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GQ France

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LEXUS NX 300h HYBRIDE

L’HYBRIDE SOUS

UN NOUVEL ANGLE

À PARTIR DE 399 €/MOIS (1)

SANS CONDITION DE REPRISE

LOA** 49 MOIS, 1 er loyer de 4 100 € suivi de 48 loyers de 399 €.

Montant total dû en cas d’acquisition : 41 752 € TTC.

UN CRÉDIT VOUS ENGAGE ET DOIT ÊTRE REMBOURSÉ. VÉRIFIEZ VOS CAPACITÉS DE REMBOURSEMENT AVANT

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Consommations mixtes : de 5,0 à 5,3 L/100 km. Émissions de CO 2 mixtes : de 116 à 123 g/km. Données homologuées CE.

** LOA : Location avec option d’achat. (1) Exemple pour un Lexus NX 300h 2WD neuf au prix exceptionnel de 36 590 €, remise de 4 000 € déduite. LOA** 49 mois, 1 er loyer de 4 100 €

suivi de 48 loyers de 399 €/mois hors assurances facultatives. Option d’achat : 18 500 € dans la limite de 49 mois & 40 000 km. Montant total dû en cas d’acquisition : 41 752 €. Assurance

de personnes facultative à partir de 40,25 €/mois en sus de votre loyer, soit 1 972,25 € sur la durée totale du prêt. Modèle présenté : Lexus NX 300h 4WD F SPORT (peinture

métallisée incluse) neuf au prix exceptionnel de 54 390 €, remise de 4 000 € déduite. LOA** 49 mois, 1 er loyer de 4 100 € suivi de 48 loyers de 655 €/mois hors assurances facultatives.

Option d’achat : 26 614 € dans la limite de 49 mois & 40 000 km. Montant total dû en cas d’acquisition : 62 154 €. Assurance de personnes facultative à partir de 59,83 €/mois en sus de votre

loyer, soit 2 931,67 € sur la durée totale du prêt. Offre réservée aux particuliers valable jusqu’au 31/07/2017 chez les distributeurs Lexus participants, portant sur le tarif en vigueur au jour de la

souscription du contrat. En fin de contrat, restitution du véhicule dans votre concession avec paiement des frais de remise en état standard et des éventuels kilomètres excédentaires. Sous réserve

d’acceptation par TOYOTA FRANCE FINANCEMENT, 36 bd de la République 92423 Vaucresson, RCS 412 653 180 – n° ORIAS 07 005 419 consultable sur www.orias.fr.

* Vivez l’exceptionnel.


Édito

ANTONY HUCHETTE

Les vendeurs de rêves et de vacances n’ont plus que ce mot-là à la bouche : l’expérience.

Comprendre : comment va-t-on occuper vos journées, et surtout qu’allez-vous en retirer ?

Vous pensiez piscine et farniente, les doigts de pied en éventail et cocktail à portée de la main

sitôt rédigée votre « réponse automatique d’absence du bureau » avant de filer vous la couler

douce ? Très bien.

Mais on s’est dit qu’il était de notre devoir de vous faire voir un peu plus loin que le bout

du transat. Et de donner du sens à ces si chères vacances (et autres week-ends prolongés).

Alors la rédaction de GQ a pris son bâton de pèlerin défricheur de tendances et de nouveaux

horizons. Nous avons (presque) grimpé sur les rochers du Yosemite Park, couru sur les pistes

ocre du Kenya, cruisé à bord de sacrés beaux bateaux en mer Méditerranée et sur le lac Léman

puis au volant des plus belles summer cars de tous les temps, pédalé au Pays basque espagnol,

traversé l’Afrique en avion et l’Argentine à moto.

Au bout de ce périple, durant lequel nous avons tout de même pris le temps de nous

(re)poser (en déjeunant sur l’herbe avec quatre grands chefs et après avoir testé quelques

cocktails), nous avons listé des dizaines d’adresses donnant un nouveau sens à notre quête

de plaisirs. Ensoleillé, authentique, joueur, vertigineux, savoureux, ce deuxième numéro de

Life ne déroge pas à sa règle : pro f i te r de la vi e , en mi e u x .

— Mathieu Le Maux

« Ma devise est : d’où venons-nous, où allons-nous et à quelle heure on mange ? »

―Woody Allen

LIFE 6

Été 2017


Sommaire

COMMENT NOUS TROUVER ?

GQMAGAZINE.FR GQFRANCE @GQFRANCE @GQ_FRANCE GQFRANCE LECTEURSGQ@CONDENAST.FR

SOMMAIRE

Dans les années 1970, ils ont été

les premiers à escalader sans

protection. Récit page 32.

26 IDÉES...

16 HÔTELS

Cinq lieux de villégiatures

qui ne donnent pas

envie de repartir.

18 LIFESTYLE

Le kit de voyage idéal

pour un long, très long

vol en avion.

19 TENDANCES

Un foot de table qui rend

tous les joueurs addicts.

20 HIGH-TECH

Quel appareil photo

choisir ?

22 LIVRES

Sélection de bouquins

pour traverser

l’existence avec grâce…

24 SAGA

L’histoire du concept

store Colette qui a fêté

ses 20 ans.

26 DESIGN

Le mobilier outdoor qui

donne du style à l’apéro.

28 LIFESTYLE

Et si on apprenait

à manger avec

des baguettes, à ouvrir

des huîtres sans finir

aux urgences et à tout

déchirer au karaoké ?

BOUGER

32 EXTRÊME

Rencontre avec les

Stonemasters, pionniers

de la grimpe dans les années

1970, qui ont fait de

l’escalade un sport cool.

GEORGE MEYERS / ANTONY HUCHETTE

LIFE 8

Été 2017


HUGO BOSS FRANCE SAS Téléphone + 33 1 44 17 16 70

HUGOBOSS.COM


Sommaire

44 VOILE

Reportage au cœur

de la régate Giraglia.

48 HORLOGERIE

Les chronographes

GOÛTER

94 VÉLO TRIP

Expérience ! 550 km en

ULTIMATE

118 LE GUIDE ULTIME

Toutes les adresses

qui font prendre

« Mon vélo ! »

six étapes pour tester

du moment pour se

un bon départ.

52 MOTEURS

Sur la route des

vacances de notre

les meilleurs restaurants

du Pays basque.

102 COCKTAILS

Cinq grands classiques

faire tatouer, goûter les

meilleurs tacos, visiter

les plus belles toilettes

de bar, vivre les plus

grands moments de

enfance, les plus belles

à tester et faire tester

karaoké…

« summer cars ».

60 VÉLOS

Sept bicyclettes

qui sortent de

l’ordinaire.

68 BATEAUX

La success-story

du fabricant Boesch.

PARTIR

au bord de la piscine.

108 PIQUE-NIQUE

Quatre grands chefs

dévoilent leur recette

pour des déjeuners sur

l’herbe haut de gamme.

Un pique-nique de chef aux

Buttes-Chaumont, ça vous dit ?

Les toilettes intergalactiques

du Sketch à Londres.

BENOIT PAILLEY / MARION BERRIN / PRESSE / ANTONY HUCHETTE

74 RUNNING

Un camp d’entraînement

pour tous a vu le jour au

Kenya. Rencontre avec

son fondateur, Bob Tahri.

78 ROAD TRIP

Cinq voyages à faire à

moto avant de mourir.

82 VOYAGE

Le Sri Lanka, sa

JOUER

126 À VOS CRAYONS !

Jeu des sept erreurs,

coloriage, mots fléchés,

devinettes et une

voiture à découper !

civilisation millénaire,

sa gastronomie subtile,

ses plages de rêve…

88 RÉCIT

Vivre la traversée de

l’Afrique en biplans avec

les pilotes survoltés

du Vintage Air Rally.

La plage de Tangalle au Sri Lanka.

LIFE 10

Été 2017


Ours

RÉDACTION EN CHEF

Rédactrice en chef Béline Dolat

Rédacteur en chef adjoint (magazine) Mathieu Le Maux

Rédacteur en chef adjoint (digital) Antoine Jaillard

Rédacteur en chef (Life) Nicolas Salomon

CRÉATION ARTISTIQUE

Directeur artistique Éric Pillault

Directrice artistique adjointe Marion Tremoy

Art editor François Chaperon

Rédacteurs graphistes

Celya Bendjenad (responsable tablette), Arnaud Mendes,

Pamani Missotte (stagiaire)

Directeur photo Jamel Benjemaia

Responsable photo (Life) Armelle Lafferrerie

Productrice/rédactrice photo Agathe Renaudat

INTERNATIONAL

Italie Paola Zuffi +39 02 25 06 06 04

Grande-Bretagne Agnès Wanat +44 20 8749 6176

Espagne, Portugal, Belgique, Amérique latine

Laurent Bouaziz +33 1 44 62 70 38

États-Unis Bertrand Bordenave +1 212 630 4937

Japon Yoshinori Ikeda +81 3 3661 3785

PÔLE IMAGE

Responsable du service syndication Caroline Berton

Documentaliste et gestionnaire

du patrimoine photos de Condé Nast Vanessa Bernard

LES PUBLICATIONS CONDÉ NAST S.A.

3, avenue Hoche, 75008 Paris – Téléphone 01 53 43 60 00 –

Télécopie 01 53 43 68 66

ÉDITION

Chef d’édition Jean Perrier

Secrétaire de rédaction Céline Leporrier

Relectrice Anne Pauly

RÉDACTION

Chef de rubrique Lifestyle Alexandre Lazerges

Chef de rubrique High-tech Jérémy Patrelle

Chef de rubrique Food Marie Aline

Rédaction Charles Audier, Marine Delcambre,

Jacqueline de Cossette

Responsable des relations presse et rubrique #GQClub Adèle Schnur

Gestionnaire de la rédaction Marianne Botté

ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO

Textes Marie Farman,

Andrew Knowlton, Clara Le Fort,

Élisabeth Philippe, Andrew Salomon,

Lisa Vignoli, Luke Zaleski

Traducteurs Étienne Menu, Laure Motet

Photos Marion Berrin, Benoît Pailley, Paul Rousteau

Illustrations Tom Haugomat,

Antony Huchette, Mat Maitland

Stylisme Marie Labarre

Directrice marketing Laurence Bernheim

Chargée d’études Foulémata Drame

Directeur de la fabrication Francis Dufour

Chef de fabrication Adrien Repettati

Directrice du Développement des audiences Marie Van De Voorde

Directrice Marketing & Audiences Charlotte Peter

Directeur Expertises Audiences Hadrien Millet

Responsable Marketing Audiences Eve-Marie Duménil

Directeur adjoint des ventes Fabien Miont

Directrice des ressources humaines

et responsable juridique Joëlle Cuvyer

Directrice adjointe des abonnements Brigitte Juncker

Responsable export Anne Claisse

Directrice financière Isabelle Léger

Directeur informatique Julien Leroy

Chef comptable Andrée Videaud

CONSEIL D’ADMINISTRATION

Président directeur général Xavier Romatet

Administrateur Nicholas Coleridge

Administrateur Giampaolo Grandi

Condé Nast International Ltd.

Chairman Jonathan Newhouse

SATOSHI HASHIMOTO

ÉDITIONS DIGITALES DE GQ

Responsable de la technologie des tablettes Juan David Estupinan

Directrice de la création et des contenus digitaux Dalila Joly

Directeur artistique Jean-Sébastien Barrais

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION

Xavier Romatet

Directrice générale adjointe Violaine Degas

Attachée de direction Isabelle Delaunay

PUBLICITÉ ET COMMUNICATION

Éditeur Louis Orlianges

Directeur de publicité Nicolas Souchier

Directeurs de clientèle Romain Da Silva Oliveira,

Sandrine Larairie, Jean-François Puš

Coordinatrice publicité Aurore Vetillart

Responsable promotion et communication Anne-Laure Alberge-Diez

Chargée de promotion et communication Marion Hinzelin

GQ FRANCE

3, avenue Hoche, 75008 Paris Rédaction téléphone 01 53 43 69 26

Mail gqfrance@condenast.fr Internet www.gqmagazine.fr

Diffusion Presstalis – ISSN 1959-7800 – Numéro de commission paritaire

0720 K 89484 – Photogravure Arciel. Imprimé chez ROTOFRANCE,

rue de la Maison-Rouge, 77 185 Lognes

Dépôt légal à parution. Notre publication contrôle les publicités

commerciales avant insertion pour qu’elles soient parfaitement loyales.

Elle suit les recommandations de l’Autorité de régulation professionnelle de

la publicité. Si, malgré ces précautions, vous aviez une remarque à faire,

vous nous rendriez service en écrivant à l’ARPP :

23, rue Auguste-Vacquerie, 75 116 Paris

www.arpp-pub.org

GQ est une publication mensuelle (11 numéros par an).

Le service abonnements est à votre disposition

par téléphone de 9 h à 18 h au 01 55 56 71 44

Par courrier : service Abonnements GQ – 4, rue de Mouchy,

60438 Noailles Cedex. Par mail : gq@condenast.fr

Commande d’anciens numéros :

patrimoine.condenast@gmail.com ou 02 28 97 09 45

Éditeur : Les Publications Condé Nast, Société anonyme,

3, avenue Hoche, 75008 Paris. Principal associé Condé Nast International LTD.

Provenance des papiers : papier Condat matt Périgord France (Ptot : 0,01 kg/tonne) taux de fibres recyclés 0 %

LIFE 12

Été 2017


26 IDÉES

POUR EMBELLIR

ANTONY HUCHETTTE

SA VIE

VOYAGE, CULTURE, HIGH-TECH, DESIGN

16_Les hôtels de rêve à découvrir 18_Comment faire sa valise intelligemment 20_Sélection des

meilleurs appareils photo 22_Les livres à lire pour traverser l’existence avec grâce

24_Retour sur la saga Colette, la boutique culte 26_Le mobilier de jardin qui redonne vie aux apéros

28_Et si on profitait des vacances pour apprendre à faire des trucs ?

2017 Été 15 LIFE


Séjourner en milieu

extraordinaire

Entouré de tortues, en orbite

dans le désert, perché sur la

roche italienne… certains hôtels

de luxe vont bien au-delà du gîte

et du couvert. Cinq lieux

de villégiatures inoubliables.

Par Nicolas Salomon

Illustrations Antony Huchette

1

L’AMOUR

À L’ITALIENNE

LE SANTA CATERINA

D’abord l’azur infini de la côte

amalfitaine depuis la terrasse,

vertigineuse. Puis les tomettes

centenaires, les citronniers

pas plus jeunes, le service irréprochable.

Il faut emprunter un

ascenseur troglodyte « jamesbondien

» pour accéder à la

piscine. La famille Gargano, propriétaire

depuis quatre générations,

connaît son affaire. Pendant

que les enfants cuisent des

pizzas, les parents roucoulent

autour d’un verre de spumante.

CHAMBRE DOUBLE

À PARTIR DE 360 €/NUIT.

HOTELSANTACATERINA.IT

2 3

IMMERSION TOTALE

AU MAROC

BELDI COUNTRY CLUB

La famille Leymarie est ancrée au

Maroc depuis des décennies. « Si

on ne tombe pas amoureux de ce

pays, on ne s’y installe pas pour y

faire carrière », assène le père,

Dominique. Le projet du Beldi

n’est pas une mince affaire. « La

seule chose que nous ne produisons

pas, ce sont les couverts »,

ajoute son fils Alexandre. Mi-hôtel,

mi-manufacture, l’établissement

valorise le savoir-faire et le

consommer local. Entre potager,

élevage, roseraie, vigne et oasis,

de petites fabriques artisanales

permettent à l’hôtel situé à l’extérieur

de la ville rouge, de vivre

en quasi autarcie. Quelques

chats circulent entre les jambes

des clients. Les couloirs de

carreaux bleu nuit de la piscine

permettent à l’eau de conserver

une température idéale. Le plus

difficile n’est pas de s’y rendre,

mais d’en partir.

CHAMBRE DOUBLE

À PARTIR DE 160 €/NUIT.

BELDICOUNTRYCLUB.COM

PRENDRE UN BAIN

DE LUXE AU MEXIQUE

COQUI COQUI

Des plages du Mexique, on a

parfois une vision un peu sévère.

Si Cancun sert souvent de

terrain de jeu au fameux Spring

Break des étudiants américains,

Tulum, à deux heures de route,

offre un visage radicalement

différent. Calme, chic, discrète,

à l’image du lieu qui nous occupe,

la destination cultive la

différence avec sa sœur aînée.

Le Coqui Coqui est une boutique-hôtel

tenu par un jeune

couple assorti, beau et jet-setter.

Construit sur le sable dans

un style rappelant les anciens

édifices coloniaux, la bâtisse fait

la part belle au « rough luxe ».

Un mélange de matière brute

locale et d’apports précieux,

d’authenticité et de sophistication.

Adossée au lieu, une parfumerie

renoue avec une tradition

ancestrale. Lors de l’arrivée

des conquistadors sur place,

les moines franciscains se sont

appuyés sur la connaissance

de la flore des autochtones

pour mettre au point différents

remèdes. De ces travaux sont

sortis les premiers effluves de

parfums. Aujourd’hui, pour les

clients, cette parfumerie atelier

est l’occasion de découvrir ce

métier et de créer son propre

assemblage. Et pour le spa,

d’avoir une signature olfactive à

nulle autre pareille.

CHAMBRE DOUBLE À PARTIR

DE 190 €/NUIT. COQUICOQUI.COM

PRESSE

16


26 Idées_Voyage

PRESSE

4 5

SEUL AU MONDE

À TAHITI

THE BRANDO

Si on devait se faire une idée de

l’Éden, on ne devrait pas en être

trop éloigné. Marlon Brando

disait de l’île de Tetiaroa que

sa beauté dépassait tous ses

mots. Cet atoll de carte postale,

qui héberge également un

centre culturel ainsi qu’une cellule

de recherche sur la faune

et la flore, forme l’une des réserves

de tortues des plus précieuses

de la planète. Le spectacle

est là, grandiose. Seules

trente-cinq villas piscines

construites à partir de maté-

riaux locaux, les pieds dans le

sable du lagon, ont trouvé refuge

dans ce sanctuaire. Avec

une climatisation produite à

partir d’eau basse température

et puisée en grande profondeur,

un désalinisateur, des panneaux

solaires, le potager, l’élevage…

l’île tente de limiter au mieux

son empreinte carbone. Les

seules empreintes qui restent

sont celles des tortues de mer

qui viennent s’y reproduire.

VILLA À PARTIR DE 3 000 €

POUR 2 PERSONNES/NUIT.

THEBRANDO.COM

ÊTRE EN UTAH

DE GRÂCE

AMANGIRI

L’Amérique dans ce qu’elle

offre de plus grandiose entoure

l’hôtel. Entre Monument

Valley et Grand Canyon, la lumière

produit un spectacle

permanent sur des concrétions

millénaires. Dans ce décor de

pierres, aux nuances passant

du gris au petit matin au fauve

orangé le soir, la présence de

l’hôtel semble aussi incongrue

qu’évidente. Des monolithes de

béton lui confèrent une allure

de station orbitale, comme si

cet objet hôtelier non identifié

venait de coloniser une planète

inconnue. Au zénith, une spectaculaire

piscine offre un point

de fraîcheur salvateur dans ce

désert sévère.

SUITE À PARTIR DE 1 500 €/NUIT.

AMAN.COM/RESORTS/AMANGIRI

2017 Été 17

LIFE


6

S’équiper

pour un

(très)

long-courrier

FRANÇOIS CHAPERON

L’important, c’est

d’atterrir la mine

reposée. Voici le kit

idéal pour voyager

sereinement.

Par Jacqueline de Cossette

UN VRAI COUSSIN

Reposer ses cervicales sur une

UN PULL MÉRINOS

S’il fait 40 °C sur le tarmac, il en

DES LUNETTES PLIABLES

Été comme hiver, en mer

UN CASQUE ANTIBRUIT

Pour ne plus souffrir du lanci-

bouée en plastique ? Ça va pas

la tête ?

MUJI, 29,95 €.

fait 20 de moins dans la cabine

(et 80 de moins dans les nuages).

UNIQLO, 35 €.

comme en l’air, un homme doit

toujours être prêt à dégainer

ses lunettes de soleil.

nant vrombissement des réacteurs,

un casque sans fil pour

rester zen.

ROUND METAL FOLDING RAY-BAN, 189 €.

BOSE QUIETCOMFORT 35, 380 €.

18


26 Idées_Lifestyle

7

UN ROMAN

Le meilleur remède contre

l’ennui en avion.

UNE DERNIÈRE CHOSE AVANT DE

PARTIR, DE JONATHAN TROPPER, ÉD.

FLEUVE NOIR, 2013, 19,90 €.

UN PLAID

Même si une couverture est prêtée

à tous les passagers, avoir la

sienne est une façon de se sentir

un peu comme chez soi.

HERMÈS, 2 000 €.

UNE CRÈME HYDRATANTE

Avoir les mains douces est un luxe

Le foot

sur le bout

des doigts

Ce jeu de table est si

addictif que vous en

oublierez les saucisses

sur le barbecue.

Par Mathieu Le Maux

Le jeton

qui rend

foot.

ANTONY HUCHETTE / PRESSE

abordable.

NEUTROGENA, 3,99 €.

DU DOLIPRANE

L’antidote efficace contre les

maux de tête. Rappel : 500 à

1 000 mg par prise, à renouveler

au bout de 4 heures minimum.

EN PHARMACIE, 2,10 €.

UNE POCHETTE EN PVC

Pour protéger papiers importants

(billets d’avion, réservations

d’hôtel), car une fois sur

la plage, on n’est jamais à l’abri

d’une vague un peu trop forte.

MARK’S TRAVEL KIT, 9 € ,

SUR MARKSTYLETOKYO.FR

UN ÉTUI À PASSEPORT

Pour éviter que l’agent ne colle

Lorsqu’ils ne tapent pas dans un ballon

ou n’encouragent pas Neymar

et la Seleção, ces mordus de foot

de Brésiliens jouent au futebol de

prego (ou futebol de pino, « football

au doigt »). Ce jeu d’adresse, au

croisement du air hockey, du billard et du

baby-foot, est d’une simplicité enfantine.

Sur une planche de bois (64 × 42 cm),

entre 22 pions faisant office de joueurs,

les adversaires doivent tour à tour, d’un

coup d’index (comme aux billes ou au

mythique Subbuteo), expédier un petit

jeton de la taille d’un bouton de cardigan

dans le but adverse. Toutes les trajectoires

sont autorisées et il est vivement

conseillé de jouer avec les bandes

(comme au foot à cinq). Si le fabricant

français Fingabol a su conserver l’esprit

d’origine de ce jeu aux règles on ne

peut plus basiques (la victoire se joue en

cinq points) à sortir entre le rosé et les

merguez, il l’a conçu avec des matériaux

nobles et robustes : terrain en bois de

hêtre massif issu des forêts françaises

et du développement durable, pièces en

Inox et aluminium sur mesure, et packaging

recyclable. Attention, ce passetemps

est terriblement addictif.

DISPONIBLE EN BLEU, VERT OU GRIS, 135 €.

FINGABOL.COM

Une planche de bois,

22 pions et un seul but

à atteindre.

ses étiquettes Security ICTS au

dos du passeport.

MARK’S TRAVEL KIT, 9 € ,

SUR MARKSTYLETOKYO.FR

DE BONNES CHAUSSETTES

Elles doivent être chaudes

et moelleuses pour faire office

de chaussons.

STANCE, 19 € .

DES SLIP-ON

Sans lacets, elles sont la paire

idéale pour passer les sas de

sécurité.

VANS, 75 €.

TROLLEY DIOR HOMME, 2 990 €.

2017 Été

19

LIFE


Pour quel appareil

êtes-vous fait ?

Cet été, vous vous êtes fait la promesse de

réussir enfin vos photos de vacances.

Pour respecter cet engagement solennel,

il est sage de se munir d’un matériel adapté.

Par Jérémy Patrelle

Photographies Benoît Pailley

8

PRAGMATIQUE

HUAWEI

L’avantage du téléphone portable

réside dans son immédiate

disponibilité. Objet dont

on ne se sépare jamais, il se

transforme en appareil photo

en quelques secondes, sans

avoir besoin d’être déverrouillé

au préalable. Sur l’iPhone 7,

par exemple, il suffit de swiper

(balayer) l’écran de droite à

gauche pour accéder à l’appareil.

Autre façon de procéder

chez Huawei, aussi efficace : le

double-clic. Sur le nouveau P10,

une double tape sur le bouton

situé au dos du smartphone

donne accès aux fonctions

photos. Ces dernières sont

très complètes puisque le

constructeur chinois s’est offert

les services de Leica. Résultat,

en mode automatique,

et davantage encore en mode

manuel (ce qui demandera tout

de même quelques réglages en

amont), la qualité des photos

est remarquable, avec une multitude

de détails qui fait du P10

l’un des meilleurs photophones

du marché.

HUAWEI P10, À PARTIR DE 599 €

20


26 Idées_High-tech

9

12 13

AVENTURIER

GOPRO

Phénomène popularisé par

PURISTE

LEICA

Boîtier métallique en magné-

FÉTICHISTE

FUJI

Disparus des albums au début

PRESSE / ANTONY HUCHETTE

GoPro, filmer ses exploits sportifs

caméra fixée sur la tête, la

planche de surf ou le guidon

est devenu un rituel. Parmi

les plus efficaces, la KeyMission

360. Signé Nikon, ce petit

cube d’environ 6 cm 2 (pour

198 grammes) immortalise vos

exploits (n’ayons pas peur des

mots) à 360 degrés en résolution

4K. Les deux objectifs

grand angle s’occupent d’associer

les images afin de les

rendre nettes. Antichocs,

cette caméra filme à 30 mètres

de profondeur pendant une

heure. Également résistante au

gel et étanche à la poussière,

elle vous permettra de briller

cet été dans l’hémisphère sud

comme dans l’hémisphère nord.

KEYMISSION 360, 499 €

10

ARTISTE

HASSELBLAD

Ce boîtier noir aux finitions silver

signé Hasselblad s’adresse

aux fins connaisseurs de la

technique photographique.

Le X1D est un hybride moyen

format, à l’encombrement

moindre qu’un reflex, pour une

qualité d’images quasi équivalente.

Dès le premier coup

d’œil, l’architecture de l’appareil

interpelle, allures rétro,

format carré qui rappelle les

géniales créations du designer

Dieter Rams. La prise en mains

est agréable et la marque suédoise

n’a pas compté ses efforts

pour offrir une ergonomie

efficace.

HASSELBLAD, X1D, 7 900 €

(OPTIQUE EN OPTION)

11

MINIMALISTE VINTAGE

SONY

Si le compact disparaît tranquillement

mais sûrement de

la circulation en raison de la

qualité des capteurs intégrés

aux smartphones, certains

modèles du genre gardent un

réel intérêt. Premier à avoir

commercialisé un compact

doté d’un capteur 24x36 mm en

2012, le RX1, Sony (qui fournit

40 % des capteurs photos des

smartphones) poursuit avec

le RX1R II. Un appareil haut de

gamme, soigné esthétiquement,

certes un peu lourd à la pesée

(507 g, l’objectif Zeiss est en

verre), mais qui se démarque

grâce à son viseur électronique

périscopique rétractable

nommé « pop-up ». La multitude

de réglages disponibles

(sur l’écran orientable) permet

d’ajuster au mieux son appareil

en fonction de l’environnement.

La qualité d’image est bluffante.

Seul le prix fait tiquer.

SONY RX1R II, ENV. 3 000 €

Sony,

toujours dans

le game avec

le RX1R II.

sium, semelle en laiton, finition

argent, le dernier Leica

complète fidèlement la gamme

emblématique M, lancée en

1954 avec le M3. Léger (660 g),

élancé, le M10 intègre un viseur

télémétrique offrant un large

champ de vision et un grossissement

0,73x. Le capteur 24 millions

de pixels peut réaliser cinq

images par seconde en pleine

résolution (5976 x 3992 pixels)

et jusqu’à 30-40 images par seconde

en fonction des options

et réglages. Ce qui fait du M10

le modèle le plus rapide jamais

créé par Leica. L’ajustement

desdits réglages s’avère un jeu

d’enfant avec les commandes

de contrôle réduites à l’essentiel

: un joystick et trois boutons.

Dernier atout : la présence d’un

barillet de réglages ISO sur le

dessus de l’appareil qui permet

de paramétrer la mise au point,

la sélection de l’ouverture, de

la vitesse et de la sensibilité ISO

sans passer par le menu.

LEICA M10, 6 500 €

(OPTIQUE NON COMPRISE)

du XXI e siècle, les clichés physiques

reviennent. Les appareils

instantanés type Polaroid envahissent

les rayons des grands

magasins depuis deux ans, et

même le très classique Leica a

franchi le pas fin 2016 avec le

Sofort. Nouveauté conseillée,

le dernier Fuji, l’Instax SQ10,

« SQ » faisant référence au format

carré de la photographie

qui sortira de l’appareil. Juste

avant qu’elle ne soit entre vos

mains, la photo pourra être customisée

sur l’écran LCD situé

au dos de l’appareil avec une

dizaine des filtres préenregistrés.

Le pola 2.0 donc.

SQ10, FUJIFILM, 289 €

14

GRAND DÉBUTANT

LOMO

Comme son nom l’indique, le

Simple Use Film Camera de

Lomography est très simple

d’utilisation et intègre une pellicule

préchargée ainsi qu’un

flash. Le tout est alimenté par

une pile. Oui, il s’agit bien d’un

appareil jetable, dans la lignée

de ceux popularisés par Kodak

dans les années 1980. Avec,

bien sûr, la petite molette à

tourner après chaque photo

prise. L’argentique, c’est fantastique.

LOMOGRAPHY SIMPLE USE FILM

CAMERA, À PARTIR DE 16,90 €.

PACK DE 3 PELLICULES À PARTIR

DE 10,90 €.

2017 Été 21 LIFE


26 Idées_Livres

15

Prendre

sa vie

en mains

Sélection de livres

pour traverser

l’existence avec grâce.

Par Élisabeth Philippe

AMOURS TOUJOURS

l love Dick de Chris Kraus.

Ce n’est pas du tout ce que

vous croyez, bande d’obsédés.

Artiste conceptuelle sans

succès, Chris Kraus, déjà en

couple, fait un blocage sur Dick

après une soirée (une seule !).

Résultat, elle lui écrit lettre sur

lettre, parfois même en compagnie

de son mari, c’est plus

fun. Pratique pour déjouer un

cas de harcèlement érotomane.

FLAMMARION, 272 PAGES, 20 €

CORPS-À-CORPS

Une sœur de Bastien Vivès.

Antoine, 13 ans, connaît ses premiers

émois... Et sache, lecteur,

qu’on n’a jamais fini d’apprendre

à connaître son corps.

CASTERMAN, 216 PAGES, 20 €

L’ÂGE D’HOMME

Le Monde merveilleux de la

crise de la quarantaine de

J. Hazeley et J. Morris.

Comment gérer une gueule de

bois, un premier rendez-vous,

ou réussir à devenir un mari

modèle… Des guides pratiques

absurdes, assez drôles, et à

l’imagerie vintage.

10/18, 56 PAGES, 6,50 €

CASTOR JUNIOR

Manuel à l’usage des femmes

de ménage de Lucia Berlin.

Pour apprendre à rester classe

en centre de désintox ou s’en

sortir quand on est dans la

dèche... En bonus : comment

arracher une dent à mains nues,

ce qui peut toujours être utile.

GRASSET, 560 PAGES, 23 €

LA SOLITUDINE

Des hommes sans femmes

de Haruki Murakami.

Le premier qui, à l’évocation

de ce titre, s’écrie « Han, mais

comment vais-je faire pour mon

repassage ? » a droit à un aller

simple pour des vacances à

durée indéterminée avec Éric

Zemmour sur une île déserte.

Grâce à ces nouvelles, on

LIFE 22

Été 2017


#GÊNANCE

Merci pour l’invitation de

Lorrie Moore.

Des nouvelles génialement

drôles et grinçantes qui

mettent en scène des situations

de grand malaise auxquelles

nous sommes tous un jour ou

l’autre confrontés. Exemple :

un nouveau « date » qui entretient

une relation fusionnelle

avec son fils qui lui-même vous

fait sentir de trop – le fils peut

être remplacé par le chat, ou la

mère. Excellent guide de survie

en terrain hostile.

ÉDITIONS DE L’OLIVIER,

240 PAGES, 21 €

PRESSE / ANTONY HUCHETTE

INTO THE WILD

Walden ou la Vie dans les

bois de H.D. Thoreau.

Parmi les rééditions tous azimuts

qui célèbrent cette année

le bicentenaire de la naissance

de l’auteur, ce récit vous permettra

d’apprendre à vivre seul

et à anticiper en toute quiétude

la fin du monde tel un gentleman

survivaliste.

L’IMAGINAIRE/GALLIMARD,

384 PAGES, 12,50 €

PLUS BELLE LA LIFE

La Vie mode d’emploi de

Georges Perec.

Ne serait-ce pas la meilleure

notice Ikea existentielle (en

mieux écrit) pour monter nos

vies en kit ? N’oubliez pas

« L’Art et la manière d’aborder

son chef de service pour lui

apprend à faire face à la solitude,

à garder sa dignité quand

notre femme nous trompe ou

nous quitte. Han...

BELFOND, 304 PAGES, 21 €

PARTIR, UN JOUR

Voyager de Russell Banks.

Beaucoup plus chic que le

Guide du Routard, ce recueil de

récits de voyage est le parfait

petit viatique pour traverser le

monde, et l’existence.

ACTES SUD, 320 PAGES, 22,50 €

POP FÉMINISME

Chère Ijeawele, un manifeste

pour une éducation

féministe de Chimamanda

Ngozi Adichie.

We should all be feminists, le

slogan qui s’affiche sur tous

les T-shirts Dior, c’est elle. Le

sample engagé sur « Flawless »

de Beyoncé, c’est encore elle.

La Nigériane Chimamanda

Ngozi Adichie recadre les bases

du féminisme. Absolument pas

réservé aux femmes, bien au

contraire. On ne peut pas s’en

sortir dans la vie si on pense que

virilité rime avec manspreading.

GALLIMARD, 84 PAGES, 8,50 €

LOST GENERATION

Je me tuerais pour vous et

autres nouvelles inédites

de F. Scott Fitzgerald.

Il est toujours bien vu de citer

Francis Scott dans les dîners en

ville. Car tout le monde n’a pas

la classe innée de Gatsby.

GRASSET, 480 PAGES, 23 €

demander une augmentation

», indispensable. À noter

que toute l’œuvre de Perec

est aujourd’hui disponible en

Pléiade. Joie.

LE LIVRE DE POCHE, 640 PAGES,

8,60 €

23


16

Vagabonder

chez Colette

La boutique fête ses 20 ans

et le monde entier y défile.

Retour sur la success-story du

concept store Colette, avec sa

cofondatrice, Sarah Andelman.

Par Nicolas Salomon

Illustration Antony Huchette

PRESSE

Selon Pharrell Williams,

« il y a deux choses à voir

à Paris, le Louvre et Colette

». Fondée 1997 par

Colette Rousseau, la maison

fête cette année ses 20 ans.

Premier concept store de luxe

en France, Colette a depuis

inspiré des boutiques du même

type dans le monde entier, sans

jamais vraiment être égalé. Un

magasin qui se feuillette comme

un magazine. C’est d’ailleurs

dans la presse que Sarah Andelman,

fille de la fondatrice, a

fait ses premières armes avant

de rejoindre la maison mère.

Rencontre avec celle qui fuit

la lumière, mais dont la vision

éclaire Paris.

Comment a commencé

l’aventure ?

Ma mère tenait une boutique

d’habillement dans le quartier

du Sentier à Paris. Elle ne

vendait qu’aux professionnels,

mais faisait déjà cohabiter une

sélection de marques qui lui

plaisaient, ce qui était assez

inhabituel. Elle a voulu pousser

un cran plus loin cette idée,

en proposant des vêtements,

mais aussi et surtout ce qui

n’était pas distribué en France

et qu’elle rapportait de ses

voyages.

Le choix de l’emplacement

(rue Saint-Honoré) était

un sacré pari à l’époque…

Nous vivions déjà dans cet immeuble.

Le rez-de-chaussée

était inutilisé depuis des lustres

et semblait presque à l’abandon.

Ma mère rêvait d’y faire

ce magasin du futur alors que

le quartier entamait tout juste

sa mutation. La place du Marché-Saint-Honoré

(1 er arrondissement

de Paris, ndlr) qui

n’était jusqu’ici qu’une place

Chanel, Coca Cola,

Martin Margiela/

Ruby (casque

femme), Lacoste,

Le Coq sportif

(baskets Arthur

Ashe), artistes…

tous veulent être

dans la vitrine

du 213, rue

Saint-Honoré et

signent des collab’

avec Colette.

malodorante et bruyante – dont

les agents immobiliers parlaient

en se bouchant le nez –,

venait d’être rénovée. Nous

savions que nous n’étions pas

loin de la place Vendôme et de

sa clientèle. On pouvait parier

sur la curiosité de celle-ci pour

la faire venir jusqu’à nous, au

détriment de la rue Royale qui

ronronnait.

Quelle est la clientèle ?

Étrangère à 60 %. Notre grande

fierté, je dois dire. Cela signifie

que notre enseigne n’est pas le

ghetto parisien dans lequel certains

veulent nous enfermer.

Certes, nous avons nos habitués,

notamment au Waterbar

(le restaurant au sous-sol, ndlr)

où l’on croise régulièrement

des têtes « amies » à l’heure du

déjeuner. Pour le reste, il y a des

curieux, des « modeux », des

jeunes et des vieux, des connus

Colette

Rousseau,

la fondatrice

du concept

store, et sa

fille Sarah

Andelman.

24


26 Idées_Saga

PRESSE

et des anonymes. Bref, tout le

monde pousse la porte et ressort

avec ou sans achat. D’ailleurs,

beaucoup fantasment

sur notre chiffre d’affaires.

Même si certains jours, près de

2 000 personnes franchissent

le seuil, avec 28 millions d’euros

pour 110 personnes employées,

Colette n’est pas le modèle de

rentabilité que l’on veut faire

croire.

Qu’est-ce qui a changé

dans votre sélection en

vingt ans ?

Évidemment, l’explosion de la

high-tech. Nous avons été les

premiers à vendre l’iPod en

France, ce produit qui a fait

entrer la high-tech en général,

et Apple en particulier dans les

codes du luxe. À l’époque, avec

un réseau balbutiant, sourcer

les nouveautés et les interlocuteurs

relevait sinon du défi,

à tout le moins de l’enquête.

Aujourd’hui, en naviguant sur

Instagram, on trouve tout. Il

faut donc que nous travaillions

davantage en amont. L’autre

secteur qui a explosé, c’est le

« street » : sneakers, jeans,

hoodies… dont le luxe et la

mode ont fait leur principal

relais de croissance. Regardez

ce que font des marques

comme Supreme ou Vetements

aujourd’hui. Enfin, et cela n’en

est que la conséquence, la

multiplication des collabs. Jamais

le co-branding n’a connu

un tel développement que ces

vingt dernières années. On

considérait historiquement que

1 + 1 = 3. Dans certains cas, on

flirte aujourd’hui avec les 10.

Nous sommes toujours sidérés

de voir le résultat de certaines

de ces alliances.

Que cherchent les nouveaux

clients du luxe ?

De l’exclusivité avant toute

chose. Dans un monde où tout

se standardise, la singularité

est notre voie. Les produits

sont proposés ici en quantité

assez restreinte et pour une

durée qui l’est tout autant. Cela

entretient la curiosité, le désir.

Chaque dimanche, nos équipes

changent l’intégralité de la mise

en place pour alimenter cette

sensation de nouveauté permanente.

Ils cherchent aussi du détournement

: plus le produit est

iconique, plus ses déclinaisons

inattendues sont convoitées.

Un des exemples les plus étonnants

est le succès des « customisateurs

» de montres. Il y a

dix ans, les premières montres

noircies que nous présentions

avaient été perçues comme

un gadget pour collectionneur

blasé. Certaines marques

ne supportaient pas que l’on

touche à leurs modèles et nous

envoyaient des courriers d’avocat

pour nous demander de les

retirer de la vente. Les mêmes

Le Carré Hermès « Brides

de Gala » a été réalisé

par la maison de luxe pour

Colette en édition limitée.

Pour beaucoup de grandes

marques, la collaboration avec

elle est devenue incontournable.

qui aujourd’hui en proposent

dans leur collection… Si détourner

une icône est devenu

monnaie courante, à l’époque

peu de gens s’y risquaient.

Y a-t-il des domaines que

vous vous interdisez ?

Absolument aucun. Notre force,

c’est de parler avec Gucci ou

Coca, les Daft Punk, Murakami,

Disney ou Mercedes. Notre

sélection va de 1 € à près de

100 000 et nous tenons à garder

cette élasticité qui permet au

plus grand le monde de se faire

plaisir. De 7 à 77 ans, du prince

arabe au quidam, tout le monde

a sa place ici et vient y découvrir

ce qu’il n’a pas vu ailleurs.

Si aujourd’hui les cosmétiques

Kiehl’s sont dans le giron de

L’Oréal, c’est dans nos rayons

que les Français les ont découverts,

il y a justement vingt ans.

C’est la même chose pour la

mode où Jay-Z et Kanye West

ont fondu sur Thome Brown ici

même. Pour garder cette énergie,

je continue de voyager afin

de débusquer nouveaux talents

et nouvelles idées.

Qu’est-ce qui n’a pas

fonctionné ou se vend difficilement

?

Certains de nos bijoux. Nous

parions sur de jeunes créateurs

dont les dessins nous inspirent.

Mais vu les matériaux, les tarifs

sont tout de suite assez

élevés. Or, à ce niveau de prix,

les clients sont parfois frileux.

Mais nous tenons à continuer

à faire émerger de nouvelles

créations joaillières. Souvent,

ils se font connaître ici, et se

développent ailleurs. Regardez

Delfina Delettrez. Elle a débuté

chez nous et aujourd’hui, elle

est incontournable. Il y a un

côté pépinière ici.

Vous vous voyez où dans

vingt ans ?

Idéalement au même endroit,

continuant à décloisonner et à

tenter d’improbables alliances.

Ce qui changera, c’est sans

doute la qualité des produits

qui s’améliore globalement.

Plus respectueux de l’environnement,

d’une certaine

forme d’éthique, même si évidemment,

ce n’est pas demain

qu’on aura des téléphones en

chanvre fabriqués en petite

couronne. On nous a proposé

100 fois de décliner notre magasin

ou de nous racheter, mais ça

n’est pas ce que nous voulons.

On aime notre Colette, comme

il est, nerveux et intuitif. Nos

équipes nous sont fidèles, on aimerait

qu’elles restent encore

longtemps avec nous. C’est très

familial, parfois clanique nous

dit-on, mais on tient à ces liens

solides. Si on devait grandir, on

les diluerait. Finalement Colette,

c’est ça : ne rien changer

pour que tout change.

COLETTE, 213, RUE SAINT-HONORÉ,

PARIS 1.

AU-DELÀ DU CONCEPT…

Certains concept stores vont au-delà de

la simple boutique tendance. C’est le cas

d’Archive 18–20, où GQ a clôturé sa Style

Night en juin dernier. Sous son immense

verrière, 400 m 2 de mode, d’art,

de design, un café et une galerie qui

accueillera du 6 au 25 septembre, une

expo d’artistes et de designers repérés

par la fondatrice Séverine Lahyani.

18-20, rue des Archives, Paris 4.

archive1820.com

2017 Été

25

LIFE


26 Idées_Design

17

Donner du style

à l’apéro

Cet été, le mobilier

d’extérieur en pince pour

le tube d’acier plié et

coloré. Sélection des

meilleurs meubles de jardin

pour apéritifs en plein air.

Par Marie Farman

Fauteuil

« Asymmetric »

d’Harry Bertoia,

8 604 €

(knoll.com)

Vous prendrez bien un

rafraîchissement ? »,

comme le proposent

Romy Schneider et Alain

Delon à leurs hôtes Jane

Birkin et Maurice Ronet dans

La Piscine (1969). Le film culte

de Jacques Deray a offert un

coup de projecteur à la toute

première collection de mobilier

outdoor ayant marqué l’histoire

du design : la Locus Solus.

Créée en 1964 par la grande

dame du design italien Gae Aulenti

et composée de chaises

longues, de tables, de chaises

et de luminaires, cette collection

mélangeait acier tubulaire,

couleurs pop et tissu psychédélique.

Le mythique ensemble

réédité par la maison italienne

Exteta combine esprit vintage

et outdoor chic. Si après ça,

le secteur a connu des années

sombres (chaises en plastique

et nains de jardin), aujourd’hui

des grandes marques spé-

cialisées aux petites maisons

d’édition pointues, toutes

misent sur des modèles innovants

au design léché. Le métal

coloré revient cet été avec le

fauteuil « Week- End » du Studio

Brichet Ziegler pour l’éditeur

Petite Friture, la chaise

« Swim » de Margaux Keller

pour Bibelo ou l’éternel fauteuil

« Luxembourg » du jardin

éponyme. Le mélange de matières

est aussi très tendance

comme avec la chaise « Yard »

de Stefan Diez dont l’assise est

constituée d’un tressage de

bandes élastiques ou le fauteuil

« Nef » de Patrick Norguet avec

un dossier haut en cordes de

polyester et clips d’acier, deux

modèles distingués et techniques

édités chez Emu.

RENSEIGNEMENTS SUR EXTETA.IT/IT

ANTONY HUCHETTE / PRESSE

1.

FAUTEUIL « A600 »

DE CHRISTOPHE PILLET,

295,30 €

(MAIORIFURNITURE.COM)

2.

FAUTEUIL BAS

« LUXEMBOURG »

DE FRÉDÉRIC SOFIA,

389 € (FERMOB.COM)

3.

FAUTEUIL « WEEK-

END » DU STUDIO

BRICHET ZIEGLER, 252 €

( MADEINDESIGN.COM)

4.

CHAISE « SWIM »

DE MARGAUX KELLER,

185 €

(BIBELO.COM)

5.

FAUTEUIL « YARD »

DE STEFAN DIEZ, 255 €

( MADEINDESIGN.COM)

6.

FAUTEUIL « NEF »

DE PATRICK NORGUET,

PRIX SUR DEMANDE

(EMU.IT)

LIFE 26

Été 2017


Alain Delon, Romy Schneider,

Maurice Ronet et Jane Birkin

dans La Piscine, de Jacques

Deray (1969), autour de la

collection outdoor « Locus

Solus » de Gae Aulenti.

VISUAL / PRESSE

Chaise longue

« Locus Solus »

de Gae Aulenti,

2 600 €

(locus-solus.it)

LA NOUVELLE VAGUE DU DESIGN

Réalisé en 1969 par Jacques Deray, le film La Piscine raconte l’histoire d’un

jeune couple, joué par Alain Delon et Romy Schneider, dont les vacances

dans une luxueuse villa de Saint-Tropez vont être perturbées par la visite

de leur ami Harry et sa fille, incarnés par Maurice Ronet et Jane Birkin.

Le film est notamment connu pour son décor design, les abords de la

piscine ayant été aménagés avec du mobilier de Roger Tallon et le salon de

jardin avec le célèbre ensemble « Locus Solus » de Gae Aulenti, aujourd’hui

réédité par la maison italienne Exteta.

27


Brigitte Bardot

et Gunter Sachs

à Saint-Tropez,

en 1965.

RUE DES ARCHIVES

Et si on

apprenait à...

Parce que l’été est

l’occasion parfaite pour

se lancer les défis que

l’on n’ose relever le reste

de l’année...

Par Marine Delcambre

18 19 20

BARRER UN BATEAU

Parce que « face à la mer, on

veut tous grandir ». Parce que

c’est plus facile pour prendre le

large. Parce qu’à la barre d’un

bolide puissant et ultra-perfectionné,

la vie est définitivement

plus belle. On peut passer son

permis partout en France, ou

presque. Néanmoins, on misera

sur le sérieux de l’École

de Navigation Française qui

forme, depuis dix ans, au permis

bateau mer option côtière

et extension hauturière. Bonne

nouvelle, la formation ne dure

qu’une semaine – deux pour

obtenir en plus l’extension hauturière.

Permis côtier : 545 € .

Permis côtier + extension hauturière

: 845 €.

ECOLEDENAVIGATIONFRANCAISE.FR

CONCOCTER

UN WHITE RUSSIAN

Voici la recette pour réussir

la boisson préférée du Dude

(Jeff Bridges) dans The Big

Lebowski, le film des frères

Coen sorti en 1998.

Dans un verre old-fashioned (ou

verre à whisky), verser directement

sur des glaçons 6 cl de

vodka. Ajouter ensuite 6 cl de

liqueur de café et 6 cl de crème

fraîche liquide (ou de lait entier,

pour plus de légèreté). Servir

avec un bâtonnet mélangeur.

C’est prêt !

TOUT DÉCHIRER

AU KARAOKÉ

« Chanter, c’est comme honorer

l’oxygène ». C’est la musicienne

Björk qui l’a dit. Avènement du

karaoké entre collègues (et/ou

amis) oblige, chanter c’est aussi

une nouvelle manière de briller

en société. Encore faut-il savoir

aligner plus de deux mots sans

fausse note. Bien qu’on n’en

soit pas encore à s’inscrire à

« The Voice », le télé-crochet

musical de TF1, rien ne nous empêche

de nous offrir des cours

privés avec l’un de ses (vrais)

coachs vocaux – ils supportent

les chanteurs du jury pendant les

répétitions.

POUR UN COURS AVEC LA COACH

VOCAL NATHALIE DUPUY, ALLEZ SUR

FACEBOOK.COM/NATHALIE.DUPUY.31

28


26 Idées_Lifestyle

22

23

24

ANTONY HUCHETTE

FAIRE DE LA BIÈRE

Dans son livre Le Meilleur de

la bière artisanale (éd. Tana),

l’équipe de La Fine Mousse

(la première cave à bière de

Paris) explique que « la bière

n’est plus seulement une boisson

réservée aux amateurs de

football les soirs de match ».

La boisson fermentée à base

de céréales dans sa version

artisanale, authentique et

riche en saveurs, se déguste

comme le vin, jouant même

les accompagnements à table.

Les connaisseurs la produisent

eux-mêmes. À Bondues, près

de Lille, At Home Bière propose

différentes formules aux particuliers

(et aux entreprises)

venus apprendre à brasser leur

propre bière avec cours de zythologie

(l’étude de la bière),

analyses organoleptiques (apparence,

odeur, goût…), mise

en bouteille et dégustation de

bières de microbrasseries...

… CUISINER

UN LOBSTER ROLL

Ingrédients pour 4 personnes :

2 homards (de 700 g environ

chacun) – 4 pains à hot-dog

– 1/2 tasse de mayonnaise –

2 cuillères à soupe de jus de

citron – 2 cuillères à soupe de

persil frais haché – 1 branche

de céleri – beurre – sel, poivre

– laitue.

Dans un saladier, mélanger la

mayonnaise, le jus de citron et

le persil. Assaisonner avec du

sel et du poivre. Tailler le céleri

en dés. Hacher grossièrement

la chair de homard. Ajouter le

tout dans le saladier. Mélanger.

Réserver au frais pendant

15 minutes. Beurrer l’extérieur

des pains. Les faire dorer dans

une poêle à feu doux. Garnir les

pains de salade de homard et

de feuilles de laitue. Servir immédiatement.

CONSTRUIRE UNE

CABANE

DANS UN ARBRE

Il y a le Construire une cabane

dans les arbres de Philip

Schmidt (éd. Massin), et le Une

cabane dans les arbres de Pete

Nelson (éd. de La Martinière).

Deux livres qui regorgent

d’idées et de conseils pratiques

pour construire de ses mains

des maisons en bois dans les arbres.

Autre source d’inspiration,

le blog « The Cinder Cone » du

photographe Foster Huntington,

et son compte Instagram.

Sa cabane est installée au beau

milieu d’une forêt dans l’Oregon,

aux États-Unis, et elle abrite un

skatepark et un jacuzzi. Il n’y a

plus qu’à. Les moins courageux

peuvent toujours se rabattre

sur la location d’une luxueuse

cabane avec spa et vue sur la

vallée de la Garonne sur le site

cabanes-de-france.com.

À PARTIR DE 45 € .

AT HOME BIÈRE, 897 AVENUE

DU GÉNÉRAL-DE-GAULLE, 59910

BONDUES (ATHOMEBIERE.COM)

21 25

26

OUVRIR DES HUÎTRES

(SANS FINIR

AUX URGENCES)

Prendre un couteau à lame

plate, courte et robuste. Tenir

l’huître dans un torchon pour

se protéger les mains à l’ouverture.

Placer le pouce à un centimètre

du bout de la lame. Insérer

la pointe du couteau entre

les coquilles au 2/3 de l’huître.

Faire un mouvement de levier

en tranchant le muscle. Soulever

et détacher délicatement la

coquille supérieure sans déchirer

la chair. Jeter la première

eau. Vous êtes un pro.

ÉCRIRE

Selon un sondage par

OpinionWay pour Le Figaro littéraire,

32 % des Français rêvent

d’écrire un livre, mais seulement

3 % passent à l’acte. Écrire reste

un bon moyen de comprendre

son évolution. Quand on relit ses

précédents écrits, on réalise

le chemin parcouru, les réussites

et les échecs. Certains

oseront écrire chaque jour dans

un journal intime – ou un « carnet

de pensées », c’est plus

viril. D’autres coucheront des

punchlines dans un carnet. Et

pour se lancer dans un premier

roman, rien de tel qu’un atelier

d’écriture comme Les Mots, ouvert

à paris en début d’année.

LES MOTS, 4, RUE DANTE, PARIS V E .

INFO@LESMOTS.CO, LESMOTS.CO

MANIER

DES BAGUETTES

Positionner la main dominante

comme pour serrer celle de

quelqu’un. Placer la première

baguette sous le pouce, contre

la paume de la main. Mettre

la seconde baguette entre le

pouce et l’index. Plier l’auriculaire

et l’annulaire afin que ce

dernier soit coincé sous la première

baguette (celle du bas).

Placer le majeur sous la deuxième

baguette (celle du haut).

Bouger la deuxième baguette

de haut en bas pour attraper de

la nourriture.

2017 Été 29

LIFE


NOUVELLE CITROËN C3

UNIQUE, PARCE QUE VOUS L’ÊTES

Caméra embarquée ConnectedCAM Citroën*

36 combinaisons de personnalisation

Citroën Advanced Comfort ®

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30 000 km d’une Nouvelle Citroën C3 PureTech 68 BVM Live neuve, hors option ; soit un 1 er loyer de 2 000 € puis 35 loyers de 149 € incluant l’assistance, l’extension de garantie et l’entretien au prix de 19,50 €/mois pour 36 mois

et 30 000 km (au 1 er des deux termes échu). Montants exprimés TTC et hors prestations facultatives. Offre non cumulable, réservée aux particuliers, valable jusqu’au 31/08/17, dans le réseau Citroën participant et sous réserve

d’acceptation du dossier par CREDIPAR/Citroën Financement, locataire-gérant de CLV, SA au capital de 138 517 008 €, RCS Nanterre n o 317 425 981, 9 rue Henri-Barbusse, CS 20061 92623 Gennevilliers Cedex. * Équipement en

option ou non disponible selon les versions.

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ANTONY HUCHETTE

BOUGER

FURTIF, PRÉCIS ET TOUJOURS BIEN ÉQUIPÉ

32_Escalade : les pionniers américains racontent comment ils ont révolutionné la discipline

44_Giraglia, une course à la voile pas comme les autres 48_Tout savoir des chronographes

52_Les plus belles « summer cars » 60_Les vélos sortent du cadre 68_Bateaux : la saga Boesch

2017 Été 31

LIFE


Mémoires

de jeunes

gens

perchés

Dans les années 1970,

ils ont été les premiers à gravir

les plus hauts rochers de Yosémite,

sans protection et sous LSD.

Rencontre avec les Stonemasters,

une bande de Californiens déjantés,

qui ont, contre toute attente,

fait de l’escalade un sport cool.

Par Luke Zaleski

Traduction Laure Motet

32


Bouger_Extrême

GEORGE MYERS

2017 Été

33

LIFE


Bouger_Extrême

QUI SONT-ILS ?

John Long : coauteur

du livre The Stonemasters

(éd. T. Adler Books/Stonemaster

Press, 2009). Arrivé à Yosemite

en 1969, à l’âge de 16 ans.

Lynn Hill : première personne

à avoir réalisé l’ascension en libre

du Nose, la grande voie la plus

emblématique de Yosemite.

Dean Fidelman : coauteur

du livre The Stonemasters,

photographe et concepteur

du calendrier « Stone Nudes ».

Mike Graham : fondateur

de Gramicci, la marque qui a fait

de l’escalade un lifestyle.

Arrivé à Yosemite en 1974, l’année

de ses 18 ans.

Rick Accomazzo :

photographe arrivé à Yosemite en

1973, à l’âge de 18 ans.

Dale Bard : arrivé à Yosemite

en 1971, à l’âge de 17 ans. A vécu

plusieurs années sous une tente.

Jim Bridwell : « le plus gros

bonnet de l’escalade américaine »

dans les années 1970, selon

John Long. A grimpé pour la

première fois à Yosemite en 1961,

à l’âge de 17 ans.

Rick Cashner

et John Bashar,

en solo, à Yosemite.

vant eux, ça n’avait jamais été aussi cool d’escalader

des montagnes. En entreprenant des ascensions de plusieurs jours

inédites et en perfectionnant l’art de l’escalade en solo intégral

(on grimpe seul, sans corde), ils ont inventé leur propre style.

Dépouillé, riche en sensations fortes. Ils ont aussi imaginé un mode

de vie autour de leur sport – tout ça sous l’effet du soleil californien,

de la musique psychédélique des seventies (Jimi Hendrix,

en particulier) et de pas mal de pétards. Ils allaient accéder à la

célébrité sous le nom de Stonemasters (« les maîtres du rocher »)

et régner sur la discipline pendant une dizaine d’années. De 1970 à

1980 environ, ils ont effectué leurs premières ascensions démentes

dans le parc national de Yosemite (puis dans le monde entier), tout

en s’éclatant autour de feux de camp. Les principaux membres du

groupe ayant survécu à cette époque nous la font revivre ici.

LA NAISSANCE D’UN STYLE

John Long : les Stonemasters ont été un véritable phénomène

culturel. Ce sont eux qui ont lancé la mode des sports extrêmes.

C’était un nouveau style.

Lynn Hill : c’est le style qui fait tout. Ce n’est pas parce qu’on

atteint le sommet qu’il faut se réjouir. C’est la manière d’y parvenir

qui compte.

Dean Fidelman : on savait tous ce qui se passait dans le milieu

du surf. On trouvait que ces mecs avaient vraiment la classe,

qu’ils avaient du style, vous voyez ? Et c’est ce qu’on a apporté à

l’escalade : un certain style. Ça a commencé par les fringues – le

pantalon de peintre blanc, le sac à magnésie et le bandana. Puis,

ça s’est étendu à la manière de grimper. On escaladait de manière

fluide, mais quand on trouvait une bonne prise, on s’y suspendait.

Il fallait montrer qu’on était forts et gracieux. Et on utilisait peu de

protections pour prouver qu’on avait des couilles.

John Long : On était un peu arrogants, c’est vrai, parce qu’on

faisait partie d’un nouveau mouvement et que c’était cool. Mais on

ne se sentait pas supérieurs aux autres.

Mike Graham : on avait un aplomb insolent, de l’assurance. On

aurait pu tomber, finir en fauteuil pour le restant de nos jours ou

même mourir, mais on avait survécu alors que personne n’y était

parvenu avant. Du coup, on se disait : « Je suis peut-être invincible. »

Dean Fidelman : on voulait que ce soit aussi naturel que possible,

parce qu’on respecte la beauté de la roche et de notre environnement.

On essayait donc de se fondre dans le décor, d’en faire

partie. Ici, la nature est au sommet de sa beauté et on voulait être

comme ça, nous aussi. Beaux et gracieux comme des arbres, forts

comme des rocs.

BILLY SERNIC

LIFE 34

Été 2017


Richard Harrison en 1977,

cofondateur des Stonemasters,

décédé en 2014.

GIB LS

35


Bouger_Extrême

John Long : il y a des formations extraordinaires dans le

parc national de Joshua Tree, mais rien n’est comparable à Yosemite.

Je venais du sport, mais aucun complexe créé par l’homme

n’est aussi grandiose qu’El Capitan (la formation rocheuse située

au nord de la vallée de Yosemite, ndlr). Il fait plus de 900 mètres de

haut, putain ! À côté, le Yankee Stadium a l’air d’une vulgaire niche.

Rick Accomazzo : vous ne pouvez pas imaginer comme El Capitan

est impressionnant. C’est hallucinant. Après ça, votre vie

n’est plus la même. Vous voyez le World Trade Center ? Les deux

tours ? Empilez-les : ça, c’est El Cap.

John Long : l’escalade n’était pas du tout connue du grand public

à l’époque. Du coup, les grimpeurs étaient un peu des objets de

curiosité. Et ils étaient tous en super forme – un mélange explosif

de sport et de culture. C’était des hors-la-loi. Les règles ordinaires

ne s’appliquaient pas à eux, parce qu’il n’y avait personne pour

faire respecter quoi que ce soit. Les valeurs traditionnelles ne les

intéressaient pas, tout simplement. Un peu comme les jazzmen…

Dean Fidelman : et puis il y avait les mecs de Dogtown, les

Z-Boys, qui savaient surfer (référence à Dogtown and Z-Boys, un

documentaire sur les débuts des skateurs de Venice en Californie,

qui ont commencé à skater dans les piscines vides, en refaisant

des figures de surf, ndlr). Ils faisaient des trucs dingues avec leur

planche. À l’époque, il y avait tout un tas de connards, de coincés, qui

grimpaient, mais ils ne maîtrisaient pas vraiment l’art de la grimpe.

Dale Bard : certains bouddhistes appellent ça l’éveil. Et c’est ce

qui décrit le mieux un Stonemaster. On est au-delà de tout. Au-delà

de l’entraînement, au-delà du talent. Ça fait juste partie de nous.

John Long : psychologiquement, il faut avoir ce truc, ce je-nesais-quoi,

qui nous fait dire : « Oh, mais c’est rien ! », alors qu’on se

dirige vers une falaise immense.

Lynn Hill : avec l’escalade, on découvre de quelle étoffe on est

fait. On ne peut pas cacher notre vraie nature. Elle ressort vite.

Dale Bard : je n’ai jamais bien compris pourquoi, mais les pantalons

blancs étaient incontournables. Ils étaient blancs, mais alors

blancs de chez blancs. C’était la mode des pattes d’eph’. J’avais

quelque 501. En fait, quand on faisait des parcours qui sortaient

de l’ordinaire, on faisait des photos et [Jim] Bridwell nous habillait

pour l’occasion. Histoire qu’on nous remarque bien, qu’on ait l’air

de vrais rebelles.

Dean Fidelman : une fois qu’on avait le pantalon de peintre

blanc, on allait s’acheter une chemise excentrique dans une friperie.

N’importe quoi, pourvu que ce soit psychédélique. C’était seulement

pour le style que Bridwell escaladait les parois en pantalon

immaculé et en chemise à motif cachemire.

Jim Bridwell : j’aimais les motifs cachemire. Ça vient d’Inde,

vous savez ?

Rick Accomazzo : le port du bandana avait une utilité – le style

n’était pas la fonction première de notre attitude vestimentaire. On

avait tous les cheveux longs, et il fallait éviter de les avoir dans les

yeux quand on grimpait. Les pantalons blancs, eux, réfléchissent la

lumière du soleil : tout en haut d’une paroi brûlante de Yosemite, ils

tiennent sensiblement moins chaud. Les pantalons de peintre et les

bandanas étaient donc de rigueur, mais ce n’était pas, au départ,

une question d’esthétique.

Pantalon de peintre et bandana : sans le savoir, les Stonemasters avaient créé un style. Ci-dessous, Dale Bard (de dos), Jim Bridwell, Fred East,

Billy Westbay et Jay Fisk au sommet d’El Capitan après une semaine d’ascension en 1975. À droite : John Bachar grimpant sans corde à Joshua Tree.

WERNER BRAUN

LIFE 36

Été 2017


DEAN FIDELMAN

37


Bouger_Extrême

RICHARD HARRISON / JIM B

Ci-dessus : Tobin Sorenson, membre fondateur des Stonemasters. Pionnier de l’escalade free style à Yosemite, il était l’un des meilleurs.

Ci-dessous, de gauche à droite : Wener Braun en solo sur El Capitan, Lynn Hill et John Long bras dessus, bras dessous, Jim Wilson et Guy Keesee

en pleine ascension émotionnelle et John Bachar jouant du saxophone dans un camping de la vallée de Yosemite.

LIFE 38

Été 2017


« On n’aimait pas les hippies. Ils voulaient juste glander,

faire l’amour et fumer de l’herbe. Ils n’étaient pas

sportifs. Ils n’en avaient rien à battre des falaises. »

DALE BARD

SHAWN CURTIS / RICK ACCOMAZZO

SEXE, DROGUES, ROCK’N’ROLL ET JAZZ

Dale Bard : on prenait beaucoup de drogues. Et on baisait aussi.

Et il y avait, euh… de la musique.

John Long : ce que je préférais, c’était écouter du jazz. Gary

Burton, Miles Davis, Bill Evans. Et du jazz fusion aussi, qui est apparu

à ce moment-là – Chick Corea et Bill Bruford. Cette musique

dégageait une énergie cinétique de dingue, qui était très bien reçue.

Dean Fidelman : le jazz était basé sur la performance individuelle.

Roland Kirk, Miles Davis. On écoutait ça, et on se disait :

« Ces mecs déchirent. C’est tripant la manière qu’ils ont de souffler

dans leurs cuivres. » Ils maîtrisaient leur sujet, et c’est ce qu’on

voulait nous aussi, arriver à maîtriser la performance individuelle.

John Long : et aussi Hendrix, the Who et Led Zeppelin. Hendrix,

c’était la référence. Il était inventif. Et à certains moments, sa

musique était d’une beauté transcendante. Il représentait tout

ce qu’on aimait, tout ce à quoi on s’identifiait. C’était un peu la

mascotte des Stonemasters.

Rick Accomazzo : des drogues psychédéliques circulaient,

mais la majorité des grimpeurs étaient plutôt sobres lors des ascensions.

Enfin, il y avait quand même des exceptions.

Dale Bard : Jim Bridwell était connu pour prendre du LSD sur

les parois.

John Long : la première fois que j’ai pris de l’acide, c’était avec

Bridwell. Il avait une petite fiole et quelques « windowpanes » au

fond (du LSD sous forme de pastilles gélatineuses, ndlr). C’est

minuscule, vous savez ? Il m’a dit : « Qui pourrait croire qu’on peut

se défoncer avec ça ? » Et j’ai répondu : « Pas moi. On ferait mieux

d’en prendre deux. »

Jim Bridwell : mieux vaut ne pas s’attaquer à une paroi sérieuse

sous acide – quand tu prends du LSD, ça t’emmène dans des

hauteurs que tu n’es pas encore capable de maîtriser.

John Long : notre drogue de prédilection, c’était juste de l’herbe

bon marché, de mauvaise qualité. Notre rituel, c’étaient les bangs.

On fumait des joints à longueur de temps.

Lynn Hill : Ouais, les Stonemasters, tu parles ! Les « maîtres

stones » tu veux dire !

Dean Fidelman : Nixon était persuadé que les hippies allaient

envahir les parcs nationaux. Du coup, aux débuts des années 1970,

l’obsession, c’était de se débarrasser des hippies, des cheveux

longs… C’est à ce moment-là que les rangers – les gardes du parc –

ont commencé à s’acharner sur nous.

39


Bouger_Extrême

Dale Bard : on n’aimait pas les hippies. Mais alors pas du tout.

Ils nous ont vraiment rendu la vie infernale. Pour les rangers, on

était un seul et même groupe. Mais ce n’était pas le cas. En gros, les

hippies voulaient juste glander, faire l’amour et fumer de l’herbe.

Ils n’étaient pas sportifs. Ils n’en avaient rien à battre des falaises.

Rick Accomazzo : enfin, on traînait quand même un peu avec

les filles hippies (rires), mais ça s’arrêtait là. Oh, il y en avait partout,

des filles. Avec les cheveux longs. Style Joni Mitchell.

John Long : j’ai encore du mal à y croire aujourd’hui. On avait

un mode de vie très austère. Il n’y avait rien de romantique là-dedans.

Excepté le fait que la plupart des gens étaient très jeunes, en

super forme, et ultra-sexy. Le truc, c’est qu’il y avait toujours une

quantité de filles inouïe dans les parages. Un peu comme un éternel

Woodstock.

Dale Bard : on bouffait gratuitement si on sortait avec une serveuse,

ou un truc du genre. Il y avait certains avantages.

John Long : les filles étaient là pour la saison, elles bossaient

comme femmes de ménage, ou dans les hôtels. Elles étaient toutes

jeunes, comme nous. Idéal pour multiplier les expériences, non ?

C’était ça, notre vie à l’époque.

Dean Fidelman : on se trouvait une copine en moins d’une semaine.

Parfois, les filles revenaient d’une année sur l’autre, parfois

non. Il y avait de fortes chances pour qu’elles ne reviennent pas.

C’étaient des amours d’été, les années 1970. Tout le monde s’en foutait.

John Long : les gens ne venaient pas pour se trouver un mari ou

une femme…

Rick Accomazzo : j’ai des tas de bons souvenirs à Yosemite…

et j’y ai rencontré ma femme !

JIM BRIDWELL / ANTONY HUCHETTE

UN STYLE DEVENU INTERNATIONAL

Mike Graham : il y avait de plus en plus de monde. Et plus on

est nombreux, plus il y a de gens à satisfaire. D’après moi, peu

étaient prêts à risquer leur vie. C’est devenu plus adapté aux

masses qu’aux tarés dans notre genre qui ne réfléchissaient pas

aux risques avant de grimper.

Dale Bard : on est devenus assez célèbres. C’était romanesque.

Tout le monde voulait faire partie des Stonemasters. Ils pensaient

que c’était cool, pour ainsi dire, de vivre comme un clochard, dans

la saleté. Ils ne comprenaient absolument pas qu’on faisait ça parce

qu’on aimait grimper.

Dean Fidelman : je ne me suis jamais senti aussi bien qu’assis

à une table de pique-nique après une longue journée de grimpe

avec une bande de potes. Juste assis là, à parler de la journée en

partageant un joint.

John Long : le groupe s’est divisé, on est parti aux quatre coins

du monde. Notre style est devenu international. Partout où les

Stonemasters allaient, ce qu’ils faisaient, leur manière de s’habiller

– bandanas, foulards autour de la tête, cheveux longs et muscles.

S’entraîner toute la journée, fumer de l’herbe. Tout ça, c’était la

signature du groupe.

Rick Accomazzo : maintenant que j’y repense, ce n’était pas

parfait comme style de vie, mais qu’est-ce qu’on s’est marré !

C’était une manière géniale de gâcher notre jeunesse.

LIFE 40

Été 2017


Lynn Hill, photographiée par Jim Bridwell, sur une paroi du Yosemite. L’une des meilleures grimpeuses au monde, hommes femmes confondus.

41


Alors,

GEORGE MEYERS

on

grimpe ?

Les plus beaux murs

du monde, les accessoires,

le bon vocabulaire…

Les stars de la varappe

vous dévoilent tous leurs

secrets pour devenir des

champions de l’escalade.

John Yablonski

suspendu

à la paroi du

Nabisco, dans

le parc national

de Yosemite.

Par Charles Audier

42


Bouger_Extrême

FRANÇOIS CHAPERON / DR

RÈGLES ET ÉQUIPEMENT DE BASE

La discipline se divise en trois grandes catégories.

Le bloc, la corde et le big wall. Les deux premières

s’effectuent en salles ou en extérieur, tandis

que le big wall est une ascension en cordes de

plusieurs centaines de mètres, obligeant parfois

à passer une nuit sur place en pleine progression.

C’est d’ailleurs cette dimension d’action en pleine

nature, à flanc de falaise, qui intrigue et enivre le

plus. C’est aussi la plus exigeante.

LA TECHNIQUE. Trouver un appui sur le rocher ou

une prise et rien d’autre. Même les points d’ancrage

dans lesquels on passe sa ligne de vie ne

servent pas à évoluer. Ils sont là pour sécuriser

une éventuelle chute.

LA RÈGLE D’OR. Ne jamais s’engager en solo. Le

binôme assure la retenue en cas de chute. Sans

ce partenaire, la chute se prolonge jusqu’au pied

de la voie. Aïe.

LES CHAUSSURES. Appelées chaussons ou pains

au lait, ces souliers ont une semelle lisse pour une

grimpe verticale, ou cambrée pour une progression

sur un plan en dévers.

LA BROSSE. Pour nettoyer les prises avant d’y

mettre le poids de tout son corps. Les puristes

enlèvent les traces après leur passage pour limiter

l’impact de leur passage sur la voie. Cela

évite aussi de fausser la lecture des grimpeurs

suivants.

LE SAC À MAGNÉSIE. L’oxyde de magnésium, appelé

magnésie, est une poudre blanche basique

aux propriétés d’absorption d’eau inégalées.

LA CORDE. Elle mesure au moins 60 à 80 m pour

10 mm d’épaisseur afin d’assurer l’ascension

mais aussi la descente du grimpeur une fois sa

ligne de vie assurée au point culminant de la voie.

ET AUSSI… une quinzaine de dégaines – paires

de mousquetons liés par une sangle courte –, un

appareil d’assurage pour retenir la descente,

une longe pour s’attacher au relais sécurité, un

casque et des lunettes d’assurage pour préserver

ses cervicales.

CHAUSSURES

BROSSE

SAC À MAGNÉSIE

CORDE

DÉGAINE

APPAREIL

D’ASSURAGE

LONGE

CASQUE

LUNETTES

D’ASSURAGE

COMMENT PROGRESSER ?

« Tais-toi et grimpe ». Les grimpeurs sont unanimes.

Pour s’améliorer, il faut grimper. Un point

c’est tout. Mais à partir d’un certain niveau, des

exercices au sol accélèrent la progression.

DU NIVEAU 1 AU 6B. Trois séances de grimpe

par semaine. L’important, c’est d’apprendre

à lire sa voie avec les yeux avant de s’élancer.

Car avec cette lecture efficace, on peut gagner

une cotation en un clin d’œil. En parallèle, il faut

s’étirer les jours sans ascension pour gagner en

amplitude en bas du corps sur les ischio-jambiers

et l’ouverture du bassin. Pour le haut du corps,

il faut assouplir le dos, les épaules et le psoas

(muscle de la hanche).

À PARTIR DE 6C. L’entraînement a évolué et les

tractions lestées ne sont plus au goût des grimpeurs.

L’objectif est de muscler les doigts avec

une poutre et des gainages au sol ou sur un ballon

suisse. Les plus motivés vont jusqu’à se muscler

les épaules et des doigts avec des ascensions

courtes (sur bloc) sans s’aider des pieds.

1 2

LES FILMS À VOIR…

En dehors des blockbusters hollywoodiens

Vertical Limit ou Cliffhanger qui misent sur un enchaînement

de situations critiques ou le matériel

casse, le monde de l’escalade recèle des pépites :

1. La Vie au bout des doigts, documentaire de

Jean-Paul Janssen sur Patrick Edlinger (1982).

2. Valley Uprising, documentaire de Peter

Mortimer, Nick Rosen et Josh Lowell (2014).

LE JARGON

DE LA GRIMPETTE

BROUTÉ : « être brouté », c’est

avoir les doigts usés jusqu’au sang

parce qu’on a trop grimpé.

COLLER : on dit que ça colle

lorsque les conditions

d’adhérence sont bonnes.

DÉFAIRE LES NOUILLES :

défaire les nœuds d’une corde.

ÊTRE DAUBÉ : c’est avoir les

avant-bras durs et douloureux

qui ne répondent plus, et les

doigts qui ne peuvent rien serrer.

FAIRE UNE CROIX : c’est

enchaîner une voie, la grimper

sans prendre de points de repos.

FLASH PUMP : un anglicisme

pour dire qu’on s’est « explosé »

en allant dans une voie trop

difficile à froid.

GRIGRI : appareil d’assurage

autobloquant de la marque Petzl,

fonctionnant un peu comme le

principe des ceintures de sécurité

automobile. Très pratique, il s’est

imposé chez les pratiquants

réguliers.

HUIT : le type de nœud le plus

utilisé pour relier la corde à son

baudrier.

LOVER : signifie plier sa corde.

On dit délover la corde pour

préparer la corde au pied de la

voie, pour qu’elle ne fasse pas de

nouilles (cf. défaire des nouilles).

MORPHO : passage ou voie

où la grande taille est un atout.

On dit « la voie était morpho »,

c’est-à-dire infaisable pour

une petite taille.

MOU (DONNER DU) :

souvent demandé en urgence.

« Du mou steuplaîîît ! », pour

gagner de la longueur de corde

et pouvoir clipper.

SOLO : grimper sans corde.

Évidemment très dangereux

car mortel à la moindre erreur.

TICKET : marque de magnésie

pour repérer plus facilement

les prises.

VOLER : chuter, tomber, avant

que la corde ne vous retienne.

LES MEILLEURS SPOTS DANS LE MONDE

GRÈCE – Sur l’île de

Kalymnos, la roche calcaire

est devenue de l’or

pour cette île perdue

du Dodécanèse. Le vrai

paradis blanc…

FRANCE – Sur le site de

Fontainebleau, la qualité

de la grimpe est

exceptionnelle et

l’ambiance très conviviale.

MAROC – Aux sources

de l’Assif Ahansal, le site

de Taghia, discret, est

accessible après un vol

en avion, du 4×4 et

une rando à dos de mules.

AUSTRALIE – Le mont

Grampians dans le parc

national de Grampians,

possède un décor luxuriant

au cœur de la culture

aborigène.

ITALIE – La montagne

Marmolada, la plus haute

des Dolomites, offre

une vue imprenable.

ÉTATS-UNIS – Le parc

national de Yosemite en

Californie, et l’Indian Creek

dans l’Utah sont les plus

visités au monde. Atteindre

le sommet est le seul moyen

d’éviter la foule.

SUISSE – Le canton

du Tessin et le site de

Voralpsee offrent une

multitude et une diversité

de terrains de jeux aux

grimpeurs : du calcaire,

du granit, du gneiss,

de la dolomie…

GRANDE-BRETAGNE – Sur

le site de Peak District, les

voies entre 12 et 20 mètres

de hauteur permettent

d’escalader en couenne

– sur une longueur – et

d’en tester beaucoup

en une seule session.

AFRIQUE DU SUD –

Grimper dans la réserve

naturelle de Cederberg,

c’est comme découvrir

et admirer la beauté d’une

autre planète. Un site

ébouriffant.

YOSEMITE &

INDIAN CREEK

NIVEAUX DE

DIFFICULTÉ

+

++

TAGHIA

+++

++

+

+

+++

++

PEAK DISTRICT

VORALPSEE

MARMOLADA

KALYMNOS

CEDERBERG

++

GRAMPIANS

+++

+++

ABORDABLE INTERMÉDIAIRE EXPERT

2017 Été

43

LIFE


Bouger_Voile

GIRAGLIA,

LA GÎTE

ET LE COUVERT

Pour ceux qui ne voient dans le mythe tropézien qu’un rassemblement de fortunes mal faites,

la Giraglia pourrait être une voie de réconciliation. En juin, cette régate réunit

dans le golfe les plus beaux voiliers de la planète pour un circuit magique : Saint-Tropez-Corse-Gênes.

Récit d’une traversée chic et salée au milieu d’experts aguerris et de novices sur leurs gardes.

Par Nicolas Salomon

KURT ARRIGO

À

l’aéroport de Hyères, de solides gaillards

américains engoncés dans des polos

North Sail se saluent virilement. Des bras

gros comme des cuisses de cyclistes, ils

chargent d’immenses sacs de voiles dans

des minibus VIP qui ploient déjà sous le poids des

occupants. Avec leur bronzage de moniteurs de

ski et leurs grands sourires, ils font souffler un

vent de fraîcheur sur la French Riviera.

Débarrassé de ses motor-yachts aux allures

de fers à repasser, le petit port de Saint-Tropez

cher à Roger Vadim change de physionomie.

Une forêt de mâts en carbone tutoie le

ciel dans un concert de drisse. Les poupes, largement

ouvertes, offrent un spectacle digne

du Vendée Globe. Des polos, des bermudas,

des Docksides, on dirait presque la Bretagne.

Seuls les sponsors changent. Sur les drapeaux

de la course dont Rolex est le partenaire principal,

on trouve aussi les logos de BMW et de

la banque Rothschild. On croise des industriels

propriétaires et une tête couronnée invitée.

On court, on s’affaire, on charge, on hisse, on

scrute. Sur le quai, les curieux mitraillent les

incroyables Wally. Depuis vingt ans, ces unités

de grand luxe conçues comme des

LIFE 44

Été 2017


Bouger_Voile

bateaux de course assurent le spectacle.

Immenses, aussi larges que plats, leurs ponts

de teck ne laissent apparaître aucun accastillage.

Seules deux gigantesques roues de carbone

y trônent. À côté, les Swann, leurs ennemis

jurés. Les Wally sont italiens, les Swann, finlandais.

Le match Nord-Sud. Un peu comme Porsche

et Ferrari. À l’avant, les gigantesques semi-rigides

des propriétaires servent de navette.

Quinze mètres, 3 x 300 chevaux, c’est la norme

pour les annexes de la Giraglia. À moins, on ne

vous prend pas au sérieux. Sur l’une des coques

de Swann, nous lisons « Soleone », qui désigne

notre embarcation. Son propriétaire n’est autre

que le couturier Salvatore Ferragamo, mais

il ne dispute pas la course. Coque et accastillage

noirs, pont de teck gris, les trente mètres

de long du Soleone ne manquent pas d’allure. En

montant à bord avec nos chaussures, on s’attire

tout de suite les foudres de l’équipage. À

la hâte, on découvre nos pieds blancs. Dès les

premiers pas, une douleur aiguë remonte d’un

doigt de pied dont la course vient de s’arrêter

contre un winch. On étouffe un cri. Ils appellent

ça « s’amariner ».

L’heure du départ approchant, le capitaine ordonne

à l’équipage de larguer les amarres. Il faut

serpenter alors, sans véritable frein ni direction,

entre les autres concurrents. Tout ce petit

monde se frôle sans se toucher, dans une sérénité

étonnante. À l’arrivée dans la baie, l’horizon

est gris. Pas de nuage, mais une nuée carbone,

de la couleur des voiles. Depuis sa création en

1953, la régate a multiplié par dix le nombre de

participants, pour flirter aujourd’hui avec les

deux cents…

KURT ARRIGO

COUP DE CANON

Le golfe de Saint-Tropez a beau ne pas manquer

de profondeur, on se sent à l’étroit.

Les bateaux lancés se croisent à quelques

mètres les uns des autres, charge au régleur

de voiles posté à l’avant de calculer si

ça passe. Une règle, la priorité à droite. Pour le

reste, ça ressemble à la place de l’Étoile un jour

de grève. Toujours sans frein. Et naturellement,

çà et là, certains s’éperonnent. Imaginez deux

conducteurs de Bugatti qui se rentrent dedans

sur un parking.

La tension est palpable. C’est ici que la brise

thermique monte en puissance, du fond de la

baie, ajoutant de la vitesse à tous les voiliers.

Un coup de canon retentit. Dix minutes avant

le départ. Chacun des dix membres qui composent

l’équipage règle son compte à rebours.

Les bateaux montent en puissance. Les croisements

dans la zone de départ sont de plus

en plus vifs. Tous les skippers engagés sont

des pros, de redoutables compétiteurs, même

si la course n’a d’autre enjeu que la gloire.

On se refuse les priorités, on cherche à déventer

les autres. Deuxième coup de canon.

Cinq minutes. Les semi-rigides d’assistance

s’éloignent. Les coques commencent à se coucher

et à dévoiler leur quille. Au pied du mât,

un large écran affiche la vitesse : 12 nœuds.

Les réactions à la barre sont plus vives, les virements

de bord incessants. Il faut à tout prix

rester collés à la ligne, sans la franchir avant le

départ, tout en conservant le maximum d’élan.

Or, on est deux cents à avoir la même idée. Les

voiles, semi-rigides, représentent près de

1 000 m 2 de surface. Le bruit lors des virements

de bord est assourdissant. À bord, le capitaine

égrène à voix haute les dernières trente secondes.

On nous jette des gants, certains enfilent

des genouillères. L’angoisse étreint soudain

les quelques néophytes. Qu’attend-on de

nous au juste ?

Au coup de canon, les ordres fusent, des bruits

de tension s’échappent de la structure. Et

s’installe une nouvelle norme : 45° de gîte. Désormais,

et durant toute une nuit, la vie sera

de biais. Accroché au bastingage, les pieds dehors,

l’équipage savoure l’instant. Le soleil,

l’écume, le gris, le bleu, les chromes, le treillage

de carbone, les régates semblent avoir

été inventées pour Instagram. Au mât, on est

à 16 nœuds. Le Soleone tient son rang. En fin

d’après-midi, le rocher de la Giraglia se détache

enfin. L’idée est de passer entre lui et l’île

LIFE 46

Été 2017


de Beauté, distant de 1 300 mètres, dans une

large passe.

À LA NUIT TOMBÉE, il est décidé des quarts :

chaque binôme aura la charge de barrer durant

deux heures, avec pour mission évidente de garder

le cap et surtout le rythme. Comme je suis

novice, on m’adjoint le capitaine du bateau. Ou

comment faire l’école des Glénans en une nuit.

À l’heure du dîner, les équipiers sont invités à

descendre dans le carré. Là, au milieu d’un salon

d’une vingtaine de mètres carrés, une grande

table est dressée. Et malgré la gîte, toute la vaisselle

prévue à cet effet tient en place ! Le dîner

est composé de cakes salés, de lasagnes cuisinées

à bord. De l’eau, pas de vin. On dîne léger.

Jusqu’ici, on a tenu à distance la nausée, inutile

de la convoquer subitement sur un excès de gourmandise.

Les pieds calés, on s’habitue à cette inclinaison

permanente, ponctuée par la houle. Le

capitaine, bien qu’attablé avec tout le monde, tellement

rodé au sens de la mer, fait indiquer au

barreur qu’il a dû dévier sa route de quelques degrés.

Le barreur, confus, confirme et corrige.

Avant l’heure fixée pour la prise quart, direction

la cabine, presque une chambre en vérité. Deux

Le confort règne en cabine. À un détail

près : avec 45° de gîte, c’est le nez

collé à la paroi qu’il faudra dormir...

lits simples, une petite salle de bains avec douche

et toilettes attenantes ; Ferragamo sait prendre

soin de ses invités. Jusque dans les moindres détails.

Chaque tiroir bénéficie de languette en cuir

grainé avec piqûre sellier. Sur la couchette, des

draps en coton égyptien et une couette soyeuse,

il ne devrait pas être trop difficile de trouver le

sommeil. À un détail près : avec 45° de gîte, c’est

sur la tranche et le nez collé à la paroi qu’il faudra

dormir.

VÉRITABLE TORTURE

En plein milieu de la nuit, c’est le moment.

Sortir de sa torpeur, enfiler une salopette,

des bottes, on a connu des heures plus

douces. Surtout que la mer s’est creusée.

Sur le pont, le capitaine est déjà à la barre.

Derrière sa roue, de larges écrans rétroéclairés

affichent tous les paramètres : météo, route, vitesse,

vent, courant, etc.

En dépit des trente mètres de coque, les vagues

commencent à rincer le pont. Une main agrippée

aux étais, une autre sur une tasse de thé, j’essaie

de sentir danser la coque sous mes pieds. Une

vague, plus violente, me fait perdre ce contact

avec le pont. La capitaine me demande d’enfiler

le baudrier qu’il me tend et de m’attacher. De

nuit, secoué de toute part, on n’est pas tenté de

discuter ce type de recommandation. Soudain,

un grand cri jaillit du carré. Le capitaine me demande

de tenir la barre et le cap le temps d’aller

voir. J’empoigne cette grande roue de carbone

en essayant de suivre les indications sur l’écran.

Avec la vitesse, le bateau est très vif et il suffit d'un

rien pour risquer une embardée. Surprenant de

voir ce monstre louvoyer au moindre mouvement

du poignet. À l’intérieur, les nouvelles ne sont pas

bonnes : l’un des équipiers s’est cassé deux côtes

en chutant contre une marche. Sauf que là, de

nuit, en pleine mer, il n’y a qu’à prendre son mal

en patience… Heureusement, le Soleone avale les

milles à un rythme effréné et le capitaine prédit

une arrivée à Gênes aux premières lueurs du jour.

Mais en Méditerranée,

rien n’est jamais joué.

Vers 4 heures du

matin, on distingue au

loin les premières lumières.

Un à un, les

équipiers remontent sur

le pont. Au fur et à mesure

que l’on s’approche

des côtes italiennes, la

météo change et le vent

commence à retomber.

Au départ, au soulagement

de tous. Le rythme

de la nuit a fatigué tout le monde, semble-t-il. Il est

excitant de naviguer par gros temps, mais aussi

épuisant. Minute après minute, le vent faiblit. Et

en moins d’une heure, on est passé de la petite

tempête à la pétole !

Deux heures plus tard, à moins de 5 milles des

côtes, ce calme met les nerfs de l’équipage à

rude épreuve. Les gigantesques voiles de carbone

faseillent et claquent au gré d’infimes risées.

Au pied du mât, la vitesse affichée oscille

entre 0,5 et 1 nœud… Quant à la nausée tant redoutée,

elle envoie ses premiers signaux. Évidemment,

mettre le moteur est éliminatoire. Et

si ce grand voilier est à l’aise quand ça souffle, là,

son poids important fait office d’ancre flottante.

Et voir tous les concurrents plus légers vous remonter

lentement mais sûrement, devient une

véritable torture.

Ce n’est finalement que trois heures plus tard

que le Soleone franchit la ligne d’arrivée située

à une encablure du port, avec quatre bonnes

heures de retard sur le programme initial. Si les

traits sont tirés, les sourires sont sincères. Le

champagne a un goût bizarre à cette heure-ci,

mais on le partage de bon cœur. C’est fou comme

les traversées soudent. On s’échange des cartes

et numéros de téléphone comme des enfants à la

fin d’une colonie de vacances. Autorisés à lancer

le moteur, nous glissons vers l’entrée du port.

Un taxi attend notre blessé sur le quai. Au débarquement,

un deuxième doigt de pied est victime

d’une poulie. La régate, ça vous gâte.

Située à 1 300 mètres au large de la Corse,

l'île de Giraglia est cette petite excroissance

terrestre qu'il faut contourner lors de la Giraglia

Rolex Cup.

47


L’art

de

prendre

un bon

départ

Lors des régates,

pour que

les skippers

professionnels

anticipent l’instant

décisif du départ,

les chronographes

leur sont

indispensables.

Sélection des

modèles les plus

beaux (et les plus

performants).

Par Nicolas Salomon

Illustrations Mat Maitland

Vendée Globe l’hiver dernier,

l’America’s Cup qui

s’est achevée au printemps,

et, à venir cet

automne, la Transat

Jacques-Vabre... Rarement le

calendrier nautique aura été

aussi dense. Partenaire historique

des « voileux », l’horlogerie

n’a pas manqué de

se manifester, en proposant

cette année une nouvelle vague

de chronographes et autres

comptes à rebours. Si, en voile

comme ailleurs, les professionnels

remettent leur sort entre

les mains de la technologie, les

amateurs eux restent attachés

au charme indicible de leur version

mécanique. S’agissant des

chronographes, ils permettent

la mesure de temps courts. Une

fois que vous êtes lancé, vous

chronométrez vos temps de

passage à la bouée, ce qui vous

permet de déterminer à quelle

allure vous êtes le plus performant.

Mais qu’en est-il du

compte à rebours ? En quoi serait-il

spécifique à la voile

48


Bouger_Horlogerie

LOUIS VUITTON

TAMBOUR NAVY CHRONO

Partenaire officiel et historique

de l’America’s Cup, Louis Vuitton

a initialement conquis le marché

de la montre pour homme

grâce à cette forme de boîte si

spécifique et sa réinterprétation

subtile des codes couleurs

du nautisme. Ce chronographe

en fait la synthèse.

Diamètre : 46 mm

Étanchéité : 100 m

Prix : 5 300 €

ROLEX

YACHT-MASTER II

On ne peut pas être

chronométreur d’une vingtaine

des plus prestigieuses régates

de la planète sans proposer

un instrument de référence.

Au centre, le compte à rebours

10 minutes, ouvert sur

240 degrés, se déclenche

à l’aide des poussoirs entourant

la couronne, à l’ancienne,

avec start/stop à 2 heures,

et remise à zéro à 4 heures.

Diamètre : 44 mm

Étanchéité : 100 m

Prix : 15 150 €

2017 Été 49

LIFE


Bouger_Horlogerie

plutôt qu’à l’automobile par

exemple ? Après tout, les départs

de course sont soumis à

la même urgence : prendre le

meilleur sur les autres concurrents.

Alex Thomson, l’un des

grands skippers du Vendée

Globe, détaille l’importance

que revêt le départ : « Sur un

bateau, lorsque vous participez

à votre première régate,

la seule chose que vous pouvez

maîtriser, c’est votre vitesse,

et encore. Pas de frein, encore

moins de marche arrière,

une manœuvrabilité extrêmement

restreinte, vous ne savez

qu’avancer. Votre seul axe de

progrès possible, c’est d’optimiser

le moment où vous franchissez

la ligne de départ. »

COUP DE CORNE DE BRUME

Petit rappel. Lors d’une régate,

avant le début de la

course, tous les concurrents

font des ronds dans

l’eau dans une zone dite

« d’attente ». L’idée est d’optimiser

le rapport distance/

vitesse. Pour franchir la ligne

de départ à pleine balle, il

faut s’être lancé d’assez loin,

mais pas trop. Alors en quoi

les comptes à rebours de régate

peuvent-ils aider à cette

manœuvre ? Dix minutes avant

le départ, le commissaire de

course envoie un grand coup

de corne de brume pour indiquer

aux concurrents que c’est

le moment d’affûter leur élan.

Idem à cinq minutes du départ.

C’est précisément là que les

chronographes entrent en jeu.

Avec leur affichage très distinct

des dix ou des cinq dernières

minutes, le barreur peut

déclencher le chronographe au

coup de corne de brume, puis

comparer en temps réel sa position

par rapport à la ligne de

départ. Il a une idée précise de

sa vitesse. L’objectif est donc

de trouver la montre qui résout

l’équation parfaite entre lisibilité,

ergonomie et élégance.

ULYSSE NARDIN

MARINE REGATTA

Il suffisait d’y penser ! En

proposant un compte à rebours

tournant dans le sens contraire

des aiguilles d’une montre,

Ulysse Nardin est le premier

à comprendre la logique

d’un décompte. La prouesse

est d’autant plus remarquable

qu’à l’issue de ce cycle de

5 minutes dans un sens,

le chronographe repart dans

l’autre dès le début de la course.

Diamètre : 44 mm

Étanchéité : 100 m

Prix : 15 900 €

OMEGA

SEAMASTER DEEP BLACK GMT

Assortie aux couleurs du bateau

néo-zélandais de l’America’s

Cup dont la marque est

partenaire, cette version

GMT a un parfum de collector.

Point de compte à rebours,

mais une lunette unidirectionnelle

qui permet une lecture

immédiate du temps restant, à la

manière d’une montre de plongée.

Diamètre : 45,5 mm

Étanchéité : 600 m

Prix : 10 400 €

ZENITH

EL PRIMERO SPORT LAND

ROVER BAR TEAM EDITION

Dans la droite lignée du

partenariat noué avec

Range Rover, la manufacture

du Locle s’engage aux côtés

du team Bar en proposant

une version légère de son

célèbre chronographe, épaulé

par un bracelet en cuir perforé

qui en renforce la sensation. Une

belle combinaison de couleurs.

Diamètre : 45 mm

Étanchéité : 200 m

Prix : 8 300 €

PANERAI

LUMINOR 1950 PCYC

REGATTA 3 DAYS CHRONO

FLYBACK AUTOMATIC

TITANIO

Les plus pointus d’entre vous

auront certainement reconnu

la parenté avec la Regatta 3 Days.

Certes, elle reprend le même

principe technique, un compte

à rebours 5 minutes avec fonction

remise à zéro immédiate, mais

elle bénéficie d’une toute nouvelle

livrée vintage, en titane. Celle-ci

fait écho aux régates classiques

de la marque et perpétue

la tradition qui lie Panerai à la mer.

Diamètre : 47 mm

Étanchéité : 100 m

Prix : 16 700 €

LIFE 50

Été 2017


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Bouger_Moteurs

LA YOUNGTIMER FAMILIALE :

BREAK VOLVO 245

Malgré sa couleur fanée, ses trente ans de services

et sa consommation d’un autre âge, il a été décidé

en conseil de famille de ne pas se séparer du bon

vieux break 245, tellement il regorgeait de souvenirs

de vacances et de voyages au long cours. Toujours

aussi chic, cette grande voiture redevenue à la mode

avec la vague des Youngtimers a donc fini dans le

garage, en Normandie, et se destine aux virées entre

potes ou aux travaux de bricolage dans la maison.

Chaque été on le retrouve avec délice, comme on se

plonge dans un album familial.

La cote : Volvo 245 (1974-1993) 2,0L, 106 ch,

170 km/h. Entre 5 000 et 7 000 €.

Le choix en neuf : Volvo V90, 254 ch, 52 550 €.

VOLVO

LIFE 52

Été 2017


SUMMER CARS

LA GRANDE ÉVASION

Sur la route des vacances reviennent en mémoire

les souvenirs de départs en famille, quand tout le monde

s’entassait dans des voitures chargées d’histoire...

Du break Volvo au cabriolet Alpha Romeo en passant par

la Mehari, panorama des plus belles « summer cars ».

Par Alexandre Lazerges


LE FRANCHISSEUR ULTIME :

LAND CRUISER TOYOTA

Principalement apprécié en montagne ou lorsque la

demeure n’est accessible qu’en crapahutant, le 4×4

Toyota rustique et indestructible franchit n’importe

quel obstacle. Utile pour accéder aux meilleures

voies d’escalade ou aux spots de surf reculés,

ce véhicule japonais, loin des SUV citadins, a arpenté

tous les terrains imaginables depuis son apparition

en 1951. Si le préparateur américain Icon4×4

s’est spécialisé dans la customisation du bon vieux

Toy, c’est encore dans son jus qu'il est le plus cool.

La cote : Toyota BJ 70 (1984-1999), diesel 3,4 L,

90 ch, 135 km/h. Entre 5 000 et 10 000 €.

Le choix en neuf : Land Cruiser 2017, 2,8 L

diesel, 177 ch, 37 100 €.

FERDINANDO SCIANNA / MAGNUM PHOTOS


Bouger_Moteurs

LA VOITURE DE PLAGE :

CITROËN MEHARI

Véhicule idéal pour aller se baigner, emprunter un

chemin sablonneux ou transporter le pique-nique,

la Mehari a inventé un genre en 1968. Sa carrosserie

en plastique ne craint pas les embruns et la bâche

qui sert de toit se roule pour laisser passer le soleil.

Quant au bicylindre refroidi par air de la 2CV, il ne

nécessite que peu d’entretien, et toutes les pièces

sont disponibles neuves grâce au Mehari Club

de Cassis.

MONIQUE JACOT/GAMMA-RAPHO

La cote : Mehari, (1968-1987), 602 cm 3 , 33 ch,

115 km/h. Entre 10 000 et 21 000 €.

Le choix en neuf : Citroën E-Mehari Électrique,

30 kWh, 68 ch, 25 000 €.

2017 Été 55

LIFE


Bouger_Moteurs

REX / SIPA

LIFE 56

Été 2017


LE FOURGON CULTE :

COMBI VOLKSWAGEN

Rien de mieux pour transporter

avec style des objets volumineux

comme l’équipement d’alpinisme,

de kitesurf, ou des VTT. Le combi

peut aussi servir d’abri

en cas d’intempérie et certaines

versions disposent même

d’une tente dépliable sur le toit

(Westfalia). En mode caravelle

neuf places, il embarque tous

les convives de la maisonnée,

et sa porte coulissante, laissée

ouverte, rafraîchit l’habitacle.

La cote : Combi VW T2

(1967 -2013) 1,6 L, 50 ch, 105 km/h.

Entre 15 000 et 20 000 €.

Le choix en neuf : le VW Combi

T6 California TDi, 105 ch, 44 700 €.

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Bouger_Moteurs

LA CITADINE RECYCLÉE :

RENAULT 5

Depuis que « maman » roule en Autolib’, elle a laissé

sa vieille R5 chérie à la campagne. Pratique avec

sa banquette rabattable et ses sièges en Skaï peu

salissant, cette mignonne petite voiture démarre

en toutes circonstances puisque sa mécanique est

héritée de la bonne vieille 4L. Sa bouille sympathique

et les versions à toit ouvrant en toile en font

la coqueluche des apéros sur la place du village.

La cote : Renault 5 (1972-1984), LS : 1,3 L,

65 ch, 155 km/h. Entre 3 000 et 7 000 €.

Le choix en neuf : Zoé électrique 4.0,

77 ch, 400 km d’autonomie, 17 700 € (+ location

des batteries).

RENAULT

LIFE 58

Été 2017


ALFA ROMEO

LE CABRIOLET VINTAGE :

ALFA ROMEO SPIDER

Certes, il nécessite un peu d’attention et un garage

fermé, voire chauffé, pour l’hiver, mais le cabriolet

Alfa représente la classe internationale depuis

Le Lauréat avec Dustin Hoffman. Symbole des années

1970 encore insouciantes, sa ligne en « os de sèche »

et la sonorité délicieuse de son moteur suffisent à se

sentir en vacances. S’il ne dispose que de deux

places, il fera tourner toutes les têtes en passant

devant le café Sénéquier à Saint-Trop’.

La cote : Alfa romeo Spider (1966-1993), 1,6 L,

109 ch, 173 km/h. Entre 10 000 et 30 000 €.

Le choix en neuf : Fiat 124, 140 ch, 1,4 L, 26 290 €.

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MAGIC

BIKE

Oubliés les fixies et autres vélos

vintage à la mode.

Pour la performance ou le plaisir,

GQ a sélectionné trois bicyclettes

qui sortent de l’ordinaire.

Par Charles Audier_Photographies Benoît Pailley

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Bouger_Vélos

Le Speedmax

de Canyon,

une vraie bête

de course.

2017 Été 61

LIFE


Comme on choisirait une

paire de souliers en fonction

de la soirée, le vestiaire

et le garage du cycliste

doivent s’accorder

à l’usage de leur propriétaire.

En 2016, il s’est vendu en France

plus de 3 millions de vélos selon

l’Union sport & cycle. Soit une

croissance de 6,4 % par rapport

à 2015. Et un magot de plus

d’un milliard d’euros à se partager

entre toutes les marques

et segments du marché. À qui

doit-on cette embellie ? Principalement

aux VTT VAE. Un acronyme

barbare pour désigner les

vélos tout-terrain à assistance

électrique. Avec la prime d’État

voulue par la ministre de l’Écologie

Ségolène Royal d’alors,

le marché s’envole. Mais le domaine

de la petite reine ne se

joue pas que sur batterie. On

note aussi une explosion des

amateurs de triathlon avec

près de 50 000 licenciés et au

moins 100 000 pratiquants en

2017. Enfin, les néo-bobos ne

jurent plus que par leurs trajets

à bicyclette, tandis que

les héritiers des beatniks ne

misent que sur le cruiser bike

pour tenir la dragée haute aux

hipsters et leur fixie. Alors pour

s’y retrouver dans la jungle du

biclou, GQ débroussaille le terrain.

À vous d’assurer l’aménagement

du garage.

62


Bouger_Vélos

LA FUSÉE POUR TRIATHLÈTES

Le triathlon galvanise les foules car les formats sont variés, allant

de 10 à 180 km de parcours à vélo – hors natation et course à pied

qui complètent le trio de la discipline. Mais attention, si l’on s’affole

souvent sur la partie running, l’épreuve cycliste nécessite de

l’entraînement et, surtout, un « partenaire » adéquat. Cela tombe

bien, chez Canyon, le maître-mot est l’efficience. Et cela, dès la

commande. Ne cherchez pas une boutique pour flâner ou baver sur

votre prochaine acquisition, le modèle économique de la maison

mise sur Internet et la personnalisation de votre Rolls sur deux

roues directement sur le site. Ensuite, vous recevez votre précieux

cadre dans un écrin en carton qui servira à faire des retours en

cas de panne ou de modification sur votre machine. À ce niveau, on

ne parle plus d’un « simple » vélo. Le Speedmax CF SLX, truffé de

carbone de la roue au guidon, est un engin venu de l’espace imaginé

et conçu pour battre des records et faciliter les performances de

vos guibolles. Cadre, potence, cassettes, boîte de vitesses, selle,

extensions pour les avant-bras, pneus, roues, pédales, cintre, etc…

Tout s’adapte à votre morphologie et à vos objectifs. Ce vélo se destine

aux fins connaisseurs de la discipline capable de se caler dans

la roue de Jan Frodeno. Si l’athlète olympique ne vous dit rien, alors

vous n’êtes pas digne de cette fusée sur roue.

SPEEDMAX CF SLX 9.0 LTD, CANYON, 9 500 €. CANYON.COM/FR

LE BON ÉQUIPEMENT :

Pour garder l’allure à tous les niveaux, il faut posséder les accessoires

à la hauteur de sa monture. Optez pour ces chaussures Fizik rouges,

renseignez vos sorties sur le GPS Lezyne et arborez les couleurs de

votre club avec la casquette typique Kilomètre Ø.

CHAUSSURES « R1 UOMO BOA », FIZIK, 289 € .

GPS « MACRO GPS », LEZYNE, 150 €. CASQUETTE KILOMÈTRE Ø, 20 € .

(CHAQUE ARTICLE EST EN VENTE SUR KM0.PARIS.)

2017 Été 63

LIFE


Bouger_Vélos

LE PETIT CRUISER

L’image d’Épinal du surfeur faisant la tournée des spots au guidon

de son vélo épuré comme un chopper, la planche sous le bras et

la mèche au vent, n’est pas un leurre. Il faut juste vivre avec son

temps. Aujourd’hui, on mise sur le style toujours aussi épuré du

Straight 8 8i d’Electra avec son cadre étiré, ses lignes simples et

sans fioritures. On opte pour des roues surdimensionnées et l’ajout

d’une selle Brooks authentique qui se façonnera à votre postérieur.

Mais fini la balade avec la planche de surf calée sous l’épaule au

risque de se casser la margoulette à la moindre brise. La monture

se veut toujours en single speed (une seule vitesse et à pignon libre,

comme un vélo normal), mais pas en fixie (pignon fixe où il faut toujours

continuer à pédaler, même dans les descentes), pour filer sur

les pistes cyclables en descente et atteindre la côte des Basques en

bordure de Biarritz. Mais avec l’avantage de posséder un frein efficace

à la main et en rétropédalage, pour toujours plus de sécurité.

Et pour veiller à la commodité sans contraindre le style, on accepte

exceptionnellement une béquille sur son vélo et on investit dans

un rack de surf pour garder les deux mains sur le guidon. Quant

au surf, n’oubliez pas qu’en été, les houles côté atlantique ne sont

pas légion. Choisissez une planche avec du volume et plutôt courte

pour pallier le manque de puissance des vagues. Ce « twin fish »

(ci-contre) fera parfaitement l’affaire.

STRAIGHT 8 8I, ELECTRA, 699 €. ELECTRABIKE.COM

SELLE « TEAM PRO CHROME », BROOKS, ENVIRON 125 €. BROOKSSHOP.FR

LE BON ÉQUIPEMENT :

Malgré son patronyme aux consonances nippones, le casque Nakamura

est un pur produit français. Tandis que le sac Velomacchi, lui, nous vient

tout droit des États-Unis. Et se destine initialement à la moto. Son

caisson étanche pour la combinaison mouillée et son ergonomie n’ayant

pas d’égal, il est indispensable à tous les surfeurs-cruisers motivés.

CASQUE « PERFORMANCE ROUTE », NAKAMURA, 50 €. NAKAMURA.FR

SAC À DOS « SPEEDWAY ROLL-TOP », VELOMACCHI, 349 €. VELOMACCHI.COM

LIFE 64

Été 2017


Hey, c’est par

où la plage ?

OÙ RÉPARER SON VÉLO ?

Les « répariders » de Ridy se déplacent dans

tout Paris pour fixer un dérailleur, réparer

un pneu crevé ou faire une révision complète.

En quelques clics, l’utilisateur définit la panne,

fixe le lieu et l’heure du rendez-vous. ridy.fr

Kilomètre Ø, c’est le temple parisien

du cyclisme, qui réunit une salle

d’entraînement, une équipe de

professionnels toujours prête à conseiller,

un magasin et un atelier de réparation. On y

trouve même une salle d’exposition

et un café pour échanger entre deux séances

de perfectionnement.

Kilomètre Ø, 20, rue des Acacias, Paris 17.

km0.paris

65


Bouger_Vélos

TOUT SCHUSS EN VTT ÉLECTRIQUE

À l’aube de chaque automne, aux premiers jours d’octobre, c’est la

transhumance des aficionados du tout-terrain vers Fréjus à Roquebrune-sur-Argens,

précisément. Là, à la compétition ROC d’Azur,

on célèbre le vélo dans sa dimension la plus vertigineuse, avec des

courses de VTT. Mais depuis quelques années, les progrès de la

technologie en termes de miniaturisation et d’autonomie font jaillir

des engins déroutants et surprenants : les VTT VAE. Ils provoquent

l’ire de certains et la fascination des autres. Les VTT à assistance

électrique permettent de pousser le curseur un peu plus loin. Soit

dans la taille de l’itinéraire à couvrir, soit dans le niveau de difficulté

à aborder. Alors quand les passionnés de la marque Moustache

ont voulu consommer le mariage de la souffrance et du plaisir

dans un objet bourré de technologie, le Samedi 27 Race est né. Ce

mastodonte en carbone possède un débattement de 160 mm sur

les suspensions, un système de freins à disques puissant et un look

d’enfer. Mais il cache surtout un moteur Bosch avec une batterie de

500 Wh de 2,5 kg, pour une assistance de 50 à 300 % de l’effort et

une accélération de 75 Nm. Avec 25 km/h en pointe sur le tout électrique,

vous ne rivaliserez pas avec une Tesla Model S sur le départ

arrêté. Mais vous n’aurez rien de plus pratique pour emprunter les

chemins de traverse et arriver à bon port en faisant le plein d’émotions.

Et en période estivale, vous pourriez même damer le pion de

votre rival à quatre roues.

PRESSE

SAMEDI 27 RACE, MOUSTACHE, 6 799 €. MOUSTACHEBIKES.COM

LE BON ÉQUIPEMENT

Pour une telle pratique, une sécurité optimale est de mise. Optez pour

ce casque intégral POC en fibre de verre, une paire de gants POC, fine

et robuste, et des lunettes Oakley – avec elles, aucun risque de prendre

un caillou dans l’œil. Vous pourrez alors foncer tête baissée.

CASQUE « CORON INTENSE ED. », POC, 550 €. EN VENTE SUR KM0.PARIS.

GANTS « VPD 3.0 », POC, 80 €. EN VENTE SUR KM0.PARIS.

LUNETTES « JAWBREAKER PRIZM », OAKLEY, 199 €. FR.OAKLEY.COM/FR.

D’AUTRES PETITES REINES DE CŒUR

LE PASSE-MONTAGNE

Conçu par Marc Simoncini, le

fondateur de Meetic (oui, oui), pour

les participants de La Haute Route,

le HR au design alvéolé permet une

meilleure pénétration dans l’air.

Et à ce prix-là, vous pouvez aussi

l’utiliser pour aller au bureau.

LE FIXIE POUR TOUS

Pour François Duris, responsable

design chez Huawei, un vélo doit

être épuré au max. Le « Jitensha »,

chic et sans fioritures, est la

preuve qu’il n’y a pas besoin

d’avoir une barbe d’hirsute et

de manger bio pour faire du fixie.

LA GRANDE AVENTURE

En légère perte de vitesse par

rapport aux VTT électriques, le

fat bike reste le compagnon idéal

pour les aventuriers purs et durs.

Ses gros pneus lui donnent une

assise confortable sur le sable,

la neige et les sols rocailleux.

LE « GRAVEL » ADDICT

Le « gravel », c’est la nouvelle

tendance venue des États-Unis :

associer un cadre typé route et un

agrément de baroudeur. Pratiquée

en forêt ou sur piste cyclable, la

discipline est l’alternative idéale

à l’entraînement routier.

HR, HÉROÏN, 11 000 €.

JITENSHA, 550 €.

DUDE CF 9.0 EX, CANYON, 3 299 €.

ADDICT CX 20, SCOTT, 3 499 €.

LIFE 66

Été 2017


67


BOESCH

MET

LE FEU

ARCHIVE PERSONNELLE

AUX LACS

L’entreprise familiale Boesch fabrique depuis

presque cent ans à Zurich des canots à moteurs aussi

puissants qu’élégants. Et presque indestructibles.

Récit d’une success-story familiale.

Par Nicolas Salomon

68


Bouger_Bateaux

Faire de beaux bateaux,

en famille, pour des

clients si peu nombreux

qu’ils sont tous devenus

des amis… En 1920,

lorsque Jakob Boesch

lance son entreprise

de construction

de bateaux sur les rives

du lac de Zurich, le jeune

charpentier de la marine

n’imagine pas qu’il

deviendra le fournisseur

officiel des

championnats

européens de ski

nautique de 1960 à 1976,

puis des championnats

du monde jusqu’en 1991.

Aujourd’hui, l’entreprise

dirigée par Markus,

l’arrière-petit-fils

du fondateur, compte

plus de 4 000 bateaux

fabriqués en cent ans,

dont 3 000 naviguent

encore.

2017 Été 69

LIFE


Bouger_Bateaux

Dans trois ans, en 2020, l’entreprise Boesch fêtera ses

100 ans. À sa tête aujourd’hui, l’arrière-petit-fils du fondateur,

Markus Boesch. Après avoir fait ses armes dans l’informatique,

il est revenu au début des années 2000 dans le giron

familial, pour moderniser sans la déformer, l’entreprise

que son père et son oncle dirigeaient. Si le destin de Riva, son rival

transalpin passé sous pavillon chinois, a été intimement lié à celui

de la jet-set monégasque, celui de Boesch, à l’inverse, est lié

à de discrets et riches propriétaires. Construits dans le souci du

respect d’une culture et d’une rigueur toute protestante, ces canots

de bois, toujours fabriqués à la main et assemblés avec soin

au bord du lac de Zurich, sont les derniers vestiges d’une tradition

d’excellence suisse méconnue.

En 1900, Jakob Boesch est un jeune charpentier de marine. Sur les

rives du lac de Zurich, quelques artisans fabriquent à la commande

de petites embarcations. Jakob Boesch fait appel à leurs services

pendant une vingtaine d’années, jusqu’à ce que l’un d’eux fasse

faillite au lendemain de la Première Guerre mondiale. À l’époque,

l’atelier a pour voisin le célèbre et prospère chocolatier Lindt,

installé sur l’autre rive. Jakob Boesch prend son courage à deux

mains et décroche un rendez-vous avec le directeur financier du

chocolatier. Par chance, celui-ci, versé dans le nautisme, apprécie

le projet. Boesch le convainc de le financer, certain que son

talent fera le reste. Sous son impulsion, l’entreprise redémarre

et bientôt Jakob Boesch est rejoint par son fils Walter, qui dès le

milieu des années 1920 se passionne pour cette nouvelle génération

de canots à moteur, aux lignes effilées et aux motorisations

puissantes. Au début des années 1930, alors que l’essentiel des

motorisations se concentre sur la partie arrière, Walter Boesch a

l’idée d’avancer la position du moteur pour le placer au centre du

bateau et limiter ainsi la sensation d’écrasement arrière lors de la

poussée. De cette manière, les bateaux déjaugent beaucoup plus

vite que leurs concurrents, atteignent leur vitesse maximum en un

temps plus court et surtout, créent un sillage bien moins important.

Après-guerre, cette particularité va intéresser les sportifs et

asseoir la réputation du chantier helvète.

LA COQUELUCHE DES CHAMPIONS

Au début des années 1950, le ski nautique débarque en Europe.

Les Américains, qui surclassent habituellement leurs homologues

européens, sont très impressionnés par la faible hauteur

de sillage des bateaux Boesch qui permet aux athlètes de

slalomer derrière, dans de bien meilleures conditions. Aidé

par une parité monétaire qui rend les productions suisses compétitives,

le chantier connaît un succès sans précédent. Agiles, rapides,

les Boesch deviennent la coqueluche des champions. À tel

point que de 1960 à 1976, Boesch est intronisé fournisseur officiel

de bateaux des championnats européens de ski nautique, puis des

championnats du monde jusqu’en 1991. Aujourd’hui encore, tous les

bateaux de ski nautique ont conservé ce principe de moteur central.

En parallèle, la maison continue d’améliorer le poids des embarcations

pour augmenter la vitesse, réduire la consommation et

la taille du sillage. Après un voyage aux États-Unis en 1964, Walter

Boesch découvre qu’en mélangeant différentes couches d’acajou

et d’époxy, certains fabricants réussissent à marier légèreté, rigidité

et beauté du bois verni. Walter Boesch adopte à son tour cette

nouvelle technique, tout en prenant soin de ne jamais trahir son

histoire : faire de beaux bateaux, en famille, pour des clients si peu

nombreux qu’ils sont tous devenus des amis.

Norme écologique oblige, la dernière innovation made in Boesch

est la possibilité d’implanter des moteurs électriques dernier cri

sur les embarcations. Suite aux restrictions en vigueur dans les

eaux intérieures de certains pays comme l’Autriche, l’Allemagne

ou dans certains cantons suisses, il devenait impossible pour les

clients d’utiliser leur motorisation habituelle. Aujourd’hui, pour un

usage journalier, les 100 kW (environ 135 chevaux-vapeur) électriques

convainquent près d’un client sur trois. Certes, il est toujours

possible de choisir de puissants V8. Mais en se positionnant

ainsi, en mariant patrimoine et pertinence énergétique, le

chantier a réussi à créer une niche dans laquelle aucun autre en

Europe n’a posé la moindre hélice. Aujourd’hui, via le site internet,

les demandes pour des bateaux Boesch affluent du monde

entier : Asie, États-Unis, Golfe… Mais l’entreprise helvète ne

court pas après les clients éloignés, préférant garder le lien privilégié

qui les unit à ceux qui, de père en fils, leur sont fidèles.

Le seul relais de croissance qui émerge n’est d’ailleurs que la

restauration des premières embarcations, réalisées par leurs

aïeux… Sur près de 4 000 bateaux fabriqués en cent ans, plus de

3 000 naviguent encore…

BOESCH. DE 6,25 M À 10 M, DE 140 000 À 630 000 € HT (HORS OPTIONS).

Le destin s’empare de l’entreprise

au début des années 1930,

quand Walter, fils de Jakob, a l’idée

d’installer le moteur au centre

du bateau et non plus à l’arrière.

ARCHIVE PERSONNELLE

LIFE 70

Été 2017


Finesse des lignes, noblesse des matières,

élégance discrète… Depuis 1920, et le lancement de

l’entreprise par le jeune charpentier Jakob Boesch,

la construction des bateaux ne déroge pas à cette

règle : des canots de bois fabriqués et assemblés

à la main, dans le respect des traditions.

HENRI THIBAULT / ARCHIVES PERSONNELLES

71


ANTONY HUCHETTE

PARTIR

ON A TOUS UN BATEAU DANS LE CŒUR

74_Courir au Kenya... comme un Kenyan 78_Les plus beaux parcours du monde à faire en moto

82_Sri Lanka, l’île aux trésors 88_Raid (mouvementé) en avion à travers le continent africain

2017 Été 73 LIFE


74


Partir_Running

COURIR

COMME

UN

STUART FRANKLIN MAGNUM

KENYAN

Voilà près de vingt ans que l’athlète et marathonien Bob Tahri,

médaillé aux championnats du monde, foule régulièrement la terre rouge de la

ville d’Iten au Kenya, patrie des runners. Il y a créé un camp d’entraînement

ouvert au grand public où règnent l’ascèse, l’humilité et le dépassement de soi.

Par Mathieu Le Maux

Dans un coin de la brasserie Flo, gare de l’Est à Paris,

Bouabdellah Tahri, alias Bob Tahri, observe les trombes d’eau

qui s’abattent sur le parvis. « Ça tombe comme là-bas à la

saison des pluies. Enfin, “saison des pluies”, c’est beaucoup

dire… Ça dure une heure et on ne voit plus une goutte pendant

des jours. » Là-bas, c’est le Kenya. Et jusque dans la plus banale des

considérations météorologiques, Bob, 38 ans, né à Metz, y revient

toujours. Porte-drapeau de la course à pied française dans les années

2000 – il fut notamment médaillé de bronze du 3 000 mètres

steeple des championnats du monde d’athlétisme en 2009 –, le désormais

marathonien passe la moitié de sa vie dans son « deuxième

pays », nation leader de la planète running. À Iten, précisément,

dans la vallée du Rift, à 350 kilomètres au nord-ouest de Nairobi.

C’est la « Home of Champions », comme l’indique la grande arche

installée à l’entrée de la ville. Bob Tahri s’y entraîne depuis 1999.

Parce que c’est là, à 2 400 mètres d’altitude et à la rude, que les

meilleurs athlètes de sa discipline se forgent la « caisse » et ce

mental si précieux pour qui veut briller dans ce sport.

Il tend son smartphone. Sur une photo : lui, à 21 ans, avec le même

corps de phasme – la barbe en moins – et le même sourire malin.

Il prend la pose debout devant une hutte à peine plus haute que

son mètre quatre-vingt-onze et au confort qu’on devine spartiate.

« Je dormais là. La première fois, j’avais emporté une malle avec

toute ma nourriture dedans parce que je ne savais vraiment pas où

je mettais les pieds. » Il y reviendra. Pendant près de quinze ans,

le Messin prépare « à la roots » les plus grands rendez-vous

mondiaux, décrochant de très honorables accessits (de la 4 e à la

7 e place) face aux Kenyans, intouchables. Surtout, il y gagnera

2017 Été

75

LIFE


Partir_Running

leur amitié. Et leur respect. « Là-bas, je me suis construit en

tant que sportif, mais aussi en tant qu’homme. » À chaque fois qu’il

y retourne, il retrouve le mythique stade Kamariny et sa tribune en

bois décati, ses vaches et ses chèvres qui broutent dans les virages

de l’anneau rouge et ses kilomètres de pistes ocre alentour, labourés

dès l’aube par des milliers de coureurs, du champion olympique

aux gamins sur le chemin de l’école.

« SI T’ES CHAUD, VIENS AVEC MOI »

Ce jour de mai pluvieux, Bob Tahri descend d’un train en provenance

des Vosges où il possède un chalet, son autre camp de

base, pour un saut de puce à Nanterre où il vit, avant de rejoindre

Iten dans une dizaine de jours. Ce sera son 31 e périple

africain. « J’ai été obligé de prendre un passeport “grand

voyageur”. En moyenne, sur une année, j’y passe deux semaines

par mois. » En 2016, il y est même resté 160 jours. Parce qu’en

plus de sa vie d’athlète, l’ex-recordman d’Europe du 3 000 mètres

steeple y gère le Tahri Athletic Center, un camp d’entraînement

pour tous (du coureur régulier à l’athlète de haut niveau) qu’il

a ouvert en mars 2017. L’idée a germé un peu malgré lui. En décembre

2009, puis en mars 2011, deux reportages d’« Intérieur

Sport », diffusés sur Canal+, ont dévoilé au grand public sa vie

d’ascète qui s’articule en trois temps : courir, manger, dormir.

« Après la première diffusion, beaucoup de gens m’ont demandé

s’ils pouvaient m’accompagner. Cela a mûri dans ma tête et je me

suis dit : “Pourquoi pas ?” Ma première envie était de faire découvrir

“mon” Kenya à une vingtaine de personnes. Et puis, j’étais aussi

un peu remonté contre ces sportifs du dimanche – ou pas d’ailleurs

–, qui critiquent ceux du haut niveau sans vraiment savoir de

quoi ils parlent, sans connaître ce qu’on “s’envoie”. Là, ils allaient

voir. » Il se décide le 8 novembre 2014 et invite ses 10 000 fans sur

Facebook à le suivre dans ses aventures : « Comme chaque année

depuis quinze ans, je retournerai en mars au Kenya (…) Quel

que soit ton niveau, si tu es motivé et que la notion de dépassement

de soi te parle, tu as alors ta place dans ce voyage. Si t’es chaud,

viens avec moi ! Go Hard or Go Home. » Sa boîte mail explose. En

quelques heures, plus de 300 candidats répondent à l’appel de

la terre rouge. Bob Tahri sonde leurs motivations et sélectionne

vingt candidats. À eux de dégoter le billet d’avion. Bob et quelques

amis – dont le blogueur Jean-Pierre Giorgi, connu des pelotons

comme le loup blanc –, gèrent l’intendance. Deux stages plus tard

naît l’envie de ce village vacances pour warriors du running. « Et

là, je me suis lancé dans un truc… Il a d’abord fallu trouver un terrain.

Au fur et à mesure, j’ai découvert les rouages de l’Afrique : les

choses se font lentement et difficilement. Si tu n’as pas les fonds,

Bob Tahri, 38 ans,

effectue sans

arrêt des séjours

au Kenya

depuis 1999.

Il y a ouvert

son camp

d’entraînement

en janvier 2017.

TOM KUBIK / JULIEN GOLDSTEIN PRESSESPORT

LIFE 76

Été 2017


tu ne commences pas les travaux. Et les banques ne t’accordent

pas de prêt, il faut du cash et avant cela, obtenir les autorisations

pour ouvrir un compte. On t’impose presque de faire travailler les

gens du coin. Tout prend du temps, surtout pour un étranger qui se

lance dans la construction d’un camp d’entraînement. C’était une

grande première. Et j’ai beau y séjourner depuis près de vingt ans,

je reste un muzungu (un blanc, ndlr). » Après seize mois de marathon

administratif, son petit hameau de maison en briques rouges,

abritant 24 chambres individuelles, une salle de musculation, un

restaurant, un salon télé, une épicerie, un terrain de pétanque et

une table de ping-pong, est inauguré en ce début d’année.

« Le top, c’est quand David Rudisha

passe une tête au centre,

au petit déjeuner, pour boire un café. »

BOB TAHRI

DANS LA PEAU D’UN ATHLÈTE DE HAUT NIVEAU

DR

Logés à la même enseigne (moyennant 35 € par jour), les participants

sont choyés par une quinzaine d’employés mobilisés,

de leur arrivée à l’aéroport aux runs sur les collines de la vallée

du Rift ou sur la piste du Kamariny. Les stagiaires suivent

leur plan d’entraînement, les conseils du maître des lieux en

sus, ou bien les séances « à la carte » concoctées par Bob. Quel

que soit le profil du coureur, « du marathonien en 2h50 à celui en

4 heures », la première mission de Bob Tahri est celle de calmer les

ardeurs. « Beaucoup se mettent en tête qu’ils vont pouvoir courir

trois fois par jour comme je le fais. C’est normal, ils sont là pour se

mettre dans la peau d’un athlète de haut niveau. Mais je dois pondérer

cette motivation excessive pour leur éviter de se “griller” en

deux jours. » Deuxième priorité : les prévenir des conditions atmosphériques,

forcément spécifiques à cette altitude. « L’oxygène

est plus rare. Or, c’est le premier carburant du coureur. Les stagiaires

sont surpris et même un peu déçus quand je leur explique

qu’ils devront courir moins vite qu’en France et réduire leur vitesse

de 2 km/h. Mon petit plaisir “vicieux”, lors de la toute première

séance – qui est toujours effectuée à la coule pour dérouiller les

jambes –, c’est de ne rien leur dire et de les laisser y aller au feeling.

» Ça ne loupe jamais : peu finissent le parcours, rôtis parce

que partis sur leur allure européenne. « Après, ils comprennent…

Il faut trois à quatre jours minimum pour s’acclimater. C’est pour

cela que je conseille de venir deux semaines. » Le temps, aussi, de

voir du pays (lire encadré), et surtout de baigner dans le quotidien

de ces champions qu’ils admirent habituellement sur petit écran.

« Le top, c’est quand mes potes David Rudisha (double champion

olympique et du monde du 800 mètres, ndlr) ou Asbel Kiprop (triple

champion du monde et médaillé d’or olympique en 2008 sur 1 500

mètres, ndlr) passent une tête au centre au petit déjeuner pour

boire un café. Imagine ! Tu es footeux, tu t’inscris à un stage, et là, il y

a Cristiano Ronaldo et Lionel Messi qui viennent avaler un expresso

à ta table. Pour les runners, c’est de ce niveau. » À Iten, qui possède

la culture de la course à pied (près de 20 % de la population s'y

adonnent), on court et on échange avec tout le monde, dans le plus

grand respect. « Il n’y a pas de star. Je continue de m’entraîner làbas

parce que je ne me sens jamais le Bob Tahri qui a fait 8’ au 3 000

steeple. J’y vais pour me bastonner avec des gamins de 18 ans qui

ne savent pas qui je suis, ni ce que j’ai fait par le passé. »

Grand adepte du #NoPainNoGain, l’autre « slogan hashtag » qu’il

appose à la fin de chacun de ses posts Instagram, Bob Tahri tente

aussi d’inculquer un autre style de vie, une autre mentalité, un autre

rapport au temps. Lui qui pourtant raffole des réseaux sociaux se

restreint, là-bas, au strict minimum. « J’invite à une sorte de simplification

de soi au quotidien, à se débarrasser du superflu. En course

à pied, quand tu te concentres sur le choix de tes écouteurs, de ton

appli training ou de ta paire de pompes, c’est que tu as oublié l’essentiel

qui est de courir, point. À Iten, je prolonge cet état d’esprit

dans le quotidien. Par exemple, il y a parfois des coupures d’électricité,

il faut s’adapter. Le village et les commerces sont à trois

kilomètres et il n’y a pas de bus ou de métro, donc t’as pas intérêt à

oublier ton pain (rires). » Même chose quand les stagiaires partent

assister à l’entraînement des champions au Kamariny. « C’est bien

normal de vouloir prendre une ou deux photos. Mais je leur dis surtout

de regarder, d’étudier leur foulée et de s’imprégner de ces

mecs avec leurs yeux, pas à travers un appareil. » Pour plus tard,

au départ d’une course, durant ces secondes d’attente stressantes

qui précèdent le départ, n’avoir qu’à fermer les yeux pour se remémorer

leur fluidité et leur aisance. Avant de voler jusqu’à la ligne

d’arrivée, comme un géant, comme un Kenyan.

POUR OBTENIR PLUS D’INFORMATIONS : TAHRIATHLETICCENTER@GMAIL.COM

UNE SEMAINE AU TAHRI ATHLETIC CENTER

À Iten, le réveil sonne à 6 heures pour un premier footing à jeun. Après le petit déjeuner, c’est l’heure de la sieste ou d’un soin (bain froid, drainage lymphatique, kiné).

L’après-midi, après un déjeuner de sucres lents, les stagiaires jouent les touristes (safari, visite d’une école, d’un village, rencontre chez l’habitant ou avec un champion,

parapente…). En fin d’après-midi, selon le niveau de chacun, ils suivent une deuxième session de running ou une séance de renforcement musculaire, souvent menée

par Bob Tahri. Puis pétanque ou ping-pong avant/après le dîner (viande blanche ou poisson accompagné de légumes), une tisane, un film ou un match à la télé et au lit !

« C’est un programme assez monacal, mais c’est la vraie vie d’un coureur pro. Il y a zéro alcool. Et une fois par semaine, on a quartier libre au menu, et un barbecue. »

77


Partir_Road trip

SORTEZ

DES SENTIERS

BATTUS !

Le Dakar, y'en a marre. Nous, on veut enfourcher

nos bécanes et jouer au Che en Argentine,

foncer sur une île irlandaise, saluer les koalas australiens…

Cinq voyages à faire à moto avant de mourir.

Par Charles Audier

Illustrations Antony Huchette

1-À TRAVERS L’AMÉRIQUE DU SUD

EN ROYAL ENFIELD

Si vous avez toujours rêvé de revivre le périple du

Che à travers le film Carnets de Voyage, l’Argentine

se révèle à vous comme une terre promise.

Réservées aux aventuriers motards, les terres

au nord du pays dans la région de Salta regorgent

de décors de cinéma à parcourir à dos de Royal

Enfield Classic. Cette moto de légende possède

un monocylindre de 500 cc pour 28 chevaux, avec

le chuintement originel de cette bécane anglaise

passée sous étendard indien il y a plusieurs décennies

déjà. Mais pour plus de confort, la boîte

de vitesses et l’injection ont été repensées en

2006 pour gagner en fiabilité. Elle devient donc

l’acolyte idéal pour parcourir les terres arides ou

luxuriantes de l’Argentine, entre le toit des Andes

et les traces encore fraîches du Dakar qui s'y déroule

depuis 2009. Mais attention, louer une moto

sur place est un casse-tête. Et ces territoires

immenses deviennent hostiles sans un bon guide.

GQ vous conseille de passer par Mono 500, une

petite agence créée par un couple de passionnés

initiés à l’aventure en Inde, sur les parcours sinueux

du plateau du Ladakh.

APRÈS DES MOIS à arpenter l’Argentine sur

une Honda Africa Twin à bout de souffle, ils ont

scrupuleusement confectionné des itinéraires en

Argentine (et en Équateur depuis 2017). Avec un

objectif très clair pour Gauthier Deschamps, le

motard aux commandes : « Étudier le terrain,

vivre l’itinérance, être sur la route et partager

le monde au fur et à mesure que nous le découvrons…

Voilà ce qui nous fait vibrer ! » Les

convois de 4 à 8 motos vous donneront l’occasion

de vivre comme les gauchos antiques et de découvrir

la sève du pays en vous écartant régulièrement

de la route, avec une cavalerie motorisée

en guise de monture.

FILER SUR CES PISTES provoque alors un sentiment

unique d’être un pionnier de l’aventure

et devient un moyen de découvrir un nouveau

monde. La diversité des paysages vous mènera

tour à tour sur les différents plateaux de l’Altiplano,

pour y croiser des troupeaux de guanacos

et de vigognes et rejoindre les Salinas Grandes

(désert de sel). Pour enchaîner sur les hauts plateaux

de la frontière chilienne. Avant d’enquiller

sur la route carrossable de l’Abra del Acay, la

plus haute d’Amérique à plus de 4 900 mètres

d’altitude. Vous succomberez à la vue imprenable

sur le sommet Nevado de Cachi. S’imposera

alors une pause bien méritée dans une hacienda

typique afin de faire l’expérience de l’asado

(barbecue traditionnel). Mais très vite, l’itinéraire

vous conduira vers Cachi, un village andin

incontournable, perdu au milieu des montagnes

qu’il faudra rejoindre par une piste rocailleuse

bourrée de passages de gués exigeants. L’envie

d’avaler de la poussière sur la route désertique

parsemée d’oasis exemptes de modernité vers

les contreforts de la cordillère des Andes vous

conduira dans les confins reculés du pays et les

gorges de Las Flechas, perdues au milieu d’un

décor lunaire. Pas étonnant que la production

du récent Star Wars 7 y soit allée pour tourner

des passages du film. Et comme une ultime surprise

avant de retrouver la civilisation, l’équipe

de Mono 500 vous fera découvrir une partie des

1 200 hectares de vignobles autour de Cafayate.

Une occasion rêvée de vous abreuver à outrance

des cépages locaux, une excellente excuse pour

ne pas reprendre la route. Et de rester sur place

une nuit de plus. Vous verrez, tous les moyens

seront bons pour repousser un peu plus votre

retour au pays.

Pour revivre le périple du Che comme

dans le film Carnets de Voyage…

PRESSE

LIFE 78

Été 2017


79


Partir_Road trip

4-CAPE TOWN ET LE BUSH AFRICAIN

EN BMW R 1 200 GS

Une moto taillée pour traverser la savane sans

sourciller, les yeux presque fermés. Mais ça serait

rater le spectacle féerique offert par la route

entre Cape Town et Johannesburg. Un mélange

de chemin au bord des océans, entre l’Atlantique

et l’Indien. Avant de rejoindre les terres arides

sud-africaines.

PRESSE

Rejouer Out of Africa en version motarde,

entre savane et océans.

2-GREAT OCEAN ROAD EN AUSTRALIE

EN HONDA GOLDWING

Lassé d’avaler des kilomètres en ligne droite sur

la route 66 ? Direction la Great Ocean Road au sud

de l’Australie. Un tracé sinueux de 243 km dans

le détroit de Bass à flanc de falaises, le long de

l’océan Indien. Ce monument national regroupe

des sites tels que Bells Beach, célèbre étape de

surf, les Douze Apôtres, formations calcaires

entre le grand large et la montagne, ou le parc

national de Great Otway et ses koalas sauvages.

3-EL ROLLO À SAN SEBASTIAN

EN INDIAN SCOUT FTR 750

Une course aussi simple qu’exigeante. Le pilote

se bat contre une demi-douzaine de participants

sur un anneau poussiéreux de 400 mètres. Les

pilotes portent un casque de moto-cross et une

paire de lunettes pour lutter contre les éléments,

une dorsale, une paire de gants et une semelle de

fer sur la botte gauche afin de prendre appui dans

les virages. Dernier détail, la moto ne possède

pas de freins et le tracé s’effectue tout en glisse.

Pour croiser des koalas et avoir le vertige

depuis les falaises face et à l'océan Indien.

Pour lutter contre les éléments, mordre la

poussière, entouré de vallons espagnols.

LIFE 80

Été 2017


PRESSE

5-LE TOURIST TROPHY SUR L’ÎLE DE MAN

EN YAMAHA MT-10

Chaque année, les plus mordus monde : le Tourist Trophy. Le TT,

de moto se rassemblent sur pour les intimes, ouvert à tous,

cette île minuscule à l’ouest du est la course ultime, à réaliser

Royaume-Uni afin de participer à toute berzingue sur une route

à la course la plus exigeante au nationale sans la moindre sécurité.

Un parcours de 60 km

et aux 264 virages. Les meilleurs

réalisent le tracé à une

vitesse moyenne ahurissante

de 210 km/h. Chaud ?

Pour les amateurs de sensations fortes, une

course à 210 km/h sans filet de sécurité,

au beau milieu de la mer irlandaise.

81


Partir_Voyage

SRI

LANKA,

L’ÎLE

AUX

TRÉSORS

Quelques années

après la fin de

la guerre civile, le

Sri Lanka, perle du

sous-continent indien,

est devenue une

destination tentante.

Civilisation millénaire,

gastronomie riche

et plages de rêve, il ne

reste qu’à définir la

durée de son séjour…

Par Andrew Salomon

Photographies Felix Odell

Traduction Étienne Menu

La guerre transforme parfois

des voisins en ennemis. De paisibles

communautés peuvent,

en un clin d’œil, devenir les protagonistes

de luttes sanguinaires

– la Syrie, le Rwanda,

le Kosovo. La reconstruction

post-conflit, en revanche, est

souvent longue et fastidieuse.

Au terme de vingt-cinq années

de carnage – qui ont fait plus de

100 000 morts –, le Sri Lanka a

su s’en tirer autrement. La paix

qui y règne depuis peu a réussi

à unir des ethnies autrefois violemment

opposées. Cette harmonie

discrète mais solide, le

visiteur étranger la perçoit aussitôt

arrivé sur l’île : elle colorera

tout son séjour.

Les barrages routiers ont disparu et avec eux les

innombrables portraits de Mahinda Rajapakse, le

président cinghalais et bouddhiste qui, en 2009, a

brutalement écrasé les non moins brutaux Tigres

tamouls hindouistes qui menaient une guérilla

pour obtenir la construction d’un État indépendant.

Plus de traces non plus des camionnettes

blanches qui, après la victoire du gouvernement,

embarquaient régulièrement les opposants présumés

à la dictature népotiste. À la place s’est installée

une forme inédite d’unité et d’ouverture. On

la devine à ces grands panneaux portant le slogan

« Une équipe, une nation » (on parle de cricket,

sans surprise), que l’on voit un peu partout au

bord des routes, ou encore à ces assiettes d’un

restaurant d’hôtel, ornés de mots à la fois cinghalais

et tamouls. Ce basculement historique est le

résultat de l’élection présidentielle de 2015, remportée

par le président Maithripala Sirisena, un

progressiste qui a entrepris des réformes visant

à combattre la corruption et à apaiser les

tensions intercommunautaires. En moins de

deux ans, il a restauré la démocratie dans le pays

et la confiance de son peuple en lui-même. « Le

Sri Lanka est l’un des rares endroits du monde

où s’améliorent les libertés, et notamment la liberté

d’expression, nous a ainsi déclaré l’ambassadeur

américain Atul Keshap. Les gens avaient

peur pendant la guerre et ont continué à avoir

peur durant les années autoritaires qui ont suivi.

Aujourd’hui, la peur les a quittés. »

DESTINATION TROIS-EN-UN

Cette « résilience » reflète plus largement

l’histoire d’un peuple marquée par la violence

et la perte. Ceylan, comme elle s’appelait

alors, a d’abord été envahie par les

Portugais en 1505. Puis les Néerlandais

leur ont succédé en 1658 avant qu’en 1796, ces

derniers ne cèdent eux-mêmes la place aux Britanniques.

Leur départ, en 1948, fit naître

ANTONY HUCHETTE

LIFE 82

Été 2017


83


une polarité entre Tamouls et Cinghalais,

deux ethnies jadis puissantes, qui dégénérera

en guerre ouverte quatre décennies plus tard.

En 2004, le tsunami tua 30 000 Sri-Lankais. Aujourd’hui,

le littoral a pourtant été largement reconstruit

et des investisseurs étrangers, notamment

chinois et indiens, y mettent en place

de solides infrastructures. En s’attaquant aux

problèmes intérieurs les plus urgents – la lutte

contre le racisme interethnique en vue de bâtir

une identité nationale unique –, le président Sirisena

a donné à son pays la possibilité de regarder

désormais devant lui. Et il y a quelque chose

de grisant à sentir cette liberté toute neuve sur

l’île, à tel point que l’on se dit parfois que l’on aurait

fait le voyage, même si l’endroit n’offrait pas

de telles merveilles naturelles et historiques.

Le Sri Lanka est une destination trois-en-un : en

deux semaines, on peut y visiter des monuments

d’une beauté comparable à celle de Kyoto, y faire

un safari du niveau du Serengeti (parc national

situé en Tanzanie, ndlr) et y trouver des plages

dignes de la côte amalfitaine. Le tourisme n’y est

pas encore massif : on croise peu d’Européens ou

d’Américains, et plutôt des Sri-Lankais ainsi que

quelques Indiens et Chinois. Il faut en tout cas

cinq bonnes heures pour faire les 100 kilomètres

qui séparent Colombo, la bouillonnante capitale

de bord de mer, et ce qu’on appelle le Triangle

culturel, qui, à l’intérieur des terres, se tient entre

les cités anciennes de Kandy, Anuradhapura et Polonnâruwâ.

On y devine une civilisation qui, à une

époque, était sans aucun doute l’une des plus sophistiquées

du monde – cinq sites sont classés au

Patrimoine mondial de l’Unesco.

BAWA, PÈRE DU « MODERNISME TROPICAL »

À

70 kilomètres de là, la forteresse de Sigiriya

est posée sur un rocher en forme de

soufflé, d’environ 200 mètres de haut :

on dirait une version asiatique du Machu

Picchu. Il faut grimper 1 200 marches

pour gravir son sommet – un peu épuisant par

forte chaleur – mais le parcours et la vue en

valent la peine : on longe des fresques peintes

ornées de beautés sorties d’un harem, un mur

de pierres tellement poli qu’on l’appelle « le miroir

», une grande porte dont on dit qu’elle était

jadis la gueule d’un lion, avant de parvenir à un

plateau surmonté de vastes bassins et de palais

en ruines, qui domine tout le centre de l’île. Et le

centre de ce centre, c’est Kandy. La ville s’étale

autour d’un lac et fourmille de bazars, de cafés

et de passages tortueux. On y admire presque à

chaque instant ce Sri Lanka nouveau. On y visite

forcément le temple de la Dent, où est préservée

une molaire de Bouddha et dont les fresques

murales ont été restaurées après un bombardement

des Tigres tamouls en 1998. Mais l’île ne

se résume pas à ses monuments. Non loin de Sigiriya

et de Dambulla, on trouve ainsi le célèbre

Kandalama Hôtel, bâti par Geoffrey Bawa en 1947.

Parmi les réalisations de l’architecte sri-lankais Geoffrey Bawa, le père du modernisme tropical,

on peut visiter sa résidence privée Number 11 à Colombo (ci-dessus) À droite, la plage de Galle

Fort, à la pointe sud du pays, est idéale pour une partie de cricket. La gastronomie sri-lankaise

(au restaurant Hela Bojun, près de Kandy), est réputée plus douce que sa cousine indienne.

Et les hautes cascades Ravana Ella Falls offrent un lieu de bains naturel aux habitants.

De ce grand édifice horizontal aux lignes nettes

émane un sentiment d’ouverture et de bienveillance

: il est un parfait exemple du modernisme

sri-lankais dont Bawa a été l’un des pionniers.

Homosexuel issu d’un milieu privilégié, l’architecte

avait été formé en Grande-Bretagne avant

de revenir pratiquer dans son pays natal. Il incitera

ses confrères et compatriotes à honorer

l’âme de leur île plutôt que de reproduire les modèles

européens. Bawa est aujourd’hui connu de

ses concitoyens pour avoir été le père du « modernisme

tropical », un style mêlant une certaine

austérité à la densité des jungles. Combinant

à parts égales le spartiate et l’extravagant,

ses créations constituent comme une métaphore

de l’ensemble de la culture locale : Lunuganga, sa

maison de vacances près de Bentota ; Number 11,

sa résidence principale à Colombo, que l’on peut

visiter sur rendez-vous ; sa Last House au bord de

l’océan, à Tangalle, reconvertie en boutique-hôtel,

et enfin, ni plus ni moins que le Parlement srilankais

de la capitale.

84


Partir_Voyage

En deux semaines, on peut visiter des monuments

d’une beauté comparable à celle de Kyoto,

faire un safari du niveau du Serengeti et trouver

des plages dignes de la côte amalfitaine.

2017 Été

85

LIFE


Partir_Voyage

Les montagnes couvertes de plantations de

thé peuvent-elles être considérées comme des

monuments ? Presque, tant le paysage et les chemins

qui le parcourent paraissent régulés par

un ordre architectural sacré. Surtout, la guerre

a miraculeusement épargné les lieux, comme

s’ils bénéficiaient d’une divine immunité. Les

femmes qui récoltent les feuilles – les hommes,

réputés plus maladroits, sont absents – s’enorgueillissent

de l’uniformité et de la régularité

des rangées de buissons dont elles ont chacune

la charge. Et la visite d’un atelier de fabrication

enchante par le raffinement de ses ouvriers et

de leurs instruments anciens. La vénérable estate

house coloniale de Thotalagala propose un

service à l’ancienne, une cuisine exceptionnelle

et une vue imprenable sur les plantations. Dans

cette ville, où il n’y a rien de spécial à faire, on se

prend à vouloir rester six mois pour écrire ses

mémoires, se promener sans but et explorer l’ensemble

du spectre gastronomique sri-lankais.

Oubliez tout de suite les aberrations occidentalisantes

que servent certains établissements pour

déguster les plats locaux. Certains décrivent leur

goût comme une version adoucie de la nourriture

indienne. Les currys ne sont jamais trop lourds

et se présentent surtout par groupes de dix ou

douze à chaque repas : le jeu consiste à les découvrir

les uns après les autres, en agrémentant

chaque bouchée d’un peu de riz blanc ou rouge.

rasiens descendants des colons). Une femme tamoule

raconte qu’en 2009, alors qu’elle assistait à

un défilé de mode au Taj de Colombo, ville cinghalaise,

les Tigres tamouls avaient bombardé le quartier.

Au moment où elle évacuait les lieux, elle ne

put s’empêcher d’être fière d’entendre la voix de

son peuple ainsi s’exprimer. À table, les autres s’offusquent,

mais le ton de la conversation reste ami-

Les cités du Triangle culturel

témoignent d’une civilisation qui était

l’une des plus sophistiquées du monde.

cal et indulgent, malgré les profondes différences

d’opinions. « Si la guerre est finie, nous ne sommes

pas encore en paix, résume un des convives. Mais

après des années de douleur et de pessimisme,

nous avons enfin l’espoir. C’est à notre tour d’être

libres. Et cette liberté inclut celle de vous accueillir

chez nous comme il se doit. Le simple fait de pouvoir

le faire nous réjouit du fond du cœur. »

« LA GUERRE EST FINIE »

Pour un territoire si peu étendu et si considérablement

peuplé, le Sri Lanka accueille un

nombre étonnant d’animaux sauvages. Il y a

bien sûr les éléphants du parc national de Minneriya

qui offrent un spectacle unique au lever

du soleil, avec leur peau ridée et leur trompe

gracieuse et maladroite. Mais on croise aussi la

plus forte concentration de léopards du monde

dans un autre parc national, celui de Yala – lequel

donne aussi à voir un chacal à dos doré, des mangoustes,

des singes et des paons à n’en plus finir,

des troupeaux de biches mouchetées, des crocodiles

aux airs étrangement dociles, un boa des

sables… sans compter tous les oiseaux de la jungle.

Quand on rejoint les côtes, le calme des plages désertes

bordées de palmiers contrebalance l’agitation

des eaux, notamment dans le Sud, vers Tangalle,

Weligama ou Bentota. Lorsque la mer est plus

paisible, les pêcheurs sur pilotis prennent la pose

pour les touristes. Un peu plus loin, la ville coloniale

et chic de Galle est prisée des artistes et des

riches familles de Colombo, qui viennent y souffler

le week-end. Dans ses rues étroites, on passe d’une

boutique d’antiquités douteuses à une fabrique familiale

de tissus. Les épais remparts construits par

les Néerlandais, puis par les Portugais, ont permis

à la ville de se protéger du tsunami de 2004. Un soir,

nous dînons à l’hôtel Amangalla, installé dans une

forteresse du XVII e siècle, en compagnie d’invités

cinghalais, chrétiens, tamouls et burghers (eu-

LIFE 86

Été 2017


87

Entre les pêcheurs sur pilotis

qui profitent du calme de la mer

et le Temple d’or de Dambulla

(ci-dessus), haut lieu de

pèlerinage, il y a vingt-deux

siècles d’histoire.

Les fameuses plantations de thé,

miraculeusement épargnées

par la guerre, sculptent

les paysages tandis que les

nombreux animaux sauvages

que compte le pays, dont

les singes, omniprésents,

observent incrédules le temps

qui passe.


Partir_Récit

RAID

DINGUE

DE

L’AFRIQUE

Traverser le continent africain

avec une flotte de vieux biplans ?

C’est le défi relevé par les

pilotes survoltés du Vintage

Air Rally. Comme au bon vieux

temps de Saint-Ex’.

Par Clara Le Fort

Illustrations Tom Haugomat

Terre en vue, terre en vue ! » lâche Mark

Oostingh, pilote chevronné du biplan Tiger

Moth de 1931, les doigts crispés sur son

transmetteur. Quelques heures plus tôt,

le Sud-Africain décollait de l’aéroport de

Sitia, en Crète, en compagnie de huit autres biplans.

L’objectif de cette folle aventure ? Rallier

le Cap en cinq semaines en survolant les régions

les plus préservées, et parfois aussi les

plus inhospitalières, du continent africain (Sud

de l’Égypte, Soudan, Éthiopie). « Je n’avais quasiment

plus de carburant », se souvient Oostingh.

Cristallisant toutes les angoisses, le premier

vol – entre la Crète et Marsa Matrouh en

Égypte – est un vrai défi à relever. Droit devant,

un minimum incompressible de 250 milles nautiques

d’océan ; une distance correspon-

LIFE 88

Été 2017


89


Partir_Récit

dant, peu ou prou, à la capacité maximale de

leurs réservoirs. « Se crasher en Méditerranée

n’est pas une option », pensaient tous les pilotes

à voix basse, espérant échapper aux gros titres.

« Cette première étape requiert une certaine

expérience car la consommation de fuel dépend

du poids de l’avion, des vents contraires, de la

précision du réglage du moteur », explique Béatrice

de Smet, cofondatrice de Vintage Air Rally

avec son mari Sam Rutherford.

Vintage Air Rally est une histoire sortie des livres

d’aventuriers, des récits de Saint-Exupéry et de

ses vols inauguraux. L’envie, aussi, de revivre un

autre âge d’or : dans les années 1920, pilotes

français et italiens faisaient la course le long du

Nil, jusqu’aux frontières du Soudan. Les cartes

conservées par l’Aéroclub d’Égypte, fondé

en 1910, en attestent. Aujourd’hui, sous le joug

d’une dictature militaire, la réalité égyptienne est

autre… et l’obtention des permis adéquats pour

faire voler des coucous anciens à basse altitude,

un authentique casse-tête administratif ! « De

nos jours, la notion de risque est constamment

filtrée. Certains préfèrent gérer l’inconnu, être

confronté à des situations ou environnements

incontrôlables. Le Vintage Air Rally est fait pour

eux ! » explique Sam Rutherford, chef d’orchestre

de cette aventure.

SAINS ET SAUFS !

Pendant des semaines, des équipes se relayèrent,

jour et nuit, au sol, pour ouvrir

la voie du ciel à cette étrange famille de biplans

bicolores : trois Tiger Moth, trois

Travel Air 4000, un Waco et un Stampe de

l’aviation belge. Un pari remporté dès les premières

quarante-huit heures où les chaînes

de télé du monde entier ont titré : « Breaking

News ! Un biplan se pose sur le site des pyramides

d’Égypte, un exploit inédit depuis quatrevingts

ans ! » Sam Rutherford, lui, ne pouvait

s’empêcher de penser qu’il n’avait reçu le permis

(d’atterrir) qu’à 9 heures le matin même.

Les caméras, elles, retiendront la silhouette

aluminium du Stampe SV4 et celles, élégantes,

de leurs deux jeunes pilotes, Cédric Collette et

Alexandra Maingard, en combinaison gris plomb,

bonnet et lunettes d’aviateur en cuir. « Impossible

de filmer, précise Rutherford, ce fut tellement

intense. Nos yeux étaient rivés sur la

piste, si étroite. Le gigantisme des pyramides,

à quelques mètres, nous aspirait. Ce fut un vol

inoubliable ! Dès le deuxième jour, rien ne semblait

pouvoir dérouter le Vintage Air Rally 2016.

Cette première édition fut un vrai succès ! » Aujourd’hui

encore, Sam Rutherford a du mal à s’en

remettre : « L’odyssée de trente-cinq jours a

emmené dix-huit équipes, avec dix-sept nationalités

différentes, à travers dix pays. Soixante

Les biplans approchaient de la frontière éthiopienne

quand les autorités envoyèrent l’ordre formel de faire

demi-tour. Que faire ? Les pilotes n’avaient plus assez

de fuel pour rebrousser chemin. Seule solution :

passer en force en invoquant le droit international.

mille kilomètres et quarante-deux atterrissages

plus tard, les premiers se posaient au Cap avec

vingt-cinq minutes d’avance. En termes de visibilité,

nous avons atteint une audience de plus

d’un million de personnes à travers 160 pays. Ce

n’était pas des vacances mais un véritable rallye

avec treize incidents et quatre avions disqualifiés

pour des raisons techniques. Surtout, tout

le monde en est sorti sain et sauf ! » En écoutant

l’organisateur en chef, on en déduit rapidement

qu’il n’est pas novice en la matière : son diplôme

de l’Académie militaire royale de Sandhurst

en poche, le jeune Sam fonde Prepare2go, une

agence spécialisée dans la logistique en zones

hostiles. Pays en guerre, zones rebelles, rien ne

semble pouvoir le prendre de cours. Mais même

préparé, il sentait bien que de nombreux obstacles

viendraient entraver le rallye…

LES VERTIGINEUSES CHUTES VICTORIA

Les ennuis commencèrent à la frontière

avec l’Éthiopie. Un jour avant d’entrer dans

l’espace aérien, le directeur de la CAA

( Civil Aviation Authority) promettait que

les permis de vol seraient faxés le lende-

main matin. Au tour du directeur de l’aéroport

de Gambela, Éthiopie, d’ajouter : « Nous avons

réceptionné votre fuel ; nous sommes impatients

de vous accueillir ! » Pourtant, alors que

les premiers biplans approchaient la frontière,

les autorités envoyèrent l’ordre formel de faire

demi-tour. « Head Back, Head Back ! » Que

faire ? Les pilotes n’avaient plus assez de fuel

pour rebrousser chemin. La seule solution était

de passer en force en invoquant le droit international.

Il stipule en effet « que les autorités,

quel que soit le pays, doivent obligatoirement

venir en aide à un pilote qui déclare un Mayday

(un incident technique ou un problème de carburant,

ndlr) ».

La raison pour laquelle l’autorisation d’atterrir

ne fut jamais délivrée reste opaque. Les avions

se posèrent un à un. « Nous fûmes accueillis

par des soldats ; ils nous confisquèrent immédiatement

tous nos moyens de communication

», se souvient Béatrice de Smet. Pendant

cinquante-six heures, tous les équipages furent

retenus. Sam Rutherford contacta toutes les ambassades

concernées, soit dix-sept pays, pour

leur signifier une détention illégale. La situation

prit soudain une ampleur hémorragique que les

90


Partir_Récit

autorités locales ne purent contenir – John Kerry,

ancien secrétaire d’État américain et ami d’un

des pilotes serait intervenu. Les pilotes furent

libérés sur-le-champ.

UN JOUR PLUS TARD, l’équipe des Bush Cat

effectuait le premier atterrissage dans l’histoire

du parc national de Nairobi. « Cela ne s’est pas

fait sans quelques frayeurs préalables, se souvient

Béatrice de Smet. Quand nous sommes

arrivés pour inspecter les lieux, ils étaient

toujours en train de creuser la piste d’atterrissage.

» D’autres moments inoubliables suivirent,

comme un atterrissage sur le bord du cratère du

Ngorongoro en Tanzanie, salué par les Massaïs ou

un survol des chutes Victoria. Bordé de falaises

hautes de 600 mètres, le cratère du Ngorongoro

est la plus grande caldeira intacte et non submergée

au monde, soit 326 km 2 . « Se poser sur l’un

de ses bords était comme faire corps avec un

temps géologique », s’enthousiasme un pilote. Un

survol et atterrissage vertigineux, de surcroît.

Quant aux chutes Victoria, elles comptent tout

simplement comme les plus spectaculaires au

monde : marquant la frontière entre la Zambie et

le Zimbabwe, le fleuve Zambèze se jette dans une

cataracte de 100 mètres de haut et 1 700 mètres

de large. « Longtemps, on les cherche, elles

semblent invisibles. On distingue enfin un rideau

d’embruns qui s’en échappe, puis les découvre au

dernier moment. Là, la terre semble aspirer l’immense

fleuve africain », raconte l’un des autres

aviateurs, conquis par le survol des chutes.

Également au programme, la découverte des

pyramides de Méroé au Soudan restera l’un des

temps forts de cette traversée continentale, tout

comme des processions de voitures de collection,

garées sur le tarmac, en Égypte, en Zambie,

au Zimbabwe et en Afrique du Sud. « Aucun des

pilotes ne se doutait que le monde les regardait »,

se souvient Béatrice de Smet, elle-même surprise

de découvrir un attroupement de 5 000 personnes

sur la finish line. Au terme de ce périple, le Spirit

of the Rally Award fut remporté par la Team Alaska

à bord de son Travel Air 4000 tandis que Pedro

Langton, Team Canada, remporta cette première

édition à bord de son Travel Air 4000 (1928). Une

chose est certaine : quand, le 3 mars 2018, la prochaine

édition du rallye décollera d’Ushuaia pour

rallier la Floride, bien d’autres pilotes chevronnés

s’élanceront dans les airs à bord de leur biplan,

des flots d’adrénaline pleins les veines.

WWW.VINTAGEAIRRALLY.COM

2017 Été 91

LIFE


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ANTONY HUCHETTE

GOÛTER

CROQUANT, GOURMAND (ET JAMAIS CHIANT)

94_Vélo-trip au Pays basque, entre bons petits plats et faux-plats montants

102_Cocktails d’été, on se calme et on boit frais

108_Chefs de campagne : quatre cuisiniers de renom revisitent le pique-nique

2017 Été 93

LIFE


Goûter_Vélo trip

COUPS DE FRINGALE

AU PAYS BASQUE

Rien de tel que la petite reine pour ouvrir l’appétit !

Notre journaliste est donc parti à l’assaut des restaurants du Sud-Ouest… à vélo.

515 kilomètres en six étapes, 26 200 calories brûlées et les meilleurs plats

(et faux-plats) testés de sa vie. Récit d’un « gastro-trip » qui forge les mollets.

Par Andrew Knowlton_Traduction Étienne Menu_Photographies Grant Harder

LIFE 94

Été 2017


La presqu’île Gaztelugatxe

sur la côte de Biscaye et son

ermitage datant du X e siècle.

Urkiola. On dirait le nom d’une méchante belle-mère dans un

film de Disney, ou d’une planète désolée où Dark Vador aurait

formé Obi-Wan Kenobi au maniement du sabre-laser. C’est un

nom qui laisse entendre des intentions cruelles, hostiles. Et

effectivement, l’Urkiola a bien failli me tuer. Chaîne montagneuse

située à l’ouest du Pays basque espagnol, à trois quarts

d’heure de Bilbao, l’Urkiola culmine à 1 330 petits mètres, au sommet

du mont Anboto. Ce joli massif calcaire peut presque donner

des envies de pique-nique quand, confortablement installé dans

sa voiture, on l’aperçoit au loin. Mais depuis la selle d’un vélo, au

terme d’une semaine passée à pédaler, il apparaît tout autre : terrifiant.

Et dire que je m’étais sciemment engagé dans cette torture

– pardon : dans cette aventure.

Mon projet masochiste est né de la réflexion suivante : quand le

journaliste culinaire que je suis part en voyage gastronomique et

qu’il passe trois jours, ou plus, à manger au restaurant à chaque

repas, il finit très vite par être « gavé » et par ne plus avoir faim

du tout. Ce qui entrave un peu la qualité de son jugement critique.

Alors, pour résoudre ce problème, pourquoi, me suis-je dit, ne pas

associer un gastro-trip à un cyclo-trip, et dépenser des milliers de

calories en pédalant avant et après chaque repas afin d’arriver à

table disposé à dévorer tout ce qu’on me servirait ?

Le Pays basque s’est imposé à moi comme un choix évident : c’est

une région dont la fierté et l’esprit d’indépendance se ressentent

immanquablement dans l’assiette. La cuisine locale est réputée

exceptionnelle. La seule ville de San Sebastián peut se vanter

d’avoir été récompensée par le Michelin de 14 étoiles (pour

Étape 3 :

déjeuner

au Elkano,

« l’un des plus

grands

restaurants

de poisson

au monde ».

Son turbot

grillé est une

référence

pour les

spécialistes.

95


Goûter_Vélo trip

200 000 habitants) et offre par ailleurs une ribambelle de

pintxos, ces bars à tapas toujours bondés. Le reste des environs

n’en est pas moins bien achalandé, tant sur la côte que dans les

terres. Mais une semaine plus tard, tandis que je gravissais à bout

de souffle les flancs de l’Urkiola, je ne me posais plus qu’une seule

question : serais-je vivant pour mon dernier souper ?

« Tandis que je gravissais l’Urkiola,

une seule question me venait : serais-je vivant

pour mon dernier souper ? »

Étape 6 : notre

infatigable

guide Juan

Carlos Nájera,

en pause

photo lors

de la montée

de l’Urkiola.

Ci-dessous,

le village

d’Ondarroa

à Biscaye.

ÉTAPE 1

145 KM // 4H40 // 5 000 CALORIES BRÛLÉES

Je ne roule pas depuis quinze minutes que je prends déjà

conscience d’une chose : ce « gastro-cyclotrip » ne sera en aucun

cas une petite promenade de santé sur fond de paysages enchanteurs.

Mon groupe a quitté San Sebastián pour se diriger vers

le Jaizkibel, une montagne qui a déjà terrassé des cyclistes professionnels.

Personnellement, je ne suis pas du tout cycliste professionnel

: même si je dois être plus en forme que la moyenne et que

je peux rallier par beau temps ma maison de Brooklyn à mon bureau

de Times Square, je reste un amateur et rien de plus.

À mi-course, je sens que mon haleine a des relents d’alcool et je regrette

d’avoir abusé des digestifs la veille, au terme d’un menu dégustation

de haut vol au Mugaritz, premier établissement à jalonner

mon parcours. Alors que la montée dure depuis une heure et

que la douleur s’installe à peu près partout dans mon corps, j’aperçois

une table au bord de la route. Nous sommes arrivés au sommet

et Cesar Estevez, qui conduit la voiture de mon « équipe »,

a préparé un petit casse-croûte à base d’amandes et de figues

fraîches, arrosé de Coca-Cola, une boisson recommandée par les

pros pour ses vertus réparatrices et que je n’ai jamais trouvée

aussi savoureuse qu’aujourd’hui.

Après une descente à 60 km/h, j’arrive encore tout tremblant et

néanmoins affamé dans la bonne ville d’Hondarribia (Fontarrabie

en français), pour déjeuner à l’Alameda, un établissement familial

et étoilé. Je me change avec mes camarades sur un parking de supermarché

et bientôt, me voici en train de me bâfrer de tranches de

bellota, de risotto à la pieuvre et de fromages locaux dégustés sur

du pain fait maison. Mais je ne vois qu’une seule bouteille de vin sur

la table – un blanc pétillant très facile à boire, typique de la région,

le txakoli – alors que nous sommes six à table. Je m’apprête donc à

en commander une autre lorsque je remarque que notre guide, Juan

Carlos Nájera, un ancien vététiste pro, aujourd’hui chargé des événements

de la marque de vélos basques Orbea, ne boit que de l’eau

minérale. Je réalise qu’il nous faut encore retourner à San Sebastián

et décide donc de demander la même chose que lui.

À la fin de la journée de course, j’aurais certainement

été me coucher sans dîner ni même me doucher

si nous n’avions pas été attendus à l’Arzak,

un lieu triplement étoilé au Michelin. Juan Mari

Arzak et sa fille Elena sont considérés comme des

demi-dieux dans la région : le père a notamment

contribué dans les années 1970 à faire émerger

le mouvement de la nouvelle cuisine basque, dont

l’avènement du légendaire El Bulli. Avec Elena, ils

poursuivent leur quête d’innovations tout en restant

fidèles aux ingrédients et aux saveurs de

leurs terres. Alors que je déguste une lotte parfaitement

cuite entourée d’une fine pellicule de

riz vert – le Monkfish Green Witch –, le chef septuagénaire

vient s’enquérir de notre cyclo-trip. Il

aperçoit une quille d’Arzak Gran Reserva 1968 et

nous demande combien de jours il nous reste à

pédaler. Quand il entend ma réponse, il s’éloigne

en secouant la tête, consterné. Je crois qu’il est

temps que nous allions nous coucher.

LIFE 96

Été 2017


CHRISTINA HOLMES (2)

Étape 2 : une part de tortilla

espagnole en bord de plage,

au Café de la Concha, avant

de prendre la direction

du sud-ouest, vers Tolosa.

97


ÉTAPE 2

75 KM // 3H30 // 4 400 CALORIES BRÛLÉES

Je ne sais plus très bien comment je réussis à remonter sur mon

vélo. J’ai dû penser à mes futurs repas, j’imagine. Mon ami et camarade

de course Alex Thoman me donne de la crème pour apaiser

les irritations et autres courbatures – un moment qui deviendra,

comme le Coca, un petit rituel quotidien. Nous avalons un morceau

de tortilla en bord de plage, au Café de la Concha, avant de prendre

la direction du sud-ouest, vers Tolosa, en traversant le parc naturel

de Pagoeta. Kevin Patricio, un autre de mes équipiers, vit à San Sebastián

avec sa femme – celle-ci y est née. Il me parle de la Casa

Julián et de ses steaks, réputés pour faire partie des meilleurs du

monde. Nous nous changeons sur un parking au vu et au su d’une

bande d’adolescentes avant de pénétrer dans ce qui ressemble à la

remise mal rangée d’un restaurant. Puis, nous voici attablés dans

une autre pièce, spartiate et caverneuse : six tables plus que patinées,

un antique poêle à charbon qui trône dans un coin, des bouteilles

aussi vieilles que l’Amérique alignées contre les murs brunis

par la fumée, et voilà, c’est tout. Et je me rappelle que c’est aussi

pour découvrir ces lieux uniques que je fais ce métier.

Nous commandons le menu à six plats, vin compris : des sucrines

simplement salées et agrémentées d’huile d’olive, des poivrons piquillos

marinés, des grosses asperges blanches, des tranches de

lomo pimenté, une bouteille de vin (pas plus) et le plat de résistance

: deux chuletón de buey, des steaks à l’os épais de sept ou

huit centimètres recouverts de gros sel puis grillés à la perfection

par le fils du patron, qui les découpe ensuite en tranches avant de

replacer les os sur le grill pour les caraméliser. Je passe dix minutes

à ronger ces derniers, puis m’enfonce dans ma chaise. C’est

le meilleur steak que j’aie mangé de ma vie. Je ne sais pas comment

j’ai fait pour revenir à San Sebastián sans tomber de ma monture.

ÉTAPE 3

75 KM // 3H30 // 4 300 CALORIES BRÛLÉES

Les courses se feraient-elles plus faciles, ou c’est moi qui m’endurcis

? Dédicace au vélo Orbea Orca que l’on m’a fourni et dont

j’ai été choqué d’apprendre qu’il coûtait plus de 9 000 euros. Pas

très surprenant, donc, que je m’en sorte si bien : mon destrier est

équipé de tous les gadgets dernier cri, y compris d’une boîte de vitesses

électrique. Mais il faut quand même pédaler. Et quand après

une course intense j’arrive à Getaria, une ville côtière, c’est comme

si je n’avais pas mangé depuis des jours. Nous devons déjeuner au

Elkano, un établissement décrit comme l’un des plus grands restaurants

de poisson du monde. Son turbot grillé est même cité parmi

les plats les plus exceptionnels par les spécialistes.

98


Goûter_Vélo trip

Une fois attablés, nous pénétrons un univers culinaire parallèle, où

une cuisson experte succède à une autre. Pieuvre aux oignons caramélisés

et sa sauce à l’encre (celle de la pieuvre, forcément), homard

grillé et ses œufs orange vif, kokotxas (une spécialité basque

que le menu décrit comme « de délicates languettes de chair qui

pendent de la gorge du merlu », autrement dit le double menton du

poisson) servis de trois façons et donc, ce turbot, qui nous arrive

déconstruit en une vingtaine de parties, chacune d’entre elles décrite

par le chef Pedro Arregui avec la même intensité que les déclamations

d’Hamlet dont nous gâtait mon prof de littérature anglaise

à la fac. On nous recommande de manger avec les doigts

et nous nous exécutons ; bientôt nous sommes en train de lécher

les toutes petites arêtes du poisson, enrobées de gélatine naturelle.

Je commence à me demander si tous ces efforts ne déforment

pas trop ma perception gustative. Est-il dieu possible que

je puisse savourer deux des meilleurs repas de ma vie en à peine

vingt-quatre heures ? La remontée vers San Sebastián ne parvient

pas à tempérer mon ardeur, même sous une pluie torrentielle. Je

suis prêt à reprendre la route le lendemain et à aller voir ce que le

Pays basque a encore à m’offrir.

« J’observe les moutons et vaches un par un,

je hume l’air imprégné de réglisse, de lavande…

Je ne suis pas défoncé, je suis juste zen. »

ÉTAPE 4

100 KM // 4H45 // 5 500 CALORIES

BRÛLÉES

À vélo, on remarque des choses que l’on ne

voit pas en conduisant une voiture. On se sent

plus connecté à ce qui nous entoure. On se

retrouve à la merci des intempéries et des

routes en mauvais état ; on prend conscience

que l’on peut tomber dans un ravin à n’importe

quel moment et ne plus jamais revoir

les gens qu’on aime. Cette vulnérabilité rend

plus sensible à l’environnement. Nous pédalons

vers l’ouest en direction

de Mundaka : c’est le plus

long trajet de notre voyage.

Voici trois jours que nous roulons,

nous avons déjà parcouru

200 kilomètres et je comprends

peu à peu ce qui fait

l’attrait de ce genre d’effort

intensif : j’observe les moutons

et vaches un par un, je

marque des haltes devant les

coteaux de vigne, j’inventorie

mentalement les petits jardins

qui s’étendent à l’arrière de

chaque maison basque, je hume

l’air imprégné de réglisse,

de lavande et de sel alors que

nous approchons de la côte.

Je ne suis même pas défoncé,

je suis juste parfaitement zen.

C’est ce que ça fait, de rouler à

vélo toute la journée. Après des kilomètres passés à changer frénétiquement

de vitesse entre les villes de Zumaia et de Lekeitio,

nous faisons une petite halte pour pique-niquer au bord de la route,

sur une corniche surplombant un verger. Cesar nous a préparé

quelques fantastiques tartines de bonito del norte (du thon blanc à

l'huile d'olive) à l’huile d’olive, de jamon iberico et de poivrons guindillas

vinaigrés. Le tout, arrosé de Coca, bien sûr, se termine par

une part de gâteau basque.

ÉTAPE 5

70 KM // 3H30 // 4 500 CALORIES BRÛLÉES

On m’a raconté bien des merveilles au sujet de l’Etxebarri. La

moitié d’entre elles pourrait n’être que baliverne que ce restaurant

resterait tout de même le meilleur moment de mon voyage.

Mais j’ai encore une fois bien des kilomètres à parcourir

Étape 5 : Victor Arguinzoniz (ci-contre), le chef de l’Etxebarri, a créé son propre grill et

recherche les effets subtils que celui-ci peut produire sur les aliments. Ci-dessus, un

spectateur régulier, la vache, et une assiette de pouces-pieds en récompense. Page de

gauche : soupe de haricots agrémentée de chorizo et de boudin au Santuario Urkiola.

2017 Été 99

LIFE


Goûter_Vélo trip

« Nous approchons de l’Urkiola,

alertés par des panneaux anxiogènes :

“Attention : pentes raides.”

Et soudain, mon pneu crève. »

Le plaisir de pédaler

et de se régaler,

entre terre et mer :

« Tu sais pourquoi on

fait ça ?, lance Juan

Carlos à Andrew

Knowlton. Pour

pouvoir manger et

boire tant qu’on veut

après ! ». Ci-dessous,

le chef du Ganbara,

Amaiur Martinez

Ortuzar.

avant d’atteindre le lieu du déjeuner. Après être passés devant

un ermitage du X e siècle dédié à Saint Jean-Baptiste, nous

tournons vers l’intérieur des terres pour rejoindre le petit bourg

d’Axpe, connu pour être un haut lieu de pèlerinage des dévots

du chef Victor Arguinzoniz et de son grill conçu sur mesure. Cet

homme est obsédé par le fumage et par les effets subtils qu’il

peut produire sur les aliments, qu’il s’agisse de beurre, de fromage,

de caviar ou d’huîtres. Son influence sur le métier est aujourd’hui

mondiale. Notre repas dure quatre heures et provoque

des chocs à chaque fois que nous goûtons un plat. Des tomates

fumées accompagnées de thon blanc, des anchois fraîchement

salés sur du pain grillé, d’énormes pédoncules, des gambas écarlates

et une pièce de bœuf de Galice qui tient la comparaison avec

celle dévorée à la Casa Juliàn. Le déjeuner dans son ensemble

frappe par son profond respect du produit, une formule certes

galvaudée mais qui incarne néanmoins ici mieux que nulle autre

l’essence de la cuisine basque. Je me sens alors tellement grisé

par mon expérience que j’en oublie que demain sera le dernier

jour de notre périple. Et que nous devons gravir le mont Anboto,

le plus haut sommet du massif d’Urkiola le terrible.

ÉTAPE 6

50 KM // 2H20 // 2 500 CALORIES

Nous voici dès l’aube remontés sur nos selles et presque aussi vite

en train d’arpenter le bitume. L’Anboto, déjà ? Non, c’est un bébé

colline en comparaison, si j’en crois Juan Carlos. Puis nous approchons

de l’Urkiola, alertés par des panneaux anxiogènes : « Attention

: pentes raides ». Soudain mon pneu crève, mais Cesar le

change en un clin d’œil avant de me dire que je suis bon pour continuer

ma route – facile à dire pour lui qui roule en voiture. « Le

voici », nous indique-t-il un peu plus tard en souriant. Un autre

panneau prévient les conducteurs que l’inclinaison de la côte oscille

entre 12 et 15 %. La route se fait de plus en plus à pic, jusqu’à

ce que j’aie l’impression de grimper un mur. Je baisse mon braquet,

mais rien n’y fait. Mes jambes flageolent. Je me contente

d’appuyer sur une pédale puis sur l’autre. Je songe à zigzaguer

comme je le faisais en BMX quand j’étais petit, mais il y a trop de

bagnoles sur la chaussée, c’est trop dangereux. Je ne peux que

subir le mur sans broncher.

« Tu sais pourquoi on fait ça ?, me lance alors Juan Carlos. Pour

pouvoir manger et boire tant qu’on veut après ! » Mon camarade a

ralenti et m’aide à monter, en me parlant ou en m’encourageant. Je

garde la tête baissée, je ne peux pas abandonner,

pas après avoir fait tout ce chemin. Et au moment

même où je sens que je vais chuter, nous prenons

un virage et j’aperçois alors le sanctuaire

de Saint Antoine. Le sommet. Je vis un moment

d’une intensité telle qu’elle en est presque religieuse.

Je l’ai fait. Maintenant, allons festoyer

à l’Hotel Santuario Urkiola. Juan Carlos commande

du txakoli et, selon la coutume basque, le

verse de très haut pour qu’il mousse bien dans

nos verres. Je commande vite une autre tournée,

puis une troisième. Nous finissons le repas

en ayant achevé six quilles et mangé une soupe

de haricots agrémentée de chorizo et de boudin.

Nous traînons sur place pendant des heures,

car nous n’avons rien d’autre à faire, ni d’autre

endroit où aller. Nous arpentons la place carrée

du bourg, heureux et enfin pompettes. Notre

Tour du Pays basque se termine enfin et l’Urkiola

ne provoque plus en moi la moindre peur

– juste de l’appétit.

LIFE 100

Été 2017


Le menu dégustation bien arrosé

au Mugaritz, un restaurant

deux étoiles, aura raison

de mes guibolles le lendemain.

CARNET D'ADRESSES

Mugaritz. Aldura Gunea Aldea, 20,

20100 Errenteria, Gipuzkoa. mugaritz.com

Alameda. Minasoroeta Kalea, 1, 20280

Hondarribia. restaurantealameda.net/fr

L’Arzac. Alcalde Elósegui, 273, 20015

Donostia, San Sebastián. arzak.es

Café de la Concha. paseo de la

Concha, s/n 20003 San Sebastián.

cafedelaconcha.com/home.htm

Casa Julián. Calle de Sta Klara,

6,20400 Tolosa. casajuliandetolosa.com

Elkano. Herrerieta Kalea, 2, 20808

Getaria. restauranteelkano.com

Etxebarri. San Juan Plaza, 1, 48291

Atxondo, Bizkaia. asadoretxebarri.com

Santuario Urkiola. Urkiola 9 Abadiño,

Bizkaia. hotelsantuariourkiola.com.

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Goûter_Cocktails

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, CONSOMMEZ AVEC MODÉRATION.

LIFE

102 Été 2017


RESTEZ

FRAIS !

L’été appelle le cocktail :

VERRE MERCI, SAC LA TRÉSORERIE

il fait chaud et il fait soif

au bord de la piscine.

Voici cinq grands classiques

à tester et faire tester.

Par Marie Aline

Photographies Paul Rousteau

Stylisme Marie Labarre

L’HIBISCUS

Le bissap est une boisson très

répandue en Afrique de l’Ouest,

et aussi très sucrée. En voici

une version allégée, encore

plus rafraîchissante.

INGRÉDIENTS POUR 2 LITRES

3 cuillères à soupe de fleurs

d’hibiscus séchées.

1 cuillère à soupe de fleurs

d’oranger séchées.

2 citrons verts.

60 g de gingembre frais.

4 branches de menthe fraîche.

Sucre (optionnel).

Faire bouillir un litre d’eau dans

une casserole. Y jeter les fleurs

d’hibiscus et d’oranger et laisser

infuser à feu doux pendant

10 minutes. Filtrer dans une

carafe. Ajouter le deuxième

litre d’eau, les citrons verts

coupés en petits morceaux,

le gingembre épluché et grossièrement

débité, et du sucre

à votre convenance. Briser

les tiges de menthe avant de

les mettre dans l’infusion.

Réserver au frigo pendant au

moins cinq heures. Au moment

de servir, filtrer à nouveau le

breuvage. Ajouter des glaçons.

C’est parti, sirotez !

103


Goûter_Cocktails

LA CITRONNADE

Attention, ce n’est pas un jus de citron pressé

allongé à l’eau. La vraie citronnade passe d’abord

sur le feu !

INGRÉDIENTS POUR 2 L

2 citrons jaunes bien mûrs.

1 orange.

2 litres d’eau.

Sirop de sureau.

Faire bouillir l’eau. Pendant ce temps, découper

les citrons en tranches assez fines, en ayant

pris soin d’enlever les extrémités de l’agrume.

Presser l’orange, réserver le jus. L’eau est bouillante.

La verser dans une grande carafe (ou un

saladier) dans laquelle auront été déposées les

tranches de citron. Laisser infuser une quinzaine

de minutes. Ajouter le sirop de sureau à votre

convenance et le jus de l’orange pressée. Quand

l’eau est assez froide pour y tremper l’index, récupérer

les rondelles de citron et les presser

dans la citronnade. Réserver au frigo au moins

cinq heures avant consommation. Servir avec

beaucoup de glaçons.

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, CONSOMMEZ AVEC MODÉRATION.

L’EAU À LA MENTHE

Simplissime et élégante, cette recette habille de

chic n’importe quelle table.

INGRÉDIENTS POUR 2 LITRES

2 litres d’eau.

Quelques branches de menthe fraîche.

Dans une belle carafe, verser l’eau. Briser deux à

six branches de menthe fraîche, selon votre goût.

Les glisser dans la carafe. Réserver au moins une

heure au frais. Pour le style, retirer les branches

cassées de la carafe et les remplacer par une

belle branche fraîche.

LIFE

104

Été 2017


CARAFE ET VERRE LA TRÉSORERIE, PRESSE-AGRUME MERCI, NAPPE LINUM

105


Goûter_Cocktails

LE MINT JULEP

Le bourbon comme le whisky est souvent associé

aux longues soirées d’hiver. Dans ce classique,

il se boit aisément en maillot de bain.

INGRÉDIENTS

6 cl de bourbon Woodford Reserve.

0,5 cl d’angostura.

1 cuillère à café de sucre roux.

Quelques feuilles de menthe.

Glace pilée.

Traditionnellement, ce cocktail se sert dans une

timbale en argent. Si vous n’en avez pas, ou que

les traditions vous ennuient, utiliser un verre

old fashioned ou carrément la partie en métal

du Boston shaker. Dedans, piler la menthe et le

sucre. Mélanger le tout avec l’angostura. Remplir

le verre de glace pilée et verser le bourbon dessus.

Mélanger et servir avec ou sans paille.

LA MARGARITA

Équilibre parfait entre le sucré, le salé et l’amer,

on pourrait dire que la margarita est l’umami

des cocktails. Elle est surtout la reine des étés

réussis.

INGRÉDIENTS

5 cl de tequila Don Julio Blanco.

3 cl de triple sec (Cointreau, Grand Marnier…).

2 cl de jus de citron vert.

Sel rose d’Himalaya.

Avant tout, commencer par givrer les verres

(des coupes de champagne ou des verres dits

« à margarita »). Pour cela, il suffit d'humecter

les pourtours du récipient à cocktail en passant

une tranche de citron vert tout autour, puis de le

renverser dans une coupelle pleine de sel. Tourner

le verre juste assez pour que son pourtour

soit uniformément recouvert de sel. Mettre les

verres au freezer durant cinq minutes. Verser la

tequila, le triple sec et le jus de citron dans un

shaker rempli de glaçons. Shaker huit secondes,

puis filtrer et servir dans le verre tout juste sorti

du froid. Déguster. S’il y a une deuxième tournée,

sauter l’étape givrage.

TIMBALE CHRISTOFLE, ASSIETTE ET SUCRIER LA TRÉSORERIE, PLAID LINUM

LIFE

106

Été 2017


Et pour

les anti-cocktails ?

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, CONSOMMEZ AVEC MODÉRATION.

Non, les margaritas et autres caïpis,

ce n’est pas vraiment votre truc.

GQ vous propose quelques alternatives

originales et savoureuses.

LE CHAMPAGNE

MOËT ICE IMPERIAL

Puisque vous êtes au bord de

la piscine, autant en boire une.

Pas à la tasse, mais bel et bien

dans un verre à bourgogne

ample et profond. Surtout,

n’oubliez pas les glaçons. Ce

champagne a été spécialement

conçu très sucré pour supporter

la dilution de la glace en cas

de hausse des températures.

Autour de 48 €.

Illustrations François Chaperon

SI VOUS ÊTES PLUTÔT VIN...

LE ROSÉ

LE 281, CHÂTEAU MINUTY

Référence des références dans

sa palette de couleur, le Château

Minuty a développé une

gamme hors du commun : le 281.

Il est à la fois intense et léger.

Une complexité incarnée par

les notes de pêche blanche et

d’iode qui se marient étonnamment

bien.

Autour de 55 €.

LE VIN BLANC

PIERRE PRÉCIEUSE,

ALEXANDRE BAIN

Un sauvignon blanc incisif et

frais, sans être agressif. Ce vin

de Loire est tout ce qu’il faut

pour débuter une soirée haute

en chaleur.

Autour de 20 €.

SI VOUS ÊTES PLUTÔT SODA...

LE TONIC

que les habitants de la botte

Incontournable des meilleurs adorent, que ce soit en cocktail

ou simplement accompagné

bars à cocktails, la Tonic Water

de l’élégante marque Fever d’un rayon de soleil.

Tree est surtout un désaltérant Lurisia, Nostro Chinotto, 3,20 €,

parfait pour qui voudrait rester 27,5 cl.

sage. Elle assure la compétition

avec les tonics faits maison car LA GINGER BEER

la quinine (ingrédient de base Oui, il existe le Canada Dry. Mais

de ce soda) utilisée dans la recette

est l’une des plus pures une ginger beer au plus proche

les gourmets opteront pour

du monde dixit Charles Ross et de l’artisanale, l’une de celles

Tim Warrillow, concepteurs de qui picotent tellement que l’on

la marque.

plisse les yeux avant même d’en

Tonic Water Fever Tree, 1,80 € la avoir bu une gorgée. La Belvoir

bouteille de 20 cl.

est parfaite. Fabriquée avec du

gingembre frais, bio, cuit puis

LE CHINOTTO

mélangé à des citrons également

« propres », et un peu

Largement méconnu en France,

ce soda italien est fabriqué à d’eau pétillante de source. On ne

base d’un agrume originaire peut pas faire plus homemade

de Chine, d’où son nom de en bouteille à décapsuler.

« Petit Chinois ». Il rentre dans Ginger Beer Belvoir, autour de

la grande famille des amers 3 € la bouteille de 25 cl.

107


Chefs

de

campagne

Quatre cuisiniers

hors pair dévoilent

leur recette

pour des déjeuners

sur l’herbe chic

(et sans chips).

Par Lisa Vignoli

Photographies Marion Berrin

D

ès le début l’été, les premières invitations

tombaient. Le mot composé clignotait

alors en objet d’un e-mail ou en tête d’un

enfantin bristol : pique-nique. Sa seule

évocation suffisait à donner l’envie de retirer

ses chaussures, là, tout de suite. Combien

de souvenirs d’enfance, de pluies imprévues, de

madeleines oubliées et de tire-bouchons restés

dans le tiroir de la cuisine dans cette simple

expression ? Eux ont l’habitude de recevoir dans

des fauteuils moelleux, loin de toute improvisation,

de servir des assiettes ultra-dressées sur

des tables nappées de blanc. Quatre chefs ont

accepté de jouer le jeu de la nappe à carreaux et

du panier en osier et de nous dévoiler leur version

du pique-nique haut de gamme.

LES BENTOS SOUS LES CERISIERS

DE MAORI MUROTA

Maori Murota voulait devenir styliste dans une

famille où l’on portait une grande attention à

la table. Partie du Japon à 17 ans, elle a fait ses

classes dans la mode à New York, puis en Indonésie,

avant de s’installer à Paris en 2003. En cuisine,

elle a commencé à proposer chaque jour à

l’heure du déjeuner des bentos au Verre Volé sur

Mer (X e arr. de Paris) avant de s’installer à son

compte. Aujourd’hui, elle donne des cours de cuisine,

imagine des caterings sur mesure pour des

dîners et des événements privés, illustre des

livres de cuisine. Elle se voit plus comme une cuisinière

japonaise que comme une « cheffe ».

« AU JAPON, ON PRATIQUE le pique-nique comme en

France, mais en un peu plus sérieux. J’ai le souvenir,

quand j’étais enfant, que dès que le printemps

commençait, ma mère se réveillait à cinq heures

du matin pour tout préparer. C’était un investissement

de temps important. J’ai grandi entre

Tokyo et Yokohama. À Tokyo, pour pique- niquer,

on trouvait un parc, à Yokohama, nous nous installions

au pied d’une petite montagne. Pendant

la saison des cerisiers – “hanami”, qui dure deux

semaines et signifie “regarder les fleurs, admirer

les cerisiers” – on pique- niquait même ça le

108


Goûter_Pique-nique

C’est le temps

des cerises

aux Buttes-

Chaumont !

CRÉDITS PHOTOS.

2017 Été

109 LIFE


Goûter_Pique-nique

« CHEZ MOI, ON EN FAISAIT tous les week-ends.

J’ai perdu mon père très tôt, à l’âge de 7 ans,

mais le souvenir de nos pique-niques reste tenace.

J’ai grandi à Valence. Le dimanche, on prenait

la route en direction du Vercors pour déjeusoir,

après le travail. L’organisation nécessitait

une vraie direction artistique : on installait

des petites lumières, de beaux tapis… Surtout,

on se battait pour trouver une place sous un cerisier.

Dans mon souvenir, nous étions nombreux,

entre 10 et 20 personnes à chaque fois. Chacun

apportait un bento à partager. Jamais d’assiettes

jetables mais de grandes boîtes rectangulaires

en bois laqué achetées dans des brocantes, de

la vaisselle en porcelaine, et des verres pour le

saké et la bière. Bien sûr, le pique-nique étant un

sport national et les Japonais très organisés, il y

a en cette saison, à l’entrée des parcs, de petits

stands qui vendent de la nourriture. Et c’est aussi

l’occasion de dire “regardez comme ma femme

cuisine bien !” Ma mère préparait des chirashis

garnis de toutes sortes de choses. Elle poussait

le raffinement jusqu’à en composer des tableaux

vus de dessus. Mon mari – qui est français – ne

comprend pas pourquoi je mets tant de temps à

préparer un pique-nique. Lui aurait tendance à

me dire : “Viens, on prend des paquets de chips et

on file au parc des Buttes-Chaumont”. À Paris, les

cerisiers sont rares, d’ailleurs je fais partie d’un

groupe d’expatriés qui partagent les adresses

pour en trouver. Je sais, grâce à nos échanges,

qu’il y en a au parc Monceau ou dans le petit jardin

de l’hôpital Saint-Louis. »

UN CHIRASHIZUSHI EN BENTO

Mélanger du vinaigre de riz,

du sucre et du sel dans un bol.

Faire cuire le riz japonais avec

une tranche de kombu séché

(algue). Une fois le riz cuit et

encore très chaud, y incorporer le

mix vinaigré et laisser refroidir.

Couper une racine de lotus en

fines lamelles et des carottes en

julienne. Réhydrater des shiitakés

séchés (champignons) et les

couper en fines tranches. Faire

une omelette comme une crêpe,

puis la couper finement pour

lui donner un aspect de « fibres ».

Chauffer de l’huile de sésame

dans une poêle. Y faire sauter

les légumes (les garder croquants)

en ajoutant de la sauce de soja,

du vinaigre de riz, du sucre,

du mirin (saké très doux) et laisser

mijoter pendant quelques minutes.

Mélanger le riz et les légumes.

Cuire de l’anguille fumée à la

flamme. Disposer des œufs

de saumon, l’anguille, l’omelette,

des feuilles de shiso tranchées

finement et de l’aneth sur le riz.

LA SALADE DE RIZ EN MAKI

DE JEAN-FRANÇOIS PIÈGE

Élodie et Jean-François Piège se sont en quelque

sorte « rencontrés » autour d’un pique-nique.

C’était en 2007. À l’époque, elle est directrice de

la communication de l’hôtel de Crillon, lui, chef

dans ce même palace parisien. Le challenge :

rendre champêtre, le temps d’un été, un patio

dépourvu de verdure. Pour cela, Jean-François

Piège a imaginé une carte de pique-nique (une

de ses fiertés au Crillon). Et Élodie a contribué à

la faire connaître. C’était leur première collaboration

professionnelle. Depuis, ils ont ensemble

écumé de nombreux parcs autour de déjeuners

sur l’herbe plus intimes.

LIFE 110

Été 2017


LA SALADE DE RIZ EN MAKI

Pour 4 personnes.

1 cuillerée à soupe de mayonnaise,

½ cuillerée à soupe de moutarde

de Dijon, 2 œufs durs, 1 cuillerée

à café de vinaigre de vin rouge,

200 g de riz basmati cuit,

1 tomate, ½ oignon blanc,

1 poivron cuit au four, 8 olives

noires dénoyautées, 6 feuilles de

basilic, sel fin et poivre du moulin.

À l’aide d’une cuillère, mélanger

la mayonnaise avec la moutarde,

les jaunes d’œufs durs hachés

et le vinaigre de vin.

Peler la tomate après l’avoir

plongée 30 secondes dans de

l’eau bouillante, et immédiatement

dans de l’eau très froide.

Hacher finement l’oignon blanc.

Hacher grossièrement le poivron

et la tomate, ainsi que les olives.

Incorporer au mélange de

mayonnaise le riz, puis les autres

ingrédients. Ajouter les feuilles

de basilic concassées avec des

ciseaux. Bien mélanger et vérifier

l’assaisonnement en sel et poivre.

Réaliser plusieurs rouleaux

de salade de riz à l’aide d’un film

alimentaire. Laisser prendre

au frais pendant quelques heures.

Couper tous les 2 centimètres

et enlever le film alimentaire.

Servir les makis tels quels

ou agrémentés de basilic, de

demi-olives ou de tomates cerises.

ner au vert, à l’ombre d’un arbre, pas toujours

dans le même coin. Le plus souvent, nous nous

posions au-dessus de Sainte-Eulalie-en-Royans,

près d’un cours d’eau. Je revois la glacière – qui

est toujours dans le garage de ma maman – la

table pliée et les chaises, et cet immense sentiment

de liberté qui nous envahissait. Nous

n’étions pas seuls pour pique-niquer, il y avait

des amis aussi. Et c’était participatif : chacun

emmenait quelque chose de chez lui. Peut-être

y avait-il, dans nos paquets à nous, cette salade

de riz qui est aujourd’hui l’un de mes plats préférés

? Ça peut être très bon une salade de riz !

Pour ça, il faut tout miser sur les produits : de

bonnes tomates, de bons poivrons, de la ventrèche

de thon excellente, un joli riz parfaitement

cuit… Pour moi, qu’il s’agisse de pique-nique ou

de gastronomie, il faut toujours penser aux clés

de la cuisine qui sont au nombre de trois : le choix

des ingrédients, l’assaisonnement et la cuisson.

À Paris, on ne pique-nique pas. Une fois, il y a

quelques années, on a tenté le coup au pied

de la tour Eiffel, mais ce n’était pas franchement

agréable. Pour moi, c’est un peu compliqué

de m’asseoir au milieu du monde pour manger.

Quand je vais au restaurant, je suis assez

scruté par les gens qui se demandent : “Que commande-t-il

? Est-ce qu’il a l’air d’aimer ?” Du coup,

chez nous, le pique-nique est associé aux États-

Unis, où l’on passe la plupart de nos vacances. On

pose souvent notre panier, par exemple, à Central

Park à New York, au niveau du Metropolitan

Museum. Ça nous amuse d’être allongés là, à ne

rien faire, et de sentir la ville bouger autour de

nous : les promeneurs de chiens, les nounous,

les employés en baskets… À Los Angeles aussi,

on a découvert de nombreux parcs grâce au pique-nique,

et j’ai même trouvé des produits que

111

je ne connaissais pas. À Santa Monica, il y a un

marché incroyable – le Farmers Market – où j’ai

notamment découvert le concombre citron. J’en

ai fait un carpaccio mariné. Et j’ai trouvé l’un des

meilleurs pastramis que j’aie jamais goûtés.

Il faut beaucoup penser le pique-nique. Là-bas, il

faut trouver le parc, faire les courses, préparer.

On se casse la tête : on achète des nappes, des

saladiers qu’on laisse ensuite dans les chambres

d’hôtel. Une fois que tout ça est fait, il faut savoir

en profiter. On joue au Frisbee. C’est un moment

de vie, un plaisir un peu spirituel qui va au-delà

du seul acte de manger. Nous avons aujourd’hui

un fils qui a un an et demi et n’a jamais mangé

comme ça, de manière très libre. J’aimerais lui

transmette le goût de cela. Lui montrer qu’il n’y a

pas que le restaurant. »


LES SANDWICHS BALLS

DE GUILLAUME SANCHEZ

Au bout de la rue André-del-Sarte, en contrebas

du Sacré-Cœur à Paris, où Guillaume Sanchez a

ouvert son restaurant Nomos il y a deux ans, se

trouve le square Louise-Michel. À peine quelques

marches à grimper et quelques bancs à investir.

Quand GQ lui a envoyé une proposition pour qu’il

confie sa version du pique-nique, il a pourtant

relu deux fois le message pour être certain de la

question qu’on lui posait, lui, le chef exigeant au

menu imposé, à la carte d’équilibriste, le tatoué

qui n’a jamais déjeuné sur l’herbe.

Goûter_Pique-nique

« J’AI GRANDI DU CÔTÉ de Bordeaux, au milieu

des vignes, et pourtant je n’ai jamais pique-niqué

de ma vie. Je ne suis pas spécialement contre,

mais généralement, quand je suis dans la nature,

je n’ai pas envie de manger, j’ai envie de cueillir,

de ramasser des choses. Quand j’y pense,

je vois ça comme une façon de faire un peu ce

qu’on veut, de partager, à la coule, loin des restaurants.

Pour ce pique-nique, je me suis demandé

comment mettre Nomos en boîte, comment

transposer ma cuisine de façon à pouvoir la

transporter. Ça a été un vrai challenge ! J’ai eu le

même problème d’imagination quand Deliveroo

– le service de livraison à domicile – s’est rapproché

de moi pour proposer un sandwich à livrer.

J’ai mis six mois à trouver la solution. Cette

fois, j’ai décidé de revisiter deux sandwichs

très classiques. Un jambon-beurre et un saumon-aneth

façon smørrebrød à la nordique. J’ai

choisi de bons produits, dont un merveilleux jambon

de la ferme de Clavisy, près de Noyers-sur-

Serein, dans l’Yonne. J’ai mixé ce qui fait l’inté-

LIFE 112

Été 2017


ieur du sandwich classique (le jambon-beurre et

le saumon-aneth), et avec ça, j’ai formé des petites

balles que j’ai entourées de pâte à ravioles

(jouant le rôle du pain en quelque sorte). Ensuite,

j’ai plongé le tout dans l’huile d’une friteuse pendant

à peine deux minutes. Le résultat créé une

bouchée croustillante à l’extérieur et une surprise

moelleuse à l’intérieur. On peut manger ces

“boules” froides, chaudes ou tièdes, les transporter

facilement où que l’on aille, au bout de la

rue, ou au bout du monde. »

ANTONY HUCHETTE

Des

sandwichs

en une seule

bouchée.

LES SANDWICHS BALLS

Pour la pâte de ravioles noire :

20 g d’encre de seiche, 500 g de

farine de riz, 10 g d’huile d’olive,

340 g de jaunes d’œuf, 5 g de sel.

Mélanger le tout et laisser

reposer 24 heures au froid avant

d’étaler finement la pâte.

Pour la farce : 350 g de porc confit

pendant 36 heures, 25 g de

moutarde, 50 g de sang de porc,

100 g d’oignon, 10 g d’ail, 20 g de

persil plat, 100 g de laitue de mer.

Effilocher le cochon confit

36 heures, puis y ajouter la

moutarde, le sang de porc, les

oignons, l’ail, le persil et la laitue

de mer, le tout haché finement.

Assaisonner le mélange, puis

former des boules. Les poser au

centre de la pâte à ravioles, puis

refermer en enlevant tout l’air a

l’intérieur. Faire frire les ravioles

dans de l’huile de tournesol,

les saler avant de les recouvrir

de poudre de bois d’acacia.

113


Goûter_Pique-nique

LIFE 114

Été 2017


LA SALADE

QUATRE TOMATES

DE STÉPHANIE LE QUELLEC

La chef étoilée du restaurant gastronomique de

l’hôtel du Prince de Galles, La Scène, à Paris,

aime l’été. Mais plutôt que de pique-nique, elle

préfère parler de « cuisine d’extérieur ». L’idée

de partir avec quelques produits et de cuisiner

sur place étant encore la chose la plus excitante.

« CE QUI ME PLAÎT dans cette façon de cuisiner,

c’est qu’il n’y a pas de règles. On sort du cadre de

l’hôtel étoilé, un peu comme si c’était l’heure de

la récré. On peut tout manger dans le désordre.

Acheter deux trois trucs sur le bord de la route et

improviser selon où l’on est, en fonction du terroir

où l’on se trouve et selon son humeur. Je préfère

avoir un bon pique-nique que de ne pas savoir

où je vais m’arrêter déjeuner.

Au début du mois de juin, j’ai emmené mon équipe

à Carrières-sur-Seine, une petite commune des

Yvelines où se trouve l’un de mes producteurs

de légumes. Là-bas, nous avons cueilli des mini-concombres,

pris quelques poireaux nouveaux

et quelques fruits. J’avais emmené dans le

coffre un Big Green Egg – un petit barbecue portable

en forme d’œuf vert – qui permet de faire

cuire à l’étouffée au feu de bois. On s’est alors

amusés à griller les petits poireaux, à disposer

quelques fruits rouges dessus et à accompagner

ça d’une vinaigrette que j’ai faite sur place. Le

reste s’est plus ou moins improvisé avec des tartines

de burrata et de coriandre, accompagnées

d’une harissa maison. Il faut être malin dans le pique-nique,

apporter des éléments un peu rares

qui vont faire que le casse-croûte va prendre un

tournant chic, surprenant et inattendu. C’est un

exercice assez drôle pour un chef car on sort de

notre zone de confort. La seule règle à suivre

est celle de garder l’exigence du bon produit

et du produit de saison. Je fais mes cornichons

chaque hiver, j’en emporte toujours un pot avec

moi. Il y a aussi toujours une petite terrine maison

qui vient se glisser dans le panier. Après, je

m’adapte au cadre. Dans le Sud de la France,

nous partons souvent en promenade en bateau,

je fais alors de bons pans bagnats. J’ai besoin

d’un minimum de confort pour pouvoir savou-

rer l’instant. Je ne peux pas boire un verre de

rosé dans un verre en plastique par exemple. Ou

encore m’installer sur une table au milieu de la

foule. Je n’ai jamais compris ce qui poussait les

gens à s’arrêter sur une aire d’autoroute ou au

bord de la route pour pique-niquer. L’intérêt du

pique-nique est, selon moi, de savourer une cuisine

sauvage dans des endroits inaccessibles, et

non d’être contraint par le lieu où l’on se trouve.

Avant de vivre ici (à Paris, ndlr), c’est quelque

chose que j’ai beaucoup fait avec mes enfants.

Nous habitions dans le Var, dans la commune de

Fayence. On avait deux options : soit aller à la

plage, soit en forêt durant l’automne. C’est toujours

une aventure : on ne sait pas où l’on va aller,

et surtout pas à quelle heure on va revenir !

Cette année, je compte bien insuffler un peu de

cette idée au restaurant. Dans le patio du Prince

de Galles, je vais mettre en place un esprit barbecue.

Ainsi, le soir, on pourra dîner de grillades

au milieu des palmiers, histoire d’oublier qu’on

est à Paris. »

115

LA SALADE QUATRE TOMATES

Pour 4 personnes.

1 tomate jaune, 1 tomate noire

de Crimée, 1 tomate verte zébrée,

1 tomate cœur de bœuf, 20 g

de gingembre frais, 1 gousse d’ail,

20 g de sucre muscovado, 1 citron

vert, 4 framboises, 50 g de

fromage Philadelphia, persil,

menthe, coriandre et basilic.

Monder et couper les tomates

en 4, râper l’ail, le gingembre

et saupoudrer de sucre. Saler,

poivrer. Faire confire le tout

au four à 200 °C pendant

10 minutes Dans l’eau bouillante,

faire cuire le persil, la menthe

et la coriandre. Mixer avec des

glaçons jusqu’à obtention d’une

purée bien lisse. Mélanger cette

purée d’herbe au Philadelphia,

saler, poivrer et ajouter le jus de

citron vert. Déposer les quartiers

de tomates au fond de l’assiette,

des rondelles de framboises

par-dessus, une quenelle de

Philadelphia, un zeste de citron

vert et une pousse de basilic.


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ANTONY HUCHETTE

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POUR BIEN VOYAGER, LIRE, DORMIR, MANGER...

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2017 Été 117

LIFE


DR HARRIS (LONDRES)

C’est la plus vieille pharmacie de Londres. Spécialisée

dans les produits de beauté traditionnels

pour homme (crème à raser, lotion après-rasage,

eaux de Cologne, soins pour le corps) et installée

depuis plus de deux cents ans dans le quartier de

St. James’s à Londres, DR Harris est aussi, et surtout,

le fournisseur officiel de Son Altesse Royale

le Prince de Galles, et de la première classe de la

British Airways.

TACOS

BREDDOS TACOS (LONDRES)

Dans une autre vie, Breddos Tacos était un

« taco truck » de fortune garé au milieu d’un

parking du quartier d’Hackney, à Londres. Aujourd’hui,

il est une jolie et petite taqueria du

centre de Clerkenwell où l’on sert une cuisine

(dont dix délicieux et originaux tacos) inspirée

par les voyages et les très nombreux restaurants

qu’ont visités les propriétaires en Amérique et

au Mexique.

82 GOSWELL RD, LONDRES EC1V 7DB, ROYAUME-UNI.

BREDDOSTACOS.COM

Les assiettes

du Breddos Tacos,

un voyage gustatif

depuis Londres

entre le Mexique

et les États-Unis.

ria de Joshua Pourgol et Oliver Mateen avec sa

façade taguée et colorée (la seule échoppe du

genre dans le coin). Pour passer commande, il

faudra se pencher à la minuscule fenêtre prévue

à cet effet – le menu y est affiché. Chez Tacos Tu

Madre, on sert de grands classiques (crispy fish,

grilled chicken, pastor) et des originaux (Vegan

Banh Mi, Korean BBQ…).

1945 1/2 WESTWOOD BLVD, CA 90025, LOS ANGELES.

TACOSTUMADRE.COM

52 PICCADILLY, LONDRES, W1J 0DX

DRHARRIS.CO.UK

OFFICINA PROFUMO FARMACEUTICA DI SANTA

MARIA NOVELLA (FLORENCE)

Officine d’apothicaire italienne devenue pharmacie-parfumerie,

l’Officina Profumo Farmaceutica

di Santa Maria Novella se situe dans le

complexe de la basilique Santa Maria Novella, la

première de Florence, sur la piazza éponyme. Elle

est réputée en Europe pour ses parfums et ses

soins corporels.

VIA DELLA SCALA, 16, 50123 FLORENCE, ITALIE.

SMNOVELLA.IT

ANTONY HUCHETTE / PRESSE

TACO MARÍA (COSTA MESA)

Son restaurant, le chef Carlos Salgado l’a voulu

à l’image de ses origines. María ? C’est le nom que

portent toutes les femmes de sa famille (génération

après génération). Sa cuisine ? L’Alta California

cuisine, littéralement cuisine de Haute-Californie,

un mélange de recettes mexicaines et

américaines. Et parce que sin maíz, no hay país

(sans maïs, pas de pays, un vieux dicton mexicain),

Salgado apporte un soin tout particulier à

la confection de ses tacos.

3313 HYLAND AVE, COSTA MESA, CA 92626, ÉTATS-UNIS.

TACOMARIA.COM

TACOS TU MADRE (LOS ANGELES)

S’il y avait un dieu du tacos, Tacos Tu Madre

en serait le disciple. Difficile une fois arrivé sur

Westwood Boulevard de manquer la petite taque-

GROOMING

L’OFFICINE UNIVERSELLE BULY (PARIS)

2014 a signé la résurrection de l’officine de Jean-

Vincent Bully, créée en 1787 et installée à Paris

en 1803. Dans sa version nouvelle génération, la

pharmacie de luxe, réinventée par le duo toucheà-tout

Ramdane Touhami et Victoire de Taillac

(ils sont mariés), propose des soins innovants

composés d’ingrédients naturels (ni parabens,

ni phénoxyéthanol, ni silicone). Mais aussi des

parfums à l’eau, sans glycérine et sans alcool, et

des accessoires venus du monde entier (peignes,

éponges, brosses, instruments de coupe, etc.).

6, RUE BONAPARTE, PARIS 6.

BULY1803.COM/FR

L’officine universelle Buly,

un havre des sens en plein Paris

pour marquises et vicomtes.

COMICS

COMICS RECORDS (PARIS)

Dans cette chaleureuse et singulière librairie

dédiée aux comics, près de la République, on

trouve des romans graphiques, des bandes dessinées,

des produits de petites maisons d’édition,

des vinyles d’occasion (rock et funk seulement)

et une quantité d’objets tout droit sortis de l’univers

des comics.

76, RUE CHARLOT, PARIS 3.

COMICSRECORDS.COM

118


Le guide ultime

TOILETTES

ALL STAR COMICS (MELBOURNE)

En 2014, l’échoppe spécialisée dans l’univers

de la BD américaine de super-héros a reçu, de

la part du Comic-Con de San Diego, le « Spirit of

Comics Retailer Award ». Un prix qui récompense

le travail de promotion de l’industrie, la valorisation

des auteurs et la relation clientèle. Depuis,

la boutique de Mitchell Davies et Troy Varker est

considérée comme l’une des meilleures librairies

de comics du monde.

LE STANDARD HOTEL (NEW YORK)

Au Top of The Standard, le bar de l’hôtel au

18 e étage, on s’installe confortablement les yeux

rivés sur la High Line et la One World Trade Center.

L’occasion, s’il en fallait une, de regarder

New York de haut. On en oublierait presque que

les vitres ne sont pas teintées et que d’en bas, les

passants voient tout, absolument tout.

THE STANDARD, HIGH LINE, 848 WASHINGTON ST,

NEW YORK, NY 10014, ÉTATS-UNIS. STANDARDHOTELS.

COM/NEW-YORK/FEATURES/TOP-OF-THE-STANDARD

Pour un tatouage

d’Horiyoshi

the Third,

j’enlève le bas.

ANTONY HUCHETTE / PRESSE

53 QUEEN ST, MELBOURNE VIC 3000, AUSTRALIE.

ALLSTARCOMICS.COM.AU

ST. MARK’S COMICS (NEW YORK)

Les fans de comics pourraient passer des jours

entiers à errer entre les rayons de ce petit magasin

d’East Village. Pas étonnant quand on sait que

depuis 1984, le propriétaire des lieux, Mitch Cutler,

amasse ici un nombre incalculable de titres

populaires, de romans graphiques, de mangas

(dont certains très érotiques), de figurines et

d’objets de collection rarissimes.

11 ST MARKS PL, NEW YORK, NY 10003, ÉTATS-UNIS.

STMARKSCOMICS.COM

MINI PONG (PARIS)

À Pigalle, les lieux de fête ne manquent pas.

Simple et funky, le Mini Pong – un minuscule bar à

la façade rouge sang rue Jean-Baptiste-Pigalle –

est une adresse de référence. Et si la table de

ping-pong du fond a mystérieusement disparu

peu après l’ouverture, on peut toujours suivre

(oralement) des matchs de pros dans les toilettes

aux mille miroirs.

64, RUE JEAN-BAPTISTE-PIGALLE, PARIS 9.

MINIPONGBAR.COM, FACEBOOK.COM/MINIPONGBAR

LE SKETCH (LONDRES)

Il serait dommage de quitter le Sketch et l’atmosphère

Wes Anderson de sa « Gallery » rose

sans avoir visité les restroom. Murs immaculés,

cabine(t)s en forme d’œuf XXL, ambiance sonore

digne d’un space opera, plafond décoré à

la Dance Dance Revolution… Tout ici fait penser

au clip « Hotline Bling » de Drake ou à l’univers

lumineux de James Turrell ou de Dan Flavin.

9 CONDUIT ST, MAYFAIR, W1S 2XG LONDRES, ROYAUME-

UNI. SKETCH.LONDON

TATOUEURS

HORIYOSHI THE THIRD (YOKOHAMA)

Impossible de ne pas évoquer Horiyoshi III, le

célèbre tatoueur, peintre et illustrateur japonais.

Et le maître incontesté du tatouage japonais traditionnel

intégral – comprenez sur le corps entier

(en japonais, on les appelle irezumi ou horimono).

NE.JP/ASAHI/TATTOO/HORIYOSHI3/TOP.HTML

BRIKO TATTOO (LILLE)

Depuis quinze ans, Greg Briko s’illustre dans

le tatouage ultra-coloré et vintage – il est l’un

des spécialistes français du style « old school ».

Reconnu pour son tracé « parfait » – dit-on –, il

officie dans une petite boutique située dans le

quartier de Wazemmes, à Lille. PS : ici, on peut

aussi se faire percer.

26, RUE SAINT-PIERRE-SAINT-PAUL, 59000 LILLE.

FACEBOOK.COM/BRIKO-TATTOO-118265588241166

SAVED THE TATTOO (BROOKLYN)

C’est ici que ceux qui veulent se faire tatouer

par Scott Campbell – il est l’un des tatoueurs les

plus réputés du monde – viennent faire la queue.

Pas de chance pour eux, et pour tous ceux qui auraient

l’idée de faire pareil, il n’est « actuellement

pas disponible pour prendre des rendez-vous ».

Heureusement, beaucoup d’autres artistes talentueux

comme Michelle Tarantelli, Anderson Luna

et Tamara Santibanez pratiquent dans ce studio

new-yorkais.

426 UNION AVENUE, AT THE CORNER OF DEVOE ST BROOK-

LYN NY, 11211. SAVEDTATTOO.COM

Les toilettes du Sketch à Londres,

un petit coin sur orbite.

2017 Été

119

LIFE


VEGANS

LE TRICYCLE (PARIS)

En mai 2015, Coralie Jouhier et Daqui Gomis (ils

ont un look incroyable) ont inauguré rue de Paradis,

dans le 10 e arrondissement de Paris, le Tricycle

store. Une version bétonnée de leur déjà célèbre

Food Bike Vegan. Au menu, des hot dogs aux

noms de rappeurs américains, des vegan bowls,

des « Bento Dog Veggie » de toutes les couleurs

et un menu brunch avec vegan french toast.

51, RUE DE PARADIS, PARIS 10. LETRICYCLE.FR

Un ancien de « Top Chef »,

Joris « Cuisinator » Bijdendijk,

aujourd’hui chef étoilé du Rijks

à Amsterdam.

THE SPRINGS (LOS ANGELES)

Depuis son ouverture en 2014, The Springs est

la destination préférée des pros du bien-être qui

enchaînent les cours de yoga et se désintoxiquent

à grands coups de jus pressés à froid. Ici, on

mange sans gluten, sans œufs et sans produits

laitiers. À la carte uniquement : des produits de

saisons qui varient en fonction du marché (toast,

salades, bowls et wraps).

608 MATEO ST, LOS ANGELES, CA 90021, ÉTATS-UNIS.

THESPRINGSLA.COM

KARAOKÉS

CAFÉS ET RESTAURANTS DE MUSÉE

THE ACORN (VANCOUVER)

Avant d’ouvrir son restaurant dans le centre de

Vancouver, Shira Blustein jouait dans des groupes

de musique punk et rock indé. Avec son chef Brian

Luptak, elle réconcilie aujourd’hui les vegans et

les carnivores autour de plats créatifs, élaborés

à partir d’ingrédients frais et de produits locaux.

3995 MAIN ST, VANCOUVER, BC V5V 3P3 CANADA.

THEACORNRESTAURANT.CA

BAM KARAOKE BOX (PARIS)

Celui-ci illustre le mieux le concept des salles

privatives haut de gamme – rien à voir avec

L’Époque ou La Noche, à Pigalle. Le karaoké, le

vrai, tel qu’il est pratiqué au Japon, avec écrans

tactiles qui permettent de choisir une chanson

ou de commander un verre (il y a un bar à cocktails)

et cabines modulables où tout est encastré,

même les banquettes. Le tout dans une ambiance

d’inspiration rétrofuturiste.

AMMO AU HAMMER MUSEUM (LOS ANGELES)

En 2012, Amy Sweeney a inauguré la version

café de son célèbre Ammo, cantine de l’élite du

divertissement hollywoodien de Los Angeles depuis

quelques décennies déjà, dans la paisible

cour du Hammer Museum. À la carte, un menu de

saison imaginé par le chef Mike Garber et inspiré

du marché local qui change toutes les semaines

(soupes, salades, sandwichs, pâtes, burgers…).

Excellent brunch.

ANTONY HUCHETTE / PRESSE

50, RUE D’ABOUKIR, PARIS 2. 30, RUE RICHER, PARIS 9.

40, AVENUE DE LA RÉPUBLIQUE, PARIS 11.

BAM-KARAOKEBOX.COM

HAMMER MUSEUM, 10899 WILSHIRE BLVD, LOS ANGELES,

CA 90024, ÉTATS-UNIS. AMMOCAFE.COM

KARAOKE KAN (TOKYO)

C’est ici que dans la comédie dramatique de

Sofia Coppola, Lost in Translation, Bill Murray

interprète admirablement « (What’s So Funny

’Bout) Peace Love and Understanding » du

groupe de rock A Perfect Circle aux côtés de

Scarlett Johansson. Pour imiter les deux acteurs

et profiter, comme eux, de la vue sur la rue du

Karaoke Kan, à Shibuya, il faudra demander les

salles 601 ou 602.

30-8 UDAGAWACHO, SHIBUYA 150-0042, JAPON.

KARAOKEKAN.JP

CHEZ IDA (MARSEILLE)

De Claude François à Johnny Hallyday, en passant

par Ophélie Winter, Renaud et les Destiny’s

Child, Chez Ida – au croisement du cours Julien et

de la place Jean-Jaurès – il y en a pour tous les

goûts. Ouvert depuis plus de trente-quatre ans,

le bistrot traditionnel et familial propose même,

le soir, une formule spéciale karaoké à 36 euros.

7, RUE FERDINAND-REY, MARSEILLE 6. CHEZIDA.FR

M. WELLS DINETTE (NEW YORK)

Avec ses tableaux noirs accrochés aux murs,

ses pupitres et ses chaises en métal, la cafétéria

d’Hugue Dufour et Sarah Obraitis au Museum of

Modern Art de New York a des allures de classe

d’école. Pourtant ici, pas de devoirs, juste du

café, de la bière, des salades, des omelettes et

des sandwichs, entre autres.

22-25 JACKSON AVENUE, LONG ISLAND CITY, NEW YORK

11101, ÉTATS-UNIS. MAGASINWELLS.COM/DINETTE

RIJKS (AMSTERDAM)

C’est, ici, au restaurant du Rijksmuseum d’Amsterdam,

le musée néerlandais consacré aux

beaux-arts, à l’artisanat et à l’histoire des Pays-

Bas, qu’officie Joris « Cuisinator » Bijdendijk.

Dans les cuisines du Rijks, le jeune premier de la

saison 4 de « Top Chef », qui a obtenu sa première

étoile en 2014, raconte l’histoire du pays à travers

une cuisine néerlandaise authentique mais moderne,

réalisée à partir de produits locaux.

MUSEUMSTRAAT 2, 1071 AMSTERDAM, PAYS-BAS.

RIJKSRESTAURANT.NL

The Springs à Los Angeles, pour les gens

sains de corps et d’esprit.

120


Le guide ultime

CLUBS DE SPORT

HAH-LAY (BIDART)

En hawaïen, hah lay signifie « maison ». Ouverte

fin juin et située à Bidart, dans les Pyrénées-Atlantiques,

cette surf house de 5 chambres (dont

deux avec terrasse) est probablement l’une des

plus agréables de la côte. Ici, on fait du surf, du

stand up paddle, du yoga, de la méditation, des

randonnées à moto, du trekking, et même de la

pelote basque, entouré de moniteurs diplômés

expérimentés. Pour ce qui est des repas, c’est

« HYF » (« Healthy and Yummy Food »), des plats

élaborés avec un naturopathe, c’est vous dire !

BIDART (DE 80 À 160 € LA NUIT). HAHLAY.COM

LE KLAY (PARIS)

C’est le parfait exemple de la salle de sport nouvelle

génération devenue lieu d’échanges et de

rencontres. Et pour cause, Arthur et Frank-Élie

Benzaquen ont imaginé leur club – ils étaient déjà

ANTONY HUCHETTE / JULIEN CHATELIN DIVERGENCE / PRESSE

proprios du Ken Club – comme un véritable lieu de

vie. Comme dans les hôtels cinq étoiles, on trouve

ici un lobby, un bar lounge, un business center, un

spa, une piscine et une cantine healthy à moitié

vegan et gluten free (le Klay Saint Sauveur).

4 BIS, RUE SAINT-SAUVEUR, PARIS 2. KLAY.FR

HARBOUR CLUB (LONDRES)

Il y a trois salles, toutes à Londres. Celle de

Chelsea met à la disposition de ses membres une

crèche, un restaurant, un teinturier, un coiffeur

et une boutique de vêtements de sport. Celle de

Kensington dispose de plusieurs lounges (dont un

dédié aux rendez-vous professionnels) et d’un

bar. La troisième, à Notting Hill abrite même une

station de lavage automobile. Pratique, non ?

CHELSEA, WATERMEADOW LANE, LONDRES, SW6 2RW.

KENSINGTON, POINT WEST, 116 CROMWELL ROAD,

KENSINGTON, LONDRES, SW7 4XR. NOTTING HILL,

1 ALFRED ROAD, LONDRES, W2 5EY. HARBOURCLUB.COM

OUVERTS APRÈS 23 HEURES

MEAT LIQUOR (LONDRES)

Parce que Londres ne dort jamais, il fallait bien

que certains restaurants restent ouverts jusque

tard dans la nuit. C’est le cas de Meat Liquor, le

temple du burger, des chicken wings et des cocktails.

PS : on sert des frites recouvertes de cheddar,

d’oignons caramélisés, de chili, de moutarde

et de piment jalapeño.

74 WELBECK ST, MARYLEBONE, LONDRES W1G 0BA,

ROYAUME-UNI. MEATLIQUOR.COM/LONDON

L’HÔTEL AMOUR (PARIS)

Au numéro 8 de la rue de Navarin, dans le 9 e arrondissement

de Paris, la cuisine ferme aux alentours

de 23h45. Ce qui fait de l’Hôtel Amour, sa

terrasse cachée, ses plats simples mais délicieux

et ses cocktails, l’endroit idéal pour finir la soirée.

8, RUE DE NAVARIN, PARIS 9. HOTELAMOURPARIS.FR

SUSHI SEKI (NEW YORK)

Si, passé minuit, beaucoup ont envie d’un

énorme burger (ou de tout autre aliment aussi

gras), d’autres préféreront limiter les excès. Quoi

de mieux que l’excellent poisson cru, et frais, de

cette luxueuse cantine japonaise de l’Upper East

Side ouverte toute la semaine jusqu’à 2h30 ? Rien.

1143 1ST AVENUE, NEW YORK, NY 10065, ÉTATS-UNIS.

SUSHISEKI.COM

Le Hah-Lay, à

Bidart, un hôtel

fait pour les

passionnés de

surf, de yoga,

de randonnées

et d’alimentation

healthy.

RAMENS

RAMEN-YA (NEW YORK)

Le ramen, plat traditionnel

ancestral, est réinventé

tous les jours par Shigemi

Kawahara à l’Ippudo à Paris.

Le Ramen-Ya s’est autoproclamé « meilleur

ramen de New York ». Si on ne peut pas vous certifier

que l’info est exacte, on peut au moins vous

assurer que dans ce restaurant de Greenwich

Village on prend la chose très au sérieux, quitte

à comparer la préparation du ramen à celle d’un

samouraï qui livrera bientôt bataille. À la carte,

douze sortes de ramens.

133 W 3RD ST, NEW YORK, NY 10012, ÉTATS-UNIS.

RAMENYA.NYC

TSUTA (TOKYO)

En 2016, la petite échoppe de neuf couverts

recevait les honneurs du Guide Michelin, et une

étoile. Situé dans le quartier de Sugamo, à Tokyo,

Tsuta devenait ainsi le premier restaurant de

ramen étoilé. Derrière la façade, pas de tables,

mais un long comptoir où l’on attend debout de se

voir servir des nouilles au porc grillé et au romarin

ou à la sauce soja goût cèpes. Succès oblige, il

vaut mieux arriver tôt si l’on veut une place.

170-0002 TOKYO, TOSHIMA, SUGAMO 1–14–1, JAPON.

IPPUDO (PARIS)

Certains poètes assurent que les ramens d’Ippudo

sont tel « le cosmos servi dans un bol ». La

faute au parfait équilibre entre les ingrédients,

le bouillon et les pâtes fraîches. Ce que l’on retiendra

surtout, c’est la capacité du chef Shigemi

Kawahara à réinventer chaque jour ce plat ancestral,

inventé il y a plus de trois cents ans.

14, RUE GRÉGOIRE-DE-TOURS, PARIS 6. IPPUDO.FR

2017 Été 121

LIFE


UNE PISCINE SUR LE TOIT

LE DESIGN EN EUROPE

ACE HOTEL (LOS ANGELES)

Inspiré du musée à ciel ouvert de Donald

Judd à Marfa au Texas, l’Upstairs Bar de l’hôtel

quatre étoiles a été aménagé autour d’une petite

piscine depuis laquelle on a une vue imprenable

sur le centre-ville de Los Angeles.

929 S BROADWAY, LOS ANGELES, CA 90015, ÉTATS-UNIS.

ACEHOTEL.COM/LOSANGELES

GRAND HOTEL CENTRAL BARCELONA

(BARCELONE)

Idéalement situé entre le quartier Gòtic, les

anciennes murailles de Barcelone et le quartier

El Born, l’hôtel cinq étoiles accueille sur son toit

l’une des piscines les plus agréables d’Europe.

À débordement, elle se confond avec les toits

alentour et offre aux clients et aux visiteurs (seulement

le soir) une vue panoramique sur la ville.

VIA LAIETANA, 30, 08003 BARCELONE, ESPAGNE.

GRANDHOTELCENTRAL.COM/FOOD-DRINK/SKYBAR

MARINA BAY SANDS (SINGAPOUR)

On la surnomme « l’Infinity Pool », et pour

cause… Sur le rooftop du Marina Bay Sands, à

Singapour, on nage au-dessus du monde, au

57 e étage. Et soudain, face à l’immensité de la ville,

dans ce bain à débordement, la ligne entre fantasme

et réalité devient floue. Dommage que la

piscine ne soit réservée qu’aux clients de l’hôtel.

10 BAYFRONT AVENUE, 018956 SINGAPOUR.

MARINABAYSANDS.COM

MILAN

LA GRANDE MESSE DU DESIGN

Le Salon du meuble de Milan est incontournable

pour tous les professionnels et amateurs de design.

Le centre des expositions de Fiera Milan-Rho

accueille chaque année plus de 2 000 exposants

venus présenter leurs pièces en avant-première

à 300 000 visiteurs provenant de 165 pays. Une

vingtaine de gigantesques halls regroupent les

marques par style, du classique au contemporain,

et par produit, des luminaires au mobilier

en passant par les salles de bains. En parallèle se

déroule la Design Week, des centaines d’événements

organisés partout dans la ville.

ON Y CROISE : des marchands, des journalistes,

des architectes, tous les designers de la planète,

des éditeurs…

QUAND ? Chaque année au mois d’avril.

SITE : salonemilano.it

LONDRES

PLAQUE TOURNANTE DU DESIGN

Au mois de septembre, plusieurs salons ont lieu

à Londres : 100 % Design, Design Junction, London

Design Fair + et des expositions dans toute la ville.

Les plus importantes galeries françaises (kreo,

Patrick Seguin, Carpenters…) y ont une seconde

antenne. Londres vient d’inaugurer son Design

Museum, un des plus importants au monde.

ON Y CROISE : de grands designers, comme Tom

Dixon ou Jasper Morrison, de jeunes designers,

des collectionneurs, des journalistes, des éditeurs.

QUAND ? Au mois de septembre.

SITE : designmuseum.org

STOCKHOLM

LE TOP DU DESIGN SCANDINAVE

La Stockholm Furniture and Light Fair est une

des foires les plus intéressantes du moment. Sur

ce salon, les plus grandes marques scandinaves

présentent leurs nouveautés. On y trouve le meilleur

du design nordique.

ON Y CROISE : des designers, des journalistes,

des dirigeants de maisons d’éditions.

QUAND ? Au mois de février.

SITE : stockholmfurniturelightfair.se

EINDHOVEN

POINTU ET EXPÉRIMENTAL

Dans cette petite ville tristounette de Hollande

se trouve la Design Academy, une des meilleures

écoles de design du monde. Une fois par an, elle

ouvre ses portes pour présenter les projets de

fin d’études de ses étudiants, on vient y repérer

les talents et les tendances de demain.

ON Y CROISE : des designers en devenir, des

chasseurs de tendances, des journalistes, mais

aussi des habitants fiers de leurs talents locaux.

QUAND ? Au mois d’octobre.

SITE : designacademy.nl

ANTONY HUCHETTE / PRESSE

HYÈRES

HYPE

Chaque été a lieu sur les hauteurs de la ville,

à la Villa Noailles, le festival Design Parade : expositions,

concours de jeunes designers, conférences,

c’est le meilleur des festivals de design

d’Europe et aussi le plus branché.

ON Y CROISE : de jeunes designers, des stars du

design, des influenceurs.

QUAND ? Au mois de juillet.

SITE : villanoailles-hyeres.com/design-parade-10/

COPENHAGUE

SHOPPING DESIGN

3 Days of Design se déroule dans toute la ville à

travers de multiples événements et expositions.

Copenhague est idéal pour faire du shopping, il y

a de très beaux showrooms, comme celui de HAY,

de Fritz Hansen et de &tradition.

ON Y CROISE : des designers, des locaux passionnés,

des éditeurs, des journalistes.

QUAND ? En juin

SITE : 3daysofdesign.dk

BÂLE

Les pieds dans l’eau,

la tête dans le ciel à l’Ace Hotel

de Los Angeles.

BUSINESS

Version suisse de la célèbre Design Miami (en

moins festive), on y vient pour admirer les dernières

acquisitions des plus grandes galeries

internationales, de grosses transactions s’y déroulent

(Prouvé, Perriand & Co). Il y a aussi le

musée Vitra à voir absolument à cette occasion.

ON Y CROISE : des collectionneurs, des gens

chics et très riches.

QUAND ? En juin

SITE : artbasel.com

PARIS

FUTURE CAPITALE DESIGN

Maison & Objet, Paris Design Week, Designer’s

Days, PAD… Paris grouille d’événements de design,

mais manque un peu de cohérence.

ON Y CROISE : à Maison & Objet des acheteurs et

des dirigeants de marques, aux Designer’s Days

des designers et des Parisiens, au PAD des collectionneurs,

des galeristes et un peu de people.

QUAND ? Maison &Objet en septembre et en janvier,

le PAD en mars, les Designer’s Days en mai.

122


Le guide ultime

MICHAEL PARKIN-FOLIO ART

COURTRAI

BELLES DÉCOUVERTES

Foire à taille humaine, la Biennale Interieur présente

tous les deux ans le meilleur du design belge.

ON Y CROISE : des professionnels du design, mais

aussi des locaux, heureux de l’événement.

QUAND ? En octobre.

SITE : interieur.be

OSLO

À DÉCOUVRIR

La capitale norvégienne organise depuis peu la

Oslo Design Fair. Après les Suédois et les Danois,

les Norvégiens ont le vent en poupe.

ON Y CROISE : de plus en plus une clientèle internationale,

acheteurs et professionnels.

QUAND ? Fin août, début septembre.

SITE : oslodesignfair.no

ET LE RESTE DU MONDE, ALORS ?

M I AMI

La Miami Beach est

certainement la foire

la plus festive de la

planète. Les grandes

marques (comme

Vuitton) y organisent

aussi des expositions

autour du design.

On y croise : des

collectionneurs,

des fêtards…

Quand ? En décembre.

NEW YORK

Les salons

WantedDesign,

Art + Design sont

de bonnes raisons

de se rendre à New York,

et surtout à Brooklyn,

devenu le quartier

des designers

contemporains :

c’est là que ça se passe.

On y croise : des

collectionneurs

et le gratin du design.

Quand ? WantedDesign

en mai, Art + Design

en novembre.

TORONTO

Le design canadien fait

de plus en plus parler de

lui. Une nouvelle vague à

suivre…

DUBAÏ

Depuis quelques années,

Dubaï s’ouvre au design

avec une Design Week

et le Design Days

Dubaï. A priori un peu

bling-bling, mais comme

nous n’y sommes jamais

allés, l’événement reste

à découvrir.

BRÉSIL

Les passionnés

d’architecture partiront

sur les traces de

l’architecte Oscar

Niemeyer, un parcours

qui va de Rio à Brasilia.

INDE

Destination Chandigarh,

ville nouvelle conçue

par Le Corbusier

et construite en 1947.

La plupart des bâtiments

ont été imaginés

par Pierre Jeanneret.

On y croise : des

antiquaires à l’affût des

dernières trouvailles.

JAPON

Pour les fans

d’architecture

et de design japonais

Isamu Noguchi, Nendo,

Naoto Fukasawa,

le pays du soleil levant

est votre prochaine

destination.

2017 Été 123

LIFE


LECLUB

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POUR VOUS, GQ RÉTABLIT LES PRIVILÈGES. BIENVENUE AU CLUB !

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ANTONY HUCHETTE

JOUER

MOTS CROISÉS, JEU DES 7 ERREURS, COLORIAGE...

Réalisé par Mathieu Le Maux

2017 Été 12 5

LIFE


Jouer

Les mots rayés

Contrairement à ce qu’elle pourrait laisser croire, cette grille

n’est pas traversée par une thématique graveleuse.

O N O S S I R E H T G A L O C H E Ç B M

G O S P S E R S J O T N D U S X S Q I S

L D Q A L I E C R C S I E Z N E U N K C

A R U R N N N A B I E T U I H E O E M O

N A A T I I O R O R T U G C U U L A G U

Noms

d’oiseaux

Mais comment se

nomment-ils ?

BOEING 787 / BOEING 747 /

LOCKHEED SUPER CONSTELLATION /

BOEING 727 / AIRBUS A380 /

AIRBUS A320 / ATR 72

A

D G E I T T M G C A T L I E M U X K R B

C O R E O A A O A H E M F V O M X P U I

N E I F C P R T G L C Y R B C P E L E D

O W O E I D R T E T U O R I B E I U S O

J E P I P V V A I S S E L L E G V M L U

B

T O C I R B A P O L I R X M K R B E A E

E M G C H A P I T E A U U C N E K M V R

S R U O B M A T E P E E O Ç R P I D C E

I L F O N D E M E N T N J L G S R H A M

A E T T E U G A B N R O I O H A A H P I

R S X C E L U O M U I N B V G T U E G L

F E E P O L C Y C G G U D E T V T L F I

C

GETTY (2) / PRESSE

P A S T I L L E N O S A E E L A T O E B

M Ç E T T O M O T X U A E R R A B I H H

B O N B O N N N I W M I G D E L L E P K

D

ABRICOT – ASPERGE – BAGUETTE – BARREAU – BERLINGOT – BIJOUX – BIROUTE – BOCAGE – BONBON – BOULE

CHAPITEAU – CHATTE – CON – CYCLOPE – DRAGÉE – ESCARGOT – ÉPÉE – FIGUE – FRAISE – FONDEMENT

GALOCHE – GARDON – GAULE – GLAND – HARICOT – HÉRISSON – JONC – LIMER – LUNE – LUTIN – MEULE – MICHES

MINOU – MOTTE – MOULE – OBUS – OIGNON – PELLE – PARTIE – PASTILLE – PATIN – PÉTARD – PICOTIN – PIPE – PLUME

POIREAU – POLIR – QUEUE – RAMONER – SCOUBIDOU – SUCETTE – TAMBOUR – VAISSELLE – VALSEUR

E

Qui a dit ?

F

« J’adore les cacahuètes. Tu bois une bière et tu en as marre du goût.

Alors tu manges des cacahuètes. Les cacahuètes, c’est doux et salé,

fort et tendre, comme une femme. Manger des cacahuètes, it’s a really strong

feeling. Et après, tu as de nouveau envie de boire de la bière. Les cacahuètes,

c’est le mouvement perpétuel à la portée de l’homme. »

INDICE : IL A RÉVOLUTIONNÉ LA PHILOSOPHIE BELGE

G

LIFE 126 Été 2017


CHRISTOPHEL (2)

Le jeu des 7 erreurs

Entre la scène des Bronzés (1978) et la version ci-dessous,

retrouvez les quelques dissemblances.

127


Jouer

Les mots fléchés du Capitaine Haddock

Car l’ami de Tintin est le plus fort en punchlines et insultes.

HORIZONTALEMENT

1. Avance sans chaussures.

2. Idiot des montagnes.

3. Homme grossier, mal élevé,

rustre. 4. Dinosaure herbivore

nord-américain de la fin du

Jurassique. 5. Accessoire de

cuisine servant à préparer une

célèbre spécialité belge (sucre

ou Nutella ?). 6. Marionnette et

personnage de la commedia

dell’arte. 7. S’hydrate, même

quand ce n’est pas nécessaire.

8. Artiste se produisant de ville

en ville sous l’Ancien Régime.

9. Substance lumineuse

extériorisée par un médium en

transe ou lors de séance de

spiritisme. 10. « Mille millions

de mille milliards de mille… »

11. Voleur et pilleur.

12. Personne malhonnête,

voleuse et fourbe. 13. Insecte

jaune à rayures noires, gros

mangeur de pommes de terre.

VERTICALEMENT

14. Cavalier mercenaire albanais

de l’armée de l’Empire ottoman.

15. Nom de code du personnage

de Mathieu Kassovitz dans la

série Le Bureau des légendes.

16. Ivrogne. 17. Goths de l’Est.

18. Soldat des unités françaises

d’infanterie légère appartenant

à l’armée d’Afrique.

19. Personne malfaisante,

canaille. 20. Plante rustique dont

les tubercules ont la cote sur les

marchés bobo-bio. 21. Mauvais

conducteur. 22. Individu ridicule

se donnant de grands airs.

23. Film catastrophe de Night

Shyamalan avec Mark Wahlberg.

24. Goths de l’Ouest.

25. Ennemi des pompiers.

26. Crustacé terrestre.

27. Mascotte de Michelin.

28. Grondement du ciel venu

de Brest.

17

8

9 26

R

14

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1 16

2

3

18 19 20

4 5

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B

E

P

21 22

6 24

23

M

T

F

7

25

10

O

Y

F

A

H

RUE DES ARCHIVES / HEMIS (2) / SHUTTERSTOCK (3) / PRESSE

Tours

de taille

A B C D E F

Classez-les

de la plus

haute à la plus

petite.

La tour

Gherkin

Londres

One World

Trade Center

New York

La tour

First

Paris

World Financial

Center

Shanghai

Burj

Khalifa

Dubaï

La tour

CN

Toronto

LIFE 128

Été 2017


Jouer

Engrenage

Pour jeter l’ancre à l’eau, dans quel sens faut-il enclencher le mouvement ?

A

B

Coloriage

Car la vie tout entière est faite de nuances.

RÉPONSES

LES MOTS RAYÉS

O N O S S I R E H T G A L O C H E Ç B M

G O S P S E R S J O T N D U S X S Q I S

L D Q A L I E C R C S I E Z N E U N K C

A R U R N N N A B I E T U I H E O E M O

N A A T I I O R O R T U G C U U L A G U

D G E I T T M G C A T L I E M U X K R B

C O R E O A A O A H E M F V O M X P U I

N E I F C P R T G L C Y R B C P E L E D

FRANÇOIS CHAPERON

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1

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O W O E I D R T E T U O R I B E I U S O

J E P I P V V A I S S E L L E G V M L U

T O C I R B A P O L I R X M K R B E A E

E M G C H A P I T E A U U C N E K M V R

S R U O B M A T E P E E O Ç R P I D C E

I L F O N D E M E N T N J L G S R H A M

A E T T E U G A B N R O I O H A A H P I

R S X C E L U O M U I N B V G T U E G L

F E E P O L C Y C G G U D E T V T L F I

P A S T I L L E N O S A E E L A T O E B

M Ç E T T O M O T X U A E R R A B I H H

B O N B O N N N I W M I G D E L L E P K

QUI A DIT ?

Jean-Claude Van Damme.

LES AVIONS

A. Airbus A320. B. Boeing 747.

C. ATR 72. D. Boeing 727.

E. Airbus A380. F. Boeing 787.

G. Lockheed Super

Constellation

LES 7 ERREURS

La couleur des baskets de

Michel Blanc, la montre de

Christian Clavier, le slip de

bain de la femme derrière

Michel Blanc, les bretelles de

soutien-gorge de la femme

derrière Gérard Jugnot,

la banane dans le slip d’un

figurant, un homme dans le

fond à droite a disparu, les

fleurs en haut à gauche.

LES MOTS FLÉCHÉS

1. Va-nu-pieds. 2. Crétin

des Alpes. 3. Pignouf.

4. Brontosaure. 5. Moule

à gaufres. 6. Polichinelle.

7. Bois-sans-soif.

8. Saltimbanque. 9. Ectoplasme.

10. Sabords. 11. Brigand.

12. Escroc. 13. Doryphore.

14. Bachi-bouzouk. 15. Malotru.

16. Soulographe. 17. Ostrogoths.

18. Zouave. 19. Gredin.

20 Topinambour. 21. Chauffard.

22. Olibrius. 23. Phénomènes.

24. Wisigoths. 25. Pyromane.

26. Cloporte. 27. Bibendum.

28. Tonnerre.

LES TOURS

E (828 m) / F (553 m)/

B (541 m)/ D (492 m)/

C (231 m)/ A (180 m)

ENGRENAGE

Il faut tourner dans le sens B.

129


Jouer

La Mehari à monter

soi-même

On découpe, on colle

et on rigole.

Illustration François Chaperon

LIFE 130

Été 2017


NOUVEAU

.FR

Ce qu’il faut avoir lu, avant d’être vu...

Style

Sport

Food

Pop

Culture

Zzzz...

ILLUSTRATION JEAN-MICHEL TIXIER

Sexe

Tech

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