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10 months ago

La théologie du peuple. Racines théologiques du pape François

L’auteur montre d’abord avec force que cette théologie s’enracine dans la culture d’un peuple pauvre et croyant, où elle est amenée à reconnaître une forme de « sagesse » spécifiquement chrétienne. Tout en tenant compte des médiations, tant scientifiques que philosophiques, requises par l’intelligence de la foi, elle puise sans cesse aux sources vives d’un évangile vécu par le peuple des pauvres, des petits et des simples. La seconde partie de ce travail montre à quel point cette pratique de la théologie éclaire la manière dont le pape gouverne l’Église dans un dia- logue sincère et ouvert avec les religions, les peuples et les cultures. Est ainsi mis en relief l’esprit dans lequel il tend à favoriser, à notre époque de globalisation, la paix, la solidarité et la justice envers les exclus.

Chapitre premier LA

Chapitre premier LA THÉOLOGIE ARGENTINE DU PEUPLE ET DE LA CULTURE Lorsqu’au festival de Rimini de 2013, le P. « Pepe » (José) Di Paola, curé argentin d’une paroisse rurale, fit référence à la pastorale du pape François, lorsqu’il était archevêque, dans les bidonvilles de Buenos Aires, il se proclama, lui et ses compagnons, « fils de la théologie du peuple (TP), diffusée par le P. Gera », et il ajouta : « En Argentine, il y a deux personnes très importantes avec lesquelles nous nous sommes formés à la TP, Lucio Gera et Rafael Tello. » Il montrait ainsi le lien, au moins indirect, de cette théologie avec la pastorale populaire de celui qui était alors le cardinal Bergoglio et avec son amour préférentiel pour les pauvres. Nous avons deux confirmations de ce lien. D’une part, lorsque Gera mourut, en 2012, Bergoglio le fit inhumer dans la cathédrale de Buenos Aires en tant qu’expert du concile Vatican II et des Conférences de l’Épiscopat latino-américain à Medellín (1968) et Puebla (1979). Par ailleurs, quand un disciple de Tello, le P. Enrique Bianchi, publia, également en 2012, un livre sur Tello 1 , Bergoglio le présenta lui-même au public ; ce qui constituait une sorte de récupération due au fait que Tello avait eu des difficultés avec un archevêque antérieur, le cardinal Aramburu. 1. Cf. Enrique C. Bianchi, Pobres en este mundo, ricos en la fe : la fe de los pobres en América Latina según Rafael Tello, Ágape, Buenos Aires, 2012 ; voir également Fabricio Forçat, « En las nacientes de la pastoral popular. Rafael Tello entre les peritos de la COEPAL », Stromata 71, 2015, p. 145-159.