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8 months ago

syndicom magazine No 4 - Tous ont droit à se former

Le magazine syndicom aborde des thèmes syndicaux et politiques avec des explications de fond, sans oublier les domaines de la culture et du divertissement. Il entretient le dialogue au travers des médias sociaux et informe surles prestations, événements et offres de formation du syndicat et de ses organisations affiliées.

6 Du côté des Martin

6 Du côté des Martin Camenisch est responsable du personnel de La Poste employeurs Suisse. Il a travaillé chez Swisscom, puis PostMail, Presto et Poste Immobilier. Titulaire du brevet de spécialiste en assurances sociales et de l’Executive Master of Business Administration (EMBA), il a étudié entre autres la linguistique. 1 Prévoyez-vous une réduction des horaires de travail ? Cela, ou d’autres modèles de temps de travail, n’est actuellement pas en discussion. Toutefois, nous envisageons de possibles développements. La question du temps de travail heb do madaire se pose lors de chaque négociation CCT. Mais la situation conjoncturelle dans la branche ou les considérations économiques sont souvent prépondérantes. Je trouverais intéressant de mener un jour des négociations sur les horaires de tra vail et non pas sur les salaires. 2 La flexibilisation peut-elle aussi être favorable aux salariés ? Le partenariat social doit nous permettre de trouver des solutions ensemble. La pression pour une flexi bilisation accrue augmente partout. Parfois, pour gérer de fortes fluctuations du volume de travail, les bonnes idées font encore défaut. Les propositions extrêmes qui préconisent le travail sur appel me parais sent aussi peu convaincantes que celles qui se limitent à une pla ni fication à long terme et à des tableaux de service immuables. 3 Comment résolvez-vous d’éventuels conflits entre collègues ? Pour trouver une solution, il faut discuter ensemble et rétablir une confiance peut-être perdue. Jusqu’à présent, cette manière d’agir a tou jours très bien fonctionné. Un dialogue n’est toutefois constructif que si mon interlocuteur y contribue aussi. 4 Les syndicats contribuent-ils à organiser le temps de travail ? Je pense que oui, ou bien ? Texte : Sina Bühler Photo : La Poste 5 Encouragez-vous les employés à s’engager pour le syndicat dans l’entreprise ? Par intérêt personnel, je suis sensible à ce thème. J’ai constaté que vos collègues s’engagent corps et âme. Jusqu’à présent, j’ai toujours eu le privilège de rencontrer des partenaires constructifs et considère que le partenariat social est enrichissant. Bien sûr, nous ne partageons pas toujours le même avis. C’est justement la raison pour laquelle nous discutons et cherchons ensemble des solutions. 6 Qu’est ce qui vous irrite ? Je ne suis jamais satisfait d’un résultat de négociation lorsqu’il est unilatéral et favorise un seul groupe de personnes. Car une partie du personnel est ainsi lésée. Ce n’est pas équitable, mais c’est heureusement rarement le cas. J’aurais un problème si certains orientaient le discours du syndicat pour imposer leurs intérêts personnels ou favoriser une clientèle particulière. Cela ne rendrait service à personne – au contraire.

L’invitée Au début de l’industrialisation, le temps passé dans l’entreprise devient la mesure du travail et de sa rémunération (pointeuse). Réduire le temps de travail devient très tôt une revendication syndicale. Le 1 er mai fut choisi en 1864 pour revendiquer la journée de huit heures. Aujourd’hui, les employeurs multiplient les attaques : augmentation de l’âge de départ à la retraite, dérégulation de l’enregistrement du temps de travail, diminution des temps de pause… Ainsi, sous la pression des milieux bancaires, deux nouvelles exceptions à l’enregistrement systématique de la durée du travail sont entrées en vigueur début 2016. Pour l’instant, ces mesures ne touchent que les cadres volontaires ou les travailleurs disposant d’une certaine autonomie dans la détermination de leurs horaires. La mesure du travail devient la réalisation d’un projet. De fait, l’organisation par projet est aujourd’hui fréquente dans les grandes entreprises et administrations publiques. C’est aux personnes de se responsabiliser pour sa réalisation sans que l’entreprise n’en donne nécessairement les moyens et sans devoir se plier à un cadre horaire. Du coup, les heures supplémentaires n’existent plus et la séparation entre travail et vie sociale s’efface. La critique collective est plus difficile. Le temps de travail se resserre sur « le travail effectif ». Tous les à-côtés ne sont plus pris en compte. Une hôtesse de Ryan Air : « Je dois m’occuper du débarquement des passagers, du nettoyage de l’avion, vérifier les équipements de sécurité, puis réembarquer 200 personnes, tout ça en vingt-cinq minutes, et je ne suis rémunérée complètement que lorsque l’avion vole. » Un temps de travail trop élevé nuit à la santé. Les médecins du travail notent une augmentation du risque de blessure, de maladies et de la mortalité en cas d’heures supplémentaires. Le temps est venu pour les organisations syndicales de reprendre l’offensive. Temps de travail : reprendre l’offensive Viviane Gonik a travaillé dans le domaine de la santé au travail et de l’ergonomie et s’attache plus particulièrement aux effets de l’organisation du travail sur le bien-être et la santé, avec une attention particulière à la division sexuelle du travail. Actuellement à la retraite, elle collabore également à la rubrique « Contrechamp » du quotidien Le Courrier. 7