Boxoffice n°367 - 15 mai 2019

boxofficepro

N°367 du 15 mai 2019


EN IMAGINANT

UN NOUVEAU MONDE,

IL A CHANGÉ LE NÔTRE.

NICHOLAS

HOULT

LILY

COLLINS

COLM

MEANEY

ET DEREK

JACOBI

FOX SEARCHLIGHT PICTURES PRÉSENTE UNE PRODUCTION CHERNIN ENTERTAINMENT " TOLKIEN " NICHOLAS HOULT LILY COLLINS COLM MEANEY ET DEREK JACOBI

COPRODUCTEURS DAN FINLAY SARADA MCDERMOTT SUPERVISION MUSICALE SARAH BRIDGE MUSIQUE THOMAS NEWMAN MONTAGE HARRI YLÖNEN DÉCORS GRANT MONTGOMERY IMAGE LASSE FRANK, DFF

PRODUIT PAR PETER CHERNIN, p.g.a. JENNO TOPPING, p.g.a. DAVID READY, p.g.a. KRIS THYKIER, p.g.a. SCÉNARIO DAVID GLEESON ET STEPHEN BERESFORD RÉALISATION DOME KARUKOSKI

Bande Originale

#TOLKIENLEFILM

PROPRIÉTÉ DE FOX. UNIQUEMENT À USAGE PROMOTIONNEL. VENTE, DUPLICATION OU TOUT AUTRE UTILISATION SONT INTERDITES.

AU CINÉMA LE 19 JUIN


RICHARD PATRY

ENTRETIEN AVEC

LE PRÉSIDENT DE LA FNCF

RACONTE TON

CANNES

CANNES 2019

VU PAR 5 DISTRIBUTEURS

DEXTER FLETCHER

DE BOHEMIAN RHAPSODY

À ROCKETMAN

IVAN CALBÉRAC

FACE AUX EXPLOITANTS

EXPLOITATION

TOUR D’HORIZON

DU CINÉMA MONDIAL

ÉDITO

Le Routard de l’exploitation,

édition Cannes 2019

Comment y aller ? En train, en avion, en voiture, à

vélo parfois et surtout en yacht.

Où manger ? Où boire un verre ? On ne va pas se le

cacher, on mange mieux quand on est invités, et on

ne prend pas qu’un seul verre.

Où dormir ? Où on peut, pour le temps qu’on

y passe.

Combien de temps y rester ? Très difficile à

évaluer... on est contents d’y aller mais très contents

de rentrer aussi.

Que mettre dans la valise ? Tout ce qui est inutile et

que l’on ne porte jamais dans l’année. Les chaussures

qui font mal.

Que faire ? Le plein de convivialité, de rencontres, de

business cards, de films, d’échanges, de discussions

impromptues en tous genres. Vous n’aurez pas assez

d’une semaine pour faire le tour, il faudra revenir ou

prolonger les discussions sans les palmiers

au téléphone.

Infos utiles internationales ? Tout ce qui est dans ce

Boxoffice. Pour l’international, le tour d’horizon du

cinéma mondial, l’interview de Dexter Fletcher,

réalisateur de Rocketman, l’interview de Phil Clapp.

Infos utiles locales ? Cannes à travers le regard de 5

distributeurs français experts de ladite destination de

ce spécial routard, l’interview de Richard Patry, Ivan

Calbérac face aux exploitants du Sud, l’ouverture de

l’Eden d’Ancenis et du Cosmo de Briançon. Et dans

la famille Kraus, je voudrais le cousin, producteur de

La Belle Époque, présenté hors compétition.

Que visiter dans les environs ? Pas le temps.

Les plages ? Avec du sable non, mais pour les soirées,

jusqu’à 2h.

Marion Delique


SOMMAIRE

© Cannes ©Mathilde Petit FDC

..

ACTUALITÉS

Interview Richard Patry, président de la FNCF 8

ICE Theaters décolle à l’international 10

Cannes vu par cinq distributeurs 12

Interview Dexter Fletcher,

réalisateur de Rocketman 16

Rencontre avec François Kraus,

dirigeant des Films du Kiosque 18

Bilan du CNC 2018 21

Face aux exploitants : Ivan Calbérac,

réalisateur de Venise n’est pas en Italie 22

.

. CHIFFRES

Vertigo, Mapping CineForecast 26

Nukesuite 28

Calendrier 30

Carrière réalisateur, Rob Letterman 32

..

SALLES

12

Interview Phil Clapp,président de l’Union

Internationale des Cinémas 34

Exploitation mondiale

Classement des leaders mondiaux

de l’exploitation 36

Étude des marchés internationaux 38

Focus exploitant

Un nouvel Eden à Ancenis 42

Cosmo ouvre ses portes à Briançon 43

..

PORTRAIT D’EXPLOITANT #10

Yoann Durand, responsable du développement

commercial chez Noé Cinémas 45

..

INSTITUTIONNELS

Nouvelles CDACi/CNACi 46

Agenda de la profession

est une publication de

@BoxofficeFrance

@BoxofficeMagFR

@boxofficemagfr

Boxoffice France

N°ISSN : 2608-8924

Boxoffice est édité par Webedia Movies Pro au Capital de 2 075 620 euros,

c/o Webedia 2, rue Paul Vaillant - Couturier CS60102 - 92532 LEVALLOIS

PERRET CEDEX

Tél 01 85 09 95 87 / E-mail info@ccg.fr – Dépôt Légal à Parution

Directeur de la Publication

Julien Marcel / julien.marcel@webedia-group.com

Rédactrice en Chef Marion Delique / mdelique@boxofficefrance.fr

Rédacteurs Aysegül Algan / aalgan@boxofficefrance.fr,

Cécile Vargoz / cvargoz@boxofficefrance.fr,

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Stagiaire rédaction Thomas Izart thomas.izart@webedia-group.com

Base de données Films guillaume.martin@webedia-group.com

Publicité / Base de données Distributeurs

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Justine Deltombe / justine.deltombe@webedia-group.com

Réalisation Webedia Movies Pro, Maquette / Infographie :

Philippe Cosqueric / pcosqueric@wmp.fr, Charlie Coulot / charlie@ccg.fr

Impression : SOCOSPRINT IMPRIMEURS 36, route d’Archettes 88 000 Epinal

Provenance du papier : Espagne

Taux de fibres recyclées : 0,28 %

Eutrophisation : 0,02 kg/tonne

4


ÉVÈNEMENT

CONVENTION

SONY PICTURES

À CANNES

NOUS SOMMES HEUREUX DE VOUS CONVIER

À LA CONVENTION DE CANNES

LE 21 MAI 2019

CINÉMA LES ARCADES

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AVANT LE 14 MAI


ACTUALITÉS

OPÉ MARKETING

McFly et Carlito vs Canet et Lellouche

WEBEDIA MOVIES PRO

Une directrice business

development France/EMEA

Les Youtubeurs McFly et Carlito ont accueilli Guillaume Canet et Gilles Lellouche à l’occasion de la

sortie de Nous finirons ensemble le 1 er mai (Pathé). Pendant 35 minutes de vidéo, les deux duos s’affrontent

dans le cadre d’un concours d’anecdotes, le but étant de raconter une anecdote vraie ou fausse qui puisse

berner la crédulité de l’autre duo. Une vidéo de promotion qui permet de mettre un coup de projecteur

sur la suite des Petits Mouchoirs de manière originale et ludique. Au terme du concours et malgré la victoire

des comédiens, Guillaume Canet a décidé d’offrir un rôle à McFly et Carlito dans son prochain film.

L'équipe de Webedia Movies Pro est renforcée par l'arrivée

d’Héloïse Reiter. Intégrée aux « International Sales » pilotées

par Stan Ruszkowski et Malcolm MacMillan et basée à

Amsterdam, elle sera en charge du développement commercial

des offres WMP sur la France et la région EMEA (Europe,

Moyen-Orient et Afrique).

Héloïse a débuté son parcours professionnel dans la distribution

en France. Programmatrice GRP chez UGC Distribution

(2007), elle a rejoint Universal (2008-2017) en tant que

programmatrice GRP puis responsable province, avant de

s’installer, pour raisons personnelles, à Amsterdam où elle a

travaillé pour une start-up spécialisée dans la voix-off.

Contact : hreiter@wmp.fr.

— Chewie, on est à la maison !

©Lucasfilms Ltd.

TOURNAGE

Mon cousin de Jan Kounen

à mi-parcours

Un des ultimes échanges entre le duo iconique Han Solo et Chewbacca dans Star Wars

: Le Réveil de la Force de J.J. Abrams (2015). L’interprète du célèbre wookie Peter

Mayhew est allé rejoindre la Force le 30 avril dernier, à l’âge de 74 ans.

La nouvelle comédie du réalisateur, portée par Vincent Lindon

et François Damiens, a commencé son aventure le premier

avril pour une durée de tournage de 9 semaines. Le pitch ?

Pierre (interprété par Lindon), PDG d’une grande marque de

boissons alcoolisées, est lié malgré lui à son cousin Adrien

(François Damiens) qui dispose de parts dans sa société. Alors

qu’Adrien multiplie les gaffes qui portent sérieusement atteinte

à la pérennité de leur entreprise, les événements prennent une

drôle de tournure et propulsent les deux cousins dans une

incroyable aventure. Le tournage se déroule en région parisienne,

en Dordogne et en Gironde, et le film, distribué par Pathé,

est attendu dans les salles pour le 8 avril 2020.

6


CANNES

Le Bateau, rendez-vous à bord

Du 14 au 23 mai, entre deux séances, en journée ou en soirée, loin de la foule et

de la frénésie de la Croisette, le Bateau et ses partenaires ADDE, Benoit Ciné

Distribution, Coca-Cola, Kleslo, Ice Theaters, SET et Webedia Movies Pro vous

attendent sur le yacht “Éclat“, amarré à deux pas du Palais et des marches du festival.

En journée, de 10h30 à 17h, prenez rendez-vous avec les partenaires dans un cadre

de détente entre soleil et brise. En soirée, dans une ambiance plus festive, les hôtes

vous feront vivre une expérience féerique avec une vue imprenable sur le Suquet.

Pour monter à bord, contactez Laurence Lega (info@lebateaucannes.fr)

Accès au bateau sur rendez-vous et invitation exclusivement.

Professionnels du cinéma

nous protégeons vos talents

La protection sociale professionnelle

est une création continue

FESTIVAL DE CANNES

RETROUVEZ-NOUS AU

MARCHÉ DU FILM

STAND 13.10 - 15.03

04 92 99 80 72

Contacts des partenaires présents sur place

ADDE

Marion Rosset - Présidente - 06 27 20 58 18 - marion.rosset@adde.fr

Éric Le Cadre - Directeur commercial - 06 32 86 53 09 - eric.lecadre@adde.fr

Loys Philibert - Directeur technique - 06 11 68 54 24 - loys.philibert@adde.fr

BENOIT CINÉ DISTRIBUTION

Patrice Benoit - Dirigeant - 06 11 80 84 03 - p.benoit@benoitpopcorn.com

Angélique Deurre - Relations commerciales - 06 26 26 19 64 - angelique@benoitpopcorn.com

Vincent Meyer - Directeur - 07 71 15 30 63 - v.meyer@benoitpopcorn.com

COCA-COLA

Julia Duris - Responsable clients nationaux - 06 75 00 95 60 - jduris@ccep.com

Mélinda Kieboom - Responsable marketing - 06 77 76 51 85 - mkieboom@ccep.com

ICE THEATERS

Alexandre Brouillat - Business développement - 06 21 11 15 32 - alexandre.brouillat@icetheaters.com

KLESLO

Alain Ravier - PDG - 06 72 78 82 22 - alain.ravier@kleslo.com

Jimmy Noel - Chargé d'affaires - 06 11 96 60 28 - jimmy.noel@kleslo.com

Laurent Demangeon - Chargé d'affaires - 06 22 68 11 19 - grandsud@kleslo.com

Maxime Romand - Chargé d'affaires - 06 18 93 00 03 - maxime.romand@kleslo.com

SET

Francis Wursthorn - Dirigeant, chargé d’affaires - 06 23 26 63 48 - f.wursthorn@set-sa.com

Thierry Colas - Dirigeant, chargé d’affaires - 06 20 15 06 68 - t.colas@set-sa.com

Christine Lega - Dirigeant, administration - 06 60 25 29 71 - c.lega@set-sa.com

WEBEDIA MOVIES PRO

Julien Marcel - CEO Webedia Movies Pro - julien@webedia.us

Marilyn Iacovissi - Directrice opérationnelle et commerciale - 06 16 29 06 48 - marilyn@wmp.fr

Stéphane Goubault - Responsable commercial digital - 06 10 85 65 24 - sgoubault@wmp.fr

Catia Lopes - Chargée de clientèle billetterie - 06 23 15 43 56 - catia@wmp.fr

Roméo Duchêne - Business development manager EMEA - 07 88 03 63 02 - rduchene@wmp.fr

Marion Delique - Rédactrice en chef Boxoffice France - 06 03 47 34 01 - mdelique@wmp.fr

Retraite complémentaire Agirc - Arrco

Assurance de personnes

Assurance de biens

Accompagnement solidaire et social

Médical et prévention santé

Congés spectacles

Services aux professions

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N°367 du 15 mai 2019 7


INTERVIEW

RICHARD PATRY,

PRÉSIDENT DE LA FNCF

À Cannes, notre fonction est de

lever l’étendard des salles de

cinéma le plus haut possible.

Alors que débute le 72 e Festival de Cannes, Boxoffice évoque

avec Richard Patry les enjeux de la fédération sur la Croisette

sans omettre de balayer les sujets d’actualité et les prochaines

échéances de la FNCF.

©Photo FNCF – Mano

Quelques mois avant le congrès, quels sont les enjeux et les temps

forts cannois pour la FNCF ?

Le Festival de Cannes étant le premier événement mondial du cinéma, c’est

pour nous un enjeu majeur de la promotion des salles. Cela commence avec

la cérémonie et le film d’ouverture retransmis dans plus de 400 salles partout

en France. Je tiens d’ailleurs à remercier Universal qui joue vraiment le jeu

pour permettre à des grandes comme des petites salles de montrer le film en

avant-première. Ensuite, la sélection est riche de grands noms sur lesquels il y

a beaucoup d’espoirs, mais aussi de nouveaux talents qui attisent la curiosité.

Bon nombre de films vont sortir rapidement dans les salles, ce qui va permettre

d’irriguer toute la France avec le Festival pendant les 15 jours et les semaines

suivantes. Cela fait 10 ans que la FNCF est partenaire de l’événement, avec la

volonté d’en faire un moment fort qui montre la proximité des salles et de leur

public. Après, toute la profession est à Cannes ; la FNCF utilise donc ce

moment pour défendre le modèle du cinéma français qui vit par les salles et

le public, au profit du public. Puis la force du festival, c’est que tous les événements

et les rendez-vous sont importants.

D’un point de vue personnel, quel est le moment que vous attendez

particulièrement ?

La présence de Claude Lelouch pour Les plus belles années d’une vie plus de 50

ans après Un homme et une femme a énormément d’importance. C’est particulier

car il est normand, c’est un grand réalisateur, qui a connu échecs et

succès et qui pour moi est un grand mythe vivant du cinéma français. Je trouve

fabuleux qu’il soit capable de créer avec ses acteurs fétiches tout en gardant

une forme de jeunesse dans sa façon de tourner. Mais il me tarde aussi de

découvrir les films des différentes sélections, voir la passion que mettent les

réalisateurs, la vitalité du cinéma.

Pendant le festival, quel est votre rôle auprès des exploitants ?

Notre fonction essentielle reste toujours de lever l’étendard des salles de cinéma

le plus haut possible pendant ces deux semaines. Faire en sorte chaque année

que les exploitants français et étrangers soient bien accueillis et bien traités. Notre

activité principale a toujours été de fournir des places aux exploitants pour voir

les films en compétition, avec une nouvelle fois pas loin de 1 000 invitations qui

seront distribuées par jour. Cette année, pour la première fois, nous testerons la

dématérialisation des places, afin que les exploitants n’aient plus à attendre au

stand de la FNCF mais qu’ils puissent profiter pleinement de la richesse du

festival. Nous espérons ensuite rendre la procédure pérenne pour les prochaines éditions.

Malgré la signature de la chronologie, la nouvelle mouture est déjà

remise au centre des débats, avec notamment le souhait formulé par

Pierre Lescure d’évoquer des fenêtres de diffusion personnalisables.

Quel est votre avis ?

La chronologie, dans sa version signée par la profession il y a quelques mois, me

convient parfaitement ainsi qu’aux autres parties de l’accord. Il n’y a pas de raison

de remettre le sujet sur la table, nous sommes tranquille pour les quatre

prochaines années.

8


Cette année, pour la première fois nous

testerons la dématérialisation des

places, afin que les exploitants n’aient

plus à attendre et puissent profiter

pleinement de la richesse du Festival.

Le CNC a nommé un nouveau directeur général en la personne d’Olivier

Henrard ; quelles nouvelles perspectives dans le dialogue avec le Centre ?

Nous avons rencontré il y a deux semaines Olivier Henrard avec lequel nous

avons eu un dialogue concret, avec une volonté mutuelle d’avancer. Je me félicite

qu’il ait écouté les principales revendications et attentes de l’exploitation, qu’elles

concernent les aides sélectives et automatiques, le cap de l’après VPF, les engagements

de programmation mais aussi la problématique de l’offre de films. Sur

ce point, nous alertons le Centre sur le fait qu’il ne devrait pas être trop nataliste

pour que des projets mieux financés, mieux écrits, mieux produits et qui rémunèrent

mieux leurs auteurs arrivent à trouver leur public. Il y a une catégorie de

films français qui ne trouvent plus leur public car ils sont en concurrence entre

eux. Il y a au contraire une prime à l’originalité, à la nouveauté, qui permettent

à des films d’avoir une vraie légitimité pour le public. Nous ne pointons pas ce

problème de manière négative mais il est important de dire que les choses ont

évolué, que les manières de produire il y a 10 ans ne sont plus forcément d’actualité,

que la consommation n’est plus la même. Et que pour trouver des solutions,

il faut réfléchir de manière unitaire et pas chacun dans son coin.

Vous êtes comme chaque année de toutes les assemblées de syndicats.

Quelles inquiétudes et/ou satisfactions retiennent le plus

votre attention ?

Le début d’année n’est pas tout à fait à la hauteur de nos espérances en termes

de fréquentation. Je comprends qu’un exploitant s’inquiète de subir 12 mois

de baisse de suite. Mais nous regardons avec une grande vigilance les tendances

et travaillons activement pour relancer l’intérêt des salles de cinéma. C’est

essentiel pour nous de se rendre à ces assemblées générales car on y prend le

pouls de l’exploitation, dont les attentes sont différentes en fonction des régions.

Il y a des exploitants inquiets de la réforme du classement Art et Essai. Il sera

d’ailleurs intéressant de faire un bilan du classement lorsque la réforme sera

effective. Sur l’inquiétude concernant l’aide sélective, nous ne lâcherons pas

le CNC. Quand l’offre est là, le public est là.

Où en est la FNCF de l’opération de « dépoussiérage d’image » des

salles de cinéma face aux plateformes qui tentent de les ringardiser ?

Pendant longtemps, nous pensions que toutes les actions de la fédération

étaient connues des exploitants, ce qui s’est avéré ne pas être le cas ; c’est

pourquoi nous avons accru notre communication vis-à-vis des salles. De plus,

face à la puissance des plateformes à ce niveau, nous avons donc décidé de

lancer une grande réflexion sur la communication. Avec comme mot d’ordre

d’insister sur le fait que les salles de cinéma sont modernes et qu’il est plus

sympa d’aller voir un film avec des potes que d’être seul avec sa pizza devant

sa télé. Nous développons donc actuellement une grande campagne de communication

avec l’objectif d’être prêts pour le congrès fin septembre.

LA COMMISSION JEUNES

La verte attitude

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) a sollicité le CNC et la FNCF afin de réaliser une étude sur

les nouvelles pratiques écologiques de salles de cinémas. La Commission Jeunes de la Fédération, qui a intégré l’écologie dans

ses priorités et missions, est impliquée à cette éco-réflexion.

Un groupe de travail de la Commission œuvre ainsi depuis

plusieurs mois sur la rédaction d’un guide de bonnes

pratiques et de recommandations. Ce partenariat avec

l’ADEME vient ainsi étoffer leur réflexion autour d’un

thème intégré à leurs missions depuis 4 ans. « C’est la

première fois qu’un groupe de travail de la commission est

associé à une mission fédérale », se réjouit Blandine Bollier,

présidente de la Commission composée de 24 membres

de moins de 35 ans. « Le but est que les exploitants s’emparent

des résultats de cette étude. Ils auront des points de comparaison

avec d’autres salles sur leur gestion de l'énergie et des déchets,

et seront en mesure de trouver des solutions locales, simples à

mettre en place. »

L’étude sera basée sur les pratiques et consommations d’un

panel de 15 cinémas, proposés par la FNCF et représentatifs

de l’exploitation au travers de 5 critères : la taille de

l'exploitation, le nombre de séances réalisées, les consommables

liés à la projection, l’ancienneté du bâtiment et la

zone géographique. Les résultats devraient être livrés pour

la fin de l’année.

Le groupe de travail écologique de la Commission Jeunes : Nicolas Rabaud (Artec Cinémas),

Morgan Rassinoux (Le Fauteuil rouge - Bressuire), Léa Chauvet (Les Ecrans de Paris), Tristan Bonis

(Les Arts-Montivilliers), Blandine Bollier (Rex - Sarlat) et absente de la photo, Aline Thellier (Kinepolis France).

N°367 du 15 mai 2019

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ACTUALITÉS

Une Sibel soirée

Le Syndicat des Théâtres Cinématographiques

de Franche-Comté a remis, le 30 avril, Les

Toiles d’Or au film Sibel en présence de ses

réalisateurs. Il finance la venue d’intervenants

pour la tournée du film dans les

salles adhérentes.

TECHNOLOGIE IMMERSIVE

ICE Theaters décolle à l’international

Boosté par le partenariat avec Vox Cinemas pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et le

congrès des exploitants américains CinemaCon à Las Vegas, Jocelyn Bouyssy, le directeur général

de CGR Cinémas, annonce le déploiement prochain de 10 salles ICE Theaters au Moyen-Orient

et d’une salle à Los Angeles.

Au cinéma Majestic de Vesoul, suite au 25 e

FICA (Festival International des Cinémas

d'Asie) tenu en février, Jean-Claude Tupin,

président du Syndicat des Théâtres

Cinématographiques de Franche-Comté, a

remis officiellement les Toiles d'or à Çağla

Zencirci et Guillaume Giovanetti, les réalisateurs

de Sibel, sorti chez Pyramide le 6

mars. Créé il y a deux ans, le prix est attribué

par un jury d’exploitants, composé cette

année de Françoise Simon des Trois Républiques

à Champagnole, Aurore Bouglé de l’Espace

Méliès de Lure et Marianne Geslin de la MJC

de Dole, et récompense l'un des films présentés

dans la section avant-premières du festival.

Ces films sont présentés aux exploitants et

professionnels du cinéma au cours d'une

journée de rencontres. Pour Jean-Claude

Tupin, c’est l’occasion « de soutenir la diffusion

d'un film, parfois fragile, dans les salles adhérentes

au Syndicat en organisant une tournée

et surtout en prenant en charge les frais qui

permettent d'accueillir un intervenant ».

Jean-Claude Tupin entouré de Çağla Zencirci

et Guillaume Giovanetti, les réalisateurs de

Sibel. Le prix les Toiles d’or, en forme de

ballon rouge en cristal est réalisé par la plus

vieille verrerie de la Haute-Saône,

La Rochère.

En février, CGR Cinémas dévoilait son partenariat avec

Vox Cinemas, premier opérateur du Moyen-Orient. Dix

salles ICE Theaters sont aujourd’hui prévues dans le contrat.

Les quatre premières seront installées à Dubaï et Abou

Dabi aux Émirats arabes unis et à Riyad et Djeddah en

Arabie Saoudite. Six autres seront annoncées dans la région

prochainement. Suite à l’obtention de la licence d’exploitation

par les autorités locales, Vox a déjà inauguré trois

multiplexes à Riyad et un à Djeddah, depuis le début de

l’année. Le circuit prévoit d’ouvrir plus de 100 salles à

travers le territoire saoudien d’ici la fin 2019 et 600 à

l’horizon 2024.

Suite à la démonstration de la technologie ICE début avril

à Las Vegas, via une expérience VR,

Jocelyn Bouyssy dresse un bilan positif

du CinemaCon, tournant stratégique

pour le développement international

du concept immersif, et annonce que

Los Angeles aura bientôt sa salle ICE

Theaters : « Il y a un avant et un après

Vegas. » Des négociations sont en cours

avec de nombreux pays, et le Festival

de Cannes sera l’occasion d’emmener

plusieurs délégations en démonstration

au CGR Cagnes-sur-Mer. « Aujourd’hui,

le groupe a réussi à sécuriser la proposition

de films et le facteur clé du contenu.

Quasiment tous les distributeurs ont opté

pour la technologie et à l’international,

le concept suscite un fort engouement, les

exploitants rencontrés ont manifesté un enthousiasme significatif

! Nous constatons aujourd’hui que la salle ICE a un avenir

dans le monde entier. Il nous faut dorénavant nous adapter

et nous structurer pour faire face à la demande hors de France »,

confesse Jocelyn Bouyssy.

Ce renforcement a d’ores et déjà commencé avec l’aménagement

d’une salle ICE Theaters au siège social de La

Rochelle. Elle permet ainsi de travailler en grandeur nature

les films dans la technologie d’immersion ICE IMMERSIVE®,

tourner les films promotionnels comme les bande-annonces

immersives ou encore créer les séquences vidéos réalisées

en VR pour le CinemaCon et bientôt pour CineEurope à

Barcelone en juin.

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DISTRIBUTION

CANNES

Cinq distributeurs

en sélections

Ad Vitam, Diaphana, Memento, Le Pacte et Pyramide : habitués de Cannes, tout comme

certains auteurs qu'ils suivent depuis longtemps, ils ont encore cette année plusieurs

films dans les différentes sections du festival. Et pour les cinq distributeurs indépendants

français que nous avons interrogés, Cannes reste, plus qu'un marché,

l'endroit des premières tendances et un lieu de rencontre privilégié.

Si pour eux aussi, Cannes débute par les

journées AFCAE où certains de leurs

films seront montrés aux exploitants Art

et Essai, le festival a déjà commencé

depuis plusieurs mois, dans l’attente

fiévreuse de l’annonce des sélections. Avec

plusieurs films éligibles, chacun commençait

à se positionner dans le calendrier général

des sorties, parfois assuré d’être sélectionné

bien en amont, mais découvrant souvent la

bonne nouvelle en même temps que tout le monde.

« Pour les films français, Thierry Frémaux ne donne sa

réponse à personne avant, sinon tous les producteurs du pays

le harcèlent », note Xavier Hirigoyen, directeur de la distribution

au Pacte. « Ainsi, si nous savions pour le Ken Loach,

nous avons appris la veille au soir de la conférence de presse la

sélection des quatre films français. » Cette confirmation les

heures précédant l’annonce officielle à la presse est la norme

pour l’ensemble des distributeurs. Si certains, à l’image

d’Ad Vitam, concèdent avoir « quelques pressentiments, mais

jusqu’au dernier moment rester prudents », d’autres reconnaissent

que la notoriété d’un auteur permet parfois d’être

mis au courant rapidement : « Pour un film des frères Dardenne,

qui ont déjà eu 2 Palmes d’or, Thierry Frémaux n’attend pas

la dernière minute pour se décider », estime Didier Lacourt,

directeur de la distribution de Diaphana.

Définir un calendrier de sorties

Pour autant, la sélection cannoise est-elle déterminante dans

les choix de la date ? « C’est quand nous avons la confirmation

d’une sélection que nous finalisons la date de sortie d’un film »,

explique Emmélie Grée, responsable de programmation chez

Ad Vitam. Même son de cloche chez Pyramide : « après l’annonce,

nous avons choisi de dater 4 films dans la foulée », raconte Roxane

Arnold, directrice de la distribution. « Perdix le 14 août, Viendra

le feu le 4 septembre, Portrait de la jeune fille en feu le 18, La

Cordillère des songes le 30 octobre, comme les deux précédents

films de Guzmán. Pour Nuestras Madres, film plus inattendu,

nous voulons prendre le temps de bien préparer la sortie, sans doute

pour 2020, de le montrer dans tous les festivals de cinéma latino

de France. » Car évidemment, la médiatisation cannoise n’a

pas le même impact selon les films. Du côté du Pacte, « Sybil

sortira sur 350 copies le 24 mai pendant Cannes, où nous pensons

que le film va plaire. Le précédent film de Justine Triet, Victoria,

ayant rassemblé 700 000 spectateurs à sa sortie et plus de 3 millions

récemment à la télévision, nous souhaitons profiter de cette notoriété.

» Quant à Yves de Benoît Forgeard, qui fait la clôture de

la Quinzaine, c’est une comédie parfaite pour la Fête du

cinéma : « L’histoire d’un frigo intelligent, c’est un peu notre Her

à la française ! » Mais Xavier Hirigoyen ajoute que « pour Les

Misérables, premier long métrage de Ladj Ly, qui est issu du

collectif Kourtrajmé et a tourné dans la cité de Montfermeil où

il a grandi, il ne nous est jamais venu à l’esprit de le sortir au

moment du festival. Ladj Ly n’est pas encore connu et nous prévoyons

une tournée de 50 dates dans toute la France, y compris en banlieue,

pour une sortie entre octobre et novembre ».

Une fille facile

© Julian Torres

Ad Vitam

LE TRAITRE de Marco Bellocchio

Sélection officielle, Compétition / sortie 6/11

ATLANTIQUE de Mati Diop

Sélection officielle, Compétition

ADAM de de Maryam Touzani

Un Certain Regard

ZOMBI CHILD de Bertrand Bonello

Quinzaine des Réalisateurs / sortie 12/06

UNE FILLE FACILE de Rebecca Zlotowski

Quinzaine des Réalisateurs / sortie 28/08

LITIGANTE de Franco Lolli

Semaine de la Critique (film d’ouverture)

12


© Shaynelaverdiere

Matthias et Maxime

Pour Emmélie Grée aussi, « bien sûr l’accueil cannois est

important, mais c’est la particularité du film, le marché et la

disponibilité des équipes pour faire la promo qui sont décisives

pour choisir la date de sortie. Pour Zombi Child, dont nous

ne doutons pas du bon accueil à la Quinzaine, Bertrand Bonello,

mais aussi la production, l’attaché de presse, le marketing étaient

d’accord pour une sortie dans la foulée de Cannes : nous avons

donc confirmé la date du 12 juin. En revanche pour Le Traître

de Bellocchio, film ample que nous avons coproduit, début

novembre est une période parfaite. »

Diaphana sortira le film des frères Dardenne simultanément

à Cannes, « comme nous l’avions fait pour Le Gamin au vélo

et Deux jours, une nuit, ce qui avait bien fonctionné ». Didier

Lacourt ajoute que « pour Le Daim, nous avons hésité à sortir

dès l’ouverture de la Quinzaine, mais beaucoup de films sortent

déjà pendant le festival. Et en juin, Jean Dujardin sera disponible

pour faire une petite tournée province, avec Quentin

Dupieux, qui a beaucoup aimé en faire pour Au poste ! ». Chez

Memento, pas de sortie pendant Cannes mais viendra

rapidement La Femme de mon frère pendant la Fête du cinéma

début juillet. « Sur cette période, le public cinéphile a envie de

se divertir avec des comédies sentimentales, pétillantes », avance

Franck Salaün, directeur de la programmation, tandis que

pour Le Lac aux oies sauvages, « ovni mélangeant les genres,

nous hésitons à en faire un objet rare ou plus accessible. La sortie

en août sera fonction de l’accueil de l’œuvre en Chine, où Diao

Yi'nan est une star ». Film d’ouverture des journées AFCAE,

Diaphana

LE JEUNE AHMED de Jean-Pierre et Luc Dardenne

Sélection officielle, Compétition / sortie 22/05

MATTHIAS ET MAXIME de Xavier Dolan

Sélection officielle, Compétition

LES SIFFLEURS de Corneliu Porumboiu

Sélection officielle, Compétition

LE DAIM de Quentin Dupieux

Quinzaine des Réalisateurs (film d’ouverture) / sortie 19/06

Les Hirondelles de Kaboul profitera de plusieurs festivals

estivaux pour accompagner sa sortie le 4 septembre. Pour

leur première collaboration, le distributeur tente une sortie

le 30 octobre sur 150-200 copies pour le nouveau Honoré,

Chambre 212. « Nous le sortons sur un marché important avec

l’ambition d’être le film d’auteur français de la Toussaint, où

il y a peu de films de ce type. »

Un marché sur l’avenir

Être à Cannes booste-t-il forcément la carrière d’un film ? Il

est évident qu’une Palme d’or change la vie d’un Oncle

Boonmee d’Apichatpong Weerasethakul ou plus récemment

d’Une affaire de famille, qui a cumulé plus de 770 000 entrées,

soit le meilleur résultat tricolore pour Kore-Eda. En 2014,

Winter Sleep avait également bénéficié de l’effet Palme pour

atteindre les 360 000 entrées, soit le double des estimations.

Pour son distributeur Memento, « si le festival est un accélérateur,

il est essentiel que les films soient à la bonne place, dans

les bonnes sélections ». Du côté de Pyramide, « Cannes crée

toujours un buzz, positif ou négatif, et donne une première

tendance qui est précieuse pour nous. Mais chaque film a sa vie,

qui dépend de son profil ». Être sélectionné n’est donc pas une

fin en soi, mais « récompense les choix que nous avions fait en

amont sur des projets achetés sur scénario », ajoute Roxane

Arnold. Côté acquisitions, la sélection offre peu d’opportunités

aux distributeurs, les films étant en général déjà achetés.

« Nous nous concentrons davantage sur le marché, les rencontres

©Les Armateurs

Les Hirondelles de Kaboul

Memento

LA FEMME DE MON FRÈRE de Monia Chokri

Sélection officielle, Un Certain Regard (ouverture) / sortie 26/06

LES HIRONDELLES DE KABOUL de Zabou Breitman et

Eléa Gobbé-Mévellec

Sélection officielle, Un Certain Regard / sortie 4/09

CHAMBRE 212 de Christophe Honoré

Sélection officielle, Un Certain Regard / sortie 30/10

LE LAC AUX OIES SAUVAGES de Diao Yi'nan

Sélection officielle, compétition

N°367 du 15 mai 2019

13


DISTRIBUTION

© Ecce Films 2019

Yves

Le Pacte

SIBYL de Justine Triet

Sélection officielle, Compétition / sortie 24/05

LES MISÉRABLES de Ladj Ly

Sélection officielle, Compétition

ROUBAIX, UNE LUMIÈRE de Arnaud Desplechin

Sélection officielle, Compétition

SORRY, WE MISSED YOU de Ken Loach

Sélection officielle, Compétition

IT MUST BE HEAVEN de Elia Suleiman

Sélection officielle, Compétition

LES HÉROS NE MEURENT JAMAIS de Aude Léa Rapin

Semaine de la Critique (séance spéciale)

YVES de Benoit Forgeard

Quinzaine des Réalisateurs (film de clôture) / sortie 26/06

avec producteurs et réalisateurs et les lectures de scénario »,

indique Emmélie Grée. Pour Didier Lacourt, s’il reste

encore possible de découvrir des premiers films dans les

différentes sections, « ceux qui sont montrés au marché,

globalement, ne correspondent pas trop à la ligne éditoriale

de Diaphana. Le marché d’auteur, pour nous, est plus à Toronto

ou à Berlin ». Réputé pour distribuer beaucoup de titres

étrangers, Memento enchaîne ainsi beaucoup de rencontres

avec des producteurs venus du monde entier et très présents

sur la Croisette. « Ces moments débouchent souvent sur des

surprises et chaque année nous découvrons un projet. De toute

façon, à Cannes, il faut avoir les yeux ouverts », note Franck

Salaün. Car il reste en effet des surprises, comme a pu en

avoir Pyramide : « L’année dernière nous avions acheté Sauvage

juste avant Cannes, un des rares projets français qui s’était

monté sans distributeur. Et il y a bien sûr la grande histoire

d’Oncle Boonmee en 2010, que nous avons acquis quelques

heures avant le palmarès, ce qui est rarissime aujourd’hui. »

Idem pour Le Pacte, dont les rendez-vous avec des producteurs

à Cannes permettent de signer des films sur scénario,

« comme c’est le cas pour 95 % de nos acquisitions ».

Rendez-vous de l’année avec les exploitants

Pour chacun des distributeurs français, Cannes est bien le

moment de l’année où l’on rencontre, physiquement, le

maximum de gens en peu de temps, dont bien sûr les

exploitants. Les journées AFCAE, où la plupart d’entre

eux montreront des films, sont une bonne occasion, « avant

que la folie démarre », souligne Didier Lacourt. Du côté

d’Ad Vitam, on pourra cette année faire la connaissance

de Mathilde Declercq, arrivée courant janvier pour remplacer

Emeric Sallon. Il y a bien sûr les apéros exploitants, dont

celui du Pacte, « grand moment cannois où se croisent près de

500 personnes. Il aura lieu cette année le samedi 18 mai vers

19h », annonce Xavier Hirigoyen. Mais enfin et surtout,

les rencontres « dans les files d’attente et les salles où l’on n’est

ni distributeur ni exploitant, mais spectateurs qui apprenons

à se connaître », ajoute Roxane Arnold, comme Franck

Salaün pour qui « c’est l’occasion de parler des films, de redevenir

cinéphile ». Bref, de vivre un grand moment de cinéma…

dans les salles !

Pyramide

PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU

de Céline Sciamma

Sélection officielle, Compétition / sortie 18/09

LA CORDILLÈRE DES SONGES

de Patricio Guzmán

Sélection officielle, séance spéciale / sortie 30/10

VIENDRA LE FEU d’Oliver Laxe

Sélection officielle, Un Certain Regard /

sortie 4/09

PERDRIX d’Erwan Le Duc

Quinzaine des Réalisateurs / sortie 14/08

NUESTRAS MADRES

de César Díaz

Semaine de la Critique

©Pyramide Films

Perdrix

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INTERVIEW

DEXTER FLETCHER

J’espère que le succès de

Bohemian Rhapsody donnera envie

aux gens d’aller voir Rocketman.

Photo by Gavin Bond Paramount Pictures

Après une longue carrière d’acteur

débutée à l’âge de 9 ans dans le

Bugsy Malone d’Alan Parker, le Britannique

Dexter Fletcher est à son tour passé

derrière la caméra en signant en 2011

Wild Bill, l’histoire d’un père ex-taulard.

Son premier film sorti en France, Eddie

the Eagle (2015), met en scène Taron

Egerton et Hugh Jackman dans l’histoire

vraie d’un skieur olympique amateur.

Depuis, le cinéaste a fait du chemin :

bien qu’il n’aie pas été crédité au générique,

il a remplacé au pied levé Bryan

Singer sur le tournage de Bohemian

Rhapsody, après que le réalisateur a été

renvoyé suite à des accusations de viol.

Le film a dépassé le milliard de dollars

de recettes au box-office mondial et

glané quelques statuettes au passage.

À l’occasion du CinemaCon de Las Vegas, Boxoffice a rencontré Dexter Fletcher, réalisateur de

Rocketman (29 mai, Paramount), biopic musical et fantasmagorique sur la légende Elton John

présenté hors compétition au Festival de Cannes. Le réalisateur de l’ombre de Bohemian

Rhapsody est en passe d’entrer dans la lumière.

En collaboration avec Boxoffice US

Quelques mois après la sortie de Bohemian Rhapsody,

le public s’apprête à découvrir Rocketman… Quel

enchaînement !

C’est une drôle d’histoire, pas vrai ? J’étais déjà lié au projet

Bohemian Rhapsody quand le film était encore chez Sony, en

2016, peut-être 2015. À l’époque, ma vision du film ne

correspondait pas vraiment à l’idée qu’ils en avaient. Je voulais

faire quelque chose de plus provocant. Ensuite, j’ai commencé

à travailler sur Rocketman. Quand Paramount et le producteur

Matthew Vaughn [également réalisateur de Kingsman,

NDLR] m’ont dit qu’ils voulaient un musical “rated R”, je

savais que j’étais au bon endroit ; c’est exactement ce que je

voulais faire avec Bohemian Rhapsody. J’ai donc saisi ma

chance et pu exprimer toute l’ambition et la ferveur que

j’avais pour Bohemian Rhapsody. Quand le tournage a connu

des problèmes, la Fox, qui avait récupéré le film et avec qui

j’avais travaillé sur Eddie the Eagle, a pensé à moi. J’étais alors

en pré-production de Rocketman. C’est l’un de ces hasards

de la vie, quand le destin nous met au bon endroit au

bon moment.

16


Contrairement à Bohemian Rhapsody, Rocketman est un vrai musical,

ponctué de séquences fantastiques retraçant l’ascension fulgurante du

jeune Londonien Reginald Dwight, depuis la création de son personnage

de scène flamboyant à son coming out, en passant par ses combats contre

la boulimie et la cocaïne.

En faisant des biopics, j’ai appris l’importance de la licence poétique. Elle est indispensable

pour raconter une histoire et insuffler une dynamique et une fantaisie qui

embarquent le spectateur. Dans Rocketman, Elton John s’appuie sur sa mémoire, qui

est par essence faillible. C’est un formidable ressort de narration et une matière très

excitante à travailler en tant que réalisateur : les souvenirs du personnage ne sont pas

fiables mais confus, en raison des abus de drogues. On ne regarde pas le film depuis

©2018 Paramount Pictures. All Rights Reserved. David Appleby

ses tout débuts. Mais quelque chose de spécial s’est passé avec Bohemian Rhapsody,

bien au-delà des critiques, plutôt mitigées, mais auprès du public, qui a tout renversé

sur son passage. Les gens ont adoré, sont retournés le voir plusieurs fois. J’espère que

le succès de Bohemian Rhapsody leur donnera envie d’aller voir Rocketman. Comparaison

n’est cependant pas raison. Rocketman est une expérience très différente, il s’agit d’une

vraie comédie musicale. Mon postulat de départ était le suivant : si l’on voyait ce

spectacle sur une scène, tout le monde chanterait. Si nous voulons faire une comédie

musicale, tout le monde doit donc chanter. Et tout le monde a son moment : Taron

Egerton est un chanteur remarquable ; Jamie Bell, qui joue son parolier historique

Bernie Taupin, ne savait pas s’il en était capable mais a chanté merveilleusement

Goodbye Yellow Brick Road. Richard Madden n’avait jamais chanté auparavant. Si

l’on pouvait en un claquement de doigts transférer le film sur une scène, nous assisterions

à un vrai spectacle musical.

Quelle est l’importance de voir Rocketman au cinéma ?

C’est capital ! J’imagine que tout le monde vous répète la même chose, mais c’est

vrai. Il n’y a rien de mieux que de la musique et des images dans une pièce plongée

dans le noir, où tout un groupe de personnes est assis et partage la même expérience.

Particulièrement les comédies musicales, qui transcendent les genres. Nous sommes

encore davantage dans le moment, dans le spectacle et l’évasion, grâce à des chansons

intemporelles. C’est aussi vieux que le cinéma : un piano, une projection, de la

musique et des images réunies. C’est très agréable d’être dans son propre salon, mais

c’est encore mieux de sortir et de partager cela. Ce sera toujours là, car les adolescents

auront toujours besoin d’un endroit où se faire des câlins. Chez eux, c’est impossible.

Enfin, c’est ma théorie.

Plus de quarante ans après vos débuts, quel regard portez-vous sur votre

carrière ?

Je suis satisfait d’être arrivé là où j’en suis. J’ai le sentiment que toutes les étapes de

ma carrière m’ont conduit à ce moment, d’une manière ou d’une autre. C’est un

sentiment très agréable, car je sais que quelle que soit la carrière du film, j’en suis fier

et j’ai donné tout ce que j’avais pour y arriver, depuis mes débuts à 9 ans auprès

d’Alan Parker, puis mon travail avec Derek Jarman, David Lynch, Stephen Frears,

Ken Russell, Hugh Hudson, David Puttnam, John Hurt, Bob Hoskins, Alan

Rickman… J’ai besoin de faire le point, car à l’époque, je n’en ai pas profité autant

que j’aurais pu. Ce n’est que maintenant, avec une certaine sagesse rétrospective, que

je peux dire que c’est une partie de ce que je suis, de mon héritage. J’ai été chanceux

de rencontrer des personnes qui ont été de grandes influences et qui m’ont tant

donné. Ce que j’ai le plus appris de toutes ces rencontres et que j’ai aussi vu en Elton

John, c’est cette capacité à reconnaître le talent chez les autres. Je l’ai appliqué à Taron

en me demandant comment l’aider, comment l’amener à donner le meilleur de soi.

C’est l’une des meilleures expériences qui soient et j’essaie de l’appliquer à tous ceux

avec qui je travaille. J’ai beaucoup de chance.

l’extérieur, on est avec Elton dans son histoire, avec toutes les fissures et les oublis

que cela implique. Il était à la production déléguée et son mari David Furnish à la

production, et le scénariste Lee Hall (Billy Elliot) et moi-même avons eu toute latitude

pour plonger dans les heures les plus sombres de sa vie. Il n’a jamais tenté de se

dérober ou de cacher des éléments ; il voulait que l’on raconte les choses telles qu’elles

étaient. Si nous n’avions pas été honnêtes, les spectateurs auraient vu le film comme

une hagiographie complaisante et superficielle. Nous racontons l’histoire d’un

survivant, d’un homme qui a combattu ses démons. C’est une histoire universelle à

laquelle chacun peut s’identifier.

Après le succès extraordinaire de Bohemian Rhapsody, comment avez-vous

réagi à votre absence de crédit en tant que réalisateur ?

J’ai été crédité pour mon travail de production, ce que j’ai apprécié. Rami Malek

m’a également salué dans son discours aux BAFTA. Je n’ai pas accepté de rejoindre

l’aventure pour avoir un crédit, j’étais fier d’en faire partie. Je suis si heureux pour

Rami, pour Queen, pour la Fox et tous ceux qui ont contribué au film. Bien sûr,

j’espère que Rocketman connaîtra un succès similaire, car je porte ce projet depuis

©2018 - Paramount Pictures

N°367 du 15 mai 2019

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PRODUCTION

FRANÇOIS KRAUS,

PRODUCTEUR AUX FILMS DU KIOSQUE

La sélection hors compétition de La Belle

Époque est celle dont on rêvait depuis le début.

Sur le plateau de La Belle Époque, en train de regarder les rushes sur un portable…

Depuis le début des années 2000, le fondateur et

dirigeant des Films du Kiosque porte haut les couleurs

de la production indépendante. Alors qu’il s’apprête

à vivre le frisson cannois avec la présentation hors

compétition de La Belle Époque, sa deuxième collaboration

avec Nicolas Bedos, il partage ses réflexions

sur son métier, ses évolutions, et les liens indéfectibles

entre production et exploitation.

© 2019 Julien Panie-Les Films du Kiosque

Qu’est-ce qui vous a poussé vers le chemin de la

production ?

Sincèrement la cinéphilie, obsessionnelle, qui m’a pris assez

jeune et qui ne m’a heureusement jamais lâché. Ma chance

a été de comprendre très tôt que je n’étais pas un scénariste,

ni un acteur, ni un réalisateur, mais que je voulais travailler

à leurs côtés. Je ne connaissais personne dans le secteur,

mais ai découvert dans les livres de cinéma cette fonction

incontournable de producteur et sa proximité avec les

cinéastes. Je me suis donc retrouvé à produire un premier

court métrage à 20 ans, sans rien savoir du métier, à ne

faire que des conneries... mais j’ai compris que ma place

était bien là. Plus tard, j’ai eu la chance d'intégrer la Fémis

en production, et créé à ma sortie Les Films du Kiosque,

il y a 24 ans. Avec mon associé Denis Pineau-Valencienne,

nous avons produit d’abord une trentaine de courts métrages,

puis une trentaine de longs métrages, dont quasiment la

moitié de premiers films qui sont notre marque de fabrique

(ceux de François Favrat, Thierry Klifa, Maïwenn, Igor

Gotesman, Nicolas Bedos…) et aussi deux séries.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

La multiplicité des fonctions. Celle d’éditeur quand on

développe et qu’on accompagne l’écriture des scénarios,

puis celle de vendeur quand on présente le film aux partenaires

et au marché, et enfin celle de thérapeute, de coach

ou de veilleur de nuit quand on fabrique. Aussi, il faut être

à l’aise avec les chiffres en amont et avec le marketing quand

on prépare la sortie du film. Surtout, il faut écouter, rassurer

ou convaincre tout le temps, même quand on est soi-même

sûr de rien et anxieux ! Ce n’est pas simple. Et même si on

ne peut pas être excellent partout, on ne peut se permettre

d’être médiocre dans aucun de ces domaines non plus, sans

risquer de le payer cash.

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

Pardonnez-moi

de Maïwenn.

L’Ennemi intime

de Florent-Emilio Siri.

Le Bal des actrices

de Maïwenn.

Ces amours-là

de Claude Lelouch.

Les Beaux Jours

de Marion Vernoux.

18


© Paul Bel

Autre production des Films du

Kiosque, à la fois téméraire et

chavirante, Les Chatouilles d’Andréa

Bescond et Éric Métayer(sorti le 14

novembre 2018 par Orange Studios/

UGC Distribution) a réalisé

383 736 entrées.

Comment définiriez-vous la ligne éditoriale des Films

du Kiosque ?

On aime produire ce qu’on appelle maintenant les films du

milieu… Ce n’est pas une expression très jolie, au fond non ?

Il s’agit d’une proposition singulière, menée par un auteurréalisateur

(qui écrit ou coécrit son scénario), et populaire à la

fois, au sens d’une rencontre probable avec un public, autre

que confidentiel. On aime donc les drames, les mélos, les

comédies… les films contemporains qui parlent de notre

époque, avec un beau casting. Mais je pense que l'on se définit

davantage dans ce que l’on n’a pas envie de produire : jamais

de polar, de thriller ou de film de genre chez nous. Ce n’est

pas notre cinéma, ni notre référentiel de cinéphile. Mais de

La Tête haute en passant par Les Chatouilles, de Five à Monsieur

et Madame Adelman, notre champ de sujets et de tons reste vaste…

Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ? Et, au vu des

films sur lesquels vous avez travaillé, ressentez-vous

la difficulté de monter ces films du milieu ?

On a toujours su garder la tête sur les épaules : un à deux films

par an en moyenne, parfois trois mais jamais plus, et pas trop

de projets en développement non plus. Rares sont nos projets

qui n’ont pas abouti. On tient bon depuis près de 25 ans, grâce

à des budgets décents, des frais généraux raisonnables et

contrôlés. Nous ne sommes que six permanents en tout !

Ce qui change à la baisse depuis un ou deux ans, c’est le

montant des investissement des chaînes et des MG des mandataires,

avec des coûts qui augmentent. Le grand écart pour

boucler est impossible sans nos propres apports. Dorénavant,

nous risquons nos fonds propres sur chaque projet.

Les séries d’auteur que l’on produit, comme dernièrement

Family Business d’Igor Gotesman (bientôt sur Netflix), sont

une nouvelle source de revenus, un vrai bol d'air. Nous aimerions

en produire une par an, de manière artisanale, sans créer

de filiale ou autre. En restant très proches de l’écriture et de

la fabrication, comme avec le cinéma.

Comment s’est passée votre rencontre avec Nicolas

Bedos et le passage de son premier à ce second long

métrage ? Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce nouveau

projet ?

Nous sommes amis dans la vie depuis des années. Je crois en

lui depuis si longtemps… J’avais signé un tout premier contrat

d’auteur avec lui en 2006 ! Cela n’a rien donné au final. Mais

je lui tournais autour bien avant qu’il ne sorte des livres, avant

qu’il devienne l’homme de théâtre et de télévision qu’il est

devenu par la suite. Monsieur et Madame Adelman l’a définitivement

installé comme cinéaste. Tous ceux qui l’ont vu en

étaient convaincus. Après les nominations aux César, et le

succès critique, il ne fallait pas décevoir avec le deuxième. Je

pensais qu’il prendrait plus de temps. Début novembre 2017,

il nous a dit que le projet était bientôt prêt. Il nous l’a raconté

au restaurant pendant 4 heures. Nous étions fascinés par

l’ambition du projet. La semaine d’après, la première version

du scénario était prête. Nous l’avons tourné 9 mois plus tard.

Au final, ce film, c’est tout ce qu’on aime : drôle et “high

concept”, et surtout terriblement romanesque. Un tourbillon

permanent qui rend hommage à la mise en scène, avec des

acteurs génialement dirigés. Bref, vous l’avez compris, on est

totalement fans.

Les Films du Kiosque

en 10 films

2006 Pardonnez-moi de Maïwenn

2007 L’Ennemi intime de Florent-Emilio Siri

2009 Le Bal des actrices de Maïwenn

2010 Ces amours-là de Claude Lelouch

2013 Les Beaux Jours de Marion Vernoux

2014 Qu’Allah bénisse la France

d’Abd Al Malik

2015 La Tête haute d’Emmanuelle Bercot

2016 Five d’Igor Gotesman

2017 Monsieur & Madame Adelman

de Nicolas Bedos

2018 Bonhomme de Marion Vernoux

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

© Les Films du kiosque

Qu’Allah bénisse la France

d’Abd Al Malik.

La Tête haute

d’Emmanuelle Bercot.

Five

d’Igor Gotesman.

Monsieur & Madame Adelman

de Nicolas Bedos.

Bonhomme

de Marion Vernoux.

N°367 du 15 mai 2019 19


PRODUCTION

© Pathé

La Belle Époque, présenté en

Sélection officielle hors compétition

à Cannes, sera distribué le 6

novembre 2019 par Pathé.

Vous avez produit des films primés en festivals, nommés

ou césarisés. Y a-t-il un frisson particulier à faire

partie d’une sélection cannoise ? Et un impact notable

sur sa carrière en salle ?

L’ouverture du festival avec La Tête haute en 2015, puis Les

Chatouilles l’année dernière à Un Certain Regard… À chaque

fois, Cannes a été totalement magique pour nous, avec des

souvenirs merveilleux sur le plan personnel et inégalables pour

les affaires tant pour la notoriété du film et par conséquent

du cinéaste que pour sa sortie en salles et pour les ventes

internationales. Sans Cannes, ces deux films auraient fait

beaucoup moins d’entrées à l’arrivée.

La place en Sélection officielle hors compétition de La Belle

Époque est celle dont on rêvait depuis le début. Mais on osait

pas trop en parler entre nous, il fallait faire le film et le réussir

avant toute chose. Et plus les rushes arrivaient, plus je comprenais

qu’on tenait là quelque chose d’exceptionnel… Et on y

est. C’est magique. Quand Thierry Frémaux m’a téléphoné

pour me le proposer, j’étais sans voix, tellement heureux. Tout

est allé si vite.

Plus de 60 premiers films par an, oui et

alors ? Que veut-on ? Continuer à être le

cinéma français envié par le monde

entier ? Ou ressembler à d’autres pays

européens où le cinéma local est sinistré ?

Bien que l’ensemble des professionnels du secteur

se réjouisse de la vitalité et de la diversité du cinéma

français, dans un contexte de tensions en matière de

programmation, on peut entendre certains exploitants

remettre en cause le nombre “trop élevé” de

films. Quel est votre ressenti de la situation en tant

que producteur ?

Je ne crois pas qu’il y a un nombre trop élevé de films. En gros,

sur les 220 films d’initiative française produits, 60 sont à moins

d’un million d’euros de budget et sortent dans moins de 5

salles. Et ceux-là n'encombrent pas le marché. En réalité, le

nombre de 160 films produits par an est stable et s’inscrit dans

une véritable exploitation marchande avec une combinaison

significative de salles. Ce sont les films préachetés en premium

par le groupe Canal+ ou OCS. En réalité, trois nouveaux films

français sont en moyenne visibles chaque semaine dans les

salles… et dans des genres et des budgets différents : c’est notre

diversité, où est le problème ? Plus de 60 premiers films par

an, oui et alors ? Que veut-on ? Continuer à être le cinéma

français dont le système est envié par tous les cinéastes du

monde entier ? Ou ressembler à d’autres pays européens où le

cinéma local est sinistré ?

Estimez-vous que les films que vous avez produits ont

été suffisamment exposés en salles ?

Oui, globalement, les distributeurs avec qui on a travaillé ont

toujours su trouver la bonne combinaison en fonction du

potentiel du film.

Quelle relation entretenez-vous avec l’exploitation ?

Il y en a un que j’aime particulièrement : René Kraus, mon

cousin, le patron du deuxième plus gros multiplexe indépendant

: Le Capitole Studios au Pontet. On vient d’une famille

assez dispersée, et on est très différents : il est du Sud, je suis

Parisien, il est exploitant, je suis producteur. Mais on parle le

même langage au fond : c’est un immense cinéphile. Il est

rentré en coproduction avec nous sur La Belle Époque et il vit

l’aventure de très près, depuis le tout début, avec un immense

plaisir et une belle curiosité en découvrant l’autre versant du

métier. Nos échanges sont formidables, et très enrichissants

l’un pour l’autre, car on travaille dans le même secteur, mais

on ne vit pas dans le “même monde”. Hâte de projeter le film

lors d’une première dans son beau multiplexe !

Beaucoup de films que vous avez produits sont sortis à

la fois dans des salles Art et Essai et d’autres dites plus

commerciales. Faites-vous une différence ?

C’est exactement là où notre ligne éditoriale se situe : entre le

commercial et l’Art et Essai, entre le singulier et le grand public.

La Belle Époque est de ceux-là, vous verrez !

20


INSTITUTIONNEL

BILAN DU CNC

2018 : la vitalité du cinéma français

se maintient

Un public fidèle, une offre diversifiée de films

et un parc de salles unique : le cinéma est en

bonne santé d’après le bilan du Centre, dévoilé

le 7 mai. 201,1 millions d’entrées ont été enregistrées

l’an passé.

© Mathieu Prat

« 2018 confirme la force de notre création dans un secteur en

pleine transformation. Nos œuvres rayonnent en France et à

l’international. C’est le fruit de la politique ambitieuse que

nous menons », déclare Frédérique Bredin. L’an passé, 8 093

films ont été projetés dans les salles françaises (+1,9 % par

rapport à 2017), dont 4 542 films Art et Essai (-0,2 %) et

684 inédits (-1,3 %). Si en moyenne un film inédit (sortie

en première exclusivité) est distribué dans 146 sites, un

film français sort sur 133 écrans en première semaine et

un film américain sur 276. 8,4 millions de séances ont été

programmées, en augmentation de 3,5 % sur un an et de

26 % sur 10 ans. Les films français ont pesé pour 39,5 %

de l’offre cinéma, soit 77,8 millions d’entrées sur les 201,1

enregistrées l’an passé. Il s’agit de la meilleure part de marché

des films nationaux en Europe, la moyenne dans les autres

pays se situant à 25 %.

Le CNC note également que le marché français de la

distribution est le moins concentré : les 5 premiers distributeurs

au box-office ont touché 49,8 % des recettes en

2018 contre 80,1 % pour les 5 premiers au Royaume-Uni,

74,2 % en Allemagne et 77,2 % aux États-Unis. Au niveau

des tournages, « la France a gagné le pari de l’attractivité.

Elle est devenue une grande terre de tournages grâce au crédit

d’impôt. Toutes les régions sont concernées. L’impact pour

l’économie locale est considérable », estime Frédérique Bredin.

En trois ans, plus de 500 millions d’euros de dépenses

supplémentaires ont été effectuées en France et plus de

15 000 emplois ont été créés. À titre d’exemple, The French

Dispatch, le prochain Wes Anderson, tourné début 2019

à Angoulême, représente plus de 27 millions d’euros de

dépenses en France. Monstres & cie, série d’animation de

Disney+, sera produite en Occitanie avec des dépenses

prévisionnelles estimées à 22 millions d’euros.

Une salle de l’Atalante de Bayonne

2017 2018 évolution

NOMBRE D’ÉTABLISSEMENTS 2 046 2 040 -0,3%

NOMBRE D’ÉCRANS 5 913 5 981 +1,2%

NOMBRE DE FAUTEUILS 1 118 916 1 125 998 +0,6%

NOMBRE DE MULTIPLEXES 219 226 +3,2%

POIDS DES MULTIPLEXES (% ENTRÉES) 60,1 58,8 -2,1%

UN PARC DIVERSIFIÉ DE SALLES

Plus de 56 % des cinémas sont des mono-écrans

En 2018, 59 % des entrées réalisées dans les multiplexes

226 multiplexes dont 6 ouverts dans l’année

1 146 cinémas mono-écran dont 6 ouverts dans l’année

11,1 %

4,3 %

7,3 %

21,2 %

Source : CNC

56,2 % 58,8 %

8,8 %

11,3 %

9,7 %

10,0 %

Une exploitation française unique

Le CNC dresse aussi le bilan des salles, « lieux de vie uniques

et irremplaçables ». Le cinéma reste l’activité culturelle

préférée des Français, en témoignent les deux tiers de la

population qui s’y sont rendus au moins une fois (soit 41

millions d’individus), avec une moyenne de 4,9 entrées par

spectateur. Plus de la moitié du public cinéma est féminin,

en légère hausse sur un an, quand un tiers a moins de 25

ans, même si 83 % d’entre-eux sont allés au moins une fois

au cinéma. Le coût moyen d’un ticket s’élève à 6,64 euros ;

près de 20 % des billets sont vendus à moins de 5 euros

tandis que 8 % ont été pris via des cartes illimitées.

1 écran 2 à 3 écrans 4 à 5 écrans 6 à 7 écrans 8 écrans et plus

À propos de l’évolution du parc de salles, le Centre décrit deux tendances : si le nombre de sites a

reculé de 4,7 % depuis 1996 (passant de 2 141 à 2 040), le nombre d’écrans est en croissance de

32,3 % (4 520 à 5 981 en 2018). Conséquence : le parc compile 1 125 998 fauteuils avec une moyenne

de 552 sièges par établissement. Plus de la moitié des cinémas sont des mono écrans (1 146 sites)

tandis que 59 % des entrées ont été réalisées par les 226 multiplexes (dont 6 nouveaux). Dans le

détail, le CNC indique que l’an passé, en moyenne 33 620 entrées ont été totalisées par écran,

98 570 par établissement et 523 608 par multiplexe. Et le Centre de préciser qu’avec 9,2 écrans pour

100 000 habitants, l’exploitation française reste la plus dense d’Europe, et inscrit sa richesse dans

la spécificité nationale.

N°367 du 15 mai 2019 21


FACE AUX EXPLOITANTS

De gauche à droite : Ivan Calbérac interviewé par Stéphane Fargier (Coluche d’Istres jusqu’à ce 10 mai et directeur

adjoint au Multiplexe Gaumont de Montpellier à partir du 21 mai), Noémie Dumas (Le Six n’étoiles de Six-Fours-les-

Plages), Florence Passalacqua (Le Rivoli de Carpentras), Pascal Cayot (Le Trianon de Mende).

IVAN CALBÉRAC,

réalisateur de Venise n’est pas en Italie

Nouvel épisode des tête-à-tête organisés par Boxoffice entre

les créateurs et les montreurs d’images : l’écrivain-dramaturgeréalisateur

a rencontré quatre exploitants en marge des

Rencontres du Sud d’Avignon de mars dernier, leur livrant

quelques secrets de fabrication de sa nouvelle réalisation (en

salles le 29 mai, distribuée par StudioCanal) adaptée de son

roman éponyme et son rapport aux salles obscures.

Florence Passalacqua : Après un roman puis une pièce

de théâtre, pourquoi et quand avez-vous décidé

d’adapter Venise n’est pas en Italie au cinéma ? L’avezvous

fait en pensant à un public particulier ?

Ivan Calbérac : Dès le début de l’écriture, je savais que je

voulais aussi en faire un film. Je ne devais d'ailleurs pas être le

seul, puisque lorsque le projet cinéma a été ébruité, j’ai reçu

des courriers de lecteurs qui se disaient ravis de cette adaptation

prochaine, ravis que Benoît Poelvoorde interprète le rôle du

père… Le public, j’y pense tout le temps. Quand j’entreprends

de raconter une histoire, que je porte en moi, je me demande

très vite si elle va intéresser les gens, les toucher, les faire rire.

Mes producteurs sont là aussi pour y réfléchir avec moi. La

comédie est une forme qui ne pardonne pas pour ça. La réponse

en salle est immédiate. Mais je ne vise pas un public précis,

c’est une fois le film achevé que je me rends mieux compte à

qui il s’adresse plus particulièrement.

Stéphane Fargier : Vous ne reprenez d’ailleurs pas du

tout la forme de journal intime du roman...

Pour adapter un roman, il faut s’éloigner du matériau littéraire

et faire ressortir le contenu dramaturgique, ici tout en respectant

une promesse de légèreté. À l’occasion de la sortie du film,

le livre va bénéficier d’une remise en place dans les librairies,

créant beaucoup de possibilités de partenariats avec les salles.

Les premiers retours des lecteurs du roman qui voient le film

sont très bons et c’est un soulagement.

Pascal Cayot : Avez-vous procédé à d’autres changements

par rapport au roman ?

J’ai beaucoup réduit, raccourci. Par ailleurs, il me fallait aussi

multiplier les regards extérieurs sur les personnages. Malgré

un retour globalement très chaleureux, les projections test,

auxquelles je recours à chacun de mes films, nous ont amenés

à supprimer certaines scènes jugées trop longues ou pas compréhensibles.

22


Noémie Dumas : Comment se passe votre tournée promotionnelle ?

C’est fatiguant mais essentiel d’aller à la rencontre du public, d’échanger avec

lui, mais aussi avec les exploitants qui m’accueillent chaleureusement, et de

comprendre les enjeux qui sont les leurs. Leur amour du cinéma me touche

toujours beaucoup. Quant au film, il suscite à chaque fois des réactions que l’on

n’imagine pas, je suis fasciné de voir comment les gens le reçoivent, tant dans

la comédie que l’émotion. Le cinéma est fait pour être partagé, c’est dans une

salle qu’il prend tout son sens.

Stéphane : Comment vivez-vous ces derniers jours avant la sortie

nationale ?

C’est toujours un peu stressant, un peu comme avant son propre mariage ! On

a tout préparé, on espère que la fête sera belle… Mais on ne contrôle plus grand

chose ! (Rires) Imaginez 2-3 ans de travail dont une partie de carrière va être

grandement déterminée en un premier week-end… Même si l’exploitation d’un

film est rempli de surprises, comme j’ai pu le constater avec le succès inattendu

de mon précédent film, L'Etudiante et Monsieur Henri, en Allemagne. La salle

est incontestablement le lieu de valorisation du film, il n’y a rien de plus puissant

que le désir des spectateurs de venir le voir au cinéma.

Stéphane : Pourquoi l’avoir positionné sur fin mai ?

C’est vrai que les sorties d’été, de juillet-août, ont tendance à être considérées

de manière plus légère, avec une certaine méfiance pour les films français, à tort

car il y a eu de beaux succès. À la fin du mois de mai, il y avait une place à

prendre en prévision d’un été qui s’annonce très américain, et nous étions prêts

pour le sortir.

Florence : Souvent lors de la promotion des films, a fortiori de comédies,

on a droit au discours sur le plaisir qu’ont eu les talents à tourner

ensemble. Là, entre Benoît Poelvoorde et Valérie Bonneton, vous n’avez

pas dû manquer de fous-rires...

Attention, c’est un véritable danger. Ce n’est pas parce qu’une scène est drôle sur

le plateau de tournage qu’elle va être drôle à l’image. En outre, une trop bonne

ambiance peut nous faire perdre notre lucidité. Et puis je ne trouve pas que le

refrain « On s’est éclatés à tourner ce film » soit un bon argument de vente. Nous

n’avions que 33 jours de prises de vues. Certes, ils se sont passés dans la bonne

humeur, mais avant tout dans une ambiance de travail… Même si on s’est amusés

en effet, car Benoît et Valérie sont deux clowns… Mais avant tout deux immenses

acteurs et de grands professionnels.

Pascal : Quel est votre « type » de cinéma ?

Je vais beaucoup au cinéma, voir tout type de films, de l’Art et Essai pointu aux

grosses comédies. Mais je peux vous dire que les quelques mois où j’ai vécu aux

États-Unis, une des choses qui m’a le plus manqué est le cinéma français, que

j’aime particulièrement.

Noémie : Et quelles salles fréquentez-vous ?

Je n’ai pas de chapelle. En fonction des séances qui m’arrangent, je peux aller

au Vincennes, à l’UGC Bercy, au MK2 Bibliothèque… Les salles de cinéma

sont de vraies fabriques de souvenirs pour moi ; notre coefficient de mémorisation

y est beaucoup plus important que devant un écran de télévision. Je me

souviens encore de mes premières émotions d’enfant face à Amadeus, Les Aventuriers

de l’arche perdue, Subway, La Boum , E.T., Le Grand Bleu… mais aussi du cinéma

où je les ai vus, d’où j’étais assis… Il y a quelque chose de très beau et fort dans

le fait de partager des choses avec des gens qu’on ne connaît pas autour de nous.

C’est unique et irremplaçable ce sentiment de communion autour d’un film,

ça nous relie les uns les autres, ça décuple le plaisir. Je le vois aussi au théâtre,

dans les pièces que je monte, et ça ni les séries TV, ni les home cinémas ne

pourront jamais nous l’apporter.

©StudioCanal Distribution

N°367 du 15 mai 2019

23


CHIFFRES

LE MARCHÉ CINÉMATOGRAPHIQUE À VENIR

Projection des films du Top 30

Semaine 19 du 22 au 28 mai 2019

Films en démarrage - Profils estimés

Films en continuation - Profils réels ou estimés

% hommes

MappingCineForecast

Plusieurs nouveaux films à l’affiche le 22 mai devraient réussir à se démarquer grâce à leur capacité à attirer dans les salles des publics plutôt complémentaires.

Aladdin devrait ainsi toucher un public féminin, jeune et familial quand Stubby devrait performer auprès des petits garçons. Du côté des films à destination d’un

public âgé de plus de 25 ans, John Wick Parabellum devrait attirer dans les salles un public masculin et âgé de 25-49 ans, se démarquant ainsi du Jeune Ahmed et

des Plus belles années d’une vie dont les publics devraient être plus féminins et majoritairement âgés de plus de 50 ans.

by

Silvio et les autres

Chacun

% moins de 25 ans

pour

Bohemian

% plus de 25 ans

tous Rhapsody

En Liberté !

Seule la vie

% femmes

Films en démarrage – Profils estimés

Films en continuation – Profils réels ou estimés

Copyright 2018 - CineForecast

Semaine 20 du 29 mai au 4 juin 2019

Parmi les films à l’affiche la semaine du 29 mai, seul Godzilla II Roi des monstres devrait attirer dans les salles un public essentiellement âgé de moins de 25 ans. Si

les autres nouveautés devraient toutes séduire des spectateurs âgés de plus de 25 ans, quatre d’entre elles devraient toutefois réussir à se démarquer grâce à quelques

nuances dans le profil de leur public : Rocketman devrait ainsi toucher un public plutôt mixte et essentiellement âgé de plus de 35 ans quand Venise n’est pas en

Italie devrait séduire un public plutôt féminin mais plus large en terme d’âge que Sybil et Ni une ni deux, qui devraient également attirer une proportion importante

de femmes dans les salles.

Films en démarrage - Profils estimés

% hommes

Films en continuation - Profils réels ou estimés

Silvio et les autres

Chacun

% moins de 25 ans

pour

Bohemian

% plus de 25 ans

tous Rhapsody

En Liberté !

Seule la vie

% femmes

Films en démarrage – Profils estimés

Films en continuation – Profils réels ou estimés

Copyright 2018 - CineForecast

*MÉTHODOLOGIE

À partir de l’estimation des entrées et du profil des films à venir, CineForecast reconstitue les futures semaines cinéma : Les estimations des entrées des films se font en mixant, d’une part, les statistiques, et, d’autre part, l’expertise de

Vertigo et de professionnels appartenant au club CineForecast. Les profils des films sont estimés à partir des profils des films de même typologie obtenus via CinExpert, l’étude qui mesure l’audience du cinéma en France.

24


Cette page a été réalisée en collaboration avec CBO-Box Office, le site des professionnels du cinéma.

LE TOP DES FILMS

Cumul des entrées sur la période du 1 er janvier au 30 avril 2019.

RANG

1

FILM DISTRI. SORTIE

QU'EST-CE QU'ON A ENCORE FAIT AU BON

DIEU ?

2 DRAGONS 3 : LE MONDE CACHE

3 AVENGERS : ENDGAME

4 CAPTAIN MARVEL

5 RALPH 2.0

6 DUMBO

ENTRÉES

FRANCE

UGC DISTRIBUTION 30/01/2019 6 667 524

UNIVERSAL PICTURES

INTERNATIONAL FRANCE 06/02/2019 3 367 220

WALT DISNEY STUDIOS MOTION

PICTURES FRANCE 24/04/2019 3 348 471

WALT DISNEY STUDIOS MOTION

PICTURES FRANCE 06/03/2019 3 240 012

WALT DISNEY STUDIOS MOTION

PICTURES FRANCE 13/02/2019 2 261 138

WALT DISNEY STUDIOS MOTION

PICTURES FRANCE 27/03/2019 2 041 091

7 ALITA : BATTLE ANGEL TWENTIETH CENTURY FOX 13/02/2019 2 033 168

8 GREEN BOOK SUR LES ROUTES DU SUD METROPOLITAN FILMEXPORT 23/01/2019 2 007 987

9 LA MULE WARNER BROS. 23/01/2019 1 849 004

10 CREED II WARNER BROS. 09/01/2019 1 733 124

11 NICKY LARSON ET LE PARFUM DE CUPIDON SONY PICTURES RELEASING 06/02/2019 1 684 404

12 LE CHANT DU LOUP PATHE FILMS 20/02/2019 1 504 578

13 LES INVISIBLES APOLLO FILMS 09/01/2019 1 332 799

14 AQUAMAN WARNER BROS. 19/12/2018 1 298 346

15 GLASS

WALT DISNEY STUDIOS MOTION

PICTURES FRANCE 16/01/2019 1 251 282

16 LE PARC DES MERVEILLES PARAMOUNT PICTURES FRANCE 03/04/2019 1 162 154

17 SHAZAM ! WARNER BROS. 03/04/2019 1 007 686

18

ASTERIX - LE SECRET DE LA POTION

MAGIQUE

SND 05/12/2018 992 648

19 AFTER - CHAPITRE 1 SND 17/04/2019 927 969

20 GRACE A DIEU MARS FILMS 20/02/2019 912 472

21 REBELLES LE PACTE 13/03/2019 903 048

22 LE MYSTERE HENRI PICK GAUMONT DISTRIBUTION 06/03/2019 882 505

23 TANGUY LE RETOUR SND 10/04/2019 873 272

24 MIA ET LE LION BLANC STUDIOCANAL 26/12/2018 863 429

25 ESCAPE GAME SONY PICTURES RELEASING 27/02/2019 857 911

26 ALL INCLUSIVE WARNER BROS. 13/02/2019 814 207

27

28

L'INCROYABLE HISTOIRE DU FACTEUR

CHEVAL

MINUSCULE 2 : LES MANDIBULES DU BOUT

DU MONDE

SND 16/01/2019 757 243

LE PACTE 30/01/2019 743 574

29 SIMETIERRE WARNER BROS. 10/04/2019 703 334

30 EDMOND GAUMONT DISTRIBUTION 09/01/2019 694 703

31 US

UNIVERSAL PICTURES

INTERNATIONAL FRANCE 20/03/2019 692 088

32 CHAMBOULTOUT GAUMONT DISTRIBUTION 03/04/2019 667 283

33 BOHEMIAN RHAPSODY TWENTIETH CENTURY FOX 31/10/2018 626 563

34 ROYAL CORGI APOLLO FILMS 10/04/2019 618 472

35 MON BEBE PATHE FILMS 13/03/2019 601 942

36 LE RETOUR DE MARY POPPINS

WALT DISNEY STUDIOS MOTION

PICTURES FRANCE 19/12/2018 587 121

37 JUSQU'ICI TOUT VA BIEN MARS FILMS 27/02/2019 574 039

38 DRAGON BALL SUPER - BROLY WILD BUNCH DISTRIBUTION 13/03/2019 561 924

39 BUMBLEBEE PARAMOUNT PICTURES FRANCE 26/12/2018 542 442

40 LA MALEDICTION DE LA DAME BLANCHE WARNER BROS. 17/04/2019 518 214

41 LA GRANDE AVENTURE LEGO 2 WARNER BROS. 20/02/2019 501 024

42 LA FAVORITE TWENTIETH CENTURY FOX 06/02/2019 483 919

43 MON INCONNUE MARS FILMS 03/04/2019 471 847

44 YAO PATHE FILMS 23/01/2019 408 689

45 UNE INTIME CONVICTION MEMENTO FILMS DISTRIBUTION 06/02/2019 402 075

46 LET'S DANCE PATHE FILMS 27/03/2019 389 025

47 WALTER SND 20/03/2019 373 215

48 LA LUTTE DES CLASSES UGC DISTRIBUTION 03/04/2019 363 263

49 MA VIE AVEC JOHN F. DONOVAN MARS FILMS 13/03/2019 337 924

50 UNE AFFAIRE DE FAMILLE LE PACTE 12/12/2018 329 817

Source : CBO

LE TOP DES DISTRIBUTEURS

Films exploités sur la période du 1 er janvier au 30 avril 2019.

RANG

DISTRIBUTEUR

NB

FILMS

CUMUL

ENTRÉES

1

WALT DISNEY STUDIOS

MOTION PICTURES FRANCE

7 12 788 403

2 WARNER BROS. 12 8 016 779

3 UGC DISTRIBUTION 6 7 249 168

4 UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL FRANCE 11 5 151 496

5 SND +1 6 3 985 572

6 MARS FILMS -1 17 3 881 560

7 TWENTIETH CENTURY FOX 7 3 492 300

8 PATHE FILMS 8 3 124 381

9 SONY PICTURES RELEASING 7 2 889 210

10 LE PACTE 14 2 703 726

11 GAUMONT DISTRIBUTION 8 2 673 116

12 PARAMOUNT PICTURES FRANCE +1 5 2 654 916

13 METROPOLITAN FILMEXPORT -1 12 2 462 094

14 APOLLO FILMS 6 2 437 524

15 STUDIOCANAL 6 1 541 375

16 WILD BUNCH DISTRIBUTION 6 765 952

17 AD VITAM 9 645 832

18 DIAPHANA DISTRIBUTION +1 7 548 628

19 MEMENTO FILMS DISTRIBUTION -1 5 520 568

20 PYRAMIDE 11 429 829

21 JOUR2FETE 8 354 574

22 HAUT ET COURT 5 237 814

23 KMBO 9 208 626

24 BAC FILMS 5 192 237

25 ARP SELECTION 4 182 826

26 ORANGE STUDIO DISTRIBUTION 4 146 929

27 SOPHIE DULAC DISTRIBUTION 4 107 759

28 UFO DISTRIBUTION 3 104 244

29 ART HOUSE FILMS 1 101 529

30 CINEMA PUBLIC FILMS 3 93 419

31 GEBEKA FILMS 5 78 821

32 OCEAN FILMS 4 69 856

33 EUROZOOM 4 55 956

34 BAC FILMS - KINOVISTA 1 52 423

35 LES BOOKMAKERS - THE JOKERS 1 49 464

36 ALBA FILMS +8 1 48 119

37 SBS DISTRIBUTION -1 2 45 473

38 SEPTIEME FACTORY -1 3 44 532

39 LES FILMS DU PREAU -1 2 39 202

40 NEW STORY +1 3 34 928

41 EPICENTRE FILMS -2 23 34 013

42 NIGHT ED FILMS -2 7 33 013

43 FOLIMAGE DISTRIBUTION +2 2 30 548

44 ORSANS DISTRIBUTIONV -2 1 29 325

45 JUPITER COMMUNICATIONS NEW 1 28 631

46 SAJE DISTRIBUTION -3 2 26 176

47 CONDOR DISTRIBUTION -1 3 21 437

48 PANAME DISTRIBUTION -1 1 20 563

49 DESTINY FILMS -1 3 20 183

50 PARADIS FILMS -1 1 18 327

Source : CBO

N°367 du 15 mai 2019

25


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RÉGIE PUBLICITAIRE

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Chef de publicité

06.06.65.74.96

justine.deltombe@webedia-group.com


CHIFFRES

NukeSuite a récolté les données Facebook de 428 pages de cinéma en France, du 15 avril au 1 er mai 2019. Certaines données ont

pu être dopées par de la sponsorisation de publication. Retrouvez les résultats de cette étude ci-dessous.

RANG

CINÉMAS AVEC LE PLUS GRAND

NOMBRE DE FANS

Nombre de fans.

CINÉMA FANS VAR.

1 Les Cinémas Pathé Gaumont 255 902 +53

2 UGC Cinémas 185 096 -13

3 Le Grand Rex Paris 78 196 +113

4 MK2 59 013 -4

5 CGR Cinémas 55 107 +262

6 Europacorp Cinémas (Pathé Aéroville 50 061 -9

7 UGC Lyon 38 302 +3

8 Cinéma Majestic Douai 27 927 +107

9 Utopia Bordeaux 18 861 +55

10 Pathé La Valette 17 270 +58

11 Gaumont Montpellier 16 864 +45

12 Kinepolis Lomme 15 973 +87

13 Pathé Plan de Campagne 14 602 +81

14 UGC Ciné Cité Strasbourg 14 314 +65

15 Cin'Amand 14 302 +71

16 Grand Ecran Sainte-Eulalie 14 302 -7

17 Ociné Dunkerque 14 046 +30

18 Gaumont Valenciennes 13 779 +37

19 Publicis Drugstore 13 698 +7

20 Cinéville Hénin-Beaumont 13 667 +35

Moyenne : 6 418 fans

RANG

CINÉMA

PAGES QUI PUBLIENT LE PLUS

Nombre de publications.

PAGES QUI GÉNÈRENT LE PLUS

D’INTERACTIONS

Somme des mentions j’aime, commentaires, partages.

PUBL.

1 Cinéma Jacques Tati 93 64

2 Cinéma Voltaire Ferney Voltaire 63

3 Monciné Anglet 60

4 Cinéma L’Arlequin / Belley 57

5 Les Toiles du Lac - Aix-les-Bains 55

6 Pathé Chambéry 51

7 CGR Carcassonne 51

8 Cinéma Les 7 Nefs 50

9 Gaumont Labège 47

10 Cinéma Véo Muret 47

Moyenne : 35 publications

RANG

CINÉMA

INTER.

1 CGR Cinémas 5748

2 Les Cinémas Pathé Gaumont 5480

3 Le Grand Rex Paris 3486

4 UGC Ciné Cité Mondeville 3336

5 Pathé Docks 76 2877

6 UGC Cinémas 2848

7 Cinéquai Saint-Dizier 2381

8 Gaumont Labège 2374

9 Gaumont Rennes 2153

10 Pathé Atlantis 1753

Moyenne : 770 interactions

PAGES QUI GÉNÈRENT LE PLUS D’INTERAC-

TIONS PAR PUBLICATION EN MOYENNE

Moyenne par publication de la somme des mentions j’aime, commentaires, partages.

RANG

CINÉMA

INT. / POST

1 Cinéma le Chambord 355

2 Le Grand Rex Paris 317

3 CGR Cinémas 261

4 Cinéquai Saint-Dizier 216

5 Les Cinémas Pathé Gaumont 183

6 UGC Ciné-Cité Mondeville 167

7 UGC Cinémas 136

8 Cinéma Confluences Sens 131

9 Cinéma Le Grand Palace 120

10 Cinéma Confluences Varennes 119

Moyenne : 22 interactions par post

TOP DES PUBLICATIONS QUI ONT GÉNÉRÉ LE PLUS

D’INTERACTIONS PAR PAGES

Les publications qui obtiennent le plus de mentions “j’aime”, commentaires et partages sur la période.

LES CINÉMAS PATHÉ GAUMONT

1 992 int.

#LaVieScolaire - Extrait 1

LE GRAND REX PARIS

1 933 int.

Quel fan d’Avengers ne rêverait pas d’avoir ce

poster dédicacé de tous les super héros Marvel ?

CGR CINEMAS

1 770 int.

Nous finirons ensemble, en avant-première dans

vos cinémas CGR

TAUX D’ENGAGEMENT PAR PAGE

Ratio entre le nombre total d’interactions

de la page / nombre de fans.

TAUX D’ENGAGEMENT PAR POST

Ratio entre le nombre total d’interactions du post / nombre de fans de la page.

RANG

CINÉMA %

1 Cinéma Studio 31 40,47%

2 Cinéma Normandy Argentan 39,05%

3 Gaumont Labège 35,69%

4 UGC Ciné Cité Mondeville 33,67%

5 Ciné Quai Saint-Didier 32,09%

6 Pathé Docks 76 31,44%

7 Cinéma Les Toiles du Lac Aix-les-Bains 29,10%

8 Cinescop Megarama 28,64%

9 Cinéma Voltaire Ferney-Voltaire 25,24%

10 Ciné Centre Dreux 24,67%

11 Cinéma Les 7 Nefs Montélimar 24,02%

12 Cinéma Confluences Sens 23,78%

13 Ciné L'Arlequin Belley 23,08%

14 Gaumont Rennes 22,91%

15 Cinéma Veo Tulle 22,13%

16 Cinéma Le Travelling 22,02%

17 Cinéma le Palace Les Andelys 21,01%

18 Emeraude Cinémas Dinard 20,40%

19 Cinéma Jacques Tati Tremblay-en-France 19,88%

20 Cinéma Pathé Massy 19,70%

Moyenne : 14,33 %

CINÉMA NORMANDY ARGENTAN

15,17 %

14 gagnants seront tirés au sort pour gagner des places de

manège lors de la fête foraine d’Argentan.

CINÉ QUAI

13,74 %

Concours pour remporter 2 places valables au Ciné Quai entre le 24 et le 30 avril 2019.

CINÉMA LE CHAMBORD MARSEILLE

13,25 %

Annonce de l’avant-première de “Nous finirons

ensemble” de Guillaume Canet le 30 avril à 20h30.

CINÉMA PALACE LES ANDELYS

15,08 %

Diaporama photo rassemblant les affiches

de films à venir (mis à jour le lundi 29 avril).

CGR CINÉMAS CASTRES

11,97 %

Annonce de la projection de “Gilets Jaunes” de François

Rufin suivi d’un débat.

28


SORTIES DE FILMS

SEMAINE DE SORTIE JOUR FÉRIÉ Zone A Zone B Zone C

NOUVELLE DATE

REPRISE

Besançon, Bordeaux,

Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble,

Limoges, Lyon, Poitiers

Aix-Marseille, Amiens, Caen,

Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice,

Orléans-Tours, Reims, Rennes,

Rouen, Strasbourg

Créteil, Montpellier,

Paris, Toulouse,

Versailles

S 20

15 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

PATHE LIVE CARMEN SUITE / PETROUCHKA (BOLCHOÏ) 2h20

FRA CINÉMA CENDRILLON (OPÉRA DE PARIS) 2h50

PARAMOUNT PICTURES FRANCE COLD BLOOD LEGACY - LA MÉMOIRE DU SANG 1h31 F.Petitjean J.Réno/S.Lind/J.Anderson

LES FILMS DU CAMELIA DIVORCE À L'ITALIENNE 1h44 P.Germi M.Mastroianni/D.Rocca/S.Sandrelli

PATHE DOULEUR ET GLOIRE 1h52 P.Almodovar A.Banderas/A.Etxeandia/P.Cruz

SPLENDOR FILMS FIGHT CLUB 2h19 D.Fincher Z.Grenier/J.Leto/B.Pitt

OPTIMALE FILM HARD PAINT 1h58 F.Matzembacher/M.Reolon S.Menegat/B.Fernandes/G.Peixoto

2IFILMS JUST CHARLIE 1h39 R.Fortune H.Gilby/K.Bryson/S.Williams

DOPAMYNE FILMS LE FRUIT DE L'ESPOIR 1h20 A.Williams R.Hossein/S.Pouget/R.Manet

NEXT FILM DISTRIBUTION LES CHINOIS ET MOI 1h10 R.Cohen R.Cohen/M.Kong/M.Meng

THEATRE DU TEMPLE LES LOIS DE L'HOSPITALITÉ 1h15 B.Keaton/J.G.Blystone B.Keaton/N.Talmadge/B.K.Jr

UFO DISTRIBUTION MEURS, MONSTRE, MEURS 1h49 A.Fadel V.Lopez/E.Bigliardi/J.Prado

LES FILMS D'UN JOUR NORILSK, L'ÉTREINTE DE GLACE 1h27 F.Destors

ART HOUSE PASSION 1h55 R.Hamaguchi A.Kawai/R.Okamoto/F.Urabe

LOCAL FILMS PERMANENT GREEN LIGHT 1h30 Z.Farley/D.Cooper T.Cholbi/B.Sulpice/J.Fayeulle

SND FILMS SÉDUIS-MOI SI TU PEUX ! 1h56 J.Levine C.Theron/S.Rogen/O.J.Jr

SAINT ANDRE DES ARTS SWING TIME IN LIMOUSIN 1h15 D.Varma/D.Varma

TO BE CONTINUED TOUS LES DIEUX DU CIEL 1h42 Quarxx J.Couchard/T.Frémont/M.Gaydos

TRAFALGAR RELEASING

WITHIN THE GOLDEN HOUR / NOUVEAU CHERKAOUI / FLIGHT

PATTERN (ROYAL OPERA HOUSE)

3h15

C.Wheeldon

S 21

22 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

THE WALT DISNEY COMPANY

FRANCE

ALADDIN G.Ritchie M.Massoud/N.Scott/W.Smith

MARY-X DISTRIBUTION DÉSIR VOLÉ 1h32 S.Imamura O.Takizawa/S.Yanagisawa/H.Nagato

PATHE LIVE ÉLECTRE / ORESTE (COMÉDIE-FRANÇAISE) I.V.Hove

MARY-X DISTRIBUTION FILLES ET GANGSTERS 1h48 S.Imamura H.Nagato/J.Yoshimura/M.Mishima

DES ÉTOILES DANS LES YEUX IL ÉTAIT UNE FOIS HAMLET ET OPHÉLIE À SHANGHAI... 1h20 E.Loehr D.Mesguich

CARLOTTA FILMS IRRÉVERSIBLE 1h39 G.Noé M.Bellucci/V.Cassel/A.Dupontel

METROPOLITAN FILMEXPORT JOHN WICK PARABELLUM 2h11 C.Stahelski K.Reeves/H.Berry/A.Huston

SAJE DISTRIBUTION LA VOIX DU PARDON 1h50 A.Erwin/J.Erwin J.M.Finley/D.Quaid/M.Carroll

DIAPHANA DISTRIBUTION LE JEUNE AHMED 1h24 L.Dardenne/J.Dardenne I.B.Addi/O.Bonnaud/M.Akheddiou

METROPOLITAN FILMEXPORT LES PLUS BELLES ANNÉES D'UNE VIE 1h30 C.Lelouch J.Trintignant/A.Aimée/M.Denicourt

LE PACTE SIBYL 1h40 J.Triet G.Ulliel/V.Efira/A.Exarchopoulos

EUROZOOM STUBBY 1h25 R.Lanni H.B.Carter/L.Lerman/G.Depardieu

DESTINY DISTRIBUTION UNE PART D'OMBRE 1h30 S.Tilman F.Rongione/N.Régnier/B.Lalieu

S 22

29 MAI

30 MAI

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

WARNER BROS. GODZILLA II ROI DES MONSTRES 2h12 M.Dougherty V.Farmiga/K.Chandler/M.B.Brown

SAINT ANDRE DES ARTS JOYCE 1h14 M.Ziegler V.Prieto/M.Carrière/M.Mosnier

NOUR FILMS LE FILS 1h11 A.Abaturov

SAINT ANDRE DES ARTS MEXTOYS (AUCUN RAPPORT AVEC LES MEXICAINS) 1h30 Z.Heyblom-Taliercio/V.Auque E.Lissague/Z.Heyblom-Taliercio/R.Lionti

AANNA FILMS NGK 2h30 K.Selvaraghavan Suriya/S.Pallavi

MARS FILMS NI UNE, NI DEUX 1h38 A.Giafferi M.Seigner/F.Demaison/A.Elmaleh

2 JUIN

PARAMOUNT PICTURES FRANCE ROCKETMAN 2h01 D.Fletcher/M.Gracey T.Egerton/J.Bell/R.Madden

LES FILMS A FLEUR DE PEAU TENDS-MOI LA MAIN 1h27 F.Llopis F.Llopis/P.Raffy/P.Sauvalle

STUDIOCANAL VENISE N'EST PAS EN ITALIE 1h35 I.Calberac B.Poelvoorde/V.Bonneton/H.Thonnat

S 23

5 JUIN

10 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

COTE DIFFUSION / CGR EVENTS AMAZING GRACE - ARETHA FRANKLIN 1h27 A.Elliott A.Franklin

DAMNED DISTRIBUTION ANNA, UN JOUR 1h39 Z.Szilágyi Z.Szamosi/L.Füredi/A.Barcza

CARLOTTA FILMS BIANCA 1h36 N.Moretti N.Moretti/L.Morante/C.Bigagli

ORAWA PROD ET JE CHOISIS DE VIVRE 1h10 D.Boyer/N.Thomassey A.Marty/N.Thomassey

PATHÉ FILMS ÊTRE VIVANT ET LE SAVOIR 1h20 A.Cavalier E.Bernheim/A.Cavalier

SAINT ANDRE DES ARTS FACE AU VENT 1h47 M.Colell M.Garcia/C.Canal/E.Martín

SOPHIE DULAC DISTRIBUTION L'AUTRE CONTINENT 1h30 R.Cogitore P.Hamy/D.François

STUDIOCANAL LA CITÉ DE LA PEUR 1h39 A.Berberian/A.Chabat C.Lauby/A.Chabat/D.Farrugia

CARLOTTA FILMS LA MESSE EST FINIE 1h35 N.Moretti N.Moretti/M.Lozano/F.D.Ceresa

CINÉMA SAINT-ANDRÉ DES ARTS LE CHANT DE LA COULEUVRE 1h06 E.Raquin-Lorenzi M.Bacs/A.Milgrom/A.Nicoara

FANNY DORIAN DISTRIBUTION LE MIRACLE DE BERNE 1h57 S.Wortmann L.Klamroth/P.Lohmeyer/J.Gastdorf

LES FILMS DU CAMELIA LE PROFESSEUR 2h07 V.Zurlini A.Delon/S.Petrova/A.Valli

SPLENDOR FILMS LE VIEUX FUSIL 1h43 R.Enrico P.Noiret/C.Bonhomme/C.Delaporte

...

30


S 23

5 JUIN

10 JUIN

...

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

LES FILMS DU LOSANGE LES PARTICULES 1h38 B.Harrison T.Daloz/N.Lüders/S.Ferro

CINÉDIA FILMS LUCIE, APRÈS MOI LE DÉLUGE 0h58 S.Loridon

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) MA T.Taylor O.Spencer/M.Pyle/L.Evans

LES BOOKMAKERS / THE JOKERS

FILMS

PARASITE 2h12 B.Joon-Ho S.Kang-Ho/S.Lee/S.Park

WILD BUNCH DISTRIBUTION PIRANHAS 1h45 C.Giovannesi F.D.Napoli/A.Tem/A.Turitto

TAMASA QUI A TUÉ LE CHAT? 1h49 L.Comencini M.Galabru/P.Leroy/D.D.Lazzaro

TRAFALGAR RELEASING ROMÉO ET JULIETTE (ROYAL OPERA HOUSE) 3h15 K.Macmillan

DIX-HUIT JOURS SALAUDS DE PAUVRES 1h46 C.Aleveque/R.Cotta/J.Deret A.Dombasle/A.Delpy/Z.Breitman

SEVENTH ART PRODUCTIONS VAN GOGH ET LE JAPON 1h27 D.Bickerstaff

LES FILMS DES DEUX RIVES VITIS PROHIBITA 1h31 S.Balay

20 TH CENTURY FOX X-MEN: DARK PHOENIX S.Kinberg S.Turner/J.Mcavoy/M.Fassbender

S 24

12 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

JHR FILMS 11 FOIS FÁTIMA 2h33 J.Canijo C.Almeida/V.B.Leite/R.Blanco

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) A DOG'S JOURNEY G.Mancuso D.Quaid/J.Gad/M.Helgenberger

LES VALSEURS CHARLOTTE A 17 ANS 1h29 S.Lorain M.Bouchard/R.Denis/R.Adam

C TON FILM PRODUCTION CYRANO ET LA PETITE VALISE 1h34 M.Frapin

METROPOLITAN FILMEXPORT GRETA 1h38 N.Jordan I.Huppert/C.G.Moretz/M.Monroe

LES ACACIAS LE FLAMBEUR 1h51 K.Reisz J.Caan/M.E.Walsh/P.Sorvino

LE PACTE LUNE DE MIEL 1h28 E.Otzenberger J.Chemla/A.Igual/B.Roüan

SONY PICTURES RELEASING FRANCE MEN IN BLACK: INTERNATIONAL F.G.Gray/C.Wagner C.Hemsworth/T.Thompson/L.Neeson

JUPITER FILMS PERMACULTURE, LA VOIE DE L'AUTONOMIE 1h08 C.Coisman/J.Lenoir

MARS FILMS ROXANE M.Auffret G.D.Tonquédec/L.Drucker/L.Abelanski

ALEA FILMS SILLAGES 1h30 L.Rinaldi I.Lipinski

PYRAMIDE DISTRIBUTION UN HAVRE DE PAIX 1h31 Y.Rozenkier Y.Rozenkier/M.Rozenkier/Y.Rozenkier

L'ENTREPOT UNE RUDE TRANSITION 1h25 L.Juan

AD VITAM ZOMBI CHILD 1h43 B.Bonello L.Labeque/W.Louimat/M.Bijou

S 25

19 JUIN

S 26

26 JUIN

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

UGC DISTRIBUTION BEAUX-PARENTS H.C.Reyes J.Balasko/D.Bourdon/B.Bénabar

EUROZOOM BUÑUEL APRÈS L’ÂGE D’OR 1h26 S.Simo

PARAMOUNT PICTURES FRANCE CHILD'S PLAY : LA POUPÉE DU MAL 2h00 L.Klevberg A.Plaza/B.T.Henry/T.Matheson

LES BOOKMAKERS / THE JOKERS

FILMS

DIRTY GOD 1h44 S.Polak V.Knight/K.Kelly/E.Brady-Girard

FRA CINÉMA DON GIOVANNI (OPÉRA DE PARIS-FRA CINÉMA) 3h40 I.V.Hove É.Dupuis/J.Wagner/N.Car

DIAPHANA DISTRIBUTION LE DAIM 1h17 Q.Dupieux J.Dujardin/A.Haenel/A.Delpy

FESTIZICNEMA DISTRIBUTION LES FRENCHMEN, LES PREMIERS SUPER-HÉROS FRANÇAIS 2h15 O.Goujon O.Goujon/J.Rochard/V.Goujon

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) LITTLE T.G.Chism/T.Gordon M.Martin/R.Hall/I.Rae

WARNER BROS. MON ÉTOILE SOLAIRE R.Russo-Young Y.Shahidi/C.Melton/J.Leguizamo

SAINT ANDRE DES ARTS NATAN, LE FANTÔME DE LA RUE FRANCOEUR 1h23 F.Gendron

AD VITAM NEVADA 1h36 L.D.Clermont-Tonnerre M.Schoenaerts/B.Dern/J.Stewart

REZO FILMS NOUREEV 2h02 R.Fiennes O.Ivenko/R.Fiennes/L.Hofmann

LA TRAVERSE PORTE SANS CLEF 1h17 P.Bodet M.Vaugeois/C.Degoutin/P.Bodet

CARLOTTA FILMS SILENCE 2h09 M.Shinoda D.Lampson/D.Kenny/T.Tamba

20 TH CENTURY FOX TOLKIEN D.Karukoski N.Hoult/L.Collins/C.Roberts

SOLARIS DISTRIBUTION TOMBE LES FILLES ET TAIS-TOI 1h28 H.Ross W.Allen/D.Keaton/T.Roberts

DISTRIBUTEUR FILM DURÉE RÉALISATEUR(S) INTERPRÈTE(S)

ARIZONA FILMS DISTRIBUTION BIXA TRAVESTY 1h15 K.Goifman/C.Priscilla L.D.Quebrada

SONY PICTURES RELEASING FRANCE BRIGHTBURN - L'ENFANT DU MAL D.Yarovesky E.Banks/M.Jones/D.Denman

EPICENTRE FILMS CONSEQUENCES 1h33 D.Štante M.Zemljic/T.Sturbej/G.Markun

MEMENTO FILMS LA FEMME DE MON FRÈRE 1h57 M.Chokri A.Bossé/P.Hivon/E.Brochu

CARLOTTA FILMS LES DOORS 2h22 O.Stone V.Kilmer/M.Ryan/K.Quinlan

MARS FILMS MADE IN CHINA J.Abraham F.Chau/M.Sadoun/J.D.Bona

METROPOLITAN FILMEXPORT TEEN SPIRIT 1h32 M.Minghella E.Fanning/E.Berrington/R.Hall

LOCAL FILMS TOGETHER ALONE 1h27 P.J.Castellaneta T.Stites/T.Curry

THE WALT DISNEY COMPANY

FRANCE

TOY STORY 4 J.Cooley J.Puymartin/R.Darbois/P.Niney

UNIVERSAL PICTURES (FRANCE) UNE FAMILLE SUR LE RING 1h49 S.Merchant F.Pugh/L.Headey/N.Frost

URBAN DISTRIBUTION VILLE NEUVE 1h16 F.Dufour-Laperrière

LE PACTE YVES B.Forgeard W.Lebghil/D.Tillier/P.Katerine

POUR TOUS CHANGEMENTS CONCERNANT CE CALENDRIER, CONTACTEZ :

Laetitia Forhan - laetitia.forhan@webedia-group.com / Guillaume Martin - guillaume.martin@webedia-group.com

Avis aux distributeurs Afin de voir apparaître vos sorties dans les fiches films de Boxoffice, n’hésitez pas à faire parvenir régulièrement votre line up mis à jour.

N°367 du 15 mai 2019

31


CHIFFRES

Giles Keyte © 2019 Warner Bros. Entertainment Inc. et Legendary

Rob Letterman en compagnie du comédien Justice Smith sur le tournage de Pokémon Détective Pikachu.

Extrait de sa filmo

SORTIE TITRE DU FILM CUMUL

ROB LETTERMAN

L’animation avant tout

Le réalisateur américain débute sa carrière avec le courtmétrage

Los Gringos sorti en 1999, hommage animé au

western spaghetti qui se fait une place dans la sélection

officielle du Sundance Film Festival. Cinq ans plus tard,

Gang de requins, coréalisé avec Vicky Jenson et Bibo

Bergeron, le fait connaître auprès du grand public. Grand

succès en France et à travers le monde, le long-métrage

animé atteint 2 948 588 entrées en France, 158 966 465

dollars de recettes au box-office américain et est nommé à

l’occasion de nombreux festivals et événements : Oscars,

BAFTA… Le réalisateur persiste dans les films d’animation

barrés et décalés et s’illustre avec Monstres contre Aliens en

2009. Un an plus tard, il passe au film live avec Les Voyages

de Gulliver puis avec Chair de Poule en 2015, qui reçoivent

un accueil plus mitigé.

On le retrouve ce 8 mai aux manettes du très attendu

Pokémon Détective Pikachu distribué par Warner. Il poursuivra

bientôt son aventure avec un projet encore mystérieux

intitulé The Paranormalists...

13/10/2004 GANG DE REQUINS 2 970 611

01/04/2009 MONSTRES CONTRE ALIENS 1 264 483

23/02/2011 LES VOYAGES DE GULLIVER 648 741

10/02/2016 CHAIR DE POULE - LE FILM 325 210

TOP 10 DES FILMS AUX USA

Week-end du 3 au 5/05/2019

RING

Comparatif entrées 1 er we

RANG

TITRE

(FR)

STUDIO

RECETTE

SEM. EN $

CUMUL

EN $

1 AVENGERS : ENDGAME BV $145,804,000 $619,698,638 2

2 THE INTRUDER SGem $11,000,000 $11,000,000 1

SEM.

À

L’AFF.

EuropaCorp

1 er week end

1 018 595 *

Copies

555

3 SÉDUIS-MOI SI TU PEUX ! LG/S $10,025,000 $10,025,000 1

4 UGLYDOLLS STX $8,510,000 $8,510,000 1

5 CAPTAIN MARVEL BV $4,276,000 $420,768,018 9

6 BREAKTHROUGH Fox $3,948,000 $33,224,512 3

7 LA MALÉDICTION DE LA DAME BLANCHE WB (NL) $3,500,000 $48,100,003 3

Pathé

1 er week end

1 056 143 *

Copies

722

Source : CBO - Box-office

8 SHAZAM ! WB (NL) $2,450,000 $135,193,790 5

9 LITTLE Uni. $1,474,000 $38,584,325 4

10 DUMBO BV $1,433,000 $109,709,592 6

Source : BoxOffice Mojo

Deux films similaires, un élément de comparaison. La série des

Petits Mouchoirs de Guillaume Canet est mise en perspective

via les entrées cumulées à l’issue du 1er week-end, avec les

avant-premières. À noter que les deux films ne sont pas sortis

à la même période : 20 octobre pour Les Petits Mouchoirs,

qui a ensuite bénéficié des vacances de la Toussaint pour

dépasser les 5,3 millions en fin de carrière, et 1 er mai pour

Nous finirons ensemble.

*Avec avant-premières

32


COMPARATIF

5 films, 5 carrières, 1 point de comparaison

La rédaction propose un

éclairage sur la carrière d’un

film via un élément commun

avec 4 autres films, sortis

sur les 20 dernières années.

Focus sur Alita : Battle Angel

de Roberto Rodriguez

avec 4 autres films de

science-fiction.

Cette page a été réalisée en collaboration avec CBO-Box Office, le site des professionnels du cinéma.

TITRE DU FILM ALITA : BATTLE ANGEL GHOST IN THE SHELL READY PLAYER ONE HUNGER GAMES ELYSIUM

DATE DE SORTIE 13/12/2019 29/03/2017 28/03/2018 21/03/2012 14/08/2013

Source : CBO

DISTRIBUTEUR TWENTIETH CENTURY FOX PARAMOUNT PICTURES WARNER BROS. METROPOLITAN SONY PICTURES

GENRE SCIENCE-FICTION, ACTION SCIENCE-FICTION, ACTION SCIENCE-FICTION, ACTION

SCIENCE-FICTION,

ACTION, DRAME

SCIENCE-FICTION,

ACTION, THRILLER

BUDGET 200 000 000 $ 111 000 000 $ 175 000 000 $ 78 000 000 $ 100 000 000 $

CUMUL DES ENTRÉES 2 033 168 1 021 231 2 268 439 1 763 164 1 517 597

1 ER JOUR 128 501 77 620 85 156 80 138 110 000*

1 ER WE 625 373 394 639 660 056 439 649 467 261

COPIES 519 654 719 706 450

MOYENNE PAR COPIE

(1 ER WE)

COEFFICIENT PARIS/

PROVINCE

TAUX DE TRANSFORMATION

(CUMUL DES ENTRÉES/1 ER JOUR)

NOTE SPECTATEURS

ALLOCINÉ

1205 603 918 623 1038

4,35 3,56 3,72 3,69 3,71

x 15,8 x 13,2 x 26,6 x 22,0 x 13,8*

4,4 3,3 4,4 3,9 3,4

*estimation

TENDANCES HEBDO

Retour sur les entrées France des 5 semaines passées

6

5

4,53M

2010

4,7M

2012

5,31M

2017

4,15M

5,28M

2014

2018

6,18M

5,96M

Évolution de la fréquentation sur les 5 dernières

semaines. Les deux courbes représentent le

nombre d’entrées réalisées sur une même

semaine en 2019 (noir) et 2018 (blanc). En raison

d’un bouclage anticipé, les données sont

arrêtées à la semaine 17. Pour celle-ci, l’année

2019 totalise 5,96 millions d’entrées, tandis

que 2018 cumulait 6,18 millions sur la même

période, soit la meilleure semaine 17 globale.

La pire semaine, réalisée en 2003, cumulait 2,4

millions d’entrées.

4

3

2

Millions d’entrées

3,65M

2,36M

2019

2,36M

2018

2019

3,52M

3,12M

2013

2,4M

3,69M

2011

2,2M

3,22M

2,81M

2007

2,14M

2003

2,41M

du 24/03

au 30/04

S17

PARIS/

PÉRIPH.

1 451 141

(2018)

1 428 287

(2019)

INDICES 2018 vs 2019

S17

FRANCE

6 176 433

(2018)

5 962 526

(2019)

CUMUL

FRANCE

73 420 806

(2018)

70 793 962

(2019)

-1,6 % -3,5 % -3,6 %

Source : CBO

13 14

15

16

17

N°367 du 15 mai 2019

33


INTERVIEW

PHIL CLAPP,

PRÉSIDENT DE L’UNIC

La relation entre l’État et le secteur du

cinéma en France suscite parfois l’envie

d’autres territoires européens.

Pour le président de l’Union Internationale des Cinémas aussi, le

Festival de Cannes est un rendez-vous incontournable, qui permet

de prendre le pouls du cinéma européen et de fédérer les forces du

secteur de l’exploitation, qui reste le meilleur promoteur du 7 e Art.

34


Vous venez à Cannes en tant que président de l’UNIC, mais aussi

comme directeur général de l’UK Cinema Association, la fédération

des cinémas britanniques. Quelles sont vos priorités sur place ?

En tant que président de l’UNIC, le Festival est l’occasion idéale pour saisir

les principales tendances du secteur cinématographique européen au travers

de rencontres avec nos nombreux collègues et partenaires présents. C’est

particulièrement vrai en ce qui concerne la France, où il y a toujours à apprendre

sur la politique culturelle et les propositions relatives au cinéma. Le Festival

est également l'occasion de rencontrer les décideurs politiques européens.

L’édition 2019 du EU Film Forum aura sans aucun doute une atmosphère

différente étant donné les élections à venir.

En ce qui concerne mon rôle au nom du Royaume-Uni, le Festival est toujours

une occasion de se rendre compte des films susceptibles de divertir le public

britannique dans les mois à venir.

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans ce festival ? Quelle sont

selon vous ses plus grandes forces… et faiblesses ?

Le Festival de Cannes est sans doute le meilleur exemple d’un large rassemblement

de talents – producteurs, distributeurs, acteurs, exploitants – dans le

but de célébrer l'industrie du film dans son ensemble, offrant de cette manière

un réseau unique d’opportunités. Pas tant une faiblesse qu’un défi pour Cannes

– ainsi que pour les autres festivals – est la nécessité de rester pertinent et de

s’adapter aux changements sociaux, par exemple en termes de parité et de

diversité du contenu présenté.

Déjà en hausse continue ces dernières années, la fréquentation britannique

a atteint un record en 2018 (177 millions d’entrées), plus haut

niveau depuis 1970. De son côté la France voit un recul du nombre

de ses spectateurs, bien que cette baisse ne se fasse pas forcément

au détriment de la production locale. Comment appréciez-vous ces

deux tendances entre pays voisins ?

Je suis président de l'UNIC depuis assez longtemps pour savoir que les comparaisons

de performances d'un territoire à un autre sont risquées, notamment

en sachant la vitesse à laquelle les tendances peuvent changer. La relation entre

l’État et le secteur du cinéma en France suscite parfois l’envie d’autres territoires

européens, tout comme sa densité d’écran et son nombre d’entrées par habitant.

Nous avons eu une très bonne année 2018 au Royaume-Uni et bien sûr nous

espérons une année encore meilleure en 2019, mais nous sommes tous confrontés

à la nécessité d’innover et de diversifier notre offre. Il existe différents modèles

et définitions de “production locale”. Le Royaume-Uni a ce que l'on qualifie

de "films nationaux" qui sont des co-productions américaines, alors que la

France reste bien sûr une référence en matière de production de contenu

national. Quelles que soient les différences ou similitudes, il est clair que ce

sont deux pays où le public continue de manifester son amour pour le

grand écran.

Alors que se font ressentir les besoins de renouvellement de l’équipement

numérique, les différents systèmes de VPF arrivent à leur terme

dans la plupart des pays où ils ont été mis en place. L’UNIC a-t-elle un

rôle à jouer pour donner une ampleur internationale aux discussions

avec les distributeurs sur une nouvelle contribution mutualisée ?

Même si rien ne semble en général indiquer que les exploitants ou les distributeurs

souhaitent un “VPF 2.0”, un bon nombre des nouvelles technologies

émergentes sont très coûteuses et le secteur devra trouver de nouveaux mécanismes

de financement, avec ou sans distributeurs. Cela étant dit, chaque

territoire devra décider de la marche à suivre et nous pourrions assister à des

développements inattendus.

La diversité des législations en matière de chronologie des médias

est-elle compatible avec la préservation de l'exclusivité salle ? Quels

moyens le secteur doit-il mettre en place pour éviter l'avènement

d’un 7 e Art désarticulé constitué d’un côté de films pour grand écran,

et de l’autre, de films pour VOD ?

Je pense que le cinéma et le streaming peuvent coexister, tout comme les

cinémas et autres plateformes de divertissement à domicile coexistent depuis

des années. Par exemple, nous avons récemment vu Avengers : Endgame et un

épisode crucial de Game of Thrones sortir le même week-end, attirant tous les

deux des millions de spectateurs. Mais la sortie en salle représente sans aucun

doute la référence en matière de visionnage d’un film, et la possibilité d’offrir

au public le plus large possible l’éventail le plus riche possible d’œuvres cinématographiques.

De plus, la sortie en salles d’un film contribue à ses performances

et sa notoriété sur les autres plateformes. Et elle repose sur un modèle

commercial juste et transparent, qui présente des avantages durables et prouvés

aussi bien pour le public que pour le secteur du film.

La France est un cas très particulier, dans la mesure où la chronologie des

médias y est établie par la loi, mais tous les autres territoires européens observent

des périodes importantes d’exclusivité en salle pour la plupart des films, garantissant

une certitude financière et donnant aux créateurs et distributeurs le

pouvoir de décider quand, où et comment ils veulent sortir leur film.

L'existence de la fenêtre protège également contre le système à deux niveaux

que vous imaginez, où une sortie anticipée à domicile pourrait encourager les

cinémas à choisir de ne diffuser que du contenu "reconnu" (franchises, suites,

prequels, etc.) dont ils savent qu'ils rapporteront de l'argent, et seraient donc

moins disposés à prendre des risques avec des films moins conventionnels, qui

pourraient prendre du temps à se développer par bouche-à-oreille.

Ressentez-vous aussi le danger d’une exploitation à deux vitesses

dans la maîtrise et exploitation des outils numériques et des enjeux

des data ?

De nombreux exploitants de salles de cinéma sont probablement en retard sur

des sociétés comme Google, Amazon, Facebook, Apple ou Netflix en ce qui

concerne la collecte de données et l'utilisation d'outils numériques. Mais cet

écart se réduit, avec des investissements et des collaborations grandissantes

dans ce domaine par le secteur.Par exemple, alors que plusieurs grands opérateurs

travaillent maintenant en étroite collaboration avec Google sur les horaires

de programmation et avec Facebook sur les tickets et les "bots", d'autres

développent leurs propres outils numériques. Nous assistons également à la

montée en puissance de tiers dans lesquels les exploitants peuvent donner leur

confiance, par exemple au Royaume-Uni grâce à notre propre travail avec

Showtime Analytics, en développant un système de soutien pour les plus petits

opérateurs leur permettant de communiquer avec leur public de manière

plus efficace.

Quel est selon vous le plus grand défi qui attendent les salles de

cinéma à travers le monde ?

Au niveau mondial, tous les acteurs du secteur sont confrontés à la mondialisation

croissante de notre industrie, tant pour l'exploitation en salle que pour

la distribution. Plus localement, je pense que tous les cinémas sont confrontés

au défi de s’adapter aux besoins et aux attentes en constante évolution de leurs

publics, et d’innover pour offrir des expériences nouvelles et toujours uniques.

N°367 du 15 mai 2019

35


EXPLOITATION MONDIALE

CLASSEMENT

Les leaders mondiaux de l’exploitation

En collaboration avec Boxoffice US

Après le classement 2017 (voir Boxoffice 342), nous vous proposons le Top 30 mondial des circuits en nombre d’écrans

sur l’année 2018. Seul représentant français, Les Cinémas Pathé Gaumont sont 28 e .

RANG

CIRCUIT PAYS ÉCRANS

Classé pour la première fois à part de sa maison-mère Wanda Film Holdings, AMC Entertainment est leader

de l’exploitation mondiale.

Les regroupements ont concentré le nombre des principaux acteurs de l’industrie,

le marché chinois dominant une nouvelle fois notre classement annuel des

leaders de l’exploitation. Cette forte présence dans la liste est loin d’être une surprise :

le marché chinois a progressé de manière trépidante ces dernières années, enregistrant

le mois le plus rentable de son histoire avec 1,6 milliard de dollars récoltés en

février dernier. En 2018, parmi les 30 premiers circuits en nombre d’écrans figurent

16 groupes chinois, Wanda Film Holdings (1er en 2017 avec plus de 14 000 écrans)

étant pour la première fois mentionné séparément de sa filiale américaine AMC

Entertainment. Avec plus de 10 000 écrans, ce dernier occupe d’ailleurs la première

marche d’un nouveau podium par rapport à 2017. Solide deuxième l’an passé,

Cineworld reste dauphin tandis que Guangdong Dadi prend la troisième place au

détriment de Cinemark.

Dans le marché nord-américain (États-Unis et Canada), Marcus Theatres devient,

avec AMC, Regal (Cineworld), Cinemark et Cineplex, le 5 e circuit à exploiter plus

de 1 000 écrans. Un seuil atteint suite à l’acquisition de la chaîne de “dine-in” Movie

Tavern de Southern Theatres, au premier trimestre 2019. Le circuit mexicain

1 AMC ENTERTAINMENT INC (WANDA INTL., - CHINA) ÉTATS-UNIS 11 091

2 CINEWORLD ROYAUME-UNI 9 542

3 GUANGDONG DADI CHINE 6 296

4 CINEMARK THEATRES ÉTATS-UNIS 6 048

5 CINÉPOLIS MEXIQUE 5 771

6 CHINA FILM GROUP DIGITAL CINEMA LINE CO., LTD. CHINE 5 416

7 WANDA FILM HOLDINGS CHINE 5 279

8 CHINA FILM SOUTH CINEMA CIRCUIT CHINE 4 843

9 SHANGHAI UNITED CINEMA CIRCUIT CHINE 3 731

10 CHINA FILM STELLAR THEATER CHAIN CHINE 3 526

11 CINEMEX MEXIQUE 3 076

12 RED CARP DIGITAL CINEMA CHINE 2 643

13 CJ CGV CORÉE DU SUD 2 632

14 HENGDIAN ENTERTAINMENT CO., LTD. CHINE 2 484

15 HUAXIA FILM DISTRIBUTION CHINE 2 429

16 GZ. JINYIZHUJIANG MOVIE CIRCUIT CO.,LTD CHINE 2 398

17 ZHEJIANG TIME CINEMAS CHINE 2 061

18 OMNIJOI CINEMA CIRCUIT LLC CHINE 1 953

19 VUE CINEMAS ROYAUME-UNI 1 928

20 CINEPLEX ENTERTAINMENT CANADA 1 686

21 SICHUAN PACIFIC CINEMA LINE CO., LTD. CHINE 1 669

22 VILLAGE ROADSHOW AUSTRALIE 1 627

23 PERFECT WORLD CINEMA CHAIN CHINE 1 395

24 HENAN OSCAR FILM GROUP CHINE 1 313

25 POLY WANHE THEATER CHAIN CHINE 1 287

26 EVENT CINEMAS & HOSPITALITY AUSTRALIE 1 286

27 MARCUS THEATRES CORPORATION ÉTATS-UNIS 1 098

28 LES CINÉMAS PATHÉ GAUMONT FRANCE 1 091

29 LOTTE CORÉE DU SUD 1 051

30 NATIONAL AMUSEMENTS ÉTATS-UNIS 942

Cinemex a de son côté dépassé les 3 000 écrans grâce à son déploiement aux États-

Unis via sa filiale CMX Cinemas. Le Mexique s’est imposé comme un acteur majeur

de l’industrie ces dernières années : c’est le seul pays, en dehors des États-Unis et

de la Chine, a compter plus d’un représentant parmi les 15 premiers circuits

mondiaux. Outre le Royaume-Uni avec ses deux géants que sont Cineworld et Vue

Cinemas, la France est l’autre seul représentant européen du classement avec Les

Cinémas Pathé Gaumont. Premier circuit en France, aux Pays-Bas et en Suisse, le

groupe de Jérôme Seydoux s’est pour la première fois déployé en Afrique, avec la

construction d’un multiplexe de 8 salles à Tunis (Tunisie) fin décembre.

Bien qu’il ait chuté du podium, le circuit Cinemark reste un poids lourds de l’industrie avec plus de 6 000

écrans exploités.

D’après la MPAA (association interprofessionnelle américaine qui réunit les six

plus grands studios hollywoodiens), le nombre d’écrans à travers le monde a

augmenté de 8 % en 2017, dépassant légèrement le seuil de 170 000. L’avenir laisse

présager une croissance continue, avec l’émergence de marchés comme le Nigeria

et l’Arabie saoudite, déterminés à développer leurs équipements. Avec l’ouverture

de nouveaux marchés, nul doute que ce classement sera amené à évoluer dans les

prochaines années.

36


NOUS COMPRENONS

LES SPECTATEURS

Analyse de données et

campagnes marketing pour

l’industrie du cinema

O O.C O / FR

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EXPLOITATION MONDIALE

TOUR D’HORIZON DU CINÉMA MONDIAL

Comment se porte le cinéma à travers le monde ? Boxoffice vous fait voyager et se pose en Amérique latine et en Asie du

Sud-Est, pour vous offrir un état des lieux de l’industrie cinématographique.

AMÉRIQUE LATINE

Le marché latino-américain a été touché par plusieurs

crises en 2018. Dans une région déjà affectée par des bouleversements

politiques, économiques et sociaux réguliers,

l’industrie cinématographique a dû en plus composer avec la

prolifération de plateformes de streaming. Pourtant, malgré

une baisse significative des entrées dans plusieurs marchés-clés

l’année dernière, l’industrie locale reste optimiste.

La Colombie, par exemple, a vu son marché croître significativement

: +2,2 % entre 2017 et 2018, passant de 62 à 64

millions de billets vendus. Au Chili, où a été tourné Une femme

fantastique de Sebastián Lelio, Oscar 2018 du Meilleur film

en langue étrangère, la hausse est plus modeste, de 27,7 millions

d’entrées en 2017 à 27,9 millions en 2018 selon les chiffres

du ministère de la Culture. La statuette récoltée par Une femme

fantastique n’a pas permis au film de booster la fréquentation,

avec seulement 54 000 entrées enregistrées dans le pays. En

Argentine, selon l’INCAA, l’agence nationale du film, le

nombre de spectateurs a quant à lui baissé de 6,3 %, passant

de 47,6 millions en 2017 à 44,6 millions en 2018. Même cas

de figure au Pérou, avec une baisse de 51,7 à 50,4 millions

d’entrées (-2,5 %), tandis qu’au Mexique, le recul des entrées

a été contrebalancé par une hausse du box-office : 348 millions

de billets ont été vendus en 2017 contre 332 millions en 2018

(-4,6 %), pour un profit de 72 millions de dollars contre 51

millions l’année précédente. C’est au Venezuela que la situation

est la plus critique, avec une plongée des entrées de 33,9 %

sur l’année, de 21,2 millions à 14 millions d’entrées, son plus

bas historique depuis 2002 et ses 14,5 millions d’entrées.

Une salle du circuit brésilien Cineflix.

©Ad Vitam

Des solutions à trouver

« Bien que les exploitants et les distributeurs soient déçus de l’année

écoulée, nous avons connu quelques succès face à la Coupe du

monde et avons pu maintenir, en moyenne sur la région, un

nombre de spectateurs significatif », analyse Luciano Taffetani,

directeur des ventes senior pour Dolby en Amérique latine.

Juan Carlos Chaves, directeur des ventes cinéma senior pour

Christie, évoque une croissance mesurée en 2017, particulièrement

au Mexique et en Amérique du Nord. « Nous sommes

optimistes pour 2019. Nous devrions voir une croissance plus

stable du nombre d’écrans, surtout au second semestre », évaluet-il.

Le Mexique s’est également imposé comme un marché

clé pour la société GDC Technology, fournisseur de solutions

numériques pour les salles : « Les spectateurs restent attirés par

les dernières innovations technologiques et les salles premium qui

proposent des expériences immersives », estime Michael Fernandez,

vice-président des ventes. Pour Tomás Darcyl de Diamond

Films, qui a notamment distribué Green Book dans la région,

les salles ne seront pas impactées par les plateformes en ligne

tant que les spectateurs auront une offre de films suffisamment

satisfaisante pour les faire sortir de chez eux. « Les salles existantes

ont un grand potentiel encore inexploité. Leur succès dépendra de

la manière dont ils peuvent augmenter leur nombre de spectateurs

de la même manière que leurs revenus. La combinaison de la

technologie, de l’infrastructure et des expériences immersives

continueront à engager les spectateurs et créeront une nouvelle

génération de cinéphiles », affirme le consultant Luiz Fernando

Morau, spécialisé dans l’Amérique latine.

Une femme fantastique de Sebastian Lelio.

38


Une situation ambivalente au Brésil

Au Brésil, la situation n’est pas non plus au beau fixe à en

juger les chiffres officiels : la fréquentation a chuté de 12,6 %

sur l’année, avec un recul de 11,6 % du box-office. « L’année

dernière a été très difficile, surtout au second semestre, le pire

depuis dix ans. Il a fallu aux exploitants beaucoup d’énergie

et d’imagination pour atteindre leurs objectifs », reconnaît

Márcio Eli, CEO de Centerplex, l’un des plus gros circuits

du pays. La production locale se porte bien, avec 171 films

brésiliens produits en 2018 contre 160 en 2017, qui représentent

14,4 % de part de marché ; en revanche, l’élection

du président Jair Bolsonaro laisse peu d’espoir quant à la

situation du pays. La première année de son mandat s’est

traduite par une coupe des budgets de la culture, le gouvernement

arguant que les arts seront soutenus par le biais de

l’éducation. Un progrès à noter toutefois : de nouvelles lois

sur l’accessibilité, qui permettront aux personnes handicapées

de véritablement profiter de leurs cinémas. « Il s’agit

d’un défi important pour les exploitants qui a causé beaucoup

de consternation », admet Luciano Tafettani. « Les délais

étaient courts, mais nous sommes satisfaits d’avoir trouvé des

solutions. » Dolby propose en effet le service CineAssista,

qui fournit aux cinémas des solutions de sous-titrage,

audio-description et transcription des films en langue des

signes. Pour Ronaldo Bettini Jr., directeur marketing chez

ETC Filmes, le besoin d’accessibilité est criant à l’intérieur

et à l’extérieur des salles : « Nos équipes doivent être formées

à ces situations et apprendre à penser autrement. Les cinémas

doivent être des espaces accueillants pour tous et accessibles

sans difficulté. Il n’est pas envisageable de se priver d’une partie

des spectateurs avant même qu’ils n’accèdent à la salle. »

Quant au nombre d’écrans, il n’a jamais été aussi élevé :

3 356 en 2018. La croissance ralentit toutefois en raison

de la crise économique qui frappe le Brésil depuis 2015 et

malgré cette expansion, l'accès aux écrans reste un sujet de

préoccupation pour certains films. « En continuant à ouvrir

des cinémas de 4 ou 6 salles, on ne fait que prolonger le problème

déjà existant du manque d’espace pour les nouvelles sorties.

Ces écrans seront pris d’assaut par les blockbusters. Nous allons

devoir réfléchir à la manière dont nous pourrons limiter

l’impact des plateformes de streaming, qui savent mettre en

valeur leur contenu. Nous avons besoin que les distributeurs

investissent plus dans leurs campagnes marketing pour accroître

la durée de vie des films dans les salles », explique Marcio

Fraccaroli, CEO de Paris Filmes, distributeur indépendant

brésilien. Malgré ces défis, le marché brésilien, encore

influent en Amérique du Sud, est porté par la sortie des

énormes Avengers : Endgame, Dumbo, Le Roi lion ou encore

Shazam !, et devrait à nouveau se démarquer au box-office

international cette année.

CHINE ET ASIE DU SUD-EST

préférence des spectateurs pour leur cinéma. Les autres

films sont en majorité des productions hollywoodiennes

qui ont pu entrer dans le quota hautement restrictif des

films étrangers autorisés à être exploités dans le pays : avec

360 millions de dollars de recettes, Avengers: Infinity War

est le film hollywoodien qui a le plus marché, suivi de

Venom, Aquaman, Jurassic World: Fallen Kingdom et Ready

Player One. Parmi les productions chinoises, Operation Red

Sea (550 millions de dollars), Detective Chinatown 2, Dying

to Survive, Hello Mr. Billionaire ou Monster Hunt 2 ont été

les plus gros succès de l’année.

CGV Cheongdam Cine City à Séoul, Corée du Sud.

En 2018, le paysage de l’exploitation chinoise s’est

encore élargi avec désormais 10 900 cinémas et environ

61 000 écrans à travers le pays selon l’agence Artisan Gateway,

leader en Asie sur l’industrie cinématographique. Le circuit

Wanda continue de largement dominer le marché avec

5 000 écrans, suivi par Dadi Cinema, 2 600 écrans et

Hengdian, 2 000 écrans. Plus de 500 films ont été distribués

en 2018, soit 10 % de plus que l’année précédente, parmi

lesquels 80 % de productions locales, démontrant la

©Michaela Den

Bien que la Chine ait depuis longtemps dépassé les États-

Unis et le Canada en nombre d’écrans, l’Amérique du Nord

reste le marché qui rapporte le plus d’argent, en raison du

très faible coût des places dans l’Empire du Milieu (voir

notre article Quelles conséquences à la guerre des prix en

Chine ?, Boxoffice n°348). Ainsi, le revenu annuel moyen

par écran est de seulement 1 million de yuans et a tendance

à diminuer depuis trois ans. Cela pourrait toutefois changer

dans les deux années à venir. L’Asie du Sud-Est, qui compte

aujourd’hui 645 millions d’habitants, devient une région

importante pour la distribution et l’exploitation ; à l’exception

du Laos et du Timor oriental, le marché de toute la

région a connu une croissance significative. Près de 70 %

du box-office de 2018 ont été générés par six distributeurs

étrangers menés par Disney, selon Kurt Rieder, vice-président

exécutif de la distribution en Asie pour 20th Century Fox

International. L’Indonésie se démarque particulièrement

N°367 du 15 mai 2019

39


EXPLOITATION MONDIALE

en raison de plusieurs facteurs : une population jeune, une

classe moyenne dont les revenus augmentent et de grandes

avancées dans le développement d’infrastructures, mené

par des entreprises locales et étrangères. « En Indonésie, la

Fox a vu son box-office annuel augmenter de 24 % en 2018 »,

continue Rieder. La Birmanie et le Cambodge sont deux

marchés également parmi les plus prometteurs. « Le PIB

par habitant de ces deux pays continue d’augmenter, sans

compter les constructions d’infrastructures considérables. »

Néanmoins, certains marchés auraient pu faire mieux ; c’est

le cas de Singapour et de la Thaïlande. Bien que riche, Singapour

ne compte que 5,6 millions d’habitants et se présente désormais,

toujours selon Rieder, comme « un marché mature à la population

vieillissante, qui consomme davantage de contenus courts

sur son téléphone ou du streaming à la maison ». Bien que les

salles continuent de se développer, il est peu probable que la

fréquentation augmente et « l’opportunité d’importer plus de

films étrangers n’existe pas, compte tenu de la faible rentabilité de

nombreuses sorties ». La Thaïlande continue quant à elle de

réaliser de mauvaises performances en raison d’une « production

locale trop faible, de films qui peinent à se maintenir passé le

premier week-end, un piratage développé et des difficultés économiques

».

Toutefois, d’autres pays comme le Vietnam, l’Indonésie, la

Malaisie et les Philippines proposent davantage de nouveaux

formats comme la 4DX et le ScreenX ; de plus, les réseaux

sociaux sont utilisés comme un véritable levier de marketing

des films, afin de mieux cibler les spectateurs. À Singapour, le

marché est dominé par le circuit Golden Village, 13 cinémas,

106 écrans et 40 % des recettes de la cité-État. En plus d’être

à la pointe de la technologie et de moderniser le design de ses

cinémas, le circuit mise sur la variété de sa programmation,

de Hollywood à Bollywood en passant par les films indépendants,

les anime et mêmes les événements live. « L’offre s’adapte

à chaque spectateur auquel il nous faut proposer du choix et une

Monster Hunt 2

raison de sortir de chez soi » analyse Clara Cheo, CEO de Golden

Village Multiplex. En 2019,

LA

Golden

SOLUTION

Village va plus

DE

loin

GESTION

en

ouvrant son complexe GV Funan, en plein cœur d’un centre

commercial en centre-ville. « En partenariat avec le centre, ce

nouveau cinéma proposera des expériences multisensorielles, dont

certaines seront une première à l’échelle locale », a divulgué Cheo.

Aux Philippines, SM Cinema, le circuit leader du pays depuis

plusieurs années, a représenté en 2018 plus de 50 % du

marché, fort de ses 64 cinémas et 359 écrans. Pour diversifier

son offre premium, SM Cinema a ouvert plusieurs salles

IMAX ainsi qu’un cinéma Director’s Club, pensé comme LA SOLUTI

une salle de luxe privée avec fauteuils en cuir et service de

dine-in au siège. Enfin, le circuit a entamé l’année dernière

une complète redécoration de ses salles et lancé une application

qui permet aux spectateurs d’accéder aux horaires

plus facilement et de réserver leurs places en ligne. Trois

nouveaux cinémas ouvriront en 2019 : « Nous proposerons

BILLETTERIE

également la vente de nourriture, un distributeur de confiserie

et un nouveau système de fidélité », s’enthousiasme Ruby Ann

O. Reyes, vice-présidente du marketing. SM Cinema a vu

ses ventes augmenter de 10 % en 2018.

CONFISERIE

La Thaïlande, marché émergent

Dominé par deux circuits, le paysage cinématographique

thaïlandais est unique dans la région. Major Cineplex Group

VENTE (MCG) A DISTANCE et SF Cinema Group génèrent à eux deux 95 % du

box-office annuel du pays, MCG représentant à lui seul 73

% des parts de marché en 2018, avec 163 cinémas et 776

écrans et l’ambition d’atteindre 180 sites et 790 écrans d’ici

la fin de l’année. En 2018, MCG a introduit une option de

GESTION

paiement

DES

par

STOCKS

crypto-monnaie, lancé l’Esports Cinema à

l’Esplanade Cineplex de Bangkok, l’une de ses salles les plus

luxueuses, et inauguré la première salle IMAX VR au Paragon

Cineplex, toujours à Bangkok. Après avoir fait passer ses

FIDÉLITÉ principaux cinémas au numérique, le circuit travaille désormais

sur la diffusion de contenus par satellite et ambitionne

de proposer des retransmissions live dans ses salles, tout en

maintenant l’objectif d’être présent dans les 77 provinces du

pays. Le circuit s’est également développé au Laos, où il

GESTION COMMERCIALE

n’existe aucun concurrent, et au Cambodge, qui héberge

trois cinémas flambant neufs du groupe et en accueillera

deux nouveaux cette année.

CJ CGV et Lotte Cinema, deux circuits sud-coréens, ont

COMPTABILITÉ

énormément contribué à implanter des cinémas modernes

et à la pointe en Asie du Sud-Est durant la dernière décennie.

Au Vietnam, Lotte Cinema, deuxième circuit derrière CJ

CGV, a ouvert son premier établissement à Ho Chi Minh

RESSOURCES Ville en décembre HUMAINES 2008. Depuis, le circuit gère 41 cinémas

et 183 écrans, et espère faire grimper ce chiffre à 51 sites

pour 233 écrans d’ici la fin 2019. « Cette expansion est rendue

possible par la croissance économique du pays et la synergie avec

nos autres entreprises de restauration et de vente au détail, qui

STATISTIQUES

ont contribué à nous implanter fortement dans le pays », a déclaré

Jae-Chul Kim, directeur général exécutif de Lotte Culture

Works. Si la concurrence est rude au Vietnam, les deux

circuits y ont fortement développé le marché. En Indonésie,

BORNE CJ CGV INTERACTIVE et Lotte Cinema font cette fois face au premier

circuit national 21 Cineplex, tandis que Cinemaxx Indonesia

a récemment conclu un partenariat avec le mexicain Cinépolis.

Reste qu'avec l'accroissement de la population, l'augmentation

du niveau de vie des classes moyennes et des besoins

de réaménagement des infrastructures, il devrait y avoir de

la place pour tout le monde dans la région.

©Falcom Media

40


LA SOLUTION DE GESTION

LA BILLETTERIE AU CŒUR

DU CINÉMA DE DEMAIN

ON DE GESTION

01 74 700 707 contact@cineoffice.com www.cineoffice.com


FOCUS EXPLOITATION

©Nathalie Gautier

LES ÉQUIPEMENTS

GLOBAL

maître d’ouvrage : COMMUNAUTÉ DE COMMUNES DU

PAYS D’ANCENIS

maître d’œuvre / pilote : TRACE ARCHITECTURE (HEM-59)

ET OLCAP (ANCENIS SAINT GÉRÉON 44)

bureau de contrôle : ALPES CONTRÔLE (COUERON-44)

GROS ŒUVRE

gros œuvre : ENTREPRISE BIGEARD (ORÉE D’ANJOU-49)

électricité et réseaux : ENTREPRISE ISOLEC (LAVAL-53)

climatisation/chauffage : ENTREPRISE MONNIER

(ANCENIS SAINT GÉRÉON-44)

enseignes et signalétique : CINÉ SIGN (LEPECQ-78)

FAÇADE/HALL

sols durs, moquette, etc. : ENTREPRISE HILAIRE ET

ENTREPRISE ESNEAULT ( ANCENIS- SAINT GÉRÉON-44)

système de billetterie : MONNAIE SERVICES

enseignes/signalétique : CINÉ SIGN ET GROUPE DE

L’AGENCE PRÉSENCE ET BORN SCENO

affichage dynamique : CINÉMATÉRIEL (LYON -69) ET

CINÉDIGITAL SERVICE (LA CHAPELLE SUR ERDRE-44)

SALLES

fauteuils : MUSSIDAN SIÈGE

tentures/sols : ENTREPRISE SUBILEAU ET ENTREPRISE

HILAIRE (ANCENIS-SAINT GÉRÉON- 44)

CABINES

installateur : CINÉMATÉRIEL (LYON -69) ET CINÉDIGITAL

SERVICE (LA CHAPELLE SUR ERDRE-44)

marque des projecteurs : NEC

EXPLOITATION

programmation : CINEDIFFUSION

SITE INTERNET

Conception du site internet : ERAKYS

fournisseur VAD : MONNAIE SERVICES

ANCENIS

Un nouvel Eden

En présence de sa marraine Ludivine Sagnier, le complexe de 3 salles a accueilli ses premiers

spectateurs samedi 4 mai. Une nouvelle étape cinématographique dans la commune de Loire-

Atlantique après la fermeture du mono-écran historique Eden.

Alors que le cinéma à Ancenis fêtera son centenaire en

2020 (voir ci-contre), l’Eden a pris une nouvelle dimension

début mai. Impulsé par la Communauté de communes du

Pays d’Ancenis (COMPA) en 2012, le nouveau complexe

s’est installé sur le site des anciens établissements Braud

(spécialisés dans la nutrition animale), à proximité du

centre-ville et de la gare. Les 3 salles et 567 places prennent

la suite du mono-écran Eden, qui a baissé ses rideaux le 29

avril. L’association Louis Lumière, qui compte 3 salariés et

80 bénévoles et gérait l’ancienne salle, se retrouve aux

manettes du nouvel établissement. Avec une plus grande

marge de manœuvre. « Auparavant bimensuelle, notre

programmation devient hebdomadaire, avec notamment 1 à

2 sorties nationales par semaine, contre une dizaine annuelle

avec l’ancien cinéma », explique Morgane Lainé, adjointe

de direction de l’Eden 3. « Les 3 salles vont vraiment nous

permettre d’exploiter nos trois piliers de programmation : grand

public, Art et Essai et jeune public, avec notamment de la

continuation, que nous ne faisions pas avant. » Doublement

labellisé avec Jeune public et Patrimoine - Répertoire, le

cinéma vise Recherche & Découverte et à terme le label

Europa Cinémas.

L’Eden 3 est le 3 e cinéma de

Loire-Atlantique à proposer

une salle en Dolby Atmos

après les cinémas Pôle Sud

et Pathé Atlantis à Nantes.

©Nathalie Gautier

L’association Louis Lumière est composée de 3 salariés et plus

de 80 bénévoles.

42


CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE FAUTEUILS PMR

DIM. BASE

ÉCRAN (m)

1 291 9 15

SON

DOLBY

ATMOS

IMAGE

2 152 5 10.5 DOLBY 7.1 2K

3 88 4 9 DOLBY 7.1 2K

Total 531 18

4K

« Nous allons pour l’instant nous concentrer sur le public, avec

l’objectif qu’il s’approprie ce nouveau lieu. » Ainsi les animations

historiques vont se poursuivre tandis que le hors film

sera davantage mis en avant, « mais sans empiéter sur les

activités du théâtre Quartier Libre ». Véritable cinéma de

territoire dans le sens où il se veut ouvert à tout type de

spectateur, l’Eden 3 souhaite également reconquérir un

public adolescents/jeunes adultes qui avait déserté les salles

obscures. « Les jeunes n’hésitaient pas à faire plusieurs kilomètres

et payer cher pour avoir le confort des multiplexes à Nantes.

Désormais, nous allons être le troisième cinéma de Loire-

Atlantique à proposer une salle en Dolby Atmos. Et nous

voulons impliquer ce public jeune en créant, par exemple, des

comités de programmation lycéens pour organiser des soirées

spéciales », précise Morgane Lainé.

Une invitation au voyage cinématographique

Avec ce nouvel écrin, le cinéma va également pouvoir intensifier

ses actions d’éducation à l’image, mettant à profit

notamment un vaste hall où ont été agencés espace jeune

public, mur d’expression et loge bibliothèque. C’est ensuite

un large déambulateur « ambiance 2001 : L’Odyssée de l’espace

où est détaillée l’histoire de l’Eden » qui donne accès aux trois

salles aux styles différents : sièges rouges pour la grande (309

places), violets pour la moyenne (162) et noirs pour la petite

(96). L’aspect extérieur du complexe, conçu par Trace Architectes,

se voulait unique : « Le projet est une invitation au voyage

cinématographique. La façade en lames inox se déroule telle une

bobine et emmène le public dans son mouvement et son jeu de

reflets », nous racontait la COMPA en août 2018. L’entrée,

surplombée d’une arche, témoigne du passé industriel de la

zone et sa structure béton est ornée de photos rappelant l’histoire

des établissements Braud (Manitou). Au total, le projet

aura coûté la bagatelle de 5,5 millions d’euros, dont 3,6 millions

par la Compa et 400 000 par le CNC.

Implanté dans le département le plus riche en salles associatives

(35 cinémas) et avec plusieurs écrans dans les communes

alentours, l’Eden 3 reste confiant. « Je ne pense pas que nous

nous ferons concurrence. Le Pays d’Ancenis représente un bassin

de population de 70 000 habitants », note Morgane Lainé.

Cumulant 40 000 entrées annuelles avec le mono-écran Eden,

l’association Louis Lumière se montre plus ambitieuse, fort

de ses 3 salles : environ 70 000 spectateurs à l’année. Une

fréquentation record à l’aube d’une année qui s’annonce

palpitante pour Ancenis : le centenaire du cinéma.

3 Eden pour

100 ans de cinéma

Le 20 mars 1920, l’homme de spectacle Raoul

Cuisinier ouvre le premier Eden, impasse Emilien

Maillard, cinéma qui deviendra parlant en 1932.

5 ans plus tard, un deuxième cinéma voit le

jour sous le nom d’Ancenis-Cinéma, porté par

l’Abbé Gerbaud rue Tartifume. Fermé en 1938,

l’Eden est repris par la famille Berryer qui

entreprend des travaux de rénovation et consolidation

en 1942. 4 ans plus tard, la SARL

Ancenienne de Cinéma, gérée par le couple

Ollard, reprend l’exploitation du site qui va

déménager rue Saint-Fiacre en 1962 et porter

sa capacité à 407 sièges : c’est le fin du 1 er Eden.

En 1965, l’association Louis Lumière récupère

l’exploitation d’Ancenis-Cinéma, qui fusionne

avec l’Eden au début des années 70. Ce dernier

programme des films “osés” quand l’ancienne

salle paroissiale est dédiée au grand public. Elle

baisse cependant ses rideaux en 1974. De

nombreux travaux de rénovation et de renouvellement

de matériel de l’Eden vont agrémenter

les décennies suivantes, puis en 2009, le cinéma

passe au numérique. Et 10 ans après, il déménage

à nouveau, se transformant en complexe

de 3 salles, à quelques pas de la gare. Le début

d’un nouveau chapitre pour une histoire du

cinéma ancenien bientôt centenaire.

©Nathalie Gautier

©Nathalie Gautier

N°367 du 15 mai 2019

43


FOCUS EXPLOITATION

COSMO ouvre ses portes à Briançon

La commune de 12 000 habitants accueille un nouveau cinéma dans le cœur de ville pour remplacer l’ancien mono-écran Le Vauban.

Un exploitant expérimenté

Vincent Aurouze connaît le fonctionnement d’un

cinéma et y a consacré toute sa vie. C’est son

père qui a racheté il y a 30 ans le cinéma Le Palace

à Gap, qui compte aujourd’hui 6 salles. « A

l’époque, avec l’arrivée des cassettes VHS et de la

démocratisation du cinéma à domicile, on pensait

que la salle de cinéma allait mourir », se remémore

l’exploitant. Tout petit, il suit son père de près et

l’accompagne sur son lieu de travail. « Depuis

que j’ai 12 ans, j’ai toujours erré dans les salles de

cinéma, c’est un environnement qui m’a toujours

été familier. » Après avoir obtenu son Master en

audit et contrôle de gestion, il effectue plusieurs

stages, notamment au Pathé Plan de Campagne,

où il s’occupe du volet administratif et de l’accueil

client. Rapidement, il ne quitte plus Le Palace

et en prend finalement la gestion avec son père.

Avec le Cosmo Briançon, c’est un nouveau challenge

pour lui. « C’est quelque chose de nouveau, donc

c’est forcément grisant. Les premiers retours sont

très positifs, particulièrement sur la qualité des

salles et des tarifs qui sont jugés très corrects. »

LES ÉQUIPEMENTS

GLOBAL

maître d’ouvrage : SAS COSMO

maître d’œuvre / pilote : LDC INGENIERIE

bureau de contrôle : SOCOTEC

GROS ŒUVRE

gros œuvre : SOCALP

électricité et réseaux : SCARA

climatisation/chauffage : AILLIAUD

enseignes et signalétique : ENNA

FAÇADE/HALL

sols durs, moquette, etc. : REVEL

système de billetterie : CinéSystem

enseignes/signalétique : ENNA

affichage dynamique : CINEMECCANICA

SALLES

fauteuils : KLESLO

tentures/sols : HTI

CABINES

installateur : CINEMECCANICA

marque des projecteurs : BARCO

EXPLOITATION

programmation : CINEPROFILMS

Après 11 mois de travaux et pour un coût avoisinant

les 3 millions d’euros, le flambant neuf Cosmo de Briançon

a ouvert ses portes le 17 avril. Avec une surface de 1 250

m 2 , le complexe compte 4 salles et 417 places équipées

en 7.1 - et Dolby Atmos avec projecteur laser 4K pour la

salle premium de 200 sièges - avec fauteuils réservables

directement en ligne. Ce cinéma remplace le mono-écran

du Vauban, et reprend comme lui une programmation

généraliste. « CinéProFilms s’en charge et en dehors de quelques

exceptions, il y aura très peu d’art et essai », confie Vincent

Aurouze, directeur du Cosmo. L’idée étant de ne pas

empiéter sur le cœur de cible de l’autre cinéma de la ville,

l’Eden, justement spécialisé dans l’art et essai. « Nous

n’avons pas de contrat écrit mais un engagement moral à ne

pas aller les chercher sur ce terrain-là. De toute façon, nous

avons une logique financière qu’eux n’ont pas, et nous avons

quatre salles. Le but est de rester sur les plus gros films porteurs. »

Un emplacement parfait

Le grand point fort de ce nouveau cinéma briançonnais,

c’est sa localisation. Situé au centre du cœur de ville,

impossible de le louper. « Tout Briançon passe devant

le cinéma en voiture tous les jours ! » résume Vincent

Aurouze. En pleine rénovation, cette place centrale de

la ville intégrera d’ici l’année prochaine, en plus du cinéma,

un pôle culturel (qui se compose du Cosmo et d’une médiathèque),

un pôle économique (pépinière et hôtel d'entreprises),

un pôle sportif, une chaufferie bois et un réseau de

chaleur, et près de 700 logements et une résidence seniors

pour les personnes âgées. L’aspect visuel du cinéma a été

conçu pour se fondre parfaitement dans l’ensemble du

projet. Autant d’éléments qui donneront encore plus de

valeur à l’emplacement du Cosmo à l’avenir. 70 000 entrées

sont prévues pour la première année et le chiffre devrait se

stabiliser autour de 80 000 après la fin des travaux. Le

Vauban, qui bénéficiait d’un emplacement moins en vue

et d’un seul écran, réalisait plus de 30 000 entrées par an.

Espace confiserie : nouveauté à Briançon

Le cinéma a implanté un comptoir confiserie en libre-service

à l’entrée. « Il est calqué sur celui que l’on trouve dans le groupe

Pathé : visible immédiatement et accessible en libre service pour

le client », explique l’exploitant. C’est la première fois à Briançon

qu’un comptoir confiserie s’invite au cinéma. Le Vauban n’en

disposait pas et l’Eden et son mono-écran n’en propose pas

non plus. Vincent Aurouze s’attend à des retombées économiques.

« Le but, bien évidemment, c’est d’augmenter notre chiffre

d’affaires : les enfants se servent eux-mêmes, la zone est bien en

évidence… Pour l’instant, c’est très prometteur, nous sommes à

plus de 2 € par spectateur, mais nous bénéficions de l’effet de

nouveauté et de grosses sorties comme Avengers. Nous tirerons de

vraies conclusions après plusieurs mois », développe-t-il. Ce

comptoir sert aussi l’organisation interne du cinéma. « De

manière générale, on a du mal à occuper les agents de comptoir.

Ils sont souvent désoeuvrés car il n’y a pas de flux continu dans le

hall. Cela rend la circulation bien plus fluide et nos deux caisses

centralisent tout. »

CARACTÉRISTIQUES DES SALLES

SALLE FAUTEUILS

DIM. BASE

ÉCRAN (m)

SON

IMAGE

1 200 13 Atmos 2K

2 77 8 7.1 2K

3 70 8 7.1 2K

4 70 8 7.1 2K

Total 417

44


PORTRAIT EXPLOITANT

Yoann Durand

Bio express

Resp. du développement

commercial chez NOé Cinémas

Riche début d’année pour Noé Cinémas

qui, après l’inauguration ministérielle

des Arches Lumières d’Yvetot (voir

Boxoffice n°343), a remporté la DSP du

cinéma de Pont-Audemer début avril et a

étendu les activités du cinéma itinérant Ciné

Seine de 7 à 12 communes en Normandie. C’est

dans cette effervescence que Boxoffice dresse le

portrait de Yoann Durand, en charge du

développement commercial chez Noé.

2005

2010

2011

Débuts

dans l’exploitation

à Yvetot pendant mes

études

Master 2 et CDI en

tant que responsable du

développement commercial

chez NOÉ Cinémas

Formation de

directeur d’exploitation

à la Fémis

2018

Ouverture

des Arches Lumières

d’Yvetot

À quel moment avez-vous décidé de faire ce métier ?

J’ai débuté au cinéma Drakkar d’Yvetot il y a 14 ans en tant qu’agent

d’accueil. J’ai très vite apprécié cet univers et les opportunités m’ont très

vite décidé à faire ce métier.

Le navet que vous adorez ?

Disco avec Dubosc. Mais le terme « adorer » est peut-être un peu trop fort.

Qu’est-ce qui vous séduit en premier dans une salle

de cinéma ?

L’ambiance de la salle lorsque la lumière s’éteint et que le film commence.

Le film que vous regrettez de ne pas avoir vu au

cinéma quand il est sorti ?

American History X. J’étais trop jeune à l’époque !

Votre plus grand moment de solitude dans

votre cinéma ?

Un problème technique sur un film en AVP lors de la première « soirée

filles » que l’on avait organisé dans un des cinémas. Annoncer que l’on

ne va pas pouvoir diffuser le film attendu devant 200 spectatrices, c'est

jamais fun !

Votre spectateur le plus insolite ?

Benoit, un fidèle spectateur du cinéma d’Yvetot depuis plusieurs années.

Il va voir tous les films, chaque semaine et il est aussi ex-vice-champion

de France du lancer de marteau !

La musique de film sur laquelle vous vous brossez

les dents ?

« Nightcall » de Kavinsky, la BO de Drive évidemment, qui me prépare

en crescendo à ma nouvelle journée (et en prévision de quelques heures

de voiture !).

La réplique culte pour un rendez-vous ?

« Je viens de me faire car-jacker. »

Qu’est-ce qui réveille le dragon qui est en vous ?

L’hypocrisie ! Cela ne mène à rien et ça se paye toujours.

L’anecdote la plus croustillante dans

votre cinéma ?

C’était à Elbeuf, quelques jours après la sortie d’Intouchables en 2011.

Pour célébrer ses 5 millions d’entrées, l’équipe du film est venue par

surprise au cinéma Grand Mercure. Nous étions dans la grande salle, lors

du générique de fin, nous avons levé l’écran et Omar Sy, Olivier Nakache

et Éric Toledano sont arrivés sur la scène devant 500 spectateurs ébahis !

Entre nous, quel est l’exploitant dont vous

êtes fan ?

C’est le jeune exploitant de Palaiseau, Gérard Lemoine. Je travaille avec

lui depuis plus de 10 ans et c’est toujours un vrai plaisir.

Le film culte que vous n’avez jamais vu ? Et

votre excuse ?

Edward aux mains d’argent. Je n’ai pas d’excuses, mais je vais me rattraper

lors de son passage dans le cadre d’« Ecole et cinéma » le trimestre

prochain dans nos cinémas.

Et quand tout est noir… quel film vous rend le

plus heureux ?

La Ligne verte. Je l’ai vu et revu un nombre incalculable de fois.

N°367 du 15 mai 2019 45


INSTITUTIONNELS

TABLEAU DES DERNIÈRES CDACi/CNACi

DATES DEMANDEUR ENSEIGNE DU PROJET ÉCRAN(S) PLACES DEMANDE VILLE DÉPART. AGGLO DÉCISION

26/04/19 SAS UGC CINE CITE UGC CINE CITE 4 404

CDACi

Extension de l'actuel établissement

(12 salles, 2 452 places)

21/05/19 SAS CINE VALENCIENNES L'ARSENAL 6 977 Valenciennes Nord

24/05/19 ALTA FERNEY VOLTAIRE CINEMA VOLTAIRE 8 1 118

09/05/19 SAS CINEMAS FRONTIGNAN PREMIERE CINEMAS 6 744

CNACi

En remplacement de l'actuel Voltaire

(3 salles, 435 places)

En remplacement de l'actuel Ciné

Mistral (1 salle, 152 places)

Mondeville Calvados Caen REFUSÉ

Ferney-Voltaire

Ain

Valenciennes (partie

française)

Genève (SUI) -

Annemasse (partie

française)

Frontignan Hérault Sète

09/05/19 SAS VEO BASSIN DE THAU VEO ARCHIPEL DE THAU 8 1 082 Balaruc-les-Bains Hérault Sète

05/06/19 ASSOCIATION FAMILY CINEMA FAMILY CINEMA 2 500

Extension de l'actuel établissement

(7 salles, 1 277 places)

Saint-Just-Saint-Rambert

05/06/19 SARL ESPACE CINEMA ESPACE CINEMA 8 1 312 Arles Bouches-du-Rhône Arles

Loire

Saint-Just-Saint-

Rambert

Non connu à date

du bouclage

Non connu à date

du bouclage

AGENDA DE LA PROFESSION

ÉVÉNEMENT DATE LIEU

RENCONTRES ART ET ESSAI DE CANNES

(AFCAE)

12 au 14/05 Cannes (06)

AG DU SCARE 14/05 Cannes (06)

72 e FESTIVAL DE CANNES 14 au 25/05 Cannes (06)

AG SYNDICAT LYONNAIS DES CINÉMAS

(S.L.E.C)

03 au 04/06 Lyon (69)

CONVENTIONS STUDIOCANAL 04 au 25/06 Nantes, Marseille, Paris, Lyon

TOUR DE FRANCE DIGITAL 06 et 07/06 Marseille (13)

RENCONTRE INTERSYNDICALE DE L'EST 06 et 07/06 Guebwiller (68)

CONGRÈS CHAMBRE SYNDICALE DES

CINÉMAS DE NORMANDIE

12 et 13/06 Deauville (14)

CÉMINÉO - AG CINÉO 13 et 14/06 Arcachon (33)

CINEEUROPE 2019 17 au 20/06 Barcelone (Esp)

RENCONTRES SDI 2019 18 au 20/06 Strasbourg (67)

AG SYNDICAT DES CINÉMAS DES PAYS

DE SAVOIE

8 es RENCONTRES ART ET ESSAI DE

BRETAGNE

20 et 21/06 Annecy (74)

19 au 22/06 Dinard (35)

CONVENTION SND 25/06 Paris (75)

AG DE L’UNION DES CINÉMAS DU SUD

DE LA FRANCE (UCF)

FÊTE DU CINÉMA 2019 30/06 au 03/07

27 et 28/06 Marseille (13)

dans tous les cinémas participants

(FNCF)

5 e STUDIO SHOW 04 et 05/07 Paris (75)

22 es RENCONTRES NATIONALES ART ET

ESSAI JEUNE PUBLIC

11 et 13/09 Chartres (28)

TOUR DE FRANCE DIGITAL 08 et 09/07 Toulouse (31)

RENCONTRES PROFESSIONNELLES DU

NORD

13 au 15/11 Arras (62)

Retrouvez toutes ces manifestations plus détaillées sur boxofficefrance.fr rubrique Agenda

SDI

Élection du nouveau conseil

d’administration

Le Syndicat des Distributeurs Indépendants a procédé le 6 mai au renouvellement

de son conseil d’administration. Regroupant désormais 37 adhérents suite à l’arrivée

de Ligne 7, Next Film Distribution, Rouge Distribution et Wayna Pitch, le syndicat

rappelle proposer « plus de 30 % de l'offre des films français et étrangers d’art et d’essai

sortant en salles ».

Coprésidents

Étienne OLLAGNIER (Jour2Fête)

Anne-Cécile ROLLAND (Condor Distribution)

Vice-Présidents

Thibaut FOUGERES (Outplay) - secrétaire

Jean-Fabrice JANAUDY (Les Acacias) - trésorier

Maud CAROFF (Urban Distribution) - notamment en charge des questions relatives

aux films Jeune Public

Yohann CORNU (DAMNED) - notamment en charge des questions relatives

à MEDIA

Vincent PAUL-BONCOUR (Carlotta Films) - notamment en charge des questions

liées au patrimoine

Jane ROGER (JHR Films) - notamment en charge des questions relatives aux

films documentaires)

À noter que les 6 es Rencontres du SDI se tiendront du 18 au 20 juin à Strasbourg,

le programme étant détaillé lors d’un cocktail de lancement, mercredi 15 mai à

17h30 au Rendez-Vous des Exploitants Art et Essai à Cannes.

PETITE ANNONCE

GROUPE INDÉPENDANT

GRAND ECRAN CINÉMAS (10 SITES)

RECHERCHE

DIRECTEUR (H,F) DE SITE CONFIRMÉ

pour ses établissements de La Teste et Arcachon (10+3 salles),

classés A&E.

Merci d’adresser vos CV, lettre de motivation.

Disponibilité rapide.

par mail à : grandecrandirection@grandecran.eu

46


CONVENTION ET ROADSHOW

PARTENAIRE OFFICIEL


NESTLÉ FRANCE S.A.S. 542 014 428 RCS Meaux, Noisiel ® Reg. Trademark of Société des Produits Nestlé S.A.

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