Adventiste Magazine - Nº 14 - Mars / Avril 2018

CommunicationsFSRT

3 Interview Agata Melo "Venir vivre en Suisse, une décision commandée par Dieu"
4 Jeunesse 111 ans de la jeunesse adventiste
5 Dossier La femme et ses multiples nuances
9 Enfant Les enfants nous apprennent
1O Carnet rose
11 Témoignage Cécile Beal - Quand la vie ne tient qu'à un l... mais qu'on le con e à Dieu
13 Santé La tyrannie du bonheur

ADVENTISTE MAGAZINE EST LA REVUE OFFICIELLE DE L’ÉGLISE ADVENTISTE DE LA SUISSE ROMANDE ET DU TESSIN - NUMÉRO 14 - MARS / AVRIL 2018

DOSSIER

LA FEMME ET

SES MULTIPLES NUANCES

Fabiana Bertotti

TÉMOIGNAGE

CÉCILE BÉAL

Quand la vie ne tient qu'à un fil... mais

qu’on le confie à Dieu !

INTERVIEW

AGATA MELO

"Déménager en Suisse, une décision

commandée par Dieu"

N° ISSN 2571-6859

WWW.ADVENTISTEMAGAZINE.COM


Aimez-vous les copies ou les originaux ? Imaginez une belle montre

au design élégant, avec un mouvement recherché, qui fonctionne

à merveille et qui plus est, épouse parfaitement votre bras, votre

peau. Imaginez cette magnifique montre afficher l’heure exacte

pendant toute votre vie. Ce serait franchement super… mais elle

a son prix.

Vous pouvez aussi acheter une autre montre, une copie quasi identique

à la première. Elle est disponible au marché noir. Elle n’a pas la

même qualité ni la même précision, mais elle porte illégalement le

nom de l’originale. En la regardant rapidement, certains pourraient

s’y méprendre et penser que vous avez acheté la fameuse montre.

Mais en réalité, celle-ci coûte beaucoup moins cher et ne durera pas

longtemps. Et vous le savez… peut-être.

La sexualité planifiée par Dieu pour l’être humain, l’originale, est

source de plaisir, qui apaise, rend heureux, rapproche deux êtres

dans la plus grande intimité que deux personnes puissent vivre. Elle

donne ce sentiment de plénitude si particulier. Mais cette sexualité-là

a aussi un prix. Elle se vit dans un cadre que Dieu appelle le

mariage, une relation qui a commencé par un temps de connaissance

mutuelle, respectueuse et réfléchie avant l’engagement et qui

se poursuit sur un sentier d’amour, de respect, de fidélité et du désir

de rendre l’autre heureux, avant de rechercher son propre plaisir.

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4

5

9

1O

11

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14

Interview Agata Melo "Venir vivre en

Suisse, une décision commandée par Dieu"

Jeunesse 111 ans de la jeunesse adventiste

Dossier La femme et ses multiples nuances

Enfant Les enfants nous apprennent

Carnet rose

Témoignage Cécile Beal - Quand la vie ne

tient qu'à un fil... mais qu'on le confie à

Dieu

Santé La tyrannie du bonheur

L’autre sexualité, vendue au marché noir, notamment celle proposée

dans le film mentionné dans le dossier de ce numéro, est non seulement

hors cadre, mais surtout hors respect, hors altruisme, hors

amour. Elle n’est qu’un désir égoïste dont le partenaire est tout simplement

un jouet pour obtenir ce plaisir… avec un goût d’inachevé.

Encore une illusion vendue comme une normalité.

La sexualité originale fait partie de cet ensemble que le vrai marchand

de la vie a créé pour le plus grand bien de ses consommateurs

: relation équilibrée entre homme et femme, satisfaction, valorisation

personnelle, amour permettant l’installation en famille, les

enfants et tout ce qui s’en suit…

L’autre marchand est le grand faussaire de la sexualité. Sa copie

s’achète vite, pas très chère, mais casse vite, et malheureusement,

en entraînant celui qui l’a achetée. La stratégie est la même depuis

des siècles amenant les personnes vers le faux, non seulement dans

la sexualité, mais aussi dans plusieurs domaines

de la vie.

Laquelle voulez-vous posséder ?

Journal bimestriel de la Fédération adventiste de la Suisse

Romande et du Tessin (FSRT)

© FSRT - Tous droits réservés pour tous pays. N° ISSN 2571-6859

14 /Mars-Avril 2018

Revue gratuite - Imprimée en Allemagne

Rédacteur en chef : Rickson Nobre - Éditeur : Département des communications

de la FSRT - Équipe de rédaction : Rickson Nobre, David

Jennah, Eunice Goi, Yolande Grezet, Pierrick Avelin - Maquettiste :

Eunice Goi - Rédacteurs : Fabiana Bertotti, Jessica Merckx, Elena Zagara,

Rickson Nobre, Agatha Lemos - Collaborateurs : Cécile Béal,

Agata Melo, Eunice Goi - Traductrices : Serena Zagara, Tiziana Calà -

Correctrices : Geneviève Montégut, Yolande Grezet.

Crédit photos

Couverture, pages 5, 6, 7, 9 : Adobe PhotoStock - page 2 : Jessica

Merckx - page 3 : Agata Melo - page 4 : Département JA FSRT - page

10 : Les familles - pages 11, 12 : Cécile Béal - page 13 : pexels.com.

Les articles publiés et signés dans ADVENTISTE MAGAZINE n'engagent que

leurs auteurs.

Rickson Nobre

Pasteur

et secrétaire FSRT

RECETTE

À la recherche d’une recette pour faire

manger des endives à vos enfants ?

CHAUSSON AUX ENDIVES

Ingrédients farce

3 petites endives

1 CC de sucre de canne

1 CC beurre

1 CS huile d’olive

100 gr fromage de chèvre

Paprika en poudre

Sel, poivre

Ingrédients pâte

200 gr de farine

70 gr d’huile d’olive

1 CC de sel

Eau (environ 1/2 verre)

Une recette de Jessica Merckx

disponible sur www.pinkcappuccino.ch

1. Laver les endives et enlever 2 cm aux extrémités.

Les émincer.

2. Verser dans une poêle : l’huile, le beurre, le

sucre et les endives. Cuire à feu vif en remuant.

3. Ajouter le fromage et les épices. Bien mélanger

et réserver.

4. Dans un saladier, verser la farine, le sel et

l’huile pour la pâte. Bien mélanger. Ajouter de

l’eau et pétrir.

5. Partager la pâte en 6 boules et l’étaler. Verser

de la farce sur chaque rond et refermer

avec une fourchette.

6. Cuire 30 minutes à 180 degrés.

À déguster avec une salade. Bon appétit !


INTERVIEW

> AGATA MELO "VENIR VIVRE EN SUISSE, UNE DÉCISION COMMANDÉE PAR DIEU"

Propos recueillis par Adventiste Magazine

Agata, peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Agata Melo. Je suis mariée, j’ai

deux enfants. Je suis portugaise et ai grandi

au centre du pays, à Leiria.

Comment es-tu arrivée en Suisse ?

J’ai visité la Suisse pendant des vacances

avec mon père et j’ai beaucoup aimé ce

pays. Aventurière dans l’âme, je me suis dit

que je reviendrais un jour. Pour des raisons

familiales et professionnelles je suis allée

aux Açores, sur l’île du Pico, où j’ai rencontré

mon mari. À mon mariage, l’idée d’un jour

aller en Suisse a été mise de côté car mon

mari n’avait pas du tout l’intention de quitter

son île, puis nous avons fondé une famille

qui était notre priorité.

Enceinte de mon deuxième enfant, ma famille

et moi avons déménagé au Portugal.

Nous sentions que Dieu nous conduisait à

retourner vers la ville de Leiria pour ouvrir

une clinique de physiothérapie et de traitements

naturels, basée sur les conseils de

l’église adventiste. Une fois sur place, nous

avons rencontré beaucoup de problèmes

avec le bâtiment dont nous disposions car

il ne respectait pas les normes actuelles de

sécurité. Nous avons réalisé que le projet

nous coûterait finalement bien plus cher

que prévu. Après plusieurs tentatives pour

trouver une solution, à grand regret, nous

avons été contraints d’abandonner ce rêve.

Nous avons fini par nous réfugier chez mes

parents au nord du pays. Dans un pays en

pleine crise, les opportunités de travail

étaient très limitées. Nous ne savions plus

ce que Dieu voulait pour nous.

En discutant avec la famille et les amis,

l’idée de s’installer en Suisse a ressurgi et

j’ai proposé à mon mari de tenter l’aventure.

Comment a-t-il réagi à cette proposition ?

Mon mari et moi-même étions d’accord sur

le fait que c’est Dieu qui devait diriger notre

vie. Nous avons commencé à en faire un

sujet de prière. A ce stade, nous hésitions

aussi à rentrer sur l’île du Pico. Nous avons

tout remis entre les mains de Dieu pour qu’Il

décide. J’avais même fait le pacte de jeûner

deux fois par semaine pour être sûre d’entendre

la voix de Dieu.

En parallèle, nous étions conscients que

nous devions faire notre part. J’étais décidée

à chercher du travail en Suisse mais je

ne savais par où commencer. La seule certitude

que nous avions est que nous ne voulions

pas vivre dans une grande ville comme

Genève. En toute simplicité j’ai cherché sur

internet des villes de montagne en Suisse...

Bien sûr la liste était longue (rires). Comment

choisir ? En fouillant un peu, j’ai vu le nom

de la ville de Sion. Ce nom familier m’a évoqué

la Bible et Dieu. Tel a été le critère pour

choisir notre futur lieu de résidence... si Dieu

ouvrait les portes pour un travail là-bas !

Dieu a-t-il répondu ?

Moins d’une semaine après, j’ai reçu un appel

téléphonique de Suisse. Une agence

d’intérim était intéressée par mon profil.

Convaincue par mon niveau de français, elle

s’était engagée à partager mon CV avec

ses clients. Mais plusieurs jours sont passés

et personne ne m’avait rappelé alors nous

avons pris la décision de retourner à Leiria.

Notre situation professionnelle dans la ville

de mes parents n’avait pas évolué, nous devions

agir.

Qu’avez-vous fait alors dans cette situation

délicate ?

Nous avons fait nos bagages et avons repris

la route vers le centre du Portugal. Sur le

chemin, dans la voiture, j’ai reçu un nouveau

coup de téléphone de Suisse. Un employeur

souhaitait faire un entretien téléphonique

pour un éventuel remplacement dans une

clinique. A la fin, mon interlocuteur n’avait

pas paru convaincu. J’ai dit à mon mari qu’il

n’y aurait pas de suite. Cela confirmait notre

décision de retourner à Leiria. Et pourtant,

encore sur la route, le natel a sonné de nouveau.

Le chef du service de physiothérapie

de cette même entreprise me rappelait pour

me demander quel jour je pouvais commencer

à travailler à la Clinique Romande de

Réadaptation de la SUVA, à Sion.

Mon mari et moi-même, sans emploi, y

avons clairement vu une réponse de Dieu.

C’est ainsi que nos projets ont encore changé.

Nous irions finalement en Suisse pour

commencer à travailler à Sion deux semaines

plus tard.

Dieu a donc finalement répondu !

Oui, et après les premiers instants de joie

et de soulagement, j’ai réalisé l’ampleur de

cette décision. J’ai pris conscience que je

m’apprêtais à tout quitter pour une terre inconnue.

Pour la première fois de ma vie j’allais

être étrangère et vivre dans un pays dont

je ne maîtrisais pas totalement la langue, ni

le reste de ma famille, et où je n’avais aucun

repère ni aucun ami.

J’avais envie de faire marche arrière et renoncer

à cette offre d’emploi.

Mais encore une fois, je ne voulais pas

prendre une décision sans la direction de

Dieu et je lui ai lancé un défi pour être sûre

qu’il voulait que j’aille en Suisse. Si c’était

vraiment le cas, Il devait me faire lire dans

la journée un verset qui contienne le nom

de Sion – c’est un mot qu’on trouve dans la

Bible à plusieurs reprises. Le soir en allant

me coucher, j’ai pris mon livre de méditations

quotidiennes, sauf que j’ai décidé de

ne pas lire la méditation du jour car j’avais

deux jour de retard dans mes lectures et je

voulais reprendre là où je m’étais arrêtée.

Quelle a été ma surprise en découvrant le

verset d’introduction accompagnant le texte

à méditer : « C'est pourquoi ainsi parle le

Seigneur, l'Eternel : Voici, j'ai mis pour fondement

en Sion une pierre, Une pierre

éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement

posée ; Celui qui la prendra pour appui

n'aura point hâte de fuir. » (Esaïe 28.16).

J’ai poussé un cri. Mon mari a eu peur et je

lui répétais : « Marco, Dieu est en train de

me parler. Il est en train de me parler ». En

effet, ce n’était pas le livre, c’était Dieu qui

me parlait directement. Et impossible pour

lui d’être plus clair ! La pierre angulaire c’est

Jésus et en m’appuyant à Lui, je n’avais pas

besoin de fuir.

Alors, comment s’est passée cette arrivée

en Suisse ?

Convaincue que c’était la volonté de Dieu !

Depuis le Portugal, nous avons cherché sur

internet une église adventiste à Sion. Nous

avons contacté le pasteur de l’église (Gilbert

Grezet, ndlr) pour lancer un appel à l’église

pour savoir si quelqu’un avait connaissance

d’un logement à louer dans la ville ou alentours.

Celui-ci nous a bien aidés. N’ayant

trouvé de logement pour toute la famille à

la date de mon premier jour de travail, je

suis d’abord allée en Suisse seule. Sans me

connaître, le pasteur m’a accueillie à la gare

et m’a aidée à m’orienter à Sion. Il m’a montré

où se trouvait le lieu de mon travail et

les choses basiques de la ville. Je n’ai pas

trouvé de logement via l’église, mais Dieu a mis

sur mon chemin une amie qui avait une tante

qui habitait non loin de là. Autant de personnes

que Dieu a envoyé pour me rassurer et m’aider.

En arrivant dans un pays étranger, c’est vraiment

une bénédiction d’être entourée de personnes

qui se rendent disponibles pour vous aider

à vous intégrer et faciliter votre installation.

Combien de temps es-tu restée loin de ta

famille ?

Il était prévu que mon mari et mes enfants

arrivent une semaine plus tard. C’est le délai

maximum que j’arriverais à passer sans eux. Un

jour seulement avant leur arrivée j’ai réussi à

louer un studio pour vivre tous ensemble.

Donc 7 jours après que j’ai posé le pied à Sion,

ma famille et mes parents débarquaient en

Suisse dans une grande voiture avec tous nos

bagages.

Ton contrat était à durée déterminée, et

après ?

J’avais signé un contrat de 6 mois. Après

quelques temps, pensant à l’avenir, j’ai demandé

à mon mari si la Suisse lui plaisait et si cela

valait la peine que je cherche un autre travail

ensuite. Il m’a répondu qu’il s’y sentait bien. En

effet, nous avons été très bien reçus à l’église,

nous nous sommes rapidement sentis en famille.

Et visiblement, Dieu voulait aussi que

nous restions car environ 3 mois après le début

de mon contrat, la clinique m’a proposée un

contrat à durée indéterminée.

C’est une belle manière de vivre...

Il n’y a rien de rationnel dans nos prises de

décision. Nous essayons de vivre selon la volonté

de Dieu, même si cela va à l’encontre de

la raison humaine ou de notre propre volonté.

Par exemple je travaille à 100% et c’est mon

mari qui s’occupe des enfants. Cela peut paraître

contraire à la normale mais pourtant je

suis tranquille car je suis persuadée que c’est

ce que Dieu veut à présent. Cela ne correspond

pas forcément à mon désir le plus profond mais

notre famille vit avec la conviction de faire ce

que Dieu demande. Je ne sais pas exactement

pourquoi ni pour combien de temps Dieu nous

veut en Suisse ou dans cette situation, mais

tant qu’Il nous le dira, nous y resterons. Alors je

continue à jeûner régulièrement pour toujours

entendre Sa voix et me laisser guider par Lui.

C’est une assurance et une tranquillité quand

c’est Lui qui dirige !

POUR RÉAGIR À L’ARTICLE

contact@adventistemagazine.com

JEUNESSE

> 111 ANS DE LA JEUNESSE ADVENTISTE

Cette année, nous fêtons les 111 ans de la jeunesse adventiste

mondiale ! Après autant d’années, nous pouvons dire que notre

jeunesse est bien vivante et qu’elle a pu accompagner bon

nombre de personnes qui aujourd’hui sont les adultes et même

les aînés de nos Eglises.

Pour nous remémorer le passé tout en célébrant le présent,

pour nous tourner vers l’avenir, l’Union suisse vous propose une

fête réunissant toutes les générations ! Que vous soyez un enfant,

un jeune, un adulte, un aîné, que vous soyez ou que vous

ayez été dans une troupe JA, vous êtes tous invités à célébrer

ces 111 ans le 1 ER SEPTEMBRE 2018 au centre des congrès de

Bienne.

C’est l’occasion de se retrouver et de partager ensemble ce qui

a fait et qui fait toujours notre jeunesse. Et l’occasion de pouvoir

rêver ensemble de l’avenir ! Alors sortez vos agendas et notez

déjà ce rendez-vous incontournable de cette année !

TOUTES LES INFORMATIONS SUR CETTE JOURNÉE

SERONT COMMUNIQUÉES DANS VOS ÉGLISES ET SUR

WWW.JEUNESSE.ADVENTISTE.CH

3

4


DOSSIER

LA FEMME ET SES MULTIPLES

NUANCES

Le phénomène littéraire et cinématographique

intitulé « 50 nuances de Grey »

a fait – c’était à prévoir – beaucoup de

bruit. La trilogie écrite par Erika Leonard

James, est un phénomène mondial qui a

été vendu à plus de 100 millions d’exemplaires.

C’est tout simplement l’œuvre

la plus vendue de tous les temps, détrônant

même l’imbattable Harry Potter

écrit par une auteure également anglaise,

J.K. Rowling. Quant au film, largement

couvert par la presse et les médias, il a

rapporté plus de 500 millions de dollars,

dont 350 millions en dehors des Etats-

Unis. Un fabuleux bénéfice quand on sait

que la production a coûté 40 millions

de dollars. Des œuvres comme celle de

E.L.James sont une apologie à la

permissivité sexuelle et à la

pornographie.

Sandra Gomide, éditrice

de livres érotiques,

explique que la formule

est bien connue

et même interpellante

d’un point de vue littéraire

:

“Si nous considérons la mise

en scène pornographique, il

existe des livres bien meilleurs. Si nous

l’analysons en tant que littérature, nous

ne pouvons définitivement pas qualifier «

50 nuances de Grey » une œuvre littéraire.

La construction des personnages est vide

et évidente. Toutefois, E.L.James réunit

les éléments qui détruisent tout esprit critique

des fans », soutient Sandra Gomide

qui explique qu’il s’agit là d’une copie

conforme et bien menée de « Twilight »,

œuvre sur laquelle s’est savamment basée

Erika James. Les coïncidences sont

visibles : un jeune premier, puissant et

cachant un secret (ou une faiblesse) qui

domine une jeune fille fragile et peu sûre

d’elle. La passion est dévastatrice : malgré

les obstacles et les ennemis, l’amour

est vainqueur. En résumé, cela revient au

même sauf que dans « Twilight » il s’agit

d’un vampire, et dans « 50 nuances de

Grey » d’un millionnaire masochiste.

« Beaucoup ont critiqué la violence des

scènes masochistes, mais c’est stupide

puisque Anastasia accepte délibérément

de se faire battre. Donc ce n’est pas un cas

de violence domestique où la victime n’a

pas le contrôle de sa souffrance », défend

Céline Martin, lectrice passionnée et chrétienne

qui voit dans cette œuvre une ode

au pouvoir restaurateur de l’amour.

« C’est un roman comme un autre, avec

ce petit côté masochiste. Mais l’héroïne

montre ce qu’est le véritable amour – que

le héros n’a jamais connu - et le convainc

que la douleur n’a pas besoin de faire partie

du sexe », complète ce professeur de

46 ans, mère de deux adolescents. D’ailleurs,

elle représente bien le public cible

de cette saga qui a été classée comme «

porno pour les mamans ».

Pour des raisons évidentes, les responsables

religieux du monde entier se sont

positionnés contre cette œuvre. Ils ont

conseillé à leurs membres de ne pas

lire ou regarder « 50 nuances de

Grey », les alertant du contenu

impropre et contraire

aux valeurs chrétiennes

et familiales. En effet, le

protagoniste, Christian

Grey, propriétaire d’une

énorme fortune et notamment

de supers bolides

et d’un hélicoptère,

a été victime de violences

sexuelles dans son adolescence.

Suite à quoi, il est entré

dans le monde sado-maso pour ne plus

en sortir, jusqu’au jour où il rencontre

une jeune femme qui signe un contrat

acceptant de réaliser toutes ses volontés.

Elle permet certaines choses et n’est pas

d’accord avec d’autres. Mais pourquoi accepte-t-elle

tout, alors qu’elle est vierge à

la base ? Car elle est éperdument amoureuse

de cet homme qui la tient sous son

contrôle à chaque instant et la couvre de

cadeaux onéreux et de mots « doux » que

l’on ne saurait publier dans une revue

chrétienne.

Le sexe avant le mariage, la violence

contre le temple de l’Esprit, la luxure... la

liste est grande et pourtant peu convaincante

pour les adeptes des pratiques

BDSM (sigle pour Bondage, Domination,

Sadisme et Masochisme).

Le psychiatre Daniel Barros rapporte que

le sadisme sexuel a été décrit pour la première

fois au XIXème siècle quand, selon

lui, les cas étaient graves et terminaient

en crimes. « Aujourd’hui encore, le sadisme

est considéré comme une maladie

lorsque la personne est excitée sexuellement

presque exclusivement en présence

PARLONS

DE SEXE !

- Julie Guirgis

Selon notre société contemporaine,

marié ou pas, quelque chose ne

tourne pas rond chez toi si tu n’as

pas de vie sexuelle. Le sexe est souvent

présenté comme une chose attrayante,

excitante avec juste ce qu’il

faut de dangerosité. On y associe souvent

l’image d’une blonde sulfureuse

avec de belles longues jambes et une

belle peau bronzée.

Avec une telle propagande sur ce

qui est sexuellement attirant, il n’est

pas surprenant que l’industrie cosmétique,

la mode, les régimes alimentaires

et la chirurgie plastique

récoltent des millions de francs

en surfant sur à notre manque de

confiance et d’estime.

Le problème est que nous entendons

constamment parler des bénéfices de

mener une vie sexuelle active mais rarement

des dangers qui en découlent.

Une image du corps malsaine

Le nombre d’images à caractère

sexuel a explosé ces dernières années,

exploitant l’image des femmes

même les plus ordinaires et leur attribuant

une certaine sensualité. Pour

comparer, une étude a démontré que

les couvertures du magazine Rolling

Stone était 89% plus à connotation

sexuelle dans les années 2000 qu’en

1960.

Erin Hatton, professeur assistant

à l’université de Buffalo aux Etats-

Unis, a déclaré que cela est : « problématique

car cela indique un

tournant décisif dans la représentation

des femmes par les médias. Les

portraits sensuels de femme ont été

l’excuse toute trouvée pour légitimer

voire exacerber la violence contre les

femmes et jeunes filles, tout comme

le harcèlement sexuel et les attitudes

anti-femmes parmi les hommes et

jeunes hommes. Ces images ont également

participé à l’augmentation

du nombre de femmes insatisfaites

de leur corps et du taux de désordres

alimentaires parmi les hommes et

les femmes. Pour finir, cela a entraîné

une diminution de la satisfaction

sexuelle autant chez les hommes que

chez les femmes ».

Suite p.8 >>>

6


de violence, fictive ou réelle », expliquet-il.

« Un autre signe de sadisme maladif

est quand l’individu culpabilise pour son

comportement ou quand il ne se contrôle

pas et force son partenaire à de telles pratiques,

c’est-à-dire quand la pratique n’est

pas consensuelle ».

Alors pourquoi ce sujet attire tellement les

femmes ? Une des explications serait la libération

sexuelle que les femmes vivent

et développent depuis la révolution féministe

et la création de la pilule contraceptive,

dans les années 1950-60. Auparavant,

confinée chez elle, limitée aux

travaux domestiques et sous l’autorité du

mari ou du père, la femme a commencé

à pouvoir choisir quand et avec qui elle

voulait avoir des enfants. Profitant de sa

sexualité et repoussant la maternité, elle

favorise désormais son temps pour les

études et pour de meilleures conditions

de travail. Cette même femme, consommatrice

de séries TV et de revues féminines,

entend continuellement qu’elle a

besoin de se réinventer, de se découvrir,

de se permettre tout un tas de choses. Il

n’est pas rare de voir l’apologie des rapports

homosexuels pour décrire l’évolution

féminine ; presqu’un passage obligé

pour la génération présente. Pour cette

philosophie en essor, il est donc impératif

de sortir des supposées "attaches" que le

sexe marital et pudique impose.

En juin 2013, des psychiatres se sont réunis

pour discuter sur ce thème. Oui,

des scientifiques se sont penchés sur le

comportement sexuel présenté dans

l’œuvre de E.L. James pour essayer de

comprendre ses effets sur les spectateurs,

et surtout sur les femmes. Il n’y a pas de

conclusions déterminantes dans ce genre

de cas, mais il en est clairement ressorti

un changement chez la femme. Auparavant

douce, docile et plus romanesque,

elle se bat maintenant contre les hommes

pour obtenir la première place dans la

relation. Des pratiques considérées dans

le passé comme maladives, sont actuellement

minimisées par des spécialistes.

Un exemple se trouve dans le DSM (abréviation

anglaise pour « Manuel de diagnostiques

et statistiques des troubles

mentaux ») qui, avant, classait le sadomasochisme

comme une maladie à traiter et

aujourd’hui, dans sa version révisée, minimise

les faits en suggérant un traitement

seulement pour les cas les plus graves,

lorsque le protagoniste ou le partenaire

subit des préjudices. Oui, la science et

la médecine se plient devant la mode et

les comportements actuels. Au final, il

peut paraître un tant soit peu archaïque

de s’opposer à ce que le public aime et

trouve normal.

Evangélique, la psychologue Tatiana

Coimbra rappelle que « même si les valeurs

sont piétinées et que de nouveaux

comportements soutenus par les médias

surgissent, cela ne change pas le fait

que les gens sont influencés par ce qu’ils

voient. Ce qui est présenté comme glamour

dans les pages des revues et sur les

écrans de télévision fait peur et est même

cruel. » Elle fait référence aux patientes

qu’elle reçoit, victimes de mauvais traitements

physiques et émotionnels, qui à

l’instar du personnage du film, acceptent

tout par amour dans l’attente d’un « happy

end ». En réalité, selon les spécialistes,

il suffit d’une observation un peu plus attentive

pour s’apercevoir que les histoires

comme celle de M. Grey et Anastasia ne

dépassent pas, en général, la fiction.

“Les femmes finissent par se suicider,

par être assassinées ou alors vivent dans

une peur et une culpabilité constantes »,

assure-t-elle.

Le monde policier confirme les dires de

Tatiana Coimbra. Plusieurs d’entre eux

tentent d’attirer l’attention sur les limites

de ce genre de fiction. Ils enregistrent de

plus en plus de plaintes pour harcèlement

déposées par des femmes en proie à des

hommes au profil masochiste. D’abord

séduites, ces femmes réalisent avec le

temps que ces hommes souffrent en fait

de troubles de la personnalité. Beaucoup

de cas finissent en homicides.

Une autre liberté

Il est évident, qu’une fois devenu un phénomène

mondial, une œuvre de ce genre

entraîne la parution d’une série de livres

et de films sur le même thème, qui espèrent

aussi profiter de ce succès en copiant

les sujets, les couvertures de livre

et même le titre. Même des œuvres plus

anciennes ont été ressuscitées, et les sexshops

ont connu une hausse des ventes

comme jamais auparavant.

Détail très intéressant : c’est le public féminin

qui a permis la hausse des ventes

et la consommation de ressources pornographiques,

indiquent les recherches.

L’année dernière l’enthousiasme sexuel

– appelons cela ainsi – a amené les pompiers

londoniens à demander une certaine

retenue à la gente féminine, en raison du

grand nombre d’accidents sexuels impliquant

des « jouets ».

L’anglaise Amelie Pyinton, professeur de

philosophie, a attiré l’attention sur le fait

que la femme est chaque fois plus perdue

dans sa recherche pour se retrouver.

« Le féminisme a apporté des victoires

incontestables, mais, en même temps, a

mis une pression sans égale pour tester

le sexe dans toutes ses variantes. Après

tant d’années, la femme a plus que jamais

le besoin de définir quel est son rôle

et quelles sont ses valeurs », argumente

la spécialiste qui défend la thèse qu’en

cherchant à ressembler aux hommes,

notamment dans la recherche exacerbée

de la pornographie, la femme veut sortir

de son rôle d’objet exploité pour devenir

consommatrice et exploratrice à son tour

dans cette nouvelle sexualité sans limite

ni pudeur. Pourtant, il est bon de rappeler

que même avec tout ce « progrès » dans

la liberté sexuelle, on recense encore

énormément de plaintes dans les cabinets

médicaux et centres spécialisés sur

la sexualité.

Malgré l’ampleur de la libération féminine

et l’apologie pour de nouvelles pratiques,

les femmes se sentent encore insatisfaites

sexuellement ; il paraît donc prudent de

penser que ce n’est pas la liberté ou la

permissivité qui apportent le bonheur

sexuel.

Considérée machiste et rétrograde par

certains, la Bible, au contraire, présente le

sexe comme un cadeau divin, destiné à

être pratiqué au sein d’un mariage monogame,

exempt de trahisons et déformations,

avec sécurité et protection.

Au final, n’est-ce pas la protection et la

sécurité que les femmes –même les plus

modernes et libérées – croient voir dans

Christian Grey ? Si l’on considère que

cet homme n’existe pas, qu’il est simplement

le fruit de l’imagination des spectatrices

du film, et si l’on considère que les

conseils tirés de la Parole de Dieu au sujet

de la vie familiale et sexuelle apportent

plaisir et succès depuis des siècles à tant

de personnes, on peut alors se dire qu’il

serait bénéfique pour la nouvelle génération

de femmes qui se disent libres

d’échanger la lecture de ce roman par

celle de la Bible. Libres de quoi, au final,

si la société dit que c’est fun d’avoir des

rapports sexuels avec des menottes, des

coups de ceinture et des cris de douleur ?

Il doit exister une autre liberté – et celle-ci

dans des nuances bien plus colorées que

le gris.

Fabiana Bertotti

Journaliste adventiste

- Eglise de Bellinzone (FSRT)

POUR RÉAGIR À L’ARTICLE

contact@adventistemagazine.com

Dommages émotionnels

et psychologiques

Le sexe est bien plus qu’un acte physique.

Notre être tout entier – esprit,

corps et sentiments – est impliqué.

C’est pourquoi l’intimité sexuelle a

un puissant effet sur les sentiments.

Bien sûr, les médias ne disent pas

cela, au contraire, ils nous présentent

une image illusoire du sexe sans

conséquence. Le Dr Armand Nicholi

Jr, professeur clinique en psychiatrie

de l’école de médecine de Harvard,

décrit une étude des années 1960 :

« Peu de temps après le début de la

révolution sexuelle, des cliniciens

ont observé que cette nouvelle liberté

sexuelle était en train de créer un

désastre psychologique. Nous avons

commencé à étudier le cas d’étudiants

qui se plaignaient d’un sentiment de

vivre intérieur et de tristesse. Il existait

un fossé entre leur conscience sociale

et la moralité qu’ils pratiquaient

au sein de leur vie personnelle. Cette

nouvelle permissivité sexuelle entraînait

des relations vides de sens et un

sentiment de mépris de soi-même.

Plusieurs de ces étudiants était stressés

par le temps qui passe et la mort.

Ils aspiraient à plus de sens dans leur

vie, à un certain cadre moral. »

Faux sentiment de plénitude

Les femmes et les hommes attirés par

les pratiques destructrices de la soit

disant révolution sexuelle ont rendu

les rapports sexuels risqués et superficiels.

C’est une pratique basée sur le

mirage d’une promesse de plénitude.

Ce nouveau standard a mis une pression

pour nous faire vivre une fausse

image de la sexualité, nous remplissant

de peur et d’hésitation en ce qui

concerne un engagement sexuel.

Dawn Eden, auteure de « The Thrill

of the Chaste: Finding Fulfilment

While Keeping Your Clothes On »,

raconte avoir beaucoup expérimenté

le sexe "dans l'espoir d’obtenir un engagement

» de la part ses partenaires.

Ce style de vie l’a laissée vide. Elle a

alors décidé de rester célibataire.

Selon Dawn Eden, l’abstinence est

une pratique qui implique « de considérer

le sexe comme un élément

d’une relation tripartite entre vous,

votre époux ou si vous n’êtes pas mariée,

votre futur époux, et Dieu ». Si

vous avez une relation sexuelle sans

qu’un angle de ce triangle soit à sa

bonne place, « l’acte devient déconnecté

de son véritable objectif ».

Suite et fin p.10 >>>

7


ENFANTS

LES ENFANTS NOUS APPRENNENT !

Oui, on est d’accord, en réalité, c’est

bien nous, les adultes, qui apprenons

à nos enfants : depuis les premiers pas

hésitants à la conquête de l’autonomie,

des premiers mots à la grammaire plus

complexe.

En fait, il y a tellement d'heures d'apprentissage,

que les enfants suivent le

cours de formation le plus long et détaillé,

spécifique et déterminant de leur vie.

Ils ont tellement à apprendre !

Il est nécessaire et indispensable qu'ils

sachent, qu'ils connaissent, qu'ils expérimentent,

qu'ils se développent de la manière

la plus harmonieuse et complète

possible ! C'est le défi de chaque parent,

de chaque enseignant, de chaque

éducateur.

Enseigner, et en même temps, valoriser.

Faire découvrir des « nouveautés » sans

oublier les anciennes et aller toujours

de l'avant, avec constance et régularité,

avec des objectifs précis et, de préférence,

avec des programmes bien

structurés, en prenant soin des caractéristiques

personnelles de chacun et en

mettant le « savoir » à la portée de tous.

Et puis les enfants doivent aussi apprendre

à socialiser correctement, à forger

leur caractère selon les « règles » de

la société.

Naturellement, ceci est valable et est

également proposé pour la vie spirituelle

de l’enfant : de la première aube

et des premières sensibilisations et découvertes,

de son éveil à la foi, de la

première connaissance du créateur et

du Dieu puissant, à la compréhension

du Dieu aimant et attentionné ; de Jésus

ami et frère, à Jésus sauveur et vainqueur,

jusqu'à une certaine prise de

conscience, à un engagement personnel,

construit progressivement au cours

de la formation que la vie nous offre.

Les enfants doivent être aussi progressivement

accompagnés pour connaître la

différence entre le bien et le mal, et instruits

pour choisir le bien (Esaïe 7.15,16).

C'est pourquoi, dans nos communautés

comme dans nos familles, les enfants

méritent tant d'attention, dès leur plus

jeune âge, pour arriver progressivement

à vivre une foi mature, vraie et engagée,

forte et certaine, authentique et personnelle,

qui implique.

De plus, même Jésus « a grandi en sagesse,

en stature et en grâce devant

Dieu et devant les hommes » (Luc 2.52).

L’apprentissage : une phase de vie commune

à tous les enfants du monde.

Et si c’était les enfants qui avaient

quelque chose à nous enseigner ?

Si nous étions ceux qui devaient apprendre

? Mais quoi donc ? La patience,

diraient certains d'entre vous. D’autres,

la négociation !

Maman ! C'est l’appel que j'entends le

plus pendant ma journée. Pour une raison

ou une autre, en dépit de l'autonomie

acquise, je suis invitée sans cesse

par mes enfants à intervenir dans certaines

situations et besoins.

9

Et c'est dans ces moments que je pense

faire ma « formation » ! Non, ce n'est

pas une formation à la patience ou à la

négociation... Il s'agit d'une formation «

d'appel ».

Cet appel qui est régulièrement, voire

incessamment, fait pour obtenir une

aide essentielle et indispensable.

Cet appel est aussi parfois réalisé uniquement

pour recevoir un regard affectueux,

un sourire ou un clin d'œil.

Cet appel que moi, adulte formé, à la foi

solide, croyant sincère et employé bien

établi, actif dans la communauté, impliqué

dans mille projets et connaisseur attentif

des Écritures - je le sais déjà assez

- devrais lancer à mon Dieu au moins autant

de fois que les enfants le font avec

moi.

Oui, les enfants peuvent enseigner. Ils

peuvent nous apprendre à nous tourner

vers Dieu, à l'appeler, comme ils le font

avec nous. Ils peuvent nous apprendre à

ne pas abandonner, mais plutôt à insister.

Cet appel que, en tant qu’adulte, je

pense être inapproprié, pourrait démontrer

mon manque d'autonomie, ou une

faible estime de moi-même.

Cet appel qui laisserait Dieu résoudre

mon problème et qui le laisserait trouver

des solutions.

Cet appel qui, une fois réalisé, me verrait

sereinement retourner à ma vie

quotidienne, à mes occupations : léger,

tranquille d’avoir tout confié aux mains

de Qui sait faire, comme se sentent les

enfants après avoir appelé.

Les enfants ne comptent certainement

pas combien de fois ils ont déjà appelé,

ils n’évaluent pas l'importance de la raison

qui pousse à appeler, et ils ne se préoccupent

pas de déranger. Ils appellent !

C'est probablement pourquoi Jésus a

pris un enfant et l'a placé au centre de

l'attention de tout le monde, en disant

que nous devrions être comme lui. (Matthieu

18.2-5)

Comme un enfant qui a besoin d'aide,

de soutien, de conseils, d'encouragement,

d’instructions, de soins, de directions

et, pourquoi pas, de sourires et de

regards amoureux, ou de clins d’œil !

Comme un enfant qui appelle !

Elena Zagara

Ministère auprès

des enfants FSRT

POUR RÉAGIR À L’ARTICLE

enfants@adventiste.ch

CARNET ROSE

Clarisse Vésy

Fille de Tatiana et Bernard,

membres de l'église hispanophone

de Lausanne, Clarisse est

arrivée parmi nous le 5 janvier

2018, très en forme avec 3kg610

pour 52 cm. Bienvenue à Clarisse,

et félicitations aux parents !

Voici, les enfants

sont un héritage

donné par l'Eternel.

Psaume 127.3

Clémentine

Duroux-Marti

Fille de Carine Marti, membre

de l'église francophone de Genève

et d'Emmanuel Duroux, la

petite Clémentine est née le 25

janvier 2018. Nous lui souhaitons

la bienvenue ainsi que beaucoup

de bonheur à toute la famille !

Vous faites partie d'une église FSRT

et vous venez tout juste d’agrandir la

famille ? Pour annoncer la bonne nouvelle

dans notre revue, envoyez les

informations (nom du bébé, celui des

parents, date de naissance et photo) à

contact@adventistemagazine.com

Deux week-ends pour découvrir les

enjeux essentiels de la petite enfance et

devenir des parents ou des animateurs

inspirés, observateurs, bienveillants et

outillés.

Cette formation est proposée à vos

portes dans trois régions. L'adresse

exacte sera communiquée avec la

confirmation d'inscription.

i Michel Dufournet education@adventiste.ch

parents

ÉCOLE DES

Accueillir le Petit Enfant de 0 à 3 ans

Programme

complet

sur demande

Pour les 2 WE

Individuel

100 CHF

Couples

120 CHF

Samedi et

dimanche

9h00 - 18h00

PGenève

Week-end 1 24-25 mars 2018

Week-end 2 22-23 septembre 2018

PPayerne

Week-end 1 2-3 juin 2018

Week-end 2 17-18 novembre 2018

PTessin

Week-end 1 10-11 novembre 2018

Week-end 2 23-24 mars 2019

Fédération Adventiste de la Suisse romande et du Tessin

Camp 111

Compagnons / Jeunes adultes

20-25

JUILLET

2018

Formule

spéciale

pour les

animateurs

L’alternative

Dawn Eden n’est pas la seule à trouver

le célibat et l’abstinence une alternative

rafraîchissante aux bénéfices positifs.

Dans un sondage, le magazine

Penthouse, habituellement salace, a

découvert que le célibat gagnait une

nouvelle respectabilité – et non pas

seulement dans le but d’éviter le sida

ou une autre maladie sexuellement

transmissible. Moins de 40% des

hommes et moins de 40% des femmes

interrogés ont choisi l’abstinence par

peur des maladies. A la place, ils protègent

leur santé émotionnelle et spirituelle.

Plus de la moitié de ces abstinents

considèrent leur expérience

comme saine et 74% des femmes ainsi

que 68% des hommes pensent que

cela a élargi leur vision du sexe opposé.

Cela rend autonome d’avoir le

contrôle sur sa sexualité et décider de

s’abstenir de sexe. Avoir des relations

sexuelles n’est pas une solution, mais

le faire avec responsabilité en est une.

Il est important de savoir contrôler ce

qui a une influence énorme sur notre

vie. Le célibat et l’abstinence peuvent

être puissant au sein d’une culture de

compulsion sexuelle, d’une société

qui évalue les gens selon leur disponibilité

sexuelle, leur performance et

leur histoire.

Le message de la satisfaction sexuelle

instantanée provoque de l’égocentrisme.

D’un autre côté, l’abstinence

est l’expression de liberté, autonomie

et maîtrise de son corps. Il offre un

chemin vers le détachement de plusieurs

fausses croyances et attentes.

Sexe tardif, meilleur mariage

Une étude de 2010 publiée dans le

Journal of Family Psychology (journal

de la psychologie familiale, ndlr)

a démontré que plus un couple

attend avant d’avoir des relations

sexuelles, meilleur sera leur relation

de couple après le mariage. En effet,

les couples qui attendent jusqu’au

mariage témoignent d’un plus grand

niveau de satisfaction dans leur relation

(20% de plus) et d’une meilleure

sexualité (15%) que ceux qui ont commencé

à avoir des rapports sexuels

dès le début de leur fréquentation.

Pour les couples intermédiaires – qui

ont eu des rapports sexuels plus tard

dans leur relation mais avant le mariage

– les bénéfices étaient d’environ

moitié.

Article cordialement cédé par Signs of the

Times magazine - Australia


TÉMOIGNAGE

CÉCILE BEAL, QUAND LA VIE NE TIENT QU’À UN FIL... MAIS QU’ON LE CONFIE À DIEU

Il est des gens qui auraient toutes les

raisons de baisser les bras, mais au

contraire ils donnent encore de la force

aux autres. Des gens qui méritent tout

le soutien du monde, mais au contraire

ils en donnent tout naturellement à tous

ceux qui s’approchent d’eux. Des gens

qui pourraient inspirer de la peine, mais

bien au contraire forcent le respect. Cécile

Béal, membre de l’Eglise adventiste

de Neuchâtel, fait partie de ces personnes.

Son témoignage inspire.

Ma vie a commencé de l’autre

côté de la frontière, en France,

avec mes parents et ma soeur.

C’est là que je suis née deux fois,

physiquement et spirituellement. Ma mère

catholique a d’abord planté des graines

de foi en moi. Puis à l’adolescence, un ami

m’a invitée dans une église adventiste.

Cette église m’a donné l’opportunité

de construire ma foi par des

études plus approfondies

de la Bible et de la nature

de Dieu. Je me suis faite

baptiser à l’âge de treize

ans. En colère contre

mon père et en quête

d’une identité paternelle,

dans cette communauté,

j’ai gagné tout

ce dont j’avais vraiment

besoin, une famille unie

par un même père, le Père

céleste. J’ai découvert que ce

père était toujours présent pour moi.

Cette révélation a rempli mon cœur dès

mon jeune âge. J’étais loin d’imaginer à

quel point j’allais expérimenter cette vérité

dans ma vie.

Les années sont passées et Dieu a continué

de me bénir en me donnant beaucoup

d’amour en la personne d’Alain, un Suisse

de passage en Ardèche pour le week-end,

que j’ai rencontré à 18 ans par l’intermédiaire

de mon pasteur de l’époque. Une

relation sûre et vraie s’est installée entre

nous. Moi qui ne voulais pas m’engager,

je n’ai pas résisté à son accent suisse.

Nous nous sommes mariés en 1993. C’est

comme cela que j’ai déménagé en Suisse.

Nous avons eu la joie d’accueillir notre

premier enfant, William, en 2000, après

deux ans d’attente. Ce fut une vraie bénédiction,

tout comme l’arrivée de Robin en

2003 et de Lucie en 2005.

Les bénédictions ont continué de pleuvoir,

notamment avec l’achat de notre maison,

que nous avons dédiée à Dieu. Tout ce

bonheur me donnait une énergie folle. Je

travaillais la nuit et le jour, soit en tant que

veilleuse, soit aux travaux de la maison, en

plus de m’occuper des enfants. Je me sentais

wonder woman.

Avec tant de joies, je ne pouvais soupçonner

ce qui m’attendait. Littéralement, du

jour au lendemain, je suis devenue une

autre femme. Mes forces m’ont abandonnée

et je suis entrée dans une fatigue extrême.

Je n’arrivais plus à rien faire, même

parler était devenu compliqué. Le burnout

! Les jours ont passé. Je me trouvais de

plus en plus nulle. J’avais l’impression

que Dieu m’avait abandonnée. J’ai eu

envie de mourir ! Au plus bas, on a décidé

de m’hospitaliser. Une épreuve ? Oui !

Mais aussi une occasion pour Dieu de me

montrer qu’Il veillait sur moi. Juste avant

mon entrée à l’hôpital, une amie et sœur

en Christ m’a appelée pour me dédier ce

verset que Dieu lui avait donné pour moi

: « Non, je ne mourrai pas, je vivrai pour

raconter les actions du Seigneur.

Oui, le Seigneur m’a châtié,

mais Il ne m’a pas livré à

la mort (Psaume 118.17-

18). » Cette parole de

Dieu annonçait ma renaissance.

Personnellement, je

n’arrivais pas à me

connecter avec Dieu,

mais je sais que j’étais

portée par les prières des

autres. Et c’est à travers un

chant de louange que je me

repassais en boucle et l’attention

toute particulière d’un infirmier, que Dieu

m’a redonné la force de crier à Lui. Après

environ six mois de dépression, j’étais

guérie et j’ai repris une vie normale, au

point d’ouvrir mon cabinet de massages.

Une grande étape pour moi.

Mais les problèmes n’en avaient pas fini

avec moi. Dès l’année suivante, en 2012,

j’ai découvert que j’avais le cancer du sein

et que je devais passer par de la chimiothérapie,

l'opération et la radiothérapie.

Des mots que personne ne veut entendre.

Ce nouveau « coup de la vie » a été plus

dur à encaisser pour mon époux, car il

avait peur de me perdre. Armé de courage,

il a fait front en s’occupant de la famille,

de la maison, du quotidien, du travail

et de moi. Ce furent plusieurs mois de

montagnes russes qui se sont enchaînées,

tantôt angoissés, tantôt reprenant espoir.

Le dénouement s’est joué début 2014. Les

médecins n’ont plus trouvé de traces de

cancer ; j’étais officiellement en voie de

rémission. Encore une fois, au milieu de

la tempête, Dieu est intervenu pour nous

soulager. Quel bonheur a envahi notre famille

!

Malheureusement, la joie a été de courte

durée puisqu’en trois semaines, tout a basculé

à nouveau. J’ai commencé à avoir mal

à la nuque et, après des examens, on m’a

expliqué que les médecins avaient trouvé

des métastases sur mes sept cervicales,

de telle manière qu’elles risquaient de me

rendre tétraplégique. Pire, lors de mon

transport en urgence à l’hôpital, l’état de

mes vertèbres pourrait empirer et déclencher

un arrêt cardiaque. En cinq minutes,

j’ai appris que le cancer était de retour et

que cette fois je devais dire carrément au

revoir à ma famille, car je risquais de tout

simplement mourir pendant le transport.

Cette situation était horrible. Le monde

s’arrêtait. De la grande joie de la victoire,

nous tombions dans le désespoir. Je me

souviens encore de cette scène : mon

mari, mes enfants et moi nous tenant dans

les bras les uns des autres tout en pleurant.

On n’est jamais prêt pour cela. Puis

j’ai demandé à Alain de s’occuper des enfants

pendant que l’ambulance m’amenait

à l’hôpital. Dans l’ambulance, des milliers

de pensées tourbillonnaient dans ma tête,

mais j’arrivais à expliquer à Dieu que je

préférais mourir plutôt que de vivre en

n’étant pas capable de m’occuper de mes

enfants. Pour la troisième fois en quelques

mois, ma vie ne tenait qu’à un fil...

Si je suis là aujourd’hui pour raconter cet

épisode, c’est parce que Dieu s’est encore

une fois occupé de moi. Sa présence a

encore fait la différence. À cette occasion,

il a utilisé mon oncologue qui s’est battu

pour obtenir les meilleurs médecins pour

moi. À force d’insistance, ils ont fini par

accepter de m’opérer malgré l’aspect extrêmement

délicat de cette intervention. À

ce moment précis, mon avenir paraissait

entre les mains du chirurgien, mais moi,

j’ai tout jeté entre les mains de Dieu en

Lui demandant de tout diriger. Il a toujours

été présent depuis toute petite, et là

j’avais encore vraiment besoin de Lui.

Sa réponse... J’ai été opérée et je n’ai

perdu l’usage d’aucun membre. Les médecins

m’ont forcée à me réveiller après

l’intervention pour s’assurer que je sentais

mes mains, mes bras, mes jambes. Ils n’en

revenaient pas. Ma totale réhabilitation

m’a tout de même demandé beaucoup

d’efforts et de séances de rééducation.

Alors aujourd’hui, chaque fois que je me

promène - notamment dans les champs,

j’adore ça - je loue Dieu pour ce miracle.

Car le chirurgien lui-même l'a admis, ce

qu’il s’est passé est bel et bien un miracle.

Cécile et ses trois enfants (de gauche à droite) : William, Robin et Lucie.

Il me l'a confirmé avec beaucoup d'émotion

dans le regard.

En écoutant mon histoire, on peut se dire

que j’ai eu une vie très difficile. Mais moi,

quand je regarde en arrière, je vois bien

sûr les difficultés, mais aussi et surtout

l’action miraculeuse de Dieu dans ma vie.

J’ai survécu au burnout, au cancer du sein

et, malgré cette récidive, je suis en vie en

possession de tous mes moyens, alors que

cela ne devrait pas être le cas. Une succession

de difficultés, mais une succession de

miracles. Malheureusement, malgré tout

ce que j’avais déjà vécu d’extrêmement

douloureux jusque-là, le pire moment de

toute ma vie était encore à venir.

Mon époux, à bout de force, nous a quittés

brutalement. Il est décédé en juin

2016. Sans vraiment comprendre ce qui

m'arrivait, totalement prise au dépourvu,

du jour au lendemain, j’ai perdu mon

compagnon de route. Alain était l’amour

de ma vie.

Là, je peux dire que j’ai perdu goût à

l’existence. Je ne voyais plus de raison

de vivre le lendemain. Comment se relever

de cela ? Comment ? Un élément de

réponse m’est venu d’une amie qui m’a

dit que l’Eternel se fait présent dans la

louange. La nuit qui a suivi le décès de

mon mari, j’ai écouté en boucle « Mon

secours est en toi », du groupe chrétien

Impact. J’ai écouté ce chant pendant des

jours, et des jours, et des jours. Dès que

l’angoisse montait, j’écoutais ce chant.

C’était ma seule nourriture. Il me faisait

l’effet d’un médicament. Mon seul médicament.

Contre toute attende, au-delà

de ma colère, je sentais la présence de

Dieu. Encore une fois, même quand je n’y

croyais plus, Il est là. Tout autant que les

amis de l’église et d’ailleurs. Leur soutien

était sans faille. Ils se relayaient chaque

jour et chaque nuit pour être à mes côtés,

faire à manger, s’occuper de la maison,

jouer avec les enfants, prier.

À cette nouvelle étape de ma vie, la

Bible a été à nouveau un baume. Grâce

à l'accompagnement de mon pasteur, le

psaume 27 a marqué cette période. Je

me le suis approprié. Un verset en particulier

faisait écho en moi : « Même si mon

père et ma mère m’abandonnent, l’Éternel

me recevra ». Dieu me disait à nouveau

: « Je suis là ». Dieu me poursuivait,

car Il savait que j’avais besoin de Lui. Je

ne peux pas dire que c’était tout le temps

facile de sentir sa présence. Beaucoup

de questionnements m’ont assailli. J’ai

beaucoup demandé à Dieu : « pourquoi

? » Énormément de pourquoi. Toutes ces

questions que j’aurais voulu poser à Alain,

je les ai posées à Dieu. Et je n’ai pas eu de

réponse. Cela paraît tellement injuste. J’ai

dû apprendre à vivre avec mes pourquoi,

à faire confiance même sans comprendre,

juste avec la conviction qu’Il tient l’univers

dans ses mains.

Je sais que parfois la vie est trop dure

et qu’on est tentés d’écouter la voix de

l’ennemi qui nous convainc qu’on ne s’en

sortira pas, qu’on n’y arrivera pas. Mais j’ai

envie de dire, grâce à mon vécu, qu’en

toutes circonstances, Dieu prend soin de

nous. Et c’est cette voix-là que j’ai envie

d’écouter. Je ne veux pas laisser l’ennemi

me voler plus de choses encore. C’est

pour cela que je veux parler de Lui. J’essaye

de le faire notamment auprès des

enfants de mon quartier. Avec mes amies,

nous avons créé un club biblique à la maison.

Avec Alain, nous avions ressenti cet

appel. Nous en étions sûrs et nos enfants

nous ont suivis dans ce défi. Alors cela n’a

pas de sens pour moi de ne pas continuer

à le faire. Ce serait comme laisser à l’ennemi

le choix de ce que je peux faire ou pas.

Je ne veux pas le laisser gagner. Je tiens à

toujours dire oui à Dieu quand Il m’appelle

et je suis convaincue qu’Il m’a appelée

pour ce club biblique avec les forces qu'Il

me donne et le soutien de mon équipe.

Donc, j’ai envie de dire à tous ceux qui

passent par des moments difficiles, qui

sont éprouvés par des tragédies et qui

pensent que tout est fini, que par sa parole,

Dieu a créé toutes choses dans le

passé, et qu’aujourd’hui, par sa parole

écrite, à chaque instant, Il peut nous recréer.

En proclamant des versets de la

Bible, on reprend vie. Je ne dis pas que

tout s’efface en un instant. Il ne s’agit pas

de refouler ce qu’on ressent ou de faire

comme si tout allait bien. Les moments

difficiles, voire tragiques, jalonnent nos

existences et nous pouvons être honnêtes

avec Dieu en Lui exprimant toute notre

colère et notre mécontentement. Il est là

pour écouter. Il est toujours là et Il veut

aussi nous parler. Et à un moment, il faut

savoir quelle voix écouter, celle qui détruit

ou celle qui redonne la vie. Il y a du pouvoir

dans la proclamation de la parole de

Dieu. Elle est vivante. Quand le psaume

139.5 affirme « Tu m’entoures par-derrière

et par-devant, et tu mets ta main sur moi

», alors quelle difficulté de la vie n’arriverais-je

pas à dépasser avec une telle présence

qui m’entoure ?

À cet instant précis, je ne peux pas finir

mon témoignage par un happy end. Le

cancer est encore là et même il se répand.

Mais je suis en vie et surtout en vie ! Je remercie

Dieu pour cela. Quand on me voit,

je veux qu'on voit autre chose que le cancer.

Le cancer n'est qu'une partie de moi,

il ne me définit pas. Je suis toujours Cécile

! J’ai aussi toujours l’espoir dans mon

cœur que Dieu me guérisse de manière

miraculeuse. Je sais qu’Il est souverain et

je me soumets à Lui. Alors je continue de

vivre tout simplement avec plein de projets

en tête et Dieu fera le reste, selon sa

volonté. En attendant, j'essaie de savourer

le moment présent et la présence de mes

enfants et de tous ceux qui me sont chers.

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SANTÉ

LA TYRANNIE DU BONHEUR

"Souffrir fait aussi partie du développement personnel "

Parfois, j’ai l’impression que la société, avec

ses mouvements d’allers et retours, la façon

hésitante par laquelle ses valeurs sont instaurées,

tout comme destituées, est si asymétrique

qu’à certains moments, elle frôle

l’incohérence.

D’un point de vue de la santé, cela est

encore plus évident. Nous vivons à une

époque où l’intérêt pour une vie en bonne

santé grandit et gagne en notoriété. Si d’un

certain côté cela est bon, puisque la circulation

d’informations et de contenus sur la

santé peuvent aider des personnes à mieux

gérer leur bien-être, d’un autre côté, les excès

existent également. On peut perdre sa

santé en cherchant à la préserver.

Par exemple, de nos jours, il y a confusion

entre la santé et la beauté. On les utilise

comme des synonymes et beaucoup

perdent l’une en faveur de l’autre. Cela se

voit chez ceux qui évaluent leur santé en

fonction de leurs muscles, et qui, à cause

de leur patrimoine génétique, doivent recourir

à des substances dont les promesses

parlent plus fort que leurs conséquences. La

hausse gigantesque du nombre de chirurgie

esthétique témoigne aussi de cas où l’on

perd la vie en tentant de l’améliorer.

Ces occurrences ne sont pas valables uniquement

dans le domaine de l’esthétique.

De plus en plus, on mise sur la santé comme

source de bonheur. Ce qui signifie qu’aujourd’hui,

les gens heureux, en plus d’être

beaux, sont en bonne santé et vice-versa.

Si le bonheur est l’objectif de la vie, alors

peu importe comment, peu importe avec

qui ; ce qui compte c’est d’être heureux. On

en arrive à oublier que la souffrance et les

adversités sont des composantes de l’existence

humaine. Pourtant, on est prêt à tout

pour ne pas souffrir.

Souvent remis en question, le DSM 5 (« Manuel

diagnostique et statistique des troubles

mentaux », ndlr) a reçu de nombreuses critiques

pour avoir défini que le deuil, au-delà

de deux semaines, peut indiquer des symptômes

de dépression, et doit donc être traité.

Mais qui ne pleure pas plus de deux semaines

après avoir perdu un être cher ? S’il

existe un délai pour le deuil, le nombre de

malades augmente très facilement.

enfants qui avaient besoin d’un accompagnement

psychologique ou d’un traitement

médicamenteux. Aujourd’hui, au contraire,

seul un petit nombre d’enfants ne rentre pas

dans le profil TDAH (Trouble Déficit de l'Attention

/ Hyperactivité).

Ce n’est pas par hasard que, d’après les

agences sanitaires de certains pays, les

ventes de chlorhydrate de méthylphénidate

pour enfants et adolescents de 6 à 16 ans,

recommandé pour le traitement de TDAH,

aient augmenté de 75% entre 2009 et 2011.

Je ne prétends pas remettre en question

ces diagnostics, ne serait-ce que parce

que je ne suis pas médecin. Je souhaite

plutôt amener à la réflexion. Je crois que

les personnes qui souffrent de dépression,

tout comme les enfants qui souffrent d’un

déficit de concentration, ont réellement

besoin d’un traitement adapté. Ce que je

me demande, c’est si notre époque connait

vraiment une épidémie de malades ou si la

tyrannie du bonheur nous présente des modèles

irréels de normalité. Je me demande

si notre époque connaît une « épidémie »

de narcissiques ou si l’activité physique est

exercée dans la recherche d’un style de vie

plus sain. Et ainsi de suite...

Quand on impose le bonheur, ne vole-t-on

pas en même temps tout une partie de la

vie ? Les expériences qui nous font souffrir

ne nous rendent-elles pas plus humains ?

Les excès au nom de la vie, très souvent artificielle,

ne tâchent-ils pas le vrai bonheur ?

Comment dire aux générations futures que

souffrir fait aussi partie du développement

personnel ?

J’aime une pensée du livre « Heureux ceux

qui » qui dit : « Les épreuves de la vie sont

des agents dont Dieu se sert pour discipliner

et transformer notre caractère. Il est douloureux

d’être par elles taillé, épuré, ciselé, lissé,

poli, broyé sous la meule. Mais c’est ainsi

seulement que l’on peut devenir une pierre

vivante et authentique dans l’Église du Seigneur.

Les matériaux ordinaires ne sont pas

l’objet d’attentions et de soins minutieux,

mais seulement les pierres de choix, dignes

d’entrer dans l’édification d’un palais ».

Je me souviens que petite, rares étaient les

Agatha Lemos

Éditrice

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