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Date : 08/03/2018 Heure : 09:54:53 Journaliste : Cécile Julien www.web-agri.fr Pays : France Dynamisme : 0 sans production aide aussi la mamelle à s'assainir, voire à guérir de mammites subcliniques. « On estime que 20 % des mammites subcliniques guérissent seules grâce à l'involution naturelle de la mamelle, si la vache est en bonne santé » rapporte Ivanne Leperlier. Alors, faut-il mettre systématiquement des antibiotiques au tarissement « pour être sûr » ? « C'est toujours mieux d'éviter de mettre des antibiotiques dont on n'a pas besoin. D'abord pour un aspect budgétaire mais surtout pour lutter contre l'antibiorésistance (voir encadré) », expliquent Ivanne Leperlier et Adeline Herbauval, vétérinaire à Vitré. Évaluer ses pratiques grâce au cahier sanitaire Réduire ses utilisations d'antibiotiques passe d'abord par une évaluation de ses pratiques, par exemple sur le logement, source de mammites d'environnement, et par un cahier sanitaire bien suivi. « Il faut noter un maximum d'informations, renseigner les mammites, les quartiers touchés, recommande Ivanne Leperlier. C'est le seul moyen de se souvenir de tout ». Puis l'éleveur analysera ces informations, les complétera avec celles du contrôle de performances pour adapter sa stratégie de tarissement vache par vache. « En recensant sur une page toutes les mammites, les points à améliorer vont ressortir. L'éleveur verra s'il y a des périodes à risque, avec par exemple un problème de logement hivernal, s'il y a beaucoup de mammites en début de lactation, il faudra être attentif au tarissement. Les vaches à problèmes sont plus faciles à identifier », encourage Adeline Herbauval, qui rappelle aussi l'importance des bonnes pratiques au tarissement, d'alimentation mais aussi d'hygiène. Pour se lancer dans une réduction de l'utilisation d'antibiotiques, il faut d'abord régler le problème de fond des mammites récurrentes en éliminant les vaches infectées chroniques, celles qui auront eu plusieurs mammites sur leurs deux dernières lactations ou qui ont fait plus de trois mammites sur le même quartier. De même, celles aux trayons abîmés sont à réformer. Car, des trayons avec des lésions sont des portes d'entrée pour des germes. Page 2/3 Visualiser l'article Trier ses vaches et faire du cas par cas Se pose ensuite la question des vaches qu'on estime guérissables ou à surveiller. L'antibiotique, à choisir avec son vétérinaire, est utile pour guérir des vaches qui ont des bactéries dans la mamelle au moment du tarissement. « Une vache infectée c'est celle qui a eu plus de 150 000 cellules, sur ses trois derniers contrôles et/ou plusieurs mammites sur ses trois derniers mois », rappelle la vétérinaire. Une vache à la mamelle basse a aussi plus de risques de faire des mammites. Est-ce que sur ces vaches il faut prendre le risque de se passer d'antibiotiques. Se passer à tout crin de traitement serait risqué. « Même si l'objectif est de réduire l'utilisation d'antibiotiques, il faut d'abord guérir et protéger des nouvelles infections. Mettre des tubes intramammaires au tarissement (12 à 15 €) et un obturateur (10 €) coûtent moins cher que de guérir une mammite, qui exigera sûrement plus d'antibiotiques », reconnait Ivanne Leperlier. Une vache à moins de 150 000 cellules ne nécessite pas forcément d'antibiotiques au tarissement. Avec une bonne hygiène à l'application, l'injection d'obturateurs la protégera physiquement des nouvelles infections. C'est bien au cas par cas et selon la saison qu'il faut décider du traitement au tarissement : tube intramammaire d'antibiotique + obturateur, l'un ou l'autre, antibiotique sur tous les quartiers ou un seul, voire rien. « La première étape d'un changement de pratiques peut être antibiotique pour les infectées, obturateur pour tout le monde. Puis en évaluant l'impact de ce premier changement, l'éleveur verra s'il peut, s'il veut franchir Tous droits réservés à l'éditeur GDSBRETAGNE 308902327

Date : 08/03/2018 Heure : 09:54:53 Journaliste : Cécile Julien www.web-agri.fr Pays : France Dynamisme : 0 une marche supplémentaire ». Sa stratégie peut aussi différer selon la saison et le logement : il y a plus de risque en hiver qu'en été. Dans l'optique de réduire l'utilisation des antibiotiques, certains testent des médecines alternatives, comme l'homéopathie, avec des granules décongestionnantes de salvia officinalis. Certains éleveurs utilisent des huiles essentielles aux propriétés bactéricides et décongestionnantes. Leur usage, qui n'est pas encadré car ce ne sont pas des médicaments vétérinaires, demande une formation préalable. Pourquoi réduire l'usage des antibiotiques ? Outre le coût financier des antibiotiques, la réduction de leur utilisation a pour but de prévenir la perte d'efficacité de ces traitements par l'apparition d'antibio-résistances. L'utilisation trop fréquente d'antibiotiques va « sélectionner » les souches de bactéries résistantes. Toutes les autres souches ayant disparu, ces souches, que les antibiotiques ne peuvent tuer, auront toute la place pour proliférer. Il sera alors très compliqué de lutter contre elles. Les éleveurs sont les premières victimes quand une souche de bactéries résistantes aux antibiotiques se développe dans leur troupeau. Page 3/3 Visualiser l'article Tous droits réservés à l'éditeur GDSBRETAGNE 308902327