Haiti Liberte 5 Septembre 2018

haitiliberte

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

MANIFESTATION CONTRE L’HÔPITAL

LA PROVIDENCE !

Petwo Karibe : Odit

Lakoudèkont la ap

pare an janvye 2019 !

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English

Page 9

Voir page 3

Une étudiante en sciences infirmières, Blondina Sherley Dolcé, 21 ans a été électrocutée suite à un accident. Emmenée de toute urgence

à l’hôpital elle a été tout bonnement refusée parce que le personnel médical était en grève

Mobilisation

PetroCaribe 2.0 :

Fulgurance virtuelle ou

résurgence citoyenne ?

Page 7

OUVERTURE DES CLASSES 2018 SUR

FOND DE PROTESTATION!

Guadeloupe : les

ouvriers de la

banane malades

d’un pesticide

dévastateur et

oubliés de l’État

français !

Page 10-11

Voir page 3

Le couple présidentiel a profité de cette occasion pour se faire photographier avec une poignée d’élèves et s’engager dans une

sorte de propagande insignifiante

La Syrie reconstruit

ses écoles !

Page 17


Editorial

HAITI

LIBERTÉ

Risque couru par le banditisme politique avec

ses protecteurs !

1583 Albany Ave

Brooklyn, NY 11210

Tel: 718-421-0162

Fax: 718-421-3471

3, 2ème Impasse Lavaud

Port-au-Prince, Haiti

Par Berthony Dupont

Les stratèges capitalistes ne se sont pas contentés de

piller le pays, mais de mettre au pouvoir un laquais,

un trafiquant de toutes sortes avec mission de détruire le

peu qui nous restait de symbole de dignité et de valeur

patriotique.

S’il fallait une preuve de plus de la nécessité de certaines

grandes puissances de nous humilier davantage,

l’imposition de Michel Martelly qui a été justement fait

avec précision et détermination en fournit une de taille

de manière que nous ne soyons jamais en mesure de

détourner leur complot.

On aurait tort de s’imaginer que les masses populaires

haïtiennes resteraient passives, résignées, démoralisées

face à cette agression corruptrice utilisée en tant

que programme politique avec la complicité concrète,

agissante, organisée des puissances impérialistes, notamment

des Etats-Unis.

Le problème de la corruption des fonds de Petro

caribe qui se pose avec plus d’acuité que jamais illustre

l’un des aspects les plus édifiants, mais certainement

pas les moins surprenants du problème auquel fait face

de tout temps le pays. Mais il faut reconnaitre que les

atouts que détiennent les puissances impérialistes sont

multiples et formidables. En ce sens, il est nécessaire de

redoubler d’énergie et d’efforts à tous les niveaux pour

que le conflit ne continue pas à s’enliser et que la lutte

qui se poursuit ne fasse pleinement place à une négociation

sinon un jugement de façade en guise d’un procès

en bonne et due forme basée sur le respect des intérêts

et des droits du pays.

Dans l’état actuel des choses, le combat contre le

banditisme doit être une volonté collective commune, de

façon à prendre le taureau par ses cornes pour essayer

de l’abattre.

La mobilisation populaire est toujours le meilleur

remède pour l’arrogance capitaliste. Ainsi, la bête

impériale, commanditaire par excellence de la corruption

comme moyen politique, peut paraitre gênée, puisque

ses tentacules ont été pris la main dans le sac du Petro

Caribe ; elle ne saurait permettre ou tolérer aussi facilement

une défaite politique. Pour éviter une telle honte, il

se peut qu’elle lâche certains pions même si ce n'est pas

pour aboutir à un procès normal ; elle procéderait alors à

une élimination expéditive de certains individus qu’elle

pourrait trouver gênants, inutilisables une façon à ne

pas perdre la face. Elle est toujours soucieuse de faire

oublier ses tares congénitales pour s’assurer un semblant

de légitimité pour son énorme appareil répressif.

Car l’impérialisme n’a jamais eu d’amis mais bien des

intérêts à défendre ; et tout revirement populaire inattendu

est susceptible de menacer sérieusement ses intérêts

vitaux.

Dans cet ordre d’idées, un Martelly, un Lamothe,

un Laleau pour ne citer que ceux-là, peuvent se voir

à la rigueur trahis par les forces obscures de façon à

barrer la route à un vrai procès porteur de changement

qui pourrait même démasquer le rôle d’une main invisible

qui tire les ficelles de la corruption et du banditisme

politique.

Un mec arrogant de la trempe de Michel Martelly ne

saurait être épargné. Se taire lui est impossible puisqu’il

en est incapable, c’est au-delà de lui-même, il n’a pas

la faculté d’avoir honte et n’a pas une conscience humaine.

Ses insolences et ses impertinences sont dignes

d’un animal domestiqué qui ne peut agir autrement.

Le risque est là ; mais il n’arrivera pas tout de go

sans que la mobilisation ne définisse elle-même un certain

objectif. Si la mobilisation n’exige rien et ne joue

pas carte sur table, la bataille contre le banditisme organisé

ne durera pas longtemps. Il faut aller au fond de

cette criminelle déviance, pour en extirper toutes les

scories, toutes les aberrations et la remplacer par du propre,

des valeurs morales imparables qui correspondent

à une authentique et saine alternative à la politique

immorale en cours.

C’est une telle inébranlable détermination, une telle

conviction profonde qui doit animer les acteurs de la

campagne déclenchée pour enfin mettre le grand maitre

de la corruption et tous les autres corrupteurs le dos

au mur. Pour en finir avec le banditisme politique, il

est impératif d'exposer de façon diligente ses pratiques

politiciennes immorales au grand public, de les casser,

de placer les coupables devant le fait accompli de leurs

méfaits et de les forcer, sous la pression populaire, à

capituler.

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Website :

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Berthony Dupont

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2 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


Manifestation contre

l’hôpital La Providence !

Ouverture des classes 2018 sur fond

de protestation!

Par Marie Laurette Numa

Le lundi 3 septembre, alors que

les employés de l’hôpital La paix

continuent leur grève, une mobilisation

s’est entretenue devant l’hôpital

La Providence des Gonaïves par des

jeunes de l’Université publique de

l’Artibonite aux Gonaïves (Upag).

Ils dénoncent la mort de leur amie

l’étudiante en sciences infirmières à

cette Université, Blondina Sherley

Dolcé, 21 ans le dimanche 2 septembre.

Elle a été électrocutée suite à un

accident. Emmenée de toute urgence à

l’hôpital elle était encore en vie ; malheureusement,

elle a été tout bonnement

refusée parce que le personnel

médical était en grève.

La douleur de ses camarades,

est qu’elle est morte dans le bras de

ses parents, sous les yeux de tous,

après que ses proches et amis ont

réussi à l’emmener à deux centres de

santé. Peine perdue, elle n’a eu aucun

secours.

Certes, c’est un cas d’irresponsabilités

au sein des hôpitaux et cela

dans tout le pays ; mais également

c’est le résultat du projet néolibéral

où la vie des êtres humains n’a aucune

valeur. On laisse mourir des gens

faute de soins et cela ne touche personne.

La responsabilité revient à

New York : Des haïtiens

ont manifesté contre

Michel Martelly

Aux Etats-Unis, pour détourner

la journée internationale

des travailleurs de son vrai sens,

pour les mystifier, c’est le 1er

lundi du mois de septembre qu’on

commémore la Fête du Travail, le

« Labor Day ». En réalité, c’est

plutôt une façon de clôturer les

activités et fêtes d’été, ce qui n’est

point l'équivalent de la journée

Le Dr Jude Rénélique directeur

exécutif du centre hospitalier La

Providence du département de

l’Artibonite, aux Gonaïves,

l’Etat et non pas aux travailleurs en

grève qui revendiquaient de meilleures

conditions de travail.

On doit coûte que coûte changer

ce modèle d’Etat irresponsable.

Les étudiants continuent leur

protestation en exigeant justice et

réparation pour Blondina. Ils menacent

d’occuper cet endroit jusqu’à ce

que justice soit faite. Plusieurs barricades

enflammées sont dressées sur la

nationale # 1

Par ailleurs, le Dr Jude Rénélique

directeur exécutif du centre hospitalier

essaie de minimiser la situation comme

quoi c’est une affaire montée.

des travailleurs, encore moins

peut-elle avoir la même signification

! Cette année, des haïtiens

ont profité du carnaval pour manifester,

avec leurs pancartes et

maillots, contre l’ancien président

Michel Martelly dans le cadre

de la campagne de récupération

de l’argent de Petro Caribe et du

jugement des voleurs.

Pour le ministre du gouvernement démissionnaire de l’Education Nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, la

réouverture des classes de l’année académique 2018-2019 le lundi 3 septembre 2018 est une bonne rentrée des

classes et il s’est dit satisfait de sa réussite

Par Isabelle L. Papillon

Un fort taux d’absence d’élèves

a été remarqué dans les rues

et notamment dans certaines

écoles de la capitale et de plusieurs

villes de province à l'occasion de

la rentrée scolaire du lundi 3 septembre

2018. C’est la situation

économique dans laquelle vit le

pays qui indique ce haut taux d'absence,

puisque la majorité de la

population pour ne pas dire toute

la population ne connait qu’un

seul emploi : le chômage. Celui ou

celle qui a la chance de trouver un

quelconque boulot fait face à une

exploitation sans mesure, gagne

un salaire de misère, insignifiant

ne pouvant même pas garantir un

plat chaud à une famille. Les parents

pauvres du pays ne pouvaient

en aucune circonstance répondre

aux exigences scolaires.

De nombreuses écoles de la

capitale, privées ou congréganistes,

ont ouvert leurs portes,

mais sans élèves. Malgré tout,

sans aucune gêne, le Président

de la République, Jovenel Moïse,

accompagné de son épouse Martine

Moïse et d’autres fonctionnaires

dont le ministre Pierre Josué

Agénor Cadet de l'Education nationale

et de la formation professionnelle,

du Président de la Commission

Education à la Chambre des

Députés Mr Kétel Jean-Philippe,

du Directeur Général du ministère

de l'Education nationale et de la

formation professionnelle, Meniol

Jeune ; le Directeur Général de la

Compagnie de transport scolaire

Dignité Romuald Piard et la Coordonnatrice

du Programme National

de Cantines scolaires, Phanèse

R. Laguerre ont lancé au Lycée

Célie Lavois, situé à l’angle des

rues Capois et Nicolas la rentrée

des classes de l’année académique

2018-2019.

Le couple présidentiel a profité

de cette occasion pour se faire

photographier avec une poignée

d’élèves et s’engager dans une

sorte de propagande insignifiante.

C’est sous le thème abstrait : « Une

école inclusive pour une nation

solidaire » que le gouvernement

démissionnaire se donne un certain

satisfecit comme quoi il est en

train de faciliter l'accès à l'éducation

et aussi à une formation de

qualité pour tous.

Le gouvernement a simplement

choisi quelques endroits pour

faire don de manuels et de kits scolaires,

d’uniformes ce qui pour lui

a représenté la participation satisfaisante

de l'Etat à l'encadrement

nécessaire aux jeunes écoliers

d'aujourd'hui. Quel toupet !

La réalité est telle que même

les professeurs ont brillé par leur

absence. Dispersés par des policiers

à l’aide de gaz lacrymogènes,

plusieurs dizaines d’enseignantes

et d’enseignants ont de préférence

manifesté, dans les rues de Portau-Prince,

pour dénoncer les

dérives au sein du gouvernement

telles que la corruption dans la

gestion des fonds publics particulièrement

au Ministère de l’éducation

nationale et de la formation

professionnelle (Menfp). Sauf au

lycée Toussaint Louverture à Portau-Prince,

le directeur a indiqué

que tous les enseignants étaient

présents mais malgré cela, il ne

pouvait pas fonctionner puisqu’il

n’y avait pas d'assez d’élèves dans

les salles de classe, 28 seulement

en tout avaient fait le déplacement.

A Jacmel, certains enseignants

et enseignantes du groupement

des éducateurs et éducatrices

pour une nouvelle éducation

dans le Sud-Est (GENESE) manifestèrent

également leur ras le bol

depuis le centre-ville jusqu’aux

bureaux de la direction départementale

de l’Education du Sud-Est.

Même constat catastrophique

dans les autres villes de province

comme à Petit Goave, aux Cayes

et à Port-de-Paix où des parents ne

cessent de solliciter une assistance

des autorités gouvernementales et

locales.

« L’ouverture des classes ne

doit pas être effective pour une

minorité d’élèves, pendant qu’une

majorité d’élèves restent chez eux

» a pour sa part signalé le syndicaliste

Josué Mérilien.

Alors que certains responsables

des écoles ont déjà reporté

la rentrée au lundi 10 septembre,

pour le ministre du gouvernement

démissionnaire de l’Education Nationale,

Pierre Josué Agénor Cadet,

la réouverture des classes de

l’année académique 2018-2019

le lundi 3 septembre 2018 est une

bonne rentrée des classes et il s’est

dit satisfait de sa réussite. Bravo,

M. le ministre! Pour l'audace, il ne

vous en manque pas.

VIENT DE PARAÎTRE : LES CAPSULES DESSALINIENNES

Les haïtiens curieux et intéressés à mieux comprendre

Dessalines, cet homme fascinant, conséquent, et exceptionnel

de l’humanité noire, peuvent se procurer, au prix de $45. (+ les

frais postaux si nécessaires) « Les capsules dessaliniennes »

du professeur retraité Raymond Wainwright en téléphonant au

no 1-450-933-5451 ou 718-421-0162

Ce livre concis campe le fondateur, à l’aide de 1804 capsules

émaillées de poèmes adaptés, de citations appropriées et de

significatifs documents authentiques.

Bonne Lecture

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

3


A Travers Haiti

Lettre Ouverte de Rony DESVARENNES au Sénateur Youri LATORTUE

Monsieur le Sénateur,

L

’«audition» en catimini

du responsable

de la Sogener le lundi 27

août dernier au Sénat de

la République par votre

commission éthique et

anti-corruption a donné

lieu à un spectacle

pour le moins ignoble

et de très mauvais goût

à travers lequel vous

vous êtes prêté, sans la

moindre retenue, au jeu

dégoûtant de proférer

des accusations gratuites

et infondées contre ma

personne.

En effet, à l’issue

de cette prétendue audition

qui ressemblait

beaucoup plus à une

mise en scène visant à

salir mon nom, faisant

office de «porte-parole»

de cet homme d’affaires

et de ses intérêts, vous

avez déclaré sans aucune

gêne aux micros de

la presse que ce dernier

vous avait fait part d’une

démarche que j’aurais

entreprise au nom de

l’ancien Premier ministre

Laurent Lamothe en

2011 auprès de l’oncle

du concerné afin d’obtenir

de l’argent pour

De gauche à droite Rony DESVARENNES au

Sénateur Youri LATORTUE

faciliter la poursuite du

contrat d’énergie entre la

Sogener et l’Etat haïtien.

Je m’empresse de

rejeter catégoriquement

vos accusations mensongères

et farfelues

que je qualifierais de

commérages, indignes

de la noble fonction que

vous occupez. Que faites-vous

du principe sacro-saint

de la présomption

d’innocence ?

Comment pouvez-vous

avoir le toupet de vouloir

me clouer au pilori pour

des faits qui me sont

reprochés sur la base

d’une simple accusation

faite il y a sept ans, sans

la moindre preuve.

Si la Justice

fonctionnait sur la base

de rumeurs et de commérages,

ne seriez-vous

pas vous-même devant

les tribunaux Monsieur

le Sénateur, tant les accusations

de toutes sortes

vous concernant sont

les unes plus graves que

les autres Combien de

fois avons-nous entendu

parler de vos présumées

« combines » visant à

dilapider les caisses de

|’ONA? Qui n’a pas eu

écho des accusations

portées contre vous selon

lesquelles vous aviez

fait mainmise sur le port

appartenant à la famille

Mevs aux Gonaïves ?

Récemment encore l’ancien

Premier ministre

Jacques Edouard Alexis

qui vous qualifiait de

«corrompu», faisait état

PAR CES MOTIFS

Nous, Me Paul PIERRE, juge en audience civile, ordinaire et publique du mercredi trente

mai deux mille dix-huit (2018) après avoir délibéré conformément à la loi, le Ministère

Public entendu ; nous déclarons compétent pour entendre cette affaire; accueillons l’action

du demandeur pour être juste et fondée; maintenons le défaut déjà octroyé à l’audience

précitée ; admettons en conséquence le divorce de Monsieur Jean Tony JOSEPH d’avec son

épouse la dame née Emmanuella EUGENE pour injures graves et publics ; prononçons la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonnons à l’Officier de

l’Etat Civil de la Section Sud de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le

dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens éditant

à Port-au-Prince sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y echet; commettons

l’huissier de ce siège pour la signification du jugement; compensons les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Paul PIERRE, juge au Tribunal de première instance de

Port-au-Prince en présence de Me Wesley PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement

de ce ressort et avec l’assistance de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, ce mercredi six

juin deux mille dix-huit(2018), An 215e de l’Indépendance.

Il est ordonné etc…

En foi de quoi etc…

Me Jean Bonald Golinsky FATAL, Av

de votre implication présumée

dans un dossier

de «vol de voiture». Dans

un article publié dans les

colonnes du journal Le

Monde, l’auteur vous

avait qualifié de «Monsieur

30%» en raison de

vos trafics d’influence

au sein de l’administration

publique durant

la période de transition

en 2005. Ce week-end

encore, des citoyens de

votre département sont

montés au créneau pour

vous « accuser d’avoir

détourné plusieurs millions

de dollars qui devaient

servir à rénover la

ville des Gonaïves »

Cela ne fait pas de

vous pour autant un pestiféré.

Et aussi longtemps

que la justice n’aura pris

un jugement en bonne et

due forme contre votre

personne, vous pourrez

continuer à jouir librement

de votre statut

d’homme « respectable

» dans la société. Voilà

comment fonctionne

l’Etat de droit Monsieur

le Sénateur !

Le citoyen que je

suis, après avoir pris le

temps nécessaire pour

PAR CES MOTIFS

Nous Me Paul PIERRE juge en audience civile, ordinaire et publique du mercredi trente mai deux

mille dix-huit (2018) après avoir délibéré conformément à la loi, le Ministère Public entendu : nous

déclarons compétent pour entendre cette affaire; accueillons l’action du demandeur pour être juste

et fondée; maintenons le défaut déjà octroyé à l’audience précitée ;admettons en conséquence le

divorce du sieur Roolvens ROMAIN d’avec son épouse la dame Naomie SAUVEUR pour injures graves

et publics ; prononçons la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonnons

à l’Officier de l’Etat Civil de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés

le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens éditant à

Port-au-Prince sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y echet; commettons l’huissier

Canal GABRIEL de ce Tribunal pour la signification de ce jugement ; compensons les dépens. Ce qui

sera exécuté.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Paul PIERRE, juge au Tribunal de première instance de

Port-au-Prince en présence de Me Wesley PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce

ressort et avec l’assistance de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, ce mercredi six juin deux mille

dix-huit(2018), An 215e de l’Indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux officiers

du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants et autres officiers

de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge et du Greffier susdits.

Ainsi signé : Me Paul PIERRE juge et M. Homère RAYMOND, greffier

Pour expédition conforme collationnée

comprendre le sens de

votre attitude innommable,

se sent outré

par cette plaisanterie de

mauvais goût que vous

avez orchestrée dans

le seul objectif de nuire

à ma réputation puisque

dans une affirmation

vous n’avez fourni

aucun chèque, papier

ou document pouvant

prouver vos allégations.

Pire encore, dans vos

pompeuses déclarations,

vous ne vous souvenez

même pas de l’année de

cette prétendue « transaction»

et vous même

admettez qu’il n’y a jamais

eu d’échange d’argent.

Donc de quoi on

parle monsieur le sénateur

?

Aussi longtemps

que de telles flèches seront

décrochées contre

moi, je ferai tout pour

protéger mon honneur

que vous vous efforcez à

traîner dans la boue immonde

de la tromperie et

de la malhonnêteté.

Civilités

Rony Desvarennes

Lundi

3 septembre 2018

PAR CES MOTIFS

Nous Me Paul PIERRE juge en audience civile, ordinaire et publique du mercredi vingt (20) juin

deux mille dix-huit 2018 après en avoir délibéré conformément à la loi, le Ministère Public

entendu : nous déclarons compétent pour entendre cette affaire; accueillons l’action du

demandeur pour être juste et fondée; maintenons le défaut déjà octroyé à l’audience précitée

;admettons en conséquence le divorce de Monsieur Guichard SAINT JULIEN d’avec sa femme

née Gislaine BRUNO pour injures graves et publics ; prononçons la dissolution des liens

matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonnons à l’Officier de l’Etat Civil de la Section

Sud de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens éditant à Port-au-Prince sous

peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y echet; commettons l’huissier Jean Marc

AUGUSTIN de ce siège pour la signification de ce jugement ; compensons les dépens. Ce qui sera

exécuté.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Paul PIERRE, juge au Tribunal de première instance de

Port-au-Prince en présence de Me Wesley PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement de ce

ressort et avec l’assistance de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, séance tenante du

mercredi vingt juin deux mille dix-huit(2018), An 215e de l’Indépendance.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux

officiers du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants et

autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge et du Greffier susdits.

Ainsi signé : Me Paul PIERRE juge et M. Homère RAYMOND

Pour expédition conforme collationnée

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes du

ministère public, admet le divorce des époux la dame Nicole Volcy SAINT-LOUIS née Nicole

VOLCY, le sieur Adrien SAINT-LOUIS pour injures graves et publiques aux torts de l’époux;

prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux; ordonne à l’officier

de l’Etat Civil de la Section Sud de Port-au-Prince, de transcrire sur les registres à ce

destinés le dispositif du présent jugement rendu par le Tribunal dont un extrait sera publié

dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers les

tiers s’il y echet; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous, Gerty Léon ALEXIS, juge en audience civile, ordinaire et

publique en date du vendredi six avril deux mille dix-huit, en présence de Me Brunet

SALOMON substitut Commissaire du Gouvernement de ce ressort, et avec l’assistance du

greffier Jean Serge DUVERT.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux

officiers du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants

et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge et du Greffier susdits.

Ainsi signé : Gerty Léon -Alexis juge et Jean Serge Duvert greffier

Pour expédition conforme collationnée

Le Greffier

PAR CES MOTIFS

Nous, Me Paul PIERRE, juge en audience civile, ordinaire et publique du mercredi

quatorze mars deux mille dix-huit (2018), après avoir délibéré conformément à la

loi, le Ministère Public entendu ; nous déclarons compétent pour entendre cette affaire;

maintenons le défaut déjà octroyé à l’audience précitée ; accueillons l’action en

divorce du demandeur pour être juste et fondée; admettons en conséquence le divorce

du sieur Yves Mozart REMEUS d’avec Roseline LACOSTE pour injures graves et publics

; prononçons la dissolution des liens matrimoniaux existant entre les dits époux;

ordonnons à l’Officier de l’Etat Civil de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire sur

les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement dont un extrait sera inséré

dans l’un des quotidiens éditant à Port-au-Prince sous peine de dommages intérêts

envers les tiers s’il y echet; commettons l’huissier Johnny JEAN de ce siège pour la

signification relative à ce jugement; compensons les dépens. Ce qui sera exécuté.

Ainsi jugé et prononcé par nous Paul PIERRE, juge au Tribunal de première instance de

Port-au-Prince en présence de Me Wesley PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement

de ce ressort et avec l’assistance de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, ce

mercredi onze avril deux mille dix-huit(2018), An 215e de l’Indépendance.

Il est ordonné etc…

En foi de quoi etc…

Me Jean Bonald Golinsky FATAL, Av

PAR CES MOTIFS

Nous, Me Paul PIERRE, juge en audience civile, ordinaire et publique du mercredi onze

avril deux mille dix-huit (2018) après avoir délibéré conformément à la loi, le Ministère

Public entendu ; nous déclarons compétent pour entendre cette affaire; maintenons le

défaut déjà octroyé à l’audience précitée déclarons fondée l’action de la demanderesse ;

admettons en conséquence le divorce de la dame née Marie Junie JOSEPH d’avec son

époux le sieur Rodney JEANNOT pour injures graves et publics ; prononçons la dissolution

des liens matrimoniaux existant entre les dits époux; ordonnons à l’Officier de l’Etat Civil

de la Section Est de Port-au-Prince de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif

du présent jugement dont un extrait sera inséré dans l’un des quotidiens éditant à

Port-au-Prince sous peine de dommages intérêts envers les tiers s’il y echet; commettons

l’huissier Johnny JEAN de ce Tribunal pour la signification de ce jugement; compensons les

dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Me Paul PIERRE, juge au Tribunal de première instance de

Port-au-Prince en présence de Me Wesley PAUL, Substitut Commissaire du Gouvernement

de ce ressort et avec l’assistance de Monsieur Homère RAYMOND, greffier, ce mercredi

dix-huit avril deux mille dix-huit(2018), An 215e de l’Indépendance.

Il est ordonné etc…

En foi de quoi etc…

Me Jean Bonald Golinsky FATAL, Av

AVIS DE DIVORCE

le Tribunal, après examen et sur les conclusions du ministère public maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée ; pour le défaut déclare fondée ladite

action ; admet en conséquence le divorce du sieur Jefferson JEAN-BAPTISTE d’avec son

épouse née Valentine JEAN JOSEPH pour injures graves et publiques aux torts de l’épouse

; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à

l’officier de l Etat civil de Limbé de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du

présent jugement dont un extrait sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant à la

Capitale sous peine de dommages-intérêts s’il y échet; commet l’huissier Fleurimond A.

PAUL de ce Tribunal pour la signification de ce jugement; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous : Linx JEAN Av, juge en audience ordinaire et publique du

quinze février deux mille dix-sept en présence de Me Hervé C. HYPPOLITE Substitut

commissaire du gouvernement de ce ressort avec l assistance du Greffier Magloire DESIR.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, aux

officiers du ministère public près les tribunaux civils d'y tenir la main, à tout commandant

et autres officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu'ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement fut signée du doyen et du greffier susdits.

Ainsi signé Linx JEAN et Magloire DESIR

Pour expédition conforme Collationnée

Le Greffier

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes du

ministère public, accueille l’action en divorce intentée par le sieur Vilgain SAINT-LOUIS pour

être régulière en la forme ; se déclarant compétent, maintient le défaut accordé à

l’audience du vendredi premier (01) juin deux mille dix-huit contre la dame Islande

PHILIBERT pour défaut de comparaitre; et quant au fond, admet et prononce la dissolution

des liens matrimoniaux ayant existé entre le sieur Vilgain SAINT-LOUIS et la dame Islande

PHILIBERT pour injures graves et publiques ; ordonne qu’un extrait du dispositif du dit

jugement soit à la diligence du requérant transcrit sur les registres à ce destinés de l’officier

de l’Etat Civil de Delmas après que toutes les formalités légales auront été remplies ;

compense les dépens en raison de la qualité des parties ; commet enfin l’huissier Josué

CADET pour la signification du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Widner THEANO, juge en audience publique et civile, en ses

attributions de divorce, ce vendredi huit (8) juin deux mille dix-huit (2018), en présence

de Me Quebex JEAN, faisant office du Ministère Public, avec l’assistance de Me Joseph Jean

JOSUE notre greffier.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux

officiers du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants

et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge et du Greffier

Me Daniel Jean JULIEN, avocat

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal sur les conclusions conforme du ministère public représenté à la barre par Me.

Gérarde Denis Joseph, substitut du commissaire du gouvernement de ce ressort, maintient

le défaut déjà accordé à l'audience précédente et pour le profit accueille l'action en

divorce initiée par la dame ATHALANTE Castor, pour être juste et fondée ; admet en

conséquence le divorce des époux WILFRID Pierre, la dame née ATHALANTE Castor pour

injures graves et publiques, incompatibilité de caractère aux torts de l'époux ; prononce la

dissolution des liens matrimoniaux existant entre eux. Comment l'huissier Fritz Bernard,

pour la signification du présent jugement Ainsi jugé et prononcé par nous Michel Claude

Doyen en présence de Me NUMA FRAZIL , substitut du commissaire du gouvernement de ce

ressort, assisté du sieur LENZ CASTOR, greffier du siège, ce jour dix-neuf juin deux mille

dix-sept, An 214eme de l'indépendance. Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de

mettre le présent jugement à exécution, aux officiers du ministère public près les tribunaux

civils d'y tenir la main, à tout commandant et autres officiers de la force publique de prêter

main forte lorsqu'ils en seront légalement requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement fut signée du doyen et du greffier susdits.

Ainsi signé Michel Claude avocat, LENZ CASTOR greffier

Collationner pour expédition conforme à la minute

Officier d'état civil Maxcène Appolon

AVIS DE DIVORCE

le Tribunal, après examen et sur les conclusions du ministère public maintient le défaut

octroyé contre la défenderesse à l’audience précitée ; pour le défaut déclare fondée ladite

action ; admet en conséquence le divorce du sieur Robert DENIS d’avec son épouse née

Christelle Marie JOSEPH pour injures graves et publiques aux torts de l’épouse ; prononce

la dissolution des liens matrimoniaux existant entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de

l Etat civil de Limbé de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement dont un extrait sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous

peine de dommages-intérêts s’il y échet; commet l’huissier Fleurimond A. PAUL de ce

Tribunal pour la signification de ce jugement; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous : Linx JEAN Av, juge en audience ordinaire et publique du

vingt-trois aout deux mille dix-sept en présence de Me Hervé C. HYPPOLITE Substitut

commissaire du gouvernement de ce ressort avec l assistance du Greffier Magloire DESIR.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution, aux

officiers du ministère public près les tribunaux civils d'y tenir la main, à tout commandant

et autres officiers de la force publique de prêter main forte lorsqu'ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi la minute du présent jugement fut signée du doyen et du greffier susdits.

Ainsi signé Linx JEAN avocat, Magloire DESIR greffier

Pour expédition conforme Collationnée

Le Greffier

AVIS DE DIVORCE

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes du ministère

public, accueille l’action du demandeur, le sieur Jean Denis ATUS, en la forme ; maintient le défaut,

faute de comparaitre, octroyé à l’audience du vendredi treize Avril deux mille dix-huit contre la

dame née Modeline FREDERICK; admet en conséquence le divorce dudit sieur Jean Denis ATUS,

contre son épouse née Modeline FREDERICK pour injures graves et publiques , faits prévus à l’article

217 du Code Civil Haïtien; prononce la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre eux aux

torts exclusifs de l’épouse; ordonne à l’officier de l’Etat Civil de la commune de Port-au-Prince,

Section Nord, de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du dit jugement dont un extrait

sera publié dans l’un des quotidiens s’éditant à la Capitale sous peine de dommages intérêts envers

les tiers; compense les dépens vu la qualité des parties ; commet l’huissier Clerbrun FAURE de ce siège

pour la signification du présent jugement.

Rendu de nous, Gerty Léon ALEXIS, juge au Tribunal de première instance du ressort de

Port-au-Prince en audience publique et ordinaire du vendredi vingt avril deux mille dix-huit, en

présence du substitut Commissaire du Gouvernement Me Aménaide Pascale RAYMOND, faisant office

du Ministère Public et avec l’assistance de Me Jean Serge DUVERT greffier du siège.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux officiers

du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants et autres officiers

de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge et du Greffier susdits. Ainsi signé :

Gerty Léon -Alexis juge et Jean Serge Duvert greffier

Pour expédition conforme collationnée : Le Greffier

PAR CES MOTIFS

Le tribunal, après examen sur les conclusions du ministère public, maintient le défaut

octroyé contre son épouse à l'audience précitée ; pour le profit, déclare fondée ladite

action. Admet en conséquence le divorce de Alande JOSEPH d’avec son épouse Marie Line

FILS-AIME, pour injures graves et publiques, aux torts de l'épouse ; prononce en

conséquence la dissolution des liens matrimoniaux ayant existé entre les dits époux :

Ordonne à l'officier de l'état civil de la commune de Cavaillon, de transcrire sur les

registres à ce destinés, les dispositifs du présent jugement dont un extrait sera inséré dans

l'un des quotidiens s'éditant à la capitale sous peine de dommages intérêts envers les tiers

s'il y échet ; commet l’huissier Jean Louis OCTAVE de ce siège pour la signification de ce

jugement ; compense les dépens.

Ainsi jugé et prononcé par nous Michel Claude, doyen, juge en audience civil, ordinaire et

publique en date du vingt huit février deux mille dix-huit en présence de Me. Gérard

Joseph DENIS, substitut commissaire du gouvernement de ce ressort, avec l'assistance du

greffier Jean Claude novembre.

Il est ordonné etc

En foi de quoi etc

Pour expédition conforme collationnée

Robert Renous, officier de l'état civil

PAR CES MOTIFS

le Tribunal, après examen et sur les conclusions du ministère public;

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience du trois

juillet deux mille dix sept ; pour le profit du défaut ,déclare fondée ladite

action ; admet en conséquence le divorce du sieur Helie Hector DESRAVINES

d’avec son épouse née Bethsabée JEAN pour injures graves et publiques et

infidélité conjugale ; prononce la dissolution des liens matrimoniaux

existant entre lesdits époux ; ordonne à l’officier de l Etat civil de Miragoane

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent

jugement ; commet l’huissier Morale Jean PIERRE de ce Tribunal pour la

signification du présent jugement; compense les dépens. Ainsi jugé et

prononcé par nous Marideline PAUL, juge en audience civile, ordinaire et

publique du quatre (4) octobre deux mille dix-sept en présence de Me

Mesmer ELISME Subs commissaire du gouvernement de ce ressort avec l

assistance du sieur Emmanuel DESIR. Greffier du siège.

Il est ordonne etc.

En foi de quoi etc

PAR CES MOTIFS

le Tribunal, après examen et sur les conclusions du ministère public;

maintient le défaut octroyé contre la défenderesse à l’audience du trois

juillet deux mille dix sept ; pour le profit du défaut ,déclare fondée ladite

action ; admet en conséquence le divorce de la dame née Antonine

MICOURT d’avec son époux le sieur Wells EDOUARD pour injures graves et

publique; prononce la dissolution des liens matrimoniaux existant entre

lesdits époux ; ordonne à l’officier de l Etat civil de Petite Rivière de Nippes

de transcrire sur les registres à ce destinés le dispositif du présent jugement

; commet l’huissier Morale Jean PIERRE de ce Tribunal pour la signification

du présent jugement; compense les dépens. Ainsi jugé et prononcé par nous

Marideline PAUL, juge en audience civile, ordinaire et publique du

vingt-trois (23) février deux mille dix-sept (2017) en présence de Me

Mesmer ELISME Substitut commissaire du gouvernement de ce ressort avec

l assistance du sieur Emmanuel DESIR. Greffier du siège.

Il est ordonne etc.

En foi de quoi etc

PAR CES MOTIFS

Le Tribunal après en avoir délibéré au vœu de la loi et sur les conclusions conformes du

ministère public, accueille l’action en divorce intentée par la dame Fabulia SUPPLICE pour

être régulière en la forme ; maintient le défaut accordé à l’audience du vendredi huit (08)

juin deux mille dix-huit contre le sieur Pierre Charles Jean Charles faute de comparaitre;

et quant au fond, admet et prononce prononce la dissolution des liens matrimoniaux

ayant existé entre la dame Fabulia SUPPLICE et le sieur Pierre Charles Jean Charles pour

injures graves et publiques, ordonne qu’un extrait du dispositif du dit jugement soit à la

diligence de la requérante transcrit sur les registres à ce destinés de l’officier de l’Etat Civil

de Delmas après que toutes les formalités légales auront été remplies ; compense les

dépens en raison de la qualité des parties ; commet enfin l’huissier Josué CADET pour la

signification du présent jugement.

Ainsi jugé et prononcé par nous Widner THEANO, juge en audience publique et civile, en ses

attributions de divorce, ce vendredi quinze (15) juin deux mille dix-huit (2018), en

présence de Me Quebex JEAN, faisant office du Ministère Public, avec l’assistance de Me

Joseph Jean JOSUE notre greffier.

Il est ordonné à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent jugement à exécution; aux

officiers du Ministère public près les tribunaux civils d’y tenir la main ; à tous commandants

et autres officiers de la force publique d’y prêter main forte lorsqu’ils en seront légalement

requis.

En foi de quoi, la minute du présent jugement est signée du Juge et du Greffier

Me Daniel Jean JULIEN, avocat

4 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


Twa Fèy, Twa Rasin O!

Chamailles, batailles, pagailles, déblozailles entre canailles

Par Fanfan la Tulipe

se nan pa prese

an n gade

ki fè de yè a kounye

vakabon ap sikile

Manno Charlemagne

Ils sont quelque 140 partis politiques,

peut-être plus. À part quelques-uns

d’entre eux, rares d’ailleurs, qui proposent

un projet cohérent de société,

on se demande chaque jour à quoi ils

servent, quels vrais principes démocratiques

les gouvernent, quelles initiatives

de conscientisation et d’éducation

politiques les lient aux masses populaires.

Seulement cinq ou six partis

politiques jouissent d’une substantielle

audience électorale. Y a-t-il de leur part

quelque réalisation concrète (lycées,

bibliothèques, écoles d’arts et métiers,

gymnasiums, dispensaires) dans les

quartiers populaires et bourgs du pays

dont ils peuvent s’enorgueillir? Les a-ton

jamais entendus poser les problèmes

du pays en terme de lutte de classe?

Pourquoi ne les entend-on pas prendre

position par rapport aux menées mortifères

de l’impérialisme? Jamais! On les

verra plutôt se bousculer au portillon de

l’ambassade cinquante-étoilée.

Seulement cinq ou six partis politiques

jouissent d’une substantielle

audience électorale. Quant aux autres,

ils font pitié. Minuscules, minisculissimes,

ils «n’arriveraient même pas à

réunir plus de deux partisans sous un

pylône électrique», pour reprendre une

de ces formules chères à feu le professeur

Daniel Fignolé. On les voit pousser

comme des champignons seulement à

l’approche de périodes électorales.

Quoiqu’il en soit, majuscules ou

minuscules, l’instabilité, la volatilité,

la futilité, parfois la nullité et très souvent

l’opportunisme sont les grandes

caractéristiques des partis politiques.

L’appartenance à un parti n’implique

pas forcément l’adhésion du membre

à la ligne et à la vision de celui-ci, ce

qui est source de pagaille. Même quand

il existe des chartes régissant le fonctionnement

du parti, il n’est pas du

tout certain qu’elles soient connues des

membres, voire qu’ils les mettraient en

pratique.

Quand un chef de parti, “lourd”

en espèces sonnantes et trébuchantes,

rencontre des membres d’une coordination

départementale d’un autre parti et

leur offre à chacun une grosse somme

d’argent pour le rejoindre, n’est-ce pas

semer des germes de corruption, de

zizanie, de discorde, de batailles, de

chamailles au sein des groupements

politiques? N’est-ce pas là l’origine de

chamailles, déblozailles, querelles intestines,

revirements, démissions, désertions

et trahisons souvent observés

dans cet univers fumeux de partis politiques

conduits par des dirigeants sans

principe?

Un électron libre, un grenn

senk comme Martelly décide de se porter

candidat à la présidence. Il se met

sous le parapluie d’un groupe politique

dénommé Repons Peyizan. Arrivé

au pouvoir grâce à de sordides combines

politiques, il fonde son propre

parti, le Parti haïtien tèt kale (PHTK).

Éventuellement, il se produira des fractures,

des batailles à l’intérieur de cette

tètkalétude dépourvue de vision, d’un

projet cohérent de société. Il en sera de

même pour d’autres partis comme, par

exemple, la Fusion des sociaux-démocrates.

Malgré leur innombrabilité, les

partis politiques ne sont jamais à court

d’inspiration, à court d’idées pour se

trouver un nom: Latibonit aksyonnè,

Alliance isit, Alliance lòtbò, Fronts

Hauts, Fronts Bas, Mouvement Sans

Recul, Mobilisation Sur Place, Pitit

Desalin, Paradis, Lanfè, PONT Sondé,

PONT PAWA, PAIN, AKASAN, Louvri

Baryè, Fèmen Baryè, KONBA, Défaite

Edmonde Supplice Beauzile, après

avoir été la rèn solèy de la Fusion

des Sociaux-Démocrates Haïtiens

(FUSION) ne dirige plus le parti

à relever, VERITE. MANTI. Parti Haitien

tèt kale, Parti Haïtien tèt kokolo,

Parti Haïtien tèt siwo, Parti Haïtien

tèt gridap, Organisation du peuple en

lutte, Hommes en lutte, Hommes en

rut, enfin, enfin, Serafen pye fen.

Bien entendu, quand il manque

de Pain et d’Akasan pour certains dont

la vie est devenue un Enfer alors que

d’autres se trouvent au Paradis soit

avec Jésus, soit avec l’argent de Petrocaribe;

quand les Tèt kale méprisent

les Tèt gridap; quand après avoir

Louvri Baryè pour laisser les grands

mangeurs s’enfuir vers Santo Domingo,

les autorités Fèmen Baryè pour

attraper et arrêter injustement quelques

malere qui n’avaient rien à voir avec

les pillages de magasin des 7 et 8 juillet,

eh bien il faut s’attendre à ce qu’il y ait

du rififi dans la maison, chamailles, batailles,

pagailles, déblozailles.

La vanne de Petrocaribe avaitelle

été ouverte à certains mecs du

PHTK et fermée à d’autres? Difficile

à savoir. Toujours est-il que au mois

d’avril passé, une lutte intestine, peutêtre

intestinale, s’était engagée entre

deux factions PHTKistes: l’une comprenant

sept “conseillers” (pourquoi tant

de monde?) du parti dont le fameux

Guichard Doré et le porte-parole, l’inénarrable

Rudy Hériveaux.

L’autre, moins reluisant, affiche

des noms moins bien connus, mais il

a bien pris soin d’écrire au ministre de

la Justice pour lui notifier des changements

opérés au sein du parti et lui soumettre

aussi les noms des nouveaux dirigeants.

Ses membres ont aussi obtenu

un acte notarié pour justifier qu’ils sont

les seuls dirigeants du parti. Adieu

Marie Yanick Mézile la présidente, Myrtho

René le vice-président et Georges

Garnier le secrétaire général. Combien

de coups de poings ont été tirés, combien

de gros mots ont été échangés, on

ne le saura jamais. Mais assurément,

il s’est agi de chamailles, batailles, pagailles,

déblozailles, ripaille entre canailles

de même plimay.

On peut noter que le Parti Fusion

des Sociaux-Démocrates Haïtiens

(FUSION), institution née du regroupement

de trois partis dont deux étaient

déjà membres à part entière de l’Internationale

Socialiste (IS) depuis de nombreuses

années était menacée de suspension

par celle-ci. Une telle menace

n’avait pu être proférée du fait qu’aux

oreilles-radars de l’IS étaient parvenus

des échos bruyants de batailles, de chamailles

au sein d’un parti apparemment

en début de liquéfaction, de......fusion.

Il avait donc fallu une antenne

interne pour transmettre à l’IS les

chamaillades, bousculades, bourades,

chahutades, bagarrades entre les fusionnistes.

Or, c’est de la plume même

de madame Edmonde Supplice Beauzile,

Présidente du Parti Fusion des Sociaux-Démocrates

Haïtiens (FUSION)

que nous apprenons comment le pot

aux roses avait été découvert. S’il faut

en croire la plumitive, le parti FUSION

« s’étonne de la facilité avec laquelle

on a pu l’induire [l’IS] en erreur et la

porter à prendre une décision grave de

suspension sur la foi d’allégations

mensongères d’un ex-conseiller du

parti Monsieur Victor Benoit.»

Ainsi, l’honorable professeur

“Tòtò” aurait été un menteur doublé

d’un tripotier? Prof “Tòtò” «devenu

Vice-président à l’IS, uniquement

parce que le parti auquel il appartenait

lui avait fait l’honneur de le désigner

comme son représentant auprès

de l’IS», serait alors un ingrat. Prof

“Tòtò”, serait un «mauvais perdant qui

a refusé d’affronter le verdict des militants

de son propre Parti». Madame

poursuit la mise en croix du menteur:

«Victor Benoit avait tenté d’imposer ses

protégés à la tête du parti sans prendre

l’avis des militants […] prendre une

sanction aussi grave qu’une suspension

même provisoire contre mon parti

sur la base d’allégations mensongères,

satisfera l’ego de Victor,..»

Plus loin, madame charge: «Je

vous épargne les détails sordides de

cette aventure individuelle de notre

ancien camarade […] L’image de mon

parti n’a rien à voir avec le tissu mensonger

que Victor a pu vous raconter.

Les plus anciens de l’IS se souviendront

qu’il n’en est pas à son coup d’essai. À

une réunion du Conseil à Athènes en

1992, il avait fait le même coup, sans

succès contre un parti frère (le PANPRA

alors géré par le camarade Serge Gilles)

[…] et qu’il voulait détruire.» Ah! Mèt

“Tòtò”, le magouilleur. Ma parole, quel

fusionnant déballage!

Bien sûr, le professeur, membre

fondateur du parti, ne s’est pas laissé

marcher dessus, ne s’est pas laissé

piétiner. Une telle piétinance venant

d’une femme a fait jaillir un flot d’hormones

mâles dans les veines du Prof

qui a jugé le bilan de leadership de

madame « pas très fameux». Dans les

colonnes du journal Le Nouvelliste, il

avait carrément accusé la Beauzile: «

Elle refuse systématiquement de laisser

l’opportunité à des jeunes qui ont déjà

donné la preuve de leur compétence

comme militants et cadres politiques

efficaces, d’accéder à la direction de

la Fusion». Une telle injustice, selon

Victor Benoit serait «basée sur des préjugés

relatifs aux origines sociales de

ces jeunes issus pour la plupart de milieux

défavorisés et marginalisés.» Une

charge très lourde, assurément. Une

dame qui n’aime pas se frotter avec les

sans-grade...

Au mois de janvier dernier, dans

ce cadre chamaillant qui caractérise les

canailles de la faune politicienne haïtienne,

le turbulent André Michel invitait

la plateforme Pitit Desalin à s’abstenir

de prendre part aux activités de

l’opposition démocratique et populaire.

Le sang desalinien ne fit qu’un tour

dans les veines du fougueux nordiste

Jean-Charles Moïse qui n’en finit pas

avec les opportunistes, et qui fit savoir

qu’il n’entendait pas polémiquer avec

André Michel, du reste un homme de

conflit.

En effet, Michel le conflictuel

«a provoqué plusieurs conflits durant

son passage dans les partis tels

que Konvansyon inite demokratik

(KID) et Mouvement patriotique populaire

dessalinien (MOPOD). Il a eu

aussi des conflits avec son camarade de

lutte Me Newton Saint-Juste ». Moïse

en a profité pour rappeler qu’il ne fallait

pas montrer André Michel du doigt,

mais plutôt indexer la main cachée

derrière ses actions. Sur cette lancée et

sans nommer personne, l’ex-sénateur

a lancé qu’il avait déjà été expulsé

dans un parti en 2013 à cause d’une

manifestation devant les locaux de

l’ambassade américaine. Évidemment,

une expulsion à la suite de chamailles,

batailles, pagailles, déblozailles entre

canailles.

La conflictualité n’est ps seulement

“dans la chemise” d’André Michel.

C’est un travers qui s’est aussi

infiltré dans... la chemise de Moïse et

dans celle de son adjoint le Dr Frantz

Perpignan. Celui-là, secrétaire général,

avait clairement rejeté toute idée

d’accepter les quelque 4.2 millions de

gourdes tombés de la manne du financement

des partis politiques, alors

que celui-ci, secrétaire général adjoint,

confirmait être obligé de prendre

l’argent pour éponger certaines dettes

de l’organisation.

Depuis, les deux hommes sont

Jean Charles Moïse avait clairement rejeté toute idée d’accepter les

quelque 4.2 millions de gourdes du COSFIPP. Mais le Dr. Frantz Perpignan,

(à droite), plus malin, n'était pas de cet avis. Il “recueillit” le fric au grand

dam de Moïse

apparemment à couteaux tirés, à

poignards conflictuels, d’autant que

Moïse s’est senti poignardé par le toubib

pour avoir appris seulement par

voie de presse que son lieutenant avait

récupéré un chèque d’un montant de

4.2 millions de gourdes auprès du Comité

de suivi pour le financement

et l’institutionnalisation des partis

politiques (COSFIPP) au nom de

Pitit Dessalines à titre de financement

des partis politiques. Une vraie pagaille.

Dans les saintes Écritures, on

lit que «le voile du Temple épais, fait de

tissu bleu, pourpre et cramoisi et de fin

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lin retors se déchira en deux depuis le

haut jusqu’en bas» ( Matthieu 27.50-

51a). Mais au niveau de la Plate-forme

VERITE, le voile du MENSONGE aux

couleurs rouge vif de règlements de

compte se déchira de bas en haut sur

fonds d’exécution de la loi sur le financement

des partis politiques. J o a n a s

Gué et Jean Gué, son frère, membres de

l’équipe dirigeante se rendant compte

de l’épaisseur millionnaire du voile,

s’empressèrent, avec quelques autres,

de le déchirer pakanpak, au grand

dam de René Monplaisir, Paul-Antoine

Bien-Aimé, Génard Joseph et Charles

Sufra, membres dirigeants également

qui, craignant les foudres de l’Éternel,

s’abstinrent. Ils firent tout un drame du

dappiyanp sur le voile du Trésor public.

Ils furent rejoints dans leur

craintive abstention par deux élus le

sénateur de l’Ouest, Antonio Chéramy,

et le député de Pétion-Ville, Jerry Tardieu.

Pour Don Cato, le Cher Ami des

bases des bidonvilles et des ghettos, Jovenel

l’inculpé cherche tout simplement

à aliéner les partis et à les bétizer.

Quant à Jerry le pétionvillois, il trouve

honteux que son parti VERITE puisse

accepter plus de 14 millions de gourdes

du COSIPP, des caisses de la nation,

alors que l’État a du mal à payer ses

fonctionnaires. Surtout, il enrage d’assister,

impuissant, aux conflits et aux

divergences qui s’installent parmi les

fondateurs du parti. Un euphémisme

petit-bourgeois pour dire chamailles,

batailles, pagailles, déblozailles entre

canailles.

Quid du parti MAS ? Alors que le

richissime Eric Jean Baptiste, le dieu de

la Borlette a quitté le microparti Mouvement

d’Action Socialiste, dont il n’était

seulement qu’un électron libre fournisseur

de gros sous et surtout pas son

leader politique les dirigeants du MAS,

les vrais membres politiciens et opportunistes

sans discernement se sont

jetés sur le voile du COSFIPP à griffes

abattues pour consommer la déchirure

(socialiste), eux qui ont toujours vivoté

aux crochets du plus offrant. C’est

bien Manno Charlemagne qui chantait:

nèg toujou chèche mwayen pou li

manje, sa se premyè panse l. Et

au temps de Dumarsais Estimé, le petit

peuple chantait: watchatcha, way

yo, lajan fè lòm...

Aux dernières nouvelles, les chamaillade,

bataillades et pagaillades sont

arrivées à un point de fusion tel que

madame la présidente du parti FUSION

a été radiée de ce groupement “socialiste”

selon une résolution adoptée

suite à la page(14)

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Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

5


Kwonik Kreyòl

Eleksyon 2019 yo!

Petwo Karibe : Odit Lakoudèkont la ap

pare an janvye 2019 !

Kèk manm KEP a

Konseye Lakou Siperyè DèKont

yo nan yon konferans pou

laprès yo bay maten an anonse odit

sou kesyon vol lajan Petwo Karibe a

ap parèt nan mwa janvye 2019. L ap

kouvri peryòd sa yo septanm 2008

jiska septanm 2016. Eske sa vle di

anpil kakachat pral nan lari ? M pa

konnen ! Men pinga se fèy y al kase

pou kouvri sa yomenm ak zanmi,

fanmi yo te fè ak lajan peyi a.

Jij kou Siperyè Dèkont yo

KEP Leopold Berlanger a fè konnen,

moun ki konn vote nan eleksyon

pral genyen pou yo vote ankò nan

mwa Oktòb 1919 kab vini an. Yo pral

gen pou chwazi senatè ak depite pou

51enyèm lejislati a nan Palman. Men

Berlanger two pwofite fè tout moun

konnen krab la pa gra ane sa a, pat gen

afè ; men kanta pou sa k ap vini an,

l ap bezwen sèlman yon ti kraze ant

50 ak 75 milyon dola US konsa pou l

depanse nan eleksyon an.

TèT KALE

Tan jodi

Pa tan ayè..Se vre.

Men yo makònen youn ak lòt

Pou fè nou sonje

Lontan

Lè mwen te konn kouri ti machin wou

sabliye

Tou pre prizon an

Sou ti plas devan katedral la

Moun tèt kale mwen te konn wè

Se te prizonye

Jodi a

Mwen sezi!

Senatè... Depite...Minis Jistis

Osinon Minis Injistis

Ak yon bann lòt Sendenden

Yo tout te kale tèt yo vif

Pou yo te ale fè piyay

Nan voum lajan Petro Karibe a

Men...Se bon !

Yo mèt maske

Ak tèt yo tou kale

Pèp la pap bouke rele

Depi Channmas

Pou rive jis sou Estern Parkway :

BARE YO!... BARE YO...Bare vole

Cauvin Paul

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6 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


Perspectives

Mobilisation PetroCaribe 2.0 : Fulgurance

virtuelle ou résurgence citoyenne ?

Par Erno RENONCOURT

Haïti, le chemin de

l’angoisse

Par Iléus Papillon

L’enfumage parlementaire

Il n’y a pas encore longtemps, les

stratèges, promoteurs et bénéficiaires de

la corruption, évoluant sur la scène haïtienne,

croyaient avoir gagné la bataille

de PetroCaribe. Au vrai, préjugeant de

l’inertie collective et de la roublardise

de l’intelligence haïtienne, ils n’avaient

pas tort. Et pour cause, ils avaient mobilisé

des ressources non négligeables

et exercé des pressions considérables

pour intimer les plus entêtés et faire

en sorte que le dossier soit enterré. En

haut lieu, il y a eu une manifeste volonté

d’enfumer la vérité sur plus de trois

milliards de dollars, tirés du programme

dénommé Petrocaribe, mis en place par

le Venezuela pour soutenir les efforts de

développement des pays de l’Amérique

Latine et de la Caraïbe.

On se rappelle qu’à plusieurs

reprises, le président haïtien, Jovenel

Moïse, assurant la continuité du régime

responsable de la majeure partie de

cette corruption, s’était prononcé contre

le suivi de ce dossier en arguant qu’il

s’agissait de persécutions politiques.

Et même, qu’il avait pris soin d’ajouter,

lors de son passage en France en

décembre 2017, qu’il disposait d’alliés

fidèles dans toutes les institutions du

pays (et peut-être aussi ailleurs) pour

bloquer tous les dossiers qui ne lui sont

pas favorables. Et le Sénat de la République

n’avait pas pris de temps pour lui

donner raison.

Il y a eu certes les deux rapports

volumineux, préparés par deux commissions

sénatoriales distinctes, qui

avaient tenté de mettre en évidence des

irrégularités, des malversations, des

détournements et des actions frauduleuses

de dilapidation des fonds du trésor

public dans le cadre de ce dossier.

Cependant, la majorité parlementaire,

acquise au pouvoir en place, avait

décidé, en février 2018 dernier, de

surseoir sur la procédure d’enquête parlementaire,

en expédiant, comme une

formalité administrative, le rapport final

à la Cour Supérieure des Comptes et

du Contentieux Administratif (CSCCA).

Une manière institutionnelle, à l’haïtienne,

de jeter le dossier aux oubliettes.

Qui empêchera à cette mobilisation d’échouer comme celle de : 1986,

conduite à l’époque par la génération des FENEH et des KILEH qui sont

aujourd’hui, en grande partie, les nouveaux acteurs et décideurs, visibles

ou dans l’ombre, du système ?

Le réveil citoyen

Mais la roue de l’histoire tournant, les

évènements des 6 et 7 juillet 2018,

ayant conduit à la démission du gouvernement

du premier ministre Jack

Guy Lafontant, semblent avoir provoqué

un vrai déclic dans l’opinion publique

et contribué à un sursaut citoyen.

Des lignes ont bougé, des voix longtemps

silencieuses se sont élevées et la

rue semble vouloir prendre le relais. Un

slogan retentit sous forme d’interrogation

revendicative : KoteKobPetwokaribeA

? Les réseaux sociaux s’en emparent.

Des groupes virtuels portant ce

slogan comme cri de ralliement citoyen

se sont formés et alimentent le débat.

Des messages se propagent. Tout invite

à la contestation.

Pourtant, ce n’est pas encore le

grand réveil qui doit enflammer l’horizon

et faire reculer l’obscurité. Mais

c’est un bon début qu’il faut entretenir,

encadrer et surtout orienter vers un engagement

véritable. Il faut structurer le

mouvement sur des bases objectivantes

où la clarté, la transparence, la responsabilité,

mais aussi et surtout l’honnêteté

agiront comme catalyseurs pour accroitre

son potentiel d’influence. Il s’agit de

rester crédible pour susciter l’adhésion.

Il s’agit de se montrer exemplaire pour

prôner la rupture. Il s’agit de se montrer

inclusif pour mobiliser davantage. Il

s’agit de se montrer cohérent pour que

le factuel prenne le pas sur le virtuel.

Mais il s’agit de se montrer honnête.

Car c’est un mensonge éhonté de laisser

croire que la bataille contre la dilapidation

des fonds de PetroCaribe a commencé

avec #KoteKobPetwokaribeA ?

C’est même une insulte à l’endroit de

ceux et celles qui, depuis 2015, et bien

avant, n’avaient pas cessé de questionner

les dérives de corruption du gouvernement

de Laurent « Gargote ».

Mais, dans l’univers haïtien,

toute chose étant par ailleurs inégale

et différenciée : peut-être que les premiers

n’avaient pas les bons sponsors

pour bénéficier de l’éclairage des panneaux

publicitaires et accrocher ainsi

les regards ? En agitant ces questions,

nous cherchons à restituer la vérité et

faire en sorte que le courage de ceux

et celles qui ont battu le pavé entre

2013 et 2016, et l’intelligence de ceux

et celles qui ont porté le dossier devant

les tribunaux pour qu’il ne meure pas

ne soient pas gommés du récit de cette

lutte…que les acteurs médiatiques vont

à coup sûr réécrire.

D’ailleurs on peut se demander,

combien parmi ceux qui « tweetent » et

qui se reconnaissent dans le très médiatique

hashtag #KoteKobPetwokaribeA

? ont porté formellement plainte devant

les tribunaux ? Ne convient-il pas

d’être cohérent ? Si on demande aux

tribunaux d’agir, il faut au moins qu’on

soit nombreux à porter plainte pour

symboliquement donner du poids au

dossier en montrant aux juges, dont on

n’est guère certain de leur intégrité, que

la volonté collective est inébranlable et

manifeste.

Questionner pour clarifier

Qu’on se le tienne pour dit, il ne s’agit

pas de provocation gratuite, mais

d’une urgence de clarification. Car la

thématique de la demande de justice

sur le dossier de PetroCaribe est plus

récurrente que fulgurante. Au vrai, la

contestation qui accompagne le mouvement

KoteKobPetwokaribeA ? n’est

qu’une résurgence citoyenne qui doit

être entretenue pour qu’elle devienne

un engagement permanent et non plus

fulgurant.

C’est une invitation à descendre

en profondeur dans la contestation pour

ne pas rester à la surface. Il faut refuser

d’être, une nouvelle fois, une écume de

vague qui vient bousculer les saletés de

la dernière marée basse. Nous devons

faire mûrir cette contestation par le regroupement

de toutes les intelligences

disponibles. Et de préférence de celles

qui sont engagées dans la bataille non

pour un simple changement de façade,

mais pour une vraie régénération

d’Haïti. Nous devons drainer l’énergie

éthique de la population pour que cette

lame de fond soit suffisamment puissante

pour nettoyer tout le rivage. Mais

pour cela nous devons refuser l’enfumage.

Aussi il y a lieu d’anticiper les

réticences et les craintes qui surgissent

par rapport à ce mouvement pour ne

pas nourrir les suspicions et le plomber.

Ce mouvement citoyen en éveil

porte l’espérance de la régénération

d’Haïti. En ce sens, il faut l’amplifier,

car l’inertie collective nous a trop longtemps

désappris à penser et à vivre humainement.

Toutefois, il faut se rappeler

des échecs passés, notamment ceux

de 1986 et de 2004.

Même si la tendance en Haïti

veut que tout questionnement soit une

opposition, il faut apprendre à accepter

et à vivre la contradiction pour nous

exercer à la culture de la tolérance et de

la différence. Il faut apprendre à mettre

en commun ce que nous avons de meilleur,

du moment que le pire qui nous

différencie n’entrave pas le succès du

projet haïtien. Il faut être ouvert aux

questionnements qui vont se bousculer

à la porte de ce mouvement. Ils ne

seront pas tous destinés à le détruire,

à le discréditer. Certains ne chercheront

qu’à trouver de la clarté. Personne ne

peut les en vouloir, vu la profondeur

de l’obscurité de ces 214 années de

corruption généralisée. D’autres ne viseront

qu’à s’assurer de la cohérence

du projet. On ne peut pas les ignorer.

La culture de l’imposture et de la roublardise

est trop manifeste en Haïti.

Voici pourquoi, il faut sans cesse

se dire qu’un mouvement citoyen

revendicatif ne portera fruit que s’il

peut jouer la partie d’échecs contre la

corruption sur trois coups de maître :

s’efforcer d’être prudent et transparent

sur ses sources de financement ; être

cohérent dans ses finalités et ses objectifs

; être rassembleur dans ses stratégies

de mobilisation.

Toute autre démarche ne sera

qu’imposture et n’apportera que désillusion.

Il faut éviter la tentation sectaire

et autosuffisante. Au demeurant, empressons-nous

de dire que cette réflexion

ne vise point à faire la leçon à

quiconque. Elle ne cherche, au mieux,

qu’à orienter vers ce qui pourra être

plus efficace et plus rassembleur ; au

pis, à alerter sur les dérives d’un sectarisme

infantile qui est souvent au service

d’intérêts privés et non collectifs.

Ce ne sera que dommage si les

promoteurs et les stratèges du désormais

médiatique mouvement #Kote-

KobPetwokaribeA ? et # AyitiNouVleA

pensent qu’il s’agisse d’une provocation

et d’une volonté de destruction.

D’autant qu’il faut se dire qu’un mouvement

citoyen n’a ni actionnaires, ni

propriétaires. Ce n’est pas une Petite

et Moyenne Entreprise. Il faut se défaire

de cette culture haïtienne qui veut

que les organisations de la société civile

soient des biens privés au service

d’intérêts privés. Comment être crédible

dans l’opinion, face à ceux que l’on

combat, si on a les mêmes pratiques

qu’eux ?

Aujourd’hui on ne peut, dans

un mouvement citoyen qui se veut

rassembleur, ni tolérer ni encourager

ceux qui disent qu’ils ne veulent pas

des politiques. Si encore il y avait une

nuance pour dire qu’il y en a marre

suite à la page(14)

Honte à tous ceux qui ont volé

l’argent du Fonds PetroCaribe sans

avoir tenté d’aborder les problèmes

de l’agriculture, de l’élevage,

de la pêche, de l’éducation, de

la santé, du transport, de la

télécommunication…

Depuis une dizaine d’années, on assiste

non sans angoisse, tristesse

et impuissance à une montée incontrôlable

de fuite de cerveaux mettant

en cause surtout les jeunes haïtiens. Il

faut noter toutefois que l’espace haïtien

paraît comme une terre de transit

pour beaucoup de ses fils et filles qui,

faute de trouver de quoi vivre, empruntent

le chemin de l’exil. Mais terre de

transit également pour les gouvernants

qui ont femmes et enfants ailleurs. Ils

n’ont aucune appartenance au pays.

Ils n’ont aucune confiance dans les

systèmes sanitaire et éducatif haïtiens,

c’est pourquoi ils ne veulent pas que

leur famille reste ici.

Il faut remonter au début du

20e siècle notamment avec l’Occupation

Américain pour assister à la

première grande vague migratoire haïtienne.

Le sociologue haïtien, Laënnerc

HURBON a consacré tout un chapitre

dans son livre Comprendre Haïti à ce

phénomène. Viennent ensuite d’autres

périodes bien évidemment (sous la dictature

des Duvalier et l’après-Duvalier).

Notons par ailleurs que chaque vague

migratoire haïtienne est caractérisée par

un ensemble de phénomènes d’ordre

(politique, idéologique, économique,

besoin de faire des études dans un pays

étranger, etc.)

Tout au long du régime féroce

des Duvalier et avant même les années

1950, les Haïtiens qui ont quitté

le pays ont été souvent motivés par

l’un de ces phénomènes cités ci-dessus.

Si pendant la période dictatoriale les

Haïtiens fuyaient le pays pour causes

idéologique, politique et d’études, aujourd’hui,

les jeunes sont à la recherche

d’emploi, ils ne quittent pas Haïti, ils

fuient la misère sociale, le désespoir, la

corruption, l’escroquerie et le banditisme

d’État. Ils refusent de crever yeux

ouverts.

Rappelons qu’il n’y a rien de mal

à ce que des gens qui visent d’autres

contrées pour vivre. Au contraire, il

est conseillé de voyager, de quitter son

lieu de naissance parfois pour pouvoir

respirer dans d’autres horizons. Cependant,

ce qui fait peur, ce sont les causes

du départ. Quand c’est le décor de

corruption, de misère et du népotisme

qui provoque le départ, il y a lieu de

questionner le phénomène. Quand les

jeunes sont partis à cause de l’oppression,

de l’instauration de l’injustice

comme norme, il y a lieu de s’inquiéter.

Quand les individus fuient leur pays

pour échapper à la misère, les inégalités

sociales et économiques, les pressions

politiques et idéologiques, il y a

lieu d’avoir peur pour l’avenir de cette

société.

Dans ce texte, nous mettons en

question une Haïti qui est en train de

se vider d’une des plus grandes constantes

qu’elle possède: les jeunes, les

individus, les diplômés, les cadres, la

matière, l’élément le plus important

pour la création de la nouvelle HAITI

dont nous rêvons. Si les spécialistes en

développement durable se mettent d’accord

sur cette question: une société se

transforme avec des individus formés,

éduqués, instruits, ouverts, capables de

s’adapter aux changements qu’imposent

le présent et le futur…, nous voici

aujourd’hui face à une jeunesse réduite

à l'exil involontaire et forcé.

Cause? La mauvaise répartition

des richesses du pays. D’où, il faut

voir le départ des jeunes comme une

conséquence directe de l’incompétence,

de l’inconsistance et de l’incapacité des

autorités haïtiennes à répondre même

aux besoins les plus élémentaires de la

population : eau potable, santé, éducation,

nourriture, logement, etc. C’est

un État failli. Face à des dirigeants administrant

un pays sans vision, sans

plan de développement, dominé par le

népotisme, la corruption, l’ignorance,

le mépris et le rejet de l’autre, l’injustice,

la méfiance, les jeunes haïtiens

n’ont le courage que pour affronter

l’errance, l’exil, l’ailleurs pour se refaire

ou défaire le destin. Il semble que pour

eux tout ce qui reste est PARTIR. Les

élites économiques, politiques, intellectuelles

sont démissionnaires. La nature

a horreur du vide, dit-on. La pauvreté

ne veut rien dire pour les élites possédantes

d’ailleurs coupées avec le

reste du pays. Les élites possédantes

n’ont d’intérêt que dans le «achte-revann»;

ce sont donc des revendeurs.

Des négociants qui ne se préoccupent

que du gain facile dans la contrebande

et le pot de vin en complicité avec l’État

haïtien…

On dira que ces jeunes n’avaient

pas osé. Peut-être, oui. Mais la réalité

sociale est ce qu’elle est en Haïti: pas de

crédit pour les jeunes, pas d’emploi, pas

d’opportunité pour la création d’entreprises

et de richesses. Ce sont des jeunes

qui sont donc forcés de quitter le pays.

Les prêts sont destinés à l’oligarchie

prenant en otage le pays depuis plus

de 200 ans. Face à ce rejet, ce mépris,

les jeunes n’ont qu’un choix : PARTIR.

Et souvent, ils font face à de nombreux

obstacles : le viol et l’esclavage sexuel

pour les femmes, surtout. Livia GARRI-

GUE, reprenant les propos d’un exilé,

à travers un texte titré « Croire à l’incroyable

» publié aux éditions Sciences

Humaines, août 2018 admet qu’il y a

«une présence constante de la mort sur

le trajet» [… vers les pays étrangers].

Livia GARRIGUE présente cette réflexion

autour du livre : Croire à l’incroyable.

Un sociologue à la Cour nationale

du droit d’asile_ de Smaïn LAACHER

publié aux éditions Gallimard en 2018,

192 p.. Notons que le sociologue Smaïn

LAACHER est un spécialiste des migrations.

À travers ce livre, l’auteur aborde

l’épineuse et fragile question : comment

savoir si ce que raconte un exilé est

crédible ou pas, tenant compte que le

terrain (terre natale de l’exilé) est inaccessible

au juge. Pour LAACHER, il

convient alors d’analyser la cohérence

dans la chronologie des faits telle

qu’elle est expliquée par l’exilé. Voilà

tant de péripéties qui attendent les citoyens

d’un pays acceptant de prendre

le chemin de l’exil ou tout simplement

décidant de vivre ailleurs sans être

détenteurs des papiers exigés par l’émigration

du pays d’accueil.

Haïti. Ce mot qui coule sur toutes

les lèvres, fait objet de compassion et

de débats dans les toutes grandes capitales

du monde. Quelle honte! Quelle

tristesse ! Quelle déception ! Quelle ignominie

d’être parmi les pays les plus

pauvres du monde et, paradoxalement,

être la première République Noire

indépendante du monde, un passé

suite à la page(14)

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

7


La Tribune de Catherine Charlemagne (32)

PetroCaribe, Internet dernier recours !

Difficile de penser que le dossier communément

appelé « Affaire Petro-

Caribe » puisse finir éternellement dans

un tiroir poussiéreux de l’administration

publique haïtienne. Personne et surtout

pas les bénéficiaires de cette manne financière,

n’auraient imaginé un jour que

ce dossier aurait pris l’ampleur qu’il connaît

en ce moment à travers le pays et

dans la diaspora. Difficile, enfin, d’échapper

à ce phénomène qui accapare l’esprit

de tous, même ceux qui ne s’intéressent

pas trop aux Réseaux sociaux. Cette

affaire est partout. Dans les transports

en commun. En avion. En bateau. En

voiture, ce qui met en danger la vie des

automobilistes. Aux bureaux. Dans les

facultés. Aux marchés. Bref, PetroCaribe

imprègne notre vie tous les jours jusqu’à

devenir indissociable ou presque de notre

existence.

Jamais auparavant ce qui est en

passe de devenir la plus grande affaire

politique haïtienne de tous les temps n’a

touché autant d’Haïtiens. Certaines personnes,

voire des étrangers, se mettent

de la partie sans même savoir de quoi il

s’agit. Elles se laissent entrainer dans un

courant dont les historiens diront demain

que tout avait commencé juste par un «

#hashtag ». Ce thème barbare qu’on entend

depuis la parution de ce qu’on appelle

aujourd’hui : les Réseaux sociaux.

En clair, l’avènement des discussions

et des échanges sur Internet sur

tout et du n’importe quoi. Facilité par

ces outils de la Nouvelle Technologie de

la Communication (NTC) que personne

aujourd’hui ne peut honnêtement s’en

passer sauf qu’à se faire traiter de ringard

par ses amis, voire par ses enfants. Pour

faire court, le programme PetroCaribe est

une sorte de prêt à très long terme qu’a

accordé le gouvernement vénézuélien du

temps du Président Hugo Chavez à son

homologue haïtien à l’époque de René

Préval.

Cet accord consistait à livrer

du pétrole à Haïti à un taux dérisoire et à

crédit à titre d’aide au développement. En

plus, le gouvernement haïtien n’aura pas

à rembourser tout de suite. Mais, selon

les termes de l’accord, les autorités haïtiennes

s’engagent à investir cet argent

dans des projets sociaux et d’infrastructures

pour la modernisation du pays. Ces

intérêts qui doivent être remboursés dans

les 20, 30 années à venir sont cumulés à

des sommes colossales avoisinant aujourd’hui

près de quatre milliards de dollars

américains. Même si Wilson Laleau, le

Enfin, la question que tout le monde se pose : y aura-t-il un procès

PetroCaribe un jour en Haïti afin que la lumière soit faite ?

chef de cabinet du Président de la République

dit le contraire en l’évaluant le lundi

3 septembre 2018 sur Radio Métropole à

seulement 1. 8 milliards. Sauf que les dirigeants

haïtiens, depuis l’administration

de Préval, au lieu d’investir comme prévu

cette masse d’argent dans de grands

projets de développement, ont fait main

basse sur ce magot sans se soucier de la

moindre critique et des conséquences de

ce comportement irresponsable sur l’avenir

du pays.

Ce programme PetroCaribe a engendré

un vaste champ de corruption à

grande échelle qui, aujourd’hui, dépasse

la seule responsabilité des autorités politiques.

Alors que le pays s’appauvrit et

la population devient de plus en plus

dépendante des aides internationales. Du

coup, plusieurs Commissions parlementaires

ont tenté de voir plus clair dans ce

scandale et comprendre où sont passés

les quelques plus de trois milliards de

dollars. Les résultats des deux Rapports

des deux Commissions parallèles, celle

conduite par le sénateur Youri Latortue

et celle du sénateur Evalière Beauplan,

sont arrivés à la même conclusion : les

fonds du programme PetroCaribe ont été

détournés de leurs objectifs initiaux et

ce sur tous les gouvernements allant de

2006 à 2017.

Même, la plupart de ceux

qui ont participé à ce détournement ou

bénéficié des biens publics demandent

aujourd’hui à ce que la justice trouve les

coupables qui ont dilapidé ces fonds qui

auraient pu contribuer à améliorer le sort

de la population et doter le pays de nouvelles

infrastructures. Sauf que malgré

moult démarches engagées auprès divers

gouvernements, aucun n’est disposé à

faire la lumière sur la disparition de cet

argent. De feu Président René Préval à

l’actuel chef de l’Etat Jovenel Moïse en

passant par Michel Martelly et Jocelerme

Privert, aucun n’a jamais voulu ou n’a

souhaité porter l’affaire devant la justice

malgré des démarches entreprises par

certaines personnalités de la classe politique

et de la Société civile dans le cadre

de la lutte contre la corruption. Pire, l’activisme

de certains membres de l’opposition

sur la question PetroCaribe a plutôt

durci la position des gouvernements

quand ce n’est pas avec le mépris qu’ils

accueillent les actions de ceux réclamant

la vérité sur ce scandale du siècle.

L’année dernière à Paris, le Président

Jovenel Moïse avait quasiment

classé, sinon enterré ce dossier qu’il estimait

être monté de toute pièce pour tuer

certaines personnalités politiques. Il avait

qualifié les diverses Commissions sur

PetroCaribe de persécution politique. Les

plaintes déposées par des contribuables

auprès des tribunaux jusqu’à date n’ont

pas eu d’effet. Tandis que des personnalités

dont les noms sont en tête de liste

dans ce vaste réseau de corruption et

de détournement de fonds se la coulent

douce au plus haut sommet du pouvoir

et de l’Etat.

D’autres mettant carrément en

cause l’intégrité, voire les compétences

intellectuelles de ceux qui les accusent

d’avoir tout bonnement détourné à leur

profit les réserves du fonds PetroCaribe.

Finalement, l’on commence à dire que

l’affaire PetroCaribe sera une affaire parmi

d’autres. Il n’y aura jamais de procès

PetroCaribe. Ce dossier sera classé sans

suite comme l’auraient espéré le pouvoir

et les principaux bénéficiaires. Surtout

que des personnalités connues, non

des moindres, dont les noms sont cités

nommément dans les Rapports des deux

Commissions sénatoriales se trouvent au

Palais national à côté du chef de l’Etat.

D’autres sont des anciens Premiers ministres

qui ont été au cœur du système

PetroCaribe. Aujourd’hui, ils tentent de se

défendre dans ce dossier. Compte tenu de

la fonction qu’ils occupaient à l’époque

où les millions de PetroCaribe servaient

à financer les campagnes électorales des

amis et des proches du pouvoir, leur responsabilité

ou leur complicité ne fait

aucun doute dans la dilapidation de ces

millions.

Enfin, la question que tout le

monde se pose : y aura-t-il un procès PetroCaribe

un jour en Haïti afin que la lumière

soit faite ? Pour que justice soit rendue

aux contribuables Haïtiens à qui cet

argent était destiné à l’origine ? Comment

faire pour que PetroCaribe reste dans l’actualité

haïtienne malgré les démarches

souterraines de certains concernés ? Sans

oublier le prosélytisme d’autres accusés

dans la presse pour s’en défendre. Mais

il faut dire aussi que certains parlementaires,

dont les sénateurs de l’opposition,

n’ont jamais pensé à abandonner le dossier.

Ils ne ratent aucune occasion pour

faire remonter ce dossier encombrant à

la surface dans l’opinion publique. Et oh

miracle ! Un groupe de citoyens a eu une

idée géniale qui va vite faire de PetroCaribe

l’affaire dont tout le monde parle. Ils

vont utiliser les Réseaux sociaux comme

moyen pour faire connaître au plus grand

nombre comment les dirigeants haïtiens

ont gaspillé, volé, gargoté, pillé, dilapidé

plus de trois milliards de dollars américains,

n’en déplaise à l’ancien ministre du

Commerce et de l’Industrie Wilson Laleau,

destinés au développement durant

la période de 2006 à 2017. Leur idée est

simple.

Faire circuler sur Internet un message

: « kote lajan Petrokaribe a » (Où

est passé l’argent du PetroCaribe) ? Très

vite l’affaire va enflammer tous les supports

ayant pour fonction de transporter

l’information à tous les internautes via

Facebook, youtube, Whatsapp, Twitter,

Instagram, etc. En très peu de temps, cet

appel est devenu un leitmotiv et tout le

monde se fait un devoir de contribuer à

faire passer le message à travers des affiches

et des clichés portant des écriteaux

déclinés en plusieurs termes tous ayant

rapport avec PetroCaribe. Au-delà de

quelques amis portant la paternité de ce

mouvement « social », d’autres groupes

à travers le monde (diaspora) se sont

formés et se donnent pour mission de

relayer l’appel et pousser les citoyens

Haïtiens, pas seulement d’ailleurs, à se

mobiliser afin que le dossier PetroCaribe

devienne « l’Affaire » de tous. Même la

démission du Premier ministre Jack Guy

Lafontant en pleine période de contestation

sociale n’a eu aucun effet sur un

mouvement citoyen qui se déchaine sur

la toile. Mieux, la nomination de son successeur,

le Notaire Jean Henry Céant qui a

toutes les peines du monde à monter son

Cabinet ministériel, ne fait qu’amplifier le

mouvement.

Ce d’autant que le nom de celui-ci,

bien qu’il n’a jamais été membre d’aucun

gouvernement dans le passé, apparaît

sur les longues listes des gens qui de près

ou de loin auraient participé à cette affaire

d’Etat. Le Premier ministre désigné

étant le notaire de la quasi-totalité des

célébrités de la capitale, la bourgeoisie et

des politiques en Haïti, certains estiment

à tort ou à raison que l’homme du haut

de Bourdon ne peut être étranger à ce

scandale qui défraie la chronique depuis

quelque temps. Le moins que l’on puisse

dire, depuis le lancement réussi sur les

Réseaux sociaux, le fonds PetroCaribe

qu’on trouve dans toutes les sauces sur

Internet empêche beaucoup de monde de

dormir.

Des individus qui finissent par

comprendre que là où le pouvoir législatif

avec deux Commissions d’enquêtes

ont pratiquement échoué à faire bouger

le dossier, un simple hashtag « #kotelajanpetrokaribea

» lancé par PetroCaribe/

RINCHER

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Brooklyn, NY 11226

(718) 282-4033

Email: rincherexpress@gmail.com

Challenge a réussi à mettre en mouvement

la longue marche vers la justice. Si

bien que la présidence de la République

qui a tout fait pour étouffer une affaire

aussi grave que la dilapidation d’un fonds

alimenté par une source de devises qu’un

pays frère a mis à la disposition de l’Etat

haïtien pour l’aider à doter le pays d’infrastructures

adéquates et nécessaires à son

développement serait obligé de lâcher du

lest et de laisser le champ libre à la justice

pour faire son travail. Enfin, les présumés

coupables ont saisi l’ampleur d’un mouvement

auquel apparemment plus rien ni

personne ne peut faire obstruction pour

que les profiteurs rendent des comptes.

En moins de temps, là où tout paraissait

impossible sur le plan judiciaire, l’Internet

devient le seul recours.

Car avec une telle mobilisation, il

paraît difficile pour le Président Jovenel

Moïse de faire l’impasse à ce rouleau

compresseur qu’est l’Internet. Encore

plus que les manifestations des rues

contre PetroCaribe qui ne mobilisent pas

grand monde, la mobilisation virtuelle

qui est en fait la manifestation d’une

nouvelle forme de contestation contre

les puissants qui se croient intouchables,

demeure une vraie arme de dissuasion

Wilson Laleau, le chef de cabinet

du Président Jovenel Moise

capable de faire trembler les femmes et

les hommes forts des régimes d’hier et

d’aujourd’hui. Cette arme est capable

d’atteindre au fond de chaque foyer tous

les citoyens qui se sentent concernés.

Les différends slogans qui fleurissent

sur Internet du genre « kote lajan petrokaribe

a » ou « remet kòb petrokaribe

a » ou encore « kot kòb petrokaribe a »

démontrent que la population entend utiliser

toute forme de support d’expression

suite à la page(16)

Director: Florence Comeau

Interlink Translation

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Tel: 718-363-1585

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8 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


This Week in Haiti

Haitian Demonstrators Ask: “Where is the PetroCaribe money?”

On Sep. 2, hundreds marched through Port-au-Prince to ask where money

from the PetroCaribe Fund had gone

by Milo Milfort

Many hundreds of protestors took to

the streets of Haiti’s capital, Portau-Prince,

on Sun., Sep. 2, 2018 to demand

that light be shed on how money

from the country’s PetroCaribe fund has

been spent over the past 10 years.

The PetroCaribe fund, filled since

2008 with 40% of the revenues from

the sale of Venezuelan petroleum products,

was valued at some US$3.8 billion

which has been squandered and

embezzled, according to two Haitian

Senate reports. This fund, if it had been

well spent, could have helped to improve

the deplorable living conditions

of the majority of Haiti’s population,

demonstrators said.

Carrying banners and posters,

chanting anti-government slogans and

Milo Milfort/Haïti Liberté

songs, many wearing white T-shirts

with “Tie up the thieves” printed on the

back, the demonstrators were mostly

young people, especially women. The

march marked a new high-water mark

Milo Milfort/

Haïti Liberté

Most of the demonstrators were

young people, especially women

in the growing uprising against the corruption

that is hobbling Haiti.

This particular phase of the

anti-corruption movement began in

mid-August 2018 when artists like

Haitian filmmaker and writer Gilbert

Mirambeau Jr. and Haitian musician

K-Lib started a worldwide storm on

social media networks like Twitter,

Facebook, Instagram, and Whatsapp

by launching the “PetroCaribe challenge”

(#petrocaribechallenge) with the

hashtag #kotelajanpetrocaribe, which

in Kreyòl means “Where is the Petro-

Caribe money?”

The anti-PetroCaribe-corruption

movement is intensifying and broadening.

On Sat., Sep. 1, dozens of demonstrators

took to the streets of Montreal,

Canada to demand clarification on how

billions of dollars in gas revenues disappeared.

In Brooklyn, NY on Sep. 3,

dozens of demonstrators shouted and

shook signs at former Haitian president

Michel Martelly, who was performing

in the Caribbean Day Parade on Eastern

Parkway as his musical persona “Sweet

Micky,” asking what happened to the

millions of dollars in PetroCaribe funds

that disappeared under his 2011-2016

administration. Similar demonstrations

have taken place in various Haitian

provincial cities.

PetroCaribe is a program initiated

in 2005 by the late Venezuelan president

Hugo Chavez with 17 countries

around the Caribbean and Latin America.

In Haiti’s case, it provided close to

20,000 barrels of oil per day, but only

60% had to be paid up front (and Haiti

is in arrears on these payments). The

remaining 40% of oil revenues went

into the PetroCaribe Fund, which is to

be paid off over 25 years at 1% interest.

Many protestors wore white T-shirts with “Tie up the thieves”

printed on the back

The anti-PetroCaribe-corruption movement is intensifying, with

demonstrations taking place in various Haitian provincial cities and in

the Haitian diaspora

Milo Milfort/Haïti Liberté

Milo Milfort/Haïti Liberté

Haiti’s André Berto Wins Comeback Fight Against Devon

Alexander; Quillin Defeats J’Leon Love

Haitian boxer André Berto (left), former World Welterweight champion,

defeated Devon Alexander at Long Island’s Nassau Coliseum on Aug. 4, 2018

by Carmelo Maisonet and Ralph Rimpel

Also on Aug. 4, Peter “Kid Chocolate” Quillin (left) won a unanimous

decision against J’Leon Love

After a 16 month hiatus, former Olympian

and former World Welterweight

champion André Berto (32-5, 23 KOs),

who is of Haitian descent, made a successful

return to the ring by defeating fellow

former welterweight champion Devon

Alexander (27-5-1, 14 KOs) at Long Island’s

Nassau Coliseum on Aug. 4, 2018.

It was a “crossroads” fight for both

fighters. Devon Alexander has been battling

opioid addiction as well as top contenders

in the ring. André Berto, who is

both an American and Haitian citizen, is

coming off a 9th round stoppage loss at

the hands of Shawn “Showtime” Porter

(28-2-1, 17 KOs), making it his fifth defeat

in his last nine fights.

Alexander and Berto both made it a

rough bout with a lot of punching in the

clinch, making the fight difficult to score.

A left hand from Alexander in the 3rd

round put Berto on the canvas.

During the exchanges, Alexander

seemed to be getting the better of Berto

and a cut over Berto’s right eye began to

slowly bleed in the 7th round. But as the

fight progressed, Berto started letting his

hands go, firing off bursts of shots in between

the clinching.

During the 8th round Berto’s groin

protector fell off and was kicked to the side

to continue the fight. A replacement was

put on in between rounds.

Berto rallied in the 12th round and

put pressure on Devon, landing some big

shots near the middle of the ring. After

12 rounds, Berto was awarded a split decision

victory with two judges scoring it

112-115 in favor of Berto and one judge

scoring it 114-114 in favor of Devon.

This was a big win for Berto, keeping

him in the contender spot from which

he could make a bid to regain the welterweight

title.

"I've been off for a while but it felt

good in there,” Berto said after the fight. “I

felt like I was in better shape and quicker

to the target than he was. He was pulling

back a lot of his punches, so I stepped in

for my combinations and made him pay.

I knew he was going to be quick, and I

knew he'd come to fight. I just had to get

adjusted to his speed a little bit, and then I

started pressing him. This is a tremendous

feeling, and I'm looking forward to getting

in there and doing it again.”

While Berto wasn’t sure who he’d

fight next, he made it clear he wants to

continue securing his financial future. It’s

refreshing to hear a boxer setting that goal

when so many athletes squander their

earnings, ending their careers in financial

ruin. Berto is a role model for young Haitians:

he is family-oriented, has no “baby

mama” drama, is no show-off, and stays

out of trouble.

In another semi-crossroads bout

the same night at the Coliseum, Peter “Kid

Chocolate” Quillin (33-1-1, 23 KOs) went

up against J’Leon Love. Quillin has battled

mental health issues, stating he was suicidal

after being knocked out and losing

his title in a 2015 match against Daniel

Jacobs.

Kid Chocolate looked sharp, landing

clean shots and putting pressure on J’Leon,

even landing some monster punches

in the 8th round. J’Leon had no answer

for Kid Chocolate’s assault and seemed

hesitant to engage, fighting on the back

foot. Kid Chocolate was too much for J’Leon

and came out on top with a unanimous

decision victory.

Also on Aug. 4, WBA World Female

Super Middleweight Champion, Alicia

Napoleon (10-1, 5 KOs) put her title

on the line against Hannah Rankin (5-2,

1 KO). Napoleon dominated most of the

fight, retaining her title via unanimous

decision.

Sergey Lipinets (14-1, 10 KOs)

moved up to welterweight by taking on

Erick Bone (20-6, 8 KOs). The fight was

back and forth action with neither fighter

really hurting the other. After 10 rounds,

Sergey Lipinets won by a majority decision.

Brandon Figueroa (15-0, 10 KOs),

brother of Omar Figueroa, Jr., took on Luis

Alexander and Berto both made it a rough bout with a lot of

punching in the clinch

Roy Suarez Cruz (13-1, 8 KOs). Figueroa

won with a 1st round KO.

In other news, Omar Figueroa Jr.

(27-0-1, 19 KOs) and Adrian Broner

(33-3-1, 24 KOs) took a picture together

in which both hinted at a possible future

match. These two greats were supposed

to fight back in April, but Jessie Vargas

stepped in for Figueroa, who had to pull

out of the fight due to a shoulder injury. If

a Figueroa/Broner match does happen, it

will be a big fight for both boxers.

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

9


GUADELOUPE : LES OUVRIERS D

PESTICIDE DÉVASTATEUR ET O

Haïtiens ou Français, les ouvriers de la banane sont pris dans un paradoxe

: ils ont beau voir leurs collègues, amis ou parents mourir du cancer, la

poudre blanche du chlordécone…

Par Samy Archimède

Pendant plus de deux décennies,

le chlordécone, un insecticide ravageur,

a contaminé la quasi totalité

de la population antillaise. Malgré

son interdiction définitive il y a 25

ans, ce puissant perturbateur endo-

différents pesticides employés et à

la pénibilité du métier, soient enfin

reconnus comme maladie professionnelle.

Il est 15 heures à Capesterre-

Belle-Eau, « capitale » de la banane

en Guadeloupe. Ce lundi de Pentecôte,

une vingtaine d’ouvriers ont

tin, le secrétaire général de la CGTG,

syndicat majoritaire dans le secteur

de la banane.

Quelques minutes plus tôt, une

femme avait rompu le silence. Elle

s’était avancée, le regard fixe et déterminé,

pour raconter son histoire.

Le récit d’une vie d’ouvrière de la

banane : 32 ans au service de la

plus grosse plantation de l’île, la SA

Bois Debout, dirigée aujourd’hui par

Guillaume Block de Friberg, l’héritier

des Dormoy, grande famille de

propriétaires, installée en Guadeloupe

depuis 1870. Pendant 20 ans,

Marie-Anne Georges a épandu à la

main, « sans masque, avec juste un

gant et un seau », plusieurs types

d’insecticides extrêmement toxiques,

dont le Képone et le Kurlone,

les deux formules du chlordécone

utilisées aux Antilles. Jusqu’à ce

qu’elle tombe malade, d’un cancer

du sang.

La « banane française », qui

vient de Martinique et de Guadeloupe,

est cette année fournisseur

officiel du Tour de France. « Je suis

fier d’accueillir sur le Tour un partenaire

aussi soucieux des valeurs

familiales et des bonnes pratiques

agricoles », se réjouissait il y a deux

mois Christian Prudhomme, le directeur

du Tour. Des paroles qui ont

dû en surprendre plus d’un dans les

plantations antillaises. Car encore

aujourd’hui, les travailleurs de la

banane française font les frais, par

leur santé, de pratiques agricoles

toxiques qui ont perduré aux Antilles

alors même qu’elles étaient interdites

en métropole.

Constant Jaffard, atteint d’un

cancer de la prostate, comme

beaucoup d’autres ouvriers des

plantations

de leucémies sont nombreux. Or, le

lien entre exposition aux pesticides

organochlorés (dont le chlordécone

fait partie) et ces cancers est maintenant

établi [5]. « Toutes les parcelles

ont été contrôlées et sont touchées.

On charrie la terre, on laboure la terre

et ça se déplace en poussière, détaille

Albert Cocoyer, secrétaire général de

la section banane de la CGT Guadeloupe.

Ceux qui travaillent dans les

champs mangent sur les parcelles.

Et ensuite, ils emmènent cette terre

chez eux. »

Les patrons du secteur

communiquent sur une filière

verte, mais refusent de nous

répondre

Interrogé par Basta ! sur l’évolution

des pratiques agricoles et sur les

conditions de travail au sein de son

« habitation » — un terme qui désignait

les plantations de cannes à sucre

au temps de l’esclavage et qui est

aujourd’hui utilisé par les ouvriers

de la banane — le directeur général

de la SA Bois Debout n’a pas souhaité

nous répondre. Même refus de

la part du président du groupement

des producteurs de Guadeloupe,

Francis Lignières. Impossible également

de visiter une plantation ou de

rencontrer des ouvriers sur leur lieu

de travail. De quoi les planteurs ontils

donc peur ?

Depuis quelques années,

l’Union des producteurs de Martinique

et de Guadeloupe (UGPBAN)

axe sa communication sur la propreté

de la banane antillaise. Ses

dirigeants affirment avoir réduit

de 75 % l’emploi d’insecticides et

d’herbicides en une décennie. « La

banane de Guadeloupe et de Mar-

De gauche à droite Jean Marie Nomertin secrétaire général de la CGTG,

militant communiste guadeloupéen et le leader syndical Elie Domota de

l'UGTG

crinien utilisé dans les bananeraies

ne disparaîtra pas des sols de Guadeloupe

et de Martinique avant plusieurs

siècles. Les premiers touchés

sont les ouvriers agricoles. Ils sont

pourtant les grands laissés pour

compte de ce scandale sanitaire.

Certains ont décidé de lever le voile

sur leurs conditions de travail. Ils

veulent que leurs problèmes de

santé, dont de nombreux cancers

de la prostate et leucémies, liés aux

pris place sur les bancs du petit local

de la CGT Guadeloupe (CGTG), près

du stade. Ils sont venus témoigner

de la pénibilité de leur travail, et

parler du chlordécone, un insecticide

extrêmement toxique utilisé jusque

Les planteurs ont livré une véritable guerre chimique contre le charançon

qui s’attaque au bulbe du bananier

dans les années 1990 dans les plantations

antillaises. Mais les visages

restent fermés et les mots ne sortent

pas. « Camarades, lâchez-vous !

Il y a un journaliste parmi nous ! »,

lâche en créole Jean-Marie Nomer-

Un produit si toxique qu’il est

interdit en métropole, mais pas

aux Antilles

Bonnes pratiques agricoles ? Pendant

plus de 20 ans, de 1972 à

1993, les planteurs de Guadeloupe

et de Martinique ont utilisé un insecticide

hyper-puissant afin d’éliminer

les charançons qui ravageaient

les pieds des bananiers [1]. Le

chlordécone a été interdit aux États-

Unis en 1976, suite à l’intoxication

des ouvriers de l’usine qui fabriquait

la molécule. Largement utilisée aux

Antilles françaises, ce pesticide a

finalement été interdit en 1990 en

métropole, mais il a pu être utilisé

jusqu’en 1993 en Guadeloupe et

en Martinique [2]. Un traitement «

spécial » rendu possible par le lobbying

des grands planteurs et l’inconséquence

de l’État français. Cela

au mépris de la santé de la population

[3].

Le problème de ce perturbateur

endocrinien neurotoxique, reprotoxique

et classé potentiellement

cancérogène dès 1979 par le Centre

international de recherche contre

le cancer, c’est qu’il reste actif plusieurs

siècles une fois qu’il a été introduit

dans la terre. Et il contamine

tout sur son passage : eau douce,

eau de mer, légumes et organismes

vivants. Selon l’agence nationale

de santé publique (Santé publique

France), 95 % des Guadeloupéens et

92 % des Martiniquais seraient aujourd’hui

contaminés au chlordécone

[4].

Au cœur de ce scandale sanitaire,

les travailleurs de la banane

sont les plus exposés aux

conséquences terribles du pesticide.

Aujourd’hui encore, ils sont quasiment

tous en contact — de manière

directe ou indirecte — avec la terre

empoisonnée. Dans les plantations,

les cas de cancers de la prostate et

10 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


E LA BANANE MALADES D’UN

UBLIÉS DE L’ÉTAT FRANÇAIS !

Conférence sur la santé le 20 mai 2018, à Sainte-Anne

tinique est la plus verte au monde

», affirment-ils dans leur dossier de

presse. Ils se félicitent même du retour

des colibris, des chauve-souris

et des abeilles dans les plantations,

symboles d’une « filière durable ».

La pratique de la jachère et de la

"Mwen konnen zòn mwen

epi mwen gen yon plan

kominikasyon pou fanmi an."

ZÒN 3

Mak KWINZ

Vizite NYC.gov/Knowyourzone oswa rele 311 pou konnen kisa pou

W fè pou prepare pou siklòn nan Vil New York #knowyourzone

rotation des cultures (alternance banane-canne)

a permis de faire quasiment

disparaitre les charançons des

bananeraies. Et de se passer d’insecticides.

Voilà pour le volet vert.

L’UGPBAN est moins loquace

lorsqu’il s’agit d’évoquer les conditions

de travail des ouvriers agricoles.

Et pour cause : les plantations

antillaises sont un véritable nid de

maladies professionnelles non reconnues,

d’accidents du travail, d’arrêts

maladie non payés et d’interminables

conflits sociaux. Seule société

de la filière guadeloupéenne à avoir

mis en place un comité d’entreprise

et un comité d’hygiène, de sécurité

et des conditions de travail (CHSCT),

la SA Bois Debout présente pourtant

un pâle bilan social. L’an dernier, elle

a été condamnée par les Prud’hommes

à payer, entre autres, des heures

supplémentaires non prises en

compte ainsi que les 13ème mois de

plus de 60 de ses salariés. En 2015,

l’ancien patron, Louis Dormoy, avait

écopé d’un an de prison avec sursis

pour homicide involontaire. L’un de

ses salariés avait trouvé la mort lors

d’une opération d’élagage effectuée

sans dispositif de sécurité.

De plus en plus d’Haïtiens

travaillent dans les plantations :

« Ils meurent aussi de cancers »

Ces conditions de travail, Roméo

Donineaux, 40 ans, et Elin Jaffard,

52 ans, en ont assez de les subir. Ils

ne cachent pas leur colère. Travailler

dans la banane est pénible et dangereux,

et pas seulement à cause des

pesticides. Il y a quatre ans, Roméo,

père de cinq enfants, a failli perdre

sa cheville lorsqu’une palette lui est

tombée sur le pied. Elin a été intoxiqué

au Temik, un redoutable insecticide

qui tue tout sur son passage.

Un poison utilisé dans les plantations

jusque dans les années 2000

en remplacement du chlordécone…

Cancers, accidents mortels,

eczéma, hypersensibilité chimique

multiple, hernies discales… Les

risques auxquels les ouvriers sont

exposés, parfois sans protection,

ne font pas rêver les jeunes Guadeloupéens.

Même plombés par

un taux de chômage de 47 %, ils

préfèrent chercher du travail ailleurs.

D’où le recours à une importante

main d’œuvre étrangère dans

les plantations de bananes, majoritairement

haïtienne. Des employés

au profil idéal aux yeux de certains

patrons, car peu syndiqués, durs à

la tâche et moins regardants sur la

fiche de paie. Mais tout aussi exposés

aux risques, notamment au

chlordécone. « Ils meurent eux aussi

de cancers. Et quand ils rentrent

chez eux en Haïti, ils se retrouvent

privés d’une part de leur pension de

retraite et privés de soins », déplore

Jean-Marie Nomertin, le secrétaire

général de la CGTG.

Haïtiens ou Français, les ouvriers

de la banane sont pris dans

un paradoxe : ils ont beau voir leurs

collègues, amis ou parents mourir

du cancer, la poudre blanche du

chlordécone, devenue invisible avec

les années, reste très abstraite comparée

aux 150 régimes de bananes

de 60 kg chacun qu’ils doivent porter

sur leurs épaules chaque jour sur

des kilomètres. Dans l’esprit des ouvriers,

travailler sur une terre contaminée

« n’est pas plus dangereux

que de devenir infirme en transportant

ces charges-là », soupire Albert

Cocoyer. Le cancer de la prostate est

pourtant bien le grand fléau des îles

productrices de bananes d’exportation.

Dans son dernier ouvrage, le

toxicologue André Cicolella confirme

qu’il y a aux Antilles trois fois plus

de décès dus à ce type de cancer

qu’en métropole [6].

« L’État a choisi de laisser

crever les ouvriers agricoles »

Sur les hauteurs de Capesterre, où

beaucoup d’ouvriers agricoles ont

passé leur vie, Constant Jaffard regarde

avec son fils le match amical

France-Irlande. Cédric, 37 ans,

dernier de la famille, est aujourd’hui

au chômage. Mais pour rien au

monde il n’irait travailler dans la banane.

« Beaucoup sont morts du cancer

de la prostate. Quand quelqu’un

tombe malade, tu sais qu’ils ont

travaillé toute leur vie là-dedans »,

dit-il. Constant, le père, ose quelques

mots de français avant de poursuivre

en créole : « J’ai commencé à 18

ans. J’ai tout fait : nettoyer les parcelles,

arracher les plants, emballer

les bananes une fois lavées… Il

y avait beaucoup de produits dans

l’eau, dans l’emballage. Je passais

le désherbant et le chlordécone ».

Sans protection adaptée et sans connaissance

du danger. « Ils ont passé

toute leur vie sans porter de masque

! » s’insurge Cédric, son fils. « Tous

les patrons de la banane devraient

être en prison ! Mais les ravets [cafards,

ndlr] n’ont pas raison devant

les poules : quand tu es plus fort, tu

resteras toujours plus fort. » Constant

a découvert son cancer de la

prostate quelques années avant la

retraite. Aujourd’hui âgé de 73 ans,

il veut être indemnisé pour sa maladie.

Mais il lui faudra encore patienter.

Ce cancer n’est toujours pas

reconnu comme maladie professionnelle

dans le régime agricole.

Faire reconnaître son cancer

comme maladie professionnelle

est aujourd’hui très improbable. Et

quand certains y parviennent, cela

ne suffit pas pour bénéficier d’une

prise en charge complète. Marie-Anne

Georges, salariée de Bois

Debout, atteinte d’une hémopathie

maligne (cancer du sang), en a fait

l’amère expérience. En arrêt maladie

depuis un an et demi, elle touche

seulement 450 euros de l’Assurance

maladie. Il lui manque un certificat

médical initial qu’aurait dû établir un

des médecins consultés à l’hôpital. «

L’État a choisi de laisser crever les

ouvriers agricoles, fulmine Philippe

Verdol, président de l’association

EnVie-Santé et maître de conférence

en économie à l’université des Antilles.

Beaucoup sont morts non indemnisés.

La stratégie de l’État a été

d’attendre le plus longtemps possible.

» [7].

Mais les responsables de la

CGTG n’ont pas abdiqué. Avec leurs

camardes martiniquais, ils veulent

faire pression sur le préfet et sur

l’agence régionale de santé afin

d’obtenir la gratuité des soins pour

les ouvriers malades. Dernièrement,

ils se sont rapprochés de Jean-Michel

Macni, médecin basé en Martinique,

l’un des rares à accepter d’accompagner

les salariés victimes du

chlordécone. Jean-Michel Macni veut

réaliser des tests sur une centaine

d’ouvriers agricoles afin d’évaluer la

présence de chlordécone et d’autres

pesticides comme le glyphosate dans

leur sang. Objectif : établir les facteurs

de risque et faire reconnaître les

maladies de ces salariés comme des

maladies professionnelles. Encore

faudrait-il que le préfet accepte de

débloquer la somme de 1,5 million

d’euros nécessaire à l’achat de trois

appareils destinés à mesurer le taux

de pesticides sanguin. C’est pourtant

bien peu comparé au puits sans fond

que représentent les conséquences

sanitaires du chlordécone, qui détruit

encore la santé des travailleurs

antillais un quart de siècle après son

interdiction.

Notes

[1] 1993 est la date officielle

d’interdiction du chlordécone. Sur

certaines plantations, du chlordécone

aurait été utilisé au moins

jusqu’en 2002, année où des stocks

de plusieurs tonnes de ce pesticide

ont encore été retrouvés. Voir ce rapport

de l’Assemblée nationale, p 11.

[2] Voir ce rapport d’information

du Sénat.

[3] Sur l’histoire édifiante du

chlordécone aux Antilles, lire notamment

« La saga du chlordécone »

(2010), de Pierre-Benoît Joly, directeur

de recherche à l’INRA.

[4] Voir cet article.

[5] Sauf, semble-t-il, pour

Agnès Buzyn. Le 2 février, la ministre

de la Santé a contredit le point

de vue des experts en déclarant devant

le Sénat : « Le niveau de preuve

n’est pas suffisant aujourd’hui pour

affirmer le lien entre le cancer et le

chlordécone. »

[6] Voir Les perturbateurs endocriniens

en accusation. Cancer de

la prostate et reproduction masculine,

Les Petits matins, mai 2018.

[7] Le 29 juin, l’association

EnVie-Santé a déposé devant le

tribunal administratif de Paris un

recours contre la réglementation

fixant les limites maximum de résidus

(LMR) de chlordécone dans

les aliments. C’est l’avocat François

Lafforgue qui porte ce dossier.

Le 10 septembre 2015, il avait fait

condamner Monsanto, jugé responsable

de l’intoxication d’un céréalier

charentais à un herbicide. Il avait déclaré

que cette décision ouvrait une

brèche pour d’autres agriculteurs

malades qui peuvent aujourd’hui

espérer être indemnisés. De Philippe

Verdol, lire Le chlordécone comme

arme chimique française en Guadeloupe

et en Martinique et de ses

effets en Europe et dans le monde,

L’Harmattan, 2014.

Basta 17 Juillet 2018

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

11


Perspectives

UKRAINE: grenier et laboratoire politique du monde

La réalité à l’envers. Les Etats-Unis sont le véritable agresseur

Par Alexandra Panaguli

3ème partie

Crimée, la farce

Chomsky aussi s’est exprimé sur l’annexation

dite illégale de la Crimée par la

Russie, notant que l’invasion de l’Irak

était un crime beaucoup plus grand et

que les Etats-Unis avaient pareillement

envahi militairement Guantanamo Bay

à Cuba en 1903 pour y établir leur

base, et ne l’ont jamais restituée malgré

les demandes de Cuba depuis son accession

à l’indépendance en 1959.

La flotte russe de la mer Noire

est basée à Sébastopol en Crimée depuis

1783 quand le Prince Potemkin de

l’empire russe l’a fondée. Son contrat de

location a été renouvelé par l’Ukraine

en 2010 jusqu’en 2042. « Il est certain

que la Russie a des arguments beaucoup

plus forts. Même en dehors d’un

fort soutien interne à l’annexion [de

la part de la population russe locale],

la Crimée est historiquement russe;

elle possède le seul port d’eau chaude

[qui ne gèle pas en hiver] de la Russie,

le port de la flotte russe; et a une

signification stratégique énorme. Les

États-Unis n’ont aucune prétention à

Guantanamo, à part son monopole de

la force ». Il ne fait aucun doute que

la Crimée serait devenue un port de

l’OTAN, en pleine mer Noire.

Dans une allocution suivant l’annexion

de la Crimée, le président Vladimir

Putin a exposé les griefs profonds

de la Russie avec l’alliance. « Ils nous

ont menti à plusieurs reprises, ont pris

des décisions derrière notre dos, nous

ont placés devant un fait accompli.

Cela s›est produit avec l›expansion de

l›OTAN à l›est, ainsi que le déploiement

d›infrastructures militaires à nos

frontières », a-t-il déclaré au parlement

russe. “En bref, nous avons toutes les

raisons de supposer que l’infâme politique

[occidentale] d’endiguement,

menée aux XVIIIe, XIXe et XXe siècles,

continue aujourd’hui ».

Un point intéressant: l’annexation

de la Crimée est le facteur qui a mis

la Russie au ban du monde, et en particulier

Putin. Mais en 2016, le journaliste

Mark Franchetti du Sunday Times

de Londres a interviewé Mikhail Gorbachev,

le dernier président soviétique,

adulé par l’Occident mais méprisé par

les Russes qui l’accusent d’avoir vendu

et dilapidé leur empire. Franchetti a

été très étonné quand Gorbachev lui a

confié qu’“il aurait agi de la même

manière que Putin”: «Je suis toujours

la volonté du peuple et la majorité

en Crimée voulaient être réunis avec

la Russie».

A l’instar de Chomsky, Seumas

Milne rappelle les interventions

occidentales et relativise ces événements:

« Le coût en vies humaines

de l’engagement par procuration de

la Russie en Ukraine a jusqu›ici été

minime par rapport à toute intervention

occidentale importante à laquelle vous

pouvez penser depuis des décennies ».

Tout comme Eugene Robinson

du Washington Post, prix Pulitzer:

« Nous sommes censés être choqués

- choqués! - qu›une grande puissance

militaire puisse fabriquer un prétexte

pour envahir une nation plus petite

et plus faible? Je suis désolé, mais

est-ce que tout le monde a oublié les

événements malheureux en Irak il y a

2 décembre 1989, à La Valette (Malte). Première réunion au sommet entre

les Etats-Unis et l'Union Soviétique, considéré comme la fin officielle de

la guerre froide. Grands sourires de Bush I et de son ministre des affaires

étrangères, James Baker, car ils se préparent à tromper Gorbachev avec la

fausse promesse de ne pas étendre l’OTAN

Sevastopol, Crimée, 2013 – Le métropolite Lazare de Simferopol célèbre les

1025 ans de la christianisation de la région en la présence des présidents

ukrainien Viktor Yanukovych et russe Vladimir Putin. L’Ukraine et la

Russie ont un passé très entrelacé

quelques années? Pour être clair, mes

sentiments sont avec le gouvernement

ukrainien légitime, pas avec le régime

néo-impérialiste en Russie. Mais

franchement, les États-Unis ont une

réputation trop mauvaise pour insister

sur le respect absolu de l›intégrité

territoriale des États souverains. Avant

l›Irak il y avait l›Afghanistan, il y avait

la guerre du Golfe Persique, il y avait le

Panama, il y avait la Grenade. Et même

si nous condamnons Moscou pour

son agression scandaleuse, nous nous

réservons le droit de lancer des missiles

meurtriers au Pakistan, au Yémen, en

Somalie et qui sait où ailleurs ».

Notons qu’il ne manque pas

d’ajouter un déni de la Russie tout à

fait à la sauce libérale étatsunienne: la

Russie a fabriqué ce prétexte?! Régime

néo-impérialiste? À part la Syrie pour

soutenir le gouvernement (et tirer Obama

hors d’une mauvaise passe) je ne

vois pas d’autre intervention internationale.

Le gouvernement ukrainien légitime?

J’ose espérer qu’il parle de celui

renversé par le coup d’état.

La formidable avancée de l’OTAN

vers l’Est

Revenons en arrière. Juste après la

chute du mur de Berlin en 1989, dit

Chomsky, “Mikhail Gorbachev, qui

était un vrai homme d’État, a fait une

offre incroyable. Il a offert de permettre

à l’Allemagne d’être unifiée et de rejoindre

l’OTAN, une alliance militaire

hostile. Vous regardez l’histoire du

dernier siècle, c’est franchement étonnant.

Je veux dire, l’Allemagne à elle

seule avait détruit à plusieurs reprises

la Russie, même quand la Russie était

soutenue par l’Occident”.

Mais il l’a fait contre la promesse

que l’OTAN n’avancerait «Pas un pouce

à l’est», soit pas dans l’ex-Allemagne

de l’Est. Bush I s’est empressé de le

faire, et Clinton a suivi à plein régime.

Sous sa présidence l’OTAN est entrée

en République tchèque, en Hongrie et

en Pologne en 1999. Puis en Bulgarie,

Estonie, Latvie, Lithuanie, Roumanie,

Slovaquie, Slovénie, en 2004. Puis en

Albanie et Croatie en 2009, et l’année

dernière au Montenegro. Bref, tous

les anciens alliés russes, membres du

Pacte de Varsovie. Quand Gorbachev

s’est amèrement plaint à l’époque, on

lui a dit que ce n’était qu’une promesse

verbale...

Dans un discours au Carnegie

Council for Ethics in International Affairs

de New York en 2010, Stephen

Cohen, professeur d’études russes aux

l’universités de Princeton et de New York

confirme que pour la Russie, l’OTAN

représente “une promesse brisée”, “une

hypocrisie”, “un manque de confiance”

et “un encerclement militaire”, bref

“une expansion de l’influence étatsunienne”

jusqu’aux frontières même de

la Russie, sur les anciens territoires de

l’Union Soviétique. Voilà l’état d’esprit

des Russes quand a eu lieu le coup

d’état en Ukraine.

En fait, cette offre de Gorbachev

n’était pas étonnante mais rentrait directement

dans le cadre de la stratégie

défensive de son pays: “Les dirigeants

soviétiques préféraient que les forces

étatsuniennes restent en Europe et que

l’OTAN reste intacte, car ils pensaient

qu’un tel arrangement maintiendrait

pacifiée une Allemagne réunifiée”.

N’oublions pas que de toutes les invasions,

celle des nazis allemands a atteint

le record de 24 millions de soldats

et citoyens soviétiques tués, comparé à

moins d’un demi-million chacun pour

l’Angleterre et les Etats-Unis.

On observe cette préoccupation

déjà à l’époque. La fameuse conférence

de Yalta de février 1945 – précisément

dans cette Crimée! – avait été préparée

par celle de Moscou d’octobre 1944

dont on parle beaucoup moins et à

laquelle seulement les Anglais et les

Soviétiques avaient participé. Churchill

avait montré à Stalin un bout

de papier – le Percentage Agreement

(*) – sur lequel il avait griffonné une

proposition de zones d’influence postguerre

de leurs deux pays: la Pologne,

la Bulgarie, la Roumanie, l’Albanie, la

Yougoslavie et la Tchécoslovaquie tombant

dans l’orbite soviétique, la Grèce

dans celle des Anglo-Etatsuniens qui

voulaient garder un accès à la Méditerranée

orientale. Et l’Armée rouge

avait respecté cet accord, laissant les

communistes grecs se faire massacrer

par les Anglais et ensuite les par Etats-

Unis lors de la guerre civile de 1946-

49. Mais le point qui nous intéresse

est que “les Soviétiques voulaient une

zone tampon pour se protéger contre

de nouvelles invasions de l’Europe occidentale,

qui avaient tourmenté tant

l’URSS que la Russie tsariste”.

(*) Pour la petite histoire, Churchill

s’était exclamé: «Ne va-t-on pas

penser que c’est cynique d’avoir disposé

de tels problèmes, si fatidiques

pour des millions de personnes, d’une

manière si désinvolte? Brûlons ce

morceau de papier”, mais Staline lui

a conseillé de le garder et il se trouve

maintenant aux archives nationales

britanniques.

L’Ukraine et la Géorgie sont de

tels Etats-tampon, que l’Occident essaie

toujours de recruter, soi-disant

pour les protéger. “Une grande puissance

en déclin, avec une population

vieillissante et une économie unidimensionnelle

n’a pas en fait besoin

d’être contenue” confirme le professeur

Mearsheim à propos de la Russie, reflétant

la position des réalistes dans le

débat initié lorsque Clinton a poussé à

l’expansion de l’OTAN en 1998. “Personne

ne menaçait personne”, avait dit

le super-diplomate étatsunien George

Kennan qui avait été présent à la création

de l’OTAN, en ajoutant: “Ce qui me

dérange, c’est le caractère superficiel

et mal informé de tout le débat du Sénat.

J’ai été particulièrement dérangé

par les références à la Russie comme

pays mourant d’envie d’attaquer l’Europe

occidentale. Les gens ne comprennent-ils

pas? Nos différences dans

la guerre froide étaient avec le régime

communiste soviétique. Et maintenant,

nous tournons le dos à ceux qui

ont monté la plus grande révolution

sans effusion de sang de l’histoire pour

éliminer ce régime soviétique”.

« Et la démocratie russe est aussi

avancée, sinon plus, qu’aucun de ces

pays [d’Europe de l’Est] que nous venons

d’enrôler [dans l’OTAN] pour les

défendre contre la Russie. Cela montre

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si peu de compréhension de l’histoire

russe et de l’histoire soviétique. Bien

sûr, il va y avoir une mauvaise réaction

de la part de la Russie, et ensuite

[les promoteurs de l’agrandissement de

l’OTAN] diront que nous vous avons

toujours dit que c’est comme ça, que

les Russes sont [des agresseurs] – mais

c’est faux ».

Et c’est ce qui est arrivé 16 ans

plus tard en Ukraine: la Russie est

l’agresseur, claironnent les Occidentaux.

Et, tout comme avec les Jeux

Olympiques d’hiver de Sotchi mentionnés

par Kissinger, maintenant les

Russes essaient à nouveau de sortir de

l’isolement vers lequel l’Occident les a

poussés. Quand on a demandé à Bill

Burns, président du Carnegie Endowment

for International Peace et ancien

ambassadeur en Russie sous Bush I, ce

que Putin attend du tout récent sommet

d’Helsinki avec Trump: “Je pense qu’il

veut pouvoir montrer que la Russie

n’est plus isolée, qu’elle est de retour à

la table des grandes puissances et que

le passé est passé, et maintenant nous

pouvons continuer à gérer le monde,

une grande puissance avec une autre”.

Kissinger aussi aurait voulu que

l’Ukraine soit un Etat-tampon, à tout le

moins neutre. «Si l’Ukraine veut survivre

et prospérer, elle ne doit pas être

l’avant-poste de l’un contre l’autre –

elle devrait fonctionner comme un pont

entre eux», la Russie et les Etats-Unis.

Mais ce sont exactement les mêmes

mots que le président renversé, Yanukovych,

avait dit dès son élection en

2010: “L’Ukraine devrait être non-alignée

et agir comme un pont entre la

Russie et l’Europe”.

Gorbachev aussi aurait souhaité

une collaboration entre Russie et

Etats-Unis. Mais, a-t-il dit lors de son

interview au Sunday Times sur la dissolution

de l’Union Soviétique: «Ils ont

pensé:» Maintenant nous sommes le

chef du monde. « Ils ne souhaitaient

pas véritablement aider la Russie à

devenir une démocratie stable et forte.

L’ancien dirigeant soviétique estime

que “les origines de la crise entre la

Russie et l’Occident se situent dans le

triomphalisme américain à la fin de la

guerre froide”.

La très distinguée académicienne

Mary Elise Sarotte, de Harvard et de

la Johns Hopkins School of Advanced

International Study à Washington, qui

a publié «1989: La lutte pour créer

suite à la page(16)

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12 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


Perspectives

Notre Mémoire se souvient!

Christian Poveda: un journaliste pas comme les autres

Par Frantz Latour

Christian Proveda, journaliste,

témoin courageux et engagé des

conflits armés, était assassiné par

ceux-là mêmes auxquels il avait

consacré près de quatre ans de sa

vie : les gangs du Salvador

Il y a neuf ans, le mercredi 2 septembre

2009, au Salvador, pays au taux

de criminalité le plus élevé du continent

latino-américain, Christian Proveda,

journaliste, témoin courageux et engagé

des conflits armés, fin connaisseur

de l’Amérique latine, était assassiné

par ceux-là mêmes auxquels il avait

consacré près de quatre ans de sa vie :

les gangs du Salvador.

Christian Poveda, 54 ans, né

en France de parents espagnols, a été

assassiné à 15 km au nord-ouest de la

capitale, alors qu’il revenait d’un tournage

dans la banlieue de Campanera,

contrôlée par les «maras», des gangs

qui se livrent au trafic de drogue et

aux extorsions de fonds. Son dernier

documentaire «La vida loca» (La vie

folle) décrit le quotidien de ces gangs

de jeunes, tatoués de la tête aux pieds,

nés dans les années 80 dans les quartiers

«latinos» de Los Angeles et qui ont

ensuite essaimé en Amérique centrale.

Il attendait de rejoindre Paris

pour la sortie sur les écrans françis

de La Vida Loca, quelques jours plus

tard. Le film est devenu culte. Car

Christian avait pressenti combien la

violence qui gangrène la société salvadorienne

échappait aux frontières

géographiques de ses origines pour

devenir, à l’heure de la mondialisation,

plus qu’un constat : une mise en garde

à l’échelle de la planète.

Les atrocités des guerres civiles,

qu’il avait couvertes en jeune reporter

en Amérique latine dans les années

1980, lui donnaient toutes les justifications

d’un permanent devoir de mémoire.

Christian Poveda y avait couvert

une guerre civile particulièrement sanglante,

qui aura causé la mort de plus

de 100 000 personnes entre 1979 et

1992. C’est dans ce terreau du traumatisme

et de la violence jamais soldée

qu’ont prospéré les gangs des Maras,

importés des Etats-Unis par des enfants

de l’immigration clandestine revenus

au pays. Passé au documentaire grand

format, Christian Poveda aura été l’un

des rares à s’immerger dans le monde

très fermé des mareros.

Vingt-six ans plus tard, il lui a

suffi d’arpenter les faubourgs de San

Salvador où s’affrontent les gangs pour

se convaincre de l’urgence d’un film.

Face aux cadavres - dix en moyenne

par jour - qui continuent d’ensanglanter

son pays d’adoption, El Salvador,

tout coup de feu anticipait déjà les secousses

économiques, sociales et même

les guerres de bandes qui embrasent

tant de cités. Les seize mois de tournage

qu’il avait consacrés aux Maras

est devenu La Vida Loca, témoignage

unique et inédit.

Christian Poveda manifestait une

volonté de lutter contre la banalisation

de la violence à la télévision ou à la

une des journaux. Il voulait convaincre

de lire l’actualité avec plus de lucidité,

moins de préjugés, moins de compassion

et de manichéisme. Fidèle à ses engagements

humanistes, il était capable

de se moquer de lui-même comme d’un

certain angélisme de gauche face à l’insécurité

galopante, et de désespérer des

récupérations politiques d’une certaine

droite dont le retour actuel raide dans

ses bottes pétainistes l’eût exaspéré.

A l’égard de toute banlieue ou

communauté amalgamée à une bande

de Blacks, de Beurs ou de Roms, de

Tziganes ou de gens du voyage, jetée

en pâture à une opinion publique par

un gouvernement en quête de boucs

émissaires, Christian Poveda a alerté

le grand public. Mêmes causes, mêmes

effets sur nos sociétés en voie de globalisation

accélérée: «La Vida Loca,

c’est la vraie vie, là-bas, soulignaitil.

Des mômes qui souffrent, qui nous

défient, nous toisent, nous en veulent

et ne nous aiment pas… C’est la haine

de ceux à qui on a tout pris et rien rendu.

La haine de ceux qui n’ont jamais

rien eu. La haine de l’exploitation, de

la soumission et de l’humiliation quotidienne.

Il ne s’agit pas d’un «choc de

générations», mais d’un affrontement

«anthropologique».»

Homme révolté au sens de

Camus, cinéaste proche d’un Jean

Rouch, Scorsese du documentaire, il savait

assez le danger de la manipulation

Un “mara”: un de ces jeunes

nés dans les années 80 dans les

quartiers "latinos" de Los Angeles

et qui ont ensuite essaimé en

Amérique centrale. Des gangs qui

se livrent au trafic de drogue et aux

extorsions de fonds

par l’image pour ne jamais faire dans

la caricature. Pendant plus d’un an, il

a tourné caméra à l’épaule, c?ur sur la

main, courage en bandoulière et vigilance

en alerte, pour ne pas alimenter,

par la présence de la caméra, la spirale

de la violence.

Humaniste passionné de tout

ce que peut renfermer l’âme humaine,

Christian Poveda cherchait auprès des

pandilleros, les membres de la Mara 18

ce qui pouvait encore exister de «graine

d’humanité» en chacun d’entre eux.

Christian y voyait le seul espoir pour

leur permettre d’échapper à la chronique

d’une mort annoncée.

Selon certains, la thèse de l’assassinat

de Christian par les pandilleros

de la 18 qu’il avait côtoyés durant deux

ans et filmé dans son documentaire ’’La

Vida Loca’’ est une fable qui risque le

temps aidant de devenir la vérité juridique

souhaitée..Christian était gênant,

son travail de journaliste remettait bruyamment

en cause, la police, la justice,

hommes politiques et derrière les réels

bénéficiaires des profits (narco-trafic,

commerce et trafic d’armes, sociétés

privés de sécurité) qui génèrent et utilisent

de cette délinquance violente des

maras.

Selon deux journalistes français

de l’agence CAPA, cet assassinat aurait

été rendu possible, autorisé ou peutêtre

même commandité par «le parti

d’extrême droite au pouvoir et […] le

chef de la police.

Sources (largement utilisées):

Le photographe français Christian

Poveda assassiné. Grands reporters.com

septembre 2010.

Jean-Paul Mari Informations et

Pétition Assassinat Christian Poveda

Grands reporters.com 30 septembre

2010.

Alain Mingam. Christian Poveda,

mort d’avoir filmé les gangs

du Salvador. Liberation 2 septembre

2010.

https://fr.wikipedia.org/wiki/

Christian_Poveda.

Jean-François Julliard, Alain

Mingam et Benoît Hervieu. La vérité

sur l’assassinat de Christian Poveda

reste encore à connaître. Le Monde.fr

22.04.2011.

La mémoire au service des luttes : William Edward

Burghardt Du Bois

phénomène de la double-conscience,

une condition existentielle à laquelle

tout Noir étasunien devrait faire face.

Plus connu parmi ses ouvrages, ce livre

est interprété de différentes façons:

pour certains, il constitue une préfiguration

de la philosophie existentialiste,

telle qu'elle a été développée plus tard

par Jean-Paul Sartre; pour d'autres, il

contient les principes fondamentaux de

la négritude.

En 1905, près des chutes du

Niagara, Du Bois participe à la création

du "Niagara Movement". Face au

boycotte des médias, les «Niagarites»

font l'acquisition d’une imprimerie pour

assurer leur autonomie. À la même

année, apparaît le journal «Moon Illustrated

Weekly», le principal organe du

suite à la page(19)

Guarino Funeral Home

23 avril 1899, le lynchage de Sam

Hose. Une barbarie

de l'idéologie de la

suprématie blanche.

Par Alain Saint Victor

Il y a 55 ans, le 27 août 1963, le sociologue

et écrivain William Edward

Burghardt Du Bois décédait. Il fut l’un

des fondateurs du mouvement des

droits civiques aux Etats-Unis et un acteur

clef du panafricanisme.

Né dans le Massachusetts, le

23 février 1868, Du Bois put accéder

aux études universitaires grâce à une

collecte de fonds par des membres de

l’église que fréquentent ses parents.

Il entre d’abord à l’université de Fisk

à Nashville (Tennessee) réservée aux

Noirs. Dans cette ville, il découvre

l’ampleur du racisme qui caractérise

le Sud des Etats-Unis dans les années

1880: des lynchages de Noirs sont

effectués impunément par le Ku Klux

Klan et d’autres organisations terroristes

suprématistes blanches.

Premier Afro-étatsunien à obtenir

un doctorat de philosophie de Harvard,

il devient professeur d’histoire,

de sociologie et d’économie à la Clark

Atlanta University. En 1899, Du Bois

publie la première analyse sociologique

des quartiers noirs de Philadelphie

parue sous le titre «The Philadelphia

Negro». Cette étude fait de lui l'un des

fondateurs de la sociologie urbaine aux

États-Unis.

Deux ans plus tôt, en 1897, le

sociologue rédige une série d’articles

dans lesquels il exhorte les Afro-étatsuniens

à revendiquer leur héritage africain

et à sortir du complexe d’infériorité

hérité de l’esclavage. La même année,

il inaugure une conférence annuelle intitulée

«l’Atlanta Conference of Negro

Problems».

A partir de 1900, Du Bois s’engage

systématiquement dans le combat

pour l’égalité des droits et contre la

ségrégation.

L’élément déclencheur est le

lynchage de Sam Hose à Atlanta en

1899. Hose fut torturé, brûlé et pendu

par une meute composée de 2000

Blancs. Pour Du Bois, «il est impossible

pour quelqu’un de rester un scientifique

calme et détaché alors que des Nègres

sont lynchés, assassinés et affamés. » Il

ajoute que « le remède ne consistait pas

simplement à dire la vérité aux gens

mais de les pousser à agir à partir de

cette vérité. »

En 1903, il publie The Souls of

Black Folk (Les âmes du peuple noir),

une collection d'essais dans lesquels

l'auteur analyse, entre autres, le

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Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

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13


Suite de la page (5)

le jeudi 30 août 2018 écoulé par les

membres de FUSION en déblozaillante

ébullition, résolution accouchée

au forceps de rudes batailles

par un Conseil national (obstétrical)

extraordinaire.

Le parti est présentement dirigé

par un nouveau comité présidé

par un certain Pedrica Saint Jean, un

jeune sans doute issu de “milieux

défavorisés et marginalisés” dont

la présence serait pour la Beauzile

un... supplice. La mission du comité

est d’organiser les élections devant

amener à un nouveau directoire à

la tête du parti. Pour Rosemond

Pradel, secrétaire général de FU-

SION, bouté également hors de la

chaudière fusionnante, cette décision

est illégale. Il promet d’entreprendre

des poursuites judiciaires à

l’encontre de ce comité, tout en jugeant

la démarche pedricate nulle

et non avenue. Une queue de poisson

en perspective.

À de rares exceptions, c’est

ainsi que fonctionnent les partis politiques,

en bandes chamaillantes et

pagaillantes. Sans doute le proverbe

dit: “cherchez la femme”. Mais avec

les partis, cherchez plutôt l’argent,

le fric, le pognon, le grinbak; c’est

là le fil conducteur, dénominateur

commun de toutes les eskonbrit au

sein de ces assemblées sans principe

et sans avenir.

Et c’est ainsi que fonctionnent

les partis politiques: de chamailles

en batailles, de pagailles en déblozailles.

Et c’est ainsi que va le pays:

«de soleil en ripaille / Et de lune en

chamaille / Et de pluie en bataille».

À bout des exercices trapézistes de

présidents, ministres, Premiers ministres,

sénateurs, députés, gros

bourgeois commerçants, batailleurs,

chamailleurs, pillageurs, la

population s’est levée, furieuse. Sur

les réseaux sociaux, ils demandent,

exigent de savoir “kote lajan Petrocaribe

a pase?

Tous sur les réseaux sociaux!

Tous à l’assaut des amateurs

de chamailles, batailles, pagailles,

déblozailles entre canailles!

4 septembre 2018

Suite de la page (7) Haïti, le chemin de l’angoisse

piétiné par les crapules qui nous gouvernent

aujourd’hui. Honte à tous ceux qui

ont dilapidé le fonds PetroCaribe! Honte à

leurs complices ! Honte à tous ceux ont

dirigé Haïti et qui avaient les moyens

de construire des banques de développement,

des campus universitaires, des

lycées, des amphithéâtres, des musées,

des routes, des systèmes d’eau potable,

des barrages électrique, des centre de recherche,

des bibliothèques mais, malheureusement,

au lieu de développer le pays

ont préféré piller le Trésor public. Honte à

tous ceux qui ont volé l’argent du Fonds

PetroCaribe sans avoir tenté d’aborder les

problèmes de l’agriculture, de l’élevage,

de la pêche, de l’éducation, de la santé,

du transport, de la télécommunication,

etc.. Ce sont les dirigeants quidams qui

ont forcé les jeunes haïtiens à quitter le

pays. À travers nos différents entretiens

avec plusieurs groupes de jeunes, ils ont

témoigné du dégoût provoqué par les autorités

haïtiennes. « Nous avons un État

construit contre nous», martèle une jeune

haïtienne rencontrée à l’aéroport international

Toussaint Louverture. Janine qui a

choisi d’aller explorer la terre chilienne,

ne souhaite pas retourner en Haïti. « Je

préfère la mort », conclut-elle. L’une des

sources de l’abandon de la terre-natale

est l’organisation de l’État, un État au

service d’un groupe. Il faut rappeler que

l’Haïtien qui quitte illégalement son pays

part avec toute la douleur, la honte, la

misère, la déception et toute la souffrance

de son peuple dans le regard. Quand il est

vu quelque part, c’est la misère, la honte,

la déception que l’on voit.

Haïti est devenue une entité chaotiquement

ingouvernable, un espace

dominé par les vampires et d’autre bêtes

sauvages. Il existe une très bonne organisation

et planification de la pauvreté en

Haïti. Mayens, un jeune haïtien qui fait

des études actuellement (août 2018) en

France, observant bien ce qui se passe en

Haïti, a fait cette triste conclusion. « Haïti

offre 4 grandes options:

1- Résister, oser dire non à la corruption,

la bêtise et l’ignorance; Mais là,

nous n’avons pas appris à résister face

à l’oppresseur. L’éducation concoctée

par les Frères de l’Instruction Chrétienne

(FIC) en complicité avec le Ministère de

l’Éducation nationale et de la Formation

professionnelle(MENFP) crée une

peur, une crainte à se révolter face aux

bourreaux, oppresseurs. Nous sommes

piqués par le syndrome de la transplantation,

pour paraphraser, l’historien Alin

Louis HALL. En définitive, c’est un peuple-zombi

acceptant docilement sa misère

et se sent confortable dans ses conditions

d’existence difficiles;

2- Se laisser emporter par la corruption,

faire le jeu du système. Il est

facile d’être corrompu dans un pays ou

la corruption devient norme et règle.

Cependant, ce ne sont pas tous les jeunes

qui se laissent prendre dans ce piège. Ils

ont préféré partir avec dignité mais accueillis

parfois avec mépris et sur fonds

de racisme. C’est ce qui fait l’objet de la

troisième option;

3- Partir ! Aller affronter la vie ailleurs

avec tout ce qu’elle réserve comme

déception, racisme, échec, choc culturel,

esclavage, viol, etc.. Ailleurs reste le choix

le plus idéal pour les jeunes haïtiens face

à leur incapacité à affronter l’avenir et se

tailler une place au soleil du pays.

4- Et, enfin, le suicide! La plus

forte des options [… Mes commentaires

personnels ont été ajoutés à travers les

4 options énumérées par le jeune géographe].»

Mais la seule chose, il faut le

noter, sociologiquement, les Haïtiens ne

sont pas portés à se suicider. La résistance

du peuple haïtien face au suicide,

ne pourrait-elle pas remettre en question

les études de Émile DURKHEIN sur

le suicide? Publié en 1897 par l’un des

principaux pères de la Sociologie, Émile

DURKHEIM, a essayé de montrer, analyser,

à partir « des statistiques administratives

basées essentiellement sur des principaux

pays de l’Europe», le phénomène

suicide. Le sociologue

analyse un ensemble d’éléments, montre

leur corrélation dans le but de savoir

quels sont les éléments qui contribuent à

l’augmentation du taux de suicide, et les

éléments qui n’ont pas de relation avec

le phénomène. Une lecture complète de

ce livre via une fiche de lecture réalisée

par le professeur Jean-Marie TREMBLAY

nous aidera à mieux saisir la complexité

du phénomène suicide et les causes qui

peuvent l’engendrer. Il est à se demander

pourquoi, malgré le taux de chômage

élevé, l’analphabétisme, l’ignorance, en

dépit de la misère sociale qui ronge la société

haïtienne, malgré la grande disparité

entre les élites économiques et les pauvres,

il est de plus en plus rare qu’un Haïtien

se suicide? Sommes-nous conscients

d’être esclaves, soumis et pauvres? Il y a

une sorte de résistance au suicide chez les

Haïtiens.

On constate également une forme

de résistance quand il faut se soulever

pour dire c’en est assez! Je pense que

c’est une belle perspective d’étude pour

les spécialistes en sciences humaines et

sociales : résistance face au suicide et le

courage d’accepter la misère. Pourquoi

cette résistance dans la pauvreté, loin

de la comprendre, mais s’accommoder

avec? Les jeunes haïtiens impuissants

et incapables de se révolter, ils ont choisi

le chemin de l’angoisse; parfois, cette

aventure se transforme en chemin de

non-retour. Les expériences faites avec

la Commission Intérimaire pour la Reconstruction

d’Haïti (CIRH) et le fonds

PetroCaribe sont un signal qui nous dit

qu’Haïti a besoin de fils et filles dignes,

conscients, avisés, éclairés pour fabriquer

son destin, provoquer l’avenir pour le bien-être

collectif. Aucun peuple n’atteindra

la gloire, le mieux-être et le bonheur

s’il n’accepte pas de se battre contre l’ignorance

et la corruption.

Iléus PAPILLON

Sociologue

www.ileuspapillon.com

Suite de la page (7)

des politiques qui jouent le double jeu,

ce serait encore acceptable. Mais toute

vraie bataille citoyenne doit avoir un

relais politique conséquent sur lequel

s’appuyer quand les slogans ne suffiront

plus ou quand les voix seront

enrouées. Si ce relais n’existe pas, ou

si celui qui existe n’est pas crédible, il

faut le structurer ou en construire un

nouveau.

En tout état de cause, un mouvement

citoyen a besoin d’un leadership.

Et ce leadership doit être guidé

par l’esprit d’un management de service,

de responsabilité et d’exemplarité.

Il doit s’exercer à écouter ce qui lui

déplait et même si cela vient de ceux

avec qui il est en désaccord. Il n’y a pas

comme l’exemplarité pour nourrir l’engagement.

C’est une bonne manière

d’éviter les erreurs du passé et surtout

de tenir compte des bruits discordants

pour pouvoir dans les délais ajuster les

stratégies. Car un mouvement citoyen

ne peut réussir que par l’intelligence

collaborative de tous.

S’assumer pour se régénérer

Ceci dit, il est tout de même déconcertant

de voir que même les gens réputés

intelligents ne distinguent pas encore

que de nombreuses personnes sont

dans une stratégie permanente d’imposture

et d’évitement en Haïti. Aujourd’hui,

sur le dossier de PetroCaribe,

il semble y avoir, dans l’opinion, un

accord général de principe pour qu’un

procès ait lieu et que la justice se prononce

sur ce dossier. Mais personne

ne veut questionner la faisabilité et le

sérieux de ce procès. Tout le monde demande

à la CSCCA de donner son avis,

mais tout le monde oublie que la CSC-

CA est aussi épinglée dans le dossier

de PetroCaribe. Tout le monde attend

que la justice se prononce, mais tout

le monde oublie que la justice est dysfonctionnelle

et corrompue.

D’ailleurs, il y a quelque temps à

peine, c’est le président Jovenel Moise

qui disait : qu’il avait été contraint de

nommer 50 juges corrompus dans

le système judiciaire ; qu’il avait des

gens à son service dans toutes les institutions

du pays pour bloquer et faire

traîner les dossiers qui ne lui sont pas

favorables.

Alors de deux choses l’une :

soit nous sommes un peuple d’imposteurs,

soit nous sommes incapables de

réfléchir de manière systémique. Il est

temps que nous comprenions que les

institutions d’un système de perversion

ne peuvent ni se prononcer contre les

faits, ni agir en rupture du système.

Seule une vraie mobilisation collective

pour un engagement citoyen permanent

et responsable peut aider à vaincre

l’impunité. Car l’engagement citoyen,

s’il n’est pas canalisé vers le ponctuel,

doit chercher à résoudre les causes racines

et non les effets.

Petrocaribe est un effet de perversion

du système. Et on peut se

demander en toute bonne foi, qui

empêchera au système de freiner la dynamique

#KotKobPetwokaribeA quand

il en aura pris le contrôle comme par le

passé ? Qui empêchera à cette mobilisation

d’échouer comme celle de : 1986,

conduite à l’époque par la génération

des FENEH et des KILEH qui sont aujourd’hui,

en grande partie, les nouveaux

acteurs et décideurs, visibles ou dans

l’ombre, du système ?

2004, conduite par le groupe

des 184 et leur imposture de nouveau

contrat social qui sont aujourd’hui les

concepteurs et les grands bénéficiaires

de la corruption.

Si cette réflexion est porteuse

de turbulences, il faut admettre qu’elles

sont structurantes. Car elles invitent à

ne pas rester à la surface des choses,

elles proposent d’aller au plus profond

des choses pour questionner nos propres

complicités avec le système. Aujourd’hui,

tout le monde s’abrite derrière

#KoteKobPetrocaribeA, et c’est une

bonne chose. Mais le problème ne s’arrête

pas là. Il ne commence même pas

là. Il y a de l’inconséquence ou de la folie

à vouloir qu’un président lui-même

inculpé pour blanchiment et autres faits

de corruption mène le leadership de la

lutte contre la corruption. Il y a de la

naïveté ou de l’imposture à croire que

le système, en un sursaut, peut de luimême

aller à sa perte.

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Empressons-nous d’anticiper et

de rectifier les arguments des adeptes

de la pensée simpliste et confuse qui

tenteront de faire passer ce message

pour une opposition à la dynamique

citoyenne en mouvement : nous essayons

simplement de dire que la lutte contre

la corruption ne peut se contenter de

solution négociée mi-chèvre mi-chou.

C’est dans la rupture et l’innovation, et

non dans les slogans militants et dans

les jugements négociés que se trouvent

les clés de la régénération dont Haïti a

besoin.

Il ne faut pas oublier que la

méthode doit rester la boussole même

sur le terrain de l’engagement citoyen

et de l’innovation sociale. Et parlant

de méthode, gardons à l’esprit cette

pensée d’Albert Einstein qui ouvre la

voie à la démarche de résolution de

problèmes : ’ On ne peut pas résoudre

les problèmes avec le même niveau de

pensée qui les a engendrés’. Et c’est la

démarche scientifique qui nous invite

aussi à tolérer les incertitudes générées

par les questionnements, même quand

ils dérangent.

Je m’en voudrais de finir sans

ne pas insister à rappeler que cette

réflexion se veut à contre-courant de

l’opinion publique dans un besoin de

questionnement pour structurer la

dynamique capable de nous délivrer

de l’enfumage. Car ce sont les questionnements

qui révèlent les ombres

des contradictions à surmonter, des

défis à relever et des obstacles à vaincre

pour gagner la bataille contre la

corruption. Et pour reprendre la vérité

épistémologique : c’est toujours en termes

d’obstacles, donc de questions et

non de certitudes ou d’adhésion aveugle,

qu’il faut poser le problème ’ de la

corruption.

Or la corruption, telle que généralisée

en Haïti, se structure davantage

comme le résultat de la manière de

vivre, d’agir et de penser de tout un

collectif. On ne peut la combattre que

si on combat les médiocrités qui la rendent

possible et la structurent. Cela invite

à un vrai processus de régénération

éthique. Et pour se régénérer éthiquement,

il en faut plus qu’un hashtag,

plus que des slogans et beaucoup plus

que des panneaux publicitaires. C’est

vers une agitation permanente de la

pensée qu’il faut pousser l’engagement

citoyen pour qu’il soit en rupture avec

l’imposture et pour qu’il fasse émerger

de l’innovation en guise de réchauffé et

de déjà-vu.

Erno Renoncourt 27 Août 2018

LGS 28 Août 2018

14 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


Les Haïtiens font face à l’expulsion des États-Unis et de la

République dominicaine !

Par Marty Goodman

Les immigrants haïtiens font face à

un double mur de racisme, celui de

Donald Trump et le racisme historique

de la classe dirigeante de la République

dominicaine, qui partage avec Haïti

une frontière commune.

Après des décennies de politique

d'immigration bipartite raciste envers

les Haïtiens, Donald Trump a révoqué

en novembre 2017 le statut de protection

temporaire (TPS) de 58 000

immigrants haïtiens. L'administration

a annoncé que le TPS pour les ressortissants

haïtiens expirerait le 22 juillet

2019. Quelque 27 000 enfants citoyens

américains sont confrontés à devenir

séparés de leurs parents. Obama

a accordé le TPS aux Haïtiens à la suite

du tremblement de terre catastrophique

de janvier 2010 en Haïti, qui a fait plus

de 200 000 morts et déplacé 2 millions

de personnes. Désormais, on peut retourner

en Haïti sans danger, a déclaré

un récent communiqué de la Maison

Blanche.

Au cours des dernières années,

Haïti a enregistré 10 000 à 800 000

décès dus à une épidémie de choléra,

à de multiples ouragans, au nettoyage

encore inachevé des décombres du

séisme, au chômage à 40%, aux troubles

antigouvernementaux et aux expulsions

massives en provenance de la

République dominicaine. Haïti ne peut

pas accueillir un afflux massif venant

des États-Unis!

La révocation du statut de protection

temporaire (TPS) est une politique

conforme aux remarques racistes

anti-Haïti de Trump: un pays trou

de merde («shithole»), les Haïtiens

«ont tous le SIDA», «pourquoi voudrions-nous

plus d'Haïtiens?» , et son

appel à les «enlever» d'une proposition

d'un accord bipartite d'immigration.

Trump avait déjà enlevé le TPS à

1000 Soudanais, 5300 Nicaraguayens,

9000 Népalais et 260 000 Salvadoriens

- qui devront tous quitter les États-Unis

en 2019 s'ils ne peuvent pas obtenir

leur résidence. Quelque 275 000 enfants

citoyens américains de TPS sont

touchés. Ont été également touchées

les personnes homosexuelles et transgenres

qui craignent une attaque violente

Une plainte déposée le 15 mars

dernier à New York fait état de violations

de la loi et de la Constitution par

les responsables de l’administration

Trump avec une hostilité raciale envers

les Haïtiens. Ce sont la National Lawyers

Guild (NIPNLG) et les cabinets

d'avocats Kurzban, Kurzban, Weinger,

Tetzeli et Pratt P.A, (Kurzban) qui ont

intenté le procès. La plainte comprend

une dizaine de plaignants, dont Haïti

Dr. Kesler Dalmacy

1671 New York Ave.

Brooklyn, New York 11226

Tel: 718-434-5345

Le docteur de la

Communauté Haïtienne

à New York

Le gouvernement dominicain a ciblé les Haïtiens et les Dominicains

d'origine haïtienne à travers une décision raciste de tribunal connue sous

le nom de «La Sentencia 168/13»

Liberté, le plus important hebdomadaire

haïtien, et Family Action Network

Movement, Inc. (FANM). Le co-conseiller

Ira Kurzban a déclaré: «Ne vous

y trompez pas, la décision de Trump de

mettre fin au TPS haïtien est motivée

par son parti pris répugnant envers

les Haïtiens et les autres personnes de

couleur. »

Les mobilisations des défenseurs

des droits des immigrés se sont répandues

aux États-Unis, pour protester

contre l’élimination des programmes

du TPS et du DACA. Le 26 juillet, une

manifestation de ce type a eu lieu dans

le centre-ville de Manhattan, parrainée

par au moins deux douzaines de forces

d’immigration activistes. La manif

avait mobilisé quelque 300 personnes.

Pendant ce temps, inspirés par

Trump, des politiciens racistes dominicains

ont appelé à la construction d’un

mur à la frontière entre la République

dominicaine et Haïti. En mai, il y a eu

11 000 expulsions à la frontière et 5

000 Haïtiens vivant en République

dominicaine. Au cours des trois premiers

mois de l'année, près de 35 000

Haïtiens ont été déportés. Il y a 750

000 Haïtiens vivant en République

dominicaine, dont plus de 200 000

sont susceptibles d'être expulsés.

Le député dominicain du district

national, Vinicio Castillo, a déclaré:

«Pour moi, il existe un problème crucial

pour la République dominicaine,

sa souveraineté. … Nous vivons une

invasion pacifique d'une population

indigente. » Castillo s'est engagé à recueillir

plus de 300 000 signatures pour

un mur, à promouvoir un projet de loi

et éventuellement un référendum national.

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Dans le passé, des militaires

américains ont prêté à la frontière de

l'aide à la République dominicaine,

une alliée anti-communiste acharnée,

en fournissant formation et de la technologie.

De plus, des paramilitaires haïtiens

se sont entraînés en République

dominicaine, sans être dérangés, avant

de lancer deux coups d'État sanglants

en 1991 et 2004.

En 2013, le gouvernement

dominicain a ciblé les Haïtiens et les

Dominicains d'origine haïtienne à travers

une décision raciste de tribunal

connue sous le nom de «La Sentencia

168/13», qui a enlevé la citoyenneté

à plus de 250 000 personnes dont les

familles avaient immigré en République

dominicaine depuis 1929. Le gouvernement

de la République dominicaine

a déporté des dizaines de milliers de

personnes, même si beaucoup d'ente

eux ne sont jamais allés en Haïti. Des

dizaines de milliers de personnes ont fui

la déportation et la violence populaire.

Human Rights Watch et Amnesty

International ont demandé l'arrêt

des expulsions.

Historiquement, la classe dominante

dominicaine a promu ce qu’on

appelle «l’anti-haïtianisme». En 1937,

le dictateur dominicain Rafael Trujillo

a assassiné jusqu’à 40 000 Haïtiens.

L'anti-haïtianisme présente tout ce qui

est «noir» comme mauvais. L’anti-haïtianisme

est utilisé comme bouc émissaire

des politiques économiques ratées

du gouvernement dictées par la Banque

mondiale dominée par les États-Unis.

Article traduit de l’anglais par

Haïti Liberté

Tel: 718-434-0202 / 718-869-1501

E-mail: charlesmjcharles@hotmail.com

“Giving care, one patient at a time.”

RENCONTRE COMMUNAUTAIRE

ET POLITIQUE

Avec l’avocat Jaccéus Joseph

Coordonnateur du Bureau des organisations de défense des

droits humains (Boddh)

Ancien membre du Conseil Electoral Provisoire

Samedi 22 Septembre 2018

7 h PM

Au local de Haïti Liberté

1583 Albany Ave Brooklyn, NY 11210

Informations 718-421-0162

DR. ULKY SAINT-VIL

D.D.S., P.C.

DENTIST OFFICE

Office hours by appointment

718.434.9313

1012 Ocean Avenue, Suite 1B

(corner Newkirk Avenue)

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Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

15


Suite de la page (8)

« virtuelle ou réelle » dont elle dispose

afin que les coupables ne restent pas

impunis comme les milliers, sinon plus,

d’Agents de l’Etat et des hauts fonctionnaires

qui se servent du Trésor Public

comme s’il s’agit de leur compte personnel.

Mais attention ! Il ne faut pas être

naïf non plus.

On a constaté que certains politiques

essaient de se faufiler à travers ce

vaste mouvement qu’il soit virtuel (Réseaux

sociaux) ou réel avec les manifestations

physiques dans les rues de Portau-Prince,

du Cap-Haïtien, Les Cayes et

d’autres villes du pays pour s’imposer

comme initiateurs ou partie prenante

d’un mouvement en réalité qui n’appartient

à personne, donc à tout le monde.

Certes, des jeunes activistes des milieux

culturels et populaires sont à l’origine de

cette vaste campagne anti-corruption et

réclamant des comptes sur l’utilisation

des trois milliards de dollars de réserve

sur le fonds du programme PetroCaribe.

Ce mouvement social n’est pour le

moment mené par aucun parti ni leaders

politiques. D’ailleurs, la semaine

dernière, précisément le 24 août 2018,

certains chefs politiques ont failli laisser

leur peau à l’avenue Christophe lors de

la manifestation organisée à l’appel de

PetroCaribe/Challenge devant la Cour

Supérieure des comptes.

Venus certainement porter leur

solidarité aux manifestants et peut-être

soutenir les revendications de la population,

des leaders politiques ont eu le plus

grand mal à se faire accepter des manifestants.

Il a fallu négocier pour qu’ils

puissent sortir sains et saufs. Même si

certains d’entre eux sont issus des Mouvements

populaires de la capitale et de

Delmas depuis des années et sont de

véritables agitateurs dans les milieux sociaux,

ils ont été refoulés sans ménagement

par les manifestants. Si la plupart

des femmes et hommes politiques encouragent

des actions comme ce mouvement

instantané sur les Réseaux sociaux

et les manifestations des rues, d’autres

responsables insistent pour que la justice

assume ses responsabilités institutionnelles

surtout avec le soutien de ces

citoyens indignés devant le comportement

du gouvernement faisant la sourde

oreille des cris de l’opinion publique.

Ainsi, devant la montée inattendue

de plusieurs groupes qui alimentent

les Réseaux sociaux en hashtag pour

que le mouvement reste actif, le Président

Jovenel Moïse semble assouplir ses

positions en déclarant : il faut que la

justice aille jusqu’au bout dans le dossier

de PetroCaribe. Quant au Président

du Sénat, Joseph Lambert, il promet

d’acheminer le Rapport de la Commission

du Sénat à la Cour des comptes

pour la suite. Certainement surpris par

la montée de divers mouvements de

contestations mis en action par des activistes

anonymes mais assez actifs dans

le milieu cultures pour être facilement

identifiés, les responsables politiques ne

peuvent plus rester les bras croisés. Et

surtout, ils sont condamnés à supporter

et accompagner la justice dans sa quête

de vérité.

D’ailleurs, la pression devient tellement

forte que le pouvoir public dans

son ensemble se montre réceptif. On en

veut pour preuve des protagonistes qui

ont déjà été auditionnés par les Commissaires

des deux Commissions d’enquête

du Sénat et qui ont été invités

une nouvelle fois à s’expliquer devant

la Commission. Cette décision s’explique

par une polémique virulente opposant

l’ex-Premier ministre Laurent Lamothe

et Dimitri Vorbe de la compagnie d’électricité

Sogener sur une partie de l’argent

du programme PetroCaribe à travers la

campagne contre la corruption et « Kote

Kòb PetroKaribe a ». Le premier accuse

l’autre d’avoir perçu un million de dollars

par mois durant dix ans pour fournir

du courant électrique à EDH sans pour

autant honorer correctement son contrat.

Tandis que le second rétorque qu’il

n’en est rien. Et selon le Président du

Sénat, d’autres convocations de ce type

seront lancées à d’autres personnalités

dans le cadre de cette affaire pour être

entendu de nouveau. La preuve que la

campagne « kote lajan PetroKaribe a »

commence à faire son effet sur les responsables

qui ont un devoir moral vis

à vis de la population.

Il reste à la justice de se montrer à

la hauteur et intéressée afin de se saisir

de manière sérieuse de ce dossier. Car

tous les éléments sont là pour permettre

un vrai procès digne du « Procès de la

consolidation », celui ayant eut lieu en

1904 sous la présidence de Nord Alexis.

Aujourd’hui, les juges peuvent compter

sur les citoyens qui décident de faire des

Réseaux sociaux leur champ d’investigation

et de mobilisation afin de contraindre

les contrevenants à se mettre à

la disposition de la justice réelle. Sinon,

ils seront pourchassés par les adeptes

des Réseaux sociaux au risque d’être

condamnés par la vindicte populaire.

C’est pire que la justice institutionnelle et

ce serait aussi un danger à l’ordre républicain

et pour la démocratie.

C.C

Suite de la page (12)

l’Europe de l’après-guerre froide»

est tout à fait d’accord: « L›Occident

a choisi un avenir qui perpétue une

Europe divisée et a laissé la Russie à la

périphérie ».

Au lieu de synergie, il y a eu l’expansion

progressive de l’OTAN vers l’est

sur le territoire de l’ex-Union soviétique,

de laquelle Gorbachev, tout comme Putin,

est “profondément critique”. Car

la dissolution du Pacte de Varsovie aurait

dû être suivie par celle de l’OTAN

puisque la guerre froide était terminée.

Gorbachev est pourtant très critique

de l’autoritarisme de Putin mais ses

vues convergent sur le plan historique et

stratégique avec l’actuel dirigeant russe,

que le professeur Mearsheimer considère

d’ailleurs comme “un stratège de

première classe qui devrait être craint

et respecté par quiconque le défie en

politique étrangère”. Pour Franchetti,

spécialiste des questions russes, c’est

Gorbachev “le plus grand homme d’État

vivant au monde”. En commençant son

interview, celui-ci avait dit: «Je veux que

les gens entendent mes opinions à un

moment où la situation dans le monde

me préoccupe grandement”.

Etats-Unis: risquer la guerre pour

maximiser leur puissance

Pareille crainte chez Chomsky qui confie

dans la conversation radiophonique

susmentionnée: “Maintenant, le dernier

pas auquel nous sommes confrontés,

est l’effort pour amener l’Ukraine dans

l’OTAN. Et c’est ... vous savez, «risqué»

est un peu un euphémisme. C’est jeter

les bases de ce qui pourrait devenir une

guerre majeure - une guerre nucléaire”.

Roberts explose: “Mais Noam,

est-ce dû à l’orgueil à Washington? Ou

sont-ils si déterminés à avoir l’hégémonie

sur le monde qu’ils ne peuvent

pas penser ou qu’ils ne voient pas le risque?

Parce que c’est un risque énorme,

on pourrait penser que les gens seraient

attentifs et prudents, et pourtant il

semble qu’ils ne savent même pas que

c’est un risque”.

Ils voient que c’est un risque, d’où

le fait qu’un organe aussi officiel que

Foreign Affairs, du Council on Foreign

Relations, ait publié cet article de Mearsheimer,

et même en première page. Si

c’est étonnant à première vue que cette

publication étatsunienne ait admis leur

responsabilité, ce n’est pas seulement

que sa portée est limitée aux milieux

intellectuels et que ce genre d’exercice

perpétue l’illusion de la démocratie aux

Etats-Unis, mais c’est qu’ils estiment

vraiment que la situation est grave.

« Mais je pense que Washington,

vous savez, ils ont leur propre logique

- nous devons maximiser notre

puissance, sans limites [souligné par

moi] » conclut Chomsky.

Je pensais à la loi de la jungle:

les plus forts l’emportent. Mearsheimer

le dit plus élégamment: “les États ne

sont pas satisfaits avec une certaine

quantité de pouvoir, mais recherchent

l’hégémonie pour la sécurité parce que

la composition anarchique du système

international crée de fortes incitations

pour les États à chercher des

occasions d’acquérir du pouvoir au détriment

des concurrents [...] éliminant

toute possibilité de défi par une autre

grande puissance, ce qu›on appelle le

néoréalisme offensif”. Pas étonnant

alors qu’il rejette “la théorie de la paix

démocratique, qui prétend que les démocraties

ne se font jamais ou rarement

la guerre entre elles”.

Et Mearsheimer approuve l’historien

britannique E. H. Carr qui, dans

son livre de 1939, “The Twenty Years

‘Crisis”, affirme que “les relations internationales

sont une lutte de tous contre

tous, les Etats mettant toujours en premier

lieu leurs intérêts”. Dans les universités

étatsuniennes, les cours de Politique

étrangère commencent toujours

par, “Quels sont les intérêts des Etats-

Unis?” Mearsheimer ajoute: “Les droits

abstraits, tels que l’autodétermination,

sont largement vides de sens lorsque les

états puissants se querellent avec des

états plus faibles”.

La stratégie britannique: diviser pour régner. L’Angleterre a acquis Chypre

en Méditerranée orientale en 1878 de l’empire ottoman, pour avoir une base

au Proche-Orient. Ils ont choisi cette île pour le caractère pacifique de ses

habitants et parce qu’“il y avait une petite minorité musulmane qui pourrait

être utilisée contre la majorité grecque”. L’ile est divisée depuis 1974 quand la

Turquie a envahi la partie nord qu’elle occupe toujours illégalement, causant

des centaines de tués, déplacés et dommages matériels

Le reste, le verbiage que nous

avons vu plus haut, ne sert qu’à présenter

ce diktat de manière la plus acceptable

à l’opinion publique internationale,

et ce y compris aux journalistes.

Plus récemment, au moment

du coup d’Etat en Ukraine, mais parlant

de la Chine, le professeur Yuen

Foong Khong de l’université de Oxford

rappelle la “longue (et bipartisane)

tradition dans la pensée stratégique

étatsunienne: les administrations successives

ont souligné que l’intérêt vital

des États-Unis est d’empêcher un hégémone

hostile de dominer aucune des

principales régions du monde».

Et Chomsky ajoute: “En outre, il

est généralement admis que les Etats-

Unis doivent «maintenir leur prédominance»,

car «c’est l’hégémonie étatsunienne

qui a maintenu la paix et la

stabilité régionales» – ce dernier terme

signifiant en réalité: subordination aux

demandes étatsuniennes.

Prévenir la montée de l’Eurasie:

diviser pour régner

L’encerclement de la Russie a commencé

bien avant cette dite agression contre

l’Ukraine. Bien avant la chute du mur

de Berlin. Bien avant la guerre froide,

qui n’a pas débuté par une agression

soviétique, mais à cause d’une impulsion

historique de longue date des élites

anglo-étatsuniennes pour encercler et

contrôler l’Eurasie. “Depuis près de trois

siècles”, dit Mahdi Darius Nazemroaya,

chercheur au Centre for Research on

Globalization de Montreal et collaborateur

à Al Jazeera, Press TV et Russia

Today, “la stratégie anglo-étatsunienne

a été de prévenir la montée des trois

puissances potentielles de ce continent:

Russie, Chine et Inde”.

Ils ont, par exemple, opposé la

Russie tsariste à la Turquie ottomane,

soutenant militairement cette dernière

dans la guerre de Crimée (encore!) Au

19ème siècle, la France à l’Allemagne

par les accords de Locarno de 1925 qui

traitait des territoires d’Europe centrale

après la première guerre mondial. Et

ensuite les Nazis aux Soviétiques, les

laissant s’exterminer les uns les autres,

d’où les bons rapports de l’Angleterre (et

des Etats-Unis) avec Adolph Hitler et les

Nazis jusqu’à la veille de la deuxième

guerre mondiale, et d’où, en partie, leur

décision d’attaquer l’Allemagne d’abord

en Afrique, laissant le gros du travail à

l’URSS.

C’est surtout quand ils ont dû accorder

l’indépendance à leurs territoires

que les Anglais ont utilisé à fond le classique

“diviser pour régner”, soit semer la

discorde. Comme ils l’ont fait en Palestine,

en Irlande, dans le sous-continent

indien, à Chypre. La déclaration Balfour

de 1917 ouvrant la voie à la naissance

d’Israël en 1948 et à la défaite et la

dispersion des Palestiniens, créant un

mega-conflit au cœur de l’islamisme et

de l’islamphobie bien actuels. La guerre

civile irlandaise de 1922-23 causée par

le traité Anglo-Irlandais accordant l’indépendance

à l’Irlande, celle-ci étant très

actuellement un des principaux problèmes

du Brexit. La loi sur l’indépendance

de l’Inde de 1947 divisant l’Inde

britannique en Pakistan (indépendant

le 14 août) et Inde (indépendante le

15 août) qui sont en perpétuel conflit

depuis lors, y compris avec course au

nucléaire. Le patronage de la Turquie à

partir de 1954 pour contre-carrer la demande

d’auto-détermination de Chypre,

débouchant vingt ans plus tard sur l’invasion

de l’île par la Turquie, problème

resté insoluble à ce jour.

Le Brexit est la dernière occasion

en date pour l’Angleterre d’utiliser

cette carte de la division, qu’elle a joué

“depuis... 500 ans pour créer une Europe

désunie”, comme l’écrit le journaliste

de The Economist, Tom Nuttall, dans

le New Statesman de Londres. Et il donne

des exemples, entre autres, “elle peut

acheter la Pologne avec la promesse

de continuer à financer les autoroutes,

ou l’Estonie avec l’engagement de

contribuer davantage aux missions

de l’OTAN”. Aussi, “le président de la

Commission Européenne, Jean-Claude

Juncker, a averti les 27 d’être vigilants

face aux tactiques britanniques de diviser

pour régner”. Nuttall rappelle aussi

que, quoiqu’en disent les partisans du

Brexit, “La Grande-Bretagne a souvent

imposé son point de vue à Bruxelles”.

Sans parler du sabotage de l’Union européenne.

Ce n’est pas une coïncidence

que la vaste majorité des articles et analyses

critiquant l’UE sont toujours venus

de Londres, et de Washington bien sûr.

(A suivre)

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16 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


A Travers le monde

Comment l’administration de l’Onu

organise la guerre !

La Syrie reconstruit

ses écoles !

Par Thierry Meyssan

Le document interne des Nations

unies que nous venons de publier

atteste que l’administration de

l’Organisation travaille contre les

buts de celle-ci. La gravité de cette

situation appelle à une explication

du secrétaire général, António Guterres,

a exigé le ministre russe des

Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Faute de quoi les États-membres

pourraient remettre l’Onu en

cause.

Le 2 juillet 2012, l’ancien assistant d’Hillary Clinton, Jeffrey Feltman

devient le numéro 2 des Nations Unies. Il prête serment devant le secrétaire

général, le très corrompu Ban Ki-moon, sur la Charte de l’Organisation

En octobre 2017, le soussecrétaire-général

des Nations

unies pour les Affaires politiques,

Jeffrey Feltman, rédigeait secrètement

des instructions à toutes les

agences de l’Onu sur le comportement

à adopter par rapport au conflit

en Syrie.

Jamais les États-membres de

l’Organisation, ni même ceux du

Conseil de sécurité, ne furent informés

de leur existence. Jusqu’à

ce que le ministre des Affaires

étrangères russes, Sergueï Lavrov,

les révèle le 20 août dernier [1].

Nous venons de nous en procurer

une copie [2].

Ce document trahit la Charte

des Nations unies [3] dont il inverse

les priorités. Alors que celle-ci

a pour but principal de « maintenir

la paix et la sécurité internationales

», il place au-dessus de ce but le «

respect des droits de l’homme ». De

la sorte, ces droits deviennent un

instrument contre la paix.

L’expression « droits de

l’homme » existait bien avant de

trouver un sens juridique (c’est-àdire

avant d’être opposable dans

un tribunal). Le ministère britannique

des Affaires étrangères en

fit un grand usage, au XIXème siècle,

pour justifier certaines de ses

guerres. C’est pour les défendre,

assurait-il, qu’il était prêt à batailler

contre l’Empire ottoman. En réalité,

il s’agissait uniquement d’un

choc entre l’Empire britannique et

la Sublime porte. Jamais les peuples

prétendument « libérés » par Londres

furent plus heureux sous ce

maître que sous un autre.

Au XXème siècle, les « droits

de l’homme » furent d’abord la

marque de fabrique des ONG «

sans frontières », puis le slogan

des trotskistes ralliés à la CIA, les

néo-conservateurs.

Si la Charte des Nations unies

emploie six fois l’expression «

droits de l’homme », elle n’en fait

pas un idéal en soi. Leur respect

ne peut advenir qu’en temps de

paix. La guerre, faut-il le rappeler,

est une période de troubles durant

laquelle les droits individuels sont

occultés. C’est une situation terrible

où, pour sauver un peuple, on doit

se résoudre à en sacrifier une partie.

C’est pourquoi on distingue la

police de l’armée. La police protège

des droits individuels, tandis que

l’armée protège des droits collectifs.

La police doit respecter les « droits

de l’homme », tandis que l’armée

peut les ignorer. Il semble que nos

contemporains, engoncés dans leur

confort, ont perdu le sens de ces

distinctions élémentaires.

Si le « droit-de-l’hommisme

» était initialement un habillage

de conquêtes territoriales, poussé

à l’extrême, il est devenu l’idéologie

de la destruction des structures

étatiques nationales. Pour que nos

droits soient respectés, nous devons

être « citoyens du monde » et

accepter une « société ouverte », «

sans frontières », administrée par

un « gouvernement mondial ».

C’est faire fi de l’histoire et de

la culture de chacun de ces « citoyens

du monde », leur imposer ce qui

nous semble être le meilleur pour

nous… et donc pour eux.

Dans ce nouveau document

de Jeffrey Feltman, les « droits de

l’homme » sont encore une fois un

prétexte. Cette personnalité a participé

au gouvernement de l’Iraq

au sein d’une société privée conçue

sur le modèle de la Compagnie des

Indes, la mal-nommée Autorité provisoire

de la Coalition [4], montrant

ainsi le peu de respect qu’elle avait

pour les droits des Iraquiens. Il a

exprimé son véritable but à propos

de la Syrie dans une série de documents

connus comme le « Plan

Feltman » [5]. Il s’y propose d’abroger

la souveraineté du peuple syrien

et d’instaurer, comme en Iraq,

une gouvernance étrangère.

Avec aplomb, il écrit : « Le

Plan d’action humanitaire doit

rester humanitaire afin de garantir

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que l’ONU puisse mener à bien les

activités humanitaires essentielles

pour sauver des vies et assurer les

besoins essentiels des populations.

Les activités de développement ou

de reconstruction en dehors de cela

devront être reflétées dans d’autres

cadres qui, par nature, seront des

négociations plus longues avec les

gouvernements. Cela est essentiel

compte tenu des questions juridiques

et politiques complexes en

cause ». En d’autres termes, donnez

à manger aux réfugiés, mais

ne combattez pas la famine qui

les ronge ; qu’elle reste pour nous

un argument lors des négociations

avec l’État syrien.

Les Jordaniens, les Libanais,

les Turcs et les Européens seront

surpris de lire : « L’ONU ne favorisera

pas le retour des réfugiés et des

personnes déplacées, mais soutiendra

les rapatriés en vue de garantir

le caractère sûr, digne, informé, volontaire

et durable du retour et de

la réintégration, ainsi que le droit

des Syriens de chercher asile ».

Reprenant à son compte la théorie

du professeur Kelly Greenhill [6],

Feltman ne souhaite pas aider les

exilés à revenir dans leur pays,

mais entend utiliser leur exode pour

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Malgré les difficultés financières,

la République arabe syrienne a

commencé à reconstruire le pays en

mettant la priorité non pas sur les habitations

personnelles, mais sur les infrastructures

et les services publics.

Les principales routes du Sud du

pays ont déjà été refaites. Surtout, 350

000 professeurs ont repris l’école dont

30 000 nouveaux qui ont été recrutés,

100 nouvelles écoles sont en cours de

affaiblir leur patrie. « L’assistance

des Nations Unies ne doit pas aider

les parties qui auraient commis

des crimes de guerre ou des crimes

contre l’humanité », précise-t-il,

interdisant à titre conservatoire

toute aide à quelque pouvoir que

ce soit.

Il pose que : « Ce n’est que

lorsqu’une transition politique véritable

et inclusive sera négociée par

les parties que l’ONU sera prête à

faciliter la reconstruction ». On est

bien loin de l’idéal de la Charte.

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construction et 3 000 devraient être reconstruites

d’ici trois ans.

Opposé à tout enseignement autre

que le Coran, les jihadistes avaient

systématiquement détruit —avec le

soutien de l’Otan— les écoles dans les

territoires qu’ils occupaient. Durant

sept ans, de nombreux enfants ont été

privés d’école par l’agression étrangère.

Réseau Voltaire 3 septembre 2018

Notes

[1] “Sergey Lavrov news

conference with Gebran Bassil”, by

Sergey Lavrov, Voltaire Network,

20 August 2018.

[2] « Paramètres et principes

de l’assistance des Nations Unies

en Syrie », par Jeffrey D. Feltman,

Réseau Voltaire, 3 septembre 2018.

[3] « Charte des Nations unies

», Réseau Voltaire, 26 juin 1945.

[4] « Qui gouverne l’Irak ? »,

par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire,

13 mai 2004.

[5] “Draft Geneva Communique

Implementation Framework”,

“Confidence Building Measures”,

“Essential Principles”, “Representativness

and Inclusivity”, “The

Preparatory Phase”, “The Transitional

Governing Body”, “The Joint

Military Council and Ceasefire Bodies”,

“The Invitation to the International

Community to Help Combat

Terrorist Organizations”, “The Syrian

National Council and Legislative

Powers during the Trasition”,

“Transitional Justice”, “Local Governance”,

“Preservation and Reform

of State Institutions”, “Explanatory

Memorandum”, “Key Principles revealed

during Consultations with

Syrian Stake-holders”, “Thematic

Groups” (documents non publiés).

« L’Allemagne et l’Onu contre la

Syrie », par Thierry Meyssan, Al-

Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28

janvier 2016.

[6] “Strategic Engineered Migration

as a Weapon of War”, Kelly

M. Greenhill, Civil War Journal, Volume

10, Issue 1, July 2008.

Réseau Voltaire | Damas

(Syrie) | 3 septembre 2018

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Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

Haiti Liberté/Haitian Times

17


Une exploration au sein de l’armée à la fin des années

1950 et au début de la décennie suivante.

À propos de l’ouvrage de Teddy Thomas

Par Alain Saint Victor

Le dernier livre de Teddy

Thomas, Souvenirs et

Réflexions d’un Ex-Militaire,

nous fait découvrir un univers

doublement fascinant : il

dévoile le parcours existentiel

d’un jeune homme, Jean

Pradel, qui s’inscrit dans

l’armée pour servir son pays,

et il nous invite aussi à mieux

comprendre le fonctionnement

de cette armée, ses mécanismes,

ses intrigues et son

évolution à une époque où

le duvaliérisme imprègne de

plus en plus les institutions

de l’État. L’écriture est d’une

élégante simplicité, l’écrivain

s’assure que chaque partie

de l’ouvrage s’intègre harmonieusement

dans ce qui constitue

le tout de l’histoire, son

unité littéraire, de sorte que le

lecteur, plongé dans le récit,

veut toujours en savoir plus.

L’histoire est, en fait,

un roman autobiographique.

Jean Pradel est le personnage

principal; ce nom est porteur

d’une mémoire, celle d’une

lutte d’émancipation menée

par l’esclave Padre Jean, l’un

des premiers révoltés contre

l’esclavagisme, méconnu ou

ignoré par l’histoire officielle.

Si ce nom nous renseigne

sur la psychologie du personnage,

l’auteur prend soin

de nous décrire dans toute

sa réalité, dont il a été luimême

témoin en tant qu’officier,

l’institution de l’armée

et les véritables personnages

qui en faisaient partie. En ce

sens, l’ouvrage n’est pas une

biographie romancée, dans

laquelle la narration serait

dominée par un imaginaire

contraignant, qui plongerait

le lecteur dans un univers où

la fiction prend le dessus sur

la réalité.

L’objectif de l’écrivain

est tout autre. Si Jean Pradel

est un personnage fictif, tout

ce qu’il fait est ancré dans

une réalité vécue par l’auteur

lui-même : l’utilisation du

personnage permet en fait à

Thomas de prendre une distance

par rapport à cette réalité,

de mieux l’appréhender,

de transformer ses souvenirs

en une mémoire grâce

à laquelle l’analyse devient

possible.

Le récit est émaillé de

réflexions constituant des

pauses dans la narration, ce

qui permet de mieux comprendre

le contexte historique

dans lequel le récit se déroule,

mais également de mieux

saisir la pensée de l’auteur.

Aussi, apprend-on, pour Jean

Pradel, « la carrière militaire

devait être prise comme une

mission et considérée comme

un sacerdoce au service

de la société et du pays» (p.

52). Cette perception quasi

religieuse du rôle de l’armée

n’est pas une simple figure de

style puisque, pour le jeune

Pradel, l’institution militaire

représente avant tout un lieu

de transformation de soi, de

réalisation et d’expression du

patriotisme. C’est cette pensée

qui le guidera dans toute sa

carrière militaire.

Outre l’aspect proprement

psychologique du

récit, qui procure à l’ouvrage

cette fraîcheur nostalgique

du temps de l’adolescence,

l’écrivain nous donne également

l’occasion de découvrir

des événements qui ont

marqué notre histoire contemporaine

: la scission au

sein de l’armée au cours des

élections de 1957, scission

non seulement idéologique,

caractérisée par la question de

la couleur (de la peau), mais

scission aussi qui s’est transformée

en conflit armé au

cours de la journée du 25 mai

1957. Ces événements rapportés

avec force détails nous

permettent de mieux saisir

le contexte des élections; ils

dévoilent en même temps, à

la grande déception de Pradel,

cette tendance de l’armée,

depuis la deuxième moitié du

XXe siècle, à s’immiscer dans

la politique.

Sa formation militaire

terminée, le jeune cadet Pradel

part à la découverte de la réalité

du pays. Affranchi «de la

tutelle parentale», il se sentait

enfin maître de son destin,

n’étant plus confiné à jouer

le rôle de l’adolescent modèle,

d’élève brillant à l’école secondaire,

qui faisait siens, avec

une ardeur quasi religieuse,

tous les principes moraux

enseignés par la famille, son

milieu social et le système

scolaire. À l’académie, également,

il s’est évertué rigoureusement

à appliquer tout ce

qu’on lui avait enseigné. Et

cela semblait l’étouffer, mais

cet héritage « spirituel », qui

imprégna son esprit depuis

l’enfance, avait constitué sa

personnalité. Il devait maintenant

l’assumer en devenant

un officier modèle.

À Hinche, où il occupe

son premier poste, les multiples

facettes d’une réalité,

dont il ignorait l’existence,

s’offrent à lui dans toute leur

brutalité. Le rôle du militaire

était couplé avec celui du

policier. Non seulement le

jeune officier devait prendre

en charge des soldats mal

préparés et mal équipés, mais

également il devait régler

toutes sortes de conflits entre

civils. Il découvre « très tôt

que l’un des éléments structurels

du problème confronté

par le militaire haïtien est que

son travail ne correspond pas

à sa formation professionnelle

[…] il dut faire face à

des situations pour lui des

plus inédites : cambriolages

de magasins et enquêtes

policières, découverte de cadavres

mutilés d’enfants,

tentative de séquestration de

jeune femme, […], interpellation

de prétendu loup-garou,

querelles de marchandes,

etc. » (p.114-115). Cette

réalité-là, il ne s’y attendait

pas, mais Pradel effectuait sa

tâche consciencieusement, en

respectant rigoureusement les

principes moraux, de justice

qu’il faisait siens, et en faisant

preuve de professionnalisme

qu’il avait pris soin de

développer chez lui au cours

de son passage à l’académie.

Le jeune officier ne tardait

pas à découvrir non plus

que la structure de l’armée

elle-même laissait à désirer

et ne correspondait pas à son

fonctionnement réel. «Quant

à ce qu’on appelait chez nous

brigade et division, remarque

le narrateur, […] elles n’existaient

que par leur nom et

l’importance des effectifs ne

justifiait guère les grades de

généraux … Les cinq mille

hommes constituant nos forces

armées ne représentaient

à peine qu’un régiment tactique,

qui aurait pu être commandé

par un colonel comme

chef d’état-major de l’armée.

» (p.151-152). Cette réalité-là

aussi consternait Jean Pradel,

mais n’enlevait pas pour autant

sa « vision idéale » quant

au rôle de l’armée de protéger

le pays.

Muté à Port-au-Prince,

Pradel allait faire face à un

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18 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018


Suite de la page (13)

mouvement.

En 1907, est publié un autre

journal, «The Horizon : A journal of

the Color Line » dont l'objectif principal

est de dénoncer ceux qui prêchent

«la soumission patiente aux humiliations».

Le journal incite les Noirs à ne

pas troquer «leur humanité pour un

salaire».

Outre ses activités militantes,

Du Bois continue ses recherches scientifiques

et publie plusieurs travaux

académiques qui furent largement ignorés

par les milieux universitaires.

Ses études remettaient en question de

nombreuses thèses dominantes sur

l’histoire et la condition sociale des

Noirs aux États-Unis.

En 1910, Il participe à la fondation

de la «National Association for

the Advancement of Colored People»

(NAACP) qui deviendra la plus importante

organisation luttant pour les

droits civiques dans le pays.

Au cours de la même année, la

NAACP publie un mensuel "The Crisis",

dont Du Bois devient le directeur.

Le succès est immédiat. En 1920 le

magazine atteint près de 100 000 exemplaires.

En 1917, des émeutes éclatent

dans la ville de l’East Saint-Louis

dans l'État de l’Illinois. Des groupes de

Blancs massacrent 250 Afro-étatsuniens.

Du Bois prend la tête d’une

immense manifestation (« The Silent

Parade ») qui regroupe 10 000 Noirs

dans les rues de New-York. C’était

la première grande marche pour les

droits civiques.

Après la Première Guerre mondiale,

il est un des participants du premier

congrès panafricain qui se tient

à Londres en 1919. Il devient dès lors

un des principaux leaders du panafricanisme.

Il rédige en particulier les

« résolutions de Londres » du second

Congrès Panafricain exigeant la fin du

racisme et du colonialisme en Afrique.

Contrairement à Garvey qui

soutient l'idée d'une séparation radicale

entre Blancs et Noirs et le retour

en Afrique de ces derniers, Du Bois,

tout en n'étant pas contre l’idée du

retour, considère que cela ne doit pas

mener à l’abandon du combat pour

l’égalité. Il dénonce également la

conception de Garvey selon laquelle

l'Afrique doit être gouvernée par des

Noirs-étatsuniens. Du Bois dénonce

cette position comme colonialiste.

Il appelle également les artistes

noirs à rejeter l’exotisme et à s’engager

dans le combat pour l’égalité : "Je

me fiche de tout art qui n’est pas utilisé

en vue de promouvoir notre combat

pour l’égalité des droits".

À partir de 1933, Du Bois

défend l’idée d’articuler anticapitalisme

et combat pour l’égalité raciale.

Après la Seconde Guerre mondiale, le

24 octobre 1945, il participe à San

Francisco à la fondation de l'organisation

des Nations-Unies (ONU) en se

battant pour que la nouvelle organisation

mette un terme à la colonisation.

À partir de 1950, Du Bois

consacre les dernières années de sa

vie au combat anticolonial. Il anime

le cinquième congrès panafricain de

Londres qui soutient les luttes contre

le colonialisme. Au cours de la période

du Maccarthysme (du nom du

sénateur étatsunien Joseph McCarthy

qui mena une campagne anticommuniste

virulente au début des années

1950), son passeport est confisqué,

ce qui l'empêche de participer, en avril

1955, à la conférence de Bandung

(Indonésie), organisée par les pays

anciennement colonisés.

Devenu un symbole mondial

de la lutte pour l’égalité, du combat

contre le colonialisme et pour le

panafricanisme, Du Bois est invité

par Kwame Nkrumah, premier président

du Ghana indépendant, qui lui

propose de reprendre son vieux projet

d'élaborer son «Encyclopédia Africana».

Âgé de 93 ans, Du Bois décide

de prendre la nationalité ghanéenne.

Mais la maladie l’empêche de concrétiser

le projet d'élaborer l'encyclopédie.

Il meurt le 27 août 1963, la

veille de la grande Marche sur Washington

du 28 août 1963. Les centaines

de milliers de participants observent

une minute de silence à la

mémoire de ce pionnier du combat

pour l’égalité raciale et sociale.

Repose en paix frère et camarade.

Ton combat continue.

Texte FUIQP (Modifications et

ajouts ASV)

autre phénomène qu’il commençait

à soupçonner pendant qu’il était à

Hinche : la mainmise sur l’armée

du nouveau président, François Duvalier,

qui s’accentuait de jour en

jour. Pour Duvalier, le contrôle de

cette institution était essentiel s’il

voulait garder le pouvoir. La création

du corps des tontons macoutes,

qu’il mit sur pied au début de son

règne, revêtait une double fonction

: celle avant tout d’écraser avec la

plus grande violence tout individu

suspect de s’opposer à la volonté de

Duvalier et celle, plus pernicieuse, de

développer chez les fonctionnaires

des institutions de l’État l’esprit du

macoutisme, c’est-à-dire l’attachement

au chef et la volonté de n’obéir

qu’à ses ordres. Plusieurs officiers de

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l’armée adoptèrent cette attitude, et,

graduellement, Duvalier transforma,

non sans avoir éliminé certains militaires

trop autonomes, l’institution

en une force dédiée uniquement à sa

protection.

Cette nouvelle réalité a également

un énorme impact sur le jeune

Pradel. Lentement, le doute s’établit

en lui : il «avait déjà accumulé assez

d’expérience pour commencer

à s’interroger sur certaines valeurs

acquises au cours de l’enfance et de

l’adolescence au sujet du soldat et

du patriotisme.» Maintenant, il faisait

face à un choix dont dépendait

son avenir.

Le livre se termine par une réflexion

tout à fait pertinente sur le

rôle que devrait remplir l’armée en

Haïti. Cette réflexion est de l’auteur

lui-même. Il invite à un débat dans

lequel toute personne, désireuse

d’un changement réel dans le pays,

devrait prendre part.

L’ouvrage de Teddy Thomas

est intéressant à plus d’un titre. Le

parcours existentiel dans l’armée du

jeune Pradel, que l’écrivain décrit

avec le souci de nous dévoiler cette

institution dans toute sa réalité, permet

de mieux appréhender la complexité

de fonctionnement du système

militaire haïtien, à une époque

où la pratique politique était grandement

influencée par la volonté des

officiers supérieurs.

Si l’auteur prend soin de nous

expliquer les différents problèmes

qui gangrènent l’institution militaire,

l’idée n’est pas pour autant

de tomber dans le fatalisme. Pour

l’écrivain, cette institution, même

si elle est l’œuvre de l’occupation

américaine, aurait pu être au service

du pays.

Le livre parait à un moment où

les discussions autour de la nécessité

de refonder l’armée occupent une

place importante dans les médias. Le

récit qu’il contient et les réflexions

qu’il comporte sont tout à fait judicieux

pour faire avancer les débats.

Les jeunes qui n’ont pas connu le

duvaliérisme et toute personne qui

a une connaissance superficielle de

l’armée ont tout intérêt à le lire.

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Haiti Liberté/Haitian Times

19


« Pleinx feux sur »: Nikol Levy (Cap-Haitien, 1952)

Par Ed Rainer Sainvill

« Un pianiste de classe »

Sans être un descendant du

glorieux capois, Justin Elie

dont il fut un adepte dès le jeune

âge, mais aussi, un mordu de

l’illustre Ludovic Lamothe, Nikol

sait de quoi il en retourne

pour être un pianiste de classe.

Ayant grandi dans une ambiance

musicale, grâce à son père,

Marius Lévy qui s’y connaissait

bien dans l’art tonal comme

organiste, compositeur et directeur-fondateur

d’une chorale de

gospel. C’est donc sur les traces

de ce dernier que Nikol s’est

orienté vers le piano. Et imbu

de son intérêt pour le royal instrument,

son père lui fait suivre

des cours de claviers sous la

direction de Liliane Sam. La fille

de l’ancien président Vilbrun

Guillaume Sam. Laquelle s’est

inspirée de l’école de Vienne; en

lui inculquant cette orientation

classique et solennelle qui caractérise

sa touche. Avec éventuellement

une certaine influence

des Chopin, Tchaïkoski…

Particulièrement le premier

qui demeure son musicien

favori. Engagé très tôt dans son

Cap natal dans la lutte pour la

libération de son pays du fascisme

macoute. Nikol s’est retrouvé

au début des années

soixante-dix à New-York, où

parallèlement à ses études, il

prend part au combat pour le renversement

de la dictature. On le

trouve à cet effet, partie prenante

des groupes: « Tanbou Libète »,

et « Solèy leve », politiquement

engagés et, pour lesquels il a

composé les morceaux comme:

Ansanm Ansanm, Lalam tire

etc; significatifs des musiques

qui ont symbolisé la diaspora

des décades 1970-80. Très sollicité

dans ce milieu, il a gratifié

l’album: ‘’Flè dizè’’ du diseur

Jean Claude ‘’koralen’’ Martineau,

de son estampille classique

dans les chants de transition.

Nikol Levy

MAKE 13 UNLUCKY

FOR TRUMP

Claviériste épanoui, il a évolué

dans un style tout en tonalité,

paré de sa solide formation conventionnelle.

En attachant plus

d’importance à la rectitude et à

la discipline.

Avec toutefois, un jeu qui

se permet des envolées improvisées

d’un maestro imbu. Au

début des années quatre vingt, il

prend cependant du recul par rapport

à la musique conceptuelle,

en arrangeant et jouant pour des

artistes et groupes comme: Fédia

Laguerre, « System Band » etc.

il s’est aussi mis à l’avant-garde

du mouvement rasin-fusion,

en formant en 1985 le

groupe « SAKAD » dont l’album

:’’Rebati kay la’’ imprégné

de vodou-rock, semblait avoir

assez d’ingrédients pour bousculer

des idées reçues, en plus

d’un retour remarqué de Pascal

Albert. Mais, avec un public entiché

de musique de danse dont

l’attention mérite consistance,

dévotion et une promotion d’envergure

.Alors, tout comme le

groupe « Ayizan » de Tit Pascal,

cette expérience s’est avérée

éphémère. Après ce constat,

Nikol continue à se mettre aux

services communs. C’est l’après

IFOPADA (groupement politique

des années 1980), mais l’ardeur

militante est encore là. De plus,

les « kavalye polka » Koralen,

Sò Anne et Manno se positionnent

déjà au bercail.

Mais, la musique prend

le dessus, en offrant sa collaboration

à une version du groupe

« Foula » à New-York, avec Tido

Lavaud et Chiko Boyer. Un jalon

de plus dans sa quête exploratrice

à une époque dominée de tant

de métissage. A cette étape, il

décide de réaliser son rêve en

retournant définitivement au

pays, après quelques décades à

l’extérieur. Afin de contribuer au

changement tant convoité. Là

bas, dans son Cap natal, il s’est

attelé à la pédagogie musicale.

Se faisant entre temps discret

dans l’entourage du cynique R.

Préval; lors de sa première retraite

où il faisait le ‘’paysan’’ à

Marmelade. Cependant et tant

mieux pour Lévy; son savoirfaire

lui permet de devenir influent

au sein du légendaire groupe

« Septentrional ». Devenant le

conseiller écouté du maestro-bâtisseur

Ulric Pierre-Louis, affaibli

et mourant, qui lui a remis les

rênes du groupe.

Une occasion pour

Nikol de faire montre de ses diverses

facettes. En maintenant

avec flair et clarté une marque

exclusive de la musique haïtienne

et d’ailleurs, en plus

sextagénaire. Spécialement à

un moment où le groupe s’était

éloigné du konpa pour mériter

les faveurs d’un public jeunot.

Mais Nikol est retourné à la

source fondamentale du rythme

‘’boule de feu’’; le renouvelant

et le modernisant. Ce qui a permis

au groupe au cours de ces

dix dernières années de restaurer

la méringue pastorale du

Nord; avec tous les paramètres

composants. Donnant une nouvelle

pulsation à l’héritage de

Roger Colas, et surtout de Alfred

Moïse et indéniablement, l’indécrottable

maestro Ulric Pierre

Louis. Une position qui conforte

Lévy dans sa posture de maestro

pluriel, imprégné des traditions

hégémoniques.

Haïti Liberté presents the BROOKLYN PREMIERE of

A feature documentary on

Israel’s war crimes against

the two million Palestinians

living in the Gaza Strip

at Haïti Liberté

1583 Albany Avenue,

Brooklyn, NY 11210

A feature documentary on Israel’s war crimes against the two million Palestinians living in the Gaza Strip

The film’s director, Max Blumenthal, will speak with the

audience after the film.

Max Blumenthal is an American filmmaker, author, journalist, and blogger. He is a senior writer for Alternet and a Fellow at the

Nation Institute and formerly a writer for The Daily Beast, Al Akhbar, and Media Matters for America. He is the award-winning

author of the books Republican Gomorrah: Inside the Movement that Shattered the Party

(2009) and Goliath: Life and Loathing in Greater Israel. He has recently returned from Nicaragua, where

he has been covering the ongoing Washington-backed coup attempt there.

Killing Gaza is much more than a documentary about Palestinian resilience and suffering. It is a chilling visual document

of war atrocities committed by the Israeli military, featuring direct testimony and evidence from the survivors.

"Max Blumenthal and Dan Cohen’s powerful new film, 'Killing Gaza,' offers an

unflinching and moving portrait of a people largely abandoned by the outside

world, struggling to endure."

Pulitzer-prize winning journalist, best-selling author and activist Chris Hedges.

Free admission (there will be a collection for contributions)

For more information: Haiti Liberté, 718.421.0162

Sat.

Sep. 15, 2018

@ 7 p.m

Trump is threatening New York. Make sure you vote to:

Stop Trump

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Protect immigrant families

Keep guns off our streets

Guarantee a fair minimum wage

Provide tuition-free college

Support paid family leave

Protect reproductive rights

Safeguard the right to union organizing

Expand voting rights

Make your voice count

VOTE THURSDAY, SEPTEMBER 13

VoteSept13.com

20 Haiti Liberté/Haitian Times

Vol 12 # 09 • Du 5 au 11 Septembre 2018

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