Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

Hébergé

chez

Paramount,

Cruise pense

instinctivement à

confier le projet à Sydney

Pollack, histoire de reformer le

trio magique de “La Firme”, mais

peu de temps après s’être attelé au

Mission Adaptation

projet, le papa de “12 Hommes en Colère” jette l’éponge tant la

direction que prend la production ne lui convainc plus.

Pas de panique pour autant, l’acteur arrive sensiblement à attirer

dans ses filets à l’aube du début d’année 1994, le grand Brian De Palma,

qui engage dans la foulée Steven Zaillian (qui vient tout juste de chiper un

oscar pour “La Liste de Schindler”) et David Koepp (avec qui il vient de travailler

sur l”’Impasse”) pour s’occuper du scénario, avant que Robert Towne (“Chinatown”,

“La Dernière Corvée”) ne vienne peaufiner l’ultime jet à quelques heures du début de

tournage.

Malgré les désaccords entre le cinéaste et son acteur vedette (De Palma a longtemps bataillé

pour booster le budget de 50M$ et faire en sorte que le film ait une impressionnante scène

d’action finale), les gros travers en interne (De Palma ne participera pas à la promotion du film, le

compositeur Danny Elfman remplacera en pleine postproduction Alan Silvestri) et la polémique

monstrueuse causée par les comédiens de la série originale (qui renie férocement le film, surtout

le traitement osé du personnage de Jim Phelps), “Mission : Impossible” débarque dans les salles

obscures en 1996, et incarne sans forcer l’un des plus gros succès de la saison des blockbusters.

Thriller De Palma-esque en diable (le cinéma même du cinéaste se base sur les apparences

trompeuses, un suspense intense et la dénonciation de la tromperie par l’image), reprenant

le ton général du matériau d’origine (des missions d’espionnages supposément impossibles

in fine réalisées par des agents surentraînés) et le personnage phare du show original pour

mieux articuler une nouvelle équipe autour du personnage d’Ethan Hunt (totalement créé pour

l’occasion), quitte a totalement trahir les fans - qui s’en sont bien remis -; “Mission : Impossible”,

maîtrisé de bout en bout, alignant fulgurances de réalisation et les moments de bravoure

dantesque (le vol de la liste des agents de la CIA est anthologique) jusque dans un final qui

dénote complètement du reste du métrage, est un savoureux jeu de dupes et de trahisons où

tout le monde est souvent berné - même le spectateur -, malgré les nombreux indices disséminés

dès le générique d’introduction.

Percutant et brillant, même si la majorité des critiques US de l’époque, mauvaises langues

évidentes, jugeront son intrigue totalement incompréhensible...

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