NOUVELLES DE JÉRUSALEM - Automne 2017

ecolebiblique

Les Nouvelles de Jérusalem sont une revue d'informations de l'École biblique et archéologique française de Jérusalem, 2 à 3 fois par an, elles donnent un aperçu des travaux en cours en exégèse comme en archéologie, ici à Jérusalem. En voici le deuxième numéro couleurs en ligne. Les articles alternent français et anglais.

The Nouvelles de Jérusalem is an information review of the École Biblique et Archéologique française de Jérusalem, 2-3 times a year, they give an overview of the work in progress in both exegesis and archeology, here in Jerusalem. Here is the second color edition online. Articles are sometimes in French sometimes in English.

Nouvelles de Jérusalem

Lettre aux amis de l’École biblique

et archéologique française

N° 94 - Automne 2017

École

biblique e

archéolog

française

Jérusalem


A Dominican Biblical institute housed at the priory of St Stephen

since 1890, the École biblique et archéologique française de

Jérusalem welcomes students and researchers from all over the

world and offers them a unique study experience.

The Ecole thus continues the project of its founder, Father Marie-

Joseph Lagrange: to study the Bible in the land of the Bible, to

bring together both ‘document’ and ‘monument’ in an academically

rigorous way. To do this, the Ecole offers an exceptional study

environment:

Specialised library

International team of teacher-researchers

Regular visits to archaeological sites

Fraternal atmosphere to foster dialogue

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Editorial

Continuity and Transmission

Dear Friends of the Ecole biblique,

The Ecole has experienced a major renewal of its teaching

body over the last two years, thanks to the arrival of several young

Dominicans with degrees in the Biblical sciences. This injection of

new blood was urgently needed following the retirement of a generation

of professors who have all shaped the life of the Ecole, in some

cases over three or four decades. The death earlier this year of fr. Francolino

Gonçalves, expert on the prophetic books, and the imminent

departure from Jerusalem of fr. Marcel Sigrist, renowned Assyriologist

and former director of the Ecole biblique, invite us to reflect on

continuity and transmission.

The Ecole biblique accomplishes its mission with very modest means:

our finances bear no comparison to similar university institutions.

Nevertheless, the Ecole holds its own thanks to the quality and commitment

of its members, and to its capacity to endure through crises,

which this land does not lack. Continuity is one of our strengths.

To be productive, this continuity presupposes that the elders know

how to hand on the received heritage, and that the younger ones know

how to receive it and make it bear fruit. It is a privilege to have the elders

we have. This also places a demand on the new generation, which

needs to show itself worthy of it.

Recevoir et transmettre : c’est une loi de la vie dont l’École biblique

fait actuellement une vive expérience alors qu’elle accueille une

génération de nouveaux professeurs qui mesure ce qu’elle doit à des

aînés remarquables qui ont fait la réputation de l’École. Un beau défi

pour tous.

École Biblique et Archéologique française de Jérusalem

Nablus road 83-85 -POB 19053 -IL 911 9001 Jerusalem

Tél. : 972 2 626 44 68 ext 238 - Fax. : 972 2 628 25 67

www.ebaf.edu - secretariat.ebaf@gmail.com

Fr. Jean Jacques Pérennès, op.

Director of the Ecole biblique

Couverture : Émile Puech et le fr. Jakub Bluj en cours d’épigraphie. © Serge NEGRE


In Memoriam

Fr. Francolino José Gonçalvès, op. (1943-2017)

Les étymologistes locaux font dériver

le nom du village de Corujas,

dans le nord-est du Portugal, de

« hibou ». Les habitants en sont

fiers, puisque cet oiseau est symbole

de science, intelligence et perspicacité

: ils en ont mis quatre sur

l’écusson de la commune, autour

d’une coquille de saint Jacques.

C’est dans ce petit bourg, une cinquantaine

de maisons, que José

Gonçalves vit la lumière le 28 mars

1943. Du hibou, celui que nous

avons connu comme frère Francolino

avait gardé d’abord les yeux ouverts

sur le monde. Il se plaçait, au

réfectoire, à l’extrémité de la table à

droite de l’entrée, pour observer les

parades des frères, des étudiants et

des hôtes, le plateau à la main, dessinant

des parcours tortueux pour

choisir une place. Certaines devenaient

les personnages d’une comédie

dont, jour après jour, il composait

les scènes et les tableaux. Ses

commentaires sur la situation politique,

souvent durs, étaient veinés

de la même compassion critique.

Il avait fait sa profession religieuse

à 17 ans, en 1960. Issu d’une famille

chrétienne mais anticléricale,

être dominicain avait été pour lui

– disait-il quelques jours avant sa

mort – un engagement social. Venu

le moment d’être ordonné prêtre,

quand s’annonçait la tempête de

mai 68, il avait décidé de s’en

passer. Du hibou, il avait aussi la

nature solitaire : les liturgies, avec

leurs rôles sacrés, lui faisaient peur.

Il aimait pourtant l’Office divin en

commun, où on est égaux autour

de la Parole. Il accepta finalement

la prêtrise, mais les conflits causés

par son refus initial avaient rendu

nécessaire un séjour d’études à

Montréal, où il fut ordonné le 9 novembre

1968. Il fut envoyé tout de

suite à Jérusalem.

Pour étonnant que cela puisse paraître,

il aurait voulu s’occuper de

théologie biblique : on lui fit comprendre

que la spéculation n’était

pas dans ses cordes et, son mémoire

ayant mis en lumière sa perspicacité

et son intelligence, il partit à Louvain

faire son doctorat sous la direction

de Pierre Bogaert. Sa thèse,

L’expédition de Sennachérib en Palestine

dans la littérature hébraïque

ancienne, fut publiée en 1986 dans

les Études bibliques, collection dont

il fut ensuite directeur, comme celle

des Cahiers de la Revue biblique,

pour de longues années. Son enseignement

à l’École et dans plusieurs

autres institutions académiques lui

valut nombre d’honneurs et la nomination

en 2008 à la Commission

Biblique Pontificale.

Pour Francolino, les livres prophétiques

dessinent deux formes de yahvisme

: si Jérémie faisait de l’Alliance

la raison ultime de l’obéissance

à Dieu, Isaïe y voyait une

exigence venant de la création. Il

était plutôt proche d’Isaïe et, naturellement,

d’Amos : justice et universalisme

le fascinaient davantage.

Du hibou, Francolino avait aussi le

regard qui scrute les ténèbres. Il ne

cherchait pas la lumière artificielle

des faux mysticismes : il était un

être humain à qui l’humain suffisait.

Dans la variété des caractères

et des comportements il voyait le

visage de Dieu, amoindri mais lumineux,

et les abîmes du mal, grotesques

– comme il appelait souvent

les gestes et les idées porteuses

de mort.

Comme les prophètes, il avait le

don de la caricature et une horreur

profonde de la vanité humaine.

Quand on parlait avec lui, on ne

pouvait prendre au sérieux que la

souffrance. Parce que la souffrance,

infligée ou subie, coupable ou fatale,

nie le Dieu incarné dès la création

du monde.

« Mon Credo : je suis fils de Dieu

déjà par la création, ensuite par la

rédemption », disait-il quelques

jours avant sa mort, qui vint le

cueillir peu avant l’aube du 15

juin 2017.

Fr. Paolo Garuti, op.

Professeur invité de l’École

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Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017


Bible

Translating the Book of Isaiah into Mauritian

Creole: Opportunities and Emerging Questions

Fr. Laurent Rivet is a priest, native

from the Island of Mauritius. He was

student at the École biblique during

the last academic year, ending his

studies at the Università Gregoriana.

The Biblical Society of Mauritius

asked me to participate in the Old

Testament translation project by

working on the Book of Isaiah. In

my creolophone parish in Mauritius,

I had sometimes experienced

the joyful astonishment of my parishioners

hearing, during Mass,

the liturgical readings in Creole.

I knew that I was embarking on a

demanding intellectual task. From

my working desk in Jerusalem I

remembered St Jerome, the patron

saint of translators who lived only

a few kilometres away and spent

thirty difficult years working on the

Vulgate! Somehow I would be able

to help my people to have a better

understanding of God who was

now talking their mother tongue!

The syntatic difficulty

Mauritian Creole is probably

amongst the newest languages

in the world. It was created some

300 years ago by Afro-Malagasy

slaves who, listening to their masters’

French, simultaneously tried

to speak it and to resist it. Today,

Mauritian Creole is the mother

tongue of 85% of the population.

However, it has long remained an

oral language. For ideological and

political reasons, its orthography

was fixed and it has been taught at

school only since 2007. The New

Testament was translated only five

years ago. Thus, Creole linguistic

studies are quite new and only a

few publications and translations

have been made in Creole, with

written poetry slowly emerging.

One can easily suppose that the first

difficulty of translating Hebrew

poetry to Creole would be a syntactic

one. Hebrew verses, generally

composed of two repeated affirmations,

usually use elliptic forms of

expression such that the verb in the

second part of the verse is most of

the time omitted. For example, in

Is 60:19b, the verb היה – to be – is

used only once for both “YHWH

being your everlasting light” and

“God being your splendour”. The

use of such elliptic forms is not very

common in Creole and can obscure

the meaning of a verse. The verse

repetition phenomenon opens us

to another challenge often met by

translators: the lexico-semantic

field. The two parts of the verse are

rarely linked by a mere repetition

but rather by a rhetoric of intensification.

If רוא – light can be translated

in Creole, its intensive partner

הראפת – splendour can be only

be rendered by leaving the “light”

spectrum to give “beauty” or “glory”.

Such examples can be multiplied

all through the book. Talking

of a field in biblical language is

not really a metaphor. The prophet

would often use agricultural and

biological references to deliver his

message: in their semi-desert area,

the fauna and flora are not at all

the same as on a tropical island!

Therefore, Mauritian Creole’s lexicon

does not correspond to the Hebrew

one in this particular aspect.

Another challenge of translating

from Hebrew is the rendering of

theological anthropomorphism.

When in Is 60:13b, Isaiah speaks

of the “place of the feet [of God]”

to indicate the place where he

stands; or in Is 9:11, when he talks

of the “nose [of God] which is not

turned” for “the anger which is not

spent”, can we afford such leaps

without impoverishing the metaphorical

specificity of Hebraic

theological expression? The same

issue is encountered for idiomatic

expressions: shall the covenant still

be תרכ – cut or simply “made”?

Are dynamic translations more

appropriate though they be a bit

anachronistic: in Is 65:3 the brick

in the garden on which incense is

burned is strangely similar to what

we call in Creole “Garden guardian

– gardyn lakour”. In this case, can

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Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017


Archéologie

Un été jordanien pour les archéologues de

l’École biblique

such a Mauritian expression be

used to describe a pagan religious

rite occurring 2,500 years ago? The

list of questions arising could thus

be quite lengthy. I shall conclude

with a last one: ambiguity. Using

the verb עשי – save without the use

of a direct object complement can

either mean in Creole “flee, run

away” or “save”. Shall we accept

in Is 45:15 that Mauritian readers

could understand that God is “fleeing

away” instead of “saving”, especially

since the context does not

offer any semantic indication?

Dialogue between brothers

However, such problematic aspects

should not prevent us talking

about common grounds between

Hebrew and Creole. This had led

to some nice renderings indeed.

We can quite surely say that, at

the time that the Bible was being

written, the Hebrew language did

not have any examples of literary

masterpieces to lean on. Isaiah’s

theological language was not very

conceptual. It was quite anthropomorphic,

playing with images and

concrete realities. So is the Creole

language. I was often surprised to

realise that Creole could leave the

hand of his elder French brother

to play quite spontaneously with

his Hebrew friend he was encountering

for the first time! For sure,

their friendship is breaking new

ground and the comprehensive

dialogue between the two of them

will be a long process. But is it

not God himself, the one who ultimately

speaks, who allowed such

a wonderful encounter? “I am

coming to gather every nation and

every language. They will come to

witness my glory” (Is 66:18).

P. Laurent Rivet

Student of the Pontificia

Università Gregoriana (Roma)

Deux missions en Jordanie ont mobilisé

les archéologues de l’École

biblique au cours de l’été 2017 :

la poursuite de l’étude du matériel

archéologique de Samra et l’étude

des textiles de Qumran au musée de

la Citadelle d’Amman.

À Samra,

sous l’œil des Beni Hasan

L’École biblique a fouillé à Samra,

au nord de la Jordanie, non loin de la

frontière syrienne, de 1981 à 2009.

Caserne romaine sur la via Trajana,

Samra devint une petite ville

florissante, grâce à la pax romana.

Pas moins de onze églises byzantines

ont été découvertes, avant que

le site ne passe lentement à l’Islam

sous les Omeyyades, puis ne soit

abandonné. La publication de la

fouille, commencée dans les années

1990 1 , a été ralentie par d’autres

chantiers confiés aux archéologues

de l’École, en particulier les fouilles

de Gaza, faites à la demande du

gouvernement français après les

accords d’Oslo. Depuis quelques

années, le travail sur l’abondant

matériel de Samra a repris et plusieurs

publications sont imminentes.

Pour cela, une équipe dirigée

par Jean-Baptiste Humbert accompagné

de Jean-Michel de Tarragon,

comptant aussi Manon Saenko

1- Jean-Baptiste Humbert et Alain Desreumaux,

dir., Fouilles de Khirbet es-Samra

en Jordanie I : La voie romaine - Le cimetière

- Les documents épigraphiques ,

Turnhout, Brepols, 1998, 674 p.

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Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

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(restauration, fichiers) et Louis de

Lisle (dessin et chargé de la typologie),

passe l’été entre Samra et Amman,

pour trier, restaurer, dessiner,

photographier. La documentation

est conservée sur le site même de

Samra, dans un dépôt placé sous

la surveillance de la Direction des

Antiquités de Jordanie. Le local, un

ancien baraquement de l’armée turque,

est des plus rustiques : le toit

de zinc en fait un four pendant l’été.

Mais travailler à Samra n’est pas

seulement un défi physique ; cela

suppose aussi une bonne relation

avec la population locale, une tribu

bédouine, les Beni Hasan.

Nous sommes arrivés au village

il y a maintenant 40 ans, et nous

avons suivi son évolution aussi

surprenante que rapide. Les familles

étaient en train de passer des

tentes aux maisons de terre crue.

Il n’y avait pas de voiture, et il

nous fallait 8 km de piste caillouteuse

pour y arriver ; un petit train

à vapeur avec deux wagons passait

une fois par jour, c’était un événement.

Il n’y avait ni eau courante,

ni électricité, ni téléphone, ni télévision.

La steppe sans ombre et sans

végétation s’étendait à l’infini vers

l’est et nous évoquions le désert des

Tartares. L’accueil d’abord timide

fut franc et cordial à l’orientale : les

soirées étaient bédouines à boire du

thé sur les pas de porte en parlant de

tout et de rien.

Aujourd’hui, le romantisme a fait

place au modernisme : l’autoroute

vers la Syrie proche, surchargée de

camions, a coupé le désert en deux

et sur les bas-côtés se succèdent les

usines, garages, stations-service,

cimenterie et, tout contre Samra, la

plus grande station d’épuration des

eaux de toute la Jordanie. La société

villageoise maintenant jongle

avec la bimbeloterie électronique,

roule en voiture, sait tout par les

réseaux sociaux, bénéficie de deux

mosquées. La forte sympathie et

la curiosité d’antan ont fait place à

une fierté musulmane qui parfois

nous toise. Il est vrai que des avions

français à quelque distance décollent

tous les jours pour bombarder

la Syrie : nous sommes tenus à la

discrétion et à l’humilité.

Il y a là, peut-être, une marque

spécifique de l’ÉBAF : nos terrains

d’étude ne sont pas d’abord des

tremplins pour des carrières ou des

ambitions personnelles. L’Orient

n’est pour nous ni un décor ni un

simple sujet de recherches. Nous

sommes là pour mieux le connaître

et quoi qu’il advienne, osons le dire,

pour l’aimer.

Au musée de la Citadelle d’Amman,

étude des textiles de Qumran

Le dossier Qumran dont l’École

est chargée s’étend en territoire jordanien

: l’École, sous licence jordanienne,

a soutenu de bout en bout

la découverte des manuscrits de la

Mer morte, les fouilles et la publication.

Les vicissitudes politiques

de la guerre de Six jours ont fait

qu’une partie de la documentation

était restée à Amman. Le service

israélien des Antiquités de Jérusalem

a mis la main sur le produit

des fouilles jordaniennes entreposé

au Palestinian Archaeological Museum

(Rockefeller Foundation). À

la requête de l’École biblique, les

Antiquités de Jordanie, soucieuses

d’honorer les documents restés sous

leur contrôle, ont mis à notre disposition

les précieux textiles qui avaient

enveloppé les manuscrits. Encore

fallait-il retrouver les six portoirs que

nous avions constitués déjà en 2007.

Nous les avions déposés au Citadel

Museum ; le temps avait passé,

la mémoire des préposés s’était un

peu perdue. Antichambre, thé, café ;

on nous affirmait qu’ils étaient inaccessibles

dans un coffre-fort

dont l’ouverture requérait en même

temps trois personnes impossibles

à réunir en même temps, porteurs

de trois clés différentes, qu’il fallait

l’autorisation d’un ministre, etc. ; «

Revenez l’an prochain ». Après un

tour de passe-passe à l’orientale, le

coffre s’ouvre mais vide.

Retour aux Antiquités qui nous renvoient

au nouveau Jordan Museum.

Antichambre, thé, café ; descente

au sous-sol sécurisé ; re-coffre mais

vide. « Allez voir à Dabarbur, le magasin

de stockage dans la banlieue ».

Antichambre, thé, café ; introduits

dans un hangar aux dimensions

d’une usine, véritable capharnaüm,

on nous montre, entassés sans ordre

sur le sol de béton, 20 m 3 des réserves

récemment transférées du Citadel

Museum ; « Oui, les six portoirs

sont dedans mais interdiction d’y

toucher sans l’ordre du ministre ».

10 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

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Bible In Its Traditions

A First (English) Fruit of the Program: “The

Word of The Lord that Happened to Hosea” 1

Négociations obstinées. « Non c’est

non. Revenez l’an prochain ». Sur

ce constat d’échec, on aperçoit les

fameux portoirs mal camouflés au

bord du tas et couverts de poussière.

L’équipe impatiente de travailler a

joui d’un grand soulagement, mais,

avec l’interdiction formelle de sortir

les textiles hors du magasin, elle dut

échantillonner, comme dans un four,

sous la tôle du hangar pendant la canicule

jordanienne. Mireille Bélis,

chercheur associé à l’École, a dirigé

l’atelier de main de maître ; elle était

assistée de Marie-Hélène Thuillier

(enregistrement et archives) ; Christophe

Moulhérat (Musée des Arts

premiers, Quai Branly), spécialiste

des textiles anciens, a offert une

expertise hautement appréciée ;

il était accompagné de Thibaut

Rabinowitz (Paris IV). Trois cents

pièces de textiles ont été inventoriées

malgré leur très mauvais état

de conservation. Même en lambeaux,

ils sont prometteurs d’une

précieuse information qu’attendent

impatiemment les qumrânologues.

Considérons que l’atelier a commencé

avec un vrai succès et qu’il

mérite d’être répété l’an prochain.

L’École demandera le transfert

des nouvelles boîtes au sous-sol

du Jordan Museum, pour de meilleures

conditions de conservation

et l’espoir de les retrouver sans

trop tergiverser.

Fr. Jean Jacques Pérennès, op.

Directeur de l’École

Fr. Jean-Baptiste Humbert, op.

Responsable du département

Archéologie

In November 2017, the annual conference

of the Society of Biblical

Literature will take place in Boston

where the main contributor to this

volume lives and works. We therefore

decided to begin the publication

of printed works derived from

digital laboratories for our program

of biblical research, with his corpus,

namely with the book of Hosea.

According to the Talmud, “Four

prophets prophesied in one age and

the greatest of all of them was Hosea.”

The book of Hosea is in fact a

key to the Hebrew Bible, a unique

witness to the ancientness of Scripture,

as it offers a number of the oldest

attestations of the one or other

tradition, for example the Exodus,

the Decalog as well as such patriarchal

legends as the cycle of Jacob…

Theological Revolution

But Hosea is much more than a deposit

of ancient traditions. Hosea’s

prophecy harbors phrases that have

transformed the image of God forever:

Because of this, behold, it is I who

will lead her astray and lead her

down into a wilderness and speak

to her heart. (Hos 2:14)

And I will betroth you to myself forever

and I will betroth you to myself

in righteousness and in justice and

in kindness. (Hos 2:19)

1- Leuwen: Peeters, 2017.

Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

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My people perish for lack of the

knowledge. (Hos 4:6)

He will revive us after two days;

on the third day he will raise us

up and we will live before his face.

(Hos 6:2)

Out of Egypt I have called out to my

son. (Hos 11:1)

My heart has turned against me,

my consolations have been kindled

I will not do the heat of my anger...

For I myself am God and not man.

(Hos 11:8-9)

For I desire kindness and not sacrifice,

and knowledge of God rather

than burnt offerings. (Hos 6:6)

Where [is] your judgment, Death?

Where [is] your sting, Hades?

(Hos 13:14)

In compiling as best they could

fourteen chapters of glowing poetry,

the ancient prophet of more than

twenty-eight centuries ago and

those who transmitted him gathered

words that are forever living.

Complaints and threats by the lover

who had been turned away, the

groaning of the deceived and still

smitten husband, the implacable

indictment by the angry judge, the

triumphant blast of the trumpet, the

father’s tender encouragement of

his children – far from the immobile

first mover of Greek philosophy:

this is literally the heart of a passionate

God who pours out his feelings

that are turned upside down with

humanity in these inspired pages.

Collaborative Work

Eugen Pentiuc, who is now professor

of Old Testament and Hebrew

and Associate Dean of Academic

Affairs for Hellenic College and

Holy Cross in Brookline, MA, is

a former student of the ÉBAF. He

did us the favor of joining the research

program from the time it

was launched at the 2006 Catholic

Biblical Association (Fordham

University). As a specialist in Hosea,

he had already published a commentary

on this book in Romanian

in 2001. The impulse given to our

work by Eugen has brought to the

present writing its clearly philological

contour, perseverance in formulating

historical hypotheses throughout

Hosea’s ancient prophecies, and

an emphasis on the present-day relevance

of Hosea’s teaching about

the true personality of God, whose

intimacy with the human being

went even to the incarnation 2 . Three

other translators and philologists —

fr. Łukasz Popko op. (of the Ecole),

fr. Etienne Méténier beat., and Gad

Barnea — made it possible to perfect

the translation by moving to

notes all conjectures concerning the

Hebrew text and by systematically

adding the readings found in the

various versions, while eight other

scholars enriched it with the history

of the book’s reception.

2- cf. Eugen J. Pentiuc, Jesus the Messiah

in the Hebrew Bible, New York / Mahwah,

N.J.: Paulist Press, 2006

14 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017


The editorial committee had considerable

work to do for almost

nine months, with each person

dedicating him- and herself for

the revision and elaboration of

notes in their field of competence:

fr. Jorge Vargas Op. for the translation

and philological annotation,

fr. Paul-Marie Chango Op. for

philosophy, fr. Augustin Tavardon

OCSO. for Protestant readings, fr.

Olivier-Thomas Venard Op. for the

literary description, suggestions

for reading and supervision of the

history of the book’s reception.

Five external collaborators brought

us their expertise for annotating

the prophet in Christian tradition,

mysticism, the visual arts and Jewish

tradition. Some dozen translators-editors

also intervened in order

to adapt the material that was

written in French.

Thus for Hosea, as also for the Letter

to the Philippians, it was our Jerusalem

team that filled in numerous

rubrics of annotations that had

been left empty by the first contributors.

Fortunately, for the books

that are planned for the next few

years, teams took the responsibility

and have already done abundant

work on all the rubrics. This will

enable the editorial team better to

accompany the work of the teams

as a whole and to communicate

more often on the advances being

made.

In any case, in spite of unavoidable

gaps mentioned in the introduction,

we are proud of these first results.

For the first time, the four great

versions in which this Word has

gone through the centuries – the

Masoretic text, the Septuagint, the

Vulgate and the Syriac version –

have been collated and meticulously

translated into English on the

same page; this is accompanied by

a wealth of annotations that allow

one to hear the echoes throughout

the various periods, the confessions

and the disciplines, from textual

criticism to films, passing by

way of the Jewish and Christian

traditions, literature, painting and

music.

Who is wise and will understand

these — intelligent and will know

these? (Hos 14:9).

Fr. Olivier-Thomas Venard, Op.

Vice-director of the Ecole

Executive director of

La Bible en ses Traditions

Bible en ses Traditions

Les interprétations protestantes du livre de

l’Apocalypse

David Vincent est doctorant en

Sciences Religieuses à l’École Pratique

des Hautes Études (Paris) et

chercheur associé au programme

Bible en ses Traditions. Il nous

explique le lien entre son sujet de

thèse et son travail pour le projet.

Ma découverte du programme remonte

à deux ans environ. À cette

époque, mon sujet de thèse n’était

pas encore fixé, mais j’ai tout de

suite été intéressé par le projet, sans

savoir alors que je pourrai y contribuer

un jour. J’ai ensuite eu l’occasion

de rencontrer le fr. Olivier-

Thomas Venard op. lors d’un de ses

passages à Paris. Mon sujet de thèse

commençait alors à se dessiner et

était susceptible de l’intéresser. En

septembre dernier, j’ai officiellement

commencé mon doctorat à

l’École Pratique des Hautes-Études

avec une recherche sur le dispensationalisme.

Courant théologique

protestant créé au XIX e siècle

par John Nelson Darby (1800-

1882), il est peu connu en France

mais très influent en Amérique du

Nord, où l’on compte aujourd’hui,

d’après les dernières estimations

datant de 2011, environ 40 millions

d’adeptes.

Le dispensationalisme est un système

complet d’interprétation de

la Bible, connu surtout pour son «

eschatologie », c’est-à-dire sa doctrine

de la fin des temps. Ce système

théologique se fonde sur une lecture

très littérale des textes bibliques, y

16 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

17


compris les textes apocalyptiques

(principalement l’Apocalypse de

Jean, Ezéchiel et Daniel), ce qui

conduit ses adeptes à attendre une

fin du monde catastrophique et imminente.

Cette attente a des conséquences

importantes dans de nombreux

domaines et a marqué durablement

la société américaine au cours du

XX e siècle, grâce notamment à la

diffusion de romans à succès vendus

à plusieurs dizaines de millions

d’exemplaires. Bien que très récent,

ce courant constitue une « tradition

» importante de réception de

la Bible qu’il me paraissait important

de prendre en considération,

puisqu’elle touche directement ou

indirectement la vie de plusieurs

millions de personnes, tout en restant

méconnue dans les pays francophones.

Au sein du programme, ma participation

ne se limite toutefois pas

à ce seul courant, puisque je travaille

sur la réception de la Bible au

sein du protestantisme en général.

Durant mes trois mois à Jérusalem,

je me suis concentré sur le livre de

l’Apocalypse, qui nécessitait une

approche particulière. En effet, le

protestantisme contient en son sein

de nombreux courants, toutefois

les interprétations protestantes de

l’Apocalypse ne recoupent pas les

différentes dénominations. Une

première tâche consistait donc déjà

à repérer les grandes tendances de

l’exégèse protestante. On peut historiquement

distinguer trois grands

types d’interprétation de l’Apocalypse

: le prétérisme, l’historicisme

et le futurisme. Ces trois approches

peuvent être distinguées en fonction

de leur compréhension des

chapitres 4 à 19. D’une manière

simplifiée, on peut dire que les

prétéristes considèrent que les prophéties

décrites dans ces chapitres

4 à 19 ont déjà été accomplies, les

historicistes qu’elles sont en cours

d’accomplissement et les futuristes

qu’elles vont s’accomplir. Une fois

cette typologie établie, il a fallu sélectionner

des commentaires représentatifs

de ces différentes interprétations,

puis procéder à une annotation

linéaire.

Bien que dépassant mon sujet de

thèse, ce travail a aussi été très utile

pour ma recherche personnelle,

puisqu’il a permis une approche

comparative et c’est avec plaisir

que je le poursuivrai sur d’autres

livres.

David Vincent

Chercheur associé du programme

La Bible en ses Traditions

Étudiants

Une histoire des chrétiens

melkites en Syrie-Palestine

Mathilde Boudier est doctorante à

l’Université Paris I Panthéon Sorbonne,

au laboratoire Orient &

Méditerranée. Au cours de l’année

académique 2016-2017, elle était

l’une des boursières de l’Académie

des Inscriptions et Belles-Lettres en

résidence à l’École. Elle travaille sur

« l’histoire des chrétiens melkites et

de leur Église en Syrie-Palestine du

VII e au X e siècle » et nous en dit plus

sur son année à Jérusalem.

Pouvez-vous nous en dire plus

sur votre sujet de thèse ?

Je veux étudier l’évolution des

institutions chrétiennes dans les

régions conquises par l’Islam sur

l’empire byzantin, le fonctionnement

et le rôle de l’Église melkite

(au sens médiéval du terme) dans

la société syro-palestinienne, alors

en pleine recomposition. Pour ma

thèse, je rassemble les informations

que l’on a sur les hiérarchies

ecclésiastiques, l’évolution du rôle

des évêques et patriarches et les

transformations culturelles et liturgiques

de la région. J’essaye de

repérer les spécificités de l’Église

melkite, mais aussi les variations

culturelles en fonction des régions.

Pour cela, j’utilise des sources

grecques, arabes et syriaques qui

peuvent être des chroniques historiques,

des vies de saints, des

textes apologétiques… Je travaille

notamment sur un dossier de lettres

inédites à propos d’un conflit ayant

eu lieu à Damas à la fin du IX è

siècle au sein de l’Église melkite.

18 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

19


Pourquoi venir ici à Jérusalem, et

pourquoi à l’École biblique ?

C’est le terrain de mes recherches. Je

voulais passer du temps sur ces lieux,

mieux comprendre la géographie du

pays, je voulais aussi découvrir plus

concrètement la vie des communautés

chrétiennes orientales, leurs

rites, etc. J’ai d’ailleurs pu faire des

rencontres importantes pour mon

approche de ces Églises, notamment

le secrétaire du patriarcat grec-orthodoxe,

ami de l’École biblique et du P.

Émile Puech, Mgr Aristarchos Peristeris,

qui m’a permis d’avoir accès à

la bibliothèque du patriarcat de Jérusalem

et d’y consulter des manuscrits

médiévaux, ce qui est essentiel

pour me former à leur étude.

Quant à l’École biblique, le lieu

m’attirait bien sûr pour le cadre de

travail, la bibliothèque et la communauté

de chercheurs. L’activité

archéologique de l’École aussi : le

« musée » est un lieu unique. C’est

une vraie chance d’avoir son propre

bureau à la bibliothèque, de pouvoir

y laisser ses documents de travail,

d’avoir un accès libre à tous les

ouvrages. J’ai aussi suivi le cours

de topographie hebdomadaire, un

gros investissement en temps mais

qui permet d’avoir une approche

pas seulement « livresque » de

la région. La longue période passée

ici m’a permis de rencontrer

des archéologues de l’IFPO et du

CRFJ, de programmer des lectures

de textes grecs avec les étudiants de

l’Institut Polis voisin, de progresser

en dialecte arabe palestinien…

Ça a été aussi exceptionnel de pouvoir

vivre les différentes saisons à Jérusalem

: l’Avent, Noël, Pâques, les

grandes fêtes musulmanes et juives,

etc. Cette année était particulière :

la période de Pâques était commune

aux différentes Églises chrétiennes.

Qu’avez-vous découvert à l’École

que vous n’imaginiez pas ?

L’ambiance ! Je n’avais pas imaginé

l’atmosphère d’amitié et de fraternité,

très différente de ce qu’on peut

vivre comme doctorante à Paris. À

l’École on vit avec des personnes

d’horizons différents, des jeunes

prêtres en fin de formation, des

universitaires de différentes nationalités,

des chercheurs dans des domaines

variés, etc. On a notamment

assisté à des moments d’anthologie

avec une soirée de fin de semestre

animée par des talents insoupçonnés,

allant de l’opéra à la danse en

passant par le théâtre ou la poésie !

On a même eu le droit à des poèmes

dans le théâtre romain de Jérash

pendant le voyage d’études en Jordanie

ou encore du chant polyphonique

dans les grottes calcaires de

Tel Maresha (Beit Jibrin) !

Propos recueillis

par Amaury Perrachon

Publications

Reimagining Luke’s Economy of Salvation

The thesis of Fr. Anthony Giambrone

Op., Sacramental Charity,

Creditor Christology, and the

Economy of Salvation in Luke’s

Gospel, has just been published.

Gary Anderson was his research

director.

The importance of charity for

Luke-Acts has long been recognized.

But previous work has

been weakened by a failure to

reckon seriously with the Second

Temple Jewish context of the

Gospel. Related to this historical

error is a deficit in contemporary

theological imagination. As

Max Weber famously observed,

modern persons live in a “disenchanted”

world. By this he meant

the evacuation of a vivid sense for

the transcendent in daily experience.

As a result, charity tends

to be reduced to its concrete social

value. But for Jewish persons of

Jesus’ day charitable actions had a

decidedly transcendent or “sacramental”

status, meaning that they

not only addressed social needs

but were a privileged way of encountering

God; in many Jewish

circles the importance of charity

rivaled that of Temple-service.

Fr. Giambrone’s contribution is to

read the third Gospel afresh with

an eye cocked toward this sacramental

dimension.

The book takes as its point of

departure a close reading of several

neglected or unsatisfactorily

treated portions of the Gospel:

7:36-50; 10:25-37; and 16:1-31.

After an introductory chapter that

surveys recent scholarship, Giambrone

begins with a discussion of

the plea for forgiveness in the Our

Father (11:4) and a close reading

of the story of the sinful woman

(7:36-50). Here the aim is to disclose

how the metaphor of financial

indebtedness informs the way

forgiveness is understood. For

Luke it is God alone who can forgive

sins, but humans can contri-

20 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

21


ute to this process by forgiving

monetary debts. This distinction

is exemplified in Luke 7 through

the parable of the Two Debtors

that Jesus tells in order to flesh

out the significance of the woman’s

charitable actions. Her act

of hospitality is construed as a fit

display of repentance and hence

a trustworthy means of securing

divine forgiveness.

The book then turns to consider

the way in which the command to

love one’s neighbor (Lev 19:18)

is related to charity and how that

exegetical move, in turn, informs

the story of the Good Samaritan

(10:25-37). Giambrone proposes

that the importance of the final

verses of the parable has been

overlooked. He suggests that the

line of credit opened between the

Samaritan and the Innkeeper is

directly related to the motif of a

creditor Christology that he introduced

in the previous chapter.

Variation and paradigms

His final exegetical probe concerns

the difficult story of the Dishonest

Steward (16:1-8) and the Rich Man

and Lazarus (Luke 16:19-31). He

addresses how the two stories are

related and explains the exegetical

value of the non-parabolic

teachings that sit between them

(16:9-18). In this probe, another

variation on the “debt/sin” motif is

discovered and two different soteriological

paradigms are explored:

one governed by the grammar of

repayment, the other by a gracious

remission of debt. Though deference

in the Gospel is shown toward

the later, the former includes

a place for human agency, specifically

that of showing mercy to

the poor. Finally, the importance

of the economic soteriology of

Prov 10:2 (“almsgiving delivers

from death”) – a passage long neglected

in the study of Luke – is

given its due.

The book closes with a discussion

of the work’s theological implications.

Giambrone situates Luke’s

perspective on charity over against

other texts in the New Testament.

He also addresses points of dispute

about the meritorious character of

charitable deeds among Protestant

and Catholic exegetes.

Prof. Gary Anderson

Hesburgh Professor of Catholic

Theology Biblical Studies / Christianity

and Judaism in Antiquity

University of Notre Dame, Indiana

Photothèque

Les clichés de l’École exposés en Jordanie, en

Pologne et aux États-Unis

Jordanie

Jordan River

À Ammân, Institut français de Jordanie

(ex-CCF), Jabal al-Weibdeh,

du 9 au 30 avril 2017.

Pour le 4 e Image Festival d’Amman,

organisé par M me Linda al-Khoury,

ce sont 15 tirages noir & blanc et

un couleur (diapositive de 1954),

sur l’identité du fleuve Jourdain qui

ont été exposés. Provenance : fonds

des Dominicains, des Assomptionnistes,

des Pères Blancs et des Salésiens.

Tirages faits à Ammân par les

soins de M me al-Khoury. L’ambassadeur

de France en Jordanie, M.

David Bertolotti, était présent au

vernissage.

Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

Identité des lieux et des hommes en

Jordanie - The Identity of Places

and People in Jordan

À Ammân, Institut espagnol Cervantès,

IIIe Cercle, Jabal Amman,

du 11 au 22 avril 2017. Dans le cadre

du même Festival dont le thème général

était cette année « Identity »,

49 tirages noir & blanc : les villes

ou villages d’autrefois en Jordanie,

y compris la capitale, et des types

humains.

Pologne

Jérusalem pérennisée - Jerozolima

utrwalona

À Cracovie, dans le cloître du couvent

des pères Dominicains de la

ville. L’exposition s’inscrivait dans

22 23


le cadre du Jewish Culture Festival,

dont le thème était la de Jérusalem.

Environ 46 tirages étaient présentés,

choisis par M me Iza Wałek, commissaire.

Le vernissage avait lieu le 25

juin 2017 ; et l’exposition devrait

durer jusque fin septembre.

États-Unis

Marking the Sacred.

The Temple Mount / Haram al-

Sharif in Jerusalem

Du 3 mai au 10 juillet 2017, une trentaine

de photographies anciennes du

fonds du couvent étaient exposées au

Providence College des dominicains

américains (État du Rhode Island).

Le point de départ est une illustration

proposée lors du colloque oecuménique,

archéologique et historique qui

s’y est tenu du 3 au 6 juin 2017, sous

le même titre que l’exposition. L’exposition

est faite de tirages réalisés à

Providence même à partir de fichiers

numériques que le fr. Jean-Michel de

Tarragon op., avait fourni à Madame

Beatrice Saint-Laurent, l’organisatrice

de l’exposition, lors du séjour

de cette dernière à l’Albright Institute,

à Jérusalem en 2016. Sur place

Madame Joan Branham, professeur

et vice-doyenne à l’université

dominicaine a monté l’exposition

avec Beatrice Saint-Laurent (qui,

elle, enseigne à Bridgewater State

University); les deux dames ont fait

publier un catalogue de l’exposition,

Exhibition Guide, avec des légendes

copieuses par Mme Saint-Laurent.

Le thème général étant, comme le

titre l’indique, les monuments du

Haram al-Sharif, les photos représentent

l’Esplanade et ses mosquées.

Fr. Jean-Michel de Tarragon, op.

Responsable de la photothèque

Actualités

Appelé comme prêtre au service de la Parole

Olivier Catel a été ordonné prêtre

à la cathédrale de Lille le 2 juillet

2017. À peine ordonné, il redécollait

pour ses derniers examens de

l’année à Jérusalem. C’est là qu’il

vit ses premières années d’apostolat,

entre l’étude et l’accompagnement

des fidèles de Terre sainte.

Arrivé en septembre 2016 au couvent

Saint-Étienne, comme diacre,

j’ai commencé mes études de Bible

à l’Université hébraïque. Très vite,

j’ai trouvé un apostolat au Collège

des frères, dans la Vieille ville, où

j’enseigne le français deux heures

par semaine. Je suis aussi devenu

aumônier du groupe Scouts et

Guides de France de Jérusalem. Des

apostolats, pourquoi ? Tout simplement

parce que notre vie est une vie

d’étude mais aussi de l’annonce de

la Parole, une vie auprès du peuple

de Dieu qui nous est donné et auquel

nous sommes donnés. Comme

diacre, j’ai pu prêcher, participer à la

messe consulaire de la Saint-Étienne

et aux grandes liturgies de Pâques

en particulier, mais c’est véritablement

avec mon groupe scout que j’ai

ressenti ce besoin de devenir prêtre.

Que répondre à un jeune scout qui

regrette que son aumônier ne puisse

pas célébrer l’eucharistie pour offrir

à Dieu tout ce que nous avons

vécu ensemble ? Dans la vie dominicaine,

l’appel au sacerdoce prend

des chemins bien différents : certains

entrent en voulant être prêtres,

d’autres découvrent cet appel au

Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017

24 25


cœur de leur vie religieuse, d’autres

encore hésitent quelques années.

Le Seigneur trace pour chacun une

route mais nous avons tous besoin, à

un moment, de cet appel de l’Église,

de l’appel du peuple de Dieu. Après

huit ans de préparation, j’ai donc été

ordonné prêtre avec quatre autres

frères dominicains à la Cathédrale

de la Treille de Lille, le dimanche 2

juillet, en présence de plus de cent

trente frères dominicains venus pour

les Journées provinciales de la Province

de France. Ce fut un moment

de grande joie, d’actions de grâce.

Ce qui m’a marqué, c’est la joie du

peuple de Dieu d’avoir de nouveaux

pasteurs, le sens profond d’une responsabilité

nouvelle, d’un « fardeau

léger » à porter. Tout cela est

quelque peu étourdissant mais reste

la conviction profonde que Dieu est

celui qui assure et garantit cette nouvelle

mission.

Le couvent est célèbre pour son

École et sa bibliothèque mais la célébration

de la liturgie et de l’eucharistie

est bien ce qui donne fondement

à notre étude et à notre manière particulière

de prêcher. Me voilà donc

engagé dans cette démarche de foi et

d’étude, avec mes vingt-deux frères,

m’inscrivant dans une tradition mais

aussi appelé à ouvrir de nouvelles

voies avec tout ce qui m’a précédé.

Le sacerdoce participe de cette mission

du Christ qui récapitule tout : il

ne s’agit pas d’abandonner sa « vie

26

d’avant » mais plutôt de considérer

que tout cela fait partie de mon histoire

sainte, il ne s’agit pas de tout

vouloir reconstruire à partir de rien

mais d’assumer un héritage dans un

esprit de liberté. On n’étudiera pas

exactement comme le firent les premiers

pères de l’École, on ne vivra

pas comme vécurent les pionniers

de l’École car le pays dans lequel

nous nous trouvons change et nous

devons répondre aux demandes

d’aujourd’hui. Mais la vie de l’École

ne s’arrête pas à ses hauts murs : je

continuerai ces espaces d’apostolat

à l’extérieur parce que le peuple de

Dieu a besoin de chercheurs mais

aussi de pasteurs et parce que, moi

aussi, j’ai besoin de connaître les

attentes des chrétiens. L’étude peut

être desséchante, aride si elle n’est

pas nourrie d’une vie de foi : comment

étudier la Parole de Dieu sans

la voir en action dans le monde ? La

Bible n’est pas un texte mais une

Parole, elle a donc besoin de voix.

Je suis confiant, cette vie sacerdotale

me permettra de mieux connaître et

servir cette Parole pour mieux l’étudier

et la transmettre.

Fr. Olivier Catel, op.

Étudiant à l’Université hébraïque

News

Bible & Archaeology :

A Polish Summer Session

Even though there has been a number

of Polish students at the Ecole

Biblique – the first one arrived here

already in 1898 – this was the first

time when a session was given here

in Polish. Fr. Łukasz Popko, Op. and

Fr. Paweł Trzopek, Op. prepared a

programme entitled “The Bible in

Jerusalem – Jerusalem in the Bible”.

The session took place between July

10 -16 2017. Seventeen participants

arrived from Poland, Switzerland,

and the United Kingdom to study

the history, archaeology, and theology

of the Holy City, as it is presented

in the Bible. For several participants

it was a first ever visit in the Holy

Land, for others who had already

visited Jerusalem many times it was

an opportunity to study the subject

more extensively and deepen

their knowledge of the Holy City.

Their time was shared each day

between lectures and visits. A different

subject was approached

every day: The Land, The City, The

Temple, The Falls of Jerusalem, The

Passion of the Lord, The Birth of the

Messiah, Tombs and the Tomb. The

group visited the Rockefeller Museum,

the Israel Museum, as well as

many archaeological places in the

city. They also went to Bethlehem

for a half-day trip.

The original idea of Fr. Marie-Joseph

Lagrange, op., the founder of

the Ecole, was to study the Bible

in the land of the Bible. The participants

of the Polish session could

discover the freshness and fruitfulness

of this idea. Many of them were

already asking about future projects

of this kind, covering not only Jerusalem,

but other parts of the Holy

Land. They also enjoyed also very

much the opportunity to stay at the

priory, sharing the life with the professors

of the Ecole and the members

of the Dominican community.

Fr. Paweł Trzopek, op.

Librarian of the priory


News

Bible & Archéologie : la session francophone

Méditation

La Croix Glorieuse

De prime abord, il semble très

paradoxal de vouloir glorifier la

Croix ! Objet de scandale pour

les juifs et folie pour les païens !

(1Co 1, 23)

Étudiants de Domuni Universitas

ou auditeurs libres originaires de

Belgique, Suisse ou France… Ils

étaient une vingtaine à débarquer

samedi 1 er juillet dans le cloître de

Saint-Étienne pour une semaine intensive

de découverte archéologique

au pays de la Bible. Une première

pour l’université dominicaine en

ligne Domuni, comme pour l’École

biblique, qui ont déjà quelques

partenariats d’enseignement mais

n’avaient encore jamais proposé de

session à Jérusalem ensemble.

À peine arrivés et accueillis par les

équipes de Domuni et le prieur du

Couvent, les « stagiaires » aux parcours

variés plongent d’abord dans

l’histoire de l’École et de ses piliers

d’origine, forces de la maison : la

comparaison du document et du

monument, l’apprentissage des langues

locales, l’archéologie biblique

au-delà des frontières, etc.

Tout au long de la semaine, les

étudiants alternent les visites de la

Vieille ville ou de certains sites archéologiques,

sous la conduite du

fr. Dominique-Marie Cabaret op.,

avec les cours magistraux des frères

de l’École, heureux de partager

des bribes de leurs spécialités avec

des novices. Littérature biblique,

langues sémitiques, études qumrâniennes,

chronologie du Levant,

présentation du programme Bible

en ses Traditions, le rythme est

haletant ! Une première fois qui en

appelle d’autres au vu des différents

témoignages des étudiants le dernier

soir, tous nourris aussi « intellectuellement

que spirituellement » !

Amaury Perrachon

Chargé de Communication

Qu’est-elle en effet sinon un objet

exécrable de torture sur lequel

Jésus a été mis à mort ? Pourtant,

quoi qu’il en soit du scandale de

la Croix, il n’y a pas d’autre solution

que d’accepter de la regarder

comme un trophée si nous voulons

entrer dans le mystère de

l’infinie miséricorde divine.

De même que le serpent de

bronze fut élevé par Moïse dans

le désert, ainsi faut-il que le Fils

de l’homme soit élevé, afin qu’en

lui tout homme qui croit ait la

vie éternelle (Jn 3, 14-15). Oser

regarder Jésus sur la Croix, oser

croiser son regard, et se laisser

transpercer par l’Amour infini qui

le maintenait en Croix est notre

seule Espérance. Ce n’est pas les

clous qui tenaient Jésus en croix

mais l’amour, disait Catherine de

Sienne.

La Croix de Jésus n’est pas bonne

en soi mais elle est transfigurée

par l’infinie miséricorde divine

qui y fut révélée et déversée !

C’est pourquoi il est bon de magnifier

la Croix et de la fêter par

une célébration solennelle le 14

septembre de chaque année qui,

dans l’église du Saint-Sépulcre de

Jérusalem, ne peut qu’y prendre

tout son sens ! C’est en effet dans

cette basilique que fut vénérée

pour la première fois le 14 septembre

335 la Croix de Jésus. « Je

te salue Croix glorieuse, que le

Seigneur par toi me reçoive, lui

qui par toi m’a racheté. »

Fr. Dominique-Marie Cabaret, op.

Chargé de Cours

28

Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017


Nouvelles des anciens

1 2 3

Décès :

Le p. Guy Couturier 1 , c.s.c., ancien président de l’Association des Amis

Canadiens de l’École, avait été étudiant de 1957 à 1959 à l’École Biblique

et professeur invité en 1971. Il est décédé le 9 mai 2017, à l’âge

de 88 ans.

Le fr. Henry Troadec 2 , op. était très probablement le plus vieil ancien

étudiant de l’École. Né le 30 mai 1915 à Aberdare (Royaume-Uni), il

avait fait profession dans l’Ordre des Prêcheurs le 23 septembre 1936. Il

avait été étudiant à l’École biblique en 1947-48 et 1950-51. Il est décédé

le 1er juin 2017 à l’âge de 102 ans.

Le p. Ernst Haag, ancien élève de l’École biblique, professeur d’Ancien

Testament à la faculté de théologie de Trier en Allemagne, de 1963 à

2000, est décédé le 15 juin 2017 à l’âge de 85 ans.

Le fr. Francolino José Gonçalvès 3 , op., ancien professeur de l’École,

est décédé le 15 juin 2017 à Jérusalem à l’âge de 74 ans (Voir In Memoriam

p. 4).

L’Association des amis de l’ÉBAF vous invite :

Le moyen âge et la critique

textuelle de la Bible

par le Professeur Gilbert Dahan

Le mercredi 22 novembre 2017

à 18h30

Lieu : Couvent de l’Annonciation,

222 rue du Faubourg St Honoré

75008 Paris

Agenda et publications

École

2 octobre 2017 : Rentrée académique de l’École

15 novembre 2017 : Dies Academicus.

Conférence inaugurale du fr. Timothy Radcliffe, op.

20 novembre 2017 : Voyage d’études en Galilée

Publications

Réédition - Marie-Joseph Lagrange, L’Évangile selon Jésus Christ avec

la synospe évangélique, Artège Lethielleux, 2017, 700p.

Anthony Giambrone, Sacramental Charity, Creditor Christology, and

the Economy of Salvation in Luke’s Gospel, Mohr Siebeck, 2017, 366p.

Christa Clamer, Kay Prag et Jean-Baptiste Humbert, Colegio del

Pilar, Excavations in Jerusalem, Christian Quarter. Cahiers de la Revue

Biblique N°88 - Series Archaeologica 1, 2017, 168p.

Conférences du Jeudi

12 octobre - 18h : Copier l’Édicule du Saint-Sépulcre, Quand pratiques religieuses

et architecture se mêlent par Charles-Édouard Guilbert-Roed

7 décembre - 18h : La Porte du Ciel - Révélations sur Qumrân et les Esséniens

par fr. Étienne Nodet, op.

31

30 Lettre aux amis de l’ÉBAF - N° 94 - Automne 2017


Avec les étudiants, chercheurs et volontaires de l’année 2016-2017,

l’École biblique

vous souhaite une belle rentrée.

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