Le tournant énergétique allemand

globalenergiewende

Le tournant vers l‘avenir

La transition énergétique allemande


La transition énergétique allemande

La transition énergétique ou la conversion

de l’approvisionnement énergétique


02 | La transition énergétique allemand

Le tournant énergétique allemand

Bienvenue !

© dpa/Westend61/Werner Dieter

La transition énergétique allemande | 03

Nous sommes très heureux que vous ayez décidé de vous informer sur l’un de nos projets d’avenir

les plus cruciaux : l’Energiewende, c’est-à-dire la transition énergétique allemande. Nous

avons opté pour un virage radical en faveur des énergies renouvelables. Et nous misons sur une

gestion toujours plus efficace de l’énergie. Cela est économiquement rentable et l’Allemagne

apporte ainsi une contribution substantielle à la protection du climat.

Avec notre transition énergétique, nous répondons à la question suivante : comment assurer

un approvisionnement énergétique sûr, avantageux et durable ? Opportunité unique pour le

site économique allemand, ce tournant a vocation à offrir de nouveaux débouchés, à encourager

l’innovation et à stimuler la croissance et l’emploi. Avec lui, nous entendons également

réduire notre dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz en provenance de l’étranger et assurer

durablement la qualité de vie dans notre pays.

© iStock/SilviaJansenx © Paul Langrock

Pourquoi cette exposition ? Le gouvernement fédéral est fréquemment

prié, aux quatre coins du monde, de s’exprimer sur sa transition

énergétique. L’intérêt est d’ailleurs tel que l’emploi du terme allemand

La transition énergétique est solidement ancrée dans un cadre international.

À l’affût d’échanges approfondis avec nos voisins européens

et nos partenaires internationaux, nous recherchons des coopérations

« Energiewende » utilisé pour désigner la transition énergétique s’est

et des solutions transfrontalières. Car nous avons besoin de solutions

répandu dans de nombreuses langues de la planète. Nous ne pouvons

communes pour réduire les émissions mondiales de CO 2

, pour limiter

que nous en réjouir.

la poursuite du réchauffement climatique et pour garantir un approvisionnement

énergétique sûr, durable et abordable.

Parallèlement, nombreux sont ceux qui s’étonnent de l’ampleur

revêtue par ce tournant et de toutes les facettes autour desquelles il

Avec sa transition énergétique, l’Allemagne prend au sérieux ses res-

se décline. Il s’ensuit que cette transition ne peut se faire du jour au

ponsabilités vis-à-vis de la Terre et de l’humanité. Nous vous invitons

lendemain. C’est un processus complexe qui impliquera plusieurs

à découvrir la dynamique de notre transition énergétique pour mieux

générations et devra répondre à nombre d’exigences différentes. Les

la situer dans le contexte international.

mesures à prendre doivent être mûrement réfléchies afin que ni protection

du climat ni prospérité n’aient à en pâtir. Il y a par conséquent

Nous vous souhaitons une agréable visite et des échanges stimulants.

assez souvent des phases où les progrès sont lents. C’est précisément

sur cette multitude de tâches et de défis que nous voulons apporter un

éclairage dans la présente exposition.

1971

1972

Le gouvernement fédéral adopte son premier programme pour l’environnement.

L’une des premières cités solaires d’Allemagne voit le jour

dans la petite ville de Penzberg en Allemagne du Sud.


04 | La transition énergétique allemand La transition énergétique allemande | 05

Efficacité énergétique

Économiser l’énergie

et mieux l’utiliser

Économies visées par l’Allemagne

Objectifs relatifs à l’énergie primaire par rapport à 2008

L’économie progresse,

la consommation énergétique régresse

Évolution du PIB et de la consommation d’énergie primaire

1 958 14 905

2 355

14 766

2 497

14 217

3 263

13 525

-50 % -6 %

Gérer efficacement l’électricité, l’énergie thermique et le carburant permet de faire des

1990

2000

2010

2017

économies d’argent, d’augmenter la sécurité d’approvisionnement et de protéger le climat.

L’Allemagne doit importer une large part de ses sources d’énergie. Alors qu’elles se chiffraient

à quelque 50 % dans les années 1970, les importations d’énergie répondent aujourd’hui à près

des deux tiers de la totalité des besoins énergétiques. De ce fait, l’efficacité énergétique est, avec

le développement des énergies renouvelables, le pilier de la transition énergétique.

atteints en

2050 2017

PIB en milliards d’euros

Moy +1,4 %/a depuis 1990

Consommation d’énergie primaire en pétajoules

Moy -0,3 %/a depuis 1990

Au fil des décennies, l’Allemagne s’est de plus en plus sensibilisée à une gestion efficace de

l’énergie. L’un des facteurs déclenchants de sa prise de conscience a été la première crise mondiale

du pétrole en 1973. Les Allemands ont alors ouvert les yeux sur leur propre dépendance

vis-à-vis des énergies fossiles ; et le gouvernement de l’époque a notamment réagi en lançant

une campagne d’information sur les économies d’énergie et en imposant des limitations

de vitesse sur les autoroutes. Depuis, bien d’autres lois ont été adoptées et diverses mesures

dédiées à l’efficacité énergétique ont été mises en place. Trois éléments les caractérisent :

une promotion ciblée, l’information et le conseil, sans oublier les dispositions contraignantes

en vue de réduire la consommation d’énergie.

© dpa/Jörg Carstensen © dpa/Westend61/Werner Dieter

« Le meilleur kilowattheure, c’est celui qui

n’est pas consommé. »

Cette stratégie porte ses fruits : tandis que la demande énergétique de

l’Allemagne régresse depuis 1990, son produit intérieur brut enregistre

une nette progression. Ainsi, l’industrie allemande a multiplié

par deux ses performances économiques tout en réduisant sa consommation

d’énergie d’un peu plus de 10 %. Grâce au progrès technique, les

ménages et les entreprises gèrent l’énergie avec une efficacité accrue.

Aujourd’hui, la réduction de la consommation électrique des appareils

électroménagers atteint jusqu’à 75 % par rapport aux équipements

similaires qui existaient il y a 15 ans. À côté de cela, la modification de

certaines habitudes quotidiennes permet elle aussi de faire des économies

d’énergie. Voilà pourquoi des dizaines de milliers de conseillers

Angela Merkel, chancelière fédérale

en énergie traversent le pays pour montrer aux locataires, aux propriétaires

et aux entreprises, sur la base d’audits énergétiques, quelles

possibilités s’offrent à eux et pour les informer sur les programmes de

subventions publiques.

Tous les États membres de l’Union européenne se sont entendus pour

réduire leur consommation d’énergie primaire de 20 % d’ici 2020 et

d’au moins 27 % d’ici 2030. À long terme, l’Allemagne souhaite réduire

sa consommation d’énergie de moitié, conformément aux obligations

qui lui incombent suite à l’Accord de Paris sur le climat.

Une productivité énergétique en hausse sensible

Chaque gigajoule d’énergie génère les sommes suivantes

241,29 €

+87%

1 GJ

128,80 €

1 GJ

1990 2017

1973

La guerre du Kippour (oct. 1973) déclenche une crise mondiale du pétrole. L’Allemagne instaure

quatre dimanches sans voiture dans l’ensemble du pays afin de faire des économies d’énergie.

1975

La loi relative à la sécurité de l’approvisionnement énergétique prévoit des réserves

d’énergie accrues et une limitation de la vitesse sur les routes allemandes.


06 | La transition énergétique allemand La transition énergétique allemande | 07

Énergie thermique

Chaleur renouvelable

et efficacité énergétique

Le succès de l’Energiewende dépend également du recul de la demande énergétique liée au

chauffage, au rafraîchissement des pièces et à l’eau chaude. Et de la mesure dans laquelle les

énergies renouvelables couvrent les besoins restants. En effet, la consommation énergétique

allemande est à imputer, pour plus de la moitié, au secteur de l’énergie thermique – dont près des

deux tiers sont absorbés par le chauffage et l’eau chaude de quelque 40 millions de ménages.

Voilà pourquoi le gouvernement fédéral souhaite réduire la demande de fuel et de gaz dans les

bâtiments et vise une diminution de 80 % de ces deux énergies primaires à l’horizon 2050. Pour

y parvenir, il est nécessaire d’améliorer sensiblement l’efficacité énergétique des bâtiments

et d’accroître la part des énergies renouvelables dans l’approvisionnement en chaleur et en

refroidissement. D’ici 2020, le renouvelable devra répondre à 14 % de la demande en la matière.

Réduire la demande d’énergie thermique

Économies visées dans les immeubles

-80 % -18,3 % 14 % 12,9 %

2 152 pétajoules

de chauffage et d’eau chaude ont été consommés par les quelque 40 millions

de ménages allemands en 2016

Cela correspond à

À travers sa propre démarche, l’Allemagne met en œuvre des objectifs

européens : de fait, l’actuelle directive communautaire sur les bâtiments

stipule qu’à compter de 2021, tous les immeubles neufs devront

être, en Europe, des bâtiments à consommation d’énergie quasi nulle.

L’Allemagne a très vite identifié le potentiel d’économies d’énergie des

bâtiments. Dès 1976, le gouvernement fédéral en place adopte, à la

suite de la crise du pétrole, la première loi sur les économies d’énergie

puis le premier règlement relatif à l’isolation thermique. Il poursuit

sans discontinuer le développement de ces dispositions et les adapte

au progrès technique. Depuis 2009, la loi sur le chauffage issu des énergies

renouvelables stipule que toutes les nouvelles habitations doivent

couvrir au moins un pourcentage donné de leurs besoins en énergie

par le biais d’énergies renouvelables. Cet objectif peut par exemple être

réalisé à l’aide d’un chauffage au gaz ou au fuel via le solaire thermique

ou à l’aide d’un système de chauffage recourant exclusivement au renouvelable,

comme dans le cas de la pompe à chaleur ou du chauffage

aux granulés de bois (pellets).

En Allemagne, 70 % des immeubles d’habitation ont plus de 35 ans.

Ces bâtiments ont donc été construits avant l’adoption du premier règlement

relatif à l’isolation thermique. De ce fait, nombre d’entre eux

ne sont pas suffisamment isolés et se chauffent à l’aide de chaudières

vétustes et de combustibles fossiles tels que le fuel ou le gaz. Dans ce

contexte, les besoins annuels de chauffage d’un ménage allemand

moyen s’élèvent à env. 145 kilowattheures par mètre carré de surface

habitable, ce qui correspond à env. 14,5 litres de pétrole. Les nouvelles

habitations à haute performance énergétique ont seulement besoin

d’un dixième. Dans les immeubles déjà existants, la réduction du

besoin en énergie primaire peut atteindre 80 % grâce aux rénovations

énergétiques et à la conversion aux énergies renouvelables. Cela passe

notamment par une meilleure isolation de l’enveloppe du bâtiment,

par le remplacement de certains éléments de construction, par une

modernisation des systèmes de chauffage et de refroidissement et par

une optimisation des appareils de commande. Ne serait-ce qu’en 2015,

près de 53 milliards d’euros ont été investis dans la rénovation énergétique.

Le gouvernement fédéral encourage ces démarches avec des

subventions et des crédits à taux préférentiels. En 2016, les Allemands

ont pu économiser près de 500 euros par habitant grâce à des mesures

visant l’amélioration de l’efficacité énergétique et sont ainsi devenus

champions du monde dans ce domaine.

Le remplacement des systèmes de chauffage vétustes et le passage des

combustibles fossiles aux énergies renouvelables se voient accorder

une importance particulière. Alors qu’en 1975, les Allemands chauffaient

encore une bonne moitié de l’ensemble des logements au fuel,

cette proportion est aujourd’hui d’un peu plus d’un quart seulement.

Parmi les logements construits en 2016, 60 % recourent aux énergies

renouvelables pour le chauffage. Les installations solaires thermiques,

le chauffage par la biomasse et les pompes à chaleur utilisant la

chaleur environnante satisfont d’ores et déjà 12 % de la demande de

chauffage. Pour accélérer le remplacement des anciennes installations,

le gouvernement fédéral propose des subventions depuis l’an 2000.

atteints en

atteints en

2050 2016 2020 2017

Besoins en énergie primaire

dans les immeubles

(par rapport à 2008)

Part du renouvelable dans les besoins

en énergie thermique

50 milliards

de litres de pétrole

six fois les besoins énergétiques de

la demande énergétique l’Ouzbékistan

annuelle de l’aviation allemande

© dpa/Jacobs University Bremen © dpa

Consommation d’énergie à imputer aux bâtiments

Par rapport à la totalité de la consommation énergétique finale en Allemagne

28,0 %

Chauffage

Situation : 2016

36.0 %

dans les bâtiments

4,7 %

Eau chaude

2,8 %

Éclairage

0,4 %

Climatisation

Les nouvelles habitations consomment

seulement un dixième

Consommation annuelle de chauffage en litres de fuel par mètre

carré de surface habitable selon le type de bâtiment

15–20 litres

Immeuble ancien non rénové

5–10 litres

Immeuble ancien rénové

7 litres

Immeuble neuf

1,5 litre

Maison passive

1975

Le gouvernement fédéral lance une campagne d’information sur les économies d’énergie.

1977

Avec le règlement relatif à l’isolation thermique, le gouvernement fédéral formule

de premières spécifications en matière d’efficacité énergétique des bâtiments.


08 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 09

Mobilité

Rouler à l’électricité

L’industrie automobile est la première filière exportatrice allemande ; recensant

plus de 750 000 salariés, cette branche est également l’un des plus

grands viviers d’emplois du pays. Parallèlement, le secteur des transports

est l’un des plus énergivores : il représente environ le tiers de la consommation

énergétique finale en Allemagne. Voilà pourquoi le gouvernement

fédéral renforce ses efforts en vue de réduire la consommation.

Les véhicules à piles à combustible sont considérés comme un complément

majeur aux véhicules électriques alimentés par des batteries.

Les subventions publiques allouées jusqu’en 2019 à des projets dédiés

à l’hydrogène et aux piles à combustible s’élèvent à 1,65 milliard d’euros.

Dans les transports en commun de proximité, des bus hybrides à hydrogène

circulent déjà à travers quelques grandes villes allemandes.

De premiers succès sont visibles : alors que le nombre de kilomètres

parcourus chaque année pour transporter des marchandises et des personnes

a quasiment doublé entre 1990 et 2017, la consommation d’énergie

n’a augmenté que de 9 % pendant la même période. Pour économiser

encore plus d’énergie, l’Allemagne met au point des technologies plus

efficaces pour les véhicules et travaille à l’électrification progressive

des véhicules routiers. Dans ce contexte, l’enjeu est de faire passer à la

propulsion électrique les voitures particulières, les véhicules utilitaires

de livraison dans les centres urbains, les transports en commun de

proximité et les motos. Le gouvernement fédéral encourage donc le

développement du marché et des technologies dans ce sens par le biais

de nombreux programmes.

Outre les moteurs respectueux de l’environnement, de nouveaux

concepts de mobilité gagnent en importance, comme le partage de

voitures, vélos et scooters électriques en libre-service. Grâce à ce modèle

de partage de véhicules, les utilisateurs contribuent à réduire la circulation

automobile et à diminuer les émissions. Des solutions numériques

rendant les transports plus efficaces et le passage à la bicyclette sont des

apports supplémentaires. Aujourd’hui, l’Allemagne compte 2,1 millions

d’autopartageurs et 150 organisations d’autopartage.

Pour que la transition énergétique réussisse aussi dans le secteur des

transports, des changements sont nécessaires dans de nombreux

domaines de la vie quotidienne, de la politique et de l’économie. Ce

processus s’inscrit dans le long terme car les transports doivent devenir

plus efficaces sans limiter pour autant la mobilité des citoyens.

« Le début de la fin de l’ère

pétrolière est arrivé. »

Objectifs et résultats atteints par l’Allemagne dans le secteur des transports

Amélioration de l’efficacité énergétique

Combien faut-il d’énergie pour parcourir 100 kilomètres ?

Dieter Zetsche, Daimler AG

1990

66,1 mégajoules

100 km

2013

35,6 mégajoules

100 km

Développement de l’électromobilité

© dpa/Paul Zinken

82,8

millions de personnes

vivent en Allemagne

Allemagne

2018

63,7

millions de véhicules sont

immatriculés en Allemagne

44 419

véhicules électriques

Électromobilité

2018

Développement de l’électromobilité

d’ici 2022

+

236 710

véhicules hybrides

1 million

de véhicules

1979 / 1980

1984

1986

1986

La guerre entre l’Iran et l’Iraq déclenche

L’entreprise Enercon met au point

Un grave accident de réacteur se produit dans la centrale nucléaire

Le premier véhicule solaire homologué

la deuxième crise mondiale du pétrole.

la première éolienne moderne en série

de Tchernobyl (en Ukraine). Le ministère fédéral de l’Environnement,

circule à travers l’Allemagne.

d’Allemagne.

de la Protection de la nature et de la Sûreté nucléaire voit le jour.


10 | La transition énergétique allemand

© dpa

La transition énergétique allemande | 11

Énergies renouvelables

Électricité éolienne et solaire

Le développement des énergies renouvelables constitue, avec l’efficacité énergétique, le pilier

central du tournant énergétique. Sources d’énergie locales et respectueuses du climat, le vent,

le soleil, l’eau, la biomasse et la géothermie permettent à l’Allemagne de s’émanciper des combustibles

fossiles tout en contribuant de manière déterminante à la protection du climat.

C’est dans le secteur de l’électricité que l’utilisation des énergies renouvelables est la plus

avancée. Depuis 2014, le renouvelable occupe la première position du mix électrique allemand.

Aujourd’hui, il fournit plus d’un tiers de l’électricité consommée en Allemagne, contre seulement

9 % dix ans auparavant. Ce succès est le fruit d’un soutien ciblé qui a commencé en 1991

avec la loi relative à l’alimentation électrique du réseau public qui a imposé pour la première

fois un tarif de rémunération fixe et une obligation de rachat pour permettre au marché de

s’ouvrir aux nouvelles technologies. La loi sur la priorité aux énergies renouvelables (EEG)

a suivi en l’an 2000, avec ses trois grands volets : des tarifs de rachat garantis pour un certain

nombre de technologies, la priorité au renouvelable dans l’alimentation du réseau électrique

et la répartition des coûts additionnels entre tous les consommateurs d’électricité par le biais

d’un système de prélèvement.

© aleo solar AG/Flo Hagena

Le renouvelable renforce la production d’énergie et la protection du climat

Chiffres-clés pour 2017

~ 1,7 million

d’installations destinées à produire de l’électricité

sont subventionnées dans le cadre de la loi sur

la priorité aux énergies renouvelables

217 térawattheures

Production d’électricité

Équivaut à presque la totalité de l’électricité

en Indonésie.

179 millions de tonnes

d’équivalent CO 2

évitées

Équivaut à plus du double des émissions

de gaz à effet de serre du Chili en 2015.

Les énergies renouvelables occupent

la première place du mix énergétique

Part des énergies renouvelables dans la consommation

brute d’électricité

3,4 %

1990

6,2 %

2000

17,0 %

2010

33,3 %

2017

L’éolien est la première source

d’électricité renouvelable

Part de chaque énergie renouvelable dans

la production totale du renouvelable en 2017

Énergie éolienne

16,3 %

Énergie

photovoltaïque

6,1 %

Énergie

hydraulique

3,1 %

Biomasse

6,9 %

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la priorité aux énergies renouvelables,

les investissements annuels destinés avant tout aux nouvelles installations

éoliennes et photovoltaïques, mais aussi aux centrales à bois et

à biogaz, n’ont cessé d’augmenter. La forte demande a fait naître une nouvelle

filière, créant plus de 338 000 emplois ne serait-ce qu’en Allemagne.

Elle a également stimulé la production en masse et la rentabilité des

installations à énergies renouvelables, ce qui a considérablement réduit

le prix desdites installations dans le monde entier. En 2014, un module

photovoltaïque coûtait 75 % de moins que cinq ans plus tôt. Et la rémunération

actuelle d’un kilowattheure d’électricité solaire se situe en Allemagne

en moyenne entre quatre et cinq centimes d’euro, contre environ

50 centimes d’euro en l’an 2000. En dépit de l’ensoleillement modéré de

l’Europe centrale, l’énergie solaire est devenue une source d’électricité

importante en Allemagne. Aujourd’hui, les installations photovoltaïques

fournissent environ un cinquième de l’électricité renouvelable.

La principale source d’électricité verte est actuellement l’éolien.

L’électricité produite par l’éolien terrestre ne coûte plus, en moyenne,

qu’entre 1,9 et 2,5 centimes d’euro le kilowattheure.

Pour l’Allemagne, le défi est de poursuivre l’expansion de ses filières

éolienne et solaire en maintenant des prix abordables et en participant

à la sécurité de l’approvisionnement. Afin d’y parvenir, le gouvernement

fédéral a réorienté ses dispositifs de soutien aux énergies renouvelables

dans le domaine de l’électricité. Des corridors de développement annuels

dédiés aux différentes technologies ont été mis en place en vue d’optimiser

la planification et le pilotage de cette expansion, qui se concentre sur

les technologies bon marché que sont l’éolien et le solaire. Les exploitants

d’installations vertes sont invités à vendre progressivement leur

électricité sur le marché, au même titre que tous les autres exploitants.

Ils assument ainsi des responsabilités croissantes dans l’approvisionnement

énergétique. Depuis 2017, le montant des subventions allouées aux

installations de plus de 750 kW est calculé sur la base d’appels d’offres

spécifiques à chaque technologie utilisée. Près de 80 % des installations

construites chaque année sont concernées. Dans ce contexte, les disparités

régionales de l’expansion sont prises en compte. Dans tous les endroits

où le réseau électrique doit faire face à des goulots d’étranglement, les

quantités mises en adjudication sont moindres. Ces mesures sont destinées

à encourager le succès des énergies renouvelables dans le secteur de

l’électricité. De par les baisses de coûts qui en résultent, la modification

du système de promotion contribue en outre à une meilleure exploitation

des avantages économiques de la transition énergétique.

1987

Le premier parc éolien d’Allemagne,

le Windenergiepark Westküste, entre en service :

30 éoliennes y produisent de l’électricité.

1990

Le gouvernement fédéral lance le

« programme des 1 000 toits » pour

promouvoir le photovoltaïque.

1990

L’Allemagne de l’Est et l’Allemagne

de l’Ouest sont réunifiées.

1990

Le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du

climat (GIEC) publie son premier rapport sur le climat mondial.

1991

La loi relative à l’alimentation électrique du réseau public contraint tous

les fournisseurs d’énergie allemands à s’approvisionner en électricité

renouvelable, à la rémunérer et à l’injecter dans le réseau public.


12 | La transition énergétique allemand

© dpa/Jens Büttner

La transition énergétique allemande | 13

Coûts

« Le tournant énergétique n’estil

pas au-dessus des moyens des

citoyens en Allemagne ? »

Non, car l’ambition de la transition énergétique est également de maintenir les prix de l’énergie

à des niveaux abordables à l’avenir. Par ailleurs, la transition énergétique crée des emplois et impulse

une nouvelle force économique. Ses deux piliers, le développement des énergies renouvelables

et le développement de l’efficacité énergétique, ont vocation à réduire notre dépendance

vis-à-vis des importations d’énergie, à renforcer la sécurité d’approvisionnement et à favoriser

des investissements rentables en Allemagne. La transition énergétique porte ses fruits.

Dépenses énergétiques mensuelles d’une famille

Comparaison entre 2003 et 2016

Dépenses énergétiques mensuelles de l’ensemble des ménages allemands

Données de 2016, en milliards d’euros

Chauffage et eau chaude

66

75

Chauffage et eau chaude

35,7

Chauffage et eau chaude

Cuisson des aliments

Éclairage et électricité

Carburants

10

22

78

2003

176

Euro

224

Euro

Au cours de la dernière décennie, le prix du pétrole brut a fortement augmenté. La conséquence

ne s’est pas fait attendre : en 2016, les citoyens ont dû consacrer à l’énergie environ 7,5 %

de leurs dépenses de consommation courante, contre moins de 6 % à la fin du siècle dernier.

En Allemagne, les principaux postes de la facture énergétique des ménages sont le chauffage,

l’eau chaude, la cuisson des aliments et les carburants issus d’énergies fossiles importées. Après

la chute des prix du pétrole en 2014 qui ont réjoui aussi les Allemands, les prix ont de nouveau

grimpé en 2018. Les coûts demeurent ainsi imprévisibles, car le prix des énergies fossiles et leur

disponibilité continuent de dépendre des intérêts des fournisseurs.

24

40

85

2016

Cuisson des aliments

Éclairage et électricité

Carburants

À titre de comparaison : la part dans les dépenses

d’un ménage est de 9 %.

© dpa/Philipp Dimitri © dpa/McPHOTO‘s

11,4

106,4

19,0

40,3

Cela correspond à 3 % du revenu national brut de l’Allemagne.

Cuisson des aliments

Éclairage et électricité

Carburants

C’est vrai : la transition énergétique est un projet qui s’accompagne tation des quantités d’électricité verte qui y sont vendues. Sachant que

de coûts de démarrage. Il faut investir des milliards pour créer de depuis quatre ans, deux éléments constitutifs du prix final, à savoir le

nouvelles infrastructures énergétiques et mettre en œuvre des mesures

de renforcement de l’efficacité. De ce fait, le développement des le prix moyen de l’électricité est resté stable pour les ménages durant

prélèvement EEG et le prix de l’électricité à la bourse, sont à la baisse,

énergies renouvelables a contribué à amplifier, au cours des dernières cette période. En passant à un système de vente aux enchères, les coûts

années, le montant moyen que les ménages consacrent à l’électricité de promotion des énergies renouvelables baisseront et les ménages

en Allemagne. Alors qu’en 2007, les citoyens payaient en moyenne auront moins à débourser.

quelque 21 centimes d’euro par kilowattheure, ils doivent aujourd’hui

débourser 29 centimes d’euro. Avec chaque kilowattheure d’électricité, Il est également important pour les ménages que l’économie allemande

ne soit pas trop mise à contribution. Une énergie chère a un

les citoyens participent au financement du développement des énergies

renouvelables par le biais du prélèvement Énergies renouvelables impact sur les prix de vente aux consommateurs et sur la compétitivité

des entreprises. En conséquence, l’Allemagne a dispensé les

(ou prélèvement EEG), qui se chiffre en 2019 à 6,4 centimes d’euro.

Néanmoins, la somme finale réellement déboursée par les citoyens entreprises particulièrement énergivores de verser une partie du prélèvement

EEG. En contrepartie, ces entreprises sont tenues d’investir

dépend de la conjugaison de plusieurs facteurs de coûts. Ainsi, les prix

à la bourse de l’électricité ont fortement baissé en raison de l’augmen-

davantage dans l’efficacité énergétique.

1992

À Rio, la conférence des Nations Unies sur l’environnement

et le développement adopte le principe du développement durable.

1994

Le premier véhicule électrique d’Europe

produit en série arrive sur le marché.

1995

La première conférence mondiale sur le climat se déroule

à Berlin. Les négociations sur la réduction mondiale des

émissions de gaz à effet de serre commencent.


14 | La transition énergétique allemand

Protection du climat

Réduire les émissions

de gaz à effet de serre

© iStock/ querbeet

La transition énergétique allemande | 15

La transition énergétique est une composante majeure de la protection du climat. Toutes

deux visent à limiter à un niveau supportable les retombées du changement climatique sur

l’homme, la nature et l’économie. Selon les calculs du groupe d’experts intergouvernemental

sur l’évolution du climat (GIEC), la terre ne doit pas se réchauffer de plus de 2 degrés Celsius

par rapport à l’ère préindustrielle. À cette fin, il faut éviter que l’accumulation de gaz à effet de

serre dans l’atmosphère ne dépasse un certain seuil. Or, 65 % de la quantité à ne pas dépasser

se trouve déjà dans l’atmosphère ; il est donc nécessaire de déployer des efforts considérables

à l’échelle nationale et internationale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Comment l’Allemagne a réduit ses émissions de gaz à effet de serre

Toutes les données sont indiquées en millions de tonnes d’équivalent CO 2

Le dioxyde de carbone, qui se forme essentiellement lors de la combustion de carburants

fossiles, est le principal responsable du changement climatique. En Allemagne et dans le

monde, plus d’un tiers de l’ensemble des gaz à effet de serre est à imputer à des centrales. Voilà

pourquoi la transition vers des ressources climatiquement neutres, comme les énergies renouvelables,

est un élément essentiel de la protection du climat.

Objectifs climatiques et progrès réalisés

Réduction prévue et réelle des gaz à effet de serre (par rapport à 1990)

Où se forment les gaz à effet de serre ?

Données de 2017 en millions de tonnes d’équivalent CO 2

1 250

1990

1 121

1995

1 046

2000

994

2005

910

2010

905

2017

Objectifs d’ici

2030

-40 % -23 %

Europe

(EU 28)

Résultat en

2016

Objectifs d’ici

2030

min.

-55 % -28 %

Résultat en

2017

Allemagne

905 millions de tonnes

...

328

91

171

39

193

72

10

Secteur énergétique

Ménages

Transports

PME, commerce, services

Industrie

Agriculture

Autres

© dpa/Luftbild Bertram © dpa/MiS

En signant le protocole de Kyoto, l’Allemagne s’est engagée dès 1997

à réduire de 21 % à l’horizon 2012 ses émissions de gaz à effet de serre

par rapport à 1990. Depuis, des progrès significatifs ont été réalisés.

En 2017, la baisse atteignait déjà 28 %. Actuellement, les entreprises

allemandes émettent deux fois moins de gaz à effet de serre qu’en 1990

pour générer un milliard d’euros.

L’Allemagne veut renforcer considérablement ses efforts d’ici 2030

et abaisser d’au moins 55 % ses émissions de gaz à effet de serre. D’ici

2050, les émissions devront même diminuer de 80 à 95 % par rapport

à 1990. Ces objectifs nationaux de réduction s’inscrivent dans la

politique européenne et internationale de protection du climat : les

chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont décidé de réduire leurs

émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020 et d’au moins 40 %

d’ici 2030. L’accord de Paris sur le climat a été signé par 195 États du

monde entier en décembre 2015. En réalisant chacun leurs propres

objectifs climatiques, ces États entendent contenir le réchauffement

de la planète bien en-deçà de 2 degrés au cours de ce siècle. Le principal

outil européen de protection du climat est le système d’échange

de quotas d’émission qui fixe un plafond pour l’ensemble des émissions

polluantes de la totalité des participants. Ce système engage

tous les grands pollueurs et couvre une large partie des émissions de

CO 2

des secteurs énergétiques et industriels. Pour chaque tonne de

gaz à effet de serre, les entreprises doivent disposer d’un nombre de

quotas suffisant. Si elles n’en ont pas assez, elles peuvent en acheter

ou investir dans des technologies respectueuses de l’environnement.

Ainsi, les émissions de CO 2

peuvent être évitées de la manière la plus

économique possible. D’ici 2030, toutes les entreprises participant au

système d’échange de quotas d’émission devront diminuer de 43 %

leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’année de référence,

2005.

Pour que l’Allemagne réussisse à atteindre ses objectifs nationaux de

réduction, le gouvernement fédéral a adopté le « programme d’action

pour la protection du climat à l’horizon 2020 » et le « plan de protection

du climat à l’horizon 2050 ». Le programme d’action comprend

différentes mesures destinées à renforcer l’efficacité énergétique et

à rendre les transports, l’industrie et l’agriculture plus respectueux du

climat. Le plan de protection du climat formule pour chaque filière,

par exemple le secteur énergétique et l’industrie, des objectifs de

réduction des émissions de CO 2

à long terme.

1996

L’Europe décide d’ouvrir les marchés de l’électricité et du gaz jusqu’alors restreints

aux territoires nationaux. La Commission de l’UE publie la première stratégie

européenne commune sur le développement des énergies renouvelables.

1997

Le protocole de Kyoto sur la réduction mondiale des émissions de gaz

à effet de serre est adopté. Depuis, 191 États ont ratifié cet accord.


16 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 17

Énergie nucléaire

Sortie du nucléaire

Pendant des décennies, l’électricité d’origine nucléaire a suscité de vives polémiques en

Allemagne. Estimant qu’il est difficile d’évaluer le risque technologique, nombre d’Allemands

redoutent les conséquences d’un éventuel accident nucléaire pour l’homme, la nature et

l’environnement. Ces craintes ont été ravivées par l’accident de la centrale ukrainienne de

Tchernobyl (en 1986), à la suite duquel certaines régions allemandes ont été contaminées. En

l’an 2000, le gouvernement fédéral a décidé de renoncer entièrement à l’électricité nucléaire et

de convertir son approvisionnement énergétique aux sources d’énergie renouvelables. L’accord

conclu avec les exploitants des centrales nucléaires prévoit alors une durée d’exploitation limitée

pour les centrales existantes et l’interdiction d’en construire de nouvelles.

En 2010, cette réglementation a été modifiée. La durée d’exploitation des centrales encore en

service a été prolongée pour pallier les pénuries jusqu’à ce que les énergies renouvelables soient

pleinement en mesure de les remplacer. Après l’accident nucléaire de Fukushima au Japon en

mars 2011, le gouvernement fédéral est revenu sur cette décision.

Du fait des risques considérables liés aux centrales nucléaires, les assurances et les mécanismes

de sécurité représentent des coûts élevés. Un abandon de l’énergie nucléaire se justifie donc

aussi pour des raisons économiques.

© dpa/Uli Deck

© dpa/Jens Wolf

Où sont situées les centrales

nucléaires en Allemagne ?

Centrales hors service et centrales en activité

Unterweser

2011

Lingen

1997

Emsland

2022

Mühlheim-Kärlich

2001

Biblis A + B

2011

Brunsbüttel

2011

Stade

2003

Brokdorf

2021

Krümmel

2011

Grohnde

2021

Würgassen

1994

Grafenrheinfeld

2015

Rheinsberg

1990

Greifswald

1990

Production annuelle maximale en chiffres

Pic annuel de la production d’électricité en térawattheures

171 TWh

Ensemble des centrales nucléaires

allemandes 2001

217 TWh

Ensemble des énergies

renouvelables 2017

Quand les centrales nucléaires seront-elles fermées ?

Projet de réduction des activités des centrales nucléaires allemandes d’ici fin 2022

Philippsburg 1

2011

Philippsburg 2

2019

Neckarwestheim 1

2011

Obrigheim

2005

Neckarwestheim 2

2022

Isar 1

2011

Gundremmingen B

2017

Gundremmingen C

2021

Isar 2

2022

Année de fermeture prévue

Année de fermeture

Centrales nucléaires déjà fermées

Centrales nucléaires en activité

Puissance totale

des centrales nucléaires

Nov. 2003

Mai 2005

Fukushima

2000 2005 2010 2015 2020

Août 2011

43%

57%

Mai 2015

Déc. 2017

Déc. 2019

Déc. 2021

Déc. 2022

Le Parlement allemand décide alors à une large majorité de mettre

un terme au plus vite à l’utilisation de l’énergie nucléaire dans la

production d’électricité. Plusieurs centrales doivent cesser de produire

de l’électricité dès l’entrée en vigueur de la loi, tandis que les autres

centrales seront progressivement mises hors service d’ici la fin de l’année

2022. Actuellement, sept centrales nucléaires fournissent encore

de l’électricité en Allemagne. Elles ne représentent plus qu’environ un

huitième de la production nationale d’électricité.

La nécessité de gérer les déchets radioactifs témoigne de l’ampleur

des défis liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire. Pour protéger la

population et l’environnement, ces déchets doivent être isolés de la

biosphère et stockés en toute sécurité pendant des périodes extrêmement

longues. Selon les experts, la meilleure solution est de les enfouir

dans les profondeurs de formations géologiques.

L’Allemagne veut gérer ses déchets radioactifs sur son propre territoire.

La recherche d’un site approprié pour le stockage définitif s’avère

néanmoins difficile. Jusqu’à présent, la population vivant à proximité

des sites envisagés ou déjà explorés a plutôt mal réagi.

Voilà pourquoi l’Allemagne s’engage dans une voie nouvelle et associe

tous les pans de la société à un processus de recherche transparent

reposant sur une approche scientifique. L’objectif est de trouver d’ici

2031 un site de stockage définitif pour y enfouir tout particulièrement

les déchets hautement radioactifs. Ce site devra offrir la meilleure

sécurité possible pour une période d’un million d’années. Le stockage

définitif accroît par conséquent les coûts de l’énergie nucléaire.

Concernant les déchets faiblement et moyennement radioactifs, l’Allemagne

dispose déjà d’un site de stockage définitif agréé. L’entrée en

service du site de Konrad est prévue pour 2022.

1998

L’Allemagne adopte une loi sur l’ouverture

de son marché de l’électricité et du gaz.

2000

La Commission de l’UE publie la première stratégie commune sur les énergies

renouvelables, l’efficacité énergétique et la protection du climat en Europe.

2000

La loi sur la priorité aux énergies renouvelables entre en vigueur. Elle devient

un moteur décisif de l’expansion du renouvelable en Allemagne.

2000

Le gouvernement fédéral décide de sortir du nucléaire ;

durée d’exploitation maximum d’une centrale : 32 années.


18 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 19

Économie et valeur ajoutée

« L’Energiewende ne détruit-elle

pas de nombreux emplois ? »

Investissements importants dans les nouvelles

installations de tous les types de renouvelables

Investissements annuels dans les centrales de production en Allemagne,

en milliards d’euros

Nombre d’emplois offerts par

la filière du renouvelable

en Allemagne, 2016

338 600

emplois

160 200

105 600

45 200

Énergie éolienne

Biomasse

Énergie photovoltaïque

4,6

2000

27,3

2010

15,1

2016

20 300

7 300

Géothermie

Énergie hydraulique

© dpa/Jens Büttner

Non, au contraire. La transition énergétique est également rentable

du point de vue économique. Elle réduit les nuisances environnementales,

les émissions de gaz à effet de serre, encourage l’innovation,

apporte de la valeur ajoutée en Allemagne et limite les dépenses liées

à l’importation d’énergie. Avec le développement des capacités de production

des énergies renouvelables et avec la rénovation de l’habitat,

une grande partie du chiffre d’affaires réalisé reste sur place. En effet,

les tâches à forte intensité de main d’œuvre, comme l’installation

ou la maintenance, sont assumées par des entreprises des régions

concernées.

Le développement des énergies renouvelables et les investissements

dans l’efficacité énergétique ont créé de nouveaux métiers et de

nouveaux emplois dans des secteurs d’avenir. À elles seules, les différentes

mesures déployées pour renforcer l’efficacité énergétique dans

l’industrie, le commerce et les PME et pour rénover les bâtiments ont

permis de générer plus de 560 000 emplois. Grâce aux investissements

dans les énergies renouvelables, les effectifs de ce secteur ont plus que

doublé en dix ans.

Ces nouveaux postes de travail remplacent partiellement des emplois

dans des secteurs industriels fortement dépendants des matières

premières fossiles, à commencer par les filières de l’exploitation du

pétrole, du gaz et du charbon, sans oublier la production d’électricité.

À cela s’ajoutent des mutations structurelles d’ordre général. À titre

d’exemple, l’ouverture des marchés de l’énergie en Europe renforce la

concurrence, ce qui oblige les entreprises à améliorer leur efficacité.

La conjonction de tous ces facteurs entraîne elle aussi une mutation

des emplois. Voilà pourquoi les effectifs des entreprises du secteur

énergétique conventionnel ont diminué au cours des dernières années.

2002

Le premier règlement sur les économies d’énergie entre en vigueur : il fixe des exigences

en matière d’efficacité énergétique globale pour les bâtiments neufs et anciens.

2003

L’Europe adopte un système contraignant d’échange

de droits d’émission pour les gaz à effet de serre.

2004

160 000 personnes travaillent désormais dans la

filière des énergies renouvelables en Allemagne.


20 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 21

Transition énergétique à l’échelle internationale

« L’Energiewende est peut-être

adaptée à l’Allemagne – mais

qu’en est-il des nations aux économies

moins développées ? »

© dpa/epa Business Wire

© dpa

Le tournant énergétique n’est pas un luxe, mais un outil soutenant un développement durable

et économiquement viable. C’est un moteur d’innovation qui encourage la croissance,

la prospérité et l’emploi dans des filières d’avenir. Il n’est donc guère surprenant que presque

tous les pays de la planète veuillent aujourd’hui que leur système énergétique soit durable.

Les prix des technologies renouvelables innovantes, comme l’éolien et le solaire, ont fortement

diminué dans le monde entier au cours des dernières années. Les investissements précoces

dans la recherche et le développement tout comme les mesures d’encouragement destinées

à faciliter la pénétration des énergies renouvelables sur les marchés de différents pays industrialisés,

dont l’Allemagne, y ont largement contribué.

Dans quels pays du monde sont situées la plupart des installations ?

Capacité des installations produisant de l’électricité jusqu’en 2017

Biomasse

Géothermie

1 | États-Unis

2 | Chine

3 | Inde

1 | États-Unis

2 | Philippines

3 | Indonésie

Éoliennes

en mer

Éoliennes

terrestres

1 | Grande-Bretagne

2 | Allemagne

3 | Danemark

1 | Chine

2 | États-Unis

3 | Allemagne

Presque tous les pays veulent développer les énergies renouvelables

Pays disposant d’outils politiques et d’objectifs de développement en matière d’énergies renouvelables

1 | Chine

1 | Chine

Énergie

hydraulique

2 | Brésil

3 | États-Unis

Photovoltaïque

2 | Japon

3 | Allemagne

Plus d’un mécanisme d’encouragement

Tarif de rachat de la production d’électricité /

paiement de primes

Quotas minimaux pour les énergies

renouvelables

Appels d’offres

Net Metering – système consistant à ne

facturer aux consommateurs exploitant

de petites installations photovoltaïques

(des particuliers, le plus souvent) que la

différence entre l’électricité consommée

et l’électricité injectée dans le réseau

Incitations financières

Aucune politique d’encouragement ou

absence de données

Grâce à la baisse des dépenses d’investissement et à des coûts d’exploitation peu élevés dès le

départ, les énergies renouvelables sont d’ores et déjà compétitives sans aucune subvention dans

plusieurs régions du monde. En Amérique du Nord et du Sud, des parcs éoliens et de grandes

centrales photovoltaïques fournissent par exemple une électricité meilleur marché que les centrales

à combustibles fossiles. Des pays tels que la Chine, le Brésil, l’Afrique du Sud ou l’Inde sont

leaders dans le développement des énergies renouvelables. L’expansion de ces énergies est néan-

moins partiellement entravée par certains pays qui subventionnent

les carburants fossiles pour comprimer les prix à la consommation. Se

chiffrant à près de 325 milliards de dollars par an, ces subventions sont

deux fois plus élevées que celles allouées à la promotion des énergies renouvelables.

Si ces fonds étaient dédiés au financement des programmes

de renforcement de l’efficacité énergétique, lesdits programmes bénéficieraient

de trois fois plus de ressources.

Parce qu’elles sont des ressources locales, les énergies renouvelables

réduisent la dépendance à l’égard des importations énergétiques et

à l’égard de la volatilité des prix des énergies fossiles sur le marché.

Les énergies renouvelables peuvent largement contribuer à couvrir la

demande énergétique croissante des pays émergents et en développement,

sans occasionner de hausse des émissions de gaz à effet de serre

ni d’augmentation des nuisances environnementales locales.

Dans les régions aux infrastructures peu développées avec une électricité

produite au prix fort à l’aide de générateurs diesel, les énergies renouvelables

offrent également une option moins onéreuse. Grâce à des

phases de planification et de construction beaucoup plus courtes que

pour les centrales à charbon ou les centrales nucléaires, des centrales

solaires et des parcs éoliens peuvent y être installés à relativement

court terme. Dans bien des cas, le renouvelable apporte le tout premier

accès à l’électricité. Voilà pourquoi de très nombreux pays ont lancé

des programmes de promotion des énergies renouvelables.

Plaidant dans le monde entier pour une politique énergétique durable,

innovante et abordable, l’Allemagne partage ses expériences en matière

de tournant énergétique. Une étroite coopération avec ses voisins

européens et ses partenaires internationaux s’est mise en place. L’Allemagne

s’implique activement dans des instances et organisations

multilatérales et a conclu un grand nombre de partenariats énergétiques

bilatéraux avec des pays tels que l’Inde, la Chine, l’Afrique du

Sud, le Nigéria et l’Algérie.

2005

2007

2007

2008

2009

Le système européen d’échange de

L’UE adopte un train de mesures sur l’énergie et le climat

Louis Palmer entame un tour du

L’Allemagne introduit le diagnostic de performance énergétique qui renseigne

75 États fondent l’Agence Internationale

quotas d’émission est lancé. Tous

à l’horizon 2020 avec des objectifs contraignants en

monde en « taxi solaire », véhicule

sur la consommation et la qualité énergétiques des bâtiments.

pour les Énergies Renouvelables (IRENA).

les États de l’UE y participent.

termes de développement des énergies renouvelables,

fonctionnant exclusivement à l’énergie

La loi sur le chauffage issu des énergies renouvelables exige que dans les bâtiments neufs,

de protection du climat et d’efficacité énergétique.

solaire. Son périple dure 18 mois.

un pourcentage donné de la production de chaleur provienne de sources renouvelables.


22 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 23

Réseau électrique

Un réseau intelligent

© dpa/Stefan Sauer

© dpa/euroluftbild.de/Hans Blossey

Le tournant énergétique a besoin d’infrastructures modernes et performantes. À cette fin,

il est primordial de poursuivre l’installation des lignes électriques tout en assouplissant

l’ensemble du système. Lorsque les centrales nucléaires allemandes fermeront leurs portes, ce

seront avant tout les énergies renouvelables du nord et de l’est de l’Allemagne qui prendront le

relais. Or, le sud du pays aura besoin de l’électricité produite. Des centrales nucléaires devront

être remplacées, la population y est nombreuse et de grandes entreprises industrielles y sont

implantées. De nouvelles autoroutes électriques reposant sur des technologies particulièrement

efficaces devront donc transporter l’électricité éolienne du nord et de l’est de l’Allemagne

directement vers le sud du pays.

Le réseau électrique allemand

parcourt 1,8 millions de kilomètres

Cartographie du développement du réseau électrique

Nouvelles lignes et projets de lignes au sein du réseau allemand à THT

BRÊME

HAMBOURG

HANOVRE

BERLIN

Pas encore en cours d’approbation

En cours d’approbation

Projet autorisé ou en construction

Projet réalisé

Point d’interface

Cluster éolien en mer

Liaison entre parcs éoliens en mer et réseau électrique

« L’Energiewende, c’est l’équivalent allemand

du projet d’exploration de la lune. »

qui en résulte lui permet de trouver la solution la plus à même de répondre

aux besoins des hommes, de l’environnement et de l’économie.

Le réseau de distribution doit lui aussi être remis à niveau pour la

conversion aux énergies vertes. À l’origine, ce réseau a été conçu uniquement

pour transporter l’électricité vers les consommateurs.

Il avait un fonctionnement à sens unique. Aujourd’hui, presque toutes

les installations solaires et nombre de turbines éoliennes injectent

leur électricité dans le réseau de distribution. Tout ce qui n’est pas

nécessité sur place emprunte la direction inverse. De plus, la production

d’électricité à partir des énergies renouvelables varie en fonction

Frank-Walter Steinmeier, président de la République fédérale d’Allemagne

des conditions météorologiques. Les installations solaires produisent

beaucoup d’électricité lorsque le soleil brille, mais leur performance

décline rapidement lorsque le ciel se couvre. Pour assurer la stabilité

des réseaux de distribution en dépit d’une production qui n’est pas

constante, il faut donc impérativement les transformer en réseaux

intelligents. Un réseau électrique intelligent (smart grid, en anglais)

permet à tous les acteurs de communiquer les uns avec les autres :

de la production au consommateur final, en passant par le transport,

le stockage et la répartition. La production et la consommation d’électricité

bénéficient dès lors d’une meilleure coordination et peuvent

faire l’objet d’ajustements à court terme.

DORTMUND

LEIPZIG

DÜSSELDORF

DRESDE

COLOGNE

Cela correspond à

45

fois le tour de la terre

le long de l’équateur.

FRANCFORT-

SUR-LE-MAIN

STUTTGART

NUREMBERG

MUNICH

Le fonctionnement d’un réseau électrique intelligent

Représentation simplifiée des acteurs, des infrastructures et des voies de communication

Réseau de transmission,

réseau de distribution

Pilotage et communication

Le marché intérieur européen de l’énergie est le deuxième moteur de développement du réseau

allemand. Pour que l’électricité puisse circuler sans entrave dans toute l’Europe à des prix

plus modiques pour les consommateurs, l’Europe a besoin d’infrastructures solides dans leur

propre pays mais aussi par-delà les frontières. Afin de répondre à cette exigence, les gestionnaires

européens des réseaux de transport présentent un plan commun de développement des

réseaux tous les deux ans. Ce plan comprend l’ensemble des projets allemands.

Compteur intelligent

Consommateurs

Particuliers, industrie, commerce

Production d’électricité

Énergies conventionnelles et renouvelables

Marché

Approvisionnement, services

et commerce énergétiques

Transit

vers les pays voisins

de l’UE

Dans des projections portant sur les 10 à 20 années à venir, les gestionnaires concernés effectuent

leurs propres évaluations pour déterminer de quelles lignes électriques l’Allemagne

a besoin. Leurs suggestions sont vérifiées par une administration publique, l’Agence fédérale

réseaux, au cours d’un processus en plusieurs étapes associant étroitement le public. Le dialogue

Mobilité

Voitures, transports en commun

Stockage

Batteries, systèmes

de stockage

2009

2010

2010

2010

La loi sur le développement des réseaux d’énergie (ENLAG) accélère

Le gouvernement fédéral adopte une stratégie à long terme pour

L’UE adopte une directive sur la performance énergétique des bâtiments.

L’Agence allemande de l’énergie publie une étude sur le déve-

le processus d’autorisation de nouvelles lignes à très haute tension.

l’approvisionnement énergétique de l’Allemagne jusqu’en 2050.

À compter de 2021, toutes les constructions nouvelles devront avoir une

loppement nécessaire du réseau électrique pour permettre aux

consommation d’énergie quasi nulle.

énergies renouvelables de fournir environ 40 % de l’électricité.


24 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 25

Sécurité de l’approvisionnement

« Peut-on encore parler de

sécurité de l’approvisionnement

avec une telle proportion

d’énergie solaire et éolienne ? »

© dpa/Moravic Jakub

© dpa/euroluftbild.de/Hans Blossey

Les Allemands peuvent être certains que la fiabilité de leur approvisionnement en électricité

continuera d’être assurée à l’avenir. L’approvisionnement énergétique de l’Allemagne se range

parmi les meilleurs au monde. Sur les 8 760 heures que compte une année, les pannes de courant

atteignent en moyenne une durée de 12,8 minutes. Cette valeur s’est même améliorée au

cours des dernières années en dépit de la part croissante de l’électricité solaire et éolienne.

Les pannes de courant sont extrêmement rares en Allemagne

Durée moyenne des coupures de courant en minutes, 2013

10,0

11,3

12,8

15,0

15,3

23,0

68,1

70,8

Luxembourg

Danemark

Allemagne (2016)

Suisse

Allemagne (2013)

Pays-Bas

France

Suède

254,9 Pologne

360,0 Malte

Aujourd’hui, il arrive qu’à certaines périodes les énergies renouvelables

fournissent plus de 60 % de l’approvisionnement en électricité. Cette part

va continuer d’augmenter dans les années à venir. Sachant que les différentes

énergies renouvelables se complètent les unes les autres, divers

projets pilotes ont montré qu’il est possible de combiner la production

de divers types d’installations pour générer une électricité beaucoup

plus fiable. Durant les phases sans vent ni soleil, des centrales électriques

conventionnelles qui ont la particularité d’être flexibles prennent le

relais. Les centrales à gaz sont particulièrement adaptées à ce genre de

situation, mais les centrales de pompage-turbinage et les installations

bioénergétiques peuvent elles aussi fournir rapidement de l’électricité.

À moyen et long terme, des systèmes de stockage devraient permettre de

pallier les pénuries durant de telles périodes.

Les consommateurs d’électricité jouent également un rôle significatif.

Ils peuvent être encouragés à consommer de l’électricité lorsque les quantités

disponibles sont élevées, par exemple en périodes de vents forts. De

cette manière, les gros consommateurs tels que les usines et les entrepôts

frigorifiques peuvent considérablement délester l’ensemble du système.

Le défi majeur à relever est de restructurer le marché de l’électricité dans

ce sens. À cette fin, l’Allemagne a lancé un processus de réforme et a mis en

œuvre une première série de mesures. La flexibilité est un critère important.

En effet, tous les acteurs du marché de l’électricité doivent réagir du mieux

possible aux fluctuations de la production solaire et éolienne. Parallèlement,

la concurrence entre les différentes options d’équilibrage est nécessaire aux

réseaux pour maintenir les coûts globaux à un niveau réduit.

Enfin, le développement transfrontalier des réseaux et la convergence

de marchés régionaux de l’électricité jusqu’alors indépendants les uns

des autres en Europe apportent encore plus de stabilité et de flexibilité

notamment à l’Allemagne.

Les pannes de courant sont rarement à imputer aux fluctuations de la production d’électricité.

Elles sont le plus souvent causées par des événements extérieurs ou par des erreurs humaines.

Cela a par exemple été le cas lors de la dernière grande panne de courant qui avait touché

plusieurs régions d’Allemagne le 4 novembre 2006. Cet incident de tout au plus deux heures

avait été provoqué par la mise hors tension programmée d’une ligne électrique qui avait été

la source de surcharges sur d’autres lignes et avait entraîné une réaction en chaîne au sein du

réseau électrique européen. Depuis cet événement, les mécanismes de sécurité ont été soumis

à des améliorations supplémentaires en Allemagne et dans les pays européens voisins.

Pour éviter les goulots d’étranglement, l’Allemagne a par exemple créé une réserve fixe de centrales

électriques supplémentaires. Ces centrales sont particulièrement utiles pendant les mois

d’hiver. Durant cette saison, la consommation d’électricité est très élevée et les installations

éoliennes allemandes atteignent alors leur rendement maximum. S’il arrive que les réseaux

électriques soient encombrés en raison des grandes quantités d’électricité transportées du nord

vers le sud, les centrales de secours prennent le relais dans le sud.

Production et consommation d’électricité

Fluctuations de la production issue des énergies renouvelables

Production d’électricité toutes sources d’énergie confondues et consommation d’électricité en Allemagne au cours de l’année 2017

120 GW

100 GW

80 GW

60 GW

40 GW

20 GW

0 GW

janvier 17 février 17 mars 17 avril 17 mai 17 juin 17 juillet 17 août 17 septembre 17 octobre 17 novembre 17 décembre 17 janvier 18

Centrales électriques conventionnelles

Solaire Éolien terrestre Éolien en mer Hydraulique Biomasse

Consommation d’électricité

2011

2011

2012

2013

Un grave accident se produit dans une centrale nucléaire à Fukushima

La Commission de l’UE publie une « Feuille de route pour l’énergie

Le protocole de Kyoto est prolongé jusqu’en 2020

L’Allemagne adopte la première loi de programmation des

au Japon. L’Allemagne décide d’accélérer la sortie du nucléaire dédié à la

à l’horizon 2050 » avec une stratégie à long terme en faveur de la pro-

lors de la conférence de Doha sur le climat.

besoins pour l’extension du réseau de transport d’électricité.

production d’électricité et de fermer toutes ses centrales d’ici 2022. Huit

tection climatique et de l’approvisionnement énergétique en Europe.

réacteurs parmi les plus anciens sont immédiatement arrêtés.


26 | La transition énergétique allemand

La transition énergétique allemande | 27

Réservoirs d’énergie

De l’énergie en réserve

© dpa/Hannibal Hanschke

© Paul Langrock

En 2050, 80 % de l’électricité devrait être issue d’énergies renouvelables, en majeure partie d’installations

éoliennes et photovoltaïques. Pour répondre à des situations soudaines sans ensoleillement

et sans vent en Allemagne, il sera alors nécessaire de disposer d’un système de production

d’électricité capable de réagir rapidement et en toute souplesse. Les réservoirs d’énergie sont une

option. Pendant les périodes particulièrement venteuses et ensoleillées, ces réservoirs peuvent

absorber de l’électricité. Ils peuvent ensuite la restituer en fonction des besoins durant les

périodes de calme plat, de ciels couverts et d’obscurité.

Un réservoir d’énergie chez soi : les batteries

Installation photovoltaïque et batteries – une combinaison destinée

à la consommation personnelle et à l’alimentation du réseau

Batteries de stockage

Consommation personnelle :

utilisation directe du courant

solaire ou batterie

Installation photovoltaïque

Injection d’électricité

excédentaire dans le réseau

Utiliser les réservoirs naturels :

le pompage-turbinage

Mise sur pied d’un système de pompage-turbinage

100 000 batteries de stockage en service 9,2 GW de puissance en service, 4,5 GW en production

1.

Bassin supérieur

Moteur/

générateur

Pompe-turbine

Stocker l’énergie

L’électricité (excédentaire) entraîne la turbine,

l’eau est pompée vers le bassin supérieur

2.

Transformateur

Bassin inférieur

Restituer l’énergie stockée

L’eau coule vers le bas et entraîne la turbine,

la turbine produit de l’électricité et alimente le réseau

1.

2.

Pour stocker de l’énergie à relativement long terme, il est également

possible de recourir au stockage par air comprimé. Ce système

consiste à utiliser l’énergie excédentaire pour comprimer de l’air dans

des réservoirs souterrains, par exemple dans les cavités de dômes de

sel. En cas de besoin, l’air comprimé entraîne un générateur et produit

à son tour de l’électricité.

Le concept Power to Gas semble encore plus prometteur pour les stockages

de longue durée. Cette technologie consiste à utiliser de l’électricité

issue d’énergies renouvelables et à se servir de l’électrolyse pour produire

de l’hydrogène ou du gaz naturel synthétique. Les avantages : l’hydrogène

et le gaz naturel peuvent être stockés, utilisés directement ou injectés

dans le réseau de gaz naturel. Leur transport est simple et leur utilisation

est souple. En cas de besoin, les centrales électriques peuvent les

retransformer en électricité et en chaleur que les consommateurs finaux

utilisent pour cuisiner, pour se chauffer ou pour conduire un véhicule.

C’est pour cette raison que le gouvernement fédéral encourage la

recherche et le développement afin de réduire les coûts des réservoirs

d’énergie. Il a créé à cet effet en 2011 l’initiative de financement « Réservoirs

d’énergie ». En outre, il subventionne depuis 2013 de petits réservoirs

d’énergie décentralisés combinés à des installations photovoltaïques. Les

batteries ont désormais un nouveau champ d’application : le rééquilibrage

rapide des légers déséquilibres dans le réseau électrique. Lorsqu’elles ne

sont pas utilisées, les voitures électriques peuvent ainsi contribuer à la

stabilité de l’approvisionnement en électricité. La mise sur le marché de

tels systèmes de batteries doit non seulement stimuler la recherche et le

développement mais aussi réduire les coûts.

Dans les années à venir, les besoins en dispositifs de stockage de l’électricité

iront croissant, notamment pour leur usage dans les véhicules électriques.

Ce n’est qu’à long terme, lorsque les énergies renouvelables seront

très largement prépondérantes, qu’il sera possible d’alléger sensiblement

les coûts globaux de toutes les technologies de stockage d’énergie dans les

réseaux électriques. Sur le court à moyen terme, il sera moins onéreux de

miser sur d’autres mesures, comme le développement des réseaux électriques

ou un pilotage ciblé de la production et de la consommation pour

une utilisation efficace de l’énergie.

Transformer de l’électricité en gaz

Principe de fonctionnement de l’électrolyse et de la méthanisation et usages potentiels

Il existe de nombreuses solutions pour stocker de l’énergie. Les réservoirs de stockage d’énergie

à court terme tels que les batteries, les condensateurs ou les systèmes de stockage par volant

d’inertie peuvent absorber et distribuer de l’énergie électrique à plusieurs reprises en l’espace

d’une journée. Leur capacité est cependant limitée.

Production excédentaire issue

d’énergies renouvelables

Pour stocker de l’électricité pendant une période prolongée, l’Allemagne recourt tout particulièrement

aux centrales de pompage-turbinage. Environ neuf gigawatts de pompage-turbinage

sont actuellement reliés au réseau allemand, sachant qu’une partie des installations se trouve

au Luxembourg et en Autriche. Dotée des capacités les plus importantes de l’Union européenne,

l’Allemagne n’a néanmoins que peu de marge de manœuvre pour les développer. De

ce fait, elle collabore étroitement avec des pays disposant de grandes capacités de stockage. Il

s’agit avant tout de l’Autriche, de la Suisse et de la Norvège.

ÉLECTROLYSE

H 2

(hydrogène)

H 2

(hydrogène)

CH 4

H

(méthane)

2

(hydrogène)

Réseau de gaz naturel

MÉTHANISATION

Réservoirs à gaz

Utilisation industrielle

Mobilité

Production d’électricité

Approvisionnement

en chaleur

15 projets pilotes opérationnels, 6 en phase de planification et de préparation

2013

La première voiture purement électrique

entièrement remodelée est fabriquée en

grande série en Allemagne.

2013

La première installation au monde de

Power to Gas à l’échelle industrielle

est mise en service en Allemagne.

2014

L’Allemagne réforme la loi sur la priorité aux énergies

renouvelables qui comprend pour la première fois

des objectifs annuels de développement et accélère

l’intégration des marchés.

2014

L’UE fixe des objectifs énergétiques et climatiques pour

l’année 2030 : réduction de 40 % des gaz à effet de serre,

proportion d’au moins 27 % d’énergies renouvelables, et

baisse d’au moins 27 % de la consommation d’énergie.

2014

L’Allemagne adopte le plan d’action national pour l’efficacité énergétique et

lance le « programme d’action pour la protection du climat à l’horizon 2020 ».

Avec une part de 27,4 % dans la consommation d’électricité, les énergies renouvelables

sont pour la première fois la plus grande source d’énergie en Allemagne.


28 | La transition énergétique allemand

Les citoyens et le tournant énergétique

« Quels sont les bénéfices

de l’Energiewende pour

les citoyens ? »

dpa/Marc Ollivier

La transition énergétique allemande | 29

Pour réussir, le tournant énergétique a besoin du soutien de la population. À cette fin, il faut

avant tout que l’énergie reste abordable pour les particuliers. Cela étant, la restructuration de

l’approvisionnement énergétique peut aussi satisfaire les attentes des consommateurs privés

en répondant de manière très directe à leurs besoins. Nombre de citoyens se font par exemple

conseiller pour décider où et comment économiser le plus d’énergie possible à leur domicile.

Lorsqu’ils remplacent une vieille installation de chauffage ou rénovent leur habitation, ils bénéficient

de prêts à taux préférentiels et de subventions. Lorsqu’ils veulent louer un nouvel appartement,

ils reçoivent automatiquement des renseignements relatifs à la consommation énergétique

et à son coût. Et lorsqu’ils veulent acheter une nouvelle machine à laver, un ordinateur ou

une lampe, ils peuvent identifier l’efficacité énergétique de l’appareil grâce à une étiquette.

Les citoyens sont désormais actifs dans les activités classiques de l’énergie. La production d’électricité

et de chaleur n’est plus le seul fait des petits ou des grands énergéticiens, les citoyens y ont également

leur part : ils possèdent en effet des installations solaires, investissent dans des parcs éoliens et

Combien d’installations sont entre les mains des citoyens ?

Part de la puissance installée des énergies renouvelables dans la production d’électricité selon les groupes de propriétaires

42 %

Citoyens

(particuliers, coopératives énergétiques,

participations citoyennes)

16 %

Fournisseurs d’énergie

41 %

Investisseurs

(investisseurs institutionnels et stratégiques)

© dpa/Westend61/Tom Chance © dpa/Bodo Marks

exploitent des usines de production de biogaz. L’Allemagne compte plus de

1,5 million d’installations photovoltaïques dont un grand nombre est installé

sur les toits de maisons particulières. Les particuliers détiennent une

participation financière dans environ la moitié des installations éoliennes

en Allemagne. Et les agriculteurs apportent près de la moitié de la totalité

des investissements dans la bioénergie.

Ceux qui n’ont pas les moyens de construire ou de financer seuls leurs

propres installations d’énergies renouvelables peuvent se regrouper.

Il existe environ 850 coopératives énergétiques totalisant plus de

180 000 membres qui investissent conjointement dans des projets du

tournant énergétique. Un apport minimum de 100 euros suffit pour

pouvoir participer à des projets de ce type.

À côté de cela, les citoyens ont de multiples possibilités de s’exprimer

sur l’aménagement concret du tournant énergétique. Ils peuvent

émettre leur avis et formuler leurs souhaits, par exemple lorsque la

construction d’un nouveau parc éolien est planifiée dans leur région.

Leur participation est particulièrement forte dans les projets de lignes

électriques destinées à transporter de grandes quantités d’électricité

à travers l’Allemagne. Les particuliers peuvent s’impliquer et donner

leur avis dès l’évaluation des besoins de développement du réseau.

Toutes les autres étapes de la planification – jusqu’à la décision relative

au tracé concret des lignes électriques – se déroulent avec la participation

du public. De plus, l’Agence fédérale réseaux et différents opérateurs

de réseau font parvenir aux citoyens, en amont des procédures

formelles, des informations détaillées sur les projets de lignes électriques.

L’initiative « Dialogue avec les citoyens à propos du réseau électrique »

complète ces activités. Par le biais de ses bureaux des citoyens et de ses

offres de dialogue, elle apporte une présence directe dans les régions

concernées par des projets de développement. Elle propose également

des interlocuteurs fixes pour tous les sujets relatifs au développement

du réseau. Encourager les débats à un stade précoce assure un meilleur

accueil et une mise en œuvre plus efficace des projets énergétiques.

Comment les citoyens peuvent-ils profiter de la transition énergétique à leur domicile ?

Quelques possibilités d’amélioration de l’efficacité énergétique et d’utilisation des énergies renouvelables, à partir de l’exemple d’une

maison particulière des années 1970

-13 % d’énergie

Isolation du toit

-22 % d’énergie

Isolation de la façade

60–70 % des besoins propres (électricité)

Installations photovoltaïques avec batteries de stockage

-10 % d’énergie

Fenêtres à triple vitrage

-80 % d’énergie

Éclairage par LED remplaçant

les ampouless

-5 % d’énergie

Isolation du plafond de la cave

-15 % d’énergie

Modernisation du chauffage

100 % des besoins propres (chaleur)

Pompe à chaleur pour le chauffage et l’eau chaude

2015

La conférence mondiale sur le climat se déroule

à Paris. 195 États décident de limiter le

réchauffement climatique à tout au plus deux

degrés Celsius.

2016

Le 4 novembre, l’accord de Paris sur le climat entre en vigueur.

L’Allemagne modifie le financement des énergies renouvelables : à partir de 2017, toutes les technologies

seront soumises à des appels d’offres.

2018

Le Conseil et le Parlement de l’Union européenne s’accordent sur un

règlement portant sur un système de gestion afin de soutenir le développement

et l’utilisation des énergies renouvelables au sein de l’UE.


30 | La transition énergétique allemand La transition énergétique allemande | 31

Glossaire

Appel d’offres

Depuis 2017, les tarifs de soutien destinés

aux nouveaux projets de parcs éoliens ou aux

grandes installations photovoltaïques sont

définis par le biais d’appels d’offres. Plusieurs

projets sont simultanément soumis à des

procédures d’appels d’offres et les acteurs

potentiellement intéressés font une offre

correspondant au tarif de départ pour chaque

projet. Ainsi, le tarif fixé par la loi est supplanté

par un prix de marché équitable pour l’électricité

issue des énergies renouvelables. En vue

de tester et d’optimiser cette procédure, trois

séries d’appels d’offres ont déjà eu lieu en 2015

pour de grands projets photovoltaïques.

Autopartage

L’autopartage permet à plusieurs utilisateurs de

partager un véhicule. Ces utilisateurs sont généralement

clients d’une entreprise à laquelle

appartiennent les véhicules. Lorsqu’ils ont

besoin d’une voiture, les utilisateurs peuvent

en louer une. Contrairement aux locations traditionnelles

de voitures, l’autopartage permet

des réservations de dernière minute et des

usages de courte durée, par exemple pendant

une demi-heure. De nombreuses municipalités

ont aménagé des places de parking privilégiées

pour l’autopartage. Elles peuvent également

autoriser la circulation des véhicules d’autopartage

dans les couloirs de bus.

Bâtiment à consommation d’énergie

quasi nulle

Comme l’indique leur nom, les bâtiments

à consommation d’énergie quasi nulle sont des

bâtiments qui consomment très peu d’énergie.

Dans l’Union européenne, tous les nouveaux

immeubles devront respecter une norme portant

le même nom à partir de 2021. Cette di-

rective s’appliquera aux établissements publics

dès 2019. En Allemagne, les besoins annuels en

énergie primaire de tels bâtiments ne doivent

pas dépasser 40 kWh par mètre carré.

Batterie

Une batterie est un réservoir chimique de

charges électriques. Lorsqu’un circuit électrique

est relié à une batterie, la batterie se

décharge et le courant circule. Les batteries

rechargeables comme celles utilisées dans

les voitures électriques et les téléphones

portables portent le nom d’accumulateurs ou

d’accus. Ces batteries sont également utilisées

en combinaison avec des énergies renouvelables,

par exemple dans des installations

photovoltaïques. On parle alors de batteries de

stockage. Étant donné leur capacité restreinte

(mesurée en ampères-heures – Ah), les batteries

peuvent seulement absorber une quantité

limitée de charge électrique.

Centrale électrique de secours

Les centrales de secours prennent le relais en

cas de difficultés soudaines dans l’approvisionnement

en électricité. Un démarrage et un arrêt

rapides étant nécessaires, les centrales à gaz

sont particulièrement adaptées.

Chauffage aux granulés de bois (pellets)

Également appelés pellets, les granulés de bois

sont de petits bâtonnets ou boulettes composés

de sciures ou copeaux de bois compactés.

Ils sont brûlés dans des chaudières spéciales.

Grâce à leur compactage, ils ont une densité

énergétique élevée et nécessitent moins de

surface de stockage que le bois de chauffage,

par exemple. Les chaudières à granulés de

bois sont climatiquement neutres : lors de la

combustion, la quantité de dioxyde de carbone

libérée est la même que celle auparavant fixée

par la plante.

Condensateurs

Les condensateurs peuvent stocker de l’électricité

à court terme. Chaque condensateur est

constitué de deux éléments (deux boules ou

plaques en métal, par exemple), dont l’un est

chargé positivement et l’autre négativement.

Lorsque ces deux éléments sont reliés, le courant

circule jusqu’à ce que les charges soient

équilibrées.

Consommation brute d’électricité

Pour déterminer la consommation brute

d’électricité d’un pays, on additionne l’électricité

produite dans le pays et les importations

d’électricité provenant de l’étranger. On déduit

ensuite de ce montant la quantité d’électricité

exportée.

Électricité produite dans le pays

+ importations d’électricité

- exportations d’électricité

----------------------------------------------

= Consommation brute d’électricité

Consommation énergétique finale

Par énergie finale, on entend la part d’énergie

qui arrive véritablement chez le consommateur.

Certains facteurs tels que les pertes en ligne

ou les pertes dues au rendement des centrales

électriques sont déduits dans le calcul de cet

indice. Si, en revanche, des pertes sont occasionnées

chez le consommateur, par exemple

à cause de la chaleur dégagée par un bloc d’ali-

mentation, ces pertes sont comptabilisées dans

la consommation énergétique finale.

Coopératives énergétiques

Les coopératives telles que nous les connaissons

aujourd’hui en Allemagne sont en réalité

un concept qui date du XIXe siècle. À l’époque,

Friedrich Wilhelm Raiffeisen et Hermann

Schulze-Delitzsch fondèrent simultanément

les premières coopératives allemandes.

Plusieurs personnes poursuivant les mêmes

intérêts économiques s’associent pour obtenir

un pouvoir accru sur le marché, par exemple

sous la forme d’une coopérative d’achat. Cette

forme particulière d’entreprise est réglementée

par une loi spécifique en Allemagne. Les

coopératives existent depuis longtemps dans

le secteur de l’approvisionnement énergétique.

Au début de l’électrification en Allemagne,

diverses régions, à commencer par les zones

rurales, n’ont pas pu suivre les grandes villes

et ont créé des coopératives d’énergie pour

s’approvisionner en électricité. Certaines de ces

coopératives existent encore à l’heure actuelle.

La transition énergétique s’accompagne d’une

renaissance du modèle des coopératives. La

majorité des parties prenantes sont des particuliers

qui financent par exemple la construction

de centrales solaires ou de parcs éoliens.

Corridor de développement

Les corridors de développement visent à rendre

l’expansion des énergies renouvelables plus

prévisible et l’intégration dans le réseau

électrique plus efficace, tout en maintenant les

coûts supplémentaires à un niveau acceptable

pour les consommateurs. Dans la loi sur la

priorité aux énergies renouvelables (EEG), un

corridor cible spécifique est défini pour chaque

technologie d’énergie renouvelable. Si la

nouvelle capacité installée dépasse en l’espace

d’une année le plafond qui a été fixé, des taux

de soutien plus faibles s’appliquent dès l’année

suivante. Si le développement n’atteint pas le

niveau souhaité par le corridor, les tarifs de

soutien subissent des réductions moindres ou

ne sont pas réduits du tout.

Déchets radioactifs

L’énergie nucléaire utilisée pour produire de

l’électricité génère des déchets radioactifs. Lors

de ce processus, des matières radioactives sont

décomposées en d’autres matières dans les

barres de combustible nucléaire ; à partir d’un

certain point, ces matières ne peuvent plus

être utilisées, mais elles restent radioactives.

Au départ, il s’agit d’isotopes d’éléments tels

que l’uranium, le plutonium, le neptunium,

l’iode, le césium, le strontium, l’américium et

le cobalt. D’autres substances radioactives

apparaissent au fur et à mesure des passages

dans les chaînes de désintégration. Ces déchets

doivent être stockés de manière sûre pendant

de longues périodes afin d’éviter des dommages

pour l’homme et la nature : au moins

un million d’années pour les déchets hautement

radioactifs ; une durée moins longue est

nécessaire pour les déchets moyennement

radioactifs, et pratiquement aucune mesure

de protection n’est requise pour les déchets

radioactifs de faible activité – sachant que ces

derniers doivent tout de même être entreposés

à long terme en toute sécurité.

Échange de quotas d’émission

En Europe, les émissions de CO 2

ont une valeur

marchande. Pour chaque tonne de gaz à effet

de serre qu’ils émettent, les exploitants du secteur

énergétique et d’une large part de l’industrie

doivent restituer des quotas aux pouvoirs

publics. S’ils ne possèdent pas suffisamment de

quotas, ils doivent en acheter sur des marchés

boursiers spécialisés. À l’inverse, s’ils n’épuisent

pas tous les quotas en leur possession, ils

peuvent vendre les quotas restants. Le volume

global de quotas disponibles diminuant d’année

en année, les entreprises sont incitées à investir

dans des mesures d’économie d’énergie ou

à utiliser d’autres énergies moins nuisibles au

climat.

Efficacité énergétique

L’efficacité énergétique renseigne sur la performance

atteinte selon l’énergie utilisée ou,

en d’autres termes, sur la quantité d’énergie

qu’une personne doit consommer pour

atteindre un certain niveau de performance.

Plus l’efficacité énergétique est élevée, plus la

quantité d’énergie nécessaire diminue en vue

d’atteindre le résultat souhaité. Un bâtiment

doté d’une efficacité énergétique élevée nécessite

par exemple moins d’énergie pour le chauffage

et le rafraîchissement qu’un bâtiment

de construction identique avec une efficacité

énergétique moindre. L’efficacité énergétique

revêt également une importance croissante

dans la production industrielle et dans les

transports. Pour les entreprises, les mesures

d’efficacité énergétique sont intéressantes

lorsque les économies réalisées dépassent les


32 | La transition énergétique allemand La transition énergétique allemande | 33

coûts de mise en œuvre. Quant aux consommateurs

privés, ils peuvent eux aussi contribuer

aux économies d’énergie en utilisant des

appareils énergétiquement efficaces. Dans de

nombreux pays, les réfrigérateurs, téléviseurs,

machines à laver et autres appareils sont dotés

d’un étiquetage permettant d’identifier rapidement

leur efficacité énergétique.

Énergie primaire/consommation d’énergie

primaire

L’énergie primaire est la somme des énergies

disponibles en provenance de sources telles

que le charbon, le pétrole, le soleil ou le vent.

De la transformation à l’énergie finale (voir

Énergie finale), des pertes plus ou moins élevées

se produisent selon les sources d’énergie

initiales, par exemple lors de la production

d’électricité ou lors du transport. De ce fait, la

consommation d’énergie primaire est toujours

plus élevée que la consommation d’énergie

finale.

Énergies renouvelables

Les énergies renouvelables comprennent

l’énergie éolienne, l’énergie solaire (photovoltaïque

et thermique), la géothermie, la

biomasse, l’énergie hydraulique et les énergies

marines. L’énergie hydraulique est généralement

envisagée sous deux angles différents

: dans de nombreuses statistiques, l’énergie

hydraulique à petite échelle fait partie des

énergies renouvelables, tandis que les grandes

centrales hydroélectriques d’une puissance

installée de 50 mégawatts et plus n’en font pas

partie.

Contrairement aux sources d’énergie traditionnelles

telles que le charbon, le pétrole, le

gaz ou le nucléaire, les énergies renouvelables

ne consomment pas de matières premières

épuisables pour produire de l’électricité. Seule

exception : la biomasse, qui est uniquement

jugée sans effet sur le climat lorsque la quantité

de matières premières transformées ne

dépasse pas la quantité de ressources capables

de se régénérer durant la même période.

La géothermie fait régulièrement l’objet de critiques

: les interventions géologiques peuvent

entre autres provoquer des tremblements de

terre ou entraîner de tels soulèvements du sol

que les bâtiments construits au-dessus ne sont

plus habitables.

Équivalent CO 2

(eq CO 2

)

L’équivalent CO 2

est un indice comparatif

permettant d’évaluer les répercussions d’un

composé chimique sur l’effet de serre ; il est

généralement calculé sur une période de 100

ans. Le dioxyde de carbone (CO 2

) correspond

à la valeur 1. Si une substance a un équivalent

CO 2

de 25, cela signifie que l’émission d’un

kilogramme de cette substance est 25 fois plus

nocive que l’émission d’un kilogramme de CO 2

.

NB : l’équivalent CO 2

ne renseigne en rien sur

l’impact réel d’un composé sur le changement

climatique.

Gaz à effet de serre

Les gaz à effet de serre modifient l’atmosphère

de telle sorte que les rayons solaires

réfléchis par la surface de la Terre ne sont pas

renvoyés dans l’espace mais sont de nouveau

réfléchis dans l’atmosphère et renvoyés vers la

Terre. C’est ainsi qu’ils contribuent de manière

déterminante au réchauffement climatique.

Cet effet s’apparente au principe d’une serre :

la Terre se réchauffe. Le gaz à effet de serre

le plus connu est le dioxyde de carbone, qui

résulte de la combustion des ressources fossiles

telles que le pétrole, le gaz et le charbon.

Le méthane et les hydrochlorofluorocarbones

(HCFC) sont d’autres exemples de gaz à effet

de serre.

Marché intérieur européen

Les États membres de l’Union européenne

forment un marché intérieur. Ce marché garantit

la libre circulation des marchandises, des

services, des capitaux et, avec certaines restrictions,

des personnes au-delà des frontières

nationales. À titre d’exemple, les marchandises

et les services ne sont soumis à aucun

droit de douane ou autre taxe au passage des

frontières. De même, l’électricité, le gaz et le

pétrole circulent librement d’un pays à l’autre.

Cependant, les actuels réseaux de distribution

d’électricité et de gaz ne sont pas encore

suffisants pour assurer le bon fonctionnement

d’un marché intérieur européen de l’énergie.

De plus, il reste encore à créer une réglementation

unique et transfrontalière. Ces deux

objectifs devraient néanmoins être réalisés

au cours des prochaines années : il sera alors

possible d’équilibrer les prix de l’électricité au

sein de l’UE tout en renforçant la sécurité de

l’approvisionnement.

Phases sans vent ni soleil

Durant ces phases, les éoliennes et les installations

photovoltaïques ne peuvent pas fournir

d’électricité. Les cas les plus extrêmes sont les

nuits de nouvelle lune nuageuses et sans vent.

Face à de telles situations, il faut que d’autres

sources d’énergie ou de l’énergie préalablement

stockée prennent le relais pour couvrir

les besoins en électricité.

Pile à combustible

Les piles à combustible sont de petites usines

de production d’électricité qui transforment

l’énergie chimique en énergie électrique. Elles

sont par exemple utilisées dans la propulsion

de véhicules électriques ou dans les régions

dépourvues de réseau électrique. Souvent,

les seules matières premières nécessitées

sont l’hydrogène et l’oxygène. Cette forme de

production d’énergie ne génère aucun gaz préjudiciable

pour le climat, mais seulement de la

vapeur d’eau. L’hydrogène nécessaire peut être

produit à l’aide d’électricité issue des énergies

renouvelables (voir Power to Gas). Cependant,

il existe aussi des piles à combustible qui

utilisent d’autres substances de départ, dont le

méthanol.

Pompe à chaleur

Les pompes à chaleur (ou thermopompes)

absorbent de l’énergie thermique du milieu environnant,

par exemple des couches profondes

du sol. Cette chaleur est ensuite utilisée pour

produire de l’eau chaude ou pour chauffer l’habitat.

L’électricité nécessitée à cette fin peut

être fournie par des énergies renouvelables. Le

réfrigérateur repose sur le même principe : il

refroidit l’intérieur de l’appareil en lui retirant

une quantité de chaleur rejetée vers l’extérieur.

Power to Gas (électrolyse, méthanisation)

Le Power to Gas (P2G ou PtG) est une technologie

qui permet de stocker à long terme

l’énergie électrique excédentaire. Dans un

procédé en deux étapes, l’électricité est utilisée

pour produire du gaz qui peut être stocké dans

des réservoirs et distribué via le réseau gazier.

La première étape consiste à utiliser l’électricité

pour décomposer l’eau par électrolyse en

oxygène et en hydrogène. L’hydrogène produit

est alors soit directement injecté en quantités

limitées dans le réseau gazier, soit transformé

en un autre gaz au cours d’une seconde étape

(la méthanisation). Lors de la méthanisation,

l’hydrogène additionné à du dioxyde de

carbone se transforme en méthane et en eau.

Le méthane est le principal composant du gaz

naturel et peut aisément être injecté dans le

réseau de gaz.

Prélèvement EEG / système de prélèvement

En vertu de la loi sur la priorité aux énergies

renouvelables (EEG), tous les consommateurs

d’électricité financent, en Allemagne, les coûts

supplémentaires occasionnés par l’électricité

produite à partir d’énergies renouvelables en

payant une contribution ajoutée à la facture

d’électricité. Le montant de ce prélèvement

correspond à la différence entre les tarifs

versés aux exploitants et les recettes issues de

la commercialisation de l’électricité à la bourse

de l’énergie. Les entreprises électro-intensives

bénéficient d’une réduction de ce prélèvement.

Productivité énergétique

La productivité énergétique indique quelle

valeur économique nationale (partie du produit

intérieur brut) est générée par unité d’énergie

utilisée. Lorsque l’on se réfère à une économie

nationale, le calcul se base sur l’énergie

primaire.

Protocole de Kyoto

En 1997, les États signataires de la CCNUCC

(Convention-cadre des Nations Unies sur

les changements climatiques) ont approuvé,

à Kyoto au Japon, des objectifs de réduction

des émissions de gaz à effet de serre à atteindre

à l’horizon 2012. Ces objectifs ont été

définis par rapport aux niveaux de 1990, choisi

comme année de référence. Plus de 190 États

ont alors ratifié le protocole. Une deuxième

période d’engagement s’étalant jusqu’en 2020

a ensuite été conclue à Doha lors de la 18e

conférence de l’ONU sur les changements

climatiques. Le protocole de Kyoto est l’un des

précurseurs de l’accord de Paris sur le climat

en date de décembre 2015 durant lequel les

États signataires de la CCNUCC – désormais au

nombre de 196 – ont convenu de contenir le

réchauffement climatique en dessous de deux

degrés Celsius.

Rénovation de l’habitat

La rénovation énergétique de l’habitat remédie

aux failles causant des pertes d’énergie trop

importantes par rapport à l’état actuel de la

technique. Il est par exemple envisageable

d’isoler les murs et le toit ou d’installer de

nouvelles fenêtres isolantes. Il est ensuite

possible de moderniser le chauffage.

Réseau électrique intelligent (smart grid)

Un réseau électrique intelligent (smart grid,

en anglais) est un réseau de distribution dans

lequel tous les éléments communiquent les

uns avec les autres, du producteur au consommateur

en passant par les lignes électriques et

les réservoirs d’énergie, grâce à une transmission

automatique et numérique des données.

La rapidité de la communication aide à éviter

les goulots d’étranglement et la surproduction

d’électricité, tout en adaptant l’approvisionnement

énergétique aux besoins de toutes

les parties prenantes. Les solutions de ce

type s’imposent tout particulièrement face

à l’injection irrégulière de l’électricité issue des

énergies renouvelables. Les réseaux électriques

intelligents permettent également de

gérer les besoins grâce à des modèles flexibles

de tarification de l’électricité.


34 | La transition énergétique allemand La transition énergétique allemande | 35

Réseau électrique – réseau THT – réseau de

distribution

Le réseau électrique est le moyen de transport

du courant électrique. En Allemagne et

dans de nombreux autres pays, il existe quatre

types de réseaux électriques fonctionnant

avec des niveaux de tension différents : la

très haute tension (220 ou 380 kV), la haute

tension (60 kV à 220 kV), la moyenne tension

(6 à 60 kV) et la basse tension (230 ou 400 V).

Le réseau basse tension dessert des usagers

tels que les ménages. Les réseaux à très haute

tension, qui fonctionnent avec une tension

environ mille fois plus élevée, transportent de

grandes quantités d’électricité sur de longues

distances. La haute tension répartit quant à elle

l’électricité en l’acheminant jusque dans les réseaux

à moyenne ou basse tension. Les réseaux

de moyenne tension répartissent également

l’électricité, mais ils approvisionnent aussi les

grands usagers tels que le secteur industriel

et les hôpitaux. Les particuliers reçoivent leur

électricité par le biais des lignes basse tension.

Stockage d’énergie par pompage-turbinage

(STEP)

Le stockage d’énergie par pompage- turbinage

et les stations de transfert d’énergie par pompage

(STEP) sont une technique de stockage

de l’énergie qui a fait ses preuves. Le surplus

d’électricité du réseau est utilisé pour actionner

une pompe et transférer de l’eau d’un

bassin inférieur vers un bassin supérieur. Dès

que l’on a besoin d’électricité supplémentaire,

l’eau pompée est turbinée pour restituer de

l’électricité au réseau.

Stockage par air comprimé

Le stockage par air comprimé recourt à l’énergie

électrique pour stocker de l’air comprimé dans un

réseau de cavités souterraines. En cas de besoin,

l’air comprimé peut être libéré par le biais d’une

turbine et produire de l’électricité. Cette technologie

est à ce jour peu utilisée. Il s’agit néanmoins

d’une possibilité pour stocker les excédents

d’électricité issue des énergies renouvelables. Les

cavités de dômes de sel étanches à l’air comptent

parmi les formations géologiques considérées

comme sûres pour le stockage. La mise en place

d’un tel système exige néanmoins de relever un

certain nombre de défis géologiques : en cas

d’instabilité ultérieure du système, il est impossible

de remédier à cette instabilité ; de plus, l’état

de contrainte du massif rocheux environnant ne

doit pas être perturbé.

Stockage par volant d’inertie

Les systèmes de stockage par volant d’inertie

permettent de stocker temporairement les

surplus d’électricité du réseau sous forme de

rotation mécanique. À cette fin, un moteur électrique

fait tourner la masse d’un volant d’inertie

; l’énergie électrique est alors transformée en

énergie de rotation. Dès que cette énergie doit

être restituée, le volant entraîne un moteur

électrique. À l’instar des batteries, les volants

d’inertie se prêtent à des architectures modulaires.

Le principe de base de cette technique de

stockage est connu depuis le Moyen-Âge, même

si, à l’époque, elle n’était pas encore combinée

à du courant électrique. Les volants d’inertie

sont particulièrement adaptés à l’absorption

temporaire de pics de production devant être

rapidement réinjectés dans le réseau.

Tarif de rachat

La loi sur la priorité aux énergies renouvelables

(EEG) garantit aux exploitants de parcs éoliens

et de centrales solaires un tarif minimum

pendant une période donnée pour l’électricité

produite. Déterminé par la date de mise en service,

le niveau de cette rémunération diminue

d’année en année étant donné que le progrès

technique et l’utilisation accrue des technologies

font continuellement baisser les coûts

d’investissement. En Allemagne, la procédure

d’appel d’offres (voir Appel d’offres) supplantera

dans les prochaines années les tarifs de

rachat fixes actuellement en vigueur.

Bibliographie

AG Energiebilanzen e.V. (2017):

Energieverbrauch in Deutschland im Jahr 2016.

Agora Energiewende (2017): Agorameter –

Stromerzeugung und Stromverbrauch.

Auswärtiges Amt (2015): Rede von Frank-

Walter Steinmeier zur Eröffnung des Berlin

Energy Transition Dialogue 2015.

BMWi und BMBF: Energiespeicher –

Forschung für die Energiewende.

Bundesamt für Strahlenschutz (2016):

Kernkraftwerke in Deutschland: Meldepflichtige

Ereignisse seit Inbetriebnahme.

Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz,

Bau und Reaktorsicherheit (2015):

Atomenergie – Strahlenschutz.

Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz

und nukleare Sicherheit (2018): Klimaschutz

in Zahlen.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2014): Die Energie der Zukunft. Erster

Fortschrittsbericht zur Energiewende.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2014): Zweiter Monitoring-Bericht

„Energie der Zukunft“.

Bundesministerium für Wirtschaft und Energie

(2015): Die Energie der Zukunft. Fünfter

Monitoringbericht zur Energiewende.

Bundesministerium für Wirtschaft und Energie

(2015): Eckpunkte Energieeffizienz.

Bundesministerium für Wirtschaft und Energie

(2015): Erneuerbare Energien in Zahlen.

Nationale und Internationale Entwicklung im

Jahr 2014.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2015): EU-Energieeffizienz-Richtlinie.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2016): Bruttobeschäftigung durch

erneuerbare Energien in Deutschland und

verringerte fossile Brennstoffimporte durch

erneuerbare Energien und Energieffizienz.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2016): Energiedaten: Gesamtausgabe.

Stand November 2016.

Bundesministerium für Wirtschaft und Energie

(2016): Erneuerbare Energien auf einen

Blick.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2017): Energieeffizienz zahlt sich für

deutsche Haushalte aus.

Bundesministerium für Wirtschaft und

Energie (2018): Energie der Zukunft – Sechster

Monitoringbericht zur Energiewende.

Bundesnetzagentur (2015): EEG-Fördersätze

für PV-Anlagen. Degressions- und Vergütungssätze

Oktober bis Dezember 2015.

Bundesnetzagentur (2017): EEG in Zahlen.

Bundesnetzagentur; Bundeskartellamt (2016):

Monitoringbericht 2016.

Bundesregierung (2015): Die Automobilindustrie:

eine Schlüsselindustrie unseres Landes.

Bundesverband CarSharing (2018): Aktuelle

Zahlen und Daten zum CarSharing in

Deutschland.

Bundesverband der Energie- und Wasserwirtschaft

(2014): Stromnetzlänge entspricht

45facher Erdumrundung.

Bundesverband der Energie- und Wasserwirtschaft

e.V. (2016): BDEW zum Strompreis

der Haushalte. Strompreisanalyse Mai 2016.

Council of European Energy Regulators (2015):

CEER Benchmarking Report 5.2 on the Continuity

of Electricity Supply – Data update.

BSW-Solar (2018): Meilenstein der Energiewende:

100.000ster Solarstromspeicher

installiert.

Deutsche Energie Agentur GmbH (2012):

Der dena-Gebäudereport 2012. Statistiken und

Analysen zur Energieeffizienz im Gebäudebestand.

Deutsche Energie Agentur GmbH (2018):

Der dena-Gebäudereport 2018. Statistiken und

Analysen zur Energieeffizienz im Gebäudebestand.

Deutsche Energie-Agentur (2013): Power to

Gas. Eine innovative Systemlösung auf dem

Weg zur Marktreife.

Deutsche Energie-Agentur (2015): Pilotprojekte

im Überblick.

Deutscher Bundestag (2011): Novelle des

Atomenergiegesetzes 2011.

DGRV – Deutscher Genossenschafts- und

Raiffeisenverband e.V. (2014): Energiegenossenschaften.

Ergebnisse der Umfrage des

DGRV und seiner Mitgliedsverbände.

EnBW (2015): Pumpspeicherkraftwerk Forbach

– So funktioniert ein Pumpspeicherkraftwerk.

Energy Information Administration (2018):

International Energy Statistics.

entsoe (2014): 10-year Network Development

Plan 2014.

European Environment Agency (2016): Annual

European Union greenhouse gas inventory

1990-2014.


36 | La transition énergétique allemand

Filzek, D., Göbel, T., Hofmann, L. et al. (2014):

Kombikraftwerk 2 Abschlussbericht.

GWS (2013) Gesamtwirtschaftliche Effekte

energie- und klimapolitischer Maßnahmen der

Jahre 1995 bis 2012.

Heinrich-Böll-Stiftung (2018): Energieatlas

2018.

IEA (2016): World Energy Outlook 2016

Summary, November 2016.

Intergovernmental Panel on Climate Change

(2014): Climate Change 2014. Synthesis Report.

International Renewable Energy Agency (2015):

Renewable Power Generation Costs in 2014.

IRENA (2015): Renewable power generation

cost in 2014.

KfW (2015): Energieeffizient bauen und sanieren.

KfW-Infografik.

Kraftfahrt-Bundesamt (2018): Fahrzeugbestand

in Deutschland.

Merkel, A. (2015): Rede von Bundeskanzlerin

Merkel zum Neujahrsempfang des Bundesverbands

Erneuerbare Energie e.V. (BEE) am

14. Januar 2015.

Ratgeber Geld sparen (2015): Kühlschrank

A+++ Ratgeber und Vergleich. Stand November

2015.

REN21 (2017): Renewables 2017. Global Status

Report. 2017.

Statistische Ämter des Bundes und der Länder

(2014): Gebiet und Bevölkerung – Haushalte.

Statistisches Bundesamt (2015): Preise. Erzeugerpreise

gewerblicher Produkte (Inlandsabsatz)

Preise für leichtes Heizöl, schweres

Heizöl, Motorenbenzin und Dieselkraftstoff.

Lange Reihen.

Statistisches Bundesamt (2015): Umsätze

in der Energie-, Wasser- und Entsorgungswirtschaft

2013 um 1,6% gesunken.

Statistisches Bundesamt (2016): Umweltökonomische

Gesamtrechnungen, Werte für 2015

unter https://www.destatis.de/

Statistisches Bundesamt (2017):

Bevölkerungsstand.

Statistisches Bundesamt (2018): Bruttoinlandsprodukt

2017 für Deutschland.

trend:reseach Institut für Trend- und Marktforschung,

Leuphana Universität Lüneburg

(2013): Definition und Marktanalyse von

Bürgerenergie in Deutschland.

Umweltbundesamt (2015): Emissionsberichterstattung

Treibhausgase Emissionsentwicklung

1990-2013 – Treibhausgase.

Umweltbundesamt (2015): Nationale Trendtabellen

für die deutsche Berichterstattung

atmosphärischer Emissionen 1990-2013.

Umweltbundesamt (2015): Presseinfo 14/2015:

UBA-Emissionsdaten 2014 zeigen Trendwende

beim Klimaschutz.

Umweltbundesamt (2016): Treibhausgas-

Emissionen in Deutschland.

Umweltbundesamt (2016): UBA-Emissionsdaten

für 2015 zeigen Notwendigkeit

für konsequente Umsetzung des Aktionsprogramms

Klimaschutz 2020.

Umweltbundesamt/Arbeitsgemeinschaft

Energiebilanzen (2018): Indikator Energieverbrauch.

Zetsche, D. (2009): Rede auf dem World

Mobility Forum in Stuttgart, Januar 2009.


© dpa/Catrinus Van Der Veen

Mentions légales

Auswärtiges Amt

(Ministère fédéral des Affaires étrangères)

Werderscher Markt 1

10117 Berlin

Tél. : +49 30 1817-0

www.diplo.de

Rédaction/conception

Edelman.ergo GmbH, Berlin

Diamond media GmbH, Neunkirchen-Seelscheid

More magazines by this user