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Pour un corpus des

Pour un corpus des inscriptions grecques de l’église Saint-Sauveur de Berestovo | 79 monastère de Suceviţa ; 9 celle-ci oblige en effet à envisager que l’image kiévienne puisse moins nous transmettre l’apparence physique spécifique de Pierre Movilă que reproduire un modèle quelque peu stéréotypé du hiérarque. 10 Actuellement l’église de Berestovo est fermée, n’accueillant ni liturgie, ni visites. Des travaux de restauration de l’intérieur ont été entamés dans les années 2000, mais ont dû être interrompus en raison de la difficulté et du coût considérable de la conservation des phases successives du décor peint. 11 L’église Saint-Sauveur, l’une des plus anciennes à Kiev, nous transmet en effet des fragments d’œuvres du xii e siècle, recouvertes par le décor réalisé à l’époque de Pierre Movilă. À son tour, celui-ci fut renouvelé au xix e siècle et les fresques masquées sous des peintures à l’huile. 12 L’étude d’un tel monument où se mêlent formes architecturales et ornementales d’époques très diverses, de celles de l’Ancien Rus’ aux derniers temps de l’Empire, demande de réunir les compétences d’un large cercle de spécialistes. ii. Les fresques de l’église Saint-Sauveur au miroir d’une lettre de deux peintres grecs. L’église Saint-Sauveur de Berestovo a retenu particulièrement l’attention des historiens d’art post-byzantin en raison de son architecture, de son décor, unique pour cette région, des fresques post-byzantines, ainsi que pour les nombreuses inscriptions grecques. L’inscription de fondation en grec indique clairement que le bâtiment avait été décoré par des peintres grecs : « Pierre Movilă, l’archiéreus de Dieu, a construit cette église au Seigneur Dieu [...] en la décorant [par l’entremise] des doigts des Grecs... ». Le sens général des inscriptions qui accompagnent les diverses compositions iconographiques apparaissait clairement aux spécialistes dès le xix e siècle, lorsque le monument fut étudié par N. I. Petrov, N. M. Sementovsky ou encore l’évêque Porphyre Uspensky. 13 Pourtant, dans le détail, ces mêmes textes demeuraient bien souvent des plus obscurs, comme le souligna Ihor Ševčenko, notamment à propos de l’inscription figurant sur le rouleau tenu par le prophète Sophonie. Il la présente dans son article comme un exemple type du charabia des inscriptions grecques de l’église de Beresto- vo : « Except for the first two words, this is gibberish ». 14 Décrivant l’état de conservation des inscriptions grecques, N. I. Petrov indiquait pour sa part que si les noms des saints avaient pu être rétablis pendant la restauration de manière compréhensible (bien que non exempte d’erreurs), les textes plus compliqués, y compris ceux des rouleaux tenus par les figures saintes, avaient été soit omis complètement, soit laissés en l’état, incompréhensibles à force de déformation. 15 En raison des difficultés de lecture inhérentes aux textes de ce type, personne n’a jusqu’à maintenant tenté d’offrir un corpus complet des inscriptions présentes sur les fresques de l’église Saint-Sauveur. Il semble pourtant possible de s’appuyer sur les modèles proposés dans les hermèneiai, manuels d’iconographie ecclésiastique à destination des peintres du temps, ainsi que sur les parallèles conservés dans les nombreux édifices de cette époque encore debout. Cette dernière approche parait particulièrement prometteuse car, au-delà la formulation des textes eux-mêmes, les particularités orthographiques et les spécificités paléographiques constituent autant d’éléments importants pour établir le texte des inscriptions de l’église de Berestovo et rapprocher son décor de celui d’autres monuments de la même aire culturelle. D’importants progrès dans l’étude des fresques de l’église du Sauveur ont été consentis par l’analyse d’une lettre adressée en 1655 par deux peintres grecs, Jean et Georges, au patriarche de Moscou Nikon. L’original en était conservé au sein de la collection des actes et rouleaux du département de manuscrits du Musée historique d’État à Moscou (Synod. gram. 2289). La recherche paléographique sur l’écriture de cette lettre permit d’établir que « les deux frères par la chair, Jean et Georges » (« Ἰωάννης καὶ Γεώριος, ἀδελφοὶ κατὰ σάρκα γνήσιοι »), avaient eu recours aux services du célèbre théologien grec, Mélèce Syrigos, pour rédiger leur lettre à Nikon, car le texte et la signature des deux frères s’avéraient être de la main de ce grand intellectuel. 16 Le texte de cette curieuse lettre au nom de Jean Fig. 3-4: Église Saint-Sauveur. ‘Donation de Pierre Movilă’. Clichés : Réserve culturelle et historique nationale ‘La Laure des Grottes de Kiev’.

80 | Vera Tchentsova Fig. 5: Sucevița. ‘L’Eucharistie’. Détail (Métropolite Georges Movilă). Cliché : Vera Tchentsova. Fig. 6-7: Musée historique d’État. Synod. gram. 2289, fol.1r et v. Clichés : Musée historique d’État, Moscou. et Georges, dont la calligraphie révèle l’intervention de Mélèce Syrigos, raconte que les deux peintres avaient entendu dire de leurs compatriotes, des « Macédoniens », que « dans les contrées de Moscovie » bon nombre d’églises et de monastères demeurent dépourvus d’ornements. Ils se déclarent donc prêts non seulement à travailler durant un an pour embellir les bâtiments de fresques, mais également à enseigner leur art aux peintres locaux. 17 Les Grecs appuyaient leur proposition au patriarche de Moscou de références à leurs réalisations antérieures, fournissant une liste de décorations murales réalisées en différents lieux. La liste de monuments commence précisément avec une église kiévienne dite « église de Saint-Vladimir » et continue par les églises situées dans les Pays roumains. Elle se présente ainsi comme une sorte de curriculum vitae des deux artistes: « Si Ta Béatitude [i. e. le patriarche Nikon] désirait connaître quelques exemples du genre de peintures que nous réalisons, qu’elle s’en enquiert auprès de ceux qui ont vu à Kiev l’église de Saint-Vladimir ou, en Valachie, le monastère de Calntusani [Căldăruşani], Brep [Brebu], Strihar [Strehaia], Kornitzellou [Cornăţel], et à Bucarest, le monastère de Blouboïta [Plumbuita] et celui de Platarest [Plătăreşti], et en Bogdanie [i. e. Moldavie], Vraniža [Vrancea, i. e. Soveja] et plusieurs autres, et ce sont eux qui expliqueront la nature de notre travail ». 18 iii. Les peintures murales des églises roumaines et de l’église kiévienne ‘de Saint-Vladimir’. Quelle église kiévienne doit-on identifier derrière le vocable de « Saint-Vladimir » mentionné par la lettre ? Il n’est pas exclu qu’il s’agisse de l’église dite Desjatinnaja ou Notre-Dame-de-la-Dîme, puisque celle-ci fut construite par le prince Vladimir après le baptême de la Rus’ et qu’elle accueillit sa dépouille. Sur les ruines de cette église, Pierre

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