Inspiration No 2. 2019
- Aucun tag trouvé…
Transformez vos PDF en papier électronique et augmentez vos revenus !
Optimisez vos papiers électroniques pour le SEO, utilisez des backlinks puissants et du contenu multimédia pour maximiser votre visibilité et vos ventes.
<strong>No</strong> 02 | <strong>2019</strong><br />
LE MAGAZINE DES SPORTS DE MONTAGNE<br />
INSPIRATION<br />
REPORTAGE<br />
ÉCHELLES CÉLESTES<br />
DE GRANITE<br />
CONSEILS<br />
CHAUSSURES DE<br />
MONTAGNE LÉGÈRES
ACCÈS<br />
RIBELLE OD > STABLE > LIGHT > DRY<br />
recommended by<br />
NINA CAPREZ<br />
switzerland<br />
tonic _ black ceramic _ black blue _ tonic<br />
“Le Ribelle OD est très stable, sa légèreté et son confort sont<br />
époustouflants et contribuent à mes performances. Le système<br />
Sock-Fit XT enveloppe mon pied comme une chaussette. Le Ribelle OD<br />
est une chaussure de montagne très polyvalente dont le poids et le<br />
chaussant sont sans pareils!”<br />
ceramic _ black<br />
C’EST PARTI POUR<br />
LE PROCHAIN NIVEAU<br />
« Le besoin<br />
intérieur de progresser,<br />
de passer au<br />
prochain niveau, fait<br />
partie de chacun<br />
d’entre nous. »<br />
Les courtes journées d’hiver avec beaucoup de neige et peu de lumière<br />
font place au printemps, tant attendu. Ce dernier nous remplit<br />
d’énergie. La lumière s’intensifie, les couleurs sont plus gaies et la<br />
nature se réveille pour donner naissance à des paysages parfumés.<br />
Ces journées nous incitent à trouver de nouveaux projets de montagne<br />
pour l’été. Craquer un nouveau degré en escalade ? Partir à la<br />
découverte de régions de montagne inconnues ? Élargir ses horizons<br />
en marchant – et pourquoi pas le Val da Mücc, que nous présentons<br />
dans cette édition dès la page 12 ? Le besoin intérieur de se<br />
développer sans cesse est probablement inhérent à l’être humain.<br />
Mais malgré tout le plaisir que nous procurent nos propres performances,<br />
je souhaite aussi profiter et vivre intensément les sorties en<br />
montagne. <strong>No</strong>tre but est de vous accompagner de manière compétente<br />
et personnelle sur ce chemin. En lien avec le printemps, un<br />
choix de première qualité de produits légers et multifonctionnels est<br />
disponible pour vous dans nos magasins. Ces articles vous assurent<br />
la meilleure performance possible dans vos prochaines aventures.<br />
Cette année encore, Bächli Sports de Montagne ne reste pas sur<br />
ses acquis. Après 16 ans au centre Schappe, nous ouvrirons un magasin<br />
plus grand le 24 mai au Mattenhof à Kriens – et atteindrons<br />
ainsi un nouveau niveau en Suisse centrale en matière d’offres<br />
d’équipement pour les sports de montagne. En outre, le magasin<br />
de Zurich Oerlikon retrouvera un nouvel éclat dès le début de l’été.<br />
À la page 11, nous vous dévoilons notre stratégie en matière d’investissement<br />
pour le développement de nos magasins. <strong>No</strong>us nous<br />
réjouissons de vous accueillir bientôt dans un de nos nouveaux<br />
magasins – ou de vous livrer des produits de premier choix gratuitement<br />
à la maison par l’intermédiaire de notre boutique en ligne.<br />
CORDIALEMENT,<br />
THOMAS MORAND, CEO BÄCHLI SPORTS DE MONTAGNE SA<br />
thomas.morand@baechli-bergsport.ch<br />
WWW.NEWROCKSPORT.CH<br />
INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
1
REPORTAGE<br />
ÉCHELLES CÉLESTES<br />
DE GRANITE<br />
LE MAGAZINE DES SPORTS DE MONTAGNE<br />
CONSEILS<br />
CHAUSSURES DE<br />
MONTAGNE LÉGÈRES<br />
<strong>No</strong> 02 | <strong>2019</strong><br />
MOUNTAIN BOOTS<br />
HANDCRAFTED WITH PASSION<br />
BORN IN BAVARIA – WORN AROUND THE WORLD<br />
ÉDITION<br />
02 / <strong>2019</strong><br />
CONTENU<br />
RENCONTRE AU SOMMET<br />
BON PLAN<br />
22<br />
TAMARA LUNGER<br />
32<br />
La première hivernale du Nanga Parbat a échappé<br />
d’un cheveu à Tamara Lunger, qui a dû rebrousser<br />
chemin à seulement 70 mètres du sommet. La<br />
Sud-Tyrolienne de caractère en interview.<br />
POINT DE VUE<br />
La beauté des montagnes à l’honneur 4<br />
3 X 3<br />
<strong>No</strong>uveautés et news des sports de montagne 8<br />
WWW.HANWAG.COM<br />
BON PLAN<br />
La vallée la plus au sud de la Suisse 12<br />
Échelles célestes de granite 22<br />
EXPERT<br />
Chaussures de montagne légères 18<br />
Casques pour la montagne 28<br />
RENCONTRE AU SOMMET<br />
L’âme avant l’égo : Tamara Lunger 32<br />
ARÊTES GRANITIQUES<br />
Excellent rocher et exposition maximale – ce<br />
sont les promesses de l’escalade sur les arêtes de<br />
granite. Ralf Gantzhorn vous présente quatre<br />
courses exceptionnelles.<br />
HANWAG ALVERSTONE II GTX<br />
La chaussure de randonnée probablement la<br />
plus variée que nous avons jamais construit :<br />
pour des traversées alpines avec des ambitions<br />
de sommet. Pour Trekking dans le terrain<br />
exigeant et avec tout son bagage. Pour tous<br />
ceux qui sont à la recherche d’une chaussure<br />
de Trekking stable, flexible et de plus légère.<br />
PLAISIR DIVIN<br />
Du vin dans les montagnes 38<br />
CONTRÔ LE DU PARTENAIRE<br />
Ternua, fabricant de vêtements 42<br />
FINAL 48<br />
Impressum 48<br />
INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
INSPIRATION<br />
Couverture : Enfin le soleil ! Après une approche<br />
interminable dans le versant ouest des Grand<br />
Charmoz, Sonja Schade accède enfin à l’arête et<br />
à la douceur du soleil. En route sur la traversée<br />
des Charmoz au Grépon, avec la Mer de Glace et<br />
l’Aiguille Verte en coulisse.<br />
Photo : Ralf Gantzhorn<br />
3
POINT DE VUE<br />
TOUCHE DE<br />
COULEUR<br />
Sur quelle voie alpine n’est-on même<br />
pas à mi-parcours après les 50 premières<br />
longueurs ? Évidemment, il ne<br />
peut s’agir que de l’« Intégrale de Peuterey<br />
» : Val Veny, Aiguille <strong>No</strong>ire de Peuterey,<br />
Aiguille Blanche, col de Peuterey<br />
puis 800 mètres de dénivelé jusqu’au<br />
sommet du Mont Blanc. En récompense,<br />
on peut s’attendre à une descente de<br />
quelque trois kilomètres de dénivelé<br />
dans la vallée de Chamonix. Pour la plus<br />
longue course d’escalade des Alpes, le<br />
guide estime qu’il faut compter, aujourd’hui<br />
encore, trois bons jours – Ueli<br />
Steck, sur l’image, l’a parcourue en<br />
16 heures et 9 minutes en 2013. Deux<br />
années se sont écoulées depuis la chute<br />
mortelle de l’alpiniste, le 30 avril 2017<br />
au Népal. Au moment de l’accident, le<br />
photographe Röbi Bösch se rendait à<br />
Katmandu pour accompagner Steck<br />
dans sa traversée Everest-Lhotse,<br />
caméra au poing. « Sa voix manque –<br />
dans ce livre aussi » écrit Bösch dans<br />
l’avant-propos de son grand recueil<br />
photographique « Mountains », duquel<br />
est tiré ce cliché. Ce livre est malgré tout<br />
devenu un ouvrage d’une grande valeur.<br />
Le livre de photographie « Mountains » de<br />
Röbi Bösch est également disponible chez<br />
Bächli Sports de Montagne :<br />
www.baechli-bergsport.ch/Mountains-<br />
Röbi-Bösch-Beaux-livres-Fr.htm<br />
AIGUILLE NOIRE DE PEUTEREY,<br />
ARÊTE SUD, ITALIE<br />
ROBERT BÖSCH<br />
(WWW.ROBERTBOESCH.CH)<br />
4 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
5
POINT DE VUE<br />
RAYON DE<br />
SOLEIL<br />
Magic Wood ? Presque ! Cette photo<br />
a été prise à Petrohrad , un site de<br />
bloc technique. Le petit village éponyme<br />
se situe à environ 80 kilomètres à<br />
l’ouest de Prague, à mi-chemin de la<br />
frontière avec la Bavière. 5000 fabuleux<br />
problèmes de bloc (et quelque<br />
500 voies d’escalade) sont répartis<br />
sur 18 secteurs. Les difficultés vont<br />
de 2 fb à 8c fb – Václav Kutil se trouve<br />
dans « Hades » (7c+). Concernant<br />
la qualité du plus grand site de bloc<br />
tchèque, il convient de mentionner<br />
que l’illustre Adam Ondra le désigne<br />
comme son chez-lui.<br />
L’ouvrage standard « Petrohrad and Surroundings<br />
» explique tous les problèmes<br />
de bloc en anglais. www.pizbube.ch<br />
PETROHRAD,<br />
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE<br />
JAKUB FRIC<br />
(WWW.JAKUBFRIC.COM)<br />
6 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
7
3 X 3<br />
DES NOUVELLES<br />
DE LA MONTAGNE<br />
DOUBLE<br />
RETENUE<br />
Le dispositif d’assurage Giga Jul est à la fois un tube simple (dynamique) et un<br />
tube assisté. En faisant coulisser le levier de sélection vert, la corde est passée<br />
dans le dispositif d’assurage soit en mode tube soit en mode tube assisté. Le<br />
mode tube assisté offre une assistance à la force de freinage et est surtout recommandé<br />
pour l’assurage d’un grimpeur en tête. Le mode tube (sans assistance<br />
de freinage) a toutefois sa raison d’être : il est bien plus confortable pour l’assurage<br />
d’un second avec une corde à double, pour le rappel ou pour l’assurage à un<br />
point fixe (relais). Pour les cordes à simple et à double de 7,8 à 10,0 mm. Réalisé<br />
en aluminium, avec inserts robustes en acier aux points fortement sollicités.<br />
GIGA JUL<br />
EDELRID<br />
Poids env. 100 g<br />
Prix CHF 79.–<br />
DES FÈVES<br />
EN MONTAGNE<br />
TENTATION<br />
BLANCHE<br />
Intéressant à observer : chaque personne qui<br />
saisit pour la première fois le Whiteout d’Exped<br />
commencera par contrôler le tissu blanc en le faisant<br />
glisser entre ses mains. Mais cela ne serait<br />
pas nécessaire, car même si ce tissu composite<br />
avec Dyneema est extrêmement fin et léger, il<br />
est 30 pour cent plus solide que les tissus hautes<br />
performances en nylon, tout en étant résistant<br />
aux UV. Hormis son matériau particulier, le Whiteout<br />
reçoit le même équipement que le célèbre<br />
« Black Ice » : daisy chains, sangles de compression<br />
sur le rabat (pour transporter la corde ou<br />
la veste) et plaque dorsale amovible en mousse<br />
PE. Le compartiment principal est entièrement<br />
étanchéifié et avec la fermeture à enroulement il<br />
se montre totalement étanche avec une colonne<br />
d’eau de 20 000 mm. Charge : 13 kg.<br />
WHITEOUT 30<br />
EXPED<br />
Poids 695 g<br />
Prix CHF 299.–<br />
Le fabricant d’articles outdoor Schöffel mise de plus en plus sur la fibre S.Café<br />
pour la conception de ses vêtements. Lors de leur fabrication, du polyester<br />
recyclé et du marc de café sont mélangés, ce qui renforce les propriétés<br />
anti-odeurs du matériau. La collection de printemps de Schöffel présente par<br />
exemple la « Neufundland2 », une veste de protection en matériau S.Café. Le<br />
marc de café recyclé est apposé sur le côté intérieur de la veste à la manière<br />
d’une impression. Le confort s’en trouve amélioré et les odeurs neutralisées.<br />
La Neufundland2 est taillée dans un laminé 2,5 couches – alliant légèreté,<br />
compacité et protection contre les intempéries.<br />
Le 4 mai marquera le lancement de la saison, et des baristi vous serviront de<br />
délicieux cafés dans nos magasins de Berne et de Zurich. Plus d’infos :<br />
baechli-bergsport.ch/s-cafe<br />
JAMBES<br />
AGILES<br />
Les meilleurs pantalons pour le ski de randonnée<br />
sont ceux que l’on ne sent pas. Avec les<br />
Transalper Hybrid Pants, Dynafit n’est pas loin<br />
d’atteindre ce but : 191 grammes et une liberté<br />
de mouvement jusqu’alors inconnue, grâce au<br />
matériau Dynastretch 4D (16 pour cent d’élasthanne).<br />
La taille élastique vient parfaire ce confort<br />
exemplaire. Mais l’équipement n’est pas en<br />
reste : ouvertures de ventilation, deux poches<br />
pour les mains, une poche à fermeture éclair<br />
et des éléments réfléchissants. Le matériau<br />
Softshell respirant, coupe-vent et déperlant<br />
apporte également une solide protection contre<br />
les intempéries. Les randonneurs sportifs<br />
seront ravis !<br />
TRANSALPER HYBRID PANTS<br />
DYNAFIT<br />
Poids 191 g<br />
Prix CHF 105.–<br />
PAS DE<br />
COMPROMIS<br />
Partir en randonnée avec les jeunes pousses fait partie des plus belles choses<br />
de la vie – pour autant que le plaisir et la sécurité soient au rendez-vous. Le<br />
porte-bébé Kid Komfort de Deuter, fraîchement revisité, crée des conditions<br />
optimales. Il va du modèle de base Kid Comfort au modèle supérieur Kid Komfort<br />
Pro, qui se distingue par un petit sac à dos amovible, un pare-soleil et un oreiller,<br />
en passant par les modèles particulièrement légers Kid Comfort Active et Active<br />
SL (spécialement conçus pour les mamans). Tous les modèles sont dotés d’un<br />
système dorsal Aircomfort réglable en continu et assurant une bonne aération. Le<br />
confort et la répartition du poids sont conformes aux standards auxquels le spécialiste<br />
du sac à dos Deuter nous a habitués depuis des décennies. Un petit miroir<br />
permet même de vérifier l’humeur du passager. Homologé TÜV/GS et sans PFC.<br />
KID COMFORT<br />
DEUTER<br />
Poids<br />
entre 2,6 et 3,6 kg<br />
Prix dès CHF 269.–<br />
VISION<br />
CLAIRE<br />
Peu importe que ce soit à vélo, en trail running ou en randonnée à ski : quiconque<br />
parcourt les montagnes avec de la vitesse a besoin d’une vision parfaite à chaque<br />
instant. À ce titre, la Aerospeed Reactive possède trois avantages décisifs. Premièrement,<br />
un miroir XXL assure un champ de vision immense tout en restant aérodynamique.<br />
Deuxièmement, la construction sans cadre avec ouvertures latérales<br />
permet une bonne circulation de l’air et évite la formation de buée. Troisièmement,<br />
les verres photochromiques adaptent automatiquement leur teinte en fonction<br />
des conditions lumineuses. Ces lunettes proposent un facteur allant de 0 à 3 et<br />
elles peuvent même être utilisées de nuit. Le facteur maximal (4) est recommandé<br />
seulement en plein soleil et en haute-montagne.<br />
AEROSPEED REACTIVE 0-3<br />
JULBO<br />
Prix CHF 209.–<br />
8 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
9
3 X 3<br />
ENFIN<br />
LIBRE<br />
Quoi de plus beau après une longue course en montagne ? Étancher sa soif ! Et<br />
qu’est-ce qui vient en deuxième ? Enfin sortir ses pieds des lourdes chaussures<br />
de ski ou des étroits chaussons d’escalade et enfiler ses pantoufles ! Les RX<br />
Slide 4.0 de Salomon laissent respirer les pieds fatigués. Le dessus en filet sans<br />
couture est respirant, aéré et tout de même suffisamment robuste pour les<br />
activités outdoor (p. ex. pour assurer). La semelle est constituée d’une assise<br />
plantaire confortable en cuir, d’une semelle intercalaire en EVA et d’une semelle<br />
Contagrip non marquante.<br />
RX SLIDE 4.0<br />
SALOMON<br />
Poids 384 g / paire (pointure 8.5)<br />
Prix CHF 69.–<br />
VOYAGEURS<br />
EN HERBE<br />
L’entreprise britannique Craghoppers s’est<br />
spécialisée dans les vêtements de voyage avec<br />
protection contre les insectes. Le tissu <strong>No</strong>siLife<br />
contient de la perméthrine, un composé des<br />
fleurs de chrysanthème qui a pour propriété de<br />
mettre en fuite près de 90% des insectes. Puisque<br />
cette substance (indétectable pour l’humain) est<br />
intégrée à la fibre, il n’y a aucun contact avec la<br />
peau et elle ne part pas à la lessive. De plus le<br />
textile est équipé d’une protection solaire UPF 50+<br />
et de cinq poches dont trois à fermeture éclair.<br />
Facile d’entretien, à séchage rapide et antibactérien.<br />
Une coupe décontractée pour les voyages<br />
dans les régions tropicales (mais pas seulement).<br />
NOSILIFE III W TROUSERS<br />
CRAGHOPPERS<br />
Prix CHF 95.–<br />
LANCEMENT<br />
DE SAISON<br />
Les 3 et 4 mai, fêtez avec nous le lancement de la<br />
saison d’été <strong>2019</strong> en montagne. Un programme<br />
cadre varié, des concours attrayants, des collations<br />
savoureuses ainsi qu’un rabais de 10 % sur toute<br />
l’assortiment* vous attend dans tous nos magasins.<br />
<strong>No</strong>us avons hâte de vous retrouver !<br />
* excepté sur les articles au prix net, les skis,<br />
fixations, appareils électroniques, livres, cartes,<br />
bons, réparations et services<br />
Vous trouverez de plus amples informations sur :<br />
baechli-bergsport.ch/debutdesaison<br />
BÄCHLI<br />
SPORTS DE MONTAGNE<br />
EN CHIFFRES<br />
264<br />
COLLABORATRICES ET<br />
COLLABORATEURS, DONT 36<br />
APPRENTIS<br />
12<br />
MAGASINS DANS TOUTE<br />
LA SUISSE<br />
13<br />
OUTLETS<br />
350<br />
MARQUES DE<br />
MONTAGNE SOIGNEUSEMENT<br />
SÉLECTIONNÉES<br />
6000<br />
METRES CARRÉS DE SURFACE<br />
POUR NOTRE ENTREPÔT<br />
LOGISTIQUE DE NÄNIKON<br />
NOUVEAU MAGASIN À KRIENS<br />
KRIENS<br />
DÉMÉNAGE<br />
Seize ans déjà. <strong>No</strong>tre magasin de Kriens déménage<br />
et élargit sa surface de vente. <strong>No</strong>us<br />
fêterons la réouverture du magasin les 24 et<br />
25 mai avec de super rabais d’ouverture et<br />
de nombreuses attractions, p. ex. un banc de<br />
test pour les membranes Gore-Tex, le mobile<br />
coffee de Schöffel ou une station de lavage<br />
pour rafraîchir vos vêtements Fjällräven.<br />
<strong>No</strong>uvelle adresse : Am Mattenhof 2a, Kriens<br />
<strong>No</strong>uvelles infos sous :<br />
www.baechli-bergsport.ch/kriens<br />
VOS AVANTAGES<br />
SUR LA BOUTIQUE<br />
EN LIGNE BÄCHLI<br />
• livraison economy gratuite<br />
depuis votre compte Bächli<br />
• historique de tous vos achats<br />
sur le compte Bächli<br />
• droit de retour de cinq jours dans<br />
tous les magasins ou par poste<br />
• commander en ligne et venir<br />
chercher les produits en magasin<br />
• la totalité des 40 000 articles<br />
également disponibles en ligne<br />
LES PRESTATIONS<br />
DE NOS MAGASINS<br />
• conseiller de vente personnel<br />
gratuit (sans obligation d’achat)<br />
• ajustement de chaussures, découpe de<br />
peaux, montage et réglage de fixations,<br />
test FVA, lavage de duvet, affûtage de<br />
broches à glace, etc.<br />
• garantie de qualité de deux ans<br />
sur tous les produits<br />
• prêt de matériel en cas de réparation<br />
pour ne pas louper de course<br />
• garantie d’échange : jusqu’à trois<br />
jours d’utilisation sur les articles<br />
du magasin principal<br />
UNE VIE<br />
DE MAGASIN<br />
Cela a commencé il y a 45 ans<br />
dans le salon de la famille Bächli<br />
à Volketswil. Deux générations<br />
plus tard, c’est toujours la même<br />
passion, mais répartie en 12<br />
magasins dans toute la Suisse.<br />
Sans oublier notre boutique en<br />
ligne qui fête ses 16 ans.<br />
C’EST L’HUMAIN QUI FAIT LA DIFFÉRENCE<br />
En tant que spécialiste des sports de montagne, nous investissons en premier lieu dans<br />
nos collaboratrices et collaborateurs. Ceci se concrétise par nos 36 apprenties et apprentis,<br />
mais aussi par les formations internes aussi bien pratiques que théoriques qui mettent<br />
l’accent sur la compréhension et l’utilisation des produits. C’est la base pour pouvoir donner<br />
des conseils compétents et fournir des services de première qualité.<br />
POURQUOI DONC DES MAGASINS SPÉCIALISÉS ?<br />
<strong>No</strong>us sommes persuadés qu’il nous faut soigner nos magasins physiques. Pourquoi ? Tout<br />
simplement parce que c’est la meilleure façon de soigner un contact personnel avec nos<br />
clientes et nos clients. <strong>No</strong>us voulons être là où se trouvent nos clients. Les échanges avec<br />
nos conseillères et conseillers de montagne à propos des produits et de leurs aventures<br />
en montagne, c’est ÇA qui fait la valeur d’une visite dans un magasin Bächli Sports de<br />
Montagne. Il n’y a qu’une discussion face à face qui permette d’identifier et de répondre aux<br />
besoins personnels de chacun de nos clients.<br />
LE MEILLEUR DES DEUX MONDES<br />
Mais pourquoi mettre autant de valeur sur nos magasins physiques alors que partout le<br />
virtuel et le connecté semble prendre le dessus ? <strong>No</strong>us pensons que l’un n’empêche pas<br />
l’autre. Bächli investit en parallèle dans les deux canaux de vente afin de proposer à sa<br />
clientèle le meilleur des deux mondes. <strong>No</strong>us livrons rapidement et sans frais directement<br />
devant votre porte. De nombreux clients profitent de la possibilité de passer leurs commandes<br />
confortablement en ligne. C’est pourquoi notre équipe web développe en continu<br />
notre boutique en ligne et notre présence sur les médias sociaux. Les magasins sont quant<br />
à eux l’endroit idéal pour profiter de nos larges prestations, comme les articles en location<br />
ou les réparations et bien entendu pour vous faire conseiller.<br />
UN ASSORTIMENT CHOISI AVEC SOIN<br />
« L’échange<br />
personnel avec les clients<br />
est au cœur d’un<br />
conseil compétent. »<br />
THOMAS MORAND<br />
CEO<br />
La fascination pour les sports de montagne touche de plus en plus de monde. <strong>No</strong>tre offre en<br />
équipement augmente d’année en année. <strong>No</strong>tre équipe de gestionnaires de produit hautement<br />
qualifiés sélectionne avec minutie les meilleurs produits pour la montagne. En tant que plus<br />
grand spécialiste dans les sports de montagne, nous présentons un assortiment unique sélectionné<br />
auprès de près de 350 marques et couvrant toutes les disciplines alpines. Des produits<br />
au top de l’actualité dans nos magasins principaux, de nombreuses fins de série dans nos outlets.<br />
Et toujours au meilleur prix. Peu importe que ce soit en ligne ou lors d’un échange direct :<br />
ce qui fait la différence chez Bächli, ce sont les personnes, nos collaboratrices et collaborateurs<br />
qui mettent leur passion à votre service. Toute notre équipe s’engage à faire tout son possible<br />
pour vous aider à ce que votre prochaine sortie en montagne soit une aventure parfaite.<br />
10
BON PLAN VALLE DI MUGGIO<br />
TEXTE & PHOTOS IRIS KÜRSCHNER<br />
Val da Mücc. Jamais entendu parler ?<br />
Pourtant, vous êtes certainement<br />
déjà passé devant. La prochaine fois,<br />
bifurquez et enfilez vos chaussures<br />
de randonnée, car d’innombrables surprises<br />
vous attendent dans la vallée<br />
la plus au sud de la Suisse.<br />
COIN<br />
SAUVAGE<br />
Solitude au « Rigi du Tessin ».<br />
Il suffit d’approcher le<br />
Monte Generoso en choisissant<br />
12 le bon versant.<br />
INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
C’est comme si un rideau se levait. L’observateur se<br />
retrouve plongé des dizaines d’années en arrière,<br />
lorsque les routes n’étaient pas encombrées de voitures,<br />
que les villages n’abritaient pas de lotissements modernes<br />
et qu’un jardin potager prospérait devant chaque<br />
maison. C’est ce que l’on voit une fois que l’on a réussi à<br />
se frayer un chemin dans le dédale de rues et les centres<br />
commerciaux entre Mendrisio et Chiasso, vers l’extrémité<br />
sud du Tessin. Jusque dans la Valle di Muggio. Comme<br />
tout le monde veut fuir au plus vite les affreuses constructions<br />
vers le sud ou le nord, rares sont ceux qui bifurquent<br />
dans la vallée latérale longue de 37 kilomètres que les<br />
indigènes nomment Val da Mücc. Là, derrière le chaos et<br />
l’agitation, se cache un autre monde, un monde tranquille,<br />
archaïque. Il s’agit probablement du plus sauvage – ou en<br />
tout cas du moins helvétique – endroit de Suisse. Même<br />
si la ponctualité des cars postaux, la signalisation des<br />
chemins et les horaires d’ouverture des restaurants<br />
pourraient nous en faire douter.<br />
LE FROMAGE INCONNU<br />
Cette vallée secrète culmine au Monte Generoso, que tous<br />
les fans du Tessin connaissent. Un train à crémaillère<br />
grimpe depuis Mendrisio sur cette éblouissante montagne<br />
panoramique, couronnée depuis 2017 par la « fleur de<br />
pierre » du célèbre architecte tessinois Mario Botta. Depuis<br />
la Valle di Muggio, on parcourt le Monte Generoso par<br />
son versant ensoleillé, dans une solitude absolue. Le point<br />
de départ déjà, Scudellate, nous donne l’impression d’avoir<br />
atterri au bout du monde : quelques maisons en pierre<br />
accrochées sur une pente raide, des volets de travers, des<br />
rosiers grimpant sur un crépi écaillé. De la mousse pousse<br />
Cela n’en a pas l’air, mais l’Alpe Nadigh<br />
au Monte Generoso est encore exploité.<br />
entre les pavés des ruelles étroites, à travers lesquelles<br />
les rayons du soleil ne parviennent pas à s’infiltrer. En première<br />
ligne se trouve l’Osteria Manciana – le cœur de ce<br />
village de 20 âmes. Piera Piffaretti, la patronne, prête une<br />
oreille attentive aux peines et aux joies qu’on lui confie.<br />
Dans ses marmites ne cuisent que des aliments provenant<br />
du jardin et de la vallée. La cucina povera : simple et<br />
copieuse. Son Ossobuchi est légendaire. Il ne s’agit pas de<br />
jarret de veau comme pour l’osso buco en Italie, mais de<br />
porc. « A cause de leur lait, les vaches étaient trop importantes<br />
pour être abattues » déclare cette septuagénaire<br />
déterminée. Elle laisse la viande mijoter dans son jus<br />
pendant plus de quatre heures ; celle-ci se détache littéralement<br />
de l’os. Elle y ajoute de la polenta issue du moulin<br />
de Bruzella. Puis viennent des fromages que l’on ne trouve<br />
nulle part ailleurs : leur rendement est trop faible pour<br />
qu’ils puissent être commercialisés. Entre les formaggini<br />
alti – petits fromages frais au goût acidulé des alpages du<br />
Monte Generoso – le Zincarlin saute aux yeux. Ce fromage<br />
poivré au lait cru, de forme conique, est frotté chaque jour<br />
avec du vin blanc au cours d’un affinage de deux mois. Si<br />
on le mange avec du miel, il est un peu moins fort et c’est<br />
une explosion de saveurs dans la bouche. En 2004, il est<br />
devenu le premier produit Slow Food de Suisse.<br />
13
BON PLAN<br />
VALLE DI MUGGIO<br />
Restaurateurs, propriétaires du magasin et exploitants<br />
de l’auberge de jeunesse : difficile de passer à côté de<br />
Piera et Guerino Piffaretti si l’on vient à Scudellate.<br />
VALLE DI MUGGIO<br />
EN CHIFFRES<br />
72<br />
GROTTES SONT RECENSÉES RIEN<br />
QUE DANS LE VERSANT SUISSE<br />
DU MONTE GENEROSO. CETTE MON-<br />
TAGNE CACHE LE PLUS GRAND<br />
SYSTÈME KARSTIQUE DE SUISSE.<br />
40<br />
ENFANTS SE SERRAIENT AUTREFOIS<br />
SUR LES BANCS DE L’ÉCOLE DE<br />
SCUDELLATE, AUJOURD’HUI UNE AU-<br />
BERGE DE JEUNESSE.<br />
70<br />
" NEVÈRE ", DES SILOS EN<br />
PIERRE POUR GARDER LE LAIT AU<br />
FRAIS GRÂCE À LA NEIGE.<br />
Lorsque Piera et son mari Guerino évoquent le passé,<br />
impossible de faire l’impasse sur les histoires de contrebande.<br />
Dans les années 1930, Scudellate comptait quelque<br />
150 habitants. « Presque tout le village s’adonnait à la<br />
contrebande. Cela a duré jusque dans les années 1970. »<br />
raconte Guerino. « Avec des "peduli", des chaussures<br />
fabriquées à partir de sacs de jute, on passait la frontière<br />
derrière le village en traversant les montagnes jusqu’au<br />
lac de Côme. Une marche de sept heures. On portait sur<br />
le dos la "bricolla", remplie avec 700 paquets de cigarettes.<br />
Le salaire se montait à 70 francs. » Piera et Guerino<br />
n’exploitent pas seulement l’Osteria, mais aussi un petit<br />
magasin dans le même bâtiment. Après la Seconde Guerre<br />
mondiale, lorsque Chiasso et Mendrisio se sont transformés<br />
en centres économiques, les campagnes se sont<br />
dépeuplées. Juste à côté de l’Osteria, l’école de Scudellate<br />
– qui accueillait autrefois 40 enfants – est aujourd’hui une<br />
auberge de jeunesse. Comme on peut s’en douter, elle est<br />
exploitée par Piera et Guerino. Silvia Ghirlanda vient souvent<br />
à l’Osteria Manciana pour prendre un bon repas et papoter.<br />
Avec son mari Paolo Crivelli, elle était parmi les pionniers<br />
à mettre sur pied l’écomusée local, qui s’est transformé<br />
en association en 1980. Le Museo etnografico della Valle<br />
di Muggio (MEVM) ne voyait pas l’intérêt de conserver<br />
des objets historiques dans un bâtiment. A la place, on<br />
a pris en compte l’héritage culturel du paysage. Des<br />
bâtisses et des sites de production représentatifs ont été<br />
restaurés. Par exemple, le moulin de Bruzella moud à<br />
nouveau du maïs rouge du Tessin depuis 1996. La Casa<br />
Cantoni, un somptueux édifice à Cabbio, a été réaménagée<br />
en centre d’information. Les visiteurs peuvent se<br />
faire une idée des trésors à découvrir dans la Valle di<br />
Muggio : les graa, ou séchoirs ; les nevère, anciennes<br />
glaciaires ; les roccoli, tours pour attirer les oiseaux.<br />
Silvia Ghirlanda, qui a œuvré de nombreuses années en<br />
tant que curatrice de la Casa Cantoni, déclare : « <strong>No</strong>us<br />
voulions montrer – notamment aux autochtones – à quel<br />
point notre vallée est précieuse, et pourquoi elle doit<br />
être protégée. Il faut les convaincre de rénover les bâtiments<br />
de manière traditionnelle, sans introduire toutes<br />
sortes de styles, comme ces blocs de béton sans goût à<br />
Morbio, à l’entrée de la vallée. »<br />
DES TOURS POUR CAPTURER LES OISEAUX,<br />
DES CAVES POUR CONSERVER LE LAIT<br />
L’une des randonnées préférées de Silvia Ghirlanda mène<br />
de Scudellate à Erbonne, plus ou moins à plat. Le village<br />
se trouve déjà en Italie et n’est atteignable qu’à pied. L’un<br />
des murs de pierres sèches restaurés par le MEVM borde<br />
le sentier solitaire ; au début de l’été, des fraises sauvages<br />
poussent dans ses fissures. Les néophytes s’étonneront<br />
devant la haute construction en pierre située à mi-chemin,<br />
dans la forêt. « Pour pouvoir assurer sa survie, il fallait être<br />
très inventif dans de nombreux domaines ici. » explique<br />
Silvia. La capture d’oiseaux représentait un bon supplément<br />
de revenu. Avec des appelants, on attirait les oiseaux migrateurs<br />
à venir faire une halte dans le bosquet devant la tour.<br />
Ensuite, on les effrayait de telle sorte qu’ils atterrissaient<br />
dans des filets tendus. Les randonneurs qui veulent visiter<br />
le roccolo, une tour à trois étages servant à capturer les<br />
oiseaux, peuvent obtenir la clé à l’Osteria Manciana.<br />
Sur les sentiers en direction du Monte Generoso, on tombe<br />
aussi sur un héritage culturel surprenant. L’itinéraire qui<br />
passe par l’Alpe di Sella mène sur des pentes nues où<br />
le regard porte jusqu’à la plaine du Pô. Sur les alpages<br />
archaïques que le chemin traverse, des constructions circulaires<br />
attirent l’œil. Si l’on regarde à l’intérieur, on constate<br />
Lorsque le ciel est moins<br />
nuageux, la vue depuis le<br />
sentier panoramique du<br />
Monte Generoso s’étend<br />
jusqu’aux géants de glace<br />
des Alpes valaisannes.<br />
que les trois quarts du bâtiment sont construits sous le sol,<br />
à la manière artistique des murs de pierres sèches. Autrefois,<br />
les paysans de montagne y entassaient les dernières<br />
neiges de l’année. Ainsi comprimée, la neige servait à<br />
conserver le lait au frais jusqu’à l’automne. Une solution géniale<br />
pour cette montagne karstique, où il manque de l’eau<br />
de source rafraîchissante. « Ces silos à neige circulaires<br />
n’existent nulle part ailleurs en Suisse – du moins en aussi<br />
grande quantité. » précise Ghirlanda. Le MEVM a répertorié<br />
quelque 70 nevère, dont certains sont vieux de deux siècles.<br />
Selon Silvia Ghirlanda, la plus jolie période pour randonner<br />
au Monte Generoso va de fin mai à début juin. A ce moment-là,<br />
les fleurs blanches des asphodèles scintillent sur<br />
les prairies sèches, et les pivoines sauvages, si rares à cette<br />
altitude, recouvrent le sol de tapis roses. Les géologues expliquent<br />
l’extraordinaire richesse florale du Monte Generoso<br />
14<br />
INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
15
BON PLAN VALLE DI MUGGIO<br />
Des chèvres et des silos à<br />
neige pour le lait – à l’Alpe<br />
Nadigh, le tic-tac des montres<br />
semble plus lent.<br />
TOUT<br />
CASER<br />
La Valle di Muggio est certainement<br />
une terra incognita pour<br />
de nombreux randonneurs. Mais<br />
celui qui pense y retourner sait<br />
qu’il devra prendre un sac à<br />
dos assez grand. Il pourra ainsi<br />
emporter suffisamment de victuailles<br />
pour profiter des belles<br />
places de repos, voire même de<br />
l’un ou l’autre souvenir culinaire.<br />
« J’aime lorsque je<br />
peux découvrir des<br />
régions antiques de la<br />
Suisse. On se croirait<br />
hors du temps. »<br />
GISELA SCHMID<br />
CONSEILLÈRE EN SPORTS<br />
DE MONTAGNE,<br />
MAGASIN DE PFÄFFIKON<br />
SERVICE BÄCHLI<br />
CONSEILLER PERSONNEL<br />
Vous souhaitez profiter de conseils avisés<br />
pour choisir votre équipement de randonnée ?<br />
Le conseiller personnel Bächli Sports de Montagne<br />
est là pour vous, gratuitement et sans<br />
engagement. L’idéal serait de fixer tout de<br />
suite un rendez-vous en ligne !<br />
baechli-bergsport.ch/<br />
conseiller-personnel<br />
La Valle di Muggio est<br />
probablement le coin le<br />
plus sauvage – ou du<br />
moins le moins helvétique<br />
– de Suisse.<br />
par sa fonction d’île durant les périodes glaciaires : cette<br />
montagne des Préalpes a été épargnée par les glaciers,<br />
si bien que différentes espèces ont pu y survivre. Ainsi, le<br />
chemin menant péniblement au sommet, culminant à 1701<br />
mètres, reste incroyablement varié. Bien qu’il règne une<br />
certaine agitation aux alentours de la station supérieure,<br />
on trouve des points d’observation tranquilles le long de la<br />
crête sommitale à la forme bizarre, en suivant des sentiers<br />
qui requièrent d’avoir le pied sûr. La vue vers l’ouest<br />
contraste fortement avec le versant ensoleillé. Sur des<br />
parois fuyantes, des falaises calcaires accidentées tombent<br />
abruptement dans le vide ; telle une pieuvre, le Lago di<br />
Lugano tend ses bras aux eaux bleu acier vers le promontoire.<br />
De l’autre côté se dressent les quatre mille valaisans ;<br />
le massif du Mont Rose émerge, semblable à une tourte<br />
blanche. On comprend aisément que ce spectacle ait valu au<br />
Monte Generoso son surnom de « Rigi du Tessin ».<br />
A quelques minutes sous la station supérieure, sur le<br />
chemin menant à l’Alpe Nadigh, un calme absolu règne<br />
à nouveau. Le chemin est bordé de genêts jaunes, et des<br />
dalles rocheuses pointues dépassent du sol à la verticale.<br />
« C’est ainsi que l’on sépare le bétail des pâturages prévus<br />
pour la fauche. » déclare Silvia Ghirlanda, qui se construit<br />
– avec son Paolo – une oasis pour ses vieux jours sur<br />
l’Alpe Genor. Le frigidaire est en quelque sorte déjà fourni,<br />
car deux nevère se trouvent sur le terrain. L’Alpe Nadigh,<br />
située non loin, compte aussi deux silos à neige. Les<br />
chèvres, curieuses, tournent généralement autour. Trois<br />
frères y maintiennent une économie alpestre traditionnelle.<br />
De retour à Scudellate, on voudrait bien boire une<br />
bière. Mais l’Osteria Manciana est fermée. Piera et Guerino<br />
sont intraitables. Ils s’offrent une sieste bien méritée et<br />
ouvriront quand cela leur chantera. Oui, le temps prend<br />
une autre dimension ici – et c’est bien ainsi.<br />
Informations sur la Valle di Muggio disponibles sous :<br />
baechli-bergsport.ch/fr/valledimuggio<br />
PREMIERS<br />
EX ÆQUO<br />
Lors de la dernière foire OutDoor à Friedrichshafen,<br />
ces deux sacs à dos ont remporté<br />
le très convoité Industry Award. Leur<br />
système de suspension FreeFloat représente<br />
le cœur de ces sacs à dos de trekking. La ceinture<br />
lombaire est fixée de manière tellement<br />
souple qu’elle accompagne le moindre mouvement<br />
pendant la marche. Bonne ventilation<br />
grâce au dos en filet tendu. Une grande fermeture<br />
éclair circulaire en U permet un accès<br />
rapide par l’avant. L’équipement est complété<br />
par une housse de pluie intégrée, des<br />
poches pratiques en filet sur le devant et sur<br />
les côtés ainsi que d’une grande poche sur la<br />
ceinture permettant même de transporter un<br />
appareil photo compact. Ils sont parfaits pour<br />
les marches de plusieurs jours en cabane ou<br />
pour les longues courses à la journée.<br />
ZULU 40 / JADE 38<br />
GREGORY<br />
Poids 1,34 kg / 1,30 kg<br />
Prix CHF 189.–<br />
POLYVALENCE<br />
ALPINE<br />
La série Atom d’Arc’teryx est l’incarnation<br />
même de la veste toute saison : techniquement<br />
mature, couche intermédiaire avec une<br />
légère isolation synthétique. Cette dernière<br />
est protégée par une couche en nylon 20D avec<br />
traitement DWR. Le tronc est maintenu au<br />
chaud par un Coreloft de 40g/m2 – une fibre de<br />
polyester siliconée et bouclée qui est légère,<br />
résistante à l’humidité et respirante. Le traitement<br />
Polygiene réduit les odeurs. La coupe<br />
est proche du corps, mais grâce à des inserts<br />
élastiques sur les côtés et sous les bras, la liberté<br />
de mouvement est garantie. Avec protection<br />
contre le vent au menton et capuche non<br />
rembourrée. Comprimée, la Atom SL ne prend<br />
pas plus de place qu’un pamplemousse.<br />
ATOM SL HOODY<br />
ARC’TERYX<br />
Poids env. 230 g (taille M)<br />
Prix CHF 215.–<br />
VALEUR<br />
SÛRE<br />
Depuis plus de deux décennies, la technologie<br />
« Air Revolution » de Meindl ventile les pieds<br />
des marcheurs. Elle se base sur une languette<br />
triple épaisseur dont la combinaison<br />
de matériaux laisse passer la vapeur d’eau<br />
tout en amortissant durablement. La languette<br />
passe par-dessus la tige et n’est fixée<br />
qu’à certains endroits afin de favoriser la<br />
circulation de l’air à l’intérieur. Cette chaussure<br />
de trekking contemporaine bavaroise<br />
bénéficie aussi d’une technologie éprouvée :<br />
l’insert amortissant continu en PU lui confère<br />
une grande stabilité même en cas de pics de<br />
sollicitation. Une membrane Gore-Tex rend<br />
la chaussure étanche, sans porter préjudice<br />
au climat du pied. La semelle Multigrip 3 de<br />
Vibram, avec des picots judicieusement placés<br />
et un profil autonettoyant, remplit parfaitement<br />
sa fonction : une marche agréable<br />
jusqu’au sommet en terrain alpin facile.<br />
AIR REVOLUTION 3.7 LADY<br />
MEINDL<br />
Poids 1100 g / paire (pointure 8)<br />
Prix CHF 319.–<br />
16<br />
17
EXPERT CHAUSSURES DE MONTAGNE LÉGÈRES<br />
LE CŒUR<br />
LÉGER<br />
« 300 grammes de moins aux pieds c’est comme trois kilos en<br />
moins dans le sac » – affirme le conseiller Bächli Sports de<br />
Montagne Ernst Schärer. Super, car l’offre en chaussures d’alpinisme<br />
légères n’a jamais été si riche. Les choisir soigneusement<br />
est donc devenu encore plus important. »<br />
ILLUSTRATION : SOPHIE KETTERER<br />
TEXTE THOMAS EBERT<br />
La main sur le cœur : comme presque tous<br />
les alpinistes, nous avons gardé nos « légères<br />
» à la cave. Peu importe que ce soit les<br />
nôtres ou celles du grand père : se débarrasser<br />
de ses chaussures légères n’est pas un acte facile.<br />
Avec leur cuir brun, leurs œillets argentés et<br />
leurs lacets rouges, nos « légères » sont simplement<br />
trop belles. Trop belles, oui, mais aussi trop<br />
lourdes. Même dépoussiérées, les chaussures<br />
de montagne légères des années 70 ou 60 pèsent<br />
vite le double des modèles modernes. Un bon<br />
conseil : laissez vos « légères » reposer au calme<br />
– ce sera mieux pour tout le monde.<br />
« 300 grammes de moins aux pieds c’est comme<br />
trois kilos en moins dans le sac » – le conseiller<br />
Bächli Ernst Schärer met d’emblée les choses au<br />
point concernant la légèreté des chaussures de<br />
montagne. Alors, pourquoi faire lourd quand on<br />
peut faire léger ? La question peut sembler bête,<br />
mais elle est d’actualité : « En Suisse, nous vendons<br />
toujours beaucoup de chaussures lourdes<br />
en cuir. C’est une question de tradition : on a besoin<br />
de chaussures en cuir lorsqu’on va en montagne,<br />
c’est encore dans l’air du temps », expose<br />
Schärer. Par contre, la tendance penche clairement<br />
vers une mise à la diète des chaussures.<br />
« L’alpinisme actuel est orienté vers la vitesse. Il<br />
y a parfois des pros qui courent sur les quatre mille<br />
avec des baskets améliorées. Et la branche des<br />
chaussures a désormais entrepris de les diffuser<br />
aussi auprès des alpinistes conventionnels. »<br />
Un exemple : pour l’été à venir, Lowa a collaboré<br />
avec l’alpiniste professionnel David Göttler pour<br />
mettre au point une « chaussure d’alpinisme pro<br />
athlétique, extrêmement légère, et réduite à l’essentiel<br />
». Mi-haute, pourvue d’un débord pour<br />
crampons semi-automatiques et qui, en pointure<br />
huit, n’afficherait que 1100 grammes – et par<br />
paire, s’il vous plait ! <strong>No</strong>mbreuses sont les chaussures<br />
d’approche qui dépassent ce poids.<br />
Comment est-il possible d’économiser autant de<br />
poids ? « Les chaussures de montagne perdent<br />
du poids essentiellement par le cuir, ou alors une<br />
semelle amincie. Contrairement aux chaussures<br />
de ski avec le Grilamid et le carbone, on trouve<br />
assez peu de matériaux complètement nouveaux<br />
pour les chaussures de montagne. » ajoute<br />
Ernst Schärer. Effectivement, les doublures légères<br />
synthétiques, les œillets en plastique et les<br />
membranes imperméables hyper fines ne sont<br />
depuis longtemps plus une révolution dans la fabrication<br />
de chaussures. Pour de réels progrès, il<br />
faut encore faire preuve d’imagination, comme<br />
Vibram, le spécialiste de la semelle qui a lancé en<br />
été 2018 sa technologie Litebase. Les semelles<br />
Litebase sont vulcanisées à un textile pré-enrobé,<br />
ce qui renforce le lien entre la semelle profilée et<br />
la semelle intermédiaire. Du coup, le caoutchouc<br />
peut être plus fin : « L’épaisseur est réduite de 50<br />
pour cent, passant de 1,7 mm à 0,5 - 0,9 mm en<br />
fonction du type de semelle. Le poids total peut<br />
être réduit de 30 %. Le résultat est que ces semelles<br />
professionnelles Vibram conservent la<br />
même accroche et la même durée de vie que les<br />
semelles Vibram conventionnelles », explique<br />
Davide Canciani, Global Marketing Director chez<br />
Vibram. Des fabricants comme Scarpa, Mammut<br />
et Dynafit utilisent déjà cette technologie. Le modèle<br />
léger de Lowa mentionné plus haut embarquera<br />
également une semelle Litebase. Hanwag<br />
aussi planche sur un allègement de la semelle :<br />
la nouvelle Alverstone II aura recours à sa propre<br />
technologie « 3D Prism Base Technologie » dont<br />
la structure n’est pas plate, mais prismatique.<br />
Ceci permet d’économiser du matériel et donc<br />
du poids – jusqu’à 32 % selon Hanwag.<br />
SENTIR LA LÉGÈRETÉ<br />
Quel est le revers de la médaille ? Quelles sont<br />
les concessions que cette cure d’amaigrissement<br />
impose aux chaussures ? Par exemple, la longévité<br />
souffre souvent dans les constructions légères.<br />
« Plus léger, mais moins robuste – c’est définitivement<br />
le cas », concède Ernst Schärer. Naturellement,<br />
un cuir plus léger et plus fin affichera plus<br />
rapidement des signes de fatigue. Sur certaines<br />
chaussures de montagne, l’important enrobage<br />
de protection contre les pierres n’est plus monté<br />
comme une pièce séparée, mais simplement giclé<br />
– Schärer constate même une aggravation de la<br />
tendance dans la construction des chaussures.<br />
18<br />
INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
19
CUIR<br />
LÉGER<br />
Contrairement aux<br />
chaussures lourdes<br />
et rigides d’autrefois,<br />
les chaussures de<br />
montagne légères<br />
actuelles sont aussi un<br />
plaisir en randonnée.<br />
INTELLIGENCE<br />
ET PUISSANCE<br />
Hanwag est parvenu à économiser 15 pour cent sur le poids de l’Alverstone<br />
II GTX par rapport au modèle précédent. Cela a été possible grâce à la<br />
nouvelle conception Vibram Integral Light – qui organise la structure de la<br />
gomme en prismes. Les matériaux ont aussi été adaptés : le cuir Perwanger<br />
particulièrement robuste est désormais combiné à une microfibre. La<br />
technologie LFX de Hanwag assure de plus une meilleure liberté de mouvement<br />
au niveau des malléoles. La membrane Gore-Tex maintient les pieds<br />
au sec contre les influences intérieures et extérieures. Les Click Clamps<br />
pratiques permettent un laçage différencié entre l’avant du pied et la tige.<br />
Avec le développement de sa série Riballe il y a deux ans, Scarpa a fait fort !<br />
Ces chaussures de montagne légères et polyvalentes existent désormais<br />
aussi avec une doublure intérieure en cuir qui est non seulement<br />
confortable, mais qui assure à vos pieds un climat équilibré. Tandis qu’un<br />
cuir Perwangler robuste (épaisseur 2,4 à 2,6 mm) protège vos pieds, le<br />
laminé OutDry les garde au sec. La semelle intercalaire de 4 mm en fibre<br />
de verre assure la rigidité en torsion nécessaire pour les petites prises.<br />
Compatible avec les crampons semi-automatiques avec talonnière.<br />
RIBELLE OD LEATHER<br />
SCARPA<br />
Poids env. 1450 g / paire (pointure 42)<br />
Prix CHF 439.–<br />
« Les chaussures d’alpinisme sont de plus en plus<br />
construites comme des chaussures de trekking,<br />
mais avec une semelle d’alpinisme. » Une construction<br />
légère peut aussi signifier une perte de<br />
rigidité. Naturellement ce point est à double tranchant<br />
: une chaussure de montagne cramponnable<br />
avec une semelle plus souple sera un pur plaisir<br />
pour marcher sur le sentier d’approche, mais les<br />
derniers pour cent de rigidité pourront manquer<br />
en glace ou sur les petites prises.<br />
S’ADAPTER À L’UTILISATION<br />
C’est évident : avec le choix croissant au rayon<br />
des chaussures de montagne, trouver SA chaussure<br />
devient un véritable défi. « Malheureusement,<br />
il arrive souvent que des personnes aient<br />
des chaussures trop légères et trop souples<br />
par rapport aux courses qu’elles entreprennent,<br />
déplore Schärer. Cette tendance est encore plus<br />
marquée chez les femmes ». Avec leur montage<br />
collé et leurs enrobages giclés, les chaussures de<br />
montagne légères sont très tentantes au magasin :<br />
elles se font pratiquement oublier et leur confort<br />
est impressionnant. L’éternel mantra du vendeur<br />
de chaussures « elle vous va comme un gant »<br />
renforce encore le phénomène. Effectivement, une<br />
chaussure multifonctions doit être bien adaptée<br />
à son pied, mais également à l’utilisation qui en<br />
sera faite et aux performances de chacun. « Hors<br />
sentier, ou dans un pierrier, la rigidité d’une chaussure<br />
trop légère arrivera vite à ses limites, ce qui<br />
rendra la progression très pénible, dit Schärer.<br />
Quelqu’un de rapide, qui sort souvent en montagne,<br />
et qui possède une musculature puissante<br />
pourra effectivement se sentir à l’aise dans un<br />
tel terrain, même avec des chaussures légères.<br />
Mais le commun des alpinistes fatiguera vite. »<br />
Ce n’est pas plus mal si le temps des chaussures<br />
lourdes comme le plomb, rigides comme l’acier<br />
et que l’on emporte à chaque course sans tenir<br />
compte du terrain soit révolu. L’immense choix<br />
actuel signifie également qu’il est plus que jamais<br />
nécessaire d’être bien conseillé pour acheter<br />
des chaussures de montagne. À l’annonce de la<br />
nouvelle collection, Schärer est aussi enthousiaste<br />
que soucieux. « Prenons par exemple la<br />
Veloce GTX de Dolomite. C’est un modèle bas,<br />
mais avec une semelle cramponnable et avec une<br />
petite guêtre. En théorie, on pourrait faire l’accès<br />
à vélo, la marche d’approche, grimper dans une<br />
face, puis mettre les crampons pour suivre l’arête<br />
effilée en neige jusqu’au sommet – tout ça avec<br />
une seule chaussure. Mais à mon avis il s’agit<br />
vraiment d’une chaussure de spécialistes – je<br />
ne crois pas que tout un chacun s’en sortirait. »<br />
En plus d’être honnête par rapport à ses propres<br />
compétences, Schärer a encore un conseil concret.<br />
« Pour une descente en sécurité, je conseille<br />
vraiment une chaussure dont la semelle a un<br />
talon bien marqué. Cela apporte énormément de<br />
tenue pour éviter de glisser. »<br />
PHOTO : LOWA / BERND RITSCHEL<br />
ALVERSTONE II GTX<br />
HANWAG<br />
Poids 1460 g / paire (pointure 8)<br />
Prix CHF 335.–
RUBRIK UNTERRUBRIK<br />
BON PLAN ARÊTES GRANITIQUES<br />
PASSE-MOI<br />
L’ARÊTE<br />
GRANDS CHARMOZ –<br />
AIGUILLE DU GRÉPON<br />
DES HAUTEURS<br />
HISTORIQUES<br />
Caractère : Course longue et exigeante qui sollicite<br />
l’entier du répertoire de l’alpinisme. La<br />
traversée du Charmoz et du Grépon fait partie<br />
des courses les plus importantes autour de<br />
Chamonix – malgré l’altitude assez modeste de<br />
son sommet (3482 m).<br />
Difficultés : Neige jusqu’à 45°, passage de VI (5c), en<br />
partie escalade difficile en fissure et en dièdre. Long !<br />
Équipement : Corde (50 m), 8-10 dégaines, sangles,<br />
jeu de coinceurs, jeu de friends (1-3), descendeur.<br />
Meilleure période : De mi-juin à début août, avant<br />
il y a souvent encore trop de neige et après, le passage<br />
de la rimaye devient critique.<br />
Descente : Piste de rappel depuis le Grépon, puis<br />
revenir par le glacier et le sentier de randonnée<br />
jusqu’au téléphérique de la Dent du Midi.<br />
marque le début d’un nouveau développement de l’alpinisme.<br />
Avec le franchissement de la fissure Mummery, des<br />
difficultés que l’on pensait jusqu’alors insurmontables devenaient<br />
réalisables. Et aujourd’hui, lorsque l’on sèche devant<br />
le problème que pose la fissure Mummery, on a de la<br />
peine à comprendre comment il se peut que la cotation de<br />
cette fissure ait été flanquée d’un « simple » IV. « Feeling<br />
6b », annonce un grimpeur ayant achevé sa mission. Et en<br />
fin de compte, la fissure Mummery n’est que le point<br />
culminant de la course ; la cerise sur le gâteau d’une des<br />
plus belles et plus complètes courses de la région du<br />
Mont-Blanc.<br />
Une fois la fissure Mummery<br />
passée, c’est la récompense :<br />
un relais confortable où l’on<br />
peut même s’asseoir.<br />
TEXTE & PHOTOS RALF GANTZHORN<br />
Un peu avant le sommet de la 2 e<br />
tour, dans la traversée Salbitschijen-arête<br />
ouest. En arrière-plan,<br />
les Alpes centrales uranaises avec<br />
le Galenstock (tout à gauche), le<br />
Dammastock et le Sustenhorn.<br />
Feldspath, quartz et mica - je n'oublierai jamais ça ! Ceux qui ont besoin<br />
d’une astuce mnémotechnique pour se rappeler des composants du granite<br />
devraient aller frotter leurs semelles le long de ces quatre arêtes de granite.<br />
Impossible d’étudier la géologie des Alpes de manière plus spectaculaire.<br />
Q<br />
uand Albert Frederick Mummery s’est trouvé pour<br />
la troisième fois sur l’Aiguille du Grépon, il s’est exclamé,<br />
en plaisantant à propos des trois stades par<br />
lesquels passe tout sommet. « un sommet inaccessible –<br />
la voie la plus difficile des Alpes – an easy day for a lady ».<br />
À l’origine de cette singulière expression se cache le fait<br />
qu’au 19 e siècle cette fière aiguille de granite a résisté pendant<br />
des années aux assauts des alpinistes. Jusqu’à ce 5<br />
août 1881 où Mummery, conduit par les guides suisses<br />
Burgener et Venetz, atteignit enfin le sommet de ce Grépon.<br />
À peine quelques années plus tard, Mummery effectue<br />
deux des cinq répétitions, mais cette fois en premier de<br />
cordée. Et ce sera finalement l’incroyable aisance avec laquelle<br />
Miss Bristow, sa compagne de cordée d’un jour,<br />
aura franchi le passage clé de la « fissure Mummery » qui<br />
le conduira à finaliser ses réflexions citées plus haut. Ajoutons<br />
encore que Miss Bristow n’a pas ménagé ses efforts<br />
en emportant avec elle un appareil photo d’antan à la<br />
forme improbable pour immortaliser Mummery dans sa<br />
fameuse fissure. Quelques lignes plus loin, Mummery<br />
avouera considérer cette voie comme une des plus difficiles<br />
qu’il ait jamais gravie. Alors ! À quoi devons-nous<br />
nous attendre pour cette traversée des Grands Charmoz et<br />
du Grépon ? Il est indéniable que cette première ascension<br />
Feeling 6b : on peine<br />
à croire qu’autrefois<br />
la fissure Mummery<br />
avait été cotée IV.<br />
22 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
23
BON PLAN<br />
ARÊTES GRANITIQUES<br />
SCIORA DAFORA –<br />
ARÊTE FUORI<br />
LE PLUS JEUNE<br />
GRANITE DES ALPES<br />
Astuce : Depuis l’éboulement au Cengalo le Val<br />
Bondasca est officiellement fermé !<br />
Caractère : Jolie escalade exposée sur une arête<br />
tranchante comme un rasoir (vécu).<br />
Difficultés : VII+ ou VI, A1; 21 longueurs. Les 12<br />
premières longueurs ont été équipées de spits<br />
en 1998.<br />
Équipement : Corde à double, 10 dégaines, sangles,<br />
jeu de coinceurs, jeu de friends, descendeur.<br />
Meilleure période : Juillet à septembre.<br />
La course : Dans la partie inférieure, il suffit<br />
de suivre les spits. La partie supérieure est<br />
incroyablement exposée et se déroule soit sur<br />
l’arête soit sur sa gauche. Le passage clé est une<br />
succession de spits que l’on franchit à l’aide de<br />
sangles. En libre, ce passage est coté VII+.<br />
Descente : La descente se fait soit par la voie<br />
normale de l’arête W puis par le Cacciabella Pass<br />
(long) soit en rappel par la Via <strong>No</strong>emi à laTorre Innominata.<br />
Ici encore, il faut traverser un terrain<br />
sujet aux éboulements. Attention aux névés qu’il<br />
faut parfois traverser. Il est recommandé d’emporter<br />
un piolet.<br />
Un des passages d’escalade<br />
les plus aériens des<br />
Alpes : Micha Stacheder<br />
sur l’arête Fuori.<br />
GROSS FURKAHORN –<br />
ARÊTE SE<br />
UNE ÉCHELLE CÉLESTE<br />
AU CŒUR DES ALPES<br />
Caractère : Magnifique escalade plaisir dans le<br />
meilleur granite de la Furka. En raison des difficultés<br />
limitées, il est fort apprécié le weekend.<br />
Une merveilleuse manière d’aborder les grandes<br />
arêtes granitiques des Alpes.<br />
Difficultés : IV+, près de 750 mètres d’escalade.<br />
Équipement : Corde (50 m), 6 à 8 dégaines, jeu<br />
de coinceurs, 3 à 4 friends intermédiaires (1–3),<br />
descendeur.<br />
Meilleure période : Début juillet – mi-septembre.<br />
La course : Le début de l’arête s’aborde par l’E,<br />
quelques mètres à droite du fil. Puis suivre l’arête.<br />
Seule exception après environ 6 longueurs où une<br />
tour rouge se contourne généralement par le N.<br />
Descente : De l’aiguille sommitale, en rappel<br />
dans la face S. Puis descendre au milieu des blocs<br />
et des éboulis jusqu’à une grande vire marquant<br />
la face S. <strong>No</strong>uveaux rappels de 40 et 20 m, puis<br />
rejoindre le départ par un sentier herbeux raide<br />
pour descendre au col par le même chemin.<br />
En explorant la carte des Alpes, il y a bien des chances<br />
que le regard se pose à proximité du Gross Furkahorn.<br />
<strong>No</strong>n pas qu’il ait été marqué comme tel dans le<br />
but d’être localisé immédiatement, non, ce sommet n’est<br />
pas assez important pour ça. Mais le Furkahorn a un<br />
avantage – il est au centre de tout. En conséquence, depuis<br />
son sommet, on peut reconnaître tous les grands<br />
noms des Alpes. Le Finsteraarhorn, les géants valaisans,<br />
jusqu’au lointain Galenstock, la vue depuis ce sommet –<br />
ou plutôt cette aiguille – semble infinie. Être au centre signifie<br />
aussi que tous les nuages, qu’ils proviennent du<br />
sud ou du nord, viennent se vider ici. Il vaut donc la peine<br />
de bien étudier le bulletin météo avant de se rendre dans<br />
la région de la Furka.<br />
Une situation de haute pression stable est obligatoire.<br />
Lorsque le soleil brille, on y découvre une escalade d’une<br />
beauté difficile à imaginer dans cette montagne qui d’en<br />
bas semble plutôt accidentée. Un excellent granite, poli<br />
par l’âge et par l’eau ravira ses prétendants. Jamais trop<br />
difficile et plein de surprises bien agrippantes. Qu’il existe<br />
des montagnes dont les plus beaux passages se prolongent<br />
jusqu’au dernier mètre, c’est magnifique ! L’aiguille<br />
sommitale mérite bien son nom et n’offre même<br />
pas assez de place pour la cordée entière. C’est le seul<br />
bémol, car à deux, on y apprécierait encore plus la vue.<br />
L<br />
e Val Bondasca : une vallée austère, d’une beauté<br />
nordique à couper le souffle, des villages pittoresques.<br />
Et avec ses magnifiques châtaigneraies,<br />
une touche de charme méditerranéen. Son paysage est<br />
certes marqué par le fameux Piz Badile, mais la nature a<br />
doté ce cirque enchanteur d’un contrepoint magique : les<br />
aiguilles et les tours du groupe de Sciora. Sciora Dafora,<br />
Punta Pioda, Ago di Sciora. À cheval entre les deux, le Piz<br />
Cengalo représente le point le plus élevé de la région.<br />
Ces dernières années, il a malheureusement défrayé la<br />
chronique à plusieurs reprises et notamment en 2017. Le<br />
23 août, plus de 3 millions de mètres cubes de roche se<br />
sont détachés d'une zone instable de la face nord, créant<br />
une crue qui a ravagé toute la vallée de Bondasca. Huit<br />
personnes sont toujours portées disparues. Cet évènement<br />
a irrémédiablement changé la vie dans le Bergell.<br />
Le Piz Cengalo peine encore à retrouver son calme. La<br />
route d’accès à la vallée est détruite et les deux cabanes<br />
desquelles une multitude de courses de la région par-<br />
taient, dont la Capanna di Sciora, restent fermées jusqu’à<br />
nouvel ordre. Difficile de savoir si la situation changera en<br />
<strong>2019</strong>. C’est pourquoi la marche d’approche pour la course<br />
de la Sciora Dafora n’est pour l’instant possible que depuis<br />
le Val Albigna en empruntant le Cacciabella Pass… et<br />
en faisant un bivouac. Celui qui se donnera cette peine<br />
aura la chance de bénéficier d’une des plus spectaculaires<br />
arêtes des Alpes. Sa partie inférieure a entièrement<br />
été équipée de spits en 1998. Ceci permet de contourner<br />
un autre éboulement qui a dévasté la voie initiale à la fin<br />
des années 1960. Plus haut, la densité des points d’assurage<br />
diminue drastiquement et propose au premier de<br />
cordée quelques passages très aériens. Et on préfèrera<br />
s’y accrocher avec des pattes de velours car c’est exactement<br />
de là que les blocs qui maintenant jonchent la vallée<br />
se sont détachés. Un sentiment un peu amer, car il<br />
est rare de voir de nos propres yeux que même le plus<br />
jeune granite des Alpes (avec ses 30 millions d’années)<br />
est éphémère.<br />
La joie intense du moment<br />
présent ! Wiebke Köhn et Jens<br />
Weiss sur l’aiguille sommitale<br />
du Gross Furkahorn. Mais pour<br />
s’asseoir il faudra attendre le<br />
pied du dernier rappel…<br />
24 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
25
BON PLAN ARÊTES GRANITIQUES<br />
SALBITSCHIJEN-<br />
ARÊTE W<br />
L’AS DE CŒUR DE<br />
CE QUATUOR D’ARÊTES<br />
Caractère : La « Rolls-Royce » des arêtes de<br />
granite, une escalade extravagante qui ravira les<br />
cordées rapides et endurantes.<br />
Difficultés : VII, A1, env. 34 longueurs. Bien que<br />
l’itinéraire soit équipé de spits, il est loin du domaine<br />
plaisir.<br />
Équipement : Corde à double (50 m), 10 à 12<br />
dégaines, sangles, jeu de coinceurs, quelques<br />
friends (1 – 3), descendeur.<br />
UN ROCHER<br />
SANS PITIÉ<br />
Les voies en granite sont abrasives<br />
et sollicitent autant le corps que le<br />
matériel. Toute personne qui se torture<br />
dans les fissures « off-width »<br />
ou qui dance sur des échelles célestes<br />
tranchantes comme un rasoir<br />
doit être parfaitement équipée. <strong>No</strong>s<br />
astuces pour grimper sur le granite.<br />
« À mes yeux, les arêtes de<br />
granite sont l’aventure à l’état<br />
pur ! Une fois au sommet,<br />
les craintes font place à une<br />
profonde satisfaction. »<br />
ANDREA GREINER<br />
CONSEILLÈRE EN SPORTS DE<br />
MONTAGNE, MAGASIN D’AARAU<br />
BÄCHLI<br />
ON TOUR<br />
Envie d’arêtes en granite, mais le savoir-faire<br />
vous manque ? Bächli Sports de Montagne<br />
propose plusieurs fois par an des cours de<br />
base pour les voies de plusieurs longueurs.<br />
Matériel, tactique, mise en place du relais,<br />
tout vous sera expliqué, par exemple les 25 et<br />
26 mai dans le Val Maggia, au Tessin. Toutes<br />
les infos et toutes les offres sous :<br />
baechli-bergsport.ch/<br />
fr/baechliontour<br />
Un petit pendule à l’aiguille<br />
sommitale : le point<br />
culminant de chaque<br />
visite du Salbitschijen.<br />
Meilleure période : Mi-juin à début septembre.<br />
Trop de neige avant, et après les jours sont trop<br />
courts.<br />
Descente : Par l’itinéraire assuré, d’abord sur<br />
l’arête E, puis vers le N et regagner la cabane.<br />
Attention en cas de neige fraîche !<br />
Si l’on devait décerner un prix à la plus belle escalade<br />
d’arête des Alpes, les arêtes S et W se placeraient<br />
certainement les deux dans le Top 5. Laquelle<br />
est la plus belle ? L’arête S est sensiblement plus<br />
courte et harmonieuse, elle serait même une « symphonie<br />
granitique » selon l’ancien gardien de la Salbithütte,<br />
fin connaisseur de la région. L’arête W est sensiblement<br />
plus longue, plus difficile et plus âpre. Elle est un solide<br />
atout dans le carré des arêtes : plus de 30 longueurs<br />
dont bon nombre dans le VI, 1400 mètres d’escalade, sept<br />
points de rappel répartis sur six tours. Il convient donc<br />
de partir aux aurores. Le choix de dormir au bivouac directement<br />
au pied de l’arête ou à la cabane à environ une<br />
heure et demie est une affaire de goût. La dernière propose<br />
un bon petit-déjeuner et on y passe de toute façon<br />
en descendant par la voie normale. Dès mi-juillet, on ne<br />
trouve plus de neige au bivouac de sorte que l’eau doit<br />
être portée.<br />
Quoi qu’il en soit, il y a peu de risque de rester endormi<br />
dans la première longueur. Maîtriser le septième degré à<br />
la lueur de la frontale nécessite de bien tenir les prises.<br />
Et celui qui éprouve des difficultés à ce stade ferait bien<br />
de redescendre. La suite est un peu plus tranquille jusqu’à<br />
la première tour. L’accès à la seconde tour se fait par une<br />
fissure de rêve – peut-être la plus belle partie de cette<br />
œuvre d’art. Le passage le plus difficile ne figure souvent<br />
pas sur les topos : une petite paroi de peut-être cinq<br />
mètres à l’approche de la troisième tour. Pour ma part, je<br />
ne connais personne qui n’ait pas un peu tiré sur les<br />
points, d’ailleurs idéalement placés. Le point culminant<br />
au Salbit est certainement l’aiguille sommitale, point de<br />
rencontre ultime des deux arêtes. Comme au Furkahorn,<br />
l’aiguille s’avère trop pointue pour pouvoir partager avec<br />
quiconque la joie d’être au sommet.<br />
Informations sur les arêtes<br />
granitiques disponibles sous :<br />
baechli-bergsport.ch/fr/<br />
aretes-granitiques<br />
COQUE<br />
INTELLIGENTE<br />
Le Mammut Wall Rider MIPS est le premier<br />
casque équipé de la technologie MIPS brevetée<br />
et récompensée (ISPO Award 2018).<br />
Une fine couche de 0,5 à 0,7 mm d’épaisseur<br />
empêche les frottements de se développer<br />
tout en absorbant une partie des forces latérales<br />
(on ne chute jamais droit comme une<br />
chandelle). Le risque de lésion cérébrale s’en<br />
trouve réduit. À l’utilisation, on ne remarque<br />
cependant rien du tout. Le Wall Rider MIPS<br />
n’a jamais été aussi confortable et le surpoids<br />
dû à la technologie MIPS est minime.<br />
Cette technologie est étudiée en Suède depuis<br />
1996. Avec clips de fixation pour lampe<br />
frontale. Certification EN 1249<strong>2.</strong><br />
WALL RIDER MIPS<br />
MAMMUT<br />
Poids 225 g<br />
Prix CHF 205.–<br />
ACCROCHEURS<br />
DE GRANITE<br />
Les Camalots, nom que Black Diamond donne<br />
à ses coinceurs à cames, sont une véritable<br />
légende. Grâce à leur axe double, les C4 ont<br />
établi de nouveaux standards car ils couvrent<br />
ainsi une large plage de fissures. Grâce à des<br />
découpes fraisées dans les cames, la nouvelle<br />
version est encore plus légère mais tout aussi<br />
résistante. Autres nouveautés : les plus petits<br />
possèdent maintenant une boucle bicolore<br />
et les plus grands (n os 4, 5 et 6) disposent<br />
désormais de petites attaches permettant de<br />
les maintenir en position tendue. Une légère<br />
traction sur le levier détache ces attaches de<br />
sorte que le friend puisse être immédiatement<br />
opérationnel. Ceci permet de réduire fortement<br />
l’encombrement au baudrier et facilite<br />
énormément leur utilisation sur le rocher.<br />
CAMALOT C4<br />
BLACK DIAMOND<br />
Poids 124 g (<strong>No</strong>. 1)<br />
Prix dès CHF 7<strong>2.</strong>–<br />
ROUGE ET<br />
ROBUSTE<br />
Un pantalon comme le Mantra est hautement<br />
recommandable. Chez La Sportiva, l’accent<br />
a été mis sur deux points essentiels : la liberté<br />
de mouvement et la durée de vie. Deux<br />
qualités obtenues grâce à un matériau léger<br />
et à séchage rapide composé à 96 % de nylon<br />
et 4 % de Spandex. La taille élastique est<br />
confortable et ne glisse pas tandis que les<br />
genoux préformés facilitent les mouvements<br />
les plus acrobatiques. La poche latérale pour<br />
la brosse et le passant intégré pour le sac à<br />
magnésie font du Mantra Pants un excellent<br />
choix pour le bloc ou l’escalade. Et la couleur<br />
rencontre la fonctionnalité !<br />
MANTRA W PANTS<br />
LA SPORTIVA<br />
Poids env. 416 g<br />
Prix CHF 125.–<br />
26<br />
27
EXPERT CASQUES D’ALPINISME<br />
COQUE<br />
PROTECTRICE<br />
TEXTE ALEXANDRA SCHWEIKART<br />
Un grondement, un sifflement… d’instinct, le corps<br />
se colle contre la paroi. Un bruit sourd contre le<br />
casque… la tête bourdonne. En montagne, il n’y a<br />
pas que des bonnes choses qui viennent d’en haut :<br />
des pierres, de la glace ou le mousqueton de son<br />
compagnon de cordée. Le port du casque lors d’activités<br />
alpines est une évidence depuis longtemps.<br />
Le casque fait partie de ce que l’on appelle l’équipement<br />
de protection individuelle EPI de catégorie<br />
II. Il s’agit d’un équipement protégeant l’alpiniste<br />
contre les « dangers importants ». L’époque des<br />
coquilles d’œuf surdimensionnées en plastique qui<br />
compriment la tête est également révolue. De nos<br />
jours, des technologies et matériaux modernes issus<br />
de l’industrie plastique ont rendu les casques<br />
aussi robustes que légers. Depuis cette année, le<br />
casque haut de gamme de Mammut inclut la technologie<br />
MIPS, dont l’efficacité a fait ses preuves<br />
avec les casques de ski et de vélo. Même pour les<br />
puristes de l’escalade sportive, il n’y a plus aucune<br />
excuse qui tienne.<br />
10 kN (EU) ou 8 kN (UIAA) afin d’éviter des lésions à<br />
la tête ou à la colonne cervicale. L’énergie absorbée<br />
par les côtés, l’avant et l’arrière est également<br />
mesurée. Un test de perforation avec un cône<br />
pointu chutant de 1 mètre est également passé.<br />
Un test supplémentaire contrôle la résistance des<br />
sangles et des boucles, ainsi que la tenue du casque<br />
sur la tête lorsque l’on tire dessus.<br />
« Pour déterminer si l’on a besoin d’un<br />
casque à coque robuste ou d’un casque<br />
In-Mold ultraléger et très ventilé, il<br />
faut réfléchir à l’endroit où il va être<br />
utilisé. Pour les courses alpines sujettes<br />
aux chutes de pierres, nous conseillons<br />
un casque avec peu d’ouvertures<br />
pour une protection maximale. »<br />
Pour la plupart des grimpeurs, il fait partie de toutes les courses :<br />
le casque. Certains modèles sont d’une polyvalence extrême,<br />
d’autres d’une légèreté hallucinante. Trouver le bon modèle dépend<br />
non seulement de son utilisation, mais surtout de sa forme.<br />
ILLUSTRATION : SOPHIE KETTERER<br />
Conseil d’expert. En montagne, le port du casque<br />
n’est pas obligatoire. Mais les experts conseillent<br />
d’en porter un, quelles que soient les circonstances,<br />
dès que l’on ne peut exclure les chutes de<br />
pierres ou de glace, de même que les chutes incontrôlées<br />
ou les grandes chutes.<br />
« J’ai déjà un casque pour le vélo, faut-il un autre<br />
casque pour grimper ? » C’est une question légitime,<br />
mais la réponse est sans équivoque : oui ! La<br />
plus grande différence est que le casque d’alpinisme<br />
n’est pas qu’un casque contre les chutes ;<br />
son plus grand rôle est de protéger contre la chute<br />
d’objets. Contrairement à un casque de vélo, il<br />
n’est pas ventilé sur toute sa surface, mais dispose<br />
d’ouvertures latérales plus ou moins grandes. La<br />
partie centrale et la région du front des casques<br />
d’alpinisme est fermée, car ce sont les zones les<br />
plus exposées aux chutes d’objets ou de pierres.<br />
La protection de la tête pour les disciplines alpines<br />
doit répondre aux exigences de la norme EN 12492,<br />
voire au standard UIAA 106, plus sévère mais non<br />
obligatoire. Les casques doivent résister à un choc<br />
bien défini engendré par une masse de 5 kilogrammes<br />
chutant verticalement de 2 mètres de hauteur.<br />
L’énergie transmise à la tête ne doit pas excéder<br />
MATTHIAS SCHMID<br />
GESTIONNAIRE DE PRODUITS<br />
FORME<br />
Une forme bien adaptée est décisive pour le confort<br />
pendant les grandes sorties. Le rembourrage et le<br />
poids sont également importants. De nombreux<br />
casques existent dans plusieurs tailles. Pour une<br />
tenue idéale, les sangles des oreilles et du menton<br />
ainsi que le tour de tête doivent être soigneusement<br />
ajustés. Tous les casques ne vont pas à toutes les<br />
têtes, et un essai est primordial lors de l’achat,<br />
éventuellement avec un bonnet. Au final, on emporte<br />
systématiquement son casque que s’il est<br />
parfaitement adapté et confortable. Laisser son<br />
casque à la maison ne protège de rien du tout.<br />
Conseil d’expert. Il faudrait essayer différents casques<br />
dans l’un des douze magasins Bächli Sports<br />
de Montagne, les ajuster à sa tête et se promener<br />
un moment avec. Il est important que le casque ne<br />
se déplace pas et que l’on puisse regarder vers le<br />
haut sans que le champ de vision soit limité. Important<br />
aussi : s’il doit être porté par temps froid,<br />
dans la neige ou sur la glace, le casque doit également<br />
être confortable avec un bonnet.<br />
28<br />
INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
29
RUBRIK EXPERT UNTERRUBRIK<br />
CASQUES D’ALPINISME<br />
RÜCKZUG AUS DER WAND<br />
QUELLE EST LA DURÉE DE VIE<br />
D’UN CASQUE D’ESCALADE ?<br />
De manière générale, il faut suivre les indications<br />
du fabricant dans le mode d’emploi<br />
joint ou en ligne. La plupart du temps, on<br />
peut y lire une durée de vie maximale de dix<br />
ans à partir de la date de fabrication. Il faut<br />
donc tenir compte d’un point supplémentaire :<br />
la date de production et la date d’achat ne<br />
sont pas les mêmes. Deuxièmement, la durée<br />
de vie maximale n’est valable que dans la<br />
mesure où le produit n’est pas endommagé<br />
par des chutes, des chutes de pierres, des<br />
produits chimiques, l’acide des batteries, la<br />
chaleur ou des arêtes coupantes. En cas de<br />
dommage, le casque doit immédiatement<br />
être remplacé. Dans certains cas, la durée de<br />
vie peut se limiter à quelques sorties !<br />
Principe général : si l’on a le moindre doute<br />
sur la sécurité d’un casque, il faut le remplacer.<br />
Les casques doivent être inspectés souvent,<br />
au minimum une fois par année. Vous<br />
pouvez faire contrôler votre casque dans le<br />
magasin Bächli Sports de Montagne le plus<br />
proche ou en prenant les mesures suivantes :<br />
1. Contrôle des inscriptions et de la date<br />
de fabrication (autocollant ou impression<br />
dans le casque) :<br />
Liste des informations de base : fabricant, nom<br />
commercial, type, modèle, EN 12492, année et<br />
trimestre de fabrication, taille ou plage de tailles,<br />
symbole CE. Certains fabricants inscrivent<br />
aussi un numéro de série spécial que l’on peut<br />
déchiffrer avec le mode d’emploi.<br />
LES DIFFÉRENTS TYPES DE CASQUES<br />
Casques avec coque<br />
Les casques avec une coque dure, comme le Petzl<br />
Elia, sont composés d’une coque dure en plastique<br />
avec un système de portage en sangles. En cas de<br />
choc, les sangles s’allongent et le casque se déforme<br />
de manière élastique, ce qui permet d’absorber<br />
l’énergie du choc. Ces casques résistent également<br />
aux situations avec impact multiple comme une<br />
chute de pierres importante. Souvent, ces casques<br />
sont équipés d’un insert en EPS ou en EPP à leur<br />
centre pour une absorption supplémentaire du choc.<br />
casques robustes résistant aux impacts multiples<br />
lourds, souvent mal ventilés<br />
Casques hybrides<br />
Les casques hybrides, comme le Petzl Boreo,<br />
sont composés d’une coque extérieure en plastique<br />
dure, combinée à un insert intérieur en<br />
mousse dure EPP ou EPS. La répartition de la<br />
force par la coque et la déformation plastique de<br />
la coque intérieure en mousse dure permet<br />
d’absorber l’énergie du choc. Prudence : après<br />
un impact, ces casques peuvent paraître totalement<br />
indemnes, mais la mousse intérieure peut<br />
avoir été endommagée par l’énergie du choc. Un<br />
contrôle soigneux est indispensable après tout<br />
choc. Passionnant : depuis 2018, Mammut a<br />
équipé son casque Wall Rider de la technologie<br />
MIPS permettant une meilleure protection de la<br />
tête et surtout du cerveau en cas de choc latéral.<br />
légers<br />
Grym Evo Jacket<br />
Conçue pour l’état sauvage, la nouvelle veste Grym<br />
Evo est votre partenaire idéal pour toutes vos<br />
prochaines excursions de trekking. Cette veste de type<br />
shell, dotée de à 3 couches, durable et hautement<br />
fonctionnelle, est fabriquée à partir de matériaux<br />
soigneusement sélectionnés et durables. Equipée de la<br />
technologie PROOF ECO de Haglöfs en polyamide<br />
recyclé avec ripstop, la veste convainc par sa résistance<br />
aux intempéries et sa durabilité exceptionnelles – de<br />
plus, elle est traitée au DWR sans fluorocarbone.<br />
Pour cette nouvelle veste, nous avons travaillé avec<br />
des coutures plates soudées par ultrasons pour une<br />
protection optimale et un confort absolu.<br />
Our most sustainable<br />
waterproof technology<br />
les endommagement de l’intérieur<br />
ne sont pas faciles à détecter<br />
<strong>2.</strong> Contrôle visuel et de fonctionnement<br />
Inspection minutieuse du casque. Les boucles<br />
doivent s’ouvrir et se fermer, les sangles doivent<br />
pouvoir être ajustées et ne pas s’ouvrir toutes<br />
seules. Les fixations des sangles ne doivent pas<br />
être endommagées et les sangles ne doivent<br />
présenter aucune trace de dommage ou de coupure.<br />
La coque extérieure doit être contrôlée de<br />
l’extérieur et de l’intérieur : repérer les rayures,<br />
déformations, points d’impacts, fissures, brûlures<br />
et usures. La coque intérieure ou l’insert en<br />
mousse dure doivent être exempts de fissures<br />
ou de déformations. Si des décolorations en raison<br />
du rayonnement UV, de produits chimiques<br />
ou de peintures sont visibles, le casque devrait<br />
aussi être échangé. Les rembourrages sont<br />
souvent amovibles et lavables.<br />
Casques In-Mold<br />
Ces casques (p. ex. le Black Diamond Vector) sont<br />
réalisés par l’injection d’une mousse dure EPS ou<br />
EPP dans une coque (généralement en polycarbonate).<br />
La seule possibilité d’absorption des chocs de<br />
ce type de casques est une déformation plastique<br />
de la mousse. C’est un peu comme une pomme qui<br />
tombe sur le sol : la peau ne se casse pas, mais la<br />
chair du fruit s’écrase et devient brune.<br />
léger, bien ventilés<br />
parfois endommagés même après un faible impact,<br />
délicats dans le sac à dos ou dans le sac de voyage<br />
30<br />
www.haglofs.com<br />
Dalarna Sweden Est.1914
RENCONTRE AU SOMMET TAMARA LUNGER<br />
Décontractée – après les<br />
voies exigeantes sur les huit<br />
mille, Tamara Lunger l’admet<br />
: « Je n’ai plus besoin<br />
de prendre forcément le<br />
chemin le plus difficile. »<br />
GIULIANO CAMERONI<br />
« JE SUIS MES<br />
PAPILLONS »<br />
Pour l’alpiniste Tamara Lunger (33 ans), les montagnes ont été son<br />
moteur, elles l’ont guidée et sont de plus en plus un moyen de ressourcement.<br />
La Sud-Tyrolienne se livre à propos de la part d’ombre de<br />
l’alpinisme, mais aussi du côté ensoleillé de la montagne depuis un<br />
hélico, de vols en parapente et de papillons dans son ventre.<br />
INTERVIEW CHRISTIAN PENNING<br />
Tamara, ton monde, c’est la montagne.<br />
Et effectivement, enfant tu<br />
étais déjà une inconditionnelle de<br />
Heidi – comment ça se fait ?<br />
Et bien on le voit bien dans le film.<br />
Lorsque Heidi se trouve sur un sommet<br />
elle rayonne, elle est heureuse<br />
et elle rit. Par contre, en ville elle se<br />
sent écrasée. C’est pareil pour moi.<br />
Même à 33 ans ?<br />
Oui. Mais j’ai arrêté de me comparer à<br />
Heidi (rires)… car je suis convaincue que<br />
chacun est spécial et unique. Chacun<br />
doit trouver comment vivre sa vie au<br />
mieux. Et aucune idole ne peut l’y aider.<br />
Il faut d’abord apprendre à se connaître<br />
et à s’écouter. Qu’est-ce que je fais<br />
bien ? Qu’est-ce que je souhaite ? Où<br />
est-ce que je sens des papillons dans<br />
mon ventre ? Puis tout se construit…<br />
... jusqu’aux plus hauts sommets<br />
de notre planète ?<br />
Cette dernière décennie, les huit<br />
mille ont joué un rôle très important<br />
dans ma vie. Pour le public, je suis<br />
la fille des huit mille. J’entends en<br />
permanence les mêmes questions :<br />
quel sera mon prochain projet ? C’est<br />
comme si j’étais une machine qui<br />
doit produire, produire, produire et<br />
produire. Je ne souhaite en aucun<br />
cas être réduite à cela. Il existe tant<br />
d’autres choses que les montagnes<br />
qui font vibrer les papillons en moi.<br />
Lorsque je vole en hélicoptère ou que<br />
je peins, je ressens la même chose.<br />
J’essaie de réaliser tous mes désirs.<br />
Tu as obtenu ton brevet de pilote<br />
d’hélicoptère. Comment cela<br />
s’est-il passé ?<br />
L’idée m’est venue à 14 ans déjà. Mais<br />
j’étais encore très loin d’être prête<br />
à commencer la formation. En 2015,<br />
suite à de gros problèmes de genoux,<br />
mon collègue de montagne et d’expédition<br />
Simone Moro est venu me voir.<br />
À l’époque cela faisait déjà six ans<br />
PHOTO : CHRISTIAN PENNING<br />
32 INSPIRATION 02 / 2018<br />
33
GIPFELTREFFEN<br />
TAMARA LUNGER RENCONTRE AU SOMMET<br />
qu’il volait en hélico. Il m’a dit : « Je<br />
ne peux pas guérir ton genou. Mais si<br />
tu veux je peux t’apprendre à voler. »<br />
Et là, j’ai de nouveau senti les papillons.<br />
J’avais à nouveau un domaine<br />
où investir toute mon énergie, ma<br />
concentration et ma passion.<br />
À l’automne 2017, tu as beaucoup<br />
tourné en parapente dans les six<br />
mille de l’Himalaya indien. Est-ce<br />
que maintenant tu préfères voir<br />
les montagnes d’en haut ?<br />
J’ai volé en tandem avec Aaron Durogati<br />
de Meran. Aaron a été deux fois<br />
champion du monde de parapente. À<br />
ce moment-là, il était important pour<br />
moi de laisser du temps au temps,<br />
sans objectif précis. Pendant un mois,<br />
nous nous sommes tout simplement<br />
laissés porter. Une super aventure,<br />
même si c’était bien différent de mes<br />
expéditions sur les huit mille. À<br />
Tamara Lunger pendant<br />
la première hivernale<br />
du Nanga Parbat en<br />
2016, auquel elle a dû<br />
renoncer à un cheveu du<br />
sommet : « Ce jour-là n’a<br />
été que souffrances. »<br />
l’avenir j’aurai certainement d’autres<br />
opportunités de combiner l’alpinisme<br />
et le parapente. Ce trip m’a donné<br />
encore un peu plus de liberté.<br />
Quelques mois plus tôt, tu te trouvais<br />
en expédition sur un huit mille, au<br />
Kangchenjunga. Après cela tu as voulu<br />
te retirer un peu, donner une pause à<br />
ton corps. Mais tu avais aussi d’autres<br />
raisons pour laisser derrière toi les<br />
plus hauts sommets de l’Himalaya.<br />
En Inde, nous avions volé au-dessus de<br />
montagnes sauvages, de monastères,<br />
de gorges profondes, volé au côté des<br />
aigles. Ce trip m’avait démontré que<br />
les huit mille n’étaient pas le seul endroit<br />
où je pouvais trouver ma liberté,<br />
mon calme. D’autres régions à l’écart<br />
de la civilisation le pouvaient aussi.<br />
Dans mes expéditions à très haute<br />
altitude, j’ai toujours senti que quelque<br />
chose ne jouait pas, que la relation<br />
« Je recherche<br />
de plus en plus la<br />
solitude. Je me<br />
réjouis de ce que<br />
m’enseigne la<br />
montagne. »<br />
entre les montagnes et ces humains<br />
du monde entier qui s’y pressent et se<br />
bousculent était faussée. Ces géants<br />
parmi les montagnes attirent des<br />
personnes qui n’ont peut-être pas de<br />
montagnes à la maison et qui n’ont<br />
pas développé les valeurs appropriées<br />
envers elles. Pour beaucoup, le respect<br />
ne fait pas partie du vocabulaire, que<br />
ce soit envers la nature ou même<br />
envers les autres alpinistes. Camaraderie<br />
? Dans les camps d’altitude, le<br />
vol est monnaie courante : nourriture,<br />
gaz, équipement. Certains se vantent<br />
d’être légers et rapides, d’avoir renoncé<br />
à prendre une tente. En fait,<br />
ils squattent juste la tente d’un autre.<br />
Ça m’est arrivé. Puis les tensions, les<br />
querelles, la jalousie, l’envie… ! C’est<br />
très brutal ! Cela me pompe une énergie<br />
folle alors que j’en aurais tellement<br />
besoin pour la montagne.<br />
C’est aussi une sorte d’urbanisation<br />
de l’alpinisme. Le monde des villes<br />
a envahi les montagnes.<br />
Oui, avec le temps, tous nos problèmes<br />
de société ont également gagné ces<br />
lieux sacrés. J’essaie toujours de<br />
construire une relation avec la montagne.<br />
Mais lorsque je me trouve<br />
dans des situations aussi négatives,<br />
PHOTO : ARCHIVES TAMARA LUNGER<br />
PHOTO : ARCHIVES THE NORTH FACE / MATTEO ZANGA<br />
je me sens coupable d’être un être<br />
humain face à la montagne.<br />
Pourtant l’alpinisme est toujours cité<br />
comme la discipline reine de l’esprit<br />
d’équipe.<br />
Parfois il en manque cruellement.<br />
L’alpinisme à haute altitude peut aussi<br />
être une affaire brutale et égoïste.<br />
La vie des autres compte moins que<br />
le sommet. Au Kangchenjunga, le<br />
sherpa d’une autre expédition commerciale<br />
était en difficulté au camp 4.<br />
Il ne pouvait plus marcher. Lorsqu’au<br />
camp de base le sherpa chef a entendu<br />
la nouvelle, il a continué à jouer<br />
sur Facebook avec son smartphone<br />
au lieu de s’occuper des secours.<br />
Pas besoin d’être à huit mille mètres<br />
pour ressentir le stress. En mars<br />
2018, tu faisais partie de l’équipe<br />
d’athlètes internationaux qui ont participé<br />
à la grande traversée des Alpes<br />
d’est en ouest intitulée « Der lange<br />
Weg », organisée par Red Bull et qui<br />
relie Vienne à Nice : 1721 kilomètres,<br />
près de 90 000 mètres de dénivelé.<br />
Ancienne championne du monde U23<br />
de ski-alpinisme, tu devais être dans<br />
ton élément…<br />
En fait cette traversée a été pour<br />
moi la pire expérience de ma vie.<br />
J’avais des cauchemars et du stress<br />
24 heures sur 24. Pendant dix jours<br />
j’ai dû me battre contre une tendinite.<br />
Puis au bout de trois semaines<br />
j’ai abandonné. Mais dans le fond, le<br />
problème n’était pas là. Chaque jour il<br />
y avait une dispute sur jusqu’où aller.<br />
Certains voulaient faire 70 kilomètres,<br />
d’autres 45 ou 50. Sur les 21 jours,<br />
nous avons navigué uniquement au<br />
GPS pendant 16 ou 17 jours tellement<br />
la météo était mauvaise. Brouillard à<br />
gauche, à droite, devant, derrière,<br />
nous n’avons rien vu des Alpes. Souvent<br />
je me demandais ce que je faisais<br />
là. Ma manière de vivre et de découvrir<br />
la montagne est bien différente.<br />
Que recherches-tu en montagne ?<br />
De plus en plus je recherche la solitude.<br />
De plus en plus je souhaite avoir du<br />
temps pour moi. J’ai envie d’apprendre<br />
à mieux me connaître, à mieux me<br />
comprendre, à mieux m’intégrer à la nature.<br />
Je médite et j’essaie de me relier<br />
à l’énergie de la montagne. Qu’est-ce<br />
que je dois faire, qu’est-ce que je peux<br />
faire ? La situation est-elle favorable ou<br />
défavorable ? Malgré toute la fascination<br />
que j’éprouve pour la solitude, j’aime<br />
aussi beaucoup évoluer en équipe. Mais<br />
ça doit être une équipe que j’ai choisie<br />
et avec laquelle je me sens super bien.<br />
Glacial – lors de sa première<br />
expédition au Goa Pobeda en<br />
Sibérie, les températures ont<br />
atteint moins 70 degrés. À la fin,<br />
il ne faisait « que » moins 50.<br />
34 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
35
RENCONTRE AU SOMMET TAMARA LUNGER<br />
Dans les vidéos des expéditions avec<br />
Simone Moro (51 ans) vous avez l’air<br />
de former une chouette équipe.<br />
(Rires). Au début, pas vraiment.<br />
En 2009, il m’a emmenée pour ma<br />
première expédition d’altitude au<br />
Island Peak. Il était comme un père.<br />
Il me disait : « Tamara, tu dois faire<br />
ci, tu dois faire ça... » Il voulait faire<br />
de moi un deuxième Simone. Lors<br />
de notre tentative hivernale au Manaslu<br />
en 2015, il a énormément<br />
neigé. <strong>No</strong>us avons donc eu le temps<br />
de parler : de nos valeurs, de nos<br />
vies, de la manière dont les gens fonctionnent<br />
en montagne. <strong>No</strong>us nous<br />
sommes rendu compte que nous<br />
allions parfaitement ensemble. On<br />
ne peut pas dire que l’expédition<br />
ait été une réussite. Mais pour moi<br />
c’était quand même un succès :<br />
nous avons vraiment eu l’occasion<br />
d’apprendre à nous connaître.<br />
Ton expédition actuelle s’appelle<br />
la santé. Ça ne semble pas aussi<br />
excitant qu’un huit mille.<br />
Pour moi c’est aussi un nouveau chemin<br />
passionnant. Depuis ma jeunesse<br />
à l’école de sport, j’ai beaucoup<br />
sollicité mon corps. Mon corps était<br />
devenu l’esclave de mon mental fort,<br />
de ma tête, qui ne voulaient pas lui<br />
accorder le moindre repos. J’étais<br />
totalement dépendante. J’ai pourtant<br />
étudié le sport et je sais qu’on doit<br />
faire des pauses. Mais je ne m’y suis<br />
jamais conformée. C’est complètement<br />
fou ! Mes genoux, tout mon<br />
corps a souffert. Les douleurs étaient<br />
de plus en plus fréquentes et fortes.<br />
Mais je ne voulais rien voir – jusqu’à<br />
l’été passé où un ami proche m’a<br />
envoyée faire des contrôles poussés<br />
en médecine sportive.<br />
Le résultat ?<br />
Les médecins me l’on dit tout de suite :<br />
« non, pas d’expédition pour toi cet<br />
hiver. » Ma première réaction a été<br />
« Aha, c’est ce que nous verrons ! »<br />
Mais après quelques heures de réflexion<br />
je me suis dit : j’ai deux possibilités<br />
! Soit je me détruis, soit pour<br />
la première fois de ma vie je suis assez<br />
intelligente pour placer ma santé<br />
au premier plan. C’est ce que j’ai fait.<br />
Et ça a été un des sentiments de joie<br />
les plus intenses que j’aie vécu.<br />
C’était vraiment une décision<br />
spontanée ? Ou est-ce qu’elle<br />
a d’abord dû mûrir ?<br />
À vrai dire, les réflexions ont commencé<br />
en 2016 lorsque j’ai dû rebrousser<br />
chemin au Nanga Parbat environ 70<br />
mètres sous le sommet. Je m’étais<br />
sentie bien lors de la montée au dernier<br />
camp. Mais le jour du sommet<br />
ça n’a été que souffrances. Je vomissais<br />
sans arrêt. Un peu avant le sommet,<br />
c’était comme si j’avais reçu un SMS<br />
virtuel qui disait : « Si tu continues,<br />
tu ne verras plus jamais ta famille ».<br />
Même si j’ai souvent de la difficulté<br />
à prendre des décisions, à ce momentlà<br />
c’était clair : Tu dois descendre !<br />
Rentrer !<br />
« Au final, j’ai eu une chance infinie.<br />
» Alex Txikon, Tamara Lunger,<br />
Simone Moro et Ali Sadpara (de g. à<br />
d.) en février 2016 au Nanga Parbat.<br />
PLUS QU’UNE<br />
COUREUSE<br />
DE HUIT MILLE<br />
Tamara Lunger compte parmi<br />
les plus brillantes alpinistes<br />
au monde. Elle s’est vouée à la<br />
compétition depuis sa jeunesse.<br />
En 2008, elle décroche le titre de<br />
championne du monde de ski-alpinisme<br />
en catégorie U23. Entre<br />
2010 et 2017 elle entreprend au<br />
minimum une ascension de huit<br />
mille par année. Son plus grand<br />
succès : le K2 sans oxygène.<br />
En savoir plus sur ses expéditions :<br />
www.tamaralunger.com<br />
Lectures :<br />
Tamara Lunger, Mon bonheur<br />
à la frontière avec la mort (en<br />
allemand ou en italien).<br />
Vidéo :<br />
en parapente dans l’Himalaya avec<br />
Aaron Durogati et Tamara Lunger,<br />
https://youtu.be/iByBNlojrQk<br />
PHOTO : ARCHIVES TAMARA LUNGER<br />
PHOTO : CHRISTIAN PENNING<br />
Malgré tout il s’en est fallu de peu<br />
que tu ne rentres pas.<br />
Lors du saut d’une crevasse, j’ai<br />
trébuché et j’ai chuté. J’ai eu une<br />
chance folle. Après 200 mètres de<br />
chute, tout s’est arrêté. Un poil de<br />
plus et j’aurais probablement fait<br />
une chute de 3000 mètres.<br />
Est-ce que de telles expériences<br />
rendent plus humble envers les<br />
projets difficiles en montagne ?<br />
La nature est une force immense. Il<br />
faut y être connecté et ne pas lutter<br />
contre elle. C’est ce que j’essaie<br />
maintenant. Je ne dois plus forcément<br />
choisir le chemin le plus difficile,<br />
comme je l’ai fait toute ma vie jusqu’à<br />
présent. Au début cette constatation<br />
m’a presque effrayée. Mais maintenant<br />
je suis convaincue à 100 pour<br />
cent : lorsque je serai de retour de<br />
mon expédition santé je repartirai en<br />
vie, mais de manière différente. Je<br />
ne suis plus sur un trip d’égo, mais<br />
sur un trip de l’esprit. Je suis mes<br />
papillons. Quand ils sont là je sais que<br />
je suis sur le bon chemin.<br />
L’inconnu ne lui fait pas peur : les<br />
expéditions de Tamara Lunger ont<br />
renforcé sa confiance en la vie.<br />
« Les expériences en montagne avec mes parents et mes frères, avec<br />
ma femme et nos enfants sont aussi précieuses pour moi que les<br />
activités sur les montagnes du monde entier comme Fitz Roy. Pour<br />
moi, Deuter est une marque qui a une histoire - et de l’avenir! »<br />
MICHI BÜCKERS AVEC LE NOUVEAU TRAIL 30<br />
36
PLAISIR DIVIN DU VIN À LA MONTAGNE<br />
«LA LISTE»<br />
12 SECRETS POUR ŒNOPHILES EN QUÊTE DE HAUTEURS<br />
Plaisir et tradition réunis :<br />
le vin et les montagnes<br />
ont une longue histoire<br />
commune - il n’y a que le<br />
décor qui évolue.<br />
TEXTE THORSTEN KALETSCH<br />
De l’alcool en montagne ? Pas vraiment<br />
recommandé. Mais après<br />
la course, pourquoi ne pas déguster<br />
un verre de vin ? Trouve-t-on aussi<br />
des vins de qualité, là-haut, sur la<br />
montagne ? <strong>Inspiration</strong> vous présente<br />
douze sublimes cartes des<br />
vins à plus de 2000 mètres.<br />
L<br />
e vin du sommet : de nos jours, quelques gorgées<br />
au sommet pour fêter une ascension réussie ne<br />
manqueront pas de provoquer chez les autres alpinistes<br />
quelques mouvements de tête désapprobateurs.<br />
Mais au temps de la conquête des Alpes, c’était monnaie<br />
courante. Au 19 e siècle, les riches Anglais prenaient la<br />
pose au sommet avec un verre de vin à la main, et laissaient<br />
une bouteille vide, témoin de leur ascension. De<br />
nos jours, les alpinistes ambitieux savent bien qu’il faut<br />
renoncer à l’alcool pendant la course. L’alcool réduit les<br />
performances, mais aussi l’attention. En montagne, les<br />
conséquences peuvent être fatales.<br />
BONNE CAVE, SÉLECTION EXCLUSIVE<br />
Douche chaude, chambres doubles, WLAN : le confort des<br />
alpinistes et des randonneurs dans de nombreuses cabanes<br />
du CAS a bien changé ces dernières années. Mais<br />
existe-t-il des cabanes qui proposent une carte des vins<br />
digne de ce nom ? Effectivement ! Prenons l’exemple de<br />
la Silvrettahütte située à 2341 mètres, un peu sous le Silvrettagletscher,<br />
à l’E de Klosters. En trois années, le gardien<br />
Marco Brot a constitué avec beaucoup de passion<br />
une carte comprenant plus de 20 vins. « La vie est trop<br />
courte pour boire du mauvais vin », tel est son crédo.<br />
« Bien entendu, nous avons beaucoup de vins abordables<br />
qui coûtent autour de 25 francs. Mais il y a toujours<br />
quelques hôtes qui souhaitent découvrir quelque chose<br />
de plus exclusif. » Ce qui a poussé le gardien à se<br />
donner autant de peine ? Brot considère le vin comme un<br />
domaine passionnant et a la chance de disposer d’une<br />
bonne cave à la cabane.<br />
La Chamanna Coaz, dans le groupe de la Bernina regorge<br />
aussi de gouttes exquises. « Certaines personnes s’indignent<br />
de trouver des vins à plus de 40 francs dans une<br />
cabane du CAS, mais il y en a d’autres qui apprécient et<br />
commandent volontiers des vins particuliers, explique la<br />
gardienne Ursula Schranz. <strong>No</strong>us souhaitons contenter les<br />
uns et les autres ». Bien qu’il ne soit pas évident de transporter<br />
du vin dans les cabanes de montagne, de nombreuses<br />
autres cabanes du CAS ont également suivi cette<br />
voie. Et il y aura toujours des visiteurs qui apprécient<br />
d’accompagner leur repas de quelques grands crus !<br />
PHOTO À GAUCHE : UNSPLASHED, À DROITE : CHAMANNA COAZ<br />
À LA QUÊTE DU GOÛT<br />
Mais à la fin de la course, rien ne parle contre le plaisir<br />
de passer un bon moment entre amis et de déguster un<br />
bon vin dans une cabane ou dans une buvette d’alpage.<br />
Mais quelles sont les cabanes ou restaurants d’altitude<br />
qui soignent particulièrement leur carte des vins malgré<br />
l’altitude ? <strong>Inspiration</strong> s’est mis en route à la recherche<br />
des douze meilleures cartes des vins à plus de 2000<br />
mètres. Néanmoins, se mettre en route à la recherche<br />
du bon goût est une opération aussi exigeante que compliquée<br />
– et l’expression « avoir l’embarras du choix »<br />
prend ici tout son sens. Ainsi, la liste des Top-12 présentée<br />
ici est bien entendu une sélection subjective. <strong>No</strong>us<br />
présentons des exemples parmi trois catégories : excursions<br />
classiques (restaurants ou cabanes accessibles en<br />
remontées mécaniques ou par les pistes), restaurants<br />
sur les cols et naturellement les cabanes de montagne.<br />
Arrivés à la Chamanna Coaz tout au<br />
fond du Val Roseg, au cœur du massif de la<br />
Bernina, la récompense est exquise.<br />
38 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
39
PLAISIR DIVIN<br />
DU VIN À LA MONTAGNE<br />
CABANES DE MONTAGNE<br />
1. Silvrettahütte CAS (2341 m)<br />
Le gardien Marco Brot et son équipe<br />
sont réputés pour leurs plats régionaux<br />
au feu de bois ainsi que leur pain maison.<br />
Leur menu à 5 plats et leurs vins<br />
d’accompagnement sont légendaires.<br />
La mention « il n’existe aucune autre<br />
cabane CAS avec une culture du vin<br />
comparable » de leur page web n’est<br />
pas usurpée. La carte des vins propose<br />
plus de 20 positions, surtout des vins<br />
d’Autriche ou d’Italie, généralement<br />
entre 25 et 50 francs. Plusieurs trouvailles<br />
également comme un Jeninser<br />
Blauburgunder de Gianbattista von<br />
Tscharner ou les vins de Maurice Gay.<br />
<strong>2.</strong> Chamanna Coaz CAS (2600 m)<br />
Dans cette cabane qui domine le Lej da<br />
Vadret dans le Val Roseg, les repas ne<br />
sont pas pris à la légère par les gardiens<br />
Ursula et Ruedi Schranz ainsi que<br />
leur assistante Priscilla Nussbaumer.<br />
La cuisine se fait autant que possible au<br />
feu de bois et leurs spécialités sont célèbres<br />
: soupe d’orge des Grisons,<br />
pizzocheri, crème en neige ou un schnaps<br />
maison. La carte des vins a également<br />
été soignée avec deux blancs<br />
et trois rouges, dont des spécialités locales<br />
ou une syrah valaisanne de<br />
Jean-René Germanier<br />
COLS<br />
3. Hôtel Alpin Grimsel Hospiz (1969 m)<br />
S’il manque 30 mètres à cet hôtel<br />
quatre étoiles soigneusement rénové<br />
pour atteindre les 2000 mètres, le niveau<br />
des quelque 300 vins que compte<br />
sa cave en pierre n’est pas en reste.<br />
L’assortiment est absolument inédit<br />
pour cette altitude : des vins ouverts<br />
hors du commun et de nombreuses<br />
trouvailles, comme un riesling vendanges<br />
tardives de Gantenbein, d’excellents<br />
vins suisses complétés par de<br />
magnifiques bordeaux, bourgognes et<br />
Dégustation d’un<br />
bon verre de rouge<br />
à la Diavolezza, à<br />
presque 3000 mètres<br />
d’altitude.<br />
crus italiens, sans oublier quelques<br />
raretés des années 70 et 80.<br />
3. Restaurant Vecchia Sosta,<br />
col du Gothard (2114 m)<br />
Dans ce qui servait jadis d’écurie pour<br />
les chevaux, on sert actuellement des<br />
mets pour les connaisseurs ayant<br />
gravi l’historique route du col à pied<br />
ou en pédalant. La carte des vins répond<br />
aussi aux plus hautes exigences<br />
et contient de nombreuses trouvailles.<br />
4. Albergo della posta,<br />
col du Splügen (2113 m)<br />
L’Albergo – service soigné et carte des<br />
vins attrayante – avec, du côté italien<br />
du col, l’« Enoteca da Fausto » constitue<br />
la vinothèque la plus élevée d’Europe.<br />
L’offre en vins italiens mérite à elle<br />
seule un voyage au Passo dello Spluga !<br />
EXCURSIONS CLASSIQUES<br />
5. Restaurant panoramique<br />
Muottas Muragl (2456 m)<br />
Cette destination est connue depuis<br />
des années pour sa sélection de vins.<br />
Les amoureux de vin du monde entier<br />
se pressent sur cette montagne de<br />
Haute Engadine. Highlights : le who is<br />
who des producteurs grisons et tout<br />
ce qui fait battre le cœur des œnophiles,<br />
pétrus et pingus inclus. Le<br />
tout à des prix corrects !<br />
6. Restaurant d’altitude<br />
Diavolezza (2978 m)<br />
Dans le « Stübli » et sur la terrasse<br />
panoramique on sert de beaux vins<br />
ouverts en provenance des Grisons, du<br />
Valais ou d’Italie. On y trouve même<br />
un tignanello 2014 pour 128 francs.<br />
7. Moosalp VS (2048 m)<br />
D’excellents vins régionaux : petite<br />
arvine, heida, ermitage, resi, humagne<br />
rouge et cornalins et quelques curiosités<br />
locales comme un tempranillo<br />
ou un malbec. Ajoutons une petite sélection<br />
d’Italie, Espagne, France et<br />
Portugal, dont un amarone de Corteforte<br />
pour 89 francs. Santé !<br />
8. Wasserngrat au-dessus<br />
de Gstaad (1920 m)<br />
Cet établissement au-dessus de Gstaad<br />
n’atteint pas tout à fait les 2000 mètres,<br />
mais en raison de son exquise carte<br />
des vins, nous ferons une exception.<br />
Une excellente sélection de vins<br />
suisses additionnée de bourgognes<br />
superbes, de bordeaux et d’italiens,<br />
des riesling intéressants et des trouvailles<br />
comme un richebourg 1989<br />
de DRC ou un Vega Sicilia Unico 1990.<br />
PHOTO : SWISS-IMAGE.CH / CHRISTOF SONDEREGGER<br />
9. Restaurant d’altitude Trutz,<br />
Suvretta (2211 m) et Chasellas (1936 m)<br />
Le Trutz est un self-service sur les<br />
pistes. Ceci ne l’empêche pas de proposer<br />
des vins prometteurs de vignerons<br />
comme Fromm, Heinrich ou Antinori.<br />
L’exploitation appartient à l’hôtel 5<br />
étoiles Suvretta House à St. Moritz. Il en<br />
va de même du chasellas, qui, à<br />
presque 2000 mètres propose tout ce<br />
qui fera battre le cœur des connaisseurs<br />
– excellents bordeaux et grands<br />
vins de Toscane compris.<br />
10. Hotel Chetzeron,<br />
Crans-Montana (2112 m)<br />
Dans cet hôtel de luxe dominant Crans-<br />
Montana le plaisir joue un rôle primordial.<br />
Ceci se reflète dans la carte des<br />
vins qui comprend de nombreux crus<br />
attractifs cultivés en Valais. On trouve<br />
aussi quelques bons bordeaux, mais à<br />
des prix un peu dissuasifs.<br />
La carte des Alpes pour œnophiles<br />
Berne<br />
4 5<br />
9<br />
3<br />
11<br />
8<br />
1<br />
6<br />
7<br />
10 2<br />
40 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
41
RUBRIK UNTERRUBRIK<br />
CONTRÔLE DU PARTENAIRE TERNUA<br />
C O N T R Ô L E D U P A R T E N A I R E<br />
LE PHARE<br />
BASQUE<br />
L’entreprise basque Ternua sʼapprête à faire résonner développement<br />
durable et fonctionnalité. La formule du succès est la suivante :<br />
réfléchir à l’échelle régionale !<br />
TEXTE THOMAS EBERT<br />
T E R N U A<br />
Plastico ! Plastico ! »crie un garçon en regardant par<br />
le hublot de la « Mater ». Une douzaine de garçons<br />
et de filles de 15 ans se penche sur le bastingage<br />
du bateau et plongent leurs épuisettes dans l’Atlantique.<br />
Un peu plus tard la « prise », un morceau de polystyrène<br />
de la taille d’un pavé, est dans le filet. C’est la seule pêche<br />
notable que les élèves de San Sebastien tirent à bord de<br />
la « Mater » aujourd’hui. « <strong>No</strong>rmalement nous en pêchons<br />
plus. Le fort vent du sud des derniers jours a fait dériver<br />
les déchets sur la haute mer », pense Izaskun Suberbiola.<br />
Le président de l’association « Itsas Gela » coordonne les<br />
excursions avec la vieille péniche de pêcheur et montre<br />
aux touristes comment garder les mers propres – et aussi<br />
aux élèves pour qui ce point figure même au plan d’étude.<br />
Mais quel est le rapport entre une classe d’école qui pêche<br />
du plastique et la marque outdoor basque Ternua ? Pour voir<br />
le lien il faut prendre un peu de recul. Lorsque l’entre prise<br />
fut fondée en 1994 on se rappelait les chasseurs de baleines<br />
basques qui, au 16 e siècle, s’aventurèrent même jusqu’à<br />
Terre-Neuve – « Terranova » en espagnol, « Ternua » en<br />
basque. Imanol Muñoz, Global Marketing Director chez Ternua,<br />
affirme que Ternua n’a évidemment pas comme objectif de<br />
réintroduire la chasse à la baleine, abolie en 1900. Ce qui les<br />
inspira fut avant tout l’audace des pêcheurs pour se lancer<br />
sur de nouveaux chemins : « Les fondateurs souhaitaient<br />
créer une entreprise différente des autres. Le retour à la<br />
nature fut leur idée de base », explique Muñoz. Dès l’année de<br />
sa fondation Ternua reprit le parrainage de quatre baleines à<br />
bosse auprès de la « Whale and Dolphin Conservation ». Les<br />
quatre naviguent encore dans les mers du globe.<br />
LE CYCLE COMME RÉFÉRENCE<br />
Dans sa stratégie d’entreprise Ternua a imprimé en lettres<br />
grasses le terme « développement durable ». Et puisque<br />
les habitants très soudés du Pays Basque aiment réfléchir<br />
à l’échelle régionale, Ternua n’hésite pas à en faire une<br />
stratégie prioritaire. Trois programmes tournent en parallèle<br />
dans le but d’améliorer les conditions de production<br />
et environnementales : Redcycle, Nutcycle et Seacycle.<br />
Seacycle rejoint le projet européen « Life Lema » dont<br />
l’objectif est de pêcher 100 tonnes de déchets plastiques<br />
en trois ans dans le Golfe de Gascogne. À cet effet des pêcheurs<br />
basques arriment des filets destinés au gros plastique<br />
42 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
43
CONTRÔLE DU PARTENAIRE TERNUA<br />
Le responsable du developpement<br />
Eduardo « Edu » Uribesalgo et son<br />
ballot de laine des oveja laxta autour<br />
duquel le prochain cycle économique<br />
de Ternua devrait s’articuler.<br />
« <strong>No</strong>us voulons que les gens<br />
soient fiers de porter<br />
leurs vêtements. Pour cela<br />
nous ne voyons pas d’autre<br />
chemin que le développement<br />
durable. »<br />
EDUARDO URIBESALGO<br />
INNOVATION DIRECTOR TERNUA<br />
et aux microplastiques sur leurs barques – comme le<br />
montre également la « Mater ». Sur terre basque, ces<br />
déchets en provenance de la mer sont transformés en<br />
flocons puis ensuite en fil – avec lequel Ternua fabrique<br />
par exemple des t-shirts. Afin de maintenir ce projet,<br />
arrivant à terme en <strong>2019</strong>, Ternua a proposé à l’European<br />
Outdoor Conservation Association de le soutenir.<br />
Le programme Nutcycle est basé sur la technique de<br />
l’entreprise suisse Archroma qui produit des colorants pour<br />
textiles à partir de déchets organiques. Ces colorants basés<br />
sur des plantes nuisent moins à l’environnement et utilisent<br />
de plus moins d’eau que les teintures chimiques. Ternua<br />
trouva la matière première dans les Sidrerías bien ancrées<br />
dans la culture basque. Au printemps on y déguste non<br />
seulement des hectolitres de cidre, mais aussi 55 000 kg de<br />
noix dont les coquilles se prêtent bien à la teinture. En collaboration<br />
avec les autorités environnementales régionales de<br />
Gipuzkoa Ternua dépose des bidons dans les bars à cidre<br />
afin de récolter la matière première. « <strong>No</strong>us n’avons utilisé<br />
que 500 kg des coquilles récoltées et teinté 4 500 pièces<br />
grâce à elles », raconte Edu Uribesalgo, le « berrikuntza<br />
zuzendaria » qui est le nom basque pour responsable du<br />
développement. « <strong>No</strong>us voulons surtout montrer qu’il ne<br />
s’agit pas d’un déchet. » En plus de Ternua, Patagonia et la<br />
marque de sous-vêtements Calida s’appuient également sur<br />
les EarthColors d’Archroma. Puisqu’à l’avenir d’autres matières<br />
organiques seront utilisées pour la teinture, Ternua va<br />
rebaptiser son programme Nutcycle en Colorcycle.<br />
NON SEULEMENT DURABLE, MAIS AUSSI FONCTIONNEL<br />
C’est avec de tels projets phares que Ternua souhaite<br />
petit à petit accroître la conscience écologique. Uribesalgo<br />
souhaite entamer le prochain cycle avec de la laine. Les<br />
moutons de la race oveja laxta sont nombreux sur les prés<br />
basques. Le problème : leur laine est trop rêche. Du moins<br />
plus rêche que la laine mérinos fine et à longues fibres<br />
très tendance en ce moment. Depuis que la laine des oveja<br />
laxta n’est même plus utilisée comme matériel d’isolation<br />
des maisons, elle est devenue un déchet – ce qui dérange<br />
Uribesalgo tandis qu’il passe la main dans un ballot de<br />
laine laxta. « <strong>No</strong>us ne sommes qu’au tout début, constate<br />
Uribesalgo, il nous faut des tissus extérieurs plus solides<br />
pour que la laine ne les transperce pas. Mais l’année prochaine<br />
nous allons proposer deux vestes garnies de cette<br />
laine. » La liste des projets de développement durable chez<br />
Ternua pourrait s’étendre encore : du Redcycle, qui récolte<br />
des filets de pêche usés dans les ports basques et les met<br />
à disposition de l’entreprise Aquafil pour une réutilisation,<br />
aux duvets Neokdun en provenance de vieux oreillers et<br />
En série Ternua fait produire en Asie – la conception<br />
et le développement se font par contre toujours<br />
dans son propre atelier de couture à Arrasate.<br />
ÉTAPES<br />
1986 1994 2004 2008<br />
2015 2016 2017<br />
2018<br />
Inauguration de l’Arrasate<br />
Kirolak. Le<br />
groupe Ternua prend<br />
son origine dans ce<br />
magasin de sport.<br />
À l’occasion de la<br />
création de la marque<br />
Ternua quatre baleines<br />
sont parrainées par<br />
le programme WDC.<br />
Déménagement de<br />
la production en<br />
Asie. 40 % des tissus<br />
proviennent toujours<br />
d’Europe.<br />
<strong>No</strong>uveau centre logistique<br />
avec préparation<br />
automatique des commandes<br />
et de la place<br />
pour 4000 palettes.<br />
PHOTOS : THOMAS EBERT / ARCHIVE TERNUA<br />
Le fabricant basque<br />
de chaussettes<br />
outdoor Lorpen est<br />
racheté et intégré<br />
au Ternua Group S.L.<br />
ISPO Gold Award pour<br />
la Terranova Jacket entièrement<br />
en matériaux<br />
recyclés – du garnissage<br />
au tissu extérieur.<br />
Le pantalon Ride<br />
On en filets de pêche<br />
recyclés gagne le<br />
OutDoor Industry<br />
Gold Award.<br />
45 % des vêtements<br />
sont réalisés en matière<br />
recyclée et toutes<br />
les imprégnations sont<br />
sans PFC ni PFOA.<br />
44 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
45
PARTNERCHECK TERNUA<br />
FALKE · P.O.BOX 11 09 · D-57376 SCHMALLENBERG / GERMANY<br />
UNTERRUBRIK RUBRIK<br />
Sur le bateau-école « Mater Museoa<br />
» les élèves apprennent à<br />
pêcher des déchets plastiques<br />
sur les côtes basques. La prise<br />
est transformée en polyester.<br />
Fonctionnelle et durable : la<br />
combinaison de ski-alpinisme<br />
« Blackcomb » de Ternua remporte<br />
un prix à l’ISPO <strong>2019</strong>. Elle<br />
est également en partie composée<br />
de filets de pêche recyclés.<br />
duvets qui sont recyclés et imprégnés sans PFC avant d’être<br />
utilisés dans l’équipement d’expédition de Ternua – entre<br />
autres dans la combinaison de seulement 1300 grammes<br />
du collectionneur de 8000 Alberto Iñurrategi ; en passant<br />
par la production exempte de PFC et PFOA qui a été atteinte<br />
en 2018. Il est remarquable que malgré toute cette focalisation<br />
sur le développement durable, la fonctionnalité n’en<br />
ait pas pâti. Les collections pour les sports de montagne<br />
« ProTech » et « Adernalite » sont truffées de matériaux les<br />
plus raffinés : des laminés Gore-Tex, des tissus extérieurs<br />
en Pertex Quantum, du garnissage en Primaloft Black Eco.<br />
En outre, il ne faut pas oublier que le Ternua Group avec<br />
ses trois marques Ternua, l’entreprise Lorpen (chaussettes<br />
outdoor très techniques) rachetée en 2015 et la marque<br />
fondatrice Astore (vêtements pour le sport populaire basque<br />
– pelota), ses 175 employés et un chiffre d’affaires de 35<br />
millions d’euros ne joue pas encore dans la même ligue que<br />
d’autres grands groupes. Une production locale n’est économiquement<br />
plus défendable, « notamment depuis que le<br />
déclin de l’industrie textile en Espagne a engendré une perte<br />
de technologies qui ne permet plus d’arriver même à la<br />
cheville de l’Asie », explique Imanol Muñoz. Depuis 2004 les<br />
collections de vêtements de Ternua sont produites en Asie,<br />
Lorpen continue de fabriquer ses chaussettes à Etxalar au<br />
Pays Basque ainsi qu’au Mexique.<br />
SON PROPRE CHEMIN<br />
Ternua est maintenant présent dans 50 pays – le cœur<br />
et l’âme du Ternua Group sont profondément liés à<br />
Mondragon- Arrasate. La centrale du fabricant outdoor se<br />
COQUE<br />
DE LUXE<br />
Teindre avec des coquilles de noix – peut-être que cela vous<br />
rappelle les œufs de Pâques. Mais comment fonctionne la<br />
teinture de vêtements ? Pour le lancement de la saison le<br />
3 mai à Zurich et le 4 mai à Bâle, Ternua présente dans les<br />
magasins Bächli comment il est possible d’obtenir des couleurs<br />
à partir de déchets organiques. À cette occasion des<br />
spécialités galiciennes telles que du jambon, du fromage et<br />
du cidre seront servis – et bien sûr aussi des noix.<br />
TERNUA<br />
CHEZ BÄCHLI<br />
baechli-bergsport.ch/fr/ternua<br />
46 INSPIRATION 02 / <strong>2019</strong><br />
PHOTOS : THOMAS EBERT / ARCHIVE TERNUA<br />
trouve à mi-chemin entre Bilbao et San Sebastian<br />
au cœur des collines basques. Le cofondateur<br />
Edu Uribesalgo dont les frères et sœurs Josu,<br />
Esteban, Jose et Nerea travaillent également pour<br />
Ternua s’explique cette identité spéciale ainsi :<br />
« Ici, la plupart des entreprises sont tenues par des<br />
familles ou organisées en coopératives dont le<br />
capital est la propriété des employés. » Il n’est du<br />
coup pas étonnant qu’Uribesalgo projette d’augmenter<br />
encore la durabilité et l’indépendance<br />
technique lorsqu’on lui demande de parler d’objectifs<br />
stratégiques : « Les fournisseurs célèbres<br />
ne sont pas mauvais, mais je pense qu’on peut<br />
aussi le faire seuls », note Uribesalgo sûr de lui.<br />
Les technologies développées par l’entreprise<br />
elle-même comme les « Shellstretch ProWool »<br />
ou « Dryshell Active Flex » ne sont que les prémisses.<br />
Les termes tels que « Open Innovation »<br />
et « Co-Creation » devraient permettre de s’approcher<br />
de l’indépendance recherchée : à l’occasion<br />
du trail running event Gorbeia Suizen, Ternua<br />
a spontanément équipé tous les participants avec<br />
le prototype d’une veste et un questionnaire. Plus<br />
de 350 avis ont pu être récoltés et utilisés en<br />
production. La Dulau Jacket dispose maintenant<br />
d’autres poches et d’un matelassage du menton<br />
plus large. Connaissant les Basques il n’est pas<br />
étonnant de savoir qu’elle est issue de bouteilles<br />
PET recyclées et que du marc de café réutilisé ait<br />
permis de la rendre encore plus fonctionnelle.<br />
FALKE TK2 Melange<br />
· Bester Komfort für Wanderungen in leichtem Gelände<br />
bei jeglichen Wetterbedingungen<br />
· Merinowoll-Mix für gute Wärmeisolation<br />
· Mittlere Polsterung für angepassten Schutz und guten<br />
Schuhkontakt<br />
· Perfekte Temperatur und Feuchtigkeitstransport durch<br />
dreilagige Konstruktion<br />
· Optimale Passform durch rechte und linke Polsterung<br />
sowie Zehenbox
FINAL<br />
TEXTE RABEA ZÜHLKE,<br />
PHOTO UIAA / LEVI HARRELL<br />
Yannick Glatthard positionne son<br />
pied gauche, tend le pied droit<br />
jusqu’au volume. Il inspire, expire.<br />
Et se lance : les piolets atterrissent<br />
précisément sur la dernière prise. Et<br />
onze secondes plus vite que le Russe<br />
Nikolai Kuzovlev – c’est l’or ! La victoire<br />
à la Coupe du monde de cascade de<br />
glace à Denver fin février signifie le couronnement<br />
d’une saison extraordinaire.<br />
Grâce à sa précédente victoire au parking<br />
de Saas le grimpeur de 21 ans s’assure<br />
du coup la troisième place du classement<br />
général.<br />
« Denver fut l’apothéose de ma saison.<br />
Rien que les nombreux spectateurs –<br />
un sacré contraste avec l’alpinisme »,<br />
constate Glatthard. Cette activité est la<br />
UNE IMAGE ET<br />
SON HISTOIRE<br />
véritable passion de ce jeune habitant<br />
de Meiringen qui est en train de suivre la<br />
formation de guide de montagne. Son<br />
grand-père, Arnold Glatthard, est le fondateur<br />
de la première école d’alpinisme<br />
au monde. C’est lui qui a formé Tenzing<br />
<strong>No</strong>rgay, le premier homme à fouler le<br />
sommet de l’Everest, et en 1936 il participa<br />
au célèbre essai de sauvetage de<br />
Toni Kurz, victime d’un accident dans la<br />
face nord de l’Eiger. « L’escalade de<br />
compétition est un tremplin qui me permet<br />
de visiter de nouveaux lieux, de<br />
nouer des contacts et de rester en forme<br />
grâce à l’entraînement », explique Glatthard.<br />
Mais l’escalade de compétition ne<br />
semble pas prendre toute la place dans<br />
la vie du Suisse. Deux jours avant la<br />
coupe du monde, au lieu de s’accorder<br />
du repos, Glatthard a grimpé « Saphira »<br />
(M15-) à Denver, une des voies mixtes<br />
les plus difficiles au monde.<br />
Impressum<br />
« <strong>Inspiration</strong> », la revue des clients de<br />
Bächli Sports de Montagne SA paraît 4 x par<br />
an et est disponible gratuitement dans tous<br />
nos magasins. Tirage : 130‘000 exemplaires.<br />
Éditeur<br />
Bächli Sports de Montagne SA<br />
Gewerbestrasse 12, 8606 Nänikon<br />
Téléphone 044 826 76 76<br />
E-mail info@baechli-bergsport.ch<br />
Rédaction, layout et concept<br />
Outdoor Publishing GmbH<br />
Eichbergerstrasse 60, 9452 Hinterforst<br />
Téléphone 071 755 66 55<br />
E-mail redaktion@outdoor-publishing.com<br />
Abonnements et informations<br />
E-mail info@baechli-bergsport.ch<br />
Impression<br />
Bruhin Spühler AG, Neuhofstrasse 7, 8630 Rüti<br />
Telefon 055 251 30 30<br />
E-mail info@bruhin-spuehler.ch<br />
Copyright<br />
Toutes les contributions sont protégées par le<br />
droit d’auteur. Toute utilisation sans le consentement<br />
de l’éditeur est interdite et amendable.<br />
Ceci s’applique en particulier aux reproductions,<br />
traductions, stockage ou diffusion au moyen de<br />
systèmes électroniques et multimédia.<br />
48
Become a La Sportiva fan<br />
@lasportivatwitt<br />
Roger Schäli, grimpeur professionnel & guide de haute montagne<br />
POUR MES HAUTES COURSES, JE COMPTE SUR LES VÊTEMENTS<br />
DE LA COLLECTION SWISS ALPINETECH DE LA SPORTIVA.<br />
ALPINE GUIDE GTX<br />
JACKET<br />
ALPINE GUIDE<br />
SOFTSHELL JACKET<br />
ALPINE GUIDE<br />
SOFTSHELL PANT<br />
ACE alpine & climbing equipment AG<br />
Obere Dorfstrasse 2 | 8873 Amden<br />
info@acesport.ch | Tel. 055 611 61 61<br />
www.acesport.ch