Adventiste Magazin n°19 / Avril-Mai-Juin 2019

CommunicationsFSRT

Dossier - La dîme dans le Nouveau Testament
Témoignage - David Jennah, voyage d'une vie de service
Interview - Daniele, des bagarres au baptême
Enfants - 10 personnages bibliques ayant un frère ou une soeur célèbre
Hommages - Pierre Mermoud, Hansjörg Bauder, Sergio Catanzaro
Monde - Soeur Cristina, quand le talent musical devient une mission de foi
Carnet rose - Alicia Ribeiro Marques
Suisse - News de la FSRT
Recette - Pizza de pomme de terre

FOCUS

David Jennah

VOYAGE D’UNE VIE

DE SERVICE

De l’Île Maurice à la Suisse, du journalisme au pastorat,

du volontariat à la présidence, des succès, des remises en

question... Il partage avec nous son parcours dont nous

avons probablement fait partie, de près ou de loin.

Je suis né à l’Île Maurice, de parents

d’origine indienne, mais ça, vous auriez

pu le deviner rien qu’à ma physionomie.

Ce que vous ne savez peut-être pas c’est

comment je suis arrivé en Suisse.

Ce voyage commence à la préadolescence,

lorsque mes parents,

jusqu’alors hindouistes, découvrent le

message adventiste. Ils sont baptisés et

ont à cœur de partager la Bonne Nouvelle.

Paul était le modèle de mon père. Il avait

l’habitude de parcourir l’île à vélo ou à

motocyclette pour évangéliser, après

ses journées de travail. Ses efforts sont

fructueux, au total ce ne sont pas

moins de 200 personnes converties

par le Saint-Esprit grâce à ses sorties

missionnaires.

Bel exemple, que je suis

de loin. Je suis touché par

son dévouement et sa

foi mais mon rêve à

moi est de devenir

journaliste. Bien

plus réservé

que mon

père, je m’imagine bien mieux protégé

derrière les pages d’un journal à écrire.

Pour autant, ma foi est grandissante et à

17 ans je m‘engage à mon tour avec Jésus

et suis baptisé. Parti en Angleterre pour

faire enfin des études en journalisme, c’est

là que Dieu interrompt le cours de ma vie

pour me proposer un autre chemin, le

pastorat. On dit que Dieu frappe à la porte

de nos cœurs et c’est vrai.

Mais dans ce cas précis, Il

est carrément entré par

effraction, faisant voler

en éclat mes rêves

d’enfant.

Ainsi à 19 ans, je

prends la direction de

Collonges-sous-Salève,

en France, pour

mes études de

théologie. J’y

passe

4 ans.

Diplômé,

je suis

appelé

à Florence, en Italie, pour être professeur

volontaire pendant un an.

A la fin de cette expérience européenne,

je me dis qu’il est temps de rentrer dans

mon île natale. Alors que je fais mes

valises, je contacte le président de la FSR

à l’époque, pasteur Georges Stéveny, qui

me dit qu’il me cherchait car il voulait me

proposer de m’occuper d’une Eglise en

Suisse. Un engagement en principe de

deux ans. D’abord réticent, je réfléchis

à cette opportunité en Suisse qui peut

s’avérer riche et finis par accepter, toutefois

toujours déterminé à rentrer au pays

quelques mois plus tard. L’Île

Maurice est patiente

car les deux ans se

sont transformés

aujourd’hui en

presque 4

décennies! Voilà

comment je

suis arrivé en

Suisse, qui

est devenue

mon pays. J’y

ai construit ma

vie, ma famille,

j’y ai étudié –

notamment la

politique sociale à

Genève - et au final

y ai passé bien plus

d’années que dans mon

pays d’origine et je suis fier

d’avoir un passeport frappé de la croix

blanche.

Mon parcours pastoral commence d’abord

à Gland auprès des jeunes, puis dans l’Arc

Jurassien pour mon stage pastoral avec

le pasteur Gilbert Dewinter. Nous étions

responsables de trois Eglises : Bienne,

Delémont et Tramelan qui, à l’époque,

comptait encore une communauté. J’ai

passé de nombreuses années dans cette

région où j’ai été reçu avec beaucoup de

fraternité et de gentillesse. J’y ai travaillé

avec énormément de plaisir. Mes premiers

pas dans le ministère pastoral ont été

heureux et bénis notamment grâce à ces

communautés de l’Arc Jurassien.

Malgré tout, je fais une pause de quatre

ans pour travailler dans le social dans le

canton du Jura. Ce fut une autre belle et

riche expérience.

J’ai ensuite été affecté aux Eglises de

Clarens et de Renens dans le canton de

Vaud, pendant deux ans, pour finalement

être nommé à la Fédération.

En 2007, j’assume l’administration de

la Fédération. Ce vote de confiance

est renouvelé en 2011 et en 2015.

Cette année 2019 est synonyme de

changement autant pour moi

que pour la FSRT, car j’ai

décidé de m’investir

autrement dans la

mission. Ce sont

donc au total 12

années en tant que

président de la

FSRT, dont 6 ans

simultanés en tant

que président de

l’Union suisse. Un

chiffre conséquent,

un chiffre significatif

pour les chrétiens

et qui même pour

le monde contient

une représentation bien

particulière, celle de l’achevé, la

fin d'un cycle. Tout un symbole !

Alors j’aime regarder en arrière et me

souvenir des bons moments, le plus

beau étant d’être au service de l’Eglise,

que ce soit par téléphone ou de vive

voix lors de mes visites chaque sabbat

pour accompagner et encourager les

communautés et leurs membres. Je me

souviens en particulier de ces cérémonies

baptismales, de ces personnes qui

s’avançaient pour s’engager pour Christ.

Quelle émotion éprouvée auprès de nos

jeunes ! En fait, l’Eglise a été une véritable

matrice pour moi.

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