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La route du Soleil

En 1997, Francesco Lorenzi créait le Sun Eats Hours, qui devien- dra en quelques années le meilleur groupe de punk rock dans le monde. Sur scène, les satisfactions sont énormes, mais leur vie privée se délite : drogue, alcool, sexe... Francesco entre alors dans une crise profonde : il sent que cela ne peut pas continuer, que le lien entre les membres du groupe est en train de disparaître, qu’il lui manque une véritable source d’inspiration. Mais tout va basculer. À travers une série de « Dieuincidences », il rencontre Jésus et renaît en tant qu’homme et en tant qu’artiste. Il réussit à recréer une véritable amitié entre ses musiciens et à les délivrer de leurs dépendances. Le groupe prend alors le nom de The Sun, car ils se sentent désormais conduits par un soleil qui illumine leur cœur. « Une autobiographie passionnée et passionnante. Une expérience sur la “route du Soleil” que l’auteur souhaite à tous les jeunes qui marchent dans les rues de nos villes avec des écouteurs dans les oreilles » (extrait de la préface de Mgr Gianfranco Ravasi).

la

la route du soleil amis qui les ont conduits vers ce monde qu’ils ignoraient et, chose surprenante, eux-mêmes voyaient tomber leur suspicion et certaines de leurs idées préconçues en découvrant que, dans cet espace, on ne célébrait pas nécessairement des rites sataniques, mais que l’on pouvait même voir fleurir des émotions spirituelles et surgir des questions de fond. Je revois encore cet après-midi du 6 février 2013, après le spectacle, Arvo Pärt, un des plus grands représentants de la musique classique contemporaine au niveau mondial, membre de notre dicastère, s’approcher de ces jeunes pour les interroger sur leurs sonorités, sur les influences musicales implicites, sur leur langage expressif. Par la suite, moi-même, j’aurais aimé comprendre ce petit océan de sons aux multiples colorations, allant du rock le plus paisible de type country ou folk, à ce qui m’impressionnait le plus, et même me bouleversait, le hard, le punk, la new wave etc. Chaque « Plénière » de dicastère prévoit comme point d’orgue l’audience papale. Et ici, la date est significative : l’entrevue avec Benoît XVI était fixée à 12 heures, le 7 février, soit à quatre jours de l’acte historique de démission. Après le discours du Pape, le dernier des audiences officielles de son pontificat (mais personne ne pouvait l’imaginer à l’époque), dans la longue suite de cardinaux, d’évêques, d’ecclésiastiques et des personnalités, il y avait aussi les membres de The Sun, avec Francesco comme porte-parole, prêts à « impressionner » le pontife non seulement par leur musique — imprimée dans un cd qui lui avait été remis — tellement éloignée de ses bonnes connaissances musicales, mais aussi par leur tenue extérieure, nullement protocolaire. Or, comme je peux en témoigner, car je me trouvais à ses côtés, Benoît XVI a été animé par cette curiositas que je mentionnais plus haut, en les accueillant et en les écoutant avec plaisir. *** 8

préface Pour ces lignes d’introduction, j’ai donc adopté le même registre que celui que l’on retrouve dans les pages qui suivent. J’ai voulu proposer l’expérience personnelle d’une rencontre qui par la suite s’est encore répétée avec quelques contacts directs, soit en nous croisant à l’improviste dans une rue de Rome, soit par l’envoi d’un de leurs disques, soit par la lecture d’un article du magazine de la compagnie aérienne avec laquelle je voyageais lors d’un de mes nombreux déplacements à l’étranger. Dans cette revue que je feuilletais distraitement, je suis tombé sur ces jeunes, avec leur histoire que je connaissais alors et même la description de l’expérience que j’avais vécue avec eux. Celle de Francesco Lorenzi qui est relatée dans ce volume n’est toutefois pas une autobiographie uniquement artistique : c’est aussi un témoignage spirituel. C’est une expérience placée sous le signe d’un symbole qui est capital aussi bien pour l’art que pour la religion : la lumière. Dans le quatrième chapitre de ce chef-d’œuvre aussi ardu que fascinant qu’est La Montagne enchantée, Thomas Mann livre une réflexion qui m’a toujours frappé : « La musique réveille le temps, elle nous éveille à une compréhension plus fine du temps ; bref, elle réveille. C’est pour cela et en cela qu’il y a la morale. L’art est moral en tant qu’il réveille. » Et en nous réveillant, il nous fait fermer les yeux à la lumière. Voilà, à travers la musique, quelque chose de semblable est arrivé à Francesco. La force explosive de la sonorité rock a été comme une sonnerie de trompette qui l’a réveillé du sommeil de l’esprit et lui a ouvert une éclaircie vers le monde de la foi. Un autre grand de la littérature, Marcel Proust, confessait, dans le texte « La prisonnière » de son immense œuvre À la recherche du temps perdu : « La musique m’aidait à descendre en moimême, à y découvrir du nouveau. » À entrer, par conséquent, en profondeur dans l’âme, dans la conscience ; et une fois arrivés là, « dans l’homme intérieur », comme disait saint Augustin, nous 9

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