Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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Sans trop de surprise face au succès monstre du

film (450 M$ de recettes au B.O. international pour

80 M$ de budget), la Paramount donne très vite le

feu vert à Cruise pour enclencher la production d’un

second opus, un temps promis à Oliver Stone (qui

avait dirigé le big Tom quelques années auparavant

pour “Né un 4 Juillet”), avant que le projet ne

prenne un retard conséquent suite à l’engagement

de l’acteur vedette au dernier long-métrage de feu

Stanley Kubrick, “Eyes Wide Shut”, qui s’est étalé

sur plus d’un an et demi outre-Manche.

De retour au pays de l’Oncle Sam, le comédien

confiera in fine le bébé à John Woo, qui vient tout

juste de connaître son premier vrai gros succès

outre-Atlantique, le jouissif “Volte/Face”, histoire de

pleinement démarquer cette suite du premier long

- pas difficile vu les habitudes de mise en scène du

cinéaste hongkongais.

Avec toujours Robert Towne au scénario, obligé de

taire son envie de remake officieux des “Enchainés”

de king Hitchcock pour composer comme il le peut,

une histoire au milieu des nombreuses scènes

d’action imposées par Woo, “Mission : Impossible

2” va connaître comme son aîné, plus d’une galère

durant son tournage, occupant une bonne partie

de l’année 1999 : réécriture de scénario à l’arrache

(jugé au final trop simple) qui casse les prises de

vues, divergences artistiques entre l’acteur et son

metteur en scène (notamment sur la violence du

film, qui ne colle pas à l’esprit PG-13 voulu par

Cruise) et nombreux reports de sorties.

Il n’empêche que malgré tous ses tracas, “M:I 2”

sort en pleine été 2000 et cartonne au box-office,

explosant même les scores du film original... mais

pas sa qualité.

Blockbuster ricain dans toute sa splendeur,

férocement régressif autant qu’il est un brillant

exercice de style quand Woo laisse s’exprimer

tout le lyrisme de son cinéma (ici totalement

décomplexé et démesuré), souvent tronqué

par la faiblesse de son intrigue (qui privilégie

l’action à la psychologie de ses personnages, plus

caricaturaux tu meurs) mais visuellement superbe

et grisant; le film, nerveux et prévisible, qui dénote

complètement de la vision de De Palma (sobre et

imprévisible, avec une vraie mission impossible à

la clé), peut aisément se voir comme le maillon

faible de la saga, aussi spectaculaire et plaisant à

voir soit-il.

Ce qui n’empêche pas Tom Cruise de planifier un

“M:I 3” dans la foulée, lui qui contrôle de la tête et

des épaules, la franchise, sa franchise.

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