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Edition spéciale TNS

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6 WWW.NEWSASSURANCESPRO.COM MARDI 17 AVRIL 2018 ZOOM Cyber : l’émergence des offres pour les PME Contraintes par le durcissement de la réglementation sur la protection des données et par des tentatives de piratage de plus en plus fréquentes, les petites entreprises sont en demande d’un accompagnement global. Des offres spécifiques qui intègrent un volet prévention et gestion de crise voient le jour. Par Mariona Vivar Piratages, vols de données, défaillances informatiques, 80% des PME ont fait objet d’une tentative de cyberattaque en 2016, selon le rapport de Symantec Internet Security. Par ailleurs, le Règlement européen sur la protection des données (RGPD) qui entrera en vigueur le 25 mai oblige les entreprises de toutes tailles à renforcer la protection des données personnelles. Les entreprises victimes d’une attaque auront l’obligation de la notifier toute violation de données à catactère personnel auprès de la CNIL dans un délai de 72 heures et cela conduira les entreprises sinistrées à souscrire une couverture cyber. Surfant sur la vague de RGPD et de la cybercriminalité, des offres cyber spécifiquement conçues pour les TPE-PME émergent. Assureurs et courtiers s’associent avec des sociétés spécialisées pour proposer des services de gestion de crise et de mise en conformité. La prévention avant tout Le volet prévention est apparu dans les nouvelles assurances proposées par QBE ou April Entreprise. Il comprend notamment des tests d’intrusion dans les systèmes d’information de l’entreprise, simulant des conditions d’attaques réalistes. Cela permet aux entreprises d’identifier leurs vulnérabilités et de prendre des mesures de sécurisation. April Entreprise a baptisé son offre « risque numérique » car elle comprend également un audit RGPD, et une formation de sensibilisation pour les salariés, sous forme de e-learning. « 84% des failles de sécurité viennent du facteur humain », rappelle le courtier. « Jusqu’à présent nos offres RC ne couvraient que la perte d’exploitation causée par un piratage, mais nos clients sont en demande d’un accompagnement pour pouvoir réparer leur système d’information en cas de cyberattaque », affirme Françoise Louberssac, PDG d’April Entreprise. QBE propose également un service d’assistance technique permettant de contrer la cyber attaque. L’assureur fait appel à la société Inquest (groupe GM Consultant), spécialisée dans la gestion des risques cyber, pour assurer la prise en charge de la gestion de l’attaque jusqu’à la remédiation. Enfin, le volet assurantiel intègre les frais liés aux réclamations, ainsi que les pertes liées aux menaces d’extorsion, frais de restauration des installations informatiques, frais de reconstitution des données. Ce type de couvertures a vocation à se développer les prochaines années.

MARDI 17 AVRIL 2018 WWW.NEWSASSURANCESPRO.COM 7 REVAVIE, RÉFORME DE L’ÉPARGNE RETRAITE... CE QU’ILS EN DISENT Adrien Couret, directeur général délégué assurances de personnes Groupe Macif Le produit retraite proposé par la Fédération Française de l’Assurance (FFA) dans le cadre du PACTE s’inscrit pleinement dans le projet du gouvernement de simplification des produits de retraites supplémentaires. Appelé REVAVIE, ce contrat vise à unifier les conditions d’adhésion, de gestion et de sortie de l’ensemble des contrats Retraite existants. L’objectif est de le rendre éligible au futur produit retraite européen (PEPP - Pan European Pension Product), sur lequel les discussions européennes sont encore en cours. La réflexion du gouvernement sur l’épargne longue est une vraie bonne nouvelle pour l’ensemble des épargnants. À la Macif, l’unification et la simplification des contrats va dans le sens des engagements pris en faveur de nos sociétaires. Nous nous adapterons pour faire évoluer nos offres en ce sens. Laurent Saint-Martin, député LREM du Val-de-Marne et vice-président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale L’idée d’une unification des produits d’épargne retraite va dans le bon sens. Afin d’encourager le développement de ces placements, encore trop peu répandus en France comparé à nos voisins, il est indispensable de les rendre portables d’une entreprise ou d’un statut à l’autre ; cela s’inscrit dans la logique que notre majorité défend concernant la formation ou le chômage. L’épargne retraite doit en outre permettre aux assureurs de réaliser des investissements de plus long terme pour renforcer les capitaux de nos entreprises. Philippe Dabat, directeur général délégué du groupe AG2R la Mondiale Nous voyons un point positif dans la loi Pacte telle qu’elle a été présentée par le ministre de l’Économie sur le volet de l’épargne-retraite. Il s’agit de l’harmonisation des différentes fiscalités qui doit permettre d’organiser la portabilité des droits pour les travailleurs qui seraient amenés à changer de statut (salarié, auto-entrepreneur, fonctionnaire...) et donc de régime au cours de leur vie professionnelle. En revanche le point noir concerne la sortie en capital sans contrainte. C’est rendre un mauvais service aux Français qui sous-estiment bien souvent leur espérance de vie et leur état de santé en fin de vie. La sortie en capital revient à reporter le risque de longévité sur l’assuré. Elle porte par ailleurs un risque d’anti-sélection pour ceux qui opteraient pour la rente viagère. Autre point noir le double cantonnement en phase d’épargne. L’assurance vie aura son canton et les plans d’épargne retraite auront le leur, ce qui casse l’effet de mutualisation entre les risques longs et les risques courts. Cela va raccourcir la durée des passifs des assureurs et donc réduire leur capacité à investir dans des titres actions comme l’appelle de ses vœux le gouvernement. Marie-Jeanne Amata, directrice générale de Garance Garance partage les constats soulevés par la FFA et plus spécifiquement sur la retraite : des besoins importants et un développement insuffisant. De ce fait, les contours du nouveau produit de retraite Revavie, proposé par la FFA, rejoignent les préoccupations de Garance. C’est un produit qui se veut ambitieux notamment dans sa capacité à intégrer, sous format individuel ou collectif, toutes les spécificités fiscales actuelles : Madelin, PERP, PERE... Par le biais de la sortie en rente, ce produit permet d’accompagner la croissance des entreprises en finançant l’économie productive, mais doit également être soutenu par une diminution drastique des charges en capital sous Solvabilité 2 pour les placements en action. Roger Mainguy, PDG de April Prévoyance Santé Les produits universels sont intéressants dans l’intention. Mais il faut toujours faire attention à la mise en pratique. Le point intéressant concerne la volonté de favoriser la sortie en rente, cependant les Français ne le plébiscitent pas à ce jour. Si on peut ramener les différents produits retraite dans une seule formule pourquoi pas. Il faudra en revanche analyser l’apport de l’option dépendance. Nous l’avions proposée dans l’un de nos produits santé individuelle. Elle a été peu souscrite. Et à partir de quel degré de dépendance sera-t-elle déclenchée ? Ce point sera également crucial. Quant à la sortie en rente, il faut conserver un avantage fiscal comme pour le Perp pour éviter le biais du transfert de l’épargne vers de l’assurance vie.