Désolé j'ai ciné #7

djcmagazine

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poil couillu - de ne pas filmer le grandiose

(ce à quoi le film tendait forcément aux

premiers abords) pour se concentrer sur un

cadre beaucoup plus intimiste. Un cadre qui

vire aux scènes étouffantes et anxiogènes

au possible lorsque Chazelle filme Gosling

emprisonné dans son vaisseau que ce soit

lors des différentes phases de test ou lors du

voyage vers la Lune. Emprisonnant à la fois

son personnage et le spectateur dans cette

bulle fragile - la mort rôde à tout instant -,

le film grimpe en tension jusqu’à atteindre

des sommets, nous ôtant toute possibilité

de respirer. La gravité a disparu a l’écran,

elle n’est également plus présente dans la

salle. À l’image de «Gravity», Chazelle sait

imposer les silences quand il le faut mais il

faut dire qu’il sait utiliser la musique quand

il le faut aussi. Et il faut dire que quand on

a au score un certain Justin Hurwitz qui

avait déjà fait des merveilles dans «La La

Land». Décidément on tient là une équipe

gagnante.

Pas forcément parfait dans toute sa longueur

- quelques passages creux qui auraient pu

être évités -, «force est de constater que

Damien Chazelle réussi son nouveau pari

haut la main en faisant de «First Man» un

biopic aussi anxiogène qu’il est intimiste et

profondément touchant dans son portrait

d’un homme bien avant d’être un héros - si

tenté qu’il en ai conscience -.

Margaux Maekelberg

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