Adventiste Magazine Nº 16 Juillet / Août / Septembre 2018

CommunicationsFSRT

7 - INTERVIEW : Gaël Cosendai Auteur du chant thème de l’AGO 2018 à Lyon
10 - DOSSIER Addictions : Quelles options pour nos églises ?
16 - TÉMOIGNAGES : Distribution d’oeufs d’amour, une initiative surprenante !
18 - FAMILLE : Hé, papa... je t’aime !
20 - SANTÉ : Les bienfaits de la cuisine faite maison
23 - ACTUALITÉS SUISSES : Dîner de gala à Genève
Baptême de Vanessa à Renens
Un culte en costumes traditionnels à Meyrin
Trois baptêmes à la Chaux-de-fonds

NOUVELLE

FORMULE

ADDICTIONS :

QUELLES OPTIONS

POUR NOS ÉGLISES ?

GENÈVE

LA CHAUX-DE-FONDS, RENENS

JUILLET / AOÛT / SEPTEMBRE 2018 N° ISSN 2571-6859

16

1 er Dîner de gala

pour la liberté religieuse

Des parcours et des

baptêmes...


RECETTE

Journal trimestriel

de la Fédération

adventiste de la Suisse

Romande et du Tessin

(FSRT)

16

Juillet-Août-Septembre

2018

Revue gratuite

Imprimée en Allemagne

N° ISSN 2571-6859

Antipasti d’aubergines

Pour environ 12 verrines

5 aubergines moyennes

3 oignons émincés

100 gr de câpres au vinaigre (selon goût)

100 gr d’olives vertes dénoyautées (selon goût)

1 dl de vinaigre de vin ou de pomme

5 cs d’huile d’olive

½ poivron rouge ou 10 tomates cerise

Sel, poivre

Faire chauffer l’huile d’olive dans une grande casserole.

Plonger les aubergines et les faire revenir en remuant

constamment. Lorsque les aubergines sont ramollies, ajouter

les oignons émincés et faire revenir le tout en remuant.

Couvrir et laisser mijoter à feu doux pendant environ 20

minutes. Remuer régulièrement.

Couper les olives en petits morceaux. Ajouter les câpres

égouttées et les olives vertes avec les aubergines.

Saler et poivrer.

Augmenter la chaleur de la plaque électrique. Verser le

vinaigre dans la casserole et mijoter sans couvercle pendant

3 minutes jusqu’à ce que le vinaigre s’évapore.

Retirer du feu et laisser refroidir.

Couper le poivron en tranches fines ou en petits cubes ; ou

les tomates cerise en 4.

Mettre l’antipasti dans des verrines et décorer avec le poivron

ou les tomates. Servir frais en entrée.

Rédacteur en chef :

Rickson Nobre

Éditeur : Département des

communications de la FSRT

Équipe de rédaction :

Rickson Nobre, David Jennah,

Eunice Goi, Yolande Grezet,

Pierrick Avelin, Cédrick

Fernandez Maquettiste :

Cédrick Fernandez

Rédacteurs : Rickson Nobre,

Amélie Trébeau, Yolande

Grezet, Luca Marulli, Scott

Wegener, Sue Radd, Samuel

Cunha, Eunice Goi,

Traductrices :

Serena Zagara, Tiziana Calà

Correctrices : Geneviève

Montégut, Yolande Grezet.

Crédit photos :

Couverture, p10-11 : Adobe

PhotoStock p6 : Cédrick

Fernandez p8 : Gael Cosendai

p13, 14, 20 : pixabay.com

p16-17 : Amélie Trébeau

p23-25 : Carlos Alvarenga

p26 : Samuel Cunha et Vanessa

Musseca p27 : Reynolds Agathe

p29, 30, 31 : Rickson Nobre

Les articles publiés et signés

dans Adventiste Magazine

n'engagent que leurs auteurs.

© FSRT - Tous droits réservés

pour tous pays.

Yolande Grezet

2


TOUT A CHANGÉ !

RICKSON

NOBRE

Pasteur,

secrétaire FSRT

et rédacteur en

chef

Vous avez entre les mains le résultat de

plusieurs semaines de travail. Cette nouvelle

version, que vous pouvez également

consulter sur adventistemagazine.com dans

la rubrique « E-magazine », voit arriver les

actualités de la Suisse.

L’idée est de permettre l’accès à l’information

sur les événements et les activités locales

pour les personnes qui ne sont pas trop

« branchées internet ». Cela fait suite à

plusieurs retours, certains regrettant qu’il

n’y ait plus de document papier avec les

nouvelles de leur fédération.

Le format change. La plupart des médias proposent

aujourd’hui deux formats pour leur revue. Cette taille réduite

facilitera le transport. Aussi, un format plus grand et plus

encombrant peut décourager d’emmener avec soi le support

en question. Enfin, cela va permettre de proposer une version

italienne indépendante de la version française.

EDITO

La périodicité change. La diffusion d’Adventiste Magazine,

dans sa version papier, sera désormais trimestrielle. Ce choix

est motivé par deux raisons. La plupart de nos lecteurs sont

sur le web. En 2017, pas moins de 70.000 personnes se sont

connectées sur les sites français et italiens. En ce mois de juillet

2018, nous avons déjà dépassé ce chiffre. Grâce aux économies

réalisées sur le changement de format et la périodicité, nous

pourrons désormais mettre à disposition une revue par foyer sur

tout le territoire de la FSRT.

Le site internet change. Dès la page d’accueil, il est désormais

possible d’avoir rapidement une vue d’ensemble sur toutes

les catégories, les dernières news, les vidéos et les choix de la

rédaction. L’adresse reste la même : adventistemagazine.com

Bref, après de longues réflexions et un gros chantier, épaulés

par des personnes compétentes, nous remettons tout cela entre

les mains de notre Dieu. Que ce soit au travers du papier ou des

écrans, nous espérons vous accompagner au mieux dans votre

cheminement ici-bas, en attendant des jours meilleurs,

en attendant le vrai « Changement »...

7INTERVIEW

Gaël Cosendai

Auteur du chant thème

de l’AGO 2018 à Lyon

10

DOSSIER

Addictions :

Quelles options

pour nos églises ?

16

TÉMOIGNAGES

Distribution d’oeufs

d’amour, une initiative

surprenante !

18

FAMILLE

Hé, papa... je t’aime !

20

SANTÉ

Les bienfaits de la

cuisine faite maison

23

ACTUALITÉS SUISSES

Dîner de gala

à Genève

Baptême de Vanessa

à Renens

Un culte en costumes

traditionnels à Meyrin

Trois baptêmes à

la Chaux-de-fonds

SOMMAIRE

3


111 ans de la jeunсse adventte

Ns célébrs avec vs !

Nous vous invitons à vivre cette journée pour

célébrer notre jeunesse (DSV et FSRT).

L’occasion de rencontrer de vieux amis et de

revivre la nostalgie de votre propre jeunesse !

Venez également découvrir des invités et

ateliers passionnants.

Nous reviendrons sur 111 années bénies et

ensemble, nous nous projetterons vers

l’avenir !

Quand ? : 1er septembre 2018 (toute la

journée)

Où ? : CTS Centre des congrès de Bienne

Qui ? : toutes les générations.

Informations et inscriptions sur :

jeunesse.adventiste.ch

Inscrivez-vous maintenant. Nous avons

hâte de vous voir !

Invités

Marjukka Ostrovljanovic

Jonatan Tejel


« Le monde sans espoir

Tâtonne dans la nuit

Où trouver dans le soir

Les signes d’un appui ?

Quand souvent les promesses

Des hommes sont trahies

Heureux ceux qui connaissent

Le nom de Jésus-Christ

Son amour est sans fin

Sa bonté infinie

A l’ombre de sa main

Nous trouvons un abri

Quand tout peut s’écrouler

Quand tout peut défaillir

Un seul mot nous suffit

Le nom de Jésus-Christ

Refrain

Ensemble, ensemble

Alors que l’heure avance

Ensemble, ensemble

Portons cette espérance

Pourquoi fixer le ciel ?

Pourquoi douter de lui ?

Le Seigneur est fidèle

A-t-il jamais failli ?

Certain comme l’aurore

Son retour est promis

C’est notre réconfort

Le nom de Jésus-Christ

Il nous donne sa joie

Sa force et son amour

Ainsi remplis de foi

Nous aimons en retour

Pour unique message

Nous prions que nos vies

Portent au monde le visage

Du Seigneur Jésus-Christ. «

Pour écouter le chant (à partir de 11 min 40)

www.youtube.com/watch?v=6nHwHHaCXXc

Paroles du chant thème « Ensemble, portons l’espérance «

Inspirées des textes bibliques d’Actes 1.11 et d’Osée 6.3. pour l’AGO Franco-Belge du 8 au 12 mai 2018 à Lyon.

6


« Ensemble, portons

cette espérance ! »

MAIS QUI EST L’AUTEUR DU CHANT THÈME

DE L’AGO 2018 À LYON ?

INTERVIEW

Ce chant thème a été spécialement

composé pour l’occasion par le

pasteur Gaël Cosendai, auteurcompositeur

de trois albums et d’autres

chants thèmes qui animent les temps

forts de l’église depuis des années.

MAIS QUI EST GAËL ?

Dans la famille Cosendai, vous avez dit

« artiste » ? Eh oui, tout le monde l’est un

peu (ou beaucoup), tout le monde chante

et joue d’un instrument. Après Gaël, c’est

Joana qui chante et joue de la flûte, s’en

suit Noémie qui chante aussi et joue des

percussions. Toutes deux ont d’ailleurs

contribué au graphisme du dernier

album de Gaël. Et enfin, le petit frère

Mathieu qui participe à la vidéo.

Les parents ont tous deux fait partie

du groupe « Emeraude » (pour les

anciens) en 1978. Avec un père pasteur

suisse mais né au Cameroun et sa mère

franco-anglaise professeur d’anglais,

Gaël a été bercé dans une ambiance

musicale riche allant de Bob Dylan

à Bach en passant par Joan Baez ou

Peter, Paul & Mary, pour ne citer qu’eux.

Après la Corse, la famille s’installe au

Cameroun.

Il a alors dix ans. C’est l’occasion pour lui

de découvrir la réalité de Dieu dans sa

vie au travers de la nature. Bercé par les

sons de la brousse, il adopte l’Afrique.

Guitare et piano sont ses premiers

instruments associés au rythme

des tam-tams, que nous retrouvons

aujourd’hui dans ses albums.

Après une maîtrise en théologie en

2005, il se consacre à la création de son

premier album « Dieu au téléphone »

sorti en 2006, puis « Nos liens » en

2010, et enfin « Les ombres chinoises »

en 2018.

Il témoigne de ce beau mariage entre

spiritualité et musique : « Ma passion,

c’est d’explorer la spiritualité à travers la

chanson. Au-delà du discours rationnel,

l’art s’adresse aux émotions, suscite

des images, raconte des histoires pour

appréhender l’invisible.

Cette démarche est vieille comme le

monde. – la Bible contient beaucoup

plus de récits ou de poèmes que

de théologie systématique. Je suis

convaincu que ce n’est pas un hasard. »

7


Nous avons demandé à Gaël de nous

en dire plus sur sa vie d’auteurcompositeur

en tant que chrétien et

maintenant pasteur adventiste.

AM - Tu es devenu pasteur depuis peu à

Toulouse, comment vis-tu cette nouvelle

perspective de vie ?

GC - « J’avoue que je m’attendais à un

changement plus radical. Mais je me

suis rendu compte que je continuais

seulement ce que je faisais déjà. Après

mes études de théologie, j’ai passé 10

ans à m’engager à l’église de Collonges et

dans la musique, tout en travaillant dans

l’informatique à Genève. Ça a été un temps

béni où le Seigneur m’a permis de me

construire spirituellement, humainement

et émotionnellement. L’engagement dans

le pastorat est maintenant nourri par ce

parcours et j’ai juste le plaisir d’avoir plus

de temps à y consacrer. »

Quelle place accordes-tu à la musique dans

ton ministère ?

« Elle fait partie de mon travail. Je me

souviens que pendant mes années de

préparation à Collonges, lorsque je me

consacrais beaucoup à l’église, la musique

me manquait, mais quand je voyageais

beaucoup pour les concerts, c’est l’église

qui me manquait ! J’ai toujours oscillé entre

les deux et le pastorat est une manière de

les joindre.

Donc dans le cadre du pastorat je

développe la musique dans trois

domaines :

- La composition de chants-thèmes

pour les rassemblements de jeunesse et

les assemblées,

- La direction de la louange à l’Eglise

Gospel de Toulouse et la formation pour

les églises,

- L’écriture et l’enregistrement

d’albums avec des paroles pour tout

public.

La majorité de mon temps reste cependant

dédiée au pastorat dans mon église

locale. »

Comment t’est venue l’idée du chant thème

de l’AGO de Lyon ?

« Quelques temps avant l’assemblée,

Philippe Leduc m’a envoyé un email pour

me demander si je pouvais composer un

chant-thème. J’étais bien occupé donc je lui

ai demandé de me donner une date limite

(le meilleur outil du compositeur !) et je

verrais si quelque chose sortirait. Le thème

était « Ensemble, portons l’espérance »

donc j’ai laissé ça travailler dans un coin

de ma tête mais je ne pensais pas réussir

à proposer quelque chose. Pour certains

la composition coule peut-être facilement,

pour moi je n’arrive à accoucher de

chansons qu’après un long travail acharné.

La veille de la date limite, j’ai trouvé

quelques phrases au piano, et quelque

chose a commencé à venir, dans le style

d’un hymne. J’ai passé pratiquement deux

jours à chercher des paroles, des rimes,

retourner les phrases dans tous les sens.

Il y a tant de chants qui existent déjà, c’est

un défi de formuler quelque chose qui

aura de la substance et du contenu. En

même temps il y avait cette idée de phrase

finale dans les couplets qui rappelait la

place centrale de Jésus-Christ dans toute

notre expérience chrétienne, et je crois que

c’est ce qui m’a motivé le plus. Plus nous

fixons notre attention sur Jésus, et plus

8


nous prenons conscience que tout le reste

est secondaire – ce que nous pensons de

nous, nos problèmes, nos culpabilités, le

monde…tout se met à genoux devant Lui,

et ça donne une sérénité extraordinaire.

Voilà l’espérance que nous portons. »

Quel message veux-tu faire passer à nos

jeunes de l’église qui veulent s’orienter dans

une carrière musicale ?

« J’aimerais dire d’abord que c’est un

magnifique projet ! Si cette passion est

présente et qu’elle est forte, il ne faut pas la

négliger. Et donc trouver autant d’occasions

possibles de l’exercer, notamment à l’église.

J’encourage les églises à intégrer très tôt

les enfants dans les groupes de louange.

Un enfant qui commence le piano ou le

violon sera une ressource précieuse dans

cinq ans, et c’est donc aujourd’hui qu’il

faut l’intégrer, même s’il ne sait faire que

deux notes ! Et ça sera important pour son

cheminement de foi.

Pour ce qui est de la carrière, c’est

une question que j’ai retourné dans

tous les sens pendant des années.

Je me demandais si je me lançais en

professionnel. Mais je me suis rendu

compte que pour pouvoir en vivre, il fallait

adopter une vie de nomade, toujours être

sur la route, et c’est peu compatible avec

une vie familiale et ecclésiale. Donc après

beaucoup de réflexion j’ai choisi d’assumer

le fait que la musique ne serait pas mon

gagne-pain. Tout ce que je gagne avec

la musique (ventes de CD, droits SACEM)

ne permet que de la financer (matériel,

enregistrements, etc.). Je ne connais que

très peu de personnes dans la musique

chrétienne francophone qui en vivent à

plein temps. La grande majorité ont un

engagement, que ce soit comme pasteur,

animateur dans une radio chrétienne,

professeur de musique, ou encore toutes

sortes d’autres emplois, même dans le

monde évangélique. C’est différent aux

Etats-Unis ou au Brésil parce qu’il y a un

marché de la musique chrétienne

beaucoup plus important. Et aujourd’hui

on n’achète plus les CD mais on écoute

la musique en streaming, ce qui réduit

beaucoup les sources de revenu. Donc

si on veut faire ça à plein temps, c’est

en tournant énormément pour acquérir

le statut d’intermittent du spectacle (du

moins en France). Mais on peut tout à fait

s’exprimer dans la musique sans que cela

soit notre activité principale.

En dehors de ce cadre, l’église locale

reste le lieu de service par excellence. Je

trouverais formidable qu’il y ait plus de

leaders de louange et de compositeurs.

Je trouve par exemple qu’il manque des

chansons pour les moments particuliers de

liturgie (sainte-cène, baptêmes, mariages,

etc.). Ça serait intéressant de créer une

plateforme où les compositeurs pourraient

mettre leurs chansons à disposition des

églises, mais il faudrait un budget à cause

des droits d’auteur. Ce ne sont pas les

projets qui manquent… »

C’est ici le

témoignage

qu’il est possible

d’allier l’amour de

la musique avec

le service pour

Dieu et l’église.

Nous remercions

Gaël et lui

souhaitons une

belle continuation sur la partition de la vie.

D’autant qu’il doit désormais orchestrer

une église afin d’offrir à Dieu un beau

concert, mélant divers histoires de vie,

tempéraments et opinions.

« Chantez à l’Eternel, vous qui l’aimez,

célébrez par vos louanges sa sainteté ! »

Psaumes 30.4.

Source : www.gael-music.com/bio

9


DOSSIER

Addictions :

Quelles options

pour nos églises ?

Luca Marulli

« VOUS ÊTES UNE PERSONNE

MERVEILLEUSE ! »

Le problème est que je ne me sens

pas si merveilleux. Surtout en

regardant les autres. Les autres,

eux, sont les merveilleux, les guéris,

les recréés dans la joie et dans l’amour.

Moi, je manque de paix ; je vis dans la

désillusion ; je suis différent ; je ressens

le mal de vivre. En fait, j’ai l’impression

d’être plutôt un Sisyphe. Pour avoir osé

défier les dieux, Sisyphe fut condamné

à faire rouler éternellement un rocher

jusqu’en haut d’une colline dont il

redescendait chaque fois avant de

parvenir à son sommet.

En voici le récit d’Homère : « Et je vis

Sisyphe subissant de grandes douleurs

et poussant un immense rocher

avec ses deux mains. Et il s’efforçait,

poussant ce rocher des mains et des

pieds jusqu’au faîte d’une montagne. Et

quand il était près d’atteindre ce faîte,

alors la force lui manquait, et l’immense

rocher roulait jusqu’au bas. Et il

recommençait de nouveau, et la sueur

coulait de ses membres, et la poussière

s’élevait au-dessus de sa tête » 1 .

Sisyphe c’est moi, lorsque j’ai

l’impression que toute ma vie se réduit

à la répétition d’actes dépourvus de

sens. Pour Albert Camus « la lutte ellemême

vers les sommets suffit à remplir

un coeur d’homme. Il faut imaginer

Sisyphe heureux » 2 .

Pourtant, la question s’impose : et s’il

n’était pas heureux ? L’effort sans sens

consommé dans la solitude… c’est

précisément à cette solitude et à ce

manque de sens que l’esprit humain

demande une solution.

DES QUESTIONS

Dans la Bible, deux questions

fondamentales sont posées à l’être

humain. Dieu, en se promenant dans

le jardin d’Eden, ne voit pas l’homme ni

la femme, qui se cachent de Lui. « Le

SEIGNEUR Dieu appela l’homme et

lui dit : ‘Où es-tu ?’ » (Gen 3.9) 3 . Cette

question ne cesse d’être répétée, car

Dieu m’invite à m’arrêter et à réfléchir,

à me redécouvrir au centre de Ses

propos — même et surtout quand je

me cache —, à me situer, à comprendre

pourquoi je pousse cet immense rocher.

10


DOSSIER

Vers quoi, pourquoi autant d’effort pour

avancer, résister, rebondir, bâtir ? A cette

première question en fait écho une autre,

composite : « Pour les gens, qui est le Fils

de l’homme ?... Mais vous, qu’est-ce que

vous dites ? Qui suis-je ? » (Matt 16.3-15).

L’être humain qui trouve le temps de

s’arrêter pour réfléchir sur sa condition,

qui ressent le besoin de donner un sens

à sa vie, à sa douleur, à ses drames, à ses

efforts, à ses succès aussi, est celui qui se

découvre à regarder au-delà de lui-même

pour trouver à l’extérieur de sa personne

un regard qui puisse apporter du

réconfort, de l’espoir, un sens de direction.

Mais souvent l’image que j’ai de Dieu, ce

que je sais ou pense savoir de Dieu, est

filtré et déterminé par ce que les autres

disent sur Dieu. Jésus m’engage alors à

un niveau plus personnel et demande

« qu’est-ce que tu dis ? ». Il est important

de comprendre Jésus sur la base de ce

qu’il a dit et fait pour donner du sens à ma

vie. Comment Jésus accueille et offre du

sens à la personne qui ne se considère pas

elle-même ou sa vie si « merveilleuse » ?

LA PARABOLE DE LA GRAINE

DE MOUTARDE

Luc 16.18-19 : « Jésus disait donc : A

quoi le règne de Dieu est-il semblable ?

A quoi le comparerai-je ? Voici à quoi il

est semblable : une graine de moutarde

qu’un homme a prise et jetée dans son

jardin ; elle pousse, elle devient un arbre,

et les oiseaux du ciel habitent dans ses

branches ».

Dans cette parabole il y a au moins deux

anomalies qui ne sont pas évidentes

1

Odyssée, XI, 592-600.

2

Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe, Gallimard, 1942

3

Les textes bibliques sont tirés de la Nouvelle Bible Segond

11


ADDICTION AUX ÉCRANS

Quel écran

pour quel âge ?

Tablette

smartphone

Télé / DVD

Jeux

vidéo

Internet

Réseaux sociaux

Autonomie

Durée

par jour

Avant 3 ans

déconseillé

surveillance adulte

10 minutes

Entre 3 & 6 ans

programmes jeunesse

sans images de violence

surveillance adulte

20 minutes

Entre 6 & 9 ans

programmes jeunesse

sans images de violence

adulte à proximité

30 minutes

Entre 9 & 12 ans

programmes jeunesse

sans images de violence

Internet surveillé

autonomie

30 minutes

Après 12 ans

autonomie

Quelques règles

Oui Non Avec modération

12

• Limiter et surveiller l’utilisation des écrans avec un emploi du temps.

• Montrer l»exemple à vos enfants en limitant votre utilisation.

• Encourager les activités physiques et la réalisation d’autres types de jeux.

• Communiquer avec votre enfant sur les images qu’il a pu voir et répondre aux

questions qu’il peut avoir.

• Décider avec votre enfant (lorsqu’il est en âge de comprendre) des moments

où il peut utiliser les écrans pour lui apprendre à s’autoréguler.

• Ne pas mettre d»écrans dans les chambres des enfants pour que cela

reste un lieu calme.

Sources : CSA, infographie un enfant, un écran


au lecteur d’aujourd’hui 4 . Si j’étais un

Juif palestinien du premier siècle, cette

expression de Jésus me semblerait très

étrange : « une graine de moutarde

qu’un homme a prise et jetée dans

son jardin ». Le mot jardin ici est plutôt

choquant ! Pourquoi ? Dans la Torah on

trouve certains préceptes, « les lois des

différents types/espèces ». Un exemple

se trouve dans Lévitique 19.19b : « tu

n’ensemenceras pas ton champ de deux

espèces différentes ».

Cette règle avait pour but d’apporter de

l’ordre dans un monde chaotique, et le

rétablissement de l’ordre

était liée à la division

entre le sacré et le

profane, au respect des

frontières entre la pureté

et l’impureté. La plante

de moutarde a été l’objet

de discussions parmi les

rabbins qui s’interrogeaient

sur l’application de la loi

des espèces différentes.

Dans la Mishnah 5 on lit

qu’on ne peut pas semer

toutes sortes de semences dans le jardin,

mais qu’on peut y semer toutes sortes de

légumes : la moutarde et les autres petites

graines sont considérées comme un type

de semence, alors que les grosses graines

sont un type de légume (m. Kilayim 3.2). En

conséquence, la graine de moutarde ne

pouvait pas être plantée dans le jardin. Le

faire aurait été considéré comme planter

quelque chose d’impur dans une réalité

pure. C’était socialement et religieusement

inacceptable.

La deuxième anomalie se trouve dans

l’expression: « elle pousse, elle devient

un arbre ». Les Juifs étaient tout à fait

conscients de la différence entre arbuste

et arbre. Encore dans la Mishnah, on

trouve des listes d’arbres, d’arbustes et de

légumes, et la moutarde est clairement

classifiée comme un « arbuste » (m.

Kilayim 1.4). Donc le mot « arbre « dans la

parabole est surprenant. Souvent Jésus,

en racontant une parabole, avait le but de

surprendre son audience pour les pousser

à y voir un sens symbolique. Comment

est-il possible que quelqu’un ose jeter une

graine de moutarde dans son jardin ? Et

comment est-il possible qu’un arbuste

devienne un arbre ?

Jésus renchérit en ajoutant

que « les oiseaux du ciel

habitent dans ses branches

». Ces mots, apparemment

superflus, sont une citation

de la Bible. C’est justement

cette citation qui donne

la clé d’interprétation de

la parabole. Dans le livre

du prophète Ezéchiel,

Dieu fait une promesse

à son peuple malmené :

« Je le planterai dans la montagne qui

domine Israël ; il dressera sa ramure et

portera du fruit, il deviendra un cèdre

magnifique. Tous les oiseaux de toute

espèce demeureront sous lui ; à l’ombre de

ses branches ils demeureront » (Ez 17.23).

Dans sa parabole, Jésus décrit l’arbuste de

moutarde avec des termes prophétiques.

Cet arbuste est appelé à devenir un arbre

par la grâce et la force de Dieu.

Quelle est donc la signification de cette

parabole pour l’Église d’aujourd’hui ?

Elle commence avec une métaphore

d’impureté. Une petite graine est jetée

4

Les deux « anomalies » discutées dans cette section ont été remarquées par Bernard B. Scott dans son livre Hear

Then The Parables. A Commentary on the Parables of Jesus, Fortress Press, Minneapolis, 1989, p. 373-387.

5

Compilation écrite des lois orales juives composée autour de l’année 200 apr. J.-C., mais qui contient aussi des

traditions bien antérieures.

ran

13


dans un jardin qui n’est pas censé

l’accueillir. Lorsque je suis en crise, je

mène mon combat avec des problèmes

d’ordre moral, spirituel, physique, lorsque

je ne considère plus ma vie comme

merveilleuse… je suis cette graine de

moutarde. Puisque je suis « inadéquat »,

ma place n’est pas dans ce jardin. Mais

Jésus me montre que cette graine de

moutarde a sa place dans le jardin. A vrai

dire, ce jardin est la place où elle a besoin

d’être, est la place où elle a

le plus de chances de se

développer, et bien au-delà

des prévisions. Qu’est-ce

qu’on attend d’une graine de

moutarde? Un arbuste ou un

arbre ?

Qu’est-ce qu’on attend d’une

personne comme moi,

d’une vie comme la mienne

? Jésus me dit : « j’accepte

avec grâce cette graine de

moutarde, car en moi elle peut devenir un

arbre magnifique «. Oui, dans l’économie

de Dieu, l’arbuste devient, à ses yeux et

par sa Parole, un arbre. Jésus, par cette

courte parabole, m’invite à voir en Lui le

« lieu » d’accueil par excellence. Le mot «

accueillir » vient du latin colligere qui veut

dire : « mettre ensemble ». Quand je suis

accueilli, je ne suis pas seulement avec

quelqu’un pour en recevoir du réconfort :

il s’agit aussi d’avoir la possibilité de mettre

ensemble les morceaux de ma vie pour en

dégager du sens.

SENS SANS SOLITUDE

Jésus accueille chaque être humain

qui désire aller vers Lui, et il le fait bien

évidement à un niveau très personnel :

« Où es-tu ? Qui suis-je [pour toi] ? ».

Mais il le fait aussi par la communauté des

croyants, l’Église. L’Église est l’ensemble

des personnes qui ont décidé de faire

confiance à Dieu pour être accueillis

en Jésus. Ces personnes, que j’appelle

désormais frères et soeurs à cause de

la foi commune, mais aussi des joies et

des peines communes, sont le « lieu » où

je peux pleinement vivre et partager le

sens retrouvé de ma vie, mais aussi avoir

et donner le soutien pour mes batailles

quotidiennes. Les psychologues Mary-

Catherin Freier Randall et Todd Burley,

professeurs de l’université Loma Linda

et de l’hôpital des enfants

de Californie, ont écrit : « …

ceux qui sont dépendants

des substances sont très

fréquemment en mesure

de vous expliquer les effets

négatifs de leur dépendance.

Ainsi, […] nous sommes

surpris de constater que

cette connaissance ne les

aide pas à arrêter ce qui est

perçu être un comportement

autodestructeur. […] Nos dépendances

ne sont pas des comportements qui

répondent à des besoins illégitimes, mais

plutôt des comportements qu’on a appris

pour répondre à des besoins légitimes.

Ce qu’il faut donc comprendre est que la

dépendance n’est pas la bonne manière

de satisfaire le besoin. Il faut changer

la manière dont nous satisfaisons notre

besoin, pas le besoin lui-même. […]

Ceci est possible par des relations

personnelles saines. Les recherches

montrent que les personnes qui ont

changé leur comportement (et donc se

sont libérés des dépendances) l’ont fait

grâce à des relations bienfaisantes. C’est

pourquoi il faut faire très attention à ne pas

juger ni repousser ceux qui sont dans la

dépendance […] » 6 .

Nous sommes tous nés abimés, imparfaits,

d’une manière ou d’une autre, que ce soit

à cause de dépendances ou pas. Jésus

14


me dit que si la vie n’est pas comme je la

désirerais, si je me sens comme des Sisyphe,

si je ne me sens pas à l’aise dans la présence

de Dieu, ou des chrétiens… alors il faudrait

peut-être mieux regarder autour de moi :

je suis, comme tous les autres, comme une

graine de moutarde, et c’est bien en Dieu, et

ensuite dans la communauté des croyants,

la place où il faut être pour donner un sens

nouveau à la vie, la place où on peut devenir

plus qu’un arbuste.

Face à la fragilité de l’homme postmoderne

et à son besoin de s’inscrire dans une

dynamique relationnelle collective

bienfaisante (l’Église !), il faut se poser la

question si l’Église est vraiment prête à

accueillir « l’autre » ainsi que Jésus l’a fait

et continue à le faire. Se sentir accueillis,

confortés, merveilleux ; connaître le

caractère de Dieu, ses motivations et

ses bons propos pour chacun tels qu’ils

ont été révélés en Jésus ; ne sont-ils pas

là des besoins légitimes qui peuvent

véritablement libérer de la peur de mourir,

de la peur du futur, de l’étouffant vide

existentiel ? N’est-ce pas la communauté

des croyants le « lieu » idéal pour cette

expérience ?

CONCLUSION

L’Église se trouve dans la nécessité de

réfléchir sur sa capacité et sa volonté

d’accueil. Il faut confesser le malaise

généralisé qui tenaille nos communautés

face à la perspective d’accueillir, ne

serait-ce que comme visiteurs, des gens «

différents ». Trop souvent nous oublions

que tout être humain a besoin d’être

accueilli par Jésus, de se laisser trouver,

de Lui permettre de montrer le sens et la

direction pendant qu’il est pris par l’effort

sans fin de pousser sa pierre vers le haut

de la colline.

Il est temps de réaliser que la souffrance

— réalité universelle — en elle-même ne

produit pas nécessairement la patience

ni la croissance ; au contraire, elle peut

endurcir ou même anéantir l’être humain.

Seulement la souffrance qui est, en

quelque manière, supportée et gérée

avec la foi, produit une croissance, car elle

s’inscrit dans une vie qui a du sens et qui

permet de supporter, voire relativiser, nos

drames.

Jésus est le « lieu » d’accueil par excellence,

Celui qui peut « mettre ensemble » ce

qui autrement semble être une masse

insensée et aléatoire de miettes de vie.

L’Église, en tant que « corps » du Christ,

doit pouvoir oser dire à toute personne: »

ne vous sentez pas mal à l’aise ici : comme

la parabole de la graine de moutarde le

montre, personne n’est inopportun dans le

jardin de Dieu, car c’est ici que les petites

graines ont vocation à devenir des arbres ».

Luca Marulli

6

Kiti Freier and Todd Burley, « Knowing Better and Doing Better. The role of memory in addiction », dans Adventist

Review (online edition). Dans le même sillage se situe le livre de Johann Hari, Chasing The Scream: The First and Last

Days of the War on Drugs, Ney York, Bloomsbury Circus, 2015, dont on trouvera un résumé en français en ligne ici

www.huffingtonpost.fr/johann-hari/causes-addictions-drogues_b_6643266.html, où on y lit : « L’augmentation

des comportements addictifs est le symptôme d’un mal-être profondément enraciné, qui nous pousse à privilégier le

nouveau gadget dont nous avons envie plutôt que les personnes qui nous entourent. Dans un de ses textes, Georges

Monbiot a qualifié notre époque d’« âge de la solitude ». Nous avons créé des sociétés humaines dans lesquelles

il n’a jamais été aussi facile de vivre coupé des autres. Selon Bruce Alexander […], nous nous préoccupons depuis

trop longtemps de la manière de guérir l’addiction au cas par cas. Il est temps, à présent, de porter nos efforts sur

la guérison sociale : comment guérir, tous ensemble, la maladie de l’isolement qui s’est abattue sur nous. […] Je suis

donc rentré chez moi, déterminé à partager le quotidien des toxicomanes de mon entourage, et à leur témoigner

une affection inconditionnelle, qu’ils soient ou non capables d’arrêter. »

15


TÉMOIGNAGE

DISTRIBUTION D’OEUFS D’AMOUR

une initiative surprenante !

Un couple d’adventistes vivant à

la campagne, a eu la joyeuse

initiative d’offrir le produit de son

poulailler au voisinage. Ne sachant

que faire de l’abondance d’oeufs dont il est

l’heureux bénéficiaire, il a fait un geste des

plus simples… donner gratuitement et de

façon ludique. Voici le message amusant

inscrit sur l’affiche ici en photo :

« Œufs frais, pondus en plein air,

ramassés tous les jours, et soignés

naturellement ! Servez-vous et

donnez ce que vous voulez. La

maison accepte les sacs de blé, de

maïs, de la farine, de l’huile, une

voiture, un tracteur, une orange, du

pain, un bidon d’essence, les pièces

de monnaie, CB, chèques... »

« Au départ l’idée était de donner tout

simplement, mais nous savons que dans la

culture française, les gens pour la plupart,

se sentent redevables lorsqu’ils reçoivent

un don ou un service gratuit. Alors nous

avons remis au goût du jour le principe

du troc pour qu’ils puissent se sentir plus

à l’aise. Mais notre but était de donner

totalement, gracieusement.

Nos poules sont élevées au grand air de la

campagne, nourries au grain, à la salade

et soignées au naturel. Elles semblent si

heureuses qu’elles nous le rendent bien.

Chaque jour nous récoltons une bonne

douzaine d’oeufs, et si nous attendons

deux ou trois jours, faites le calcul... Nous

sommes ainsi richement bénis, il nous a

donc semblé évident de faire profiter les

autres de cette bénédiction. Très vite, nous

avons compris que nous ne pourrions faire

autrement que de partager nos oeufs,

faute de les perdre. Nous avons commencé

à en distribuer aux frères et soeurs de

l’église et à la famille, mais ce n’était pas

suffisant. Nous aurions pu les vendre mais

au lieu de cela Dieu a mis sur notre coeur

de faire comme Jésus. De donner sans rien

garder pour nous, sans compter, et sans

rien attendre en retour.

Nous avons donc placé un banc devant

la maison, à côté de la boîte aux lettres,

sur lequel nous avons posé un seau. Dans

celui-ci, garni d’un fond de paille et d’un

couvercle, nous déposons chaque jour

les oeufs frais du matin. Les premiers

jours, nous étions comme des enfants,

attendant la venue d’un voisin, scrutant

le seau au loin. Et puis très vite, les oeufs

disparaissaient du seau. A notre plus

grande surprise, voisins et passants

16


s’arrêtent tous les jours et repartent avec

une poignée d’oeufs ! Le facteur enchanté,

a tout de suite joué le jeu et nous a déjà

offert un filet d’oranges ; il dépose une boîte

d’oeufs vide et repart avec une boîte pleine.

Un autre jour nous avons trouvé un paquet

de pâtes dans la boîte aux lettres, des

pièces, du sucre, de la farine, de l’huile etc.

Mais le plus intéressant dans cette

expérience, c’est la joie que nous

distribuons. Offrir quelque chose,

gratuitement, comme un cadeau et sans

obligation de retour, surprend beaucoup.

Avant tout, ce qui nous anime, c’est le

plaisir de donner et de faire du bien.

Donner en retour de ce que Dieu nous

donne et ce sans rien attendre en retour.

Souvent nous disons aux gens que nous

préférons ne rien recevoir, qu’ils ne sont

pas obligés de nous donner quelque

chose. Le bonheur des autres fait le nôtre.

Nous n’avions pas mesuré l’impact positif

de ce simple geste sur les gens alentours.

L’un de nos voisins qui avait un visage

fermé et avec lequel nous n’avions pas de

rapport a commencé à nous sourire et

qui manque de temps pour mes travaux

de couture, une voisine au bout du village

se propose d’échanger ses services de

couturière professionnelle contre nos

oeufs. Nous avons déjà une invitation et la

promesse de recevoir des légumes de jardin.

En plus de cela nous avons découvert

des voisins proches que nous n’aurions

peut-être jamais rencontrés sinon à peine

croisés au bout de la rue en partant. Nous

savons que nous sommes maintenant

connus pour être le couple aux oeufs du

village, et cela nous amuse beaucoup. Nos

enfants apprennent ainsi le bonheur de

donner gratuitement et la joie de partager

des oeufs d’amour. Nous constatons qu’en

se dépouillant de nos biens, nous sommes

finalement bénis au-delà de ce que nous

pouvons imaginer. Non seulement nous

recevons beaucoup des échanges et des

relations qui se créent avec nos voisins et

les badauds mais de plus, alors que nous

offrons tous nos oeufs, nous recevons des

dons insoupçonnées. »

Quel bonheur de donner sans rien

attendre en retour, c’est sans doute ce

sentiment d’amour que Dieu a envers nous,

Il nous aime sans conditions, Il n’attend

rien, Il aime simplement et éternellement.

Et ce qu’Il désire c’est que ses enfants

en fassent de même, comme le décrit la

citation suivante : « Comme nous recevons

continuellement les bénédictions de Dieu,

ainsi devons-nous donner toujours ».

Conseil à l’économe chapitre 2, 19.5

d’Ellen G.White. »

Amélie Trébeau

17

à nous parler. D’autres encore s’arrêtent

en promenant leur chien et prennent le

temps d’une conversation. C’est ici une

belle occasion de rencontrer nos voisins,

d’échanger un mot, un sourire, un numéro

de téléphone, et même un service. Moi


FAMILLE

HÉ, PAPA...

je t’aime !

Il faut dire qu’un père n’est pas

simplement une mère avec barbe et

moustache. Sans tenir compte des

responsabilités partagées avec l’autre

sexe, il y a beaucoup plus de pression

sur un père que sur une mère. Il est vrai

que nous ne vivons pas l’expérience

de l’accouchement, des visites chez le

gynécologue, les nausées matinales, le

travail de 20 heures, les péridurales, les

césariennes et les vergetures. Mais moi,

personnellement, j’apprécie tout cela,

même si je me sens mal à l’aise à leur

seule pensée.

La pression la plus grande vient du fait

que le rôle du père est utilisé comme

analogie de Dieu, notre Père dans

les cieux. Pour moi, c’est une

pression injuste ! Comment

un père terrestre peut vivre

et aimer du même amour

ressenti par Dieu envers

nous, ses fils ?

On dit que la paternité

n’est pas pour tous

(surtout si vous êtes une

femme) et il y a certainement

des gars qui ne devraient

pas devenir père, comme ceux qui

ne savent pas raconter les blagues,

caractéristique obligatoire pour un père.

Du côté plus sérieux et dramatique, il y a

des pères qui maltraitent leurs enfants,

au niveau physique, émotif et même à

travers le simple mais douloureux acte du

désintérêt.

Pour beaucoup, la mère est plus aimante

que le père. Alors peut-être que dans ce

cas, il serait mieux de faire une analogie

de Dieu avec la mère ; mais même les

femmes peuvent être des mères qui ne

sont pas si aimantes.

Si chaque fils ou fille avait un père (ou

une mère) aimante, l’image de Dieu

dans le monde en aurait immensément

bénéficié. Malgré tout cela, je pense qu’il

y a une plus grande compréhension de

Dieu comme « notre Père » quand nous,

en tant qu’hommes, réussissons à vivre

le rôle de père aimant pour nos enfants.

Cela amène le sens et la compréhension

de l’amour de Dieu à un niveau beaucoup

plus élevé.

En tant que parent aimant, pensez

à ceci : à quel point aimez-vous

votre enfant ? Peu importe

si vous devez faire face aux

caprices, aux disputes,

aux pleurnicheries,

à la désobéissance,

aux discussions, aux

mensonges ou tout

simplement à l’inattention

; à la fin de la journée, vous

aimez toujours votre enfant.

Vous ressentez des émotions

fortes quand il vous dit : « Je t’aime ! »,

en réponse à un de vos gestes d’amour.

Parfois, vous pouvez vouloir les gâter

avec des cadeaux mais vous ne le faites

pas, parce que vous savez que cela

pourrait nuire à leur caractère. Parfois,

vous devez leur permettre de vivre des

moments difficiles, parce que sinon cela

aussi pourrait inhiber le développement

du caractère. On peut dire donc que

18


l’amour, parfois, n’a pas la forme de

quelque chose qu’on donne mais de

quelque chose qu’on enlève. Mais le

but ultime est toujours le bien-être des

enfants, au nom de l’amour que vous

ressentez pour eux.

Pensez à ce que vous réalisez pour

leur bonheur, malgré les actions

parfois stupides qu’ils arrivent à faire.

Vraisemblablement, vous êtes même

disposés à donner votre vie pour eux. Eh

bien, c’est exactement ce que le Dieu de

l’univers ressent pour vous, et encore

plus : Dieu vous aime, malgré les fois

où vous vous comportez de manière

incorrecte. Bien sûr, il n’y a rien d’abusif

dans la figure de Dieu, pas de désintérêt

en lui, ni d’amertume. Il est un père

aimant à 100%.

En tant que parent, réel ou imaginaire,

pensez à combien vous aimez vos

enfants et à ce que vous pourriez faire

pour eux. Puis retournez cette pensée

et contemplez tout cet amour, et encore

plus : c’est ce que Dieu ressent pour vous.

Scott Wegener

PUBLIÉ DANS LA REVUE SIGNS OF THE TIMES.

SCHWEIZ

SUISSE

SVIZZERA

SVIZERA

SWITZERLAND

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19


SANTÉ

LES BIENFAITS

de la cuisine faite maison

Le déclin de la préparation des aliments

faits maison et l’augmentation des

produits prêts à consommer sont

devenus une recette pour la mauvaise

santé.

LA DÉVALORISATION DE LA

CUISINE MAISON :

Il y a plusieurs décennies, le

temps qu’il fallait pour

préparer les repas de

famille n’était pas

considéré comme

un passe-temps

mais plutôt

comme un

investissement

pour la santé.

Aujourd’hui, la

disponibilité des

repas tout prêts,

tout comme

l’augmentation

de la restauration

rapide, ont dévalorisé

la cuisine maison, sans

égard aux conséquences.

Alors, si vous avez à cœur votre

bien-être, il est temps de retourner en

cuisine !

POURQUOI INVESTIR DANS

VOTRE CUISINE ?

Plusieurs études montrent qu’en cuisinant

plus, vous mangerez plus de fruits et de

légumes, en vous exposant moins aux

risques de la restauration rapide. Deux

études de professionnels sanitaires des

États-Unis, publiées sur la revue PLOS

Medicine, soutiennent que ceux qui

arrivent à jouir de plusieurs repas préparés

à la maison ont un risque plus faible de

développer le diabète de type 2.

Enseigner aux plus jeunes membres de

la famille les compétences de base en

cuisine pourrait être l’une des choses les

plus importantes à faire afin de

les aider à manger mieux. En

Australie, le programme

Stephanie Alexander

Kitchen Garden,

testé dans les

écoles primaires

publiques, a

démontré que

les enfants qui

apprennent

à cultiver et à

préparer les

légumes arrivent

à les manger

plus volontiers, en

augmentant même la

variété de légumes qu’ils

consomment.

Mais il ne s’agit pas seulement d’une

meilleure qualité de l’alimentation. Investir

plus de temps en cuisine vous aidera aussi

à économiser de l’argent. Selon l’étude sur

l’obésité dans la ville de Seattle, manger

plus d’aliments préparés à la maison est

associé à un régime pauvre en calories,

sucres et matières grasses, sans toutefois

augmenter les coûts mensuels des

aliments.

20


CONSEILS POUR CUISINER

PLUS SOUVENT :

On n’a pas besoin de cuisiner tous

les soirs. Il suffit de consacrer trois

moments pendant la semaine et

d’utiliser davantage le réfrigérateur

et le congélateur.

Répartissez les tâches à faire, à

partir de l’approvisionnement,

en passant par la préparation,

le nettoyage et l’élimination des

ordures : tout le monde appréciera

plus ce qu’on vient de préparer.

Profitez des fins-de-semaine pour

prendre de l’avance. Faites rôtir des

légumes, coupez les salades, faites

cuire le tofu ou faites bouillir les

haricots. Avec un minimum d’effort

supplémentaire, ils peuvent être

transformés en soupes, sandwichs,

risottos, sauces pour pâtes et

salades, à consommer pendant la

semaine suivante.

Sue Radd

Sue Radd est l’une des principales

nutritionnistes et expertes sanitaires

du territoire australien. Elle conseille

aussi les sociétés d’avocats, en leur

fournissant des informations dans le

domaine de l’alimentation pour des

causes judiciaires.

21


S U I S S E

DÎNER DE GALA À GENÈVE

Une première pour la liberté

religieuse en Europe

L’événement est d’importance : un dîner de

gala à l’école Hôtelière de Genève, aux portes

des Nations unies, pour défendre le droit de

penser et croire pour tous. Art de la table,

décoration et raffinement étaient au rendezvous.

Une grande équipe travaille pour cela

depuis des semaines afin de pouvoir accueillir

personnalités politiques et autres dans les

meilleures conditions. Mais pourquoi l’église

adventiste en Suisse organise-t-elle tout cela ?

C’est par le biais de

son « Association

Internationale pour la

Défense de la Liberté

Religieuse » (AIDLR-

Suisse) que l’idée est

venue d’organiser un tel

événement. En Europe,

l’idée est généralement

insufflée par John Graz.

Il est vrai que depuis

l’arrivée en Suisse de John

Graz, ancien responsable du

département de la Liberté Religieuse

à la Conférence Générale des Adventistes

du Septième Jour à Washington, les choses

ont bougé. Il dirige actuellement le Pôle

Liberté Religieuse à la Fédération des églises

adventistes de la Suisse romande et du

Tessin (FSRT) et le Centre International pour

la Liberté Religieuse et les Affaires Publiques

(CIRALP) à Colllonges-sous-Salève en France.

Son expertise et son savoir-faire contribuent

grandement à la sensibilisation de ce ministère

auprès des autorités politiques et religieuses.

Une bataille juste et en faveur de la liberté de

conscience accordée par Dieu à chaque être

humain. La liberté de croire ou pas, sans que

personne ne soit persécuté, réprimé ou violé

dans son droit de penser librement, quelles

que soient ses convictions intimes.

L’église est insérée dans la société et ne doit

pas rester immobile quand les pouvoirs

politiques traitent des lois. Le but est

d’éviter tout ce qui serait contraire

à la liberté de conscience

et à l’apathie face aux

persécutions liées au

droit de culte chez nous

comme ailleurs. Certes,

l’église ne doit pas se

mélanger à la politique

pour diriger ensemble

la société, mais elle

représente une facette

importante de la vie des

citoyens et doit donc être

vigilante, active et ferme.

Justement, pour l’action et la prévention

l’AIDRL et le CILRAP existent. De la même

manière qu’ADRA (Adventist Development

and Relief Agency) est le bras humanitaire

de l’église adventiste, l’AIDRL et le CILRAP

sont le bras de la liberté, œuvrant en faveur

de la liberté religieuse. Ils entretiennent un

dialogue important avec tous les acteurs

politiques et religieux, pour leur rappeler

l’importance de ce droit fondamental.

23


Lors de ce dîner du 18 juin 2018, il a été

question d’affirmer haut et fort une réelle

inquiétude quant aux libertés religieuses

dans le monde mais aussi de remercier les

acteurs de ce combat. Il est important de

valoriser ceux qui ont œuvré mais aussi ceux

qui luttent actuellement.

Pour cela, des prix ont été attribués par

le comité AIDLR et CILRAP :

La médaille ESPOIR, attribuée à une

personnalité qui a contribué par son activité,

ses initiatives, ses dons artistiques à la

promotion de la liberté religieuse et de la

paix.

°Décernée à Richard Octaviano Kogima,

pianiste, compositeur et chef d’orchestre de

grand talent. Originaire du Brésil, il

a étudié à Paris et termine un

Master à l’université des Arts

de Zurich. Il est le lauréat

de nombreux concours

internationaux, dont le

Concours international

Flame et le OLGA

Kern International

Piano Competion.

Concertiste apprécié,

il est l’invité de festivals

de renom en Europe et

en Amérique. En 2013,

Richard Octavio Kogima a

organisé et dirigé le premier

Concert de la liberté religieuse à

São Paulo. Le prix a été remis par Nathalie

Wagnon, trésorière à la FSRT.

Le prix RADOS DEDIC AWARD, rend

hommage à une personne engagée dans la

défense de la liberté religieuse et de la paix

dans la région des Balkans.

°Décerné à Dragutin Matak (Croatie)

Après des études d’ingénieur et de théologie

à l’université d’Andrews (USA), il exerça les

fonctions de pasteur, professeur et directeur

d’études ainsi qu’éditeur. En 1998, il est

nommé président des églises Adventistes de

Croatie, Slovénie et Albanie. Sa passion pour

la liberté le conduit à fonder l’association

croate de la liberté religieuse en 1994.

Auteur d’articles et de livres, Dragutin Matak

est connu comme l’ambassadeur de la

réconciliation et de la liberté religieuse. Le

prix a été remis par Madame Seka Dedic

Becejac, fille du pasteur Rados Dedic et

professeur de musique à Newbold College of

High Education en Angleterre.

Le Prix INITIATIVE salue une initiative ou

un programme conduit par une association

ou une institution en faveur de la promotion

et du respect de la liberté religieuse selon

les déclarations et conventions des Nations

unies.

°Décerné à l’Office du

Haut-Commissariat des

Nations Unies aux

droits de l’homme

(HCDH) pour son

initiative Faith for

Rights (Foi pour les

Droits), lancée par

le OHCDH lors d’un

rassemblement de

dirigeants religieux et

de personnalités de la

société civile du monde

entier. Ce dernier vise à

rassembler les communautés

religieuses de diverses confessions pour

lutter contre la discrimination et la violence

religieuses à travers un objectif commun :

promouvoir les droits de l’Homme et défendre

la liberté de religion ou de conviction. Le

prix a été remis à son représentant, Michael

Wienner, expert des droits de l’Homme et

de la liberté de croyance et de religion à

l’Office du Haut commissariat des droits de

humains des Nations Unies, par David Jennah,

president de l’AIDRL.

24


Le Prix CILRAP reconnaît les universitaires

ou membres dirigeants d’associations ou de

gouvernements qui se sont dévoués par leurs

écrits et activités académiques au respect des

droits à la liberté religieuse.

°Décernée à la Professeure Rosa Maria

Marinez de Codes, anciennement

vice-directrice pour la liberté

religieuse au ministère de

la Justice espagnol, Rosa

Maria est actuellement

professeure d’histoire

américaine à l’université

Complutense de Madrid,

vice-présidente de

l’International Religious

Liberty Association et

conseillère du Comité

scientifique au ministère de

la Justice à Madrid. Auteure de

nombreux articles consacrés aux rapports

de la religion avec l’État et la société, elle est

cofondatrice de l’IRLA Meeting of Experts.

Prix décerné par Jean Philippe Lehmann,

président du CILRAP et président du Campus

adventiste du Salève.

Le Prix AIDLR – SUISSE

honore les personnes qui ont

consacré une grande partie

de leur vie à la promotion

de la liberté religieuse en

faisant une différence par

leurs initiatives, leurs actions,

leurs témoignages et leurs

écrits.

°Décerné à Gianfranco Rossi.

Peu de personnes dans le monde et sans

doute dans l’histoire ont été identifiées à la

défense de la liberté religieuse comme le fut

Gianfranco Rossi. Son engagement inlassable

et sa persévérance dans les combats en

Italie comme à l’international, méritent

une profonde reconnaissance. En tant que

Secrétaire général de l’AIDLR (1982 à 1995),

il est intervenu auprès des gouvernements

et des institutions internationales et tout

particulièrement à la Commission des Droits

de l’Homme de l’ONU à Genève, et ce bien audelà

de l’âge de la retraite. Ses interventions

vigoureuses étaient attendues par tous et

redoutées par les fossoyeurs des libertés.

Avec son épouse, ils étaient même

qualifiés par certains de “Monsieur

et madame Liberté religieuse”.

Les années ont passé, mais

le souvenir et l’exemple

de Gianfranco Rossi,

passionné et ardent

défenseur de la liberté

ne sont pas prêts d’être

oublié. Prix remis par

David Jennah, président de

l’AIDLR et de la fédération

des églises adventistes de

la Suisse romande et du Tessin

(FSRT).

En plus des lauréats, les invités ci-dessous

ont enrichi la soirée avec leur présence :

• Monsieur Eric Golaz, délégué du Conseil

d’État aux affaires religieuses, canton de

Vaud.

• Michel Raclos, président de

la Communauté des Eglises

chrétiennes dans le canton

de Vaud (CECCV) et délégué

au Vicaire épiscopal pour

l’Église catholique vaudoise.

• Madame Jennifer Philpot

Nissen, directrice du programme

pour les Droits de l’Homme et le

désarmement au Conseil œcuménique des

églises.

• Monsieur Laurent Veyrat DUREBEX,

responsable des ressources humaines au

Conseil mondial des églises

• Le pasteur Christian Bussy, président du

réseau évangélique de Genève.

25


Au final, ce fut une soirée réussie, enrichie par

la musique de deux musiciens étudiants de

master de musique à l’université de Genève.

Saluons également toute l’équipe de l’École

Hôtelière de Genève pour leur excellent

accueil et leur qualité de service ainsi que

pour le raffinement des mets servis.

C’est grâce à l’aide apportée par Donato Stasi,

qui œuvre en soutien de la liberté religieuse

auprès de la FSRT depuis quelque temps, que

ce partenariat a été possible.

Une expérience positive à répéter, car ce n’est

peut-être qu’une goutte dans l’océan, mais

tant que la liberté de croire n’est pas assurée

à l’ensemble de la population mondiale nous

devons faire entendre notre voix.

UNE NOUVELLE CRÉATURE

Baptême de Vanessa à Renens

Vanessa Musseca a eu le privilège d’être

née au sein d’une famille qui aime le

Seigneur. Depuis son enfance, ses parents

l’ont amenée à l’église mais ils ont aussi

développé un travail spirituel important à

la maison. Souvent dans les épreuves ils

étaient là pour la soutenir mais aussi pour

dire : « ça va bien se passer, prions ». Ainsi

comme pour la plupart de ceux que sont «

nés dans l’église », Vanessa a grandi dans

un environnement chrétien, entre l’Église

et le foyer, et c’est bien là que sa foi a

commencé à se développer.

Mais c’est en 2015 que quelque chose de

très important va se passer. L’été arrive,

ainsi que le Camporée EUD pour les Explos.

Cette année-là, l’événement se passait en

Suisse romande, plus spécifiquement à

Estavayer-le-Lac.

Ainsi, Vanessa et d’autres jeunes de

la troupe Lausanne-Renens se sont

inscrits pour profiter de cette activité.

Mais Vanessa ne savait pas encore que

ce Camporée allait changer sa vie pour

toujours ! Lors d’une méditation au sujet

de la vie de Jonas, le prédicateur a fait un

appel à tous ceux qui souhaitaient donner

leur vie à Jésus. Vanessa a senti son cœur

bouillonner. La sensation était tellement

forte, comme si l’appel était lancé par Jésus

26


lui-même. Elle n’a pas refusé, en se levant

elle a dit oui à Jésus. Cela était juste le

début d’un cheminement au cours duquel

Jésus a continué de l’appeler !

Un an plus tard, on a commencé a étudié

la Bible ensemble. Les études de Vanessa

ont captivé d’autres jeunes de l’Église et

en peu de temps, cela s’est transformé en

un groupe d’étude hebdomadaire avec en

moyenne 5 jeunes réunis pour étudier la

Bible.

Finalement le grand jour est arrivé ! Le

samedi 12 mai 2018, l’église était remplie

par les membres d’église mais aussi par

les amis et la famille de Vanessa. Venant

d’une famille où la musique est un point

fort, nous avons vécu une cérémonie

pleine à ce niveau. Le groupe « Ephata

» dont fait partie son papa a réalisé

plusieurs interventions, ainsi que le groupe

de louange de Vanessa « More than

Conquerors ». Ils ont su nous toucher par

deux chants. D’autre part, les compagnons

ont bien marqué leur présence,

démontrant ainsi la bonne santé du groupe

et leur soutien à Vanessa. A la fin, toute

l’assemblée a été invitée à un repas africain

copieux, pour faire durer l’esprit de fête de

la journée.

On dit souvent que le baptême est une

manifestation publique de l’engagement

avec le Christ. Et aujourd’hui, avec les

réseaux sociaux, nos manifestations

publiques peuvent aller encore plus loin.

À la fin de la soirée, Vanessa a publié

sur son compte Instagram une photo.

La description « new creation », nouvelle

création, exprime sa compréhension du

baptême mais aussi son souhait pour le

futur. Vanessa Musseca est une nouvelle

personne en Christ et elle veut en

témoigner.

Souvent dans les baptêmes, il y a juste

un pasteur dans l’eau. Puisque c’est lui

qui baptise, on peut avoir tendance à

oublier que dans une conversion Dieu

utilise rarement une seule personne. Merci

aux parents, à l’église de Renens, aux

responsables JA et surtout à notre Dieu

d’avoir touché Vanessa. Prions pour que le

Saint-Esprit continue à l’accompagner.

MEYRIN

Un culte en costumes traditionnels !

Encouragés par notre journée « portes

ouvertes » qui a connu un franc succès,

l’église de Meyrin s’est dit qu’avec toutes les

nationalités (presque une dizaine) formant

notre communauté, pourquoi ne pas mieux

se connaître ?

Ainsi est née l’idée de porter des costumes

de nos différents pays – Suisse, France,

27


Italie Portugal, Cameroun, Mongolie, Bénin,

Bali, Guadeloupe, Îles Maurice, Martinique,

et d’autres encore – et partager des plats

typiques de nos origines.

Par ailleurs un service de culte a été

organisé dans ce sens.

Alors le grand jour J est arrivé où toutes

ces nationalités diverses ont présenté

des citations d’auteurs de différents pays

accompagnés de paysages de rêves de

chacun d’entre eux. Un cercle de prière très

élargi a eu lieu, où chacun pouvait prier

dans sa langue maternelle ou son dialecte

et partager des expériences vécues dans

son pays. Le moment a été clôturé par une

étude de la bible enrichissante.

Le couronnement de toute cette journée

fut le repas ! Un vrai délice avec des plats

de toutes sortes, un tour du monde avec

nos papilles gustatives.

Les membres et visiteurs invités

spécialement pour l’occasion se sont lancés

dans les échanges intergénérationnels et

interculturels qui ont enchanté nos amis

venus de l’extérieur.

Cette journée est une « victoire » pour

le Christ, puisqu’après tant d’années de

persévérance où ce groupe, connu parfois

comme église de refuge, se retrouvait

parfois entre à 3 et 4 personnes, cela fait

plaisir de voir cette église aussi vivante avec

une assistance en moyenne entre 25 et

35 personnes et toutes venues d’horizons

divers et variés.

À voir les visages rayonnants et entendre

les éclats de rire, nous pouvons conclure

que la joie était au rendez-vous. C’est dans

cet élan qu’une bonne équipe de jeunes

(presque une dizaine) ont émis le souhait

de se retrouver pour étudier la Bible, ce

que nous ferons bientôt cet été dans la

nature.

Nous pouvons dire avec assurance que

Dieu veille et fait prospérer notre petite

famille à Meyrin.

AM

D’après les propos de Reynolds Agathe

28


UN RÊVE, DES CAMPS DE JEUNESSE, L’ÉTUDE DE LA BIBLE

Trois baptêmes à la Chaux-de-fonds

Sourires, émotions, témoignages,

spontanéité et surtout, jeunesse. Tout

cela dans une église pleine de monde.

Ces mots résument la belle cérémonie de

baptême qui a eu lieu à La Chaux-de-Fonds

sabbat 2 juin. Et pour cause…

Trois jeunes, vraiment très jeunes, comme

nous n’avons pas trop l’habitude d’en voir

dans nos contrées ici en Suisse, ont décidé

de prendre leur baptême. Lucie, Adriel et

Mathilde. Regardons de près leur parcours

et comment Dieu leur a parlé pour qu’ils

prennent la décision la plus importante

d’une vie, à un si jeune âge.

journée des baptêmes et aide activement

pour le bon déroulement du groupe JA.

Ensemble, ils ont soutenu la démarche

spirituelle de leur fille. Pendant sa

préparation biblique avec le pasteur, Lucie

rêve un jour d’une colombe et d’une bible

qui viennent sur son balcon à la maison.

Cela l’intrigue. En discutant avec des

copines de cette expérience, elles l’aident

à comprendre que c’est Dieu qui lui dit de

faire comme Jésus, de se baptiser et de

chercher à avoir une bible pour pouvoir

l’étudier. Eureka! Lucie est convaincue de

son chemin et sa décision, malgré son

jeune âge, est de se faire bâptiser.

Lucie – un rêve et la prière

Elle vient régulièrement à l’église et fait

partie d’un groupe de jeunes. Ses parents

sont des membres de la communauté

à La Chaux-de-Fonds depuis plusieurs

années. Après un moment d’éloignement,

ils fréquentent à nouveau l’église

régulièrement depuis deux ans. Son papa

est un des responsables du groupe des

jeunes “JA La Tchô”. La maman a préparé

toute la décoration de l’église pour la

Sa maman rentre un jour dans sa chambre

pour chercher quelque chose, et aperçoit

un papier sur son bureau. ll s’agit du

verset préféré de Lucie. Par cette journée

maussade, elle se sent vraiment réconfortée

en lisant ce verset recopié par sa fille :

“N’aie pas peur, je suis avec toi. Ne regarde

pas autour de toi avec inquiétude. Oui, ton

Dieu, c’est moi. Je te rends fort, je viens à

ton secours et je te protège avec ma main

puissante et victorieuse.” Esaïe 41 :10

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Après ces expériences, un ensemble

musical « Psalmodie » vient chanter à

l’église, là elle ressent la présence de Dieu

et les témoignages sont très touchants.

Cela l’a réconforte encore plus dans son

cheminement. Ella a depuis commencé à

prier dans la nature créée par Dieu, près

d’un étang à côté de chez elle, là où elle se

sent le plus proche de Dieu.

baptême. J’ai découvert qu’il m’aime et qu’il

veut me sauver. Je n’ai plus peur, car Jésus est

avec moi et il me protège. Grâce à la Bible, je

sais qu’il a un projet et que l’Esprit Saint me

guidera dans toutes mes décisions.

Je t’attends pour partager avec moi ce

moment de joie. »

Adriel – un jeune garçon plein

d’assurance

Difficile de rester indifférent devant ce

petit bonhomme. D’un côté sa taille et

son apparence infantile et de l’autre côté

sa fermeté dans ses convictions malgré

son jeune âge. Et il n’a pas honte de les

partager avec ses camarades, même à

l’école. Et pour preuve, voici le texte qu’il a

écrit pour inviter ses amis à sa cérémonie

de baptême.

« Depuis tout petit je lisais la bible avec

ma maman et en famille. En grandissant,

je désirais en connaître davantage. J’ai

demandé à différentes personnes d’étudier

la bible avec moi jusqu’au moment où j’ai

décidé de me faire bâptiser.

Alors j’ai demandé à Danièle, le pasteur

de mon église, de m’accompagner dans la

préparation, je le remercie d’avoir accepté de

m’aider à grandir spirituellement.

C’est comme ça que j’ai appris à mieux

connaître Dieu et la signification du

Selon Danièle, le pasteur qui l’a suivi

pendant les études, du haut de ses 10 ans,

il a souvent posé des questions profondes

qui demandaient une bonne réflexion pour

pouvoir répondre.

Tout récemment il a même accepté de

prêcher à son église de Neuchâtel. Peutêtre,

comme le petit Samuel, Dieu prépare

déjà un futur « prêtre », qui sait…

Il n’a pas un verset préféré, mais un

Psaume, le 146, notamment les versets 1-2

et 5 :

Chantez la louange du Seigneur !

Je veux chanter la louange du Seigneur !

Toute ma vie, je veux chanter sa louange, je

veux jouer pour mon Dieu, tant que je vivrai.

Il est heureux, celui qui s’appuie sur le Dieu

de Jacob, qui met sa confiance dans le

Seigneur son Dieu !

30


esponsables et ancien à l’église, de la

bâptiser. Encore des décisions et des

cailloux.

Matilde – les camps de jeunesse

furent décisifs

Ébranlée par la disparition d’un cousin,

qui avait été auparavant accueilli dans sa

famille, Mathilde s’est alors sentie au fond

du trou. Mais au plus bas, elle a quand

même ressenti qu’elle n’était pas seule.

Elle a compris que Dieu lui parlait

régulièrement quand elle prenait du temps

pour lui, notamment lors des camps de

jeunesse. Elle y a rencontré de gens qui ont

su l’écouter et prier avec elle. Elle s’est alors

rapproché de Dieu, s’interrogeant sur sa

vie spirituelle et son avenir avec Lui. Cela

l’a fait grandir spirituellement et avoir plus

de confiance elle-même. Selon ses mots, «

c’est grâce à toutes ces expériences, toutes

ces personnes formidables qui m’entourent

et la présence de Dieu que j’ai vraiment pu

avancer dans la vie ».

A cela s’ajoute un nouveau groupe de

jeunes, organisé depuis peu dans son

église à La Chaux-de-Fonds. Les activités

spirituelles qu’ils vivent vont faire toute

la différence pour Matilde. Elle demande

alors à Éric Marzocchini, l’un des adultes

Le programme a été enrichi par les

baptêmes, les chants interprétés par les

amies et sœurs d’Adriel, les témoignages

d’affection des uns et des autres et par

des cailloux. Mais pas n’importe lesquels.

Des cailloux blancs distribués à chaque

personne présente, avec inscrit « Moi je

suis enfant de Dieu ». Ils les invitaient à se

sentir membres de la famille de Dieu.

Au moment de l’appel, un autre jeune et

le mari d’une sœur se sont avancés pour

déclarer qu’ils souhaitaient se faire bâptiser

aussi. Une collation a été offerte afin de

conclure cette belle journée.

Oui, l’Esprit de Dieu travaille dans le cœur de

chaque personne sincère.Il uilise différentes

manières pour communiquer son amour et

son projet de salut à toute personne qui le

cherche, même des enfants. D’ailleurs une

promesse biblique montre aux églises de

La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel que cela

s’accomplit en leur sein :

« Après cela, je donnerai mon esprit à tous.

Vos fils et vos filles parleront de ma part.

J’enverrai des rêves à vos vieillards, je ferai

voir des choses nouvelles à vos jeunes

gens. » Joël 3 : 1

Loué soit Dieu pour l’accomplissement de

sa promesse!

AM

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