Views
10 months ago

La route du Soleil

En 1997, Francesco Lorenzi créait le Sun Eats Hours, qui devien- dra en quelques années le meilleur groupe de punk rock dans le monde. Sur scène, les satisfactions sont énormes, mais leur vie privée se délite : drogue, alcool, sexe... Francesco entre alors dans une crise profonde : il sent que cela ne peut pas continuer, que le lien entre les membres du groupe est en train de disparaître, qu’il lui manque une véritable source d’inspiration. Mais tout va basculer. À travers une série de « Dieuincidences », il rencontre Jésus et renaît en tant qu’homme et en tant qu’artiste. Il réussit à recréer une véritable amitié entre ses musiciens et à les délivrer de leurs dépendances. Le groupe prend alors le nom de The Sun, car ils se sentent désormais conduits par un soleil qui illumine leur cœur. « Une autobiographie passionnée et passionnante. Une expérience sur la “route du Soleil” que l’auteur souhaite à tous les jeunes qui marchent dans les rues de nos villes avec des écouteurs dans les oreilles » (extrait de la préface de Mgr Gianfranco Ravasi).

la

la route du soleil harmonies de la mer des sons. Cette musique des jeunes possède, en fait, une « grammaire » bien différente et elle suscite des émotions physiques primaires, peut-être aussi parce que son rythme répétitif semble souvent évoquer les battements du cœur, comme s’il était ausculté à partir du sein maternel. C’est précisément pour cette raison qu’abandonnant pour un temps Bach, Mozart, Beethoven avec l’immense et grandiose répertoire classique qui me plaît tant, j’ai voulu laisser aussi un espace à ces sons. Je ne l’ai pas fait, bien sûr, par simple imitation des jeunes : mon oreille reste solidement accrochée aux autres longueurs d’onde. J’ai voulu au contraire explorer un horizon inconnu jusque-là, poussé par cette curiositas latine, un terme qui provient de cura et suppose donc un intérêt passionné et pas seulement « curieux », superficiel, excentrique ou indiscret. ****** C’est ainsi que j’ai fait la rencontre de Francesco Lorenzi et de son groupe, les entraînant dans une expérience inédite pour eux aussi. Je tenterai de la décrire en me plaçant de mon point de vue, comme l’auteur le fera à partir du sien. J’imagine que la plupart des lecteurs de ce livre ignorent la structure et l’activité d’un dicastère du Vatican, comme celui que je dirige maintenant et qui porte l’appellation de Conseil Pontifical de la Culture. Il s’agit d’une institution qui ne comprend pas seulement une équipe composée d’ecclésiastiques et de laïcs résidant à Rome, mais qui implique aussi un large éventail d’évêques, ecclésiastiques et personnalités des différentes disciplines culturelles provenant de tous les continents, et donc d’ethnies, langues, civilisations et communautés très diverses. En fait, les dicastères sont l’expression non pas de l’État de la Cité du Vatican — même s’ils s’y trouvent situés sur le plan juridique et spatial — mais du Saint Siège, c’est-à-dire du signe unificateur de l’Église catholique universelle. 6

préface Or, un des événements les plus importants et les plus significatifs de la vie de ces institutions, c’est ce qu’on appelle la « Plénière », qui voit affluer à Rome tous les membres et consultants du dicastère pour être informés des activités et pour aborder un thème, un projet ou une future programmation. Au début de février 2013, ce petit parlement s’est réuni autour d’un thème informel, complexe et même problématique, ne fût-ce que dans le titre : Les cultures des jeunes. C’est ainsi que j’ai repensé à cette expérience que j’avais vécue précisément lors de ces parcours urbains, côte à côte avec des jeunes qui m’ignoraient, absorbés par le rythme de ces musiques qui frappaient leurs tympans, faisaient balancer leur tête et emplissaient vraisemblablement d’émotions leur cœur et leur esprit. J’avais rencontré par hasard le groupe The Sun l’année précédente, à Milan, pendant la Journée Mondiale de la Famille. J’avais pensé à eux, parce qu’ils me semblaient capables de nous proposer cette forme de musique tellement significative pour le monde des jeunes qu’est le rock, et ils pouvaient en même temps arriver à en montrer le sens, la force d’expression, la dimension « performante », comme on a coutume de dire en langage chic, autrement dit, l’efficacité, l’originalité, l’influx créatif sur les amateurs du genre. Le groupe a accepté de venir à Rome et, dans le grand auditoire de l’université de type catholique, la LUMSA, ils ont organisé leur première exécution-leçon dont le fil conducteur était dû à Francesco, auteur des textes et chanteur. Il y avait deux registres, les mêmes que ceux qui domineront dans ces pages : d’une part, la musique rock avec son pouvoir évocateur et provocateur, et d’autre part, le témoignage personnel avec son itinéraire tourmenté de quête, pareil au cours d’un fleuve présentant des anses aux eaux calmes, mais aussi un estuaire se terminant par une entrée lumineuse en pleine mer. Des cardinaux, des évêques, des scientifiques, apparemment déconcertés, ont pris la main de Francesco Lorenzi et de ses 7

« Qu'est-ce que j'ai entre les mains - Le Soleil de Minuit - MagiQc.net
La compagnie Graine de Soleil présente le Festival au ... - URACA