LA GAZETTE DE NICOLE 014

nicoleesterolle

QUATORZIEME GAZETTE !

ZEU

N

U

M

É

R

O

1

4

OF

Nicole

ANTONI TAPIES DIDIER CHAMIZO CÉLINE GUICHARD

DAVOR VRANKIC DELPHINE CADORÉ LISETTE DELOOZ

MANUEL MENDIVE MIGUEL AMATE RAY CAESAR

STÉPHANE MANDELBAUM DENIS GRRR STÉPHANE ROSSE


Artophilie &

artophobie

POUR NE RATER AUCUN NUMÉRO DE LA GAZETTE DE NICOLE

SUIVEZ-NOUS EN VOUS ABONNANT LÀ :

https://www.yumpu.com/fr/la_gazette_d


Comme les produits hydrophobes sont

non miscibles à l’eau, l’art financiaroinstitutionnel

ne se mélange pas à l’art

proprement dit, à l’art commun et à

l’art qu’on aime… Question de respect

des différences entre classes sociales,

exigence intellectuelle et niveaux

financiers… Ne mélangeons pas en effet

les torviettes avec les serchons…

Exception faite cependant pour un certain

nombre de créateurs, comme Antoni

Tapies et Stéphane Mandelbaum présents

dans ce numéro 14, lesquels relèvent

plutôt de l’artophilie, mais sont appréciés

des artophobes pour la côte élevée que

leur puissance vitale et créatrice leur a

tout de même permis d’acquérir sur le

marché spéculatif.

e_nicole_esterolle

Nicole

Estérolle

Et puis je vous suggère d’aller faire un tour sur mon site

www.schtroumpf-emergent.com


Antoni


Fulgurances « abstraites »

Un art monumental et mondial, tout de

puissance, d’intelligence, de sensibilité,

de mystère et d’évidence… Je voulais

montrer ici ces images d’œuvres

faites il y a quelques décennies, mais

dont la puissance semble s’être encore

renforcée avec le temps… Et pour

compenser la présence insuffisante,

qui m’est parfois reprochée, d’œuvres

dites « abstraites », aussi bien dans la

Gazette que dans le nicolemuseum.fr

Tapiès


Une flamboyante délinquance picturale

Didier Chamizo passa plus de dix ans

en prison pour avoir participé - à

cette époque de l’après mai 1968 où le

gauchisme hard faisait des adeptes - à la

lutte armée et à des attaques de banques.

S’il est des artistes pour lesquels la

formule « art = quête de la liberté » prend

sa véritable signification, Chamizo est de

ceux- là exemplairement. Sa flamboyante

et permanente révolte intérieure contre

les injustices et tous les systèmes de

contention du corps et de la pensée a fait

qu’il les a expérimentés durement dans

sa chair et son esprit, mais également,

que cette expérience a nourri une œuvre

miraculeusement rédemptrice. L’œuvre est

forte comme la vie qui la sous-tend.

«Il n’y a pas plus d’artistes chez les malades

mentaux que chez les malades

du genou», disait Jean Dubuffet... On

pourrait ajouter corollairement qu’il n’y

en a pas plus, non plus, chez les gens

qui ont eu la faveur d’être longuement

emprisonnés... certes, mais il y en a quand

même.

Didier Chamizo


Ha ! Ha !

Elle est une des plus somptueuses

dessinatrices-graphistes--illustratrices

du PAF, (Paysage Artistique Français).

Il y a dans ses dessins une inventivité

folle, une écriture d’une totale et

joyeuse liberté, sans morbidité ni

méchanceté. On ne peut pas dire que

c’est vraiment ou trop gentil, mais c’est

frais, ludique et sain….

Que demander de mieux ?

Voici une série du genre « portraits »

sortie de son livre « Ah ! Ah ! » édité

chez Lendroit éditions

Céline

Guichard


Davor Vran


Témoin de la démesure

de notre siècle

Formidable dessinateur d’origine croate, Davor

Vrankic a choisi très tôt de vivre et travailler en

France. Une de ses première expos eut lieu à la

galerie de la Halle Saint-Pierre à Paris en 1997,

proposée par notre regretté ami Laurent Danchin.

Il en fit la préface, dont voici un extrait :

« Témoin ahuri de la démesure généralisée de

son siècle où s’enfonce une humanité pervertie,

observateur attentif, visionnaire, au milieu des

foules de monstres humanoïdes, Davor Vrankic

est un de ces créateurs par lequel l’histoire de

l’art explore de nouvelles contrées. Aussi délicat

et pudique que ses visions sont provocantes et

cruelles, c’est un nouveau baroque, classique à

venir, pour une époque de folie. Les visions les

plus terribles sont parfois celles des auteurs les

plus sensibles et les plus gentils ».

(On peut voir ses fabuleux dessins à la mine de plomb

sur papier en avril à l’ACMCM de Perpignan)

kic


Delphine Cadoré


Urgence et circuit court

Un torrent impétueux d’images jaillit

en elle parmi les tâches ménagères et

l’éducation de ses enfants.

« Elle nous montre l ‘humain au travers

d ‘un érotisme torride où le cru devient

tendresse », nous dit d’elle son ami

artiste Thierry Lambert.

Une œuvre d’urgence, difficile à caler

dans une galerie et à appréhender par

un critique d’art et qui s’invente donc

d’autres systèmes de reconnaissance et

de diffusion… Internet est là pour la vente

de ce produit frais, au local, au national

et à l’international.

Les œuvres que vous voyez ici sont

vendues et envoyées (frais de port

compris) entre 50 et 300 euros…

Mailez ou téléphonez à Delphine pour

acquérir celle qui vous plaît parmi celles

ici montrées.

Cabulano34@free.fr

09 67 82 49 56


Le corps

dans tous

ses états…

et non des

moindres.

Lisette Delooz est une artiste belge, qui vit

près de Bruxelles.

Elle a travaillé d’abord pour l’office du

tourisme marocain et la grande encyclopédie

du Maroc (carrément). Elle a fait des timbres

poste et beaucoup de dessins animaliers

et floraux, puis réalisé des commandes de

portraits humains « en situation » d’être au

monde, avant de se consacrer au « corps

dans tous ses états » - et non des moindres -

que l’on voit ici aujourd’hui.

Lisette Delooz


Manuel

Mendive


L’énergie de nos ancêtres

de nos dieux et de nos rêves

« Le vocabulaire que j’utilise se veut

universel. Il vient rappeler toute la beauté et

la force de la nature au sein de laquelle nous

vivons, où nous évoluons, accompagnés

tout le long par la force et l’énergie de nos

ancêtres, de nos dieux et de nos rêves.

Avec eux, nous formons un tout. »

Épopées divines et modestes histoires

d’hommes – souvent celles de ses proches,

voire de lui-même – se fondent ici dans

un creuset commun et dialoguent entre

elles dans une mise en scène onirique et

poétique. Les toiles, sculptures, installations

et performances de Manuel Mendive nous

entraînent au cœur d’un univers foisonnant,

empreint de magie et de mystère.

Un monde qui prend source dans les

origines mulâtresses de l’artiste, dont la

famille, comme tant d’autres à Cuba, a

toujours conservé le culte des dieux.

Cet artiste de notoriété mondiale, n’a pas

d’œuvres, semble-t-il, dans les collections

publiques françaises… Trop « ethnique »

peut-être… Il figure cependant dans la

collection Cérès Franco à Montolieu.


« art brutal »

L’érotisme funèbre des poupées de

Miguel Amate, par André Laude, mon

ami poète et clochard céleste parisien

disparu en 1995.

« Les poupées de Miguel sont

désarticulées comme le sont

nos existences si nous acceptons

honnêtement de regarder au-delà des

apparences immédiates. Miguel injurie,

interpelle une certaine réalité parce

qu’il quête une autre réalité, bien

sûr plus réelle, plus humaine, mais

qui nécessite pour lui de réaliser la

profanation, j’allais presque dire de

l’hostie, puisque nous sommes dans

l’Espagne catholique. »

Miguel Amate est né en Espagne en

1944. Après de longues fugues en

Suède et en Allemagne, il s’installe

à Paris en 1969 et il ouvre une

échoppe –atelier de couture dans une

ancienne boucherie, non loin du centre

Pompidou. Ses délicieuses créatures

exposées en vitrine font le délice des

touristes japonais et des tout frais

conseillers, commissaires à l’art et

futurs curators internationaux qui

commencent à peupler Beaubourg et ne

sont pas encore trop contaminés par la

duchampisme d’Etat qui s’installe.

Miguel

Amate


Ray


Faiseur de belles images

« Les gens pensent que je peins des images pour enfants… Faux !

Je me réveille souvent au milieu de la nuit et réalise que je suis

égaré dans les couloirs d’un hôpital géant. Il est clair pour moi

que c’est le lieu de naissance de tout mon langage plastique.

J’ai détesté la notion d’art des années durant. Je n’avais pas envie

de montrer mon travail dans les galeries, ni même de l’afficher

sur mes propres murs. Je voyais trop combien il m’était

douloureux d’en parler ou même simplement d’y penser sans

ressentir une violente émotion.

La meilleure réponse à toutes les destructions de notre monde

est la création, à l’aide de tout et à propos de tout, la création,

simplement… J’aime autant les dessins d’enfants que la peinture

des grands maîtres, tous contiennent une énergie vibrant de

l’espoir créatif. Sur un ordinateur comme sur le mur d’une

caverne, faire des images est un moyen de communiquer

qu’utilisent les artistes pour exprimer leur amour, leur sens de

la beauté, leur passion ou leur colère. Je suis fier de la longue

tradition de faiseurs d’images dont je suis issu. »

Ray César est né à Londres en 1958.

Caesar


Stéphane Mand


Un ange dans la fournaise

Stéphane Mandelbaum, une

vie fulgurante : assassiné à 25

ans parce qu’il tentait d’obtenir

sa part du vol d’un Modigliani.

Une exploration hallucinée

et consciente de tous les

risques, de toutes les limites.

Délinquance, crime, sadomasochisme,

prostituées,

malfrats, nazisme…

un ange dans la fournaise.

Une œuvre considérable

faite en hurlant : dessins au

crayon, stylo-bille sur tous

supports lui tombant sous

la main, grands dessins plus

élaborés, graffitis, gravures

sublimes…

Et puis sa fascination pour

Pasolini, Bacon, Schiele,

Bunuel, Mischima, Rimbaud…

Du Basquiat à la puissance 10.

Une expo actuelle au Centre

Pompidou et même une couv.

de Connaissance des Arts !

elbaum


R I G O L E , P I C O L E , B R

La Nicole Stochastique, que je vous

propose ce mois-ci, a longtemps été perdue de vue des lignes

de mire de la reconnaissance artistico-visuelle.

Pourquoi ? Nous l’ignorons encore, et pourtant les travaux d’artistes mathématiciens

professionels scientifiques du Hémailletti comme le célèbre professeur Jean Méda et ses

élèves, ont permis de lever une couche incrustée dans la pensée artistique reptilienne,

commune à l’art contemporain et aux arts moches, qui, contrairement à la

croyance répandue en lieu commun inepte, n’est pas l’opposée des Beauxarts,

puisque de nombreuses réalisations des-dits Beaux-Arts, en font partie.

C’est un peu long pour un raccourci, aussi je laisse la place à quelques

travaux d’artistes, reposants (les travaux pas les artistes) et même

croquignolesques, ce qui enjoint à la gaudriole parfois, même si ce n’est

guère du goût de ces messieurs-dames des Universités d’arts plastiques

mous, souvent cachés derrière un verbiage connu d’eux seuls pour

commander des pizzas à la cafétéria. Ô tempora, ô mores, et les veaux

continueront de paître en circuit fermé dans les grands lieux de savoirs de la

Phrance Phynancière et éternelle.

PEACE !

75% de

copinage,

100%

d’informations

Jean-Jacques Tachdjian


I C O L E E T N I C O L E ! ! !

S

O

Y

O

N

S

C

LAIRS

détail de l’histoire


Illustrateur toutes surfaces.

Illustrateur iconoclaste et toute surface,

Denis GRRR à fait ses armes dans le milieu

du fanzine, de la presse underground et de

l’art alternatif. Au fil des années, il développe

un subtil mélange entre diverses techniques

d’illustration mêlant humour noir, érotisme

et paganisme, où chairs brûlantes, enlacées

et lacérées, métal et organique jouissent sans

pudeur, d’orgasme primordial et ancestral.

Qu’il aborde l’érotisme, la guerre, l’image de

la femme, la spiritualité de GRRR persiste

en explorateur viscéral : il dissèque nos

fantasmes, cautérise nos peurs et incise nos

faux-semblants. Souriant à la vie en épicurien

d’un autre monde.

Mais le démon de l’illustration en voulant plus,

lui souffle à l’oreille l’idée du stylo bille, traits

inspirés des graveurs du 16 e , D-GRRR met en

stand-by le tatouage et se consacre à illustrer

les tribulations Rabelaisiennes, jouissives, de

l’Iconoclaste.

http://www.D-GRRR.com

Denis GRRR


Classics Illuminated

Né en 1962 il Fait ses débuts dans le fanzine de

Charlie Schlingo Le Havane Primesautier, en

1980. Une collaboration qui continuera dans les

pages de Métal Hurlant avec la série N comme

cornichon, ou dans les pages du Psikopat avec la

série Grosse-Bitre et Cracracracra. Plus tard, il

contribuera à fonder avec le Professeur Choron

et Charlie Schlingo le magazine pour enfants

Grodada. Depuis 1993, vit et travaille en Finlande.

Une exposition de ses travaux vient de s’achever

fin Janvier.

Son style actuel est un joyeux détournement

surréalisto-fun de comics vintage, où il se joue

à peaufiner l’aspect d’impression old school et

où il sublime un nonsense bien à lui, un grand

dispensateur de plaisir visuel pour nos neurones

curieux et amusés.

Stéphane

Rosse


Les grandes heures de la Figuration Spéculative

«Besoin de doigts, envie de chien» circa 1960, Horatio Hellpop, huile sur toile

collection privée de toute empathie pour le commun des mortels

More magazines by this user
Similar magazines