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Le Chevalier - N°48

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N° 48<br />

12 ème année<br />

<strong>Le</strong> billet<br />

du Procureur<br />

<strong>Le</strong> canton du Valais a de nombreuses<br />

spécificités: par exemple, du point de<br />

vue climatique, un soleil (en principe<br />

permanent) et une absence tout aussi<br />

permanente de brouillard. Ces deux éléments<br />

contribuent de manière décisive<br />

au fait que le problème des vignerons du<br />

canton n’est pas la maturité des raisins<br />

mais le choix des raisins qu’ils désirent<br />

amener à maturité.<br />

Quant au paysage viticole, aucun hôte<br />

qui parcourt la plaine du Rhône, ne peut<br />

ignorer les vignes qui s’étagent sur les<br />

coteaux et, éparpillées, deci delà, des<br />

constructions modestes ou plus ou<br />

moins élaborées, appelées communément<br />

«guérites» et qui égaient les<br />

terrasses de couleur brune, blanche,<br />

rose ou grise quand ce n’est pas d’une<br />

étrange couleur bleue, caractéristique<br />

de la «bouillie bordelaise».<br />

<strong>Le</strong> vin n’est jamais si bon<br />

que quand on<br />

le boit avec un ami.<br />

(proverbe chinois)<br />

Ces guérites, ces cabanes dans les<br />

vignes, revêtaient une fonction très<br />

importante jusqu’au milieu du XXème<br />

siècle. En effet, alors que le vignoble<br />

était éloigné du domicile des vignerons,<br />

que les routes viticoles étaient encore<br />

à l’état embryonnaire, il était important<br />

de disposer d’un lieu d’entreposage du<br />

matériel et des outils et pouvant, en cas<br />

de nécessité, servir d’abri au personnel.<br />

En outre, il n’était pas rare de trouver<br />

dans ces guérites une citerne qui, grâce<br />

à des chenaux, recueillait l’eau de pluie<br />

qui servait ensuite lors des travaux de<br />

sulfatage des vignes. Dans certaines de<br />

ces constructions se trouvaient même<br />

de petits poêles à bois qui amélioraient<br />

le confort tout relatif de la guérite.<br />

L’architecture des guérites est généralement<br />

assez simple puisqu’elles ne<br />

comportent qu’un étage et une seule<br />

pièce. En ce qui concerne leur aspect,<br />

celui-ci est tout autant modeste puisque<br />

la grande majorité des guérites sont soit<br />

carrées, soit rectangulaires. Cependant<br />

s’il est une guérite qui déroge à cette<br />

norme, c’est bien celle qui figure audessus<br />

de ce billet puisque, comme<br />

vous pouvez le constater, elle est de<br />

forme ronde, ce qui en fait une curiosité<br />

d’autant plus remarquable….que ladite<br />

guérite, qui se trouve au lieu-dit Champlong<br />

(commune de Vétroz), appartient<br />

au patrimoine «culturel» (ah ah ah!) de<br />

ma famille.<br />

C’est sur cette poussée (occasionnelle)<br />

de fierté que je conclus cette digression<br />

en levant mon verre à votre bonne santé<br />

et à celle de l’Ordre de la Channe.<br />

Fernand Schalbetter<br />

Procureur de l’Ordre


Du Chapitre précédent<br />

Chapitre du Château de Chillon<br />

2<br />

<strong>Chevalier</strong>s<br />

Stéphane Bellon, Troistorrents<br />

Renato Corsi, Oberhofen<br />

Pierre-Alain Dutoit, Vevey<br />

Lino de Jesus Dionisos, Châtel-St-Denis<br />

Anne Kilchör, Corminboeuf<br />

Arthur-Félix Zuber, Lutry<br />

<strong>Chevalier</strong> d’honneur<br />

Laurent Wehrli, Syndic de Montreux et<br />

Conseiller National<br />

Jürg Noth, Chef du Corps des Gardes-<br />

Frontières<br />

Bernard Fibicher, Directeur du Musée des<br />

Beaux-Arts de Lausanne<br />

Officier d’honneur<br />

Cilette Faust, Sierre<br />

anciennement Officier Troubadour<br />

<strong>Le</strong>s vins du Chapitre<br />

Montreux «El Ruffinel» AOC Lavaux 2015<br />

Johannisberg Feuergold, AOC Valais 2015<br />

<strong>Le</strong>s Fils Maye, Riddes<br />

Humagne Blanche Héritage, AOC Valais 2015<br />

Varone Vins, Sion<br />

Amigne de Vétroz, AOC Valais 2015<br />

Jean-René Germanier, Vétroz<br />

Petite Arvine l’Orpailleur, AOC Valais 2015<br />

Frédéric Dumoulin, Uvrier<br />

Humagne Rouge Soleil d’Or, AOC Valais 2015<br />

Imesch Vins, Sierre<br />

Pinot Noir Côteau de Sierre, AOC Valais 2105<br />

Rouvinez Vins, Sierre<br />

Ermitage Merle des Roches, AOC Valais 2013<br />

Domaine du Mont d’Or, Sion


... au chapitre suivant<br />

Chapitre du Renouveau<br />

<strong>Le</strong>ns vous<br />

accueille<br />

C’est à <strong>Le</strong>ns que les membres de l’Ordre<br />

de la Channe et leurs invité(e)s sont conviés<br />

pour assister au Chapitre du Renouveau<br />

qui sera précédé de l’assemblée générale<br />

annuelle de la confrérie. En se promenant<br />

dans <strong>Le</strong>ns, on rencontre, comme blotties<br />

autour de l’église, de vieilles bâtisses qui<br />

témoignent de l’ancienneté de la culture<br />

de cette région. En effet, les traces des origines<br />

du village remontent au 6ème siècle<br />

- familles et nomades se sont alors sédentarisés<br />

et ont fondé des villages - lorsque<br />

les Germains ont pris possession du territoire<br />

de l’actuelle Suisse alémanique et<br />

que l’Empire romain s’est effondré.<br />

<strong>Le</strong> village de <strong>Le</strong>ns a été le lieu de séjour<br />

de Charles-Ferdinand Ramuz ainsi que<br />

du compositeur Igor Stravinsky et est surplombé<br />

par la Statue du Christ-Roi qui domine<br />

tout le centre du Valais. Cette statue<br />

qui mesure 30 mètres de haut, y compris<br />

le socle qui en fait 15, fut érigée et bénie<br />

par l’évêque Mgr Bieler avec grande solennité<br />

le 11 septembre 1935 en présence de<br />

4’000 fidèles accourus de diverses loca-<br />

lités du canton, de nombreuses autorités<br />

civiles avec, à leur tête, le chef du Conseil<br />

d’Etat du Valais.<br />

La Fondation Pierre<br />

Arnaud: Centre d’art<br />

Né le 2 février 1922 dans le sud de la<br />

France, Pierre Arnaud aime à passer ses<br />

vacances à la montagne et découvre le<br />

plateau de Crans-Montana. Il y achète un<br />

petit chalet qu’il agrandira progressivement<br />

jusque dans les années 1990 quand<br />

il acquiert plusieurs parcelles sur les hauteurs<br />

de Crans et y fait bâtir la demeure où<br />

il s’éteindra en 1996.<br />

Etablie en 2007 en mémoire du collectionneur<br />

et mécène Pierre Arnaud, la Fondation<br />

d’utilité publique a pour objectif de<br />

promouvoir les beaux-arts tout en mettant<br />

spécifiquement en relief la peinture suisse<br />

qu’elle présentera dans un contexte européen.<br />

Afin d’enrichir l’offre culturelle et<br />

touristique sur le plateau de Crans-Montana,<br />

la fondation construit, gère et finance<br />

un Centre d’art à <strong>Le</strong>ns afin d’y organiser<br />

un programme international d’expositions<br />

temporaires et de divers événements<br />

culturels. La façade en verre du bâtiment<br />

est un paisible miroir du lac du Louché et<br />

c’est en ce lieu ensoleillé que la Fondation<br />

Pierre Arnaud propose de fascinantes<br />

expositions thématiques mettant en perspective<br />

la création suisse et mondiale ainsi<br />

que l’expression de sociétés anciennes<br />

et contemporaines. <strong>Le</strong> Centre d’Art organise<br />

un éventail d’animations et activités<br />

pour ses visiteurs: des visites guidées, des<br />

visites contées, des conférences et des<br />

ateliers créatifs.<br />

<strong>Le</strong> Chapitre du Renouveau vous permet<br />

de joindre l’utile (assemblée générale<br />

annuelle) à l’agréable (découverte des expositions<br />

de la Fondation Pierres Arnaud).<br />

Soyez les bienvenu(e)s.


Personnalite du vin<br />

4<br />

Hommage à Cilette Faust<br />

merci d’avoir été une filiale du musée<br />

du Louvre en assurant le dépôt, la garde, le renouvellement<br />

des éléments et accessoires qui<br />

servent aux intronisations,<br />

Une fidélité de 56 ans mérite un coup de projecteur<br />

et c’est à quoi s’est astreint avec enthousiasme<br />

le Procureur quand, lors de la remise<br />

du titre d’Officier d’honneur de la confrérie à<br />

l’occasion du Chapitre de Chillon, il lui a dédié<br />

l’hommage souriant reproduit ci-dessous in<br />

extenso.<br />

«Chère Cilette,<br />

Bien malgré moi, me voilà confronté au plaisir<br />

de t’exprimer l’Everest de ma reconnaissance<br />

qui est aussi celle de tous les membres de<br />

notre confrérie.<br />

Tout d’abord permets-moi d’égratigner quelque<br />

peu ton humilité en dévoilant que, durant ton<br />

jeune âge, tu as été une Timéa Bacsinszky avant<br />

l’heure, une émule de <strong>Le</strong>wis Hamilton, une des<br />

Maria Callas de la Chanson du Rhône et surtout<br />

que tu as satisfait ta vocation artistique en pratiquant<br />

la danse et en dirigeant avec grand succès<br />

des académies de danse à Sierre, Sion et<br />

Crans-Montana. Cette passion, toi, la nymphe<br />

aux pieds lutins, t’a donné l’occasion, de Paris<br />

au Bolchoï de Moscou en passant par St-Petersbourg,<br />

New-York, Chicago, Los Angeles et<br />

Monte Carlo, d’être côtoyée par tous les grands<br />

noms du quatrième art. Tu ne m’en voudras<br />

pas trop, Cilette, si je ne vais pas mentionner<br />

dans le détail l’éventail des spectacles que tu<br />

as orchestrés et qui furent applaudis par des<br />

milliers de spectateurs enthousiastes.<br />

En évoquant les activités qui précèdent, Cilette,<br />

j’ai voulu souligner que tu es une artiste avec<br />

tout ce que ce vocable comporte de créativité,<br />

de fantaisie et de sensibilité. Ces belles qualités,<br />

tu les as mises durant 56 ans, soit de 1960<br />

à 2016 au service de l’Ordre de la Channe et<br />

de 4 Procureurs successifs.<br />

Aussi, au nom des membres et des Officiers de<br />

la confrérie, je tiens à te dire merci:<br />

merci d’avoir consciencieusement<br />

collectionné les documents photographiques<br />

qui sont la mémoire souriante des Chapitres,<br />

merci d’avoir tenu à jour le livre d’honneur<br />

qui, grâce à toi, a permis à nos nouveaux<br />

chevaliers et membres du haut patronage d’exprimer<br />

leurs avis,<br />

merci Cilette d’avoir taquiné la muse<br />

pour nous charmer par tes poèmes et autres<br />

récits tout en finesse qui nous ont dévoilé les<br />

vertus euphorisantes de la Petite Arvine ou<br />

celles aphrodisiaques de la Malvoisie.


5<br />

Mais s’il était une fonction qui te tenait à coeur,<br />

c’était bien celle qui consistait à présenter les<br />

règles de la table durant lesquelles tu commentais<br />

l’actualité de manière savoureuse et tu y<br />

vantais les vertus plus subjectives que réelles<br />

des hommes politiques, mais seulement de<br />

ceux qui partageaient tes convictions...<br />

merci Cilette d’avoir été le Yves Saint<br />

Laurent de l’élégance masculine des Officiers,<br />

traquant sans relâche le jabot défraîchi, la redingote<br />

lustrée, le gilet délavé ou la plume tristounette:<br />

ces plumes dont tu prenais livraison<br />

auprès de la Maison Février, maison qui fournit<br />

également ces plumes aux girls du Lido ou du<br />

Moulin Rouge qui, elles, les girls, ne les portent<br />

pas sur un couvre-chef.<br />

merci Cilette d’avoir été notre John<br />

Kerry, d’avoir été notre ambassadrice itinérante<br />

en parcourant des milliers de kilomètres sur les<br />

routes de France et de Navarre et en consacrant<br />

des centaines d’heures pour représenter,<br />

dignement et avec grâce, l’Ordre de la Channe<br />

auprès des autres confréries bachiques et gastronomiques,<br />

que ce soit en Suisse ou à l’étranger.<br />

merci Cilette d’avoir été la mère<br />

Noël attentionnée et gourmande qui organisait<br />

chaque année le repas de fin d’année des<br />

Officiers du Conseil, ce qui n’a pas contribué<br />

à conserver la silhouette haricot à certains<br />

d’entre eux.<br />

Officier Troubadour Cilette Faust, mille et mille<br />

mercis pour ton engagement indéfectible et<br />

constant en faveur de la Channe. Mille et mille<br />

mercis Cilette pour avoir été un exemple de<br />

gentillesse, de générosité, de compétence, de<br />

fidélité, d’empathie, de dévouement, d’enthousiasme<br />

durant plus de 5 décennies.<br />

Avant les applaudissements que tu mérites et<br />

en guise d’hommage ultime, permets-moi Cilette,<br />

de t’avouer que même tes retards récurrents<br />

aux séances du Conseil commencent à<br />

me manquer.»


Vin du Valais: d’où viens-tu ?<br />

6<br />

<strong>Le</strong>s vins des caves de l’Hospice<br />

du Grand-Saint-Bernard<br />

Au Moyen Age et pendant l’Ancien Régime, les<br />

vignes dont l’Hospice du Grand-Saint-Bernard<br />

tire son vin se trouvent en très grande majorité<br />

dans la vallée d’Aoste. En revanche, l’essentiel<br />

du vin se boit à l’hospice ce qui permet d’observer<br />

les coutumes de consommation des chanoines<br />

aux XVIIe et XVIIIe siècle.<br />

<strong>Le</strong>s vins des caves<br />

de l’hospice<br />

<strong>Le</strong> Chanoine valdôtain Pierre-François Ballalu,<br />

entré dans la communauté en 1698, décrit ainsi<br />

les caves de la maison: «Du côté du midi, il y<br />

a une suite de cinq voûtes, dont trois, presque<br />

égales, servent de caves pour tenir le vin», et<br />

les deux autres servent au fromage. <strong>Le</strong>s tonneaux<br />

de ces caves portent des noms féminins.<br />

L’essentiel de la provision encavée consiste en<br />

«petit vin» destiné «aux domestiques et aux<br />

passants du commun». S’il s’agit de rouge,<br />

on le verse dans «la Berthoda» (11000 litres),<br />

si c’est du blanc, on l’entonne dans «la Blanchère»<br />

(4600 litres). <strong>Le</strong> vin de qualité moyenne<br />

va dans deux tonneaux: «la Seconde» (8300<br />

litres) et «la Bernardine» (1650 litres); ce vin<br />

sert à «la boisson ordinaire des religieux et de<br />

ceux qui mangent avec la communauté». Quant<br />

au meilleur vin, on le confie à « la Tierce», alors<br />

vieille de 103 ans (2300 litres), au tonneau «du<br />

Carême», à celui «de Saint-Oyens» (370 litres) à<br />

celui «de Monseigneur le prévôt» (370 litres), à<br />

«la Fenêtre» (3700 litres) et à «la Neuve» (1650<br />

litres). Depuis Bibian, le principal domaine viticole<br />

de l’Hospice, il monte chaque année environ<br />

20 charges (ca 920 litres) de vin blanc et<br />

une (92 litres) de clairet, sous forme de moût.<br />

Ce vin et ses petits tonneaux se conserve dans<br />

une cave particulière et on le distribue aux religieux<br />

au dîner des vigiles et à celui de toutes les<br />

fêtes de première et de seconde classe.<br />

<strong>Le</strong> vin aux trois repas<br />

<strong>Le</strong> chanoine Bellalu est intarissable sur les<br />

usages de la table. <strong>Le</strong>s novices servent les chanoines<br />

pendant les repas. Debout derrière eux,<br />

ils doivent entre autres «verser à boire à chaque<br />

religieux qui en demande, et c’est ordinairement<br />

le novice semainier de table qui demeure<br />

ainsi droit pour verser à boire». <strong>Le</strong>s novices<br />

servent aussi à boire «aux étrangers, hommes<br />

ou femmes, qui mangent dans le réfectoire des<br />

religieux ou dans la salle vieille». L’oeil acéré du<br />

chanoine observe cependant chez ces jeunes<br />

hommes une tendance à mettre de côté du<br />

pain blanc et du vin, pour ensuite les consommer<br />

en cachette.<br />

Belllalu détaille les coutumes observées lors<br />

des trois repas: le «déjeuner», le matin, est<br />

souple et informel, par contre, le «dîner», à la<br />

mi-journée et le «souper», le soir, sont assez<br />

titularisés. <strong>Le</strong> déjeuner, qui ne se prend pas à<br />

heure fixe, mais selon l’emploi du temps de<br />

chacun, est plantureux, à l’ouverture d’une<br />

journée fatiguante, surtout en hiver: viande<br />

fraîche ou salée, fricassée, bouillon, pain et<br />

fromage. <strong>Le</strong>s vendredis et samedis où l’on ne<br />

jeûne pas, on sert la viande et le fromage ad<br />

libitum et on dispose d’un quarteron de vin,<br />

dont chacun se sert à sa liberté. Bellalu observe<br />

que «la portion de vin n’étant pas réglée, les<br />

clavendiers se trouvaient fort ennuyés de devoir<br />

en ajouter souvent. Je les entendais plusieurs<br />

fois se plaindre qu’ils donnaient parfois jusqu’à<br />

4 quarterons de vin par jour pour les différents<br />

déjeuners des religieux, mais ces déjeuners<br />

étant ainsi établis par la coutume, je n’ai pas<br />

encore vu qu’un clavendier ose refuser le vin,<br />

la viande, le fromage et le bouillon mais ils se<br />

plaignaient à cause du vin». Au dîner et au souper,<br />

les jours ordinaires, «jusqu’au commencement<br />

de l’année passée 1708, chaque religieux<br />

buvait du vin autant qu’il en souhaitait. Depuis<br />

un an, on donne à chaque religieux sa portion<br />

de vin dans un pot d’étain qui tient cinq à six<br />

verres».


7<br />

Des suppléments<br />

pour diverses occasions<br />

En plus de cette ration, «les jours des fêtes<br />

de première et seconde classe, on donne à<br />

chaque religieux un verre de vin blanc au commencement<br />

du dîner de la veille de la fête et<br />

le jour de la fête». De même, à l’arrivée d’’un<br />

religieux ou d’un personnage respectable, «le<br />

clavendier envoie souvent prendre un quarteron<br />

de bon vin qu’il fait distribuer au prieur et aux<br />

religieux pour boire à la santé de la personne<br />

qu’on veut honorer».<br />

On distribue aussi des suppléments lorsque<br />

«les religieux ont beaucoup chanté à l’église»,<br />

ainsi que les jours de récréation. Enfin, au dîner<br />

des fêtes de première classe, il était coutumier<br />

de donner «pour la communauté un brochet de<br />

vin de la Tierce, qui est du meilleur vin. Présentement<br />

on remplit les pots de ce vin ces<br />

jours-là». A propos de la collation, qui remplace<br />

le souper en période de jeûne, «on ne donne<br />

pas la mesure du vin, mais le novice qui sert<br />

à table en verse toutes les fois et autant que<br />

le religieux lui en demande». En Carême, on<br />

donne à chaque religieux dans la collation, un<br />

verre du meilleur vin de la cave, qu’on tire d’un<br />

tonneau qu’on appelle la Carême, et ils boivent<br />

ensuite de l’ordinaire comme les autres jours<br />

de jeûne». Ces pratiques vineuses des temps<br />

de pénitence, dans lesquels les journées ne fatiguent<br />

pas moins ces veilleurs de montagnes,<br />

prouvent que les vin est pour eux un aliment<br />

roboratif avant d’être une source de joies intérieures,<br />

selon Bellalu.<br />

Trinquer pour<br />

les départs<br />

et les retours<br />

Comme dans la vie des communautés et des<br />

paroisses, le vin est une marque de respect et<br />

il accompagne l’émotion des départs et des<br />

retours. Ordinairement, le prévôt de la congrégation<br />

réside à Aoste, mais il vient en principe<br />

deux fois par an à l’hospice. Durant ce séjour,<br />

il se tient à l’écart de la communauté et de la<br />

liturgie, mais il participe aux repas communs,<br />

«alors il fait ordinairement cesser la lecture environ<br />

à moitié repas et, avant la fin de la table,<br />

les religieux boivent à sa santé, d’où il prend<br />

occasion de faire apporter un quarteron de son<br />

vin, c’est-à-dire d’un vin choisi qui est dans un<br />

tonneau de la cave qu’on appelle le tonneau de<br />

Monseigneur le prévôt». Au terme de sa visite,<br />

au moment du départ, on lui offre un vin d’honneur<br />

et des «confitures». Ballalus regrette qu’on<br />

interrompe trop vite les édifiantes lectures qui<br />

accompagnent coutumièrement les repas, notamment<br />

pour boire à la santé d’invités ou de<br />

notables de passage.<br />

<strong>Le</strong> vin de l’étrier<br />

On fête aussi de bien plus modestes événements.<br />

<strong>Le</strong> changement de clavendier faisait<br />

l’objet d’une petite cérémonie au repas, et<br />

l’ancien titulaire et le nouveau «régalaient la<br />

communauté de quelque extraordinaire, surtout<br />

du bon vin», selon Bellallu, cela ne se fait<br />

plus. Parmi les petits rituels entre amis, Bellalu<br />

raconte le «vin de l’étrier». Chaque religieux<br />

prêtre possède une selle, une bride et des<br />

bottines, sauf les plus jeunes: la modestie de<br />

leur pécule leur interdit cet achat, ils doivent<br />

donc emprunter une selle. «Si le cheval qu’on<br />

a amené a un bât, ils le font enlever et lui font<br />

mettre la selle et, lorsque tout est prêt, c’est la<br />

coutume de boire le vin de l’étrier. <strong>Le</strong> clavendier<br />

le donne volontiers et du meilleur quand<br />

il lui plaît, qu’on buvait ordinairement dans la<br />

chambre du clavendier: à présent on le boit au<br />

réfectoire, où se rendent tous les religieux qui<br />

veulent boire à cette occasion».<br />

(Extraits de textes provenant de «Histoire de<br />

la Vigne et du Vin du Valais» publiés avec l’aimable<br />

autorisation de Mme Anne-Dominique<br />

Zufferey, directrice du Musée Valaisan de la<br />

Vigne et du Vin)


Innovation<br />

Bienvenue aux «Jeunes <strong>Chevalier</strong>s»<br />

8<br />

Selon Eugène Labiche « La jeunesse n’a<br />

qu’un temps». Voilà pourquoi, s’appuyant<br />

sur cette citation, les Officiers du Conseil<br />

de l’Ordre de la Channe ont mis sur pied<br />

un concept de recrutement auprès des<br />

jeunes en général.<br />

Cette opération a pour but de permettre<br />

aux jeunes hommes et jeunes filles comptant<br />

26 printemps et moins d’adhérer à la<br />

Confrérie et de leur permettre ainsi de faire<br />

plus ample connaissance avec le vin, avec<br />

son histoire et le respect qui lui est dû.<br />

Ces nouveaux membres, outre le fait<br />

qu’ils porteront le titre et le sautoir jaune<br />

de «Jeune <strong>Chevalier</strong>», se verront donc<br />

Cette édition du «<strong>Chevalier</strong>» vous est offerte par:<br />

offrir de substantiels avantages financiers<br />

soit, d’une manière générale, une réduction<br />

de 50% sur toutes les prestations<br />

de la confrérie comme, par exemple, sur<br />

le montant de la cotisation annuelle qui,<br />

pour les «Jeunes <strong>Chevalier</strong>s» se montera<br />

à 60.-- francs au lieu des 120.-- francs<br />

habituels. Autre exemple: une intronisation<br />

avec repas s’élèvera à 150.-- francs<br />

et non plus à 300.-- francs. Bien entendu<br />

et toujours pour les «Jeunes <strong>Chevalier</strong>s»,<br />

la participation aux repas des Chapitres de<br />

la Confrérie seront également réduits de<br />

50%.<br />

Dès que le «Jeune <strong>Chevalier</strong>» entre dans<br />

sa vingt-septième année, il est automatiquement<br />

élevé à la dignité de «<strong>Chevalier</strong>»<br />

sans devoir se soumettre à une nouvelle<br />

cérémonie d’intronisation mais en perdant<br />

les avantages liés à l’appellation de<br />

«Jeune <strong>Chevalier</strong>».<br />

<strong>Le</strong>s Officiers du Conseil se réjouissent déjà<br />

d’accueillir les candidats «Jeune <strong>Chevalier</strong>»<br />

et, tout en les félicitant pour leur décision,<br />

leur souhaitent la plus cordiale des<br />

bienvenues.<br />

Remarque:<br />

Des formulaires d’adhésion sont disponibles<br />

sur le site internet de la Confrérie<br />

(www.ordre-de-la-channe.ch) ou peuvent<br />

être commandés au secrétariat.<br />

Ordre de la Channe > Case postale 1007 > 1951 Sion ><br />

Tél: 027 323 76 02 / 079 569 23 58<br />

info@ordre-de-la-channe.ch<br />

www.ordre-de-la-channe.ch

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