Désolé j'ai ciné #6

djcmagazine

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du KKK clamant vouloir redonner sa grandeur au

pays («give back America her greatness») ou encore

lors de cette scène d’ouverture avec un Alec Baldwin

- qu’on rappelle presque imitateur officiel de Donald

Trump dans le Saturday Night Live - vociférant

des insanités sur fond de Naissance d’une nation

(1915). La charge est immense - et tristement d’actualité

- pour Spike Lee qui veut son film comme une

réponse au racisme non seulement aux Etats-Unis

mais également dans le monde entier. Mais loin de

faire seulement de «BlacKkKsman» un film politique,

c’est également - et peut-être avant tout - une véritable

comédie prête à tourner au ridicule racistes et

extrémistes en tout genre.

Porté par un duo aussi drôle que dynamique et charismatique

Adam Driver/John David Washington et

des seconds couteaux loin d’être en reste que ce

soit le grand manitou David Duke (Topher Grace)

certain de différencier un noir d’un blanc à sa façon

de s’exprimer ou encore Felix Kendrickson (Jasper

Pääkkönen), extrémiste parmi les extrémistes.

S’il fallait lui trouver un défaut à ce «BlacKkKlansman»

il résiderait dans sa conclusion en total décalage

avec l’esprit du film où s’enchaîne images

terribles de manifestations, de violences envers les

minorités et ces terribles images de Charlottesville

lorsqu’une voiture a foncé sur des manifestants anti-racisme

faisant un mort, une jeune femme à qui

le film est dédié. Malgré les portes déjà grandes ouvertes

que Spike Lee défonce à la fin de son film -

appuyant un sous-texte déjà limpide -, on ne pourra

pas lui retirer une chose : le réalisateur de 61 ans n’a

toujours rien perdu de sa hargne et ça nous rassure.

Margaux Maekelberg

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