Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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à la dérive

Baltasar Kormákur ou définitivement l’un des plus honnêtes et sympathiques faiseurs

de séries B de ces dix dernières années au sein de la jungle Hollywoodienne, un bonhomme

au talent certain qui aligne les péloches jouissives et qualitatives à la pelle.

Bref, un ami de la famille quoi.

Habitué des survivals en terre hostile (il est le papa du mésestimé “Everest”), le voilà de

retour en ces premières heures de juillet avec son “All is Lost” à lui, “À la Dérive” (oui, le

même titre que le tâcheron de Guy Ritchie avec son ex-femme Madonna) aka “Adrift”,

mise en images du véritable calvaire vécu en mer par Tami Oldham et Richard Sharp.

Moins puissant que le chef-d’oeuvre de J.C Chandor, qui puisait autant sa force de son

récit intime et épuré - dans tous les sens du terme - que dans la prestation habitée de

la légende Redford (parfait) et définitivement loin d’être tourné vers le même public

(malgré la présence solaire de Shailene Woodley), “À la Dérive” joue sur l’émotion (facile)

que suscite ce calvaire en plein désert maritime, et s’avère même presque vibrant

quand il ne se perd pas dans une pluie de flashbacks visant à maladroitement aérer

une intense et éprouvante quête de survie (la nature est et restera le plus terrifiant et

crédible des antagonistes au cinéma).

Et c’est bien là que le bât blesse : la volonté de faire de cette incroyable histoire vraie

un prétexte à une romance racoleuse pour un public facilement influençable (tout

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