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COMMENTAIRE Baisse de la solidarité et conséquences de la méconnaissance des faits La conjoncture, en Suisse, marche comme sur des roulettes, le taux de chômage a atteint un niveau historiquement bas et le nombre de réfugiés a diminué. La Confédération affiche des chiffres noirs depuis des années. Et pourtant, la confiance en la performance de notre Etat social s’émiette ça et là. Les prestations complémentaires, l’aide sociale et la prévoyance vieillesse subissent une pression médiatique et politique. La faute en est souvent attribuée à l’immigration. Un quart de la population n’a pas de passeport suisse, un tiers environ est né à l’étranger. Sans la migration, la Suisse prospère ne serait jamais devenue ce qu’elle est aujourd’hui. Néanmoins, selon le baromètre des préoccupations, les étrangers figurent, depuis des années, aux premières places derrière le chômage et, plus récemment, derrière la prévoyance vieillesse. Or, dans une étude menée auprès de 22’000 personnes dans six pays occidentaux, des économistes de Harvard ont acquis des connaissances remarquables concernant la perception erronée en matière d’immigration et d’Etat social. Les personnes interrogées croyaient que le nombre de migrants légaux était deux à trois fois plus élevé qu’il ne l’est en réalité. Plusieurs ont également exprimé l’avis que les personnes étrangères étaient pauvres du fait qu’elles manquaient d’ardeur au travail. D’une manière générale, il s’est avéré que le simple fait de penser à l’immigration entraînait une baisse de la solidarité des personnes. La tendance à la solidarité avait le plus de chances d’augmenter lorsque les personnes interrogées prenaient conscience du quotidien d’un migrant travaillant durement. Les résultats de l’étude font réfléchir. Car lorsque la discussion politique se focalise sur l’immigration en tant que parasite de l’Etat social et qu’elle est guidée par des perceptions erronées, la solidarité s’effrite. Ceci se constate également dans le débat politique et médiatique actuel autour de l’aide sociale qui présente la migration comme une opération à perte majeure. C’est l’une des raisons, et pas la moindre, pour laquelle des propositions visant une réduction considérable des prestations ont été faites dans différents cantons dont quelques-uns ont déjà pris des décisions correspondantes. La CSIAS est plus que jamais appelée à intervenir efficacement en apportant des arguments factuels et professionnels dans les discussions politiques sur la pauvreté et la migration, discussions complètement disproportionnées par rapport aux véritables problèmes. En avançant des propositions compétentes pour une intégration plus rapide des réfugiés à l’attention de l’Agenda Intégration ou contre la fin humiliante de droits des chômeurs de 55 ans, la CSIAS s’est fait remarquer et reconnaître sur le plan national. En vue de l’année électorale à venir, il s’agit maintenant de réaménager notre boîte à outils CSIAS et de la compléter afin de parer avec succès à une attaque généralisée contre l’aide sociale. Therese Frösch, Co-présidente de la CSIAS 3/18 ZeSo 5