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9 months ago

Zeso 1_18 F

Zeso 1_18

COMMENTAIRE Le logement – un chantier socio-politique Changement de perspective: dans l’aide sociale économique, 40% sont dévolus au forfait pour l’entretien, ce qui profite avant tout au commerce de détail et aux fournisseurs d‘infrastructures. 15% supplémentaires sont destinés aux caisses-maladie, hôpitaux, médecins et au secteur pharmaceutique, qui n’encourent pas de risque de perte. Les 15% suivants profitent aux foyers, écoles, opticiens, dentistes, associations, etc. et aux prestations circonstancielles. Les derniers 30% vont aux bailleurs qui, grâce à la sécurité financière, sont incités à fournir des logements aux personnes menacées de pauvreté. L’aide sociale, qui s’élève à 2,6 milliards de francs par an, génère près de 900 millions de francs de recettes fiscales qui reviennent aux bailleurs de toute la Suisse. Une belle somme pour un engagement de taille. Tant et si bien qu’aujourd’hui, ce système fonctionne relativement bien dans la plupart des endroits. En matière de logement, l’offre, les besoins et les frais n’évoluent pas en parallèle. La branche financière et les caisses de pension cherchent des opportunités d’investissement optimisées à des fins de profit; à ce titre, les loyers minimaux et petits appartements ne font à ce jour pas partie du volume d’investissement privilégié. L’aide sociale et les personnes en situation de précarité sont toutefois tributaires de logements abordables et adaptés à leur situation de vie. Si plus de la moitié sont des personnes seules, force est de constater que les petits appartements sont rares, surtout dans les agglomérations et par-delà les quartiers et communes. L’évolution des coûts est également problématique et – sur le plan politique – fortement critiquée via l’aide sociale; face aux facteurs de coûts, la politique est impuissante: malgré des logements vacants, les loyers enregistrent une hausse disproportionnée depuis des années, et il en va de même des coûts de la santé. Il est inévitable que l‘aide sociale et les contribuables remettent en question ces développements. La pénurie de logements, dans de nombreuses agglomérations, ajoute une dimension supplémentaire. Dans les zones résidentielles prisées, les taux d’aide sociale chutent, tandis qu’ailleurs, les risques de ghettos menacent. Les frais de loyer augmentent de manière disproportionnée et les communes se voient contraintes d’investir dans des logements sociaux afin de ne pas dépendre de prix du marché exorbitants. Il s’agit de processus politiques difficiles, dans le cadre desquels les victimes ne sont autres que les personnes directement concernées et le tiers inférieur des bénéficiaires de l’aide sociale, à savoir les enfants. Conclusion: l‘aide sociale fait bien d’approfondir le sujet des frais de logement. En leur qualité de spécialistes de la politique sociale, les responsables des assurances sociales et associations professionnelles doivent, eux aussi, présenter des possibilités et solutions à leurs parties prenantes quant à la gestion efficace de cette thématique très complexe. Trop souvent, les considérations politiques brident les timides efforts d’aide et premières ébauches de solution. Mon principe: „Quel investissement pour réaliser des rêves? Du courage. Juste du courage. » Thomas Michel Membre du Comité directeur de la CSIAS et responsable du département des affaires sociales Bienne/Biel 1/18 ZeSo 5