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L'Écran de la FFCV n°121

L’ E C R A N • A V R

L’ E C R A N • A V R I L 2 0 1 8 • 1 6 Tout ce que vous devez savoir sur le son... sans avoir jamais osé le demander ! Cet article est le premier d’une série qui a pour ambition (démesurée certes…) de parcourir les divers aspects des rapports entre l’image et le son. Des aspects techniques, bien sûr, pour répondre aux questions pratiques que vous vous posez sans doute, mais pas seulement. En effet, c’est avant tout des liens très particuliers que l’image entretient avec le son que vont découler bon nombre de solutions esthétiques mais aussi techniques. Il va donc s’agir, au départ, d’explorer la nature de ces liens. © Daniel Matoré Image et son : une collaboration pas toujours pacifique… Pour commencer, quelques poncifs qui en disent plus long qu’ils n’en ont l’air… ➜ « Le son n’est pas très important, seule l’image, et à la rigueur le montage, portent réellement la marque du réalisateur… » Bien sûr, peu de personnes affirmeraient ouvertement et franchement cette opinion, mais diverses attitudes « involontaires » que l’on remarque sur les tournages révèlent qu’elle est en fait assez répandue. En effet, alors qu’on laisse bien volontiers aux acteurs, aux éclairagistes, aux cadreurs le temps nécessaire pour se préparer, faire les réglages nécessaires, recommencer plusieurs fois la même scène pour y changer un détail, lorsque l’OPS (opérateur de prise de son) réclame à son tour un temps de préparation équivalent : les positions de micros, le réglage des niveaux, le « bord cadre », les ombres perchées etc., tout le monde se retient pour ne pas lever les yeux au ciel. « Ce n’est pourtant pas compliqué de brancher un micro, quand même ! » entend-on chuchoter…. Il lui faut des nerfs solides et une personnalité bien affirmée pour résister à cette pression qui le conduirait, s’il y cédait, droit dans le mur... ➜ « La prise de son n’est pas difficile, il suffit d’un bon micro… » Là aussi, personne ne le crie sur les toits, mais beaucoup le pensent. Les articles qui suivront essaieront de le démontrer, mais faisons simplement l’observation

L’ E C R A N • A V R I L 2 0 1 8 • 1 7 suivante : le son, une fois converti en courant électrique (par le micro), prend la forme de ce que l’on appelle une « modulation » ou un « signal ». Celui-ci parcourt une chaîne (la fameuse « chaîne du signal », justement), qui comprend un grand nombre d’étapes. On peut en compter jusqu’à 12. Voyez le document de la page de gauche : même lorsqu’on ne comprend pas tous les détails des étapes successives, il est évident que toute erreur, à un endroit quelconque, affecte de façon parfois dramatique le résultat final, c’est-à-dire ce qu’entend l’auditeur. Il devient clair, en regardant ce tableau, que la maîtrise de cette chaine et de tous ses paramètres est un travail difficile, long, qui demande de l’expérience. La qualité d’un micro (voyez le début de la chaîne Source Acoustique), ne laisse pas tout présager de la suite. ➜ « Le son, on ne le remarque que quand il est nul… » Cette fois c’est vrai ! Voilà une remarque que les sondiers vérifient chaque jour dans l’exercice de leur métier. L’incitation à l’humilité que cette vérité contient n’est pas du goût de tous… Autrement dit, d’emblée, on n’y prête pas attention, on le subit, à notre insu, jusqu’au moment où il se révèle par l’inconfort qu’il nous impose. Et alors, il est ressenti comme insupportable, et devient prétexte aux accusations les plus radicales, et souvent injustes… Mais avant d’aller plus loin, posons-nous la question : quelle est la place subjective du son dans un produit audiovisuel ? Il n’est plus besoin aujourd’hui de le démontrer, l’image à envahi nos vies et la fascination qu’elle exerce change peu à peu notre rapport au monde. Plutôt que « fascination », on devrait dire « focalisation », ce qui décrit peut-être mieux la mobilisation de nos sens et de notre esprit dans le but de participer, d’adhérer pleinement, à la création d’une pseudo réalité. Cette participation se fait apparemment malgré nous, sans effort, presque passivement. Mais d’ailleurs est-ce si vrai que cela ? on ne va pas développer ici les théories psycho-physiologiques sur l’éducation de la perception, mais il est admis aujourd’hui de penser que l’image « s‘apprend », même si c’est avec une certaine facilité, comme on le constate très vite chez les jeunes enfants, « scotchés » dès leur plus jeune âge devant la télé ! A contrario, mon chat, qui regarde la télé avec moi allongé sur mes genoux, ne verra jamais les souris de mon documentaire animalier préféré. Son cerveau restera toujours incapable de faire cet apprentissage. Cette focalisation qui mobilise notre attention nous laisse en quelque sorte « désarmés » devant l’univers sonore qui l’accompagne. Il s’insinue en nous, sans qu’on s’en rende vraiment compte, il agit, puissamment parfois, mais à notre insu. Et il faut faire l’effort de s’extraire de l’image pour déplacer cette focalisation vers le son, afin, par exemple, de l’analyser, de le juger. Comme on vient de le voir, cette relative inconscience de l’univers sonore lié à l’image connaît des limites, et la violence de nos réactions, lorsque celles-ci sont dépassées, démontrent à elles seules, si besoin était, la raison de la contrariété qui est la nôtre de nous être laissés « surprendre », et aussi, peut-être, de devoir s’extraire brutalement du plaisir relativement passif de l’image. Avant d’aller plus loin dans l’analyse des rapports entre l’image et le son, précisons-en tout de suite le cadre. De quoi parlons-nous, en fait ? De la musique du film, des bruitages, des dialogues, des voix off, des ambiances ? Nous avons fait le choix, dans la suite des articles proposés, de nous occuper avant tout des sons directs, en lien constant avec l’image, encore appelés d’une façon savante « sons diégétiques ». Bref, de ce que l’on va enregistrer en synchronisation avec l’image (qu’on peut tout de suite élargir à ce que l’on appellera plus tard la « postsynchronisation »). Le propos peut paraître simple : reproduire grâce à la technique la réalité sonore de la scène d’un tournage aussi fidèlement que possible. L’objectif est-il atteignable ? Est-il aussi souhaitable ? (Suite page 18)

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