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N°22 - Mars 2018

p a g e 1 4 S o i t n i

p a g e 1 4 S o i t n i a n t , s o i t n i é . . . L ' é c h o d e l a R é h a b - n ° 2 2 C o l è r e Confiance Je suis en colère qu’on me prenne pour une malade alors que je n’ai jamais voulu de ces jours de pluie en mon cœur. On m’a mise dans cet hôpital, on m’a fait souffrir. J’en ai marre que l’on me traite comme une moins que rien, car vous êtes bien les moins à porter à vos jugements. Ils m’ont fait tant de mal, mais je ne leur en veux pas, je veux juste que cette colère sorte. Ils m’ont pris mon enfant, pardon à l’univers d’avoir offert ce mal au cœur. Je ne veux plus faire de mal à qui que ce soit. Je ne comprends pas pourquoi on traite des gens en effet, et pourquoi il n’est pas encore arrivé je crois le temps de la bonne entente universelle !!! Tout est important, mais tout n’est pas irréversible. Je te demande pardon mon Dieu pour mes faiblesses et je te demande de me renforcer ! Je te dis mon papa que je suis heureuse que tu sois parti. Les quelques tristesses qu’il me reste se balaient au vent ! Mon enfant, je ne t’en veux de rien. Mon enfant, m’en veux-tu ? Vas-tu bien dans ta sphère ? MARINA C. La relation entre soignants et soignés, pour être positive, chacun doit y mettre du sien, de manière réciproque. Le discours de chacun peut s’adapter à l’autre. Pouvoir exprimer ce qui est important pour soi doit aussi être accueilli par la personne qui est en face. Le système de communication repose surtout sur la parole, mais d’autres moyens existent également. Peut-être que la confiance mutuelle est ce qui permet à la parole de naître et de se partager. CHRISTIAN C. C ' e s t p o u r t o n b i e n Honnête « C’est pour ton bien » C’est ce qu’on dit à ceux qu’on hospitalise sans leur consentement. Ça fait réfléchir. De quel bien parle-t-on ? C’est vrai que l’hospitalisation peut faire du bien. Mais c’est vrai aussi que c’est difficile de demander une hospitalisation si celle-ci est synonyme d’enfermement prolongé. Si on reste trop longtemps à l’hôpital, on ne veut plus y revenir. Ce qui est difficile c’est qu’en psychiatrie, la durée de l’hospitalisation est difficilement prévisible. Or, c’est plus facile de venir à l’hôpital quand on l’a décidé par soi-même. Mais il faut que la porte puisse s’ouvrir pour qu’on ose y frapper. COLLECTIF Au détour d’un couloir De murs enfermants D’un silence pesant Se love une porte ouverte : Une main tendue. Au détour d’un regard D’un sourire lumineux D’un accueil chaleureux Se trouve un lieu de rencontre : Une humanité restaurée. Au détour d’une histoire De quelques mots honnêtes D’émotions fluettes S’entend un écho : Un souffle d’espoir. SOÉLIE

L ' é c h o d e l a R é h a b - n ° 2 2 S o i t n i a n t , s o i t n i é . . . p a g e 1 5 C o n s é q u e n c e s Ce que les soignants peuvent nous donner, c’est le dialogue. C’est énorme. Il y a les grands principes, la théorie, ce qu’on apprend et qu’on doit appliquer. Et puis il y a « Quand je fais ça, quelles conséquences ça a ? » Ça, c’est l’éthique, le reste, c’est de la morale. Pouvoir mesurer que les patients aussi ont un savoir ; comme la technique, pour les soignants, cela s’apprend aussi dans la relation à l’autre, ça n’est pas absolu. L’éthique, c’est se décaler, interroger le sens depuis une autre place. Dans l’éthique, le sens de l’action est du côté de l’autre. « C’est pour le bien du patient », c’est la morale. Le sens de ce que l’on fait, c’est l’éthique. Les étudiants sont avides de la parole des patients. C’est l’occasion de pouvoir occuper une place d’enseignant. Dans le journal, il y a un message, qui a valeur d’enseignement, chacun peut parler de son expérience et transmettre quelque chose qui a valeur pédagogique. Ce que l’on souhaite transmettre, c’est un savoir qui reste vivant, animé, pas quelque chose d’établi et immuable. Les futures générations de soignants ont besoin d’échanges vivants, d’être nourris par une connaissance qui les anime. « L’ennui naquit un jour d’uniformité. » (Antoine Houdar de la Motte) COLLECTIF Fo l i e o r d i n a i r e Fou ? Génie ? Toi, t’es fou ? Alors qui suis-je, moi, pour t’écouter parler ainsi depuis plusieurs heures ? Je ne suis pas thérapeute, je ne suis pas une éponge, un buvard sur lequel se déverser. Peut-être que tes propos, tes nonpropos, tes divagations m’intéressent, m’interpellent tout simplement… Peut-être est-ce moi, le fou… On s’en fout ! Dialogue de fous… Est-ce visible, un entonnoir ? Est-ce audible ? La frontière entre folie et ordinaire est si floue. Quelle histoire de dingues, c’est à en devenir marteau, perché, ramassé, ramolli du bulbe… Quoi qu’il en soit, je te prends tel que tu es, au diable les préjugés. Tu es. Chacun de nous est. Et cela suffit amplement. PIL

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