Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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27/06

parvana

Parfois, entre quelques divertissements amusant grandement nos petites têtes blondes -

mais pas que -, le giron animé du septième art nous offre quelques petites pépites que l’on

ne voit pas forcément venir, mais qui nous marque longtemps après vision.

Et dans la riche année ciné 2018, qui est en passe d’entamer sa mi-course, le sublime

“Parvana, Une Enfance en Afghanistan” de Nora Twomey, sera décemment de ceux-là.

Adaptation tout en délicatesse et dureté du premier tome de la saga littéraire de Deborah

Ellis, l’histoire suit celle de la jeune Parvana dans l’Afghanistan du début des années 2000,

obligée de se grimer en garçon pour travailler (son père à été emprisonné pour avoir éduquer

les femmes de son foyer) et ne pas subir de plein fouet la tyrannie des Talibans qui nie avec

violence, le droit des femmes.

Conte universel, onirique et touchant jamais moraliste malgré la gravité de son sujet

(compréhensible par tous, et qui pousse instinctivement son auditoire à la réflexion), jamais

trop douloureux et se permettant même quelques envolées tendres et drôles tout en ne

masquant pas la barbarie (in)humaine de son cadre, “Parvana”, esthétiquement remarquable,

est une vraie ode à l’imaginaire et au féminisme, à la résistance face à l’oppression et à la

misogynie assumée d’un régime abusivement - et le mot est faible - autoritaire.

À travers le combat vibrant de sa jeune héroïne humaniste, Nora Twomey nous rappelle à

une vérité bien réelle, et nous touche en plein coeur avec un second essai aussi réaliste et

politique qu’il est merveilleusement poétique.

Jonathan Chevrier

DE NORA TWOMEY. 1H33

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