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Haiti Liberte 13 Septembre 2017

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Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017 Haiti 20 gdes/ USA $1.50/ France 2 euros/ Canada $2.00

HAÏTI LIBERTÉ

JUSTICE • VÉRITÉ • INDÉPENDANCE

1583 Albany Ave, Brooklyn, NY 11210 Tel: 718-421-0162

Email: editor@haitiliberte.com

Web: www.haitiliberte.com

MANIFESTATION CONTRE LA LOI

DE FINANCES 2017-2018 !

Arestasyon Milot

Berger nan Senmak

Page 6

English

Page 9

Jean Claudel Merismas

Coup d’œil sur l’arrivée

des migrants

haïtiens au Canada

venus des États-

Unis!…

Page 7

Voir page 4

Le mardi 12 septembre, les manifestants parcourent les rues de la Capitale, aux cris de « Ne touchez pas à Don Kato », nous brûlerons le

parlement »! « À bas Jovenel » disent-ils « à bas la bourgeoisie, nous n’obéirons pas » « Liberté ou la mort, la révolution va commencer »

UTILISER LES DÉCHETS POUR SORTIR HAÏTI

DU BLACKOUT – UN PARI POSSIBLE ?

Conférence internationale

« Octobre

– 100 » à Léningrad

et déclaration des

partis communistes

et ouvriers !

Page 10

Voir page 4

Le profil général des déchets urbains haïtiens est marginal pour la production d'électricité soit par combustion soit par digestion

anaérobie combinée à la combustion du gaz. Ceci est dû à sa teneur élevée en humidité et à ses niveaux marginaux de plastique et de

papier hautement inflammable

Argentine : Où

est Santiago

Maldonado ?

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Irma, le Capitalisme et la Solidarité !

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

Par Berthony Dupont

«Tant que ne s’achèvera pas le colonialisme, tant

que ne s’achèvera pas l’impérialisme et je dirais

plus: tant que ne s’achèvera pas le capitalisme, nous

aurons des situations et des peuples vivant la douloureuse

situation que vit Haïti».

Hugo Chavez

Il est évident, ce ne sont pas les ouragans qui en

réalité appauvrissent, attaquent, déstabilisent et

détruisent les pays pauvres ; mais bien les catastrophes

économique, politique, sociale, humanitaire et

néolibérale que nous administrent les puissances

tutrices.

Le cyclone Irma vient de dévaster certains pays

frères de la Caraïbe ; mais il a épargné Haïti ; sauf que

dans le Nord, la ville du Cap-Haitien a été inondée,

dans le Nord-est où il a provoqué de nombreux dégâts

matériels, de plusieurs blessés, un disparu et un mort

dans le Département du Plateau Central.

Quand bien même onze mois après l’ouragan

Matthew, sept années après le séisme de 2010, il ne

reste plus rien comme infrastructure dans le pays et

les fonds de donation reçus pour la soi-disant reconstruction

ont été kidnappés, puis volés par les Clinton

et la Croix-Rouge américaine. Imaginez, cette fois-ci

qu’Haïti serait également frappée par le cyclone Irma,

ce serait inévitablement notre complète destruction

qui ne serait pourtant qu’une aubaine, qu’une autre

occasion d’affaires pour les multinationales.

Heureusement, Irma a évité Haïti ; mais cela

n’empêchera pas que la population vivant déjà sans

accès à des latrines, soit exposée davantage dans le

Nord du pays à une augmentation de l’épidémie du

Cholera, fruit de cette occupation criminelle, scélérate

qui continue de faire de très nombreuses victimes au

pays.

L’ouragan capitaliste n’attend pas lui-même la

saison cyclonique. Son crime s’inscrit dans le cadre

de la reconquête coloniale de certains pays. Irma n’est

pas ce bourreau omnipotent qui nous attaque quotidiennement

et utilise son aide humanitaire comme une

véritable arme répressive qui s’applique aujourd’hui

aux uns, demain aux autres pour nous piller et nous

exploiter de sorte que nous restions vulnérables à

toute sorte de calamité même la plus insignifiante.

L’unique et inique ouragan qui nous ruine ne

prendra fin que lorsque le peuple haïtien en l’occurrence

les travailleurs, les ouvriers, les paysans pauvres

finiront par s’allier pour combattre le système

abominable qu’est le capitalisme et ses représentants

locaux qu’il renouvelle à chaque élection, faux

changements de casquette et de visage pour cacher

la hideuse façade de leur édifice d'exploitation à outrance

et de leurs ignobles manœuvres pour protéger

et consolider les intérêts des sociétés multinationales

au mépris des aspirations populaires.

Il nous faut essayer par tous les moyens de dépasser

le stade de prise de conscience pour entrer

dans celle de la riposte active, organisée et structurée

contre notre domination centenaire, la plus rétrograde

de l’impérialisme américain.

Cuba et le Venezuela malgré leur situation précaire

viennent d'exprimer leur solidarité agissante à

certains pays tels que : Antigua, Barbuda, Saint Kitts,

Nevis, Santa Lucia, les Bahamas, la Dominique et

Haïti où 750 professionnels de la santé publique cubaine

sont arrivés pour aider les victimes.

Voilà un exemple de solidarité agissante qui ne

masque ni ingérence ni insouciance étrangère. Cuba

a été aussi frappé par Irma ; il importe toutefois de

prendre acte que c’est la voie non-capitaliste pour le

développement harmonieux et stable de ses ressources

naturelles puis son système de transformation

socialiste de la société qui l’a aidé à vaincre les catastrophes

naturelles ou orchestrées jusqu’à trouver

moyen de tendre une main fraternelle et internationaliste

à d’autres îles de la Caraïbe pourtant otages des

Occidentaux.

Non à la domination impériale !

Vive la lutte du peuple haïtien !

Vive la solidarité internationaliste

Vive le socialisme!

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Email :

editor@haitiliberte.com

Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Dr. Frantz Latour

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

Kim Ives

Frantz Latour

Guy Roumer

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EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Joël Léon

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Jackson Rateau

Eddy Toussaint

Ray Laforest

Edmond Bertin

Robert Garoute

Jacques Nési

Ed Rainer

Ing. Roosevelt René

Robert Lodimus

ADMINISTRATION

Marie Laurette Numa

Didier Leblanc

DISTRIBUTION: MIAMI

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


A Travers Haiti

Le combat du sénateur Cheramy au sénat contre le budget 2017-2018

Par Jackson Rateau

Le Sénateur de l’Ouest

Antonio Cheramy (Don kato)

Un seul homme s’est dressé face

à une assemblée de putrides formant

la chambre haute de la République

d’Haïti. Les sénateurs d’Haïti se

font appeler aussi l’assemblée des sages;

mais en fait ils sont une véritable

goguenardise ou moquerie pour cette

république altière (Haïti) ayant pour

représentants ce ramassis de vicieux,

de mafia, sorte de composante de la

50e législature.

Assisté de trois autres dont le

représentant du Sud-est, Ricard Pierre,

celui des Nippes, Nènel Cassis et le

Nord-ouest Evalière Beauplan, Antonio

Cheramy (Don kato) se dresse

contre 24 véreux pestilentiels, bien

monnayés par la présidence pour entériner

le budget scélérat de l’exercice

fiscal 2017 – 2018. On parle d’une

étonnante somme de deux millions de

gourdes à chacun des parlementaires.

Cette loi de finances 2017

2018, a été homologuée dans la

chambre basse d’Haïti dans la nuit du

9 Août 2017. Le mardi 5 Septembre

2017 dernier, c’était le tour des sénateurs

d’accomplir leur tâche d’adopter

ou de reprouver cette prévision

budgétaire, sorte de loi de répression

ou de châtiment des pauvres, mais le

bien-être ou la félicité de la classe des

nantis ou des riches. Votée presque à

l’unanimité au sénat de la République,

cette loi budgétaire a été retournée à

la chambre basse pour avoir été l’objet

d’une infime correction à la chambre

haute; la correction d’une phrase au

fameux article 17 dans laquelle on enlève

le mot forfaitaire... Fourvoyant la

population qu’il prend pour imbécile, le

sénateur Senatus s’est targué d'avoir

proposé cet énorme changement dans

cette loi budgétaire.

Le samedi 9 Septembre 2017,

entérinée à la chambre des députés

après la deuxième lecture, ce projet

budgétaire calculé sur mesure par les

bandits légaux, est devenu une loi,

malgré tous les remous des masses

populaires.

Le sénateur Antonio Cheramy

(Don Kato), soustrayant Salomon,

Rica Pierre, Nènel Cassis et Beauplan

qui, semble-t-il, s’alignent sur sa position,

était l’unique courageux ou titan

à pouvoir se dresser contre ces 24 pervers

de la chambre haute d’Haïti.

Après avoir réduit le rapport de

la commission en miettes, le sénateur

Cheramy, armé d’une clochette qu’il

carillonna parcourut toute la salle de

séances du sénat de la République,

aux cris de «Baré vòlè». Il perturba

tout de go la séance de ratification

de cette loi qui aspire à asphyxier la

masse populaire haïtienne.

La nuit du mercredi 6 au jeudi

7 Septembre 2017, l’assemblée des

sénateurs s’était à nouveau assise

pour plancher sur le budget déloyal,

infâme du gouvernement des bandits

légaux de PHTK # 2.

Aux environs de 9:00 heures du

soir, le débat était lancé sur le fameux

budget avec deux représentants des

bandits légaux en occurrence le sénateur

du Nord-ouest membre du PHTK

Kedler Augustin et celui de l’Ouest

Jean Renel Senatus.

Quoique la résistance des sénateurs

(Antonio Cheramy, Nènel Cassis,

Evalière Beauplan, Ricard Pierre et Salomon)

vers minuit le mercredi 9 Septembre,

le Sénat en absence de ces 4,

a voté le budget criminel par 19 voix

pour, une voix contre et 3 abstentions.

1585 ressortissantes et ressortissants haïtiens rapatriés à

Belladère au cours du mois d’août 2017

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D.D.S., P.C.

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Des migrantes et migrants haïtiens lors d'une opération de rapatriement

à la frontière de Carisal/Elias PiñaPhoto: Archives GARR

Des agents de la migration et des

militaires dominicains ont rapatrié

1585 migrants haïtiens à la frontière

de Carisal/Elias Piña, à Belladère, au

cours du mois d’août 2017. Au nombre

des rapatriés qui sont en majorité

des hommes figurent 51 femmes, 72

garçonnets et 2 fillettes. Plusieurs de

ces personnes ont déclaré avoir été

gardées pendant plus de 10 jours au

centre carcéral de Haina avant d’être

reconduites en Haïti. Elles ont subi

divers cas d’abus lors de ces opérations

de rapatriements. 10 rapatriés se

sont vu confisquer leur argent et leurs

téléphones portables.

La majorité de ces migrants haïtiens

ont vécu plusieurs années en

territoire dominicain notamment à San

Juan, Santo Domingo, Azua et Higuey.

Certains disent avoir été séparés de leur

famille. Tel est le cas de Joël, 43 ans,

originaire de Ouanaminthe (Nord-est)

qui vivait à Santo Domingo depuis 20

ans. Il a déclaré qu’il travaillait dans

une plantation agricole dominicaine et

y détenait aussi sa propre plantation.

Il a été rapatrié et contraint de

laisser ses 3 enfants en République

dominicaine, a-t-il confié au GARR.

Il a critiqué le comportement des militaires

dominicains qui ne lui ont pas

accordé de temps pour récupérer ses

biens accumulés pendant de longues

années de durs labeurs en République

Dominicaine. Le quadragénaire

a dénoncé également des militaires

dominicains qui auraient confisqué des

téléphones portables et de l’argent des

migrants avant de les reconduire à la

frontière. « J’ai été intercepté à Santo

Domingo au moment où je devais

rencontrer un ami. Deux militaires

dominicains m’ont fait signe d’arrêter

et m’ont intimé l’ordre de monter

dans un bus qui avait déjà plusieurs

autres ressortissants haïtiens. Nous

avons été incarcérés pendant 14 jours

à un centre de détention avant d’être

expulsés du territoire dominicain.»,

a-t-il indiqué.

La situation n’est pas différente

pour Hubert, 35 ans, qui a vécu 17

ans à San Juan. Il travaillait dans le

domaine de la construction. Le ressortissant

haïtien a été accueilli par le

GARR à Belladère dans des conditions

critiques. Parallèlement, de nombreux

Haïtiennes et Haïtiens résidant dans

les zones frontalières qui ont l’habitude

de bénéficier des soins médicaux

dans des hôpitaux dominicains, se

voient refuser l’accès depuis plusieurs

jours, a appris le GARR auprès du Réseau

Frontalier Jeannot Succès (RFJS).

Une décision qui vient compliquer

la situation des résidentes et

résidents des zones frontalières notamment

des femmes enceintes qui

fréquentent les maternités des hôpitaux

dominicains avant et pendant

leur accouchement. Soulignons que de

juin 2015 au 17 août 2017, 218,610

migrants haïtiens ont été contraints de

traverser la frontière. Parmi lesquels

128,483 retournés spontanés et

90,127 rapatriés ont été recensés.

Le GARR exhorte le gouvernement

haïtien à travailler avec son homologue

dominicain en vue d’octroyer

du temps aux migrants haïtiens de

récupérer leurs biens avant toutes les

opérations de rapatriements comme

l’exige d’ailleurs le protocole d’accord

du 2 décembre 1999.

Il en profite pour plaider en

faveur de la construction des centres

hospitaliers dans les zones frontalières

au bénéfice des Haïtiennes et Haïtiens

qui y résident. Ce qui leur permettra

d’avoir accès aux soins de santé sans

avoir besoin d’aller se faire soigner en

territoire dominicain.

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Greater Brooklyn

Gastroenterology Care

Michel Jose Charles MD, FACG, AGAF

Board Certified Gastroenterology

1672 Flatbush Ave.

(corner of Ave. I)

Brooklyn, NY

95-08 Queens Blvd.

Rego Park, NY

718.275.1313

Office hours by appointment

718.434.9313

1012 Ocean Avenue, Suite 1B

(corner Newkirk Avenue)

Brooklyn, NY 11226

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Office Locations

3621 Glenwood Rd, Brooklyn NY 11210

9408 Flatlands Ave, Brooklyn NY 11236

1381-B Linden Blvd, Brooklyn NY 11212

By Appointment Only

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

E-mail: charlesmjcharles@hotmail.com

“Giving care, one patient at a time.”

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

3


Manifestation contre la loi

de finances 2017-2018 !

Par Marie Laurette Numa

Depuis le vote par le Senat de la

loi de Finances 2017-2018, le

vendredi 8 septembre 2017, un vent

de mobilisation semble timidement

souffler à nouveau dans le pays pour

combattre les nouvelles taxations du

gouvernement Moise-Lafontant sur la

population.

A cette fin, Fanmi Lavalas appelle

à une manifestation pour le lundi

11 septembre pour commémorer de

biens tristes souvenirs tels l’assassinat

crapuleux d’Antoine Izméry en 1993

et le massacre de l’église de Saint-Jean

Bosco en 1988 par les brassards rouges

de Franck Romain tout en dénonçant le

vote de la loi de Finances.

L’ancien sénateur et candidat

à la présidence de la Plateforme Pitit

Dessalines Jean Charles Moise entre

dans la danse et annonce lui-même une

autre manif pour le mardi 12 septembre

contre le budget et le pouvoir en place.

Ainsi le lundi 11 septembre pour

essayer de désorienter les appels à la

mobilisation, la présidence dans une

conférence de presse au Palais national

par deux de ses quatre porte-parole en

l’occurrence Tamara Orion et Martine

Denis Chandler s’est montrée toutefois

satisfaite de ce que les Parlementaires

dont la majorité acquise au gouvernement

ont voté à la chambre Basse

et Haute l’adoptation de la loi de Finances

2017-2018 du gouvernement

Moise-Lafontant ; mais reste prudente

cependant pour amadouer le peuple,

Tamara elle-même l’appelait au calme

Des barricades en flammes

Tout au long du parcours, les manifestants chantent et lancent des

slogans très hostiles aux parlementaires et au président de la république

Jovenel Moïse qu’ils accusent non seulement d’inculpé, mais travaillant

au service de la bourgeoisie

En conférence, deux des quatre porte-parole de la Présidence en l’occurrence

Martine Denis Chandler et Tamara Orion, le lundi 11 septembre écoulé

Le ministre de la Justice et de la

Sécurité Publique M. Heidi Fortuné

en lui faisant croire que cette loi votée

« allait permettre à l’exécutif d’ouvrir

une série de grands chantiers dans le

pays de sorte que tous les citoyens bénéficient

des services auxquels ils ont

droit ». Malheureusement, ces propos

n’ont pas pu en aucune façon stopper

les masses défavorisées mécontentes

et prêtes à protester contre cette loi

d’exploitation forgée pour les mettre

davantage à genoux dans la misère et

la pauvreté.

Les organisations de droits humains

ne sont pas restées indifférentes,

elles sont entrées dans la partie

pour exprimer leur ras le bol face

à cette loi de finances. Ainsi, le lundi

11 Septembre, dans une conférence de

presse également, la coordonatrice de

l’organisation CE-JILAP, Jocelyne Colas,

a fait savoir que « ce budget n’est

pas en conformité avec la constitution

puisqu’il ne conduira le pays que vers

plus d’inégalité sociale, de misère,

d’injustice et de corruption ». Me Joseph

Maxime Rony coordonnateur général

de la Plateforme des Organisations Haïtiennes

des Droits Humains a pour sa

Utiliser les déchets pour sortir Haïti

du blackout – Un pari possible ?

Enquête réalisée par Milo MILFORT/ ENQUET’ACTION*

Des tonnes d’ordures accueillent les

visiteurs, riverains et travailleurs

sur une route où trainent des chiens,

cabris, porcs et capsules de bouteille de

cola. Des tentes et maisons de fortune

où vivent plusieurs centaines de personnes

dans des conditions précaires

longent l’entrée. Ici, des chômeurs

et riverains montent la garde. A l’intérieur,

chiffonniers mal équipés, animaux,

moustiques et déchets qu’ils

soient médicaux, organiques, plastiques

ou autre, se mêlent dans un chaos

indescriptible.

La fumée et le feu sont omni présents

empoisonnant continuellement

l’air et l’environnement. Les odeurs

nauséabondes, la boue, les vermines et

les eaux usées finissent le tableau. Et

surtout gare aux pieds, car on risque de

se faire piquer par des seringues ou tessons

de bouteilles, voire se faire bruler

par les braises encore actives de feux

qui se meurent. La décharge publique

de Truitier située à l’intérieur de la zone

de Duvivier à Cité Soleil à quelque 5km

au nord du centre-ville de Port-au-

Prince est un no man’s land, sous la

tutelle du Service métropolitain de collecte

des résidus solides (SMCRS). Cette

entité étatique est chargée de « collecter

» les ordures dans la région métropolitaine,

mais a failli à sa mission faute

de moyens et de matériels.

«Le site n’est pas vivable. Nous

autres qui y travaillons, nous sommes

presque des morts ambulants. Quand

je n’ai pas de problème au niveau des

yeux, je l’ai au niveau de la gorge.

Certaines fois, des nuages de fumée

noire défient le climatiseur», explique

l’ingénieure Sofia Seignon, directrice

générale de la décharge nationale de

Truitier, dans son bureau placé dans

un container où il y a un climatiseur en

panne, quelques chaises et des bottes.

«Truitier se trouve dans un état critique.

Nous ne saurions l’appeler décharge,

mais plutôt un espace où l’on jette des

déchets. Nous savons pertinemment

bien ce qu’est une décharge», tempêtet-elle.

Plus rien ne fonctionne dans la

seule décharge officielle du pays. Avec

plus de 10 millions d’habitants, Haïti

produit quotidiennement entre 1 mille

500 à 2 mille m 3 de déchets, selon des

sources combinées. Soit par jour, à peu

près 0.6 à 1kg de déchets par personne.

Cette quantité de déchets inexploitée,

au-delà des questions environnementales,

soulève d’autres interrogations.

Car le pays fait face paradoxalement

à une pénurie criante d’énergie électrique.

Or, selon plusieurs spécialistes

haïtiens et étrangers en environnement

et énergie, les déchets seraient capables

de produire non seulement de l’engrais,

mais aussi et surtout de l’électricité.

A Truitier, la fumée et le feu sont omni présents…Milo MILFORT

L’électricité, un service de luxe !

Le territoire haïtien est peu couvert

en électricité. Une seule compagnie,

l’Electricité d’Haïti (EDH), une structure

publique, dessert la population et

la dette colossale accumulée s’élève

à plus de 65 millions de dollars américains

en 2013. «Les problèmes en

énergie du pays sont exacerbés surtout

après le tremblement de terre de

janvier 2010», constate l’ingénieur

Marc-André Chrysostome, coordonnateur

de la cellule Energie du ministère

des Travaux Publics, Transports et

part qualifié « de provocation le vote

du budget » ; tout en prenant le soin

d’ajouter que le peuple « doit prendre

son destin en main en recourant à la

désobéissance civile ; vu que l’Etat ne

fournit pas les services de base à la population

».

Au cours de cette journée du

lundi 11 Septembre, les militants de

l’organisation Fanmi Lavalas ont profité

pour critiquer énergiquement la loi

de finances 2017-2018 ; sauf qu’ils

ont également manifesté leur colère et

leur frustration en saccageant quelques

véhicules jusqu’à les mettre à flammes.

Après avoir sillonné quelques rues de

la capitale, les forces de l’ordre Cimo

au service de la bourgeoisie ont fini par

disperser la foule des manifestants en

faisant usage du gaz lacrymogène et de

projectiles en caoutchouc.

Les manifestants se sont résignés

à rentrer, mais pas déposer aux armes.

Ainsi, ils reprennent pour la plus belle

les rues le lendemain mardi 12 septembre

et cette fois pour de bon. Munis

de leurs pancartes et de branches

d’arbres, tout au long du parcours, ils

chantent et lancent des slogans très

hostiles aux parlementaires et au président

de la république Jovenel Moïse

qu’ils accusent non seulement d’inculpé,

mais travaillant au service de la

bourgeoisie.

Ils parcourent les rues aux cris de

« Ne touchez pas à Don Kato », le sénateur

de l’Ouest qui a voulu boycotter la

séance pour empêcher le vote du Sénat.

« Ne touchez pas à Don Kato », nous

brûlerons le parlement »

« À bas Jovenel » disent-ils « à

bas la bourgeoisie, nous n’obéirons

pas » « Liberté ou la mort, la révolution

va commencer »

Ce mardi un jeune homme a été

victime, quand un véhicule avec une

plaque d’immatriculation officielle a

été attaqué par certains manifestants à

Martissant 17. Selon ce que rapportent

des témoins, c’est le chauffeur qui a tiré

et la balle a frappé mortellement un des

manifestants.

Le gouvernement pour défendre

son camp réagit par l’intermédiaire du

ministre de la Justice et de la Sécurité

Publique M. Heidi Fortuné, qui par

un communiqué menace les manifestants

« Il est regrettable de constater

depuis quelques temps, dans la Capitale

du pays, que certaines institutions

publiques sont assujetties à des scènes

de violence commanditées et opérées

par des personnes porteuses du virus

anti-démocratique, mettant ainsi en

Communications (MTPTC), dans un

rapport titré «Le secteur de l’énergie

en Haïti et ses nouvelles expériences

dans le développement du programme

SREP (Scaling-up renewable energy

program)».

«Les obstacles les plus importants

au développement du secteur

de l’électricité en Haïti sont la faiblesse

des institutions, des systèmes

et la pauvreté. Beaucoup de gens

utilisent l’électricité sans payer, ce

qui affecte gravement les revenus

d’EDH et la rend incapable de financer

suite à la page(8)

péril non seulement la vie de nos

concitoyens et leurs biens, mais encore

ceux faisant partie du patrimoine de

notre État. Des instructions formelles

ont été passées au Commissaire du

Gouvernement près le Tribunal de

Première Instance de Port-au-Prince et

au Directeur Général de la PNH, chacun

en ce qui le concerne, de prendre

toutes mesures appropriées; avec la

mention suivante: Arrêter et faire

juger les coupables sans considération

d›appartenance politique »

Le sénateur de l’ouest Antonio

Chéramy dénonce catégoriquement

cette mesure du Ministère de la justice

et de la sécurité publique (Mjsp) qu’il

qualifie de stratégie pour empêcher la

population de manifester dans les rues

de Port-au-Prince « Je suis pour les manifestations

pacifiques, le respect de la

constitution et contre toutes formes de

violences. Mais, s’il faut condamner des

actes de violence, il faut aussi condamner

ceux de la Police qui ne cesse de

maltraiter les manifestants » a souligné

la plateforme Vérité de René Préval.

Une autre mobilisation est déjà

annoncée pour le mercredi 13 septembre

2017 qui elle-même se rendra

devant les locaux du parlement haïtien.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


Des cyclones, parlons-en

Twa Fèy, Twa Rasin O!

Par Fanfan la Tulipe

N

’étant ni cyclonologue, ni météorologue,

ni ouraganologue, ni

tempêtologue, ni typhonologue, ni hurricanologue,

ni raz-de-maréologue, ni

pluviométrologue, encore moins tornadologue,

je n’ai aucune qualité, aucune

autorité, aucune qualification, aucune

connaissance, aucune compétence,

aucune expérience qui m’habilite à

venir faire mon petit frekan, mon petit

connaisseur et vous entretenir, ex cathedra,

d’intempéries, de pluies diluviennes,

du déluge et de Noé, des colères

pluviales du Ciel, des coups de gueule

bourrasquantes et des ivresses cyclonnantes

de Mère Nature. Pourtant, en

ce qui me concerne, il y a deux sortes

de mauvais temps, deux sortes de cyclones:

ceux dont on parle et ceux dont

on ne parle pas.

Les cyclones dont on parle

Avant d’en parler, permettez que je me

demande pourquoi l’idée hurricanante

d’avoir choisi des noms propres, des

noms d’êtres humains contemporains

pour désigner ces cyclones dont l’œil

méchant, torve, twèt, louche, troué, ne

voit qu’à travers des lunettes d’aqueuse

et venteuse violence, et dont le monstrueux

corps circulaire ne se déplace

que par bonds tourbillonnants, tournoyants,

dévorants, déchaînés, endiablés,

torrentiels, destructeurs. Pourquoi

avoir donné nos noms et prénoms

d’êtres bien vivants à ces enragés du

ciel?

Pourquoi n’avoir pas nommé les

cyclones en leur donnant, par exemple,

le nom des quelque quatre-vingt-huit

constellations. Il y en a de bien intéressantes.

J’en choisis un au hasard:

Capricorne dont une version primitive

voyait dans le dessin formé par l’amas

d’étoiles le dieu Pan, chèvre humanoïde

qui sauta dans le Nil afin d’échapper

au cruel et sanguinaire Typhon lors

de la Gigantomachie, la “bataille des

géants”; le bas de son corps se changea

alors en poisson. Une version plus tardive

associait le Capricorne à la chèvre

Amalthée, la nourricière de Zeus et dont

la corne brisée par le fougueux futur roi

des dieux devint la Corne d›Abondance.

Quelle Capricornerie! Quelle Cornerie!

Pourquoi pas Céphée? Un nom

adorable. Dans la mythologie grecque,

Céphée était l’époux de Cassiopée et

le père d’Andromède. Ces trois personnages

se retrouvent, en tant que

constellations, dans la même région

du ciel. En raison de la précession des

équinoxes, le rôle d’étoile polaire a échu

à des étoiles de cette constellation il y a

plus de... 20 000 ans! Ô glorieux temps

mésolithiques! Une affaire équinoxique,

terrifique, pour ne pas dire franchement

effrayique. Quelle vertigineuse, tourbillonnante

et constellationnante remontée

dans la nuit des temps!

J’eusse aussi aimé que l’on donnât

à l’une de ces violentes formations

aqueuses tombées du ciel le nom royal

de Chevelure de Bérénice. Au moins,

on aurait eu le plaisir de revivre cette

tranche de vie de Bérénice II, reine

d’Egypte qui avait promis aux dieux

de sacrifier sa magnifique chevelure

si son époux Ptolémée III, pharaon

de la dynastie lagide, revenait vivant

et vainqueur de la guerre qu’il livrait

au roi de Syrie, Séleucos II. Son vœu

fut exaucé et elle fit donc offrande de

ses nattes dorées au temple d’Aphrodite.

Malheureusement, le précieux

présent disparut mystérieusement durant

la nuit. Grâce et miséricorde! Déjà

à cette époque, il y avait des bandes

zobop errant à la recherche de plaisir

malsain et de tresses royales. La zoboptude

nocturne enragea Ptolémée.

Pour le calmer, l’astronome de la cour

lui laissa comprendre que l’offrande

avait tellement plu à la déesse Aphrodite

que celle-ci l’avait placée dans les

cieux. À titre de «preuve», il montra

au couple royal un amas d’étoiles, du

nom de Queue du Lion à cette époque.

Depuis la zoboptante audace dudit astronome,

l’agrégat stellaire est devenu

la Chevelure de Bérénice. Crédulité, naïveté

et ingénuité sont le lot de bien des

souverains!

Saut d'Eau, Ville Bonheur; ville de bonheur où adeptes du vaudou font des offrandes et sacrifices à leurs lwa et

catholiques y célèbrent chaque 16 juillet leur sainte patronne, la vierge Marie du Mont Carmel

de se rapetisser, de s’évanouir dans le

brouillard du découragement. Et l’effet

cyclonant qui s’ensuit se traduit par

une destruction intérieure à petit feu

qui nous mine, nous consume et nous

enlève une part de notre quiétude mentale,

de notre équilibre émotionnel, du

bonheur de vivre auquel nous avons

droit.

Nous vieillissons, nous blanchissons,

et ce n’est même pas sous

le harnais. C’est plutôt sous le poids

d’une frustration permanente, d’une

négligence cruelle sinon criminelle des

dirigeants du pays qui se gargarisent

de fausses promesses, s’emplissent

les poches, sont prêts à voter un projet

scélérat, odieux de loi des Finances

qui fait la part belle aux gros bourgeois

et à l’impérialisme-vautour pourvu que

leurs porte-feuilles soient bien garnis

et leurs jabots bien remplis. Je crains

chaque jour que nous tombe dessus la

dernière des humiliations, celle de voir

un parlement croupion (peut-être ce

50ème) s’aplatir, se traîner, s’abaisser,

se punaiser jusqu’à présenter un projet

de loi qui ferait du pays une annexe

de la république orientale voisine. Je

frémis d’horreur, rien qu’à y penser.

Au cyclone de l’exil s’ajoute

la dévastation d’une solitude relative

pour certains, absolus pour d’autres qui

Les cyclones dont on ne parle pas.

Ils sont pourtant aussi dévastateurs,

humiliants, affligeants, parce qu’infligeant

des dommages à l’être humain,

à son essence même, à sa dignité, à sa

biologie, à son existence, à ses droits

les plus élémentaires. Et qui pis est, ces

dommages peuvent être permanents

sculptant le cours même de la vie des

hommes et des femmes qui en sont victimes.

Parlons-en.

Les cyclones de la misère. Ils

sont légions à travers le monde, permanents

ou récurrents, et frappent des

millions d’êtres humains. Misère qui

engendre la faim, les conflits armés,

les maladies et leur propagation. Et la

faute revient à la logique impérialiste

des puissants de ce monde qui prévaut

et triomphe sur le bien-être collectif de

l’humanité affligée d’une destruction

grandissante. Près de trois milliards

de gens, soit la moitié de la population

mondiale, doivent se loger, se nourrir,

se soigner et s’instruire avec moins de

deux dollars par jour. De ce nombre, un

milliard et demi de miséreux subsistent

avec moins de un dollar par jour. Quatre

personnes sur cinq, soit 4,6 milliards de

gens, vivent dans des bidonvilles. Près

d’un milliard d’entre eux ne savent ni

lire, ni écrire.

Au Brésil, deux pour cent des

propriétaires fonciers détiennent quarante-trois

pour cent des terres arables,

tandis que quatre millions et demi de

familles de paysans sans terre errent

sur les routes, humiliées et misérables.

Dans ce pays, cent millions de personnes

vivent dans la plus grande pauvreté.

En Amérique Centrale, le nombre

de personnes souffrant de la faim, a

atteint le nombre effroyable de six millions

et demi, sur une population totale

de vingt-huit millions. À Bombay, en

Inde, la moitié de la population vit dans

des bidonvilles et dans des conditions

inhumaines.

En l’an 2001 seulement, la

misère et le sous-développement dans

le monde ont fait plus de cinquantehuit

millions de victimes. Le manque de

revenus, de nourriture, d’eau potable et

d’accès aux soins médicaux a causé

plus d’un milliard d’invalidités graves

et permanentes. Sur le milliard et demi

de personnes qui survivent avec moins

de un dollar par jour dans les pays du

tiers monde, cinq cent millions vont

mourir avant d’avoir atteint l’âge de

quarante-cinq ans.

Pour que s’enrichissent honteusement

2% de la population du

globe, 98% doivent vivre misérablement.

Chaque jour, cent mille personnes

meurent de faim sur la terre. Un

nombre effarant de près d’un milliard

d’êtres humains sont sous-alimentés.

Toutes les sept secondes, un enfant

meurt de faim dans le monde. À titre

de consolation (et d’information), Cuba

est le seul pays au monde où aucun

enfant ne va au lit le ventre vide, le

seul pays sans malnutrition enfantine,

selon l’UNICEF. À titre de fierté pour ce

petit pays victime d’un étranglement

économique sans précédent dans l’histoire,

Juan José Ortiz Bru, ex-représentant

d’UNICEF pour Cuba écrivait: « Les

politiques publiques en faveur de l’enfance

sont une priorité à Cuba depuis

de nombreuses années, ce qui a permis

une chose incroyable dans ce monde

en développement : sur les centaines de

millions d’enfants qui souffrent de très

graves violations de leur droit - beaucoup

meurent chaque jour - aucun n’est

cubain » [1]

Que dire du cyclone de l’exil? En

y regardant de façon superficielle, on

aurait tendance à ne pas y prêter attention,

à n’en pas faire vraiment cas.

Pourtant, le lourd fardeau de l’exil, le

lourd fardeau d’un déracinement psychologiquement

déstabilisant à longueur

de temps n’est pas une vue de

l’esprit. C’est une réalité, une pénible

réalité quelles que soient les raisons

qui nous ont portés à nous installer

“ailleurs”. Notre boussole identitaire

indique avec imprécision le nord d’un

retour vers une Haïti enfin relevée de

ses humiliations. Que nous le voulions

ou non, quelles que soient nos réalisations

matérielles, intellectuelles ou

professionnelles, ici dans l’“ailleurs” de

l’exil nous ne sommes pas dans notre

peau, un cyclone d’ennui, d’insatisfaction,

d’incessants inassouvissements

nous bousculent notre affect, piétine cet

attachement charnel, passionné, amoureux

à cette terre qui nous a vus naître,

grandir et devenir pleinement l’haïtien

que nous sommes.

Nous pensons au pays, nous vivons

du pays, nous ne parlons que du

pays, nous rêvons du pays, de nuit ou

de jour. C’est notre obsession, légitime

du reste. Chaque minute de notre existence,

ou presque, nous ramène au

pays, à ces lointains souvenirs qui nous

collent à la mémoire, à une perspective

ou plutôt à un espoir de changement qui

ne cesse de s’éloigner, de s’amenuiser,

Chery’s Brokerage, Inc.

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éprouvent alors le besoin impérieux,

incontrôlable, irrépressible d’aller se

ressourcer au pays, au moins chaque

année. Ils le disent haut et fort: «Peyi

a mèt lèd, men se peyi m li ye». Car dans

cet “ailleurs” où ils vivent, où nous

vivons depuis si longtemps et qui nous

consume, on ne voit pas de marchands

de fresco avec leur attirail de sirop multicolore;

on ne voit pas de marchandes

de fritailles assises sur leur ti chèz bas

avec une chaudière de griyo ou de taso

kabrit câlée presque entre leurs grasses

cuisses; on ne voit pas de koukouy,

pas d’eskonbrit en pleine rue entre deux

chauffeurs de moto, pas de voisin qui se

penche au-dessus d’un lantouray pour

vous souhaiter le bonjour, kouman ou

ye vwazin, pas de pétillance polychrome

des tapatap arborant peintures d’art

naïf sur leur carrosserie. C’est justement

l’absence de ces petites choses

qui créent et alimentent notre solitude.

Au pays de l’exil et de la solitude

il manque à ces «nostalgiques absolus»

du pays cette atmosphère d’insouciance,

de nonchalance, d’indolence,

de chaleur humaine qui peut adoucir

le stress permanent vécu dans “l’ailleurs”

; cette ambiance sui generis où

les coupures d’électricité, les blakaout

font partie du décor et ne dérangent

suite à la page(16)

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CHERY’S BROKERAGE

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Nòt kèk òganizasyon popilè pou

denonse vòt bidjè kriminèl antipèp

pouvwa Tèt Kale a !

Nou, òganizasyon pwogresis ki

nan mouvman sosyal popilè a,

nou denonse ak tout fòs nou, vòt bidjè

kriminèl la ki sot fèt nan palman

an. Nou pran nòt, malgre denonsyasyon

ki fèt nan peyi a ak nan dyaspora

a kont bidjè a, nou konstate

gen 74 depite ak 19 senatè ki vote

bidjè kriminèl la.

N ap raple, bidjè kriminèl

2017-2018 la monte anviwon 144

milya goud. Pandan pouvwa anplas

la ap chache tout kalite avantay

pou li bay boujwazi a, li monte pri

tout sèvis, taks ak enpo. Pri lwaye

ak fèmaj tè monte disèt wotè, nan

yon moman kote pouvwa a ap pran

tè peyizan yo pou fè zòn franch

endistriyèl, agrikòl ak touristik epi

pou eksplwate min. Se sitou moun

ki pi pòv yo pouvwa a chwazi pou li

piye pandan li pa janm pran okenn

mezi pou soulaje mizè yo. Pandan

pouvwa ap prije pèp la pou li peye

plis taks ak enpo, li double bidjè palman

an ki soti nan 3 milya goud anviwon,

pou rive nan 7 milya goud.

Akote palman an, gen laprezidans

ak primati ki fè dekabès. Sa ki pi

grav la, pouvwa mete plis pase 25

milya goud (17%) nan yon ribrik

bwat nwa ki pote non « Autres interventions

publiques ».

Alòske, pri paspò, lisans,

matrikil fiskal elatriye, ap monte 17

wotè. Pa egzanp, yon tenb paspò

ki te koute 1600 goud, pral koute

6000 goud. Yon matrikil fiskal ki

te koute 250 goud pral koute 1000

goud. Pou benefisye sèvis sa yo, fòk

ou peye 10 mil goud enpo pou pi

piti. Pandan prezidan an ap flannen

nan peyi a sou pretèks l ap relanse

agrikilti peyi a, se sèlman 10 milya

goud (6,9%) nan bidjè a li mete nan

agrikilti epi 0,5 % pou anviwonnman,

malgre prezidan an dekrete

etadijans anviwonnmantanl sou

tout peyi a. Pouvwa Tèt Kale a ak

alye li yo ap pran dispozisyon pou

fòse pèp la vale yon bidjè ouragan,

nan yon moman kote :

- Ouvriye yo lage ak yon

salè mizè 350 goud pou yon jounen

travay nan faktori yo

- Pri pwodui ak sèvis premye

nesesite yo ap monte bwa chak

jou pi plis

- Pifò paran nan gwo tèt

chaje pou yo voye pitit yo lekòl

- Anviwonnman an kontinye

ap degrade, tranbleman tè ak

siklòn menase tout peyi a epi fatra

ap fè pèp la esplikasyon nan chak

kalfou

- Plizyè enstitisyon nan Leta

a nan kriz. Grèv ap pete tanzantan

nan enstitisyon piblik ak prive yo

epi Inivèsite Leta a ki gen nan tèt li

yon rektè defakto ap make pa sou

plas

Pou tout rezon sa yo, nou apiye

tout mobilizasyon k ap fèt kont

bidjè kriminèl, aloufa, pouvwa egzekitif

la, palman raketè a ak alye

yo vle enpoze peyi a, n ap kore tout

mobilizasyon k ap fèt kont grangou,

chomaj ak likidasyon richès peyi a.

Sou baz sa a, nou mande tout òganizasyon

ak militan konsekan, ouvriye,

peyizan, ti machann, chomè,

pwofesè, elèv ak etidyan pou yo

pote boure nan mobilizasyon k ap fèt

lendi 11 ak madi 12 sektanm nan.

Kanta jou madi 12 la, nou kase randevou

devan Fakilte Etnoloji a 9vè

tapan nan maten, pou nou mache

kontre lòt branch mobilizasyon yo.

Pou òganizasyon yo :

Mouvement De Liberté, D’Egalité

Des Haïtiens Pour La Fraternité

(MOLEGHAF) /

Domini Raisin

SEK GRAMSCI / Fritz-Son Lalane

Union Nationale Des Normaliens

D’Haiti (UNNOH) / Ebens Cadet

Centrale Nationale Des Ouvriers

Haitiens (CNOHA) / Dominique

St Eloi Mouvman Demokratik

Popilè (MODEP) / Guy Numa

SEK JANIL / Jackson Lafleur

Altènativ Popilè / James Olrich

LESANPA / Fresner Michel

LAKOU / Sabalha Calixte

Arestasyon Milot Berger

nan Senmak

Jou ki te samdi 9 septanm lan, lapolis

Senmak mete lapat sou yon

kokenn chèf bandi, kidnapè yo rele

Milot Berger. Se pandan misye t ap fè

mannèv pou l detounen yon kamyon

ranpli machandiz, yo te mare l ansanm

ak kèk lòt konpayèl li. Youn

nan moun ki te ak li rele Steven Balan,

limenm te gen lan men l yon kalib

9 milimèt

Selon reponsab lapolis Senmak

la, enspektè Rochenel Jean-Marie

se gras ak popilasyon an ki enfòme

sou kalte dega misye t ap fè nan volè

machandiz yon kamyon, ki pèmèt

lapolis rive kenbe Milot Berger. Li fè

konnen li pat gentan kidnape anpil

moun, 6 sèlman, e li pat janm touye

yo.

Mistè kit

Detan razwa grangou

Rachonnen bout trip nou

Met zantray nou ajenou

Nan laviwonn kalfou

Gwo palto souflantchou

Lòt elit lougawou

Dechèpiye rèv nou

Gwo palto tilolit

Gwo palto mistè kit

Kanpe sou move bit

Nan pil gagòt ti kit

Pou mago gwo bokit

Kòb pwason tonbe

Kòb premye tonbe

Kòb dizui me koule

Yo koule pase ale

Men kòb kit ret kole

Antravè li kwoke

Ankwa li antrave

Nan resepsyon koukou

Demonstrasyon bayakou

Fò w galgari ji poupou

Desann nan gòj bakoulou

Tankou sòs kalalou

Ji okabine gouououou

Li pi gouououououou

Anba bab jij pakè

Chèf vyòl ak Bèlvedè

De minis gwo atoufè

De minis gwo raketè

De minis move zafè

Milot Berger

Se lè sa yo resi wè

Jan kit lajistis anmè

J. Fatal Piard

RADIO

PA NOU

1685 Nostrand Avenue

Brooklyn, NY 11226

67 Khz

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(718) 940- 3861

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VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


Perspectives

Coup d’œil sur l’arrivée des migrants haïtiens au Canada

venus des États-Unis!

Par Serge Bouchereau

Déjà engagé dans une bataille au Canada

pour la régularisation du statut des

personnes concernées par la levée, le 1er

décembre 2014, d’un moratoire qui a été

reconduit en février et en octobre 2016

par le gouvernement libéral, voilà que

le Comité d’Action des Personnes Sans

Statut (CAPSS) est maintenant interpellé

par l’arrivée de migrants qui traversent la

frontière canado-américaine, créant ainsi

une nouvelle situation qui confronte le

comité et l’oblige à continuer la lutte;

mais sur deux fronts distincts cette fois-ci,

même s’il s’agit en fait de la même lutte.

De quelle nouvelle situation

s’agit-il?

De l’arrivée massive de migrants haïtiens

et d’autres venus des États-Unis en

quête d’un refuge au Canada. Majoritaires

jusqu’ici, les ressortissants haïtiens, demandeurs

d’asile, affluant à la frontière

canado-américaine, viennent surtout

de la Floride. Plusieurs d’entre eux ont

transité dans des pays tels que l’Équateur,

le Brésil, le Chili, le Venezuela ou dans des

pays des Antilles, avant de se rendre aux

États-Unis pour enfin arriver à la frontière

canadienne avec enfants et bagages.

Pourquoi les Haïtiens laissent les

États-Unis pour venir au Canada?

Deux raisons peuvent expliquer l’exode

des Haïtiens. La cadence de leur arrivée,

la concentration en un seul lieu (Municipalité

de Saint-Bernard-de-Lacolle) et le

nombre croissant à cet endroit sont d’un

autre ordre et ont peu d’importance devant

ce drame humain, exception faite pour les

journalistes qui font le choix d’éviter le

cœur des problèmes cuisants pour mettre

tout l’accent plutôt sur les à-côtés insignifiants

d’un sujet brûlant. D’abord, la situation

catastrophique de leur pays d’origine

avec un État incapable de satisfaire

aux besoins primaires les plus élémentaires

de la population, les désastres naturels

successifs, la pandémie du choléra

introduite par les forces d’occupation

militaire de l’ONU, la violence politique,

l’insécurité créée par les kidnappings, le

banditisme, l’impunité, les exactions des

sbires du pouvoir néo-duvaliériste imposé

à l’aide d’élections truquées et téléguidées

de l’extérieur et enfin, l’appui des pays

soi-disant «amis d’Haïti» qui font tout

pour maintenir le statu quo. Bref, un État

de non-droit règne sur Haïti, imposé par

les Néo-duvaliéristes, récemment reconduits

au pouvoir sous le label PHTK (Parti

Haïtien Tèt Kale).

Rappelons pour compléter ce tableau,

qu’une succession de gouvernements

incapables, corrompus, imposés à

la population haïtienne et soutenus par

les pays tuteurs dont le tout dernier mis

en place récemment a, à sa tête, un président

inculpé de blanchiment d’argent,

un Parlement rempli de coupe-gorges,

de trafiquants de drogue et de hors-la loi

qui n’ont rien trouvé d’utile à produire

qu’un projet de remobilisation de l’Armée

criminelle qu’a connue le pays, à la fin de

l’occupation militaire américaine d’Haïti

en 1934. Sa mission, selon les vœux

de l’occupant qui l’avait créée, était de

soutenir les dictatures successives ayant

dirigé le pays et réprimer toute agitation

ou révolte populaire. Ce projet déjà adopté

par le Sénat nous dit très long sur la

frayeur et la panique qui s’emparent de

la population en général et des demandeurs

d’asile dont plusieurs ont été victimes

dans le passé, des agissements de

l’Armée-macoute des Duvalier, des Henri

Namphy, des Prosper Avril, des Ertha

Trouillot et Hérard Abraham, des Raoul

Cédras et de son acolyte Michel François

pour ne citer que ceux-là. Par ailleurs,

ce Parlement vient d’adopter une loi interdisant

le mariage entre les personnes

du même sexe. Ces dernières, ainsi que

les complices d’un tel acte sont passibles

Majoritaires jusqu’ici, les ressortissants haïtiens, demandeurs d’asile,

affluant à la frontière canado-américaine, viennent surtout de la Floride

d’emprisonnement. Un motif de plus pour

ne pas vouloir retourner en Haïti si l’orientation

sexuelle de certains migrants n’est

pas conforme aux normes du pouvoir en

place; d’autant plus que depuis un certain

temps, l’homophobie bat son plein dans

le pays au point où des homosexuels ont

été lynchés par la population.

La logique du raisonnement des

Émigrés

«Quand on est bien chez soi, on reste

chez soi». «Quand on n’est pas bien chez

soi, on part à l’étranger». «Quand on est

pas bien à l’étranger, on rentre chez soi».

«Quand cela va mal chez soi, et que l’on

est à l’étranger, on ne retourne pas chez

soi, on cherche un refuge en prenant des

risques qui peuvent être mortels». C’est le

cas de bon nombre d’Haïtiens, hélas! Bon

nombre se font humiliés ou sont morts en

poursuivant cette logique jusqu’au bout.

L’arrivée au pouvoir du gouvernement

de Donald Trump, au début de

cette année, a changé la donne et a

compliqué la situation des sans statuts

aux États-Unis en provoquant dans un

premier temps la crainte chez ces gens

qui avaient obtenu un moratoire appelé

«Temporary Protected Status (TPS)» qui

leur permettait de demeurer provisoirement

sur le territoire américain et y travailler

sans redouter d’être déportés. Les

menaçant de supprimer le «TPS» à la date

de son expiration le 22 janvier 2018,

Donald Trump a créé une panique sans

pareil parmi ces personnes dont l’objectif

était de régulariser leur statut aux États-

Unis même.

Conscients de l’arrogance et de la

hargne qui habitent ce président xénophobe

envers les immigrants et les sans

statuts et, étant au courant de certaines

déclarations favorables et positives faites

par des autorités tant à Ottawa qu’à Montréal

au sujet des portes qui sont grandes

ouvertes au Canada et de Montréal déclaré

ville sanctuaire, ces demandeurs

et demanderesses d’asile se sont rués sur

le Québec - leur dernier espoir - en souhaitant

de tout leur cœur bénéficier de la

solidarité de la communauté d’accueil et

évidemment de celle de la communauté

haïtienne plus particulièrement.

Cependant, au Canada, la réception

faite à la frontière n’est pas à la hauteur

des attentes, car les conditions d’hébergement

dans lesquelles ces personnes sont

reçues aux aires d’arrivée, laissent à désirer

et offusquent plus d’un avec raison.

En dépit de ce manquement grave de la

part des autorités canadiennes, l’espoir

germé avant de franchir la frontière continue

de croître et de gonfler le cœur des

réfugiés-es qui s’attendent à recevoir la

compassion et la solidarité des Canadiens

et des Québécois envers eux et également

à bénéficier de l’ouverture du gouvernement

fédéral.

Face à ces évènements, le Comité

d’Action Des Personnes Sans Statut

(CAPSS) a réagi immédiatement en

modifiant d’abord le mandat qu’il s’était

donné à sa création. La coordination a

donc ajouté cette catégorie de migrants

parmi ses priorités pour ses futures actions

tout en maintenant son rôle en tant

que groupe de soutien et de pression. À

la frontière canadienne, le CAPSS a aussi

dénoncé vivement dans les médias, pendant

et après une visite conjointe d’une

délégation du comité et de Solidarité sans

frontières, un de nos partenaires, les conditions

dans lesquelles sont accueillies ces

réfugiés-es et a profité pour demander

aux autorités concernées, d’adopter un

programme spécial afin de permettre,

sans trop de délai, la régularisation du

statut de ces migrants.

Propositions pour un

programme spécial

Après mûres réflexions, nous pensons

que les autorités fédérales et provinciales

du Québec devraient se concerter

pour produire un cadre général leur permettant

d’accueillir convenablement les

réfugiés-es. L’obligation de respecter la

convention de Genève signée par le Canada

de la réception de ces réfugies-es qui

méritent d’être accueillis dignement et

traités avec courtoisie et humanité jusqu’à

la fin du processus.

- L’accompagnement adéquat

pour les aider à bien présenter leur demande,

à se loger le plus rapidement afin

que les familles ayant des enfants d’âge

scolaire puissent commencer à fréquenter

l’école le plus tôt possible;

- La facilitation du transfert dans

une autre province des migrants qui en

font la demande;

- La dispensation d’un cours de

francisation pour tous ceux et celles qui

ne parlent pas ou parlent à peu près pas

le français et l’octroi rapide du Certificat

de sélection du Québec (CSQ) à tous ceux

et celles qui parlent le français ou qui acceptent

de suivre assidument un cours de

francisation;

- L’octroi d’une carte d’assurance-maladie

temporaire;

- L’octroi d’un permis de travail

temporaire sans délai;

- L’établissement de mesures

d’assouplissement permettant aux demandeurs

d’asile déboutés de présenter

une demande pour motifs humanitaires

dans les trois mois qui suivent;

- La réduction significative des

montants exigés pour le traitement des

dossiers et le renouvellement des permis

de travail pour les demandeurs dont les

motifs sont d’ordre humanitaire;

- Le financement adéquat d’au

moins une quinzaine d’organismes communautaires

afin d’aider ces réfugiés-es

à s’orienter et à s’adapter à la société en

privilégiant les secteurs suivants : Accompagnement

psychosocial, Hébergement,

Recherche de mobilier, Traduction-Interprétation,

Éducation, Loisirs-Sports, Recherche

d’emploi, etc.;

- La mise sur pied d’un guichet

unique avec les ressources nécessaires

afin d’informer et d’orienter les demandeurs

d’asile vers les services offerts au

sein de la société civile et au niveau de

l’État.

-

Réactions de la société d’accueil

Jusqu’ici, nous avons constaté une assez

grande solidarité de la part de la communauté

haïtienne qui se dévoue corps et

âme pour apporter une aide concrète dans

plusieurs domaines. Nous avons également

remarqué peu d’empathie de la part

de la communauté d’accueil envers ces

arrivants qui sont venus chercher refuge

au Canada. L’élan de sympathie et de

solidarité n’est pas au rendez-vous et certaines

notes discordantes se font même

entendre venant du secteur raciste et

xénophobe qui, heureusement, est assez

marginal au Québec et au Canada. Toutefois,

ce mouvement, aussi marginal soit-il

a une grande capacité d’influence sur la

population avec l’aide de certains médias

spécialisés dans le sensationnalisme. Encouragés

par les évènements horribles qui

se passent actuellement aux États-Unis et

par certaines déclarations de politiciens de

l’extrême droite tant aux États-Unis qu’au

Canada, le mouvement anti-immigrant,

anti-noir, anti-musulman, anti-juif a pris

de l’ampleur en cette circonstance, surtout

dans les médias sociaux. Les évènements

survenus à Québec le 20 Août

2017 avec «La Meute» sont significatifs

pour comprendre la tendance générale

peu favorable des Québécois devant l’arrivée

de ces demandeurs d’asile que des

médias ont présenté comme des illégaux,

des envahisseurs, des tricheurs, des BS

professionnels etc.

La pente sera donc difficile à monter

et seules l’unité et la mobilisation des

membres de la communauté haïtienne

ainsi que la solidarité de la société d’accueil

pourront faire la différence. Il s’agit

bien entendu de cette frange de la société

d’accueil qui n’a point subi l’influence des

suprémacistes blancs ou qui n’a pas été

contaminée par les discours et la propagande

des médias-poubelles.

C’est seulement sur cette frange

que les demandeurs d’asile peuvent espérer

compter, non seulement à Montréal

mais également dans les régions,

car partout au Québec et au Canada, il y

a des citoyennes et des citoyens épris de

justice sociale, empathiques, accueillants,

humains, solidaires et toujours prêts à

tendre la main à l’autre dans sa détresse.

Pour finir, le Comité d’Action des

Personnes Sans Statut (CAPSS) reste vigilant

et demande au public en général de

prêter main forte aux migrants d’Haïti et

d’ailleurs, d’accorder son appui au Comité

dans le combat qu’il va livrer pour que

les gouvernements fédéral et provincial

fassent leur devoir convenablement et

tiennent compte non seulement de l’absence

totale chez ces gens du désir de retourner

chez eux, mais aussi du double

avantage qu’aurait le Canada à accepter

ces réfugié-es dont le nombre risque

d’augmenter vertigineusement si le président

Trump met à exécution sa menace

de supprimer le statut temporaire qu’avait

accordé le président Obama à près de

soixante mille Haïtiens. Nous ne parlerons

pas ici des huit cent mille Dreamers,

ces jeunes mineurs sans parents qui ont

bénéficié d’un décret d’Obama leur permettant

de demeurer temporairement aux

États-Unis qui arrive bientôt à échéance.

Rajeunir la population vieillissante

au Canada et profiter de l’apport considérable

de ces migrants pour rehausser

démographiquement, économiquement

et culturellement le pays en investissant

dans un programme d’accueil, d’adaptation

et d’intégration, basé sur un plan de

développement stratégique, devrait être

le leitmotiv du gouvernement fédéral. Au

lieu d’investir dans l’achat d’engins de

guerre, les autorités auraient plutôt intérêt

à investir dans l’humain en ouvrant

les portes du Canada aux centaines de

milliers de migrants qui risquent de fouler

le sol canadien si aux États-Unis, la vie

devient intenable pour les millions de

sans papiers et qu’un grand nombre d’entre

eux font le choix de venir au Canada.

Le CAPSS compte sur vous tous

pour que la situation de ces migrants

soit régularisée dans un délai acceptable,

non précipité afin de leur donner le temps

nécessaire de bien se préparer à cette dure

épreuve dans laquelle ils jouent leur avenir

et celui de leurs proches. Souhaitons

Manifestation de solidarité avec les refugiés haïtiens

que bientôt le vocable de réfugié-e ou de

demandeur d’asile ne leur soit plus attribué

et collé à la peau, mais plutôt celui

de citoyen ou citoyenne à part entière au

Canada.

Serge Bouchereau

Porte-parole

Comité d’Action des

Personnes Sans Statut

(CAPSS)

Montréal le 21 Août 2017

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Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

7


Suite de la page (4)

l’amélioration des infrastructures»,

explique pour sa part l’expert en Electricité

Jean Edouard Pauyo, dans un

rapport publié en mars 2017.

Haïti serait le premier pays des

Caraïbes à avoir été électrifié en 1912

avec la Centrale Hydroélectrique de

Gaillard à Jacmel dans le Sud-Est du

pays. Pourtant aujourd’hui, il est le

plus sous-alimenté en électricité en

Amérique Latine et dans les Caraïbes,

avec 7.5 millions de ses habitants

n’ayant pas accès à l’énergie électrique,

selon une étude de la Banque

interaméricaine de développement

(BID) sortie en 2016.

Selon le MTPTC, il n’existe pas

de réseau national de transport d’électricité

dans le pays. Evaluée à 21 kwh/

année, la consommation haïtienne per

capita est plus de 80 fois inférieure à

la moyenne de la région Amérique Latine

et Caraïbes. D’ailleurs, un quart

des 30 millions de personnes vivant

dans cette région qui n’ont pas accès

à l’électricité, se retrouvent en Haïti,

où le marché énergétique se limite à

une production électrique d’environ

300 mégawatts permettant l’accès à

l’électricité à 30% de la population en

milieu urbain et de moins de 6% en

zone rurale, estime la BID.

Pour Andrew Morton, chef de

programme d’ingénierie et énergie au

Programme des Nations Unies pour

l’Environnement (PNUE)/ Energy

and Engineering Programme Manager

du UNEP, le principal obstacle

à la résolution du manque d’accès à

l’électricité est le caractère peu attrayant

du marché d’Haïti pour l’investissement

énergétique du secteur

privé, par rapport aux nombreux

autres pays en concurrence pour l’investissement

étranger direct à grande

échelle.

«Ce manque de compétitivité

résulte d›une combinaison de

nombreux facteurs, y compris:

l›instabilité, la législation et les lacunes

dans les politiques, la capacité limitée

de la fonction publique, la capacité

de payer limitée des consommateurs,

la corruption réelle et perçue, le vol

d’électricité et la fraude. », explique-til.

Un cadre qui pour Morton, indique

un niveau très élevé de risque commercial,

qui n’est pas équilibré par un

taux de rendement prévu élevé.

«Pour résoudre ce problème,

le nouveau gouvernement d›Haïti

et ses partenaires internationaux de

développement doivent prendre toute

une série de mesures concrètes pour

réduire le risque pour les investisseurs

et souscrit partiellement le taux de

rendement».

De son côté, l’ancien ministre

haïtien de l’Environnement Joseph

Ronald Toussaint fustige les contrats

de l’EDH avec des acteurs privés qui,

selon lui, ne sont pas avantageux

pour l’Etat. Il ne ménage pas ses

propos. « EDH est un gouffre pour

l’Etat. L’énergie/ l’électricité est un

secteur stratégique. Je suis contre la

privatisation de l’EDH, mais elle doit

évoluer vers un partenariat publicprivé.

Ce qui se fait actuellement,

n’est pas intéressant. Par exemple,

E-Power et Sogener [des compagnies

qui vendent de l’électricité à EDH]

sont en train de faire leur beurre!»,

tranche-t-il.

«Ce sont des contrats à revisiter.

A l’avenir si nous aurons à signer des

contrats et entamer des partenariats

public-privé, ils doivent être mieux

négociés, raisonnés et mieux orientés,

ajoute Toussaint qui assure que le

pays dispose d’une administration qui

ne peut assurer le suivi des dossiers.

On a des faiblesses institutionnelles

et structurelles énormes et l’absence

de la continuité de l’Etat, qui rejaillissent

sur la question d’énergie».

Haïti serait le premier pays des Caraïbes à avoir été électrifié en 1912

avec la Centrale Hydroélectrique de Gaillard à Jacmel dans le Sud-Est du

pays. Pourtant aujourd’hui, il est le plus sous-alimenté en électricité en

Amérique Latine et dans les Caraïbes. Photo Milo MILFORT

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Gestion irrationnelle des détritus

Si l’électricité fait l’objet d’une gestion

catastrophique, les déchets ne sont

pas mieux lotis. Toutes les grandes

villes y compris Port-au-Prince sont

envahies par des montagnes de déchets.

En Haïti, le tri de déchets n’est

appliqué ni par les ménages ni au

niveau de la décharge. La masse de

déchets accumulés dans les villes croît

davantage que la création d’installations

capables de les traiter, les collecter

et les éliminer. «On les ramasse

aujourd’hui et demain on les revoit à

nouveau», constate un riverain de Gérald

Bataille dans la commune de Tabarre,

qui habite non loin d’une montagne

d’immondices incinérée tous les

soirs par des mains inconnues. L’Haïtien

s’habitue à vivre dans un milieu

où le déchet s’impose.

La décharge accueille quotidiennement

entre 1500 à 2000 m 3 de

déchets dépendamment de l’époque

selon sa directrice Sophia Seignon,

soit environ 60-75% des déchets

produits dans la région de Port-au-

Prince. Une partie est incinérée et le

reste est déversé dans les rues, les

ravins, canaux, les bords de mer et

les égouts. Les conséquences sont

l’omniprésence de la saleté, la multiplication

des vermines et des fumées

intempestives. «La gestion inadéquate

des déchets constitue un problème

majeur en Haïti. Elle contribue à

la propagation des rongeurs et des

maladies, bloque les routes, les voies

piétonnières, les canaux et les cours

d›eau, endommage les écosystèmes,

dégrade les quartiers et augmente

le risque d›inondation», révèle Solid

Waste Association of North America

dans un rapport publié en 2010.

Les principaux problèmes

concernant les déchets solides auxquels

est confrontée la région de Portau-Prince

sont le faible taux de collecte,

l’inadéquation des installations

d’élimination et les problèmes sociaux

qui touchent les recycleurs officieux

du site de Truitier, note de son côté

le Département d’État américain, la

Banque Mondiale (BM) et de la BID,

dans une déclaration conjointe de ces

bailleurs de fonds relative au projet

Phoenix en 2013.

A en croire l’agronome Jean

François Thomas, ex-ministre haïtien

de l’Environnement et aussi

ex-ministre de l’Agriculture et des

ressources naturelles et du développement

rural (MARNDR), il existe

chez nous des types de détritus très

intéressants contrairement à des

pays étrangers où l’on trouve des

déchets nucléaires et très dangereux.

«La question des déchets dans

le pays est très délicate et souvent

approchée avec beaucoup d’émotions.

Ils constituent véritablement un

problème parce qu’ils sont source

d’infection, véhiculent de plusieurs

maladies, mais en même temps,

quand ils sont valorisés, ils peuvent

devenir une source de revenus et de

richesses», explique Thomas.

Pouvoir des déchets haïtiens

Ce pays des Caraïbes ne manque

pas d’études théoriques et de plans

faits sur papier très bien élaborés qui

valorisent les déchets et disent comment

les gérer. Ainsi, disposerait-il

de ressources pour produire toutes

les formes d’énergie dont il a besoin,

mais aussi de déchets organiques en

quantité qui peuvent servir comme

engrais, fabriquer des briquettes, de

l’énergie et pouvant servir à plusieurs

types de transformation. Pourtant, ici,

on ne fait ni l’un, ni l’autre.

Vidéo à insérer : Incinération

des déchets en Haïti, un danger majeur

pour la santé et l’environnement

! https://www.youtube.com/

watch?v=METNZLp98-s

«On peut donner à la décharge

une certaine autonomie financière

et la rendre productive de façon

à ce qu’elle permette à l’Etat de

rentrer des fonds. Avec elle, on peut

faire beaucoup de choses comme

la production de gaz, d’électricité,

du compost, etc. La technique, la

connaissance et l’expérience sont là.

C’est une question de moyens», reconnait

Carl Henry Vielot qui a dirigé

la décharge nationale pendant plus de

quatre ans.

Durant ses années de mandat, il

affirme avoir eu le projet de monter une

usine qui produirait de l’électricité à

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Email: rincherexpress@gmail.com

Le Directeur Général de l'EDH,

l’ingénieur Hervé Pierre-Louis…

Crédit Milo MILFORT

partir des déchets. «Quoique le déchet

haïtien est très humide, contenant

beaucoup d’eau, on trouverait quand

même un certain rendement. On ferait

le nécessaire pour trouver des déchets

en qualité pour y parvenir. Et aussi, à

partir de là, on aurait une production

d’eau potable qui proviendrait de cette

usine qui fabriquerait de l’électricité et

même de l’asphalte», ajoute-t-il.

L’agronome Jean François Thomas

affirme que nous n’avons pas assez

de déchets pour produire de l’énergie

électrique pour tout le pays, mais

il peut y avoir des zones alimentées

à l’électricité produite à base de déchets.

«L’Etat utilise les combustibles

pour produire de l’électricité, alors

que nous avons des déchets pouvant

nous aider à produire de l’électricité

tout comme le vent, l’eau (hydro) et

les combustibles fossiles. Avec une

combinaison de tout ça, les déchets

peuvent être un apport très intéressant».

A la question, est-ce qu’un

projet visant à produire de l’énergie

est possible en Haïti, l’ingénieur

Donald Paraison répond oui et non.

« Non, ça va dépendre de la quantité

de mégawatt recherchée. Un projet

visant à produire entre 50 et 100 MW

d’énergie à partir de déchets peut avoir

de grandes difficultés pour atteindre

son objectif. Après des études qui ont

eu lieu, nous faisons la conclusion

qu’en Haïti nous pouvons produire

entre 5 jusqu’à 30 MW d’énergie à

partir de déchets. Pour produire de

l’énergie électrique, vous avez besoin

d’une bonne quantité de déchets.

Cette quantité-là n’existe pas. Même

quand nous avons un problème de

déchets».

Autre problème avec les déchets

haïtiens, c’est leur manque

de capacité calorifique.

Pour Andrew Morton, chef du

programme d’ingénierie et énergie au

PNUE (Energy and Engineering

Programme Manager-UNEP), les

déchets aux centrales énergétiques

délivrent à grande échelle de l’électricité

et respectent des normes environnementales

élevées dans de

nombreux pays, mais les politiques

sous-jacentes et la composition des

déchets sont différentes de celle d’Haïti

PAUL J. JOURDAN

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«Le profil général des déchets

urbains haïtiens est marginal pour

la production d›électricité soit par

combustion soit par digestion

anaérobie combinée à la combustion

du gaz. Ceci est dû à sa teneur

élevée en humidité et à ses niveaux

marginaux de plastique et de papier

hautement inflammable », a-t-il fait

savoir.

Pour Morton, selon des analyses

économiques, la production de

l’énergie à partir des déchets n’est pas

techniquement compétitive par rapport

à d’autres options moins complexes

telles que l’énergie éolienne

et solaire combinée avec le diesel, le

mazout lourd ou les générateurs alimentés

au gaz (. Et que « rares sont »

les projets visant à produire de l’électricité

à partir de déchets qui sont

réalisés dans d’autres pays pauvres

comme Haïti.

Joseph Ronald Toussaint, ancien

ministre haïtien de l’Environnement,

informe que les ordures

ménagères sont des matières organiques

très propices au compostage.

«Les déchets capables de produire du

courant doivent contenir beaucoup

de caoutchoucs et des plastiques qui

ont un pouvoir calorifique. Je ne crois

pas que nous avons des caoutchoucs

en quantité. Nous n’avons pas de

déchets en quantité comportant de

fort pouvoir calorifique, si l’on tient

compte de la composition des déchets

d’un ménage urbain type», entonnet-il.

Pour sa part, René Jean-Jumeau,

ex-ministre haïtien délégué à la sécurité

énergétique estime que les caractéristiques

des déchets dépendent de

leur provenance : industrielle, municipaux,

agricoles, etc. Ainsi, s’avèret-il

plus rentable de faire autre chose

avec les déchets municipaux qui ont

souvent une forte composante organique

et humide. On peut en faire du

compost pour l’agriculture et produire

du méthane (un gaz combustible qui

peut être utilisé dans des moteurs de

véhicule ou de génératrice).

«Cependant, le fait d’avoir

un projet qui a besoin des déchets

comme intrant, est une incitation à sa

collecte», nuance celui qui est actuellement

directeur exécutif de l’Institut

haïtien de l’Energie (IHE). Pour lui,

un projet visant l’incinération des

déchets est possible théoriquement.

Toutefois, il note certaines contraintes

importantes qui sont souvent ignorées.

«Il n’est pas rentable de collecter

et brûler les déchets municipaux,

même si on produit de l’électricité à

partir de la combustion. Aussi, il existe

un risque d’émission de gaz et de

cendres toxiques avec la combustion

des déchets. Différentes technologies

de combustion produisent différents

niveaux d’émissions, mais il y a

un coût supérieur associé à une

production moindre d’émissions»,

conclut Jean-Jumeau. A Suivre!

DENNIS MULLIGAN,

Attorney-at-Law

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


This Week in Haiti

The Impact of Hurricane Irma on Haiti, Florida,

and Haitians in the U.S. with TPS

by Kim Ives and Edwidge Danticat

The following is an edited transcript of

the interviews Haitian author Edwidge

Danticat and Haïti Liberté journalist Kim

Ives gave to the television program Democracy

Now! on Sep. 11, 2017, just as

Hurricane Irma was finally dissipating

over Florida.

Danticat was reached by telephone,

but the connection was lost halfway

through her interview.

AMY GOODMAN: At least four people

have died and nearly 6 million people

are without power in Florida, after Hurricane

Irma made landfall Sunday in the

Florida Keys as a Category 4 hurricane.

The storm also flooded the streets of

downtown Miami, turning Miami’s main

strip, Brickell Avenue, into a three-foothigh

raging river. The storm sparked one

of the largest mass evacuations in U.S.

history, with nearly 7 million people ordered

to leave their homes.

We go now to speak with one of

them. We go to Florida to speak with the

award-winning Haitian-American writer

Edwidge Danticat. She lives in Miami but

had to evacuate to Orlando.

Edwidge, how are you?

Where are you now? And your thoughts

on what’s taking place in your state?

EDWIDGE DANTICAT: Good morning,

Amy. Thank you for checking in. I am

fine. I’m doing much better than a lot of

other Floridians. We had to evacuate on

Thursday, because the area where I live

is not too far from downtown Miami,

and it’s close to a bay. And so we’re part

of an extended evacuation area.

So we decided, actually, with two

hours’ notice on Thursday, to drive up

to Orlando, where we have friends. And

the road was really – I’ve never seen

anything like that. We were driving

about 10 miles an hour most of the way

because ... we were among some of the

6 million or so people who were told to

evacuate. So, it was a very long drive,

with a lot of folks also leaving.

We got to Orlando, hoping for a

weaker version of the storm... There is

a lot of shortage of gas, so... we couldn’t

clear the state totally. So we stayed in

Orlando with some friends, where the

storm did come last night in a weaker

version. There was a lot of wind. And

I’m not sure what the damage is out

there now, because we haven’t been

able to go out. We don’t have any power

where I am, as most of something like 3

million Floridians don’t have power. But

we’re OK. And we are happy to survive

and are ready to return and see what

happened, what we can do to help.

AMY GOODMAN:: I wanted to ask you

about an issue that also plagued people

as Hurricane Harvey was hitting Texas,

where, in Houston, something like

85,000 young people have DACA status,

are allowed to stay, live and work

in this country, and in the midst of the

horror of that hurricane, President Trump

pulls DACA. I wanted to ask you about

temporary protected status [TPS] for

more than 50,000 Haitians. Their status

was set to expire in July. But after pressure

from immigrant rights activists, the

Trump administration extended the temporary

protected status for six months,

meaning they could again face the threat

of deportation in January. Are you hearing

concern about this, as people are

fleeing, as millions were forced to evacuate?

Edwidge?

We may have just lost Edwidge

Danticat, who was speaking to

us from Orlando. She actually lives in

Miami, but she is one of the 7 million

evacuees in Florida.

But we are also joined in studio

by Kim Ives. And it’s really important

Hurricane Irma caused flooding in northern Haiti, including this street in

Hinche, on the Central Plateau. Many farmers lost their crops to floods

and wind. Credit: Marie Yolette Daniel/UN

to talk not only what’s happened in the

United States, but Hurricane Irma was

the largest hurricane ever in the Atlantic.

The death toll from Hurricane Irma

has reached at least 27 in the Caribbean.

The number is expected to rise as rescuers

reach the hardest-hit areas. Irma

destroyed major parts of several Caribbean

islands, including Barbuda and Saint

Martin. Cuba also suffered major flooding

in Havana and other cities, but there

were no reported deaths. [Cuba has since

reported 7 deaths - HL]

The entrepreneur Richard Branson

of Virgin Airlines, among other things,

has called for a “Disaster Recovery Marshall

Plan” for the Caribbean. Cuba has

already sent more than 750 doctors and

other health workers to Antigua, Barbuda,

Saint Kitts, Nevis, Saint Lucia, the

Bahamas, Dominica, and Haiti.

While Haiti avoided a direct hit

from Irma, the hurricane still caused

substantial damage in a country still

recovering from the 2010 earthquake,

as well as Hurricane Matthew last year.

Irma displaced more than 100,000 Haitians

and destroyed crops in the north of

the country. So, Kim Ives joins Edwidge

Danticat to talk not only about what’s

happened in Florida, but what’s happened

on the island of Haiti.

Kim, welcome to Democracy Now!

KIM IVES: Thanks, Amy. To the TPS

question, you have about close to

60,000 Haitians who are facing deportation

in January. This is really a triple

whammy, because most of Haiti’s foreign

exchange comes from remittances

from people working in the U.S., so

that’s going to be cut off. Then, they’re

going to return to a country which is debilitated,

not only since the earthquake,

but since Hurricane Matthew. And thirdly,

a lot of their homes were damaged in

A man wades with a child down a flooded street in the northeastern town

of Ft. Liberté. “When you have this massive flooding, you’re definitely

going to see a huge spike in cholera cases in Haiti.”

the flooding, in the winds that hit southern

Florida. So, it’s a terrible situation for

the Haitians in Florida.

But, for Haiti, it was also bad, because...

11 months ago, Oct. 4th, 2016,

the country, the southern peninsula, was

hit by a Category 4 hurricane. That was

Matthew. And that destroyed... 85% of

the corn, rice, sorghum, peas, millet,

that comes out of that southern peninsula.

That was wiped out. And 40% of

the fruit comes out of that part of the

country.

So it was the north that was picking

up the slack, if you will. And that

area has now been hit by Irma.

We should also say that the south

had a three-year drought before the hurricane.

So there’s this sort of climactic

whiplash that’s happening. You’re going

from drought to these floods. The new

climate is so volatile, it’s really hurting a

country like Haiti, which in the past six

years has gone from the seventh to the

third most climate-vulnerable country.

AMY GOODMAN: And so, while Haiti

did not get a direct hit, because of its

devastation, it is impacted in a way most

people are not talking about. They’re just

saying, “Oh, it was a miss for Haiti.”

KIM IVES: Right, exactly. But it’s a

glancing blow, which was still devastating

for farmers in the north. People had

their crops wiped out by flooding and by

wind. And it’s been just a terrible blow

to a country which is already food-insecure.

AMY GOODMAN: Can you talk about

the massive outbreak of cholera since

the earthquake and how that fits in here

with what’s happening now?

KIM IVES: Well, that’s the huge dilemma.

Cholera was brought to the country

by the United Nations occupation troops,

which have occupied the country for the

past 13 years. They came in after the

2004 coup d’état and were supposed to

be there for six months. Now, 13 years

later, they’re supposedly winding down

to leave on October 15th. This is not the

case. In fact, they’re just ... replacing soldiers

with policemen and women.

So, you have a cholera epidemic,

the worst in the world, brought by

Nepalese peacekeepers back in October

2010, seven years ago. And cholera, for

those who don’t know, is a waterborne

disease. It’s basically when sewage gets

into your drinking water. So when you

have this massive flooding, you’re definitely

going to see a huge spike in cholera

cases in Haiti.

AMY GOODMAN: And just to update

us on the cholera case, when you talk

about peacekeepers, you’re talking

about UN peacekeepers.

KIM IVES: Yeah, quote-unquote “peacekeepers.”

AMY GOODMAN: And the latest

on the responsibility the UN has taken

for this massive outbreak? How many

people died?

KIM IVES: It’s about a million who have

been affected. Maybe 10,000 [misstated

100,000 on the air - HL] died. Those

figures may be conservative, because a

lot of people are not registered who do

die.... The U.N. has taken no responsibility,

essentially. They finally admitted last

year that their response was not great,

but Ban Ki-moon, when he was going

out, made a sort of half-apology. But

they have not given any reparations to

Haiti... This has been taken to the courts

here in New York City, but the courts

keep saying the UN has immunity.

AMY GOODMAN: I want to go right

now to the former UN Secretary-General

Ban Ki-moon.

SECRETARY–GENERAL BAN KI-MOON:

[translated] Let me, at the start, directly

address the Haitian people. The United

Nations deeply regrets the loss of life and

suffering caused by the cholera outbreak

in Haiti. On behalf of the United Nations,

I want to say very clearly: We apologize

to the Haitian people. We simply did not

do enough with regard to the cholera

outbreak and its spread in Haiti. We are

profoundly sorry for our role.

AMY GOODMAN: “We are profoundly

sorry for our role,” said Ban Ki-moon as

he was leaving as UN secretary-general.

As we wrap up, the significance of what

he said and what he didn’t say, Kim?

KIM IVES: But stopping short of saying

that it was UN troops that brought the

cholera into Haiti. They’ve avoided this

because, legally, they’ll be liable. But the

Institute for Justice and Democracy in

Haiti [IJDH] brought a suit, which has

been rebuffed in the UN claim system

and also rebuffed in the United States

courts here [in New York].

AMY GOODMAN: And before we go, I

was asking Edwidge Danticat before we

Hurricane Irma also hit Florida, where many Haitians with TPS live and

now have damaged homes. Come January, they may be sent back to food

insecure Haiti

lost her... The issue of TPS and Haitians

both dealing with this terrible hurricane

and having to leave? You have 10 seconds...

KIM IVES: Yeah, they’re going back.

It’s close to 60,000 who will be sent

back. And again, it’s a triple whammy.

They lose the remittances. They lose

their homes. And now they’re going to

be sent back to Haiti, which is suffering

food insecurity.

AMY GOODMAN: Unless President

Trump changes his mind.

KIM IVES: Unless he changes his mind.

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Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

9


CONFÉRENCE INTERNATIONALE « OCTOBRE – 100 »

À LÉNINGRAD ET DÉCLARATION DES PARTIS

COMMUNISTES ET OUVRIERS !

Du 10 au 13 août 2017

s’est tenue à Leningrad une

conférence internationale sur

le thème « Du rôle et de l’importance

de la Révolution d’Octobre

et de l’expérience de la

construction du socialisme en

Union soviétique pour le mouvement

communiste et ouvrier

moderne ».

Cette conférence a été

organisée par le Parti Communiste

Ouvrier de Russie

(PCOR-PCUS), qui a invité les

partis révolutionnaires marxistes-léninistes,

qui s’inscrivent

dans le cadre de la lutte des

classes, défendent la nécessité

d’un processus révolutionnaire

instaurant la dictature du prolétariat,

et considèrent comme

indispensable de combattre

les tendances opportunistes

à l’œuvre dans le mouvement

communiste et ouvrier. Les

délégations de 30 partis communistes

et ouvriers ont participé

à la conférence dont le Parti

Communiste Révolutionnaire

de France.

Ce rassemblement a eu

lieu au moment du centenaire

du Sixième Congrès du Parti

bolchevik, le POSDR (b), qui

avait pris en août 1917 la décision

de réaliser la révolution

socialiste par la préparation

d’un soulèvement armé.

La conférence a été ouverte

par le Premier secrétaire

du Comité Central du Parti

Communiste Ouvrier de Russie,

V. Tyulkin qui a déclaré : « Avec

toutes les forces progressistes du

monde, nous célébrons le 100e

anniversaire de la Révolution

Vladimir Ilitch Oulianov,

dit Lénine le dirigeant de

la Grande Révolution d’

Octobre 1917

d’Octobre et nous vous invitons

dans la patrie de la Révolution.

(...) Lénine disait que la meilleure

façon de célébrer un jubilé

consiste à se concentrer sur la

résolution des problèmes non

résolus. En se fondant sur ce

conseil léniniste, et en réponse

aux questions des camarades

étrangers : « Comment allons-nous

célébrer et que faire

en Russie ? » - nous avons

décidé que la meilleure approche,

ce n’est pas d’énumérer

les réalisations d’Octobre, ou

plutôt de ne pas s’attarder sur

cela ; mais plutôt, d’analyser le

chemin passé, pour comprendre

les erreurs qui ont été faites ».

Tous les rapports ont été

entendus lors de la conférence,

après quoi les représentants

des délégations participantes

ont échangé leurs points de

vue et leurs commentaires sur

les rapports présentés et sur les

La conférence internationale de partis communistes

et ouvriers en l'honneur du 100ème anniversaire de la

Révolution d'Octobre 1917

problèmes réels du mouvement comme la position commune

communiste et ouvrier.

des partis s’appuyant sur le

La conférence s’est

achevée sur le chant de l’Internationale,

puis sur la distribution,

auprès des délégations

étrangères, de médailles commémoratives

du Comité central

du PCUS, intitulées « 100 ans

de la Grande Révolution Socialiste

d’Octobre ».

Quelques jours après

cette conférence, la déclaration

ci-dessous a été adoptée par 38

partis communistes et ouvriers:

Notre avenir n’est pas

le capitalisme, mais le monde

nouveau de la victoire de la

Révolution Socialiste et de la

construction du socialisme !

Nous, participants à la conférence

internationale,

réunis à Leningrad pour le centenaire

du VIe Congrès du POS-

DR(b) qui a statué sur la préparation

de l’insurrection armée

et de la Révolution Socialiste,

présentons cette déclaration

marxisme-léninisme qui enseigne

que la révolution socialiste

est une loi objective conditionnée

par les contradictions inhérentes

au capitalisme.

Le Grand Octobre de

1917 a confirmé la justesse de

la théorie marxiste-léniniste

sur le caractère inévitable de la

révolution socialiste en tant que

maillon indispensable de la victoire

du prolétariat dans la lutte

des classes contre la bourgeoisie

et de la construction du socialisme-communisme,

une société

du libre développement de tous

ces membres. Les tentatives de

s’extirper du monde du capital

par la voie réformiste mènent à

la consolidation des inégalités

sociales et de l’exploitation.

Le Grand Octobre de

1917 a confirmé la justesse de

la thèse léniniste sur la possibilité

de la victoire dans les conditions

de l’impérialisme de la

révolution socialiste dans plusieurs

ou un seul pays. Contrairement

à toutes les révolutions

précédentes, qui menaient au

remplacement d’une formation

basée sur l’exploitation par une

autre, la révolution socialiste

commence par la conquête du

pouvoir politique par le prolétariat

et par l’instauration

de la dictature du prolétariat

suite à la page(15)

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10 Haiti Liberté/Haitian Times

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Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes)

3 ème Partie

Par Maurice Lemoine

Des dirigeants de l’opposition aux

prélats (bien nourris !) de la Conférence

épiscopale vénézuélienne en

passant par le secrétaire général de

l’Organisation des Etats américains

(OEA), le grand ami de Washington

Luis Almagro, monte un même cri : il

faut d’urgence ouvrir un « canal humanitaire

» pour permettre l’approvisionnement

du pays en matériel et en

produits médicaux. D’après Freddy

Ceballos, président de la Fédération

pharmaceutique du Venezuela, la dette

de l’Etat envers le secteur serait colossale

: plus de 5 milliards de dollars. En

conséquence, les stocks de médicaments

disponibles ne correspondent

qu’à 15 % des besoins.

En mai 2012, sous Chávez, les

mêmes acteurs dénonçaient déjà une

coupe de 42 % des devises dans le

secteur de la santé ; en 2013, ils annonçaient

un niveau de pénurie de 40

% ; en 2014 de 60 %, en 2015 de 70

%. Ce à quoi, après examen des chiffres

et statistiques, Pasqualina Curcio répond

: « Ils ne correspondent pas au

niveau d’importations enregistrées (…)

et encore moins aux rapports financiers

annuels des grandes corporations

transnationales responsables de l’importation

de ces produits. »

Ces « grandes corporations » reçoivent

des devises à taux préférentiel,

achètent les produits à l’extérieur et les

vendent en bolivars tant au Système

public national de santé (SPNS) qu’aux

établissements privés. Alors que, de

2003 à 2014, l’importation de produits

pharmaceutiques a connu en dollars

une augmentation de 463 %, Henry

Ventura, ex-ministre de la santé et

actuel directeur de l’Ecole de médecine

Salvador Allende, chiffres lui aussi en

main, signalait en janvier dernier : « En

2004, les laboratoires ont reçu 608 millions

de dollars sans qu’on note de pénuries.

» En revanche, plus rien ne va

lorsqu’ils obtiennent « un total de 3,2

milliards de dollars en 2013 et 2,4 milliards

de dollars en 2014 [1] ». Raison

pour laquelle, un an auparavant, alors

député, il avait déjà exhorté la Procureure

de la République Luisa Ortega à

enquêter, « vu qu’on ne trouve plus de

médicaments nulle part ». Semblerait-il

sans grand résultat.

« Aucune des grandes

corporations pharmaceutiques

responsables de l’importation de 50

% des produits pharmaceutiques au

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Août 2017. Vente ponctuelle organisée par un des milliers de Comités

Locaux d’Approvisionnement et de Production (CLAP) mis en place par

le gouvernement bolivarien pour fournir directement la population en

produits subventionnés.

Venezuela n’a enregistré des pertes, une

diminution des bénéfices ou une chute

des ventes durant 2015, note Curcio ;

pas plus qu’en 2012, 2013 et 2014. »

Des propos difficilement contestables

car confirmés dans son ouvrage par

la reproduction des rapports financiers

des firmes en question – Abbott

Laboratories C.A., Productos Roche,

Novartis de Venezuela S.A., Bayer S.A.,

Pfizer Venezuela S.A., Sanofi-Aventis

de Venezuela S.A., Merck S.A., etc [2].

Le 2 septembre 1973, neuf jours

avant le coup d’Etat de Pinochet, les

Chiliens pouvaient lire dans le quotidien

Clarín : « “Grâce au travail volontaire,

les samedis et dimanches, puis au

travail de nuit, nous augmenterons la

production du sérum dont notre pays a

besoin”, affirment unanimement les 45

travailleurs du Laboratoire Sanderson,

unique producteur de ce médicament

vital au Chili », tandis que leur syndicat,

se référant à la pénurie artificiellement

créée par ce monopole, ajoutait : « Nous

affirmons devant l’opinion publique

que notre mouvement légitime (…) a

pour objet la défense du pouvoir exécutif

lorsqu’il entend réquisitionner les

entreprises qui boycottent la production

et qui sont vitales et stratégiques pour

le pays [3]. »

Comparaison n’est pas raison

? En juin 2017, au Venezuela, les représentants

de la Fédération des travailleurs

de l’industrie chimique pharmaceutique

(Fetrameco) accusaient

les laboratoires Calox, Leti, Vargas,

Behrens et Cofasa de diminuer leur

production de médicaments prioritaires

pour la population. De son côté, Richard

Briceño, du syndicat des laboratoires

Calox, dénonçait : « Ils utilisent

la matière première pour fabriquer des

produits vétérinaires et abandonnent

l’élaboration des médicaments essentiels

[4]. »

Au mois de février précédent,

après une enquête des services de renseignements,

plus de six tonnes de

médicaments et de matériel chirurgical

avaient été saisies dans deux habitations

de Maracaibo (Etat de Zulia). Importés

grâce aux dollars préférentiels,

ils étaient destinés à partir en contrebande,

comme le font d’énormes quantités

détournées vers la Colombie.

Rien de plus démoralisant pour

quiconque que d’être privé de ce qui

rend la vie agréable – savon, déodorant,

shampoing, dentifrice ou crème

à raser. Quatre grandes entreprises

contrôlent le marché des produits d’hygiène

au Venezuela : Procter & Gamble,

Colgate, Kimberly Clark et Johnson &

Johnson. D’après leurs rapports financiers

annuels, y compris ceux de 2105,

aucune n’a enregistré de pertes ni de

diminution des ventes. Entre 2004 et

2011, le firme Johnson & Johnson a

reçu du gouvernement environ 2,8

millions de dollars par mois ; en 2014,

elle en empoche 11,6 millions pour une

même période, quatre fois plus que ce

qu’elle recevait habituellement : tous

ses produits manquent sur les lieux habituels

d’écoulement.

En 2014 encore, Procter &

Gamble s’est vu octroyer au taux préférentiel

58,7 millions de dollars, 5,3 fois

plus que ce qu’elle recevait entre 2004

et 2011 (11 millions de dollars). S’ils

mentionnent les difficultés et incertitudes

dues aux taux de change évolutifs

(et parfois erratiques), ses rapports

annuels n’enregistrent ni diminution

des ventes ni pertes opérationnelles au

Venezuela [5]. En juillet 2015, en plein

marasme affectant les consommateurs,

la firme publie ce communiqué : « Ces

dernières années, la compagnie a fait

dans le pays d’importants investissements

destinés à augmenter la capacité

locale de production et à offrir des innovations

dans nos produits. Il en résulte

que notre capacité locale de production

a augmenté de plus de 50 % et que

nous jouissons aujourd’hui d’une absolue

préférence des consommateurs vénézuéliens,

qui ont fait de nos marques

les leaders dans les catégories où elles

sont en compétition [6]. »

En ce qui concerne le papier hygiénique,

on offrira ici un sujet d’enquête

aux journalistes que ce sujet fascine

et qui ont du mal à se renouveler

: en 2014, l’entreprise responsable de

son importation et de sa distribution,

Kimberley Clark de Venezuela, a reçu

958 % de devises de plus que celles

qui lui ont été assignées entre 2004

et 2011. On pourrait même suggérer

un titre : « Qui a piqué les rouleaux ?

» Voire une autre investigation : comment

se fait-il que dans tous les restaurants,

de la plus modeste « cantina » à

l’établissement le plus luxueux en passant

par les innombrables « fast food »,

on trouve sur toutes les tables, à profusion,

des serviettes en papier ?

Comme celui de Chávez, le gouvernement

de Maduro se caractériserait

par une violente hostilité envers le

monde des affaires. Pour preuve : en

faisant approuver en 2011 (Chávez)

une loi organique sur « les prix justes

», le pouvoir impose un plafond aux

prix des produits de première nécessité

et, en établissant en février 2014 (Maduro)

une marge bénéficiaire maximum

de 30 % sur les biens et services vendus,

il ruine les commerçants. Plus personne

ne produit ni ne travaille, les prix

étant désormais inférieurs aux coûts de

production.

Vue sous un autre angle, on

ne jurerait pas que l’occupation de la

chaîne Daka en novembre 2013 a été

totalement injustifiée : après avoir obtenu

plus de 400 millions de dollars

d’argent public de 2004 à 2012 pour

importer des biens électrodomestiques

à bas prix, cette chaîne présente à Caracas,

Punto Fijo, Barquisimeto et Valencia

surfacturait jusqu’à 1000 % ses

produits. Quant aux problèmes du magasin

d’électronique et d’audio-visuel

Pablo Electronica avec les autorités,

ils ont commencé à la même époque

lorsque a été découverte une augmentation

injustifiée – de 400 % à 2 000 %

des prix.

Création du chavisme en 2003,

les contrôles ont été longtemps limités

aux produits de première nécessité. Le

pas supplémentaire effectué par Maduro

a eu pour objectif, outre la lutte

contre les usuriers et les spéculateurs,

de limiter l’inflation (la plus haute

d’Amérique latine).

Petites ou moyennes, certaines

entreprises ont effectivement des problèmes

parce qu’en compétition, dans

un contexte hyper-spéculatif, avec de

puissants concurrents. De véritables

monopoles très souvent. Mais, plus

globalement, l’analyse des données de

n’importe quelle firme, où qu’elle opère

dans le monde, permet de constater que

le taux de marge moyen se situe non

à 30 %, mais autour de 10 % ou 11

%. Pour tout capitaliste, il s’agit d’un

bon résultat. Les économistes néolibéraux

devant d’ailleurs reconnaître que

les marges bénéficiaires sont élevées

au Venezuela, ils objectent que « c’est

à cause du risque » – l’argument théorique

de la spéculation.

Sur les quarante-deux marchandises

mises sur le marché par Polar,

seules quatre ont un prix « régulé » :

la farine de maïs, le riz, l’huile et les

pâtes alimentaires. Cela n’a pas empêché

que, avant l’élection présidentielle

d’avril 2013, l’ensemble de sa production,

et non ces seuls produits, ait reculé

de 37 % ; au moment de « La Salida »

(2014), de 34 % ; avant les législatives

de décembre 2015 de 40 % [7].

Pour importer, on l’a vu, les négociants

doivent acheter leurs dollars

au gouvernement. Nul ne niera ici que

le processus bureaucratique complexe

ou les changements de règles permanents

constituent un casse-tête pour un

individu normalement constitué [8].

Ni que la masse globale des devises à

octroyer a diminué. Ce qui a provoqué

– ou plutôt accentué – un marché parallèle

sur lequel la monnaie américaine

se négocie bien au-dessus du cours officiel.

En décembre 2012, 1 dollar

s’échangeait légalement contre 4,30

bolivars et, au taux parallèle, contre 10

bolivars. En 2013, on passait de 6,30

bolivars au cours légal à 20 dollars au

marché noir. Durant les deux derniers

mois de 2014, le dollar « libre » était 28

fois plus haut que le dollar « gouvernemental

». A la veille des élections législatives

du 6 décembre 2015, il culmine

à près de 900 bolivars pour un dollar,

soit une augmentation de 8 900 % en

à peine deux ans ! A l’heure actuelle,

il atteint 5 000 bolivars (contre 10 au

cours officiel) !

Faute de devises obtenues à travers

les mécanismes d’Etat, des particuliers,

en quête de valeur refuge,

achètent des dollars sur le marché noir.

De leur côté, certains acteurs économiques

– essentiellement les petites

entreprises – se voient dans l’obligation

de se tourner eux aussi vers ce monde

parallèle. Une fois leur marchandise

achetée à l’étranger, ils établissent leur

prix de vente : salaires, frais généraux

et montant de la facture en dollars reconvertie

en bolivars, mais en fonction

du taux de change prohibitif, ce qui fait

exploser la valeur finale du produit.

Dans ce cas précis, on peut légitimement

attribuer une part de la responsabilité

de l’explosion des prix « à la crise

» et à un gouvernement dépassé par les

événements.

Toutefois, le phénomène ne s’arrête

pas là, ce qui en rendrait les effets

relativement limités. Il s’aggrave

lorsque les importateurs majeurs, bien

qu’ayant reçu des devises au taux

préférentiel, calculent leurs prix… en

fonction du taux illégal. Pour l’explosion

de leurs de profits illicites, pour le

plus grand malheur du consommateur,

qui voit s’écrouler son pouvoir d’achat.

Sachant par ailleurs que nombre de corporations,

lorsqu’elles reçoivent cinq

dollars du pouvoir, n’en utilisent qu’un

pour l’importation, et spéculent avec les

quatre autres sur ce marché mafieux.

Leur « business » n’est pas de pourvoir

le pays en aliments, nous explique-ton,

mais « d’acheter et de vendre des

dollars, sous prétexte d’acquérir des

aliments ».

Les difficultés deviennent définitivement

insolubles pour les autorités

quand, par ailleurs, le taux de change

parallèle explose parce que manipulé.

Sur ce fameux marché, le taux

de change a enregistré une tendance

constante à la hausse de 1999 à juillet

2012. Mais, de 26 % en moyenne

jusqu’à 2011, cette variation annuelle

dérape de 2012 à 2015, passant à 223

% (423 % entre 2014 et 2015), affectant

la consommation finale et les processus

de production. « Les variations

les plus importantes, note Curcio dans

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


Notre Mémoire se souvient

En hommage à nos martyrs et héros inconnus

Par Frantz Latour

Tout au long de l’histoire, des

milliers de guerres de pillage, de

domination, d’extension territoriale,

de violation de souveraineté des pays

conquis ont été menées pour satisfaire

les appétits gloutons des classes dirigeantes.

Des guerres d’Alexandre et

de César à l’actuelle guerre en Afghanistan

en passant par les deux guerres

mondiales, des millions de soldats ont

perdu la vie. La majorité d’entre eux

avait leurs restes renvoyés chez eux,

à leurs familles, quand leurs cadavres

étaient identifiables. Ils se trouvent

désormais dans un cimetière, dans

un coin du monde. Leur souvenir est

perpétué par leurs plus proches. Des

milliers de soldats n’ont pourtant jamais

pu être identifiés à cause de mutilations

et brûlures extrêmes. Ils sont

restés des «soldats inconnus».

.Après la première guerre mondiale,

un mouvement a commencé

à commémorer ces soldats inconnus

avec une seule tombe, qui contiendrait

un corps non identifié. Un tel soldat

servirait alors comme un symbole du

sacrifice de tous les soldats inconnus

morts au combat. L’idée était sans aucun

doute très louable. N’empêche, on

ne peut s’empêcher de se demander si

au fond il ne s’agissait pas d’une solennelle

mise en scène toute trouvée

pour justifier les boucheries abominables

passées et une occasion pour

les élites militaro-civiles de se donner

bonne conscience et de préparer

d’autres tueries au cours desquelles ce

sont les catégories les moins loties qui

serviront de chair à canon.

Aujourd’hui, de tels mémoriaux

existent partout dans le monde et sont

connus sous le nom de «Tombe du

soldat inconnu». Ainsi: le tombeau

du Soldat inconnu américain situé

dans le Cimetière National d’Arlington

en Virginie; la tombe du Soldat

inconnu français installée sous l’arc

de Triomphe de la place de l’Étoile

à Paris; le monument du Soldat inconnu

égyptien au Caire, en forme

de pyramide, construit en 1974 en

l’honneur des Egyptiens et des arabes

qui ont péri durant la guerre d’octobre

1973 ; la tombe du Soldat inconnu

russe, un mémorial de guerre dédié

aux soldats soviétiques tués durant la

Grande Guerre patriotique de 1941 à

1945. Il est situé à Moscou, sous les

murs du Kremlin. Il s’est toujours agi

de soldats morts au cours de guerres

opposant les armées d’au moins deux

La Statue de Jean Jacques

Dessalines, le fondateur de la

nation haïtienne sur la place

d'Armes des Gonaïves ; mais

il n'est jamais venu à l'idée de

nos dirigeants passés et actuels

d'ériger un monument du Soldat

inconnu haïtien qui symboliserait

le sacrifice des centaines de va-nupieds

morts sur le champ d'honneur

et restés sans sépulture, oubliés

pays différents.

Chez nous, hormis la glorieuse

guerre de l’Indépendance opposant

l’armée indigène sous le commandement

de Dessalines et les soldats de

Napoléon conduits d’abord par son

beau-frère Leclerc puis par le cruel

Rochambeau, il n’y a pas eu vraiment

de guerre au sens des grandes tueries

auxquelles il a été fait allusion plus

haut. Et il n’est jamais venu non plus

à l’idée de nos dirigeants passés et actuels

d’ériger un monument du Soldat

inconnu haïtien qui symboliserait le

sacrifice des centaines de va-nu-pieds

morts sur le champ d’honneur et restés

sans sépulture, oubliés.

Sans doute, nous pouvons nous

enorgueillir du Nèg mawon, sculpture

réalisée par l’architecte Albert Mangonès.

Elle symbolise l’esclave révolté

ayant fui l’habitation du colon français.

Au pied, il porte une chaîne brisée,

il tient un coutelas et souffle dans

une conque, un lanbi, pour appeler à

la révolte contre l’oppresseur, le colonisateur

esclavagiste. De fait Boukman

a été, durant la cérémonie de Bois

Caïman, l’initiateur de la grande insurrection

du 22 au 23 août 1791 qui devait

éventuellement aboutir à Vertières

et à notre indépendance.

Le Nèg mawon est donc avant

tout le symbole emblématique de

la liberté de la nation haïtienne et

un symbole universel pour la liberté

des Noirs. Il ne commémore pas le sacrifice

de tous les Haïtiens, soldats ou

civils, inconnus, morts pour défendre

leurs droits sacrés, pour défendre ce

qui aux yeux des masses représentent

les exigences de la démocratie. Mon

propos, justement, est d’appeler à la

réalisation non pas d’une tombe du

Soldat inconnu haïtien, mais d’un

monument à la gloire de Héros et

Martyrs haïtiens inconnus qui symboliserait

le sacrifice de tous ces milliers

d’Haïtiens, morts « sans libera, sans je

ne sais quoi » (merci Manno Charlemagne),

sans sépulture et qui resteront

à jamais inconnus et oubliés.

Il ne s’agirait pas seulement

d’honorer la mémoire des soldats inconnus

de notre guerre d’indépendance,

morts pour cause de liberté,

mais aussi de saluer le courage, la longanimité,

la force d’âme, la force de résistance

du peuple face à l’oppression,

à la répression, aux violences exercées

contre lui pour avoir seulement osé

dire NON, à tous les pouvoirs agissant

contre ses intérêts.

La résistance pleine de détermination

du peuple haïtien dans la perspective

de cette tombe des Héros et

Martyrs haïtiens inconnus a commencé

avec l’occupation américaine de

1915 à 1934. Ils sont morts durant les

travaux forcés, cette «corvée », qu’ils

refusaient net. Ils sont morts pour

avoir participé activement à la rébellion

menée par Péralte et Batraville. Ils

sont morts pour raison d’appauvrissement

accéléré de leur condition. Ils ont

servi de force de travail corvéable et

exploitable à volonté dans les bateys

dominicains, et ce sont eux qui ont

été victimes des monstrueuses «vêpres

dominicaines». Par lâcheté et servilité

face au voisin de l’Est, nos dirigeants

n’ont même pas voulu protester contre

ce génocide, voire qu’ils feraient une

sculpture commémorative de ce carnage

apocalyptique.

Ces Héros et Martyrs haïtiens

inconnus ce sont les centaines de fignolistes

des quartiers défavorisés

exécutés par la soldatesque haïtienne

aux ordres du général Kébreau agissant

en sous main pour le compte

de Duvalier et servant de prélude à

d’autres tueries ultérieures à mettre au

compte des Forces Armées d’Haïti. Ce

sont tous les militants qui pendant le

règne du despote Duvalier ont combattu

la tyrannie et sont morts pour cause

de liberté. Il y a eu sans doute Adrien

Sansaricq, Gérald Brisson, Jacques Stéphen

Alexis, Yanick Rigaud, les guérilleros

de Cazale, les guérilleros de Jeune

Haïti, pour ne citer que ceux-là, des

«noms connus» qui sont tombés au

champ d’honneur, mais il y a eu aussi

des milliers d’autres qui ont disparu ou

sont morts dans les cachots du régime.

Au lendemain du 7 février 1986,

on croyait que le fils du monstre parti,

la chasse aux macoutes déclenchée

avec espoir de justice, le pays allait

amorcer un tournant en direction de

la démocratie. Hélas non! La disparition

sans lendemain du jeune Charlot

Jacquelin allait nous dessiller les yeux.

En cascade, le peuple haïtien a été victime

à la ruelle Vaillant, à l’église St.

Jean Bosco. Les fils et filles du peuple

ont été assassinés en masse, dans tous

les quartiers défavorisés de la capitale

et ailleurs, à la suite du coup d’État le

30 septembre 1991. Au lendemain

du rapt d’un président légitimement

élu du 29 février 2004, il y en a eu

un nombre incalculable de partisans

de l’ancien président Aristide qui ont

été tués pour avoir manifesté leur refus

de ce qui fut en fait un kidnapping. Ils

sont tous ces Héros et Martyrs haïtiens

inconnus qui n’ont jamais reçu

de sépulture et qui sont déjà devenus

ossements et cendre dans les charniers

de Ti Tanyen.

« Se pou nou yo mouri, se nou

ki pou leve yo». Fòk nou t a leve yo.

Et pour ce faire, ma faible voix de progressiste

militant en appelle à l’érection

d›un monument en mémoire de

tous ces héros et martyrs morts sans

sépulture et dont nous ne saurons jamais

les noms et prénoms, parce que

fils et filles du peuple, parce que pitit

Sò Yèt, parce que fils et filles de l’anonymat,

des bourrasques de la misère

créée et entretenue par l’ouragan Sam

dont la force de destruction, d’appauvrissement

des catégories opprimées

ne s’est jamais abattue, et dont

l’oeil pervers continue de happer sur

son passage les démunis, les pauvres,

les opprimés.

Ai-je besoin de vous dire que je

ne m’attends pas à quelque miracle

que ce soit ? Je connais nos politichiens.

A quoi bon ressasser ces formules

et qualificatifs presque surannés

qui décrivent leur égoïsme, leur nombrilisme,

leur absence d’intérêt pour

tout ce qui est national, fierté nationale.

Je prends comme exemple le cas

de l’ancien premier ministre Jacques

Edouard Alexis. Le 5 septembre 1998,

notre grand Félix Morisseau, mon

parrain, nous quittait. Lors de ses funérailles

à Miami, Alexis s’exprimait

ainsi : « En témoignage de fidélité à la

mémoire du citoyen de Grand Gosier,

le président de la république et le gouvernement

s’engagent à mieux faire

connaître l’œuvre de celui que l’on

nomme parfois le ‘’Doyen de la littérature

créole’’. Lors, Alexis était ministre

de la Culture.

Le 25 septembre 1999, une

année après la mort de Morisseau,

j’écris une « Lettre toute décachetée

au Premier Ministre Jacques Edouard

Alexis» parue dans Haïti en Marche (V.

XII. No. 34. P.10). Je lui rappelle que

Jean Mapou avait déjà fait des suggestions

appuyées par Paul Laraque dans

le sens d’une ‘’Journée nationale Morisseau,

Citoyen du monde’’ et que rien

n’avait été fait jusqu’au moment de

ma lettre. Au nom du peuple des sansvoix

dont Morisseau avait été ‘’la voix

grand-gosière’’, je lui demandais de

«prendre les dispositions nécessaires

pour faire imprimer un timbre à l’effigie

de Morisseau». Devinez ? Avec

un fanal, en plein jour, et chaque jour

que Dieu dit qu›il fait jour, les amis de

parenn mwen et moi cherchent encore

ce timbre...

C’est dire que avec un gouvernement

dont le président, un inculpé, est

entouré d’un PM fonctionnellement

absent et de ministres yon-jou-bonyon-jou-pa-bon

dont deux d’entre eux

sont mêlés à un scandale de kits scolaires

surfacturés, je ne me fais guère

d’illusion sur la prise en considération

d’un projet aussi grand que l’érection

d’une sculpture honorant nos « inconnus

». Une telle proposition n’est à la

hauteur ni d’un parlement croupion, ni

du chef de l’État embarqué dans des

extravagances démagogiques caravanantes

pour faire passer le temps,

se donner bonne conscience, tromper

les masses et laisser s’enrichir

quelques ti zòrèy.

Je ne me décourage pas pour autant.

L’idée est dans l’air. Les alizés du

pays porteront le message de feuilles

en feuilles, d’arbres musiciens en

arbres musiciens jusqu’au jour où une

révolution, une vraie, socialiste, finira

par s’approprier la proposition pour

que les fils et filles des générations à

venir sachent que leurs aînés qui ont

résisté contre la tyrannie ne sont pas

morts pour du vent et ne seront pas

oubliés, car il y aura une sculpture immortalisant

la mémoire des Héros et

Martyrs haïtiens inconnus.

13 septembre 2017

DÉCÈS

FRANTZ DANIEL JEAN

FUNERAL SERVICES INC.

Guarino Funeral Home

Haïti Liberté annonce avec infiniment de peine la triste nouvelle de la mort de Mme Yvane

Cassendo, survenue le vendredi 8 septembre 2017 dernier

En cette pénible circonstance, nous présentons nos condoléances émues à:

Ses enfants: Sabine Albert et Steeve McCala ; Ses neveux: Mario André, Richard André,

Philippe André et Jean Marcel ; Sa nièce: Ingrid Bouchereau ; Ses petits enfants: Drayden et

Achuka McCala.

Afin de lui rendre un dernier hommage, sa dépouille mortelle sera exposée ce vendredi 15

septembre à Long Island au Malverne Funeral Home sis au 330 Hempstead Avenue,

Malverne NY 11565 de 6 à 9 heures du soir.

Ses funérailles seront chantées le samedi 16 septembre en cours.

Pour de plus amples informations, veuillez contacter Mario André au 917-586-3944

Paix à son âme !

• Funerals in All Boroughs

• Transportation of Remains

• Cremation

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Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Lettre d'un économiste, ancien

employé de la Banque Mondiale au

Président Maduro !

Par Peter Koenig

Cher Président Maduro,

Vous avez le soutien écrasant

des peuples du monde !

Le 25 août, le président Trump a

signé un ordre exécutif qui a frappé

le Venezuela avec les sanctions

économiques les plus larges de l’histoire.

Pratiquement, elles paralysent

le Venezuela, menacent de le plonger

dans le fil. C’est un coup économique

de la pire espèce. C’est une guerre financière

directe. Pour toutes ces nations

occidentales pour lesquelles de

telles sanctions unilatérales du régime

de Washington dirigé par des sionistes

sont devenues la nouvelle norme, c’est

l’une des agressions criminelles les plus

rudes qu’une nation puisse imposer à

une autre nation.

Certainement, cet acte est une

énorme trahison du droit international.

C’est un crime de guerre puisqu’il met

en danger et menace la vie du peuple

vénézuélien. De plus, Donald Trump

menace impunément le Venezuela

d’une invasion militaire états-unienne

ouverte. « Ouverte » - parce que les services

militaires et les services secrets,

c’est à dire le personnel de la CIA et ses

représentants entraînés, financés et armés

ont déjà fomenté pendant des années

le mal-être et la mort dans les rues

de Caracas et dans d’autres parties du

pays.

Pour justifier ces mesures, la

Maison Blanche dit qu’ils : « calibrent

soigneusement pour refuser à la dictature

de Maduro une source importante

de financement pour maintenir son

Gouvernement illégitime. » La déclaration

suivante du Secrétaire au Trésor

Steven Mnuchin explique parfaitement

que ces sanctions sont destinées à «

étouffer le Venezuela jusqu’à ce qu’il

se soumette. » « On fera des exceptions

pour une période de 30 jours et pour

certaines transactions entre les Etats-

Unis et le Venezuela comprenant les

exportations de pétrole et les importations

de Citgo, la filiale états-unienne de

PDVSA, ainsi que pour le financement

des efforts humanitaires. »

Monsieur Mnuchin, un ex associé

de Goldman Sachs peut-il être aussi

humain ? Toute la suite militaire de

Trump peut-elle être aussi humaine ?

Quelle humanité reste-t-il à ces gens ?

Trois généraux prennent les décisions,

sous la présidence de Trump. Faut-il

d’autres preuves pour que le monde

voie que Washington est dirigé par le

Pentagone – c’est un pur état policier et

militaire dont 95% de la population ont

été dépouillées de ses droits civiques et

de ses droits de l’homme – par des versions

successives et chaque fois pires

du Patriot Act et de ses Lois connexes ?

La pire époque de l’humanité.

Le venin et le mal qui résident

dans notre société ne cesseront jamais

de me surprendre. Comment en

arrivons-nous là ? Le commencement

remonte à quelques 5 000 ans ; mais

c’est une autre histoire. Nous vivons

maintenant et nous devons éradiquer

cette société égocentrique, assoiffée de

sang et pathologiquement avare, cette

économie de la cupidité, MAINTENANT

– ce qui signifie maintenant pour sauver

autant de vies que possible.

La raison déclarée de Trump

pour attaquer le Venezuela avec des

sanctions – évidemment, un mensonge

comme tout ce qui vient de Washington

– est la récente élection par le peuple

d’une Assemblée Nationale Constituante

– ANC – L’Assemblée Nationale

Constituante est la forme la plus haute

de la démocratie : une Assemblée élue

Peter Koenig

par le peuple. L’opposition qui a violemment

boycotté l’élection du 30 juillet

2017 n’a à présent aucun siège à

l’ANC. Evidemment, non. Elle n’a pas

présenté de candidats.

Selon Jimmy Carter, ex-président

des Etats-Unis et chef de l’Institut Carter

qui contrôle les élections internationales,

et Noam Chomsky, professeur

de linguistique au MIT célèbre professeur

de géopolitique, le Venezuela

a la démocratie la plus complète des

Amériques et sans doute du monde.

Evidemment, cela ne plaît pas au dictateur-assassin

en chef du monde, les

Etats-Unis d’Amérique.

Le plus grand tyran du monde

demande des sanctions atroces « asphyxiantes

» contre un pays souverain,

pétrolier et riche en gaz dans «

l’arrière-cour de Washington » sous

prétexte qu’il est passé de la démocratie

à la dictature que la tyrannie du Nord

ne peut tolérer mais dans un geste de

générosité, il accorde au Venezuela le

soulagement temporaire « humanitaire.

» quelle farce !

Le Gouvernement de Trump,

ou de n’importe lequel de ses prédécesseurs

se fiche complètement de la démocratie

et des droits de l’homme dans

n’importe quel pays qu’il veut dominer.

Par contre, ce qu’ils veulent, c’est installer

le chaos pour pouvoir exploiter les

ressources naturelles du pays et c’est ce

qu’ils font constamment. Dans le cas

du Venezuela, le pays le plus riche du

monde en réserves d’hydrocarbures, le

but est de reprendre les richesses et de

revenir à la situation précédant l’arrivée

au pouvoir du Président Chávez en

1998, sous le ferme contrôle des géants

pétroliers états-uniens.

Le Venezuela ne le tolèrera jamais.

Curieusement, il semble qu’on

a dit à Trump d’adopter une nouvelle

doctrine des « butins de guerre ». Sa

déclaration récente sur l’augmentation

des troupes en Afghanistan sans limite

de temps a clairement à voir avec les

richesses minérales de ce pays d’Asie

Centrale : le cuivre, le cobalt, le fer, la

baryte, le soufre, le lithium, le plomb,

l’argent, le zinc et le niobium. 1,4 millions

de tonnes métriques de terres rares

(REE). La Force Internationale d’Aide à

la Sécurité (ISAF) estime que les ressources

totales en terres afghanes dépassent

1 billion de dollars. Peu importe

que les Etats-Unis aient déjà dépensé

entre 1 et 2 billion pendant les 16 années

de guerre illégale en Afghanistan,

qui ont provoqué des assassinats massifs,

des dizaines de milliers de morts.

Dans le cas de la Corée du Nord,

c’est le minerai de fer que veulent les

Etats-Unis avec, en plus, l’accès stratégique

à la Chine et à la Russie. En Syrie,

c’est l’infâme pipeline du Qatar qui

permettra aux pétro-géants occidentaux

d’envoyer des billions de pétrole

et de gaz en Europe au détriment des

contrats de gaz signés avec la Russie.

Bashar al Assad a condamné l’oléoduc

depuis que la CIA s’en est approchée en

2008 comme son père au début des années

2000. Ce refus a scellé le destin de

la Syrie. Au Venezuela, le vol prévu est

évidemment, celui du pétrole et du gaz.

Peu importe que Trump se

contredise lui-même superbement. Ses

promesses électorales fermes et insistantes

– de ne pas interférer dans des

pays éloignés, de ne pas créer de «

démocraties » de style états-unien, « à

l’avenir, les Etats-Unis respecteront la

façon de vivre des autres pays,» « nous

n’utiliserons plus nos forces en terres

étrangères – ces jours-là sont terminées.

»

Merveilleux. Il le dit peut-être

sincèrement. Comme il a peut-être réellement

voulu faire la paix avec la Russie.

C’est probablement la raison pour

laquelle il a été élu. Mais Trump serait-il

assez naïf pour ne pas savoir que

le complexe militaire et industriel ne

veut pas – A BESOIN de la guerre ? Ce

groupe diabolique veut les ressources

naturelles pour ses guerres éternelles.

La plupart des gens veulent la

paix et non la guerre. Ils veulent respecter

la démocratie souveraine du

Venezuela, ne pas s’y immiscer. Ce

sont leurs dirigeants, des marionnettes

fascistes (sic-sic) et ceux qui composent

les organisations régionales latino-américaines

qui se sentent obligés

de se soumettre aux exigences de l’empereur

nu.

L’industrie d’extraction, les

hydrocarbures, les minéraux sont

montés en flèche depuis l’ascension

du néolibéralisme dans les années 80

comme jamais auparavant dans l’histoire

moderne. Les raisons en sont les

guerres et les conflits. On estime qu’aujourd’hui,

presque les deux tiers du pillage

des industries d’extraction mondiales

– une calamité indescriptible pour

la santé humaine, les communautés

locales et le milieu ambiant – sont destinés

au complexe militaire et industriel

international et à son précurseur : les

Etats-Unis d’Amérique.

Les nouvelles sanctions contre

le Venezuela sont devenues le point

commun de tous les vassaux qui, pour

une obscure raison lèchent les bottes

du Président Trump. Donald Trump, le

mégalo-psychopathe est une véritable

caricature de l’électorat états-unien.

L’opinion et les politiques de Trump

dansent dans le vent comme seul un

maître immature peut s’en payer le

luxe. Par conséquent, le monde est toujours

dans l’erreur et sur la pointe des

pieds, jamais certain du moment où la

prochaine bombe tombera.

Cher Monsieur Maduro, cet

acte de guerre ne peut être commis

que par les Etats-Unis d’Amérique

parce qu’ils contrôlent notre système

monétaire basé sue le dollar occidental,

totalement frauduleux, géré par le

privé, basé que l’usure et les buts lucratifs

de la FED et des banquiers de

Wall Street. Point. Le monde occidental

continue à être son esclave bien que sur

une échelle de plus en plus faible mais

il ne s’est pas encore libéré. L’Orient, la

Russie, la Chine et toute l’Organisation

de Coopération de Shanghai (SCO) se

sont rapidement détachés de l’hégémonie

du dollar.

Le Venezuela, à mon humble

avis, doit faire de même aussi rapidement

que possible. Il n’y a pas de temps

pour réfléchir : se séparer du dollar, peu

importe quelles pertes monétaires et

quelles pertes d’actifs cela peut impliquer,

d’une façon ou d’une autre, elles

auront lieu. Le chien enragé de Washington

ne va jamais lâcher, il mordra

jusqu’au bout et jamais ne rendra les

actifs confisqués. Il l’a démontré plus

d’une fois dans le monde entier, il suffit

de regarder l’Iran.

Le Venezuela voudrait peutêtre

réduire ses pertes et repartir à zéro

en se liant étroitement aux économies

de la Russie et de la Chine comme il l’a

Communiqué du parti

ouvrier indépendant

démocratique (POID) :

« Balayer les ordonnances, chasser le

gouvernement Macron-Philippe » !

Des jeunes à Paris le 12 septembre 2017 manifestant contre la politique

anti-ouvrière du gouvernement Macron-Philippe !

déjà fait mais il a peut-être besoin de

passer par une base plus rigoureuse et

radicale. Plus d’offres en dollars. Arrêter

toutes les manipulations en dollars/bolivars

depuis Miami. Le dollar doit devenir

une monnaie interdite au peuple

du Venezuela, strictement contrôlé par

la loi, pouvant seulement être utilisée

par les autorités du Gouvernement.

C’est encore la situation à Cuba et Cuba

a survécu 60 ans. L’euro aussi. L’euro

est dans la même alliance que le dollar.

On l’a créé comme le fils adoptif de la

monnaie dollar – amen – sans aucun

soutien.

suite à la page(16)

Les travailleurs qui se mettent en

grève et manifestent avec leurs

organisations pour le retrait des ordonnances

Macron-Philippe sont dans

leur droit.

Dans ces ordonnances qui

livrent les travailleurs, entreprise par

entreprise, aux diktats des patrons,

rien n’est favorable aux intérêts ouvriers.

L’unité des travailleurs et des

organisations pour imposer le retrait

des ordonnances est une nécessité. Le

POID, qui mène campagne sur le mot

d’ordre « À bas les ordonnances ! »

depuis le début du mois de juillet, est

partie prenante de ce mouvement.

Dans sa fureur destructrice, ce

gouvernement (dans la suite des gouvernements

précédents) s’attaque à

tous les aspects de la vie des travailleurs

et de leur famille. Pas un jour ne

passe sans une nouvelle mesure annoncée

contre une catégorie de travailleurs,

contre un acquis social, contre

un droit arraché de haute lutte par les

générations qui nous ont précédés.

Dans le prolongement des ordonnances,

le gouvernement a déjà

annoncé qu’il allait s’attaquer à l’assurance

chômage, à la Sécurité sociale,

à la formation professionnelle,

à l’apprentissage, aux retraites, au

logement, au statut des cheminots, à

la fonction publique en général. Il a

déjà supprimé 149 000 emplois aidés

et compte en supprimer des dizaines

de milliers d’autres.

Pas une catégorie n’est

épargnée, y compris les plus faibles,

les plus précaires, les plus fragiles, les

salariés du public comme du privé, les

chômeurs et les retraités, les lycéens

et les étudiants, les locataires, les assurés

sociaux, les petits paysans, les

artisans, les commerçants, tous sont

attaqués.

Chaque jour un peu plus, ce

gouvernement apparaît pour ce qu’il

est : un gouvernement des riches, des

patrons et des banquiers, un gouvernement

du CAC 40 et de la Commission

européenne, un gouvernement de

la guerre aux ordres de Trump et de

l’impérialisme américain.

Ce gouvernement, qui sème,

partout et dans tous les domaines, la

barbarie et la misère, place les travailleurs

et les jeunes en situation de légitime

défense.

Il faut balayer les ordonnances

et l’ensemble de la politique du gouvernement

Macron-Philippe. Il faut

aussi que soit balayé ce gouvernement

illégitime et minoritaire, rejeté par la

population.

Le plus tôt sera le mieux ! Car

chaque jour qui passe, ce sont de nouvelles

attaques contre le peuple travailleur.

• Unité pour le retrait des ordonnances

et l’abrogation de la loi

El Khomri !

• Unité pour la défense de la

Sécurité sociale telle que constituée

en 1945 et de l’ensemble des

droits ouvriers !

• Les ordonnances et la

politique anti-ouvrière du gouvernement

Macron- Philippe doivent

être balayées !

• Le gouvernement Macron-Philippe

doit être chassé !

Le Bureau National, réuni à Paris

le 9 septembre 2017

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


Suite de la page (10)

dans la lutte pour la construction du

socialisme et du communisme total et

entier en réprimant l’opposition des

classes exploiteuses renversées et

des éléments contre-révolutionnaires

et en se protégeant contre l’agression

impérialiste.

La Commune de Paris a été

la voie pionnière. Le Communisme,

dont parlaient Marx et Engels au

XIXe siècle, est passé de la fiction à

la réalité en débutant par la Révolution

Socialiste d’Octobre en Russie.

Le socialisme dans un seul pays s’est

transformé, dans la seconde moitié

du XXe siècle, en un système mondial

du socialisme et l’URSS est devenue

la deuxième puissance mondiale.

Dans la lutte permanente contre

l’ennemi extérieur et intérieur, dans

le combat contre le fascisme, contre

le monde de l’oppression et de l’obscurantisme,

un monde nouveau se

créait, sans exploitation et parasitisme,

avec une société libre et juste.

Pendant les 70 ans de son existence,

l’URSS était le flambeau qui a éclairé

la voie pour les peuples opprimés et

soulevé le prolétariat dans la lutte

pour son émancipation.

La Grande Révolution d'Octobre

a mis les bases de la crise du

système colonial du capitalisme qui

s'est développé après la victoire de

l'Union Soviétique dans la Seconde

Guerre mondiale, ce qui a conduit à

l'effondrement de l'ensemble de ce

système.

Nous exprimons notre solidarité

avec la lutte des peuples pour leur

indépendance et leur souveraineté

dans la confrontation avec la politique

impérialiste agressive, car cette

lutte des communistes est toujours

liée à la lutte de la classe ouvrière

contre le pouvoir du capital à la fois

dans le monde et dans ses propres

pays.

La théorie du communisme

scientifique et l’expérience de la construction

du socialisme au XXe siècle

ont montré que le pouvoir qui s’est

consolidé au terme de la victoire de

la révolution socialiste ne peut être

autre chose que la dictature du prolétariat,

c’est à dire le pouvoir que la

classe ouvrière ne partage avec aucune

autre classe. C’est ce pouvoir là

qu’il faut soutenir car c’est le seul qui

exprime les intérêts du prolétariat.

La Grande Révolution d’Octobre

a installé le pouvoir des Soviets

dans le pays comme la seule forme

de pouvoir de la classe ouvrière. Le

lendemain de l’insurrection du 7 novembre

1917 et du renversement du

gouvernement bourgeois provisoire,

le Deuxième Congrès des députés ouvriers,

paysans et soldats a proclamé

le pouvoir des Soviets dont la dictature

du prolétariat était l’essence. Les

Soviets sont apparus dans la Russie

tsariste comme les organes de lutte

des ouvriers. Cette lutte était d’abord

économique puis politique pour la

conquête du pouvoir par les ouvriers.

Après la Révolution, les Soviets sont

devenus les organes de la dictature

du prolétariat.

La troisième révolution russe

qu’est la Révolution d’Octobre 1917,

était une révolution socialiste de par

son contenu socio-économique et

politique, tranchant un grand nombre

de questions démocratiques qui

se posaient au pouvoir soviétique et

qui étaient hérités du gouvernement

bourgeois et même du pouvoir réactionnaire

du tsar. Mais dès les premiers

jours, la Révolution d’Octobre

s’est chargée de régler les problèmes

que ni l’autocratie ni la démocratie

bourgeoise n’ont pu ou n’ont pas

voulu régler. Les premiers décrets du

pouvoir soviétique portaient sur la

paix, la terre, la création du gouvernement

ouvrier et paysan, les pleins

pouvoirs des soviets, l’abolition des

corporations et des fonctions étatiques,

la nationalisation des banques,

des chemins de fer, des voies

de communication, des entreprises,

des usines, etc.

Le 15 novembre 1917 a été

adoptée la Déclaration des Droits des

Peuples de Russie qui proclamait:

- l’égalité et la souveraineté

Des délégations de 30 partis communistes et ouvriers ont participé à cette

conférence qui a eu lieu du 10 au 13 août 2017 dernier

des peuples de Russie

- le droit des peuples de Russie

à disposer d’eux-mêmes, y compris

par la sécession et la création d’une

entité étatique indépendante

- l’abolition des tous les

privilèges nationaux ou religieux

- le libre développement des

minorités nationales et ethniques vivant

sur le territoire de la Russie

Ainsi, dès ses premiers pas le

pouvoir soviétique réalisait le contenu

socialiste des mots d’ordre avec

lesquels les bolcheviks soulevaient

le peuple pour la Révolution: « Paix

aux peuples ! », « Tout le pouvoir aux

Soviets ! », « La terre aux paysans

! », « Les usines aux ouvriers ! », «

La journée de 8 heures pour tous ! ».

Au sens politique, du point de vue de

la forme de la conquête, de la construction

du pouvoir et de sa consolidation

par des mesures urgentes,

la Révolution socialiste d’Octobre se

caractérisait comme soviétique.

La portée historique et mondiale

de la forme de dictature du prolétariat

créée par la classe ouvrière de

Russie consiste en ce que les Soviets

s’appuient, dans leur formation et

leur travail, sur la réalité objective

qu’est l’organisation des travailleurs

dans le processus de la production

sociale, et ainsi, assurent l’essence

de la dictature du prolétariat. Les soviets,

dont les députés étaient élus

dans des collectifs de travail, assuraient

le caractère prolétarien du

pouvoir et son contrôle par les masses

laborieuses.

Les soviets ont toujours et

partout lié le principal contenu de

leur activité aux mesures pratiques.

La Commune de Paris le faisait déjà

dans sa volonté de faire des travailleurs

les maitres de la société. L’expérience

de la Commune de Paris a

montré, et l’expérience de l’URSS a

confirmé, le rôle primordial joué par

le parti révolutionnaire d’avant-garde

en tant que locomotive de la construction

d’une société nouvelle. La

théorie léniniste du parti garde toute

sa pertinence et la pratique historique

confirme qu’il ne peut y avoir de

mouvement révolutionnaire sans un

parti révolutionnaire. Ce parti était le

Parti Bolchevik, le parti de Lénine et

de Staline. Sous sa direction en URSS

ont été réglés les problèmes très importants

qu’un pays capitaliste, par

essence, ne pouvait régler. Cela a été

confirmé par l’expérience des partis

frères des pays du bloc socialiste.

Plus précisément, le chômage a été

éradiqué, l’éducation, l’enseignement,

la médecine, l’accès à la science,

à la culture, au sport ont été

gratuits. En URSS, le logement et

le transport étaient pratiquement

gratuits également. Dans aucun des

pays capitalistes la sécurité des personnes

n’a été aussi bien assurée

qu’en URSS. Dans ce pays, l’âge de

départ à la retraite était le plus bas au

monde.

L’expérience de l’URSS a aussi

confirmé la justesse de l’exigence du

programme du parti marxiste-léniniste

formulée par Marx et Engels

dans le Manifeste du Parti Communiste

sur la socialisation des principaux

moyens de productions comme

l’une des lois les plus importantes de

la révolution socialiste. L’expérience

de la Grande Révolution Socialiste

d’Octobre a montré dans les faits

qu’après la conquête du pouvoir étatique

par la classe ouvrière se posait

la question de l’expropriation des

expropriateurs dans toute l’économie

du pays, ce qui est nécessaire pour

liquider la domination économique

de la bourgeoisie et assurer une base

économique à la dictature du prolétariat.

Sans la propriété collective

des moyens de production, la classe

ouvrière ne pourrait garder le pouvoir

politique et mener les changements

socialistes. La base économique de

la réalisation, de la consolidation et

du développement du pouvoir soviétique

durant la période de la dictature

du prolétariat est constituée

par la socialisation des moyens de

production et la production planifiée

destinée à satisfaire le développement

et à assurer le bien être de tous

les membres de la société.

Le but de la production socialiste

n’est pas la plus-value, mais le

bien-être et le développement des

tous les membres de société. La

renonciation à cet objectif, l’introduction

des lois du marché mènent à la

destruction du socialisme car l’économie

basée sur l’échange marchand

ne peut par principe être la base

économique du pouvoir prolétarien.

Le marché c’est le capitalisme et la

base pour la dictature de la bourgeoisie.

La théorie marxiste-léniniste

ne dicte pas de recettes détaillées ni

de modèles idéaux de la société future.

Marx et Engels disaient que le

communisme n’est pas un état de

choses qui doit être instauré, n’est

pas un idéal auquel la réalité doit se

conformer, mais le mouvement réel

qui détruit l’état de choses actuel qui

est injuste et qui freine le développement

de la société.

La nécessité pour le prolétariat

d’avoir son Etat est déterminée

par la nécessité de réprimer ce qui

est en contradiction avec les intérêts

de la classe ouvrière car cette

dernière traduit les intérêts de toutes

les couches laborieuses. Tant que les

classes existent, l’Etat est l’organisation

et l’instrument de la dictature de

la classe dominante. Par conséquent,

la nécessité de l’Etat de dictature du

prolétariat disparait seulement avec

la réalisation des objectifs finaux des

communistes: disparition des classes

sociales, effacement de la différence

entre la ville et la campagne, entre

le travail physique et intellectuel,

construction du communisme total,

disparition de la menace d’agression

capitaliste de l’extérieur et de l’intérieur.

Le pourrissement idéologique

et politique de l’appareil d’Etat

et du Parti, la révision du marxisme-léninisme

réalisée lors des Xe

et XXIIe Congrès du PCUS et qui a

atteint son apogée lors de la perestroika

gorbatchevienne, le rejet

des principes fondamentaux de la

construction du communisme en

théorie et en pratique, le carriérisme

et la bureaucratie, ont mené à la contre-révolution

et à la restauration

du capitalisme. Avec le soutien de

l’impérialisme international, la destruction

du socialisme en URSS a pu

avoir lieu et un groupe d’Etats bourgeois

s’est formé à sa place. Après

l’éclatement de l’URSS, la réaction

impérialiste a pris les devants dans le

monde entier. Le système socialiste

mondial a été détruit. Le nombre des

Etats socialistes s’est considérablement

réduit. Dans de nombreux

pays, une vague d’anticommunisme

et d’antisoviétisme a provoqué des

répressions contre les partis communistes

et les communistes, et cela

continue aujourd’hui. Les Etats Unis

et l’Union européenne se trouvent

au premier rang de cette réaction et

quasiment tous les Etats bourgeois y

participent.

Dans ces conditions, les communistes

déclarent ouvertement

: l’anticommunisme et l’antisoviétisme

ne passeront pas ! Les contre-révolutions

des trente dernières

années ne changent pas le caractère

de notre temps, le temps du passage

du capitalisme au communisme ! La

Révolution ne peut s’arrêter ! Après

la contre-révolution, il y aura forcément

la Révolution ! Et les communistes

sont forcément des révolutionnaires

!

Ces dernières années, la tendance

manifeste aux changements

dans les relations entre les pays

capitalistes, sous l’influence de la loi

du développement inégal du capitalisme,

devient de plus en plus évidente.

Les Etats-Unis restent la première

puissance économique et militaire

; mais leur part dans le PIB mondial

se réduit et l’Union européenne

joue aussi un rôle important dans les

processus de globalisation. D’autres

puissances dominées par les rapports

de production capitalistes entrent

en jeu, comme les Etats des BRICS

par exemple. Les contradictions inter-impérialistes

qui ont toujours

mené aux conflits locaux, régionaux

et surtout aux deux guerres mondiales,

continuent aujourd’hui à générer

des conflits violents et des confrontations

sanguinaires (économiques,

politiques et militaires) pour le contrôle

des matières premières, des

sources énergétiques, des voies de

transport, des parts de marché. Dans

cette lutte, les Etats Unis et l’OTAN

sont généralement aux avant-postes,

ainsi que d’autres pays impérialistes

comme, par exemple, Israël ou les

pays du Golfe.

A côté de ça, l’offensive a lieu

dans le monde entier contre les acquis

sociaux des travailleurs. L’arme

idéologique principale de la réaction

est la théorie néo-libérale et social-démocrate

du partenariat social,

de la collaboration des classes, de la

paix civile et des obstacles à la révolution.

Cet arsenal est complété par le

révisionnisme et l’opportunisme, qui

sont une arme de l’impérialisme.

Dans le même temps, sur la

base de la production basée sur

la propriété privée, l’humanité ne

peut se développer conformément

aux intérêts de la classe ouvrière et

des couches populaires. La vie et

le développement de l’Homme ne

peuvent être limités par la propriété

privée ou la volonté des uns d’être

maitres pour que les autres soient

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leurs serfs. Le mouvement communiste

international est obligé de

redoubler d’efforts pour la lutte des

classes, pour les intérêts de la classe

ouvrière. Aux mots d’ordre bourgeois

sur la « globalisation mondiale

» ou sur le nationalisme d’Etat, les

communistes répondent : seule la

lutte contre l’impérialisme dans la

perspective de la construction du socialisme

et du communisme total et

entier, seule la voie amorcée par la

Grande Révolution d’Octobre est la

route souveraine de l’humanité vers

la liberté réelle et l’égalité au sens

de la disparition de toute possibilité

d’exploitation, de la liquidation des

classes, vers la fraternité et le bonheur

des tous les peuples et la préservation

de la vie sur Terre.

La réorganisation du mouvement

communiste international, la

sortie de la situation de crise et de capitulation,

l’élaboration d’une stratégie

commune basée sur le marxisme-léninisme

et l’internationalisme

prolétarien, la reconnaissance du rôle

et de l’apport de l’URSS, ainsi que la

nécessité du renversement révolutionnaire

du capitalisme et de la construction

d’une société socialiste puis

communiste, sont des objectifs exigés

par la lutte contre l’offensive des

monopoles et des gouvernements

bourgeois, contre le capitalisme réactionnaire,

le fascisme et l’impérialisme.

Pour le mouvement communiste

international, aujourd’hui, la

lutte internationale contre les guerres

impérialistes est primordiale. L’une

des tâches les plus importantes est

la lutte intransigeante contre le révisionnisme

et l’opportunisme sous

toutes leurs formes ; car c’est un

danger énorme pour le mouvement

communiste.

Les révolutions ne se renferment

pas dans des limites, elles se

réalisent non pas par la volonté des

guides ou des partis ; mais traduisent

les intérêts objectifs et la volonté implacable

de la classe d’avant-garde,

des exploités et des peuples opprimés

de jouir des résultats de leur travail,

de développer les forces productives,

de créer des valeurs matérielles et

morales pour tous.

Que les idées et l’œuvre du

Grand Octobre persistent à travers

les siècles !

Travailleurs, exploités, peuples

opprimés, debout dans la lutte pour

en finir avec le système capitaliste et

l’exploitation, pour construire le socialisme

et le communisme ! C’est là

l’unique alternative et le futur inévitable

pour toute l’humanité.

Vive la Grande Révolution Socialiste

Soviétique ! Vive le Communisme

dans le monde entier !

Prolétaires de tous les pays,

unissez-vous !

Léningrad Août 2017

Solidarité Internationale 9

Septembre 2017

Director: Florence Comeau

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Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (14)

Les nouvelles transactions seraient

seulement faites en monnaies locales

et/ou dans les monnaies de la Russie

et de la Chine, à travers les bureaux

respectifs de la Banque Centrale et

les paiements internationaux seraient

faits en dehors de la FED, de Wall

Street, de la BIS (Bank for International

Settlement) du SWIFT, par exemple

à travers le système de Paiements Internationaux

de la Chine (CIPS). La

Russie est sur le point de lancer un

système similaire, détaché des modes

de transactions financières dominés

par l’Occident comme le SWIFT. Une

fois que le nouveau système de virement

bancaire de la Russie sera

en vigueur, avec le CIPS chinois, le

monopole occidental des paiements

internationaux – et les sanctions – seront

complètement perturbés. Le commerce

international redémarrera pour

fonctionner hors de l’hégémonie du

dollar. Les économies de la Chine et de

la Russie sont totalement soutenues

par l’or.

Sous ces sanctions financières

larges et massives imposées au Venezuela

grâce au système monétaire

occidental, le Venezuela a été tout

simplement exclu de toute transaction

financière internationale. Il y a un blocus

bancaire total contre l’entreprise

nationale vénézuélienne de pétrole et

de gaz PDVSA-Petróleos de Venezuela

SA, qui lui rend impossibles les transactions

directes d’hydrocarbures.

C’est un étranglement de l’économie

vénézuélienne – une recette pour

affamer un pays et sa population, pour

le soumettre, l’affaiblir pour le conquérir

– pour piller ses ressources. Le

Venezuela ne permettra JAMAIS que

cela arrive. Citgo, filiale de PDVSA aux

Etats-Unis ne peut déjà plus verser

de dividendes au Venezuela, un autre

coup porté aux revenus en devises du

Venezuela. Il y a une menace tacite :

les bénéfices de Citgo aux Etats-Unis

peuvent être confisqués. Existe-t-il

une plus haute trahison du droit international

?

Le Venezuela n’a jamais fait de

mal à une autre nation. Au contraire.

Le Venezuela a soutenu d’autres pays

en les aidant avec des crédits et des

prêts à bas taux, avec des hydrocarbures

à des prix préférentiels quand le

« marché » abusait avec des prix artificiellement

élevés ; c’est à dire 120$ le

Suite de la page (19)

baril et plus pour saigner les pays en

voie de développement. Aujourd’hui,

le brut a baissé à 47 $ le baril, moins

de la moitié de son prix d’il y a 2 ans.

Les mêmes spéculateurs sont derrière

cette baisse drastique, une autre manipulation

délibérée et mal intentionnée.

Oui, par les vassaux saoudiens,

mais encore plus par Wall Street et

son chef exécutif mafieux - Goldman

Sachs – pour léser le Venezuela, l’Iran

et la Russie, en particulier.

Ça, cher Monsieur Maduro, c›est

un coup d›Etat économique. C›est une

guerre financière directe. C›est criminel,

illégal et passible d›une condamnation

comme crime de guerre, s›il

existait une cour internationale dans

le monde qui n›ait pas été « prostituée

» par les Etats-Unis et ses manipulateurs

de l›Obscur Etat Sioniste. Le blocus

des transactions bancaires avec le

Venezuela, de la dette et des « virements

» pour des créanciers/ débiteurs

est un délit. Bloquer les ventes d›hydrocarbures

à l›étranger de l›entreprise

pétrolière vénézuélienne est un crime.

Rosneft de Russie a acheté une

participation de 6 000 millions de $

dans PDVSA et une participation de

49,9% dans sa filiale CITGO qui a

son siège aux Etats-Unis. Cela correspond

à environ 13% de la production

totale du Venezuela. Presque tout le

contingent est revendu essentiellement

en Amérique Latine par la Russie

aux clients du Venezuela malgré

les « sanctions » des Etats-Unis.

Le Venezuela pourrait envisager

la possibilité de négocier des accords

de concession ou de vente directe

de plus grandes parties de PDVSA à

Rosneft ou à d’autres géants pétroliers

russes et chinois pour qu’elles soient

rachetées une fois la crise finie. La

Suède a fait de tels arrangements en

nationalisant le secteur des banques

pour surmonter sa crise bancaire dans

les années 1990, une alternative élégante

aux plans de sauvetage. Cela a

fonctionné. Les banques ont été reprivatisées

ensuite. La Russie pourrait

vendre l’essence vénézuélienne

dans le monde entier pour honorer les

contrats avec les clients vénézuéliens.

Sans attendre aucune sanction de la

Maison Blanche. Qui pourrait être

sanctionné si les transactions sont

faites hors de l’économie du dollar ?

Malgré la menace de Trump

d’une intervention militaire directe au

Venezuela, il y a aussi une forte possibilité

de blocus naval des ports du

Venezuela. Cependant, actuellement,

les Etats-Unis ne sont pas les seuls

maîtres de l’univers. La Russie et la

Chine peuvent être invitées à former

un contre-blocus et même à envoyer

des troupes au Venezuela.

L’intervention de la Russie

en Syrie à la demande du Président

Bashar Al-Assad a fait des merveilles.

En fait, elle a libéré la Syrie du siège

de l’OTAN, des Etats-Unis, de la

France, du Royaume Uni, de l’Allemagne.

Toutes les nations criminelles

dansant au rythme de l’empereur moribond.

La récente marche des forces

aériennes de la Russie sur l’Océan Pacifique,

la Mer du Japon, la Mer Jaune

et la Mer de Chine Orientale, avec des

bombardiers nucléaires Tupolev-95MS

au milieu des manœuvres militaires

massives et provocatrices des Etats-

Unis sur les côtes proches de la péninsule

coréenne a amené le Japon et la

Corée du Sud à percuter les flots pour

escorter les Tupolevs de la Russie. La

manifestation russe a suscité le respect

de façon impressionnante. Pourquoi

ne serait-ce pas un élément de

dissuasion pour un blocus de la marine

états-unienne ? Ou renoncer à la

menace de Trump d’une intervention

militaire directe?

*Peter Koenig est économiste

et analyste géopolitique. Il a aussi

travaillé à la Banque Mondiale et longuement

dans le monde entier dans

les domaines de l’environnement et

des ressources en eau. Il donne des

cours dans des universités aux Etats-

Unis, en Europe et en Amérique du

Sud. Il écrit régulièrement pour Global

Research, ICH, RT, Spoutnik, Press-

TV, 4tos medios (China), TeleSUR, le

blog del Viñedo del Saker et d’autres

sites internet. Il est l’auteur d’Implosion

– Un thriller économique sur la

guerre, la destruction de l’environnement

et la cupidité corporative – une

fiction basée sur des faits réels et sur

30 ans d’expérience à la Banque Mondiale

dans le monde entier. Il est aussi

co-auteur de The World Order and Revolution!

– Ensayos de la Resistencia.

Traduction Françoise

Lopez Bolivar Infos

4 Septembre 2017

d ‘exquisité et d’extravagance,

frisant l’atonalie. Imperméable tissu

voluptueusement inspiré. Avec sa

connotation didactique qui n’empêche

point la distillation de tant d ‘ingéniosité

et de créativité. Ses compositions

décèlent une sonorité récitative

embaumées de recherches harmoniques

et de mélodies fluides, dégageant une

approche personnelle, grâce à une

technique claire et précise.

Artiste dans l’âme et universellement

façonnée, C.B a fait de ses œuvres

comme un reflet sociologique rehaussées

d’une opulence culturelle à partir d’une

enfance musicale et poétique au bercail,

agrémentée d’une riche adolescence artistique

en France ; entre les tragédies et

les conquêtes, le péril états-unien dans

sa croisade contre la culture native, le

charme des frères de la côte du ‘’tout

paris’’ et la montée de la ferveur indigéniste.

Les allées et les retours et enfin

l’exil cher aux poètes et aux indignés qui

se refusent à se faire voir à travers la médiocrité

d’autrui. Pianiste à l’infini, sans

bornes ; au classicisme sans frontières.

Tandis que la thématique populaire a su

constituer la toile de fond de sa créativité.

Les hommages dont elle fit l’objet

lorsqu’elle rendit l’âme le 11 décembre

2005, en disent long sur son influence

et de sa prépondérance sur des figures

de proue, de Lina Mathon, à Nicole St.

Victor en passant par sa petite fille Diane

Brouard et sur une lignée de suivistes qui

ne jurent que par elle de toujours veiller

et de préserver l’héritage indestructible

de cette compositrice féconde, musicienne

épatante, pianiste d’exception et

humaniste.

Carl Brouard, le fou ?

Tout petit, je voyais souvent ce clochard

déambuler à travers les rues

avoisinantes, et à l’endroit duquel les

adultes éprouvaient beaucoup de respect.

Il ne m’a pas pris du temps pour

savoir qu’il fut une étoile de la littérature

nationale. Pour ma part, je faisais de lui

mon ami personnel. Puisqu’il avait fait

de la galerie de notre maison à l’avenue

Nicolas, son patelin obligé, pour venir

s’allonger lorsqu’il était fatigué ou

Suite de la page (5)

avait faim. Maman pour qui Carl avait

un faible, lui avait réservé un bol dans

lequel elle lui servait de la sauce de pois

et du pain chaud dont Carl Brouard raffolait

vivement ; me mettait toujours en

garde de trop m’enticher à vouloir jouer

avec ce vieillard toujours mal en point.

Et duquel, je risquais d’attraper des microbes.

Puisqu’en fait, mon jeu consistait

à lui brosser cette grosse bosse qu’il

avait au front. Sans doute, pour avoir

tant de fois perdu les pédales durant ses

escapades avec Bacchus.

Cependant, il arrive parfois qu’on

le perde de vue pendant quelques

temps. Et les rumeurs de toujours évoquaient

son enlèvement par une DKW(

ce genre de bagnole avec lequel les

macoutes-cagoulards kidnappaient la

population et les prétendus opposants

pour les emmener au pays sans retour).

En fait, c’était encore sur ordre de ‘’papa-dok’’

qui le faisait ramener au palais

pour le désintoxiquer afin qu’il puisse

corriger ses textes nauséabonds. Lorsque

le poète national refit surface dans

les parages un peu arrangé, mais furieux.

Il s’entêtait à répéter sans relâche :

‘’L’IMBÉCILE, l’imbéciiiiille…’’. Et comme

tant d’autres, je soupçonnais toujours

à qui il faisait allusion. Puisqu’il n’y

avait qu’un seul imbécile dans cette république

bananière. Lequel avait choisi

les individus les plus vils qu’ils dénommaient

‘tonton-macoutes pour finir avec

les dernières velléités nationales et patriotiques

et intellectuelles, et faire d’Haïti

la risée du monde. Quant à Carl Brouard,

lorsqu’un certain jour les riverains le

découvrirent flottant dans la ravine du

Bois de Chêne avec pour compagnon un

chien mort. Nul ne se doutait de cette

main visible qui lui avait réservé ce sort.

Pour que’’ la reconnaissance demeure

une lâcheté…’’.

(*)Certains détails sont tirés de

l’ouvrage :’’ Carmen Brouard : Sa musique,

ses états d’âme, ses souvenirs’’.

De Françoise Forest et Gérard Montès.

CIDIHCA,2010.

Ce texte est issu de l’ouvrage:

‘Les 100 plus influents musiciens haïtiens…’’

Suite de la page (12)

son ouvrage, ont été enregistrées

en octobre 2012 (présidentielle de

Chávez), décembre de la même année

(élection des gouverneurs des 24 Etats

du pays), avril 2013 (nouvelle présidentielle)

et décembre 2013 (élections

municipales). » A partir de la fin de

2013, l’augmentation sera soutenue et

disproportionnée jusqu’à janvier 2016

(les élections législatives perdues par

le chavisme ayant eu lieu en décembre

2015).

« La valeur de la monnaie sur

le marché illégal, dénonce Curcio, ne

répond à aucun critère économique ni

aux variables associées, ne correspond

en rien à la réalité ; mais obéit à une

intention politique qui cherche la déstabilisation

à travers la distorsion des

marchés et de l’économie en général. »

L’instrument de cette guerre (pas

vraiment) invisible s’appelle Dollar Today

(DT).

Notes

[1] El Universal, Caracas, 29 janvier 2017.

[2] La Mano visible del Mercado. Guerra

económica en Venezuela, op. cit (pages 101

à 106).

[3] Miguel González Pino et Arturo Fontaine,

Los mil días de Allende, Centro de

Estudios Públicos, Santiago, 1997.

[4] Últimas Noticias, Caracas, 6 juin 2017.

[5] P & G, 2015, Annual Report.

[6] « Comunicado de P & G », La Patilla,

Caracas, 30 juillet 2015.

[7] El Telégrafo, Quito, 19 novembre 2016.

[8] On est ainsi passé en 2013 de deux taux

de change (l’un officiel, l’autre au marché

noir) à quatre taux de change (trois officiels

et un au marché noir).

Mémoire des luttes 13 août

2017

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Marchands de fresco, vendeuses de fritailles, de pistache grillé toukale,

toukale. C'est justement l'absence de ces petites choses (''à l'étranger'')

qui créent et alimentent notre solitude.

presque plus personne. Ils feront donc

le voyage et viendront prendre plaisir

à regarder défiler ces fillettes de l’école

Ste Trinité avec leur uniforme propre,

bien empesé, bien repassé; ils viendront

grimper dans un tap-tap qui les

mènera du Portail Léogâne jusqu’à

Bizoton même s›ils doivent s›asseoir

inconfortablement à «la queue» de la

camionnette. Ils viendront se mêler

à la foule bruyante durant les Mardis

gras ou jouir du rythme ensorcelant,

saccadé, lugubre par moments, des vaksin

au sein des bandes rara.

Ils iront se baigner à Saut

Mathurin, donner libre cours à leur

fantasme sous les chutes d’eau claire et

vivifiante de Saut d’Eau, Ville Bonheur;

ville de bonheur pendant leurs deux

semaines de vacances, car tant aux

adeptes du vaudou qu’aux catholiques

qui viennent y célébrer chaque 16 juillet

leur sainte patronne, la vierge Marie

du Mont Carmel, ces chutes procurent

joie profonde et paix réconfortante.

Bref, il leur faut cet oxygène du terroir,

cette magie antillaise, ce parfum du

pays natal qui les aidera, ils l’espèrent

du moins, “ à vivre, plein d’usage et

raison entre[leurs] parents le reste de

[leur] âge”.

On nous casse les oreilles de

Matthew, de Harvey, d’Irma, de leurs

effets dévastateurs, et bientôt de José

et de Katia. Sans nul doute, les destructions,

les dévastations sont évidentes.

Mais j’ai voulu rappeler qu’il

existe aussi d’autres cyclones, d’autres

dévastations aussi pénibles, sauf

que ces dernières affectent l’être humain,

son essence même, sa dignité,

sa biologie, ses droits les plus élémentaires.

Sauf qu’on n’en parle pas, sauf

que la grande presse ne veut pas en

parler parce qu’elles sont le fait de la

logique impérialiste des puissants de ce

monde dont ces grands médias sont les

porte-parole.

[1]http://www.oxfamintermon.org/es/

campanas-educacion/entrevista/entrevista-hambre-cronica-en-guatemala-no-es-solo-un-problema-de-justi

Les données statistiques du texte sont empruntées

aux deux sources suivantes:

log De Cuba Sí. Provence. Septembre 2014

http://www.albertportail.info/spip.php?article28’

9 septembre 2017

16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


A Travers le monde

Solidarité avec les travailleurs

et les peuples touchés par le

cyclone Irma !

Les Organisations CGTG,

FO, UNSA, SUDPTT GWA, UGTG,

KDLO, DLO NOWBASTE, TRAVAYE

E PEYIZAN, SPEG, MOUVMAN

NONM, LKP, DOUBOUT POU DLO

AN NOU, SPA :

Apportent leur pleine et entière

solidarité aux Travailleurs et aux

Peuples de l’ensemble des îles de la

Caraïbe touchés par le cyclone IRMA

et singulièrement aux habitants de

Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ;

Condamnent avec la plus grande

fermeté la gestion COLONIALE, « MEN-

FOUTISTE », TOURISTIQUE et RAC-

ISTE de cette crise par l’Etat colonial

français et cela avec une étonnante

passivité des élus.

Appellent les Travailleurs et le

Peuple de Guadeloupe à la plus grande

solidarité en apportant de l’eau, des

biscuits, des légumes secs, des produits

d’hygiène au Palais de la Mutualité à

Eli Domota

partir du lundi 11 Septembre 19H00.

Invitent les Organisations éprises

de justice, de liberté, de défense des

droits des Travailleurs et des Peuples

à prendre part à une réunion qui se

tiendra le lundi 11 Septembre 2017 à

19H00 au Palais de la Mutualité.

NON AU MEPRIS –

TOUT MOUN SE MOUN !!

Pour les Organisations

Eli Domota

9 septembre 2017

Cuba envoie des médecins à

plusieurs îles des Caraïbes ravagées

par l'Ouragan Irma !

Argentine : Où est Santiago Maldonado ?

Par Darcy Borrero Batista

Le jeune artisan a disparu alors qu'il

participait à une manifestation organisée

par la Résistance ancestrale mapuche,

qui exige la libération de son

leader, Facundo Jones Huala.

Mardi en Patagonie. Personne ne

peut dire l'heure exacte. Santiago

Maldonado prenait part à une manifestation

de la Résistance ancestrale Mapuche

pour la libération de son leader,

Facundo Jones Huala.

Il n'est pas possible de décrire

les vêtements que portait Santiago,

le 1er août. On peut seulement

dire qu'il se consacrait à l'artisanat et

soutenait les causes des peuples ancestraux

d'Amérique. C’est ce qu’il

faisait jusqu'au moment de sa disparition

forcée, comme l’a qualifiée l'ONU

récemment dans une déclaration dans

laquelle elle s’inquiète du sort de ce

jeune homme et demande au gouvernement

de Mauricio Macri de prendre

les choses en main. « Le Comité contre

les disparitions forcées de l'organisation

multilatérale a exigé que l'État argentin

prenne des mesures urgentes pour

retrouver Maldonado et identifier les

responsables de sa disparition, qui fait

l'objet de dénonciations de la part des

membres de sa famille et des organisations

de défense des droits de l'Homme

», a rapporté la chaîne Telesur.

Où est Santiago Maldonado se

Le monde physique et le virtuel se sont fait écho de la disparition forcée

de Santiago Maldonado

demande le monde depuis un mois ? Le

monde physique et le virtuel, où l'étiquette

est devenue virale et s’affiche

sans relâche, beaucoup plus la semaine

dernière, alors que l’on commémorait,

ce mercredi 30, la Journée internationale

des victimes des disparitions

forcées.

L'Argentine ne souffre pas

seulement aujourd'hui de la disparition

de l'un de ses enfants. Santiago n’est

qu’un parmi tant d’autres jeunes recherchés

par les grand-mères sans petits-enfants,

et les mères sans enfants

de la Place de Mai.

Ceux qui ne sont pas revenus et

qui sont devenus les enfants des assassins

de leurs parents, dans un processus

singulier d'adoption pendant la

dictature de Rafael Videla.

Aujourd’hui, des décennies plus

tard, l'Amérique latine sent de nouveau

ses veines s’ouvrir et l'incertitude de

son sang versé. Le monde attend néanmoins

que Santiago réapparaisse en

vie. Personne ne s'habitue à l'idée d'impunité.

Encore moins lorsque l’histoire

devient une chaîne d’injustices.

Durant la protestation de la Résistance

ancestrale Mapuche – à Pu

Lof de Cushamen, dans la province

argentine de Chubut – à laquelle Santiago

prenait part, les manifestants

exigeaient la libération du leader mapuche

Facundo Jones Huala, réclamé

suite à la page(19)

Non à l’expulsion de Kemi Seba du Sénégal !

Des médecins cubains en route pour les îles dévastées de la Caraïbe

Des centaines de médecins cubains

se rendent dans les îles dévastées des

Caraïbes, sauf dans l'ile "française" de

St Martin. C'est aussi ça le "privilège"

d'appartenir à la France. "L'aide" sera

française ou ne sera pas.

Plus de 750 professionnels de la

santé publique sont arrivés à Antigua,

Barbuda, le Saint Kitts, Nevis, Santa

Lucia, les Bahamas, la Dominique et

Haïti. Il leur a été demandé de suivre

les directives du Ministère de la Santé

publique (Minsap) et de contribuer à

aider au rétablissement des régions qui

ont été frappées par l'ouragan.

« La collaboration de l'Unité de

Coopération Médicale Centrale, et avec

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le Centre Minsap de Gestion et nos

ambassades, ont maintenu la communication

pour évaluer les dégâts

et évaluer quelle aide nos propres collaborateurs

pourraient fournir », a dit

à Granma Regla Angulo Pardo, directrice

de l'Unité Centrale de Coopération

Médicale à Cuba.

La nation de 11 millions d'habitants

a une tradition historique d'envoyer

le personnel médical quand

d'autres nations en ont besoin, comme

pendant la crise Ebola en Afrique occidentale

en 2014 et 2015. Une brigade

de plus de 600 professionnels cubains

de la santé publique est allée en Sierra

Leone en 2014 aider à faire face à la

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Kemi Seba doit revenir sur sa terre africaine

du Sénégal

Le gouvernement du Président

Macky Sall a décidé d'expulser du

Sénégal vers la France le citoyen Franco-Béninois

Kemi Seba.

Le prétexte de cette forfaiture

visant un ressortissant de la terre africaine

du Bénin qui a grandi dans les

quartiers populaires de France est le fait

que Kemi Seba a brûlé un billet de la

monnaie néocoloniale franc CFA.

La procédure judiciaire enclenchée

par la BCEAO contre Kemi

Seba s'est soldée par une relaxe

aussitôt suivie d'un acharnement

gouvernemental qui vient de se manifester

par son expulsion pour "trouble

à l'ordre public" qui rappelle les heures

sombres de "nègres qui vendaient

crise.

Ils ont aussi envoyé à 1,200

professionnels de la santé publique en

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Kemi Seba

d'autres nègres aux négriers blancs

esclavagistes". Brûler un billet d'une

monnaie coloniale et appeler à manifester

le 16 septembre 2017, ce que la

constitution du Sénégal reconnaît, pour

dire NON au CFA devient ainsi " une

menace grave pour l'ordre public " pour

expulser par "arrêté n° 16235/MINT-

SP/DGPN/DPETV/DPE du 05 septembre

Haïti après que la nation ait été frappée

par un tremblement de terre en 2010.

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Stélio Gilles Robert Capo CHICHI, alias

Kémi SEBA, né le 19 décembre 1981, à

Strasbourg (France)".

Qu'est ce donc la zone CFA cette

vieille survivance coloniale par laquelle

15 Etats de l'ex-empire colonial

français sont maintenus dans la servilité

néo-coloniale par le pouvoir exclusif

détenu par l'impérialisme Français

qui bat et émet le franc CFA, a le droit

de veto dans les banques centrales

BCEAO, BEAC, Comores, contraint les

15 Etats africains à verser au début

la totalité, puis 65% et aujourd'hui

50% de leurs réserves de change dans

des "comptes d'opérations" ouverts

auprès du trésor français, crédite ou

débite le compte de chaque pays de la

zone CFA selon leurs importations ou

suite à la page(19)

Chronique sur l’Amérique Latine

10 Septembre 2017

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Haiti Liberté/Haitian Times

17


Haïti Top 10 Athlètes

Numéro 9 Henry Francillon (Bainet 1946)

« Un ange-gardien providentiel »

Par Ed Rainer Sainvill

Une carrière providentielle pour un

portier salvateur dans un pays qui

pouvait s’enorgueillir d’être comme

l’Italie, l’Allemagne, les Etats-Unis etc;

un grenier de grands portiers à travers

une succession de célébrités comme:

Edouard Esper, (RCH), Antoine Smith

(VAC et E,H), Fédherbe Mews (VAC),

Paquitte (BAC) , Roland Lacossade

(Exelsior), Michel Blain l’inviolable

(AN), Abel Léger (Pétion Ville),

l’ange divin René Vertus (RCH), l’ange

merveilleux Raphael Manoyrine (RCH)

qui prit part à l’exode des mid-sixties,

et les deux derniers , fauchés par des

blessures impardonnables, au sommet

de leur carrière: Edner Charles (A,N) et

Kesnel Duchatelier (RCH). C’est dans

ce contexte qu’apparut ‘’Yonyon’’,

avec son insolence et son savoir –faire

pour prendre la relève avec conviction.

Ce qui lui ouvrit très vite le chemin de

la gloire. Une ascendance éclair pour

quelqu’un qui a contemplé une carrière

d’attaquant, avant de trouver sa vraie

vocation dans les cages. Spécialement

avec le Victory au sein duquel il fut en

charge de la barricade et de la fortification,

épatant les connaisseurs du beau

jeu. Fort de sa sureté, de son sens de

placement mais surtout pour son autorité

et sa maitrise qui en firent un

portier de première classe,

Même l’imbattable Wilner Piquant

plus complet ne put s’opposer à

sa titularisation, autant sa dominance

dans les buts fut exceptionnelle. Avec

seule ombre une certaine hésitation

dans les sorties aériennes. (Ce qui fut

le point fort de ces deux concurrents

directs dont l’excellent Piquant et le

laborieux mais si efficace Bobby). Avec

un air de mec fier qui lui valut une certaine

réputation. Si l’on récapitule sa

rentrée parmi le Bicolore pour la campagne

de Mexique 1970, le coup de

foudre avec la population fut énorme.

Car, si Tiguy’’ marquait les buts à

l’avant pointe, ‘’Yonyon’’ lui était une

forteresse imprenable dans les buts,

devenant le gardien miracle des éliminatoires.

Multipliant les sorties salvatrices,

les arrêts exceptionnels, les plongeons

spectaculaires avec une braverie

sans pareil.

Pas étonnant qu’il fut taxé de ”El

diablo’’ par le président guatémaltèque

d’alors. L’après Mexique l’a vu de retour

avec le Victory renouant avec

la première division: ‘’Yonyon’’ sorti

d’une année de prêt au Violette pour retrouver

la forme et son poste de numéro

un. De là, sa participation au Concacaf

de Trinidad avec une deuxième place

invaincue, en passant au Mini Tournoi

du Brésil en 1972, où malgré les

sévères défaites de la Sélection CON-

CACAF, il reçut les ovations du public.

Car, Lorsque H.F encaisse 2 ou 3 buts

c’est sûr qu’il en a arrêté une douzaine.

Dino Zoff et Henry Francillon juste après le match Haïti-Italie à Munich

le 15 juin 1974

Face aux grands ténors du foot-ball

mondial, il s’impose dominant avec

une charnière défensive commandée

par Nazaire et Tinès. Puis vint le sacre

du Prémondial qui l’envoya à Munich

en 1974 où il fut une consécration malgré

les contre-performances de l’équipe

nationale.

Ses prouesses lui valurent d’être

repéré par l’équipe allemande Munich

1860, club modeste du bas de tableau

dans lequel il connut bien de péripéties,

de difficulté d’adaptation et de choc

culturel et y joua peu. Il n’y resta pas

longtemps. De retour au bercail, il

partagea son temps entre les responsabilités

familiales, le foot-ball à temps

partiel tout en convoitant la politique.

Devenant un candidat non sélectionné

des mascarades législatives Jean- claudistes

pour la ville de Bainet en 1976.

Puis remorqué par les irréductibles, il

vint chiper la place de Wilner Piquant,

tutilaire indiscutable, jusqu’avant les

Eliminatoires de 1978. Pour finalement

raccrocher puis sélectionné comme

autorité gouvernementale, devenant

député de Bainet en 1979. A une époque

où bousculé par les ‘’indépendantistes’’

comme Sylvio Claude, G.

Eugène, A. Lerouge, R. Guerre pris à

l’hameçon de la libéralisation, le régime

décida de lâcher du lest. En offrant cette

sinécure ‘’d’ôte- toi que je m’y mette’’ à

Francillon. Lequel fut subséquemment

‘’déchouké’’ lors de la chute de ‘’babydoc’’

en 1986 et n’eut la vie sauve qu’à

son passé de foot-balleur. D’autant que

ce qui lui arriva tenait plus de rivalité

personnelle que d’accusation par la

clameur populaire. Il atterrit avec sa famille

en Floride comme exilé politique

et pratiqua tous les boulots pour survivre,

en plus d’un lot d’humiliation.

Ensuite, il déménagea à Boston où

il devint entraineur des jeunes. Il fut

aussi honoré par la MLS durant une

rencontre au cours de laquelle il fut

présenté d’un jersey de la New England

Revolution. En 1998, il fut classé 5ème

gardien du 20e siècle.

« Pleins Feux sur » :

Carmen Brouard (Port-au-Prince, 1909 – Montréal, 2005)

« Une légende à la fois discrète et surprenante »

Par ED Rainer Sainvill

Cette pianiste virtuose et précisément

classique hérita de sa mère

née Cléomine Gaëtjens qui fut son

instructrice au piano, alors qu’elle

n’avait que cinq ans. Mais lorsque la

prodige fillette fit montre d’une capacité

hors du commun, maman décida de

la confier aux ingénieuses escapades

de l’illustre Justin Elie et de sa femme

Lily Price, pour peaufiner un talent qui

avait hâte de s’épanouir .Dès l’âge de

six ans, elle faisait déjà des prestations

en public. Au cours d’un spectacle

mis sur pied au ‘’Parisiana’’ par Mr.

et Mrs. Elie. Alors que sa vocation et

son talent s’accroitraient amplement,

elle se retrouva subitement en France,

où elle alla s’établir du fait de la santé

chancelante de son frère ainé Max.

Malgré tout, son intérêt pour le piano,

la musique, la poésie et la culture en

général s’amplifiait, qu’atteinte de musicalité,

elle pianote et ‘’onomatopone’’

à tout bout de champs. C’est ainsi

qu’elle fut remise au ‘’Couvent des

Oiseaux’’, à Paris sous la scrupuleuse

formation de Mme Jacques Chailley.

A cette étape, elle trouva un certain

équilibre et une maturité qui lui permirent

d’atteindre d’autres sommets.

Dès son retour au bercail, elle alla

s’innover avec Isidore Philipe et Mme.

Stiviénart.

Cependant, c’est son flair et

ses traits singuliers dans les claviers

qui la révèlent en disséminatrice hâtive

à une époque auréolée d’une

constellation d’étoiles. Comme elle

s’éclata au milieu d’une floraison de

pianistes féminines imbues de leur art,

emmenée par la chef de file, l’incontournable

Lina Mathon (dont elle fut

pourtant une aide-professeure) et la

précoce, Micheline Laudun dont elle

a fit part d’une trinité musicale. Musicienne

de talent, pianiste accomplie

dotée d’une touche faite d’une grande

subtilité harmonique et d’un style fluide,

cette adepte de l’esthétisme a su

en prolonger la finesse, grâce à une

sensibilité à fleur de peau et d’un sens

mélodique profond .Entre ses activités

diverses, elle trouva sa voie de pédagogue

innée en mettant ses connaissances

musicales approfondies à la

portée de la jeunesse. Tout en s’affirmant

en concertiste qui s’attela à faire

les délices musicale des connaisseurs

de la musique savante au pays et

Carmen Brouard

ailleurs. Son répertoire en dit autant

quant à l’orientation adoptée : Franz

Liszt, Claude Débussy, Edouard Lalo,

Robert Schumann, Ludwig Beethoven,

Friedrich Haendel, Amadeus Mozart,-

Jean S. Bach, mais aussi : Justin Elie,

Anton Jaegerhuber, Ludovic Lamothe,

Frantz Casséus et certainement, Carmen

Brouard.

Entre temps, elle fut admise

comme membre titulaire de la Société

des Lettres et des Arts. Puis, elle retourna

en France compléter son expertise

musicale au Conservatoire

de Paris où elle obtint la médaille de

solfège sous l’impulsion de M. et

de Mme. Rousseau Samuel, tout en

prenant une année supplémentaire

afin de compléter une maîtrise au piano

sous la direction de Marguerite

Long, dans l’entourage de laquelle elle

se lia d’amitié avec le célèbre compositeur

et chef d’orchestre Maurice Ravel

qui lui fit bien de révérences. Fraîche

émoulue du Conservatoire de Paris,

elle débarqua en Haïti au même temps

que la génération dénommée “Le

tout-Paris”. Son frère, Carl Brouard*,

célèbre poète et l’un des chefs de file

du mouvement indigéniste des années

1930-1940 faisait aussi partie

de ce groupe d’étudiants de l’aristocratie

locale. A cette étape, elle tint

constamment les feux de la rampe. De

prestations en performances en plus

lumineuses. S’associant au violoniste

Emile Friedman, le célèbre violoncelliste

russe Bogumil Sykora et tant de

fois à l’éminent flûtiste et saxophoniste

Dépestre Salnave qui lui aussi a eu

une fructueuse carrière en conquérant

l’Europe. En faisant du Paramount, du

Rex Théâtre, le Capitole, les Cercles

de Port-au-Prince, le Cercle Bellevue,

L’Amicale et autres Temples de spectacles

sa chasse-gardée.

Faisant accourir les mélomanes

de la ville, ainsi que les couples présidentiels

et amoureux de la culture ;

leurs excellences Dumarsais Estimé.

De même que les mécènes de l’art

que furent les époux Eugène Magloire

qui confièrent à Carmen la formation

musicale de leurs quatre enfants. Elle

continua à faire montre de maestria

forte d’une sonorité synchro classique

qui fit d’elle une novatrice de l’air post

romantique, en concoureuse du modernisme

pour aller au delà de la sensibilité

et mettre à nu l’inventivité. Au

gré d’une élaboration qui allait définir

les standards d’une époque où l’artiste

et l’adhérent se communiquent

pour une excursion plus conviviale,

laquelle éjecte les créateurs de leur

sommet pour converger dans l’harmonie

collective. Tout en infusant cet

apport populaire qui atteste d’une sensibilité

native. Au sommet de son art,

elle reçut au début des années 1950,

une proposition de Richard L. Boldrey

de la Chicago Musical College ; mais,

à cause de nombreux engagements

à honorer, elle n’a pu donner suite à

cette requête. C’est autant guidée par

ce désir de toujours vouloir prolonger

la beauté infinie de l’art et de son goût

particulier pour la perfection , qu’un

beau jour, elle liquida meubles et immeubles

: piano Beinscntein, bijoux,

maison et le plus dur que d’obliger

de fermer les portes de son académie

musicale pour aller se perfectionner à

Paris dans l’harmonie, la composition,

et le contrepoint.

Installée en France, en 1956,

elle fut admise à la Faculté des Lettres

de Paris. En proie à la nostalgie et

les difficultés pécuniaires, elle réussit

à boucler les cycles d’études pour

susciter l’admiration du célèbre compositeur

et directeur d’Harmonie au

Conservatoire National Supérieur de

Musique, George Hugon lequel continua

à superviser, par correspondance,

les ?uvres de Carmen après son retour

en Haïti ? la fin des années 1950. Le

début de la prochaine décennie la trouva

sans répit, s’attelant à secouer la

léthargie qui avait enkysté les élans

de l’art majeur ; spécialement avec la

consolidation d’un régime luciférien,

lequel s’acharna à faire la chasse aux

sorcières à l’intelligentsia locale, incluant

son frère Carl Brouard (1) dont

les ‘’goulagueries’’ de ‘’papadoc ‘’, son

ancien ami, le firent sombrer dans la

démence. Armée de détermination,

et de son apostolat pédagogique, elle

rouvrit son académie musicale, malgré

les difficultés économiques et l’absence

de subvention étatique, l’ayant obligée

malheureusement à mettre à nouveau

la clef sous les portes quelques

années plus tard. A la même époque,

elle initia l’émission radiophonique,’’

Les Dimanches Musicaux’’ pour les

mordus dodécaphoniques, avec la collaboration

de Clara Perez Price Mars.

Puis, elle n’a pu résister à l’insistance

de ‘’ Jeunesses Musicales d’Haïti’’, qui

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Ce Vendredi 15 Septembre 2017 à partir de 7h PM

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Haiti: Where Did the Money

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Suivi d’un débat

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l’ont honorée du statut de Membre

d’honneur de l’Association.

Parallèlement, elle continua ses

mélopées de concertiste achevée dans

les fiefs musicaux de la ville, qu’elle

sut rehausser de sa maestria. Maîtresse

dans l’établissement du tempo et

accords, toujours parés de mouvements

éblouissants, faits d’inventivité

et de mysticisme, auréolés d’équilibre

et de parodies atteignant une flexibilité

cérébrale harmoniquement complexe,

embrasant culturellement une sonorité

fusionnée et étincelante. Comme elle

aima décrire sa musique qui baigne

entre le folklorique et le romantique.

En 1977, elle alla s’établir au Québec,

laissant un environnement qui ne se

soucia point de l’art qualitatif et majeur.

Arrivée dans ce qui fut ‘’La belle

province’’, elle entreprit un partenariat

avec Claude Dauphin dans la fondation

de la Société de Recherches et

de Diffusion de la Musique Haïtienne

(SRDMH), dans sa quête de doter les

compatriotes déracinés, gelant dans

l’hiver éternel des activités aptes

suite à la page(19)

18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 10 • Du 13 au 19 Septembre 2017


Client: ACLD

Publication: Discounted Community Newspapers Group - QUEENS/NYC

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Suite de la page (18)

à faire scintiller leurs âmes dans des

concerts de musique classique qui eurent

l’approbation des connaisseurs

imbus. Le quotidien Le Devoir, mit

l’accent sur ses prestations lumineuses

dans lesquelles elle mit en évidence

d’autres talents probants qui se

sont bonifiés sous sa direction. Dans

la foulée, elle reçut une proposition

de Radio Canada voulant acquérir ses

chants funèbres.

Insatiable, elle continua de composer,

en renouant avec la poésie,

l’une de ses premières amours, tout en

continuant sa mission d’enseignante

scrupuleuse ; et fit en 1983 l’adaptation

musicale d’un poème de sa fille

Nadine Magloire. En 1984, donnant

suite à sa requête, elle reçut une allocation

du Conseil des Arts du Canada

dans le but de composer une pièce

symphonique pour orchestre et piano.

Et pour puiser son inspiration, elle alla

se ressourcer au pays au contact de ses

gens et de ses vibrations les plus profondes

pour la réalisation de ‘’Baron

Lacroix’’, tirée de l’œuvre du dramaturge

Frank Fouché. En 1986, elle a

bien mérité des hommages de la SRD-

MH qui offrit en spectacles la totalité

de ses œuvres musicales, de même que

ses poèmes, gratifiés par de nombreux

héritiers d’une mécène infaillible. En

1991, le directeur de L’Orchestre Symphonique

de Montréal, Jacques Faubert

sollicita son expertise pour la création

de quelques pièces symphoniques qui

mettraient en valeur la richesse mélodique

et rythmique de la musique

populaire haïtienne. Cependant, vu les

efforts astreignants que cela nécessiterait,

elle décida de ne pas donner suite

à un tel projet du fait de sa santé devenue

chancelante.

En 2001, dans un concert pour

‘’Voix et Piano’’, lequel fut sa dernière

performance, organisé sous l’initiative

de Esée Monde à l’occasion

de la Fête du Québec, à l’Ecole de

Musique Vincent d’Indy. Pour cette

circonstance, elle prit l’opportunité

d’émerveiller une assistance qui n’en

revenait pas et, dont elle fit part de

sa révérence dans une performance

impériale et lumineusement concoctée

à partir de ses doigts magiciens qui

n’avaient point de retenue pour

l›occasion. Toujours impériale dans

l’offrande du répertoire classique

haïtien et universel, agrémentée de

ce timbre fleurant admirablement la

perfection, naviguant entre simplicité

et complexité, entre singularité

et diversité dans des pétales

suite à la page(16)

Suite de la page (17) Non à l’expulsion de Kemi Seba du Sénégal !

exportations, etc. C'est ainsi que l'Etat

français imposa la dévaluation de 50%

du CFA en 1994 dans la perspective

du passage à l'euro et les entreprises

françaises en profitèrent pour racheter

à 50% moins cher les secteurs publics

et parapublics des économies de la zone

CFA.

Voilà ce que les coalitions anti-cfa

et anti-APE ne cessent de dénoncer

pour exiger la souveraineté nationale,

notamment monétaire, des Etats du

pré-carré françafricain. Voilà le "crime"

commis par Kemi Seba que le journal

Le Monde présente comme "un racisme

anti-blanc" (sic!).

Il faut saluer la mobilisation des

mouvements sénégalais Y en a Marre,

du Comité anti-APE/Franc CFA et l'ONG

locale de Kemi Seba.

Le Collectif Afrique (CA) s'associe

à tous ces mouvements démocratiques

et anti-impérialistes pour dire:

- NON à l'expulsion du Sénégal

de Kemi Seba

- Retour au Sénégal auprès de

son épouse, ses enfants et sa famille

- Sortie du CFA des 15 Etats africains

- NON à la signature des APE

(Accord de Partenariat Economique que

l'UE impose aux Etats africains)

- Respect par l'Etat du Sénégal

du droit constitutionnel de manifester,

notamment le 16 septembre contre le

franc CFA

Fait le 7 septembre 2017

Suite de la page (17)

par la justice chilienne.

Pour toute réponse : la répression.

La gendarmerie nationale, une

force de sécurité qui opère sous le

commandement direct de la ministre

de la Sécurité nationale, Patricia Bullrich,

en fut chargée. Auparavant, cet

organe avait arrêté Huala, en réponse

à une demande internationale de capture

pour sa prétendue responsabilité

dans l'incendie du latifundio Pisué

Pisué, dans la région de Los Rios. Le

chef mapuche était également accusé

de détention illégale d'armes artisanales

et de violation de la Loi sur les

étrangers.

Le conflit s’appuie sur la lutte

historique pour les terres occupées

autrefois par les colonisateurs. Jusqu'à

son arrestation, Huala dirigeait la lutte

acharnée de ce peuple ancestral qui,

entre autres actions, occupa les terres

de l'entreprise italienne Benetton, propriétaire

d'environ 900 000 hectares

en Argentine.

Santiago Maldonado a disparu

pour avoir soutenu cette cause,

semble nous dire le responsable de

l’enlèvement de ce jeune homme.

Souhaitons que ce ne soit pas une autre

de ces nobles causes perdues qui

inondent quotidiennement le monde

en toute impunité. La justice devrait

être le mot d'ordre afin que la question

: « où est Santiago Maldonado? » ne

reste pas sans réponse.

Granma 7 septembre 2017

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