Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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s’échine à conter cette poursuite vers l’inconnu, vers cet ennemi

de l’ombre là où le MIF, pourtant constamment en danger, se voit

finalement démantelé par une CIA ne digérant plus les loupés des

missions passées (l’explosion du Kremlin dans “Ghost Protocol”, le

piratage de l’agence dans “Mission : Impossible”).

Pire, symbole même de cette section de l’impossible, Ethan Hunt ici

élevé au rang de légende vivante, se verra traqué par la CIA pour en

faire un fugitif - tout comme ses petits camarades.

Tout convergeait donc presque, pour que ce cinquième film soit le

dernier de la saga, un épisode définitif avec des citations avouées

à la saga et des ressemblances frappantes (Sean Harris/Solomon

Lane s’impose comme un négatif de Hunt, tout comme Dougray

Scott/Sean Ambrose), appuyées par une intrigue Hitchockienne

aux vérités floues que n’aurait pas renié Brian De Palma.

Ce qu’il n’est finalement pas, évidemment (surtout que la Paramount

avait annoncé avant même sa sortie, la mise en chantier d’un “M :

I - 6”).

Vrai film d’espionnage aux enjeux solides et captivants, d’une

tension de chaque instant magnifié par des scènes d’action toutes

plus renversantes les unes que les autres - défiant aussi bien la

concurrence que les standards imposés par les films précédents -,

qu’une étude des personnages franchement remarquable (Ethan

Hunt arrive à prendre encore un peu plus d’ampleur malgré cinq

films au compteur, et chacun a droit à son moment de gloire);

“Rogue Nation” est un délice de chaque instant aussi maîtrisé

qu’exigeant, un véritable sommet de dramatisme et d’esthétisme

(la scène de l’Opéra de Vienne reste un must-see indécent) old

school et moderne à la fois, où tout est est dosé à la perfection,

de la fluidité de la narration à la caractérisation des personnages

(tous merveilleusement joués), du montage nerveux au suspense

savamment millimétré, de la rugosité des scènes d’action à la finesse

de son humour et de ses émotions.

Une réussite exemplaire, qui convaincra Cruise que son duo formé

avec Christopher McQuarrie, se devait de revenir une ultime fois

à la barre d’une mission impossible, quitte à totalement renier le

mode de fonctionnement de la franchise jusqu’alors (un film : un

réalisateur différent).

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