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Education pour un monde nouveau - Maria Montessori

XII Cette bête noire :

XII Cette bête noire : la discipline Nous venons d’établir que l’éducation morale signifie tout simplement le développement du caractère et qu’on peut faire disparaître les défauts sans avoir besoin de sermonner, ni de punir ni même de donner le bon exemple. Ce qui est nécessaire ce ne sont ni les menaces ni les promesses, mais des conditions de vie. En plus des types d’enfants que nous avons déjà considérés : les soi-disant sages (ou passifs) et les méchants, on en reconnaît généralement un troisième doué d’une excellente santé, d’une imagination vive, qui va d’une chose à l’autre et que ses parents estiment particulièrement brillant – en fait supérieur ! Ce que j’ai constaté dans nos écoles, c’est que ces caractéristiques disparaissaient toutes dès que l’enfant était intéressé par le travail qui avait attiré son attention. Les soi-disant sages et méchants tout comme les supérieurs ne formaient plus qu’un seul type d’enfant ne manifestant plus aucun de ces traits de caractère. Ceci prouve que le monde n’a pas été capable jusqu’à présent de mesurer le bon et le mauvais et que son jugement est faux. Ce à quoi tendaient réellement tous les enfants s’était révélé être la constance dans le travail et la spontanéité du choix du travail, sans l’aide des maîtres. Chacun suivant son guide intérieur, ils s’occupaient à des travaux différents pour chacun qui les rendaient joyeux et paisibles et alors quelque chose d’autre fit son apparition, quelque chose de jamais vu chez les enfants, une discipline spontanée. Ceci frappa les visiteurs, bien plus même que ne l’avait fait l’explosion de l’écriture ; les enfants se déplaçaient, cherchaient librement un travail, chacun se concentrait sur un exercice différent, cependant le groupe tout entier paraissait parfaitement discipliné. Ainsi le problème était résolu ; pour obtenir la discipline, donner la liberté. Il n’est pas nécessaire que l’adulte soit un guide ou un mentor pour lui apprendre à se conduire mais qu’il donne à l’enfant les occasions de travail qui jusqu’ici lui ont été refusées.

Il semblait impossible de prime abord qu’un groupe de quarante enfants puisse se trouver dans une seule pièce à travailler tranquillement sans l’aide d’un maître, surtout qu’il s’agissait d’enfants âgés de trois à cinq ans. Les journaux déclarèrent la chose merveilleuse si elle était vraie, mais incroyable ! Les visiteurs essayaient de trouver quelle était mon astuce, car ils étaient sûrs qu’il y avait une astuce. Certains disaient que c’était mon magnétisme personnel ou l’hypnotisme qui donnait ce résultat mais j’étais à même de dire : « Ça s’est produit à New York, pendant que j’étais à Rome ! » Ce n’était pas un phénomène isolé mais quelque chose qui se produisait dans toutes nos écoles et celles-ci s’étaient propagées en Amérique, en Nouvelle- Zélande, en France et en Angleterre. D’autres sceptiques en conclurent que les enfants avaient été préparés pour les visiteurs par la maîtresse et que cette dernière, d’un regard, exprimait son approbation ou sa désapprobation. Mais les témoignages s’accumulèrent venant de tous les pays ; le facteur commun était la discipline extraordinaire des enfants « normalisés » – ainsi appelionsnous ce type qui se développait dans nos écoles par comparaison avec les enfants « déviés ». Dans ma première Maison des Enfants, tous les enfants venaient du même immeuble. Parmi ceux qui n’y croyaient pas il y avait l’ambassadeur de la république d’Argentine qui se trouvait par hasard à Rome. Il voulait voir l’école personnellement, et y aller sans prévenir de façon qu’on ne puisse pas se préparer pour sa visite. Il fit part de ses intentions à la fille du Premier ministre d’Italie, qui promit de l’accompagner sans avertir l’école. Ils avaient oublié que c’était un jeudi, jour de congé pour les écoles primaires en Italie, aussi l’école était-elle fermée. Mais un petit enfant vint vers eux et demanda ce qu’ils voulaient. Il n’avait que quatre ans et les enfants pauvres de cet âge ne parlent généralement pas librement avec les étrangers riches ; pourtant il fut parfaitement naturel dans sa manière d’agir et quand il sut qu’ils voulaient voir l’école et regrettaient qu’elle fût fermée, il dit : « Oh c’est sans importance ! Le portier a la clef et tous les enfants habitent ici, alors je peux les appeler. » À la stupéfaction du visiteur les enfants arrivèrent tous très volontiers et travaillèrent avec entrain, sans aucun désordre, bien que la maîtresse ne fût pas présente. L’ambassadeur déclara qu’il ne pourrait jamais y avoir d’argument plus concluant et il se mit à croire fermement dans la méthode. Une autre occasion analogue se présenta à la Foire mondiale de San Francisco, à l’époque de l’ouverture du canal de Panama. Parmi les objets

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