Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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Mission : Renaissance

Moins performant que les premiers films au

box-office (400M$ au B.O mondial), “Mission :

Impossible 3” marquera la fin (pour un temps)

de la collaboration entre la Paramount et Tom

Cruise, la firme étant sensiblement lassée (pour

être poli) des apparitions publiques - entre folie

furieuse et défense féroce de la scientologie - de

son mégalomane d’acteur vedette.

Officieusement, la petite histoire veut que ce soit

la (jeune) femme de Sumner Redstone, big boss

de la Paramount à l’époque, pas fan du comédien,

qui aurait poussé son PDG de mari à se séparer

de Cruise, doutant fortement de son pouvoir

d’attraction auprès du public.

Après trois ans d’une brouille sans nom, où

Cruise cherchera à reprendre les rênes du studio

United Artist (“Lions et Agneaux”, “Walkyrie”,

“Night and Day”), sans forcément retrouver son

succès d’antan, le rabibochage se fera presque

naturellement, ouvrant sensiblement dans la

foulée, la porte à un “Mission : Impossible 4”, entre

reboot et vraie suite de la franchise.

Toujours chapeauté de loin par J.J. Abrams,

uniquement producteur même s’il impose Josh

Appelbaum et André Nemec au script (“Alias”), dit

script qui sera retravaillé par - déjà - Christopher

McQuarrie (“Usual Suspect”, “Walkyrie”), “Protocole

Fantôme” étonnera surtout par la grosse prise

de risques entreprise par Cruise : imposer le

talentueux Brad Bird, loin d’être rompu au

tournage live à l’époque, à la réalisation; cinéaste

avec lequel il avoue avoir toujours voulu travailler.

Infiniment plus physique pour Cruise d’un point

de vue scène d’action (l’acteur avait tout à

prouver après son gros passage à vide), plaçant

le curseur encore un petit peu plus haut en terme

de spectaculaire (tempêtes de sable, acrobaties

sur le plus haut gratte-ciel du monde,...) tout en

hésitant pas à foutre un bordel monstre dans la

storyline de la saga (le MIF est désavoué suite à

un attentat au Kremlin, obligeant ses agents à

agir sous les radars pour contrer leur principal

opposant : le Syndicat), sans forcément rendre

son pitch plus complexe que les précédents (la

notion de groupe est de nouveau au centre des

débats); “Mission : Impossible - Ghost Protocol”,

volontairement plus drôle (humour pince-sans-rire

et présence renforcée de Simon Pegg à la clé) et

détournant avec malice les passages obligés de la

saga, est un menu Best-Of transpirant pleinement

la patte virtuose de Bird, qui n’aura eu aucune

peine à trouver son auditoire en salles, à l’aube

des fêtes de Noël 2011.

694,7 M$ à l’international en bout de course et

des critiques unanimes, Ethan Hunt renaît de ses

cendres de manière totalement improbable, avant

de prouver qu’un vrai héros (tout comme s’affirme

Cruise à l’écran) ne meurt jamais.

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