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Production Maintenance n° 62

La mesure, élément incontournable de la maintenance

La mesure, élément incontournable de la maintenance

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DOSSIER 14

La mesure, élément

incontournable de la

maintenance

ÉVÉNEMENT

Le Sepem Industries

pose ses valises à

Avignon

10 28 43 54

MANAGEMENT

Le M.E.S. au cœur

de l’usine et de la

maintenance 4.0

62 | août-septembre-octobre 2018 | Trimestriel | 20€

MAINTENANCE EN

PRODUCTION

La traçabilité,

composante stratégique

de la maintenance

PRÉVENTION DES

RISQUES

Spécial Expoprotection :

mieux protéger ses

équipes


Vous l’utiliseriez

encore ?

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à dents est encore efficace ? De la même manière,

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ÉDITORIAL

L’humain, l’autre enjeu de la

maintenance 4.0

©DR

Olivier Guillon

Rédacteur en Chef

Quelle époque formidable ! Alors qu’on se tuait à la tâche pour réparer des

machines qui avaient pris la mauvaise habitude de tomber en panne, que l’on

devait utiliser nos cinq sens (ou plutôt quatre, le goût n’étant pas franchement

utile) pour tenter d’analyser d’éventuels défauts apparents, que l’on devait interrompre

la production de tout un atelier pour pratiquer une maintenance aussi préventive

que coûteuse, voici qu’un miracle apparut. L’industrie du futur, 4.0 ou connectée était née.

Ne plus rien faire d’autre que presser sur un bouton pour que la machine se mette en route,

qu’elle applique un programme d’usinage tombé du ciel et que les nombreux capteurs s’assurent

en temps réel que rien ne viendra perturber ce beau process réglé comme une horloge.

À moins de croire en la bienveillance d’un prétendu saint patron de l’usinage, ou pourquoi

pas un dieu de la maintenance, personne n’est dupe. L’automatisation à outrance n’est pas un

but en soi mais bien qu’un moyen. Elle est en revanche une aide précieuse qui, aujourd’hui,

grâce à des technologies de plus en

plus matures, permet de sécuriser les

process et surveiller l’état de santé de

la machine. Ces outils aident aussi à

former plus rapidement une jeune

main-d’œuvre aux savoir-faire moins

« techniques » que l’ancienne. Par la

technologie, l’industrie 4.0 doit parier

sur la montée en compétences de

ses collaborateurs, tant en production

qu’en maintenance, sans perdre

de vue la mécanique… qui restera

encore et pour longtemps ce qui fait

fonctionner une machine.

« La technologie aide à former plus rapidement

une jeune main-d’œuvre aux savoir-faire

moins "techniques" que l’ancienne »

Olivier Guillon

@productionmaint

ÉDITEUR

MRJ Informatique

22, Boulevard Gambetta

92130 Issy-les-Moulineaux

Tel : 01 84 19 38 10

Fax : 01 34 29 61 02

www.production-maintenance.com

/Facebook.com/

productionmaint

/@productionmaint

Direction :

Michaël Lévy

Directeur de publication :

Jérémie Roboh

Rédactreur en chef :

Olivier Guillon

COMMERCIALISATION

Publicité :

Sonia Cheniti

s.cheniti@mrj-corp.fr

Diffusion et Abonnements :

vad.mrj-presse.fr

Emilie Bellenger

abonnement@qualite-references.com

Prix au numéro :

20 €

Abonnement 1 an :

58 € / 4 numéros

Étranger :

100 €

Règlement par chèque

bancaire à l’ordre de MRJ

RÉALISATION

Conception graphique :

Dolioz - Adeline Docquier

Impression :

Rivadeneyra, sa

Calle Torneros, 16

Poligono Industrial de Los Angeles

28906 Getafe - Madrid Espagne

N°ISSN :

1293-2949

Dépôt légal : à parution

Périodicité : Trimestrielle

Numéro : 62

Date : août-septembre-octobre

2018

RÉDACTION

Rédactreur en chef

Olivier Guillon

Ont contribué au numéro :

Mathieu Kutac (DSD System)

Sylvie Sermage (3M).

CRÉDITS

Credits photos :

Photo : FLIR SYSTEMS

Crédit : FLIR SYSTEMS

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018I1


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SOMMAIRE

DOSSIER

ÉVÉNEMENT

Le Sepem Industries

pose ses valises à

Avignon

MANAGEMENT

Le M.E.S. au cœur

de l’usine et de la

maintenance 4.0

62 | août-septembre-octobre 2018 | Trimestriel | 20€

DOSSIER 14

La mesure, élément

incontournable de la

maintenance

10 28 43 54

MAINTENANCE EN

PRODUCTION

La traçabilité,

composante stratégique

de la maintenance

PRÉVENTION DES

RISQUES

Spécial Expoprotection :

mieux protéger ses

équipes

Mesure dans la maintenance

14

14 La mesure, un atout stratégique pour la maintenance

16 Enova Paris s’ouvre en octobre avant de laisser la place à

Measurement World dès 2019

18 La place grandissante de la mesure dans la maintenance industrielle

24 Recourir aux caméras d´imagerie thermique

pour surveiller l'état des machines

26 IS Soudure renforce son activité CND

26 Un boulon connecté pour détecter des desserrages intempestifs

Actualités

Prévention des

risques

06 Partenariat entre SKF et Siemens

pour améliorer la fiabilité des

équipements ferroviaires

08 Eiffage confie à Récylum la gestion

de la fin de vie des équipements

électriques

08 IFM lance le premier détecteur

intelligent IO-Link pour actionneur

¼ de tour

08 Une planification intelligente de

l'entretien avec les nouveaux

systèmes isense d'Igus

32 Prendre à bras le corps un projet

d’intégration de l’outil M.E.S.

36 Domis s’ouvre les portes de

l’industrie du futur avec le M.E.S.

40 Le M.E.S., un outil essentiel pour

améliorer la traçabilité

54 Expoprotection 2018 de retour à

Paris !

56 Précisions sur les directives et les

EPI entourant les risques liés au

bruit

58 Lever les obstacles de la prévention

des risques dans la maintenance

60 Trébuchements, glissades et faux

pas : les trois principales causes

d'accidents du travail

10 Le salon Sepem Industries revient

en force à Avignon

© Astrée Software

Maintenance en

productions

43 La traçabilité au cœur de la stratégie

d’entreprise

Management

28 Les Assises 2018 du M.E.S., le

rendez-vous d’automne de l’usine 4.0

30 Les Assises du M.E.S. s’ouvrent

sur la publication d’un Livre

Blanc dédié à l’usine du futur

44 La traçabilité comme point de départ

de l’industrie 4.0

48 Le tag RFID : dans la GMAO en 2

secondes, le parc équipements connu

pour des années !

50 Apporter des réponses technologiques

aux problèmes de suivi des pièces

52 Le groupe EPC s’équipe d’une solution

complète de traçabilité

© 3M

Outil

63 Agenda

64 Au sommaire du prochain

numéro

64 Index

64 Le chiffre à retenir

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I3


NOS DOSSIERS EN UN CLIN D’OEIL

©3M

©DR

©Shutterstock

©Tecnalia

TECHNOLOGIES

MANAGEMENT

MAINTENANCE EN PRODUCTION

PRÉVENTION DES RISQUES

La mesure, élément incontournable

de la maintenance p. 14 à 27

On dit que le diable est dans les détails, mais dans l’industrie, il est

surtout dans le manque de précision. C’est aussi vrai en production

qu’en maintenance d’autant que l’entrée des ateliers dans l’ère de

l’industrie du futur, la numérisation des usines, le monitoring de

chaque équipement de production et le dialogue entre les machines

engendrent des données considérables. Pour être utilisées à bon

escient, celles-ci devront être justes ; d’où le recours croissant aux

outils de contrôle et de mesure.

Le M.E.S., la brique technologique

de la maintenance 4.0 p. 28 à 42

Dans le but d’optimiser sa production et ses opérations de maintenance,

le M.E.S. occupe une place croissante dans l’industrie afin d’aider

à envoyer ces informations à la bonne personne, au bon moment,

grâce à un suivi en temps réel. Renforcer la qualité de ses produits

et de ses process, réduire ses délais grâce à l’amélioration du TRS,

tout cela est possible avec le M.E.S., dont Production Maintenance

consacre un dossier spécial à l’occasion des Assises qui auront lieu

à Paris en octobre.

La traçabilité au cœur de la

stratégie de maintenance p. 43 à 53

Lutter contre la contrefaçon est un enjeu crucial pour les entreprises.

Incarné par l’industrie du luxe, ce fléau touche tout autant les industries

mécaniques et, plus grave, les filières agroalimentaires et pharmaceutiques.

Pour enrayer le phénomène, s’attaquer à la base, de l’extraction de

la matière à la livraison finale, une seule solution : renforcer à tous

les niveaux la traçabilité de la production. Mais celle-ci présente bien

d’autres atouts : optimisation des process, amélioration de la qualité

des produits et des interventions de maintenance...

Spécial Expoprotection : mieux

protéger ses équipes p. 54 à 62

À l’occasion de la biennale de la protection qui ouvrira ses portes à

Paris début novembre, Production Maintenance revient sur un sujet qui

tient la rédaction à cœur, la prévention des risques et la sécurité des

techniciens de maintenance. Au programme de ce « focus », un point

sur les temps forts du salon Expoprotection, des avis d’expert et la

vision de spécialistes sur la prévention des risques et les solutions pour

mieux protéger les professionnels de la maintenance, en particulier

lors des interventions extérieures.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I5


ACTUALITÉS

EN BREF

Erratum

Dans l’article du précédent numéro

de Production Maintenance (61),

portant sur le parcours d’Anaïs Rollet

et figurant à la page 48, dans notre

rubrique Management, une erreur s’est

glissée à propos d’ADF. L’entité n’est

pas « ex Latécoère Services »; c’est

ADF qui a racheté Latécoère Services

et qui l’a rebaptisé Latesys. ●

Praxedo annonce un chiffre

d’affaires 2017 de 6M€

Praxedo, leader français de la gestion

des interventions en mode SaaS, a

annoncé un chiffre d’affaires global

pour l’exercice 2017 en croissance

de 25%. Présente en France, en

Allemagne-Autriche-Suisse, au

Canada, en Espagne et au Portugal,

la société, en progression constante, a

augmenté sa part de marché et affiche

un portefeuille de plus 600 clients en

2017. L’éditeur, qui entend devenir

leader mondial des plateformes SaaS

de Field Service Management, poursuit

son développement international en

s’ouvrant au marché américain. ●

La démarche VDMxl à

l’honneur le 20 septembre

à Lyon St-Exupéry

Après Paris au printemps dernier,

Mainnovation organisera son prochain

évènement à Lyon St-Exupéry le 20

septembre. Objectif ? Faire découvrir

la démarche VDMxl (Value Driven

Maintenance & Asset Management)

qui a été expérimentée par plus de 1000

entreprises à travers le monde et a

généré des résultats impressionnants.

Des collaborateurs de Volvo Cars et

d’Ipsen témoigneront de leur expérience.

La participation est gratuite.●

ACCORD

Partenariat entre SKF et Siemens pour

améliorer la fiabilité des équipements

ferroviaires

Dans le cadre de ce nouveau

partenariat, la solution de

maintenance conditionnelle

sans fil Insight Rail

de SKF sera accessible depuis la suite

d’applications Railigent de Siemens, liée

à MindSphere, le système d’exploitation

de l’Internet des objets. Cette coopération

entre les deux entreprises facilitera

Eiffage Energie Systèmes

Infrastructures a fait appel à

Récylum (partenaire des installateurs

électriciens pour la gestion

des équipements électriques usagés qu’ils

détiennent du fait de leurs activités de

maintenance et rénovation) pour procéder

à un destockage de 1,8 tonne de déchets

de matériel d’éclairage publique sur son

site de Savigny (Rhône). Le destockage

sur le site de Savigny d’Eiffage Energie

Systèmes Infrastructures est la conséquence

du réaménagement du magasin

et des espaces de stockage ; l’occasion de

faire un inventaire et de trier les équipements

définitivement hors d’usage.

la surveillance en ligne des composants

critiques tels que les roulements

d'essieux et les roues. L’objectif de ce

projet est d’aider les clients à anticiper

les problèmes afin qu’ils puissent planifier

les opérations de maintenance si

celles-ci s’avèrent nécessaires.

Surnommée l’« Internet des trains »,

Railigent est une suite d’applications

Siemens reposant sur le Cloud. Elle

fournit une interface unique pour

les données collectées des différents

composants ou systèmes ferroviaires,

et permet aux opérateurs d’améliorer

la disponibilité des véhicules en utilisant

la puissance de l’IoT. ●

EN SAVOIR PLUS > www.skf.com/fr/

CONTRAT

Eiffage confie à Récylum la gestion

de la fin de vie des équipements

électriques

L’industriel français, qui bénéficie

du service de Récylum depuis 2007,

dispose à travers ce projet d’une benne

permettant de collecter 1,8 tonnes

de matériel d’éclairage public. Cela a

par ailleurs été l’occasion de prendre

conscience du fait que le nombre de

conteneurs dont Eiffage bénéficiait

était devenu trop faible au regard de

l’augmentation de l’activité et donc du

volume de DEEE collectés. Récylum a

ainsi procédé à la livraison de conteneurs

supplémentaires. ●

EN SAVOIR PLUS > www.recylum.com

6 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


ACTUALITÉS

EN BREF

Rockwell Automation lance

un nouveau protocole de

communication axé sur la

sécurité

Le système de sécurité GuardLink

Guardmaster Allen-Bradley est un

nouveau protocole de communication

axé sur la sécurité permettant aux

opérateurs de réduire les arrêts de

production et d'améliorer le diagnostic

des machines tout en augmentant la

productivité. La technologie GuardLink

s'intègre de façon transparente avec

les relais de sécurité et les composants

Allen-Bradley Guardmaster. La

connexion des équipements de sécurité

avec des branchements intelligents

permet une meilleure visibilité de

tout le système de sécurité de l'usine,

jusqu'aux barrières de protection et

aux arrêts d'urgence. ●

Un détecteur de gaz

connecté pour repérer les

fuites de gaz

Honeywell a présenté un nouveau

détecteur de gaz connecté qui repère

les fuites par ultrasons, en complément

des détecteurs de gaz fixes, afin de

mieux protéger les travailleurs et les

installations contre les fuites de gaz

toxiques et explosifs potentiellement

mortelles. Searchzone Sonik est facile

à installer, à gérer et à entretenir grâce

à une application lorsqu’il est associé

à un smartphone Android sécurisé

avec connectivité Bluetooth. ●

Sick étoffe sa gamme de

capteur de contrôle des

mouvements avec les

codeurs linéaires MAX48

Dédié aux engins mobiles, le MAX48

mesure le déplacement du piston des

vérins hydrauliques. La technologie

magnétostrictive assure une précision

de mesure optimale et les fonctions

de diagnostic étendues permettent de

maintenir vos machines en forme et

disponibles en anticipant tout défaut.

À tout moment le MAX48 peut être

facilement installé dans les designs

de vérins existants sans modification.●

INNOVATION

IFM lance le premier détecteur intelligent

IO-Link pour actionneur ¼ de tour

À

Hanovre, Igus a présenté quatre

systèmes d'intégration ayant pour

but d'optimiser l'intégration des

données des capteurs dans le cadre

de maintenance et de rétrofit. L'objectif étant

d’offrir à l’utilisateur la solution qui lui convient

le mieux, de l'arrêt automatique de l'installation

à la commande automatisée des pièces de

Le nouveau détecteur MVQ pour

vannes ¼ de tour permet de

configurer les fonctions nécessaires

à l'application par logiciel

de paramétrage IO-Link (LR Device) ou

par un bouton-poussoir inductif (fonctions

de base). Les positions finales de la

vanne peuvent être apprises librement et

la tolérance de détection peut être ajustée.

De plus, un troisième seuil de commutation

peut être défini, par exemple pour les

vannes à trois voies ou pour désactiver la

pompe en cas de coups de bélier.

Grâce à l’interface de communication

IO-Link, différents états d’usure

peuvent être identifiés. Le détecteur est

équipé d'un contrôle de joint d'étanchéité

qui signale la dérive de la position

fermée. Ces dérives indiquent, par

exemple, un dépôt ou l'usure du joint

d'étanchéité. D'autre part, le nombre

de cycles peut être compté et les temps

d’ouverture / fermeture peuvent être

surveillés. Le MVQ est donc particulièrement

adapté pour les industries

chimiques, cosmétiques, pharmaceutiques

et le traitement de l’eau. ●

EN SAVOIR PLUS > www.ifm.com

SOLUTION

Une planification intelligente de

l'entretien avec les nouveaux systèmes

isense d'Igus

rechange et du message d'entretien directement

sur smartphone en passant par l'interrogation

en ligne de l'état du produit Igus.

Le rôle des plastiques intelligents Igus ?

Augmenter la disponibilité des installations

en faisant appel à la maintenance prédictive.

Des capteurs intelligents de la gamme

isense assurent une surveillance des solutions

en polymères du spécialiste des plastiques

en mouvement, de la chaîne porte-câbles au

guidage linéaire sans graisse et au plateau tournant

sans entretien en passant par les câbles

ultra-souples. Les données ainsi collectées

peuvent être utilisées selon les besoins de l'utilisateur.


EN SAVOIR PLUS

www.igus.fr/plastiquesintelligents

8 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


ACTUALITÉS

ÉVÉNEMENT

Le salon Sepem Industries revient en force

à Avignon

Pour sa trentième édition, Sepem Industries, le salon

dédié aux solutions cœur d’usine en régions, fera sa

rentrée en Avignon le mardi 25 septembre prochain.

Comme à chaque édition, le salon national en région

mettra à l’honneur l’ensemble des métiers de l’industrie

et rassemblera les grands acteurs à la fois français et

européens répondant aux attentes des industriels du

sud-est du pays. Pour la troisième fois cette année, le

salon accueillera un espace de conférences organisées

par le magazine Production Maintenance ; celles-ci seront

entièrement consacrées à la maintenance et à sa place

dans l’atelier et dans l’industrie 4.0.

Au début de l’automne prochain, le salon Sepem

Industries posera ses valises pendant trois jours au

parc des expositions d’Avignon Sud, célèbre capitale

du théâtre abritant le Palais des Papes. Mais

cette fois, la ville brillera davantage par l’événement industriel

majeur de la rentrée, salon qui accueillera près de 410 exposants.

S’adressant aux décideurs des usines de la région sud-est

de la France, issues de tous secteurs d’activité, cette trentième

édition réunira des exposants répartis en onze catégories

pour un éventail complet des savoir-faire. « L’idée avec l’édition

d’Avignon est la suivante : proposer à toute une région qui

possède un tissu industriel important – présent dans de multiples

secteurs comme l’agroalimentaire, le bâtiment, la pharmaceutique

ou encore l’aéronautique – d’offrir un salon industriel

Des salons toujours très convoités par les industriels

Depuis leur création en 2006, les salons Sepem Industries proposent

à l’ensemble des industriels d’une région spécifique de découvrir

des solutions pratiques, innovantes et polyvalentes pour répondre à

toutes les problématiques industrielles cœur d’usine : productivité,

environnement, sécurité, maintenance, sous-traitance... La trentième

édition qui se tiendra du 25 au 27 septembre prochains à Avignon sera

suivie de trois autres salons : Douai à la fin janvier 2019, Toulouse

du 26 au 28 mars et Angers du 8 au 10 octobre de l’année prochaine.

« La caractéristique des salons Sepem – à commencer par l’édition

avignonnaise, c’est de garder une taille raisonnée

Le concept : des salons très techniques, à taille humaine et à

proximité des sites de production

Chaque salon Sepem Industries est implanté à moins de 2 heures

30 de route des principaux sites de production de la région où il

se tient et se présente comme un véritable marché de solutions

industrielles. Avec un nombre d’exposants croissant à chaque

édition, le Sepem Industries constitue ainsi une opportunité unique

de répondre aux besoins de fonctionnement de nombreux sites de

production et aux attentes d’un très large réseau de professionnels.

Les premières éditions 2018/2019 (Rouen, Grenoble et Colmar) ont

déjà réuni pas moins de 1875 exposants et 14 301 visiteurs.

10 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


ACTUALITÉS

à taille raisonnée et à proximité, sans avoir systématiquement

à devoir se rendre à Lyon ou à Grenoble », souligne Philippe

Dutheil, directeur des salons Sepem Industries.

Les secteurs d’activité des participants au Sepem Avignon

sont nombreux et concernent a sécurité-hygiène-environnement

(HSE), la maintenance et la GMAO, les automatismes

et la mécatronique, sans oublier la manutention-logistique-stockage-levage-convoyage,

les bâtiments industriels

(allant des équipements aux aménagements) ainsi que l’électricité,

les machines d’ateliers, les machines-outils, la robotique

et les équipements et produits associés, le contrôle

– mesure – instrumentation – vision industrielle. Autres

domaines d'activité représentés : les services aux industriels

et l’ingénierie / formation, les fournitures et les équipements

industriels, ou encore, la gestion des fluides et de l’air, le

process, l’étanchéité, la filtration et la robinetterie. Enfin,

une large partie sera également consacrée, comme à chaque

édition des Sepem Industries, à la sous-traitance.

Un espace dédié à la sous-traitance industrielle, un autre

aux conférences de la maintenance

Nouveauté des éditions 2018/2019, l’espace sous-traitance

industrielle donne l’opportunité à une centaine de sociétés

venues de toute la France de présenter leur savoir-faire

caractéristique permettant aux industriels d’externaliser

certaines compétences. Lors des trois premières éditions,

ce nouveau hall a rencontré un vif succès auprès des industriels

qui semblaient attendre le salon pour y découvrir leurs

futurs partenaires.

En complément des nombreuses technologies et innovations

industrielles présentées sur le salon, les sept éditions régionales

de Sepem Industries 2018/2019 proposent en exclusivité

un programme de conférences sur la maintenance du

futur. Intitulé « Forum conférences - Maintenance et sécurité

», il offre un tour d’horizon des évolutions actuelles et à

venir en matière de maintenance 4.0 des sites de production

et de maîtrise des risques industriels. Une vraie valeur ajoutée

qui a vu le jour depuis le mois de janvier à la demande

des visiteurs et dont le succès s’est confirmé à Colmar, en juin

dernier, où les conférences ont fait salle comble ; « car l’industrie,

c’est certes beaucoup de technologies mais c’est aussi

et surtout du savoir à travers des échanges et du retour d’expérience

», insiste Philippe Dutheil (pour plus d’information,

se référer au programme en encadré page suivante).

Enfin, entrée, parking, vestiaire… tous les services en somme

que propose le salon sont gratuits, y compris les navettes

routières situées au départ des principales villes des régions

concernées (cf. schéma ci-contre). ●

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I11


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25>27 SEPTEMBRE 2018

Pôle Sous-traitance

TOULOUSE

NOUVELLES

DATES

29>31 JANVIER 2019

Pôle Sous-traitance &

Pôle Machine-outil & robotique

ANGERS

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ROUEN

28>30 JANVIER 2020

Pôle Sous-traitance

26>28 MARS 2019

GRENOBLE

11>13 FÉVRIER 2020

Pôle Sous-traitance

08>10 OCTOBRE 2019

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COLMAR

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ACTUALITÉS

Programme des conférences Maintenance – Sepem Avignon

MARDI 25 SEPTEMBRE

10h30 :

« Transformation Digitale et Maintenance Connectée : mener une stratégie

d’asset management en lien avec les technologies d’exploitation des données

pour entreprendre une démarche d'industrie 4.0 »

Intervenant : Bruno Barbanson, Strategic Maintenance Consultant

EMEA chez Rockwell Automation, et Olivier Pierlot, directeur Services

et Solutions

14h30 :

« L'optimisation de la maintenance et des performances des équipes comme

levier de réduction des coûts ».

Témoignage et retour d'expérience de Jean-Patrick Ducros (chef du

projet MCG et Technical Manager au sein du groupe Bourbon) et de

Jean Garcia (société Performance & Management).

MERCREDI 26 SEPTEMBRE

10h30 :

« Maintenance 4.0 : la voie express pour l’amélioration de la productivité.

Retour d’expérience d’un responsable maintenance d’usine chez Bosch-

Rexroth en France ».

Témoignage sur la mise en œuvre du projet et résultats par un responsable

maintenance au sein d’une usine Bosch-Rexroth.

14h30 :

« Maintenance du futur : comment extraire et exploiter vos données de

maintenance afin de soulever des gisements de productivité ? »

Par Matthieu Jolens, ancien leader Maintenance chez Danone et fondateur

de la société J.I. Conseil.

JEUDI 27 SEPTEMBRE

10h30 :

« Faire de la GMAO un véritable atout stratégique pour optimiser les

interventions de maintenance » – Zoom sur la maintenance de l’entreprise

Naturex, spécialisée dans les ingrédients naturels pour les industries

agroalimentaire, nutraceutique et cosmétique.

Intervenants : Julien Huguet, Maintenance & Engineering manager, et

Philippe Paschen assistant Achats techniques

11h30 :

« Comment concilier performance et sécurité en maintenance ? » Refonte

du processus de mise en sécurité des équipements et des installations

et définition d'un parcours d'évaluation et de montée en compétences

des techniciens de maintenance.

Témoignage de Michel Romero, responsable maintenance chez Panzani

(site de Vitrolles)

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I13


TECHNOLOGIE

La mesure, un atout

stratégique pour la maintenance

À

l’heure où le concept d’industrie du futur déferle

dans les ateliers et où les projets de plus en plus

nombreux et concrets se mettent en place, la mesure

et le contrôle occupent une place croissante dans les

usines, tant en production que dans les départements de maintenance.

Ces moyens et outils de mesure sont divers et variés ;

ils vont des capteurs qui, toujours plus nombreux, équipent

aujourd’hui bon nombre de machines et de lignes industrielles,

à l’acquisition de données de plus en plus denses, en passant par

les outils de contrôle non destructif (CND) : analyse vibratoire,

acoustique ou ultrasons, thermographie infrarouge, endoscopie

etc.

À mesure que l’atelier se numérise, que les pièces à produire sont

de plus en plus complexes et customisées, que les exigences de

qualité se renforcent et que les compétences très « techniques »

se perdent en interne, les outils de contrôle en production ont

un rôle à jouer, et ce depuis déjà de nombreuses années. Mais

l’entrée dans l’industrie du futur et la densification des données

impliquent une confiance absolue dans l’information recueillie.

Or celle-ci doit être vérace car s’il est judicieux et stratégique de

mettre en place des capteurs pour contrôler la production et avertir

l’opérateur au moindre problème, avant la panne, il semble

évident que les paramètres doivent être précisément définis et

les outils de contrôle bien étalonnés ; sans quoi la masse d’informations

que ces capteurs vont envoyer dans le Cloud ou dans

le système informatique de l’entreprise seront tout simplement

faussées et mèneront à des prises de décision catastrophiques.

Ce dossier – spécialement consacré à la mesure au service de la

maintenance industrielle – traitera différents aspects comme les

bonnes pratiques à adopter pour bien utiliser ses instruments de

mesure, les technologies innovantes aujourd’hui sur le marché,

sans oublier l’avis d’un expert et spécialiste mondial de la mesure

par caméra thermique.

Bonne lecture ! ●

Olivier Guillon

AU SOMMAIRE DE CE DOSSIER :

16 Enova Paris s’ouvre en octobre avant de laisser la place à

Measurement World dès 2019

18 La place grandissante de la mesure dans la maintenance

industrielle

24 Recourir aux caméras d'imagerie thermique

pour surveiller l'état des machines

26 IS Soudure renforce son activité CND

26 Un boulon connecté pour détecter des desserrages

intempestifs

© René Gaens

14 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


TECHNOLOGIE

ÉVÉNEMENT

Enova Paris s’ouvre en

octobre avant de laisser

la place à Measurement

World dès 2019

Enova Paris ouvrira ses portes pour la dernière fois à la Porte

de Versailles. Cette dernière édition, qui promet de surfer sur le

dynamisme de l’industrie et la demande croissante d solutions

et de bonnes pratiques dans les domaines de la mesure et du

contrôle, laissera la place dès l’an prochain à un événement

biennal, d’envergure plus européenne et systématiquement

organisé avec le Congrès international de métrologie.

Soutenu par les syndicats, les institutionnels,

les associations et les

industriels du secteur, GL events

Exhibitions lance Measurement

World. Cet évènement unique sera dédié

à l’univers de la mesure dans son sens le

plus large, incluant le contrôle, le process,

le test, la vision et l’optique. La première

édition se tiendra du 24 au 26 septembre

2019 à Paris Porte de Versailles, et accueillera

le Congrès international de métrologie

2019. Ce grand rassemblement sera une

occasion unique de découvrir le champ des

possibles qu'offrent les nouvelles technologies

à l'univers de la Mesure.

Ce nouvel évènement biennal se tiendra

durant trois jours conjointement au

Congrès international de métrologie (CIM

2019) sur près de 5 000 m² d’exposition avec

un Village Métrologie. 230 exposants dont

15% d’internationaux et 3 000 visiteurs dont

15% d’internationaux sont attendus. Pour

Pierre Claudel, patron de la Direction des

essais, des étalonnages et de la certification

du Cetiat et vice-président du Collège

français de métrologie (CFM), « la présence

du Cetiat sur Measurement World, en tant

que laboratoire de référence en métrologie et

membre du Réseau national de la métrologie

française, est incontournable. L'organisation

en simultané du CIM, est l'opportunité

de rencontrer nos homologues et partenaires

étrangers membres d'Euramet ou

d'autres organisations régionales en métrologie.

Cette ouverture

vers l'international est

unique ! Plus largement,

le visitorat est

ciblé et qualitatif, l'occasion

d'accueillir nos

clients et de nouer de

nouveaux contacts très

intéressants. »

Dopé par le déploiement de l’industrie du

futur, le développement de l’Internet des

objets (IOT) et des réseaux de télécommunication

mobiles, le marché du test et de

la mesure est, de l’avis de tous les experts,

amené à croitre de manière exponentielle

ces prochaines années. Porté par GL events,

qui poursuit son engagement à soutenir

la modernisation du monde industriel,

Measurement World répond aux attentes

des acteurs de la mesure ; « en effet, près

de 70% des sociétés du secteur de la mesure

du dernier Enova Paris souhaitent un salon

biennal dédié regroupant l’ensemble des

acteurs de leur secteur : experts, universitaires

et chercheurs, organismes de référence,

fabricants et prestataires, utilisateurs industriels

d’outils de mesure … », peut-on lire

dans l’Enquête exposants

Enova Paris

2017. Par ailleurs, le

Collège français de

métrologie a quant

à lui confirmé sa

volonté d’inscrire le

Congrès international

de métrologie au

sein d’un évènement dédié à la mesure.

Enthousiaste, Ludovic Bergère, directeur

commercial chez Bronkhorst, ne cache pas

son souhait que « Bronkhorst participe à

Measurement World en septembre 2019 car

je suis convaincu qu’il y a un public professionnel

du Grand Paris et de la moitié nord

de la France très intéressé par un grand salon

regroupant tous les fabricants et les distributeurs

de matériel dans le domaine de la

mesure dans son ensemble, de l’instrumenta-

16 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


TECHNOLOGIE

tion à la métrologie, en passant par l’automatisme

et régulation de process, l’amélioration

des procédés, l’innovation et la production,

tous ces secteurs de l’industrie et le R&D

qui imposent de plus de plus de mesure et

de contrôle de toutes formes »

UNPROJET AMBITIEUX À DESTINATION

DE TOUS LES SECTEURS INDUSTRIELS

Face à un marché ultra concurrentiel au

niveau mondial, les exigences de productivité,

de qualité, de confiance, et de conformité

s’imposent et se généralisent. La mise

en place de partenariats stratégiques entre

fournisseurs et une meilleure intégration

des outils de mesure permettra aux entreprises,

tous secteurs d’activité confondus

, de se démarquer et d’offrir davantage de

valeur et de services à leurs clients. « La

tenue conjointe de Measurement World

et du Congrès international de métrologie

est une opportunité pour Wimesure

car un tel évènement nous offre la possibilité

de toucher à la fois un public industriel,

scientifique et peut être une source de

recrutement », a justifié Christophe Bracon,

dirigeant de cette société spécialisée dans

les appareils et les instruments de mesure

(centrales d'acquisition, instrumentation,

capteurs, interfaces homme machine pour

l'industrie et les laboratoires), notamment

pour des application de maintenance.

Profitant du dynamisme économique et

industriel, Measurement World souhaite

ainsi participer au renouveau d’un écosystème

en fédérant les acteurs de la profession

autour d’un grand rendez-vous et se veut

désormais un carrefour de rencontres entre

industriels, scientifiques et institutionnels,

mais également un lieu de partage d’expertises

technologiques et d’expériences. Autre

volonté de l’événement biennal, devenir un

tremplin de lancement des innovations, une

tribune d’expression des partenaires techniques,

une plateforme d’expression des

start-up ainsi qu’un espace favorable aux

questions de formation et de recrutement.

Enfin, une autre mission de Measurement

World – et pas des moindres – passera par

Quid des salons Enova ?

Le sort des salons Enova en région n’est

pas compromis. « Les éditions de Lyon et de

Toulouse se portent bien et se maintiendront

pour les années à venir, en 2020 », précise

Jérôme Letu-Montois, directeur du salon

Measurement World. En revanche, pour Enova

l’information, la vulgarisation et la promotion

des bonnes pratiques du secteur, de

l’étendue des solutions technologiques et

de tous les apports de la mesure (contrôle,

optimisation, productivité, qualité, fiabilité,

valorisation des données). Un événement

en somme très ambitieux et qui aura

pour vocation d’être durable pour enfin de

devenir une vitrine à part entière du savoirfaire

industriel français dans le domaine de

la mesure et du contrôle. ●

Olivier Guillon

Paris, même si l’édition 2018 promet elle aussi

d’être une belle édition (qui se déroulera les

23 et 24 octobre prochains à Paris), le format

régional de l’édition francilienne laissera bien

place à un événement désormais national,

européen et international, Measurement World.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I17


TECHNOLOGIE

PANORAMA

La place grandissante de la

mesure dans la maintenance

industrielle

Les besoins en précision des données et des informations représentent un enjeu stratégique,

à plus forte raison lorsqu’on raisonne en « usine 4.0 ». En ce sens, les outils de mesure et les

capteurs, ne serait-ce que pour le monitoring des machines, se font de plus en plus nombreux

et impactent à leur manière les métiers de la maintenance.

Solution de monitoring DBVib

On n’est pas à un paradoxe

près. Alors que de plus en

plus de systèmes de mesure

complexes sont mis en

œuvre pour des surveillances en temps

réel d’un très grand nombre de grandeurs,

les compétences se perdent en

entreprise. L’abondance de capteurs, des

systèmes d’acquisition, de transmission

(multiplexés, optiques, radio…), de visualisation

et de traitement de données (…)

nécessite de plus en plus de maîtrise et de

surveillance – et donc des compétences

métrologiques adaptées – alors même que

le métier est de moins en moins exercé en

interne. Pourtant, l’enjeu est de taille, en

particulier dans le contexte de l’industrie

4.0, des nombreux moyens de contrôle et

des capteurs qui équipent les machines.

L’exactitude et la précision de la mesure

vont permettre d’envoyer des données

justes ; encore faut-il bien mettre utiliser

ces nombreux instruments.

Parmi les conseils que l’on peut donner,

notons déjà que maintenir un certain

niveau de compétences est judicieux,

voire stratégique ; l’usine du futur – aussi

numérisée soit-elle – aura dans tous les cas

besoin d’informations justes et précises.

Avant tout, il est important de définir ses

besoins en matière de surveillance et de

contrôle en « sélectionnant » au préalable

ses équipements critiques et les défaillances

à surveiller ; déterminer et prendre

en compte chaque besoin permettront

de mieux rationnaliser l’utilisation des

systèmes et des capteurs à mettre en place.

Ensuite, il convient d’identifier des moyens

et des méthodes de mesure existant sur

le marché en fonction de chaque défaillance.

Au niveau de l’analyse vibratoire,

mieux vaut prendre le temps au départ

de faire monter le personnel en compétences

afin de comprendre les nombreuses

informations que l’on récupère. Enfin, ne

pas se précipiter et ne pas tout mettre sous

surveillance ; cibler les équipements pertinents.

18 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


TECHNOLOGIE

Le recours croissant aux CND dans la

maintenance industrielle

Avant tout, il est important de définir ses besoins

en matière de surveillance et de contrôle

Chargées de déterminer la santé d’un

équipement sans le dégrader, les méthodes

et les instruments de contrôle non

destructif (CND) font partie intégrante

des départements de maintenance.

S’inscrivant pleinement dans la stratégie de

maintenance des entreprises industrielles,

les CND obéissent toutefois à des règles

d’utilisation, impliquant au préalable

une bonne connaissance et la maîtrise

de ce type d’instruments, associées à

une formation spécifique. C’est le cas

notamment de l'analyse électrique, laquelle

se pratique en deux séries de mesures bien

distinctes : les mesures en fonctionnement

(contrôle dynamique) et les mesures à

l’arrêt (contrôle statique). Le contrôle

dynamique s’effectue d’abord par la pose

des capteurs sur les câbles en entrée,

l’acquisition des données au cours

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I19


TECHNOLOGIE

Détection de gaz - Senspoint XRL d’Honeywell

de plusieurs minutes de fonctionnement, puis l’interprétation

des données qui vont renseigner l’exploitant sur la « santé » de

son équipement. Quant au contrôle statique, il est réalisé sur

le moteur mis hors fonctionnement et débranché ; il permet

le diagnostic automatique de l’état de l’isolant des moteurs. Le

mode opératoire inclut le test par ondes de choc afin de déceler

préventivement des défaillances affectant les isolants entre les

spires, entre les phases et par rapport à la masse (à l’aide du

mégohmmètre).

Du côté de l’endoscopie industrielle, souvent définie comme étant

une méthode simple à mettre en place et efficace, elle permet

notamment de contrôler les soudures, les bavures ou encore l’état

de surface et de mener un contrôle périodique des moteurs. Cette

technique flexible permet d’établir un diagnostic rapide et immédiat.

Cependant, elle requiert elle aussi une formation spécifique

du technicien de maintenance.

Une économie de plus de 34 000 € en R&D grâce à la

surveillance des machines

34 500 € économisés en R&D ! Voilà qui est

précis… plus en tout cas que l’industriel qui n’a

pas souhaité dire son nom. On sait juste qu’il

s’agit d’un fabricant de pompes centrifuges

destinées au traitement des eaux et qui ne

parvenait pas à comprendre pourquoi les

essais sur banc indiquaient une température

de fonctionnement supérieure à celle du

concept initial. C’est alors que l’entreprise

contacte le service de surveillance d’état

(SSE) de NSK qui, une fois sur place, a

constaté que les roulements du prototype

de pompe étaient pourtant en parfait état.

C’est l’analyse de vibrations qui a révélé que

l’augmentation de température inexpliquée

provenait d’un problème de lubrification.

Le client a ainsi pu faire évoluer le projet,

en recourant à une nouvelle méthode de

lubrification pour applications hauts débits.

Dans le cadre de la proposition de valeur de

NSK, l’examen de surveillance d’état mené

sur le site du client comprenait toutes les

données techniques, conditions de mesure et

explications de l’analyse de spectre. À vitesse

de fonctionnement fixe lors de l’essai, il a été

constaté que la température commençait à

augmenter rapidement, mettant en évidence

le problème potentiel de lubrification. L’origine

du problème décelée, l’équipe de NSK a été à

même d’estimer la durée de vie des composants

critiques, permettant ainsi au client de mieux

planifier le calendrier de maintenance. Au

total, le SSE a fait économiser au fabricant

de pompes centrifuges environ six mois de

coûts de R&D et de fonctionnement de bancs

d’essai, soit environ 34 500 €.

20 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


TECHNOLOGIE

Quelques points à retenir pour la

maintenance et l’étalonnage des instruments

de mesure

Face à la recrudescence des moyens et

des instruments de mesure dédiés à l’inspection,

à la maintenance ou prévisionnelle

avec, notamment, le monitoring des

machines, se pose de plus en plus la question

de l’étalonnage. Or se contenter de la

date de garantie constructeur ne suffit pas

à s’assurer du bon réglage des instruments

de mesure ; tout dépend du besoin.

Dans le cas où l’on sous-traite ce type

d’opérations de vérification, quelle que

soit la réputation de sérieux de son prestataire,

il est important au préalable de bien

définir avec lui les niveaux de fréquence

et conditions de surveillance et d’entretien

des équipements ; ensuite seulement

on peut laisser le spécialiste agir. Dans le

cas où, au contraire on décide de vérifier

l’étalonnage de ses instruments soi-même,

le premier conseil est d’ordre général : il

est toujours mieux de conserver un minimum

de compétences en interne dans le

domaine de la métrologie afin de pouvoir

mettre en place des solutions simples de

contrôles intermédiaires.

RS Components lance une gamme

d’instruments d’imagerie thermique Flir

pour la maintenance

RS Components (RS), la

marque d’Electrocomponents,

leader mondial de la

distribution de composants

électroniques et produits de

maintenance, annonce la

disponibilité d'une nouvelle

gamme de produits d'imagerie

thermique et de test et de

mesure Flir. Cette gamme

de produits s'adresse

principalement aux ingénieurs

et techniciens électriciens,

ainsi qu'aux opérateurs de

maintenance. Elle comprend

une caméra thermique

(E53) évoluée ainsi qu’un

large choix d’instruments

multifonctions portables.

Intégrant la technologie

MSX (Multi Spectral Dynamic

Imaging pour imagerie

dynamique multispectrale)

de Flir, la caméra Flir E53

est doté d’un boîtier étanche

à l’eau et robuste conçu

pour fonctionner dans des

environnements difficiles.

Cette caméra met l'imagerie

thermique à la portée des

d'ingénieurs et des techniciens

de maintenance.

Les trois autres nouveaux

instruments portables

de Flir sont dotés de la

technologie IGM (Infrared

Guided Measurement pour

mesure guidée par infrarouge)

du constructeur : il s’agit

du DM285, de la pince

ampèremétrique CM275 et de

deux multimètres numériques

True-RMS DM62 et DM66.

Ces nouveaux produits de

test et de mesure Flir sont

désormais commercialisés

par RS dans les régions EMEA

et Asie-Pacifique.

D’un point de vue plus pratique, il est

conseillé d’une part d’assurer un intervalle

d’étalonnage adapté. Celui-ci peut être

périodique ou conditionnel ; il dépend de

ses conditions d’utilisation, de la fréquence

et des exigences en termes de capabilité,

mais aussi l’enjeu et de la gravité des conséquences

liées à un mauvais étalonnage.

Autre conseil, ne pas sur-dimensionner

la partie dédiée au contrôle avec des solutions

« trop » performantes ou surdimensionnées.

L’essentiel est de surveiller et de

maîtriser le processus et les équipements

dans leur ensemble. ●

Olivier Guillon

22 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


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mesure, vision et optique

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TECHNOLOGIE

COMMUNIQUÉ

Recourir aux caméras

d'imagerie thermique

pour surveiller l'état des

machines

La série de solutions E/S intelligentes MIO proposées par

MoviTHERM utilise les caméras Flir de série FC R, AX8 ou

A310Associant une caméra thermique et une caméra visible

sous un format compact et économique, la solution FLIR

AX8 effectue une surveillance continue de la température

des équipements électriques et mécaniques stratégiques, et

déclenche des alarmes en cas de problème.

Au rythme où évoluent de nos

jours les entreprises modernes,

personne ne peut se permettre

de subir des interruptions de

production intempestives et des pannes

coûteuses. La surveillance d'état des

machines (ou « MCM » selon l'acronyme

anglais) consiste à éviter ces problèmes

avant qu'ils ne surviennent. Sur la base

des nombreuses années d'expérience

dans le domaine de l'imagerie thermique,

le spécialiste de la thermographie

MoviTHERM (Irvine, Californie, États-

Unis) a conçu une solution de MCM dotée

de caméras d´imagerie thermique Flir.

Le système de surveillance d'état des

machines (MCM) MoviTHERM offre un moyen

fiable de détecter précocement les problèmes

L'imagerie thermique s'est révélée être

un moyen efficace de surveiller l'état des

machines et de détecter les points de

défaillance potentiels avant que les pannes

ne se produisent. Les caractéristiques

critiques de l'état et d'usure en service des

équipements électriques et mécaniques

peuvent être évaluées grâce à l'imagerie

thermique, et les données de températures

longitudinales apportent une contribution

précieuse aux programmes de maintenance

prédictifs.

L'imagerie thermique est sans doute la

méthode de mesure de la température sans

contact la plus aisée qui soit. La surveillance

des composants mécaniques comme

les moteurs électriques, les échangeurs

thermiques, les ventilateurs de refroidissement,

les évents d'échappement, les

tuyaux, etc. pour détecter d'éventuelles

zones de surchauffe peut vous alerter sur

la présence éventuelle de futurs points

de défaillance. En outre, les analyses

thermiques des composants électriques

comme les câbles, les fils électriques, les

bornes et les panneaux de commande

peuvent révéler rapidement des problèmes

comme un déséquilibre de charges, une

surintensité, des fils mal branchés, des

bornes oxydées ou des problèmes de

gestion thermique inadaptée. L'imagerie

thermique rend visibles ces problèmes

qui passeraient autrement inaperçus, de

sorte qu'il devient possible de prendre des

mesures correctives avant qu'une panne

désastreuse ne survienne.

MoviTHERM est un distributeur, intégrateur,

fournisseur de solutions et

développeur de produits agréé de FLIR

Systems, Inc. L'entreprise propose des

caméras thermiques et des solutions

d'imagerie thermique pour la surveillance

à distance, l'imagerie automatisée

et les tests non destructifs. Parmi les

secteurs desservis par MoviTHERM, on

peut citer le secteur aéronautique, la fabrication

industrielle générique, le secteur

sidérurgique, le secteur agroalimentaire,

le secteur agricole, le secteur gazier et

pétrolier, le secteur automobile, le secteur

universitaire, ainsi que le secteur de la

papeterie et de l'industrie plastique.

QUELLE SOLUTION MISE EN ŒUVRE ?

Pour répondre à l'utilisation en plein essor

de solutions de MCM pour la prévention

des pannes et la maintenance prévisionnelle,

MoviTHERM a développé un

24 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


TECHNOLOGIE

L'imagerie thermique aide à détecter

les problèmes de façon précoce, avant

qu'ils n'évoluent vers des pannes

d'équipement coûteuses et potentiellement

désastreuses.

système MCM intégré clé en main. Ce

système intégré a été conçu pour répondre

aux besoins spécifiques des installations

de MCM industrielles. Recourant à une

combinaison de composants d'imagerie

thermique avancés et de composants

éprouvés du commerce, le système

de surveillance d'état des machines

MoviTHERM offre un moyen fiable de

détecter précocement les problèmes, avant

qu'ils n'évoluent vers des pannes d'équipement

coûteuses et potentiellement désastreuses.

MOVITHERM MIO - LE MODULE E/S

INTELLIGENT

Le système MCM de MoviTHERM s'articule

autour du module E/S intelligent

MoviTHERM MIO. Ce module traite les

données de température obtenues des

caméras d'imagerie thermique et actualise

les sorties analogiques (4 à 20 mA) et

numériques (relais) en temps réel. Utilisant

une architecture intégrée avancée, le

MIO peut déclencher des alarmes sonores,

l'allumage de voyants d'avertissement, la

composition automatique de numéros

téléphoniques, l'envoi de SMS et l'enregistrement

des données, ou mettre en

marche tout autre appareil industriel standard,

tout cela sans passer par un PC ou

PLC dédié. L'outil de configuration intégré

sur navigateur simplifie l'installation et le

paramétrage du système, vous permettant

de configurer et de déployer votre système

de MCM en quelques minutes, et non en

plusieurs heures.

DÉTAIL DE LA SOLUTION DE

CAMÉRAS D’AUTOMATISATION FLIR

La solution de surveillance d'état des

machines MoviTHERM est compatible

avec un grand nombre de caméras

d'imagerie thermique Flir. La Flir AX8

est une caméra thermique dotée de fonctions

d'imagerie. Associant une caméra

thermique et une caméra visible sous un

format compact et économique, la solution

AX8 effectue une surveillance continue

de la température des équipements

électriques et mécaniques stratégiques, et

déclenche des alarmes en cas de problème.

Flir NVR (Enregistreur vidéo sur réseau)

La série FC R possède quant à elle des

capacités embarquées de mesure de

température sans contact pour la détection

des incendies, la sécurité et la surveillance

thermique des postes électriques, des

décharges et des équipements de valeur.

Cette série combine des images détaillées

à la pointe de la technologie et des dispositifs

analytiques vidéo embarqués.

Les caméras à infrarouges fixes de la série

Flir A310 peuvent être installées quasiment

partout pour surveiller les équipements

stratégiques et vos autres biens

de valeur. Elles protègent les sites de

production et mesurent les différences

de température pour évaluer la gravité

d'une situation donnée. Ainsi, les utilisateurs

peuvent anticiper les problèmes

avant qu'ils ne provoquent des défaillances

coûteuses, et ainsi prévenir les interruptions

d'activité et améliorer la sécurité des

employés. Enfin, la Flir NVR, l’enregistreur

vidéo sur réseau (NVR), affiche sur

un écran vidéo les flux vidéo en direct

obtenus à partir des caméras thermiques.

En outre, le NVR peut être configuré pour

afficher des avertissements et des indications

d'alarme à l'écran.

UN POTENTIEL D’INTERFAÇAGE

SANS LIMITE

La solution de surveillance d'état des

machines de MoviTHERM se connecte

aux voyants d'avertissement, aux alarmes

sonores, aux dispositifs de composition

automatique de numéros téléphoniques et

aux contrôleurs PLC — autrement dit, à

tout type d'appareil de contrôle ou d'appareil

électrique imaginable. Elle fournit des

capacités de capteurs intelligents, un mur

vidéo/interface opérateur intégré ainsi que

des capacités d'archivage des données, le

tout dans un produit bien organisé aux

lignes épurées. ●

Module E/S intelligent - MoviTHERM

MIO-AX8-7

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I25


TECHNOLOGIE

ACQUISITION

IS Soudure

renforce

son activité

CND

En reprenant les activités END,

CND et métrologie d’Orys, le

Groupe Institut de Soudure

complète sa couverture géographique

en s’implantant dans le Centre-Val

de Loire, une région majeure du secteur

nucléaire avec 14 réacteurs en activité sur

un parc total de 58 réacteurs en France. La

région offre également une visibilité longue

en termes d’activité en s’inscrivant dans le

programme d'investissement "grand carénage"

sur la période 2014-2025. La reprise

permettra également au Groupe Institut

de Soudure d’élargir son offre, notamment

sur les prestations d’étalonnage et de vérification

d’équipements, en se positionnant

sur le marché de la métrologie.

Avec cet accord, le Groupe Institut de

Soudure intègre dans ses effectifs la totalité

des 24 salariés localisés sur deux sites,

à Avoine près de la centrale de Chinon et

à Ouzouer-sur-Loire près de la centrale

de Dampierre. Le groupe signera un bail

commercial pour ces deux sites qui viendront

compléter son maillage territorial en

France. L’opération permet au Groupe d’acquérir

un portefeuille de clients supplémentaires

et de devenir un prestataire de

rang 1 d’EDF. Au-delà, l’activité reprise

a un fort potentiel de développement. ●

SOLUTION

Un boulon connecté

pour détecter

des desserrages

intempestifs

À l’occasion de la dernière édition de WNE, salon spécialement

dédié à l’industrie du nucléaire, la société FT Mesure a présenté un

concept de boulon connecté développé par l’entreprise Cathelain.

Baptisé C-Bolt, ce système mesure à distance d'infimes variations

de longueur (précision de 0.5 µm) permettant ainsi de détecter

un desserrage intempestif pouvant mettre en danger l'intégrité

de l'installation.

Destiné aux assemblages de

sécurités nécessitant une vigilance

(permanente ou cyclique)

afin d’assurer l’intégrité

du serrage, C-Bolt est un concept aidant

à la surveillance de l’allongement des

éléments d’assemblages. Cette mesure à

distance permet de réduire les coûts de

vérification in situ et d'assurer une surveillance

permanente des installations situées

en zones dangereuses, contaminées ou

difficiles d'accès.

Un concept éprouvé dans l’industrie

nucléaire

Le principe est d’intégrer aux vis, goujons,

et autres tiges filetées, une fibre optique de

diamètre 0,25mm, logée dans son centre

à l’intérieur d’un trou axiale de 0.5 millimètre.

Elle est solidarisée avec la boulonnerie

par un collage polymérisé à l’étuve

(certifié depuis plus de quarante ans dans

l’aéronautique et le nucléaire) qui résiste

aux expositions de température pouvant

aller jusqu’à 320°C. La technologie de la

fibre optique utilisée est un procédé brevetée

basé sur « l’interférométrie polarimétrique

en lumière blanche ». Ce procédé

permet de calculer les variations infimes

de longueurs par émission d’une lumière

(spectre d’une onde lumineuse). Celle-ci

est projetée sur un jeu de miroirs et ses

signaux retours sont analysés afin de

déterminer l’allongement du boulon à

0.5 µm près.

Schéma du capteur d’allongement

par fibre optique

Le branchement de la fibre se fait avant ou

après serrage par un connecteur. Il relie

la sonde à un appareil appelé « interrogateur

» qui est déporté par un cheminement

de câbles, à une distance pouvant aller

jusqu’à 7 kilomètres. Cet instrument peut

prendre en charge jusqu’à 1000 sondes en

même temps. D’autres capteurs, basés sur

cette même technologie, permettent également

de détecter avec une très grande

26 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


TECHNOLOGIE

précision, la température, la pression, et

les déplacements. C’est le même Interrogateur

qui permet de gérer tous ces capteurs

installés.

Ces Fonctionnement informations de l’interrogateur sont communiquées

sur une interface paramétrable (HMI)

qui visualise la courbe de l’allongement

en temps réel et qui permet d’alerter si

besoin l’exploitant car un paramétrage

proactif qui définir des seuils d’alarmes est

possible. Il prend en charge également les

indentifications de chaque sonde installée

ce qui permet de les situer précisément

dans l’environnement de travail.

chimiques, aux rayons, aux rayons de

courbures importantes, etc.

Par sa précision ainsi que la mémorisation

des relevés, C-Bolt permet de détecter

l’évolution de l’allongement d’un assemblage

allant même jusqu’à discerner sa

détérioration lié à sa corrosion. La fibre

optique utilisée en zone de rayonnements

ionisants est constituée de silice pure. Des

essais ont abouties à des rapports favorables

à son utilisation en zone irradiée

(Cf le rapport de : Cheymol, G., Long,

H., Villard, J.V., Brichard, B., “High Level

Gamma and Neutron Irradiation of Silica

Optical Fibers in CEA OSIRIS Nuclear

Reactor”, IEEE Trans. Nucl. Sci., Vol. 55,

no. 5, pp. 2252-2258, Aug. 2008).

C-Bolt est pour l’instant utilisable de

-290°C à + 320°C. Il est à noter que la

fibre optique est insensible à la température.

Sa dilatation est nulle et ne perturbera

donc pas ses relevées d’allongements.

De même, le positionnement de la jauge

sur l’axe neutre, la rend insensible aux

phénomènes de couple ce qui permet de

visualiser uniquement l’allongement lors

du serrage. ●

La plage de température d’exposition de l’assemblage est importante, allant pour le moment de

-290°C à + 320°C

C-Bolt s’installe sur la plupart de zones

industrielles et sur tous types de secteurs

d’interventions. En effet non seulement

il est n’émet pas, mais il est également

insensible, aux rayons gamma /beta,

aux champs magnétiques ainsi qu’aux

fréquences. Seul l’interrogateur, qui peut

être déporté hors zone, est consommateurs

d’énergie (de 2 à 5W). De plus, plusieurs

centaines de versions de gaines protectrices

(référencé sur le marché Télécom)

peuvent permettre de résister à l’immersion

(300bars), aux chocs, aux agressions

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I27


MANAGEMENT

Les Assises 2018 du M.E.S.,

le rendez-vous d’automne

de l’usine 4.0

Cette année, les Assises du M.E.S. n’auront pas lieu en

juin comme habituellement mais en octobre. Une

volonté des organisateurs qui ont décidé de travailler

sur une nouvelle formule encore plus attractive

mais aussi de prendre le temps de bien préparer ce rendez-vous

majeur près de six mois après sa présence remarquée sur Global

Industrie. Toutefois, l’événement annuel des acteurs du M.E.S. se

déroulera toujours au même endroit, dans les Salons de l’Aveyron

situés dans le quartier de Bercy, à Paris.

Toujours très axées sur les retours d’expérience (autrement dit

le « REX »), les Assises du M.E.S. mettront en avant des témoignages

issus d’industriels ayant mis en place une solution de

Manufacturing Execution System dans leur usine, et si possible

depuis plusieurs années ; « nous souhaitons que ces retours d’expérience

s’appuient sur des projets aboutis et des solutions déjà mises

en place et opérationnelles afin d’en tirer un maximum d’informations

précieuses pour les conférenciers », explique Philippe Allot,

président du Club M.E.S.

À travers ces multiples conférences et ateliers – véritable temps

fort des Assises–, l’idée est bien d’échanger des bonnes pratiques

en s’appuyant sur des témoignages d’une « certaine profondeur »

et, surtout, de partager des visions multiples, parfois divergentes ;

« ce que l’on veut, c’est ne pas diffuser de "pensée unique" à travers

des interventions de qualité, pas à vocation mercantile ». Pour la

partie consacrée à l’offre en tant que telle, un salon rassemblera

près d’une trentaine d’exposants.

Olivier Guillon

AU SOMMAIRE DE

CE DOSSIER :

30 Les Assises du M.E.S. s’ouvrent

sur la publication d’un Livre Blanc

dédié à l’usine du futur

34 Prendre à bras le corps un projet

d’intégration de l’outil M.E.S.

36 Domis s’ouvre les portes de

l’industrie du futur avec le M.E.S.

40 Le M.E.S., un outil essentiel pour

améliorer la traçabilité

28 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


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ENTRETIEN

Les Assises du M.E.S.

s’ouvrent sur la publication d’un Livre Blanc dédié à

l’usine du futur

Les membres du Club M.E.S. préparent actuellement un livre blanc intitulé La place du M.E.S.

dans l'Usine du Futur. Celui-ci sera disponible à l’occasion des Assises qui se dérouleront

le jeudi 18 octobre 2018 à Paris-Bercy, dans les Salons de l’Aveyron. Explications avec le

président du club Philippe Allot, qui revient également sur l’année écoulée et la place du

M.E.S. sur le marché français.

Philippe Allot

Président du club M.E.S

COMMENT SE PORTE LE CLUB M.E.S. ET SES MEMBRES

QUI LE COMPOSENT ?

Très bien. Le Club M.E.S. est de plus en plus représentatif de

l’offre à la fois en France et à l’étranger. Nous accueillons au sein

de l’association un nouveau membre par an ce qui nous conforte

dans une certaine dynamique avec vingt-neuf membres. Nous

sommes toujours très actifs, à l’image de cette industrie

qui bouge beaucoup en ce moment et dont le

M.E.S. joue un rôle déterminant pour la structuration

des informations dans l’usine du futur.

SUR QUOI REPOSE LE SUCCÈS DU CLUB ?

D’une part, sur son dynamisme, à l’image notamment

de la présence de nos membres sur le Village

M.E.S. lors du salon Global Industrie. Cet événement

important qui s’est tenu à la fin mars à Villepinte

nous a conforté dans l’idée qu’il fallait repousser

la date des Assises à l’automne, et non plus en juin,

comme à l’accoutumée. D’autre part, outre la refonte

de notre site Web et de notre présence de plus en

plus active sur les réseaux sociaux, le Club M.E.S. se

structure en diverses commissions, dont la dernière

en date est consacrée à l’usine 4 .0 ; celle-ci vise à

rapprocher l’ensemble des acteurs de l’industrie du

futur (Big Data, intelligence artificielle, impression

3D, robotique, Cloud…) gravitant autour du M.E.S.

Tous ces acteurs sont amenés à dialoguer ensemble.

D’OÙ LA PUBLICATION D’UN LIVRE SUR LE

SUJET. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?

Actuellement en cours d’élaboration, ce livre blanc

[le troisième du Club – NDLR], qui sera dévoilé le

30 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MANAGEMENT

COOX 7 Helium d'Ordinal Software – Module PMT (Dossier de lot)

jour des Assises, a pour objectif de donner une structuration de

l’industrie du futur en revenant aux bases. Il est en effet nécessaire

de repartir des axes fondateurs de l’usine 4.0, c’est-à-dire

réagir aux changements de l’environnement économique, digitaliser

les process de production, exploiter les données denses,

établir un lien entre les outils d’amélioration continue comme le

Lean ou la TPM. Le but est de redonner des repères

aux industriels qui peuvent se sentir un peu perdus

face à cette explosion de technologies, qu’il s’agisse

des ERP, des capteurs, du M.E.S. etc.

Nous souhaitons dresser un tableau cohérant et

nourrir l’idée que rien n’est figé mais qu’il s’agit

d’amélioration, raison pour laquelle le M.E.S. prend

toute sa place. Le but de l’usine du futur n’est pas

d’accumuler de la donnée et espérer en sortir quelque

chose mais de les contextualiser et de les rapprocher

des ordres de fabrication et de maintenance. N’oublions

pas que le véritable souci de l’industriel, c’est

bien de réduire les délais (en fonction d’une qualité

et d’un coût donnés) ; les technologies que l’on met

en place ne demeurent qu’un moyen d’y parvenir.

L’usine du futur n’est donc pas une fin en soi mais le

M.E.S. s’avère essentiel pour la planification et l’enchainement

rapide des opérations, la flexibilité de la production ou encore

la digitalisation des processus avec la possibilité de mener les

bonnes informations aux bonne personnes, au moment le plus

opportun. ●

Propos recueillis par Olivier Guillon

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I31


MANAGEMENT

ANALYSE

Prendre à bras le corps

un projet d’intégration de l’outil M.E.S.

Le Manufacturing Execution System (M.E.S.) s’impose progressivement dans les ateliers de

production. Véritable outil de suivi et diagnostic de l’état de santé des équipements, le M.E.S.

suppose néanmoins de respecter des bonnes pratiques de mise en œuvre afin d’éviter de

tomber dans les pièges que tend bien souvent l’implémentation d’un outil logiciel.

© DR

À

quoi sert le M.E.S. ? Brique à part entière

de l’industrie du futur, le Manufacturing

Execution System sert tout d’abord à

piloter les activités de la production en

respectant la séquence prévue dans le planning et en

exécutant les instructions de la gamme opératoire,

y compris les gammes de contrôle. Seconde fonction

toute aussi importante du M.E.S., la collecte en

temps réel des informations et des événements relatifs

à l’avancement de la production, en les structurant

par rapport aux activités ; les objectifs visés

sont les suivants : mettre le planning à jour et le

recaler par rapport aux aléas, calculer les indicateurs

de performance pertinents, éditer des rapports

et alimenter les systèmes de gestion (ERP) en automatique.

Pour Michel Devos, patron et fondateur

de la société belge M.E.S. Consult, « les industriels

ont de plus en plus tendance à oublier la fonction

première du M.E.S. à savoir le pilotage de la production

et l’exécution du planning. À cause de l’IoT et

Michel Devos

Dirigeant et fondateur

de la société belge

M.E.S. Consult, et

membre du Club M.E.S.

Écran de synthèse

des capteurs toujours plus nombreux, on ne se focalise

plus que sur le TRS et on se "contente" du second

volet qui concerne la collecte des données pour vérifier

qu’on a bien travaillé et pour fiabiliser le planning.

On a simplifié le discours ! »

Les attentes des industriels n’ont rien de très surprenant

: il leur faut un outil simple, performant et

suffisamment abordable pour envisager un ROI

rapide. Et ce dernier argument, souvent déterminant

aux yeux du dirigeant, ne vaut que si l’on

aborde la question du pilotage et de l’exécution du

planning de production. « Le M.E.S. accroît indiscutablement

la productivité de l’entreprise par une

meilleure gestion du planning. Or l’obsession du

respect des délais entraîne bien souvent une dégradation

des tâches les plus productives. Le M.E.S., en

augmentant la flexibilité, permet de réduire les délais

tout en maintenant un haut niveau de qualité ».

APRÈS LA SACRO-SAINTE TECHNOLOGIE,

LA COLLABORATION ENTRE LES SERVICES

S’il y a encore quelques années les solutions de

M.E.S. étaient confrontées à des limites technologiques,

aujourd’hui les verrous de ce type semblent

avoir été levés. La connexion à l’ERP de l’entreprise

ne présente plus de problème majeur. Reste maintenant

à bien déterminer les besoins, « chose pas

toujours évidente d’autant qu’avec l’industrie 4.0 et

tout le buzz marketing dont elle fait l’objet, il n’est

pas toujours simple de s’y retrouver ». Mais en tant

que brique à part entière de l’industrie du futur, de

par la digitalisation de l’outil de production et de la

documentation, le M.E.S. permet de remplir

32 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


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© DR

Planning de production

des gammes opératoires avec le bon texte, au bon moment.

On supprime ainsi la gestion documentaire. De plus, l’utilisation

des données collectées dans l’outil M.E.S. donne la possibilité de

mieux gérer les ressources humaines, matérielles et énergétiques

puis la rendre accessible au plus grand nombre, y compris aux

services extérieurs à la production en traduisant les informations

relevant des ordres de fabrication en langage de chaque corps de

métier. Enfin, la flexibilité atteint désormais des degrés importants,

au niveau de chaque produit, grâce à la standardisation des

processus régie sous la norme ISA95.

Mais au-delà de ce formidable outil de modélisation des activités

de l’entreprise, allant de la production à la maintenance en

passant par la qualité et la gestion des stocks, vient la problématique

de la collaboration entre les différents services de la société

autour d’un outil unique de gestion et de respect du planning. «

Aujourd’hui, on se contente de prendre le planning de l’ERP. Or cela

s’avère insuffisant pour collaborer ; on doit au contraire y inclure

toute activité ayant un impact dans la production, à commencer

par la maintenance préventive ou la TPM par exemple, ou encore

les pauses syndicales : on les intègre dans le planning et le système

se recale sur l’activité prévue ».

DES ÉCUEILS À NE PAS COMMETTRE

Au démarrage d’un projet M.E.S., il est essentiel de ré-analyser les

processus ; la pire des approches étant de reproduire l’ensemble

des « documents ci-joints et les rapports déjà existants ». La meilleure

au contraire consiste à demander à la direction de l’entreprise

son objectif dans la mise en œuvre de l’outil ; « c’est souvent

à ce moment-là que l’on découvre qu’il n’y pas tant de problèmes

de productivité que de délais de livraison ». Avant même de parler

logiciel, l’idée est de trouver la cause racine d’un problème, analyser

les processus et voir en quoi l’outil peut les améliorer. Ensuite,

le choix du logiciel, tout comme celui de l’intégrateur, sont déterminants.

Il convient de bien s’assurer que les éditeurs et autres

prestataires prennent bien en compte à la fois les besoins, les

spécificités et la taille de l’entreprise. Enfin, durant la phase de

mise en place, il faut avant tout nommer une équipe consacrée

à l’amélioration continue et lui confier le projet ; ensuite seulement

on implique l’IT, pas avant. ●

Olivier Guillon

34 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


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MANAGEMENT

REPORTAGE

Domis s’ouvre les

portes de l’industrie du

futur avec le M.E.S.

Spin-off de Téfal et filiale depuis 2001 de

Somfy, le leader et spécialiste des stores

intérieurs, des volets, des portes de garages

et des portails, la société savoyarde Domis

appartient quant à elle à la troisième

branche d’activité du groupe, les solutions

connectées. Pilier de la division Sécurité du

groupe, le fabricant d’alarmes, qui avait déjà

entamé une démarche de Lean Management

depuis plusieurs années, a franchi le pas

de l’industrie du futur en implémentant la

solution de M.E.S. Aquiweb.

Implanté à Rumilly, sur des terres encore dominées par Téfal

(appartenant aujourd'hui au groupe Seb), mais aussi Nestlé

qui y produit les céréales Chocapic, le site de Domis évolue

sur une surface de 2 000 m² et emploie une quarantaine de

personnes réparties pour moitié en production et en R&D. Intégrant

pleinement la division dédié à la sécurité, Domis s’adresse

à deux types de publics : d'une part la grande distribution avec

des clients comme Leroy Merlin, Castorama et Darty, d'autre

part les professionnels de l'électricité ainsi que les installateurs

expert et les réseaux d'électricien comme Rexel. « Ce

qui est atypique pour une filiale de Somfy, c'est le fait que cette

unité regroupe tous les corps de métiers allant du marketing à

la logistique en passant par la R&D, la production et la maintenance

», souligne Olivier Maho, Industrial Manager de

Domis. Cette société se présente ainsi comme une PME à

part entière mais aussi complètement intégré à un groupe de

8 000 collaborateurs et pesant près d'un milliard d'euros de

chiffre d'affaires. Autre particularité de la société savoyarde,

la saisonnalité de l'activité : « à l'arrivée de l'été, les ventes et

l'installation d’alarmes bondissent pour ensuite retomber à l'automne.

Afin de réduire le fossé entre les pics de production et

les périodes creuses d'activité, nous avons introduit depuis trois

ans de nouveaux produits tels que la box domotique Tahoma

ou encore le portier vidéo... »

« Grâce au M.E.S., nous augmenté notre

taux de rendement synthétique [TRS]

passant de 82,5% à 85,5% »

Olivier Maho, Industrial Manager de Domis

Olivier Maho, Industrial Manager de Domis (groupe Somfy)

Mais les spécificités de la PME ne s'arrêtent pas là. Mais pour

se rendre compte, il faut descendre dans l'atelier de production

où les outils intelligents se mêlent aux méthodes agiles

36 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MANAGEMENT

La production est flexible et adaptée à des changements rapides de séries

sur des produits qui n'ont ni les mêmes volumes, ni les mêmes tailles

« Outre les temps liés aux changements de séries

que l’entreprise devait à tout prix réduire pour

augmenter son TRS, Domis souhaitait optimiser

la maintenance de ses appareils de mesure. »

mises en place par le top management dans le but de rendre la

production beaucoup plus flexible et adaptée à des changements

rapides de séries sur des produits qui n'ont ni les mêmes volumes,

ni les mêmes tailles. Dès lors, l'atelier n'est plus composé de lignes

pour un seul et même produit mais dédiées à une fonction industrielle.

« Nous avons mis en place des postes polyvalents capables

de produire environ 200 références différentes, soit un millier de

composants pour 300 produits finis. Notre objectif étant de constituer

un catalogue le plus large possible afin de proposer une offre

complète. De là, les séries peuvent aller de 20 à 300 pièces ; une

variation qui nécessite ainsi beaucoup d'agilité dans l'usine ».

LE PASSAGE D’UN ATELIER LEAN À UNE USINE 4.0

La solution de M.E.S. Aquiweb (Astrée Software) a permis

d'améliorer le TRS avec un suivi de la production en temps réel

Ce besoin d'agilité et d'amélioration continue a pu être rendu

possible grâce au M.E.S., et plus particulièrement à la solution

Aquiweb de l’éditeur Astrée Software. Car au-delà d'automatiser

la production et d'améliorer le TRS avec un suivi de la production

en temps réel, il était devenu nécessaire d'augmenter la flexibilité.

« C'est chose faite, relate Olivier Maho. Grâce à l'automatisation des

tâches dans l'ERP, nous sommes parvenus à gagner 20% de changement

de série est à réduire de 15% la durée de cette opération fastidieuse,

dégageant plus de temps pour les opératrices et libérant un

poste. C'est d'ailleurs par ce biais que l'on a justifié l'acquisition d'un

outil de M.E.S. auprès de la direction ». Cécile Lafarge, chef d’atelier

en charge de la production, de la formation, de la planification et

de l’ordonnancement, ajoute que « cet outil permet également d’améliorer

le confort de travail. Les opératrices savent exactement où elles

en sont et peuvent adapter leurs cadences en fonction de l’objectif

fixé au préalable. De plus, le M.E.S. a permis de repérer les failles et

d’améliorer les performances en continu ».

D’autres arguments ont convaincu le groupe Somfy. Depuis

plusieurs années en effet, Domis a entamé une démarche de Lean

Management et a été en mesure de montrer les bienfaits d'une

politique d'amélioration continue. Le fait d'aller plus loin en intégrant

un logiciel de M.E.S. a littéralement propulsé l'entreprise

savoyarde vers une autre étape de son évolution : l'industrie du

futur. « Le M.E.S. a permis à Domis d'aborder sans embuche son

passage entre le Lean et la modernisation de l'outil de production

(avec l'arrivée des tablettes et du M.E.S. entre 2014 et 2016) et le

projet d'usine 4.0 enclenché cette année », détaille Olivier Maho.

Pour Céline Delepau, en charge de l’amélioration continue du site,

« l’implémentation du M.E.S. a été vue d’un très bon œil, d’autant

que déjà, dans l’usine, les opératrices avaient pris l’habitude de tout

noter sur papier avant d’être ressaisi par la cheffe d’atelier sur Excel.

Aujourd’hui, tout est automatiquement renseigné dans l’outil M.E.S.

Par ailleurs, avec le Lean, nous avions déjà mis en place du management

visuel : le M.E.S. a ainsi été perçu comme une continuité de

cette démarche avec, en outre, une gestion beaucoup plus simple des

informations recueillies donnant la possibilité de créer des indicateurs

et des données d’amélioration ».

Cerise sur le gâteau : l'entreprise a été retenue pour candidater

auprès de l'Alliance Industrie du Futur et espérer être labellisée «

Vitrine Industrie du Futur ». « Nous avons démarré le projet sur trois

volets : l'optimisation des changements de série avec un changement

autonome, l'amélioration des TRS et la dématérialisation des fiches

au poste ». Ce dernier volet se présente comme un axe fort

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I37


MANAGEMENT

de qualité. Habituellement, chaque opérateur doit aller chercher

une fiche dans un énorme classeur dès lors que démarre un

ordre de fabrication (OF). Avec le M.E.S., toutes les informations

nécessaires sont disponibles dès le démarrage avec une dernière

version mise à jour consultable sur tablette ; « il s'agit véritablement

d'un vrai plus car il est également possible d'aller plus loin

en générant des "pop-up" qualité. Par exemple, si il y a un danger

sur un poste, une consigne est automatiquement rappeler à l'opérateur,

lequel valide alors le pop-up avant de démarrer l'OF ».

DISPONIBILITÉ DE TOUTE LA NOMENCLATURE

« En mettant en place un outil de M.E.S., l’objectif

pour Domis était triple : l’ordonnancement en

temps réel, rendre plus pro-active la boucle

d’approvisionnement et l’auto-maintenance (la

maintenance autonome au niveau de la production)»

coup" et qui révèle le nombre de fois que l'on mesure certains

posages [interfaces de test – NDLR] devant être passés deux fois

et provoquant une perte de temps. Avec le M.E.S., on cible désormais

les posages posant problème (et pour lesquelles on ne savait

pas s'il s'agissait d'une mauvaise manipulation ou d'un problème

sur le banc de test) et que nous devons améliorer. L'objectif étant

d'atteindre un taux de disponibilité de 98% grâce à l'amélioration

de nos indicateurs et des plans d'actions gérés par un outil collaboratif

et des méthodes agiles ».

Chaque poste de travail comporte plusieurs tâches et peut être

déplacé dans l’atelier en fonction des besoins de production

Concrètement, l'ERP génère un ordre de fabrication, lequel génère

à son tour toute une nomenclature comprenant la gamme, l'historique,

les tests effectués sur la baie etc. Le tout remonte ensuite au

M.E.S. et tout est disponible à la vingtaine d'utilisateurs selon des

accès personnalisés avec des comptes dédiés aux responsables, aux

opérateurs, à la qualité ou encore au magasin pour la logistique.

Entièrement paramétrable à souhait, le logiciel Aquiweb de l'éditeur

stéphanois Astrée Software a également permis aux équipes

de Domis d'aller plus loin en automatisant

le suivi des pièces non conformes. Désormais,

depuis l'an dernier, tout rentre dans

le M.E.S. et remonte à l'ERP. « Ainsi, dès

lors qu'une pièce n'est pas conforme, on le

sait en temps réel et on agit tout de suite

sans perdre une journée (le temps de repérer

la faille dans la production). »

Autre évolution, en cours cette fois, le «

first past yield », autrement dit la mesure

des produits réalisés correctement pour

la première fois. En effet, les activités de

Domis relèvent beaucoup de la production

de pièces électroniques. Or bien souvent,

lors du premier test, le produit est déclaré

non conforme alors que lorsqu'on effectue

le second test, il s'avère bon. « Nous avons

décidé d'introduire un indicateur de pourcentage

de réussite intitulé "OK du premier

La baie est un moyen de test faisant

partie intégrante de la production

et devant faire l’objet d’une maintenance

régulière

DE NOMBREUSES ÉVOLUTIONS À VENIR

2018 sera l'année où l'entreprise

supprimera la troisième

feuille, celle des OF, afin de

l'envoyer directement sur

les tablettes des opératrices.

Cette année, l'équipe introduira

également la planification

et le suivi de la

maintenance via la gestion des moyens de mesure (GMM) ainsi

que la gestion de la qualité. Cette stratégie « sans-papier » s’illustrera

par la présence d'un QR-code sur les moyens de mesure

comme la baie, machine sur laquelle on vient tester les composants

électroniques, afin d’obtenir tout l’historique

de maintenance.

Par ailleurs, l'outil Aquiweb permettra d'affiner

les opérations de maintenance préventive qui ont

lieu tous les six mois avec des indicateurs sur le

nombre d'heures d'utilisation de tel ou tel équipement,

et ainsi d'avoir une meilleure vision du

parc machines. « Nous avons mené ce projet avec

l'équipe d'Astrée qui a travaillé avec nous en tant

que partenaire à part entière, insiste Olivier Maho.

Nous nous sommes tout de suite compris car nous

parlons le même langage, nous utilisons les mêmes

outils et pratiquons les mêmes méthodes agiles ; en

somme, l'ADN métier est le même ». Une bonne

relation de partenariat qui a permis de pérenniser

le projet avec de nouveaux développements

à venir. ●

Olivier Guillon

38 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


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améliorer la traçabilité

La dématérialisation des flux industriels implique de

contrôler la qualité tout au long du processus industriel,

éviter les erreurs de saisies, les ressaisies etc. En ce

sens, l’outil de Manufacturing Execution System (M.E.S.)

apparaît pleinement adapté pour relever les défis de

traçabilité des pièces et des produits dans l’industrie.

Car dans l’usine 4.0, l’identification des causes d’un

problème de qualité s’avère absolument essentielle.

© Fotolia

La traçabilité est un sujet qui concerne absolument toutes

les entreprises industrielles, tant dans le domaine de

l’industrie manufacturière que l’agroalimentaire ou le

secteur pharmaceutique. Ces différents domaines d’activité

ne sont pas pris au hasard ; ils représentent en effet l’essentiel

des entreprises préoccupées par le suivi de qualité des

différentes opérations de production, depuis l’extraction et l’entrée

des matières premières à la livraison du produit fini et sa

consommation (donc d’une certaine manière son cycle de vie

jusqu’à sa destruction) en passant naturellement par le contrôle

et le suivi des équipements de production et de leurs composants

ainsi que des pièces détachées et de rechange.

Ces entreprises issues de ces trois secteurs d’activité utilisent à ce

titre, et afin de répondre à de multiples problématiques de suivi

et de traçabilité, des outils de Manufacturing Execution System

Certains secteurs comme la pharmacie ont poussé la partie « traçabilité

de process » avec des contrôles qualité en production

(M.E.S.), comme en témoigne Olivier Barnet, chef

de projet chez Creative IT… C’est d’autant plus

vrai dans l’agroalimentaire, domaine dans lequel

les industriels sont très nombreux à franchir le cap

du M.E.S., en particulier pour tracer les matières

premières ; « il s’agit pour eux de mener une traçabilité

"qualitative", autrement dit une traçabilité de lots

afin d’assurer le plus rapidement possible un rappel

en cas de problème – sanitaire notamment –, et une

traçabilité quantitative, laquelle prend en compte le

cours des matières premières afin de mieux en maîtriser

l’impact sur le prix du produit final ». C’est tout

particulièrement le cas dans l’industrie laitière où

les évolutions des cours des matières grasses et des

protéines s’avèrent parfois non négligeables.

LA LUTTE CONTRE LA CONTREFAÇON, UN

AUTRE CHEVAL DE BATAILLE

Si le M.E.S. répond essentiellement à des besoins

sanitaires dans l’agroalimentaire, c’est pour des

questions de santé et de sécurité qu’il intervient

dans l’industrie pharmaceutique ; « la traçabilité des

médicaments permet avant tout de lutter contre la

contrefaçon, notamment en Afrique où un médicament

sur trois est un faux », rappelle Marc-Antoine

Serillon, responsable marketing chez Creative IT.

Ce secteur est sans nul doute celui qui a poussé le

plus loin la partie « traçabilité de process » avec des

40 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MANAGEMENT

© Shutterstock

contrôles qualité en production assurant une traçabilité

de process des lots les plus critiques ; « avec

Qubes, la solution M.E.S. de Creative IT, un de nos

clients est parvenu à tracer chaque produit contenant

des allergènes. Il permet par exemple d’alerter l’opérateur

sur le matériel à utiliser lors des préparations

pour éviter la contamination croisée des allergènes

entre les différents composants/matières». Dans les

deux cas, qu’il s’agisse de l’agroalimentaire ou de

l’industrie pharmaceutique, la priorité est donnée au

retour de la confiance de la part du consommateur.

Dans la mise en place du M.E.S., les industries de l’agroalimentaire

ont toujours été très en avance par rapport à d’autres filières

Quant au secteur manufacturier, il utilise de plus en

plus le M.E.S. pour des besoins en traçabilité industrielle,

en particulier en maintenance, comme c’est le

cas par exemple chez les constructeurs de machines

et de machines-outils, chez qui les outillages doivent

régulièrement être vérifiés, maintenus et étalonnés.

Il en est de même pour les moules et les pièces qui

composeront les machines qui, après un certain

cycle d’utilisation, devront impérativement être

remplacés. « Le M.E.S. leur permet de réduire les

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PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I41


MANAGEMENT

©Creative IT

opérations de maintenance préventive et systématique au profit

d’une maintenance prévisionnelle », ajoute Marc-Antoine Serillon.

La maturité des entreprises est cependant très différente selon les

secteurs industriels. Car si les industries agroalimentaire, pharmaceutique,

automobile, aéronautique avancent vite, d’autres

filières sont encore à la traîne et n’en font pas leurs priorités

malgré un contexte où l’apport des nouvelles technologies crée

de nouveaux business model comme la personnalisation des

produits par exemple ; « lutter contre la contrefaçon ou répondre

aux exigences réglementaires certes toujours plus contraignantes

ne sont plus les seuls arguments du M.E.S. Aujourd’hui, de plus en

plus d’entreprises s’en servent pour accroître leur niveau de service

au point de bouleverser leur business model à l’image de Terrena

qui a lancé une marque baptisée "La Nouvelle Agriculture » et qui

offre la possibilité à partir d’un code-barres de retrouver la traçabilité

complète du produit, des informations portant sur l’éleveur

d’un poulet, avec quoi il a nourri ses volailles etc. »

LA CONSOLIDATION DES DONNÉES DE TRAÇABILITÉ

Génération du dossier de lot électronique ou dossier de fabrication à

partir des différents écrans de traçabilité

MATIÈRE SUR TROIS SITES DE PRODUCTION

Parmi les exemples de mise en place d'un outil de M.E.S. améliorant

le suivi et la traçabilité des processus de production et de

maintenance, on peut citer Horiba Médical (entreprise spécialisée

dans les instruments d’analyses sanguines) et la mise en

place du dossier de lot électronique (ce cas a déjà été évoqué et

détaillé dans le numéro 58 de Production Maintenance, paru

en septembre 2017). On peut également citer Tipiak et sa division

Traiteur Pâtissier ; l’entreprise nantaise interviendra d’ailleurs

lors des Assises du M.E.S. le 18 octobre prochain sur le

sujet de la consolidation des données de traçabilité matière sur

trois sites de production.

Le code-barres apparaît toujours comme

un outil efficace de traçabilité

La division Traiteur Pâtissier de Tipiak a en effet lancé en 2008

un vaste projet d'informatisation des ateliers de productions de

ses trois usines afin de fiabiliser le suivi de ses ordres de fabrication

(OF), la traçabilité et les contrôles qualité depuis la réception

jusqu'à l'expédition en passant par la transformation de la

matière. Sur ce projet multi-sites, l'ensemble des informations

remonte dans une base de données centrale afin d'obtenir un

référentiel unique et une traçabilité consolidée. Les gains obtenus

sont importants aussi bien en termes de réactivité au niveau

du suivi de la fabrication en temps réel que dans l'amélioration

des flux de stock ou des gains de performances main-d’œuvre et

de qualité. « La solution Qubes est également devenue un levier

d'amélioration continue de par l'ensemble des données qui sont

récoltées », précise Olivier Barnet.

Enfin, troisième et dernier exemple de mise en œuvre du M.E.S.

dans une optique d’amélioration de la traçabilité, l’entreprise

Gelagri. Spécialisée dans la surgélation de légumes, la société a

mis en place une solution M.E.S. Qubes dans son usine espagnole

pour le suivi et la traçabilité des légumes sortis des champs de

récolte jusqu’à la mise en vrac sur palettes puis leur conditionnement

en Bretagne. L’objectif ? Un maximum de transparence

au niveau de la traçabilité de la matière mais également afin de

s’assurer que la fabrication correspond bien à la demande des

clients. En fonction des quantités réceptionnées quotidiennement,

Qubes permet de savoir à chaque instant ce qu’il est possible de

faire, c’est-à-dire réfléchir le plus en amont possible comment

orienter la production et répondre au mieux aux besoins et aux

attentes des consommateurs. ●

Olivier Guillon

©DR

42 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MAINTENANCE EN PRODUCTION

La traçabilité au cœur de

la stratégie d’entreprise

Système de vision Keyence pour la traçabilité des produits

AU SOMMAIRE DE CE DOSSIER :

46 La traçabilité comme point de départ de

l’industrie 4.0

48 Le tag RFID : dans la GMAO en 2 secondes, le

parc équipements connu pour des années !.

50 Apporter des réponses technologiques aux

problèmes de suivi des pièces

52 Le groupe EPC s’équipe d’une solution complète

de traçabilité

Le 27 juin dernier, le groupe SKF organisait à

Göteborg, en Suède, un événement exceptionnel

entièrement consacré à la destruction

massive de pièces et de roulements contrefaits,

en présence des autorités européennes compétentes

comme l'Office européen de lutte contre la fraude

(Olaf), des douanes et de la police suédoises. L’objectif

était clair : lutter contre la contrefaçon, en particulier

celle des roulements qui équiperont l’outil de production,

et ce pour plusieurs raisons évidentes : sécurité de

la machine et productivité (arrêts non planifiés, casses),

coûts des roulements contrefaits parfois aussi élevés

que ceux d’origine, qualité et performance imprévisibles

(en raison de méthodes de fabrication inconnues

et de contrôles qualité impossibles à tracer) et par

dessus tout, le risque qu’engendrent de tels produits

en matière de sécurité des opérateurs, du public et de

l'environnement.

Au-delà de l’engagement du groupe suédois, tout

comme de nombreuses entreprises plus ou moins

fortement impactées par la contrefaçon, à commencer

par les secteurs du luxe et de la pharmacie, la traçabilité

des produits et de tout les process amont se trouvent

au cœur du sujet. Mais la contrefaçon est loin d’être

la seule motivation dans la mise en place d’outils de

traçabilité. Les enjeux reposent aussi beaucoup sur la

qualité des produits et la sécurisation de la production,

de l’extraction de la matière première à la livraison

chez le client final. Répondre aux exigences d’une

réglementation de plus en plus contraignante, éviter

à tout prix les scandales (comme dans l’agroalimentaire

qui peine aujourd’hui à retrouver la confiance

des consommateurs), mais également améliorer la

qualité de ses produits, sa productivité et la rentabilité,

tant en production qu’en maintenance avec la gestion

des pièces de rechange par exemple ou le suivi et le

contrôle de l’outil de production, c’est aussi le rôle des

solutions et des méthodes qui amélioreront la traçabilité

dans l’usine.

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I43


MAINTENANCE EN PRODUCTION

PERSPECTIVES

La traçabilité

comme point de départ

de l’industrie 4.0

La traçabilité et la véracité de l’information

sur les pièces s’imposent plus que jamais

dans l’industrie et la maintenance en raison

des problèmes de contrefaçon et de qualité

des composants bien sûr, mais aussi dans un

contexte de quatrième révolution industrielle

et l’usine 4.0.

À

l’heure de l’industrie 4.0, de l’IoT, des multiples

capteurs venant recueillir des informations à la fois

denses et précieuses sur l’état des machines ellesmêmes

connectées au sein d’un atelier de plus en

plus numérisé, sans oublier la supervision en temps réel des

installations, et ce à travers des sites répartis aux quatre coins

du globe, la traçabilité des composants, des produits et des

pièces de rechange apparaît dès lors comme une priorité. Car

tout l’enjeu repose ici : sur l’origine et la véracité de l’information

qui détaillera à la fois l’ADN et l’historique d’une pièce,

depuis les matériaux et les composants qui la constituent à l’ensemble

qu’elle intègrera tout au long de son cycle de vie, jusqu’à

sa destruction.

« L’industrie 4.0 n’a pas de sens si l’on ne dispose pas de la bonne

information, qu’elle concerne le capteur IoLink (que l’on pourra

régler à distance), la sécurité (à l’image des barrières de sécurité

communicantes), le scanner laser ou la robotique, mais aussi

le marquage laser, les lecteurs de codes pour la traçabilité sans

oublier les caméras de contrôle et de vision, le tout communiquant

avec les réseaux Ethernet, Profinet etc. pour ensuite remonter

l’information au niveau supérieur dans un but d’autonomie des

machines et de dialogue les différents équipements », détaille Éric

Descoret, responsable commercial (pour la France, le Royaume-

Uni et le Bénélux) de la division Industrie-Manufacturing de

la société italienne Datalogic, accessoirement créateur à la fin

des années 70 du premier lecteur de code à barres industriel

et européen.

Traçabilité contrefaçon (M210) dans l’industrie pharmaceutique

44 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MAINTENANCE EN PRODUCTION

normes de traçabilité en production : exigences de l’industrie

agroalimentaire (ISO 22000, IFS, BRC), exigences de l’industrie

cosmétique (ISO 22716) et exigences de l’industrie pharmaceutique

(BPF et FDA 21 - CFR – 11). « C’est la connaissance précise

des entrées et sorties de la chaine de production qui permettra à

l’entreprise d’informer ses clients sur le détail des marchandises

envoyées en garantissant la traçabilité, ajoute Antoine Sérillon. Si

l’industriel n’a pas assuré la traçabilité de ses composants, celle-ci

s’arrête chez lui avec toute la responsabilité et les coûts associés ».

LES ATOUTS DE LA RFID POUR ASSURER LA

TRAÇABILITÉ DES PIÈCES

Caméra pour positionnement des produits, gravage laser de

datamatrix puis passage de nouveau sous la caméra pour lecture

TRAÇABILITÉ EN PRODUCTION,

On entend par traçabilité en production « la capacité d’identifier

l’ensemble des composants et des informations d’un produit

depuis les fournisseurs jusqu’aux clients », précise Marc-Antoine

Sérillon, chef de projet marketing chez l’éditeur de solutions

M.E.S. Creative IT. Celle-ci concerne ainsi l’ensemble des

opérations de l’entrée à la sortie de l’usine à savoir : l’identification

des produits, des composants et des matières tout au long

de la chaîne de fabrication, de la réception à l’expédition, la

traçabilité logistique visant à suivre les mouvements de stocks

dans l’usine, la traçabilité complète des opérations de production

(traçabilité matière, sur les opérateurs, les techniciens de

maintenance, les agents qualité etc. et la traçabilité sur les équipements

et outillages), sans oublier la traçabilité du process avec

un horodatage automatique de chaque étape de la production.

Mais où en sommes-nous aujourd’hui ? Les secteurs industriels

sont très variablement avancés avec d’un côté les industries

agroalimentaires, pharmaceutiques, automobile et aéronautique,

et de l’autre des secteurs qui n’ont pas franchi le pas de la

traçabilité en production. De même, les industries de process

semblent davantage concernées par le sujet que d’autres, même

si dans l’industrie manufacturière de plus en plus de projets

émergent de manière assurer le suivi rigoureux des équipements

(outillages, machines) avec un marquage très précis de

l’ensemble des composants (sérialisation).

En matière de réglementation entourant la traçabilité en production,

des standards internationaux définissent le respect des

La traçabilité est un sujet complexe. Celle-ci doit répondre

à des problématiques liées à la fois au secteur d’activité et au

métier (production, maintenance, logistique etc.). C’est le cas

de la RFID par exemple ; cette technologie est très diffuse et

s’applique à une multitude de niches applicatives avec une

variation de paramètres très importante. Comme l’expliquait

Christophe Lecosse, directeur général du Centre national de la

RFID (CNRFID), dont la vocation est d’orienter, accompagner,

informer et conseiller les entreprises vers des solutions adaptées,

« la RFID peut être utilisée à chaque fois que l’on a besoin

d’identifier un produit ou des opérations en volume, en aveugle

ou à distance. Or depuis plusieurs années, on constate notamment

un bond significatif du nombre d’applications dans la gestion

d’outils et de pièces de rechange, à l’exemple des armoires et des

magasins intelligents ». Une manière de résoudre les problèmes

de volumes de plus en plus importants.

La technologie RFID est également très utile pour l’identification

d’équipements inaccessibles ; c’est l’avantage de la lecture

en aveugle, laquelle s’avère aussi bien utile pour lire un grand

nombre d’informations sur l’historique de maintenance d’un

composant ou d’une pièce sans pour autant les démonter de

l’installation. On peut ainsi gagner parfois deux heures en

évitant des opérations de démontage-remontage. Enfin, il est

possible de gérer les accès d’un travailleur isolé, de savoir où il

se trouve précisément mais aussi pour l’empêcher de franchir

certaines zones. Au niveau du suivi et de la maintenance des

produits, un fabricant de PDA s’est équipé de tags RFID afin

de suivre tous les colis à destination de ses clients ; il a pu traiter

rapidement le suivi de ses commandes et réaliser des opérations

de maintenance « accélérée ».

REMPART CONTRE LA CONTREFAÇON

Lutter contre l’un des plus grands fléaux de l’économie mondiale

n’est pas chose simple. Dans le monde de l’industrie manufacturière,

de process ou autre, la contrefaçon touche autant

les produits finis que l’outil de production ; ce domaine nous

concerne plus particulièrement dans le cadre de la mainte-

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I45


MAINTENANCE EN PRODUCTION

© Keyence

nance en raison de la profusion de pièces détachées contrefaites

que l’on trouve sur le marché, y compris chez certains

distributeurs peu scrupuleux ou au contraire de bonne foi mais

dupés par le manque de sérieux des réseaux d’approvisionnement

de leurs marchandises. Le problème majeur, outre la perte

de qualité des produits fabriqués avec des pièces contrefaites,

réside dans la dégradation de l’outil de production (en raison de

la fragilité des pièces) voire dans les dangers auxquels sont exposés

les opérateurs de production et les accidents que peuvent

provoquer des machines équipées de composants inadaptés –

c’est le cas notamment des meuleuses industrielles.

Heureusement, des solutions existent et des industriels

commencent à collaborer entre eux, mettant en commun leurs

savoir-faire, à l’exemple

de Datalogic qui travaille

avec des sociétés telles que

ProofTag, un fabricant d’étiquettes

matérielles dotées

d’un système unique irreproductible

appelé « Code

à bulles ». L’étiquette

comporte une zone composée

de micro-bulles sur à

peine 1 cm2 qu’il est impossible

de reproduire ; celle-ci

est associée à un système

datamatrix lui procurant

un code d’identification. De

même, le gravage associé à

un code datamatrix, dans

lequel on trouve un algorithme,

permet également d’identifier et d’assurer la traçabilité

des pièces industrielles, tout comme la RFID, le gravage

laser équipé de systèmes automatiques capables de chercher

des produits et de lire le code au moment où il récupère la

pièce. Cette reconnaissance du produit ou de la pièce s’avère

essentielle, à l’exemple d’un fabricant de machines de découpe

dédiées au marché du textile qui a intégré sur chacune d’entre

elles un datamatrix afin d’empêcher les utilisateurs d’y monter

des lames contrefaites une fois le moment venu de remplacer

les anciennes. ●

Olivier Guillon

© Keyence

46 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


Solution de traçabilité sur-mesure

TAG - ANTENNE - INTÉGRATION

Analyse

Conseil

Matériel

Intégration

Formation

myrfidsolution.com

My RFID Solution est une association de 5 entreprises

françaises spécialisées dans le domaine de la RFID


MAINTENANCE EN PRODUCTION

SOLUTION

Le tag RFID : dans la GMAO en 2

secondes, le parc équipements

connu pour des années !

L’identification d’un équipement n’est pas une tâche difficile en soi,

en particulier quand on connait son parc technique : un numéro de

série, un code-barres ou même un repère arbitraire permettent

d’identifier une machine ou une pièce avec une fiabilité suffisante.

Le problème devient plus complexe quand il s’agit de recenser des

dizaines d’équipements ou de trouver un équipement tournant en

particulier au sein d’un stock. Ces petites tâches, dont la valeur ajoutée

est nulle, peuvent rapidement devenir chronophages, en plus de

ne pas être à l’abri d’erreurs humaines.

LE RFID : UN DÉPLOIEMENT SANS STRESS ET UN RETOUR SUR

INVESTISSEMENT RAPIDE

La RFID peut paraître une technologie complexe et peu accessible de prime

abord, et pourtant, elle est plus simple à mettre en place que toute les autres

méthodes d’identification que l’on connaisse : vous vous placez devant l’équipement,

vous le sélectionnez dans votre GMAO, vous collez un tag neuf,

vous scannez… un clic et c’est fait ! La fois suivante, l’équipement sera automatiquement

retrouvé quand vous serez dans le rayon d’émission du tag, en

moins de temps qu’il faut pour dire « code équipement ».

Ce petit tour de force, c’est ce que permet la GMAO Altair Enterprise, développée

par DSD System, grâce notamment au concours de son partenaire

NooliTIC, spécialiste des capteurs connectés et expert en internet des objets.

Le grand avantage du RFID est bien là : chaque technicien peut avoir son

stock d’étiquettes et les déployer petit à petit au fil

des interventions. Une perte de temps négligeable

l’installation, mais un gain de temps lors de chaque

utilisation future.

DES APPLICATIONS QUOTIDIENNES SIMPLES

ET MULTIPLES

L’utilisation la plus spectaculaire de l’identification

RFID, rendue possible en particulier certains

tags actifs à longue portée, est de pouvoir recenser

en quelques secondes jusqu’à plusieurs centaines

d’équipements présents dans une pièce. Il n’y a pas

que les recensements et les inventaires qui peuvent

profiter des avantages de la RFID. Les rondes d’équipements

par exemple deviennent beaucoup plus

simples à suivre. C’est déjà ce qui est couramment

utilisé par la sécurité au sein des bâtiments

publics : des tags jalonnent leur ronde d’inspection

et permettent ainsi d’assurer que le circuit a

bien été réalisé.

Le partenariat entre

DSD System et NooliTIC

Tissé depuis plus de cinq ans, ce partenariat s’étend également dans la mise en

place de réseaux de capteurs connectés, autonomes et accessibles à toutes les

entreprises, afin de mesurer en temps réel un grand nombre de paramètres, allant

de la température à la présence de dihydrogène dans l’air. Grâce à cette mise en

commun de compétences, la GMAO Altair Enterprise est une des plus avancées

sur les applications industries 4.0, participant activement à la démocratisation

de l’industrie du futur.

48 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MAINTENANCE EN PRODUCTION

C’est aussi un atout certain pour aider à mieux qualifier les

demandes d’intervention et mains-courantes : tout salarié peut

identifier à coup sûr l’équipement défaillant, ce qui vous permet

de préparer plus facilement votre intervention curative.

Enfin, la rotation des équipements s’en trouve également grandement

facilité : tous les mouvements peuvent être suivis à une

distance plus ou moins importante grâce à l’identification sans

contact. Outre le gain de temps, c’est aussi un gain non négligeable

en matière de qualité et de sécurité qu’il faut voir dans

la mise en place de l’identification RFID au sein de votre parc

technique. ●

Mathieu Kutac (DSD System)

Combien ça coûte ?

C’est une question très difficile à répondre, tant les projets sont

différents. Tag passif ou actif, granularité forte ou faible, TPE ou

grand groupe… on peut parler de centaines comme de millions

d’euros ! Mais pour donner un exemple simple, si vous souhaitez

identifier une cinquantaine de machines à une distance de moins

d’un mètre, l’investissement peut représenter moins de 1 000 euros.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I49


MAINTENANCE EN PRODUCTION

PANORAMA DE SOLUTIONS

Apporter des réponses technologiques aux

problèmes de suivi des pièces

Aborder la question de la traçabilité dans l’industrie, qu’il s’agisse de la fabrication de produits

de qualité que de la maintenance avec l’utilisation de composants authentiques (non contrefaits)

pour réparer les machines, engendre des réponses technologiques multiples. Voici un aperçu

de quelques solutions qui permettront aux industriels de répondre, du moins en partie, à leur

niveau, aux problématiques de suivi et de traçabilité des produits et des pièces transitant dans

leurs ateliers.

Un poste de travail intelligent pour assurer la traçabilité des outils et le suivi de leurs révisions

périodiques

Chaque année, l’outillage et les équipements

perdus lors d’activités de production

ou de maintenance représentent des

coûts importants, des défauts qualités et

des risques pour la sécurité. Afin d’améliorer les

conditions de travail de ses clients, SAM Outillage,

en partenariat avec ELA Innovation, vient

de lancer Servisam 4.0. Cette servante connectée

de cinq tiroirs peut contenir jusqu’à 500 outils.

Produite dans l’usine de Vendargues (Hérault) et

totalement personnalisable (coloris, dimensions,

matière plateau, agencement d’outils, mousses de

rangement, roues...), ce poste de travail intelligent

a pour but de sécuriser les équipements ainsi que

les interventions.

Poste de travail Servisam 4.0

du fabricant français SAM Outillagex

Concrètement, chaque personne ayant l’autorisation d’accès au

poste de travail se voit remettre un badge qu’il devra présenter

pour verrouiller et déverrouiller la servante. C’est le tag RFID

actif relié au produit qui fait le lien. Dès lors que l’opérateur

prend un outil, l’information est alors directement transmise à

l’ordinateur. Parmi les avantages qu’offre cette solution, notons

avant tout la traçabilité dans la mesure où l’inventaire instantané

va permettre le pilotage des opérations en temps réel. La

qualité n’est pas en reste puisqu’outre la gestion des dates de

validité, le suivi périodique des outils est pris en charge avec

la gestion des dates d’étalonnage des produits dans le logiciel.

Outre sa disponibilité à tout moment (il n’y a plus d’arrêts de

production), le poste de travail Servisam 4.0 permet de maitriser

les risques industriels FME et FOD.

SCHMERSAL INTÈGRE LA RFID POUR RENDRE

L’INTERVERROUILLAGE DE SA POIGNÉE INFRAUDABLE

Déjà utilisés sur un grand nombre de portes et protecteurs,

les dispositifs d’interverrouillage de sécurité AZM201 avec

poignée intégrée sont désormais disponibles avec technologie

RFID intégrée. Objectif ? Atteindre le niveau de codage

« élevé », conformément aux exigences de la norme DIN ISO

14119. Mais en plus d’offrir désormais une protection accrue

contre les risques de fraude, l’AZM201 transmet des diagnostics

détaillés au système de commande principal permettant

ainsi un entretien préventif, en droite ligne avec les exigences

de l’industrie 4.0.

50 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MAINTENANCE EN PRODUCTION

Remise du prix de la thèse 2018 Marco Garbati

Interverrouillage de sécurité AZM201 :

poignée et technologie RFID intégrées

©Communauté Université Grenoble Alpes

Sur le nouvel AZM201, grâce à la technologie RFID, l’utilisateur

peut choisir entre les trois types de codage et ainsi définir

le niveau approprié de protection contre les risques de fraude.

Dans la version de base, le dispositif accepte tous les actionneurs

compatibles. La deuxième version accepte uniquement

l’actionneur appris lors de la première mise en circuit. Enfin,

avec la troisième version, cette procédure d’apprentissage peut

être répétée aussi souvent que souhaité. Grâce à l’intégration

de la technologie RFID dans les capteurs de sécurité, le niveau

de codage « élevé » est atteint, conformément à la norme ISO

14119 pour les versions à codage individuel.

Par ailleurs, l’électronique embarquée dans l’interverrouillage

offre un diagnostic détaillé de l’état du système via des LED à

grande visibilité à l’avant de l’appareil. L’AZM201 dispose (en

option) d’une ligne de diagnostic série avec montage de 31

capteurs de sécurité maximum, en série, avec maintien de la

sécurité. L’ensemble des capteurs et des systèmes d’interverrouillage

de sécurité connectés transmet des signaux d’état ainsi que

des messages d’avertissement et d’erreur à l’API à partir duquel il

est possible d’envoyer des instructions de commande aux appareils

reliés en série. Outre l’envoi d’informations vers l’API, on

réduit le temps d’immobilisation machines.

VERS LA FIN DU CODE-BARRES ?

Marco Garbati, prix de thèse de l'innovation 2018 de la Communauté

Université Grenoble Alpes (remis le 26 juin dernier), est

en train de développer au sein de la start-up valentinoise Idyllic

Technologies une nouvelle technologie pouvant bien remplacer

le code-barres. Né lors de ses travaux menés dans le Laboratoire

de conception et d'intégration des systèmes (LCIS - Grenoble

INP/Université Grenoble Alpes), ce nouveau service se positionne

entre le code-barres et la RFID classique, les deux technologies

d'identification les plus utilisées au monde. Il permet

d'avoir, pour le même prix qu'un code-barres, une étiquette

plus flexible en termes de lecture, c'est-à-dire avec une réduction

du temps de manutention d'un utilisateur pour accéder à

l'identifiant du tag.

Sa future commercialisation a nécessité le développement d'un

lecteur spécifique qui, en plus de pouvoir lire un tag sans puce,

bénéficie d'un coût abordable et une certaine fiabilité de lecture.

De plus, ce lecteur permet de lire des étiquettes indépendamment

de leur orientation. Cette technologie pourrait remplacer

– ou coopérer avec – le code-barres dans la mesure où il

est possible de lire sans visibilité directe, à savoir à travers l'emballage.


Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I51


MAINTENANCE EN PRODUCTION

EN APPLICATION

Le groupe EPC s’équipe d’une solution

complète de traçabilité

Améliorer la qualité de ses produits passe avant tout par une traçabilité sans faille à toutes

les étapes du process et de la supply chain. Et c’est tout particulièrement le cas pour certaines

entreprises à l’image du groupe EPC est spécialisé dans la fabrication, le stockage, la distribution

et la mise en œuvre d'explosifs à usage civil. Afin de se conformer à la réglementation européenne,

la société a mis en place avec Zetes, spécialiste des technologies de traçabilité industrielle, une

solution complète et unitaire de traçabilité sur l’ensemble de sa chaîne de logistique.

Fondé dans l’Hexagone il y a plus de cent-vingt ans,

EPC est aujourd'hui présent aux quatre coins du globe.

Spécialiste de la fabrication, du stockage, de la distribution

et de la mise en œuvre d'explosifs à usage civil, le

groupe français s’est confronté le 1er avril 2015 à une nouvelle

réglementation européenne ; deux directives pour être exact

qui ont imposé aux entreprises de ce secteur bien particulier

une traçabilité unitaire complète des articles sur l'ensemble de

la chaîne logistique. Jusqu’alors, le groupe assurait la traçabilité

de ses produits sur ses sept sites de production et sa cinquantaine

de dépôts européens à travers une gestion de numéros de

lots. La traçabilité portait alors essentiellement sur les quantités

produites. Afin d’assurer une traçabilité unitaire et globale

sur l’ensemble des processus logistiques, le groupe EPC devait

donc repenser la totalité de ses opérations.

© EPC

Concrètement, il s'agissait pour l’entreprise

de trouver un partenaire capable de mettre

en place une solution unique de traçabilité

unitaire sur l’ensemble de la chaine de distribution,

à l’échelle européenne. Une tâche

confiée à FAQ Logistique Conseil, cabinet

de consulting désigné par le groupe

EPC pour la conduite de ce projet d’envergure

internationale et multiculturelle. «

Nous avons tout d’abord procédé à un audit

complet des sites européens, pour comprendre

leur fonctionnement spécifique, , explique

Carmen Neira, associée de FAQ Logistique

Conseil. En effet, si les objectifs logistiques

étaient communs, le mode opératoire variait

d'un pays à l'autre ». C’est Zetes qui a su

répondre positivement en tous points à

l’expression de besoins du groupe EPC. «

Zetes répondait aux attentes tant en termes

de couverture géographique, qu'en termes de

compétences techniques et d’architecture fonctionnelle

», justifie Carmen Neira.

MARQUAGE UNITAIRE DES ARTICLES

ET AGRÉGATION DES DONNÉES EN

PRODUCTION

Assurer une traçabilité unitaire complète,

tel était le mot d’ordre. Pour ce faire, les

partenaires ont décidé d’équiper six lignes

de production de la solution ZetesAtlas de

« Packaging Execution ». Celle-ci est chargée

de gérer le marquage et la sérialisation

à chaque niveau d’emballage, allant de l’ar-

52 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


MAINTENANCE EN PRODUCTION

impactant a minima la production, Zetes ayant eu « la capacité

de comprendre et de répondre aux impératifs de production

dans le respect des plannings », précise-t-on chez EPC.

DES RÉPERCUSSIONS POSITIVES SUR LES PROCESSUS

© EPC

ticle à la palette en passant par le carton. Chaque article, quelle

que soient ses dimensions, dispose désormais d’un Datamatrix

avec un numéro de série unique permettant de le tracer tout

au long de sa vie.

Outre l'identification, ZetesAtlas assure l'agrégation et le

contrôle des données en temps réel, une phase essentielle dans

la mise en œuvre d’une traçabilité unitaire. Pour le groupe EPC,

cette première étape a été réalisée dans un délai très court,

La réponse donnée à la réglementation européenne a permis au

groupe EPC de passer d’une traçabilité par lot à une traçabilité

totale. Ceci a favorisé la montée en compétences des équipes en

place, accompagnées et formées aux nouvelles technologies. En

outre, depuis l’installation des solutions Zetes, le groupe EPC

a constaté une augmentation de la qualité dans ses processus

de production.

En plus d'une traçabilité complète, la solution de Zetes a permis

au groupe d'harmoniser l'ensemble de ses processus logistiques,

dans tous les pays d'Europe où il est présent, avec au final un

service au client amélioré. «Nous retiendrons de Zetes son savoirfaire

dans le domaine de la traçabilité unitaire, ses compétences

techniques et l'implication de ses équipes support», conclut le

groupe EPC. Prochaine étape: le déploiement de ces solutions

sur les sites du Royaume-Uni. ●

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I53


PRÉVENTION DES RISQUES

ÉVÉNEMENT

Expoprotection

2018 de retour à

Paris !

Expoprotection, le salon de la

prévention et de la gestion des

risques , se tiendra au Pavillon 1

de la Porte de Versailles du 6 au 8

novembre prochain. Ce rendez-vous référent

des acteurs du marché de la prévention

réunira près de 750 exposants internationaux

et accueillera plus de 20 000 visiteurs

dans ses deux univers complémentaires : les

risques professionnels et Industriels, et les

risques liés à la malveillance et l’incendie.

Pendant trois jours, l’événement mettra

ainsi le cap sur l’expertise et l’innovation

pour permettre à ses visiteurs de

comprendre les évolutions du marché,

d’identifier les bons partenaires et de

sélectionner les solutions adaptées à leurs

besoins pour aujourd’hui et pour demain.

UNE OFFRE TECHNOLOGIQUE

RICHE

Notons qu’une trentaine de pays sera représentée

avec notamment des acteurs référents

venus d’Italie, d’Allemagne, de Chine,

du Royaume-Uni, d’Inde, d’Espagne et

de Belgique… Parmi les acteurs phares

du marché figureront de toujours fidèles

exposants avec entre autres 3M, Cepovett,

Lafont, Honeywell Safety Products,

Lemaître, Mure et Peyrot, Scott Safety…

Par ailleurs, de nombreuses sociétés dont

Armor Lux, Caterpillar, Cousin Tressec,

Covepro, Haws, Mp Hygiene, My-serious-Game

ou encore Timberland Pro

participeront pour la toute première fois

à cet événement d’envergure.

DES TEMPS FORTS INÉDITS

Pour cette 27 e édition d’Expoprotection,

l’organisation du salon mise sur un

programme de thématiques et d’ animations

aussi riche que diversifié pour illustrer

les tendances actuelles en matière

de prévention et de gestion des risques.

Plusieurs « Villages Experts » rythmeront,

par univers et secteurs, les allées du pavillon

1 et proposeront aux visiteurs un concentré

de solutions sur des sujets qu’ils ont préalablement

sélectionnés. Les thèmes de ces

villages seront dévoilés d’ici à la rentrée.

Par ailleurs, plusieurs événements et partenariats

majeurs seront aux programme de

cette édition, notamment avec la CNAMTS,

le ministère des Solidarités et de la santé,

les acteurs de la sécurité privée ou encore

la Chine…

UNE CENTAINE DE CONFÉRENCES

ET D’ATELIERS AU PROGRAMME

Fort de ses nombreux partenaires experts

et institutionnels, Expoprotection prépare

un contenu de haut niveau et de nouveaux

formats sur ses six espaces dédiés , incluant

la scène du Live. Quatre cycles structureront

l’essentiel des contenus : « Prospectives

& innovation », « Formation & métiers », «

Retours d’expérience » et « Réglementation ».

Pour mémoire, en 2016, le programme de

conférences et ateliers avait rassemblé plus

de 5 000 auditeurs.

>> Expoprotection se tiendra au Pavillon 1 de la Porte de

Versailles du 6 au 8 novembre prochain

EN SAVOIR PLUS > www.expoprotection.com

Olivier Guillon

54 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


PRÉVENTION DES RISQUES

© Expoprotection 2014 ©Stéphane Laure

LE DOSSIER EN DÉTAIL

56 Précisions sur les directives et les EPI entourant les risques

liés au bruit

58 Lever les obstacles de la prévention des risques dans la

maintenance

60 Trébuchements, glissades et faux pas : les trois principales

causes d'accidents du travail

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I55


PRÉVENTION DES RISQUES

AVIS D’EXPERT

Sylvie Sermage

Ingénieure support technique et affaires

réglementaires 3M

Précisions sur les

directives et les EPI

entourant les risques liés

au bruit

Sylvie Sermage, de la société 3M, l’un des

leaders mondiaux des équipements de

protection individuelle (EPI), revient à travers

cet article sur les différentes réglementations

qui entourent les risques liés au bruit ;

l’ingénieure nous livre également des bonnes

pratiques d’utilisation des EPI associés à

une bonne protection des techniciens de

maintenance.

Le risque bruit est soumis à la directive 2003/10 qui précise

qu’il faut évaluer les risques liés au bruit et mesurer les

niveaux auxquels sont exposés les travailleurs. Cette

directive précise les seuils de référence et les actions à

déclencher suite à ces mesures. Il définit trois seuils. Le premier

est la valeur d’action d'exposition inférieure (80 dB(A) et 135

dB(C)) : les appareils de protection auditive doivent être accessibles

à la demande et les salariés formés. Le deuxième seuil

est la valeur d'action d'exposition supérieure (85 dB(A) et 137

dB(C)) : des protections auditives doivent être utilisées, tandis

qu'un programme de conservation de l'audition doit être mis

en place. Enfin, le troisième est la valeur limite d’exposition (87

dB(A) et 140 dB(C), celle-ci ne devant pas être dépassée au sein

de l’oreille avec des protections auditives.

PEU DE CHANGEMENT POUR LES UTILISATEURS

Le règlement EPI 2016/425 remplace la directive 89/686/CEE

et concerne la fabrication des EPI et la mise sur le marché. Ce

règlement précise la catégorie des risques et le risque bruit passe

de Catégorie II en Catégorie III, à savoir les risques irréversibles.

Les conséquences de ce changement concernent surtout pour les

fabricants avec la mise en place d’un système rigoureux de vérification

permanente de la qualité, la limitation du certificat CE

à cinq ans, un document de conformité (DoC) ou un lien Web

accompagnera chaque produit. Autre conséquence, le changement

visible de l’impression du marquage CE sur le produit (lorsque

cela est possible) et sur l'emballage, sans oublier le marquage CE

qui sera dorénavant associé au numéro de l’organisme notifié

et une meilleure clarté sur le rôle des opérateurs économiques.

© xxx

Application Peltor Litecom Pro (3M)

56 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


PRÉVENTION DES RISQUES

Application Peltor Litecom (3M)

Pour les utilisateurs, il y a peu de changement. Les fiches techniques

ne seront pas modifiées puisque les produits ne changent

pas. La certification CE n’est pas invalidée par ce nouveau règlement.

Donc les produits vont être re-certifiés pendant la période

de transition, à savoir de 2019 à 2023 en fonction de la date de

validité du présent certificat CE. Les certificats CE II type sans

date de fin sont valable jusqu’en avril 2023.

Ces solutions peuvent intégrer la modulation sonore qui permet

d’entendre son environnement tout en étant protégé. Des microphones

externes captent les sons environnants et les restituent

via des haut-parleurs à l’intérieur de la protection auditive à un

niveau sécurisé ne dépassant pas 82dB.

Le document d’orientation EN 458:2016 précise aussi l’importance

des essais d’ajustement. 3M d’ailleurs propose un système l’E-A-

Rfit, pédagogique et ludique, qui permet de former les salariés à

la mise en place des protections auditives et de valider le niveau

d’atténuation réel atteint au sein de l’oreille. Le test est très rapide

et prend moins de 30 secondes pour les deux oreilles. Un rapport

peut être imprimé afin de garder une trace de la formation du

salarié et de la valeur d’atténuation réelle obtenue par l’utilisateur.

Ceci permet de valider le choix de la protection auditive. ●

Application Protac (3M)

Sylvie Sermage (3M)

La partie utilisation des EPI est expliquée dans la directive 89/656/

CEE. Le choix des EPI est décrit dans le document d’orientation

EN 458:2016 visant à aider les employeurs, les superviseurs, les

responsables sécurité, les hygiénistes industriels ou toute autre

personne responsable de la gestion de la sécurité et de la santé

de l’employé sur le lieu de travail à choisir la protection auditive

appropriée pour chaque opérateur et environnement de travail

afin de s’assurer qu’elle est adaptée.

BIEN CHOISIR SES EPI

Il existe différents types de protection auditive : bouchon à rouler,

bouchon préformé, arceau, casque. Dans le choix d’une protection

auditive les points importants sont : le confort, l’environnement,

et le besoin en communication. Il est essentiel de prendre

en compte le confort de l’utilisateur afin que la protection soit

portée. En effet si une protection n’est pas portée 10 minutes sur

une journée de 8 heures, elle perd 43% de son efficacité. Concernant

l’environnement, cela va être la température de l’atelier : s’il

fait chaud, on va privilégier des solutions intra-auriculaires qui

n’apportent pas de chaleur. C’est aussi la compatibilité avec les

autres équipements de protection individuelle qu’il faut prendre

en compte : comme le port d’un masque respiratoire ou d’un

casque de chantier.

Autre point essentiel à prendre en compte dans le choix de la

protection auditive est le besoin en communication, toujours dans

le but d’éviter que l’utilisateur retire sa protection pour passer un

appel ou communiquer avec ses collègues. Il existe aussi chez 3M

une large gamme en solution communicante qui va du casque

avec ou sans talkie-walkie intégrée à la solution intra-auriculaire.

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I57


PRÉVENTION DES RISQUES

POINT DE VUE

Lever les obstacles de la

prévention des risques

dans la maintenance

La diversité des métiers dans la maintenance demeure le

principal obstacle à la mise en place d’une politique efficace

de prévention des risques. Mais ce n’est pas le seul ; le rôle

accru du recours à la sous-traitance n’a pas aidé non plus

à asseoir les bonnes pratiques adoptées au sein même des

entreprises pour les intervenants extérieurs.

La maintenance industrielle se

compose de métiers très diversifiés,

lesquels répondent de fait

à des problématiques de sécurité

complexes et propres à chacun d’eux.

Denis Leblond, directeur commercial

d’Ansell, qui avait témoigné à l’occasion

de précédentes Rencontres organisées

par le Synamap sur les défis de la sécurité

dans la maintenance industrielle, avait

© Olivier Guillon

Malheureusement, les entreprises

n’exigent pas de leurs sous-traitants la

même formation que leurs salariés

déclaré à propos de la maintenance industrielle

qu’elle correspondait à « la diversité

d’industries et au grand nombre de

contextes auxquels les travailleurs doivent

faire face, générant une multitude de

risques. Les intervenants en maintenance

sont confrontés à tous les risques que nous

connaissons : travaux en hauteur, risques

chimiques, risques mécaniques, risques électriques,

bruit… La liste est longue ! »

Pour faire face à cette situation de

« multirisques », les fabricants d’EPI ne

recherchent pas tant la polyvalence attendue

par les techniciens de maintenance

que la focalisation sur un risque donné.

« Une démarche trop simplificatrice peut

s’avérer dangereuse pour le travailleur qui

n’aura pas l’équipement adapté face aux

risques auxquels il est exposé », avait ajouté

Denis Leblond. En se focalisant sur les

risques principaux, on ignore les autres. Et

si les entreprises connaissent généralement

les risques principaux auxquels sont exposés

leurs employés, il n’en pas de même

pour les risques périphériques, or « pour

travailler en sécurité, il faut prévoir au

maximum ». Quant au document unique,

qui demeure un support indispensable à

la garantie de bonnes conditions de sécurité,

celui-ci n’est pas suffisamment suivi,

bon nombre d’entreprises n’allant pas au

bout de la démarche ; le document unique

étant vu avant tout comme un document

administratif – lourd – plus que comme

un outil de travail.

Autre problème de la maintenance industrielle

lié à la sécurité, celui de la sous-traitance.

Pas de statistiques précises « mais on

a largement dépassé les 70% de problèmes

liés à la sous-traitance et à un transfert de

responsabilités, déclarait à son tour Jean-

Luc Betard, coordinateur SPS et directeur

de la société Coregi. On oublie de vérifier

que les sous-traitants ont bien les formations

et les compétences requises par rapport

aux contextes et aux éléments de risques liés

aux interventions ». Bernard Cuny, ancien

président du Synamap, ne manquant pas

de rappeler que « les entreprises n’exigent

pas de leurs sous-traitants la même formation

que leurs salariés ».

58 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


PRÉVENTION DES RISQUES

Une démarche trop simplificatrice peut s’avérer dangereuse pour le travailleur

UN GUIDE DÉTAILLÉ DES NORMES

ET RÉGLEMENTATIONS RELATIVES

À LA PROTECTION DES MAINS

Honeywell a publié un guide technique

gratuit concernant les principales normes

et réglementations à comprendre et à

respecter par les professionnels de la santé

et de la sécurité afin de garantir la protection

des mains de leurs travailleurs. Intitulé

Principales normes et réglementations

à prendre en compte lorsqu'une protection

des mains est nécessaire, ce guide accorde

une attention particulière aux récentes et

Garantir la protection des mains des travailleurs

est une mission particulièrement délicate

© Shutterstock

futures modifications réglementaires qui

affectent les normes relatives aux gants,

notamment en ce qui concerne les gants

de protection chimique. « De nombreuses

lois régissent la protection des travailleurs

contre les blessures et les affections au

travail, notamment les accidents causés

par des produits chimiques. Il existe aussi

un certain nombre de normes qui décrivent

les procédures de test à suivre par les fabricants

avant de mettre des gants de protection

sur le marché , explique Stéphanie

Quilliet, chef de produit stratégique tête et

corps pour la zone EMEA chez Honeywell

Industrial Safety. Le nouveau guide technique

de Honeywell aide les professionnels

de la santé et de la sécurité à identifier les

principales normes et réglementations à

connaître lorsqu'ils choisissent des équipements

pour protéger les mains contre des

risques spécifiques, en particulier ceux liés

à l'utilisation de produits chimiques ».

Après avoir examiné la législation relative

à l'étiquetage des produits chimiques

et à l'EPI, le document traite des normes

qui s'appliquent spécifiquement aux gants

conçus pour protéger les mains dans le

cadre d'applications particulières. Une

« Pour travailler en sécurité, il

faut prévoir au maximum »

attention toute particulière est prêtée aux

récentes modifications qui ont affecté l'EN

374, norme la plus importante en matière

de gants de protection chimique. On y

décrit notamment la manière dont les

gants sont catégorisés en fonction de leur

capacité à protéger contre des produits

chimiques précis. Le guide s'achève par

une brève présentation des autres normes

importantes en matière de gants, notamment

celles qui concernent le contact

avec des sources de chaleur ou de froid

intenses, la protection contre les rayonnements

ionisants et les gants antistatiques. ●

Olivier Guillon

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I59


PRÉVENTION DES RISQUES

PROTECTION

Trébuchements, glissades et faux pas : les

trois principales causes d'accidents du travail

Le distributeur de fournitures industrielles Manutan a

publié une étude a révélé résultats en révélant que les

trébuchements et les glissades constituaient les principales

causes d'accidents sur les lieux de travail. Explications avec

Jan Piet van Dijk, directeur des opérations au Benelux et

coordinateur sécurité chez Manutan.

Jan Piet van Dijk

Director Operations

Benelux et coordinateur

sécurité chez Manutan

«

44 % des collaborateurs travaillant

dans des usines, dans des ateliers

ou sur des sites extérieurs déclarent

avoir déjà trébuché et/ou chuté. 24 %

d'entre eux commettent parfois un faux pas

»… c’est du moins qu’a dévoilé une étude

de Manutan, distributeur de fournitures

industrielles, qui résumait les résultats en

révélant que les trébuchements ou glissades

constituaient les principales causes

d'accidents sur les lieux de travail. « La

circulation sur les lieux de travail présente

donc toujours des risques, en conclut Jan

Piet van Dijk, Director Operations Benelux

et coordinateur sécurité chez le distributeur.

Il faudrait d’une part accorder plus d'attention

à la propreté et au rangement des

lieux de travail. D'autre part, il est essentiel

d'utiliser correctement les équipements

de protection individuels, que ce soit des

tenues de travail aux protections auditives

et contre les chutes. »

Or une chute – même si elle peut sembler

anodine, peut avoir de lourdes conséquences.

« Vous trébuchez, vous relevez et

continuez votre chemin, poursuit le coordinateur

sécurité. Mais parfois, l’histoire ne

©Veolia

Même si elle peut sembler anodine, une chute

peut avoir de lourdes conséquences

60 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


DES MÉTIERS DE L’INCENDIE

PRÉVENTION DES RISQUES

s'arrête pas là : des incidents de ce type provoquent des blessures

aux muscles et tendons, voire des fractures. La situation

s'aggrave encore si la personne tombe sur la tête alors qu'elle ne

porte pas de casque de sécurité. Il peut s'ensuivre une absence

allant de quelques jours à quelques semaines, ce qui est très

ennuyeux, tant pour la victime que pour l'employeur ». L’étude

révèle en outre que dans 35 % des cas, les outils de sécurité

n'étaient pas toujours présents ; un pourcentage élevé, signe

que « tout le monde ne prend pas encore la sécurité au sérieux,

déplore Jan Piet van Dijk. En outre, il est évidemment essentiel

que les équipements de protection choisis soient adaptés aux

conditions de travail. »

SAVE THE DATE !

CHOISIR LES BONS ÉQUIPEMENTS DE PROTECTION

« Prenez par exemple les chaussures de sécurité, poursuit Jan

Piet. Notre assortiment compte près de 200 modèles différents.

Vous travaillez dans un environnement humide, avec des

produits chimiques ou électriques, des objets acérés sont présents

sur le chantier, des objets risquent de tomber sur vos chaussures

ou vous pouvez vous coincer le pied ? Tous ces éléments

doivent être pris en compte lors de l'achat de chaussures. La

pointure et le confort sont par ailleurs essentiels. L'expérience

montre que les collaborateurs portent davantage leurs chaussures

quand celles-ci sont confortables. Cela vaut pour presque

tous les équipements de protection individuelle : sélectionnez

la classe de sécurité et l'environnement de travail appropriés et

veillez au confort et à la mobilité du collaborateur. » ●

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plus fréquents pouvant

causer des lésions

corporelles sur le terrain 1

Partenaires

1 - Trébuchement ou glissade 44 %

2 - Levage incorrect 29 %

3 - Faux pas 24 %

4 - Frappé par la chute d'un objet 15 %

5 - Chute de moins de 2,5 mètres de hauteur 12 %

Organisé par

FFMI

FÉDÉRATION FRANÇAISE

1. Selon l’étude menée par le distributeur Manutan

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I61


BORDEAUX

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AGENDA

Du 24 au 27 septembre 2018

EUROMAINTENANCE 4.0

La plus grande conférence européenne sur la

maintenance et l’Asset Management revient

cette année. Euromaintenance 4.0 2018 vise

plus de 750 participants venus de 51 pays, et

entend bien dépasser le succès de 2008.

À Antwerp en Belgique

www.euromaintenance.org

Du 25 au 27 septembre 2018

SEPEM AVIGNON

La nouvelle édition du sud-est des salons

Sepem Industries se déroulera à la fin

septembre à Avignon avec toujours un

programme riche de conférences sur la

maintenance et la prévention des risques au

travail.

Au parc des expositions d’Avignon

avignon.sepem-industries.com

Le 18 octobre 2018

ASSISES DU M.E.S.

Les Assises du M.E.S est l'évènement 100%

retours d'expérience. Des industriels et des

experts reconnus traitent des applications

concrètes d'un déploiement M.E.S, le

tout dans un environnement propice aux

échanges.

Aux Salons de l'Aveyron - Bercy Village

assises.club-mes.com

Les 23 et 24 octobre 2018

ENOVA PARIS

L’édition parisienne d’Enova posera ses

valises comme chaque années à la Porte de

Versailles et se posera comme une véritable

plateforme de convergence des technologies

de l’électronique, de la mesure, de la vision

et de l’optique.

À Paris-Porte de Versailles

www.enova-event.com

Retrouvez toutes les dates

de manifestations sur :

DU 2 AU 4 OCTOBRE 2018

Préventica Bordeaux

L’édition parisienne d’Enova posera ses

valises comme chaque années à la Porte de

Versailles et se posera comme une véritable

plateforme de convergence des technologies

de l’électronique, de la mesure, de la vision

et de l’optique.

À Paris-Porte de Versailles

www.enova-event.com

LE 6 NOVEMBRE 2018

Production Temps Réel

Une nouvelle édition régionale se déroulera

à Bordeaux et rassemblera les experts du

pilotage de l'entreprise industrielle

Au Stade Matmut Atlantique

production-temps-reel.com

DU 6 AU 8 NOVEMBRE 2018

Expoprotection 2018

Cette année, la biennale parisienne de la

protection et de la prévention des risques

prévoit d’accueillir près de 750 exposants.

À Paris-Porte de Versailles

www.expoprotection.com

www.qualityandco.com/agendas

PRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018 I63


INDEX

Au sommaire du prochain numéro :

Au sommaire du prochain numéro :

TECHNOLOGIES

MANAGEMENT

© O. Guillon

Maintenance curative :

Les interventions curatives

sont souvent inévitables.

Quelles solutions existent

pour mieux les appréhender ?

• Économies d’énergie :

Faire de la maintenance un moyen de

réaliser des économies d’énergies : par

quels moyens d’organisation et avec quels

outils (capteurs, logiciels, acquisition de

données…) ?

MAINTENANCE MÉCANIQUE

© FAVART - salon All4Packn

MAINTENANCE EN PRODUCTION

• Dossier Emballage :

Spécial All4Pack Paris :

solutions de surveillances et

leurs mises en application

dans les lignes d’emballage et

de conditionnement

• Spécial roulements :

Le rôle indispensable des roulements

dans le bon fonctionnement d’une ligne de

production

PRÉVENTION DES RISQUES

• Sécurité Machines :

Les capteurs et barrières

immatérielles de sécurité –

projet, installation et bonne

utilisation des solutions

d’aujourd’hui

O. Guillon

Liste des entreprises citées et répertoire des annonceurs

3M ................................. 2 e de couverture

ALL4PACK................................... 35

ASSISES DU M.E.S......... 28, 41, 63

ASTRÉE SOFTWARE ........... 36, 39

C-BLOT ....................................... 26

CLUB M.E.S .................... 28, 30, 32

CREATIVE IT.................... 9, 4O, 46

DBVIB.......................................... 15

DIMO SOFTWARE ...................... 33

DOMIS (GROUPE SOMFY).......... 36

DSD SYSTEM.......................... 2, 10

EIFFAGE ....................................... 6

ENOVA ............................. 16,23, 63

EPC ............................................. 52

EXPOPROTECTION........ 54, 61, 63

FLIR SYSTEMS . 1 e de couverture, 22,24

HONEYWELL ................................ 8

IDYLLIC TECHNOLOGIES.......... 51

IFM ELECTRONIC....................8, 47

IGUS..........................................8, 19

JET MOTEURS...................... 13, 49

KTR................................................ 7

MAINNOVATION............................6

MAINTENANCE & CO..................21

M.E.S. CONSULT..........................32

MESURES & TESTS.....................63

NOOLITIC.....................................48

NSK...............................................20

OET...............................................31

ORDINAL SOFTWARE...................4

PRAXEDO.......................................6

PRODUCTION TEMPS RÉEL.......63

RECYLUM.......................................6

ROCKWELL AUTOMATION...........8

RS COMPONENTS.......................22

SAM OUTILLAGE.........................50

SCHMERSAL................................50

SEPEM AVIGNON............ 10, 12, 63

SICK................................................8

SIEMENS........................................6

SKF.................................................6

SYNERGYS..................... 4 e de couverture

VIF.................................................29

ZETES...........................................52

EPI CENTER................... 3 e de couverture

Retrouvez nos anciens numéros sur :

www.production-maintenance.com

LE CHIFFRE À RETENIR…

8,4 millions

C’est le nombre de produits industriels

contrefaits saisis chaque année par les

douanes françaises selon des chiffres

communiqués par la Fédération des

industries mécaniques (FIM) et l’Union

des fabricants contre la contrefaçon

(Unifab). Un chiffre impressionnant qui

certes ne rivalise pas avec les produits

de luxe ou les médicaments mais qui

se révèle toujours très inquiétant, tant

pour l’emploi industriel (en particulier

européen) que la sécurité, qu’il s’agisse

des hommes et des femmes travaillant

en atelier que de l’outil de production

lui-même. Si la conférence-débat

organisée par l’Inpi lors du salon Global

Industrie au printemps dernier a lancé

des pistes de combat et de vigilance,

l’essor de la contrefaçon n’est pas prêt

de diminuer.

>> Découvrez notre dossier portant

sur la traçabilité en pages 43 à 53

64 IPRODUCTION MAINTENANCE • N°62 • août-septembre-octobre 2018


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