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Anton Ocvirk | Monografija copy

slovenci

slovenci Ocvirk inclut aussi la thématologie dans sa théorie de la littérature comparée. Tout d’abord, il souligne que certains chercheurs ont tenté de dévaloriser complètement cette branche en l’envisageant d’un point de vue strictement historique. Ici, il fait allusion tout particulièrement à Paul Hazard qui, dans son article de 1914, s’est prononcé sur l’intérêt de ces études en des termes clairement ironiques. Même Paul Van Tieghem, inventeur du nom français de « thématologie », se montre dans son ouvrage très sceptique à l’égard des études existantes. Tout en affirmant qu’il est trop partial de nier la légitimité des études thématologiques de la littérature, Ocvirk se montre critique envers le germaniste de Francfort Eberhard Sauer qui propose de séparer la thématologie (Stoff- und Motivgeschichte) de l’histoire littéraire comparée. Selon lui, il est préférable d’effectuer ce type d’études uniquement à l’intérieur de la littérature allemande pour éviter de se trouver confronté à une quantité illimitée de matériau de recherche. L’opinion d’Ocvirk est que les principaux thèmes sont internationaux et, de ce fait, ne peuvent être étudiés uniquement dans une littérature isolée. Il ajoute que la thématologie s’est adonnée à la constitution mécanique de catalogues de données sans toutefois chercher à formuler de conclusions synthétiques approfondies. Il est également intéressant de comparer le classement en groupes que Van Tieghem et Ocvirk proposent des thèmes étudiés par la thématologie. Van Tieghem distingue trois groupes : (1) situations et thèmes traditionnels, (2) types littéraires, réels ou imaginaires, (3) légendes et personnes légendaires. La catégorie des situations et thèmes traditionnels concerne certains motifs proches du folklore (le retour du mari tenu pour mort ; le mariage d’une jeune fille avec le meurtrier de son père). Van Tieghem inclut également dans ce groupe l’étude des différents lieux, plantes, animaux et objets. Les types littéraires réels sont constitués des différents peuples et métiers, tandis que les types imaginaires incluent le Diable et le Vampire. Le groupe le plus riche est celui des légendes et personnages légendaires comprenant trois sous-groupes : les thèmes bibliques, grecs et historiques. Considérant la classification de Van Tieghem comme incomplète et inadéquate, Ocvirk propose de répartir les thèmes en cinq groupes. Dans le premier, il inclut les thèmes mythologiques, légendaires et féeriques subdivisés en trois groupes : les groupes oriental, antique et européen. En raison de leur nombre, les thèmes religieux (apparentés au christianisme biblique, à l’hagiographie ou aux autres religions) forment un groupe à part. Le troisième groupe comprend les thèmes historiques. Les thèmes sociaux incluent la représentation en littérature des différentes classes sociales et professions. Quant au dernier groupe, il réunit les thèmes relatifs à la nature, les thèmes régionaux et la représentation des objets. Bien qu’étant assez liée à celle de Van Tieghem, la classification d’Ocvirk est sans doute plus claire. Van Tieghem considère les thèmes historiques, indépendants chez le comparatiste slovène, comme 249

Résumé un sous-groupe des légendes et classe les thèmes régionaux parmi les thèmes traditionnels. Quant à la représentation des villes et pays, elle sera prise en charge par une branche indépendante de la littérature comparée, l’imagologie. On remarque également quelques divergences. Contrairement à Van Tieghem, qui envisage seulement les thèmes bibliques, Ocvirk inclut dans le groupe des thèmes religieux les religions non européennes. Dans son chapitre consacré à la thématologie, Ocvirk s’appuie moins sur les documents et sources français qu’allemands (K. Heinemann, F. Gundolf), mentionnés en notes de bas de page. L’influence de Van Tieghem réside peut-être dans la description de Satan et la position critique envers les études thématologiques de certains objets, très similaires chez les deux comparatistes. Van Tieghem considère comme moins valables « les études consacrées à confronter, à travers les âges et les littératures, les diverses manières dont ont été traités certains objets et usages: le jeu d’échecs, le vin, le tabac, et même … le clystère. » Le comparatiste slovène se demande à son tour quel intérêt scientifique revêtent les données visant à déterminer comment les écrivains décrivent les pierres précieuses, le vin, le tabac, une poupée, le jeu d’échecs, une tête de mort, une cloche, une jambe féminine et le clystère. De même que Van Tieghem dans le chapitre intitulé « Genres et styles », Ocvirk s’intéresse aussi aux genres, formes et styles littéraires. Tandis que Van Tieghem pense que le livre est comme un homme et qu’ « il faut considérer sa forme avant d’examiner son contenu », Ocvirk souligne que l’œuvre d’art est un organisme parfait où fond et forme sont liés par un rapport causal réciproque. Les deux auteurs mentionnent le cours de Brunetière intitulé « L’évolution des genres dans l’histoire de la littérature ». Van Tieghem est d’avis qu’il s’agit là d’une « théorie trop systématique et absolue » ayant longtemps freiné l’étude des genres littéraires qui, de ce fait, n’est pas à la mode. Ocvirk trouve aussi cette théorie trop partiale du fait que Brunetière explique l’apparition et la disparition des genres littéraires d’une manière trop mécanique, voire artificielle, cependant il souligne qu’elle a permis la mise à jour de plusieurs faits importants, en particulier le rôle en littérature des formes qui naissent, se diffusent et disparaissent. Autant Ocvirk avait repris le concept de thématologie proposé par Van Tieghem, autant il ne retient pas la dénomination de « généalogie » par laquelle le chercheur français désigne la branche de la littérature comparée qui étudie chaque genre en particulier. Ensuite, les deux auteurs décrivent brièvement le développement des principaux genres littéraires. La description proposée par Ocvirk est plus détaillée que celle de son prédécesseur. Nous remarquons aussi certaines similitudes dans la description que les deux auteurs proposent du style. En effet, Van Tieghem compare les styles utilisés par les poètes pour exprimer l’amour depuis la Renaissance jusqu’au romantisme. Ocvirk souligne également que les poètes de la Renaissance n’expriment pas leurs amours de la même manière que les expressionnistes 250

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