Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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“Douze hommes en colère” respecte d’une main de maître les règles fondamentales d’un

parfait huis clos, bien souvent cité comme étant la référence absolue du genre. Le rideau

s’ouvre sur une salle d’audience qui traite d’un véritable drame familial. Un jeune homme,

originaire d’un milieu pauvre, est accusé d’avoir assassiné son père en lui plantant un couteau

dans le cœur. Les preuves sont formelles et accablantes. Les douze jurés se retirent alors

dans la salle de délibération pour juger à l’unanimité de la culpabilité du jeune homme. S’il

est prononcé coupable, ce dernier sera condamné à la chaise électrique. Dans un premier

temps, la totalité des jurés sont persuadés que le jeune homme a bel et bien assassiné son

père, excepté le juré numéro huit. Celui-ci est bien décidé à ne pas être responsable de la

mort de l’accusé, sans avoir pris le temps d’en discuter sérieusement. S’ensuit alors une

incroyable remise en question générale et une féroce bousculade de convictions.

Le premier long-métrage de Sidney Lumet persiste et signe après plus de soixante ans en

traversant les années et en conservant son unicité et sa légende. Toute la force du film réside

dans les personnages qui nous offrent un florilège de personnalités remarquablement bien

étudiées. Les douze hommes aux origines sociales variées, sont tous différents, cependant

chacun a son rôle à jouer quant à l’avancée de la délibération. Les interventions des uns et

des autres pour convaincre l’assemblée sont subtilement menées et mettent en avant une

véritable bataille entre les influents et les influençables. L’objectif même du film n’est pas

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