuellement, sept

toute fondation, association sans but lucratif, acteurs sont conventionnés avec le ministère

ayant pour objet social la promotion du logement,

respectivement communes, tout syn-

Immobilière Sociale (AIS). L’AIS possède

du Logement, dont notamment l’Agence

dicat de commune ou office social peuvent une expérience de près de neuf ans dans le

signer une convention de collaboration avec domaine de la gestion locative sociale et a

le ministère du Logement. Le partenaire géré 235 logements en 2016. Des discussions

sont en cours avec plusieurs acteurs

conventionné loue des logements aux propriétaires

privés pour les mettre à disposition en vue d’une collaboration future, le dernier

de ses clients, en règle générale des ménages partenaire ayant signé une convention avec

à faible revenu. En moyenne, les loyers sur le le ministère du Logement étant le syndicat

marché conventionné se situent 30% en dessous

des loyers du marché privé. Le ministère

intercommunal De Réidener Kanton.

du Logement soutient cette démarche via une

participation aux frais de maximum 100 euros

par logement par mois. Depuis l’année fiscale

2017, 50% des revenus locatifs perçus par le Communiqué par le ministère du Logement

propriétaire sont exonérés d’impôts.

Service Information et Presse

64

LG - Best of & Guide 2017


Marc Hansen


Logement

L’AIS s’implante au Sud

Le 10 mai 2017, avec le haut patronage du ministre de la Famille et de l’Intégration Corinne Cahen, et du

ministre du Logement Marc Hansen, l’Agence Immobilière Sociale a inauguré ses bureaux de Rodange.

Cet instrument de lutte contre l’exclusion sociale par le logement souhaite mieux desservir les habitants

du sud du pays. En offrant des garanties intéressantes aux propriétaires, ce service d’utilité public loue des

habitations pour les mettre à disposition des plus nécessiteux. De plus, les propriétaires qui louent leurs

biens à l’AIS profitent, à partir de cette année, d’une exonération fiscale de 50% sur les revenus locatifs.

Gilles Hempel, directeur de l’AIS


Marc Hansen, ministre du Logement

Corinne Cahen, ministre de la Famille et de l’Intégration

202b, rue de Hamm

L-1713 Luxembourg

64, route de Longwy

L-4831 Rodange

Tél.: 26 48 39 52

Fax: 26 48 39 53

info@ais.lu


Logement

Best of LG 199 - Juin 2017

Un monde habitable pour tous

La fondation Kräizbierg sait ce qu’«habiter» veut dire. Elle gère aujourd’hui cinq foyers

d’hébergement adaptés aux personnes en situation de handicap et leur offre la possibilité

d’exercer un métier au sein de ses ateliers. Rencontre avec John Schummer, directeur général.

“ Il faut penser à tout!


40 ans d’activité

La fondation Kräizbierg est en fête, elle

célèbre cette année son quarantième anniversaire

et n’en est pas peu fière. Depuis

1977, la ville de Dudelange est traversée

chaque matin par les 30 bus qui déposent

140 personnes en situation de handicap au

centre d’accueil de jour, à l’école ou dans

les ateliers de la fondation Kräizbierg. D’où

viennent ces autocars remplis de ceux qui

peuplent et égayent tous les jours de la

semaine ce beau domaine? Le directeur

général, John Schummer, énumère les possibilités:

certains habitent dans les foyers gérés

par la fondation, d’autres résident dans des

structures similaires et quelques-uns vivent

dans leur maison familiale.

La fondation gère aujourd’hui un centre

d’accueil de jour, une école et cinq foyers

d’hébergement. Les Ateliers Kräizbierg, eux,

sont gérés par une société coopérative et

emploient chaque jour 110 personnes présentant

des handicaps physiques et parfois

psychiques. Se demander comment est née

l’idée de créer une fondation pour un public

spécifique revient à se demander pourquoi

on ne désire que ce dont on manque. La fondation

Kräizbierg est née d’un manque – le

manque d’un lieu de vie confortable, conçu

pour les personnes en situation de handicap

et ayant dépassé l’âge de la scolarité.

Un véritable foyer

Aujourd’hui, la fondation Kräizbierg offre

à tous ceux qui en ont besoin, la possibilité

de vivre dans un logement adapté à leur

handicap, elle leur permet également d’apprendre

un métier ou de travailler dans l’un

des ateliers présents sur le site. A l’heure

actuelle, il existe cinq foyers gérés par la

fondation: le foyer «Brill» à Dudelange, la

structure «Betreit Wunnen Gasperich» à

Luxembourg, la «Cerisaie» à Dalheim, le

domaine «Schoumansbongert» à Frisange

et le foyer «Lankhelzerweiher» à Esch-sur-

Alzette. Les différents foyers se distinguent

par le type de public qu’ils accueillent: selon

son âge et selon le handicap, le demandeur

sera orienté vers la structure qui lui

convient le mieux. Le point commun entres

ces différents lieux d’habitation? Aucune

structure n’est mise au ban des villes et de

la population: les résidents des différents

foyers participent à la vie de leur commune

et côtoient la population locale dont elle fait

partie intégrante.

Le logement d’une personne en situation de

handicap ne se sculpte pas tout à fait comme

celui d’une personne valide. «Il faut penser à

tout!», précise le directeur général: les portes

doivent être suffisamment larges pour laisser

aller et venir les personnes qui se déplacent à

l’aide d’un fauteuil roulant, les éviers doivent

68

LG - Best of & Guide 2017


John Schummer

être accessibles facilement et les salles de

bains et les toilettes beaucoup plus spacieuses.

Lorsqu’un nouveau résident prend

possession de son appartement ou de sa

chambre, il peut laisser libre cours à son imagination

et faire de son lieu de vie un espace

qui lui ressemble, décoré par ses soins. Un

ergothérapeute pourra lui proposer une aide

sur mesure et lui faciliter la vie quotidienne

au sein de son logement. Tous les foyers

bénéficient de chambres ou d’appartements

individuels ainsi que de salles communes

destinées aux activités pédagogiques, aux

jeux, aux déjeuners et aux dîners…en un

mot, au «vivre-ensemble». Il est important

que les personnes en situation de handicap

se sentent chez elles au sein de leur foyer.

Tout est en effet mis en œuvre pour leur

rendre la vie aussi douce et facile que possible:

ils vivent dans des espaces conçus pour

eux, ils font des activités (professionnelles

ou non) qui correspondent à leurs capacités

et bénéficient d’une aide et d’un soutien

permanent orchestré conjointement par le

personnel de santé et par le personnel éducatif.

Sans les infirmiers, les aides-soignants,

les psychothérapeutes, les orthophonistes,

les éducateurs et les kinésithérapeutes, la vie

des résidents ne serait tout simplement pas

possible au sein de ces structures. Lorsqu’on

demande à John Schummer si les résidents

sont heureux de vivre dans les foyers de

la fondation, il répond modestement qu’il

le croit.

Des activités professionnelles

Au sortir de leur petit nid douillet, les résidents

qui le peuvent se rendent avec enthousiasme

chaque matin à la fondation Kräizbierg pour

exercer leur métier: ils brodent, ils impriment,

ils confectionnent des objets en terre cuite, ils

jardinent ou travaillent au magasin D’Breck présent

sur le site et vendant les produits réalisés

par les salariés des différents ateliers. Voilà un

lieu où la vie ne semble pas s’arrêter un instant

et qui ne demande qu’à s’agrandir. Ce sera

chose faite d’ici peu, puisqu’un nouvel atelier

va sourdre dans les mois à venir et un nouveau

foyer devrait voir le jour dans le centre-ville de

Dudelange et proposer 25 nouvelles chambres

ainsi que 20 appartements.

MCh

LG - Best of & Guide 2017 69


Logement

L’accessibilité, partie intégrante

du développement durable

Le gouvernement luxembourgeois a accordé la priorité aussi bien au développement

durable qu’à l’accessibilité dans son programme gouvernemental. Pour nous, l’accessibilité

est partie intégrante du développement durable de notre société. Le «non accessible»

ne peut pas être considéré comme durable. Rencontre avec Magnus Koerfer, architecte

et responsable CCNAB.


Bien planifier

aujourd’hui pour anticiper

les besoins de demain


Le gouvernement ne s’engage-t-il pas

assez pour améliorer l’accessibilité?

L’engagement du gouvernement pour l’accessibilité

est bien réel. Il est explicitement

invoqué dans le programme gouvernemental

de 2013 que l’amélioration des conditions

d’accessibilité constitue un élément considérable

de la politique du gouvernement

actuel. En effet elle ne constitue qu’un volet

du chapitre traitant de la politique pour les

personnes handicapées. Dans ce chapitre, le

gouvernement prône les principes du «Design

for All»* en précisant que: «L’accessibilité

est à développer en particulier dans les

lieux ouverts au public, dans le domaine des

transports publics, ainsi qu’en matière de

communication, dans les différents formats

électronique, imprimé et télévisé».

En 2017 et en 2018 nous avons des

élections respectivement communales et

législatives. Est-ce que l’accessibilité est

encore un sujet qui intéresse les électeurs?

Bien sûr, c’est même un sujet politique à

première vue facile. Travailler dans l’intérêt

d’une population défavorisée est toujours

bien vu par le grand public.

Nous constatons néanmoins que tenir les

promesses faites s’avère plus compliqué sur

le terrain et que, souvent pour des raisons

techniques ou parfois purement esthétiques,

des décisions sont prises sans réfléchir aux

conséquences de celles-ci pour les personnes

en situation de handicap. Il est important

de souligner qu’il existe beaucoup de déficiences

différentes et que la notion de handicap

ne se limite pas seulement aux personnes

à mobilité réduite.

En effet, les problèmes rencontrés tout

au long d’une opération de construction

génèrent souvent des compromis. Ceux-ci

sont trop souvent acceptés sans le recul

nécessaire et créent des faits accomplis, avec

lesquels il faut vivre par après.

Le Statec vient de publier que depuis

un peu plus de 30 ans l’espérance de

vie des hommes a augmenté de 10,2

ans et celle des femmes de 8,1 ans…

D’où l’intérêt de penser à l’accessibilité! Une

évolution qui met le Luxembourg dans le

peloton de tête de l’union européenne en

matière d’espérance de vie. Demain nous

aurons inévitablement une population vieillissante

voulant cependant participer à la vie

active. Les retraités de demain sont parmi

ceux qui vont utiliser les moyens de transports

et représentent bien évidemment des

clients potentiels pour les commerces.

70

*On entend par «Design for All» la conception de produits, d’équipements, de programmes et de services

pouvant être utilisés par tous, dans la mesure du possible, sans nécessiter ni adaptation ni conception spéciale.


Magnus Koerfer

Est-ce plus difficile de changer les

infrastructures ou les mentalités, et

quels sont les pièges à éviter?

Nous vivons une période riche en projets

d’infrastructures, bien perceptible par tous

les chantiers en cours. La façon d’entamer

les projets a changé, les mentalités des

différents intervenants sur le terrain n’a pas

nécessairement suivi. Trop souvent nous

sommes confrontés à des projets dans lesquels

les différents intervenants traitent leur

volet de façon isolée sans disposer d’une vue

d’ensemble du projet. L’accessibilité est une

chaîne et il suffit d’un seul maillon faible pour

mettre en péril l’ensemble.

Il est illusoire de croire qu’on peut régler l’accessibilité

après coup. En effet, ces solutions

sont souvent inesthétiques et très coûteuses

et ainsi mal acceptées par le grand public.

La notion de sécurité est un facteur bien

accepté par notre société. L’enjeu est d’intégrer

la notion de l’accessibilité dans nos

mentalités.

Les pôles multimodaux sont l’exemple type

où les concepteurs ont veillé à intégrer dès

le départ les besoins de tous. En effet, les

flux des différents usagers et l’optimisation

de l’accessibilité ont bien été pris en compte.

D’où votre engagement pour le

«Design for All».

Toute construction est conçue et construite

pour persister dans le temps. Le concept

du «Design for All» permet de combiner les

besoins actuels et futurs des utilisateurs avec

les idées innovatrices, l’expertise et le savoirfaire

des spécialistes. Il ne s’agit pas de solutions

miracles mais le «Design for All» peut

servir en tant qu’outil de «déstigmatisation»

des solutions adaptées ou adaptables, entre

autres, aux personnes handicapées et âgées.

Les stratégies du «Design for All» permettent

de créer, dès le stade de la conception, des

produits et solutions utilisables par le plus

grand nombre d’usagers. Permettant à ses

habitants, le cas échéant moyennant des

adaptations mineures, de se déplacer et

d’évoluer sans barrières artificielles et sans

contraintes quel que soit leur situation ou

leur âge.

ADAPTH asbl

36, route de Longwy

L-8080 Bertrange

Tél.: 43 95 58 - 1

www.adapth.lu

71


Logement

Ce qu’habiter veut dire

Implantée sur le territoire differdangeois, l’agence immobilière MAREA revêt plusieurs

casquettes. De la vente à la promotion immobilière, en passant par la rénovation, voilà une

entreprise familiale qui sait ravir ses clients. Rencontre avec Sandro Marochi, administrateur,

et Rico Marochi, administrateur délégué, de l’agence MAREA.


Nous ne sommes

pas des magiciens, mais

des professionnels


Un habitat de choix, pour une vie plus

douce

On tombe sous le charme d’un espace architectural

comme on tombe amoureux; on ne

tergiverse pas, on sait. Le monde tel qu’il va

nous pousse aujourd’hui à trouver un lieu

qui nous permettrait enfin de nous retirer des

turpitudes de la vie moderne. On recherche

avant tout un espace confortable qui saura

héberger nos joies, nos amours, nos tracas,

en un mot: nos vies. Si nous ne choisissons

jamais notre lieu d’habitation par hasard,

nous ressentons parfois le besoin d’être

épaulés dans nos choix. C’est ici que l’agence

immobilière MAREA intervient. Comme une

entremetteuse qui sait (parce qu’elle vous

aura compris) ce qui vous convient et ce qu’il

vous faut, elle saura vous l’apporter en temps

et en heure avec professionnalisme.

Une entreprise qui sait se rendre indispensable

On ne s’improvise pas agent ou promoteur

immobilier. Il faut de l’expérience, du savoirfaire

et une oreille attentive aux désirs de ses

clients. C’est ce que promet l’agence MAREA.

Depuis sa création en 2008, Rico, Claudio et

Sandro Marochi travaillent de concert pour

proposer aux clients luxembourgeois des

habitats de qualité. A eux trois, et avec le

soutien de Delphine Emptaz l’assistante de

direction de l’agence, ils peuvent se vanter

d’avoir su mener une entreprise à l’apogée de

son efficacité. L’agence immobilière MAREA

propose différents types de services: elle se

charge tout d’abord de toutes les actions

immobilières classiques (la vente de biens

intermédiaires, la vente de biens de ses

propres promotions, elle réalise des estimations

et établit les dossiers bancaires). Elle

assure également un véritable travail de promotion

immobilière: elle monte et développe

des projets immobiliers et assure une prestation

qui n’autorise aucune déconvenue – elle

se charge elle-même de la commercialisation,

de la vente et de la réalisation des projets

et ne considèrera son travail terminé que

lorsqu’elle aura remis leurs clés à des clients

comblés. Enfin, et toutes les agences immobilières

n’assurent pas ce type de service,

l’agence MAREA est en mesure d’assurer la

rénovation des biens immobiliers existants: du

remplacement d’un seul carreau de carrelage

à l’agrandissement d’un bâtiment, elle est

capable de tout. Ainsi, le client n’aura qu’à

faire part de ses désirs à un seul interlocuteur

de l’agence MAREA et il sera nécessairement

satisfait. Les Marochi ne sont pas des magiciens,

ce sont des professionnels.

72


Sandro et Rico Marochi

Ce que veulent les acquéreurs

Etre promoteur immobilier, c’est être un

fin connaisseur de la demande. Lorsqu’on

interroge Sandro Marochi sur ce que souhaitent

avant tout les clients, il nous rappelle

combien il est important de distinguer deux

types d’acquéreurs. Certains recherchent des

biens en vue de les habiter eux-mêmes, tandis

que d’autres souhaitent les acquérir à des

fins d’investissement. «Ce sont deux clients

bien distincts», nous dit Sandro Marochi,

il convient donc de les prendre en charge

différemment. Celui qui recherche un lieu

d’habitation pour lui et sa famille souhaite

avant tout un espace qui lui convient personnellement,

un espace qui aura su toucher sa

sensibilité, bref un espace dont il sait qu’il lui

apportera confort, bien-être et sérénité. En

revanche, le client qui souhaite investir est

obligé d’effectuer un choix plus «neutre» et

peut-être alors plus complexe. Dans les deux

cas, les conseils de l’agence MAREA seront

tout à fait précieux et secourables.

Sandro Marochi nous dit être parfaitement

conscient du problème de pénurie de

logements sur le marché luxembourgeois.

Cette difficulté, l’agence MAREA essaie

de la surmonter – notamment par le biais

de la promotion immobilière. Les loyers

luxembourgeois étant ce qu’ils sont (élevés),

il convient d’encourager les clients à acquérir

des biens plutôt que de les louer (les loyers

mensuels se rapprochant de plus en plus du

remboursement mensuel d’un crédit bancaire).

Attachée au territoire differdangeois parce

qu’elle en est native, la famille Marochi a à

cœur de réaliser des projets dans la commune

de Differdange. C’est le cas de la résidence

“Am Minett“ qui se situera dans la rue de

Hussigny. Elle se composera de sept logements

allant de 50 à 140 m2, chacun bénéficiant

d’une terrasse, d’un balcon ou/et d’une

loggia. Voilà une résidence qui devrait ravir

les (futurs) differdangeois, ceux qui auront

la chance de vivre dans ces appartements

conçus dans un style “Am Minett“, avec des

éléments et des finitions naturels tels que le

bois ou l’acier rouillé. Une belle promesse

pour cette belle agence qui a encore de nombreux

projets sous son chapeau.

MAREA S.A.

6, rue des prés • L–4648 Differdange

Tél.: 27 07 60 – 1 • Fax: 27 69 40 07

info@marea.lu • www.marea.lu

73


Pacte climat

Villa Rustica

Au sud du Grand-Duché, à proximité de la Ville d’Esch-sur-Alzette et à 5 km de la

frontière française, la commune de Mondercange regroupe les localités de Bergem, Foetz

et Pontpierre. Elle compte actuellement 6.794 habitants. Christine Schweich en est le

bourgmestre.

Depuis quand et pourquoi la commune

de Mondercange s’est-elle lancée dans

l’aventure du Pacte Climat?

Nous avons signé le Pacte Climat en 2013

dans le souci d’améliorer notre politique

environnementale. Et force est de constater

que cela a porté ces fruits puisque seulement

trois ans plus tard nous avons été certifiés

à 40%, puis à 50% en 2015. Nous affichons

fièrement nos 54% de certification

et continuons nos efforts afin de réduire au

maximum de nos capacités, notre emprunte

écologique.

Quels ont été vos premiers chantiers?

Nous avons commencé par le plus élémentaire,

ce sur quoi nous avions un pouvoir

d’amélioration immédiat. Nous avons par

exemple renoncé à l’utilisation des pesticides

pour le traitement de nos zones vertes, écarté

les matériaux de bois qui ne proviennent

pas d’exploitations responsables et dématérialisé

la plupart de nos courriers.

Quelles sont vos réalisations les plus

importantes?

Il a fallu ensuite créer une équipe dédiée à

la politique climatique qui s’est composée

de deux experts de «natur & ëmwelt», de

notre garde-forestier, du responsable des

espaces verts de la commune et du conseiller

écologique du Pacte Climat.

Nous avons aussi adhéré à l’Associassion des

communes d’Europe «Klimabündnis – Alianza

del Clima» dont les deux principaux objectifs

sont la réduction des émissions de gaz à effet

de serre (de 10% sur 5 ans) et le soutien aux

peuples des pays en voie de développement.

Raison pour laquelle nous avons été résolus à

renoncer aux bois tropiques.

Dans les cas où le numérique ne nous permet

pas d’éviter les impressions, nous avons opté

pour du papier recyclé. Nous avons mis en

place une politique de gestion des déchets

suivant le principe du pollueur-payeur. La

«Rebox» à Foetz est devenu le point d’assemblages

pour les batteries, plastiques et

autres polluants, sans oublier le Syndicat

Intercommunal à Vocation Ecologique

(SIVEC) dont notre commune fait partie

depuis sa création.

Les habitants de la commune peuvent

régulièrement venir à la mairie de

Mondercange consulter le bureau régional

de conseils en énergie géré par myenergy

en partenariat avec la commune de

Mondercange. Le citoyen peut gratuitement

fixer un rendez-vous avec le conseiller

myenergy pour d’obtenir des conseils

pratiques pour économiser l’énergie au

quotidien et s’informer sur les aides financières

étatiques et sur le passeport énergétique.

76

LG - Best of & Guide 2017


Christine Schweich


Pacte climat

Nous avons aussi réalisé le cadastre solaire afin

de favoriser le photovoltaïque en propriété

et en copropriété, un diagnostic de performance

énergétique pour toutes les propriétés

immobilières de la commune, un inventaire de

l’éclairage publique, le relevé kilométrique et

de consommation des véhicules communaux.

Enfin, puisque nos enfants sont les garants

d’un avenir plus vertueux, nous avons tenu

à aborder le sujet du développement durable

et de l’écologie avec les écoliers.

Quelles sont celles à venir?

Nous allons prochainement installer de

nouveaux compteurs dans les bâtiments

communaux. Nous enquêtons aussi sur le

comportement de mobilité au sein de l’administration

communale et allons mettre en

place de nouveaux chemins piétonniers au

Mettendall de Bergem. Nous essaierons aussi

de renouveler le matériel de bureau par des

matériaux plus écologiques.

Enfin, nous travaillons à l’élaboration d’un

parc éolien avec Sudgaz.

Un mot sur la mobilité?

Nous avons acquis deux nouveaux véhicules

électriques et notre bus sur commande

Mobus connait un succès prometteur. De

nouvelles lignes de bus vont voir le jour à

la rentrée et le Nightrider devrait continuer

ses missions pour les nuits du week-end

et festives.

À l’occasion de la journée de la mobilité,

nous présenterons le 23 septembre, les

alternatives à la voiture privée. Dans ce

sens, nous participerons financièrement aux

abonnements annuels pour les transports

en commun.


Nous affichons

fièrement nos 54% de

certification et continuons

nos efforts afin

de réduire au maximum

de nos capacités, notre

emprunte écologique


Commune de Mondercange

18 rue Arthur Thinnes

L-3901 Mondercange

Tél.: 55 05 74 - 1

commune@modercange.lu

www.mondercange.lu

78

LG - Best of & Guide 2017


Pacte climat

La plus appliquée du Sud

Unique commune des Terres Rouges à être certifiée au meilleur niveau du Pacte Climat,

Schifflange compte pourtant encore améliorer ses 76% à sa prochaine évaluation. Son

conseiller climat et ingénieur en énergies Guy Spanier, revient sur le développement

durable de la commune aux 10.400 habitants. Interview.


Des économies

d’énergie de 85% dans

certaines rues

A gauche, ancien éclairage;

à droite, nouvel éclairage


Schifflange entreprend un ambitieux

projet quant à son éclairage public,

pouvez-vous nous en dire plus?

Nous essayons en effet de parer la pollution

lumineuse de notre commune. C’est pourquoi

d’ici la fin de l’année prochaine, nos

plus anciennes ampoules qui fonctionnent

encore à la vapeur de mercure (125 watts),

seront remplacées par du LED (30 watts).

Nous ne changerons pas celles à la vapeur de

sodium car elles sont plus récentes et offrent

encore un bon rendement.

Nous nous attaquons également aux déperditions

lumineuses en obligeant tous les

bâtiments de la commune à diriger leurs faisceaux

de lumière vers le bas. Bien évidemment,

nos nouveaux lampadaires répondent

à cet objectif de limiter l’orientation lumineuse

à l’horizontale (photo ci-contre). Ainsi,

les alentours comme les lieux d’habitations

ou les sous-bois ne sont plus perturbés par

les déperditions de lumières; citoyens et

animaux sont alors préservés de la pollution

lumineuse. Les automobilistes gagnent en

visibilité, la commune en économies et les

insectes sont moins attirés vu que le spectre

lumineux des LED contient moins d’émission

d’ultra-violet. De plus, une LED chaude (à la

lumière plus orangée) avec une température

de couleur de moins de 3.000 kelvins réduit

davantage la lumière bleue et protège donc

les insectes.

Enfin, nous adaptons la puissance de l’éclairage

en fonction de la densité du trafic

(70% dès 20h, 50% à minuit et 100% à 6h

/ photos 1 et 2). Nous réalisons ainsi des

économies d’énergie qui peuvent atteindre

85% dans certaines rues et amortissons le

coût du LED en six ans seulement.

Pouvez-vous nous exposer les critères

de développement durable qui ont été

intégrés aux plans d’aménagement?

Il est vrai que nous imposons désormais des

critères plus exigeants dans le cadre des

plans d’aménagement particulier comme par

exemple la fixation d’une classe énergétique

B pour les bâtiments de la zone d’activité

«Auf Herbett». Ce qui est donc plus ambitieux

que la classe énergétique de classe

C que la loi requiert pour les bâtiments

fonctionnels.

Les toitures des bâtiments de notre zone

d’activité économique doivent, sur au moins

50% de leur surface, être végétalisées, ou

équipées de panneaux solaires ou encore

intégrer des places de stationnement ou des

puits de lumières afin de favoriser l’éclairage

naturel (photos 3 à 6). Les surfaces vitrées

dépassant les trois mètres carrés nécessitent

un vitrage qui protège les oiseaux, les bois

utilisés répondent d’une certification de gestion

durable, l’emploi de produits chimiques

pour leurs traitements ont été proscrits, les

mousses synthétiques ne contiennent plus

d’agents halogénés et les pierres naturelles

ne sont plus importées de Chine mais proviennent

d’Europe.

80

LG - Best of & Guide 2017


Guy Spanier

1 2

3 4

5 6

Source des photos des réalisations : Administration communale de Schifflange

LG - Best of & Guide 2017 81


Pacte climat

Changer

les mentalités et insuffler

de nouvelles pratiques

responsables



De même, les PAP logements ont aussi

été définis selon de nouveaux critères: les

toitures doivent être plates et végétalisées

sur au moins 80% de leur surface, les eaux

pluviales collectées et utilisées et les matériaux

isolants, de préférence écologiques, les

espèces végétaux, indigènes, les menuiseries

extérieures, en bois ou en aluminium et les

PVC sont interdits.

accord, nous avons élaboré des plans types

qui permettent une nette augmentation des

mètres carrés habitables des maisons. Le

résultat de nos réflexions leurs a été exposé

lors d’une réunion d’information en date du

20 juin 2017.

Quel bilan pour les déchets?

Sas à ordures de petite taille

Nous sommes conscients qu’il faille changer

les mentalités et insuffler de nouvelles pratiques

responsables et puisque Schifflange

est un territoire qui attire tant les particuliers

que les entreprises, nous avons les moyens

de nos ambitions.

Comment assurez-vous le respect de

tous ces critères?

Schifflange est la première commune à effectuer

des contrôles réguliers sur les chantiers,

et ce, par ses agents communaux. Tout

projet de construction est contrôlé au minimum

quatre fois durant son élaboration. Les

cautions (3.000 euros pour les particuliers

et 10.000 euros pour les promoteurs) sont

garantes de leur devoir de prévenir les autorités

communales aux différents stades du

projet. En un peu plus d’un an, 180 permis

de construire ont été délivrés et quelques 250

contrôles ont été réalisés.

Et pour ce qui est du développement

urbain…

Nous sommes actuellement en train d’élaborer

un PAP pour la Cité Emile Mayrisch. Nous

cherchons une homogénéité à cette ancienne

cité ouvrière construite en 1912 par l’Arbed.

C’est pourquoi nous avons convié les habitants

à deux ateliers de travail afin de discuter

des forces et faiblesses de leur quartier.

De nombreuses idées ont été proposées pour

en améliorer l’aménagement, réorganiser les

places de stationnement et installer des zones

de rencontre et des plaines de jeux. Avec leur

Schifflange a instauré depuis 1997, un système

d’identification des poubelles qui nous

a permis de passer de 270kg annuels de

déchets ménagers par habitant à 200kg (la

moyenne nationale est de 223 kg par personne).

Depuis un an, nous y avons ajouté

l’identification du poids et mis en place un

règlement incitatif. Notre taxe de raccordement

est de 13 euros par mois mais peut

diminuer à 9 euros dès lors que le citoyen

recycle ses déchets. Toutes ces dispositions

nous ont permis de réduire s’avantage nos

déchets ménagers de 15% (à 165kg) et

de doubler voire de tripler les quantités de

papier, verre et PMC collectées.

Nous croyons au principe du pollueur payeur

qui est plus difficile à mettre en place dans les

résidences. C’est pourquoi nous avons prescrit

la mise en place de sas-à-ordures dans

toutes les résidences à partir de 10 unités et

en complément un centre de recyclage pour

celles à partir de 20 unités. 70 maisons plurifamiliales

(sur les 360 que compte la commune)

sont visées par cette disposition et la

majorité d’entre elles en sont déjà équipées.

Nous incitons actuellement les résidences de

moins de 10 unités à faire de même avec des

SAS à ordures de petite taille, et deux bâtiments

ont pour l’heure été équipés.

Administration Communale de Schifflange

L-3801 Schifflange

Tél.: 54 50 61 1

Fax: 54 42 02

www.schifflange.lu

82

LG - Best of & Guide 2017


Les voies

d’un développement durable

Alors que le ciel hivernal de ce début d’année 2017

est grisé par les pics de pollution aux particules fines,

l’inquiétude des citoyens et des pouvoirs publics se fait

entendre. Au sein de cette conscience collective et proche

de ses habitants, les communes jouent un rôle important.

Rencontre avec l’équipe communale de Pétange en

charge du Pacte Climat qui revient sur son engagement

pour un développement durable.

Collège échevinal

De gauche à droite:

Pierre Mellina

Roland Breyer

Romain Mertzig

Raymonde Conter-Klein

84

LG - Best of & Guide 2017


Mesures phare du Pacte Climat

Pétange a signé le Pacte Climat en 2014 et

s’est dotée depuis de 44 mesures réparties en

cinq chapitres. Ces mesures devront permettre

de réduire de 2% la consommation annuelle

des bâtiments communaux d’ici 2020.

L’équipe communale a commencé par analyser

consciencieusement les consommations

d’eau, d’électricité et de chauffage de

ses bâtiments en remontant jusqu’en 2013.

D’audits en réflexions, ils ont privilégié

l’efficacité aux choix esthétiques et c’est

ainsi que le centre de loisir Lamadelaine

sera bientôt doté d’une nouvelle chaudière

(d’autres mesures comme le remplacement

des fenêtres ayant été écartées pour leur

faible retour sur investissement). Sur le

même principe, la piscine PIKO de Rodange,

étant la plus énergivore des bâtisses communales,

fera bientôt l’objet d’un audit

afin de dégager les mesures d’économies

d’énergie.

Les services communaux actuellement répartis

sur huit sites vont aussi être rassemblés en

un seul lieu, composé d’un atelier au rez-dechaussée

et d’un vestiaire au premier étage

construit selon les normes triple A. Le bâtiment

sera équipé d’une installation à double

flux, d’une chaleur biomasse et de panneaux

solaires qui lui permettront d’être autonome.

Mobilité

Un projet de piste cyclable transfrontalière a

été élaboré afin de relier Rodange à Longwy,

Aubange et Messancy. La gare de Rodange

s’équipera dès lors d’un parc à vélo «mBOX»

et deviendra le point de raccordement des

quatre communes pour que les travailleurs

frontaliers puissent privilégier la petite reine.

Un P+R d’une capacité de 1.700 véhicules

équipera aussi la gare, «le but étant que les

travailleurs frontaliers utilisent leur vélo ou

leur voiture jusqu’à la gare de Rodange et

puissent ensuite prendre les transports en

commun en direction de la Ville ou d’Eschsur-Alzette»,

confie Michel Falco, en charge

de la mobilité.

En créant de nouvelles pistes cyclables

connectées au réseau national, en reliant le

centre de Rodange à celui de Pétange et en


La ville de Pétange

entend favoriser la mobilité

douce et la qualité de vie

dans le centre-ville


Equipe communale

De gauche à droite:

A l’avant plan:

Sébastien Koch

Adèle Schaaf

Vera Pereira

Stephania Agostino

A l’arrière plan:

Claude Linden

Marc Bosoni

Michel Falco

LG - Best of & Guide 2017 85


Pacte climat

Best of LG 195 - Février 2017

© Luxconsult

© Luxconsult

augmentant le nombre de vélos en location,

la ville de Pétange entend favoriser la mobilité

douce et la qualité de vie dans le centre-ville.

De plus, elle prévoit de fermer certaines

zones actuellement accessibles aux automobilistes

comme la rue du Parc et d’étendre les

zones piétonnes.

Tous ces chantiers ont, bien évidemment, été

présentés aux riverains et ce via une nouvelle

brochure qui améliore la communication

entre la commune et ses citoyens.

Le Pacte Climat

Il y a douze ans, «Pétange était l’une des premières

communes à s’être dotée d’un centre

de recyclage», explique le chef du service environnement

Claude Linden. Son collègue Marc

Bosoni, responsable des bâtiments communaux

explique qu’il y toujours eu une volonté politique

d’aller vers le développement durable. Et d’ajouter

que «le Pacte Climat a mis à disposition des

outils qui permettent de centraliser et d’exploiter

les données». Ce que confirme le conseiller

climat de la commune, Sébastien Koch: «C’est

l’exploitation qui a manqué à cette commune

qui comparée à d’autres, était déjà bien avancée

en termes de collecte de donnée».

Avec un cahier des charges précis, Pétange

entend privilégier les points où elle a un véritable

pouvoir décisionnel. La commune est labélisée à

52% (niveau 2) dans le Pacte Climat et elle est

consciente qui lui sera très difficile d’atteindre le

niveau 1. Les industries lourdes présentes sur

son territoire comptent pour 80 à 90% de la

consommation de gaz et d’électricité. Les industries

sont énergivores et comptabilisées dans la

consommation moyenne par habitant.

Pétange continue néanmoins de sensibiliser

ses habitants et va par exemple indiquer sur

les factures d’eau des ménages, les consommations

des années précédentes. «Nous

avons réduit les fuites d’eau de 16 à 8% et

serons bientôt dotés d’un nouveau logiciel

qui permettra de mieux les repérer», nous

explique Vera Pereira, responsable de l’eau

potable et des canalisations.

Toute l’équipe présente lors de l’interview

est «le signe de l’implication de chacun dans

le processus du développement durable de

la commune», confie, non sans fierté, Adèle

Schaaf, cheffe du département technique en

charge du bilan Pacte Climat. Et d’ajouter que

si d’autres communes disposent parfois d’un

ingénieur entièrement dédié, l’équipe communale

de Pétange est forte de la bonne volonté

et de l’implication de tous ses intervenants.


Le sud du pays est riche

d’un passé métallurgique

et industriel qui pousse

les communes à tendre

vers un développement

plus respectueux de l’environnement


Administration communale de Pétange

Place John F. Kennedy

L-4760 Pétange

Tél.: 50 12 51 1

Fax: 50 12 51 2000

www.petange.lu

86

LG - Best of & Guide 2017


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

Pacte avec les citoyens

La commune de Steinfort fut une des premières à avoir signé le Pacte Climat le 1 er janvier

2013. Aujourd’hui, son bourgmeste, Jean-Marie Wirth, épaulé des échevins Daniel

Frieden et Anne Houlard, affiche avec fierté le Silver Award attribué le 23 janvier dernier

par le ministère du Développement durable et des Infrastructures pour ses efforts dans

les domaines de l’efficacité énergétique et de la lutte contre le changement climatique.


L’information est un

volet qu’il faut travailler

davantage


Quelles ont été et quelles seront les

principales initiatives liées au Pacte

Climat?

Daniel Frieden: La rénovation du parc automobile

et la réalisation de l’éclairage public.

Nous allons rénover notre éclairage en installant

des lampes LED. Nous allons modifier

et changer au fur et à mesure notre éclairage

pour limiter la consommation énergétique.

Nous allons également analyser nos bâtiments,

voir où il y a des déficiences et remédier

à cela d’un point de vue énergétique,

suite à quoi nous procéderons à une bonne

isolation des maisons.

Nous avons fait l’extension de la maison

relais respectant le plan de base des nouvelles

constructions. Nous procédons en ce

moment à une grande rénovation de la Villa

Collart* dans un cadre écologique, c’est-àdire,

dans un cadre de protection de l’environnement

et de rénovation énergétique.

La Villa Collart est une maison répertoriée

comme monument national.

Jean-Marie Wirth: Nous avons fait un répertoire.

Nous avons vu quel était le stade de

ces maisons et leur charge de consommation.

Nous avons un programme qui sera

détaillé pour les différents immeubles lequel

nous permettra de voir où nous pouvons

isoler. Avec un plan d’action, nous pouvons

ainsi avancer.

Nous avons également eu récemment une

réunion pour développer notre concept de

mobilité douce. Il faut savoir qu’il y a différentes

communes qui disposent d’un tel

concept permettant ainsi de relier les différentes

villes et villages. Il convient aussi

de rappeler que nous sommes une des

communes avec celles de Koerich et Garnich

à avoir un «Proxibus». Nous offrons ainsi

un service aux personnes qui leur évite de

devoir prendre leur voiture.

Dans l’ensemble des communes, seulement

quatre ont atteint le score de

75%. Qu’est-ce qu’il vous reste à faire

pour atteindre ce résultat?

DF: Nous avons récemment atteint les 50%

et ainsi reçu le Silver Award…

JMW: Avoir atteint les 50%, implique

déjà un énorme travail accompli. Monsieur

Frieden a énormément travaillé dessus.

Toutefois, il y a encore un grand travail à

rattraper.

DF: L’information est un volet qu’il faut

travailler davantage. Notre personnel et les

citoyens doivent être mieux informés sur ce

que nous venons d’accomplir et sur ce que

nous voulons réaliser à travers des publications.

C’est l’une de nos priorités car c’est

aussi l’un de nos points faibles.

JMW: Il faut dire aussi que c’est bien qu’une

commune mette en œuvre le «Klimapakt»,

mais cela ne suffit pas. Il faut également

informer les gens. Le Pacte Climat est un

*Ndlr: villa des frères Collart, industriels fondateurs de l’aciérie de Steinfort au début du siècle dernier

88


Daniel Frieden, Anne Houlard et Jean-Marie Wirth

système de participation et il faut faire

prendre conscience aux gens que nous

sommes de grands consommateurs d’énergie.

Actuellement, nous avons mis en place des

factures d’eau où il est démontré quelle est

la consommation annuelle de chacun. Les

ménages pourront ainsi voir l’évolution de

leur consommation au fil des années.

Concernant l’électricité, nous sommes une

commune qui a son propre réseau électrique,

c’est-à-dire que nous sommes propriétaires

de notre propre réseau. Actuellement, nous

voyons avec Steinergy* comment pouvoir

mieux sensibiliser les citoyens et leur dire

qu’il y a une potentielle épargne d’énergie

à réaliser. L’aspect participatif a une énorme

importance.

Nous sommes également une commune sans

pesticides depuis quatre ans. Dans ce contexte,

nous nous sommes procurés une machine

thermique pour lutter contre les mauvaises

herbes. Ici aussi, il faut sensibiliser les gens

pour qu’ils n’utilisent plus d’herbicides dans

leur jardin. Nous parlons régulièrement avec

les paysans de notre commune afin de les

sensibiliser, mais ce n’est pas toujours facile.

DF: En tant que commune, nous avons un

partenariat avec Enovos qui est fournisseur

d’électricité. Ici, nous avons opté pour

l’utilisation de l’électricité verte. Plusieurs

démarches ont été également faites afin

d’installer de nouvelles bornes de recharge

pour les voitures électriques.

Dans le domaine de la communication, nous

avons organisé un marché de nuit auquel

nous avons associé l’année dernière un

marché environnemental. Avec cet évènement

nous avons réussi à motiver différents

syndicats. Cette année, nous espérons attirer

d’autres sociétés, surtout des commerçants

qui voudraient participer à ce volet.

Quel est le budget communal prévu

pour le Pacte Climat?

DF: Beaucoup de dépenses ne sont pas

comprises dans le Pacte Climat comme par

exemple l’emplacement des lampadaires ou

encore la rénovation de la Villa Collart.

JMW: Nous avons un budget spécifique, mais

des projets comme la rénovation de la Villa Collart

impliquent des frais transversaux. Cependant, je

peux vous dire que rien que cette année, la commune

a dépensé 50.000 euros pour des études.

DF: Ce sont ces mêmes études qui vont

servir de base pour les prochains travaux.

JMW: Et pour notre plan d’action, car il

faut établir des priorités pour savoir par où

commencer. Malheureusement, nous ne pouvons

pas tout réaliser en même temps.

*Ndlr: la société d’énergie de Enovos Luxembourg et de la Commune de Steinfort

89


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017


Il y a encore beaucoup

de pain sur la planche


Votre commune a bien sûr sa propre

identité, mais est-ce que Steinfort

s’inspire d’autres villes?

JMW: Le président de notre commission

environnementale a participé à quelques

séminaires à Bruxelles pour voir différentes

idées. Au niveau local nous observons en ce

moment plusieurs moulins dans le nord du

pays qui serviront de modèle pour la rénovation

d’un ancien moulin à Kleinbettingen.

Ces moulins ont également été rénovés

d’après une charte énergétique. Nous n’allons

pas réinventer la roue.

nouveau confiance, nous allons bien sûr

continuer dans cette direction et essayer

d’atteindre les 75%. C’est un objectif que

je me suis fixé.

JMW: Pour moi les 75% ne sont pas l’objectif

principal. Pour moi l’objectif est clair et

net, il s’agit surtout d’inclure la population

dans le projet et de les rassembler pour cette

bonne cause qu’est l’écologie. En tant que

commune, nous nous engageons à redoubler

d’effort pour l’environnement, mais si

la population ne s’implique pas d’avantage,

nous n’atteindrons pas nos objectifs.

Quel bilan final dressez-vous?

JMW: Il est évident que nous voulons continuer

puisqu’il y a encore beaucoup de pain

sur la planche.

DF: Nous n’atteindrons jamais les 75%, voire

plus. Soit cela se fait avec les citoyens soit

cela ne se fera pas.

DF: Lorsque nous avons signé le Pacte

Climat, je n’imaginais pas à quel point il

fallait y investir de l’énergie. Toutefois, je

ne regrette pas que nous ayons pris cette

direction. Après les élections communales du

8 octobre, si nos électeurs nous font à

Administration communale de Steinfort

4, Square Patton

L-8443 Steinfort

Tél.: 39 93 13 1

Fax: 39 00 15

www.steinfort.lu

90

LG - Best of & Guide 2017


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

Un mariage responsable

Au premier janvier 2018, Boevange-sur-Attert (2.200

habitants) et sa voisine Tuntange (1.800 habitants)

fusionneront sous le nom d’Helperknapp. Il est dès lors

naturel que les deux communes se soient associées dès

le début du Pacte Climat. Rencontre avec le conseiller

communal en charge, Marc Hamel.

Marc Hamel

Pourquoi s’être engagé dans le Pacte

Climat?

Le conseil communal s’y est intéressé dès

que la loi a été votée; il y a vu comme un

apport bénéfique à sa politique communale.

Aujourd’hui certifiés à 50%, nous gardons

l’ambition de parvenir aux 75% même si

nous sommes conscients qu’il nous sera très

difficile d’y parvenir.

Quelles ont été vos premières mesures?

Nous avons tout d’abord tenu à informer

nos citoyens via des conférences publiques

qui ont permis de développer des thèmes

comme le chauffage, les subsides étatiques

ou encore la rénovation des bâtiments.

Sous l’égide de Myenergy, nous avons

ensuite mis sur pied des consultances personnalisées

et gratuites pour les habitants

qui souhaitent être conseillés sur la rénovation

énergétique de leur maison. Nous

accordons d’ailleurs des subventions communales

qui sont cumulables aux subventions

étatiques lorsqu’un ménage s’équipe

de panneaux photovoltaïques, d’un réservoir

d’eau de pluie, d’une chaudière énergétique,

d’une pompe à chaleur ou même d’appareils

électroménagers de classe «AAA». Nous

informons aussi tous les ménages quant à

leur consommation d’eau, et ce, en perspective

des années précédentes. Un cadastre

solaire a été établi de façon à déterminer le

potentiel de production d’énergie photovoltaïque

de la commune et nous connaissons

dès lors les toits qui se prêtent le mieux à une

installation solaire.

Nos projets de constructions (PAG et PAP)

sont maintenant pensés selon le Pacte

Climat, c’est-à-dire en offrant une qualité

de vie et un respect environnemental qui

soient les meilleurs possible. Tous les nouveaux

quartiers résidentiels sont par exemple

équipés d’un éclairage LED et nous avons

l’ambition de remplacer au fur et à mesure

tout l’éclairage public. Nous sommes à 20%

de LED mais notre ambition est d’arriver aux

100% pour qu’à terme, nous puissions installer

un programme qui permette à la luminosité

de suivre les passants et les voitures.

La commune a-t-elle réalisé des travaux

sur ses propres installations?

Nous avons commencé par mettre en place

un système informatique qui permet le suivi

énergétique des bâtiments de la commune.

Cette comptabilité nous permet de cibler

nos actions et de devenir beaucoup plus

efficients au fil du temps. Nous avons réduit

notre consommation d’énergie de 184kwh à

150kwh par mètre carré depuis 2010 ce qui

représente une diminution de 2% par an,

sans affecter le confort des utilisateurs des

bâtiments communaux. Ceci nous a permis

de réduire nos émissions de CO 2 de 29%

par rapport à 2010.

93


Notre grand projet est celui d’une école

régionale à la capacité de 450 élèves qui

sera bâtie selon les dernières normes énergétiques.

Ce grand complexe scolaire prendra

fondation à Brouch à l’horizon 2020

et devrait remplacer les écoles de chaque

village dans le but d’optimiser les services

éducatifs pour la population.

Nous remplaçons également notre parc de

véhicules communaux par de l’électrique ou

de l’hybride. Enfin, nous construisons des

pistes cyclables et des trottoirs pour favoriser

la mobilité douce tout en augmentant la

sécurité des utilisateurs. Les pistes cyclables

étant reliées aux réseaux intercommunal et

national, nous espérons que la petite reine

soit plus utilisée sur de courtes distances.

Peut-on parler d’un changement de

mentalité au sein de la population?

Nous avons mis en place un programme

parascolaire de sensibilisation des élèves du

troisième cycle. De manière ludique et via

des jeux, nous les informons sur les problématiques

de l’énergie, du chauffage et des

ressources telles que l’eau. Munis de thermomètres

et d’un appareil qui mesure le CO 2 ,

ils abordent même la question du réchauffement

climatique. Une fois rentrés chez

eux, les enfants sensibilisent à leur tour

leurs parents. Si les enfants sont une porte

d’entrée efficace pour toucher efficacement

les ménages, ces séances les amènent à des

réflexions sur l’environnement.

Réduire notre empreinte écologique est un

travail quotidien qui requiert un personnel

communal efficace et des citoyens impliqués.

C’est pourquoi nous avons fait appel à la

population pour former notre équipe climat.

Les dégâts liés aux changements climatiques

engendrent des coûts énormes et les populations

fuient les sécheresses et les montées

des eaux. C’est pourquoi il en va de la responsabilité

des municipalités européennes

que de mettre en œuvre des actions pour

moderniser leurs infrastructures dans la perspective

d’une efficience énergétique.

A l’étranger, de nombreuses communes,

même avec des ressources limitées, se

lancent dans des programmes écologiques.

Les communes luxembourgeoises ont les

moyens de mettre en place des programmes

ambitieux et le Pacte Climat est un premier

pas.


Réduire notre

empreinte écologique est

un travail quotidien qui

requiert un personnel

communal efficace et des

citoyens impliqués


Administrations communales

Boevange/Attert

Coin rue de l’Attert/rue de Helpert

L-8710 Boevange/Attert

Tél.: 23 63 01 32

Fax: 23 63 95 24

www.boevange-attert.lu

Tuntange

2, rue de Hollenfels

L-7481 Tuntange

Tél.: 23 63 05 35 1

Fax: 23 63 05 35 22

www.tuntange.lu

94

LG - Best of & Guide 2017


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

Un engagement global pour le climat

Ayant adhéré au Pacte climat en mai 2013, la commune de Contern multiplie les mesures

afin de pouvoir, dans un futur proche, prétendre à un niveau de certification supérieur.

Souhaitant agir dans le cadre d’un projet global, la commune entend bien coordonner

ses actions afin de ne pas se lancer dans des mesures isolées. Explications avec Fernand

Schiltz, bourgmestre de la commune de Contern.


Nous souhaitons

amener les travailleurs à

prendre les transports

publics en leur offrant

un chemin court et rapide

pour se rendre au travail


Comment s’est constituée l’équipe

dédiée au Pacte Climat?

Nous n’avions pas attendu de nous engager

vis-à-vis du Pacte Climat pour prendre des

mesures écologiques. En effet, depuis quinze

ans, la commune est membre du Klima-

Bündnis Lëtzebuerg, soit l’Alliance pour le

climat Luxembourg.

Deux équipes sont aujourd’hui dédiées au

Pacte Climat; la première œuvre au niveau

local et se compose de onze membres.

Globalement il s’agit de citoyens intéressés

et engagés de par leur travail ou leur activité

bénévole dans des actions liées à la protection

de l’environnement. Cette équipe

se réunit au moins une fois par mois.

En parallèle, nous possédons également

une équipe climat régionale qui regroupe

les quatre communes du SIAS, syndicat à

vocation multiple, dont un des domaines

d’action est l’environnement. Notre commune

ainsi que celles de Schuttrange,

Sandweiler et Niederanven ont chacune

deux représentants dans l’équipe climat

régionale.

Un conseiller qui nous a été attribué par

myenergy afin de nous épauler dans nos

démarches fait la liaison entre ces deux

équipes et centralise toutes les informations

relatives aux initiatives des deux

groupes.

Quels sont vos projets en cours?

Nous sommes en train d’aménager un plan

de mobilité pour les entreprises en collaboration

avec le Verkéiersverbond pour réduire le

trafic aux heures de pointe dans notre grande

zone industrielle. Les entreprises veulent aussi

agir en ce sens et nous comptons déjà plus de

3.000 réponses positives quant au lancement

de ce projet. Nous établissons donc actuellement

un plan d’action que nous comptons

présenter au ministre du Développement

durable et des Infrastructures, François

Bausch, en septembre 2017. Nous espérons

parvenir à amener les personnes travaillant

dans la zone industrielle à prendre les transports

publics en leur offrant un chemin court

et rapide pour se rendre au travail.

De plus, si les entreprises choisissent d’établir

leur siège dans notre commune, c’est pour

être proches de l’aéroport, de la capitale et

des axes autoroutiers. Or, si la circulation est

bouchée, elles perdront alors le bénéfice de

la proximité. Elles ont donc tout intérêt à collaborer

avec nous en offrant, par exemple, à

leurs employés, un mPass leur permettant de

se rendre sur leur lieu de travail en transport

en commun. Prochainement, nous voudrions

également faire passer le PC27, une piste

cyclable qui passe par de nombreuses villes

luxembourgeoises, à travers la zone industrielle.

Nous voudrions donc aussi inciter les

entreprises à installer des vestiaires et des

douches pour les employés qui voudraient

se déplacer en vélo.

96

LG - Best of & Guide 2017


Au niveau de la mobilité, le village de

Moutfort deviendra un échangeur pour les

bus et les trains: en 2018, une gare de bus

sera installée dans le village et l’inauguration

de l’arrêt de train suivra.

Par ailleurs, nous construisons une nouvelle

mairie qui possèdera des panneaux photovoltaïques

sur le toit. Ce bâtiment, comme

d’autres dépendant de l’administration, sera

chauffé avec des copeaux de bois qui proviennent

des forêts de la commune et qui

sont neutres en émissions de CO 2 .

Comment sensibilisez-vous les habitants

de la commune aux démarches

que vous effectuez?

Nous veillons à ce que les habitants se

sentent concernés par les mesures que nous

prenons, notamment en communicant sur

nos actions par le biais du SIAS et de nos

bulletins communaux.

Nous avons par ailleurs donné l’occasion aux

habitants n’ayant pas la possibilité de placer

des installations sur leur toit d’investir dans

des panneaux photovoltaïques placés sur les

toits du hall de sport de Contern et du centre

culturel de Moutfort. Ce projet a connu un

énorme succès puisque toutes les installations

ont très vite été vendues. A l’intérieur des

bâtiments, chaque panneau est relié à un

compteur qui indique la quantité d’énergie

produite. Cette dernière est ensuite réinjectée

dans le réseau électrique géré par Creos et

les citoyens amortissent le coût de leur installation

en contribuant à créer de l’énergie.

Comment envisagez-vous l’avenir?

Nous sommes maintenant déterminés à

atteindre le prochain seuil de certification

de 75% avec notre équipe climat. En poursuivant

les objectifs que nous nous sommes

fixés, nous sommes persuadés de pouvoir

atteindre ce seuil de certification dans un

futur proche, mais cela dépendra bien sûr

de l’avancement des projets au cours de ces

deux prochaines années.

Au niveau régional, nous travaillons sur un

projet de tourisme doux. Depuis quelques

Fernand Schiltz

temps, nous sommes membres de l’Office

Régional du Tourisme et cela nous donne

la possibilité de faire de notre commune un

point incontournable du tourisme luxembourgeois.

Ainsi, nous voudrions créer un

concept proposant à la fois de découvrir

nos paysages, nos réserves naturelles et

nos musées tout en favorisant une mobilité

douce et en proposant des produits du terroir

au fil d’un itinéraire prédéfini. Ce projet

viendrait s’inscrire dans un autre de plus

grande envergure initié par le ministère du

Développement durable, et visant à intégrer

notre commune dans le tracé d’un réseau de

pistes cyclables touristiques allant de Rimini

en Italie à Londres en Angleterre. Ces pistes

sont bien fréquentées et nous permettraient

de donner un coup de pouce au tourisme

doux dans notre région.

Administration communale de Contern

4 place de la Mairie

L-5310 Contern

Tél.: 35 02 61

www.contern.lu

LG - Best of & Guide 2017 97


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

Engagement encadré

Le 2 juillet 2013, la commune d’Ettelbruck signait avec le ministère du Développement

durable et des Infrastructures le Pacte Climat. Son bourgmestre, Jean-Paul Schaaf,

est aujourd’hui catégorique sur cet engagement: «Nous sommes très positifs quant à

l’avancée du projet». Rencontre avec le bourgmestre et Chantal Hermes, responsable

du Service des bâtisses et de l’urbanisme de la commune d’Ettelbruck.


S’engager

pour le Pacte Climat,

c’est un but à atteindre,

un engagement à moyen

et à long terme


Genèse

«Avant la signature du Pacte Climat, nous

faisions déjà partie de l’Alliance pour le

climat (Klima-bündnis Geméng)», se souvient

Jean-Paul Schaaf, qui à l’époque

était président de la commission de l’environnement.

Le bourgmestre établit

cependant des différences entre les deux

initiatives. «S’il y a une véritable volonté

derrière l’Alliance pour le climat, par la

suite, nous étions relativement limités dans

nos actions, tandis qu’avec la signature du

Pacte Climat notre encadrement est plus

clair; il y a un vrai concept, un processus et

une intelligentsia qui nous aident à agir»,

argumente le dirigeant communal. Cet

engagement écologique a également été

motivé par le budget alloué par l’Etat pour

aider la commune à financer les projets

qu’elle souhaite mettre en place dans le

cadre de ce Pacte.

«Le Pacte Climat était une initiative du

gouvernement précédent. C’était une idée

formidable, car il s’agissait de passer des

paroles aux actes et de faire quelque chose

de concret. A échelle communale, nous

devons appliquer la même démarche et

conscientiser les ménages et les entreprises,

ce qui est plus difficile», reconnaît Jean-

Paul Schaaf. Dans le cadre de la création

du concept énergétique global de la commune,

un questionnaire fut envoyé non

seulement aux entreprises, mais aussi aux

ménages. «Une plus grande participation

des citoyens nous permettra d’atteindre

les 75%», conclut le bourgmestre ettelbruckois.

Le Pacte Climat offre également un cadre

soutenu au niveau de la main d’œuvre.

Louant l’importance du travail d’équipe, le

bourgmestre adopte un ton péremptoire:

«Nous ne pouvons pas tout faire ni tout

gérer nous-mêmes, nous avons besoin de

l’aide du gouvernement».

Atteindre les 75%

Le Pacte Climat comporte un catalogue

de six axes: aménagement du territoire

et constructions, bâtiments communaux

et équipements, approvisionnement et

dépollution, mobilité, organisation interne,

et communication et coopération.

Parallèlement, un système de certification

à trois niveaux permet d’évaluer et de

récompenser les efforts réalisés par les

communes selon trois niveaux: 40%, 50%

et 75%.

98

LG - Best of & Guide 2017


Chantal Hermes et Jean-Paul Schaaf

«Nous sommes actuellement à un niveau

de certification de 53%», précise Chantal

Hermes, responsable du Service des

bâtisses et de l’urbanisme de la commune

d’Ettelbruck. La commune a réussi à

atteindre ce seuil assez rapidement, parce

qu’elle a aussi pu prendre en compte un

bon nombre de projets lancés déjà avant

la signature du Pacte Climat, notamment

le remplacement de l’éclairage public traditionnel

par des LED, le cadastre solaire

et son engagement dans le cadre de l’initiative

Myenergy. «Le cadastre solaire est

ouvert au domaine privé et permet à chacun

d’évaluer si la toiture de son habitation

se prête à une installation photovoltaïque»,

explique Jean-Paul Schaaf.

Les axes bâtiments communaux et équipements

et approvisionnement et dépollution

sont quant à eux sous le seuil des 50% de

certification. Pour y remédier, la municipalité

compte renforcer sa coopération avec

la SuperDrecksKëscht pour améliorer sa

gestion des déchets. La stratégie des achats

de la commune va également être revue,

dans l’optique d’orienter les achats vers

des produits régionaux, bios et équitables.

«Dans le cadre du Pacte Climat, nous

avons équipé notre maison relais d’un

accumulateur de glace, même si au départ

nous avions prévu un chauffage au gaz. Ce

système de stockage de glace est une technique

de chauffage innovatrice», souligne

Chantal Hermes. Il s’agit d’un bassin d’eau

dont on retire de l’énergie. Fonctionnant à

l’inverse d’un frigo, l’eau va être glacée et

permettra grâce à la différence de température

entre le liquide et la glace, d’en retirer

de l’énergie pour chauffer un bâtiment.

Dans la mise en œuvre du Pacte Climat,

le collège des bourgmestre et échevins

LG - Best of & Guide 2017 99


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

et les services communaux sont soutenus

par une équipe climat très engagée et la

commission de l’environnement. L’équipe

climat qui s’est réunie pour la première fois

en mai 2014 est responsable du développement

d’un bon nombre de projets pour

faire avancer le Pacte Climat, surtout dans

le domaine de la sensibilisation.

City Mov’

Dans le cadre de l’évolution de la mobilité

douce, la commune met également en

place des projets tel que le partage de voitures.

«Même si le Pacte Climat a amplifié

la notoriété de ce projet, il s’agissait à

l’origine d’une initiative de la Nordstad,

notamment dans le cadre du projet City

Mov’ qui met à disposition des voitures et

des vélos électriques dans les communes

voisines», rappelle Jean-Paul Schaaf. Bien

avant, Ettelbruck fut la première commune

à se doter d’un «City Bus», un système

de transport à la charge de la municipalité

qui facilitait le transport des personnes en

circuit interne.

Malgré les bonnes intentions et les différentes

initiatives de la commune, les

résultats ne sont toujours pas visibles.

«Les gens s’informent mais nous ne

savons pas ce qu’ils mettent en œuvre

ensuite. Nous ne pouvons pas faire du

porte à porte pour demander aux gens

s’ils ont renoncé à une deuxième voiture

parce qu’ils ont eu recours au partage de

voitures; nous n’avons pas les moyens

d’obtenir ce type d’information», regrette

le bourgmestre.

Bilan final

«Nous sommes très positifs quant à notre

avancée dans ce projet», affirme le bourgmestre

d’Ettelbruck. «Il y a vingt ans, nous

avions développé un concept énergétique

assez rudimentaire», se remémore Jean-

Paul Schaaf.

«Les mesures concrètes étaient toujours

les mêmes. Elles se limitaient au double

vitrage, à l’isolement du toit et des murs;

rien d’autre n’était mis en place. Il n’y avait

pas de réflexion exhaustive sur la forme

d’alimentation énergétique à envisager,

et pour couronner le tout, il n’y avait pas

de suivi ni de personnel pour s’en occuper.

Il nous manquait une coordination

et un concept énergétique global pour

inclure tous ces aspects», déplore le bourgmestre.

Le concept énergétique en élaboration

pour le moment ira beaucoup plus

loin et prendra en compte bien d’autres

détails, notamment la production d’énergie

renouvelable et le potentiel des économies

d’énergie pour les entreprises locales et

les ménages.

«Au niveau politique, nous avons toujours

tendance à trouver des solutions

aux problèmes actuels ou ponctuels qui

se présentent à nous. S’engager pour le

Pacte Climat, c’est une démarche entièrement

différente. Il s’agit d’un but à

atteindre, d’un engagement à moyen et

à long terme», théorise le bourgmestre

ettelbruckois. Le Pacte Climat n’est pas

un projet isolé, au contraire il concerne

tous les services communaux et a une

certaine influence sur tous les projets de

la commune.

.


Nous sommes

très positifs quant à notre

avancée dans ce projet


La consommation d’énergie est quant à elle

plus facilement vérifiable, car il est possible

de quantifier l’électricité et le gaz fournis

sur le territoire et les villes. «En revanche,

nous ne pouvons pas savoir combien de

personnes ont recours au chauffage à pellet

ou au mazout. Cela reste toujours moins

précis», estime l’élu communal.

Le citoyen pourra quant à lui se diriger

vers l’infopoint myenergy Nordstad pour

obtenir toutes les informations nécessaires

à la rénovation de sa maison. L’infopoint,

cofinancé par la commune, le guidera alors

et lui assurera une visite sur les lieux à ses

frais pour le conseiller quant aux travaux

à effectuer.

Administration communale d’Ettelbruck

Place de l’Hôtel de Ville

L-9087 Ettelbruck

Tél.: 81 91 81 1

Fax: 81 91 81 364

www.ettelbruck.lu

100

LG - Best of & Guide 2017


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

Les vertus du Nord

Romain Pluemer siège depuis 2011 au conseil communal de Troisvierges qui est signataire

du Pacte Climat depuis mars 2013. La cité la plus au nord du Grand-Duché compte

quelques 3.130 habitants, les deux points culminants du pays Kneiff (560 m) et Buurgplaatz

(559 m), de superbes paysages mais aussi une certification au Pacte Climat en 2014 et

EEA depuis 2015. Présentation de ses nombreuses avancées qui contribuent à

l’efficience énergétique de la ville.


Les neuf communes

membres du Parc naturel

de l’Our se sont unies

pour le Pacte Climat


Pourquoi vous êtes-vous lancé dans le

Pacte Climat?

Les neuf communes membres du Parc

naturel de l’Our (un peu plus de 21.500

habitants) que sont Clervaux, Kiischpelt,

Parc Hosingen, Putscheid, Tandel, Vianden,

Wincrange et Troisvierges se sont unies

pour ce projet gouvernemental. Troisvierges

a reçu une première certification à 43%

en octobre 2014 et puis à 53% en avril

2015; nous souhaitons continuer nos efforts

et nous améliorer même si nous sommes

conscients qu’il nous sera très difficile d’atteindre

les 75%. Nous sommes une commune

rurale et avons à ce titre beaucoup

d’habitants qui utilisent leurs véhicules pour

se rendre au travail. Nous avons aussi une

zone industrielle dont l’énergivoracité est

défavorable pour le bilan du Pacte Climat.

Quelles sont vos mesures phares?

La première partie du chantier a d’abord été

administratif et je prends pour exemple la

comptabilité énergétique qu’il a fallu réaliser

sur tous nos bâtiments communaux. Si la

quantité de données à traiter a été un travail

conséquent, ces efforts ont permis en seulement

six mois d’être certifiés à 53%.

Nous avons ensuite informé la population

sur nos actions à venir. En 2015, nous avons

installé des panneaux photovoltaïques sur la

salle de tennis et une installation solaire thermique

sur la nouvelle piscine. Nous remplaçons

l’éclairage public par du LED et mettons aussi

en place des subventions communales pour

les habitants qui s’équipent d’électroménager

triple A. Ces subventions concernent

aussi l’assainissement énergétique et l’utilisation

efficace de l’énergie et des ressources

naturelles et l’utilisation d’énergies renouvelables.

Nous avons voulu que ces subsides

soient identiques pour toutes les communes

membres du Parc naturel de l’Our.

Pour l’heure, nous menons un projet

pilote de maniement de deux systèmes de

chauffage à distance que nous aimerions

généraliser à tous nos bâtiments. De plus,

à raison d’une heure par semaine pendant

six semaines, nous sensibilisons 45 enfants

aux problématiques de l’énergie et de la

pollution environnementale.

En 2016 nous avons aussi raccordé notre

nouvelle piscine ouverte, construction du

bâtiment en standard passif, au réseau

urbain de chauffage comme nos infrastructures

sportives, scolaires et administratives.

En tenant compte du projet «communes

sans pesticides», notre commune a acquis

une machine fonctionnant avec un système

102

LG - Best of & Guide 2017


Romain Pluemer

Source photo des projets: administration communale de Troisvierges

LG - Best of & Guide 2017 103


Pacte climat

Best of LG 197 - Avril 2017

Les experts

énergétiques nous prédisent

une économie de plus d’un

tiers de ce que l’on consomme

actuellement



d’eau chaude et de mousse composée de

maïs et de noix de coco pour détruire les

mauvaises herbes.

Et pour ce qui est de la mobilité…

Nous avons acheté une voiture électrique

et allons installer deux bornes de recharges

qui viendront s’ajouter à celles de la gare

CFL. Au vu des problèmes de circulations de

notre Grand Rue, nous sommes en train de

relier notre piste cyclable au raccordement

de la Vennbahn avec une liaison directe à

Aix-la-Chapelle menant aux réseaux national

et intercommunal. À terme, nous pourrons

aller à bicyclette jusqu’à Weiswampach,

Clervaux et même jusqu’à Ettelbruck. Avec

l’Info-Tourisme, nous mettons aussi à disposition

un service de location de vélos, avec la

possibilité d’exécuter des petites réparations,

qui connaît un certain succès depuis son

lancement il y a deux ans.

Nous souhaitons optimiser l’énergie de

toutes nos installations et les experts énergétiques

nous prédisent déjà une économie

de plus d’un tiers de ce que l’on consomme

actuellement.

Administration communale

de Troisvierges

9-11 Grand-Rue

L- 9905 Troisvierges (Ëlwen)

Tél.: 998050 - 1

Fax: 998238

www.troisvierges.lu

104

LG - Best of & Guide 2017


Pacte climat

Best of LG 198 - Mai 2017

Henri Kox

Comme un geste du terroir

Adossée à la Moselle et ornée de ses vignobles, Remich offre un panorama sublime aux

nombreux touristes qui viennent lui rendre visite. Consciente que sa nature magnifiante

doit être préservée, la commune fait partie du Pacte Climat et en est certifiée à 53%.

Son bourgmestre depuis 2009, Henri Kox et Laurent Thiel qui est l’ingénieur du service

technique depuis 2012 ne cachent pas leur ambition: «Nous visons les 75% et c’est possible».

Parlez-nous du programme Interreg?

HK: Il vise à promouvoir la coopération

entre les régions européennes au bénéfice

du développement économique et de la

gestion de l’environnement mais aussi pour

trouver des solutions communes dans les

domaines du développement urbain, rural

et côtier.

Les quatre régions que sont la Lorraine, la

Belgique orientale, la Rhénanie-Palatinat

et le Luxembourg travaillent dans une

coopération transnationale pour une

inter-connectivité énergétique. Certaines

villes de la Grande Région comme

Metz, Trèves ou Remich tendent vers

l’autosuffisance énergétique mais aussi à

l’inter-connectivité virtuelle des réseaux

énergétiques.

D’où proviendrait cette énergie renouvelable?

LT: Il s’agit dans un premier temps de limiter le

gaspillage énergétique, puis d’être plus efficient

et enfin de produire l’énergie via les éoliennes,

l’hydro production ou encore les panneaux

photovoltaïques par exemple.

Si Trèves et sa région sont déjà très en avance

dans la production d’énergie verte, il sera très

difficile pour Remich de produire 100% de

l’énergie qu’elle consomme. Nous avons réalisé

des études et connaissons le potentiel de notre

petite commune aux 3.600 habitants.

Quelles sont les actions de Remich?

LT: Nous relevons mensuellement, via notre

logiciel informatique «EnerCoach», les consommations

de nos bâtiments communaux. La

comptabilité des données est indispensable

pour que nous puissions prendre les décisions

les plus efficaces.

Remich a déjà une centrale à cogénération

qui alimente tout un réseau de chaleur, ainsi

que des chauffages à base de copeaux ou

de granulés de bois. Nous venons aussi de

transformer l’immeuble de la gare routière avec

l’objectif qu’il devienne autosuffisant grâce à

des panneaux photovoltaïques et hybrides,

son isolation thermique et sa pompe à chaleur

sol/eau voir l’intégration de batteries pour le

stockage de l’énergie électrique.

Nous allons prochainement construire une centrale

de gazéification du bois à base de granulés

pour alimenter le réseau de chaleur et se substituer

ainsi à la cogénération gaz. En plus il faudra

encore plus miser sur la production solaire

106

LG - Best of & Guide 2017


Laurent Thiel

photovoltaïque ou thermique sur nos toits.

Enfin, nous étudions les possibilités d’alimenter

uniquement par des énergies renouvelables la

zone de développement «Gewännchen et Um

Juck» présentant une surface de 22 hectares.

HK: Nous sommes dans l’optique de rechercher

une efficacité à la fois dans la production et

dans la consommation. Je prends pour exemple

la production d’électricité via les panneaux

photovoltaïques: si tous les toits de Remich

en étaient équipés, il y aurait un surplus de

production en été. Dans cette hypothèse,

nous réinjecterions ce surplus d’énergie dans le

réseau afin que d’autres puissent en bénéficier

ou même le stocker dans des réservoirs saisonniers.

Ainsi, nous aussi nous pourrions en cas de

besoin, importer la production d’autres villes.

Échanger nos idées et créer des projets communs

en matière de développement durable,

voilà tout l’intérêt d’Interreg.

Et pour ce qui est de la mobilité, Remich

est-elle encore le théâtre des embouteillages

aux heures de pointes?

HK: C’est en effet un grand problème puisque

nous ne connaissons pas moins de 15.000

passages quotidiens, rien que sur l’axe principal

qui rejoint l’Allemagne. Nous militons afin que

les camions ne puissent plus passer par Remich

et qu’ils restent sur l’autoroute A13.

Un autre objectif est la création des places de

stationnement P+R, et dans la mesure du possible,

du côté allemand et français. Le but étant

que les frontaliers puissent, au plus près du lieu

de leur résidence, emprunter les transports en

commun. Nous avons déjà une ligne de bus qui

dessert le Kirchberg et sur laquelle un bus passe

toutes les 30 minutes.

Nous investissons aussi dans un parc automobile

électrique; aussi, nous étudions la possibilité

d’une acquisition d’un minibus électrique

qui devrait être alimenté par trois éoliennes

verticales.

Enfin, nous équipons notre éclairage public

par du LED, via des capteurs qui augment ou

descendent l’intensité lumineuse de 20% qui

sont autant d’économies d’énergie.

Comment est la qualité de vie à Remich?

HK: Nous faisons tout pour qu’elle soit la

plus agréable possible. Nous allouons déjà des

subventions communales pour les habitants qui

souhaitent rénover leur maison et améliorer

leur isolation ou même acquérir une pompe

à chaleur par exemple. Mais je souhaite aller

plus loin et réintroduire de la verdure en ville.

Nous réfléchissons par exemple aux moyens à

mettre en œuvre afin que les particuliers optent

pour des plantes grimpantes sur leur façade.

Nous avons déjà abandonné les pesticides

pour l’entretien des espaces verts de la ville et

continuons à sensibiliser nos domaines viticoles

qui produisent deux millions de litres de vin par

an à Remich.

Vos actions pour un développement

durable sont-ils aussi un message contre

la centrale nucléaire de Cattenom et plus

largement vers les autorités françaises?

HK: J’ai pu avoir une discussion avec Claude

Bartelone, le président français de l’Assemblée

nationale lors de sa récente visite au

Luxembourg. Nous lui avons fait part de nos

préoccupations et de notre désaccord avec la

politique énergétique pro-nucléaire.

La France avance l’argument de sa souveraineté

énergétique mais un accident grave anéantirait

notre souveraineté nationale. Cattenom et les villages

alentours bénéficient tellement de la centrale

nucléaire qu’ils sont malheureusement que peu

ouverts aux solutions durables qui existent.

Nous avons une vision pour un développement

durable sans énergie nucléaire pour Remich et

plus largement pour la Grande Région; il suffit

d’y mettre de la bonne volonté.

Remich

Hôtel de Ville • Place de la Résistance

B.P. 9 • L-5501 Remich

Tél.: 236921 • Fax: 236922 - 27

www.remich.lu

LG - Best of & Guide 2017 107


Coverstory

Vers un nouveau

modèle de mobilité

La question n’est plus de savoir si l’électromobilité connaîtra une généralisation au

Luxembourg, mais plutôt quand et Sales-Lentz l’a bien compris. Souhaitant être au cœur

de ce développement, l’entreprise est un des moteurs de l’établissement d’un nouveau

modèle de mobilité, plus respectueux de l’environnement et moins individualiste, et qui

conviendrait à tous. Explications avec Wolfgang Schroeder, directeur général de Sales-Lentz.


Le Luxembourg

est le pays qui possède

la plus grande densité de

véhicules hybrides dans

le service public


Quelle place l’électromobilité

urbaine et citoyenne occupe-t-elle au

Luxembourg?

Les avantages de l’électromobilité urbaine et

citoyenne sont multiples. Tout d’abord, elle

permet de protéger l’environnement en ne

rejetant aucune émission nocive dans l’air.

Mais le plus grand avantage de ces bus est

qu’ils ne produisent aucun bruit car l’absence

de nuisance sonore se fait immédiatement

ressentir dans un centre urbain.

Que ce soit le 100% électrique, l’hybride

électrique ou l’hybride, Sales-Lentz a recours

à chacun de ces moyens de transport en

fonction des distances devant être parcourues.

Nous voudrions également passer à

l’électrique pour les plus petits véhicules

de huit places, comme le Flexibus, mais

malheureusement deux soucis pratiques se

mettent encore au travers de notre route: si

nous mettons en service un Flexibus 100%

électrique dans une ville, il faudra qu’il se

recharge pendant le temps de midi et aucun

service ne sera alors disponible à ce moment.

De plus, le poids de ces véhicules doit être

limité à 3,5 tonnes, notamment pour des raisons

de permis de conduire, or les batteries

électriques sont trop lourdes et font sensiblement

augmenter le poids des véhicules.

On ne peut pas comparer l’électromobilité

à un transport en bus classique car celle-ci

requiert une infrastructure et une logistique

bien plus importantes et compliquées à

mettre en place, sans lesquelles les bus ne

peuvent pas rouler.

Nous pouvons mettre en place ce système

dans un petit rayon d’action avec peu

de véhicules, mais pour établir un réseau

d’électromobilité sur tout le territoire, alors

différents acteurs vont être amenés à collaborer:

le constructeur, l’opérateur, le gouvernement,

le fournisseur d’électricité, les

gestionnaires d’infrastructures et même les

particuliers devront se coordonner pour pouvoir

assurer la mise en place d’un tel projet à

échelle nationale. Mais selon nous, il faudrait

d’abord opérer des changements au niveau

communal et changer l’approche de la mobilité

dans les mentalités.

Quels sont les premiers retours d’expérience

pour les Diffbus?

Differdange est la ville pionnière quant à la

mise en place d’un transport 100% électrique

et pour les dix prochaines années, nous nous

sommes engagés à fournir ce service à la ville.

Le lancement de cette initiative est récent et

108

LG - Best of & Guide 2017


Wolfgang Schroeder

pourtant nous avons déjà des retours très positifs

sur celle-ci. Volvo a effectué des analyses

sur le terrain et il en est ressorti que cela était

une des meilleures applications au monde et

que le comportement de nos chauffeurs dans

le maniement de ces nouveaux véhicules était

exemplaire et nous en sommes très fiers!

La commune et les utilisateurs sont également

très satisfaits de ce nouveau service, d’autant

plus qu’une quatrième ligne a été mise en

place à cette occasion. Ils apprécient particulièrement

la réduction de la pollution sonore en

ville. De plus, ces bus sont plus grands, ils fournissent

un accès au wifi et proposent des prises

USB pour la recharge de différents appareils.

Quelle est la tendance dans les autres

communes?

Les autres communes semblent également

vouloir se tourner vers des transports plus

durables mais elles sont dépendantes de l’offre

de transport qu’elles possèdent. La plupart des

villes luxembourgeoises sont desservies par le

réseau RGTR et leurs véhicules sont électrohybrides.

Il est très rare qu’une ville possède

son propre réseau de transports en commun;

on note par exemple les bus électro-hybrides

de Luxembourg-Ville, le réseau de bus

fonctionnant au gaz de la ville d’Esch et puis

ensuite il y a Differdange avec qui nous nous

sommes lancés dans les bus 100% électriques.

Dans le sud du pays la plupart des grandes

villes sont connectées au réseau TICE. Dans

le Nord, Echternach et Ettelbruck possèdent

par exemple leur propre réseau et commencent

également à se tourner vers l’électrique.

Le résultat des élections communales d’octobre

pourrait toutefois avoir un impact positif

sur le développement de l’électromobilité et

nous sommes préparés à nous lancer sur ce

marché pour étendre notre offre en matière

d’électromobilité. En effet, nous avons beaucoup

investi dans nos infrastructures, chez

Sales-Lentz, notamment pour permettre la

recharge des bus pendant la nuit.

LG - Best of & Guide 2017 109


Coverstory


Lorsque l’autonomie

des batteries sera plus

grande, il n’y aura plus

aucun obstacle à l’électromobilité


Quelles sont les transformations que

Sales-Lentz voudrait encore mettre en

place d’ici fin 2017?

Un changement de mentalité est encore

à opérer chez les utilisateurs pour tendre

vers la multimodalité. C’est pourquoi nous

sensibilisons les plus jeunes aux transports

en commun. En effet, avec notre offre de

transport scolaire, nous tentons de donner

aux jeunes usagers une première expérience

réussie de transport en commun pour qu’à

l’avenir ils se tournent à nouveau vers ce type

de transport pour leurs trajets privés. Nous

avons également un programme d’école de

bus qui éduque plus de 1.500 écoliers par an

au transport en commun en leur expliquant

comment se comporter à l’arrêt de bus et à

l’intérieur du véhicule.

En interne, nous opérons également de

grands changements en nous tournant vers

la digitalisation. Nos processus de commandes,

nos offres Flexibus et bien d’autres

processus vont être digitalisés, ce qui nous

permettra d’être encore plus réactifs.

Par ailleurs, nous travaillons actuellement sur

la finalisation d’un projet de véhicules autonomes.

Nous avons commandé un véhicule

de ce type et nous sommes à la recherche

du terrain idéal pour son implémentation car

il n’est autorisé à circuler que dans un circuit

fermé et ne peut pas entrer en interaction

avec la circulation urbaine. En effet, ces

bus roulent à une vitesse de 25 km/h et

ne peuvent pas se déporter d’une bande à

l’autre de manière suffisamment anticipée.

Nous recherchons donc une usine ou un site

privé ou professionnel qui pourrait accueillir

ce premier véhicule d’ici la fin de l’année.

Ces bus électriques ont l’avantage de ne pas

devoir être dirigés par un conducteur; un

accompagnateur est toutefois présent à bord

du véhicule. Dans ce domaine, de nouvelles

évolutions apparaissent tous les mois, nous

pensons donc que ces véhicules pourront

être intégrés au trafic urbain dans un futur

relativement proche.

Pour cette nouvelle technologie, nous nous

tournons vers de nouveaux constructeurs et

aussi vers le monde des startups faisant appel

à des programmeurs plutôt qu’à des mécaniciens,

comme la société française Navya,

par exemple. De manière générale nous

allons nous tourner vers d’autres constructeurs

pour tester différents véhicules dans

le domaine de l’électromobilité afin de

comparer les services qu’ils offrent, rester à

la pointe de la technologie et donner une

chance à chacun d’entre eux. Le problème

principal rencontré par les constructeurs est

l’autonomie des batteries, lorsque ce point

sera réglé, il n’y aura plus aucun obstacle à

l’électromobilité.

Aujourd’hui le Luxembourg est le pays qui

possède la plus grande densité de véhicules

hybrides dans le service public et nous le

devons entre-autres à notre partenaire, le

ministère du Développement durable et des

Infrastructures. En tant qu’opérateur nous

pouvons proposer des évolutions et nous

faisons nos propres investissements en assumant

les risques. Le gouvernement a toutefois

apporté son soutien en ayant le courage

d’envisager la mobilité sous un nouvel angle,

et ce, sur la totalité du territoire.

Sales-Lentz (S.L.A. sa)

ZAE R. Steichen

4, rue Laangwiss

L-4940 Bascharage

Tel : 266 511

www.sales-lentz.lu

110

LG - Best of & Guide 2017


Mobilité verte

Pour une mobilité de qualité

Lorsque le spécialiste de la mobilité des personnes s’associe avec celui de la mobilité

urbaine, cela donne un partenariat naturel et gagnant. C’est ainsi que thyssenkrupp

Ascenseurs Luxembourg travaille avec la firme allemande Wöhr en proposant diverses

solutions de stationnement mécanisées.

Une tour pour stationner les vélos

La ville de Rutesheim (voisine de Stuttgart),

vient tout juste d’inaugurer sa tour à vélos

«Bikesafe» qui est entièrement automatisée

et destinée aux élèves d’une école. Ce parking

vertical comporte 8 niveaux qui peuvent

accueillir pas moins de 400 bicyclettes, dont

le stationnement et la récupération se font

sur une simple pression d’un bouton. La tour

vient réconforter la politique municipale en

matière de développement durable et c’est

pourquoi elle est parrainée par le ministère

fédéral de l’Environnement, (la création

de places de stationnement pour vélo est

en Allemagne admissible à des subventions

pouvant aller jusqu’à 50% du budget total).

Via tout le savoir-faire de thyssenkrupp

Ascenseurs Luxembourg, les «Bikesafe»

pourraient ainsi pousser à travers le Grand-

Duché, sur les abords des gares ferroviaires,

des écoles, des lycées ou des grands

immeubles, proposant ainsi une vraie solution

de mobilité douce.

Décongestionner le stationnement

Leader mondial de la construction, de fourniture

et d’installation de systèmes de parking

depuis plus de 50 ans, Wöhr offre la gamme de

produits la plus vaste dans le monde.

Leader mondial de la construction, de fourniture

et d’installation de systèmes de parking depuis

plus de 50 ans, Wöhr offre la gamme de produits

la plus vaste dans le monde. Plus de 500.000

places de parking installées démontrent la compétence,

l’expérience et la fiabilité des systèmes

112

LG - Best of & Guide 2017


Clément Wampach

de parkings mécaniques et automatisés. Une

qualité assurée à Luxembourg par thyssenkrupp

Ascenseurs qui est en mesure de proposer la

gamme la plus complète de solutions pour la

mobilité des biens et personnes.

La nécessité de créer des places de parking est

une problématique bien connue des architectes

et des constructeurs du pays. Les contraintes

sont réelles dès lors qu’il s’agit d’inclure dans

un projet immobilier un nombre de places de

stationnement qui respecte la législation tout

en s’incorporant dans l’environnement urbain

et en prenant en compte l’aspect économique.

En optimisant l’espace de stationnement, les

systèmes de parking semi-automatiques et

automatiques Wöhr peuvent, dans ce contexte,

apporter des solutions adaptées à la configuration

spatiale de chaque projet et remplir

également le critère budgétaire, puisque gain

d’espace est synonyme de gain d’argent.

Les solutions de parking pour les vélos et pour

les voitures viennent ainsi compléter la gamme

de thyssenkrupp Ascenseurs Luxembourg.

thyssenkrupp et les grandes villes

La construction des hauts immeubles a doublé

depuis le début du 21 e siècle, 85% d’espaces

supplémentaires au sol seront construits d’ici

2025 et les 70% de la population planétaire

qui vivait en milieu rural en 1950, vivront en

ville un siècle plus tard. Partant du constat

que les populations s’urbanisent et que les

villes tendent à devenir des mégalopoles,

thyssenkrupp Ascenseurs tente d’apporter des

réponses intelligentes à la mobilité urbaine.

Comme en témoignent les ascenseurs sans

câbles MULTI qui sont de véritables métros verticaux

ou encore les tapis ACCEL qui permettent

aux piétons de parcourir de grandes distances

à grande vitesse. La finalisation du projet de la

tour de 246 mètres à Rottweil (en Forêt-Noire)

dont les ascenseurs grimperont à 18 mètres par

seconde est un exemple d’innovation.

Améliorer la mobilité des personnes via des

technologies intelligentes, voilà l’ambition de

thyssenkrupp.


thyssenkrupp

Ascenseurs Luxembourg

complète sa gamme de

produits pour la mobilité

dans le bâtiment en intégrant

les vélos


thyssenkrupp Ascenseurs Luxembourg sàrl

Tél.: 40 08 96

www.thyssenkruppascenseurs.lu

LG - Best of & Guide 2017 113


Mobilité verte

L’alliance de la passion

et de la tradition

Carbon G. soufflera cette année sa dixième bougie alors que l’affaire familiale aurait eu

90 ans. A cette occasion, Georges Carbon revient avec nous sur les services phares de

l’entreprise et sur son engagement RSE à travers la présentation de son partenariat avec

le label LUCIE, équivalent au label ESR luxembourgeois.

Parlez-nous de l’évolution de votre

entreprise.

En 1927, mon arrière-grand-père a lancé une

société de transport à Saeul qui proposait un

service de navettes entre Arlon et Mersch.

A sa mort, ses quatre frères ont repris son

activité et ont été les pionniers des transports

publics luxembourgeois en reliant des

villes telles que Wiltz ou Luxembourg-Ville.

C’est après la guerre que mon grand-père et

ses frères se sont chacun mis à leur propre

compte.

J’ai personnellement redémarré en 2007 en

tant qu’indépendant et sans soutien financier

de l’Etat avec le projet Novabus, proposant

un service de transport pour personnes à

mobilité réduite. En 2008, j’ai réussi à démontrer

aux ministres en fonction de l’époque

l’importance du projet et la demande qu’il

y avait dans ce domaine grâce à l’adoption

d’une directive européenne qui a imposé à

chaque pays d’assurer la mobilité des personnes

à mobilité réduite. Aujourd’hui, entre

7 et 12% de la population européenne sont

des personnes à besoins spécifiques, et nous

proposons d’assurer leur mobilité.

Parlez-nous de vos taxis-ambulances.

Nos clients sont aussi des patients car ils

ont tous un besoin spécifique. Nous avons

l’agrément de la CNS pour faire du transport

en taxis-ambulance en position assise. Nos

mini-bus possèdent de très larges portes et

sont équipés d’une rampe d’accès, de mains

courantes, d’escaliers escamotables,…

Prochainement, nous prévoyons de lancer

également un système de taxis-ambulances

en position couchée, en aménageant nos

véhicules de manière à pouvoir y installer

un brancard.

Comment sont formés vos chauffeurs?

La qualité de notre service dépend essentiellement

de nos chauffeurs et de leur motivation. A

ce niveau, nous veillons à assurer leur savoir-faire

grâce à nos formations régulières. Dernièrement

nous avons effectué des formations concernant

la qualité du service fourni au client, l’écoconduite

et la relation entre le chauffeur et les

clients de tous nos services.

Nous essayons de valoriser ce métier et de

responsabiliser les chauffeurs car la plupart du

temps ils sont seuls avec les clients. Ils doivent

donc bien connaître les routes qu’ils empruntent

pour mettre en confiance les passagers et

doivent pouvoir résister à des situations de stress

sans jamais rien laisser transparaître. Tout en

respectant le code de la route, ils doivent avoir

un contact parfait avec le client et rassurer ceux

qui sont en situation de handicap suite à un accident

de la route. Les personnes transportées ont

souvent été des conducteurs et observent donc

attentivement les gestes du chauffeur pour voir

s’ils peuvent lui faire confiance.

Vous avez également développé

une activité événementielle. En quoi

consiste-t-elle aujourd’hui?

Cette activité a été construite autour de nos bus

historiques. En tant que véritable passionné d’automobile,

j’ai personnellement collectionné toutes

les pièces que nous avons aujourd’hui. La saison

pour nos événements s’étend du mois de mars

à début novembre, si la météo le permet. Avec

ce service, pour lequel nous avons reçu le label

«Made in Luxembourg», nous proposons aux

plus âgés de renouer avec l’époque de nos véhicules

anciens et aux plus jeunes de la découvrir.

114

LG - Best of & Guide 2017


Ainsi avec ces véhicules historiques, nous

proposons des petits voyages et excursions

dans un concept de tourisme doux à travers

le Luxembourg. Pour ces bus, nous

comptons trois partenariats principaux; en

premier lieu, nous collaborons régulièrement

avec l’Office du Tourisme de Luxembourg-

Ville (LCTO) ainsi que celui de la région

Mullerthal dans le cadre de l’organisation de

tours organisés avec nos bus anciens. Enfin,

nous sommes en partenariat avec l’Automobile

Club de Luxembourg (ACL) grâce auquel

nous avons pu organiser des visites dans la

capitale avec un guide pour les membres de

l’ACL. Par ailleurs, nous participons à l’événement

Goodwood Revival en Angleterre.

Lorsque les clients atterrissent sur place, nous

les prenons en charge à l’aéroport avec nos

véhicules d’époque.

Nous avons également des véhicules de

«catering» intégrés dans notre concept «Au

bon marché» utilisés dans le cadre de fêtes

et qui proposent du crémant et une bière

produits au Luxembourg. Nous avons deux

fournisseurs pour ces produits dont la responsabilité

environnementale et sociale vont

de pair avec notre philosophie.

Qu’est-ce que le label LUCIE pour

lequel vous avez débuté les démarches

d’audit?

Le label LUCIE est un équivalent du label ESR

luxembourgeois remis par l’INDR. Au mois de

juin 2016, nous avons reçu le label ESR et nous

nous sommes alors penchés sur les démarches

à accomplir pour également obtenir ce label

français. Nous avons été la première société sur

un total de 20 entreprises luxembourgeoises à

adhérer à cette proposition de partenariat faite

par l’INDR qui s’était mise en relation avec le

label LUCIE.

Ce partenariat nous permet d’être en relation

avec une communauté à l’extérieur

des frontières luxembourgeoises; c’est également

une bonne manière de rester en

connexion avec l’INDR car nous apprécions

l’échange d’expérience et d’information

que nous obtenons grâce à eux de la part

d’autres entreprises plus grandes œuvrant

dans notre secteur. Actuellement, nous n’en

sommes encore qu’au stade d’autoévaluation

et cela nous permet de revoir notre

stratégie, de la remettre en question et de

l’approfondir.


Entre 7 et 12%

de la population européenne

sont des personnes

à besoins spécifiques, et

nous proposons d’assurer

leur mobilité


Georges Carbon

Carbon G.

Rue de la Cimenterie

L-1337 Luxembourg

Tél.: 27 48 99 07

Fax: 27 48 99 08

LG - Best of & Guide 2017 115


Mobilité verte

Best of LG 190 - Septembre 2016

La petite reine,

conquérante de nos routes

Les compteurs de la Ville de Luxembourg ont enregistré plus d’un million de passage à

bicyclette au cours de 2015: un chiffre chaque année plus élevé qui prouve que le vélo

se popularise dans le pays. Moyen de transport quotidien mais aussi important facteur

de l’économie touristique, il a pour allié l’asbl Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ (LVI) dont la

présidente, Monique Goldschmit, nous présente les activités.

Selon son plan originel, la réhabilitation du

Pont Adolphe, vastes arcs en pierre du centreville

luxembourgeois, ne comprenait pas de

piste cyclable. Mais c’était sans compter sur

la ténacité de la Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ.

«Nous avons organisé une manifestation réunissant

plus de 250 personnes sur ce pont»,

explique Monique Goldschmit, présidente

de l’asbl. Résultat de cette action: l’édifice

sera doté d’un espace pour cyclistes lors de

sa réouverture en 2017, sous la forme d’une

passerelle suspendue au-dessus de la Vallée

de la Pétrusse. «Bien entendu», ajoute-t-elle,

«nous aurions préféré que le tablier du pont

soit élargi afin que chacun y ait sa place: voiture,

tram et vélo. Une passerelle n’est pas la

solution optimale mais nous sommes heureux

d’avoir pu influencer le débat».

Les activités de la LVI sont essentiellement

politiques. «Notre objectif est que la bicyclette

trouve sa place dans l’espace public.

Historiquement, le Grand-Duché était un

pays doté d’une forte culture du vélo, mais

les années 60 et 70 l’ont relégué au domaine

du loisir. Le vélo a quitté les routes du quotidien

car sa pratique devenait dangereuse»,

raconte-t-elle. Créée en 1985, la LVI lutte

pour un vivre-ensemble égalitaire entre les

différents usagers: cyclistes, piétons et automobilistes.

«Nous souhaitons que chacun

puisse se rendre à vélo où il le désire, en

toute sécurité».

Ministères et communes de tout le pays sont

en discussions régulières avec l’asbl à travers

des groupes de travail, dans un dialogue

concluant puisque les mesures prônées par

la LVI voient le jour. Les pistes cyclables fleurissent,

la vitesse est limitée à 30 km/h dans

de nombreux centres urbains et des parkings

à vélos sont installés autour des gares.

Le vélo mis en avant

L’autre versant des activités de la

Lëtzebuerger Vëlos-Initiativ touche à la sensibilisation.

Projets de longue durée et événements

ponctuels jalonnent son agenda.

Chaque année, l’asbl actualise et édite deux

cartes à destination des cyclistes. D’une

part la «Carte du Réseau national des pistes

cyclable du pays», distribuée gratuitement;

et de l’autre, la «Luxembourg by Cycle»,

bien plus détaillée et très populaire. Cette

dernière qui affiche les pistes et les liaisons

régionales, est disponible au prix de cinq

euros, «dans toutes les librairies et syndicats

d’initiatives ou encore à nos bureaux, rue

Vauban. Il est possible également de la

commander en ligne», dit-elle.

Par ailleurs, un projet au succès immense est

celui du label bed+bike. Monique Goldschmit

déclare en souriant: «Plus de 80 établissements

à travers le Luxembourg ont déjà

reçu cette distinction destinée aux hébergements

touristiques: hôtel, auberge, camping

et chambre d’hôtes». Opéré par la LVI depuis

2011, main dans la main avec le ministère de

l’Economie, ce label requiert diverses conditions

d’accueil et de confort pour les cyclotouristes.

Ils doivent pouvoir être accueillis

aussi pour une unique nuit, disposer d’un

set de réparation, accéder à un local à vélo

gratuit et sécurisé, pouvoir sécher leurs vêtements

ou encore recevoir un petit déjeuner

copieux et riche s’ils le veulent. A côté de ces

critères obligatoires, d’autres sont facultatifs

comme le transport des bagages. Ainsi le label

est assez souple: «Presque tous les hôtels

du pays peuvent y prétendre, moyennant

de tous petits aménagements», s’enthousiasme-t-elle.

«Les établissements affichent

ainsi que les cyclotouristes sont bienvenus ce

qui est un atout attractif pour le tourisme».

Autre prérogative de l’asbl: l’organisation de

cours de vélo pour adulte. Bien que de plus

en plus populaire, la bicyclette met parfois

mal à l’aise les individus qui n’ont pas eu

l’occasion d’apprendre à s’en servir ou qui

n’en ont pas l’habitude. En partenariat avec

la Ville de Luxembourg, la Lëtzebuerger

Vëlos-Initiativ met en place des leçons données

en trois langues (allemand, français,

anglais) et encadrées par un professionnel,

en toute sécurité. Elles permettent à ceux qui

en étaient exclus de rejoindre le mouvement

cycliste qui prend de l’envergure.

116

LG - Best of & Guide 2017



Imaginez notre boulevard

Roosevelt piétonnier, des

espaces verts et des terrasses

remplaçant le bitume


Améliorer les réseaux communaux

Il existe aujourd’hui environ 600 kilomètres

de piste cyclables dans le pays. «Mais la loi

votée en 2015 prévoit d’atteindre le chiffre

de 1.400 dans le futur. «Contrairement à la

précédente, cette nouvelle règlementation

ne concerne pas que les chemins touristiques.

Elle se penche aussi sur les trajets

du quotidien: les jolies pistes traversant

les forêts se verront complétées par des

pistes reliant des localités et points d’intérêt

comme des centres culturels ou des gares,

dans des trajets plus courts et plus rapides»,

explique-t-elle. Pour aider les communes -

responsables du développement du réseau

cyclable sur leur territoire - la LVI a mis

en place un guide pratique, le document

«Recommandations pour l’élaboration d’un

concept vélo communal». Il recense des

conseils pour cheminer vers de bons résultats

en matière de mobilité douce.

Vers un centre libéré des voitures?

Le soutien du public envers l’asbl est

immense et le nombre de souscripteurs

augmente chaque année. «Je remercie nos

1.400 membres. Grâce à eux et à leur soutien

financier – une cotisation de 25 euros

par an – nous sommes capables de peser un

certain poids dans l’échiquier décisionnel.

Ils nous octroient une voie qui compte pour

mener nos actions de lobbying et de sensibilisation»,

affirme-t-elle.

«Mon objectif serait d’avoir un petit centreville

comme la Ville-Haute, sans voiture.

Bien entendu, il faudrait mettre en place

des solutions de mobilité en contrepartie,

mais elles existent si les politiques veulent

bien les appuyer! La qualité de vie en bénéficierait

grandement, comme à Strasbourg

Monique Goldschmit

par exemple où il est sympathique de se

promener dans un espace serein, dénué de

pollution auditive. Imaginez notre Boulevard

Roosevelt piétonnier, des espaces verts et

des terrasses remplaçant le bitume… Quelle

vision agréable», raconte-t-elle, l’espoir illuminant

son visage.

Retrouvez l’association à son stand d’information

à l’Oekofoire, la foire écologique de la

Grande Région, du 23 au 25 septembre. SoM

LG - Best of & Guide 2017 117


Mobilité verte

Best of LG 195 - Février 2017

La mobilité, en bonne voie

«Nous sommes en train de réaliser des projets de mobilité très spectaculaires. Vous les

retrouverez dans les futurs livres d’architecture, comme des idées phare au niveau mondial»,

déclare François Bausch à propos des diverses infrastructures qui poussent sur le territoire

grand-ducal. Voiture zéro émission, covoiturage, vélo, tram, trains, bus à haut niveau de

service: les solutions de mobilité fleurissent dans le terreau adéquat du Luxembourg.

En voici les détails, par le ministre du Développement durable et des Infrastructures.


A côté de la vitesse,

c’est la distraction qui est

le plus important facteur

de danger


L’automobile, en route vers la décarbonisation

La réforme fiscale du 1 er

janvier a instauré

deux mécanismes pour augmenter la part

de voitures zéro émission au sein du parc

automobile du pays. «Le premier est un

abattement classique de 5.000 euros pour

tout particulier qui achète ce type de

véhicule. Le deuxième est une réforme complète

de la fiscalité des voitures de leasing».

François Bausch explique que presque la

moitié des voitures en circulation roulent

sous cette formule de location longue durée:

un énorme potentiel en mobilité durable.

Le nouveau système fiscal calcule un coefficient

d’imposition en fonction d’une variante

CO 2 , la taxe est d’autant plus favorable

si l’émission du véhicule est faible. «Non

seulement cela avantage les voitures 100%

électriques, mais cela pénalise également le

diesel, un carburant très polluant que nous

devons veiller à éliminer au plus vite».

En marge de l’Autofestival en début de mois,

son ministère a lancé une campagne de

sensibilisation nommée “Clever fueren -

Stéiere spueren”, en collaboration avec les

garagistes. «De plus», souligne l’homme

politique, «il ne faut pas oublier les investissements

de l’Etat en bornes électriques.

Nous atteindrons rapidement les 1.600

emplacements de recharge: le Luxembourg

bénéficiera ainsi d’une couverture nationale

bien plus dense que celle des pays voisins».

Il ajoute que les avancées technologiques

en autonomie de batterie notamment sont

spectaculaires. «Le développement technique,

le nouveau système fiscal et nos

investissement en infrastructure vont donc,

j’en suis convaincu, doper l’électromobilité

et accélérer le pas vers la décarbonisation».

Les radars, sur la bonne route

L’un des grands aboutissements de 2016

en matière de mobilité est l’installation de

20 radars fixes. «Et les résultats sont positifs.

La police m’a communiqué qu’effectivement

la vitesse générale a baissé sur le territoire.

En ce qui concerne le nombre d’accidents

cependant, nous ne sommes pas encore

en mesure d’en jauger l’impact. Les chiffres

118

LG - Best of & Guide 2017


François Bausch

bruts semblent indiquer une amélioration

par rapport à 2015, avec moins de tués sur

nos routes mais nous ne disposerons des

résultats finaux qu’au début du mois d’avril».

Trois autres radars fixes seront bientôt placés

à Raemerich, entre Angelsberg et Mersch,

ainsi qu’entre Brouch et Saeul.

Le ministre souligne que les radars ne sont

qu’une part du programme d’actions complet

au sein duquel la prévention joue un grand

rôle. «Notre stratégie pour 2017 se concentre

sur deux points. Une première campagne

de sensibilisation portera sur l’utilisation des

smartphones et tablettes au volant car, à côté

de la vitesse, c’est la distraction qui est le plus

important facteur de danger. Deuxièmement,

nous axerons notre communication sur la

vulnérabilité des piétons parce qu’en 2016,

presque un tiers des victimes décédées lors

d’accidents circulaient à pied».

Le covoiturage “Made in Luxembourg”

Avec près de 660 autos pour 1.000 habitants,

le Luxembourg serait le 2 e

pays le

plus motorisé au monde. Or, le taux d’occupation

d’un véhicule au Grand-Duché

n’est que d’1,2 personne en moyenne.

Un nombre plus élevé de passagers par

voiture limiterait les émissions de CO 2 et

aiderait à la fluidité du trafic. Le gouvernement

présentera donc bientôt son outil

coup de pouce au covoiturage. «Nous

développons un modèle de covoiturage

intelligent, sous forme d’application pour

smartphone. Similaire à ce qu’Uber propose

dans le domaine des taxis, vous y trouverez

d’un côté les offrants, ceux qui fournissent

une place dans leur auto pour un trajet;

et de l’autre, les utilisateurs qui cherchent

un transport dans leur voisinage»,

développe François Bausch. Cette application

fonctionnera en temps réel, indiquant où

se trouve le véhicule et l’heure à laquelle il

sera à votre porte. Créé à destination des

résidents et des frontaliers, ce système

conçu spécialement pour le Grand-Duché

sera combiné avec une rémunération, une

sorte de défraiement d’incitatif. Rendezvous

en septembre, lors de la Semaine

de la Mobilité, pour le lancement de ce

nouvel outil.

2017, l’année des inaugurations

«Les grand chantiers nationaux avancent bien,

tellement bien que certains sont en avance sur

leurs délais et leur budget. Le dernier semestre

de 2017 sera la période des grandes ouvertures»,

s’enthousiasme le ministre en citant les nombreux

projets qui aboutiront à cette période.

La gare du Pfaffenthal sera dévoilée et le

funiculaire la reliant Kirchberg circulera.

LG - Best of & Guide 2017 119


La nouvelle gare d’Howald sera partiellement

en fonction. La première phase du

tram sera opérationnelle, et les prévisions

sont tellement optimistes qu’il reliera probablement

Luxepo, non pas au Pont Rouge

comme prévu initialement, mais au Glacis.

«Confortable, équipé de wifi et très fréquent,

pour une qualité de trajet incomparable»,

déclare François Bausch en exposant ses

atouts. Ces chantiers qui atteindront leur

terme aux alentours du 10 décembre offriront

aux navetteurs de la capitale de toutes nouvelles

possibilités de mobilité.

Outre ces énormes projets qui aboutissent,

d’autres en sont à leur début, «comme

l’extension de la gare de Luxembourg-Ville.

Nous y ajouterons un 5 e et un 6 e quai qui

nous permettront d’offrir une plus grande

capacité aux voyageurs et de prolonger

des trains». Cette transformation de la

gare centrale combinée avec un changement

horaire substantiel et l’inauguration

des stations autour de la ville garantissent,

selon le ministre des Infrastructures, des

améliorations sur le réseau des chemins de

fer à l’avenir.

Luxembourg-Ville en selle

Au milieu de tous ces chantiers, une place

prépondérante est réservée à la petite reine.

Alors que seulement 4% des déplacements

dans la capitale se font à bicyclette, la solution

pour augmenter la part modale du vélo

serait, selon François Bausch, une infrastructure

adaptée. «La culture du vélo reprend ses

droits dans notre pays. Il nous faut investir

en conséquence». Une piste bidirectionnelle

séparée du trottoir et de la chaussée s’étendra

tout le long du tracé du tram. Elle se poursuivra

de façon bien distincte sur le Pont Rouge:

«Chacun son espace pour un saut qualitatif

énorme», commente le ministre. Une piste

semblable est prévue sur l’Avenue de la

Liberté. L’objectif: avoir une voie cyclable

sécurisée traversant la ville d’Howald au

Luxexpo. En outre, peu après la réouverture

du pont Adolphe, la passerelle cyclable

suspendue au-dessus de la vallée de la

Pétrusse sera inaugurée. «C’est l’unique

pont cycliste suspendu sous un autre pont

au monde: cette structure spectaculaire sera

un attrait touristique. Elle sera révélée au

public en septembre, au plus tard». Encore

bien d’autres projets de connexion seront

réalisés dans les mois à venir… «Ce n’est pas

tout, nous allons en parallèle augmenter le

nombre de garages à vélo sécurisés, du style

mBox. Et nous développons un ambitieux

projet d’installation pour garer les vélos à la

gare centrale, dans l’espace intérieur vide de

la tour d’accès au parking», ajoute-t-il.

«Nous sommes en train de réaliser des

projets de mobilité très spectaculaires:

un funiculaire, un ascenseur, un pont

au-dessous d’un autre,… Vous les retrouverez

dans les futurs livres d’architecture,

comme des idées phare au niveau mondial,

je vous le garantis», sourit le ministre. «Ces

projets ne font pas que favoriser la mobilité,

ils font aussi la promotion de notre pays à

l’étranger. Ces infrastructures extraordinaires

se font l’écho du “Let’s Make it Happen”, la

signature du Luxembourg». SoM

120

LG - Best of & Guide 2017


Mobilité verte

«CHARGY OK»

Garage Kremer et Electris inaugurent la première borne de charge électrique privée intégrée au réseau

public sur le site de Garage Kremer à Mierscherbierg. La borne «CHARGY OK» a été présentée à la presse

et au public en présence de Michel Malherbe, bourgmestre de Mersch et de nombreuses personnalités du

monde automobile et du secteur de l’énergie.

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3

1. Philippe Mersch, président de Fégarlux et gérant-associé du Garage Kremer

2. Pete Hoffmann, gérant d’Electris

3. Michel Malherbe, bourgmestre de Mersch


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Mobilité verte

Best of LG 195 - Février 2017

Le catalyseur

de la mobilité électrique

Depuis le mois de janvier 2017, le coup de départ du déploiement des bornes de recharges

Chargy est lancé. Tous les gestionnaires de réseaux de distribution luxembourgeois se sont

alliés afin de déployer, d’ici à 2020, 800 bornes de rechargement à travers le pays. Toujours à

la recherche de nouveaux partenaires, le projet ne cesse d’évoluer et de s’étendre. Rencontre

avec Alex Michels, coordinateur des gestionnaires de réseaux pour le projet Chargy chez Creos.


Nous sommes à

la recherche de nouveaux

partenaires qui pourraient

intégrer leurs bornes à notre

système


Parlez-nous de la naissance du projet

«Chargy».

Au vu du règlement Grand-Ducal du 3 décembre,

nous avons reçu l’obligation, en tant que gestionnaire

de réseaux, d’installer 800 bornes et

de mettre en place le projet qui tourne autour de

celles-ci. Creos est ainsi devenu le gestionnaire

principal du projet avec environ 750 bornes.

Les autres partenaires sont Electris qui est

le gestionnaire de la ville de Mersch, la ville

d’Ettelbruck, Sudstroum qui gère la ville

d’Esch-sur-Alzette et la ville de Diekirch.

Ensemble, nous avons la responsabilité de

faire fonctionner ce système.

Bien que notre projet initial soit d’installer

800 bornes au Luxembourg, nous sommes

à la recherche de nouveaux partenaires

qui pourraient intégrer des bornes à notre

système afin de le faire grandir.

charge modulable de 3,7 à 22 KW, que l’on

peut qualifier de charge accélérée et non

rapide ce qui signifie que quelques heures

seront nécessaires au rechargement complet.

Par ailleurs, le gouvernement a réparti 400

bornes au sein des communes et 400 autres

sur les Park&Ride notamment situés à proximité

des frontières ou d’autres moyens

de transport. Si toutefois les communes

ou d’autres sociétés souhaitaient être équipées

de davantage de bornes, elles seraient

intégrées dans le système au même prix ce

qui faciliterait leur localisation et leur accès.

Le paiement pourra s’effectuer par le biais

de la mKaart, pouvant être commandée, ou

alimentée si l’utilisateur en possède déjà

une, auprès du fournisseur choisi; elle sera

utilisable également pour les vélos, les trams,

les bus. En ce qui concerne le prix d’une

recharge aux bornes, il sera similaire à celui

d’une recharge à domicile.

Comment fonctionnent ces bornes de

rechargement?

Chacune des 800 bornes déployées possède

deux points de charge, ce qui signifie que

le territoire pourra compter 1.600 emplacements

de rechargement, opérationnels d’ici

à 2020. Ces installations permettent une

Pensez-vous que le volet «mobilité»

de la réforme fiscale aura un impact

important sur l’évolution de la mobilité

électrique au Luxembourg?

Les abattements fiscaux récemment mis en

place par l’Etat vont certainement donner le

124

LG - Best of & Guide 2017


coup de pouce nécessaire au développement

de ce marché. Cependant, ces nouveaux

avantages fiscaux ne sont pas encore suffisamment

importants pour convaincre les

personnes qui n’ont pas d’emblée la volonté

d’adopter un mode de transport plus respectueux

de l’environnement. En revanche, les

voitures électriques devraient rencontrer un

succès plus franc dans le milieu du leasing.

En effet, les voitures de société sont changées

en moyenne tous les quatre ans et le choix

d’une voiture électrique ou hybride peut être

très intéressant fiscalement, beaucoup plus

qu’une autre voiture pour l’employé.

Avec ce signe clair, le gouvernement encourage

à l’achat d’une voiture électrique ou

hybride. Dans les deux ou trois prochaines

années, le pays sera équipé de suffisamment

d’infrastructures pour l’alimentation des

véhicules électriques et plus personne n’aura

d’excuse véritable pour ne pas procéder au

changement.

Alex Michels

Une application liée à ces bornes estelle

disponible?

Nous sommes en train de développer un site

internet en “responsive” pour les utilisateurs

privés. De cette façon, les fonctionnalités

de cet outil seront accessibles à partir de

n’importe quel téléphone, tablette ou ordinateur.

Après avoir créé un profil conducteur,

l’utilisateur pourra consulter le nombre de

charges effectuées, les points de charge

disponibles en temps réel et leur localisation.

En se positionnant sur un point de charge

précis, il est même possible de créer un

itinéraire pour pouvoir s’y rendre le plus

rapidement possible.

L’application permettra également de réserver

au maximum deux bornes à l’avance, ce qui

empêchera à une autre voiture de pouvoir

démarrer un chargement.

Malheureusement cela ne garantira que la

réservation de la borne, non celle de l’emplacement

qui y est associé.

Quelles évolutions envisagez-vous à

moyen terme?

Selon moi, un effort est à présent à fournir

de la part du secteur automobile. Des

constructeurs comme Tesla, avec sa structure

de recharge rapide européenne, font de

grandes avancées dans ce domaine mais des

efforts sont également attendus de la part

des autres constructeurs. En effet, sur le marché

luxembourgeois, le client veut posséder

une voiture de luxe avec un certain standing

et dans le milieu de l’électrique, ce type de

véhicule se fait encore rare.

Au niveau des bornes, la prochaine évolution

se situe dans la charge contrôlée, c’est-à-dire

que nous espérons pouvoir offrir un développement

permettant au système de gérer la

charge en fonction du temps de réservation

et de l’autonomie souhaitée au départ de la

borne quitte à ce que chacun des véhicules

ne soit pas rechargé à 100%... MC

LG - Best of & Guide 2017 125


Développement durable

Best of LG 198 - Mai 2017

Au service du citoyen

A l’écoute de ses usagers, le syndicat pour le Transport Intercommunal de personnes

dans le Canton d’Esch-sur-Alzette, ou TICE, peut se vanter de sa réactivité lorsqu’il

s’agit de mettre en pratique des actions visant à favoriser la mobilité dans sa région.

Ainsi, au cours de ces cinq dernières années, le syndicat a augmenté de plus de 20%

sa capacité kilométrique ainsi que sa capacité de flotte et de personnel. Rencontre avec

Henri Hinterscheid échevin de la Ville d’Esch-sur-Alzette et président du TICE.


Nous ne cherchons

pas à retirer un bénéfice

commercial de nos actions,

nous désirons avant tout

assurer la mobilité des

usagers dans nos municipalités


Quelles ont été les mesures phares

récemment prises par le TICE?

Ces dernières années, Belval est devenue

un moteur économique pour la région

et dans une démarche commune avec

l’Etat, le TICE a créé un réseau de transports

en commun efficace pour pouvoir

la desservir. Nous avons alors collaboré

avec les CFL pour mettre en place à

proximité de l’Université un noyau d’intermodalité

supplémentaire, à l’image de

la gare centrale d’Esch, afin d’encourager

le recours aux transports en commun

plutôt qu’à la voiture individuelle.

Aujourd’hui, Esch-Centre et Belval sont

reliées de manière exemplaire par plusieurs

opérateurs et trois lignes du TICE.

Par ailleurs, une nouvelle ligne a été mise

en place dans le cadre de la fusion de

Bascharage et de Clemency pour relier cette

dernière à Esch en passanr par Bascharage,

Sanem et Belval. Sur cette ligne, nous

essayons de connecter au maximum les

institutions à caractère régional de nos

municipalités.

Nous avons conçu nos lignes de manière à

pouvoir suivre son itinéraire en n’effectuant

au maximum qu’un changement de bus.

Le TICE est également appelé à assurer la

centrale de gestion des transports en commun

pour la région Sud-Ouest. La planification

nationale prévoit quatre pôles de gestion

pour les opérateurs de transports en commun,

dont le nôtre. Notre mission est simple, nous

devons gérer tous les bus qui circulent dans

notre région dès qu’ils y entrent et passer le

relais de cette gestion à un autre responsable

quand ils en sortent.

Quel impact a aujourd’hui votre flotte

sur l’environnement?

Il y a trois ans, nous avons analysé les émissions

de nos bus ayant un moteur EURO VI

alimenté au gaz naturel; aujourd’hui, 52 de

nos 131 bus fonctionnent sur base de ce

système. Le gaz qui les alimente provient

du centre de biométhanisation à proximité

d’Esch-sur-Alzette, le Minett-Kompost, traitant

les déchets organiques et produisant du

biogaz à partir de ceux-ci. Nous collaborons

par ailleurs très étroitement avec SudGaz

pour faire évoluer les techniques qui régissent

ces bus. Pour le moment, nous sommes

dans l’attente que l’industrie arrive à rendre

leurs moteurs plus puissants pour qu’ils

puissent assurer la traction de véhicules

lourds, tels que les bus articulés.

126

LG - Best of & Guide 2017


Pour aller plus loin dans notre démarche, il

faudrait avoir recours aux bus électriques,

cependant cette technologie n’en est qu’à

ses débuts et nous attendons d’abord un

retour sur les projets pilotes, surtout concernant

les différentes possibilités de recharge,

avant d’investir à notre tour.

Le 9 décembre dernier, vous avez mis

en place l’initiative «Late night bus».

Quels sont vos premiers retours par

rapport à celle-ci?

En collaboration avec Prosud et en accord

avec le ministère du Développement Durable

et des Infrastructures (MDDI), nous avons

élaboré un projet pilote de deux ans concernant

des transports nocturnes. De cette façon,

nos bus circulent sur notre réseau tous les

vendredis, samedis et veilles de jours fériés

entre une et cinq heures du matin, à raison

d’une fois par heure. Ceux-ci desservent

tous les centres d’intérêts de la région, pour

permettre aux personnes sortant de nuit

dans le sud du pays de rejoindre leur domicile

en bus. Cette offre est aussi combinée à celle

des CFL pour les trains de nuit, une intermodalité

est donc également envisageable de

nuit pour les voyageurs.

Nous avons un retour très positif de la part

des usagers; aujourd’hui une moyenne de

301 passagers par nuit recourent à nos

services et lors d’événements spéciaux tels

que la Saint Silvestre, nous avons connu un

pic de plus de 500 passagers par nuit. Avec

l’arrivée du printemps, nous pensons que

cette fréquentation va encore augmenter.

En favorisant l’usage des transports en commun,

nous œuvrons en faveur de la sécurité

routière et offrons une alternative sécurisée

aux adeptes de la vie nocturne. La première

évaluation du projet aura lieu en fin d’année

2017, mais nous sommes très confiants au

vu des chiffres que nous récoltons sur le

terrain en matière de fréquentation. Il est

toutefois important de souligner que nous

ne cherchons pas à retirer un bénéfice commercial

de nos actions, nous désirons avant

tout assurer la mobilité des usagers dans nos

municipalités, c’est là tout notre bénéfice.

Et pour l’avenir?

Nous travaillons actuellement en collaboration

avec le MDDI sur le projet «Minettstram

op Pneuen» visant à mettre en place des Bus

Henri Hinterscheid

à Haut Niveau de Service (BHNS) dans la

région. Pour le moment, le gouvernement

réalise une étude stratégique à laquelle nous

sommes associés en tant qu’opérateur régional.

Le BHNS suivrait le tracé des anciennes

lignes de tramway qui parcourraient notre

région selon deux axes: du Nord au Sud en

reliant Luxembourg-Ville à la France et d’Est

en Ouest en traversant les municipalités du

Sud, de Dudelange à Rodange. Le BHNS

aurait une vitesse de croisière élevée et

possèderait des corridors de circulation qui

seraient exclusivement réservés aux bus.

Il est impératif que nous trouvions des

solutions favorisant sa mise en place pour

désengorger les routes luxembourgeoises…

LG - Best of & Guide 2017 127


Développement durable

Quelle valeur pour demain?

La sortie américaine des accords de Paris leur fait se demander si les passagers du

Titanic auraient réclamé une meilleure cabine pendant le naufrage. Interview sur le

développement durable avec Valérie Arnold, associée et Corporate Responsability Leader

ainsi que Philippe Pierre, associé en charge du secteur public et responsable global

Institutions européennes chez PwC Luxembourg.


Agir en interne

et être un catalyseur du

changement en externe


Comment la responsabilité sociétale des

entreprises est-elle devenue un enjeu

majeur?

VA: Le modèle de croissance des cinquante

dernières années montre ses limites, s’essouffle,

arrive à son terme et ne peut répondre aux

enjeux sociaux-économiques d’aujourd’hui et

surtout pas à ceux de demain.

Le modèle de responsabilité sociétale basé sur

la pure philanthropie, ne dispose pas de leviers

suffisamment adaptés aux enjeux actuels. C’est

pourquoi on tend aujourd’hui à inscrire la

responsabilité des entreprises au cœur de leurs

activités. Certes, les grandes fortunes continueront

à faire des donations et du mécénat mais

les entreprises s’inscriront plus encore dans la

vie sociale. Il n’est plus possible de créer de la

valeur, de faire de l’argent, sans s’inquiéter de

l’impact de nos activités sur les citoyens ou sur

notre environnement.

Le cadre moral a été posé au niveau mondial,

les buts à atteindre également, que ce soit dans

les 17 objectifs de développement durable de

la Charte des Nations unies ou dans les accords

de Paris. Ils représentent, ensemble, la feuille de

route adressée aux Etats. Rappelons-le à nouveau:

il n’y a pas de plan B pour notre planète.

trois principaux que sont l’expertise fiscale, le

conseil et l’audit) doivent évoluer par rapport

aux enjeux sociétaux.

Nous servons des clients du secteur public,

du monde de la finance et des entreprises,

notre rôle est donc de les accompagner dans

ce changement. Impacter favorablement la

planète et les individus tout en continuant de

créer de la valeur ne se fera que si ces enjeux

sont complétement intégrés à la stratégie.

Notre firme a défini ses propres enjeux en

mettant en place une réflexion avec nos clients

mais aussi avec les acteurs publics, les ONG,

nos fournisseurs et les médias. Nous avons ainsi

pointé les priorités internes et externes et avons

défini sept enjeux stratégiques sur lesquels

nous travaillons. Cette mutation nous permettra

ensuite d’insuffler les bonnes pratiques.

Deux firmes aux bilans financiers semblables

n’auront pas la même valeur dès lors que

l’une d’elle intègrera une vision à long terme

et sera consciente de ses impacts sociaux et

environnementaux.

Peut-on dire que les institutions internationales,

européennes et que les Etats vont dans

le bon sens?

Que signifie la responsabilité sociétale pour

PwC Luxembourg?

VA: Puisque le but est d’avoir un impact significatif,

il s’agit d’apporter une réflexion sur la

manière dont nos métiers (et notamment les

PP: Les organes internationaux comme les

Nations unies, la Commission européenne ou

encore la BEI élaborent des plans de manière

pragmatique, qui sont ensuite mis en œuvre

par les Etats. Les politiques publiques se développent

donc dans le but de répondre concrètement

aux enjeux de demain.

128

LG - Best of & Guide 2017


Incarner un rôle modèle, c’est aussi pouvoir

inspirer les bonnes pratiques et donc, définir les

nouvelles politiques. Force est de constater que

beaucoup d’institutions publiques, nationales

et européennes, ont déjà œuvré dans ce sens.

VA: On retrouve cette même ambition stratégique

chez PwC: agir en interne et être un

catalyseur du changement en externe. C’est un

exercice ô combien délicat dans la mesure où il

faut résoudre les enjeux de nos clients tout en

affirmant nos valeurs responsables, protégeant

ainsi nos fondamentaux, notre légitimité et le

développement de nos collaborateurs. C’est

ce qui nous permet d’accompagner les grands

acteurs dans leur transformation.

Qu’est-ce qui est le plus efficace: le volontariat

ou la contrainte règlementaire?

PP: L’idée est moins de contraindre que de stimuler

et les résultats se font déjà sentir dans les

procédures d’achats pour le secteur public par

exemple. La Commission Européenne partage

cette politique d’influence et c’est pourquoi la BEI

aide les entreprises européennes, dont des luxembourgeoises,

à innover en finançant leurs développements

en technologies vertes par exemple.

Les consommateurs et les citoyens sont de

plus en plus regardants quant au développement

durable et c’est à la base du changement

de pratiques.

VA: Luxembourg partage la vision

rifkinienne. Si la deuxième révolution industrielle

a permis une augmentation de la

richesse et une diminution de la misère, ses

effets secondaires et notamment sur l’environnement,

sont négatifs. C’est pourquoi il

faut profiter de l’essor des technologies pour

sortir d’une économie carbonée.

Face à la raréfaction des matières premières,

les spécialistes annoncent la fin de l’obsolescence

forcée des produits et de l’utilisation

de matériaux non recyclables. Le modèle

de demain sera circulaire ou ne sera pas.

Les produits gagneront en durée de vie

et ce n’est plus leur possession que l’on

achètera mais l’usage qu’on en fait. Cela

chamboulera les processus de fabrication,

les financements, les distributions, etc. Il faut

donc pouvoir se préparer à ce changement

dès maintenant.

Existe-t-il des synergies de développement

durable entre le public et le privé?

Valérie Arnold et Philippe Pierre

PP: La force du Grand-Duché, c’est l’agilité

avec laquelle le pays élabore ses stratégies et

les met ensuite rapidement en œuvre. Il s’appuie

souvent pour cela sur des partenariats

public-privé. Le «Climate finance accelerator»,

mené conjointement par les ministères

de l’Economie et de l’Environnement en est

un exemple.

Pierre Gramegna et Carole Dieschbourg ont

décidé de travailler avec des cabinets d’avocats,

une société de conseils spécialisée dans

les impacts d’investissements ainsi qu’avec

les quatre grands cabinets de conseils afin

de créer une plateforme qui facilitera la

venue de gestionnaires de portefeuilles.

Le but étant d’accueillir au Luxembourg,

les fonds d’investissements qui financeront

les accords de Paris.

Le fait que les Big Four se réunissent autour

du projet est le signe fort que les fondamentaux

se mettent en place pour accompagner

une économie plus responsable et durable.

PwC Luxembourg

2 Rue Gerhard Mercator

L-1014 Luxembourg

Tél.: 49 48 48 1

www.pwc.lu

LG - Best of & Guide 2017 129


Développement durable

En marche vers le renouvelable

ENGIE Cofely est un acteur majeur au Luxembourg dans le développement des énergies

renouvelables pour divers clients que sont les communes, le secteur tertiaire, les collectivités

et l’industrie. ENGIE Cofely réalise la maintenance, l’exploitation et le suivi énergétique de

nombreuses installations au Luxembourg. Sa politique a pour but de satisfaire les clients

tout en privilégiant le développement durable, notamment par la réalisation d’actions de

promotion des énergies renouvelables et des économies d’énergies.


ENGIE Cofely peut

préfinancer les projets

d’efficacité énergétique


Conseils et étude

Une équipe réalise l’état des lieux des installations

en place dans le but de proposer des

solutions concrètes. L’objectif est de diminuer

de manière durable la consommation

et la facture énergétique des clients. Cette

phase est l’occasion de réaliser les études

nécessaires à l’amélioration énergétique des

systèmes, de lister, prioriser et budgétiser

les actions potentielles à mener et enfin de

planifier les actions dans un plan de mise

en œuv re.

Financement

ENGIE Cofely peut même préfinancer les projets

d’efficacité énergétique afin de faciliter

l’acceptation des projets. A travers un contrat

énergétique, ENGIE Cofely s’engage à apporter

son expertise stratégique, technique, financière

et opérationnelle; à offrir un service intégré

(conseil-financement-installation-exploitation-monitoring),

à prendre à son compte une

partie significative des risques de performance à

travers une garantie de résultat.

Construction

Après avoir conseillé ses clients sur le choix

des installations, ENGIE Cofely se charge

de réaliser les demandes nécessaires pour

la construction et l’installation ainsi que de

monter le plan financier du projet. Par la

suite, elle coordonne les travaux et veille

au respect des délais de l’ensemble des

intervenants.

Etant en relation privilégiée avec le système

de subsides Enoprime, ENGIE Cofely propose

des subventions liées aux économies

d’énergies pour l’installation de systèmes de

chauffage (boiler, ballon thermodynamique,

pompe à chaleur…), solaire (thermique

et photovoltaïque), de froid (climatisation

groupe froid) et de ventilation.

Exploitation et maintenance

Dans le cadre de la gestion technique des installations,

ENGIE Cofely assure, entre autres,

la gestion et l’entretien de modules de cogénérations

et de groupes froids, la gestion et le

traitement des eaux, la gestion et l’entretien

des équipements à titre préventif afin de

prolonger leur durée de vie et à titre curatif

en fonction des besoins spécifiques.

Toutes les interventions sont réalisées par

un personnel hautement qualifié et régulièrement

formé. Le service d’intervention est

disponible 24h/24 et 7j/7.

Le cœur de métier d’ENGIE Cofely est l’exploitation

et la maintenance des installations

énergétiques. C’est-à-dire, l’exploitation des

installations qui permettent une utilisation

rationnelle des énergies ainsi qu’une réduction

de leur impact sur l’environnement, la

130

LG - Best of & Guide 2017


Pierre Wolff

maintenance et l’exploitation des installations

thermiques, électriques, sanitaires et de conditionnement

d’air et le suivi des installations en

garantissant un niveau élevé de disponibilité,

de continuité et de qualité de service à travers

la mise en place d’équipes dédiées.

Digitalisation des informations

Le monde entre dans une nouvelle ère avec

la troisième révolution industrielle, celle de

l’IOT («Internet of Things»), qui représente

l’extension d’internet à des objets du monde

physique.

ENGIE Cofely accompagne ses clients vers la

digitalisation de leurs informations et ceci en

récoltant les informations sous formes de relevés

automatisés des installations techniques, de

relevés fournis par ses employés, de contrats

d’entretiens, de services de dépannage et

d’études effectuées sur base des rapports

annuels. La fusion de ces informations permet à

ENGIE Cofely d’obtenir des informations diverses

et variées, des connaissances importantes liées à

l’analyse des données ainsi qu’aux économies

d’énergies. Ces informations sont regroupées

sur le portail extranet «ENGIE Direct», qui

est une plateforme relation client offrant une

vue des équipements, un suivi du contrat de

maintenance, l’échange et le stockage de

documents relatifs au contrat et la demande et

le suivi des interventions de dépannage.

En installant des compteurs intelligents (gaz,

électricité, eau,…) et des capteurs intelligents

(température, humidité, CO 2 ,…) ENGIE Cofely

propose à ses clients un suivi journalier, clair et

personnalisé des consommations d’énergies, le

paramétrage d’alarmes (fuite d’eau, température

élevée, humidité faible, …), le conseil dans la

gestion et l’amélioration énergétique à partir des

données récupérées. ENGIE Cofely donne à ses

clients un monitoring complet et en temps réel

de toutes les installations techniques.

Cofely Services SA

12 ZARE Ilot Ouest

L-4384 Ehlerange

Tél.: 26 55 33-1

Fax: 26 55 33-222

mail@engie-cofely.lu

www.engie-cofely.lu

LG - Best of & Guide 2017 131


Développement durable

Nouveau projet de la

SuperDrecksKëscht ® fir Biirger

La SuperDrecksKëscht ® fir Biirger, l’action du ministère du Développement durable et des

Infrastructures avec les communes, est destinée aux citoyens. Elle a récemment intensifié

ses activités dans le cadre de l’économie circulaire et de la consommation durable.

Néanmoins, l’élimination en toute sécurité des produits dangereux des ménages privés est

encore une tâche importante.


La SuperDrecksKëscht

élimine en toute sécurité

les traverses de chemin de

fer usagées utilisées dans

des ménages privés


Eliminer avec sécurité les traverses de

chemin de fer usagées utilisées dans

les ménages privés

Les particuliers achètent volontiers des traverses

de chemin de fer mises au rebut en

raison de leur résistance aux intempéries et

les posent dans leurs jardins pour soutenir

des talus ou entourer des platebandes. Pour

les protéger des intempéries, des champignons

et des insectes nuisibles, les traverses

ont été traitées à la créosote, une huile de

goudron. Les traverses en bois qui renferment

de l’huile de goudron sont identifiables

aux adhérences noires et collantes et à

l’odeur typique de goudron, notamment

lorsque les températures sont élevées.

La mise à disposition de traverses en bois est

interdite dans l’UE depuis 2003 à cause de la

créosote qui est cancérigène. Il est interdit de placer

des traverses en bois imprégnées sur la voie

publique, par exemple sur les plaines de jeux.

Danger pour l’homme et l’environnement

La créosote est un biocide noir et visqueux,

distillé à partir du goudron. Les composants

organiques, notamment le benzo[a]pyrène,

sont cancérigènes.

Le biocide est absorbé au contact de la peau.

Il est difficilement biodégradable et s’accumule

dans l’organisme. En temps de pluie, les

substances sont lessivées au fil du temps et

rejoignent ainsi les sols et les eaux souterraines.

En présence de températures élevées, le biocide

s’évapore et rejoint ainsi l’atmosphère.

Outre les agents d’imprégnation, le bois peut

également contenir des résidus provenant

de l’exploitation ferroviaire. On citera entre

autres des résidus d’huile usagée issue du

matériel roulant et des wagons ainsi que des

résidus d’herbicides utilisés pour désherber le

ballast de la voie ferrée.

Elimination gratuite pour les ménages

privés, assurée par la SuperDrecksKëscht ®

fir Biirger

- La SuperDrecksKescht ® se charge de

l’élimination gratuite de ces produits chez le

consommateur.

- La SuperDrecksKescht ® vient les chercher

sur demande avec un camion.

- Seules sont acceptées les traverses en bois.

- Les traverses en bois doivent être démontées

et stockées de manière à ce qu’elles

puissent être soulevées par un chariot élévateur

(par exemple sur une palette ou sur du

bois d’équarrissage).

132

LG - Best of & Guide 2017


Traverses de chemin de fer dans le jardin

Gary K Smith Alamy Stock Photo

À respecter par les propriétaires des

traverses de chemin de fer:

- Ne jamais utiliser les traverses de chemin

de fer comme bois de chauffage.

- Porter des gants appropriés lors de la

manipulation des traverses afin d’éviter tout

contact avec la peau.

- Si les traverses sont anciennes et fragiles,

il est recommandé de porter en plus un

masque anti-poussière.

- Éviter toute nouvelle manipulation.

- Ne plus utiliser les traverses enlevées.

Transport et recyclage

La société labellisée Hein Déchets située à Bech-

Kleinmacher vient chercher les traverses en bois

au centre logistique de la SuperDrecksKëscht ®

et les transporte jusqu’à Mayence où se trouve

une entreprise spécialisée.

Ici, les traverses en bois sont prétraitées et

font l’objet d’une valorisation thermique

dans une centrale biomasse dans la ville voisine

de Wiesbaden qui dispose d’installations

de filtration très modernes. De l’électricité et

de la chaleur à distance sont produites lors

de ce processus.

Un autre projet de la SuperDrecksKëscht ®

— Gestion écologique des déchets dans

les résidences — moins de déchets,

moins de coûts

La loi du 21 mars 2012 sur la gestion des

déchets exige que les immeubles collectifs

(résidences) soient dotés des équipements

pour procéder à une collecte sélective des

produits de déchets. Cette collecte permet de

réduire à la fois les quantités et les dangers

susceptibles d’émaner des déchets résiduels.

Les déchets sont plus faciles à valoriser car il

est plus aisé de les acheminer vers les différentes

filières de traitement.

En coopération avec les responsables, c’està-dire

les communes, ainsi que les systèmes

de producteurs (Valorlux, Ecotrel et

Ecobatterien), la SuperDrecksKëscht ®

a mis

en place un concept praticable qui permet

d’atteindre les objectifs d’une économie

gérant les ressources naturelles de manière

efficace.

Le tri des déchets dans les résidences n’est

qu’un premier pas vers une gestion plus

durable et efficace des ressources naturelles.

Il fait aussi sensiblement baisser les coûts.

Une résidence moyenne comprenant douze

ménages peut ainsi réduire la quantité de

déchets résiduels de 68% au plus et les

coûts de 66%.

Le système de la collecte sélective de déchets

peut être appliqué aux immeubles collectifs

de toutes tailles.

SuperdecksKescht ® fir Biirger

Zone Industrielle Piret

L-7737 Colmar-Berg

Tél.: 488 216 237

Fax: 488 216 255

info@sdk.lu

www.sdk.lu

LG - Best of & Guide 2017 133


Développement durable

L’économie circulaire au cœur

Afin de répondre aux enjeux environnementaux, économiques et sociaux qui se présentent

à nos modes de consommation actuels, VALORLUX a décidé de placer l’économie circulaire

au cœur de sa stratégie.


La collecte,

le tri et le recyclage des

emballages génèrent

plus de 5.000 emplois

au Luxembourg


En étroite collaboration avec ses partenaires,

cette nouvelle stratégie se déploie sur l’ensemble

des activités de VALORLUX depuis la

collecte en porte-à-porte ou les points d’apport

volontaires (parcs de recyclage, stations

RE-box) jusqu’aux filières de recyclage en

passant par le tri.

Afin de répondre aux enjeux environnementaux,

économiques et sociaux qui se

présentent à nos modes de consommation

actuels, VALORLUX place désormais l’économie

circulaire au cœur de sa stratégie. Une

conduite qui s’inscrit dans une démarche

nationale plus globale en concertation avec

les ministères et les administrations.

Cette réorganisation structurelle engendrera

une réduction considérable des impacts liés

aux transports et notamment des émissions

en CO 2 .

Les bénéfices de l’économie circulaire sont

multiples. La réutilisation et le recyclage des

matériaux permettent non seulement de

réaliser des économies, mais aussi et surtout

de préserver nos ressources naturelles tarissables.

Enfin, la collecte, le tri et le recyclage

des emballages génèrent aujourd’hui plus de

5.000 emplois au Luxembourg. A l’échelle

de l’Union Européenne, un potentiel d’un

à deux millions d’emplois nets est estimé

d’ici 2030, d’après l’Institut de l’économie

circulaire.

Dans ce sens, VALORLUX poursuit trois

objectifs:

- améliorer et élargir les emballages triés en

incitant les citoyens à trier toujours plus et

mieux. VALORLUX propose des supports

de communication adaptés à chaque public

(écoles, entreprises et résidences) et a élargi

dans certaines communes la collecte des

PMC aux films et sacs en plastique.

La recyclabilité et l’écoconception sont devenues

des notions incontournables pour la

préservation de notre planète. C’est pour

cette raison que VALORLUX va lancer à l’automne

2017 la seconde édition de Trophéco.

Ce prix de l’emballage écoresponsable vise à

valoriser auprès du grand public les efforts

réalisés en matière environnementale des

producteurs et importateurs de produits

emballés.

Chiffres 2016

- limiter et optimiser les transports en améliorant

le remplissage des camions et en

réduisant les distances parcourues.

- favoriser le recyclage de proximité en

Europe ou dans la mesure du possible dans

des filières situées au Luxembourg et veiller à

la qualité du recyclage des matériaux.

VALORLUX

22, rue de l’industrie

L-8399 Windhof

www.valorlux.lu

www.prevention-valorlux.lu

134 LG - Best of & Guide 2017


Développement durable

Une gestion des déchets qui

s’intègre à notre environnement

Exploitation s.a., expert dans la gestion des déchets au Grand-Duché de Luxembourg,

propose depuis plusieurs mois un nouveau contenant: le container semi-enterré.

Esthétique et pratique, il se fond avec succès au paysage et propose une grande

capacité de stockage grâce à sa cuve enterrée. Entretien avec Nathalie Hiegel, directrice

commerciale et Hervé Fréreux, commercial chez Lamesch.

Hervé Fréreux et Nathalie Hiegel

Pourriez-vous nous expliquer le principe

du container semi-enterré?

H.F.: Le container semi-enterré, comme son

nom l’indique, est enterré au deux tiers dans

le sol. Ce principe permet au client de disposer

d’une capacité de stockage importante

sans pour autant occuper un espace au sol

conséquent. De plus, les finitions proposées

sont très esthétiques et permettent au

container d’être disposé élégamment dans

un espace naturel. Ce nouveau système est

aussi plus hygiénique grâce à l’effet de cave,

obtenu par l’enfouissement du container qui

permet de maintenir une température faible

et relativement constante dans la cuve. Ainsi,

le processus de décomposition est ralenti

et le développement des bactéries freiné.

L’ergonomie du container a, elle, été pensée

pour soulager la charge dorsale des utilisateurs

grâce à la hauteur idéale du couvercle

située environ à 1,20 m.

Nous proposons les containers semi-enterrés

pour les fractions de papier/carton, de

verre ou de déchets résiduels. Leur capacité

s’étend de 2.000 à 5.000 litres. Cependant,

d’autres capacités peuvent être étudiées sur

demande.

N.H.: L’avantage de ces containers est clairement

leur grande capacité de stockage qui

permet d’allier gain de place et espacement

des vidanges. C’est une excellente alternative

aux containers classiques. Selon les besoins

du client, les vidanges peuvent être planifiées

à fréquence régulière ou sur appel. Pour

l’installation, il faut compter environ une

demi-journée. Et selon la composition du sol

(terre, pierre…) le temps de pose peut varier.

Vous faites référence aux différentes finitions

de ces containers, quelles sont-elles?

H.F.: Les containers sont proposés en plastique

recyclé avec plusieurs coloris disponibles,

en aluminium (peint ou non) et en

bois. Selon l’emplacement et l’environnement

alentour au container chaque finition

peut répondre au besoin du client.

La finition bois trouve facilement sa place

dans un milieu où la nature domine comme

un camping ou un parc. La finition aluminium,

plus moderne, est souvent choisie

à proximité de bâtiment en verre et le

plastique recyclé est préféré dans les milieux

urbains.

136

LG - Best of & Guide 2017


Photo prise au Camping Plage Beaufort

Il est également possible de mettre des

couvercles de couleurs différentes pour

distinguer les différents flux de déchets.

Quatre coloris sont disponibles (noir, jaune,

bleu et vert). Le container peut aussi, sur

demande, être équipé d’une serrure. Ce

dispositif permet au client de s’assurer que

les déchets collectés sont uniquement issus

de sa production.

Pourriez-vous nous expliquer le déroulement

de l’installation d’un container

et d’une vidange?

N.H.: Les containers semi-enterrés sont livrés

clé en main. Lamesch s’occupe de les installer

sur l’emplacement choisi. Avant de commencer

les travaux, le client doit s’assurer

qu’aucun câble et qu’aucune canalisation ne

passe sous la zone d’installation; qu’aucune

source d’eau ne se situe sous le terrain;

que l’emplacement retenu est accessible

par camion-grue et qu’aucun élément ne

perturbe le rayon de manœuvre.

L’installation prend quelques heures. Un

trou est d’abord creusé puis une couche de

sable est placée au fond de ce dernier pour

stabiliser le container. La cuve est ensuite

introduite à l’intérieur de la cavité, mise à

niveau et remblayée avec la terre extraite.

Une fois l’installation terminée, les finitions

du sol restent à la charge du client. Plusieurs

possibilités sont envisageables: des pavés, du

macadam, du mulch ou encore des graviers

peuvent être posés pour embellir l’aspect

final des containers.

H.F.: La vidange, elle, se réalise en quelques

minutes. Les containers semi-enterrés sont

équipés d’un sac amovible qui facilite le

processus de vidange. Une grue hisse le sac

hors du container, le positionne au-dessus du

camion et le déverse dans ce dernier. Le sac

est ensuite refermé, placé dans le container

et un sac en plastique est mis en place pour

assurer une bonne hygiène du container.

Pour découvrir les différentes étapes de la

vidange et de la pose d’un container, je vous

invite à visionner les films explicatifs «Le

container semi-enterré: une vidange propre

et rapide» et «Le container semi-enterré: une

pose facile et rapide» disponibles sur notre

site internet sous la rubrique «Innovation -

Container semi-enterré» ou encore sur notre

chaîne youtube Lamesch.

LAMESCH Exploitation s.a.

12 ZI Wolser 2

B.P. 75

L-3201 Bettembourg

Tél.: 52 27 27 1

Fax: 51 88 01

www.lamesch.lu

LG - Best of & Guide 2017 137


Développement durable

Le concept écologique

global du gaz vert

Entre Quatre-Vents et Kopstal, la station de biogaz Naturgas Kielen accueille les communes,

les cuisines de particuliers ou de cantines, les entreprises du secteur agro-alimentaire

et tout autre client potentiel, soucieux de revaloriser ses déchets organiques plutôt que

de les éliminer. Explications du directeur des lieux, Nico Godart.


Le biogaz obtenu à partir

des matières organiques

fermentées est ensuite

purifié afin de devenir du

biométhane


Processus pour une très haute qualité

Fondée en 2004 par une coopérative agricole

de plusieurs agriculteurs, Naturgas

Kielen est une centrale biogaz innovante qui

injecte du biométhane dans le réseau de gaz

naturel grand-ducal existant. L’installation

fait fermenter des matières organiques: des

produits et sous-produits agricoles tels que

du fumier et du lisier, ainsi que des déchets

organiques qui viennent des villes ou bien de

l’industrie alimentaire et fourragère. «Nous

pouvons traiter les déchets alimentaires périmés

de restauration, de cantines d’école, de

garderies ou bien de cafétérias d’entreprise,

mais également les déchets des collectes

de poubelles organiques de plusieurs communes

et syndicats intercommunaux ainsi

que la tonte de gazon. Si une entreprise ou

une commune désire revaloriser ses déchets,

c’est un excellent moyen de s’y prendre»,

explique Nico Godart.

Ce sont des bactéries qui, dans des cuves

digestives, transforment la matière organique

en biogaz. Ce processus biologique

requiert des contrôles et des analyses réguliers

pour que la transformation se déroule

correctement; «bien entendu après la séparation

des matières inertes non-organiques

des matière premières», précise le directeur.

Le biogaz obtenu à partir des matières organiques

fermentées est ensuite purifié afin de

devenir du biométhane, un “gaz vert“ de

très haute qualité. «Par rapport à la cogénération,

l’avantage du biométhane est qu’il

peut être transformé n’importe où, en n’importe

quelle énergie; soit thermique pour

chauffer les bâtiments, cinétique pour permettre

aux voitures de rouler, ou électrique

et ceci sans avoir de pertes». Actuellement,

Naturgas Kielen injecte ce biométhane dans

le réseau national de gaz, c’est-à-dire dans

la même conduite que le gaz naturel qui est

une source d’énergie fossile, car ils sont de

même qualité.

Les déchets sont donc transformés en énergie

renouvelable et les dépôts laissés après l’opération

de fermentation sont ensuite répandus

sur les champs. Les surfaces agricoles bénéficient

ainsi des nutriments restants. C’est un

concept écologique global qui contribue à

l’économie circulaire. Rien n’est donc superflu

dans ce processus très écologique.

«J’aimerais préciser qu’une des grandes

forces de notre installation réside dans le

fait que nous avons trois grandes chaînes

d’introduction pour trois gros types de produits

différents. Cela va du lisier agricole aux

éléments solides comme le fumier mais aussi

les déchets organiques (gazon ou produits

agroalimentaires). En tant que propriétaires,

exploitants et fournisseurs, nous pouvons

faire preuve d’une grande flexibilité en nous

adaptant à la demande, en augmentant la

production de l’une ou en baissant celle

de l’autre».

138

LG - Best of & Guide 2017


Causalité d’une société de consommation

débridée

Nos sociétés modernes fonctionnent sur un

modèle de consommation dans lequel on

préfère remplacer un appareil défectueux

plutôt que de le faire réparer. C’est un fait

qui vaut pour les appareils électro-ménagers

mais aussi, «et c’est peut-être encore

plus choquant», pour les aliments. Ainsi sur

le même modèle, le consommateur jettera

un produit dont la date de péremption est

dépassée sans même l’avoir préalablement

gouté ou du moins senti. Cette perte de

bon sens se retrouve devant les étalages de

fruits où le consommateur palpe et fouille

pour trouver la perle rare, la pèche la plus

juteuse, la plus belle, celle qui a été la moins

manipulée par d’autres (ce qui a pourtant

déjà été fait cent fois dans la même

journée). Ainsi un grand nombre de fruits

encore bons à la consommation sont jetés,

faute d’avoir trouvé acheteurs ou parce

qu’ils ont tout simplement été abîmés.

Le gaspillage alimentaire est le résultat d’un

grand nombre de mauvaises habitudes, et

en attendant que le consommateur prenne

conscience que seul son portefeuille est le

véritable maître, la loi tente de prendre les

devants en limitant le gaspillage industriel.

À l’heure actuelle, la législation incite les

entreprises à recycler leurs déchets sans pour

autant en être une obligation.

Les entreprises ont des déchets dus à des

défauts de fabrication qui, sans détériorer

leurs valeurs réelles, les rendent pourtant

inconsommables mais le premier des facteurs

reste de loin les habitudes des consommateurs.

«C’est ce qui devrait être notre

ambition commune», conclut Nico Godart.

NATURGAS KIELEN s.c.

12, Route Nationale

L-8295 Kehlen

Tél.: 26 30 38

Fax: 26 30 38-39

www.ngk.lu

LG - Best of & Guide 2017 139


Développement durable

Best of LG 198 - Mai 2017

La révolution de l’économie circulaire

Imaginez une technologie qui permettrait de séparer tous les éléments du lisier pour

en extraire une eau de très haute qualité, et aussi des engrais, des combustibles.

Cette technologie serait peu gourmande en énergie et tiendrait dans la remorque d’un

camion, ce qui la rendrait mobile. C’est une startup luxembourgeoise qui a réalisé cette

folle ambition; explications de Michel Reckinger, président de Ama Mundu Technologies.


Nous sommes

les premiers à proposer

une technologie à la fois

plus performante que les

systèmes actuels mais

aussi à moindre coût


En quoi votre démarche est-elle innovante?

Nous avons dès le début, intégré la problématique

de l’économie d’énergie à celles

de l’eau et des matières (des domaines

qui ne vont malheureusement pas toujours

ensemble). Avec peu d’énergie, notre technologie

permet de trier les matières qui sont

aujourd’hui présentes dans les rejets liquides

d’unités de production de biogaz, dans les

eaux usées ou dans les déjections animales.

En les séparant, chacun de ces éléments

peut être recyclé, trouver un second usage

ou retourner dans son cycle naturel. En commençant

par extraire et récupérer de l’eau

pure, nous avons enfin trouvé un moyen

simple de trier des liquides!

Comment cela fonctionne-t-il?

Nous extrayons les 60 à 90% d’eau que

composent les déjections animales (le lisier)

et les liquides qui sont issus des usines de

biogaz ou de décharges. Nous commençons

d’abord par un processus de séparation

de la matière sèche solide. Les déchets

liquides passent ensuite dans un procédé de

nanofiltration qui donne un premier engrais,

riche en phosphore et en azote; il peut en

plus être déshydraté par évaporation sous

vide selon un nouveau procédé mis au

point par le Pr Delfosse au LIST. Enfin, nous

utilisons l’osmose inverse pour en extraire

l’eau purifiée H 2 O. L’osmose inverse est un

procédé connu mais habituellement utilisé à

plus de 30 bar alors que nous n’en utilisons

que 10. Cette baisse de pression (et donc de

consommation d’énergie) est possible grâce

aux différents procédés réalisés en amont.

Les petits restes que l’on ne peut pas valoriser

sont alors détruits ou rendus inertes.

Quels sont les avantages de ce procédé

comparés à ceux d’une station d’épuration

classique?

L’innovation réside dans le changement de

paradigme, il ne s’agit ni d’un traitement des

eaux usées, ni d’une dépollution mais bien de

la récupération d’une eau purifiée, d’engrais

ou de combustibles renouvelables, par des

procédés de fractionnement et de filtrage.

Et notre équipement (voir photo) prend

trois fois moins de place. Notre unité de la

taille d’un container suffit à équiper une

usine biogaz de 1,5 mégawatt qui n’aura

plus besoin d’épandre le digestat brut dans

les champs. Une version adaptée aux eaux

usées municipales suffit aussi pour un peu

moins de 1.000 habitants.

Nous pouvons par exemple intervenir en

complément d’une station d’épuration qui

serait insuffisante en capacité ou en qualité

de rejet, et ce sans couler aucun béton.

Notre station a des résultats de qualité bien

supérieurs répondant aux normes à venir,

et c’est aussi une solution moins onéreuse.

140

LG - Best of & Guide 2017


Qui sont vos clients potentiels?

Les producteurs de biogaz, les éleveurs, les

stations d’épuration municipales, les exploitants

mais aussi les promoteurs de bâtiments

durables, l’hôtellerie, etc. Nous pouvons être

actifs partout où il est question des eaux

usées ou de rejets liquides.

Beaucoup de professionnels du secteur

pensent que les besoins en eau changeront

d’ici les 30 ans à venir. En allant de plus en

plus vers les bâtiments durables et autonomes,

il faudra inévitablement se poser la

question de la réutilisation de l’eau et donc

de son système de filtrage.

D’où le terme de révolution. Comment

cette technologie peut-elle se développer

à l’avenir?

relation à l’eau qui changera, moins notre

façon de l’utiliser.

Comment s’est passée l’année 2016?

En début d’année 2016, nous étions encore

à un stade d’essai et nos bons résultats

nous ont permis de participer à la foire

d’Ettelbruck au mois de juillet qui a constitué

le lancement commercial d’Ama Mundu

Technologies pour le secteur du biogaz. Par

ailleurs notre startup a été retenue pour réaliser

une première station d’épuration innovante

(NeoSTEP, 1500 EH), elle a construit

et mis en service en Belgique une unité

de recyclage simultané d’eau et d’énergie.

Notre première unité mobile a permis une

présence à plusieurs manifestations et des

démonstrations sur plusieurs sites.

La question des pressions toujours plus

constantes que nous exerçons sur nos ressources

naturelles en eau, et qui seront de

plus en plus précieuses à l’avenir, se pose

déjà. L’eau prélevée dans le milieu naturel

servira d’abord aux usages nobles, et après

une ou plusieurs préparations au recyclage,

elle servira à l’arrosage, pour les toilettes et

pour alimenter une chaudière par exemple.

Après ces usages successifs, elle retrouvera

le chemin des canalisations, de la station

d’épuration et enfin de la nature.

Cette solution écologique, serait également

une issue économique car aujourd’hui, les

deux tiers du prix de l’eau proviennent des

moyens de son acheminement. D’ici 2050,

le Luxembourg comptera plus d’un million

d’habitants et ce doublement de la population

sera autant de tuyaux d’approvisionnement

à poser, puis à entretenir.

Le recyclage limiterait les approvisionnements

d’eau par immeubles, quartiers, ou

du moins par zones et le système centralisé

serait soulagé par des systèmes décentralisés.

Le coût de remplacement du réseau

serait bien moindre et la responsabilité des

consommateurs bien plus grande; c’est notre

Quelles sont les prochaines étapes?

Nous allons prendre grand soin de nos premières

unités industrielles afin d’y apporter

des améliorations et notre objectif pour la

fin 2018 est de définir des équipements de

série. Nous accentuons notre développement

technique et notre action commerciale

grâce à la mise en service d’une seconde

unité mobile de capacité 0,5 tonne/heure.

Nous avons aussi pris part à un deuxième

projet de recherche appelé “Persephone“

dans lequel nous travaillons en collaboration

avec les instituts et les agriculteurs de la

Grande Région et des Pays-Bas. Nous prenons

en compte les très bonnes suggestions

des agriculteurs dans le but d’obtenir des

engrais facilement réutilisables.

Nous travaillons activement avec le ministère

de l’Economie qui nous cofinance mais aussi

avec celui de l’Agriculture et celui de l’Environnement

qui sont naturellement intéressés

par l’émergence de solutions fiables et à

bas coûts qui résoudraient les problèmes

d’épandage et leur impact sur les nappes

phréatiques.

Source photos: AMA Mundu Technologies

LG - Best of & Guide 2017 141


Développement durable

Un plaidoyer

pour la cohérence des politiques

La ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg, a assisté à la réunion informelle

des ministres de l’Environnement et du Climat dédiée à l’écoinnovation et à la politique

climatique de l’Union européenne qui a eu lieu les 13 et 14 juillet 2017 à Tallinn, sous

présidence estonienne du Conseil de l’Union européenne.


Les ministres

de l’Environnement ont

exprimé une nouvelle fois

leur détermination pour

la mise en œuvre rapide

de l’accord de Paris


L’écoinnovation: le leitmotiv du trio

présidentiel Estonie-Bulgarie-Autriche

Les discussions ministérielles du 13 juillet se

focalisaient sur l’écoinnovation qui constitue le

leitmotiv du trio présidentiel Estonie-Bulgarie-

Autriche. Les discussions se focalisaient

sur l’économie circulaire, l’aménagement

urbain intégré et le financement du

développement durable. Dans ce contexte,

la ministre de l’Environnement, Carole

Dieschbourg, a plaidé pour une cohérence

des politiques et une approche inclusive dans

le contexte du développement des villes.

Elle a cité les exemples luxembourgeois de

la revalorisation des friches industrielles de

Belval, Schifflange et Wiltz dans le contexte

du développement de nouveaux quartiers

tant résidentiels que d’activités.

Le Luxembourg très engagé pour la

mise en œuvre de l’action climatique

Les ministres de l’Environnement ont exprimé

une nouvelle fois leur détermination pour

la mise en œuvre rapide de l’accord de Paris.

En présence de Seyni Nafo, négociateur en

chef du groupe africain, les ministres ont

confirmé leur soutien au cadre multilatéral et

des États vulnérables du continent africain et

des petits États insulaires.

Un accord rapide, crédible et ambitieux sur le

nouveau cadre législatif européen de l’action

climat, notamment la réforme du système

d’échange des quotas d’émission (EU-ETS)

et le paquet législatif du partage des efforts

pour les secteurs non couverts par l’ETS,

sera indispensable pour la mobilisation de

tous les acteurs.

Dans ce contexte, la ministre Carole

Dieschbourg a tenu à ce que la proposition

communautaire pour la gouvernance de

l’Union de l’énergie permette une cohérence

globale et une implication sur pied d’égalité

des filières Environnement et Énergie au

niveau de l’Union européenne. Finalement,

la ministre Carole Dieschbourg a mis en évidence

le Pacte climat luxembourgeois à titre

d’exemple des actions climat au niveau non

étatique que ce soient les autorités locales,

les entreprises ou la société civile.

Communiqué par le ministère

du Développement durable

et des Infrastructures/

Département de l’environnement

142

LG - Best of & Guide 2017


copyright: © SIP / Yves Kortum, tous droits réservés

Carole Dieschbourg


Développement durable

Neuvième remise

du «Bio-Agrar-Präis»

Le 2 juillet 2017, en présence de nombreux invités, Monsieur Fernand Etgen, ministre de

l’Agriculture, de la Viticulture et de la Protection des consommateurs, a remis le «Prix du

Jury» du «Bio-Agrar-Präis» à „Eis Epicerie Zolwer“ de Soleuvre.


Le gagnant du «Prix du Public» a été sélectionné

par le public lors de la Foire Agricole à Ettelbruck

Le «Prix du Public» du «Bio-Agrar-

Präis» a été décerné à „Bio-Lëtzebuerg –

Vereenegung fir Bio-Landwirtschaft a.s.b.l.“

de Munsbach.


a analysé les dossiers de candidature. Le

gagnant du «Prix du Public» a été sélectionné

par le public lors de la Foire Agricole

à Ettelbruck.

Fernand Etgen, ministre de l’Agriculture, de la

Viticulture et de la Protection des consommateurs

Dans son discours, Monsieur Etgen a rendu

hommage aux engagements de „Ecosol

Sanem a.s.b.l.“ und „Episol Sanem s.coop.“

pour leur projet „Eis Epicerie Zolwer“. Il

s’agit de la première épicerie solidaire du

Luxembourg où plus de 1.500 produits

issus de productions locales, biologiques ou

durables y sont proposés, à un prix solidaire

et pour tout le monde.

En outre, M. Etgen a honoré l’initiative

de „Bio-Lëtzebuerg – Vereenegung fir

BioLandwirtschaft a.s.b.l.“ de Munsbach,

de mettre à disposition de ses membres, les

producteurs et les transformateurs, un label

biologique privé. Ce label «Bio-Lëtzebuerg»

désigne des produits biologiques d’origine

luxembourgeoise.

La nouveauté de cette année consiste en

la remise d’un «Prix du Public» en plus de

l’usuel «Prix du Jury». Afin de choisir le

lauréat du «Prix du Jury», un jury, composé

de dix membres issus de milieux différents,

Le «Bio-Agrar-Präis», décerné pour la première

fois en 2009, vise à récompenser

des mérites dans l’agriculture biologique.

Ce prix, doté de 4.000 euros, est destiné

aux personnes, organisations et entreprises

actives dans le secteur de l’agriculture

biologique (production, transformation,

commerce, recherche, ONG,…) ou ayant

apporté un appui particulier à l’agriculture

biologique au Luxembourg.

Le prix s’inscrit dans le cadre du plan d’action

national de la promotion de l’agriculture

biologique, dont le but est de soutenir activement

le développement de l’agriculture

biologique au Luxembourg. La publication

de différentes brochures ainsi que le réseau

de fermes de démonstration sont d’autres

actions de l’année en cours.

Communiqué par le ministère

de l’Agriculture, de la Viticulture et de la

Protection des consommateurs

144

LG - Best of & Guide 2017


Développement durable

Best of LG 198 - Mai 2017

25 ans au service du bio

Le grossiste Biogros créé en 1992, a vite été victime de son propre succès. En plus du

premier magasin Naturata, de nombreux points de vente à Luxembourg se sont montrés

intéressés par la qualité de leurs produits. Retour sur 25 ans de succès avec Änder Schanck,

directeur de BIOGROS et du groupe Oikopolis.

Pouvez-vous nous présenter le

groupe?

C’est un projet qui prend source en 1988

avec l’association agricole «BIOG» qui

regroupe des cultivateurs biologiques et

biodynamiques du Luxembourg. Au fil des

années, nous avons réussi à construire une

économie structurée et axée sur la collaboration.

Nous avons implanté notre premier

magasin «NATURATA» au Rollingergrund

à Luxembourg-Ville et à ce jour, nous en

comptons neuf dont trois boutiques fermières

sur tout le territoire national.

Outre les boutiques fermières susmentionnées,

le groupe OIKOPOLIS compte six

«NATURATA Bio Marchés» et un magasin

en ligne «NATURATA Bio@home». A quoi

s’ajoute BIOGROS SA, dont la tâche de

grossiste consiste à aller chercher les denrées

chez les producteurs afin d’approvisionner

nos magasins. OIKOPOLIS Participations

SA regroupe à la fois des cultivateurs, des

collaborateurs mais aussi des clients qui

participent à son capital, qui sont donc les

propriétaires du groupe. Notre valeur guide

est de proposer des produits biologiques

qui sont dans la mesure du possible locaux.

«BIOG» est également une marque…

Oui, une marque sous laquelle nous vendons

nos propres produits. Je prends pour

exemple notre laiterie à Bascharage, avec

laquelle nous proposons du lait 100%

luxembourgeois, distribué uniquement au

Luxembourg avec «frësch Bio-Vollmëllech»

et «frësch Bio-Mëllech 1,5% Fett».

Nos dix producteurs doivent répondre aux

normes biologiques. Ils sont donc certifiés

Bio au niveau européen, mais aussi selon

les critères plus strictes de Bio-Lëtzebuerg.

La chaîne de valeur comprenant l’herbe, les

vaches laitières, la production, le transport

et les consommateurs forme un circuit

fermé qui peut être considéré comme une

icône de l’exploitation biologique.

Si vous vous inscrivez dans l’économie

circulaire, vous importez néanmoins

les produits que ne donne pas

notre territoire…

L’association agricole de nos débuts formait

l’ambition de ne distribuer que des produits

issus de l’agriculture biologique luxembourgeoise.

Nous nous sommes néanmoins, vite

rendus à l’évidence qu’il serait très difficile

d’être rentable avec des camionnettes à

moitié vide.

Si nous favorisons les produits de l’agriculture

biologique nationale et régionale, le

Luxembourg reste trop petit pour répondre

à la demande. Nous avons donc besoin

d’importer des produits bios de l’étranger

quand ceux-ci ne sont pas disponibles en

quantité suffisante ou qu’ils ne peuvent pas

être cultivés dans nos régions. L’importation

de ces produits se fait alors par BIOGROS

SA.

De même, nous veillons à n’exporter que

l’excédent de notre lait bio car nous souhaitons

d’abord servir le marché régional.

Quant à la structure circulaire de notre cycle

de production, elle s’inspire des idéaux

de l’agriculture biologique qui influencent

notre aspiration vers l’économie durable.

Que signifie pour vous une économie

responsable…

Dans la chaîne de valeur ajoutée de

l’économie de marché standard, chacun

cherche à optimiser son domaine d’achat

et la pression est toujours mise sur le

producteur. Voilà pourquoi nous réunissons

les différents acteurs autour d’une

même table afin de favoriser le dialogue

entre les producteurs, les consommateurs,

le détaillant, le grossiste et la laiterie.

Chacun des participants peut protéger et

défendre ses propres intérêts mais étant à

l’écoute des autres, il peut avoir connaissance

de la situation globale. Dès lors,

chaque perspective individuelle se relativise.

Notre objectif est la transformation

et la commercialisation des produits de

nos membres agricoles et les prix corrects

sont obtenus moyennant une coopération

entre les différents acteurs.

Nous sommes également les premiers

à Luxembourg à nous soumettre aux

audits de «Gemeinwohl Ökonomie» (ndlr:

l’économie du bien-être commun). Ces

audits vérifient à la fois les finances mais

146

LG - Best of & Guide 2017



Notre valeur guide est

de proposer des produits

biologiques qui sont dans

la mesure du possible

locaux


Änder Schanck

également les aspects sociaux et environnementaux

relatifs à la RSE ainsi que les

fonds et les produits avec lesquels nous

travaillons. Nous y avons reçu l’un des

meilleurs scores (720/1000) d’autant plus

que nous sommes un groupe dont les

activités sont très diversifiées.

L’avenir sera bio ou ne sera pas?

Un producteur bio est contrôlé une fois

par an ce qui n’est pas du tout le cas pour

l’agriculture standard; le label bio est donc

le plus contrôlé du marché. Après trois

déménagements de BIOGROS vers des

locaux toujours plus grands, une centaine

de points de distribution dans le pays

et plus de 300 d’employés dans notre

groupe, dont 100 dans BIOGROS nous

pouvons dire que le consommateur est de

plus en plus intéressé par ce qu’il achète. `

Le fait que presque toutes les grandes surfaces

du pays proposent des rayons bio en

sont un signe. Néanmoins, la perspective

d’une production agricole 100% biologique

à l’horizon 2050, telle que prédite

par l’étude Rifkin, n’est pas réaliste. S’il est

positif de garder cet objectif en mémoire,

il faut tout de même savoir que nous

ne sommes encore qu’au début d’une

réflexion collective. Un peu comme dans

l’agriculture, une idée qui pousse trop

vite est malade. Prenons donc le temps

nécessaire à l’élaboration d’une réflexion

sociétale profonde.

LG - Best of & Guide 2017 147


Développement durable

Bilan de la Foire Agricole Ettelbruck 2017

Avec plus de 37.000 visiteurs, la Foire Agricole d’Ettelbruck était en effervescence.

Les vendredi et samedi, la pluie était au rendez-vous, au plus grand plaisir du monde

agricole. Le dimanche, avec une météo plus favorable, 20.000 visiteurs ont afflué vers la

plaine du Däich! Le rendez-vous traditionnel des professionnels du secteur agricole est aussi

le pôle d’échange des producteurs avec les consommateurs, la plupart venus en famille.

La pluie était

au rendez-vous, au plus

grand plaisir du monde

agricole



Exposants

Plus de 300 exposants et partenaires

ont contribué à la qualité de l’événement.

Faute d’espace, les organisateurs n’ont

malheureusement pas pu satisfaire la demande

de tous les exposants. La grande majorité des

exposants présents lors de cette édition 2017

s’estime très satisfaite par les affaires effectuées,

le contact avec les clients et l’opportunité qui

leur a été donnée de renforcer la confiance des

consommateurs.

Visite du Grand-Duc

Le moment fort de cette édition était sans

aucun doute la visite du Grand-Duc Henri

qui a visité la foire pendant plus de trois

heures. Lors de nombreux échanges très

intéressants avec les agriculteurs, les visiteurs

et les professionnels du secteur, son Altesse

Royale a marqué son soutien et sa sympathie

à l’agriculture luxembourgeoise.

Spectacles et animations

Le programme autour des animaux de la ferme

et des machines agricoles en démonstration

a fasciné le public. Les spectacles équestres

«Camargue en liberté» et «Spirit of Camargue»

ont suscité de belles émotions. Le premier

Derby de chevaux de trait ardennais a mis

en évidence les qualités de maniabilité et de

polyvalence de cette race régionale. Le village

des métiers «Worldskills Luxembourg», donnait

l’occasion de rencontrer 17 métiers, présentés

sous forme d’ateliers. Les visiteurs ont pu

découvrir aussi tout l’univers laitier dans une

étable entièrement équipée, avec 20 vaches

traites par un robot. Le lait était ensuite transformé

en crème glacée à déguster sur place.

Dégustations et «show-cooking»

Les producteurs ont offert à la dégustation

leurs nombreux produits régionaux. Les

grands chefs cuisiniers, assistés de nombreux

représentants politiques, ont préparé des

spécialités locales, pour le plus grand plaisir

des gourmets. A côté des traditionnelles

grillades, cinq restaurants ont proposé des

spécialités à base de viande limousine.

Foire virtuelle sur les médias sociaux

Dans le cadre de leur campagne «Fro de

Bauer», les jeunes agriculteurs ont fait des

interventions vidéo en direct de la ferme,

afin de susciter des questions auprès du

public. Au niveau de la communication, les

organisateurs ont également misé sur les

médias sociaux et ils ont ainsi pu toucher

un maximum de 50.000 utilisateurs en une

journée sur Facebook.

La 35 e édition de la Foire Agricole d’Ettelbruck,

déjà en cours de planification, aura lieu du

vendredi 29 juin au dimanche 1 er juillet 2018.

Foire agricole d’Ettelbruck 2017 / LG

148

LG - Best of & Guide 2017


Développement durable

La Foire Agricole d’Ettelbruck 2017

Du 30 juin au 2 juillet dernier, la Foire Agricole d’Ettelbruck a battu son plein. Bien que le temps n’ait pas

été au beau fixe tout le week-end, 37.396 visiteurs ont parcouru ses stands situés à la plaine du Däich et

le Grand-Duc a lui-même visité la foire pendant trois heures. Sur les réseaux sociaux, c’est près de 50.000

utilisateurs qui ont été touchés par les publications sur Facebook. Au total plus de 300 exposants avaient

décoré leur emplacement et les trois journées ont été rythmées par la suite de spectacles et animations qui

ont jalonné l’événement. Divers producteurs et restaurateurs proposaient même aux visiteurs des petits

encas essentiellement composés de spécialités locales.


RSE

Best of LG 194 - Janvier 2017

L’entreprise familiale

synonyme d’engagement social

En 1911, Octave Reckinger fonde une quincaillerie qui se développe dans les secteurs

du chauffage et du sanitaire. L’entreprise familiale est ensuite dirigée par Alfred dans

l’entre-deux-guerres, puis par les frères Paul et François en 1973 qui étendent les activités

jusqu’aux grands bâtiments. La quatrième génération connaît alors tout le poids de l’héritage

familial et de cette position d’un des leaders sur le marché luxembourgeois qu’il s’agit de

consolider. De 70 employés lorsqu’il en prend les rênes en 1997 à quelques 260 aujourd’hui,

le directeur Michel Reckinger revient sur la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise.

Révolution, transition ou continuité;

comment une entreprise centenaire

se lance-t-elle dans la RSE?

La société s’y est concrètement engagée

depuis un peu plus d’un an mais elle est

une entreprise familiale depuis toujours.

En tant que dirigeant, je suis particulièrement

attaché à la notion «familiale» et

c’est cet esprit qui définit la relation que

j’entretiens avec mes employés.

L’entreprise se sent responsable de

ceux qui l’animent au quotidien; avec

leurs familles ils font vivre commerces,

associations culturelles et clubs sportifs.

L’entreprise est dès lors consciente

qu’elle s’inscrit dans la société et je pense

que c’est l’un des critères qui différencie

les PME des grandes multinationales.

Sans vouloir faire d’anachronisme, je

pense que le terme de RSE est une

appellation moderne pour qualifier une

mentalité qui nous habite depuis plus

d’un siècle.

Reckinger compte néanmoins 260

employés; n’est-ce pas difficilement

transposable?

Préserver l’esprit d’une entreprise familiale

avec autant d’employés est possible du

moment où la communication est assurée.

Bien évidemment les outils communicationnels

ne peuvent pas être les mêmes

que lorsque nous étions encore 70. C’est

pourquoi nous devons mettre en place

les moyens adéquats qui non seulement

transmettent nos messages à nos

employés mais permettent également de

faire remonter leurs avis.

Quels sont ces nouveaux outils?

Nous avons travaillé en profondeur sur

différents sujets. Pour ce qui est de la

communication par exemple, nous venons

de publier la première édition de notre

«Reckinger Mag» qui sera distribué deux

fois par an. Nous sommes par ailleurs

en train de mettre en place un Intranet

à destination unique des employés de

l’entreprise. Ces deux actions bien qu’essentielles

dans la circulation de l’information

et de la parole entre nos différents

collaborateurs n’auraient pas été suffisantes

sans un renouvellement profond de

l’organigramme. Nous avons abandonné

la rigidité d’une structure traditionnelle

et verticale pour un organigramme plus

clair, qui consolide l’entreprise et facilite

l’échange. Nous utilisons pour cela un

code couleurs qui différencie les services

et montre les liens qui les régissent.

Ces efforts pourraient-ils être récompensés

par une labélisation?

Nous sommes en effet sur la liste de l’IN-

DR pour l’acquisition du label RSE mais

nous le considérons néanmoins comme

une étape de notre plan d’actions. Je

prends pour exemple la convention que

nous venons de signer avec Médecins Sans

Frontières pour qui nous allons payer 1%

de toutes leurs installations de rénovations

clé en main; ce qui représente un budget

annuel de presque 50.000 euros. Nous

communiquerons sur nos actions communes

et sensibiliserons non seulement

nos employés, mais aussi nos fournisseurs

et nos clients. Nous donnerons également

la possibilité à nos employés de prendre

un congé sans solde avec la garantie d’une

réinsertion pour qu’ils puissent se rendre

sur le terrain pour le compte de MSF.

Un mot sur vos chantiers actuels…

De l’installation de sanitaires dans une

maison unifamiliale à l’équipement d’un

grand bâtiment, nous œuvrons sur des

152

LG - Best of & Guide 2017



Je pense que le terme

de RSE est une appellation

moderne pour qualifier une

mentalité qui nous habite

depuis plus d’un siècle


chantiers de toutes les tailles, qu’ils

soient neufs ou anciens. Ainsi, d’une fuite

d’eau chez un particulier aux problèmes

techniques d’un immeuble administratif,

notre service après-vente est à même de

répondre efficacement à tous les types

de demandes.

Nous travaillons actuellement beaucoup à

Belval où nous sommes en train de finaliser

l’immeuble Jazz (96 appartements et

4.700 m 2 de bureaux et commerces). Nous

serons également en charge du nouveau

LTPS d’Ettelbruck (Lycée Technique pour

Professions de Santé) qui sera le premier

bâtiment minergie plus à Luxembourg.

Cette norme suisse assure que le bâtiment

consomme moins d’énergie qu’il n’en produit

mais elle certifie également la provenance

du matériel dans une optique de

favoriser l’économie circulaire. L’emprunte

carbone est ainsi bien moindre qu’un

bâtiment classique. Enfin, nous réalisons à

Kockelscheuer l’un des premiers bâtiments

industriels triple A au Luxembourg qui sera

climatisé par des forages géothermiques.

Comment voyez-vous l’avenir de

votre société?

Nous sommes spécialisés dans toutes

les techniques du bâtiment et devons

Source photo: RECKINGER

donc constamment nous adapter

aux nouvelles évolutions. La digitalisation,

les normes environnementales

ainsi que les changements énergétiques

se font désormais à court et à

moyen termes. D’autant plus que cette

tendance est appuyée par des politiques

gouvernementales qui tendent à sortir des

énergies fossiles.

Michel Reckinger

D’ici 30 ans par exemple, il n’y aura

presque plus de chauffage au gaz, les

bâtiments consommeront toujours moins

mais seront de plus en plus équipés en

technicités. Nous avons donc besoin de

compétences qui répondent à toujours

plus de complexité. D’où notre responsabilité

d’offrir à nos employés, la possibilité

de se former tout le long de leur carrière.

LG - Best of & Guide 2017 153


RSE

Pour faciliter la gestion de la

responsabilité sociale des entreprises

L’Institut National pour le Développement durable et la Responsabilité sociale des

entreprises (INDR) est un accélérateur du changement sociétal. Il aura su faire vivre l’un

des concepts les plus mal compris de la philosophie contemporaine: la responsabilité de

l’entreprise. Rencontre avec Norman Fisch, secrétaire général de l’INDR.

La bienveillance à l’égard des entreprises

L’Institut National pour le Développement

durable et la Responsabilité sociale des

entreprises (INDR) peut être fier de fêter

ses dix années d’existence. On est certes

encore très jeune lorsqu’on n’a que dix

ans, mais on ne peut que rarement se

vanter d’avoir parcouru un si long chemin.

L’INDR est né en 2007, à l’initiative de

l’Union des Entreprises Luxembourgeoises

(UEL) et est aujourd’hui l’acteur central de

la Responsabilité Sociale des Entreprises

(RSE) au Luxembourg.

Si l’UEL incarne la voix des entreprises au

Luxembourg, l’INDR se fait l’écho des entreprises

que l’on qualifie de “responsables“

sur le territoire. Il n’incarne pas le rôle du

censeur, il n’est pas l’agent de police des

entreprises luxembourgeoises, il est bien

plutôt l’ami bienveillant qui leur indique la

bonne direction. L’INDR est là pour épauler

les entreprises qui souhaitent devenir “socialement

responsables“. «Chaque entreprise,

indépendamment de sa taille ou de son secteur,

a aujourd’hui une obligation morale et

citoyenne de devenir davantage responsable,

car l’entreprise de demain sera responsable…

ou ne sera plus», nous dit Norman Fisch.

De nos jours, nous sommes beaucoup plus

soucieux de l’impact de nos activités sur

le monde environnant. Il convient en effet

de garder en mémoire que tout ce que

nous entreprenons aujourd’hui aura aussi des

répercussions sur le monde qu’habiteront les

générations futures.

Les entreprises et la société marchent

de concert

L’INDR promeut la RSE comme un outil stratégique

pour les entreprises, afin qu’elles

contribuent au développement durable. S’il est

primordial que les entreprises deviennent plus

responsables, c’est parce qu’il en va de l’intérêt

de tous: de celui des entreprises tout d’abord,

qui gagneront en compétitivité et acquerront

une meilleure réputation, mais aussi du pays qui,

grâce à ses entreprises, présentera une image

valorisante du territoire luxembourgeois.

Une entreprise doit avant tout comprendre

qu’elle n’est pas une entité solitaire. Elle n’existe

jamais isolément: tout ce dont elle a besoin pour

exister et pour durer lui est fourni par la société

elle-même. La société n’est en aucun cas un

corps étranger à l’entreprise, elle en est bien

plutôt la mère nourricière et doit à ce titre être

choyée dès lors que l’on espère prospérer.

Lorsqu’une entreprise fait le pari de devenir plus

responsable, elle doit donc en premier lieu identifier

les principales attentes de la société. L’INDR,

avec son programme national «ESR - Entreprise

Socialement Responsable», est là pour faciliter la

tâche de ces entreprises soucieuses d’apprendre

et de s’améliorer. Environ 1.000 entreprises se

sont déjà inscrites dans ce programme, et 132

ont actuellement le label ESR.

Les piliers fondamentaux

Le Guide ESR (www.esr.lu) développé par

l’institut reconnaît aujourd’hui trois grands

piliers du développement durable: le pilier

économique ou “de gouvernance“ permet

de comprendre quels sont les facteurs qui

permettent à une entreprise d’être pérenne - il

convient d’avoir une réelle stratégie d’entreprise,

un système de décision transparent, une

éthique ou encore un système d’information

de qualité, mais il faut aussi tenir compte des

revendications de toutes les parties prenantes

internes et externes de l’entreprise.

Le second pilier s’attache davantage aux

aspects sociaux: il traite essentiellement des

questions relevant de la gestion des ressources

humaines, de celle de la diversité, de la sécurité

et santé au travail ou des Droits de l’Homme.

Le pilier environnemental, quant à lui, est là

pour rappeler aux entreprises que pour être

responsable il convient de toujours se projeter

dans l’avenir. Il est nécessaire de se soucier

des installations au sein même des bâtiments,

de la dépense énergétique de l’entreprise, et

il est également primordial d’être soucieux

de la qualité de ses fournisseurs (choisir le

moins cher d’entre eux n’est que rarement la

meilleure des solutions). On constate en effet

que trop d’entreprises pratiquent encore une

politique trop court-termiste; «il faut sortir de

cet engrenage», nous dit Norman Fisch.

Un quatrième chapitre conditionne ces trois

piliers: il est important que chaque entreprise

prenne conscience des impacts que ses activités

génèrent afin de pouvoir assumer sa

responsabilité. Ce dernier chapitre essentiel a

donc pour vocation de développer une stratégie

RSE à appliquer pour préserver la société

dont nous dépendons.

154

LG - Best of & Guide 2017


Norman Fisch


L’entreprise de

demain sera responsable…

ou ne sera plus !


Une stratégie pour l’avenir

En appliquant une stratégie RSE, les petites

entreprises comme les grandes peuvent

contribuer à la valorisation de la société tout

entière. Une entreprise ne doit jamais oublier

que sa pérennité dépend avant tout du capital

intangible qu’elle crée. On ne peut gérer

une entreprise efficacement en ne pensant

qu’à sa seule valeur financière: une entreprise

emploie des êtres humains, et la qualité de

leur travail dépend en premier lieu du climat

dans lequel ils effectuent leurs tâches.

Si l’INDR met à disposition des entreprises

une méthodologie concise et synthétique,

il propose également chaque année trois

cycles de formation à la RSE. Ces formations

proposent aux entreprises une journée

gratuite de formation à la RSE, ainsi que

quatre modules d’une demi-journée, reprenant

chacun les quatre grands chapitres

du Guide ESR. L’INDR peut ainsi se vanter

d’être à la fois un intermédiaire et un acteur

du changement – il propose des solutions à

toutes les entreprises qui ont déjà les yeux

rivés vers l’avenir.

INDR

7, rue Alcide de Gasperi

L-1030 Luxembourg

Tél.: 27 33 08 85

www.indr.lu et www.esr.lu

LG - Best of & Guide 2017 155


Société

Best of LG 193 - Décembre 2016

L’animal n’est plus un objet

Descartes disait du cri de l’animal qu’il était comme le bruit d’une horloge. Il comparait

son corps à une machine dénuée de conscience et de pensée. L’Homme au centre

des choses, pouvait alors en disposer selon son gré. L’«animal-machine» bercé de

l’anthropocentrisme occidental a depuis le 17 e siècle, fortement influencé notre droit.

Rencontre avec Fernand Etgen, ministre de l’Agriculture qui nous présente le projet de loi qui

entend «assurer la dignité, la protection de la vie, la sécurité et le bien-être des animaux».


(Un) être vivant

non humain doué de sensibilité

en ce qu’il est doté

d’un système nerveux le

rendant scientifiquement

apte à ressentir la douleur

et à éprouver d’autres

émotions


Un projet de loi plébiscité

Si dans un premier temps, le gouvernement

voulait apporter des modifications à la législation

de 1983 toujours en vigueur, «il lui est

très vite apparu qu’une nouvelle loi était la

meilleure des solutions», explique le ministre

et d’ajouter que «l’ancienne sera abrogée».

Même si le projet de loi est déjà applaudi par

nombre d’organisations internationales de

protection animalière, «il est plus porté par

les données scientifiques que par les attentes

de la société». L’évolution technologique et

les recherches scientifiques permettent en

effet d’apporter des résultats clairs et précis

sur lesquels se base le texte pour intégrer la

notion de dignité.

Le ministre Etgen insiste sur le fait que ce projet

de loi résulte de plusieurs collaborations.

Les deux groupes pétitionnaires et plusieurs

associations de protection des animaux ont

émis leurs suggestions et l’avis du parquet

était indispensable à l’établissement de sanctions

adéquates. Si la Chambre de l’Agriculture

doit encore remettre ses opinions, il est

déjà possible d’affirmer que le projet de loi

trouve une large approbation qui s’étend

jusque sur les bancs de l’opposition.

De nombreuses associations critiquaient

la légèreté des sanctions de la loi de 1983

qui prévoyait une peine de «huit jours à

six mois et d’une amende de 2.501 à

200.000 (anciens) francs ou d’une de ces

peines seulement». En catégorisant les

délits, la nouvelle législation est beaucoup

plus détaillée et les sanctions y sont plus

sévères. Les animaux détenus dans de

mauvaises conditions pourront désormais

être retirés à leurs propriétaires et les actes

de cruautés, punis de trois ans d’emprisonnement

et de 200.000 euros d’amende

qui pourront même être doublés en cas de

récidive.

Métamorphoses sociétales

L’anthropocentrisme, considérant l’Homme

comme entité centrale de l’univers et dont

Aristote fut le premier à en faire la théorie,

fut ébranlé maintes fois depuis Copernic et

Galilée. Ce n’est pourtant qu’en 1822 par

le “Martin’s Act“ - qui interdisait alors les

châtiments cruels envers le bétail anglais

- que le bien-être animalier est pour la

première fois pris en compte par une

législation.

156

LG - Best of & Guide 2017


Fernand Etgen

Si la souffrance animalière est connue depuis

longtemps, nos sociétés en ont développé

une sensibilité et a fortiori, une prise de

conscience générale que récemment. Fernand

Etgen se rappelle: «Lorsque j’étais enfant,

notre chien avait une fonction à la ferme

familiale: il gardait le bétail». Le ministre de

l’Agriculture est donc d’autant plus conscient

de l’évolution sociétale à l’égard des animaux,

qu’ils soient de compagnie ou de

rente. Le droit doit évoluer à la lumière des

connaissances pour qu’il épouse les valeurs

de l’époque dans laquelle il s’inscrit: «Je

suis persuadé que cette loi évoluera dans les

années à venir et que les générations futures

jugeront négativement la manière dont on a

traité les animaux jusqu’alors».

L’immobilisme législatif peut s’expliquer par

des impératifs scientifiques (tests sur les animaux),

des attaches culturelles (la corrida) ou

même des intérêts économiques (lobbying

industriel). Cependant le consommateur est

désormais concerné par le bien-être animal

et le Luxembourg pourrait très bien devenir

un exemple sur la question.

Statut juridique

Les raisons philosophiques et économiques

ne peuvent pas expliquer à elles seules la

lenteur législative car le statut juridique

de l’animal est encore aujourd’hui, sujet à

controverse. Si certains pensent qu’il faille lui

attribuer une personnalité juridique propre

pour qu’il devienne un sujet de droit (comme

les êtres humains et les sociétés), d’autres

pensent au contraire qu’il doit rester un objet

de droit (comme une voiture ou une chaise

par exemple). Il en va là, d’une question de

subdivision du droit.

Le ministre assure de la précision du texte,

l’animal y est défini comme un «être vivant

non humain doué de sensibilité en ce qu’il

est doté d’un système nerveux le rendant

scientifiquement apte à ressentir la douleur

et à éprouver d’autres émotions». Le terme

de non-humain est primordial dans le sens

où il distingue l’animal de l’homme et permet

ainsi son commerce alimentaire dans un

cadre règlementaire qui garantit la dignité

et la non souffrance. «Nous ne voulons ni

humaniser les animaux, ni animaliser les

hommes», conclut le ministre et d’ajouter

que «les débats doivent être dépassionnés»,

peut-être parce que seule la raison permet

d’éviter un anthropomorphisme qui nuirait

tout autant que l’anthropocentrisme. JuB

LG - Best of & Guide 2017 157


Société

Best of LG 193 - Décembre 2016

Les secours venus du ciel

«J’ai l’habitude de dire que nous sauvons une vie par jour», déclare le souriant René

Closter. Originaire de Troisvierges, il est le président et fondateur du Luxembourg Air Rescue

(L.A.R.), l’organe luxembourgeois de transport aérien d’urgence, de rapatriement de personne

et de transfert d’organe. Rencontre avec cet ancien pompier obstiné, qui a su par

son dynamisme et sa force de caractère surmonter les obstacles pour créer une absl qui

rallie chaque point du pays en dix minutes, mais ne s’arrête pas aux frontières.


Je me suis lancé

dans cette aventure tout

seul puisqu’aucune institution

ne me soutenait


Sortie de l’œuf

Tout commence avec un accident. Dans la

commune de Steinsel, un petit garçon tout

juste descendu de son bus scolaire est renversé

par une benne à ordures. L’un de ses pieds

est sectionné. «Nous devions l’emmener

rapidement au Centre Hospitalier de Toul,

au-delà de Nancy, pour essayer de sauver son

pied», se souvient René Closter. A l’époque,

il est pompier professionnel. Vu l’urgence de

la situation, les secours tentent de faire venir

un hélicoptère de l’étranger pour prendre en

charge l’enfant. D’Allemagne, de France ou

de Belgique: aucun n’est disponible. «Nous

avons dû emmener ce petit gars en ambulance.

Il était sous le choc mais conscient, et

il demandait sans cesse: “Monsieur, ou est

mon pied?”. Difficile de lui expliquer qu’il

se trouvait dans un genre de réfrigérateur»,

raconte-t-il. Malheureusement, cette journée

de juillet 1986 est synonyme de départs en

vacances. L’autoroute est bondée et il faut

quatre heures à l’équipe pour relier l’hôpital.

Tout espoir de greffe est anéanti. «Il avait six ans,

le même âge que mon fils à l’époque», précise-t-il.

Homme de terrain qui comptabilise 14.000

interventions à son actif, René Closter n’est

pas facilement choqué. Mais ce drame le

déstabilise. Il est conscient de l’intensification

générale du trafic routier et des longues

distances pour atteindre certains hôpitaux.

«Ce jour-là, j’ai pris une décision: celle de

créer un service de secours par les airs. Et je

me suis lancé dans cette aventure tout seul

puisqu’aucune institution ne me soutenait».

En effet, l’idée n’est pas nouvelle dans l’esprit

du luxembourgeois. Il l’a déjà proposée aux

politiques et aux professionnels de la santé mais

s’est toujours heurté à un refus catégorique. A

l’époque, le SAMU venait de naître et n’était

pas encore bien intégré dans le paysage. L’Etat

craignait qu’un service héliporté d’urgence ne

soit un gouffre financier. De plus, le Grand-

Duché n’avait jamais disposé d’hélicoptère sur

son territoire. «Tout le monde était contre ce

projet. Mais j’ai pris une hypothèque sur ma

maison et j’ai créé Luxembourg Air Rescue».

Le 18 avril 1988, l’asbl est née.

Envol

Pendant des années, l’association vivote. Son

siège social est installé dans une vieille tente de

l’armée car la majorité du budget est attribué à

la location d’un hélicoptère allemand et de son

pilote. Pendant ce temps, René Closter quitte

son emploi pour un poste de responsable de

la sécurité, puis de directeur de la logistique

158

LG - Best of & Guide 2017


René Closter

mondiale, au sein d’une banque renommée. Il

fait de nombreux voyages et vit à Hong-Kong,

New-York ou Londres des années durant,

tout en appuyant la petite structure depuis

l’étranger.

L’organisation a grandement besoin d’un

directeur et, lors d’un conseil d’administration,

les collègues et amis de René Closter

le sollicite pour ce rôle. «Après une semaine

de réflexion, j’ai accepté. J’ai quitté l’univers

bancaire et j’ai pris la tête de L.A.R. en juillet

1995». Dès lors, l’asbl n’a fait que prendre de

l’ampleur, grâce entre autres à sa popularité

immense auprès de la population grand-ducale.

En effet, L.A.R. est actuellement

l’association luxembourgeoise comptabilisant

le plus de membres, 185.000 pour être précis.

Ce chiffre englobe 63% de la population

nationale. Via une cotisation annuelle, ils ont

la garantie d’être rapatriés depuis le monde

entier en cas de maladie ou d’accident.

Ascension

Mais le sauvetage aérien n’est pas la seule

prérogative de Luxembourg Air Rescue.

L’absl possède une entreprise, Luxembourg

Air Ambulance, qui lui permet de diversifier

ses activités et d’être viable.

Le fondateur développe: «Grace à cette structure

particulière, nous pouvons obtenir le certificat

de transporteur aérien, qui ne peut

pas être décerné à une asbl. De plus, avec

les cotisations de nos membres uniquement,

nous ne pourrions pas exister car rien qu’un

hélicoptère coûte 6 millions d’euros. Il nous

fallait d’autres activités, pour d’autres revenus».

Grace à sa société, L.A.R. se charge de rapatrier

des patients pour des assureurs à travers le

globe; de transporter des organes, notamment

sur la France; de donner des formations, par

exemple pour les médecins des armées belge

et néerlandaise; ou encore de proposer la

maintenance d’appareils pour autrui. Ces activités

commerciales apportent les rendements

nécessaires à la vie de la structure qui dispose, à

l’heure actuelle, d’un parc de cinq hélicoptères

de sauvetage et de six avions-ambulances.

Au total, L.A.R. effectue environ 3.000 missions

par année. Ses engins sortent sur le terrain

jusqu’à 15 fois par jour. Les sauvetages

au Grand-Duché forment la plus grande part

de ses activités mais les frontières du pays

n’en sont pas pour l’organisme. En 2015,

ses appareils se sont rendus dans 98 Etats.

«Cette semaine uniquement», relate René

Closter, «nous avons été au jusqu’au Congo

et au Canada. Aujourd’hui, nous avons trois

avions en l’air, un au Portugal, un en Espagne

et un en France». Devenu l’un des acteurs

principaux dans le milieu du rapatriement,

L.A.R. est également l’unique structure au

monde habilitée à transporter des nouveaux

nés, notamment prématurés.

LG - Best of & Guide 2017 159


Société

Best of LG 193 - Décembre 2016


Luxembourg Air Rescue

effectue environ 3.000

missions par année


En sus, Luxembourg Air Rescue prend régulièrement

part à des collaborations internationales

dans le cadre de catastrophes. L’association est

en Iran en 2003, pour secourir les victimes d’un

tremblement de terre. En 2005, une équipe

médicale se rend en Indonésie suite au tsunami.

Plus tard la même année, une équipe passe

trois mois dans la région du Cachemire, au

Pakistan, au cours desquels 2.112 patients et

20 tonnes de biens sont transportés.

Nid

Au cours de l’histoire de L.A.R., des containers

ont remplacé la vieille tente de l’armée.

Mais le véritable bâtiment n’est arrivé que fin

2015. Situé à l’aéroport du Findel, le lieu est

composé de trois hangars d’une surface de

3.600 m 2 , ainsi que de 3.500 m 2 de bureaux.

Ceux-ci abritent des infrastructures confortables

pour le personnel: salle de détente, fitness, vaste

cantine,… Au cœur du bâtiment, la centrale

d’alerte ultra-moderne fourmille d’activités.

On y gère l’organisation des missions et de la

logistique. Le site contient également des salles

de formation innovantes dont un lieu d’entraînement

qui permet de recréer toute situation.

«Cette pièce simule les bruits, les lumières, les

tremblements, en bref les conditions d’une intervention.

Ainsi, nous pouvons reconstituer des

cas réel qui ont posé problème, par exemple»,

précise le directeur. Le mannequin qui s’y trouve

coûte approximativement 300.000 euros et

peut, lui-aussi, tout simuler: les cris, les pleurs,

la fièvre, les saignements, la crise cardiaque ou

l’apoplexie. C’est un patient idéal pour les apprenants.

«Nous disposons aussi de notre propre

salle de réanimation. Et en cas de catastrophe,

l’un de nos hangars peut se transformer en un

hôpital de fortune d’une centaine de brancards

très rapidement», ajoute-t-il.

Le bâtiment a été conçu pour pouvoir accueillir

des visiteurs, sans que cela n’interfère avec

les employés sur place. «Chacun est libre de

venir nous rendre visite: nos membres, mais

aussi les écoles, les clubs et les associations.

Nous recevons jusqu’à 4.000 visiteurs par an».

Nuée

Le capital le plus précieux de L.A.R. selon

son patriarche: ses 165 spécialistes, qu’ils

soient ingénieur, technicien, pilote, médecin,

infirmier ou logisticien. Une équipe d’intervention

est constamment sur le qui-vive,

capable de décoller en deux minutes.

«Vu l’extrême urgence de certaines missions

et l’incertitude quant aux prochaines

destinations, nous engageons beaucoup

d’anciens militaires, para-commandos

notamment. Ne pas savoir si l’on se rendra

le jour-même en Algérie, au Soudan ou en

Russie, c’est parfois beaucoup de pression à

gérer», explique-t-il.

René Closter lui-même est devenu pilote afin

d’être paré en cas de besoin. «J’ai commencé

ma formation à 42 ans», évoque-t-il, un

sourire dans la voix «C’est mon obstination

qui m’a mené là où je suis. J’ai la tête plus

dure que les chênes qui poussent chez moi,

dans le Nord».

SoM

160

LG - Best of & Guide 2017


INSTITUT NATIONAL POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE

SENSIBILISATION | PRÉVENTION | FORMATION

CHANGEONS NOS ATTITUDES, ENGAGEONS-NOUS DANS LA VISION ZERO

La stratégie nationale VISION ZERO fait

appel à une appro che commune et intégrée,

dans le but de réduire le nombre

et la gravité des accidents du travail,

des accidents de trajet et des maladies

professionnelles.

COMMENT ADHÉRER

EN TANT QU’ENTREPRISE ?

Rejoignez-nous pour atteindre les objectifs

nationaux, engagez-vous par un plan

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Les labels de la VISION ZERO :

• « Sécher & Gesond mat System » de l’AAA

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Société

Best of LG 199 - Juin 2017

«La meilleure équipe possible»

Le ministre des Sports, Romain Schneider, s’est rendu à San Marin au début du mois à

l’occasion de la 17e édition des Jeux des Petits Etats d’Europe, auxquels a participé le

Luxembourg. Il revient sur l’importance d’un tel événement pour le pays et ses athlètes.


Le potentiel est là,

les talents sont là


Quel sens ont les Jeux des petits

d’Etats d’Europe pour un pays comme

le Luxembourg?

C’est un grand événement. Nous y participons

depuis leur création, en 1985. Dès le

début, notre volonté était double. Le premier

volet concerne les sportifs en fin de carrière

qui ont l’occasion de s’arrêter sur une sorte

d’apothéose. Le second, sans doute le plus

important, concerne les jeunes talents qui

ont l’occasion d’avoir une première expérience

sur la scène internationale, de se

mesurer à des adversaires lors de compétitions

concrètes avec comme récompense

un podium. Cela ajoute de la pression par

rapport aux rencontres nationales et autres

championnats, mais cela reste des Jeux avec

un podium et un tableau des médailles.

Quel est le niveau de ces Jeux?

Cela dépend des épreuves. Le Luxembourg

a quelques sports phares avec des avantages

considérables. Mais les autres nations ont

également des points forts. C’est un bon

mélange. En ce qui concerne le tableau des

médailles, le Luxembourg a toujours terminé

parmi les trois premières nations et a même

remporté les derniers Jeux organisés au

Grand-Duché, en 2013. Lors de la dernière

édition, en Islande, en 2015, nous avons

terminé deuxième, juste derrière le pays

organisateur.

En tant que ministre, avez-vous des objectifs

chiffrés avec les entraîneurs et le Comité

national olympique ou laissez-vous une liberté

à la délégation?

Du point de vue des médailles, il n’y a pas de

pression. Mais il est clair que nous n’allons

pas envoyer des sportifs uniquement pour

participer. La sélection est faite par le Comité

olympique qui choisit des sportifs qui ont

des chances de ramener des médailles. Nous

envoyons la meilleure équipe possible. Le

mot clef, lors des derniers Jeux olympiques

mais aussi lors des derniers Jeux des Petits

Etats, était «Team lëtzerbuergesh». Cela

montre cette idée de cohésion, cette image

de marque importante pour le Luxembourg.

L’important n’est pas de participer mais

bien de ramener des médailles…

Oui, c’est un objectif clair. Il est en tout cas

fondamental que les athlètes évoluent à leur

meilleur niveau.

162

LG - Best of & Guide 2017


Aujourd’hui, les grands jeux, les Jeux

olympiques, occultent tous les autres.

Un pays de 500.000 habitants comme

le Luxembourg peut-il aujourd’hui rivaliser

avec les plus grandes nations

du sport?

C’est possible, bien entendu. Il faut toujours

un brin de chance et pour le moment elle

nous échappe.

Que ce soit le cycliste Andy Schleck ou le

tennisman Gilles Müller, il leur a toujours

manqué quelques centimètres ou points.

Après Rio, nous avons analysé comment

tenter de combler ces écarts. Le potentiel est

là, les talents sont là. Il faut encore investir

dans certains domaines que nous déterminons

avec le Comité olympique. Que ce

soit au niveau du suivi médical, scientifique

ou des infrastructures, en passant par la

technique, la formation et la psychologie

des athlètes, c’est un nouvel ensemble qui

est mis en place.

Dans de nombreux pays, le sport

sert l’ascension sociale. La prospérité

luxembourgeoise n’est-elle pas paradoxalement

un frein à cet ascenseur?

De nombreux jeunes Luxembourgeois ont

besoin de cet ascenseur social, au niveau de

la base large de la société. Il est le vecteur de

l’intégration et de la cohésion sociale aussi

au Grand-Duché.

Aujourd’hui, le Luxembourg peut organiser

les Jeux des Petits Etats mais

peut-il voir plus grand?

Non, le pays est trop petit pour organiser des

manifestations comme les Jeux olympiques. C’est

énorme, en matière de coût. Il suffit de voir les

difficultés qui se posent au niveau mondial pour

des Coupes du monde, des championnats d’Europe

ou même des Jeux olympiques. Pour 2024

et 2028, il ne reste que Paris et Los Angeles. Rome

pour l’Italie, Budapest pour la Hongrie ont par

exemple choisi de retirer leur candidature.

Romain Schneider

Les petits pays sont peut-être les derniers

tenants de l’amateurisme?

En effet, il y a un palier, entre le semi-professionnalisme

qui caractérise nos athlètes,

à l’exception des meilleurs, et celui du professionnalisme

absolu qui est le cadre des

meilleurs mondiaux.

Vous étiez à Londres, puis à Rio. Serezvous

présent aux Jeux olympiques de

Tokyo, dans trois ans?

Pour cela, il faudra gagner les élections. Je suis

déjà le seul ministre des Sports à avoir pris part

à deux olympiades. J’ai toujours l’énergie et

l’engagement pour faire avancer le sport. Alors

si on me le demande, je serai heureux de faire

profiter de mon expérience.

CC

Retrouvez tous les résultats

des Jeux des Petits Etats d’Europ

sur www.sanmarino2017.sm

LG - Best of & Guide 2017 163


Recherche & formation

Vieillissement de la population

luxembourgeoise, état de santé et inégalités

Dr María Noel Pi Alperin est chercheur au LISER (Luxembourg Institute of Socio-

Economic Research). Elle est actuellement responsable d’un projet intitulé «Dynamiques

de santé et vieillissement de la population» (HEADYNAP - HEAlth DYNamics and Ageing

Population[1]) financé par le Fonds National de la Recherche du Luxembourg. Ce projet

vise à comprendre les conséquences économiques de l’évolution de l’état de santé dans

un contexte de vieillissement de la population luxembourgeoise.


Les maladies chroniques

et les problèmes de vue

représentent respectivement

28% et 15% de la santé

globale de la population

luxembourgeoise


Le vieillissement de la population représente

l’un des événements démographiques les

plus importants des dernières décennies en

Europe. Le Luxembourg n’est pas une exception.

Ce processus démographique aura un

impact fondamental sur l’économie, l’organisation

de la société et la mise en place des

objectifs politiques. L’ampleur de cet impact

dépendra de l’évolution de l’état de santé de

la population car elle affecte, notamment, la

productivité du travail, la capacité d’épargne

et donc la participation au marché du travail.

En effet, il est bien connu qu’il existe un

lien entre le vieillissement et la santé, car de

nombreuses maladies sont liées à l’âge.

L’état de santé

Une des premières étapes nécessaire à la compréhension

de l’impact de l’état de santé des

individus sur l’économie, consiste à étudier

l’état de santé lui-même. Plus particulièrement,

il s’agit d’analyser l’état de santé de la

population résidente au Luxembourg, d’en

connaître les déterminants socio-économiques,

ainsi que les facteurs qui expliquent les inégalités

en santé.

Une façon de capturer l’état de santé global de

la population consiste à se fier aux perceptions

des individus quant à leur état de santé, autrement

dit, la santé perçue. Leurs réponses sont

alors regroupées en cinq catégories indiquant

si les individus perçoivent leur santé comme

excellente, très bonne, bonne, acceptable ou

médiocre. Bien qu’elle soit souvent utilisée,

cette mesure subjective de l’état de santé peut

être influencée par des facteurs sociaux, économiques

ou culturels, ce qui remet en cause sa

fiabilité. Afin de pallier cette limite, nous avons

opté pour une méthode alternative basée sur la

construction d’un indicateur synthétique et un

objectif de santé.

Cet indicateur agrège divers items qui reflètent

différents aspects de la santé physique et

mentale des individus. Plus particulièrement,

la dimension mentale de la santé recouvre les

problèmes de dépression mais aussi les problèmes

de mémoire. La dimension physique,

quant à elle, est caractérisée par un ensemble

de maladies chroniques ou de longue durée, les

problèmes de vue, les problèmes auditifs et les

limitations des activités de la vie quotidienne.

Toutes ces maladies et limitations, même si elles

peuvent être présentes à tout âge, sont plus

fréquentes parmi les personnes d’âge avancé.

Les résultats de notre étude montrent que les

problèmes relatifs à la dimension mentale de

la santé, et la dépression en particulier, sont

les plus répandus dans la population luxembourgeoise

d’au moins 50 ans. Parmi les différentes

variables caractérisant la dimension

physique de la santé, nous constatons que

les individus sont principalement affectés

par les maladies chroniques ainsi que par les

problèmes de vue. Ces deux facteurs représentent

respectivement 28% et 15% de la

santé globale de la population.

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LG - Best of & Guide 2017


Dr María Noel Pi Alperin, responsable de l’Unité « Health », département Living Conditions, Country Team Leader de SHARE — Luxembourg

Source photo: Liser


Recherche & formation

Les inégalités socio-économiques

Une autre étape importante dans l’étude de

la santé de la population concerne l’analyse

des inégalités socio-économiques de santé.

Plus particulièrement, il s’agit d’identifier

quels facteurs génèrent des inégalités dans

l’état de santé des individus, au-delà de leur

âge et leur sexe.

Nous avons analysé trois ensembles de

déterminants. Tout d’abord, les comportements.

Il s’agit des décisions prises par

les individus qui peuvent avoir un impact

négatif sur leur état de santé. Par exemple,

boire de l’alcool, fumer, ne pas avoir une

activité physique régulière ou ne pas manger

sainement. Ensuite, nous avons étudié

les circonstances de la vie qui peuvent

avoir un impact sur la santé mais qui ne

répondent pas à des décisions prises par

les individus, mais à des situations qui sont

hors de leur contrôle. Parmi eux, il y a les

facteurs génétiques, le pays de naissance,

le niveau d’éducation des parents ou bien

la situation financière de la famille quand

l’individu était un enfant. Enfin, nous

avons les variables démographiques, telles

que le sexe et l’âge des individus qui ont

un impact sur la santé.

Les résultats ont montré que les variables

reflétant les comportements ont un effet

significatif sur la santé. Plus précisément,

les individus qui ne fument pas ou qui

pratiquent une activité physique régulière

ont plus de chance d’être en bonne

santé. En ce qui concerne les circonstances,

nous constatons que les individus natifs

du Grand-Duché de Luxembourg sont en

meilleur état de santé que ceux originaires

du Portugal, mais que leur santé est moins

bonne que celle des individus provenant

d’un pays de l’Union Européenne des 15

(autres que le Luxembourg et le Portugal).

De plus, la probabilité d’être en bonne santé

est plus élevée pour ceux qui ont un père

avec un niveau d’éducation élevé, ou bien

qui n’ont pas été confrontés à des difficultés

financières en étant jeunes.

De manière générale, les différences entre

les circonstances vécues par les individus

et les comportements qu’ils réalisent euxmêmes

représentent chacun environ un

quart des inégalités de santé. L’autre moitié,

quant à elle, est due à des différences

dans les variables démographiques (genre

et âge).