12.11.2018 Vues

Essentiel Prépas Novembre

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NOVEMBRE 2018 | N° 21<br />

ÉCONOMIQUES<br />

& COMMERCIALES<br />

PAROLES DE PROF<br />

Pourquoi faire une classe préparatoire EC ? Parcours et témoignages d’anciens préparationnaires<br />

CONTINUUM<br />

Retour sur la journée<br />

du 19 octobre<br />

à ESCP Europe<br />

DOSSIER<br />

Frais de scolarité des<br />

écoles de management :<br />

jusqu’où peut-on aller ?<br />

ENTRETIENS<br />

Delphine<br />

Manceau<br />

(Neoma BS)<br />

Isabelle Barth<br />

(Inseec School<br />

of Business and<br />

Economics)


ÉDITO<br />

Les Grandes écoles<br />

s’interrogent<br />

« Il existe un certain ras-le-bol au sein des Grandes écoles. » Présidente de la Conférence des<br />

grandes écoles, Anne-Lucie Wack exprime un certain désarroi de la part de Grandes écoles à la<br />

fois « constructives dans la dynamique de site mais freinées dans leur développement ». Consacré<br />

à la thématique « Grandes écoles et transformations sociétales », le congrès 2018 de la Conférence<br />

des grandes écoles s’est tenu les 4 et 5 octobre à Lille au sein de Sciences Po et HEI.<br />

Venue inopinément la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation,<br />

Frédérique Vidal, a eu à cette occasion bien du mal à répondre aux interrogations de Grandes<br />

écoles. Notamment sur les quatre grands sujets que sont la diplomation, l’apprentissage, Parcoursup<br />

et le grade de licence.<br />

Conserver ses diplômes ! « On nous dit que ce sont les regroupements d’université qui signeront<br />

nos diplômes ! C’est un peu comme si nous entrions habillés, qu’on nous dise de nous mettre<br />

à nu et qu’on nous offre un tee-shirt en sortant », déplore Anne-Lucie Wack en commentant la<br />

précédente rédaction de l’article 5 des ordonnances que le ministère de l'Enseignement supérieur,<br />

de la Recherche et de l’Innovation prépare. « La signature des diplômes est "identitaire,<br />

vertébrale" », insiste-t-elle avant que Frédérique Vidal lui réponde qu’« un étudiant doit pouvoir se<br />

revendiquer d’une école et de son diplôme mais aussi d’un établissement plus large qui peut lui<br />

ouvrir d’autres portes. La double signature est très classique dans les écoles d'ingénieurs ».<br />

Depuis cet échange les ordonnances ont été réécrites dans le sens des Grandes écoles. Mais<br />

sans dissiper tous les doutes. Alors que ce sera maintenant aux regroupements de décider<br />

jusqu’où ira l’intégration, les Grandes écoles se demandent pourquoi certains voudraient appliquer<br />

partout des textes écrits pour satisfaire aux exigences des jurys des Idex à Paris-Saclay et PSL.<br />

Un jury qui considère qu’une université intégrée doit au moins avoir la haute main sur le budget<br />

et les diplômes des établissements membres. Des établissements qui avaient jusqu’ici uniquement<br />

accepté de mutualiser leurs masters et doctorats. Jamais leur diplôme d’ingénieur ou leur<br />

programme Grande école. « Nous ne sommes pas contre une plus large mutualisation, cela peut<br />

avoir plus de poids pour nos écoles d’avoir la signature d’un grand établissement public, mais<br />

nous voulons qu’on en discute pour savoir ce que ça implique », reprend Anne-Lucie Wack quand<br />

Laurent Champaney, président de la commission amont de la Conférence des grandes écoles et<br />

directeur général des Arts et Métiers remarque : « Notre autonomie est garante de notre performance.<br />

Comment garder notre agilité si nous entrons dans un fonctionnement de démocratie<br />

universitaire dont on connaît justement la lourdeur ? C’est comme si on obligeait toutes les PME et<br />

tous les ETI à intégrer des grands groupes industriels ».<br />

Mieux évaluer les écoles. Avec la Commission d’évaluation des formations et diplômes<br />

de gestion (CEFDG) le Chapitre des écoles de management réfléchit à la création de nouveaux<br />

critères de qualité d’évaluation des écoles pour, par exemple, dépasser le nombre de professeurs<br />

à temps plein quatre jours largement employé aujourd’hui dans les accréditations françaises.<br />

« Ces critères ne représentent pas la réalité actuelle des écoles et l’AACSB (Association<br />

to Advance Collegiate Schools of Business) ou l’EFMD en prennent d’ailleurs d’autres en compte.<br />

Notamment l’impact d’autres professeurs pas forcément à temps plein », explique Alice Guilhon,<br />

président du Chapitre des Grande écoles de management au sein de la CGE et directrice générale<br />

de Skema BS.<br />

« Nous ne sommes pas une agence de certification. Nous allons travailler à partir des données<br />

des agences ad hoc. Le problème est de prendre des critères valables pour tout le monde alors<br />

que les écoles sont très différentes », souligne François Bonvalet, vice-président du Chapitre et<br />

directeur général de Toulouse BS. Et les questions sont nombreuses. La définition d’un « full time<br />

faculty » varie d’un pays à l’autre. Sans lien contractuel pour autant. Pourquoi le garder en France<br />

en l’état ? Notamment si les nouveaux regroupements changent la gestion des professeurs. Un<br />

professeur « visiting deux ans » le compte-t-on ou pas dans ses effectifs ? Et même : comment<br />

compte-t-on tout simplement le nombre de ses étudiants ? « Il y a une vraie volonté des écoles de<br />

faire avancer le sujet », affirme en tout cas Alice Guilhon.<br />

Parcoursup : y aller ! Bien associée aux commissions de réflexion sur l’avenir de Parcoursup, la<br />

Conférence des grandes écoles s’interroge notamment sur la question des étudiants étrangers :<br />

seront-ils obligés de passer par Parcoursup ? Sans parler du mot<br />

tabou de « hiérarchisation » auquel on préfère un « ordonnancement »<br />

des vœux qui devrait avoir lieu fin juillet. Et quid du « répondeur automatique<br />

» imaginé pour ceux qui savent déjà où ils veulent aller ? Les<br />

classes préparatoires aimeraient en bénéficier alors qu’elles ont souffert<br />

cette année d’un système opaque qui laissait penser aux jeunes<br />

qu’ils n’avaient aucune chance de les intégrer au vu de leur rang. Or<br />

en 2019, les candidats pourront savoir jusqu’où les établissements<br />

sont allés dans le rang des candidats finalement acceptés. n<br />

Olivier Rollot<br />

Rédacteur en chef<br />

Sommaire<br />

NOVEMBRE 2018 | N° 21<br />

Les ESSENTIEL DU MOIS 4 à 9<br />

REPORTAGE 10 à 12<br />

Le continuum fait<br />

son hackathon<br />

ENTRETIEN 13-14<br />

« Neoma veut challenger<br />

les pratiques établies »<br />

GROS PLAN 15<br />

NEOMA : pionnier<br />

et ambassadeur de<br />

l’apprentissage immersif<br />

DOSSIER 16 à 20<br />

Frais de scolarité des écoles<br />

de management : jusqu’où<br />

peut-on aller ?<br />

ENTRETIEN 21-22<br />

« Notre projet à l’Inseec<br />

est d’innover radicalement,<br />

pas de rénover »<br />

PAROLES DE PROF 23-24<br />

Parcours et témoignages d’anciens<br />

préparationnaires<br />

REPÈRES 25<br />

BCE : les données du concours 2019<br />

"L’<strong>Essentiel</strong> du Sup - <strong>Prépas</strong>"<br />

est une publication du groupe<br />

SAS au capital de 30 000 €, RCS 532989902 00046 Paris<br />

CPPAP 0920W9375 | 33 rue d’Amsterdam | 75008 Paris |<br />

Directeur de la publication : Sébastien Vivier-Lirimont |<br />

Rédacteur en chef : Olivier Rollot | o.rollot@headway-advisory.com |<br />

Responsable commerciale : Fanny Bole du Chomont |<br />

f.boleduchomont@headway-advisory.com - 01 71 18 22 62 |<br />

Ont collaboré à ce numéro : Juliette Berardi, Anne Dhoquois,<br />

Jean Oullion<br />

Photo de couverture : ESCP Europe<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 2 NOVEMBRE 2018 | N°21


PARIS | NANTES | BEIJING | SHENZHEN<br />

PROGRAMME<br />

GRANDE ÉCOLE<br />

6 e 4 e<br />

CLASSEMENT<br />

SIGEM<br />

INSERTION<br />

PROFESSIONNELLE<br />

DEPUIS 17 ANNÉES<br />

CONSÉCUTIVES<br />

« Parce que l’audace s’affirme avec le savoir, nous développons vos expériences,<br />

Parce que le talent s’exprime grâce à la culture, nous multiplions les influences,<br />

Parce que leadership et responsabilité doivent se faire écho, nous visons plus haut.<br />

Notre vocation ? Vous permettre de développer la vôtre ! »<br />

Nicolas ARNAUD<br />

Directeur Audencia Grande École<br />

audencia.com<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 3 NOVEMBRE 2018 | N°21


EN BREF<br />

→→<br />

7 500 €<br />

Ce pourrait être le « coût pivot »<br />

auquel France Compétences<br />

fixerait le montant auquel<br />

seraient financés les diplômes<br />

de l’enseignement supérieur<br />

effectués en apprentissage.<br />

Un montant que les branches<br />

pourraient augmenter – ou<br />

réduire – de 20 %. De quoi<br />

satisfaire la plupart des<br />

universités et la plupart des<br />

écoles d’ingénieurs publiques<br />

même si, pour ces dernières,<br />

la Commission des titres<br />

d’ingénieurs (CTI) estime plutôt<br />

le coût moyen aux alentours de<br />

12 000 €. Mais certainement pas<br />

les écoles de management dont<br />

les coûts atteignent souvent<br />

les 15 000 €. Alice Guilhon,<br />

présidente du Chapitre des<br />

écoles de management de la<br />

CGE et directrice générale de<br />

Skema, s’interroge même : « Les<br />

Grandes écoles de management<br />

doivent-elles continuer<br />

à financer des dispositifs<br />

d’apprentissage, qui sont leur<br />

principal dispositif d’ouverture<br />

sociale, dans ce contexte ? ».<br />

L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

ESC Clermont : 100 ans et 10 places<br />

de plus pour les élèves de prépas<br />

Le Groupe ESC Clermont fête son centenaire en 2019.<br />

L’occasion d’envoyer un « signal fort » aux élèves de classes<br />

préparatoires en augmentant leurs effectifs. Dix places de plus<br />

(70 en tout) leur seront en effet proposés en première année<br />

du programme Grande école (pour 50 en admissions sur titre<br />

en tout). Alors qu’il n’est plus cette année associée à cinq<br />

autres écoles dans une « grappe » de la BCE, le Groupe ESC<br />

Clermont baisse dans le même temps le prix de son concours<br />

au tarif « symbolique » de 19 € pour les non-boursiers.<br />

Année du Centenaire oblige, l’école et ses partenaires s’associent<br />

pour assumer financièrement cette baisse de prix. n<br />

→ Un des premiers temps forts du centenaire de l’École sera d’accueillir l’Assemblée générale de l’ADEPPT (Association de<br />

promotion des classes préparatoires option technologique) en janvier prochain, durant 2 jours ponctués d’échanges autour de<br />

l’innovation managériale.<br />

Ecricome fait son bilan 2018<br />

Alors qu’Ecricome fête ses 30 ans cette année, les candidats<br />

des prépas économiques et commerciales et littéraires<br />

sont toujours plus nombreux à s’inscrire pour d’intégrer<br />

KEDGE Business School et NEOMA Business School.<br />

Deux écoles qui sont pour la troisième année consécutive<br />

les plus demandées du Sigem avec 8256 candidats<br />

en 2018 (7745 EC et 511 L), soit 1,9 % de plus que l’an<br />

dernier pour un nombre de places stable. Cette hausse<br />

est principalement portée par les candidats EC, le nombre<br />

de candidats littéraires étant quant à lui stable (+1,4 %)<br />

depuis 2016. n<br />

→ Les inscriptions pour le concours 2018 seront ouvertes<br />

du lundi 10 décembre 2018 au vendredi 11 janvier 2019.<br />

Le groupe ESC Troyes<br />

devient « Yschools »<br />

Prononcez le « Y » à l’anglaise : le groupe ESC<br />

Troyes devient Yschools. « La South Champagne<br />

business school reste le vaisseau<br />

amiral dans le management autant que les<br />

autres, l’École supérieure de tourisme ou celle<br />

de design, dans leur domaine », commente le<br />

directeur général du groupe, Francis Bécard, qui insiste : « La mention « ESC »<br />

nous ramenait au seul univers des écoles de management alors que nous<br />

sommes plus seulement une école de management ». Encore fallait-il faire<br />

passer dans sa ville l’abandon à la mention « Troyes » que le seul « y » rappelle<br />

aujourd’hui. « Quel sens avait la mention « ESC Troyes » quand on est implantés<br />

à Metz, Reims ou Paris ? Les élus locaux, et notamment François Baroin,<br />

l’ont très bien compris comme ils ont compris que nous resterions fidèles à nos<br />

racines », assure Didier Papaz, président de l’école et P-DG d’Optic 2000. n<br />

Classement FT des Executive MBA :<br />

les business schools françaises<br />

performent<br />

Excellentes nouvelles pour HEC : son Trium HEC Paris / LSE / NYU Stern monte<br />

à la deuxième place du Classement 2018 des meilleurs E-MBA du Financial<br />

Times alors que son propre MBA fait son entrée à une excellente 6 e place dans<br />

sa version « International EMBA » dispensée à Paris et Doha. L’année est plutôt<br />

bonne pour l’ensemble des écoles de management françaises si on veut bien<br />

faire exception de l’Insead qui perd 5 places (13 e ). Derrière Kedge en gagne en<br />

effet une (36 e ) quand l’Essec / Mannheim se maintient au 47 e rang, que l’emlyon<br />

fait un spectaculaire rapproché (20 places de gagnées pour revenir à la 63 e ), que<br />

Neoma en gagne dix (71 e ), l’Edhec six (80 e ), Rennes SB huit (90 e ) et que TBS clôt<br />

le palmarès en en perdant quatre à la 100 e place.<br />

→ Pour la première fois le classement prend en compte la « corporate social<br />

responsibility » (« responsabilité sociale des entreprises »), domaine où le Global<br />

EMBA de l’espagnole Iese s’impose devant l’Edhec. n<br />

BSB,<br />

TOP 15 DES GRANDES ÉCOLES<br />

DE MANAGEMENT FRANÇAISES<br />

bsb-education.com<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 4 NOVEMBRE 2018 | N°21


L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

Toulouse BS en<br />

« ordre de marche »<br />

EN BREF<br />

→→<br />

Stéphanie Lavigne<br />

52 M€ de chiffre d’affaires contre 46M€ en 2014 et un objectif<br />

de 55 M€ pour 2020, Toulouse BS est « parfaitement en ordre<br />

de marche vers ses objectifs », établit François Bonvalet, son<br />

directeur général, décidé à ne pas se laisser abattre après<br />

l’échec de son recrutement en classe préparatoire cette année :<br />

« Nous nous sommes remis en cause suite à cet événement ».<br />

Dans le cadre de son statut d’EESC (établissement d’enseignement<br />

supérieur consulaire) la chambre de commerce et<br />

d’industrie de Toulouse, tutelle de l’école, va monter au capital de<br />

l’école pour un montant de 27 M€, autant en bâtiments qu’en<br />

capital (dont 200 000 € de frais que la CCI aurait pu s’éviter en<br />

le faisant dès la création de l’EESC). L’école sera ainsi valorisée<br />

à hauteur de 50 M€. Un engagement logique pour sa CCI quand<br />

on sait qu’en quatre ans la richesse vive qu’apporte Toulouse BS a<br />

ses territoires est passée de 309 à 390 M€ selon l’indicateur BSIS<br />

(Business school Impact System) qui calcule l’apport d’un établissement<br />

d’enseignement supérieur à son territoire. « Cet apport va<br />

nous donner une sécurité financière nous qui va nous permettre<br />

d’investir », se félicite François Bonvalet, qui espère toujours trouver<br />

d’autres actionnaires. Sous forme d’augmentation de capital :<br />

« La CCI conservera ses parts. Elle ne souhaite pas les vendre. Sa<br />

participation sera diluée ». Interrogé sur le fait d’aller plus loin en<br />

remettant en cause la participation majoritaire des CCI, François<br />

Bonvalet préférerait qu’on permette aux EESC de « donner des<br />

dividendes » plutôt que de rejoindre un statut purement capitalistique<br />

qui « pourrait faire perdre notre mission de service public ».<br />

: Un nouveau campus<br />

Le premier investissement de Toulouse BS sera de taille : un<br />

nouveau campus « basse consommation » va être construit au<br />

centre de Toulouse – le lieu est encore à définir – pour une inauguration<br />

à la rentrée 2024. Doté d’un budget d’investissement de<br />

100 M€ - foncier et bâtiment – ce projet va faire passer la surface<br />

de l’école de 25 000 à 33 000 m2. Il sera entièrement la propriété<br />

de TBS. L’école va également se développer de plus en plus vers<br />

l’Afrique et pense à créer un quatrième campus à l’étranger après<br />

Barcelone, Casablanca et Londres. TBS va maintenant travailler<br />

à la mise en place de son plan stratégique 2019-2024 qui pourrait<br />

comprendre la création d’un BBA en quatre ans en plus du<br />

bachelor de l’école.<br />

: Cap sur l’expérience étudiante<br />

Excellence académique – cinq professeurs de plus sont recrutés<br />

en 2018-2019 pour atteindre les 110 - et développement international<br />

sont bien sûr au cœur du développement de Toulouse BS<br />

depuis des années. Alors que l’école a déjà dépassé ses objectifs<br />

de scolariser 5 500 étudiants pour 2020 et en compte cette<br />

année 5 650, les nouveautés se trouvent aujourd'hui plutôt dans<br />

l’organisation des cursus. Par exemple avec la création d’un<br />

service « vie et expérience étudiante » au sein du programme<br />

Grande école. « L’expérience étudiante est au cœur de nos préoccupations<br />

pour des étudiants de plus en plus exigeants avec un<br />

esprit de "pastoral care" et la promesse d’une insertion professionnelle<br />

de qualité. Nous tenons cette promesse qui est un<br />

facteur clé de succès », reprend François Bonvalet. Côté innovations<br />

pédagogiques, une dizaine de robots de téléprésence BEAM<br />

sont utilisés pour permettre l’organisation de réunions à distance<br />

alors qu’une plateforme d’auto-formation au code sera mise à<br />

disposition des étudiants cette année. En janvier 2019 sera lancé<br />

The Kube, un espace de co-working où se retrouveront étudiants<br />

et professeurs autour d’écrans interactifs et d’un mobilier déplaçable<br />

de cellules d’isolation. Le tout en accès libre au cœur de<br />

l’école.<br />

: Deux nouveaux clusters<br />

TBS va créer deux « clusters » dont l’un en « Intelligence artificielle<br />

(IA) et Business Analytics » qui va « marquer quelque chose<br />

de fort dans le monde de l’enseignement supérieur ». Côté entreprises<br />

Atos, SAP, PwC ou encore<br />

Capgemini seront partenaires<br />

de ce premier cluster sur lequel<br />

quinze professeurs sont mobilisés.<br />

Côté académique les universités<br />

de Warwick ou d’Arkansas,<br />

HEC Montréal et même la<br />

Toulouse School of Economics<br />

travailleront avec l’institut. « L’institut<br />

sera présent dans tous nos<br />

programmes et nous permettra<br />

de revoir même notre manière<br />

d’enseigner. » Sans surprise<br />

pour une école proche d’Airbus<br />

l’autre cluster sera sur consacré<br />

aux « nouvelles mobilités des<br />

personnes et des engins » sous<br />

l’angle spécifique de l’aéronautique<br />

et du spatial. n<br />

a été nommée directrice<br />

générale adjointe de<br />

Toulouse BS. Dean de<br />

l’école depuis 2014 elle<br />

est également professeur<br />

de management<br />

stratégique à l’Isae-<br />

SupAéro. Diplômée de<br />

TBS et titulaire d’un<br />

doctorat en économie<br />

de Toulouse 1 Capitole<br />

elle a successivement été<br />

maître de conférence à<br />

Toulouse 1 Capitole puis<br />

Sciences Po Toulouse<br />

avant d’intégrer<br />

Toulouse BS en 2002.<br />

→→<br />

Jean Charroin<br />

51 ans, a été nommé<br />

directeur général<br />

du Groupe Essca<br />

qu’il rejoindra le<br />

19 novembre avant<br />

de prendre son poste<br />

le 1 er décembre. Il<br />

succédera à Catherine<br />

Leblanc, qui occupait<br />

le poste depuis le<br />

1 er janvier 2008 et<br />

l’avait repris mi-avril<br />

2018 moins d’un an<br />

après avoir passé le<br />

flambeau à Samir<br />

Ayoub. Entre 2006<br />

et 2015 il a été directeur<br />

du programme Grande<br />

école puis directeur<br />

général adjoint<br />

d’Audencia.<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 5 NOVEMBRE 2018 | N°21


L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

EN BREF<br />

→→<br />

Parcoursup :<br />

un premier bilan<br />

Dans sa note<br />

PARCOURSUP 2018 :<br />

propositions d’admission<br />

dans l’enseignement<br />

supérieur et réponses des<br />

bacheliers, le ministère<br />

de l’Enseignement<br />

supérieur, de la Recherche<br />

et de l’Innovation établit<br />

que, sur l’ensemble des<br />

bacheliers 2018 ayant<br />

formulé un vœu sur<br />

Parcoursup, 94,4 % ont<br />

reçu une proposition<br />

d’admission toute phase<br />

confondue (pourcentage<br />

équivalent à celui observé<br />

sur APB l’an dernier soit<br />

94,5 %). Parmi eux, près<br />

de 8 sur 10 accepteront<br />

l’une d’entre elles durant<br />

l’une des phases de la<br />

procédure.<br />

Parmi l’ensemble des<br />

filières de formation,<br />

la licence représente<br />

41 % des propositions<br />

acceptées. Pour les<br />

bacheliers généraux,<br />

cette part atteint 51 %,<br />

suivie par les formations<br />

en CPGE et en PACES<br />

avec 12 %. La filière<br />

de formation la plus<br />

demandée dans la liste<br />

de vœux d’un candidat,<br />

se reflète dans les<br />

propositions reçues<br />

puis acceptées. Ainsi,<br />

plus de 9 candidats sur<br />

10 dont les vœux sont<br />

formulés principalement<br />

en PACES, l’obtiennent.<br />

Les candidats postulant<br />

majoritairement en CPGE<br />

sont 73 % à accepter cette<br />

formation.<br />

omme pour nos autres implantations dans le monde nous<br />

«Ctravaillons avec un partenaire local. Ici il s’agit de KMR,<br />

le leader de l’enseignement supérieur privé marocain », détaille<br />

le directeur général du groupe emlyon BS, Bernard Belletante.<br />

Trois ans après s’être installée dans la capitale économique du<br />

royaume, l’école s’affirme toujours plus « globale » après ses<br />

campus de Shanghai et Bhubaneswar en Inde et en attendant<br />

peut-être une autre ouverture en Afrique.<br />

: S’implanter au Maroc<br />

« Nous aurons réussi quand on dira qu’emlyon est une école<br />

marocaine. Aujourd'hui notre principal concurrent c’est emlyon<br />

en France ! » Directeur d’emlyon BS pour l’Afrique, Tawhid Chtioui<br />

a été recruté par Bernard Belletante en 2015 pour relever le<br />

challenge d’une installation que n’avait pas pu gérer son prédécesseur.<br />

Trois ans après la mission est en passe d’être accomplie.<br />

Et les ambitions sont maintenant immenses : « Nous ne sommes<br />

pas là juste pour dupliquer les programmes français mais pour en<br />

inventer d’autres propres au Maroc et à l’Afrique. La globalisation<br />

va dans les deux sens et on reproduit aujourd'hui en France ce<br />

que nous avons créé ici pour le BBA ».<br />

Sa filiale, qui compte sept professeurs permanents, a également<br />

développé un MOOC « Doing business in Africa » ou créé<br />

le premier programme en alternance du royaume : « Aujourd'hui<br />

les diplômés marocains ont un taux de chômage de 26 % alors<br />

que beaucoup d’entreprises marocaines ont du mal à recruter.<br />

Nous devons donner à ces jeunes les clés pour résoudre des<br />

problèmes inconnus. Pas appliquer des recettes toutes faites ».<br />

emlyon BS ouvre<br />

un campus à<br />

Casablanca<br />

C’est sur pas moins de 5000 m 2 en<br />

bord de mer dans le quartier ultraluxueux<br />

tout juste sorti de terre de la<br />

Marina de Casablanca que emlyon BS<br />

a inauguré ses nouveaux bâtiments le<br />

12 octobre. En tout ce sont 90 millions<br />

de dirhams (environ neuf millions<br />

d’euros) qui ont déjà été investis dans<br />

le cadre d’un partenariat.<br />

Les programmes d’emlyon Casablanca bénéficient du visa français<br />

comme de la reconnaissance de l’État marocain. Un sacré<br />

casse-tête en termes d’accréditations : « Nous devons entrer<br />

dans les contraintes de chacun pour démontrer nos capacités<br />

locales ». Des capacités également démontrées par des accords<br />

avec l’université Hassan II sur l’entrepreneuriat ou encore l’université<br />

internationale de Casablanca.<br />

: Interactivité maximale<br />

À Casablanca l’emlyon BS a voulu créer un campus d’un<br />

nouveau genre. « Nous n’avons pas d’amphithéâtres mais des<br />

salles interactives dans lesquelles tout le mobilier se déplace,<br />

se transforme, équipées de quatre écrans interactifs. Les tous<br />

derniers Smart 8 000 ! », détaille Tawhid Chtioui. Mobilisées<br />

pendant deux ans en liaison avec les autres équipes de l’école,<br />

ses 30 collaborateurs ont conçu un immeuble qui comprend<br />

aussi bien des salles de cours qu’un Learning Hub (bibliothèque<br />

sans livre au sein de laquelle on peut travailler et consulter d’immenses<br />

bases de données) ou encore un accélérateur de start<br />

up, le Maker’s lab, équipé d’imprimantes 3D.<br />

Enfin emlyon Casablanca est la première école au monde à utiliser<br />

une toute nouvelle technologie d’éclairage qui permet, non<br />

seulement de n’éclairer les locaux qu’en cas de nécessité (80 %<br />

d’économies d’énergie !), mais aussi de le faire varier selon qu’on<br />

veut que les étudiants se concentrent dans une lumière atténuée<br />

ou encore soient très réveillés avec une lumière plus vive. Le tout<br />

avec une vue stupéfiante sur l’Océan atlantique et la Grande<br />

Mosquée Hassan II toute proche. n<br />

Lancement du MOOC : « De la prépa aux Grandes<br />

écoles de commerce : le bon parcours pour moi ? »<br />

Associée à SKEMA Business School, et l’APHEC, ESCP Europe<br />

lance sur la plateforme FUN MOOC le MOOC De la prépa aux<br />

Grandes écoles de commerce : le bon parcours pour moi ?<br />

« Nous souhaitons que les lycéens et leur entourage prennent<br />

conscience que nos établissements ouvrent à tous les champs<br />

des possibles et qu’il existe des formations d’excellence pour<br />

tous, du bac+3 au bac+8 », explique Frank Bournois, le directeur<br />

général de ESCP Europe.<br />

Le MOOC donne accès à l’univers des Grandes écoles et offre<br />

l’opportunité de dialoguer avec ses parties prenantes via le<br />

forum de discussion. Il permet d’échanger avec les principaux<br />

acteurs de cet écosystème : professeurs de prépas, diplômés,<br />

étudiants et directeurs de grande école eux-mêmes (Alice Guilhon,<br />

Frank Bournois) ayant accepté de partager leur propre<br />

expérience.<br />

Les élèves qui s’inscrivent au MOOC auront d’une séquence à<br />

l’autre des thèmes à préparer. Ils auront aussi à visualiser différentes<br />

capsules vidéos et à répondre à un petit questionnaire<br />

pour faire le point sur leur apprentissage. Un forum avec les<br />

responsables du MOOC et tous les participants complétera le<br />

dispositif. n<br />

→ Le MOOC sera disponible sur la plateforme FUN MOOCS à<br />

partir du 26 novembre 2018. Inscriptions ici dès à présent.<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 6 NOVEMBRE 2018 | N°21


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L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 7 NOVEMBRE 2018 | N°21


L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

BCE : ce qu’on sait de la nouvelle<br />

épreuve de géopolitique<br />

© Grenoble EM<br />

La nouvelle épreuve spécifique de géopolitique pour<br />

la BCE à destination des élèves des classes prépas<br />

option S sera présentée dans le détail mi-novembre<br />

aux professeurs de classes préparatoires et aux<br />

candidats. « Cette nouvelle épreuve rappelle l’importance<br />

stratégique qu’occupe désormais la géopolitique<br />

dans le monde économique et par conséquent<br />

pour l’éducation des futurs décideurs », explique<br />

Jean-François Fiorina réfléchissait depuis 10 ans à cette nouvelle épreuve.<br />

Jean-François Fiorina, le directeur adjoint de GEM et grand passionné de géopolitique, qui a confié la<br />

réalisation de cette épreuve à l’un de ses professeurs. Les candidats recevront des informations courant<br />

novembre comme par exemple des sujets test. L’école prévoit également 2 ou 3 webinars en décembre et<br />

janvier, à destination des professeurs de prépa et leurs élèves pour répondre à leurs questions. Les correcteurs<br />

d’épreuve sont également en cours de recrutement.<br />

Rappel de la composition de l’épreuve : à partir de différentes cartes complémentaires et de quelques<br />

données, les candidats devront proposer une analyse géopolitique comprenant :<br />

1) Une description de la situation multidimensionnelle (historique, géographique, économique…)<br />

2) Une explication de cette situation, une identification<br />

des éléments clefs, en prenant en compte<br />

la vision des différents acteurs et la variété des<br />

échelles d’analyse<br />

3) L’élaboration de plusieurs scénarii d’avenir (ou des<br />

questions que cela peut poser).<br />

L’approche choisie aura pour objectif de :<br />

- permettre aux candidats de comprendre l’espace<br />

qui les environne plutôt que d’en être des<br />

dessinateurs ;<br />

- les faire réfléchir sur un espace (ou sur une<br />

problématique) ;<br />

- les inciter à formuler des hypothèses en lien avec le<br />

monde de l’entreprise ;<br />

- développer leurs capacités d’analyse, de réflexion<br />

de synthèse et de créativité, tout en s’appuyant sur<br />

leurs connaissances académiques. n<br />

→ Pour en savoir plus sur la géopolitique à GEM (des cours<br />

dédiés, des publications et un événement annuel majeur<br />

depuis plus de 10 ans, le Festival de Géopolitique) :<br />

www.grenoble-em.com/la-geopolitique<br />

EN BREF<br />

→→<br />

Rennes SB lance un<br />

programme<br />

d’accompagnement de ses<br />

étudiants à haut potentiel<br />

Avec les groupes<br />

Beaumanoir, Le Duff,<br />

Roullier et Samsic, Rennes<br />

SB lance un programme<br />

d’accompagnement de ses<br />

étudiants à haut potentiel.<br />

Destiné à identifier le<br />

potentiel managérial des<br />

meilleurs étudiants de master<br />

2 de l’école, un « Business<br />

escape game » est le point<br />

de départ du programme.<br />

Près de 50 étudiants ont été<br />

retenus par les 16 managers.<br />

Ils bénéficieront de 10 jours<br />

d’ateliers, de conférences et<br />

d’échanges avec les managers<br />

des entreprises en 2018/2019.<br />

Autrement publie « Mon atlas de prépa »<br />

La BCE se dématérialise<br />

Pour le concours 2019, l’ensemble des 135 000 copies du<br />

concours BCE seront numérisées et les 800 enseignants sollicités<br />

pour en assurer la correction seront amenés à corriger<br />

ces copies en ligne sur une plateforme développée et testée<br />

par le partenaire informatique de la BCE, l’INP Toulouse (à la<br />

manœuvre sur APB puis Parcoursup par ailleurs).<br />

À l’issue des épreuves écrites, qui se dérouleront du 29 avril<br />

C’est la première fois que les éditions<br />

Autrement publient un ouvrage à destination<br />

des élèves de classes préparatoires<br />

EC. Rédigé par Hugo Billard,<br />

professeur de géopolitique en classe<br />

préparatoire ECS au lycée parisien<br />

Saint-Michel de Picpus, « Mon atlas<br />

de prépa » présente sur une double<br />

page une série de 80 cartes commentées qui résume les<br />

connaissances acquises en première, terminale et dans les<br />

deux années d’ECS. « L’idée est de problématiser chaque<br />

sujet en ajoutant des citations utilisables dans les dissertations.<br />

Il ne s’agit pas d’un cours mais de cas très concrets »,<br />

commente l’auteur, heureux de constater à quel point ses<br />

élèves « adorent la géopolitique » : « En prépas ECS ils approfondissent<br />

ce qu’ils n’ont vu que par bribes avant avec des<br />

programmes très bien conçus ».<br />

Cet intérêt pour sa matière est tel que Hugo Billard organise<br />

des « Rencontres géopolitiques » et a créé un « Prix du livre<br />

géopolitique » dans son lycée. Chaque année six de ses élèves<br />

lisent sept ou huit livres avant de le remettre n<br />

→ « Mon atlas de prépa », Hugo Billard, éditions Autrement,<br />

192 pages, 24,90 € (16,99 € en version Epub ou Pdf)<br />

au 10 mai 2019, les copies seront numérisées en couleur via<br />

des scanners haut débit, anonymisées, brassées à l’unité et<br />

affectées électroniquement aux correcteurs qui les visualiseront<br />

et les noteront sur écran, via un serveur sécurisé. Cette<br />

dématérialisation permet notamment un meilleur brassage des<br />

copies qui rend « obsolète » l’idée qu’un candidat serait mieux<br />

traité en Régions qu’en Ile-de-France. n<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 8 NOVEMBRE 2018 | N°21


L’ESSENTIEL DU MOIS<br />

L’Etudiant publie son palmarès<br />

S’il ne présente pas de grandes évolutions par<br />

rapport à l’édition 2018, l’édition 2019 du Palmarès<br />

de l’Etudiant apporte son lot de confirmations.<br />

Si le « top 8 » reste inchangé, Neoma BS et Skema<br />

BS gagnent deux places et rejoignent Audencia<br />

et l’Iéseg à la 7 ème place. De leur côté Kedge<br />

et Toulouse BS en gagnent une au détriment de<br />

Rennes SB (3 ème à l’international quand même).<br />

Un peu de baume sur le cœur d’une TBS inquiète<br />

après ses baisses dans les classements en 2018<br />

et sa médiocre performance dans le Sigem qui<br />

s’en est suivie. Les deux progressions les plus<br />

marquantes sont à mettre au crédit de l’EMLV (+4<br />

places et huit points de mieux) et mieux encore de<br />

l’ISC Paris : cinq places de gagnées.<br />

En revanche la douche est froide pour l’Essca et la<br />

Burgundy School of Business qui perdent chacune<br />

trois places. Si l’Essca perd seulement un point ses<br />

concurrentes, ICN BS et Institut Mines Télécom BS,<br />

en gagnent en effet chacune cinq et la dépassent.<br />

Quant à BSB elle souffre de la remontée de Paris<br />

School of Business et de l’EM Normandie et de<br />

carences dans ses relations entreprises. Mais la<br />

chute la plus rude est du côté de l’ISG : huit places<br />

de moins en un an. La raison : son visa, et donc<br />

son grade de master, ne lui a été accordé que pour<br />

un an par la Commission d’évaluation des formations<br />

et diplômes de gestion. n<br />

Rang Rang Écoles Excellence Excellence Proximité Total Total Différence Différence<br />

2019 2018 académique internationale entreprises 2019 2018 points rang<br />

1 1 HEC Paris 25 24 25 74 75 -1 0<br />

2 2 ESSEC 25 24 23 72 74 -2 0<br />

3 3 ESCP Europe 23 22 24 69 69 0 0<br />

4 4 emlyon BS 24 20 21 65 64 1 0<br />

5 5 EDHEC BS 22 21 21 64 63 1 0<br />

6 6 Grenoble EM 21 21 19 61 59 2 0<br />

7 7 Audencia BS 21 18 20 59 58 1 0<br />

7 7 IESEG 22 22 15 59 58 1 0<br />

7 9 NEOMA BS 21 19 19 59 57 2 2<br />

7 9 SKEMA BS 21 21 17 59 57 2 2<br />

11 12 KEDGE BS 19 17 19 55 52 3 1<br />

11 12 Toulouse BS 22 16 17 55 52 3 1<br />

13 11 Rennes School of Business 17 22 14 53 54 -1 -2<br />

14 14 Montpellier BS 19 16 15 50 47 3 0<br />

15 15 ICN BS 16 19 13 48 43 5 0<br />

16 18 Institut Mines-Télécom BS 16 15 13 44 39 5 2<br />

17 17 EM Strasbourg 17 15 11 43 42 1 0<br />

18 15 ESSCA 15 15 12 42 43 -1 -3<br />

19 21 EM Normandie 15 13 13 41 35 6 2<br />

19 20 Paris School of Business 12 14 15 41 36 5 1<br />

21 18 Burgundy School of Business 16 14 10 40 37 3 -3<br />

21 25 EMLV 13 12 15 40 32 8 4<br />

21 22 Inseec 13 13 14 40 34 6 1<br />

24 26 ESCE 13 13 10 36 31 5 2<br />

24 24 IPAG 12 13 11 36 33 3 0<br />

24 29 ISC Paris 12 11 13 36 30 6 5<br />

27 26 La Rochelle Business School 13 12 8 33 27 6 -1<br />

28 27 EBS Paris 11 9 12 32 30 2 -1<br />

28 27 EDC Paris BS 11 8 13 32 30 2 -1<br />

30 22 ISG 7 8 14 29 34 -5 -8<br />

31 36 ICD 7 8 11 26 21 5 5<br />

32 32 ESC Clermont 10 8 6 24 25 -1 0<br />

32 34 South champagne business school 9 10 5 24 23 1 2<br />

34 31 IDRAC BS 9 6 7 22 26 -4 -3<br />

35 37 ESDES 7 6 8 21 20 1 2<br />

35 33 ISTEC 8 7 6 21 24 -3 -2<br />

37 35 ESC Pau 7 5 7 19 21 -2 -2<br />

38 38 Brest BS 5 4 6 15 13 2 0<br />

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Seulement 1 % des Business Schools<br />

au monde ont la triple accréditation.<br />

ESCP Europe en fait partie.<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 9 NOVEMBRE 2018 | N°21


REPORTAGE<br />

Le continuum fait<br />

son hackathon<br />

© François Daburon / ESCP Europe<br />

l faut absolument recommencer ! », « La<br />

«I présence des étudiants nous a beaucoup<br />

apporté », « Les débats ont été vifs mais courtois »,<br />

« Des idées nouvelles ont apparu mais il faut aller<br />

plus loin ». Les 120 participants de la journée de<br />

réflexion organisée le 19 octobre par le cabinet<br />

HEADway Advisory sous forme de « hackathon »<br />

affichaient une vraie satisfaction à l’issue de<br />

leurs ateliers. Au sein des nouveaux locaux de<br />

ESCP Europe proches de Montparnasse, avaient<br />

travaillé ensemble des proviseurs de l’APLCPGE<br />

(Association des proviseurs de lycées à casses<br />

préparatoires aux Grandes écoles), des professeurs<br />

de l’APHEC (Association des professeurs des classes<br />

préparatoires économiques et commerciales), des<br />

directeurs de Grandes écoles de management<br />

ou de PGE et surtout, c’était toute l’originalité<br />

du processus, des anciens étudiants de classes<br />

préparatoires ravis qu’on leur donne la parole. Ils<br />

ont d’ailleurs été nombreux à restituer les travaux de<br />

leur groupe.<br />

→ Le hackathon s’appuyait sur une étude<br />

quantitative menée en amont auprès de plus<br />

de 1 300 étudiants en classe préparatoires et<br />

Professeurs, proviseurs, directeurs de Grandes écoles<br />

de management ou de PGE mais aussi anciens élèves<br />

de prépas, HEADway Advisory avait réuni le 19 octobre à<br />

ESCP Europe une centaine de passionnés des prépas pour<br />

évoquer leur vision du continuum CPGE-GE. Le résumé et<br />

les axes de réflexion à tirer d’une journée bien remplie.<br />

d’étudiants en Grandes écoles ayant étudié en<br />

CPGE : 76 % considèrent qu’il n’existe pas de<br />

continuité entre CPGE et Grandes écoles alors<br />

qu’ils sont 81 % à estimer que cette continuité<br />

est nécessaire.<br />

: Une matinée pour faire<br />

éclore des idées<br />

Le hackathon a commencé le matin par un travail<br />

en 14 petits groupes – moins d’une dizaine de<br />

participants des quatre populations invitées réunis<br />

– pour définir ce qu’ils attendaient du continuum.<br />

Le tout dans un esprit de totale liberté - c’est le<br />

principe même du hackathon - en donnant la parole<br />

à chacun sans prendre en considération leur statut.<br />

Le « tuilage » nécessaire.<br />

Dans la restitution de chaque groupe qui a eu lieu en<br />

fin de matinées quelques grands thèmes ont vite fait<br />

l’unanimité autour de la nécessité d’un « tuilage »<br />

entre les deux temps de formation (on entend il<br />

faut « cheminer ensemble pour éviter les ruptures »<br />

mais aussi « une liberté à retrouver une fois dans<br />

une Grande école »), de la nécessité d’« atténuer la<br />

perte de repères » subie à l’entrée dans la Grande<br />

école, de « redonner du sens » ou encore de<br />

« valoriser les acquis de prépas ». Il faut « travailler<br />

sur la continuité de la démarche pédagogique<br />

pour éviter toute dépression » insistent plusieurs<br />

groupes quand une demande qu’on « renouvelle les<br />

méthodes pédagogiques avec des élèves qui aiment<br />

être challengés et l’être encore une fois en école de<br />

commerce ».<br />

D’aucuns mettent en avant que « les professeurs<br />

des écoles ne savent pas ce qui se passe dans les<br />

prépas », notamment avec la « montée en puissance<br />

du nombre de professeurs étrangers ». Un groupe<br />

émet l’idée de mettre en avant une « montée en<br />

puissance plus qu’une continuité ».<br />

Immersion en entreprises et culture générale.<br />

Dans l’esprit des actions plus précises déjà mises<br />

en œuvre dans beaucoup de classes préparatoires<br />

et Grandes écoles, plusieurs groupes ont demandé à<br />

que soit « généralisées les périodes d’immersion en<br />

entreprises dès la prépa ». Une « idée libre » fuse :<br />

faire venir des jeunes diplômés dans leur ancienne<br />

classe pour « refaire le lien entre les écrits et les<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 10<br />

NOVEMBRE 2018 | N°21


REPORTAGE<br />

oraux » et « parler école et métiers ».<br />

La demande est également forte dans les groupes<br />

pour que les écoles « dispensent plus de culture<br />

générale en première année » ou qu’il y ait « plus<br />

de transversalité entre les disciplines » (en prépas<br />

comme dans les écoles). On entend plusieurs fois :<br />

« Il ne faut pas tout perdre de ce qu’on a appris en<br />

prépa une fois dans l’école ! »<br />

Créer une journée de réflexion.<br />

Est apparue dans plusieurs groupes l’idée de créer<br />

un « Journée nationale prépa Grandes écoles »<br />

les réunissant pour se présenter aux lycéens<br />

avant le bac. Des étudiants ont aussi insisté<br />

sur « l’implication de tous les acteurs dans un<br />

dialogue » : « Nous voulons entendre un discours<br />

très clair des écoles pour savoir pourquoi nous<br />

devons faire des maths et nous coucher à 23h pour<br />

préparer les concours ! » Le seul objectif ne doit<br />

pas être de se préparer au concours. Il faut mieux<br />

présenter l’écosystème des écoles de commerce<br />

demandent des étudiants qui insistent : « Quel<br />

est le projet de l’élève au-delà de la réussite au<br />

concours ? On n’entre pas en prépa seulement pour<br />

éviter l’université ! »<br />

Il faut également mieux informer les élèves sur les<br />

financements de leurs études alors qu’ils « passent<br />

d’un système gratuit à payant ». Enfin les écoles<br />

pourraient mieux se présenter car « on les choisit<br />

essentiellement en fonction de leur classement sans<br />

rien percevoir de leur réalité. On voulait ce que les<br />

autres ne pouvaient pas avoir ! ».<br />

Augmenter l’attractivité.<br />

La question de l’attractivité de la filière a<br />

également été mise en avant alors que certains<br />

constatent une certaine « désaffection pour les<br />

classes préparatoires de proximité » : il faut<br />

« dépoussiérer l’image des prépas » ! L’idée de<br />

« rendre obligatoire des séances d’information<br />

où les écoles se présenteraient mais aussi les<br />

entreprises » a été émise.<br />

L’ensemble des groupes a surtout évoqué l’idée de<br />

mettre en avant les compétences acquises par les<br />

préparationnaires : « Les anciens préparationnaires<br />

doivent expliquer la complémentarité des<br />

compétences acquises en CPGE et en GE afin nous<br />

comprenions réellement le fil conducteur et la valeur<br />

ajoutée de nos 5 années d’études » avec comme<br />

exemple « 10 heures de maths par semaine, c’est<br />

apprendre à trouver une solution, développer sa<br />

rigueur, et non faire juste des études théoriques ».<br />

: Une après-midi pour faire<br />

des propositions concrètes<br />

La première phase du hackathon finie l’après-midi<br />

a été consacrée à une réflexion sur la mise en<br />

œuvre de propositions concrètes. Pour y parvenir<br />

les groupes se sont étoffés pour atteindre entre 20<br />

et 30 membres qui réfléchissent à quatre grands<br />

thèmes.<br />

« Informer - créer des connaissances<br />

mutuelles ».<br />

Les représentants du groupe ayant travaillé sur<br />

cette première thématique sont clairs : « Les<br />

préparationnaires arrivent en école décontenancés,<br />

sans que leurs profils ou leurs filières soient<br />

réellement considérés ». Avant d’intégrer l’école,<br />

ils savent que la pédagogie va être différente<br />

mais ils se posent les questions suivantes : « Que<br />

vais-je apprendre ? Pourquoi suis-je là ? Quels<br />

métiers, quels secteurs d’activités pourraient me<br />

plaire ? Comment mon parcours en prépa va-t-il être<br />

reconnu et valorisé au sein de l’école et plus tard ?».<br />

Les étudiants insistent : « En amont il faut une<br />

acculturation, changer la façon dont les écoles de<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 11<br />

NOVEMBRE 2018 | N°21


REPORTAGE<br />

commerce viennent se présenter et informer les<br />

étudiants en classe préparatoire. Actuellement il<br />

s’agit d’un discours différenciant des écoles, ce que<br />

les écoles pensent qu’elles doivent dire, ce que les<br />

étudiants en prépa veulent entendre…, sauf que<br />

non, leurs besoins d’informations ne correspondent<br />

pas exactement à ces discours ». Après ce point, les<br />

étudiants mettent en avant des idées : « Avant les<br />

oraux, nous avons besoin de découvrir l’ADN des<br />

écoles en général et non l’ADN de l’école qui vient<br />

se présenter, il faut dans ce premier temps recentrer<br />

le discours sur pourquoi une école de commerce<br />

et non sur pourquoi cette école de commerce ». Il<br />

faudrait aussi que plus de jeunes diplômés viennent<br />

témoigner pour illustrer ce continuum.<br />

Toujours à propos de l’information en classe<br />

préparatoire, les étudiants ont besoin de découvrir<br />

plus tôt les métiers qui peuvent les intéresser (selon<br />

l’étude précitée : 35 % des étudiants issus de<br />

classes préparatoires ont seulement une « vague<br />

idée de métiers qui peuvent les intéresser »).<br />

D’autres groupes de travail expriment l’idée de<br />

« faire intervenir des diplômés pour présenter<br />

leurs métiers et expliquer l’intérêt de faire une<br />

classe préparatoire en illustrant les compétences<br />

acquises ».<br />

« Apprendre et travailler - Continuité<br />

disciplinaire & méthodes pédagogiques ».<br />

Pour de nombreux étudiants issus de classes<br />

préparatoire, le passage en Grande École est une<br />

rupture, un changement de monde, certains voient<br />

« mal ce passage de la théorie à la pratique ». Les<br />

représentants de ce deuxième groupe évoquent le<br />

besoin, déjà énoncé, de « montrer les différences et<br />

les complémentarités de compétences acquises ».<br />

Concernant la question centrale de la continuité des<br />

méthodes pédagogiques, un professeur de prépa<br />

déclare : « C’est un point de vigilance. Que les<br />

Grandes écoles adoptent les mêmes qu’en classes<br />

préparatoires ne ferait que déplacer en 2 e ou en 3 e<br />

année ce problème de transition. Lors d’un stage ou<br />

même en fin d’études ». Dans l’autre sens certains<br />

professeurs de Grandes écoles pourraient proposer<br />

des cours introductifs pour initier les étudiants<br />

aux Grandes écoles, mais « les plannings sont<br />

compliqués à gérer ».<br />

Pour répondre à ce besoin de transition certains<br />

représentants imaginent dès la classe préparatoire<br />

« la mise en place de sortes de TPE avec des<br />

crédits ECTS pour mettre en place des travaux de<br />

groupe concrets et ainsi booster les étudiants à se<br />

tourner et découvrir le monde du travail ». Sur ce<br />

point le proviseur de Louis-Le-Grand et président<br />

de l’APLCPGE, Jean Bastianelli, insiste sur le « gain<br />

d’image et d’efficacité » qu’il y aurait à « conduire<br />

les étudiants à se former en interdisciplinarité ».<br />

Et le président de l’APHEC, Alain Joyeux, de<br />

mettre également en avant que « les stages de<br />

découverte en entreprise d’une ou deux semaines<br />

avec petite mission à réaliser en fin de 1 ère année<br />

pour les préparationnaires, mis en place par les<br />

établissements volontaires ou expérimentaux,<br />

gagneraient à être institutionnalisés ».<br />

« Avoir des activités – Créer des<br />

collaborations ».<br />

Les préparationnaires sont « décontenancés » à<br />

l’arrivée dans les Grandes écoles, avec un « manque<br />

d’échange et d’informations entre les différents<br />

groupes et parties prenantes de continuum »<br />

selon les représentants de ce troisième groupe qui<br />

demande : « Pour assurer des échanges entre CPGE<br />

et Grandes écoles, il faut organiser des congrès<br />

régionaux des CPGE avec comme intervenants des<br />

directeurs/top responsables des Grandes écoles. Il<br />

faut intensifier les échanges entre les professeurs<br />

des CPGE et des Grandes écoles pour partager les<br />

informations et ainsi impacter de bonne manière<br />

les étudiants ». Du côté des préparationnaires<br />

certaines solutions sont présentées comme « utiliser<br />

des ressources en ligne (MOOC) pour promouvoir<br />

les enseignements dispensés en Grandes école,<br />

organiser des journées – séminaires - pour les<br />

préparationnaires dans les écoles ».<br />

Les représentants de ce groupe proposent de créer<br />

un réseau national d’ancien des CPGE « pour créer<br />

un lien, présenter leurs témoignages et faire du<br />

contenu vidéo pour dynamiser et informer au mieux<br />

les préparationnaires ».<br />

« L’attractivité de la filière ».<br />

Avec la première année de mise en Parcoursup<br />

et la possibilité pour les bacheliers de ne pas<br />

hiérarchiser leur choix, et surtout de valider leurs<br />

intégrations tardivement, les classes préparatoires<br />

ont cette année connu une très légère baisse de<br />

leurs effectifs. Non significative elle n’en relance<br />

pas moins la question de l’attractivité de la filière.<br />

En conclusion Jean Bastianelli est revenu sur les<br />

points essentiels : « Certes le nombre d’étudiants<br />

augmente globalement mais pas le nombre de<br />

classes préparatoires. Pour autant l’attractivité<br />

est toujours aussi forte, la réalité observée sur le<br />

terrain est que seulement 3 % des effectifs est<br />

manquant, cela représente le plein-emploi ! ».<br />

Le groupe de travail va dans le même sens : une<br />

augmentation du nombre de classes préparatoires<br />

aurait certainement pour corollaire une hausse de la<br />

demande et de l’attractivité de la filière. Ce dernier<br />

groupe de travail propose que soit lancé un plan de<br />

communication qui mettrait en avant qu’en classe<br />

préparatoire ce sont « la rigueur, le dépassement de<br />

soi, la vie intense et le challenge sur soi et non la<br />

concurrence interne qui prévalent. Les compétences<br />

acquises durent et ne servent pas seulement pour<br />

la préparation aux concours ». Les lycéens et<br />

collégiens devraient aussi savoir, pour une partie des<br />

participants, que la prépa n’est pas juste un chemin<br />

pour les Grandes écoles mais qu’elle ouvre aussi les<br />

portes vers les universités.<br />

Pour changer cette image et mieux informer les<br />

lycéens, ce groupe affiche : « Il faut dépasser les<br />

idées reçues et casser les stéréotypes en formant<br />

les conseillers d’orientation, voire les proviseurs<br />

et professeurs de lycée pour actualiser l’image<br />

qu’ils donnent du parcours ». L’attractivité de la<br />

filière repose beaucoup sur l’information : « Il faut<br />

montrer que la prépa ne formate pas les étudiants<br />

et montrer, par exemple avec du storytelling,<br />

les différentes personnes, les différents profils,<br />

les différents métiers dans lesquelles les gens<br />

aboutissent ».<br />

Cette journée devrait maintenant être suivie d’autres<br />

dans le même esprit de travail commun ainsi<br />

résumé par le directeur de ESCP Europe : Frank<br />

Bournois : « Dans tous les ateliers, les élèves ont<br />

fait le job, ont apporté un beau contenu, des bons<br />

résultats et une sacrée valeur ajouté. Aujourd’hui<br />

nous sommes un vrai écosystème avec une passion<br />

partagée vraiment positive, et cette flamme portée<br />

par tous est vraiment formidable ». n<br />

Jean Ouillon<br />

et Olivier Rollot<br />

Les principales propositions<br />

• Créer une journée nationale des classes préparatoires qui<br />

systématiserait la visite dans les lycées (CPGE et enseignement<br />

secondaire) d’étudiants des grandes écoles, de responsables et<br />

de professeurs ;<br />

• Assurer une meilleure transition pédagogique CPGE-GE ce qui<br />

implique, des deux côtés, d’innover ;<br />

• Recenser et promouvoir les compétences acquises en CPGE<br />

pour mieux les tuiler avec celles acquises en Grande école ;<br />

• Mieux répondre à la demande de sens des étudiants :<br />

immersions courtes avec mission à la clé en organisation<br />

pour les préparationnaires en fin de 1ère année, informations<br />

sur les métiers du management, cours de culture générale<br />

(géopolitique, économique, philosophie, civilisation étrangères,<br />

etc.) dans les programmes Grande école mais avec un contenu et<br />

une pédagogie différents de la classe préparatoire ;<br />

• Communiquer à l’échelle d’une filière en 5 ans CPGE-GE pour<br />

valoriser et démocratiser la filière : tribunes dans les médias<br />

nationaux signés de responsables de Grande école, MOOC,<br />

construction d’un story-telling des CPGE…<br />

• Appel à la tutelle d’ouvrir de nouvelles classes préparatoires.<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 12<br />

NOVEMBRE 2018 | N°21


ENTRETIEN<br />

Delphine Manceau, Michel-Edouard Leclerc : un duo<br />

de choc à la présidence et la direction de Neoma BS<br />

© Neoma BS<br />

« Neoma veut<br />

challenger les<br />

pratiques établies »<br />

Se développer<br />

pour devenir le<br />

challenger innovant<br />

des plus grandes<br />

business schools<br />

internationales :<br />

Neoma Business<br />

School vient de<br />

dévoiler son plan<br />

stratégique 2022.<br />

Présidée par<br />

Michel-Edouard<br />

Leclerc, l’école va<br />

notamment investir<br />

dans de nouveaux<br />

locaux dans ses<br />

fiefs historiques,<br />

Reims et Rouen,<br />

mais aussi à Paris.<br />

Les explications<br />

de sa directrice<br />

générale, Delphine<br />

Manceau.<br />

Olivier Rollot : Pourquoi Neoma BS se lance-t-elle dans un<br />

nouveau plan stratégique ?<br />

Delphine Manceau : Nous voulons challenger les pratiques<br />

établies du secteur de l’enseignement supérieur de management<br />

pour mieux former des jeunes qui avaient 4 ans quand<br />

Facebook a été lancé, qui ont grandi avec un smartphone, qui<br />

ont cliqué avant de lire, liké avant d’aimer. Des jeunes qui ont un<br />

rapport nouveau à la connaissance et à l’information. Notre rôle<br />

aujourd'hui est d’aider nos étudiants à faire face à la surabondance<br />

de données disponibles en leur apprenant à trier l’information<br />

et en leur donnant toutes les clés conceptuelles pour la<br />

transformer en véritable connaissance.<br />

La deuxième évolution à laquelle nous sommes attentifs est<br />

la montée en puissance d’une recherche de sens chez nos<br />

étudiants. Les entreprises sont d’ailleurs de plus en plus<br />

soucieuses de RSE (responsabilité sociale des entreprises). Les<br />

écoles doivent accompagner ces questionnements, sans apporter<br />

de réponses toutes faites mais en donnant les repères aux futurs<br />

managers pour faire face à des situations complexes sans se<br />

perdre soi-même.<br />

Nous devons également considérer que 80 % des métiers de<br />

2030 n’existent pas encore. Qu’une grande partie des tâches que<br />

vont effectuer nos diplômés sera aidée par des machines et des<br />

dispositifs d’intelligence artificielle (IA). Un environnement dans<br />

lequel les « softs skills » - agilité, capacité à contextualiser, créativité,<br />

empathie, compréhension interculturelle, esprit collaboratif<br />

- sont essentielles et où la culture devient particulièrement impor-<br />

tante. Il faut des repères philosophiques et historiques pour faire<br />

face à des situations qu’on n’anticipe pas forcément.<br />

O. R : Comment avez-vous procédé pour concevoir ce<br />

nouveau plan stratégique ?<br />

D. M : La première étape a consisté à définir ce qu’est Neoma<br />

aujourd’hui et ce que nous voulons être demain, au travers d’un<br />

processus que nous avons appelé « ImagiNEOMA », élaboré avec<br />

un cabinet spécialisé en innovation, FaberNovel. L’ensemble<br />

des parties prenantes de l’école : étudiants, alumni, professeurs<br />

et collaborateurs, ont participé à la démarche. D’abord à partir<br />

d’une consultation en ligne sur le thème « Pour vous Neoma c’est<br />

quoi ? », puis avec une série de cinq « hackathons » pour imaginer<br />

le Neoma de demain. Nous avons travaillé tous ensemble sur<br />

ce que devaient être le campus du futur, l’expérience étudiante,<br />

les pédagogies de demain ou encore les métiers de l’avenir…<br />

Nous en avons tiré quatre convictions qui représentent les<br />

quatre points cardinaux qui incarnent notre projet pour demain :<br />

la synergie des liens, le courage de l’incertitude, la fabrique des<br />

possibles et la force de l’humain.<br />

O. R : Les repères culturels que vous évoquez sont au<br />

centre de l’enseignement en classes préparatoires.<br />

Comme d’autres écoles de management, vous travaillez<br />

sur le « continuum » qui doit s’effectuer dans de meilleures<br />

conditions entre la classe préparatoire et la Grande<br />

école. Comment procédez-vous ?<br />

D. M : Nous avons renforcé dès cette année l’enseignement des<br />

humanités avec un dispositif pluriel. En première année, nous<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 13 NOVEMBRE 2018 | N°21


ENTRETIEN<br />

→→<br />

Les ambitions<br />

d’un président<br />

« Après une fusion<br />

réussie, l’école doit se<br />

challenger elle-même et<br />

challenger les pratiques<br />

du secteur. Elle ne peut<br />

pas vivre sur sa rente et<br />

doit monter dans le train<br />

du changement attendu<br />

par ses étudiants de plus<br />

en plus en quête de sens »,<br />

insiste Michel-Edouard<br />

Leclerc, président ultramédiatique<br />

de Neoma<br />

depuis neuf mois.<br />

→→<br />

101 millions d’euros<br />

Neoma en 2022 ce sera<br />

101 millions d’euros de<br />

budget, 200 professeurs,<br />

11 500 étudiants<br />

et 400 partenaires<br />

internationaux.<br />

donnons un cours sur les humanités et le management, sur le<br />

thème du travail dont nous explorons les évolutions sur toutes<br />

les dimensions : philosophiques, ethnologiques, sociologiques,<br />

économiques…<br />

Nous avons également développé un « Itinéraire philosophique<br />

et artistique » qui va se construire autour de deux<br />

grandes expositions artistiques organisées sur nos campus au<br />

printemps. Il s’agit de faire davantage entrer l’art à l’École.<br />

Enfin, et sous l’impulsion de Michel-Edouard Leclerc, nous<br />

organisons des conférences sur la thématique de l’utilité<br />

sociale des entreprises. Avec des personnalités comme Bruno<br />

Le Maire - qui vient le 12 décembre à Rouen inaugurer ce<br />

cycle -, Emmanuel Faber, le P-DG de Danone, le philosophe<br />

Gaspard Koenig, Louis Gallois ou Jean-Dominique Senard.<br />

O. R : Au-delà de votre plan stratégique beaucoup auront<br />

surtout retenu votre plan immobilier : 300 millions<br />

d’euros d’investissement ! Avec notamment un tout<br />

nouveau campus à Paris.<br />

D. M : Les trois nouveaux campus que nous allons bâtir<br />

dans les cinq ans seront conçus pour porter nos innovations<br />

éducatives. Ils vont permettre et incarner les projets et les<br />

transformations que j’évoquais précédemment ! À Paris nous<br />

allons quitter nos locaux actuels, près de Saint-Lazare, pour<br />

nous installer en 2021 dans un bâtiment de 6500 m 2 au<br />

cœur du 13 e arrondissement de Paris. Un investissement de<br />

80 millions d’euros pour recevoir 1 500 étudiants. Nous allons<br />

y ouvrir de nouveaux mastères spécialisés et MSc, à destination<br />

des étudiants internationaux, mais aussi nos programmes<br />

postbac. Les programmes postbac ont en effet un public<br />

plus local. Nous dispenserons donc la première année de<br />

notre Global BBA à Paris, en plus de Reims et Rouen, et les<br />

deux dernières sur ces deux campus après une deuxième<br />

année qui s’effectue à l’international. Même logique pour<br />

les programmes TEMA et CESEM. Notre programme Grande<br />

école restera, lui, dispensé uniquement à Reims et Rouen.<br />

O. R : Quels sont vos projets sur vos deux campus<br />

historiques ?<br />

D. M : A Reims, nous allons également déménager sur un<br />

tout nouveau campus qui regroupera tous nos étudiants -<br />

aujourd'hui ils sont sur deux bâtiments - et permettra même<br />

d’en recevoir 1 000 de plus (ils sont 4 300 aujourd'hui). Ce<br />

sera sans doute dans le quartier de Port Colbert derrière la<br />

gare de Reims. À Rouen, enfin, nous ne savons pas encore<br />

si nous déménagerons ou rénoverons les bâtiments existants.<br />

O. R : Comment allez-vous concevoir ces nouveaux<br />

bâtiments pour répondre au développement de vos<br />

nouvelles méthodes pédagogiques ?<br />

D. M : Nous sommes en train de tester sur nos campus<br />

actuels de nouveaux espaces pédagogiques - salles de créativité,<br />

« augmented learning rooms », ressource rooms permettant<br />

de faire de l’impression 3D ou d’analyser des méta données…<br />

Nous les déploierons ensuite à grande échelle sur nos nouveaux<br />

campus : nous suivons l’approche « test & learn », même en<br />

matière de locaux. Dans les nouveaux campus, il y aura toujours<br />

un grand amphithéâtre mais les salles standard seront 100 %<br />

modulables pour permettre des travaux en petits groupes et des<br />

dispositifs pédagogiques alternés.<br />

O. R : Et à l’étranger. Allez-vous également y construire<br />

des campus ?<br />

D. M : Non. À l’instar de nombre d’institutions de renom, le<br />

modèle de Neoma repose sur l’immersion culturelle des étudiants<br />

dans les meilleures universités de chaque pays. Nous continuons<br />

dans cette logique avec l’ambition d’avoir 400 universités partenaires<br />

dans cinq ans (elles sont 300 aujourd'hui).<br />

Nous créons de plus trois nouveaux dispositifs tout à fait inédits.<br />

« Entrepreneurs sans frontières » va permettre à nos étudiants<br />

entrepreneurs d’être reçus pendant six mois dans les incubateurs<br />

des plus grandes universités comme Jiaotong à Shanghai ou FGV<br />

au Brésil. Une sorte de réseau des incubateurs académiques qui<br />

permet d’avoir des cours sur place sur l’entrepreneuriat, d’échanger<br />

avec des étudiants incubés du pays et les écosystèmes<br />

locaux, et ainsi de construire des start-ups « born global » comme<br />

disent les entrepreneurs.<br />

Dans le même esprit, le dispositif « Vie associative sans frontières<br />

» va permettre à nos étudiants les plus impliqués dans nos<br />

associations – qui suivent des cours le matin pour se consacrer<br />

à leur association l’après-midi – de rejoindre les associations<br />

de nos universités partenaires. L’association Enactus, qui se<br />

consacre à l’entrepreneuriat social, est ainsi présente dans le<br />

monde entier. Là encore, le dispositif intègre des cours sur les<br />

sujets d’activité de l’association délivrés dans l’université d’accueil<br />

et une immersion dans les associations de l’université.<br />

Enfin « Apprentissage sans frontières » donne la possibilité à<br />

nos apprentis de poursuivre leur mission dans la filiale locale<br />

d’une entreprise française tout en suivant les cours de Neoma<br />

en e-learning. J’ai toujours regretté que les étudiants d’école de<br />

commerce soient souvent contraints de choisir entre l’apprentissage<br />

et l’international : chez nous, ce n’est plus le cas !<br />

O. R : L’apprentissage fait partie des priorités de Neoma ?<br />

D. M : Un quart de nos étudiants sont apprentis en 2 e et 3 e année<br />

du Programme Grande École. C’est un outil de diversité sociale<br />

important. C’est dire si nous sommes vigilants sur le montant qui<br />

nous sera versé pour chaque contrat dans le cadre de la réforme<br />

de l’apprentissage qui va être mise en œuvre.<br />

J’ajoute que nous avons 15 % d’étudiants boursiers et que<br />

nous souhaitons augmenter ce pourcentage. Une campagne de<br />

fundraising va être lancée pour pouvoir accorder davantage de<br />

bourses à 100 %. n<br />

Bientôt 200 professeurs<br />

En 2018 Neoma BS a recruté 17 nouveaux professeurs (soit<br />

neuf de plus dans sa faculté puisqu’il y a eu également huit<br />

départs). La faculté de Neoma BS compte ainsi en tout 160<br />

professeurs permanents avec comme objectif de monter à 200<br />

d’ici quatre ans. Dans ce cadre l’école travaille à la création<br />

de pôles d’expertise interdisciplinaires - par exemple en<br />

« Fintech et cryptofinance » ou « Mobilité » - pour analyser<br />

toutes les dimensions d’un sujet : ressources humaines, RSE,<br />

systèmes d’information, supply chain, marketing, etc. Quatre<br />

nouveaux professeurs travaillent également sur les questions<br />

d’entrepreneuriat et s’appuient pour leurs recherches sur des<br />

données collectées dans les trois incubateurs et deux accélérateurs<br />

de start-ups de l’école. « Nous regardons dans quels domaines<br />

nous sommes déjà à un bon niveau (recherche, programmes,<br />

Executive Education, partenariats) et nous nous renforçons dans<br />

les autres aspects », commente Delphine Manceau.<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 14 NOVEMBRE 2018 | N°21


GROS PLAN<br />

NEOMA : pionnier et ambassadeur<br />

de l’apprentissage immersif<br />

des situations réelles de vente et d’échange<br />

avec les clients. Le scénario d’immersion dure<br />

au minimum 20 minutes, mais il n’y a pas de<br />

règles : chaque étudiant vit sa propre expérience<br />

et navigue au sein de 6netic comme il le souhaite.<br />

L’objectif est de proposer aux élèves une « expérience<br />

individuelle-collective » : chacun peut<br />

analyser le cas à son rythme, se forger sa propre<br />

opinion et en discuter par la suite en groupes<br />

d’élèves pour établir des recommandations.<br />

Pour Marie-Laure Massue, la réalité virtuelle se<br />

positionne comme « un outil pédagogique de<br />

choix pour développer l’agilité intellectuelle des<br />

étudiants en leur permettant de vivre des expériences<br />

variées et ainsi de diversifier leurs modes<br />

de représentation ».<br />

© Neoma BS<br />

Session de réalité virtuelle à Neoma BS<br />

Leitmotiv de la stratégie pédagogique de Neoma BS,<br />

l’apprentissage par l’expérience est au cœur de ses<br />

préoccupations. Cette nécessité d’innover dans la<br />

façon d’enseigner tient à l’évolution du public étudiant,<br />

plus connecté et donc moins attentif en classe, et au<br />

changement des attentes des entreprises, de plus en<br />

plus en quête de soft skills.<br />

→ L’investissement<br />

technologique est<br />

assez faible pour les<br />

établissements qui<br />

souhaiteraient proposer<br />

des cas de réalité virtuelle à<br />

leurs étudiants : le premier<br />

prix des visionneuses de<br />

réalité virtuelle est à 6 €<br />

et, à titre d’exemple, les<br />

casques Homido proposés<br />

par Neoma BS sont à 50 €.<br />

Comment enseigner les softs skills ? Mais en utilisant des<br />

études de cas immersives ! Alain Goudey, directeur de la<br />

transformation digitale, et Marie-Laure Massue, directrice du<br />

Teaching & Learning center de Neoma BS, se sont lancés il y a<br />

deux ans dans une grande aventure : la création de la première<br />

étude de cas marketing en réalité virtuelle du monde. Un projet<br />

qu’ils ont mené en seulement 9 mois. Comme ils l’expliquent,<br />

l’objectif était de proposer aux étudiants de « vivre une expérience<br />

comme dans la vraie vie, car le monde de l’entreprise<br />

ce n’est pas une étude de cas figée sur le papier ». La réalité<br />

virtuelle permet ainsi d’aller plus loin que la transmission d’informations<br />

traditionnelles. Cette étude de cas, qui se veut plus<br />

efficace et engageante pour l’apprenant qu’une version papier, a<br />

déjà été proposée à plus de 2000 étudiants de Neoma BS, tous<br />

niveaux et programmes confondus.<br />

: Comment se déroule l’expérience<br />

immersive ?<br />

Un casque sur la tête, un smartphone chargé, une application<br />

installée et l’expérience immersive peut commencer : nous voilà<br />

plongés dans un magasin de téléphonie mobile à Reims, 6netic.<br />

Nous rencontrons, via des séquences vidéo, les deux fondateurs<br />

qui nous présentent leur commerce et nous invitent à observer<br />

: Et les étudiants, qu’en<br />

pensent-ils ?<br />

Une fois passée la confusion initiale liée à la<br />

coordination des mouvements de la tête avec<br />

l’interface, la classe se prend au jeu et s’approprie<br />

rapidement le nouvel outil numérique. La<br />

réalité virtuelle est pour la plupart des étudiants,<br />

une première. C’est une « expérience hors du<br />

commun ! ». Dès que l’immersion est terminée,<br />

l’enthousiasme est partagé au sein des étudiants. Pour Thibaut,<br />

qui se définit lui-même comme geek passionné de nouvelles<br />

technologies, l’expérience d’immersion aurait même « pu être<br />

poussée beaucoup plus loin en donnant par exemple l’opportunité<br />

aux étudiants de communiquer entre eux dans le monde virtuel ».<br />

Mais certains ressentent un malaise devant cette acculturation<br />

pédagogique : c’est le cas de Brice qui « ne voit pas l’intérêt de<br />

ce genre de cas, autant se rendre dans un magasin réel ». Pour<br />

Alain Goudey, ce type de réactions représente un enjeu pédagogique<br />

pour les enseignants : il faut amener les étudiants à<br />

reconsidérer leurs façons d’apprendre et délimiter avec justesse<br />

les outils pédagogiques ludiques pour ne pas faire de surenchère<br />

technologique.<br />

: Et ensuite ?<br />

L’engouement pour la réalité virtuelle (RV) au service de la pédagogie<br />

est aujourd’hui bien présent, aussi bien dans le monde<br />

académique que dans le monde de l’entreprise. Le cas virtuel<br />

de marketing de Neoma BS a ainsi été primé en 2017 par la<br />

Disrupt’Night - événement qui rassemble les experts de l’IT<br />

autour des enjeux clés du numérique - et en 2018 par l’AACSB<br />

(Association to Advance Collegiate Schools of Business) comme<br />

« Innovations That Inspire ».<br />

Alain Goudey et Marie-Laure Massue ne comptent pas s’arrêter<br />

là. Forts de ce premier succès, ils sont sur le point de lancer un<br />

second cas virtuel, cette fois-ci en logistique. Il a été réalisé en<br />

partenariat avec E. Leclerc Drive et permettra d’évoluer dans un<br />

entrepôt du géant de la distribution. L’objectif final est de créer<br />

une bibliothèque de contenus immersifs à diffuser à l’ensemble<br />

de la communauté académique (via des licences) pour, par<br />

exemple, aider à lever les contraintes spatiales et temporelles des<br />

formations. n<br />

Juliette Berardi<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 15 NOVEMBRE 2018 | N°21


D O S S I E R<br />

Des étudiants lors de la « Journée du<br />

continuum » du 19 octobre à ESCP Europe<br />

Frais de scolarité des<br />

écoles de management :<br />

jusqu’où peut-on aller ?<br />

© François Daburon / ESCP Europe<br />

Les frais de scolarité des écoles de commerce<br />

augmentent régulièrement. Si certaines se<br />

contentent de suivre l’inflation, d’autres font<br />

monter les prix de façon bien plus significative.<br />

Même si on est encore loin du modèle anglosaxon,<br />

y a-t-il un seuil plafond ? Et quelles<br />

sont les aides mises en place pour favoriser<br />

l’ouverture sociale ? Débuts de réponse.<br />

>>> suite page 17<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 16 NOVEMBRE 2018 | N°21


D O S S I E R<br />

>>> suite de la page 16<br />

Les frais de scolarité des écoles de management, comme de<br />

l’ensemble de l’enseignement supérieur, augmentent un peu<br />

partout dans le monde. En France les écoles post prépas ont vu<br />

les leurs progresser de 64,1 % en moyenne entre 2009 et 2018.<br />

Un phénomène accentué par la baisse des financements dont<br />

bénéficient les chambres de commerce et d’industrie de la part<br />

de l’État, bien obligées en retour de baisser leurs subventions<br />

allouées aux écoles. Un désengagement public qui se traduit<br />

naturellement par un transfert vers les étudiants et leurs parents<br />

qui s’endettent de plus en plus pour financer des frais de scolarité<br />

de plus en plus élevés. Aux États-Unis, on parle de plus en<br />

plus d’une crise de la dette étudiante.<br />

Une problématique macro-économique qu’on retrouve un peu<br />

partout dans le monde. À l’heure où la production est de plus<br />

en plus liée au capital humain et de moins en moins au capital<br />

physique, la formation est en effet déterminante dans la performance<br />

et la compétitivité des entreprises et des pays. Et qui<br />

dit formation de qualité dit investissement. « Pour rester dans<br />

la course mondiale, les écoles et les universités embauchent<br />

des professeurs de plus en plus qualifiés, en développant<br />

la recherche et la digitalisation, en proposant de nouvelles<br />

méthodes d’apprentissage… Les problématiques étant plus<br />

complexes, la formation des jeunes doit être plus complète et<br />

plus sophistiquée, elle coûte donc plus cher », détaille le directeur<br />

général de l’Iéseg et porteur d’une nouvelle stratégie de financement<br />

de l’enseignement supérieur (lire son entretien), Jean-Philippe<br />

Ammeux, qui ajoute : « Si les États se désengagent alors<br />

que les besoins sont croissants, qui finance le surcroît d’investissement<br />

? Si c’est l’apprenant, le risque c’est que l’ouverture<br />

sociale soit sacrifiée ».<br />

Un raisonnement auquel adhère Herbert Castéran, le directeur<br />

général de EM Strasbourg, qui énonce : « L’étudiant doit se<br />

demander si les sommes dépensées pour ses études vont être<br />

amorties par la suite. C’est le cas si son employabilité est bonne<br />

et les conditions financières qu’on lui propose acceptables. Aux<br />

États-Unis, il y a une déconnexion entre le coût des études et le<br />

retour sur investissement. Ce n’est pas encore le cas en France<br />

mais vus la compétition internationale et l’impact sur les tarifs il<br />

faut rester vigilant ». Selon lui, le seuil à ne pas dépasser peut<br />

se calculer en fonction des salaires moyens que peut espérer un<br />

étudiant à la sortie d’école : « Les frais de scolarité doivent représenter<br />

un ou deux ans de salaire pour un étudiant. Le jour où en<br />

France ils représenteront plusieurs annuités salariales, il sera<br />

temps de se demander si les conditions d’embauche permettront<br />

encore de soutenir ce type d’investissement ? ».<br />

: Les différentes aides<br />

Parce qu’elles ne veulent décourager personne et entendent<br />

surtout préserver leur ouverture sociale, les écoles de commerce<br />

post-prépas proposent des financements complémentaires en<br />

plus de ces aides publiques. Ainsi, l’EM Strasbourg en nouant<br />

un partenariat avec la plateforme de crowdfunding Kiss Kiss<br />

Bank Bank permet aux étudiants de mener des campagnes de<br />

levées de fond pour financer leurs études (ou un projet associatif,<br />

un séjour à l’étranger, etc.) ; les 8 % prélevés par la plateforme<br />

sur la somme récoltée sont pris en charge par l’école. En plus<br />

des bourses publiques, l’école a également développé une offre<br />

de bourses privées (baptisées « Bourses escales ») grâce à une<br />

implication grandissante d’entreprises partenaires. Ainsi, dans<br />

le programme grande école, sur les 300 diplômés, 100 sont<br />

des boursiers. « La diversité, c’est l’une des valeurs fortes de<br />

EM Strasbourg. Nous formons des managers agiles qui seront<br />

confrontés à des profils divers au sein des entreprises. C’est<br />

intéressant que lors de leur formation ils interagissent avec des<br />

personnes issues de milieux différents », commente Herbert<br />

Castéran.<br />

La démarche est en tout point similaire à Neoma BS, l’une des<br />

moins chères du top ten, dont l’objectif est d’augmenter le<br />

nombre d’étudiants – ils sont 25 % aujourd’hui - bénéficiant<br />

d’une aide au financement. Pour y parvenir, différentes stratégies<br />

sont à l’œuvre : augmenter les levées de fond, proposer des<br />

bourses brandées (l’entreprise partenaire prenant à sa charge les<br />

frais de scolarité), développer l’apprentissage déjà bien ancré au<br />

sein de l’école… L’enjeu : maintenir une ouverture sociale forte.<br />

« Il est essentiel pour les grandes écoles de permettre aux jeunes<br />

de milieux défavorisés d’avoir accès à l’éducation et aux emplois<br />

les plus prometteurs. C’est aussi un moyen de favoriser la diver-<br />

Travail collaboratif à l’ESC Clermont<br />

→→<br />

Et dans les écoles<br />

d’ingénieurs ?<br />

Les écoles d’ingénieurs ont<br />

des frais de scolarité plus<br />

bas que leurs homologues<br />

dédiées au management.<br />

Mais dans ce secteur aussi ils<br />

augmentent. Selon « l’Usine<br />

nouvelle », en 2018, Epita<br />

tenait le haut du panier<br />

avec des frais s’élevant à<br />

9410 euros par an, suivie de<br />

près par ECE (9 100 euros),<br />

Esilv, Estaca et EPF (toutes<br />

à 7600 euros) puis EISTI<br />

(7 300 euros). Pour les autres,<br />

on dépasse rarement les<br />

3000 euros, exception faite<br />

de CentraleSupélec et Mines<br />

Paris Tech (3 500 euros<br />

chacune). Entre 2000 et 3000<br />

euros, on trouve notamment<br />

Ponts ParisTech (2 765 euros),<br />

ISAE-SupAéro et Télécom<br />

ParisTech (2 600 euros<br />

chacune).<br />

>>> suite page 18<br />

© ESC Clermont<br />

Comparatif à l’international<br />

Le « Financial Times » publie chaque année une étude comparative<br />

sur les 100 meilleurs masters en management. Parmi les données<br />

récoltées : le prix du cursus et le salaire moyen annuel auquel<br />

l’étudiant peut prétendre trois ans après avoir obtenu son diplôme.<br />

En 2018 on retrouve dans le trio de tête l’université de Saint-Gallen<br />

en Suisse (salaire annuel de 95 500 € / 8 770 € pour 25 mois de<br />

cours), HEC Paris (salaire annuel de 86 200 € / 37 000 € pour 18<br />

mois de cours) et la London Business school (salaire annuel de<br />

80 500 € / 33 710 euros pour un an de cours). Ces trois établissement<br />

sont suivis par deux écoles françaises : Essec et ESCP Europe.<br />

Dans le premier cas, le salaire moyen annuel s’élève à 82 530 €<br />

(71 430 € dans le second) et les frais de scolarité à 40 000 € pour<br />

21 mois de cours (36 800 € pour 18 mois de cours à ESCP Europe).<br />

Le premier master chinois pointe à la 18 e place (salaire de 64 375 €<br />

et 9 140 € de frais de scolarité pour 36 mois de cours). n<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 17 NOVEMBRE 2018 | N°21


D O S S I E R<br />

>>> suite de la page 17<br />

© IESEG BS<br />

La solution passe-t-elle par le « PARC » ?<br />

Un PARC, c’est un « prêt à<br />

remboursement contingent<br />

au revenu ». Une méthode de<br />

financement des études qui<br />

a cours dans neuf pays dont<br />

l’Australie et qui permet de<br />

résoudre la problématique<br />

des frais de scolarité et de leur<br />

accessibilité. Directeur général<br />

de l’IÉSEG, Jean-Philippe Ammeux<br />

porte l’idée en France.<br />

Le PARC en quoi ça<br />

consiste ?<br />

Cette solution bénéficierait également à des étudiants issus de milieux<br />

défavorisés car actuellement, sans caution familiale, les banques ne<br />

prêtent pas. En outre les diplômés rembourseraient sur une période plus<br />

longue que dans le cadre d’un crédit à la consommation (le statut actuel<br />

des prêts étudiants).<br />

Autre avantage du PARC, le montant des remboursements est une<br />

fraction du revenu perçu par les diplômés. Par exemple, on pourrait ne<br />

rien rembourser en deçà du revenu médian français, puis d’un montant<br />

de l’ordre de 10 % du revenu lorsque les gains sont plus élevés. Dans tous<br />

les cas, les diplômés ne seraient pas étranglés par des mensualités trop<br />

importantes.<br />

Le PARC, c’est selon vous la solution pour booster<br />

l’enseignement supérieur en France ?<br />

En Australie, où ce modèle fonctionne avec succès depuis 1989, le prêt<br />

octroyé à tous les étudiants nationaux sans exception pour payer leurs<br />

frais de scolarité, est garanti par l'État lorsque l’établissement d’enseignement<br />

supérieur australien fréquenté est agréé. Son remboursement<br />

ne se déclenche qu'après les études et au-delà d’un certain niveau de<br />

revenu. Ce qui veut dire que, si le diplômé ne gagne pas assez d’argent<br />

lorsqu’il est en poste, il ne rembourse pas. Reste que dans les pays où il<br />

est appliqué le taux de défaut de remboursement est très faible, souvent<br />

inférieur à 5 %. Les risques sont donc limités. La durée moyenne de<br />

remboursement en Australie est, par ailleurs, inférieure à neuf ans.<br />

Quels sont les avantages du PARC ?<br />

Le coût moyen annuel de formation d’un étudiant avoisine 11 500 € en<br />

France. Avec une formule similaire au PARC, l’État se porterait<br />

garant auprès des banques qui prêteraient aux étudiants à des taux bas.<br />

Puisqu’il s’agit d’un investissement, un PIA pourrait accompagner le<br />

dispositif.<br />

Les institutions d’enseignement supérieur pourraient ainsi appliquer<br />

une hausse mesurée mais significative de leurs frais de scolarité, ce<br />

qui leur permettrait d’assurer une formation de meilleure qualité,<br />

améliorer les conditions de travail grâce à des campus rénovés et in<br />

fine proposer une bonne insertion professionnelle. En fonction des<br />

frais de scolarité déjà appliqués dans les institutions, toutes ne seraient<br />

pas concernées par cette évolution.<br />

Appliquer le PARC à la française avec une hypothèse de prise en charge<br />

de 20 % du coût de formation par les étudiants (sachant que celle-ci<br />

serait payée uniquement lorsqu’ils ont un emploi rémunérateur après<br />

leurs études, et que l’État maintiendrait son effort de financement)<br />

permettrait d’injecter annuellement 5 milliards d’euros de ressources<br />

supplémentaires dans l’enseignement supérieur. Un effort que l’État<br />

français n’est pas en mesure de faire en l’état actuel des choses, ce qui<br />

a pour conséquence un recul continu dans le classement mondial des<br />

universités et une pénurie structurelle de main-d’œuvre qualifiée.<br />

Notre enseignement supérieur s’enfonce et il faut le booster pour qu’il<br />

gagne en qualité et en reconnaissance internationale. Il faut mieux<br />

rémunérer les personnels dont les professeurs, pour retenir et attirer<br />

les meilleurs et assurer le meilleur service possible aux étudiants. Et<br />

puis, en termes d’ouverture sociale, les bourses qui doivent être accrues,<br />

ne permettent pas de régler massivement le problème. Enfin, pour les<br />

employeurs, c’est le gage de pouvoir embaucher des personnes plus qualifiées<br />

et une diversité de profils. Pour la France, c’est une condition pour<br />

dépasser les 2 % de croissance annuelle et réduire durablement le chômage.<br />

Pour les étudiants des universités, qui contribuent à hauteur de<br />

2 % du coût de leur formation (alors que les français paient environ 10 %<br />

de leurs frais de santé), c’est une évolution importante (20 % du coût de<br />

formation à prendre en charge de façon différée et conditionnelle), mais<br />

qui correspond à un investissement non risqué et probablement très<br />

rentable, car mieux formés, ils accéderont à de meilleurs emplois.<br />

Tout le monde y gagnerait je pense ! n<br />

sité sociale au sein des entreprises dans l’accès aux postes de<br />

direction. Sur ce sujet, les grandes écoles de management font<br />

face à une double difficulté : elles sont mal connues ou perçues<br />

comme inaccessibles dans certains milieux et elles demandent<br />

des frais de scolarité. Nous devons lever ces deux freins »,<br />

explique Delphine Manceau, la directrice générale de Neoma.<br />

À HEC aussi, l’ouverture sociale est un défi à relever. L’une des<br />

écoles les plus chères du secteur affiche ses ambitions en la<br />

matière : aujourd’hui, près de 20 % des étudiants du programme<br />

Grande Ecole bénéficient d’une aide financière. L’objectif à<br />

cinq ans est d’en aider 25 %. La Fondation HEC a ainsi bâti un<br />

programme spécifique pour soutenir les élèves talentueux aux<br />

étapes clefs de leur parcours académique. Les étudiants éligibles<br />

aux bourses du CROUS sur critères sociaux ont la garantie d’obtenir<br />

une bourse de la Fondation HEC (sauf cas particuliers).<br />

Les pourcentages d’exonération des frais de scolarité auxquels<br />

peuvent prétendre les étudiants en fonction des échelons du<br />

CROUS vont de 30 à… 100 %. La fondation a également développé<br />

des aides financières au niveau des prépas (14 classes<br />

préparatoires sont partenaires) pour assurer aux élèves boursiers<br />

des conditions matérielles favorables à la réussite de leur<br />

examen.<br />

La création en 2016 d’une fondation adossée à l’école, c’est<br />

également le choix de ESC Clermont. Grâce à l’engagement<br />

de six entreprises partenaires, l’organisation a pu aider<br />

via des bourses 128 étudiants en deux ans – à hauteur de<br />

172 300 euros - dont près de la moitié sont en master grande<br />

école qui compte également 47 % d’alternants. « Grâce à la<br />

fondation nous avons pu tripler nos aides financières. Notre<br />

objectif : ouvrir nos portes à des publics de toutes origines et<br />

jouer notre rôle d’ascenseur social. Pour les familles, les frais de<br />

scolarité représentent des sacrifices importants et un investissement<br />

pour l’avenir de leurs enfants. Il y a de la place pour tout<br />

le monde », avance Florence Saugues, directrice de la fondation.<br />

: Le modèle économique en question<br />

À l’heure où les subventions baissent, le montant des frais de<br />

scolarité est directement lié au modèle économique des écoles.<br />

>>> suite page 19<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 18 NOVEMBRE 2018 | N°21


D O S S I E R<br />

>>> suite de la page 18<br />

Ainsi, pour Neoma, Delphine Manceau affirme : « La hausse de<br />

nos frais de scolarité suivra l’inflation mais nous ne souhaitons<br />

pas aller au-delà ; notre business plan ne repose pas sur une<br />

augmentation des droits d’inscription ». À Kedge, ils ont crû de<br />

11 % entre 2015 et 2018. Une hausse maîtrisée selon Pascal<br />

Krupka, directeur du programme Grande école, grâce « à la<br />

fusion de Bordeaux école de management et de Euromed management<br />

qui en 2013 a donné naissance à Kedge ». : « Nous<br />

avons ainsi absorbé des coûts fixes (ressources humaines,<br />

comptabilité, etc.) et augmenté notre effectif d’étudiants. Il faut<br />

que les écoles trouvent d’autres ressources et de nouveaux<br />

modèles. La fusion nous permet ainsi d’atteindre une taille<br />

critique qui impacte directement nos prix. Si on y ajoute une<br />

bonne gestion, cela nous permet de pratiquer des tarifs raisonnables<br />

par rapport à d’autres écoles pour qui les frais de scolarité<br />

deviennent des variables d’ajustement ».<br />

Des modèles qui varient selon le statut de l’école. Ainsi à l’Institut<br />

Mines Télécom Business school, qui dépend du ministère de<br />

l’Économie et des Finances, on peut pratiquer des prix bas… par<br />

choix. L’école est accessible moyennant seulement 7 500 euros<br />

par an. Par ailleurs, tous les boursiers, quels que soit leurs échelons<br />

de référence, sont exemptés à 100 % de frais de scolarité.<br />

Au sein du programme grande école, 50 % des étudiants sont<br />

des boursiers. Comme le souligne son directeur, Denis Guibard :<br />

« Nous sommes une école publique qui a une mission d’ouverture<br />

sociale. Comme le montre le « Financial Times » chaque<br />

année dans son classement nous sommes les premiers pour la<br />

valeur ajoutée (salaire à la sortie/coût total de la scolarité) apportée<br />

à nos étudiants ! » n<br />

Anne Dhoquois<br />

Le campus de l’Institut Mines<br />

Télécom Business School<br />

>>> suite page 20<br />

© Institut Mines Télécom Business School<br />

SCBS : des aides adaptées à chaque profil<br />

La South Champagne business school (SCBS ex-ESC Troyes) est l’une des<br />

écoles les moins chères de France. Depuis trois ans, le programme grande<br />

école est accessible moyennant 8 500 euros la première année et 8 750 les<br />

deux suivantes. Des montants stables depuis trois ans. « Si nous augmentons<br />

davantage nos tarifs, nous ne jouerions plus notre rôle d’ascenseur social.<br />

Nous voulons continuer à toucher des publics issus de milieux défavorisés et<br />

les accompagner dans leur évolution », explique Mickaël Noblot, directeur<br />

général adjoint des ressources.<br />

Pour y parvenir, l’établissement a mis en place un panel d’aides. Outre les<br />

bourses internes développées grâce à du mécénat et attribuées au mérite,<br />

SCBS propose également des prêts d’honneur. Une dizaine d’élèves suivant<br />

le programme grande école en bénéficient. Il s’agit d’un emprunt contracté<br />

auprès de banques partenaires de l’école. Les étudiants n’ont pas à payer les<br />

taux d’intérêt et ne remboursent qu’une fois en poste. « C’est un cercle plus<br />

vertueux que les bourses – dans ce cas de figure, on donne sans retour - car<br />

lorsque l’étudiant rembourse, une part de cette somme est allouée à un<br />

étudiant ayant besoin de financement pour poursuivre ses études », précise<br />

Mickaël Noblot.<br />

L’école a par ailleurs beaucoup développé l’alternance (en contrat de professionnalisation<br />

ou d’apprentissage) qui concerne 35 % de ses étudiants<br />

suivant le programme grande école. La scolarité est alors financée par<br />

l’entreprise, un OPCA (organisme paritaire collecteur agréé) ou par la taxe<br />

d’apprentissage et l’étudiant est rémunéré. « C’est également un bon levier<br />

d’insertion professionnelle. 70 % des étudiants sont embauchés dans l’entreprise<br />

suite à l’alternance. Mais ce n’est pas une finalité car cela ne correspond<br />

pas à tous les profils. Il est adapté aux personnes souhaitant s’insérer professionnellement<br />

rapidement, être dans le concret, en capacité de répondre aux<br />

exigences de l’école et de l’entreprise », commente Mickaël Noblot.<br />

L’école a enfin mis en place une commission de solidarité qui se réunit<br />

chaque mois. Selon les difficultés rencontrées par les étudiants des solutions<br />

différentes sont proposées : échelonner le paiement des frais de scolarité,<br />

aider à trouver un job, accorder une bourse ou un prêt ou proposer l’alternance.<br />

« Nous cherchons la meilleure solution en fonction de la situation de<br />

l’étudiant. L’alternance en fait partie mais c’est une piste parmi d’autres »,<br />

conclut Mickaël Noblot. n<br />

La cafétéria de SCBS<br />

© SCBS<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 19 NOVEMBRE 2018 | N°21


suite de la page 19<br />

→→<br />

Les bourses CROUS<br />

Les étudiants issus de<br />

milieux défavorisés<br />

peuvent bénéficier de<br />

bourses CROUS (centre<br />

régional des œuvres<br />

universitaires) accordées<br />

sur critères sociaux (sont<br />

pris en compte les revenus<br />

des parents, le nombre<br />

d’enfants et l’éloignement<br />

du lieu d’études). Ces<br />

bourses, allouées à des<br />

personnes de moins de<br />

28 ans au 1 er septembre de<br />

l’année universitaire, ont<br />

plusieurs avantages : les<br />

étudiants concernés ont<br />

droit à une exonération des<br />

droits d’inscription et des<br />

CVEC (contribution vie<br />

étudiante et de campus)<br />

et sont prioritaires<br />

dans l’attribution d’un<br />

logement étudiant géré<br />

par les CNOUS. Selon<br />

les échelons, le montant<br />

de la bourse s’étend de<br />

1009 € sur dix mois à<br />

5551 €. Dernier critère et<br />

pas des moindres pour<br />

en bénéficier : suivre<br />

une formation pouvant<br />

accueillir des boursiers.<br />

D O S S I E R<br />

Frais de scolarité<br />

Ecole 2018-2019 2014-2015 Évolution 4 ans<br />

Institut Mines Télécom business school 21 150 16 950 25%<br />

EM Strasbourg 25 500 22 500 13%<br />

ESC Troyes 25 500 22 500 13%<br />

ESC Pau 26 400 26 400 0%<br />

EM Normandie 29 400 25 170 17%<br />

Paris School of Business (PSB) 30 000 27 200 10%<br />

ICN Business School 30 600 27 300 12%<br />

ESC La Rochelle 31 100 22 500 38%<br />

Burgundy School of Business 31 500 25 500 24%<br />

Montpellier Business School 32 700 29 970 9%<br />

INSEEC Business School 32 850 30 100 9%<br />

Rennes School of Business 33 600 26 700 26%<br />

ICD Paris 33 760 27 600 22%<br />

ISC 34 300 30 000 14%<br />

Toulouse Business School 35 000 29 685 18%<br />

ISG 35 300 27 000 31%<br />

NEOMA 35 500 30 600 16%<br />

Grenoble EM 38 670 33 700 15%<br />

KEDGE 37 750 32 400 17%<br />

Audencia 40 050 30 000 34%<br />

SKEMA Business School 42 500 29 685 43%<br />

EM Lyon Business School 44 000 34 500 28%<br />

HEC 45 900 36 600 25%<br />

EDHEC 45 900 36 950 24%<br />

ESCP Europe 47 400 39 500 20%<br />

ESSEC 47 400 39 500 20%<br />

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PROGRAMME<br />

GRANDE ÉCOLE<br />

ACCÈS POST PRÉPA<br />

CONCOURS BCE<br />

DIPLÔME VISÉ BAC+5<br />

GRADE DE MASTER<br />

Traduction : Explore, voyage plus - École historique, esprit jeune.<br />

AMBI<br />

OLD SCHOOL ▪ YOUNG MIND<br />

De retour de son année à Boston, elle sera bilingue et saura s’adapter à d’autres façons<br />

de vivre et de penser. Grâce à ses deux campus internationaux à Dublin et Oxford et à<br />

ses 200 universités partenaires à l’étranger, l’EM Normandie fournit à chacun les clés<br />

pour mieux comprendre le monde et y trouver sa place.<br />

CAEN ▪ LE HAVRE ▪ PARIS ▪ DUBLIN ▪ OXFORD<br />

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L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 20 NOVEMBRE 2018 | N°21


ENTRETIEN<br />

« Notre projet à<br />

l’Inseec est d’innover<br />

radicalement,<br />

pas de rénover »<br />

© Inseec U<br />

Au début il y avait une Grande école de<br />

commerce : l’Inseec. Quarante-trois ans après le<br />

groupe Inseec U. est l’un des principaux acteurs<br />

de l’enseignement supérieur privé français,<br />

présent dans le management comme dans<br />

les écoles d’ingénieurs. Rebaptisée Inseec<br />

School of Business & Economics, l’école de<br />

management à laquelle le groupe doit son<br />

nom est aujourd’hui en pleine refondation<br />

sous l’impulsion de sa nouvelle directrice :<br />

Isabelle Barth.<br />

Olivier Rollot : Comment en êtes-vous arrivée à remettre à plat tout le<br />

cursus de ce qui devient l’Inseec School of Business & Economics ?<br />

Isabelle Barth : Quand nous nous sommes rencontrées pour la première fois<br />

avec la présidente du groupe Inseec U., Catherine Lespine, en novembre 2017,<br />

c’était pour évoquer l’idée de faire véritablement d’Inseec U. une entité globale<br />

en mettant en place une faculté de recherche – et de valorisation - commune<br />

à tout le groupe. Aujourd'hui les enseignants-chercheurs de l’école d'ingénieurs<br />

du groupe, l’ECE, comme les écoles de management gradées que sont<br />

l’Inseec School of Business & Economics, l’ESCE et l’EBS, mais aussi ceux qui<br />

enseignent dans d’autres programmes comme des MSc, travaillent ensemble.<br />

Inseec U. est un acteur privé de l’enseignement supérieur légitime dans la<br />

recherche. Dans ce cadre l’école éponyme du groupe depuis 1975 se devait<br />

d’être au premier rang. C’est avec cette ambition que j’ai pris la direction de<br />

l’école en toute cohérence avec celle de la recherche du groupe.<br />

O. R : Vous avez parlé de mode « reset » pour les programmes de<br />

l’Inseec School of Business & Economics. C’est une sorte de retour à<br />

ses fondamentaux ?<br />

I. B : Nous devons retrouver l’esprit d’une école qui avait su être pionnière il y<br />

a 45 ans. Nous sommes aujourd'hui sur un « reset » complet de notre projet<br />

pédagogique avec comme nouvelle baseline « Deep Education Takes You<br />

Further » (« Le savoir peut vous emmener très loin »). Quant au nouveau nom,<br />

Inseec School of Business & Economics, il s’agit de l’économie politique qu’ont<br />

porté Adam Smith et sa « Richesse des nations », qui incarne une vision du<br />

management inscrit dans des ensembles plus larges portés par l’histoire, la<br />

sociologie, la politique…<br />

L’Inseec fut créée en 1975 juste après le déclenchement de la première crise<br />

pétrolière. Aujourd'hui aussi nous devons nous réinventer pour tirer les leçons de<br />

la crise de 2008. Ce fut un peu la même chose après la Seconde Guerre mondiale<br />

quand Gaston Berger créa les instituts d’administration des entreprises (IAE) et les<br />

Insa. Ou après la Guerre de 1870 quand on créa Sciences Po en 1875.<br />

En quarante ans l’école avait beaucoup grandi, inventé, s’était très tôt tournée<br />

vers l’apprentissage, avait été la première à créer des summer sessions<br />

aux États-Unis, avait été le ferment de tout le groupe avant de rentrer dans le<br />

rang et, finalement, de perdre sa personnalité. Or l’Inseec School of Business &<br />

Economics est le « flagship » du groupe auquel s’identifient les étudiants de tous<br />

les programmes. Elle doit tirer tout le groupe vers le haut et jouer ainsi pleinement<br />

son rôle de « navire amiral ».<br />

O. R : Comment avez-vous procédé pour « réinitialiser » vos<br />

programmes ?<br />

I. B : Entourée d’experts du secteur tels l’ancien directeur de l’Essec, Jean-Pierre<br />

Boisivon, celui de l’enseignement la CCI Paris Ile-de-France, Xavier Cornu, ou<br />

encore l’ancien proviseur du lycée Louis-Le-Grand, Michel Bouchaud, j’ai reçu une<br />

carte blanche de Catherine Lespine pour réinventer le cursus de l’Inseec.<br />

Mon premier constat a été que l’école tournait bien, avec beaucoup d’atouts<br />

comme, par exemple, le campus de Londres, le campus de San Francisco, les<br />

passerelles avec des écoles de création, de marketing digital, de sciences politiques<br />

et d’excellentes initiatives comme « La nuit de la crise » ou des séminaires<br />

de design thinking… Sur la base de ce diagnostic, j’identifie des scénarios. Ma<br />

conclusion : faisons plutôt un pas de côté que suivre les courants dominants. Il y<br />

a dix ans qu’on appelle à une refondation des enseignements de gestion. Avec le<br />

développement de l’intelligence artificielle (IA), tout le monde converge enfin pour<br />

estimer qu’il faut former autrement. Or tout le monde bricole, ajoutant de-ci de-là<br />

des conférences de philosophie, de méthodes, ou des cours de codes. Notre projet<br />

à l’Inseec est d’innover radicalement, pas de rénover.<br />

O. R : Allez-vous maintenir le même niveau de recrutement en classe<br />

préparatoire en dépit d’un taux de remplissage insuffisant cette année<br />

dans le cadre du Sigem ?<br />

I. B : Nous sommes restés sur le même nombre de places tout en étant<br />

conscients que ce sera un gros défi de les remplir. Nous n’étions sans doute pas<br />

suffisamment présents auprès des élèves ou des professeurs. Cette année nous<br />

avons comme priorité de retrouver cette proximité essentielle.<br />

Nous espérons recruter aussi de nouveaux types d’étudiants, issus de cursus<br />

d’histoire, philosophie, droit, etc. comme cela se fait depuis longtemps dans<br />

les pays anglo-saxons. Ce que nous proposons c’est un contrat moral : on se<br />

choisit mutuellement avec nos étudiants puis nous les accompagnons pour aller<br />

jusqu’au bout avec tous.<br />

O. R : Les classes préparatoires sont concurrencées par de nombreux<br />

>>> suite page 22<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 21 NOVEMBRE 2018 | N°21


ENTRETIEN<br />

>>> suite de la page 21<br />

autres cursus postbac, Sciences Po, bachelors, etc. Quelles<br />

compétences particulières apportent-elles à leurs élèves et<br />

comment au mieux les utiliser ?<br />

I. B : Il faut montrer que les classes préparatoires apportent tout<br />

un portefeuilles de compétences - opiniâtreté, résilience, sens de<br />

l’argumentation, gestion du temps etc. – qui vont bien au-delà des<br />

connaissances et seront utiles toute la vie.<br />

À nous de surfer ensuite sur ces compétences dans une plus<br />

grande continuité. Bien sûr nous devons expliquer à nos étudiants<br />

ce qu’est le débit / crédit en comptabilité mais nous formons des<br />

managers, pas des aides-comptables ! La clé, comme dans les<br />

entreprises, est de « donner du sens ».<br />

O. R : Quel rôle jouent les élèves de classes préparatoires<br />

dans cette refonte ?<br />

I. B : Les élèves issus classes préparatoires sont le trésor des écoles<br />

de management. Leur attente est immense vis-à-vis d’écoles qui<br />

se sont lancées à corps perdu dans la digitalisation pour de bonnes<br />

raisons mais aussi de mauvaises que sont la réduction de la masse<br />

salariale et des heures de cours en présentiel. S’ils ont besoin d’un<br />

bagage en management, beaucoup d’étudiants issus de classes<br />

préparatoires ne trouvent pas dans les écoles de « piste d’atterrissage<br />

», regrettent de ne plus suivre de cours de ceux qu’on appelle<br />

aux États-Unis les « libéral arts » et qui regroupent la philosophie,<br />

l’histoire, etc. « Humanité et société » est le premier pilier de notre<br />

pédagogie dans la logique du « continuum » classe préparatoire /<br />

Grande école que travaillent aujourd'hui à faire émerger les professeurs<br />

de l’APHEC (Association des professeurs des classes préparatoires<br />

économiques et commerciales) et les écoles de management.<br />

Nous ferons d’ailleurs appel aux professeurs de classes préparatoires<br />

dont les qualités pédagogiques sont exceptionnelles.<br />

Cet apport de culture générale est aussi bénéfique pour les<br />

étudiants issus de DUT, licence professionnelle, prépas ECT, prépas<br />

ATS… qui en ont moins bénéficié pendant leur cursus.<br />

O. R : Avec ce nouveau cursus plus tourné vers la culture<br />

générale, comment professionnalisez-vous vos étudiants ?<br />

I. B : Notre projet répond aux attentes des entreprises qui sont de<br />

plus en plus demandeuses de compétences transverses et relationnelles.<br />

« Tout ce que demande le client est transversal », analyse<br />

le P-DG de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Il faut savoir conduire<br />

le changement, mobiliser les équipes. À nous de transmettre à<br />

nos étudiants les compétences qui leur permettront de rester<br />

employables. Commencer un cours de comptabilité par l’histoire<br />

des nombres, parler de la Chine actuelle en racontant son histoire<br />

c’est permettre d’acquérir une pensée autonome.<br />

Nous allons professionnaliser nos étudiants petit à petit. Les<br />

professionnaliser sans trop les spécialiser sinon il y a un risque<br />

d’obsolescence. Ils doivent être capables d’apprendre et de réapprendre<br />

toute leur vie. On subit le changement quand on est incapable<br />

d’évoluer ! D’ailleurs le deuxième pilier de notre pédagogie<br />

est « altérité et connaissance de soi ».<br />

O. R : Allez-vous introduire beaucoup d’innovations<br />

pédagogiques dans votre projet ?<br />

L’innovation pédagogique est au cœur de notre projet mais elle ne<br />

rime pas seulement avec digitalisation. Nous travaillons actuellement<br />

à ces innovations avec chaque fois la rédaction d’un cahier<br />

des charges rigoureux.<br />

En effet, on voit passer beaucoup d’innovations séduisantes mais<br />

pas cadrées. Nous recréons ainsi les « missions ethnologiques<br />

en entreprises, nous proposons des séminaires sont les étudiants<br />

seront les architectes pédagogiques. Il y aura aussi des semaines<br />

bloquées avec l’analyse multidisciplinaire d’un grand évènement de<br />

l’humanité comme la révolution française. Nous revenons au grand<br />

oral avec la présentation d’un projet de fin de cursus…<br />

O. R : Toutes ces innovations ne vont-elles pas coûter très<br />

cher à mettre en œuvre ?<br />

Des étudiants de l’ l’Inseec School of Business & Economics.<br />

I. B : Nos enseignants-chercheurs se repositionnent vers des<br />

compétences finalement beaucoup plus proches de leur cœur<br />

de métier. De même nos intervenants professionnels sont pleins<br />

d’idées pour faire évoluer leur enseignement. De plus nous bénéficions<br />

des moyens du groupe Inseec U. La Prépa Saint-Germain,<br />

l’Académie de l’éloquence que crée Eric Cobast, les campus de<br />

Londres, San Francisco ou Berkeley sont autant d’atouts. Sans<br />

parler des synergies possibles avec notre école d'ingénieurs, l’ECE,<br />

Sup de Pub dans le design, Crea Genève en digitalisation.<br />

C’est pour cela que nous organisons des workshops qui réunissent<br />

tous nos enseignants. Sur des thématiques comme la smart city,<br />

les ingénieurs peuvent ainsi avoir consciences d’impacts de la<br />

voiture autonome qu’ils n’imaginent pas forcément mais que<br />

connait le chercheur en gestion. Plus largement avec la montée<br />

en puissance de l’intelligence artificielle, du « deep learning », des<br />

MOOCs ou de la digitalisation quelle est la place du sachant ?<br />

Avant l’enseignant parlait de ses recherches, écrivait des livres,<br />

aujourd'hui il se sert du manuel d’un autre professeur. Notre métier<br />

est très ancien mais fragile car terriblement disrupté.<br />

O. R : Espérez-vous obtenir les accréditations internationales<br />

les plus prestigieuses pour l’Inseec School of<br />

Business & Economics au-delà de l’Amba Master que vous<br />

possédez déjà ?<br />

I. B : Je ne sais pas si nous devons aller au-delà d’Amba. Ne pas<br />

avoir d’autres accréditations ne nous empêche pas d’avoir de très<br />

bons partenariats. Or les accréditations, si elles sont un bon outil de<br />

management et de process, ne sont pas une garantie d’innovation.<br />

Or notre moto, c’est « innovation first ! »<br />

O. R : Linkedin, Twitter, Xerfi, le Huffpost, votre présence<br />

dans les médias fait de vous la plus connue des directeurs<br />

d’écoles. Comment gérez-vous cette exposition<br />

médiatique ?<br />

I. B : Les enseignants-chercheurs en gestion ne savent pas assez<br />

dialoguer avec la société. Je me suis employée à ce dialogue à<br />

tous les niveaux. C’est notre devoir de rayonnement d’aller à la<br />

rencontre des professionnels bien sûr mais aussi du grand public.<br />

Avec Linkedin ou xerfi Canal je propose des analyses du management.<br />

ur le Huffpost je m’adresse à tout le monde en donnant des<br />

clés pour la vie de tous les jours, comment organiser son emploi du<br />

temps, vivre une rentrée difficile, etc. Ce que je m’interdis c’est de<br />

la politique. Je fais partie du monde de l’éducation et je n’ai pas à<br />

faire part de mes convictions politiques. n<br />

© Inseec U<br />

→→<br />

Le groupe INSEEC U<br />

Avec 2500 élèves, le<br />

programme Grande école<br />

de l’Inseec ne représente<br />

que 10 % des étudiants<br />

du groupe INSEEC U.<br />

mais n’en est pas moins la<br />

« matrice du groupe qui<br />

doit profiter en premier de<br />

toute notre stratégie éducative<br />

», selon l’expression<br />

de Catherine Lespine sa<br />

présidente. Preuve de la<br />

confiance dans le projet la<br />

surface des locaux parisiens<br />

de l’Inseec School of<br />

Business & Economics va<br />

doubler avec la location du<br />

bâtiment voisin qui nécessitera<br />

8 millions d’euros<br />

de travaux. Un troisième<br />

grand projet porte sur la<br />

transformation digitale du<br />

groupe avec 20 millions<br />

d’euros d’investissements.<br />

→ → « Remettre le travail<br />

et l’exigence au cœur du<br />

dispositif »<br />

« La feuille de route<br />

n’implique pas de recruter<br />

plus d’étudiants mais de<br />

remettre le travail et l’exigence<br />

au cœur du dispositif.<br />

L’Inseec doit retrouver<br />

une sélection beaucoup<br />

plus importante dans<br />

un groupe qui a les reins<br />

assez solides pour porter ce<br />

projet », insiste Catherine<br />

Lespine. Dans le cadre<br />

du Sigem l’Inseec entend<br />

proposer en 2019 le même<br />

nombre de places aux<br />

préparationnaires qu’en<br />

2018. Aucune décision<br />

n’a été prise du côté d’un<br />

redressement éventuel de<br />

la barre d’admissibilité.<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 22 NOVEMBRE 2018 | N°21


PAROLES DE PROF<br />

Pourquoi faire une classe<br />

préparatoire EC ?<br />

Parcours et témoignages<br />

d’anciens préparationnaires<br />

Lors de la journée continuum du 19 octobre dernier à ESCP Europe deux anciens élèves<br />

de classes préparatoires viennent présenter les conclusions de leur groupe de travail.<br />

© François Daburon / ESCP Europe<br />

Par Nicole Eparvier, Professeure de Chaire<br />

supérieure (économie-droit) en CPGE ECT Lycée<br />

Brémontier, Bordeaux et Jean-Louis Chauve,<br />

agrégé d’économie et gestion, professeur de<br />

chaire supérieure en classe préparatoire ECT au<br />

lycée la Martinière-Duchère de Lyon.<br />

La classe préparatoire ce sont les anciens<br />

préparationnaires qui en parlent le mieux. Noémie,<br />

Romain, Antoine, Laetitia, Marion, Tim et Aline vous<br />

décrivent leur parcours de la prépa à la Grande école.<br />

Noémie Laurens<br />

HEC 2015<br />

J’ai intégré une classe préparatoire ECT en 2009, soit un an<br />

après sa création. Cette préparation intensive de deux années a<br />

été une expérience particulièrement marquante dans mon parcours. Si le travail<br />

et la rigueur étaient fortement valorisés par les professeurs, le soutien sur le plan<br />

humain n’en était pas moins important. Les professeurs, pour qui je garde une<br />

affection toute particulière 10 ans après avoir pris mon envol, m’ont donné toutes<br />

les clés pour réussir les concours des grandes écoles et intégrer HEC Paris. Plus<br />

important encore, ces deux années m’ont dotée d’une grande capacité de travail<br />

et d’organisation, ainsi que de connaissances poussées sur l’économie, le droit et<br />

le management, que je mobilise encore aujourd’hui.<br />

À l’issue de mes quatre années à HEC Paris, au cours desquelles j’ai choisi de<br />

faire un double-diplôme avec La Sorbonne en droit des affaires, je me suis orientée<br />

vers l’économie de l’environnement. Forte de ce parcours pluridisciplinaire,<br />

j’ai rejoint en 2017 le programme de doctorat en science politique de l’Université<br />

Laval, au Canada. J’entame aujourd’hui ma deuxième année de doctorat,<br />

avec pour sujet de thèse les interactions entre les accords commerciaux et les<br />

accords environnementaux internationaux. Cette nouvelle expérience me permet<br />

de présenter mon travail partout en Europe et en Amérique du Nord, ainsi que<br />

de découvrir une nouvelle discipline. Elle assouvit ainsi ma soif de voyage et<br />

d’apprentissage. En somme, intégrer une classe préparatoire ECT peut offrir un<br />

parcours tout tracé, mais aussi ouvrir mille autres opportunités ! n<br />

Romain Tanguy<br />

Toulouse BS 2018<br />

Après une première expérience associative au sein de la<br />

Junior-Entreprise de mon école, j’ai décidé de m’investir pour ce<br />

mouvement étudiant pendant un an durant ma césure à la Confédération Nationale<br />

des Junior-Entreprises que j’ai eu la chance de présider. C’est, par comparaison<br />

avec la majorité des étudiants en école de commerce, un parcours atypique<br />

>>> suite page 24<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 23 NOVEMBRE 2018 | N°21


PAROLES DE PROF<br />

>>> suite de la page 23<br />

car ma découverte du monde professionnel s’est effectuée grâce aux structures<br />

que j’avais sous ma gestion.<br />

Au-delà du formidable accompagnement professoral et du bagage culturel que<br />

la prépa m’a permis de construire, je retiens plus particulièrement quelques<br />

éléments à mes yeux fondamentaux qui font la valeur ajoutée d’une prépa EC :<br />

une méthodologie de travail particulièrement recherchée par les entreprises qui<br />

permet de développer une extrême rigueur, une grande efficacité, beaucoup de<br />

curiosité et une faculté à comprendre vite. La prépa m’a aussi appris à m’engager<br />

totalement dans ce que je faisais et grâce à la présence régulière des anciens,<br />

lors notamment des préparations aux entretiens, j’ai compris que l’entraide entre<br />

générations était une clé de la réussite, ce que mon engagement auprès des JE et<br />

ma jeune carrière me permettent de vérifier au quotidien. » n<br />

Antoine Minet<br />

Audencia 2016<br />

Étudiant en CPGE ECE de 2010-2012, j’ai ensuite intégré Audencia<br />

Business School et obtenu mon diplôme en 2016. Je travaille<br />

actuellement au sein d’une start-up prometteuse (Yespark) en tant que responsable<br />

des opérations après avoir été pendant deux années commercial dans une<br />

entreprise spécialisée dans les solutions SaaS.<br />

Je garde un excellent souvenir de mes années de CPGE qui m’ont permis de<br />

progresser intellectuellement et d’apprendre sur des sujets très diversifiés. À mon<br />

sens, il y a deux aspects primordiaux à mettre en avant lorsqu’on parle de CPGE :<br />

- l’apprentissage de savoirs qui permet de comprendre et d’analyser le monde<br />

dans lequel on évolue (Économie, Histoire, Lettres, Philosophie,…)<br />

- l’apprentissage de savoir-faire et de compétences (Capacité d’analyse, esprit de<br />

synthèse, capacité de travail, dépassement, etc.).<br />

L’intérêt des classes préparatoires réside dans l’alliance de ces deux types de<br />

savoirs qui permet de construire de futurs individus qui sauront s’intégrer personnellement<br />

et professionnellement dans la société.<br />

Avec du recul, j’ai l’impression de n’avoir jamais été aussi intelligent et affûté intellectuellement<br />

que pendant ces deux années de classes prépas. C’est sans doute<br />

plus facile à dire quelques années plus tard. n<br />

Marion Defachelle<br />

Rennes BS 2015<br />

Désireuse de faire des études longues ancrées dans les domaines<br />

étudiés en filière STMG, j’ai choisi de faire une classe préparatoire<br />

ECT, encouragée en ce sens par mes professeurs de terminale. La classe préparatoire<br />

est un excellent parcours à suivre pour rentrer en grande école, mais cette<br />

formation est aussi également très enrichissante d’un point de vue culturel.<br />

J’ai intégré Rennes BS en juin 2015 et accompli mes années de M1 et M2 en<br />

alternance (groupe Maître Coq) au sein du parcours « responsable de projet innovant<br />

», poursuivant ainsi dans la voie du marketing. À l’issue de ce programme j’ai<br />

été embauchée en CDI dans l’entreprise. n<br />

Tim Harislur<br />

ESSEC 2012<br />

J’ai choisi de faire une classe préparatoire ECT parce que c’est<br />

une formation d’excellence permettant d’acquérir des méthodes<br />

et connaissances très valorisées par la suite, et d’intégrer une grande école de<br />

management pour atteindre un niveau de formation bac+5.<br />

Ces deux années en prépa constituent un parcours exigeant, très formateur en<br />

termes de méthodes, d’efficacité, et d’endurance. Une réelle volonté d’apprendre<br />

et de m’améliorer m’a permis de vivre deux années plus enrichissantes que difficiles,<br />

qui sont un atout encore aujourd’hui.<br />

J’ai intégré l’ESSEC en juin 2012. Je me suis spécialisé en Corporate Finance.<br />

L’ESSEC offre une totale autonomie aux étudiants dès la 2 e année, ce qui m’a<br />

permis de réaliser de nombreux stages en France et à Londres (Cartier, KPMG,<br />

Skylar Group, et Lazard). La scolarité est donc plus longue, mais les expériences<br />

très valorisées et formatrices.<br />

J’occupe actuellement un poste d’analyste M&A (Fusions & Acquisitions) chez<br />

Lazard à Paris, embauché à la suite de mon stage de fin d’études. n<br />

Laetitia Vitaud<br />

HEC 2002<br />

Bonne élève, je me suis dirigée vers une classe préparatoire après<br />

le baccalauréat. Convaincue qu’on pouvait “tout faire après HEC”,<br />

j’ai opté pour une prépa EC sans plus de réflexion sur mes ambitions professionnelles.<br />

C’est le goût de la prépa qui m’a amenée en grande école, en l’occurrence<br />

HEC, que j’ai intégrée il y a 20 ans.<br />

La réflexion sur mes ambitions professionnelles est venue plus tard, après<br />

quelques errements : à l’issue d’une expérience malheureuse en tant que<br />

commerciale en SSII, j’ai compris que le goût des études devait faire partie de<br />

ma vie professionnelle. C’est ainsi que j’ai passé le concours de l’agrégation (en<br />

anglais) pour devenir professeur en classes préparatoires.<br />

Après 10 heureuses années d’enseignement, ce même goût pour les études et<br />

la transmission m’a donné envie de créer ma société de Research and Marketing,<br />

Cadre Noir Ltd, à Londres, après une expérience dans le département des<br />

ressources humaines d’une grande entreprise numérique. Aujourd’hui, j’écris et je<br />

fais des conférences sur les sujets du futur du travail, des ressources humaines<br />

et du commerce. Je travaille avec plusieurs entreprises qui inventent le futur du<br />

travail, dont Malt, la plateforme des freelances, avec laquelle j’analyse la manière<br />

dont les freelances transforment le management.<br />

En 2016, j’ai co-écrit avec Nicolas Colin Faut-il avoir peur du numérique ? paru<br />

chez Armand Colin. En 2018, deux nouveaux ouvrages sont en préparation. n<br />

Aline Piguet<br />

EM Strasbourg 2012<br />

J’ai choisi ce parcours prépa parce que c’est une formation d’excellence<br />

permettant d’acquérir des méthodes et connaissances<br />

très valorisées par la suite, et d’intégrer une grande école de management.<br />

Ces deux années de classe préparatoire en voie ECT m’ont beaucoup apporté<br />

au niveau des méthodes de travail, des connaissances et approfondissements<br />

dans les domaines déjà étudiés lors de mes études en section STMG ainsi qu’en<br />

langues vivantes et en culture générale. Les enseignements technologiques<br />

dispensés en école de commerce sont en lien direct avec ceux que l’on nous<br />

enseigne et que l’on approfondit en prépa.<br />

J’ai intégré EM Strasbourg en juin 2012. Cette école m’a permis de réaliser<br />

deux semestres à l’étranger. Lors de ma deuxième année, j’ai eu l’opportunité<br />

de découvrir l’expérience très enrichissante qu’est le programme Erasmus et qui<br />

m’a donné l’envie de travailler à l’étranger. L’école permet à chaque étudiant de<br />

prendre part à une vie associative riche et diversifiée et de construire son parcours<br />

en fonction de ses objectifs. C’est grâce à ce cursus que je suis aujourd’hui aux<br />

USA pour travailler, et je peux donc considérer que l’école a été un réel tremplin<br />

pour moi.<br />

J’occupe aujourd’hui le poste de RH Manager (ressources humaines) au sein<br />

d’Alstom, sur le site d’Hornell aux Etats-Unis. J’avais auparavant été embauchée<br />

en contrat VIE (durée de 18 mois), contrat débuté à la suite de mon alternance en<br />

RH au sein d’Alstom sur un site français. n<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 24 NOVEMBRE 2018 | N°21


étudiants de plus à l’Essec et ESCP Europe, 20 à HEC, les trois « parisiennes »<br />

25 recruteront plus que jamais en classes préparatoires en 2019. Si on y ajoute<br />

les 20 places de plus de emlyon ou les dix de Grenoble EM et d’Audencia on mesure<br />

mieux à quel point il sera de plus en plus difficile pour les écoles moins cotées de<br />

REPÈRES<br />

BCE : les données du concours 2019<br />

Toujours plus ! Les Grande écoles de management du haut du tableau augmentent largement leurs<br />

recrutements en classes préparatoires en 2019. Autres informations à connaître : les coefficients de<br />

chaque épreuve écrite de La Banque centrale d’épreuves.<br />

recruter dans les années à venir. Certaines en sont si convaincues qu’elles baissent<br />

déjà leurs ambitions : l’ISC baisse ses prétentions de 25 places, l’ISG de 20. Prenant<br />

acte de son échec en 2018 et préférant ne pas baisser sa barre d’admissibilité pour<br />

autant Toulouse BS va plus loin en supprimant 40 places ! n<br />

ECOLES membres 2017 2018 2019<br />

Evolution<br />

2019/2018<br />

AUDENCIA BS 470 480 490 10<br />

BREST BS 30 30 30 0<br />

BSB Burgundy BS 220 250 250 0<br />

EDHEC BS 500 520 520 0<br />

emlyon BS 500 520 540 20<br />

EM Normandie 80 80 85 5<br />

EM Strasbourg BS 250 255 255 0<br />

ESC PAU BS 100 70 75 5<br />

ESCP Europe 355 370 395 25<br />

ESSEC BS 395 395 420 25<br />

GRENOBLE EM 490 490 500 10<br />

Groupe ESC CLERMONT 60 60 70 10<br />

HEC Paris 380 380 400 20<br />

ICN BS 260 265 265 0<br />

INSEEC SB and Economics 300 270 270 0<br />

IMT BS 130 150 170 20<br />

ISC PARIS BS 175 150 125 -25<br />

ISG International BS 80 70 50 -20<br />

La Rochelle BS 105 105 110 5<br />

Montpellier BS 250 260 260 0<br />

RENNES SB 300 305 305 0<br />

SKEMA BS 530 530 530 0<br />

SOUTH CHAMPAGNE BS 55 55 55 0<br />

TOULOUSE BS 410 415 375 -40<br />

TOTAL<br />

Nombre de places ouvertes au Concours BCE<br />

Nombre de places ouvertes au Concours BCE<br />

6 425 6 475<br />

6 545<br />

70<br />

écrites 2019<br />

Coefficients des épreuves écrites 2019 écrites 2019 au Concours BCE<br />

Filière économique et commerciale Option scientifique<br />

Filière économique et commerciale - Option scientifique<br />

Filière économique et commerciale - Option scientifique<br />

Hist-géo,<br />

Etude et<br />

Dissertation<br />

Contraction<br />

géopolitique<br />

École<br />

synthèse de 1ère langue 2ème langue de culture Maths S Maths 2S<br />

de texte<br />

monde<br />

Total<br />

du<br />

textes<br />

générale<br />

contemporain<br />

AUDENCIA Business School 4 5 3 5 8 5 30<br />

BREST Business School 4 7 3 6 4 6 30<br />

BSB Burgundy School of Business 3 8 5 4 5 5 30<br />

Ecole de Management de Normandie 3 7 5 4 6 5 30<br />

EDHEC Business School 3 5 2 5 8 2 5 30<br />

EM Strasbourg Business School<br />

EM Strasbourg Business School 3 8 5 4 5 5 30<br />

emlyon Business School 3 5 3 5 6 3 5 30<br />

emlyon Business School 30<br />

ESC PAU Business School 3 9 4 7 4 3 30<br />

ESC PAU Business School 30<br />

ESCP Europe 3 5 3 4 6 4 5 30<br />

ESCP Europe 30<br />

ESSEC Business School 2 4 2 5 6 5 6 30<br />

ESSEC Business School 30<br />

GRENOBLE École de Management 3 6 5 2 8 6 30<br />

GRENOBLE École de Management 3 6 5 2 8 6 30<br />

Groupe ESC CLERMONT 3 7 5 4 5 6 30<br />

Groupe ESC CLERMONT 3 7 5 4 5 6 30<br />

HEC Paris 3 4 2 4 6 5 6 30<br />

HEC Paris 3 4 2 4 6 5 6 30<br />

ICN Business School 4 6 4 6 5 5 30<br />

ICN Business School 4 6 4 6 5 30<br />

INSEEC School of Business and Economics 3 8 5 5 4 5 30<br />

INSEEC School of Business and Economics 8 5 4 5 30<br />

Institut Mines-Télécom Business School 3 6 4 5 6 6 30<br />

Institut Mines-Télécom Business School 6 4 6 6 30<br />

ISC PARIS Business School 3 8 5 5 4 5 30<br />

ISC PARIS Business School<br />

ISG International Business School 3 8 5 5 4 5 30<br />

ISG La Rochelle International Business Business School School 3 87 54 5 45 56 30<br />

La Montpellier Rochelle Business School 34 76 4 54 56 6 30<br />

Montpellier RENNES School Business of Business School 45 6 45 45 65 64 30<br />

RENNES SKEMA Business School of School Business 5 5 6 5 5 5 4 30<br />

SOUTH CHAMPAGNE BUSINESS<br />

SKEMA Business School<br />

SCHOOL(ex ESC TROYES) 4 5 86 5 45 45 54 30<br />

SOUTH<br />

TOULOUSE<br />

CHAMPAGNE<br />

Business School<br />

BUSINESS<br />

SCHOOL(ex ESC TROYES) 43 85 54 4 48 56 30<br />

École épreuves la BCE<br />

TOULOUSE Business School 3<br />

utilisant les<br />

5<br />

de<br />

4 4 8 6 30<br />

ENSAE ParisTech 10 20 25 15 70<br />

École utilisant les épreuves de la BCE<br />

ENSAE ParisTech 10 20 25 15 70<br />

Filière économique Coefficients et commerciale des épreuves - Option écrites technologique<br />

Écoles conceptrices :<br />

ESCP Europe<br />

EDHEC BS Coefficients<br />

ESCP Europe/HEC<br />

des épreuves écrites<br />

Paris<br />

2019<br />

ESSEC BS<br />

EDHEC BS/ESSEC BS ELVi emlyon BS<br />

ESSEC BS/HEC Paris<br />

emlyon BS/HEC Paris<br />

Filière économique et commerciale - Option technologique<br />

GRENOBLE EM HEC Paris IENA<br />

ESCP Europe Filière économique ESCP Europe/HEC et commerciale - Paris Option économique ESSEC BS<br />

Coefficients des épreuves écrites 2019<br />

ESSEC BS/HEC Paris<br />

GRENOBLE Contraction EM Etude HEC et Paris IENA Dissertation<br />

Économie,<br />

École<br />

Filière synthèse économique de et 1ère commerciale langue 2ème - Option langue économique<br />

Option technologique<br />

Management<br />

de culture Maths E Maths 2E sociologie et Total<br />

de texte<br />

Etude et<br />

Dissertation<br />

École<br />

textes<br />

générale<br />

histoire<br />

Contraction<br />

Résumé de<br />

2ème<br />

synthèse de<br />

1ère langue<br />

de culture Maths T<br />

et sciences de Total<br />

de texte<br />

texte<br />

langue<br />

Droit<br />

textes<br />

générale<br />

gestion<br />

Etude et<br />

Dissertation<br />

Économie,<br />

Etude et<br />

Dissertation<br />

Contraction<br />

Résumé de<br />

2ème<br />

École<br />

synthèse de<br />

1ère langue<br />

de culture Maths T<br />

Économie- Management<br />

AUDENCIA Business School Contraction<br />

et sciences de Total<br />

École<br />

3 08/11/2018<br />

synthèse de 1ère 5langue<br />

2ème 3langue<br />

de culture 5 Maths 8 E Maths 2E sociologie 6 et Total 30<br />

AUDENCIA Business School de texte<br />

texte<br />

langue<br />

Droit<br />

de texte<br />

2 3 2 3 4 6 10 30<br />

textes<br />

générale<br />

histoire<br />

textes<br />

générale<br />

gestion<br />

BREST Business School 4 7 6 4 30<br />

AUDENCIA BREST Business Business School School 2 3 3 32 43 34 6 10 8 30<br />

AUDENCIA Business School 3 5 3 5 8 6 30<br />

BSB Burgundy School of Business 3 8 5 4 30<br />

BREST BSB Burgundy Business School of Business 3 34 3 45 3 65 87 30<br />

BREST Business School 4 7 3 6 4 6 30<br />

Ecole de Management de Normandie 6 5 7 30<br />

BSB Ecole Burgundy de Management School of de Business Normandie 3 43 3 54 34 5 78 30<br />

BSB Burgundy School of Business 3 8 5 4 4 6 30<br />

EDHEC Business School 5 2 6 2 30<br />

Ecole EDHEC de Business Management School de Normandie 3 3 34 32 4 45 56 86 30<br />

Ecole de Management de Normandie 3 6 5 5 4 7 30<br />

EM Strasbourg Business School 8 5 4 4 6 30<br />

EDHEC EM Strasbourg Business Business School School 3 3 4 32 4 45 56 76 30<br />

EDHEC Business School 3 5 2 5 6 2 7 30<br />

emlyon Business School 5 3 5 2 8 30<br />

EM emlyon Strasbourg Business Business School School 3 3 4 3 4 43 5 78 30<br />

EM Strasbourg Business School 3 8 5 4 4 6 30<br />

ESC PAU Business School 7 4 3 30<br />

emlyon ESC PAU Business School 3 3 4 23 64 3 5 78 30<br />

emlyon Business School 3 5 3 5 4 2 8 30<br />

ESCP Europe 3 5 3 4 3 7 30<br />

ESCP PAU Europe Business School 3 3 4 2 64 35 5 7 30<br />

ESC PAU Business School 3 7 4 5 3 8 30<br />

ESSEC Business School 3 4 2 6 4 30<br />

ESCP ESSEC Europe Business School<br />

ESCP Europe 3 3 4 2 4 5 56 76 30<br />

3 5 3 5 4 3 7 30<br />

GRENOBLE École de Management 4 2 9 8 30<br />

ESSEC GRENOBLE Business École School de Management<br />

ESSEC Business School<br />

32 42 2 42 58 6 68 30<br />

3 4 2 6 4 4 7 30<br />

Groupe ESC CLERMONT 7 5 5 3 7 30<br />

GRENOBLE Groupe ESC École CLERMONT<br />

GRENOBLE École de Management<br />

de Management 2 4 32 2 42 38 6 8 30<br />

3 4 4 2 9 8 30<br />

HEC Paris 4 2 6 4 4 30<br />

Groupe HEC Paris<br />

Groupe ESC CLERMONT<br />

ESC CLERMONT 3 4 34 2 4 36 65 86 30<br />

3 7 5 5 3 7 30<br />

ICN Business School 6 4 5 5 30<br />

HEC ICN Business Paris School<br />

HEC Paris<br />

3 3 34 2 34 56 5 96 30<br />

3 4 2 6 4 4 7 30<br />

INSEEC School of Business and Economics 7 6 3 6 30<br />

INSEEC ICN Business School of School Business and Economics ICN Business School<br />

34 3 2 3 53 56 9 30<br />

3 6 4 5 5 7 30<br />

Institut Mines-Télécom Business School 6 4 5 7 30<br />

INSEEC Institut School Mines-Télécom of Business and Business Economics School 3 3 23 34 36 65 96 30<br />

INSEEC School of Business and Economics 3 7 6 5 3 6 30<br />

4<br />

ISC PARIS Business School 7 5 4 3 8 30<br />

Institut Mines-Télécom Business School<br />

Institut ISC PARIS Mines-Télécom Business School Business School 3 3 43 3 34 36 5 96 30<br />

3 6 4 5 5 7 30<br />

ISG International Business School 30<br />

ISC PARIS Business School<br />

ISC ISG PARIS International Business Business School School 3 4 3 3 3 5 9 30<br />

3 7 5 4 3 8 30<br />

La Rochelle Business School 6 4 6 4 7 30<br />

ISG International Business School<br />

ISG La Rochelle International Business Business School School 3 43 32 34 34 5 9 30<br />

3 7 5 4 3 8 30<br />

Montpellier Business School 4 4 5 30<br />

La Rochelle Business School<br />

La Montpellier Rochelle Business School 3 3 23 43 45 5 98 30<br />

3 6 4 6 4 7 30<br />

RENNES School of Business 5 5 5 4 30<br />

Montpellier Business School<br />

Montpellier RENNES School Business of Business School 3 3 3 32 3 56 56 87 30<br />

4 6 4 4 5 7 30<br />

SKEMA Business School 5 30<br />

RENNES School of Business<br />

RENNES SKEMA Business School of School Business 3 3 2 3 6 6 7 30<br />

SOUTH CHAMPAGNE BUSINESS<br />

SCHOOL(ex ESC TROYES)<br />

5<br />

4<br />

5<br />

7<br />

5 4 4<br />

3<br />

7 30<br />

30<br />

SOUTH CHAMPAGNE BUSINESS<br />

SKEMA Business School<br />

SKEMA Business School 3 4 3 32 43 36 6 7 30<br />

5 5 5 4 4 7 30<br />

SCHOOL(ex ESC TROYES) TOULOUSE SOUTH CHAMPAGNE Business School BUSINESS<br />

3 4 3 5 7 8 30<br />

SOUTH<br />

TOULOUSE<br />

CHAMPAGNE<br />

Business School<br />

BUSINESS<br />

SCHOOL(ex ESC TROYES)<br />

SCHOOL(ex ESC TROYES) 4 7<br />

les<br />

5<br />

de la<br />

4 3 7 30<br />

3 4 3 32 42 36 6 78 30<br />

École utilisant épreuves BCE<br />

TOULOUSE Business School 3 3 2 2 6 6 8 30<br />

ESM TOULOUSE de SAINT-CYR Business SES School 4 3 74 63 85 97 12 8 46 30<br />

École utilisant les épreuves de la BCE<br />

Écoles conceptrices :<br />

Écoles conceptrices :<br />

Coefficients des épreuves écrites<br />

Écoles conceptrices :<br />

EDHEC BS EDHEC BS/ESSEC BS ELVi emlyon BS emlyon BS/HEC Paris<br />

emlyon BSB BURGUNDY BS/HEC Paris SB EM EDHEC STRASBOURG BS/ESSEC BS ESCP Europe ELVi emlyon ESSEC BS<br />

Écoles conceptrices :<br />

EDHEC BS EDHEC BS/ESSEC BS ELVi emlyon BS emlyon BS/HEC Paris<br />

HEC emlyon ParisBS/HEC Paris IENA EM LA ROCHELLE STRASBOURG BS SOUTH ESCP Europe CHAMPAGNE BSESSEC BS<br />

Écoles conceptrices :<br />

HEC Paris IENA LA ROCHELLE BS SOUTH CHAMPAGNE BS<br />

ESCP Europe<br />

EDHEC BS<br />

ESCP Europe/HEC Paris<br />

EDHEC BS/ESSEC BS ELVi<br />

ESCP Europe/SKEMA BS<br />

emlyon BS emlyon BS/HEC Paris<br />

ESCP Europe<br />

ESCP Europe/HEC Paris<br />

ESCP Europe/SKEMA BS<br />

L’ESSENTIEL DU SUP | PRÉPAS 25 NOVEMBRE 2018 | N°21<br />

Option économique<br />

BSB BURGUNDY SB EDHEC BS/ESSEC BS ELVi emlyon BS<br />

ESM de SAINT-CYR SES 4 7 6 8 9 12 46

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