07.01.2019 Vues

LMGmag#7

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Merci<br />

de vos suggestions<br />

et remarques.<br />

Merci de suivre<br />

les créations<br />

et actualités<br />

de la Maison Garage<br />

sur le site<br />

ou facebook.<br />

74ÈME trimestre 2018<br />

mag<br />

lamaisongarage<br />

pour plus d’infos,<br />

cliquez sur<br />

les mots soulignés<br />

tout au long du magazine<br />

Désastre<br />

Chaque année, au Japon, l’association<br />

de promotion des kanji (les idéogrammes<br />

utilisés dans l’écriture japonaise)<br />

détermine par vote le kanji de l’année.<br />

Pour symboliser l’année 2018 c’est<br />

l’idéogramme «sai», signifiant «désastre,<br />

catastrophe» qui a été retenu.<br />

Bon, en cherchant bien il y a dû quand<br />

même avoir matière à se réjouir en 2018,<br />

non ? Et, au pire, réjouissons-nous que<br />

cette année soit finie.<br />

Enfin 2019 et ses rimes faciles ! L’année<br />

du neuf, de la teuf, de l’œil de beuf...<br />

Enfin un 7ème numéro de LMG<br />

Mag ! La future Fondation de la Mémoire<br />

de l’Esclavage un portrait d’un énarque’n<br />

roll, une rétrospective 2018, un peu de<br />

prospective pour 2019, et toujours les<br />

coups de cœur, Patate et… Aubergine,<br />

un jeu pour bien finir l’année et un autre<br />

pour bien la commencer... (c’est le même<br />

jeu mais formulé ainsi cela fait plus<br />

riche...)<br />

La Maison Garage vous souhaite<br />

le meilleur pour une année 2019. Une<br />

année des astres ;-)<br />

2


à venir...<br />

DESTINS MÉTIS<br />

Projet trans-média (tv / radio / web /expo<br />

photo) initié par L. Chatenay-Rivauday,<br />

la série de films courts Destins métis se<br />

veut le portrait, par petites touches, des<br />

sociétés ultramarines, constituées au fil<br />

des siècles, au gré des différentes arrivées<br />

de populations. Une réalité plus complexe<br />

et plus riche qu’un mélange noir/blanc. Des<br />

témoins se racontent, eux et leurs aïeux<br />

originaires de Chine, d’Inde, d’Afrique,<br />

d’Italie, de Syrie… Des récits enrichis<br />

d’archives personnelles et institutionnelles,<br />

d’animations et de graphisme. La toute<br />

première étape du projet sera tournée en<br />

Martinique (DESTIN METIS/MARTINIQUE)<br />

avant d’être mené dans les 9 territoires<br />

d’outre-mer.<br />

Diffusion prévue sur Martinique la 1ère fin<br />

du premier Trimestre 2019<br />

expo [paris]<br />

Pour accompagner la sortie du 24ème<br />

numéro de la revue annuelle Recherches<br />

en Esthétique, Dominique Berthet<br />

fondateur et responsable du Centre<br />

d’Ètudes et de Recherche en Esthétique<br />

et Arts Plastiques (CEREAP) organise<br />

avec Claire Richer dans son nouvel<br />

espace parisien : la Uprising Gallery,<br />

une exposition regroupant 4 artistes<br />

caribéens, Samuel Gelas, Alain<br />

Josephine, Ismael Mundaray et<br />

Gilles Elie-Dit-Cosaque. Le thème de<br />

l’édition 2019 est : Art et détournement.<br />

Du 21 au 30 Janvier 2019 Uprising Gallery<br />

145 rue de Belleville 75019 Paris<br />

Pour recevoir le magazine<br />

régulièrement, inscrivez-vous<br />

à la newsletter.<br />

2019<br />

Zépon<br />

Long métrage fiction<br />

de Gilles Elie-Dit-Cosaque en tournage<br />

au premier trimestre 2019 en Martinique<br />

Vous avez manqué<br />

les LMGMag précédents ?<br />

Pour la séance de rattrapage<br />

suivez le lapin blanc<br />

Bonne année<br />

et toujours<br />

DVD et VOD sur<br />

www.lamaisongarage.fr<br />

[ paiement en ligne possible via paypal ]


asquiat<br />

Vite, vite, vite… si ce n’est déjà fait, vous n’avez plus que quelques<br />

jours pour courir voir la rétrospective Jean-Michel Basquiat à la Fondation Louis-<br />

Vuitton. L’artiste d’origine haïtienne, né et mort à New-york en 1988 à l’age de 28<br />

ans d’une overdose, a dépassé depuis longtemps le statut de simple icône des<br />

années 80 pour s’imposer comme une figure majeure de l’art contemporain. Tags<br />

et graffiti, les rues ont été ses premières galeries avant de connaître une rapide<br />

reconnaissance par le milieu artistique. L’exposition retrace en 120 œuvres, dont<br />

certaines présentées pour la première fois en Europe, l’ensemble de son parcours<br />

y compris les collaborations avec Warhol. Mix de dessins, de collages, de mots, de<br />

symboles, références hétéroclites et rappels incessants à la culture et pop-culture<br />

afro-américaines, à sa manière Jean-Michel Basquiat illustre d’une énergique et<br />

flamboyante manière le concept de créolisation propre à Édouard Glissant. A noter<br />

que l’exposition Basquiat est couplé avec celle toute aussi fascinante d’Egon Schiele.<br />

Jusqu’au 21 janvier 2019, Basquiat/Schiele Fondation Louis Vuitton<br />

[ 8 Avenue du Mahatma Gandhi, 75116 Paris, France ]<br />

© Estate of Jean-Michel Basquiat<br />

4


monk<br />

Monk, dans un style graphique qui se veut proche<br />

MONK de Youssef Daoudi<br />

[ Roman graphique, ed. Martin de Halleux ]<br />

évoque l’amitié entre Thelonious Monk, pianiste<br />

hors norme, aussi imprévisible que génial et la mécène du<br />

monde du jazz la baronne Pannonica de Koenigswarter.<br />

Portrait d’un univers, d’une rencontre, d’une époque,<br />

du style du musicien, instinctif, incisif et aérien, est un livre<br />

qui donne envie de se replonger dans<br />

Round Midnight, Straigth no chaser,<br />

Blue Monk, Epistrophy, etc etc…<br />

La domination des corps du XV e siècle à nos jours<br />

Voilà un salutaire rappel d’un corollaire de la domination coloniale : la domination<br />

des corps, la domination sexuelle. Sexe, race et colonie, est un imposant pavé<br />

de près de 4 kg qui, en 1200 illustrations encadrées par des textes d’historiens,<br />

s’attache a présenter la manière dont se sont modelés le regard exotique et les<br />

fantasmes érotiques de l’occident sur leurs anciennes colonies asiatique ou africaines.<br />

SEXE RACES ET COLONIES<br />

sexe<br />

Pour les historiens et les auteurs du livre “les stéréotypes d’hier affectent très<br />

lourdement nos sociétés contemporaines. Le succès du tourisme sexuel dans les<br />

pays anciennement colonisés, le fantasme de la «beurette» supposément sensuelle,<br />

sont autant d’héritages non assumés de cette imagerie dominatrice” donnent-ils<br />

comme exemple. Le sujet, la forme et l’iconographie du livre ont fait débat autant<br />

avant sa parution, avec par exemple l’interdiction de reproduction de tableaux de<br />

Gauguin, d’extraits de Tintin au Congo, de publicités «interraciales»; qu’après sa<br />

parution. Des critiques reprochant notamment une forme de voyeurisme. Alors,<br />

peut-on dénoncer sans donner à voir ?<br />

Sexe, race & colonies. éd. La Découverte<br />

Le 26 novembre dernier<br />

le REGGAE<br />

a été inscrit par l’Unesco<br />

au Patrimoine<br />

immatériel<br />

de l’humanité


6<br />

à la fondation<br />

À LA FONDATION…<br />

1 an après le 170 e anniversaire<br />

de l’abolition définitive<br />

de l’esclavage en France,<br />

l’année 2019 verra la naissance<br />

de la Fondation pour<br />

la mémoire de l’esclavage<br />

de la traite et de ses abolitions.<br />

Un nom encore provisoire<br />

pour une volonté ferme.


Initié sous la mandature de François Hollande et confirmé par l’actuel président de<br />

la République en mai dernier, ce projet de fondation est à la fois la fin d’un long parcours<br />

sinueux et le début d’un autre sans doute tout aussi sinueux.<br />

On peut situer la fondation de la Fondation dans les années 90 avec<br />

l’éclosion de mouvements réunissant anonymes, artistes, chercheurs, associatifs, autour<br />

de la reconnaissance de la mémoire des esclaves et de leurs descendants. Cela a entraîné<br />

entre autre, la redécouverte du passé des anciennes villes négrières et l’apparition de<br />

premiers évènements populaires autour de ce nécessaire travail de mémoire. Tel l’exposition<br />

«les Anneaux de la mémoire» en 1992 à Nantes, première grande manifestation<br />

française consacrée à l’histoire de l’esclavage et de la traite.<br />

Le point d’orgue de cette décennie aura, sans nul doute, été à Paris la marche du 23<br />

mai 1998, une marche silencieuse organisée en marge des commémorations officielles<br />

du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Cette marche, composée en majorité<br />

d’ultra-marins et destinée à rendre hommage aux millions de victimes de la traite<br />

négrière, a été une contribution de plus au débat national qui aboutira au vote le 10<br />

mai 2001 de la loi dite Taubira par laquelle la France reconnaît la traite et l’esclavage<br />

coloniaux comme crime contre l’humanité.<br />

Portée ou relayée, entre autre, par des personnalités telle que Maryse Condé, Edouard<br />

Glissant, Lionel Zinsou ou Christiane Taubira, la necéssité d’une institution mémorielle<br />

autour de l’esclavage a fini par s’incarner à travers la création d’un Groupement d’Intérêt<br />

Public (GIP) en mai 2017, baptisé Mission de la mémoire de l’esclavage de la traite et de<br />

leur abolition (MMETA). Alors qu’on pouvait s’attendre à un musée de l’esclavage à Paris<br />

c’est le choix d’une fondation mi-publique mi-privée qui a été retenue par le président<br />

Emmanuel Macron ; arguant qu’avec le Mémorial ACTe en Guadeloupe, la France avait<br />

déjà un tel musée. Le siège de la future fondation sera néanmoins parisien dans un lieu<br />

hautement symbolique : L’hôtel de la Marine, place de la Concorde, là où fut signé le<br />

fameux décret d’abolition, dont Victor Schœlcher reste le plus connu de ses initiateurs.<br />

Présidée par Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, ancien premier ministre<br />

et composée de représentants de l’état, d’associations et d’institution, la MMETA a pour<br />

but de préparer la création de la Fondation, de définir son plan d’action et ce, en lien avec<br />

la société civile et des chercheurs. 5 axes se sont imposés : la recherche, l’éducation, le<br />

patrimoine, la création, l’évènementiel. Pour enrichir sa réflexion, la MMETA a organisé<br />

les 24 et 25 novembre 2018 les ateliers de la Fondation. C’est plus d’une centaine de<br />

participants (militants, chercheurs, associatifs, artistes, jeunes, etc.) venus de Paris, de<br />

province, de Guyane, de la Réunion, de Guadeloupe, de la Martinique et de Mayotte, qui<br />

a y été conviée, en séances plénières ou dans des groupes de travail, afin de livrer leurs<br />

expériences et leurs attentes.<br />

Parallèlement, la MMETA opère également la levée de fond auprès de grands<br />

groupes industriels français et internationaux. La moitié du budget prévu pour les 5<br />

premières années de la fondation, compris entre 5 et 6 millions d’euros, est censé venir<br />

de la société civile. Contexte économique, sujet délicat… les mécènes sont frileux. Fin<br />

novembre 2018, seul 2 millions ont été obtenu.<br />

Plus d’information sur<br />

la Mission de la mémoire<br />

de l’esclavage, de la traite<br />

et de leur abolition ici.


ORTRAIT<br />

PIERRE YVES BOCQUET<br />

PIERRE EVIL<br />

Journaliste musical spécialisé,<br />

entre autre, dans le rap<br />

Haut fonctionnaire,<br />

administrateur de la Mission<br />

de la mémoire de l’esclavage<br />

de la traite et de leurs abolitions<br />

J’ai eu assez tôt le désir de servir<br />

la cause publique. C’est peut-être le<br />

fruit d’un héritage familial. Mes parents<br />

étaient profs et je les ai toujours vus<br />

travailler pour l’intérêt général, que cela<br />

soit dans leur vie professionnelle, leurs<br />

engagements personnels, syndicaux,<br />

militants, ou associatifs... Le service<br />

public, pour moi, c’est améliorer la vie des<br />

gens et renforcer la cohésion de la société<br />

en faisant travailler tous les acteurs de la<br />

société à ce grand dessein. Et c’est pour<br />

travailler pour le service public que j’ai fait<br />

Science Po, puis l’ENA (promotion Victor-<br />

Schœlcher un signe?). Après j’ai intégré<br />

l’Inspection Générale des Affaires Sociales,<br />

l’IGAS, un corps interministériel, saisi par<br />

le 1er ministre. Son rôle est de contrôler,<br />

d’évaluer, de conseiller le gouvernement<br />

sur le champ social, au sens large. Par<br />

la suite j’ai rejoint le cabinet d’Elisabeth<br />

Guigou au ministère de l’emploi en 2001.<br />

Parallèlement, j’ai pu suivre un de mes<br />

désir de jeunesse : écrire sur la musique. Je<br />

ne suis pas musicien. Moi, mon approche à<br />

la musique s’est beaucoup faite à travers la<br />

lecture de la critique rock, des gens comme<br />

Philippe Manoeuvre, Yves Adrien, Francis<br />

Dordor, Bruno Blum. Et à un moment où j’ai<br />

pu trouvé un lieu pour pouvoir écrire (en autre<br />

Chronic’art) j’ai choisi le rap. Je trouvais<br />

que cette musique n’était pas suffisamment<br />

défendue, alors qu’elle présente toutes les<br />

caractéristiques de ce qu’était le rock dans<br />

les années 50. Une puissance déflagatoire,<br />

une inventivité folle, un porte-voix de la<br />

jeunesse... Une musique qui, même si elle a<br />

été au départ portée par une minorité aux État-<br />

Unis, réunit les communautés et influence<br />

les imaginaires. Elle est immergée dans son<br />

époque et dans sa société. Les musiques<br />

électroniques m’intéressent également mais<br />

quand la techno, par exemple, devient juste<br />

du beat au kilomètre pour les boîtes d’Europe,<br />

ierre-yves b<br />

NARQUE’N ROLL<br />

elle perd ce quelque chose qui fait que c’est<br />

plus que de la musique.<br />

Après, il n’y a pas que le rap…<br />

Récemment je voyais des publicités dans le<br />

métro pour le concert des 40 ans de Kassav.<br />

J’ai découvert l’importance de ce groupe, que<br />

je connaissais juste à travers le TOP 50, et la<br />

portée de sa musique en lisant la biographie<br />

de Miles Davis qui le citait comme une de ses<br />

influences dans les années 80. Je crois que<br />

c’est là que j’ai pris conscience que dans mon<br />

pays aussi il y avait des gens qui faisaient de<br />

la musique qui était plus que de la musique.<br />

Outre les critiques et chroniques<br />

musicales, Pierre-Yves Bocquet a signé sous<br />

le pseudo Pierre Evil “Gangsta-rap” (ed.<br />

Flammarion), “Detroit sampler” (ed Ollendorff<br />

& Desseins) et avec M.A Vecchione, en 2008<br />

le documentaire “Black Music – Des chaînes<br />

de fer aux chaînes en or”, pour ARTE)<br />

8


”<br />

La France a des problèmes de mémoire<br />

Elle connaît Malcolm X<br />

mais pas Frantz Fanon, pas le FLN ;<br />

Connaît les Blacks mais pas les Noirs<br />

(...)<br />

Il y a des choses indicibles ?<br />

C’est pas de l’Histoire ancienne<br />

Les Kanaks ? Personne l’enseigne.<br />

Massacres Vendée et Bretagne<br />

Il y a des choses qui datent.<br />

Sur l’esclavage et son règne ?<br />

On débat pas mais on fête<br />

et la fête cache les épaves<br />

En fait la fonction de plume, peut être<br />

un peu frustrante. Intervenir sur un discours<br />

sans s’être occupé de l’ensemble du dossier,<br />

cela revient à ne faire que de la forme.<br />

Et pour moi qui aime être dans l’action<br />

administrative cela a pu être frustrant,<br />

oui. Écrire un discours, ce n’est pas écrire<br />

pour soi. On écrit pour quelqu’un. Et que ce<br />

quelqu’un soit le président ou autre, il faut<br />

d’abord avoir la musique de ses mots dans<br />

la tête. Il y a des trucs qu’il ne dira jamais.<br />

Et ça personne ne vous le dit. J’ai appris. A<br />

force d’écouter vous finissez par connaître le<br />

vocabulaire, les figures de styles etc...<br />

François Hollande a toujours énormément<br />

réécrit ses discours. Il n’a jamais prononcé<br />

”<br />

un discours qu’il n’aurait ni lu ni annoté<br />

auparavant, ce n’est jamais arrivé, pas une<br />

fois. Il a toujours contrôlé sa parole. Voilà<br />

pourquoi il est si difficile pour lui d’avoir une<br />

plume. Je crois qu’avant être Président de la<br />

République, il n’en avait d’ailleurs jamais eu.<br />

Quelques mois après ma prise de fonction,<br />

je me suis retrouvé également à préparer les<br />

discours mémoriels. Et ça, c’étaient mes<br />

petits plaisirs. Les discours de décorations<br />

ou les hommages… littérairement j’ai<br />

vraiment adoré. Cela demandai tbeaucoup<br />

de travail mais c’est quelque chose que je<br />

n’ai jamais délégué. Les discours pour la<br />

Légion d’honneur à Michel Bouquet, Phillipe<br />

La fondation, c’est un projet qui est<br />

fait, entre autre, pour apporter une réponse,<br />

qui ne sera pas la seule, mais une réponse<br />

importante quand même, à des problèmes<br />

sociaux actuels liés aux fractures de<br />

la société française : discrimination,<br />

racisme, manque de reconnaissance. Ce<br />

sont des problématiques que je peux aussi<br />

parfois croiser aux cours des travaux que<br />

je continue à mener au sein de L’IGAS.<br />

L’histoire de l’esclavage est une<br />

histoire que j’ai découverte d’abord à<br />

travers la culture. Celle des communautés<br />

afro-américaine. Beloved de Toni Morisson<br />

par exemple m’a beaucoup marqué. Et<br />

puis, quand on est passionné de musique<br />

américaine et qu’on a envie de remonter<br />

aux sources, on finit par se retrouver dans<br />

les plantations du sud des États-Unis. Et<br />

en dehors de cela, j’ai également des liens<br />

plus personnels avec l’Afrique.<br />

Au lycée, je n’ai pas de souvenir qu’on<br />

m’ait parlé d’esclavage, de révolution<br />

haïtienne, de Toussaint Louverture,<br />

d’abolition, de la départementalisation,<br />

etc... toutes ces choses là, je les ai<br />

découverte par moi-même, à travers des<br />

lectures, comme les œuvres de Glissant,<br />

par exemple, qui m’ont fasciné. Cette<br />

part de l’histoire de France, de l’histoire<br />

des Outre-mers, une histoire complexe,<br />

ROCÉ - DES PROBLèmes de mémoire<br />

[ EXTRAIT CHOISI<br />

PAR PIERRE(EVIL)-YVES<br />

ocquet<br />

BOCQUET ]<br />

En 2014, je suis entré au cabinet<br />

de François Hollande en tant qu’adjoint du<br />

conseiller social. J’ai alors choisi de mettre<br />

Pierre Evil en sommeil.<br />

Une partie de mes activités, en tant<br />

que conseiller sectoriel était de travailler<br />

à la préparation de discours. Ainsi je suis<br />

intervenu sur la plupart des discours du<br />

début de quinquennat de François Hollande<br />

se rapportant au social ou à la santé, parce<br />

que j’aime écrire et cela déchargeait un peu<br />

Paul Bernard la plume du Président. Quand<br />

ce dernier est parti, l’Élysée a eu beaucoup<br />

de mal à lui trouver un remplaçant. La<br />

parole présidentielle est une parole qui<br />

a un poids singulier. De plus, François<br />

Hollande est quelqu’un qui ne donne pas<br />

sa confiance facilement et encore moins<br />

sur les discours ; domaine sur lequel il est<br />

extrêmement exigeant. Au bout de deux mois<br />

de vacance du poste, j’ai fini par faire acte<br />

de candidature et l’ai obtenu.<br />

Sollers ou l’hommage aux Invalides à M.<br />

Rocard… quand on aime écrire, ce sont<br />

des choses rares dans l’administration de<br />

pouvoir faire ça.<br />

Au cours de mon expérience au sein<br />

du cabinet présidentiel, j’ai été amené<br />

à travailler sur le projet de la fondation<br />

de la mémoire de l’esclavage. Je pense<br />

que c’est pour assurer une certaine<br />

continuité du projet que j’ai été désigné<br />

administrateur du Groupement d’Intérêt<br />

Public (GIP) chargé de mettre en place<br />

cette fondation : La Mission de la Mémoire<br />

de l’Esclavage, de la Traite et de leurs<br />

Abolitions (MMETA). Au sein de ce GIP,<br />

présidée par Jean-Marc Ayrault, mon rôle<br />

est au côté des autres administrateurs<br />

tel Doudou Diene, Lionel Zinsou, Olivier<br />

Laouchez, Françoise Vergès… d’aider à<br />

donner vie à la future fondation et de la<br />

faire connaître.<br />

diverse, passionnante c’est quelque chose<br />

que je continue d’approfondir aujourd’hui<br />

au contact de gens comme Myriam Cottias<br />

ou Frédéric Régent du Comité National<br />

pour la Mémoire de l’Esclavage (CNMHE).<br />

Il n’est pas normal que cette dimension<br />

de l’histoire, qui est très importante, surtout<br />

pour comprendre notre pays aujourd’hui,<br />

ne soit pas plus abordée. L’idée n’est pas<br />

d’en parler tout le temps, mais, au même<br />

titre que Jeanne d’Arc, les rois de France,<br />

la révolution française, la résistance,...<br />

cela forme l’imaginaire du pays. Et cet<br />

imaginaire est créolisé depuis au moins<br />

300 ans. Il est temps que les Français s’en<br />

rendent compte.<br />

www.gip-mmeta.org , le site de la<br />

Mission de la mémoire de l’esclavage<br />

de la traite et de leurs abolitions


Janvier/avril : EXPO GLISSANT/MARQUEZ<br />

mémorial ACTe - POINTE À PITRE<br />

[ installation interactive avec H.BEUZE ]<br />

Et pendant ce temps là en<br />

2018<br />

Mai : ZÉTWAL / PASSEURS D’HISTOIRE<br />

ST LAURENT DU MARONI<br />

[ ATELIER VIDÉO AVEC UN-EXCURSUS ]<br />

Juin : LAMBEAUX<br />

dans le cOurrier de l’unesco<br />

Septembre : ZÉTWAL et un air de césaire<br />

à la SEMAINE DU FILM DE LA CARAÏBE<br />

ET DES OUTRE-MER - PARIS<br />

9<br />

Novembre : OUTRE-MER OUTRE-TOMBE<br />

Projection à BASSE-TERRE


Mars : EXPO Figure de femmes totem<br />

des outre-mers<br />

musée de l’homme paris<br />

[ COMMISSARIAT / Scénographie ]<br />

Mai : NOUS IRONS VOIR PELÉ SANS PAYER<br />

Projection à ST LAURENT DU MARONI<br />

Juillet : MA GRENA’ ET MOI<br />

dans SOCIETY<br />

Juillet : NOUS IRONS VOIR PELÉ SANS PAYER<br />

projection à BRUXELLES<br />

Novembre : MISSION DE LA MÉMOIRE<br />

DE L’ESCLAVAGE DE LA TRAITE<br />

ET DE LEURS ABOLITIONS<br />

[ IMAGE DE MARQUE ]<br />

Décembre : NOUS IRONS VOIR PELÉ SANS PAYER<br />

projection à POITIERS


Aubergine & Patate #7<br />

LMG quizz<br />

Commençons l’année avec un quizz narcissique... Le premier ou la première à renvoyer<br />

par mail les 6 bonnes réponses aux questions ci-dessous recevra un tirage 30x30cm,<br />

numéroté et signé, extrait de Ma grena’ et moi.<br />

1• Quel est l’auteur du tableau en couverture de LMG Mag#1 ?<br />

2• Quelle était la solution du jeu du LMG Mag#2 ?<br />

3• Quel mot inaugurait la «petite collection de mots usagés»<br />

dans LMG Mag#3 ?<br />

4• Quel était le numéro de LMG Mag#4 ?<br />

5• Quel animal retrouvre-t-on à l’ouverture du LMG Mag#5<br />

6• Qui est l’auteur de la carte blanche dans LMG Mag#6<br />

Petit rappel, vous pouvez aisément tricher en consultant les<br />

anciens numéros de LMG Mag ici.<br />

…et la bonne année !<br />

À BIENTÔT POUR LMG Mag’#8<br />

En attendant, vous pourrez<br />

patienter avec la newsletter.<br />

Pour vous inscrire ou inviter<br />

vos amis à le faire, cliquez ici.<br />

Et puis bien sûr, il y a Facebook avec<br />

l’actualité, quasi au jour le jour, de La<br />

Maison Garage et le site web.<br />

mag<br />

© 4eme trim 2018 La Maison Garage<br />

Contact : lamaisongarage@gmail.com<br />

lamaisongarage<br />

www.lamaisongarage.fr • facebook/lamaisongarage • vimeo.com/lamaisongarage<br />

Playlist<br />

2019 etc…<br />

2018, 2019, une fin, un début,<br />

une descente, une envolée, de la chair, de<br />

l’électro…<br />

• New year day . U2<br />

• Close To Me . Pyeng Threadgill<br />

• Don’t Miss It · James Blake<br />

• Dark Lines · Gossip<br />

• Redemption Song · Bob Marley & The Wailers<br />

• Laura · Ella Fitzgerald<br />

• 99 Problems (Album Version) · Jay-Z<br />

• Melody Noir · Patrick Watson<br />

• Kids See Ghosts · Kids See Ghosts<br />

• Boca · F. Pellissier Quintet, A. Joseph<br />

• Mars (Theme) · Nick Cave & Warren Ellis<br />

• Fitter Happier (Remastered) · Radiohead<br />

BONNE ÉCOUTE<br />

< cliquez et écoutez via deezer

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