13.09.2017 Vues

Haiti Liberte 13 Septembre 2017

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong> <strong>Haiti</strong> 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00<br />

HAÏTI LIBERTÉ<br />

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE<br />

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162<br />

Email: editor@haitiliberte.com<br />

Web: www.haitiliberte.com<br />

MANIFESTATION CONTRE LA LOI<br />

DE FINANCES <strong>2017</strong>-2018 !<br />

Arestasyon Milot<br />

Berger nan Senmak<br />

Page 6<br />

English<br />

Page 9<br />

Jean Claudel Merismas<br />

Coup d’œil sur l’arrivée<br />

des migrants<br />

haïtiens au Canada<br />

venus des États-<br />

Unis!…<br />

Page 7<br />

Voir page 4<br />

Le mardi 12 septembre, les manifestants parcourent les rues de la Capitale, aux cris de « Ne touchez pas à Don Kato », nous brûlerons le<br />

parlement »! « À bas Jovenel » disent-ils « à bas la bourgeoisie, nous n’obéirons pas » « Liberté ou la mort, la révolution va commencer »<br />

UTILISER LES DÉCHETS POUR SORTIR HAÏTI<br />

DU BLACKOUT – UN PARI POSSIBLE ?<br />

Conférence internationale<br />

« Octobre<br />

– 100 » à Léningrad<br />

et déclaration des<br />

partis communistes<br />

et ouvriers !<br />

Page 10<br />

Voir page 4<br />

Le profil général des déchets urbains haïtiens est marginal pour la production d'électricité soit par combustion soit par digestion<br />

anaérobie combinée à la combustion du gaz. Ceci est dû à sa teneur élevée en humidité et à ses niveaux marginaux de plastique et de<br />

papier hautement inflammable<br />

Argentine : Où<br />

est Santiago<br />

Maldonado ?<br />

Page 17


Editorial<br />

HAITI<br />

LIBERTÉ<br />

Irma, le Capitalisme et la Solidarité !<br />

1583 Albany Ave<br />

Brooklyn, NY 11210<br />

Tel: 718-421-0162<br />

Fax: 718-421-3471<br />

Par Berthony Dupont<br />

«Tant que ne s’achèvera pas le colonialisme, tant<br />

que ne s’achèvera pas l’impérialisme et je dirais<br />

plus: tant que ne s’achèvera pas le capitalisme, nous<br />

aurons des situations et des peuples vivant la douloureuse<br />

situation que vit Haïti».<br />

Hugo Chavez<br />

Il est évident, ce ne sont pas les ouragans qui en<br />

réalité appauvrissent, attaquent, déstabilisent et<br />

détruisent les pays pauvres ; mais bien les catastrophes<br />

économique, politique, sociale, humanitaire et<br />

néolibérale que nous administrent les puissances<br />

tutrices.<br />

Le cyclone Irma vient de dévaster certains pays<br />

frères de la Caraïbe ; mais il a épargné Haïti ; sauf que<br />

dans le Nord, la ville du Cap-<strong>Haiti</strong>en a été inondée,<br />

dans le Nord-est où il a provoqué de nombreux dégâts<br />

matériels, de plusieurs blessés, un disparu et un mort<br />

dans le Département du Plateau Central.<br />

Quand bien même onze mois après l’ouragan<br />

Matthew, sept années après le séisme de 2010, il ne<br />

reste plus rien comme infrastructure dans le pays et<br />

les fonds de donation reçus pour la soi-disant reconstruction<br />

ont été kidnappés, puis volés par les Clinton<br />

et la Croix-Rouge américaine. Imaginez, cette fois-ci<br />

qu’Haïti serait également frappée par le cyclone Irma,<br />

ce serait inévitablement notre complète destruction<br />

qui ne serait pourtant qu’une aubaine, qu’une autre<br />

occasion d’affaires pour les multinationales.<br />

Heureusement, Irma a évité Haïti ; mais cela<br />

n’empêchera pas que la population vivant déjà sans<br />

accès à des latrines, soit exposée davantage dans le<br />

Nord du pays à une augmentation de l’épidémie du<br />

Cholera, fruit de cette occupation criminelle, scélérate<br />

qui continue de faire de très nombreuses victimes au<br />

pays.<br />

L’ouragan capitaliste n’attend pas lui-même la<br />

saison cyclonique. Son crime s’inscrit dans le cadre<br />

de la reconquête coloniale de certains pays. Irma n’est<br />

pas ce bourreau omnipotent qui nous attaque quotidiennement<br />

et utilise son aide humanitaire comme une<br />

véritable arme répressive qui s’applique aujourd’hui<br />

aux uns, demain aux autres pour nous piller et nous<br />

exploiter de sorte que nous restions vulnérables à<br />

toute sorte de calamité même la plus insignifiante.<br />

L’unique et inique ouragan qui nous ruine ne<br />

prendra fin que lorsque le peuple haïtien en l’occurrence<br />

les travailleurs, les ouvriers, les paysans pauvres<br />

finiront par s’allier pour combattre le système<br />

abominable qu’est le capitalisme et ses représentants<br />

locaux qu’il renouvelle à chaque élection, faux<br />

changements de casquette et de visage pour cacher<br />

la hideuse façade de leur édifice d'exploitation à outrance<br />

et de leurs ignobles manœuvres pour protéger<br />

et consolider les intérêts des sociétés multinationales<br />

au mépris des aspirations populaires.<br />

Il nous faut essayer par tous les moyens de dépasser<br />

le stade de prise de conscience pour entrer<br />

dans celle de la riposte active, organisée et structurée<br />

contre notre domination centenaire, la plus rétrograde<br />

de l’impérialisme américain.<br />

Cuba et le Venezuela malgré leur situation précaire<br />

viennent d'exprimer leur solidarité agissante à<br />

certains pays tels que : Antigua, Barbuda, Saint Kitts,<br />

Nevis, Santa Lucia, les Bahamas, la Dominique et<br />

Haïti où 750 professionnels de la santé publique cubaine<br />

sont arrivés pour aider les victimes.<br />

Voilà un exemple de solidarité agissante qui ne<br />

masque ni ingérence ni insouciance étrangère. Cuba<br />

a été aussi frappé par Irma ; il importe toutefois de<br />

prendre acte que c’est la voie non-capitaliste pour le<br />

développement harmonieux et stable de ses ressources<br />

naturelles puis son système de transformation<br />

socialiste de la société qui l’a aidé à vaincre les catastrophes<br />

naturelles ou orchestrées jusqu’à trouver<br />

moyen de tendre une main fraternelle et internationaliste<br />

à d’autres îles de la Caraïbe pourtant otages des<br />

Occidentaux.<br />

Non à la domination impériale !<br />

Vive la lutte du peuple haïtien !<br />

Vive la solidarité internationaliste<br />

Vive le socialisme!<br />

3, 2ème Impasse Lavaud<br />

Port-au-Prince, <strong>Haiti</strong><br />

Email :<br />

editor@haitiliberte.com<br />

Website :<br />

www.haitiliberte.com<br />

DIRECTEUR<br />

Berthony Dupont<br />

RÉDACTEUR EN CHEF<br />

Dr. Frantz Latour<br />

RÉDACTION<br />

Berthony Dupont<br />

Wiener Kerns Fleurimond<br />

Kim Ives<br />

Frantz Latour<br />

Guy Roumer<br />

CORRESPONDANTS<br />

EN HAITI<br />

Daniel Tercier<br />

Bissainthe Anneseau<br />

COLLABORATEURS<br />

Marie-Célie Agnant<br />

J. Fatal Piard<br />

Catherine Charlemagne<br />

Pierre L. Florestal<br />

Yves Camille<br />

Jacques Elie Leblanc<br />

Roger Leduc<br />

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Henriot Dorcent<br />

Dr. Antoine Fritz Pierre<br />

Jackson Rateau<br />

Eddy Toussaint<br />

Ray Laforest<br />

Edmond Bertin<br />

Robert Garoute<br />

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Ing. Roosevelt René<br />

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ADMINISTRATION<br />

Marie Laurette Numa<br />

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DISTRIBUTION: MIAMI<br />

Pierre Baptiste<br />

(786) 262-4457<br />

COMPOSITION ET ARTS<br />

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2 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


A Travers <strong>Haiti</strong><br />

Le combat du sénateur Cheramy au sénat contre le budget <strong>2017</strong>-2018<br />

Par Jackson Rateau<br />

Le Sénateur de l’Ouest<br />

Antonio Cheramy (Don kato)<br />

Un seul homme s’est dressé face<br />

à une assemblée de putrides formant<br />

la chambre haute de la République<br />

d’Haïti. Les sénateurs d’Haïti se<br />

font appeler aussi l’assemblée des sages;<br />

mais en fait ils sont une véritable<br />

goguenardise ou moquerie pour cette<br />

république altière (Haïti) ayant pour<br />

représentants ce ramassis de vicieux,<br />

de mafia, sorte de composante de la<br />

50e législature.<br />

Assisté de trois autres dont le<br />

représentant du Sud-est, Ricard Pierre,<br />

celui des Nippes, Nènel Cassis et le<br />

Nord-ouest Evalière Beauplan, Antonio<br />

Cheramy (Don kato) se dresse<br />

contre 24 véreux pestilentiels, bien<br />

monnayés par la présidence pour entériner<br />

le budget scélérat de l’exercice<br />

fiscal <strong>2017</strong> – 2018. On parle d’une<br />

étonnante somme de deux millions de<br />

gourdes à chacun des parlementaires.<br />

Cette loi de finances <strong>2017</strong> –<br />

2018, a été homologuée dans la<br />

chambre basse d’Haïti dans la nuit du<br />

9 Août <strong>2017</strong>. Le mardi 5 <strong>Septembre</strong><br />

<strong>2017</strong> dernier, c’était le tour des sénateurs<br />

d’accomplir leur tâche d’adopter<br />

ou de reprouver cette prévision<br />

budgétaire, sorte de loi de répression<br />

ou de châtiment des pauvres, mais le<br />

bien-être ou la félicité de la classe des<br />

nantis ou des riches. Votée presque à<br />

l’unanimité au sénat de la République,<br />

cette loi budgétaire a été retournée à<br />

la chambre basse pour avoir été l’objet<br />

d’une infime correction à la chambre<br />

haute; la correction d’une phrase au<br />

fameux article 17 dans laquelle on enlève<br />

le mot forfaitaire... Fourvoyant la<br />

population qu’il prend pour imbécile, le<br />

sénateur Senatus s’est targué d'avoir<br />

proposé cet énorme changement dans<br />

cette loi budgétaire.<br />

Le samedi 9 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>,<br />

entérinée à la chambre des députés<br />

après la deuxième lecture, ce projet<br />

budgétaire calculé sur mesure par les<br />

bandits légaux, est devenu une loi,<br />

malgré tous les remous des masses<br />

populaires.<br />

Le sénateur Antonio Cheramy<br />

(Don Kato), soustrayant Salomon,<br />

Rica Pierre, Nènel Cassis et Beauplan<br />

qui, semble-t-il, s’alignent sur sa position,<br />

était l’unique courageux ou titan<br />

à pouvoir se dresser contre ces 24 pervers<br />

de la chambre haute d’Haïti.<br />

Après avoir réduit le rapport de<br />

la commission en miettes, le sénateur<br />

Cheramy, armé d’une clochette qu’il<br />

carillonna parcourut toute la salle de<br />

séances du sénat de la République,<br />

aux cris de «Baré vòlè». Il perturba<br />

tout de go la séance de ratification<br />

de cette loi qui aspire à asphyxier la<br />

masse populaire haïtienne.<br />

La nuit du mercredi 6 au jeudi<br />

7 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>, l’assemblée des<br />

sénateurs s’était à nouveau assise<br />

pour plancher sur le budget déloyal,<br />

infâme du gouvernement des bandits<br />

légaux de PHTK # 2.<br />

Aux environs de 9:00 heures du<br />

soir, le débat était lancé sur le fameux<br />

budget avec deux représentants des<br />

bandits légaux en occurrence le sénateur<br />

du Nord-ouest membre du PHTK<br />

Kedler Augustin et celui de l’Ouest<br />

Jean Renel Senatus.<br />

Quoique la résistance des sénateurs<br />

(Antonio Cheramy, Nènel Cassis,<br />

Evalière Beauplan, Ricard Pierre et Salomon)<br />

vers minuit le mercredi 9 <strong>Septembre</strong>,<br />

le Sénat en absence de ces 4,<br />

a voté le budget criminel par 19 voix<br />

pour, une voix contre et 3 abstentions.<br />

1585 ressortissantes et ressortissants haïtiens rapatriés à<br />

Belladère au cours du mois d’août <strong>2017</strong><br />

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Des migrantes et migrants haïtiens lors d'une opération de rapatriement<br />

à la frontière de Carisal/Elias PiñaPhoto: Archives GARR<br />

Des agents de la migration et des<br />

militaires dominicains ont rapatrié<br />

1585 migrants haïtiens à la frontière<br />

de Carisal/Elias Piña, à Belladère, au<br />

cours du mois d’août <strong>2017</strong>. Au nombre<br />

des rapatriés qui sont en majorité<br />

des hommes figurent 51 femmes, 72<br />

garçonnets et 2 fillettes. Plusieurs de<br />

ces personnes ont déclaré avoir été<br />

gardées pendant plus de 10 jours au<br />

centre carcéral de Haina avant d’être<br />

reconduites en Haïti. Elles ont subi<br />

divers cas d’abus lors de ces opérations<br />

de rapatriements. 10 rapatriés se<br />

sont vu confisquer leur argent et leurs<br />

téléphones portables.<br />

La majorité de ces migrants haïtiens<br />

ont vécu plusieurs années en<br />

territoire dominicain notamment à San<br />

Juan, Santo Domingo, Azua et Higuey.<br />

Certains disent avoir été séparés de leur<br />

famille. Tel est le cas de Joël, 43 ans,<br />

originaire de Ouanaminthe (Nord-est)<br />

qui vivait à Santo Domingo depuis 20<br />

ans. Il a déclaré qu’il travaillait dans<br />

une plantation agricole dominicaine et<br />

y détenait aussi sa propre plantation.<br />

Il a été rapatrié et contraint de<br />

laisser ses 3 enfants en République<br />

dominicaine, a-t-il confié au GARR.<br />

Il a critiqué le comportement des militaires<br />

dominicains qui ne lui ont pas<br />

accordé de temps pour récupérer ses<br />

biens accumulés pendant de longues<br />

années de durs labeurs en République<br />

Dominicaine. Le quadragénaire<br />

a dénoncé également des militaires<br />

dominicains qui auraient confisqué des<br />

téléphones portables et de l’argent des<br />

migrants avant de les reconduire à la<br />

frontière. « J’ai été intercepté à Santo<br />

Domingo au moment où je devais<br />

rencontrer un ami. Deux militaires<br />

dominicains m’ont fait signe d’arrêter<br />

et m’ont intimé l’ordre de monter<br />

dans un bus qui avait déjà plusieurs<br />

autres ressortissants haïtiens. Nous<br />

avons été incarcérés pendant 14 jours<br />

à un centre de détention avant d’être<br />

expulsés du territoire dominicain.»,<br />

a-t-il indiqué.<br />

La situation n’est pas différente<br />

pour Hubert, 35 ans, qui a vécu 17<br />

ans à San Juan. Il travaillait dans le<br />

domaine de la construction. Le ressortissant<br />

haïtien a été accueilli par le<br />

GARR à Belladère dans des conditions<br />

critiques. Parallèlement, de nombreux<br />

Haïtiennes et Haïtiens résidant dans<br />

les zones frontalières qui ont l’habitude<br />

de bénéficier des soins médicaux<br />

dans des hôpitaux dominicains, se<br />

voient refuser l’accès depuis plusieurs<br />

jours, a appris le GARR auprès du Réseau<br />

Frontalier Jeannot Succès (RFJS).<br />

Une décision qui vient compliquer<br />

la situation des résidentes et<br />

résidents des zones frontalières notamment<br />

des femmes enceintes qui<br />

fréquentent les maternités des hôpitaux<br />

dominicains avant et pendant<br />

leur accouchement. Soulignons que de<br />

juin 2015 au 17 août <strong>2017</strong>, 218,610<br />

migrants haïtiens ont été contraints de<br />

traverser la frontière. Parmi lesquels<br />

128,483 retournés spontanés et<br />

90,127 rapatriés ont été recensés.<br />

Le GARR exhorte le gouvernement<br />

haïtien à travailler avec son homologue<br />

dominicain en vue d’octroyer<br />

du temps aux migrants haïtiens de<br />

récupérer leurs biens avant toutes les<br />

opérations de rapatriements comme<br />

l’exige d’ailleurs le protocole d’accord<br />

du 2 décembre 1999.<br />

Il en profite pour plaider en<br />

faveur de la construction des centres<br />

hospitaliers dans les zones frontalières<br />

au bénéfice des Haïtiennes et Haïtiens<br />

qui y résident. Ce qui leur permettra<br />

d’avoir accès aux soins de santé sans<br />

avoir besoin d’aller se faire soigner en<br />

territoire dominicain.<br />

Joel H. Poliard<br />

M.D., M.P.H.<br />

Family and Community<br />

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

3


Manifestation contre la loi<br />

de finances <strong>2017</strong>-2018 !<br />

Par Marie Laurette Numa<br />

Depuis le vote par le Senat de la<br />

loi de Finances <strong>2017</strong>-2018, le<br />

vendredi 8 septembre <strong>2017</strong>, un vent<br />

de mobilisation semble timidement<br />

souffler à nouveau dans le pays pour<br />

combattre les nouvelles taxations du<br />

gouvernement Moise-Lafontant sur la<br />

population.<br />

A cette fin, Fanmi Lavalas appelle<br />

à une manifestation pour le lundi<br />

11 septembre pour commémorer de<br />

biens tristes souvenirs tels l’assassinat<br />

crapuleux d’Antoine Izméry en 1993<br />

et le massacre de l’église de Saint-Jean<br />

Bosco en 1988 par les brassards rouges<br />

de Franck Romain tout en dénonçant le<br />

vote de la loi de Finances.<br />

L’ancien sénateur et candidat<br />

à la présidence de la Plateforme Pitit<br />

Dessalines Jean Charles Moise entre<br />

dans la danse et annonce lui-même une<br />

autre manif pour le mardi 12 septembre<br />

contre le budget et le pouvoir en place.<br />

Ainsi le lundi 11 septembre pour<br />

essayer de désorienter les appels à la<br />

mobilisation, la présidence dans une<br />

conférence de presse au Palais national<br />

par deux de ses quatre porte-parole en<br />

l’occurrence Tamara Orion et Martine<br />

Denis Chandler s’est montrée toutefois<br />

satisfaite de ce que les Parlementaires<br />

dont la majorité acquise au gouvernement<br />

ont voté à la chambre Basse<br />

et Haute l’adoptation de la loi de Finances<br />

<strong>2017</strong>-2018 du gouvernement<br />

Moise-Lafontant ; mais reste prudente<br />

cependant pour amadouer le peuple,<br />

Tamara elle-même l’appelait au calme<br />

Des barricades en flammes<br />

Tout au long du parcours, les manifestants chantent et lancent des<br />

slogans très hostiles aux parlementaires et au président de la république<br />

Jovenel Moïse qu’ils accusent non seulement d’inculpé, mais travaillant<br />

au service de la bourgeoisie<br />

En conférence, deux des quatre porte-parole de la Présidence en l’occurrence<br />

Martine Denis Chandler et Tamara Orion, le lundi 11 septembre écoulé<br />

Le ministre de la Justice et de la<br />

Sécurité Publique M. Heidi Fortuné<br />

en lui faisant croire que cette loi votée<br />

« allait permettre à l’exécutif d’ouvrir<br />

une série de grands chantiers dans le<br />

pays de sorte que tous les citoyens bénéficient<br />

des services auxquels ils ont<br />

droit ». Malheureusement, ces propos<br />

n’ont pas pu en aucune façon stopper<br />

les masses défavorisées mécontentes<br />

et prêtes à protester contre cette loi<br />

d’exploitation forgée pour les mettre<br />

davantage à genoux dans la misère et<br />

la pauvreté.<br />

Les organisations de droits humains<br />

ne sont pas restées indifférentes,<br />

elles sont entrées dans la partie<br />

pour exprimer leur ras le bol face<br />

à cette loi de finances. Ainsi, le lundi<br />

11 <strong>Septembre</strong>, dans une conférence de<br />

presse également, la coordonatrice de<br />

l’organisation CE-JILAP, Jocelyne Colas,<br />

a fait savoir que « ce budget n’est<br />

pas en conformité avec la constitution<br />

puisqu’il ne conduira le pays que vers<br />

plus d’inégalité sociale, de misère,<br />

d’injustice et de corruption ». Me Joseph<br />

Maxime Rony coordonnateur général<br />

de la Plateforme des Organisations Haïtiennes<br />

des Droits Humains a pour sa<br />

Utiliser les déchets pour sortir Haïti<br />

du blackout – Un pari possible ?<br />

Enquête réalisée par Milo MILFORT/ ENQUET’ACTION*<br />

Des tonnes d’ordures accueillent les<br />

visiteurs, riverains et travailleurs<br />

sur une route où trainent des chiens,<br />

cabris, porcs et capsules de bouteille de<br />

cola. Des tentes et maisons de fortune<br />

où vivent plusieurs centaines de personnes<br />

dans des conditions précaires<br />

longent l’entrée. Ici, des chômeurs<br />

et riverains montent la garde. A l’intérieur,<br />

chiffonniers mal équipés, animaux,<br />

moustiques et déchets qu’ils<br />

soient médicaux, organiques, plastiques<br />

ou autre, se mêlent dans un chaos<br />

indescriptible.<br />

La fumée et le feu sont omni présents<br />

empoisonnant continuellement<br />

l’air et l’environnement. Les odeurs<br />

nauséabondes, la boue, les vermines et<br />

les eaux usées finissent le tableau. Et<br />

surtout gare aux pieds, car on risque de<br />

se faire piquer par des seringues ou tessons<br />

de bouteilles, voire se faire bruler<br />

par les braises encore actives de feux<br />

qui se meurent. La décharge publique<br />

de Truitier située à l’intérieur de la zone<br />

de Duvivier à Cité Soleil à quelque 5km<br />

au nord du centre-ville de Port-au-<br />

Prince est un no man’s land, sous la<br />

tutelle du Service métropolitain de collecte<br />

des résidus solides (SMCRS). Cette<br />

entité étatique est chargée de « collecter<br />

» les ordures dans la région métropolitaine,<br />

mais a failli à sa mission faute<br />

de moyens et de matériels.<br />

«Le site n’est pas vivable. Nous<br />

autres qui y travaillons, nous sommes<br />

presque des morts ambulants. Quand<br />

je n’ai pas de problème au niveau des<br />

yeux, je l’ai au niveau de la gorge.<br />

Certaines fois, des nuages de fumée<br />

noire défient le climatiseur», explique<br />

l’ingénieure Sofia Seignon, directrice<br />

générale de la décharge nationale de<br />

Truitier, dans son bureau placé dans<br />

un container où il y a un climatiseur en<br />

panne, quelques chaises et des bottes.<br />

«Truitier se trouve dans un état critique.<br />

Nous ne saurions l’appeler décharge,<br />

mais plutôt un espace où l’on jette des<br />

déchets. Nous savons pertinemment<br />

bien ce qu’est une décharge», tempêtet-elle.<br />

Plus rien ne fonctionne dans la<br />

seule décharge officielle du pays. Avec<br />

plus de 10 millions d’habitants, Haïti<br />

produit quotidiennement entre 1 mille<br />

500 à 2 mille m 3 de déchets, selon des<br />

sources combinées. Soit par jour, à peu<br />

près 0.6 à 1kg de déchets par personne.<br />

Cette quantité de déchets inexploitée,<br />

au-delà des questions environnementales,<br />

soulève d’autres interrogations.<br />

Car le pays fait face paradoxalement<br />

à une pénurie criante d’énergie électrique.<br />

Or, selon plusieurs spécialistes<br />

haïtiens et étrangers en environnement<br />

et énergie, les déchets seraient capables<br />

de produire non seulement de l’engrais,<br />

mais aussi et surtout de l’électricité.<br />

A Truitier, la fumée et le feu sont omni présents…Milo MILFORT<br />

L’électricité, un service de luxe !<br />

Le territoire haïtien est peu couvert<br />

en électricité. Une seule compagnie,<br />

l’Electricité d’Haïti (EDH), une structure<br />

publique, dessert la population et<br />

la dette colossale accumulée s’élève<br />

à plus de 65 millions de dollars américains<br />

en 20<strong>13</strong>. «Les problèmes en<br />

énergie du pays sont exacerbés surtout<br />

après le tremblement de terre de<br />

janvier 2010», constate l’ingénieur<br />

Marc-André Chrysostome, coordonnateur<br />

de la cellule Energie du ministère<br />

des Travaux Publics, Transports et<br />

part qualifié « de provocation le vote<br />

du budget » ; tout en prenant le soin<br />

d’ajouter que le peuple « doit prendre<br />

son destin en main en recourant à la<br />

désobéissance civile ; vu que l’Etat ne<br />

fournit pas les services de base à la population<br />

».<br />

Au cours de cette journée du<br />

lundi 11 <strong>Septembre</strong>, les militants de<br />

l’organisation Fanmi Lavalas ont profité<br />

pour critiquer énergiquement la loi<br />

de finances <strong>2017</strong>-2018 ; sauf qu’ils<br />

ont également manifesté leur colère et<br />

leur frustration en saccageant quelques<br />

véhicules jusqu’à les mettre à flammes.<br />

Après avoir sillonné quelques rues de<br />

la capitale, les forces de l’ordre Cimo<br />

au service de la bourgeoisie ont fini par<br />

disperser la foule des manifestants en<br />

faisant usage du gaz lacrymogène et de<br />

projectiles en caoutchouc.<br />

Les manifestants se sont résignés<br />

à rentrer, mais pas déposer aux armes.<br />

Ainsi, ils reprennent pour la plus belle<br />

les rues le lendemain mardi 12 septembre<br />

et cette fois pour de bon. Munis<br />

de leurs pancartes et de branches<br />

d’arbres, tout au long du parcours, ils<br />

chantent et lancent des slogans très<br />

hostiles aux parlementaires et au président<br />

de la république Jovenel Moïse<br />

qu’ils accusent non seulement d’inculpé,<br />

mais travaillant au service de la<br />

bourgeoisie.<br />

Ils parcourent les rues aux cris de<br />

« Ne touchez pas à Don Kato », le sénateur<br />

de l’Ouest qui a voulu boycotter la<br />

séance pour empêcher le vote du Sénat.<br />

« Ne touchez pas à Don Kato », nous<br />

brûlerons le parlement »<br />

« À bas Jovenel » disent-ils « à<br />

bas la bourgeoisie, nous n’obéirons<br />

pas » « Liberté ou la mort, la révolution<br />

va commencer »<br />

Ce mardi un jeune homme a été<br />

victime, quand un véhicule avec une<br />

plaque d’immatriculation officielle a<br />

été attaqué par certains manifestants à<br />

Martissant 17. Selon ce que rapportent<br />

des témoins, c’est le chauffeur qui a tiré<br />

et la balle a frappé mortellement un des<br />

manifestants.<br />

Le gouvernement pour défendre<br />

son camp réagit par l’intermédiaire du<br />

ministre de la Justice et de la Sécurité<br />

Publique M. Heidi Fortuné, qui par<br />

un communiqué menace les manifestants<br />

« Il est regrettable de constater<br />

depuis quelques temps, dans la Capitale<br />

du pays, que certaines institutions<br />

publiques sont assujetties à des scènes<br />

de violence commanditées et opérées<br />

par des personnes porteuses du virus<br />

anti-démocratique, mettant ainsi en<br />

Communications (MTPTC), dans un<br />

rapport titré «Le secteur de l’énergie<br />

en Haïti et ses nouvelles expériences<br />

dans le développement du programme<br />

SREP (Scaling-up renewable energy<br />

program)».<br />

«Les obstacles les plus importants<br />

au développement du secteur<br />

de l’électricité en Haïti sont la faiblesse<br />

des institutions, des systèmes<br />

et la pauvreté. Beaucoup de gens<br />

utilisent l’électricité sans payer, ce<br />

qui affecte gravement les revenus<br />

d’EDH et la rend incapable de financer<br />

suite à la page(8)<br />

péril non seulement la vie de nos<br />

concitoyens et leurs biens, mais encore<br />

ceux faisant partie du patrimoine de<br />

notre État. Des instructions formelles<br />

ont été passées au Commissaire du<br />

Gouvernement près le Tribunal de<br />

Première Instance de Port-au-Prince et<br />

au Directeur Général de la PNH, chacun<br />

en ce qui le concerne, de prendre<br />

toutes mesures appropriées; avec la<br />

mention suivante: Arrêter et faire<br />

juger les coupables sans considération<br />

d›appartenance politique »<br />

Le sénateur de l’ouest Antonio<br />

Chéramy dénonce catégoriquement<br />

cette mesure du Ministère de la justice<br />

et de la sécurité publique (Mjsp) qu’il<br />

qualifie de stratégie pour empêcher la<br />

population de manifester dans les rues<br />

de Port-au-Prince « Je suis pour les manifestations<br />

pacifiques, le respect de la<br />

constitution et contre toutes formes de<br />

violences. Mais, s’il faut condamner des<br />

actes de violence, il faut aussi condamner<br />

ceux de la Police qui ne cesse de<br />

maltraiter les manifestants » a souligné<br />

la plateforme Vérité de René Préval.<br />

Une autre mobilisation est déjà<br />

annoncée pour le mercredi <strong>13</strong> septembre<br />

<strong>2017</strong> qui elle-même se rendra<br />

devant les locaux du parlement haïtien.<br />

4 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


Des cyclones, parlons-en<br />

Twa Fèy, Twa Rasin O!<br />

Par Fanfan la Tulipe<br />

N<br />

’étant ni cyclonologue, ni météorologue,<br />

ni ouraganologue, ni<br />

tempêtologue, ni typhonologue, ni hurricanologue,<br />

ni raz-de-maréologue, ni<br />

pluviométrologue, encore moins tornadologue,<br />

je n’ai aucune qualité, aucune<br />

autorité, aucune qualification, aucune<br />

connaissance, aucune compétence,<br />

aucune expérience qui m’habilite à<br />

venir faire mon petit frekan, mon petit<br />

connaisseur et vous entretenir, ex cathedra,<br />

d’intempéries, de pluies diluviennes,<br />

du déluge et de Noé, des colères<br />

pluviales du Ciel, des coups de gueule<br />

bourrasquantes et des ivresses cyclonnantes<br />

de Mère Nature. Pourtant, en<br />

ce qui me concerne, il y a deux sortes<br />

de mauvais temps, deux sortes de cyclones:<br />

ceux dont on parle et ceux dont<br />

on ne parle pas.<br />

Les cyclones dont on parle<br />

Avant d’en parler, permettez que je me<br />

demande pourquoi l’idée hurricanante<br />

d’avoir choisi des noms propres, des<br />

noms d’êtres humains contemporains<br />

pour désigner ces cyclones dont l’œil<br />

méchant, torve, twèt, louche, troué, ne<br />

voit qu’à travers des lunettes d’aqueuse<br />

et venteuse violence, et dont le monstrueux<br />

corps circulaire ne se déplace<br />

que par bonds tourbillonnants, tournoyants,<br />

dévorants, déchaînés, endiablés,<br />

torrentiels, destructeurs. Pourquoi<br />

avoir donné nos noms et prénoms<br />

d’êtres bien vivants à ces enragés du<br />

ciel?<br />

Pourquoi n’avoir pas nommé les<br />

cyclones en leur donnant, par exemple,<br />

le nom des quelque quatre-vingt-huit<br />

constellations. Il y en a de bien intéressantes.<br />

J’en choisis un au hasard:<br />

Capricorne dont une version primitive<br />

voyait dans le dessin formé par l’amas<br />

d’étoiles le dieu Pan, chèvre humanoïde<br />

qui sauta dans le Nil afin d’échapper<br />

au cruel et sanguinaire Typhon lors<br />

de la Gigantomachie, la “bataille des<br />

géants”; le bas de son corps se changea<br />

alors en poisson. Une version plus tardive<br />

associait le Capricorne à la chèvre<br />

Amalthée, la nourricière de Zeus et dont<br />

la corne brisée par le fougueux futur roi<br />

des dieux devint la Corne d›Abondance.<br />

Quelle Capricornerie! Quelle Cornerie!<br />

Pourquoi pas Céphée? Un nom<br />

adorable. Dans la mythologie grecque,<br />

Céphée était l’époux de Cassiopée et<br />

le père d’Andromède. Ces trois personnages<br />

se retrouvent, en tant que<br />

constellations, dans la même région<br />

du ciel. En raison de la précession des<br />

équinoxes, le rôle d’étoile polaire a échu<br />

à des étoiles de cette constellation il y a<br />

plus de... 20 000 ans! Ô glorieux temps<br />

mésolithiques! Une affaire équinoxique,<br />

terrifique, pour ne pas dire franchement<br />

effrayique. Quelle vertigineuse, tourbillonnante<br />

et constellationnante remontée<br />

dans la nuit des temps!<br />

J’eusse aussi aimé que l’on donnât<br />

à l’une de ces violentes formations<br />

aqueuses tombées du ciel le nom royal<br />

de Chevelure de Bérénice. Au moins,<br />

on aurait eu le plaisir de revivre cette<br />

tranche de vie de Bérénice II, reine<br />

d’Egypte qui avait promis aux dieux<br />

de sacrifier sa magnifique chevelure<br />

si son époux Ptolémée III, pharaon<br />

de la dynastie lagide, revenait vivant<br />

et vainqueur de la guerre qu’il livrait<br />

au roi de Syrie, Séleucos II. Son vœu<br />

fut exaucé et elle fit donc offrande de<br />

ses nattes dorées au temple d’Aphrodite.<br />

Malheureusement, le précieux<br />

présent disparut mystérieusement durant<br />

la nuit. Grâce et miséricorde! Déjà<br />

à cette époque, il y avait des bandes<br />

zobop errant à la recherche de plaisir<br />

malsain et de tresses royales. La zoboptude<br />

nocturne enragea Ptolémée.<br />

Pour le calmer, l’astronome de la cour<br />

lui laissa comprendre que l’offrande<br />

avait tellement plu à la déesse Aphrodite<br />

que celle-ci l’avait placée dans les<br />

cieux. À titre de «preuve», il montra<br />

au couple royal un amas d’étoiles, du<br />

nom de Queue du Lion à cette époque.<br />

Depuis la zoboptante audace dudit astronome,<br />

l’agrégat stellaire est devenu<br />

la Chevelure de Bérénice. Crédulité, naïveté<br />

et ingénuité sont le lot de bien des<br />

souverains!<br />

Saut d'Eau, Ville Bonheur; ville de bonheur où adeptes du vaudou font des offrandes et sacrifices à leurs lwa et<br />

catholiques y célèbrent chaque 16 juillet leur sainte patronne, la vierge Marie du Mont Carmel<br />

de se rapetisser, de s’évanouir dans le<br />

brouillard du découragement. Et l’effet<br />

cyclonant qui s’ensuit se traduit par<br />

une destruction intérieure à petit feu<br />

qui nous mine, nous consume et nous<br />

enlève une part de notre quiétude mentale,<br />

de notre équilibre émotionnel, du<br />

bonheur de vivre auquel nous avons<br />

droit.<br />

Nous vieillissons, nous blanchissons,<br />

et ce n’est même pas sous<br />

le harnais. C’est plutôt sous le poids<br />

d’une frustration permanente, d’une<br />

négligence cruelle sinon criminelle des<br />

dirigeants du pays qui se gargarisent<br />

de fausses promesses, s’emplissent<br />

les poches, sont prêts à voter un projet<br />

scélérat, odieux de loi des Finances<br />

qui fait la part belle aux gros bourgeois<br />

et à l’impérialisme-vautour pourvu que<br />

leurs porte-feuilles soient bien garnis<br />

et leurs jabots bien remplis. Je crains<br />

chaque jour que nous tombe dessus la<br />

dernière des humiliations, celle de voir<br />

un parlement croupion (peut-être ce<br />

50ème) s’aplatir, se traîner, s’abaisser,<br />

se punaiser jusqu’à présenter un projet<br />

de loi qui ferait du pays une annexe<br />

de la république orientale voisine. Je<br />

frémis d’horreur, rien qu’à y penser.<br />

Au cyclone de l’exil s’ajoute<br />

la dévastation d’une solitude relative<br />

pour certains, absolus pour d’autres qui<br />

Les cyclones dont on ne parle pas.<br />

Ils sont pourtant aussi dévastateurs,<br />

humiliants, affligeants, parce qu’infligeant<br />

des dommages à l’être humain,<br />

à son essence même, à sa dignité, à sa<br />

biologie, à son existence, à ses droits<br />

les plus élémentaires. Et qui pis est, ces<br />

dommages peuvent être permanents<br />

sculptant le cours même de la vie des<br />

hommes et des femmes qui en sont victimes.<br />

Parlons-en.<br />

Les cyclones de la misère. Ils<br />

sont légions à travers le monde, permanents<br />

ou récurrents, et frappent des<br />

millions d’êtres humains. Misère qui<br />

engendre la faim, les conflits armés,<br />

les maladies et leur propagation. Et la<br />

faute revient à la logique impérialiste<br />

des puissants de ce monde qui prévaut<br />

et triomphe sur le bien-être collectif de<br />

l’humanité affligée d’une destruction<br />

grandissante. Près de trois milliards<br />

de gens, soit la moitié de la population<br />

mondiale, doivent se loger, se nourrir,<br />

se soigner et s’instruire avec moins de<br />

deux dollars par jour. De ce nombre, un<br />

milliard et demi de miséreux subsistent<br />

avec moins de un dollar par jour. Quatre<br />

personnes sur cinq, soit 4,6 milliards de<br />

gens, vivent dans des bidonvilles. Près<br />

d’un milliard d’entre eux ne savent ni<br />

lire, ni écrire.<br />

Au Brésil, deux pour cent des<br />

propriétaires fonciers détiennent quarante-trois<br />

pour cent des terres arables,<br />

tandis que quatre millions et demi de<br />

familles de paysans sans terre errent<br />

sur les routes, humiliées et misérables.<br />

Dans ce pays, cent millions de personnes<br />

vivent dans la plus grande pauvreté.<br />

En Amérique Centrale, le nombre<br />

de personnes souffrant de la faim, a<br />

atteint le nombre effroyable de six millions<br />

et demi, sur une population totale<br />

de vingt-huit millions. À Bombay, en<br />

Inde, la moitié de la population vit dans<br />

des bidonvilles et dans des conditions<br />

inhumaines.<br />

En l’an 2001 seulement, la<br />

misère et le sous-développement dans<br />

le monde ont fait plus de cinquantehuit<br />

millions de victimes. Le manque de<br />

revenus, de nourriture, d’eau potable et<br />

d’accès aux soins médicaux a causé<br />

plus d’un milliard d’invalidités graves<br />

et permanentes. Sur le milliard et demi<br />

de personnes qui survivent avec moins<br />

de un dollar par jour dans les pays du<br />

tiers monde, cinq cent millions vont<br />

mourir avant d’avoir atteint l’âge de<br />

quarante-cinq ans.<br />

Pour que s’enrichissent honteusement<br />

2% de la population du<br />

globe, 98% doivent vivre misérablement.<br />

Chaque jour, cent mille personnes<br />

meurent de faim sur la terre. Un<br />

nombre effarant de près d’un milliard<br />

d’êtres humains sont sous-alimentés.<br />

Toutes les sept secondes, un enfant<br />

meurt de faim dans le monde. À titre<br />

de consolation (et d’information), Cuba<br />

est le seul pays au monde où aucun<br />

enfant ne va au lit le ventre vide, le<br />

seul pays sans malnutrition enfantine,<br />

selon l’UNICEF. À titre de fierté pour ce<br />

petit pays victime d’un étranglement<br />

économique sans précédent dans l’histoire,<br />

Juan José Ortiz Bru, ex-représentant<br />

d’UNICEF pour Cuba écrivait: « Les<br />

politiques publiques en faveur de l’enfance<br />

sont une priorité à Cuba depuis<br />

de nombreuses années, ce qui a permis<br />

une chose incroyable dans ce monde<br />

en développement : sur les centaines de<br />

millions d’enfants qui souffrent de très<br />

graves violations de leur droit - beaucoup<br />

meurent chaque jour - aucun n’est<br />

cubain » [1]<br />

Que dire du cyclone de l’exil? En<br />

y regardant de façon superficielle, on<br />

aurait tendance à ne pas y prêter attention,<br />

à n’en pas faire vraiment cas.<br />

Pourtant, le lourd fardeau de l’exil, le<br />

lourd fardeau d’un déracinement psychologiquement<br />

déstabilisant à longueur<br />

de temps n’est pas une vue de<br />

l’esprit. C’est une réalité, une pénible<br />

réalité quelles que soient les raisons<br />

qui nous ont portés à nous installer<br />

“ailleurs”. Notre boussole identitaire<br />

indique avec imprécision le nord d’un<br />

retour vers une Haïti enfin relevée de<br />

ses humiliations. Que nous le voulions<br />

ou non, quelles que soient nos réalisations<br />

matérielles, intellectuelles ou<br />

professionnelles, ici dans l’“ailleurs” de<br />

l’exil nous ne sommes pas dans notre<br />

peau, un cyclone d’ennui, d’insatisfaction,<br />

d’incessants inassouvissements<br />

nous bousculent notre affect, piétine cet<br />

attachement charnel, passionné, amoureux<br />

à cette terre qui nous a vus naître,<br />

grandir et devenir pleinement l’haïtien<br />

que nous sommes.<br />

Nous pensons au pays, nous vivons<br />

du pays, nous ne parlons que du<br />

pays, nous rêvons du pays, de nuit ou<br />

de jour. C’est notre obsession, légitime<br />

du reste. Chaque minute de notre existence,<br />

ou presque, nous ramène au<br />

pays, à ces lointains souvenirs qui nous<br />

collent à la mémoire, à une perspective<br />

ou plutôt à un espoir de changement qui<br />

ne cesse de s’éloigner, de s’amenuiser,<br />

Chery’s Brokerage, Inc.<br />

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éprouvent alors le besoin impérieux,<br />

incontrôlable, irrépressible d’aller se<br />

ressourcer au pays, au moins chaque<br />

année. Ils le disent haut et fort: «Peyi<br />

a mèt lèd, men se peyi m li ye». Car dans<br />

cet “ailleurs” où ils vivent, où nous<br />

vivons depuis si longtemps et qui nous<br />

consume, on ne voit pas de marchands<br />

de fresco avec leur attirail de sirop multicolore;<br />

on ne voit pas de marchandes<br />

de fritailles assises sur leur ti chèz bas<br />

avec une chaudière de griyo ou de taso<br />

kabrit câlée presque entre leurs grasses<br />

cuisses; on ne voit pas de koukouy,<br />

pas d’eskonbrit en pleine rue entre deux<br />

chauffeurs de moto, pas de voisin qui se<br />

penche au-dessus d’un lantouray pour<br />

vous souhaiter le bonjour, kouman ou<br />

ye vwazin, pas de pétillance polychrome<br />

des tapatap arborant peintures d’art<br />

naïf sur leur carrosserie. C’est justement<br />

l’absence de ces petites choses<br />

qui créent et alimentent notre solitude.<br />

Au pays de l’exil et de la solitude<br />

il manque à ces «nostalgiques absolus»<br />

du pays cette atmosphère d’insouciance,<br />

de nonchalance, d’indolence,<br />

de chaleur humaine qui peut adoucir<br />

le stress permanent vécu dans “l’ailleurs”<br />

; cette ambiance sui generis où<br />

les coupures d’électricité, les blakaout<br />

font partie du décor et ne dérangent<br />

suite à la page(16)<br />

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

5


Kwonik Kreyòl<br />

Nòt kèk òganizasyon popilè pou<br />

denonse vòt bidjè kriminèl antipèp<br />

pouvwa Tèt Kale a !<br />

Nou, òganizasyon pwogresis ki<br />

nan mouvman sosyal popilè a,<br />

nou denonse ak tout fòs nou, vòt bidjè<br />

kriminèl la ki sot fèt nan palman<br />

an. Nou pran nòt, malgre denonsyasyon<br />

ki fèt nan peyi a ak nan dyaspora<br />

a kont bidjè a, nou konstate<br />

gen 74 depite ak 19 senatè ki vote<br />

bidjè kriminèl la.<br />

N ap raple, bidjè kriminèl<br />

<strong>2017</strong>-2018 la monte anviwon 144<br />

milya goud. Pandan pouvwa anplas<br />

la ap chache tout kalite avantay<br />

pou li bay boujwazi a, li monte pri<br />

tout sèvis, taks ak enpo. Pri lwaye<br />

ak fèmaj tè monte disèt wotè, nan<br />

yon moman kote pouvwa a ap pran<br />

tè peyizan yo pou fè zòn franch<br />

endistriyèl, agrikòl ak touristik epi<br />

pou eksplwate min. Se sitou moun<br />

ki pi pòv yo pouvwa a chwazi pou li<br />

piye pandan li pa janm pran okenn<br />

mezi pou soulaje mizè yo. Pandan<br />

pouvwa ap prije pèp la pou li peye<br />

plis taks ak enpo, li double bidjè palman<br />

an ki soti nan 3 milya goud anviwon,<br />

pou rive nan 7 milya goud.<br />

Akote palman an, gen laprezidans<br />

ak primati ki fè dekabès. Sa ki pi<br />

grav la, pouvwa mete plis pase 25<br />

milya goud (17%) nan yon ribrik<br />

bwat nwa ki pote non « Autres interventions<br />

publiques ».<br />

Alòske, pri paspò, lisans,<br />

matrikil fiskal elatriye, ap monte 17<br />

wotè. Pa egzanp, yon tenb paspò<br />

ki te koute 1600 goud, pral koute<br />

6000 goud. Yon matrikil fiskal ki<br />

te koute 250 goud pral koute 1000<br />

goud. Pou benefisye sèvis sa yo, fòk<br />

ou peye 10 mil goud enpo pou pi<br />

piti. Pandan prezidan an ap flannen<br />

nan peyi a sou pretèks l ap relanse<br />

agrikilti peyi a, se sèlman 10 milya<br />

goud (6,9%) nan bidjè a li mete nan<br />

agrikilti epi 0,5 % pou anviwonnman,<br />

malgre prezidan an dekrete<br />

etadijans anviwonnmantanl sou<br />

tout peyi a. Pouvwa Tèt Kale a ak<br />

alye li yo ap pran dispozisyon pou<br />

fòse pèp la vale yon bidjè ouragan,<br />

nan yon moman kote :<br />

- Ouvriye yo lage ak yon<br />

salè mizè 350 goud pou yon jounen<br />

travay nan faktori yo<br />

- Pri pwodui ak sèvis premye<br />

nesesite yo ap monte bwa chak<br />

jou pi plis<br />

- Pifò paran nan gwo tèt<br />

chaje pou yo voye pitit yo lekòl<br />

- Anviwonnman an kontinye<br />

ap degrade, tranbleman tè ak<br />

siklòn menase tout peyi a epi fatra<br />

ap fè pèp la esplikasyon nan chak<br />

kalfou<br />

- Plizyè enstitisyon nan Leta<br />

a nan kriz. Grèv ap pete tanzantan<br />

nan enstitisyon piblik ak prive yo<br />

epi Inivèsite Leta a ki gen nan tèt li<br />

yon rektè defakto ap make pa sou<br />

plas<br />

Pou tout rezon sa yo, nou apiye<br />

tout mobilizasyon k ap fèt kont<br />

bidjè kriminèl, aloufa, pouvwa egzekitif<br />

la, palman raketè a ak alye<br />

yo vle enpoze peyi a, n ap kore tout<br />

mobilizasyon k ap fèt kont grangou,<br />

chomaj ak likidasyon richès peyi a.<br />

Sou baz sa a, nou mande tout òganizasyon<br />

ak militan konsekan, ouvriye,<br />

peyizan, ti machann, chomè,<br />

pwofesè, elèv ak etidyan pou yo<br />

pote boure nan mobilizasyon k ap fèt<br />

lendi 11 ak madi 12 sektanm nan.<br />

Kanta jou madi 12 la, nou kase randevou<br />

devan Fakilte Etnoloji a 9vè<br />

tapan nan maten, pou nou mache<br />

kontre lòt branch mobilizasyon yo.<br />

Pou òganizasyon yo :<br />

Mouvement De Liberté, D’Egalité<br />

Des Haïtiens Pour La Fraternité<br />

(MOLEGHAF) /<br />

Domini Raisin<br />

SEK GRAMSCI / Fritz-Son Lalane<br />

Union Nationale Des Normaliens<br />

D’<strong>Haiti</strong> (UNNOH) / Ebens Cadet<br />

Centrale Nationale Des Ouvriers<br />

<strong>Haiti</strong>ens (CNOHA) / Dominique<br />

St Eloi Mouvman Demokratik<br />

Popilè (MODEP) / Guy Numa<br />

SEK JANIL / Jackson Lafleur<br />

Altènativ Popilè / James Olrich<br />

LESANPA / Fresner Michel<br />

LAKOU / Sabalha Calixte<br />

Arestasyon Milot Berger<br />

nan Senmak<br />

Jou ki te samdi 9 septanm lan, lapolis<br />

Senmak mete lapat sou yon<br />

kokenn chèf bandi, kidnapè yo rele<br />

Milot Berger. Se pandan misye t ap fè<br />

mannèv pou l detounen yon kamyon<br />

ranpli machandiz, yo te mare l ansanm<br />

ak kèk lòt konpayèl li. Youn<br />

nan moun ki te ak li rele Steven Balan,<br />

limenm te gen lan men l yon kalib<br />

9 milimèt<br />

Selon reponsab lapolis Senmak<br />

la, enspektè Rochenel Jean-Marie<br />

se gras ak popilasyon an ki enfòme<br />

sou kalte dega misye t ap fè nan volè<br />

machandiz yon kamyon, ki pèmèt<br />

lapolis rive kenbe Milot Berger. Li fè<br />

konnen li pat gentan kidnape anpil<br />

moun, 6 sèlman, e li pat janm touye<br />

yo.<br />

Mistè kit<br />

Detan razwa grangou<br />

Rachonnen bout trip nou<br />

Met zantray nou ajenou<br />

Nan laviwonn kalfou<br />

Gwo palto souflantchou<br />

Lòt elit lougawou<br />

Dechèpiye rèv nou<br />

Gwo palto tilolit<br />

Gwo palto mistè kit<br />

Kanpe sou move bit<br />

Nan pil gagòt ti kit<br />

Pou mago gwo bokit<br />

Kòb pwason tonbe<br />

Kòb premye tonbe<br />

Kòb dizui me koule<br />

Yo koule pase ale<br />

Men kòb kit ret kole<br />

Antravè li kwoke<br />

Ankwa li antrave<br />

Nan resepsyon koukou<br />

Demonstrasyon bayakou<br />

Fò w galgari ji poupou<br />

Desann nan gòj bakoulou<br />

Tankou sòs kalalou<br />

Ji okabine gouououou<br />

Li pi gouououououou<br />

Anba bab jij pakè<br />

Chèf vyòl ak Bèlvedè<br />

De minis gwo atoufè<br />

De minis gwo raketè<br />

De minis move zafè<br />

Milot Berger<br />

Se lè sa yo resi wè<br />

Jan kit lajistis anmè<br />

J. Fatal Piard<br />

RADIO<br />

PA NOU<br />

1685 Nostrand Avenue<br />

Brooklyn, NY 11226<br />

67 Khz<br />

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Fondateur: Jude Joseph<br />

Bureau:<br />

(718) 940- 3861<br />

Studio:<br />

(718) 701- 0220 • (718) 856- 8702<br />

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6 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


Perspectives<br />

Coup d’œil sur l’arrivée des migrants haïtiens au Canada<br />

venus des États-Unis!<br />

Par Serge Bouchereau<br />

Déjà engagé dans une bataille au Canada<br />

pour la régularisation du statut des<br />

personnes concernées par la levée, le 1er<br />

décembre 2014, d’un moratoire qui a été<br />

reconduit en février et en octobre 2016<br />

par le gouvernement libéral, voilà que<br />

le Comité d’Action des Personnes Sans<br />

Statut (CAPSS) est maintenant interpellé<br />

par l’arrivée de migrants qui traversent la<br />

frontière canado-américaine, créant ainsi<br />

une nouvelle situation qui confronte le<br />

comité et l’oblige à continuer la lutte;<br />

mais sur deux fronts distincts cette fois-ci,<br />

même s’il s’agit en fait de la même lutte.<br />

De quelle nouvelle situation<br />

s’agit-il?<br />

De l’arrivée massive de migrants haïtiens<br />

et d’autres venus des États-Unis en<br />

quête d’un refuge au Canada. Majoritaires<br />

jusqu’ici, les ressortissants haïtiens, demandeurs<br />

d’asile, affluant à la frontière<br />

canado-américaine, viennent surtout<br />

de la Floride. Plusieurs d’entre eux ont<br />

transité dans des pays tels que l’Équateur,<br />

le Brésil, le Chili, le Venezuela ou dans des<br />

pays des Antilles, avant de se rendre aux<br />

États-Unis pour enfin arriver à la frontière<br />

canadienne avec enfants et bagages.<br />

Pourquoi les Haïtiens laissent les<br />

États-Unis pour venir au Canada?<br />

Deux raisons peuvent expliquer l’exode<br />

des Haïtiens. La cadence de leur arrivée,<br />

la concentration en un seul lieu (Municipalité<br />

de Saint-Bernard-de-Lacolle) et le<br />

nombre croissant à cet endroit sont d’un<br />

autre ordre et ont peu d’importance devant<br />

ce drame humain, exception faite pour les<br />

journalistes qui font le choix d’éviter le<br />

cœur des problèmes cuisants pour mettre<br />

tout l’accent plutôt sur les à-côtés insignifiants<br />

d’un sujet brûlant. D’abord, la situation<br />

catastrophique de leur pays d’origine<br />

avec un État incapable de satisfaire<br />

aux besoins primaires les plus élémentaires<br />

de la population, les désastres naturels<br />

successifs, la pandémie du choléra<br />

introduite par les forces d’occupation<br />

militaire de l’ONU, la violence politique,<br />

l’insécurité créée par les kidnappings, le<br />

banditisme, l’impunité, les exactions des<br />

sbires du pouvoir néo-duvaliériste imposé<br />

à l’aide d’élections truquées et téléguidées<br />

de l’extérieur et enfin, l’appui des pays<br />

soi-disant «amis d’Haïti» qui font tout<br />

pour maintenir le statu quo. Bref, un État<br />

de non-droit règne sur Haïti, imposé par<br />

les Néo-duvaliéristes, récemment reconduits<br />

au pouvoir sous le label PHTK (Parti<br />

Haïtien Tèt Kale).<br />

Rappelons pour compléter ce tableau,<br />

qu’une succession de gouvernements<br />

incapables, corrompus, imposés à<br />

la population haïtienne et soutenus par<br />

les pays tuteurs dont le tout dernier mis<br />

en place récemment a, à sa tête, un président<br />

inculpé de blanchiment d’argent,<br />

un Parlement rempli de coupe-gorges,<br />

de trafiquants de drogue et de hors-la loi<br />

qui n’ont rien trouvé d’utile à produire<br />

qu’un projet de remobilisation de l’Armée<br />

criminelle qu’a connue le pays, à la fin de<br />

l’occupation militaire américaine d’Haïti<br />

en 1934. Sa mission, selon les vœux<br />

de l’occupant qui l’avait créée, était de<br />

soutenir les dictatures successives ayant<br />

dirigé le pays et réprimer toute agitation<br />

ou révolte populaire. Ce projet déjà adopté<br />

par le Sénat nous dit très long sur la<br />

frayeur et la panique qui s’emparent de<br />

la population en général et des demandeurs<br />

d’asile dont plusieurs ont été victimes<br />

dans le passé, des agissements de<br />

l’Armée-macoute des Duvalier, des Henri<br />

Namphy, des Prosper Avril, des Ertha<br />

Trouillot et Hérard Abraham, des Raoul<br />

Cédras et de son acolyte Michel François<br />

pour ne citer que ceux-là. Par ailleurs,<br />

ce Parlement vient d’adopter une loi interdisant<br />

le mariage entre les personnes<br />

du même sexe. Ces dernières, ainsi que<br />

les complices d’un tel acte sont passibles<br />

Majoritaires jusqu’ici, les ressortissants haïtiens, demandeurs d’asile,<br />

affluant à la frontière canado-américaine, viennent surtout de la Floride<br />

d’emprisonnement. Un motif de plus pour<br />

ne pas vouloir retourner en Haïti si l’orientation<br />

sexuelle de certains migrants n’est<br />

pas conforme aux normes du pouvoir en<br />

place; d’autant plus que depuis un certain<br />

temps, l’homophobie bat son plein dans<br />

le pays au point où des homosexuels ont<br />

été lynchés par la population.<br />

La logique du raisonnement des<br />

Émigrés<br />

«Quand on est bien chez soi, on reste<br />

chez soi». «Quand on n’est pas bien chez<br />

soi, on part à l’étranger». «Quand on est<br />

pas bien à l’étranger, on rentre chez soi».<br />

«Quand cela va mal chez soi, et que l’on<br />

est à l’étranger, on ne retourne pas chez<br />

soi, on cherche un refuge en prenant des<br />

risques qui peuvent être mortels». C’est le<br />

cas de bon nombre d’Haïtiens, hélas! Bon<br />

nombre se font humiliés ou sont morts en<br />

poursuivant cette logique jusqu’au bout.<br />

L’arrivée au pouvoir du gouvernement<br />

de Donald Trump, au début de<br />

cette année, a changé la donne et a<br />

compliqué la situation des sans statuts<br />

aux États-Unis en provoquant dans un<br />

premier temps la crainte chez ces gens<br />

qui avaient obtenu un moratoire appelé<br />

«Temporary Protected Status (TPS)» qui<br />

leur permettait de demeurer provisoirement<br />

sur le territoire américain et y travailler<br />

sans redouter d’être déportés. Les<br />

menaçant de supprimer le «TPS» à la date<br />

de son expiration le 22 janvier 2018,<br />

Donald Trump a créé une panique sans<br />

pareil parmi ces personnes dont l’objectif<br />

était de régulariser leur statut aux États-<br />

Unis même.<br />

Conscients de l’arrogance et de la<br />

hargne qui habitent ce président xénophobe<br />

envers les immigrants et les sans<br />

statuts et, étant au courant de certaines<br />

déclarations favorables et positives faites<br />

par des autorités tant à Ottawa qu’à Montréal<br />

au sujet des portes qui sont grandes<br />

ouvertes au Canada et de Montréal déclaré<br />

ville sanctuaire, ces demandeurs<br />

et demanderesses d’asile se sont rués sur<br />

le Québec - leur dernier espoir - en souhaitant<br />

de tout leur cœur bénéficier de la<br />

solidarité de la communauté d’accueil et<br />

évidemment de celle de la communauté<br />

haïtienne plus particulièrement.<br />

Cependant, au Canada, la réception<br />

faite à la frontière n’est pas à la hauteur<br />

des attentes, car les conditions d’hébergement<br />

dans lesquelles ces personnes sont<br />

reçues aux aires d’arrivée, laissent à désirer<br />

et offusquent plus d’un avec raison.<br />

En dépit de ce manquement grave de la<br />

part des autorités canadiennes, l’espoir<br />

germé avant de franchir la frontière continue<br />

de croître et de gonfler le cœur des<br />

réfugiés-es qui s’attendent à recevoir la<br />

compassion et la solidarité des Canadiens<br />

et des Québécois envers eux et également<br />

à bénéficier de l’ouverture du gouvernement<br />

fédéral.<br />

Face à ces évènements, le Comité<br />

d’Action Des Personnes Sans Statut<br />

(CAPSS) a réagi immédiatement en<br />

modifiant d’abord le mandat qu’il s’était<br />

donné à sa création. La coordination a<br />

donc ajouté cette catégorie de migrants<br />

parmi ses priorités pour ses futures actions<br />

tout en maintenant son rôle en tant<br />

que groupe de soutien et de pression. À<br />

la frontière canadienne, le CAPSS a aussi<br />

dénoncé vivement dans les médias, pendant<br />

et après une visite conjointe d’une<br />

délégation du comité et de Solidarité sans<br />

frontières, un de nos partenaires, les conditions<br />

dans lesquelles sont accueillies ces<br />

réfugiés-es et a profité pour demander<br />

aux autorités concernées, d’adopter un<br />

programme spécial afin de permettre,<br />

sans trop de délai, la régularisation du<br />

statut de ces migrants.<br />

Propositions pour un<br />

programme spécial<br />

Après mûres réflexions, nous pensons<br />

que les autorités fédérales et provinciales<br />

du Québec devraient se concerter<br />

pour produire un cadre général leur permettant<br />

d’accueillir convenablement les<br />

réfugiés-es. L’obligation de respecter la<br />

convention de Genève signée par le Canada<br />

de la réception de ces réfugies-es qui<br />

méritent d’être accueillis dignement et<br />

traités avec courtoisie et humanité jusqu’à<br />

la fin du processus.<br />

- L’accompagnement adéquat<br />

pour les aider à bien présenter leur demande,<br />

à se loger le plus rapidement afin<br />

que les familles ayant des enfants d’âge<br />

scolaire puissent commencer à fréquenter<br />

l’école le plus tôt possible;<br />

- La facilitation du transfert dans<br />

une autre province des migrants qui en<br />

font la demande;<br />

- La dispensation d’un cours de<br />

francisation pour tous ceux et celles qui<br />

ne parlent pas ou parlent à peu près pas<br />

le français et l’octroi rapide du Certificat<br />

de sélection du Québec (CSQ) à tous ceux<br />

et celles qui parlent le français ou qui acceptent<br />

de suivre assidument un cours de<br />

francisation;<br />

- L’octroi d’une carte d’assurance-maladie<br />

temporaire;<br />

- L’octroi d’un permis de travail<br />

temporaire sans délai;<br />

- L’établissement de mesures<br />

d’assouplissement permettant aux demandeurs<br />

d’asile déboutés de présenter<br />

une demande pour motifs humanitaires<br />

dans les trois mois qui suivent;<br />

- La réduction significative des<br />

montants exigés pour le traitement des<br />

dossiers et le renouvellement des permis<br />

de travail pour les demandeurs dont les<br />

motifs sont d’ordre humanitaire;<br />

- Le financement adéquat d’au<br />

moins une quinzaine d’organismes communautaires<br />

afin d’aider ces réfugiés-es<br />

à s’orienter et à s’adapter à la société en<br />

privilégiant les secteurs suivants : Accompagnement<br />

psychosocial, Hébergement,<br />

Recherche de mobilier, Traduction-Interprétation,<br />

Éducation, Loisirs-Sports, Recherche<br />

d’emploi, etc.;<br />

- La mise sur pied d’un guichet<br />

unique avec les ressources nécessaires<br />

afin d’informer et d’orienter les demandeurs<br />

d’asile vers les services offerts au<br />

sein de la société civile et au niveau de<br />

l’État.<br />

-<br />

Réactions de la société d’accueil<br />

Jusqu’ici, nous avons constaté une assez<br />

grande solidarité de la part de la communauté<br />

haïtienne qui se dévoue corps et<br />

âme pour apporter une aide concrète dans<br />

plusieurs domaines. Nous avons également<br />

remarqué peu d’empathie de la part<br />

de la communauté d’accueil envers ces<br />

arrivants qui sont venus chercher refuge<br />

au Canada. L’élan de sympathie et de<br />

solidarité n’est pas au rendez-vous et certaines<br />

notes discordantes se font même<br />

entendre venant du secteur raciste et<br />

xénophobe qui, heureusement, est assez<br />

marginal au Québec et au Canada. Toutefois,<br />

ce mouvement, aussi marginal soit-il<br />

a une grande capacité d’influence sur la<br />

population avec l’aide de certains médias<br />

spécialisés dans le sensationnalisme. Encouragés<br />

par les évènements horribles qui<br />

se passent actuellement aux États-Unis et<br />

par certaines déclarations de politiciens de<br />

l’extrême droite tant aux États-Unis qu’au<br />

Canada, le mouvement anti-immigrant,<br />

anti-noir, anti-musulman, anti-juif a pris<br />

de l’ampleur en cette circonstance, surtout<br />

dans les médias sociaux. Les évènements<br />

survenus à Québec le 20 Août<br />

<strong>2017</strong> avec «La Meute» sont significatifs<br />

pour comprendre la tendance générale<br />

peu favorable des Québécois devant l’arrivée<br />

de ces demandeurs d’asile que des<br />

médias ont présenté comme des illégaux,<br />

des envahisseurs, des tricheurs, des BS<br />

professionnels etc.<br />

La pente sera donc difficile à monter<br />

et seules l’unité et la mobilisation des<br />

membres de la communauté haïtienne<br />

ainsi que la solidarité de la société d’accueil<br />

pourront faire la différence. Il s’agit<br />

bien entendu de cette frange de la société<br />

d’accueil qui n’a point subi l’influence des<br />

suprémacistes blancs ou qui n’a pas été<br />

contaminée par les discours et la propagande<br />

des médias-poubelles.<br />

C’est seulement sur cette frange<br />

que les demandeurs d’asile peuvent espérer<br />

compter, non seulement à Montréal<br />

mais également dans les régions,<br />

car partout au Québec et au Canada, il y<br />

a des citoyennes et des citoyens épris de<br />

justice sociale, empathiques, accueillants,<br />

humains, solidaires et toujours prêts à<br />

tendre la main à l’autre dans sa détresse.<br />

Pour finir, le Comité d’Action des<br />

Personnes Sans Statut (CAPSS) reste vigilant<br />

et demande au public en général de<br />

prêter main forte aux migrants d’Haïti et<br />

d’ailleurs, d’accorder son appui au Comité<br />

dans le combat qu’il va livrer pour que<br />

les gouvernements fédéral et provincial<br />

fassent leur devoir convenablement et<br />

tiennent compte non seulement de l’absence<br />

totale chez ces gens du désir de retourner<br />

chez eux, mais aussi du double<br />

avantage qu’aurait le Canada à accepter<br />

ces réfugié-es dont le nombre risque<br />

d’augmenter vertigineusement si le président<br />

Trump met à exécution sa menace<br />

de supprimer le statut temporaire qu’avait<br />

accordé le président Obama à près de<br />

soixante mille Haïtiens. Nous ne parlerons<br />

pas ici des huit cent mille Dreamers,<br />

ces jeunes mineurs sans parents qui ont<br />

bénéficié d’un décret d’Obama leur permettant<br />

de demeurer temporairement aux<br />

États-Unis qui arrive bientôt à échéance.<br />

Rajeunir la population vieillissante<br />

au Canada et profiter de l’apport considérable<br />

de ces migrants pour rehausser<br />

démographiquement, économiquement<br />

et culturellement le pays en investissant<br />

dans un programme d’accueil, d’adaptation<br />

et d’intégration, basé sur un plan de<br />

développement stratégique, devrait être<br />

le leitmotiv du gouvernement fédéral. Au<br />

lieu d’investir dans l’achat d’engins de<br />

guerre, les autorités auraient plutôt intérêt<br />

à investir dans l’humain en ouvrant<br />

les portes du Canada aux centaines de<br />

milliers de migrants qui risquent de fouler<br />

le sol canadien si aux États-Unis, la vie<br />

devient intenable pour les millions de<br />

sans papiers et qu’un grand nombre d’entre<br />

eux font le choix de venir au Canada.<br />

Le CAPSS compte sur vous tous<br />

pour que la situation de ces migrants<br />

soit régularisée dans un délai acceptable,<br />

non précipité afin de leur donner le temps<br />

nécessaire de bien se préparer à cette dure<br />

épreuve dans laquelle ils jouent leur avenir<br />

et celui de leurs proches. Souhaitons<br />

Manifestation de solidarité avec les refugiés haïtiens<br />

que bientôt le vocable de réfugié-e ou de<br />

demandeur d’asile ne leur soit plus attribué<br />

et collé à la peau, mais plutôt celui<br />

de citoyen ou citoyenne à part entière au<br />

Canada.<br />

Serge Bouchereau<br />

Porte-parole<br />

Comité d’Action des<br />

Personnes Sans Statut<br />

(CAPSS)<br />

Montréal le 21 Août <strong>2017</strong><br />

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

7


Suite de la page (4)<br />

l’amélioration des infrastructures»,<br />

explique pour sa part l’expert en Electricité<br />

Jean Edouard Pauyo, dans un<br />

rapport publié en mars <strong>2017</strong>.<br />

Haïti serait le premier pays des<br />

Caraïbes à avoir été électrifié en 1912<br />

avec la Centrale Hydroélectrique de<br />

Gaillard à Jacmel dans le Sud-Est du<br />

pays. Pourtant aujourd’hui, il est le<br />

plus sous-alimenté en électricité en<br />

Amérique Latine et dans les Caraïbes,<br />

avec 7.5 millions de ses habitants<br />

n’ayant pas accès à l’énergie électrique,<br />

selon une étude de la Banque<br />

interaméricaine de développement<br />

(BID) sortie en 2016.<br />

Selon le MTPTC, il n’existe pas<br />

de réseau national de transport d’électricité<br />

dans le pays. Evaluée à 21 kwh/<br />

année, la consommation haïtienne per<br />

capita est plus de 80 fois inférieure à<br />

la moyenne de la région Amérique Latine<br />

et Caraïbes. D’ailleurs, un quart<br />

des 30 millions de personnes vivant<br />

dans cette région qui n’ont pas accès<br />

à l’électricité, se retrouvent en Haïti,<br />

où le marché énergétique se limite à<br />

une production électrique d’environ<br />

300 mégawatts permettant l’accès à<br />

l’électricité à 30% de la population en<br />

milieu urbain et de moins de 6% en<br />

zone rurale, estime la BID.<br />

Pour Andrew Morton, chef de<br />

programme d’ingénierie et énergie au<br />

Programme des Nations Unies pour<br />

l’Environnement (PNUE)/ Energy<br />

and Engineering Programme Manager<br />

du UNEP, le principal obstacle<br />

à la résolution du manque d’accès à<br />

l’électricité est le caractère peu attrayant<br />

du marché d’Haïti pour l’investissement<br />

énergétique du secteur<br />

privé, par rapport aux nombreux<br />

autres pays en concurrence pour l’investissement<br />

étranger direct à grande<br />

échelle.<br />

«Ce manque de compétitivité<br />

résulte d›une combinaison de<br />

nombreux facteurs, y compris:<br />

l›instabilité, la législation et les lacunes<br />

dans les politiques, la capacité limitée<br />

de la fonction publique, la capacité<br />

de payer limitée des consommateurs,<br />

la corruption réelle et perçue, le vol<br />

d’électricité et la fraude. », explique-til.<br />

Un cadre qui pour Morton, indique<br />

un niveau très élevé de risque commercial,<br />

qui n’est pas équilibré par un<br />

taux de rendement prévu élevé.<br />

«Pour résoudre ce problème,<br />

le nouveau gouvernement d›Haïti<br />

et ses partenaires internationaux de<br />

développement doivent prendre toute<br />

une série de mesures concrètes pour<br />

réduire le risque pour les investisseurs<br />

et souscrit partiellement le taux de<br />

rendement».<br />

De son côté, l’ancien ministre<br />

haïtien de l’Environnement Joseph<br />

Ronald Toussaint fustige les contrats<br />

de l’EDH avec des acteurs privés qui,<br />

selon lui, ne sont pas avantageux<br />

pour l’Etat. Il ne ménage pas ses<br />

propos. « EDH est un gouffre pour<br />

l’Etat. L’énergie/ l’électricité est un<br />

secteur stratégique. Je suis contre la<br />

privatisation de l’EDH, mais elle doit<br />

évoluer vers un partenariat publicprivé.<br />

Ce qui se fait actuellement,<br />

n’est pas intéressant. Par exemple,<br />

E-Power et Sogener [des compagnies<br />

qui vendent de l’électricité à EDH]<br />

sont en train de faire leur beurre!»,<br />

tranche-t-il.<br />

«Ce sont des contrats à revisiter.<br />

A l’avenir si nous aurons à signer des<br />

contrats et entamer des partenariats<br />

public-privé, ils doivent être mieux<br />

négociés, raisonnés et mieux orientés,<br />

ajoute Toussaint qui assure que le<br />

pays dispose d’une administration qui<br />

ne peut assurer le suivi des dossiers.<br />

On a des faiblesses institutionnelles<br />

et structurelles énormes et l’absence<br />

de la continuité de l’Etat, qui rejaillissent<br />

sur la question d’énergie».<br />

Haïti serait le premier pays des Caraïbes à avoir été électrifié en 1912<br />

avec la Centrale Hydroélectrique de Gaillard à Jacmel dans le Sud-Est du<br />

pays. Pourtant aujourd’hui, il est le plus sous-alimenté en électricité en<br />

Amérique Latine et dans les Caraïbes. Photo Milo MILFORT<br />

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Si l’électricité fait l’objet d’une gestion<br />

catastrophique, les déchets ne sont<br />

pas mieux lotis. Toutes les grandes<br />

villes y compris Port-au-Prince sont<br />

envahies par des montagnes de déchets.<br />

En Haïti, le tri de déchets n’est<br />

appliqué ni par les ménages ni au<br />

niveau de la décharge. La masse de<br />

déchets accumulés dans les villes croît<br />

davantage que la création d’installations<br />

capables de les traiter, les collecter<br />

et les éliminer. «On les ramasse<br />

aujourd’hui et demain on les revoit à<br />

nouveau», constate un riverain de Gérald<br />

Bataille dans la commune de Tabarre,<br />

qui habite non loin d’une montagne<br />

d’immondices incinérée tous les<br />

soirs par des mains inconnues. L’Haïtien<br />

s’habitue à vivre dans un milieu<br />

où le déchet s’impose.<br />

La décharge accueille quotidiennement<br />

entre 1500 à 2000 m 3 de<br />

déchets dépendamment de l’époque<br />

selon sa directrice Sophia Seignon,<br />

soit environ 60-75% des déchets<br />

produits dans la région de Port-au-<br />

Prince. Une partie est incinérée et le<br />

reste est déversé dans les rues, les<br />

ravins, canaux, les bords de mer et<br />

les égouts. Les conséquences sont<br />

l’omniprésence de la saleté, la multiplication<br />

des vermines et des fumées<br />

intempestives. «La gestion inadéquate<br />

des déchets constitue un problème<br />

majeur en Haïti. Elle contribue à<br />

la propagation des rongeurs et des<br />

maladies, bloque les routes, les voies<br />

piétonnières, les canaux et les cours<br />

d›eau, endommage les écosystèmes,<br />

dégrade les quartiers et augmente<br />

le risque d›inondation», révèle Solid<br />

Waste Association of North America<br />

dans un rapport publié en 2010.<br />

Les principaux problèmes<br />

concernant les déchets solides auxquels<br />

est confrontée la région de Portau-Prince<br />

sont le faible taux de collecte,<br />

l’inadéquation des installations<br />

d’élimination et les problèmes sociaux<br />

qui touchent les recycleurs officieux<br />

du site de Truitier, note de son côté<br />

le Département d’État américain, la<br />

Banque Mondiale (BM) et de la BID,<br />

dans une déclaration conjointe de ces<br />

bailleurs de fonds relative au projet<br />

Phoenix en 20<strong>13</strong>.<br />

A en croire l’agronome Jean<br />

François Thomas, ex-ministre haïtien<br />

de l’Environnement et aussi<br />

ex-ministre de l’Agriculture et des<br />

ressources naturelles et du développement<br />

rural (MARNDR), il existe<br />

chez nous des types de détritus très<br />

intéressants contrairement à des<br />

pays étrangers où l’on trouve des<br />

déchets nucléaires et très dangereux.<br />

«La question des déchets dans<br />

le pays est très délicate et souvent<br />

approchée avec beaucoup d’émotions.<br />

Ils constituent véritablement un<br />

problème parce qu’ils sont source<br />

d’infection, véhiculent de plusieurs<br />

maladies, mais en même temps,<br />

quand ils sont valorisés, ils peuvent<br />

devenir une source de revenus et de<br />

richesses», explique Thomas.<br />

Pouvoir des déchets haïtiens<br />

Ce pays des Caraïbes ne manque<br />

pas d’études théoriques et de plans<br />

faits sur papier très bien élaborés qui<br />

valorisent les déchets et disent comment<br />

les gérer. Ainsi, disposerait-il<br />

de ressources pour produire toutes<br />

les formes d’énergie dont il a besoin,<br />

mais aussi de déchets organiques en<br />

quantité qui peuvent servir comme<br />

engrais, fabriquer des briquettes, de<br />

l’énergie et pouvant servir à plusieurs<br />

types de transformation. Pourtant, ici,<br />

on ne fait ni l’un, ni l’autre.<br />

Vidéo à insérer : Incinération<br />

des déchets en Haïti, un danger majeur<br />

pour la santé et l’environnement<br />

! https://www.youtube.com/<br />

watch?v=METNZLp98-s<br />

«On peut donner à la décharge<br />

une certaine autonomie financière<br />

et la rendre productive de façon<br />

à ce qu’elle permette à l’Etat de<br />

rentrer des fonds. Avec elle, on peut<br />

faire beaucoup de choses comme<br />

la production de gaz, d’électricité,<br />

du compost, etc. La technique, la<br />

connaissance et l’expérience sont là.<br />

C’est une question de moyens», reconnait<br />

Carl Henry Vielot qui a dirigé<br />

la décharge nationale pendant plus de<br />

quatre ans.<br />

Durant ses années de mandat, il<br />

affirme avoir eu le projet de monter une<br />

usine qui produirait de l’électricité à<br />

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Le Directeur Général de l'EDH,<br />

l’ingénieur Hervé Pierre-Louis…<br />

Crédit Milo MILFORT<br />

partir des déchets. «Quoique le déchet<br />

haïtien est très humide, contenant<br />

beaucoup d’eau, on trouverait quand<br />

même un certain rendement. On ferait<br />

le nécessaire pour trouver des déchets<br />

en qualité pour y parvenir. Et aussi, à<br />

partir de là, on aurait une production<br />

d’eau potable qui proviendrait de cette<br />

usine qui fabriquerait de l’électricité et<br />

même de l’asphalte», ajoute-t-il.<br />

L’agronome Jean François Thomas<br />

affirme que nous n’avons pas assez<br />

de déchets pour produire de l’énergie<br />

électrique pour tout le pays, mais<br />

il peut y avoir des zones alimentées<br />

à l’électricité produite à base de déchets.<br />

«L’Etat utilise les combustibles<br />

pour produire de l’électricité, alors<br />

que nous avons des déchets pouvant<br />

nous aider à produire de l’électricité<br />

tout comme le vent, l’eau (hydro) et<br />

les combustibles fossiles. Avec une<br />

combinaison de tout ça, les déchets<br />

peuvent être un apport très intéressant».<br />

A la question, est-ce qu’un<br />

projet visant à produire de l’énergie<br />

est possible en Haïti, l’ingénieur<br />

Donald Paraison répond oui et non.<br />

« Non, ça va dépendre de la quantité<br />

de mégawatt recherchée. Un projet<br />

visant à produire entre 50 et 100 MW<br />

d’énergie à partir de déchets peut avoir<br />

de grandes difficultés pour atteindre<br />

son objectif. Après des études qui ont<br />

eu lieu, nous faisons la conclusion<br />

qu’en Haïti nous pouvons produire<br />

entre 5 jusqu’à 30 MW d’énergie à<br />

partir de déchets. Pour produire de<br />

l’énergie électrique, vous avez besoin<br />

d’une bonne quantité de déchets.<br />

Cette quantité-là n’existe pas. Même<br />

quand nous avons un problème de<br />

déchets».<br />

Autre problème avec les déchets<br />

haïtiens, c’est leur manque<br />

de capacité calorifique.<br />

Pour Andrew Morton, chef du<br />

programme d’ingénierie et énergie au<br />

PNUE (Energy and Engineering<br />

Programme Manager-UNEP), les<br />

déchets aux centrales énergétiques<br />

délivrent à grande échelle de l’électricité<br />

et respectent des normes environnementales<br />

élevées dans de<br />

nombreux pays, mais les politiques<br />

sous-jacentes et la composition des<br />

déchets sont différentes de celle d’Haïti<br />

PAUL J. JOURDAN<br />

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«Le profil général des déchets<br />

urbains haïtiens est marginal pour<br />

la production d›électricité soit par<br />

combustion soit par digestion<br />

anaérobie combinée à la combustion<br />

du gaz. Ceci est dû à sa teneur<br />

élevée en humidité et à ses niveaux<br />

marginaux de plastique et de papier<br />

hautement inflammable », a-t-il fait<br />

savoir.<br />

Pour Morton, selon des analyses<br />

économiques, la production de<br />

l’énergie à partir des déchets n’est pas<br />

techniquement compétitive par rapport<br />

à d’autres options moins complexes<br />

telles que l’énergie éolienne<br />

et solaire combinée avec le diesel, le<br />

mazout lourd ou les générateurs alimentés<br />

au gaz (. Et que « rares sont »<br />

les projets visant à produire de l’électricité<br />

à partir de déchets qui sont<br />

réalisés dans d’autres pays pauvres<br />

comme Haïti.<br />

Joseph Ronald Toussaint, ancien<br />

ministre haïtien de l’Environnement,<br />

informe que les ordures<br />

ménagères sont des matières organiques<br />

très propices au compostage.<br />

«Les déchets capables de produire du<br />

courant doivent contenir beaucoup<br />

de caoutchoucs et des plastiques qui<br />

ont un pouvoir calorifique. Je ne crois<br />

pas que nous avons des caoutchoucs<br />

en quantité. Nous n’avons pas de<br />

déchets en quantité comportant de<br />

fort pouvoir calorifique, si l’on tient<br />

compte de la composition des déchets<br />

d’un ménage urbain type», entonnet-il.<br />

Pour sa part, René Jean-Jumeau,<br />

ex-ministre haïtien délégué à la sécurité<br />

énergétique estime que les caractéristiques<br />

des déchets dépendent de<br />

leur provenance : industrielle, municipaux,<br />

agricoles, etc. Ainsi, s’avèret-il<br />

plus rentable de faire autre chose<br />

avec les déchets municipaux qui ont<br />

souvent une forte composante organique<br />

et humide. On peut en faire du<br />

compost pour l’agriculture et produire<br />

du méthane (un gaz combustible qui<br />

peut être utilisé dans des moteurs de<br />

véhicule ou de génératrice).<br />

«Cependant, le fait d’avoir<br />

un projet qui a besoin des déchets<br />

comme intrant, est une incitation à sa<br />

collecte», nuance celui qui est actuellement<br />

directeur exécutif de l’Institut<br />

haïtien de l’Energie (IHE). Pour lui,<br />

un projet visant l’incinération des<br />

déchets est possible théoriquement.<br />

Toutefois, il note certaines contraintes<br />

importantes qui sont souvent ignorées.<br />

«Il n’est pas rentable de collecter<br />

et brûler les déchets municipaux,<br />

même si on produit de l’électricité à<br />

partir de la combustion. Aussi, il existe<br />

un risque d’émission de gaz et de<br />

cendres toxiques avec la combustion<br />

des déchets. Différentes technologies<br />

de combustion produisent différents<br />

niveaux d’émissions, mais il y a<br />

un coût supérieur associé à une<br />

production moindre d’émissions»,<br />

conclut Jean-Jumeau. A Suivre!<br />

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8 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


This Week in <strong>Haiti</strong><br />

The Impact of Hurricane Irma on <strong>Haiti</strong>, Florida,<br />

and <strong>Haiti</strong>ans in the U.S. with TPS<br />

by Kim Ives and Edwidge Danticat<br />

The following is an edited transcript of<br />

the interviews <strong>Haiti</strong>an author Edwidge<br />

Danticat and Haïti Liberté journalist Kim<br />

Ives gave to the television program Democracy<br />

Now! on Sep. 11, <strong>2017</strong>, just as<br />

Hurricane Irma was finally dissipating<br />

over Florida.<br />

Danticat was reached by telephone,<br />

but the connection was lost halfway<br />

through her interview.<br />

AMY GOODMAN: At least four people<br />

have died and nearly 6 million people<br />

are without power in Florida, after Hurricane<br />

Irma made landfall Sunday in the<br />

Florida Keys as a Category 4 hurricane.<br />

The storm also flooded the streets of<br />

downtown Miami, turning Miami’s main<br />

strip, Brickell Avenue, into a three-foothigh<br />

raging river. The storm sparked one<br />

of the largest mass evacuations in U.S.<br />

history, with nearly 7 million people ordered<br />

to leave their homes.<br />

We go now to speak with one of<br />

them. We go to Florida to speak with the<br />

award-winning <strong>Haiti</strong>an-American writer<br />

Edwidge Danticat. She lives in Miami but<br />

had to evacuate to Orlando.<br />

Edwidge, how are you?<br />

Where are you now? And your thoughts<br />

on what’s taking place in your state?<br />

EDWIDGE DANTICAT: Good morning,<br />

Amy. Thank you for checking in. I am<br />

fine. I’m doing much better than a lot of<br />

other Floridians. We had to evacuate on<br />

Thursday, because the area where I live<br />

is not too far from downtown Miami,<br />

and it’s close to a bay. And so we’re part<br />

of an extended evacuation area.<br />

So we decided, actually, with two<br />

hours’ notice on Thursday, to drive up<br />

to Orlando, where we have friends. And<br />

the road was really – I’ve never seen<br />

anything like that. We were driving<br />

about 10 miles an hour most of the way<br />

because ... we were among some of the<br />

6 million or so people who were told to<br />

evacuate. So, it was a very long drive,<br />

with a lot of folks also leaving.<br />

We got to Orlando, hoping for a<br />

weaker version of the storm... There is<br />

a lot of shortage of gas, so... we couldn’t<br />

clear the state totally. So we stayed in<br />

Orlando with some friends, where the<br />

storm did come last night in a weaker<br />

version. There was a lot of wind. And<br />

I’m not sure what the damage is out<br />

there now, because we haven’t been<br />

able to go out. We don’t have any power<br />

where I am, as most of something like 3<br />

million Floridians don’t have power. But<br />

we’re OK. And we are happy to survive<br />

and are ready to return and see what<br />

happened, what we can do to help.<br />

AMY GOODMAN:: I wanted to ask you<br />

about an issue that also plagued people<br />

as Hurricane Harvey was hitting Texas,<br />

where, in Houston, something like<br />

85,000 young people have DACA status,<br />

are allowed to stay, live and work<br />

in this country, and in the midst of the<br />

horror of that hurricane, President Trump<br />

pulls DACA. I wanted to ask you about<br />

temporary protected status [TPS] for<br />

more than 50,000 <strong>Haiti</strong>ans. Their status<br />

was set to expire in July. But after pressure<br />

from immigrant rights activists, the<br />

Trump administration extended the temporary<br />

protected status for six months,<br />

meaning they could again face the threat<br />

of deportation in January. Are you hearing<br />

concern about this, as people are<br />

fleeing, as millions were forced to evacuate?<br />

Edwidge?<br />

We may have just lost Edwidge<br />

Danticat, who was speaking to<br />

us from Orlando. She actually lives in<br />

Miami, but she is one of the 7 million<br />

evacuees in Florida.<br />

But we are also joined in studio<br />

by Kim Ives. And it’s really important<br />

Hurricane Irma caused flooding in northern <strong>Haiti</strong>, including this street in<br />

Hinche, on the Central Plateau. Many farmers lost their crops to floods<br />

and wind. Credit: Marie Yolette Daniel/UN<br />

to talk not only what’s happened in the<br />

United States, but Hurricane Irma was<br />

the largest hurricane ever in the Atlantic.<br />

The death toll from Hurricane Irma<br />

has reached at least 27 in the Caribbean.<br />

The number is expected to rise as rescuers<br />

reach the hardest-hit areas. Irma<br />

destroyed major parts of several Caribbean<br />

islands, including Barbuda and Saint<br />

Martin. Cuba also suffered major flooding<br />

in Havana and other cities, but there<br />

were no reported deaths. [Cuba has since<br />

reported 7 deaths - HL]<br />

The entrepreneur Richard Branson<br />

of Virgin Airlines, among other things,<br />

has called for a “Disaster Recovery Marshall<br />

Plan” for the Caribbean. Cuba has<br />

already sent more than 750 doctors and<br />

other health workers to Antigua, Barbuda,<br />

Saint Kitts, Nevis, Saint Lucia, the<br />

Bahamas, Dominica, and <strong>Haiti</strong>.<br />

While <strong>Haiti</strong> avoided a direct hit<br />

from Irma, the hurricane still caused<br />

substantial damage in a country still<br />

recovering from the 2010 earthquake,<br />

as well as Hurricane Matthew last year.<br />

Irma displaced more than 100,000 <strong>Haiti</strong>ans<br />

and destroyed crops in the north of<br />

the country. So, Kim Ives joins Edwidge<br />

Danticat to talk not only about what’s<br />

happened in Florida, but what’s happened<br />

on the island of <strong>Haiti</strong>.<br />

Kim, welcome to Democracy Now!<br />

KIM IVES: Thanks, Amy. To the TPS<br />

question, you have about close to<br />

60,000 <strong>Haiti</strong>ans who are facing deportation<br />

in January. This is really a triple<br />

whammy, because most of <strong>Haiti</strong>’s foreign<br />

exchange comes from remittances<br />

from people working in the U.S., so<br />

that’s going to be cut off. Then, they’re<br />

going to return to a country which is debilitated,<br />

not only since the earthquake,<br />

but since Hurricane Matthew. And thirdly,<br />

a lot of their homes were damaged in<br />

A man wades with a child down a flooded street in the northeastern town<br />

of Ft. Liberté. “When you have this massive flooding, you’re definitely<br />

going to see a huge spike in cholera cases in <strong>Haiti</strong>.”<br />

the flooding, in the winds that hit southern<br />

Florida. So, it’s a terrible situation for<br />

the <strong>Haiti</strong>ans in Florida.<br />

But, for <strong>Haiti</strong>, it was also bad, because...<br />

11 months ago, Oct. 4th, 2016,<br />

the country, the southern peninsula, was<br />

hit by a Category 4 hurricane. That was<br />

Matthew. And that destroyed... 85% of<br />

the corn, rice, sorghum, peas, millet,<br />

that comes out of that southern peninsula.<br />

That was wiped out. And 40% of<br />

the fruit comes out of that part of the<br />

country.<br />

So it was the north that was picking<br />

up the slack, if you will. And that<br />

area has now been hit by Irma.<br />

We should also say that the south<br />

had a three-year drought before the hurricane.<br />

So there’s this sort of climactic<br />

whiplash that’s happening. You’re going<br />

from drought to these floods. The new<br />

climate is so volatile, it’s really hurting a<br />

country like <strong>Haiti</strong>, which in the past six<br />

years has gone from the seventh to the<br />

third most climate-vulnerable country.<br />

AMY GOODMAN: And so, while <strong>Haiti</strong><br />

did not get a direct hit, because of its<br />

devastation, it is impacted in a way most<br />

people are not talking about. They’re just<br />

saying, “Oh, it was a miss for <strong>Haiti</strong>.”<br />

KIM IVES: Right, exactly. But it’s a<br />

glancing blow, which was still devastating<br />

for farmers in the north. People had<br />

their crops wiped out by flooding and by<br />

wind. And it’s been just a terrible blow<br />

to a country which is already food-insecure.<br />

AMY GOODMAN: Can you talk about<br />

the massive outbreak of cholera since<br />

the earthquake and how that fits in here<br />

with what’s happening now?<br />

KIM IVES: Well, that’s the huge dilemma.<br />

Cholera was brought to the country<br />

by the United Nations occupation troops,<br />

which have occupied the country for the<br />

past <strong>13</strong> years. They came in after the<br />

2004 coup d’état and were supposed to<br />

be there for six months. Now, <strong>13</strong> years<br />

later, they’re supposedly winding down<br />

to leave on October 15th. This is not the<br />

case. In fact, they’re just ... replacing soldiers<br />

with policemen and women.<br />

So, you have a cholera epidemic,<br />

the worst in the world, brought by<br />

Nepalese peacekeepers back in October<br />

2010, seven years ago. And cholera, for<br />

those who don’t know, is a waterborne<br />

disease. It’s basically when sewage gets<br />

into your drinking water. So when you<br />

have this massive flooding, you’re definitely<br />

going to see a huge spike in cholera<br />

cases in <strong>Haiti</strong>.<br />

AMY GOODMAN: And just to update<br />

us on the cholera case, when you talk<br />

about peacekeepers, you’re talking<br />

about UN peacekeepers.<br />

KIM IVES: Yeah, quote-unquote “peacekeepers.”<br />

AMY GOODMAN: And the latest<br />

on the responsibility the UN has taken<br />

for this massive outbreak? How many<br />

people died?<br />

KIM IVES: It’s about a million who have<br />

been affected. Maybe 10,000 [misstated<br />

100,000 on the air - HL] died. Those<br />

figures may be conservative, because a<br />

lot of people are not registered who do<br />

die.... The U.N. has taken no responsibility,<br />

essentially. They finally admitted last<br />

year that their response was not great,<br />

but Ban Ki-moon, when he was going<br />

out, made a sort of half-apology. But<br />

they have not given any reparations to<br />

<strong>Haiti</strong>... This has been taken to the courts<br />

here in New York City, but the courts<br />

keep saying the UN has immunity.<br />

AMY GOODMAN: I want to go right<br />

now to the former UN Secretary-General<br />

Ban Ki-moon.<br />

SECRETARY–GENERAL BAN KI-MOON:<br />

[translated] Let me, at the start, directly<br />

address the <strong>Haiti</strong>an people. The United<br />

Nations deeply regrets the loss of life and<br />

suffering caused by the cholera outbreak<br />

in <strong>Haiti</strong>. On behalf of the United Nations,<br />

I want to say very clearly: We apologize<br />

to the <strong>Haiti</strong>an people. We simply did not<br />

do enough with regard to the cholera<br />

outbreak and its spread in <strong>Haiti</strong>. We are<br />

profoundly sorry for our role.<br />

AMY GOODMAN: “We are profoundly<br />

sorry for our role,” said Ban Ki-moon as<br />

he was leaving as UN secretary-general.<br />

As we wrap up, the significance of what<br />

he said and what he didn’t say, Kim?<br />

KIM IVES: But stopping short of saying<br />

that it was UN troops that brought the<br />

cholera into <strong>Haiti</strong>. They’ve avoided this<br />

because, legally, they’ll be liable. But the<br />

Institute for Justice and Democracy in<br />

<strong>Haiti</strong> [IJDH] brought a suit, which has<br />

been rebuffed in the UN claim system<br />

and also rebuffed in the United States<br />

courts here [in New York].<br />

AMY GOODMAN: And before we go, I<br />

was asking Edwidge Danticat before we<br />

Hurricane Irma also hit Florida, where many <strong>Haiti</strong>ans with TPS live and<br />

now have damaged homes. Come January, they may be sent back to food<br />

insecure <strong>Haiti</strong><br />

lost her... The issue of TPS and <strong>Haiti</strong>ans<br />

both dealing with this terrible hurricane<br />

and having to leave? You have 10 seconds...<br />

KIM IVES: Yeah, they’re going back.<br />

It’s close to 60,000 who will be sent<br />

back. And again, it’s a triple whammy.<br />

They lose the remittances. They lose<br />

their homes. And now they’re going to<br />

be sent back to <strong>Haiti</strong>, which is suffering<br />

food insecurity.<br />

AMY GOODMAN: Unless President<br />

Trump changes his mind.<br />

KIM IVES: Unless he changes his mind.<br />

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

9


CONFÉRENCE INTERNATIONALE « OCTOBRE – 100 »<br />

À LÉNINGRAD ET DÉCLARATION DES PARTIS<br />

COMMUNISTES ET OUVRIERS !<br />

Du 10 au <strong>13</strong> août <strong>2017</strong><br />

s’est tenue à Leningrad une<br />

conférence internationale sur<br />

le thème « Du rôle et de l’importance<br />

de la Révolution d’Octobre<br />

et de l’expérience de la<br />

construction du socialisme en<br />

Union soviétique pour le mouvement<br />

communiste et ouvrier<br />

moderne ».<br />

Cette conférence a été<br />

organisée par le Parti Communiste<br />

Ouvrier de Russie<br />

(PCOR-PCUS), qui a invité les<br />

partis révolutionnaires marxistes-léninistes,<br />

qui s’inscrivent<br />

dans le cadre de la lutte des<br />

classes, défendent la nécessité<br />

d’un processus révolutionnaire<br />

instaurant la dictature du prolétariat,<br />

et considèrent comme<br />

indispensable de combattre<br />

les tendances opportunistes<br />

à l’œuvre dans le mouvement<br />

communiste et ouvrier. Les<br />

délégations de 30 partis communistes<br />

et ouvriers ont participé<br />

à la conférence dont le Parti<br />

Communiste Révolutionnaire<br />

de France.<br />

Ce rassemblement a eu<br />

lieu au moment du centenaire<br />

du Sixième Congrès du Parti<br />

bolchevik, le POSDR (b), qui<br />

avait pris en août 1917 la décision<br />

de réaliser la révolution<br />

socialiste par la préparation<br />

d’un soulèvement armé.<br />

La conférence a été ouverte<br />

par le Premier secrétaire<br />

du Comité Central du Parti<br />

Communiste Ouvrier de Russie,<br />

V. Tyulkin qui a déclaré : « Avec<br />

toutes les forces progressistes du<br />

monde, nous célébrons le 100e<br />

anniversaire de la Révolution<br />

Vladimir Ilitch Oulianov,<br />

dit Lénine le dirigeant de<br />

la Grande Révolution d’<br />

Octobre 1917<br />

d’Octobre et nous vous invitons<br />

dans la patrie de la Révolution.<br />

(...) Lénine disait que la meilleure<br />

façon de célébrer un jubilé<br />

consiste à se concentrer sur la<br />

résolution des problèmes non<br />

résolus. En se fondant sur ce<br />

conseil léniniste, et en réponse<br />

aux questions des camarades<br />

étrangers : « Comment allons-nous<br />

célébrer et que faire<br />

en Russie ? » - nous avons<br />

décidé que la meilleure approche,<br />

ce n’est pas d’énumérer<br />

les réalisations d’Octobre, ou<br />

plutôt de ne pas s’attarder sur<br />

cela ; mais plutôt, d’analyser le<br />

chemin passé, pour comprendre<br />

les erreurs qui ont été faites ».<br />

Tous les rapports ont été<br />

entendus lors de la conférence,<br />

après quoi les représentants<br />

des délégations participantes<br />

ont échangé leurs points de<br />

vue et leurs commentaires sur<br />

les rapports présentés et sur les<br />

La conférence internationale de partis communistes<br />

et ouvriers en l'honneur du 100ème anniversaire de la<br />

Révolution d'Octobre 1917<br />

problèmes réels du mouvement comme la position commune<br />

communiste et ouvrier.<br />

des partis s’appuyant sur le<br />

La conférence s’est<br />

achevée sur le chant de l’Internationale,<br />

puis sur la distribution,<br />

auprès des délégations<br />

étrangères, de médailles commémoratives<br />

du Comité central<br />

du PCUS, intitulées « 100 ans<br />

de la Grande Révolution Socialiste<br />

d’Octobre ».<br />

Quelques jours après<br />

cette conférence, la déclaration<br />

ci-dessous a été adoptée par 38<br />

partis communistes et ouvriers:<br />

Notre avenir n’est pas<br />

le capitalisme, mais le monde<br />

nouveau de la victoire de la<br />

Révolution Socialiste et de la<br />

construction du socialisme !<br />

Nous, participants à la conférence<br />

internationale,<br />

réunis à Leningrad pour le centenaire<br />

du VIe Congrès du POS-<br />

DR(b) qui a statué sur la préparation<br />

de l’insurrection armée<br />

et de la Révolution Socialiste,<br />

présentons cette déclaration<br />

marxisme-léninisme qui enseigne<br />

que la révolution socialiste<br />

est une loi objective conditionnée<br />

par les contradictions inhérentes<br />

au capitalisme.<br />

Le Grand Octobre de<br />

1917 a confirmé la justesse de<br />

la théorie marxiste-léniniste<br />

sur le caractère inévitable de la<br />

révolution socialiste en tant que<br />

maillon indispensable de la victoire<br />

du prolétariat dans la lutte<br />

des classes contre la bourgeoisie<br />

et de la construction du socialisme-communisme,<br />

une société<br />

du libre développement de tous<br />

ces membres. Les tentatives de<br />

s’extirper du monde du capital<br />

par la voie réformiste mènent à<br />

la consolidation des inégalités<br />

sociales et de l’exploitation.<br />

Le Grand Octobre de<br />

1917 a confirmé la justesse de<br />

la thèse léniniste sur la possibilité<br />

de la victoire dans les conditions<br />

de l’impérialisme de la<br />

révolution socialiste dans plusieurs<br />

ou un seul pays. Contrairement<br />

à toutes les révolutions<br />

précédentes, qui menaient au<br />

remplacement d’une formation<br />

basée sur l’exploitation par une<br />

autre, la révolution socialiste<br />

commence par la conquête du<br />

pouvoir politique par le prolétariat<br />

et par l’instauration<br />

de la dictature du prolétariat<br />

suite à la page(15)<br />

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<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

11


Perspectives<br />

La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes)<br />

3 ème Partie<br />

Par Maurice Lemoine<br />

Des dirigeants de l’opposition aux<br />

prélats (bien nourris !) de la Conférence<br />

épiscopale vénézuélienne en<br />

passant par le secrétaire général de<br />

l’Organisation des Etats américains<br />

(OEA), le grand ami de Washington<br />

Luis Almagro, monte un même cri : il<br />

faut d’urgence ouvrir un « canal humanitaire<br />

» pour permettre l’approvisionnement<br />

du pays en matériel et en<br />

produits médicaux. D’après Freddy<br />

Ceballos, président de la Fédération<br />

pharmaceutique du Venezuela, la dette<br />

de l’Etat envers le secteur serait colossale<br />

: plus de 5 milliards de dollars. En<br />

conséquence, les stocks de médicaments<br />

disponibles ne correspondent<br />

qu’à 15 % des besoins.<br />

En mai 2012, sous Chávez, les<br />

mêmes acteurs dénonçaient déjà une<br />

coupe de 42 % des devises dans le<br />

secteur de la santé ; en 20<strong>13</strong>, ils annonçaient<br />

un niveau de pénurie de 40<br />

% ; en 2014 de 60 %, en 2015 de 70<br />

%. Ce à quoi, après examen des chiffres<br />

et statistiques, Pasqualina Curcio répond<br />

: « Ils ne correspondent pas au<br />

niveau d’importations enregistrées (…)<br />

et encore moins aux rapports financiers<br />

annuels des grandes corporations<br />

transnationales responsables de l’importation<br />

de ces produits. »<br />

Ces « grandes corporations » reçoivent<br />

des devises à taux préférentiel,<br />

achètent les produits à l’extérieur et les<br />

vendent en bolivars tant au Système<br />

public national de santé (SPNS) qu’aux<br />

établissements privés. Alors que, de<br />

2003 à 2014, l’importation de produits<br />

pharmaceutiques a connu en dollars<br />

une augmentation de 463 %, Henry<br />

Ventura, ex-ministre de la santé et<br />

actuel directeur de l’Ecole de médecine<br />

Salvador Allende, chiffres lui aussi en<br />

main, signalait en janvier dernier : « En<br />

2004, les laboratoires ont reçu 608 millions<br />

de dollars sans qu’on note de pénuries.<br />

» En revanche, plus rien ne va<br />

lorsqu’ils obtiennent « un total de 3,2<br />

milliards de dollars en 20<strong>13</strong> et 2,4 milliards<br />

de dollars en 2014 [1] ». Raison<br />

pour laquelle, un an auparavant, alors<br />

député, il avait déjà exhorté la Procureure<br />

de la République Luisa Ortega à<br />

enquêter, « vu qu’on ne trouve plus de<br />

médicaments nulle part ». Semblerait-il<br />

sans grand résultat.<br />

« Aucune des grandes<br />

corporations pharmaceutiques<br />

responsables de l’importation de 50<br />

% des produits pharmaceutiques au<br />

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Août <strong>2017</strong>. Vente ponctuelle organisée par un des milliers de Comités<br />

Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) mis en place par<br />

le gouvernement bolivarien pour fournir directement la population en<br />

produits subventionnés.<br />

Venezuela n’a enregistré des pertes, une<br />

diminution des bénéfices ou une chute<br />

des ventes durant 2015, note Curcio ;<br />

pas plus qu’en 2012, 20<strong>13</strong> et 2014. »<br />

Des propos difficilement contestables<br />

car confirmés dans son ouvrage par<br />

la reproduction des rapports financiers<br />

des firmes en question – Abbott<br />

Laboratories C.A., Productos Roche,<br />

Novartis de Venezuela S.A., Bayer S.A.,<br />

Pfizer Venezuela S.A., Sanofi-Aventis<br />

de Venezuela S.A., Merck S.A., etc [2].<br />

Le 2 septembre 1973, neuf jours<br />

avant le coup d’Etat de Pinochet, les<br />

Chiliens pouvaient lire dans le quotidien<br />

Clarín : « “Grâce au travail volontaire,<br />

les samedis et dimanches, puis au<br />

travail de nuit, nous augmenterons la<br />

production du sérum dont notre pays a<br />

besoin”, affirment unanimement les 45<br />

travailleurs du Laboratoire Sanderson,<br />

unique producteur de ce médicament<br />

vital au Chili », tandis que leur syndicat,<br />

se référant à la pénurie artificiellement<br />

créée par ce monopole, ajoutait : « Nous<br />

affirmons devant l’opinion publique<br />

que notre mouvement légitime (…) a<br />

pour objet la défense du pouvoir exécutif<br />

lorsqu’il entend réquisitionner les<br />

entreprises qui boycottent la production<br />

et qui sont vitales et stratégiques pour<br />

le pays [3]. »<br />

Comparaison n’est pas raison<br />

? En juin <strong>2017</strong>, au Venezuela, les représentants<br />

de la Fédération des travailleurs<br />

de l’industrie chimique pharmaceutique<br />

(Fetrameco) accusaient<br />

les laboratoires Calox, Leti, Vargas,<br />

Behrens et Cofasa de diminuer leur<br />

production de médicaments prioritaires<br />

pour la population. De son côté, Richard<br />

Briceño, du syndicat des laboratoires<br />

Calox, dénonçait : « Ils utilisent<br />

la matière première pour fabriquer des<br />

produits vétérinaires et abandonnent<br />

l’élaboration des médicaments essentiels<br />

[4]. »<br />

Au mois de février précédent,<br />

après une enquête des services de renseignements,<br />

plus de six tonnes de<br />

médicaments et de matériel chirurgical<br />

avaient été saisies dans deux habitations<br />

de Maracaibo (Etat de Zulia). Importés<br />

grâce aux dollars préférentiels,<br />

ils étaient destinés à partir en contrebande,<br />

comme le font d’énormes quantités<br />

détournées vers la Colombie.<br />

Rien de plus démoralisant pour<br />

quiconque que d’être privé de ce qui<br />

rend la vie agréable – savon, déodorant,<br />

shampoing, dentifrice ou crème<br />

à raser. Quatre grandes entreprises<br />

contrôlent le marché des produits d’hygiène<br />

au Venezuela : Procter & Gamble,<br />

Colgate, Kimberly Clark et Johnson &<br />

Johnson. D’après leurs rapports financiers<br />

annuels, y compris ceux de 2105,<br />

aucune n’a enregistré de pertes ni de<br />

diminution des ventes. Entre 2004 et<br />

2011, le firme Johnson & Johnson a<br />

reçu du gouvernement environ 2,8<br />

millions de dollars par mois ; en 2014,<br />

elle en empoche 11,6 millions pour une<br />

même période, quatre fois plus que ce<br />

qu’elle recevait habituellement : tous<br />

ses produits manquent sur les lieux habituels<br />

d’écoulement.<br />

En 2014 encore, Procter &<br />

Gamble s’est vu octroyer au taux préférentiel<br />

58,7 millions de dollars, 5,3 fois<br />

plus que ce qu’elle recevait entre 2004<br />

et 2011 (11 millions de dollars). S’ils<br />

mentionnent les difficultés et incertitudes<br />

dues aux taux de change évolutifs<br />

(et parfois erratiques), ses rapports<br />

annuels n’enregistrent ni diminution<br />

des ventes ni pertes opérationnelles au<br />

Venezuela [5]. En juillet 2015, en plein<br />

marasme affectant les consommateurs,<br />

la firme publie ce communiqué : « Ces<br />

dernières années, la compagnie a fait<br />

dans le pays d’importants investissements<br />

destinés à augmenter la capacité<br />

locale de production et à offrir des innovations<br />

dans nos produits. Il en résulte<br />

que notre capacité locale de production<br />

a augmenté de plus de 50 % et que<br />

nous jouissons aujourd’hui d’une absolue<br />

préférence des consommateurs vénézuéliens,<br />

qui ont fait de nos marques<br />

les leaders dans les catégories où elles<br />

sont en compétition [6]. »<br />

En ce qui concerne le papier hygiénique,<br />

on offrira ici un sujet d’enquête<br />

aux journalistes que ce sujet fascine<br />

et qui ont du mal à se renouveler<br />

: en 2014, l’entreprise responsable de<br />

son importation et de sa distribution,<br />

Kimberley Clark de Venezuela, a reçu<br />

958 % de devises de plus que celles<br />

qui lui ont été assignées entre 2004<br />

et 2011. On pourrait même suggérer<br />

un titre : « Qui a piqué les rouleaux ?<br />

» Voire une autre investigation : comment<br />

se fait-il que dans tous les restaurants,<br />

de la plus modeste « cantina » à<br />

l’établissement le plus luxueux en passant<br />

par les innombrables « fast food »,<br />

on trouve sur toutes les tables, à profusion,<br />

des serviettes en papier ?<br />

Comme celui de Chávez, le gouvernement<br />

de Maduro se caractériserait<br />

par une violente hostilité envers le<br />

monde des affaires. Pour preuve : en<br />

faisant approuver en 2011 (Chávez)<br />

une loi organique sur « les prix justes<br />

», le pouvoir impose un plafond aux<br />

prix des produits de première nécessité<br />

et, en établissant en février 2014 (Maduro)<br />

une marge bénéficiaire maximum<br />

de 30 % sur les biens et services vendus,<br />

il ruine les commerçants. Plus personne<br />

ne produit ni ne travaille, les prix<br />

étant désormais inférieurs aux coûts de<br />

production.<br />

Vue sous un autre angle, on<br />

ne jurerait pas que l’occupation de la<br />

chaîne Daka en novembre 20<strong>13</strong> a été<br />

totalement injustifiée : après avoir obtenu<br />

plus de 400 millions de dollars<br />

d’argent public de 2004 à 2012 pour<br />

importer des biens électrodomestiques<br />

à bas prix, cette chaîne présente à Caracas,<br />

Punto Fijo, Barquisimeto et Valencia<br />

surfacturait jusqu’à 1000 % ses<br />

produits. Quant aux problèmes du magasin<br />

d’électronique et d’audio-visuel<br />

Pablo Electronica avec les autorités,<br />

ils ont commencé à la même époque<br />

lorsque a été découverte une augmentation<br />

injustifiée – de 400 % à 2 000 %<br />

des prix.<br />

Création du chavisme en 2003,<br />

les contrôles ont été longtemps limités<br />

aux produits de première nécessité. Le<br />

pas supplémentaire effectué par Maduro<br />

a eu pour objectif, outre la lutte<br />

contre les usuriers et les spéculateurs,<br />

de limiter l’inflation (la plus haute<br />

d’Amérique latine).<br />

Petites ou moyennes, certaines<br />

entreprises ont effectivement des problèmes<br />

parce qu’en compétition, dans<br />

un contexte hyper-spéculatif, avec de<br />

puissants concurrents. De véritables<br />

monopoles très souvent. Mais, plus<br />

globalement, l’analyse des données de<br />

n’importe quelle firme, où qu’elle opère<br />

dans le monde, permet de constater que<br />

le taux de marge moyen se situe non<br />

à 30 %, mais autour de 10 % ou 11<br />

%. Pour tout capitaliste, il s’agit d’un<br />

bon résultat. Les économistes néolibéraux<br />

devant d’ailleurs reconnaître que<br />

les marges bénéficiaires sont élevées<br />

au Venezuela, ils objectent que « c’est<br />

à cause du risque » – l’argument théorique<br />

de la spéculation.<br />

Sur les quarante-deux marchandises<br />

mises sur le marché par Polar,<br />

seules quatre ont un prix « régulé » :<br />

la farine de maïs, le riz, l’huile et les<br />

pâtes alimentaires. Cela n’a pas empêché<br />

que, avant l’élection présidentielle<br />

d’avril 20<strong>13</strong>, l’ensemble de sa production,<br />

et non ces seuls produits, ait reculé<br />

de 37 % ; au moment de « La Salida »<br />

(2014), de 34 % ; avant les législatives<br />

de décembre 2015 de 40 % [7].<br />

Pour importer, on l’a vu, les négociants<br />

doivent acheter leurs dollars<br />

au gouvernement. Nul ne niera ici que<br />

le processus bureaucratique complexe<br />

ou les changements de règles permanents<br />

constituent un casse-tête pour un<br />

individu normalement constitué [8].<br />

Ni que la masse globale des devises à<br />

octroyer a diminué. Ce qui a provoqué<br />

– ou plutôt accentué – un marché parallèle<br />

sur lequel la monnaie américaine<br />

se négocie bien au-dessus du cours officiel.<br />

En décembre 2012, 1 dollar<br />

s’échangeait légalement contre 4,30<br />

bolivars et, au taux parallèle, contre 10<br />

bolivars. En 20<strong>13</strong>, on passait de 6,30<br />

bolivars au cours légal à 20 dollars au<br />

marché noir. Durant les deux derniers<br />

mois de 2014, le dollar « libre » était 28<br />

fois plus haut que le dollar « gouvernemental<br />

». A la veille des élections législatives<br />

du 6 décembre 2015, il culmine<br />

à près de 900 bolivars pour un dollar,<br />

soit une augmentation de 8 900 % en<br />

à peine deux ans ! A l’heure actuelle,<br />

il atteint 5 000 bolivars (contre 10 au<br />

cours officiel) !<br />

Faute de devises obtenues à travers<br />

les mécanismes d’Etat, des particuliers,<br />

en quête de valeur refuge,<br />

achètent des dollars sur le marché noir.<br />

De leur côté, certains acteurs économiques<br />

– essentiellement les petites<br />

entreprises – se voient dans l’obligation<br />

de se tourner eux aussi vers ce monde<br />

parallèle. Une fois leur marchandise<br />

achetée à l’étranger, ils établissent leur<br />

prix de vente : salaires, frais généraux<br />

et montant de la facture en dollars reconvertie<br />

en bolivars, mais en fonction<br />

du taux de change prohibitif, ce qui fait<br />

exploser la valeur finale du produit.<br />

Dans ce cas précis, on peut légitimement<br />

attribuer une part de la responsabilité<br />

de l’explosion des prix « à la crise<br />

» et à un gouvernement dépassé par les<br />

événements.<br />

Toutefois, le phénomène ne s’arrête<br />

pas là, ce qui en rendrait les effets<br />

relativement limités. Il s’aggrave<br />

lorsque les importateurs majeurs, bien<br />

qu’ayant reçu des devises au taux<br />

préférentiel, calculent leurs prix… en<br />

fonction du taux illégal. Pour l’explosion<br />

de leurs de profits illicites, pour le<br />

plus grand malheur du consommateur,<br />

qui voit s’écrouler son pouvoir d’achat.<br />

Sachant par ailleurs que nombre de corporations,<br />

lorsqu’elles reçoivent cinq<br />

dollars du pouvoir, n’en utilisent qu’un<br />

pour l’importation, et spéculent avec les<br />

quatre autres sur ce marché mafieux.<br />

Leur « business » n’est pas de pourvoir<br />

le pays en aliments, nous explique-ton,<br />

mais « d’acheter et de vendre des<br />

dollars, sous prétexte d’acquérir des<br />

aliments ».<br />

Les difficultés deviennent définitivement<br />

insolubles pour les autorités<br />

quand, par ailleurs, le taux de change<br />

parallèle explose parce que manipulé.<br />

Sur ce fameux marché, le taux<br />

de change a enregistré une tendance<br />

constante à la hausse de 1999 à juillet<br />

2012. Mais, de 26 % en moyenne<br />

jusqu’à 2011, cette variation annuelle<br />

dérape de 2012 à 2015, passant à 223<br />

% (423 % entre 2014 et 2015), affectant<br />

la consommation finale et les processus<br />

de production. « Les variations<br />

les plus importantes, note Curcio dans<br />

suite à la page(16)<br />

12 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


Notre Mémoire se souvient<br />

En hommage à nos martyrs et héros inconnus<br />

Par Frantz Latour<br />

Tout au long de l’histoire, des<br />

milliers de guerres de pillage, de<br />

domination, d’extension territoriale,<br />

de violation de souveraineté des pays<br />

conquis ont été menées pour satisfaire<br />

les appétits gloutons des classes dirigeantes.<br />

Des guerres d’Alexandre et<br />

de César à l’actuelle guerre en Afghanistan<br />

en passant par les deux guerres<br />

mondiales, des millions de soldats ont<br />

perdu la vie. La majorité d’entre eux<br />

avait leurs restes renvoyés chez eux,<br />

à leurs familles, quand leurs cadavres<br />

étaient identifiables. Ils se trouvent<br />

désormais dans un cimetière, dans<br />

un coin du monde. Leur souvenir est<br />

perpétué par leurs plus proches. Des<br />

milliers de soldats n’ont pourtant jamais<br />

pu être identifiés à cause de mutilations<br />

et brûlures extrêmes. Ils sont<br />

restés des «soldats inconnus».<br />

.Après la première guerre mondiale,<br />

un mouvement a commencé<br />

à commémorer ces soldats inconnus<br />

avec une seule tombe, qui contiendrait<br />

un corps non identifié. Un tel soldat<br />

servirait alors comme un symbole du<br />

sacrifice de tous les soldats inconnus<br />

morts au combat. L’idée était sans aucun<br />

doute très louable. N’empêche, on<br />

ne peut s’empêcher de se demander si<br />

au fond il ne s’agissait pas d’une solennelle<br />

mise en scène toute trouvée<br />

pour justifier les boucheries abominables<br />

passées et une occasion pour<br />

les élites militaro-civiles de se donner<br />

bonne conscience et de préparer<br />

d’autres tueries au cours desquelles ce<br />

sont les catégories les moins loties qui<br />

serviront de chair à canon.<br />

Aujourd’hui, de tels mémoriaux<br />

existent partout dans le monde et sont<br />

connus sous le nom de «Tombe du<br />

soldat inconnu». Ainsi: le tombeau<br />

du Soldat inconnu américain situé<br />

dans le Cimetière National d’Arlington<br />

en Virginie; la tombe du Soldat<br />

inconnu français installée sous l’arc<br />

de Triomphe de la place de l’Étoile<br />

à Paris; le monument du Soldat inconnu<br />

égyptien au Caire, en forme<br />

de pyramide, construit en 1974 en<br />

l’honneur des Egyptiens et des arabes<br />

qui ont péri durant la guerre d’octobre<br />

1973 ; la tombe du Soldat inconnu<br />

russe, un mémorial de guerre dédié<br />

aux soldats soviétiques tués durant la<br />

Grande Guerre patriotique de 1941 à<br />

1945. Il est situé à Moscou, sous les<br />

murs du Kremlin. Il s’est toujours agi<br />

de soldats morts au cours de guerres<br />

opposant les armées d’au moins deux<br />

La Statue de Jean Jacques<br />

Dessalines, le fondateur de la<br />

nation haïtienne sur la place<br />

d'Armes des Gonaïves ; mais<br />

il n'est jamais venu à l'idée de<br />

nos dirigeants passés et actuels<br />

d'ériger un monument du Soldat<br />

inconnu haïtien qui symboliserait<br />

le sacrifice des centaines de va-nupieds<br />

morts sur le champ d'honneur<br />

et restés sans sépulture, oubliés<br />

pays différents.<br />

Chez nous, hormis la glorieuse<br />

guerre de l’Indépendance opposant<br />

l’armée indigène sous le commandement<br />

de Dessalines et les soldats de<br />

Napoléon conduits d’abord par son<br />

beau-frère Leclerc puis par le cruel<br />

Rochambeau, il n’y a pas eu vraiment<br />

de guerre au sens des grandes tueries<br />

auxquelles il a été fait allusion plus<br />

haut. Et il n’est jamais venu non plus<br />

à l’idée de nos dirigeants passés et actuels<br />

d’ériger un monument du Soldat<br />

inconnu haïtien qui symboliserait le<br />

sacrifice des centaines de va-nu-pieds<br />

morts sur le champ d’honneur et restés<br />

sans sépulture, oubliés.<br />

Sans doute, nous pouvons nous<br />

enorgueillir du Nèg mawon, sculpture<br />

réalisée par l’architecte Albert Mangonès.<br />

Elle symbolise l’esclave révolté<br />

ayant fui l’habitation du colon français.<br />

Au pied, il porte une chaîne brisée,<br />

il tient un coutelas et souffle dans<br />

une conque, un lanbi, pour appeler à<br />

la révolte contre l’oppresseur, le colonisateur<br />

esclavagiste. De fait Boukman<br />

a été, durant la cérémonie de Bois<br />

Caïman, l’initiateur de la grande insurrection<br />

du 22 au 23 août 1791 qui devait<br />

éventuellement aboutir à Vertières<br />

et à notre indépendance.<br />

Le Nèg mawon est donc avant<br />

tout le symbole emblématique de<br />

la liberté de la nation haïtienne et<br />

un symbole universel pour la liberté<br />

des Noirs. Il ne commémore pas le sacrifice<br />

de tous les Haïtiens, soldats ou<br />

civils, inconnus, morts pour défendre<br />

leurs droits sacrés, pour défendre ce<br />

qui aux yeux des masses représentent<br />

les exigences de la démocratie. Mon<br />

propos, justement, est d’appeler à la<br />

réalisation non pas d’une tombe du<br />

Soldat inconnu haïtien, mais d’un<br />

monument à la gloire de Héros et<br />

Martyrs haïtiens inconnus qui symboliserait<br />

le sacrifice de tous ces milliers<br />

d’Haïtiens, morts « sans libera, sans je<br />

ne sais quoi » (merci Manno Charlemagne),<br />

sans sépulture et qui resteront<br />

à jamais inconnus et oubliés.<br />

Il ne s’agirait pas seulement<br />

d’honorer la mémoire des soldats inconnus<br />

de notre guerre d’indépendance,<br />

morts pour cause de liberté,<br />

mais aussi de saluer le courage, la longanimité,<br />

la force d’âme, la force de résistance<br />

du peuple face à l’oppression,<br />

à la répression, aux violences exercées<br />

contre lui pour avoir seulement osé<br />

dire NON, à tous les pouvoirs agissant<br />

contre ses intérêts.<br />

La résistance pleine de détermination<br />

du peuple haïtien dans la perspective<br />

de cette tombe des Héros et<br />

Martyrs haïtiens inconnus a commencé<br />

avec l’occupation américaine de<br />

1915 à 1934. Ils sont morts durant les<br />

travaux forcés, cette «corvée », qu’ils<br />

refusaient net. Ils sont morts pour<br />

avoir participé activement à la rébellion<br />

menée par Péralte et Batraville. Ils<br />

sont morts pour raison d’appauvrissement<br />

accéléré de leur condition. Ils ont<br />

servi de force de travail corvéable et<br />

exploitable à volonté dans les bateys<br />

dominicains, et ce sont eux qui ont<br />

été victimes des monstrueuses «vêpres<br />

dominicaines». Par lâcheté et servilité<br />

face au voisin de l’Est, nos dirigeants<br />

n’ont même pas voulu protester contre<br />

ce génocide, voire qu’ils feraient une<br />

sculpture commémorative de ce carnage<br />

apocalyptique.<br />

Ces Héros et Martyrs haïtiens<br />

inconnus ce sont les centaines de fignolistes<br />

des quartiers défavorisés<br />

exécutés par la soldatesque haïtienne<br />

aux ordres du général Kébreau agissant<br />

en sous main pour le compte<br />

de Duvalier et servant de prélude à<br />

d’autres tueries ultérieures à mettre au<br />

compte des Forces Armées d’Haïti. Ce<br />

sont tous les militants qui pendant le<br />

règne du despote Duvalier ont combattu<br />

la tyrannie et sont morts pour cause<br />

de liberté. Il y a eu sans doute Adrien<br />

Sansaricq, Gérald Brisson, Jacques Stéphen<br />

Alexis, Yanick Rigaud, les guérilleros<br />

de Cazale, les guérilleros de Jeune<br />

Haïti, pour ne citer que ceux-là, des<br />

«noms connus» qui sont tombés au<br />

champ d’honneur, mais il y a eu aussi<br />

des milliers d’autres qui ont disparu ou<br />

sont morts dans les cachots du régime.<br />

Au lendemain du 7 février 1986,<br />

on croyait que le fils du monstre parti,<br />

la chasse aux macoutes déclenchée<br />

avec espoir de justice, le pays allait<br />

amorcer un tournant en direction de<br />

la démocratie. Hélas non! La disparition<br />

sans lendemain du jeune Charlot<br />

Jacquelin allait nous dessiller les yeux.<br />

En cascade, le peuple haïtien a été victime<br />

à la ruelle Vaillant, à l’église St.<br />

Jean Bosco. Les fils et filles du peuple<br />

ont été assassinés en masse, dans tous<br />

les quartiers défavorisés de la capitale<br />

et ailleurs, à la suite du coup d’État le<br />

30 septembre 1991. Au lendemain<br />

du rapt d’un président légitimement<br />

élu du 29 février 2004, il y en a eu<br />

un nombre incalculable de partisans<br />

de l’ancien président Aristide qui ont<br />

été tués pour avoir manifesté leur refus<br />

de ce qui fut en fait un kidnapping. Ils<br />

sont tous ces Héros et Martyrs haïtiens<br />

inconnus qui n’ont jamais reçu<br />

de sépulture et qui sont déjà devenus<br />

ossements et cendre dans les charniers<br />

de Ti Tanyen.<br />

« Se pou nou yo mouri, se nou<br />

ki pou leve yo». Fòk nou t a leve yo.<br />

Et pour ce faire, ma faible voix de progressiste<br />

militant en appelle à l’érection<br />

d›un monument en mémoire de<br />

tous ces héros et martyrs morts sans<br />

sépulture et dont nous ne saurons jamais<br />

les noms et prénoms, parce que<br />

fils et filles du peuple, parce que pitit<br />

Sò Yèt, parce que fils et filles de l’anonymat,<br />

des bourrasques de la misère<br />

créée et entretenue par l’ouragan Sam<br />

dont la force de destruction, d’appauvrissement<br />

des catégories opprimées<br />

ne s’est jamais abattue, et dont<br />

l’oeil pervers continue de happer sur<br />

son passage les démunis, les pauvres,<br />

les opprimés.<br />

Ai-je besoin de vous dire que je<br />

ne m’attends pas à quelque miracle<br />

que ce soit ? Je connais nos politichiens.<br />

A quoi bon ressasser ces formules<br />

et qualificatifs presque surannés<br />

qui décrivent leur égoïsme, leur nombrilisme,<br />

leur absence d’intérêt pour<br />

tout ce qui est national, fierté nationale.<br />

Je prends comme exemple le cas<br />

de l’ancien premier ministre Jacques<br />

Edouard Alexis. Le 5 septembre 1998,<br />

notre grand Félix Morisseau, mon<br />

parrain, nous quittait. Lors de ses funérailles<br />

à Miami, Alexis s’exprimait<br />

ainsi : « En témoignage de fidélité à la<br />

mémoire du citoyen de Grand Gosier,<br />

le président de la république et le gouvernement<br />

s’engagent à mieux faire<br />

connaître l’œuvre de celui que l’on<br />

nomme parfois le ‘’Doyen de la littérature<br />

créole’’. Lors, Alexis était ministre<br />

de la Culture.<br />

Le 25 septembre 1999, une<br />

année après la mort de Morisseau,<br />

j’écris une « Lettre toute décachetée<br />

au Premier Ministre Jacques Edouard<br />

Alexis» parue dans Haïti en Marche (V.<br />

XII. No. 34. P.10). Je lui rappelle que<br />

Jean Mapou avait déjà fait des suggestions<br />

appuyées par Paul Laraque dans<br />

le sens d’une ‘’Journée nationale Morisseau,<br />

Citoyen du monde’’ et que rien<br />

n’avait été fait jusqu’au moment de<br />

ma lettre. Au nom du peuple des sansvoix<br />

dont Morisseau avait été ‘’la voix<br />

grand-gosière’’, je lui demandais de<br />

«prendre les dispositions nécessaires<br />

pour faire imprimer un timbre à l’effigie<br />

de Morisseau». Devinez ? Avec<br />

un fanal, en plein jour, et chaque jour<br />

que Dieu dit qu›il fait jour, les amis de<br />

parenn mwen et moi cherchent encore<br />

ce timbre...<br />

C’est dire que avec un gouvernement<br />

dont le président, un inculpé, est<br />

entouré d’un PM fonctionnellement<br />

absent et de ministres yon-jou-bonyon-jou-pa-bon<br />

dont deux d’entre eux<br />

sont mêlés à un scandale de kits scolaires<br />

surfacturés, je ne me fais guère<br />

d’illusion sur la prise en considération<br />

d’un projet aussi grand que l’érection<br />

d’une sculpture honorant nos « inconnus<br />

». Une telle proposition n’est à la<br />

hauteur ni d’un parlement croupion, ni<br />

du chef de l’État embarqué dans des<br />

extravagances démagogiques caravanantes<br />

pour faire passer le temps,<br />

se donner bonne conscience, tromper<br />

les masses et laisser s’enrichir<br />

quelques ti zòrèy.<br />

Je ne me décourage pas pour autant.<br />

L’idée est dans l’air. Les alizés du<br />

pays porteront le message de feuilles<br />

en feuilles, d’arbres musiciens en<br />

arbres musiciens jusqu’au jour où une<br />

révolution, une vraie, socialiste, finira<br />

par s’approprier la proposition pour<br />

que les fils et filles des générations à<br />

venir sachent que leurs aînés qui ont<br />

résisté contre la tyrannie ne sont pas<br />

morts pour du vent et ne seront pas<br />

oubliés, car il y aura une sculpture immortalisant<br />

la mémoire des Héros et<br />

Martyrs haïtiens inconnus.<br />

<strong>13</strong> septembre <strong>2017</strong><br />

DÉCÈS<br />

FRANTZ DANIEL JEAN<br />

FUNERAL SERVICES INC.<br />

Guarino Funeral Home<br />

Haïti Liberté annonce avec infiniment de peine la triste nouvelle de la mort de Mme Yvane<br />

Cassendo, survenue le vendredi 8 septembre <strong>2017</strong> dernier<br />

En cette pénible circonstance, nous présentons nos condoléances émues à:<br />

Ses enfants: Sabine Albert et Steeve McCala ; Ses neveux: Mario André, Richard André,<br />

Philippe André et Jean Marcel ; Sa nièce: Ingrid Bouchereau ; Ses petits enfants: Drayden et<br />

Achuka McCala.<br />

Afin de lui rendre un dernier hommage, sa dépouille mortelle sera exposée ce vendredi 15<br />

septembre à Long Island au Malverne Funeral Home sis au 330 Hempstead Avenue,<br />

Malverne NY 11565 de 6 à 9 heures du soir.<br />

Ses funérailles seront chantées le samedi 16 septembre en cours.<br />

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Mario André au 917-586-3944<br />

Paix à son âme !<br />

• Funerals in All Boroughs<br />

• Transportation of Remains<br />

• Cremation<br />

Nou pale kreyòl.<br />

5020 Foster Avenue<br />

Brooklyn, NY 11203<br />

718.6<strong>13</strong>.0228<br />

Serving the <strong>Haiti</strong>an Community<br />

for Over 30 Years<br />

9222 Flatlands Avenue<br />

Brooklyn, NY 11236<br />

718-257-2890<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

<strong>13</strong>


Perspectives<br />

Lettre d'un économiste, ancien<br />

employé de la Banque Mondiale au<br />

Président Maduro !<br />

Par Peter Koenig<br />

Cher Président Maduro,<br />

Vous avez le soutien écrasant<br />

des peuples du monde !<br />

Le 25 août, le président Trump a<br />

signé un ordre exécutif qui a frappé<br />

le Venezuela avec les sanctions<br />

économiques les plus larges de l’histoire.<br />

Pratiquement, elles paralysent<br />

le Venezuela, menacent de le plonger<br />

dans le fil. C’est un coup économique<br />

de la pire espèce. C’est une guerre financière<br />

directe. Pour toutes ces nations<br />

occidentales pour lesquelles de<br />

telles sanctions unilatérales du régime<br />

de Washington dirigé par des sionistes<br />

sont devenues la nouvelle norme, c’est<br />

l’une des agressions criminelles les plus<br />

rudes qu’une nation puisse imposer à<br />

une autre nation.<br />

Certainement, cet acte est une<br />

énorme trahison du droit international.<br />

C’est un crime de guerre puisqu’il met<br />

en danger et menace la vie du peuple<br />

vénézuélien. De plus, Donald Trump<br />

menace impunément le Venezuela<br />

d’une invasion militaire états-unienne<br />

ouverte. « Ouverte » - parce que les services<br />

militaires et les services secrets,<br />

c’est à dire le personnel de la CIA et ses<br />

représentants entraînés, financés et armés<br />

ont déjà fomenté pendant des années<br />

le mal-être et la mort dans les rues<br />

de Caracas et dans d’autres parties du<br />

pays.<br />

Pour justifier ces mesures, la<br />

Maison Blanche dit qu’ils : « calibrent<br />

soigneusement pour refuser à la dictature<br />

de Maduro une source importante<br />

de financement pour maintenir son<br />

Gouvernement illégitime. » La déclaration<br />

suivante du Secrétaire au Trésor<br />

Steven Mnuchin explique parfaitement<br />

que ces sanctions sont destinées à «<br />

étouffer le Venezuela jusqu’à ce qu’il<br />

se soumette. » « On fera des exceptions<br />

pour une période de 30 jours et pour<br />

certaines transactions entre les Etats-<br />

Unis et le Venezuela comprenant les<br />

exportations de pétrole et les importations<br />

de Citgo, la filiale états-unienne de<br />

PDVSA, ainsi que pour le financement<br />

des efforts humanitaires. »<br />

Monsieur Mnuchin, un ex associé<br />

de Goldman Sachs peut-il être aussi<br />

humain ? Toute la suite militaire de<br />

Trump peut-elle être aussi humaine ?<br />

Quelle humanité reste-t-il à ces gens ?<br />

Trois généraux prennent les décisions,<br />

sous la présidence de Trump. Faut-il<br />

d’autres preuves pour que le monde<br />

voie que Washington est dirigé par le<br />

Pentagone – c’est un pur état policier et<br />

militaire dont 95% de la population ont<br />

été dépouillées de ses droits civiques et<br />

de ses droits de l’homme – par des versions<br />

successives et chaque fois pires<br />

du Patriot Act et de ses Lois connexes ?<br />

La pire époque de l’humanité.<br />

Le venin et le mal qui résident<br />

dans notre société ne cesseront jamais<br />

de me surprendre. Comment en<br />

arrivons-nous là ? Le commencement<br />

remonte à quelques 5 000 ans ; mais<br />

c’est une autre histoire. Nous vivons<br />

maintenant et nous devons éradiquer<br />

cette société égocentrique, assoiffée de<br />

sang et pathologiquement avare, cette<br />

économie de la cupidité, MAINTENANT<br />

– ce qui signifie maintenant pour sauver<br />

autant de vies que possible.<br />

La raison déclarée de Trump<br />

pour attaquer le Venezuela avec des<br />

sanctions – évidemment, un mensonge<br />

comme tout ce qui vient de Washington<br />

– est la récente élection par le peuple<br />

d’une Assemblée Nationale Constituante<br />

– ANC – L’Assemblée Nationale<br />

Constituante est la forme la plus haute<br />

de la démocratie : une Assemblée élue<br />

Peter Koenig<br />

par le peuple. L’opposition qui a violemment<br />

boycotté l’élection du 30 juillet<br />

<strong>2017</strong> n’a à présent aucun siège à<br />

l’ANC. Evidemment, non. Elle n’a pas<br />

présenté de candidats.<br />

Selon Jimmy Carter, ex-président<br />

des Etats-Unis et chef de l’Institut Carter<br />

qui contrôle les élections internationales,<br />

et Noam Chomsky, professeur<br />

de linguistique au MIT célèbre professeur<br />

de géopolitique, le Venezuela<br />

a la démocratie la plus complète des<br />

Amériques et sans doute du monde.<br />

Evidemment, cela ne plaît pas au dictateur-assassin<br />

en chef du monde, les<br />

Etats-Unis d’Amérique.<br />

Le plus grand tyran du monde<br />

demande des sanctions atroces « asphyxiantes<br />

» contre un pays souverain,<br />

pétrolier et riche en gaz dans «<br />

l’arrière-cour de Washington » sous<br />

prétexte qu’il est passé de la démocratie<br />

à la dictature que la tyrannie du Nord<br />

ne peut tolérer mais dans un geste de<br />

générosité, il accorde au Venezuela le<br />

soulagement temporaire « humanitaire.<br />

» quelle farce !<br />

Le Gouvernement de Trump,<br />

ou de n’importe lequel de ses prédécesseurs<br />

se fiche complètement de la démocratie<br />

et des droits de l’homme dans<br />

n’importe quel pays qu’il veut dominer.<br />

Par contre, ce qu’ils veulent, c’est installer<br />

le chaos pour pouvoir exploiter les<br />

ressources naturelles du pays et c’est ce<br />

qu’ils font constamment. Dans le cas<br />

du Venezuela, le pays le plus riche du<br />

monde en réserves d’hydrocarbures, le<br />

but est de reprendre les richesses et de<br />

revenir à la situation précédant l’arrivée<br />

au pouvoir du Président Chávez en<br />

1998, sous le ferme contrôle des géants<br />

pétroliers états-uniens.<br />

Le Venezuela ne le tolèrera jamais.<br />

Curieusement, il semble qu’on<br />

a dit à Trump d’adopter une nouvelle<br />

doctrine des « butins de guerre ». Sa<br />

déclaration récente sur l’augmentation<br />

des troupes en Afghanistan sans limite<br />

de temps a clairement à voir avec les<br />

richesses minérales de ce pays d’Asie<br />

Centrale : le cuivre, le cobalt, le fer, la<br />

baryte, le soufre, le lithium, le plomb,<br />

l’argent, le zinc et le niobium. 1,4 millions<br />

de tonnes métriques de terres rares<br />

(REE). La Force Internationale d’Aide à<br />

la Sécurité (ISAF) estime que les ressources<br />

totales en terres afghanes dépassent<br />

1 billion de dollars. Peu importe<br />

que les Etats-Unis aient déjà dépensé<br />

entre 1 et 2 billion pendant les 16 années<br />

de guerre illégale en Afghanistan,<br />

qui ont provoqué des assassinats massifs,<br />

des dizaines de milliers de morts.<br />

Dans le cas de la Corée du Nord,<br />

c’est le minerai de fer que veulent les<br />

Etats-Unis avec, en plus, l’accès stratégique<br />

à la Chine et à la Russie. En Syrie,<br />

c’est l’infâme pipeline du Qatar qui<br />

permettra aux pétro-géants occidentaux<br />

d’envoyer des billions de pétrole<br />

et de gaz en Europe au détriment des<br />

contrats de gaz signés avec la Russie.<br />

Bashar al Assad a condamné l’oléoduc<br />

depuis que la CIA s’en est approchée en<br />

2008 comme son père au début des années<br />

2000. Ce refus a scellé le destin de<br />

la Syrie. Au Venezuela, le vol prévu est<br />

évidemment, celui du pétrole et du gaz.<br />

Peu importe que Trump se<br />

contredise lui-même superbement. Ses<br />

promesses électorales fermes et insistantes<br />

– de ne pas interférer dans des<br />

pays éloignés, de ne pas créer de «<br />

démocraties » de style états-unien, « à<br />

l’avenir, les Etats-Unis respecteront la<br />

façon de vivre des autres pays,» « nous<br />

n’utiliserons plus nos forces en terres<br />

étrangères – ces jours-là sont terminées.<br />

»<br />

Merveilleux. Il le dit peut-être<br />

sincèrement. Comme il a peut-être réellement<br />

voulu faire la paix avec la Russie.<br />

C’est probablement la raison pour<br />

laquelle il a été élu. Mais Trump serait-il<br />

assez naïf pour ne pas savoir que<br />

le complexe militaire et industriel ne<br />

veut pas – A BESOIN de la guerre ? Ce<br />

groupe diabolique veut les ressources<br />

naturelles pour ses guerres éternelles.<br />

La plupart des gens veulent la<br />

paix et non la guerre. Ils veulent respecter<br />

la démocratie souveraine du<br />

Venezuela, ne pas s’y immiscer. Ce<br />

sont leurs dirigeants, des marionnettes<br />

fascistes (sic-sic) et ceux qui composent<br />

les organisations régionales latino-américaines<br />

qui se sentent obligés<br />

de se soumettre aux exigences de l’empereur<br />

nu.<br />

L’industrie d’extraction, les<br />

hydrocarbures, les minéraux sont<br />

montés en flèche depuis l’ascension<br />

du néolibéralisme dans les années 80<br />

comme jamais auparavant dans l’histoire<br />

moderne. Les raisons en sont les<br />

guerres et les conflits. On estime qu’aujourd’hui,<br />

presque les deux tiers du pillage<br />

des industries d’extraction mondiales<br />

– une calamité indescriptible pour<br />

la santé humaine, les communautés<br />

locales et le milieu ambiant – sont destinés<br />

au complexe militaire et industriel<br />

international et à son précurseur : les<br />

Etats-Unis d’Amérique.<br />

Les nouvelles sanctions contre<br />

le Venezuela sont devenues le point<br />

commun de tous les vassaux qui, pour<br />

une obscure raison lèchent les bottes<br />

du Président Trump. Donald Trump, le<br />

mégalo-psychopathe est une véritable<br />

caricature de l’électorat états-unien.<br />

L’opinion et les politiques de Trump<br />

dansent dans le vent comme seul un<br />

maître immature peut s’en payer le<br />

luxe. Par conséquent, le monde est toujours<br />

dans l’erreur et sur la pointe des<br />

pieds, jamais certain du moment où la<br />

prochaine bombe tombera.<br />

Cher Monsieur Maduro, cet<br />

acte de guerre ne peut être commis<br />

que par les Etats-Unis d’Amérique<br />

parce qu’ils contrôlent notre système<br />

monétaire basé sue le dollar occidental,<br />

totalement frauduleux, géré par le<br />

privé, basé que l’usure et les buts lucratifs<br />

de la FED et des banquiers de<br />

Wall Street. Point. Le monde occidental<br />

continue à être son esclave bien que sur<br />

une échelle de plus en plus faible mais<br />

il ne s’est pas encore libéré. L’Orient, la<br />

Russie, la Chine et toute l’Organisation<br />

de Coopération de Shanghai (SCO) se<br />

sont rapidement détachés de l’hégémonie<br />

du dollar.<br />

Le Venezuela, à mon humble<br />

avis, doit faire de même aussi rapidement<br />

que possible. Il n’y a pas de temps<br />

pour réfléchir : se séparer du dollar, peu<br />

importe quelles pertes monétaires et<br />

quelles pertes d’actifs cela peut impliquer,<br />

d’une façon ou d’une autre, elles<br />

auront lieu. Le chien enragé de Washington<br />

ne va jamais lâcher, il mordra<br />

jusqu’au bout et jamais ne rendra les<br />

actifs confisqués. Il l’a démontré plus<br />

d’une fois dans le monde entier, il suffit<br />

de regarder l’Iran.<br />

Le Venezuela voudrait peutêtre<br />

réduire ses pertes et repartir à zéro<br />

en se liant étroitement aux économies<br />

de la Russie et de la Chine comme il l’a<br />

Communiqué du parti<br />

ouvrier indépendant<br />

démocratique (POID) :<br />

« Balayer les ordonnances, chasser le<br />

gouvernement Macron-Philippe » !<br />

Des jeunes à Paris le 12 septembre <strong>2017</strong> manifestant contre la politique<br />

anti-ouvrière du gouvernement Macron-Philippe !<br />

déjà fait mais il a peut-être besoin de<br />

passer par une base plus rigoureuse et<br />

radicale. Plus d’offres en dollars. Arrêter<br />

toutes les manipulations en dollars/bolivars<br />

depuis Miami. Le dollar doit devenir<br />

une monnaie interdite au peuple<br />

du Venezuela, strictement contrôlé par<br />

la loi, pouvant seulement être utilisée<br />

par les autorités du Gouvernement.<br />

C’est encore la situation à Cuba et Cuba<br />

a survécu 60 ans. L’euro aussi. L’euro<br />

est dans la même alliance que le dollar.<br />

On l’a créé comme le fils adoptif de la<br />

monnaie dollar – amen – sans aucun<br />

soutien.<br />

suite à la page(16)<br />

Les travailleurs qui se mettent en<br />

grève et manifestent avec leurs<br />

organisations pour le retrait des ordonnances<br />

Macron-Philippe sont dans<br />

leur droit.<br />

Dans ces ordonnances qui<br />

livrent les travailleurs, entreprise par<br />

entreprise, aux diktats des patrons,<br />

rien n’est favorable aux intérêts ouvriers.<br />

L’unité des travailleurs et des<br />

organisations pour imposer le retrait<br />

des ordonnances est une nécessité. Le<br />

POID, qui mène campagne sur le mot<br />

d’ordre « À bas les ordonnances ! »<br />

depuis le début du mois de juillet, est<br />

partie prenante de ce mouvement.<br />

Dans sa fureur destructrice, ce<br />

gouvernement (dans la suite des gouvernements<br />

précédents) s’attaque à<br />

tous les aspects de la vie des travailleurs<br />

et de leur famille. Pas un jour ne<br />

passe sans une nouvelle mesure annoncée<br />

contre une catégorie de travailleurs,<br />

contre un acquis social, contre<br />

un droit arraché de haute lutte par les<br />

générations qui nous ont précédés.<br />

Dans le prolongement des ordonnances,<br />

le gouvernement a déjà<br />

annoncé qu’il allait s’attaquer à l’assurance<br />

chômage, à la Sécurité sociale,<br />

à la formation professionnelle,<br />

à l’apprentissage, aux retraites, au<br />

logement, au statut des cheminots, à<br />

la fonction publique en général. Il a<br />

déjà supprimé 149 000 emplois aidés<br />

et compte en supprimer des dizaines<br />

de milliers d’autres.<br />

Pas une catégorie n’est<br />

épargnée, y compris les plus faibles,<br />

les plus précaires, les plus fragiles, les<br />

salariés du public comme du privé, les<br />

chômeurs et les retraités, les lycéens<br />

et les étudiants, les locataires, les assurés<br />

sociaux, les petits paysans, les<br />

artisans, les commerçants, tous sont<br />

attaqués.<br />

Chaque jour un peu plus, ce<br />

gouvernement apparaît pour ce qu’il<br />

est : un gouvernement des riches, des<br />

patrons et des banquiers, un gouvernement<br />

du CAC 40 et de la Commission<br />

européenne, un gouvernement de<br />

la guerre aux ordres de Trump et de<br />

l’impérialisme américain.<br />

Ce gouvernement, qui sème,<br />

partout et dans tous les domaines, la<br />

barbarie et la misère, place les travailleurs<br />

et les jeunes en situation de légitime<br />

défense.<br />

Il faut balayer les ordonnances<br />

et l’ensemble de la politique du gouvernement<br />

Macron-Philippe. Il faut<br />

aussi que soit balayé ce gouvernement<br />

illégitime et minoritaire, rejeté par la<br />

population.<br />

Le plus tôt sera le mieux ! Car<br />

chaque jour qui passe, ce sont de nouvelles<br />

attaques contre le peuple travailleur.<br />

• Unité pour le retrait des ordonnances<br />

et l’abrogation de la loi<br />

El Khomri !<br />

• Unité pour la défense de la<br />

Sécurité sociale telle que constituée<br />

en 1945 et de l’ensemble des<br />

droits ouvriers !<br />

• Les ordonnances et la<br />

politique anti-ouvrière du gouvernement<br />

Macron- Philippe doivent<br />

être balayées !<br />

• Le gouvernement Macron-Philippe<br />

doit être chassé !<br />

Le Bureau National, réuni à Paris<br />

le 9 septembre <strong>2017</strong><br />

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14 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


Suite de la page (10)<br />

dans la lutte pour la construction du<br />

socialisme et du communisme total et<br />

entier en réprimant l’opposition des<br />

classes exploiteuses renversées et<br />

des éléments contre-révolutionnaires<br />

et en se protégeant contre l’agression<br />

impérialiste.<br />

La Commune de Paris a été<br />

la voie pionnière. Le Communisme,<br />

dont parlaient Marx et Engels au<br />

XIXe siècle, est passé de la fiction à<br />

la réalité en débutant par la Révolution<br />

Socialiste d’Octobre en Russie.<br />

Le socialisme dans un seul pays s’est<br />

transformé, dans la seconde moitié<br />

du XXe siècle, en un système mondial<br />

du socialisme et l’URSS est devenue<br />

la deuxième puissance mondiale.<br />

Dans la lutte permanente contre<br />

l’ennemi extérieur et intérieur, dans<br />

le combat contre le fascisme, contre<br />

le monde de l’oppression et de l’obscurantisme,<br />

un monde nouveau se<br />

créait, sans exploitation et parasitisme,<br />

avec une société libre et juste.<br />

Pendant les 70 ans de son existence,<br />

l’URSS était le flambeau qui a éclairé<br />

la voie pour les peuples opprimés et<br />

soulevé le prolétariat dans la lutte<br />

pour son émancipation.<br />

La Grande Révolution d'Octobre<br />

a mis les bases de la crise du<br />

système colonial du capitalisme qui<br />

s'est développé après la victoire de<br />

l'Union Soviétique dans la Seconde<br />

Guerre mondiale, ce qui a conduit à<br />

l'effondrement de l'ensemble de ce<br />

système.<br />

Nous exprimons notre solidarité<br />

avec la lutte des peuples pour leur<br />

indépendance et leur souveraineté<br />

dans la confrontation avec la politique<br />

impérialiste agressive, car cette<br />

lutte des communistes est toujours<br />

liée à la lutte de la classe ouvrière<br />

contre le pouvoir du capital à la fois<br />

dans le monde et dans ses propres<br />

pays.<br />

La théorie du communisme<br />

scientifique et l’expérience de la construction<br />

du socialisme au XXe siècle<br />

ont montré que le pouvoir qui s’est<br />

consolidé au terme de la victoire de<br />

la révolution socialiste ne peut être<br />

autre chose que la dictature du prolétariat,<br />

c’est à dire le pouvoir que la<br />

classe ouvrière ne partage avec aucune<br />

autre classe. C’est ce pouvoir là<br />

qu’il faut soutenir car c’est le seul qui<br />

exprime les intérêts du prolétariat.<br />

La Grande Révolution d’Octobre<br />

a installé le pouvoir des Soviets<br />

dans le pays comme la seule forme<br />

de pouvoir de la classe ouvrière. Le<br />

lendemain de l’insurrection du 7 novembre<br />

1917 et du renversement du<br />

gouvernement bourgeois provisoire,<br />

le Deuxième Congrès des députés ouvriers,<br />

paysans et soldats a proclamé<br />

le pouvoir des Soviets dont la dictature<br />

du prolétariat était l’essence. Les<br />

Soviets sont apparus dans la Russie<br />

tsariste comme les organes de lutte<br />

des ouvriers. Cette lutte était d’abord<br />

économique puis politique pour la<br />

conquête du pouvoir par les ouvriers.<br />

Après la Révolution, les Soviets sont<br />

devenus les organes de la dictature<br />

du prolétariat.<br />

La troisième révolution russe<br />

qu’est la Révolution d’Octobre 1917,<br />

était une révolution socialiste de par<br />

son contenu socio-économique et<br />

politique, tranchant un grand nombre<br />

de questions démocratiques qui<br />

se posaient au pouvoir soviétique et<br />

qui étaient hérités du gouvernement<br />

bourgeois et même du pouvoir réactionnaire<br />

du tsar. Mais dès les premiers<br />

jours, la Révolution d’Octobre<br />

s’est chargée de régler les problèmes<br />

que ni l’autocratie ni la démocratie<br />

bourgeoise n’ont pu ou n’ont pas<br />

voulu régler. Les premiers décrets du<br />

pouvoir soviétique portaient sur la<br />

paix, la terre, la création du gouvernement<br />

ouvrier et paysan, les pleins<br />

pouvoirs des soviets, l’abolition des<br />

corporations et des fonctions étatiques,<br />

la nationalisation des banques,<br />

des chemins de fer, des voies<br />

de communication, des entreprises,<br />

des usines, etc.<br />

Le 15 novembre 1917 a été<br />

adoptée la Déclaration des Droits des<br />

Peuples de Russie qui proclamait:<br />

- l’égalité et la souveraineté<br />

Des délégations de 30 partis communistes et ouvriers ont participé à cette<br />

conférence qui a eu lieu du 10 au <strong>13</strong> août <strong>2017</strong> dernier<br />

des peuples de Russie<br />

- le droit des peuples de Russie<br />

à disposer d’eux-mêmes, y compris<br />

par la sécession et la création d’une<br />

entité étatique indépendante<br />

- l’abolition des tous les<br />

privilèges nationaux ou religieux<br />

- le libre développement des<br />

minorités nationales et ethniques vivant<br />

sur le territoire de la Russie<br />

Ainsi, dès ses premiers pas le<br />

pouvoir soviétique réalisait le contenu<br />

socialiste des mots d’ordre avec<br />

lesquels les bolcheviks soulevaient<br />

le peuple pour la Révolution: « Paix<br />

aux peuples ! », « Tout le pouvoir aux<br />

Soviets ! », « La terre aux paysans<br />

! », « Les usines aux ouvriers ! », «<br />

La journée de 8 heures pour tous ! ».<br />

Au sens politique, du point de vue de<br />

la forme de la conquête, de la construction<br />

du pouvoir et de sa consolidation<br />

par des mesures urgentes,<br />

la Révolution socialiste d’Octobre se<br />

caractérisait comme soviétique.<br />

La portée historique et mondiale<br />

de la forme de dictature du prolétariat<br />

créée par la classe ouvrière de<br />

Russie consiste en ce que les Soviets<br />

s’appuient, dans leur formation et<br />

leur travail, sur la réalité objective<br />

qu’est l’organisation des travailleurs<br />

dans le processus de la production<br />

sociale, et ainsi, assurent l’essence<br />

de la dictature du prolétariat. Les soviets,<br />

dont les députés étaient élus<br />

dans des collectifs de travail, assuraient<br />

le caractère prolétarien du<br />

pouvoir et son contrôle par les masses<br />

laborieuses.<br />

Les soviets ont toujours et<br />

partout lié le principal contenu de<br />

leur activité aux mesures pratiques.<br />

La Commune de Paris le faisait déjà<br />

dans sa volonté de faire des travailleurs<br />

les maitres de la société. L’expérience<br />

de la Commune de Paris a<br />

montré, et l’expérience de l’URSS a<br />

confirmé, le rôle primordial joué par<br />

le parti révolutionnaire d’avant-garde<br />

en tant que locomotive de la construction<br />

d’une société nouvelle. La<br />

théorie léniniste du parti garde toute<br />

sa pertinence et la pratique historique<br />

confirme qu’il ne peut y avoir de<br />

mouvement révolutionnaire sans un<br />

parti révolutionnaire. Ce parti était le<br />

Parti Bolchevik, le parti de Lénine et<br />

de Staline. Sous sa direction en URSS<br />

ont été réglés les problèmes très importants<br />

qu’un pays capitaliste, par<br />

essence, ne pouvait régler. Cela a été<br />

confirmé par l’expérience des partis<br />

frères des pays du bloc socialiste.<br />

Plus précisément, le chômage a été<br />

éradiqué, l’éducation, l’enseignement,<br />

la médecine, l’accès à la science,<br />

à la culture, au sport ont été<br />

gratuits. En URSS, le logement et<br />

le transport étaient pratiquement<br />

gratuits également. Dans aucun des<br />

pays capitalistes la sécurité des personnes<br />

n’a été aussi bien assurée<br />

qu’en URSS. Dans ce pays, l’âge de<br />

départ à la retraite était le plus bas au<br />

monde.<br />

L’expérience de l’URSS a aussi<br />

confirmé la justesse de l’exigence du<br />

programme du parti marxiste-léniniste<br />

formulée par Marx et Engels<br />

dans le Manifeste du Parti Communiste<br />

sur la socialisation des principaux<br />

moyens de productions comme<br />

l’une des lois les plus importantes de<br />

la révolution socialiste. L’expérience<br />

de la Grande Révolution Socialiste<br />

d’Octobre a montré dans les faits<br />

qu’après la conquête du pouvoir étatique<br />

par la classe ouvrière se posait<br />

la question de l’expropriation des<br />

expropriateurs dans toute l’économie<br />

du pays, ce qui est nécessaire pour<br />

liquider la domination économique<br />

de la bourgeoisie et assurer une base<br />

économique à la dictature du prolétariat.<br />

Sans la propriété collective<br />

des moyens de production, la classe<br />

ouvrière ne pourrait garder le pouvoir<br />

politique et mener les changements<br />

socialistes. La base économique de<br />

la réalisation, de la consolidation et<br />

du développement du pouvoir soviétique<br />

durant la période de la dictature<br />

du prolétariat est constituée<br />

par la socialisation des moyens de<br />

production et la production planifiée<br />

destinée à satisfaire le développement<br />

et à assurer le bien être de tous<br />

les membres de la société.<br />

Le but de la production socialiste<br />

n’est pas la plus-value, mais le<br />

bien-être et le développement des<br />

tous les membres de société. La<br />

renonciation à cet objectif, l’introduction<br />

des lois du marché mènent à la<br />

destruction du socialisme car l’économie<br />

basée sur l’échange marchand<br />

ne peut par principe être la base<br />

économique du pouvoir prolétarien.<br />

Le marché c’est le capitalisme et la<br />

base pour la dictature de la bourgeoisie.<br />

La théorie marxiste-léniniste<br />

ne dicte pas de recettes détaillées ni<br />

de modèles idéaux de la société future.<br />

Marx et Engels disaient que le<br />

communisme n’est pas un état de<br />

choses qui doit être instauré, n’est<br />

pas un idéal auquel la réalité doit se<br />

conformer, mais le mouvement réel<br />

qui détruit l’état de choses actuel qui<br />

est injuste et qui freine le développement<br />

de la société.<br />

La nécessité pour le prolétariat<br />

d’avoir son Etat est déterminée<br />

par la nécessité de réprimer ce qui<br />

est en contradiction avec les intérêts<br />

de la classe ouvrière car cette<br />

dernière traduit les intérêts de toutes<br />

les couches laborieuses. Tant que les<br />

classes existent, l’Etat est l’organisation<br />

et l’instrument de la dictature de<br />

la classe dominante. Par conséquent,<br />

la nécessité de l’Etat de dictature du<br />

prolétariat disparait seulement avec<br />

la réalisation des objectifs finaux des<br />

communistes: disparition des classes<br />

sociales, effacement de la différence<br />

entre la ville et la campagne, entre<br />

le travail physique et intellectuel,<br />

construction du communisme total,<br />

disparition de la menace d’agression<br />

capitaliste de l’extérieur et de l’intérieur.<br />

Le pourrissement idéologique<br />

et politique de l’appareil d’Etat<br />

et du Parti, la révision du marxisme-léninisme<br />

réalisée lors des Xe<br />

et XXIIe Congrès du PCUS et qui a<br />

atteint son apogée lors de la perestroika<br />

gorbatchevienne, le rejet<br />

des principes fondamentaux de la<br />

construction du communisme en<br />

théorie et en pratique, le carriérisme<br />

et la bureaucratie, ont mené à la contre-révolution<br />

et à la restauration<br />

du capitalisme. Avec le soutien de<br />

l’impérialisme international, la destruction<br />

du socialisme en URSS a pu<br />

avoir lieu et un groupe d’Etats bourgeois<br />

s’est formé à sa place. Après<br />

l’éclatement de l’URSS, la réaction<br />

impérialiste a pris les devants dans le<br />

monde entier. Le système socialiste<br />

mondial a été détruit. Le nombre des<br />

Etats socialistes s’est considérablement<br />

réduit. Dans de nombreux<br />

pays, une vague d’anticommunisme<br />

et d’antisoviétisme a provoqué des<br />

répressions contre les partis communistes<br />

et les communistes, et cela<br />

continue aujourd’hui. Les Etats Unis<br />

et l’Union européenne se trouvent<br />

au premier rang de cette réaction et<br />

quasiment tous les Etats bourgeois y<br />

participent.<br />

Dans ces conditions, les communistes<br />

déclarent ouvertement<br />

: l’anticommunisme et l’antisoviétisme<br />

ne passeront pas ! Les contre-révolutions<br />

des trente dernières<br />

années ne changent pas le caractère<br />

de notre temps, le temps du passage<br />

du capitalisme au communisme ! La<br />

Révolution ne peut s’arrêter ! Après<br />

la contre-révolution, il y aura forcément<br />

la Révolution ! Et les communistes<br />

sont forcément des révolutionnaires<br />

!<br />

Ces dernières années, la tendance<br />

manifeste aux changements<br />

dans les relations entre les pays<br />

capitalistes, sous l’influence de la loi<br />

du développement inégal du capitalisme,<br />

devient de plus en plus évidente.<br />

Les Etats-Unis restent la première<br />

puissance économique et militaire<br />

; mais leur part dans le PIB mondial<br />

se réduit et l’Union européenne<br />

joue aussi un rôle important dans les<br />

processus de globalisation. D’autres<br />

puissances dominées par les rapports<br />

de production capitalistes entrent<br />

en jeu, comme les Etats des BRICS<br />

par exemple. Les contradictions inter-impérialistes<br />

qui ont toujours<br />

mené aux conflits locaux, régionaux<br />

et surtout aux deux guerres mondiales,<br />

continuent aujourd’hui à générer<br />

des conflits violents et des confrontations<br />

sanguinaires (économiques,<br />

politiques et militaires) pour le contrôle<br />

des matières premières, des<br />

sources énergétiques, des voies de<br />

transport, des parts de marché. Dans<br />

cette lutte, les Etats Unis et l’OTAN<br />

sont généralement aux avant-postes,<br />

ainsi que d’autres pays impérialistes<br />

comme, par exemple, Israël ou les<br />

pays du Golfe.<br />

A côté de ça, l’offensive a lieu<br />

dans le monde entier contre les acquis<br />

sociaux des travailleurs. L’arme<br />

idéologique principale de la réaction<br />

est la théorie néo-libérale et social-démocrate<br />

du partenariat social,<br />

de la collaboration des classes, de la<br />

paix civile et des obstacles à la révolution.<br />

Cet arsenal est complété par le<br />

révisionnisme et l’opportunisme, qui<br />

sont une arme de l’impérialisme.<br />

Dans le même temps, sur la<br />

base de la production basée sur<br />

la propriété privée, l’humanité ne<br />

peut se développer conformément<br />

aux intérêts de la classe ouvrière et<br />

des couches populaires. La vie et<br />

le développement de l’Homme ne<br />

peuvent être limités par la propriété<br />

privée ou la volonté des uns d’être<br />

maitres pour que les autres soient<br />

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leurs serfs. Le mouvement communiste<br />

international est obligé de<br />

redoubler d’efforts pour la lutte des<br />

classes, pour les intérêts de la classe<br />

ouvrière. Aux mots d’ordre bourgeois<br />

sur la « globalisation mondiale<br />

» ou sur le nationalisme d’Etat, les<br />

communistes répondent : seule la<br />

lutte contre l’impérialisme dans la<br />

perspective de la construction du socialisme<br />

et du communisme total et<br />

entier, seule la voie amorcée par la<br />

Grande Révolution d’Octobre est la<br />

route souveraine de l’humanité vers<br />

la liberté réelle et l’égalité au sens<br />

de la disparition de toute possibilité<br />

d’exploitation, de la liquidation des<br />

classes, vers la fraternité et le bonheur<br />

des tous les peuples et la préservation<br />

de la vie sur Terre.<br />

La réorganisation du mouvement<br />

communiste international, la<br />

sortie de la situation de crise et de capitulation,<br />

l’élaboration d’une stratégie<br />

commune basée sur le marxisme-léninisme<br />

et l’internationalisme<br />

prolétarien, la reconnaissance du rôle<br />

et de l’apport de l’URSS, ainsi que la<br />

nécessité du renversement révolutionnaire<br />

du capitalisme et de la construction<br />

d’une société socialiste puis<br />

communiste, sont des objectifs exigés<br />

par la lutte contre l’offensive des<br />

monopoles et des gouvernements<br />

bourgeois, contre le capitalisme réactionnaire,<br />

le fascisme et l’impérialisme.<br />

Pour le mouvement communiste<br />

international, aujourd’hui, la<br />

lutte internationale contre les guerres<br />

impérialistes est primordiale. L’une<br />

des tâches les plus importantes est<br />

la lutte intransigeante contre le révisionnisme<br />

et l’opportunisme sous<br />

toutes leurs formes ; car c’est un<br />

danger énorme pour le mouvement<br />

communiste.<br />

Les révolutions ne se renferment<br />

pas dans des limites, elles se<br />

réalisent non pas par la volonté des<br />

guides ou des partis ; mais traduisent<br />

les intérêts objectifs et la volonté implacable<br />

de la classe d’avant-garde,<br />

des exploités et des peuples opprimés<br />

de jouir des résultats de leur travail,<br />

de développer les forces productives,<br />

de créer des valeurs matérielles et<br />

morales pour tous.<br />

Que les idées et l’œuvre du<br />

Grand Octobre persistent à travers<br />

les siècles !<br />

Travailleurs, exploités, peuples<br />

opprimés, debout dans la lutte pour<br />

en finir avec le système capitaliste et<br />

l’exploitation, pour construire le socialisme<br />

et le communisme ! C’est là<br />

l’unique alternative et le futur inévitable<br />

pour toute l’humanité.<br />

Vive la Grande Révolution Socialiste<br />

Soviétique ! Vive le Communisme<br />

dans le monde entier !<br />

Prolétaires de tous les pays,<br />

unissez-vous !<br />

Léningrad Août <strong>2017</strong><br />

Solidarité Internationale 9<br />

<strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

Director: Florence Comeau<br />

Interlink Translation<br />

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

15


Suite de la page (14)<br />

Les nouvelles transactions seraient<br />

seulement faites en monnaies locales<br />

et/ou dans les monnaies de la Russie<br />

et de la Chine, à travers les bureaux<br />

respectifs de la Banque Centrale et<br />

les paiements internationaux seraient<br />

faits en dehors de la FED, de Wall<br />

Street, de la BIS (Bank for International<br />

Settlement) du SWIFT, par exemple<br />

à travers le système de Paiements Internationaux<br />

de la Chine (CIPS). La<br />

Russie est sur le point de lancer un<br />

système similaire, détaché des modes<br />

de transactions financières dominés<br />

par l’Occident comme le SWIFT. Une<br />

fois que le nouveau système de virement<br />

bancaire de la Russie sera<br />

en vigueur, avec le CIPS chinois, le<br />

monopole occidental des paiements<br />

internationaux – et les sanctions – seront<br />

complètement perturbés. Le commerce<br />

international redémarrera pour<br />

fonctionner hors de l’hégémonie du<br />

dollar. Les économies de la Chine et de<br />

la Russie sont totalement soutenues<br />

par l’or.<br />

Sous ces sanctions financières<br />

larges et massives imposées au Venezuela<br />

grâce au système monétaire<br />

occidental, le Venezuela a été tout<br />

simplement exclu de toute transaction<br />

financière internationale. Il y a un blocus<br />

bancaire total contre l’entreprise<br />

nationale vénézuélienne de pétrole et<br />

de gaz PDVSA-Petróleos de Venezuela<br />

SA, qui lui rend impossibles les transactions<br />

directes d’hydrocarbures.<br />

C’est un étranglement de l’économie<br />

vénézuélienne – une recette pour<br />

affamer un pays et sa population, pour<br />

le soumettre, l’affaiblir pour le conquérir<br />

– pour piller ses ressources. Le<br />

Venezuela ne permettra JAMAIS que<br />

cela arrive. Citgo, filiale de PDVSA aux<br />

Etats-Unis ne peut déjà plus verser<br />

de dividendes au Venezuela, un autre<br />

coup porté aux revenus en devises du<br />

Venezuela. Il y a une menace tacite :<br />

les bénéfices de Citgo aux Etats-Unis<br />

peuvent être confisqués. Existe-t-il<br />

une plus haute trahison du droit international<br />

?<br />

Le Venezuela n’a jamais fait de<br />

mal à une autre nation. Au contraire.<br />

Le Venezuela a soutenu d’autres pays<br />

en les aidant avec des crédits et des<br />

prêts à bas taux, avec des hydrocarbures<br />

à des prix préférentiels quand le<br />

« marché » abusait avec des prix artificiellement<br />

élevés ; c’est à dire 120$ le<br />

Suite de la page (19)<br />

baril et plus pour saigner les pays en<br />

voie de développement. Aujourd’hui,<br />

le brut a baissé à 47 $ le baril, moins<br />

de la moitié de son prix d’il y a 2 ans.<br />

Les mêmes spéculateurs sont derrière<br />

cette baisse drastique, une autre manipulation<br />

délibérée et mal intentionnée.<br />

Oui, par les vassaux saoudiens,<br />

mais encore plus par Wall Street et<br />

son chef exécutif mafieux - Goldman<br />

Sachs – pour léser le Venezuela, l’Iran<br />

et la Russie, en particulier.<br />

Ça, cher Monsieur Maduro, c›est<br />

un coup d›Etat économique. C›est une<br />

guerre financière directe. C›est criminel,<br />

illégal et passible d›une condamnation<br />

comme crime de guerre, s›il<br />

existait une cour internationale dans<br />

le monde qui n›ait pas été « prostituée<br />

» par les Etats-Unis et ses manipulateurs<br />

de l›Obscur Etat Sioniste. Le blocus<br />

des transactions bancaires avec le<br />

Venezuela, de la dette et des « virements<br />

» pour des créanciers/ débiteurs<br />

est un délit. Bloquer les ventes d›hydrocarbures<br />

à l›étranger de l›entreprise<br />

pétrolière vénézuélienne est un crime.<br />

Rosneft de Russie a acheté une<br />

participation de 6 000 millions de $<br />

dans PDVSA et une participation de<br />

49,9% dans sa filiale CITGO qui a<br />

son siège aux Etats-Unis. Cela correspond<br />

à environ <strong>13</strong>% de la production<br />

totale du Venezuela. Presque tout le<br />

contingent est revendu essentiellement<br />

en Amérique Latine par la Russie<br />

aux clients du Venezuela malgré<br />

les « sanctions » des Etats-Unis.<br />

Le Venezuela pourrait envisager<br />

la possibilité de négocier des accords<br />

de concession ou de vente directe<br />

de plus grandes parties de PDVSA à<br />

Rosneft ou à d’autres géants pétroliers<br />

russes et chinois pour qu’elles soient<br />

rachetées une fois la crise finie. La<br />

Suède a fait de tels arrangements en<br />

nationalisant le secteur des banques<br />

pour surmonter sa crise bancaire dans<br />

les années 1990, une alternative élégante<br />

aux plans de sauvetage. Cela a<br />

fonctionné. Les banques ont été reprivatisées<br />

ensuite. La Russie pourrait<br />

vendre l’essence vénézuélienne<br />

dans le monde entier pour honorer les<br />

contrats avec les clients vénézuéliens.<br />

Sans attendre aucune sanction de la<br />

Maison Blanche. Qui pourrait être<br />

sanctionné si les transactions sont<br />

faites hors de l’économie du dollar ?<br />

Malgré la menace de Trump<br />

d’une intervention militaire directe au<br />

Venezuela, il y a aussi une forte possibilité<br />

de blocus naval des ports du<br />

Venezuela. Cependant, actuellement,<br />

les Etats-Unis ne sont pas les seuls<br />

maîtres de l’univers. La Russie et la<br />

Chine peuvent être invitées à former<br />

un contre-blocus et même à envoyer<br />

des troupes au Venezuela.<br />

L’intervention de la Russie<br />

en Syrie à la demande du Président<br />

Bashar Al-Assad a fait des merveilles.<br />

En fait, elle a libéré la Syrie du siège<br />

de l’OTAN, des Etats-Unis, de la<br />

France, du Royaume Uni, de l’Allemagne.<br />

Toutes les nations criminelles<br />

dansant au rythme de l’empereur moribond.<br />

La récente marche des forces<br />

aériennes de la Russie sur l’Océan Pacifique,<br />

la Mer du Japon, la Mer Jaune<br />

et la Mer de Chine Orientale, avec des<br />

bombardiers nucléaires Tupolev-95MS<br />

au milieu des manœuvres militaires<br />

massives et provocatrices des Etats-<br />

Unis sur les côtes proches de la péninsule<br />

coréenne a amené le Japon et la<br />

Corée du Sud à percuter les flots pour<br />

escorter les Tupolevs de la Russie. La<br />

manifestation russe a suscité le respect<br />

de façon impressionnante. Pourquoi<br />

ne serait-ce pas un élément de<br />

dissuasion pour un blocus de la marine<br />

états-unienne ? Ou renoncer à la<br />

menace de Trump d’une intervention<br />

militaire directe?<br />

*Peter Koenig est économiste<br />

et analyste géopolitique. Il a aussi<br />

travaillé à la Banque Mondiale et longuement<br />

dans le monde entier dans<br />

les domaines de l’environnement et<br />

des ressources en eau. Il donne des<br />

cours dans des universités aux Etats-<br />

Unis, en Europe et en Amérique du<br />

Sud. Il écrit régulièrement pour Global<br />

Research, ICH, RT, Spoutnik, Press-<br />

TV, 4tos medios (China), TeleSUR, le<br />

blog del Viñedo del Saker et d’autres<br />

sites internet. Il est l’auteur d’Implosion<br />

– Un thriller économique sur la<br />

guerre, la destruction de l’environnement<br />

et la cupidité corporative – une<br />

fiction basée sur des faits réels et sur<br />

30 ans d’expérience à la Banque Mondiale<br />

dans le monde entier. Il est aussi<br />

co-auteur de The World Order and Revolution!<br />

– Ensayos de la Resistencia.<br />

Traduction Françoise<br />

Lopez Bolivar Infos<br />

4 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

d ‘exquisité et d’extravagance,<br />

frisant l’atonalie. Imperméable tissu<br />

voluptueusement inspiré. Avec sa<br />

connotation didactique qui n’empêche<br />

point la distillation de tant d ‘ingéniosité<br />

et de créativité. Ses compositions<br />

décèlent une sonorité récitative<br />

embaumées de recherches harmoniques<br />

et de mélodies fluides, dégageant une<br />

approche personnelle, grâce à une<br />

technique claire et précise.<br />

Artiste dans l’âme et universellement<br />

façonnée, C.B a fait de ses œuvres<br />

comme un reflet sociologique rehaussées<br />

d’une opulence culturelle à partir d’une<br />

enfance musicale et poétique au bercail,<br />

agrémentée d’une riche adolescence artistique<br />

en France ; entre les tragédies et<br />

les conquêtes, le péril états-unien dans<br />

sa croisade contre la culture native, le<br />

charme des frères de la côte du ‘’tout<br />

paris’’ et la montée de la ferveur indigéniste.<br />

Les allées et les retours et enfin<br />

l’exil cher aux poètes et aux indignés qui<br />

se refusent à se faire voir à travers la médiocrité<br />

d’autrui. Pianiste à l’infini, sans<br />

bornes ; au classicisme sans frontières.<br />

Tandis que la thématique populaire a su<br />

constituer la toile de fond de sa créativité.<br />

Les hommages dont elle fit l’objet<br />

lorsqu’elle rendit l’âme le 11 décembre<br />

2005, en disent long sur son influence<br />

et de sa prépondérance sur des figures<br />

de proue, de Lina Mathon, à Nicole St.<br />

Victor en passant par sa petite fille Diane<br />

Brouard et sur une lignée de suivistes qui<br />

ne jurent que par elle de toujours veiller<br />

et de préserver l’héritage indestructible<br />

de cette compositrice féconde, musicienne<br />

épatante, pianiste d’exception et<br />

humaniste.<br />

Carl Brouard, le fou ?<br />

Tout petit, je voyais souvent ce clochard<br />

déambuler à travers les rues<br />

avoisinantes, et à l’endroit duquel les<br />

adultes éprouvaient beaucoup de respect.<br />

Il ne m’a pas pris du temps pour<br />

savoir qu’il fut une étoile de la littérature<br />

nationale. Pour ma part, je faisais de lui<br />

mon ami personnel. Puisqu’il avait fait<br />

de la galerie de notre maison à l’avenue<br />

Nicolas, son patelin obligé, pour venir<br />

s’allonger lorsqu’il était fatigué ou<br />

Suite de la page (5)<br />

avait faim. Maman pour qui Carl avait<br />

un faible, lui avait réservé un bol dans<br />

lequel elle lui servait de la sauce de pois<br />

et du pain chaud dont Carl Brouard raffolait<br />

vivement ; me mettait toujours en<br />

garde de trop m’enticher à vouloir jouer<br />

avec ce vieillard toujours mal en point.<br />

Et duquel, je risquais d’attraper des microbes.<br />

Puisqu’en fait, mon jeu consistait<br />

à lui brosser cette grosse bosse qu’il<br />

avait au front. Sans doute, pour avoir<br />

tant de fois perdu les pédales durant ses<br />

escapades avec Bacchus.<br />

Cependant, il arrive parfois qu’on<br />

le perde de vue pendant quelques<br />

temps. Et les rumeurs de toujours évoquaient<br />

son enlèvement par une DKW(<br />

ce genre de bagnole avec lequel les<br />

macoutes-cagoulards kidnappaient la<br />

population et les prétendus opposants<br />

pour les emmener au pays sans retour).<br />

En fait, c’était encore sur ordre de ‘’papa-dok’’<br />

qui le faisait ramener au palais<br />

pour le désintoxiquer afin qu’il puisse<br />

corriger ses textes nauséabonds. Lorsque<br />

le poète national refit surface dans<br />

les parages un peu arrangé, mais furieux.<br />

Il s’entêtait à répéter sans relâche :<br />

‘’L’IMBÉCILE, l’imbéciiiiille…’’. Et comme<br />

tant d’autres, je soupçonnais toujours<br />

à qui il faisait allusion. Puisqu’il n’y<br />

avait qu’un seul imbécile dans cette république<br />

bananière. Lequel avait choisi<br />

les individus les plus vils qu’ils dénommaient<br />

‘tonton-macoutes pour finir avec<br />

les dernières velléités nationales et patriotiques<br />

et intellectuelles, et faire d’Haïti<br />

la risée du monde. Quant à Carl Brouard,<br />

lorsqu’un certain jour les riverains le<br />

découvrirent flottant dans la ravine du<br />

Bois de Chêne avec pour compagnon un<br />

chien mort. Nul ne se doutait de cette<br />

main visible qui lui avait réservé ce sort.<br />

Pour que’’ la reconnaissance demeure<br />

une lâcheté…’’.<br />

(*)Certains détails sont tirés de<br />

l’ouvrage :’’ Carmen Brouard : Sa musique,<br />

ses états d’âme, ses souvenirs’’.<br />

De Françoise Forest et Gérard Montès.<br />

CIDIHCA,2010.<br />

Ce texte est issu de l’ouvrage:<br />

‘Les 100 plus influents musiciens haïtiens…’’<br />

Suite de la page (12)<br />

son ouvrage, ont été enregistrées<br />

en octobre 2012 (présidentielle de<br />

Chávez), décembre de la même année<br />

(élection des gouverneurs des 24 Etats<br />

du pays), avril 20<strong>13</strong> (nouvelle présidentielle)<br />

et décembre 20<strong>13</strong> (élections<br />

municipales). » A partir de la fin de<br />

20<strong>13</strong>, l’augmentation sera soutenue et<br />

disproportionnée jusqu’à janvier 2016<br />

(les élections législatives perdues par<br />

le chavisme ayant eu lieu en décembre<br />

2015).<br />

« La valeur de la monnaie sur<br />

le marché illégal, dénonce Curcio, ne<br />

répond à aucun critère économique ni<br />

aux variables associées, ne correspond<br />

en rien à la réalité ; mais obéit à une<br />

intention politique qui cherche la déstabilisation<br />

à travers la distorsion des<br />

marchés et de l’économie en général. »<br />

L’instrument de cette guerre (pas<br />

vraiment) invisible s’appelle Dollar Today<br />

(DT).<br />

Notes<br />

[1] El Universal, Caracas, 29 janvier <strong>2017</strong>.<br />

[2] La Mano visible del Mercado. Guerra<br />

económica en Venezuela, op. cit (pages 101<br />

à 106).<br />

[3] Miguel González Pino et Arturo Fontaine,<br />

Los mil días de Allende, Centro de<br />

Estudios Públicos, Santiago, 1997.<br />

[4] Últimas Noticias, Caracas, 6 juin <strong>2017</strong>.<br />

[5] P & G, 2015, Annual Report.<br />

[6] « Comunicado de P & G », La Patilla,<br />

Caracas, 30 juillet 2015.<br />

[7] El Telégrafo, Quito, 19 novembre 2016.<br />

[8] On est ainsi passé en 20<strong>13</strong> de deux taux<br />

de change (l’un officiel, l’autre au marché<br />

noir) à quatre taux de change (trois officiels<br />

et un au marché noir).<br />

Mémoire des luttes <strong>13</strong> août<br />

<strong>2017</strong><br />

Immaculeé Bakery<br />

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Manager: Danaelle Bonheur<br />

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Marchands de fresco, vendeuses de fritailles, de pistache grillé toukale,<br />

toukale. C'est justement l'absence de ces petites choses (''à l'étranger'')<br />

qui créent et alimentent notre solitude.<br />

presque plus personne. Ils feront donc<br />

le voyage et viendront prendre plaisir<br />

à regarder défiler ces fillettes de l’école<br />

Ste Trinité avec leur uniforme propre,<br />

bien empesé, bien repassé; ils viendront<br />

grimper dans un tap-tap qui les<br />

mènera du Portail Léogâne jusqu’à<br />

Bizoton même s›ils doivent s›asseoir<br />

inconfortablement à «la queue» de la<br />

camionnette. Ils viendront se mêler<br />

à la foule bruyante durant les Mardis<br />

gras ou jouir du rythme ensorcelant,<br />

saccadé, lugubre par moments, des vaksin<br />

au sein des bandes rara.<br />

Ils iront se baigner à Saut<br />

Mathurin, donner libre cours à leur<br />

fantasme sous les chutes d’eau claire et<br />

vivifiante de Saut d’Eau, Ville Bonheur;<br />

ville de bonheur pendant leurs deux<br />

semaines de vacances, car tant aux<br />

adeptes du vaudou qu’aux catholiques<br />

qui viennent y célébrer chaque 16 juillet<br />

leur sainte patronne, la vierge Marie<br />

du Mont Carmel, ces chutes procurent<br />

joie profonde et paix réconfortante.<br />

Bref, il leur faut cet oxygène du terroir,<br />

cette magie antillaise, ce parfum du<br />

pays natal qui les aidera, ils l’espèrent<br />

du moins, “ à vivre, plein d’usage et<br />

raison entre[leurs] parents le reste de<br />

[leur] âge”.<br />

On nous casse les oreilles de<br />

Matthew, de Harvey, d’Irma, de leurs<br />

effets dévastateurs, et bientôt de José<br />

et de Katia. Sans nul doute, les destructions,<br />

les dévastations sont évidentes.<br />

Mais j’ai voulu rappeler qu’il<br />

existe aussi d’autres cyclones, d’autres<br />

dévastations aussi pénibles, sauf<br />

que ces dernières affectent l’être humain,<br />

son essence même, sa dignité,<br />

sa biologie, ses droits les plus élémentaires.<br />

Sauf qu’on n’en parle pas, sauf<br />

que la grande presse ne veut pas en<br />

parler parce qu’elles sont le fait de la<br />

logique impérialiste des puissants de ce<br />

monde dont ces grands médias sont les<br />

porte-parole.<br />

[1]http://www.oxfamintermon.org/es/<br />

campanas-educacion/entrevista/entrevista-hambre-cronica-en-guatemala-no-es-solo-un-problema-de-justi<br />

Les données statistiques du texte sont empruntées<br />

aux deux sources suivantes:<br />

log De Cuba Sí. Provence. <strong>Septembre</strong> 2014<br />

http://www.albertportail.info/spip.php?article28’<br />

9 septembre <strong>2017</strong><br />

16 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


A Travers le monde<br />

Solidarité avec les travailleurs<br />

et les peuples touchés par le<br />

cyclone Irma !<br />

Les Organisations CGTG,<br />

FO, UNSA, SUDPTT GWA, UGTG,<br />

KDLO, DLO NOWBASTE, TRAVAYE<br />

E PEYIZAN, SPEG, MOUVMAN<br />

NONM, LKP, DOUBOUT POU DLO<br />

AN NOU, SPA :<br />

Apportent leur pleine et entière<br />

solidarité aux Travailleurs et aux<br />

Peuples de l’ensemble des îles de la<br />

Caraïbe touchés par le cyclone IRMA<br />

et singulièrement aux habitants de<br />

Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ;<br />

Condamnent avec la plus grande<br />

fermeté la gestion COLONIALE, « MEN-<br />

FOUTISTE », TOURISTIQUE et RAC-<br />

ISTE de cette crise par l’Etat colonial<br />

français et cela avec une étonnante<br />

passivité des élus.<br />

Appellent les Travailleurs et le<br />

Peuple de Guadeloupe à la plus grande<br />

solidarité en apportant de l’eau, des<br />

biscuits, des légumes secs, des produits<br />

d’hygiène au Palais de la Mutualité à<br />

Eli Domota<br />

partir du lundi 11 <strong>Septembre</strong> 19H00.<br />

Invitent les Organisations éprises<br />

de justice, de liberté, de défense des<br />

droits des Travailleurs et des Peuples<br />

à prendre part à une réunion qui se<br />

tiendra le lundi 11 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong> à<br />

19H00 au Palais de la Mutualité.<br />

NON AU MEPRIS –<br />

TOUT MOUN SE MOUN !!<br />

Pour les Organisations<br />

Eli Domota<br />

9 septembre <strong>2017</strong><br />

Cuba envoie des médecins à<br />

plusieurs îles des Caraïbes ravagées<br />

par l'Ouragan Irma !<br />

Argentine : Où est Santiago Maldonado ?<br />

Par Darcy Borrero Batista<br />

Le jeune artisan a disparu alors qu'il<br />

participait à une manifestation organisée<br />

par la Résistance ancestrale mapuche,<br />

qui exige la libération de son<br />

leader, Facundo Jones Huala.<br />

Mardi en Patagonie. Personne ne<br />

peut dire l'heure exacte. Santiago<br />

Maldonado prenait part à une manifestation<br />

de la Résistance ancestrale Mapuche<br />

pour la libération de son leader,<br />

Facundo Jones Huala.<br />

Il n'est pas possible de décrire<br />

les vêtements que portait Santiago,<br />

le 1er août. On peut seulement<br />

dire qu'il se consacrait à l'artisanat et<br />

soutenait les causes des peuples ancestraux<br />

d'Amérique. C’est ce qu’il<br />

faisait jusqu'au moment de sa disparition<br />

forcée, comme l’a qualifiée l'ONU<br />

récemment dans une déclaration dans<br />

laquelle elle s’inquiète du sort de ce<br />

jeune homme et demande au gouvernement<br />

de Mauricio Macri de prendre<br />

les choses en main. « Le Comité contre<br />

les disparitions forcées de l'organisation<br />

multilatérale a exigé que l'État argentin<br />

prenne des mesures urgentes pour<br />

retrouver Maldonado et identifier les<br />

responsables de sa disparition, qui fait<br />

l'objet de dénonciations de la part des<br />

membres de sa famille et des organisations<br />

de défense des droits de l'Homme<br />

», a rapporté la chaîne Telesur.<br />

Où est Santiago Maldonado se<br />

Le monde physique et le virtuel se sont fait écho de la disparition forcée<br />

de Santiago Maldonado<br />

demande le monde depuis un mois ? Le<br />

monde physique et le virtuel, où l'étiquette<br />

est devenue virale et s’affiche<br />

sans relâche, beaucoup plus la semaine<br />

dernière, alors que l’on commémorait,<br />

ce mercredi 30, la Journée internationale<br />

des victimes des disparitions<br />

forcées.<br />

L'Argentine ne souffre pas<br />

seulement aujourd'hui de la disparition<br />

de l'un de ses enfants. Santiago n’est<br />

qu’un parmi tant d’autres jeunes recherchés<br />

par les grand-mères sans petits-enfants,<br />

et les mères sans enfants<br />

de la Place de Mai.<br />

Ceux qui ne sont pas revenus et<br />

qui sont devenus les enfants des assassins<br />

de leurs parents, dans un processus<br />

singulier d'adoption pendant la<br />

dictature de Rafael Videla.<br />

Aujourd’hui, des décennies plus<br />

tard, l'Amérique latine sent de nouveau<br />

ses veines s’ouvrir et l'incertitude de<br />

son sang versé. Le monde attend néanmoins<br />

que Santiago réapparaisse en<br />

vie. Personne ne s'habitue à l'idée d'impunité.<br />

Encore moins lorsque l’histoire<br />

devient une chaîne d’injustices.<br />

Durant la protestation de la Résistance<br />

ancestrale Mapuche – à Pu<br />

Lof de Cushamen, dans la province<br />

argentine de Chubut – à laquelle Santiago<br />

prenait part, les manifestants<br />

exigeaient la libération du leader mapuche<br />

Facundo Jones Huala, réclamé<br />

suite à la page(19)<br />

Non à l’expulsion de Kemi Seba du Sénégal !<br />

Des médecins cubains en route pour les îles dévastées de la Caraïbe<br />

Des centaines de médecins cubains<br />

se rendent dans les îles dévastées des<br />

Caraïbes, sauf dans l'ile "française" de<br />

St Martin. C'est aussi ça le "privilège"<br />

d'appartenir à la France. "L'aide" sera<br />

française ou ne sera pas.<br />

Plus de 750 professionnels de la<br />

santé publique sont arrivés à Antigua,<br />

Barbuda, le Saint Kitts, Nevis, Santa<br />

Lucia, les Bahamas, la Dominique et<br />

Haïti. Il leur a été demandé de suivre<br />

les directives du Ministère de la Santé<br />

publique (Minsap) et de contribuer à<br />

aider au rétablissement des régions qui<br />

ont été frappées par l'ouragan.<br />

« La collaboration de l'Unité de<br />

Coopération Médicale Centrale, et avec<br />

VENUS<br />

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le Centre Minsap de Gestion et nos<br />

ambassades, ont maintenu la communication<br />

pour évaluer les dégâts<br />

et évaluer quelle aide nos propres collaborateurs<br />

pourraient fournir », a dit<br />

à Granma Regla Angulo Pardo, directrice<br />

de l'Unité Centrale de Coopération<br />

Médicale à Cuba.<br />

La nation de 11 millions d'habitants<br />

a une tradition historique d'envoyer<br />

le personnel médical quand<br />

d'autres nations en ont besoin, comme<br />

pendant la crise Ebola en Afrique occidentale<br />

en 2014 et 2015. Une brigade<br />

de plus de 600 professionnels cubains<br />

de la santé publique est allée en Sierra<br />

Leone en 2014 aider à faire face à la<br />

1738 Flatbush Avenue<br />

(b/t Aves I & J)<br />

718.258.0509<br />

Kemi Seba doit revenir sur sa terre africaine<br />

du Sénégal<br />

Le gouvernement du Président<br />

Macky Sall a décidé d'expulser du<br />

Sénégal vers la France le citoyen Franco-Béninois<br />

Kemi Seba.<br />

Le prétexte de cette forfaiture<br />

visant un ressortissant de la terre africaine<br />

du Bénin qui a grandi dans les<br />

quartiers populaires de France est le fait<br />

que Kemi Seba a brûlé un billet de la<br />

monnaie néocoloniale franc CFA.<br />

La procédure judiciaire enclenchée<br />

par la BCEAO contre Kemi<br />

Seba s'est soldée par une relaxe<br />

aussitôt suivie d'un acharnement<br />

gouvernemental qui vient de se manifester<br />

par son expulsion pour "trouble<br />

à l'ordre public" qui rappelle les heures<br />

sombres de "nègres qui vendaient<br />

crise.<br />

Ils ont aussi envoyé à 1,200<br />

professionnels de la santé publique en<br />

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Kemi Seba<br />

d'autres nègres aux négriers blancs<br />

esclavagistes". Brûler un billet d'une<br />

monnaie coloniale et appeler à manifester<br />

le 16 septembre <strong>2017</strong>, ce que la<br />

constitution du Sénégal reconnaît, pour<br />

dire NON au CFA devient ainsi " une<br />

menace grave pour l'ordre public " pour<br />

expulser par "arrêté n° 16235/MINT-<br />

SP/DGPN/DPETV/DPE du 05 septembre<br />

Haïti après que la nation ait été frappée<br />

par un tremblement de terre en 2010.<br />

KATOU<br />

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lâcherez pas Katou Restaurant<br />

<strong>2017</strong>... le ressortissant franco-béninois<br />

Stélio Gilles Robert Capo CHICHI, alias<br />

Kémi SEBA, né le 19 décembre 1981, à<br />

Strasbourg (France)".<br />

Qu'est ce donc la zone CFA cette<br />

vieille survivance coloniale par laquelle<br />

15 Etats de l'ex-empire colonial<br />

français sont maintenus dans la servilité<br />

néo-coloniale par le pouvoir exclusif<br />

détenu par l'impérialisme Français<br />

qui bat et émet le franc CFA, a le droit<br />

de veto dans les banques centrales<br />

BCEAO, BEAC, Comores, contraint les<br />

15 Etats africains à verser au début<br />

la totalité, puis 65% et aujourd'hui<br />

50% de leurs réserves de change dans<br />

des "comptes d'opérations" ouverts<br />

auprès du trésor français, crédite ou<br />

débite le compte de chaque pays de la<br />

zone CFA selon leurs importations ou<br />

suite à la page(19)<br />

Chronique sur l’Amérique Latine<br />

10 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

Le Bon Pain<br />

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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />

<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

17


Haïti Top 10 Athlètes<br />

Numéro 9 Henry Francillon (Bainet 1946)<br />

« Un ange-gardien providentiel »<br />

Par Ed Rainer Sainvill<br />

Une carrière providentielle pour un<br />

portier salvateur dans un pays qui<br />

pouvait s’enorgueillir d’être comme<br />

l’Italie, l’Allemagne, les Etats-Unis etc;<br />

un grenier de grands portiers à travers<br />

une succession de célébrités comme:<br />

Edouard Esper, (RCH), Antoine Smith<br />

(VAC et E,H), Fédherbe Mews (VAC),<br />

Paquitte (BAC) , Roland Lacossade<br />

(Exelsior), Michel Blain l’inviolable<br />

(AN), Abel Léger (Pétion Ville),<br />

l’ange divin René Vertus (RCH), l’ange<br />

merveilleux Raphael Manoyrine (RCH)<br />

qui prit part à l’exode des mid-sixties,<br />

et les deux derniers , fauchés par des<br />

blessures impardonnables, au sommet<br />

de leur carrière: Edner Charles (A,N) et<br />

Kesnel Duchatelier (RCH). C’est dans<br />

ce contexte qu’apparut ‘’Yonyon’’,<br />

avec son insolence et son savoir –faire<br />

pour prendre la relève avec conviction.<br />

Ce qui lui ouvrit très vite le chemin de<br />

la gloire. Une ascendance éclair pour<br />

quelqu’un qui a contemplé une carrière<br />

d’attaquant, avant de trouver sa vraie<br />

vocation dans les cages. Spécialement<br />

avec le Victory au sein duquel il fut en<br />

charge de la barricade et de la fortification,<br />

épatant les connaisseurs du beau<br />

jeu. Fort de sa sureté, de son sens de<br />

placement mais surtout pour son autorité<br />

et sa maitrise qui en firent un<br />

portier de première classe,<br />

Même l’imbattable Wilner Piquant<br />

plus complet ne put s’opposer à<br />

sa titularisation, autant sa dominance<br />

dans les buts fut exceptionnelle. Avec<br />

seule ombre une certaine hésitation<br />

dans les sorties aériennes. (Ce qui fut<br />

le point fort de ces deux concurrents<br />

directs dont l’excellent Piquant et le<br />

laborieux mais si efficace Bobby). Avec<br />

un air de mec fier qui lui valut une certaine<br />

réputation. Si l’on récapitule sa<br />

rentrée parmi le Bicolore pour la campagne<br />

de Mexique 1970, le coup de<br />

foudre avec la population fut énorme.<br />

Car, si Tiguy’’ marquait les buts à<br />

l’avant pointe, ‘’Yonyon’’ lui était une<br />

forteresse imprenable dans les buts,<br />

devenant le gardien miracle des éliminatoires.<br />

Multipliant les sorties salvatrices,<br />

les arrêts exceptionnels, les plongeons<br />

spectaculaires avec une braverie<br />

sans pareil.<br />

Pas étonnant qu’il fut taxé de ”El<br />

diablo’’ par le président guatémaltèque<br />

d’alors. L’après Mexique l’a vu de retour<br />

avec le Victory renouant avec<br />

la première division: ‘’Yonyon’’ sorti<br />

d’une année de prêt au Violette pour retrouver<br />

la forme et son poste de numéro<br />

un. De là, sa participation au Concacaf<br />

de Trinidad avec une deuxième place<br />

invaincue, en passant au Mini Tournoi<br />

du Brésil en 1972, où malgré les<br />

sévères défaites de la Sélection CON-<br />

CACAF, il reçut les ovations du public.<br />

Car, Lorsque H.F encaisse 2 ou 3 buts<br />

c’est sûr qu’il en a arrêté une douzaine.<br />

Dino Zoff et Henry Francillon juste après le match Haïti-Italie à Munich<br />

le 15 juin 1974<br />

Face aux grands ténors du foot-ball<br />

mondial, il s’impose dominant avec<br />

une charnière défensive commandée<br />

par Nazaire et Tinès. Puis vint le sacre<br />

du Prémondial qui l’envoya à Munich<br />

en 1974 où il fut une consécration malgré<br />

les contre-performances de l’équipe<br />

nationale.<br />

Ses prouesses lui valurent d’être<br />

repéré par l’équipe allemande Munich<br />

1860, club modeste du bas de tableau<br />

dans lequel il connut bien de péripéties,<br />

de difficulté d’adaptation et de choc<br />

culturel et y joua peu. Il n’y resta pas<br />

longtemps. De retour au bercail, il<br />

partagea son temps entre les responsabilités<br />

familiales, le foot-ball à temps<br />

partiel tout en convoitant la politique.<br />

Devenant un candidat non sélectionné<br />

des mascarades législatives Jean- claudistes<br />

pour la ville de Bainet en 1976.<br />

Puis remorqué par les irréductibles, il<br />

vint chiper la place de Wilner Piquant,<br />

tutilaire indiscutable, jusqu’avant les<br />

Eliminatoires de 1978. Pour finalement<br />

raccrocher puis sélectionné comme<br />

autorité gouvernementale, devenant<br />

député de Bainet en 1979. A une époque<br />

où bousculé par les ‘’indépendantistes’’<br />

comme Sylvio Claude, G.<br />

Eugène, A. Lerouge, R. Guerre pris à<br />

l’hameçon de la libéralisation, le régime<br />

décida de lâcher du lest. En offrant cette<br />

sinécure ‘’d’ôte- toi que je m’y mette’’ à<br />

Francillon. Lequel fut subséquemment<br />

‘’déchouké’’ lors de la chute de ‘’babydoc’’<br />

en 1986 et n’eut la vie sauve qu’à<br />

son passé de foot-balleur. D’autant que<br />

ce qui lui arriva tenait plus de rivalité<br />

personnelle que d’accusation par la<br />

clameur populaire. Il atterrit avec sa famille<br />

en Floride comme exilé politique<br />

et pratiqua tous les boulots pour survivre,<br />

en plus d’un lot d’humiliation.<br />

Ensuite, il déménagea à Boston où<br />

il devint entraineur des jeunes. Il fut<br />

aussi honoré par la MLS durant une<br />

rencontre au cours de laquelle il fut<br />

présenté d’un jersey de la New England<br />

Revolution. En 1998, il fut classé 5ème<br />

gardien du 20e siècle.<br />

« Pleins Feux sur » :<br />

Carmen Brouard (Port-au-Prince, 1909 – Montréal, 2005)<br />

« Une légende à la fois discrète et surprenante »<br />

Par ED Rainer Sainvill<br />

Cette pianiste virtuose et précisément<br />

classique hérita de sa mère<br />

née Cléomine Gaëtjens qui fut son<br />

instructrice au piano, alors qu’elle<br />

n’avait que cinq ans. Mais lorsque la<br />

prodige fillette fit montre d’une capacité<br />

hors du commun, maman décida de<br />

la confier aux ingénieuses escapades<br />

de l’illustre Justin Elie et de sa femme<br />

Lily Price, pour peaufiner un talent qui<br />

avait hâte de s’épanouir .Dès l’âge de<br />

six ans, elle faisait déjà des prestations<br />

en public. Au cours d’un spectacle<br />

mis sur pied au ‘’Parisiana’’ par Mr.<br />

et Mrs. Elie. Alors que sa vocation et<br />

son talent s’accroitraient amplement,<br />

elle se retrouva subitement en France,<br />

où elle alla s’établir du fait de la santé<br />

chancelante de son frère ainé Max.<br />

Malgré tout, son intérêt pour le piano,<br />

la musique, la poésie et la culture en<br />

général s’amplifiait, qu’atteinte de musicalité,<br />

elle pianote et ‘’onomatopone’’<br />

à tout bout de champs. C’est ainsi<br />

qu’elle fut remise au ‘’Couvent des<br />

Oiseaux’’, à Paris sous la scrupuleuse<br />

formation de Mme Jacques Chailley.<br />

A cette étape, elle trouva un certain<br />

équilibre et une maturité qui lui permirent<br />

d’atteindre d’autres sommets.<br />

Dès son retour au bercail, elle alla<br />

s’innover avec Isidore Philipe et Mme.<br />

Stiviénart.<br />

Cependant, c’est son flair et<br />

ses traits singuliers dans les claviers<br />

qui la révèlent en disséminatrice hâtive<br />

à une époque auréolée d’une<br />

constellation d’étoiles. Comme elle<br />

s’éclata au milieu d’une floraison de<br />

pianistes féminines imbues de leur art,<br />

emmenée par la chef de file, l’incontournable<br />

Lina Mathon (dont elle fut<br />

pourtant une aide-professeure) et la<br />

précoce, Micheline Laudun dont elle<br />

a fit part d’une trinité musicale. Musicienne<br />

de talent, pianiste accomplie<br />

dotée d’une touche faite d’une grande<br />

subtilité harmonique et d’un style fluide,<br />

cette adepte de l’esthétisme a su<br />

en prolonger la finesse, grâce à une<br />

sensibilité à fleur de peau et d’un sens<br />

mélodique profond .Entre ses activités<br />

diverses, elle trouva sa voie de pédagogue<br />

innée en mettant ses connaissances<br />

musicales approfondies à la<br />

portée de la jeunesse. Tout en s’affirmant<br />

en concertiste qui s’attela à faire<br />

les délices musicale des connaisseurs<br />

de la musique savante au pays et<br />

Carmen Brouard<br />

ailleurs. Son répertoire en dit autant<br />

quant à l’orientation adoptée : Franz<br />

Liszt, Claude Débussy, Edouard Lalo,<br />

Robert Schumann, Ludwig Beethoven,<br />

Friedrich Haendel, Amadeus Mozart,-<br />

Jean S. Bach, mais aussi : Justin Elie,<br />

Anton Jaegerhuber, Ludovic Lamothe,<br />

Frantz Casséus et certainement, Carmen<br />

Brouard.<br />

Entre temps, elle fut admise<br />

comme membre titulaire de la Société<br />

des Lettres et des Arts. Puis, elle retourna<br />

en France compléter son expertise<br />

musicale au Conservatoire<br />

de Paris où elle obtint la médaille de<br />

solfège sous l’impulsion de M. et<br />

de Mme. Rousseau Samuel, tout en<br />

prenant une année supplémentaire<br />

afin de compléter une maîtrise au piano<br />

sous la direction de Marguerite<br />

Long, dans l’entourage de laquelle elle<br />

se lia d’amitié avec le célèbre compositeur<br />

et chef d’orchestre Maurice Ravel<br />

qui lui fit bien de révérences. Fraîche<br />

émoulue du Conservatoire de Paris,<br />

elle débarqua en Haïti au même temps<br />

que la génération dénommée “Le<br />

tout-Paris”. Son frère, Carl Brouard*,<br />

célèbre poète et l’un des chefs de file<br />

du mouvement indigéniste des années<br />

1930-1940 faisait aussi partie<br />

de ce groupe d’étudiants de l’aristocratie<br />

locale. A cette étape, elle tint<br />

constamment les feux de la rampe. De<br />

prestations en performances en plus<br />

lumineuses. S’associant au violoniste<br />

Emile Friedman, le célèbre violoncelliste<br />

russe Bogumil Sykora et tant de<br />

fois à l’éminent flûtiste et saxophoniste<br />

Dépestre Salnave qui lui aussi a eu<br />

une fructueuse carrière en conquérant<br />

l’Europe. En faisant du Paramount, du<br />

Rex Théâtre, le Capitole, les Cercles<br />

de Port-au-Prince, le Cercle Bellevue,<br />

L’Amicale et autres Temples de spectacles<br />

sa chasse-gardée.<br />

Faisant accourir les mélomanes<br />

de la ville, ainsi que les couples présidentiels<br />

et amoureux de la culture ;<br />

leurs excellences Dumarsais Estimé.<br />

De même que les mécènes de l’art<br />

que furent les époux Eugène Magloire<br />

qui confièrent à Carmen la formation<br />

musicale de leurs quatre enfants. Elle<br />

continua à faire montre de maestria<br />

forte d’une sonorité synchro classique<br />

qui fit d’elle une novatrice de l’air post<br />

romantique, en concoureuse du modernisme<br />

pour aller au delà de la sensibilité<br />

et mettre à nu l’inventivité. Au<br />

gré d’une élaboration qui allait définir<br />

les standards d’une époque où l’artiste<br />

et l’adhérent se communiquent<br />

pour une excursion plus conviviale,<br />

laquelle éjecte les créateurs de leur<br />

sommet pour converger dans l’harmonie<br />

collective. Tout en infusant cet<br />

apport populaire qui atteste d’une sensibilité<br />

native. Au sommet de son art,<br />

elle reçut au début des années 1950,<br />

une proposition de Richard L. Boldrey<br />

de la Chicago Musical College ; mais,<br />

à cause de nombreux engagements<br />

à honorer, elle n’a pu donner suite à<br />

cette requête. C’est autant guidée par<br />

ce désir de toujours vouloir prolonger<br />

la beauté infinie de l’art et de son goût<br />

particulier pour la perfection , qu’un<br />

beau jour, elle liquida meubles et immeubles<br />

: piano Beinscntein, bijoux,<br />

maison et le plus dur que d’obliger<br />

de fermer les portes de son académie<br />

musicale pour aller se perfectionner à<br />

Paris dans l’harmonie, la composition,<br />

et le contrepoint.<br />

Installée en France, en 1956,<br />

elle fut admise à la Faculté des Lettres<br />

de Paris. En proie à la nostalgie et<br />

les difficultés pécuniaires, elle réussit<br />

à boucler les cycles d’études pour<br />

susciter l’admiration du célèbre compositeur<br />

et directeur d’Harmonie au<br />

Conservatoire National Supérieur de<br />

Musique, George Hugon lequel continua<br />

à superviser, par correspondance,<br />

les ?uvres de Carmen après son retour<br />

en Haïti ? la fin des années 1950. Le<br />

début de la prochaine décennie la trouva<br />

sans répit, s’attelant à secouer la<br />

léthargie qui avait enkysté les élans<br />

de l’art majeur ; spécialement avec la<br />

consolidation d’un régime luciférien,<br />

lequel s’acharna à faire la chasse aux<br />

sorcières à l’intelligentsia locale, incluant<br />

son frère Carl Brouard (1) dont<br />

les ‘’goulagueries’’ de ‘’papadoc ‘’, son<br />

ancien ami, le firent sombrer dans la<br />

démence. Armée de détermination,<br />

et de son apostolat pédagogique, elle<br />

rouvrit son académie musicale, malgré<br />

les difficultés économiques et l’absence<br />

de subvention étatique, l’ayant obligée<br />

malheureusement à mettre à nouveau<br />

la clef sous les portes quelques<br />

années plus tard. A la même époque,<br />

elle initia l’émission radiophonique,’’<br />

Les Dimanches Musicaux’’ pour les<br />

mordus dodécaphoniques, avec la collaboration<br />

de Clara Perez Price Mars.<br />

Puis, elle n’a pu résister à l’insistance<br />

de ‘’ Jeunesses Musicales d’Haïti’’, qui<br />

VENDREDIS CULTURELS<br />

Ce Vendredi 15 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong> à partir de 7h PM<br />

Le Film<br />

<strong>Haiti</strong>: Where Did the Money<br />

Go?<br />

Sera projeté au local du journal Haïti Liberté<br />

Suivi d’un débat<br />

Information : 718-421-0162<br />

1583 Albany Ave Brooklyn, NY 11210<br />

Entrée Libre<br />

l’ont honorée du statut de Membre<br />

d’honneur de l’Association.<br />

Parallèlement, elle continua ses<br />

mélopées de concertiste achevée dans<br />

les fiefs musicaux de la ville, qu’elle<br />

sut rehausser de sa maestria. Maîtresse<br />

dans l’établissement du tempo et<br />

accords, toujours parés de mouvements<br />

éblouissants, faits d’inventivité<br />

et de mysticisme, auréolés d’équilibre<br />

et de parodies atteignant une flexibilité<br />

cérébrale harmoniquement complexe,<br />

embrasant culturellement une sonorité<br />

fusionnée et étincelante. Comme elle<br />

aima décrire sa musique qui baigne<br />

entre le folklorique et le romantique.<br />

En 1977, elle alla s’établir au Québec,<br />

laissant un environnement qui ne se<br />

soucia point de l’art qualitatif et majeur.<br />

Arrivée dans ce qui fut ‘’La belle<br />

province’’, elle entreprit un partenariat<br />

avec Claude Dauphin dans la fondation<br />

de la Société de Recherches et<br />

de Diffusion de la Musique Haïtienne<br />

(SRDMH), dans sa quête de doter les<br />

compatriotes déracinés, gelant dans<br />

l’hiver éternel des activités aptes<br />

suite à la page(19)<br />

18 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />

Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>


Client: ACLD<br />

Publication: Discounted Community Newspapers Group - QUEENS/NYC<br />

Accredited by<br />

SM<br />

Suite de la page (18)<br />

à faire scintiller leurs âmes dans des<br />

concerts de musique classique qui eurent<br />

l’approbation des connaisseurs<br />

imbus. Le quotidien Le Devoir, mit<br />

l’accent sur ses prestations lumineuses<br />

dans lesquelles elle mit en évidence<br />

d’autres talents probants qui se<br />

sont bonifiés sous sa direction. Dans<br />

la foulée, elle reçut une proposition<br />

de Radio Canada voulant acquérir ses<br />

chants funèbres.<br />

Insatiable, elle continua de composer,<br />

en renouant avec la poésie,<br />

l’une de ses premières amours, tout en<br />

continuant sa mission d’enseignante<br />

scrupuleuse ; et fit en 1983 l’adaptation<br />

musicale d’un poème de sa fille<br />

Nadine Magloire. En 1984, donnant<br />

suite à sa requête, elle reçut une allocation<br />

du Conseil des Arts du Canada<br />

dans le but de composer une pièce<br />

symphonique pour orchestre et piano.<br />

Et pour puiser son inspiration, elle alla<br />

se ressourcer au pays au contact de ses<br />

gens et de ses vibrations les plus profondes<br />

pour la réalisation de ‘’Baron<br />

Lacroix’’, tirée de l’œuvre du dramaturge<br />

Frank Fouché. En 1986, elle a<br />

bien mérité des hommages de la SRD-<br />

MH qui offrit en spectacles la totalité<br />

de ses œuvres musicales, de même que<br />

ses poèmes, gratifiés par de nombreux<br />

héritiers d’une mécène infaillible. En<br />

1991, le directeur de L’Orchestre Symphonique<br />

de Montréal, Jacques Faubert<br />

sollicita son expertise pour la création<br />

de quelques pièces symphoniques qui<br />

mettraient en valeur la richesse mélodique<br />

et rythmique de la musique<br />

populaire haïtienne. Cependant, vu les<br />

efforts astreignants que cela nécessiterait,<br />

elle décida de ne pas donner suite<br />

à un tel projet du fait de sa santé devenue<br />

chancelante.<br />

En 2001, dans un concert pour<br />

‘’Voix et Piano’’, lequel fut sa dernière<br />

performance, organisé sous l’initiative<br />

de Esée Monde à l’occasion<br />

de la Fête du Québec, à l’Ecole de<br />

Musique Vincent d’Indy. Pour cette<br />

circonstance, elle prit l’opportunité<br />

d’émerveiller une assistance qui n’en<br />

revenait pas et, dont elle fit part de<br />

sa révérence dans une performance<br />

impériale et lumineusement concoctée<br />

à partir de ses doigts magiciens qui<br />

n’avaient point de retenue pour<br />

l›occasion. Toujours impériale dans<br />

l’offrande du répertoire classique<br />

haïtien et universel, agrémentée de<br />

ce timbre fleurant admirablement la<br />

perfection, naviguant entre simplicité<br />

et complexité, entre singularité<br />

et diversité dans des pétales<br />

suite à la page(16)<br />

Suite de la page (17) Non à l’expulsion de Kemi Seba du Sénégal !<br />

exportations, etc. C'est ainsi que l'Etat<br />

français imposa la dévaluation de 50%<br />

du CFA en 1994 dans la perspective<br />

du passage à l'euro et les entreprises<br />

françaises en profitèrent pour racheter<br />

à 50% moins cher les secteurs publics<br />

et parapublics des économies de la zone<br />

CFA.<br />

Voilà ce que les coalitions anti-cfa<br />

et anti-APE ne cessent de dénoncer<br />

pour exiger la souveraineté nationale,<br />

notamment monétaire, des Etats du<br />

pré-carré françafricain. Voilà le "crime"<br />

commis par Kemi Seba que le journal<br />

Le Monde présente comme "un racisme<br />

anti-blanc" (sic!).<br />

Il faut saluer la mobilisation des<br />

mouvements sénégalais Y en a Marre,<br />

du Comité anti-APE/Franc CFA et l'ONG<br />

locale de Kemi Seba.<br />

Le Collectif Afrique (CA) s'associe<br />

à tous ces mouvements démocratiques<br />

et anti-impérialistes pour dire:<br />

- NON à l'expulsion du Sénégal<br />

de Kemi Seba<br />

- Retour au Sénégal auprès de<br />

son épouse, ses enfants et sa famille<br />

- Sortie du CFA des 15 Etats africains<br />

- NON à la signature des APE<br />

(Accord de Partenariat Economique que<br />

l'UE impose aux Etats africains)<br />

- Respect par l'Etat du Sénégal<br />

du droit constitutionnel de manifester,<br />

notamment le 16 septembre contre le<br />

franc CFA<br />

Fait le 7 septembre <strong>2017</strong><br />

Suite de la page (17)<br />

par la justice chilienne.<br />

Pour toute réponse : la répression.<br />

La gendarmerie nationale, une<br />

force de sécurité qui opère sous le<br />

commandement direct de la ministre<br />

de la Sécurité nationale, Patricia Bullrich,<br />

en fut chargée. Auparavant, cet<br />

organe avait arrêté Huala, en réponse<br />

à une demande internationale de capture<br />

pour sa prétendue responsabilité<br />

dans l'incendie du latifundio Pisué<br />

Pisué, dans la région de Los Rios. Le<br />

chef mapuche était également accusé<br />

de détention illégale d'armes artisanales<br />

et de violation de la Loi sur les<br />

étrangers.<br />

Le conflit s’appuie sur la lutte<br />

historique pour les terres occupées<br />

autrefois par les colonisateurs. Jusqu'à<br />

son arrestation, Huala dirigeait la lutte<br />

acharnée de ce peuple ancestral qui,<br />

entre autres actions, occupa les terres<br />

de l'entreprise italienne Benetton, propriétaire<br />

d'environ 900 000 hectares<br />

en Argentine.<br />

Santiago Maldonado a disparu<br />

pour avoir soutenu cette cause,<br />

semble nous dire le responsable de<br />

l’enlèvement de ce jeune homme.<br />

Souhaitons que ce ne soit pas une autre<br />

de ces nobles causes perdues qui<br />

inondent quotidiennement le monde<br />

en toute impunité. La justice devrait<br />

être le mot d'ordre afin que la question<br />

: « où est Santiago Maldonado? » ne<br />

reste pas sans réponse.<br />

Granma 7 septembre <strong>2017</strong><br />

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