Désolé j'ai ciné #7

djcmagazine

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Blue

Valentine

Si l’adage veut que la réalité épouse souvent

la fiction, «Blue Valentine» s’échine en

revanche, à en prendre le douloureux contrepied

en croquant avec une justesse rare, les

derniers sursauts d’une flamme amoureuse

qui se meurt, les ultimes moments d’agonie

d’un couple, Dean et Cindy : deux âmes

torturées qui n’arrivent pas à s’avouer la

disparition de leurs sentiments et ne cessent

de se blesser en cherchant vainement une

hypothétique réconciliation qui ne viendra

jamais.

À la fois d’une émouvante beauté et d’une

honnête laideur, le second long-métrage

de Derek Cianfrance est sans contestation

possible, le film sur l’amour conjugal le plus

juste jamais cornaqué.

Avec une justesse et une facilité

déconcertante, la péloche

s’amuse avec la temporalité et

passe de la monotonie, de la

lassitude de l’autre au présent,

à la naïveté, l’insouciance

d’une romance naissante et

supposément infaillible; tout

en construisant son histoire sur

une impressionnante dualité

de contraste (homme/femme,

jeunesse/maturité, amour/

haine, lumière/obscurité).

Véritable feel bad movie

vibrant et étouffant sur deux

âmes victimes du poids du

temps et du désespoir, «Blue

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