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Martin Luther et Ignace de Loyola

René Lafontaine a enseigné la dogmatique pendant quarante ans à l’IET, depuis qu’il a consacré sa thèse doctorale à la christologie de Thomas d’Aquin. Comme recteur honoraire de la Faculté de théologie établie par les jésuites à Bruxelles, il a ensuite introduit un grand séminaire de recherche proposant que la Lettre aux Galates soit principalement étudiée dans son Commentaire luthérien de 1535, que ce « réformateur » estimait correspondre le mieux à sa pensée personnelle. L’article publié dans la NRT 133/1, «Ignace de Loyola et Martin Luther: vie spirituelle et théologie », propose de comprendre ces deux visions de la grâce comme étant complémentaires plutôt qu’opposées l’une à l’autre.

8 Préface Il y a là

8 Préface Il y a là assurément une divergence notable dont l’auteur s’efforce de saisir les racines anthropologiques et sotériologiques tout au long de son ouvrage. Divergence irréductible ? Voire ! Il s’agit en tout cas de deux approches qui interpellent. Les luthériens auront tout intérêt à saisir combien la foi, si personnelle soit-elle, est à vivre en Église. De son côté, l’approche catholique est appelée à saisir la distance critique qui peut surgir entre l’Évangile et l’Église comme réalité historique et humaine. marc lienhard, pasteur et luthérologue.

AVANT-PROPOS Notre essai entend contribuer à la célébration du cinq centième anniversaire de l’avènement de la Réforme, que la tradition luthérienne estime avoir été enclenchée dès l’année 1517. Nous chercherons aussi à y associer l’Église catholique, conformément aux vœux du pape François exprimés lors de sa rencontre avec une délégation de l’Église luthérienne le 18 décembre 2014. Une telle initiative œcuménique peut s’appuyer sur l’accord d’Augsbourg où, en 1999, une délégation officielle de théologiens désignés par le Conseil mondial des Églises luthériennes s’est associée avec des théologiens catholiques officiellement choisis par l’autorité romaine afin de parvenir à un « accord différencié 1 ». Nous analyserons d’abord les principaux aspects doctrinaux de la justification qui sont abordés dans cet accord d’Augsbourg, tel qu’il engage une nouvelle compréhension œcuménique ayant abouti à une levée mutuelle des excommunications proclamées par les Églises catholiques et luthériennes depuis le xvi e siècle. Nonobstant, l’accord d’Augsbourg ne prétend pas annuler la pertinence du Décret sur la justification proclamé au concile de Trente et des expressions symboliques de la foi luthérienne, qui « gardent leur valeur d’avertissement salutaire » (DJC 42). C’est en ce sens qu’il nous faudra remonter jusqu’à ces décisions magistérielles énoncées depuis la fin du xvi e siècle. 1.¥Cf. La Documentation catholique, 19 novembre 1997, n° 2168, p. 875-885.