Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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évoluent, sachant toujours à merveille quand et comment surprendre et

terrifier son audience.

Difficile de succéder à un tel engouement critique et public et il aura fallu

attendre presque 4 ans pour que Mitchell revienne sur le devant de la

scène avec un film nettement plus ambitieux, intitulé “Under The Silver

Lake”. Si cet opus a pu être vu comme une déception lors de son passage

au dernier Festival de Cannes, il n’en demeure pas moins une continuité

parfaite de l’exploration de l’envers de l’imaginaire culturel américain, ici

dans sa dimension la plus absurde et paranoïaque. Toujours aussi multiréférencé,

“Under The Silver Lake” est un film volontairement étouffant,

bordélique et fourre-tout. A mi-chemin entre du Alfred Hitchcock et du

Gregg Araki, le film semble clôturer une sorte de « trilogie de la pop-culture

pré-2000 », atteignant ici la limite des années 90 avec un personnage

enfin adulte, tout du moins en théorie, ayant quitté son nid d’enfance

pour un Los Angeles tout aussi labyrinthique.

Il ne reste plus qu’à prédire (ou espérer) que son quatrième film partira

vers une toute autre direction. On sait qu’il a longtemps travaillé sur un

projet relatant les 24h d’une jeune femme venant de se faire larguer

mais qui sait ce que le bougre peut nous réserver de plus surprenant à

l’avenir. Ses films ont beau ne pas tout le temps faire l’unanimité, il est

indéniable que sa maîtrise sans faille de son héritage, qu’il soit littéraire,

musical, cinématographique ou même vidéo-ludique, fait de lui un des

porte-paroles d’une génération ayant envie de faire enfin bouger les

choses, sans pour autant renier là d’où ils viennent vraiment.

Tanguy Renault

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