Magazine VALAIS - Novembre 2018

valais

NUMÉRO 8 14 NOVEMBRE 2018

VALAIS

GRAVÉ DANS MON CŒUR

Les Tschäggättä Franz Julen et la nouvelle

télécabine La vie au Grand-Saint-Bernard

Stéphane Lambiel La star du ski

Ramon Zenhäusern Offres hivernales


Le Valais rend dépendant!

Couverture David Carlier, vallon de They dans le domaine des Portes du Soleil

Nous battons des records et nous gagnons des médailles, nous

aimons surprendre et réjouir les âmes autant que les cœurs. Le

Valais existe ainsi à travers tous ceux qui le portent en eux comme

une patrie de cœur. Qu’il s’agisse de force de caractère ou

d’impulsion pour des performances quotidiennes ou sportives, de

source d’inspiration pour des créations et des innovations

extraordinaires, telle la télécabine 3S au Petit Cervin, ou de lieux

paisibles pour se retrouver. Personne ne reste indifférent devant

l’univers montagneux du Valais, ses beautés naturelles, ses

traditions vivantes comme les Tschäggättä du Lötschental, sa

volonté d’innovation, ses enjeux et ses tentations gastronomiques.

Au contraire, notre région a tendance à engendrer un effet

addictif: celui qui a un jour été en contact avec le Valais y revient

sans cesse! C’est ce qui est arrivé au grand chef Pierre Crepaud,

qui a fait de Crans-Montana sa nouvelle patrie. Quant aux

chanoines augustins du Grand-Saint-Bernard, ils ont trouvé leur

vocation à l’hospice, sur les hauteurs du col. Installée en Valais,

la Belge Leentje Walliser, elle, crée avec Schosi Rotzer des

meubles inspirés de la tradition valaisanne. Alors que la monitrice

de ski Sabine Haldemann fait découvrir à des milliers d’enfants

l’enthousiasme pour le ski et que nos athlètes sont plus que jamais

enracinés ici. Découvrez le Valais, faites la connaissance des

personnes qui l’incarnent et laissez-vous conquérir par leur

passion pour leur coin de pays. L’hiver valaisan propose tout ce

dont vous rêvez: sports d’hiver, nature authentique, délices pour

fins palais, wellness, innovation, art et culture. Je vous souhaite

une agréable lecture ainsi qu’un hiver enchanteur!

Damian Constantin, directeur Valais/Wallis Promotion

impressum

Le magazine «Valais» paraît comme supplément

de «L’illustré» du 14 novembre 2018.

Rédaction | «Valais», Schweizer Illustrierte,

Flurstrasse 55, Postfach, 8021 Zurich,

tél. 058 269 26 26, fax 058 269 26 40,

info@schweizer-illustrierte.ch Direction Valais /

responsable des magazines | Urs Heller

Rédacteur en chef | Stefan Regez Directrice

de la rédaction | Monique Ryser Responsable

images | Nicole Spiess Responsable textes |

Jan Morgenthaler Layout / production |

Simona Guarino, Dominic Koch Collaborateurs |

Manuela Enggist, Manuela Lavanchy, Anita

Lehmeier, Thomas Kutschera Photographes |

David Carlier, Pascal Gertschen, Sedrik Nemeth,

Kurt Reichenbach, Marco Schnyder Rédaction

images | Regula Revellado, Martin Müller,

Fabienne Hubler Concept de design |

Beling Thoenen Design Photolithographie |

Ringier Redaktions-Services Responsable

des partenariats de marketing | Thomas Passen

Marketing | Admeira SA, Flurstrasse 55, Postfach,

Avez-vous un souvenir

particulièrement beau de

l’hiver valaisan? Partagezle

sur Facebook, Twitter ou

Instagram avec le hashtag

#MonHiverEnValais

8021 Zurich, tél. 058 909 99 62, e-mail:

salesservices@admeira.ch Prix des annonces

et conditions générales | www.admeira.ch

Chief Executive Officer | Bertrand Jungo

Business Unit Director Print & Digital |

Beniamino Esposito Sales Director |

Roger Knabenhans Media Service Print |

Esther Staub Edition | Flurstrasse 55, Postfach,

8021 Zurich, tél. 058 269 20 00

Directeur de production | Michael Passen

Impression | Swissprinters AG, 4800 Zofingue

ÉDITO

3


24 66

Des meubles du berceau

jusqu’au cercueil:

Leentje Walliser dans

la menuiserie R-Team.

Pierre Crepaud

cuisine entre

terre et mer

à l’hôtel LeCrans.

38

Les Tschäggättä

du Lötschental:

le portfolio de

Christian Pfammatter.

SOMMAIRE

74

Offres hivernales:

sports d’hiver

et plaisirs culinaires.

Photos: David Carlier, Sedrik Nemeth (2),

Christian Pfammatter, Kurt Reichenbach, Valais/Wallis Promotion

6

CONCOURS PHOTO

#MonHiverEnValais

L’image gagnante du concours.

12

GRAND-SAINT-BERNARD

Portes ouvertes

La vie hivernale des chanoines

à l’hospice.

20

STÉPHANE LAMBIEL

Sa nouvelle passion

La star du patinage

artistique partage

son savoir avec

de jeunes talents à Champéry.

24

MEUBLES VALAISANS

Du berceau au cercueil

Une Belge et un menuisier

réinventent le mobilier traditionnel.

28

DAVANTAGE QUE DES PISTES

Alternatives au ski et au snowboard

Toboggan, skijöring, traîneau

à chiens ou escalade sur glace:

le Valais comble toutes les envies.

32

INTERVIEW

Franz Julen

Discussion autour de la nouvelle télécabine

pour le Petit Cervin et d’autres projets.

38

TSCHÄGGÄTTÄ

Coutumes du Lötschental

La coutume autour de ces personnages

effrayants se transmet de génération

en génération.

48

BETTMERALP

La monitrice de ski des enfants

Sabine Haldemann est aussi célèbre

que la mascotte Snowli.

52

JEAN-MICHEL BOURNISSEN

Conseils pour skieurs de randonnée

Le chef de la sécurité de la Patrouille des

Glaciers explique les précautions à prendre

4


52

La sécurité d’abord:

Jean-Michel

Bournissen, chef

de la sécurité

de la Patrouille

des Glaciers, donne

des conseils

pour la haute

montagne.

08

Sommaire

32

Entretien avec Franz

Julen, nouveau

président des

Zermatt Bergbahnen.

en montagne et comment il supervise

la légendaire course de ski de randonnée.

56

DESTINATION

Ramon Zenhäusern à Saas-Fee

La star du ski s’entraîne sur le glacier de

Fee et se détend dans la vallée de Saas.

65

ÉCONOMIE

Entreprises valaisannes

Le Matterhorn Gotthard Bahn

rénove le tunnel de la Furka; le nouveau

salon des saveurs Epicuria pour

les connaisseurs et professionnels;

la Banque cantonale valaisanne, moteur

de l’économie.

66

CHEF ÉTOILÉ

Un Français à Crans-Montana

Pierre Crepaud a trouvé sa deuxième

patrie en Valais.

73

SI PROCHE

Plus près qu’on ne le pense

D’où que vous veniez, le Valais est

accessible en quelques heures.

74

OFFRES HIVERNALES

Ski Safari & Co.

L’hiver valaisan va de pair avec sports

d’hiver et plaisirs culinaires.

Profitez d’offres attrayantes qui vous

5

promettent des expériences uniques.

Et entraînez-vous à skis et à snowboard

avec des professionnels.

82

AGENDA

Plaisirs pour tous

Concerts, musées, courses

et compétitions de ski:

il y en a pour tous les goûts.


13 ÉTOILES

#MonHiverEnValais

Thomas Luisier est le gagnant du dernier concours photo. Tentez votre

chance cette année, en postant vos images du Valais sur les réseaux sociaux.

Photos Thomas Luisier, Sedrik Nemeth, DR

Concours | C’est avec ce cliché féerique

du barrage du Gebidem en hiver

que Thomas Luisier a remporté le

concours 2017-2018 #MonHiverEn

Valais. Le barrage du Gebidem, situé audessus

de l’entrée de la gorge de la

Massa, est alimenté par les eaux du plus

grand glacier des Alpes, le glacier

d’Aletsch. Vous avez, vous aussi, quelque

chose du Valais en vous? Rejoignez la

communauté sur Facebook, Twitter,

Instagram, YouTube, Snapchat et Linked-

In pour découvrir les actualités,

manifestations et bons plans

incontournables. Et surtout, postez et

partagez! Immortalisez l’hiver valaisan

avec votre smartphone et partagez

vos photos avec le hashtag

#MonHiverEnValais. Vous participerez

ainsi automatiquement au concours.

Avec à la clé la publication de votre

photo dans le magazine VALAIS et un

séjour inoubliable en Valais.

www.valais.ch/MonHiverEnValais

6


Préserver

lesressources

WHITE

RED

Tous lesabos

de ski sur

www.valais.ch

Forfaits | Finie, laquête fastidieuse de

l’abonnementdeski idéal. Survalais.ch,

les abonnements proposés par les

différentes régions sont listés sur une

même page. On ytrouveleMagic Pass,

qui donne accèsaux stations valaisannes

ainsi qu’à celles des cantons voisins, ou

la Leukerbad Card 365, qui, pour

550francs, ouvre les portes des

remontées mécaniques et des bains

thermaux pendanttoutel’année. Le Pass

Saint-Bernardpermetpour 199 francs de

s’adonner toutel’année à 15 activitésde

loisirs différentes ainsi qu’un accès

illimité auxpistesdeski et auxtransports

de la région de destination. La

Mont4Card, qui donne accèsaudomaine

skiable des 4Vallées, le plus grand de

Suisse, est offerte à prix réduit du

1 er octobreau30novembre: 400francs

pour les 7-14ans, 500francs pour les 15-

24 ans. Pour les moins de 20 ans, les

remontées mécaniques de l’Aletsch

Arena sontgratuites le samedi. La page

informe également sur les offres

spéciales des différents domaines

skiables.

www.valais.ch/abos-speciaux

Sion | Avec son système d’information

global à l’intention des remontées mécaniques,

l’entreprise Geosataremporté

la 9 e édition du Prix Créateurs dela

Banque Cantonale du Valais. La plateforme

SnowGis permet lesuivi du damage

et de l’enneigement par GPS/

GPRS, la saisie digitale des opérations

de minageetdesecoursetl’analyse des

trajectoires et habitudes des skieurs.

Cet outil d’aide à la décision permetde

réduire les coûts –fuel, eau, électricité

–de15à20%. Les données sont transmises

en tempsréel via smartphone.Le

prix, doté de 30 000 francs, va permettre

de financer lesfutursdéveloppements

du système SnowGis.

www.geosat.ch /www.bcvs.ch

Lesgéomètres Patrick Lathion

et Christian Hagin, créateurs

de la plateforme SnowGis.

Deux géomètres

qui souhaitent

simplifier

la gestion

despistes

7

Let’sMOVE, un rouge et un blanc

valaisans dans une bouteille en PET.

Provins

innove

Sion | Du vin en PET.Leproducteur valaisan

se lance dans une expérience

osée: proposer un produit de la vigne

dans des bouteilles en PET. «C’est un

grand défi,reconnaîtRaphaëlGarcia, directeur

de Provins. Le poids estunfacteur

important dans le transport des

marchandises, non seulementpour une

question de coûts mais également de

protection de l’environnement.» Et c’est

particulièrement valable pour le transport

des marchandises en altitude, qui

se fait par hélicoptère et où chaque kilo

compte.Deux vins valaisans, un blanc et

un rouge, seront présentés à la vente

sous le label MOVE le 30 novembreprochain

chez Provins, à Sion. «Nous

sommes curieux de connaîtrelaréaction

du public», avoue Raphaël Garcia. Provins

souhaite aussi distribuer son produit

dans les festivals, où les contenants

en verre sont interdits. Les jeunes

adultes, plus ouverts à l’utilisation des

bouteilles en PET, constituent égalementunpublic

cible.Unautreavantage:

ces bouteilles légères sont plus pratiques

à transporterenrandonnée!

www.provins.ch


13 ÉTOILES

Un apéritif

exclusif

Hugo Pozzo di Borgo transforme

le vin valaisan en vermouth.

Vacances

en cabane

Retour aux sources | «Prendre du temps

et faire quelque chose soi-même, donne

du sens à la vie.» Fidèles à leur devise, Reto

Gilli et Daniel Wunderlin ont construit à

Unterbäch une cabane en rondins qu’ils

louent à des groupes jusqu’à 6 personnes.

Les sanitaires se trouvent dans un chalet

attenant, à côté de la cabane où les

instigateurs du projet ont aussi installé un

fumoir à viande. Un autre chalet pouvant

accueillir 10 personnes se situe juste à

côté des pistes de Moosalp. Une marche

de 15 minutes environ mène jusqu’au

chalet (se renseigner sur les conditions

d’enneigement avant le départ). «Séjourner

dans nos chalets en pleine nature permet

de se retrouver.»

www.projacks.ch

Photos Sedrik Nemeth (2), Dan Zoubek, Valais/Wallis Promotion, DR

Monthey | Il se déguste pur ou accompagné

de quelques glaçons. C’est un

apéritif, le vermouth Alata, produit à

base de vin valaisan, fortifié à l’eaude-vie

et aromatisé aux herbes, baies,

racines, fruits et écorces. Hugo Pozzo di

Borgo l’a inventé. «Fasciné par les différents

arômes du vin, j’ai passé des mois

entiers à mélanger, tester, préparer des

infusions jusqu’à ce que j’obtienne enfin

la bonne formule», raconte le Valaisan.

Son vermouth est disponible en rouge

et en blanc; les deux sont secs, pas trop

doux. Son appellation évoque les origines

corses de son créateur.

www.alata.love

Nouvel hôtel

entre chic

et charme

Zermatt | Le 22 décembre prochain, la

station inaugure le 22 Summits, un hôtel

exclusif de 22 chambres et suites, bar,

salon feutré et espace wellness sur deux

étages. «Nous souhaitons que nos hôtes

se sentent comme à la maison. Notre

lounge doit devenir leur salon», explique

Carolina Julen, qui dirige l’établissement

avec sa sœur Rahel. «A seulement trois

minutes des remontées mécaniques du

Matterhorn Glacier Paradise, nous

voulons offrir un service personnalisé et

familial.»

www.22summits.ch

8


Le paradis de la

peau de phoque

Crans-Montana | Attacher les peaux et

départ! Cet hiver, la station propose

15 nouveaux itinéraires de ski de

randonnée balisés et sécurisés – bleu,

rouge, noir – sur plus de 40 kilomètres.

Ce nouveau Rando Parc, avec un

dénivelé positif de plus de 8000 mètres,

est adapté aux débutants comme aux

avancés. Il comprend trois parcours

d’initiation ainsi qu’un parcours

dénommé La X’trême, avec 3000 de D+

et quatre montées. Tous ont été élaborés

en collaboration avec Séverine Pont-

Combe, championne de ski-alpinisme.

«Le Rando Parc va devenir une référence

européenne, il n’en existe aucun autre

aussi grand et offrant autant de

possibilités», affirme Séverine Pont-

Combe. «Je me réjouis d’y rencontrer

les randonneurs», ajoute la quadruple

gagnante de la Patrouille des Glaciers.

www.crans-montana.ch/randoparc

Empreinte valaisanne

chez Mammut

Adrian Margelist est le directeur artistique

de l’équipementier sportif.

Design | «Travailler chez Mammut est synonyme

de pure créativité et d’entière liberté»,

affirme Adrian Margelist. Chief

creative officer, il aiguise le profil de la

marque. Avec son équipe, il crée des produits

modernes dans le respect de la tradition

de cette entreprise vieille de 155 ans.

Comme sa collection Delta X. «En tant que

Valaisan, la relation avec les sports de

montagne date du berceau», raconte le

Briguois, un grand voyageur qui a travaillé

ces dernières années pour différentes

maisons de mode internationales. Après

avoir été l’un des premiers à descendre

une piste à snowboard, il veut faire de

Mammut un lanceur de tendances sur un

marché hautement concurrentiel.

www.mammut.com

9

Plus de 40 kilomètres: le nouveau

Rando Parc de Crans-Montana.


13 ÉTOILES

La famille Heinzmann

à Sion, lors de la

remise du prix Rünzi:

Stefanie et son père,

Albert (à dr.),

son frère, Claudio,

sa maman, Berti,

et son ami (de g. à dr.).

Elle fait rayonner le Valais

Stefanie Heinzmann, l’artiste valaisanne certainement la plus

connue hors frontières, a reçu le prix Rünzi de son canton d’origine.

Photos Sedrik Nemeth, Olivier Lovey, DR

Sion | Après dix ans de carrière, cinq

albums, des concerts à New York, des

duos avec Lionel Richie et Joss Stone,

Stefanie Heinzmann reste «une

Valaisanne fière de ses racines et

attachée à son canton d’origine, où

qu’elle soit dans le monde», s’est réjouie

Esther Waeber-Kalbermatten. La

présidente du gouvernement valaisan lui

a remis le prix Rünzi. «On m’a confié que

personne n’avait réussi à vous persuader

de prendre un nom d’artiste. Vous avez

la conviction d’avoir un joli nom, il vous

va bien et souligne vos origines

valaisannes», a ajouté la conseillère

d’Etat. Ce prix de la Fondation

Divisionnaire F.K. Rünzi entend honorer

la jeune artiste non seulement pour sa

carrière musicale mais également en

tant qu’ambassadrice du Valais.

La jeune femme, engagée auprès de

l’Unicef et dans des campagnes

d’alphabétisation, a été émue aux larmes

par cette récompense. Dès février

prochain, la chanteuse offrira sa voix aux

intonations soul sur la tournée d’Art on

Ice à Zurich, à Bâle, à Davos et à

Lausanne. Un nouvel album est prévu

pour le printemps 2019, dont un premier

single sortira déjà en janvier. Stefanie a

commencé sa carrière de chanteuse

avec Big Fish, un groupe haut-valaisan.

Ils ne se doutaient certainement pas du

talent qu’ils avaient pêché avec leur

nouvelle chanteuse.

www.stefanieheinzmann.de

10


Oh là là, voilà

le Oh! Festival

La Mecque

de l’e-learning

Théâtre | Théâtre, humour, concerts,

danse, performances, cirque: le

Oh! Festival, qui se déroulera du 16 au

20 janvier 2019 dans différents endroits

du Valais, propose tout cela. Pour sa

troisième édition, la manifestation

présente une large palette de spectacles,

de compagnies et d’artistes en

provenance du Valais, mais également

de Suisse et de l’étranger. Le Oh! Festival

traverse la barrière des langues; il

encourage la transgression des chapelles

artistiques; il a lieu en plaine mais

n’hésite pas à grimper en montagne; il

se transforme la nuit en festival urbain

de musiques actuelles; il associe les arts

de la scène aux dégustations des

produits du terroir; ses Pistes Oh!

Spectacles font voyager le public d’un

bout à l’autre du canton grâce à son

partenariat avec le train RegionAlps; il

est festif et lumineux, mais n’hésite pas

à se faire bousculer par les événements

du monde, parce qu’il aime cultiver ce

qui se fait de mieux ici et découvrir les

qualités d’ailleurs.

www.ohfestival.ch

La chanteuse Meimuna se produira

au Oh! Festival.

Une fromagerie

du Simplon

gagne le Swiss

Cheese Award

Simplon-Village | C’est une fromagerie

haut-valaisanne qui produit le meilleur

Raclette AOP du Valais. Produit par la

coopérative fromagère de Simplon-

Village, présidée par Roman Arnold, le

fromage élaboré par Liliane Arnold, Felix

Arnold et Ari Locher a reçu le Swiss

Cheese Award dans la catégorie Raclette

AOP. Dans cette même catégorie, deux

autres fromageries ont reçu un diplôme

distinguant la qualité de leur Raclette

AOP. La fromagerie de Lourtier occupe

la deuxième place avec son Bagnes 30.

La troisième place revient au Service de

l’agriculture, avec son fromage

Châteauneuf. Neuf cent soixante-cinq

fromages de 28 catégories différentes

ont été jugés lors des Swiss Cheese

Awards. Pour déguster chez soi le

meilleur Raclette AOP du Valais, une

excursion à la fromagerie de Simplon-

Village s’impose. Une commande sur le

site de la fromagerie est aussi possible:

www.sennerei-simplon.ch/kaesebestellen

11

Haute école | A Brigue, un nouveau

campus réunissant recherche, études et

gestion devrait bientôt voir le jour. La

Haute école spécialisée à distance

suisse (HESD) et la formation

universitaire à distance suisse

(UniDistance) prévoient de l’inaugurer

au printemps 2021. Ce bâtiment moderne

devrait fournir 165 places de travail

répartis entre l’administration,

l’enseignement dispensé par les deux

institutions ainsi que les laboratoires de

recherche. Ils seront notamment mis à

disposition d’une chaire Unesco pour le

domaine de recherche personalised and

adaptive distance education de la HESD

ainsi que de l’Institut de recherche de la

faculté de psychologie d’UniDistance.

Les lignes architecturales claires et la

façade de verre de ce bâtiment

indépendant soulignent sa vocation de

haute école à caractère public. Le permis

de construire a été déposé auprès de la

commune de Brigue-Glis. En Suisse, les

HESD et UniDistance comptent

190 collaborateurs et 4000 étudiants

inscrits pour ce semestre.

www.ffhs.ch

Les responsables du projet déposent

le permis de construire à la commune.


La lourde porte d’entrée principale,

en bois, n’a pas de serrure.

Elle laisse entrer les visiteurs

depuis près de mille ans. Les chanoines

vivent toute l’année à l’hospice.

MONTAGNE

12


VIVRE DANS

LE SILENCE

En hiver, les chanoines

du Grand-Saint-Bernard sont coupés du monde

pendant huit mois, mais ils ne sont pas seuls.

Texte: Thomas Kutschera Photos: David Carlier

13

Depuis le versant

italien, un groupe

de skieurs de

randonnée arrive

à l’hospice

du Grand-

Saint-Bernard.

A l’intérieur, ils

seront accueillis

par les chanoines.


«Nous sommes

la maison de Dieu

et de l’hospitalité.

Chacun

est le bienvenu

chez nous»

MONTAGNE

14


15

Pendant le long

hiver, chaque

table de la salle

à manger est

décorée d’une

fleur de géranium.

Le repas du soir

est identique

pour les visiteurs

et les religieux.


MONTAGNE

2

3

16


1 Santé! Les chanoines Raphaël

Duchoud (au centre) et Frédéric

Gaillard (à sa droite) trinquent

avec les hôtes et les assistants

dans la salle à manger.

2 La statue de saint Bernard,

le fondateur de l’hospice.

3 Des services religieux sont

régulièrement célébrés dans l’église

baroque.

4 Après une nuit de tempête,

la neige est haute de plusieurs

mètres. Des heures de travail

seront nécessaires pour dégager

toutes les portes de l’édifice.

4

1

«A l’intérieur,

nous sommes

à l’abri et nous

nous sentons

protégés.

Les murs

ont 2 mètres

d’épaisseur»

vivre toute l’année à si

haute altitude, il faut aimer la

«Pour

neige et la montagne», déclare

le chanoine Jean-Michel Lonfat en esquissant

un sourire. En hiver, la porte d’entrée

de l’hospice est souvent invisible –

14,5 mètres de neige sont tombés au cours

de la dernière saison. Les avalanches dévalent

fréquemment les pentes environnantes

dans un impressionnant grondement

alors que le vent omniprésent a déjà

atteint des pointes record de 268 km/h.

Pendant dix jours, en janvier 2018, il était

trop périlleux de quitter le bâtiment en raison

de la furie des éléments.

A 2473 mètres au-dessus du niveau de la

mer, l’hospice est situé sur le col du Grand-

Saint-Bernard qui relie le Valais à la vallée

d’Aoste, en Italie. Il doit son nom à Bernard

de Menthon, l’archidiacre d’Aoste, qui a

fondé cet établissement en 1050 pour offrir

un refuge aux voyageurs exposés au

froid et aux bandits dans cette région inhospitalière.

Aujourd’hui encore, l’hospice est géré par

des chanoines de l’ordre de Saint-Augustin

qui ont pour devise: «Hic Christus adoratur

et pascitur» – ici, le Christ est adoré et nourri.

La communauté religieuse qui réside

toute l’année au Grand-Saint-Bernard se

compose de quatre personnes: les chanoines

Jean-Michel Lonfat (64 ans, prêtre),

Raphaël Duchoud (53 ans, prêtre) et Frédéric

Gaillard (53 ans, diacre) ainsi qu’Anne-

Marie Maillard (59 ans). Elle appartient à la

congrégation en qualité d’oblate, une laïque

qui observe la règle monastique. Jean-Michel

Lonfat est le prieur, soit le responsable

de l’hospice. Le prochain hiver sera le huitième

qu’il passera au col.

Cette année, comme toutes les précédentes,

la route du Grand-Saint-Bernard a

été fermée le 15 octobre à Bourg-Saint-

Pierre, en Valais, et à Saint-Rhémy, dans la

vallée d’Aoste. L’hospice demeurera coupé

du monde jusqu’à la fin mai, pendant

presque huit mois. Pourtant, les religieux ne

sont pas seuls. L’hiver dernier, les chanoines

et leurs assistants ont comptabilisé

6000 nuitées. Les visiteurs, qui viennent

pour la plupart de Suisse, arrivent au col à

skis de randonnée ou en raquettes. La montée

représente un morceau de bravoure. Du

parking situé près de l’entrée valaisanne du

tunnel, il faut compter deux heures et demie.

Des piquets plantés par les chanoines

indiquent le chemin à suivre. Frédéric Gaillard

précise: «Nous recommandons à nos

hôtes de s’informer au préalable sur les

conditions d’enneigement et les risques

d’avalanche.» En outre, il est indispensable

de réserver. Pour d’évidentes considérations

de sécurité, les chanoines veulent savoir

combien de personnes sont attendues pendant

la journée. En cas de mauvais temps,

de grands projecteurs permettent de repérer

le sommet du col.

Début octobre, les resserres de l’hospice

emmagasinent une tonne de pain surgelé

ainsi qu’une même quantité de pommes de

terre, de viande et de poisson. Les réservoirs

à mazout, d’une contenance de 70 000 litres,

sont remplis. Pendant l’hiver, le pain croustillant

est cuit dans le four à bois.

17


1

1 Le cuisinier Jean-Marc Sartori,

un laïc, prépare des carottes.

Une centaine de meules

de fromage de montagne sont

consommées pendant l’hiver.

2 La prière selon la règle

de saint Augustin. Depuis

la gauche: Jean-Michel Lonfat,

Frédéric Gaillard,

Raphaël Duchoud et Anne-Marie

Maillard dans la crypte.

3 Une soupe chaude, du pain

et de la saucisse sèche attendent

les visiteurs à leur arrivée.

4 Le prieur Jean-Michel Lonfat:

«Chaque hôte apporte

un enrichissement et nous

apprenons de chacun d’eux.»

MONTAGNE

«De nombreux hôtes nous apportent des

légumes et des fruits ou quelques baguettes»,

se félicite le prieur. Avant Pâques,

l’hélicoptère ravitaille l’hospice en victuailles

fraîches.

La plupart des visiteurs viennent pour

quelques jours. Ils effectuent des randonnées

à skis, ils se recueillent ou étudient

dans la salle de lecture. Ils s’entretiennent

également avec les chanoines, célèbrent

avec eux l’office religieux et prient dans la

crypte. L’hospice peut héberger 120 personnes

dans les deux dortoirs (32 francs

pour la nuitée et le petit-déjeuner) et six

chambres à quatre lits.

Depuis près de mille ans, les chanoines du

Grand-Saint-Bernard sont demeurés fidèles

à leur vocation – l’hospitalité. Le

diacre Frédéric Gaillard salue personnellement

chaque arrivant dans la salle à manger.

«Qui que tu sois, quelle que soit ta religion,

nous te souhaitons la bienvenue avec

tes joies, tes problèmes et tes espérances.»

Pour accueillir un si grand nombre de visiteurs,

les chanoines ont besoin d’aide. Une

intendante, une blanchisseuse, un cuisinier

et quatre assistants leur prêtent main-forte.

Le Soleurois Timon Sticker, 23 ans, a passé

l’hiver 2015 à l’hospice en accomplissant son

service civil. Il a pelleté la neige, dressé les

tables, réparé les conduites d’eau qui

avaient gelé. L’esprit divin souffle sur ce lieu,

dit-il. «L’hospice est une oasis bénéfique.

Pourtant, cet isolement m’est parfois apparu

angoissant, malgré une connexion intenet

qui maintient un lien avec le monde extérieur.»

Le prieur Jean-Michel Lonfat apprécie les

contacts avec les hôtes. Il descend deux

fois par mois dans la vallée – pour rendre

visite à des membres de sa famille, ou voir

le médecin. Sur le chemin du retour, il doit

faire preuve d’une extrême prudence. La

dernière partie du parcours traverse la

combe des Morts, une gorge étroite où

quatre randonneurs ont péri il y a trois ans,

emportés par une avalanche. Ici, la nature

se montre sous son jour le plus âpre. Tout

n’est que roche, neige et glace. «Quel

contraste avec la sérénité qui nous accompagne

à l’hospice!»

Anne-Marie Maillard attend l’hiver avec impatience,

«même s’il est parfois très rigoureux.

J’apprécie ce rythme de vie.» L’oblate

est tous les jours à l’extérieur: elle mesure

la hauteur du manteau blanc, la vitesse du

vent, la température. Elle photographie les

coulées de neige et transmet les données

recueillies à l’Institut pour l’étude de la neige

et des avalanches de Davos et au Service

des dangers naturels du canton du Valais.

Les jours où le vent souffle avec violence,

c’est elle qui décide qui peut sortir de la maison

et qui doit demeurer à l’intérieur.

«L’hospice est situé au cœur de la montagne»,

déclare le prieur Jean-Michel Lonfat

en dégustant un verre de fendant. L’effort

requis pour rejoindre le col est salutaire. «Il

accroît la disponibilité et la paix intérieure.»

Il pense déjà à la fête de Noël qu’il célébrera

dans la crypte avec les hôtes. A l’extérieur,

la neige sera haute de plusieurs mètres et,

si la nuit est claire, des milliers d’étoiles scintilleront

au-dessus des sommets.

Le prieur

Jean-Michel

Lonfat:

«Ici, on ressent

une beauté

qui touche l’âme

et nous

rapproche

de Dieu»

2

18


4

3

19


A la recherche d’un nouveau défi, Stéphane

Lambiel a fondé il y a quatre ans une école de

patinage artistique à Champéry. A la Skating

School of Switzerland, l’ancienne star du patinage

entraîne de jeunes talents internationaux. Une

vocation qui permet au double champion du

monde et médaillé d’argent olympique de renouer

avec les émotions de la glace.

VALAISAN

Passionné

de glace

Texte: Manuela Enggist

Photo: David Carlier

20


Nouveau défi: il y a quatre ans,

Stéphane Lambiel a ouvert à Champéry

son école de patinage artistique,

la Skating School of Switzerland.

21


Dix jeunes espoirs internationaux

s’entraînent avec Stéphane Lambiel

à Champéry.

VALAISAN

Avant les compétitions, l’entraîneur de

Stéphane l’encourageait avec les mots:

«Lambiel, du sang du Valais!»

22


Celui qui choisit de faire du

patinage artistique son métier,

de s’entraîner dur pour

décrocher médailles et succès, sait que

son corps lui imposera trop vite une

retraite anticipée, en moyenne au tiers

de son existence. Encore jeune, décoré

de titres et de médailles, il aura alors

l’étrange impression d’avoir déjà vécu les

émotions les plus fortes de sa carrière.

En 2010, lors de son retrait de la

compétition, Stéphane Lambiel, star

valaisanne du patinage artistique, a fait

cette expérience. Il lui aura fallu vivre

«une longue période douloureuse» avant

de retrouver une activité capable de

combler le vide.

Baignés d’un intense soleil d’altitude,

des chalets de bois sombre entourent le

centre sportif de la station. A l’intérieur

du Palladium de Champéry, Stéphane

Lambiel est appuyé contre la bande de

la patinoire. Il observe les patineurs

exécuter leurs pirouettes, tomber et se

relever. Il mâche un chewing-gum, tape

dans les mains, lance quelques phrases

en français et en anglais, grimace, secoue

la tête. Une sorte de théâtre de

marionnettes où il joue et rejoue les

émotions ressenties par les patineurs

qui, stoïquement, enchaînent les figures

parfois réussies, parfois ratées. Il dira

plus tard: «J’aimerais pouvoir être sur la

glace à leur place mais je sais bien qu’ils

doivent y arriver par eux-mêmes.»

Il y a quatre ans, Stéphane Lambiel a

enfin trouvé ce qu’il cherchait depuis si

longtemps. A Champéry, au fond du val

d’Illiez, le double champion du monde

et médaillé d’argent olympique originaire

de Saxon a créé la Skating School of

Switzerland. Il possède un chalet dans la

vallée et entraîne six fois par semaine

dix jeunes espoirs nationaux et

internationaux comme Noah et Noémie

Bodenstein, frère et sœur suisses, et le

Letton Deniss Vasiljevs. Dans le village,

on croise aussi régulièrement des

athlètes de renom venus travailler leurs

chorégraphies ou peaufiner leur style

avec Stéphane.

Le patineur était plutôt réticent à l’idée

de devenir entraîneur. «J’ai vu combien

mon ancien coach, Peter Grütter,

travaillait chaque jour. Avec les élèves,

c’est comme avec les enfants, il faut

toujours être présent.» A la fin de ses

années de compétition, Lambiel

participe à des shows, élabore des

chorégraphies pour d’autres patineurs,

organise des séminaires. Il s’aperçoit que

les gens l’écoutent. «Je n’avais jamais

imaginé pouvoir avoir autant d’influence.»

Mais son âme de champion n’est pas tout

à fait en paix. Depuis que la patineuse

Sarah Meier et lui-même ont arrêté la

compétition, le patinage suisse est

absent des grandes rencontres. «L’Union

suisse de patinage aurait pu faire

davantage pour encourager la relève»,

affirme Stéphane Lambiel. Les Jeux

olympiques de Sotchi, en 2014, où le

patinage artistique ne compte aucun

représentant suisse, finissent de le

convaincre. C’est le moment ou jamais.

Il crée son école de patinage artistique

et trouve le lieu idéal: la patinoire de

Champéry, station calme avec une

infrastructure moderne et disponible.

Stéphane Lambiel est maintenant entré

sur la glace, où il accompagne une élève

à travers la patinoire. Un coach pas

forcément très sévère mais ferme.

«Quand je veux quelque chose de

23

«A 24 ans,

on s’aperçoit

qu’on a déjà

vécu

les émotions

les plus fortes

de sa carrière»

précis, je peux être très pointilleux.»

Comme son propre entraîneur dans le

passé, Lambiel lance à ses poulains des

mots d’encouragement. «Peter m’a

toujours provoqué avec ces mots:

«Lambiel, du sang du Valais!» Il me disait

souvent: «Vas-y et montre-leur comment

patine un Valaisan!»

Tous les week-ends jusqu’au mois de

mars, Stéphane Lambiel accompagne ses

jeunes élèves lors de leurs compétitions

internationales. Actuellement, à 33 ans,

il doit également s’entraîner deux fois par

semaine pour le gala Art on Ice. Il

aimerait beaucoup remettre en scène

son show Ice Legends, de préférence en

Valais, mais il faut encore trouver une

patinoire assez grande pour accueillir le

spectacle. «Le patinage est devenu pour

moi un mode de vie. Je m’y adonne dès

que j’ai du temps libre.» Pendant sa

carrière, son attitude était différente.

«Très ambitieux, je voulais toujours

gagner.» Avec le temps, sa perspective

s’est transformée. «Vers la fin de ma

carrière, je me suis aperçu que je pouvais

aussi vivre les émotions ressenties sur la

glace sans devoir gagner à tout prix.» Ces

émotions ne sont peut-être plus aussi

intenses que lors des Jeux olympiques,

«mais elles sont encore là, réparties sur

un intervalle de temps plus long, grâce à

l’école et aux élèves». Le deuxième tiers

de la vie de Stéphane Lambiel se déroule

toujours sur la glace.


ARTISANAT

Au commencement, la Belwalder-Gitsch

Hüs de Grengiols. Pour ce chalet de plus

de 400 ans, Leentje Walliser Garrels

a dessiné une table, des chaises et un lit

dans le respect des modèles ancestraux.

24


LE VALAIS

ANCESTRAL

REVISITÉ

Une architecte belge réinvente

le mobilier valaisan traditionnel. De son idée

est née une gamme complète de meubles

durables, du berceau jusqu’au cercueil.

Texte: Monique Ryser Photos: Kurt Reichenbach

25


ARTISANAT

commence par un problème

à résoudre. Une fois la rénovation

de la Belwalder-Gitsch L’histoire

Hüs terminée, il a fallu meubler le vieux chalet

de manière adéquate. Construite en

1592, la maison est inscrite au patrimoine

bâti cantonal depuis 2013. Restauré avec

beaucoup de respect pour la substance

existante par les architectes Leentje Walliser

Garrels et Damian Walliser, le bâtiment

conserve une grande partie de son squelette

original. Comme son plancher en mélèze

massif, de toute beauté et très inégal.

Impossible d’y poser une chaise standard

sans que celle-ci ne titube dangereusement.

Il faut trouver autre chose. Ce sera

une chaise à trois pieds, stable même sur

un sol irrégulier. Mais pas n’importe quelle

1 Le lit

avec «Gütschi»

dans le salon des

Walliser. Les tabourets

servent de table basse.

2 Les revêtements en lin des coussins

et des matelas sortent d’un atelier de tissage

du val d’Hérens. 3 Leentje Walliser avec

Carlo Zengaffinen, de la menuiserie

R-Team. 4 La Belwalder-Gitsch

Hüs de Grengiols. Infos:

www.magnificasa.

ch

26


3

1

chaise. Le couple d’architectes se documente

sur la fabrication des meubles d’autrefois.

«La diversité et la conception du

mobilier traditionnel valaisan m’ont fascinée»,

raconte Leentje Walliser.

Pour meubler le grand chalet classé, elle invente

des chaises Stabelle à trois pieds et

un lit dans le respect des exigences de fabrication

traditionnelle du mobilier alpin.

Le travail de Leentje séduit Schosi Rotzer

et son équipe de la menuiserie R-Team, à

Gampel. Pourquoi ne pas réaliser toute une

gamme de meubles valaisans à partir de ces

premières pièces? «Je ne voulais pas seulement

respecter la forme et la fonction des

meubles d’autrefois mais également hono-

2

4

rer le savoir-faire de nos ancêtres», affirme

Schosi Rotzer.

Au contact de ces meubles, on revisite l’histoire

de ces vallées alpines. Autrefois, les

habitations n’offraient que peu de place

pour les familles. Dans la pièce commune,

on trouvait un lit pratique, typiquement valaisan,

agrémenté d’un Gütschi, un matelas

supplémentaire rangé sous le lit principal,

qu’il suffisait de tirer le soir venu pour coucher

les enfants.

Leentje et Damian Walliser en possèdent

une version plus petite dans leur maison de

Brigue. Il trône dans le salon et, «adapté aux

besoins modernes, il sert aujourd’hui de

canapé», explique l’architecte. Un bahut à

tiroirs, un tabouret et des chaises à bascule

complètent la collection en mélèze naturel.

En quelques gestes simples, les chaises s’assemblent

pour former un berceau. Leentje

raconte comment cette idée lui est venue.

«De nos jours, un berceau n’est utile que

quelques mois. Les deux chaises à bascule

permettent ainsi d’en avoir un à disposition

le temps nécessaire, avant de retourner à

leur fonction de chaises.» Pour compléter

cette gamme de meubles destinés à suivre

leur propriétaire de sa naissance à sa mort,

un cercueil au design sobre clôt le catalogue

de la collection. «Du berceau à la

tombe», c’est avec ce slogan que Schosi

Rotzer présente ces créations. Il explique

ainsi l’idée qui anime ce projet: «Créer des

meubles de qualité qui durent toute une

vie, voire au-delà.»

C’est dans la menuiserie moderne R-Team

de Gampel que la collection est produite.

Dans la mesure du possible, la fabrication

se fait sans clous ni vis, les armatures sont

en bois, ce qui représente parfois un véritable

casse-tête. La machine à commande

numérique pilotée par Carlo Zengaffinen

permet de combiner les nouvelles techniques

de fabrication avec le savoir-faire

ancestral. La collection ne serait ni complète

ni parfaite sans les revêtements de

coussins et matelas. Les tissus en lin sortent

de l’atelier de tissage de la Fondation Marie

Métrailler du val d’Hérens et sont travaillés

à l’Ecole de couture de Sierre. Un

produit 100% valaisan!

www.walliser-moebel.ch

27


LUGE

À LA NEIGE

Plaisir | La neige jaillit sous la luge,

le vent souffle dans les oreilles, les enfants

crient de joie. Luger ravit les petits comme

les grands. Infrastructures | Nombreux

tracés sinueux et sécurisés dans tout

le Valais. Possibilité de louer les luges

dans la plupart des stations au départ

des remontées mécaniques. Infos | Toutes

les pistes de luge sur www.valais.ch

SKI-JöRING

Puissance | Le val d’Hérens a donné

son nom à la robuste vache valaisanne.

Mais Nax possède aussi de puissants

chevaux qui tractent le skieur à travers

la poudreuse avec la discipline du ski-jöring.

Infos | www.valdherens.ch

28


P L U S Q U E D E S P I S T E S D E S K I

Des activités

pour toutes

les envies

Découvertes Si le Valais reste le royaume du ski grâce

à ses bonnes conditions d’enneigement et à ses stations

de haute altitude, il offre bien davantage. Tour d’horizon

d’activités hivernales variées et passionnantes.

Texte: Monique Ryser

Celui qui recherche le calme et la

tranquillité ne refusera pas une

balade en raquettes dans les

profondeurs de la forêt. La randonnée

en raquettes n’exige aucune compétence

particulière, sinon la capacité de

marcher, pour jouir de la sérénité d’une

nature vierge. Un plaisir simple et sans

contraintes. A Arolla, le parcours à

raquettes fait le tour du Lac Bleu,

féerique quand il est couvert de neige.

La randonnée panoramique de Crans-

Montana offre une vue unique sur les

plus hauts sommets des Alpes, du Cervin

jusqu’au Mont-Blanc. A Zermatt, le

Nordwand Trail mène le randonneur tout

le long de la face nord du Cervin.

En Valais, les amis des animaux ont aussi

de quoi se réjouir. Plusieurs organisations

proposent des balades avec des chiens

de traîneau. Les visiteurs peuvent

simplement profiter de la virée comme

passager ou s’initier à l’art du musher, le

pilote de l’attelage. L’occasion de

connaître un peu mieux le comportement

de ces chiens, des huskys la plupart du

29

temps, et de les côtoyer de plus près

lorsqu’ils se reposent. A Nax, on pratique

le ski-jöring, une sorte de ski attelé

soulignant la relation étroite entre le

skieur et le cheval. L’initiation se fait sur

un tronçon test de 400 mètres pour se

familiariser au maniement des rênes,

d’abord au trot, puis au galop. Puis c’est

le grand départ pour une virée de

3 kilomètres à travers les paysages

somptueux du Mont-Noble.

Celui qui veut combiner sports d’hiver

et gastronomie a rendez-vous le 23 mars

2019 au Ski Food Safari de Crans-

Montana. Le visiteur aura la possibilité

de déguster le meilleur de la gastronomie

locale sur les pistes, avec un choix de

vins valaisans en accompagnement. Le

lendemain, mieux vaut peut-être se

limiter à une descente en luge. La station

dispose de nombreuses pistes sécurisées

et adaptées à toute la famille. Les luges

peuvent être louées dans les stations de

départ de la plupart des remontées

mécaniques.

www.valais.ch

Photos Pascal Gertschen, Christian Pfammatter, Sedrik Nemeth


À LA NEIGE

SKI FOOD SAFARI

Délices | Une petite pause avant de s’élancer

sur les pistes, rien de plus agréable sous

le soleil hivernal, surtout quand les grands

chefs sont aux fourneaux et préparent

les meilleures spécialités régionales sur

les pistes. Quand | Le 23 mars 2019. Billets

disponibles auprès des établissements

participant au Ski Food Safari, 10 francs

pour un repas avec un verre de vin.

Infos | www.crans-montana.ch

RANDONNÉE EN RAQUETTES

Sérénité | Avec le crissement de la neige

comme seul bruit, la randonnée en raquettes

régénère l’âme et l’esprit et, suivant le trajet,

renforce aussi la condition physique.

Parcours au choix à travers les forêts ou

sur les étendues enneigées proches des plus

hauts sommets. Tous niveaux | A côté

des itinéraires dans la poudreuse, il existe

des randonnées en raquettes pour tous

les niveaux. Infos | www.valais.ch

30


ESCALADE SUR GLACE

Spectaculaire | Pour que les grimpeurs

puissent aussi se réjouir de l’hiver. Si les

alpinistes expérimentés escaladent des

cascades de glace naturelles, les grimpeurs en

herbe préféreront le mur de glace du parking

couvert de Saas-Fee. Guide | Les escalades en

extérieur doivent se faire en compagnie d’un

guide de montagne. Infos | www.teleanzere.ch,

www.simplon.ch, www.saas-fee.ch,

www.valleedutrient-vallorcine.com,

BALADE EN TRAÎNEAU À CHIENS

Sauvage | Les chiens sont attachés et attendent

avec impatience le signal du départ. Une

expérience de communion totale entre l’homme

et l’animal que le visiteur peut partager comme

simple passager ou comme musher (pilote de

l’attelage). Où | Verbier, Les Giettes et Savièse

proposent des balades avec des chiens de

traîneau. Infos | www.chiensdetraineau.ch,

www.swissmushingcompany.ch,

www.arlukadventure.com/chiensdetraineaux

Photos Sedrik Nemeth (7), DR (2)

31


La Ferrari des neiges. Cette télécabine tricâble peut

transporter jusqu’à 2000 passagers à l’heure entre la

station de Trockener Steg et le Petit Cervin. Elle est la

plus haute du monde. Sa construction a coûté 60 millions

de francs. Dans trois ans, une nouvelle liaison entre le

Petit Cervin et Testa Grigia devrait être inaugurée. Franz

Julen, président du conseil d’administration des Zermatt

Bergbahnen, s’exprime sur le tourisme d’hiver, les

nouveaux modèles tarifaires des remontées mécaniques

et les atouts de son village natal.

INTERVIEW

Franz Julen

Interview: Monique Ryser

Photos: Sedrik Nemeth

32


33

Autrefois CEO d’Intersport,

Franz Julen a conduit l’entreprise

au succès. Aujourd’hui, il tient le destin

des remontées mécaniques de Zermatt

entre ses mains en tant que président

du conseil d’administration.


INTERVIEW

2 3

1

Photos Nik Hunger

1 Fin

septembre,

inauguration de la

télécabine 3S reliant

Trockener Steg au Petit Cervin.

2 Les nouvelles cabines peuvent

transporter jusqu’à 2000 passagers par

heure. Le temps d’attente de l’ancienne

installation était trop long. 3 Le

design des nouvelles cabines

de 28 places est signé

Pininfarina.

34


«Zermatt

appartient

aux Zermattois.

Le village

a toujours eu

ses pionniers»

Au Petit Cervin, la conseillère fédérale

Doris Leuthard n’aurait

laissé à personne d’autre le plaisir

d’inaugurer la nouvelle remontée mécanique

de tous les records. Avec cette

télécabine tricâble du Matterhorn Glacier

Paradise, la Suisse dessine un nouveau

modèle de tourisme et défie l’histoire

de la construction de cabines suspendues.

«Nous pouvons en être fiers»,

a dit la ministre des Transports. Tandis

que d’autres remontées mécaniques

luttent pour leur survie, Zermatt connaît

une tendance opposée. Franz Julen, nouveau

président du conseil d’administration

et natif de Zermatt, explique les raisons

de ce succès.

La nouvelle télécabine a coûté 60 millions.

Comment l’entreprise Zermatt

Bergbahnen a-t-elle pu investir une

telle somme?

FRANZ JULEN: Zermatt Bergbahnen

AG est née en 2002 de la fusion de

quatre sociétés de remontées mécaniques.

L’entreprise poursuit depuis une

stratégie claire. Grâce à de gros investissements,

près de 500 millions de francs

en seize ans, il est possible d’offrir des infrastructures

de qualité à prix raisonnable.

De plus, les coûts et l’endettement

ont toujours été sous contrôle. Nous ne

croyons pas en la politique des forfaits

bon marché; ça attire peut-être plus de

visiteurs pendant une ou deux saisons

mais cette option n’est pas rentable sur

le long terme. Une entreprise de remontées

mécaniques doit gagner de l’argent

pour pouvoir investir dans son développement

futur. Autrement, ce serait le début

de la fin.

35

Un billet simple course plein tarif de

Zermatt au Petit Cervin coûte

95 francs. C’est très cher.

FJ: Oui, et nous en sommes conscients.

Cependant, le voyage jusqu’au Petit Cervin,

culminant à 3883 mètres d’altitude,

représente à lui seul une expérience

unique. Nous devons proposer une valeur

ajoutée à nos hôtes, qui peuvent aujourd’hui

se rendre de la station de Trockener

Steg jusqu’à la station de montagne

la plus haute d’Europe à bord de

25 télécabines flambant neuves de 28

places chacune.

Le trajet à bord des quatre cabines décorées

de cristaux Swarovski coûte

15 francs supplémentaires. Que recherchez-vous

avec cet effet bling-bling?

FJ: Le design signé Pininfarina contribue

à rendre l’expérience de la montagne encore

plus particulière. Il est important pour

nous de proposer à nos passagers ce petit

plus supplémentaire. Le transport seul ne

suffit plus aujourd’hui.

L’image de Zermatt est reconnue dans

le monde entier, la station ne semble pas

souffrir de la crise touchant le tourisme

d’hiver. Comment l’expliquez-vous?

FJ: Depuis toujours, des pionniers ont écrit

l’histoire de Zermatt. En 1891 déjà, et c’était

un exploit, la ligne de chemin de fer entre

Viège et Zermatt a été ouverte, puis celle

du Gornergrat en 1898. Le premier téléski

entre en fonction en 1941, on inaugure le téléphérique

d’accès au Petit Cervin en 1979.

Ce sont des moments historiques, tout

comme la mise en service du premier funiculaire

sous-terrain du monde en 1980 à

Sunnegga. Et aujourd’hui, la télécabine 3S

sur le Petit Cervin. Zermatt a très vite misé

sur l’enneigement artificiel et toute la

branche nous envie la fusion des remontées

mécaniques. Cet esprit innovateur et

le courage de prendre des risques se sont

avérés payants.

Pensez-vous sincèrement que sans le

Cervin, qui ne laisse personne indifférent,

tout cela aurait été possible?

FJ: Cette montagne possède une force

toute particulière. Jamais je n’oublierai le

moment où je me suis retrouvé pour la première

fois au sommet. Cependant, ce serait

faux de penser que nous devons notre

succès uniquement au Cervin. Les hôtels

de Zermatt sont excellents, l’offre gastronomique

de qualité et les activités proposées

créatives. Outre le fait que le village

est sans voitures, il fait preuve d’un esprit

d’entreprise prononcé et ne néglige pas son


INTERVIEW

Photo Nik Hunger

offre culturelle. De plus, il a su préserver

son caractère. Bien avant l’initiative sur les

résidences secondaires, nous avons limité

le nombre de lits froids, le rapport entre le

chiffre d’affaires de l’hôtellerie et de la parahôtellerie

est de 80/20. Nos aïeux ont développé

ce village eux-mêmes et aujourd’hui

encore, Zermatt appartient aux

Zermattois et ça se sent.

Le succès touristique a aussi son revers,

comme le montre l’exemple de ces

villes envahies par les touristes ou la

fermeture de certaines plages de Thaïlande

à cause d’une trop haute fréquentation.

N’avez-vous pas peur d’être débordés?

FJ: Le tourisme s’intensifie, c’est un fait, en

grande partie grâce au développement

économique des pays asiatiques. Zermatt

profite d’hôtes venant de Suisse, d’Europe,

des Etats-Unis, de Russie et d’Asie. L’équilibre

entre le tourisme individuel et les

voyages de groupe est bon. Nous devons

tout de même rester attentifs à ce danger.

Les prix peuvent aussi être un moyen de

réguler la situation.

Comment percevez-vous les nouvelles

habitudes de loisirs?

FJ: Nous constatons que les gens réservent

à plus brève échéance et pour

une durée de séjour plus courte. Si internet

a rendu l’offre transparente, les

hôtes sont moins fidèles. Aujourd’hui,

l’offre doit être plus variée. Par le passé,

on pratiquait un sport et un seul, aujourd’hui,

on s’adonne à plusieurs activités

en même temps et on en cherche

toujours d’autres. Nous ne pouvons plus

seulement garantir des pistes aux skieurs

et aux snowboardeurs, nous devons diversifier

notre offre.

Quelle est la répercussion du changement

climatique?

FJ: Situé en haute altitude, Zermatt est

moins menacé. Mais c’est réducteur de ne

tenir compte que de sa propre situation.

Il est important de pouvoir exploiter les

domaines skiables de plus basse altitude.

C’est là que les enfants apprennent à skier

et forgent leur passion des sports d’hiver.

Le développement du tourisme hivernal

repose sur ces stations et elles aussi

doivent être rentables.

Vous avez été le directeur général d’Intersport

pendant dix-sept ans. Cette

enseigne est devenue le leader mondial

de vente d’articles de sport. Quel est le

secret de votre succès?

FJ: Nous avions une stratégie simple. Au

sein d’une vision commune et de principes

internationaux homogènes, il y a toujours

eu de la place pour l’expression des particularités

locales. De plus, nous avions

confiance en nos collaborateurs qui sont

en contact direct avec la clientèle. J’ai toujours

eu une relation proche avec les détaillants,

je les ai écoutés et répondu à

leurs besoins. Nous étions aussi une

équipe solide. Pendant toutes ces années,

les quatre membres de la direction générale

n’ont pas changé. Je pense que les

gens sont le capital le plus important dans

une entreprise. Le développement du

trend sport/fitness/bien-être m’a également

bien aidé. Tout comme Zermatt d’ailleurs.

Je dois avouer que lorsque je mentionnais

que je venais de Zermatt, les

portes s’ouvraient, jusqu’à celles de la famille

de l’émir du Koweït. J’ai été étonné

de constater combien Zermatt est connu

et aimé dans le monde entier.

Et pourtant vous avez quitté Zermatt

très jeune, pourquoi?

FJ: Après avoir terminé l’école hôtelière,

je voulais travailler avec mon frère Max,

qui a remporté le slalom géant olympique

en 1984. Cela devait durer deux ou trois

ans puis je serais rentré. A force de voyager

avec lui, j’ai eu envie de découvrir le

monde, j’ai été emporté par la curiosité et

l’ambition. Cependant, je n’ai jamais vraiment

perdu contact avec Zermatt. Aujourd’hui,

je suis ravi de passer de nouveau

plus de temps ici. Je n’ai pas hésité une seconde

à accepter le poste de président

des remontées mécaniques de Zermatt.

Cela représente plus qu’un retour au pays

pour moi, c’est un grand honneur de pouvoir

participer à l’avenir de mon village.

«Etre natif

de Zermatt

m’a aidé dans

ma vie

professionnelle.

La station est

connue dans

le monde entier»

36


Unique

Quelque 944 m

séparent Trockener

Steg, la station de départ,

de l’arrivée au Petit Cervin. La télécabine

fonctionne toute l’année.

Alpine Crossing La liaison entre le Petit Cervin

et Testa Grigia est en projet. Grâce à

deux autres installations, les Italiens

souhaitent étendre le

domaine skiable de

quelque 540 km.

37


Les masques

sont sculptés par

de talentueux

habitants de la

vallée. Les films

de sciencefiction

peuvent

également servir

de sources

d’inspiration.

PORTFOLIO

38


Tschäggättä

Des personnages effrayants peuplent

le Lötschental pendant le carnaval. Avec leurs

masques en bois et leurs peaux de bêtes,

les Tschäggättä envahissent les villages

de la vallée. En 2019, du 3 février au 5 mars.

Photos: Christian Pfammatter

39


PORTFOLIO

40


41

Le costume pèse

de 25 à 30 kilos.

Les peaux

proviennent

d’un mouton

(à l’avant),

d’une chèvre

(à l’arrière)

ou d’un animal

sauvage.


1

PORTFOLIO

3

42


2

4

1 Il

n’y a pas

de confréries,

mais des groupes informels

qui perpétuent la

tradition. Ici, la cave des masques,

à Wiler. 2 Manuel Blötzer sculpte un

masque. Ces objets font partie de l’héritage

familial ou sont créés par les Tschäggättä

eux-mêmes. 3 Les masques sont réalisés

en bois d’arolle. 4 Johann

Bellwald aide Philippe

Roth à revêtir sa

peau de

cerf.

43


PORTFOLIO

44


45

Ce masque

est sculpté dans

le style

traditionnel.

La veste et les

gants se portent

à l’envers.


Lorsque la nuit tombe tôt et que la première

neige est arrivée, Manuel Blötzer commence

à sculpter un nouveau masque. «Désormais,

j’attends le carnaval avec impatience.»

Le groupe informel

du village de Wiler,

auquel appartient

Manuel Blötzer.

«Un Tschäggättä

est réussi s’il est vilain»

Texte: Monique Ryser

PORTFOLIO

Quand Manuel Blötzer, un jeune

habitant du Lötschental âgé de

24 ans, prononce le mot

«Tschäggättä», les voyelles tendent à

s’effacer un peu. Et lorsqu’on lui demande

quels sont les critères d’un costume

réussi, il répond simplement: «Bien

sûr, il doit être vilain, mais un Tschäggättä

n’est réellement beau que s’il suscite

l’effroi.»

Cette coutume aux origines mystérieuses

a traversé les siècles. Des représentations

du diable ou de sorcières ser vaient jadis

de modèles pour les masques en bois

sculpté. Aujourd’hui, internet est aussi

devenu une source d’inspiration, et

certains héros de films de science-fiction

ont désormais fait leur apparition dans

les cortèges. Chaque fois qu’il crée un

nouveau masque, Manuel Blötzer se

laisse conduire par la forme et la

structure du bois. Il reconnaît volontiers

une prédilection pour les sujets

traditionnels. Hormis les visages

terrifiants, il existe aussi des personnages

sympathiques qui symbolisent les

ancêtres.

Le vêtement principal est constitué d’une

peau de bête, en général de mouton, de

chèvre ou de cerf. Le Tschäggättä enfile

également des pantalons, le plus souvent

en toile de jute, ainsi qu’une veste et des

gants. «Ces deux derniers éléments sont

généralement portés à l’envers», précise

Manuel Blötzer. La raison en est simple:

autrefois, les habitants de la vallée ne

possédaient qu’une garde-robe réduite et

il était facile de les identifier à leur tenue.

Ils la retournaient donc pendant le carnaval

pour éviter d’être reconnus. De nos jours,

de nombreux Tschäggättä endossent

encore la veste de leur grand-père dont

les rembourrages en crin sont visibles sous

la fourrure. Enfin, le costume ne serait pas

complet s’il ne comprenait une cloche

dont le rôle est de faire autant de bruit que

possible. «On la fixe habituellement audessus

de la peau de bête. Toutefois, si la

fourrure est particulièrement belle, on

n’hésite pas à la porter au-dessous», ainsi

que Manuel Blötzer l’explique. C’est la

«nouvelle mode».

Au total, un costume pèse de 25 à 30 kilos.

Pour attacher la large ceinture autour

de la taille, il est préférable de réaliser

cette opération à deux alors que le Tschäggättä

est étendu sur le sol. Il n’existe pas

de prescriptions relatives à l’habillement:

«Tout est autorisé. L’objectif consiste simplement

à se rendre totalement méconnaissable»,

relève Manuel Blötzer.

Les Tschäggättä font leur apparition dans

le Lötschental entre la Chandeleur et le

mercredi des Cendres. Le soir, les fans

de costumes – hommes, femmes et enfants

– se retrouvent dans leurs repaires

avant de s’élancer à travers les ruelles. Le

groupe de Manuel Blötzer occupe l’ancienne

étable du taureau communal de

Wiler. «Il n’y a ni confréries ni organisations.

Dans chaque village, des amis se

réunissent pour créer et défiler ensemble

avec masques et costumes.» Il

n’existe que deux manifestations officielles

pendant le carnaval. En 2019, elles

se tiendront le 28 février pour le défilé

de Blatten, à Ferden, et le 2 mars pour le

cortège à Wiler. «Les Tschäggättä sont

une passion que nous vivons toute l’année»,

conclut Manuel Blötzer.

www.loetschental.ch

46


Afin de nouer

fermement la

ceinture autour

de la taille de

Silvan Ebener,

Andrea-Luca

Bellwald doit

faire usage de

toute sa force.

47


PORTRAIT

Sabine Haldemann et ses petits

élèves dans le jardin des neiges

de Bettmeralp. Des milliers

d’enfants ont déjà appris

à skier grâce à elle.

48


LE FABULEUX

DESTIN DE SABINE

La station de Bettmeralp compte deux figures

emblématiques: la mascotte Snowli et Sabine

Haldemann. Une prof de ski pas comme

les autres, avec laquelle des milliers d’enfants

ont découvert les joies des pistes.

Texte: Eva Maschek Photos: Raphael Wernli

49


Luca a besoin d’aller aux toilettes,

Emily veut retirer ses gants,

Henry a le nez qui coule, Fynn se

débat avec ses lunettes, Hannah n’arrive

pas à décroiser ses skis, Paul et Nina se

disputent à coups de poing sur leurs

casques. Sabine Haldemann garde son

calme. Sa puissante voix grave résonne

sur le parc de neige: «Mickey Mouse,

Mickey Mouse.» La prof de ski connaît

le pouvoir des mots magiques. «Yeah,

yeah, yeeeeeahhhh», répliquent en

chœur la quarantaine de petits skieurs,

oubliant aussitôt tous leurs tracas. Dans

la station sans voitures de l’Aletsch

Arena, tous les vacanciers connaissent

Sabine. Elle contribue à l’identité du lieu

tout comme Snowli, la peluche à taille

humaine, mascotte de l’école de ski.

Douze ans déjà que Sabine Haldemann,

42 ans, originaire de l’Emmental, apprend

aux enfants à skier. Tous les jours, de

début décembre à fin avril. Chaque

saison, dans ce paradis pour skieurs en

herbe proche de la Dorfstrasse de

Bettmeralp, 2000 enfants âgés de 3 à

6 ans découvrent les joies du ski avec

cette prof particulière. Sabine n’est pas

1

PORTRAIT

1 Penser à

enfiler les gants

avant de se remettre

à skier. 2 Toujours souriante

et de bonne humeur: les enfants

adorent Sabine. 3 La photo de groupe

avec Snowli, un souvenir indispensable.

Chaque saison, la prof

de ski prend quelque

2000 enfants sous

son aile.

3

2

50


Snowli, la mascotte du jardin

des neiges, accompagne

les enfants sur le tapis magique,

un téléski qui les mène au

sommet de la mini-piste.

seulement motivée et enthousiaste. Elle

chante tous les jours. Comptines pour

enfants ou chansons sorties de son

imagination, Sabine chante, quels que

soient le temps ou la température. Cette

méthode d’enseignement réjouit ses

petits élèves mais aussi le public, qui

s’attarde sur la Dorfstrasse pour assister

au spectacle de Sabine et de ses élèves

dans le jardin des neiges. Avec la

consigne «Fais la pizza!», les enfants

apprennent à joindre la pointe des skis

pour freiner. Avec «pommes frites», ils

doivent retrouver la position parallèle.

Tandis que les enfants remontent la minipiste

sur le tapis magique, Sabine, chaussée

de ses snowblades, sillonne la piste

parfaitement damée. Frederik, 4 ans, fera

la prochaine descente avec une frite en

mousse entre les jambes, motivé par un

«Allez, maintenant, amène ton cheval à

l’étable!» lancé par la prof. Yves a besoin

d’aide pour passer le petit pont, Mia doit

être consolée après une rencontre

malencontreuse avec un portail. «En hiver,

j’économise un abonnement de fitness»,

raconte la monitrice tout essoufflée.

«Enseigner le ski aux enfants est un travail

intense, je perds entre 5 et 10 kilos chaque

saison. Au moins, je peux manger autant

de chocolat qu’il me plaît», plaisante

Sabine Haldemann.

Dans sa vie précédente, elle était

assistante médicale. Il y a onze ans,

51

elle a souhaité faire une pause dans

sa vie professionn elle et s’est engagée

comme monitrice de ski. Son implication

ainsi que son caractère ouvert et

social font l’unanimité et elle se voit

rapidement attribuer la direction du

jardin des neiges. Depuis, le paradis des

enfants au pied de la chapelle est

devenu son univers. Peu importe si le

soleil brille, s’il neige ou si le temps est

glacial, elle se réjouit chaque jour de

retrouver les enfants. «Je suis si

reconnaissante d’avoir trouvé le métier

de mes rêves!» Et de lancer un nouveau

«Mickey Mouse, Mickey Mouse»

annonçant de nouvelles aventures au

jardin enchanté.


1

PORTRAIT

2

52


J E A N - M I C H E L B O U R N I S S E N

«La sécurité

avant tout»

Responsable de la sécurité de la Patrouille des Glaciers.

Guide de montagne et gardien de cabane,

Jean-Michel Bournissen sait interpréter les signes

de la nature. Avant de partir en excursion, il recommande de

se renseigner systématiquement auprès des experts locaux.

Texte: Monique Ryser Photos: David Carlier

3

1 Un Super Puma de l’armée suisse

décolle pour survoler le parcours de

la Patrouille des Glaciers. 2 Depuis

les airs, le directeur technique Jean-

Michel Bournissen observe et inspecte

les conditions de sécurité.

Avec ses collaborateurs sur place,

il décide des mesures à prendre.

3 Comme un millepatte, les patrouilleurs

progressent à haute altitude.

Des randonnées à peau de phoque

entouré de neiges éternelles, en

longeant des versants spectaculaires

ou des vallées: de nombreuses

personnes savourent leur ascension dans

un silence complet, à la seule force des bras

et des jambes, pour ensuite dévaler la

pente, au comble du bonheur. Jean-Michel

Bour nissen, 54 ans, pratique cette activité

depuis son plus jeune âge. Le guide de

montagne est le gardien de la cabane des

Vignettes, à 3157 mètres d’altitude, au fond

de la vallée d’Arolla. Située sur la Haute

Route qui relie Chamonix à Zermatt, elle est

le point de départ de diverses randonnées

à skis, notamment en direction du Pigne

d’Arolla.

Tous les deux ans, Jean-Michel Bournissen

est le responsable technique de la Patrouille

des Glaciers, l’une des compétitions de skialpinisme

les plus difficiles. A ce titre, il est

aussi responsable de la sécurité. Les origines

de cette course sont militaires et, de nos

jours encore, elle est organisée par l’armée

suisse. Cependant, un grand nombre de civils

s’alignent au départ, et cette course s’est

imposée comme une épreuve phare pour les

sportifs ambitieux. L’itinéraire long conduit

53

de Zermatt à Verbier, alors que le départ est

donné à Arolla pour la variante courte. Les

deux parcours doivent être réalisés en une

seule étape par patrouilles de trois.

A l’évidence, aucun compromis n’est acceptable

en matière de sécurité. Ainsi, au cours

des semaines et des jours qui précèdent la

course, les responsables scrutent les couloirs,

les versants et les congères depuis un

hélicoptère. «Nous observons précisément

les emplacements où le manteau neigeux

risque de se détacher et les endroits où la

neige fraîche demeure instable», explique

Jean-Michel Bournissen. A cet effet, il est

nécessaire de disposer d’une vaste expérience

acquise au long de centaines d’heures

passées en altitude et «de cette intuition qui

est l’apanage des montagnards». Pendant

l’épreuve, Jean-Michel Bournissen est très

sollicité. Il survole le parcours, observe,

transmet ses instructions et demeure en liaison

constante avec les chefs de poste.

Jean-Michel Bournissen n’est naturellement

pas seul pour remplir cette tâche. Il peut

compter sur des collaborateurs militaires

comme sur les spécialistes valaisans qui sont

responsables de la sécurité des domaines

skiables pendant tout l’hiver. «Contrairement


54


1

à la sécurisation à long terme des pistes et

des sites dédiés à la pratique du freeride,

nous devons garantir une sécurité absolue

précisément le jour J.» Les contrôles

préventifs réalisés dans les domaines skiables

permettent de recourir aux explosifs dès le

début de la saison. Ces régions sont

surveillées en permanence afin de prévenir

les dangers qui pourraient survenir dans les

zones délicates. La Patrouille des Glaciers se

déroule en revanche dans des espaces

vierges.

Le père de Jean-Michel Bournissen était déjà

le directeur technique de la Patrouille des

Glaciers. Il a d’ailleurs contribué à la

renaissance de ce légendaire événement

sportif après des décennies d’interruption.

«Je me suis familiarisé avec la Patrouille dès

l’enfance», se souvient Jean-Michel Bournissen,

qui a pris part à la compétition à deux

reprises, en 1984 et en 1988. Il a été ensuite

chef de poste et responsable adjoint de la

sécurité. Aujourd’hui, il ne souhaiterait plus

rééditer cet exploit. «Il y a un temps pour tout

et je préfère laisser la place aux jeunes»,

s’exclame-t-il en riant. Il accompagne

volontiers des hôtes pour des excursions à

skis et apprécie de passer de temps à autre

une journée seul dans la montagne. «Le

contact permanent avec les éléments m’a

façonné. Je reste humble et je sais que la

nature est toujours la plus forte. C’est peine

perdue de vouloir lui imposer notre volonté.»

En sa qualité de guide de montagne, il doit

souvent décider de la tenue ou de

l’annulation d’une excursion. «Je suis

incapable de tout expliquer, je me fie

simplement à un sentiment. Le plus

difficile, mais aussi le plus important,

consiste à développer cette capacité à

dire non», souligne-t-il. Il conseille

également de prévoir une durée suffisante

pour une ascension qui se déroule sur un

terrain non sécurisé. «Il est recommandé

de s’entretenir avec les guides locaux et

de vérifier précisément les conditions

atmosphériques. Quand une dégradation

du temps est annoncée, mieux vaut

renoncer à une course. Et même si les

motifs pour lesquels un spécialiste

déconseille une sortie en montagne

demeurent parfois obscurs, il est

indispensable de respecter cette mise en

garde», relève Jean-Michel Bournissen.

Le guide passe l’hiver à Arolla, où il dirige

une école de ski, et il lui arrive encore de

donner une leçon. Dès le mois de mars,

Jean-Michel Bournissen retrouve la cabane

des Vignettes, où il mène à bien les travaux

de remise en état après l’hiver. Quelques

semaines plus tard, il accueillera les premiers

hôtes de la saison. Quant à la prochaine

Patrouille des Glaciers, elle se déroulera

du 27 avril au 2 mai 2020.

www.pdg.ch

www.cabanedesvignettes.ch

2

1 Les patrouilleurs doivent parcourir

une centaine de kilomètres et

4000 mètres de dénivelé sur

l’itinéraire qui relie Zermatt

à Verbier; 4800 sportives et sportifs

ont pris part en 2018 à la course de

ski-alpinisme la plus exigeante

du monde. 2 Jean-Michel Bournissen

s’entretient avec les responsables

de la sécurité.

PORTRAIT

55


UN GÉANT

AU SOMMET

Ramon Zenhäusern aborde la nouvelle saison

sereinement grâce à sa préparation

sur les neiges éternelles de son glacier natal,

au Mittelallalin, sur les hauts de Saas-Fee.

Texte: Manuela Lavanchy Photos: Sedrik Nemeth

DESTINATION

56


57

Nouvelle saison

«Le plus important

est de garder la forme

et le plaisir de skier. Ainsi,

les résultats suivent d’eux-mêmes.»

Ramon Zenhäusern sur le glacier

de Fee, sur les hauteurs

de Saas-Fee, avec

l’Allalinhorn en

arrière plan.


DESTINATION

A

Levi (Finlande) le 18 novembre

prochain, Ramon Zenhäusern

prendra le départ de la première

compétition de Coupe du monde de la

saison. A 26 ans, le Haut-Valaisan est serein.

Même si, depuis le 22 février 2018,

il fait partie des favoris de l’élite mondiale

du ski et que l’on attend désormais

de lui des résultats dignes des meilleurs.

En février dernier, l’homme qui mesure

2 mètres, originaire de Viège, décrochait

la médaille d’argent en slalom aux Jeux

olympiques de Pyeongchang. Frank

Trötschkes, son psychologue sportif,

l’avait prédit: «La course se déroule le

22.2, tu mesures 2 mètres, tu finiras à la

2 e place.» Et il l’a fait. Deux jours plus

tard, il remporte la médaille d’or du

Team-Event avec ses coéquipiers de

l’équipe suisse de ski.

L’ascension vers le succès fut longue,

même si le Haut-Valaisan s’entraîne de

manière professionnelle depuis l’âge de

12 ans. «Ma carrière a toujours suivi une

ligne ascendante, les progrès réalisés

ont parfois été faibles mais toujours

constants», raconte Ramon Zenhäusern.

Il entame la saison 2018-2019 au 6 e rang

mondial, et suivant cette logique, «je

devrais finir la saison 2018-2019 au moins

à la 5 e place». S’il est conscient de la

pression et des attentes qui l’entourent

désormais, il ne se laisse pas perturber

et demeure fidèle à son objectif, le

même depuis toujours: «Garder la forme

et le plaisir de skier. Ainsi, les résultats

suivent d’eux-mêmes.» Depuis le

printemps dernier et sur les conseils de

son psychologue sportif, Ramon pratique

l’auto-hypnose comme entraînement

mental. Lucide, le jeune homme garde

les pieds sur terre. «Ce que j’ai atteint

jusqu’ici, personne ne me le prendra

jamais.» Et surtout, pour autant qu’il

évite les blessures, il a encore dix

bonnes années devant lui pour asseoir

sa carrière.

Enfant, Ramon Zenhäusern découvre les

joies du ski à Bürchen, station hautvalaisanne

où ses parents possèdent un

chalet. Il prend son premier ski-lift alors

qu’il a tout juste 2 ans, ski-lift qui porte

aujourd’hui son nom. Quelques années

plus tard, son père décide de réserver

un tronçon de piste à Moosalp afin

d’entraîner son fiston. Si Ramon est

devenu un spécialiste du slalom malgré

sa grande taille, c’est peut-être parce

qu’à cette époque il s’entraînait entre

des piquets posés en bord de piste à

défaut de pouvoir utiliser la piste pour

lui tout seul. Peut-être aussi parce que

sa nature ne l’a jamais vraiment poussé

vers le ski de vitesse. Le risque de se

blesser est trop grand, ce qui, à son avis,

n’en vaut pas la peine. Face à ce grand

jeune homme dégingandé, beaucoup lui

ont déconseillé le slalom. Son père n’a

jamais douté de son potentiel. Tout

comme son entraîneur et mentor, Didier

Plaschy, ancien skieur professionnel et

directeur de Ski Valais.

Depuis de nombreuses années, Ramon

Zenhäusern s’entraîne avec lui en été, sur

le glacier de Fee, au pied de l’Allalin, à

3500 mètres d’altitude. A la mi-juillet,

20 kilomètres de piste et trois remontées

mécaniques sont ouverts au Mittelallalin.

Une quatrième remontée aujourd’hui en

construction sera en fonction dès l’été

2019. Les jours de forte affluence, le domaine

skiable estival de Saas-Fee compte

jusqu’à 1200 skieurs, presque uniquement

des professionnels. Plus de 300 équipes

s’entraînent ici, dont un quart d’équipes nationales

de 20 pays d’Europe et d’Amérique

du Nord. La Fédération espagnole

de ski ainsi que l’équipe japonaise passent

cinq mois d’été au Mittelallalin avec leurs

skieurs de toutes les disciplines.

1

«Le lever

du soleil

sur le massif

des Mischabels

me donne

de la force»

58


2

1 Ramon

Zenhäusern

s’entraîne avant le début

de la saison. Beaucoup

d’équipes nationales de ski ont choisi

le glacier de Fee pour les entraînements

d’été sur neige. 2 Un dernier coup

de fil dans la cabine de l’Alpin

Express qui l’emmène

sur le glacier.

59

L’été dernier, Ramon Zenhäusern est

devenu l’ambassadeur officiel du

domaine skiable estival de Saas-Fee. Son

attachement à la région date de fort

longtemps. Il retrouve ici les amis et les

connaissances qui l’ont accompagné

jusqu’au sommet. Après l’accueil que la

commune de Viège lui a réservé à son

retour de Pyeongchang, il a passé sa

soirée à Saas-Fee. «Une fois le repas

avec ses amis terminé, Ramon a regagné

sa chambre à 20 h 30. Il se réjouissait

tellement d’un moment de solitude qui

lui permettrait de réaliser ce qui venait

de lui arriver!» raconte Stefan Schnyder,

propriétaire de l’hôtel Jägerhof, où le

skieur est venu se détendre et se

ressourcer après sa dernière saison

d’hiver.

Cette année, le médaillé olympique a

pris des vacances plus tard que prévu et

en a profité pour préparer son bachelor

en économie. Ces études à distance lui

permettent de trouver l’équilibre en

occupant son esprit avec quelque chose

d’autre que le ski. En conséquence,

Ramon a commencé les sessions

d’entraînement d’été un peu après ses

coéquipiers. Il a finalement décidé de

revenir à Saas-Fee et de continuer sa

préparation sur le glacier de Fee, à

l’endroit même où il s’est entraîné pour

son extraordinaire dernière saison. «En

une demi-heure, je suis sur le meilleur

glacier d’Europe et je peux encore

profiter de mes après-midis pour aller

nager ou faire du vélo», une autre bonne

raison de rester fidèle à son glacier natal.

«Voir le soleil se lever sur le massif des

Mischabels me donne de la force.» C’est

au contact de sa famille et de ses

origines que Ramon Zenhäusern puise

son énergie. Et le jeune homme en est

certain: «Même si je voyage beaucoup,

je reviendrai toute ma vie en Valais.»


Visiter la vallée de Saas

LA RéGION

La vallée de Saas englobe les domaines

skiables de Saas-Fee, Saas-Grund, Saas-

Almagell et Saas-Balen avec un total de

28 installations. Particulièrement

accueillante pour les familles, cette

destination porte le label Family

Destination de la Fédération suisse du

tourisme. Le village de Saas-Fee est en

outre sans voitures et s’engage de

manière conséquente pour l’énergie

naturelle, notamment pour les transports

et les remontées mécaniques. Il a reçu

le label Cité de l’énergie déjà en 2002.

BOIRE

ET MANGER

Fletschhorn

Une étoile Michelin et 18 points GaultMillau

pour ce restaurant qui commencera la saison

d’hiver avec un nouveau chef.

www.fletschhorn.ch

Restaurant tournant Allalin (1)

Le restaurant tournant le plus haut du

monde se déplace lentement mais sûrement.

Vue panoramique à 360 degrés à

3500 mètres d’altitude.

www.saas-fee.ch

1

DESTINATION

DORMIR

The Capra (3)

L’hôtel-boutique cinq étoiles allie le luxe au

confort d’un chalet.

www.capra.ch

Hôtel FerienArt

Un cinq-étoiles au centre de Saas-Fee avec

un grand centre thermal.

Particulièrement adapté aux familles.

www.ferienart.ch

Wellness Vitalhotel Pirmin Zurbriggen

L’établissement de l’ancienne star du ski

est un hôtel quatre étoiles à Saas-Almagell.

www.wellnesshotel-zurbriggen.ch

12-inch CofFee (2)

Deux sortes de cafés torréfiés maison

et de la musique, parfois avec un DJ.

www.facebook.com/12inch.CofFee

Arvu Stuba & Steinbockbar

Une maison de pierre historique au centre

de Saas-Fee pour un apéro dans une ambiance

alpine.

www.arvu-stuba.ch

Black Bull Snowbar

Pour passer directement des pistes à

l’après-ski. Cocktails et musique tendance.

www.hotel-burgener.ch

The Dom Bar

Bar confortable avec musique live pour

prendre un verre en soirée.

www.domcollection.ch

3

Photos: Pascal Gertschen, Marco Godoy, Sedrik Nemeth, 2 DR

Hôtel Garni Jägerhof (4)

Un trois-étoiles confortable et familial, où

Ramon Zenhäusern vient se ressourcer.

www.hotel-jaegerhof.ch

Wellness Hostel 4000 (5)

Auberge de jeunesse une offre fitness et

bien-être dans une architecture moderne.

www.youthhostel.ch

Logements de vacances

Pour les familles qui préfèrent les séjours

en appartement. La vallée de Saas dispose

d’une large offre avec hôtels pour familles

également.

www.saas-fee.ch

SHOPPING

Saaser Hauswurst

La «Saaser Hauswurst» est une saucisse

sèche aux racines rouges typiquement

haut-valaisanne. On peut l’acheter chez le

boucher de Saas-Fee, Bielmattstrasse 2.

www.dorf-metzg.ch

Tartes et chocolat

Le chocolat Saaser-Mutten, qui porte le

nom de la race de moutons de la région, et

la Saaser Nusstorte, la tarte aux noix locale,

s’achètent dans les boulangeries de Saas-

Fee et de Saas-Grund.

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Pain de seigle valaisan AOP (6, page 61)

Chez Lukas Imseng, hôtelier, boulanger,

auteur de livres de recettes et

immortalisé dans un livre pour

enfants, on peut acheter le célèbre pain

valaisan.

www.hotel-imseng.ch/bienvenue/

boulangerie

Descente de l’Allalin (1)

La piste s’étend sur près de 9 kilomètres

du Mittelallalin jusqu’à Spielboden, en

passant par Längfluh. Les amateurs de

bosses choisiront la descente sur la

Weisse Perle, les autres le parcours plus

facile sur la piste ordinaire. Les deux arrivent

jusqu’au village de Saas-Fee.

www.saas-fee.ch/evenements

DESTINATION

Photos: Sedrik Nemeth, Valais/Wallis Promotion, Keystone (3), DR

SPORT

Gorge Alpine (4)

La traversée de la gorge escarpée qui

relie Saas-Fee à Saas-Grund se fait

accompagné d’un guide de montagne.

Parcours spectaculaire à travers des

cascades gelées en passant par des

ponts suspendus, à l’aide d’échelles, de

câbles d’acier et d’une tyrolienne

vertigineuse.

www.saasfeeguides.com

Pavillon de glace (2)

Depuis la station d’altitude du métro

alpin, le pavillon de glace compte

120 marches jusqu’au glacier de Fee et

aux sculptures de glace.

www.saas-fee.ch

Luge (3)

Deux pistes à disposition: la première,

de 11 kilomètres, de Kreuzboden à Saas-

Grund, la seconde, de 5 kilomètres, de

Hannig à Saas-Fee.

www.valais.ch/luge

Jardin des neiges

La région est l’une des huit destinations

de vacances familiales en Valais.

Dans les jardins des neiges de Saas-Fee,

Saas-Grund et Saas-Almagell, les plus

jeunes peuvent découvrir au ski et au

snowboard et se défouler en toute

sécurité.

www.saas-fee.ch

Adrenalin Cup

Onze disciplines réparties sur tout le

domaine skiable. A chaque épreuve, une

photo ou vidéo du passage des

concurrents est prise automatiquement.

www.saas-fee.ch/evenements

MANIFESTATIONS

Ice Climbing World Cup (5)

Un compétition d’escalade de glace sur

les 10 étages du parking intérieur de

Saas-Fee. Pour le public, l’occasion

d’admirer les meilleurs grimpeurs

nationaux et internationaux et de vivre

l’ambiance festive du milieu de l’escalade

de glace.

Les 25 et 26 janvier 2019.

www.iceandsound.com

Glacier Downhill Bike (6)

Les vététistes ne dévalent pas des chemins

de terre ou caillouteux mais des

glaciers et des pistes enneigées sur

1700 mètres de dénivelé.

Le 16 mars 2019.

www.saas-fee.ch/evenements

Course de l’Allalin

Pour la 37 e fois, les 5 et 6 avril 2019, cette

descente sur le glacier se déroulera avec

des participants de toute l’Europe en

compétition dans différentes disciplines.

www.saas-fee.ch/evenements

6 e Festival du film de Saas-Fee

Le concours «Les films de cinq pays» met

l’accent sur les productions cinématographiques

indépendantes, personnelles

et innovantes du cinéma de la

Suisse et de ses pays voisins.

Du 8 au 14 avril 2019.

www.sfff.ch

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En collaboration avec le Club des entreprises

Epicuria, le salon

des saveurs

FVS Group | Du 23 au 27 novembre,

Martigny est la capitale des gourmets. Le

FVS Group, qui organise la Foire du Valais,

a développé avec le salon Epicuria un

concept inédit ouvert aux professionnels,

aux producteurs et au grand public. Avec

5000 hectares de vignes, le Valais

possède le plus grand vignoble de Suisse.

Il est aussi la patrie de la plupart des

produits qui s’accompagnent des labels

de qualité AOP et IGP. Le canton était

donc prédestiné pour accueillir cette

nouvelle plateforme. Les visiteurs peuvent

déguster les spécialités d’une quarantaine

de vignerons et cinquante producteurs de

produits du terroir. Lors du Grand Prix

Joseph Favre, cinq cuisiniers se

mesureront face au jury présidé par Guy

Savoy, couronné deux fois par La Liste.

www.salonepicuria.ch

Les travaux de

rénovation du

tunnel de la

Furka, qui relie

le Valais au

canton d’Uri,

ont débuté.

Rénovation du tunnel de la Furka

Davantage de sécurité | Ouvert en 1982,

le tunnel de la Furka est un maillon

essentiel du réseau ferroviaire. Il demeure

aujourd’hui encore l’unique liaison hivernale

garantie entre le Valais et la Suisse centrale.

A ce titre, il assume une fonction primordiale

pour les régions de montagne. Le tourisme

tire également avantage de ce tunnel long

de 15 kilomètres, qu’il s’agisse du célèbre

Glacier Express, qui relie Saint-Moritz

à Zermatt, ou des nombreuses destinations

touristiques jalonnant ce parcours. Pour

le Matterhorn Gotthard Bahn, issu de la

fusion entre le Furka Oberalp Bahn et le

BVZ Zermatt Bahn, le tunnel revêt une

importance stratégique. La compagnie

investit 190 millions de francs dans

sa rénovation, qui devrait s’achever en

2026. Les grands travaux ont débuté cette

année, avec la remise en état de la voûte

du tunnel. Cette première étape sera suivie

par le renouvellement complet des

infrastructures ferroviaires et, finalement,

par l’installation du nouveau système

d’aération. Comme l’ouvrage est à voie

unique, les travaux se déroulent presque

exclusivement de nuit.

www.matterhorngotthardbahn.ch

ÉCONOMIE

La banque des entreprises

Photo Sedrik Nemeth; illustration DR

Le salon Epicuria de Martigny

éveille tous les sens.

Le nec

plus ultra

Economie | La Banque Cantonale du

Valais (BCVs) est la «banque des

entreprises». Elle soutient le tissu

économique valaisan et son

développement. Selon les résultats d’une

étude détaillée de BAK Economics, les

536 collaboratrices et collaborateurs de la

BCVs ont généré en 2017 une valeur

ajoutée directe de 131 millions de francs

pour l’économie valaisanne. La création

indirecte de valeur ajoutée, réalisée par

l’entremise d’autres facteurs économiques

issus des activités de la BCVs, a atteint

30 millions de francs. En 2017, chaque

collaborateur de la BCVs a ainsi inscrit à

son actif une création de valeur de

283 000 francs. Proche du résultat moyen

des banques cantonales, ce montant est

nettement supérieur à la moyenne du

secteur bancaire suisse. En 2017, la Banque

Cantonale du Valais a versé 54,2 millions

aux collectivités de droit public:

34,9 millions sous forme de dividendes,

15,3 millions d’impôts ainsi que 4 millions à

titre de rémunération de la garantie de

l’Etat. La BCVs fait partie des plus grandes

entreprises 100% valaisannes.

www.bcvs.ch

65


Le chef cuisinier Pierre Crepaud

présente sa «Promenade

automnale». Il dirige le restaurant

de l’hôtel et spa LeCrans.

PORTRAIT

66


PATRIE

D’ADOPTION

Il est Français mais a passé près

de la moitié de sa vie à Crans-Montana.

Le chef Pierre Crepaud aime le Valais

et lui rend hommage sur l’assiette.

Texte: Monique Ryser Photos: Sedrik Nemeth

67


PORTRAIT

1

Pierre Crepaud ne tient pas en

place. Il salue un hôte sur la

terrasse, s’assied brièvement,

bondit de nouveau pour répondre à un

appel téléphonique et se dirige ensuite

vers le bar à vins du restaurant Le

MontBlanc, où il photographie avec son

smartphone un dessert en compagnie

de son pâtissier, Pierre-Alain Rouchon.

«Aujourd’hui, il est indispensable d’être

présent sur Instagram», explique-t-il. En

quelques clics, il publie l’image de cette

bûche au chocolat surmontée d’un

champignon de glace sous le titre

«Promenade automnale».

Dix-sept points au GaultMillau, une

étoile Michelin décrochée en 2015:

Pierre Crepaud figure parmi les meilleurs

grâce à sa passion pour la cuisine et à sa

capacité à associer son talent et son

savoir-faire pour innover. Depuis 2009,

il dirige la cuisine de l’hôtel et spa cinq

étoiles LeCrans, à Crans-Montana. Situé

à flanc de montagne, sur les hauts de la

station, l’établissement peut être rejoint

à skis. Le calme règne à cette altitude et

la vue s’étend sur les 4000 du Valais, la

vallée du Rhône et le plus haut sommet

d’Europe. Le MontBlanc c’est aussi le

restaurant qui intègre le panorama dans

son concept avec une immense baie

vitrée en demi-cercle. La créativité de

Pierre Crepaud ne se limite cependant

pas à la cuisine. Ainsi, il rédige toujours

un texte explicatif pour placer le

contexte du menu actuel. Les apprêts se

nomment par exemple «Hors des

sentiers battus» ou «Quand l’océan vient

en Valais».

Les fondamentaux de Pierre Crepaud

se situent entre terre et mer. Originaire

de Valence, en France, le cuisinier a

effectué son apprentissage et fourbi ses

premières armes dans le Midi, avant une

étape dans les Alpes françaises. Il a

ensuite posé ses valises à Crans-

1 Pierre

Crepaud avec son

sous-chef, Yannick

Crepaux. 2 Variation raffinée

avec du gibier. 3 Dégustation avec

son ami le vigneron Ismaël Bonvin,

de la cave Le Tambourin, à Corin.

4 Pierre Crepaud avec Serge

Mudry dans la Boucherie

du Rawyl, à Crans-

Montana.

68


Montana. Un changement décisif, car

Pierre Crepaud est aujourd’hui

fermement attaché à la station

valaisanne. «J’y ai rencontré ma femme,

nous avons construit une maison et c’est

là que nos enfants vont à l’école. Je vis

ici depuis vingt ans et je ne pense pas

m’en aller un jour. Le Valais est ma patrie

d’adoption.»

Il y a trouvé des amis qui, comme lui, sont

profondément enracinés dans la région

et célèbrent également le terroir dans

leur métier. C’est grâce au sport, sa

seconde passion, qu’il a connu le

vigneron Ismaël Bonvin, qui dirige la cave

Le Tambourin, à Corin. Ensemble, ils font

des randonnées à skis, partent à l’assaut

des sommets et courent par monts et

par vaux. Pour Pierre Crepaud, la course

à pied entre les services de midi et du

soir s’est imposé comme un rituel

quotidien. «Il est essentiel de cultiver

une activité qui permet de se changer

les idées. Pour moi, c’est le sport. Lors

de mes courses en forêt et dans les

vignes, je ne pense pas à la cuisine, mais

je me laisse inspirer par la nature. Je

découvre souvent une plante ou une

fleur que nous intégrons ensuite dans

nos menus.»

Le vert est sa couleur de prédilection.

Dès qu’il est devenu chef de cuisine, il a

fait réaliser des vestes vertes et il ne

porte que des baskets de la même teinte

quand il est aux fourneaux. Voilà

pourquoi chaque assiette comprend un

ingrédient vert, presque toujours récolté

à proximité du restaurant, qui servira de

savoureuse décoration ou sera travaillé

en jus et en essence. Avec ses réserves

2 3

4

«Je ne pense

pas repartir, je me

sens chez moi

en Valais et à

Crans-Montana»

69


inépuisables en produits authentiques,

le Valais ne cesse d’éveiller le génie

inventif du chef. Il partage cette

approche avec le vigneron Ismaël

Bonvin. «Il ne se satisfait jamais des

réalisations existantes et réagit de

manière très dynamique», explique

Pierre Crepaud en goûtant le vin

nouveau avec son compère. Les

productions régionales revêtent un rôle

essentiel au MontBlanc. «Nous

recommandons systématiquement les

vins valaisans», souligne la sommelière

Sara Chaves-Guimaraes. Avec seize

rouges et autant de blancs, le restaurant

propose l’une des plus vastes sélections

de vins servis au verre à travers tout le

canton. Sous d’autres aspects également,

le chef privilégie les fournisseurs

de Crans-Montana et des alentours.

Il achète la plus grande part de sa viande

à la boucherie du village, tenue par

Serge Mudry, et passe volontiers

personnellement dans le magasin. Pierre

Crepaud est-il un client difficile? Serge

Mudry hésite brièvement. «Seuls les

clients exigeants permettent aux

fournisseurs de s’améliorer encore», ditil

en désignant une entrecôte qui a

maturé un mois sur l’os. Pierre Crepaud

lui tape sur l’épaule et mentionne un

autre avantage des artisans locaux:

«Serge livre toujours. Même le dimanche

et le soir, si besoin.»

La carte du MontBlanc change presque

un jour sur deux. «Nombre de nos

habitués viennent deux à trois fois par

semaine», précise le chef. Pierre

Crepaud ne court pas après les

honneurs. «Je veux simplement défendre

1 Presque

un classique: la

barbe à papa

présentée à la fin du repas.

2 Si Pierre Crepaud ne tient

généralement pas en place, il travaille

en cuisine avec précision et sérénité.

3 Quand Nora et Tom rentrent de l’école,

Pierre Crepaud partage volontiers

leur goûter. 4 Saint-Jacques

avec moelle

et truffe.

PORTRAIT

1

Sa fille Nora aime

pâtisser. Elle ne suit

pas les recettes

de son père, mais

trouve son inspiration

sur YouTube

2

3

70


4

mes 17 points et mon étoile avec sérieux

et innovation. A un haut niveau, la cuisine

représente un défi perpétuel.» Avec son

équipe, il est toujours heureux de

présenter de nouvelles créations. «Nos

hôtes doivent être enthousiasmés et

surpris par nos mets.» Comme boss, il

est «cool», relève le sous-chef Yannick

Crepaux, qui cuisine à ses côtés depuis

quinze ans. «Plus longtemps que nos

mariages respectifs.»

Que feront donc les deux artistes culinaires

avec l’immense courgette qu’un

paysan leur a apportée de bon matin? Une

partie ira assurément dans le menu de

midi, qui dure 55 minutes, se compose de

cinq plats et coûte 55 francs depuis dix

ans. «J’aime réagir aux livraisons surprenantes

de mes fournisseurs», déclare-t-il.

Malgré son esprit inventif et son goût

pour la nouveauté, Pierre Crepaud fait

aussi preuve de constance: ainsi l’œuf bio

cuit en douceur à seulement 63 °C est

qualifié d’«intemporel» sur la carte des

entrées. «Nos clients l’adorent.» Ses

énigmes culinaires connaissent aussi un

vif succès. Les convives sont priés de solliciter

leurs papilles afin de deviner les

ingrédients travaillés dans un plat. L’une

de ses autres réalisations phares demeure

le menu pour enfants qui s’achève

rituellement par de la barbe à papa. «Ma

fille et mon fils m’ont amené à cette idée.

Désormais, nous disposons d’une machine

professionnelle dans la cuisine»,

précise le chef. Si des enfants figurent

parmi les hôtes, ils ont la possibilité de

confectionner eux-mêmes la barbe à

papa. De temps à autre, Tom, 10 ans, et

Nora, 14 ans, cuisinent pour lui. Nora aime

particulièrement faire de la pâtisserie.

Ses recettes proviennent-elles du savoirfaire

de son père? «Non, de vidéos que

je regarde sur YouTube.» Pierre Crepaud

ne sourcille pas. Et poste l’image suivante

sur Instagram.

71


72


SI PROCHE!

Plus près qu’on ne l’imagine: pour une grande partie de la Suisse, il est

possible de rejoindre les montagnes du Valais en un peu plus de trois

heures. Le trajet est particulièrement rapide depuis la Suisse alémanique

en empruntant le tunnel de base du Lötschberg ou en chargeant

sa voiture sur le train. Les passionnés de voyages ferroviaires choisiront

l’ancien tracé pour profiter des paysages spectaculaires.

Ovronnaz

Zurich 3 h 45 3 h 10

Berne 2 h 40 2 h 00

Lucerne 3 h 50 3 h 00

Bâle 3 h 50 3 h 00

Genève 2 h 40 2 h 10

Lausanne 2 h 00 1 h 30

Neuchâtel 2 h 45 2 h 10

Crans-

Montana

Zurich 3 h 10 3 h 15

Berne 2 h 05 2 h 05

Lucerne 3 h 10 3 h 10

Bâle 3 h 10 3 h 05

Genève 2 h 40 2 h 15

Lausanne 1 h 50 1 h 35

Neuchâtel 2 h 40 2 h 20

Loècheles-Bains

Zurich 3 h 05 3 h 30

Berne 2 h 00 2 h 20

Lucerne 3 h 10 3 h 10

Bâle 3 h 10 3 h 20

Genève 3 h 05 2 h 20

Lausanne 2 h 20 1 h 40

Neuchâtel 3 h 05 2 h 25

Riederalp

Champéry

Zurich 3 h 50 2 h 40

Berne 2 h 45 1 h 30

Lucerne 4 h 20 2 h 30

Bâle 3 h 50 2 h 30

Genève 2 h 20 1 h 35

Lausanne 1 h 30 1 h 15

Neuchâtel 2 h 45 1 h 30

Zurich 2 h 50 2 h 40

Berne 1 h 40 2 h 20

Lucerne 2 h 50 2 h 25

Bâle 2 h 50 3 h 20

Genève 3 h 10 2 h 40

Lausanne 2 h 30 2 h 00

Neuchâtel 2 h 50 2 h 45

Infographie Laura Bendixen, Simona Guarino

Verbier

Zurich 3 h 30 3 h 15

Berne 2 h 30 2 h 05

Lucerne 4 h 05 3 h 10

Bâle 3 h 35 3 h 05

Genève 2 h 30 2 h 15

Lausanne 1 h 45 1 h 35

Neuchâtel 2 h 25 2 h 20

Zermatt

Zurich 3 h 10 3 h 45

Berne 2 h 05 2 h 30

Lucerne 3 h 10 3 h 15

Bâle 3 h 15 3 h 30

Genève 3 h 40 2 h 55

Lausanne 2 h 50 2 h 15

Neuchâtel 3 h 10 3 h 00

Saas-Fee

Zurich 2 h 50 3 h 45

Berne 1 h 50 2 h 30

Lucerne 3 h 05 3 h 15

Bâle 3 h 05 3 h 30

Genève 3 h 30 2 h 55

Lausanne 2 h 45 2 h 15

Neuchâtel 3 h 05 3 h 00

73


OFFRES

OFFRES

HIVERNALES

Photo David Carlier, Valais/Wallis Promotion

L’hiver en Valais est indissociable

des sports d’hiver et des plaisirs de la table.

Faites-en l’expérience en choisissant

l’une ou l’autre de nos propositions.

74


75

Le glacier du Trient, dans les Alpes

valaisannes. Le canton possède les plus

hauts domaines skiables de Suisse.


SKI SAFARI –

UNE LIBERTÉ TOTALE

valais.ch/skisafari

OFFRES

Photos Pascal Gertschen / Valais Promotion, Frederic Huber / Valais/Wallis Promotion

Pour la première fois, vous pouvez

réserver cet hiver le forfait Ski Safari

en Valais. Vous séjournerez au centre

des stations et bénéficierez d’un libre

accès à toutes les pistes du Valais

avec l’abonnement Snowpass

Flexdays 4/6. Cette offre vous

permet de skier chaque jour sur un

nouveau domaine et d’établir votre

programme en fonction de vos

envies, des conditions d’enneigement

et des dernières prévisions météo.

valais.ch/skisafari

Forfait Ski Safari

Hôtel et abonnement de ski

Le forfait Ski Safari Valais comprend cinq

nuitées avec le petit-déjeuner dans un

hôtel 3 ou 4 étoiles de situation centrale

ainsi que l’abonnement Snowpass

Flexdays 4/6, qui vous donne la possibilité

de choisir quatre jours sur six à votre

guise afin de découvrir à chaque fois un

nouveau domaine skiable.

Offre: 5 nuitées dans un hôtel 3 ou

4 étoiles, y compris le petit-déjeuner et

l’abonnement Snowpass Flexdays pour

4 journées de ski.

Validité: du 22 décembre 2018 au

21 avril 2019.

Prix: dès 1285 francs pour deux personnes.

Vos avantages:

• Le choix parmi un grand nombre de

domaines skiables.

• Des destinations de sports d’hiver de

renommée internationale et des stations

au caractère villageois préservé.

• Des conditions d’enneigement garanties

grâce à des altitudes allant de

1500 à 3883 mètres.

• Des descentes légendaires qui

peuvent s’étendre sur 25 kilomètres.

• L’eldorado des freeriders avec de

nombreux parcours sécurisés.

• Deux heures de trajet au maximum

entre les diverses stations.

Informations pratiques et réservation

Réservez en ligne sur le site valais.ch/skisafari.

Vous y trouverez le plan des pistes

ainsi que des webcams et les dernières

prévisions météo. Le site contient aussi

de nombreuses informations pratiques

sur nos offres.

76


Ski Safari à travers le Valais

Un vaste choix

Les domaines skiables qui participent au

Ski Safari sont indiqués sur cette carte.

Chacun y trouvera son bonheur, quel que

soit son sport de prédilection. La sélection

couvre tout le canton et inclut de

nombreuses stations renommées.

77


SPORTS D’HIVER &

PLAISIRS DE LA TABLE

valais.ch/terroir

Photos Christian Hofmann, Pascal Gertschen, Foto Walter

OFFRES

Les sports d’hiver ouvrent l’appétit.

Après une matinée riche en efforts

physiques, vous avez amplement

mérité une pause gourmande. Une

excellente raison pour associer

d’emblée activité sportive et gastronomie.

Le Valais est la patrie de

célèbres produits régionaux, à l’instar

de la raclette valaisanne AOP,

du pain de seigle AOP et de la

viande séchée IGP, sans oublier de

grands vins. Ces offres ludiques

allient de manière inédite les sports

d’hiver et les plaisirs de la table.

valais.ch/terroir

1 Lorsque

le soleil se lève,

les sportifs matinaux

ont déjà atteint leur objectif

au-dessus de Morgins. 2 A Grimentz

et à Saint-Luc, vous pouvez apprendre

à confectionner un authentique pain

de seigle valaisan. 3 Tous les vendredis,

les remontées mécaniques de Visperterminen

proposent une

course spéciale le soir –

1

fondue comprise.

Sion & Wine Tour

Accordez-vous un moment de détente

hors des pistes et mettez le cap sur le

chef-lieu valaisan avec ses édifices historiques

qui témoignent d’une riche tradition

artistique et culturelle. Dans cet

impressionnant décor, vous découvrirez

la diversité des vins valaisans au fil de

dégustations organisées dans des lieux

exceptionnels qui vous feront traverser

7000 ans d’histoire. Après le repas de

midi dans un restaurant de la vieille ville,

vous admirerez le plus ancien orgue du

monde encore jouable dans l’église de

Valère. A moins que vous ne préfériez

une randonnée le long du bisse de Clavau,

qui offre une vue exceptionnelle sur

la vallée du Rhône.

Validité: jusqu’en avril 2019 (réservation

préalable indispensable).

Prix: 89 francs par personne, 10%

de réduction lors de la réservation

de l’offre combinée RailAway.

Réservations: Sion Tourisme,

tél. 027 327 77 27, www.siontourisme.ch

2

Excursions gourmandes,

Oberwald

La vallée de Conches est renommée pour

ses pistes de ski de fond, qui s’étendent

presque à l’infini. Dans chaque village,

vous trouverez des restaurants qui proposent

de délicieuses spécialités culinaires.

Pourquoi donc ne pas associer les

deux? Trois plats et 20 kilomètres à skis:

tel est le défi posé aux sportifs et aux

gourmets. Le dernier départ est donné à

11 heures à Oberwald. Divers établissements

vous attendent au début du parcours

pour vous proposer de déguster

d’appétissantes entrées. Encore un petit

effort et quelques coups de bâton avant

de savourer le plat principal dans un autre

restaurant. Le dessert couronnera une

nouvelle étape à travers un superbe paysage

enneigé. Vous referez ainsi le plein

d’énergie – tout en humant un grand bol

d’air frais.

Validité: de mi-décembre 2018 à mimars

2019.

Prix: dès 70 francs par personne.

Réservations: Obergoms Tourismus AG,

tél. 027 974 68 68 , www.obergoms.ch

Rando à skis avant le petit-déjeuner,

Morgins

Une aventure hors du commun au point

du jour. Vous gravirez 500 mètres

d’altitude dès l’aube avant de reprendre

des forces avec un solide petit-déjeuner.

Cette proposition pourrait bien mettre

de bonne humeur même les grincheux

au petit matin! En premier lieu, vous

suivrez pendant une heure et demie

environ le sentier spécialement balisé

pour cette randonnée. Arrivé au sommet,

78


3

vous sentirez les premiers rayons du

soleil sur votre visage. Et la descente

dans la vallée ne sera pas la seule

récompense de vos efforts. A mi-chemin,

un petit-déjeuner avec des produits

locaux attend les skieurs. Ensuite, les

fans de glisse pourront encore découvrir

quatre des six parcours du Rando-Parc

de Morgins ou enchaîner avec une

journée sur les pistes.

Validité: les mercredis pendant

la saison hivernale.

Prix: 50 francs par personne (guide de

montagne et petit-déjeuner compris).

Réservations: Morgins Tourisme,

tél. 024 477 23 61, www.morgins.ch

Soirée fondue et luge,

Visperterminen

Une fondue et un moment de convivialité

dans un restaurant de montagne

avant une descente en luge sous les

étoiles: comment imaginer plus belle soirée

d’hiver? Tous les vendredis, les remontées

mécaniques de Visperterminen

proposent une course spéciale de

nuit pour rejoindre la station intermédiaire

de Giw, à près de 2000 mètres

d’altitude. Ici, l’auberge du même nom

vous invite à partager un repas entre

amis dans une atmosphère chaleureuse.

Après une bonne fondue, un autre

plaisir vous attend: une descente en luge

longue de 7 kilomètres pour retrouver la

vallée.

Validité: les vendredis à 19 h 15 à la

station de départ pour Giw pendant

l’ouverture hivernale des installations.

Prix: 31 francs par personne (pour le

trajet en remontée mécanique et la

fondue).

Réservations: Heidadorf

Visperterminen, tél. 027 946 32 46,

www.heidadorf.ch

La main à la pâte,

Grimentz et Saint-Luc

Chaque semaine, vous pouvez confectionner

un pain de seigle dans les règles

de l’art et le cuire dans le four banal historique

– cette activité figure dans le programme

proposé aux hôtes de Grimentz

et de Saint-Luc. Le seigle est cultivé dans

les Alpes valaisannes depuis des temps

immémoriaux. Avec son relief accidenté

et ses températures extrêmes, le Valais

offre des conditions idéales pour sa

culture. Autrefois, les villageois confectionnaient

des pains de seigle et les

conservaient pendant plusieurs mois. Le

four communal était en service deux à

trois fois par an afin de permettre aux

habitants de cuire leurs réserves de

pain. Aujourd’hui, l’activité proposée à

Grimentz et à Saint-Luc perpétue cette

ancienne tradition.

79

Validité: du 20 décembre 2018

au 19 avril 2019.

Grimentz: tous les jeudis à 17 h.

Saint-Luc: tous les vendredis à 17 h.

Prix: 15 francs pour les adultes,

12 francs pour les enfants.

Réservations: Val d’Anniviers Tourisme,

www.valdanniviers.ch,

tél. 027 476 17 00 (Grimentz),

027 476 17 10 (Saint-Luc).

La fabrication du fromage à raclette,

Tourtemagne

Les fromagers de Tourtemagne

accueillent volontiers les hôtes pour

jeter un coup d’œil sur leurs installations

et se faire une idée de la manière dont

ils travaillent jour après jour le lait de

montagne afin de confectionner

l’authentique fromage à Raclette AOP.

Les visiteurs pourront suivre les

différentes étapes de l’élaboration du

fromage au premier étage de la laiterie

modèle, qui produit chaque année

320 tonnes de raclette Valais 65.

Validité: du lundi au samedi,

de 8 h à 11 h.

Prix: gratuit, payant uniquement

pour les groupes.

Réservations pour les groupes:

laiterie modèle de Tourtemagne,

tél. 027 932 23 10,

www.augstbordkaeserei.ch


APPRENDRE AVEC DES PROS –

AVENTURES ACCOMPAGNÉES

valais.ch

Photos Lorenz Richard / Suisse Tourisme, Valais/Wallis Promotion

OFFRES

Envie de découvrir une nouvelle

activité? Pour ces offres de sports

d’hiver, vous serez accompagné et

guidé par des professionnels. Que

vous souhaitiez apprendre à skier,

réaliser vos premiers sauts dans

le halfpipe, vous élancer pour

une randonnée à skis au cœur

d’une nature intacte ou glisser

sur la poudreuse, le Valais est le

paradis des sports d’hiver. Quelque

2000 kilomètres de pistes, des

espaces sécurisés pour la pratique

du freeride, des snowparks

et désormais des itinéraires de ski

de randonnée vous attendent.

2

Apprendre à skier en 3 jours,

divers lieux

Avec cette offre des écoles suisses de

ski, vous bénéficiez d’un cours privé de

quatre heures par jour pendant trois

journées consécutives. Après ces douze

heures d’apprentissage, vous devriez

pouvoir descendre une piste bleue en

maintenant vos skis parallèles. Si tel n’est

pas le cas, les écoles suisses de ski

s’engagent à vous donner un cours

supplémentaire gratuit. Cette offre

s’adresse aux débutants adultes et aux

personnes qui désirent reprendre le ski

après plusieurs années d’inactivité. Elle

peut être réservée dans les écoles

suisses de ski des destinations

valaisannes suivantes: Anzère, Crans-

Montana, Fiesch, Grimentz-Zinal, La

Tzoumaz, Loèche-les-Bains, Nendaz,

Saas, Saas-Fee, Verbier et Zermatt.

Offre: 4 heures de cours privé de ski

pendant trois jours consécutifs.

Validité: saison d’hiver 2018-2019.

Prix: tarif de l’école suisse

de ski locale.

Réservations: www.swiss-ski-school.ch

Freeride avec Richard Amacker,

Veysonnaz

Prêt pour une bonne dose d’adrénaline?

Le freerider professionnel Richard

Amacker vous emmène sur les

fascinantes descentes hors piste des

4 Vallées, l’un des plus grands domaines

skiables de Suisse. Pour sélectionner les

plus belles pentes poudreuses, il est

préférable de faire appel à un expert.

Pour cette aventure, Richard Amacker

vous garantit de trouver de la neige

parfaite. Sa longue expérience hors des

sentiers battus vous promet une journée

de sensations fortes – sans négliger pour

autant la sécurité.

Validité: journée entière,

les 22 et 31 décembre 2018

ainsi que le 7 janvier 2019.

Prix: 99 francs par personne (matériel,

repas de midi et abonnement de ski

non compris), quatre participants au

minimum.

Réservations: Veysonnaz Tourisme,

tél. 027 207 10 53, www.veysonnaz.ch

Entraînement de freestyle avec un

pro, Ovronnaz

Des rotations dans les airs, des atterrissages

en arrière, d’élégantes glissades sur les

rampes et les obstacles: Flo Bruchez,

spécialiste du freestyle, apprend aux

futurs champions à réaliser de telles

prouesses. Son talent et son savoir-faire

lui ont permis de remporter de nombreuses

compétitions. Aujourd’hui, il souhaite

transmettre ses connaissances à la

nouvelle génération. Comment réussir un

tour de plus en sautant sur le kicker et

comment glisser correctement sur un rail?

80


1

1 Quatre

heures de cours

privé pendant trois

jours: cette offre des écoles

suisses de ski vise les adultes

débutants, avec une garantie de

réussite. 2 A Veysonnaz, le freerider Richard

Amacker vous accompagne pendant

une journée. A Ovronnaz,

Flo Bruchez enseigne

le freestyle aux

jeunes.

Dans le snowpark d’Ovronnaz, les jeunes

de 10 à 18 ans profiteront de l’expérience

de Flo Bruchez et maîtriseront rapidement

de nouvelles figures.

Validité: dates disponibles sur

www.ovronnaz.ch

Prix: l’accompagnement est gratuit,

l’abonnement de ski et le repas sont

à la charge des participants.

Réservations: Ovronnaz Tourisme,

tél. 027 306 42 93, www.ovronnaz.ch

Initiation au ski de randonnée,

val d’Hérens

Lors d’une randonnée à skis, vous plongez

dans un monde préservé et découvrez

une nature endormie dans un profond

sommeil hivernal. A proximité de Sion, le

val d’Hérens, aux paysages magiques,

offre d’innombrables possibilités.

Un guide de montagne local vous

enseignera les bases et vous apprendra

à utiliser les instruments de sécurité

indispensables. Après cette aventure,

vous serez en mesure de planifier une

excursion en montagne et saurez

comment utiliser une pelle à avalanche.

Les plaisirs hivernaux s’enrichissent d’une

nouvelle dimension.

Validité: du 20 décembre 2018

au 20 avril 2019.

Prix: 65 francs par personne.

Réservations: Val d’Hérens Tourisme,

tél. 027 281 28 15 , www.valdherens.ch

81


Culture, sport & traditions

Il se passe toujours quelque chose en Valais.

Voici un aperçu des divers événements et manifestations.

www.valais.ch/event

AGENDA

Novembre

Epicuria – Le salon des gourmets

Du 23 au 27 novembre 2018, Martigny.

Dégustations, découvertes, cours.

www.salonepicuria.ch

Grand Prix Joseph Favre

Le 25 novembre 2018, Martigny. Concours

de cuisine de haut niveau.

www.gpjosephfavre.ch

Polaris Festival

Du 29 novembre au 2 décembre 2018,

Verbier. Festival de musique électronique.

www.polarisfestival.ch

Décembre

Course Titzé de Noël

Le 8 décembre 2018, Sion. La plus ancienne

corrida en ville et le Trail des Châteaux.

www.coursedenoel.ch

Janvier

Belalp Hexe

Du 12 au 19 janvier 2019, Belalp.

Nouveau, avec descente culinaire!

www.belalphexe.ch

Plus de 100 athlètes de haut niveau dans

le dôme de glace.

www.iceandsound.com

Février

Internationaler Gommerlauf

Les 23 et 24 février 2019, Obergoms. Ski de

fond: marathon et semi-marathon, écoles,

mini et spécial olympique.

www.gommerlauf.ch

Audi FIS Coupe

du monde Dames de ski alpin

Les 23 et 24 février 2019, Crans- Montana.

Descente et combiné.

www.skicm-cransmontana.ch

Mars

Nendaz Freeride

Du 8 au 20 mars 2019, Nendaz. Elite,

juniors et amateurs dans la poudreuse.

www.nendazfreeride.ch

Audi FIS SX & SBX

World Cup Finals

Du 15 au 17 mars 2019, Sion-Veysonnaz.

Ski Cross & Snowboard Cross.

www.worldcupveysonnaz.com

Patrouille des Aiguilles Rouges

Le 24 mars 2019, Arolla–Evolène.

Par équipes de deux d’Arolla à Evolène.

www.aiguilles-rouges.ch

Avril

Course de l’Allalin

Les 5 et 6 avril 2019, Saas-Fee.

Neuf kilomètres, 1800 m de dénivelé.

www.allalin-rennen.ch

Zermatt Unplugged

Du 9 au 13 avril 2019, Zermatt.

Rock stars sous le Cervin.

www.zermatt-unplugged.ch

Caprices Festival

Du 11 au 14 avril 2019, Crans-Montana.

Electro, house et techno.

www.caprices.ch

Mai

Finale nationale de la race d’Hérens

Les 4 et 5 mai 2019, Sion.

Finale du combat des reines.

www.finalenationale.ch

Famigros Ski Day à Morgins

Le 13 janvier 2019, Morgins. Une journée

en famille sur les pistes avec des courses

amusantes.

www.famigros-ski-day.ch

FIS World Snow Day

Le 20 janvier 2019, Aletsch Arena.

Campagne mondiale: les enfants

aux sports de neige!

www.aletscharena.ch/fr

Ice Climbing World Cup

Les 25 et 26 janvier 2019, Saas-Fee.

Glacier Bike Downhill

Le 16 mars 2019, Saas-Fee. Descente

en VTT sur le glacier.

www.saas-fee.ch

Rock the Pistes Festival

Du 17 au 23 mars 2019, Portes du Soleil.

Concerts sur les pistes et dans le village.

www.rockthepistes.com

Xtreme Verbier

Du 23 au 31 mars 2019, Verbier.

Finale du Freeride World Tour.

www.freerideworldtour.com

expositions

Fondation Gianadda, Martigny

Jusqu’au 13 janvier 2019:

«Soulages – Une rétrospective».

Du 8 février au 16 juin: «Degas, Cézanne,

Monet, Renoir, Gauguin, Matisse…»

www.gianadda.ch

Le Pénitencier, Sion

Jusqu’au 6 janvier 2019: «RISK, les risques

de l’environnement alpin».

Jusqu’au 3 mars 2019: «Mémoire de glace».

www.musees-valais.ch

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