Tennis

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ÉDITO

e mois-ci, Tennis Magazine vous

propose un numéro un peu décalé de

nos préoccupations traditionnelles.

Durant cette courte pause, et avant que les choses

sérieuses ne reviennent sur le devant de la scène avec

en point de mire un Flushing Meadows explosif, nous

nous sommes penchés sur un sujet aussi distrayant

qu’évocateur : la place de la sexualité dans notre sport.

Cette question centrale de l’existence de tout être humain

est ici abordée sous des formes variées, souvent ludiques,

avec des sujets rarement traités dans un magazine

sportif... Mais chez Tennis Mag, pas de sujets tabous

concernant la vie du circuit sous toutes ses formes ! Et la

sexualité a souvent des conséquences importantes sur les

performances de nos champions de la petite balle jaune.

Cela ne doit pas nous faire perdre de vue que si la période

estivale est la plus propice de l’année à la pratique assidue

du tennis, et, pour certains, à tout faire pour améliorer

leur classement, le circuit continue à nous alimenter

en nouvelles et résultats quasi quotidiennement. Le

principal coup de tonnerre qui s’est abattu sur notre

« planète » est venu de Belgrade : Novak Djokovic pose la

raquette jusqu’en janvier 2018 ! Le Serbe doit s’octroyer

le temps nécessaire et indispensable pour soigner son

coude récalcitrant, autant que son esprit.

Pour la première fois depuis 2004, il sera le grand absent

du rendez-vous new yorkais… Lui qui a si souvent

donné cette folle impression d’être indestructible se

retrouve sur la touche. Aura-t-il la force et l’envie de se

reconstruire pour nous gratifier d’un come-back, dans la

lignée de Nadal et Federer ? On ne peut que le souhaiter

et lui faire confiance pour suivre leurs traces.

À propos de l’US Open, doit-on désirer/aspirer à un

nouvel affrontement entre les deux rivaux historiques

et dominateurs depuis le début de l’année, ou espérer

qu’enfin la main passe, et que nous assistions à l’éclosion

d’un nouveau champion dont le tennis a tellement

besoin pour pérenniser l’avenir ?

Je laisse à chacun le soin de méditer sur ce dilemme, et

vous souhaite un bel été à tous.

Par Benjamin Badinter,

directeur de la publication.

TENNIS MAGAZINE 3


37 bis, rue du Général-Leclerc, 92130 Issy-les-Moulineaux.

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4 TENNIS MAGAZINE


S OMMAI R E

N°489 - Septembre 2017

60

42

54

SUR LA PLANÈTE TENNIS

8 ON EN PARLE 16 AGENDA 18 BONS ET REBONDS 22 JEUNE POUSSE

TENNIS INSIDE

42 FACE-À-FACE

Caroline Wozniacki

48 PSYCHO

Jeu, sexe et match,

victoire... Freud

54 FACE-À-FACE

Marat Safin

60 SOCIÉTÉ

L’homosexualité

66 SOCIÉTÉ

À fond les formes

70 PSYCHO

À deux c’est mieux

CORPS

& ACCORDS

78 SANTÉ

Tennis, excitant sexuel ?

82 FORME

Un peu de tenue

L’ART &

LA MANIÈRE

86 LES DESSOUS DU TENNIS

Balls, please !

91 À PRENDRE À L’ESSAI

92 DIS PATRICK

94 CONNECTÉ

TIE-BREAK

96 LÉGENDE

Gabriela Sabatini

98 JEU, SET & MARQUES

102 LES MOTS OSÉS DU TENNIS

106 EN TRIBUNE

108 CLICHÉS

À qui sont...

113 TOUT PETIT DÉJÀ

114 IL Y A PRESCRIPTION

6 TENNIS MAGAZINE


SPÉCIAL

“sexe ”

24

SPÉCIAL

US OPEN

©EQI / PANORAMIC

24 LA PHOTO 2016

26 L’ENJEU HOMMES

30 L’ENJEU FEMMES

34 BOYS & GIRLS

36 IL ÉTAIT UNE FOIS

38 72 H À NEW YORK

40 QUIZZ

TENNIS MAGAZINE 7


ON EN PARLE ?

PASSAGE EN REVUE…

de ce qui a buzzé ces dernières semaines

CLIJSTERS ET RODDICK AU HALL OF FAME

C’est la tradition de juillet ! L’Américain Andy Roddick et la Belge

Kim Clijsters (34 ans tous les deux) ont été adoubés au Hall of

Fame, le célèbre musée du tennis situé à Newport. Outre leur

âge, l’Américain et la Belge ont pour points communs d’avoir été

n°1 mondiaux et d’avoir arrêté leur carrière après l’US Open 2012,

tournoi qu’ils ont tous les deux remporté : 2003 pour Roddick,

2005, 2009 et 2010 pour Clijsters qui a aussi triomphé à l’Open

d’Australie en 2011. La championne paralympique néerlandaise

Monique Kalkman van den Bosch et le journaliste américain

Steve Flink figurent parmi les promus, ainsi que l’ancien joueur,

professeur et commentateur américain Vic Braden, intronisé à

titre posthume.

©ELISE AMENDOLA/AP/SIPA

CARNET ROSE

Arnaud Clément et sa compagne, la chanteuse Nolwenn Leroy,

sont les heureux parents d’un petit Marin, né le 13 juillet pendant

Wimbledon, que son (ex) champion de papa avait dû quitter précipitamment

alors qu’il était inscrit pour le tournoi des Légendes.

Au même moment, Steve Darcis est lui devenu papa d’une deuxième

petite fille, Ana, née quatre ans après sa grande sœur

Camille (mai 2013). Toutes nos félicitations également à Pablo

Andujar devenu papa fin juillet d'un petit Pablo Jr.

FINALES DE COUPE DAVIS/FED CUP

EN TERRAIN NEUTRE : DÉCISION REPORTÉE !

La Fédération internationale de tennis a d’ores et déjà soumis au vote

de son Assemblée Générale, le 4 août au Viêt Nam (nous y reviendrons),

une série de réformes attendues – comme les matches en

deux sets gagnants, la réception garantie au 1 er tour pour le tenant du

titre, etc. Elle avait, en revanche, retiré de l’ordre du jour la plus controversée

d’entre elles : l’organisation d’une phase finale commune de

coupe Davis et de Fed Cup en terrain neutre, initialement envisagée

dès 2018 à Genève. Pour le président de l’ITF, David Haggerty, il ne

s’agit pas d’une marche arrière, mais plutôt d’une temporisation pour

« trouver un meilleur consensus et construire un projet encore plus

fort autour de ces finales de Coupe du monde de tennis ». Bernard

Giudicelli, président de la FFT, a été désigné pour mener la réflexion

autour de ce nouveau projet. Il a fait savoir qu’il n’aurait pas voté pour

la première version.

CARNET BLANC

Julien Benneteau a épousé

Karen, sa compagne de longue

date et mère de son fils, Ayrton, né il y a deux ans.

Le mariage a eu lieu le 22 juillet dans le Lubéron, en

présence de nombreux acteurs du tennis français dont

les témoins du marié : Nicolas Mahut, l'entraîneur Olivier

Ramos et le frère de Julien, Antoine Benneteau.

Le même week-end, en présence

d'Angelique Kerber et de Caroline Wozniacki,

Agnieszka Radwanska a également convolé en

justes noces avec son compatriote, footballeur (et

sparring-partner occasionnel), Dawid Celt. La Tchèque Andrea Hlavackova

a, elle, épousé Fabrizio Cestini, un ancien joueur qui travaille pour la

WTA. Enfin, félicitations aussi à Yanina Wickmayer, qui s’est mariée une

semaine plus tôt avec le footballeur belge Jérôme Van der Zijl.

8 TENNIS MAGAZINE


Par la rédaction

CAP SUR L’US EN QUEEN MARY 2 !

Apercevoir au loin, après une

semaine au grand large, les silhouettes

imposantes des buildings

de Manhattan, se prendre pour

Christophe Colomb avant de croquer

la Big Apple à pleine dents,

avouez que ça fait rêver, non ? Un

rêve réalisable grâce au Queen

Mary 2 ! Le mythique paquebot

transatlantique de la compagnie

Cunard sorti en 2004 des chantiers

navals de Saint-Nazaire, effectuera,

du 15 au 22 septembre, une liaison

historique entre New-York et le

Havre dans le cadre des 500 ans de

la ville française fondée par François

1 er en 1517. Le rapport avec le

tennis ? On y vient. Quelque chose

nous dit que relier New York à cette

saison, théâtre d’un certain tournoi

du Grand Chelem, ça peut être TRÈS

intéressant. Quelque chose nous

dit aussi que le fleuron britannique

au style Art Deco so vintage, pourrait

refaire un périple similaire l’an

prochain. Et quelque chose nous dit

enfin que Tennis Mag’ pourrait vous

en faire profiter.

Bon, on en a déjà trop dit. Rendezvous

le mois prochain…

« Ma tête sonne,

je ne sais pas ce que

j'ai fait la nuit dernière.

J'ai bu sans doute quelques

boissons diverses et

variées... »

Roger Federer,

un peu « perdu », au lendemain de

son sacre à Wimbledon (et de la fête

qui a suivi).

©TWITTER

©INSTAGRAM

©TWITTER

©INSTAGRAM

LES VACANCES DES JOUEURS – VU SUR INSTAGRAM ET TWITTER

1. Repos bien mérité pour Roger Federer après son 8 e sacre à Wimbledon. C'est en Sardaigne, aux côtés de sa femme et de ses quatre enfants,

que le Suisse a posé ses valises le temps d'une escapade ensoleillée. De quoi recharger les batteries avant la suite de la saison.

2. Il semblerait que Kristina Mladenovic ait repris du poil de la bête après son élimination au 2 e tour de Wimbledon. C'est en Corse que la

Française a décidé de prendre du bon temps, accompagnée de son frère et de ses proches. Un joli coin de paradis...

3. Malgré un abandon forcé à Wimbledon, c'est décontracté que l'on a retrouvé Feliciano Lopez à Formentera, en Espagne. Accompagné de

Marc Lopez, son compatriote, il en a profité pour faire quelques plongeons lors d'une virée en bateau.

4. On peut dire que la nouvelle n°1 mondiale, Karolina Pliskova, a le « smile » ! De retour à Monte-Carlo, son lieu de résidence, la Tchèque a profité

du beau temps pour se la couler douce au bord de l'eau. Mais jamais sans sa serviette fétiche ramenée de Roland-Garros…

TENNIS MAGAZINE 9


ON EN PARLE ?

DJOKOVIC FAIT UNE « FEDERER » !

On ne va pas dire que la nouvelle a fait l’effet

d’une bombe, car on s’y attendait un peu

après son abandon en quarts à Wimbledon.

Mais tout de même : Novak

Djokovic a annoncé, à l’occasion

d’un « facebook live » depuis son

club à Belgrade, qu’il mettait un

terme à sa saison 2017, victime

d’une contusion osseuse au coude

droit provoquant des douleurs chroniques

depuis près d’un an et demi.

« La décision s’est imposée à moi à

Wimbledon où la douleur était pire que

jamais. Tous les docteurs m’ont expliqué

qu’un break devenait indispensable », a déclaré le

Serbe qui évitera vraisemblablement l’opération.

Après 51 Grands Chelems disputés de rang depuis l’Open d’Australie

2005, Novak manquera donc notamment à l’appel de l’US Open, ainsi

qu’à la demi-finale de coupe Davis en France mi-septembre. Il reprendra

début 2018 et jouera probablement un tournoi préalable à l’Open

d’Australie. Il sera, alors, classé en dehors du top 10, pour la première

fois depuis début 2007.

L’ironie de l’histoire est que cette annonce est survenue le 26 juillet 2017

soit un an jour pour jour après la même décision prise par Roger Federer.

Avec le succès que l’on sait : deux Grands Chelems cette saison (au

minimum), comme Rafael Nadal en 2013 après avoir lui aussi mis le clignotant

après Wimbledon en 2012. Voilà peut-être pourquoi l’ancien n°1

mondial gardait le sourire : « Cinq mois, ça paraît long mais en même

temps, cela va me permettre de renforcer mon corps et améliorer des

aspects de mon jeu que je n’avais pas eu le temps de travailler. » Le tout

sous la houlette d’Andre Agassi, dont Djokovic a également précisé qu’il

était à ses côtés lors de ses derniers examens médicaux à Toronto et

qu’il serait dans son box en 2018. En attendant de renouer avec le fil de

sa brillante carrière, Novak Djokovic pourra se préparer tranquillement

à l’arrivée de son deuxième enfant, prévu ces prochaines semaines. Un

break « mental » salutaire aussi pour l’homme aux 12 Grands Chelems,

tant il était évident qu’il n’était plus lui-même non plus sur ce plan ces

derniers mois. Mais tout cela est tellement lié…

Avant de s’envoler vers le Canada

pour la tournée américaine

menant jusqu’à l’US Open, Jo-

Wilfried Tsonga a passé deux

jours à Lyon où il a retrouvé les 75

participants (âgés de 8 à 17 ans)

de son Tsonga Camp by Babolat.

Un événement organisé pour la

3 e année au Tennis Club de Lyon

où les enfants perfectionnent

leur tennis tout en partageant

JO LE CAMPEUR !

de beaux moments de rigolade.

« J’aime passer du temps avec

les enfants, leur donner des

conseils, plaisanter avec eux,

nous a confié Jo à Lyon. Je souhaite

créer un lien fort, leur faire

partager la vie d’un joueur professionnel

comme j’aurais aimé

le vivre plus jeune. » Mission

accomplie à voir la mine ravie de

ces apprentis champions.

©S. DIONYSSOPOULOS PHOTOGRAPHY

ÇA COMMENCE ENTRE

Alexander Zverev et Juan Carlos Ferrero. À compter de la tournée nordaméricaine

du mois d’août, l’ancien vainqueur espagnol de Roland-Garros

(2003) a intégré le staff du grand espoir allemand (20 ans) – entraîné par son

père, Alexander Senior.

Elias Ymer et Robin Söderling. Un nouveau coach et pas des moindres pour

« redresser » la route de l’espoir suédois Elias Ymer (21 ans), redescendu fin juillet

à la 293 e place après avoir été 118 e en 2016 : son compatriote Robin Söderling,

double finaliste à Roland-Garros (2009, 2010), officiellement retraité depuis 2015

à la suite d’une mononucléose.

C'EST FINI ENTRE

Gaël Monfils et Gaëtan Olivier. Le Français et son physio/préparateur physique,

fondu notamment de course à pied et de médecine chinoise, ont mis un terme à

leur (fructueuse) collaboration, longue de deux ans et demi.

CARNET NOIR

Triste mois de juillet pour le tennis

australien qui a perdu coup sur coup deux

de ses anciens champions. Le 21 juillet,

Peter Doohan, connu notamment pour

avoir terrassé le double tenant du titre Boris

Becker au 2 e tour de Wimbledon en 1987, a

succombé à une forme foudroyante de la

Maladie de Charcot, à 56 ans. Deux jours

plus tard, le Hall of Famer Mervyn Rose,

vainqueur de deux titres du Grand Chelem

(Internationaux d’Australie 1954 et Roland-

Garros 1958), puis entraîneur de Margaret

Court et Billie Jean King notamment, est

décédé à l’âge de 87 ans.

10 TENNIS MAGAZINE


Par la rédaction

2021

« Ne jouez pas au tennis !

C'est une corvée, une vie dure,

dure, dure. Je suis coincé.

C'est le tennis qui m'a choisi. »

Bernard Tomic,

déprimé, lors d’une interview

pour la télévision australienne

Ilie Nastase, désormais ex-capitaine roumain

de Fed Cup, a été suspendu pour plus de

trois ans par l'ITF. Une décision qui fait suite

à ses débordements lors de la rencontre

face à la Grande-Bretagne mi-avril durant

laquelle il avait eu un comportement agressif

et avait proliféré des propos à connotations

racistes au sujet de la grossesse de Serena

Williams. Suspendu à titre provisoire depuis

les faits, l'ancien n°1 mondial est privé

d'accès et écarté de tout rôle officiel en

compétitions ITF jusqu'au 31 décembre

2020. Il devra également s'acquitter d'une

amende de 10 000 $.

POUILLE SE LA COULE

DOUCE À ST-TROP'

©FLORIAN LEGER

Pour sa 7 e édition, l'étape tropézienne du Classic

Tennis Tour qui a eu lieu mi-juillet, a attiré dans

ses filets Lucas Pouille. Sur le court en gazon

synthétique du port de Saint-Tropez, l'espoir du

tennis tricolore a rejoint les « anciens » Sergi Bruguera,

Ilie Nastase, Mansour Bahrami, ainsi que

Michaël Lllodra et Adriano Panatta, vainqueur de

Roland-Garros 1976, également présent pour la

première fois. Soleil, ambiance bon enfant, sourires...

le spectacle était au rendez-vous pour

des spectateurs toujours conquis.

TELEX

Six mois pour Mattek-Sands. Les images (et le son !) de ses cris déchirants après s’être blessée au genou droit à Wimbledon avaient

ému le public. Victime d’une rupture du tendon avec déplacement de la rotule, l’Américaine Bettanie Mattek-Sands, condamnée à

l’opération, ne reviendra probablement pas en 2017. Son indisponibilité étant estimée à plus de six mois.

Blancaneaux et Parmentier invités à l’US Open. La FFT a décidé d’octroyer les deux wild-cards pour l’US Open à Geoffrey Blancaneaux,

chez les hommes, et Pauline Parmentier, chez les dames. Geoffrey, 18 ans, l’a arrachée après un mois de juillet très riche (voir « Cocorico

» p. 21), bien que loin au classement (317 e ), alors que Pauline était elle juste en dehors du « cut ».

Les Petits As s’exportent aux US. En partenariat avec l’USTA (la Fédération américaine), le célèbre tournoi tarbais réservé aux 14 ans

et moins organisera du 30 octobre au 3 novembre un tournoi de sélection aux États-Unis, au Club Med de Sandpiper Bay, en Floride.

Ces play-offs américains permettront à leurs vainqueurs et finalistes (garçons et filles) d’obtenir une wild-card pour le tableau final de

l’édition 2018, tandis que le 3 e sera invité pour les qualifications.

Le père de Philippoussis soupçonné de pédophilie. Le père de Mark Philipoussis (40 ans, finaliste à l’US Open 1998 et Wimbledon

2003) a été arrêté fin juillet aux États-Unis, à San Diego. Nikolaos Philippoussis, 68 ans, d’origine grecque, est soupçonné d’avoir abusé

sexuellement de deux enfants de moins de 14 ans à qui il donnait des cours de tennis privés. Il était déjà fiché pour soupçons d’actes

similaires par le passé.

Ons Jabeur dans le top 100 ! À 22 ans, classée 99 e à la WTA le 31 juillet, Ons Jabeur est la première joueuse femme tunisienne à entrer

dans ce club très select. Mabrouk, Ons !

TENNIS MAGAZINE 11


ON EN PARLE ?

CONCOURS DE PRONOSTICS

US OPEN

Rendez-vous sur notre page Facebook durant l’US Open (28 au 10 septembre) pour un

grand concours de pronostics. Chaque jour, notre pronostiqueur vous proposera de parier

sur le match de la journée via une publication Facebook. À vous de la commenter pour

désigner le vainqueur du match ainsi que le nombre de sets disputés. Les 3 joueurs ayant

obtenu le plus de points à la fin du tournoi remporteront de superbes cadeaux adidas spécial

US Open (valeur totale des 3 lots : 275€). À suivre !

TENNIS MAGAZINE JUNIOR N°100

TSONGA RÉDACTEUR EN CHEF

Le n°1 français a accepté d’être le rédacteur en chef de Tennis Magazine Junior n°100. Un

numéro spécial (avec un double poster du Français) où Jo retrace les meilleurs moments de

sa carrière, passe en revue les membres de son entourage et se livre à quelques confidences

sur son enfance ou ses idoles de jeunesse.

À retrouver à l’unité sur www.tennismag.com (frais de port offerts) ou en abonnement

couplé avec Tennis Magazine (voir p. 90).

©ZM/PANORAMIC

GOLMARD : LE TENNIS EN DEUIL

Jérôme Golmard a perdu son dernier combat et

c’est le monde du tennis qui le pleure aujourd’hui.

Atteint depuis plus de trois ans d’une sclérose

latérale amyotrophique (S.L.A ou maladie de

Charcot), provoquant une paralysie progressive

des membres, Jérôme est décédé dans la nuit du

31 juillet au 1 er août à l’âge de 43 ans. Une disparition

qui a déclenché une onde de choc dans la famille du

tennis français. « Compagnon d'arme, compagnon de

jeu, compagnon de double, compagnon de coupe Davis,

compagnon de bringue, compagnon de vie... Tu vas me manquer

mon Djé », a notamment commenté Nicolas Escudé. Professionnel

de 1993 à 2006, Jérôme Golmard a remporté deux tournois (Dubaï en 1999 et Chennai en

2000) et représenté l’équipe de France de coupe Davis à six reprises. 22 e mondial en 1999,

ancien n°1 tricolore, ce gaucher imprévisible avait notamment dominé Carlos Moya, en quarts

de finale à Monte-Carlo en 1999. Ou encore battu Andre Agassi, alors n°1 mondial, à Toronto

en 2000. Tennis Magazine adresse, à ses deux fils ainsi qu’à tous ses proches, ses sincères

condoléances. Bon vent Djé…

En mai 2014, Jérôme a fondé, avec le soutien d'autres joueurs de tennis, l’Association « Jérôme Golmard

Combattre la maladie de Charcot ». Il a insisté pour que cette association vienne aussi en aide

à d’autres malades. Pour faire un don : associationjeromegolmard.org/faire-don/

UNE CHAÎNE WTA

Le 31 juillet, la WTA TV est née. Cette chaîne

vous permet désormais de suivre en direct

la quasi-totalité des matches du circuit WTA

(soit environ 2 000 matches par an) – à

l’exception de ceux disputés en Chine. Lives

en HD, vidéos à la demande, commentaires

en anglais, multi-écrans… les fans du circuit

féminin sont servis. Rendez-vous sur

wtatv.com (8,93€ pour un mois, 67,05€

pour un an).

12 TENNIS MAGAZINE


LE PLUS GRAND TOURNOI DU MONDE

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2017

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ON EN PARLE ?

CINQ À SET…

Au-delà des nombreuses « love affairs », connues ou pas,

entre joueurs et joueuses, le tennis est étroitement lié à des histoires

de sexe, plus ou moins racontables. Bon allez, on vous raconte…

TILDEN, LE PREMIER GAY (UN PEU TROP)

FRIENDLY DU TENNIS

Alors que, près d’un siècle plus tard, le

sujet de l’homosexualité masculine dans

le sport demeure un vrai tabou (voir notre

dossier p. 60), le légendaire champion

américain Bill Tilden fut le premier grand

joueur de l’histoire ouvertement gay. Son

homosexualité était connue, y compris du

temps de sa gloire, dans les années 20,

bien qu’il ne la révélât officiellement qu’à

la fin de sa vie dans son autobiographie

« My Story ». Le souci pour « Big Bill »,

c’est qu’il était aussi attiré par les très

jeunes hommes : il a été arrêté deux

fois, la première en 1946, pris la main

dans le pantalon d’un prostitué mineur,

et la deuxième en 1949 après avoir

fait des avances poussées à un autostoppeur

de 16 ans. Des réminiscences

de pédophilie, voilà qui nous ramènent

à des sujets beaucoup plus graves que

ceux traités par ailleurs dans cette page

ou dans ce numéro. Mais le tennis a

malheureusement été aussi pollué par de

nombreuses affaires de viol d’entraîneur

sur des adolescentes. Les plus célèbres

d’entre elles restant les affaires Régis de

Camaret ou Bob Hewitt à l’étranger. Et

c'est, là aussi, beaucoup moins drôle…

©FEP/PANORAMIC

LA LANGUE DES SIGNES DE SCHIAVONE

Une vidéo étonnante de Francesca Schiavone circule sur la toile… Lors d’un match

dans le cadre du feu Open de Paris-Coubertin (en 2004), on y voit la joueuse italienne

en plan rapproché, pendant le temps mort médical de son adversaire, faire d’étranges

gestes à l’attention de son entraîneur dans les tribunes. Des gestes très ambigus,

laissant à penser que l’ancienne gagnante de Roland-Garros aurait… comme une

petite envie « de »... Pas si surprenant de la part de celle qui avait déclaré un jour

au site internet britannique Metro : « Pour une femme, avoir des relations sexuelles

avant un match est non seulement autorisé, mais c’est fantastique ! Ça booste vos

hormones, c’est positif sur tous les plans. » Grandiose Francesca !

BECKER, UN « QUICKIE »

POUR LA QUILLE

Wimbledon 1999, Boris Becker vient de perdre le

dernier match de sa carrière en huitièmes face à Pat

Rafter. Pour tromper le « sentiment de solitude »

qui l’envahit, l’Allemand sort avec quelques amis

chez Nobu, restaurant japonais haut de gamme. Làbas

– allez savoir comment et pourquoi – le triple

vainqueur du tournoi (dont l’épouse Barbara est enceinte

de 7 mois) se retrouve à faire sa petite affaire

dans les escaliers menant aux toilettes avec une

autre femme. Angela Ermakova, une mannequin

russe, avait donné son cœur au vaincu. Mais pas

que. Neuf mois, plus tard, cette dernière accouche

d’une petite Anna. Elle rappelle son amant d’un

soir pour lui apprendre la bonne nouvelle. Barbara

n’apprécie pas : le divorce sera salé, et pour Boris, la

mine piteuse, ce sera le début des sushis…

PENNETTA,

LES CONFESSIONS INTIMES

L’ancienne joueuse italienne Flavia Pennetta

(retraitée après son titre à l’US Open 2015)

s’était laissée aller à quelques confessions

croustillantes pour assurer la promotion de son

autobiographie (« Droit au cœur », Mondadori,

2011). Il était notamment question de sa relation

avec Carlos Moya, avec lequel elle avait révélé

« pratiquer le sexe libre », et ce dans des endroits les

plus incongrus tels les vestiaires des tournois. Après sa

rupture avec le play-boy majorquin, Flavia était restée un moment

célibataire mais « jamais trop longtemps sans faire l’amour », avait-elle confié.

Elle a depuis retrouvé le grand amour avec Fabio Fognini, son mari et père de son fils

Federico. Ces deux-là ne doivent pas s’ennuyer… mais cela ne nous regarde pas !

14 TENNIS MAGAZINE


Par Rémi Bourrieres

RENEE RICHARDS,

CHANGEMENT

DE BALLES

A priori, l’existence de Richard

Raskind n’était pas destinée à être

celle d’une femme, ni d’une joueuse

professionnelle. Dans sa première

vie, cet Américain né le 19 août 1934,

était marié, un enfant, ophtalmo de

profession, et tennisman de niveau certes

respectable, puisqu’il avait participé à quelques

Championnats des États-Unis dans les années 50. Mais au fond de lui, il se

sentait femme. Et décida de le devenir pour de bon, se faisant opérer en 1975.

Richard Raskind devint Renee Richards et se lança, à 41 ans, dans une carrière

sur le circuit WTA. Non sans difficulté : « dénoncée » par un journaliste

en 1976, la joueuse se vit interdite de participation à l’US Open – qui instaura

à dessein un test de féminité – et boycottée par nombre de ses pairs, qui se

jugeaient lésés face au grand service de gauchère de leur adversaire (1,88 m).

Mais, soutenue notamment par Billie Jean King, Renee Richards remporta

finalement la bataille juridique. Elle atteint la finale du double dames à l’US

Open 1977 et le 3 e tour en simple en 1979. Richards, qui vit toujours à New

York, demeure la seule transgenre à avoir fréquenté le circuit.

NASTASE, C’EST DU PROPRE !

« M. Nastase » a toujours eu une

bouille incroyable… Dans sa truculente

autobiographie, l’inénarrable

Ilie Nastase se targuait d’avoir vu

passer environ 2 500 femmes dans

son lit. Un chiffre évidemment

approximatif et certainement exagéré,

à l’image du personnage dont

tous les témoins peuvent toutefois

attester du palmarès très respectable

en la matière… « Pendant ma

carrière, le sexe, c’était devenu un

geste quotidien aussi banal que

de prendre une douche : tu le fais,

tu te sens bien et tu oublies aussitôt

! »

ET SOUDAIN, UN CRI DE PLAISIR

(ET MÊME DEUX, ET TROIS)…

Avril dernier, Sarasota, Etats-Unis. Les Américains Frances

Tiafoe et Mitchell Krueger s’affrontent dans le cadre d'un

Challenger (extérieur). Alors que la bagarre fait rage et leur

tennis pas peu tonique, au milieu du 2 e set, des cris de

plaisir féminin commencent à se faire entendre… Hilarité

générale sur le court et dans le public, alors que l’on pense

qu’il s’agit d’un film pour adulte diffusé depuis un smartphone.

Mais le jeu continue et… les cris aussi. De plus en

plus poussés. Cette fois, plus de doute : un appartement

situé en aplomb du court est bel et bien le théâtre d’autres

exploits ! Amusé plus que dérangé, Tiafoe aura – en plein

match – ce bon mot : « It cannot be that good ! » (cela ne

peut pas être aussi bon, ndlt).

VESNINA, RECOURS À LA VIDÉO ?

Début 2011, le site internet américain worldstarhiphop crée le

buzz en mettant en ligne une vidéo (piratée ?) mettant en scène

– et quelle scène ! – la joueuse russe Elena Vesnina, en plein

double mixte avec son boyfriend hockeyeur Konstantin Korneev.

Pour des raisons strictement professionnelles (évidemment !),

nous sommes allés voir la vidéo très « olé-olé » et rien ne permet

d’identifier la récente gagnante du double dames de Wimbledon,

sinon, selon le site américain, son

bracelet très reconnaissable. Ainsi

qu'une certaine propension à

l’exhibition puisque la très

bavarde – et par ailleurs

très sympathique – Elena

nous a parfois fait part de

photos d’elle assez dévêtue.

Clairement, même

si quelquefois, son tennis

est prévisible, son beau

maillot, lui, peut exciter les

foules…

©INSTAGRAM

Quelques contrepèteries

se sont glissées

dans cette rubrique…

Envoyez-nous

vos trouvailles à

info@tennis-magazine.com

un cadeau à gagner !

Non mais ?!

HARKLEROAD, LA PHOTO QUI TUE

Vous souvenez-vous d’Ashley Harkleroad, cette Américaine

à la plastique avantageuse qui avait eu un début de carrière

prometteur au début des années 2000 ? Appelée à devenir

la nouvelle star du tennis américain, elle s’est finalement

fait connaître par un autre biais : en 2008, elle est devenue

la première joueuse de tennis à dévoiler (tous !) ses

charmes dans le magazine Playboy. Ashley, hormis une

brève tentative de come-back en 2010, n’a jamais pu se

remettre la tête au tennis. Aujourd’hui âgée de 32 ans,

l'Américaine a eu deux enfants et annoncé sa retraite en

2012. Reste quelques photos sympathiques qui circulent

sur le web…

TENNIS MAGAZINE 15


AGENDA

TOURNOIS

DE L’ÉTÉ

Demandez

le programme !

DU 7 AU 13 AOÛT

MONTRÉAL

(CANADA)

4 662 300 $ – 56 JOUEURS – ATP 1000

Tenant du titre : Novak Djokovic.

Têtes d’affiche : Tous les meilleurs joueurs

devraient être présents sauf

Stan Wawrinka et Novak Djokovic.

ET AUSSI

Du 11 au 17 septembre

Québec (Canada)

WTA International

(225 750 $)

Tenante du titre :

Océane Dodin

Tokyo (Japon),

WTA International

(225 750 $)

Tenante du titre :

Christina McHale

DU 13 AU 20 AOÛT

CINCINNATI (ÉTATS-UNIS)

4 973120 $ – 56 JOUEURS – MASTERS 1 000

Tenant du titre : Marin Cilic.

Têtes d’affiche : Tous les meilleurs joueurs devraient

être présents sauf Stan Wawrinka et Novak Djokovic.

2 536 154 $ – 56 JOUEUSES – PREMIER 5

Tenante du titre : Karolina Plisova.

Têtes d’affiche : Toutes les meilleures

joueuses devraient être présentes

sauf Serena Williams.

ET AUSSI

EN FRANCE

Du 15 au 20 août

Championnats de France

15/16 ans à Dijon

Du 21 au 26 août

Championnats de France

17/18 ans au Mans

Du 4 au 10 septembre

Internationaux de

Bagnères-de-Bigorre

(Futures, 25 000 $)

Du 11 au 17 septembre

ENGIE OPEN de Biarritz

(ITF, 80 000 $)

Grand Prix Barrisol

de Mulhouse

(Future, 25 000 $)

DU 20 AU 26 AOÛT

WINSTON-SALEM

(ÉTATS-UNIS)

748 960 $ – 48 JOUEURS – ATP 250

Tenant du titre : Pablo Carreno Busta.

Têtes d’affiche : Carreno Busta, Bautista

Agut, Isner, Querrey, Johnson, Verdasco,

Simon, Herbert, Mahut, Benneteau.

16 TENNIS MAGAZINE


DU 15 AU 17 SEPTEMBRE

DEMI-FINALES

COUPE DAVIS

BELGIQUE - AUSTRALIE

(BRUXELLES)

DU 7 AU 13 AOÛT

TORONTO

(CANADA)

2 434 389 $ – 64 JOUEUSES – PREMIER 5

Tenante du titre : Simona Halep.

Têtes d’affiche : Toutes les meilleures

joueuses devraient être présentes sauf

Serena Williams.

DU 15 AU 17 SEPTEMBRE

DEMI-FINALES

COUPE DAVIS

FRANCE - SERBIE

(LILLE)

DU 28 AOÛT AU 10 SEPTEMBRE

US OPEN

(NEW YORK, ÉTATS-UNIS)

DU 20 AU 26 AOÛT

NEW HAVEN

(ÉTATS-UNIS)

710 900 $ – 32 JOUEUSES – PREMIER

Tenante du titre : Agnieszka Radwanska.

Têtes d’affiche : Cibulkova, A. Radwanska,

Kvitova, Mladenovic, Bacsinszky,

Bouchard, Stephens.

25 200 000 $ – 128 JOUEURS – GRAND CHELEM

Tenant du titre : Stan Wawrinka.

Têtes d’affiche : Tous les meilleurs joueurs

devraient être présents sauf Novak Djokovic.

25 200 000 $– 128 JOUEUSES – GRAND CHELEM

Tenante du titre : Serena Williams.

Têtes d’affiche : Toutes les meilleures joueuses

devraient être présentes sauf Serena Williams.

COUPE DAVIS : LES BLEUS FAVORIS

En l’absence de Novak Djokovic, qui a mis

un terme à sa saison (voir p. 10), les Bleus

partiront favoris de la demi-finale de coupe

Davis France-Serbie disputée du 15 au

17 septembre au Stade Pierre-Mauroy de

Villeneuve-d’Ascq. En plein cœur de l’US

Open, la sélection du capitaine Yannick Noah

sera très attendue avec en ligne de mire les

probables retours en équipe de France de

Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils. En jeu

pour les deux pays, une place en finale de

l’épreuve face à la Belgique ou l’Australie. Et

l’envie pour les Tricolores d’effacer le mauvais

souvenir de la finale 2014 perdue face à la

Suisse dans ce même stade.

Tournois joués sur dur

TENNIS MAGAZINE 17


BONS ET REBONDS

Ils ont marqué de leur empreinte les semaines écoulées.

De Newport à Hambourg en passant pas Umag et Bastad,

retour sur les bon(d)s et les rebonds de nos champions.

NEWPORT (ATP 250, gazon, 17-23 juillet)

INBREAKABLE ISNER

© ELISE AMENDOLA/AP/SIPA

Après 2011 et 2012, John Isner,

32 ans s’offre un 3 e trophée

sur le gazon de Newport

(son 11 e titre en tout). Sur son

parcours, l’Américain n’a pas

eu la moindre balle de break

à sauver, une première sur le

circuit ATP depuis la victoire de

Tommy Haas à Memphis en

2007 ! En finale, il s’impose face

au qualifié australien Matthew

Ebden (249 e mondial) 6/3,

7/6(4) et fait ainsi son retour

dans le top 20 (20 e ).

Alors qu’Adrian Mannarino est

battu d’entrée par Tobias Kamke

(7/6(5), 7/5), Pierre-Hugues

Herbert passe, lui, un tour

(contre Menendez-Maceiras)

mais s’incline en quarts face

à Bjorn Fratangelo (6/2, 5/7,

6/4). L’Alsacien inaugure tout de

même son meilleur classement

(65 e ).

BASTAD (ATP 250, terre battue, 17-23 juillet)

AU BON SOUVENIR DE FERRER

Deux ans après son dernier titre

décroché à Vienne en 2015, David Ferrer,

35 ans, renoue avec le succès sur la

terre battue de Bastad où il s’impose

pour la 3 e fois (après 2007 et 2012). De

quoi rendre le sourire à l’Espagnol – titré

pour la 27 e fois de sa carrière – peu

en verve ces derniers mois, même s’il

gardait intact son amour pour le tennis

(lire notre entretien dans TM n°487). En

Suède, Ferrer n’aura pas ménagé ses

efforts, sauvant deux balles de match en

quarts contre Henri Laaksonen (5/7, 3/6,

7/6(3)), puis cédant de nouveau un set

en demies contre Fernando Verdasco

(6/1, 6/7(3), 6/4). En finale, il prend le

meilleur sur Alexandr Dolgopolov (6/4,

6/4) à sa… 7 e balle de match. Luckyloser,

Paul-Henri Mathieu s’incline

d’entrée face à Renzo Olivo (6/2, 6/4).

6

Six ans après avoir remporté son dernier match sur le grand circuit

(à Miami), Patty Schnyder, 38 ans, renoue avec la victoire à Gstaad face

à sa compatriote Amra Sadikovic (6/4, 6/7(7), 7/6(6)). Et ce en sauvant…

5 balles de match ! 7 e mondiale en 2005, la Suissesse avait pris sa retraite

en 2011, donné naissance sa fille en 2014, avant de faire son retour en 2015.

La voici désormais au 230 e rang mondial.

© ACTION IMAGES/ PANORAMIC

18 TENNIS MAGAZINE


Par la rédaction

UMAG (ATP 250, terre battue, 17-23 juillet)

RUBLEV À QUI PERD GAGNE

Semaine très spéciale pour Andrey Rublev

en Croatie. Battu au dernier tour des qualifications,

le jeune Russe (19 ans) n’obtient sa

place dans le grand tableau qu’après le forfait

de Borna Coric. Et il ne laisse pas passer

sa chance. Après des succès sur le tenant

du titre Fabio Fognini en quarts (6/7(5), 6/2,

7/6(2)) et sur Ivan Dodig en demies (7/6(4),

6/1), le Moscovite s’offre le premier titre de sa

carrière contre l’expérimenté Paolo Lorenzi

(6/4, 6/2). Un trophée synonyme de première

entrée dans le top 50 (49 e ). Tournoi

décevant en revanche côté Français avec

les défaites d’entrée de Gaël Monfils (contre

Dutra Silva), Gilles Simon (face à Cecchinato)

et de Benoît Paire face à Kenny De Schepper,

issu des qualifications, et qui s’incline ensuite

contre Giannessi.

©IMAGO / PANORAMIC

HAMBOURG (ATP 500, terre battue, 24-30 juillet)

LE MEILLEUR DES MAYER

Juillet était décidément le mois des lucky-loser. Après Rublev à Umag (voir cidessous),

l’Argentin Leonardo Mayer, lui aussi repêché des qualifications – grâce

au forfait de Klizan – où il avait perdu au dernier tour contre un Allemand de 16 ans

(Rudolf Molleker), remporte finalement le titre contre un autre Allemand plus expérimenté,

son homonyme Florian Mayer, 6/4, 4/6, 6/3.

Mais n’était pas à domicile celui que l’on croit : Leonardo Mayer, 30 ans, avait remporté

un titre dans sa carrière et c’était déjà à Hambourg, en 2014. Figurant au 138 e rang

mondial en début de semaine, il devient le vainqueur le plus mal classé à s’imposer sur

le circuit depuis… Florian Mayer l’an dernier à Halle (192 e ). Mais cette belle performance lui

a valu de retourner fissa dans le top 50.

C’est un autre tandem germano-argentin, Philipp Kohlschreiber et Nicolas Kicker, qui a éliminé

en huitièmes les deux Français du tableau, respectivement Gilles Simon et Benoît Paire.

TÉLÉGRAMMES

GSTAAD (WTA International, terre battue, 17-23

juillet) – En Suisse, la Néerlandaise Kiki Bertens,

25 ans, s’adjuge le 4 e titre de sa carrière (le 2 e

en 2017) face à l’Estonienne Anett Kontaveit

(6/4, 3/6, 6/1). Tête de série n°1, Caroline Garcia

est éliminée au 2 e tour par Tereza Martincova

(7/5, 7/6(1)).

BUCAREST (WTA International, terre battue,

17-23 juillet) – À domicile, la Roumaine Irina-

Camelia Begu, 26 ans, s’offre le 4 e titre de sa

carrière sans perdre le moindre set. En finale,

elle domine Julia Goerges (6/3, 7/5). En quarts,

elle avait éliminé Pauline Parmentier (7/5, 6/0).

NANCHANG (WTA International, dur, 24-

30 juillet) – À 31 ans, la Chinoise Shuai

Peng s’impose chez elle aux dépens de

la Japonaise Nao Hibino, 6/3, 6/2. C’est le

deuxième titre de sa carrière, le deuxième

en Chine.

ATLANTA (ATP 250, dur, 24-30 juillet) –

Après Newport (voir par ailleurs), John Isner

enchaîne « chez lui » à Atlanta où il s’impose

pour la 4 e fois, en dominant son compatriote

Ryan Harrison (7/6, 7/6), malgré une balle

de set sauvée dans chaque set et un break

concédé dans le 2 e (mettant fin à une série de

75 jeux de service remportés). Isner redevient

ainsi n°1 américain. Mention pour Quentin

Halys qui franchit les qualifications, passe un

tour face à un autre qualifié puis s’incline en

trois sets face à Gilles Muller.

BASTAD (WTA International, terre battue,

24-30 juillet) – Un an après avoir atteint ici

sa première finale, la jeune Tchèque Katerina

Siniakova (21 ans) remporte le deuxième titre

de sa carrière. Elle domine en demies Caroline

Garcia, 6/2, 7/5, puis en finale Caroline

Wozniacki, 6/3, 6/4, qui perd sa 5 e finale de

l’année !

TENNIS MAGAZINE 19


BONS ET REBONDS

BNP PARIBAS CUP (13-14 ans)

TALENTS ET ÉMOTIONS

© CONTACT@JONASBRAFMAN.COM

63 pays représentés, des finales haletantes…

la 28 e édition de la BNP Paribas

Cup (13-14 ans), disputée mi-juillet

sur les courts en terre battue du Stade

Français, a une nouvelle fois permis de

voir à l’œuvre les talents de demain.

Chez les garçons, la victoire est revenue

au Russe Igor Kudriashov face au

Brésilien Pedro Boscardin Dias (7/6,

7/6). Même score lors de la finale féminine

remportée par la Coréenne Yeon

Woo Ku contre la Roumaine Fatima

Ingrid Amartha Keita, que nous vous

avions présentée en avril (TM n°485).

Dans cette concurrence internationale

acharnée, les Français n’ont pas démérité,

à l’image de la présence en demifinales

de Giovanni Mpetshi Perricard

(battu en trois sets par le futur lauréat)

et d’Elsa Jacquemot (éliminée en deux

tie-break par la finaliste). Une 28 e édition

également placée sous le signe de

l’émotion avec le décès le 13 juillet de

Jacques Dorfmann, « stadiste et pilier

du concept de ce tournoi », indiquait,

ému, Jacques Laurent, directeur de

l’épreuve. Une minute de silence a été

observée en son honneur.

185

C’est le (meilleur) classement obtenu

par le Français Gleb Sakharov, 29 ans,

qui a remporté son premier match sur le

circuit principal à Gstaad (ATP 250, terre

battue, 24-30 juillet), face à la wild-card

locale Antoine Bellier, après être sorti

des qualifications et avant de s’incliner

honorablement face à Roberto Bautista

Agut (6/4, 6/3). Fabio Fognini remporte le

titre face à une autre surprise, l’Allemand

Yannick Hanfmann (6-4, 7-5), 25 ans et lui

aussi issu des qualifications.

© PAP/PANORAMIC

• Le circuit Future avait rendez-vous sur l’Ile de

Beauté mi-juillet pour l’Open d’Ajaccio (25 000 $).

Et c’est l’Italien Edoardo Eremin (23 ans, 466 e )

qui l’a emporté sur les courts en dur du Mezzavia

Tennis Club face à Albano Olivetti (6/2, 6/3). Une

semaine plus tard, toujours sur terre, à Uriage (15

000 $) dans l’Isère, le titre est revenu à Alexandre

Muller (20 ans, 325 e ) face à Corentin Denolly (5/7,

7/6(1), 6/4).

• Fin juillet, les Internationaux de Troyes

(25 000 $, terre battue) ont été remportés par

l’Italien Adelchi Virgili (27 ans, 552 e ), vainqueur en

EN FRANCE

finale du jeune Français Antoine Hoang (21 ans),

2/6, 6/4, 6/3. Le circuit Future fait maintenant

relâche en France jusqu’à début septembre.

• Côté féminin, durant la deuxième semaine de

Wimbledon, se déroulait le Grand Est Open 88

(100 000 $), sur les terres battues du Tennis Club

de Contrexéville. Une épreuve relevée remportée

par la tête de série n°1, la Suédoise Johanna

Larsson (28 ans, 48 e ) face à l’Allemande Tatjana

Maria (6/2, 6/4). Tenante du titre, Pauline Parmentier

s’est cette fois inclinée en demies face

à Maria.

• Belle perf’ de la jeune Française Theo Gravouil

(18 ans, 493 e ), finaliste de l’Open international

des Contamines-Montjoie (25 000 $, terre battue).

Elle s’est inclinée face à une Espagnole de

son âge, Claudia Hoste Ferrer, 7/5, 6/1.

• Dans la foulée de son succès à la BNP Paribas

Cup (voir ci-dessus), la Sud-Coréenne Yeon

Woo Ku a remporté la Balle Mimosa Loire-

Atlantique, autre épreuve française comptant

pour le Tennis Europe Junior Tour, sur terre battue.

Le Japonais Shintano Mochizuki s’est imposé

chez les garçons.

20 TENNIS MAGAZINE


Par la rédaction

Cocorico !

GEOFFREY BLANCANEAUX

Impressionnante série pour Geoffrey Blancaneaux. Le Parisien, qui

vient juste de fêter ses 19 ans (il est né le 8 août comme Roger

Federer), a remporté quinze matches d’affilée en juillet, sur terre

battue. Et il s’est ainsi adjugé ses 2 e (à Bourg-en-Bresse face à

Constant Lestienne, photo), 3 e et 4 e (les deux à Istanbul) succès

en Futures (deux 25 000 et un 15 000 $) ! Le vainqueur de Roland-

Garros juniors en 2016, désormais entraîné à la All In Academy par

Nicolas Devilder et Marc Gicquel, tout proche du top 300 (317 e ).

© G. PICOUT

ALEXANDRE MULLER

Invité à Roland-Garros, Alexandre Muller,

20 ans, avait été loin d’être ridicule (défaite en cinq

sets face à Thiago Monteiro). Depuis, le Pisciacais

a continué sur sa lancée avec deux victoires en

Futures (15 000 $) sur terre battue, début juillet en

Pologne puis à Uriage, dans l’Isère. Avec seulement

deux sets concédés en dix matches. Plus très loin

du top 300 (302 e ), il peut viser une place dans les

qualifications de l’Open d’Australie.

CORENTIN DENOLLY

Excellent mois de juillet pour Corentin

Denolly, 20 ans. L’ancien n°3 mondial

juniors (en 2015) a remporté son 2 e

titre en Futures à Lasne (Belgique,

15 000 $) avant d’atteindre la finale

à Uriage (15 000 $) où il s’est incliné

face à Alexandre Muller (avec lequel il

s’est imposé en double dans ces deux

tournois). Le gaucher isérois a ainsi fait sa

première entrée dans le top 400 (398 e ).

DEAFLYMPICS

Avec 3 médailles, les paires de double

françaises ont fait le plein aux Deaflympics

d’été 2017 (l’équivalent des Jeux

paralympiques des sourds) se déroulant à

Samsun en Turquie. Vincent Novelli et Mikael

Alix Laurent ont décroché l’or alors que le

double femmes composé d’Aurélie Coudon

et de Marine Beney a remporté l’argent tout

comme le double mixte emmené par Novelli

et Coudon.

1

© JB AUTISSIER/PANORAMIC

À 22 ans, Calvin Hemery

a remporté le 1 er titre

Challenger de sa carrière

à Tampere en Finlande. Le

Francilien, déjà finaliste à Blois

en juin, a dominé

le Portugais Pedro Sousa (6/3, 6/4)

et n’a pas perdu le moindre set du tournoi. Grâce

à ce succès, le jeune Français occupe le meilleur

classement de sa carrière et n’est plus très loin du top

150 (174 e ).

CORENTIN MOUTET

Comme l’an dernier, Corentin a

atteint la finale des Championnats

d’Europe individuels 18 ans et moins,

fin juillet à Klosters, en Suisse (sur

terre battue). Défait cette fois par le

Hongros Zsombor Piros (6/4, 7/5), le

Parisien, 15 e mondial juniors (et 339 e

à l’ATP), n’a donc pas réussi le triplé

« magique », lui qui avait été sacré

chez les 14 ans en 2013 et chez les

16 ans en 2014. Mais sa constance est

louable, et ses progrès manifestes. Il

est plus que jamais l’un des grands

espoirs du tennis français.

QUENTIN HALYS

Quentin, 20 ans, commence à

prendre de l’assurance sur le

grand circuit. Après être sorti

des qualifications à Atlanta,

avoir passé un tour et tenu

tête à Gilles Muller (défaite 6/4,

6/7(1), 6/3), le protégé d’Olivier

Ramos a récidivé dans un autre

ATP 250, à Los Cabos. Issu des

qualifs au Mexique, il a battu

son premier top 40, Ivo Karlovic

(7/6(5), 7/6(8)). Dommage qu’il

ait dû ensuite abandonner,

blessé aux abdominaux.

TENNIS MAGAZINE 21


JEUNE POUSSE

Par Jean-Marc Chabot

CLÉMENT

TABUR

Quart de finaliste

du tableau juniors

de Roland-Garros,

Clément Tabur rêve

d’une longue et belle

carrière avec l’idée,

dans un coin de sa tête,

de gagner un jour

le tournoi parisien

chez les grands.

1,72 mètre

17

ans

SES DÉBUTS

Comme beaucoup, Clément a

commencé le tennis vers ses 5 ans

alors qu’il habitait en face d’un

court à Angers. « Ma mère s’entraînait

et comme il n’y avait personne pour me

garder, je tapais la balle contre le mur.

L’entraîneur qui était là m’a remarqué et

m’a proposé de prendre des cours. » À l’aise,

aussi, au football, il décide de ranger maillot,

short et crampons à 12 ans pour se

consacrer exclusivement au tennis.

SA FORMATION

Après avoir commencé le tennis à Angers,

Clément intègre le pôle espoir de Nantes

avant de partir deux ans au pôle France

de Poitiers. En 2015, il intègre l’INSEP et

s’entraîne avec Philippe Robin – son coach

actuel. Parallèlement au tennis, le jeune

Français poursuit sa scolarité. Il a passé

son bac de français (filière STMG) en juin

après Roland-Garros : « Ce n’est clairement

pas ma matière préférée » avouait-il.

Né le

24 janvier 2000

à Saint-Lambert-

La-Potherie

SA PERSONNALITÉ

S’il s’attache à être fort mentalement sur le

court, Clément apparaît aussi très serein et

calme en dehors. Il avoue sobrement que

« mon plus grand rêve est de faire une grande

carrière longue et performante avec l’idée de

gagner Roland-Garros dans un coin de ma

tête ». En dehors du tennis, il aime jouer

au foot avec ses amis et regarder des séries.

Il vient d’ailleurs de terminer Prison Break,

sa préférée.

SON PALMARÈS

Demi-finaliste à Doha en 2015 sur dur,

il réitère la performance le mois suivant à

Nottingham lors d’un

tournoi international

junior. En 2016, il

atteint la finale à Casablanca

au Maroc

sur terre battue,

tout comme à

Kiryat Shmona

en Israël sur dur. C’est donc à Roland-

Garros que Clément a réalisé sa plus belle

performance en étant quart de finaliste :

« C’était merveilleux, il y avait toute ma

famille et j’en garde de très bons souvenirs. »

SON JEU

Ce n’est pas habituel, mais quand on lui

demande qui l’inspire, Clément nous cite

David Ferrer et tente de calquer son jeu

sur l’Espagnol : « Je mets beaucoup d’intensité

physique, et mentalement je ne lâche

jamais rien. Je suis un battant, un mort

de faim. » S’il tente de faire mal du fond

du court en coup droit, il concède qu’il

a « une mauvaise volée de revers » et qu’il

travaille ce coup plus que les autres.

©CHRYSLÈNE CAILLAUD

22 TENNIS MAGAZINE


US

OPEN

26

L’enjeu

34

Boys & Girls


US OPEN 2016

24 TENNIS MAGAZINE US OPEN 2017


L’énergie pour conquérir son troisième trophée du Grand Chelem (après l’Open d’Australie 2014

et Roland-Garros 2015), Stan Wawrinka l’a puisée au plus profond de lui. « Quelques minutes avant la finale, des

larmes sont tombées. J’avais envie de vomir. Et là, je me suis dit : ‘‘Tu dois te ressaisir. Prends le positif et va au

combat’’ », dira le Suisse après ce nouveau succès. Un combat de très haute volée (6/7(1), 6/4, 7/5, 6/3) face à un

Novak Djokovic rattrapé par son manque de repère pré-US Open (en raison de sa blessure au poignet). Armé de son

fabuleux revers à une main, de sa puissance de feu, d’un physique monstrueux et d’un mental à toute épreuve

(il avait sauvé une balle de match au 3 e tour face à Daniel Evans), Stan Wawrinka était bien The Man in New York.

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 25


L’ENJEU 2017

Au théâtre de leur

Rafael Nadal et Roger Federer qui se sont partagés

les trois premiers Grands Chelems de la saison, joueront

peut-être la place de n°1 mondial à l’US Open, où ils ne se

sont curieusement jamais affrontés. Un enjeu immense

pour deux champions qui le sont tout autant.

La rivalité entre Roger Federer et

Rafael Nadal a beau être (possiblement)

la plus prestigieuse de

l’histoire du tennis, elle comporte

néanmoins une étrange incongruité

: les deux hommes se

sont affrontés 37 fois, à date

de l’écriture de ces lignes,

mais jamais encore dans le décor

grandiose de l’US Open,

dont le stadium Arthur-Ashe

et ses 23 000 spectateurs à

l’aplomb d’une scène électrique

constituerait pourtant

un théâtre parfaitement à la

hauteur de leur grandeur.

On n’ira pas jusqu’à

écrire que « t’as

raté ta rivalité tennistique si t’as jamais

affronté ton ennemi sur le central newyorkais»,

mais force est de constater que

celui-ci a pourtant souvent été le lieu de

règlements de compte féroces et sauvages

pour la plupart des grands duellistes de

ce sport. On pense notamment à Pete

Sampras et Andre Agassi, qui s’y sont

écharpés à quatre reprises dont deux dernières

mythiques, en 2001 et 2002. John

McEnroe y avait fait le berceau des désillusions

de Björn Borg, battu deux fois

en finale par le régional de l’étape, mais

n’oublions pas que « Big (Apple) Mac »

y avait également affronté neuf fois en

tout ses vieux copains Jimmy Connors et

Ivan Lendl. Lequel y avait aussi croisé à

quatre reprises la route de Mats Wilander,

dont une finale en 1988 qui reste

la plus longue finale messieurs jamais

jouée à l’US Open (4h54), à égalité avec

celle de 2012 entre… Novak Djokovic et

Andy Murray. Ce qui nous fait rappeler

que les membres du Big Four ont aussi


Par Rémi Bourrieres

GRANDEUR

connu aux States quelques duels épiques.

Federer y a ainsi affronté Djokovic à 6

reprises, un record du genre, et Murray

une fois en finale en 2008, date du dernier

de ses cinq titres américains. Rafa,

lui, y a croisé le fer trois fois avec Djokovic

(à chaque fois en finale), et deux fois

avec Murray. Tous les classiques y sont

passés, on vous dit. Sauf Federer-Nadal.

Et aussi, autre temps, Becker-Edberg.

Mais c’était une autre histoire.

Que l’Espagnol et le Suisse se retrouvent

pour la première fois à New York cette

année aurait d’autant plus de sens, et

de poids, que ce serait peut-être, voire

probablement, pour décider lequel des

deux sera n°1 mondial en fin de saison.

Car cet honneur sera réservé à l’un ou

l’autre, c’est quasi-sûr désormais (sauf

blessure ou accident), considérant

l’avance béante qu’ils possédaient à la

Race début août à l’approche des deux

Masters 1 000 nord-américains,

FEDERER OU NADAL : la rédac’ est partagée !

Le suspense qui règne quant à savoir qui de Rafael Nadal ou de Roger Federer

va (ou devrait) finir l’année n°1 a contaminé la rédaction de Tennis Mag’. Nos cinq

journalistes invités à se « mouiller » ont émis des avis partagés, avec un court

avantage à Nadal pour lequel ont voté un peu plus de la moitié de la rédaction.

Leur argument : l’Espagnol a un peu d’avance, pourrait l’accentuer en août et

bénéficier ensuite du fait que Federer ne cherchera pas à lui courir après. Une

petite minorité penche pour Federer. Selon elle, en effet, la fin de saison, sur

dur puis indoor, est tout à l’avantage du Suisse qui devrait, s’il reste en forme,

combler facilement son retard. L’avenir le dira !

©ACTION IMAGES/PANORAMIC

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 27


L’ENJEU 2017

POUR MÉMOIRE

le palmarès des

3 dernières années

2016

Stan Wawrinka b. Novak Djokovic

6/7(1), 6/4, 7/5, 6/3

2015

Novak Djokovic b. Roger Federer

6/4, 5/7, 6/4, 6/4

2014

Marin Cilic b. Kei Nishikori

6/3, 6/3, 6/3

susceptibles de faire bouger les

lignes sans pour autant bouleverser

la donne. Ce titre de « champion du

monde », les deux hommes avaient pour

habitude auparavant de se le disputer,

puisqu’ils s’étaient continuellement partagé

les deux premières places du classement

ATP de fin d’année entre 2005

et 2010. Ensuite est venue l’ère Djoko-

Murray, entre autres difficultés : Federer

n’a plus été n°1 « tout court » depuis novembre

2012, Nadal depuis juillet 2014.

Lors de cette année 2010, soit la

dernière année où ils avaient pareillement

raflé les trois premières levées

majeures de la saison, Rafa avait

poussé le bouchon jusqu’à boucler un

petit Chelem à l’US Open et devancer

ainsi son rival (comme en 2008) pour

cette place de n°1 mondial en fin d’année.

Il l’avait retrouvée (pour la dernière

fois) en 2013, mais Federer était alors

hors course pour ce royal strapontin sur

lequel il n’a, pour sa part, plus posé ses

augustes fesses depuis 2009. C’était alors

la cinquième fois, à une unité du record

de Pete Sampras.

Comme à Wimbledon, Federer partira

d’ailleurs aussi à « la chasse au Pete »

puisqu’un 6 e sacre au Billie-Jean King

National Tennis Center ferait de lui

l’homme le plus titré de l’ère Open, seul

devant Sampras et Connors. C’est un

autre enjeu de taille pour le Maestro qui

se verrait bien aussi, par là-même, boucler

un 20 e titre du Grand Chelem. Une

« double Decima » qui ressemblerait à un

drôle de pied de nez adressé à son ami

majorquin. Et qui ressemblerait aussi à la

cerise sur le gâteau de son incroyable

revival, dans le tournoi du Grand

Chelem où sa dernière victoire est la

plus ancestrale (2008).

Nadal, lui, visera un « simple» troisième

sacre à l’US Open. Mais il

serait synonyme d’un 16 e titre majeur

qui lui permettrait de réduire une

nouvelle fois le score dans cette course

vertigineuse l’opposant, là encore, à

Federer. Et il lui permettrait d’acter de

manière quasi-certaine cette place de n°1

mondial en fin d’année. Car dans cette

course-là, en revanche, c’est Nadal qui

tient la corde : 550 points d’avance à

l’amorce du mois d’août, conséquence

du long break fait par Federer pendant

la période terre battue.

Reste à savoir deux choses : quelle importance

l’un et l’autre donneront à ce leadership

au classement qui n’est plus, pour

28 TENNIS MAGAZINE US OPEN 2017


eux, une fin en soi ? Federer a d’ores et

déjà fait savoir qu’il ne sacrifierait pas cet

objectif sur l’autel de son leitmotiv, celui de

privilégier la fraîcheur à tout prix quitte à

faire des impasses, comme il l’avait évoqué

pour le Masters 1 000 de Montréal. Mais

bon, la vue du pompon se trémoussant

devant ses yeux pourrait pourquoi pas le

titiller. Autre question : s’ils se retrouvent

à l’US Open, à quel stade ? Le must évidemment

serait en finale et si rien ne le

garantit tant que les deux hommes sont

n°2 et 3, les chances sont grandes, on l’a

dit, que les lignes bougent courant août,

puisqu’ils n’ont pas ou très peu de points à

défendre, à l’inverse de Murray, le n°1, qui

a fait une finale à Cincinnati en 2016. Nadal,

qui talonne l’Écossais au classement,

a donc de bonnes chances de débarquer à

New York en pole position. Federer, lui, est

plus dépendant d’Andy, mais si ce dernier

choisissait de prolonger son break, comme

il l’avait (à l’instar de Djokovic) évoqué à

Wimbledon, la question serait réglée. Et

l’on pourrait alors rêver à un « Fedal » de

rêve, sur fonds d’enjeux monstrueux. Avec

dans un coin de la tête cette statistique :

depuis la création du classement ATP en

1973, plus d’une fois sur deux (24 sur 44),

le vainqueur de l’US Open a été sacré n°1

mondial à la fin de la saison. Vous avez dit

grand juge de paix ?


LES AUTRES : DJOKOVIC HORS COURSE

Le rang des principaux prétendants pour

le titre s’est singulièrement éclairci après

l’annonce du forfait pour le restant de la

saison de Novak Djokovic, touché au coude

(voir p. 10). Pour la première fois depuis

2004, le Serbe ne participera donc pas à

un tournoi qu’il a par ailleurs remporté à

deux reprises (2011, 2015) et dont il a été

cinq fois finalistes (2007, 2010, 2012, 2013,

2016).

À l’heure où nous mettions sous presse,

l’incertitude régnait quant à l’état de

forme du n°1 mondial Andy Murray

(vainqueur en 2012) et du tenant du titre

Stan Wawrinka (d’ores et déjà forfait

pour Montréal et Cincinnati), touchés

respectivement à la hanche et au genou.

Forcément, tout cela ne peut que

renforcer les ambitions déjà très élevées

de leurs poursuivants, à commencer par

le finaliste de Wimbledon, Marin Cilic

(vainqueur en 2014). Derrière, Dominic

Thiem, Kei Nishikori, Milos Raonic,

Alexander Zverev, voire Grigor Dimitrov,

David Goffin et Tomas Berdych restent

des outsiders à prendre très au sérieux.

Sans être à ranger parmi les favoris, les

joueurs français peuvent également

causer de belles sensations, notamment

ceux qui ont fait voler en éclats l’an

dernier la « coutume » selon laquelle l’US

Open était auparavant le Grand Chelem

qui réussissait le moins aux Tricolores :

Gaël Monfils, demi-finaliste, ainsi que

Jo-Wilfried Tsonga et Lucas Pouille, tous

deux quarts de finaliste, ce dernier au prix

d’une mémorable victoire sur Nadal. Et

n’oublions pas Richard Gasquet, lui aussi

demi-finaliste en 2013, ainsi que Gilles

Simon, Benoît Paire ou Adrian Mannarino.

©ACITON PLUS/PANORAMIC

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 29


L’ENJEU 2017

Qui croquera la

Après Serena Williams (Open d’Australie), Jelena Ostapenko

(Roland-Garros) et Garbiñe Muguruza (Wimbledon)

cette saison, quelle joueuse inscrira son nom au palmarès

de cet US Open 2017 ? Bien malin est celui qui pourra le

prédire… Mais avec la « carotte » de n°1 mondiale en ligne

de mire, le tournoi s’annonce alléchant à plus d’un titre.

©SVT/PANORAMIC

Les propos de Serena Williams ainsi

que ses photos publiées sur les

réseaux sociaux ne laissent aucune

place au doute. Malgré l’arrivée imminente

de son premier enfant,

l’Américaine continue

de s’entretenir

avec l’espoir de

faire régner de nouveau sa

loi dès le prochain Open d’Australie. Ses

consœurs du circuit WTA savent donc

à quoi s’en tenir. Elles savent aussi qu’en

l’absence de la quintuple lauréate du tournoi,

une porte s’entrouvre pour soulever

le trophée de l’US Open, le 9 septembre.

Une victoire qui pourrait bien être accompagnée

d’une « cherry on the cake » : la

place de n°1 mondiale.

Un trône, occupé depuis la mi-juillet

par Karolina Pliskova, qui pourrait bien

vaciller durant cette tournée américaine.

Très en verve l’an passé à la

même époque et finaliste à New

York – elle avait dominé Serena

en demies avant de s’incliner face à

Angelique Kerber – la grande joueuse

tchèque a pléthore de points à défendre et

se retrouve donc sur un siège éjectable. À

moins qu’elle ne réussisse un été torride,

laissant ainsi Jankovic, Safina et Wozniacki

sur la touche (les trois autres n°1 mondiales

à n’avoir jamais remporté de trophée du

Grand Chelem)… Reste à savoir comment

elle gèrera la pression d’évoluer avec le dossard

de n°1 sur les épaules, une première

pour elle !


Par Jean-Baptiste Baretta

POMME ?

En cas de défaillance, Simona Halep semble

la mieux placée pour lui chiper cette place

qui lui a déjà filé sous le nez à trois reprises

cette saison. Pour trois jeux à Roland-Garros

(elle avait mené 6/4, 3-0 en finale face

à Jelena Ostapenko puis 3-1 au 3 e set).

Puis seulement deux jeux à Eastbourne

(elle était en tête 7/5, 4-2 en quarts contre

Caroline Wozniacki). Et enfin deux petits

points à Wimbledon (à 5-4 au tie-break du

2 e set en quarts contre Johanna Konta).

Trois occasions manquées qui pourraient

trotter dans sa tête. Mais à l’image de son

jeu sur le court, la Roumaine est une battante.

« Être n°1 est l’un de mes objectifs et

j’en ai été très proche ici, a-t-elle déclaré après

sa défaite à Londres. Mais cela ne m’affecte

pas tant que cela parce que je sais que j’ai

encore plusieurs années devant moi. Peutêtre

que j’aurai d’autres chances. » Peut-être

même abordera-t-elle cet US Open tout en

haut de la hiérarchie… Mais il lui faudra

pour cela grappiller le maximum de points

à Toronto puis Cincinnati.

Une place au « top » qu’Angelique Kerber

a, elle, cédé après Wimbledon. Àl’image

d’Andy Murray – qui pourrait aussi

perdre sa couronne incessamment sous

peu –, 2017 est une année de vaches

maigres pour l’Allemande (une seule

finale disputée et perdue à Monterrey).

À l’issue de l’US Open, elle pourrait

même perdre sa place dans le top 10. À

moins qu’elle ne retrouve ce tennis qui lui

avait permis de décrocher ses deux titres

du Grand Chelem en 2016. Sur le

Une place pour neuf

Avant les deux tournois Premier 5 de Toronto et Cincinnati (qui attribuent

900 points à la lauréate) et l’US Open (2 000 points pour la gagnante),

elles sont 9 joueuses à pouvoir prétendre au rang de n°1 mondiale à l’issue

de la dernière levée du Grand Chelem à New York.

2 Points au 31 juillet Points à défendre

cet été (US Open inclus)

1. Karolina Pliskova 6751 2200

2. Simona Halep 5770 780

3. Angelique Kerber 5626 2585

4. Garbiñe Muguruza 4990 420

5. Elina Svitolina 4935 436

6. Caroline Wozniacki 4780 781

7. Johanna Konta 4665 345

8. Svetlana Kuznetsova 4410 260

9. Venus Williams 4052 240

©ACTION IMAGES/PANORAMIC

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 31


L’ENJEU 2017

©SVT/PANORAMIC

gazon londonien, il y a d’ailleurs

eu du mieux chez « Angie »,

seule joueuse à avoir véritablement

menacé la future lauréate Garbiñe

Muguruza.

À Flushing Meadows, Muguruza n’a

jamais brillé (deux victoires en quatre

participations). Mais il ne faut jamais

dire jamais avec l’Espagnole. Elle qui

avait eu un mal fou à digérer son premier

succès majeur à Roland-Garros (en

2016), a retrouvé le goût de la victoire à

Wimbledon. Et elle pourrait bien s’installer

durablement cette fois tout en haut

de la hiérarchie. Peu de joueuses peuvent

rivaliser avec la protégée de Sam

Sumyk (que l’on devrait retrouver

dans son box à New York)

lorsqu’elle est à son meilleur. D’ici la fin

de saison, elle a d’ailleurs un boulevard

devant elle pour devenir pour la première

fois n°1 mondiale. Avec déjà deux

Grands Chelems « in the pocket », cela

ne serait que mérité.

Si Muguruza, au même titre que Pliskova

et Halep, seront les grandes favorites

du dernier Majeur de la saison, d’autres

joueuses auront également envie de croquer

la pomme à pleines dents. Citons,

pêle-mêle, la discrète Elina Svitolina

(déjà 4 titres cette saison), la puissante

Johanna Konta, l’expérimentée Svetlana

Kuznetsova, ou encore Caroline

Wozniacki, double finaliste à New York

(2009 et 2014) et toujours en quête de

ce grand titre qui lui échappe depuis de

nombreuses années. Et n’oublions évidemment

pas Venus Williams, qui, à 37

ans, prend encore un malin plaisir à mater

des « minettes » dont elle a été l’idole.

Déjà double finaliste en Grand Chelem

cette année (à Melbourne et Londres),

l’aînée des Williams sera de retour pour

remporter un 3 e titre à l’US Open,

17 ans après le premier (et 20 ans après

sa première finale) !

32 TENNIS MAGAZINE US OPEN 2017


POUR MÉMOIRE

le palmarès des 3 dernières années

2016

Angelique Kerber bat Karolina Pliskova

6/3, 4/6, 6/4

2015

Flavia Pennetta bat Roberta Vinci 7/6, 6/2

2014

Serena Williams bat

Caroline Wozniacki 6/3, 6/3

En fonction de leurs résultats de l’été,

toutes les joueuses citées précédemment

peuvent prétendre à la place de n°1 mondiale

à l’issue de l’US Open. Mais comme

à Roland-Garros, la surprise pourrait

venir d’ailleurs sur les courts

de Flushing Meadows. Gardons

donc un œil sur la surprenante

Jelena Ostapenko, mais aussi

sur trois joueuses en phase de retour cette

saison et qui comptent à leur palmarès un

total de 9 titres du Grand Chelem : Maria

Sharapova (qui pourrait passer par la case

qualifs si elle n’obtient pas de wild-card),

Petra Kvitova (qui s’est imposée en juin à

Birmingham) et Victoria Azarenka (huitième

de finaliste à Wimbledon). Peut-être

l’une de ces trois joueuses mettra tout le

monde d’accord… Leur point commun est

de ne craindre personne ! À moins que la

surprise ne soit tricolore. Avec deux « Frenchies

» dans le top 20 (Kristina Mladenovic

et Caroline Garcia), l’espoir n’est pas vain.

Car comme dit la chanson d’Alicia Keys :

« In New York, there’s nothing you can’t do,

big lights will inspire you »*.

*« À New York, tout est permis, les grandes lumières

vous inspireront. » Alicia Keys, New York

Empire State of Mind.

©ACTION IMAGES/PANORAMIC

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 33


BOYS BAND…

1

3 GARS, 3 FILLES

qui ne seront probablement pas en finale de l’US Open

les 9 et 10 septembre, mais dont la rédac’ avait envie de

vous parler.

Par Julie Bonnefoi et Jean-Marc Chabot

Le jeune performer

Jared Donaldson

69 e Classements arrêtés au 31 juillet 2017.

Jared Donaldson est l’un des jeunes Américains à suivre. À 20 ans (il est né le

9 octobre 1996), entraîné par Mardy Fish et Jan-Michael Gambill (deux anciens

joueurs US), il enchaîne déjà les perfs. Depuis l’an dernier, il a battu des joueurs

comme David Goffin (à l’US Open où il avait atteint le 3 e tour), Fabio Fognini ou

encore Gilles Muller. À l’aise sur dur, il a aussi le pied vert, à l’image de son 3 e tour

disputé cette saison à Wimbledon. Sportif depuis tout petit (il a commencé le tennis

à 4 ans), Jared s’inspire de Mohamed Ali et Bill Russell (basketteur), ses idoles

d’enfance. Et s’il n’avait pas été joueur de tennis, celui que l’on surnomme « JD »

aurait adoré faire carrière dans le poker. Saura-t-il nous bluffer ?

©IZM / PANORAMIC

© ACTION IMAGES / PANORAMIC

2

L’atout taille

Dudi Sela

74 e

Depuis qu’il est passé pro en 2002, Dudi Sela, 32 ans, collectionne les titres

Challenger (22 en tout !), mais n’a pas encore remporté de trophée sur le circuit

ATP (malgré deux finales à Pékin en 2008 et Atlanta en 2014). Mais attention, ce

n’est pas pour autant qu’il ne faut pas se méfier de ce joueur israélien au revers

à une main. Son huitième à Wimbledon en 2009 ou son 3 e tour (toujours à

Londres) cette saison en sont la preuve. Sur le gazon du All England Club,

ce papa s’est même payé le luxe de dominer John Isner, en juillet, lors d’un

match marathon. Du haut de son 1,75 m, petit mais costaud le Dudi ! À Flushing

Meadows, où il n’a jamais dépassé le 2 e tour, l’ancien 29 e joueur mondial

(en 2009) aura à cœur de créer encore la surprise !

3

L’éternel battant 98 e

Ruben Bemelmans

À 29 ans, Ruben Bemelmans gravite autour du top 100 depuis plusieurs années –

il a atteint le 84 e rang mondial en 2015. Mais il manquait encore au Belge un tournoi

référence. C’est chose faite depuis le dernier Wimbledon où, après être sorti des

qualifications, il a poursuivi l’aventure jusqu’au 3 e tour en éliminant Tommy Haas et

Daniil Medvedev. Avant cela, « Bemel » jouait surtout les baroudeurs sur le circuit

secondaire aux quatre coins du monde. Avec succès comme en témoignent ses

5 titres en Challenger et 12 succès en Futures. Lui qui a baigné très jeune dans

un environnement sportif propice (son père était un volleyeur reconnu et sa mère

jouait au badminton), a donc aujourd’hui pour objectif d’aller encore plus haut.

Et de, pourquoi pas, faire mieux que son 3 e tour disputé à New York en 2015…

© A. BOYERS / PANORAMIC

34 TENNIS MAGAZINE US OPEN 2017


…GIRLS POWER

© IMAGES/SHUTTERSTOCK/SIPA

1

La jumelle de la n°1

Kristyna Pliskova

Souvent confondues, les jumelles Pliskova ont enfin trouvé la parade : Krystina s’est teint

les cheveux en blond pour se distinguer de sa sœur Karolina, devenue n°1 mondiale en

juillet. Identiques physiquement – « J’ai encore des doutes quand je les croise. C’est assez

bizarre parce qu’elles rigolent de la même façon, elles ont la même voix… », nous racontait

Caroline Garcia récemment –, elles possèdent également un jeu similaire basé sur un

service puissant. Sauf que l’une est droitière (Karolina) et l’autre gauchère (Kristyna). Et si

elle est l’aînée (de 2 minutes), Kristyna, 25 ans, ne possède pas encore le palmarès de sa

« petite » sœur. Celle qui a dû déclarer forfait lors du tournoi de Nanchang (Chine) après

s’être coincé le doigt dans un ventilateur, vient de faire son entrée dans le top 40, mais

n’a encore jamais mis les pieds en deuxième semaine d’un Grand Chelem. Voir sa jumelle

accéder au plus haut rang de la hiérarchie mondiale va sans doute lui donner des idées…

37 e

2

L’insulaire

Heather Watson

Originaire de l’île anglo-normande de Guernesey et née d’un père mancunien et

d’une mère papouasienne (Nouvelle-Guinée), Heather Watson, 25 ans, a grandi

au large des côtes de la Manche. Son potentiel lui permet de s’envoler dès ses

12 ans pour la prestigieuse académie Bollettieri, en Floride. 38 e mondiale en

2015, présente à trois reprises au 3 e tour de Wimbledon en 2012, 2015 – année

où elle était passée à deux points de l’exploit face à Serena Williams – et 2017,

elle a remporté trois titres, dont le premier à Osaka en 2012, devenant ainsi la

première Britannique titrée sur le circuit WTA depuis 24 ans. Elle qui a révélé

avoir reçu des menaces de morts de parieurs – « Ils ont menacé de me tuer,

m’ont souhaité le cancer et de mourir d’une mort lente et douloureuse » – aura

à cœur de faire taire ses « haters » à l’US Open où elle n’a encore jamais gagné

le moindre match (en 6 participations). Ne jamais dire jamais…

© ACTION IMAGES / PANORAMIC

76 e 80 e

© DITA ALANGKARA/AP/SIPA

3

La retardataire émérite

Jennifer Brady

Elle n’a pas la palme de la précocité, mais de la patience, puisque Jennifer

Brady n’est passée pro qu’à 20 ans, en 2015 (elle est née en avril 1995), après

avoir passé deux ans dans l’université californienne d’UCLA. Et le moins que

l’on puisse dire, c’est qu’elle a bien fait de prendre son temps. Elle qui n’avait

remporté que deux matches sur le grand circuit avant cette saison, a tout

simplement atteint les huitièmes à l’Open d’Australie. Pour son premier Grand

Chelem ! Du haut de son 1,78 m, la jeune et puissante Américaine épate. À

Melbourne, elle a notamment battu Heather Watson (tiens, une autre « girl » !)

en sauvant cinq balles de match. Et à Roland-Garros, elle n’a cédé que 9-7 au

3 e set de son 1 er tour face à Kristina Mladenovic. Prometteur pour une joueuse

habituée jusqu’alors à s’exprimer sur les tournois ITF (4 titres). Il faudra donc

suivre son parcours à New York, pour son premier US Open…

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 35


IL ÉTAIT UNE FOIS…

DIMANCHE 8 SEPTEMBRE 2002

FINALE DE L’US OPEN

A

u loin, les tours de Manhattan rougissent

sous le feu du ciel. C’est la

fin d’une journée d’été parfaite. Au

cœur du Stadium Arthur Ashe, à la lumière

des projecteurs, c’est une belle histoire qui

est en train de s’achever. Nul ne le sait encore,

mais Pete Sampras vient de disputer le

dernier match de sa carrière face à son meilleur

ennemi Andre Agassi. Il est 19h39 et les

éternels rivaux viennent d’offrir un merveilleux

récital, leur 34 e duel, qui s’est soldé par

une victoire de Sampras en quatre sets 6/3,

6/4, 5/7, 6/4.

C’est au filet, d’une ultime volée de revers,

que Sampras, âgé de 31 ans, a mis un point

final à son quatorzième succès en Grand

Chelem. Record absolu. Un retour au sommet

qui n’allait pas de soi après deux ans de

disette et son dernier titre à Wimbledon en

l’an 2000. Et pourtant, il la tient bien entre

les mains, cette coupe qu’il avait conquise

face au même adversaire douze ans plus tôt.

Mais cette fois au bord des larmes, il monte

dans les tribunes pour aller embrasser sa

femme Bridgette, qui donnera naissance à

leur premier fils deux mois plus tard.

Qui aurait pu imaginer pareil dénouement

alors que Sampras avait abordé le tournoi à

la 17 e place mondiale et s’était incliné sans

gloire à Wimbledon dès le 2 e tour face au

« lucky loser » suisse George Bastl. Agassi-

Sampras, c’est donc l’affiche de cette finale

2002, la plus « vieille » de l’histoire entre

deux complices ayant dépassé la trentaine.

Mais c’est bien Sampras qui une nouvelle

fois aura le dernier mot, atteignant souvent

la perfection et notamment dans les deux

premiers sets. « J’ai joué le mieux que je pouvais

contre un champion de ce niveau et Andre

est le meilleur joueur que j’aie jamais rencontré

», expliquera-t-il après le match.

PETE SAMPRAS

bat ANDRE AGASSI

6/3, 6/4, 5/7, 6/4

Quelle qualité de jeu en effet dans les deux

premiers sets. Notamment au service. Sampras

a gagné le tirage au sort effectué sous

la supervision du champion australien Rod

Laver et dès le premier jeu, il claque deux

aces. On comprend très vite sa tactique :

prendre des risques au service et refuser

l’échange. Agassi n’a pas le temps de mettre

son jeu en place. Trois aces le clouent sur

place au septième jeu et juste après, c’est le

break. Agassi semble un peu emprunté. Il

subit les montées adverses. Sampras souffre,

mais conclut tout de même la première

manche au 9 e jeu avec 4 aces alors qu’il n’a

passé que 3 premières balles sur 10. Agassi

est sonné. Il a laissé passer 12 aces dans cette

première manche. Sampras est lancé et il

réussit le break d’entrée dans la deuxième,

maintenant ensuite son impressionnant rendement

au service : 76 % des points derrière

ses premières balles et 86 % des points derrière

ses deuxièmes. 6/3, 6/4, l’issue semble

prévisible. La troisième manche est toutefois

plus équilibrée. Sampras semble un peu

moins fringant : 3-3, 4-4, 5-5. À 6-5 pour

son adversaire, Sampras rêve de tie-break,

36 TENNIS MAGAZINE US OPEN 2017


Par la rédaction

« J’ai joué le mieux

que je pouvais contre

un champion de

ce niveau. Andre

est le meilleur joueur

que j’aie jamais

rencontré »

Pete Sampras

mais le jeu qui suit est interminable : 16

points au total dont 3 doubles fautes. Agassi

réussit enfin le break sur une volée dans le

filet. Le stade explose. Sampras ne mène

plus que deux sets à un alors que la partie

a débuté depuis deux heures. Le début de la

quatrième manche confirme le léger ascendant

pris par Agassi. Il a trois balles de 3-1

dans un quatrième jeu de 20 points. Mais là,

une demi-volée de revers miraculeuse et une

amortie impeccable rétablissent la situation.

Sampras sauve encore une balle de break

à 4-3 et, au jeu suivant, déchaîné en coup

droit, il réussit le break fatal. Il sert pour le

match et un ace sur deuxième balle (son 33 e

ace du jour) lui donne trois balles de tournoi.

Agassi sauve la première, mais ne peut

rien sur la deuxième. Une volée de revers gagnante

met un point final à ce chef d’œuvre.

Pete Sampras s’adjuge son cinquième US

Open et pour la troisième fois, il domine

Andre Agassi en finale. Va-t-il arrêter sur ce

chef d’œuvre ou bien continuer ? « Dans les

mois qui viennent, je vais penser à tout cela,

déclare-t-il aussitôt. Battre Andre en finale,

ce pourrait être une belle conclusion. » C’est

finalement ce qu’il annoncera douze mois

plus tard sur le lieu même de son exploit.

Une carrière qui se termine en apothéose. Le

point final ne pouvait pas être plus beau.

©PROSPORT/PANORAMIC

C’était il y a 15 ans

La razzia Williams

Serena et Venus Williams terminent respectivement au 1 er et 2 e

rang mondial après une fabuleuse saison qui voit Serena s’imposer

face à sa grande sœur en finales de Roland-Garros, Wimbledon et

de l’US Open. Serena remporte un total de 8 titres, Venus n’est pas

en reste avec 7 succès. Seule Jennifer Capriati sauve les meubles

en s’adjugeant l’Open d’Australie face à Martina Hingis.

Mais aussi

• En ski, Carole Montillet est sacrée championne olympique

de descente aux JO d’hiver de Salt Lake City.

• La monnaie Euro devient officielle et en mai

Jacques Chirac

est élu président de la République.

• Ouverture de Disneyland à

Marne-la-Vallée.

• Retraite du couturier Yves St Laurent.

• Palme d’or à Cannes pour Le Pianiste

de Roman Polanski, sortie du film

Asterix et Obélix mission Cléopatre et

attribution du Prix Goncourt à Pascal

Quignard pour Les Ombres Errantes.

• Le Brésil remporte sa 5 e Coupe du

monde de football face à l’Allemagne.

n°1

mondiaux

en fin de saison

Serena Williams

et Lleyton Hewitt

US OPEN 2017 TENNIS MAGAZINE 37


QUIZ

Par la rédaction

Records, matches de légende (ou pas), situations cocasses...

Êtes-vous imbattable sur l’US Open ? À vous de jouer !

1

Qui est le dernier Français

finaliste à Flushing

Meadows ?

A- Cédric Pioline

B- Gaël Monfils

C- Henri Leconte

2

Quel est le nom du court

central de l’US Open ?

A- Arthur Ashe

B- Louis Armstrong

C- Central Arena

3

Quel est le prize-money total

de l’édition 2017 ?

A- 43,4 millions $

B- 45,7 millions $

C- 50,4 millions $

4

Combien de fois Roger

Federer a-t-il atteint

la finale ?

A- 5 fois

B- 6 fois

C- 7 fois

5

Au total, combien de titres

les sœurs Williams comptentelles

en simple ?

A- 8

B- 9

C- 10

6

Combien de joueurs, hors

Big 4, ont remporté le simple

messieurs depuis 2004 ?

A- 1

B- 2

C- 3

7

Quel est le nom du premier

joueur à avoir remporté

le tournoi en 1881 ?

A- Richard Sears

B- William Glynn

C- René Lacoste

8

Quel est le fournisseur officiel

de balles depuis 1978 ?

A- Head

B- Wilson

C- Dunlop

9

Quel joueur a remporté

le tournoi junior en 2016 ?

A- Felix Auger-Aliassime

B- Denis Shapovalov

C- Geoffrey Blancaneaux

10

Quels joueurs ont inauguré

le toit du Court central l’an

dernier lors de leur match

du 2 e tour ?

A- Djokovic et Vesely

B- Nadal et Seppi

C- Murray et Granollers

11

Qui sont les deux seuls

Tricolores à figurer au

palmarès de l’US Open

en simple ?

A- René Lacoste et Henri

Cochet

B- René Lacoste et Jean

Borotra

C- René Lacoste et Jacques

Brugnon

12

Depuis quelle année

le tournoi est-il organisé sur

dur à Flushing Meadows ?

A- 1968

B- 1978

C- 1988

13

Quel nom porte le lieu dans

lequel se déroule le tournoi ?

A- John McEnroe National

Tennis Center

B- Chris Evert National Tennis

Center

C- Billie Jean King National

Tennis Center

14

Quel est le plus jeune

vainqueur du tournoi

(ère Open) ?

A- Pete Sampras

B- Marat Safin

C- Lleyton Hewitt

Réponses

1- A (en 1993) ; 2- A ; 3- C ; 4- C (vainqueur en 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, finaliste en 2009 et 2015) ; 5- A (Serena 6, Venus 2) ; 6- C

(Del Potro, Cilic, Wawrinka) ; 7- A (titré à sept reprises) ; 8- B ; 9- A ; 10- B ; 11- A ; 12- B ; 13- C ; 14- A (19 ans et 28 jours en 1990).

40 TENNIS MAGAZINE US OPEN 2017


TENNIS

INSIDE

42

Caroline

Wozniacki

48

Sexe et tennis

54

Marat Safin

70

Jouer

en couple


FACE-À-FACE

©2016 EMMANUELLE HAUGUEL/GETTY IMAGES

42 TENNIS MAGAZINE


Effeuillage

CAROLINE

WOZNIACKI

EN 2010, ELLE DEVENAIT N°1 MONDIALE. SEPT ANS PLUS TARD,

Caroline Wozniacki est toujours en quête de son premier titre du Grand

Chelem. De retour cette année dans le top 10 après un bon début de saison,

la Danoise, 27 ans, ne se contente pas de briller sur les terrains de tennis. En

dehors des courts, elle ne se lasse pas d’afficher sa plastique. Après avoir

posé à trois reprises en maillot pour le Swimsuit Issue du magazine américain

Sports Illustrated, on a pu la découvrir dans le plus simple appareil en

couverture de ESPN Magazine il y a quelques semaines. Pour Tennis Magazine,

Caroline Wozniacki est restée totalement vêtue, tout en levant le voile…

Propos recueillis par Jean-Baptiste Baretta et Stephanie Tortorici

TENNIS MAGAZINE 43


FACE-À-FACE

©ACTION IMAGES / PANORAMIC

Tennis Magazine : Quels sont les

souvenirs de votre accession au rang

de n°1 mondiale ?

Caroline Wozniacki : C’était à Pékin, en

2010. Je devais battre Petra Kvitova pour

accéder à ce rang, et je l’ai fait ! C’était

totalement irréel pour moi, un rêve

que j’avais depuis que j’étais petite fille.

L’avoir réalisé reste quelque chose de très

spécial. À cette occasion, j’ai reçu un petit

trophée que j’ai toujours. Dans la maison

de mes parents, il y a un mur et un album

avec les photos de cette journée. Quand

je les regarde, cela me rappelle de bons

souvenirs.

Pensez-vous être aujourd’hui une tout

autre joueuse ?

J’ai toujours détesté perdre et j’adore

gagner, c’est une source de motivation

en soi, c’est pourquoi je suis là. Mais

parallèlement, en fait, on s’améliore

tout le temps. Lorsque l’on devient n°1,

on regarde davantage ce que vous faites,

tous vos matches sont scrutés par vos

adversaires. On devient aussi une cible

pour les autres joueuses qui essaient par

tous les moyens de vous battre. Pour

éviter ça, il n’y a pas d’autre choix que de

s’améliorer pour devenir encore meilleure.

J’ai grandi en me battant pour tout ce

que j’ai aujourd’hui, rien n’est arrivé

par miracle. À présent, je suis bien plus

expérimentée. Je suis persuadée que je

me suis également endurcie mentalement

grâce à différentes situations stressantes

que j’ai eu à gérer sur le court, mais aussi

avec la maturité. Cela m’aide parfois à

prendre de meilleures décisions, à jouer la

bonne balle au moment adéquat. J’ai aussi

appris de mes erreurs, pris le temps de

réfléchir à certains points qui auraient pu

changer le cours d’un match, en me disant

que je ne referai plus ces fautes à l’avenir…

Redevenir n°1, est-ce important pour

vous ? Ou bien votre objectif est plutôt

de gagner un titre du Grand Chelem ?

Tout le monde aimerait un jour devenir

n°1 et je suis fière d’y être parvenue.

Bien sûr que cela reste un objectif de le

redevenir. Mais dans le même temps, ce

que je veux vraiment, c’est gagner un titre

du Grand Chelem. C’est un autre de mes

rêves.

Avoir été n°1 mondiale sans avoir

remporté de trophée du Grand

Chelem, cela vous met-il une pression

supplémentaire ?

Que vous le vouliez ou non, il y a

beaucoup de pression de la part des

médias. La question est de savoir la

gérer. Je n’ai jamais senti que j’avais

quelque chose à prouver et j’ai très vite

pris conscience que je ne pourrais pas

satisfaire tout le monde. Je ne lis jamais

44 TENNIS MAGAZINE


« Nous sommes des joueuses

de tennis, pas des top models.

Nous avons des muscles et nous

les utilisons à bon escient pour

être performantes dans notre sport. »

ce qui se dit sur moi ou les articles sur le

tennis. Ce qui est important, c’est ce que

pensent ma famille et mes amis. Peut-être

que les médias ont, eux, ce sentiment que

je dois prouver quelque chose alors que je

ne vis que mon rêve.

Remporter un Grand Chelem, cela

demande une condition physique

parfaite. Comment vous sentez-vous

après toutes ces années passées sur les

courts ?

L’année dernière, j’ai lutté avec mon

physique, mais aujourd’hui, je me sens

beaucoup mieux. Je croise les doigts pour

rester en bonne santé. Quand je suis en

forme, je sais que je suis l’une des joueuses

du circuit les plus fortes physiquement.

Si mon physique est au rendez-vous, cela

me permet de travailler dur en dehors

du court et il n’y a pas de raison que les

résultats ne viennent pas sur le terrain.

Soulever les trophées et combattre sur un

court, c’est ce qui me pousse chaque jour

à m’entraîner plus fort. J’aime la sensation

que me procure la victoire.

Être une femme qui prend soin d’elle,

est-ce difficile lorsque l’on est joueuse

de tennis ?

Chaque femme a envie de se sentir belle

sur et en dehors du court. Sur le terrain,

j’aime porter mes cheveux relevés, je me

fais une tresse pour ne pas que cela me

gêne et je trouve cela joli. Tout le monde

dit qu’il ne faut pas se laver les cheveux

tous les jours, mais je ne peux pas m’en

empêcher tellement je transpire sur

le court. J’aime aussi que mes ongles

soient toujours parfaits parce que c’est

la première chose que l’on voit lorsque

vous saluez quelqu’un. Je ne me maquille

que très rarement, toujours à cause de la

transpiration et des nombreuses douches

que je prends quotidiennement. Je prends

également soin de ma peau en utilisant

de la crème solaire et en mettant toujours

une visière pour me protéger du soleil.

Êtes-vous vraiment très impliquée

dans la conception de vos tenues

adidas avec Stella McCartney ?

Oui, depuis un moment maintenant.

C’est important de se sentir bien dans ses

vêtements. C’est pour cela que je prête

attention à ce que je porte sur les terrains,

j’en discute souvent avec les designers de

Stella McCartney. C’est une collaboration

assez unique dans le monde du tennis et

c’est très spécial pour moi. Nous nous

parlons régulièrement, je leur fais mes

retours, leur donne mes sensations,

parle de mes désirs. Je prends beaucoup

de plaisir à collaborer avec Stella. Nous

sommes à une époque où l’égalité entre

les femmes et les hommes est réellement

quelque chose de très important. On

pousse les femmes à s’endurcir, à devenir

plus fortes au lieu de rester nous-mêmes.

Pour moi, c’est très important si je peux

être un modèle pour certaines jeunes

filles.

Êtes-vous fan de mode ? Allez-vous à

certains défilés ?

Oui et j’essaie d’aller chaque saison à

la Fashion Week de New York. J’aime

assister à ces défilés et je suis fan de la

ligne de vêtements que Serena a lancée

il y a quelques années. Sa collection est

incroyable.

En parlant de Serena, pensez-vous que

l’amitié soit possible entre joueuses de

tennis ?

Oui, Serena et moi sommes adversaires

sur le court mais amies en dehors.

Et ce n’est pas la seule de mes amies

joueuses, il y aussi Angelique Kerber,

Agnieszka Radwanska ou encore Daniela

Hantuchova (récemment retraitée, ndlr).

Nous aimons nous voir en dehors des

tournois et passer un peu de temps

ensemble. Ne vous méprenez pas, lorsque

nous nous retrouvons face à face sur un

court de tennis, il n’y a que la victoire

qui compte. Mais sans aucun mauvais

sentiment. C’est notre travail, notre

passion.

On a envie de connaître vos sujets de

prédilection lorsque vous vous

TENNIS MAGAZINE 45


FACE-À-FACE

rencontrez entre filles…

On parle de tout sauf de tennis ! Nous

avons les mêmes discussions que toutes

les autres femmes de notre âge. Nous

parlons des hommes, de la mode, de

shopping, de nutrition…

Pour vous, quel est le joueur le plus

sexy du circuit ATP ?

Oulala, je ne sais pas… (elle botte un peu

en touche) Je ne sais pas si c’est le joueur

le plus sexy, mais j’apprécie beaucoup

la classe et l’aura de Roger Federer. Il

est toujours très bien habillé, toujours

gentleman et attentionné envers sa

famille. C’est vraiment une personne

agréable et cela le rend attirant.

Et chez les femmes, quelle joueuse est

selon vous la plus sexy ?

Je pense qu’Ana Ivanovic était l’une des

plus jolies joueuses du circuit.

Quelle femme représente pour vous

la classe à l’état pur, dont l’élégance

est une source d’inspiration ? Dans

le sport mais aussi dans le monde en

général ?

J’adore l’actrice Blake Lively. J’aime son

style et je la trouve très élégante. J’aime

également le style de Serena Williams,

ce n’est pas parce qu’elle est l’une de mes

amies proches, mais parce qu’elle apporte

toujours sa petite touche à ses tenues.

Elle peut parfois porter des vêtements

classiques et le jour d’après oser des

tenues un peu plus risquées et c’est ce que

j’aime chez elle.

Vous avez posé en maillot de bain

pour Sports Illustrated, qu’est-ce qui

vous plait dans cet « exercice » ?

La première fois, je ne vous cache pas

que j’étais très nerveuse, je ne savais pas

à quoi m’attendre. Mais toute l’équipe

m’a vraiment permis d’être à l’aise, ils

ont tout fait pour que je me sente belle.

Et à chaque fois que l’on me propose de

poser, je ressens la même excitation. C’est

tellement fun, vous êtes sur la plage, ils

mettent de la musique et il n’y a plus qu’à

s’amuser et à prendre du plaisir avec des

photographes au top et toute une équipe

qui vous chouchoute du début à la fin.

Et j’aime les photos, elles sont superbes,

j’ai gardé tous les magazines. Quand

je serai plus âgée et que mes enfants se

moqueront de moi parce que je ne serai

pas dans la meilleure forme de ma vie, je

pourrai leur montrer ces photos et leur

dire : ‘‘Vous voyez, votre maman ressemblait

à ça, elle était cool avant !’’ (rires).

Avez-vous envie de véhiculer un

message au travers de ces photos ?

Nous sommes des joueuses de tennis, pas

des top models : nous avons des muscles

et nous les utilisons à bon escient pour

être performantes dans notre sport. Bien

sûr que nous avons de larges épaules, des

cuisses musclées… mais nous restons

belles et féminines. Nous devons être fières

de cela. Chaque femme est différente. Ce

que je veux faire passer comme message,

c’est qu’il faut être fière de ce que la nature

nous a offert, peu importe que vous soyez

grande, petite, mince ou avec des formes.

Vous aimez d’ailleurs partager ces

photos sur vos réseaux sociaux…

Je trouve ça bien de partager des moments

avec ses fans. Quand j’étais jeune, j’aurais

aimé suivre ce que faisaient mes idoles.

Les réseaux sociaux, c’est aussi important

pour les sponsors… Avec les années, j’ai

appris à bien compartimenter ce que j’ai

envie de partager avec mes fans et ce que

je garde pour moi, ce qui fait partie de

ma vie privée.

Vous qui êtes sans cesse en voyage,

est-ce d’ailleurs facile de concilier vie

privée et vie professionnelle ?

Non, je ne dirais pas que c’est quelque

chose de facile. Mais en même temps,

cela en vaut la peine, surtout lorsque

vous rencontrez quelqu’un qui

comprend et adhère à votre mode de vie,

quelqu’un qui a également ses propres

passions. Cela rend encore plus fort. Si

une relation s’installe dans le temps et

que l’on peut continuer à faire ce que

l’on aime, cela facilite les choses. Mon

petit ami est un joueur de basket (David

Lee des San Antonio Spurs, ndlr) et il

comprend ce que je vis, les hauts et les

bas d’une carrière. Avoir son soutien,

cela signifie beaucoup pour moi.

46 TENNIS MAGAZINE


©2015 JON KOPALOFF/GETTY IMAGES

TENNIS MAGAZINE 47


PSYCHO

©WILLIAMS + HIRAKAWA / AUGUST

Venus Williams pour le

numéro « Body » 2014

du magazine ESPN.

48 TENNIS MAGAZINE


JEU, SEXE, MATCH

Victoire…

Freud ?

« Le tennis est un sport où l’érotisme ne cesse de s’immiscer avec une

puissance latente toute particulière », note l’écrivain et ancien tennisman

Denis Grozdanovitch. Jo-Wilfried Tsonga, lui, déclarait en 2011 au magazine

Cosmopolitan : « Je ne pourrai jamais choisir entre le sexe et le tennis.

Je dirais qu’il faut garder les deux tant que vous vous amusez. » Le tennis,

bête de sexe et accélérateur à libido ? Ou au contraire école de maîtrise des pulsions ?

Parlons-en ici sur le divan pour tenter de trancher le débat…

Par David Brunat

J

’ai fait un rêve éveillé dans lequel je voyais un petit garçon

debout dans un couloir de double, tandis que deux spectres

vêtus de blanc caracolaient non loin de lui. Je venais à

peine de me reconnaître dans cet enfant observant ses parents

en train de jouer au tennis qu’une terreur m’envahit, m’empêchant

de franchir la ligne de côté. Lorsque je me réveillai en sursaut

de cette expérience bouleversante, je sus immédiatement que j’avais

fait une découverte prodigieuse.»

Ces mots singuliers écrits en 1897 sont signés d’un certain Sigmund

Freud, qui théorise alors ce qu’il nomme « le fantasme originaire

du tennis ». Le père de la psychanalyse fait une découverte

renversante : au fondement du désir, il y a… le tennis ! « La sexualité,

déclare le docteur viennois, est une sublimation du tennis. » Et

d’expliquer que ces raquettes aux longs manches ne sont pas des

instruments ludiques innocents, que le jeu au filet procède d’un

« refoulement des conflits incestueux », que le complexe d’Œdipe

n’est pas étranger à la multiplication des doubles fautes, ou encore

que le « lob défensif vient compenser la petitesse du pénis et en est

même peut-être la cause ! »

Ces travaux révolutionnaires, d’une trop choquante modernité

pour être publiés de son vivant, sont longtemps restés inconnus

malgré leur haute valeur scientifique. Jusqu’à ce qu’un psychanalyste

américain, Theodor Saretsky, fasse en 1980 l’acquisition

d’une malle ayant appartenu à Freud et mette la main sur les

précieux manuscrits, qu’il révéla enfin au grand public dans un

livre, traduit en français sous le titre Le tennis et la sexualité : les

écrits secrets de Freud… Ouvrage qui déclencha l’hilarité, car il

ne s’agissait que d’un canular, d’une parodie jouissivement

TENNIS MAGAZINE 49


PSYCHO

« Le désir est absent

pendant une partie si elle est

sérieusement jouée. Avant une

rencontre, oui. Et après bien sûr,

surtout en cas de victoire. »

D r. Rémi Debrun

burlesque du système de pensée freudien,

lequel ne s’est jamais penché sur le

cas de la petite balle jaune et de ses adeptes.

LIBIDO À GOGO

Il n’empêche, Freud aurait eu de la matière

à se mettre sous la dent s’il avait étudié le

tennis au prisme de sa théorie. Pas forcément,

d’ailleurs, du temps de sa jeunesse,

car s’il est bien un sport qui tenait alors le

corps en lisière et à distance de toute liberté

d’expression érotique, c’était bien celui-là.

Ouvrez donc un vieil album de photos avec

des joueuses de la fin du XIX e siècle : quoi

de commun entre ces dames au port altier,

évoluant en robe longue, chemise ample

couvrant avant-bras et poignets et chapeau

élégant, et les bimbos sexy qui, à l’instar

de l’iconique Anna Kournikova, firent un

siècle plus tard une irruption torride sur le

circuit et dans le cœur de nombreux fans ?

Nul doute qu’au spectacle de ces joueuses

exhibant leurs formes avantageuses et

poussant sur chaque frappe des cris et

des râles dignes des films qu’on ne saurait

regarder qu’à l’heure où les enfants sont

couchés, l’auteur de Totem et Tabou eût

ajouté quelques lignes à sa doctrine du

désir et validé le fait que « tout est sexuel. »

Et qu’aurait-il dit de ces mâles conquérants

à la musculature surdéveloppée, de

ces hommes-sandwichs de la testostérone

qui, tels Rafael Nadal ou Fernando Verdasco,

n’hésitent pas à l’occasion à afficher

leur virilité pour des marques de sous-vêtements

?

Cette chorégraphie suggestive, ce ballet de

chairs ou de biceps, ce concert de rugissements

quasi orgasmiques dont le sexsymbol

Maria Sharapova demeure l’une

des interprètes les plus accomplies, tout

cela eût été proprement inimaginable du

vivant de Freud. Même si, à l’instigation

par exemple de Suzanne Lenglen dans les

années 20, les coutures du tennis « crinoline,

corset et pantalon de flanelle » commençaient

à craquer. Et que, déjà, la puissance

du désir affleurait pour certains sous

les tenues strictes, les codes pudibonds et

les airs-de-ne-pas-y-toucher. Désir homosexuel

pour le champion allemand Gottfried

von Cramm, désir frénétique chez

ce grand séducteur qu’était Fred Perry, ou

encore désir glauque du côté de Bill Tilden

qui goûta de la prison pour sa passion malsaine

des jeunes gens.

LES MOTS ET LA CHOSE

Car le tennis a une double particularité

par rapport à bien d’autres sports : 1, il

est pratiqué depuis toujours par les deux

sexes (séparément ou en double mixte)

et l’élément féminin y a toujours eu une

place particulière. Et 2, les contacts physiques

entre les adversaires y sont rigoureusement

prohibés. Tout juste se serre-t-on la

main à la fin de la partie. Ce qui pourrait

en faire un sport cérébral, désincarné. Sauf

que le vocabulaire du tennis est surchargé

de termes auxquels il est facile de conférer

une connotation sexuelle (voir p. 108),

et que l’érotisation du tennis ne se limite

pas au spectacle de nymphettes gambadant

sur les courts en tenue légère. Elle

est partout : dans la gestuelle et le langage

corporel, dans les cris, dans la façon dont

50 TENNIS MAGAZINE


©ANTONIO PETRONZIO

Thomas Berdych, juillet 2015,

pour le magazine Cosmo UK, au

profit de Cancer Research UK.

les médias magnifient le potentiel érotique

de certaines stars de l’ATP et de la WTA,

et parfois dans la communion fusionnelle

et vaguement orgiaque du public avec les

dieux et déesses du stade.

La sémantique et les objets du tennis déploient

à leur façon un troublant imaginaire

érotique. Passons sur tout ce qu’on

pourrait dire des balles, qu’on caresse,

qu’on frappe, qu’on gifle, et qu’on fait

même gicler de son tamis. Passons aussi

sur la raquette avec son long manche, dont

tout apprenti psy s’empressera de faire

un objet phallique (les plus créatifs allant

peut-être jusqu’à considérer le cordage et le

grip comme un avatar du bondage). L’entraînement

contre le mur ? Une pratique

masturbatoire, forcément ! « Le travail à

la force du poignet équivaut pour le joueur à

une manipulation de lui-même, de son corps

dont il tire une jouissance », estime Franck

Evrard dans son livre L’érotique du tennis

(éditions Hermann). Admettons.

Plus intéressants sont les mots. Nul doute

que les disciples de Jacques Lacan peuvent

faire leur régal du lexique de la planète

jaune. Ainsi, le tennis est phonétiquement

proche du pénis, le lob se change facilement

en attribut sexuel si l’on change le “l”

pour la dernière lettre de l’alphabet, un jeu

de jambes aérien peut évoquer une partie

de jambes en l’air, etc. Les plus lyriques de

ces Lacaniens n’hésiteront pas à célébrer

la sensualité couleur de peau cuivrée de

la terre battue qui doit être arrosée,

TENNIS MAGAZINE 51


PSYCHO

©CLIVE BRUNSKILL/GETTY IMAGES

Janko Tipsarevic,

en mai 2012.

52 TENNIS MAGAZINE


à chanter le gazon, béni ou maudit

(... soit qui mal y pense), ou encore à comparer

l’art du passing-shot à la pénétration.

Ils décriront le filet comme un entrelacs de

mailles et de trous. Feront de l’ace un acte

éjaculatoire. Et s’émerveilleront de voir

les vainqueurs des plus grands tournois

embrasser, caresser, peloter, mordiller la

Coupe avec une ardeur troublante…

ALORS, PHILTRE D’AMOUR ET USINE

À PHÉROMONES, LE TENNIS ?

« Pas si vite !, tempère le docteur Rémi Debrun.

Ce psychiatre classé 15/1 précise :

Un match de tennis soulève la question de la

vie et de la mort, sur chaque point, et donc il

y a peut-être en creux de l’éros et du thanatos

dans l’air. Mais en même temps, le désir est

absent pendant une partie si elle est sérieusement

jouée. Même pas bridé, refoulé : juste

inexistant. Je n’ai jamais entendu un patient

me dire qu’il était en état d’excitation

sexuelle pendant un match, que le fait de

jouer une compétition lui donnait du désir.

Jamais. Avant une rencontre, oui. Et après,

bien sûr, surtout en cas de victoire. Mais pas

pendant. Pour moi, le tennis est asexué. Du

moins du point de vue du joueur en compétition.

Évidemment, on peut se montrer en

spectacle ou se rincer l’œil depuis les tribunes

en regardant les perles de la WTA, mais c’est

une autre histoire… »

RAQUETTE À HAUTEUR

DE BRAGUETTE

Pour autant, le risque de débordement

sexuel est tout sauf imaginaire. Souvenons-nous

de la clause insolite que Maria

Sharapova avait introduite il y a quelques

années dans le contrat de son sparringpartner

Dieter Kindlmann : interdiction

d’avoir des relations sexuelles avec la

joueuse ! En cas de tentative, renvoi immédiat

! Preuve que Cupidon rôde bien

à l’ombre des courts et des salles d’entraînement


Au fond, comme l’écrit Franck Evrard, « la

vraie perversion à l’œuvre dans la pratique du

tennis est de proposer le plaisir en soi, comme

une fin absolue. »

Une belle illustration de cette pensée nous

est offerte par la nouvelle de Nabokov

intitulée La Vénitienne, qui s’ouvre sur

un double à l’érotisme torride : « Il allait

mollement à la rencontre de la balle et un

coup long lui procurait une jouissance physique…

». Ou bien par Lolita, du même

Nabokov, où l’héroïne dispute une partie

de catégorie Grand Chelem sur le plan de

la sensualité : « Ma Lolita, en arrangeant

l’essor ample et ductile du cycle de son service,

avait une façon inimitable de lever son

genou gauche légèrement plié et pendant une

seconde on voyait naître et flotter dans le soleil

la trame d’équilibre vital que formaient

le bout de ce pied pointé, cette aisselle pure,

ce bras poli et brun, sa raquette levée haut

en arrière. »

Oui, le tennis peut être un irrésistible

excitant sexuel, tout comme le désir peut

stimuler la performance tennistique. « Les

gonzesses, c’était important. Ce sont même

la clé de ma carrière », confiait un Yannick

Noah moins littéraire dans son livre T’as

pas deux balles.

BOULES ET BALLES

Si le tennis a inspiré le cinéma « mainstream

» (voir TM 486), l’industrie pornographique

a su, elle aussi, lui rendre les

honneurs. La filmographie proposée sur les

sites spécialisés révèle un nombre impressionnant

de scènes tournées sur des courts

de tennis foulés par des pratiquant(e)s qui

échangent des balles – souvent très maladroitement

– avant de passer à des exercices

qu’ils maîtrisent beaucoup mieux.

Les rubriques « Orgasmic tennis », « Tennis

Academy » ou encore « Tennis Summer

Camp » semblent jouir d’une forte popularité.

Mentionnons deux films issus de ce classement

ATP (Association du Tennis Pornographique)

: Jeu, sexe et match réalisé

par une certaine Marika Bodilis en 2013

et Anissa, la joueuse de tennis (du prestigieux

label Marc Dorcel). Présentation :

« Anissa n’est plus très heureuse avec Renato,

son richissime mari. Celui-ci est le propriétaire

du club de tennis à côté de leur villa

de rêve et la trompe ouvertement avec de

jeunes nymphomanes attirées par le pouvoir.

Alors, pour se changer les idées, elle s’adonne

à son passe-temps favori : les leçons de tennis.

Anissa en a sous la jupette et sait tenir

le manche. » De jolis coups et d’haletants

échanges en perspective, nul n’en doute.

Ready ? Play !


TENNIS MAGAZINE 53


FACE-À-FACE

©ACTION IMAGES/PANORAMIC

54 TENNIS MAGAZINE


LEÇONS

séduction

DE

BY MARAT SAFIN

S’IL NE NOUS FALLAIT QU’UN SEUL « TÉMOIN » POUR CE NUMÉRO,

ÇA NE POUVAIT ÊTRE QUE LUI ! L’inégalable Marat Safin, sex-symbol

officiel, détenteur de la palme du plus grand tombeur du circuit avec sa belle

gueule et sa « cool attitude », parvenait même à capter le regard d’une frange

féminine pas du tout intéressée par le tennis. Et comme il adorait en jouer –

mais jamais avec prétention – il en a allègrement profité. Son goût pour la

fête (et pour le reste…) lui a probablement coûté quelques grands titres dans

une carrière qui reste exceptionnelle et qui lui a valu, l’an dernier, de devenir

le premier joueur russe intronisé au Hall of Fame. Mais elle a largement

contribué à sa cote de popularité. Tout ça, dit-il, c’était avant. À 37 ans, Marat

le Moscovite se veut plus posé. Tout en jetant un voile pudique sur certaines

de ses largesses du passé, il oriente notre discussion sur des principes de vie

et de séduction. Au final, on en sort gagnant : Marat Safin est un bel écrin,

certes. Mais qui est loin d’être vide…

Propos recueillis par Rémi Bourrieres

TENNIS MAGAZINE 55


FACE-À-FACE

Tennis Magazine : Marat, tout

d’abord, que devenez-vous ?

Marat Safin : Ma vie a un peu changé

ces derniers temps. Comme vous le savez,

j’ai démissionné au début de l’été de mon

poste de député à la Douma, que j’occupais

depuis six ans – un mandat complet

plus un an – après avoir été vice-président

de la Fédération russe et également investi

au sein du Comité olympique. Là, je suis

dans une période de transition. Je vais

prendre mon temps, recharger les batteries

avant d’attaquer un nouveau chapitre

de ma vie. J’ai quelques projets en cours,

quelques propositions intéressantes. Je

vais examiner tout ça.

Pouvez-vous en dire un peu plus ?

J’ai notamment un projet d’académie avec

ma sœur (Dinara, ex-n°1 mondiale elle

aussi, faut-il le rappeler, ndlr) qui aimerait

se lancer dans le coaching. Pas moi, pas

tout de suite du moins, mais je vais m’investir

avec elle dans un projet de structure

d’entraînement et de management. On

aimerait avoir une base à Moscou et une

autre en dehors de la Russie, à un endroit

qui serait plus propice et plus facile pour

les joueurs. On est en train de regarder différentes

opportunités. On ne va pas se précipiter.

Mais j’ai vraiment hâte de revenir

dans le milieu du tennis !

Le milieu du tennis a sans doute hâte

de vous revoir aussi : vous en êtes LE

sex-symbol attitré. Qu’est-ce que cela

vous fait d’entendre ça ?

C’est plaisant, merci beaucoup. Merci à

mon père et à ma mère, surtout (rires) !

Mais, vous savez, c’est quelque chose que

je n’ai jamais trop pris au sérieux. Et puis,

bon, ce n’est plus tout à fait pareil maintenant.

J’ai pris de l’âge. Je suis plus posé.

Mais rassurez-nous, vous avez toujours

le même succès avec les femmes ?

Oui, ça va… (il hésite). Je ne me plains pas.

Mais bon, ce n’est pas non plus comme les

gens pensent. Cela reste « normal ».

Pendant votre carrière, c’était quand

même la folie. Tout le monde se souvient

notamment de ces trois blondes

– surnommées les « Safinettes » – qui

vous encourageaient depuis votre box

lors de l’Open d’Australie 2002. Vous

aimiez bien jouer avec ça, non ?

Oui, un peu, c’est vrai. À cette époque,

j’avais une approche de la vie assez épicurienne.

Mon credo, c’était : “Vis ta jeunesse

à fond, profite du moment présent, fais

tes conneries”… Mais bon, le truc marrant

à propos des « Safinettes » dont vous

parlez, c’est qu’aucune d’entre elles n’était

ma petite amie. Je les avais rencontrées sur

place, à Melbourne, où elles fréquentaient

56 TENNIS MAGAZINE


Les trois Safinettes

dans le box de Marat

à l’Open d’Australie 2002.

d’autres joueurs – je ne dirais pas qui ! – et

elles m’avaient demandé des tickets pour

venir voir mon match. Puis ça a fait toute

cette histoire ! Ce n’est pas grave, c’était

plutôt marrant et on a bien rigolé avec

ces filles. Mais c’était juste des copines, à

aucun moment on n’est allé plus loin.

En revanche, aller plus loin, ça a bien

dû vous arriver sur d’autres tournois ?

Tout le monde a son petit jardin secret

(ton énigmatique, puis rire entendu) !

Quand même, on aimerait bien

savoir : pendant votre carrière, avezvous

fréquenté plus de filles que vous

n’avez gagné de matches sur le circuit

(422) ?

Un homme ne révèle jamais combien de

conquêtes il a eu, que ce soit en tennis

ou dans un autre domaine (Ilie Nastase

avait écrit dans son autobiographie avoir

eu quelques 2 500 femmes dans son lit,

avant d’admettre que le chiffre était très

approximatif, ndlr) ! Je vais garder ça pour

moi, si cela ne vous gêne pas.

Quelle est la chose la plus folle qu’une

fille ait faite pour vous séduire ?

Les femmes n’ont en général rien à faire

pour séduire les hommes. Elles ont juste

à être présentes, et à être elles-mêmes. De

nos jours, c’est d’ailleurs probablement

la chose la plus difficile : savoir qui est

vraiment la personne. Tout le monde se

la raconte un peu. Mais très peu s’ouvrent

profondément, honnêtement aux autres,

de façon spontanée. Alors, la femme la

plus sexy et la plus séduisante, pour moi,

c’est celle qui n’a pas peur de montrer

vraiment qui elle est, avec ses qualités

et ses défauts. Une personne honnête,

c’est quelqu’un de fort, avec une certaine

richesse intérieure. C’est ce qu’on

recherche en général chez une femme,

et chez un homme aussi d’ailleurs, ça va

dans les deux sens. Plus la personne est

honnête, plus la relation est saine.

C’est d’autant plus dur de trouver ça

chez une femme quand on est riche et

célèbre, non ?

C’est vrai, même si, à différents degrés,

tout le monde a le même problème. C’est

l’histoire de la vie : il faut toujours séparer

le vrai du faux. Certains sont peut-être

plus doués que d’autres pour ça, mais à

un moment ou à un autre, on fait tous

des erreurs. Et on apprend. Il n’y a pas

vraiment de conseil pour lutter contre

ça, sinon de retenir les leçons de la vie,

de suivre son cœur, d’être à l’écoute de

ses émotions. C’est une bonne base pour

trouver la personne qu’il vous faut. Ce

n’est pas évident, il n’y a qu’à voir combien

de mariages finissent en divorces

dans le monde entier. Mais au bout du

compte, c’est ce qu’on recherche tous

chez quelqu’un : l’honnêteté. La première

étape, c’est déjà d’être honnête

avec soi-même, à 100 %. Sinon, comment

voulez-vous que l’autre soit 100 %

honnête avec vous ?

Pensez-vous que le fait d’avoir autant

de succès avec les femmes a un peu

affecté votre carrière ?

(Il réfléchit) Avoir du succès, c’est un

paramètre qui peut vous conduire à faire

des erreurs, oui. Ça dépend si vous savez

vraiment ce que vous voulez ou pas dans

la vie. Si vous êtes jeunes et pas encore

très sûr de vous, vous vous laissez facilement

griser par des choses extérieures qui

peuvent vous monter au cerveau et vous

détourner de ce que vous êtes vraiment.

Après, petit à petit, en grandissant, vous

finissez normalement par trouver votre

chemin, savoir ce qui est bon ou pas

pour vous, et vous faites les choses parce

que vous le voulez vraiment. À partir de

là, beaucoup de portes s’ouvrent. Le problème

de beaucoup de gens, c’est

TENNIS MAGAZINE 57


FACE-À-FACE

©GETTY IMAGES

qu’ils ne vivent pas leur propre vie,

mais une vie par procuration.

On s’écarte un peu du sport, là…

Justement, c’est particulièrement vrai

pour des sportifs qui sont beaucoup entourés,

et notamment par des soi-disant

amis qui sont en fait des faux amis. Ils

peuvent facilement se laisser influencer,

d’autant qu’ils sont à 100 % concentrés

sur leur carrière. Et pourtant, c’est très

important de ne pas perdre le contrôle

de sa vie en dehors du tennis. Car sinon,

une fois que la carrière est finie, il y a

tout à apprendre. C’est souvent comme

ça que des sportifs commencent à faire

des erreurs après leur carrière. C’est un

problème commun à tous les sports

business. Ils peuvent vous donner une

vision complètement faussée de la vie.

Voilà pourquoi il est très important

d’avoir les bonnes personnes autour de

soi, capables de vous dire les choses en

face.

58 TENNIS MAGAZINE


Et pour revenir au succès ?

Le problème quand on est jeune et

qu’on rencontre le succès, c’est que l’ego

croît terriblement vite. Or, l’ego, ce n’est

jamais bon. Beaucoup de personnes

disent qu’un ego fort est nécessaire pour

gagner. Non, vous n’avez pas besoin d’en

avoir un fort pour gagner : vous devez

bien jouer, c’est tout. Le sport a ceci

de bien qu’il vous donne la possibilité

de montrer votre valeur par les actes.

Mais le montrer par de l’arrogance ou

de l’irrespect, non. Ça commence par la

manière dont vous parlez aux gens. On

peut être un grand champion et rester

une personne très humble.

Qui était votre plus grand rival sur le

circuit en termes de popularité avec

les femmes ?

Je ne fais pas de compétition dans ce

domaine ! Le sport, c’est dans le stade !

Une fois sorti du stade, vous vivez votre

vie, vous faites vos expériences, mais vous

ne devez pas entrer en compétition avec

les autres. C’est le meilleur moyen de se

planter.

Sur le circuit, y-a-t-il beaucoup de

relations amoureuses dans les vestiaires

?

Je ne sais pas tout, mais je n’ai pas l’impression

qu’il y en ait tant que ça. Honnêtement,

je n’ai jamais trop fait attention.

Vous-même, avez-vous déjà eu une

relation avec une joueuse ?

Non. Je n’aurais pas fait ça.

Est-il vrai que, plus jeune, vous étiez

tout proche de vous marier ?

Oui. Mais c’était il y a très longtemps.

C’est du passé.

Comment vous décririez-vous dans

une relation ? Romantique, passionné,

jaloux ?

Réaliste, je dirais. Romantique, oui,

mais il y a plusieurs manières d’être romantique.

Je ne suis pas super câlin, par

exemple. Chacun a sa manière de montrer

ses sentiments, le plus important

dans une relation est de ne pas se perdre

soi-même sur le plan émotionnel.

Quelle est la joueuse de tennis la plus

sexy ?

Gabriela Sabatini, bien sûr ! Sinon, de

ma génération, j’aimais bien l’Allemande

Jana Kandarr. Et aussi Mathilde Johansson,

la petite Française. Très mignonne !

Avez-vous déjà dû vous employer pour

séduire une fille ?

Oui, on passe tous par des moments difficiles

(rires) !

Pour un homme « normal », séduire

une fille, c’est souvent un long processus.

Mais pour vous, ça doit être

facile, quand même…

Franchement, pour séduire, le plus important

n’est pas qui vous êtes et à quoi vous

ressemblez. C’est d’abord une question

d’attitude. Plus vous êtes ouvert, sympa,

naturel, plus vous avez de chances. Les

femmes n’aiment pas les hommes qui

jouent un rôle. Et croyez-moi, elles ont

beaucoup d’intuition ! Elles décèlent très

vite les hommes qui en font trop et s’en

détournent aussitôt. Les femmes veulent

avant tout des hommes forts. Or, ces

hommes forts ne sont en général pas prétentieux.

Ils n’en ont pas besoin. Soyez

humble, respectueux, éduqué, relax et

surtout soyez vous-même. Faites-moi

confiance, c’est une excellente base avec la

fille ! Si vous y parvenez, vos chances vont

être multipliées. Et ce, encore une fois, qui

que vous soyez, quoi que vous fassiez.

C’est quand même plus simple quand

vous êtes beau gosse !

Je comprends ce que vous voulez dire.

Mais j’insiste, ce n’est pas le principal. Le

plus important, c’est l’énergie que vous

avez au fond de vous-même. Le gars qui

est beau mais qui n’a rien dans la tête et qui

n’est pas capable d’aligner deux mots, n’est

pas du tout intéressant pour les femmes.

Malgré tout, faites-vous le nécessaire

pour maintenir votre image de sexsymbol

?

Pas spécialement. L’homme, vous savez,

se doit juste d’être un tout petit peu plus

soigné que le singe. À part se laver et se

raser, il n’a pas grand-chose à faire. Un

homme doit rester un homme ! Et c’est

dur de trouver un homme, aujourd’hui.

Vous a-t-on déjà proposé de poser nu

dans un magazine ?

Non (rires) !

Sinon, êtes-vous célibataire en ce moment

?

Oui. Je prends mon temps (sourire).

Mais je n’ai aucune difficulté à me projeter

désormais dans une vie normale, avec

une femme et des enfants. Simplement,

je veux que ce soit vraiment avec la bonne

partenaire, quelqu’un qui m’aime vraiment

pour ce que je suis et avec qui je

partage la même vision de la vie. C’est dur

à trouver. En même temps, je ne cherche

pas. Si cela doit venir, cela viendra. On ne

contrôle pas grand-chose dans ce monde.

La seule chose à faire, c’est de profiter

chaque jour, chaque seconde de la vie.

Parfois, on oublie un peu ça. On est dans

un monde où l’on est toujours en train

de courir partout. Je crois qu’il faut temporiser

un peu. C’est comme ça que les

bonnes choses arrivent au bon moment.

C’est ma philosophie !


TENNIS MAGAZINE 59


SOCIÉTÉ

60 TENNIS MAGAZINE


SOIS GAY

tais-toi

mais

!

Effectué juste avant Roland-Garros et resté jusque-là très confidentiel,

le coming-out de Brian Vahaly (64 e mondial en 2003) est le premier

au masculin, pour un joueur de ce niveau, depuis le début de l’ère Open.

Il rappelle à quel point l’homosexualité, avec un H comme Hommes, reste

taboue dans le sport en général et le tennis en particulier. Si la parole

semble un peu plus libérée chez les femmes, certains réflexes de stigmatisation persistent

sur le circuit WTA. Refuge idéal, le mutisme n’a donc pas de sexe et les risques d’exposition

dévieraient même certains talents de leurs rêves de carrière. Explications.

Son quart de finale à Indian Wells en 2003 ne lui avait

pas suffi pour épouser la postérité, même s’il avait, sur

ce tournoi, dominé Juan Carlos Ferrero, alors 3 e mondial.

Le set qu’il avait chipé à Lleyton Hewitt, boss du

classement de l’époque, quelques semaines plus tard à Roland-

Garros, n’avait pas plus marqué les esprits. Une carrière honnête,

sans gros éclat, voilà à peu près la seule trace qu’avait laissée Brian

Vahaly sur la planète tennis au moment de ranger ses raquettes.

Son nom s’est brutalement extirpé des filets de l’anonymat début

mai, dans les colonnes de Sports Illustrated : l’Américain (37 ans)

a en effet été le premier joueur du top 100 de l’ère Open, plutôt

ex-joueur, à y révéler son homosexualité.

Par Cyrille Pomero - Illustrations Faunesque

Jusque-là, cette démarche avait été exclusivement féminine et

souvent associée à d’illustres championnes (Martina Navratilova,

Billie Jean King, Amélie Mauresmo…) ayant levé le voile

sur leur intimité, depuis plus de 30 ans pour certaines d’entreelles.

Quelques cas très médiatisés et finalement isolés qui ont

grossièrement laissé penser qu’il était désormais anodin pour

une joueuse d’assumer publiquement son lesbianisme dans le

tennis, le football, le handball, le judo et d’autres disciplines

supposées – par cliché – abriter des couples du sexe faible.

Un raccourci assez éloigné de la réalité, car si l’homosexualité

est un peu entrée dans les mœurs, le « un peu » prend encore

beaucoup de place. Le coming-out reste délicat dans un bureau

ou une usine. Il l’est davantage dans une sphère médiatisée, y

compris pour une femme. Nous y reviendrons.

Pour l’opinion, un homme avec un homme, rien de très étonnant

dans le monde artistique, du spectacle, du cinéma ou de

la télévision. Dans le tennis ? Impossible, voyons, pas de ça

ici, restons entre machos. Comme il l’a précisé dans l’entretien

qu’il nous a accordé (voir p. 65), Brian Vahaly a pris conscience

de son homosexualité sur le tard… mais avant de quitter le

circuit et sans jamais l’évoquer à ses confrères de vestiaire. Ses

difficultés pour dater avec précision son attirance pour

TENNIS MAGAZINE 61


SOCIÉTÉ

le même sexe trahissent sournoisement

l’hospitalité toute relative du milieu

pour les joueurs défiant les lois de la standardisation.

De ses propos transpirent une

évidence : il avait conscience que la transparence

n’était pas forcément compatible avec

la poursuite d’une carrière sereine dans un

univers guère friand des minorités.

Ce coming-out a donc fait rejaillir tout

un tas de questions, délicatement enfouies

sous les bâches d’un milieu trop soucieux

de son confort pour se les poser. L’équation

est simple. Soit il n’y a pas de gay(s)

à l’ATP, soit il(s) se cache(nt). La première

option est validée par les faits puisqu’aucun

homo n’avait levé le petit doigt depuis Bill

Tilden, vainqueur de dix titres du Grand

Chelem dans les années 20, et Gottfried

Von Cramm, doublement sacré à Roland-

Garros (1934, 1936). Vite tranché, vite

expédié, circulez.

« LE SPORT RÉSISTE

AUX ÉVOLUTIONS SOCIÉTALES »

Tout n’est sans doute pas aussi limpide et basique.

Et pour cause, selon Patrick Mignon,

sociologue du sport et chercheur à l’INSEP

pendant 20 ans : « Le sport est un univers social

un peu à part, à la base très masculin, celui

des hommes forts, dans lequel s’affirment les

vertus viriles et où les tabous et les préjugés résistent

aux évolutions sociétales. Le coming-out

n’y est pas forcément bien accepté. Il peut être

considéré comme une faiblesse, une fragilité, un

excès de sensibilité et même un excès d’émotivité

alors que la gestion des émotions fait justement

la différence entre les sportifs de haut

niveau et les très grands champions. Il y a un

renversement du trait au sujet du coming-out

au féminin. La virilisation d’une femme peut

être moquée, celle d’Amélie Mauresmo l’avait

été lors de l’Open d’Australie 1999. Mais cette

virilisation restera, dans le sport, comme un

symbole et presque un gage de performance. Or,

dans la compétition, le résultat finit par primer

sur tout le reste. »

Difficile de savoir si le circuit abrite

quelques gays confinés dans le mutisme.

Enquêter-traquer-révéler, le triptyque

reviendrait peu ou prou à stigmatiser ce

qui n’est évidemment pas l’objet de notre

démarche, juste motivée par le désir de

savoir si – et éventuellement pourquoi –

l’infiniment petit dissimule de gigantesques

non-dits. L’extrême rareté a en effet de

quoi interpeller. Seules quelques rumeurs,

issues d’une toile qui tisse ses pièges à buzz,

ont alimenté le sujet ces dernières années.

Richard Gasquet en a été victime. Le

Tout-Paris lui avait prêté une liaison avec

Arnaud Lagardère. Moins à l’aise pour nier

les bruits de couloirs que pour éviter ceux

de double en tirant un passing de revers,

le Biterrois avait dérapé en bout de course,

dans le magazine Society en mai 2015 : « Je

me pose moi-même des questions (sur la provenance

de la rumeur), car je me considère

être assez normal. S’il y a bien deux trucs desquels

je suis aux antipodes, ce sont la drogue

et l’homosexualité. Je peux vous le jurer. » La

maladresse de la plaidoirie avait été révélatrice

du caractère quasiment délictueux

accordé, sur la planète tennis, à l’attirance

pour un semblable. A la décharge de l’actuel

protégé de Sergi Bruguera et Thierry

Champion, pas certain que beaucoup de

ses congénères auraient manifesté plus de

tact pour se dépatouiller d’une insinuation

aussi gratuite et inédite.

Plus globalement, les réseaux sociaux ont

fissuré la protection de la vie privée. Un

support à double tranchant, confortable et

impitoyable. Certains joueurs pourraient

l’utiliser pour effectuer un coming-out, via

une simple photo ou vidéo, comme d’autres

s’en servent pour annoncer une grossesse

ou une naissance. Une manière d’informer

sans avoir, dans un premier temps

tout du moins, à affronter micros, caméras

et questions impudiques. Une aubaine

contemporaine. Sauf que, d’Instagram à

Facebook, le moindre cliché anodin peut

aussi engendrer un flot de ragots à l’échelle

mondiale. Récemment, des conclusions

ont ainsi été hâtivement tirées d’images,

fréquentes et nombreuses, publiées par un

membre du Top 10, sous prétexte qu’il y

apparaît parfois le torse nu, plutôt tactile et

dans la même chambre qu’un autre joueur,

tout aussi dénudé et nettement moins bien

classé. Amitié platonique ou affinité plus

poussée ? Sans même qu’il n’ait besoin de

la délivrer, la réponse n’appartient qu’à ce

talent capable de décrocher prochainement

un Grand Chelem. Il doit juste désormais

composer avec l’ambiguïté qu’internet a

colportée.

En cultivant le mystère, le sport en général

et le tennis en particulier ridiculisent donc

les études sur le pourcentage de gays dans la

62 TENNIS MAGAZINE


société. Pas forcément une anomalie, selon

Patrick Mignon : « Une statistique générale

a l’inconvénient de mélanger des univers très

différents. 10% d’homosexualité dans la population,

ça ne veut pas dire 10% dans chaque

milieu professionnel ou social. Il y a 10-12 000

sportifs de très haut niveau référencés en France,

ce qui est finalement un tout petit monde. »

L’INSULTE, L’IMPERFECTION

AU MASCULIN

Le nombre de sportifs ouvertement gays

et lesbiennes est resté minime lors les derniers

Jeux olympiques d’été, même s’il a

sans cesse progressé. Ils n’étaient que 10 à

Pékin (2008), 22 à Londres (2012) et 49 à

Rio (2016) sur les 11 000 participants, soit

0,45% du contingent d’athlètes présent au

Brésil. Les quelques coming-out au masculin

dans des sports très médiatisés se font

très généralement après la carrière. Brian

Vahaly en est l’exemple type et Ian Thorpe,

le nageur australien quintuple médaillé d’or

aux JO, l’emblème absolu. Sa sexualité ne

supplantera jamais son palmarès et ce qu’il

représente dans le monde de la performance.

Pour un Thorpe, ou un Greg Louganis, quadruple

champion olympique de plongeon

en 1984 et 1988, il y a foule de sportifs

lambda adeptes de la discrétion. Les enjeux

financiers, d’images, de contrat, pèsent mais

n’expliquent pas tout, selon notre sociologue

du sport : « Gagner avec un stigmate fait disparaître

le stigmate. Perdre avec un stigmate

renforce ce stigmate, car l’échec lui est souvent

et directement imputé. Il est donc plus prudent

de ne pas s’exposer. » Même si cultiver

le secret n’est pas optimal pour exploiter la

quintessence de ses moyens : « Cacher son

homosexualité est naturellement un frein à la

performance. Ne pas être en accord avec soimême,

avec le microcosme dans lequel on évolue,

est un obstacle quasiment infranchissable à

l’épanouissement. »

Olivier Rouyer s’affichait avec des filles pour

échapper à toute sorte de procès pendant sa

carrière de footballeur. Il a révélé son homosexualité

en 2008, à 53 ans, bien après avoir

dévissé les crampons. Pour beaucoup aujourd’hui,

il n’est plus l’alter-ego de Michel

Platini de la fin des années 70 à Nancy ou en

équipe de France (17 sélections), ni même

l’entraîneur ou le consultant TV (Canal

Plus puis L’Equipe). Il est désormais identifié

comme « LE » footballeur professionnel

français à avoir effectué son coming-out. Le

grand public ne se souvient pas forcément

que Gareth Thomas compte 100 capes avec

le XV du Pays de Galles, a réalisé le Grand

Chelem en 2005 ou gagné la Coupe d’Europe

avec le Stade Toulousain la même saison.

Il est devenu « LE » rugbyman ayant

révélé son homosexualité.

Football, rugby, mais aussi basket, boxe,

foot US et d’autres disciplines abritent

quelques gays, à la notoriété sportive établie,

ayant dévoilé leur jardin secret. Ils

sont vingt, trente, pas plus. Beau-

TENNIS MAGAZINE 63


SOCIÉTÉ

coup d’entre eux se sont mis à nu

au risque de provoquer des réactions violentes

d’entourages excluant toute once de

féminité. En 1990, le footballeur anglais

Justin Fashanu avait ainsi effectué son

coming-out. Il s’est suicidé huit ans plus

tard, ne supportant plus les insultes et

le calvaire enduré. Pas vraiment le genre

d’exemple incitant les homos à sortir du

placard. « Les joueurs homos ne disent rien

car ils ont peur », avait confirmé Antoine

Griezmann au journal espagnol El Païs,

début juin. Un climat délétère détaillé par

Patrick Mignon : « Il existe de nombreux

outrages liés à l’homosexualité masculine :

pédé, tarlouze, tapette. Cette codification

incite logiquement au silence. Et un tel vocabulaire

n’existe pas pour les lesbiennes. »

NAVRATILOVA N’A PAS EU LE CHOIX

Le tapis rouge ne leur est pourtant toujours

pas déplié. Martina Navratilova et Billie-

Jean King ont brisé l’omerta en 1981. On

oublie bien souvent que la première nommée

s’est retrouvée coincée par un souci

administratif au moment de demander

sa naturalisation. Elle fut donc contrainte

d’avouer ses penchants pour les deux sexes.

La presse américaine s’en fit l’écho, remplaça

bisexuelle par homosexuelle, et la Tchécoslovaque

de naissance perdit, contre son

gré, le contrôle de son intimité en même

temps que de nombreux contrats. La mémoire

collective n’a pas forcément retenu,

non plus, que sa comparse, alors mariée à

un homme, avait été dénoncée par une ancienne

maîtresse et vit, elle aussi, plusieurs

de ses sponsors la fuir illico.

Deux histoires douloureuses qui sont restées

sans suite jusqu’en 1999 et le comingout

d’Amélie Mauresmo. En assumant sa

vie privée, à 19 ans, « avec insouciance et

naïveté mais sans être piégée », comme elle

l’avait reconnu sur France 2 en 2016, la

Française s’est aussi exposée « à un déchaînement

qui a mis du temps à être digéré ».

Depuis, en tournois, les joueuses ne se

cachent plus forcément, voire plus du

tout, sans pour autant revendiquer leur

attirance pour les femmes ni se poser en

ambassadrice de la cause homosexuelle.

Tout se sait, ou presque. Rien ne s’étale.

Une discrétion insupportable pour Margaret

Court, qui a récemment ruiné la

crédibilité que ses trophées lui avaient

apportée : « Le tennis est rempli de lesbiennes.

Quand je jouais, il n’y en avait que

quelques-unes, mais ces deux ou trois amenaient

des jeunes dans des soirées et ce genre

de choses. » Ekaterina Bychkova (32 ans),

jeune retraitée des courts jamais entrée

dans le Top 100 mondial, a carrément

versé dans la délation : « Il y a beaucoup

de filles qui aiment les filles dans le monde

du tennis. Je dirais que 10% sont lesbiennes.

Rennae Stubbs, Lisa Raymond, Eleni Daniilidou,

Francesca Schiavone, Casey Dellacqua

ou Carla Suarez-Navarro. » Sauf

omission de notre part, certaines joueuses

ici citées n’ont jamais communiqué sur le

64 TENNIS MAGAZINE


Brian Vahaly : « Je sais qu’il y a d’autres joueurs gays »

sujet. Leur nom se retrouve jeté en pâture

en 2017 comme il aurait pu l’être un siècle

plus tôt. Quelle claque au progrès…

LA THÈSE DE L’AUTOCENSURE

La cruauté du monde sportif et ses dérives

multiples ont de quoi tuer les ambitions

des plus jeunes. La thèse de l’autocensure

n’est pas à exclure, selon Patrick Mignon.

Sur le plan sociologique, elle expliquerait

en partie pourquoi le nombre d’homosexuels

dans le sport reste si faible : « Il est

très possible qu’il existe une auto-sélection

avant l’accès au très haut niveau. Certains

talents en herbe qui ont des attirances pour

le même sexe se retireraient du jeu en ayant

conscience de l’environnement hostile. Ils

donneraient priorité au confort de leur vie

privée plutôt qu’à leur carrière. On parle ici

de sportifs talentueux sans être des génies de

leur art, comme peuvent l’être Roger Federer

ou Teddy Riner, trop dominateurs pour être

contestés, peu importe leur éventuelle singularité.

Une première sélection se ferait donc

naturellement et en amont, car, à l’adolescence,

se faire insulter sur ses penchants, ça

marque, ça brise. Les études sur l’homophobie

ont démontré que le sport ne faisait pas

partie des milieux les plus tolérants. L’anticipation

par crainte est un facteur explicatif

majeur de cette forme de rareté. »

Il n’est donc pas du tout certain que le

coming-out de Brian Vahaly libère, s’il y

avait besoin, certaines paroles sur le circuit :

« Pour créer un système de défense, il faut que

l’innovation touche un public suffisamment

large pour créer un groupuscule solidaire. Il

existe sur le circuit féminin malgré les difficultés

qui subsistent. En revanche, vu le faible

pourcentage de joueurs gays dans le tennis, le

soutien n’existera sans doute pas dans l’immédiat.

» Et si chacun s’abrite derrière ce postulat,

il n’existera jamais.


Marié depuis deux ans avec un homme (Bill)

et père de jumeaux âgés d’un peu plus d’un

an, l’Américain (37 ans) a opéré une brillante

reconversion dans la finance après avoir

quitté le circuit. Il a accepté de revenir sur la

difficulté d’effectuer son coming-out en tant

que joueur de haut niveau.

Pendant votre carrière, vous n’aviez jamais

parlé de votre homosexualité. Pourquoi ?

Ce n’était pas pour le cacher sciemment.

D’une part, j’étais complètement focalisé sur

mon tennis, et, d’autre part, je ne me l’étais

pas complètement révélé à moi-même.

Sans les nommer, je sais qu’il y a d’autres

joueurs gays mais qui préfèrent le garder pour

eux, pour différentes raisons. Je respecte ce

choix d’autant que ce fut également le mien

pendant un certain temps.

Qu’est-ce qui vous a poussé, finalement, à

faire ce coming-out récemment ?

A la fin de ma carrière, j’ai pris un certain

temps d’introspection. Qui suis-je vraiment

comme personne, suis-je heureux, qu’estce

que je veux faire de ma vie ? Ma sexualité

faisait partie de ces interrogations. Ce n’était

pas évident auparavant, surtout pour moi,

venant d’un milieu sportif. Mais quand j’ai

pris conscience de qui j’étais, quand j’ai eu

la confiance nécessaire pour l’assumer,

il est devenu plus naturel pour moi d’en

parler. Puis, le fait d’avoir des enfants a

définitivement tout changé.

Personnellement, avez-vous mis longtemps

à comprendre et à accepter votre

homosexualité ?

J’ai commencé à comprendre mon

homosexualité tardivement, à l’approche de

la trentaine, alors que ma carrière touchait

à sa fin mais qu’elle n’était pas finie. Il m’a

fallu des années, beaucoup de discussions

et de conseils, pour réellement réaliser ces

sentiments que j’avais enfouis au fond de

moi. Beaucoup de personnes se savent

homosexuelles très tôt mais préfèrent le

dissimuler. Ce n’était pas mon cas. J’ai eu

des relations avec des femmes, parce que je

les aimais. J’ai découvert avec le temps que

l’amour que j’avais pour les hommes était

tout simplement plus fort que moi. Ce fut un

processus assez lent, aussi parce que j’ai dû

le concilier avec mon éducation catholique.

Sergiy Stakhovsky avait fait, il y a quelques

années, une déclaration controversée

selon laquelle il y aurait beaucoup plus de

lesbiennes que de gays sur le circuit. Qu’en

pensez-vous ?

Je crois qu’en effet, il y a davantage de

joueuses lesbiennes. Mais c’est évidemment

difficile de l’affirmer.

Cela expliquerait le nombre plus élevé de

coming-out chez les filles que chez les

hommes ?

Je crois qu’à partir du moment où des

légendes comme Martina Navratilova ou

Billie Jean King sont homosexuelles et le

revendiquent, c’est une formidable couverture

de sûreté pour les joueuses qui arrivent

derrière. Elles n’ont plus à avoir peur d’être

jugées : ce ne serait tout simplement pas

toléré. Les filles ont ce coup d’avance. Chez les

hommes, ça progresse. Lorsqu’Andy Murray

réaffirme, à Roland-Garros, son soutien aux

athlètes gays, cela crée un environnement

favorable qui contribue à favoriser le comingout,

sachant que les joueurs concernés ont le

n°1 mondial derrière eux.

Le fait d’être gay a-t-il eu, quelque part,

un impact négatif sur votre carrière étant

donné la charge émotionnelle que peut

représenter le « secret » ?

Ce qui m’a manqué, c’est peut-être un

manque de maturité et de connaissance de

moi-même que d’autres ont parfois plus tôt.

Serait-il plus facile aujourd’hui pour un top

joueur de faire son coming-out, et le lui

conseilleriez-vous ?

Ce serait sans doute beaucoup plus facile

qu’au début des années 2000. Mon seul

conseil à ces joueurs serait qu’ils soient

certains d’avoir le niveau de confiance

suffisant pour pouvoir assumer le fait

d’en parler publiquement. Après mon

coming-out, j’ai reçu un tas de mails ou

de commentaires parfois franchement

méchants, mais j’y étais préparé et j’ai

assumé. Je crois que le plus important pour

un athlète, c’est de ne rien faire qui puisse

potentiellement détourner sa route du

succès.

Diriez-vous qu’il est plus difficile d’être gay

dans le milieu sportif qu’ailleurs ?

C’est difficile d’être gay ou lesbienne partout

pour tout un tas de raisons.

Propos recueillis par Rémi Bourrieres

TENNIS MAGAZINE 65


SOCIÉTÉ

1 - Donnay, Tennis Magazine

n°3, juin 1976.

66 TENNIS MAGAZINE


À FOND

les

formes !

À partir des années 70, la publicité sexualisée inonde le monde du sport et plus

particulièrement du tennis. Montrer une belle paire de seins et des hommes

moulés dans leur slip, ça faisait bien rêver à l’époque – et sûrement encore

aujourd’hui ! Autour d’un placement de produit, les marques surexposaient

le corps et les attributs sexuels en puissance. L’irrésistible mâle faisait son apparition

sur le court tandis que la femme fatale avait soif d’apprendre à manier la raquette.

Et dans Tennis Magazine, ça donnait quoi ? On vous fait faire le tour (très) osé du propriétaire.

Par Julie Bonnefoi

A

près mai 68 et la révolution sexuelle qui a transformé

le pays, les mœurs se sont complètement

libérées. Adieu les vêtements inconfortables qui

cachaient le corps, bonjour la nudité et les décolletés

osés ! Désormais, on prône la liberté de la chair et l’hyper

sexualisation. La publicité française a joué sur ce créneau-là en

proposant des campagnes toujours plus enhardies les unes que les

autres. Premier exemple flagrant présent dans Tennis Magazine,

cette publicité franchement osée de Donnay (1), adressée à tous

les amateurs de raquette... et de « balles » généreuses. Chez Sport

2000 (2), le corps féminin y est carrément entièrement dévoilé

(mais de dos...). La promesse : jouer divinement au tennis en

vous habillant de la tête aux pieds. Sans cela ? Échec total ? C’est

ce que semble suggérer cette publicité. Mise à part, bien sûr, la

décontraction sans faille de cette dame apparemment à l’aise bien

qu’exposée dans le plus simple appareil... Comme nous le précise

Jacques Defrance, sociologue et historien du sport à Paris, tout

ceci n’a rien d’anodin : « Le tennis des années 70 était en pleine

croissance. Il fallait donc profiter de cet essor et s’adapter au public

visé, moins bourgeois et plus décontracté, en proposant des publicités

osées. À l’époque, on trouvait ça marrant et sympa. Il n’y avait rien de

vulgaire. » Rien de vulgaire certes, mais de quoi choquer

quelques féministes en colère… Mais qu’elles se rassurent,

les mâles dominants en prennent également pour leur grade.

Chez Eminence (3), le « sexe fort » se voit mis à nu afin de

promouvoir le « Tennis Mini », un slip à la fois ultra design

et très confortable. De quoi vous transformer en champion…

Le bel étalon aux poils brossés se transforme en égérie tennistique,

quitte à mettre sa virilité au placard ! Et comme

le précise Jacques Defrance, « la création de sous-vêtements à

cette époque jouait avec l’érotisation. On pouvait aller jusqu’à la

pornographie et ce même dans la pub. » Allons donc !

TENNIS MAGAZINE 67


SOCIÉTÉ

2 - Sport 2000, Tennis Magazine

n°3, juin 1976.

4 - Sergio Tacchini, Tennis

Magazine n°25, avril 1978.

3 - Eminence, Tennis Magazine

n°32, novembre 1978.

68 TENNIS MAGAZINE


5 - adidas, Tennis Magazine

n°74, mai 1982.

7 - Le Coq Sportif,

Tennis Magazine n°169,

avril 1990.

Fin des années 70, Sergio Tacchini

(4) surfe également sur la vague. Voici

venir l’avènement des tétons féminins

attirant l’œil intimidé du chaland. Tandis

que l’on tente tant bien que mal de vendre

une tenue sportive, le regard est irrémédiablement

attiré par le décolleté osé de

cette belle brune… On se demande bien

pourquoi. Certes, les vêtements féminins

semblent être l’argument de vente d’une

telle publicité et pourtant, tout porte à

croire que ce sont les hommes qui sont

directement visés par cette campagne

sportive. Simple coïncidence ?

Ce qui est sûr dans la publicité tennistique,

c’est que les deux sexes sont impliqués

dans la vente (indirecte) de produits

sportifs. À en juger par l’attitude ultra

naturelle des mannequins d’adidas (5), on

croirait assister à une partie de jambes en

l’air plutôt qu’à la promotion de vêtements

colorés. Cette fois-ci, bouche ouverte

et mini-short pour madame tandis que

monsieur arbore un beau sourire « ravageur

». Comme le promet le descriptif de

la marque, le sport se veut « beau, décontracté,

mode », et « ça délasse »... Pari tenu.

Certes les corps sont beaucoup moins exposés

qu’auparavant – la publicité date de

1982 – mais la position ouvertement osée

des mannequins laisse à désirer. Ce qui est

sûr, c’est que cette campagne marque les

esprits…

Dès les années 80, le phénomène de sexualisation

dans la publicité évolue quelque

peu. « Le sexy est remplacé par la technique,

confirme Jacques Defrance. Il n’est plus

question de faire fantasmer l’homme ou

la femme, mais de vendre un produit qui

améliorera les performances du joueur. La

nudité est encore présente mais elle est utilisée

à d’autres fins. On entre dans une nouvelle

ère. » Il est vrai qu’avec la publicité pour

soutien-gorge de Triumph (6), la question

ne se pose plus. On joue désormais sur

les jeux de mots bien insistants (« Garros

Seins », subtilité éloquente...) et sur les vertus

possiblement escomptées dès l’achat du

produit. La femme dénudée est toujours

présente et doit chouchouter « autant [ses]

seins que [sa] raquette ». Classe absolue, le

triomphe de la santé de la femme est en jeu

! Mesdames, prenez-en note.

Les dernières « traces » de ce phénomène

de sexualisation dans la pub dédiée au tennis

se trouvent chez Le Coq Sportif (7). En

1990, la marque française dévoile une campagne

tellement osée que l’on se demande

où le sport peut y trouver sa place. Épaule

dénudée, jupe ultra courte et regard énamouré

du bel apollon... Une fois de plus,

6 - Triumph,

Tennis Magazine n°135,

juin 1987.

tous les éléments sont réunis pour créer une

atmosphère à la fois sensuelle et (un brin

seulement) sportive. Bref, on l’aura compris,

tous les moyens sont bons pour attirer le

consommateur vers l’hyper consumérisme

des produits sportifs, ou de la libre sexualité.

Décidément, on ne sait plus quoi choisir.

TENNIS MAGAZINE 69


PSYCHO

©EVERETT COLLECTION/SHUTTERSTOCK

70 TENNIS MAGAZINE


À DEUX

c’est

mieux ?!

Jouer au tennis avec sa moitié, pour beaucoup, c’est un réel plaisir. Mais pour

d’autres, cela peut virer au cauchemar. La pratique sportive peut en effet

cimenter ou bien, au contraire, révéler de véritables failles au sein du couple.

Un conseil : ne perdez jamais à l’esprit qu’à deux – et d’autant plus en tourtereaux –

le tennis, c’est doublement plus fun !

Par Jean-Baptiste Baretta

Que fait Roger Federer lorsqu’il est en vacances ?

Il joue au tennis pardi ! Et pas avec n’importe

qui puisqu’il n’hésite pas à mettre à contribution

sa femme Mirka. Les plus jeunes l’ont peut être

oublié mais la dulcinée du GOAT – comprenez « Greatest of

All Time », meilleur joueur de tous les temps –, de son nom

de jeune fille Miroslava Vavrinec, a été 76 e mondiale au début

des années 2000. Avant de se consacrer corps et âme à son cher

et tendre, rencontré lors des Jeux olympiques de Sydney. On

aimerait bien être une petite souris pour assister à quelques

échanges entre ces deux-là. Car jouer au tennis avec (ou contre)

son (ou sa) bien-aimé(e) peut être tout sauf une partie de plaisir.

Demandez à Alizé Cornet. « J’ai déjà eu un copain joueur

de tennis (Hugo Nys, ndlr) et par rapport à notre approche respective

du sport, ça ne se passait pas bien du tout quand on jouait

ensemble, indique la Niçoise. Je suis très mauvaise perdante, vous

me connaissez ! Mais avec Michael (Kuzaj, son petit ami, ndlr),

c’est différent, il a un bon esprit, il joue au tennis pour s’amuser. On

a l’habitude de jouer ensemble, ça se passe toujours très bien, et c’est

plutôt étonnant de mon côté. »


TENNIS MAGAZINE 71


PSYCHO

« On est deux sur le terrain

et même si l’un est un peu

moins bien que l’autre,

on porte la défaite, comme

la victoire, à deux. »

Marine Piriou, lauréate du Trophée BNP Paribas de la Famille


UN RÉVÉLATEUR DU COUPLE

La relation entre Alizé Cornet et Hugo

Nys n’a sans doute pas pris fin en raison

de leur inaptitude à prendre du plaisir

ensemble sur un court de tennis. Mais

en dehors de la sécrétion d’endorphines –

anti-stress naturel qui permet d’augmenter

l’attirance sexuelle entre partenaires

(voir p. 78)– la pratique du tennis en

commun peut être un excellent révélateur

de la bonne santé du couple. « Le tennis

est une métaphore du fonctionnement du

couple, explique Étienne Duménil, psychologue

et thérapeute de couple à Pontoise

et Paris IX. Certains trouveront une

dimension d’apaisement grâce à une activité

en commun. D’autres au contraire vont

vivement s’engueuler sur un court de tennis

et des raquettes vont voler. Ça dépend si on

le vit comme un défi pour vaincre l’autre

ou juste pour prendre du bon temps. Cela

dépend de la psychologie de chacun. »

Prendre du bon temps, c’est l’objectif

des participants au Trophée BNP Paribas

de la Famille, placé, depuis plus de

vingt ans, sous le signe de la convivialité.

Doubles dames, doubles messieurs, mais

également doubles mixtes sont à l’honneur.

Avec la possibilité, donc, de voir à

l’œuvre maris et femmes ou concubins et

d’observer des comportements bien différents

selon les couples. « J’ai un caractère

beaucoup plus sanguin que mon épouse

et il m’a fallu deux ou trois ans pour comprendre

qu’il ne fallait pas que l’on se parle

pendant le match, explique par exemple

Pascal-Jean Rollot, titré à plusieurs reprises

au Trophée de la Famille avec sa

femme Sylviane, avec laquelle il joue

depuis douze ans. On peut se dire ‘‘bien

joué’’ ou un petit conseil comme ‘‘sers sur

son revers’’, mais avant, j’avais tendance à

lui dire tout ce qu’elle devait faire. Je me

suis rendu compte que ça la désarçonnait

complètement. Et depuis que l’on ne commente

plus le match, on est bien meilleurs.

C’est comme dans la vie, il faut trouver son

équilibre. »

Un équilibre qui s’acquiert avec l’expérience,

Monique Rocher en sait quelque

chose, elle qui a découvert le tennis à

l’âge de 35 ans et en a aujourd’hui le

double. Le tennis est devenu une véritable

passion et elle ne se lasse pas de

jouer avec son mari Jean-Jacques, même

si certaines parties sont parfois folkloriques.

« J’allais jouer un coup droit avant

de voir ma fusée de mari me foncer dessus,

explique-t-elle. Et il rate la balle, bien

sûr ! Ou bien j’avançais à la volée avant

de le voir intercepter ma balle. Je me suis

pris des réflexions, mais la réciproque est

aussi vraie. Au départ, mon mari était le

72 TENNIS MAGAZINE


©EVERETT COLLECTION/SHUTTERSTOCK

plus grognon sur le court. Mais au fil des

années, je ne me suis pas laissé faire. Et le

tournant, c’est quand j’ai été mieux classée

que lui, il a eu du mal à l’accepter (rires). »

LE TENNIS COMME CIMENT

Monique Rocher le reconnaît, jouer

au tennis a toujours fait du bien à son

couple. « Même s’il y a des hauts et des

bas sur le court, c’est épanouissant de faire

du sport ensemble, de partager certains

plaisirs, avoue la licenciée du Besançon

Tennis Club. Cela engendre quelques

petites disputes, mais ça fait tellement rire

les copains que tout est oublié en sortant

du court. » Pour d’autres, « tennis means

love » (tennis signifie amour). À l’image

de Marine Piriou (ancienne -15), multilauréate

au Trophée de la Famille avec son

mari Erwan Salaun (ex 3/6). « Nous nous

sommes rencontrés sur une tournée dans le

Finistère. On devait avoir 14 ans. Puis les

études nous ont séparés, mais on s’est mis

ensemble à l’âge de 22 ans, indique la jeune

femme. Le tennis, c’est un ciment pour le

couple. On s’est rencontré grâce à ce sport,

ça fait partie d’un équilibre de vie. On est

content de pouvoir taper la balle ensemble.

On comprend totalement que nos plannings

sportifs respectifs en mai et juin soient dictés

par les championnats par équipes et que nos

week-ends soient dédiés à ça. »

Et comme on pourrait s’en douter, Marine

et Erwan se connaissent par cœur

sur le court. « En finale du Trophée de

la Famille, nous avions perdu le 1 er set

et étions malmenés dans la 2 e manche.

Au changement de côté, sans forcément

m’adresser à Erwan, je dis : ‘‘t’inquiète pas,

à un moment, il va réagir, il va arrêter

avec ses fautes directes’’. Je sentais qu’il était

vraiment dans une mauvaise passe, qu’il

jouait petit bras. Et je voulais voir si ce

petit coup de pied au derrière allait le faire

réagir. Et on a remporté le titre... Dans ma

tête je me disais “je suis une vraie sa…”

Mais ça a créé un électrochoc. On est deux

sur le terrain et même si l’un est un peu

moins bien que l’autre, on porte la défaite,

comme la victoire, à deux. » Passez

Double plaisir

Le Trophée BNP Paribas de la Famille est

une recette qui marche depuis plus de

vingt ans. Plus de 190 000 participants

ont adhéré aux valeurs de partage et de

convivialité du plus grand tournoi de double

familial en France depuis 1997, année de la

première édition de cette épreuve mêlant

jeu en double et moments partagés en

famille. Cette année, la finale nationale se

déroulera du 21 au 27 octobre à La Grande

Motte. Certaines phases qualificatives ne

se sont pas encore déroulées, alors pour

vous inscrire, rendez-vous sur http://www.

tropheebnpparibasdelafamille.com/.

TENNIS MAGAZINE 73


PSYCHO

1

©PHOTOSNEWS / PANORAMIC

2

3

4

du temps ensemble, loin des écrans

de télé ou de portable, ça n’a pas de prix.

COMPET’ OU TEMPÊTE

Roger Federer a avoué qu’il ne comptait

pas les points lorsqu’il affronte la mère

de ses quatre enfants. Parfois, à en juger

par certains faits et gestes, des couples

devraient en effet se cantonner au tennis

loisir et éviter la compétition. « Quelqu’un

qui traite sa femme de grosse vache en plein

match, ce n’est pas quelqu’un d’intéressant,

raconte Pascal-Jean Rollot. On ne savait

plus où se mettre. À la place de la dame,

j’aurais mis ma raquette dans mon sac, fait

la bise à mes adversaires et au revoir monsieur.

» Même mésaventure vécue un jour

par Marine et Erwan. « L’homme était

classé -15 et jouait avec sa femme qui devait

être 30/5, rapporte Marine. Et il était absolument

infect avec elle. Grosso modo, il lui

disait : ‘‘dégage, laisse-moi les balles, je gère’’.

Ce n’était absolument pas un double, mais

un simple mené par l’homme. »

En double mixte, la femme est souvent

jugée comme le maillon faible de

l’équipe. « Les femmes mènent le monde,

elles sont bien plus fortes que les hommes,

sauf en sport, concède le psychologue

Étienne Duménil, 2/6 dans sa jeunesse.

C’est une question de puissance. Traditionnellement,

en sport, on dira qu’une femme

est moins bonne qu’un homme, elle a donc

plus à prouver. » Mais rien ne justifie

d’être à ce point rabaissée par son partenaire.

« Montre-moi comment tu joues et je

te dirai qui tu es, ajoute Étienne Duménil.

Le loisir, c’est pour s’entretenir, passer

un bon moment… Dès que l’on entre dans

une dimension de compétition, ce n’est plus

du tout la même chose. La compétition,

c’est pour gagner. Et parfois par tous les

moyens. Cela ne m’étonnerait pas qu’il y ait

plus de tricheries lors de compétitions en

couple. Car jouer avec sa moitié, c’est particulier.

Le couple est en jeu. Si l’on perd,

est-ce que l’on est un bon couple ? Ce n’est

pas évident de faire la différence. »

Les couples du tennis

Voici une liste non exhaustive de joueurs de

tennis qui ont été en couple un temps ou le

sont toujours aujourd’hui.

Ça tient toujours entre : Andre Agassi et

Stefanie Graf (1), Roger et Mirka Federer

(2), Donna Vekic et Stan Wawrinka, Flavia

Pennetta et Fabio Fognini, Karolina Sprem et

Marcos Baghdatis

Ça a cassé entre : Maria Sharapova et Grigor

Dimitrov (3), Chris Evert et Jimmy Connors,

Mariana Simionescu et Björn Borg (4), Alizé

Lim et Jérémy Chardy, Kim Clijsters et Lleyton

Hewitt, Tomas Berdych et Lucie Safarova,

Gaël Monfils et Dominika Cibulkova, Radek

Stepanek et Martina Hingis puis Nicole

Vaidisova puis Petra Kvitova, Ana Ivanovic et

Fernando Verdasco, Flavia Pennetta et Carlos

Moya, Maria Kirilenko et Igor Andreev.

74 TENNIS MAGAZINE


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CORPS

ACCORDS

78

Le tennis,

excitant sexuel ?

82

Un peu de tenue


SANTÉ

Le sport

booster naturel

de

LIBIDO ?

L’activité sportive est-elle un stimulant pour la sexualité ?

Sport et sexe font-ils bon ménage ? Une question souvent posée, rarement

approfondie. Pour le meilleur et pour le pire, ils se complètent, même si leur

relation n’est pas sans risques. Pour comprendre le phénomène – que l’on soit

sportif amateur ou de haut niveau, pratiquant de tennis ou autre –

il faut se pencher sur la question des hormones et des neurotransmetteurs.

Sans oublier un détour par un peu de psychologie...

Par Jean-Marc Chabot - Illustrations Juan Mendez

Qui dit sport ou sexe dit activité physique. Partant

de ce constat, il n’est pas étonnant de

retrouver des hormones et neurotransmetteurs

communs comme l’indique Sébastien Garnero,

sexologue et psychologue à Paris : « En cascade, il y en a beaucoup

qui peuvent être impliqués tant au niveau de l’activité physique

que dans l’acte sexuel. » Frappez un énorme coup droit

long de ligne en mettant votre adversaire à deux mètres de

la balle et vous stimulerez la dopamine qui vous donnera un

sentiment de satisfaction. Cette hormone – produite comme

les autres par l’hypophyse, une glande du cerveau – s’inscrit

dans le circuit du plaisir, de la récompense et du bonheur

et est sécrétée également pendant l’acte sexuel. Même chose

pour les endorphines qui sont fréquemment stimulées lors

de relations, mais aussi dans le sport surtout lorsque l’effort

commence à durer. Elles aident à soulager le stress, la douleur

et offrent une grande sensation de bien-être. Le « second

souffle » du coureur est en partie lié aux endorphines tout

comme la capacité des tennismen et tenniswomen à pouvoir

renvoyer la balle plusieurs heures sur le court.

78 TENNIS MAGAZINE


Au rayon des hormones et neurotransmetteurs,

la dopamine et les endorphines

ne sont pas les seuls à être en lien

direct avec le sport et le sexe (voir encadré).

Leur intervention montre en tout

cas qu’une activité physique régulière est

stimulante pour l’activité sexuelle. « Globalement,

l’activité physique a tendance à

améliorer la libido, le désir, les problèmes

d’érection et les sécheresses vaginales sur 30

à 40% des personnes », avance Sébastien

Garnero. Bon point.

LE TENNIS COMME STIMULANT

SEXUEL

Avant d’être sexologue et psychologue,

Sébastien Garnero a aussi été joueur de

tennis dans ses jeunes années pendant

lesquelles il a joué 3 e série. Naturellement,

il conseille le tennis à ses patients :

« Ce qui est intéressant, c’est que l’on peut

y jouer à tout âge, en simple et en double.

C’est un jeu de stratégie, une activité

ludique et sportive où l’on peut nouer un

contact social. »

Au-delà des hormones et neurotransmetteurs

et comme dans d’autres

sports, le fait de pratiquer une activité

physique entraîne des bienfaits

TENNIS MAGAZINE 79


SANTÉ

cardiovasculaires : « Cela va favoriser

l’irrigation de tous les muscles, y compris

ceux de la fonction sexuelle ». Une activité

qui permet également la prévention

des risques cérébraux vasculaires : « Une

meilleure irrigation des tissus permet de répondre

aux problématiques de sédentarité,

d’hypertension puisqu’elles peuvent être la

cause de dysfonctionnement érectile ». Enfin,

elle entraîne une meilleure fertilité :

« C’est très important pour les personnes qui

dépassent la quarantaine ».

ATTENTION AU « BURN OUT »

DU SPORTIF

Que vous soyez sportif amateur ou de

haut niveau, vous l’aurez compris, pratiquer

une activité physique régulière ne

peut être que positif pour votre sexualité

même s’il existe aussi des facteurs psychologiques

qui entrent en jeu (nous y

reviendrons plus tard). La mécanique

peut toutefois s’enrayer si la pratique est

poussée à son extrême, notamment chez

les sportifs de haut niveau. « La limite,

c’est le surentraînement. Dans ce cas, tous

les neurotransmetteurs ou hormones vont

se mettre à baisser et vont générer un épuisement

physique ou psychique », explique

Sébastien Garnero. Un épuisement qui

peut être caractérisé par des blessures

comme des fractures de fatigue, des phénomènes

tendineux... même s’il est surtout

lié à la charge mentale. Le « burn

out » du sportif, donc, entraîne notamment

une réduction de la libido, de la

sexualité et de potentielles dysfonctions.

De même qu’une trop grande dose

d’entraînement peut réduire la qualité

du sperme. Comme beaucoup d’autres

sports, le tennis n’est pas épargné par

le risque du surentraînement, même si

aucun joueur n’a avoué avoir des problèmes

sexuels y étant directement liés :

« Afin de l’éviter et prévenir l’affaiblissement

de l’organisme, il est très important

de maintenir des bons temps de récupération

et d’avoir des entraînements dosés »,

conseille Sébastien Garnero.

BIEN DANS SA TÊTE, BIEN DANS

SON CORPS

En plus du surentraînement, il ne faut

pas oublier la dimension psychologique

indispensable à la fois dans le sport et

dans les problèmes de sexualité. Se sentir

bien psychologiquement est essentiel

pour arriver sur le court dans les

meilleures dispositions. « Le mental fait

toute la différence dans le sport de haut

niveau entre deux sportifs équivalents. »

Confiance en soi, motivation, concentration,

gestion du stress, relâchement...

autant d’éléments qu’un sportif doit

pouvoir maîtriser surtout au tennis où

la notion de duel en un contre un est

prégnante. Mais être au top physiquement

ne garantit pas d’échapper aux

problèmes de sexualité : « J’ai souvent

des jeunes qui ont des problèmes sexuels

alors que le corps physique lié à la performance

fonctionne très bien. » Il est essentiel

de ne pas voir la sexualité comme

une performance sportive, mais au

80 TENNIS MAGAZINE


contraire comme la possibilité de savoir

lâcher prise au moment de passer de

l’un à l’autre : « Elle doit se lier à une

unité corps-esprit somatopsychique (interaction

du corps avec le mental, ndlr)

au travers de l’affectivité et du sentiment

amoureux ». Sans quoi, le stress, l’enjeu,

le manque de relâchement au moment

de passer à l’acte peut entraîner des

problèmes de dysfonction érectile, de

sécheresse vaginale... « Dans ce cas, il

s’agit bien souvent de leur problématique

psychologique, de leur histoire personnelle,

de leurs expériences sexuelles antérieures,

de fausses croyances liées à l’angoisse de ne

pas être à la hauteur, d’une image du corps

et de soi... » En bref, la pratique physique

permet d’avoir confiance en soi,

mais il ne faut pas assimiler sexe et sport

comme une performance globale. Dans

le lâcher prise se trouve la clé.

NON À L’ABSTINENCE,

OUI À LA SEXUALITÉ ACTIVE

Lâcher prise, une notion que Nick Kyrgios

semble avoir bien assimilée. En

2015, il avouait au magazine GQ australien

qu’il avait des relations sexuelles

avant les gros matches. Le bouillant

Aussie n’est pas le premier joueur à avoir

révélé ses petites habitudes puisque

Fabrice Santoro, avant lui, avait osé

mettre les pieds dans le plat : « J’aime

mieux arriver sur le terrain heureux et

détendu que frustré parce que j’ai dormi à

côté de ma compagne sans oser la toucher.

Il m’est même arrivé d’avoir un rapport

sexuel quelques heures avant un match. »

Le Français avait pourtant précisé dans

son ouvrage « À deux mains » (paru en

2009) qu’il pratiquait l’abstinence dans

ses jeunes années pour ne pas perdre

d’énergie. L’occasion de relancer un

débat bien ancré dans les mœurs du

tennis : avoir des ébats sexuels avant un

match booste-t-il les performances ? « Il

y a trop peu d’études qui montrent l’intérêt

ou pas. Ce n’est pas assez développé sur

un nombre de cas insuffisant pour pouvoir

donner une réponse », répond Sébastien

Garnero qui ne croit cependant pas à

l’abstinence pour favoriser les performances

: « Il y a une croyance dans le

milieu sportif que l’abstinence serait idéale

pour augmenter les performances sportives,

mais c’est plutôt le contraire puisqu’une

sexualité ordinaire liée à l’affectivité est

un facteur d’apaisement, de réduction de

stress et de bien-être. » L’abstinence générerait

plutôt de la frustration, de l’irritabilité.

En revanche, avoir une sexualité

active pendant l’entraînement est positif

: « L’un et l’autre vont se potentialiser ».

Moralité, laissez libre cours à votre imagination

et à vos sensations sans pousser

les vices jusqu’à l’extrême afin de trouver

le parfait équilibre.


ET DU CÔTÉ

DES HORMONES ?

Parmi les hormones et

neurotransmetteurs inhérents

au sport et au sexe, on retrouve

la sérotonine qui joue comme

un régulateur d’humeur, la

testostérone qui est un activateur

de la libido, du désir et qui est

sécrétée dans la pratique régulière

d’une activité, l’ocytocine qui est

responsable de la confiance en

soi et qui joue sur les processus

d’attachement. Il existe aussi la

prolactine qui, grâce à une activité

physique, augmente la sécrétion

du lait des glandes mammaires.

Glandes qui ont un rôle important

sur la fonction sexuelle de la

femme. Même chose pour

les hommes avec l’hormone

lutéinisante qui, lorsqu’ils sont

actifs, augmente la qualité de leur

sperme.

TENNIS MAGAZINE 81


FORME

Un peu de

TENUE

Que se passe-t-il sous le tee-shirt des femmes et dans le shorty

des hommes ? Tennis Magazine répond enfin à cette question

que tout le monde se pose sans jamais oser la formuler.

Attention : vos certitudes risquent d’être sacrément ébranlées !

Par Anne Ulpat

S’est-on déjà posé la question de savoir ce qui se

passe dans le soutien-gorge d’une femme quand

elle est sur un court ? À Tennis Magazine, oui. Et,

conscience professionnelle oblige, nous en avons

aussi profité pour pénétrer dans l’intimité du caleçon d’un

homme pendant qu’il renvoie la balle (voir encadré).

Pendant que les joueuses bondissent pour un smash,

reculent pour placer un coup droit, sautent pour servir,

courent au filet, s’arrêtent net et opèrent un virage pour un

revers bien senti… leur poitrine se livre, elle, à une véritable

danse de Sein… pardon, de Saint Guy ! En effet, les seins

montent, descendent, reviennent à leur place, se séparent

de nouveau pour mieux se rabibocher, claquent parfois,

s’entrechoquent, s’écartent de nouveau, puis se resserrent,

vont et viennent dans tous les sens… Les spécialistes – car

il y en a – ont même observé très précisément cette chorégraphie

inédite : « Quand les femmes bougent ainsi, leurs seins

font un mouvement en forme de huit et se déplacent sur 5 à

10 cm, ce qui est beaucoup », précise Roger Martins, directeur

commercial chez Zsport, fabricant de soutiens-gorge et

de brassières, initialement pour les femmes ayant subi une

reconstruction d’un sein, puis pour les sportives. Selon lui,

les soutiens-gorge et brassières présentent l’avantage de ramener

nos seins à une amplitude plus raisonnable, dans des

déplacements latéraux de l’ordre de un à deux centimètres.

Difficile, dans ces circonstances, de ne pas en préconiser le

port pour atténuer ces bonds et rebonds mammaires. D’autant

que Roger Martins continue d’appuyer, si l’on ose dire,

là où ça fait mal. « La poitrine est maintenue par le ligament

de Cooper. Or, à force de faire beaucoup de mouvements, celuici

se distend. A fortiori au tennis où la joueuse bouge dans tous

les sens et tire ainsi sur le ligament. Au fil du temps, la poitrine

82 TENNIS MAGAZINE


©FOTOS/PANORAMIC

peut s’affaisser. Soutenir la poitrine protège

le ligament de Cooper et évite également

d’avoir mal, surtout si les matches

durent longtemps. »

Impossible de ne pas soutenir ce raisonnement,

et nos seins par la même

occasion, non ? Pas si simple… Les

seins des sportives n’ont plus de secret

pour un homme à la double casquette,

le D r Thierry Adam, à la fois médecin

du sport et gynécologue. Dont

les propos ébranlent quelque peu nos

certitudes. « D’un strict point de vue

médical, l’absence de soutien-gorge ou de

brassière ne provoque ni blessure ni ptose

mammaire (affaissement des seins). »

Encore mieux : la pratique d’un sport

comme le tennis sans aucun soutien

(sauf celui du public) présenterait

même l’avantage de raffermir les seins !

Plusieurs thèses de médecine ont été

consacrées au sujet. Certaines évaluent

le confort à pratiquer un sport sans «

soutif », d’autres ont étudié à la loupe

la fermeté des seins… Ainsi, en 2003,

la D re Laetitia Pierrot a demandé à des

joueuses de basket de ne plus porter de

soutien-gorge pendant un an. L’étude

est intéressante selon le D r Adam, car

on peut la transposer au tennis, les

mouvements des femmes, et donc de

leurs seins, étant proches. Résultat ?

Au bout d’un an, 88 % des femmes

disaient se sentir à l’aise. Encore plus

intéressant : le D r Jean-Denis Rouillon,

médecin du sport au CHU de

Besançon, a démontré dans des études

plus récentes qu’au bout de plusieurs

mois sans soutien-gorge, les seins des

sportives remontent… Explication du

D r Adam : « Les moyens de contention

externes, comme les soutiens-gorge, affaiblissent

les moyens de contention internes,

les tissus conjonctifs. Ce sont eux qui

donnent aux seins leur fermeté. À force

de porter des soutiens-gorge, ils s’étiolent

et dégénèrent. Alors que sans soutiengorge,

le sein continue de fabriquer ce

tissu conjonctif qui fait son travail de

maintien. »


TENNIS MAGAZINE 83


FORME

©LEDOYEN BENOIT/PANORAMIC

La question tant attendue se pose :

à quels seins se vouer ? Faut-il libérer

notre poitrine et la laisser faire de grands

huit sous nos chemisettes ? Ou la brider

par souci des convenances ? Car, il

semblerait bien que le port du soutiengorge

réponde à une norme culturelle

plutôt qu’à une nécessité médicale.

Alors : en avoir ou pas ? C’est bonnet

blanc et blanc bonnet, serait-on tenté de

répondre. En effet, le D r Adam estime

que, certes la brassière n’est pas une

obligation, mais que rien n’empêche

les adeptes d’en porter. « C’est une question

d’appréciation personnelle. Certaines

femmes estiment qu’il est très inconfortable

de jouer sans soutien-gorge, quelle que soit

la taille de leur poitrine, d’autres n’en sont

pas gênées. »

Mais alors, quel type de soutien-gorge et

de brassière porter sur le court pour que

nos seins cessent de danser la salsa ? Làdessus

nos deux experts (Roger Martins

de Zsport et le D r Adam) sont d’accord :

il faut choisir un modèle qui ne comprime

pas les seins, mais se contente de les soutenir.

La brassière est intéressante, car elle

propose un dos nageur avec des bretelles

plus larges, le tout permettant un meilleur

positionnement des seins, mieux maintenus,

sans pression ou tension sur la peau.

Certains soutiens-gorge présentent l’avantage

de s’ouvrir par devant, très faciles à

mettre et à enlever donc ! À proscrire : les

baleines qui, selon Roger Martins, agissent

« comme des lames de couteau » sous les

seins. À vous de jouer mesdames, avec ou

sans bonnets !


ET POUR CES

MESSIEURS, CE SERA ?

Pendant que les seins des

joueuses de tennis s’expriment

librement et virevoltent à leur

guise façon looping, que font donc

les testicules des hommes quand

ces derniers renvoient une paire

de balles ? Pas grand-chose ! Ce

sont les médecins et les experts

en tenues sportives qui le disent.

Coincés qu’ils sont au niveau

de l’entrejambe, leur espace

d’expression est considérablement

limité par rapport à la poitrine

des joueuses. Et aucune thèse de

médecine, à notre connaissance,

ne porte sur cette partie très

intime des joueurs. Pas question,

pour autant, de les laisser batifoler

en toute liberté. Un slip, un boxer

ou shorty s’imposent bien sûr,

avec des coutures plates placées

sur les côtés ou au niveau des

fesses. Mieux vaut, également,

choisir des fibres de type

polyester (plutôt que le coton), qui

permettent à tout ce petit monde

de bien respirer.

84 TENNIS MAGAZINE


L’ART &

LA MANIÈRE

86

Balls please !

92

Dis Patrick

94

Connecté


LES DESSOUS DU TENNIS

86 TENNIS MAGAZINE


Balls,

PLEASE

Elles sont rondes, un peu poilues, exposées aux chocs et tous les joueurs

en ont deux. Les balles ? Oui, en quelque sorte, mais pas exactement.

Attention, sujet extrêmement sensible et exclusivement masculin…

Par Rémi Bourrieres.

L

e tennis n’est pas le rugby. A priori, aucune

chance de sortir du terrain avec le scrotum

déchiré et un testicule chancelant (l’horreur !),

comme le malheureux rugbyman néo-zélandais

Wayne Shelford lors d’un match qui vira au carnage face

à l’équipe de France en 1986. Le tennis n’est pas le rugby,

non, mais le tennis est néanmoins un sport où le risque est

réel pour les hommes et leurs parties, disons, intimes. On ne

parle pas de leur intimité psychique, quoi qu’également fortement

mise à mal durant un match. On parle, vous l’aurez

compris, de leurs attributs purement masculins.

Sur un terrain ou ailleurs, les testicules de l’homme sont sa plus

grande fierté comme, possiblement, sa plus grande faiblesse.

Les grands maîtres zen des arts martiaux orientaux vous expliqueraient

que si vous vous retrouvez en duel face à plus fort

que vous, il ne faut pas hésiter une seconde : frapper franchement

dans les roubignoles. En tennis, on n’y pense pas, mais la

tactique peut fonctionner aussi. Souvenez-vous de Juan Martin

Del Potro qui avait fait valser les valseuses de Roger Federer en

finale du tournoi de Bâle en 2012, avant de terrasser le maître

des lieux. Ce dernier avait toutefois réussi l’essentiel : garder (à

peu près) toute sa contenance malgré la douleur.

Car oui, tout homme le sait, c’est la base : toujours rester digne

malgré l’intense douleur qui vous irradie le bas-ventre. C’est le

plus difficile et parfois même, impossible. On sourit encore,

même si ce n’est franchement pas drôle, en revoyant la vidéo

de ce pauvre ramasseur de balles (les ramasseurs, tout comme

les juges de ligne, sont souvent les victimes collatérales de cette

tactique sournoise) qui, « terrassé » en plein empire du milieu

par un service de Feliciano Lopez lors de l’Open d’Australie

2015, avait fait un effort surhumain pour rester droit dans

ses bottes, avant de s’avouer vaincu et de mettre un genou à

terre. Il avait dû quitter le terrain sous les ricanements du

TENNIS MAGAZINE 87


LES DESSOUS DU TENNIS

Un bon coup en bourse

peut entraîner une fracture

nette de l’organe. Aïe...

public et fait le « buzz » sur internet.

La double peine.

Pas de vidéo, en revanche, d’un des

plus « sérieux » incidents du genre dont

avait été victime Marc Gicquel à Halle

en 2007. Mais on a mieux, puisqu’on

a recueilli le témoignage de Marco (lire

ci-contre). Ça fait froid dans le dos. Et si

l’intéressé en rigole aujourd’hui, on peut

vous dire que sur le coup (bas), ça ne

l’avait pas vraiment fait marrer.

Selon le Docteur Patrick Constancis, uroandrologue

à Paris, le malaise qu’avait fait

Gicquel au soir de son traumatisme était

plus sûrement lié au stress, voire au fait

d’avoir voulu continuer à jouer, qu’à la

pathologie en elle-même puisque, en

l’occurrence, le Breton s’en était sorti

sans dommage. Il a eu de la chance, car

les risques de traumatismes testiculaires

sont réels. Le « simple » hématome n’est

en soi pas très grave, mais impressionnant

malgré tout, car quand vous voyez

votre « couille » gonfler et bleuir, logiquement,

vous ne faites pas le fier. Mais ça

peut être pire. Un bon coup en bourse

peut entraîner une fracture du testicule,

de sa paroi protectrice (l’albuginée) ou

de l’épididyme (le petit organe qui le surplombe

et qui est chargé de recueillir puis

véhiculer les spermatozoïdes), voire une

torsion de son cordon nourricier. Il faut

parfois opérer en urgence pour ne pas nécroser

le rouston. Les cas les plus violents

– difficilement envisageables en tennis

tout de même – peuvent entraîner une

pulvérisation pure et simple de l’organe.

Dans ce cas, vous pouvez dire adieu à sa

fonction reproductive et si vous aspirez

à une descendance, vous n’avez plus qu’à

espérer que l’autre fonctionne bien.

Donc si vous êtes un jour frappé dans

les précieuses – et dieu sait que ça arrive

régulièrement dans ce sport de balles – la

bonne conduite à tenir est, successivement

: oublier sa fierté, assumer sa douleur,

glacer le paquet (oui, on sait, ce n’est

pas le plus agréable…), prendre des antidouleurs

et des anti-inflammatoires. Au

moindre gonflement ou bleuissement, il

semble « couillu » d’appeler rapidement

un médecin, qui prescrira une échographie.

Ah oui, on oubliait : si possible, évitez

de vous faire mal vous-même… Vous

riez, mais on dit que certains joueurs

seraient passés proches de l’émasculation

en tentant des « tweeners » mal maîtrisés.

A vrai dire, on n’a pas pu le vérifier et la

thèse de la « dangerosité » du tweener fait

rigoler ceux qui savent le faire, sachant

que la frappe se passe beaucoup plus bas.

Mais bon, on n’est jamais trop prudent…

Reste une question, capitale. Mais pourquoi

diable « ça » fait si mal ? « Le testicule,

à l’intérieur de sa paroi protectrice (l’albuginée),

c’est de la pulpe, ça ressemble un

peu à un oursin, explique Gerard Sellem,

chirurgien andrologue à Paris, tout en

griffonnant un schéma avec application.

Cette pulpe est bourrée de cellules qui fabriquent

les spermatozoïdes et l’hormone

mâle (la testostérone). C’est donc une zone

riche en vaisseaux et fortement innervée,

c’est la raison pour laquelle elle est aussi

douloureuse en cas de choc. » Ce serait

aussi la raison pour laquelle il s’agit

d’une zone aussi érogène, mais c’est un

autre sujet.

On dit que la nature est bien faite,

mais l’on peut franchement se demander

pourquoi une partie aussi sensible

du corps de l’homme se retrouve ainsi

exposée à tous les dangers. Elle serait

beaucoup mieux bien planquée dans la

paroi abdominale, non ? Paraît-il, c’est

pour leur garantir une température inférieure

à la température corporelle. Soit.

Mais ce n’est pas très prudent. Le danger

est tel qu’il en devient obsédant. Il n’y a

qu’à voir à quel point le langage testiculaire

a envahi notre vocabulaire courant,

et particulièrement celui du joueur de

tennis. Avoir les boules, à la base, vient

de là. Il faut incontestablement en avoir

de grosses au moment de sauver une

balle de break, même si l’on a droit à

deux balles de service. Et que celui qui

88 TENNIS MAGAZINE


MARC GICQUEL :

« LE SOIR, J’AI FAIT UN MALAISE… »

L’ancien joueur français Marc Gicquel (40 ans,

38 e mondial en 2009) a connu une expérience

traumatisante lors du tournoi de Halle, en 2007.

« Fusillé » par un service de Benjamin Becker

flashé à 208 km/h qui avait fini sa course en

plein dans ses parties intimes, le Breton s’était

néanmoins relevé et avait même gagné le match. La

suite, en revanche, avait viré au calvaire...

n’a jamais hurlé contre le jeu « cassecouille

» d’un adversaire, nous jette la

première pierre ! Pour certains, ça vire

presqu’à l’obsession comme pour le très

poétique Bernard Tomic qui, l’an dernier

à l’US Open, s’était ainsi joliment

adressé à un spectateur qui l’importunait

: « S… mes boules. Je vais mettre mes

boules dans ta bouche. Et je vais te donner

un peu d’argent pour que tu te sentes

mieux après. » Romantique, non ?

Il y a des manières plus élégantes de

faire parler de ses baloches : de nombreux

joueurs comme Tsonga, Berdych,

Verdasco, Fognini ou Robredo n’ont pas

hésité à se mettre à nu dans le magazine

Cosmopolitan pour le bien d’une campagne

de prévention contre le cancer

des roupettes. Rafter est l’ambassadeur

d’une marque australienne de sous-vêtements

(Bonds), tandis que Borg, lui, a

carrément créé la sienne – Benoît Paire

en est fan – et ça nous fait penser que

les joueurs de tennis seraient peut-être

inspirés de porter des sous-vêtements à

protection légère.

Alors quand on vous dit que les joyeuses

– et les risques moins joyeux qui les accompagnent

– sont omniprésentes dans

le tennis, ce n’est pas pour rien. Vous

êtes prévenus, maintenant. Allez, balles

neuves !


« Je me rappelle très bien de cet épisode. Je menais 6/2, 1-0

lorsque c’est arrivé. Côté égalité, Benjamin me fait un service au

corps. J’avais anticipé la frappe et du coup, je ne suis pas parvenu

à bien me dégager. La balle m’a donc frappé à pleine vitesse. Sur le

coup, une douleur énorme. J’ai bien essayé de rester debout, mais la

douleur était trop vive, j’ai dû m’allonger. J’avais non seulement très

mal, mais j’étais un peu K. O, aussi. Le kiné est arrivé. Il m’a redressé,

m’a secoué, m’a fait rebondir sur les « fesses » et m’a mis de la

glace. Je me souviens qu’il faisait signe aux spectateurs de se taire.

Finalement, au bout de quelques minutes, la douleur s’est estompée.

J’ai pu reprendre le jeu, j’ai d’ailleurs gagné le 2 e set au tie-break et

donc le match. Mais je n’étais pas très bien malgré tout, comme une

sensation de ballonnement jusqu’à la fin.

Mais c’est après que les choses ont empiré. J’ai passé, je crois, la pire

soirée de ma vie ! Déjà, impossible de manger, je n’avais pas d’appétit.

Je suis rentré dans ma chambre d’hôtel et là, dans la salle de bain,

alors que j’étais appuyé sur le lavabo, j’ai fait un malaise vagal. Je

me suis réveillé allongé par terre, sans trop savoir combien de temps

j’étais resté comme ça, peut-être une trentaine de secondes. J’ai

appelé un médecin en urgence qui m’a fait des piqûres pour calmer

les spasmes.

Finalement j’ai commencé à me sentir mieux, mais le lendemain,

re-belote. Là encore, impossible de manger le matin et le midi.

Du coup, quand je me suis présenté sur le court dans l’après-midi

(face à Nieminen), je n’avais pas d’énergie. Je me sentais comme

au lendemain d’une cuite, pire même ! J’ai abandonné après avoir

perdu le 1 er set. Je suis rentré et j’ai passé une échographie qui a

montré que tout allait bien, le testicule n’était pas gonflé. Mais

la semaine suivante, à ’s-Hertogenbosh, je n’avais toujours pas

d’énergie et j’ai perdu au 1 er tour.

J’en rigole aujourd’hui, mais sur le moment cette histoire m’a vraiment

« secoué ». J’en ai d’ailleurs gardé quelques séquelles mentales

puisque pendant un moment, chaque fois que je jouais sur gazon,

j’avais l’appréhension qu’on me serve au corps. Mais c’est amusant que

vous me reparliez de tout ça parce que ce matin, en jouant au padel,

j’en envoyé un smash dans les parties intimes d’un adversaire ! »

TENNIS MAGAZINE 89


NUMÉRO SPÉCIAL ANNIVERSAIRE

À RETROUVER

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Tous les deux mois, LE magazine des 7-13 ans

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Dans chaque numéro, le portrait d’un champion et d’un grand espoir,

des jeux pour devenir incollable sur le tennis d’hier et d’aujourd’hui,

des articles pour mieux comprendre l’univers de la petite balle jaune

et mieux se comporter sur et en dehors des courts, ainsi

qu’un poster recto-verso et 8 cartes joueurs « 7 familles » à collectionner.

Toutes les infos sur notre site : www.tennismag.com


À PRENDRE, À L’ESSAI

Par la rédaction

Notre sélection de nouveautés à tester

Ça va mieux, merci !

La Maison du Tui-Na

Il y a peu, nous vous avions parlé de massages traditionnels chinois. Depuis,

comme envoûtés, nous avons poursuivi notre exploration avec la Maison

du Tui Na. Leur massage star, « An Shen », sonne peut-être comme une

onomatopée (à vos souhaits !), mais ne vous arrêtez pas à ce détail, vous

auriez tort ! Qu’on ne s’y trompe pas toutefois : ce massage soulage un

malaise ou un « inconfort général », il ne traite pas une douleur précise ou

une tension spécifique. Dans la pratique, cela donne un massage relaxant,

avec des pressions profondes sur les méridiens de tout le corps, du bout

des oreilles à la pointe des pieds, sans oublier le ventre (notre « deuxième

cerveau »), souvent réceptacle de tensions qui se cristallisent sous la forme

d’anxiété, peur, colère, insomnie, etc. Au bout de 80 minutes, vous ne

pourrez que constater à quel point le lâcher-prise est total !

Six adresses en France, 1h20, 95 €, lamaisondutuina.fr

Dunlop tout en « Precision »

« Precision 98 » – Dunlop

Avec sa « Precision 98 », Dunlop s’adresse à des joueurs ayant un profil

très polyvalent. Reconnue pour sa très grande maniabilité, cette

raquette, sortie en janvier, offre également une grande précision ainsi

qu’un très bon toucher dans n’importe quel secteur de jeu. Les volleyeurs

apprécieront sa réactivité au filet tandis que les joueurs de

fond de court se serviront de sa vitesse pour donner de l’effet à

leurs balles. De quoi vous permettre de jouer comme vous le

sentez et d’adapter à tout moment votre stratégie.

Longueur : 685 mm – Tamis : 632 cm 2 – Plan de cordage : 16x19 –

Poids : 300 g –Taille de grip : 1 à 4 – PPC : 179,95 €.

Ton thé t-a-t-il oté ta toux ?

Tensaï Tea

Certes, le contenant fait un peu

penser à une bouteille de sirop

pour la toux, mais, à la rédaction,

dans la catégorie des addicts, ce

qu’on apprécie dans ces thés glacés,

c’est qu’ils sont bio, éco-responsables,

très légèrement sucrés

au sirop d’agave et préparés dans

la pure tradition japonaise. Ils ont

un bon goût de thé (blanc, vert,

noir ou matcha) et infusés avec

une pointe de menthe ici, de myrtille

là, ou encore de gingembre ou

de sureau. Ça désaltère vraiment,

c’est LA boisson de l’été !

En magasins bio, 330 ml, environ 2 €.

TENNIS MAGAZINE 91


L’ŒIL DU SUPER-COACH

Dis, Patrick...

Des questions techniques, tactiques, mentales

ou même physiques vous taraudent ?

Vous souhaitez connaitre des détails sur

le circuit pro ou sur le jeu de manière générale ?

Demandez au coach !*

Que faites-vous en ce moment (hors Grand Chelem puisque vous êtes consultant TV) maintenant que Serena est en pause ?

En ce moment, je passe bien évidemment beaucoup plus de temps

à la Mouratoglou Tennis Academy. La période est charnière puisque

on accueille plus de 200 stagiaires jeunes et adultes par semaine

pendant l’été. C’est l’occasion pour moi de me rapprocher de mon

équipe, d’échanger avec eux plus que d’habitude.

Et puis, je développe de nombreux autres projets. J’ai lancé une

solution de coaching en ligne www.mouratoglou-ecoaching.com qui

permet à chacun, quels que soient son niveau, son âge et sa situation

géographique, de bénéficier de mes conseils pour progresser

dans son tennis.

Je travaille aussi à la réalisation de notre nouvelle académie au

Koweït qui ouvrira en 2019.

Enfin, je développe une chaine de clubs de sport en France sous

l’enseigne FEEL LIFE. Il s’agit de clubs premium mais à un tarif

abordable. J’ai pour ambition d’aider les gens à mieux vivre grâce au

sport et à la nutrition. En pratiquant une activité physique régulière

et en ayant une alimentation saine, nous pouvons diminuer

de manière très importante les risques de développer des

maladies. C’est aujourd’hui un enjeu de santé publique. Dans mes

clubs, j’y apporte ma connaissance sur ces sujets, tous les experts

avec lesquels je travaille depuis plus de vingt ans, et une dimension

coaching essentielle. Nos clients sont tous suivis, ils atteignent le

résultat qu’ils escomptent. Ils sont coachés pour atteindre leurs

objectifs. Nous y proposons également une gamme importante de

produits bios sélectionnés, et un suivi complet avec la présence sur

chaque site d’un kinésithérapeute et d’un diététicien.

Restez-vous en contact régulier avec Serena pour

parler tennis ?

Oui, Serena et moi sommes en contact régulier.

Nous avons déjà prévu son retour sur le circuit qui

s’effectuera lorsqu’elle aura retrouvé la plénitude

de ses capacités. Elle regarde beaucoup de tennis,

notamment durant Wimbledon où elle m’a fait ses

commentaires sur les matches. Elle aime particulièrement

observer de près le tennis masculin, car elle

veut continuer de progresser. Lorsqu’elle voit un joueur

réaliser un enchaînement qui lui plaît, elle me dit souvent

: « On pourra travailler ça ? J’aimerais savoir le faire ».

Elle est totalement dans cette dynamique en ce moment :

heureuse et épanouie à l’idée d’être maman pour la première

fois, et en même temps frustrée de ne pouvoir participer aux

tournois. Il faudra être patient dans la reprise, car un accouchement

n’est pas anodin, mais tout est une question de volonté et avec

Serena, tout est toujours possible.

92 TENNIS MAGAZINE


La puberté est-elle une phase compliquée à gérer ?

La puberté est effectivement une période difficile à gérer pour les jeunes, et pas

uniquement pour les joueurs de tennis ! C’est le passage de l’enfance à l’adolescence,

puis à l’âge adulte. Le joueur se découvre de nouveaux centres d’intérêt. Il

est très influençable car il se « cherche », il manque souvent d’assurance dans son

nouveau statut. Il a plus besoin de plaire, d’exister, de se détacher de ses parents, et

parfois de son entraîneur lorsque celui-ci représente une figure paternelle. Des difficultés

relationnelles avec son coach, d’autant plus lorsque le père joue ce rôle, vont

apparaître. Le sport de haut niveau implique des contraintes, on ne peut pas vivre

la vie d’un adolescent normal si l’on aspire à devenir un athlète, et l’adolescence

peut amener le jeune à remettre en cause ce choix de vie (d’autant plus lorsqu’il

ne l’a pas vraiment choisi). Enfin, tous ces bouleversements ont des conséquences

éventuelles sur la motivation du jeune et le « ressort » peut alors se casser. C’est

pour cela que l’environnement du joueur s’avère essentiel à cette période.

Patrick Mouratoglou

dirige l’Académie de tennis

qu’il a créée, décrite comme l’une des

plus performantes au monde. Située

à Sophia Antipolis, elle propose un

système de tennis-études ainsi que

des stages ouverts à tous, de janvier

à décembre (mouratoglou.com). Il a

entraîné Marcos Baghdatis, Anastasia

Pavlyuchenkova, Jérémy Chardy, Grigor

Dimitrov et Aravane Rezaï. Depuis juin

2012, il est le coach de Serena Williams

qui a remporté 10 tournois du Grand

Chelem depuis cette date.

Vous qui avez souvent coaché des femmes, sans langue de bois ni sexisme, est-ce qu’il y a des moments

où il est plus difficile de les entraîner ?

Hommes et femmes ne fonctionnent évidemment pas de la

même manière, tant sur le plan psychologique que biologique. Les

femmes gèrent la pression et le stress de manière plus ouverte que

les hommes. Elles en parlent aisément, et laissent leurs émotions

s’exprimer librement, tandis que les hommes vont chercher à les

dissimuler pour paraître plus forts. Dans ces moments-là, le coach

doit absorber leur stress et savoir faire preuve d’autorité. Il faut les

recentrer, leur donner des objectifs simples à atteindre pour que

les instants de panique disparaissent ou soient atténués. En ce

qui concerne leurs règles, c’est effectivement un moment difficile

chaque mois. Ce sport se résume souvent à la gestion de son

stress dans les moments-clés. Très clairement, la qualité du travail

en est altérée. Si cela tombe un jour de match, cela peut avoir des

conséquences fâcheuses.

Comment gérer les relations amoureuses des joueurs ?

Comment les garder concentrés pour s’entraîner et matcher

quand ils ont un peu la tête ailleurs ?

Derrière les mécaniques parfaitement huilées sur le plan

technique, tactique et physique, il y a des êtres humains avec

leurs problématiques, leurs humeurs, leurs forces et leurs

faiblesses. Il est bien évident que les événements de leur vie

privée et, plus précisément, la manière dont ils les reçoivent

sur le plan émotionnel vont avoir des répercussions sur le

plan sportif. Mais attention, il n’y a pas de règles établies en

la matière. Certains sont particulièrement affectés dans leur

tennis par les moindres problématiques rencontrées dans leur

vie privée ou un simple accrochage avec un membre du Team,

de leur famille, du cercle d’amis. D’autres joueurs, au contraire

s’en nourrissent. Lorsque tout va mal dans leur vie privée, ils se

concentrent sur leur tennis et le terrain devient le « refuge », le

lieu où ils sont capables de tout oublier, le seul où justement,

ils ne sont pas atteints par la souffrance que leur attire leur vie

privée. Ils sont alors capables de jouer leur meilleur tennis dans

les pires moments de leur vie.

*Ecrivez-nous à : infos@tennis-magazine.com

Kim Clijsters et Lleyton Hewitt alors en couple

en 2000 à Wimbledon. Séparés en 2004,

ils ont chacun vogué vers d’autres cieux.

©PROSPORT / PANORAMIC

TENNIS MAGAZINE 93


#CONNECTÉ

Par la rédaction

Le tennis suit l’ère du temps.

Nos choix « branchés ».

1 Le retour du jeu old school

#APPLI

SEGA, le célèbre éditeur de jeux,

fait son grand retour avec une collection

virtuelle baptisée SEGA

Forever. Le projet fait renaître les

classiques de la marque en version

gratuite sur mobile. Le dernier à rejoindre

le projet n’est autre que Virtua

Tennis Challenge. Disponible

sur iOS et Android, cette application

permet de se glisser dans la

peau d’un tennisman professionnel

disputant jusqu’à 18 tournois internationaux.

À coups de passings

foudroyants, défiez vos adversaires

sur terre battue, gazon ou dur. Mais

il vous faudra également gérer votre

argent, trouver les meilleurs sponsors

et remporter un maximum de

tournois. Pour les plus frileux, des

entraînements et des matches d’exhibition

permettent de se mettre en

jambes sereinement. Une version

payante sans publicité est également

téléchargeable pour 2,29 €.

2

La coupe Davis dans votre assiette

#WEB

La demi-finale de coupe Davis France-Serbie se déroulera du 15 au

17 septembre au stade Pierre Mauroy de Villeneuve-d’Ascq. Avant ou après

avoir supporté votre équipe préférée, Nice To Meal You vous propose de

partager un repas convivial chez l’habitant. Le principe est simple : choisissez

une date, le type de cuisine (régionale, italienne, asiatique…) et le prix souhaité.

Le site se charge ensuite de trouver des Ch’tis ravis de vous accueillir

chez eux, aux alentours du stade. Idéal pour débattre des performances

des Bleus tout en profitant d’un bon repas entre passionnés. En prime, vos

hôtes pourront jouer les guides touristiques. Victoire ou défaite, vous aurez

ainsi vécu votre week-end de coupe Davis à 100 %. Pour en savoir plus :

nicetomealyou.fr

LES COMPTES « OLÉ OLÉ » D’INSTAGRAM

1

SERENA WILLIAMS

@serenawilliams

6,2 millions d’abonnés

1

GRIGOR DIMITROV

@grigordimitrov

630 000 abonnés

2

EUGENIE BOUCHARD

@Geniebouchard

1,5 million

2

FERNANDO VERDASCO

@ferverdasco

192 000

3

CAROLINE WOZNIACKI

@carowozniacki

1,1 million

3

LUCAS POUILLE

@lucaspouille

92 000

94 TENNIS MAGAZINE


TIE-

BREAK

96

Légende

102

S’expressions

106

En tribune


LÉGENDE

GABRIELA SABATINI

Gaby oh Gaby

Tu es arrivée quand Borg venait de partir. On glissait doucement

d’une icône aux cheveux blonds à une chouchoute à

la crinière d’ébène. On t’adopta comme « Gaby ».

Gaby oh Gaby. Tu fus la touche glam qu’un tennis féminin à

jupettes volantes pouvait encore incarner. On découvrit ton joli

minois en 1985, alors qu’à quinze ans à peine tu affrontais Chris

Evert en demies de Roland-Garros. On te vit grandir, mûrir sous

l’œil avide des caméras couvant la nymphette. Érigée en égérie,

tu acquis vite une réputation qui te dépassa : les sponsors accouraient,

on donnait ton nom à une rose, créait une poupée à ton

effigie. Une marque de parfum voulut s’appeler Gabriela Sabatini

: elle te donnera l’occasion d’une sereine reconversion quand

viendra le moment des adieux.

À 20 ans tu atteignais ton graal : une victoire en Grand Chelem,

à l’US Open, en 1990. Ton unique sacre. Contre Steffi Graf,

celle qui t’aura privée de victoire dans tes deux autres finales, déjà

à l’US Open, en 1988, et surtout à Wimbledon, en 1991, où

tu passas si près. Ce jour-là, pourtant, sur le central de Flushing

96 TENNIS MAGAZINE


Par Clément Balta

47 ANS, NÉE LE 18 MAI 1970 À

BUENOS AIRES (ARGENTINE).

PALMARÈS : 27 TITRES, 1 US OPEN

(1990), 1 MÉDAILLE D’ARGENT

AUX JEUX DE SÉOUL (1988).

MEILLEUR CLASSEMENT :

N°3 MONDIALE (1989).

Meadows, tu l’avais terrassée par un jeu

d’attaque flamboyant. Le déclic avait eu

lieu au tour précédent contre Marie-Joe

Fernandez. À un set partout, tu décidas de

prendre le filet d’assaut, laissant dans les

mémoires un plongeon digne de Becker.

L’offensive aura pourtant fait long feu.

Ta plastique d’amazone était contredite

par ta fine élégance : le signe déjà visible

de cette ambivalence semblant te caractériser.

Tu plaisais autant aux hommes

qu’aux femmes : on aimait la virilité de

ton jeu et ce revers de bombe latine,

mieux que Vilas ; on goûtait ta discrétion

et ce coup droit flottant que n’aurait pas

renié Edberg. Une ambivalence inscrite

jusque dans tes gènes, toi qui souffrais

du syndrome de thalassémie, une anémie

héréditaire que Sampras eut aussi à combattre.

« Il m’est arrivé de dormir jusqu’à 16

heures d’affilée », as-tu révélé.

Gaby oh Gaby. Ta carrière fut à ton image,

tout en ombre et lumière. Vingt-sept titres

glanés, mais un seul en Grand Chelem, on

l’a dit, malgré 18 demi-finales. Pour 15

échecs. Étais-tu encore victime de cette timidité

maladive pour être ainsi condamnée

au meilleur second rôle, toi qui

confias qu’il t’arrivait plus jeune de perdre

des demi-finales par crainte de prononcer

un discours en cas d’ultime victoire ? Un

match – une demie, forcément – fut plus

douloureux que les autres. Encore contre

M.-J. Fernandez, menée 6/1, 5-1 en

quarts à Roland-Garros en 1993. Et pourtant,

malgré 5 balles de match, tu perdis.

Comme rattrapée par un mal étrange,

une forme pernicieuse d’autodestruction

au moment décisif. « J’étais triste et frustrée.

C’était dur d’oublier ce qui s’était passé,

cela faisait désormais partie de moi, c’était

en moi. » Deux ans plus tard, bis repetita.

Contre Kimiko Date. Là aussi, tu menas

6/1, 5-1. Là aussi, tu t’inclinas. « Peu après

j’ai décidé d’arrêter ma carrière. Une fois

prise, la décision n’a pas été difficile à vivre.

Ce qui était dur, c’était de faire comprendre

aux gens que c’était ce qui me rendait heureuse.

Je ne voulais plus être sur le court. »

Perseverare diabolicum.

Alors que reste-t-il, Gaby oh Gaby ? Un

goût d’inachèvement mêlé au sentiment

que la vraie vie est ailleurs. Avec toi c’était

le court des miracles ou le jardin secret,

les raisons de ta fragilité enfouies. Une

bête semblait sommeiller derrière la belle,

tapie dans la pénombre. « La peur est toujours

là, il faut la manipuler avec soin. Le

problème est de se confronter avec ce que

vous ne voulez pas affronter. » Tu sais gré au

tennis de t’avoir donné « autant de satisfactions,

la possibilité de voyager et [te] faire

des amis. D’apprendre des choses sur [toi]

en dépassant les obstacles. » Et le tennis te

sait gré d’avoir été une marque à double

titre : pas seulement en marketing sportif,

mais pérenne, empreinte posée dans

le temple du jeu. « Qui a jeté un regard

derrière le filet et vu l’athlète qu’était Gaby,

sa présence vivante sur le court, la façon

qu’elle avait d’électrifier le jeu, sait que son

nom appartient à l’élite du tennis, qu’il est

un riche et durable héritage pour les générations

à venir », a dit Steffi Graf lors de

ton introduction au Hall of Fame. Graf,

l’implacable et orgueilleuse championne.

« En dehors du tennis, j’aimerais que les gens

pensent de moi que je suis une bonne amie et

une bonne personne. » On se souvient alors

que tu fus la seule à t’abstenir quand il s’est

agi de voter contre le maintien de Monica

Seles au rang de n°1 mondiale après son

agression en Allemagne, en 1993. Seles,

contre qui tu fis un des trois seuls matches

en 5 sets de toute l’histoire du tennis féminin,

3 h 47 au bout de l’effort, en finale

du Masters 1990. « Elle a d’abord pensé en

être humain avant de songer au business et

au classement. Ça montre à quel point elle a

un caractère exceptionnel », a salué la Yougoslave

(à l’époque), contre qui tu perdis

aussi cette demi-finale à Roland-Garros

en 1992 qui t’aurait permis de faire un

grand pas vers la place de n°1 mondiale.

Gaby oh Gaby. Coiffure impeccable, tailleur

strict de femme d’affaires et sourire

carnassier, affable et distante à la fois, te

voilà aujourd’hui. Il y a deux ans, tu es

partie t’installer en Suisse, dans le même

canton que Federer et Hingis, on se

doute que ce n’est pas que pour le clin

d’œil tennistique. Au fond tu es une

femme d’argent. De métal également,

celui rapporté des JO de Séoul, en 1988.

Une piba de plata au pays du pibe de oro.

L’argent au cœur de l’Argentine, la couleur

mate d’une perdante magnifique,

intercalée entre les générations dorées

Evert/Navratilova et Graf/Seles. Forte

et fragile, introvertie et charismatique,

ni tout à fait la même ni tout à fait une

autre. À jamais Gaby oh Gaby, le refrain

d’un tennis romantique.


TENNIS MAGAZINE 97


JEU, SET & MARQUES

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pour messieurs ...

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TENNIS MAGAZINE 99


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estivales dans la pampa.

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TENNIS MAGAZINE 101


S’EXPRESSIONS

102 TENNIS MAGAZINE


LES MOTS

(osés)

DU

tennis

On a peut-être l’esprit mal tourné, mais certaines expressions spécifiques

au tennis nourrissent en nous quelques pensées dérivatives.

Petit lexique, interdit au moins de 18 ans…

Mental

Par Rémi Bourrieres - illustrations Juan Mendez

Jouer chaleur

Ligne, bande, prise à contre-pied, tentative

d’approche… Le jour où vous jouez chaleur,

vous tentez tout, et vous réussissez tout !

Avoir les boules

En cas de « let-gagnant » adverse sur un point

important, même les joueuses les ont !

Variante : avoir des co… Pour sauver une cruciale

balle de break en fin de 3 e set, même les joueuses

doivent en avoir !

Mouiller

Réaction « humidifiante » de l’organisme à l’approche du moment

fatidique.

Avoir du cul

Les plus grands champions en ont toujours. À ne pas confondre

avec le « Q » des joueurs issus des qualifications

Variante : avoir de la ch… Devant, derrière, quelle importance

après tout.


TENNIS MAGAZINE 103


S’EXPRESSIONS


Technique

Flirter avec la ligne

Un art difficile. Certains jours, on a beau

multiplier les tentatives de flirt, on tombe

toujours à côté. Mieux vaut alors assurer

ses coups.

Un coup chopé

Paradoxalement, quand vous « pé-cho »,

c’est en général que vous n’êtes pas

encore passé à l’attaque. Mais vous

préparez le terrain.

Un bon coup

Qu’est-ce qu’un bon coup ? Éternelle

question ! Le graal ultime est le

coup chopé parfaitement caressé qui va

venir conclure votre attaque en flirtant

avec la ligne. Bien touché !

Serrer le manche

L’art ultime, dit-on, est de savoir le serrer fermement,

mais avec souplesse. Tout un programme.

Avoir la bonne prise

Et sur ce plan, chacun sa technique. L’essentiel n’est pas

l’esthétique, mais l’efficacité.

Le banana shot

Etrange coup droit à la trajectoire

un brin phallique érigé au rang de coup

signature par Rafael Nadal.

Changements de côté

Nécessaires pour pimenter vos ébats tennistiques.

Surtout en extérieur.

Prendre à contre-pied

Faites attention quand même. Ça peut faire mal…

Service à la cuillère

Alternative un brin vicieuse au service classique.

Si ça ne passe plus « par dessus », essayez « par dessous ».

Jeu de jambes

Sorte de magnifique ballet rythmique, élevé au rang

d’art suave quasi érotique par Steffi Graf.

Caresser la balle

C’est bien beau d’avoir une belle raquette entre les mains,

encore faut-il savoir s’en servir avec un minimum de doigté.

Variante : le toucher de balle. Bien fait, c’est irrésistible.

104 TENNIS MAGAZINE


Jeu

Le tirage

Cérémonial (appelé aussi le « toss ») fait avant le match

pour décider qui va « recevoir ». Peu importe de le perdre si,

dans le tableau, vous avez hérité d’un bon tirage.

Elle est bonne !

Commentaire jouissif lorsqu’il est prononcé en votre faveur.

Quand l’adversaire joint le geste à la parole en tendant

une main soumise vers la ligne de votre exploit, vous êtes

au bord de l’orgasme.

Etre en position de conclure

Position rare – chère à Jean-Claude Dusse – qui se mérite,

en passant constamment à l’offensive, y compris face

à beaucoup plus fort que vous. Oubliez que vous n’avez

aucune chance, foncez !

Un coup sur la bande

Coup extrêmement vicieux qui saura titiller passablement

votre excitation.

Jouer profond

Se dit d’un joueur capable de s’aventurer au-delà de sa zone

de confort et de flirter avec la ligne de fond sur toutes

les balles. Ce joueur-là conclut presqu’à tous les coups.

Limer du fond de court

Se dit d’un joueur qui, se sachant limité en puissance,

va plutôt miser sur l’usure adverse. Doté d’une

endurance respectable, il alterne les coups en

profondeur avec les « chops » vicieux. Peut se

montrer fatigant !

Une tentative d’approche

Ce n’est pas vraiment une attaque, plutôt une manière

de tâter le terrain un peu dans l’inconnu.

Par exemple, monter au filet en caleçon est

une tentative d’approche.

Love

Curieuse manière anglo-saxonne d’annoncer le score.

Love-fifteen, thirty-love, etc. Ok, vous êtes à zéro,

mais c’est joliment dit !

T’en as deux ?

Question stupide classiquement posée par le

relanceur à l’attention du serveur. Oui, c’est bon,

j’en ai deux, merci ! Moins drôle quand le serveur est

une serveuse.


TENNIS MAGAZINE 105


EN TRIBUNE

Lecteurs, faites-nous part de vos coups de cœur, vos coups de gueule,

vos questions. Engagé ? Commencez votre courrier par « Moi, je sais

pourquoi... » et finissez par « mais, ça n’engage que moi ». Mais vous

pouvez aussi, simplement, réagir à un article ou à un événement.

N’hésitez pas

à nous contacter sur

infos@tennis-magazine.com

Une question ?

Je me pose une question : qui est le « vieux

Monsieur » avec un chapeau noir style cow-boy,

costume noir qui est tous les jours depuis des

années dans la loge des familles du court central ?

Merci.

André Protin

Nous avons posé la question à l’organisation

du tournoi, et cet homme est en fait un

volontaire en charge de la garde de la

Players’ Box (la loge où s’assoient les

familles des joueurs sur le Centre Court)

depuis de nombreuses années.

©ACTION PLUS/PANORAMIC

« MOI, JE SAIS POURQUOI…

Djokovic ne gagnera plus Wimbledon...

... et probablement plus d’autres Grands Chelems dont

Roland-Garros.

J’avais déjà fait cette remarque avant son abandon à

Wimbledon. En effet, il n’a pas modifié sa façon de jouer

les points importants, à la différence d’un Nadal beaucoup

plus offensif en montée au filet et sur deuxième balle de

service. Djokovic est trop attentiste, et s’il est certes un

excellent distributeur de balles gênantes en se campant

au fond du court, combien d’échanges longs pourrait-il

s’épargner en les abrégeant au filet quand les circonstances

le permettent... En fait, il ne tente pas grand chose (prise

de risque minimum) ; pas étonnant de surcroît, du fait

qu’il prend de l’âge, qu’il se fatigue inutilement dans

les matches au meilleur des cinq sets et ne tienne pas la

distance en fin de quinzaine.

Et puis, que dire du « non plaisir » de le regarder jouer par

rapport aux autres ténors du circuit : outre l’agacement

légitime que l’on ressent à la suite de ses interminables

rebonds de préparation de service (dont l’acceptation de

dépassement de temps par des arbitres consentants, laisse

songeur...), son jeu stéréotypé nous « emm... », il faut

bien le dire. Sans s’approcher de la « légende » Federer, il

pourrait essayer de nous faire rêver un peu...

Mais ça n’engage que moi. »

B. Gerolami (courriel)

©FOTOS/PANORAMIC

106 TENNIS MAGAZINE


Jacques Dorfmann,

l’arbitre aux 15 000 matches

La première fois que j’ai rencontré Jacques Dorfmann,

c’était au début des années 80 lorsque je participais au

tournoi de la Chataigneraie à Rueil-Malmaison et que lui

officiait en tant que juge-arbitre. Je me rappelle de sa

bienveillance à l’époque pour arranger ceux qui avaient

des horaires compliqués et aussi de sa prédominance pour

les jeux de mots. Ainsi, je revois encore dans le tableau un

match Ledru contre Rollin.

La dernière fois que je l’ai rencontré, c’est en juillet 2016 au

Racing alors qu’il supervisait des matches de jeunes en vue

de remettre un prix du fair-play, en l’occurrence le prix Jean

Borotra. Borotra qui fut l’une de ses idoles, qu’il a connu

lorsqu’il avait 60 ans, mais qu’il aurait bien aimé connaître

au temps de sa gloire, 30 ans plus tôt.

Parmi ses autres idoles (Chaban-Delmas qu’il a fait jouer

sous des anagrammes par discrétion, Louis le Prince

Ringuet, le prototype selon lui de l’homme universel), c’est

sans aucun doute Philippe Chatrier qui a le plus compté

dans sa vie. Ce 6 juillet 2016, il gardait précieusement

un petit cartable avec à l’intérieur une photo de l’ancien

président de la FFT.

Cet homme dont la modestie était l’une de ses

caractéristiques et qui à chaque match arbitré se remettait

en question aurait aimé vivre au XIX e siècle, « celui

des grandes aventures littéraires et artistiques » et se

considérait lui-même comme une sorte de « dinosaure ».

Sa devise, empruntée à Voltaire était : « J’ai fait un peu de

bien, c’est mon meilleur ouvrage ».

Eric Debray, Rueil-Malmaison

LE « MOI » DU MOIS

Stanislas avec

Grigor Dimitrov pendant

Roland-Garros 2017.

Envoyez vos plus beaux selfies avec un joueur

(infos@tennis-magazine.com)

un cadeau offert au cliché publié.

LES LECTEURS DU MOIS

Pas peu fiers de voir la famille

Tennis Mag s’agrandir !

Oscar, 3 ans, fait la lecture à

Arthur, 1 mois, les super boys

d’Alexandra, notre secrétaire

de rédaction. Tandis que Giulia,

1 mois, fait une pause post

entraînement sous le regard

attendri de son papa,

Jean-Baptiste, rédacteur.

Longue et belle vie à eux !

TENNIS MAGAZINE 107


BODY PUZZLES

À QUI SONT…

... ces pièces de choix ?

1

2

3

4

5

108 TENNIS MAGAZINE


Sélection de la rédaction

6

7

9


10

8

TENNIS MAGAZINE 109


BODY PUZZLES

11


12

13

14

110 TENNIS MAGAZINE


Sélection de la rédaction

15 16

17

18

19


TENNIS MAGAZINE 111


BODY PUZZLES

1 2 3 4

Les réponses !

5


6

1 Roger Federer

2 Bethanie Mattek-Sands

3 Anna Kournikova

4 Rafael Nadal

5 Janko Tipsarevic

6 Maria Sharapova

7 Guy Forget

7

8 Robin Söderling

9 Simona Halep

10 Jo-Wilfried Tsonga

11 Martina Hingis

12 Marat Safin

13 Nana Miyagi

14 Gaël Monfils

8 9 10

11 12 13 14

15

16

17 18 19

15 Novak Djokovic

16 Garbiñe Muguruza

17 Elena Vesnina

18 Serena Williams

19 Yannick Noah

2 - 3 - 9 - 10 - 18 : ©FOTOS/PANORAMIC • 4 - 8 - 12 : A.COUVERCELLE -• 5 - 14 - 16 : V.BOUYER • 6 : ZM/PANORAMIC • 11 : S.PHILIPPOT • 13 : IMAGO/PANORAMIC • 15 : EQI / PANORAMIC • 17 : PHOTOSPORT/PANORAMIC • 19 : C. GUIBBAUD

112 TENNIS MAGAZINE


TOUT PETIT DÉJA…

Par Rémi Donat

SACRÉE

GOURMANDE !

G

ourmande, comme on peut le voir, cette

petite a su transformer ses doux rêves en

réalité. Aujourd’hui, si elle aime les strass

et les paillettes – elle est l’une des égéries d’adidas

– c’est avant tout le tennis qui occupe sa vie.

Née à Odense en 1990 de parents polonais, cette

blondinette débute le tennis à l’âge de 7 ans avec

son père Piotr, ancien footballeur professionnel.

Encore aujourd’hui, papa ne gravite jamais très

loin de sa fille. Prometteuse, la Danoise remporte

l’Orange Bowl à 15 ans avant d’être sacrée chez

les juniors en 2006 sur le gazon de Wimbledon.

Puis elle réalise très vite la transition vers le monde

professionnel en devenant la vingtième n°1 mondiale

de l’histoire en 2010, à l’âge de 20 ans. Si elle

compte déjà 25 titres à son palmarès, elle n’a toujours

pas conquis le Graal : une victoire en Grand

Chelem. Et ce malgré deux finales disputées à

l’US Open en 2009 et 2014. Moins en verve ces

dernières saisons, cette résidente monégasque est

revenue à un excellent niveau en 2017, retrouvant

sa place dans le top 10. Mais à 26 ans, l’ex-fiancée

de Rory Mcllroy (ancien n°1 mondial en golf) a

encore bien des atouts à faire valoir.


Réponse : il s’agit de Caroline Wozniacki

TENNIS MAGAZINE 113


IL Y A PRESCRIPTION…

Par Alain Deflassieux

Servez CHAUD !


En marge de sujets sur le sexe et le tennis,

voici une petite sélection d’anecdotes à peu

près racontables, retenues en 40 années de

carrière…

L’un des plus grands dragueurs du monde

du tennis était sans conteste le Roumain Ilie

Nastase (photo). Les filles, les filles, les filles !

Il les adorait et profitait de son charme et de

sa notoriété pour accumuler les conquêtes

d’une nuit. Un secret pour personne, luimême

s’étant vanté d’avoir séduit plusieurs

centaines de partenaires tout au long de sa

carrière dans son autobiographie, Mister Nastase.

Avant d’être marié, pendant qu’il était

marié et après plusieurs divorces, il n’a jamais

arrêté. Rapide, il était rapide, notre ami Ilie !

Je peux en témoigner puisqu’au début des années

70, au cours d’une soirée organisée chez

moi, je le retrouvais, à peine arrivé, occupé

avec une copine peu farouche, sur un fauteuil

de ma chambre.

Parmi les meilleurs élèves du Maître roumain,

il faut citer le Russe Marat Safin, si sympa, si

drôle, qui ne se cachait pas de collectionner

les conquêtes. Le plus bel exemple de son attirance

pour le sexe opposé reste la mémorable

conférence de presse qu’il donna un jour à

l’Open d’Australie 2002. Ce jour-là, dans sa

loge, se trouvaient trois créatures très déshabillées,

cibles des photographes. Lorsqu’on

lui demanda qui étaient ces personnes, il

répondit avec un petit sourire en coin qu’il

s’agissait de ses cousines ! En fait, ces aguichantes

créatures sortaient dit-on d’une maison

close de Melbourne, visitée par Safin 48

heures plus tôt (voir p. 54)…

Les filles faciles, la plupart des caïds du circuit

en ont profité depuis des lustres. Mais on a

vu aussi des joueurs et des joueuses se mettre

ensemble. Généralement, leurs liaisons n’ont

duré qu’un temps. Ainsi, Carlos Moya et

Flavia Pennetta, Lleyton Hewitt et Kim Clijsters,

Jimmy Connors et Chris Evert, pour

ne citer qu’eux, ont fini par se séparer. Les

deux premiers couples du fait de l’infidélité

© PROSPORT/PANORAMIC

du monsieur, le troisième parce que la carrière

personnelle des deux tourtereaux passait

avant le mariage.

Sur le circuit féminin, on a connu, et on

connaît encore, de nombreuses joueuses en

ménage avec leur coach. Ces liaisons sont

souvent éphémères parce qu’un beau jour,

la joueuse reproche à son amant-entraîneur

d’être la cause de ses défaites. Ce genre de

rupture appartient au domaine privé sauf

lorsqu’un coach éconduit choisit de se venger

par presse interposée, comme le fit Thomas

Prerovsky aux dépens de la ravissante

Autrichienne Barbara Schett. Lorsqu’ils

se séparèrent après le tournoi de Roland-

Garros 2001, l’homme se confia sans pudeur

à un tabloïd anglais pendant Wimbledon. Il

expliqua avec moult détails la relation fusionnelle

qui les poussaient souvent à rentrer

prestement à l’hôtel après un match pour

faire l’amour alors que la jeune joueuse était

encore en tenue de tennis ! Jusqu’au jour où,

après un huitième de finale perdu à Roland-

Garros en 2001, Barbara le congédia sans

ménagement. D’où la vengeance…

La pauvre Barbara – aujourd’hui heureuse

épouse et mère de famille, consultante sur

Eurosports – se consola avec le pilote de Formule

1 Enrique Bernoldi. Un jour, mon

vieil ami journaliste Jean-Louis Moncet, le

« Pape » du sport automobile, me posa une

drôle de question : « J’ai vu sur un Grand Prix

Bernoldi porter une veste de survêtement avec

écrit “Barbara Schett” dans le dos puis, quelques

semaines plus tard, arborer un tee-shirt “I love

Jelena”, étrange non ? » Jean-Louis ignorait

que lors du tournoi de Berlin 2002, le pilote

était arrivé en compagnie de Barbara à la soirée

du tournoi et qu’il en était reparti avec

Jelena Dokic.

Des histoires de liaisons, de ruptures, il y en

a des floppées depuis que les tournois internationaux

existent. Certaines ont fait la Une

des journaux people comme la romance

entre Guillermo Vilas et Caroline de Monaco,

surpris par des paparazzis à Hawaï en

1982. D’autres se passent en toute discrétion.

Ainsi, en 2007, Anastasia Myskina, battue au

1 er tour de Roland-Garros, me confiait que

l’heure de la retraite avait sonné. Comme

je lui demandais si elle allait suivre son

boyfriend, l’Autrichien Jurgen Melzer, elle

me répondit du tac au tac : « Suivre Melzer ?

Surement pas, Vaidisova me l’a piqué ! ».

Ladite Nicole Vaidisova, sculpturale Tchèque

aujourd’hui à la retraite, a fait partie des

conquêtes de l’inénarrable Radek Stepanek.

Ce dernier, l’un des grands tombeurs du circuit,

a – entre autres – été fiancé à Martina

Hingis, marié à Vaidisova, a divorcé, puis

s’est mis en couple avec Petra Kvitova, avant

de voler vers d’autres aventures...

ALAIN DEFLASSIEUX

Ancien rédacteur en chef de Tennis

de France (1971 à 1989) puis chef

de rubrique tennis pour le quotidien

l’Equipe de 1989 jusqu’à sa retraite

en 2009, il a signé plus de 40 ans

de reportages sur tous les tournois

de la planète.


114 TENNIS MAGAZINE


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