Le magazine de CNC hiver 2018
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HIVER <strong>2018</strong><br />
Dehors tout<br />
le mon<strong>de</strong>!<br />
Avoir accès aux milieux sauvages situés près <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s villes est<br />
important pour notre bien-être ainsi que pour celui <strong>de</strong> la nature
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada<br />
HIVER <strong>2018</strong><br />
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada<br />
245, avenue Eglinton Est, bureau 410<br />
Toronto (Ontario) Canada M4P 3J1<br />
<strong>magazine</strong>@conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
Tél. : 416 932-3202<br />
Sans frais : 1 800 465-0029<br />
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada (<strong>CNC</strong>) est le<br />
chef <strong>de</strong> file au pays en matière <strong>de</strong> conservation<br />
<strong>de</strong>s terres, œuvrant à la protection <strong>de</strong> nos milieux<br />
naturels les plus importants et <strong>de</strong>s espèces qu’ils<br />
abritent. Depuis 1962, <strong>CNC</strong> et ses partenaires ont<br />
contribué à la protection <strong>de</strong> 2,8 millions d’acres<br />
(plus <strong>de</strong> 1,1 million d’hectares) <strong>de</strong> terres, d’un<br />
océan à l’autre.<br />
<strong>Le</strong> <strong>magazine</strong> Conservation <strong>de</strong> la nature Canada est<br />
distribué aux donateurs et sympathisants <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>.<br />
MC<br />
Marque <strong>de</strong> commerce <strong>de</strong> La Société canadienne<br />
pour la conservation <strong>de</strong> la nature<br />
FSC® n’est pas responsable <strong>de</strong>s calculs concernant l’économie<br />
<strong>de</strong>s ressources réalisée en choisissant ce papier.<br />
Imprimé sur du papier Rolland Opaque fait<br />
à 30 % <strong>de</strong> fibres post-consommation, certifié<br />
Écologo et Procédé sans chlore. Ce papier est<br />
fabriqué au Canada par Rolland, qui utilise le<br />
biogaz comme source d’énergie. L’impression est<br />
effectuée au Canada, avec <strong>de</strong>s encres végétales<br />
par Warrens Waterless Printing. La publication<br />
<strong>de</strong> ce <strong>magazine</strong> a sauvegardé 29 arbres et<br />
104 292 litres d’eau*.<br />
Graphisme par Evermaven.<br />
COUVERTURE<br />
Bunchberry Meadows, Alberta<br />
Photo <strong>de</strong> Brent Calver.<br />
CETTE PAGE<br />
Bunchberry Meadows, Alberta<br />
Photo <strong>de</strong> Kyle Marquardt.<br />
CALCULATEUR : WWW.ROLLANDINC.COM/FR.<br />
*<br />
2 FALL 2017
Sommaire<br />
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada HIVER <strong>2018</strong><br />
TKTKTKTKTKTKT<br />
SENS HORAIRE, D’EN HAUT À DROITE : BRENT CALVER, JESSICA DEEKS, PAUL NICKLEN/GETTY IMAGES.<br />
Une vie dédiée à la conservation<br />
C’est avec une profon<strong>de</strong> tristesse que<br />
nous avons appris, peu avant <strong>de</strong> publier<br />
ce numéro, le décès <strong>de</strong> notre ami et<br />
collègue James Duncan, vice-prési<strong>de</strong>nt <strong>de</strong><br />
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada pour la région<br />
<strong>de</strong> l’Ontario. Toute sa vie durant, James a œuvré<br />
en faveur <strong>de</strong> la conservation; il était une source<br />
d’inspiration pour chacun d’entre nous.<br />
James avait une personnalité plus gran<strong>de</strong> que<br />
nature, un esprit vif, un cœur d’or et une passion<br />
pour le processus d’acquisition <strong>de</strong> terres. Sa<br />
créativité en tant que négociateur <strong>de</strong>meurera<br />
légendaire. Sa passion pour le patrimoine naturel<br />
du Canada allait bien au-<strong>de</strong>là <strong>de</strong> la conclusion<br />
<strong>de</strong>s ententes, puisqu’il se consacrait tout autant<br />
à la bonne gestion <strong>de</strong>s terres acquises pour<br />
maintenir la valeur <strong>de</strong> conservation à l’origine<br />
<strong>de</strong> son intérêt.<br />
Il était également un incomparable collecteur<br />
<strong>de</strong> fonds, et son enthousiasme pour ce qu’il faisait<br />
était contagieux. Il aimait vraiment apprendre<br />
à connaître ses donateurs et l’inverse était tout<br />
aussi vrai, comme en témoigne la quantité<br />
d’appels et <strong>de</strong> messages reçus au fur et à mesure<br />
que la nouvelle <strong>de</strong> son décès se répandait.<br />
James ne reculait <strong>de</strong>vant rien, comme <strong>de</strong><br />
se rendre à New York, à l’automne 2000, pour<br />
participer à la vente aux enchères où la propriété<br />
<strong>de</strong> l’île Middle, point le plus au sud du Canada,<br />
allait être adjugée au plus offrant. L’acquéreur<br />
ne fut nul autre que James Duncan, au nom <strong>de</strong><br />
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada.<br />
James laisse <strong>de</strong>rrière lui un extraordinaire<br />
héritage <strong>de</strong> propriétés conservées, principalement<br />
en Ontario mais aussi ailleurs à travers le pays. Il<br />
manquera énormément à sa famille <strong>de</strong> Conservation<br />
<strong>de</strong> la nature Canada. Dans un prochain numéro<br />
<strong>de</strong> notre <strong>magazine</strong>, nous espérons partager avec<br />
vous les détails concernant un hommage qui sera<br />
rendu à James pour souligner sa passion pour la<br />
nature dans sa province.<br />
Linda Stephenson<br />
Linda Stephenson,<br />
Vice-prési<strong>de</strong>nte aux opérations nationales<br />
8<br />
12<br />
14 Mouvements<br />
migratoires<br />
Apprenez-en plus sur quelques-unes<br />
<strong>de</strong>s 575 espèces migratrices que<br />
compte le Canada.<br />
16 La Fourche<br />
Cette propriété <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> située à<br />
Winnipeg nous renseigne sur le<br />
patrimoine naturel manitobain.<br />
17 Peindre l’instant<br />
La scientifique Bianca Perren découvre<br />
la nature par la peinture.<br />
12 Licorne <strong>de</strong> mer<br />
<strong>Le</strong> narval intéresse les scientifiques qui<br />
comprennent <strong>de</strong> mieux en mieux son<br />
comportement et ses besoins.<br />
16<br />
ARTICLE EN VEDETTE<br />
La nature en ville<br />
Avoir accès aux milieux sauvages près <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s villes est important<br />
pour notre bien-être ainsi que pour celui <strong>de</strong> la nature<br />
14 <strong>CNC</strong> à l’œuvre<br />
Restauration <strong>de</strong> milieux humi<strong>de</strong>s en<br />
C.-B.; Extraction d’arbres envahissants<br />
en Saskatchewan; Célébrations d’un<br />
partenariat dans la région <strong>de</strong> York<br />
en Ontario.<br />
16 Geoff Green : le vent<br />
dans les voiles<br />
Inspirer une nouvelle génération d’experts<br />
en conservation.<br />
18 <strong>Le</strong> regard du lynx<br />
Hubert Pelletier, directeur <strong>de</strong> la<br />
conservation à <strong>CNC</strong> au Québec, relate<br />
sa rencontre avec un lynx du Canada.<br />
natureconservancy.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 3
D’UN OCÉAN<br />
À L’AUTRE<br />
Mouvements<br />
migratoires<br />
Guidées par <strong>de</strong>s signaux invisibles, les espèces migratrices sont impressionnantes.<br />
<strong>Le</strong>s voies qu’elles empruntent sont en grand besoin d’être protégées.<br />
1 2<br />
1<br />
2 3 4<br />
5 6<br />
Chauve-souris<br />
cendrée<br />
Des 18 espèces <strong>de</strong> chauvessouris<br />
que compte le Canada,<br />
15 <strong>hiver</strong>nent et 3 migrent. Pour<br />
ce qui est <strong>de</strong> la chauve-souris<br />
cendrée, elle migre généralement<br />
vers le sud <strong>de</strong>s États-Unis,<br />
le Mexique, et peut-être en<br />
Amérique centrale. L’été, elle<br />
revient vers le nord où elle<br />
habite en forêt. Des chauvessouris<br />
cendrées ont été<br />
observées sur plusieurs<br />
propriétés <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>, dont celle<br />
du lac Columbia - Lot 48, en<br />
Colombie-Britannique.<br />
Monarque<br />
<strong>Le</strong>s scientifiques ignoraient<br />
où les monarques passaient<br />
l’<strong>hiver</strong> jusqu’en 1975, année<br />
où <strong>de</strong>s chercheurs canadiens<br />
ont découvert leurs sites <strong>de</strong><br />
reproduction au Mexique<br />
central. À l’automne, les<br />
monarques du Canada migrent<br />
vers certaines régions <strong>de</strong> la<br />
Californie ainsi qu’au Mexique.<br />
Au printemps, plusieurs<br />
générations se relaient pour<br />
remonter vers le nord et<br />
atteindre le Canada à temps<br />
pour l’été. La présence <strong>de</strong><br />
monarques a été documentée<br />
sur <strong>de</strong>s propriétés <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> à<br />
travers le pays, dont certaines<br />
dans la région <strong>de</strong> la crête <strong>de</strong><br />
la rivière Milk, en Alberta.<br />
EN ARRIÈRE-PLAN : ALL CANADA PHOTOS; PHOTO 1 : MICHAEL DURHAM/MINDEN PICTURES, 2 : JIM BRANDENBURG/MINDEN PICTURES.<br />
4 HIVER <strong>2018</strong> conservation<strong>de</strong>lanature.ca
La migration <strong>de</strong>s animaux a quelque<br />
chose <strong>de</strong> magique. Des signaux<br />
invisibles qui incitent <strong>de</strong>s espèces à<br />
se déplacer à travers le globe, aux dangers que<br />
chacune d’entre elles affronte au cours <strong>de</strong> son<br />
périple, le spectacle <strong>de</strong> la migration est tout<br />
aussi fascinant d’un point <strong>de</strong> vue scientifique<br />
qu’il est captivant à observer.<br />
<strong>Le</strong> Canada compte plus <strong>de</strong> 575 espèces<br />
migratrices. Certaines se déplacent à l’intérieur<br />
<strong>de</strong> nos frontières, mais la plupart migrent vers<br />
le sud avant l’<strong>hiver</strong> pour trouver <strong>de</strong> la nourriture<br />
et un peu <strong>de</strong> chaleur. <strong>Le</strong>s rassemblements<br />
qui se produisent souvent pendant la migration<br />
sont autant d’occasions <strong>de</strong> trouver un partenaire.<br />
Bien que la migration <strong>de</strong>s oiseaux soit<br />
bien connue, plusieurs autres espèces,<br />
dont <strong>de</strong>s papillons, <strong>de</strong>s chauves-souris, <strong>de</strong>s<br />
libellules et <strong>de</strong>s mammifères marins, quittent<br />
le Canada pour l’<strong>hiver</strong>, pour n’y revenir<br />
qu’au printemps.<br />
De par le mon<strong>de</strong>, <strong>de</strong> nombreuses menaces<br />
pèsent sur la migration <strong>de</strong>s animaux. La perte<br />
et la fragmentation <strong>de</strong>s habitats, la pollution<br />
lumineuse, les épiso<strong>de</strong>s météorologiques<br />
extrêmes, la présence d’obstacles physiques<br />
et la contamination <strong>de</strong> l’environnement<br />
entravent la capacité migratoire <strong>de</strong>s espèces.<br />
Celles qui se rassemblent en grands groupes<br />
lors <strong>de</strong> leur migration sont également<br />
vulnérables aux mauvais traitements et à la<br />
chasse abusive.<br />
La coopération est essentielle à la protection<br />
<strong>de</strong>s espèces migratrices. <strong>Le</strong> premier traité sur<br />
les oiseaux migrateurs a été conclu entre le<br />
Canada et les États-Unis en 1916. Depuis, <strong>de</strong><br />
nombreuses autres initiatives ont vu le jour,<br />
dont l’Initiative <strong>de</strong> conservation <strong>de</strong>s oiseaux <strong>de</strong><br />
l’Amérique du Nord. Conservation <strong>de</strong> la nature<br />
Canada (<strong>CNC</strong>) contribue pour sa part à protéger<br />
d’importants habitats d’été et haltes migratoires<br />
pour les animaux sauvages à travers le Canada.<br />
Voici six espèces dont la présence a été<br />
documentée sur <strong>de</strong>s propriétés <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> et qui<br />
migrent vers d’autres horizons pour l’<strong>hiver</strong> (le<br />
wapiti opte plutôt pour <strong>de</strong>s aller-retour<br />
Canada/É.-U.). Vivement le printemps pour<br />
retrouver le plaisir <strong>de</strong> les observer!1<br />
3 : MARK RAYCROFT/MINDEN PICTURES; 4 : LYNN M. STONE/MINDEN PICTURES; 5 : SCOTT LESLIE/MINDEN PICTURES, 6 : ALAN MURPHY/MINDEN PICTURES.<br />
Wapiti<br />
En quête <strong>de</strong> nourriture et d’abris,<br />
le wapiti effectue <strong>de</strong> courtes<br />
migrations saisonnières au sein<br />
<strong>de</strong> son aire <strong>de</strong> distribution.<br />
Des individus du troupeau<br />
Caribou-Vita (du nom d’une<br />
municipalité du sud manitobain)<br />
observés sur les propriétés <strong>de</strong><br />
<strong>CNC</strong> dans la prairie à herbes<br />
hautes se déplacent régulièrement<br />
du Manitoba au Minnesota<br />
(É.-U.). <strong>CNC</strong> est ses partenaires<br />
étudient actuellement ce<br />
troupeau par inventaires aériens<br />
et à l’ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> colliers émetteurs<br />
afin <strong>de</strong> comprendre les besoins<br />
<strong>de</strong> cette espèce en matière <strong>de</strong><br />
conservation.<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
3 4 5 6<br />
Anax <strong>de</strong> juin<br />
Au Canada, bien que la plupart<br />
<strong>de</strong>s libellules passent l’<strong>hiver</strong><br />
dans leur sta<strong>de</strong> aquatique,<br />
4 espèces s’envolent vers le sud.<br />
La migration <strong>de</strong>s libellules<br />
d’Amérique du Nord est un<br />
phénomène encore mal compris.<br />
La plupart <strong>de</strong>s anax <strong>de</strong> juin <strong>de</strong><br />
l’est du Canada se ren<strong>de</strong>nt<br />
probablement dans le sud <strong>de</strong>s<br />
États-Unis ou au Mexique sur<br />
une pério<strong>de</strong> d’environ 2 mois.<br />
Cette espèce peut être observée<br />
dans les milieux humi<strong>de</strong>s du sud<br />
du Canada, incluant ceux <strong>de</strong> la<br />
propriété <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> à l’île Wilson,<br />
sur le lac Supérieur en Ontario.<br />
Grive <strong>de</strong> Bicknell<br />
L’aire <strong>de</strong> reproduction et celle<br />
d’<strong>hiver</strong>nage <strong>de</strong> cet oiseau<br />
chanteur comptent parmi les<br />
plus petites <strong>de</strong> tous les oiseaux<br />
d’Amérique du Nord. En été, la<br />
grive <strong>de</strong> Bicknell se reproduit<br />
dans <strong>de</strong>s forêts <strong>de</strong> conifères à<br />
haute altitu<strong>de</strong> du nord-est <strong>de</strong>s<br />
États-Unis, <strong>de</strong>s provinces <strong>de</strong><br />
l’Atlantique et du sud du Québec,<br />
incluant sur <strong>de</strong>s propriétés <strong>de</strong><br />
<strong>CNC</strong> dans les Appalaches. L’<strong>hiver</strong><br />
venu, la plupart <strong>de</strong>s grives<br />
<strong>de</strong> Bicknell se retrouvent en<br />
République dominicaine, après<br />
avoir migré le long <strong>de</strong> la côte<br />
est américaine.<br />
Bécasseau<br />
semipalmé<br />
En juillet et août, plus <strong>de</strong><br />
100 000 <strong>de</strong> ces oiseaux <strong>de</strong> rivage<br />
reviennent sur les vasières <strong>de</strong><br />
la baie <strong>de</strong> Fundy, une zone<br />
d’alimentation essentielle durant<br />
leur migration en provenance<br />
<strong>de</strong> l’Arctique. En plus d’assurer la<br />
protection <strong>de</strong> cet habitat naturel<br />
crucial, la réserve d’oiseaux <strong>de</strong><br />
rivage Johnson’s Mills <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>,<br />
située dans le sud du Nouveau-<br />
Brunswick, offre un point <strong>de</strong> vue<br />
<strong>de</strong> choix pour ce spectacle. <strong>Le</strong>s<br />
bécasseaux s’alimentent environ<br />
3 semaines dans la baie <strong>de</strong> Fundy<br />
avant leur vol ininterrompu vers<br />
les Antilles et la côte sud-américaine,<br />
où se trouve notamment<br />
la Zone importante pour la<br />
conservation <strong>de</strong>s oiseaux<br />
Reentrâncias Maranhenses /<br />
Paraenses (nord du Brésil).
SUR LES<br />
SENTIERS<br />
La Fourche<br />
Ce lieu <strong>de</strong> rassemblement millénaire <strong>de</strong>s Prairies permet <strong>de</strong><br />
découvrir le patrimoine naturel du Manitoba<br />
Cercle Oo<strong>de</strong>na<br />
Situé au centre-ville <strong>de</strong> Winnipeg,<br />
au confluent <strong>de</strong>s rivières Rouge<br />
et Assiniboine, La Fourche (The<br />
Forks) accueille <strong>de</strong>s rassemblements <strong>de</strong>puis<br />
<strong>de</strong>s millénaires.<br />
En 1999, <strong>CNC</strong> concluait un partenariat avec<br />
la Forks Renewal Corporation et d’autres<br />
organismes pour y aménager un jardin <strong>de</strong><br />
démonstration sur le thème du patrimoine<br />
naturel manitobain pour les visiteurs venus<br />
assister aux Jeux panaméricains. <strong>Le</strong> succès<br />
<strong>de</strong> l’exposition fut tel que le Jardin <strong>de</strong> La<br />
Fourche est <strong>de</strong>venu permanent.<br />
Plus <strong>de</strong> 15 ans plus tard, ce jardin <strong>de</strong><br />
prairie <strong>de</strong> 1 860 m 2 est un incontournable<br />
pour qui souhaite pleinement apprécier la<br />
valeur naturelle et culturelle <strong>de</strong>s prairies<br />
à herbes hautes du Manitoba, sans même<br />
quitter la ville.<br />
UN LIEU IMPRÉGNÉ D’HISTOIRE<br />
Chaque année, plus <strong>de</strong> 4 millions <strong>de</strong> visiteurs<br />
en apprennent plus sur <strong>CNC</strong> et les prairies<br />
du Manitoba, grâce notamment aux nouveaux<br />
panneaux d’information en anglais, français<br />
et ojibwé.<br />
<strong>Le</strong>s visiteurs peuvent également découvrir<br />
le patrimoine <strong>de</strong>s Premières Nations <strong>de</strong> la<br />
région en se rendant au Cercle Oo<strong>de</strong>na (Oo<strong>de</strong>na<br />
Celebration Circle). Cet amphithéâtre <strong>de</strong><br />
3 mètres <strong>de</strong> profon<strong>de</strong>ur a révélé lors <strong>de</strong> son<br />
excavation ce que les archéologues appellent<br />
l’horizon archaïque, une couche <strong>de</strong> sol datant<br />
<strong>de</strong> 3 000 ans, riche en artéfacts.<br />
PLONGER DANS LES PRAIRIES<br />
Pendant les saisons douces, seul un muret<br />
sépare le flot <strong>de</strong> visiteurs <strong>de</strong>s plates-ban<strong>de</strong>s<br />
<strong>de</strong> monar<strong>de</strong>s, <strong>de</strong> gaillar<strong>de</strong>s et <strong>de</strong> campanules.<br />
Dans ce jardin d’exposition unique, les<br />
visiteurs peuvent observer, sentir et toucher<br />
<strong>de</strong>s espèces végétales indigènes <strong>de</strong>s prairies à<br />
herbes hautes, et être impressionnés par leur<br />
diversité. Que vous ayez ou non le pouce vert,<br />
il n’y a pas <strong>de</strong> meilleure façon <strong>de</strong> découvrir la<br />
splen<strong>de</strong>ur <strong>de</strong>s prairies qu’en déambulant parmi<br />
les quelque 150 espèces <strong>de</strong> plantes indigènes<br />
dont recèle le Jardin <strong>de</strong> La Fourche.<br />
ALL CANADA PHOTOS.<br />
6 HIVER <strong>2018</strong> conservation<strong>de</strong>lanature.ca
LES<br />
INDISPENSABLES<br />
Patinage sous le ciel <strong>de</strong> la Prairie<br />
L'époque où la nature sauvage occupait<br />
ce grouillant carrefour est bel et bien révolue.<br />
Toutefois, <strong>de</strong>s espèces végétales comme le<br />
bourbon <strong>de</strong> Gérard, le panic rai<strong>de</strong>, le lis <strong>de</strong><br />
Phila<strong>de</strong>lphie, la sauge, l’asclépia<strong>de</strong> et la<br />
pulsatille multifi<strong>de</strong> s’harmonisent toujours<br />
aussi bien au flot constant <strong>de</strong>s visiteurs<br />
et commerçants.<br />
MARK REIMER. MALLETTE DE PEINTRE : DAVID WILLEN.<br />
SENTIERS ET ACTIVITÉS<br />
<strong>Le</strong> Jardin <strong>de</strong> La Fourche est récemment<br />
<strong>de</strong>venu une <strong>de</strong>s Destinations Nature <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>.<br />
Ce programme invite les Canadiens à explorer<br />
certains <strong>de</strong>s plus beaux exemples d’aires<br />
naturelles <strong>de</strong> notre pays et à entrer en contact<br />
avec la nature.<br />
Bien que les activités offertes varient<br />
gran<strong>de</strong>ment selon la saison, il y a toujours<br />
quelque chose à faire à La Fourche. En <strong>hiver</strong>,<br />
vous pouvez patiner sur le sentier <strong>de</strong> glace<br />
qui serpente à travers le jardin, ou dévaler les<br />
pentes sur votre luge. Vous pouvez également<br />
vous régaler dans l’un <strong>de</strong>s nombreux restaurants<br />
à proximité.<br />
EN SAVOIR PLUS<br />
De la documentation sur le programme<br />
Destinations Nature <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> et au sujet du<br />
Centre d’interprétation <strong>de</strong> la prairie à herbes<br />
hautes <strong>de</strong> la famille Weston est disponible<br />
au centre <strong>de</strong>s visiteurs <strong>de</strong> Travel Manitoba<br />
à La Fourche.1<br />
DESTINATIONS NATURE<br />
Pour en savoir davantage, visiter<br />
<strong>de</strong>stinationsnature.ca/lafourche<br />
Peindre l’instant<br />
Pour la paléoclimatologue Bianca Perren, le meilleur<br />
moyen <strong>de</strong> comprendre et <strong>de</strong> vivre le mon<strong>de</strong> polaire est<br />
<strong>de</strong> le peindre à l'ai<strong>de</strong> <strong>de</strong> sa fidèle mallette<br />
J’<br />
ai eu ma première boîte<br />
d’aquarelle à 7 ans; c’était<br />
un ca<strong>de</strong>au <strong>de</strong> mon père à<br />
son retour d’un voyage au Japon. C’est<br />
à ce moment qu’est née ma passion<br />
pour la peinture. Il y a 15 ans, j'ai trouvé<br />
cette mallette dans une petite boutique<br />
<strong>de</strong> matériel d’artiste. Depuis, elle m’a<br />
accompagnée le long <strong>de</strong> la côte <strong>de</strong> l’île<br />
<strong>de</strong> Baffin, au Groenland, à Svalbard (au<br />
nord <strong>de</strong> la Norvège), en Antarctique<br />
et aux îles sub-antarctiques. Cette<br />
mallette est assez robuste pour être<br />
trimballée et assez compacte pour être<br />
glissée dans mon sac à dos. Dans mon<br />
travail <strong>de</strong> scientifique, plus précisément<br />
<strong>de</strong> paléoclimatologue pour le British<br />
Antarctic Survey, j’étudie comment<br />
les paysages polaires ont été altérés<br />
par les changements climatiques; je<br />
passe donc beaucoup <strong>de</strong> temps en<br />
régions éloignées. Pour moi, la meilleure<br />
manière <strong>de</strong> découvrir un lieu est <strong>de</strong><br />
le peindre. Cela me permet <strong>de</strong> saisir<br />
son fonctionnement et d’immortaliser<br />
une journée ou un instant passé dans<br />
un endroit si magnifique et isolé <strong>de</strong><br />
notre planète.1<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 7
La nature<br />
en ville<br />
Avoir accès aux milieux sauvages<br />
situés près <strong>de</strong>s gran<strong>de</strong>s villes,<br />
comme celui <strong>de</strong> Bunchberry<br />
Meadows, est important pour<br />
notre bien-être ainsi que pour<br />
celui <strong>de</strong> la nature<br />
PAR Don H. Meredith, auteur indépendant et biologiste<br />
TKTKTKTKTKTKT<br />
BRENT CALVER.<br />
8 HIVER <strong>2018</strong><br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca
En suivant le sentier sinueux<br />
à travers une forêt d’épinettes<br />
blanches et <strong>de</strong> peupliers fauxtrembles<br />
aux reflets changeants, j’ai atteint un<br />
marécage peuplé <strong>de</strong> saules et <strong>de</strong> carex gardé<br />
par <strong>de</strong>s carouges à épaulettes et <strong>de</strong>s libellules<br />
en patrouille. Je me suis arrêté pour écouter<br />
les oiseaux et observer les libellules se nourrir<br />
en plein vol. Derrière le marécage, le sentier<br />
gravit une colline ombragée vers une forêt<br />
lumineuse <strong>de</strong> bouleaux à papier argentés.<br />
Après avoir admiré la taille <strong>de</strong> vieux<br />
arbres, j’ai continué mon chemin à travers<br />
un bosquet <strong>de</strong> mélèzes laricins duveteux et<br />
d’épinettes d’un vert sombre qui s’ouvrait sur<br />
un pré luxuriant. Au loin, à la limite du pré,<br />
j’ai aperçu un cerf <strong>de</strong> Virginie et son faon<br />
sortir <strong>de</strong> l’ombre. Pendant qu’ils se nourrissaient,<br />
un écureuil roux <strong>de</strong>rrière moi a émis<br />
un cri d’alarme saccadé, révélant ainsi ma<br />
présence. Je me suis retourné pour voir<br />
l’écureuil bondir dans les arbres. Pendant que<br />
j’avais la tête tournée, les cerfs sont disparus.<br />
En poursuivant mon chemin, j’ai pensé au<br />
caractère unique <strong>de</strong> ce lieu; non seulement en<br />
raison <strong>de</strong> la diversité <strong>de</strong> la vie sauvage qui s’y<br />
trouve et <strong>de</strong> sa dimension, mais aussi parce<br />
qu’il est si près d’un grand centre urbain.<br />
L’aire <strong>de</strong> conservation <strong>de</strong> Bunchberry<br />
Meadows, d’une superficie <strong>de</strong> 640 acres<br />
(260 hectares), se trouve à 30 km du centreville<br />
d’Edmonton. Protégé <strong>de</strong>puis 2016 par<br />
Conservation <strong>de</strong> la nature Canada (<strong>CNC</strong>), ce<br />
site a été ouvert au public à l’automne 2017.<br />
Il s’agit d’une <strong>de</strong>s <strong>de</strong>rnières vastes étendues<br />
non développées <strong>de</strong> la région. Ses collines<br />
sablonneuses accueillent <strong>de</strong>s forêts-parcs à<br />
trembles qui dominaient autrefois les environs,<br />
ainsi que <strong>de</strong> petites populations d’épinettes<br />
blanches, <strong>de</strong> mélèzes laricins et <strong>de</strong> pins gris;<br />
<strong>de</strong>s milieux humi<strong>de</strong>s s’y trouvent également.<br />
« Ce qui est remarquable, c’est que ces<br />
habitats ont survécu si longtemps à proximité<br />
d’une ville en pleine expansion », explique<br />
Katelyn Ceh, chargée <strong>de</strong> projets à <strong>CNC</strong> pour<br />
le nord-ouest <strong>de</strong> l’Alberta.<br />
L’étonnante histoire <strong>de</strong> Bunchberry a<br />
débuté en 1974, lorsque cinq familles ont<br />
acquis conjointement un terrain près <strong>de</strong> leurs<br />
lieux <strong>de</strong> rési<strong>de</strong>nce, afin d’avoir un endroit<br />
où profiter <strong>de</strong> la nature avec leurs familles et<br />
amis. Elles ont aménagé quelques sentiers<br />
pour pouvoir explorer la propriété, et ce,<br />
sans la développer davantage, car elles<br />
souhaitaient la conserver dans un état aussi<br />
naturel que possible. Alors qu’Edmonton « se<br />
rapprochait » <strong>de</strong> terres non développées<br />
comme celles <strong>de</strong> Bunchberry Meadows, les<br />
cinq familles ont ressenti la pression <strong>de</strong><br />
vendre, tout en réalisant la valeur <strong>de</strong> leur<br />
terrain dans son état naturel. Ne souhaitant<br />
pas vendre à <strong>de</strong>s promoteurs immobiliers,<br />
elles ont approché <strong>CNC</strong>.<br />
Après avoir visité la propriété <strong>de</strong> Bunchberry<br />
Meadows, <strong>CNC</strong> a rapi<strong>de</strong>ment réalisé<br />
qu’elle représentait une occasion unique.<br />
« C’était une chance pour nous <strong>de</strong> faire<br />
participer la population d’Edmonton à<br />
l’acquisition d’une terre qu’elle pourrait<br />
La forêt <strong>de</strong> Bunchberry Meadows<br />
comprend <strong>de</strong>s pins gris qui<br />
constituent l’habitat du grand<br />
polatouche (écureuil volant), du<br />
porc-épic d’Amérique et <strong>de</strong> la<br />
belette à longue queue.<br />
TKTKTKTKTKTKT<br />
KYLE MARQUARDT.<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 9
fréquenter, explique Mme Ceh. La plupart<br />
<strong>de</strong>s propriétés <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> en Alberta sont<br />
situées hors <strong>de</strong>s centres urbains, mais celle<br />
<strong>de</strong> Bunchberry est idéale pour les familles<br />
d’Edmonton et <strong>de</strong> la région qui souhaitent<br />
passer du temps dans la nature. À Bunchberry,<br />
elles peuvent plonger dans un environnement<br />
naturel sans <strong>de</strong>voir investir temps<br />
et efforts pour s’y rendre. » <strong>Le</strong>s sentiers<br />
sont aménagés pour faciliter la marche, les<br />
randonnées en raquettes et le ski <strong>de</strong> fond,<br />
et il est possible d’y faire <strong>de</strong>s excursions <strong>de</strong><br />
courte et <strong>de</strong> longue durée. De petits panneaux<br />
d’interprétation le long <strong>de</strong>s sentiers permettent<br />
aux visiteurs d’en savoir plus sur le milieu<br />
qu’ils explorent et les espèces qui y vivent.<br />
Accé<strong>de</strong>r à la nature<br />
Edmonton est l’une <strong>de</strong>s villes canadiennes<br />
qui se développent le plus rapi<strong>de</strong>ment. Au<br />
cours <strong>de</strong>s 6 à 7 <strong>de</strong>rnières années seulement,<br />
sa population a augmenté <strong>de</strong> près <strong>de</strong> 15 %. Si<br />
ce rythme se maintient, on estime que la ville<br />
aura besoin d’au moins 150 000 nouvelles<br />
unités rési<strong>de</strong>ntielles au cours <strong>de</strong> la prochaine<br />
décennie. Edmonton a vu sa superficie<br />
augmenter avec l’apparition <strong>de</strong> banlieues<br />
empiétant sur les zones agricoles<br />
et les forêts-parcs à trembles.<br />
Aujourd’hui, plus <strong>de</strong> 80 % <strong>de</strong> la population<br />
canadienne habite <strong>de</strong> gran<strong>de</strong>s villes ou <strong>de</strong>s<br />
villes <strong>de</strong> taille moyenne. Avec une population<br />
urbaine grandissante, l’accès à la nature <strong>de</strong>vient<br />
<strong>de</strong> plus en plus vital. En effet, il est plus que<br />
jamais admis que passer du temps dans la<br />
nature améliore notre santé physique et<br />
mentale. Une étu<strong>de</strong> <strong>de</strong> l’Université Stanford<br />
a démontré que la randonnée pé<strong>de</strong>stre en<br />
nature procure <strong>de</strong>s bienfaits mesurables pour<br />
la santé mentale et peut réduire les risques<br />
<strong>de</strong> dépression.<br />
On reconnaît également <strong>de</strong> plus en plus<br />
les importants services que rend la nature<br />
aux collectivités avoisinantes. <strong>Le</strong>s forêts,<br />
les milieux humi<strong>de</strong>s et les prairies jouent<br />
tous un rôle essentiel dans la protection<br />
<strong>de</strong> l’eau, <strong>de</strong> l’air et du climat. <strong>Le</strong> carbone<br />
contenu et stocké par les habitats naturels<br />
est indispensable pour atténuer les changements<br />
climatiques. Ces habitats naturels<br />
réduisent également la pollution <strong>de</strong> l’air<br />
et fournissent <strong>de</strong>s services indispensables<br />
aux collectivités locales en filtrant et en<br />
emmagasinant l’eau.<br />
À Bunchberry Meadows, les visiteurs sont<br />
invités à faire <strong>de</strong> la randonnée, du ski <strong>de</strong><br />
fond et <strong>de</strong> la raquette, et à entrer en contact<br />
avec la nature. <strong>CNC</strong> y a affiché une liste <strong>de</strong><br />
règles à suivre pour assurer la protection<br />
<strong>de</strong>s beautés naturelles <strong>de</strong> ce site.<br />
Il est <strong>de</strong> plus en plus admis que passer du temps<br />
dans la nature améliore notre santé physique et<br />
mentale, et que les milieux naturels situés près <strong>de</strong>s<br />
centres urbains nous ai<strong>de</strong>nt à saisir leur importance<br />
pour notre bien-être.<br />
De plus, il est admis <strong>de</strong> manière grandissante<br />
que l’accès à <strong>de</strong>s zones naturelles,<br />
comme celle <strong>de</strong> Bunchberry Meadows,<br />
contribue à sensibiliser les gens quant au<br />
lien qui existe entre la présence <strong>de</strong> milieux<br />
sauvages et leur bien-être. Voilà un argument<br />
supplémentaire démontrant le besoin <strong>de</strong><br />
conserver ce type <strong>de</strong> lieux.<br />
« <strong>Le</strong> soutien pour la conservation est plus<br />
grand quand nous chérissons un lieu et sa<br />
valeur naturelle, explique Erica Thompson,<br />
directrice nationale principale <strong>de</strong> la mobilisation<br />
et du développement à <strong>CNC</strong>. Nous<br />
croyons qu’en offrant aux Canadiens l’occasion<br />
<strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s liens avec le mon<strong>de</strong> naturel,<br />
nous pouvons promouvoir une culture où une<br />
éthique <strong>de</strong> la conservation <strong>de</strong>s terres est un<br />
élément important <strong>de</strong> l’i<strong>de</strong>ntité nationale. »<br />
C’est d’ailleurs la reconnaissance <strong>de</strong> cette<br />
relation entre les expériences personnelles et<br />
une éthique rigoureuse <strong>de</strong> la conservation qui<br />
ont encouragé l’Union internationale pour la<br />
conservation <strong>de</strong> la nature (UICN) à lancer le<br />
mouvement #NaturePourTous durant son<br />
congrès international <strong>de</strong> 2016. Ce mouvement<br />
regroupe <strong>de</strong>s partenaires, dont <strong>de</strong>s organismes<br />
comme <strong>CNC</strong>, qui possè<strong>de</strong>nt <strong>de</strong>s aires protégées,<br />
<strong>de</strong>s parcs nationaux, <strong>de</strong>s zoos et <strong>de</strong>s aquariums,<br />
et qui travaillent ensemble pour inspirer les gens<br />
et les amener à entrer en contact avec le mon<strong>de</strong><br />
naturel par <strong>de</strong>s expériences dans la nature<br />
et sur la nature. Comme l’explique Mme<br />
Thompson, #NaturePourTous est un appel<br />
à l’action visant à réduire l’écart sans cesse<br />
grandissant entre les gens et le mon<strong>de</strong> naturel,<br />
et à inspirer un amour pour la nature ».<br />
BRENT CALVER.<br />
10 HIVER <strong>2018</strong> conservation<strong>de</strong>lanature.ca
SENS HORAIRE, D’EN HAUT À DROITE : BRENT CALVER, MIKE DEMBECK, RICHARD DOUCETTE.<br />
Nature urbaine<br />
Plusieurs propriétés <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> se trouvent dans<br />
un rayon <strong>de</strong> 100 kilomètres d’un grand centre<br />
urbain et permettent à la population d’entrer<br />
en contact avec la nature. L’aire naturelle <strong>de</strong><br />
Rattlesnake Bluffs, près <strong>de</strong> Kamloops, en<br />
Colombie-Britannique, en est un exemple.<br />
Bordée au nord par <strong>de</strong>s terres <strong>de</strong> la Couronne,<br />
cette propriété abrite <strong>de</strong>s oiseaux, notamment<br />
<strong>de</strong>s martinets à gorge blanche, <strong>de</strong>s buses à<br />
queue rousse et <strong>de</strong>s hiron<strong>de</strong>lles à front blanc.<br />
Des marmottes à ventre jaune, <strong>de</strong>s mouflons<br />
d’Amérique, une espèce qui traverse la<br />
propriété pendant sa migration, et <strong>de</strong> rares<br />
et timi<strong>de</strong>s crotales <strong>de</strong> l’ouest (serpents) s’y<br />
trouvent également. À quelques minutes <strong>de</strong><br />
voiture du centre-ville <strong>de</strong> Kamloops, cette<br />
propriété est un lieu idéal pour les groupes<br />
scolaires et les familles qui peuvent l’explorer<br />
et y apprendre <strong>de</strong>s choses sur la nature à<br />
proximité <strong>de</strong> chez eux.<br />
À l’autre bout du pays, <strong>CNC</strong> s’affaire à<br />
la création d’un parc naturel <strong>de</strong> 379 acres<br />
(153 hectares) dans la municipalité régionale<br />
<strong>de</strong> Halifax. <strong>Le</strong> site du futur parc, à quelques<br />
kilomètres du centre-ville <strong>de</strong> Halifax, est<br />
<strong>de</strong>sservi par le transport en commun et<br />
constitue déjà un lieu <strong>de</strong> plein air populaire<br />
<strong>de</strong> l’ouest <strong>de</strong> la ville, explique Craig Smith,<br />
directeur <strong>de</strong> programme <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> pour la<br />
Nouvelle-Écosse. « Situé près <strong>de</strong> plusieurs<br />
quartiers, c’est un lieu facilement accessible<br />
pour <strong>de</strong>s personnes issues <strong>de</strong> milieux variés. »<br />
L’endroit est très sauvage. On y trouve <strong>de</strong>s<br />
forêts <strong>de</strong> pins rouges et <strong>de</strong> chênes, ainsi<br />
que <strong>de</strong>ux lacs. De nombreux pins gris,<br />
une espèce rare, ainsi que <strong>de</strong>s corèmes<br />
<strong>de</strong> Conrad (arbustes vivaces), et une quarantaine<br />
d’espèces d’oiseaux nicheurs s’y<br />
trouvent également.<br />
Qu’une propriété soit près d’un centre urbain<br />
ou en région éloignée, le personnel <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> y<br />
élabore un plan d’accès axé en premier lieu<br />
sur la conservation du milieu naturel. <strong>Le</strong>s<br />
sentiers et les installations sont limités au<br />
minimum. « Notre priorité est <strong>de</strong> conserver<br />
et <strong>de</strong> restaurer la nature », explique Mme<br />
Thompson, qui ajoute que <strong>CNC</strong> travaille à<br />
définir un cadre <strong>de</strong> gestion <strong>de</strong>s visiteurs afin<br />
<strong>de</strong> s’assurer que les activités, comme la<br />
randonnée, n’ont pas <strong>de</strong> répercussions négatives<br />
sur les attributs naturels que <strong>CNC</strong> cherche à<br />
conserver sur chaque propriété. L’objectif <strong>de</strong><br />
ce cadre est <strong>de</strong> gui<strong>de</strong>r la prise <strong>de</strong>s décisions<br />
relatives à l’aménagement <strong>de</strong>s sentiers, à leur<br />
emplacement et aux infrastructures, dont les<br />
panneaux d’interprétation.<br />
Revenons à Bunchberry Meadows, où j’ai<br />
suivi le sentier traversant le pré verdoyant<br />
avant <strong>de</strong> pénétrer dans une forêt <strong>de</strong> trembles.<br />
<strong>Le</strong> panneau situé à la jonction <strong>de</strong> <strong>de</strong>ux sentiers<br />
me donnait l’occasion <strong>de</strong> retourner au<br />
stationnement ou d’emprunter une boucle<br />
pour visiter une autre partie <strong>de</strong> la propriété.<br />
J’ai décidé que je reviendrais bientôt pour<br />
découvrir les trésors naturels qui se cachent<br />
dans l’autre sentier. De retour dans le petit<br />
stationnement, je me suis dirigé vers le<br />
kiosque d’interprétation pour voir le chemin<br />
que j’avais parcouru et mieux comprendre ce<br />
que j’avais vu. Un co<strong>de</strong> d’éthique y est affiché,<br />
rappelant aux visiteurs <strong>de</strong> faire attention en<br />
se promenant sur le site. Un coin doté <strong>de</strong><br />
quelques tables <strong>de</strong> pique-nique et <strong>de</strong> toilettes<br />
complétait les installations. <strong>Le</strong> personnel <strong>de</strong><br />
<strong>CNC</strong> s’affaire à créer un plan <strong>de</strong> gestion afin<br />
d’assurer que l’empreinte laissée par les<br />
visiteurs soit minimale et que la valeur <strong>de</strong> la<br />
propriété sera protégée à long terme.<br />
J’ai quitté Bunchberry Meadows en<br />
songeant au caractère particulier <strong>de</strong> ce lieu<br />
pour les rési<strong>de</strong>nts d’Edmonton et <strong>de</strong>s environs<br />
qui peuvent, le temps d’une randonnée, vivre<br />
au rythme <strong>de</strong> la vie sauvage.1<br />
#NaturePourTous<br />
Travailler ensemble pour<br />
connecter et inspirer les gens<br />
par <strong>de</strong>s sorties dans la nature<br />
#NaturePourTous (#NatureForAll) est un<br />
mouvement mondial qui inspire l’amour<br />
<strong>de</strong> la nature et l’appui <strong>de</strong> sa conservation.<br />
À l’origine <strong>de</strong> ce mouvement se<br />
trouve l’idée que plus les gens explorent,<br />
entrent en contact et partagent leur<br />
amour <strong>de</strong> la nature, plus le soutien et les<br />
actions pour sa conservation croîtront.<br />
La mission est simple, mais efficace : en<br />
travaillant ensemble, <strong>de</strong>s partenaires<br />
contribueront à créer une culture <strong>de</strong> la<br />
conservation et une variété d’occasions<br />
qui nous permettront <strong>de</strong> tomber<br />
amoureux <strong>de</strong> la nature.<br />
#NaturePourTous vise à inspirer la<br />
prochaine génération <strong>de</strong> gardiens qui<br />
connaissent et veillent sur le mon<strong>de</strong><br />
naturel en établissant <strong>de</strong>s liens entre<br />
les gens et la nature.<br />
natureforall.global/naturepourtous-canada<br />
Gauche : Aire naturelle Rattlesnake Bluffs, Kamloops, C.-B. Droite : Propriété Williams Lake, Municipalité régionale <strong>de</strong> Halifax, N.-É.<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 11
PROFIL<br />
D’ESPÈCE<br />
Licorne<br />
<strong>de</strong> mer<br />
Dotée d’une allure mythique d’une autre époque, le narval attire l’attention <strong>de</strong>s<br />
scientifiques qui comprennent <strong>de</strong> mieux en mieux son comportement et ses besoins.<br />
PAUL NICKLEN/GETTY IMAGES<br />
12 HIVER <strong>2018</strong> conservation<strong>de</strong>lanature.ca
Surnommé « licorne <strong>de</strong> mer », le narval est une<br />
baleine <strong>de</strong> taille moyenne dépourvue d’aileron.<br />
Il figure sur la liste <strong>de</strong>s espèces préoccupantes<br />
au Canada.<br />
À QUOI RESSEMBLE-T-IL?<br />
Chez la plupart <strong>de</strong>s mâles, la <strong>de</strong>nt <strong>de</strong> droite <strong>de</strong>meure à l’intérieur du crâne, tandis<br />
que l’autre se développe pour <strong>de</strong>venir une défense torsadée pouvant mesurer<br />
jusqu’à 3 m. Il s’agit <strong>de</strong> l’attribut le plus facilement reconnaissable du narval mâle.<br />
<strong>Le</strong> narval adulte mesure <strong>de</strong> 5 à 5,5 m <strong>de</strong> long, pour un poids pouvant<br />
atteindre les 1 900 kg. Proche parent du béluga, il lui est similaire par sa taille<br />
et son apparence. Ces <strong>de</strong>ux espèces sont d’ailleurs les seules représentantes<br />
vivantes <strong>de</strong> la famille <strong>de</strong>s monodontidés. <strong>Le</strong>s baleines <strong>de</strong> cette famille n’ont pas<br />
<strong>de</strong> nageoire dorsale, une possible adaptation à la nage sous les glaces et à la<br />
nécessité d’éviter la perte <strong>de</strong> chaleur. Avec l’âge, le poids du narval diminue.<br />
À la naissance, le narval est gris ou bleu-gris, puis sa couleur <strong>de</strong>vient d’un noir<br />
ou bleu-noir uniforme. Adulte, son ventre est blanc ou jaune crème, et son dos<br />
tacheté <strong>de</strong> noir. <strong>Le</strong>s individus très âgés, plus particulièrement les mâles, peuvent<br />
être complètement blancs.<br />
Pour s’orienter, le narval a recours à l’écholocalisation. C’est un animal qui<br />
émet beaucoup <strong>de</strong> sons et qui, selon <strong>de</strong> récentes recherches, parviendrait à<br />
i<strong>de</strong>ntifier ses congénères par leur « voix ».<br />
QUEL EST LE STATUT DE CONSERVATION DE L’ESPÈCE?<br />
<strong>Le</strong> narval a le statut d’espèce préoccupante au Canada. Ses populations peuvent<br />
être menacées par la contamination <strong>de</strong> l’environnement, les changements<br />
climatiques et les activités industrielles. Dans certaines régions, les populations <strong>de</strong><br />
narvals sont menacées par la chasse.<br />
Depuis <strong>de</strong>s millénaires, le narval est chassé par <strong>de</strong>s Inuits du Canada et du<br />
Groenland pour sa vian<strong>de</strong> et son ivoire.<br />
FICHE DESCRIPTIVE<br />
NOM SCIENTIFIQUE<br />
Monodon monoceros<br />
TAILLE ET POIDS<br />
5 à 5,5 m <strong>de</strong> longueur, pour un poids pouvant<br />
atteindre les 1 900 kg<br />
AIRE DE DISTRIBUTION<br />
<strong>Le</strong> narval nage principalement dans les<br />
eaux arctiques du nord-est canadien, du<br />
nord du Groenland, <strong>de</strong> l’archipel norvégien<br />
du Svalbard, et du nord <strong>de</strong> la Russie jusqu’à<br />
la mer <strong>de</strong> Sibérie. L’espèce est plus commune<br />
dans la portion est <strong>de</strong> son aire <strong>de</strong> distribution<br />
mondiale. Au Canada, son aire <strong>de</strong> distribution<br />
s’étend <strong>de</strong> l’est <strong>de</strong> l’île d’Ellesmere au<br />
nord-ouest <strong>de</strong> la baie d’Hudson.<br />
TENDANCE DES POPULATIONS<br />
De 45 000 à 50 000 narvals <strong>de</strong> la baie <strong>de</strong><br />
Baffin passeraient leurs étés dans les eaux <strong>de</strong><br />
l’Arctique canadien. La population estivale <strong>de</strong><br />
la baie d’Hudson serait <strong>de</strong> 3 500 individus. Plus<br />
d’information sur sa population est requise.<br />
STATUT AU CANADA<br />
Espèce préoccupante<br />
<strong>Le</strong>s défenses <strong>de</strong> narvals avaient la réputation<br />
<strong>de</strong> possé<strong>de</strong>r <strong>de</strong>s pouvoirs magiques. <strong>Le</strong>s Vikings<br />
pouvaient donc les vendre à fort prix.<br />
QUE FAIT <strong>CNC</strong> POUR PROTÉGER L’HABITAT DE CETTE ESPÈCE?<br />
<strong>Le</strong> 8 juin 2016, Shell Canada a cédé à Conservation <strong>de</strong> la nature Canada (<strong>CNC</strong>) ses<br />
droits d’exploitation relatifs à plus <strong>de</strong> 850 000 hectares (8 625 km carrés) dans les<br />
eaux <strong>de</strong> la baie <strong>de</strong> Baffin, près du détroit <strong>de</strong> Lancaster. <strong>CNC</strong> a facilité la réalisation<br />
d’un projet <strong>de</strong> conservation d’importance mondiale en cédant par la suite ces<br />
droits au Gouvernement du Canada, contribuant ainsi à l’engagement du Canada<br />
envers la protection <strong>de</strong> ses océans et littoraux. <strong>Le</strong> détroit <strong>de</strong> Lancaster abrite <strong>de</strong>s<br />
espèces telles que l’ours polaire, le phoque, le narval, le béluga et la baleine boréale.<br />
En août 2017, après <strong>de</strong>s dizaines d’années <strong>de</strong> travail mené par l’Association<br />
inuit Qikiqtani et <strong>de</strong>s Inuits <strong>de</strong> la région, appuyés par d’autres partenaires en<br />
conservation, <strong>CNC</strong> et Shell Canada ont célébré l’entente fixant les limites<br />
définitives <strong>de</strong> l’aire marine nationale <strong>de</strong> conservation Tallurutiup Imanga/détroit<br />
<strong>de</strong> Lancaster. Une fois achevé, ce projet constituera la plus gran<strong>de</strong> aire <strong>de</strong><br />
conservation (marine ou terrestre) du Canada. Cette annonce a été faite<br />
conjointement par l’Association inuit Qikiqtani et les gouvernements du Canada<br />
et du Nunavut.1<br />
Aire <strong>de</strong> distribution du narval<br />
•<br />
Aire connue • Aire estivale<br />
Détroit <strong>de</strong> Lancaster<br />
LE SAVIEZ-VOUS?<br />
Une vidéo récemment captée par drone<br />
au Nunavut a permis <strong>de</strong> résoudre le<br />
mystère <strong>de</strong> l’utilité <strong>de</strong> la défense du<br />
narval. On y voit un groupe <strong>de</strong> narvals<br />
se servir <strong>de</strong> leur défense pour assommer<br />
<strong>de</strong>s morues pour s’en nourrir.<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 13
<strong>CNC</strong><br />
À L’ŒUVRE<br />
1<br />
2<br />
POUR EN SAVOIR PLUS<br />
Visitez conservation<strong>de</strong>lanature.ca/noustrouver<br />
pour plus d’information sur les projets <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>.<br />
3<br />
1<br />
Restauration <strong>de</strong><br />
milieux humi<strong>de</strong>s<br />
VALLÉE DE LA RIVIÈRE ELK, C.-B.<br />
C.-B.<br />
Au creux <strong>de</strong> la vallée <strong>de</strong> l’Elk, à l’ombre <strong>de</strong>s<br />
Rocheuses, une ancienne carrière <strong>de</strong> gravier<br />
est transformée en une ban<strong>de</strong> <strong>de</strong> milieux<br />
humi<strong>de</strong>s afin que la nature reprenne le <strong>de</strong>ssus<br />
après <strong>de</strong>s décennies d’activité industrielle.<br />
Dans le sud-est <strong>de</strong> la Colombie-Britannique, près <strong>de</strong> Fernie, ces<br />
milieux humi<strong>de</strong>s longent la rivière Elk, à travers une région où se<br />
côtoient <strong>de</strong>s activités industrielles et récréatives, et où la population<br />
accor<strong>de</strong> une gran<strong>de</strong> importance à la conservation. Avec l’autoroute 3<br />
traversant la vallée et le chemin <strong>de</strong> fer servant au transport du charbon<br />
d’une mine <strong>de</strong> la région, ce projet vise à rétablir un certain équilibre<br />
entre l’activité humaine et les processus naturels.<br />
Près <strong>de</strong> 270 km carrés <strong>de</strong> plaines inondables et 130 km carrés<br />
<strong>de</strong> milieux humi<strong>de</strong>s <strong>de</strong> la région ont été inondés afin <strong>de</strong> créer <strong>de</strong>s<br />
réservoirs qui alimentent <strong>de</strong>s centrales hydroélectriques. Des milieux<br />
naturels adjacents et à proximité ont également été altérés, dont l’épais<br />
couvert végétal nécessaire à la nidification <strong>de</strong> la sauvagine et <strong>de</strong>s<br />
parcelles <strong>de</strong> sol sablonneux pour celle <strong>de</strong> la tortue peinte <strong>de</strong> l’Ouest.<br />
Conscients <strong>de</strong> l’importance <strong>de</strong>s milieux humi<strong>de</strong>s et <strong>de</strong>s écosystèmes<br />
riverains du bassin versant du cours supérieur <strong>de</strong> la rivière Kootenay,<br />
en particulier dans la vallée <strong>de</strong> la rivière Elk, Conservation <strong>de</strong> la nature<br />
Canada (<strong>CNC</strong>) a établi un partenariat avec le Fish and Wildlife Compensation<br />
Program, le Columbia Basin Trust, Fiorentino Brothers Contracting<br />
Ltd. et la Elk River Alliance afin <strong>de</strong> restaurer 12 acres (5 hectares) <strong>de</strong><br />
milieux humi<strong>de</strong>s en bordure <strong>de</strong> la rivière. L’équipe responsable du projet<br />
a collaboré avec <strong>de</strong>s spécialistes <strong>de</strong>s milieux humi<strong>de</strong>s, Tom Biebighauser<br />
et Robin Annschild, afin <strong>de</strong> comprendre comment retransformer <strong>de</strong>s<br />
gravières en milieux humi<strong>de</strong>s pleinement fonctionnels. <strong>Le</strong> projet Elk Valley<br />
Wetland Creation and Restoration fournira <strong>de</strong>s habitats à <strong>de</strong>s espèces<br />
sauvages, dont le grizzly, le blaireau d’Amérique et le crapaud <strong>de</strong> l’Ouest.<br />
<strong>CNC</strong> tient à remercier le Fish and Wildlife Compensation Program<br />
pour son appui financier au projet Elk Valley Wetland Creation and<br />
Restoration – Hosmer. www.fwcp.ca<br />
Blaireau d’Amérique<br />
Plusieurs partenaires ont participé à la restauration <strong>de</strong> milieux humi<strong>de</strong>s, comme cette ancienne<br />
carrière remise à son état naturel, le long <strong>de</strong> la rivière Elk.<br />
BLAIREAU D’AMÉRIQUE : DONALD M. JONES/MINDEN PICTURES. RIVIÈRE ELK, C.-B. : <strong>CNC</strong>.<br />
14 HIVER <strong>2018</strong> conservation<strong>de</strong>lanature.ca
BÉNÉVOLES : <strong>CNC</strong>. PETIT-DUC DES MONTAGNES : ISTOCK.<br />
Sur une propriété <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> <strong>de</strong><br />
Saskatchewan, <strong>de</strong>s bénévoles<br />
ont extrait <strong>de</strong>s espèces<br />
envahissantes et ont pu en<br />
faire leurs « épinettes <strong>de</strong> Noël ».<br />
2<br />
Égayez le temps <strong>de</strong>s Fêtes<br />
PROPRIÉTÉ MESSIER, SASKATCHEWAN<br />
Cet <strong>hiver</strong>, le personnel et les bénévoles <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> <strong>de</strong> la Saskatchewan ont tenu leur<br />
première récolte d’arbres <strong>de</strong> Noël pour contrer la présence envahissante d’épinettes<br />
sur la propriété Messier. Celle-ci comprend 3 milieux humi<strong>de</strong>s permanents et<br />
SASK.<br />
10 saisonniers et se caractérise également par la présence <strong>de</strong> graminés et <strong>de</strong> trembles<br />
indigènes. <strong>Le</strong>s animaux qui fréquentent la propriété sont le cerf <strong>de</strong> Virginie, le cerf<br />
mulet, la gélinotte huppée, la gélinotte à queue fine, le coyote, ainsi que <strong>de</strong>s oiseaux chanteurs et <strong>de</strong>s<br />
espèces <strong>de</strong> sauvagine en nidification ou en migration.<br />
<strong>Le</strong>s prairies sont les écosystèmes les plus menacés au mon<strong>de</strong>. Elles sont confrontées à plusieurs menaces,<br />
dont l’activité agricole, le développement urbain et l’empiètement par les arbres, comme celui <strong>de</strong>s épinettes<br />
non indigènes <strong>de</strong> la propriété Messier, plantées par un ancien propriétaire.<br />
Pour les bénévoles, la récolte a été une belle occasion <strong>de</strong> s’éva<strong>de</strong>r dans la nature en plein <strong>hiver</strong> et <strong>de</strong><br />
ramener un peu <strong>de</strong> nature à la maison sous la forme d’une « épinette <strong>de</strong> Noël ».<br />
3<br />
La région <strong>de</strong> York, chef <strong>de</strong> file municipal en conservation<br />
FORÊT DE HAPPY VALLEY, ONTARIO<br />
Quand les visiteurs empruntent les sentiers tranquilles et enneigés <strong>de</strong> la forêt<br />
Happy Valley et s’arrêtent <strong>de</strong>vant les panneaux <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> remerciant les principaux<br />
donateurs, ils y voient aussi le logo bleu <strong>de</strong> la municipalité régionale <strong>de</strong> York.<br />
ONT.<br />
Depuis 2001, la région <strong>de</strong> York appuie le travail <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> dans la forêt Happy<br />
Valley et dans d’autres lieux <strong>de</strong> la région, grâce au Natural Greenlands Conservancy<br />
Joint Venture. Jusqu’à présent, la région <strong>de</strong> York a accordé plus <strong>de</strong> 1,6 million<br />
<strong>de</strong> dollars <strong>de</strong> financement aux activités <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>, ce qui en fait l’un <strong>de</strong>s partenaires<br />
municipaux les plus anciens et les plus généreux <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>. Ces fonds ont permis <strong>de</strong><br />
financer l’acquisition et la gestion <strong>de</strong> terres, la création <strong>de</strong> programmes <strong>de</strong> sensibilisation et l’embauche<br />
d’un premier employé à temps plein à la forêt Happy Valley, afin <strong>de</strong> veiller sur les investissements <strong>de</strong> la<br />
municipalité régionale.<br />
Ce partenariat a permis <strong>de</strong> protéger plus <strong>de</strong> 1 200 acres (480 hectares) d’aires naturelles indispensables,<br />
d’une valeur totale <strong>de</strong> près <strong>de</strong> 30 millions <strong>de</strong> dollars, et ce, dans la région du Grand Toronto, où les terres <strong>de</strong><br />
conservation se ven<strong>de</strong>nt à prix d’or.<br />
<strong>CNC</strong> est fier <strong>de</strong> faire équipe avec ce partenaire municipal dévoué, pour le bien <strong>de</strong> la biodiversité, et <strong>de</strong><br />
permettre à la population d’explorer un plus grand nombre <strong>de</strong> forêts, et ce, peu importe la saison.1<br />
Petit-duc <strong>de</strong>s montagnes<br />
Pleins feux sur<br />
les partenaires<br />
Éco Héros et Conservation <strong>de</strong> la<br />
nature Canada (<strong>CNC</strong>) collaborent<br />
à la protection <strong>de</strong>s animaux et <strong>de</strong><br />
leur habitat naturel dans le cadre<br />
du programme Rescapez la nature.<br />
Mis sur pied par Éco Héros, ce<br />
programme éduque les jeunes par<br />
rapport à l’importance <strong>de</strong> protéger<br />
les animaux et leur donne <strong>de</strong>s<br />
moyens <strong>de</strong> passer à l’action au<br />
moyen d’une collecte <strong>de</strong> fonds.<br />
Depuis 2010, <strong>CNC</strong> et Éco Héros ont<br />
collaboré à plus d’une douzaine<br />
<strong>de</strong> projets afin <strong>de</strong> contribuer à la<br />
protection d’espèces sauvages<br />
et <strong>de</strong> leur habitat, incluant le<br />
faucon pèlerin, le petit-duc <strong>de</strong>s<br />
montagnes, la tortue ponctuée, le<br />
carcajou et le papillon monarque.<br />
Cette année, <strong>CNC</strong> et Éco Héros<br />
ont collaboré à la protection <strong>de</strong><br />
l’habitat du renard gris et à celui<br />
<strong>de</strong> la salamandre. En effet, <strong>CNC</strong><br />
améliore l’habitat du renard gris à<br />
l’île Pelée (Ontario) et protège une<br />
tourbière à Covey Hill (Québec)<br />
qui constitue un habitat essentiel<br />
pour la salamandre, grâce au<br />
financement fourni par Éco Héros.<br />
Avec votre famille, vous pouvez<br />
vous joindre à plus <strong>de</strong> 175 000<br />
Éco Héros <strong>de</strong> partout au pays pour<br />
protéger l’habitat <strong>de</strong>s renards gris<br />
et celui <strong>de</strong>s salamandres.<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 15
FORCE UNE FORCE POUR<br />
LA NATURE<br />
<strong>Le</strong> vent<br />
dans les<br />
voiles<br />
Fondateur <strong>de</strong> Stu<strong>de</strong>nts on Ice,<br />
une organisation qui sensibilise<br />
les jeunes à l’importance <strong>de</strong>s<br />
régions polaires, Geoff Green<br />
inspire une nouvelle génération<br />
d’experts en conservation.<br />
JESSICA DEEKS.<br />
16 HIVER <strong>2018</strong>
L<br />
e Canada regorge <strong>de</strong> paysages grandioses, tels ses<br />
emblématiques Rocheuses, ses immenses forêts, ses<br />
milieux humi<strong>de</strong>s luxuriants et ses côtes maritimes.<br />
Quand Geoff Green pense au Canada, ce sont plutôt ses littoraux<br />
qu’il a en tête. Dans le Grand Nord, Geoff Green voit grand!<br />
AVEC LA PERMISSION DE LA FONDATION STUDENTS ON ICE.<br />
« Nous avons le plus long littoral au mon<strong>de</strong>, et il est jalonné d’incroyables beautés »,<br />
explique Geoff Green, questionné sur son endroit préféré au Canada. « Sur<br />
l’Atlantique, dans le parc national <strong>de</strong>s Monts-Torngat, au Nunatsiavut*, il y a le<br />
fjord North Arm qui est un <strong>de</strong>s lieux les plus spectaculaires et les plus spirituels<br />
au mon<strong>de</strong>. Dans l’Arctique, la région <strong>de</strong> Tallurutiup Imanga (détroit <strong>de</strong> Lancaster),<br />
peuplée par les Inuits, sert d’habitat aux ours polaires, aux narvals, aux oiseaux<br />
<strong>de</strong> mer et à bien d’autres espèces. Ce détroit constituera sous peu une nouvelle<br />
aire marine nationale <strong>de</strong> conservation. Du côté du Pacifique se trouve la seule et<br />
unique Gwaii Haanas! »<br />
Geoff Green s’y connaît en paysages d’exception. Fondateur et chef <strong>de</strong> la<br />
direction <strong>de</strong> Stu<strong>de</strong>nts on Ice (SOI), un organisme qui a pour mission d’instruire les<br />
jeunes sur l’importance <strong>de</strong>s régions polaires, il a visité certaines aires naturelles<br />
parmi les plus sauvages et uniques au mon<strong>de</strong>. Depuis 1994, il a pris part à plus <strong>de</strong><br />
120 expéditions dans l’Arctique et l’Antarctique.<br />
« Stu<strong>de</strong>nts on Ice est née <strong>de</strong> l’idée que nous pouvions faire <strong>de</strong>s régions polaires<br />
les plus gran<strong>de</strong>s salles <strong>de</strong> classe au mon<strong>de</strong>, explique M. Green. Ces régions régissent<br />
le fonctionnement <strong>de</strong>s océans mondiaux. Elles sont une fenêtre sur le mon<strong>de</strong>,<br />
symbolisent la paix et la bonne entente ainsi que la conservation. »<br />
Depuis sa fondation en 1999, SOI s’est lancée dans plus <strong>de</strong> 40 expéditions.<br />
Chacune compte <strong>de</strong> 100 à 200 élèves et enseignants, selon la taille du navire, et<br />
85 % <strong>de</strong>s élèves reçoivent une bourse qui couvre les frais du voyage.<br />
<strong>Le</strong>s régions polaires régissent le<br />
fonctionnement <strong>de</strong>s océans mondiaux.<br />
Elles symbolisent la paix et la bonne<br />
entente ainsi que la conservation.<br />
En prévision du 150 e anniversaire <strong>de</strong> la Confédération canadienne, M. Green<br />
a rêvé d’un voyage grandiose qui permettrait à encore plus <strong>de</strong> Canadiens d’entrer en<br />
contact avec un plus grand nombre <strong>de</strong> paysages. « Un après-midi, nous avons esquissé<br />
sur une serviette <strong>de</strong> table un plan qui était <strong>de</strong> partir en bateau <strong>de</strong> Toronto, <strong>de</strong> remonter<br />
la côte atlantique du Canada, <strong>de</strong> traverser l’Arctique, puis <strong>de</strong> re<strong>de</strong>scendre le long <strong>de</strong><br />
la côte ouest, se rappelle M. Green. Je me suis dit qu’il n’y avait pas <strong>de</strong> meilleur moyen<br />
<strong>de</strong> relier les trois océans du Canada, <strong>de</strong> raconter <strong>de</strong>s histoires et d’attirer l’attention<br />
sur nos trois littoraux. Ce voyage me semblait être une évi<strong>de</strong>nce. »<br />
L’aventure « Canada C3 » a été un périple <strong>de</strong> 150 jours (6 mois) organisé par SOI,<br />
débutant à Toronto, en Ontario, et se terminant à Victoria, en Colombie-Britannique,<br />
via le passage du Nord-Ouest. L’objectif était <strong>de</strong> permettre à <strong>de</strong>s Canadiens <strong>de</strong> milieux<br />
variés, <strong>de</strong>s musiciens, <strong>de</strong>s artistes, <strong>de</strong>s Autochtones, <strong>de</strong>s jeunes, <strong>de</strong>s scientifiques<br />
et <strong>de</strong>s lea<strong>de</strong>rs <strong>de</strong> la conservation (dont John Lounds, prési<strong>de</strong>nt et chef <strong>de</strong> la<br />
direction <strong>de</strong> <strong>CNC</strong>), <strong>de</strong> se connecter au passé, au présent et au futur <strong>de</strong> notre pays,<br />
et à nos paysages diversifiés, par une approche fondée sur la nature et <strong>de</strong>s récits<br />
qui s’y rattachent.<br />
* territoire autonome géré par les Inuits du Labrador<br />
John Lounds, prési<strong>de</strong>nt et chef <strong>de</strong> la direction à <strong>CNC</strong> et<br />
Catherine McKenna, ministre fédérale <strong>de</strong> l’Environnement<br />
et du Changement climatique<br />
« L’expédition Canada C3 a renforcé l’idée<br />
que nous sommes une nation ‘‘océanique’’,<br />
ce qui nous rend encore plus responsables<br />
envers les régions côtières, selon M. Green.<br />
Elle a mis en valeur <strong>de</strong>s histoires étonnantes<br />
sur les gens qui habitent ces régions et leur<br />
passion pour la protection <strong>de</strong> leur coin <strong>de</strong><br />
pays. C’était vraiment inspirant. Ce pays a<br />
une occasion en or d’être un chef <strong>de</strong> file en<br />
matière <strong>de</strong> conservation et <strong>de</strong> gestion <strong>de</strong><br />
la conservation. »<br />
Il faut susciter chez les jeunes une passion<br />
pour l’apprentissage et la découverte <strong>de</strong>s<br />
espaces naturels du Canada, dit M. Green. En<br />
emmenant <strong>de</strong>s jeunes, et <strong>de</strong>s Canadiens <strong>de</strong><br />
tous âges, en Arctique et en Antarctique, <strong>de</strong>ux<br />
<strong>de</strong>s lieux les moins visités sur terre, M. Green<br />
favorise une meilleure compréhension <strong>de</strong> la<br />
conservation <strong>de</strong> la nature.<br />
« Emmener <strong>de</strong>s jeunes dans les régions<br />
polaires développe leurs perspectives et leurs<br />
liens avec la nature. On ne peut protéger<br />
quelque chose qu’on ne comprend pas. »<br />
Geoff Green espère encourager une<br />
nouvelle génération d’experts en conservation<br />
par <strong>de</strong>s expériences d’immersion sur<br />
<strong>de</strong>s territoires que <strong>de</strong>s experts d’aujourd’hui<br />
s’efforcent <strong>de</strong> protéger.<br />
« Se tenir <strong>de</strong>bout sur un glacier, apercevoir<br />
un iceberg ou plonger son regard dans celui<br />
d’un ours polaire sont <strong>de</strong>s moments hautement<br />
émouvants. Quand vous pouvez faire vivre <strong>de</strong><br />
telles expériences à <strong>de</strong>s jeunes, vous pouvez<br />
être certains <strong>de</strong> les avoir captivés. »1<br />
conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
HIVER <strong>2018</strong> 17
GRANDEUR<br />
NATURE<br />
<strong>Le</strong> regard du lynx<br />
Par Hubert Pelletier, directeur <strong>de</strong> la conservation à <strong>CNC</strong>, région du Québec<br />
L<br />
e lynx fixa son regard au mien, puis<br />
bondit rapi<strong>de</strong>ment avant <strong>de</strong> gravir<br />
une pente abrupte et disparaître<br />
en forêt. Ce moment ne dura que quelques<br />
secon<strong>de</strong>s, mais la rencontre stimula ma<br />
curiosité au sujet <strong>de</strong> ce félin adapté aux ru<strong>de</strong>s<br />
<strong>hiver</strong>s et aux territoires enneigés.<br />
Embauché par <strong>CNC</strong> en 2003 pour ai<strong>de</strong>r à la<br />
protection <strong>de</strong> terres au Barachois <strong>de</strong> Malbaie<br />
(Gaspésie), je longeais un jour la « rivière aux<br />
émerau<strong>de</strong>s », surnommée ainsi en raison <strong>de</strong> la<br />
teinte <strong>de</strong> son eau. Je m’intéressais à son cours<br />
sinueux, quand un lynx surgit d’un embâcle,<br />
s’immobilisa, comme pour attester qu’il<br />
rencontrait un humain, puis s’enfuit. Furtif, le<br />
lynx a <strong>de</strong> meilleures chances <strong>de</strong> nous observer<br />
dans la nature, que le contraire.<br />
Nouvelle recrue à <strong>CNC</strong>, je croisais donc<br />
mon premier lynx dans la nature. Quatorze<br />
ans plus tard, plusieurs <strong>de</strong> nos activités visent<br />
à assurer un habitat viable pour le lynx, en<br />
Gaspésie comme ailleurs dans les Appalaches.<br />
En 2005, <strong>de</strong>s groupes <strong>de</strong> conservation<br />
œuvrant dans les Appalaches ont publié un<br />
plan écorégional ciblant le nord et la partie<br />
acadienne <strong>de</strong> cette importante chaîne <strong>de</strong><br />
montagnes. L’exercice, visant à i<strong>de</strong>ntifier et<br />
localiser <strong>de</strong>s cibles <strong>de</strong> conservation prioritaires<br />
mentionnait le lynx du Canada comme<br />
étant un bon indicateur <strong>de</strong> maintien <strong>de</strong> la<br />
biodiversité. <strong>Le</strong>s scientifiques impliqués à<br />
l’époque ont mis en œuvre un mouvement <strong>de</strong><br />
collaboration en faveur <strong>de</strong> la conservation <strong>de</strong>s<br />
Appalaches, soit Deux pays, une forêt (Two<br />
Countries, One Forest) et la Staying Connected<br />
Initiative.<br />
Quelques années plus tard, j’ai appris que<br />
la Gaspésie abrite une population source <strong>de</strong><br />
lynx, c’est-à-dire une population assez saine<br />
pour que certains individus la quittent en<br />
quête <strong>de</strong> nouveaux territoires. L’abondance<br />
<strong>de</strong> nourriture est certainement un facteur<br />
principal <strong>de</strong> la distribution du lynx. Il se cache<br />
toutefois <strong>de</strong> toute présence humaine, fuyant<br />
la lumière, les o<strong>de</strong>urs et les bruits.<br />
En étudiant le lynx du Canada, les<br />
scientifiques ont remarqué que les aires<br />
protégées, surtout celles du sud du Québec,<br />
ne parvenaient pas à soutenir les besoins<br />
<strong>de</strong> l’espèce. Si nous souhaitons assurer sa<br />
viabilité, les aires protégées actuelles et les<br />
forêts appalachiennes doivent être conservées<br />
et connectées par <strong>de</strong>s corridors naturels.<br />
C’est ce que l’on appelle la connectivité, une<br />
notion <strong>de</strong> base en science <strong>de</strong> la conservation<br />
<strong>de</strong> plus en plus documentée.<br />
<strong>CNC</strong> et ses partenaires ont i<strong>de</strong>ntifié les<br />
lieux les plus vulnérables et priorisé les<br />
activités à mener dans les Appalaches. Pour<br />
ce qui est <strong>de</strong> la péninsule gaspésienne, elle<br />
possè<strong>de</strong> encore assez <strong>de</strong> vastes espaces<br />
naturels pour les animaux à grands domaines<br />
vitaux. <strong>Le</strong>s lynx, afin d’assurer leur survie,<br />
doivent pouvoir entrer et sortir librement<br />
<strong>de</strong> leur domaine vital. <strong>Le</strong>s scientifiques et<br />
organismes œuvrant à l’échelle régionale ont<br />
développé un plan d’action concerté, centré<br />
sur le maintien <strong>de</strong> la connectivité entre <strong>de</strong>s<br />
aires protégées, comme le parc Forillon, et le<br />
reste <strong>de</strong> la péninsule gaspésienne.<br />
Aujourd’hui, la connectivité se matérialise.<br />
<strong>CNC</strong> protège dorénavant 1 400 acres (600 hectares)<br />
d’habitat en Gaspésie, dont <strong>de</strong>s aires<br />
clés situées près d’aires protégées, fournissant<br />
ainsi aux lynx la connectivité dont ils ont<br />
besoin. Beaucoup <strong>de</strong> travail a aussi été<br />
entrepris dans le secteur névralgique <strong>de</strong>s<br />
« 3 frontières », entre le Québec, le Nouveau-<br />
Brunswick et le Maine. Au sud, les montagnes<br />
frontalières <strong>de</strong> la Beauce et <strong>de</strong> l’Estrie<br />
bénéficient d’une protection accrue, et<br />
encore beaucoup d’ai<strong>de</strong> doit y être apportée.<br />
Si nous souhaitons gar<strong>de</strong>r présents <strong>de</strong>s<br />
animaux à grands domaines vitaux, nous<br />
<strong>de</strong>vons nous assurer que leurs habitats soient<br />
protégés et connectés. <strong>CNC</strong> oeuvre justement<br />
à plusieurs projets <strong>de</strong> connectivité à travers<br />
le pays afin <strong>de</strong> conserver et restaurer <strong>de</strong>s<br />
corridors fauniques. Voilà une excellente<br />
nouvelle pour le lynx du Canada!1<br />
CORY PROULX.<br />
18 HIVER <strong>2018</strong> conservation<strong>de</strong>lanature.ca
NOTRE<br />
VRAIE<br />
NATURE<br />
Notre pays compte une multitu<strong>de</strong> <strong>de</strong> milieux naturels parmi les plus<br />
exceptionnels au mon<strong>de</strong>. C’est ce qui fait du Canada ce qu’il est,<br />
et c’est pourquoi nous oeuvrons <strong>de</strong>puis plus <strong>de</strong> 50 ans à protéger<br />
ces espaces naturels irremplaçables et la faune qu’ils abritent.<br />
Joignez-vous à nous pour la protection du patrimoine<br />
naturel canadien à conservation<strong>de</strong>lanature.ca
DE VOS<br />
NOUVELLES<br />
Parole <strong>de</strong> scout<br />
Cet été, pendant que je créais un écusson pour le<br />
jamboree national <strong>de</strong> scouts tenu près <strong>de</strong> Halifax,<br />
j’ai décidé d’ajouter quelques animaux <strong>de</strong> la région<br />
à mon <strong>de</strong>sign. Lorsque j’ai appris que l’orignal est<br />
en voie <strong>de</strong> disparition en Nouvelle-Écosse, je me<br />
suis dit qu’il serait intéressant <strong>de</strong> vendre l’écusson<br />
en prévision <strong>de</strong> l’événement afin d’amasser <strong>de</strong>s<br />
fonds et que cela pourrait être un bon projet pour<br />
obtenir un Prix du Chef scout.<br />
J’ai fait quelques recherches pour trouver <strong>de</strong>s organismes qui ai<strong>de</strong>nt à protéger<br />
les espèces en voie <strong>de</strong> disparition en Nouvelle-Écosse, et c’est comme cela<br />
que j’ai entendu parler <strong>de</strong> Conservation <strong>de</strong> la nature Canada (<strong>CNC</strong>). J’ai organisé<br />
une collecte <strong>de</strong> fonds sur le site web Indiegogo, vendu plus <strong>de</strong> 400 écussons<br />
et amassé 1 300 $ que j’ai remis à <strong>de</strong>s représentants <strong>de</strong> <strong>CNC</strong> juste avant <strong>de</strong> recevoir<br />
mon Prix du Chef scout lors du Jamboree canadien.<br />
L’écusson présente un orignal qui fait un « dab » (N.D.T. un mouvement <strong>de</strong><br />
danse), un morse <strong>de</strong> l’Atlantique (j’aime le mot anglais walrus) et un arlequin<br />
plongeur. Mon animal préféré est le loup, un animal protégé par <strong>de</strong> nombreux<br />
organismes dont je suis membre, dont <strong>CNC</strong>.<br />
~ Alex Mallory, 13 ans, Calgary, Alberta<br />
Partagez vos histoires avec nous à <strong>magazine</strong>@conservation<strong>de</strong>lanature.ca<br />
<strong>Le</strong> gros bons sens en<br />
conservation<br />
Il y a plusieurs années, j’ai pris la décision<br />
d’appuyer <strong>CNC</strong>, et ce, pour <strong>de</strong> nombreuses<br />
raisons. J’apprécie leur manière <strong>de</strong> défendre<br />
avec bon sens et sans confrontation<br />
nos ressources naturelles riches et diversifiées.<br />
Ils ont assez <strong>de</strong> sagesse pour reconnaître<br />
que les gouvernements changent<br />
sur une base régulière et que <strong>de</strong> nouvelles<br />
initiatives commerciales suivent ces changements.<br />
La seule façon efficace <strong>de</strong> s’assurer<br />
que les espaces naturels vitaux <strong>de</strong> notre<br />
pays seront protégés pour toujours est <strong>de</strong><br />
permettre à un groupe comme <strong>CNC</strong> d’acquérir<br />
et <strong>de</strong> gérer ces espaces.<br />
Une autre raison pour laquelle j’ai continué<br />
<strong>de</strong> donner pendant aussi longtemps est<br />
la manière non dérangeante avec laquelle<br />
<strong>CNC</strong> maintient ses relations avec ses sympathisants.<br />
J’apprécie les mises à jour régulières<br />
sur ses projets en cours. <strong>CNC</strong> a adopté<br />
un modèle d’affaires respectueux, tant dans<br />
sa façon d’administrer les dons que dans<br />
sa façon <strong>de</strong> s’engager dans ses activités <strong>de</strong><br />
gestion <strong>de</strong>s terres. Je suis fière d’être une<br />
donatrice à long terme!<br />
~ Doris J. MacKinnon, Ph. D., donatrice<br />
mensuelle <strong>de</strong>puis juillet 2005.<br />
AVEC LA PERMISSION D'ALEX MALLORY; DORIS J. MACKINNON.<br />
CONSERVATION DE LA NATURE CANADA<br />
55, avenue du Mont-Royal Ouest, bureau 1000, Montréal (Québec) H2T 2S6<br />
RE ID<br />
F 18 A4