The Red Bulletin Mai 2019

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FRANCE

MAI 2019

HORS DU COMMUN

« Gamine, je ne

savais pas qu’une

équipe de France

de foot féminine

existait ! »

Griedge

Mbock

La passionnée

devenue Bleue

Votre magazine

offert chaque

mois avec


FRANCE

MAI 2019

HORS DU COMMUN

Votre magazine

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mois avec

JOHANN

Zarco

renverse les clichés

sur les pilotes moto


ÉDITORIAL

LA COUPE

À LA MAISON

Un an sépare la finale de la coupe du monde masculine

de celle, féminine, qui se déroulera au Groupama Stadium

de Lyon le 7 juillet. La compétition majeure organisée sur

nos terres (de Champions) révélera du très bon football,

et des joueuses d’un excellent niveau dont la plupart ne

bénéficient encore que d’une notoriété relative. Si tout

se passe bien, la solide Griedge Mbock, joueuse de Lyon

vêtue de bleu en une de ce numéro, sortira de l’anonymat

pour avoir ramené la coupe à la maison.

CONTRIBUTEURS

NOS ÉQUIPIERS

TOM WARD

Pour cet article sur la terrifiante

course des marathons de Barkley,

le journaliste anglais est allé se

perdre dans les forêts du Tennesse

(USA) pour y rencontrer son non

moins fameux créateur : une

personnalité complexe, comme

les chemins qui ont fait la

réputation de cet ultra-marathon

tortueux. « J’avais entendu pas

mal de choses à son sujet, et il ne

m’a pas déçu !, dit Ward. C’est un

type chelou et coloré. » Page 62

FELIPE BARBOSA (COUVERTURE GRIEDGE MBOCK), RUUD BAAN (COUVERTURE JOHANN ZARCO)

Deux talents français du sport. Griedge Mbock, 24 ans, et Johann Zarco,

28 ans. La joueuse s’est imposée dans l’élite mondiale du football et le

pilote roule cette saison en MotoGP sous les couleurs de KTM/Red Bull.

Notez que ce mois-ci, The Red Bulletin est décliné en

mode collector, avec une seconde couverture dédiée

à l’étonnant pilote français de MotoGP, Johann Zarco.

Tirage spécial de près de 10 000 exemplaires, notamment

distribués sur le Grand Prix moto du Mans et dans le

réseau des partenaires de Johann, l’athlète à l’envers.

Lisez plus !

Votre Rédaction

RUUD BAAN

Le photographe et vidéaste

hollandais a rejoint Paris en

voiture pour shooter le pilote

bondissant Johann Zarco

page 38. « Bosser avec Zarco

fut très cool, se souvient Ruud.

Il était relax et avait plein d’idées

pour rendre cette séance photo

encore plus forte. » Au moment

de reprendre sa bagnole pour

repartir en Hollande, Baan doit

revoir ses plans : le quartier est

envahi par les gilets jaunes…

THE RED BULLETIN 3


SOMMAIRE

mai

46

REPORTAGES

24 Au cœur du chaos

S’en rapprocher alors qu’il faudrait fuir : les

tornades et ceux qui les traquent ont inspiré

à Krystle Wright ce reportage aux États-Unis.

34 Science du rythme

Entre ses études environnementales et ses

activités de DJ et productrice, l’Anglaise

Jayda G n’a jamais su choisir. Et vibre très fort.

38 Johann Zarco

Il roule à plus de 300 et peut faire des saltos à

la demande. À part ça, Johann Zarco est un

type posé, proche des siens et de son piano.

46 Le monde est à elle

Durant la coupe du monde féminine, la

France n’aura d’yeux que pour elle et les

Bleues. On vous présente Griedge Mbock.

56 Permis de droner

Chez les gars de Droneez, à Malakoff, vous

pourrez suivre toutes les étapes qui feront de

vous un pilote de drone aguerri.

58 Boule de neige

Ex-championne de snowboard, Anne-Flore

Marxer est revenue du royaume de l’égalité

des sexes – l’Islande – avec un documentaire.

62 Lazarus Lake

« Bonne chance les nazes ! » C’est ainsi que

Lazarus Lake encourage les candidats à sa

course folle : les marathons de Barkley.

72 L’expérience GP

Apprendre les basiques de la moto de compétition

avec M. Dani Pedrosa, c’est faisable :

du 14 au 16 juin, avec Destination Red Bull.

FELIPE BARBOSA, KRYSTLE WRIGHT, GOLD & GOOSE/RED BULL CONTENT POOL

4 THE RED BULLETIN


« Soudain, des

nuages lourds

comme des

enclumes se

mettent à

déchirer le ciel. »

KRYSTLE WRIGHT

Photographe dans la tourmente

Page 24

38

24

BULLEVARD

Un mode de vie

hors du commun

7 Avec son contrôleur sur

mesure, le gamer Snake

Eyez monte en puissance

10 Spot secret : le bowl était

chez les nudistes, en fait...

12 Avec Alma, la pop finlandaise

ne se la pète jamais

14 La conquête spatiale passera-t-elle

par la vapeur ?

16 L’instagrameuse virtuelle

Lil Miquela, on like ou pas?

18 Le snowboardeur Pierre

Vaultier sur sa ligne rêvée

20 Et si, sur un trip surf, l’hôtel

se déplaçait avec vous ?

22 DJ et producteur, Swindle

orchestre son mélange

GUIDE

Voir. Avoir. Faire.

78 Voyage : alerte tectonique !

82 Agenda : restez branché

84 Neymar’s Jr Five : un tournoi

de foot à cinq qui peut

conduire au Brésil...

86 Red Bull TV : écran total

88 Fast Packing : sortez léger

96 Ours : ils et elles font

The Red Bulletin.

98 Makes you fly : c’est la tuktuk

mania au Sri Lanka

THE RED BULLETIN 5


UN STYLE DE VIE HORS DU COMMUN

BULLEVARD

RICK RODNEY

Lewis, 30 ans, et son

prototype de manette

personnalisée.

CONTRÔLER

SON FUTUR

Darryl « Snake Eyez » Lewis

veut améliorer sa performance

en esport avec une nouvelle

manette révolutionnaire.

THE RED BULLETIN 7


Asymétrique,

la manette

se laisse plus

naturellement

prendre en

main.

Perdu au bout d’une

route industrielle de

Los Angeles, le campus

IDEAS de UCLA Architecture

and Urban Design ne

paye pas de mine, vu de l’extérieur.

À l’intérieur, c’est un

paradis pour cerveaux inventifs.

Une demi-douzaine d’imprimantes

3D vrombissent en

produisant des modèles en

plastique aux formes inhabituelles

: bâtiments difformes,

chaînes à double hélice,

motifs complexes en forme

de flocons de neige. Dans

l’immense espace, un groupe

d’étudiants et de professeurs

est réuni autour d’une

immense table de conférence

pour débattre d’une conception

CAO projetée sur un

écran géant.

De l’autre côté du hangar,

un bras robotique géant tient

un projecteur qui affiche la

scène d’un jeu vidéo sur un

grand écran. Debout devant

l’écran, un homme en sweat à

capuche et pantalon de survêtement

joue à Street Fighter V

en utilisant une manette qui

ne lui est pas familière. Ce

joueur est Darryl « Snake

Eyez » Lewis, l’un des meilleurs

gamers au monde. Et

cette drôle de manette qu’il

tient ? Le résultat de plus d’un

an de collaboration avec une

équipe d’IDEAS afin d’améliorer

son prototype.

Lewis, 30 ans, a été révélé

au grand public avec une première

place au Super Street

Fighter II à l’EVO 2010. Il est

maintenant considéré comme

l’un des meilleurs joueurs de

Street Fighter V. Pourtant,

jusque-là, la manette qu’il

utilisait – celle d’une manette

XBOX 360 modifiée pour

fonctionner sur une PS4 –

l’empêchait de progresser.

Elle se cassait trop souvent (à

200 $ pièce, ça fait réfléchir)

et les boutons étaient mal placés.

Les joueurs perspicaces

pouvaient lire ses mouvements

en observant ses mains.

C’est là que le programme

IDEAS est intervenu. À l’automne

2017, Lewis s’est joint

à la professeure Marta Nowak

et à un groupe d’étudiants

dans le cadre de leur séminaire

d’études supérieures en

technologie afin d’essayer de

concevoir une meilleure

manette. La modification des

circuits internes, hautement

réglementés afin de s’assurer

qu’aucun joueur ne soit avantagé,

est interdite. Mais il est

possible de travailler sur le

design extérieur et d’aller

au-delà d’une manette

Sur le campus IDEAS de UCLA Architecture and Urban Desig, un bras

robotique tient un projecteur qui affiche des jeux vidéo pour Lewis.

8 THE RED BULLETIN


B U L L E V A R D

RICK RODNEY ADREW LEWIS

Lewis, alias Snake

Eyez, veut tester sa

nouvelle manette

dans des tournois

de combat d’élite.

LA MANETTE LUI OFFRE

DÉJÀ UNE AMÉLIORATION

DANS SA PERFORMANCE.

universelle afin de créer

quelque chose spécialement

conçu pour Lewis et le jeu de

combat dans lequel il excelle.

« Je comparerais cela à des

chaussures de sport, dit

Nowak. Vous allez au magasin

de baskets et il y a des centaines

de modèles pour des

usages différents. »

Les chercheurs ont assisté

à des tournois et observé les

joueurs d’élite. Ils ont capté

les mouvements de Lewis

pendant qu’il jouait, ont fixé

des capteurs à sa manette afin

de cartographier ses points de

contact et de pression, et l’ont

interrogé sur sa façon de jouer.

Leur premier constat fut que la

manette de Lewis était beaucoup

trop petite pour ses

mains et qu’elle faisait transpirer.

Ils ont également constaté

qu’il la tenait avec sa main

gauche et qu’il s’ajustait avec

sa main droite. Surpris, Lewis

pensait l’inverse.

Le résultat est une manette

asymétrique avec une poignée

gauche allongée pour la prise

en main et une partie plus

étroite à droite, pour les boutons.

Les crêtes inclinées le

long du côté gauche et audessus

des boutons aident

Lewis à placer ses mains sans

regarder et à dissimuler ses

doigts du regard de ses

adversaires. Les boutons sont

décentrés (et non perpendiculaires

comme sur les manettes

actuelles) pour correspondre

davantage à l’angle naturel

de la main. Les textures différentes

sur le contrôleur facilitent

le repositionnement des

mains et réduisent la transpiration

en permettant la circulation

de l’air.

Lewis, qui teste la manette

depuis quelques semaines

déjà, suggère que l’on apporte

des ajustements mineurs,

comme raboter quelques millimètres

de la manette pour la

rendre plus confortable. Mais

il voit déjà une amélioration

dans sa performance. La

réduction de transpiration

combinée au confort de la

nouvelle manette a augmenté

son endurance. Et l’ergonomie

améliorée réduit la pression

sur les boutons, ce qui

devrait se traduire par une

plus grande durabilité. Snake

Eyez pense qu’il sera capable

de jouer à un haut niveau

avec plus de consistance et

pour des périodes de temps

prolongées. « La confiance y

est pour beaucoup, dit-il. Sans

ces problèmes, je vais avoir

davantage confiance en moi. »

Il considère les perspectives

commerciales pour le

contrôleur comme une « question

très intéressante ».

L’équipe envisage d’autres

options – tant Lewis que

UCLA partageraient les bénéfices

financiers. Ils sont à la

recherche de versions de

tailles différentes afin que

tout le monde ait accès à

l’ajustement idéal. Mais Lewis

a hâte de s’engager dans des

tests « de haute intensité » en

réel. Il va d’abord utiliser la

manette lors de tournois

locaux et ne devrait pas tarder

à en faire de même dans

des tournois d’élite. « Cette

manette ne semble pas très

différente », dit Lewis pendant

que Nowak rayonne de

fierté et poursuit : « À l’intérieur,

c’est vrai. Mais l’extérieur

est complètement différent.

On a alors fait ce qu’il

aimait, mais en mieux. »

THE RED BULLETIN 9


Session

LE SKATE

MIS À NU

B U L L E V A R D

Vestige d'une ancienne colonie de

nudistes des environs de Palm

Springs en Californie, le Nude Bowl,

autrefois une piscine, est aujourd’hui

un spot de légende pour

les skateurs, qui ne se livre pas facilement.

Le photographe Dan Krauss

a dû faire des recherches approfondies

pour le localiser : « J’ai ratissé

Google Earth afin de le trouver en

me basant sur de vagues descriptions

trouvées en ligne. » Puis il a

convaincu un skateur pro de l’accompagner.

Le photographe a alors

passé une journée à shooter Ryan

Decenzo s’offrant le bowl.

Instagram : @dankrauss

DAN KRAUSS

10 THE RED BULLETIN


THE RED BULLETIN 11


B U L L E V A R D

ALMA

« EN FINLANDE,

NOUS SOMMES

NORMAUX »

La queen pop britannique

Charli XCX adore cette

artiste finlandaise très

sincère. À votre tour ?

et des pressions de la vie de

tous les jours. Sont-elles

autobiographiques ?

Complètement. Pour moi,

écrire des chansons est une

forme de thérapie ; une manière

de transformer les mauvaises

expériences en moments

glorieux où tu envoies tout balader.

J’ai aussi envie que mes

fans se sentent libérés en écoutant

mes chansons. Enfant,

j’écoutais de la musique qui me

faisait me sentir puissante.

Laquelle par exemple ?

Amy Winehouse. Elle était

honnête dans chacune de ses

chansons. Même si je n’avais

pas les mêmes problèmes

qu’elle, je ressentais sa douleur

et du coup, je me sentais

mieux, plus sûre de moi.

Avez-vous un conseil pour se

débarrasser des problèmes

qui nous pèsent ?

Noter ses pensées, ses idées

noires. Le fait de tenir un

journal, de parler à un ami,

ça permet de se rendre compte

de ce qui ne va pas. Moi, ça

m’a beaucoup aidée

A lma semblait surgir

de nulle part. En 2017, cette

auteure-compositrice-interprète

aux cheveux fluo, née

Alma-Sofia Miettinen et venue

de la petite ville finlandaise de

Kuppio, sortait Chasing Highs,

un joyau de dance époustouflant

qui la catapulte parmi les

Top 20 en Allemagne et au

Royaume-Uni. La chanson a

été visionnée plus de quarante

millions de fois sur YouTube et

a valu à Alma d’être nommée

pour le Sound of 2018 de la

BBC. Son premier album Have

You Seen Her? vient de sortir,

et l’artiste de 23 ans nous

révèle comment elle transforme

les mauvais souvenirs

en « rien à foutre ».

the red bulletin : Après

le succès de Chasing Highs,

vous être rentrée en Finlande

pour enregistrer votre premier

album. Pourquoi là-bas

plutôt qu’à Los Angeles ?

alma : Lorsque je suis à Los

Angeles, je n’ai aucun souci,

il fait beau, je suis heureuse,

et les fêtes sont super, mais

je ne me sens pas inspirée.

Les problèmes rendent-ils

créatif ?

J’écris aussi sur des sujets

drôles, mais les difficultés et

les mauvais souvenirs, les trucs

de la vraie vie, sont ce que je

trouve de plus inspirant. Ce

sont des choses que je retrouve

uniquement chez moi.

Une grande partie des chansons

de Have You Seen Her?

traite de l’acceptation de soi

« NOTER MES

PENSÉES,

MES IDÉES

NOIRES, M’A

BEAUCOUP

AIDÉE. »

Alma a dédié le titre

Karma à tous ceux

qui la persécutaient

et essayaient de la

rabaisser dans son

enfance.

En ce moment, beaucoup de

jeunes musiciennes scandinaves

rencontrent un succès

international. Pourquoi ?

Parfois j’écoute de la musique

pop américaine qui me donne

envie de danser, mais elle ne

me touche pas à un niveau

plus profond ni émotionnel.

Beaucoup de gens ont envie

d’authenticité en musique ;

le public veut des histoires

qui paraissent vraies. À cet

égard, je pense que les artistes

scandinaves sont un atout

en ce moment.

En quoi ?

Ils n’essaient pas de faire paraître

leur vie plus palpitante

qu’elle ne l’est. Nous sommes

juste très normaux et simples.

C’est très utile pour écrire des

chansons convaincantes.

Le premier album d’Alma,

Have You Seen Her?, vient de

sortir ; cyberalma.com

FLORIAN OBKIRCHER

12 THE RED BULLETIN


B U L L E V A R D

À l’ancienne

2019, L’ODYSSÉE

DE LA VAPEUR...

WINE REND LA

CONQUÊTE SPATIALE

MOINS CHRONOPHAGE.

La navigation spatiale se tourne vers

les machines à vapeur avec un engin

jamais à court de carburant. Véridique.

L’astronef prototype WINE n’est pas

plus gros qu’un four à micro-ondes.

1

L a vapeur. Si c’est elle

qui nous a propulsés dans l’ère

industrielle, les machines à

vapeur font aujourd’hui office

de pièces de musée depuis

l’apparition de l’électricité et

de carburants plus efficaces

comme le gaz naturel ou le

pétrole. Les machines à

vapeur modernes pourraient

pourtant bientôt faire sensation

dans un domaine de

pointe : la navigation interstellaire.

En coopération avec la

2

3

4

5

startup californienne Honeybee

Robotics, des chercheurs

de l’université de Floride

(États-Unis) ont conçu un

astronef à vapeur capable

d’extraire de l’eau de la surface

d’un astéroïde afin de

disposer d’une source inépuisable

de carburant pour explorer

l’espace. Portant le nom de

WINE, pour The World Is Not

Enough, l’engin de la taille

d’un four à micro- ondes a déjà

fait ses preuves sur un astéroïde

simulé et sous vide.

« WINE est parvenu à extraire

de l’eau du sol, à fabriquer de

quoi propulser la fusée et à

décoller grâce à un jet de

vapeur produit à partir de la

1. Le vaisseau atterrit

sur un astéroïde ou

tout autre corps du

système solaire.

2. Des appareils de

carottage percent des

minéraux hydratés ou

du régolithe glacé.

3. Des radiateurs

à l’intérieur de la

perceuse extraient

l’eau du régolithe.

4. La vapeur d’eau

remonte depuis la

perceuse et gèle dans

un piège à froid.

5. L’eau est chauffée

afin de créer de

la vapeur à haute

pression qui servira

de carburant.

simulation, explique Phil

Metzger, planétologue à l’UCF.

C’est fantastique. »

La navigation spatiale à

l’aide de la vapeur d’eau est

une option tout à fait sérieuse,

comme le prouvent les dernières

missions spatiales,

avortées en cours de route par

manque de carburant : la

sonde Cassini, alimentée au

plutonium pour rejoindre

Saturne, et Dawn, propulsée

aux ions pour explorer les

ceintures d’astéroïdes. « Nous

avons perdu des investissement

énormes après avoir

construit ces sondes et les

avoir envoyées vers leur

cible », regrette Metzger.

Comme l’eau existe en

abondance dans l’univers et

que « WINE est conçu pour ne

jamais manquer de carburant

», l’exploration sera moins

coûteuse. « Nous pourrions

utiliser cette technologie pour

aller explorer la Lune, Cérès,

Europe, Titan, Pluton…

partout où il y a de l’eau et où

la gravité est faible. Et comme

on n’aura plus besoin d’attendre

des années pour qu’une

nouvelle sonde fasse le chemin

depuis la Terre, cela nous

fera économiser beaucoup de

temps. »

Partiellement financé par

la NASA, WINE nécessite

encore des partenaires pour

poursuivre sa conquête

spatiale à la vapeur.

honeybeerobotics.com

HONEYBEE ROBOTICS LOU BOYD CHRISTINA LOCK

14 THE RED BULLETIN


B U L L E V A R D

76,1 k

1 776

Lil Miquela

PLUS FAUSSE

QU'UNE AUTRE ?

Les androïdes prennent la relève sur

Instagram. Rencontre avec une

« fake » vedette des réseaux sociaux.

M iquela Sousa est

l’une des influenceuses les

plus sexy d’Instagram. Le million

et demi d’abonnés de

« Lil Miquela » parcourt ses

posts afin de découvrir ses

tenues et apprendre à quelles

fêtes exclusives elle a participé.

Mais ce qui différencie

cette superstar des réseaux

de ses collègues, c’est qu’elle

n’existe pas en dehors de

ses publications.

« Je suis musicienne, j’ai

19 ans, et je suis un robot »,

écrit-elle sur son blog pour le

label streetwear haut de

gamme Opening Ceremony.

« J’ai été construite par Cain

Intelligence, une entreprise

de la Silicon Valley. »

Miquela est un avatar né de

l’infographie et de la retouche

d’image. Brud, la start-up

américaine à son origine,

travaille à « un monde plus

tolérant envers la robotique,

l’intelligence artificielle et la

culture ». Derrière le visage

souriant de Miquela se cachent

des businessmen avisés : Brud

aurait reçu 18 millions d’euros

par des investisseurs pour

soutenir leurs projets d’influenceurs

virtuels. Contrairement

aux influenceurs

humains, qui disposent d’un

réel libre arbitre, les avatars

sont entièrement contrôlés et

contrôlables, pour s’adapter

aux besoins commerciaux.

« Brud se sert de Miquela

pour vendre ses idées,

explique Christophe Brumby ,

spécialiste des stratégies

créatives. Elle s’adresse à un

réseau de personnes très

influentes à l’échelle mondiale

et hautement connectées.

Elle synthétise ce qui est dans

l’air du temps comme

personne. » L’existence fabriquée

de toutes pièces de

Miquela a trouvé sa place au

milieu du flux des images

filtrées et photoshopées d’Instagram.

« Qu’elle soit réelle ou

non, cela ne change rien. Tout

le monde l’a acceptée. »

Miquela pourrait bien

donner son propre avis d’ici

peu. « La technologie permettra

bientôt aux influenceurs

virtuels d’utiliser des données

pour produire leur propre fil

d’actualité, dit Brumbly. Ils

repousseront bientôt les

limites de ce qui les inhibe

actuellement, en utilisant des

manipulations vidéo qui les

rendront plus vivants. »

Miquela a choisi de ne pas

prendre part à la discussion.

« Ce sont sûrement des histoires

étranges de sciencefiction,

je préfère ne pas y

penser. » Finalement, est-elle

plus « fake » que certaines

« vraies » influenceuses ?

Instagram : @lilmiquela

BRUD LOU BOYD

16 THE RED BULLETIN


Pierre Vaultier

PAS L’OMBRE

D’UN DOUTE

B U L L E V A R D

Trois mètres de large, plus de 250 de

long. Une ligne et des modules sur

mesure pour Pierre Vaultier. « Je voulais

du jamais vu, dit le champion olympique

de snowboard-cross. Du flow, du fun,

pour m’exprimer techniquement. »

Une équipe de shapers menée par

Xavier Marcou a trimé deux semaines

à Serre Chevalier, chez Pierre, pour

cette ligne. « Au moment de me lancer,

j’avais plus de pression qu’aux JO »,

avouera-t-il.

L’incroyable histoire du projet

Shapes sur win.gs/Shapes

TRISTAN SHU

18 THE RED BULLETIN


THE RED BULLETIN 19


B U L L E V A R D

Trip surf

L’HÔTEL DE LA PLAGE

Trouver le meilleur spot pour surfer et dormir… Un mode de vie pour

certains. Ce camion convertible de luxe se gare devant les vagues.

Pièces communes tout équipé, cinq chambres doubles. La vue imprenable

sur la mer est dans l’offre de base. Djembé non inclus.

Lorsqu’il est immobile,

le Truck Surf

utilise un système

hydraulique pour

s’agrandir.

Q uel surfeur n’a

jamais rêvé de tout plaquer

pour vivre au gré des vagues,

avec son camion et sa planche

de surf pour tous compagnons

? Sauf que, dans la réalité,

vivre dans un camion

toute l’année n’a rien de

romantique.

Forts de leur longue expérience

de «globe- surfeurs», les

Portugais Daniela Carneiro et

Eduardo Ribeiro ont un jour

l’idée de créer leur camping-car

de luxe. En coopération

avec une entreprise spécialisée

dans la construction

de mobile homes, ils transforment

un puissant camion

Mercedes Actros en hôtel

mobile pour dix personnes.

Le Truck Surf Hotel ressemble

à un véhicule quelconque

lorsqu’il est sur la

route, mais une fois garé, son

système hydraulique secret

permet au toit du camion de

s’élargir et de faire place à

cinq chambres doubles, un

salon, une cuisine, une salle

de bain et une douche, plus

une sélection de vingt-cinq

planches et combinaisons

pour les séances de surf

spontanées.

« C’est Eduardo qui a eu

l’idée, dit Carneiro. En travaillant

dans le monde du surf, il

a vite compris le besoin qu’ont

les surfeurs de varier les lineups

et cette envie de découvrir

des plages et des cultures

nouvelles. » En parcourant les

côtes du Portugal et du Maroc,

Carneiro et Ribeiro usent de

leur expertise pour dénicher

les meilleures vagues de la

région pendant que leurs

hôtes dorment.

Chaque matin, les hôtes

trouvent un petit- déjeuner

prêt à leur réveil et, au-delà

de la terrasse du salon, une

nouvelle plage qui leur promet

une délicieuse session de surf.

Si la météo change, le camion

démarre.

Selon l’endroit et la saison,

les prix pour une semaine à

bord du camion démarrent à

600 € par personne. « Nous

sommes des moniteurs de

surf : un voyage en camion est

donc l’occasion idéale pour

perfectionner sa technique et

vivre au plus près la vraie mentalité

du surf : une vie dans la

nature, entouré de ses potes,

au gré des vagues, sans savoir

où demain nous mène… »

trucksurfhotel.com

DANIELA CARNEIRO LOU BOYD

20 THE RED BULLETIN


© Photo : Climbing Technology

Paris

48, rue des Écoles 75005

Lyon | Thonon-les-Bains | Sallanches

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B U L L E V A R D

Swindle

« LE SON

DU 2001

DE DR. DRE

EST PUR »

Sa musique éclectique

a été influencée par

cinq albums de référence

qu’il dévoile ici.

ED RUSH & OPTICAL

THE CREEPS (2000)

« Cet album génial me fait danser,

et il va aussi vous faire danser !

Avec The Creeps, la barre a été

placée très haut : c’est une

référence de qualité en matière

de drum and bass. »

Cameron Palmer,

aka Swindle, est

l’un des producteurs

les plus passionnants

et versatiles du moment au

Royaume-Uni. Il grandit

dans une famille de mélomanes

au son du jazz, du

funk et du R&B, débute le

piano à huit ans et enregistre

déjà sa musique à

quatorze ans. En janvier,

l’artiste du sud de Londres

sortait son troisième album,

No More Normal, une collaboration

d’artistes issus

d’horizons très variés – du

génial saxophoniste de jazz

Nubya Garcia aux voix soul

vintage d’Andrew Ashong,

en passant par les punchlines

du rappeur Kojey Radical

et les rythmes grime de

Ghetts. « La musique est devenue

très accessible.

Chaque été, à Londres, nous

mélangeons les genres et en

créons de nouveaux, raconte

Swindle, 31 ans. Mon rêve

est de réunir ce qu’il se fait

de mieux en jazz en ce moment,

couplé avec les meilleurs

rappeurs, poètes ou

MC’s, bref, tous ceux qui

poursuivent un but artistique.

» Swindle a rassemblé

pour vous cinq souvenirs clé

de sa formation musicale...

No More Normal, un docu à

voir sur redbull.com

DR. DRE

2001 (1999)

« Cet album a eu une influence

majeure sur mes derniers opus.

Je repense à ce que 2001 m’a fait

ressentir à sa sortie. En termes de

son, il est pur. J’adore aussi son

approche collaborative. Le travail

de Dre a généré un nouveau standard

de qualité dans le rap. »

RONI SIZE PRESENTS

THROUGH THE EYES (2000)

« J’ai été accro à cela (une compilation

drum and bass, présentée

par Roni Size, ndlr) pendant longtemps.

Ado, j’étais à fond sur la

drum’n’bass et les radios libres.

Dans mon quartier de Londres,

nos vies se résumaient à la musique,

au skate et aux graffitis. »

HERBIE HANCOCK

MR HANDS (1980)

« Les goûts de mon père ont eu

une grande influence sur moi.

Il a joué de la guitare pendant

cinquante ans. Il écoutait tous

les génies du jazz, du R&B et du

funk. J’ai hérité de sa collection

de disques. Lorsqu’on grandit

en baignant dans le bon son, on

reconnaît la qualité d’un album

à l’écoute – comme ici. Certains

de mes premiers samples proviennent

d’enregistrements

de la collection de mon père. »

QUINCY JONES

Q’S JOOK JOINT (1995)

« La liste des musiciens sur

cet album est incroyable. J’ai

grandi au son de Marcus Miller

et de George Benson. J’ai très

envie de reprendre ce concept

et de produire des albums

qui célèbrent les musiciens,

à l’image de celui-ci. »

ADAMA JALLOH LOU BOYD

22 THE RED BULLETIN


BATTLE D’IMPRO

Red Bull France SASU, RCS Paris 502 914 658

12/04 - NANTES - LE FERRAILLEUR

19/04 - MARSEILLE - L’AFFRANCHI

26/04 - PARIS - LE TRABENDO

INFOS ET BILLETTERIE SUR REDBULL.COM/DERNIERMOT


AU CŒUR DU

CHA

Du répit face

au monstre

Après avoir suivi un orage

supercellulaire à travers le

Wyoming, l’équipe de cinq

personnes profite d’une

accalmie avant de se diriger

vers le sud pour poursuivre

leur traque. « Un ciel

de ce genre signifie que

vous êtes sur le flanc sudest

de la tempête, celui où

l’on peut reconnaître des

animaux dans les nuages »,

raconte la photographe

Krystle Wright.

24


OSL’été

dernier, l’aventurière et photographe

Krystle Wright a suivi le chasseur de tempêtes

Nick Moir et son équipe dans la Tornado Alley

des Grandes Plaines (USA), à la poursuite

des éléments en furie…

Texte NORA O’DONNELL

Photos KRYSTLE WRIGHT


Tenir bon !

Nick Moir (à droite) et Keith

Ladzinski font face à des

vents de 110 km/h pendant

une tempête de sable dans

le nord du Texas. « Difficile

de garder les yeux ouverts,

j’avais l’impression qu’on

allait être emportés »,

se souvient Wright.


C« Ce bordel peut vite mal tourner. » Voilà

ce que Krystle Wright dit à ceux qui se

lancent dans la chasse aux tempêtes.

« C’est génial, mais il faut y aller avec

quelqu’un qui a de l’expérience », poursuit

la photographe australienne.

Pour elle, le prof fut Nick Moir, photographe

en chef du Sydney Morning Herald,

qui a passé sa carrière à chasser les tempêtes

et les feux de brousse partout dans

le monde. L’été dernier, avec une petite

équipe, Wright a suivi Moir dans le Midwest

américain pour tourner un court

métrage sur les conditions météorologiques

violentes tristement célèbres de

Tornado Alley. Douze jours durant, ils ont

parcouru près de 13 000 km, à enchaîner

les allers-retours entre Texas, Nouveau-Mexique,

Oklahoma, Kansas, Colorado

et Wyoming.

Les matins commençaient par un ciel

d’un bleu parfait mais au fur et à mesure

que la journée avançait, l’air se remplissait

de nuages style pop-corn. En

quelques heures, les petits nuages blancs

se transformaient en orage supercellulaire

monstrueux avec un fort courant

tourbillonnant ascendant qui peut produire

des grêlons de la taille d’une balle

de golf, des vents atteignant 100 km/h,

des éclairs intenses et des tornades d'une

effrayante intensité qui détruisent tout

sur leur passage.

Un jour, dans l’est du Colorado,

l’équipe assiste à un spectacle rare : une

double tornade. « Le ciel a littéralement

pris vie alors que des nuages noirs tourbillonnaient

dans des vortex tout autour de

nous, dit Wright. Nous faisions des allersretours

sur de longues routes de terre

rectilignes jusqu’à ce que Nick crie : “Et

merde ! Fonce, Krystle !” Mes doigts se

sont agrippés au volant pendant que nous

filions vers le sud. Deux ou trois kilomètres

devant nous, la première tornade

mésocyclonique a commencé à se former

et, à notre grande surprise, en quelques

secondes, une trombe terrestre secondaire

s’est formée juste à côté de celle-ci.

J’ai pensé que la raison l’emporterait,

mais voilà que je me dirigeais vers elles,

pour m’en rapprocher. »

Voici les photos de leur odyssée vers

les « Monstres des Grandes Plaines ».

« Nous acceptons tous le risque que

les choses puissent mal tourner.

Mère Nature règne en maîtresse. »

KEITH LADZINSKI

27


Une autre tempête de sable

au Texas, au sud d’Amarillo.

« J’avais l’impression d’être

au beau milieu de l’apocalypse

en voiture, dit Wright.

On pouvait à peine voir

15 mètres devant soi. »

« Je me suis arrêtée parce que je me sentais mal.

“I came to a stop because I didn’t feel good. A tornado was

Tout au long de leur périple,

les membres de l’équipe ont

traversé de nombreuses

villes peu peuplées. Ici, à

Texola (Oklahoma), Ralph

et son chien vaquent à leurs

occupations tandis qu’un

orage supercellulaire se

forme derrière eux.


L’orage passe au-dessus

d’un quartier désaffecté

de Texola (Oklahoma),

confèrant à l’endroit un air

de profonde désolation.

forming right in front of us, but we could barely see it.”

Une tornade se formait, qu’on devinait à peine. »

À Panhandle, Texas, Moir sort

du véhicule et part en reconnaissance.

« Les choses sont

devenues vraiment étranges

cet après-midi-là, se souvient

Wright. Nous n’avions pas

de belles images. »

29


« Soudain, des nuages lourds comme

des enclumes se mettent à déchirer

le ciel. D’où sortent-ils ? »


Et le ciel se

transforme

« Le matin, l’horizon est

bleu. On se demande vraiment

ce qu’il se passe làhaut

pour que le ciel se

transforme en un tel

monstre à la fin de la journée

», s’exclame Wright.

Au Texas, cette formation

météorologique charrie

du sable avec elle, puis

prend la forme d’une véritable

tempête de sable.

31


« Nick Moir est animé par un sentiment très fort

pour la nature. Il la documente sous toutes ses

formes. Dans la beauté ou la dévastation. »

Ligne de front

Nick Moir fait front à une

tempête de sable au Texas.

« Nick a vingt ans d’expérience

dans la traque des

tempêtes alors que le reste

d’entre nous était inexpérimenté,

explique Wright. Et il

est tellement enthousiaste

qu’il est capable de transmettre

son intérêt pour les

nuages à n’importe qui. »


À vous

rendre fou

Voici l’illustration parfaite

d’un orage supercellulaire

(photographié ici dans le

nord du Texas). Au bas de

l’image, on distingue un

mur de nuages. « Je suis

presque déçue qu’une

tornade ne se soit pas

formée », ironise Wright.

La photographe se faufile

sur une propriété privée

en Oklahoma pour saisir

ces chevaux devant

une grosse tempête,

au coucher du soleil.

33


JAYDA G

La science

du rythme

Texte FLORIAN OBKIRCHER

et LOU BOYD

Jayda G enflamme les clubs autant

grâce à ses fameux sets funky que

par son enthousiasme très contagieux

aux platines. Il suffit de la

regarder bouger lorsqu’elle mixe pour

avoir envie de danser. Mais Jayda n’a

pas qu’une carrière de DJ international

en tête : elle souhaite utiliser sa

notoriété croissante pour promouvoir

le bien commun.

Née dans les montagnes canadiennes, près de Vancouver,

Jayda Guy était loin d’être la candidate attendue pour une

carrière de DJ international. Sa première passion était la biologie

marine, un choix qui l’a menée très loin des points musicaux

les plus chauds de la planète. « Je voulais faire plein de

choses sur le terrain, explique Jayda, titulaire d’un Master en

gestion des ressources et de l’environnement avec une spécialisation

en toxicologie environnementale. J’ai donc fini dans

beaucoup d’endroits isolés où les arts et la culture ne comptent

pas vraiment. Mais Dieu merci, il y avait internet. » Son autre

vie a commencé quand elle s’est mise à mixer pour le plaisir

FARAH NOSH

34 THE RED BULLETIN


« Quand vous faites

participer les gens dans

un contexte positif, ils

deviennent réceptifs. »


« Les DJ’s qui ne

bougent pas... je ne

comprends pas ! »

durant ses études et elle n’a pas cessé depuis. Après avoir

sorti son premier titre sous le nom de Jayda G en 2015, elle

a conjointement créé le label Freakout Cult, lancé le sien

(JMG Recordings) et est désormais sur le point de sortir son

premier album. Mais l’exubérante Jayda G n’a pas renié ses

préoccupations environnementales. La DJ nous raconte

comment sa musique est liée à son travail scientifique et

comment elle réunit ces deux mondes pour créer quelque

chose de nouveau.

the red bulletin : L’un de vos sets les plus vus commence

avec le son des orques. D’où est venue cette idée ?

jayda g : Ce sont des enregistrements venus d’une station

en Alaska. Je les ai découverts sur un site web qui contenait

différents sons d’orques : des clics, des sifflements, et des

trucs de ce genre.

Comment avez-vous réuni les mondes de la musique

et de la science sur votre premier album Significant

Changes, tout juste paru ?

Cet album n’est en fait qu’un long commentaire sur mes

expériences. Il y a deux titres, Orca’s Reprise et Missy

Knows What’s Up, qui sont consacrés à ma thèse universitaire.

Comme je suis dans le domaine des sciences et

que je me consacre à l’environnement et aux impacts

qu’il subit, il s’agit de promouvoir des interprétations

dans un contexte social plus large. Prenez le titre Missy

Knows What’s Up, par exemple. Il contient le sample

d’une femme qui évoque une affaire judiciaire dans

laquelle des groupes environnementaux ont poursuivi

le gouvernement canadien pour ses responsabilités

en matière de protection des espèces en péril, y compris

les orques.

RAFE SCOBEY-THAL

36 THE RED BULLETIN


La créativité et la pensée scientifique sont communément

perçues comme opposées, associées à différents hémisphères

du cerveau, mais vous semblez avoir forgé un lien

symbiotique…

Dans mon mode de vie, elles se sont complétées l’une l’autre.

Je travaillais sur mon mémoire et j’ai fini par procrastiner. Mais

je l’ai fait en faisant de la musique, ce qui me procurait l’espace

cérébral nécessaire pour retourner vers la science. C’était un

répit mental qui allait continuer à me nourrir et à me donner

de l’énergie.

Un club est un lieu d’évasion : peut-on y faire de l’activisme

écolo ?

C’est probablement l’endroit idéal car dans un club, les gens

sont censés être les plus ouverts, plus libres et plus aptes à

lâcher prise. Quand vous êtes en mesure de faire participer les

gens dans un contexte positif, ils deviennent plus réceptifs.

Vous dites que vous ne préparez jamais vos sets, vous vous

fiez à votre intuition. Est-ce que c’est pour vous remettre

en question ?

Un peu, mais c’est aussi parce que vous devez lire votre public

– c’est votre boulot de DJ – et voir quel genre d’ambiance vous

pouvez ainsi créer. Quand on arrive à faire éclore une même

énergie, un même espace collectif, c’est à ce moment-là que les

choses surviennent.

Vous êtes plutôt labo ou dancefloor ?

Pour ce qui est du travail sur le terrain, il

faut être attentif. C’est la première chose

qu’on vous enseigne en tant que biologiste

: vous devez être attentive et chercher

les choses. En tant que DJ, vous êtes

aussi attentif à votre environnement. Il y a

donc clairement un point commun. Il se

trouve que l’un s’attache aux animaux et

l’autre aux gens.

Est-il vrai que votre intérêt pour la

biologie marine vient du film Sauvez

Willy (sorti en 1993, ndlr) que vous

avez vu petite ?

Et comment que j’ai regardé Sauvez Willy !

Ce film a casté une faune charismatique

(l’orque Keiko, ndlr) et Michael Jackson

pour la BO. Que demander de plus ? J’ai

toujours été intéressée par la biologie,

la nature, mon environnement et mon

entourage, et ça m’est resté.

Il y a une vidéo YouTube d’une Boiler Room (plateforme

de « clubbing » en ligne) au Festival Dekmantel 2017,

où vous dansez comme une folle aux platines. C’est

une habitude ?

Dans une Boiler Room, vous êtes entourée par des gens,

à 360°, ils vous fournissent de l’énergie, et c’est un endroit

incroyable où il fait bon être. Je ne peux pas faire un DJ set

sans bouger. Je ne comprends pas comment les gens peuvent

faire autrement – c’est une anomalie pour moi.

C’est donc un autre type de symbiose : vous avez besoin

du public autant qu’il a besoin de vous ?

Oui, absolument.

Ainsi, nous sommes revenus à la science…

J’adore !

Le premier album de Jayda G, Significant Changes,

sort le 22 mars ; Instagram : @jaydagmusic

THE RED BULLETIN 37


« On n’est pas des

têtes brûlées »

Vitesse, mécanique et exubérance.

Un pilote de MotoGP comme Johann

Zarco doit être dans ce délire-là,

assurément ! En fait, avec ce type

simple et réfléchi, on s’est retrouvé

dans un mode Beatles, sensibilité

et Tupperware. À propos de moto,

les clichés vont vite, et Zarco les

renverse au naturel.

Texte PIERRE-HENRI CAMY

Photos RUUD BAAN

38


Rapide, mais posé : deux

titres mondiaux en Moto2

et classé 6 e en MotoGP en

2018. À 28 ans, Johann

Zarco est un as français

de la moto de vitesse.


Beaucoup de bruit,

beaucoup d’agitation.

Une tension

palpable. Des photographes

à droite et

à gauche. Un pilote

moto, la tête dans

un casque. Une

ambiance digne

d’un Grand Prix…

Sauf que nous ne sommes pas sur le

circuit du Mans, mais dans le cossu

VII e arrondissement, à deux pas des

Invalides. Le quartier vient d’être envahi

par les gilets jaunes. Bienvenue à Paris

un samedi !

Le pilote moto est bien un pro, l’un des

meilleurs au monde, le Français Johann

Zarco, mais l’engin qu’il enfourche aujourd’hui

n’est pas sa KTM-RC 16 capable

d’aller à plus de 300 km/h. Aujourd’hui,

Zarco se fait transporter en moto-taxi. Le

casque, par contre, c’est le sien : un Shark

flanqué de sa déco soleil levant, du blason

KTM et du taureau rouge. Un gilet

jaune, interloqué, se retourne. Que fait ici

ce type avec son casque de compétition ?

Ce jour, comme en course, Johann est

pressé. Il doit filer. Et pas question d’être

bloqué par des manifestants ou des

déploiements policiers. Entre un rendezvous

à l’Agence France Presse dans le secteur

de la Bourse et une interview chez

Canal+ à Boulogne, il a tout juste deux

heures à nous consacrer pour une séance

photo. Sur une idée un peu folle, on lui

avait proposé de nous rejoindre en studio

« entre les deux » pour reproduire son

« signature move », le fameux salto arrière

qu’il se plaît à balancer quand il remporte

un Grand Prix. L’idée folle, Zarco l’avait

adorée, et c’est une dizaine de saltos qu’il

exécutera soigneusement pour nous, avec

une aisance bluffante, totalement emballé

par le concept – et pas du tout soucieux

de se blesser.

Zarco, sixième pilote mondial en

MotoGP l’an dernier, n’est pas un type

conventionnel. Pas vraiment le cliché du

motard pro auquel on pourrait s’attendre :

un mec bargeot, surexcité, qui n’a que le

deux roues à la bouche, et la perf’ la perf’

la perf’ ! Rien de tout cela. En le rejoignant

chez lui en Avignon quelques jours

après le shooting, dans une demeure au

bel environnement, mais très simple en

décoration, pas du tout bling-bling, on

en est convaincu : Zarco est un champion

accessible qui s’épanouit au-delà du

guidon. Un type unique, surtout.

the red bulletin : Johann, posés sur

un banc, au soleil, sur votre terrasse,

on en oublierait presque que l’on

s’adresse à un champion de moto

de vitesse… Vous roulez à combien,

au fait, sur votre moto ?

johann zarco : Mon record personnel

est de 346 km/h...

Très rares sont les hommes qui

atteignent ces vitesses sur une moto !

On s’y habitue… (rires)

Quand on s’apprête à rencontrer un

pilote pro, on s’attend à tomber sur un

mec en train de bricoler dans un garage

rempli de bécanes et de trophées, un

gars au taquet, à fond de performance,

hyper exubérant… À votre contact,

en découvrant votre environnement,

on se dit que c’est le contraire.

Ce n’est pas mon cas, il y en a certains

oui, mais pas moi...

Quand on vous a proposé de faire des

saltos arrière pour les photos, on

pensait que vous refuseriez, que vous

n’alliez pas risquer de vous blesser à

l’approche d’une saison sous vos nouvelles

couleurs de KTM/Red Bull…

Premièrement, le salto, c’est quelque chose

que j’aime faire, et que je sens que je gère,

à plusieurs hauteurs différentes, donc j’ai

vraiment plaisir à le faire. Ça garde un

côté show. On m’a souvent demandé si je

n’avais pas peur de me faire mal quand je

le fais à la fin des courses, sur le bord du

circuit. Quand je gagne une course et que

je peux réaliser ce salto, je viens de courir

à plus de 300 km/h, alors ce n’est pas le

salto qui est dangereux. Ce qui est dangereux,

c’est de courir à plus de 300 sur un

circuit ! Je n’aime pas être dans une mentalité

où il faut se bloquer pour tout, parce

que, du coup, on n’ose plus rien faire.

Vous pensez à votre sport ?

Non, je ne pense pas qu’au sport…

« Un salto n’est pas

dangereux. Ce qui

est dangereux, c’est

de courir à plus de

300 sur un circuit ! »

GOLD & GOOSE/RED BULL CONTENT POOL

40 THE RED BULLETIN


Le feu de l’action : Zarco

en tests d’avant-saison

à Doha, au Qatar. Des

heures de préparation et

d’ajustements pour

rendre la moto « facile ».

THE RED BULLETIN 41


(Il réflechit un instant.) Si tu veux grandir

dans la vie il faut assumer plus de responsabilités,

mais il faudrait le faire en s’assurant

de tout. Alors on n’ose plus rien faire,

parce que ça coûte cher, ou par peur de

tout perdre. Et si ceci ou cela arrivait !?…

Il y a une pub, où ils disent : «Je te donne

mon cheesecake, mais à condition de… »

Aujourd’hui, tu ne fais plus rien sans

« conditions », ça bloque beaucoup le naturel

de l’humain, je trouve.

Vous êtes un homme d’instinct ?

Quand tu penses « à faire », c’est déjà trop

tard. Ça, je l’ai bien appris dans mon

métier. Il faut être dans l’action, agir…

Au moment où je roule, si je veux dépasser

quelqu’un, il ne faut pas que je pense

à le dépasser, il faut que je le dépasse. Si

je pense à dépasser un pilote, il y a une

fraction de seconde que je vais rater, où

je peux tomber, ou bien le percuter. Il

vaut mieux agir, quitte à mal agir, mais

alors on assume, et on apprend. Il faut

être dans le vécu, après toute une analyse,

une anticipation en amont, bien sûr.

Mais une fois dans l’action, il n’y a plus

le temps pour penser.

Vous êtes dans la même dynamique

en dehors des circuits ?

Quand j’essaie d’appliquer cette philosophie

de course, de compétition moto à ma

vie de tous les jours, c’est là que l’expression

« vivre l’instant présent » ressort.

C’est plus facile à dire qu’à faire, mais

quand on arrive à se l’appliquer, c’est

Le meilleur moto-taxi

de Paris, Jean-Luc, et

un boss du MotoGP.

franchement appréciable. Et il faut avoir

confiance en son corps. Le corps est une

machine incroyable, le cerveau est une

machine incroyable, et si on les laisse

faire à l’énergie primaire, eh bien… (Il

marque une pause.) Pourquoi un enfant

apprend si vite de zéro à douze ans ?

Parce qu’il n’est pas encore trop contraint

de penser. Quand il devient ado, il commence

à réfléchir à tout. Finalement je

trouve que l’on grandit beaucoup plus de

zéro à quinze ans que de quinze à trente.

À 28 ans, pour être encore meilleur,

vous devez réfléchir et anticiper lors

de vos préparations et réglages

d’avant-saison. Quelle place ce processus

prend-il par rapport à l’instant

plaisir et instinctif de la course que

vous appréciez tant ?

« Si je veux

dépasser

quelqu’un, il

ne faut pas

que je pense

à le dépasser,

il faut que

je le dépasse. »

Tout ce moment de développement que

je traverse actuellement doit mener à

quelque chose, à un idéal : une moto

performante, une moto qui peut gagner.

Et un pilote qui doit tout faire pour gagner.

Alors, on pourra profiter d’un bon

résultat. Ce n’est pas que le résultat ou

la performance qui sont beaux, c’est aussi

le chemin qui amène à ce résultat. Je me

suis bien mis ça en tête pour développer

la moto. Oui, trop réfléchir à tout peut

bloquer, comme je le disais précédemment,

mais ce travail, je suis obligé d’y

passer pour mener la moto à ce niveau-là.

Maintenant, est-ce qu’il faut le prendre

comme un poids ? 80 % de poids pour

20 % de bonheur ? Non. Cela fait partie

du bonheur associable au bon résultat.

Quand nous sommes arrivés chez vous,

vous parliez de « rendre la moto facile ».

Qu’est-ce que cela veut dire ?

C’est pouvoir, par toute l’anticipation, le

travail en amont et l’expérience de pilotage

faire le bon geste au bon moment.

La moto fera alors tout ce que tu veux.

Ce n’est pas encore le cas actuellement,

et c’est pour cela que l’on travaille avec

l’équipe KTM pour que ça le devienne. Il

y a aussi un aspect où l’on doit éduquer

le pilote pour qu’il fasse les bons gestes.

Je suis actuellement obligé de faire un

gros travail technique qui m’empêche de

retourner dans ma zone primaire et de

laisser mon cerveau agir naturellement.

Mais c’est conscient, c’est voulu, pour

produire un travail très carré justement.

Quand pourrez-vous repasser en mode

primaire, plus instinctif ?

Au moment où je saurai me rendre

compte que nous sommes suffisamment

bons pour « oublier » tout ce qui a été dit

et mis en place auparavant. Là, on pourra

passer dans la voie primaire. Que de

l’instinct.

Travailler avec une nouvelle équipe

vous oblige-t-il à fournir certains

efforts ? Faut-il se remettre en question

?

Avec cette équipe, je me rends compte de

quelque chose : je suis quelqu’un de très

sensible. Être sensible, ça a des avantages

et des désavantages dans un travail en

équipe. Quand il s’agit de dégrossir beaucoup

de choses avec l’équipe, de donner

beaucoup de feedback, cela peut me

bloquer. Mais une fois qu’on sera dans la

bonne zone de performance, ma sensibilité

42 THE RED BULLETIN


« En musique

comme en

moto, il faut

être capable

de changer

son naturel. »

va me permettre d’aller chercher des

détails. Il faut que mes équipiers sachent

bien l’interpréter pour ne pas que l’on se

retrouve coincés dans une certaine zone,

une zone de « trop » pour ma sensibilité.

Il faudra alors réussir à trouver une autre

zone, pour exploiter le potentiel Zarco.

Le salto, une signature

pour Zarco : il le réserve

à ses victoires, mais ce

jour-là, en studio, pour

The Red Bulletin, le pilote

en réalisera une dizaine.

Un pilote de MotoGP qui nous parle

de sa sensibilité, c’est surprenant...

On est à plus de 300 mais on n’est pas des

têtes brûlées. Les têtes brûlées ne durent

pas longtemps...

En existe-t-il encore dans le MotoGP ?

Ils n’atteignent pas ce niveau-là. Ils se

sont fait sortir avant, ou ils n’ont pas été

champions. Tu peux encore en trouver en

Moto2, mais il y a une limite à ça parce

que la grande vitesse, c’est du grand

contrôle. Si tu vas à plus de 300 et que

tu freines à 150 mètres, si tu ne sais pas

faire, tu ne le feras qu’une fois...

Lors d’une interview où vous étiez

questionné sur vos idoles, vous avez

cité Valentino Rossi, et vous avez

immédiatement embrayé sur Paul

McCartney, des Beatles. Cet artiste

vous inspire-t-il au point de le citer

au même niveau que Rossi ?

Tu sens qu’il est vraiment connecté à l’état

primaire, au ressenti. C’est quelqu’un de

posé, de réfléchi. On parle d’un grand

musicien et la musique, c’est aussi des

mathématiques, de la réflexion, apprendre

des choses, mais en plus de l’apprentissage,

laisser faire ses sensations,

son instinct. Il a vécu une époque de folie

avec les Beatles, cet état d’instinct, peace

and love, ce mode : « On aura peut-être

une nouvelle guerre dans cinq ans alors

prenons ce qui est à prendre maintenant.

» Il garde encore cet état d’esprit

maintenant, sans faire n’importe quoi.

Il n’a jamais eu une image de mec qui est

THE RED BULLETIN 43


« Faire du copiercoller

de ce que

je sais déjà faire

ne m’amènera pas

à la victoire. »

parti en live. Ça veut dire qu’il était

conscient de tout ce qu’il vivait, et il a fait

en sorte que cela dure.

Y a-t-il des chanteurs plus actuels que

vous suivez ?

L’artiste que j’aime écouter en ce moment,

c’est Orelsan. J’aime bien ses paroles et

les relations homme-femme qu’il décrit.

J’ai parfois l’impression qu’on a vécu les

mêmes choses lui et moi. J’aimerais le

rencontrer un jour pour lui demander :

« Tu l’as juste sorti parce que c’est une

analyse, ou tu l’as vraiment vécu ? »

La musique était-elle présente au

quotidien dans votre famille ?

Mon frère est fan de musique, c’est

un musicien, même s’il n’en a jamais

fait son métier. Mon père adorait la

musique, il faisait de la guitare, et

quand mon frère a grandi et s’est

mis lui aussi à la guitare, ça a agacé

mon père qui a mis son instrument

de côté. Maintenant il a atteint la

sagesse donc il a repris sa guitare,

même si son fils l’a nettement

dépassé (rires). De mon

côté j’ai pas mal baigné dans la

musique, mais ce n’était pas

cela que je voulais faire. J’ai pu

me mettre sérieusement dans la

moto, mais apprendre sérieusement

la musique ou le solfège avant de

toucher un piano, ça ressemblait trop à

l’école, et je ne voulais pas de ça. Il fallait

que « ça joue » rapidement.

Existe-t-il un lien entre votre intérêt

pour la musique et votre pilotage ?

Sur le piano, et peut-être aussi en guitare,

comme je ne sais pas lire les notes, je dois

retenir un exercice de mémoire, retenir la

position des doigts par cœur. Une fois que

c’est retenu par cœur, ce n’est même plus

le cerveau qui fonctionne, c’est le corps

qui a mémorisé, mais je dois anticiper le

fait que je suis sur tel accord et que l’autre

44


va passer. Il y a toujours une petite anticipation

de moins d’une seconde je pense,

pour passer sur l’accord suivant. En moto

on est aussi dans l’anticipation, la préparation

du virage, des gestes, du freinage

au bon moment… Alors oui, ça ressemble

à la musique. En faisant un peu de guitare,

il y a des positions de doigts que je

n’arrive vraiment pas à appliquer, mes

doigts ne veulent pas. Ça, ça se bosse. Il

faut être capable de changer son naturel.

Ce genre d’exercice, en guitare, me permet

de rester connecté, de préserver

mon sens de l’apprentissage.

Cette capacité à forcer les choses pour

maîtriser un accord de guitare, devezvous

aussi l’avoir en course ? Forcer

votre naturel pour optimiser votre

pilotage, vous améliorer ?

Exactement. Il faut pouvoir rester ouvert

à cela. Faire du copier-coller de ce que

je sais déjà faire ne m’amènera pas à la

victoire dans le moment présent. Tu es

dans ton confort, mais il faut en sortir.

Je dois apprendre de nouvelles choses.

En tant que sportif et pilote, j’en aurai

besoin. Si tu restes dans ce que tu sais

faire, tu auras peut-être le niveau pour

atteindre un top 10, mais tu te plaindras

toujours de quelque chose pour arriver

dans le top 3.

Est-ce ainsi que l’on s’affranchit de

cette fameuse seconde qui différencie

les leaders du reste sur un GP ?

Une seconde, ce n’est rien, mais c’est souvent

le plus dur. Alors il faut arriver à

prendre du recul pour moins se mettre

de pression, aborder le travail que cette

seconde nécessite avec une pression plus

positive. Ça permettra d’apprécier le

travail à faire pour gagner cette seconde,

sinon ça deviendra un enfer. Qu’est-ce

que c’est une seconde dans une vie ?

Quand êtes-vous monté pour la

première fois sur une moto ?

Je devais avoir neuf ans, j’habitais à

Antibes. Pas loin de chez moi, il y avait

une piste de karting où j’ai pu faire un

petit tour de moto, en PW, sur un bout de

terre. J’ai demandé à mon père de revenir,

et j’en ai refait. Le type qui tenait la

piste et la pizzeria dit à mon père : « On

voit qu’il en a fait votre fils ! » Mon père

lui répond que ça ne fait que trois fois

qu’on vient, en voisins, parce que ça me

plaît. Le type nous a alors conseillé d’aller

voir le moto club de Cagnes-sur-Mer où ils

faisaient rouler des gamins. Là, ce n’était

pas du cross, mais de la piste. On m’a inscrit

dans le club, j’ai bien mordu, j’ai travaillé

dessus. Et ça a grandi comme ça.

Votre père s’y connaissait-il en moto ?

Absolument pas ! Il était chiropracteur.

La mécanique, ce n’était pas son truc.

Personne dans la famille n’était dans la

mécanique. Il a découvert ce monde un

peu… obscur… (rires)

Pourquoi « obscur » ?

C’était dur de trouver des personnes honnêtes

dans ce monde-là. Il s’est souvent

demandé ce qu’on faisait là, mais il a persévéré

parce je voulais le faire. Puis on

a rencontré Laurent Fellon, la personne

qui m’a accompagné jusqu’à l’an dernier.

En Laurent, mon père a trouvé quelqu’un

de compétent et honnête. Ça a détendu

mon père, qui a pu se reposer sur lui, et

Laurent a su me faire évoluer. Jusque-là,

ça n’avait été qu’une compétition de

parents, avec les gamins… Quand tu leur

demandais s’il fallait mettre une couronne

de 44 ou 45 sur tel ou tel circuit,

ils ne répondaient pas… « Ton fils va aller

plus vite que mon fils », ils te sortaient des

choses comme ça. Même à ce petit niveau,

ils se tiraient dans les pattes.

Vous avez toujours pu trouver du soutien

dans votre famille cependant. Avec

votre père d’abord, mais aussi avec

votre frère, qui vous accompagne

désormais sur les circuits, exact ?

Oui, il est chiropracteur lui aussi et il va

m’accompagner sur les deux prochaines

années, en parallèle de son activité.

C’est génial. À la base, il vient en tant

que chiropracteur, pour me suivre au

niveau du corps. C’est une vraie aventure,

il a quatorze ans de plus que moi, donc

finalement on n’a jamais vraiment vécu

ensemble.

C’est votre frère guitariste ?

Oui. Sur les courses en Europe, il apportera

sûrement la guitare. Si je ne deviens

pas meilleur pilote, au pire je serai

meilleur guitariste ! (rires)

« La grande

vitesse, c’est du

grand contrôle. »

Ou les deux !

Au-delà de la blague, apprendre de nouveaux

accords avec lui le soir permettra à

mon cerveau de se relâcher, de ne plus

penser moto. À l’inverse, il pourra aussi

m’aider sur d’autres choses quand j’aurai

besoin d’être focus uniquement sur la

moto. Ce n’est pas un fan de MotoGP, mais

c’est super pour lui de pouvoir accompagner

son petit frère dans cet univers.

Il paraît que votre tante s’occupe de

votre nutrition ?

Oui. En fait, j’ai envie de passer un cap au

niveau diététique, et c’est vrai que, livré

à moi-même, je n’ai pas le temps de cuisiner,

de me préparer de bons menus équilibrés

comme un diététicien pourrait en

recommander. Ma tante et mon oncle

habitent dans la maison juste derrière la

mienne à présent, et ma tante a toujours

cuisiné, alors je me suis dit que ce serait

bien de l’embaucher pour ça. Elle me prépare

des Tupperware, comme ça quand

j’arrive de l’entraînement ou autre, tout est

prêt, je réchauffe, je mange, je sais que

c’est équilibré. D’ailleurs, je dois aller chercher

mes Tupperware. Tu m’accompagnes ?

Nous voilà donc dans le salon de sa

tante, hyper accueillante, qui

délivre en effet à Johann son déjeuner

du jour. Complété de clémentines.

Et juste avant qu’on ne le quitte, Johann

nous convie autour de son piano. « Une

super occasion, viens voir », nous dit

Johann. Il s’installe au clavier de son

piano à queue marron, tourne les pages

de son cahier de chansons, et entame le

Ob-la-di Ob-la-da des Beatles. Avant de

nous en interpréter sa version totalement

exclusive, une adaptation spécialement

dédiée au pilote Brad Binder, dont il partageait

l’écurie en 2016. « En fait, le jour

où Brad est devenu champion du monde

en Moto3 à Aragon en Espagne, je n’étais

pas bien dans mon propre championnat

en Moto2, explique Johann. On devait

tous se retrouver au restaurant pour célébrer

la victoire de Brad, mais j’étais préoccupé

par mon classement. Finalement, j’ai

eu l’idée d’adapter ce titre pour Brad. Et

on l’a chanté tous ensemble le soir même. »

Quand on verra Zarco mettre les gaz cette

saison sur les GP, cette musique nous

reviendra forcément en tête. Et on espère

bien le voir balancer son fameux salto.

On saura alors qu’il roule au naturel.

Instagram : @johannzarco

THE RED BULLETIN 45


Les yeux dans une Bleue :

Griedge Mbock, trois fois

championne d’Europe

avec Lyon, sera l’un des

atouts de la France lors

de la coupe du monde.

Le

monde

est à

elle

Texte PIERRE-HENRI CAMY

Photos FELIPE BARBOSA


GETTY IMAGES

La France au plus haut niveau

du football, c’est aussi une

affaire de femmes : leur jeu est

de plus en plus spectaculaire

et technique, mais ça, vous ne

le saviez probablement pas.

Voici Griedge Mbock, l’une des

meilleures défenseures de la

planète, à suivre de près lors

du mondial féminin dès le 7 juin.

47


« Cette passion du

football, je voulais en

faire mon métier,

tout simplement. »

En ce matin de février alors que notre

équipe photo a débarqué à Lyon

rien que pour elle, bad news :

Griedge Mbock doit passer une IRM

dans les deux heures. Elle est embarrassée,

presque gênée. La veille,

elle a contraint une joueuse adverse

du Paris FC à marquer contre son

camp, mais en fin de match (4-1

pour Lyon), Griedge doit quitter le terrain, blessée.

À quatre mois de la Coupe du monde de football

féminin en France, la situation pourrait être délicate.

Le management lyonnais de Griedge, ou celui de

l’équipe de France féminine, auraient pu simplement

et légitimement nous téléphoner « sur la route » pour

nous annoncer que photos et interviews étaient à oublier

pour aujourd’hui. Mais ce n’est pas arrivé.

Griedge elle-même aurait pu s’excuser : pas possible/

urgence médicale oblige/délicat de poser pour des

photos aujourd’hui/besoin de repos… Mais ça n’est

pas arrivé. Mieux, la joueuse se montre finalement

super dispo, souriante et motivée. Et dès qu’elle revêt

sa tenue de l’équipe de France pour quelques portraits,

Griedge Mbock affiche une sérénité ultime.

Comme si son maillot (pour l’instant sans étoile) effaçait

en elle le moindre doute sur son avenir en bleu.

Effet revigorant instantané.

#FastForward

Quelques photos et Griedge file à l’hôpital, pour le fameux

IRM qui décidera de la suite. Et nous rejoint,

sans stress apparent, même si la déconvenue doit être

dure à encaisser : le samedi à venir, elle ne pourra pas

rejoindre l’équipe de France en vue d’un match à

jouer contre l’Allemagne. Les Bleues feront sans elle

sur ce coup (et perdront 0-1). Mais la suite de son

planning, chargé côté championnat et matches internationaux,

ne devrait pas être affecté.

Alors, on continue ? « Pas de souci », répond volontiers

Griedge. Sur le Net, la joueuse née à Brest nous

semblait plus jeune, moins athlétique. En vrai, sa

prestance nous bluffe. Griedge Mbock a commencé le

football en club avec son grand frère il y a une vingtaine

d’années, d’abord en mode mixte (filles et gars,

dont le frangin, dans la même équipe), puis au centre

de formation de Guingamp, club qu’elle intègre dans

une équipe 100 % féminine. Vient ensuite l’opportunité

lyonnaise, et le plus gros transfert de l’histoire

du foot féminin français : 100 000 euros. Pour rappel,

Neymar signant au PSG, c’est 222 millions d’euros.

Soit plus de 2 000 fois ce montant. Voilà la seule

comparaison avec un joueur homme que nous nous

autoriserons.

Depuis, Griedge a atteint les sommets avec Lyon.

Forte dans le maillot de l’OL, elle l’est aussi dans celui

de la France, où elle s’est construite comme l’une des

meilleures défenseures au monde. Elle porte également

dans son cœur le pays de ses parents, le Cameroun,

et n’hésite d’ailleurs pas à se présenter comme

une « lionne indomptable », sans aucun souci de

trouble d’identité.

#FastForward, toujours de l’avant, c’est le mot

dièse de Griedge sur ses réseaux sociaux, et sur le

terrain : si elle ne laisse personne passer, elle n’hésite

pas non plus à coller des buts. Griedge est une

joueuse en ascension, le top niveau planétaire du

football féminin, dont on saura se régaler au mois de

juin. Parce que désormais, on le sait, le foot féminin,

avec ses Griedge Mbock et Ada Hegerberg (ballon

d’or 2018) est un rendez-vous sportif majeur.

Notre journée se termine d’ailleurs au Groupama

Stadium de Lyon, l’un des neuf sites où se déroulera

le mondial, et qui accueillera en particulier les demifinales

et la finale de l’événement. En ce jour particulier

d’IRM, le stade est vide, aussi solide que la

joueuse que nous suivons sur sa pelouse. Dans

quelques mois, le même spot sera plein à craquer, en

fusion, acclamant ses Bleues (« la coupe à la maison » :

c’est ce qu’on souhaite à Griedge et ses coéquipières).

Une chance pour vous, désormais quand on vous

questionnera sur le foot féminin, vous pourrez

répondre : « Bien sûr ! Tu ne connais pas Griedge

Mbock ?! »

48 THE RED BULLETIN


Un projet en tête : très

jeune, la native de Brest

est déterminée à devenir

une footballeuse. À force

d'acharnement, Griedge

deviendra l’une des plus

performantes joueuses

internationales.

THE RED BULLETIN 49


Un lendemain de match

à Lyon, club qu’elle a

intégré en 2015 suite au

plus gros transfert du

football féminin français.

50 THE RED BULLETIN


the red bulletin : Par le passé, vous avez fait

croire à nos collègues de Ouest France que vous

intégriez une émission de télé réalité genre Pop

Star, et ils ont plongé tête en avant, comme

certains joueurs qui simulent… C’est vrai ?

griedge mbock : (Rires) Ils ont enquêté pour en

savoir plus, oui… Poisson d’avril !

« En foot féminin,

il y a beaucoup

d’engagement, de

duels, de la qualité

technique. »

Au-delà de cette bonne blague, comme disait le

chanteur Claude Dubois dans Starmania, vous

auriez « voulu être une artiste » ?

Je ne sais pas si j’aurais pu en être capable, mais les

artistes et les footballeuses ont des points communs.

On vit tous de notre passion, c’est une chance.

j’ai intégré l’AS Brestoise, pour quatre ans, toujours

avec des garçons. On s’est qualifié pour la DH Elite,

un bon niveau, et à partir de quinze ans j’ai dû basculer

avec les filles, dans le pôle espoir de Rennes.

En parallèle, je jouais à St Brieuc/Guingamp. Enfin,

en 2015, j’ai signé à l’OL.

GETTY IMAGES

Palmarès

Ballon d’or U-17

2012

Ballon d’argent

U-20 2014

Vainqueur de

la Ligue

des champions

avec Lyon

2016, 2017 et 2018

Actuelle

championne

de France

avec Lyon

46 sélections

en équipe

de France

Quand les artistes sont bons, innovants, créatifs,

souvent ils deviennent connus, voire très connus.

Vous avez tous ces atouts, mais les médias, nous

inclus, s’intéressent à vous à un stade où vous

avez déjà construit énormément de choses : alors,

pourquoi on ne se parle qu’aujourd’hui ?

L’intérêt pour le football féminin est assez récent. Il

est beaucoup plus attractif, les chaînes essayent de

plus en plus d’être présentes sur cette discipline. Le

championnat de France a pris une place importante

au niveau européen, et mon équipe, l’Olympique

lyonnais, a beaucoup aidé en remportant de nombreux

titres comme la Ligue des champions. Ce

championnat est relevé, il y a de grosses équipes,

en Allemagne, en Angleterre, ou en Espagne.

L’équipe de France a-t-elle aussi des atouts ?

Elle bénéficie d’un mix des « générations » très intéressant,

avec des joueuses plus expérimentées qui ont

déjà quelques compétitions à leur actif, et de jeunes

joueuses qui viennent se greffer au collectif avec déjà

une expérience du haut niveau. C’est le cas des

joueuses du PSG ou de Lyon. Il y a une très bonne

dynamique.

Qu’est-ce qui fait la saveur du football féminin

en 2019, selon vous ?

Il y a beaucoup d’engagement, beaucoup de duels, de

la qualité technique. Le football féminin a beaucoup

progressé techniquement. Les gens qui recherchent

du spectacle ne sont pas déçus, il y a beaucoup de

buts, de dribbles et d’actions.

Quand avez-vous eu l’envie de devenir joueuse ?

J’ai commencé très jeune, petite déjà je jouais dans

le quartier avec mon grand frère qui m’a transmis

sa passion, et m’a toujours intégrée partout, dans le

quartier, à l’école, en club. J’ai donc eu plus de facilités

à trouver ma place. Je me suis tout de suite bien

sentie avec les garçons.

Quand avez-vous commencé à jouer en club ?

À six ans, avec le FC Pontanézen, à Brest, avec des

garçons, dont mon frère. J’y ai joué trois ans, puis

Aujourd’hui, une fille âgée de cinq ou six ans va

de suite jouer avec des équipes uniquement

constituées de filles ?

Ça a changé, oui, les filles peuvent jouer entre elles,

et ne pas subir les moqueries potentielles des garçons.

C’est une bonne chose, ça aide à développer le

foot féminin, plus de petites filles passent le pas.

Votre frère a été un moteur, mais est-ce que, à

l’inverse, des gens ont tenté de vous freiner, vous

dissuader, ou se sont moqués de vous, justement ?

Je n’ai pas trop vécu ce genre de situation. Mais je me

souviens d’une prof de maths en 4 e , en section sportétudes,

qui m’avait dit ainsi qu’à mes amies : « Si vous

aviez déjà dû signer dans un centre de formation,

vous ne seriez plus là. » Elle voulait que l’on travaille

plus en classe, ce qui est normal, mais elle ne comprenait

pas que l’on pouvait aussi s’épanouir dans

notre passion. Mais moi, je savais où je voulais aller.

Elle trouvait incongru que des filles veulent devenir

des joueuses de football professionnelles ?

C’est vrai qu’à l’époque, ce n’était pas encore rentré

dans les mœurs, et on n’était pas sûr que les filles

deviennent professionnelles, c’était donc plutôt

risqué. Mais ça ne m’a pas fait peur, cette passion

du football, je voulais en faire mon métier, tout

simplement.

Aujourd’hui, une gamine à laquelle elle tiendrait

les mêmes propos pourrait lui répondre : « Si

Madame, regardez, il y a Griedge et les autres,

c’est une réalité ! » Avez-vous le sentiment d’être

une preuve « vivante » que le football féminin

professionnel de haut niveau existe ?

Ça aide, bien sûr. Quand on était jeunes on n’avait

pas forcément de références féminines auxquelles

s’identifier, je ne savais même pas que l’équipe de

France féminine existait !

Êtes-vous au contact des ces nouvelles générations

de jeunes footballeurs, ou de futurs footballeurs

et footballeuses chez qui la passion du ballon

commence à se manifester ?

THE RED BULLETIN 51


Les autres joueuses

à suivre, selon

Griedge Mbock

Dzsenifer

Marozsán

( Allemagne)

Je la connais bien

car elle joue à Lyon

avec nous. Techniquement,

Dzsenifer

est à l’aise, et elle

transforme les ballons

en caviar.

C’est drôle, mais maintenant, des enseignants me

sollicitent pour venir rencontrer leurs élèves...

Des enseignants dont vous suiviez les cours ?

Oui, des enseignants que j’ai eus et qui ont changé de

vision des choses. Ils ont vu mon évolution, ils sont

contents pour moi et me citent en exemple. Je suis

intervenue dans leurs classes à Brest, ça s’est super

bien passé, mon message a été très bien transmis.

Sachant que vous avez poussé loin vos études,

cela leur permet aussi de promotionner un

parcours scolaire ?

Oui, ils expliquent à leurs élèves que l’on peut allier

le football aux études, ce qui a été mon cas, en effet.

Je réponds présente à ce genre de sollicitations dès

que je le peux.

Lucy Bronze

(Angleterre)

Une joueuse de l’OL

également : elle,

c’est un monstre.

Physiquement, elle

est capable de répéter

les efforts, elle

peut transpercer

une équipe entière.

Marta Vieira

da Silva (Brésil)

Marta est une icône

du football, elle a été

plusieurs fois Ballon

d’or, elle est capable

d’éliminer son

adversaire en un

dribble.

Alex Morgan

(USA)

Athlétiquement,

cette joueuse américaine

est très rapide,

avec une bonne finition.

Elle sera à

surveiller de près

durant cette

compétition !

Pourtant, avec une carrière à Lyon et en équipe

de France à mener, vous pourriez estimer devoir

vous concentrer avant tout sur le football avant

de venir partager votre expérience avec des

élèves. Ce serait tout à fait légitime et

compréhensible : « Ma carrière, l’entraînement,

le jeu, la Coupe du monde d’abord, ensuite,

plus tard, j’aurais du temps pour partager

et transmettre. »

C’est important pour moi, parce que j’aurais aimé

pouvoir participer à ce genre d’échange avec une

joueuse professionnelle. Quand je suis arrivé à l’OL

et en équipe de France, j’ai eu la chance que des

joueuses expérimentées me prennent sous leurs ailes,

alors je trouve ça normal de transmettre à mon tour.

J’aime bien partager, ça fait partie de moi. Ça vient

peut-être de mon éducation. C’est important…

À partir du moment où un jeune ou une jeune se

sent bien, est intégré(e), il ou elle peut exploiter

son potentiel encore mieux sur le terrain.

Vous évoquiez votre éducation, vous êtes née de

parents camerounais, à Brest, vous revendiquez

fièrement cette double « origine », et Lyon, Brest,

le Cameroun sont des références que vous dédicacez

volontiers sur vos réseaux sociaux… Si jamais

un match de coupe du monde arrivait contre le

Cameroun, pays qualifié, comment allez-vous

l’appréhender ? Comment honorer cette équipe

adverse qui vous est chère ?

Il faut savoir qu’il n’y a pas très longtemps on a joué

contre le Cameroun, et j’avais mis un doublé, donc…

(rires) Il y aurait forcément une marque de respect

car c’est une équipe que j’ai dans le cœur, mais pour

montrer du respect, il faut jouer à fond, donner son

maximum. C’est comme cela que je les honorerais.

Si vous remportez le titre mondial, à 24 ans,

qu’est-ce qui continuera à vous motiver pour

la suite ? Comment rester d’attaque après trois

titres européens et une coupe du monde ?

GETTY IMAGES (4)

52 THE RED BULLETIN


« Si on gagne une

coupe du monde,

pourquoi se contenter

d’une seule ? »

Sur la pelouse du Groupama Stadium de Lyon.

Le stade qui accueillera les demi-finales et la

finale du mondial féminin début juillet.


« La carrière d’une

footballeuse est

courte, il faut déjà

penser à l’après. »

dire, parce que ça veut tout dire et rien dire à la

fois… (Rires) Je l’ai compris dans le sens : « Ne te

pose pas de question. »

C’est ma quatrième année à l’Olympique lyonnais

et j’ai déjà trois ligues des champions, pourtant, j’ai

toujours faim de titres, de gagner ! Se lever, travailler,

suer, pour atteindre nos objectifs, c’est l’essence du

compétiteur. Plus on gagne, plus on a envie de

gagner. Si on gagne une coupe du monde, pourquoi

se contenter d’une seule ?

Dans une interview à The Red Bulletin, Djibril

Cissé évoquait le meilleur conseil que lui a donné

Guy Roux : « Ne te concentre que sur le jeu, ne regarde

même pas dans les tribunes, peu importe

que ta famille ou tes potes soient là ou pas, rien

d’autre n’existe que le jeu. » Est-ce que cela vous

parle, et quel est le meilleur conseil que l’on vous

ait donné côté football ?

C’est très pertinent, ça me parle, d’autant qu’à mon

poste de défenseure centrale, la moindre erreur de

concentration se paie cash, surtout au haut niveau.

De mon côté, je retiens une phrase de Gérard

Prêcheur, notre ancien coach à l’OL, qui disait :

« Quand y’a doute, y’a pas de doute »...

Euh… c’est-à-dire ?

(Rires) On essayait de comprendre ce que ça voulait

Est-ce que cela signifie que le questionnement

n’a pas de place dans un match de football ?

Que c’est toujours l’instinct pur qui doit prendre

le dessus ?

Oui, il faut jouer à l’instinct, et même si on loupe

une action, ça ne sert à rien de gamberger, il faut

aller de l’avant, tout simplement.

Et hors le stade, est-ce que vous avez retenu

un enseignement particulier ?

Je me suis surtout inspirée de ma mère qui est une

personne très humble, généreuse, forte et indépendante.

Elle nous a toujours poussés, mes deux frères

et moi, à faire ce qu’on voulait, sans négliger le reste,

les études ou autre. Elle a toujours soutenu notre

passion, elle est toujours venue nous voir en match,

en tournoi, etc. Si nous sommes arrivés à ce niveaulà,

c’est en partie grâce à elle. Son exemple, son

comportement, m’ont inspirée, et je la remercie

pour tout cela.

Pouvez-vous nous parler du diplôme que vous

avez récemment obtenu, Manager de proximité

en entreprise ?

C’est une formation que l’OL a mise en place, pour

sept d’entre nous. Ça s’est passé sur un an et demi

à peu près, avec un mémoire à soutenir à la fin.

Ça nous offre des outils pour la suite, pour l’après

football, même si on ne veut pas forcément

s’orienter dans cette branche de management pur.

Vous avez déjà cet après football en tête,

vraiment ?

Oui, c’est important, c’est même primordial. La

carrière d’une footballeuse est courte, et il faut déjà

penser à l’après. On ne gagne pas autant que les

garçons, il faut donc forcément s’y préparer. Même

si je suis jeune, je sais que les blessures peuvent

mettre fin à une carrière prématurément, j’essaie

de réfléchir petit à petit à tout ça.

Sur vos réseaux sociaux, notamment Instagram,

comme sur le terrain, vous la jouez collectif,

avec beaucoup de photos de vos coéquipières

et copines. C’est important de travailler avec

d’autres gens, la performance d’équipe ?

Partager des moments, des émotions, quand on

gagne un titre, c’est juste magnifique. On le voit

dans le regard de nos partenaires, il se passe quelque

chose. C’est incroyable, c’est enrichissant. Ça va nous

aider en collectivité, pour après, quand on va rentrer

dans la « vraie vie ».

Instagram : @griedgeouu

Twitter: @MGriedge

Le

grand

moment

du foot

féminin

Ces neuf villes

accueilleront

la coupe du

monde 2019

Valenciennes -

Stade du Hainaut

(capacité : 25 172)

Le Havre -

Stade Océane

(capacité : 25 278)

Reims -

Stade

Auguste-Delaune

(capacité : 21 608)

Paris -

Parc des Princes

(capacité : 48 583)

match d’ouverture

le 7 juin

Rennes -

Roazhon Park

(capacité : 29 820)

Lyon -

Groupama Stadium

(capacité : 58 215)

finale le 7 juillet

Grenoble -

Stade des Alpes

(capacité : 20 068)

Nice -

Allianz Riviera

(capacité : 36 178)

Montpellier -

Stade de la Mosson

(capacité : 27 310)

54 THE RED BULLETIN


Millet© M. Dumas

HE

IGHT

TUFF

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TRILOGY 30

Matière Dyneema®

630 g

Lorenz Frutiger

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T A K E F I V E

Envie de piloter un drone ?

PASSE TON PERMIS

D’ABORD !

Offrez-vous une expérience immersive dans

le monde des objets volants. Voici comment

devenir compétitif en cinq actes.

« Apprendre à piloter un drone ? Pour

quoi faire ? » C’est la question qu’on a

posée à Droneez. « Pour faire face à la

demande croissante », répondent les

Parisiens à l’origine du concept. Les

drones ayant pris une place non négligeable

dans nos vies et s’apprêtant à

en prendre une encore plus grande

dans un futur proche, il devient essentiel

de proposer des formations pour

apprendre à contrôler son aéronef,

éventuellement passer d’un mode

autodidacte à un niveau avancé, et

éviter ainsi d’être un danger public.

L’engouement pour les drones de

loisir a même incité les plus fervents

à organiser des compétitions.

C’est là que Droneez intervient !

L’équipe vous accompagne dans un

espace fermé de 1 800m² (ancienne

friche industrielle rénovée en loft)

pour passer d’un drone de prise en

main (comme le Phantom 4 Pro de

DJI, ci-contre) à un drone de course

d’intérieur. Les encadrants Droneez

proposent de vous guider pour acquérir,

en quelques heures, les bases

du pilotage de drones de course

(découverte et immersion).

1 re heure : maîtrise &

coordination

Le premier objectif, c’est la maîtrise

du vol à vue et de la vitesse des

hélices. En effet, les drones de course

ne maintenant pas l’altitude, il faut la

gérer à chaque instant. Commencez

en mode « stabilisé », le plus simple.

Il rectifie la direction du drone quand

celui-ci part en yoyo sur le plan

horizontal. Les deux joysticks ayant

une sensibilité différente, il faut

apprendre à dissocier les mains,

en restant le plus calme possible.

2 e heure : vol en avant

avec figures imposées

Votre cerveau a bien assimilé la coordination.

Vous allez pouvoir commencer

à vous amuser : exercez-vous à

voler en prenant un virage, en passant

à travers des cerceaux lumineux, à

faire des donuts (un tour sur soi-même

en tournant autour d’une cible tout

en la gardant en ligne de mire), puis

des 8 en traversant des obstacles.

Important : en prenant un autre

virage, efforcez-vous de ne pas

perdre l’orientation 3D du drone.

3 e heure : renforcement

des acquis

Il est temps de passer à des aéronefs

plus rapides, aux réactions plus agressives,

et soumis à l’inertie… En effet,

un drone lancé à fond doit anticiper

un virage pour éviter de taper de plein

fouet contre un mur. Vous risquez

d’essuyer quelques échecs au début,

mais très vite, vous retrouverez l’aisance

des premières heures et enchaînerez

les figures imposées, jusqu’à

voler dans un tunnel étroit…

4 e heure : immersion en

« immersion stabilisée »

Une fois validé le vol à vue, on passe

au vol en FPV (First Person View).

Une caméra placée à l’avant du drone

assure le retour vidéo dans les

lunettes de retransmission en direct.

Cette expérience impressionnante

vous immerge entre virtuel et réalité,

sur différents parcours aux difficultés

croissantes et aux obstacles de plus

en plus petits pour aiguiser vitesse

et précision.

Venez apprendre

à contrôler votre

aéronef : vous éviterez

ainsi de devenir un

danger public ! »

LA TEAM DRONEEZ

5 e heure et plus : le mode

« acro »

Le Graal ! En mode acrobatique, le

drone est entièrement livré à la dextérité

du pilote. Ce mode est d’autant

plus difficile à maîtriser qu’on a passé

du temps en mode « stabilisé » et commencé

à acquérir certains réflexes.

Pourquoi se frotter à un pilotage si

complexe ? Pour la liberté des mouvements

en vol (qui rend accro) permettant

de réaliser des flips, des saltos…

en utilisant la combinaison des deux

joysticks. Avec l’immersion en mode

acrobatique, le plaisir est décuplé.

17 Rue Hoche, Malakoff ; droneez.com

Texte CHRISTINE VITEL

56 THE RED BULLETIN


Bon à savoir

Un usage récréatif ne dispense

pas de respecter la vie

privée et les règles de sécurité.

Il est interdit de faire voler

un drone en zone urbaine,

au-dessus de personnes, à

plus de 150 m d’altitude, de

filmer et de revendre des

prises de vues. Les propriétaires

de drones de plus de

800 g doivent être formés et

doivent enregistrer leur appareil

sur le site AlphaTango.

FULGURA FILMS

De 7 à 77 ans, Droneez

accueille tous les

amateurs de pilotage.

THE RED BULLETIN 57


L’effet

boule de

neige

Texte CHRISTINE VITEL

Le documentaire A Land Shaped

by Women déroule un narratif

atypique pour un film d'outdoor,

ce qui tenait à cœur à sa

réalisatrice, Anne-Flore Marxer

(ici à droite).

58 THE RED BULLETIN


Sur son dossard, un drapeau

français et un drapeau suisse.

Côté pile, la snowboardeuse

est championne du monde

FWT 2011, et cheffe de file

de l’ouverture des compétitions

aux femmes (quand

elle démarre à 18 ans, le

slopestyle est réservé aux

hommes). Côté face, Anne-

Flore Marxer, 35 ans, est

journaliste sportive. Son

dernier challenge : un film

dans lequel elle explique que

faire bouger les choses, c’est

stimulant et gratifiant.

NICK PUMPHREY

À l’issue de la toute première projection au

festival du film de montagne de St. Anton

(Tyrol) qui se déroulait l’été dernier, Anne-

Flore Marxer se défend : elle n’est pas réalisatrice

de formation, ne faisait pas de

vidéos jusqu’ici ; du moins pas de celles

auxquelles le milieu du snowboard nous

a habitués. Pourtant, c’est bien A Land

Shaped by Women, son film à elle, celui

qu’elle a réalisé et écrit, qui rafle les

récompenses et les prix d’une dizaine de

festivals en l’espace de quelques mois, avec

une belle conclusion fin janvier, au Grand

Rex, devant 500 spectateurs (avant la

distribution en VOD).

Quelles que soient les conditions

météo, les rideuses à l’écran ont l’air heureuses…

Au sommet d’une montagne,

piste vierge et mer en arrière-plan, ou sur

une planche de surf dans une eau glacée,

en pleine tempête de neige. « Franchement,

c’était un truc de warrior. C’est un

souvenir magique. » On est alors loin

d’imaginer que cette aventure commence

par un ras-le-bol. Anne-Flore Marxer en

a assez de l’omniprésence des hommes

dans les vidéos de snow, et donc de suivre

un narratif masculin « héroïque » très

égocentré, où, « à force de ne représenter

le sport qu’en termes de danger et d’extrême,

on écarte la gent féminine ». Elle

exprime également sa déception quant

aux compétitions de snowboard, selon

elle « plus représentatives de l’investissement

financier que du niveau sportif »

sans distinction de genres.

C’est lors de sa dernière victoire à

Verbier en 2017, « un run juste pour le

plaisir, dans une neige géniale […] sur

la même pente que les hommes », qui lui

THE RED BULLETIN 59


De gauche à droite : Aline Bock, Katrín Oddsdóttir (avocate des droits humains) et Anne-Flore Marxer.

laisse pourtant un goût d’amertume,

qu’elle décide de laisser tout ça derrière

elle : les années à batailler, à se justifier, à

investir une énergie volontaire pour offrir

de meilleures conditions et opportunités

aux femmes dans son sport. Elle décide

de s’offrir un break de fin de saison, et se

tourne vers l’Islande, pays réputé pour

faire le bonheur des riders de tout poil.

Elle part pour une semaine avec son amie

Aline Bock, elle aussi snowboardeuse et

championne du monde 2010, pour s’y ressourcer.

Physiquement, et psychiquement.

« Le snowboard, c’est ma façon de découvrir

le monde. Dans un voyage, ce qui

m’intéresse, c’est donc l’aspect sportif,

mais aussi tout ce que l’on va découvrir

en lien avec cela… »

L’île s’avère un fantastique terrain de

jeu (pour le snow, le surf, le stand-up

paddle, la randonnée…) et une source

intarissable d’inspiration : en tête du classement

des Nations Unies de l’égalité des

sexes pendant neuf années consécutives,

la population de 350 000 âmes s’engage

à construire une société durable et équitable

(tant pour l’environnement que

pour ses habitants). Ce qu’Anne-Flore

découvre en Islande reflète les idées qui

l’animent : « Ces changements de société,

c’est à nous de les proposer et de les

mettre en place. On ne peut pas juste dire

que cela va s’améliorer avec le temps. »

De retour chez elle, dans les Alpes,

elle s’attelle à la préparation d’un deuxième

séjour en Islande, caméra à

l’épaule, pour témoigner d’une réalité

exemplaire mais trop peu connue. Car sa

force motrice consiste en cela : multiplier

les opportunités pour apprendre, s’entraîner,

contrer l’ennui, et ainsi ne jamais

perdre la motivation. Anne-Flore passe

A Land Shaped by Women illustre un empowerment féminin positif.

60 THE RED BULLETIN


ELEONORA RAGGI

L’Islande est à la fois un paradis pour les amateurs de glisse, et une source d'inspiration

bienfaitrice pour le développement de l'égalité des genres.

« Les changements,

c’est à nous de les

proposer et de les

mettre en place. »

Anne-Flore Marxer

donc l’été à se passionner pour l’histoire

politique du pays, avant de reprendre la

route en van l’hiver suivant, toujours avec

Aline. Cette fois, en terrain moins

inconnu, elle filme une terre, des paysages,

des séances de glisse sans prétention

de performance, et vient saisir en

plans larges et mouvements fluides l’amplitude

d’une nouvelle liberté d’action.

Mais qu’allait-elle chercher d’autre sur

cette île volcanique à l’image si injustement

austère ? Avec son optimisme et sa

verve sans détour, Anne-Flore a la ferme

intention de dresser les portraits des

actrices de la société islandaise actuelle,

soucieuses de préserver et faire perdurer

l’héritage légué par leurs aînées. Aline

et elle n’imaginent pas jusqu’où cette

détermination les poussera. Elles sillonnent

l’île à la fois pour leur propre plaisir, celui

de la glisse, et pour fertiliser le champ des

possibles. Des amis communs les ont

connectées avec une première femme,

Heida Birgisdottir, fondatrice du label de

mode Nikita, auxquelles d’autres viendront

faire écho. Le film déroule ces liens

tissés au hasard des rencontres. « Ce que

j’ai trouvé fascinant, c’est que chacune des

personnes rencontrées en Islande était

très impliquée dans la réforme du système

qui les concerne. Et cela est vu et perçu de

manière très positive là-bas. » Le contraste

est saisissant avec les propositions d’Anne-

Flore, depuis 2002, pour faire évoluer le

sport du côté des femmes… « Cela a été

très difficile à mettre en place et mal reçu

par les organisateurs et les acteurs du

milieu sportif. Alors que je ne voulais

qu’amener des idées positives pour améliorer

les choses. »

En montant son projet de film, en

réunissant des sponsors, en apprenant à

faire le montage, Anne-Flore développe

de nouvelles compétences pour explorer

le monde sous un autre angle. Et inciter

ses homologues à faire de même ! « Plus

on investira dans des projets menés par

des femmes, plus on répartira la diversité

des gens qu’on verra à l’écran et des gens

qui travailleront autour du projet. Ce qui

se répercutera sur la diversité du public

que l’on touchera. » Depuis qu’elle a compris

qu’en accédant à certaines positions

(sur le podium), elle pouvait asseoir sa

légitimité pour revendiquer les mêmes

conditions et bénéfices accordés aux

hommes (au hasard : les prize money,

dont le montant différait d’un genre à

l’autre), les obstacles ne lui font plus

peur ; elle s’en sert de levier. Comme le

déclare Katrín Oddsdóttir, avocate des

droits humains, à la caméra : « Le plaisir

de changer le monde, vous ne le faites pas

par obligation, mais parce que c’est

valorisant ! »

L’enthousiasme communicatif d’Anne-

Flore a pour seul but « d’améliorer les

conditions du côté des femmes dans son

sport et au-delà, ce qui finalement bénéficiera

à tout le monde », assure-t-elle.

Anne-Flore Marxer surfe sur la vague de la

détermination. On la voit glisser, à l’écran

et dans la vie, avec un sourire franc et

désarmant, preuve flagrante qu’avancer,

c’est engendrer du positif : « et c’est aussi

pouvoir se dire, à la fin de la journée, que

ça en valait vraiment la peine ».

alandshapedbywomen.com

Instagram et Twitter : @annefloremarxer

THE RED BULLETIN 61


LAZARUS LAKE

a une réputation

de sadique, de

péquenaud et

d’extraterrestre

du trail…

Texte

TOM WARD

Photos

JEREMY LIEBMAN

62

Il a créé les MARATHONS

DE BARKLEY, l’ultramarathon

le plus retors jamais imaginé


Lazarus Lake, alors qu’il s’appelait encore Gary Cantrell, sillonnant les routes du

Tennessee aux premiers jours de sa longue carrière de coureur d’endurance.

D’une beauté brute, Frozen Head State Park

dans le Tennessee (USA) couvre plus de

97 km², se situe à un peu plus de deux

heures et demie à l’est de Nashville, la capitale

de l’État, et dans un autre fuseau

horaire. Ce que Lazarus Lake omettra de

préciser. Mais se fera un malin plaisir à nous

faire remarquer en s’enquérant de la raison

de notre retard (alors que nous pensions être

en avance). Lake est connu pour son côté bourru. Aurions-nous

tout gâché avant même d’avoir commencé ?

En réalité, pas de quoi s’inquiéter. Nous retrouvons Lazarus

Lake sur le parking du centre d’accueil des visiteurs de Frozen

Head, détendu et ravi de nous rencontrer. Vêtu d’un jean, d’une

chemise à carreaux et d’un bonnet en laine rouge marqué du mot

geezer (en français, « vieux schnock »), peu pressé de décoller, il

nous fixe d’un air malicieux derrière ses lunettes cerclées de

métal, une cigarette au bout des lèvres, cachée dans sa barbe

jaunie par le tabac. Il se déplace lentement, avec la nonchalance

d’un homme qui a tout son temps, et parle d’une voix traînante

typique du sud des États-Unis.

En cette saison, le Frozen Head State Park regorge d’arbres

nus qui oscillent sur les versants des montagnes alentour. Nous

avons convenu de nous retrouver là où sont nés les marathons

de Barkley, redoutés pour leur incroyable brutalité (et portant

bizarrement la marque du pluriel), également connus comme

la course qui met à bout de souffle, The Race That Eats Its Young,

du nom du documentaire Netflix de 2014.

Lazarus Lake est d’humeur bavarde. Il palabre sur le football

américain universitaire, les origines de l’oranger des Osages,

l’histoire de la géographie américaine, les pics de décès causés

par les ours sauvages, la population locale des cigales, la diminu-

ALEXIS BERG (2), SANDRA CANTRELL

64 THE RED BULLETIN


Très rudes, les marathons

de Barkley attirent

des coureurs du

monde entier : Inde,

Nouvelle-Zélande,

Lituanie, Russie,

Japon ou Tadjikistan.

Les coureurs doivent affronter la neige, le grésil,

la pluie et le brouillard. Il est souvent difficile

de voir à plus de 10 mètres devant soi.


Lazarus Lake et son

déjeuner healthy...

En face : un gâteau

orné de la devise

que Lazarus Lake

prononce le jour de

la course : « Bonne

chance les nazes ».


« Vous vous demandez peut-être pourquoi

on s’inflige ça… Et pourquoi pas ? »

ALEXIS BERG

tion du nombre d’aires de repos sur les routes américaines, et

les imitations de sa boisson favorite, Dr Pepper.

Et bien qu’il ait compté parmi les plus grands ultramarathoniens

dans ses jeunes années, créé six courses uniques et soit

revenu d’un trek de 5 100 km sur 126 jours d’un bout à l’autre

des États-Unis, Lazarus Lake tient à souligner qu’il n’aime pas

spécialement faire de l’exercice. « Ça me gonfle !, se marre-t-il.

C’est inutile et on n’a rien à montrer à la fin. Alors au lieu de

soulever des poids, je construisais des murs en pierre. Ça revenait

au même, et j’avais un résultat concret au final. »

Lazarus Lake est une contradiction ambulante. L’homme

qui a imaginé l’ultramarathon le plus redouté au monde

est indolent et préfère la rando à la course. Il fume

comme un pompier, ne conçoit pas un repas sans un bon

steak et ne se sépare jamais de sa bouteille de Dr Pepper. Et ne

lésine pas sur le beurre. Il est bien loin des débats actuels sur

la nutrition…

C’est certainement son humour peu conventionnel qui l’a

amené à inventer les marathons de Barkley. Pour être autorisé

à y participer, il faut une bonne condition physique et mentale,

et un sacré sens de l’humour. Créés en 1986, ces marathons

consistent en une boucle qui commence et se termine au niveau

de la barrière jaune, point de départ du chemin de randonnée de

Frozen Head. Officiellement, ils comptent cinq tours de 32 km

environ (les coureurs, eux, affirment qu’une boucle représente

en réalité un marathon complet soit 42,2 km). Les deux premiers

tours se courent dans le sens des aiguilles d’une montre, les deux

suivants dans le sens inverse et – si vous arrivez jusque-là – le

cinquième et dernier tour se court dans le sens de votre choix.

Chaque boucle compte près de 3 700 m en montée et autant en

descente, pour un total de 37 000 m de dénivelé, ce qui revient à

gravir et descendre l’Everest deux fois. La course a généralement

lieu le samedi précédent le 1 er avril et débute entre minuit et

midi. Une conque retentit pour indiquer aux participants que

la course commencera 60 minutes plus tard. Puis Lazarus Lake

allume sa cigarette pour marquer le début des hostilités.

L’itinéraire chaque année renouvelé inclut toujours des obstacles

iconiques, comme la colline surnommée Testicle Spectacle,

le mur d’escalade de Danger Dave (avec ses chemins exposés et

ses berges sableuses) et la Rat Jaw (une pente émaillée de

souches d’arbres et de bruyères coupantes comme des lames

de rasoir). Les coureurs disposent d’une boussole et d’une carte

pour s’orienter. L’utilisation du GPS est interdite. À chaque tour,

les concurrents doivent retrouver un livre placé à certains

endroits le long du tracé de la course et arracher la page qui correspond

à leur numéro de dossard. Cela prouve qu’ils ont suivi

le bon tracé, et le décompte des pages après coup est un moyen

infaillible pour Lazarus Lake de vérifier que les participants ont

bien passé chaque point de contrôle. Étant donné que la course

est organisée en mars, les concurrents doivent affronter la neige,

le grésil, la pluie et le brouillard.

Les marathons de Barkley doivent être effectués en moins de

60 heures, ce qui contraint les coureurs à de courtes pauses entre

les tours, pendant lesquelles leurs proches leur font enfourner de

la nourriture, soignent leurs écorchures, etc. Puis retour à la

course. Le record est détenu par un Américain, Brett Maune, qui

a terminé en 52 heures 3 minutes et 8 secondes en 2012. À ce

jour, seuls quinze personnes ont réussi à terminer les cinq tours.

« Ceux et celles qui se soumettent à cette épreuve en ressortent

grandis, explique Lake. Car ils se sont dépassés. » Selon lui, l’objectif

n’a jamais été de créer la course la plus difficile au monde,

mais simplement de tester les limites des participants.

L’idée lui est venue lorsqu’en 1977, James Earl Ray, le meurtrier

du défenseur des droits civiques Martin Luther King Jr.,

vient de s’échapper du pénitencier de Brushy Mountain, déclenchant

ainsi la plus grande chasse à l’homme du Tennessee.

James Earl Ray est capturé dans les bois 54 heures plus tard,

THE RED BULLETIN 67


Cinq tours de 32 km chacun environ. Chaque boucle compte près de

3 700 m en montée et autant en descente, pour un total de 37 000 m de

dénivelé, ce qui revient à gravir et descendre l’Everest deux fois.

après avoir parcouru moins de 13 km. Convaincu qu’il aurait pu

parcourir une distance de 160 km dans le même laps de temps,

c’est là que Lazarus Lake imagine ses marathons.

La sélection des participants est draconienne. Chaque année,

des coureurs du monde entier posent leur candidature, mais

seuls quarante se retrouvent sur la ligne de départ, après avoir

réalisé un « sacrifice humain » qui, selon Lazarus Lake, n’a pas

d’égal. Pour gagner leur dossard, les concurrents doivent rédiger

une lettre de motivation expliquant les raisons pour lesquelles

ils méritent leur place et s’acquitter de frais de dossier (non remboursables)

de 1,60 $. Les candidats retenus reçoivent une lettre

de condoléances.

Le jour de la course, les nouveaux concurrents doivent apporter

une plaque d’immatriculation de leur État, tandis que les

rares ayant déjà terminé une précédente édition doivent fournir

un paquet de cigarettes Camel. Et les concurrents qui ont déjà

participé mais n’ont pas réussi à terminer la course doivent venir

avec un objet choisi (chemise à carreaux, chemise blanche,

chaussettes…) par lui. Cette année, il pense demander une imitation

de Dr Pepper, dont il est accro. Lazarus Lake pourrait

demander plus, mais ces frais peu élevés permettent d’accueillir

un ensemble éclectique de participants, dont John Kelly, originaire

de Washington DC et vainqueur de l’édition 2017. Silhouette

élancée et air sérieux, John Kelly considère les marathons

de Barkley comme un événement incontournable du trail.

« Ils permettent de mieux connaître ses limites. La résilience

mentale seule ne suffit pas pour terminer une course. Ce n’est

pas non plus une question de forme. Quelle que soit votre condition

physique, vous allez être tenté d’abandonner à un moment

ou à un autre. » Ce n’est qu’à son troisième essai que John Kelly

réussit à terminer les marathons de Barkley. « J’étais en plein

délire. Il m’a fallu un moment pour réaliser que je l’avais fait ! »

Lazarus Lake adhère. Il n’a d’ailleurs pas toujours été aussi

sadique. « Je mérite une sorte de compensation, commence-t-il

alors qu’on lui demande de raconter sa jeunesse. Une compensation

de ses parents originaires de l’Oklahoma et dont l’enfant – qui

n’a jamais rien fait de mal – est né et a grandi au Texas. Cet enfant,

qu’ils le veuillent ou non, sera à jamais marqué par cette réalité.

C’est une réalité qui… Bref, c’est arrivé. Que peut-on y faire ? »,

soupire-t-il, impassible. Idem quand on le questionne sur son âge :

« En quelle année je suis né ? Je ne me souviens pas. J’étais vraiment

très jeune à l’époque. » (Nos recherches montrent qu’il a

ALEXIS BERG

68 THE RED BULLETIN


Chaque semaine, Lake fait

une boucle de 32 km à pied

pour déjeuner ici. À gauche :

un coureur exhibe ses

blessures post-marathon.


L’Américain John Kelly

descend la Rat Jaw lors de

son cinquième et dernier tour.

Quelques heures plus tard,

il sera la quinzième personne

à terminer les marathons

de Barkley.

70 THE RED BULLETIN


ALEXIS BERG (2)

64 ans.) Tout ce que Lake dira, c’est qu’il est né Gary Cantrell à

San Marcos, Texas, car son père avait été nommé sur la base militaire

aérienne Edward Gary. (Par la suite, il se choisit le nom de

Lazarus Lake pour sécuriser son premier compte e-mail. « Comme

si j’avais des secrets d’État à protéger », plaisante-t-il.)

Les Cantrell vivent à proximité d’une résidence étudiante.

Le jeune Lake y côtoie des joueurs de football américain, ce qui

confirme sa passion pour le sport. En 1966, la mode du jogging

est mise à l’honneur dans le journal du soir. Son père et ses amis

mettent alors le cap vers la piste du coin pour courir un mile

(environ 1 600 mètres) en moins de huit minutes. La première

fois que Lazarus Lake les accompagne, il surpasse son père.

« Je ne l’avais jamais battu dans aucun domaine, rit-il. Notre

famille adore la compétition et le sport, et les enfants n’étaient

pas autorisés à gagner. » Pensant qu’il devait être un bon coureur,

Lazarus Lake commence la piste et le cross-country, ce qui

l’amène aux courses sur route, puis aux marathons. Puis il s’inscrit

partout où il le peut, jusqu’aux compétitions internationales.

Et décide finalement que l’ultramarathon sera sa discipline

reine. Or, les ultramarathons les plus proches du Tennessee se

déroulent à Miami et à Philadelphie. Lazarus Lake crée donc son

propre ultramarathon, le Strolling Jim 40, en 1979. Entre-temps,

les blessures et les ravages d’une vie passée à marteler le sol l’ont

mis hors course. Lazarus Lake sait que son talent est ailleurs.

« Je voulais être un bon coureur, mais j’ai toujours été moyen.

En fait, je suis bien meilleur pour coordonner les courses. »

À présent retraité de son poste de comptable, il organise cinq

courses annuelles en plus des marathons de Barkley, y compris

le Barkley Fall Classic (une sorte de marathons de Barkley pour

débutants) et le Big’s Backyard Ultra, une course d’endurance

pendant laquelle les concurrents doivent réaliser autant de

boucles de 6,7 km que possible, avec des départs à chaque heure

pile. Départ manqué ? Compétition terminée ! En 2017, le vainqueur

a parcouru 456 km.

Si sa vie de coureur est derrière lui, Lazarus Lake n’en

reste pas moins actif. Le lendemain de notre rencontre

à Frozen Head, nous nous retrouvons pour le déjeuner

à Pétaouchnok, sur une aire de repos qui fait aussi office

de bazar et de boutique d’antiquités, et sert le meilleur poulet frit

de la région. Au moins une fois par semaine, Lazarus Lake

marche 16 km pour venir casser la croûte ici, puis il retourne

chez lui, toujours à pied. Une broutille comparé à son épique

randonnée de septembre 2018. Après dix mois de convalescence

dus à une blessure à la cheville, Lake décide de marcher dans

douze États, malgré les mises en garde de son médecin quant à

un dysfonctionnement de son artère fémorale gauche. Sauf que

Lazarus Lake est déterminé à atteindre son but. « Vous vous

demandez peut-être pourquoi on s’inflige ça ? Et pourquoi pas ?

J’ai toujours voulu le faire mais je n’ai jamais eu le temps, avec

la famille, le boulot… Je me suis rendu compte que si je ne me

décidais pas maintenant, je n’en serais bientôt plus capable

physiquement. »

Suivant la route 20 de Newport, Rhode Island, jusqu’à

Newport, Oregon, Lazarus Lake met une semaine de plus que les

120 jours prévus pour terminer ce trek. Il marche 12 à 14 heures

par jour et perd 18 kg. Des inconnus lui proposent souvent de l’accompagner

sur une partie de l’itinéraire. Dans les régions désertiques

de l’est, on s’arrête et on lui donne de l’eau. Il s’émerveille

devant la voûte étoilée visible depuis les plaines du Nebraska.

« Quelle que soit votre condition

physique, vous serez tenté d’abandonner

à un moment ou à un autre. »

John Kelly reprend son souffle après la ligne d’arrivée en 2017. Jusqu’en

2013, il n’avait jamais couru plus de 10 kilomètres...

Il fait un détour par le Wisconsin quand les sentiers rocailleux de

l’Illinois se révèlent trop coriaces pour la randonnée, et se heurte

à un dernier obstacle lorsqu’il découvre que l’Oregon est une zone

durement aride, et non la riche région boisée qu’il imaginait.

Il gravit toutes les montagnes qu’il trouve sur son chemin. Et à

près de 700 km de l’arrivée, il se fracture la hanche. Il aura suffi

d’une contorsion inhabituelle. Considérant qu’il est trop proche

de la fin pour faire marche arrière, il poursuit sa route. « Les deux

premières semaines qui ont suivi mon retour sont très floues. Je

suis resté assis sur ma chaise. Toute ma vie, à l’école et au travail,

j’ai voulu être en extérieur. Et maintenant, c’est l’inverse ! »

Nous réglons et prenons congé sur l’aire de repos. Lazarus

Lake doit rentrer chez lui étudier la pile de candidatures qui s’accumulent

pour les prochains marathons de Barkley. Il ne court

plus, mais ses journées sont toujours aussi remplies, entre la

logistique de tels événements et ses propres pérégrinations. Il ne

ralentira sans doute jamais. « Trop de gens vivent leur vie comme

s’ils voulaient rendre leur équipement en parfait état, s’étonnet-il

en tirant sur une énième cigarette. À ma mort, je veux qu’on

s’exclame : “Mon Dieu, tout est usé jusqu’à la corde” Nous avons

une seule vie. Ce sont toutes les expériences que nous pouvons y

intégrer qui comptent. » Il esquisse un sourire avant de s’engouffrer

brusquement dans sa voiture et disparaître dans les forêts

du Tennessee. Retour à la légende.

barkleymarathons.com

THE RED BULLETIN 71


Impressionnant : Dani

Pedrosa en 2018 sur le

circuit d’Assen (Pays-

Bas). Avec Destination

Red Bull, l’Espagnol sera

l’un de vos coachs.

72


F O R M A T I O N A C C É L É R É E

COACHÉ

PAR DES

PROS

COMMENT

FONT-ILS ?

Pour les motards, les sliders usés

sont la marque du guerrier.

Initiez-vous au virage parfait sous

l’œil avisé des légendes du MotoGP.

Bienvenue à Destination Red Bull.

GETTY IMAGES WERNER JESSNER


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ILS

PROS

COACHÉ

PAR DES

FONT

COMME

ÇA !

Maintenir

la tête droite.

Le genou

extérieur bien

cramponné au

réservoir.

Les avantpieds

calés

sur les

repose-pieds.

Le genou doit toucher le sol

et imprimer aux sliders l’usure

qui les caractérise. Dix clés

pour un virage parfait.

La jambe intérieure

repliée et écartée

vers l’extérieur.

Sete Gibernau,

46 ans, coach

Destination Red

Bull (cf. encadré),

179 courses de

CM à son actif.

1Adoptez et maintenez une conduite

sereine. Tenez le guidon sans vous

raidir et pilotez avec souplesse en

pensant à bien respirer.

2Maintenez la tête droite même

dans un virage serré. La seule

façon d’évaluer le virage avec justesse

est de garder les yeux parallèles au sol.

3Cas d’un virage à gauche, jugé

plus facile par la majorité des

pilotes : avec l’accélérateur à l’extérieur,

la marge pour équilibrer avec le coude

est plus grande.

4En phase de freinage à l’entrée

du virage, seuls les avant-pieds

sont sur les repose-pieds afin d’éviter

tout risque de contact avec le sol et de

rabotage des orteils.

5Après la phase de freinage,

utilisez le poids du corps pour

déplacer le centre de gravité vers

l’intérieur et serrez les genoux sur le

réservoir, le tout dans un mouvement

fluide et sans à-coup.

À force de frotter, le pantalon

aussi y est passé.

Amateur ou pro (comme ici en MotoGP), la technique de base reste la même.

6Pliez la jambe intérieure et

ouvrez-la vers l’extérieur.

Ne pas hésiter au début à exagérer

le geste.

7Creuser légèrement le dos.

Cela permet d’adopter automatiquement

une position basse sur

la moto facilitant le rapprochement

du genou vers le sol.

8À partir de ce point, il ne faut

plus toucher aux freins.

Prendre le virage en ayant la sortie

en ligne de mire – plus ou moins vers

l’avant selon l’instinct.

9Réglez l’inclinaison à l’aide de

l’accélérateur : en réduisant

les gaz, la moto penche vers

l’intérieur. En les ouvrant, elle se

redresse. La pratique permet à la

longue de maîtriser le bon dosage.

Puis arrive le moment où

10 le genou touche terre.

Félicitations, mission accomplie !

Mais restez calme (cf. étape 1). Il faut

encore sortir du virage. Ouvrez les

gaz et laissez la force centrifuge

redresser la bécane. Préparez-vous

à le refaire toute une journée.

GETTY IMAGES TOM MACKINGER

74 THE RED BULLETIN


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Honda a mis fin à sa carrière à l’automne dernier et rejoint

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Bultó a fondé la légendaire marque de

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aux championnats du monde de 1992

à 2006, et en 2009. Faits d’arme :

vice-champion du monde en 2003 et

2004 derrière Valentino Rossi. Après

sa retraite, il intègre le staff de Dani Pedrosa jusqu’à ce

qu’il reprenne du service en 2018 – en MotoE, championnat

du monde de motos électriques.

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MotoGP sur le circuit privé

de Sete Gibernaus avec

Dani Pedrosa.

Copilotage sur une Ducati

biplace.

Le premier jour du

séjour est consacré

au pilotage sur le

circuit privé de Sete

Gibernau, situé à

130 km de Barcelone

dans la région

de Gérone. Le tracé

du circuit est modulable

avec une configuration

qui peut atteindre jusqu’à 1,3 kilomètre comportant

plus de vingt virages, dont beaucoup reproduisent

ceux de circuits MotoGP et de Formule 1 actuels. Le revêtement

en asphalte est spécialement conçu pour offrir

une adhérence maximale.

LE SÉJOUR DESTINATION RED BULL

Red Bull MotoGP Experience du 14 au 16 juin 2019.

Les temps forts :

Offre VIP pour le GP

de Barcelone.

Accès aux stands et à la

Red Bull Energy Station.

Hébergement dans le

superbe hôtel W Barcelona

donnant sur la plage.

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THE RED BULLETIN 75


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guide

au programme

NE MANQUEZ RIEN

Moto, hip-hop, avions

en papier ou clubbing…

ça fera date !

PAGE 82

CLUB DES CINQ

Le Neymar’s Jr Five

revient et transportera

une nouvelle fois ses

finalistes au Brésil.

PAGE 84

FAST PACKING

Comment n’emporter

que le strict minimum,

qu’importe le terrain.

PAGE 88

DIVE.IS

LE GRAND RETOUR

DE LA TECTONIQUE

Pour plonger entre

deux plaques, la nordaméricaine

et l’eurasienne,

c’est uniquement en

Islande que ça se passe.

PAGE 78

THE RED BULLETIN 77


G U I D E

Faire.

Cooper nage entre les plaques tectoniques nord-américaine et eurasienne dans la faille de Silfra (Islande).

FAILLE DE SILFRA

DES PLONGEURS À

CÔTÉ DE LA PLAQUE

L’Islande est le seul endroit au monde où l’on puisse plonger

entre des plaques tectoniques. Tarquin Cooper a enfilé

une combinaison étanche et s’est aventuré dans l’abîme.

Je suis à dix mètres de profondeur.

En suspension entre

deux parois escarpées de

roche volcanique dans un canyon

sous-marin, le long de la ligne

de faille de la dorsale médioatlantique.

Je n’entends que ma

respiration. Dans ma tenue

étanche et pressurisée, je me sens

plus astronaute que plongeur.

Un sentiment renforcé par le bleu

profond de l’eau. Je pourrais être

en train de flotter dans l’espace…

Devant moi, le gouffre se rétrécit

pour faire environ deux mètres.

C’est l’endroit de la plongée où les

Cooper (à droite) et le guide de plongée Enno Ackermann.

78 THE RED BULLETIN


voyage

CONSEILS PRATIQUES

EN TERRE DE FEU

ET DE GLACE

Mangez de la tête de mouton, explorez l’endroit

où Brienne a tué Le Limier, et visitez le

musée des pénis. Et quoi que vous fassiez, ne

traitez jamais un cheval islandais de poney.

Islande

La faille se situe sous le parc de Thingvellir, classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Thingvellir

Reykjavík

En été, les algues

qui poussent dans

la faille de Silfra

donnent à l’eau

une couleur

encore plus vive.

TARQUIN COOPER

Dernières vérifications : les plongeurs se préparent pour l’immersion intercontinentale.

deux plaques continentales sont

les plus rapprochées. Tandis que

je me faufile, je m’arrête pour faire

le pont entre la plaque nord-américaine

d’un côté et la plaque eurasienne

de l’autre, et savoure l’une

des vues les plus époustouflantes

que l’on puisse avoir sous l’eau :

la faille de Silfra.

L’Islande n’est pas la première

destination qui vient à l’esprit pour

la plongée. Elle est célèbre pour

ses sources thermales, sa population

très impliquée dans l’égalité

des droits hommes-femmes et ses

volcans aux noms imprononçables

comme Eyjafjallajökull (dont

l’éruption a semé le chaos dans

le trafic aérien en 2010). Colonisé

par les vikings et dominé par les

« L’eau est si claire

que je vois le bout

du couloir. C’est

magnifique. »

dieux nordiques, le paysage est

sauvage, montagneux et rude.

Et sous l’eau ? À 50 km à l’est de

Reykjavík, dans le parc national de

Thingvellir classé au patrimoine

mondial de l’Unesco, se trouve un

petit chenal de fonte de glaciers

qui débouche sur la faille de Silfra,

une fissure entre les plaques tectoniques

résultant d’une série de

tremblements de terre en 1789.

À FAIRE

MANGER DE LA TÊTE DE MOUTON

Goûtez au kjammi og kók, de la tête de mouton, à la gare

routière de Reykjavík’s BSÍ. À moins que vous ne préfériez

un petit bout de hákarl, ce requin fermenté qui sent bon

l’ammoniac Choisissez de préférence des food halls,

deux fois moins cher qu’au restaurant et terminez

votre repas avec une glace à la réglisse.

DÉCOUVRIR DES LIEUX DE TOURNAGE

Allez voir le site où Le Limier a rencontré son ennemie

jurée, Brienne de Torth. De nombreuses autres scènes de

Game of Thrones ont également été tournées sur l’île.

BLOQUER SUR UN PHALLUS

Le seul musée au monde dédié aux pénis est à Reykjavík !

Jouer au golf sous le soleil de minuit, sur l’un des 65 terrains

sur champ de lave, pourrait être plus séduisant.

À ÉVITER

ACHETER DE L’EAU MINÉRALE EN BOUTEILLE

L’eau du robinet est de l’eau minérale volcanique pure.

TRAITER LES PETITS CHEVAUX DE PONEYS

Vous risquez de vexer vos hôtes islandais. Leurs chevaux

sont célèbres pour leur caractère trempé et leur allure

unique appelé tölt.

ACHETER DES BIÈRES AU SUPERMARCHÉ

Elle sera sans alcool. La bière n’a été légalisée qu’en 1989 –

le 1 er mars, jour où l’on fête le Bjordagur (Jour de la Bière) –

et vous n’en trouverez que dans des magasins gérés par

l’état ou des boutiques hors-taxes.

THE RED BULLETIN 79


G U I D E

Faire.

voyage

LANCEZ-VOUS

EN EAUX GLACIALES

Pratiquer la plongée dans l’eau froide

requiert d’autres aptitudes que dans l’eau

tiède. Pour les débutants, il est important de

savoir se servir d’une combinaison étanche.

LA COMBI ÉTANCHE

Bien plus qu’une couche imperméable, la combinaison

étanche a plus de similarités avec une tenue d’astronaute

qu’avec une combinaison de plongée. De nombreuses

fonctions sont dérivées d’innovations de la NASA.

FERMETURE ÉCLAIR

ÉTANCHE

Développée par la

NASA pour retenir

l’air, elle a des joints

imperméables

des deux côtés

des dents.

« Comme flotter dans l’espace. » Cooper est fasciné par les eaux cristallines de Silfra.

SYSTÈME DE GANTS

AVEC BAGUES

Vous avez sûrement

vu Neil Armstrong

(ou Matt Damon dans

Seul sur Mars) attacher

ses gants à

l’aide d’un système

de bagues autour

des poignets. Les

combinaisons

étanches présentent

aussi cet élément,

utilisé surtout par les

plongeurs spéléo.

CALME SOUS LA PRESSION

COMMENT S’ATTAQUER À UNE PLONGÉE TECTONIQUE

1. Faites le stage PADI Dry

Suit Diver au préalable.

Il dure deux jours.

2. Évitez les poches d’air

dans les bottes en ramenant

les genoux vers le

torse, car cela peut vous

renverser et vous faire

flotter à la surface.

3. Comme le suggère son

nom, la combinaison

étanche vous garde au

SOUPAPE

D’INFLATEUR

Comme les tenues

spatiales, les combis

étanches sont

pressurisées pour

parer l’effet « sous

vide » qui s’accentue

au cours de la descente.

De l’air est

ajouté grâce à l’inflateur

afin de résoudre

le problème.

sec, donc faire pipi

sous l’eau n’est pas une

bonne idée.

4. Préparez-vous au choc

provoqué par l’eau froide

sur votre visage. Respirez,

ne paniquez pas. Ça va

passer.

5. Gardez vos mains aussi

immobiles que possible.

Chaque mouvement accélère

la perte de chaleur.

C’est un miracle géologique et le

seul endroit au monde où l’on peut

plonger entre deux plaques tectoniques.

« C’est l’eau la plus claire

que tu verras de toute ta vie », me

dit Enno Ackermann, le moniteur

de plongée. Elle est aussi sacrément

froide, pas plus de quelques

degrés au dessus de zéro. Quiconque

veut plonger à Silfra doit

donc porter une combinaison

étanche et être détenteur d’un

certificat (que l’on peut acquérir

en un week-end). Sous ma combi,

j’enfile des sous-vêtements thermiques,

des leggins thermiques et

une combinaison en laine polaire.

L’équipe de plongée m’aide à enfiler

la combinaison étanche, vérifie

les joints et ajuste la bouteille d’air.

Avec mes poches pleines de poids,

je porte environ 25 kilos sur moi.

Les 200 mètres qu’il faut marcher

entre le parking et le point d’entrée

me paraissent interminables.

Au bord de l’eau, je mets mes

palmes par-dessus les bottes de ma

combi et crache dans mon masque

pour éviter que de la buée ne se

forme. Puis je mets mon détendeur

dans la bouche, fais les dernières

vérifications et plonge dans le vide.

Ou plutôt coule. Les premières

minutes, j’essaie de trouver une

flottabilité neutre par des exercices

de ventilation – en vain. Lorsque

j’arrive à me détendre et à ouvrir

les yeux, la récompense est immédiate.

L’eau est claire comme de

l’eau minérale – ce qu’elle est effectivement,

filtrée depuis des décennies

par la roche volcanique.

Je m’élance derrière Enno vers

les profondeurs. La faille s’ouvre

sur la « cathédrale », un couloir

étroit, de 100 m de long aux parois

escarpées. La clarté de l’eau me

permet de voir jusqu’à l’autre bout.

Une pure merveille. Des rochers

éparpillés au fond rappellent

d’anciennes ruines. Un éclat de

lumière fait scintiller une truite

arc-en-ciel.

Dans mon excitation, j’ai complètement

occulté la minuscule

fuite dans la bande de caoutchouc

de mon col et par laquelle l’eau

commence à rentrer. C’est désagréable

mais je me dis que je me

réchaufferai plus tard. En sortant

de l’eau, je réalise à quel point j’ai

froid. Enno me demande si je suis

sûr de vouloir retourner encore

une fois dans l’endroit « le plus

génial où j’aie jamais plongé ».

Je réponds par l’affirmative –

en claquant des dents. « Super,

lance-t-il, je vais te chercher

une autre combinaison. »

originaldiving.com

DIVE.IS

80 THE RED BULLETIN


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VOUS

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TRBMAG


G U I D E

Faire.

27

avril

Weather again

En sommeil depuis trois ans, le

Weather Festival se réveille au

printemps. Avec le même ADN.

Les organisateurs l’ont promis,

toujours soucieux d’explorer la

scène française à la recherche

de talents. De 20 heures à

10 heures du matin, la Seine

devient festive avec Oko Dj,

Alva Noto UNIEQAV et Anetha.

Boulogne-Billancourt,

La Seine musicale ;

weatherfestival.fr/2019

27 3

et 28 avril

Salon Moto de

Pecquencourt

Le plus grand salon de la moto

en France célèbre sa 40 e édition

avec des animations inédites.

Les Nordistes vous

préparent une exposition exceptionnelle

de 40 motos GP

en présence de Giacomo Agostini,

légende italienne des

circuits. Côté FMX, vous pourrez

compter sur Tom Pagès.

Pecquencourt ;

mc-pecquencourt.mobi

et 5 mai

Passez à Brest

Red Bull Music consolide sa collaboration

avec Astropolis et se pose trois

jours à Brest où le fameux festival est

né il y a 25 ans. Deux temps forts sont

promis au public breton : le vendredi

3, en mode clubbing-techno, dans les

murs de la mythique salle Vauban et

le dimanche 5, version disco house,

en journée, au grand centre d’art

contemporain brestois, Passerelle.

Une première dans cet espace.

Brest, salle Vauban et Passerelle ;

redbull.com

30

avril

À fond de rap

En vue de la réouverture du Red Bull Music

Studios Paris installé au sein de la Gaîté

Lyrique, le lieu culturel parisien y accueille une

grosse soirée hip-hop. Sont attendus AZF (mix

100 % rap français), le collectif de DJ’s Good

Dirty Sound, Simo Cell en b2b avec Low Jack,

Youv Dee, Ateyaba et Kekra (photo) en live.

L’occasion, aussi, de fêter l’arrivée d’une nouvelle

chaîne YouTube dédiée au hip-hop.

Paris, Gaîté Lyrique ; redbull.com

28

mars au 29 mai

Red Bull

Font&Bleau

Depuis le 28 mars à Evry, et

jusqu’au 29 mai à Nantes, l’édition

2019 propose à tous les candidats

grimpeurs 9 étapes de qualification

dans les centres Block’Out en

France. En jeu, les places pour

participer à la finale nationale le

15 juin à Fontainebleau. Ce jour-là,

39 équipes s’affronteront sur les

rochers du spot bellifontain, l’un

des plus difficiles au monde. Il

s’agira d’être le plus rapide sur

les blocs. Le sprint est lancé.

France ; redbull.com

FIFOU, GUILLAUME PELLION/RED BULL CONTENT POOL, ARMAND LENOIR/THE AGENCY, RICHARD BORD

82 THE RED BULLETIN


avril - juin

29

mai au 2 juin

FISE

Devant des centaines de milliers de

spectateurs, le festival montpelliérain

est l’étape centrale des FISE

World Series, la tournée mondiale

des Action Sports. L’événement est

devenu en vingt ans la plus grande

compétition en la matière en

Europe. BMX, roller, trottinette,

skateboard, mountain bike,

wakeboard ou VTT slopestyle, le

programme promet du spectacle

pendant cinq jours. Les 1 900 riders

pros et amateurs s’affronteront

sur les rives du Lez, territoire

de jeu du festival.

Montpellier, Rives du Lez ; fise.fr

27

7

avril

Red Bull

Paper Wings

Une feuille A4, dix doigts, vous

êtes prêts pour le concours

d’avions en papier qui traverse

trente campus ce printemps.

Trois catégories pour briller :

durée du vol, distance de vol

et voltiges aériennes. Les

soixante qualifiés à la finale

nationale à Paris viseront les

trois places pour la finale

mondiale à Salzbourg en mai.

paperwings.redbull.com

23 24

au 26 mai

Made Festival

Un marathon de musique électronique

s’annonce dans les

quartiers de Rennes : bars,

parcs, salles de concerts, le

son sera partout ! Au programme

des quatre jours,

artistes locaux et mastodontes

house et techno sont attendus.

On y trouvera également le

Red Bull Music Boom Bus

installé au cœur du grand parc

rennais des Gayeulles pendant

les concerts de jour.

Rennes ; made-festival.fr

au 26 mai

NL Contest

Cultures et sports de glisse

urbains sont mis en avant dans

cette 14 e édition du festival

international du Grand Est au

skatepark de la Rotonde de

Strasbourg. Skate, roller, BMX,

escalade mais aussi battles de

break, concerts ou graffiti

composent la programmation

et les compétitions sous toutes

leurs formes. Une série d’expos

photos fera la nouveauté d’un

rendez-vous très populaire.

Strasbourg ; nlcontest.com

au 10 juin

Outdoor Mix

Le lac de Serre-Ponçon (Hautes-Alpes) sert de

cadre à la scène outdoor européenne. Mêlant

sports extrêmes et culture musicale, le festival

version printemps veut attirer le grand public. Plus

de seize disciplines sportives et mille sportifs sont

annoncés (Kayak Freestyle, Longboard Downhill,

BMX Spine et Dirt, MTB, Kitesurf, SUP, Jumpline,

etc). Côté concerts, douze artistes (électro, reggae,

dub, etc) feront vibrer les soirées.

Embrun, Lac de Serre-Ponçon ; outdoormixfestival.com

THE RED BULLETIN 83


G U I D E

Faire.

9 mars au 22 juin

RED BULL NEYMAR JR’S FIVE

Le tournoi de foot à 5 de Neymar Jr est de retour ! Les qualifications ont lieu dans seize

villes françaises. Les gagnants iront au Brésil pour la finale internationale et affronteront

peut-être la star du PSG et ses potes. N’attendez plus, montez votre équipe !

Viser haut ! Finale du

Red Bull Neymar Jr’s

Five à Paris en 2018.

EN ROUTE

POUR LE BRÉSIL

Le concept du Red Bull Neymar Jr’s Five ?

Un tournoi à cinq, sans gardien, où le but

(sic) est d’en marquer le plus possible en dix

minutes. À chaque but marqué, un joueur

de l’équipe adverse est exclu. Du 9 mars au

25 mai, les équipes inscrites pourront participer

aux qualifications nationales un peu

partout en France. Les joueurs doivent être

âgés de 16 à 25 ans et chaque équipe peut

choisir deux vétérans de plus de 25 ans.

Au royaume du Ney

La finale française aura lieu le 22 juin à Paris.

Les deux équipes locales (homme et femme)

qui iront au bout du tournoi gagneront leur

place pour affronter Neymar Jr au Brésil,

lors de la grande finale internationale à

l’Instituto Projeto Neymar Jr à Praia Grande.

Un tournoi mondial

En 2018, plus de 125 000 joueurs de 62 pays

ont participé au tournoi sur les six continents.

C’est la team Caméléons qui est

sortie des qualifications et a représenté la

France. Cette année, plus de 4 000 participants

sont attendus dans l’hexagone. Les

« champions du monde » en titre sont les

Mexicains chez les hommes et les Brésiliennes

chez les femmes. Et si cette année

la France ramenait la coupe à la maison ?

SARAH BASTIN/RED BULL CONTENT POOL, FABIO PIVA/RED BULL CONTENT POOL

84 THE RED BULLETIN


mai-juin

Le 5 féminin en force

Les footballeuses aussi peuvent s’inscrire

au tournoi. Même terrain et même règles

que pour leurs homologues masculins, et à

en juger du bord du terrain, elles mettent

souvent autant d’intensité dans les matches

que les hommes. Si le football féminin est

déjà très populaire au Brésil, la France n’est

pas en reste. Preuve de l’engouement en

plein essor pour le jeu, 32 équipes féminines

soit 224 joueuses étaient inscrites l’an

dernier et la participation à l’édition 2019

s’annonce déjà en hausse. Notez que deux

qualifications 100 % féminines auront lieu à

Lyon le 19 avril et à Paris le 3 mai.

Infos sur redbullneymarjrsfive.com

Pression sur Neymar Jr

chez lui au Brésil lors de

la finale mondiale.

Petit terrain pour grand tournoi

125 000

Vedat Under,

team Caméléons

« MIEUX VAUT

MARQUER LE

PREMIER BUT ! »

Avec sa team Caméléons, Vedat a

gagné le tournoi français en 2018.

joueurs se sont inscrits au tournoi

en 2018 soit environ 18 000 équipes !

Elles étaient 62 à s’affronter lors de la

finale internationale au Brésil sous les

yeux de NeymarJr, ce dernier jouant

avec sa team contre les vainqueurs.

Pour la finale au Brésil l’an dernier,

une équipe a défendu le

drapeau tricolore chez les filles

et les garçons : la team Caméléons.

Vainqueurs des qualifications

françaises, cette bande de

potes brille sur les terrains de

street foot. Son représentant,

Vedat Under, vous prodigue

quelques conseils.

THE RED BULLETIN : Prêts à

défendre votre titre au Red

Bull Neymar’s JR Five 2019 ?

VEDAT UNDER : On va essayer.

Masculin et féminin, on a fait

fort avec le doublé l’an dernier

donc on va essayer de réitérer

ça pour cette nouvelle édition.

Quelles sont les qualités d’un

bon joueur de Five ?

Il faut être technique. Il faut

avoir la dalle, la grinta, ne jamais

rien lâcher. Il faut toujours

vouloir gagner. Comme le

2 joue

terrain est plus petit, il y a plus

de duels donc il faut être présent

et dur sur l’homme. Il y a

beaucoup de contacts.

Quelles sont les clés pour

gagner ce genre de tournoi ?

Il faut être unis et solidaires sur

le terrain. Et tout donner bien

sûr. Il faut des joueurs techniques

mais aussi des joueurs

qui soient là pour « tenir la baraque

», pour défendre. Si l’on

se prend un but, un joueur est

exclu, donc après ça devient

difficile de gagner. Il vaut donc

mieux marquer le premier but.

Les cages sont petites, il faut

être précis, avoir du sang froid.

Le Brésil l’an dernier, en présence

de Neymar Jr, ça devait

être complètement dingue ?

C’était magique. On sait tous

que c’est le pays du foot, mais

c’est encore plus le pays du

mètres : c’est le diamètre de la zone

de but. Ce demi-cercle devant les

cages est une zone spéciale dans laquelle

aucun joueur ne peut pénétrer,

sous peine de se faire sanctionner. On

au Five sans gardien de but.

street foot. Même ici en France

on a grandi avec le « joga bonito

», Ronaldinho… c’était un rêve

d’aller là-bas. On a été super

bien accueilli, tout était très

bien organisé. Le niveau du

tournoi était très élevé avec des

équipes du monde entier. On a

réussi à sortir des poules mais

on a eu la malchance de tomber

sur les Brésiliens et eux, ils ne

rigolent vraiment pas. On n’a

pas réussi à les battre mais

malgré la défaite, on n’en garde

que du positif.

Est-ce que Neymar Jr a joué ?

Oui, contre les vainqueurs !

Quand il est arrivé c’était de la

folie, il a montré tout son talent.

THE RED BULLETIN 85


G U I D E

Voir.

POUR LES

FOUS DE

MOTEURS

Le sport mécanique

donnera de la force à

votre écran ce mois-ci,

avec le meilleur des

épreuves de dirt bike,

du rallye et du Moto-

GP. Accrochez-vous !

REGARDEZ

RED BULL TV

PARTOUT

Red Bull TV est une chaîne de

télévision connectée : où que

vous soyez dans le monde,

vous pouvez avoir accès aux

programmes, en direct ou en

différé. Le plein de contenus

originaux, forts et créatifs.

Vivez l’expérience sur redbull.tv

2juin DIRECT

ERZBERG RODÉO :

RED BULL HARE SCRAMBLE

Une montagne, 15 points de contrôle, 4 heures, 500 concurrents

pour seulement une poignée à l’arrivée. Bienvenue à la 25 e édition du

Red Bull Hare Scramble, la course de Hard Enduro la plus relevée au

monde. Les pilotes enchaînent montées sans fin, descentes redoutables

et des passages rocheux infernaux dans la carrière d’Erzberg

(Autriche). L’Anglais Graham Jarvis parviendra-t-il à s’imposer à nouveau

et à conserver l’unique trophée de la compétition, taillé dans la

roche de l’Erzberg ? Réponse en direct du 30 mai au 2 juin.

Le pilote anglais

Sam Winterburn

attaque la côte du

Red Bull Hare

Scramble de 2017.

31

mai au 2 juin DIRECT

WRC PORTUGAL

Le Rallye du Portugal est l’une des étapes historiques

à la création du Championnat du

Monde WRC en 1973. 2019 marque son retour

dans le circuit. Sébastien Loeb, Ott Tänak et

Sébastien Ogier, tenant du titre depuis six

ans, seront à l’œuvre lors de cette étape élue

à cinq reprises meilleur rallye au monde.

SEBASTIAN MARKO/RED BULL CONTENT POOL, @WORLD/RED BULL CONTENT POOL,

GEPA PICTURES/RED BULL CONTENT POOL, FUTURE7MEDIA/RED BULL CONTENT POOL

86 THE RED BULLETIN


UNE COURSE

SANS FIN

Les autres points forts à suivre

de près en mai…

4 et 5 mai DIRECT

MOTOGP TM , ROOKIES

CUP, JEREZ

Une fois de plus, sur le même week-end que

le MotoGP, Jerez (Espagne) ouvre la saison

de la Red Bull MotoGP Rookies Cup. Depuis

son premier GP en 1987, le circuit n’a cessé

d’être le théâtre de batailles inoubliables.

10 et 12 mai DIRECT

RALLYE DU CHILI

Le WRC au Chili pour la première fois :

l’ajout de cette étape à Concepción fait de

l’édition 2019 la plus longue depuis 2008.

14 mai NOUVEAUTÉ

ÉPISODE FINAL DE

RED BULL MOTO

SPY, SAISON 3

Une incursion dans les coulisses de l’AMA

Supercross 2019, pour découvrir la vie

des concurrents entre deux courses.

18 mai RECAP

DÉBUT DE SAISON

WESS EXTREME XL

À LAGARES

Musique de très haute

qualité et interviews

d’artistes influents.

Restez à l’écoute…

EN DIRECT

DE DETROIT

20

mai

À L’ANTENNE

Chaque année, Detroit,

berceau de la techno,

accueille le festival Movement

(25 au 27 mai), la

plus grande manifestation

de musique électro

en Amérique du Nord.

Red Bull Radio prend l’antenne

le 20 mai, et propose

notamment une

Rendez-vous à Lagares, au Portugal, pour

émission en direct de la

le coup d’envoi de la World Enduro Super

scène Red Bull avec des

Series 2019, une étape très exigeante.

sets de Gucci Mane,

Danny Brown, Disclosure,

18 et 19 mai DIRECT

Madlib ou Marie Davidson.

Le programme alter-

COUP D’ENVOI DES

DRIFT MASTERS

nera house, techno, hiphop,

drum and bass,

Les fans l’attendent depuis longtemps :

l’Europe Drift Pro Series démarre à fond.

5

ghettotech, etc.

25 mai RECAP

WESS TRÈFLE

LOZÉRIEN AMV

À ÉCOUTER SUR

Une épreuve moto d’enduro de vitesse et

d’adresse devenue un grand classique. REDBULLRADIO.COM

TREVOR DERNAI/RED BULL CONTENT POOL, BLAKE JORGENSON/RED BULL CONTENT POOL, LITTLE SHAO/RED BULL CONTENT POOL, MATTHIAS HESCHL FOR WINGS FOR LIFE WORLD RUN

avril - juin

15

avril AVANT-PREMIÈRE

NORTH OF NIGHTFALL

Suivez les vététistes Darren Berrecloth, Carson Storch,

Cam Zink et Tom van Steenbergen en Arctique, dans un

environnement chargé d’histoire, d’une extrême variété

et doté de spots comme jamais ils n’en ont ridés.

26

avril AVANT-PREMIÈRE

STEP OUT

L’étonnante danseuse hip-hop Kyoka – une B-Girl native

d’Osaka (Japon) soutenue par Red Bull – explore les origines

diverses des danses de rue, et s’inspire de chacune

pour créer une performance unique en exclusivité.

mai DIRECT

WINGS FOR LIFE

WORLD RUN

Rejoignez les 100 000 coureurs et athlètes en fauteuil

roulant du monde entier. Les fonds collectés sont reversés

à la recherche sur les lésions de la moelle épinière.

THE RED BULLETIN 87


G U I D E

BOUGEZ

Photos LUKE KIRWAN

LÉGER

Le FASTPACKING associe ultra-trail et sac à dos ultraléger. Si autrefois

les espaces sauvages étaient craints et évités ‒ ou conquis seulement

par les plus téméraires ‒ ils sont aujourd'hui très prisés par les amateurs

de rando et de course à pied. Et d'autant plus accessibles grâce aux

dernières avancées technologiques. Notre sélection de matos vous

aidera à braver les éléments... en toute légèreté.

De haut en bas : NEW BALANCE Summit KOM, newbalance.fr ; ON Cloudventure trail-running, on-running.com

88 THE RED BULLETIN


fastpacking / désert

En 1984, le Français Patrick Bauer affronte seul et à pied le désert du Sahara. Douze jours et 350 km

plus tard, il en ressort enthousiasmé, au point de fonder l’année suivante, le Marathon des Sables,

l’une des courses à pied les plus difficiles au monde. « Les meilleurs marathoniens emportent des vivres

et un équipement qu'ils ont maintes fois testés avant la course », explique l'Américaine Meghan Hicks,

victorieuse de l'édition 2013.

De gauche à droite à partir du haut : veste PEAK PERFORMANCE Raywind J, peakperformance.com ; panneau solaire BIOLITE

SolarPanel 5+, eu.bioliteenergy.com ; visière NEW BALANCE Performance, newbalance.fr ; haut HELLY HANSEN Lifa Active Crew,

hellyhansen.com ; lampe torche rechargeable GOAL ZERO Lighthouse micro USB, goalzero.com ; lunettes de soleil ADIDAS Zonyk

Aero Midcut PR, adidassporteyewear.com ; collant de running PATAGONIA Peak Mission, patagonia.com ; couverture de poche 2.0

MATADOR, matadorup.com ; chaussettes de rando STANCE Thunder Valley, fr.stance.eu.com ; gourde HYDROFLASK 32oz,

hydroflaskfrance.fr ; veste hybride ARC’TERYX Beta SL, arcteryx.com ; short PEAK PERFORMANCE Max, peakperformance.com ;

sac à dos THE NORTH FACE Shadow 30+10, thenorthface.fr

THE RED BULLETIN 89


G U I D E

fastpacking / montagne

En course de montagne, le poids est déterminant. « Il s’agit de limiter le poids tout en ayant suffisamment

à boire », a déclaré l’Espagnol Kílian Jornet, sextuple champion des Skyrunner World Series (et vainqueur

du dernier Glen Coe Skyline) après avoir gravi l’Everest en 26 heures sans oxygène, en 2017. « J’ai pris

deux litres d’eau dont un a gelé. » Le paquetage de Jornet ne dépasse pas 23 kg.

En haut à gauche dans le sens des aiguilles d’une montre : chaussures imperméables KEEN Targhee Lacet, keenfootwear.com ;

chaussures MERRELL MQM Flex Mid Gore-Tex, merrell.com ; chaussures SALOMON X Ultra 3 Mid GTX, salomon.com

90 THE RED BULLETIN


De gauche à droite à partir du haut : sac OSPREY Exos 48, ospreyeurope.com ; bonnet G MAMMUT Tweak, mammut.com ; tente

HEIMPLANET Fistral, heimplanet.com ; navigateur GPS ARMIN eTrex Touch 25, garmin.com ; haut MONTANE Dart, montane.eu ;

gants MAMMUT Astro, mammut.com ; gilet ICEBREAKER MerinoLOFT Hyperia Lite, eu.icebreaker.com ; bâtons BLACK DIAMOND

Distance Carbon FLZ, blackdiamondequipment.com ; lunettes de soleil CÉBÉ Summit, cebe.com ; gourde HYDROFLASK 21oz,

hydroflaskfrance.fr ; trousse de premiers soins LIFESYSTEMS Light and Dry Nano, lifesystemsoutdoor.com ; chaussettes

STANCE Wind Range, fr.stance.eu.com ; réchaud PRIMUS OmniLite Ti, primus.eu ; tasse LIFEVENTURE Titanium, lifeventure.com ;

outil polyvalent FULL WINDSOR The Muncher, full-windsor.com ; pantalon THE NORTH FACE Speedlight, thenorthface.fr ;

boxer HELLY HANSEN Lifa Merino, hellyhansen.com ; lampe frontale BLACK DIAMOND Storm, blackdiamondequipment.com ;

sac de couchage MARMOT Hydrogen, marmot.com ; veste à capuche SALOMON Drifter Mid, salomon.com


G U I D E

fastpacking / neige

De gauche à droite à partir du haut : sous-vêtements thermiques ML ras de cou et caleçon ODLO Futureskin, odlo.com ; bâtons de rando

LEKI Micro Vario Carbon, leki.com ; sac OSPREY Levity 60, ospreyeurope.com ; boxer HELLY HANSEN Lifa Merino Windblock et bonnet

Mountain, hellyhansen.com ; balise GPS SPOT X, findmespot.eu ; piolet BLACK DIAMOND Fuel, eu.blackdiamondequipment.com ;

chaussettes de snowboard STANCE Calamajue All-mountain, stance.eu.com ; lampe frontale rechargeable BIOLITE 330 lumen LED,

eu.bioliteenergy.com ; lunettes de soleil ADIDAS Tycane Pro Outdoor, adidassporteyewear.com ; crème solaire LIFESYSTEMS Mountain

Sun Protection SPF50+, lifesystemsoutdoor.com ; caméra INSTA360 One X, insta360.com ; gilet RAB Microlight, rab.equipment/eu ;

veste à capuche ARC’TERYX Thorium AR, arcteryx.com ; gants BLACK DIAMOND Spark, eu.blackdiamondequipment.com ;

pantalon THE NORTH FACE Summit L5 GTX Pro, thenorthface.fr ; trousse de premiers soins MAMMUT, mammut.com

92 THE RED BULLETIN


À la neige, le fastpacking comporte des avantages mais aussi des inconvénients : si la neige fondue

fournit les besoins en eau, le choix des couches vestimentaires s’avère déterminant. Les organisateurs

du Marathon du Pôle Nord (la température moyenne oscille entre − 25 et − 30 °C) préconisent deux

couches pour les jambes, sans quoi on risque la surchauffe. « La transpiration refroidit le corps et

gèle avec le froid, avec à la clé une possible hypothermie », prévient l’Américain Michael Wardian,

vainqueur de l’épreuve en 2014.

En haut à gauche dans le sens des aiguilles d’un montre : COLUMBIA Canuk Titanium Omni-Heat 3D Outdry, columbia.com ;

THE NORTH FACE Verto S3K II GTX, thenorthface.fr ; MERRELL Thermos Rogue Mid GTX, merrell.com

THE RED BULLETIN 93


fastpacking / forêt

De gauche à droite à partir du haut : veste MONTANE Fleet, montane.co.uk ; short PEAK PERFORMANCE Light Softshell Carbon,

peakperformance.com ; veste MARMOT Bantamweight, marmot.com ; chaussettes STANCE Thunder Valley, stance.eu.com ; lunettes

de soleil SMITH OPTICS Tempo Max, smithoptics.com ; serviette de bain de poche MATADOR NanoDry, matadorup.com ; caleçon

ICEBREAKER Bodyfitzone 150 Zone, eu.icebreaker.com ; pantalon cargo PEAK PERFORMANCE Iconic, peakperformance.com ;

lampe frontale LIFESYSTEMS Intensity 230 LED, lifesystemsoutdoor.com ; sac MARMOT Kompressor Meteor 16, marmot.com ;

bonnet HELLY HANSEN Winter Lifa, hellyhansen.com ; haut à capuche et zip ICEBREAKER Bodyfitzone 260 Zone, icebreaker.com


G U I D E

« La course Jungle Ultra en Amazonie est plus difficile qu’au Sahara », c’est en tout cas ce qu’affirmait

en 2017 l’ultrarunner malaisien Jeff Lau au sujet de la terrible course péruvienne de 230 km. Dans

la jungle, c’est la totale : sentiers escarpés, terrain lourd ou rocailleux, racines d’arbres, rivières

profondes, et insectes à profusion. Et quand il pleut, c’est la boue partout. Imperméabiliser votre

équipement est donc essentiel, sans quoi l’humidité augmentera votre poids.

Du haut à gauche dans le sens des aiguilles d’une montre : COLUMBIA Caldorado III, columbia.com ;

SALOMON Outpath GTX, salomon.com ; KEEN Venture Low WP, keenfootwear.com

THE RED BULLETIN 95


THE RED

BULLETIN

WORLDWIDE

The Red Bulletin

est actuellement

distribué dans sept

pays. L’édition anglaise

met science et ballet à

l’honneur, une constellation

plutôt rare…

Le plein d’histoires

hors du commun sur

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96 THE RED BULLETIN


HORS DU COMMUN

Le 29 mai avec et le 6 juin avec

dans une sélection de points de vente et en abonnement

LITTLE SHAO/BBOY NEGUIN/RED BULL CONTENT POOL


Le plein d’action.

makes you fly

Un plan à trois

De la boue jusqu’aux genoux, des ruelles sinueuses, des cols brumeux… Red Bull Tuk,

c’est le défi ultime des conducteurs de tuk-tuk du Sri Lanka qui rallie les villes de Kaluaggala

et de Galle sur la côte, en passant par les montagnes. Pendant 36 heures non stop, les équipes

de trois hommes s’affrontent sur trois roues lors de la troisième édition de cette course folle.

Le prochain

THE RED BULLETIN

n° 88 disponible

dès le 29 mai

2019

DIMITRI CRUSZ/RED BULL CONTENT POOL DAVID MAYER

98 THE RED BULLETIN


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