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Pour un corpus des

Pour un corpus des inscriptions grecques de l’église Saint-Sauveur de Berestovo | 83 Fig. 14-15: Église Saint-Sauveur. Inscription de fondation grecque. Partie gauche et partie droite. Clichés: Réserve culturelle et historique nationale ‘La Laure des Grottes de Kiev’. Fig. 16: Église Saint-Sauveur. Inscription de fondation grecque. Cliché: Vera Tchentsova. Fig. 17: Plătăreşti. Donateurs. Détail. Cliché: Vera Tchentsova. Fig. 18-19: Église Saint-Sauveur. ‘Donation de Pierre Movilă’. Détails. Clichés: Réserve culturelle et historique nationale ‘La Laure des Grottes de Kiev’. tiste qui ne maîtrisait pas pleinement la graphie du modèle qui lui avait été fourni. C’est cela même qui a amené Ihor Ševčenko à caractériser ces inscriptions de « gibberish ». Il convient donc en préalable à toute analyse du contenu, de rétablir, autant que faire se peut, certains fragments du texte. Jean et Georges étaient originaires de « Macédoine », c’est-à-dire du Nord de l’espace hellénophone balkanique. Il n’est donc sans doute pas fortuit que le tracé des lettres de l’inscription votive grecque de l’église Saint-Sauveur rappelle celui des inscriptions visibles dans d’autres monuments du xvi e - xvii e siècle des régions de la Grèce du Nord, de Kastoria à l’Epire. 28 Au-delà des graphies, ces inscriptions mettent en évidence des mélanges similaires de formes onciales et cursives, l’utilisation de signatures rédigées en écriture cursive, voire des menologemata qui assimilent les inscriptions à des documents. On trouvera ainsi un tracé de l’indiction, et plus généralement de certaines lettres, très proche de celui de Kiev dans l’inscription de fondation de la cathédrale du monastère athonite de Dionysiou. 29 De même, une autre inscription, de l’église des Saints-Archanges (Taxiarques) à Kastoria, décorée par les peintres Jean et Élie en 1622, offre de caractéristiques paléographiques et présente un aspect général particulièrement proche des inscriptions grecques de l’église Saint-Sauveur. 30 On ne saurait toutefois trop faire fond sur ces rapprochements car bien d’autres inscriptions de fondation et votives réalisées entre le xiii e et le xvii e siècle présentent également des particularités paléographiques proches, l’adéquation à la tradition étant, ici comme ailleurs, un gage de solennité et d’orthodoxie. 31 Les fresques réalisées par Jean et Georges dans les églises roumaines incluent également des inscriptions grecques. La représentation de saint Antoine à Strehaia, déjà évoquée, s’accompagne d’une inscription d’origine « С(вя)ТЬ(Iи) Ἀντώνι(ο)ς || ὁ μέγας κ(αὶ) καθηγητὴς τῆς ἐρίμου » (sic). Les caractéristiques épigraphiques sont en tous points semblables à celles de l’inscription flanquant le même saint dans l’église de Plătăreşti. À nouveau, malgré la prudence qu’impose l’écran des couches de peinture tardives, la parenté avec l’inscription équivalente dans l’église de Kiev semble claire. La même remarque vaut pour les inscriptions qui accompagnent les représentations du menologion ou de divers martyrs dans les églises de Plătăreşti et du Sauveur à Berestovo. Il est intéressant de noter que la même observation peut être faite au sujet des inscriptions slavonnes de Plătăreşti : près des images des ktètores de l’église, joupan et joupanita, des signes évoquent un alpha et la ligature omicron/upsilon d’une façon qui rappellent fortement le lettrage de l’église Saint-Sauveur (Fig. 17).

84 | Vera Tchentsova L’inscription de fondation de l’église Saint-Sauveur est éditée ici dans l’état où elle est conservée, avec en parallèle l’addition d’une variante reflétant autant que faire se peut le projet initial du commanditaire, et ce, afin d’en faciliter la compréhension : Transcription du texte : || 1 † Ι ΙέΤΡΟ/ς/ ΜΟΓίΛ/ας/ ΑΡΧΤΕΡ/εὺς/ ΤΟΥ Θ(εο)ύ, ΝΑόΝ ΤO || Τῶ ΚΥΡίΩ ΕΑΥΤόΝ᾿СΞΗΚΡΕί/σ(ε)/ Τῶ ΛΕΣΤΙΟΤΗ Κ(αὶ) ΤΟΝ || 2 /τε/ΛΕΣΕΝ ΑΟΞΔΕΤΟΝ ΒΑΜΗΣΤΟΝ ΟἶΚΟΝ ΕΒ ΛΪΘ(ων) || ἱΣΤόΡΙΣ/ε/ ΓΡΑΙΚῶΝ ΔΑΚΤύΛΟΙΣ ΔΟΞΑΙΙ || 3 ΓΡάΨΑΣΑ ήΝἄΝΑΡΧΕ ΤήΝ ἐΝ Τῶ ΠόΛΩ || ΓΗ/ς/ ΕΣΧΗΚΑΣ ΣΤΑΥΡΟῦ Τῶ άΘΕΙ || 4 Κ(αὶ) ὡ/ς/ ἐΝ ΘΕΟΥ ΓάΡ ΠΑΟ ΤΙΣ Τῶ ΝΑΩ ΔΟΞ || ΦΕΡΕΙ Σὺ ΓΟῦΝ ἀΨῖΛΑΕ ὁ ΣΤΕ || 5 ΡΕῶΗ ΟὐΡΑΝΟῦ ΒάΡΟΣ ΤΕ || ΤΗΣ ΓήΕ CH ΔΡἁΚί ΔἱΑΚΡΑΤ/ω/Σ || 6 ΚΑΙ ΤόΝΔΕ ΜΡΑίΩΣΟΝ || ΟΙΚΟΝ ΕἰΣΑΕΙ ἀΣΤΥΦΕΔϊΕΟΥ || 7 ΕἰΕ ΔόΞΑΙ ΤΟΥ ΕΟΥ ΚΡάΤΟΥΣ || ΈΜ ΈΤΕΙ ἁΙΟ ΝΤΙΕΕΩΣ || 8 ᾿Η ΤὉ Χ(ριστο)ῦ ΑΜΡ Μ Δ † || ΝΟΕΜΟΥ 7Ις || 9 Ἐν μηνὶ † [Νοε]μβρίου, || ἰν(δικτιῶν)ος ιβ’. Tentative d’établissement du texte initial : || 1 † ΠέΤΡΟ/ς/ ΜΟΓίΛ/ας/, ΑΡΧΙΕΡ/εὺς/ ΤΟΥ Θ(εο)ύ, ΝΑόΝ ΤO || Τῶ ΚΥΡίΩ ΕΑΥΤόΝ ἐΞΗΔΡΕί/σ(ε)/ Τῶ ΔΕΣΠΟΤΗ Κ(αὶ) ΤΟΝ || 2 /τε/ΛΕΣΕΝ ΔΟΞΑΣΤΟΝ Κ(αὶ) ΑΙΜΗΣΤΟΝ ΟἶΚΟΝ ΕΚ ΛΪΘ(ων), || ἱΣΤόΡΙΣ/ε/ ΓΡΑΙΚῶΝ ΔΑΚΤύΛΟΙΣ, ΔΟΞΑΝ || 3 ΓΡάΨΑΣ ΣήΝἄΝΑΡΧΕ, ΤήΝ ἐΝ Τῶ ΠόΛΩ || ΓΗ/ς/ ΕΣΧΗΚΑΣ ΣΤΑΥΡΟῦ Τῶ άΘΕΙ || 4 Κ(αὶ) ὡ/ς/ ἐΝ ΘΕΟΥ ΓάΡ ΠΑΣ ΤΙΣ Τῶ ΝΑΩ ΔΟΞ || ΦΕΡΕΙ. Σὺ ΓΟῦΝ ἀΨῖΔΑΣ ὁ ΣΤΕ || 5 ΡΕῶΝ ΟὐΡΑΝΟῦ, ΒάΡΟΣ ΤΕ || ΤΗΣ ΓήΣ ἐΝ ΔΡἁΚί ΔἱΑΚΡΑΤ/ω/Ν || 6 ΚΑΙ ΤόΝΔΕ ΕΔΡΑίΩΣΟΝ || ΟΙΚΟΝ ΕἰΣΑΕΙ ἀΣΤΥΦΕΛϊ {ΣΟΥ} || 7 ΕἰΣ ΔόΞΑΝ ΤΟΥ ΣΟΥ ΚΡάΤΟΥΣ. || ΈΝ ΈΤΕΙ ἁΠΟ ΚΤΙΣΕΩΣ (|| 8/2 ) ΚΟΣΜΟΥ 715, || 8 Ἠ ΤΟ Χ(ριστο)ῦ Α{ΜΡ} Μ Δ † || || 9 Ἐν μηνὶ {†} [Νοε]μβρίου, || ἰν(δικτιῶν)ος ιβ’. || 1 † Πέτρος Μογίλας, ἀρχιερεὺς τοῦ Θεοῦ, ναὸν τὸ(ν) || τῷ Κυρίῳ ἑαυτὸν ἐξίδρεισε τῷ Δεσπότῃ καὶ τὸν || 2 τέλεσεν δοξαστὸν καὶ ἀείμνηστον οἶκον ἐκ λίθων, || ἱστόρισε γραικῶν δακτύλοις, δόξαν || 3 γράψας Συνάναρχε, τὴν ἐν τῷ πόλῳ || γῆς ἔσχηκας σταυροῦ τῷ πάθει || 4 καὶ ὡς ἐν Θεοῦ γὰρ πᾶς τις τῷ ναῷ δόξαν || φέρει. Σὺ γοῦν ἀψῖδας ὁ στε|| 5 ρεῶν οὐρανοῦ, 32 βάρος τε || τῆς γῆς ἐν δρακὶ διακρατῶν || 6 καὶ τόνδε ἐδραίωσον || οἶκον εἰσαεὶ ἀστυφέλικτον || 7 εἰς δόξαν τοῦ σοῦ κράτους. || Ἐν ἔτει ἀπὸ κτίσεως (|| 8/2 ) κόσμου 7152, || 8 ἢ τοῦ Χριστοῦ ̗αχμδ ́. † || 9 Ἐν μηνὶ Νοεμβρίου, || ἰνδικτιῶνος ιβ’. Traduction : || 1 † Pierre Movilă, le grand-prêtre de Dieu, a construit cette église à Dieu le Seigneur et, || 2 en faisant 33 cette glorieuse et mémorable maison en pierre [et] en l’ornant 34 par des doigts de Grecs, il a manifesté 35 la gloire || 3 que Toi, qui existe sans début, [tu] as acquis dans la Terre entière par ta souffrance sur la croix, || 4 car chaque être apporte la gloire dans l’église de Dieu. Toi, qui tiens || 5 la coupole des cieux et le poids de la terre dans la paume, || 6 consolide aussi cette maison indestructible pour l’éternité || 7 à la gloire de ton pouvoir. Dans l’année de la création du monde 7152, 36 || 8 soit du Christ 1644 †. || 9 Mois de novembre, indiction [12]. Cette inscription est la plus sophistiquée de toutes les inscriptions votives que l’on rencontre dans les églises grecques et roumaines de cette époque. Son auteur (qui peut être le métropolite Pierre Movilă lui-même ou l’un des hellénophones de son entourage) tenta probablement de l’orner d’une allusion à un passage du Livre d’Isaïe sur la grandeur du Seigneur (Is. 40.12) : « Qui a mesuré les eaux dans le creux de sa main, pris les dimensions des cieux avec la paume et ramassé la poussière de la terre dans un tiers de mesure » (littéralement ‘dans la paume’ : « καὶ τὸν οὐρανὸν σπιθαμῇ καὶ πᾶσαν τὴν γῆν δρακί... »). En outre, le texte grec semble être conçu comme un prolongement de l’inscription en vieux slavon censée exprimer la déclaration des personnages de la fresque la ‘Donation de Pierre Movilă’, tandis que les inscriptions de fondation sont illustrées par le portrait du métropolite offrant l’église au Christ. Les textes figurant sur les phylactères, dont l’un s’échappe de la bouche même de Pierre Movilă et deux autres de celles de la Vierge et de saint Vladimir, ne nous sont pas parvenus et ne sont connus que par les relevés de N. I. Petrov. Selon les textes que publia ce savant, leurs contenus étaient les suivants : « Призри, Господь, на церковь сию, юже создах недостойный во имя Твое, и аще кто верою узрел, просвети светом лица Твоего. Да будут очи Твои выну на храм сей » – « Се призираю нань, зане... волю Твою » (« Mon Dieu, soit attentif à cette église, que moi, indigne, je t’ai bâtie, et si un croyant [la ?] voit, qu’il soit éclairé par la lumière de ton visage. Que tes yeux soient toujours ouverts sur cette maison » – « Je suis toujours attentif à... ta volonté ». 37 Ces paroles permettent d’établir le sens symbolique de l’inscription de fondation dès lors que l’on y reconnait une paraphrase d’un verset du Troisième Livre des Rois (3 Rois 8 : 13 et 27-29, cf. 2 Paralip. 6 : 20 ; 7 : 12-16) qui identifie l’église Saint-Sauveur restaurée au Temple du roi Salomon: ...Аз же создах дом имени твоему свят тебе... Аще небо и небо небесе не довлеют ти, кольми паче храм сей, его же создах имени твоему? И да призриши на молитву мою, Господи Боже Израилев, послушати молитвы, ею же молится раб твой пред тобой к тебе днесь, да будут очи твои отверсты на храм сей день и нощь. J’ai bâti une maison qui sera ta demeure, un lieu où tu résideras éternellement ! Voici, les cieux et les cieux des cieux ne peuvent te contenir : combien moins cette maison que je t’ai bâtie ! Toutefois, Eternel, mon Dieu, sois attentif à la prière de ton serviteur et à sa supplication ; écoute le cri et la prière que t’adresse aujourd’hui ton serviteur. Que tes yeux soient nuit et jour ouverts sur cette maison. On peut déceler ici une allusion au Livre des Nombres

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