Haiti Liberte 13 Septembre 2017
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong> <strong>Haiti</strong> 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00<br />
HAÏTI LIBERTÉ<br />
JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE<br />
1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162<br />
Email: editor@haitiliberte.com<br />
Web: www.haitiliberte.com<br />
MANIFESTATION CONTRE LA LOI<br />
DE FINANCES <strong>2017</strong>-2018 !<br />
Arestasyon Milot<br />
Berger nan Senmak<br />
Page 6<br />
English<br />
Page 9<br />
Jean Claudel Merismas<br />
Coup d’œil sur l’arrivée<br />
des migrants<br />
haïtiens au Canada<br />
venus des États-<br />
Unis!…<br />
Page 7<br />
Voir page 4<br />
Le mardi 12 septembre, les manifestants parcourent les rues de la Capitale, aux cris de « Ne touchez pas à Don Kato », nous brûlerons le<br />
parlement »! « À bas Jovenel » disent-ils « à bas la bourgeoisie, nous n’obéirons pas » « Liberté ou la mort, la révolution va commencer »<br />
UTILISER LES DÉCHETS POUR SORTIR HAÏTI<br />
DU BLACKOUT – UN PARI POSSIBLE ?<br />
Conférence internationale<br />
« Octobre<br />
– 100 » à Léningrad<br />
et déclaration des<br />
partis communistes<br />
et ouvriers !<br />
Page 10<br />
Voir page 4<br />
Le profil général des déchets urbains haïtiens est marginal pour la production d'électricité soit par combustion soit par digestion<br />
anaérobie combinée à la combustion du gaz. Ceci est dû à sa teneur élevée en humidité et à ses niveaux marginaux de plastique et de<br />
papier hautement inflammable<br />
Argentine : Où<br />
est Santiago<br />
Maldonado ?<br />
Page 17
Editorial<br />
HAITI<br />
LIBERTÉ<br />
Irma, le Capitalisme et la Solidarité !<br />
1583 Albany Ave<br />
Brooklyn, NY 11210<br />
Tel: 718-421-0162<br />
Fax: 718-421-3471<br />
Par Berthony Dupont<br />
«Tant que ne s’achèvera pas le colonialisme, tant<br />
que ne s’achèvera pas l’impérialisme et je dirais<br />
plus: tant que ne s’achèvera pas le capitalisme, nous<br />
aurons des situations et des peuples vivant la douloureuse<br />
situation que vit Haïti».<br />
Hugo Chavez<br />
Il est évident, ce ne sont pas les ouragans qui en<br />
réalité appauvrissent, attaquent, déstabilisent et<br />
détruisent les pays pauvres ; mais bien les catastrophes<br />
économique, politique, sociale, humanitaire et<br />
néolibérale que nous administrent les puissances<br />
tutrices.<br />
Le cyclone Irma vient de dévaster certains pays<br />
frères de la Caraïbe ; mais il a épargné Haïti ; sauf que<br />
dans le Nord, la ville du Cap-<strong>Haiti</strong>en a été inondée,<br />
dans le Nord-est où il a provoqué de nombreux dégâts<br />
matériels, de plusieurs blessés, un disparu et un mort<br />
dans le Département du Plateau Central.<br />
Quand bien même onze mois après l’ouragan<br />
Matthew, sept années après le séisme de 2010, il ne<br />
reste plus rien comme infrastructure dans le pays et<br />
les fonds de donation reçus pour la soi-disant reconstruction<br />
ont été kidnappés, puis volés par les Clinton<br />
et la Croix-Rouge américaine. Imaginez, cette fois-ci<br />
qu’Haïti serait également frappée par le cyclone Irma,<br />
ce serait inévitablement notre complète destruction<br />
qui ne serait pourtant qu’une aubaine, qu’une autre<br />
occasion d’affaires pour les multinationales.<br />
Heureusement, Irma a évité Haïti ; mais cela<br />
n’empêchera pas que la population vivant déjà sans<br />
accès à des latrines, soit exposée davantage dans le<br />
Nord du pays à une augmentation de l’épidémie du<br />
Cholera, fruit de cette occupation criminelle, scélérate<br />
qui continue de faire de très nombreuses victimes au<br />
pays.<br />
L’ouragan capitaliste n’attend pas lui-même la<br />
saison cyclonique. Son crime s’inscrit dans le cadre<br />
de la reconquête coloniale de certains pays. Irma n’est<br />
pas ce bourreau omnipotent qui nous attaque quotidiennement<br />
et utilise son aide humanitaire comme une<br />
véritable arme répressive qui s’applique aujourd’hui<br />
aux uns, demain aux autres pour nous piller et nous<br />
exploiter de sorte que nous restions vulnérables à<br />
toute sorte de calamité même la plus insignifiante.<br />
L’unique et inique ouragan qui nous ruine ne<br />
prendra fin que lorsque le peuple haïtien en l’occurrence<br />
les travailleurs, les ouvriers, les paysans pauvres<br />
finiront par s’allier pour combattre le système<br />
abominable qu’est le capitalisme et ses représentants<br />
locaux qu’il renouvelle à chaque élection, faux<br />
changements de casquette et de visage pour cacher<br />
la hideuse façade de leur édifice d'exploitation à outrance<br />
et de leurs ignobles manœuvres pour protéger<br />
et consolider les intérêts des sociétés multinationales<br />
au mépris des aspirations populaires.<br />
Il nous faut essayer par tous les moyens de dépasser<br />
le stade de prise de conscience pour entrer<br />
dans celle de la riposte active, organisée et structurée<br />
contre notre domination centenaire, la plus rétrograde<br />
de l’impérialisme américain.<br />
Cuba et le Venezuela malgré leur situation précaire<br />
viennent d'exprimer leur solidarité agissante à<br />
certains pays tels que : Antigua, Barbuda, Saint Kitts,<br />
Nevis, Santa Lucia, les Bahamas, la Dominique et<br />
Haïti où 750 professionnels de la santé publique cubaine<br />
sont arrivés pour aider les victimes.<br />
Voilà un exemple de solidarité agissante qui ne<br />
masque ni ingérence ni insouciance étrangère. Cuba<br />
a été aussi frappé par Irma ; il importe toutefois de<br />
prendre acte que c’est la voie non-capitaliste pour le<br />
développement harmonieux et stable de ses ressources<br />
naturelles puis son système de transformation<br />
socialiste de la société qui l’a aidé à vaincre les catastrophes<br />
naturelles ou orchestrées jusqu’à trouver<br />
moyen de tendre une main fraternelle et internationaliste<br />
à d’autres îles de la Caraïbe pourtant otages des<br />
Occidentaux.<br />
Non à la domination impériale !<br />
Vive la lutte du peuple haïtien !<br />
Vive la solidarité internationaliste<br />
Vive le socialisme!<br />
3, 2ème Impasse Lavaud<br />
Port-au-Prince, <strong>Haiti</strong><br />
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2 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
A Travers <strong>Haiti</strong><br />
Le combat du sénateur Cheramy au sénat contre le budget <strong>2017</strong>-2018<br />
Par Jackson Rateau<br />
Le Sénateur de l’Ouest<br />
Antonio Cheramy (Don kato)<br />
Un seul homme s’est dressé face<br />
à une assemblée de putrides formant<br />
la chambre haute de la République<br />
d’Haïti. Les sénateurs d’Haïti se<br />
font appeler aussi l’assemblée des sages;<br />
mais en fait ils sont une véritable<br />
goguenardise ou moquerie pour cette<br />
république altière (Haïti) ayant pour<br />
représentants ce ramassis de vicieux,<br />
de mafia, sorte de composante de la<br />
50e législature.<br />
Assisté de trois autres dont le<br />
représentant du Sud-est, Ricard Pierre,<br />
celui des Nippes, Nènel Cassis et le<br />
Nord-ouest Evalière Beauplan, Antonio<br />
Cheramy (Don kato) se dresse<br />
contre 24 véreux pestilentiels, bien<br />
monnayés par la présidence pour entériner<br />
le budget scélérat de l’exercice<br />
fiscal <strong>2017</strong> – 2018. On parle d’une<br />
étonnante somme de deux millions de<br />
gourdes à chacun des parlementaires.<br />
Cette loi de finances <strong>2017</strong> –<br />
2018, a été homologuée dans la<br />
chambre basse d’Haïti dans la nuit du<br />
9 Août <strong>2017</strong>. Le mardi 5 <strong>Septembre</strong><br />
<strong>2017</strong> dernier, c’était le tour des sénateurs<br />
d’accomplir leur tâche d’adopter<br />
ou de reprouver cette prévision<br />
budgétaire, sorte de loi de répression<br />
ou de châtiment des pauvres, mais le<br />
bien-être ou la félicité de la classe des<br />
nantis ou des riches. Votée presque à<br />
l’unanimité au sénat de la République,<br />
cette loi budgétaire a été retournée à<br />
la chambre basse pour avoir été l’objet<br />
d’une infime correction à la chambre<br />
haute; la correction d’une phrase au<br />
fameux article 17 dans laquelle on enlève<br />
le mot forfaitaire... Fourvoyant la<br />
population qu’il prend pour imbécile, le<br />
sénateur Senatus s’est targué d'avoir<br />
proposé cet énorme changement dans<br />
cette loi budgétaire.<br />
Le samedi 9 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>,<br />
entérinée à la chambre des députés<br />
après la deuxième lecture, ce projet<br />
budgétaire calculé sur mesure par les<br />
bandits légaux, est devenu une loi,<br />
malgré tous les remous des masses<br />
populaires.<br />
Le sénateur Antonio Cheramy<br />
(Don Kato), soustrayant Salomon,<br />
Rica Pierre, Nènel Cassis et Beauplan<br />
qui, semble-t-il, s’alignent sur sa position,<br />
était l’unique courageux ou titan<br />
à pouvoir se dresser contre ces 24 pervers<br />
de la chambre haute d’Haïti.<br />
Après avoir réduit le rapport de<br />
la commission en miettes, le sénateur<br />
Cheramy, armé d’une clochette qu’il<br />
carillonna parcourut toute la salle de<br />
séances du sénat de la République,<br />
aux cris de «Baré vòlè». Il perturba<br />
tout de go la séance de ratification<br />
de cette loi qui aspire à asphyxier la<br />
masse populaire haïtienne.<br />
La nuit du mercredi 6 au jeudi<br />
7 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>, l’assemblée des<br />
sénateurs s’était à nouveau assise<br />
pour plancher sur le budget déloyal,<br />
infâme du gouvernement des bandits<br />
légaux de PHTK # 2.<br />
Aux environs de 9:00 heures du<br />
soir, le débat était lancé sur le fameux<br />
budget avec deux représentants des<br />
bandits légaux en occurrence le sénateur<br />
du Nord-ouest membre du PHTK<br />
Kedler Augustin et celui de l’Ouest<br />
Jean Renel Senatus.<br />
Quoique la résistance des sénateurs<br />
(Antonio Cheramy, Nènel Cassis,<br />
Evalière Beauplan, Ricard Pierre et Salomon)<br />
vers minuit le mercredi 9 <strong>Septembre</strong>,<br />
le Sénat en absence de ces 4,<br />
a voté le budget criminel par 19 voix<br />
pour, une voix contre et 3 abstentions.<br />
1585 ressortissantes et ressortissants haïtiens rapatriés à<br />
Belladère au cours du mois d’août <strong>2017</strong><br />
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Des migrantes et migrants haïtiens lors d'une opération de rapatriement<br />
à la frontière de Carisal/Elias PiñaPhoto: Archives GARR<br />
Des agents de la migration et des<br />
militaires dominicains ont rapatrié<br />
1585 migrants haïtiens à la frontière<br />
de Carisal/Elias Piña, à Belladère, au<br />
cours du mois d’août <strong>2017</strong>. Au nombre<br />
des rapatriés qui sont en majorité<br />
des hommes figurent 51 femmes, 72<br />
garçonnets et 2 fillettes. Plusieurs de<br />
ces personnes ont déclaré avoir été<br />
gardées pendant plus de 10 jours au<br />
centre carcéral de Haina avant d’être<br />
reconduites en Haïti. Elles ont subi<br />
divers cas d’abus lors de ces opérations<br />
de rapatriements. 10 rapatriés se<br />
sont vu confisquer leur argent et leurs<br />
téléphones portables.<br />
La majorité de ces migrants haïtiens<br />
ont vécu plusieurs années en<br />
territoire dominicain notamment à San<br />
Juan, Santo Domingo, Azua et Higuey.<br />
Certains disent avoir été séparés de leur<br />
famille. Tel est le cas de Joël, 43 ans,<br />
originaire de Ouanaminthe (Nord-est)<br />
qui vivait à Santo Domingo depuis 20<br />
ans. Il a déclaré qu’il travaillait dans<br />
une plantation agricole dominicaine et<br />
y détenait aussi sa propre plantation.<br />
Il a été rapatrié et contraint de<br />
laisser ses 3 enfants en République<br />
dominicaine, a-t-il confié au GARR.<br />
Il a critiqué le comportement des militaires<br />
dominicains qui ne lui ont pas<br />
accordé de temps pour récupérer ses<br />
biens accumulés pendant de longues<br />
années de durs labeurs en République<br />
Dominicaine. Le quadragénaire<br />
a dénoncé également des militaires<br />
dominicains qui auraient confisqué des<br />
téléphones portables et de l’argent des<br />
migrants avant de les reconduire à la<br />
frontière. « J’ai été intercepté à Santo<br />
Domingo au moment où je devais<br />
rencontrer un ami. Deux militaires<br />
dominicains m’ont fait signe d’arrêter<br />
et m’ont intimé l’ordre de monter<br />
dans un bus qui avait déjà plusieurs<br />
autres ressortissants haïtiens. Nous<br />
avons été incarcérés pendant 14 jours<br />
à un centre de détention avant d’être<br />
expulsés du territoire dominicain.»,<br />
a-t-il indiqué.<br />
La situation n’est pas différente<br />
pour Hubert, 35 ans, qui a vécu 17<br />
ans à San Juan. Il travaillait dans le<br />
domaine de la construction. Le ressortissant<br />
haïtien a été accueilli par le<br />
GARR à Belladère dans des conditions<br />
critiques. Parallèlement, de nombreux<br />
Haïtiennes et Haïtiens résidant dans<br />
les zones frontalières qui ont l’habitude<br />
de bénéficier des soins médicaux<br />
dans des hôpitaux dominicains, se<br />
voient refuser l’accès depuis plusieurs<br />
jours, a appris le GARR auprès du Réseau<br />
Frontalier Jeannot Succès (RFJS).<br />
Une décision qui vient compliquer<br />
la situation des résidentes et<br />
résidents des zones frontalières notamment<br />
des femmes enceintes qui<br />
fréquentent les maternités des hôpitaux<br />
dominicains avant et pendant<br />
leur accouchement. Soulignons que de<br />
juin 2015 au 17 août <strong>2017</strong>, 218,610<br />
migrants haïtiens ont été contraints de<br />
traverser la frontière. Parmi lesquels<br />
128,483 retournés spontanés et<br />
90,127 rapatriés ont été recensés.<br />
Le GARR exhorte le gouvernement<br />
haïtien à travailler avec son homologue<br />
dominicain en vue d’octroyer<br />
du temps aux migrants haïtiens de<br />
récupérer leurs biens avant toutes les<br />
opérations de rapatriements comme<br />
l’exige d’ailleurs le protocole d’accord<br />
du 2 décembre 1999.<br />
Il en profite pour plaider en<br />
faveur de la construction des centres<br />
hospitaliers dans les zones frontalières<br />
au bénéfice des Haïtiennes et Haïtiens<br />
qui y résident. Ce qui leur permettra<br />
d’avoir accès aux soins de santé sans<br />
avoir besoin d’aller se faire soigner en<br />
territoire dominicain.<br />
Joel H. Poliard<br />
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
3
Manifestation contre la loi<br />
de finances <strong>2017</strong>-2018 !<br />
Par Marie Laurette Numa<br />
Depuis le vote par le Senat de la<br />
loi de Finances <strong>2017</strong>-2018, le<br />
vendredi 8 septembre <strong>2017</strong>, un vent<br />
de mobilisation semble timidement<br />
souffler à nouveau dans le pays pour<br />
combattre les nouvelles taxations du<br />
gouvernement Moise-Lafontant sur la<br />
population.<br />
A cette fin, Fanmi Lavalas appelle<br />
à une manifestation pour le lundi<br />
11 septembre pour commémorer de<br />
biens tristes souvenirs tels l’assassinat<br />
crapuleux d’Antoine Izméry en 1993<br />
et le massacre de l’église de Saint-Jean<br />
Bosco en 1988 par les brassards rouges<br />
de Franck Romain tout en dénonçant le<br />
vote de la loi de Finances.<br />
L’ancien sénateur et candidat<br />
à la présidence de la Plateforme Pitit<br />
Dessalines Jean Charles Moise entre<br />
dans la danse et annonce lui-même une<br />
autre manif pour le mardi 12 septembre<br />
contre le budget et le pouvoir en place.<br />
Ainsi le lundi 11 septembre pour<br />
essayer de désorienter les appels à la<br />
mobilisation, la présidence dans une<br />
conférence de presse au Palais national<br />
par deux de ses quatre porte-parole en<br />
l’occurrence Tamara Orion et Martine<br />
Denis Chandler s’est montrée toutefois<br />
satisfaite de ce que les Parlementaires<br />
dont la majorité acquise au gouvernement<br />
ont voté à la chambre Basse<br />
et Haute l’adoptation de la loi de Finances<br />
<strong>2017</strong>-2018 du gouvernement<br />
Moise-Lafontant ; mais reste prudente<br />
cependant pour amadouer le peuple,<br />
Tamara elle-même l’appelait au calme<br />
Des barricades en flammes<br />
Tout au long du parcours, les manifestants chantent et lancent des<br />
slogans très hostiles aux parlementaires et au président de la république<br />
Jovenel Moïse qu’ils accusent non seulement d’inculpé, mais travaillant<br />
au service de la bourgeoisie<br />
En conférence, deux des quatre porte-parole de la Présidence en l’occurrence<br />
Martine Denis Chandler et Tamara Orion, le lundi 11 septembre écoulé<br />
Le ministre de la Justice et de la<br />
Sécurité Publique M. Heidi Fortuné<br />
en lui faisant croire que cette loi votée<br />
« allait permettre à l’exécutif d’ouvrir<br />
une série de grands chantiers dans le<br />
pays de sorte que tous les citoyens bénéficient<br />
des services auxquels ils ont<br />
droit ». Malheureusement, ces propos<br />
n’ont pas pu en aucune façon stopper<br />
les masses défavorisées mécontentes<br />
et prêtes à protester contre cette loi<br />
d’exploitation forgée pour les mettre<br />
davantage à genoux dans la misère et<br />
la pauvreté.<br />
Les organisations de droits humains<br />
ne sont pas restées indifférentes,<br />
elles sont entrées dans la partie<br />
pour exprimer leur ras le bol face<br />
à cette loi de finances. Ainsi, le lundi<br />
11 <strong>Septembre</strong>, dans une conférence de<br />
presse également, la coordonatrice de<br />
l’organisation CE-JILAP, Jocelyne Colas,<br />
a fait savoir que « ce budget n’est<br />
pas en conformité avec la constitution<br />
puisqu’il ne conduira le pays que vers<br />
plus d’inégalité sociale, de misère,<br />
d’injustice et de corruption ». Me Joseph<br />
Maxime Rony coordonnateur général<br />
de la Plateforme des Organisations Haïtiennes<br />
des Droits Humains a pour sa<br />
Utiliser les déchets pour sortir Haïti<br />
du blackout – Un pari possible ?<br />
Enquête réalisée par Milo MILFORT/ ENQUET’ACTION*<br />
Des tonnes d’ordures accueillent les<br />
visiteurs, riverains et travailleurs<br />
sur une route où trainent des chiens,<br />
cabris, porcs et capsules de bouteille de<br />
cola. Des tentes et maisons de fortune<br />
où vivent plusieurs centaines de personnes<br />
dans des conditions précaires<br />
longent l’entrée. Ici, des chômeurs<br />
et riverains montent la garde. A l’intérieur,<br />
chiffonniers mal équipés, animaux,<br />
moustiques et déchets qu’ils<br />
soient médicaux, organiques, plastiques<br />
ou autre, se mêlent dans un chaos<br />
indescriptible.<br />
La fumée et le feu sont omni présents<br />
empoisonnant continuellement<br />
l’air et l’environnement. Les odeurs<br />
nauséabondes, la boue, les vermines et<br />
les eaux usées finissent le tableau. Et<br />
surtout gare aux pieds, car on risque de<br />
se faire piquer par des seringues ou tessons<br />
de bouteilles, voire se faire bruler<br />
par les braises encore actives de feux<br />
qui se meurent. La décharge publique<br />
de Truitier située à l’intérieur de la zone<br />
de Duvivier à Cité Soleil à quelque 5km<br />
au nord du centre-ville de Port-au-<br />
Prince est un no man’s land, sous la<br />
tutelle du Service métropolitain de collecte<br />
des résidus solides (SMCRS). Cette<br />
entité étatique est chargée de « collecter<br />
» les ordures dans la région métropolitaine,<br />
mais a failli à sa mission faute<br />
de moyens et de matériels.<br />
«Le site n’est pas vivable. Nous<br />
autres qui y travaillons, nous sommes<br />
presque des morts ambulants. Quand<br />
je n’ai pas de problème au niveau des<br />
yeux, je l’ai au niveau de la gorge.<br />
Certaines fois, des nuages de fumée<br />
noire défient le climatiseur», explique<br />
l’ingénieure Sofia Seignon, directrice<br />
générale de la décharge nationale de<br />
Truitier, dans son bureau placé dans<br />
un container où il y a un climatiseur en<br />
panne, quelques chaises et des bottes.<br />
«Truitier se trouve dans un état critique.<br />
Nous ne saurions l’appeler décharge,<br />
mais plutôt un espace où l’on jette des<br />
déchets. Nous savons pertinemment<br />
bien ce qu’est une décharge», tempêtet-elle.<br />
Plus rien ne fonctionne dans la<br />
seule décharge officielle du pays. Avec<br />
plus de 10 millions d’habitants, Haïti<br />
produit quotidiennement entre 1 mille<br />
500 à 2 mille m 3 de déchets, selon des<br />
sources combinées. Soit par jour, à peu<br />
près 0.6 à 1kg de déchets par personne.<br />
Cette quantité de déchets inexploitée,<br />
au-delà des questions environnementales,<br />
soulève d’autres interrogations.<br />
Car le pays fait face paradoxalement<br />
à une pénurie criante d’énergie électrique.<br />
Or, selon plusieurs spécialistes<br />
haïtiens et étrangers en environnement<br />
et énergie, les déchets seraient capables<br />
de produire non seulement de l’engrais,<br />
mais aussi et surtout de l’électricité.<br />
A Truitier, la fumée et le feu sont omni présents…Milo MILFORT<br />
L’électricité, un service de luxe !<br />
Le territoire haïtien est peu couvert<br />
en électricité. Une seule compagnie,<br />
l’Electricité d’Haïti (EDH), une structure<br />
publique, dessert la population et<br />
la dette colossale accumulée s’élève<br />
à plus de 65 millions de dollars américains<br />
en 20<strong>13</strong>. «Les problèmes en<br />
énergie du pays sont exacerbés surtout<br />
après le tremblement de terre de<br />
janvier 2010», constate l’ingénieur<br />
Marc-André Chrysostome, coordonnateur<br />
de la cellule Energie du ministère<br />
des Travaux Publics, Transports et<br />
part qualifié « de provocation le vote<br />
du budget » ; tout en prenant le soin<br />
d’ajouter que le peuple « doit prendre<br />
son destin en main en recourant à la<br />
désobéissance civile ; vu que l’Etat ne<br />
fournit pas les services de base à la population<br />
».<br />
Au cours de cette journée du<br />
lundi 11 <strong>Septembre</strong>, les militants de<br />
l’organisation Fanmi Lavalas ont profité<br />
pour critiquer énergiquement la loi<br />
de finances <strong>2017</strong>-2018 ; sauf qu’ils<br />
ont également manifesté leur colère et<br />
leur frustration en saccageant quelques<br />
véhicules jusqu’à les mettre à flammes.<br />
Après avoir sillonné quelques rues de<br />
la capitale, les forces de l’ordre Cimo<br />
au service de la bourgeoisie ont fini par<br />
disperser la foule des manifestants en<br />
faisant usage du gaz lacrymogène et de<br />
projectiles en caoutchouc.<br />
Les manifestants se sont résignés<br />
à rentrer, mais pas déposer aux armes.<br />
Ainsi, ils reprennent pour la plus belle<br />
les rues le lendemain mardi 12 septembre<br />
et cette fois pour de bon. Munis<br />
de leurs pancartes et de branches<br />
d’arbres, tout au long du parcours, ils<br />
chantent et lancent des slogans très<br />
hostiles aux parlementaires et au président<br />
de la république Jovenel Moïse<br />
qu’ils accusent non seulement d’inculpé,<br />
mais travaillant au service de la<br />
bourgeoisie.<br />
Ils parcourent les rues aux cris de<br />
« Ne touchez pas à Don Kato », le sénateur<br />
de l’Ouest qui a voulu boycotter la<br />
séance pour empêcher le vote du Sénat.<br />
« Ne touchez pas à Don Kato », nous<br />
brûlerons le parlement »<br />
« À bas Jovenel » disent-ils « à<br />
bas la bourgeoisie, nous n’obéirons<br />
pas » « Liberté ou la mort, la révolution<br />
va commencer »<br />
Ce mardi un jeune homme a été<br />
victime, quand un véhicule avec une<br />
plaque d’immatriculation officielle a<br />
été attaqué par certains manifestants à<br />
Martissant 17. Selon ce que rapportent<br />
des témoins, c’est le chauffeur qui a tiré<br />
et la balle a frappé mortellement un des<br />
manifestants.<br />
Le gouvernement pour défendre<br />
son camp réagit par l’intermédiaire du<br />
ministre de la Justice et de la Sécurité<br />
Publique M. Heidi Fortuné, qui par<br />
un communiqué menace les manifestants<br />
« Il est regrettable de constater<br />
depuis quelques temps, dans la Capitale<br />
du pays, que certaines institutions<br />
publiques sont assujetties à des scènes<br />
de violence commanditées et opérées<br />
par des personnes porteuses du virus<br />
anti-démocratique, mettant ainsi en<br />
Communications (MTPTC), dans un<br />
rapport titré «Le secteur de l’énergie<br />
en Haïti et ses nouvelles expériences<br />
dans le développement du programme<br />
SREP (Scaling-up renewable energy<br />
program)».<br />
«Les obstacles les plus importants<br />
au développement du secteur<br />
de l’électricité en Haïti sont la faiblesse<br />
des institutions, des systèmes<br />
et la pauvreté. Beaucoup de gens<br />
utilisent l’électricité sans payer, ce<br />
qui affecte gravement les revenus<br />
d’EDH et la rend incapable de financer<br />
suite à la page(8)<br />
péril non seulement la vie de nos<br />
concitoyens et leurs biens, mais encore<br />
ceux faisant partie du patrimoine de<br />
notre État. Des instructions formelles<br />
ont été passées au Commissaire du<br />
Gouvernement près le Tribunal de<br />
Première Instance de Port-au-Prince et<br />
au Directeur Général de la PNH, chacun<br />
en ce qui le concerne, de prendre<br />
toutes mesures appropriées; avec la<br />
mention suivante: Arrêter et faire<br />
juger les coupables sans considération<br />
d›appartenance politique »<br />
Le sénateur de l’ouest Antonio<br />
Chéramy dénonce catégoriquement<br />
cette mesure du Ministère de la justice<br />
et de la sécurité publique (Mjsp) qu’il<br />
qualifie de stratégie pour empêcher la<br />
population de manifester dans les rues<br />
de Port-au-Prince « Je suis pour les manifestations<br />
pacifiques, le respect de la<br />
constitution et contre toutes formes de<br />
violences. Mais, s’il faut condamner des<br />
actes de violence, il faut aussi condamner<br />
ceux de la Police qui ne cesse de<br />
maltraiter les manifestants » a souligné<br />
la plateforme Vérité de René Préval.<br />
Une autre mobilisation est déjà<br />
annoncée pour le mercredi <strong>13</strong> septembre<br />
<strong>2017</strong> qui elle-même se rendra<br />
devant les locaux du parlement haïtien.<br />
4 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
Des cyclones, parlons-en<br />
Twa Fèy, Twa Rasin O!<br />
Par Fanfan la Tulipe<br />
N<br />
’étant ni cyclonologue, ni météorologue,<br />
ni ouraganologue, ni<br />
tempêtologue, ni typhonologue, ni hurricanologue,<br />
ni raz-de-maréologue, ni<br />
pluviométrologue, encore moins tornadologue,<br />
je n’ai aucune qualité, aucune<br />
autorité, aucune qualification, aucune<br />
connaissance, aucune compétence,<br />
aucune expérience qui m’habilite à<br />
venir faire mon petit frekan, mon petit<br />
connaisseur et vous entretenir, ex cathedra,<br />
d’intempéries, de pluies diluviennes,<br />
du déluge et de Noé, des colères<br />
pluviales du Ciel, des coups de gueule<br />
bourrasquantes et des ivresses cyclonnantes<br />
de Mère Nature. Pourtant, en<br />
ce qui me concerne, il y a deux sortes<br />
de mauvais temps, deux sortes de cyclones:<br />
ceux dont on parle et ceux dont<br />
on ne parle pas.<br />
Les cyclones dont on parle<br />
Avant d’en parler, permettez que je me<br />
demande pourquoi l’idée hurricanante<br />
d’avoir choisi des noms propres, des<br />
noms d’êtres humains contemporains<br />
pour désigner ces cyclones dont l’œil<br />
méchant, torve, twèt, louche, troué, ne<br />
voit qu’à travers des lunettes d’aqueuse<br />
et venteuse violence, et dont le monstrueux<br />
corps circulaire ne se déplace<br />
que par bonds tourbillonnants, tournoyants,<br />
dévorants, déchaînés, endiablés,<br />
torrentiels, destructeurs. Pourquoi<br />
avoir donné nos noms et prénoms<br />
d’êtres bien vivants à ces enragés du<br />
ciel?<br />
Pourquoi n’avoir pas nommé les<br />
cyclones en leur donnant, par exemple,<br />
le nom des quelque quatre-vingt-huit<br />
constellations. Il y en a de bien intéressantes.<br />
J’en choisis un au hasard:<br />
Capricorne dont une version primitive<br />
voyait dans le dessin formé par l’amas<br />
d’étoiles le dieu Pan, chèvre humanoïde<br />
qui sauta dans le Nil afin d’échapper<br />
au cruel et sanguinaire Typhon lors<br />
de la Gigantomachie, la “bataille des<br />
géants”; le bas de son corps se changea<br />
alors en poisson. Une version plus tardive<br />
associait le Capricorne à la chèvre<br />
Amalthée, la nourricière de Zeus et dont<br />
la corne brisée par le fougueux futur roi<br />
des dieux devint la Corne d›Abondance.<br />
Quelle Capricornerie! Quelle Cornerie!<br />
Pourquoi pas Céphée? Un nom<br />
adorable. Dans la mythologie grecque,<br />
Céphée était l’époux de Cassiopée et<br />
le père d’Andromède. Ces trois personnages<br />
se retrouvent, en tant que<br />
constellations, dans la même région<br />
du ciel. En raison de la précession des<br />
équinoxes, le rôle d’étoile polaire a échu<br />
à des étoiles de cette constellation il y a<br />
plus de... 20 000 ans! Ô glorieux temps<br />
mésolithiques! Une affaire équinoxique,<br />
terrifique, pour ne pas dire franchement<br />
effrayique. Quelle vertigineuse, tourbillonnante<br />
et constellationnante remontée<br />
dans la nuit des temps!<br />
J’eusse aussi aimé que l’on donnât<br />
à l’une de ces violentes formations<br />
aqueuses tombées du ciel le nom royal<br />
de Chevelure de Bérénice. Au moins,<br />
on aurait eu le plaisir de revivre cette<br />
tranche de vie de Bérénice II, reine<br />
d’Egypte qui avait promis aux dieux<br />
de sacrifier sa magnifique chevelure<br />
si son époux Ptolémée III, pharaon<br />
de la dynastie lagide, revenait vivant<br />
et vainqueur de la guerre qu’il livrait<br />
au roi de Syrie, Séleucos II. Son vœu<br />
fut exaucé et elle fit donc offrande de<br />
ses nattes dorées au temple d’Aphrodite.<br />
Malheureusement, le précieux<br />
présent disparut mystérieusement durant<br />
la nuit. Grâce et miséricorde! Déjà<br />
à cette époque, il y avait des bandes<br />
zobop errant à la recherche de plaisir<br />
malsain et de tresses royales. La zoboptude<br />
nocturne enragea Ptolémée.<br />
Pour le calmer, l’astronome de la cour<br />
lui laissa comprendre que l’offrande<br />
avait tellement plu à la déesse Aphrodite<br />
que celle-ci l’avait placée dans les<br />
cieux. À titre de «preuve», il montra<br />
au couple royal un amas d’étoiles, du<br />
nom de Queue du Lion à cette époque.<br />
Depuis la zoboptante audace dudit astronome,<br />
l’agrégat stellaire est devenu<br />
la Chevelure de Bérénice. Crédulité, naïveté<br />
et ingénuité sont le lot de bien des<br />
souverains!<br />
Saut d'Eau, Ville Bonheur; ville de bonheur où adeptes du vaudou font des offrandes et sacrifices à leurs lwa et<br />
catholiques y célèbrent chaque 16 juillet leur sainte patronne, la vierge Marie du Mont Carmel<br />
de se rapetisser, de s’évanouir dans le<br />
brouillard du découragement. Et l’effet<br />
cyclonant qui s’ensuit se traduit par<br />
une destruction intérieure à petit feu<br />
qui nous mine, nous consume et nous<br />
enlève une part de notre quiétude mentale,<br />
de notre équilibre émotionnel, du<br />
bonheur de vivre auquel nous avons<br />
droit.<br />
Nous vieillissons, nous blanchissons,<br />
et ce n’est même pas sous<br />
le harnais. C’est plutôt sous le poids<br />
d’une frustration permanente, d’une<br />
négligence cruelle sinon criminelle des<br />
dirigeants du pays qui se gargarisent<br />
de fausses promesses, s’emplissent<br />
les poches, sont prêts à voter un projet<br />
scélérat, odieux de loi des Finances<br />
qui fait la part belle aux gros bourgeois<br />
et à l’impérialisme-vautour pourvu que<br />
leurs porte-feuilles soient bien garnis<br />
et leurs jabots bien remplis. Je crains<br />
chaque jour que nous tombe dessus la<br />
dernière des humiliations, celle de voir<br />
un parlement croupion (peut-être ce<br />
50ème) s’aplatir, se traîner, s’abaisser,<br />
se punaiser jusqu’à présenter un projet<br />
de loi qui ferait du pays une annexe<br />
de la république orientale voisine. Je<br />
frémis d’horreur, rien qu’à y penser.<br />
Au cyclone de l’exil s’ajoute<br />
la dévastation d’une solitude relative<br />
pour certains, absolus pour d’autres qui<br />
Les cyclones dont on ne parle pas.<br />
Ils sont pourtant aussi dévastateurs,<br />
humiliants, affligeants, parce qu’infligeant<br />
des dommages à l’être humain,<br />
à son essence même, à sa dignité, à sa<br />
biologie, à son existence, à ses droits<br />
les plus élémentaires. Et qui pis est, ces<br />
dommages peuvent être permanents<br />
sculptant le cours même de la vie des<br />
hommes et des femmes qui en sont victimes.<br />
Parlons-en.<br />
Les cyclones de la misère. Ils<br />
sont légions à travers le monde, permanents<br />
ou récurrents, et frappent des<br />
millions d’êtres humains. Misère qui<br />
engendre la faim, les conflits armés,<br />
les maladies et leur propagation. Et la<br />
faute revient à la logique impérialiste<br />
des puissants de ce monde qui prévaut<br />
et triomphe sur le bien-être collectif de<br />
l’humanité affligée d’une destruction<br />
grandissante. Près de trois milliards<br />
de gens, soit la moitié de la population<br />
mondiale, doivent se loger, se nourrir,<br />
se soigner et s’instruire avec moins de<br />
deux dollars par jour. De ce nombre, un<br />
milliard et demi de miséreux subsistent<br />
avec moins de un dollar par jour. Quatre<br />
personnes sur cinq, soit 4,6 milliards de<br />
gens, vivent dans des bidonvilles. Près<br />
d’un milliard d’entre eux ne savent ni<br />
lire, ni écrire.<br />
Au Brésil, deux pour cent des<br />
propriétaires fonciers détiennent quarante-trois<br />
pour cent des terres arables,<br />
tandis que quatre millions et demi de<br />
familles de paysans sans terre errent<br />
sur les routes, humiliées et misérables.<br />
Dans ce pays, cent millions de personnes<br />
vivent dans la plus grande pauvreté.<br />
En Amérique Centrale, le nombre<br />
de personnes souffrant de la faim, a<br />
atteint le nombre effroyable de six millions<br />
et demi, sur une population totale<br />
de vingt-huit millions. À Bombay, en<br />
Inde, la moitié de la population vit dans<br />
des bidonvilles et dans des conditions<br />
inhumaines.<br />
En l’an 2001 seulement, la<br />
misère et le sous-développement dans<br />
le monde ont fait plus de cinquantehuit<br />
millions de victimes. Le manque de<br />
revenus, de nourriture, d’eau potable et<br />
d’accès aux soins médicaux a causé<br />
plus d’un milliard d’invalidités graves<br />
et permanentes. Sur le milliard et demi<br />
de personnes qui survivent avec moins<br />
de un dollar par jour dans les pays du<br />
tiers monde, cinq cent millions vont<br />
mourir avant d’avoir atteint l’âge de<br />
quarante-cinq ans.<br />
Pour que s’enrichissent honteusement<br />
2% de la population du<br />
globe, 98% doivent vivre misérablement.<br />
Chaque jour, cent mille personnes<br />
meurent de faim sur la terre. Un<br />
nombre effarant de près d’un milliard<br />
d’êtres humains sont sous-alimentés.<br />
Toutes les sept secondes, un enfant<br />
meurt de faim dans le monde. À titre<br />
de consolation (et d’information), Cuba<br />
est le seul pays au monde où aucun<br />
enfant ne va au lit le ventre vide, le<br />
seul pays sans malnutrition enfantine,<br />
selon l’UNICEF. À titre de fierté pour ce<br />
petit pays victime d’un étranglement<br />
économique sans précédent dans l’histoire,<br />
Juan José Ortiz Bru, ex-représentant<br />
d’UNICEF pour Cuba écrivait: « Les<br />
politiques publiques en faveur de l’enfance<br />
sont une priorité à Cuba depuis<br />
de nombreuses années, ce qui a permis<br />
une chose incroyable dans ce monde<br />
en développement : sur les centaines de<br />
millions d’enfants qui souffrent de très<br />
graves violations de leur droit - beaucoup<br />
meurent chaque jour - aucun n’est<br />
cubain » [1]<br />
Que dire du cyclone de l’exil? En<br />
y regardant de façon superficielle, on<br />
aurait tendance à ne pas y prêter attention,<br />
à n’en pas faire vraiment cas.<br />
Pourtant, le lourd fardeau de l’exil, le<br />
lourd fardeau d’un déracinement psychologiquement<br />
déstabilisant à longueur<br />
de temps n’est pas une vue de<br />
l’esprit. C’est une réalité, une pénible<br />
réalité quelles que soient les raisons<br />
qui nous ont portés à nous installer<br />
“ailleurs”. Notre boussole identitaire<br />
indique avec imprécision le nord d’un<br />
retour vers une Haïti enfin relevée de<br />
ses humiliations. Que nous le voulions<br />
ou non, quelles que soient nos réalisations<br />
matérielles, intellectuelles ou<br />
professionnelles, ici dans l’“ailleurs” de<br />
l’exil nous ne sommes pas dans notre<br />
peau, un cyclone d’ennui, d’insatisfaction,<br />
d’incessants inassouvissements<br />
nous bousculent notre affect, piétine cet<br />
attachement charnel, passionné, amoureux<br />
à cette terre qui nous a vus naître,<br />
grandir et devenir pleinement l’haïtien<br />
que nous sommes.<br />
Nous pensons au pays, nous vivons<br />
du pays, nous ne parlons que du<br />
pays, nous rêvons du pays, de nuit ou<br />
de jour. C’est notre obsession, légitime<br />
du reste. Chaque minute de notre existence,<br />
ou presque, nous ramène au<br />
pays, à ces lointains souvenirs qui nous<br />
collent à la mémoire, à une perspective<br />
ou plutôt à un espoir de changement qui<br />
ne cesse de s’éloigner, de s’amenuiser,<br />
Chery’s Brokerage, Inc.<br />
1786 Nostrand Ave., Brooklyn, NY 11226<br />
Tel: 718-693-8229 * Fax: 718-693-8269<br />
éprouvent alors le besoin impérieux,<br />
incontrôlable, irrépressible d’aller se<br />
ressourcer au pays, au moins chaque<br />
année. Ils le disent haut et fort: «Peyi<br />
a mèt lèd, men se peyi m li ye». Car dans<br />
cet “ailleurs” où ils vivent, où nous<br />
vivons depuis si longtemps et qui nous<br />
consume, on ne voit pas de marchands<br />
de fresco avec leur attirail de sirop multicolore;<br />
on ne voit pas de marchandes<br />
de fritailles assises sur leur ti chèz bas<br />
avec une chaudière de griyo ou de taso<br />
kabrit câlée presque entre leurs grasses<br />
cuisses; on ne voit pas de koukouy,<br />
pas d’eskonbrit en pleine rue entre deux<br />
chauffeurs de moto, pas de voisin qui se<br />
penche au-dessus d’un lantouray pour<br />
vous souhaiter le bonjour, kouman ou<br />
ye vwazin, pas de pétillance polychrome<br />
des tapatap arborant peintures d’art<br />
naïf sur leur carrosserie. C’est justement<br />
l’absence de ces petites choses<br />
qui créent et alimentent notre solitude.<br />
Au pays de l’exil et de la solitude<br />
il manque à ces «nostalgiques absolus»<br />
du pays cette atmosphère d’insouciance,<br />
de nonchalance, d’indolence,<br />
de chaleur humaine qui peut adoucir<br />
le stress permanent vécu dans “l’ailleurs”<br />
; cette ambiance sui generis où<br />
les coupures d’électricité, les blakaout<br />
font partie du décor et ne dérangent<br />
suite à la page(16)<br />
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
5
Kwonik Kreyòl<br />
Nòt kèk òganizasyon popilè pou<br />
denonse vòt bidjè kriminèl antipèp<br />
pouvwa Tèt Kale a !<br />
Nou, òganizasyon pwogresis ki<br />
nan mouvman sosyal popilè a,<br />
nou denonse ak tout fòs nou, vòt bidjè<br />
kriminèl la ki sot fèt nan palman<br />
an. Nou pran nòt, malgre denonsyasyon<br />
ki fèt nan peyi a ak nan dyaspora<br />
a kont bidjè a, nou konstate<br />
gen 74 depite ak 19 senatè ki vote<br />
bidjè kriminèl la.<br />
N ap raple, bidjè kriminèl<br />
<strong>2017</strong>-2018 la monte anviwon 144<br />
milya goud. Pandan pouvwa anplas<br />
la ap chache tout kalite avantay<br />
pou li bay boujwazi a, li monte pri<br />
tout sèvis, taks ak enpo. Pri lwaye<br />
ak fèmaj tè monte disèt wotè, nan<br />
yon moman kote pouvwa a ap pran<br />
tè peyizan yo pou fè zòn franch<br />
endistriyèl, agrikòl ak touristik epi<br />
pou eksplwate min. Se sitou moun<br />
ki pi pòv yo pouvwa a chwazi pou li<br />
piye pandan li pa janm pran okenn<br />
mezi pou soulaje mizè yo. Pandan<br />
pouvwa ap prije pèp la pou li peye<br />
plis taks ak enpo, li double bidjè palman<br />
an ki soti nan 3 milya goud anviwon,<br />
pou rive nan 7 milya goud.<br />
Akote palman an, gen laprezidans<br />
ak primati ki fè dekabès. Sa ki pi<br />
grav la, pouvwa mete plis pase 25<br />
milya goud (17%) nan yon ribrik<br />
bwat nwa ki pote non « Autres interventions<br />
publiques ».<br />
Alòske, pri paspò, lisans,<br />
matrikil fiskal elatriye, ap monte 17<br />
wotè. Pa egzanp, yon tenb paspò<br />
ki te koute 1600 goud, pral koute<br />
6000 goud. Yon matrikil fiskal ki<br />
te koute 250 goud pral koute 1000<br />
goud. Pou benefisye sèvis sa yo, fòk<br />
ou peye 10 mil goud enpo pou pi<br />
piti. Pandan prezidan an ap flannen<br />
nan peyi a sou pretèks l ap relanse<br />
agrikilti peyi a, se sèlman 10 milya<br />
goud (6,9%) nan bidjè a li mete nan<br />
agrikilti epi 0,5 % pou anviwonnman,<br />
malgre prezidan an dekrete<br />
etadijans anviwonnmantanl sou<br />
tout peyi a. Pouvwa Tèt Kale a ak<br />
alye li yo ap pran dispozisyon pou<br />
fòse pèp la vale yon bidjè ouragan,<br />
nan yon moman kote :<br />
- Ouvriye yo lage ak yon<br />
salè mizè 350 goud pou yon jounen<br />
travay nan faktori yo<br />
- Pri pwodui ak sèvis premye<br />
nesesite yo ap monte bwa chak<br />
jou pi plis<br />
- Pifò paran nan gwo tèt<br />
chaje pou yo voye pitit yo lekòl<br />
- Anviwonnman an kontinye<br />
ap degrade, tranbleman tè ak<br />
siklòn menase tout peyi a epi fatra<br />
ap fè pèp la esplikasyon nan chak<br />
kalfou<br />
- Plizyè enstitisyon nan Leta<br />
a nan kriz. Grèv ap pete tanzantan<br />
nan enstitisyon piblik ak prive yo<br />
epi Inivèsite Leta a ki gen nan tèt li<br />
yon rektè defakto ap make pa sou<br />
plas<br />
Pou tout rezon sa yo, nou apiye<br />
tout mobilizasyon k ap fèt kont<br />
bidjè kriminèl, aloufa, pouvwa egzekitif<br />
la, palman raketè a ak alye<br />
yo vle enpoze peyi a, n ap kore tout<br />
mobilizasyon k ap fèt kont grangou,<br />
chomaj ak likidasyon richès peyi a.<br />
Sou baz sa a, nou mande tout òganizasyon<br />
ak militan konsekan, ouvriye,<br />
peyizan, ti machann, chomè,<br />
pwofesè, elèv ak etidyan pou yo<br />
pote boure nan mobilizasyon k ap fèt<br />
lendi 11 ak madi 12 sektanm nan.<br />
Kanta jou madi 12 la, nou kase randevou<br />
devan Fakilte Etnoloji a 9vè<br />
tapan nan maten, pou nou mache<br />
kontre lòt branch mobilizasyon yo.<br />
Pou òganizasyon yo :<br />
Mouvement De Liberté, D’Egalité<br />
Des Haïtiens Pour La Fraternité<br />
(MOLEGHAF) /<br />
Domini Raisin<br />
SEK GRAMSCI / Fritz-Son Lalane<br />
Union Nationale Des Normaliens<br />
D’<strong>Haiti</strong> (UNNOH) / Ebens Cadet<br />
Centrale Nationale Des Ouvriers<br />
<strong>Haiti</strong>ens (CNOHA) / Dominique<br />
St Eloi Mouvman Demokratik<br />
Popilè (MODEP) / Guy Numa<br />
SEK JANIL / Jackson Lafleur<br />
Altènativ Popilè / James Olrich<br />
LESANPA / Fresner Michel<br />
LAKOU / Sabalha Calixte<br />
Arestasyon Milot Berger<br />
nan Senmak<br />
Jou ki te samdi 9 septanm lan, lapolis<br />
Senmak mete lapat sou yon<br />
kokenn chèf bandi, kidnapè yo rele<br />
Milot Berger. Se pandan misye t ap fè<br />
mannèv pou l detounen yon kamyon<br />
ranpli machandiz, yo te mare l ansanm<br />
ak kèk lòt konpayèl li. Youn<br />
nan moun ki te ak li rele Steven Balan,<br />
limenm te gen lan men l yon kalib<br />
9 milimèt<br />
Selon reponsab lapolis Senmak<br />
la, enspektè Rochenel Jean-Marie<br />
se gras ak popilasyon an ki enfòme<br />
sou kalte dega misye t ap fè nan volè<br />
machandiz yon kamyon, ki pèmèt<br />
lapolis rive kenbe Milot Berger. Li fè<br />
konnen li pat gentan kidnape anpil<br />
moun, 6 sèlman, e li pat janm touye<br />
yo.<br />
Mistè kit<br />
Detan razwa grangou<br />
Rachonnen bout trip nou<br />
Met zantray nou ajenou<br />
Nan laviwonn kalfou<br />
Gwo palto souflantchou<br />
Lòt elit lougawou<br />
Dechèpiye rèv nou<br />
Gwo palto tilolit<br />
Gwo palto mistè kit<br />
Kanpe sou move bit<br />
Nan pil gagòt ti kit<br />
Pou mago gwo bokit<br />
Kòb pwason tonbe<br />
Kòb premye tonbe<br />
Kòb dizui me koule<br />
Yo koule pase ale<br />
Men kòb kit ret kole<br />
Antravè li kwoke<br />
Ankwa li antrave<br />
Nan resepsyon koukou<br />
Demonstrasyon bayakou<br />
Fò w galgari ji poupou<br />
Desann nan gòj bakoulou<br />
Tankou sòs kalalou<br />
Ji okabine gouououou<br />
Li pi gouououououou<br />
Anba bab jij pakè<br />
Chèf vyòl ak Bèlvedè<br />
De minis gwo atoufè<br />
De minis gwo raketè<br />
De minis move zafè<br />
Milot Berger<br />
Se lè sa yo resi wè<br />
Jan kit lajistis anmè<br />
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6 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
Perspectives<br />
Coup d’œil sur l’arrivée des migrants haïtiens au Canada<br />
venus des États-Unis!<br />
Par Serge Bouchereau<br />
Déjà engagé dans une bataille au Canada<br />
pour la régularisation du statut des<br />
personnes concernées par la levée, le 1er<br />
décembre 2014, d’un moratoire qui a été<br />
reconduit en février et en octobre 2016<br />
par le gouvernement libéral, voilà que<br />
le Comité d’Action des Personnes Sans<br />
Statut (CAPSS) est maintenant interpellé<br />
par l’arrivée de migrants qui traversent la<br />
frontière canado-américaine, créant ainsi<br />
une nouvelle situation qui confronte le<br />
comité et l’oblige à continuer la lutte;<br />
mais sur deux fronts distincts cette fois-ci,<br />
même s’il s’agit en fait de la même lutte.<br />
De quelle nouvelle situation<br />
s’agit-il?<br />
De l’arrivée massive de migrants haïtiens<br />
et d’autres venus des États-Unis en<br />
quête d’un refuge au Canada. Majoritaires<br />
jusqu’ici, les ressortissants haïtiens, demandeurs<br />
d’asile, affluant à la frontière<br />
canado-américaine, viennent surtout<br />
de la Floride. Plusieurs d’entre eux ont<br />
transité dans des pays tels que l’Équateur,<br />
le Brésil, le Chili, le Venezuela ou dans des<br />
pays des Antilles, avant de se rendre aux<br />
États-Unis pour enfin arriver à la frontière<br />
canadienne avec enfants et bagages.<br />
Pourquoi les Haïtiens laissent les<br />
États-Unis pour venir au Canada?<br />
Deux raisons peuvent expliquer l’exode<br />
des Haïtiens. La cadence de leur arrivée,<br />
la concentration en un seul lieu (Municipalité<br />
de Saint-Bernard-de-Lacolle) et le<br />
nombre croissant à cet endroit sont d’un<br />
autre ordre et ont peu d’importance devant<br />
ce drame humain, exception faite pour les<br />
journalistes qui font le choix d’éviter le<br />
cœur des problèmes cuisants pour mettre<br />
tout l’accent plutôt sur les à-côtés insignifiants<br />
d’un sujet brûlant. D’abord, la situation<br />
catastrophique de leur pays d’origine<br />
avec un État incapable de satisfaire<br />
aux besoins primaires les plus élémentaires<br />
de la population, les désastres naturels<br />
successifs, la pandémie du choléra<br />
introduite par les forces d’occupation<br />
militaire de l’ONU, la violence politique,<br />
l’insécurité créée par les kidnappings, le<br />
banditisme, l’impunité, les exactions des<br />
sbires du pouvoir néo-duvaliériste imposé<br />
à l’aide d’élections truquées et téléguidées<br />
de l’extérieur et enfin, l’appui des pays<br />
soi-disant «amis d’Haïti» qui font tout<br />
pour maintenir le statu quo. Bref, un État<br />
de non-droit règne sur Haïti, imposé par<br />
les Néo-duvaliéristes, récemment reconduits<br />
au pouvoir sous le label PHTK (Parti<br />
Haïtien Tèt Kale).<br />
Rappelons pour compléter ce tableau,<br />
qu’une succession de gouvernements<br />
incapables, corrompus, imposés à<br />
la population haïtienne et soutenus par<br />
les pays tuteurs dont le tout dernier mis<br />
en place récemment a, à sa tête, un président<br />
inculpé de blanchiment d’argent,<br />
un Parlement rempli de coupe-gorges,<br />
de trafiquants de drogue et de hors-la loi<br />
qui n’ont rien trouvé d’utile à produire<br />
qu’un projet de remobilisation de l’Armée<br />
criminelle qu’a connue le pays, à la fin de<br />
l’occupation militaire américaine d’Haïti<br />
en 1934. Sa mission, selon les vœux<br />
de l’occupant qui l’avait créée, était de<br />
soutenir les dictatures successives ayant<br />
dirigé le pays et réprimer toute agitation<br />
ou révolte populaire. Ce projet déjà adopté<br />
par le Sénat nous dit très long sur la<br />
frayeur et la panique qui s’emparent de<br />
la population en général et des demandeurs<br />
d’asile dont plusieurs ont été victimes<br />
dans le passé, des agissements de<br />
l’Armée-macoute des Duvalier, des Henri<br />
Namphy, des Prosper Avril, des Ertha<br />
Trouillot et Hérard Abraham, des Raoul<br />
Cédras et de son acolyte Michel François<br />
pour ne citer que ceux-là. Par ailleurs,<br />
ce Parlement vient d’adopter une loi interdisant<br />
le mariage entre les personnes<br />
du même sexe. Ces dernières, ainsi que<br />
les complices d’un tel acte sont passibles<br />
Majoritaires jusqu’ici, les ressortissants haïtiens, demandeurs d’asile,<br />
affluant à la frontière canado-américaine, viennent surtout de la Floride<br />
d’emprisonnement. Un motif de plus pour<br />
ne pas vouloir retourner en Haïti si l’orientation<br />
sexuelle de certains migrants n’est<br />
pas conforme aux normes du pouvoir en<br />
place; d’autant plus que depuis un certain<br />
temps, l’homophobie bat son plein dans<br />
le pays au point où des homosexuels ont<br />
été lynchés par la population.<br />
La logique du raisonnement des<br />
Émigrés<br />
«Quand on est bien chez soi, on reste<br />
chez soi». «Quand on n’est pas bien chez<br />
soi, on part à l’étranger». «Quand on est<br />
pas bien à l’étranger, on rentre chez soi».<br />
«Quand cela va mal chez soi, et que l’on<br />
est à l’étranger, on ne retourne pas chez<br />
soi, on cherche un refuge en prenant des<br />
risques qui peuvent être mortels». C’est le<br />
cas de bon nombre d’Haïtiens, hélas! Bon<br />
nombre se font humiliés ou sont morts en<br />
poursuivant cette logique jusqu’au bout.<br />
L’arrivée au pouvoir du gouvernement<br />
de Donald Trump, au début de<br />
cette année, a changé la donne et a<br />
compliqué la situation des sans statuts<br />
aux États-Unis en provoquant dans un<br />
premier temps la crainte chez ces gens<br />
qui avaient obtenu un moratoire appelé<br />
«Temporary Protected Status (TPS)» qui<br />
leur permettait de demeurer provisoirement<br />
sur le territoire américain et y travailler<br />
sans redouter d’être déportés. Les<br />
menaçant de supprimer le «TPS» à la date<br />
de son expiration le 22 janvier 2018,<br />
Donald Trump a créé une panique sans<br />
pareil parmi ces personnes dont l’objectif<br />
était de régulariser leur statut aux États-<br />
Unis même.<br />
Conscients de l’arrogance et de la<br />
hargne qui habitent ce président xénophobe<br />
envers les immigrants et les sans<br />
statuts et, étant au courant de certaines<br />
déclarations favorables et positives faites<br />
par des autorités tant à Ottawa qu’à Montréal<br />
au sujet des portes qui sont grandes<br />
ouvertes au Canada et de Montréal déclaré<br />
ville sanctuaire, ces demandeurs<br />
et demanderesses d’asile se sont rués sur<br />
le Québec - leur dernier espoir - en souhaitant<br />
de tout leur cœur bénéficier de la<br />
solidarité de la communauté d’accueil et<br />
évidemment de celle de la communauté<br />
haïtienne plus particulièrement.<br />
Cependant, au Canada, la réception<br />
faite à la frontière n’est pas à la hauteur<br />
des attentes, car les conditions d’hébergement<br />
dans lesquelles ces personnes sont<br />
reçues aux aires d’arrivée, laissent à désirer<br />
et offusquent plus d’un avec raison.<br />
En dépit de ce manquement grave de la<br />
part des autorités canadiennes, l’espoir<br />
germé avant de franchir la frontière continue<br />
de croître et de gonfler le cœur des<br />
réfugiés-es qui s’attendent à recevoir la<br />
compassion et la solidarité des Canadiens<br />
et des Québécois envers eux et également<br />
à bénéficier de l’ouverture du gouvernement<br />
fédéral.<br />
Face à ces évènements, le Comité<br />
d’Action Des Personnes Sans Statut<br />
(CAPSS) a réagi immédiatement en<br />
modifiant d’abord le mandat qu’il s’était<br />
donné à sa création. La coordination a<br />
donc ajouté cette catégorie de migrants<br />
parmi ses priorités pour ses futures actions<br />
tout en maintenant son rôle en tant<br />
que groupe de soutien et de pression. À<br />
la frontière canadienne, le CAPSS a aussi<br />
dénoncé vivement dans les médias, pendant<br />
et après une visite conjointe d’une<br />
délégation du comité et de Solidarité sans<br />
frontières, un de nos partenaires, les conditions<br />
dans lesquelles sont accueillies ces<br />
réfugiés-es et a profité pour demander<br />
aux autorités concernées, d’adopter un<br />
programme spécial afin de permettre,<br />
sans trop de délai, la régularisation du<br />
statut de ces migrants.<br />
Propositions pour un<br />
programme spécial<br />
Après mûres réflexions, nous pensons<br />
que les autorités fédérales et provinciales<br />
du Québec devraient se concerter<br />
pour produire un cadre général leur permettant<br />
d’accueillir convenablement les<br />
réfugiés-es. L’obligation de respecter la<br />
convention de Genève signée par le Canada<br />
de la réception de ces réfugies-es qui<br />
méritent d’être accueillis dignement et<br />
traités avec courtoisie et humanité jusqu’à<br />
la fin du processus.<br />
- L’accompagnement adéquat<br />
pour les aider à bien présenter leur demande,<br />
à se loger le plus rapidement afin<br />
que les familles ayant des enfants d’âge<br />
scolaire puissent commencer à fréquenter<br />
l’école le plus tôt possible;<br />
- La facilitation du transfert dans<br />
une autre province des migrants qui en<br />
font la demande;<br />
- La dispensation d’un cours de<br />
francisation pour tous ceux et celles qui<br />
ne parlent pas ou parlent à peu près pas<br />
le français et l’octroi rapide du Certificat<br />
de sélection du Québec (CSQ) à tous ceux<br />
et celles qui parlent le français ou qui acceptent<br />
de suivre assidument un cours de<br />
francisation;<br />
- L’octroi d’une carte d’assurance-maladie<br />
temporaire;<br />
- L’octroi d’un permis de travail<br />
temporaire sans délai;<br />
- L’établissement de mesures<br />
d’assouplissement permettant aux demandeurs<br />
d’asile déboutés de présenter<br />
une demande pour motifs humanitaires<br />
dans les trois mois qui suivent;<br />
- La réduction significative des<br />
montants exigés pour le traitement des<br />
dossiers et le renouvellement des permis<br />
de travail pour les demandeurs dont les<br />
motifs sont d’ordre humanitaire;<br />
- Le financement adéquat d’au<br />
moins une quinzaine d’organismes communautaires<br />
afin d’aider ces réfugiés-es<br />
à s’orienter et à s’adapter à la société en<br />
privilégiant les secteurs suivants : Accompagnement<br />
psychosocial, Hébergement,<br />
Recherche de mobilier, Traduction-Interprétation,<br />
Éducation, Loisirs-Sports, Recherche<br />
d’emploi, etc.;<br />
- La mise sur pied d’un guichet<br />
unique avec les ressources nécessaires<br />
afin d’informer et d’orienter les demandeurs<br />
d’asile vers les services offerts au<br />
sein de la société civile et au niveau de<br />
l’État.<br />
-<br />
Réactions de la société d’accueil<br />
Jusqu’ici, nous avons constaté une assez<br />
grande solidarité de la part de la communauté<br />
haïtienne qui se dévoue corps et<br />
âme pour apporter une aide concrète dans<br />
plusieurs domaines. Nous avons également<br />
remarqué peu d’empathie de la part<br />
de la communauté d’accueil envers ces<br />
arrivants qui sont venus chercher refuge<br />
au Canada. L’élan de sympathie et de<br />
solidarité n’est pas au rendez-vous et certaines<br />
notes discordantes se font même<br />
entendre venant du secteur raciste et<br />
xénophobe qui, heureusement, est assez<br />
marginal au Québec et au Canada. Toutefois,<br />
ce mouvement, aussi marginal soit-il<br />
a une grande capacité d’influence sur la<br />
population avec l’aide de certains médias<br />
spécialisés dans le sensationnalisme. Encouragés<br />
par les évènements horribles qui<br />
se passent actuellement aux États-Unis et<br />
par certaines déclarations de politiciens de<br />
l’extrême droite tant aux États-Unis qu’au<br />
Canada, le mouvement anti-immigrant,<br />
anti-noir, anti-musulman, anti-juif a pris<br />
de l’ampleur en cette circonstance, surtout<br />
dans les médias sociaux. Les évènements<br />
survenus à Québec le 20 Août<br />
<strong>2017</strong> avec «La Meute» sont significatifs<br />
pour comprendre la tendance générale<br />
peu favorable des Québécois devant l’arrivée<br />
de ces demandeurs d’asile que des<br />
médias ont présenté comme des illégaux,<br />
des envahisseurs, des tricheurs, des BS<br />
professionnels etc.<br />
La pente sera donc difficile à monter<br />
et seules l’unité et la mobilisation des<br />
membres de la communauté haïtienne<br />
ainsi que la solidarité de la société d’accueil<br />
pourront faire la différence. Il s’agit<br />
bien entendu de cette frange de la société<br />
d’accueil qui n’a point subi l’influence des<br />
suprémacistes blancs ou qui n’a pas été<br />
contaminée par les discours et la propagande<br />
des médias-poubelles.<br />
C’est seulement sur cette frange<br />
que les demandeurs d’asile peuvent espérer<br />
compter, non seulement à Montréal<br />
mais également dans les régions,<br />
car partout au Québec et au Canada, il y<br />
a des citoyennes et des citoyens épris de<br />
justice sociale, empathiques, accueillants,<br />
humains, solidaires et toujours prêts à<br />
tendre la main à l’autre dans sa détresse.<br />
Pour finir, le Comité d’Action des<br />
Personnes Sans Statut (CAPSS) reste vigilant<br />
et demande au public en général de<br />
prêter main forte aux migrants d’Haïti et<br />
d’ailleurs, d’accorder son appui au Comité<br />
dans le combat qu’il va livrer pour que<br />
les gouvernements fédéral et provincial<br />
fassent leur devoir convenablement et<br />
tiennent compte non seulement de l’absence<br />
totale chez ces gens du désir de retourner<br />
chez eux, mais aussi du double<br />
avantage qu’aurait le Canada à accepter<br />
ces réfugié-es dont le nombre risque<br />
d’augmenter vertigineusement si le président<br />
Trump met à exécution sa menace<br />
de supprimer le statut temporaire qu’avait<br />
accordé le président Obama à près de<br />
soixante mille Haïtiens. Nous ne parlerons<br />
pas ici des huit cent mille Dreamers,<br />
ces jeunes mineurs sans parents qui ont<br />
bénéficié d’un décret d’Obama leur permettant<br />
de demeurer temporairement aux<br />
États-Unis qui arrive bientôt à échéance.<br />
Rajeunir la population vieillissante<br />
au Canada et profiter de l’apport considérable<br />
de ces migrants pour rehausser<br />
démographiquement, économiquement<br />
et culturellement le pays en investissant<br />
dans un programme d’accueil, d’adaptation<br />
et d’intégration, basé sur un plan de<br />
développement stratégique, devrait être<br />
le leitmotiv du gouvernement fédéral. Au<br />
lieu d’investir dans l’achat d’engins de<br />
guerre, les autorités auraient plutôt intérêt<br />
à investir dans l’humain en ouvrant<br />
les portes du Canada aux centaines de<br />
milliers de migrants qui risquent de fouler<br />
le sol canadien si aux États-Unis, la vie<br />
devient intenable pour les millions de<br />
sans papiers et qu’un grand nombre d’entre<br />
eux font le choix de venir au Canada.<br />
Le CAPSS compte sur vous tous<br />
pour que la situation de ces migrants<br />
soit régularisée dans un délai acceptable,<br />
non précipité afin de leur donner le temps<br />
nécessaire de bien se préparer à cette dure<br />
épreuve dans laquelle ils jouent leur avenir<br />
et celui de leurs proches. Souhaitons<br />
Manifestation de solidarité avec les refugiés haïtiens<br />
que bientôt le vocable de réfugié-e ou de<br />
demandeur d’asile ne leur soit plus attribué<br />
et collé à la peau, mais plutôt celui<br />
de citoyen ou citoyenne à part entière au<br />
Canada.<br />
Serge Bouchereau<br />
Porte-parole<br />
Comité d’Action des<br />
Personnes Sans Statut<br />
(CAPSS)<br />
Montréal le 21 Août <strong>2017</strong><br />
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
7
Suite de la page (4)<br />
l’amélioration des infrastructures»,<br />
explique pour sa part l’expert en Electricité<br />
Jean Edouard Pauyo, dans un<br />
rapport publié en mars <strong>2017</strong>.<br />
Haïti serait le premier pays des<br />
Caraïbes à avoir été électrifié en 1912<br />
avec la Centrale Hydroélectrique de<br />
Gaillard à Jacmel dans le Sud-Est du<br />
pays. Pourtant aujourd’hui, il est le<br />
plus sous-alimenté en électricité en<br />
Amérique Latine et dans les Caraïbes,<br />
avec 7.5 millions de ses habitants<br />
n’ayant pas accès à l’énergie électrique,<br />
selon une étude de la Banque<br />
interaméricaine de développement<br />
(BID) sortie en 2016.<br />
Selon le MTPTC, il n’existe pas<br />
de réseau national de transport d’électricité<br />
dans le pays. Evaluée à 21 kwh/<br />
année, la consommation haïtienne per<br />
capita est plus de 80 fois inférieure à<br />
la moyenne de la région Amérique Latine<br />
et Caraïbes. D’ailleurs, un quart<br />
des 30 millions de personnes vivant<br />
dans cette région qui n’ont pas accès<br />
à l’électricité, se retrouvent en Haïti,<br />
où le marché énergétique se limite à<br />
une production électrique d’environ<br />
300 mégawatts permettant l’accès à<br />
l’électricité à 30% de la population en<br />
milieu urbain et de moins de 6% en<br />
zone rurale, estime la BID.<br />
Pour Andrew Morton, chef de<br />
programme d’ingénierie et énergie au<br />
Programme des Nations Unies pour<br />
l’Environnement (PNUE)/ Energy<br />
and Engineering Programme Manager<br />
du UNEP, le principal obstacle<br />
à la résolution du manque d’accès à<br />
l’électricité est le caractère peu attrayant<br />
du marché d’Haïti pour l’investissement<br />
énergétique du secteur<br />
privé, par rapport aux nombreux<br />
autres pays en concurrence pour l’investissement<br />
étranger direct à grande<br />
échelle.<br />
«Ce manque de compétitivité<br />
résulte d›une combinaison de<br />
nombreux facteurs, y compris:<br />
l›instabilité, la législation et les lacunes<br />
dans les politiques, la capacité limitée<br />
de la fonction publique, la capacité<br />
de payer limitée des consommateurs,<br />
la corruption réelle et perçue, le vol<br />
d’électricité et la fraude. », explique-til.<br />
Un cadre qui pour Morton, indique<br />
un niveau très élevé de risque commercial,<br />
qui n’est pas équilibré par un<br />
taux de rendement prévu élevé.<br />
«Pour résoudre ce problème,<br />
le nouveau gouvernement d›Haïti<br />
et ses partenaires internationaux de<br />
développement doivent prendre toute<br />
une série de mesures concrètes pour<br />
réduire le risque pour les investisseurs<br />
et souscrit partiellement le taux de<br />
rendement».<br />
De son côté, l’ancien ministre<br />
haïtien de l’Environnement Joseph<br />
Ronald Toussaint fustige les contrats<br />
de l’EDH avec des acteurs privés qui,<br />
selon lui, ne sont pas avantageux<br />
pour l’Etat. Il ne ménage pas ses<br />
propos. « EDH est un gouffre pour<br />
l’Etat. L’énergie/ l’électricité est un<br />
secteur stratégique. Je suis contre la<br />
privatisation de l’EDH, mais elle doit<br />
évoluer vers un partenariat publicprivé.<br />
Ce qui se fait actuellement,<br />
n’est pas intéressant. Par exemple,<br />
E-Power et Sogener [des compagnies<br />
qui vendent de l’électricité à EDH]<br />
sont en train de faire leur beurre!»,<br />
tranche-t-il.<br />
«Ce sont des contrats à revisiter.<br />
A l’avenir si nous aurons à signer des<br />
contrats et entamer des partenariats<br />
public-privé, ils doivent être mieux<br />
négociés, raisonnés et mieux orientés,<br />
ajoute Toussaint qui assure que le<br />
pays dispose d’une administration qui<br />
ne peut assurer le suivi des dossiers.<br />
On a des faiblesses institutionnelles<br />
et structurelles énormes et l’absence<br />
de la continuité de l’Etat, qui rejaillissent<br />
sur la question d’énergie».<br />
Haïti serait le premier pays des Caraïbes à avoir été électrifié en 1912<br />
avec la Centrale Hydroélectrique de Gaillard à Jacmel dans le Sud-Est du<br />
pays. Pourtant aujourd’hui, il est le plus sous-alimenté en électricité en<br />
Amérique Latine et dans les Caraïbes. Photo Milo MILFORT<br />
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Si l’électricité fait l’objet d’une gestion<br />
catastrophique, les déchets ne sont<br />
pas mieux lotis. Toutes les grandes<br />
villes y compris Port-au-Prince sont<br />
envahies par des montagnes de déchets.<br />
En Haïti, le tri de déchets n’est<br />
appliqué ni par les ménages ni au<br />
niveau de la décharge. La masse de<br />
déchets accumulés dans les villes croît<br />
davantage que la création d’installations<br />
capables de les traiter, les collecter<br />
et les éliminer. «On les ramasse<br />
aujourd’hui et demain on les revoit à<br />
nouveau», constate un riverain de Gérald<br />
Bataille dans la commune de Tabarre,<br />
qui habite non loin d’une montagne<br />
d’immondices incinérée tous les<br />
soirs par des mains inconnues. L’Haïtien<br />
s’habitue à vivre dans un milieu<br />
où le déchet s’impose.<br />
La décharge accueille quotidiennement<br />
entre 1500 à 2000 m 3 de<br />
déchets dépendamment de l’époque<br />
selon sa directrice Sophia Seignon,<br />
soit environ 60-75% des déchets<br />
produits dans la région de Port-au-<br />
Prince. Une partie est incinérée et le<br />
reste est déversé dans les rues, les<br />
ravins, canaux, les bords de mer et<br />
les égouts. Les conséquences sont<br />
l’omniprésence de la saleté, la multiplication<br />
des vermines et des fumées<br />
intempestives. «La gestion inadéquate<br />
des déchets constitue un problème<br />
majeur en Haïti. Elle contribue à<br />
la propagation des rongeurs et des<br />
maladies, bloque les routes, les voies<br />
piétonnières, les canaux et les cours<br />
d›eau, endommage les écosystèmes,<br />
dégrade les quartiers et augmente<br />
le risque d›inondation», révèle Solid<br />
Waste Association of North America<br />
dans un rapport publié en 2010.<br />
Les principaux problèmes<br />
concernant les déchets solides auxquels<br />
est confrontée la région de Portau-Prince<br />
sont le faible taux de collecte,<br />
l’inadéquation des installations<br />
d’élimination et les problèmes sociaux<br />
qui touchent les recycleurs officieux<br />
du site de Truitier, note de son côté<br />
le Département d’État américain, la<br />
Banque Mondiale (BM) et de la BID,<br />
dans une déclaration conjointe de ces<br />
bailleurs de fonds relative au projet<br />
Phoenix en 20<strong>13</strong>.<br />
A en croire l’agronome Jean<br />
François Thomas, ex-ministre haïtien<br />
de l’Environnement et aussi<br />
ex-ministre de l’Agriculture et des<br />
ressources naturelles et du développement<br />
rural (MARNDR), il existe<br />
chez nous des types de détritus très<br />
intéressants contrairement à des<br />
pays étrangers où l’on trouve des<br />
déchets nucléaires et très dangereux.<br />
«La question des déchets dans<br />
le pays est très délicate et souvent<br />
approchée avec beaucoup d’émotions.<br />
Ils constituent véritablement un<br />
problème parce qu’ils sont source<br />
d’infection, véhiculent de plusieurs<br />
maladies, mais en même temps,<br />
quand ils sont valorisés, ils peuvent<br />
devenir une source de revenus et de<br />
richesses», explique Thomas.<br />
Pouvoir des déchets haïtiens<br />
Ce pays des Caraïbes ne manque<br />
pas d’études théoriques et de plans<br />
faits sur papier très bien élaborés qui<br />
valorisent les déchets et disent comment<br />
les gérer. Ainsi, disposerait-il<br />
de ressources pour produire toutes<br />
les formes d’énergie dont il a besoin,<br />
mais aussi de déchets organiques en<br />
quantité qui peuvent servir comme<br />
engrais, fabriquer des briquettes, de<br />
l’énergie et pouvant servir à plusieurs<br />
types de transformation. Pourtant, ici,<br />
on ne fait ni l’un, ni l’autre.<br />
Vidéo à insérer : Incinération<br />
des déchets en Haïti, un danger majeur<br />
pour la santé et l’environnement<br />
! https://www.youtube.com/<br />
watch?v=METNZLp98-s<br />
«On peut donner à la décharge<br />
une certaine autonomie financière<br />
et la rendre productive de façon<br />
à ce qu’elle permette à l’Etat de<br />
rentrer des fonds. Avec elle, on peut<br />
faire beaucoup de choses comme<br />
la production de gaz, d’électricité,<br />
du compost, etc. La technique, la<br />
connaissance et l’expérience sont là.<br />
C’est une question de moyens», reconnait<br />
Carl Henry Vielot qui a dirigé<br />
la décharge nationale pendant plus de<br />
quatre ans.<br />
Durant ses années de mandat, il<br />
affirme avoir eu le projet de monter une<br />
usine qui produirait de l’électricité à<br />
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Le Directeur Général de l'EDH,<br />
l’ingénieur Hervé Pierre-Louis…<br />
Crédit Milo MILFORT<br />
partir des déchets. «Quoique le déchet<br />
haïtien est très humide, contenant<br />
beaucoup d’eau, on trouverait quand<br />
même un certain rendement. On ferait<br />
le nécessaire pour trouver des déchets<br />
en qualité pour y parvenir. Et aussi, à<br />
partir de là, on aurait une production<br />
d’eau potable qui proviendrait de cette<br />
usine qui fabriquerait de l’électricité et<br />
même de l’asphalte», ajoute-t-il.<br />
L’agronome Jean François Thomas<br />
affirme que nous n’avons pas assez<br />
de déchets pour produire de l’énergie<br />
électrique pour tout le pays, mais<br />
il peut y avoir des zones alimentées<br />
à l’électricité produite à base de déchets.<br />
«L’Etat utilise les combustibles<br />
pour produire de l’électricité, alors<br />
que nous avons des déchets pouvant<br />
nous aider à produire de l’électricité<br />
tout comme le vent, l’eau (hydro) et<br />
les combustibles fossiles. Avec une<br />
combinaison de tout ça, les déchets<br />
peuvent être un apport très intéressant».<br />
A la question, est-ce qu’un<br />
projet visant à produire de l’énergie<br />
est possible en Haïti, l’ingénieur<br />
Donald Paraison répond oui et non.<br />
« Non, ça va dépendre de la quantité<br />
de mégawatt recherchée. Un projet<br />
visant à produire entre 50 et 100 MW<br />
d’énergie à partir de déchets peut avoir<br />
de grandes difficultés pour atteindre<br />
son objectif. Après des études qui ont<br />
eu lieu, nous faisons la conclusion<br />
qu’en Haïti nous pouvons produire<br />
entre 5 jusqu’à 30 MW d’énergie à<br />
partir de déchets. Pour produire de<br />
l’énergie électrique, vous avez besoin<br />
d’une bonne quantité de déchets.<br />
Cette quantité-là n’existe pas. Même<br />
quand nous avons un problème de<br />
déchets».<br />
Autre problème avec les déchets<br />
haïtiens, c’est leur manque<br />
de capacité calorifique.<br />
Pour Andrew Morton, chef du<br />
programme d’ingénierie et énergie au<br />
PNUE (Energy and Engineering<br />
Programme Manager-UNEP), les<br />
déchets aux centrales énergétiques<br />
délivrent à grande échelle de l’électricité<br />
et respectent des normes environnementales<br />
élevées dans de<br />
nombreux pays, mais les politiques<br />
sous-jacentes et la composition des<br />
déchets sont différentes de celle d’Haïti<br />
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«Le profil général des déchets<br />
urbains haïtiens est marginal pour<br />
la production d›électricité soit par<br />
combustion soit par digestion<br />
anaérobie combinée à la combustion<br />
du gaz. Ceci est dû à sa teneur<br />
élevée en humidité et à ses niveaux<br />
marginaux de plastique et de papier<br />
hautement inflammable », a-t-il fait<br />
savoir.<br />
Pour Morton, selon des analyses<br />
économiques, la production de<br />
l’énergie à partir des déchets n’est pas<br />
techniquement compétitive par rapport<br />
à d’autres options moins complexes<br />
telles que l’énergie éolienne<br />
et solaire combinée avec le diesel, le<br />
mazout lourd ou les générateurs alimentés<br />
au gaz (. Et que « rares sont »<br />
les projets visant à produire de l’électricité<br />
à partir de déchets qui sont<br />
réalisés dans d’autres pays pauvres<br />
comme Haïti.<br />
Joseph Ronald Toussaint, ancien<br />
ministre haïtien de l’Environnement,<br />
informe que les ordures<br />
ménagères sont des matières organiques<br />
très propices au compostage.<br />
«Les déchets capables de produire du<br />
courant doivent contenir beaucoup<br />
de caoutchoucs et des plastiques qui<br />
ont un pouvoir calorifique. Je ne crois<br />
pas que nous avons des caoutchoucs<br />
en quantité. Nous n’avons pas de<br />
déchets en quantité comportant de<br />
fort pouvoir calorifique, si l’on tient<br />
compte de la composition des déchets<br />
d’un ménage urbain type», entonnet-il.<br />
Pour sa part, René Jean-Jumeau,<br />
ex-ministre haïtien délégué à la sécurité<br />
énergétique estime que les caractéristiques<br />
des déchets dépendent de<br />
leur provenance : industrielle, municipaux,<br />
agricoles, etc. Ainsi, s’avèret-il<br />
plus rentable de faire autre chose<br />
avec les déchets municipaux qui ont<br />
souvent une forte composante organique<br />
et humide. On peut en faire du<br />
compost pour l’agriculture et produire<br />
du méthane (un gaz combustible qui<br />
peut être utilisé dans des moteurs de<br />
véhicule ou de génératrice).<br />
«Cependant, le fait d’avoir<br />
un projet qui a besoin des déchets<br />
comme intrant, est une incitation à sa<br />
collecte», nuance celui qui est actuellement<br />
directeur exécutif de l’Institut<br />
haïtien de l’Energie (IHE). Pour lui,<br />
un projet visant l’incinération des<br />
déchets est possible théoriquement.<br />
Toutefois, il note certaines contraintes<br />
importantes qui sont souvent ignorées.<br />
«Il n’est pas rentable de collecter<br />
et brûler les déchets municipaux,<br />
même si on produit de l’électricité à<br />
partir de la combustion. Aussi, il existe<br />
un risque d’émission de gaz et de<br />
cendres toxiques avec la combustion<br />
des déchets. Différentes technologies<br />
de combustion produisent différents<br />
niveaux d’émissions, mais il y a<br />
un coût supérieur associé à une<br />
production moindre d’émissions»,<br />
conclut Jean-Jumeau. A Suivre!<br />
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8 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
This Week in <strong>Haiti</strong><br />
The Impact of Hurricane Irma on <strong>Haiti</strong>, Florida,<br />
and <strong>Haiti</strong>ans in the U.S. with TPS<br />
by Kim Ives and Edwidge Danticat<br />
The following is an edited transcript of<br />
the interviews <strong>Haiti</strong>an author Edwidge<br />
Danticat and Haïti Liberté journalist Kim<br />
Ives gave to the television program Democracy<br />
Now! on Sep. 11, <strong>2017</strong>, just as<br />
Hurricane Irma was finally dissipating<br />
over Florida.<br />
Danticat was reached by telephone,<br />
but the connection was lost halfway<br />
through her interview.<br />
AMY GOODMAN: At least four people<br />
have died and nearly 6 million people<br />
are without power in Florida, after Hurricane<br />
Irma made landfall Sunday in the<br />
Florida Keys as a Category 4 hurricane.<br />
The storm also flooded the streets of<br />
downtown Miami, turning Miami’s main<br />
strip, Brickell Avenue, into a three-foothigh<br />
raging river. The storm sparked one<br />
of the largest mass evacuations in U.S.<br />
history, with nearly 7 million people ordered<br />
to leave their homes.<br />
We go now to speak with one of<br />
them. We go to Florida to speak with the<br />
award-winning <strong>Haiti</strong>an-American writer<br />
Edwidge Danticat. She lives in Miami but<br />
had to evacuate to Orlando.<br />
Edwidge, how are you?<br />
Where are you now? And your thoughts<br />
on what’s taking place in your state?<br />
EDWIDGE DANTICAT: Good morning,<br />
Amy. Thank you for checking in. I am<br />
fine. I’m doing much better than a lot of<br />
other Floridians. We had to evacuate on<br />
Thursday, because the area where I live<br />
is not too far from downtown Miami,<br />
and it’s close to a bay. And so we’re part<br />
of an extended evacuation area.<br />
So we decided, actually, with two<br />
hours’ notice on Thursday, to drive up<br />
to Orlando, where we have friends. And<br />
the road was really – I’ve never seen<br />
anything like that. We were driving<br />
about 10 miles an hour most of the way<br />
because ... we were among some of the<br />
6 million or so people who were told to<br />
evacuate. So, it was a very long drive,<br />
with a lot of folks also leaving.<br />
We got to Orlando, hoping for a<br />
weaker version of the storm... There is<br />
a lot of shortage of gas, so... we couldn’t<br />
clear the state totally. So we stayed in<br />
Orlando with some friends, where the<br />
storm did come last night in a weaker<br />
version. There was a lot of wind. And<br />
I’m not sure what the damage is out<br />
there now, because we haven’t been<br />
able to go out. We don’t have any power<br />
where I am, as most of something like 3<br />
million Floridians don’t have power. But<br />
we’re OK. And we are happy to survive<br />
and are ready to return and see what<br />
happened, what we can do to help.<br />
AMY GOODMAN:: I wanted to ask you<br />
about an issue that also plagued people<br />
as Hurricane Harvey was hitting Texas,<br />
where, in Houston, something like<br />
85,000 young people have DACA status,<br />
are allowed to stay, live and work<br />
in this country, and in the midst of the<br />
horror of that hurricane, President Trump<br />
pulls DACA. I wanted to ask you about<br />
temporary protected status [TPS] for<br />
more than 50,000 <strong>Haiti</strong>ans. Their status<br />
was set to expire in July. But after pressure<br />
from immigrant rights activists, the<br />
Trump administration extended the temporary<br />
protected status for six months,<br />
meaning they could again face the threat<br />
of deportation in January. Are you hearing<br />
concern about this, as people are<br />
fleeing, as millions were forced to evacuate?<br />
Edwidge?<br />
We may have just lost Edwidge<br />
Danticat, who was speaking to<br />
us from Orlando. She actually lives in<br />
Miami, but she is one of the 7 million<br />
evacuees in Florida.<br />
But we are also joined in studio<br />
by Kim Ives. And it’s really important<br />
Hurricane Irma caused flooding in northern <strong>Haiti</strong>, including this street in<br />
Hinche, on the Central Plateau. Many farmers lost their crops to floods<br />
and wind. Credit: Marie Yolette Daniel/UN<br />
to talk not only what’s happened in the<br />
United States, but Hurricane Irma was<br />
the largest hurricane ever in the Atlantic.<br />
The death toll from Hurricane Irma<br />
has reached at least 27 in the Caribbean.<br />
The number is expected to rise as rescuers<br />
reach the hardest-hit areas. Irma<br />
destroyed major parts of several Caribbean<br />
islands, including Barbuda and Saint<br />
Martin. Cuba also suffered major flooding<br />
in Havana and other cities, but there<br />
were no reported deaths. [Cuba has since<br />
reported 7 deaths - HL]<br />
The entrepreneur Richard Branson<br />
of Virgin Airlines, among other things,<br />
has called for a “Disaster Recovery Marshall<br />
Plan” for the Caribbean. Cuba has<br />
already sent more than 750 doctors and<br />
other health workers to Antigua, Barbuda,<br />
Saint Kitts, Nevis, Saint Lucia, the<br />
Bahamas, Dominica, and <strong>Haiti</strong>.<br />
While <strong>Haiti</strong> avoided a direct hit<br />
from Irma, the hurricane still caused<br />
substantial damage in a country still<br />
recovering from the 2010 earthquake,<br />
as well as Hurricane Matthew last year.<br />
Irma displaced more than 100,000 <strong>Haiti</strong>ans<br />
and destroyed crops in the north of<br />
the country. So, Kim Ives joins Edwidge<br />
Danticat to talk not only about what’s<br />
happened in Florida, but what’s happened<br />
on the island of <strong>Haiti</strong>.<br />
Kim, welcome to Democracy Now!<br />
KIM IVES: Thanks, Amy. To the TPS<br />
question, you have about close to<br />
60,000 <strong>Haiti</strong>ans who are facing deportation<br />
in January. This is really a triple<br />
whammy, because most of <strong>Haiti</strong>’s foreign<br />
exchange comes from remittances<br />
from people working in the U.S., so<br />
that’s going to be cut off. Then, they’re<br />
going to return to a country which is debilitated,<br />
not only since the earthquake,<br />
but since Hurricane Matthew. And thirdly,<br />
a lot of their homes were damaged in<br />
A man wades with a child down a flooded street in the northeastern town<br />
of Ft. Liberté. “When you have this massive flooding, you’re definitely<br />
going to see a huge spike in cholera cases in <strong>Haiti</strong>.”<br />
the flooding, in the winds that hit southern<br />
Florida. So, it’s a terrible situation for<br />
the <strong>Haiti</strong>ans in Florida.<br />
But, for <strong>Haiti</strong>, it was also bad, because...<br />
11 months ago, Oct. 4th, 2016,<br />
the country, the southern peninsula, was<br />
hit by a Category 4 hurricane. That was<br />
Matthew. And that destroyed... 85% of<br />
the corn, rice, sorghum, peas, millet,<br />
that comes out of that southern peninsula.<br />
That was wiped out. And 40% of<br />
the fruit comes out of that part of the<br />
country.<br />
So it was the north that was picking<br />
up the slack, if you will. And that<br />
area has now been hit by Irma.<br />
We should also say that the south<br />
had a three-year drought before the hurricane.<br />
So there’s this sort of climactic<br />
whiplash that’s happening. You’re going<br />
from drought to these floods. The new<br />
climate is so volatile, it’s really hurting a<br />
country like <strong>Haiti</strong>, which in the past six<br />
years has gone from the seventh to the<br />
third most climate-vulnerable country.<br />
AMY GOODMAN: And so, while <strong>Haiti</strong><br />
did not get a direct hit, because of its<br />
devastation, it is impacted in a way most<br />
people are not talking about. They’re just<br />
saying, “Oh, it was a miss for <strong>Haiti</strong>.”<br />
KIM IVES: Right, exactly. But it’s a<br />
glancing blow, which was still devastating<br />
for farmers in the north. People had<br />
their crops wiped out by flooding and by<br />
wind. And it’s been just a terrible blow<br />
to a country which is already food-insecure.<br />
AMY GOODMAN: Can you talk about<br />
the massive outbreak of cholera since<br />
the earthquake and how that fits in here<br />
with what’s happening now?<br />
KIM IVES: Well, that’s the huge dilemma.<br />
Cholera was brought to the country<br />
by the United Nations occupation troops,<br />
which have occupied the country for the<br />
past <strong>13</strong> years. They came in after the<br />
2004 coup d’état and were supposed to<br />
be there for six months. Now, <strong>13</strong> years<br />
later, they’re supposedly winding down<br />
to leave on October 15th. This is not the<br />
case. In fact, they’re just ... replacing soldiers<br />
with policemen and women.<br />
So, you have a cholera epidemic,<br />
the worst in the world, brought by<br />
Nepalese peacekeepers back in October<br />
2010, seven years ago. And cholera, for<br />
those who don’t know, is a waterborne<br />
disease. It’s basically when sewage gets<br />
into your drinking water. So when you<br />
have this massive flooding, you’re definitely<br />
going to see a huge spike in cholera<br />
cases in <strong>Haiti</strong>.<br />
AMY GOODMAN: And just to update<br />
us on the cholera case, when you talk<br />
about peacekeepers, you’re talking<br />
about UN peacekeepers.<br />
KIM IVES: Yeah, quote-unquote “peacekeepers.”<br />
AMY GOODMAN: And the latest<br />
on the responsibility the UN has taken<br />
for this massive outbreak? How many<br />
people died?<br />
KIM IVES: It’s about a million who have<br />
been affected. Maybe 10,000 [misstated<br />
100,000 on the air - HL] died. Those<br />
figures may be conservative, because a<br />
lot of people are not registered who do<br />
die.... The U.N. has taken no responsibility,<br />
essentially. They finally admitted last<br />
year that their response was not great,<br />
but Ban Ki-moon, when he was going<br />
out, made a sort of half-apology. But<br />
they have not given any reparations to<br />
<strong>Haiti</strong>... This has been taken to the courts<br />
here in New York City, but the courts<br />
keep saying the UN has immunity.<br />
AMY GOODMAN: I want to go right<br />
now to the former UN Secretary-General<br />
Ban Ki-moon.<br />
SECRETARY–GENERAL BAN KI-MOON:<br />
[translated] Let me, at the start, directly<br />
address the <strong>Haiti</strong>an people. The United<br />
Nations deeply regrets the loss of life and<br />
suffering caused by the cholera outbreak<br />
in <strong>Haiti</strong>. On behalf of the United Nations,<br />
I want to say very clearly: We apologize<br />
to the <strong>Haiti</strong>an people. We simply did not<br />
do enough with regard to the cholera<br />
outbreak and its spread in <strong>Haiti</strong>. We are<br />
profoundly sorry for our role.<br />
AMY GOODMAN: “We are profoundly<br />
sorry for our role,” said Ban Ki-moon as<br />
he was leaving as UN secretary-general.<br />
As we wrap up, the significance of what<br />
he said and what he didn’t say, Kim?<br />
KIM IVES: But stopping short of saying<br />
that it was UN troops that brought the<br />
cholera into <strong>Haiti</strong>. They’ve avoided this<br />
because, legally, they’ll be liable. But the<br />
Institute for Justice and Democracy in<br />
<strong>Haiti</strong> [IJDH] brought a suit, which has<br />
been rebuffed in the UN claim system<br />
and also rebuffed in the United States<br />
courts here [in New York].<br />
AMY GOODMAN: And before we go, I<br />
was asking Edwidge Danticat before we<br />
Hurricane Irma also hit Florida, where many <strong>Haiti</strong>ans with TPS live and<br />
now have damaged homes. Come January, they may be sent back to food<br />
insecure <strong>Haiti</strong><br />
lost her... The issue of TPS and <strong>Haiti</strong>ans<br />
both dealing with this terrible hurricane<br />
and having to leave? You have 10 seconds...<br />
KIM IVES: Yeah, they’re going back.<br />
It’s close to 60,000 who will be sent<br />
back. And again, it’s a triple whammy.<br />
They lose the remittances. They lose<br />
their homes. And now they’re going to<br />
be sent back to <strong>Haiti</strong>, which is suffering<br />
food insecurity.<br />
AMY GOODMAN: Unless President<br />
Trump changes his mind.<br />
KIM IVES: Unless he changes his mind.<br />
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
9
CONFÉRENCE INTERNATIONALE « OCTOBRE – 100 »<br />
À LÉNINGRAD ET DÉCLARATION DES PARTIS<br />
COMMUNISTES ET OUVRIERS !<br />
Du 10 au <strong>13</strong> août <strong>2017</strong><br />
s’est tenue à Leningrad une<br />
conférence internationale sur<br />
le thème « Du rôle et de l’importance<br />
de la Révolution d’Octobre<br />
et de l’expérience de la<br />
construction du socialisme en<br />
Union soviétique pour le mouvement<br />
communiste et ouvrier<br />
moderne ».<br />
Cette conférence a été<br />
organisée par le Parti Communiste<br />
Ouvrier de Russie<br />
(PCOR-PCUS), qui a invité les<br />
partis révolutionnaires marxistes-léninistes,<br />
qui s’inscrivent<br />
dans le cadre de la lutte des<br />
classes, défendent la nécessité<br />
d’un processus révolutionnaire<br />
instaurant la dictature du prolétariat,<br />
et considèrent comme<br />
indispensable de combattre<br />
les tendances opportunistes<br />
à l’œuvre dans le mouvement<br />
communiste et ouvrier. Les<br />
délégations de 30 partis communistes<br />
et ouvriers ont participé<br />
à la conférence dont le Parti<br />
Communiste Révolutionnaire<br />
de France.<br />
Ce rassemblement a eu<br />
lieu au moment du centenaire<br />
du Sixième Congrès du Parti<br />
bolchevik, le POSDR (b), qui<br />
avait pris en août 1917 la décision<br />
de réaliser la révolution<br />
socialiste par la préparation<br />
d’un soulèvement armé.<br />
La conférence a été ouverte<br />
par le Premier secrétaire<br />
du Comité Central du Parti<br />
Communiste Ouvrier de Russie,<br />
V. Tyulkin qui a déclaré : « Avec<br />
toutes les forces progressistes du<br />
monde, nous célébrons le 100e<br />
anniversaire de la Révolution<br />
Vladimir Ilitch Oulianov,<br />
dit Lénine le dirigeant de<br />
la Grande Révolution d’<br />
Octobre 1917<br />
d’Octobre et nous vous invitons<br />
dans la patrie de la Révolution.<br />
(...) Lénine disait que la meilleure<br />
façon de célébrer un jubilé<br />
consiste à se concentrer sur la<br />
résolution des problèmes non<br />
résolus. En se fondant sur ce<br />
conseil léniniste, et en réponse<br />
aux questions des camarades<br />
étrangers : « Comment allons-nous<br />
célébrer et que faire<br />
en Russie ? » - nous avons<br />
décidé que la meilleure approche,<br />
ce n’est pas d’énumérer<br />
les réalisations d’Octobre, ou<br />
plutôt de ne pas s’attarder sur<br />
cela ; mais plutôt, d’analyser le<br />
chemin passé, pour comprendre<br />
les erreurs qui ont été faites ».<br />
Tous les rapports ont été<br />
entendus lors de la conférence,<br />
après quoi les représentants<br />
des délégations participantes<br />
ont échangé leurs points de<br />
vue et leurs commentaires sur<br />
les rapports présentés et sur les<br />
La conférence internationale de partis communistes<br />
et ouvriers en l'honneur du 100ème anniversaire de la<br />
Révolution d'Octobre 1917<br />
problèmes réels du mouvement comme la position commune<br />
communiste et ouvrier.<br />
des partis s’appuyant sur le<br />
La conférence s’est<br />
achevée sur le chant de l’Internationale,<br />
puis sur la distribution,<br />
auprès des délégations<br />
étrangères, de médailles commémoratives<br />
du Comité central<br />
du PCUS, intitulées « 100 ans<br />
de la Grande Révolution Socialiste<br />
d’Octobre ».<br />
Quelques jours après<br />
cette conférence, la déclaration<br />
ci-dessous a été adoptée par 38<br />
partis communistes et ouvriers:<br />
Notre avenir n’est pas<br />
le capitalisme, mais le monde<br />
nouveau de la victoire de la<br />
Révolution Socialiste et de la<br />
construction du socialisme !<br />
Nous, participants à la conférence<br />
internationale,<br />
réunis à Leningrad pour le centenaire<br />
du VIe Congrès du POS-<br />
DR(b) qui a statué sur la préparation<br />
de l’insurrection armée<br />
et de la Révolution Socialiste,<br />
présentons cette déclaration<br />
marxisme-léninisme qui enseigne<br />
que la révolution socialiste<br />
est une loi objective conditionnée<br />
par les contradictions inhérentes<br />
au capitalisme.<br />
Le Grand Octobre de<br />
1917 a confirmé la justesse de<br />
la théorie marxiste-léniniste<br />
sur le caractère inévitable de la<br />
révolution socialiste en tant que<br />
maillon indispensable de la victoire<br />
du prolétariat dans la lutte<br />
des classes contre la bourgeoisie<br />
et de la construction du socialisme-communisme,<br />
une société<br />
du libre développement de tous<br />
ces membres. Les tentatives de<br />
s’extirper du monde du capital<br />
par la voie réformiste mènent à<br />
la consolidation des inégalités<br />
sociales et de l’exploitation.<br />
Le Grand Octobre de<br />
1917 a confirmé la justesse de<br />
la thèse léniniste sur la possibilité<br />
de la victoire dans les conditions<br />
de l’impérialisme de la<br />
révolution socialiste dans plusieurs<br />
ou un seul pays. Contrairement<br />
à toutes les révolutions<br />
précédentes, qui menaient au<br />
remplacement d’une formation<br />
basée sur l’exploitation par une<br />
autre, la révolution socialiste<br />
commence par la conquête du<br />
pouvoir politique par le prolétariat<br />
et par l’instauration<br />
de la dictature du prolétariat<br />
suite à la page(15)<br />
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<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
11
Perspectives<br />
La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes)<br />
3 ème Partie<br />
Par Maurice Lemoine<br />
Des dirigeants de l’opposition aux<br />
prélats (bien nourris !) de la Conférence<br />
épiscopale vénézuélienne en<br />
passant par le secrétaire général de<br />
l’Organisation des Etats américains<br />
(OEA), le grand ami de Washington<br />
Luis Almagro, monte un même cri : il<br />
faut d’urgence ouvrir un « canal humanitaire<br />
» pour permettre l’approvisionnement<br />
du pays en matériel et en<br />
produits médicaux. D’après Freddy<br />
Ceballos, président de la Fédération<br />
pharmaceutique du Venezuela, la dette<br />
de l’Etat envers le secteur serait colossale<br />
: plus de 5 milliards de dollars. En<br />
conséquence, les stocks de médicaments<br />
disponibles ne correspondent<br />
qu’à 15 % des besoins.<br />
En mai 2012, sous Chávez, les<br />
mêmes acteurs dénonçaient déjà une<br />
coupe de 42 % des devises dans le<br />
secteur de la santé ; en 20<strong>13</strong>, ils annonçaient<br />
un niveau de pénurie de 40<br />
% ; en 2014 de 60 %, en 2015 de 70<br />
%. Ce à quoi, après examen des chiffres<br />
et statistiques, Pasqualina Curcio répond<br />
: « Ils ne correspondent pas au<br />
niveau d’importations enregistrées (…)<br />
et encore moins aux rapports financiers<br />
annuels des grandes corporations<br />
transnationales responsables de l’importation<br />
de ces produits. »<br />
Ces « grandes corporations » reçoivent<br />
des devises à taux préférentiel,<br />
achètent les produits à l’extérieur et les<br />
vendent en bolivars tant au Système<br />
public national de santé (SPNS) qu’aux<br />
établissements privés. Alors que, de<br />
2003 à 2014, l’importation de produits<br />
pharmaceutiques a connu en dollars<br />
une augmentation de 463 %, Henry<br />
Ventura, ex-ministre de la santé et<br />
actuel directeur de l’Ecole de médecine<br />
Salvador Allende, chiffres lui aussi en<br />
main, signalait en janvier dernier : « En<br />
2004, les laboratoires ont reçu 608 millions<br />
de dollars sans qu’on note de pénuries.<br />
» En revanche, plus rien ne va<br />
lorsqu’ils obtiennent « un total de 3,2<br />
milliards de dollars en 20<strong>13</strong> et 2,4 milliards<br />
de dollars en 2014 [1] ». Raison<br />
pour laquelle, un an auparavant, alors<br />
député, il avait déjà exhorté la Procureure<br />
de la République Luisa Ortega à<br />
enquêter, « vu qu’on ne trouve plus de<br />
médicaments nulle part ». Semblerait-il<br />
sans grand résultat.<br />
« Aucune des grandes<br />
corporations pharmaceutiques<br />
responsables de l’importation de 50<br />
% des produits pharmaceutiques au<br />
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Août <strong>2017</strong>. Vente ponctuelle organisée par un des milliers de Comités<br />
Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) mis en place par<br />
le gouvernement bolivarien pour fournir directement la population en<br />
produits subventionnés.<br />
Venezuela n’a enregistré des pertes, une<br />
diminution des bénéfices ou une chute<br />
des ventes durant 2015, note Curcio ;<br />
pas plus qu’en 2012, 20<strong>13</strong> et 2014. »<br />
Des propos difficilement contestables<br />
car confirmés dans son ouvrage par<br />
la reproduction des rapports financiers<br />
des firmes en question – Abbott<br />
Laboratories C.A., Productos Roche,<br />
Novartis de Venezuela S.A., Bayer S.A.,<br />
Pfizer Venezuela S.A., Sanofi-Aventis<br />
de Venezuela S.A., Merck S.A., etc [2].<br />
Le 2 septembre 1973, neuf jours<br />
avant le coup d’Etat de Pinochet, les<br />
Chiliens pouvaient lire dans le quotidien<br />
Clarín : « “Grâce au travail volontaire,<br />
les samedis et dimanches, puis au<br />
travail de nuit, nous augmenterons la<br />
production du sérum dont notre pays a<br />
besoin”, affirment unanimement les 45<br />
travailleurs du Laboratoire Sanderson,<br />
unique producteur de ce médicament<br />
vital au Chili », tandis que leur syndicat,<br />
se référant à la pénurie artificiellement<br />
créée par ce monopole, ajoutait : « Nous<br />
affirmons devant l’opinion publique<br />
que notre mouvement légitime (…) a<br />
pour objet la défense du pouvoir exécutif<br />
lorsqu’il entend réquisitionner les<br />
entreprises qui boycottent la production<br />
et qui sont vitales et stratégiques pour<br />
le pays [3]. »<br />
Comparaison n’est pas raison<br />
? En juin <strong>2017</strong>, au Venezuela, les représentants<br />
de la Fédération des travailleurs<br />
de l’industrie chimique pharmaceutique<br />
(Fetrameco) accusaient<br />
les laboratoires Calox, Leti, Vargas,<br />
Behrens et Cofasa de diminuer leur<br />
production de médicaments prioritaires<br />
pour la population. De son côté, Richard<br />
Briceño, du syndicat des laboratoires<br />
Calox, dénonçait : « Ils utilisent<br />
la matière première pour fabriquer des<br />
produits vétérinaires et abandonnent<br />
l’élaboration des médicaments essentiels<br />
[4]. »<br />
Au mois de février précédent,<br />
après une enquête des services de renseignements,<br />
plus de six tonnes de<br />
médicaments et de matériel chirurgical<br />
avaient été saisies dans deux habitations<br />
de Maracaibo (Etat de Zulia). Importés<br />
grâce aux dollars préférentiels,<br />
ils étaient destinés à partir en contrebande,<br />
comme le font d’énormes quantités<br />
détournées vers la Colombie.<br />
Rien de plus démoralisant pour<br />
quiconque que d’être privé de ce qui<br />
rend la vie agréable – savon, déodorant,<br />
shampoing, dentifrice ou crème<br />
à raser. Quatre grandes entreprises<br />
contrôlent le marché des produits d’hygiène<br />
au Venezuela : Procter & Gamble,<br />
Colgate, Kimberly Clark et Johnson &<br />
Johnson. D’après leurs rapports financiers<br />
annuels, y compris ceux de 2105,<br />
aucune n’a enregistré de pertes ni de<br />
diminution des ventes. Entre 2004 et<br />
2011, le firme Johnson & Johnson a<br />
reçu du gouvernement environ 2,8<br />
millions de dollars par mois ; en 2014,<br />
elle en empoche 11,6 millions pour une<br />
même période, quatre fois plus que ce<br />
qu’elle recevait habituellement : tous<br />
ses produits manquent sur les lieux habituels<br />
d’écoulement.<br />
En 2014 encore, Procter &<br />
Gamble s’est vu octroyer au taux préférentiel<br />
58,7 millions de dollars, 5,3 fois<br />
plus que ce qu’elle recevait entre 2004<br />
et 2011 (11 millions de dollars). S’ils<br />
mentionnent les difficultés et incertitudes<br />
dues aux taux de change évolutifs<br />
(et parfois erratiques), ses rapports<br />
annuels n’enregistrent ni diminution<br />
des ventes ni pertes opérationnelles au<br />
Venezuela [5]. En juillet 2015, en plein<br />
marasme affectant les consommateurs,<br />
la firme publie ce communiqué : « Ces<br />
dernières années, la compagnie a fait<br />
dans le pays d’importants investissements<br />
destinés à augmenter la capacité<br />
locale de production et à offrir des innovations<br />
dans nos produits. Il en résulte<br />
que notre capacité locale de production<br />
a augmenté de plus de 50 % et que<br />
nous jouissons aujourd’hui d’une absolue<br />
préférence des consommateurs vénézuéliens,<br />
qui ont fait de nos marques<br />
les leaders dans les catégories où elles<br />
sont en compétition [6]. »<br />
En ce qui concerne le papier hygiénique,<br />
on offrira ici un sujet d’enquête<br />
aux journalistes que ce sujet fascine<br />
et qui ont du mal à se renouveler<br />
: en 2014, l’entreprise responsable de<br />
son importation et de sa distribution,<br />
Kimberley Clark de Venezuela, a reçu<br />
958 % de devises de plus que celles<br />
qui lui ont été assignées entre 2004<br />
et 2011. On pourrait même suggérer<br />
un titre : « Qui a piqué les rouleaux ?<br />
» Voire une autre investigation : comment<br />
se fait-il que dans tous les restaurants,<br />
de la plus modeste « cantina » à<br />
l’établissement le plus luxueux en passant<br />
par les innombrables « fast food »,<br />
on trouve sur toutes les tables, à profusion,<br />
des serviettes en papier ?<br />
Comme celui de Chávez, le gouvernement<br />
de Maduro se caractériserait<br />
par une violente hostilité envers le<br />
monde des affaires. Pour preuve : en<br />
faisant approuver en 2011 (Chávez)<br />
une loi organique sur « les prix justes<br />
», le pouvoir impose un plafond aux<br />
prix des produits de première nécessité<br />
et, en établissant en février 2014 (Maduro)<br />
une marge bénéficiaire maximum<br />
de 30 % sur les biens et services vendus,<br />
il ruine les commerçants. Plus personne<br />
ne produit ni ne travaille, les prix<br />
étant désormais inférieurs aux coûts de<br />
production.<br />
Vue sous un autre angle, on<br />
ne jurerait pas que l’occupation de la<br />
chaîne Daka en novembre 20<strong>13</strong> a été<br />
totalement injustifiée : après avoir obtenu<br />
plus de 400 millions de dollars<br />
d’argent public de 2004 à 2012 pour<br />
importer des biens électrodomestiques<br />
à bas prix, cette chaîne présente à Caracas,<br />
Punto Fijo, Barquisimeto et Valencia<br />
surfacturait jusqu’à 1000 % ses<br />
produits. Quant aux problèmes du magasin<br />
d’électronique et d’audio-visuel<br />
Pablo Electronica avec les autorités,<br />
ils ont commencé à la même époque<br />
lorsque a été découverte une augmentation<br />
injustifiée – de 400 % à 2 000 %<br />
des prix.<br />
Création du chavisme en 2003,<br />
les contrôles ont été longtemps limités<br />
aux produits de première nécessité. Le<br />
pas supplémentaire effectué par Maduro<br />
a eu pour objectif, outre la lutte<br />
contre les usuriers et les spéculateurs,<br />
de limiter l’inflation (la plus haute<br />
d’Amérique latine).<br />
Petites ou moyennes, certaines<br />
entreprises ont effectivement des problèmes<br />
parce qu’en compétition, dans<br />
un contexte hyper-spéculatif, avec de<br />
puissants concurrents. De véritables<br />
monopoles très souvent. Mais, plus<br />
globalement, l’analyse des données de<br />
n’importe quelle firme, où qu’elle opère<br />
dans le monde, permet de constater que<br />
le taux de marge moyen se situe non<br />
à 30 %, mais autour de 10 % ou 11<br />
%. Pour tout capitaliste, il s’agit d’un<br />
bon résultat. Les économistes néolibéraux<br />
devant d’ailleurs reconnaître que<br />
les marges bénéficiaires sont élevées<br />
au Venezuela, ils objectent que « c’est<br />
à cause du risque » – l’argument théorique<br />
de la spéculation.<br />
Sur les quarante-deux marchandises<br />
mises sur le marché par Polar,<br />
seules quatre ont un prix « régulé » :<br />
la farine de maïs, le riz, l’huile et les<br />
pâtes alimentaires. Cela n’a pas empêché<br />
que, avant l’élection présidentielle<br />
d’avril 20<strong>13</strong>, l’ensemble de sa production,<br />
et non ces seuls produits, ait reculé<br />
de 37 % ; au moment de « La Salida »<br />
(2014), de 34 % ; avant les législatives<br />
de décembre 2015 de 40 % [7].<br />
Pour importer, on l’a vu, les négociants<br />
doivent acheter leurs dollars<br />
au gouvernement. Nul ne niera ici que<br />
le processus bureaucratique complexe<br />
ou les changements de règles permanents<br />
constituent un casse-tête pour un<br />
individu normalement constitué [8].<br />
Ni que la masse globale des devises à<br />
octroyer a diminué. Ce qui a provoqué<br />
– ou plutôt accentué – un marché parallèle<br />
sur lequel la monnaie américaine<br />
se négocie bien au-dessus du cours officiel.<br />
En décembre 2012, 1 dollar<br />
s’échangeait légalement contre 4,30<br />
bolivars et, au taux parallèle, contre 10<br />
bolivars. En 20<strong>13</strong>, on passait de 6,30<br />
bolivars au cours légal à 20 dollars au<br />
marché noir. Durant les deux derniers<br />
mois de 2014, le dollar « libre » était 28<br />
fois plus haut que le dollar « gouvernemental<br />
». A la veille des élections législatives<br />
du 6 décembre 2015, il culmine<br />
à près de 900 bolivars pour un dollar,<br />
soit une augmentation de 8 900 % en<br />
à peine deux ans ! A l’heure actuelle,<br />
il atteint 5 000 bolivars (contre 10 au<br />
cours officiel) !<br />
Faute de devises obtenues à travers<br />
les mécanismes d’Etat, des particuliers,<br />
en quête de valeur refuge,<br />
achètent des dollars sur le marché noir.<br />
De leur côté, certains acteurs économiques<br />
– essentiellement les petites<br />
entreprises – se voient dans l’obligation<br />
de se tourner eux aussi vers ce monde<br />
parallèle. Une fois leur marchandise<br />
achetée à l’étranger, ils établissent leur<br />
prix de vente : salaires, frais généraux<br />
et montant de la facture en dollars reconvertie<br />
en bolivars, mais en fonction<br />
du taux de change prohibitif, ce qui fait<br />
exploser la valeur finale du produit.<br />
Dans ce cas précis, on peut légitimement<br />
attribuer une part de la responsabilité<br />
de l’explosion des prix « à la crise<br />
» et à un gouvernement dépassé par les<br />
événements.<br />
Toutefois, le phénomène ne s’arrête<br />
pas là, ce qui en rendrait les effets<br />
relativement limités. Il s’aggrave<br />
lorsque les importateurs majeurs, bien<br />
qu’ayant reçu des devises au taux<br />
préférentiel, calculent leurs prix… en<br />
fonction du taux illégal. Pour l’explosion<br />
de leurs de profits illicites, pour le<br />
plus grand malheur du consommateur,<br />
qui voit s’écrouler son pouvoir d’achat.<br />
Sachant par ailleurs que nombre de corporations,<br />
lorsqu’elles reçoivent cinq<br />
dollars du pouvoir, n’en utilisent qu’un<br />
pour l’importation, et spéculent avec les<br />
quatre autres sur ce marché mafieux.<br />
Leur « business » n’est pas de pourvoir<br />
le pays en aliments, nous explique-ton,<br />
mais « d’acheter et de vendre des<br />
dollars, sous prétexte d’acquérir des<br />
aliments ».<br />
Les difficultés deviennent définitivement<br />
insolubles pour les autorités<br />
quand, par ailleurs, le taux de change<br />
parallèle explose parce que manipulé.<br />
Sur ce fameux marché, le taux<br />
de change a enregistré une tendance<br />
constante à la hausse de 1999 à juillet<br />
2012. Mais, de 26 % en moyenne<br />
jusqu’à 2011, cette variation annuelle<br />
dérape de 2012 à 2015, passant à 223<br />
% (423 % entre 2014 et 2015), affectant<br />
la consommation finale et les processus<br />
de production. « Les variations<br />
les plus importantes, note Curcio dans<br />
suite à la page(16)<br />
12 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
Notre Mémoire se souvient<br />
En hommage à nos martyrs et héros inconnus<br />
Par Frantz Latour<br />
Tout au long de l’histoire, des<br />
milliers de guerres de pillage, de<br />
domination, d’extension territoriale,<br />
de violation de souveraineté des pays<br />
conquis ont été menées pour satisfaire<br />
les appétits gloutons des classes dirigeantes.<br />
Des guerres d’Alexandre et<br />
de César à l’actuelle guerre en Afghanistan<br />
en passant par les deux guerres<br />
mondiales, des millions de soldats ont<br />
perdu la vie. La majorité d’entre eux<br />
avait leurs restes renvoyés chez eux,<br />
à leurs familles, quand leurs cadavres<br />
étaient identifiables. Ils se trouvent<br />
désormais dans un cimetière, dans<br />
un coin du monde. Leur souvenir est<br />
perpétué par leurs plus proches. Des<br />
milliers de soldats n’ont pourtant jamais<br />
pu être identifiés à cause de mutilations<br />
et brûlures extrêmes. Ils sont<br />
restés des «soldats inconnus».<br />
.Après la première guerre mondiale,<br />
un mouvement a commencé<br />
à commémorer ces soldats inconnus<br />
avec une seule tombe, qui contiendrait<br />
un corps non identifié. Un tel soldat<br />
servirait alors comme un symbole du<br />
sacrifice de tous les soldats inconnus<br />
morts au combat. L’idée était sans aucun<br />
doute très louable. N’empêche, on<br />
ne peut s’empêcher de se demander si<br />
au fond il ne s’agissait pas d’une solennelle<br />
mise en scène toute trouvée<br />
pour justifier les boucheries abominables<br />
passées et une occasion pour<br />
les élites militaro-civiles de se donner<br />
bonne conscience et de préparer<br />
d’autres tueries au cours desquelles ce<br />
sont les catégories les moins loties qui<br />
serviront de chair à canon.<br />
Aujourd’hui, de tels mémoriaux<br />
existent partout dans le monde et sont<br />
connus sous le nom de «Tombe du<br />
soldat inconnu». Ainsi: le tombeau<br />
du Soldat inconnu américain situé<br />
dans le Cimetière National d’Arlington<br />
en Virginie; la tombe du Soldat<br />
inconnu français installée sous l’arc<br />
de Triomphe de la place de l’Étoile<br />
à Paris; le monument du Soldat inconnu<br />
égyptien au Caire, en forme<br />
de pyramide, construit en 1974 en<br />
l’honneur des Egyptiens et des arabes<br />
qui ont péri durant la guerre d’octobre<br />
1973 ; la tombe du Soldat inconnu<br />
russe, un mémorial de guerre dédié<br />
aux soldats soviétiques tués durant la<br />
Grande Guerre patriotique de 1941 à<br />
1945. Il est situé à Moscou, sous les<br />
murs du Kremlin. Il s’est toujours agi<br />
de soldats morts au cours de guerres<br />
opposant les armées d’au moins deux<br />
La Statue de Jean Jacques<br />
Dessalines, le fondateur de la<br />
nation haïtienne sur la place<br />
d'Armes des Gonaïves ; mais<br />
il n'est jamais venu à l'idée de<br />
nos dirigeants passés et actuels<br />
d'ériger un monument du Soldat<br />
inconnu haïtien qui symboliserait<br />
le sacrifice des centaines de va-nupieds<br />
morts sur le champ d'honneur<br />
et restés sans sépulture, oubliés<br />
pays différents.<br />
Chez nous, hormis la glorieuse<br />
guerre de l’Indépendance opposant<br />
l’armée indigène sous le commandement<br />
de Dessalines et les soldats de<br />
Napoléon conduits d’abord par son<br />
beau-frère Leclerc puis par le cruel<br />
Rochambeau, il n’y a pas eu vraiment<br />
de guerre au sens des grandes tueries<br />
auxquelles il a été fait allusion plus<br />
haut. Et il n’est jamais venu non plus<br />
à l’idée de nos dirigeants passés et actuels<br />
d’ériger un monument du Soldat<br />
inconnu haïtien qui symboliserait le<br />
sacrifice des centaines de va-nu-pieds<br />
morts sur le champ d’honneur et restés<br />
sans sépulture, oubliés.<br />
Sans doute, nous pouvons nous<br />
enorgueillir du Nèg mawon, sculpture<br />
réalisée par l’architecte Albert Mangonès.<br />
Elle symbolise l’esclave révolté<br />
ayant fui l’habitation du colon français.<br />
Au pied, il porte une chaîne brisée,<br />
il tient un coutelas et souffle dans<br />
une conque, un lanbi, pour appeler à<br />
la révolte contre l’oppresseur, le colonisateur<br />
esclavagiste. De fait Boukman<br />
a été, durant la cérémonie de Bois<br />
Caïman, l’initiateur de la grande insurrection<br />
du 22 au 23 août 1791 qui devait<br />
éventuellement aboutir à Vertières<br />
et à notre indépendance.<br />
Le Nèg mawon est donc avant<br />
tout le symbole emblématique de<br />
la liberté de la nation haïtienne et<br />
un symbole universel pour la liberté<br />
des Noirs. Il ne commémore pas le sacrifice<br />
de tous les Haïtiens, soldats ou<br />
civils, inconnus, morts pour défendre<br />
leurs droits sacrés, pour défendre ce<br />
qui aux yeux des masses représentent<br />
les exigences de la démocratie. Mon<br />
propos, justement, est d’appeler à la<br />
réalisation non pas d’une tombe du<br />
Soldat inconnu haïtien, mais d’un<br />
monument à la gloire de Héros et<br />
Martyrs haïtiens inconnus qui symboliserait<br />
le sacrifice de tous ces milliers<br />
d’Haïtiens, morts « sans libera, sans je<br />
ne sais quoi » (merci Manno Charlemagne),<br />
sans sépulture et qui resteront<br />
à jamais inconnus et oubliés.<br />
Il ne s’agirait pas seulement<br />
d’honorer la mémoire des soldats inconnus<br />
de notre guerre d’indépendance,<br />
morts pour cause de liberté,<br />
mais aussi de saluer le courage, la longanimité,<br />
la force d’âme, la force de résistance<br />
du peuple face à l’oppression,<br />
à la répression, aux violences exercées<br />
contre lui pour avoir seulement osé<br />
dire NON, à tous les pouvoirs agissant<br />
contre ses intérêts.<br />
La résistance pleine de détermination<br />
du peuple haïtien dans la perspective<br />
de cette tombe des Héros et<br />
Martyrs haïtiens inconnus a commencé<br />
avec l’occupation américaine de<br />
1915 à 1934. Ils sont morts durant les<br />
travaux forcés, cette «corvée », qu’ils<br />
refusaient net. Ils sont morts pour<br />
avoir participé activement à la rébellion<br />
menée par Péralte et Batraville. Ils<br />
sont morts pour raison d’appauvrissement<br />
accéléré de leur condition. Ils ont<br />
servi de force de travail corvéable et<br />
exploitable à volonté dans les bateys<br />
dominicains, et ce sont eux qui ont<br />
été victimes des monstrueuses «vêpres<br />
dominicaines». Par lâcheté et servilité<br />
face au voisin de l’Est, nos dirigeants<br />
n’ont même pas voulu protester contre<br />
ce génocide, voire qu’ils feraient une<br />
sculpture commémorative de ce carnage<br />
apocalyptique.<br />
Ces Héros et Martyrs haïtiens<br />
inconnus ce sont les centaines de fignolistes<br />
des quartiers défavorisés<br />
exécutés par la soldatesque haïtienne<br />
aux ordres du général Kébreau agissant<br />
en sous main pour le compte<br />
de Duvalier et servant de prélude à<br />
d’autres tueries ultérieures à mettre au<br />
compte des Forces Armées d’Haïti. Ce<br />
sont tous les militants qui pendant le<br />
règne du despote Duvalier ont combattu<br />
la tyrannie et sont morts pour cause<br />
de liberté. Il y a eu sans doute Adrien<br />
Sansaricq, Gérald Brisson, Jacques Stéphen<br />
Alexis, Yanick Rigaud, les guérilleros<br />
de Cazale, les guérilleros de Jeune<br />
Haïti, pour ne citer que ceux-là, des<br />
«noms connus» qui sont tombés au<br />
champ d’honneur, mais il y a eu aussi<br />
des milliers d’autres qui ont disparu ou<br />
sont morts dans les cachots du régime.<br />
Au lendemain du 7 février 1986,<br />
on croyait que le fils du monstre parti,<br />
la chasse aux macoutes déclenchée<br />
avec espoir de justice, le pays allait<br />
amorcer un tournant en direction de<br />
la démocratie. Hélas non! La disparition<br />
sans lendemain du jeune Charlot<br />
Jacquelin allait nous dessiller les yeux.<br />
En cascade, le peuple haïtien a été victime<br />
à la ruelle Vaillant, à l’église St.<br />
Jean Bosco. Les fils et filles du peuple<br />
ont été assassinés en masse, dans tous<br />
les quartiers défavorisés de la capitale<br />
et ailleurs, à la suite du coup d’État le<br />
30 septembre 1991. Au lendemain<br />
du rapt d’un président légitimement<br />
élu du 29 février 2004, il y en a eu<br />
un nombre incalculable de partisans<br />
de l’ancien président Aristide qui ont<br />
été tués pour avoir manifesté leur refus<br />
de ce qui fut en fait un kidnapping. Ils<br />
sont tous ces Héros et Martyrs haïtiens<br />
inconnus qui n’ont jamais reçu<br />
de sépulture et qui sont déjà devenus<br />
ossements et cendre dans les charniers<br />
de Ti Tanyen.<br />
« Se pou nou yo mouri, se nou<br />
ki pou leve yo». Fòk nou t a leve yo.<br />
Et pour ce faire, ma faible voix de progressiste<br />
militant en appelle à l’érection<br />
d›un monument en mémoire de<br />
tous ces héros et martyrs morts sans<br />
sépulture et dont nous ne saurons jamais<br />
les noms et prénoms, parce que<br />
fils et filles du peuple, parce que pitit<br />
Sò Yèt, parce que fils et filles de l’anonymat,<br />
des bourrasques de la misère<br />
créée et entretenue par l’ouragan Sam<br />
dont la force de destruction, d’appauvrissement<br />
des catégories opprimées<br />
ne s’est jamais abattue, et dont<br />
l’oeil pervers continue de happer sur<br />
son passage les démunis, les pauvres,<br />
les opprimés.<br />
Ai-je besoin de vous dire que je<br />
ne m’attends pas à quelque miracle<br />
que ce soit ? Je connais nos politichiens.<br />
A quoi bon ressasser ces formules<br />
et qualificatifs presque surannés<br />
qui décrivent leur égoïsme, leur nombrilisme,<br />
leur absence d’intérêt pour<br />
tout ce qui est national, fierté nationale.<br />
Je prends comme exemple le cas<br />
de l’ancien premier ministre Jacques<br />
Edouard Alexis. Le 5 septembre 1998,<br />
notre grand Félix Morisseau, mon<br />
parrain, nous quittait. Lors de ses funérailles<br />
à Miami, Alexis s’exprimait<br />
ainsi : « En témoignage de fidélité à la<br />
mémoire du citoyen de Grand Gosier,<br />
le président de la république et le gouvernement<br />
s’engagent à mieux faire<br />
connaître l’œuvre de celui que l’on<br />
nomme parfois le ‘’Doyen de la littérature<br />
créole’’. Lors, Alexis était ministre<br />
de la Culture.<br />
Le 25 septembre 1999, une<br />
année après la mort de Morisseau,<br />
j’écris une « Lettre toute décachetée<br />
au Premier Ministre Jacques Edouard<br />
Alexis» parue dans Haïti en Marche (V.<br />
XII. No. 34. P.10). Je lui rappelle que<br />
Jean Mapou avait déjà fait des suggestions<br />
appuyées par Paul Laraque dans<br />
le sens d’une ‘’Journée nationale Morisseau,<br />
Citoyen du monde’’ et que rien<br />
n’avait été fait jusqu’au moment de<br />
ma lettre. Au nom du peuple des sansvoix<br />
dont Morisseau avait été ‘’la voix<br />
grand-gosière’’, je lui demandais de<br />
«prendre les dispositions nécessaires<br />
pour faire imprimer un timbre à l’effigie<br />
de Morisseau». Devinez ? Avec<br />
un fanal, en plein jour, et chaque jour<br />
que Dieu dit qu›il fait jour, les amis de<br />
parenn mwen et moi cherchent encore<br />
ce timbre...<br />
C’est dire que avec un gouvernement<br />
dont le président, un inculpé, est<br />
entouré d’un PM fonctionnellement<br />
absent et de ministres yon-jou-bonyon-jou-pa-bon<br />
dont deux d’entre eux<br />
sont mêlés à un scandale de kits scolaires<br />
surfacturés, je ne me fais guère<br />
d’illusion sur la prise en considération<br />
d’un projet aussi grand que l’érection<br />
d’une sculpture honorant nos « inconnus<br />
». Une telle proposition n’est à la<br />
hauteur ni d’un parlement croupion, ni<br />
du chef de l’État embarqué dans des<br />
extravagances démagogiques caravanantes<br />
pour faire passer le temps,<br />
se donner bonne conscience, tromper<br />
les masses et laisser s’enrichir<br />
quelques ti zòrèy.<br />
Je ne me décourage pas pour autant.<br />
L’idée est dans l’air. Les alizés du<br />
pays porteront le message de feuilles<br />
en feuilles, d’arbres musiciens en<br />
arbres musiciens jusqu’au jour où une<br />
révolution, une vraie, socialiste, finira<br />
par s’approprier la proposition pour<br />
que les fils et filles des générations à<br />
venir sachent que leurs aînés qui ont<br />
résisté contre la tyrannie ne sont pas<br />
morts pour du vent et ne seront pas<br />
oubliés, car il y aura une sculpture immortalisant<br />
la mémoire des Héros et<br />
Martyrs haïtiens inconnus.<br />
<strong>13</strong> septembre <strong>2017</strong><br />
DÉCÈS<br />
FRANTZ DANIEL JEAN<br />
FUNERAL SERVICES INC.<br />
Guarino Funeral Home<br />
Haïti Liberté annonce avec infiniment de peine la triste nouvelle de la mort de Mme Yvane<br />
Cassendo, survenue le vendredi 8 septembre <strong>2017</strong> dernier<br />
En cette pénible circonstance, nous présentons nos condoléances émues à:<br />
Ses enfants: Sabine Albert et Steeve McCala ; Ses neveux: Mario André, Richard André,<br />
Philippe André et Jean Marcel ; Sa nièce: Ingrid Bouchereau ; Ses petits enfants: Drayden et<br />
Achuka McCala.<br />
Afin de lui rendre un dernier hommage, sa dépouille mortelle sera exposée ce vendredi 15<br />
septembre à Long Island au Malverne Funeral Home sis au 330 Hempstead Avenue,<br />
Malverne NY 11565 de 6 à 9 heures du soir.<br />
Ses funérailles seront chantées le samedi 16 septembre en cours.<br />
Pour de plus amples informations, veuillez contacter Mario André au 917-586-3944<br />
Paix à son âme !<br />
• Funerals in All Boroughs<br />
• Transportation of Remains<br />
• Cremation<br />
Nou pale kreyòl.<br />
5020 Foster Avenue<br />
Brooklyn, NY 11203<br />
718.6<strong>13</strong>.0228<br />
Serving the <strong>Haiti</strong>an Community<br />
for Over 30 Years<br />
9222 Flatlands Avenue<br />
Brooklyn, NY 11236<br />
718-257-2890<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
<strong>13</strong>
Perspectives<br />
Lettre d'un économiste, ancien<br />
employé de la Banque Mondiale au<br />
Président Maduro !<br />
Par Peter Koenig<br />
Cher Président Maduro,<br />
Vous avez le soutien écrasant<br />
des peuples du monde !<br />
Le 25 août, le président Trump a<br />
signé un ordre exécutif qui a frappé<br />
le Venezuela avec les sanctions<br />
économiques les plus larges de l’histoire.<br />
Pratiquement, elles paralysent<br />
le Venezuela, menacent de le plonger<br />
dans le fil. C’est un coup économique<br />
de la pire espèce. C’est une guerre financière<br />
directe. Pour toutes ces nations<br />
occidentales pour lesquelles de<br />
telles sanctions unilatérales du régime<br />
de Washington dirigé par des sionistes<br />
sont devenues la nouvelle norme, c’est<br />
l’une des agressions criminelles les plus<br />
rudes qu’une nation puisse imposer à<br />
une autre nation.<br />
Certainement, cet acte est une<br />
énorme trahison du droit international.<br />
C’est un crime de guerre puisqu’il met<br />
en danger et menace la vie du peuple<br />
vénézuélien. De plus, Donald Trump<br />
menace impunément le Venezuela<br />
d’une invasion militaire états-unienne<br />
ouverte. « Ouverte » - parce que les services<br />
militaires et les services secrets,<br />
c’est à dire le personnel de la CIA et ses<br />
représentants entraînés, financés et armés<br />
ont déjà fomenté pendant des années<br />
le mal-être et la mort dans les rues<br />
de Caracas et dans d’autres parties du<br />
pays.<br />
Pour justifier ces mesures, la<br />
Maison Blanche dit qu’ils : « calibrent<br />
soigneusement pour refuser à la dictature<br />
de Maduro une source importante<br />
de financement pour maintenir son<br />
Gouvernement illégitime. » La déclaration<br />
suivante du Secrétaire au Trésor<br />
Steven Mnuchin explique parfaitement<br />
que ces sanctions sont destinées à «<br />
étouffer le Venezuela jusqu’à ce qu’il<br />
se soumette. » « On fera des exceptions<br />
pour une période de 30 jours et pour<br />
certaines transactions entre les Etats-<br />
Unis et le Venezuela comprenant les<br />
exportations de pétrole et les importations<br />
de Citgo, la filiale états-unienne de<br />
PDVSA, ainsi que pour le financement<br />
des efforts humanitaires. »<br />
Monsieur Mnuchin, un ex associé<br />
de Goldman Sachs peut-il être aussi<br />
humain ? Toute la suite militaire de<br />
Trump peut-elle être aussi humaine ?<br />
Quelle humanité reste-t-il à ces gens ?<br />
Trois généraux prennent les décisions,<br />
sous la présidence de Trump. Faut-il<br />
d’autres preuves pour que le monde<br />
voie que Washington est dirigé par le<br />
Pentagone – c’est un pur état policier et<br />
militaire dont 95% de la population ont<br />
été dépouillées de ses droits civiques et<br />
de ses droits de l’homme – par des versions<br />
successives et chaque fois pires<br />
du Patriot Act et de ses Lois connexes ?<br />
La pire époque de l’humanité.<br />
Le venin et le mal qui résident<br />
dans notre société ne cesseront jamais<br />
de me surprendre. Comment en<br />
arrivons-nous là ? Le commencement<br />
remonte à quelques 5 000 ans ; mais<br />
c’est une autre histoire. Nous vivons<br />
maintenant et nous devons éradiquer<br />
cette société égocentrique, assoiffée de<br />
sang et pathologiquement avare, cette<br />
économie de la cupidité, MAINTENANT<br />
– ce qui signifie maintenant pour sauver<br />
autant de vies que possible.<br />
La raison déclarée de Trump<br />
pour attaquer le Venezuela avec des<br />
sanctions – évidemment, un mensonge<br />
comme tout ce qui vient de Washington<br />
– est la récente élection par le peuple<br />
d’une Assemblée Nationale Constituante<br />
– ANC – L’Assemblée Nationale<br />
Constituante est la forme la plus haute<br />
de la démocratie : une Assemblée élue<br />
Peter Koenig<br />
par le peuple. L’opposition qui a violemment<br />
boycotté l’élection du 30 juillet<br />
<strong>2017</strong> n’a à présent aucun siège à<br />
l’ANC. Evidemment, non. Elle n’a pas<br />
présenté de candidats.<br />
Selon Jimmy Carter, ex-président<br />
des Etats-Unis et chef de l’Institut Carter<br />
qui contrôle les élections internationales,<br />
et Noam Chomsky, professeur<br />
de linguistique au MIT célèbre professeur<br />
de géopolitique, le Venezuela<br />
a la démocratie la plus complète des<br />
Amériques et sans doute du monde.<br />
Evidemment, cela ne plaît pas au dictateur-assassin<br />
en chef du monde, les<br />
Etats-Unis d’Amérique.<br />
Le plus grand tyran du monde<br />
demande des sanctions atroces « asphyxiantes<br />
» contre un pays souverain,<br />
pétrolier et riche en gaz dans «<br />
l’arrière-cour de Washington » sous<br />
prétexte qu’il est passé de la démocratie<br />
à la dictature que la tyrannie du Nord<br />
ne peut tolérer mais dans un geste de<br />
générosité, il accorde au Venezuela le<br />
soulagement temporaire « humanitaire.<br />
» quelle farce !<br />
Le Gouvernement de Trump,<br />
ou de n’importe lequel de ses prédécesseurs<br />
se fiche complètement de la démocratie<br />
et des droits de l’homme dans<br />
n’importe quel pays qu’il veut dominer.<br />
Par contre, ce qu’ils veulent, c’est installer<br />
le chaos pour pouvoir exploiter les<br />
ressources naturelles du pays et c’est ce<br />
qu’ils font constamment. Dans le cas<br />
du Venezuela, le pays le plus riche du<br />
monde en réserves d’hydrocarbures, le<br />
but est de reprendre les richesses et de<br />
revenir à la situation précédant l’arrivée<br />
au pouvoir du Président Chávez en<br />
1998, sous le ferme contrôle des géants<br />
pétroliers états-uniens.<br />
Le Venezuela ne le tolèrera jamais.<br />
Curieusement, il semble qu’on<br />
a dit à Trump d’adopter une nouvelle<br />
doctrine des « butins de guerre ». Sa<br />
déclaration récente sur l’augmentation<br />
des troupes en Afghanistan sans limite<br />
de temps a clairement à voir avec les<br />
richesses minérales de ce pays d’Asie<br />
Centrale : le cuivre, le cobalt, le fer, la<br />
baryte, le soufre, le lithium, le plomb,<br />
l’argent, le zinc et le niobium. 1,4 millions<br />
de tonnes métriques de terres rares<br />
(REE). La Force Internationale d’Aide à<br />
la Sécurité (ISAF) estime que les ressources<br />
totales en terres afghanes dépassent<br />
1 billion de dollars. Peu importe<br />
que les Etats-Unis aient déjà dépensé<br />
entre 1 et 2 billion pendant les 16 années<br />
de guerre illégale en Afghanistan,<br />
qui ont provoqué des assassinats massifs,<br />
des dizaines de milliers de morts.<br />
Dans le cas de la Corée du Nord,<br />
c’est le minerai de fer que veulent les<br />
Etats-Unis avec, en plus, l’accès stratégique<br />
à la Chine et à la Russie. En Syrie,<br />
c’est l’infâme pipeline du Qatar qui<br />
permettra aux pétro-géants occidentaux<br />
d’envoyer des billions de pétrole<br />
et de gaz en Europe au détriment des<br />
contrats de gaz signés avec la Russie.<br />
Bashar al Assad a condamné l’oléoduc<br />
depuis que la CIA s’en est approchée en<br />
2008 comme son père au début des années<br />
2000. Ce refus a scellé le destin de<br />
la Syrie. Au Venezuela, le vol prévu est<br />
évidemment, celui du pétrole et du gaz.<br />
Peu importe que Trump se<br />
contredise lui-même superbement. Ses<br />
promesses électorales fermes et insistantes<br />
– de ne pas interférer dans des<br />
pays éloignés, de ne pas créer de «<br />
démocraties » de style états-unien, « à<br />
l’avenir, les Etats-Unis respecteront la<br />
façon de vivre des autres pays,» « nous<br />
n’utiliserons plus nos forces en terres<br />
étrangères – ces jours-là sont terminées.<br />
»<br />
Merveilleux. Il le dit peut-être<br />
sincèrement. Comme il a peut-être réellement<br />
voulu faire la paix avec la Russie.<br />
C’est probablement la raison pour<br />
laquelle il a été élu. Mais Trump serait-il<br />
assez naïf pour ne pas savoir que<br />
le complexe militaire et industriel ne<br />
veut pas – A BESOIN de la guerre ? Ce<br />
groupe diabolique veut les ressources<br />
naturelles pour ses guerres éternelles.<br />
La plupart des gens veulent la<br />
paix et non la guerre. Ils veulent respecter<br />
la démocratie souveraine du<br />
Venezuela, ne pas s’y immiscer. Ce<br />
sont leurs dirigeants, des marionnettes<br />
fascistes (sic-sic) et ceux qui composent<br />
les organisations régionales latino-américaines<br />
qui se sentent obligés<br />
de se soumettre aux exigences de l’empereur<br />
nu.<br />
L’industrie d’extraction, les<br />
hydrocarbures, les minéraux sont<br />
montés en flèche depuis l’ascension<br />
du néolibéralisme dans les années 80<br />
comme jamais auparavant dans l’histoire<br />
moderne. Les raisons en sont les<br />
guerres et les conflits. On estime qu’aujourd’hui,<br />
presque les deux tiers du pillage<br />
des industries d’extraction mondiales<br />
– une calamité indescriptible pour<br />
la santé humaine, les communautés<br />
locales et le milieu ambiant – sont destinés<br />
au complexe militaire et industriel<br />
international et à son précurseur : les<br />
Etats-Unis d’Amérique.<br />
Les nouvelles sanctions contre<br />
le Venezuela sont devenues le point<br />
commun de tous les vassaux qui, pour<br />
une obscure raison lèchent les bottes<br />
du Président Trump. Donald Trump, le<br />
mégalo-psychopathe est une véritable<br />
caricature de l’électorat états-unien.<br />
L’opinion et les politiques de Trump<br />
dansent dans le vent comme seul un<br />
maître immature peut s’en payer le<br />
luxe. Par conséquent, le monde est toujours<br />
dans l’erreur et sur la pointe des<br />
pieds, jamais certain du moment où la<br />
prochaine bombe tombera.<br />
Cher Monsieur Maduro, cet<br />
acte de guerre ne peut être commis<br />
que par les Etats-Unis d’Amérique<br />
parce qu’ils contrôlent notre système<br />
monétaire basé sue le dollar occidental,<br />
totalement frauduleux, géré par le<br />
privé, basé que l’usure et les buts lucratifs<br />
de la FED et des banquiers de<br />
Wall Street. Point. Le monde occidental<br />
continue à être son esclave bien que sur<br />
une échelle de plus en plus faible mais<br />
il ne s’est pas encore libéré. L’Orient, la<br />
Russie, la Chine et toute l’Organisation<br />
de Coopération de Shanghai (SCO) se<br />
sont rapidement détachés de l’hégémonie<br />
du dollar.<br />
Le Venezuela, à mon humble<br />
avis, doit faire de même aussi rapidement<br />
que possible. Il n’y a pas de temps<br />
pour réfléchir : se séparer du dollar, peu<br />
importe quelles pertes monétaires et<br />
quelles pertes d’actifs cela peut impliquer,<br />
d’une façon ou d’une autre, elles<br />
auront lieu. Le chien enragé de Washington<br />
ne va jamais lâcher, il mordra<br />
jusqu’au bout et jamais ne rendra les<br />
actifs confisqués. Il l’a démontré plus<br />
d’une fois dans le monde entier, il suffit<br />
de regarder l’Iran.<br />
Le Venezuela voudrait peutêtre<br />
réduire ses pertes et repartir à zéro<br />
en se liant étroitement aux économies<br />
de la Russie et de la Chine comme il l’a<br />
Communiqué du parti<br />
ouvrier indépendant<br />
démocratique (POID) :<br />
« Balayer les ordonnances, chasser le<br />
gouvernement Macron-Philippe » !<br />
Des jeunes à Paris le 12 septembre <strong>2017</strong> manifestant contre la politique<br />
anti-ouvrière du gouvernement Macron-Philippe !<br />
déjà fait mais il a peut-être besoin de<br />
passer par une base plus rigoureuse et<br />
radicale. Plus d’offres en dollars. Arrêter<br />
toutes les manipulations en dollars/bolivars<br />
depuis Miami. Le dollar doit devenir<br />
une monnaie interdite au peuple<br />
du Venezuela, strictement contrôlé par<br />
la loi, pouvant seulement être utilisée<br />
par les autorités du Gouvernement.<br />
C’est encore la situation à Cuba et Cuba<br />
a survécu 60 ans. L’euro aussi. L’euro<br />
est dans la même alliance que le dollar.<br />
On l’a créé comme le fils adoptif de la<br />
monnaie dollar – amen – sans aucun<br />
soutien.<br />
suite à la page(16)<br />
Les travailleurs qui se mettent en<br />
grève et manifestent avec leurs<br />
organisations pour le retrait des ordonnances<br />
Macron-Philippe sont dans<br />
leur droit.<br />
Dans ces ordonnances qui<br />
livrent les travailleurs, entreprise par<br />
entreprise, aux diktats des patrons,<br />
rien n’est favorable aux intérêts ouvriers.<br />
L’unité des travailleurs et des<br />
organisations pour imposer le retrait<br />
des ordonnances est une nécessité. Le<br />
POID, qui mène campagne sur le mot<br />
d’ordre « À bas les ordonnances ! »<br />
depuis le début du mois de juillet, est<br />
partie prenante de ce mouvement.<br />
Dans sa fureur destructrice, ce<br />
gouvernement (dans la suite des gouvernements<br />
précédents) s’attaque à<br />
tous les aspects de la vie des travailleurs<br />
et de leur famille. Pas un jour ne<br />
passe sans une nouvelle mesure annoncée<br />
contre une catégorie de travailleurs,<br />
contre un acquis social, contre<br />
un droit arraché de haute lutte par les<br />
générations qui nous ont précédés.<br />
Dans le prolongement des ordonnances,<br />
le gouvernement a déjà<br />
annoncé qu’il allait s’attaquer à l’assurance<br />
chômage, à la Sécurité sociale,<br />
à la formation professionnelle,<br />
à l’apprentissage, aux retraites, au<br />
logement, au statut des cheminots, à<br />
la fonction publique en général. Il a<br />
déjà supprimé 149 000 emplois aidés<br />
et compte en supprimer des dizaines<br />
de milliers d’autres.<br />
Pas une catégorie n’est<br />
épargnée, y compris les plus faibles,<br />
les plus précaires, les plus fragiles, les<br />
salariés du public comme du privé, les<br />
chômeurs et les retraités, les lycéens<br />
et les étudiants, les locataires, les assurés<br />
sociaux, les petits paysans, les<br />
artisans, les commerçants, tous sont<br />
attaqués.<br />
Chaque jour un peu plus, ce<br />
gouvernement apparaît pour ce qu’il<br />
est : un gouvernement des riches, des<br />
patrons et des banquiers, un gouvernement<br />
du CAC 40 et de la Commission<br />
européenne, un gouvernement de<br />
la guerre aux ordres de Trump et de<br />
l’impérialisme américain.<br />
Ce gouvernement, qui sème,<br />
partout et dans tous les domaines, la<br />
barbarie et la misère, place les travailleurs<br />
et les jeunes en situation de légitime<br />
défense.<br />
Il faut balayer les ordonnances<br />
et l’ensemble de la politique du gouvernement<br />
Macron-Philippe. Il faut<br />
aussi que soit balayé ce gouvernement<br />
illégitime et minoritaire, rejeté par la<br />
population.<br />
Le plus tôt sera le mieux ! Car<br />
chaque jour qui passe, ce sont de nouvelles<br />
attaques contre le peuple travailleur.<br />
• Unité pour le retrait des ordonnances<br />
et l’abrogation de la loi<br />
El Khomri !<br />
• Unité pour la défense de la<br />
Sécurité sociale telle que constituée<br />
en 1945 et de l’ensemble des<br />
droits ouvriers !<br />
• Les ordonnances et la<br />
politique anti-ouvrière du gouvernement<br />
Macron- Philippe doivent<br />
être balayées !<br />
• Le gouvernement Macron-Philippe<br />
doit être chassé !<br />
Le Bureau National, réuni à Paris<br />
le 9 septembre <strong>2017</strong><br />
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14 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
Suite de la page (10)<br />
dans la lutte pour la construction du<br />
socialisme et du communisme total et<br />
entier en réprimant l’opposition des<br />
classes exploiteuses renversées et<br />
des éléments contre-révolutionnaires<br />
et en se protégeant contre l’agression<br />
impérialiste.<br />
La Commune de Paris a été<br />
la voie pionnière. Le Communisme,<br />
dont parlaient Marx et Engels au<br />
XIXe siècle, est passé de la fiction à<br />
la réalité en débutant par la Révolution<br />
Socialiste d’Octobre en Russie.<br />
Le socialisme dans un seul pays s’est<br />
transformé, dans la seconde moitié<br />
du XXe siècle, en un système mondial<br />
du socialisme et l’URSS est devenue<br />
la deuxième puissance mondiale.<br />
Dans la lutte permanente contre<br />
l’ennemi extérieur et intérieur, dans<br />
le combat contre le fascisme, contre<br />
le monde de l’oppression et de l’obscurantisme,<br />
un monde nouveau se<br />
créait, sans exploitation et parasitisme,<br />
avec une société libre et juste.<br />
Pendant les 70 ans de son existence,<br />
l’URSS était le flambeau qui a éclairé<br />
la voie pour les peuples opprimés et<br />
soulevé le prolétariat dans la lutte<br />
pour son émancipation.<br />
La Grande Révolution d'Octobre<br />
a mis les bases de la crise du<br />
système colonial du capitalisme qui<br />
s'est développé après la victoire de<br />
l'Union Soviétique dans la Seconde<br />
Guerre mondiale, ce qui a conduit à<br />
l'effondrement de l'ensemble de ce<br />
système.<br />
Nous exprimons notre solidarité<br />
avec la lutte des peuples pour leur<br />
indépendance et leur souveraineté<br />
dans la confrontation avec la politique<br />
impérialiste agressive, car cette<br />
lutte des communistes est toujours<br />
liée à la lutte de la classe ouvrière<br />
contre le pouvoir du capital à la fois<br />
dans le monde et dans ses propres<br />
pays.<br />
La théorie du communisme<br />
scientifique et l’expérience de la construction<br />
du socialisme au XXe siècle<br />
ont montré que le pouvoir qui s’est<br />
consolidé au terme de la victoire de<br />
la révolution socialiste ne peut être<br />
autre chose que la dictature du prolétariat,<br />
c’est à dire le pouvoir que la<br />
classe ouvrière ne partage avec aucune<br />
autre classe. C’est ce pouvoir là<br />
qu’il faut soutenir car c’est le seul qui<br />
exprime les intérêts du prolétariat.<br />
La Grande Révolution d’Octobre<br />
a installé le pouvoir des Soviets<br />
dans le pays comme la seule forme<br />
de pouvoir de la classe ouvrière. Le<br />
lendemain de l’insurrection du 7 novembre<br />
1917 et du renversement du<br />
gouvernement bourgeois provisoire,<br />
le Deuxième Congrès des députés ouvriers,<br />
paysans et soldats a proclamé<br />
le pouvoir des Soviets dont la dictature<br />
du prolétariat était l’essence. Les<br />
Soviets sont apparus dans la Russie<br />
tsariste comme les organes de lutte<br />
des ouvriers. Cette lutte était d’abord<br />
économique puis politique pour la<br />
conquête du pouvoir par les ouvriers.<br />
Après la Révolution, les Soviets sont<br />
devenus les organes de la dictature<br />
du prolétariat.<br />
La troisième révolution russe<br />
qu’est la Révolution d’Octobre 1917,<br />
était une révolution socialiste de par<br />
son contenu socio-économique et<br />
politique, tranchant un grand nombre<br />
de questions démocratiques qui<br />
se posaient au pouvoir soviétique et<br />
qui étaient hérités du gouvernement<br />
bourgeois et même du pouvoir réactionnaire<br />
du tsar. Mais dès les premiers<br />
jours, la Révolution d’Octobre<br />
s’est chargée de régler les problèmes<br />
que ni l’autocratie ni la démocratie<br />
bourgeoise n’ont pu ou n’ont pas<br />
voulu régler. Les premiers décrets du<br />
pouvoir soviétique portaient sur la<br />
paix, la terre, la création du gouvernement<br />
ouvrier et paysan, les pleins<br />
pouvoirs des soviets, l’abolition des<br />
corporations et des fonctions étatiques,<br />
la nationalisation des banques,<br />
des chemins de fer, des voies<br />
de communication, des entreprises,<br />
des usines, etc.<br />
Le 15 novembre 1917 a été<br />
adoptée la Déclaration des Droits des<br />
Peuples de Russie qui proclamait:<br />
- l’égalité et la souveraineté<br />
Des délégations de 30 partis communistes et ouvriers ont participé à cette<br />
conférence qui a eu lieu du 10 au <strong>13</strong> août <strong>2017</strong> dernier<br />
des peuples de Russie<br />
- le droit des peuples de Russie<br />
à disposer d’eux-mêmes, y compris<br />
par la sécession et la création d’une<br />
entité étatique indépendante<br />
- l’abolition des tous les<br />
privilèges nationaux ou religieux<br />
- le libre développement des<br />
minorités nationales et ethniques vivant<br />
sur le territoire de la Russie<br />
Ainsi, dès ses premiers pas le<br />
pouvoir soviétique réalisait le contenu<br />
socialiste des mots d’ordre avec<br />
lesquels les bolcheviks soulevaient<br />
le peuple pour la Révolution: « Paix<br />
aux peuples ! », « Tout le pouvoir aux<br />
Soviets ! », « La terre aux paysans<br />
! », « Les usines aux ouvriers ! », «<br />
La journée de 8 heures pour tous ! ».<br />
Au sens politique, du point de vue de<br />
la forme de la conquête, de la construction<br />
du pouvoir et de sa consolidation<br />
par des mesures urgentes,<br />
la Révolution socialiste d’Octobre se<br />
caractérisait comme soviétique.<br />
La portée historique et mondiale<br />
de la forme de dictature du prolétariat<br />
créée par la classe ouvrière de<br />
Russie consiste en ce que les Soviets<br />
s’appuient, dans leur formation et<br />
leur travail, sur la réalité objective<br />
qu’est l’organisation des travailleurs<br />
dans le processus de la production<br />
sociale, et ainsi, assurent l’essence<br />
de la dictature du prolétariat. Les soviets,<br />
dont les députés étaient élus<br />
dans des collectifs de travail, assuraient<br />
le caractère prolétarien du<br />
pouvoir et son contrôle par les masses<br />
laborieuses.<br />
Les soviets ont toujours et<br />
partout lié le principal contenu de<br />
leur activité aux mesures pratiques.<br />
La Commune de Paris le faisait déjà<br />
dans sa volonté de faire des travailleurs<br />
les maitres de la société. L’expérience<br />
de la Commune de Paris a<br />
montré, et l’expérience de l’URSS a<br />
confirmé, le rôle primordial joué par<br />
le parti révolutionnaire d’avant-garde<br />
en tant que locomotive de la construction<br />
d’une société nouvelle. La<br />
théorie léniniste du parti garde toute<br />
sa pertinence et la pratique historique<br />
confirme qu’il ne peut y avoir de<br />
mouvement révolutionnaire sans un<br />
parti révolutionnaire. Ce parti était le<br />
Parti Bolchevik, le parti de Lénine et<br />
de Staline. Sous sa direction en URSS<br />
ont été réglés les problèmes très importants<br />
qu’un pays capitaliste, par<br />
essence, ne pouvait régler. Cela a été<br />
confirmé par l’expérience des partis<br />
frères des pays du bloc socialiste.<br />
Plus précisément, le chômage a été<br />
éradiqué, l’éducation, l’enseignement,<br />
la médecine, l’accès à la science,<br />
à la culture, au sport ont été<br />
gratuits. En URSS, le logement et<br />
le transport étaient pratiquement<br />
gratuits également. Dans aucun des<br />
pays capitalistes la sécurité des personnes<br />
n’a été aussi bien assurée<br />
qu’en URSS. Dans ce pays, l’âge de<br />
départ à la retraite était le plus bas au<br />
monde.<br />
L’expérience de l’URSS a aussi<br />
confirmé la justesse de l’exigence du<br />
programme du parti marxiste-léniniste<br />
formulée par Marx et Engels<br />
dans le Manifeste du Parti Communiste<br />
sur la socialisation des principaux<br />
moyens de productions comme<br />
l’une des lois les plus importantes de<br />
la révolution socialiste. L’expérience<br />
de la Grande Révolution Socialiste<br />
d’Octobre a montré dans les faits<br />
qu’après la conquête du pouvoir étatique<br />
par la classe ouvrière se posait<br />
la question de l’expropriation des<br />
expropriateurs dans toute l’économie<br />
du pays, ce qui est nécessaire pour<br />
liquider la domination économique<br />
de la bourgeoisie et assurer une base<br />
économique à la dictature du prolétariat.<br />
Sans la propriété collective<br />
des moyens de production, la classe<br />
ouvrière ne pourrait garder le pouvoir<br />
politique et mener les changements<br />
socialistes. La base économique de<br />
la réalisation, de la consolidation et<br />
du développement du pouvoir soviétique<br />
durant la période de la dictature<br />
du prolétariat est constituée<br />
par la socialisation des moyens de<br />
production et la production planifiée<br />
destinée à satisfaire le développement<br />
et à assurer le bien être de tous<br />
les membres de la société.<br />
Le but de la production socialiste<br />
n’est pas la plus-value, mais le<br />
bien-être et le développement des<br />
tous les membres de société. La<br />
renonciation à cet objectif, l’introduction<br />
des lois du marché mènent à la<br />
destruction du socialisme car l’économie<br />
basée sur l’échange marchand<br />
ne peut par principe être la base<br />
économique du pouvoir prolétarien.<br />
Le marché c’est le capitalisme et la<br />
base pour la dictature de la bourgeoisie.<br />
La théorie marxiste-léniniste<br />
ne dicte pas de recettes détaillées ni<br />
de modèles idéaux de la société future.<br />
Marx et Engels disaient que le<br />
communisme n’est pas un état de<br />
choses qui doit être instauré, n’est<br />
pas un idéal auquel la réalité doit se<br />
conformer, mais le mouvement réel<br />
qui détruit l’état de choses actuel qui<br />
est injuste et qui freine le développement<br />
de la société.<br />
La nécessité pour le prolétariat<br />
d’avoir son Etat est déterminée<br />
par la nécessité de réprimer ce qui<br />
est en contradiction avec les intérêts<br />
de la classe ouvrière car cette<br />
dernière traduit les intérêts de toutes<br />
les couches laborieuses. Tant que les<br />
classes existent, l’Etat est l’organisation<br />
et l’instrument de la dictature de<br />
la classe dominante. Par conséquent,<br />
la nécessité de l’Etat de dictature du<br />
prolétariat disparait seulement avec<br />
la réalisation des objectifs finaux des<br />
communistes: disparition des classes<br />
sociales, effacement de la différence<br />
entre la ville et la campagne, entre<br />
le travail physique et intellectuel,<br />
construction du communisme total,<br />
disparition de la menace d’agression<br />
capitaliste de l’extérieur et de l’intérieur.<br />
Le pourrissement idéologique<br />
et politique de l’appareil d’Etat<br />
et du Parti, la révision du marxisme-léninisme<br />
réalisée lors des Xe<br />
et XXIIe Congrès du PCUS et qui a<br />
atteint son apogée lors de la perestroika<br />
gorbatchevienne, le rejet<br />
des principes fondamentaux de la<br />
construction du communisme en<br />
théorie et en pratique, le carriérisme<br />
et la bureaucratie, ont mené à la contre-révolution<br />
et à la restauration<br />
du capitalisme. Avec le soutien de<br />
l’impérialisme international, la destruction<br />
du socialisme en URSS a pu<br />
avoir lieu et un groupe d’Etats bourgeois<br />
s’est formé à sa place. Après<br />
l’éclatement de l’URSS, la réaction<br />
impérialiste a pris les devants dans le<br />
monde entier. Le système socialiste<br />
mondial a été détruit. Le nombre des<br />
Etats socialistes s’est considérablement<br />
réduit. Dans de nombreux<br />
pays, une vague d’anticommunisme<br />
et d’antisoviétisme a provoqué des<br />
répressions contre les partis communistes<br />
et les communistes, et cela<br />
continue aujourd’hui. Les Etats Unis<br />
et l’Union européenne se trouvent<br />
au premier rang de cette réaction et<br />
quasiment tous les Etats bourgeois y<br />
participent.<br />
Dans ces conditions, les communistes<br />
déclarent ouvertement<br />
: l’anticommunisme et l’antisoviétisme<br />
ne passeront pas ! Les contre-révolutions<br />
des trente dernières<br />
années ne changent pas le caractère<br />
de notre temps, le temps du passage<br />
du capitalisme au communisme ! La<br />
Révolution ne peut s’arrêter ! Après<br />
la contre-révolution, il y aura forcément<br />
la Révolution ! Et les communistes<br />
sont forcément des révolutionnaires<br />
!<br />
Ces dernières années, la tendance<br />
manifeste aux changements<br />
dans les relations entre les pays<br />
capitalistes, sous l’influence de la loi<br />
du développement inégal du capitalisme,<br />
devient de plus en plus évidente.<br />
Les Etats-Unis restent la première<br />
puissance économique et militaire<br />
; mais leur part dans le PIB mondial<br />
se réduit et l’Union européenne<br />
joue aussi un rôle important dans les<br />
processus de globalisation. D’autres<br />
puissances dominées par les rapports<br />
de production capitalistes entrent<br />
en jeu, comme les Etats des BRICS<br />
par exemple. Les contradictions inter-impérialistes<br />
qui ont toujours<br />
mené aux conflits locaux, régionaux<br />
et surtout aux deux guerres mondiales,<br />
continuent aujourd’hui à générer<br />
des conflits violents et des confrontations<br />
sanguinaires (économiques,<br />
politiques et militaires) pour le contrôle<br />
des matières premières, des<br />
sources énergétiques, des voies de<br />
transport, des parts de marché. Dans<br />
cette lutte, les Etats Unis et l’OTAN<br />
sont généralement aux avant-postes,<br />
ainsi que d’autres pays impérialistes<br />
comme, par exemple, Israël ou les<br />
pays du Golfe.<br />
A côté de ça, l’offensive a lieu<br />
dans le monde entier contre les acquis<br />
sociaux des travailleurs. L’arme<br />
idéologique principale de la réaction<br />
est la théorie néo-libérale et social-démocrate<br />
du partenariat social,<br />
de la collaboration des classes, de la<br />
paix civile et des obstacles à la révolution.<br />
Cet arsenal est complété par le<br />
révisionnisme et l’opportunisme, qui<br />
sont une arme de l’impérialisme.<br />
Dans le même temps, sur la<br />
base de la production basée sur<br />
la propriété privée, l’humanité ne<br />
peut se développer conformément<br />
aux intérêts de la classe ouvrière et<br />
des couches populaires. La vie et<br />
le développement de l’Homme ne<br />
peuvent être limités par la propriété<br />
privée ou la volonté des uns d’être<br />
maitres pour que les autres soient<br />
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leurs serfs. Le mouvement communiste<br />
international est obligé de<br />
redoubler d’efforts pour la lutte des<br />
classes, pour les intérêts de la classe<br />
ouvrière. Aux mots d’ordre bourgeois<br />
sur la « globalisation mondiale<br />
» ou sur le nationalisme d’Etat, les<br />
communistes répondent : seule la<br />
lutte contre l’impérialisme dans la<br />
perspective de la construction du socialisme<br />
et du communisme total et<br />
entier, seule la voie amorcée par la<br />
Grande Révolution d’Octobre est la<br />
route souveraine de l’humanité vers<br />
la liberté réelle et l’égalité au sens<br />
de la disparition de toute possibilité<br />
d’exploitation, de la liquidation des<br />
classes, vers la fraternité et le bonheur<br />
des tous les peuples et la préservation<br />
de la vie sur Terre.<br />
La réorganisation du mouvement<br />
communiste international, la<br />
sortie de la situation de crise et de capitulation,<br />
l’élaboration d’une stratégie<br />
commune basée sur le marxisme-léninisme<br />
et l’internationalisme<br />
prolétarien, la reconnaissance du rôle<br />
et de l’apport de l’URSS, ainsi que la<br />
nécessité du renversement révolutionnaire<br />
du capitalisme et de la construction<br />
d’une société socialiste puis<br />
communiste, sont des objectifs exigés<br />
par la lutte contre l’offensive des<br />
monopoles et des gouvernements<br />
bourgeois, contre le capitalisme réactionnaire,<br />
le fascisme et l’impérialisme.<br />
Pour le mouvement communiste<br />
international, aujourd’hui, la<br />
lutte internationale contre les guerres<br />
impérialistes est primordiale. L’une<br />
des tâches les plus importantes est<br />
la lutte intransigeante contre le révisionnisme<br />
et l’opportunisme sous<br />
toutes leurs formes ; car c’est un<br />
danger énorme pour le mouvement<br />
communiste.<br />
Les révolutions ne se renferment<br />
pas dans des limites, elles se<br />
réalisent non pas par la volonté des<br />
guides ou des partis ; mais traduisent<br />
les intérêts objectifs et la volonté implacable<br />
de la classe d’avant-garde,<br />
des exploités et des peuples opprimés<br />
de jouir des résultats de leur travail,<br />
de développer les forces productives,<br />
de créer des valeurs matérielles et<br />
morales pour tous.<br />
Que les idées et l’œuvre du<br />
Grand Octobre persistent à travers<br />
les siècles !<br />
Travailleurs, exploités, peuples<br />
opprimés, debout dans la lutte pour<br />
en finir avec le système capitaliste et<br />
l’exploitation, pour construire le socialisme<br />
et le communisme ! C’est là<br />
l’unique alternative et le futur inévitable<br />
pour toute l’humanité.<br />
Vive la Grande Révolution Socialiste<br />
Soviétique ! Vive le Communisme<br />
dans le monde entier !<br />
Prolétaires de tous les pays,<br />
unissez-vous !<br />
Léningrad Août <strong>2017</strong><br />
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Director: Florence Comeau<br />
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
15
Suite de la page (14)<br />
Les nouvelles transactions seraient<br />
seulement faites en monnaies locales<br />
et/ou dans les monnaies de la Russie<br />
et de la Chine, à travers les bureaux<br />
respectifs de la Banque Centrale et<br />
les paiements internationaux seraient<br />
faits en dehors de la FED, de Wall<br />
Street, de la BIS (Bank for International<br />
Settlement) du SWIFT, par exemple<br />
à travers le système de Paiements Internationaux<br />
de la Chine (CIPS). La<br />
Russie est sur le point de lancer un<br />
système similaire, détaché des modes<br />
de transactions financières dominés<br />
par l’Occident comme le SWIFT. Une<br />
fois que le nouveau système de virement<br />
bancaire de la Russie sera<br />
en vigueur, avec le CIPS chinois, le<br />
monopole occidental des paiements<br />
internationaux – et les sanctions – seront<br />
complètement perturbés. Le commerce<br />
international redémarrera pour<br />
fonctionner hors de l’hégémonie du<br />
dollar. Les économies de la Chine et de<br />
la Russie sont totalement soutenues<br />
par l’or.<br />
Sous ces sanctions financières<br />
larges et massives imposées au Venezuela<br />
grâce au système monétaire<br />
occidental, le Venezuela a été tout<br />
simplement exclu de toute transaction<br />
financière internationale. Il y a un blocus<br />
bancaire total contre l’entreprise<br />
nationale vénézuélienne de pétrole et<br />
de gaz PDVSA-Petróleos de Venezuela<br />
SA, qui lui rend impossibles les transactions<br />
directes d’hydrocarbures.<br />
C’est un étranglement de l’économie<br />
vénézuélienne – une recette pour<br />
affamer un pays et sa population, pour<br />
le soumettre, l’affaiblir pour le conquérir<br />
– pour piller ses ressources. Le<br />
Venezuela ne permettra JAMAIS que<br />
cela arrive. Citgo, filiale de PDVSA aux<br />
Etats-Unis ne peut déjà plus verser<br />
de dividendes au Venezuela, un autre<br />
coup porté aux revenus en devises du<br />
Venezuela. Il y a une menace tacite :<br />
les bénéfices de Citgo aux Etats-Unis<br />
peuvent être confisqués. Existe-t-il<br />
une plus haute trahison du droit international<br />
?<br />
Le Venezuela n’a jamais fait de<br />
mal à une autre nation. Au contraire.<br />
Le Venezuela a soutenu d’autres pays<br />
en les aidant avec des crédits et des<br />
prêts à bas taux, avec des hydrocarbures<br />
à des prix préférentiels quand le<br />
« marché » abusait avec des prix artificiellement<br />
élevés ; c’est à dire 120$ le<br />
Suite de la page (19)<br />
baril et plus pour saigner les pays en<br />
voie de développement. Aujourd’hui,<br />
le brut a baissé à 47 $ le baril, moins<br />
de la moitié de son prix d’il y a 2 ans.<br />
Les mêmes spéculateurs sont derrière<br />
cette baisse drastique, une autre manipulation<br />
délibérée et mal intentionnée.<br />
Oui, par les vassaux saoudiens,<br />
mais encore plus par Wall Street et<br />
son chef exécutif mafieux - Goldman<br />
Sachs – pour léser le Venezuela, l’Iran<br />
et la Russie, en particulier.<br />
Ça, cher Monsieur Maduro, c›est<br />
un coup d›Etat économique. C›est une<br />
guerre financière directe. C›est criminel,<br />
illégal et passible d›une condamnation<br />
comme crime de guerre, s›il<br />
existait une cour internationale dans<br />
le monde qui n›ait pas été « prostituée<br />
» par les Etats-Unis et ses manipulateurs<br />
de l›Obscur Etat Sioniste. Le blocus<br />
des transactions bancaires avec le<br />
Venezuela, de la dette et des « virements<br />
» pour des créanciers/ débiteurs<br />
est un délit. Bloquer les ventes d›hydrocarbures<br />
à l›étranger de l›entreprise<br />
pétrolière vénézuélienne est un crime.<br />
Rosneft de Russie a acheté une<br />
participation de 6 000 millions de $<br />
dans PDVSA et une participation de<br />
49,9% dans sa filiale CITGO qui a<br />
son siège aux Etats-Unis. Cela correspond<br />
à environ <strong>13</strong>% de la production<br />
totale du Venezuela. Presque tout le<br />
contingent est revendu essentiellement<br />
en Amérique Latine par la Russie<br />
aux clients du Venezuela malgré<br />
les « sanctions » des Etats-Unis.<br />
Le Venezuela pourrait envisager<br />
la possibilité de négocier des accords<br />
de concession ou de vente directe<br />
de plus grandes parties de PDVSA à<br />
Rosneft ou à d’autres géants pétroliers<br />
russes et chinois pour qu’elles soient<br />
rachetées une fois la crise finie. La<br />
Suède a fait de tels arrangements en<br />
nationalisant le secteur des banques<br />
pour surmonter sa crise bancaire dans<br />
les années 1990, une alternative élégante<br />
aux plans de sauvetage. Cela a<br />
fonctionné. Les banques ont été reprivatisées<br />
ensuite. La Russie pourrait<br />
vendre l’essence vénézuélienne<br />
dans le monde entier pour honorer les<br />
contrats avec les clients vénézuéliens.<br />
Sans attendre aucune sanction de la<br />
Maison Blanche. Qui pourrait être<br />
sanctionné si les transactions sont<br />
faites hors de l’économie du dollar ?<br />
Malgré la menace de Trump<br />
d’une intervention militaire directe au<br />
Venezuela, il y a aussi une forte possibilité<br />
de blocus naval des ports du<br />
Venezuela. Cependant, actuellement,<br />
les Etats-Unis ne sont pas les seuls<br />
maîtres de l’univers. La Russie et la<br />
Chine peuvent être invitées à former<br />
un contre-blocus et même à envoyer<br />
des troupes au Venezuela.<br />
L’intervention de la Russie<br />
en Syrie à la demande du Président<br />
Bashar Al-Assad a fait des merveilles.<br />
En fait, elle a libéré la Syrie du siège<br />
de l’OTAN, des Etats-Unis, de la<br />
France, du Royaume Uni, de l’Allemagne.<br />
Toutes les nations criminelles<br />
dansant au rythme de l’empereur moribond.<br />
La récente marche des forces<br />
aériennes de la Russie sur l’Océan Pacifique,<br />
la Mer du Japon, la Mer Jaune<br />
et la Mer de Chine Orientale, avec des<br />
bombardiers nucléaires Tupolev-95MS<br />
au milieu des manœuvres militaires<br />
massives et provocatrices des Etats-<br />
Unis sur les côtes proches de la péninsule<br />
coréenne a amené le Japon et la<br />
Corée du Sud à percuter les flots pour<br />
escorter les Tupolevs de la Russie. La<br />
manifestation russe a suscité le respect<br />
de façon impressionnante. Pourquoi<br />
ne serait-ce pas un élément de<br />
dissuasion pour un blocus de la marine<br />
états-unienne ? Ou renoncer à la<br />
menace de Trump d’une intervention<br />
militaire directe?<br />
*Peter Koenig est économiste<br />
et analyste géopolitique. Il a aussi<br />
travaillé à la Banque Mondiale et longuement<br />
dans le monde entier dans<br />
les domaines de l’environnement et<br />
des ressources en eau. Il donne des<br />
cours dans des universités aux Etats-<br />
Unis, en Europe et en Amérique du<br />
Sud. Il écrit régulièrement pour Global<br />
Research, ICH, RT, Spoutnik, Press-<br />
TV, 4tos medios (China), TeleSUR, le<br />
blog del Viñedo del Saker et d’autres<br />
sites internet. Il est l’auteur d’Implosion<br />
– Un thriller économique sur la<br />
guerre, la destruction de l’environnement<br />
et la cupidité corporative – une<br />
fiction basée sur des faits réels et sur<br />
30 ans d’expérience à la Banque Mondiale<br />
dans le monde entier. Il est aussi<br />
co-auteur de The World Order and Revolution!<br />
– Ensayos de la Resistencia.<br />
Traduction Françoise<br />
Lopez Bolivar Infos<br />
4 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
d ‘exquisité et d’extravagance,<br />
frisant l’atonalie. Imperméable tissu<br />
voluptueusement inspiré. Avec sa<br />
connotation didactique qui n’empêche<br />
point la distillation de tant d ‘ingéniosité<br />
et de créativité. Ses compositions<br />
décèlent une sonorité récitative<br />
embaumées de recherches harmoniques<br />
et de mélodies fluides, dégageant une<br />
approche personnelle, grâce à une<br />
technique claire et précise.<br />
Artiste dans l’âme et universellement<br />
façonnée, C.B a fait de ses œuvres<br />
comme un reflet sociologique rehaussées<br />
d’une opulence culturelle à partir d’une<br />
enfance musicale et poétique au bercail,<br />
agrémentée d’une riche adolescence artistique<br />
en France ; entre les tragédies et<br />
les conquêtes, le péril états-unien dans<br />
sa croisade contre la culture native, le<br />
charme des frères de la côte du ‘’tout<br />
paris’’ et la montée de la ferveur indigéniste.<br />
Les allées et les retours et enfin<br />
l’exil cher aux poètes et aux indignés qui<br />
se refusent à se faire voir à travers la médiocrité<br />
d’autrui. Pianiste à l’infini, sans<br />
bornes ; au classicisme sans frontières.<br />
Tandis que la thématique populaire a su<br />
constituer la toile de fond de sa créativité.<br />
Les hommages dont elle fit l’objet<br />
lorsqu’elle rendit l’âme le 11 décembre<br />
2005, en disent long sur son influence<br />
et de sa prépondérance sur des figures<br />
de proue, de Lina Mathon, à Nicole St.<br />
Victor en passant par sa petite fille Diane<br />
Brouard et sur une lignée de suivistes qui<br />
ne jurent que par elle de toujours veiller<br />
et de préserver l’héritage indestructible<br />
de cette compositrice féconde, musicienne<br />
épatante, pianiste d’exception et<br />
humaniste.<br />
Carl Brouard, le fou ?<br />
Tout petit, je voyais souvent ce clochard<br />
déambuler à travers les rues<br />
avoisinantes, et à l’endroit duquel les<br />
adultes éprouvaient beaucoup de respect.<br />
Il ne m’a pas pris du temps pour<br />
savoir qu’il fut une étoile de la littérature<br />
nationale. Pour ma part, je faisais de lui<br />
mon ami personnel. Puisqu’il avait fait<br />
de la galerie de notre maison à l’avenue<br />
Nicolas, son patelin obligé, pour venir<br />
s’allonger lorsqu’il était fatigué ou<br />
Suite de la page (5)<br />
avait faim. Maman pour qui Carl avait<br />
un faible, lui avait réservé un bol dans<br />
lequel elle lui servait de la sauce de pois<br />
et du pain chaud dont Carl Brouard raffolait<br />
vivement ; me mettait toujours en<br />
garde de trop m’enticher à vouloir jouer<br />
avec ce vieillard toujours mal en point.<br />
Et duquel, je risquais d’attraper des microbes.<br />
Puisqu’en fait, mon jeu consistait<br />
à lui brosser cette grosse bosse qu’il<br />
avait au front. Sans doute, pour avoir<br />
tant de fois perdu les pédales durant ses<br />
escapades avec Bacchus.<br />
Cependant, il arrive parfois qu’on<br />
le perde de vue pendant quelques<br />
temps. Et les rumeurs de toujours évoquaient<br />
son enlèvement par une DKW(<br />
ce genre de bagnole avec lequel les<br />
macoutes-cagoulards kidnappaient la<br />
population et les prétendus opposants<br />
pour les emmener au pays sans retour).<br />
En fait, c’était encore sur ordre de ‘’papa-dok’’<br />
qui le faisait ramener au palais<br />
pour le désintoxiquer afin qu’il puisse<br />
corriger ses textes nauséabonds. Lorsque<br />
le poète national refit surface dans<br />
les parages un peu arrangé, mais furieux.<br />
Il s’entêtait à répéter sans relâche :<br />
‘’L’IMBÉCILE, l’imbéciiiiille…’’. Et comme<br />
tant d’autres, je soupçonnais toujours<br />
à qui il faisait allusion. Puisqu’il n’y<br />
avait qu’un seul imbécile dans cette république<br />
bananière. Lequel avait choisi<br />
les individus les plus vils qu’ils dénommaient<br />
‘tonton-macoutes pour finir avec<br />
les dernières velléités nationales et patriotiques<br />
et intellectuelles, et faire d’Haïti<br />
la risée du monde. Quant à Carl Brouard,<br />
lorsqu’un certain jour les riverains le<br />
découvrirent flottant dans la ravine du<br />
Bois de Chêne avec pour compagnon un<br />
chien mort. Nul ne se doutait de cette<br />
main visible qui lui avait réservé ce sort.<br />
Pour que’’ la reconnaissance demeure<br />
une lâcheté…’’.<br />
(*)Certains détails sont tirés de<br />
l’ouvrage :’’ Carmen Brouard : Sa musique,<br />
ses états d’âme, ses souvenirs’’.<br />
De Françoise Forest et Gérard Montès.<br />
CIDIHCA,2010.<br />
Ce texte est issu de l’ouvrage:<br />
‘Les 100 plus influents musiciens haïtiens…’’<br />
Suite de la page (12)<br />
son ouvrage, ont été enregistrées<br />
en octobre 2012 (présidentielle de<br />
Chávez), décembre de la même année<br />
(élection des gouverneurs des 24 Etats<br />
du pays), avril 20<strong>13</strong> (nouvelle présidentielle)<br />
et décembre 20<strong>13</strong> (élections<br />
municipales). » A partir de la fin de<br />
20<strong>13</strong>, l’augmentation sera soutenue et<br />
disproportionnée jusqu’à janvier 2016<br />
(les élections législatives perdues par<br />
le chavisme ayant eu lieu en décembre<br />
2015).<br />
« La valeur de la monnaie sur<br />
le marché illégal, dénonce Curcio, ne<br />
répond à aucun critère économique ni<br />
aux variables associées, ne correspond<br />
en rien à la réalité ; mais obéit à une<br />
intention politique qui cherche la déstabilisation<br />
à travers la distorsion des<br />
marchés et de l’économie en général. »<br />
L’instrument de cette guerre (pas<br />
vraiment) invisible s’appelle Dollar Today<br />
(DT).<br />
Notes<br />
[1] El Universal, Caracas, 29 janvier <strong>2017</strong>.<br />
[2] La Mano visible del Mercado. Guerra<br />
económica en Venezuela, op. cit (pages 101<br />
à 106).<br />
[3] Miguel González Pino et Arturo Fontaine,<br />
Los mil días de Allende, Centro de<br />
Estudios Públicos, Santiago, 1997.<br />
[4] Últimas Noticias, Caracas, 6 juin <strong>2017</strong>.<br />
[5] P & G, 2015, Annual Report.<br />
[6] « Comunicado de P & G », La Patilla,<br />
Caracas, 30 juillet 2015.<br />
[7] El Telégrafo, Quito, 19 novembre 2016.<br />
[8] On est ainsi passé en 20<strong>13</strong> de deux taux<br />
de change (l’un officiel, l’autre au marché<br />
noir) à quatre taux de change (trois officiels<br />
et un au marché noir).<br />
Mémoire des luttes <strong>13</strong> août<br />
<strong>2017</strong><br />
Immaculeé Bakery<br />
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Chef: Véronique Pillard<br />
Manager: Danaelle Bonheur<br />
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Marchands de fresco, vendeuses de fritailles, de pistache grillé toukale,<br />
toukale. C'est justement l'absence de ces petites choses (''à l'étranger'')<br />
qui créent et alimentent notre solitude.<br />
presque plus personne. Ils feront donc<br />
le voyage et viendront prendre plaisir<br />
à regarder défiler ces fillettes de l’école<br />
Ste Trinité avec leur uniforme propre,<br />
bien empesé, bien repassé; ils viendront<br />
grimper dans un tap-tap qui les<br />
mènera du Portail Léogâne jusqu’à<br />
Bizoton même s›ils doivent s›asseoir<br />
inconfortablement à «la queue» de la<br />
camionnette. Ils viendront se mêler<br />
à la foule bruyante durant les Mardis<br />
gras ou jouir du rythme ensorcelant,<br />
saccadé, lugubre par moments, des vaksin<br />
au sein des bandes rara.<br />
Ils iront se baigner à Saut<br />
Mathurin, donner libre cours à leur<br />
fantasme sous les chutes d’eau claire et<br />
vivifiante de Saut d’Eau, Ville Bonheur;<br />
ville de bonheur pendant leurs deux<br />
semaines de vacances, car tant aux<br />
adeptes du vaudou qu’aux catholiques<br />
qui viennent y célébrer chaque 16 juillet<br />
leur sainte patronne, la vierge Marie<br />
du Mont Carmel, ces chutes procurent<br />
joie profonde et paix réconfortante.<br />
Bref, il leur faut cet oxygène du terroir,<br />
cette magie antillaise, ce parfum du<br />
pays natal qui les aidera, ils l’espèrent<br />
du moins, “ à vivre, plein d’usage et<br />
raison entre[leurs] parents le reste de<br />
[leur] âge”.<br />
On nous casse les oreilles de<br />
Matthew, de Harvey, d’Irma, de leurs<br />
effets dévastateurs, et bientôt de José<br />
et de Katia. Sans nul doute, les destructions,<br />
les dévastations sont évidentes.<br />
Mais j’ai voulu rappeler qu’il<br />
existe aussi d’autres cyclones, d’autres<br />
dévastations aussi pénibles, sauf<br />
que ces dernières affectent l’être humain,<br />
son essence même, sa dignité,<br />
sa biologie, ses droits les plus élémentaires.<br />
Sauf qu’on n’en parle pas, sauf<br />
que la grande presse ne veut pas en<br />
parler parce qu’elles sont le fait de la<br />
logique impérialiste des puissants de ce<br />
monde dont ces grands médias sont les<br />
porte-parole.<br />
[1]http://www.oxfamintermon.org/es/<br />
campanas-educacion/entrevista/entrevista-hambre-cronica-en-guatemala-no-es-solo-un-problema-de-justi<br />
Les données statistiques du texte sont empruntées<br />
aux deux sources suivantes:<br />
log De Cuba Sí. Provence. <strong>Septembre</strong> 2014<br />
http://www.albertportail.info/spip.php?article28’<br />
9 septembre <strong>2017</strong><br />
16 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
A Travers le monde<br />
Solidarité avec les travailleurs<br />
et les peuples touchés par le<br />
cyclone Irma !<br />
Les Organisations CGTG,<br />
FO, UNSA, SUDPTT GWA, UGTG,<br />
KDLO, DLO NOWBASTE, TRAVAYE<br />
E PEYIZAN, SPEG, MOUVMAN<br />
NONM, LKP, DOUBOUT POU DLO<br />
AN NOU, SPA :<br />
Apportent leur pleine et entière<br />
solidarité aux Travailleurs et aux<br />
Peuples de l’ensemble des îles de la<br />
Caraïbe touchés par le cyclone IRMA<br />
et singulièrement aux habitants de<br />
Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ;<br />
Condamnent avec la plus grande<br />
fermeté la gestion COLONIALE, « MEN-<br />
FOUTISTE », TOURISTIQUE et RAC-<br />
ISTE de cette crise par l’Etat colonial<br />
français et cela avec une étonnante<br />
passivité des élus.<br />
Appellent les Travailleurs et le<br />
Peuple de Guadeloupe à la plus grande<br />
solidarité en apportant de l’eau, des<br />
biscuits, des légumes secs, des produits<br />
d’hygiène au Palais de la Mutualité à<br />
Eli Domota<br />
partir du lundi 11 <strong>Septembre</strong> 19H00.<br />
Invitent les Organisations éprises<br />
de justice, de liberté, de défense des<br />
droits des Travailleurs et des Peuples<br />
à prendre part à une réunion qui se<br />
tiendra le lundi 11 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong> à<br />
19H00 au Palais de la Mutualité.<br />
NON AU MEPRIS –<br />
TOUT MOUN SE MOUN !!<br />
Pour les Organisations<br />
Eli Domota<br />
9 septembre <strong>2017</strong><br />
Cuba envoie des médecins à<br />
plusieurs îles des Caraïbes ravagées<br />
par l'Ouragan Irma !<br />
Argentine : Où est Santiago Maldonado ?<br />
Par Darcy Borrero Batista<br />
Le jeune artisan a disparu alors qu'il<br />
participait à une manifestation organisée<br />
par la Résistance ancestrale mapuche,<br />
qui exige la libération de son<br />
leader, Facundo Jones Huala.<br />
Mardi en Patagonie. Personne ne<br />
peut dire l'heure exacte. Santiago<br />
Maldonado prenait part à une manifestation<br />
de la Résistance ancestrale Mapuche<br />
pour la libération de son leader,<br />
Facundo Jones Huala.<br />
Il n'est pas possible de décrire<br />
les vêtements que portait Santiago,<br />
le 1er août. On peut seulement<br />
dire qu'il se consacrait à l'artisanat et<br />
soutenait les causes des peuples ancestraux<br />
d'Amérique. C’est ce qu’il<br />
faisait jusqu'au moment de sa disparition<br />
forcée, comme l’a qualifiée l'ONU<br />
récemment dans une déclaration dans<br />
laquelle elle s’inquiète du sort de ce<br />
jeune homme et demande au gouvernement<br />
de Mauricio Macri de prendre<br />
les choses en main. « Le Comité contre<br />
les disparitions forcées de l'organisation<br />
multilatérale a exigé que l'État argentin<br />
prenne des mesures urgentes pour<br />
retrouver Maldonado et identifier les<br />
responsables de sa disparition, qui fait<br />
l'objet de dénonciations de la part des<br />
membres de sa famille et des organisations<br />
de défense des droits de l'Homme<br />
», a rapporté la chaîne Telesur.<br />
Où est Santiago Maldonado se<br />
Le monde physique et le virtuel se sont fait écho de la disparition forcée<br />
de Santiago Maldonado<br />
demande le monde depuis un mois ? Le<br />
monde physique et le virtuel, où l'étiquette<br />
est devenue virale et s’affiche<br />
sans relâche, beaucoup plus la semaine<br />
dernière, alors que l’on commémorait,<br />
ce mercredi 30, la Journée internationale<br />
des victimes des disparitions<br />
forcées.<br />
L'Argentine ne souffre pas<br />
seulement aujourd'hui de la disparition<br />
de l'un de ses enfants. Santiago n’est<br />
qu’un parmi tant d’autres jeunes recherchés<br />
par les grand-mères sans petits-enfants,<br />
et les mères sans enfants<br />
de la Place de Mai.<br />
Ceux qui ne sont pas revenus et<br />
qui sont devenus les enfants des assassins<br />
de leurs parents, dans un processus<br />
singulier d'adoption pendant la<br />
dictature de Rafael Videla.<br />
Aujourd’hui, des décennies plus<br />
tard, l'Amérique latine sent de nouveau<br />
ses veines s’ouvrir et l'incertitude de<br />
son sang versé. Le monde attend néanmoins<br />
que Santiago réapparaisse en<br />
vie. Personne ne s'habitue à l'idée d'impunité.<br />
Encore moins lorsque l’histoire<br />
devient une chaîne d’injustices.<br />
Durant la protestation de la Résistance<br />
ancestrale Mapuche – à Pu<br />
Lof de Cushamen, dans la province<br />
argentine de Chubut – à laquelle Santiago<br />
prenait part, les manifestants<br />
exigeaient la libération du leader mapuche<br />
Facundo Jones Huala, réclamé<br />
suite à la page(19)<br />
Non à l’expulsion de Kemi Seba du Sénégal !<br />
Des médecins cubains en route pour les îles dévastées de la Caraïbe<br />
Des centaines de médecins cubains<br />
se rendent dans les îles dévastées des<br />
Caraïbes, sauf dans l'ile "française" de<br />
St Martin. C'est aussi ça le "privilège"<br />
d'appartenir à la France. "L'aide" sera<br />
française ou ne sera pas.<br />
Plus de 750 professionnels de la<br />
santé publique sont arrivés à Antigua,<br />
Barbuda, le Saint Kitts, Nevis, Santa<br />
Lucia, les Bahamas, la Dominique et<br />
Haïti. Il leur a été demandé de suivre<br />
les directives du Ministère de la Santé<br />
publique (Minsap) et de contribuer à<br />
aider au rétablissement des régions qui<br />
ont été frappées par l'ouragan.<br />
« La collaboration de l'Unité de<br />
Coopération Médicale Centrale, et avec<br />
VENUS<br />
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Brooklyn, NY<br />
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le Centre Minsap de Gestion et nos<br />
ambassades, ont maintenu la communication<br />
pour évaluer les dégâts<br />
et évaluer quelle aide nos propres collaborateurs<br />
pourraient fournir », a dit<br />
à Granma Regla Angulo Pardo, directrice<br />
de l'Unité Centrale de Coopération<br />
Médicale à Cuba.<br />
La nation de 11 millions d'habitants<br />
a une tradition historique d'envoyer<br />
le personnel médical quand<br />
d'autres nations en ont besoin, comme<br />
pendant la crise Ebola en Afrique occidentale<br />
en 2014 et 2015. Une brigade<br />
de plus de 600 professionnels cubains<br />
de la santé publique est allée en Sierra<br />
Leone en 2014 aider à faire face à la<br />
1738 Flatbush Avenue<br />
(b/t Aves I & J)<br />
718.258.0509<br />
Kemi Seba doit revenir sur sa terre africaine<br />
du Sénégal<br />
Le gouvernement du Président<br />
Macky Sall a décidé d'expulser du<br />
Sénégal vers la France le citoyen Franco-Béninois<br />
Kemi Seba.<br />
Le prétexte de cette forfaiture<br />
visant un ressortissant de la terre africaine<br />
du Bénin qui a grandi dans les<br />
quartiers populaires de France est le fait<br />
que Kemi Seba a brûlé un billet de la<br />
monnaie néocoloniale franc CFA.<br />
La procédure judiciaire enclenchée<br />
par la BCEAO contre Kemi<br />
Seba s'est soldée par une relaxe<br />
aussitôt suivie d'un acharnement<br />
gouvernemental qui vient de se manifester<br />
par son expulsion pour "trouble<br />
à l'ordre public" qui rappelle les heures<br />
sombres de "nègres qui vendaient<br />
crise.<br />
Ils ont aussi envoyé à 1,200<br />
professionnels de la santé publique en<br />
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2816 Church Avenue<br />
(b/t Nostrand & Rogers Aves.)<br />
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Kemi Seba<br />
d'autres nègres aux négriers blancs<br />
esclavagistes". Brûler un billet d'une<br />
monnaie coloniale et appeler à manifester<br />
le 16 septembre <strong>2017</strong>, ce que la<br />
constitution du Sénégal reconnaît, pour<br />
dire NON au CFA devient ainsi " une<br />
menace grave pour l'ordre public " pour<br />
expulser par "arrêté n° 16235/MINT-<br />
SP/DGPN/DPETV/DPE du 05 septembre<br />
Haïti après que la nation ait été frappée<br />
par un tremblement de terre en 2010.<br />
KATOU<br />
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10h am – 10h pm<br />
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équipe de cordons bleus recrutés sous<br />
la supervision de Katou<br />
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Bouillon le samedi – Soupe le<br />
dimanche – Bouillie de banane le soir<br />
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Si vous avez du goût, vous ne<br />
lâcherez pas Katou Restaurant<br />
<strong>2017</strong>... le ressortissant franco-béninois<br />
Stélio Gilles Robert Capo CHICHI, alias<br />
Kémi SEBA, né le 19 décembre 1981, à<br />
Strasbourg (France)".<br />
Qu'est ce donc la zone CFA cette<br />
vieille survivance coloniale par laquelle<br />
15 Etats de l'ex-empire colonial<br />
français sont maintenus dans la servilité<br />
néo-coloniale par le pouvoir exclusif<br />
détenu par l'impérialisme Français<br />
qui bat et émet le franc CFA, a le droit<br />
de veto dans les banques centrales<br />
BCEAO, BEAC, Comores, contraint les<br />
15 Etats africains à verser au début<br />
la totalité, puis 65% et aujourd'hui<br />
50% de leurs réserves de change dans<br />
des "comptes d'opérations" ouverts<br />
auprès du trésor français, crédite ou<br />
débite le compte de chaque pays de la<br />
zone CFA selon leurs importations ou<br />
suite à la page(19)<br />
Chronique sur l’Amérique Latine<br />
10 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
Le Bon Pain<br />
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Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong><br />
<strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
17
Haïti Top 10 Athlètes<br />
Numéro 9 Henry Francillon (Bainet 1946)<br />
« Un ange-gardien providentiel »<br />
Par Ed Rainer Sainvill<br />
Une carrière providentielle pour un<br />
portier salvateur dans un pays qui<br />
pouvait s’enorgueillir d’être comme<br />
l’Italie, l’Allemagne, les Etats-Unis etc;<br />
un grenier de grands portiers à travers<br />
une succession de célébrités comme:<br />
Edouard Esper, (RCH), Antoine Smith<br />
(VAC et E,H), Fédherbe Mews (VAC),<br />
Paquitte (BAC) , Roland Lacossade<br />
(Exelsior), Michel Blain l’inviolable<br />
(AN), Abel Léger (Pétion Ville),<br />
l’ange divin René Vertus (RCH), l’ange<br />
merveilleux Raphael Manoyrine (RCH)<br />
qui prit part à l’exode des mid-sixties,<br />
et les deux derniers , fauchés par des<br />
blessures impardonnables, au sommet<br />
de leur carrière: Edner Charles (A,N) et<br />
Kesnel Duchatelier (RCH). C’est dans<br />
ce contexte qu’apparut ‘’Yonyon’’,<br />
avec son insolence et son savoir –faire<br />
pour prendre la relève avec conviction.<br />
Ce qui lui ouvrit très vite le chemin de<br />
la gloire. Une ascendance éclair pour<br />
quelqu’un qui a contemplé une carrière<br />
d’attaquant, avant de trouver sa vraie<br />
vocation dans les cages. Spécialement<br />
avec le Victory au sein duquel il fut en<br />
charge de la barricade et de la fortification,<br />
épatant les connaisseurs du beau<br />
jeu. Fort de sa sureté, de son sens de<br />
placement mais surtout pour son autorité<br />
et sa maitrise qui en firent un<br />
portier de première classe,<br />
Même l’imbattable Wilner Piquant<br />
plus complet ne put s’opposer à<br />
sa titularisation, autant sa dominance<br />
dans les buts fut exceptionnelle. Avec<br />
seule ombre une certaine hésitation<br />
dans les sorties aériennes. (Ce qui fut<br />
le point fort de ces deux concurrents<br />
directs dont l’excellent Piquant et le<br />
laborieux mais si efficace Bobby). Avec<br />
un air de mec fier qui lui valut une certaine<br />
réputation. Si l’on récapitule sa<br />
rentrée parmi le Bicolore pour la campagne<br />
de Mexique 1970, le coup de<br />
foudre avec la population fut énorme.<br />
Car, si Tiguy’’ marquait les buts à<br />
l’avant pointe, ‘’Yonyon’’ lui était une<br />
forteresse imprenable dans les buts,<br />
devenant le gardien miracle des éliminatoires.<br />
Multipliant les sorties salvatrices,<br />
les arrêts exceptionnels, les plongeons<br />
spectaculaires avec une braverie<br />
sans pareil.<br />
Pas étonnant qu’il fut taxé de ”El<br />
diablo’’ par le président guatémaltèque<br />
d’alors. L’après Mexique l’a vu de retour<br />
avec le Victory renouant avec<br />
la première division: ‘’Yonyon’’ sorti<br />
d’une année de prêt au Violette pour retrouver<br />
la forme et son poste de numéro<br />
un. De là, sa participation au Concacaf<br />
de Trinidad avec une deuxième place<br />
invaincue, en passant au Mini Tournoi<br />
du Brésil en 1972, où malgré les<br />
sévères défaites de la Sélection CON-<br />
CACAF, il reçut les ovations du public.<br />
Car, Lorsque H.F encaisse 2 ou 3 buts<br />
c’est sûr qu’il en a arrêté une douzaine.<br />
Dino Zoff et Henry Francillon juste après le match Haïti-Italie à Munich<br />
le 15 juin 1974<br />
Face aux grands ténors du foot-ball<br />
mondial, il s’impose dominant avec<br />
une charnière défensive commandée<br />
par Nazaire et Tinès. Puis vint le sacre<br />
du Prémondial qui l’envoya à Munich<br />
en 1974 où il fut une consécration malgré<br />
les contre-performances de l’équipe<br />
nationale.<br />
Ses prouesses lui valurent d’être<br />
repéré par l’équipe allemande Munich<br />
1860, club modeste du bas de tableau<br />
dans lequel il connut bien de péripéties,<br />
de difficulté d’adaptation et de choc<br />
culturel et y joua peu. Il n’y resta pas<br />
longtemps. De retour au bercail, il<br />
partagea son temps entre les responsabilités<br />
familiales, le foot-ball à temps<br />
partiel tout en convoitant la politique.<br />
Devenant un candidat non sélectionné<br />
des mascarades législatives Jean- claudistes<br />
pour la ville de Bainet en 1976.<br />
Puis remorqué par les irréductibles, il<br />
vint chiper la place de Wilner Piquant,<br />
tutilaire indiscutable, jusqu’avant les<br />
Eliminatoires de 1978. Pour finalement<br />
raccrocher puis sélectionné comme<br />
autorité gouvernementale, devenant<br />
député de Bainet en 1979. A une époque<br />
où bousculé par les ‘’indépendantistes’’<br />
comme Sylvio Claude, G.<br />
Eugène, A. Lerouge, R. Guerre pris à<br />
l’hameçon de la libéralisation, le régime<br />
décida de lâcher du lest. En offrant cette<br />
sinécure ‘’d’ôte- toi que je m’y mette’’ à<br />
Francillon. Lequel fut subséquemment<br />
‘’déchouké’’ lors de la chute de ‘’babydoc’’<br />
en 1986 et n’eut la vie sauve qu’à<br />
son passé de foot-balleur. D’autant que<br />
ce qui lui arriva tenait plus de rivalité<br />
personnelle que d’accusation par la<br />
clameur populaire. Il atterrit avec sa famille<br />
en Floride comme exilé politique<br />
et pratiqua tous les boulots pour survivre,<br />
en plus d’un lot d’humiliation.<br />
Ensuite, il déménagea à Boston où<br />
il devint entraineur des jeunes. Il fut<br />
aussi honoré par la MLS durant une<br />
rencontre au cours de laquelle il fut<br />
présenté d’un jersey de la New England<br />
Revolution. En 1998, il fut classé 5ème<br />
gardien du 20e siècle.<br />
« Pleins Feux sur » :<br />
Carmen Brouard (Port-au-Prince, 1909 – Montréal, 2005)<br />
« Une légende à la fois discrète et surprenante »<br />
Par ED Rainer Sainvill<br />
Cette pianiste virtuose et précisément<br />
classique hérita de sa mère<br />
née Cléomine Gaëtjens qui fut son<br />
instructrice au piano, alors qu’elle<br />
n’avait que cinq ans. Mais lorsque la<br />
prodige fillette fit montre d’une capacité<br />
hors du commun, maman décida de<br />
la confier aux ingénieuses escapades<br />
de l’illustre Justin Elie et de sa femme<br />
Lily Price, pour peaufiner un talent qui<br />
avait hâte de s’épanouir .Dès l’âge de<br />
six ans, elle faisait déjà des prestations<br />
en public. Au cours d’un spectacle<br />
mis sur pied au ‘’Parisiana’’ par Mr.<br />
et Mrs. Elie. Alors que sa vocation et<br />
son talent s’accroitraient amplement,<br />
elle se retrouva subitement en France,<br />
où elle alla s’établir du fait de la santé<br />
chancelante de son frère ainé Max.<br />
Malgré tout, son intérêt pour le piano,<br />
la musique, la poésie et la culture en<br />
général s’amplifiait, qu’atteinte de musicalité,<br />
elle pianote et ‘’onomatopone’’<br />
à tout bout de champs. C’est ainsi<br />
qu’elle fut remise au ‘’Couvent des<br />
Oiseaux’’, à Paris sous la scrupuleuse<br />
formation de Mme Jacques Chailley.<br />
A cette étape, elle trouva un certain<br />
équilibre et une maturité qui lui permirent<br />
d’atteindre d’autres sommets.<br />
Dès son retour au bercail, elle alla<br />
s’innover avec Isidore Philipe et Mme.<br />
Stiviénart.<br />
Cependant, c’est son flair et<br />
ses traits singuliers dans les claviers<br />
qui la révèlent en disséminatrice hâtive<br />
à une époque auréolée d’une<br />
constellation d’étoiles. Comme elle<br />
s’éclata au milieu d’une floraison de<br />
pianistes féminines imbues de leur art,<br />
emmenée par la chef de file, l’incontournable<br />
Lina Mathon (dont elle fut<br />
pourtant une aide-professeure) et la<br />
précoce, Micheline Laudun dont elle<br />
a fit part d’une trinité musicale. Musicienne<br />
de talent, pianiste accomplie<br />
dotée d’une touche faite d’une grande<br />
subtilité harmonique et d’un style fluide,<br />
cette adepte de l’esthétisme a su<br />
en prolonger la finesse, grâce à une<br />
sensibilité à fleur de peau et d’un sens<br />
mélodique profond .Entre ses activités<br />
diverses, elle trouva sa voie de pédagogue<br />
innée en mettant ses connaissances<br />
musicales approfondies à la<br />
portée de la jeunesse. Tout en s’affirmant<br />
en concertiste qui s’attela à faire<br />
les délices musicale des connaisseurs<br />
de la musique savante au pays et<br />
Carmen Brouard<br />
ailleurs. Son répertoire en dit autant<br />
quant à l’orientation adoptée : Franz<br />
Liszt, Claude Débussy, Edouard Lalo,<br />
Robert Schumann, Ludwig Beethoven,<br />
Friedrich Haendel, Amadeus Mozart,-<br />
Jean S. Bach, mais aussi : Justin Elie,<br />
Anton Jaegerhuber, Ludovic Lamothe,<br />
Frantz Casséus et certainement, Carmen<br />
Brouard.<br />
Entre temps, elle fut admise<br />
comme membre titulaire de la Société<br />
des Lettres et des Arts. Puis, elle retourna<br />
en France compléter son expertise<br />
musicale au Conservatoire<br />
de Paris où elle obtint la médaille de<br />
solfège sous l’impulsion de M. et<br />
de Mme. Rousseau Samuel, tout en<br />
prenant une année supplémentaire<br />
afin de compléter une maîtrise au piano<br />
sous la direction de Marguerite<br />
Long, dans l’entourage de laquelle elle<br />
se lia d’amitié avec le célèbre compositeur<br />
et chef d’orchestre Maurice Ravel<br />
qui lui fit bien de révérences. Fraîche<br />
émoulue du Conservatoire de Paris,<br />
elle débarqua en Haïti au même temps<br />
que la génération dénommée “Le<br />
tout-Paris”. Son frère, Carl Brouard*,<br />
célèbre poète et l’un des chefs de file<br />
du mouvement indigéniste des années<br />
1930-1940 faisait aussi partie<br />
de ce groupe d’étudiants de l’aristocratie<br />
locale. A cette étape, elle tint<br />
constamment les feux de la rampe. De<br />
prestations en performances en plus<br />
lumineuses. S’associant au violoniste<br />
Emile Friedman, le célèbre violoncelliste<br />
russe Bogumil Sykora et tant de<br />
fois à l’éminent flûtiste et saxophoniste<br />
Dépestre Salnave qui lui aussi a eu<br />
une fructueuse carrière en conquérant<br />
l’Europe. En faisant du Paramount, du<br />
Rex Théâtre, le Capitole, les Cercles<br />
de Port-au-Prince, le Cercle Bellevue,<br />
L’Amicale et autres Temples de spectacles<br />
sa chasse-gardée.<br />
Faisant accourir les mélomanes<br />
de la ville, ainsi que les couples présidentiels<br />
et amoureux de la culture ;<br />
leurs excellences Dumarsais Estimé.<br />
De même que les mécènes de l’art<br />
que furent les époux Eugène Magloire<br />
qui confièrent à Carmen la formation<br />
musicale de leurs quatre enfants. Elle<br />
continua à faire montre de maestria<br />
forte d’une sonorité synchro classique<br />
qui fit d’elle une novatrice de l’air post<br />
romantique, en concoureuse du modernisme<br />
pour aller au delà de la sensibilité<br />
et mettre à nu l’inventivité. Au<br />
gré d’une élaboration qui allait définir<br />
les standards d’une époque où l’artiste<br />
et l’adhérent se communiquent<br />
pour une excursion plus conviviale,<br />
laquelle éjecte les créateurs de leur<br />
sommet pour converger dans l’harmonie<br />
collective. Tout en infusant cet<br />
apport populaire qui atteste d’une sensibilité<br />
native. Au sommet de son art,<br />
elle reçut au début des années 1950,<br />
une proposition de Richard L. Boldrey<br />
de la Chicago Musical College ; mais,<br />
à cause de nombreux engagements<br />
à honorer, elle n’a pu donner suite à<br />
cette requête. C’est autant guidée par<br />
ce désir de toujours vouloir prolonger<br />
la beauté infinie de l’art et de son goût<br />
particulier pour la perfection , qu’un<br />
beau jour, elle liquida meubles et immeubles<br />
: piano Beinscntein, bijoux,<br />
maison et le plus dur que d’obliger<br />
de fermer les portes de son académie<br />
musicale pour aller se perfectionner à<br />
Paris dans l’harmonie, la composition,<br />
et le contrepoint.<br />
Installée en France, en 1956,<br />
elle fut admise à la Faculté des Lettres<br />
de Paris. En proie à la nostalgie et<br />
les difficultés pécuniaires, elle réussit<br />
à boucler les cycles d’études pour<br />
susciter l’admiration du célèbre compositeur<br />
et directeur d’Harmonie au<br />
Conservatoire National Supérieur de<br />
Musique, George Hugon lequel continua<br />
à superviser, par correspondance,<br />
les ?uvres de Carmen après son retour<br />
en Haïti ? la fin des années 1950. Le<br />
début de la prochaine décennie la trouva<br />
sans répit, s’attelant à secouer la<br />
léthargie qui avait enkysté les élans<br />
de l’art majeur ; spécialement avec la<br />
consolidation d’un régime luciférien,<br />
lequel s’acharna à faire la chasse aux<br />
sorcières à l’intelligentsia locale, incluant<br />
son frère Carl Brouard (1) dont<br />
les ‘’goulagueries’’ de ‘’papadoc ‘’, son<br />
ancien ami, le firent sombrer dans la<br />
démence. Armée de détermination,<br />
et de son apostolat pédagogique, elle<br />
rouvrit son académie musicale, malgré<br />
les difficultés économiques et l’absence<br />
de subvention étatique, l’ayant obligée<br />
malheureusement à mettre à nouveau<br />
la clef sous les portes quelques<br />
années plus tard. A la même époque,<br />
elle initia l’émission radiophonique,’’<br />
Les Dimanches Musicaux’’ pour les<br />
mordus dodécaphoniques, avec la collaboration<br />
de Clara Perez Price Mars.<br />
Puis, elle n’a pu résister à l’insistance<br />
de ‘’ Jeunesses Musicales d’Haïti’’, qui<br />
VENDREDIS CULTURELS<br />
Ce Vendredi 15 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong> à partir de 7h PM<br />
Le Film<br />
<strong>Haiti</strong>: Where Did the Money<br />
Go?<br />
Sera projeté au local du journal Haïti Liberté<br />
Suivi d’un débat<br />
Information : 718-421-0162<br />
1583 Albany Ave Brooklyn, NY 11210<br />
Entrée Libre<br />
l’ont honorée du statut de Membre<br />
d’honneur de l’Association.<br />
Parallèlement, elle continua ses<br />
mélopées de concertiste achevée dans<br />
les fiefs musicaux de la ville, qu’elle<br />
sut rehausser de sa maestria. Maîtresse<br />
dans l’établissement du tempo et<br />
accords, toujours parés de mouvements<br />
éblouissants, faits d’inventivité<br />
et de mysticisme, auréolés d’équilibre<br />
et de parodies atteignant une flexibilité<br />
cérébrale harmoniquement complexe,<br />
embrasant culturellement une sonorité<br />
fusionnée et étincelante. Comme elle<br />
aima décrire sa musique qui baigne<br />
entre le folklorique et le romantique.<br />
En 1977, elle alla s’établir au Québec,<br />
laissant un environnement qui ne se<br />
soucia point de l’art qualitatif et majeur.<br />
Arrivée dans ce qui fut ‘’La belle<br />
province’’, elle entreprit un partenariat<br />
avec Claude Dauphin dans la fondation<br />
de la Société de Recherches et<br />
de Diffusion de la Musique Haïtienne<br />
(SRDMH), dans sa quête de doter les<br />
compatriotes déracinés, gelant dans<br />
l’hiver éternel des activités aptes<br />
suite à la page(19)<br />
18 <strong>Haiti</strong> Liberté/<strong>Haiti</strong>an Times<br />
Vol 11 # 10 • Du <strong>13</strong> au 19 <strong>Septembre</strong> <strong>2017</strong>
Client: ACLD<br />
Publication: Discounted Community Newspapers Group - QUEENS/NYC<br />
Accredited by<br />
SM<br />
Suite de la page (18)<br />
à faire scintiller leurs âmes dans des<br />
concerts de musique classique qui eurent<br />
l’approbation des connaisseurs<br />
imbus. Le quotidien Le Devoir, mit<br />
l’accent sur ses prestations lumineuses<br />
dans lesquelles elle mit en évidence<br />
d’autres talents probants qui se<br />
sont bonifiés sous sa direction. Dans<br />
la foulée, elle reçut une proposition<br />
de Radio Canada voulant acquérir ses<br />
chants funèbres.<br />
Insatiable, elle continua de composer,<br />
en renouant avec la poésie,<br />
l’une de ses premières amours, tout en<br />
continuant sa mission d’enseignante<br />
scrupuleuse ; et fit en 1983 l’adaptation<br />
musicale d’un poème de sa fille<br />
Nadine Magloire. En 1984, donnant<br />
suite à sa requête, elle reçut une allocation<br />
du Conseil des Arts du Canada<br />
dans le but de composer une pièce<br />
symphonique pour orchestre et piano.<br />
Et pour puiser son inspiration, elle alla<br />
se ressourcer au pays au contact de ses<br />
gens et de ses vibrations les plus profondes<br />
pour la réalisation de ‘’Baron<br />
Lacroix’’, tirée de l’œuvre du dramaturge<br />
Frank Fouché. En 1986, elle a<br />
bien mérité des hommages de la SRD-<br />
MH qui offrit en spectacles la totalité<br />
de ses œuvres musicales, de même que<br />
ses poèmes, gratifiés par de nombreux<br />
héritiers d’une mécène infaillible. En<br />
1991, le directeur de L’Orchestre Symphonique<br />
de Montréal, Jacques Faubert<br />
sollicita son expertise pour la création<br />
de quelques pièces symphoniques qui<br />
mettraient en valeur la richesse mélodique<br />
et rythmique de la musique<br />
populaire haïtienne. Cependant, vu les<br />
efforts astreignants que cela nécessiterait,<br />
elle décida de ne pas donner suite<br />
à un tel projet du fait de sa santé devenue<br />
chancelante.<br />
En 2001, dans un concert pour<br />
‘’Voix et Piano’’, lequel fut sa dernière<br />
performance, organisé sous l’initiative<br />
de Esée Monde à l’occasion<br />
de la Fête du Québec, à l’Ecole de<br />
Musique Vincent d’Indy. Pour cette<br />
circonstance, elle prit l’opportunité<br />
d’émerveiller une assistance qui n’en<br />
revenait pas et, dont elle fit part de<br />
sa révérence dans une performance<br />
impériale et lumineusement concoctée<br />
à partir de ses doigts magiciens qui<br />
n’avaient point de retenue pour<br />
l›occasion. Toujours impériale dans<br />
l’offrande du répertoire classique<br />
haïtien et universel, agrémentée de<br />
ce timbre fleurant admirablement la<br />
perfection, naviguant entre simplicité<br />
et complexité, entre singularité<br />
et diversité dans des pétales<br />
suite à la page(16)<br />
Suite de la page (17) Non à l’expulsion de Kemi Seba du Sénégal !<br />
exportations, etc. C'est ainsi que l'Etat<br />
français imposa la dévaluation de 50%<br />
du CFA en 1994 dans la perspective<br />
du passage à l'euro et les entreprises<br />
françaises en profitèrent pour racheter<br />
à 50% moins cher les secteurs publics<br />
et parapublics des économies de la zone<br />
CFA.<br />
Voilà ce que les coalitions anti-cfa<br />
et anti-APE ne cessent de dénoncer<br />
pour exiger la souveraineté nationale,<br />
notamment monétaire, des Etats du<br />
pré-carré françafricain. Voilà le "crime"<br />
commis par Kemi Seba que le journal<br />
Le Monde présente comme "un racisme<br />
anti-blanc" (sic!).<br />
Il faut saluer la mobilisation des<br />
mouvements sénégalais Y en a Marre,<br />
du Comité anti-APE/Franc CFA et l'ONG<br />
locale de Kemi Seba.<br />
Le Collectif Afrique (CA) s'associe<br />
à tous ces mouvements démocratiques<br />
et anti-impérialistes pour dire:<br />
- NON à l'expulsion du Sénégal<br />
de Kemi Seba<br />
- Retour au Sénégal auprès de<br />
son épouse, ses enfants et sa famille<br />
- Sortie du CFA des 15 Etats africains<br />
- NON à la signature des APE<br />
(Accord de Partenariat Economique que<br />
l'UE impose aux Etats africains)<br />
- Respect par l'Etat du Sénégal<br />
du droit constitutionnel de manifester,<br />
notamment le 16 septembre contre le<br />
franc CFA<br />
Fait le 7 septembre <strong>2017</strong><br />
Suite de la page (17)<br />
par la justice chilienne.<br />
Pour toute réponse : la répression.<br />
La gendarmerie nationale, une<br />
force de sécurité qui opère sous le<br />
commandement direct de la ministre<br />
de la Sécurité nationale, Patricia Bullrich,<br />
en fut chargée. Auparavant, cet<br />
organe avait arrêté Huala, en réponse<br />
à une demande internationale de capture<br />
pour sa prétendue responsabilité<br />
dans l'incendie du latifundio Pisué<br />
Pisué, dans la région de Los Rios. Le<br />
chef mapuche était également accusé<br />
de détention illégale d'armes artisanales<br />
et de violation de la Loi sur les<br />
étrangers.<br />
Le conflit s’appuie sur la lutte<br />
historique pour les terres occupées<br />
autrefois par les colonisateurs. Jusqu'à<br />
son arrestation, Huala dirigeait la lutte<br />
acharnée de ce peuple ancestral qui,<br />
entre autres actions, occupa les terres<br />
de l'entreprise italienne Benetton, propriétaire<br />
d'environ 900 000 hectares<br />
en Argentine.<br />
Santiago Maldonado a disparu<br />
pour avoir soutenu cette cause,<br />
semble nous dire le responsable de<br />
l’enlèvement de ce jeune homme.<br />
Souhaitons que ce ne soit pas une autre<br />
de ces nobles causes perdues qui<br />
inondent quotidiennement le monde<br />
en toute impunité. La justice devrait<br />
être le mot d'ordre afin que la question<br />
: « où est Santiago Maldonado? » ne<br />
reste pas sans réponse.<br />
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