09.11.2018 Vues

GSHC Mag #19

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<strong>#19</strong><br />

<strong>GSHC</strong><br />

mag<br />

CHF 8.-<br />

19<br />

WILL ET KAY<br />

Du sang neuf au <strong>GSHC</strong><br />

LE CAPITAINE<br />

Son rôle vu par...<br />

CHRISTOPHE BAYS<br />

Retour sur la glace<br />

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Je ne vois que ça !<br />

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IMPRESSUM<br />

ÉDITORIAL<br />

N° 19 – Septembre 2016<br />

ÉDITEURS<br />

Genève-Servette Hockey Club<br />

Chemin de la Gravière 6<br />

CH-1227 Les Acacias / Genève<br />

Tél. +41 22 338 30 00<br />

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RESPONSABLE<br />

DE LA PUBLICATION<br />

Patrick Favre (PIM Sportsguide SA)<br />

ABONNEMENTS<br />

CHF 30 (TVA et frais de port inclus)<br />

pour 4 numéros<br />

Tél. +41 22 338 30 00<br />

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DIFFUSION<br />

Suisse: Naville (Genève & Vaud)<br />

et shops du <strong>GSHC</strong><br />

France: Alliance Rhône Alpes<br />

(Ain et Haute Savoie)<br />

RÉDACTION<br />

Pascal Aeberhard (<strong>GSHC</strong>)<br />

PHOTOGRAPHIE<br />

Eric Lafargue – www.LPS.ch<br />

ONT PARTICIPÉ A CE NUMÉRO<br />

Rédacteurs: Patrick Andrey,<br />

Jean-Antoine Calcio,<br />

Guillaume Claude,<br />

Ludwig Lemmenmeier,<br />

Nicolas Puchat, Philippe Roch,<br />

Jérôme Rumak.<br />

Photographes: Claire Binder,<br />

Mauricette Schnider,<br />

swiss-image.ch/Andy Mettler,<br />

Augusto Tomassetti.<br />

CONCEPTION GRAPHIQUE<br />

& RÉALISATION<br />

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IMPRESSION<br />

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LE DÉBUT<br />

D’UNE NOUVELLE ÈRE<br />

Chers supporters, Chers abonnés,<br />

Avant le début de la présente saison, nous avons tourné plusieurs pages dans<br />

le livre d’histoire du Genève-Servette Hockey Club. C’est désormais le début<br />

d’une nouvelle ère. Nous accueillons un nouveau capitaine en la personne<br />

de Jim Slater, de nouveaux administrateurs avec Mike Gillis et Peter Gall,<br />

ainsi qu’une aide précieuse pour moi-même grâce à Lorne Henning. Et il y a<br />

également quelques nouveaux visages dans le vestiaire, de jeunes joueurs<br />

aux dents longues qui n’attendent que l’opportunité de gagner leurs galons<br />

de titulaires en National League A. Dans les pages qui suivent, nous vous<br />

proposons de découvrir tout ce beau monde et d’apprendre à les connaître.<br />

Nous consacrons également un article conséquent à Christophe Bays. Notre<br />

gardien remplaçant revient après plus d’un an de galère. Nous lui avons<br />

accordé notre confiance durant sa convalescence, et nous savons que nous<br />

pourrons compter sur lui en cas de blessure de Robert Mayer, ou simplement<br />

pour prendre le relais si nécéssaire, car nous ne souhaitons évidemment pas<br />

le moindre «pépin» à notre portier numéro un.<br />

D’un point de vue personnel, je pense que l’équipe que nous avons mise en<br />

place cette saison est meilleure que celle de la saison passée. Les jeunes<br />

qui étaient déjà avec nous ont pris de l’expérience, tandis que nos nouvelles<br />

recrues, issues de l’Association Genève Futur Hockey ou de l’extérieur, sont<br />

déjà prêtes à prendre leurs responsabilités en National League A. C’est là un<br />

signe positif pour l’avenir de notre Club.<br />

Vous pouvez dire que je répète chaque saison la même chose, mais je pense<br />

sincèrement que notre formation est plus performante. Nos étrangers, que<br />

nous prendrons le temps de vous présenter dans de futures publications du<br />

<strong>GSHC</strong>, sont un cran au-dessus de ceux qu’ils ont remplacés. Et notre attaque<br />

est très bien fournie pour mettre une pression constante sur l’adversaire dans<br />

sa zone.<br />

Je n’ai plus qu’à vous souhaiter une bonne lecture de ce <strong>GSHC</strong> <strong>Mag</strong> «new<br />

look» qui, comme le Club, vit le début d’une nouvelle ère. Une excellente<br />

saison à tous en espérant vous retrouver nombreux aux Vernets à chaque<br />

match jusqu’à mi-avril !<br />

CHRIS McSORLEY<br />

Entraîneur<br />

ISSN 2235-5200<br />

Tous droits réservés.<br />

Reproduction, même partielle, interdite sans<br />

l'autorisation des éditeurs.


SOMMAIRE<br />

GHSC <strong>Mag</strong> N° 19 - Septembre 2016<br />

LE <strong>GSHC</strong> MAG N°19<br />

EN UN COUP D’ŒIL<br />

04<br />

14<br />

18<br />

LE CAPITAINE<br />

Sa fonction sous la loupe<br />

DES CHANGEMENTS<br />

AU <strong>GSHC</strong><br />

Trois personnalités canadiennes<br />

KAY SCHWERI<br />

ET WILL PETSCHENIG<br />

Deux talents ambitieux<br />

38<br />

42<br />

44<br />

PHOTO OFFICIELLE<br />

Le making-of<br />

ÉVÉNEMENT<br />

Le Geneva Lake Festival<br />

MORRIS TRACHSLER<br />

Le Lion n’a pas oublié<br />

les Aigles<br />

26<br />

34<br />

CHRISTOPHE BAYS<br />

Enfin de retour !<br />

NICOLAS LEONELLI<br />

Devenir titulaire...<br />

48<br />

49<br />

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Carte blanche<br />

LES PARTENAIRES<br />

du <strong>GSHC</strong><br />

3


4


LA FONCTION DE CAPITAINE SOUS LA LOUPE<br />

Jim Slater succède à Goran Bezina<br />

JIM SLATER<br />

VEUT ÊTRE UN LEADER PAR L’EXEMPLE !<br />

Le choix du nouveau capitaine du Genève-Servette HC s’est<br />

porté sur l’Américain Jim Slater. Pas très surprenant vu le<br />

virage important que doit prendre le club après le départ de<br />

Goran Bezina, qui a tenu ce rôle pendant dix ans (2006-2016).<br />

Cette nomination est aussi l’occasion d’évoquer le rôle d’un<br />

capitaine dans une équipe, à travers l’avis de différents<br />

intervenants du hockey suisse.<br />

La nouvelle a été annoncée par l’entraîneur lui-même, le jeudi 1 er septembre,<br />

lors de la cérémonie d’ouverture organisée par le club aux Vernets: Jim Slater<br />

est le nouveau capitaine du navire de Chris McSorley. A 33 ans, et fort de<br />

près de 600 matchs de NHL avec Atlanta (2005-2011) et Winnipeg (2011-2015),<br />

l’Américain a les épaules assez larges pour supporter la pression que peut<br />

engendrer ce changement de capitanat. D’autres joueurs comme Kevin Romy<br />

ou Daniel Vukovic auraient aussi pu être désignés. Ils seront les assistantscapitaines<br />

pour cette saison 2016-2017.<br />

Auteur de 33 points – 18 buts et 15 assists – en 42 matches la saison dernière,<br />

Slater a aussi dû soigner une vilaine commotion subie début janvier, et il se<br />

remet par ailleurs d’une opération au pied. Véritable joueur d’impact, Jim Slater<br />

possède encore une année de contrat<br />

au bord du Léman et connaît le rôle<br />

de capitaine pour l’avoir endossé<br />

fréquemment durant sa carrière. Il l’a<br />

notamment été avec la formation de<br />

Michigan State University (NCAA),<br />

durant la saison 2004-2005, où il<br />

évoluait notamment aux côtés de…<br />

Daniel Vukovic.<br />

Le nouveau capitaine grenat devant les<br />

Vernets en compagnie de son épouse<br />

Andrea et de leur petite fille Wyn.<br />

Jim Slater, quand avez-vous su que<br />

vous seriez le nouveau capitaine du<br />

<strong>GSHC</strong> ?<br />

Jim Slater: On l’a évoqué à la fin de<br />

la saison dernière. Quand j’ai décidé<br />

de rester à Genève, on a avancé<br />

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LA FONCTION DE CAPITAINE SOUS LA LOUPE<br />

Jim Slater succède à Goran Bezina<br />

dans les discussions avant que Chris<br />

n’officialise les choses. J’ai souvent<br />

eu le «C» sur mon maillot depuis<br />

le début de ma carrière, j’ai aussi<br />

fréquemment été assistant-capitaine.<br />

Je veux être un leader par l’exemple<br />

et je connais les responsabilités<br />

que je dois assumer envers le club<br />

et le groupe, sur la glace et hors de<br />

celle-ci…<br />

Blessé à un pied, vous avez suivi la<br />

préparation de loin, puisque vous<br />

n’êtes arrivé qu’à la fin août aux<br />

Vernets.<br />

J’ai suivi la préparation à distance,<br />

effectivement. C’est d’ailleurs très<br />

facile via les réseaux sociaux. J’étais<br />

également en contact quotidien avec<br />

certains joueurs. Même s’il y a de<br />

nouvelles têtes, je connais la plupart<br />

de mes coéquipiers, donc il n’y a<br />

aucune surprise.<br />

Être capitaine en Amérique du Nord<br />

ou en Europe, dans une structure<br />

moins imposante, avec moins de<br />

joueurs, est-ce différent ?<br />

C’est encore tout nouveau pour moi à<br />

Genève, mais le hockey est le même,<br />

mon métier aussi. Les composants<br />

sont identiques, il n’y aura donc pas<br />

de grandes différences. Je respecte<br />

beaucoup Goran Bezina, comme le<br />

public d’ailleurs, pour tout ce qu’il<br />

a apporté au club. C’est une bonne<br />

personne dans un vestiaire, et mon<br />

objectif est de continuer dans ce<br />

sens, même si forcément, nous<br />

n’avons pas la même personnalité.<br />

Quel type de capitaine souhaitezvous<br />

être ?<br />

Je suis quelqu’un de calme dans le<br />

vestiaire, mais il y a des moments où<br />

certaines choses doivent être dites,<br />

et elles le seront. Je souhaite montrer<br />

l’exemple, pour avoir le respect de<br />

mes coéquipiers. S’ils voient que je<br />

suis à 100%, tout le monde suivra.<br />

Apprendre le français fait-il partie des<br />

obligations que vous vous êtes fixées<br />

en acceptant ce nouveau rôle ?<br />

Je sais me faire comprendre, et<br />

la plupart des joueurs parlent ou<br />

comprennent l’anglais, mais c’est vrai<br />

que c’était là une de mes inquiétudes<br />

concernant la responsabilité du<br />

capitanat. J’en ai d’ailleurs parlé<br />

durant l’été à Chris McSorley.<br />

Jim Slater est-il capable d’être<br />

capitaine ? Ça ne fait aucun doute.<br />

Mais aura-t-il la même crédibilité que<br />

s’était forgée son prédécesseur ?<br />

Goran Bezina était, sans doute, le<br />

seul capitaine du pays pouvant faire<br />

sortir son coach du vestiaire – Chris<br />

McSorley donc ! – pour s’expliquer<br />

entre joueurs. Ou décider par exemple<br />

que l’équipe parte pendant trois jours<br />

se ressourcer à la montagne, sans<br />

les coaches, juste avant la finale des<br />

Playouts, comme cela avait été fait<br />

en mars 2012.<br />

10 septembre 2016, le premier match de Jim Slater<br />

aux Vernets avec un maillot orné du «C».<br />

7


LA FONCTION DE CAPITAINE SOUS LA LOUPE<br />

Jim Slater succède à Goran Bezina<br />

«Capitaine<br />

Slater» vu par<br />

McSorley, Matte<br />

et Loeffel<br />

MCSORLEY: «SLATER A UNE<br />

AURA BOZONESQUE !»<br />

«C’était une décision difficile à<br />

prendre, parce que j’ai d’autres<br />

joueurs comme Kevin Romy ou Daniel<br />

Vukovic qui pouvaient aussi très bien<br />

remplir ce rôle. Ils seront donc les<br />

assistants de Jim Slater. J’ai pris en<br />

compte l’expérience que possède<br />

Jim, son passé en NHL et dans le rôle<br />

de capitaine en Amérique du Nord.<br />

En arrivant la saison dernière, il s’est<br />

très vite acclimaté et j’ai senti qu’à<br />

son contact, le groupe avait élevé son<br />

niveau. Il a une aura «bozonesque».<br />

C’est un athlète très sérieux, difficile<br />

à jouer.» Chris McSorley marque<br />

une pause et enchaîne presque<br />

immédiatement sur Goran Bezina:<br />

«Je dois encore une fois remercier<br />

chaleureusement Goran. Il a<br />

pleinement participé à l’évolution<br />

du club, et il a marqué l’histoire du<br />

<strong>GSHC</strong> pour toujours. Si, aujourd’hui,<br />

des Mercier, Antonietti ou Loeffel ont<br />

franchi un palier, c’est aussi grâce<br />

à lui. Mais pour Bezina, comme<br />

pour Slater aujourd’hui, ce sont des<br />

décisions où les sentiments n’ont<br />

pas de place. Dans ce métier, on<br />

n’a pas besoin d’amis. Quand<br />

j’ouvre mon bureau le matin, seul<br />

le business compte. Chacun est<br />

là pour remplir un rôle.»<br />

LOUIS MATTE: «LE <strong>GSHC</strong><br />

N’A PAS LE DROIT DE SE<br />

TROMPER»<br />

«C’est un cap important à franchir,<br />

et on ne doit pas se louper ! Dans un<br />

vestiaire, il y a forcément plusieurs<br />

personnalités. Certains sont leaders<br />

par l’exemple, d’autres davantage<br />

par le jeu. Il nous fallait quelqu’un<br />

capable de nous accompagner<br />

dans les messages à faire passer,<br />

quelqu’un qui a l’expérience de ce<br />

rôle spécifique dans une équipe. C’est<br />

pour cela que notre choix s’est porté<br />

sur Slater. Il a presque eu ce rôle,<br />

ou celui d’assistant-capitaine,<br />

dans toutes les équipes pour<br />

lesquelles il a joué. On sait que<br />

Jim est un étranger et qu’il<br />

n’a pas toute sa carrière<br />

devant lui, mais il aura<br />

aussi comme mandat<br />

de former le futur<br />

capitaine.»<br />

“<br />

Certains sont leaders par<br />

„<br />

l’exemple, d’autres par le jeu<br />

Louis Matte<br />

ROMAIN LOEFFEL: «UN<br />

CHANGEMENT QUI N’EST PAS<br />

ANODIN»<br />

«Nous aurons besoin d’un peu<br />

de temps pour nous habituer à<br />

un nouveau capitaine, mais Jim<br />

est vraiment un leader au sein de<br />

l’équipe, et il va tout faire pour nous<br />

porter le plus loin possible. A nous<br />

d’être au max aussi ! L’ère de Goran<br />

Bezina est terminée, et il va falloir<br />

faire avec. Dès qu’il est arrivé, Slater<br />

a démontré qu’il voulait être un<br />

élément important du groupe, sur la<br />

glace et hors de celle-ci. Du coup,<br />

ce n’est pas une surprise qu’il ait<br />

été désigné capitaine, même si on<br />

aurait aussi pu imaginer dans ce rôle<br />

Romain Loeffel fait totale<br />

confiance à Jim Slater pour être<br />

un bon capitaine du <strong>GSHC</strong>.<br />

8


un joueur présent au club depuis<br />

plus longtemps. Ce sont des choix<br />

d’entraîneurs, mais je suis persuadé<br />

qu’il sera un bon capitaine pour<br />

l’équipe.»<br />

L’œil du coach<br />

sur la fonction<br />

de capitaine<br />

dans son équipe<br />

GARY SHEEHAN, ENTRAINEUR<br />

DU HC AJOIE, CHAMPION<br />

SUISSE DE NLB<br />

«La force d’une équipe, c’est son<br />

vestiaire. Il doit être sain. Si un<br />

problème survient, il est impératif<br />

de le gérer, de le régler au plus vite.<br />

Mon capitaine a un peu le rôle d’un<br />

assistant, il fait le lien entre le staff<br />

et l’équipe, me remonte les aspects<br />

positifs et négatifs. J’ai plusieurs<br />

critères pour désigner mon capitaine,<br />

comme son éthique de travail et<br />

sa capacité à tirer les autres vers<br />

le haut. Ce n’est pas forcément le<br />

meilleur joueur de l’équipe, mais un<br />

élément au service du groupe, un<br />

exemple sur la glace, qui est aussi<br />

bon en match qu’à l’entraînement.<br />

Un communicateur aussi, qui va<br />

facilement vers les autres et qui<br />

possède un langage du corps positif.<br />

Je n’ai pas besoin d’un capitaine qui<br />

ressasse une défaite durant plusieurs<br />

jours. Il faut mettre le doigt sur ce<br />

qui n’a pas fonctionné et aller<br />

de l’avant. Durant ma carrière,<br />

j’ai un peu tout essayé pour<br />

choisir mon capitaine, y<br />

compris de demander à<br />

l’équipe de voter, mais les<br />

risques de créer des clans<br />

et de mettre une mauvaise<br />

ambiance sont trop importants.<br />

Maintenant, c’est moi qui choisis !»<br />

Goran Bezina, un capitaine qui a<br />

marqué l’histoire du <strong>GSHC</strong>.<br />

9


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LA FONCTION DE CAPITAINE SOUS LA LOUPE<br />

Jim Slater succède à Goran Bezina<br />

Être capitaine, qu’est-ce que cela<br />

implique ?<br />

JOHN GOBBI, CAPITAINE DU LAUSANNE HC POUR LA 3 e ANNÉE<br />

CONSÉCUTIVE<br />

«Il est certain que c’est un rôle important dans une équipe. Le capitaine doit<br />

donner l’exemple, se montrer professionnel, toujours être 100% présent, même<br />

en cas de fatigue ou de mauvaise période… Mais le capitaine n’est pas le seul<br />

à prendre des décisions dans un vestiaire, c’est souvent un noyau de joueurs,<br />

en général 3 ou 4, qui s’exprime… Ce n’est pas un souci majeur de changer, pas<br />

besoin d’être capitaine pour prendre la parole, même si en général le capitaine<br />

est le premier à s’exprimer. Pour moi, ça doit aussi être un rôle de partage, être<br />

à l’écoute des autres. A Genève, même si Goran Bezina a été capitaine pendant<br />

dix ans, je ne pense pas que le changement posera beaucoup de problèmes au<br />

sein de l’effectif. Le <strong>GSHC</strong> a bien d’autres éléments capables de remplir un rôle<br />

de leader, sans oublier la présence de Chris McSorley, qu’il ne faut pas oublier<br />

dans la gestion de son groupe.»<br />

John Gobbi, un ex-Grenat<br />

devenu capitaine du<br />

Lausanne HC.<br />

Capitaine un rôle<br />

privilégié envers<br />

les arbitres ?<br />

BEAT KAUFMANN, CHEF DES<br />

ARBITRES SIHF<br />

«Le capitaine est traité de la même<br />

manière que ses autres coéquipiers<br />

par les arbitres. Comme tous les<br />

joueurs, il n’a pas le droit de réclamer,<br />

ni de contester auprès des directeurs<br />

de jeu. Par contre, c’est lui qui doit<br />

déposer un protêt, puis le confirmer<br />

après le match. Il est aussi celui que<br />

les arbitres appellent avant d’aller<br />

consulter la vidéo ou pour toute<br />

situation extraordinaire. Il est, dans<br />

ces cas spécifiques, le relais de<br />

l’entraîneur sur la glace. Pour les<br />

(nouveaux) challenges, il aura aussi un<br />

rôle à jouer, même si l’entraîneur peut<br />

aussi le demander directement.»<br />

11


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LA FONCTION DE CAPITAINE SOUS LA LOUPE<br />

Jim Slater succède à Goran Bezina<br />

Le capitanat vu par un<br />

journaliste<br />

LAURENT ANTONIOLI, JOURNALISTE A<br />

TELECLUB<br />

«Le capitaine doit avoir un comportement<br />

exemplaire envers ses coéquipiers,<br />

ses adversaires et les arbitres. Il<br />

doit être capable de remobiliser<br />

son équipe par son discours<br />

– et ses actes – pendant<br />

ou après un match. Il<br />

est aussi celui que<br />

le groupe a envie<br />

d’écouter, de<br />

suivre, tout autant<br />

légitime pour<br />

encourager que<br />

pour secouer ses<br />

coéquipiers quand<br />

il le faut. Pour moi,<br />

il y a actuellement<br />

deux modèles en Suisse,<br />

dans cette fonction<br />

de capitaine. Mathias<br />

Seger et Martin Plüss<br />

ressortent vraiment du<br />

lot. Le défenseur des<br />

ZSC Lions débute sa 11 e<br />

saison comme capitaine au<br />

Hallenstadion, alors que pour le<br />

joueur du CP Berne, il s’agit de sa 7 e<br />

année avec le "C" dans la capitale. Leur<br />

longévité à ce niveau de jeu, leur motivation et leur soif de<br />

toujours vouloir gagner sont magnifiques. Et ceci, tout en<br />

étant respectueux des adversaires et des arbitres.»<br />

Succéder A un capitaine<br />

comme Goran Bezina<br />

est-il simple ?<br />

Passer après un personnage tel que Goran Bezina ne<br />

sera pas simple, c’est une certitude. Goran était le grand<br />

frère dans le vestiaire, un vrai professionnel. Porter le<br />

«C» sur le maillot d’une même formation pendant une<br />

décennie démontre parfaitement l’importance du joueur<br />

aux yeux du coach. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard<br />

si on a déjà donné à<br />

Goran la responsabilité<br />

d’assistant-capitaine à<br />

Zagreb, en KHL. Ça veut tout<br />

dire. Le nouveau capitaine doit<br />

rester lui-même et ne doit pas<br />

changer sa personnalité, parce qu’il a<br />

de nouvelles responsabilités. Il devra jouer<br />

son rôle de motivateur et faire parler son<br />

expérience, son vécu. Le choix de Jim Slater<br />

va dans ce sens. Il s’est rapidement adapté à<br />

son nouvel environnement de travail et a réalisé de<br />

belles choses sur la glace. Il faudra juste qu’il apprenne<br />

rapidement le… français, ce sera plus pratique pour nos<br />

interviews ! PATRICK ANDREY<br />

13


DES CHANGEMENTS AU SEIN DU <strong>GSHC</strong><br />

Bienvenue à Michael Gillis, Peter Gall et Lorne Henning<br />

TROIS CANADIENS<br />

ET UN COUP FIN<br />

Au mois de juin passé, à la surprise générale, la gouvernance<br />

du Genève-Servette Hockey Club changeait de visage suite<br />

à l’engagement de trois personnalités du hockey et de la<br />

NHL, Michael Gillis, Peter Gall et Lorne Henning (ci-dessus<br />

de gauche à droite), les deux premiers nommés rejoignant<br />

notamment le Conseil d’Administration du Club.<br />

14


DES CHANGEMENTS AU SEIN DU <strong>GSHC</strong><br />

Bienvenue à Michael Gillis, Peter Gall et Lorne Henning<br />

Le président Hugh Quennec<br />

entouré de supporters.<br />

Hugh Quennec, le président du Genève-Servette Hockey<br />

Club, a décidé de franchir une nouvelle étape dans son<br />

organisation afin de développer sa vision et de partager<br />

avec les Genevois une expérience sportive unique et de<br />

grandes émotions. Si Hugh Quennec reste propriétaire du<br />

club à 100%, cette évolution se traduit donc par l’arrivée<br />

au sein du Conseil d’Administration de Michael David<br />

Gillis et Peter A. Gall. Quant à Lorne Henning, il renforce la<br />

direction sportive aux côtés de Chris McSorley. Avec cette<br />

optimisation de son organigramme, le club se donne les<br />

moyens de ses ambitions à moyen et long terme. Il s’agit<br />

d’avoir une stratégie globale pour installer durablement<br />

le Genève-Servette au sommet de l’expérience sportive à<br />

Genève.<br />

Dès l’annonce de cette triple arrivée, les spéculations sont<br />

allées bon train, et les questions ont fusé de tout côté.<br />

Lorne Henning renforcera la direction sportive aux côtés<br />

de Chris McSorley qui conserve ses prérogatives et la<br />

responsabilité du coaching de l’équipe professionnelle. Il<br />

était important de clarifier les raisons de tels engagements,<br />

et Hugh Quennec a répondu aux questions du <strong>GSHC</strong> <strong>Mag</strong><br />

dans ce sens.<br />

Hugh Quennec, pourriez-vous nous présenter en quelques<br />

mots Michael Gillis, Peter Gall et Lorne Henning?<br />

Hugh Quennec: Michael Gillis est une personnalité<br />

majeure du hockey, au plus haut niveau de la NHL. Après<br />

une carrière de joueur professionnel en NHL pendant près<br />

de 10 ans, Michael Gillis a débuté une carrière d’avocat<br />

et d’agent de joueurs, avant de devenir directeur général<br />

des Vancouver Canucks, en NHL, de 2008 à 2014. Lors de<br />

ces six années, son équipe a gagné cinq titres consécutifs<br />

de la Division Ouest et a été une des rares formations<br />

à remporter deux fois de suite le Presidents’ Trophy, en<br />

2011 et 2012. En 2011, seul Boston est parvenu à battre les<br />

Vancouver Canucks en finale de la Coupe Stanley, ce qui<br />

a valu à Michael Gillis d’être désigné General Manager<br />

de l’année en NHL. Durant cette période, et sous la<br />

direction de Michael Gillis, les joueurs des Canucks ont<br />

été récompensés de bon nombre de distinctions annuelles,<br />

dont celles de meilleur buteur, meilleur défenseur, meilleur<br />

gardien, meilleur entraineur et meilleur joueur (MVP).<br />

Grâce au management de Michael Gillis, la franchise<br />

des Canucks est devenue l’une des plus performantes<br />

sportivement et financièrement de NHL.<br />

Peter Gall, pour sa part, aura apparemment un rôle<br />

important à jouer dans le cadre de la nouvelle patinoire ?<br />

Effectivement. Peter Gall exerce ses compétences en<br />

tant qu’avocat auprès de prestigieux clubs de NHL, ainsi<br />

qu’auprès de leurs propriétaires et de dirigeants seniors<br />

du hockey. Il est également actif dans le secteur de<br />

l’immobilier et du sport professionnel. Au sein du Conseil<br />

d’Administration, Peter coordonnera tout particulièrement<br />

les aspects financiers liés à la nouvelle patinoire du Trèfle-<br />

Blanc. Il représente les investisseurs qui participeront à<br />

son développement.<br />

Avec son palmarès, on peut imaginer que Lorne Henning<br />

sera un soutien très important de l’encadrement sportif ?<br />

Tout à fait. Lorne Henning est actif depuis plus de quarante<br />

ans dans le domaine du hockey sur glace professionnel.<br />

Il a remporté plusieurs fois la Coupe Stanley (ndlr. le titre<br />

de champion de la NHL): en 1980 comme joueur, l’année<br />

suivante en tant que joueur et entraîneur assistant, puis<br />

15


DES CHANGEMENTS AU SEIN DU <strong>GSHC</strong><br />

Bienvenue à Michael Gillis, Peter Gall et Lorne Henning<br />

Michael Gall, tout à gauche, le fils de Peter Gall,<br />

est également présent à Genève. On le voit ici en<br />

compagnie de Mike Gillis et Lorne Henning.<br />

en 1982 et 1983 comme entraîneur<br />

assistant. Jusqu’en 2015, Lorne<br />

Henning a été le directeur assistant<br />

des Vancouver Canucks.<br />

Qu’attendez-vous concrètement de<br />

ces trois personnalités qui ont déjà<br />

fait leurs preuves dans le monde du<br />

hockey ?<br />

Un apport concret dans de nombreux<br />

domaines, qu’ils soient sportifs ou<br />

extra-sportifs. Car tout est lié pour<br />

gagner un titre. Chaque détail compte.<br />

Le supporter contribue, comme<br />

les joueurs, à gagner des matchs.<br />

Forts de leur expérience, Michael<br />

Gillis, Peter Gall et Lorne Henning<br />

La Coupe Stanley.<br />

vont aider à nous améliorer dans de<br />

nombreux domaines: de la formation<br />

à la communication en passant par<br />

l’amélioration des infrastructures<br />

et nos relations avec les fans et les<br />

supporters.<br />

Ces renforts importants illustrent<br />

bien la nouvelle stratégie du club.<br />

Quelle est donc votre ambition à<br />

moyen et long terme ?<br />

Avec deux victoires en Coupe<br />

Spengler et trois participations<br />

consécutives aux demi-finales des<br />

Playoffs, le <strong>GSHC</strong> est devenu une<br />

référence dans le hockey suisse.<br />

C’est un résultat remarquable, mais<br />

notre ambition et notre vision vont<br />

au-delà de ces succès et couvrent un<br />

spectre beaucoup plus large.<br />

Concrètement, comment voyez-vous<br />

cela ?<br />

Nous avons une triple ambition.<br />

Sportivement, nous voulons gagner<br />

un premier titre de champion suisse,<br />

c’est notre priorité. En termes de<br />

relève, nous voulons renforcer, avec<br />

l’Association Genève Futur Hockey,<br />

le rayonnement de notre centre de<br />

formation pour les jeunes. Enfin, nous<br />

voulons installer le <strong>GSHC</strong> durablement<br />

au sommet de l’expérience sportive<br />

à Genève et offrir à nos fans des<br />

moments inoubliables.<br />

16<br />

Cette ambition sera portée par le<br />

projet de la nouvelle patinoire ?<br />

La nouvelle patinoire n’est plus<br />

un rêve. Elle prend concrètement<br />

forme et demandera des ressources<br />

humaines et financières accrues,<br />

sans parler de compétences très<br />

spécifiques dans ce domaine.<br />

Le Genève-Servette entre donc dans<br />

un nouveau cycle très dynamique ?<br />

Absolument, le club entre de fait dans<br />

une nouvelle phase très importante<br />

de son développement. C’est pour<br />

passer ce cap majeur que nous nous<br />

sommes renforcés et avons fait appel<br />

à des experts réputés. C’est ainsi qu’il<br />

faut comprendre la venue de Michael<br />

Gillis, Peter Gall et Lorne Henning.<br />

Nous devons faire en sorte que le<br />

<strong>GSHC</strong> demeure un pilier important<br />

de la communauté genevoise, qui<br />

contribue positivement et de manière<br />

durable au développement et au<br />

bien-être de notre ville, de notre<br />

canton et de notre région.<br />

Mike Gillis a connu ce type de<br />

réussite sportive avec son club.<br />

En effet, et cette réussite sportive aux<br />

Canucks de Vancouver s’est aussi<br />

accompagnée d’un<br />

succès populaire<br />

remarqué. La<br />

patinoire dans


laquelle les Canucks évoluent, dotée<br />

d’une capacité de près de 19’000<br />

places, était toujours pleine lors de<br />

matchs. Ce sera aussi notre ambition<br />

avec la nouvelle patinoire. Mais dès<br />

maintenant, nous voulons apporter<br />

des améliorations dans tous les<br />

domaines.<br />

La nouvelle patinoire sera pensée<br />

avec cet état d’esprit ?<br />

Le projet de la nouvelle patinoire du<br />

Trèfle-Blanc va bien au-delà de la<br />

construction d’un nouvel équipement<br />

sportif d’envergure. Il s’agit d’offrir<br />

aux Genevois et à la région un pôle<br />

d’attractivité unique en son genre,<br />

capable de proposer du spectacle<br />

et de l’animation, de renforcer la<br />

cohésion sociale et de devenir une<br />

véritable fierté communautaire. Ce<br />

sera une énorme contribution pour<br />

la collectivité et le symbole d’une<br />

grande ambition pour Genève. Nous<br />

serons tous impliqués dans ce projet,<br />

mais l’expérience de Mike et Lorne<br />

constituera un atout de plus auquel<br />

il faut ajouter les contacts essentiels<br />

de Peter Gall avec les investisseurs,<br />

car ce sont eux qui vont apporter<br />

les fonds nécessaires pour financer<br />

la nouvelle patinoire et le complexe<br />

sportif.<br />

Est-ce que ces trois personnes<br />

vous ont également permis d’avoir<br />

de nouvelles ouvertures sur le<br />

marché nord-américain au niveau<br />

des joueurs étrangers ? On pense<br />

notamment à l’arrivée de Mike<br />

Santorelli qui était à Vancouver alors<br />

que Mike Gillis en était le directeur<br />

général.<br />

Oui tout à fait, ils ont une<br />

connaissance approfondie du<br />

marché nord-américain<br />

et les<br />

DES CHANGEMENTS AU SEIN DU <strong>GSHC</strong><br />

Bienvenue à Michael Gillis, Peter Gall et Lorne Henning<br />

connexions nécessaires. Ils ont<br />

ainsi recommandé la venue de Mike<br />

Santorelli et l’ont facilitée, pour ne<br />

citer que cet exemple.<br />

Que répondez-vous aux mauvaises<br />

langues qui disent que ces<br />

engagements permettent à l’équipe<br />

en place à la tête du club de préparer<br />

gentiment sa succession ?<br />

Qu’ils se trompent et n’ont pas<br />

compris les véritables enjeux du club<br />

et les défis que nous avons à relever<br />

pour atteindre nos objectifs. Comme<br />

je l’ai dit, le Genève-Servette Hockey<br />

Club veut devenir une institution<br />

encore plus forte, afin d’une part<br />

de gagner ce titre et d’autre part<br />

construire une patinoire à la hauteur<br />

de nos ambitions et de celles de<br />

notre ville et de notre région. Pour<br />

cela, nous devons viser l’excellence<br />

et réfléchir à tous les domaines<br />

où nous pouvons apporter des<br />

améliorations. Nous ne disposons<br />

pas des budgets de certains clubs<br />

alémaniques. Nous ferons la<br />

différence autrement. Et pour<br />

cela, toutes les compétences<br />

comptent, et Mike, Lorne et<br />

Peter vont nous aider à être<br />

encore meilleurs. Tous les<br />

grands clubs s’entourent de<br />

personnalités qui ont<br />

fait leurs preuves,<br />

afin que le club<br />

puisse atteindre<br />

ses objectifs et<br />

franchir des<br />

“<br />

Notre priorité est de<br />

gagner un premier titre<br />

„<br />

de<br />

champion suisse<br />

paliers de manière durable. Je suis<br />

vraiment fier qu’ils aient accepté de<br />

s’impliquer dans notre projet. C’est<br />

une chance pour le Genève-Servette<br />

et pour Genève.<br />

Quelle est donc la réelle plus-value<br />

du Genève-Servette aujourd’hui ?<br />

A Genève, nous avons une équipe qui<br />

en veut, un entraîneur qui a la rage,<br />

des joueurs qui donnent tout. Idem<br />

pour tous ceux qui s’impliquent dans<br />

ce club, y compris bien sûr Michael<br />

Gillis, Lorne Henning et Peter Gall.<br />

Même quand on perd, le public peut<br />

et veut s’identifier à l’équipe et aux<br />

couleurs du club. Nous défendons<br />

fièrement les couleurs de Genève,<br />

nous en sommes fiers et nous<br />

nous battons tous ensemble. Nos<br />

supporters le perçoivent, et ils font<br />

partie de notre force et de notre esprit<br />

collectif. Ensemble, toujours !<br />

PROPOS RECUEILLIS PAR<br />

JÉRÔME RUMAK<br />

Mike Santorelli a notamment<br />

été recommandé par les renforts<br />

administratifs canadiens.<br />

17


NOUVEAU <strong>GSHC</strong> MAG<br />

Petit titre<br />

18


DEUX NOUVEAUX JEUNES TALENTS AU <strong>GSHC</strong><br />

Kay Schweri et Will Petschenig<br />

DOUBLE-FACE<br />

d’une jeunesse «canadienne» ambitieuse<br />

La vingtaine à peine sonnée, ils débarquent aux Vernets avec<br />

leur fougue et du talent à revendre. S’ils arrivent tous deux<br />

d’Amérique du Nord, Kay Schweri (à droite et ci-dessous)<br />

et Will Petschenig ont des profils radicalement différents.<br />

Portraits croisés de cette jeunesse qui entend bien se faire<br />

une place au soleil.<br />

Le sourire timide, les airs empruntés<br />

de celui qui ne sait où se mettre et<br />

des réponses courtes, le Kay Schweri<br />

qui s’amène à l’interview détonne<br />

parmi les hockeyeurs du <strong>GSHC</strong>.<br />

Pourtant, les louanges abondent<br />

sur le nouveau N°86 genevois. Dans<br />

une entrevue à nos confrères du<br />

Matin, Chris McSorley le compare au<br />

rapide et prolifique Lino Martschini.<br />

«Il possède une habileté technique<br />

exceptionnelle et une intelligence<br />

de jeu élevée. C’est un futur Lino<br />

Martschini, même s’il n’a pas sa<br />

vitesse. Mais il a beaucoup de<br />

similarités avec l’attaquant de Zoug»,<br />

se réjouit le boss des Vernets.<br />

Même gabarit, même profil de<br />

fabriquant de jeu et parcours<br />

similaire dans les ligues juniors<br />

nord-américaines avec environ un<br />

point par match pour chacun d’eux.<br />

La comparaison laisse rêveur quand<br />

on se penche sur les statistiques de<br />

Martschini, le lutin zougois ayant<br />

comptabilisé pas moins de 59 points<br />

en 54 matchs de NLA l’an dernier.<br />

19


DEUX NOUVEAUX JEUNES TALENTS AU <strong>GSHC</strong><br />

Kay Schweri et Will Petschenig<br />

KLASEN, SHERBROOKE ET L’AUTOCAR...<br />

Il faut dire que le teenager du <strong>GSHC</strong> vient de passer deux<br />

saisons dans la cité québécoise de Sherbrooke et possède<br />

des statistiques capables de corroborer l’enthousiasme<br />

des recruteurs genevois. Qualifié d’«assist machine» par<br />

le site canadien sportsnet, Kay Schweri plante quatre<br />

passes à son premier match sous les couleurs du Phoenix<br />

de Sherbrooke ! L’ancien junior des Kloten Flyers termine<br />

sa première campagne québécoise avec une récolte de<br />

68 points en 53 matches. Il inscrit surtout 56 passes qui<br />

feront le bonheur de Tim Wieser, compatriote et compère<br />

de trio, qui fera mieux que doubler<br />

son total de buts (38) cette<br />

année-là.<br />

Le principal intéressé ne s’en cache pas. Pour lui, sa<br />

nature est de passer le puck, de fabriquer de l’espace<br />

pour ses coéquipiers. «Je suis le genre de joueur qui aime<br />

prendre le puck et créer du jeu, explique l’ailier de 19 ans.<br />

On me compare parfois à Mikael Granlund (ndlr. attaquant<br />

du Minnesota Wild). J’ai toujours aimé les joueurs comme<br />

Granlund ou un Linus Klasen à Lugano. Le type de gars<br />

capables de changer le cours du match avec une passe.<br />

Mon objectif serait d’arriver à leur niveau même si il me<br />

reste encore beaucoup à accomplir pour cela.»<br />

Sélectionné par Sherbrooke en première ronde lors du<br />

repêchage de CHL (ligue canadienne de hockey junior)<br />

en 2014, Kay Schweri a découvert un nouveau mode de<br />

vie au Québec. Les longs déplacements en car, le rythme<br />

des matchs et un environnement digne des équipes<br />

professionnelles suisses, sa vie de joueur lui a servi<br />

d’avant-goût plutôt réaliste de l’existence d’un hockeyeur<br />

professionnel. «Au début, c’est sûr, raconte-t-il, je n’étais<br />

pas habitué aux trajets en autocar de 8, 10 ou 15 heures<br />

parfois. En tant que Suisse, peu habitué à ça, je trouvais le<br />

temps très long et passablement ennuyeux. Toutefois,<br />

au Canada j’ai énormément appris. Jouer contre<br />

des gars plus costauds et plus vifs m’a permis<br />

d’améliorer la rapidité de mes prises de décisions.<br />

En outre, jouer dans des patinoires presque toujours<br />

pleines était incroyable. Mon premier match avec<br />

tous ces fans venus nous voir jouer restera comme<br />

mon plus beau souvenir du Québec. J’étais venu pour<br />

cela, et je ne regrette pas d’avoir quitté Kloten pour tenter<br />

l’expérience.»<br />

Appelé par Chris McSorley afin de rejoindre les rangs<br />

du <strong>GSHC</strong>, Kay Schweri a terminé son stage chez les<br />

juniors avec un total de 104 points (dont 83 passes)<br />

en 87 rencontres. Ses futurs acolytes de trio<br />

se réjouissent déjà de collaborer avec lui<br />

durant cette saison 2016-2017 qui vient de<br />

démarrer.<br />

20


NOUVEAU <strong>GSHC</strong> MAG<br />

Petit titre<br />

Kay Schweri n’a pas raté ses débuts avec le <strong>GSHC</strong>,<br />

marquant notamment en prolongation le but de la<br />

victoire face à Langnau le mardi 13 septembre.<br />

#86<br />

Kay<br />

SCHWERI<br />

Né le 28 décembre 1996<br />

à Zurich (Suisse)<br />

178 cm, 80 kg<br />

Attaquant (gaucher)<br />

Clubs<br />

Kloten Flyers (2013-2014)<br />

Sherbrooke Phoenix (2014-2016)<br />

Genève-Servette (depuis 2016)<br />

Matchs disputés<br />

(au 15 septembre 2016)<br />

LHJMQ: 87 (21 buts, 83 assists) + 9 en<br />

séries finales (1 but, 5 assists)<br />

NLA: 4 (1 but, 1 assist)<br />

WILL PETSCHENIG:<br />

UN FUTUR VUKOVIC ?<br />

Le nom est difficile à prononcer.<br />

A chaque fois, il faut se relire<br />

pour voir s’il ne manque pas un<br />

s, un h ou un e. Cette barrière<br />

franchie, Will Petschenig fait bonne<br />

première impression. Physique<br />

d’étudiant modèle des campus<br />

américains, sourire facile, réponses<br />

enthousiastes, projets plein la tête<br />

et cœur gros comme les Vernets, le<br />

nouveau défenseur des Aigles est le<br />

bon pote qu’on veut avoir de son côté<br />

pour passer un bon moment.<br />

Sur la glace, c’est pas mal non plus.<br />

Et, là aussi, vaut mieux avoir Will<br />

Petschenig dans son camp que<br />

dans celui d’en face. «Mon job est<br />

d’éteindre les attaquants adverses.<br />

On me compare à un jeune Daniel<br />

Vukovic. Son rôle est d’apporter de<br />

l’enthousiasme dans le vestiaire<br />

et de motiver ses coéquipiers. Je<br />

pense avoir ce même profil. Je suis<br />

un défenseur à caractère défensif<br />

et, partout où j’ai joué, j’ai dû faire<br />

face aux meilleures lignes adverses<br />

pour essayer de les empêcher de<br />

marquer. C’est un rôle qui me convient<br />

parfaitement.»<br />

Will Petschenig a grandi dans le giron<br />

des Sénateurs d’Ottawa. Enfant de<br />

l’Ontario, il s’enthousiasme pour les<br />

exploits de son idole Chris Phillips,<br />

solide défenseur aux 17 saisons sous<br />

les couleurs rouge et noir des «Sens».<br />

Arrivé à l’âge junior, le Canado-Suisse<br />

est enrôlé par les Generals d’Oshawa,<br />

club de la banlieue nord de Toronto. Le<br />

défenseur passe trois saisons sous la<br />

houlette de l’entraîneur Denis Smith<br />

(actuel adjoint de Mike Babcock au<br />

sein des Maple Leafs de Toronto).<br />

«D.J. Smith a probablement été<br />

l’entraîneur le plus important pour mon<br />

développement, relève Will. Il était<br />

dur et exigeant avec moi, mais il m’a<br />

appris à devenir un défenseur solide,<br />

capable d’affronter les meilleurs trios<br />

adverses. J’ai beaucoup progressé<br />

sous ses ordres.»<br />

21


Disponible de<br />

Fournisseur officiel<br />

Disponible de<br />

NOUS SOUHAITONS AU GENÈVE-SERVETTE HOCKEY CLUB<br />

BEAUCOUP DE SUCCÈS POUR LA SAISON 2016/17


DEUX NOUVEAUX JEUNES TALENTS AU <strong>GSHC</strong><br />

Kay Schweri et Will Petschenig<br />

#65<br />

will<br />

PETSCHENIG<br />

Né le 3 février 1995<br />

à Manotick en Ontario (Canada)<br />

Suisse et Canadien<br />

188 cm, 88 kg<br />

Défenseur (gaucher)<br />

Clubs<br />

Oshawa Generals (2012-2015)<br />

Saginaw Spirit (2015-2016)<br />

Genève-Servette (depuis 2016)<br />

Matchs disputés<br />

(au 15 septembre 2016)<br />

OHL: 233 (11 buts, 48 assists) + 32 en<br />

séries finales (4 assists)<br />

NLA: 3<br />

Palmarès<br />

Champion d’Ontario Hockey League<br />

(OHL) en 2015<br />

Lauréat du trophée «Humanitarian of<br />

the Year» en OHL et CHL en 2015-16<br />

LA LIGUE DE L’ONTARIO ET<br />

LA COUPE MÉMORIAL<br />

A sa troisième saison, Petschenig vit<br />

les meilleurs moments de sa jeune<br />

carrière. Emmenés par une attaque<br />

de feu, les Generals d’Oshawa<br />

remportent la ligue de l’Ontario et se<br />

qualifient pour le tournoi de la Coupe<br />

Mémorial. Quelques semaines plus<br />

tard, le nouveau N°65 des Aigles<br />

et ses coéquipiers s’imposent en<br />

finale et ramènent le plus prestigieux<br />

trophée du hockey canadien sur les<br />

rives du lac Ontario. «Des moments<br />

magiques, se rappelle Petschenig.<br />

Nous formions un groupe vraiment<br />

solide et possédions plusieurs joueurs<br />

qui sont aujourd’hui aux portes de la<br />

NHL. Il y avait notre capitaine Josh<br />

Brown, qui a été recruté par les<br />

Florida Panthers, Michael Dal Colle,<br />

qui joue désormais avec les Islanders<br />

de New York, et Michael McCarron,<br />

qui est aujourd’hui dans l’organisation<br />

des Canadiens de Montréal. J’ai un<br />

super souvenir de cette expérience,<br />

car la Coupe Mémorial est<br />

probablement le trophée le plus dur à<br />

gagner dans le hockey junior.»<br />

S’il connaît du succès sur la<br />

glace, Will Petschenig aime aussi<br />

s’impliquer dans la communauté<br />

d’Oshawa. A travers l’association<br />

«A Heart Like Mine» qu’il a créée<br />

en 2015, il s’engage à soutenir<br />

les enfants de la petite ville pour<br />

laquelle il jouait. Lors de son dernier<br />

match dans les rangs juniors, près<br />

d’une quarantaine d’enfants étaient<br />

présents dans les gradins pour<br />

soutenir celui qui les avait aidés.<br />

“<br />

Je veux m’impliquer<br />

dans la communauté<br />

„<br />

genevoise<br />

23


NOUVEAU <strong>GSHC</strong> MAG<br />

Petit titre<br />

«En 2013, j’ai vécu la douloureuse expérience de perdre<br />

mon père. Je me suis souvenu de tous ces bons moments<br />

durant lesquels il m’emmenait voir des matchs de hockey.<br />

J’ai fondé cette association pour permettre aux enfants<br />

dans la même situation que moi de se rendre à la patinoire,<br />

d’y assister à un match et de partager ainsi un moment de<br />

bonheur. Maintenant que je suis ici à Genève, j’aimerais<br />

bien pouvoir continuer mon action. J’en ai déjà parlé avec<br />

Hugh Quennec. Je veux m’impliquer dans la communauté<br />

genevoise et aider les enfants de la région qui ont perdu<br />

un parent. Je souhaite qu’ils se sentent soutenus et qu’ils<br />

puissent profiter de s’amuser et se changer les idées<br />

certains soirs en venant à la patinoire. C’est, d’expérience,<br />

quelque chose d’important lorsque les moments de vie<br />

sont difficiles.»<br />

Après la conquête de la Coupe Mémorial, le défenseur<br />

de 21 ans a poursuivi son stage chez les jeunes par une<br />

saison avec le Spirit de Saginaw. Joueur d’expérience<br />

pour les rangs juniors, il porte le «A» sur son maillot durant<br />

une saison avant de choisir de s’envoler pour Genève.<br />

LES ALPES BERNOISES, LE LACROSSE<br />

ET McSORLEY<br />

S’il connaît parfaitement les rouages du hockey junior<br />

canadien, Will Petschenig effectue son premier séjour<br />

dans le pays de ses ancêtres. «Ma grand-mère paternelle<br />

est originaire de Lauterbrunnen dans le canton de Berne.<br />

C’est pourquoi je suis considéré comme binational», tient à<br />

rappeler le jeune défenseur avant d’expliquer ce choix de<br />

Genève. «J’ai choisi de venir ici, au <strong>GSHC</strong>, car McSorley<br />

24


DEUX NOUVEAUX JEUNES TALENTS AU <strong>GSHC</strong><br />

Kay Schweri et Will Petschenig<br />

est un entraîneur canadien avec qui<br />

je partage la même vision du hockey.<br />

Il apprécie le jeu physique, l’intensité,<br />

et les joueurs qui se donnent à fond<br />

sur la glace et en dehors de celle-ci.<br />

Je pense être le type de gars<br />

qu’il recherche. J’aime<br />

aussi la culture du<br />

club, le style de jeu<br />

pratiqué et le fait que<br />

les joueurs puissent<br />

s’impliquer dans la<br />

communauté. Je suis<br />

très excité par cette<br />

nouvelle aventure.»<br />

Désormais membre du<br />

Genève-Servette Hockey Club,<br />

Will Petschenig a longtemps eu<br />

deux casquettes. Si l’hiver durant, il<br />

enfilait sa tenue de hockeyeur pour<br />

se frotter aux meilleurs patineurs<br />

du pays, l’été était consacrée à un<br />

sport méconnu sous nos latitudes.<br />

Passionné par le lacrosse, un sport<br />

pratiqué surtout au Canada et dans<br />

le nord des États-Unis, Petschenig<br />

a longtemps enchaîné un second<br />

championnat l’été venu. «Pendant les<br />

étés, je rejoignais souvent mes potes<br />

de l’équipe de lacrosse. C’est un très<br />

bon sport pour un joueur de hockey. Il<br />

permet d’entraîner notre coordination<br />

œil-main et entretient notre physique,<br />

car c’est un sport rugueux.»<br />

Si le nom de Will Petschenig figure<br />

encore sur les tablettes de l’équipe<br />

des Green Gaels, il ne faut pas trop<br />

compter sur Chris McSorley pour<br />

laisser partir son nouveau protégé.<br />

Ce dernier s’est néanmoins informé<br />

si des équipes de lacrosse existent<br />

à Genève. «Des gars m’ont déjà<br />

contacté, précise le jeune<br />

défenseur. Ils souhaitent monter<br />

une équipe ici à Genève. Et qui<br />

sait, si un jour ce sport est admis<br />

aux Jeux Olympiques, peut-être<br />

pourrais-je faire partie de l’équipe de<br />

Suisse !». En attendant, c’est sous le<br />

maillot grenat et sur la glace que le<br />

sympathique N°65 va faire parler sa<br />

puissance. GUILLAUME CLAUDE<br />

“<br />

Je suis un défenseur<br />

„<br />

A caractère… défensif<br />

25


LE LAUSANNOIS EST DE RETOUR SUR LA GLACE<br />

Christophe Bays, doublure de Robert Mayer<br />

26


LE LAUSANNOIS EST DE RETOUR SUR LA GLACE<br />

Christophe Bays, doublure de Robert Mayer<br />

LE CHEMIN DE CROIX<br />

de Christophe Bays<br />

Aux Vernets depuis l’été 2014, Christophe Bays aborde la<br />

saison qui vient de s’ouvrir dans la peau de la doublure de<br />

Robert Mayer, devant la cage du Genève-Servette. Un état<br />

de fait parfaitement banal en soi, mais des mots qui ont une<br />

douce saveur pour ce Lausannois de 25 ans qui sort d’une<br />

longue galère. Deux années de doute, une saison blanche,<br />

l’incertitude même de pouvoir un jour rechausser les patins<br />

et demeurer un joueur professionnel, rien ne lui a été épargné.<br />

Récit d’un combat mené avec une redoutable ténacité.<br />

«Après un camp d’entraînement sans problème et quelques matchs de<br />

Champions League, j’ai commencé à ressentir des douleurs aux hanches fin<br />

août, début septembre 2014. Consultation, IRM et diagnostic: déchirure de part<br />

et d’autre du labrum acétabulaire, opération indispensable. Au plus tard à la<br />

fin de la saison !» Tels sont les mots d’explication de Christophe, qui découvre<br />

pour l’occasion l’existence de cet anneau de cartilage fibreux situé sur la<br />

partie de l’os iliaque qui reçoit la tête du fémur. Il va avoir l’occasion d’en faire<br />

amplement connaissance...<br />

Christophe Bays a reçu à la fin de la saison dernière le Challenge<br />

Jimmy Omer récompensant son comportement exemplaire tout au<br />

long de sa rééducation et vis-à-vis de ses coéquipiers.<br />

Robert Mayer blessé à son tour, le<br />

grand rouquin doit jouer néanmoins<br />

(il sera aligné à 19 reprises au cours<br />

de cette saison), alors même qu’il<br />

n’est pas réellement en état de<br />

monter sur la glace. «J’ai toujours<br />

joué sous piqûre ou en prenant<br />

des médicaments. J’ai dû me faire<br />

violence, serrer les dents», se<br />

souvient-il. Comble de malchance,<br />

une commotion (accident rare pour<br />

un gardien) le laisse sur le flanc<br />

durant un mois. Puis lors de la Coupe<br />

Spengler, fin décembre, un palet le<br />

frappe à la gorge ! Il s’en tire sans<br />

trop de mal, mais les conséquences<br />

auraient pu être tragiques.<br />

27


LE LAUSANNOIS EST DE RETOUR SUR LA GLACE<br />

Christophe Bays, doublure de Robert Mayer<br />

#1<br />

Christophe<br />

BAYS<br />

Né le 28 mars 1991<br />

à Lausanne (Suisse)<br />

184 cm, 81 kg<br />

Gardien (gaucher)<br />

Clubs<br />

Lausanne HC (2010-2013)<br />

HC Sierre (2012-2013)<br />

Lausanne HC (2013-2014)<br />

Genève-Servette (depuis 2014)<br />

Matchs disputés<br />

(au 15 septembre 2016)<br />

NLB: 46 + 2 en séries finales (1 but)<br />

NLA: 27 + 1 en série finale<br />

Palmarès<br />

Champion Suisse de NLB et promotion<br />

en NLA avec Lausanne HC (2013)<br />

Vainqueur de la Coupe Spengler (2014)<br />

«En février, mes douleurs aux hanches<br />

sont devenues plus importantes.<br />

Je ne pouvais plus dormir, ni sortir<br />

mon chien... L’intervention a été<br />

programmée, elle a eu lieu deux<br />

semaines plus tard, le 25 février 2015<br />

exactement. Les deux hanches ont<br />

été opérées simultanément. Près de<br />

quatre heures et demie de travail<br />

sur chacune, une heure de repos<br />

pour le chirurgien entre les deux,<br />

soit dix heures sous narcose pour<br />

moi», explique Christophe Bays. Une<br />

intervention majeure donc, avant<br />

laquelle le praticien avait d’ailleurs<br />

conseillé à son patient de mettre un<br />

terme à sa carrière !<br />

RÉAPPRENDRE A MARCHER...<br />

S’ensuivront un mois de rééducation<br />

à l’hôpital (Beau-Séjour), puis deux<br />

semaines et demie de fauteuil roulant.<br />

«J’ai dû réapprendre à marcher !<br />

Menée spécifiquement pour pouvoir<br />

me permettre de rejouer, l’opération<br />

a provoqué quelques changements<br />

dans les articulations: les muscles,<br />

comme tétanisés, ont dû s’y adapter»,<br />

raconte le gardien. Sorti de l’hôpital, il<br />

est retourné habiter chez ses parents,<br />

incapable qu’il était de conduire<br />

ou d’aller faire ses courses ! «Du<br />

coup, j’ai continué ma rééducation à<br />

Lausanne durant tout l’été, avec un<br />

entraînement destiné à renforcer le<br />

bas du corps», précise-t-il encore.<br />

Christophe remettra pour la première<br />

fois les patins en juillet, lors du camp<br />

d’entraînement de Sébastien Beaulieu<br />

à Leysin. Un peu prématuré...<br />

Revenu avec l’équipe en août, il se<br />

soumet à toute une batterie de soins<br />

(renforcement musculaire, physio,<br />

ostéo), essayant même l’acupuncture.<br />

Las, il ressent toujours des douleurs.<br />

Des piqûres de cortisone dans les<br />

hanches le soulagent, même s’il<br />

continue à ressentir quelques gênes.<br />

Le mental oscille alors au gré de<br />

l’évolution des choses: «Certaines<br />

semaines, je pouvais très bien<br />

m’entraîner, d’autres cela n’allait pas<br />

du tout.»<br />

Fin décembre 2014 à Davos, le Lausannois<br />

reçoit de plein fouet un puck à la gorge.<br />

Nouveau coup dur…<br />

Photo: swiss-image.ch/Andy Mettler<br />

29


Le temps passe malgré tout vite et, en janvier de cette<br />

année, un match en NLB avec Ajoie est envisagé. Las,<br />

Christophe doit y renoncer. «Je ne pouvais presque plus<br />

marcher. Moralement, c’était dur. J’ai eu des doutes,<br />

il m’est arrivé de penser à l’après-hockey, de songer à<br />

trouver un autre travail», confie-t-il. Heureusement, la<br />

reconduction par le <strong>GSHC</strong> de son contrat dès le mois<br />

de décembre l’avait rasséréné: «C’était un signe de<br />

confiance. Cela m’a fait chaud au cœur, j’ai été motivé<br />

de voir que l’on croyait toujours en moi.»<br />

LE SOUTIEN DES ENTRAÎNEURS<br />

Durant toute sa convalescence, souligne-t-il, Christophe<br />

Bays a pu compter sur ses amis, sur Louis Matte, sur Chris<br />

McSorley. «Durant tout ce temps, relève ce dernier, il s’est<br />

toujours donné à 100% pour revenir et n’a jamais manqué<br />

de soutenir, par sa bonne humeur, ses coéquipiers. Il n’y a<br />

personne d’aussi apprécié dans notre vestiaire.»<br />

Le compliment<br />

du boss des Vernets a<br />

évidemment touché l’intéressé. Le rôle le plus important a<br />

toutefois été tenu par l’entraîneur des gardiens, Sébastien<br />

Beaulieu, en permanence aux côtés du joueur. «Il m’a<br />

suivi du début, loue Christophe Bays, dès le diagnostic<br />

et jusqu’à maintenant. Je l’ai vu la veille de l’opération, il<br />

est venu ensuite me trouver deux à trois fois par semaine<br />

à Beau-Séjour. Il me donnait les dernières nouvelles<br />

des vestiaires... Sur la glace, il a toujours un mot pour<br />

me demander comment ça va. En-dehors, il me parle<br />

beaucoup. Je lui dois énormément, à sa présence, ses<br />

encouragements car, sans lui, je ne serais tout simplement<br />

plus gardien de hockey sur glace aujourd’hui.»<br />

UNE ATTENTE DE 555 JOURS<br />

Suite à l’échec de la «pige» à Ajoie, décision est prise<br />

de laisser tomber la fin du championnat et de s’attacher<br />

à faire du renforcement musculaire, dans l’optique de<br />

30


LE LAUSANNOIS EST DE RETOUR SUR LA GLACE<br />

Christophe Bays, doublure de Robert Mayer<br />

préparer la saison suivante. «Je n’ai<br />

pas pris de vacances cette année,<br />

j’ai continué ma préparation, suivi<br />

par l’entraîneur physique. J’ai fait<br />

des exercices spécifiques pour les<br />

hanches, du yoga, et j’ai pratiqué de<br />

nombreux sports: tennis, roller, vélo,<br />

football. En revanche, durant tout<br />

l’été, je n’ai pas subi de traitement, ni<br />

vu le physio», relate le Vaudois.<br />

En juillet, Christophe est retourné à<br />

Leysin, au camp de Beaulieu. «Chris<br />

voulait que je m’astreigne à ce test.<br />

Je me suis entraîné deux fois par<br />

jour et n’ai ressenti que des douleurs<br />

minimes. Tout s’est super bien passé.<br />

On peut dire que j’ai passé l’examen<br />

haut la main.» De quoi reprendre la<br />

préparation avec l’équipe en août, à<br />

100%, à raison de deux séances par<br />

jour. Le 6 août, Bays a fait son retour<br />

sur la glace, à l’occasion du match<br />

amical contre Ajoie. Il n’avait plus<br />

joué depuis le 27 janvier 2015<br />

et une victoire contre<br />

Fribourg-Gottéron…<br />

“<br />

J’ai eu le sentiment<br />

„<br />

de<br />

n’avoir jamais arrêté !<br />

UN MORAL TOUT NEUF<br />

Doublure de Robert Mayer, Christophe Bays doit<br />

reprendre gentiment le rythme de la compétition,<br />

mais il n’est pas contre l’idée de pouvoir disputer à<br />

l’international suisse la place de N°1. Un moral tout<br />

neuf donc pour le Lausannois, qui a vécu un avatar peu<br />

banal en étant touché simultanément aux deux hanches. «Mes articulations<br />

ont commencé à se déformer depuis tout petit, cela a débouché sur ce qu’on<br />

appelle une dysplasie. Cela s’est accentué en faisant du hockey, avec une<br />

usure qui s’est installée. J’étais vraiment très abîmé...», relate-t-il.<br />

Le tunnel a été long, mais Christophe a fini par en voir le bout. «Lorsqu’on<br />

a la passion du hockey, on est prêt à presque tout pour pouvoir continuer»,<br />

avoue-t-il. Et il n’hésite pas à le dire, cette expérience a eu également des côtés<br />

positifs: «L’opération a débloqué mes hanches, j’ai gagné en amplitude, en<br />

souplesse. Et puis, à l’hôpital, j’ai vu des personnes gravement malades, je me<br />

suis dit que j’avais encore de la chance, j’ai relativisé. Et le fait de me retrouver<br />

en fauteuil roulant m’a fait<br />

redescendre sur terre. Moi,<br />

j’ai pu un jour me relever...»<br />

PHILIPPE ROCH<br />

Impressions de ce<br />

moment... particulier ?<br />

«J’ai eu beaucoup de<br />

plaisir à retrouver la routine<br />

avant une partie, et j’ai<br />

constaté que je n’avais pas<br />

perdu mes qualités. J’ai<br />

même eu le sentiment, sur<br />

la glace, de n’avoir jamais<br />

arrêté ! J’aurais pensé<br />

ressentir des sensations plus<br />

fortes, mais ce retour a été<br />

mentalement moins difficile que<br />

prévu», analyse Christophe,<br />

remonté sur la glace trois<br />

jours plus tard lors du tournoi<br />

de la Vallée de Joux, face<br />

à Red Bull Munich. De<br />

légères douleurs dans les<br />

articulations l’obligeront<br />

à observer ensuite<br />

quelques jours de<br />

repos.


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LE LAUSANNOIS EST DE RETOUR SUR LA GLACE<br />

Christophe Bays, doublure de Robert Mayer<br />

LA FORCE TRANQUILLE<br />

Pour un gardien il est primordial de garder son sang-froid dans<br />

toutes les circonstances du jeu. Non seulement pour rester<br />

concentré et pouvoir se focaliser sur la prochaine action,<br />

mais surtout pour ne pas transmettre de la nervosité à ses<br />

coéquipiers et déstabiliser sa formation. Et s’il y a bien un<br />

«goalie» qui maîtrise ses émotions, c’est le sympathique et<br />

talentueux Christophe Bays.<br />

Pourtant, l’ex-gardien du LHC aurait de quoi perdre ses nerfs<br />

après tout ce qu’il a vécu ces derniers mois. Sa double opération<br />

des hanches l’a bien freiné dans l’évolution de sa carrière. En<br />

outre, il faut savoir que la hanche est un endroit clé pour un<br />

gardien, techniquement parlant. Chaque fois qu’il se met en<br />

position de «papillon», le joueur doit être en pleine possession<br />

de ses moyens physiques car, sinon, il lui est impossible<br />

d’effectuer ce geste si important de manière correcte. Sébastien<br />

Beaulieu, son entraîneur, relève à ce sujet: «Christophe est très<br />

fort techniquement. Bons réflexes, excellentes mains, yeux vifs,<br />

sans oublier un patinage de qualité. Mais lorsque tu es gêné par<br />

des problèmes de hanches, cela devient très compliqué, voire<br />

impossible, de jouer au poste de gardien au niveau de NLA, car<br />

tout va trop vite.»<br />

Rappelons que Bays n’a pas pu jouer une seule seconde<br />

durant l’exercice 2015-2016. Entre opérations et rééducation,<br />

les mois ont été longs et ont mis sa patience à rude épreuve.<br />

Le père de Christophe en témoigne: «C’est vrai, cette période<br />

n’a pas été facile tous les jours pour notre fils. Mais grâce au<br />

soutien exemplaire de l’ensemble du club, à commencer par<br />

celui de ses deux entraîneurs, Chris McSorley et Sébastien<br />

Beaulieu, en poursuivant par celui de tous les joueurs et, hors<br />

patinoire, de sa famille et de son amie, Christophe a su faire<br />

face et surmonter tous ces obstacles.»<br />

Le Vaudois bénéficie aussi d’une force mentale<br />

impressionnante. «Sa tranquillité, une qualité<br />

particulièrement importante pour un gardien, l’a beaucoup<br />

aidé durant cette épreuve et va lui permettre de revenir plus<br />

fort que jamais», relève Sébastien Beaulieu. Et quand on sait<br />

que la force mentale est primordiale pour un gardien, on ne<br />

peut que se réjouir de revoir Christophe Bays à l’œuvre aux<br />

Vernets et dans d’autres patinoires…<br />

Le patient est guéri, place aux matches !<br />

LUDWIG LEMMENMEIER<br />

33


L’ATTAQUANT EST DE RETOUR A GENÈVE<br />

Il veut devenir titulaire<br />

LES DOUZE TRAVAUX<br />

de Nicolas Leonelli<br />

Juniors Élite, National League B, Ligue <strong>Mag</strong>nus et même<br />

première ligue, le début de carrière de l’ancien junior du<br />

club est pour le moins jalonné d’embûches. De retour dans le<br />

club avec lequel il a effectué la préparation estivale, Nicolas<br />

Leonelli souhaite désormais se tailler un poste de titulaire.<br />

Avec nous, il revient sur son parcours plutôt at ypique.<br />

La légende nous dit que c’est pour expier une faute que le héros Héraclès<br />

s’est vu forcer d’accomplir douze travaux au service de son pire ennemi. Pour<br />

Nicolas Leonelli, 22 ans, nulle peine à racheter. Les douze travaux du hockeyeur<br />

consistent plutôt à courir après la reconnaissance des entraîneurs. Heraclès<br />

ou Sisyphe (c’est selon) du hockey grenat, l’attaquant a déjà pas mal bourlingué<br />

depuis 2013, date du début de sa carrière de hockeyeur professionnel.<br />

Durant la saison 2012-2013, l’ailier vit ses derniers moments en tant que junior.<br />

Bientôt, il frappera à la porte d’une première équipe qu’il connaît déjà pour<br />

avoir régulièrement patiné avec les pros lors des séances d’entraînement et<br />

des quelques piges auxquels il était convié. Toutefois, lors de cette dernière<br />

saison junior, c’est par la douleur<br />

d’une blessure que Nicolas Leonelli<br />

fait l’apprentissage de la vie de<br />

hockeyeur professionnel. «J’ai subi<br />

une blessure qui m’a handicapé un<br />

peu toute la saison, rappelle-t-il.<br />

Je n’avais pu jouer que dix matchs.<br />

Toutefois, Chris McSorley m’a quand<br />

même accordé un contrat de deux<br />

ans. J’ai alors pu commencer ma<br />

carrière pro.»<br />

34


L’ATTAQUANT EST DE RETOUR A GENÈVE<br />

Il veut devenir titulaire<br />

KIM COLLINS, VIÈGE ET LE TITRE LNB<br />

Été 2013, place désormais au monde du hockey pro et ses<br />

inévitables désillusions. Après une préparation estivale avec le<br />

<strong>GSHC</strong>, l’ailier est envoyé en prêt à Viège. Sous la gouverne du<br />

Canadien Kim Collins, Nicolas Leonelli passe un exercice difficile<br />

au cours duquel il apprendra à ronger son frein au bout du banc.<br />

«Ce fut une saison vraiment pas simple. Je sortais d’une année<br />

durant laquelle j’avais joué peu de matchs. Le coach ne me faisait pas<br />

souvent confiance. J’étais aligné comme treizième attaquant ou alors<br />

laissé dans les gradins. Ce n’est jamais idéal pour la confiance.»<br />

Malgré les difficultés rencontrées, le jeune attaquant ne<br />

ressortira pas que du négatif de cette saison 2013-2014 plutôt<br />

chaotique. «En fin de saison, en raison de quelques blessures,<br />

j’ai enfin pu intégrer le cadre. Je n’avais toutefois pas un rôle<br />

de premier plan. J’étais très souvent utilisé sur le quatrième<br />

trio.» Assez pour inscrire une première ligne à son palmarès.<br />

Suite à des séries abouties, le HC Viège remporte en effet le<br />

titre de NLB.<br />

PHILIPPE BOZON ET LIGUE MAGNUS<br />

Comme Sisyphe qui, après chaque ascension, voit<br />

la pierre rouler en bas de la colline, Nicolas<br />

Leonelli se retrouve chaque été avec les mêmes<br />

Né le 20 septembre 1993<br />

à Genève (Suisse)<br />

188 cm, 83 kg<br />

Attaquant (droitier)<br />

Clubs<br />

Genève-Servette (2011-2014)<br />

EHC Visp (2013-2014)<br />

Gamyo Épinal (2014-2015)<br />

Genève-Servette II (2015-2016)<br />

HC Ajoie (2015-2016)<br />

Genève-Servette (depuis 2016)<br />

#93<br />

nicolas<br />

LEONELLI<br />

Matchs disputés<br />

(au 15 septembre 2016)<br />

NLA: 33 (1 assist)<br />

NLB: 26 (1 but, 2 assists) + 28 en séries<br />

finales (1 but)<br />

Ligue <strong>Mag</strong>nus: 20 (1 but, 3 assists) + 18<br />

en séries finales (6 buts, 2 assists)<br />

Palmarès<br />

2 titres de Champion Suisse de NLB<br />

avec EHC Visp (2014) et HC Ajoie (2016)<br />

questions. Après le titre, les dirigeants<br />

viègeois ne prolongent pas le prêt<br />

de l’attaquant. «Après le titre avec<br />

Viège, se remémore-t-il, je suis revenu<br />

avec le <strong>GSHC</strong> pour la préparation<br />

physique. Après en avoir discuté avec<br />

Chris, j’ai vu qu’il ne comptait pas sur<br />

moi pour son équipe. Il souhaitait à<br />

nouveau me prêter pour que je puisse<br />

avoir du temps de jeu. De mon côté,<br />

j’avais gardé de bons contacts avec<br />

Philippe Bozon, mon ancien coach<br />

chez les Novices. A la fin de l’été<br />

2014, alors qu’il venait de reprendre le<br />

club d’Épinal en Ligue <strong>Mag</strong>nus, il m’a<br />

proposé de le rejoindre.»<br />

Dans les Vosges, notre Sisyphe<br />

grenat retrouve le sourire et<br />

emmagasine de la confiance auprès<br />

de son mentor. «Je ne suis pas un<br />

joueur impressionnant au niveau<br />

des statistiques, et je pense que je<br />

ne le serai jamais, souffle-t-il. Moi,<br />

“<br />

J’ai<br />

pensé tirer un trait<br />

sur le hockey<br />

professionnel „<br />

je suis plutôt un travailleur, un gars<br />

d’énergie. Philippe Bozon connaissait<br />

mes qualités pour m’avoir vu grandir<br />

dans l’organisation du <strong>GSHC</strong>. En Ligue<br />

<strong>Mag</strong>nus j’ai passé un super hiver. C’est<br />

une saison qui m’a fait beaucoup de<br />

bien et m’a redonné de la confiance.<br />

En finale, j’ai évolué sur le premier bloc<br />

aux côtés de deux vétérans. Je leur<br />

apportais de l’énergie, et ça a plutôt<br />

bien fonctionné.» Le Gamyo d’Épinal<br />

s’inclinera finalement au septième<br />

et ultime match de la finale face aux<br />

Rapaces de Gap, mais Nicolas Leonelli<br />

aura su tirer son épingle du jeu en<br />

inscrivant six buts en Playoffs.<br />

LA PREMIÈRE LIGUE, LES<br />

DOUTES ET AJOIE<br />

Toutefois, il était écrit que rien ne<br />

serait jamais simple dans le début<br />

de carrière du Genevois... Nouvel<br />

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L’ATTAQUANT EST DE RETOUR A GENÈVE<br />

Il veut devenir titulaire<br />

été et nouvelle tuile. «A Épinal, l’inter-saison a été marqué<br />

par divers problèmes. J’ai appris que le club n’avait pas<br />

été correct avec Philippe Bozon. Il est donc parti. De mon<br />

côté, par fidélité et respect pour celui qui m’avait amené au<br />

club, j’ai aussi décidé de m’en aller. Durant l’été, j’étais en<br />

discussion avec Viège. Je m’apprêtais à m’engager avec<br />

le club quand les dirigeants m’ont fait comprendre qu’ils<br />

préféraient garder une place en attaque pour un junior. Je<br />

me suis donc retrouvé sans club à quelques jours du début<br />

de la saison. Forcément, à cette période de l’année, les<br />

contingents sont bouclés, et il m’était quasi impossible de<br />

trouver un club. C’est là qu’on m’a proposé de jouer avec<br />

GSII (ndlr. l’équipe du <strong>GSHC</strong> qui évolue dans le championnat<br />

de première ligue).»<br />

Relégué au troisième échelon national, Nicolas Leonelli<br />

mange son pain noir en attendant un appel salvateur.<br />

Traversant une période difficile, il lui a alors fallu être<br />

solide dans la tête. «Forcément, lorsqu’on en vient à jouer<br />

au niveau amateur, on pense faire une croix sur le hockey<br />

pro et reprendre ses études. Pour ma part, je me suis mis<br />

une sorte de délai à fin janvier en me disant qu’à cette<br />

date, si aucune équipe ne m’avait appelé, j’allais réfléchir<br />

à tirer un trait sur le hockey pro. Ceci dit, en accord avec<br />

Chris, je continuais alors à m’entraîner avec la première<br />

équipe, ce qui me permettait de garder un bon niveau de<br />

jeu. Puis, 6 matchs avant les Playoffs de NLB, Ajoie m’a<br />

appelé. J’ai fait tous les Playoffs avec le club jurassien.<br />

Au début, je jouais sur le quatrième bloc ou étais laissé de<br />

côté. Puis, dès les demi-finales j’ai été aligné régulièrement.<br />

Malheureusement, je n’ai pu fêter le titre de la catégorie sur<br />

la glace, car j’ai subi une commotion<br />

cérébrale durant la finale.»<br />

2011-2012 (ici une photo d’un match à Langnau), la première<br />

saison du tout jeune Nicolas Leonelli en NLA.<br />

ET MAINTENANT ?<br />

Fort d’un second titre de champion suisse de NLB, Nicolas<br />

Leonelli est revenu au bercail pour préparer la saison<br />

2016-2017. Lucide sur le statut qui est le sien, il a travaillé<br />

dur cet été pour gravir le dernier pallier qui le sépare encore<br />

d’un poste de joueur régulier en NLA. «Je sais que ça ne<br />

sera pas simple, confie-t-il. Chris McSorley s’est montré<br />

surpris en bien de mes performances, mais je reste réaliste.<br />

Cette saison, je pense que je ferai des allers-retours entre la<br />

NLB et le <strong>GSHC</strong> !»<br />

Le Genevois est lucide. Sans doute l’habitude que rien ne lui<br />

soit jamais accordé facilement... GUILLAUME CLAUDE<br />

Le Genevois sous les couleurs d’Ajoie,<br />

au printemps dernier.<br />

Photo: Mauricette Schnider<br />

37


PORTFOLIO<br />

Claire Binder<br />

LA PHOTO OFFICIELLE<br />

MAKING-OF<br />

Organiser la photo d’équipe du <strong>GSHC</strong><br />

est toujours, depuis 2008, un défi. En<br />

effet, les Aigles se déplacent dans<br />

le Canton pour trouver un cadre<br />

différent à chaque fois. Cette année,<br />

l’équipe s’est rendue au Pont de la<br />

Machine pour le traditionnel cliché.<br />

Pour les joueurs, cela signifie partir<br />

de la patinoire tout équipés afin<br />

d’arriver prêts à prendre la pose. Un<br />

réel défi, notamment pour transporter<br />

les gardiens en équipement complet !<br />

Avec ensuite, à la clé, une séance<br />

sous le soleil et la chaleur accablante<br />

du début de septembre, puis le retour,<br />

en bus, aux Vernets pour enfin avoir le<br />

droit d’enlever cet attirail encombrant<br />

et pas très estival !<br />

38


39


PORTFOLIO<br />

Prénom Nom<br />

40


41


ÉVÉNEMENT<br />

Geneva Lake Festival<br />

LE <strong>GSHC</strong><br />

AU GENEVA LAKE FESTIVAL<br />

42


43


LIÉ AUX ZSC LIONS JUSQU’AU TERME DE LA SAISON<br />

L’ancien attaquant genevois poursuit sa route<br />

MORRIS TRACHSLER<br />

PENSE TOUJOURS A GENÈVE<br />

En rejoignant les Lions zurichois, Morris<br />

Trachsler (ici en 2014 face à un autre<br />

ex-Grenat, Eliot Berthon) a troqué son<br />

N°39 genevois contre le N°53.<br />

Voilà un peu plus de quatre ans que Morris Trachsler a quitté<br />

Genève pour rejoindre les ZSC Lions. Tout se passe bien pour<br />

le centre d’origine saint-galloise, puisqu’il a reconduit son<br />

contrat, qui court désormais jusqu’à la fin de la présente<br />

saison.<br />

Vainqueur du championnat suisse en 2014, puis de la Coupe en 2016, il espère<br />

effacer la déception de la saison dernière. «Premiers de la saison régulière,<br />

nous avons été éliminés par Berne – dernier qualifié mais futur champion !<br />

– en quatre manches. Les trois premiers matchs auraient pu basculer d’un<br />

côté ou de l’autre. Question de réussite peut-être… Mais les Bernois se<br />

sont qualifiés sans perdre une rencontre. Bilan 4 à 0 dans la série et, pour<br />

nous, une grosse déception. Pour nos dirigeants, nos entraîneurs, nos fans et<br />

encore plus pour toute l’équipe. Nous n’avons pas eu le temps de comprendre<br />

ce qui nous arrivait et de nous ressaisir pour redresser la barre. C’est<br />

dans ces moments que l’on prend<br />

conscience que les Playoffs restent<br />

décidément une compétition à part.<br />

Où les moindres détails, une erreur,<br />

un décret de la chance comptent.<br />

C’est à la fois beau et cruel.<br />

Finalement, notre victoire en Coupe<br />

de Suisse n’a constitué qu’une mince<br />

consolation…»<br />

44


LIÉ AUX ZSC LIONS JUSQU’AU TERME DE LA SAISON<br />

L’ancien attaquant genevois poursuit sa route<br />

UN BON FEELING POUR LA<br />

SAISON A VENIR<br />

Le président Walter Frey et son<br />

comité ont très vite réagi. Ils ont<br />

limogé le Canadien Marc Crawford,<br />

pourtant auréolé de nombreux<br />

trophées, dont une Coupe Stanley.<br />

Sans oublier le titre national de<br />

l’année précédente. Crawford a<br />

été remplacé par un duo suédois.<br />

«Plus jeunes d’une bonne dizaine<br />

d’années que l’Ontarien, Hans<br />

Wallson et Lasse Johansson<br />

apportent incontestablement du sang<br />

neuf et une autre vision du jeu, plus<br />

européenne. Ainsi qu’un changement<br />

de mentalité par rapport au hockey<br />

sur glace nord-américain. J’ai un bon<br />

feeling pour cette saison. L’équipe<br />

s’est renforcée, tout en conservant<br />

son noyau. Nous disposons ainsi de<br />

quatre blocs équilibrés», souligne<br />

Morris Trachsler.<br />

Il est vrai que performances et résultats de pointe restent un mot d’ordre<br />

incontournable du côté de Zurich. «Les Lions affichent l’un des plus gros<br />

budgets de l’élite du hockey sur glace helvétique, relève l’attaquant. Le<br />

président Frey, son comité et les nombreux et puissants sponsors possèdent de<br />

gros moyens financiers. Mais, en corollaire, les résultats doivent suivre. Tout le<br />

monde en est conscient, à tous les niveaux. C’est clair, lisible et… correct !»<br />

UNE RUDE CONCURRENCE CHEZ LES LIONS<br />

Morris Trachsler savait donc ce qui l’attendait au moment de son départ du<br />

<strong>GSHC</strong>. «Oui, puisque j’ai débuté en NLA avec le ZSC en 2003. J’avais à peine<br />

19 ans. Déjà ambitieuse, la philosophie du club n’a pas<br />

changé. En revenant à Zurich,<br />

je ne partais donc pas<br />

dans l’inconnu. Et j’avais de<br />

surcroît déjà côtoyé<br />

plusieurs de mes nouveaux<br />

coéquipiers au sein de<br />

l’équipe nationale, où se<br />

créent souvent des liens<br />

sympathiques. Après mes<br />

années genevoises, je<br />

trouvais intéressant<br />

de découvrir un<br />

autre système<br />

du jeu, dans une<br />

“<br />

Le public des Vernets<br />

„<br />

aurait mérité un sacre<br />

#53<br />

Morris<br />

TRACHSLER<br />

Né le 15 juillet 1984<br />

à Zurich (Suisse)<br />

Marié<br />

183 cm, 90 kg<br />

Centre (gaucher)<br />

Clubs<br />

GCK Lions (2001-2005)<br />

ZSC Lions (2003-2005)<br />

Genève-Servette (2005-2012)<br />

ZSC Lions (depuis 2012)<br />

Matchs disputés<br />

(au 15 septembre 2016)<br />

NLB: 43 (6 buts, 9 assists) + 24 en séries<br />

finales (2 buts, 4 assists)<br />

NLA: 556 (54 buts, 92 assists) + 129 en<br />

séries finales (15 buts, 37 assists)<br />

Palmarès<br />

Médaillé d’argent aux Championnats du<br />

Monde (2013)<br />

Champion Suisse de NLA avec ZSC<br />

Lions (2014)<br />

Vainqueur de la Coupe Suisse avec ZSC<br />

Lions (2016)<br />

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LIÉ AUX ZSC LIONS JUSQU’AU TERME DE LA SAISON<br />

L’ancien attaquant genevois poursuit sa route<br />

patinoire et devant un public différents. L’expérience est<br />

réussie, puisqu’elle dure déjà depuis quatre ans. Il m’a<br />

simplement et logiquement fallu un temps d’adaptation.<br />

Avec l’équipe, mes partenaires les plus proches et<br />

sur le plan tactique. Mais j’ai été très bien accueilli, à<br />

tous les niveaux. A cet égard, la Suisse alémanique se<br />

montre souvent plus chaleureuse qu’on le prétend…<br />

Au demeurant, j’ai dû m’accrocher pour conquérir ma<br />

place au sein de l’équipe fanion. Je nommerai cela<br />

une compétition de vestiaire ! En fait, la concurrence<br />

est beaucoup plus rude qu’aux Vernets. Mais toujours<br />

correcte, précisons-le. Il faut beaucoup lutter, mais c’est<br />

une situation qui me plaît…»<br />

A Zurich, l’attaquant international se sent bien. «Je n’ai<br />

pas connu le moindre problème à changer de vie. En fait, je<br />

suis en quelque sorte revenu aux sources. J’avais<br />

conservé des amis dans la ville et sa région.<br />

Ce qui a grandement facilité mon retour. D’un<br />

autre côté, je regrette<br />

toujours un peu<br />

Genève. Une cité superbe avec des habitants ouverts et<br />

sympas. Et des lieux ludiques, où je me suis beaucoup plu.<br />

Mais j’avais besoin de changer d’air, de franchir une étape,<br />

et je l’ai fait».<br />

Dès lors, parlons un peu de Genève-Servette. «D’abord,<br />

je dois évoquer les saisons 2008 et 2010. Vice-champions<br />

de Suisse, nous avons à chaque fois frôlé le titre. Nous<br />

avons créé la surprise, mais hélas pas jusqu’au bout. Le<br />

merveilleux public des Vernets aurait mérité un sacre. Il<br />

booste son équipe comme aucun autre. Et la proximité des<br />

gradins avec la glace crée un contact à nul autre pareil.<br />

Dommage, même si je comprends les préoccupations des<br />

autorités, que les normes de sécurité n’autorisent plus<br />

cette proximité exceptionnelle ! A Zurich aussi, les fans<br />

nous encouragent. Mais ils sont plus loin, les émotions ne<br />

sont pas les mêmes. J’aurais vraiment voulu faire partie<br />

de la phalange apportant son premier titre au Genève-<br />

Servette<br />

qui l’a manqué d’un rien tant de fois.<br />

Mais un jour ou l’autre, le compteur<br />

va bien se déclencher. En tout<br />

cas, je le souhaite pour ce club<br />

et son entraîneur qui m’ont tant<br />

apporté.»<br />

Morris Trachsler (à gauche) partage un<br />

moment de joie avec Patrik Bärtschi et Mike<br />

Künzle après avoir marqué le premier but de la<br />

saison 2013-2014 pour son équipe.<br />

46


NOUVEAU <strong>GSHC</strong> MAG<br />

Petit titre<br />

Une scène de la finale 2008. On voit ici l’Aigle Trachsler<br />

échouer devant le gardien des Lions Ari Sulander.<br />

Toute la déception de Morris Trachsler après sa 2 e finale<br />

perdue avec le <strong>GSHC</strong>, en 2010 face à Berne.<br />

Concernant la formation genevoise de cette nouvelle<br />

saison, Morris Trachsler ne se prononce pas trop. «Je<br />

dois avouer que je n’ai pas suivi de près son évolution.<br />

Et l’équipe a beaucoup changé. Mais je sais que Chris<br />

McSorley est un entraîneur très compétent qui travaille<br />

toujours méticuleusement pour mettre sur pied un groupe<br />

performant. Mais nul doute que le GSHS présentera comme<br />

d’habitude une équipe très au point physiquement et dont le<br />

concept n’aura pas changé. Donc, attention aux Genevois,<br />

toujours prêts à sauter sur la moindre occasion !»<br />

UNE ÉPOUSE GENEVOISE<br />

Au fait, l’attaquant a-t-il conservé des attaches à Genève ?<br />

«Je suis surtout resté en contact étroit avec Jonathan<br />

Mercier et Paul Savary qui est parti à Lausanne. Je vois<br />

encore quelques amis, mais surtout ma belle-famille.<br />

Restée à Genève, mon épouse vient de me rejoindre à<br />

Zurich où elle a trouvé un travail.<br />

Mais nous allons continuer à retourner régulièrement à<br />

Genève voir ses proches.»<br />

Un mot encore sur les Mondiaux 2013 qui lui ont permis<br />

de décrocher avec l’équipe helvétique une belle médaille<br />

d’argent. «Ce fut une fantastique aventure d’un groupe<br />

très soudé. Pensez, nous avons remporté neuf victoires<br />

consécutives avant d’échouer en finale face à la Suède.<br />

Sur le moment, ce fut une grosse déception. Mais avec<br />

le recul et en voyant les résultats actuels de l’équipe<br />

nationale, je crois que nous avons réalisé un bel exploit…»<br />

Et fait vibrer toute la Suisse du hockey sur glace !<br />

JEAN-ANTOINE CALCIO<br />

Octobre 2011 face à Langnau,<br />

Trachsler tient en échec Joël<br />

Genazzi et Pascal Pelletier.<br />

47


CARTE BLANCHE A 1905.CH<br />

Forum officiel du <strong>GSHC</strong><br />

DANS LA PEAU<br />

DE CHRIS McSORLEY<br />

candidature au poste d’entraîneur… Et<br />

s’il est vrai que les circonstances se sont<br />

précipitées, rappelons qu’il n’y a pas de<br />

mauvaise façon de prendre une bonne<br />

décision !<br />

Mais sur le chemin de la glace, faisant<br />

face à un miroir, je constate que j’ai les<br />

cheveux en pétard, un rictus de crispation<br />

permanent et la mâchoire bloquée. Il est<br />

désormais clair que par l’opération d’une<br />

faille spatiotemporelle, je suis dans la<br />

peau de Chris McSorley. Et pour l’établir<br />

avec certitude, je vérifie que je chausse<br />

les étranges lunettes aérodynamiques<br />

que nul n’a jamais trouvées en magasin.<br />

Venant à l’instant de me soulager de<br />

plusieurs litres de nectar houblonné<br />

dans le labyrinthe des urinoirs des<br />

Vernets, et une goutte dans le caleçon<br />

plus tard, une lumière éclatante attire<br />

mon attention dans une des cabines<br />

d’aisance.<br />

Avançant prudemment, j’entrouvre la<br />

porte et là, dans un cri étouffé, me voilà<br />

irrésistiblement attiré dans un puissant<br />

vortex. Après un voyage bref, mais<br />

intense, c’est dans le vestiaire du <strong>GSHC</strong><br />

le 26 mars 2016 que je retrouve mes<br />

esprits. Le match 5 des demi-finales de<br />

Playoffs va débuter et, comme si j’étais<br />

l’incarnation du Messie, tout le vestiaire,<br />

joueurs et membres du staff, a les yeux<br />

braqués sur moi.<br />

Je m’exprime dans la langue de<br />

Shakespeare en émaillant mon discours<br />

de rafales de gros mots et voilà que, ne<br />

maitrisant plus ma bouche ni mes mains,<br />

je distribue des consignes aux joueurs<br />

médusés pendant que, une ardoise à la<br />

main, j’échafaude des stratégies de jeu.<br />

On pourrait penser que dans un éclair<br />

de bon sens, le <strong>GSHC</strong> a enfin retenu ma<br />

Qu’à cela ne tienne, cette opportunité unique me permet d’appliquer les idées<br />

géniales issues des fines analyses que, d’ordinaire, je ne partage qu’avec mes<br />

voisins de tribune, mes collègues de bureau, ma famille et des inconnus en pagaille<br />

sur les forums, tweets et autres plateformes. Inutile de dire que je ne manque pas de<br />

munitions, et c’est confiant que je m’installe derrière les joueurs.<br />

Le match lui-même se prête parfaitement à une première, il est méga-décisif, j’ai<br />

rapidement l’occasion de brailler sur les arbitres quand Jim Slater se voit refuser<br />

un but, je me crispe à mort quand on prend un goal en boxplay et, finalement, je me<br />

crispe encore plus quand on mène 2-1. Je me liquéfie littéralement quand, dans les<br />

derniers instants, Tom Pyatt rate la cage vide et qu’à 15 minuscules secondes du<br />

terme, l’égalisation de Lugano nous condamne à des exploits si improbables qu’ils<br />

n’auront finalement jamais lieu…<br />

Ma bonne volonté et mon enthousiasme se sont écrasés sur la réalité de la glace,<br />

et c’est avec satisfaction que, lors d’une nouvelle visite dans les commodités, je<br />

retrouve ma place en tribune pour faire mon métier de supporter: soutenir mon<br />

équipe, pourrir méthodiquement arbitres et adversaires et refaire le match cent fois,<br />

pendant que le staff du <strong>GSHC</strong> est lui affairé à préparer le suivant.<br />

Je me suis longtemps demandé ce que Chris avait bien pu faire<br />

pendant que j’étais à sa place. Nos regards se sont croisés<br />

à la cérémonie de fin de saison, et j’ai compris qu’il<br />

avait souffert le martyre en compagnie de mes<br />

sympathiques voisins de tribune, un analyste<br />

taciturne d’une mauvaise foi proverbiale et un<br />

jeune excité volubile et sautillant.<br />

Lui aussi a dû se réjouir de retrouver sa place.<br />

48


PARTENAIRES<br />

du <strong>GSHC</strong><br />

PARTENAIRES<br />

DU GENÈVE-SERVETTE HOCKEY CLUB<br />

partenaires principaux - platinum<br />

partenaires principaux - gold<br />

partenaires médias officiels<br />

49


PARTENAIRE<br />

MEDICAL<br />

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