Haiti Liberte 18 Avril 2018

haitiliberte

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

DES SYNDICATS DÉNONCENT LA

COMPAGNIE WILBES THE HAITIAN S.A. !

Ki moun Jak

Woumen ye ?

Page 6

English

Page 9

Voir page 4

Sommet des Amériques

! Jovenel Moise n’a rien

dit sur le Venezuela !

Page 7

Selon les leaders syndicaux, 139 ouvrières et ouvriers ont été révoqués, depuis le 29 mars 2018, de façon illégale et injustifiée

du fait que ces employés revendiquaient une amélioration de leurs conditions de travail

MYSTÉRIEUSE MORT DE JUDE

JOSEPH ALIAS «JUDE VOCAL»?

La Voix du peuple

syrien !

Page 10

Le cadavre de Jude Joseph vêtu tout de blanc a été retrouvé sur la plage de Gelée, aux Cayes, dans la

matinée du dimanche 20 février dernier

Voir page 4

Un important

dirigeant de la

gauche colombienne

est arrêté sur ordre

des États-Unis !

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

La complexité de la lutte pour le changement en

Haïti!

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Par Berthony Dupont

La situation politique et sociale qui prévaut en ce moment

dans le pays est assez révélatrice : la classe ouvrière,

la paysannerie misérable, les forces vives endurcies par les

injustices flagrantes, les frustrations causées par la misère,

les douloureuses difficultés liées au chômage et les retombées

de la pauvreté ont, manifestement et depuis bien longtemps,

vomi le système en place. Mais on est encore bien

loin du compte puisque certains représentants authentiques

de ce système pourri et corrompu vivent en grand nombre

au sein de ceux-là mêmes qui tirent à boulets rouges sur le

gouvernement en place.

Les frontières entre ces deux éléments, l’opposition et

le gouvernement, ne sont pas nécessairement claires d'autant

que les deux jouent sur les mêmes tableaux. Parlant de

l’opposition, nous faisons assurément référence au camp du

verbalisme démagogique ; à ces candidats à la présidence,

eux qui d’une manière ou d’une autre ne font qu’encourager

à leur manière le maintien du statu quo, puisqu’ils militent

seulement pour des changements cosmétiques. Une

sorte d’attitude et de tactique circonstanciées bien rodées

pour faire croire à un vrai changement.

Pour arriver à satisfaire leurs petites ambitions, ils

n’ont jamais eu peur, ni n'ont jamais eu honte d’entretenir

des alliances contre nature : ainsi par exemple, tout

récemment au cours des dernières élections, celles entre la

Plateforme Pitit Dessalines de Moise Jean-Charles, Daly Valet

et Mathias Pierre ; entre l’Organisation Fanmi Lavalas et

un Claude Roumain, ancien ministre de facto issu du coup

d’Etat sanglant du 30 septembre 1991, pour ne citer que

celles-là. N’est-ce pas la politique du pire ?

Ce genre d’amalgame est le propre de ceux qui refusent

de compter sur les forces populaires organisées,

mais préfèrent s'accrocher aux sympathies, protections et

soutiens des puissances étrangères. Les deux coups d’état

réussis en 1991 et en 2004 ont été le résultat de ce manque

de confiance dans le secteur populaire.

Il n’est pire ennemi que celui qui, au sein des masses,

refuse de s’appuyer sur la lutte des masses populaires.

L’expérience historique montre – ce qu’il faut bien savoir

– que le changement dont il rêve n’est autre qu’un simple

remplacement d’hommes ou de femmes de façon à maintenir

intactes les structures socio-économiques et également

à maintenir le pays dans le giron, dans la zone d’influence

et de domination de la trinité impérialiste, soit la France, le

Canada et leur chef de file les Etats-Unis.

Ce secteur-là se réclame certes de la légitimité populaire

et peut paraitre bienveillant et anti-gouvernemental ;

mais il est habité par une grande contradiction, celle de ne

pas faire cadeau du boulevard de la lutte au secteur révolutionnaire.

Alors que de notre côté, ce que nous proposons

aux masses populaires c’est la force organisationnelle de

notre secteur à offrir une perspective d’alternative de résistance,

de fermeté pour accaparer le terrain et les accompagner

à la victoire. Ledit secteur n'est pas du tout disposé

à perdre ses privilèges, encore moins à laisser la porte ouverte

à un idéal d’espoir et d’«une autre vie possible» pour

les travailleurs et la jeunesse.

Le ver est déjà présent dans le fruit d'une complexité

que nous ne pouvons pas faire semblant d’ignorer, encore

moins de ne pas en tenir compte. La menace d'un pourrissement

annoncé est d’autant plus réelle que la voie révolutionnaire

sans aucun doute est la meilleure et la seule

pour réaliser les inéluctables changements fondamentaux

revendiqués par les masses défavorisées.

Le problème est assurément très complexe à résoudre.

En ce sens, mobiliser les masses populaires de façon

à mener une lutte organisée fait déjà pressentir les nombreux

obstacles que cette classe de politiciens réformistes

et électoralistes jouissant d'une relative légitimité populaire

est disposée à mettre sur notre chemin. Nous aurons coûte

que coûte à leur faire face d’abord avant d’entamer la lutte

contre l’ennemi principal. En d’autres termes, c’est mener

une lutte au sein même du mouvement populaire de façon

à trier l’ivraie des charlatans prêts à servir l’ennemi du

bon grain des vrais ouvriers de la révolution, du camp du

changement véritable.

Ne nous étonnons pas qu’il soit beaucoup plus redoutable

de les combattre que de lutter contre le principal

ennemi. A certains carrefours de la lutte, ils peuvent même

s’allier à l’ennemi principal pour nous barrer la route. L'instinct

de classe, la satisfaction de leurs mesquins petits intérêts

personnels, c'est là l’essentiel de leurs démarches. Au

risque même de renfoncer les intérêts des forces réactionnaires

qui pillent et ruinent le pays. Qu’importe, puisqu’ils

ne pensent qu’à leur seul être et qu’après eux, c’est le

néant.

Ce sont tous ces aspects contradictoires et complexes

qui constituent aujourd’hui les éléments du puzzle de la

lutte haïtienne à réarranger pour un véritable changement.

Email :

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Website :

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DIRECTEUR

Berthony Dupont

RÉDACTEUR EN CHEF

Dr. Frantz Latour

RÉDACTION

Berthony Dupont

Wiener Kerns Fleurimond

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Frantz Latour

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EN HAITI

Daniel Tercier

Bissainthe Anneseau

COLLABORATEURS

Marie-Célie Agnant

J. Fatal Piard

Catherine Charlemagne

Pierre L. Florestal

Yves Camille

Jacques Elie Leblanc

Roger Leduc

Claudel C. Loiseau

Henriot Dorcent

Dr. Antoine Fritz Pierre

Jackson Rateau

Eddy Toussaint

Ray Laforest

Edmond Bertin

Robert Garoute

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Ing. Roosevelt René

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


A Travers Haiti

Enarts: De réouvertures en réouvertures !

Par J. Fatal Piard

Suite à la catastrophe provoquée

par l’application aveugle du plan

néolibéral qui a bradé nos entreprises

locales, il ne nous reste que

l’arme de la culture authentique

pour opposer une farouche résistance

à la tyrannie de l’aliénation

mentale et culturelle.car il y va de

notre survivance même de peuple.

J. Fatal Piard

Tel qu’annoncé depuis la veille

sur les ondes ainsi que sur

les réseaux sociaux, une rencontre

avec la presse a été prévue à

l’Enarts le jeudi 12 avril. Objectif

primordial, annoncé ouvertement à

la population de la nième réouverture

de l’unique institution publique

d’enseignement de l’art du

pays en l’occurrence l'Ecole Nationale

des Arts. L’école a été fermée

depuis plus d’une année, suite à

l’expulsion de onze étudiants qui

revendiquaient de meilleures conditions

d’apprentissage ainsi que du

matériel adéquat.

En effet vers 12,30 heures les

panélistes ont pris place au bord de

cette table branlante qui les attendait

à l’étage de cette bâtisse visiblement

délabrée. Jean Michel Lapin,

Directeur Général du Ministère

de la Culture et de la Communication,

Philippe Dodard, Directeur

Général de l’ENARTS et Aurilus

Clarens Edson allaient s’entretenir

avec ces travailleurs de presse

présents. Ces derniers venaient tout

juste de franchir une partie de cette

cour mal entretenue jonchée de détritus

et de feuilles de manguiers

dont l’automne vient de sonner le

glas et qui alternent avec des cailloux

grisâtres.

« Nous sommes ici pour annoncer

la signature d’un protocole

d’accord tripartite avec les étudiants

contestataires et le Ministère de la

Culture et de la Communication.

Cette mesure va déboucher sur la

réouverture de l’Enarts dont l’ensemble

des activités a été paralysée

depuis la contestation des étudiants

qui a eu lieu le 13 mars 2017. Par

cette même occasion, nous annonçons

la réintégration des 11

étudiants expulsés du fait de leur

façon de protester qui portaient des

préjudices à l’institution ».

En ces thèmes s’est exprimé

Monsieur Philippe Dodard. A titre

de Directeur de l’Enarts, l’intervenant

a poursuivi pour faire savoir

que les étudiants qui exigeaient

de meilleures conditions d'apprentissage

avaient bien raison. En

conséquence, le protocole d’accord

tripartite signé en présence d’un

juge de paix entre les protagonistes

de la crise prend en compte toutes

les revendications. Du coup, Aurilus

Clarens Edson a annoncé au nom

des étudiants leur volonté de trouver

un terrain d’entente avec le Directeur

Dodard en vue de la reprise

des activités au sein de l’institution

artistique.

Le Protocole d’accord

Dans le but d’arriver à une entente

permettant d’assurer la reprise

des cours à l’Enarts, la Direction

Générale représentée par Philippe

Dodard et les étudiants ont signé

cette entente dont, Godson Antoine,

Gerry Sterling, Stanley Etienne,

Rubens Corneille, Amilcar Jean

Pierre, Ludger Mérisier, Peterson

Adler Noel, Alexandre Jan Judner

Leriche, Rosman Dorlys, Sabruna

Georges, Marie Jessie Kernizan. Il

a donc été convenu et arrêté ce qui

suit, chacun en ce qui les concerne,

relativement aux engagements

suivants :

1-Assurer le maintient permanent

d’in climat de paix et de

sérénité indispensable à la bonne

marche de l’institution et à la formation

de toute la communauté estudiantine

en générale ;

2-Respecter à la lettre les

règlements disciplinaires de l’institution

qui seront proposés, discutés,

arrêtés et publiés et seront applicables

à tous dès la reprise des activités

académiques :

La Direction Générale de con

coté s’engage à :

Entériner et procéder à l’annulation

complète des sanctions prises dans

la lettre du 30 mai 2017 ;

Réintégrer ces étudiants dans

le programme régulier de l’école,

accompagnés d’ajustement quand

cela s’avèrera nécessaire, en vue de

leur permettre de boucler leur cycle

d’études,

Prendre en considération les

revendications des étudiants contestataires

tout autant qu’elles sont

conformes aux normes et principes

gouvernant l’Enarts qui sont

proposés, discutés et arrêtés selon

les moyens disponibles à court,

moyen et long terme.

L’Enarts et ses problèmes

L'École Nationale des Arts

(ENARTS) a ouvert ses portes le

matin du 29 octobre 1983, mais

s’est retrouvée entravée dans son

fonctionnement depuis tantôt 30

longues années. Le démantèlement

de l’unique école d’art étatique du

pays participe de cette volonté manifeste

de la réaction locale visant à

laisser la voie libre à l’acculturation

à outrance. En mai 1987, Henry

Namphy, criminel tout puissant,

s’est trompé d’adresse, accompagné

du haut état major de cette armée

de sanguinaires assidues, est venu

mener campagne au sein de l’institution.

Tandis que parallèlement les

étudiantes de l’Ecole des Infirmières

rentrés en grève depuis des mois

n’avaient reçu que mépris de la

part des autorités du Ministère de

la Santé Publique. Et depuis lors,

le venin de ces militaires a toujours

empêché à l’Enarts de fonctionner

correctement. Bien avant la sortie de

la première promotion 1983-1987,

des réactionnaires structurels ont

mis en branle leur arsenal d’astuce

AVIS DE DIVORCE

PAR CES MOTIFS, Le Tribunal après examen, le Ministère Public entendu,

admet en conséquence le Divorce de la dame Fresnel FEDNEY, née Elvine

SOLITAIRE d’avec son époux pour abandon du toit marital. Prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux.

AINSI JUGÉ ET PRONONCÉ PAR NOUS, Alix FUCIEN, Juge, en audience civile,

ordinaire et publique du mercredi onze mai deux mille seize en présence de

Me. Hervé C. HYPPOLITE, Substitut du Commissaire du Gouvernement de ce

ressort avec l’assistance du sieur Luc LAURENT, Greffier du siège.

IL EST ORDONNÉ, ETC…

EN FOI DE QUOI, ETC…

Fait à Port-au-Prince, le 9 avril 2018

Pour ordre de publication :

Me. Jean-Claude CHARLES, Avocat

N.B : DEUXIÈME PUBLICATION.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après avoir délibéré au vœu de la loi et sur

les conclusions conformes du Ministère Public, maintient

le défaut octroyé à l’audience du 19 février 2018 contre

la défenderesse Mme Jeanise Intervol et pour le profit

adjuge les conclusions de la partie défenderesse; qu’en

conséquence admet le divorce du sieur Icelin Pierre

d’avec sa femme née Jeanise Intervol ; prononce la

dissolution des liens matrimoniaux l’unissant à sa

femme pour incompatibilité de caractère et injures

graves

Philippe Dodard, Directeur

Général de l’ENARTS

pour entraver le bon fonctionnement

de ladite institution.

Quelques propositions

Nous ne devons pas nous apitoyer

sur la situation calamiteuse de cette

institution fondamentale dans le

cadre de la transmission des connaissances

relatives à la transmission

des valeurs culturelles. Bien

au contraire, nous proposons que

des négociations doivent être entreprises

pour remettre l’Enarts sur

les rails avec de nouvelles orientations.

Trois entités de l’Etat sont

concernées au premier chef.

Le Ministère de la Culture

pour les affaires administratives, le

Ministère de l’Education Nationale

pour le curriculum et le Rectorat de

l’Université pour l’homologation du

diplôme. Outre les justes revendications

des étudiants, celles du personnel

enseignant et administratif,

concernant de meilleures conditions

de travail, au cas où elles seraient

prises en considération contribueraient

ardemment à la bonne marche

de l’institution.

Partant du fait qu’il ne saurait

exister de générations spontanées,

des cours de méthodologie et de

pédagogie doivent être intégrés au

cursus dans toutes les disciplines

artistiques pour que l'étudiant soit à

même de retransmettre les connaissances

acquises. La question fondamentale

reste à savoir si dans l’état

actuel de l’Etat, les hauts responsables

ont-ils la capacité de mesurer

la valeur de la culture et de l’art

dans la perpétuation de l’identité

d’un peuple. La lutte pour la survie

de l’Enarts vaut tout aussi bien

pour celle de la défense de la culture

authentique avec un espace envahi

par la tendance bòdègèt en vogue

depuis belle lurette et alimentée par

des aliénés en mission spéciale.

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen et sur les conclusions conformes du Ministère Public, entendu,

maintient le défaut octroyé à l’audience précitée ; pour le profit, déclare fondée la dite

action ; admet en conséquence le divorce du sieur Thierry JEAN PAUL et Edwige Fify pour

injures graves et publiques aux torts de l’épouse; prononce la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux ; ordonne l’officier de l’Etat civil de Cavaillon

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait

sera publié dans l'un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers; compense les dépens vue la qualité des partis ; commet l'huissier

Jean Louis OCTAVE huissier de notre tribunal pour la signification du dit jugement ;

compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Jean Emmanuel ZEPHIR, av. juge en audience civile,

ordinaire et publique en date du douze juillet deux mille seize en présence de Me Luthan

ISAAC substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort avec l’assistance du sieur Me

Paulin CIVIL, greffier.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux

officiers du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants

et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront

légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Doyen et du greffier susdits.

Ainsi signé : Me Luthan ISAAC et Paulin CIVIL.

Pour expédition conforme collationnée

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après avoir délibéré au vœu de la loi et au nom de la République

et à charge d’appel, se déclare compétent pour connaitre l’affaire portée

par-devant lui , s’agissant d’une trouble de possession ; accueille l’action des

requérants pour être juste et fondée ; ordonne en conséquence le maintien

en possession des requérants dont leur terrain respectifs ; condamne les

sieurs Manol Roger et Fauber Roger à dix mille gourdes (10.000 Gdes) en

vertu des articles 1168 et 1169du Code Civil haitien pour les dommages

causés aux préjudices du demandeur et aux frais et dépens de la procédure

; commet Jean François Charles huissier du siège pour la signification de

cette présente prononcée.

Donné de nous, Me Delphonse Maxon juge de paix de la commune de

Cavaillon en audience civile et publique du mardi seize janvier deux mille

dix huit du matin, assisté du greffier Walter Pierre Louis, An 214e de

l’Indépendance.

Il est ordonné, etc…

En foi de quoi, etc…

Me Gumail NICOLAS Avocat

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

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Mystérieuse mort de Jude Joseph alias «Jude Vocal»?

Par Isabelle L. Papillon

Ce n’est pas une histoire tirée

d’un quelconque roman; mais

bien la réalité du sous-développement

en Haïti. Le cadavre d’un

homme vêtu tout de blanc a été retrouvé

sur la plage de Gelée, aux

Cayes, dans la matinée du dimanche

20 février dernier.

Personne ne sait les causes

de sa mort et pour l'avoir trouvé

aussi bien habillé, c'est à croire que

quelqu’un l'a déposé à cet endroit.

Les deux présumés suspects Edouard Jean Modelaire et Lebonheur Bonne-

Année ont été arrêtés et placés en garde à vue

C'est un vrai mystère !

Selon ce qu’a rapporté le

journal en ligne Loop Haiti, « Ce

sont des pêcheurs qui ont vu le cadavre,

les premiers. Mais vu qu’il

est de coutume que des gens viennent

se coucher tout près de la

mer, ils n’ont pas eu la moindre

inquiétude » témoignent des riverains.

PAR CES MOTIFS

Sur les conclusions du Ministère public maintient le défaut requis contre l’assignée Laurennecie

Pierre; pour le profit accueille favorablement l’action en divorce du requérant tant en la forme

qu’au fond ; en conséquence, prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les

époux Gustave Egalité, sa femme née Laurennecie Pierre aux torts de l’épouse ; renvoie le

requérant par devant l’Officier de l’Etat Civil du quartier de vieux bourg d’Aquin pour la

transcription du dispositif de cette décision et la rédaction de l’acte de divorce après l’accomplissement

des formalités légales; commet l’huissier Fritz Bernard de ce siège pour la signification

de ce jugement et compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé de nous Wadson Brown, juge, en présence de Me Aldrin Joassaint,

substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort, avec l’assistance du greffier Djim Gué en

audience publique du mercredi quatre avril deux mille dix-huit, An 215e de l’Indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux

officiers du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants et

autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement fut signée du juge et du Greffier susdits. Ainsi

signé

Collationnée pour expédition conforme à la minute

Me Djim GUE

Greffier en chef

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal, après examen , le Ministère Public entendu, maintient le défaut octroyé

contre la défenderesse à l’audience précitée ; pour le profit, déclare fondée la dite

action ; admet en conséquence le divorce de la dame Béatrice Lafalaise d’avec son

époux Reginel DESROSIERS pour injures graves et publiques aux torts de l’époux;

prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux ;

ordonne à l’officier de l’Etat civil de la section Est de Port-au-Prince de transcrire sur

les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera

inséré dans l'un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de dommages

intérêts envers les tiers s’il y échet; commet Vilneret GABRIEL huissier de ce siège

pour la signification de ce jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Marlène Bernard DELVA, juge en audience civile,

ordinaire et publique du jeudi 1e février deux mille dix huit séance tenante en

présence de Me Néhémie JEAN-BAPTISTE substitut Commissaire du Gouvernement

et avec l’assistance du sieur Mozart TASSY, greffier du siège.

Il est ordonné En foi de quoi

Markens AVRIL

Avocat

Le corps inanimé de Jude Joseph

C’est à leur retour de pêche

qu’ils constatent que cet homme

est toujours là, allongé au bord de

la plage. Curieux, ils s’approchent

de lui et constatent que c’est un

corps sans vie. C’est alors que la

police a été alertée ; elle est arrivée

accompagnée du Juge de Paix,

Maudeler Cadet pour faire le constat

légal.

Toujours selon les témoignages

des riverains, « il était

sur la plage depuis la veille. Il a

garé sa voiture de couleur rouge,

de marque KIA, immatriculée

AA06927, avec à l`intérieur plus

de cent mille gourdes en liquide,

tout près de Legacy Club, avant de

s’allonger sur sa natte.

Selon des informations recueillies

par un autre journal en ligne

Rezo Nòdwès, cet homme s’appelle

Jude Joseph, 41 ans, marié, père de

famille, propriétaire d’un magasin

électronique à Port-au-Prince ; très

connu au carrefour de l`aéroport. Il

est le propriétaire du magasin de

téléphones cellulaires « vocal cellulaire

» à Delmas 19. Originaire de

la commune d`Arniquet, il habitait

à Vivy Mitchell.

L`enquête menée suite à ce

décès, a permis aux autorités de

conclure que Jude Joseph alias Jude

Vocal a été assassiné. Deux hommes

ont été arrêtés et des mandats

d’arrêt ont été émis par la justice

des Cayes contre huit autres personnes.

Les deux présumés impliqués

ont été identifiés en tant que

deux hougans, il s’agit de Edouard

Jean Maudelaire et de Lebonheur

Bonne-Année.

A ce sujet, voici la mystérieuse

et rocambolesque histoire racontée

par Rosemond Ronald, le substitut

du commissaire du gouvernement

des Cayes : « La victime avait

requis les services d`un hougan à

Torbeck ; mais celui-ci après avoir

reçu la somme de quarante mille

dollars américains et, se trouvant

dans l`impossibilité de donner

satisfaction à son client, a utilisé

un stratagème pour ne pas avoir

à remettre l`argent. Le hougan et

ses complices, sous prétexte de lui

permettre d`invoquer l`esprit de la

sirène, ont amené Jude Joseph sur

la plage, tout de blanc vêtu lui ont

fait boire du vin empoisonné et

ont utilisé une corde pour l’achever

»

Qu’on le veuille ou non,

pareils actes relèvent tout simplement

du sous-développement

La voiture de Jude garée sur la plage

Jude Joseph

chronique dans lequel vit le pays

de sorte que jusqu’à présent rien

n’est fait pour qu'on en sorte. Au

contraire, vue la politique que mènent

nos dirigeants, c’est qu’ils ne

font que nous enfoncer davantage

dans l’abime profond de l’ignorance

qui va souvent de pair avec

le sous-développement.

Des syndicats dénoncent la compagnie

Wilbes the Haitian S.A. !

Par Thomas Péralte

Le vendredi 13 avril 2018 dernier,

au cours d’une conférence de presse

de la Centrale nationale des ouvriers

haïtiens (Cnoha) et le syndicat Respect

des ouvriers haïtiens (Roham), ces

deux syndicats ont catégoriquement

dénoncé une vague de révocations

massives sans raison valable d’ouvrières

et d’ouvriers de la compagnie

Wilbes the Haitian S.A.

Cette entreprise sud-coréenne

de confections textiles établie au Parc

industriel métropolitain depuis plus de

dix ans dont Antonio Yang est le gérant

responsable, réalise ses coutures en

Haïti et les exporte vers les Etats Unis.

Selon les leadeurs syndicaux,

Dominique St-Eloi, coordonnateur

général de la Cnoha et Anne-Rose

EXTRAIT DES MINUTES DU GREFFE DE TRIBUNAL

DE PAIX DE LA COMMUNE DE CARREFOUR

Au Nom de République

L’An deux mille dix sept, An 214e de l’Indépendance et le mercredi six décembre à dix heures du matin.

Par devant nous, Me Oriol PETIT-HOMME, avocat, juge de paix de la Commune de Carrefour , officier de la police

judiciaire auxiliaire du commissaire de gouvernement près le tribunal civil de ce ressort , assisté du citoyen

Samedi D’HAITI, greffier assermenté à cet effet.

Sur la réquisition verbale de Madame France SYLDOR identifiée au no. : 007-247–006-9 propriétaire demeurant

et domiciliée à Marianie 1 #23, à l’effet de nous transporter à l’adresse susdite aux fins de constater l’état des

lieux et la maison principale de la requérante ayant l’objet d’acte de vandalisme dans la soirée du six décembre

deux mille dix sept, ma maison a été brulée pour suite par des bandits lourdement armés.

Déférant à cette réquisition, accompagnés de la dame France Syldor, nous nous sommes transportés sur les lieux.

Y arrivés, la requérante nous a conduits vers sa maison. Nous avons vu et constaté l’état physique de Madame

France Syldor et l’état de sa maison. Nous avons vu et constaté également des trous de balles au niveau des

murs de la dite maison et de la barrière principale.

Notre constat matériel terminé, avons reçu la déclaration de la requérante comme suit :

Magistrat,

Le 5 au 6 décembre deux mille dix sept, aux environs de onze heures du soir, des bandits armés ont attaqué

ma maison par des tires cause un projet de l’Organisation pour le Développement de Marianie (ODM).

L’organisation a été fondée le quinze janvier 2010, des bandits armés fuite de ma résidence, ils ont kidnappé,

violé, et aussi lapidé cette dame en question. Donc on demande justice.

Requis de signer

Il l’a fait : ORIOL PETIT HOMME

De tout quoi, avons dressé et clos le présent procès verbal de constat que nous avons signé après lecture, les

jours, mois et ans que dessus.

Ainsi signé en ce pareil endroit de la minute Madame ESPERANCE STAMICHA, juge de paix et Monsieur Oriol

PETIT HOMME, greffier de ce ressort.

Pour expédition conforme collationnée

Dominique St-Eloi, coordonnateur

général de la Cnoha

Décimus porte-parole du Roham : 139

ouvrières et ouvriers ont été révoqués,

depuis le 29 mars 2018, de façon illégale

et injustifiée du fait que ces employés

revendiquaient une amélioration

de leurs conditions de travail telles

que l’accès à des logements sociaux,

la disponibilité de cafétérias, un salaire

digne de 800 gourdes reflétant l’actuel

coût de la vie. La Cnoha réclame

la réintégration immédiate et sans

condition de ces ouvrières et ouvriers

révoqués. Elle réclame également le

paiement des heures supplémentaires

qu’ont accomplies ces ouvrières et ouvriers.

A l’approche du 1er mai, les

travailleurs doivent se mobiliser davantage

et à l’échelle nationale pour

combattre ce type de système d’exploitation

qui continue de donner libre

cours à ces dérives, excès et abus dans

le pays.

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Menteurs, bluffeurs, trompeurs, mystificateurs

Qui a déjà trompé trompera encore

Par Frantz Latour

Les récents événements en Syrie

au cours desquels l’infernal trio

comprenant les États-Unis, la France,

l’Angleterre a lancé des missiles contre

un centre de recherches scientifiques

syrien situé au sud de Damas et des

dépôts de l’armée syrienne dans la

province de Homs interpellent la conscience

de tous les citoyens soucieux,

d’abord, de la vérité, ensuite, de la

paix. L’événement déclenché par les

forces occidentales nous a laissé fortement

suspect de ce qui s’est passé

et comment les choses sont arrivées,

d’autant que dans le passé l’impérialisme

s’est révélé fondamentalement

menteur, bluffeur, trompeur, mystificateur.

Suivez mon œil.

Début 1898, le dessinateur du

New York Journal, Frederick Remington,

écrit de La Havane à son patron,

William Randolph Hearst, le magnat de

la presse: «Il n’y a pas de guerre ici, je

demande à être rappelé ». Hearst lui

câble en réponse : «Restez. Fournissez

les dessins, je vous fournis la guerre».

Une violente campagne de presse commence

alors aux États-Unis: “En enfer

l’Espagne!” Le soir du 15 février 1898,

vers 21h40, étrangement, le cuirassé

américain Maine est victime d’une

violente explosion dans la rade de la

Havane, à Cuba: la seule du genre dans

l’histoire de la marine américaine. Brrrr!

252 hommes périssent dans

l’accident. Une commission d’enquête

concluera - seulement treize ans plus

tard - à une explosion “accidentelle”

dans la salle des machines. On sait que

l’empire était en zing de contrariété

pour ravir les Philippines, Cuba et Porto

Rico à l’Espagne. Alors, était-ce une

explosion accidentelle ou intentionnelle?

Vous aurez sans doute deviné la

réponse: le président William McKinley

déclarait la guerre à l’Espagne

le 25 avril 1898. Il était arrivé au pouvoir

l’année précédente sur la promesse

de maintenir la paix “quoi qu’il en

coûte”. Vraiment? Promesse de menteur,

bluffeur, trompeur, mystificateur.

Le 26 avril 1986, l’explosion

de la centrale nucléaire de Tchernobyl,

en Union soviétique, entraîne des mesures

urgentes de prévention partout

en Europe, sauf en France. Le nuage

radioactif se déplace vers l’Europe occidentale.

La propagande-mensonge

d’État relayée par les médias laisse

croire aux Français que le nuage radioactif

s’est arrêté à la frontière française.

Miracle? On sait aujourd’hui

qu’il n’en a rien été et que la France

a été affectée comme ses voisins immédiats.

Raisons du mensonge, de la

mystification? Le président Mitterrand

et son Premier ministre Jacques Chirac

ne tenaient ni à affoler la population ni,

surtout, à se mettre à dos le lobby

nucléaire. Bann blofè!

Vous avez dit mensonge, monsieur

Fanfan? Oui, se sa m di. Poursuivons.

Le 23 mars 2003 la soldate

Jessica Lynch est capturée par les

forces irakiennes. Dès le mois suivant,

les médias américains, aussitôt relayés

dans le monde entier, relatent son calvaire:

résistance jusqu’à l’épuisement

de ses munitions; la môme est blessée

par balle, poignardée, brutalisée par

un officier irakien etsetera, etsetera,

era. Une semaine après, alors que les

soldats ennemis s’étaient retirés depuis

déjà plusieurs heures, des unités

d’élite américaines investissent l’hôpital

de Nassiriya où la Lynch était retenue

et la ramènent au Koweit. Une

vidéo diligemment fournie par la Maison

Blanche enregistre l’exploit pour

la postérité: cruels soldats irakiens, héroïque

Jessica, Amérique salvatrice.

Le 9 avril 2003, les forces

américaines ont déjà envahi l’Irak.

Le pathétique Colin Powell brandit

ce qu'il prétend être une fiole

d'anthrax capable de tuer toute la

population de New York (sic). Un

mensonge énorme pour justifier

l'invasion de l'Irak

Des journalistes tchòtchòwè se rendent

à l’hôpital de Nassiriya et découvrent

une réalité très différente : la jeune fille

avait été capturée après être tombée de

son camion; gravement blessée, elle

avait été soignée le mieux possible par

les toubibs irakiens. Les médecins lui

avaient trouvé une fracture du bras,

une de la cuisse et une dislocation de la

cheville. “Il n’y avait aucune évidence

de blessure par balle ou de coup de poignard;

” (The Guardian). La vidéo de

la Maison Blanche était un montage de

menteur, bluffeur, trompeur, mystificateur,

une justification additionnelle de

l’invasion de l’Irak.

Bon, La Tulipe, qu’allez-vous

maintenant sortir de vos manches

prestidigitatrices? Un pigeon? Une

écharpe? Un fichu? Fichtre non! Un

charnier, ça vous va? Nous sommes

en 1989. La Roumanie étouffe sous la

dictature grotesque, clownesque, ubuesque,

burlesque, mégalomanesque,

tontonmacoutesque de Nicolas Caucescu.

Le 16 décembre une rébellion à

Timisoara est cruellement réprimée par

l’armée. Le 22, la vague populaire atteint

Bucarest. Le tyran est renversé et

s’enfuit avec sa femme. Rattrapés, ils

sont “jugés” et exécutés sur-le-champ.

Or, quelques jours auparavant,

les télévisions du monde entier avaient

diffusé les images d’un supposé “charnier

de Timisoara”. Les émeutes de Timisoara

avaient fait une centaine de

victimes. Les cadavres d’un très grand

nombre de victimes avaient été tout

simplement exhumés par la redoutable

“Securitate” pour servir à une macabre

mise en scène à caractère de propagande.

C’était la première expression de

désinformation médiatique à l’échelle

planétaire.

Elle devait profiter à l’équipe

du président Ion Iliescu et du premier

ministre Petre Roman. Avec d’autres

membres de la nomenklatura, les deux

mecs allaient confisquer la “révolution”

roumaine. Ils avaient donc besoin

d’une forte légitimité pour fusiller de

façon expéditive le couple Causescu.

Les menteurs, les bluffeurs, les trompeurs,

les mystificateurs à l’œuvre. Ni

plus, ni moins.

Sans aucun doute, Caucescu était

un dictateur anachronique, mais les

médias de l’occident “démocratique”

eurent grand plaisir à étaler l’aspect

conspiratif, ténébreux, cruel des horribles

mecs de la Securitate, excroissances

lucifériennes d’un pouvoir fou,

loup-garous monstrueux capables des

pires cruautés. Ils en ont profité pour

présenter le communisme comme une

sorte d’image en miroir du nazisme.

Il fallait matraquer les cerveaux.

La “tragédie” de millions d’hommes

et de femmes sous le joug du communisme”,

«autre barbarie du vingtième

siècle» ne pouvait pas s’achever avec

les images festives de Berlin, les images

joyeuses des Tchèques place Venceslas.

“Le communisme, ce rêve immense de

l’humanité, pouvait-il s’écrouler sans

un fracas rappelant sa monstrueuse

puissance?” Tel était ce qu’il fallait instiller

dans les esprits. La réponse était

vite offerte par une journaliste s’exclamant

devant les images du charnier : “

J’aurai donc vu cela, la fin du nazisme

et aujourd’hui la fin du communisme”.

Non, il n’y a pas eu la fin du

communisme. Il y a eu des hommes

et des femmes comme Caucescu et son

épouse Elena ainsi que les membres de

la nomenklatura roumaine qui ont dévoyé

l’héritage marxiste. Il y a eu les

menteurs, les bluffeurs, les trompeurs,

les mystificateurs à l’œuvre, qui n’ont

pas voulu trier l’ivraie staliniste du bon

grain de la pensée marxiste-léniniste et

qui ont tout fait pour que n’existât plus

le communisme en tant que référence

politique pour les catégories sociales

tenues en laisse par le capitalisme prédateur.

Continuons. La guerre du Vietnam

a bien débuté sur un mensonge,

une tromperie, un bluff, une mystification

bâtie sur la prétendue attaque de

deux destroyers américains qui étaient

“dans les eaux internationales” et qui

auraient été attaqués par des canonnières

vietnamiennes, incident qui fut

suivi de la “Résolution du golfe du

Tonkin” et qui mena à l’expansion de

la guerre du Viêt Nam. 40 ans après,

les autorités américaines avaient fini

par avouer avoir “largement exagéré”

l’incident du Golfe de Tonkin.

Dans un article paru en 2001,

l’historien de la National Security

Agency, Robert J. Hanyok, a soutenu

que des officiers de renseignement de

l’agence «ont délibérément faussé» les

preuves communiquées aux politiques

et au public. En clair, pour endiguer

l’influence communiste, maoïste, en

Asie, il fallait un manman mensonge

qui a coûté la vie à quelque deux millions

de vietnamiens et à 50 000 américains.

Ai-je besoin de souligner tout le

tapage médiatique, la présentation funambulesque

du Secrétaire d’État Colin

Powell à l’ONU et les acrobaties de la

Maison Blanche pour faire croire au

public américain et au monde entier que

Saddam Hussein détenait des “armes

de destruction massive”, assurément

une menace à la sécurité et aux intérêts

des États-Unis. Ergo, il fallait envahir

l’Irak, liquider le méchant Saddam et

occuper le pays. On sait depuis belle

lurette que c’était un mensonge massif.

Pour mettre la main sur le pétrole

irakien et redessiner la carte des zones

d’influence de l’impérialisme et du sionisme,

il avait fallu bluffer, tromper, avec

au bout du compte 4486 soldats américains

tués, plus 318 morts d’autres

nationalités, essentiellement britanniques.

La guerre a entrainé le mort violente

de plus 110.000 civils irakiens,

sans compter les milliers de blessés, et

les mal ajustés, psychologiquement.

Cette guerre aura coûté au minimum

770 milliards de dollars, selon les chiffres

du Pentagone. L’état de l’Irak est

aujourd’hui pitoyable. George Bush et

le sinistre Dick Cheney ont bien travaillé

pour les transnationales. “Mission

accomplie”, grâce à un énorme

mensonge. Vive l’Amérique démocratique!

Avant de continuer plus avant,

je m’en voudrais de ne pas passer un

savon à ce petit con de Macron. Début

septembre 2017. L’ouragan Irma ravage

les îles des Caraïbes les unes après

les autres. Emmanuel Macron, Monsieur-15%

du corps électoral, rentré

d’Europe, met le cap sur St. Martin où il

« va faire le beau sur l’île ravagée des

milliardaires bling-bling où l’ouragan

a révélé à la fois les conséquences des

coupes sauvages dans les services

publics mais aussi la lutte des classes

larvée entre les pauvres d’un côté,

souvent noirs et jamais interviewés

à la télé et les riches présentés à longueur

de reportages comme de pauvres

migrants soumis aux pillages des barbares

locaux » (Réseau international).

De l’avis d’une journaliste guadeloupéenne

parlant de l’île St. Martin:

« On dirait presque un pays en guerre »

Le gouvernement vénézuélien, sitôt

les effroyables dommages connus fait

parvenir rapidement 10 tonnes d’aide

humanitaire à la population Saint-martinoise

rudement éprouvée et 30 dans

le reste des Caraïbes. Qu’en pense Macron

et sa presse réac ? « De la vile

propagande... Une dictature qui tente

de se survivre au prix d’une détresse

humanitaire sans précédent, alors

même que les ressources de ce pays

restent considérables ». Au secours

Brigitte Trogneux Macron! Votre petit

garçon « Manno », le menteur, le trompeur,

le mystificateur, il déconne... Au

secours!

Franchement, il faut prendre ses

distances avec les politiciens véreux et

la presse servile, jakorepèt, pèpètmayi

qui puent comme “ la pipe au papa du

Pape Pie”. Ce qui m’amène aux frappes

de l’équipe va-t-en-guerre tripartite euro-états-unienne

en Syrie, à l’aube du

samedi 14 avril écoulé. Une opération

«légitime», «proportionnée» et «ciblée»

pour laquelle le roux ripou, le gros

makou, le gras corrompu de la Maison

Blanche s’est accordé une palme

d’or assortie d’une auto-félicitation

george-bushite, une boulshit: “Mission

accomplie”. L’agression trinitaire s’est

félicitée de “frappes de précision”, pratiquement

sans perte de son côté, sans

dommages collatéraux. Une opération

dyòl loulout.

Mais c’est bien Sénèque qui avait

formulé cette sage opinion: “Qui statuit

aliquid, parte inaudita altera, Aequum

licet statuerit, haud aequus fuit”, en

bref: qui n’entend qu’une cloche n’entend

qu’un son. En effet, nous avons

pu détecter un premier son discordant

lors de la conférence de presse tenue

par le pâle lieutenant-général Kenneth

Mc Kenzie flanqué de la très gauche

et mal assurée Dana White, principale

porte-parole du département de la

Défense.

Le lieutenant-général Kenneth Mc Kenzie flanqué de la très gauche et mal

assurée Dana White, principale porte-parole du département de la Défense

dans leur peu convaincante conférence de presse

En effet, l’insatisfaction des

journalistes était palpable parce que ni

Dana ni Mc Kenzie ne pouvaient dire

kwik des “preuves” de l’utilisation

de produits chimiques toxiques par le

régime d’Assad. Il y avait un peu de

scepticisme dans l’air. Selon Mc Kenzie:

“plus de 40 missiles sol-air avaient été

utilisés par le régime syrien […] beaucoup

sur une trajectoire balistique...

sans guide […] les efforts défensifs de

la Syrie étaient en grande partie inefficaces

et ont clairement accru les risques

pour leurs populations en raison

de cette réponse aveugle […]”

“En revanche, a poursuivie Mc

Kenzie, la nature précise de notre frappe

et les soins portés par notre équipe

alliée ont considérablement réduit

le risque de dommages collatéraux

suite à la page(16)

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Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Ki moun Jak Woumen ye ?

Jak Woumen fèt 4 jen nan lane 1907.

Li pibliye " La proie et l'ombre" ki se

premye èv li. Li fè parèt « Analiyse

Schématique 1932-1934 ». Jak Woumen

se fondatè tou premye Pati Kominis

Ayisyen an. Nan mwa oktòb 1941,

Woumen te nonmen direktè biwo Etnoloji.

Se nan lane 1942, li prefase « Essai

d'Explication de Dialogue de mes lampes

» yon liv Edris Sentaman te ekri. An

1943, Woumen ekri yon etid ki rele «

Le sacrifice du Tambour Assotor ». Epi

Woumen te reprezante gouvènman

Lesco a kòm chajedafè Omeksik. Woumen

mouri 18 out 1945, li te gen 37

lane. Se apre lanmò l, yo pibliye "Gouverneurs

de la Rosée", woman ki pral

rann li selèb atravè lemonn antye.

Lè y ap pale sou Jak Woumen,

gen de aspè pou yo konsidere, youn se

: Jak Woumen ekriven pwogresis. Lòt la

se Jak Woumen yon òm politik.

Nou di ekriven pwogresis pou

byen montre depi kounye a Woumen

pa nenpòt ki ekriven Ayisyen. E lè nou

di pwogresis, lè n ap pale sou Woumen,

n ap souliye, n ap pale sou ekriven

pwogresis la nan yon sans pozitif,

sètadi nou pap pale sou entelektyèl ki

mete èv yo devan pou kache aktivite

defetis y ap fè pa dèyè, lan vi prive yo

chak jou. Depi Jak Woumen jèn tigason,

Jak Woumen

l ap milite e yo toujou rejwenn li ap defann

klas defavorize yo, ap defann yon

kòz ki jis. Men natirèlman, sa pa vle

di Jak Woumen te toujou pran pozisyon

ki kòrèk, pozisyon ki ta ka pèmèt sitiyasyon

mas yo chanje. Jan piblik la ap

ka wè pi devan, se kòmanse Woumen

te kòmanse travay kolektif k ap pèmèt

rive sou pozisyon kòrèk nan yon pratik

politik k ap fèt nan enterè mas yo epi k

ap amelyore l chak jou.

Nou di òm politik. N ap atire

atansyon piblik la a ankò, pou nou

Woumen pa nenpòt ki òm politik. Jak

Woumen se fondatè yon pati politik

men pati sa a li te mete sou pye a pa

nenpòt ki pati politik. Jak Woumen,

nan lane 1934, te mete sou pye premye

Pati Kominis Ayisyen an. Nan

kreye òganizasyon sa a, malgre gwo

feblès li te genyen, Woumen ak kanmarad

li yo te fè premye pa nan gwo lit

militan revolisyonèyo ak mas yo dwe

kontinye mennen pou kreye, devlope

òganizasyon k ap gide mas yo tout bon

vre. Anplisdesa, fòk nou konsidere Jak

Woumen se ekriven ayisyen ki pi selèb,

ni aletranje ni an Ayiti. E poutèt senbòl

li reprezante lan peyi a an jeneral, gen

plizye atitid nou kapab rejwenn lè y ap

pale sou li.

-Gen moun, sitou anpil entelektyèl

ki panse fòk yo pa manyen Woumen

ditou, li se yon bagay sakre. Atitid

sa a kont tout kritik, yon atitid ki pa

wè aspè konstriktif ki genyen lan yon

kritik.

-Gen moun ki vle jistifye kanmenm

fòm nwaris ki genyen lan èv

literè Woumen yo, sou pretèks : « negritid

Woumen an revolisyonè »

-Gen lòt moun menm ki pa dakò

ak Woumen paske Woumen fin ekri

trantan anvan yo, tou sa yo ta renmen

ekri.

Joel H. Poliard

M.D., M.P.H.

Family and Community

Medicine

Public health and Pediatrics

5000 N.E. Second Ave,

Miami FL, 33137

tel. (305) 751-1105

Ayibobo pou kanmarad

Jules Masyen!

Jules Masyen ki te fèt 9 janvye

1961, apre yon terib maladi kite

nou, vandredi 13 avril ki sot pase

a. Li te gen 57 lane.

Jules te yon gwo pwofesyonèl

nan seramik. Se te yon militan

politik tou, nan mitan lane 80 yo,

li te angaje l nan lit kont diktati

divalye a. Li te manm Komite

Relèvman Matisan (KOREMA),

Alyans Nasyonal Oganizasyon Popilè

(Anop) ak Kolektif Deba Popilè.

Se vandredi 20 avril 2018 la

nan Karibe Funeral Home soti 6zè

pou rive 9vè kadav li ap ekzpose

epi lantèman l ap chante samdi 21

avril la nan Legliz Lady of Miracle

757 East 87th Street nan Brooklyn,

NY apati 10:00 nan maten.

Nòt pou laprès

N ap enfome tout ouvriye k ap bourike

nan group Apaid, kay Backer ,kay

Alain Villa, Kay Abraham Felix ,

Group Koreyen yo The Wilbes Haitian

S.A ki Antonio Yang ap dirije

Pacific sport Lorssa ap dirije

Vakdor Aparel S.A Sorege ap dirije

MBI/MGA Junk ap dirije

Heh textile Kfou madan Kan ap dirije

Global textil Caracol SAE ap dirije

Group Codevi Fernando Capean ap

dirije

Ouvriye group Coles yo Jovenel Moise

ak Css Mafia malatchong yo a fe nou

yon lot fwa anko yon pwovokasyon

an plis, .Nou mande tout ouvriye lase

bòt nou paske flanbo mobilizasyon an

pral limen pi rèd. Viktwa se pou ouvriye

òganize

Si nou pa leve kanpe sitiyasyon nou

pap chanje

Nou pa gen reprezantan nan CSS

mafya tyoul patron sa a

Nou pa gen prezidan k ap pale pou nou

Sa k la se pòt pawòl Andy Apaid li ye

Nou pa gen minis ni direktris nan

ministè afè sosyal ki pou pale pou nou

s ak la yo se tyoul patron yo ye

Nou pa gen senatè k ap pale pou nou

Nou pa gen depite k ap pale

Se nou menm ki pou mobilize

Tout Ouvriye manm CNOHA/ROHAM

yo ak lòt ouvriye ki nan lòt sendika yo

Pou plis enfòmasyon rele

954-479-4473

M ap fè nou konnen se sèl lè nou leve

kanpe

Nou mobilize

Nou manifeste bloke lari rele anmwe

viv 800 goud ak bonjan akonpayman

sosyal pèmanan pou tout travayè

Se lè sa n ap befisye yon ajisteman

salè .

Mobilize mobilize pou salè nou kapab

monte

Se nou kòmanse nan wilbes

Semèn ouvriye kay Becker yo CNO-

HA/ROHAM ap rive sou do pye l pou

nou

An n kale je nou

Fanm kou gason kòmanse lase bòt

nou

Nou pap pran nan okenn provokasyon

prezidan tyoul patwon yo

Nou pap pran nan okenn provokasyon

direktris tyoul patron ansanm ak

mafya li yo

Nou pap nan okenn provokasyon

okenn Premye minis tyoul ni minis

tyoul

Ni senatè tyoul

Ni depite tyoul

An n leve kanpe pou n chanje kondisyon

lavi nou

Dominique ST ELOI

Kòdonatè Jeneral CNOHA

TRAVAYÈ, OUVRIYE, NOU TOUT LEVE KANPE !

Samdi 5 me 2018

7h pm

Selebrasyon jounen Entènasyonal Travayè yo

Sendikalis: Ray Laforest

Berthony Dupont manm Komite Ouvriye Entènasyonal

Powèt: Tony Leroy ak anpil lòt moun ankò

Samdi 5 me

7h pm

1583 Albany Ave Brooklyn, NY 11210

Enfòmasyon 718-421-0162

6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


Perspectives

Sommet des Amériques ! Jovenel Moise n’a

rien dit sur le Venezuela !

Par Marie Laurette Numa

Le président haïtien Jovenel Moïse n'a pas dénoncé l'exclusion obscène du

président vénézuélien du sommet de Lima. C'est le minimum qu’il aurait

pu et dû faire compte tenu de l'extraordinaire solidarité, du pétrole et de

l'aide que le Venezuela ont donnés à Haïti au cours de la dernière décennie,

grâce à l'accord Petro Caribe ; bien qu'une grande partie ait été détournée

et gaspillée par des fonctionnaires corrompus de son parti le PHTK

Les vendredi 13 et samedi 14 avril

2018, a été tenu à Lima, Pérou,

le VIIIème sommet des Amériques

sous le thème de « la gouvernance

démocratique face à la corruption

». Tous les pays de l’Amérique en

l’occurrence d’Amérique du Nord,

Amérique centrale, Amérique du Sud

et des Caraïbes ont été représentés à

l’exception du Venezuela qui a été

exclu de cette réunion.

Le président des Etats-Unis

Donald Trump n’avait pas fait le déplacement.

Il se consacrait plutôt au

bombardement de la Syrie conjointement

avec la France et la grande Bretagne.

Il s’était fait représenter par sa

fille conseillère Ivanka et le vice-président

américain Mike Pence.

Au menu de ce sommet, l’on

parlait bien sur la question de la corruption

; mais le point culminant pour

les Etats-Unis et l’OEA jouant le rôle

de ministère américain des Affaires

étrangères a été la question des

élections prochaines au Venezuela

et la mise en place d’un front

commun pour combattre le président

vénézuélien Nicolas Maduro qui luimême

déclara au sujet de cette rencontre

formelle des chefs d’État de

35 pays de la région, qu’elle « ne fait

pas partie de nos priorités, aucune

décision ne va y être prise, c’est une

vraie perte de temps ».

Le président haïtien Jovenel

Moise a été bien présent au Pérou,

dans son discours ; mais il n’a rien

dit qui reflète la réalité du pays. En

d’autres termes, le peuple haïtien ne

s’est pas reconnu dans l’exposé du

chef de l’Etat. Il ne parlait que pour

lui et de sa petite clique contrôlant

l’appareil d’Etat.

Quant au vice-président américain,

Mike Pence, tout au cours

de ce sommet ; il n’a fait que mener

des entretiens bilatéraux avec certains

dirigeants du continent, pour

non seulement les exiger à appuyer

publiquement l’attaque contre la Syrie

; mais également pour amplifier sa

campagne contre le Venezuela. Les

États-Unis selon ses mots ne resteraient

« pas sans rien faire face à un

Venezuela qui s’effondre ». Que les

Etats-Unis s’effondrent devrait-il

dire honnêtement !

A l’exception de Cuba et de

la Bolivie qui n’ont pas manqué de

dénoncer l’attaque contre le peuple

frère de la Syrie. Pourtant, la majorité

des 34 pays présents n’ont

fait qu’apporter leur soutien à leur

patron, et d’autres par mesure de précaution

ont appelé à la prudence.

Sur la question de la bataille

contre la corruption, le président de

la Bolivie, Evo Morales, ne pouvait

être plus clair en parlant d’une

fausse lutte contre la corruption pour

renverser des gouvernements légitimes

et leurs projets de changement

pour les masses défavorisées. Il fait

justement référence à ce qui vient

de se passer au Brésil, avec le coup

d’état contre Dilma Roussef et l’emprisonnement

de l’ancien président

brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. Il

enfonça le clou dans la plaie quand

il déclare que la lutte contre la corruption

doit s’étendre aux paradis

fiscaux.

Le président haïtien Jovenel

Moise tout comme celui du Brésil,

Michel Temer sont des inculpés, ils

ont fait de grands palabres sur la

corruption ; mais qui ne riment à

rien. Moise se contenta de se féliciter

pour les progrès accomplis par

son administration pour déraciner la

corruption en Haïti. Il n’a pas même

une fois souligné la crise qui sévit en

Haïti avec le rapport de dilapidation

des fonds de Petro Caribe par certaines

personnalités et son rôle dans

tout cela puisqu’il a lui-même interdit

en ce sens tout débat au Parlement.

L’envoi du dossier à la cour supérieure

des comptes, qui n’est autre

qu’un nid de corrupteurs signifie tout

bonnement le jeter aux oubliettes.

En vérité, ce n’était pas le point

important du sommet, ce qui importait

réellement au Pérou a été le Venezuela

qui se prépare à organiser

des élections le dimanche 20 mai

prochain. Les Etats-Unis et certains

membres de l’OEA n’ont pas caché

leur grand appui à l’unité démocratique

(MUD), la principale coalition

d’opposition vénézuélienne, qui dans

un communiqué contre les élections

déclara « Ne comptez pas sur l’Unité

démocratique ni sur le peuple pour

valider ce qui, jusqu’à présent, n’est

qu’un simulacre frauduleux et illégitime

d’élection présidentielle »

Tous les présidents des pays qui

font partie du Club de Lima ont enchainé

dans le sens de la déclaration

du MUD. Le président de l’Argentine

Mauricio Macri a indiqué que : « Nous

ne pouvons pas regarder ailleurs, là il

y a un processus politique sans garanties

minimales, nous ignorerons

toute élection qui découle d’un processus

de ce type, parce que ce n’est

pas une élection démocratique ».

Le président colombien Juan

Manuel Santos de sa part a avancé

« nous serons implacables avec le régime

oppressif du Venezuela […] la

Colombie qui partage une frontière

avec le Venezuela reçoit chaque jour

un grand nombre de migrants qui

fuient la misère ». « La crise sociale

et économique s’aggrave de jour en

jour, ce qui a paradoxalement aidé

le gouvernement à réprimer la population

civile chaque jour un peu

plus […] la Colombie est le pays qui

souffre le plus de la situation désespérée

que vivent les Vénézuéliens,

c’est pourquoi nous sommes les plus

intéressés pour la restauration de la

démocratie dans notre nation sœur ».

Quant à Sebastián Piñera du

Chili, il a parlé sur le même ton « la

situation du Venezuela n’est pas

seulement un problème pour les

Vénézuéliens, mais aussi pour ceux

qui aiment et s’engagent pour la

démocratie ». Pour ajouter ensuite

« Il n’y a pas d’indépendance des

pouvoirs, de respect des droits de

l’homme ou de démocratie, il n’y a

que des prisonniers politiques »

Le président mexicain, Enrique

Peña Nieto, le premier ministre du

Canada, Justin Trudeau et le président

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du Panama, Juan Carlos Varela sont

tous intervenu dans le même sens

et ont fait savoir qu’ils ne reconnaîtront

pas le résultat des prochaines

élections vénézuéliennes. Des déclarations

à la grande satisfaction

du vice-président américain, Mike

Pence, qui remercia le président péruvien

Martín Vizcarra en ces termes

« Merci pour votre position forte sur

la tyrannie et la crise humanitaire

que traverse le Venezuela »

Finalement les 34 pays ayant

participé au Sommet des Amériques

ont paraphé un accord de 57 points

afin de lutter contre la corruption.

Cependant, en marge du Sommet, 15

pays marionnettes des Etats-Unis ont

signé la déclaration suivante au sujet

du Venezuela, à Lima, le 14 avril

2018.

Les chefs d’État et de gouvernement

de l’Argentine, des

Bahamas, du Brésil, du Canada,

du Chili, de la Colombie, du Costa

Rica, du Guatemala, du Guyana,

du Honduras, du Mexique, de Panama,

du Paraguay, du Pérou, de

Sainte-Lucie, et le vice-président

des États-Unis, réunis à l’occasion

du 8 e Sommet des Amériques; à

la lumière de la situation actuelle

concernant l’effondrement de l’ordre

constitutionnel au Venezuela et

préoccupés par la crise politique,

économique, sociale et humanitaire

qui s’aggrave dans ce pays :

1. Demandent instamment au

gouvernement du Venezuela de tenir

des élections présidentielles en

offrant les garanties nécessaires au

déroulement d’un processus libre,

juste, transparent et démocratique,

sans prisonniers politiques, avec

la participation de tous les acteurs

politiques du Venezuela, et confirment

que toute élection ne respectant

pas ces conditions manquera de

légitimité et de crédibilité.

2. Expriment leur détermination

à continuer de promouvoir,

particulièrement dans le cadre de

l’Organisation des États américains

(OEA), les actions et les initiatives

qui contribuent au rétablissement

des institutions démocratiques, au

respect des droits de la personne et

au plein respect de la primauté du

droit.

3. Réaffirment leur appui à

l’égard de l’Assemblée nationale du

Venezuela et réitèrent que les mesures

législatives adoptées conformément

à la constitution qui requièrent

l’autorisation de cette assemblée

seront uniquement reconnues lorsqu’elles

auront été approuvées par

celles-ci et, dans ce contexte, considéreront

les nouvelles mesures qui

contribuent au plein respect de ses

pouvoirs constitutionnels sur les

plans économique et financier.

4. Appellent les agences spécialisées,

les fonds et les programmes

du système des Nations Unies et de

l’OEA à assurer la mise en œuvre

immédiate d’un programme d’aide

humanitaire afin de remédier à

la souffrance et aux pénuries qui

touchent la population du Venezuela.

À cet égard, ils réitèrent leur appel

au gouvernement du Venezuela à

permettre l’entrée et la distribution

d’aide humanitaire qui permettront

d’atténuer les graves conséquences

des pénuries, particulièrement celles

de nourriture et de médicaments.

5. Expriment leurs profondes

préoccupations quant à l’exode

de plus en plus important de citoyens

du Venezuela ayant été obligés

de quitter leur pays en raison de la

crise, et demandent aux organisations

internationales pertinentes

d’établir immédiatement un programme

de soutien et de développement

des capacités destiné aux pays

de la région afin de répondre aux

besoins qui découlent de cet exode.

6. Appellent les membres de

la communauté internationale à

appuyer les efforts et les décisions

des pays de la région qui visent à

contribuer au rétablissement de la

démocratie au Venezuela. Ils demandent

également aux pays qui ont

adopté des mesures à cet égard de

Parlant de la corruption, Jovenel Moise n’a pas même une fois souligné

la crise qui sévit en Haïti avec le rapport de dilapidation des fonds

de Petro Caribe par certaines personnalités et son rôle dans tout cela

puisqu’il a lui-même interdit en ce sens tout débat au Parlement

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les élargir et de les renforcer.

7. Insistent sur l’importance

du soutien de la communauté internationale

pour permettre la relance

économique au Venezuela une fois

l’ordre démocratique et constitutionnel

rétabli.

Sauf que les représentants de

Cuba et de la Bolivie sont restés solidaires

du peuple frère du Venezuela,

arrivant jusqu’à dénoncer l’exclusion

du président vénézuélien du sommet

de Lima. (Voir la déclaration de

Cuba à la page 12)

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Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (15)

La MINUJUSTH privée de chef en Haïti !

Tout a commencé par une note de

presse en date du 25 février 2018 à

Port-au-Prince. Elle émane de Madame

Susan D. Page, la Représentante spéciale

du Secrétaire général des Nations

Unies, Antonio Guterres, et chef de la

Mission des Nations Unies pour l'appui

à la Justice en Haïti (MINUJUSTH).

Dans cette note, madame Page salue et

félicite les citoyens et les organisations

de la Société civile qui ont saisi la justice

contre des personnalités dont les noms

sont cités dans le fameux dossier Petro-

Caribe. Fâché et vexé, le gouvernement

haïtien crie à l’ingérence dans les affaires

intérieures d’Haïti de la part de la

Représentante de l’ONU. Il rappelle Denis

Régis, son Représentant permanent

à New-York, pour consultation à Portau-Prince,

pendant que le ministère des

Affaires Etrangères convoque madame

Susan D. Page pour explication. Enfin,

le chef de l’Etat, Jovenel Moïse téléphone

au Secrétaire général de l’ONU

pour lui faire part de son mécontentement.

Tandis que de son côté celui-ci

rappelle sa Représentante spéciale à

New-York pour consultation.

Voilà pour le fond de l’affaire.

Sauf que depuis le départ de la cheftaine

de la MINUJUSTH, elle a disparu

de l’écran radar. Elle n’est visible ni à

l’ONU ni dans la capitale haïtienne.

D’où diverses interrogations la concernant.

Serait-elle restée aux Etats-Unis

où elle serait plus utile pour l’organisation

internationale ? Où est-elle rentrée

discrètement en Haïti en gardant profil

bas ? Ou enfin, a-t-elle purement et simplement

été limogée après cette période

de tension avec les autorités haïtiennes

? Des questions pour l’heure restant

sans réponses vu que personne n’a des

nouvelles de madame Page. Faisons

un retour sur ce conflit peu commun en

Haïti opposant un diplomate en poste

à Port-au-Prince et le gouvernement

haïtien. Déjà pour comprendre la colère

du Président Jovenel Moïse contre madame

Susan D. Page, il faut se rappeler

la période à laquelle a été émise la note

qui a mis le feu aux poudres entre les

deux parties. Nous sommes à la fin du

mois de février 2018.

Le gouvernement d’Haïti s’apprête

à recevoir en grande pompe les

26 et 27 de ce mois le 29e Sommet

des chefs d’Etat et de gouvernements

de la Caricom. Pour Haïti et surtout

pour la présidence de la République,

cette Conférence régionale à laquelle

plusieurs centaines de personnalités

de haut rang doivent participer, donc

séjourner à Port-au-Prince, est une occasion

rêvée pour vendre une nouvelle

image du pays. Pas seulement sur le

plan physique mais surtout sur le plan

institutionnel. Le pouvoir haïtien veut

profiter de cette couverture médiatique

internationale pour démontrer que les

choses commencent à s’améliorer à

tous les points de vue en Haïti. C’est

une tribune qu’il entend utiliser pour

s’affirmer et se placer sur l’échiquier

du monde fréquentable après qu’Haïti

s’était mise elle-même en quarantaine

depuis des années. De fait, le Président

Moïse et le gouvernement n’ont pas

lésiné sur les moyens afin de faire belle

figure en donnant à ces honorables

visiteurs un accueil digne de leur rang.

Même l’opposition avait marqué une

pause durant cette semaine qui a mis la

capitale sens dessus dessous avec des

embouteillages monstres.

Sauf que la veille de l’ouverture

du Sommet, deux faits inattendus ont

en quelque sorte gâché la fête. Tout

d’abord, c’est la publication quelques

jours auparavant du Rapport annuel de

l’organisation Transparency international

sur la corruption dans le monde.

Dans ce rapport, la note est très salée

pour le pays de Jovenel Moïse qui se

voit classé comme le pays le plus corrompu

de la région Caraïbes. Ce rapport

venait de mettre à mal tous les efforts

La représentante spéciale du

secrétaire général des Nations

unies en Haïti et cheffe civile de la

Minujusth Susan D. Page

que le gouvernement dit consacrer

pour combattre ce fléau dans les administrations

publiques. Mais qu’importe

le classement, l’Administration

Moïse/Lafontant estime qu’il s’agit

après tout d’un simple Rapport publié

tous les ans par une organisation qui

n’a jamais été tendre avec aucun Etat

du monde. Avec les fastes déployés

pour recevoir ses hôtes, la présidence

haïtienne pense pouvoir parasiter le

document. Surtout qu’Haïti n’est pas le

seul pays de la région à figurer dans la

Rapport de Transparency international

sur la corruption.

Ainsi, le Président Jovenel Moïse

croyait s’en sortir par une pirouette.

Mais c’était sans compter ce qui allait

advenir. En effet, le mauvais coup est

arrivé le 25 février, soit quelques heures

à peine avant l’ouverture officielle

du Sommet. Sans tenir compte du fait

que le pays reçoit une Conférence régionale

et sans aucune précaution de

langage ou dans les mots utilisés comme

il est d’usage, la Représentante

spéciale du Secrétaire général de l’ONU

en Haïti a fait sortir une note dans

laquelle elle somme le gouvernement

de faire diligence pour ouvrir une enquête

sur deux tueries ayant eu lieu

entre la police et des bandits quelques

mois auparavant du côté de Livalois

(Croix-des-Bouquets) le 12 octobre

2017 et à Grand-Ravine (Martissant)

le 13 novembre 2017. Mais dans la

note de presse, madame Susan D.

Page salue surtout les citoyens qui ont

porté plainte devant la justice contre

des personnalités dont les noms sont

nommément cités dans le Rapport de la

Commission sénatoriale sur le scandale

PetroCaribe. Or, ledit Rapport prend

de jour en jour une tournure politique

jusqu’à devenir la pomme de discorde

entre le Président Jovenel Moïse et

l’opposition qui entend aller jusqu’au

bout avec cette affaire. Pour le pouvoir,

en saluant ceux ayant porté l’affaire

devant la justice, madame Page se

place directement dans un camp, en

l’occurrence celui de l’opposition.

Mais, pour la présidence, cette

sortie de la diplomate de l’ONU ne serait

jusque là encore pas trop grave.

Dans la mesure où elle ne fait que son

travail en tant que chef d’une Mission

dont l’objectif est d’aider la justice à

fonctionner en toute indépendance. Ce

qui a beaucoup énervé le chef de l’Etat,

c’est le timing choisi par la cheffe de la

MINUJUSH pour publier sa note. Selon

le Palais national, ce n’est pas la note

qui pose problème, c’est le moment

de sa publication. Les Conseillers du

Président de la République demeurent

persuadés que la responsable de la

MINUJUSH a bien choisi le moment

pour sortir sa note. En le faisant à ce

moment précis, selon eux, madame

Susan D. Page voulait encourager les

membres de l’opposition à monter

au créneau sur le dossier PetroCaribe

puisque les caméras du monde entier

étaient braquées sur Haïti. D’où le coup

de sang du chef de l’Etat qui n’a pas

du tout apprécié ce qu’ils appellent un

« coup de couteau dans le dos ».

La présidence haïtienne estime

qu’aucun pays au monde n’aurait accepté

un tel manquement de la part

d’un diplomate même venu d’un pays

ami. Devant un acte aussi déloyal, selon

un Conseiller du Président, il fallait

réagir vite et fermement. Ce qui a été

fait. « On ne peut dire d’un côté on veut

la stabilité et de l’autre côté on cherche

à provoquer l’instabilité » selon ce

proche de Jovenel Moïse. La politique

de double langage est terminée selon le

Palais national.

La note du 25 février 2018 relatif

au dossier PetroCaribe demandait une

réponse proportionnelle à sa teneur. Il

fallait démontrer que la donne commence

à changer. Pour cela la première

chose appropriée, c’était la convocation

de la diplomate en question

à la Chancellerie pour expliquer son

geste. S’agissant d’une diplomate de

l’ONU en poste en Haïti et de surcroit

Représentante spéciale du Secrétaire

général, il fallait aussi discuter avec son

chef hiérarchique. Car, il ne s’agit pas

de se lancer dans un bras de fer avec

l’Organisation des Nations Unies. Il est

seulement question de faire respecter

les règles en matière de relations diplomatiques

et consulaires.

D’où le rappel aussi à Port-au-

Prince pour consultation du Représentant

permanent d’Haït à l’ONU afin de

marquer le mécontentement des autorités

haïtiennes sur le comportement

de la diplomate onusienne. Il ne s’agit

pas non plus de critiquer la Mission des

Nations Unies pour l'appui à la Justice

en Haïti qui joue son rôle de soutien

auprès des autorités haïtiennes. C’est

la manière et surtout le moment choisi

qui sont discutables. Dans la mesure

où il n’y avait aucune urgence. Car,

ce dossier PetroCaribe occupant une

bonne place dans les débats est déjà

trop politisé pour qu’on en rajoute ce

qui pourrait empêcher à la justice de

faire réellement son travail en toute

sérénité. En revanche, cette note de la

Représentante spéciale du Secrétaire

général n’a pas été vaine. Elle a permis

aux autorités d’Haïti de sortir de la torpeur

diplomatique dans laquelle le pays

s’était enfermé depuis des décennies.

En effet, si durant la semaine

des passes d’arme entre Port-au-Prince

et New-York sur cette affaire la presse

a beaucoup relaté les échanges, on a

moins entendu les spécialistes et autres

experts en diplomatie. Pourtant, cette

sortie de la diplomatie haïtienne n’est

pas si banale qu’elle y paraît. Bien sûr

il s’agit d’un petit conflit ne concernant

qu’une diplomate d’une organisation

que le général Charles de Gaulle avait

considéré dans le temps comme un «

machin » c’est-à-dire quelque chose

qui ne sert pas à grand chose ou qui n’a

pas assez de pouvoir. N’empêche que

ce n’est pas tous les jours que les dirigeants

montent au créneau pour faire

respecter le droit d’Haïti en tant qu’Etat

souverain. Depuis près de quarante

ans, ce pays est livré à lui-même où

personne, aucun dirigeant n’arrivait à

se faire respecter. Tous ont toujours eu

peur de se faire rappeler à l’ordre par

n’importe quel petit diplomate basé

dans la capitale. De ce fait, les ambassadeurs

en poste en Haïti se prennent

pour les maîtres du pays. Ils parlent

comme bon leur semble et ils dictent

et imposent leur autorité sur tous les

dirigeants y compris les parlementaires

qui n’osent intervenir pour ne pas perdre

leur visa américain et aussi pour

ne pas froisser des diplomates pour la

plupart très susceptibles.

Qui peut se rappeler depuis quand

le gouvernement haïtien a rappelé un

de ses ambassadeurs à l’étranger pour

consultation ? Alors que certains pays

ne cessent de dénigrer les Haïtiens et le

pays comme s’ils n’ont rien à craindre.

Le respect des différentes Conventions

sur les relations diplomatiques et consulaires

et celle de Vienne en particulier

sur les droits et devoirs des diplomates

en poste dans un Etat souverain

devraient être la règle pour tous. Mais

il faut déjà que les Etats en question

soient capables de les faire respecter.

Le rappel d’un ambassadeur par son

gouvernement pour consultation est

le premier acte marquant son indépendance

ou son désaccord. Aussi bien

que la convocation d’un ambassadeur

étranger par le ministère des Affaires

Etrangères pour explication suivant

son comportement ou ses déclarations

relatives aux affaires intérieures de

l’Etat est le signe de son indépendance

et de sa souveraineté. En le faisant, il

n’y a rien de contraignant ni d’insultant

pour la partie adverse. C’est la règle

du jeu pour tout le monde.

La pauvreté et le besoin de l’aide

internationale ne doivent ni ne peuvent

empêcher à un Etat, quel qu’il soit, de

faire respecter une règle qui est commune

à tous. Dans l’affaire opposant

le gouvernement d’Haïti à la diplomate

de l’ONU, on l’a vu, les autorités n’ont

pas hésité à manifester leur mécontentement

et appliquer à la lettre les

règlements en vigueur dans le domaine

diplomatique. Primo, elles se sentent

bafouées par la cheffe de la Mission

de l’ONU en Haïti. Elle est immédiatement

convoquée pour explication à la

Chancellerie. Secundo, le ministère

des Affaires Etrangères rappelle pour

consultation en Haïti l’ambassadeur

(Représentant permanent) haïtien à

New-York. Enfin tertio, la diplomate en

question a été à son tour rappelée par

son chef hiérarchique en consultation

après échange avec les autorités haïtiennes.

Voilà de fort belle manière de

régler les contentieux diplomatiques

sans pour autant se fâcher et s’humilier

jusqu’à oublier que Haïti est toujours

un Etat indépendant, digne et fier malgré

la misère et le sous-développement

qui lui collent à la peau.

Le rappel du Représentant permanent

d’Haïti à l’ONU et la convocation

de madame Susan D. Page par

la Chancellerie sont des signes d’encouragement

laissant croire que petit

à petit le pays commence à relever la

tête. Il ne s’agit pas de compétition

ni de provocation en gonflant le torse

face à l’autre. C’est juste un retour à la

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normale dans les relations bilatérales

entre les Etats ou institutions internationales.

Mieux, le rappel du chef de la

MINUJUSH à New-York suite à l’intervention

du Président haïtien auprès du

Secrétaire général de l’ONU est encore

un signe du respect que le pays commence

à retrouver à l’extérieur. D’ailleurs,

l’on s’interroge sur un départ

définitif de la diplomate. Puisque

jusqu’au moment où ces lignes sont

écrites (16 avril) personne n’a des nouvelles

de la Représentante spéciale du

Secrétaire général ni à Port-au-Prince

ni à New- York. Mais il y a des signes

qui laissent penser que la MINUJUSH

n’a plus de pilote en chef en Haïti.

Puisque, le mercredi 4 avril 2018

le Rapport annuel sur Haïti de la Mission

de l’ONU au Conseil de sécurité

n’a pas été présenté par Madame Susan

D. Page comme il en est coutume.

C’est le Secrétaire général adjoint aux

opérations de maintien de la paix de

l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, qui s’en

était chargé à sa place. Est-elle devenue

vraiment « persona non grata » en

Haïti ? En tout cas, rien ne dit qu’elle a

été rappelée définitivement puisqu’aucun

autre nom n’est cité entre-temps

pour la remplacer. On sait seulement

que le Palais national croise les doigts

pour qu’elle ne revienne plus dans le

pays comme cheffe de Mission. D’ailleurs,

si tel devrait être le cas, cela

aurait été une grande victoire pour

le Président Jovenel Moïse qui aura

fait preuve de fermeté dans cette affaire.

Puisqu’il croit que le moment est

venu pour qu’on prenne enfin Haïti au

sérieux.

Qu’importe la suite de cette affaire,

la manière dont elle a été traitée

au niveau haïtien servirait certainement

de leçon soit pour madame Susan

D. Page soit pour sa ou son remplaçant

à ce poste de haute responsabilité en

Haïti. Au moins si à chaque fois qu’un

diplomate étranger en Haïti, quels

que soient sa nationalité et son rang,

devrait avoir un comportement ou un

excès de langage sortant du cadre de

la Convention de Vienne, il se faisait

tirer les oreilles par la Chancellerie

haïtienne, peut-être que les autres

finiraient par comprendre qu’ils ne sont

pas là pour s’occuper de la politique intérieure

haïtienne, mais pour travailler

à la consolidation des relations harmonieuses

entre deux Etats souverains et

indépendants.

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C.C

8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


This Week in Haiti

At Summit of the Americas, Haiti’s President

Says Nothing about Venezuela

The official photo of the 8th Summit of the Americas in Lima, Peru, where representatives of 33 out of the Americas’ 35 countries took part

by Marie Laurette Numa

On Fri., Apr. 13 and Sat., Apr. 14,

2018, the 8th Summit of the

Americas was held in Lima, Peru,

with the theme of "democratic governance

in the face of corruption."

All the countries of the Americas

(North America, Central America,

South America, and the Caribbean)

were represented with the exception

of Venezuela, which was excluded

from the meeting.

Ecuador’s President Lenín

Moreno left before the summit’s start

due to a hostage crisis on the Colombian

border which resulted in the

suspected death of two journalists. So

only 33 of 35 nations took part.

U.S. President Donald Trump

did not attend. He was preoccupied

with the bombing of Syria jointly

with France and Great Britain. He was

represented by his daughter/advisor

Ivanka Trump and U.S. Vice President

Mike Pence.

On the summit’s agenda was

lots of talk about the issue of corruption.

But the central issue for the

United States and the Organization of

American States (OAS), which acts as

Washington’s Ministry of Colonial Affairs,

was the question of Venezuela’s

upcoming elections and establishing a

united front against Venezuelan President

Nicolas Maduro, who said before

the summit that it "is not one of our

priorities, no decision will be made, it

is a real waste of time."

After banning Maduro, Peru

shamelessly invited leaders of the

Venezuelan opposition to represent

that country: Deputy Delsa Solórzano

and Deputy Julio Borges Antonio

Ledezma.

Haitian President Jovenel Moise

did attend the meeting in Peru, but

in his speech for the occasion, he

said nothing which conveyed the reality

of Haiti today. In other words,

the Haitian people did not recognize

themselves in the Head of State’s presentation.

He spoke only for himself

and his small clique controlling state

power.

U.S. Vice President Mike Pence

conducted many bilateral talks with

certain leaders of the continent, not

only to demand that they publicly

support the attack on Syria but also

the U.S. campaign against Venezuela.

The United States, in his words, will

not "stand idly by with a collapsing

Venezuela." The U.S. will not stand

idly by as “it tries to collapse Venezuela,”

he should have said to be honest!

Only Cuba and Bolivia clearly

denounced the U.S. bombing of Syria,

while the rest of the 33 countries in

attendance either supported Washington’s

flagrantly illegal action or timidly

called for caution and diplomacy.

On the issue of corruption,

Bolivian President Evo Morales denounced

the supposed fight against

corruption as a thinly veiled attempt

to overthrow legitimate governments

trying to bring change to the disadvantaged

masses. He referred to what

has just happened in Brazil, with the

coup against Dilma Roussef and the

imprisonment of former Brazilian

President Luiz Inacio Lula da Silva.

He drove the point home when he

said that the fight against corruption

must extend to tax havens, which

are an integral part of the capitalist

world’s economy.

President Jovenel Moïse, like

Michel Temer of Brazil, is indicted

for corruption, but blathered on with

meaningless words about fighting

corruption. He even congratulated

himself, saying his administration

was making progress in uprooting

corruption in Haiti. He did not talk

about the on-going corruption crisis

in Haiti surrounding the Senate reports

on the squandering of PetroCaribe

funds by certain people close to

him and his role in all of it, especially

stopping any debate or votes in Parliament.

He did not explain how he

relegated the dossier to oblivion by

sending it to the Higher Court of Auditors

and Administrative Disputes,

which is a nest of corrupt judges who

will bury the matter.

In truth, corruption was not

the summit’s real focus. What really

mattered to the government of Peru,

which hosted the meeting, was Venezuela,

which is preparing to hold elections

on Sun., May 20. The United

States with some OAS members have

made clear their strong support for

Democratic Unity (MUD), the main

Venezuelan opposition coalition. In a

statement against the elections, MUD

declared: "Do not expect Democratic

Unity nor the people to validate what,

until now, is only a fraudulent and

illegitimate presidential election.” All

the presidents of countries allied with

Lima supported the MUD declaration.

Argentinian President Mauricio

Macri said: "We cannot look elsewhere,

there is a political process

without minimum guarantees, we will

not respect any election that results

from a process of this type, because it

is not a democratic election.”

Colombian President Juan Manuel

Santos declared "we will be relentless

with the oppressive regime of

Venezuela. ... Colombia, which shares

a border with Venezuela, receives every

day a large number of migrants

fleeing misery... The social and economic

crisis is worsening day by day,

which has paradoxically helped the

government to repress the civilian

population every day a little more ...

Colombia is the country that suffers

the most from the desperate situation

of the Venezuelans, that is why we

are most interested in the restoration

of democracy in our sister nation."

Newly elected Chilean President

Sebastián Piñera said "the situation

in Venezuela is not only a problem

for Venezuelans, but also for those

who love and commit to democracy...

There is no independence of powers,

respect for human rights or democracy,

there are only political prisoners."

Mexican President Enrique Peña

Nieto, Canadian Prime Minister Justin

Trudeau, and Panama's President

Juan Carlos Varela all spoke in the

same vein and made it clear that they

will not recognize the outcome of the

upcoming Venezuelan elections. All

of this greatly pleased U.S. Vice President

Pence, who warmly thanked

Peruvian President Martín Vizcarra by

saying: "Thank you for your strong

position on the tyranny and humanitarian

crisis in Venezuela."

Finally, the 33 countries that

participated in the 8th Summit of the

Americas signed a 57-point agreement

to fight corruption.

But on the Summit’s sidelines,

the U.S. managed to corral 15

lackeys to sign on Apr. 14 the following

statement targeting Venezuela.

“The heads of state and government

of Argentina, Bahamas, Brazil,

Canada, Chile, Colombia, Costa Rica,

Guatemala, Guyana, Honduras, Mexico,

Panama, Paraguay, Peru, and

Saint Lucia, and the Vice President

of the United States, meeting on the

occasion of the VIII Summit of the

Americas, in light of the steady breakdown

of constitutional order in Venezuela

and concerned about the worsening

political, economic, social and

humanitarian crisis in that country:

“1) Urgently call on the Venezuelan

government to hold presidential

elections with the necessary guarantees

for a free, fair, transparent and

democratic process, without political

prisoners, including the participation

of all Venezuelan political actors; and

ratify that elections that do not meet

these conditions will lack legitimacy

and credibility.

“2) Express their determination

to continue promoting, especially

within the Organization of American

States (OAS), actions and initiatives

that contribute to the restoration of

democratic institutions, respect for

human rights, and the full force of the

rule of law.

“3) Re-affirm their support for

the National Assembly of Venezuela

and reiterate that legal acts that require

the authorization of the Assembly

in accordance with its Constitution

will only be recognized once they

have been approved by the Assembly

and, in this context, will consider new

measures that contribute to full respect

for its constitutional powers in

economic and financial matters.

“4) Urge the specialized agencies,

funds and programs of the United

Nations system and the OAS to immediately

implement a humanitarian

assistance program to alleviate the

situation of suffering and shortages

endured by the people of Venezuela.

In this regard, they reiterate their

call to the Venezuelan government

to allow the entry and distribution of

humanitarian aid that mitigates the

serious consequences of shortages,

especially food and medicine.

“5) Express their deep concern

at the growing exodus of Venezuelan

citizens who have been forced to

leave their country as a result of the

crisis, and call on the relevant international

organizations to immediately

establish a program of support and

capacity building for the countries of

the region to meet the various needs

arising from this exodus, including

those related to security.

“6) Urge members of the international

community to support the

efforts and decisions of the countries

of the region in order to contribute to

At the Apr. 14 closing of the Summit, Peruvian President Martin Vizcarra

thanked countries for “adopting specific commitments and measures to

face corruption.”

the restoration of democracy in Venezuela.

In this sense, they call on those

countries that have adopted measures

to expand and strengthen them.

“7) Emphasize the importance

of the international community’s support

for the economic recovery of Venezuela,

once the democratic and constitutional

order have been restored.

Thankfully, President Jovenel

Moïse did not put Haiti’s name to this

disgusting Washington-led interference

into Venezuelan internal affairs.

We commend him for that. However,

he also did not stand shoulder to

shoulder with Cuba and Bolivia, as

he should have, in denouncing the

obscene exclusion of the Venezuelan

president from the Lima summit. This

is the very least Haiti’s leader could

and should have done given the extraordinary

amount of solidarity, oil,

and aid that Venezuela has given Haiti

over the past decade through the

PetroCaribe deal, although much of

it has been embezzled and wasted by

corrupt officials who are part of or allied

to Jovenel’s Haitian Bald Headed

Party the PHTK.

This is also the ironic truth

about which Jovenel Moïse could not

utter a word.

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

9


LA VOIX DU PEUPLE SYRIEN !

Par Andre Vltchek

L’attaque contre la Syrie – ce pays fier

et indépendant – vient d’avoir lieu.

Trois pays sans aucun mandat moral

pour juger ou punir quiconque, trois

pays déjà responsables de centaines

de millions de vies perdues sur tous

les continents depuis des siècles, ont

arrosé la Syrie de leurs missiles. Ils

ont tenté de la terroriser et de briser

sa détermination, mais ils ont échoué.

La plupart des Syriens se sont tenus

fièrement aux côtés de leur gouvernement.

Soixante-et-onze missiles occidentaux

sur 103 ont été abattus, et les

autres sont tombés sur des installations

vides qui n’ont rien à voir avec

la « production ou le stockage d’armes

chimiques ». Pour commencer, la Syrie

n’a ni programme, ni fabriques, ni entrepôts

d’armes chimiques, donc rien

n’a pu tomber sur quelque chose qui

n’existe pas.

C’était une nouvelle violation

flagrante du droit international, mais là

encore, l’Occident a violé les lois internationales

depuis des décennies et des

siècles, brutalisant la planète entière.

Par conséquent, personne n’est surpris.

Beaucoup de gens sont en colère,

voire outrés, mais surpris – non.

Les forces russes sont maintenant

en état d’alerte, tandis que l’impressionnante

flotte chinoise a quitté

ses ports, organisant des formations

et des exercices de tir près de Taïwan,

dans ce que beaucoup considèrent

comme un avertissement à l’Occident

et l’expression du soutien et de la solidarité

avec la Russie et la Syrie.

L’ambassadeur de la Syrie à

l’ONU, le Dr Bachar Jaafari, a accusé

les États-Unis, la Grande-Bretagne

et la France de violer ouvertement la

Charte des Nations unies. Comme l’a

rapporté l’agence d’information syrienne

SANA, il a déclaré : « Je précise

ici que l’histoire de ces trois États est

construite sur l’utilisation de mensonges

et d’histoires inventées pour

mener des guerres dans le but d’occuper

des pays, de saisir leurs ressources

et de changer leurs gouvernements par

la force. »

La Russie est clairement indignée.

Comme l’a rapporté RT :

« Alors qu’aucun des missiles de

croisière lancés par les États-Unis et

leurs alliés n’a atteint les zones de

défenses aériennes russes, les frappes

ont suscité l’indignation de Moscou.

La porte-parole du ministère

russe des Affaires étrangères Maria

Zakharova a déclaré que les frappes

dirigées par les États-Unis ont touché

un pays ravagé par la guerre “qui tente

depuis de nombreuses années de survivre

à l’agression terroriste”. Dans

une déclaration publiée sur Facebook,

elle a comparé avec l’invasion au

début de la guerre en Irak de 2003, qui

était basée sur des affirmations selon

lesquelles l’Irak développait des armes

de destruction massive. »

La Chine s’est opposée aux

frappes. Selon Press TV, elle a appelé

à « un retour au droit international » :

« La porte-parole du ministère chinois

des Affaires étrangères Hua Chunying

a déclaré samedi que Beijing était “opposé

à l’usage de la force” à la suite

des attaques aériennes tripartites contre

la Syrie et a appelé à un “retour

dans le cadre du droit international.

Nous nous opposons systématiquement

à l’usage de la force dans les

relations internationales, et défendons

le respect de la souveraineté, de l’indépendance

et de l’intégrité territoriale

de tous les pays”, a-t-elle fait savoir

dans une déclaration. »

Les protestations se font entendre

dans le monde entier. Mais le

plus important, c’est la réaction des

Syriens. Confrontés à un énorme danger,

ils font preuve à la fois de courage

et de détermination pour protéger leur

mère patrie.

Vanessa Beeley, rédactrice au

21st Century Wire et correspondante

Fida avec des enfants palestiniens à Damas

Quelques heures après l’attaque, les Syriens ont inondé les places, les

parcs et les avenues, dansant dans les rues, agitant leur drapeau national

et faisant la fête

chevronnée, qui couvre courageusement

la guerre en Syrie depuis plusieurs

années, a exprimé son admiration

pour le peuple syrien. Pour ce

reportage, elle a déclaré : « Le peuple

syrien célèbre une victoire historique

dans une bataille qui menaçait d’entraîner

le monde entier dans la guerre.

C’est une victoire pour la Syrie

qui utilise du matériel et des missiles

désuets, qui coûtent une fraction des

Tomahawks américains, britanniques

et français, à 1.4 millions de dollars

chacun – elle a repoussé une attaque

concertée de trois des nations néocons

les plus agressives et puissantes. Les

dommages ont été sévèrement limités.

Ce fut un échec coûteux pour les

impérialistes et une démonstration de

défi courageuse par la Syrie face à une

force asymétrique. ». Oui, un échec

vraiment coûteux (financièrement,

mais surtout moralement) et embarrassant

!

RT en train d’interviewer le

Ministre Syrien de Commerce

J’ai demandé à plusieurs citoyens syriens

de tous horizons de commenter

les récentes attaques contre leur pays,

Mme Fida Bashour, une économiste de

Damas : « J’ai eu peur quand je me suis

réveillée, mais maintenant les choses

vont mieux. Je suis allée au centre de

la ville le matin et je viens de revenir

chez moi. Les choses vont bien et oui,

nous allons gagner ! »

M. Essa Tahhan, un ingénieur

d’Alep : « Les habitants d’Alep et d’autres

gouvernorats syriens condamnent

l’attaque américaine contre la Syrie

(…) Les Américains affirment qu’ils

croient que des armes chimiques ont

été utilisées à Douma (…) C’était la

justification de leur attaque. Ce matin,

des gens se sont rassemblés sur la

place Saadallah Jabri pour condamner

cette attaque (…) et ils soutiennent

l’armée syrienne qui y a fait face.

Avant l’attaque, les gens inventaient

déjà des blagues contre le président

Trump, juste pour s’amuser… Par exemple,

un étudiant a écrit sur sa page

Facebook : « Est-ce que Trump battra

la Syrie demain ? Parce que j’ai un

examen à passer à l’université (…)

donc si vous planifiez une attaque,

je ne devrais pas étudier et plutôt me

préparer pour vous.” »

Dr Hiam Bashour, une femme

médecin qui vit et travaille à Damas

: « Je suis très en colère après la nuit

d’horreur que nous avons dû passer.

Tout cela me rend furieuse… Après

sept ans de mensonges contre la Syrie.

Malgré tout, les Syriens sont résilients

et continueront à aimer leur pays, à

lutter pour le pays et à s’unir pour le

pays.

Depuis trois ou quatre jours,

des dizaines de milliers de caricatures

se moquent de la situation. Elles ont

tourné sur les médias sociaux et dans

les groupes WhatsApp. Ces dessins

reflètent clairement l’ironie de cette

guerre. Nous savons, nous réalisons

à quel point tout cela est triste, mais

c’est une façon novatrice pour le peuple

syrien de faire face à ce paradoxe,

à cette tristesse et à cette brutalité. »

M. Fadi Loufti, coiffeur de

Damas : « J’ai été réveillé à 4h du matin

par un puissant bruit d’explosion.

Ma maison tremblait terriblement. J’ai

immédiatement vérifié sur Facebook et

j’ai compris que nous étions attaqués.

Trump est un imbécile de penser qu’il

peut nous détruire. Il peut nous attaquer

encore et encore, mais il nous

ne nous rendrons pas. »

Deux étudiants syriens à Damas

ont exprimé leur soutien au gouvernement

ainsi qu’aux forces armées syriennes

: Mme Rana, une jeune femme

de 21 ans, de Damas : « Nous avons

été horrifiés lorsque nous avons entendu

les explosions la nuit dernière, mais

nous avons foi en notre armée et en

notre gouvernement et nous savons

La Syrie ! C’est une nation qui ne sait pas mendier, une nation d’hommes, de femmes et d’enfants courageux. Elle

ne sera pas vaincue, et sa victoire pourrait bientôt devenir le premier clou dans le cercueil de l’expansionnisme

et de l’impérialisme occidental

tous maintenant que l’armée syrienne

a réussi à abattre la plupart des missiles.

Nous considérons que c’est notre

victoire. Et nous la voyons comme une

humiliation des agresseurs. »

M. Majd, un étudiant de Homs, a

commenté : « Aujourd’hui est un jour

de congé pour la plupart des Syriens,

mais nous sommes en nombre pour

montrer notre soutien à l’armée et à

notre gouvernement. Nous n’avons

pas peur de leurs missiles et nous les

abattrons tous s’ils viennent. La Syrie

a traversé une horrible guerre ces sept

dernières années, et maintenant cette

dernière attaque ne parviendrait certainement

pas à briser notre volonté. »

Les analyses qui suivent, simples

mais puissantes, basées sur la

pure logique, ont été partagées avec

moi par un ami proche ; un jeune

intellectuel syrien qui préfère rester

anonyme : « L’un des plus gros mensonges

que la France et les États-Unis

s’attachent à répandre est qu’ils ont

visé un centre de recherche sur les

Plusieurs milliers de Syriens sont descendus dans les rues de Damas, après

le déclenchement des frappes occidentales, pour manifester leur soutien à

l’armée et au régime

armes chimiques et un entrepôt destiné

à stocker ces armes. L’installation

de recherche est située à l’intérieur de

la ville de Damas, et si c’était vraiment

une installation produisant des armes

chimiques, nous aurions dû voir beaucoup

de personnes tuées après l’attaque,

à cause des fuites de ces produits

chimiques. Mais personne n’est

mort d’une fuite, ce qui prouve à l’évidence

que l’Occident a menti.

En outre, l’entrepôt que l’Occident

visait est situé dans les environs

de la ville de Homs, donc au milieu

d’une zone fortement peuplée, mais là

non plus, personne n’est mort à cause

de fuites. Cela prouve une fois encore

que l’entrepôt n’était pas ce que l’Occident

prétend. »

Au lieu de tomber à genoux

(comme l’Occident s’y attendait),

quelques heures après l’attaque, les

Syriens ont inondé les places, les parcs

et les avenues, dansant dans les rues,

agitant leur drapeau national et faisant

la fête.

Dans de nombreux endroits, les

drapeaux russes et syriens flottaient

côte à côte. Ils flottent encore. Et ils le

feront toujours.

La Syrie ! C’est une nation

qui ne sait pas mendier, une nation

d’hommes, de femmes et d’enfants

courageux. Elle ne sera pas vaincue,

et sa victoire pourrait bientôt devenir

le premier clou dans le cercueil de

l’expansionnisme et de l’impérialisme

occidental.

New Eastern Outlook

14 Avril 2018

Traduit de l’anglais par

Diane Gilliard

Investig’Action15 Avril 2018

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


Vol 11 BLACK # YELLOW 41 • MAGENTA Du 18 CYAN au 24 Avril 2018 03120189967_CREOLE_P2S4_Grid2_P001.pgs Haiti Liberté/Haitian 03.26.2018 Times 11:32

11


Perspectives

VIIIe Sommet des Amériques :

Déclaration de Cuba !

Bruno Rodriguez Parrilla, ministre

des Relations extérieures de la

République de Cuba, à la session

plénière du 8e Sommet des

Amériques, à Lima, au Pérou, le 14

avril 2018

Discours de Bruno Rodriguez Parrilla,

ministre des Relations extérieures de

la République de Cuba, à la session

plénière du 8e Sommet des Amériques,

à Lima, au Pérou, le 14 avril 2018, «

Année 60 de la Révolution ».

Cuba ne veut pas d'affrontement,

mais elle ne cèdera pas d'un pouce

sur ses principes !

VOTRE Excellence Monsieur Martin

Vizcarra Cornejo, Président de la

République du Pérou

Vos Excellences Chefs d'État et

de gouvernement

Je tiens tout d’abord à rendre

hommage au peuple péruvien, auquel

nous unissent des liens étroits depuis

les guerres d'indépendance et dans l'effort

commun en matière de santé ou

face aux catastrophes naturelles.

Nous savons que le peuple péruvien

rejette les provocations dont la

délégation cubaine a fait l’objet ces derniers

jours. Je voudrais aussi exprimer

ma solidarité et mes condoléances à la

République de l'Équateur, ainsi qu'aux

familles des journalistes assassinés. Le

changement profond dans les relations

hémisphériques auquel le président

Raul Castro Ruz a appelé lors du dernier

Sommet n'a tout simplement pas eu

lieu.

Notre Amérique, martienne et

bolivarienne, ensemble de nations,

du Rio Bravo à la Patagonie, unies

par un destin commun dans la recherche

de leur seconde et définitive

indépendance, continue d'être pillée,

victime d’interventions et vilipendée

par l'impérialisme nord-américain, qui

invoque la Doctrine Monroe pour exercer

sa domination et son hégémonie

sur nos peuples.

C'est une histoire de guerres de

conquête, de spoliation de territoires,

d'invasions et d'occupations militaires,

de coups d'État et d'imposition de dictatures

sanglantes qui ont perpétré des

assassinats, des disparitions et des tortures

au nom de la démocratie et de la

liberté. Une longue histoire de spoliation

rapace de nos ressources.

Aujourd'hui, le risque existe d'un

retour à l'usage de la force, de l'imposition

aveugle de mesures coercitives

unilatérales, y compris de putschs sanglants.

On ne saurait sous-estimer la

gravité de la déclaration arbitraire et injuste

de la République bolivarienne du

Venezuela, berceau de l'indépendance

de l'Amérique latine et deuxième plus

grande réserve d'hydrocarbures, comme

une menace inhabituelle et extraordinaire

pour la sécurité nationale de la

superpuissance.

L'exclusion du président Nicolas

Maduro Moros de ce Sommet est

un affront à tous les peuples de Notre

Amérique et un recul historique imposé

par l’actuel gouvernement des États-

Unis. En tant que voix de l’héroïque

République sœur du Venezuela, nous

sommes ici pour défendre son autodétermination

et pour réitérer la solidarité

inébranlable de Cuba avec l'union

civique et militaire bolivarienne et

chaviste du peuple vénézuélien, dirigée

par son président constitutionnel. Nous

adressons nos vœux de succès aux

prochaines élections présidentielles au

Venezuela.

Au nom de Cuba, j'invoque la

Proclamation de l'Amérique latine et

des Caraïbes en tant que Zone de paix,

signée par les chefs d'État et de gouvernement

en 2014.

Je n'oublie pas non plus l'absence

de Porto Rico. Je rappelle que

les Malouines sont argentines. Il y a

quelques heures, le Gouvernement de

la République de Cuba a énergiquement

condamné l'attaque lancée par

les États-Unis et certains de ses alliés

de l'OTAN contre la République arabe

syrienne. Cette action unilatérale et

illégale, sans preuves ni conclusions

de l'Organisation pour l'interdiction des

armes chimiques, dont l'équipe cherche

des preuves sur le terrain, constitue

une violation flagrante des principes

du Droit international et de la Charte

des Nations Unies, qui ne fera qu’aggraver

le conflit dans ce pays et dans

la région.

Cuba rejette fermement le recours

aux armes chimiques et à d'autres

armes de destruction massive par

quelque acteur que ce soit, et quelles

qu’en soient les circonstances. Notre

Amérique, avec ses cultures et son

histoire, son vaste territoire, sa population

et ses énormes ressources, peut se

développer et contribuer à l'équilibre du

monde, mais c'est la région où la répartition

des richesses est la plus inégale

de la planète.

Les 10% les plus riches amassent

71% de la richesse et, dans deux ans,

1% de la population possèdera plus des

99% restants. Les peuples sont privés

d'un accès équitable à l'éducation, à la

santé, à l'emploi, à l'assainissement, à

l'électricité et à l'eau potable.

Nous ne progressons que par

l'intégration régionale et le renforcement

de l'unité dans la diversité qui

a conduit à la création de la Communauté

des États d'Amérique latine et

des Caraïbes (Celac).

Les événements récents démontrent

que l'OEA, et en particulier son

Secrétaire général, ne sont que de simples

instruments des États-Unis.

À présent, l'objectif est de rétablir

la domination impérialiste, de détruire

les souverainetés nationales par des

interventions non conventionnelles,

de renverser les gouvernements populaires,

d'anéantir les conquêtes sociales

et de restaurer, à l'échelle continentale,

le néolibéralisme sauvage. À cette fin,

on a recours à la lutte contre la corruption

comme une arme politique ; les

procureurs et les juges agissent comme

des « partis politiques » et les électeurs

sont empêchés de voter pour des candidats

bénéficiant d'un large soutien populaire,

comme c’est le cas du président,

prisonnier politique, Luiz Inacio Lula

da Silva, dont nous exigeons la liberté.

On nous cache ici que la corruption

prévaut parmi les chefs de gouvernement,

les parlementaires et les

politiciens conservateurs et dans les

systèmes électoraux, dans les banques

du Nord, où a lieu le blanchiments des

capitaux, y compris ceux qui proviennent

du trafic de drogue ; dans les

sociétés transnationales qui soudoient,

dans les lois et les modèles politiques

corrompus, par nature, puisque basés

sur l'argent, sur les « intérêts spéciaux

» des entreprises.

Les gens sont manipulés au nom

de la propriété monopolistique privée

des médias et des plateformes technologiques.

Dans les campagnes électorales,

il n'y a pas de limites éthiques ; on encourage

la haine, la division, l’égoïsme,

la calomnie, le racisme, la xénophobie

et le mensonge ; les tendances néo-fascistes

prolifèrent et l’on promet des

murs, la militarisation des frontières et

les déportations massives, y compris

des enfants nés sur le territoire de notre

voisin du Nord.

Dans notre continent, nous assistons

à une augmentation des violations

massives, flagrantes et systématiques

des droits civils et politiques,

économiques, sociaux et culturels de

centaines de millions d'êtres humains

qui ne parlent pas ni ne participent à

ces sommets.

De quelle démocratie et de quelles

valeurs parlons-nous ici ? De celles du

président Lincoln, ou du « rêve » de

Martin Luther King qui rehausseraient

le prestige du peuple étasunien, auquel

nous unissent des liens indissolubles,

ou de celles de Cutting, qui provoquèrent

la guerre avec le Mexique et

l'extirpation de son territoire, ou encore

de celles du soi-disant « anti-système

»extrémiste conservateur qui gouverne

les États-Unis d'Amérique aujourd'hui

?

Cuba n'acceptera ni menaces ni

chantage de la part du gouvernement

des États-Unis. Cuba ne veut pas d'affrontement,

mais elle ne négociera rien

sur ses affaires internes ni ne cèdera un

pouce sur ses principes. Pour défendre

l'indépendance, la Révolution et le socialisme,

le peuple cubain a versé son

sang, a consenti des sacrifices extraordinaires

et encouru les plus grands risques.

Les progrès réalisés ces dernières

années dans les relations bilatérales,

fondées sur l'égalité souveraine absolue

et le respect mutuel, qui sont

aujourd'hui inversés, ont montré des

résultats tangibles et que la coexistence

civilisée, malgré les profondes

différences entre les gouvernements,

est possible et bénéfique pour les deux

pays, et pour tous les habitants de

l'hémisphère.

Nous assistons à un durcissement

du blocus et de la traque financière,

qui entraînent des privations

pour notre peuple et constituent une

violation des droits de l'Homme, alors

que s'accentue par ailleurs l'isolement

du gouvernement étasunien dans

le monde entier, au sein la société

étasunienne elle-même et de l'émigration

cubaine, par rapport à cette politique

génocidaire, obsolète et vouée à

l’échec.

La condamnation internationale

de l'occupation de notre territoire à

Guantanamo par la base navale et le

centre de détention et de torture qui y

est installé grandit également.

Le prétexte pour réduire le personnel

de l'ambassade et nuire au droit

de voyager des Cubains et des Américains

est complètement discrédité.

Le 19 avril prochain, à l’occasion

du 150e anniversaire de nos luttes

pour l'indépendance, avec la constitution

d'une nouvelle Assemblée nationale

du Pouvoir populaire, les élections

générales prendront fin. Nous, les Cubains

et les Cubaines, en particulier les

plus jeunes, étroitement liés au Parti,

qui est le Parti de la Nation, fondé par

Marti et Fidel, nous commémorerons,

fermes, sûrs et optimistes, aux côtés de

Raul, la victoire contre l'agression mercenaire

de Playa Giron.

Je vous remercie!

(Applaudissements).

Cuba : Entre la

rénovation et le

changement

Par Aamaury Valdivia

Santa Clara, la capitale officieuse

A de la région centrale de Cuba, ils

sont nombreux ceux qui se souviennent

des années où un jeune et charismatique

Miguel Díaz-Canel Bermúdez

occupait le poste de premier secrétaire

du parti (Parti communiste cubain)

dans la province. De cette époque sont

restés les récits de ses longs voyages à

bicyclette ou en «botella» (auto-stop),

de son humble style de vie et de la facilité

avec laquelle on pouvait l’approcher

pour lui faire part de ses préoccupations

ou lui parler.

Aussi il y avait des rencontres

singulières, comme celle qu’il a eue

avec l’une des principales figures de la

dissidence de l’île, Guillermo Farinas. A

cette occasion, «il m’a salué et m’a posé

des questions sur ma santé», a déclaré

M. Farinas au quotidien états-unien

El Nuevo Herald. L’opposant avait été

hospitalisé pour se remettre d’une de

ses grèves de la faim contre le gouvernement,

et Diaz-Canel s’est excusé –

de patient à patient – pour une panne

qui avait laissé l’hôpital principal de

la région sans électricité. Auparavant,

il avait travaillé personnellement à la

réparation des dommages.

Pendant le mandat à «Villa Clara»

de Díaz-Canel – entre 1994 et 2003 –

les restes de Che Guevara avaient été

déposés sur la place de la Révolution

locale, après des années de recherches

dans différentes parties de la Bolivie.

Et Santa Clara a fondé sa réputation

de ville cosmopolite et tolérante,

dans laquelle même les homosexuels

pouvaient exprimer librement leurs

préférences (dans un pays qui, à cette

époque, était caractérisé par une culture

machiste, discriminatoire envers

les personnes LGBT) et dans la presse

les critiques étaient tolérées, ce qui en

d’autres lieux de l’île aurait été impensable.

«Même dans des circonstances

aussi difficiles – l’île traversait la

période spéciale, c’est-à-dire la crise

économique causée par la chute du socialisme

est-européen – nos autorités

ont eu la sensibilité de comprendre à

quel point il était nécessaire de respecter

la diversité. Et pas seulement celle

qui concerne l’orientation sexuelle», se

souvient (dans un entretien télévisé)

Ramón Silverio, créateur d’El Mejunje,

le centre culturel particulier de la ville

de Santa Clara où, pour la première

fois à Cuba, ont été organisés des galas

d’artistes transgenres, et où encore

se rencontrent de nombreux créateurs

alternatifs.

Pendant ce temps, gagnait en notoriété

le programme «Haute Tension»

de la station de radio locale, Cmhw. Au

cours de leurs émissions, les gens pouvaient

critiquer les dirigeants et les organisations

et exprimer leurs points de

vue. «Il y avait beaucoup de gens qui

voulaient nous voir évacués des ondes,

mais à la fin l’ordre du parti provincial

est arrivé. La «Haute tension» devait

continuer même si cela ne plaisait pas

à certaines personnes», nous a confié

le journaliste Abel Falcón, le réalisateur

de l’émission. L’appui à ce programme

en est arrivé au point où le premier

secrétaire a lui-même réalisé plusieurs

émissions et en a rendu obligatoire

l’écoute par les cadres.

Escalader l’appareil

Miguel Díaz-Canel Bermúdez, qui est

actuellement vice-président de Cuba,

pourrait devenir, le 19 avril 2018, président

des Conseils d’Etat et des ministres,

c’est-à-dire le président de Cuba.

Miguel Díaz-Canel Bermúdez, qui

est actuellement vice-président de

Cuba, pourrait devenir, le 19 avril

2018, président des Conseils d’Etat

et des ministres, c’est-à-dire le

président de Cuba

Une grande inconnue réside dans la

mesure où le passé de Santa Clara marquera

son passage à la présidence de

Cuba. Mais, en plus de quarante ans,

il sera le premier président qui n’appartiendra

ni à la famille Castro, ni à la

«génération historique».

Pour y arriver, il a dû parcourir un

long chemin à l’intérieur de la structure

de l’Etat, en même temps que d’autres

candidats qui ont été laissés sur le long

du chemin. A la fin des années 1980, il

a été le deuxième secrétaire national de

la Jeunesse communiste, sous la direction

de Roberto Robaina. Au début des

années 2000, au cours de son mandat

de premier secrétaire du parti dans la

province de Holguín (où sont nés Fidel

et Raúl Castro), Miguel Díaz-Canel

a établi des relations étroites avec le

vice-président de l’époque, Carlos Lage.

Robaina a été licencié en 2003,

accusé d’une longue liste d’«erreurs»,

parmi lesquelles la corruption et les

ambitions présidentielles. Six ans plus

tard, c’était au tour de Lage et de Pérez

Roque [«déposé» lui aussi en 2009],

soumis à des accusations similaires et

dans le cadre de la plus grande restructuration

gouvernementale de l’histoire

récente de l’île.

Chaque crise a rapproché Díaz-

Canel de son poste actuel: en 2003, il

a occupé l’un des 17 postes du Bureau

politique (le noyau dur de la direction

du Parti communiste); en 2009, il est

devenu membre du Conseil des ministres,

en charge du portefeuille discret,

mais stratégique de l’enseignement

supérieur. Et au début de 2012, il a été

brièvement vice-président du Conseil

des ministres. «Il n’est ni un arriviste ni

une personne sans préparation», a déclaré

Raúl Castro lorsqu’il l’a présenté

à l’Assemblée nationale du pouvoir

populaire, après son élection au poste

de premier vice-président du pays, en

février 2013.

Le scénario du relais

A l’aube de son soixantième anniversaire,

la révolution est en train d’engager

le plus grand renouveau de son

histoire. Sans l’âge avancé de Raúl Castro

(85 ans) et celui du reste des «historiques»,

il eût été difficile d’imaginer

un scénario dans lequel de nouvelles

figures prendraient les rênes du pays.

Cependant, le transfert actuel des responsabilités

sera conditionné par le

fait que le général de l’armée (Raul Castro)

restera à la tête du Comité central

du Parti, doté de pouvoirs pratiquement

universels.

Avec l’expérience d’avoir occupé

la première vice-présidence des

«conseils» depuis 2013, Díaz-Canel

est le candidat avec les plus grandes

suite à la page(16)

12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


Perspectives

Notre Mémoire se souvient

Chicho Cuba, dirigeant et militant syndical d'origine haïtienne !

Par Frantz Latour

Chicho Cuba fut un exemple vivant

de la participation haïtienne dans

les luttes ouvrières de Cuba. De descendance

haïtienne, il fut un grand dirigeant

syndical haïtien parmi les ouvriers agricoles

de la centrale sucrière Egipto de la

commune El Salvador, dans la province

de Guantánamo.

Chicho est né dans les années

1920. Ses parents haïtiens arrivèrent à

Cuba en 1919 pour travailler, gagner un

peu d'argent et rentrer chez eux. Mais le

peu de revenus réalisés les porta à rester

plus longtemps que prévu. Ils habitaient

une chambre, dans le batey. Le temps

aidant, ils avaient pu construire une

maisonnette.

L'adolescent manifestait un grand

intérêt pour son pays d'origine. Ses contemporains

lui avaient donné le surnom

de “Cuba” parce qu'ils l'entendaient toujours

s'exclamer: « Cuba! Cuba! Cuba!

». Chicho n'est pas allé l'école de façon

régulière. Mais il a fréquenté pendant

un certain temps un petit établissement

dans le quartier Corralillo de la commune

El Salvador. Mais son obstination

à apprendre le plus qu'il pouvait le porta

à lire beaucoup, et son intelligence innée

lui permit d'en savoir assez sur les

mathématiques, l'espagnol et d'autres

matières.

En dépit de son ascendance haïtienne

(il parlait créole à la maison),

il avait appris et parlait couramment

l'espagnol sans accent. La situation

économique de sa famille le porta à

abandonner l'école et à se consacrer au

seul travail qui était, lors, à sa portée:

couper la canne à sucre. Les corvées

liées à la coupe de la canne lui facilitèrent

de très nombreux contacts avec

les travailleurs de diverses plantations

de la région.

Par son grand courage, il a montré

que les braceros haïtiens n'étaient pas

des gens qui se soumettaient docilement

à l'arbitraire. C'est ainsi que en 1940 fut

organisé le Syndicat de l'habitation Ermita

pour répondre aux préoccupations

et aux revendications des travailleurs et

faire face aux terribles conditions de travail

et de vie auxquelles les syndiqués et

leurs familles étaient soumis.

Chicho Cuba fut élu secrétaire

général du syndicat, parce que, selon

les travailleurs à cette époque, pour

être un chef de travailleurs agricoles il

fallait avoir beaucoup de cran. Chicho

Cuba rencontrait les ouvriers agricoles

et analysait avec eux la situation qui

prévalait, tout en soulevant le problème

de ce qu'ils devaient exiger des employeurs.

En 1944, les coupeurs de canne ne

pouvaient plus résister ni au bas niveau

de qui leur était payé pour leur travail,

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Le 6 avril 1944, environ 800

coupeurs de canne venant de Arroyo

Manteca et des zones voisines, armés

de leurs machettes, organisèrent une

marche depuis les champs de canne

jusqu'aux bureaux de la centrale électrique

d'Ermita pour demander une augmentation

de salaire. A leur tête marchait

Chicho Cuba.

Les contremaîtres affolés donnèrent

l'alarme au bureau central tout

en exagérant la situation: ainsi, ils prétendirent

remarquer que les ouvriers

avaient l'intention d'incendier le moulin.

Ils firent appel à l'escadron 12 de Cuneira

dont les effectifs occupèrent les routes

par lesquelles arrivaient les manifestants.

Quand ces derniers sont apparus,

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“Giving care, one patient at a time.”

les militaires, sans crier gare, ont commencé

à tirer sur eux, d'abord en l'air

puis à hauteur d'homme. Chicho Cuba

est tombé et est mort instantanément,

les bras levés alors qu’il encourageait

ses camarades.

Il a été enterré dans le cimetière

de La Viuda, dans le centre d'Ermita.

Longtemps anonyme, c'est grâce à la

révolution cubaine que Chicho est entré

dans l'histoire des luttes syndicales.

Nous garderons précieusement dans notre

mémoire reconnaissante le souvenir

du grand courage du militant, du syndicaliste,

du camarade, du compatriote qui

repose en paix dans sa patrie d'adoption.

Source: Raimundo G. Navia.

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Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

13


Perspectives

Argentine : la pauvreté, sa construction, son rôle et la réalité !

Par Pablo Semán et Sebastián Angresano*

Quand les politiques, les techniciens

et les communicants parlent de

pauvreté, tout se passe comme s’ils

avaient l’efficacité de quelques bergers

ou de quelques diseurs de bonne aventure.

Ils font que leurs termes puissent

être compris de la manière dont chacun

le peut ou le veut. Ces paroles s’adressent

à tous, mais elles résonnent

d’une manière particulière et mobilisatrice

pour chacun d’entre eux, de

sorte qu’il leur semble à tous et à toutes

qu’«il parle de moi».

Le discours politique sur la pauvreté

s’adresse de manière plurielle: à

ceux qui sont pauvres selon une mesure

statistique; à ceux qui, indépendamment

de leur position dans les statistiques,

se sentent pauvres; à ceux qui

craignent l’appauvrissement parce que

le pays s’appauvrit ou s’appauvrit de

plus en plus et par vagues si l’on prend

un indicateur grossier qui commence en

1975, lorsque le Rodrigazo [ministre de

l’économie Celestino Rodrigo a imposé,

sous le gouvernement d’Isabel Péron,

une dévaluation et donc une hausse

des prix] a soufflé la première grande

rafale de paupérisation; à ceux qui supposent

que leurs impôts sont en grande

partie consacrés à aider les pauvres et

non pas, comme c’est vraiment le cas,

à subventionner les automobiles de nos

capitalistes.

Depuis plus de vingt ans, notre

société place la question de la pauvreté

au centre du débat public. A l’occasion

d’offensives politiques, de modes, d’obsessions

et de campagnes au moyen de

divers médias et selon des options différentes.

Mais la question n’est jamais

absente. Tout nouveau venu pourrait

en conclure que nous sommes sur le

point de résoudre le problème ou, face à

la réalité, de se dire: comment peut-il y

avoir autant de philanthropie et si peu

de résultats? Celui qui se poserait cette

question doit ignorer un fait: le discours

sur la pauvreté relève d’une manière de

donner forme à des discours politiques

publics ayant trait au prétendu thème

d’en terminer avec la pauvreté et de

rendre notre société plus juste et vivable,

alors qu’en réalité, il s’agit de construire

des sujets politiques qui puissent

vivre avec elle.

La dénonciation de la pauvreté, un

programme politique

«La pauvreté» est avant tout et de plus

en plus un terme clé dans les processus

de légitimation politique. La rhétorique

La pauvreté en Argentine s'élève à 27,5% de la population. Cependant,

les enfants du nord de l'Argentine sont six fois plus exposés au manque de

nourriture de base, de santé et d'éducation que ceux de la ville de Buenos Aires

qui met la pauvreté au centre est basée

sur l’appel à l’opinion publique avec

un message qui mélange des données

toujours discutables, des images calamiteuses

et qui incorpore le calcul des

résonances multiples que cette question

déclenche dans le public, y compris

parmi les pauvres. On parle de pauvreté

parce qu’elle paie en termes de suffrages,

mais aussi pour élaborer une base

programmatique. C’est que l’on peut

parler au nom des pauvres et demander

leur vote en revendiquant pour leurs

droits.

Mais on peut aussi se référer

au «scandale de la pauvreté» afin de

dénoncer la «mauvaise gouvernance»

en exposant la pauvreté comme un

symptôme et tenter de gagner le vote

des classes moyennes et supérieures

horrifiées par le spectacle de la pauvreté,

dont la visibilité stéréotypée est

interprétée comme le résultat de «l’incapacité

des politiciens», le «gigantisme

de l’Etat» ou encore la «faiblesse des

mécanismes du marché», comprise

comme des concessions insuffisantes

faites aux groupes les plus concentrés

de l’économie qui, comme nous le

savons tous, ne se lasseraient pas de

créer des emplois et des opportunités

pour tous.

Dans ce cas, il s’agit d’ignorer

les effets de l’existence de mécanismes

d’accumulation économique qui

génèrent l’inégalité, l’exploitation et

l’évasion fiscale et monétaire. Et cela

par tous les gouvernements. Effets dont

la réduction à des échelles minimales

serait suffisante pour résoudre les problèmes

des «pauvres»: réduire seulement

une partie de l’évasion actuelle équilibrerait

les comptes budgétaires sans

avoir besoin de recourir à des emprunts

financiers coûteux que nous paierions

en proportion inverse de nos profits et

de notre responsabilité. La critique de

la pauvreté, aussi paradoxale qu’elle

puisse paraître, est maintenant au service

des idées et des institutions qui ont

historiquement créé le plus de pauvreté

dans le pays.

Qui sont les pauvres? Ceux qui

dorment dans la rue? Ceux qui vivent

de l’assistance publique (un sujet plus

mythologique que réel)? Les travailleurs

pauvres qui, malgré leur cœur

brisé, sont incapables d’accéder aux

biens qui composent le panier de biens

qui définit le seuil de pauvreté. Les secteurs

de jeunes (de mineurs) qui sont

les plus exposés au commerce de la

drogue? Ceux qui, bien que gagnant

l’argent qui couvre ces biens de base,

ont vu leur famille décliner socialement

ou ont le sentiment que leur quartier

est dégradé suite à la détérioration des

biens publics (école, sécurité, santé,

routes, transports). Les classes moyennes

inférieures qui souffrent de ces

mêmes maux et «haïssent» les pauvres

qui forment ce «paysage social»

face auquel ils se distinguent, mais

qui, aux yeux des classes moyennes

supérieures, sont encore «de gens de

couleur», des «obèses»? Les classes

moyennes qui ont l’impression que

leurs projets sont friables à chaque

augmentation de tarif et, dès lors, qui

croient que tout est possible lorsqu’ils

sont dans l’avion pour Miami?

Une des raisons pour lesquelles

nous ne savons pas qui sont les pauvres,

et pourquoi le discours sur la pauvreté

nous interpelle tous, avec des significations

et des stratégies différentes,

réside dans le fait que nous fusionnons

en une seule perception les résultats de

la mesure technique de la pauvreté avec

le malaise de la majorité des salarié·e·s

argentins et avec celui de ceux qui

croient qu’ils soutiennent les pauvres.

Ce malaise n’est pas né en 2015, 2013

ou 2001. Les Argentins ont connu des

crises continues, l’érosion des espoirs,

des réajustements économiques brutaux

qui ont été préjudiciables pour la

majorité. Ce n’est pas que personne

ne profite de l’hyperinflation, des défauts

de paiement, des dévaluations,

mais ce ne sont pas, en général, les

salarié·e·s de toutes les catégories. En

ce sens, «nous sommes tous pauvres»

et c’est pourquoi le terme pauvreté est

un point sensible pour tous, une cause

de plainte, d’exaltation et de requêtes

politiques.

La «sensation» de la pauvreté»,

la pauvreté techniquement définie et

l’indigence, également le résultat de

la même mesure, sont les résultantes

d’un appauvrissement généralisé que

l’on peut observer dans deux séries de

données qui expliquent le désenchantement

presque constant des Argentins:

les périodes de stagnation du PIB par

habitant (comme la période depuis

2012, qui implique la réduction du «gâteau),

les périodes de concentration des

revenus et l’aggravation de l’indice de

Gini, qui mesure les inégalités (et dont

le résultat actuel signifie que le gâteau

qui a été réduit est, de surcroît, moins

bien distribué). Eh bien, en Argentine,

ces périodes coïncident souvent et sont

d’une longue durée. Le PIB par habitant

a stagné pendant cinq années complètes

avant 2003 et se trouve dans le

même état depuis 2011; tandis que la

répartition des revenus et de la participation

des salarié·e·s au PIB se sont

détériorées au cours de ces périodes.

De cette dynamique socio-économique

surgit le malaise dans lequel prend

forme le climat d’indignation/espoir

avec lequel nous recevons tous les

nouvelles statistiques et les impressions

concrètes de la pauvreté.

Le seuil de pauvreté n’est pas la

frontière entre le paradis et l’enfer

Si quelqu’un se trouve en dessous du

seuil de pauvreté, il est très, très mal.

Mais il en va de même pour ceux qui

sont au-dessus de cette ligne mythique,

même si la mesure les place du côté de

ceux qui peuvent acheter tous les biens

de consommation qu’une famille doit

acheter en un mois pour ne pas connaître

«la décalcification». Il faut savoir

que la mesure technique de la pauvreté,

le panier de biens qui définit un minimum

de consommation, est mesquine

et très peu exigeante si on la regarde

avec les yeux de la vie réelle.

Ce panier de biens relève le minimum

du minimum, un ensemble de

besoins incomplets et irréalistes qui

néglige les impondérables de la vie

quotidienne, comme si le budget d’un

ménage était établi sur la base d’un

calcul des calories qui ne peut pas

contenir les dépenses supplémentaires

de chaque jour. Et je ne parle pas de

caviar, de cigarettes, d’alcool, de jeux

de hasard, de pronostics clandestins, de

sodas… Je fais allusion à la nécessité

d’être à la recherche de produits à prix

réduit pour surmonter les difficultés permanentes

ou les mille jongleries quotidiennes

auxquelles doivent s’adonner

les cheffes et chefs de ménage face à

des problèmes qui croissent bien plus

que les solutions. Ou encore l’achat de

médicaments qui imposent des dépenses

d’argent inattendues et une dépense

spécifique ou aller terminer dans les

pharmacies où on vous arrache la tête.

Ou encore, les vols fréquents subis par

les plus pauvres. Les tuyaux qui cassent

dans des maisons construites avec

les pires matériaux et n’importe comment.

La nécessité de remplacer des objets

indispensables. La solidarité dans

le quartier et celle familiale font partie

d’un système de crédit informel, mais

dont les coûts sont inévitables.

Le seuil de pauvreté ne saisit pas

et n’a pas pour but de saisir la réalité

vécue, mais d’établir une référence

pour des comparaisons entre différents

moments et différentes situations. Un

point de plus ou un point de moins,

cinq points de plus ou moins, des habitants

au-dessus ou au-dessous de cette

ligne, cela ne change pas le sentiment

de malaise qui saisit tous les travailleurs

et toutes les travailleuses, ni ne

devrait changer l’image d’une société

ruinée que nous avons tous de l’Argentine:

ni aujourd’hui, ni il y a cinq ans.

*Pablo Semán est anthropologue

et sociologue, professeur régulier

à l’Université Nationale de San Martín.

*Sebastián Angresano, graphiste

et illustrateur diplômé de la Faculté

d’Architecture, Design et Urbanisme

(FADU-UBA). Il est l’auteur des

graphiques publiés dans cet article.

Revue Anfibia, avril 2018

Traduction A l’Encontre

15 avril 2018

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14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


Perspectives

Winnie Mandela : « La nation

Arc-en-ciel est un mythe total »

Par François Soudan

Washington impose la

bipolarité du monde

à ses alliés

À 81 ans, cette infatigable combattante

anti-apartheid est décédée,

Winnie Mandela le lundi 2 avril dernier

à Johannesburg, vers 14h.

L’ancienne épouse de Nelson

Mandela, avec lequel elle a été mariée

de 1956 à 1996 – le couple s’était séparé

en 1990 -, avait été hospitalisée

fin janvier pour une infection rénale.

Quelques jours avant de fêter

ses 81 ans, le 26 septembre 2017, elle

avait accordé à Jeune Afrique un long

entretien. Voici l’intégralité du texte.

À 80 ans, elle n’a rien perdu de

sa verve ni de sa radicalité. Véritable

icône de la lutte antiapartheid, elle

n’épargne personne. Ni le président

Zuma, ni les cadres corrompus de

l’ANC, ni même son ex-mari, Nelson

Mandela. Entretien exclusif avec une

femme qui ne lâche rien.

Au restaurant où nous avions

rendez-vous pour un déjeuner suivi de

l’entretien que vous allez lire, Nomzamo

Winifred Zanyiwe Madikizela-Mandela

a fait une entrée de star,

avec sa dame de compagnie et ses

gardes du corps, saluée avec déférence

par le personnel – Noirs et Blancs

confondus. Celle qui fêtera ses 81 ans

le 26 septembre n’a rien perdu de son

charisme et de sa pugnacité.

Féministe assumée, volontiers

radicale dans ses positions politiques,

l’insoumise de Soweto qui fut pendant

près de quarante ans l’épouse de Nelson

Mandela, et l’une des incarnations

majeures de la lutte antiapartheid,

sait que son aura demeure intacte auprès

de la majorité des Sud-Africains.

Ses caprices de diva, ses nombreux

désaccords avec son mari, dont elle

a divorcé en 1996 et qui a fini par la

retirer de son testament, ses rapports

complexes avec l’argent et les violences

du gang qui l’entourait à Soweto

à la fin des années 1980, tout cela

n’a fait qu’effleurer l’image très positive

dont elle jouit encore auprès de la

population noire.

Difficile en effet de juger Winnie

Mandela sans comprendre la vie

Samedi dernier 14 avril, dans le stade d'Orlando. La famille Mandela,

les grandes figures de l'ANC, des présidents étrangers, plus de 35 000

personnes ont assisté aux funérailles de Winnie Madikizela-Mandela

de cette assistante sociale entre 1960

et 1990 : une antichambre de l’enfer.

Harcelée, brutalisée, violentée, emprisonnée

à au moins trois reprises avec

de très longues périodes d’isolement

total, torturée, bannie, espionnée, trahie,

de Soweto à Soweto en passant

par Orlando West et Brandfort, elle fut

le bouc émissaire d’un pouvoir pâle

particulièrement sadique qui avait juré

de faire craquer son époux en la persécutant.

En ce sens, il est incontestable

que Winnie Mandela a beaucoup plus

souffert de l’apartheid, physiquement

et psychologiquement, que Madiba luimême

– certes privé de liberté, mais

jamais maltraité. Incontestable aussi

que sans sa résilience le prisonnier de

Robben Island serait sans doute tombé

dans l’oubli.

Ce sentiment, ajouté à celui de

ne pas avoir toujours été reconnue à

la mesure des épreuves subies, est très

présent chez la Winnie d’aujourd’hui.

Membre du National Executive Committee

(NEC), l’instance dirigeante

du Congrès national africain (ANC, au

pouvoir), elle est proche des positions

révolutionnaires et volontiers populistes

d’un Julius Malema, qu’elle s’est

cependant refusé à suivre dans la dissidence

par fidélité à son parti.

Une ligne dure, très critique à

l’encontre du président Jacob Zuma et

de tous ceux qui, selon elle, ont mené

l’ANC dans la situation d’étiage historique

où il se trouve aujourd’hui. En

cause : les ravages de la corruption,

mais aussi la dérive, qu’elle n’hésite

Winnie Mandela

pas à dénoncer en privé, du tribalisme

– en l’occurrence, l’existence d’une

certaine forme de « zouloucentrisme »

dans les nominations internes.

Peu diserte auprès des médias

locaux, selon une règle soumettant les

prises de parole des membres du NEC à

l’autorisation préalable de ce dernier,

la « grande dame » du combat pour

l’égalité raciale a accepté de répondre

aux questions de Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Winnie Mandela,

Winnie Madikizela-Mandela, Mama

Winnie, la Mère de la nation… On vous

connaît sous tant de noms. Lequel préférez-vous

?

Winnie Mandela : Tous. Quelle

différence ?

Jeune Afrique : Vous avez fait

l’objet de livres, de films et même d’un

opéra. Vous êtes une icône en Afrique

du Sud et ailleurs sur le continent. Comment

le vivez-vous ?

Winnie Mandela : Je n’ai jamais

cherché à devenir ce que vous appelez

une icône. C’est l’histoire qui m’a faite

ainsi. Je suis le produit du peuple de ce

pays, le produit de sa lutte. Mon peuple

et moi avons combattu côte à côte face

à la violence de l’apartheid, face aux

balles, face à la haine. J’honore chaque

jour nos martyrs et je suis extrêmement

reconnaissante envers les masses africaines

d’Afrique du Sud. Ce sont elles

qui ont fait Winnie Mandela, et non

l’inverse.

Jeune Afrique : Votre parti,

l’ANC, est en pleine campagne avant

son congrès de décembre prochain,

qui désignera son candidat à l’élection

présidentielle de 2019. Vous avez reçu,

fin août, chez vous à Soweto, la candidate

Nkosazana Dlamini-Zuma. Ses

suite à la page(18)

Réplique anti-aérienne syrienne aux frappes occidentales du samedi 14

avril dans le ciel de Damas. (Sipa)

Par Thierry Meyssan

En tirant des missiles sur la Syrie avec ses

alliés français et britannique, l’étrange

président Donald Trump est parvenu à

faire accepter aux Occidentaux la fin de

leur domination unilatérale sur le monde.

Le résultat insignifiant de cette démonstration

de force ramène l’Otan à la réalité.

Sans avoir fait usage de ses armes, la

Russie succède à l’Union soviétique dans

l’équilibre du monde.

Au cours des dernières semaines et

pour la première fois de leur histoire,

les États-Unis et la Russie se sont mutuellement

menacés de Guerre mondiale. Le

caractère totalement disproportionné de

la crise par rapport au sujet de la dispute

montre que ce qui est en jeu aujourd’hui

n’a plus grand rapport avec ce qui se passe

au Moyen-Orient élargi depuis 2001,

mais exclusivement avec une tentative de

maintien de l’Ordre du monde actuel.

Après le gigantesque massacre de

millions de personnes durant dix-sept ans,

de l’Afghanistan à la Libye, la manière

dont seraient morts une cinquantaine de

personnes dans la Ghouta orientale (Syrie)

a quelque chose de dérisoire. Ce fut

pourtant le prétexte choisi, le 14 avril, par

Washington, Paris et Londres pour lancer

une attaque aérienne tripartite.

Ne nous laissons pas distraire par

les circonstances et revenons au fond du

problème : les Occidentaux tentent de

maintenir leur domination sur le reste du

monde, tandis que la Russie et la Chine

s’en émancipent.

Le président états-unien, Donald

Trump, n’a pas hésité à tweeter à la

Russie qu’il allait tirer des missiles de nouvelle

génération sur ses soldats en Syrie.

L’ambassadeur russe, Alexander Zasypkine,

a immédiatement répondu que ces

munitions seraient interceptées et que les

avions et navires qui les tireraient seraient

anéantis. Le Premier ministre turc, Binali

Yıldırım, s’est étonné de cette « bagarre

de rue » et les a appelés à la raison. Tous

les acteurs ont alors commencé à faire

marche arrière.

Le Groupe naval du porte-avion

USS Harry S. Truman a quitté la base de

Norfolk, apparemment pour se positionner

face à la Syrie. Il lui faudra plusieurs

semaines avant d’être opérationnel. La

question de l’affrontement états-unorusse,

c’est-à-dire de la Troisième Guerre

mondiale, se reposera alors.

Il va de soi que la préparation de

cette unité et de ses 6 500 soldats a débuté

bien avant l’affaire de la Ghouta qui sert

de prétexte à son déploiement.

La question est donc de savoir si,

en tirant une pluie de missiles sur des

bâtiments abandonnés, Washington et

ses alliés ont remis l’affrontement à plus

tard afin de se positionner au mieux ou,

au contraire, s’ils ont renoncé à l’épreuve

de force et se préparent à une autre forme

de conflit.

Le bilan militaire du bombardement

du 14 avril a de quoi surprendre : 103

missiles auraient été tirés par les Alliés.

71 auraient été détruits en vol par l’Armée

arabe syrienne. Un laboratoire militaire

désaffecté aurait été rasé et des bâtiments

de de deux aérodromes touchés. Ce déluge

de feu n’aurait fait que trois blessés et tué

personne. Si Donald Trump, Emmanuel

Macron et Theresa May souhaitaient

montrer leur force, ils ont surtout affiché

leur impuissance.

Vu de Damas, le message était clair

: la Syrie est en train de se libérer des jihadistes,

elle ne connaîtra pas la paix pour

autant et ne pourra pas compter sur l’aide

occidentale pour sa reconstruction.

Les Alliés ont prétendu que la Syrie

abritait des stocks d’armes chimiques

malgré son adhésion à la Convention les

prohibant. Ils ont assuré ne viser que des

cibles liées à ces armes. Or, par exemple,

ils ont tiré quatre missiles contre l’aéroport

commercial international de Damas ; une

cible exclusivement civile. Heureusement

l’Armée arabe syrienne est parvenue à les

intercepter tous.

Au total, l’Armée arabe syrienne,

qui ne disposait que de S-125, de S-200,

de Buk, de Kvadrat et d’Osa, a réussi à

abattre seule les deux-tiers des projectiles

occidentaux. En définitive, malgré eux,

les Alliés viennent de livrer la première

bataille de leur histoire où ils n’ont tué aucun

ennemi. La France, qui a testé pour la

première fois en situation de combat son

nouveau missile de croisière naval, n’a

pas pu se prévaloir d’un succès auprès de

ses clients potentiels.

Certes, les Alliés se sont euxmêmes

limités. Ils ont soigneusement

évité de toucher des cibles russes ou iraniennes

et ces deux États n’ont pas participé

à la bataille. Il n’en reste pas moins

que l’armada occidentale ne dispose plus

de la capacité d’imposer sa volonté à des

puissances moyennes lorsqu’elles sont

protégées par la Russie.

Chacun a compris que, désormais :

- les États-Unis et la Russie —comme

jadis les USA et l’URSS— éviteront tout

affrontement direct afin de prévenir la

guerre nucléaire ;

- et que les puissances moyennes alliées

de la Russie ne seront pas blessées significativement

par les Occidentaux.

- La seule supériorité militaire de Washington,

Londres et Paris réside dans leur

capacité de manipuler des groupes armés

et de les utiliser comme proxys.

En embarquant la France et le Royaume-Uni

à ses côtés, le président Trump

les a contraints à accepter la réalité qu’ils

refusaient.

Ce grand show n’était donc qu’un baroud

d’honneur. Après un quart de siècle de

domination occidentale unilatérale, ses

trois principales puissances militaires viennent

d’être rétrogradées. Le monde est

revenu à une situation bipolaire de Guerre

froide, dont il reste cependant à écrire la

nouvelle règle du jeu. La Troisième Guerre

mondiale attendra.

Thierry Meyssan

Réseau Voltaire 17 avril 2018

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (12)

options de carrière pour la première des

fonctions. Ce n’est qu’après l’«élection»

qu’il sera révélé dans quelle mesure il

peut y avoir une séparation entre le

parti et le gouvernement à Cuba, et la

façon dont les éventuelles divergences

entre le nouveau président et le premier

secrétaire du comité central du parti seront

résolues, des responsabilités qui ne

seront pas occupées, pour la première

fois, par la même personne.

Ensuite, il faudra aussi réfléchir

à la manière de dépasser les taux de

croissance insuffisants du produit intérieur

brut (PIB) qui, depuis le début

de l’«actualisation» en 2011, oscillent

autour de 2% par an (selon les autorités

cubaines, le pays devrait croître

à un taux d’environ 7% pour inverser

les effets de la crise économique après

la chute du bloc socialiste). Le paiement

de la dette extérieure renégociée

(avec la Russie, la Chine et un groupe

de créanciers du Club de Paris) devra

également être réglé, sans que la facture

devienne un fardeau pesant sur

la consommation de la population,

et en maintenant des services publics

tels que la santé et l’éducation à des

niveaux «acceptables».

Tout cela dans un contexte où

l’unanimité n’est plus la marque de la

société cubaine. Un exemple évident

peut être appréhendé si vous lisez entre

les lignes les résultats du dernier processus

électoral. Après 42 ans de vote,

le taux de participation n’a pas atteint

le confortable 95%, comme cela était le

cas pendant le temps de Fidel Castro.

Cette fois, le 82% a été relevé le lendemain

des élections; et 87% du total

des électeurs et électrices un peu plus

d’une semaine plus tard, dans un rapport

final. Il n’est pas facile non plus

de compléter les listes de candidats aux

différentes fonctions publiques. Il n’y a

pas beaucoup de jeunes qui sont prêts à

assumer des responsabilités de gestion

qui ne s’accompagnent pas d’un avantage

matériel.

Selon Brian Latell, ancien responsable

de l’analyse latino-américaine

de la Compagnie Brian Latell,

auteur d’une biographie de Raúl Castro,

il faut s’attendre plus à un «Díaz-Canel

administrateur qu’à un Díaz-Canel visionnaire».

«C’est un homme de l’appareil,

fidèle à Raul. Mais son choix est

le bon: il est jeune, séduisant et il a eu

tout le temps de s’intégrer dans les forces

armées, là où réside le vrai pouvoir

cubain», dit l’ancien responsable de

l’administration Clinton. Mais il n’est

pas clair si «l’éventuel» futur président

choisira de développer sa propre ligne

politique, différente de celle du leader

de la révolution. Et si c’est le cas, quelle

serait son orientation?

Un pouvoir encore marqué par

l’influence de Raúl Castro et par ceux

qui ont fait la révolution dans les années

1950 et qui devraient, selon toute

vraisemblance, maintenir ferme leur

position dans la structure du parti. A

cela s’ajoute un schéma de relations qui

n’est pas très clair pour ce qui a trait aux

rapports avec le puissant groupe d’administration

des affaires économiques

(les militaires). Et enfin d’innombrables

urgences sont à affronter. Voilà ce qui

compose l’héritage que recevra le nouveau

président des Conseils d’Etat et

des ministres de Cuba.

Lorsqu’il a exercé son droit de

vote dans la ville de Santa Clara, le 11

mars 2018, Diaz-Canel a fait la queue

pendant près d’une demi-heure jusqu’à

ce que son tour arrive. Entre-temps, il

a parlé, sans protocole, avec les participants

et a pris des photos avec plusieurs

d’entre eux. Quelqu’un dans l’auditoire

a noté, «sotto voce», qu’aucun autre

leader n’avait fait quelque chose de

semblable. Pas ce jour-là, ni avant.

Article publié dans

l’hebdomadaire uruguayen Brecha,

en date du 13 avril 2018

Traduction A l’Encontre

17 avril 2018

Suite de la page (5)

pour les civils”. Toutefois, la nombreuseté

des questions très pertinentes,

suspectes des journalistes donnait

nettement l’impression qu’il devait y

avoir un doute dans le ciboulot de ces

messieurs et dames de la presse, d’autant

que Dana White était très gauche

dans ses réponses et récitait, littéralement,

des bouts d’une leçon apprise

par cœur. De toute façon, l’idée était de

tromper, mystifier l’auditoire et de faire

croire autant à une supériorité technique

qu’à une sorte d’ «humanisme»

de la part du consortium occidental.

L’autre son très discordant nous

est venu de al-Manar (Le Phare), la

chaîne de télévision émettant en arabe,

français et anglais à partir du Liban. En

effet, leur presse écrite almanar news-

FR rapporte que lors de l’attaque par la

force euro-étatsunienne “Les systèmes

anti aériens et anti missiles syriens

étaient eux aussi au rendez-vous pour

riposter. Ni la Russie ni l’Iran n’ont participé

à la riposte syrienne […] Plus de

100 missiles ont été tirés sur la Syrie,

dont 71 ont été interceptés, selon le

correspondant d’Al-Manar à Moscou,

citant la Défense russe.

L’agence syrienne Sana citée

par al Manar a rapporté: « Les missiles

qui ont pris pour cible la position militaire

de Homs ont été interceptés et

détournés de leur parcours. Il y a eu

trois blessés ». Selon la Défense russe,

l’aéroport militaire al-Damir, à l’est

de Damas, a été visé par 12 missiles;

tous ont été interceptés. La télévision

syrienne pour sa part a souligné

que la DCA syrienne a abattu 13 missiles

dans la région d’al-Kaswat, dans

la province de Damas. Quel contraste

avec le côté adverse!

Le site en ligne iranien francophone

Press TV a rapporté que l’analyste

américain Frederik Pleitgen interrogé

par CNN, a estimé que la frappe

USA/France/Grande Bretagne a été une

attaque tout au plus «symbolique».

Revenons à l’attaque chimique présumée.

Lors de la conférence de presse

du secrétaire d’État à la Défense Jim

Mattis et du chef de l’état-major John

Dunford, ni l’un ni l’autre n’ont fourni

de preuve de l’utilisation de substance

chimique. Pourquoi pas? Quelle anguille

doit gésir sous la roche de Jim?

Force est aussi de constater

que les deux officiers américains ont

évité de préciser la nature de l’agent

chimique soi-disant utilisé. À en croire

Dunford, «il est difficile de sortir les

preuves de Syrie» (sic). Les Syriens

ont-ils intercepté au moins un des missiles?

La question n’a semblé effleurer

la curiosité d’aucun journaliste, ce qui

a certainement arrangé la propagande-mensonge.

On peut seulement souhaiter que

des journalistes occidentaux particulièrement

fouyapòt arrivent à fouiller

les zo dans les kalalou comme certains

l’avaient fait, par exemple, à propos du

mensonge tout cuit sur Jessica Lynch

qui avait été démasqué par The Guardian,

ou du “charnier de Timisoara” qui

s’était finalement révélé être un sordide

et macabre montage médiatique.

Pour terminer, les puissances occidentales

ont contribué à créer ISIS et

n’ont jamais été intéressé à s’en débarrasser

puisque cette engeance diabolique

est une créature de l’impérialisme

pour faire avancer les intérêts déstabilisateurs

occidento-sionistes dans le

Moyen-Orient. Manifestement lésées

par les avancées de l’armée syrienne

secondée par la puissance de feu russe

(dans la Ghouta orientale en particulier

où sévissaient des groupes terroristes

qu’elles soutenaient), elles ont créé un

“prétexte chimique” pour intervenir en

Syrie.

Quelle drôle de coïncidence

l’utilisation présumée de chlore et de

For Residents and Visitors of New York City

gaz sarin dans la Ghouta et l’empoisonnement

de l’ex-agent double russe

Sergueï Skripal et de sa fille à Londres,

empoisonnement attribué (sans

preuve) à Moscou! Et s’il s’agissait

simplement d’une mise en scène caractéristique

des agissements criminels

de l’impérialisme, fondamentalement

menteur, bluffeur, trompeur, mystificateur?

Je réponds tout de suite à la

question: mais bien sûr que oui. C’est

du théâtre-mensonge pour amuser et

mystifier les badauds, les nigauds, les

lourdauds, les koyo, les simplets, les

crédulets, les bourriquets, les crétinets,

les andouillets. Donnez-moi donc du

vent pour aller à la Gonâve...

Sources consultées: Alban Dignat.

15 février 1898. Explosion du

cuirassé Maine. hérodote.net. 8 février

2018.

John Kampner. The truth

about Jessica. The Guardian15 may

2003.

Jean-Michel Lemonnier: Serbie,

1999: calomnies, trahisons, et ingérence

humanitaire (première partie).

Agora Vox, 25 septembre 2012.

Pol Mathil et Colette Braeckman.

Le «Génie des Carpates» renversé par

un mouvement populaire guidé par la

« nomenklatura ». Le Soir. 24 décembre

2004.

Ignacio Ramonet. Télévision nécrophile.

Le Monde diplomatique. 24

décembre 2004

http://www.memo.fr/Media/

Guerre_Vietnam.jpg

Macron, Maduro et Saint-Martin,

d’une instrumentalisation l’autre. Réseau

International. 17 septembre 2017.

22 AVRIL 2018 CONFÉRENCE DÉBAT :

VISION ET POLITIQUE DE DUMARSAIS ESTIMÉ

A l’occasion de l’anniversaire de naissance

de l’ancien président Estimé.

Le Club des amis d’Haïti Liberté vous invite à une grande

conférence-débat le dimanche 22 Avril 2018 à partir de 7h

PM sur la vision et la politique de ce dernier.

Conférencier : François Victor

Haïti Liberté

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


A Travers le monde

Armes chimiques :

des « preuves », vraiment ?

De gauche à droite : Emmanuel Macron, Theresa May et Donald Trump

Par Dominique Ferré

Pour Macron (comme pour Trump)

« les faits et la responsabilité du

régime syrien ne font aucun doute ».

D’ailleurs, la France, annonce Macron

le 14 avril, possède les « preuves »

que le régime syrien a utilisé des

armes chimiques. Des preuves ? Lesquelles

? Le même jour, le ministère

des Armées reconnaît qu’il ne dispose

pas « d›échantillons chimiques

analysés par ses laboratoires », mais

« des témoignages, photos et vidéos »

sur les réseaux sociaux.

Tout cela rappelle la fiole brandie

au Conseil de sécurité de l’ONU le

5 février 2003 par le secrétaire d’état

américain Colin Powell, qui contenait

soi-disant un échantillon des « armes

de destruction massive » et servit alors

à justifier l’invasion et l’occupation de

l’Irak… Avant que le scandale n’éclate :

la fiole brandie par Powell ne contenait

rien du tout, et les prétendues « armes

de destruction massives » de Saddam

Hussein n’avaient jamais existé.

Mais peu importent ces détails,

pour Trump, le président syrien est

« un animal qui tue son peuple avec

du gaz ». Cela justifie donc un « devoir

moral » à déclencher l’intervention militaire.

Pour Patrick Baudouin, avocat

et président d’honneur de la Fédération

internationale des droits de l’Homme :

« On s’affranchit du droit international

avec pour objectif annoncé de

le faire respecter. Cela répond à l’idée

qu’il y aurait une sorte de droit international

humanitaire relevant de la

‘responsabilité de protéger’. Mais ce

n’est pas une notion gravée dans le

droit international » (cité par Franceinfo).

Au fait, qui utilise des armes

chimiques en Syrie ?

Au fait, qui utilise des armes

chimiques en Syrie ? Selon un rapport

publié le 16 juin 2017 par Amnesty

international : « L›utilisation

de munitions au phosphore blanc par

la coalition dirigée par les États-Unis

met gravement en danger la vie des

milliers de civils piégés dans la ville

de Raqqa et aux alentours, et pourrait

dans ces circonstances constituer

un crime de guerre. Cette substance

peut provoquer de terribles blessures

en brûlant la chair et les os, et reste

suite à la page(18)

Macron frappe en Syrie… et soutient la guerre

d’extermination au Yémen

Par Dominique Ferré

C

’est aux côtés du prince héritier

d’Arabie saoudite, Mohamed Ben

Salmane, en visite officielle en France

que Macron a évoqué la possibilité

de frappes en Syrie, aux côtés des

Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

Le prince saoudien a immédiatement

indiqué les disponibilités de l’Arabie

saoudite à se joindre à ces frappes. Tout

ceci au nom du refus des massacres de

civils dont ils accusent le régime syrien.

Or Ben Salmane, reçu en grande

pompe par Macron, est directement

impliqué dans la guerre d’extermination

que l’Arabie saoudite mène depuis

quatre ans au Yémen. Selon les chiffres

des Nations unies, la « coalition arabe »

La Russie découvre un laboratoire chimique à Douma !

L

’armée russe a découvert un laboratoire

chimique clandestin à Douma,

dans la zone abandonnée par les

jihadistes.

Des précurseurs d’armes

chimiques, comme du thiodiglycol et

de la diethanolamine s’y trouvaient, a

affirmé le spécialiste de ce type d’arme,

Alexander Rodionov, sur Rossiya TV, le

17 avril 2018. Ils servent notamment à

la fabrication de gaz moutarde.

Réseau Voltaire 17 Avril 2018

Un important dirigeant de la gauche colombienne

est arrêté sur ordre des États-Unis !

Le membre du parti politique colombien

FARC, Force Alternative Révolutionnaire

Commune, Jesús Santrich,

a été arrêté à des fins d'extradition

sur ordre des États-Unis et de la DEA,

l'Agence nord-américaine anti-drogues

pour le délit présumé de fabrication et

de trafic de stupéfiants.

L’ambassade des États-Unis a ordonné

une perquisition au domicile de

Jesús Santrich à Bogotá. Le document

émis par l’ambassade des États-Unis

a ordonné la saisie de dispositifs électroniques

comme des ordinateurs, des

informations sur les transactions financières,

des livres et des cahiers avec

des notes et autres.

L’Accord de Paix signé par le

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dirigée par les saoudiens, et lourdement

armée par du matériel militaire américain

et français, est responsable ces dixhuit

derniers mois, de plus de 10.000

morts et 60.000 blessés, tandis que

sept millions de Yéménites (un quart

de la population) souffre de famine, et

un million du choléra, conséquences de

la destruction des infrastructures dans

le pays le plus pauvre de la péninsule

arabique.

Mais pour Macron, pas question

de dénoncer un quelconque massacre,

bien au contraire : « depuis le début du

conflit (…) sur le Yémen, la position

de la France est claire : plein soutien

à la sécurité de l’Arabie saoudite ».

Le 19 mars, Amnesty International et

l'Association des chrétiens pour l’abolition

de la torture dénonçaient les

gouvernement de la Colombie et par le

nouveau parti Force Alternative Révolutionnaire

Commune issu de l’ancienne

guérilla FARC-AP en 2016 stipule

que les mandats d’arrêt et les demandes

d’extradition étaient suspendus. Cette

suspension est prévue par l’article 71

de l’Accord Final de Paix.

La présidente de la Juridiction

Spéciale pour la Paix, Patricia Linares,

a assuré que l’on étudiera si les faits

présumés imputés à Jesús Santrich ont

été commis avant ou après les accords

de paix.

Radio Havane Cuba

Bogotá 10 avril 2018

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Emmanuel Macron

livraisons d'armes françaises aux Saoudiens,

armes « utilisées dans le conflit

au Yémen et (qui) pourraient servir à

commettre des crimes de guerre. »

D. F.

La Tribune des travailleurs,

N°135, 18 avril 2018

Jesús Santrich

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Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Déclaration de Vladimir Poutine suite aux frappes occidentales contre la Syrie

Le 14 avril, les États-Unis, appuyés

par leurs alliés, ont lancé

une frappe aérienne contre des

cibles militaires et civiles de la République

Arabe Syrienne. Un acte

d'agression contre un État souverain

qui est en première ligne dans

la lutte contre le terrorisme a été

commis sans mandat du Conseil de

sécurité de l'ONU et en violation de

la Charte des Nations Unies et des

normes et principes du droit international.

Tout comme il y a un an, lorsque

la base aérienne de Shayrat en

Syrie a été attaquée, les Etats-Unis

ont utilisé comme prétexte une mise

en scène d’attaque chimique contre

des civils, cette fois à Douma, une

banlieue de Damas. Après avoir

visité le site de l'attaque chimique

présumée, les experts militaires

russes n'ont trouvé aucune trace de

chlore ou de tout autre agent toxique.

Aucun résident local n'a pu

confirmer qu'une attaque chimique

avait réellement eu lieu.

L'Organisation pour l'interdiction

des armes chimiques a envoyé

ses experts en Syrie afin d'enquêter

Suite de la page (17)

dangereuse pendant des semaines

après son utilisation car des résidus

peuvent se rallumer spontanément

et atteindre des températures

extrêmement élevées ». Selon l’analyse

d’Amnesty International, les obus au

phosphore blanc utilisés à Raqqa sont

très probablement des M825A1 de

155 millimètres, fabriqués aux États-

Unis. La coalition militaire dirigée par

les États-Unis (et à laquelle participe

l’armée française, en Syrie comme en

Irak) a confirmé avoir utilisé du phosphore

blanc dans la ville irakienne de

Mossoul.

Il y aurait donc les armes

chimiques condamnées par Trump et

Macron et justifiant leurs interventions

militaires, et les armes chimiques « civilisées

» et autorisées puisqu’utilisées

par Trump et Macron.

Dominique Ferré

La Tribune des travailleurs, N°135,

18 avril 2018

Suite de la page (15)

partisans en ont conclu que vous la

souteniez. Est-ce exact ?

Winnie Mandela : Il ne se passe

pas un jour sans que l’un des leaders de

l’ANC vienne me rendre visite. Pas un

jour sans que je reçoive des militants,

des veuves ou des orphelins de notre

lutte. Nkosazana Dlamini-Zuma a été

l’un de ces visiteurs, rien de plus. Si les

médias en ont tiré des conclusions hâtives,

c’est leur problème.

Jeune Afrique : Vous êtes très

courtisée par les différents candidats.

Comme si chacun voulait sa part de

« Mandela Magic » dans la course à

l’élection. En avez-vous conscience ?

Winnie Mandela : Oui, c’est

possible. Mais le processus de désignation

ne dépend pas de moi, car l’ANC

ne fonctionne pas comme cela. Nous

sommes un parti structuré au niveau

des multiples branches locales et des

neuf provinces de ce pays. Ce sont elles

qui, au final, nomment le président.

Jeune Afrique : Avez-vous choisi

votre candidat ?

Winnie Mandela : Je suis la

Mère de la nation. Quel genre de mère

serais-je si je préférais un enfant à un

autre ? Je ne peux pas choisir.

Jeune Afrique : Vous avez eu,

il y a deux mois, une petite phrase qui

a été très commentée ici. L’ANC, avezvous

dit, a été « gâché » par les deux

mandats du président Jacob Zuma. Que

vouliez-vous dire ?

Winnie Mandela : Qui peut nier

que l’ANC connaît de sérieux problèmes

en ce moment ? Il n’a jamais été aussi

affaibli, aussi attaqué, aussi critiqué.

Nous vivons l’une des périodes les plus

sombres de l’histoire de notre parti.

L’ANC n’est pas parvenu à réussir sa

mue, du mouvement de libération qu’il

fut, avec tous ses rêves, en parti de gouvernement.

Les politiques définies sont

les bonnes, mais nous sommes incapables

de les mettre en œuvre. Chaque

semaine, tel ou tel de nos leaders fait

l’objet d’accusations, souvent fondées,

de corruption.

La corruption, c’est le maillon

faible de l’ANC, et nos militants de base

paient le prix de la mauvaise réputation

de leurs chefs. Nous en sommes arrivés

au point où l’on exige la démission de

notre président pour faits de corruption.

Notre Constitution, hélas, ne permet pas

au peuple de se débarrasser de ce type

d’individus dès lors qu’ils sortent du

droit chemin. C’est tragique.

Jeune Afrique : Quelle est la responsabilité

personnelle de Jacob Zuma

dans cette situation ?

Winnie Mandela : L’opposition

évoque 783 chefs d’inculpation pour

corruption, mais il ne peut être poursuivi

tant qu’il est président en exercice. Il

les réfute, et pour ma part je n’en sais

que ce qu’en disent les médias. Cela dit,

tous les responsables dont la corruption

est de notoriété publique doivent se préparer

à affronter les tribunaux un jour

ou l’autre, que les accusations soient

fondées ou non. Une chose est claire

: il est plus que temps de changer de

leadership si nous voulons continuer à

gouverner ce pays. L’ANC a besoin de

sang nouveau pour mener l’Afrique du

Sud sur le chemin de la liberté.

Jeune Afrique : Selon vous,

comment l’ANC en est-il arrivé là ?

Winnie Mandela : Nous avons

un problème avec l’argent. Lorsque

nous sommes arrivés au pouvoir, nous

n’avions aucune expérience de la gestion

financière de l’État ni de la manière

avec laquelle nous pouvions nous prémunir

des tentations. Le résultat, c’est

la corruption. Et dans ces conditions,

attirer les investisseurs dont nous avons

besoin devient très problématique.

Jeune Afrique : Tous les mouvements

de libération en Afrique ont

connu le même problème, avec les

mêmes conséquences : le FLN algérien,

le MPLA angolais, le Frelimo mozambicain,

la Swapo namibienne, la Zanu-PF

zimbabwéenne… L’ANC considère que

le pouvoir lui appartient et qu’il n’a pas

de comptes à rendre. Confirmez-vous

cela ?

Winnie Mandela : Non. Je ne

partage pas cette analyse. C’est ainsi

que les Occidentaux nous voient, mais

ils ont tort. Ce dont nous avons besoin,

c’est d’une nouvelle définition de la démocratie

pour l’Afrique, laquelle doit inclure

la nécessité pour nos dirigeants de

quitter le pouvoir quand le moment est

venu. Le fait de s’accrocher au pouvoir

au-delà du raisonnable est l’une des

faiblesses de notre continent. La démocratie,

c’est le gouvernement du peuple,

par le peuple, pour le peuple, et la possibilité

d’une régénération et d’une transfusion

régulières. Cela n’a rien à voir

avec une quelconque maladie infantile

dont seraient atteints les mouvements

de libération.

Jeune Afrique : Il y a, à vos

portes, l’exemple même du chef d’État

accroché au pouvoir : Robert Mugabe,

93 ans. Que pensez-vous de son évolution

?

Winnie Mandela : Écoutez, à

l’époque de l’apartheid, alors que nous

luttions contre un appareil répressif raciste,

vicieux, meurtrier, Robert Mugabe

et la Zanu-PF ont été parmi les rares à

nous offrir aide et protection, alors que

les Occidentaux qui les vilipendent aujourd’hui

collaboraient avec le régime

blanc. Robert Mugabe est un vieil ami,

et vous ne m’entendrez pas dire du mal

de lui. Je me l’interdis. Cela vaut aussi

pour Mouammar Kadhafi, et pour tous

ceux qui nous ont aidés.

Jeune Afrique : L’un des échecs

majeurs de l’ANC tient en un chiffre :

vingt-six ans après la fin de l’apartheid,

un cinquième de la population jouit

d’un revenu quarante fois supérieur

aux quatre cinquièmes restants. N’estce

pas là une bombe à retardement ?

Winnie Mandela : Assurément.

Très peu de gens ont réellement profité

de la libération de ce pays : 53 % des

jeunes sont au chômage, un tiers de la

population vit au niveau ou au-dessous

du seuil de pauvreté et, à ce rythme, un

soulèvement du peuple contre l’État est

inéluctable. Si nous voulons éviter cette

nouvelle révolution, un changement

radical à la tête de l’Afrique du Sud est

indispensable.

Jeune Afrique : Votre diagnostic

rejoint celui de Julius Malema et de son

parti, les Economic Freedom Fighters

(EFF)…

Winnie Mandela : Julius Malema

représente un élément essentiel de

l’avenir de l’Afrique du Sud. Je l’ai dit

et répété aux dirigeants de l’ANC : le

discours de Malema et des EFF attire

des centaines et des centaines de jeunes

de notre parti. C’est une véritable hémorragie,

que nous ne parviendrons

à stopper qu’à une seule condition : il

faut que de notre congrès de décembre

sorte une nouvelle direction, totalement

différente de la précédente. Notre salut

dépend de cela.

Jeune Afrique : Il est de notoriété

publique que votre ex-époux,

Nelson Mandela, et vous-même aviez

un désaccord fondamental. Pour lui, la

paix et la réconciliation étaient prioritaires.

Pour vous, c’était la justice. Ce

conflit n’est-il pas toujours d’actualité

en Afrique du Sud ?

Winnie Mandela : Mandela

et moi avons eu de nombreux désaccords.

Dès le départ, lui et ses proches

ont commis des erreurs dans les négociations

avec le pouvoir blanc, dont

nous payons aujourd’hui le prix. Par

exemple, le problème des terres. Au

nom de quoi devrions-nous payer pour

racheter ce qui nous a été arraché par

la force ? Et avec quel argent ? Le capital

reste entre les mains de la minorité

blanche. Rien n’a changé. Autre erreur,

l’élection du Parlement au scrutin proportionnel,

dans l’unique but de garantir

une représentation à cette même

minorité. C’est un système pervers qui

TRAVAILLEURS, OUVRIERS, TOUS DEBOUT !

Samedi 5 Mai 2018

7h PH

Grande Célébration de la journée Internationale des travailleurs

Au local du journal Haïti Liberté

1583 Albany Ave

Brooklyn. NY 11210

Avec la participation du syndicaliste Ray Laforest

Berthony Dupont, membre du Comité Ouvrier International (COI)

Le poète Tony Leroy et tant d’autres…

Samedi 5 Mai 2018 7h PH

Informations 718-421-0162

ne permet pas au peuple de contrôler

ses élus, mais qui permet à ces derniers

d’agir en toute impunité. Nous devons

changer la Constitution.

Jeune Afrique : L’archevêque

Desmond Tutu a inventé une métaphore

célèbre pour qualifier l’Afrique du

Sud postapartheid : la Rainbow Nation,

la « nation Arc-en-Ciel ». Vous y croyez

?

Winnie Mandela : Non. D’abord

parce que les couleurs de l’arc-en-ciel ne

se mélangent pas et qu’il n’existe parmi

elles ni la couleur noire ni la blanche.

La comparaison n’a donc pas de sens.

Ensuite parce qu’il s’agit depuis le début

d’un mythe total auquel les dirigeants

de l’époque ont voulu nous faire croire.

C’était un vœu pieux qui n’a jamais correspondu

à la moindre réalité. La réconciliation

n’a été qu’une façade ; nous

ne sommes pas libres car nous n’avons

pas la liberté économique.

Par ailleurs, nos gouvernants

n’ont jamais eu le courage d’affronter

la question du racisme. Or les incidents

où les Noirs sont traités comme des esclaves,

comme des animaux, avec des

insultes comme « singes » ou « négros

», se multiplient. J’ai parfois l’impression

que nous sommes en train de

revenir à l’époque de l’apartheid, c’est

extrêmement inquiétant. Il faut impérativement

revisiter notre passé et corriger

nos erreurs. L’ANC doit retrouver sa

gloire et son éclat d’antan, sinon nous

courons à la catastrophe

Jeune Afrique : Vous-même

avez été agressée, bannie, condamnée,

emprisonnée, torturée, outragée sous le

régime de l’apartheid. Avez-vous pardonné

à vos bourreaux ?

Winnie Mandela : Je crois, oui.

On ne peut pas continuer à vivre si

l’on n’a pas, dans une certaine mesure,

pardonné à ceux qui nous ont fait tant

de mal, à nous et à notre peuple. Dans

le cas contraire, je n’aurais tout simplement

pas survécu et je ne vois pas

comment je pourrais apprendre à mes

petits-enfants à vivre dans un monde

normal. Mais ce pardon est un combat

de tous les instants, sans cesse renouvelé.

Chaque fois que j’ouvre un journal

et que je lis, par exemple, qu’un fermier

blanc a abattu un enfant noir de 7 ans

qui courait dans son champ, avant

de s’expliquer en disant qu’il l’avait

confondu avec un babouin, ou que

deux autres fermiers ont enfermé un

ouvrier noir dans un cercueil pour le punir,

mon pardon est mis à rude épreuve.

Jeune Afrique : Selon vous, à

quoi a servi la Commission Vérité et Réconciliation,

présidée par Desmond Tutu

entre 1996 et 1998, souvent présentée

comme un modèle de justice transitionnelle

?

Winnie Mandela : À en juger

par la multiplication des incidents raciaux,

je me demande quelle a été son

utilité. Je vis à Soweto, un township

créé par le régime d’apartheid pour

parquer les Noirs. Un quart de siècle

après l’abolition de l’apartheid, il n’y

a toujours pas un seul Blanc à Soweto.

Les seuls que nous voyons sont des

touristes. Où est le changement ? Pour

vous rencontrer dans un endroit décent,

je suis obligée de quitter le ghetto où je

vis. J’aurais pu déménager, c’est vrai,

pour habiter dans un quartier blanc.

Mais j’ai décidé de rester à Soweto en

tant que conscience de mon peuple,

pour partager sa vie et son environnement.

Sous bien des aspects, l’Afrique

du Sud d’aujourd’hui reste le domaine

de la minorité blanche.

Jeune Afrique : Si vous aviez

à refaire votre vie, choisiriez-vous la

même ?

Winnie Mandela : Absolument.

Me battre pour la libération de

mon peuple a été et reste pour moi une

source puissante de bonheur. Il n’y

a aucune cause supérieure à celle-là.

Mon seul regret est d’être obligée de

continuer ce combat. L’Afrique du Sud

de Mandela a toujours été une fiction.

Je vis là où Nelson m’a laissée, un jour

de 1961, alors que si les mots de réconciliation

et d’intégration avaient le

moindre contenu ici, en Afrique du Sud,

Soweto n’existerait plus. Pour le reste,

je n’ai aucun remords. Je vivrais cent

fois la même vie s’il le fallait !

Jeune Afrique (N°2958)

25 septembre 2017

Jeune Afrique Mis à

jour 2 avril 2018

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

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Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018


sur toutes les circonstances des

faits allégués. Cependant, en signe

de mépris cynique, un groupe

de pays occidentaux a décidé de

prendre des mesures militaires sans

attendre les résultats de l'enquête.

La Russie condamne dans les

termes les plus vigoureux l'attaque

contre la Syrie, où des militaires

russes assistent le gouvernement

légitime dans ses efforts de lutte

contre le terrorisme.

Par leurs actions, les Etats-

Suite de la page (20)

l’année de leur fulgurante montée.

Men Polo, Tounen, Selavi…et

boum, c’est le branle bas. Au cours

d’une prestation du groupe, Martino

et Porky le bassiste en viennent

aux invectives. C’est la rupture.

En fait, ce moment ressemble à un

scenario concocté par le trio Robert,

sa fiancée d’alors Jessie Al-Khal et

de son futur beau frère Pierrot ;

afin que Robert puisse s’esquiver

pour venir compter et faire bande

ensemble. En tout cas, avec « Les

Gypsies », ce fut une riche page

de musique ambiante, d’une guitare

pourvoyeuse d’harmonie, de

mélodie, autant que dans l’art des

raccourcis. Propulsant un groupe

qui a su rallier autant de suffrages

durant plus d’un lustre. Tout

Vladimir Poutine

en gratifiant des albums à Succès

: #1 : ‘’Haïti’’, #2,’’Patience’’,

#3’’Courage’’, #4’’La Tulipe’’. Ce

dernier produit durant leur expérience

new-yorkaise ; à la conquête

du domaine de « Tabou », « Skah-

Shah » etc.

Suite à cette randonnée newyorkaise

qui a bien régalé les gens

de là bas, Robert et sa bande retournent

au bercail dans une atmosphère

marquée de soubresauts de

fin de cycle. Il sortit alors l’album

:#5’’Fierté’’, pas tout à fait dans le

coup. C’est le début de la fin pour

les groupes strings face à la vague

des groupes aux armadas cuivrées.

A ce stade, Martino décide de se

retirer pour une réévaluation des

données. C'est-à-dire, reculer pour

Classified

Directory Tel: 718-421-0162

editor@haitiliberte.com

Unis aggravent la situation humanitaire

déjà catastrophique en

Syrie et infligent des souffrances

aux civils. En réalité, les États-Unis

flattent bassement les terroristes

qui tourmentent le peuple syrien

depuis sept ans, ce qui a entraîné

une vague de réfugiés fuyant ce

pays et la région.

L'escalade actuelle autour de

la Syrie est destructrice pour l'ensemble

du système des relations

internationales. L'histoire rétablira

mieux rebondir. C’est ce qu’il a

administré en ressurgissant avec

« Le Scorpio », groupe de formule

nouvelle, dotée de horn-section à

la manière des groupes antillais qui

prirent d’assaut le show business

local. A part la section à vent, un

clavier synthétiseur y est aussi incorporé.

Ce qui ne voulait pas dire

que Robert n’allait pas toujours en

faire des siennes. Pour ne pas s’innover

dans ses solos lumineux, en

plus de son flair harmonique, de

ses atouts de compositeur et de sa

capacité de meneur.

Avec le « Scorpio » Robert

continua à occuper le devant de la

scène, comme c’était le cas avec «

Les Difficiles », puis, « Les Gypsies

». Et les hits persistaient sous

la vérité des faits, et Washington

porte déjà la lourde responsabilité

de l'outrage sanglant en Yougoslavie,

en Irak et en Libye.

La Russie convoquera une

réunion d'urgence du Conseil de

sécurité de l'ONU pour discuter des

actions agressives des Etats-Unis

et de leurs alliés.

Source: Kremlin April 14, 2018

Traduction : Sayed Hasan 14

avril 2018

sa signature, son leadership et sa

maestria. Toujours en musicien adaptatif

et guitariste référentiel, il

continue à pousser sa curiosité vers

d’autres paramètres tels : le rock,

le jazz, le blues, le reggae et d’autres

sonorités des 70 et 80’ intégrés

aux paramètres natifs ; dans le métissage

la musique globale. Pourtant,

il se fait éjecter du groupe par

un noyau de revendicateurs. Finalement

découragé, il jeta le tablier.

Malgré tout, il revient pour sauver

les meubles, juste le temps d’un

carnaval dont il s’est fait aussi l’ultime

pourvoyeur. Après la débâcle

du « Scorpio », il prit encore du recul

par rapport au show-business.

Pour explorer surtout d’autres approches

avec l’opportunité d’apporter

sa touche épatante à d’autres

excursions collaboratives.

Au milieu des années 1980,

il alla se fixer en Floride où il mit

à nouveau en évidence sa capacité

à rebondir. En explorant la formule

du « drum machine » avec le « Top

Vice ». Lequel devient momentanément

la formation vedette du « Sunshine

State »; l’installant en chef

de file du konpa elektro. Il est vrai

qu’il y avait peu de créativité dans

la musique du groupe « chouchou

de Miami »,qui se contentait surtout

d’interpréter les succès d’autrui.

Mais, l’ambiance y était au

paroxysme, et Robert avait encore

su se ressourcer dans l’énergie de

la nouvelle génération. Cependant,

sans une ébauche de clarté dont il

savait être l’un des ultimes gratificateurs.

Dans un tel contexte son

jeu a paru émoussé et sa guitare

essoufflée. Talonné par la nouvelle

vague, dont ses fils Roberto et

Reynaldo qui se sont lancés sur les

pas de papa, en formant un groupe

nommé « T-Vice », comme pour

sommer le vieux qu’il était temps

de céder les affaires familiales aux

jeunots. Lesquels n’ont pu jamais

faire oublier le père. Dont la signature

exclusive résonnera toujours

aux confins des vibrations, d’une

proportion épique.

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Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

19


Pleins feux sur : Robert Martino

(Port-au-Prince, 1947 ?)

Par Ed Rainer Sainvill

« Une signature exclusive »

Après avoir appris ses sujets

musicaux sur le tas tout en

s’employant en autodidacte à

peaufiner son talent de ‘’stringman’’,

Robert a émergé très jeune

en guitariste soliste patenté et

en compositeur fécond avec «

Les Difficiles » de Pétion-Ville.

Aux commandes duquel il s’est

imposé en co-meneur ; en compagnie

de son pote le chanteur

Henri Célestin. Au cours des

sixties infatués de rock & roll.

S'étant précédemment employé

avec ce groupe à interpréter les

succès locaux et d’outre-mer.

Puis, après s'être débarrassé du

saxophoniste Jean Claude Labissière,

Robert s’est attelé par

la suite à orienter « Les Difficiles

» vers une musique de souche.

Au comble d’une signature exclusive,

auréolée d’une sonorité

florissante d’une guitare riche

en glissandos et en même temps

si instillée de swing. C’est en

s’accommodant de ses va-tout

que le groupe prit soudainement

le devant de la scène. Il faut

dire que ce fut à un moment ou

après l’éclatement du « Tabou »

les groupes strings étaient peu

légion.

C’est le début tumultueux

des seventies et Robert et « Les

Difficiles » choisissent d’être

Robert Martino

inarrêtables cet été là qui fut

suite à la page(19)

NOW 4 BROOKLYN LOCATIONS

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now open!

TRUMP MUST GO!

GET ON the bus to WASHINGTON, DC

Nat’l Rally in front of the White House in Lafayette Park

SAT, MAY 19, 2018

12:00 - 4:00 p.m.

WE DEMAND: Trump apologize ! Permanent residency for all TPS holders

! U.S. & UN reparations to Haiti ! Stop police profiling & terror against

black & brown communities ! UN occupation police out of Haiti ! Stop U.S.

meddling in Haiti elections.

th

On Jan. 11, the eve of the 8 anniversary of Haiti’s 2010 earthquake, President Donald Trump

called Haiti a “shithole” country, along with El Salvador and African nations. He continues racist

and anti-immigrant policies and provocative statements, especially against black and brown peoples.

In response, Haitians, Africans, and Latin Americans from New York, New Jersey,

Massachusetts, Pennsylvania, Florida, Georgia, and Canada will converge on Washington, DC the

day after May 18, Haitian Flag Day, on the anniversary of Malcolm X’s birthday.

Bus tickets: NY $40 / 718.421.0162 ! NJ $30 / 862.223.1348 ! FL/GA 305.756.8050

Supported by FANM, Veye Yo, and the Boston Bus Drivers Union, among others. Initiated by the 1804 Movement

for All Immigrants, 1583 Albany Ave., Bklyn, NY 11210 ! 718.421.0162 ! 1804immigrantmovement@gmail.com

1804 Movement = 1199SEIU, Black Alliance for Just Immigration (BAJI), Club des Amis d’Haïti Liberté (CAHL),

Dec. 12 Coalition, Equality for Flatbush, Fanmi Lavalas, Free Mumia Coalition, Haïti Liberté, Haitian Enforcement

Against Racism (HEAR), Haiti Solidarity Network of the NorthEast (HSNNE), International Support Haiti Network

(ISHN) Konbit Ayisyen pou Kore Lakay (KAKOLA), Konfederasyon Vodou Ayisyen (KNVA)-New York, Party for

Socialism & Liberation (PSL), Peoples Power Assemblies (PPA), Refuse Fascism, Tout Haiti, Voix & Tambours,

Workers World Party (WWP) & many individual activists (list in formation)

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 11 # 41 • Du 18 au 24 Avril 2018

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